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GÉNIE CLIMATIQUE ET ENERGÉTIQUE

SYNTHESE DU PROJET DE FIN D’ETUDES

MISE EN PLACE D’UNE METHODOLOGIE


D’AUDIT ENERGETIQUE

Projet de Fin d’Etudes réalisé à Apave Liban

Par Corentin Demolder

Encadré par Bassam Habre

Tuteur : Rahal Boussehain

Septembre 201145
Fiche d’objectifs
Mise en place d’une méthodologie d’audit énergétique

Observations et comparaisons des différents rapports réalisés par Apave Liban mais
aussi par d’autres auditeurs. Cela va du plus synthétique, ne contenant que quelques
chiffres et graphiques, allant au plus précis donnant une description d’application
personnalisée pour chaque mesure d’économie d’énergie.
Rédaction d’un rapport bilan sur un site audité par Apave Liban. Ce rapport liste
toutes les mesures proposées par l’audit et réalisées sur chantier. Il est aussi intéressant de
faire des visites sur chantier afin d’observer comment ces conseils sont exécutés. Ce rapport
servira aussi de référence, il justifie l’utilité et l’efficacité de la réalisation d’audits.
Réalisation d’un audit énergétique avec le soutien de mon tuteur en entreprise afin
d’en comprendre la structure et le contenu. L’objectif de cette étape est de se familiariser
avec la méthode d’audit existante afin de mieux la maitriser et éventuellement de l’améliorer.
Réalisation d’un outil Audit Energétique. Il s’agit d’un couple de fichiers Excel et Word
liés entre eux. Les données chiffrables du projet sont renseignées dans le tableur qui les
traite, réalise des graphiques associés ainsi que des résultats numériques. Certaines sorties
Excel sont automatiquement insérées dans le document Word. Le reste des informations est
ajouté directement dans ce même document. L’objectif essentiel étant une efficacité accrue,
un rendu riche en informations, réalisé rapidement et facilement par l’auditeur.
Application de l’outil sur des projets réels afin de l’améliorer, de constater ses limites
et les dépasser si cela est possible.
La réalisation d’un guide d’utilisation du document avec consignes et aides au
remplissage. Ainsi, l’outil peut être transmis et réutilisé ultérieurement de manière
indépendante.

Remerciements :
Je tiens à remercier mon tuteur au sein de l’entreprise, M. Bassam HABRE pour son
soutien moral et ses conseils tant dans la réalisation de l’outil ainsi que dans la progression
générale de ce PFE. Je tiens également à exprimer ma toute ma gratitude à M. Nassib
NASR qui a accepté que je réalise mon Projet dans son agence.
Je remercie par la même occasion un autre acteur de ce projet, M. Rahal
BOUSSEHAIN qui a su répondre à mes interrogations à distance depuis Strasbourg.
Je remercie finalement toute l’équipe d’Apave Liban pour son chaleureux accueil
ainsi que pour l’aide qu’elle m’a apporté durant l’ensemble de mon PFE. Elle m’a également
permis d’apprécier pleinement mon stage au Liban en me faisant découvrir ses différentes
richesses.
1 Résumé

Mise en place d’une méthodologie d’Audits Energétiques.

En effet, en tant qu’organisme agrée en matière de vérification et centre de formation,


Apave forme des auditeurs et réalise aussi des audits énergétiques dans les bâtiments du
secteur résidentiel ainsi que dans celui du tertiaire. Ces audits suivent un protocole
international avec des règles strictes auxquelles répondent tous les auditeurs du groupe. Par
conséquent, la structure du rapport ainsi que son contenu sont déterminés, mais pas la
méthode. Aussi, chaque auditeur peut réaliser le protocole qu’il souhaite tant qu’il collecte,
traite et interprète les informations nécessaires afin de déterminer le profil de consommation
du site. Il en est de même pour les recommandations, il n’existe pas de liste exhaustive
indiquant les travaux, leurs coûts ainsi que les économies qu’ils engendrent. Ainsi, le temps
passé et la méthode de chaque auditeur sont très variables. Le travail qui m’est demandé est
donc la mise en place d’une méthode permettant de réaliser un Audit énergétique de la
manière la plus efficace possible.

Mots clefs : Audit énergétique, Réduction des consommations

Establishment of a methodology for Energy Audits.

As a verification and training center, Apave forms auditors and also conducts energy
audits in residential and tertiary education. These audits follow an international protocol with
strict rules which concern all the auditors of the group. Therefore, the structure of the report
and its contents are determined, but not the method. Besides, each auditor can achieve the
protocol it wants until it collects, processes and interprets information necessary to determine
the consumption pattern of the site. It is the same for the recommendations, there is no
exhaustive list showing the measures, their costs and the savings they generate.
Consequently, time and method of each auditor is very variable. The work that I have to do is
the realization of a method for achieving an energy audit of the most effective way as
possible.

Key Words: Energetic audit, Consumptions’ reduction

Etudiant : Demolder Corentin Mise en place d’une méthodologie d’Audit Energétique 1

Tuteur : Boussehain Rahal Septembre 2011


1 Résumé ............................................................................................................... 1
2 Contexte du PFE : Le Liban ................................................................................. 3
2.1 Description pays ........................................................................................... 3
2.2 Situation énergétique .................................................................................... 3
3 Présentation audit énergétique ............................................................................ 4
4 L’audit énergétique : Inscrit dans une démarche globale ..................................... 5
5 Décomposition de d’audit énergétique ................................................................. 6
5.1 Etude de la situation existante ...................................................................... 6
5.1.1 La collecte d'informations ........................................................................ 6
5.1.2 Réunion de lancement ............................................................................. 7
5.1.3 Visites et enquête .................................................................................... 8
5.1.4 Mesures sur site ...................................................................................... 9
6 Analyses et conseils ...........................................................................................12
6.1 Description détaillée du projet ......................................................................12
6.2 Analyse des données collectées et mesures ...............................................14
6.2.1 Scénario d’occupation ............................................................................14
6.2.2 Calcul de déperditions ............................................................................15
6.2.3 Ratio de fenêtres ....................................................................................20
6.2.4 Gains internes ........................................................................................22
6.2.5 Charges Climatiques ..............................................................................24
6.2.6 Facture énergétique et bilan énergétique................................................28
6.2.7 Bilan Energétique ...................................................................................30
6.3 Identification et description des mesures .....................................................32
6.3.1 Les Mesures de Conservations de l’énergie ...........................................32
6.3.2 Risques ..................................................................................................35
7 Réunion de fin de projet ......................................................................................36
8 Création d’un outil facilitant la réalisation d’audits énergétiques..........................37
9 Application sur site..............................................................................................38
9.1 Visites ..........................................................................................................38
9.2 Analyses des données .................................................................................38
10 Analyse et bilan d’un audit énergétique réalisé par Apave Liban .....................38
10.1 Description ...............................................................................................38
10.2 Le projet ...................................................................................................39
10.2.1 La visite ................................................................................................39
10.3 Résultats et commentaires .......................................................................39
11 Conclusion ......................................................................................................40
12 Bibliographie ...................................................................................................41
13 Sommaire des annexes ...................................................................................42

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2 Contexte du PFE : Le Liban

2.1 Description pays


Le Liban est un État du Proche-Orient (Asie de l'Ouest) de 4 millions d’habitants. Il
partage ses frontières avec deux États, la Syrie au nord et à l'est et Israël au sud. Il est bordé
par la mer Méditerranée : le bassin Levantin, à l'ouest. Le pays acquiert son indépendance
avec la fin du mandat français en 1943. Le français est donc encore bien parlé par la
population et il en est de même concernant l’anglais. La langue officielle est l’arabe mais elle
est très peu utilisée dans le monde des affaires au profit de l’anglais.

Sa capitale est Beyrouth, ville qui constitue le cœur économique et politique du pays.
En effet, la majeure partie des grandes entreprises sont centralisées dans cette métropole.
C’est une des raisons pour laquelle l’essentiel des projets de construction et de réhabilitation
se concentrent dans cette zone urbaine. De plus, à cause des bombardements israéliens de
2006, une partie de la ville a été fortement endommagée. Elle connait depuis un fort taux de
croissance et de reconstruction.

Le Liban a la particularité d’être divisé en de nombreuses communautés religieuses


au nombre de sept. Cela rend l’établissement d’une situation politique stable difficile.

Figure 1 : Drapeau du Liban et situation géographique

2.2 Situation énergétique


La quasi-totalité de l’énergie primaire du pays est importée et d’origine pétrolière.
Ainsi, l’impact environnemental du kWh électrique est important (95gCO2/kWh). Du fait de
sa situation politique instable, le Liban connaît de grandes difficultés dans la mise en place
d’un projet de production électrique suffisante. La principale conséquence sur le bâti est la
mise en place par défaut d’unités d’autoproduction moins efficaces, plus polluantes et aussi
plus coûteuses pour les usagers.

De par sa situation géographique, le Liban connaît un climat chaud et par conséquent


l’utilisation importante de systèmes de climatisation en saison estivale. Cela engendre de
fortes consommations par le secteur du bâtiment à cette période. Le gisement solaire est lui
aussi très intéressant. Or le Liban reste malgré cela assez peu pourvu en systèmes de

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chauffe-eaux solaires et représente donc un fort potentiel d’économies d’énergie d’origine
fossiles.

L’application d’audits énergétiques est de plus en plus présente sur le territoire et se


trouve être une démarche très bénéfique dans un pays comme le Liban. La rendre plus
efficace implique donc de la rendre plus accessible et plus fréquente.

3 Présentation audit énergétique


L’audit énergétique est une opération qui consiste à réaliser un profil complet et
détaillé de l’ensemble des consommations énergétiques d’un projet immobilier. Il peut ainsi
concerner un seul ou un ensemble de bâtiments. Ce projet est généralement existant mais
peut aussi s’appliquer à des chantiers en cours ou non débutés afin de donner des conseils
ou des modifications à apporter afin de réaliser un bâtiment plus économe sur le point de
vue énergétique et par conséquent économique.

L’audit favorise aussi la mise en place de solutions vertes, exploitant au mieux les
énergies renouvelables. De ce fait, la réalisation d’audits contribue également par ce biais à
la réduction d’émissions de gaz à effet de serre dans le bâtiment.

Dans le cadre de la réalisation de ce profil, de nombreuses données concernant le


projet sont nécessaires comme des factures énergétiques, des plans, etc. Certaines peuvent
être fournies par le responsable du site audité mais généralement, cela n’est pas suffisant et
une visite complète du site permet d’obtenir une grande quantité d’informations.

