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Journal Officiel de l’OHADA N° 10 – 4ème Année 1

ACTE UNIFORME PORTANT ORGANISATION


ET HARMONISATION DES COMPTABILITES DES ENTREPRISES

SISES DANS LES ETATS-PARTIES AU TRAITE RELATIF

A L’HARMONISATION DU DROIT DES AFFAIRES EN AFRIQUE

Le Conseil des ministres de l’Organisation Vu l’avis en date du 22 février 2000 de la


pour l’Harmonisation en Afrique du Droit Cour Commune de Justice et d’Arbitrage ;
des Affaires (OHADA) ;
Après en avoir délibéré, adopte à
Vu le Traité relatif à l’harmonisation du l’unanimité des Etats-parties présents et
droit des affaires en Afrique, notamment votants l’acte uniforme dont la teneur
en ses articles 2, 5 à 12 ; suit :

Vu le rapport du Secrétaire permanent et


les observations des Etats-parties ;

TITRE I :
DES COMPTES PERSONNELS DES ENTREPRISES
(PERSONNES PHYSIQUES ET PERSONNES MORALES)

ou de par ses statuts, ainsi que les


CHAPITRE I : informations nécessaires aux besoins des
DISPOSITIONS GENERALES divers utilisateurs.

Article 2
Article 1er
Sont astreintes à la mise en place d’une
Toute entreprise au sens de l’article 2 ci-
comptabilité, dite comptabilité générale, les
après doit mettre en place une comptabilité
entreprises soumises aux dispositions du
destinée à l’information externe comme à son
Droit commercial, les entreprises publiques,
propre usage.
parapubliques, d’économie mixte, les
A cet effet : coopératives et, plus généralement, les
• elle classe, saisit, enregistre dans sa entités produisant des biens et des services
comptabilité toutes opérations entraînant marchands ou non marchands, dans la
des mouvements de valeur qui sont mesure où elles exercent, dans un but lucratif
traitées avec des tiers ou qui sont ou non, des activités économiques à titre
constatées ou effectuées dans le cadre de principal ou accessoire qui se fondent sur des
sa gestion interne ; actes répétitifs, à l’exception de celles
soumises aux règles de la comptabilité
• elle fournit, après traitement approprié de publique.
ces opérations, les redditions de comptes
auxquelles elle est assujettie légalement
2 Journal Officiel de l’OHADA N° 10 – 4ème Année

Article 3 Article 6
La comptabilité doit satisfaire, dans le respect L’application du Système comptable OHADA
de la règle de prudence, aux obligations de implique que :
régularité, de sincérité et de transparence
• la règle de prudence soit en tous cas
inhérentes à la tenue, au contrôle, à la
observée, à partir d’une appréciation
présentation et à la communication des
raisonnable des événements et des
informations qu’elle a traitées.
opérations à enregistrer au titre de
l’exercice ;
Article 4 • l’entreprise se conforme aux règles et
procédures en vigueur en les appliquant
Pour garantir la fiabilité, la compréhension et
de bonne foi ;
la comparabilité des informations, la
comptabilité de chaque entreprise implique : • les responsables des comptes mettent en
place et en œuvre des procédures de
• le respect d’une terminologie et de
contrôle interne indispensables à la
principes directeurs communs à l’ensemble
connaissance qu’ils doivent normalement
des entreprises concernées des États-
avoir de la réalité et de l’importance des
parties au traité relatif à l’harmonisation
événements, opérations et situations liés à
du droit des affaires en Afrique ;
l’activité de l’entreprise ;
• la mise en œuvre de conventions, de
• les informations soient présentées et
méthodes et de procédures normalisées
communiquées clairement sans intention
éventuellement par secteurs
de dissimuler la réalité derrière
professionnels ;
l’apparence.
• une organisation répondant à tout
moment aux exigences de collecte, de tenue,
de contrôle, de présentation et de Article 7
communication des informations comptables
Les états financiers de synthèse regroupent
se rapportant aux opérations de l’entreprise
les informations comptables au moins une
visées à l’article premier.
fois par an sur une période de douze mois,
appelée exercice ; ils sont dénommés états
financiers annuels.
Article 5
La poursuite des objectifs assignés à la
comptabilité pour la collecte, la tenue, le L’exercice coïncide avec l’année civile.
contrôle, la présentation et la communication
La durée de l’exercice est exceptionnellement
par les entreprises, d’informations établies
inférieure à douze mois pour le premier
dans les mêmes conditions de fiabilité, de
exercice débutant au cours du premier
compréhension et de comparabilité, est
semestre de l’année civile. Cette durée peut
assurée par l’application correcte d’un
être supérieure à douze mois pour le premier
système comptable commun à tous les États-
exercice commencé au cours du deuxième
parties, dénommé Système comptable
semestre de l’année. En cas de cessation
OHADA et annexé au présent Acte Uniforme
d’activité, pour quelque cause que ce soit, la
portant organisation et harmonisation des
durée des opérations de liquidation est
comptabilités des entreprises. Toutefois, les
comptée pour un seul exercice, sous réserve
banques, les établissements financiers et les
de l’établissement de situations annuelles
assurances sont assujettis à des plans
provisoires.
comptables spécifiques.
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Article 8 Article 11
Les états financiers annuels comprennent le Les états financiers annuels sont rendus
Bilan, le Compte de résultat, le Tableau obligatoires, en tout ou en partie, en fonction
financier des ressources et des emplois, ainsi de la taille des entreprises appréciée selon
que l’État annexé. des critères relatifs au chiffre d’affaires de
l’exercice.
Ils forment un tout indissociable et décrivent
de façon régulière et sincère les événements, Toute entreprise est, sauf exception liée à sa
opérations et situations de l’exercice pour taille, soumise au “ Système normal ” de
donner une image fidèle du patrimoine, de la présentation des états financiers et de tenue
situation financière et du résultat de des comptes.
l’entreprise.
Toutefois, si le chiffre d’affaires ne dépasse
Ils sont établis et présentés conformément pas 100.000.000 (cent millions) de francs
aux dispositions des articles 25 à 34 ci-après, CFA, l’entreprise peut utiliser le “ système
de façon à permettre leur comparaison dans allégé ”.
le temps, exercice par exercice, et leur
comparaison avec les états financiers annuels
des autres entreprises dressés dans les Article 12
mêmes conditions de régularité, de fidélité et Dans le Système normal est rendu obligatoire
de comparabilité. l’établissement d’un état fournissant des
informations additionnelles, dénommé “ État
supplémentaire statistique ”.
Article 9
La régularité et la sincérité des informations
regroupées dans les états financiers annuels Article 13
de l’entreprise résultent d’une description Les très petites entreprises, dont les recettes
adéquate, loyale, claire, précise et complète annuelles ne sont pas supérieures aux seuils
des événements, opérations et situations se fixés à l’alinéa 2 du présent article, sont
rapportant à l’exercice. assujetties, sauf utilisation de l’un des deux
La comparabilité des états financiers annuels systèmes prévus à l’article 11 ci-dessus, au
au cours des exercices successifs nécessite la “ Système minimal de trésorerie ”, de
permanence dans la terminologie et dans les caractère dérogatoire aux dispositions
méthodes utilisées pour retracer les générales du présent Acte Uniforme.
événements, opérations et situations Ces seuils sont les suivants :
présentés dans ces états.
- trente (30) millions de F CFA pour les
entreprises de négoce,
Article 10 - vingt (20) millions de F CFA pour les
Toute entreprise qui applique correctement le entreprises artisanales et assimilées,
Système comptable OHADA est réputée - dix (10) millions de F CFA pour les
donner, dans ses états financiers, l’image entreprises de services.
fidèle de sa situation et de ses opérations
exigée en application de l’article 8 ci-dessus.
Lorsque l’application d’une prescription
comptable se révèle insuffisante ou inadaptée
pour donner cette image, des informations
complémentaires ou des justifications
nécessaires sont obligatoirement fournies
dans l’Etat annexé.
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CHAPITRE II : 2. l’emploi de la technique de la partie


double, qui se traduit par une écriture
ORGANISATION COMPTABLE affectant au moins deux comptes, l’un
étant débité et l’autre crédité. Lorsqu’une
opération est enregistrée, le total des
Article 14 sommes inscrites au débit de comptes doit
L’organisation comptable mise en place dans être égal au total des sommes inscrites au
l’entreprise doit satisfaire aux exigences de crédit d’autres comptes ;
régularité et de sécurité pour assurer 3. la justification des écritures par des pièces
l’authenticité des écritures de façon à ce que datées, conservées, classées dans un
la comptabilité puisse servir à la fois ordre défini dans le document décrivant
d’instrument de mesure des droits et les procédures et l’organisation
obligations des partenaires de l’entreprise, comptables, susceptibles de servir comme
d’instrument de preuve, d’information des moyen de preuve et portant les références
tiers et de gestion. de leur enregistrement en comptabilité ;
4. le respect de l’enregistrement
Article 15 chronologique des opérations.

