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Pédologie 2002-2003

Patrick Engels

PEDOLOGIE
Année 2002-2003
Dr. Ir. Patrick Engels

Avant-propos
I. Le sol ressource non (peu) renouvelable
II. Interface multiple
III. Variabilité temporo-spatiale
IV. Nécessité de comprendre les phénomènes dans leur cadre (importance des relations géologie-relief-sols)

V. Science du sol vs pédologie


VI. Science de terrain s’intéresant aux techniques  «  virtuelles  »
Organisation du cours
VII. Cours théorique 5 x 3 heures (dates : 17 et 24 septembre; 1, 8 et 15 octobre)
VIII. Transition avec les exercices pratiques constituée d’une visite de terrain dans le domaine du Sart-Tilman
IX. Travaux pratiques basés sur la lecture et l’interprétation de la carte des Sols de la Belgique (exemple
d’application choisi par l’étudiant) (dates : 29 octobre; 5 et 12 novembre)
X. Journée de terrain en Moyenne Belgique (printemps 2003)
Ouvrages de référence
XI. Delecour F. [1981] Initiation à la Pédologie. FUSAGx, 78 p.
XII. Duchaufour [1991] Pédologie. Sol, Végétation, Environnement, Masson, 289 p.
XIII. Manil G., Hanotiaux G. [1974] Cours de Pédologie Générale, FUSAGx, 3 vol., 489 p.
XIV. Soltner D. [1996] Les bases de la production végétale. T. I Le sol et son amélioration, Coll. Sciences et Tech.
Agric., 464 p.
XV. Soltner D. [1999] Les bases de la production végétale. T. I I Le climat, météorologie, pédologie,conservation
des sols, Coll. Sciences et Tech. Agric., 320 p.
XVI. Thorez J. [1998] Notes de Cours de Pédologie, ULg, 129 p.
Plan du cours théorique
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XVII. Introduction
XVIII. Partie 1 : les constituants des sols
XIX. Les constituants minéraux
XX. Les constituants organiques – l’humus
XXI. Partie 2 : les propriétés des sols
XXII. Texture
XXIII. Structure
XXIV. Régime hydrique
XXV. Elements nutritifs
XXVI. Acidité du sol
XXVII. Partie 3 : Pédogenèse et classification des sols
XXVIII. Partie 4 : Pédologie appliquée
XXIX. Cartographie des sols
XXX. Evaluation des sols

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XXXI. Introduction
XXXII. Définition
- Le sol est un milieu naturel, différencié en horizons, à constituants minéraux et (ou) organiques,
généralement meubles, d’épaisseur variable, qui diffère de la roche-mère sous-jacente par certains caractères
morphologiques, par la constitution et des propriétés physiques, par la composition et des propriétés
physiques, par la composition et des propriétés chimiques, et par des caractères biologiques (Joffe, 1936)
- + Le sol est un milieu naturel, à propriétés essentiellement dynamiques
XXXIII. Facteurs pédogénétiques (équation de Jenny)
XXXIV. S=f (Cl,o, r, p, t)
XXXV. La formation du sol se divise en trois étapes pour aboutir à la différenciation en horizons
XXXVI. Altération de la roche-mère géologique
XXXVII. Installation d’une couverture végétale et humification
XXXVIII. Migrations (verticales descendantes, verticales ascendantes et latérales)

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XXXIX. Constituants des sols
1. Constituants minéraux du sol

a) Roches-mères géologiques et roches-mères pédologiques

XL. Roche-mère géologique ou matériel parental primaire : substrat géologique qui par altération a donné naissance
au dépôt meuble sur lequel s’est fixé la végétation
XLI. Roche-mère pédologique ou matériel parental secondaire : produit plus ou moins meuble de l’altération
superficielle
XLII. Une roche-mère géologique peut donner naissance à plusieurs roches-mères pédologiques suivant t, r, o
XLIII. Exemple : un granite donnera une arêne granitique (altération physique dominante) en climat
tempéré et une argile latéritique (altération chimique dominante) en climat équatorial