Ainsi, l’auditeur peut observer directement sur le terrain, de manière plus réaliste,
quel est le comportement des différents usagers au quotidien. En effet, ce n’est que lors de
visites que l’on peut constater l’état du bâtiment, de son enveloppe ainsi que du
fonctionnement de ses équipements. Cela va orienter les estimations qu’il pourrait y avoir à
faire. C’est aussi à ce moment que l’on peut relever les principales sources d’économie
d’énergie.

En fonction du projet, certaines visites se font avec l’aide d’instruments de mesure.


Cela permet de quantifier et d’évaluer certains paramètres avec plus de précisions.
Concernant le confort intérieur avec des mesures de température, d’humidité ou de niveau
d’éclairement. Il en est de même concernant l’évolution des puissances absorbées,
réactives, facteur de puissance, etc. Dans ce dernier cas, l’appareil de mesure doit être
laissé sur place et permet en plus, grâce à un calcul d’intégrale, d’obtenir un profil de
consommations plus précis.

Une fois les visites effectuées, les documents et les données rassemblées, l’analyse
peut débuter. On commence par rédiger un bilan général. Ainsi, on consigne sur papier tout
ce que l’on a appris du bâtiment.

On réalise un recoupement entre les estimations, les factures et les mesures. On


connait ainsi assez précisément la consommation de chacun des postes. Ainsi, on identifie
des forts potentiels d’économie.

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Finalement, on propose des solutions suffisamment détaillées avec leur coût, une
estimation de l’économie énergétique et financière qu’elle va générer.

Remarque importante :

Les exemples d’application qui agrémentent la méthode détaillée d’audit énergétique


ci-après sont tirés de deux projets sur lesquels j’ai travaillé dans le cadre de mon projet :

- Le premier concerne le diagnostic énergétique du campus de Notre Dame


Université (NDU) [1]. Pour la réalisation de ce diagnostic, j’ai assisté mon tuteur
dans la rédaction, l’analyse des mesures et la préconisation des mesures.

- Le second projet était l’Automobile et Touring Club du Liban (ATCL) [6].


Concernant le second projet, j’ai été en autonomie afin de tester l’efficacité de
l’outil Excel-Word que j’avais créé.

Les deux projets intégraux sont en annexe.

4 L’audit énergétique : Inscrit dans une démarche globale

Réalisation d'un
Consommations Réalisation des Suivi et
audit
trop importantes mesures vérification
énergétique

En effet, l’audit énergétique n’est qu’une étape d’un processus global dont la finalité
est la réduction des factures énergétiques.

Tout commence avec le constat d’un problème de consommation au sein d’un


complexe immobilier. Le responsable décide donc de faire appel à une entreprise d’audit afin
d’obtenir ce service.

Quand l’audit est effectué, le client est ainsi conscient de sa situation énergétique et à
en main plusieurs outils et projets afin de l’améliorer

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Le responsable lance ensuite la réalisation des mesures de conservation d’énergie
qu’il juge suffisamment intéressantes.

Enfin, lorsque l’ensemble des travaux sont finis et après un certains temps de
fonctionnement normal du projet, il est important de mettre en place un suivi régulier des
consommations afin de justifier de l’utilité du service d’audit. Cette dernière étape sera
abordée en fin de rapport car je l’ai appliquée sur un projet concret audité par l’agence
Apave Liban (cf. Chap 10 : « Analyse et Bilan d’un audit énergétique réalisé par Apave
Liban »).

5 Décomposition de d’audit énergétique


L’audit énergétique est une opération peut être chronologiquement décomposée en
deux grandes phases comme suit

Figure 2 : Décomposition de l'audit énergétique

Etude de la situation existante

Analyses et conseils

Légende

5.1 Etude de la situation existante

5.1.1 La collecte d'informations


Il faut recueillir des informations afin de comprendre comment l'énergie est utilisée
dans le complexe immobilier. Ceci est la première étape vers un audit énergétique efficace.
L’auditeur fourni ainsi au client une liste d’informations nécessaires à la réalisation de l’audit.
Il est difficilement possible pour le client de fournir l’ensemble des éléments de la liste mais

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plus la quantité d’informations est importante, plus l'analyse sera précise et réaliste. Basé sur
cet ensemble de données, nous pouvons identifier les différentes sources d'énergie, la
répartition des consommations et des pertes d'énergie probables. Certaines informations
sont indispensables à la réalisation de l’audit et seront relevées par les auditeurs sur site si
le client ne les a pas fournies.

Objectif :

- Acquérir une compréhension approfondie du site.

- Faire les bilans des informations manquantes et nécessaires à l’audit.

Table 1 : Liste de documents nécessaires pour la réalisation de l'audit

Plan masse, plan de niveau, vue en coupe, description des matériaux


(isolation entre autres)
CVC, schémas hydrauliques et électriques
Caractéristiques des générateurs d’énergie secondaires : brûleurs
(combustible, puissance, date d’installation, alimentation…), compresseurs
(puissance, variable…), transformateur (puissance, capacité…), CTA
(puissance, taux de recyclage, situation), groupes froids (puissance, état,
nature du fluide…)
Description de toutes les mesures mises en place afin de réduire les
consommations d’énergie : ventilation double flux, échangeur de chaleur sur
groupes froids, free cooling…
Position des différents points de mesure (électricité, gaz, fioul, eau…) et
description de la méthode des relevés (fréquence, automatisation, analyse)
Données relevées sur ces mêmes points pour les trois dernières années
Factures énergétiques sur les trois dernières années
Brève description de l’ensemble des éléments consommant de l’énergie :
ascenseurs, éclairage, bureautique…
Contrôle des équipements consommant de l’énergie (manuel, automatique,
timer…)
Inventaire des consommateurs avec la puissance électrique unitaire
(Bureautique, Eclairage, Air Conditionné, Equipements mécaniques, Divers)
Scénarii d’occupation des locaux avec une estimation du nombre d’occupants
hors-site : journaliers, hebdomadaires et annuels. Signaler les périodes
d’inoccupation exceptionnelles (travaux ou autres) des trois dernières années.
Description de la GTB si présente
Description des horaires de travail des employés
Précédents audits énergétiques

5.1.2 Réunion de lancement


C’est lors de cette réunion avec le client que l’auditeur va exposer ses premières
impressions concernant les données collectées. Il peut ainsi donner quelques pistes
d’économie mais ainsi estimer l’ampleur du travail restant. Comme vu précédemment,

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certaines informations sont indispensables et si elles ne sont pas fournies par le client, c’est
à l’auditeur de les recueillir manuellement et cela peut prendre du temps et ainsi coûter de
l’argent à l’entreprise. Le contrat étant signé par les deux partis, il n’est plus possible de le
revoir. Par conséquent, il est important d’avoir le maximum d’informations concernant le suivi
existant avant d’estimer le coût de l’audit. C’est souvent juste après cette réunion que
commence une visite du site et que le planning se fait.

Objectifs :

- Présenter le ou les auditeurs ainsi que les interlocuteurs sur site qui vont les prendre en
charge pour les visites et éventuellement fournir des documents.

- Mettre en place le planning des visites.

5.1.3 Visites et enquête


Lors de ces visites, l'ensemble des bâtiments et tous leurs équipements sont revus.
L’auditeur constate le fonctionnement de la maintenance, des systèmes de contrôle, de l'état
général des bâtiments et des équipements. C’est grâce à cette visite que l’auditeur détecte
les éventuelles anomalies dans l’enveloppe, l'utilisation générale du bâtiment ainsi que des
équipements. C’est l’étape qui permet d’identifier les plus grandes sources d’économie
d'énergie. C’est pour cette raison qu’elle est très importante.

La visite du site permet à l’auditeur de rencontrer les employés qui utilisent les
bâtiments tous les jours, et les questionner sur leurs besoins et idées d'amélioration. Ainsi, il
étudie l’éclairage, le chauffage et la climatisation en vue de la consommation mais aussi
pour le confort des employés. Il est aussi important de sensibiliser les acteurs qui travaillent
sur le site afin de leur faire comprendre l’utilité de l’audit et le comportement à adopter pour
avancer dans la réduction des consommations énergétiques. Ces derniers vont être d’autant
plus coopératifs si cela améliore leur confort de travail.

C’est lors de la visite que les auditeurs font l’inventaire des consommateurs quand
cela n’a pas été fait par le client. Il s’agit d’une étape qui peut s’avérer longue et laborieuse.

Il faut aussi constater, quand cela est possible, la nature des parois principales ainsi
que la présence ou non d’isolant thermique.

Remarque : Il est important de s’équiper d’un appareil photo numérique lors des
visites sur site et ne pas hésiter à s’en servir. En effet, lorsque l’on rédige le rapport, cela
permet de lever certains doutes facilement. De plus, certaines photos seront intégrer dans le
même rapport afin de l’agrémenter et d’en illustrer certaines parties.

Objectifs :

- Collecte d'informations visuelles telles que la structure du site et de l'état des


équipements présents tout en s'appuyant sur les connaissances des utilisateurs et
inventaire des consommateurs.

- Relever les informations manquantes.

- Évaluer le confort des utilisateurs, afin de l'améliorer.

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- Sensibilisation pour une meilleure utilisation.

- Détection de défauts relatifs à la l’enveloppe et aux équipements.

5.1.4 Mesures sur site


Ces données fournissent des informations quantitatives et qualitatives. Les mesures
sont prises dans des endroits différents qui sont représentatifs des variations à l'intérieur
d’un même bâtiment. Les mesures sont prises sur les deux façades nord et sud, au rez de
chaussée et les étages supérieurs. De plus, elles peuvent être réalisées dans certaines
zones problématiques comme dans les locaux que le personnel a trouvés particulièrement
inconfortable.

Température et humidité relative

Des thermomètres et hygromètres sont disposés à diverses positions stratégiques du


site. Ces derniers sont munis d’une unité de mémoire qui enregistre les mesures à
intervalles de temps réguliers. Ainsi, au bout d’une certaine période, on peut observer
l’évolution des deux grandeurs dans le temps.

On constate ainsi quels sont les extrema atteints et si les fluctuations sont
importantes. Si les résultats sont anormaux par exemple un extremum trop faible ou trop
important ainsi que fortes fluctuations. Il faudra alors trouver des solutions afin d’atteindre
des températures de confort réglementaires pour les usagers.