L’organisation comptable doit assurer : Les mouvements affectant le patrimoine de


l’entreprise sont enregistrés en comptabilité,
• un enregistrement exhaustif, au jour le opération par opération, dans l’ordre de leur
jour, et sans retard des informations de date de valeur comptable. Cette date est celle
base ; de l’émission par l’entreprise de la pièce
• le traitement en temps opportun des justificative de l’opération, ou celle de la
données enregistrées ; réception des pièces d’origine externe. Les
opérations de même nature réalisées en un
• la mise à la disposition des utilisateurs des même lieu et au cours d’une même journée
documents requis dans les délais légaux peuvent être récapitulées sur une pièce
fixés pour leur délivrance. justificative unique.
Les mouvements sont récapitulés par période
Article 16 préalablement déterminée qui ne peut
excéder un mois.
Pour maintenir la continuité dans le temps de
l’accès à l’information, toute entreprise établit Une procédure destinée à garantir le
une documentation décrivant les procédures caractère définitif de l’enregistrement de ces
et l’organisation comptables. mouvements devra être mise en œuvre ;
Cette documentation est conservée aussi 5. l’identification de chacun de ces
longtemps qu’est exigée la présentation des enregistrements précisant l’indication de
états financiers successifs auxquels elle se son origine et de son imputation, le
rapporte. contenu de l’opération à laquelle il se
rapporte ainsi que les références de la
pièce justificative qui l’appuie ;
Article 17 6. le contrôle par inventaire de l’existence et
L’organisation comptable doit au moins de la valeur des biens, créances et dettes
respecter les conditions de régularité et de de l’entreprise. L’opération d’inventaire
sécurité suivantes : consiste à relever tous les éléments du
patrimoine de l’entreprise en mentionnant
1. la tenue de la comptabilité dans la langue
la nature, la quantité et la valeur de
officielle et dans l’unité monétaire légale
chacun d’eux à la date de l’inventaire.
du pays ;
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Les données d’inventaire sont organisées et Les opérations sont enregistrées dans les
conservées de manière à justifier le contenu comptes dont les intitulés correspondent à
de chacun des éléments recensés du leur nature.
patrimoine ;
7. le recours, pour la tenue de la comptabilité
Article 19
de l’entreprise, à un plan de comptes
normalisé dont la liste figure dans le Les livres comptables et autres supports dont
Système comptable OHADA ; la tenue est obligatoire sont :
8. la tenue obligatoire de livres ou autres • le livre-journal, dans lequel sont inscrits les
supports autorisés ainsi que la mise en mouvements de l’exercice enregistrés en
œuvre de procédures de traitement comptabilité, dans les conditions exposées
agréées, permettant d’établir les états au paragraphe 4 de l’article 17 ci-dessus ;
financiers annuels visés à l’article 8 ci- • le grand-livre, constitué par l’ensemble des
dessus. comptes de l’entreprise, où sont reportés
ou inscrits simultanément au journal,
compte par compte, les différents
Article 18
mouvements de l’exercice ;
Les comptes du Système comptable OHADA
• la balance générale des comptes, état
sont regroupés par catégories homogènes
récapitulatif faisant apparaître, à la clôture
appelées classes.
de l’exercice, pour chaque compte, le
Pour la comptabilité générale, les classes solde débiteur ou le solde créditeur, à
comprennent : l’ouverture de l’exercice, le cumul depuis
l’ouverture de l’exercice des mouvements
• des classes de comptes de situation ;
débiteurs et le cumul des mouvements
• des classes de comptes de gestion. créditeurs, le solde débiteur ou le solde
Chaque classe est subdivisée en comptes créditeur ,à la date considérée ;
identifiés par des numéros à deux chiffres ou • le livre d’inventaire, sur lequel sont
plus, selon leur degré de dépendance vis-à- transcrits le Bilan et le Compte de résultat
vis des comptes de niveaux supérieurs, dans de chaque exercice, ainsi que le résumé de
le cadre d’une codification décimale. l’opération d’inventaire.
Le plan de comptes de chaque entreprise doit L’établissement du livre-journal et du grand-
être suffisamment détaillé pour permettre livre peut être facilité par la tenue de
l’enregistrement des opérations. journaux et livres auxiliaires, ou supports en
Lorsque les comptes prévus par le Système tenant lieu, en fonction de l’importance et des
comptable OHADA ne suffisent pas à besoins de l’entreprise. Dans ce cas, les
l’entreprise pour enregistrer distinctement totaux de ces supports sont périodiquement
toutes ses opérations, elle peut ouvrir toutes et au moins une fois par mois respectivement
subdivisions nécessaires. centralisés dans le livre-journal et dans le
grand-livre.
Inversement, si des comptes prévus par le
Système comptable OHADA sont trop
détaillés par rapport aux besoins de Article 20
l’entreprise, elle peut les regrouper dans un
Les livres comptables et autres supports
compte global de même niveau, plus
doivent être tenus sans blanc ni altération
contracté, conformément aux possibilités
d’aucune sorte.
offertes par le Système comptable OHADA et
à condition que le regroupement ainsi opéré
puisse au moins permettre l’établissement
des états financiers annuels dans les
conditions prescrites.
6 Journal Officiel de l’OHADA N° 10 – 4ème Année

Toute correction d’erreur s’effectue plus tard à la fin du trimestre qui suit la fin
exclusivement par inscription en négatif des de chaque période considérée ;
éléments erronés ; l’enregistrement exact est
4. les enregistrements comptables d’une
ensuite opéré.
période clôturée soient classés dans l’ordre
chronologique de la date de valeur
comptable des opérations auxquelles ils se
Article 21
rapportent ; toutefois, lorsque la date de
Les entreprises visées à l’article 13 ci-dessus valeur comptable correspond à une
qui relèvent du Système minimal de période déjà clôturée, l’opération
trésorerie tiennent une simple comptabilité de concernée est enregistrée au premier jour
trésorerie dans les conditions fixées par le de la période non encore clôturée ; dans
Système comptable OHADA. Les états ce cas, la date de valeur comptable de
financiers de ces entreprises ainsi que leurs l’opération est mentionnée distinctement ;
règles d’établissement font l’objet d’une
5. la durabilité des données enregistrées
édition distincte.
offre des conditions de garantie et de
conservation conformes à la
Article 22 réglementation en vigueur. Sera
notamment réputée durable toute
Lorsqu’elle repose sur un traitement transcription indélébile des données qui
informatique, l’organisation comptable doit entraîne une modification irréversible du
recourir à des procédures qui permettent de support ;
satisfaire aux exigences de régularité et de
sécurité requises en la matière de telle sorte 6. l’organisation comptable garantisse toutes
que : les possibilités d’un contrôle éventuel en
permettant la reconstitution ou la
1. les données relatives à toute opération restitution du chemin de révision et en
donnant lieu à enregistrement comptable donnant droit d’accès à la documentation
comprennent, lors de leur entrée dans le relative aux analyses, à la programmation
système de traitement comptable, et aux procédures des traitements, en vue
l’indication de l’origine, du contenu et de notamment de procéder aux tests
l’imputation de ladite opération et puissent nécessaires à l’exécution d’un tel contrôle ;
être restituées sur papier ou sous une
forme directement intelligible ; 7. les états périodiques fournis par le
système de traitement soient numérotés et
2. l’irréversibilité des traitements effectués datés. Chaque enregistrement doit
interdise toute suppression, addition ou s’appuyer sur une pièce justificative établie
modification ultérieure l’enregistrement ; sur papier ou sur un support assurant la
toute donnée entrée doit faire l’objet d’une fiabilité, la conservation et la restitution en
validation, afin de garantir le caractère clair de son contenu pendant les délais
définitif de l’enregistrement comptable requis.
correspondant ; cette procédure de
validation doit être mise en œuvre au Chaque donnée, entrée dans le système de
terme de chaque période qui ne peut traitement par transmission d’un autre
excéder le mois ; système de traitement, doit être appuyée
d’une pièce justificative probante.
3. la chronologie des opérations écarte toute
possibilité d’insertion intercalaire ou
d’addition ultérieure ; pour figer cette Article 23
chronologie le système de traitement
Les états financiers annuels sont arrêtés au
comptable doit prévoir une procédure
plus tard dans les quatre mois qui suivent la
périodique (dite “ clôture informatique ”)
date de clôture de l’exercice. La date d’arrêté
au moins trimestrielle et mise en œuvre au
Journal Officiel de l’OHADA N° 10 – 4ème Année 7

