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I.

Considérations générales sur l’eau dans le bois et sur le


processus de séchage des bois

Les polymères qui entrent dans la constitution du bois, notamment les hémicelluloses, la partie
amorphe de la cellulose et la lignine dans une moindre mesure sont hygroscopiques. Le bois, comme
d’autres matériaux d’origines biologiques, gonfle au cours d’une adsorption d’eau et se rétracte au
cours d’un séchage, (ceci, en dessous du point de saturation des fibres). La teneur en eau joue un
rôle important lors du séchage, l’imprégnation, de la finition, ainsi que sur le formage du bois.

Il est important de définir un certain nombre de concepts qui ont trait à l’hygroscopie du bois.

On appelle bois vert, tout bois coupé de l’arbre.

Le point de saturation des fibres (PSF), est l’état dans lequel le bois se trouve, où les parois
cellulaires sont saturées d’eau liée et les cavités cellulaires ne contiennent pas d’eau libre. Il
correspond à un taux d’humidité compris entre 25-30%.

Il faut préciser que l'eau dans le bois vert (bois coupé de l'arbre) existe sous trois formes différentes :
eau libre, eau liée et vapeur d'eau. L'eau libre ou l'eau capillaire se trouve dans les cavités cellulaires,
lumens. L'eau libre est soumise à la pression capillaire et, en cela, se distingue de l'eau liquide
ordinaire. L'eau liée ou hygroscopique est contenue dans les parois cellulaires. L'eau peut également
exister sous forme de vapeur dans des cavités et des micropores qui peuvent se trouver dans des
parois cellulaires.

Il est aussi montré que l'énergie nécessaire pour enlever une molécule de l'eau liée ou hygroscopique
est plus grande que l'énergie nécessaire pour évaporer une molécule de l'eau libre. Donc, lors du
séchage du bois, l'eau libre existant dans le bois vert s'évapore avant l'eau liée.

L’humidité relative de l’air est le rapport entre la quantité de vapeur d'eau contenue dans un mètre
cube d'air à la quantité de vapeur d'eau qui saturerait ce même mètre cube, à la même température.
Bois sec c’est un bois obtenu après séchage soit naturel, soit artificiel du bois vert. Il se définit aussi
comme un bois dont l’humidité est en équilibre avec son hygrométrie moyenne de l’atmosphère où il
se trouve.

Bois saturé est un bois qui est arrivé au stade où il ne peut plus absorber de l’eau.

Afin d'éviter que le bois ne subisse des retraits après mise en œuvre, ce qui pourrait entraîner des
désordres notamment dans les assemblages, il est indispensable de le sécher avant tout usinage et
utilisation en construction. Le séchage a comme objectif de rendre le bois plus fort, plus stable et
plus résistant à la pourriture.

Séchage naturel : le bois est séché à l’air libre. Il y’a aucune transformation chimique, tout se fait de
manière naturelle. Ce séchage peut être réalisé naturellement en stockant le bois sous abri, en piles
bien ventilées, avec litelage entre chaque rangée de planches et à une hauteur suffisante du sol.

Afin de pallier les inconvénients du séchage naturel, des méthodes de séchage artificiel ont été mises
au point dans des cellules de séchage à plus ou moins haute température et dont le taux d'humidité
de l'air ambiant est parfaitement maîtrisé.

Séchage artificiel : Le séchage doit être conduit de façon à ce que l'eau enlevée par évaporation en
surface soit remplacée au fur et à mesure par celle qui provient de l'intérieur des pièces de bois.

II. Défauts de séchage


1. Défauts de séchage et leurs causes
Défauts Causes
Glaçage : cémentation qui empêche la migration Évaporation très rapide
de l’eau vers l’extérieur
Collapse : effondrement localisé des cellules de Application d’une très forte température
bois
Gauchissement Retrait
Fentes de bout Évaporation très rapide des bouts

2. Arbre de décision en matière de séchage


Conception

Choix d’une essence

Essence dures, mi-dures Essences tendres

Pays tropicaux Pays tempérés Pays tropicaux Pays tempérés

Quelque soit la
Quelque soit la Été Hiver Été Hiver
saison
saison

Séchage Séchage Séchage Séchage


Séchage Séchage naturel
naturel naturel artificiel
naturel artificiel

III. Considérations générales sur la durabilité des bois et


sur les divers agents de biodégradation du bois
1. Durabilité des bois

Elle se définit comme l’aptitude qu’a un bois à résister à l’agressivité du milieu dans lequel il est
placé. Les agents qui pourraient agresser le bois sont : attaque des insectes, échauffement,
pénétration et stagnation d’eau, etc… Il y’a deux types de durabilités :

 la durabilité naturelle : qui est celle acquise de façon naturelle par le bois
 la durabilité conférée : elle est acquise par deux techniques.