Les causes de ces problèmes peuvent être diverses :

- Problèmes liés à l’enveloppe (isolation, infiltration).

- Sonde de régulation mal placée.

- Consigne de température trop faible ou trop élevé.

Figure 3 : Exemple de mesures de température et humidité prises dans le bâtiment


Administration du projet de NDU

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On peut constater grâce à ces résultats que la température à l’intérieur du local
concerné demeure à des températures acceptables pendant les heures de travaille (entre 19
et 23°C).

Mesure de l'électricité

Une analyse détaillée de la perte de chaleur et des températures sur le site ne serait
pas complète sans une étude approfondie de la consommation d'énergie électrique. À cette
fin, les compteurs individuels sont installés sur l'équipement ciblé pour permettre la lecture
instantanée de mesure de puissance. Cela permet d’identifier les sources de consommation
les plus importantes. Afin d'identifier les pics de consommation, nous utilisons des capteurs
de puissance instantanée. Ces mesures permettent de relier les modes de consommation
pour les opérations quotidiennes à l’intérieur des bâtiments. On peut ainsi établir un profil
type de consommation et constater où se trouvent les pics trouver leur origine et chercher
des solutions afin de les réduire. Il est aussi important de connaitre la consommation de fond
pour effectuer un travail sur celle-ci quand cela est possible.

Figure 4 : Exemple d’un profil de consommation hebdomadaire


Puissance réactive (W)

Pic de consommation Consommation de fond

Ces mêmes capteurs sont également utilisés pour mesurer les fluctuations du facteur
de puissance de l’installation. On sait ainsi si la mise en place de charges capacitives peut
s’avérer utile dans la réduction des consommations électriques.

Luminosité

L’auditeur peut être amené à mesurer la luminosité de l'éclairage naturel et artificiel


sur le site. Ainsi, il peut approfondir la compréhension de la situation et formuler des
recommandations qui prennent aussi en compte le confort des occupants.

Avec un luxmètre, on peut mesurer le niveau de luminosité dans différentes parties


du bâtiment et établir ainsi un éclairement moyen. Ce résultat est comparé avec les niveaux
optimaux de confort de travail. Ces derniers sont définis dans les indicateurs spécifiques

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pour le type de travail effectué (ISO 8995). Un bon éclairage est important pour le bien-être
et l’efficacité des occupants.

L’étude sur l'éclairage identifie l’éclairage inutile, inefficace ou absent. Ces mesures
seront faites plus tard, si la proportion de l'éclairage dans la consommation totale d'électricité
est élevée ou si elles sont demandées par le client.

L’architecture des espaces de travail est analysée afin d'examiner l'orientation des
fenêtres et des portes offrant un éclairage naturel. Il est aussi important de prendre en
compte les protections solaires architecturales ainsi que le facteur solaire des baies.

Table 2 : Exemple de mesures de luminosité relevé dans le bâtiment Administration de NDU

Administration Pt 1 Pt 2 Pt 3 Pt 4 Pt 5 Pt 6 Moyenne Requis Diff


Premier sous-sol
Hall 352 966 345 212 456 466 250 +216
Réception 140 127 240 324 208 425 -217
Premier bureau 307 321 314 425 -111
Deuxième bureau 465 501 483 425 +58
Troisième bureau 227 201 214 425 -211
Toilettes 172 181 176 250 -74
Rez-de-chaussée
Hall 570 504 804 570 486 348 547 250 +297
Premier bureau 577 583 566 575 425 +150
Second bureau 745 753 749 425 +324
Premier niveau
Hall 443 259 234 312 250 +62
Premier bureau 747 1034 295 692 425 +267
Second bureau 408 507 457 425 +32
Second Niveau
Réception 423 362 321 369 250 +119
Salon 620 545 834 386 765 630 250 +380
Cuisine 1357 1529 1641 1509 425 +1084
Bureau 562 452 684 336 508 425 +83

On remarque ainsi que le premier bureau du premier sous-sol est sous exposé. Il
faudra donc proposer de mettre en place des surfaces réfléchissantes, facilité l’entrée de la
lumière naturelle ou l’ajout d’éclairage. La réalisation de ces mesures quantitatives permet
ainsi de faire ressortir de type de problème afin de les traiter.

Distances et épaisseurs de verre

Utilisation du télémètre : Il est utile pour obtenir des informations quant aux longueurs
caractéristiques du bâtiment et plus particulièrement dans le cas où l’on possède très peu

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d’informations architecturales le concernant. Cet outil permet de connaître les différentes
hauteurs sous plafond, les hauteurs sous plancher ainsi que les dimensions d’huisserie.

Utilisation d’un mesure vitre : Il permet de déterminer les différentes épaisseurs de


vitrage ainsi que les lames d’air dans le cas de double ou de triple vitrage. Ces valeurs
peuvent être utiles pour connaître avec précision la nature des vitrages dont les baies sont
constituées.

6 Analyses et conseils

6.1 Description détaillée du projet


Le projet commence tout d’abord par être découpé en zones. Cela facilite le
traitement des données et la compréhension globale du site. Le découpage se doit d’être
logique et intelligent. Quand il s’agit d’un complexe comportant plusieurs bâtiments, on
considère chacun d’entre eux comme une zone à part entière. Si le site possède des sous-
compteurs d’énergie, alors les zones desservies seront traitées indépendamment. Quand
cela est possible, on peut aussi séparer les locaux à température contrôlée (rafraichis ou
chauffés).

Quand les zones sont définies, on fait une description précise des équipements
installés. Autant que faire se peut, les descriptions sont agrémentées de schémas ou
représentation des éventuelles interactions et structures des réseaux. Cela permet de
s’imprégner du projet et de rappeler comment il fonctionne. Les éléments décrits sont :

Chauffage et Air-Conditionné :

Description de la manière dont les zones sont climatisées. Quelles sont les sources
de chaud ou de froid avec leur puissance ? Sont-elles centralisées ? Quels sont les
combustibles employés ? Comment la distribution de l’énergie thermique se fait-elle ? Quels
types d’émetteurs sont mis en place ? Quel est l’état général de l’installation ? Isolation des
gaines ?

Ventilation :

Quels sont les locaux et bâtiments qui sont ventilés ? Ventilation mécanique ou
naturelle ? Le bâtiment semble-t-il étanche ? Les zones humides sont-elles munies de
ventilateur d’extraction ? Ouverture/fermeture automatique des ouvrants ? Récupération des
calories sur l’extraction ?

Electricité du Liban (EDL) :

Quelle est la puissance souscrite ? Présence d’une batterie de condensateurs ?


Combien de phases ? Présence de sous-compteurs ? Quelles sont les zones desservies ?

Groupes électrogènes et réservoir de combustibles :

Combien y-a-t-il de générateurs ? Existe-t-il des générateurs dédiés ? Quelles sont


les puissances réactives ? Où se trouvent les réservoirs et quel est leur volume de
stockage ?

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Figure 5 : Exemple d'un schéma de structure électrique sur le projet ATCL

Réservoir de fioul extérieur


20 000L
Générateur 1 Caterpillar Commutateur
500kVA automatique
Réservoir de fioul enterré
12 000L Générateur 2 MAN
400kVA

Générateur 3 Caterpillar
500kVA
Réservoir de fioul extérieur
7 000L
Tableau de
Réservoir de fioul extérieur Transformateur distribution
7 000L EDL principal
1000 kVA

Pompes :

Présence de réservoirs sur le toit ? Quels volumes ? Présence de pompes de


surpression, de circulateurs ? Utilisation de l’eau pour consommation, piscine, irrigation,
protection incendie ?

Eau chaude sanitaire :

Quel est la source d’énergie primaire? Centralisé ? Comment se présente de réseau?


Présence d’un bouclage ? Isolation des tubes ?

Figure 6 : Exemple de schéma hydraulique sur le projet ATCL

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Tuteur : Boussehain Rahal Septembre 2011


Eclairage intérieur et extérieur :

Quelles sont les technologies utilisées ? Incandescent, fluorescent, fluo-compact,


halogène, sodium, halogénures métalliques, LED? Comment l’éclairage est-il contrôlé ?
Manuel, timer, détecteur de mouvements, détecteur de luminosité ? Eclairage zonal ? Etats
des déflecteurs ? Confort visuel ?

Equipements de bureau :

Nature des équipements de bureau ? Sont-ils anciens ou récents ? Quelles


technologies ? Comportement des usagers ?

Batteries de secours :

Présence de batterie de secours ? Quels sont les puissances ? Quelles utilisations ?

6.2 Analyse des données collectées et mesures


Dans cette étape du projet, toutes les données primaires fournies par le client et
relevées lors des visites sont traitées.

6.2.1 Scénario d’occupation


Cette étape de l’audit permet de répertorier l’évolution de l’occupation de différentes
zones sur plusieurs périodes :

- L’évolution quotidienne : en fonction du type d’activité du bâtiment ou de


l’ensemble de bâtiments audités, l’évolution est très variable selon ces différentes
bases. Par exemple s’il s’agit de bâtiments résidentiels, l’évolution quotidienne
montrera une présence du soir jusqu’au matin. Ce sera l’inverse si l’on traite du
tertiaire. Cette évolution permet d’illustrer les horaires de fonctionnement de
l’activité ainsi que l’occupation de pointe dans le cas d’accueil de public.

- L’évolution hebdomadaire : cette période temporelle permet d’avoir un aperçu des


jours ouvrables de la semaine dans le cas d’une activité secondaire ou tertiaire.

- L’évolution annuelle : illustre les congés annuels ou les vacances scolaires s’il
s’agit de bâtiments d’enseignement.

Les scénarii ainsi obtenus vont ainsi permettre de comptabiliser le nombre d’heures
et de jours annuels d’occupation des différents locaux. Ce sont ces valeurs qui vont servir de
base afin de déterminer le temps d’utilisation des différents récepteurs électriques et donc
leur consommation annuelle.

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6.2.2 Calcul de déperditions
Description

Cette partie de l’audit correspond à une description complète des différentes


enveloppes du projet. Ainsi, nous pouvons réaliser un calcul de déperdition. L’objectif de
cette étape étant de vérifier si la puissance installée est insuffisante, surdimensionnée ou
correcte et d’évaluer la répartition des différents flux sortants. C’est à ce moment que l’on
détecte les éventuelles fuites thermiques. De plus, cela nous permet aussi d’évaluer les
économies en termes d’énergie si l’on réalise des travaux d’isolation, de remplacement des
ouvrants ou autres modifications de l’enveloppe.