doit être mentionnée dans toute transmission dépenses dégageant le résultat de l’exercice
des états financiers. (recette nette ou perte nette), dressé à partir
de la comptabilité de trésorerie que doivent
Article 24
tenir les entreprises relevant de ce système
Les livres comptables ou les documents qui conformément à l’article 21 ci-dessus.
en tiennent lieu, ainsi que les pièces
La conception du Système minimal de
justificatives sont conservés pendant dix ans.
trésorerie permet de tenir compte, dans le
calcul du résultat et dans l’établissement de
la situation patrimoniale, des éléments
suivants, lorsqu’ils sont significatifs :
CHAPITRE III :
• variation des stocks ;
ÉTATS FINANCIERS ANNUELS
• variation des créances et des dettes
commerciales ;
Article 25 • variation des équipements et des
A l’exception de l’Etat annexé, les états emprunts;
financiers annuels visés à l’article 8 ci-dessus • variation du capital apporté.
sont présentés conformément à des modèles
dont les éléments composants sont classés
en rubriques successives, elles-mêmes Article 29
subdivisées en postes.
Le Bilan décrit séparément les éléments
Ces modèles sont établis en fonction des d’actif et les éléments de passif constituant le
systèmes comptables prévus aux articles 11 patrimoine de l’entreprise. Il fait apparaître
et 13 ci-dessus et présentés conformément à de façon distincte les capitaux propres.
des tracés figurant dans le Système
Le Compte de résultat récapitule les produits
comptable OHADA.
et les charges qui font apparaître, par
différence, le bénéfice net ou la perte nette
de l’exercice.
Article 26
Le Tableau financier des ressources et des
Le Système normal comporte l’établissement
emplois retrace les flux de ressources et les
du Bilan, du Compte de résultat de l’exercice,
flux d’emplois de l’exercice.
du Tableau financier des ressources et des
emplois de l’exercice, ainsi que d’un État L’État annexé complète et précise,
annexé dont les dispositions principales sont l’information donnée par les autres états
fixées dans le Système comptable OHADA. Il financiers annuels.
comporte aussi l’établissement d’un État
supplémentaire statistique.
Article 30
Le Bilan de l’exercice fait apparaître de façon
Article 27
distincte, à l’actif : l’actif immobilisé, l’actif
Le Système allégé comporte l’établissement d’exploitation attaché aux activités ordinaires,
du Bilan, du Compte de résultat de l’exercice l’actif hors activités ordinaires et l’actif de
et de l’Etat annexé, simplifiés dans les trésorerie ; au passif : les capitaux propres et
conditions définies par le Système comptable ressources assimilées, les dettes financières,
OHADA. le passif d’exploitation attaché aux activités
ordinaires, le passif hors activités ordinaires
Article 28
et le passif de trésorerie.
Le Système minimal de trésorerie visé à
l’article 13 ci-dessus repose sur
l’établissement d’un état des recettes et des
8 Journal Officiel de l’OHADA N° 10 – 4ème Année

• le bilan d’ouverture d’un exercice doit


correspondre au bilan de clôture de
Article 31
l’exercice précédent ;
Le Compte de résultat de l’exercice fait
• toute compensation, non juridiquement
apparaître les produits et les charges,
fondée, entre postes d’actif et postes de
distingués selon qu’ils concernent les
passif dans le Bilan et entre postes de
opérations d’exploitation attachées aux
charges et postes de produits dans le Compte
activités ordinaires, les opérations financières,
de résultat est interdite ;
les opérations hors activités ordinaires.
• la présentation des états financiers est
Le classement des produits et des charges
identique d’un exercice à l’autre ;
permet d’établir des soldes de gestion dans
les conditions définies par le Système • chacun des postes des états financiers
comptable OHADA. comporte l’indication du chiffre relatif au
poste correspondant de l’exercice précédent.
Lorsque l’un des postes chiffrés d’un état
Article 32
financier n’est pas comparable à celui de
Le Tableau financier des ressources et des l’exercice précédent, c’est ce dernier qui doit
emplois de l’exercice fait apparaître, pour être adapté. L’absence de comparabilité ou
l’exercice, les flux d’investissement et de l’adaptation des chiffres est signalée dans
financement, les autres emplois, les l’Etat annexé.
ressources financières et la variation de la
trésorerie.
CHAPITRE IV :
Article 33 REGLES D’EVALUATION ET DE
Les états financiers annuels, précédemment DETERMINATION DU
décrits, sont accompagnés d’un État annexé RESULTAT
qui est simplifié dans le cas où l’entreprise
relève du Système allégé.
Article 35
L’État annexé comporte tous les éléments de
La méthode d’évaluation des éléments inscrits
caractère significatif qui ne sont pas mis en
en comptabilité est fondée sur la convention
évidence dans les autres états financiers et
du coût historique et sur l’application des
sont susceptibles d’influencer le jugement
principes généraux de prudence et de
que les destinataires des documents peuvent
continuité de l’exploitation. Cependant, il peut
porter sur le patrimoine, la situation
être procédé à la réévaluation des éléments
financière et le résultat de l’entreprise.
dans des conditions fixées par les autorités
Il en est ainsi notamment pour le montant compétentes, et dans le respect des
des engagements donnés et reçus dont le dispositions des articles 62 à 65 ci-après.
suivi doit être assuré par l’entreprise dans le
cadre de son organisation comptable.
Article 36
Toute modification dans la présentation des
états financiers annuels ou dans les Le coût historique des biens inscrits à l’actif
méthodes d’évaluation doit être signalée dans du bilan est constitué par :
l’Etat annexé.
• le coût réel d’acquisition pour ceux achetés
Article 34 à des tiers, la valeur d’apport pour ceux
apportés par l’Etat ou les associés, la
Les états financiers annuels de chaque
valeur actuelle pour ceux acquis à titre
entreprise respectent les dispositions ci-après
gratuit ou, en cas d’échange, par la valeur
:
Journal Officiel de l’OHADA N° 10 – 4ème Année 9