Nous pouvons citer comme essence naturellement durable l’Iroko, essence naturellement très
durable l’Azobé. Ils sont durables à l’attaque des champignons.
2. Agents de dégradation du bois

a) Champignons

Ils se développent dans des conditions importantes d'humidité (supérieure à 22 % pour les bois mis
en œuvre) et de température (entre 25 °C et 35 °C). Ils attaquent plus particulièrement l'aubier des
arbres. C'est la raison pour laquelle il doit être éliminé avant la mise en œuvre. Ils peuvent causer :

 La décoloration : c'est une modification de la coloration naturelle du bois, non associée à


une perte de résistance.
 L’échauffure : c'est le premier stade de la pourriture. Les propriétés mécaniques du bois sont
donc amoindries.
 La pourriture : décomposition du bois créant un ramollissement, une perte progressive de
masse et de résistance mécanique, et souvent un changement de texture et de couleur.

b) Le lyctus
Les Lyctus sont des coléoptères xylophages de la famille des Lyctinae dont les larves vivent dans
l’aubier de certaines essences de feuillus. Le lyctus attaque uniquement les essences feuillues,
notamment celles à zones poreuses. Les dégradations des bois sont visibles par la présence de trous
de sorties circulaires de 1 à 2 mm de diamètre, sans orientation particulière. Les galeries sont
circulaires et très sinueuses. Les vermoulures sont extrêmement fines et présentent au toucher, la
même consistance que la fleur de farine. L’iroko et le Doussié sont attaquables par cet insecte
xylophage.

c) Les termites
Les termites sont des insectes ravageurs qui peuvent causer de grands dégâts dans les habitations en
creusant leurs galeries dans le bois d'œuvre dont ils se nourrissent. Ils attaquent principalement les
bois conservant une humidité au-delà de 20 % et d'une température ambiante ou chaude, les bois
normalement ventilés ne seront pas sujets aux attaques des termites.

3. Classes de risques ou d’emplois


IV. Méthodes de préservation du bois

1. Description des diverses méthodes de traitement de préservation des


bois
Le bois est un matériau hygroscopique sensible au changement d'humidité atmosphérique ; il peut
subir des variations dimensionnelles considérables dans les directions tangentielle et radiale. En plus,
le bois se dilate différemment dans ces deux directions. Ceci provoque en pratique beaucoup de
problèmes, notamment au cours de son séchage initial ainsi que durant son service. Ainsi, les
méthodes de traitement de préservation du bois consistent à donner au bois une stabilité
dimensionnelle. On distingue plusieurs méthodes à savoir :
 Traitement chimique : on produit une liaison chimique assez forte avec les sites hydroxyles (-
OH) et une molécule chimique pour réduire le nombre de sites accessibles aux molécules
d’eau.
 Traitement oléo thermique : consiste à imprégner en profondeur le bois d'un mélange
d'huiles végétales et d'adjuvants naturels chauffé à basse température (<150°C). La première
phase dite de chauffe élève la température du bois et réduit sa teneur en eau. La seconde
phase, d'imprégnation, permet la pénétration du liquide de traitement dans le matériau.
 Traitement thermique : qui est basé sur le principe qu'en chauffant le bois, on provoque une
décomposition des constituants qui en fait sortir des molécules d'eau.
 Application d’enduit résistant à l’eau : Dans cette méthode, on applique une couche
empêchant l'eau de pénétrer dans le bois. On applique cette couche soit directement sur la
surface du bois, soit à l'intérieur du bois sur la surface de la cavité des cellules. Les enduits
extérieurs consistent en différents types de vernis, peintures, etc. Ces matériaux sont
normalement adsorbés par la surface grâce à la liaison hydrogène entre la surface et les
molécules de l'enduit utilisé. Ils sont souvent perméables à la vapeur d'eau. Les enduits
intérieurs sont constitués de matériaux répulsifs à l'eau (cires, résines, etc.). On trempe
souvent le bois dans le liquide pendant une longue période pour que la solution puisse
pénétrer profondément dans le bois.

2. Arbre de décision en matière de traitement de préservation des bois


V. Perspectives de valorisation des connaissances

Jusqu’ici, nous avons appris ce qu’est le bois, les différents types de bois. Nous avons appris
comment déterminer les propriétés mécaniques et physiques du bois ; les différents produits
structuraux découlant du bois et les normes de classement du bois.

Ainsi, pour réaliser une construction en Bois, nous avons besoin de connaître les essences adaptées à
notre projet, les produits structuraux entrants dans notre structure en Bois, l’environnement (pour
avoir l’humidité relative de l’air) pour pouvoir adopter un type de séchage approprié et un type de
traitement.