Si l’on veut, dans un deuxième temps, comparer la puissance de chauffage ou la


puissance de climatisation théorique avec celle qui est installée alors il faut faire l’enveloppe
de la partie du bâtiment qui est chauffée/climatisée et non du bâtiment complet. En
revanche, si l’on souhaite donner une évaluation de l’éventuelle puissance à mettre en place
si le client projette de climatiser le bâtiment complet, alors il faudra entrer les données de
l’enveloppe de l’ensemble de celui-ci.

Afin de réaliser cette étape de manière optimale, il est nécessaire d’avoir l’ensemble
des plans concernant le projet. Des plans d’étages, de coupes etc. S’il n’est pas possible
d’avoir ce type de documents, alors la partie enveloppe ne pourra pas être faite correctement
et devra donc être retirée. A moins que la géométrie des bâtiments soit simple et facilement
mesurable, les résultats ne seront pas fiables et donc pas exploitables.

Réalisation

L’enveloppe est ainsi décomposée en plusieurs parois. Chacune d’elles possède


plusieurs paramètres à prendre en compte dans le calcul de déperdition.

- La composition de chaque paroi permet de lui associer un facteur de transmission


nette Unette qui s’exprime en [W/(m².K)]. Chaque matériau de la paroi possède
deux paramètres caractéristiques à prendre en compte :

 Son coefficient de transmission λ [W/(m.K)]

 Son épaisseur e [m]

On calcul ainsi le facteur de transmission nette de la manière suivante :

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Figure 7 : Détermination de du facteur de transmission nette

(1) (2) (3)

- Le contact (avec l’extérieur ou avec un local non chauffé) et l’orientation (verticale


ou horizontale) en fonction de la nature de la paroi (mur, toiture ou plancher)
permettent de déterminer la résistance superficielle. Cette résistance superficielle
totale, qui n’est autre que la somme de celle de chaque côté, s’ajoute à la
résistance thermique des différents matériaux. On obtient le facteur de
transmission de la paroi.

 Uparoi qui s’exprime en [W/(m².K)].

Figure 8 : Détermination du facteur de transmission thermique de paroi

Avec :

Table 3 : Valeurs des résistances superficielles de référence (source : AICVF)

Resistances superficielles [m².K/W]


Position de la paroi Face Externe ThU (2001)
horizontal extérieur, passage ouvert, local ouvert 0,14
(inclinaison < 60°) comble, local non chauffé 0,18
flux vers le haut
verticale extérieur, passage ouvert, local ouvert 0,17
(inclinaison > 60°) comble, local non chauffé 0,22
flux horizontal
Horizontal extérieur, passage ouvert, local ouvert 0,22
(inclinaison < 60°) local non chauffé, vide sanitaire 0,34
flux vers le bas

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- Les ouvrants. Ils sont caractérisés suivant leurs natures par leur facteur de
transmission global :

 Uw qui s’exprime en [W/(m².K)]

Table 4: Coefficient de transmission thermique de diverses configurations de verres

- Les températures de référence internes et externes pour déterminer la valeur du


flux sortant. La valeur de la température interne dépend du type de local
conditionné et la température externe est fixée selon que le local est non chauffé
ou donnant sur l’extérieur. Elles permettent d’obtenir le flux surfacique de chaque
paroi.

 φ est exprimé en [W/m²] :

Figure 9 : Détermination du flux surfacique d’une paroi

- La surface de paroi et d’ouvrants. Il suffit finalement de faire la somme des


produits des flux surfaciques de chaque paroi avec la valeur de la surface S
associée en [m²]. La surface à prendre en compte n’est autre que la surface
extérieure, on prend ainsi en compte les déperditions par les ponts thermiques.

On obtient alors la puissance de déperdition du bâtiment ou de la zone

 Ф est exprimée en [W].

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Figure 10 : Détermination de la puissance de déperdition

(1)

(2)
(3)

La connaissance des différentes valeurs des facteurs de transmission thermique de


paroi permet de vérifier si le bâtiment respecte les recommandations du guide thermique du
Liban. En effet, selon « Thermal Standard for Building in Lebanon »[2], il existe des valeurs
de référence à ne pas dépasser concernant les parois verticales, les baies ainsi que la
toiture. Les deux seuls paramètres à prendre en compte sont donc la situation géographique
ainsi que l’usage du projet (résidentiel ou non).

Figure 11 : Répartition des zones climatiques au Liban (source : Thermal Standards for
Buildings)

Zone 1 : Côtière
Zone 2 : Montagne ouest à moyenne
altitude
Zone 3 : Plateau continental
Zone 4 : Haute montagne

Figure 12 : Facteurs de transmission de référence (source : Thermal Standards for Buildings)

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Application

Table 5 : Exemple de bilan des déperditions du bâtiment Bibliothèque du projet de NDU

R Surface Déperdition Pourcentage


Zone et description Elément et description
(m².°C/W) (m²) (kW) (%)

Mur de béton Type de mur 1

Résistance superficielle
Façade NE 0.03
extérieure

Béton renforcé 25cm 0.14


145.00 8.29 9.00
Résistance superficielle
0.11
intérieure

TOTAL R 0.28

Valeur de U 3.57

Blocs de béton léger Type de mur 2

Résistance superficielle
Façades NW, SE et SW 0.03
extérieure
Résistance superficielle
0.02
extérieure

Béton léger 20cm 0.20 728.00 32.81 35.65

Résistance superficielle
0.11
intérieure

TOTAL R 0.36

Valeur de U 2.82

Toiture de tuiles Toiture type 1

Résistance superficielle
0.03
extérieure

Tuiles et étanchéité 0.14

Béton 20cm 0.11 300.00 12.31 13.37

Résistance superficielle
0.11
intérieure

TOTAL R 0.39

Valeur de U 2.56

Fenêtres Fenêtres types 1

Simple vitrage 0,16 314.00 29.55 32.11

Valeur de U 6.12

Résistance superficielle
Plancher bas 0.11
intérieure

Béton 20cm 0.11

Hourdis 0.14
330.00 5.62 6.10
Résistance superficielle
0.11
intérieure

TOTAL R 0.47

Valeur de U 2.13

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Résistance superficielle
Local non chauffé 0.11
intérieure

Béton léger 20cm 0.20

Résistance superficielle 182.00 3.47 3.77


0.11
intérieure

TOTAL R 0.42

Valeur de U 2.38

Total bâtiment 92.04

Avec ce tableau bilan qui exploite les formules citées précédemment, on remarque
que ce bâtiment ne respecte pas les valeurs limites préconisées par le guide thermique. En
effet, dans ce cas, il s’agit d’un projet qui se situe en zone 1 (côtière) et les valeurs de U pour
les murs doivent être inférieures à 2,1W/m.K et 0,58W/m.K pour la toiture.

Figure 13 : Graphique de répartition des déperdition du bâtiment Bibliothèque du projet de


NDU

Déperditions

6% 4% 9%
Façade NE
Façades NO, SE, SO
32% 36%
Toiture
Fenêtres
13% Plancher bas
Local non-chauffé

On obtient ainsi la répartition des déperditions thermiques. Elles permettent d’évaluer


l’impact que peuvent avoir la modification de la composition d’une paroi.

6.2.3 Ratio de fenêtres


Description

Cette étape est une phase intermédiaire pour le calcul des charges solaires d’été
avec la méthode provenant de « Thermal Standard for Buildings in Lebanon ». Il est
nécessaire de calculer dans un premier temps un coefficient appelé ASF. Il s’agit du
coefficient d’ombrage architectural, dont la valeur varie entre 0 et 1 en fonction de
l’orientation ainsi que de la présence de porte-à-faux (appelés également casquettes) ou
d’ailettes verticales.

Réalisation

L’auditeur commence d’abord par déterminer l’orientation principale de son bâtiment :

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Ensuite, pour chaque orientation, il faut choisir parmi les fenêtres qui ont été
déterminées lors de la description de l’enveloppe du bâtiment avec leur surface associée.

Finalement, pour chaque orientation, il relever la présence ou non d’élément


architectural vertical ou horizontal et en donner les dimensions caractéristiques. Il est ainsi
possible d’obtenir le facteur de projection PF qui n’est autre que :

A et B sont les dimensions caractéristiques devant être exprimées dans la même


unité.

Figure 14 : Représentation d'un porte-à-faux et d'une lamelle verticale avec les dimensions
caractéristiques

Le calcul de l’ASF se fait ensuite à partir de la base de données issue du Guide


Technique [2]. Il n’existe pas de formule empirique donnant la valeur de l’ASF en fonction de
PF. Il faut donc rechercher cette valeur dans l’un des tableaux en fonction du cas rencontré :
ni Porte-à-faux ni ailettes verticales, porte-à-faux et/ou ailettes verticales.

Figure 15 : Exemple de tableau de référence indiquant la valeur de l’ASF en fonction du PF et


de l'orientation dans le cas d'un porte-à-faux uniquement

Le produit de l’ASF avec le facteur solaire de la fenêtre donne le coefficient de gain


solaire ce qui permet de déterminer la quantité de flux qui passe exactement à travers une
fenêtre dont le facteur de vitrage ainsi que le facteur architectural sont connus. On appelle
aussi ce coefficient le facteur solaire global SC et il n’a pas de dimension.

Table 6 : Détermination du facteur solaire de la paroi transparente

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: Facteur solaire de la paroi transparente

: Facteur d’ombrage architectural

°: Facteur solaire de l’ouvrant

6.2.4 Gains internes


La partie inventaire des consommateurs permet de lister et d’évaluer l’ensemble des
éléments à l’intérieur d’un bâtiment qui consomme de l’énergie électrique. Certains d’entre
eux émettent en plus de la chaleur sensible dans le local, ils sont séparés des autres. Les
éléments sont répartis en cinq catégories distinctes, appelées aussi postes qui sont :

- Les équipements de bureautique : ordinateurs fixes, imprimantes, écrans,


ordinateurs portables, téléviseurs, vidéoprojecteurs, etc.

- Les luminaires : éclairage intérieur et extérieur en détail.

- Les équipements mécaniques : pompes, moteurs, ventilateurs, etc.

- Divers : ce poste regroupe tous les éléments qui ne peuvent être mis dans un des
autres postes comme les réfrigérateurs, fours, téléviseurs, etc.