de celui des deux éléments dont Mention doit être faite dans l’État annexé des
l’estimation est la plus sûre ; modalités d’évaluation retenues.
• le coût réel de production pour ceux
produits par l’entreprise pour elle-même.
La subvention obtenue, le cas échéant, pour
Article 39
l’acquisition ou la production d’un bien n’a
pas d’influence sur le calcul du coût du bien En application du principe de continuité de
acquis ou produit. l’exploitation, l’entreprise est normalement
considérée comme étant en activité, c’est-à-
dire comme devant continuer à fonctionner
Article 37 dans un avenir raisonnablement prévisible.
Lorsqu’elle a manifesté l’intention ou quand
Le coût réel d’acquisition d’un bien est formé
elle se trouve dans l’obligation de se mettre
du prix d’achat définitif, des charges
en liquidation ou de réduire sensiblement
accessoires rattachables directement à
l’étendue de ses activités, sa continuité n’est
l’opération d’achat et des charges
plus assurée et l’évaluation de ses biens doit
d’installation qui sont nécessaires pour mettre
être reconsidérée.
le bien en état d’utilisation.
Il en est de même quand il s’agit d’un bien -
Le coût réel de production d’un bien est
ou d’un ensemble de biens - autonome dont
formé du coût d’acquisition des matières et
la continuité d’utilisation est compromise en
fournitures utilisées pour cette production,
raison notamment de l’évolution irréversible
des charges directes de production, ainsi que
des marchés ou de la technique.
des charges indirectes de production dans la
mesure où elles peuvent être
raisonnablement rattachées à la production Article 40
du bien.
La cohérence des évaluations au cours des
exercices successifs implique la permanence
Article 38 dans l’application des règles et des
procédures les concernant.
Lorsque des biens différents sont acquis
conjointement ou sont produits de façon
indissociable pour un coût global d’acquisition Article 41
ou de production, le coût d’entrée de chacun
Toute exception à la permanence visée à
des biens considérés est déterminé dans les
l’article 40 ci-dessus doit être justifiée par la
conditions suivantes :
recherche d’une meilleure information ou par
• si les biens sont individualisés par la suite, des circonstances impératives.
le coût initial global est ventilé
Il en est ainsi :
proportionnellement à la valeur attribuable
à chacun d’eux, après définition de la • en cas de changement exceptionnel
méthode de valorisation ; intervenu aussi bien dans la situation de
l’entreprise que du fait de l’environnement
• dans le cas où tous les biens ne peuvent
juridique, économique ou financier dans
être individuellement valorisés, par
lequel elle évolue ;
référence à un prix de marché, ou de
façon forfaitaire s’il n’existe pas de prix de • à la suite de modifications ou de
marché, ceux des biens qui n’auront pu compléments apportés à la réglementation
être ainsi directement valorisés le seront comptable.
par différence entre le coût initial global et Dès lors que les exceptions visées ci-dessus
la valorisation du ou des autres biens. sont décidées par les autorités compétentes
en matière de normalisation comptable, leurs
conséquences comptables sur la situation de
10 Journal Officiel de l’OHADA N° 10 – 4ème Année

l’entreprise pourront être imputées, en tout dite P.E.P.S.), soit à leur coût moyen pondéré
ou en partie, sur les capitaux propres du bilan d’acquisition ou de production (méthode dite
d’ouverture de l’exercice au cours duquel C.M.P.).
elles sont constatées.
Toutes informations nécessaires à la
compréhension et à l’appréciation des
changements intervenus sont données dans Article 45
l’Etat annexé, conformément aux dispositions L’amortissement est la constatation
de l’article 33 ci-dessus. comptable obligatoire de l’amoindrissement
de valeur des immobilisations qui se
déprécient de façon certaine et irréversible
Article 42
avec le temps, l’usage, ou en raison du
A la clôture de chaque exercice, l’entreprise changement des techniques, de l’évolution
doit procéder au recensement et à des marchés ou de toute autre cause.
l’évaluation de ses biens, créances et dettes à
Il consiste pour l’entreprise à répartir le coût
leur valeur effective du moment, dite valeur
du bien sur sa durée probable d’utilisation
actuelle.
selon un plan prédéfini.
La valeur actuelle est une valeur d’estimation
Le coût du bien pour l’entreprise s’entend de
du moment qui s’apprécie en fonction du
la différence entre son coût d’entrée et sa
marché et de l’utilité de l’élément pour
valeur résiduelle prévisionnelle.
l’entreprise.
Toute modification significative dans
L’utilité de l’élément pour l’entreprise est à l’environnement juridique, technique,
déterminer dans le cadre de la continuité de économique de l’entreprise et dans les
l’exploitation ou d’utilisation, telle que définie conditions d’utilisation du bien est susceptible
à l’article 39 ci-dessus, ou, le cas échéant, d’entraîner la révision du plan
dans l’hypothèse de non-continuité. d’amortissement en cours d’exécution.

Article 43 Article 46
La valeur d’inventaire est la valeur actuelle à L’amoindrissement seulement probable de la
la date de clôture de l’exercice. valeur d’un élément d’actif résultant de
causes dont les effets ne sont pas jugés
Cette valeur d’inventaire est comparée à la irréversibles est constaté par une provision
valeur d’entrée figurant au bilan. Si la valeur pour dépréciation ; pour les immobilisations,
d’inventaire est supérieure à la valeur cette provision est constatée par une dotation
d’entrée, cette dernière est maintenue dans et pour les autres éléments de l’actif, par une
les comptes, sauf cas expressément prévus charge provisionnée.
par la législation. Si la valeur d’inventaire est
inférieure à la valeur d’entrée, la dépréciation
est constatée de façon distincte sous la forme Article 47
d’un amortissement ou d’une provision selon
que la dépréciation est jugée définitive ou Les amortissements et les provisions pour
non. dépréciation sont inscrits distinctement à
l’actif en diminution de la valeur brute des
biens et des créances correspondants pour
Article 44 donner leur valeur comptable nette.
A leur sortie du magasin ou à l’inventaire, les
biens interchangeables (fongibles) sont Article 48
évalués, soit en considérant que le premier
bien entré est le premier bien sorti (méthode
Journal Officiel de l’OHADA N° 10 – 4ème Année 11

Les risques et charges, nettement précisés du cours de change à la date de formalisation


quant à leur objet, que des événements de l’accord des parties sur l’opération, quand
survenus ou en cours rendent seulement il s’agit de transactions commerciales, ou à la
probables, entraînent la constitution, par date de mise à disposition des devises, quand
dotations, de provisions financières pour il s’agit d’opérations financières.
risques et charges à inscrire au passif du
bilan dans les dettes financières. Toutefois,
lorsque l’échéance probable du risque ou de Article 53
la charge est à court terme, les provisions Lorsque la naissance et le règlement des
sont constituées par constatation de charges créances ou des dettes s’effectuent dans le
provisionnées et inscrites au passif. même exercice, les écarts constatés par
rapport aux valeurs d’entrée, en raison de la
variation des cours de change, constituent
Article 49
des pertes ou des gains de change à inscrire
Il doit être procédé, dans l’exercice, à tous respectivement dans les charges financières
amortissements et provisions nécessaires ou les produits financiers de l’exercice.
pour couvrir les dépréciations, les risques et
Il en est de même, quelle que soit l’échéance
les charges probables, même en cas
des créances et des dettes libellées en
d’absence ou d’insuffisance de bénéfice.
monnaies étrangères, dès lors qu’une
Il doit être tenu compte des risques, charges opération de couverture a été conclue à leur
et produits intervenus au cours de l’exercice sujet au cours de l’exercice et dans la limite
ou d’un exercice antérieur, même s’ils sont du montant de cette couverture.
connus seulement entre la date de clôture de
l’exercice et celle de l’arrêté des comptes.
Article 54
Lorsque les créances et les dettes libellées en
Article 50 monnaies étrangères subsistent au bilan à la
date de clôture de l’exercice, leur
Lorsque la valeur des éléments de l’actif et du enregistrement initial est corrigé sur la base
passif de l’entreprise dépend des fluctuations du dernier cours de change à cette date.
des cours des monnaies étrangères, des
Les différences entre les valeurs initialement
règles particulières d’évaluation s’appliquent
inscrites dans les comptes (coûts
dans les conditions définies par les articles 51
“ historiques ”) et celles résultant de la
à 58 ci-après.
conversion à la date de l’inventaire majorent
ou diminuent les montants initiaux et
Article 51 constituent :
Les biens acquis en devises sont • des pertes probables, dans le cas de
comptabilisés dans l’unité monétaire légale majoration des dettes ou de minoration
du pays par conversion de leur coût en des créances,
devises, sur la base du cours de change du
• des gains latents, dans le cas de
jour de l’acquisition. Cette valeur est
majoration des créances ou de minoration
maintenue au bilan jusqu’à la date de
des dettes.
consommation, de cession ou de disparition
des biens. Ces différences sont inscrites directement au
bilan dans des comptes d’écarts de
conversion à l’actif (pertes probables) ou du
Article 52 passif (gains latents).
Les créances et les dettes libellées en Les gains latents n’interviennent pas dans la
monnaies étrangères sont converties dans formation du résultat. Les pertes probables
l’unité monétaire légale du pays, sur la base
12 Journal Officiel de l’OHADA N° 10 – 4ème Année