1) Roches-mères géologiques

XLIV. Formation des principales roches


XLV. Rem.: Introduction des notions de rhexistasie (érosion dominante) et de biostasie
(pédogenèse dominante)
XLVI. 3 grandes familles de roches
XLVII. Roches magmatiques (ou éruptives ou ignées ou endogènes) qui résultent de la
consolidation des magmas soit à la surface de la terre, soit en profondeur
XLVIII. Roches sédimentaires (ou exogènes) qui se forment à la surface de la terre ,
voire dans la mer, par des processus d’érosion, de transport et de sédimentation ou alors
de précipitation
XLIX. Roches métamorphiques (ou cristallophyliennes) qui proviennent d’une
transformation de roches préexistantes sous l’influence de la pression, de la
température, et/ou de la circulation de fluides de type magmas

(a) Roches magmatiques:

L. Composition (tableau 1 et 1bis, figures 4 et 5)


LI. Classification
LII. Points à considérer au niveau pédologique
LIII. Altérabilité
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LIV. Composition chimique
LV. Nature et propriétés des produits de décomposition
(a) Roches sédimentaires:

LVI. Composition
- idem roches magmatiques + constituants secondaires dus à l’altération
superficielle (argiles, silice colloïdale*, sesquioxydes, calcaire, dolomie, gypse,
…)
LVII. Classification (tableau 2 et 3)
- Rem: les roches limoneuses absentes de la plupart des classifications
LVIII. D’un point de vue pédologique, il faut considérer
- La proportion relative d’éléments actifs
- Le degré de cohérence
- L’hydrologie interne

LIX. Colloïde- définition:


LX. Substance généralement gélatineuse ayant de très petites dimensions mais une grande surface spécifique.
Forme une pseudosolution au contact de l’eau, c-à-d un milieu trouble parce que ses molécules constitutives sont
agglomérées sous forme de micelles. Les principaux colloïdes du sol sont les argiles (80%), l’humus (5%), la silice
(5%) (colloïdes électronégatifs), les hydroxydes de fer et d’aluminium (10%) (colloïdes électropositifs)
LXI. Les colloïdes possèdent la propriété de floculer ou de peptiser suivant le milieu.
(a) Roches métamorphiques:

LXII. Composition
LXIII. Classification (tableau 4)
LXIV. Point de vue pédologique
- Modification de l’altérabilité dans le sens positif (granite vers gneiss) ou dans le
sens négatif (schiste vers phyllade)
- Modification de la teneur en éléments chimiques (Na, K, Ca, Mg, …) par des
enrichissements d’origine magmatique (métamorphisme de contact et auréoles de
métamorphisme)

1) Roches-mères pédologiques

LXV. Dépôts autochtones (altération en place et pas de transport notable)


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LXVI. Les éluvions de désagrégation et d’altération (arêne granitique, argile provenant
d’un schiste, loess décalcifié)
LXVII. Les éluvions de dissolution (argile de dissolution des roches calcaires)
LXVIII. Rem : Eluvions paléopédologiques
LXIX. Dépôts allochtones
LXX. Transport en masse (éboulements, dépôts de solifluxion,…)
LXXI. Transport par ruissellement (colluvions)
LXXII. Transport par cours d’eau (alluvions)
LXXIII. Transport éolien (dunes et dépôts loessiques)
LXXIV. Transport par glaciers (dépôts glaciaires)
(a) Décomposition des roches:

LXXV. On distingue la désagrégation (action physique) et l’ altération (action


chimique)
LXXVI. Les agents de décomposition des roches
LXXVII. Chaleur solaire et variations de température
LXXVIII. Atmosphère (foudre, vent chargé de particules minérales, humidité,
oxygène)
LXXIX. Eau :
LXXX. Action des glaciers (moraines)
LXXXI. Action des eaux courantes et des vagues littorales
LXXXII. Action d’imbibition (gel)
LXXXIII. Action chimique et physico-chimique (hydratation, oxydation,
réduction)
LXXXIV. Actions biologiques:
LXXXV. Action physique
LXXXVI. Action chimique
LXXXVII. La vitesse d’altération est fonction
LXXXVIII. La profondeur (inversèment proportionnelle, importance du manteau
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d’altération)
LXXXIX. Le climat (température et précipitations)
XC. Composition et texture de la roche (cfr. : relief en tiges et chavées du Condroz
ou cuestas de la Lorraine)
– Préparation mécanique à la décomposition
XCI. L’altération de la roche-mère géologique fournit 4 types de matériaux
XCII. Des fragments de la roche-mère
XCIII. Des minéraux non altérés
XCIV. Des produits minéraux nouveaux : argiles minéralogiques
XCV. Des corps dissous ou en solution colloïdale
XCVI. La taille des fragments se mesure par la granulométrie dont les fractions rendent assez bien compte de la
répartition des propriétés physiques et physico-chimique des sols

(a) Fractions granulométriques:

XCVII. Argile 0-2 µ

XCVIII. Limon 2-10 µ limon fin


10-20 µ limon moyen
20-50 µ limon grossier
XCIX. Sable 50-100 µ sable très fin
100-200 µ sable fin
0,2-0,5 mm sable moyennement grossier
0,5-1 mm sable grossier
1-2 mm sable très grossier
C. Graviers 0,2- 2 cm

CI. Cailloux 2-7,5 cm

CII. Pierres 7,5-25 cm

CIII. Blocs >25 cm

(a) La fraction fine ou les fractions colloïdales minérales ou argile pédologique:

CIV. Processus de formation


CV. Les différentes produits
CVI. Éléments cristallisés
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CVII. Les argiles minéralogiques
CVIII. Les sesquioxydes cristallisés
CIX. Les minéraux résiduels et la silice cristallisée
CX. Elements amorphes
CXI. Les sesquioxydes de formation récente
CXII. La silice amorphe
CXIII. Les allophanes
(1) Les argiles

CXIV. Les argiles sont présentes dans le sols sous forme de micelles (cristallites)
constituées de feuillets élémentaires (lamelles) qui sont constituées de couches
composées de l’association soit de tétraèdres (couches siliceuses) soit d’octaèdres
(couches alumineuses) constituant des réseaux.
CXV. Ce sont des phyllosilicates.
(i) composition des couches et type d’argile

CXVI. Un tétraèdre est constitué d’un cation Si ++++


au centre et de quatre anions O -- aux angles. Un octaèdre est
constitué des cations Al +++ (dioctaédrie) ou Mg++ (trioctaédrie) et aux angles des anions O– ou OH-
CXVII. On parlera d’argile de type 1/1 (ou Te-Oc) quand le feuillet élémentaire est composé d’une couche
tétraèdrique (dont une sous-couche hexagonale)et d’une couche octaédrique. On parlera d’argile de type 2/1 (ou
Te-Oc-Te) quand le feuillet élémentaire est composé de deux couches tétraédriques et d’une couche octaédrique.
N.B. : Il existe aussi des argiles de type 2/1/1 (Te-Oc-Te-OC)
CXVIII. Illustration
(i) Les principaux types d’argiles

CXIX. Argiles de type 1/1


CXX. Dioctaédriques
CXXI. Épaisseur constante des feuillets (7 Å) : KAOLINITE
CXXII. Épaiseur variable des feuillets (10 Å) : Halloysite
CXXIII. Argiles de type 2/1
CXXIV. Substitutions tétraèdriques
CXXV. Dioctaédriques
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CXXVI. Épaisseur constante des feuillets (10 Å) : ILLITES
CXXVII. Épaisseur variable des feuillets (15 Å) : Vermiculites dioctaédriques
CXXVIII. Trioctaédriques
CXXIX. Épaisseur constante des feuillets (10 Å) : Illites trioctaédriques
CXXX. Épaisseur variable des feuillets (15 Å) : VERMICULITES
CXXXI. Substitutions octaédriques
CXXXII. Dioctaédriques
CXXXIII. Épaisseur variable des feuillets (>20 Å) : SMECTITES-
MONTMORILLONITES
CXXXIV. Argiles de type 2/1/1
CXXXV. Épaisseur constante des feuillets (14 Å) : CHLORITES
(i) quelques remarques importantes concernant les propriétés des argiles