- Air conditionnée : splits, groupes froids, réseau d’eau glacée, etc.

- Ballons d’eau chaude.

Réalisation

Pour chaque zone, il faut déterminer les six postes en détail :

- Désignation de l’objet (ex : ordinateur, spot 30W, split 12 000Btu, etc.)

- Sa localisation (local, étage, etc.)

- La quantité d’objets du même type et ayant les mêmes caractéristiques notée n.

- La puissance unitaire Pu en [kW].

- La puissance totale qui n’est autre que le produit de la puissance unitaire par le
nombre d’objets Ptot en [kW].

- Le nombre d’heure d’utilisation quotidienne Nhj en [ h ]

- Le nombre de jour d’utilisation annuel Nj en [ j ].

- Le nombre d’heures d’utilisation annuel Nha en [ h ].

- L’énergie consommée annuellement notée E en[ kWh].

Le protocole conseillé est le suivant :

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Pour chaque élément, on commence par indiquer sa localisation ou sa zone dans le
bâtiment, sa puissance unitaire, ainsi que la quantité présente. Il faut y associer une
estimation du temps d’utilisation quotidien. Il faut finalement multiplier cette valeur par le
nombre de jours par an d’utilisation. Pour cela, on récupère la valeur déterminée dans la
partie scénario d’occupation.

Figure 16 : Détermination de la consommation annuelles des recepteurs électriques

Les résultats des calculs permettent de dresser la répartition des consommations


électriques totales pour chacun des postes.

On obtient ainsi une consommation électrique globale estimée par les auditeurs avec
l’aide de leurs outils et de leurs calculs.

Table 7 : Détermination des consommations électriques totales annuelles

: Consommation électrique annuelle totale [kWh] (estimation)

: Consommation électrique annuelle des équipements de bureautique [kWh]


(estimation)

: Consommation électrique annuelle des luminaires [kWh] (estimation)

: Consommation électrique annuelle des équipements divers [kWh] (estimation)

: Consommation électrique annuelle des équipements mécaniques [kWh]


(estimation)

: Consommation électrique annuelle des équipements de climatisation [kWh]


(estimation)

: Consommation électrique annuelle des équipements de production d’Eau Chaude


Sanitaire [kWh] (estimation)

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Application

Table 8 : Exemple d'inventaire des récepteurs électriques concernant la zone Club santé /
Marina, sur le poste équipements de bureau du projet ATCL

Puissance Puissance Utilisation Consommation


Désignation Localisation Quantité moyenne totale annuel énergétique Remarque
(kW) (kW) (Heures) (kWh/an)
PC (LCD) Gymtonic 1 0,07 0,07 2496 175 8 heures par jour

PC (LCD) Commission maritime 1 0,07 0,07 2912 204 8 heures par jour

Imprimante Commission maritime 1 0,35 0,35 728 255 2 heures par jour

PC (LCD) Douanes 1 0,07 0,07 2912 204 8 heures par jour

Serveur Sécurité générale 1 0,80 0,80 8736 6989 Permanent

TV (CRT) Douanes 1 0,40 0,40 2912 1165 8 heures par jour

TV (CRT) Sécurité générale 1 0,40 0,40 2912 1165 8 heures par jour

PC (LCD) Sécurité générale 5 0,07 0,35 2912 1019 8 heures par jour

Imprimante Sécurité générale 1 0,35 0,35 728 255 2 heures par jour

Total 2,86 11430

On obtient grâce à cette méthode une estimation globale de l’ensemble des


récepteurs électriques pour une zone et un poste.

6.2.5 Charges Climatiques


Description

Cette partie réalise le calcul de l’ensemble des charges climatiques de chaque


bâtiment. Le but étant de vérifier si la puissance de froid installée est insuffisante,
surdimensionnée ou correcte. Cela permet aussi de constater l’influence des différentes
charges et donc l’économie possible si l’on réalise les travaux correspondants.

Réalisation

Afin de calculer l’ensemble des charges internes, il faut d’abord trouver la méthode
de calcul. Cette dernière se doit d’être simple d’utilisation tout en étant la plus réaliste
possible. Après quelques recherches, c’est la méthode Cooling Load Temperature
Difference / Solar Cooling Load / Colling Load Factor (CLTD/SCL/CLF) qui a été choisie. Elle
provient de l’ASHRAEE Handbook [3] et a la particularité de :

- Traiter la radiation et la convection de manière groupées

- Traiter la température extérieure comme une composante de la température de


l’air et la température du sol.

- Utiliser des tableaux ou abaques de valeurs pré-calculées.

- Être tirée de la méthode de fonction de transfert.

Les calculs

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1) Charges à travers les surfaces opaques :

Table 9 : Détermination du flux traversant les surfaces opaques

: Flux traversant la paroi [W]

: Surface opaque [m²]

: Facteur de transmission de la paroi [W/m².K]

: Différence de température de charge d’été corrigée [K]

Table 10 : Détermination du CLTD corrigé

: Différence de température de charge d’été [K].Valeur déterminée dans un tableau en


fonction de l’heure, de l’orientation et de l’inclinaison de la paroi

: Facteur de correction déterminée dans un tableau en fonction de la Latitude et du Mois

: Correction de couleur (Sombre=1,0, Moy=0,83, Claire=0,65)

: température intérieure [°C]

: température moyenne extérieure [°C]

Afin de faire les calculs, la valeur du CLTD est prise à l’heure où elle est la plus
élevée de la journée.

2) Charges à travers les parois transparentes

Table 11 : Détermination du flux traversant les parois transparentes

: Flux solaire traversant la paroi [W]

: Surface de paroi transparente [m²]

: Facteur solaire global déterminé précédemment [C]

: Gain solaire [W/m²], déterminé dans un tableau en fonction de l’orientation, de la latitude et


du mois de l’année.

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: Facteur de gain solaire

On obtient en détails l’ensemble des charges par les murs ainsi que par les fenêtres.

3) Charges par renouvellement d’air : grâce au calcul du volume d’air de la zone, il


suffit d’indiquer le taux de renouvellement ainsi que les deux températures de
référence et l’on obtient la charge associée grâce à la formule suivant :

Table 12 : Détermination des charges par renouvellement d'air

: Charges par renouvellement d’air [W]

3
: Volume de la zone considérée [m ]

-1
: Taux de renouvellement d’air [h ]

: Température extérieure [°C]

: Température intérieure [°C]

4) Les charges des occupants : cette valeur a elle aussi été renseignée par le client.
Il suffit d’y associer une charge sensible par occupant :

Table 13 : Détermination des charges des occupants

: Puissance dissipée par les occupants [W]

: Nombre d’occupants dans la zone concernée [C]

: Puissance sensible dissipée par chaque occupant [W], elle dépend de son activité.

Table 14 : Chaleur sensible dissipée par les occupant en fonxtion de leur activité

Activités Application Chaleur sensible [W]

Assis au repos Ecole, théâtre 65


Travail léger Bureau, hôtel, appartement 67
Debout, marche lente Magasin, boutique 68
Repas Restaurant 77
Travail facile Atelier 80
Danse Boite de nuit 88
Travail difficile Usine 149

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5) Les charges internes : il s’agit de la somme de toutes les puissances des
émetteurs listés dans la partie inventaire des consommateurs qui émettent de la
chaleur sensible au local. Il s’agit donc des équipements de bureau, luminaires et
divers. Si l’on veut être rigoureux, il faut appliquer des coefficients de dissipation
pour les éléments tels que le lave linge ou le séche linge qui dissipe une grande
partie de leur chaleur vers l’extérieur. Pour le reste, on considère que :

Puissance absorbée = Puissance dissipée.

On a par conséquent :

Table 15 : Détermination des charges internes

: Charges internes totales [W]

: Puissance totale d’équipements de bureaux [W]

: Puissance totale d’éclairage [W]

: Puissance totale d’éléments divers [W]

: Puissance totale d’équipements mécaniques [W]

6) Chaleur latente : la chaleur latente apportée par les occupants ou par les divers
équipements du projet n’est pas prise en compte dans ces calculs. Cependant,
elle peut avoir un impact important et non négligeable. C’est pour cette raison
que, là encore, un pourcentage sur le total des éléments générateur de chaleur
latente est ajouté afin de l’inclure dans la somme totale des charges. C’est
l’auditeur qui fera une estimation de cette valeur :

Table 16 : Détermination de la chaleur latente

: Chaleur latente

: Coefficient de latence (valeur variant de 2 à 15% en fonction du type de charges internes et de


la zone climatique du projet)

7) Charges totales : on fait finalement la somme de l’ensemble des différentes


charges calculées précédemment :

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Table 17 : Détermination des charges totales

: Charges totales de la zone ou du bâtiment considéré

Application

Table 18 : Exemple de calcul de charge sur le bâtiment Bibliothèque du projet NDU

CLTD GLF
Orientation SC
[m²] [K] [W/m².K] [W] [m2] [W/m2] [W] [W]
NE 145 14 3.57 7 247 50 265 0.7 9 275 16 522

NW 270 17 2.82 12 944 64 385 0.5 12 320 25 264

SE 225 18 2.82 11 421 68 391 0.5 13 294 24 715

SW 233 20 2.82 13 141 102 478 0.5 24 378 37 519

Toiture 300 14 2.56 10 752 30 746 1 22 380 33 132

Plancher bas 330 8 2.13 5 623 0 0 0 5 623

Total enveloppe 64594 314 81647 146241


Volume
0.5 5500 11 000
m3
30 440
300
67W/pers 20 395
pers
20 808

249878

Ces résultats permettent ainsi de vérifier si la puissance de froid installée est


suffisante mais détermine aussi la répartition des charges. On peut par conséquent estimer
précisément les économies de climatisation que peuvent engendrer des travaux sur
l’éclairage ou la bureautique en plus des économies électriques directes.

6.2.6 Facture énergétique et bilan énergétique


Description

Cette étape permet de comparer les valeurs évaluées avec les factures énergétiques
du projet. Le distributeur d’électricité du Liban, Electricité Du Liban (EDL) a la particularité de
ne pas pouvoir subvenir à la totalité des besoins du pays. En effet, seulement 77% de ces
derniers sont couverts [4]. Ainsi, de nombreux complexes immobiliers possèdent leurs
propres groupes électrogènes afin de produire de l’énergie électrique lors des coupures
quotidiennes. Si l’on veut donc donner un tarif du kWh, il faut recouper les factures d’EDL
avec les factures de fioul destinées aux générateurs pour d’obtenir un coût global de
l’électricité.