entraînent la constitution d’une provision


pour pertes de change.
Article 58
Quand elles subsistent au bilan, les
disponibilités en devises sont converties en
unité monétaire légale du pays sur la base du
dernier cours de change connu à la date de
Article 55 clôture de l’exercice et les écarts constatés
sont inscrits directement dans les produits et
A la date de règlement des créances et des les charges de l’exercice comme gains de
dettes, les pertes et les gains de change à change ou pertes de change.
cette date sont constatés par rapport à leur
coût historique.
Article 59

Article 56 Le résultat de chaque exercice est


indépendant de celui qui le précède et de
Par dérogation et à titre exceptionnel, celui qui le suit ; pour sa détermination, il
lorsqu’un emprunt est contracté ou qu’un convient de lui rattacher et de lui imputer
prêt est consenti à l’étranger pour une tous les événements et toutes les opérations
période supérieure à un an, la perte ou le qui lui sont propres et ceux-là seulement.
gain résultant à la clôture de l’exercice de
l’emprunt ou du prêt en devises doit être
étalé sur la durée restant à courir jusqu’au Article 60
dernier remboursement ou encaissement, en
proportion des remboursements ou Seuls les bénéfices réalisés à la date de
encaissements à venir prévus au contrat. Le clôture d’un exercice sont inscrits dans les
gain futur total ou la perte future totale est résultats de l’exercice.
recalculé à la clôture de chaque exercice et le
montant potentiel est mentionné dans l’Etat
Peut être considéré comme réalisé à cette
annexé.
date le bénéfice résultant d’une opération
partiellement exécutée et acceptée par le
Article 57 client, lorsqu’il est possible de prouver, avec
une sécurité suffisante, que le contrat est
Lorsque les opérations traitées en monnaies suffisamment avancé pour que ce bénéfice
étrangères sont telles qu’elles concourent à partiel puisse s’insérer normalement dans le
une position globale de change au sein de bénéfice global prévisionnel de l’opération
l’entreprise, le montant de la dotation à la dans son ensemble.
provision pour pertes de change est limité à
l’excédent des pertes probables sur les gains
latents afférents aux éléments inclus dans Article 61
cette position.
Les produits et les charges concernant des
Pour l’application de cette disposition, la exercices antérieurs sont enregistrés, selon
position globale de change s’entend de la leur nature, comme les produits et les
situation, devise par devise, de toutes les charges de l’exercice en cours et participent à
opérations engagées contractuellement par la formation du résultat d’exploitation,
l’entreprise, même si elles n’ont pas encore financier ou hors activités ordinaires de cet
été inscrites dans les comptes. De plus, le exercice. Ils doivent faire l’objet d’une
calcul du montant de la provision pour pertes mention spécifique dans l’Etat annexé.
de change doit être ajusté en fonction de
l’échéance des éléments inclus dans la
position globale de change. Article 62
Journal Officiel de l’OHADA N° 10 – 4ème Année 13

Toute réévaluation d’un bien ou d’un élément Le livre-journal et le livre d’inventaire sont
non monétaire a pour conséquence la cotés, paraphés et numérotés de façon
substitution d’une valeur, dite réévaluée, à la continue par l’autorité compétente de chaque
valeur nette précédemment comptabilisée. Etat-partie concerné.
La différence entre valeurs réévaluées et Article 67
valeurs nettes précédemment comptabilisées
Dans les entreprises qui ont recours à la
constitue, pour l’ensemble des éléments
technique de l’informatique pour la tenue de
réévalués, l’écart de réévaluation.
leur comptabilité, des documents
L’écart de réévaluation est inscrit informatiques écrits peuvent tenir lieu de
distinctement au passif du bilan dans les journal et de livre d’inventaire ; dans ce cas,
capitaux propres. ils doivent être identifiés, numérotés et datés,
dès leur établissement, par des moyens
légaux offrant toute garantie de respect de la
Article 63 chronologie des opérations, de l’irréversibilité
La valeur réévaluée d’un élément ne peut, en et de la durabilité des enregistrements
aucun cas, dépasser sa juste valeur, à la date comptables.
prise en compte pour point de départ de la
réévaluation, c’est-à-dire sa valeur actuelle,
Article 68
telle qu’elle est définie à l’article 42 ci-dessus.
La comptabilité régulièrement tenue peut être
admise en justice pour servir de preuve
Article 64 entre les entreprises pour faits de commerce
La valeur réévaluée des immobilisations ou autres.
amortissables sert de base au calcul des Si elle a été irrégulièrement tenue, elle ne
amortissements sur la durée d’utilisation peut être invoquée par son auteur à son
restant à courir depuis l’ouverture de profit.
l’exercice de réévaluation, sauf révision du
plan d’amortissement, en application des
dispositions de l’alinéa 4 de l’article 45 du Article 69
présent Acte Uniforme.
L’entreprise détermine, sous sa
responsabilité, les procédures nécessaires à la
mise en place d’une organisation comptable
Article 65
permettant aussi bien un contrôle interne
L’écart de réévaluation ne peut être incorporé fiable que le contrôle externe, par
au résultat de l’exercice de réévaluation. Il l’intermédiaire, le cas échéant, de
n’est pas distribuable ; il peut être incorporé commissaires aux comptes, de la réalité des
en tout ou partie au capital. opérations et de la qualité des comptes, tout
en favorisant la collecte des informations.

CHAPITRE V :
Article 70
VALEUR PROBANTE DES
Dans les entreprises qui désignent,
DOCUMENTS, CONTRÔLE DES volontairement ou obligatoirement, des
COMPTES, COLLECTE ET commissaires aux comptes, ces derniers
PUBLICITE DES certifient, conformément aux dispositions de
l’Acte uniforme relatif au droit des sociétés
INFORMATIONS COMPTABLES commerciales et du groupement d’intérêt
économique sur la mission du commissaire
aux comptes, que les états financiers sont
Article 66
réguliers et sincères et donnent une image
14 Journal Officiel de l’OHADA N° 10 – 4ème Année

fidèle du patrimoine, de la situation financière commissaires aux comptes, quarante-cinq


et du résultat de l’exercice écoulé. jours, au moins, avant la date de l’Assemblée
générale.

Article 72
Les états financiers annuels et le rapport de
Article 71
gestion établis par les organes
A la clôture de chaque exercice, les organes d’administration ou de direction, selon les
d’administration ou de direction, selon le cas, cas, sont soumis à l’approbation des
dressent l’inventaire et les états financiers, actionnaires ou des associés dans le délai de
conformément aux dispositions des chapitres six mois à compter de la date de clôture de
précédents, et établissent un rapport de l’exercice.
gestion ainsi qu’un bilan social, le cas
échéant.
Article 73
Les entreprises se conforment aux mesures
Le rapport de gestion expose la situation de
communes de communication des
l’entreprise durant l’exercice écoulé, ses
informations aux actionnaires ou aux associés
perspectives de développement ou son
et de publicité des états financiers annuels
évolution prévisible et, en particulier, les
ainsi qu’à celles prévues, pour les sociétés
perspectives de continuation de l’activité,
cotées, à la fin du premier semestre,
l’évolution de la situation de trésorerie et le
conformément aux dispositions spécifiques
plan de financement.
aux sociétés anonymes faisant appel public à
Les événements importants, survenus entre l’épargne exposées dans l’Acte Uniforme
la date de clôture de l’exercice et la date à relatif au droit des sociétés commerciales et
laquelle il est établi, doivent également être du groupement d’intérêt économique.
mentionnés.
Tous ces documents ainsi que la liste des
conventions réglementées sont transmis aux
Journal Officiel de l’OHADA N° 10 – 4ème Année 15

TITRE II :
DES COMPTES CONSOLIDES ET DES COMPTES COMBINES

l’ensemble consolidé, dite entreprise


CHAPITRE I : consolidante.
COMPTES CONSOLIDES
Article 76
Article 74 L’obligation de consolidation subsiste même
si l’entreprise consolidante est elle-même
Toute entreprise, qui a son siège social ou
sous contrôle exclusif ou conjoint d’une ou
son activité principale dans l’un des Etats-
de plusieurs entreprises ayant leur siège
parties et qui contrôle de manière exclusive
social et leur activité principale en dehors
ou conjointe une ou plusieurs autres
de l’espace économique formé par les Etats-
entreprises, ou qui exerce sur elles une
parties. L’identité de cette ou de ces
influence notable, établit et publie chaque
entreprises est signalée dans l’Etat annexé
année les états financiers consolidés de
des états financiers personnels de la société
l’ensemble constitué par toutes ces
consolidante de l’espace économique formé
entreprises ainsi qu’un rapport sur la gestion
par les Etats-parties ainsi que dans l’Etat
de cet ensemble.
annexé consolidé.

S’il s’agit d’une société anonyme faisant appel


Article 77
public à l’épargne, la société dominante est
tenue également de publier un tableau Les entreprises dominantes de l’espace
d’activité et de résultats ainsi qu’un rapport juridique formé par les Etats-parties qui
d’activité pour l’ensemble consolidé dans les sont, elles-mêmes, sous le contrôle d’une
quatre mois qui suivent la fin du premier autre entreprise de cet espace soumise à
semestre de l’exercice, accompagnés d’un une obligation de consolidation, sont
rapport du commissaire aux comptes sur la dispensées de l’établissement et de
sincérité des informations données, dans les publication d’états financiers consolidés.
mêmes conditions que celles prévues pour les
Toutefois, cette exemption ne peut être
comptes personnels des entreprises. Dans ce
invoquée dans les trois cas suivants :
cas, la société dominante est dispensée des
obligations de même nature relevant de • si les deux entreprises ont leur siège
l’application de l’article 73 ci-dessus. social dans deux régions différentes de
l'espace OHADA ;
• si l’entreprise fait appel public à
Article 75
l’épargne;
L’établissement et la publication des états
• si des états financiers consolidés sont
financiers consolidés sont à la charge des
exigés par un ensemble d’actionnaires
organes d’administration, de direction ou de
représentant au moins le dixième du
surveillance de l’entreprise dominante de
capital de l’entreprise dominante.
16 Journal Officiel de l’OHADA N° 10 – 4ème Année

Les " régions de l'espace OHADA" Les états financiers consolidés comprennent
s'entendent des ensembles économiques le Bilan, le Compte de résultat, le Tableau
institutionnalisés formés par plusieurs Etats- financier des ressources et des emplois de
parties telles la Communauté Economique et l’exercice ainsi que l’État annexé.
Monétaire de l’Afrique Centrale, l’Union
Ils forment un tout indissociable et sont
Economique et Monétaire Ouest Africaine…
établis conformément aux règles et
conventions retenues dans le Système
comptable OHADA.

Article 78
Ils sont présentés, conformément aux
Le contrôle exclusif par une entreprise résulte
modèles fixés par le Système comptable
:
OHADA pour les comptes personnels des
• soit de la détention directe ou indirecte de entreprises, Système normal, avec en
la majorité des droits de vote dans une complément les rubriques et postes
autre entreprise ; spécifiques liés à la consolidation,
• soit de la désignation, pendant deux notamment “ Ecarts d’acquisition ”,
exercices successifs, de la majorité des “ Intérêts minoritaires ”.
membres des organes d’administration, de
direction ou de surveillance d’une autre
Article 80
entreprise ; l’entreprise consolidante est
présumée avoir effectué cette désignation Les comptes des entreprises placées sous le
lorsqu’elle a disposé au cours de cette contrôle exclusif de l’entreprise consolidante
période, directement ou indirectement, sont consolidés par intégration globale.
d’une fraction supérieure à quarante pour
Les comptes des entreprises contrôlées
cent des droits de vote et qu’aucun autre
conjointement avec d’autres associés par
associé ne détenait, directement ou
l’entreprise consolidante sont consolidés par
indirectement, une fraction supérieure à la
intégration proportionnelle.
sienne ;
Les comptes des entreprises sur lesquelles
• soit du droit d’exercer une influence
l’entreprise consolidante exerce une
dominante sur une entreprise en vertu
influence notable sont consolidés par mise
d’un contrat ou de clauses statutaires,
en équivalence.
lorsque le droit applicable le permet et que
l’entreprise consolidante est associée de
l’entreprise dominée. Article 81
Le contrôle conjoint est le partage du Dans l’intégration globale, le bilan consolidé
contrôle d’une entreprise, exploitée en reprend les éléments du patrimoine de
commun par un nombre limité d’associés, de l’entreprise consolidante, à l’exception des
sorte que les décisions résultent de leur titres des entreprises consolidées à la valeur
accord. comptable desquels sont substitués les
L’influence notable sur la gestion et la différents éléments actifs et passifs,
politique financière d’une autre entreprise est constitutifs des capitaux propres de ces
présumée lorsqu’une entreprise dispose, entreprises, déterminés d’après les règles
directement ou indirectement, d’une fraction de consolidation.
au moins égale au cinquième des droits de Dans l’intégration proportionnelle est
vote de cette autre entreprise. substituée à la valeur comptable de ces
titres la fraction représentative des intérêts
de l’entreprise consolidante - ou des
Article 79
entreprises détentrices - dans les différents
éléments actifs et passifs, constitutifs des
Journal Officiel de l’OHADA N° 10 – 4ème Année 17

capitaux propres de ces entreprises, constitué par les entreprises consolidées par
déterminés d’après les règles de intégration. Il comprend, après élimination
consolidation. des opérations internes à l’ensemble
consolidé :
Dans la mise en équivalence, est substituée à
la valeur comptable des titres détenus la part 1. le montant net, après retraitements
qu’ils représentent dans les capitaux propres, éventuels, du chiffre d’affaires réalisé par
déterminée d’après les règles de les entreprises consolidées par
consolidation des entreprises concernées. intégration globale ;

Article 82
L’écart de première consolidation est 2. la quote-part de l’entreprise ou des
constaté par différence entre le coût entreprises détentrices dans le montant
d’acquisition des titres d’une entreprise net, après retraitements éventuels, du
consolidée et la part des capitaux propres chiffre d’affaires réalisé par les
que représentent ces titres pour la société entreprises consolidées par intégration
consolidante, y compris le résultat de proportionnelle.
l’exercice réalisé à la date d’entrée de la
société dans le périmètre de consolidation.
Article 85
L’écart de première consolidation d’une
entreprise est en priorité réparti dans les Le compte de résultat consolidé comprend :
postes appropriés du bilan consolidé sous 1. les éléments constitutifs :
forme d’“écarts d’évaluation” ; la partie non
affectée de cet écart est inscrite à un poste a) du résultat de l’entreprise
particulier d’actif ou de passif du bilan consolidante,
consolidé constatant un “ écart b) du résultat des entreprises
d’acquisition ”. consolidées par intégration globale,
L’écart non affecté est rapporté au compte de c) de la fraction du résultat des
résultat, conformément à un plan entreprises consolidées par intégration
d’amortissement ou de reprise de provisions. proportionnelle, représentative des
intérêts de l’entreprise consolidante
ou des autres entreprises détentrices
Article 83 incluses dans l’ensemble consolidé ;
Lorsque l’écart de première consolidation ne 2. la fraction du résultat des entreprises
peut être ventilé, par suite de l’ancienneté consolidées par mise en équivalence,
des entreprises entrant pour la première fois représentative soit des intérêts directs ou
dans le périmètre de consolidation, cet écart indirects de l’entreprise consolidante, soit
peut être imputé directement sur les capitaux des intérêts de l’entreprise ou des
propres consolidés à l’ouverture de l’exercice entreprises détentrices incluses dans
d’incorporation de ces entreprises. l’ensemble consolidé.
Toutes explications sur le traitement de
l’écart susvisé doivent être données dans
l’État annexé consolidé. Article 86
La consolidation impose :
Article 84 a) le classement des éléments d’actif et de
passif ainsi que des éléments de charges
Le chiffre d’affaires consolidé est égal au et de produits des entreprises
montant des ventes de produits et services consolidées par intégration, selon le plan
liés aux activités courantes de l’ensemble
18 Journal Officiel de l’OHADA N° 10 – 4ème Année