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Figure 17 : Détermination des différents prix du kWh électrique en fonction du type de
production

Facture EDL : Prix du kWh EDL :

Prix global du kWh :

Facture Fioul Prix du kWh


générateur : Générateur :
Avec :

: Rendement du générateur (généralement autour de 0,4)


:Masse volumique du fioul [kg/L]
: PCI du fioul [kWh/kg]

Aussi, il faut analyser les factures des autres consommations d’énergie comme le gaz
ou le fioul non destinés à la production d’électricité d’appoint. Les exemples de
consommateurs types sont le chauffage, l’eau chaude sanitaire et la préparation de repas
dans le cadre de bâtiments possédant des restaurants ou autres cuisines collectives.

Obtenir des documents précis n’est pas toujours facile. De plus, ces derniers sont
très différents d’un client à l’autre et la précision est variable.

Si l’on possède des factures sur plusieurs années, la plus récente servira
généralement de référence car proche de la situation constatée lors de la visite. S’il s’agit
d’une évolution anormale à cause d’une année particulièrement consommatrice ou au
contraire économe, on choisira alors une année plus proche de la réalité.

Limites et solutions

Le décalage achat-consommation est aussi un problème que l’on peut rencontrer


dans le cas de combustibles stockables sur site tels que le gaz ou le fioul. Lorsque l’on
achète du combustible à un moment donné, il est comptabilisé comme étant consommé à ce
même moment, ce qui n’est pas le cas. La situation la plus fréquente étant la suivante : on
achète du fioul à la fin du mois afin de remplir les réservoirs, alors si l’on y associe la facture
du mois en cours cela sera juste, car le vide comblé correspond à la consommation du mois
concerné. Cela ne pose ainsi aucun problème. Cependant, si pour une raison quelconque, le
remplissage se fait au début et en fin du mois, alors les deux factures seront comptabilisées
pour le mois en cours ce qui est faux.

C’est pour cette raison qu’il faut faire un bilan annuel afin de lisser ce genre de
comptage. Il est encore possible de se retrouver face à ce cas de figure à l’échelle de

Etudiant : Demolder Corentin Mise en place d’une méthodologie d’Audit Energétique 29

Tuteur : Boussehain Rahal Septembre 2011


l’année. L’avantage d’avoir une facturation pluriannuelle c’est de pouvoir ainsi détecter les
éventuels décalages et les prendre en considération.

Figure 18 : Décalage du remplissage en combustible stockable

Remplissage Remplissage

Mois X-1 Mois X Situation normale

Remplissage Remplissage

Mois Y-1 Mois Y Présence d’un décalage

Il faut ensuite faire un bilan annuel afin de déterminer l’évolution des consommations
au cours de l’année.

6.2.7 Bilan Energétique


Description

Cette partie permet la vérification du travail préalable ; c’est à ce moment-là que sont
recoupées et comparées les valeurs des factures ainsi que les estimations faites dans la
partie inventaire des consommateurs.

Il y a un pourcentage d’erreur d’écart qui est bien sûr toléré, cette valeur est évaluée
par l’auditeur en fonction de la difficulté du projet. Pour des projets complexes, la quantité de
petites erreurs s’accumule ce qui est moins le cas pour des petits projets. Ainsi, on peut
s’accorder un pourcentage plus important, de l’ordre de 10% pour les cas difficiles et autour
de 5% pour des projets plus simples.

Réalisation

Si l’on se retrouve avec un cas simple et riche en informations, c’est-à-dire que l’on a
une facture par bâtiment que l’on peut ainsi les comparer. Il suffit alors de vérifier si la
consommation totale annuelle des estimations est proche de la consommation totale
annuelle constatée sur les factures. Ensuite, il faut de toutes manières répartir cette
consommation pour chacun des postes afin de pouvoir, par la suite faire des estimations
d’économie si l’on travaille sur l’un d’eux. Si aucun énergie-mètre n’a été mis en place, alors
la méthode utilisée dans ces cas est la suivante :

Table 19 : Détermination de la consommation de référence

: Valeur considérée concernant l’énergie consommée pour un poste donné [kWh]

Etudiant : Demolder Corentin Mise en place d’une méthodologie d’Audit Energétique 30

Tuteur : Boussehain Rahal Septembre 2011


: Valeur estimée grâce aux calculs de l’énergie consommée pour le même poste
[kWh]

: Somme des valeurs estimées pour chaque poste [kWh]

: Consommation électrique totale de la zone ou bâtiment considéré provenant des factures


énergétiques [kWh]

Rappel : Sont appelés poste les groupes de récepteurs électrique inclus dans une même catégorie
(bureautique, éclairage, équipement mécanique, équipement divers, équipement de climatisation et
production d’ECS électrique)

Il faut ensuite calculer, pour chaque bâtiment, l’écart relatif entre la consommation
des bâtiments et celle provenant des estimations.

Table 20 : Détermination l'erreur relative

: Erreur relative entre la consommation estimée et la consommation réelle

L’objectif est d’avoir un écart le plus faible possible. De manière générale, entre 1%
et 5%, on considère que les résultats sont corrects, entre 5% et 10%, ils sont acceptables et
au dessus de 10%, il faut revoir les estimations ou les factures. Ces valeurs peuvent être
ajustées en fonction de l’importance du projet.

Figure 19 : Exemple de la comparaison des consommations par zones pour le projet ATCL

Estimation [kWh]
Consommation réelle
[kWh]

Bâtiment Club santé Autres Zone


principal / Marina structures extérieure

Estimation (kWh/year) Consommation réelle


(kWh/year)
Bâtiment principal 1 214 585 1 232 051
Club santé / Marina 240 774 244 236
Autres structures 61 545 62 430
Zone éxtérieure 143 342 145 403

Etudiant : Demolder Corentin Mise en place d’une méthodologie d’Audit Energétique 31

Tuteur : Boussehain Rahal Septembre 2011


On remarque ainsi que le bâtiment principal est le plus énergivore devant les autres
mais aussi que l’écart entre les estimations et les factures électriques est faible (autour de
1,5%)

Limites et solutions

Cette méthode de répartition n’est bien sûr pas la plus réaliste possible mais c’est la
seule que nous pouvons appliquer en l’absence de mesures réalisées sur place. S’il se
trouve que l’un des postes a été surestimés ou sous-estimés, alors cela peut avoir un
impact fort sur les estimations d’économies. C’est pour cette raison qu’il faut rigoureusement
compléter la partie inventaire des consommateurs.

Dans l’exposé présenté ci-dessus, nous avons vu qu’avec un écart relatif entre les
factures et les estimations supérieur à 10%, il faut agir pour la réduction de cet écart. Les
solutions qui s’offrent à l’auditeur sont les suivantes :

1) Revoir les factures, vérifier si ce qui a été complété dans le tableur ne contient
pas d’erreurs grossières.

2) Revoir l’inventaire des consommateurs, vérifier s’il n’y a aucun élément


manquant.

6.3 Identification et description des mesures

6.3.1 Les Mesures de Conservations de l’énergie


Description

Cette partie est l’une des plus importantes de l’audit car c’est finalement à ce moment
là que l’on propose des mesures techniques, architecturaux, de gestion et de comportement
afin de réduire les consommations énergétiques annuelles.

Réalisation

L’auditeur a en main une grande quantité de mesures de conservation de l’énergie


recueillie dans des audits existants, des ouvrages consacrés aux économies d’énergie [5],
sur internet, etc. Cette liste est applicable pour chaque bâtiment du projet et concerne deux
grandes catégories, elles-mêmes divisées en plusieurs sous catégories, les exemples
donnés dans les paragraphes qui suivent ne sont pas exhaustifs :

3) Enveloppe

 Murs : amélioration de l’isolation et modification de leurs compositions de


manière générale afin de les rendre plus performants et réduire les
consommations de chauffage et de climatisation.

 Toiture : comme pour les murs, modification de la composition et la


surface donnant sur l’extérieur. L’objectif étant encore de réduire les
consommations en réduisant les charges d’été et les déperditions d’hiver.

 Portes/Fenêtres : améliorations des performances globales. Augmentation


du facteur solaire, de la résistance thermique et de l’étanchéité. Mise en

Etudiant : Demolder Corentin Mise en place d’une méthodologie d’Audit Energétique 32

Tuteur : Boussehain Rahal Septembre 2011


place de protections solaires fixes ou mobiles afin de se protéger du soleil
en été et ainsi réduire les charges.

4) Equipements

 Luminaires : mise en place de sources lumineuses plus performantes, bon


éclairement avec faibles consommations. Les technologies sont les
suivantes : fluo compact, fluorescent T5, LED… Installation de systèmes
d’allumage et d’extinction automatisés agissant pour un éclairage zonal du
site : détecteurs de mouvement ou de luminosité, utilisation de minuteries.
L’objectif étant d’éviter les consommations inutiles et d’utiliser des
luminaires efficaces.

Table 21 : Comparatif des différentes technologies d'éclairage (source : OSRAM)

Technologie Efficacité lumineuse (lm/W) Durée de vie (h) Prix du klumens (€)
Incandescente 8-18 1 000-2 000 0,4
Fluorescent 60-80 10 000-20 000 1,5
Halogène 40-70 10 000-20 000 -
Sodium 100-170 20 000-30 000 -
LED 150-180 > 100 000 5

 Chaud/Froid/Ventilation : utilisation de nouvelles technologies de


production de chaud/froid pour le bâtiment : puits canadien, cogénération,
chaudière à condensation, ventilation double flux, échangeur sur les gaz
de combustion des groupes électrogènes. Meilleure utilisation et gestion
des systèmes existants : températures de consigne acceptable, isolation
des canalisations, ventilateurs à vitesse variable, extinction des systèmes
de traitement d’air lors de l’ouverture des ouvrants.

 Equipements de bureau : remplacement du vieux matériel par des


équipements plus économes. Meilleure gestion et utilisation des
ressources bureautiques : extinction automatique, utilisation du mode
veille, mise en place d’imprimantes groupées…

Figure 20 : Exemple de changement de technologie en bureautique engendrant des


économies d'énergie (source : Energy Star)

Moniteur CRT Moniteur LCD


70W 42W
~170kWh/an ~102kWh/an

 Production d’eau chaude : exploitation de sources gratuites ou


inexploitées comme le chauffe-eau solaire, l’échangeur sur les groupes
froids, l’échangeur sur les groupes électrogènes. Réduction des

Etudiant : Demolder Corentin Mise en place d’une méthodologie d’Audit Energétique 33

Tuteur : Boussehain Rahal Septembre 2011


consommations d’eau chaude : installation de mitigeurs, robinets
poussoir…

 Divers : remplacement des équipements anciens par des nouveaux, moins


énergivores.