de classement retenu pour la consolidation par des lois particulières, sont maintenus
; dans les comptes consolidés à la valeur qui
résulte de l’application de ces règles.
b) l’élimination de l’incidence sur les comptes
des écritures passées pour la seule
application des législations fiscales;
Article 89
c) l’élimination des résultats internes à
Le Bilan consolidé est présenté, selon le
l’ensemble consolidé, y compris les
modèle prévu dans le Système comptable
dividendes ;
OHADA pour les comptes personnels,
d) la constatation de charges, lorsque les Système normal, en faisant toutefois
impositions afférentes à certaines distinctement apparaître :
distributions prévues entre des entreprises
• les écarts d’acquisition ;
consolidées par intégration ne sont pas
récupérables, ainsi que la prise en compte • les titres mis en équivalence ;
des réductions d’impôts, lorsque des • la part des associés minoritaires (intérêts
distributions prévues en font bénéficier minoritaires) ;
des entreprises consolidées par intégration
; • les impôts différés.
e) l’élimination des comptes réciproques des
entreprises consolidées par intégration Article 90
globale ou proportionnelle.
Le compte de résultat consolidé est
L’entreprise consolidante peut omettre présenté, selon le modèle du Système
d’effectuer certaines des opérations décrites normal, en faisant distinctement apparaître
au présent article, lorsqu’elles sont :
d’incidence négligeable sur le patrimoine, la
situation financière et le résultat de • le résultat net de l’ensemble des
l’ensemble constitué par les entreprises entreprises consolidées par intégration ;
comprises dans la consolidation. • la quote-part des résultats nets des
entreprises consolidées par mise en
équivalence ;
Article 87
• la part des associés minoritaires et la
L’écart constaté d’un exercice à l’autre et qui part de l’entreprise consolidante dans le
résulte de la conversion en unité monétaire résultat net.
légale du pays des comptes d’entreprises
étrangères est, selon la méthode de
conversion retenue, inscrit distinctement soit Article 91
dans les capitaux propres consolidés, soit au
compte de résultat consolidé. Le Compte de résultat consolidé peut être
accompagné d’une présentation des
produits et des charges classés selon leur
Article 88 destination, sur décision prise par
l’entreprise consolidante.
Lorsque des capitaux sont reçus en
application de contrats d’émission ne
prévoyant ni de remboursement à l’initiative Article 92
du prêteur, ni de rémunération obligatoire en
cas d’absence ou d’insuffisance de bénéfice, Sont enregistrées au Bilan et au Compte de
ceux-ci peuvent être inscrits au bilan résultat consolidés les impositions différées
consolidé à un poste de capitaux propres. résultant :

Les biens détenus par des organismes qui 1. du décalage temporaire entre la
sont soumis à des règles d’évaluation, fixées constatation comptable d’un produit ou
Journal Officiel de l’OHADA N° 10 – 4ème Année 19

d’une charge et son inclusion dans le exercices successifs, les limites minimales
résultat fiscal d’un exercice ultérieur ; fixées par les autorités compétentes.
2. des aménagements, éliminations et Ces limites sont établies sur la base des
retraitements prévus à l’article 86 ci- derniers états financiers arrêtés par les
dessus; entreprises incluses dans la consolidation.
3. de déficits fiscaux reportables des
entreprises comprises dans la
Article 96
consolidation, dans la mesure où leur
imputation sur les bénéfices fiscaux futurs Sont laissées en dehors du champ
est probable. d’application de la consolidation les
entreprises pour lesquelles des restrictions
sévères et durables remettent en cause,
Article 93 substantiellement, soit le contrôle ou
l’influence exercés sur elles par l’entreprise
Le Tableau financier consolidé des ressources
consolidante, soit leurs possibilités de
et des emplois est construit à partir de la
transfert de fonds.
capacité d’autofinancement globale,
déterminée selon les conditions fixées par le Il peut en être de même pour les
Système comptable OHADA. entreprises dont :
• les actions ou parts ne sont détenues
qu’en vue de leur cession ultérieure ;
Article 94
• l’importance est négligeable par rapport
L’État annexé consolidé doit comporter toutes
à l’ensemble consolidé.
les informations de caractère significatif
permettant d’apprécier correctement le Toute exclusion de la consolidation
périmètre, le patrimoine, la situation d’entreprises entrant dans les catégories
financière et le résultat de l’ensemble visées au présent article doit être justifiée
constitué par les entreprises incluses dans la dans l’Etat annexé de l’ensemble consolidé.
consolidation.
Il inclut notamment :
Article 97
• un tableau de variation des capitaux
Les entreprises entrant dans la
propres consolidés mettant en évidence
consolidation sont tenues de faire parvenir à
les origines et le montant de toutes les
l’entreprise consolidante les informations
différences intervenues sur les éléments
nécessaires à l’établissement des comptes
constitutifs des capitaux propres au cours
consolidés.
de l’exercice de consolidation ;
Si la date de clôture de l’exercice d’une
• un tableau de variation du périmètre de
entreprise comprise dans la consolidation
consolidation précisant toutes les
est antérieure de plus de trois mois à la
modifications ayant affecté ce périmètre,
date de clôture de l’exercice de
du fait de la variation du pourcentage de
consolidation, les comptes consolidés sont
contrôle des entreprises déjà consolidées,
établis sur la base de comptes
comme du fait des acquisitions et des
intermédiaires contrôlés par un commissaire
cessions de titres.
aux comptes ou, s’il n’en est point, par un
professionnel chargé du contrôle des
comptes.
Article 95
Sont consolidés les ensembles d’entreprises
dont le chiffre d’affaires et l’effectif moyen de
travailleurs dépassent, pendant deux
20 Journal Officiel de l’OHADA N° 10 – 4ème Année

l’ensemble consolidé ainsi que le rapport du


commissaire aux comptes font l’objet, de la
Article 98
part de l’entreprise qui a établi les comptes
L’absence d’information ou une information consolidés, d’une publicité effectuée selon
insuffisante relative à une entreprise entrant les modalités prévues par l’article 73 du
dans le périmètre de consolidation ne remet présent Acte Uniforme.
pas en cause l’obligation pour la société
dominante d’établir et de publier des comptes
consolidés. Dans ce cas exceptionnel, elle est Article 102
tenue de signaler le caractère incomplet des
Le tableau d’activité et de résultats prévu à
comptes consolidés.
l’article 74 ci-dessus indique le montant
net du chiffre d’affaires et le résultat des
activités ordinaires avant impôts de
Article 99
l’ensemble consolidé. Chacun des postes du
Un rapport sur la gestion de l’ensemble tableau comporte l’indication du chiffre
consolidé expose la situation de l’ensemble relatif au poste correspondant de l’exercice
constitué par les entreprises comprises dans précédent et du premier semestre de cet
la consolidation, son évolution prévisible, les exercice.
événements importants survenus entre la
Le rapport d’activité semestriel commente
date de clôture de l’exercice de consolidation
les données relatives au chiffre d’affaires et
et la date à laquelle les comptes consolidés
au résultat du premier semestre. Il décrit
sont établis ainsi que ses activités en matière
également l’activité de l’ensemble consolidé
de recherche et de développement.
au cours de cette période ainsi que
l’évolution prévisible de cette activité
Article 100 jusqu’à la clôture de l’exercice. Les
événements importants survenus au cours
Lorsqu’une entreprise établit des états du semestre écoulé sont également relatés
financiers consolidés, les commissaires aux dans ce rapport.
comptes certifient que ces états sont
réguliers et sincères et donnent une image
fidèle du patrimoine, de la situation financière
ainsi que du résultat de l’ensemble constitué
par les entreprises comprises dans la CHAPITRE II :
consolidation. Ils vérifient, le cas échéant, la
sincérité et la concordance avec les états
COMPTES COMBINES
financiers consolidés des informations
données dans le rapport de gestion.
Article 103
La certification des états financiers consolidés
Les entreprises, qui constituent dans une
est délivrée notamment après examen des
région de l’espace OHADA, un ensemble
travaux des commissaires aux comptes des
économique soumis à un même centre
entreprises comprises dans la consolidation
stratégique de décision situé hors de cette
ou, s’il n’en est point, des professionnels
région, sans qu’existent entre elles des liens
chargés du contrôle des comptes desdites
juridiques de domination, établissent et
entreprises ; ceux-ci sont libérés du secret
présentent des états financiers, dénommés
professionnel à l’égard des commissaires aux
“ états financiers combinés ”, comme s’il
comptes de l’entreprise consolidante.
s’agissait d’une seule entreprise.

Article 101
A l’effet d’identifier les entreprises
Les états financiers consolidés régulièrement susceptibles d’entrer dans la formation d’un
approuvés, le rapport de gestion de tel ensemble, toute entreprise placée, en
Journal Officiel de l’OHADA N° 10 – 4ème Année 21

dernier ressort, sous contrôle exclusif ou de personnes ayant des intérêts


conjoint d’une personne morale doit en faire communs;
mention dans l’Etat annexé faisant partie de
• entreprises appartenant aux secteurs
ses états financiers annuels personnels.
coopératif ou mutualiste et constituant
Chacune de ces entreprises est tenue de un ensemble homogène à stratégie et
préciser, dans l’état annexé, l’entreprise de direction communes ;
l’Etat-partie chargée de l’établissement des
• entreprises faisant partie d’un même
comptes combinés.
ensemble, non rattachées juridiquement
Ces états financiers doivent impérativement à la société holding mais ayant la même
être établis suivant les règles et méthodes activité et étant placées sous la même
spécifiques aux comptes combinés du autorité ;
présent Acte Uniforme.
• entreprises ayant entre elles des
structures communes ou des relations
contractuelles suffisamment étendues
pour engendrer un comportement
En outre, le Conseil des ministres de l’OHADA économique coordonné dans le temps;
pourra être amené à imposer l’établissement
• entreprises liées entre elles par un
de comptes combinés à des groupes d’entités
accord de partage de résultats ou par
situés au sein de l’espace OHADA, dont la
toute autre convention, suffisamment
cohésion repose sur certains éléments
contraignant et exhaustif pour que la
objectifs permettant de justifier
combinaison de leurs comptes soit plus
l’établissement et la présentation de tels
représentative de leurs activités et de
comptes.
leurs opérations que les comptes
personnels de chacune d’elles.
Article 104
L’établissement et la présentation des états Article 107
financiers combinés obéissent aux règles
prévues en matière de comptes consolidés, Les capitaux propres combinés sont établis
sous réserve des dispositions des articles dans les conditions suivantes :
105 à 109 ci-après. • en l’absence de liens de participation
entre les entreprises incluses dans le
Article 105 périmètre de combinaison, les capitaux
propres combinés représentent le cumul
Le périmètre de combinaison englobe toutes des capitaux propres retraités de ces
les entreprises d'une même région de entreprises ;
l'espace OHADA satisfaisant à des critères
d’unicité et de cohésion caractérisant • s’il existe des liens de capital entre des
l’ensemble économique formé, quels que entreprises incluses dans le périmètre de
soient leur activité, leur forme juridique ou combinaison, le montant des titres de
leur objet, lucratif ou non. participation qui figure à l’actif de
l’entreprise détentrice est imputé sur les
capitaux propres combinés ;
Article 106
• si les entreprises incluses dans le
Les éléments objectifs visés à l’article 103, périmètre de combinaison sont la
dernier alinéa ci-dessus, consistent en des propriété d’une personne physique ou
critères d’unicité et de cohésion pouvant d’un groupe de personnes physiques, la
relever des cas suivants : part des autres associés dans les
capitaux propres et dans le résultat de
• entreprises dirigées par une même
ces entreprises sera traitée sous forme
personne morale ou par un même groupe
d’intérêts minoritaires ;
22 Journal Officiel de l’OHADA N° 10 – 4ème Année

• d’une façon plus générale, lorsque la L’État annexé des comptes combinés
cohésion d’un ensemble d’entreprises précise notamment :
résulte d’une unicité de direction, de
• la nature des liens à l’origine de
l’exercice d’une activité commune au sein
l’établissement des comptes combinés ;
d’un ensemble plus large d’entreprises,
d’une intégration opérationnelle des • la liste des entreprises incluses dans le
différentes entreprises ou de circonstances périmètre de combinaison et les
équivalentes, il est nécessaire de modalités de détermination de ce
distinguer les associés constituant des périmètre ;
ayants droit aux capitaux propres • la qualité des ayants droit aux capitaux
combinés et les associés considérés propres et des éventuels bénéficiaires
comme tiers vis-à-vis de ces capitaux. La d’intérêts minoritaires ;
distinction entre ces deux catégories
d’associés permet d’apprécier les intérêts • les régimes de taxation des résultats
minoritaires à retenir au bilan et au inhérents aux diverses formes juridiques
compte de résultat issus de la des entreprises incluses dans le
combinaison des comptes de l’ensemble périmètre de combinaison.
économique considéré.
Article 108 Article 110
Lorsque le lien de capital entre deux ou Les états financiers combinés font l’objet
plusieurs entreprises dont les comptes sont d’un rapport sur la gestion de l’ensemble
combinés est d’un niveau suffisant pour combiné, et d’une certification du ou des
justifier la consolidation entre elles, il est commissaires aux comptes, suivant les
maintenu au bilan combiné les écarts mêmes principes et modalités que ceux
d’évaluation et d’acquisition inscrits dans les prévus pour les états financiers consolidés.
comptes consolidés.

Article 109
Journal Officiel de l’OHADA N° 10 – 4ème Année 23

TITRE III :
DES DISPOSITIONS PENALES

Article 111 • auront sciemment, établi et


communiqué des états financiers ne
Encourent une sanction pénale les
délivrant pas une image fidèle du
entrepreneurs individuels et les dirigeants
patrimoine, de la situation financière et
sociaux qui :
du résultat de l’exercice.
• n’auront pas, pour chaque exercice
Les infractions prévues par le présent Acte
social, dressé l’inventaire et établi les
uniforme seront punies conformément aux
états financiers annuels ainsi que, le
dispositions du Droit pénal en vigueur
cas échéant, le rapport de gestion et le
dans chaque Etat-partie.
bilan social ;

TITRE IV :
DES DISPOSITIONS FINALES

publié au Journal Officiel de l’OHADA et


Article 112
des États-parties. Il entrera en vigueur :
Sont abrogées à compter de la date
- pour les "comptes personnels des
d’entrée en vigueur du présent Acte
entreprises", le 1er janvier 2001:
Uniforme et de son Annexe toutes
opérations et comptes de l'exercice
dispositions contraires.
ouvert à cette date ;
- pour les "comptes consolidés" et les
Article 113 "comptes combinés" le 1er janvier
Le présent Acte Uniforme auquel est 2002: opérations et comptes de
annexé le Système comptable OHADA sera l'exercice ouvert à cette date.
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