 EDL/Production d’électricité : réduction du facteur de puissance sur le site


avec la mise en place de batteries de condensateurs. Meilleure gestion
des consommations avec mise en place d’énergie-mètres de zone
permettant un meilleur suivi. Production d’électricité sur site :
photovoltaïque, éolien.

En plus des mesures génératrices d’économies, l’auditeur propose aussi des


solutions aux problèmes qu’il a pu relever sur site : Des équipements mal utilisés et/ou mal
entretenus (isolants détériorés, tubes solaires brisés, etc.), des comportements énergivores
(fonctionnement de la climatisation avec la fenêtre ouverte, non-extinction d’appareils
inutilisés, etc.)

Figure 22 : Isolation tube fluide frigorigène


Figure 21 : Tubes solaires brisés détériorée

Afin de fournir au client un audit conforme à son site, il est nécessaire de détailler
chaque mesure afin d’avoir une grande précision sur :

1) Description de l’élément : car en fonction de la mesure choisie, il y a plusieurs


type d’éléments qui peuvent être mis en place. Pour une mesure de
remplacement des fenêtres, on décrira alors les caractéristiques du nouvel
ouvrant recommandé. Il en sera de même si la mesure concerne la mise en place
d’un élément isolant au niveau de l’enveloppe, alors, on donnera des détails
concernant les performances thermiques et l’épaisseur à mettre en place.

2) L’unité : selon la mesure concernée, des valeurs chiffrées vont être données et il
faut donner un sens et donc une unité à celles-ci.

3) La quantité : l’auditeur va devoir évaluer de manière la plus précise possible la


quantité d’éléments qu’il va devoir mettre en place dans l’unité concernée. Pour
cela, il peut avoir besoin d’informations architecturales qu’il ira rechercher sur les
éventuels plans, ou notes qu’il aura relevés sur le site.

Etudiant : Demolder Corentin Mise en place d’une méthodologie d’Audit Energétique 34

Tuteur : Boussehain Rahal Septembre 2011


4) L’économie énergétique annuelle par unité (donnée en [kWh/année]) : l’évaluation
de cette valeur requiert des connaissances en génie climatique, en électricité et
de l’expérience de terrain. En fonction des cas, il n’est pas évident d’évaluer la
quantité d’économie qu’engendre une mesure. Certaines sont évidentes car
impliquent des formules de physique. Concernant l’isolation, on peut évaluer
précisément comment va évoluer la quantité de flux sortant ou entrant d’un local
après que l’on ait isolé ce dernier. En revanche, si l’on préconise de mettre en
place des caches plastiques sur les thermostats d’ambiance afin que la
température de consigne ne soit pas modifiée par n’importe qui, alors l’estimation
de l’économie énergétique sera plus difficile. Dans un cas comme celui là, c’est
grâce à son expérience et à ses impressions que l’auditeur va devoir évaluer
l’impact sur les factures de chauffage et de climatisation d’une telle mesure.
Aussi, l’audit énergétique comporte un tableau qui, pour chaque mesure, évalue
les risques liés à ces dernières, c’est-à-dire la précision et l’écart possible avec la
réalité.

5) L’économie financière annuelle par unité [$/année] : effectivement, l’économie


énergétique implique aussi une économie financière. En fonction de la mesure
mise en place et du bâtiment concerné, alors le prix du kWh ne va pas être le
même. Cela dépend du type d’énergie (électricité, combustible fossile) mais aussi
du type de raccordement (présence d’un générateur ou pas).

Nombre Prix Coût Economie Economie Economie Economie Temps


d’unité(s) unitaire total par unité totale totale de CO2 de retour
[$] [$] [kWh/an] [kWh/an] [$/an] [kg/an] [an]

(1) (2) (1)*(2)=(3) (4) (1)*(4)=(5) Y*(5)=(6) 0,95*(5)=(7) (3)/(6)=(8)

Y : [$/kWh] : coût du kWh (dépend du type d’énergie économisée et du type d’approvisionnement)


0,95 kg/kWh : equivalent CO2 du kWh

Limites et solutions

Comme vu dans le paragraphe précédent, une des principales limites se trouve dans
la précision de l’estimation des résultats. Il existe en effet plusieurs facteurs qui influent sur
l’erreur possible entre le résultat attendu et le résultat réel. Chacun de ces facteurs est
indiqué de manière qualitative dans la partie risques.

Afin de donner un temps de retour sur investissement le plus réaliste possible, il faut
aussi évaluer les coûts des différents projets. Ces derniers sont variables d’un prestataire à
l’autre et il est préférable de prendre les valeurs les plus élevées. Ainsi, le client ne sera pas
surpris s’il entreprend de réaliser la mesure quel que soit l’entreprise qu’il commandite.

6.3.2 Risques
Description

Comme vu précédemment, chaque mesure, une fois réalisée, présente le risque


d’être loin de la réalité quant aux économies qu’elle engendre. Certaines mesures présentent
aussi des risques d’impossibilité de réalisation. Ces risques sont plus ou moins élevés en

Etudiant : Demolder Corentin Mise en place d’une méthodologie d’Audit Energétique 35

Tuteur : Boussehain Rahal Septembre 2011


fonction du type de mesure mais aussi en fonction d’autres facteurs décris dans cette partie
de l’audit :

1) « Données fournies par le client incorrectes ou incomplètes »

Si certaines données sont fournies au jugé ou partiellement par l’équipe de


maintenance, alors certaines valeurs permettant l’évaluation sont estimées par
l’auditeur grâce à son expérience du terrain et non grâce à des chiffres provenant
de factures ou de mesures.

2) « Impossibilité de mesurer les paramètres clefs »

De même, certaines valeurs intermédiaires permettant l’évaluation d’économies


énergétiques ou financières sont estimées par l’auditeur grâce à son expérience
du terrain.

3) « Les plans ou informations existants ne sont pas à jour »

Cela engendre ainsi la possibilité de générer de grosses différences entre les


calculs faits et la réalité.

4) « Utilisation d’équipements ou des techniques nouvelles »

Manque d’expérience dans le domaine d’où le risque d’écart.

5) « Impossibilité de trouver un constructeur ou installateur capable de réaliser un tel


contrat ou devis »

Cela implique que la mesure va être difficile voire impossible à mettre en place.

6) « Complexité des méthodes et des calculs d’économie »

Cela peut entrainer une forte accumulation de petites erreurs lors de la réalisation
des calculs et donc créer une erreur globale plus importante.

7) « Mauvaise coopération avec l’équipe de maintenance »

Si l’équipe de maintenance n’a pas facilité le travail de l’auditeur dans le recueil


des informations, alors ce dernier a pu faire des estimations par lui-même par
manque de temps. Cela altère donc le réalisme des résultats qui suivent.

8) « Possibilité de refus de la mesure par le client »

Dans le cas où la mesure demande un investissement trop important et un temps


de retour jugé trop long par le client, alors elle ne sera pas mise en place.

7 Réunion de fin de projet


L'audit se termine par une dernière réunion. Lors de cette réunion, l'équipe
d’auditeurs présentera le rapport final et répond aux questions du client.

Etudiant : Demolder Corentin Mise en place d’une méthodologie d’Audit Energétique 36

Tuteur : Boussehain Rahal Septembre 2011


La réunion vise également à classer toutes les recommandations en fonction du
budget et des priorités du client. Le rapport contient notamment un appel d’offre d’un
ensemble de projets destiné à d’éventuels entreprises de chargés d’affaires.

Objectifs :

1) Conclusions de l'audit de diagnostic.

2) Présentation des résultats.

3) Détermination les mesures qui répondent aux préoccupations du client.

8 Création d’un outil facilitant la réalisation d’audits énergétiques


Afin de faciliter la mise en place d’audits énergétiques ainsi que le temps de
réalisation, j’ai ainsi créé une combinaison de fichiers Word-Excel. Ces derniers sont ainsi
capables de traiter les données primaires d’un projet d’une part grâce au tableur.
Finalement, ces dernières sont intégrées dans le rapport final pour le client.

Figure 23 : Structure générale de l'outil

TABLEUR RAPPORT

Photos

Cet outil comprend un tableur Excel qui utilise l’ensemble des formules citées dans
l’exposé. Ce tableur comprend une logique ainsi qu’une structure facilitant grandement le
remplissage des différentes données. De plus, il est capable de traiter une grande diversité
de projets, allant du plus simple au plus complexe. Les feuilles de calcul principales sont en
annexes.

Après validation de l’outil, j’ai créé plusieurs vidéos d’explication afin que la prise en
main de l’outil soit facilitée et que la reproduction de celui-ci, pour une utilisation du même
type, soi aisée.

Etudiant : Demolder Corentin Mise en place d’une méthodologie d’Audit Energétique 37

Tuteur : Boussehain Rahal Septembre 2011


9 Application sur site
La phase finale de mon projet de fin d’études consiste à tester l’outil observant
l’ensemble des caractéristiques présentées ci-dessus sur un projet réel. C’est un club
nautique situé à Jounieh, commune côtière située au Nord de Beyrouth qui fut donc l’objet
de ce test : l’Automobile et Touring Club du Liban (ATCL) [6].

9.1 Visites
C’est donc le jeudi 14 avril 2011 que nous avons effectué la première visite sur site.
Mon tuteur était présent afin de me montrer comment s’effectuent la reconnaissance et le
lancement de la mission. M. Marc Daoud, un stagiaire ingénieur génie-électrique libanais
était aussi présent. Il m’a épaulé tout au long du projet. Comme notre interlocuteur sur place
ne parlait qu’en arabe, un intermédiaire maitrisant cette langue ainsi que le français était
nécessaire. De plus, son excellente maitrise des équipements électriques s’est avérée être
un atout indéniable.

Le vendredi 15 et lundi 18 avril 2011, nous avons donc effectué deux visites
complémentaires M. Daoud et moi-même. L’objectif était le même pour chacune d’entre
elles, faire un descriptif détaillé de l’ensemble du site avec inventaire des différents
consommateurs.

9.2 Analyses des données


Ce projet est très ancien et ne possède pas de plans. De plus, il est trop complexe
pour que de simples mesures manuelles suffisent. Cela n’empêche pas la réalisation de
l’audit mais la précision des résultats et le réalisme des économies potentiellement
réalisables vont s’en trouver réduits.

Les étapes de calculs des charges et calculs des déperditions ne sont pas réalisables
mais l’ensemble des autres le sont. Il est encore possible de faire un travail sur l’ensemble
des postes de consommation.

Le fait de ne pas pouvoir utiliser l’outil Excel dans son intégralité sur un cas concret
empêche de vérifier si ce dernier est complètement fonctionnel. C’est pour cette raison, que
j’ai dû l’utiliser sur des cas existants et dont les résultats sont connus afin de vérifier sa
justesse et son adaptabilité. Il s’est avéré après plusieurs essais et quelques modifications
que l’outil était tout à fait fonctionnel.

10 Analyse et bilan d’un audit énergétique réalisé par Apave Liban

10.1 Description
En juin 2008, Apave Liban a livré un Audit énergétique concernant le campus de
l’Université Saint Esprit de Kaslik (USEK) [7], situé au Nord de Beyrouth. Ce projet étant
encore en extension et donc en chantier à la livraison du document, le chef de projet a
décidé d’en profiter pour réaliser certaines des mesures préconisées dans l’audit.

Etudiant : Demolder Corentin Mise en place d’une méthodologie d’Audit Energétique 38

Tuteur : Boussehain Rahal Septembre 2011


Début février 2011, je me suis vu proposer la rédaction d’un rapport bilan concernant
ce projet : inventorier les mesures qui ont été à la fois préconisées dans l’audit et mises en
place sur le campus. Lister et quantifier les éléments avec leur coût grâce aux factures.
Indiquer les économies réalisées ainsi que le temps de retour sur investissement réellement
effectué.

Objectifs :

1) Valider l’utilité et la pérennité de l’audit énergétique.

2) S’approprier l’audit réalisé par Apave, sa structure, sa logique et son contenu.

3) Compréhension et d’analyse de documents rédigés en anglais.

C’est donc avec l’aide de mon tuteur (rédacteur de l’audit) ainsi que des
interlocuteurs sur place responsables du chantier que j’ai fait l’inventaire de l’ensemble des
interventions réalisées. Chacune d’entre elles a été référencée et a fait l’objet d’un bilan
financier et énergétique.

De plus, j’ai inclus dans le rapport d’autres propositions de mesures facilement


réalisables afin de compléter celles qui avaient déjà été proposées.

10.1.1 Le projet
L’Université Saint Esprit de Kaslik est une institution catholique d’études supérieures
qui a adopté le système d’enseignement américain. Elle se situe à Kaslik et elle est divisée
en onze facultés et compte jusqu’à 7000 étudiants sur son campus.

10.1.2 La visite
C’est donc avec mon tuteur ainsi qu’un responsable du chantier que nous avons
réalisé la visite et constaté quels étaient les éléments concernés.

Le secteur qui a été ciblé en priorité est celui du poste des luminaires. En effet, les
principales opérations menées étaient :

- Le remplacement des ballasts par des modèles plus économes en énergie.

- Installation d’interrupteurs afin de zoner l’éclairage des locaux.

- Installation de détecteurs de mouvement, évitant ainsi l’allumage permanent de


certains éclairages.

10.2 Résultats et commentaires


Ainsi, avec le bilan de la visite et l’ensemble des factures fournies par notre
interlocuteur sur place, j’ai pu faire l’inventaire détaillé des mesures.

J’ai ainsi obtenu le bilan suivant :

Coût total Gains énergétiques Gains économiques Gains CO2 Temps de


annuels annuels annuels retour
($) (kWh/an) ($/an) (kg CO2/an) (année)

Etudiant : Demolder Corentin Mise en place d’une méthodologie d’Audit Energétique 39

Tuteur : Boussehain Rahal Septembre 2011


294 172 1 098 263 205 926 1 043 349 2

Le document bilan ainsi réalisé justifie pleinement l’intérêt et l’utilité que représente la
réalisation d’un audit énergétique.

11 Conclusion
A mon arrivée à Apave Liban, j’ai rapidement compris ce que l’on attendait de moi et
en quoi consistait exactement ma mission : trouver une solution afin de rendre la réalisation
d’audits énergétiques plus efficace qu’elle ne l’était déjà. J’ai eu à disposition tous les
éléments qui pouvaient m’être utiles afin de faciliter ma progression et mes prises de
décision.

Après la réalisation d’un rapport bilan ainsi que la contribution à la réalisation d’un
audit énergétique, j’ai cherché un moyen de rendre l’opération la plus efficace possible.
Finalement, nous sommes tombés d’accord mon tuteur et moi-même sur une combinaison
Excel-Word avec peu de modification concernant la méthode en elle-même. C’est cette
solution qui représentait le meilleur compromis.

Lors de la réalisation des fichiers Excel et Word je profitais des conseils de mes
tuteurs, collègues ainsi que de sites internet afin de toujours rendre mes documents les plus
faciles et accessibles possible. Cela m’a en outre permis de progresser dans la maitrise de
ces logiciels.

Après plusieurs essais, sur projets réels et sur projets factices, l’outil a été validé.

Afin d’expliquer comment se servir de l’outil et rendre sa prise en main facile j’ai
choisi, avec l’aval de mon tuteur, de faire des guides sous forme de vidéos. Ainsi,
l’assimilation et la compréhension se font plus facilement. Cette technique a été reprise par
des collègues sur place pour d’autres utilisations.

L’objet réalisé dans le cadre de ce PFE va ainsi permettre à l’entreprise Apave Liban
de réaliser des audits énergétiques plus efficacement. Cette prestation sera donc plus
accessible et l’entreprise pourra ainsi répondre à plus d’appels d’offres de ce type.

L’outil Word-Excel est un objet qui peut être appliqué à d’autres utilisations qui
nécessitent la combinaison de données chiffrées nécessitant des calculs avec des textes de
descriptions. Les explications données dans le guide vidéo sont suffisantes afin de créer un
autre outil de ce type mais aussi de réutiliser celui existant. Ainsi Apave Liban peut réaliser
d’autres outils de ce type dans le but de gagner en productivité et en efficacité.

Etudiant : Demolder Corentin Mise en place d’une méthodologie d’Audit Energétique 40

Tuteur : Boussehain Rahal Septembre 2011


12 Bibliographie
[1] Notre Dame Université P.O.Box: 72 Zouk Mikayel, Louaizé Liban

[2] République du Liban, Ministère des Travaux Publics et des Transports Direction Générale
de l'Urbanisme : Fondement pour un guide technique, 2005, 77 pages

[3] ASHRAE: Fundamentals, Residential Cooling and Heating load calculation (2001)

[4] République du Liban, Ministère de l’Energie et de l’Eau : Document d’orientation pour le


secteur de l’électricité, 21 juin 2010, 16 pages

[5] Bureau Veritas : Guide des techniques de construction durable, édition. Le Moniteur,
Paris, 2010

[6] Automobile et Touring Club du Liban, B.P. 115, Jounieh, Liban

[7] Université Saint Esprit de Kaslik B.P. 446 Jounieh, Mont Liban, Liban

Etudiant : Demolder Corentin Mise en place d’une méthodologie d’Audit Energétique 41

Tuteur : Boussehain Rahal Septembre 2011


13 Sommaire des annexes
Annexe 1: Rapport Audit Energétique Notre Dame Université (anglais)

Annexe 2: Rapport Audit Energétique Automobile Touring Club Liban (anglais)

Annexe 3: Rapport Bilan USEK (anglais)

Annexe 4 : Feuilles de calculs Excel (anglais)

Etudiant : Demolder Corentin Mise en place d’une méthodologie d’Audit Energétique 42

Tuteur : Boussehain Rahal Septembre 2011


Présentation de l’entreprise Apave
La mission d’Apave, c’est la maîtrise des risques, avec
une offre complète de prestations techniques et
intellectuelles : inspection, bâtiment, essais et mesures,
formation, conseil. Toutes visent à augmenter la sécurité des
hommes et des biens et à optimiser la performance des
organisations.

La centrale nucléaire qui doit accroître la sûreté de ses installations, l’entreprise


industrielle qui souhaite établir un diagnostic sécurité et environnemental, l’aéroport qui veut
former ses personnels aux nouvelles exigences de sécurité, l’hôpital qui veut sécuriser
l’utilisation de ses fluides médicaux…A tous ces acteurs, quels que soient leur taille et leur
secteur d’activité, Apave apporte à la fois rigueur et professionnalisme, permettant ainsi à
chacun d’eux de se concentrer sur son métier.

200 000 clients en France et dans le monde font appel à Apave pour réduire leurs
risques. C’est une mission de confiance que les 9650 professionnels de la maîtrise des
risques dont 7000 ingénieurs et techniciens ont la fierté, chaque jour, de mener à bien.

Inspection : Apave vérifie la conformité des installations techniques, équipements et


process lors de leur mise en service ou de leur exploitation par rapport à la réglementation
en vigueur.

Bâtiment : Veiller à la qualité de la construction, tenir délais et budgets : au-delà de la


vérification de conformité d’un ouvrage via le contrôle technique de construction, les experts
d’Apave proposent un accompagnement tout au long de la vie du patrimoine immobilier.

Un seul objectif : simplifier et faciliter la prise de décision et éviter ainsi aléas


techniques, retards, dérives budgétaires et autre désordre constructif.

Essais et Mesures : Dans un monde où sécurité, hygiène, protection de la santé et de


l’environnement sont des préoccupations constantes, mesurer, analyser, évaluer, tester
constituent un métier à part entière : sur site, en laboratoires, les experts Apave sont avec
leurs clients pour mesurer et maîtriser les données clés de la sécurité et de la performance.

Formation : La formation est bien plus qu’une remise à niveau : c’est un


élargissement des compétences, une avancée stratégique vers la professionnalisation. Les
formateurs Apave et les conseillers sont avec leurs clients pour accroître performance et
employabilité de tous leurs salariés. Apave est le numéro 1 en France de la formation à la
maîtrise des risques.

Conseil : Expertises technique et managériale, connaissance du terrain, écoute


client : avec les consultants Apave il est possible d’obtenir deux résultats : maîtrise des
risques et performance accrue de l’entreprise.

Etudiant : Demolder Corentin Mise en place d’une méthodologie d’Audit Energétique

Tuteur : Boussehain Rahal Juin 2011