CXXXVI. Charge négative des micelles d’argiles


CXXXVII. Floculation – Peptisation
CXXXVIII. Surface de fixation et d’échange
CXXXIX. L’argile est hydrophile (plasticité, adhésivité, gonflement et
retrait)
N.B. : La fraction argileuse ne contient pas uniquement des argiles

(1) Les allophanes ou argiles amorphes

CXL. Alumino-silicates hydratés amorphes


CXLI. Ensemble d’ébauches argileuses irrégulières qui par suite de défauts de
structure paraissent amorphes en diffraction des RX
CXLII. Surtout connus sur roches-mères volcaniques
(1) Les sesquioxydes

CXLIII. Ensemble des oxydes et hydroxydes de Fe, Al, Mn, Ti


CXLIV. Lors de l’altération ces cations plutôt que d’être lessivés évoluent vers
des formes amorphes ou cristallines insolubles
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CXLV. Les plus fréquents :
CXLVI. goethite (Fe O .H O),
2 3 2 limonite (2Fe2O3.3H2O), lépidocrocite
(Fe2O3.H2O), hématite (Fe2O3)
CXLVII. gibbsite (Al(OH)3), böhmite (Al2O3.H2O), diaspore (Al2O3.H2O),
corindon (Al2O3)

(1) Synthèse sur le complexe d’altération (exemple)

CXLVIII. Altération géochimique composée d’une hydrolyse totale avec


recombinaison des constituants des minéraux
CXLIX. La composition du complexe d’altération dépend de la quantité de silice
qui échappe à l’élimination par drainage et qui participe aux néoformations
d’argile
CL. Fonction de trois facteurs (drainage, pH et temps), la néoformation donne
naissance à des argiles plus ou moins riches en silice (bisiallitisation,
monosiallitisation et allitisation)
Drainage pH Processus Complexe d’altération
milieu confiné >7 bisiallitisation smectites-montmorillonites
milieu semi-confiné acide monosiallitisation kaolinites
milieu filtrant acide allitisation gibbsite

1. Constituants organiques
a) Introduction

CLI. Parallèlisme entre l’altération et l’humification-minéralisation


CLII. Ecosystème : Production-Consommation-Décomposition (bioréduction)
CLIII. Matières organiques fraîches (95 % de substances végétales contre 5% d’excréments et de
cadavres animaux) et matières humiques ou humus
CLIV. Frange de contact entre la lithospère et la biosphère
CLV. Evaluation quantitative de la M.O. : Cx2 (sous forêt) et Cx1,72 (en sols agricoles)
N.B. : en conditions anaérobies, putréfication ou tourbification pour partie

a) Les agents d’humification

CLVI. Microflore
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CLVII. Bactéries
CLVIII. Actinomycètes (bien représentés dans les sols des régions arides)
CLIX. Champignons
CLX. Champignons inférieurs (rôle important en conditions défavorables – mycorhizes
endotrophes)
CLXI. Champignons supérieurs (décomposition de la lignine – mycorhizes ectotrophes)
CLXII. Faune
CLXIII. Protozoaires
CLXIV. Vers inférieurs (Scolécidés)
CLXV. Turbellariés
CLXVI. Rotifères
CLXVII. Nématodes
CLXVIII. Mollusques (Gastéropodes)
CLXIX. Annélidés
CLXX. Enchytréides (important en sols forestiers des régions tempérées)
CLXXI. Lumbricides (mélangent intimement de colloïdes minéraux et organiques avec
formation de complexes argilo-humiques – humus de type mull)
CLXXII. Arthropodes
CLXXIII. Tardigrades
CLXXIV. Crustacés (cloportes)
CLXXV. Arachnides
CLXXVI. Myriapodes
CLXXVII. Insectes
CLXXVIII. Aptérygotes (dont Collemboles actifs dans la formation des moder et des mor)
CLXXIX. Ptérygotes
CLXXX. Orthoptères (Grillons et taupe-grillons édificateurs de galeries)
CLXXXI. Isoptères (dont termites)
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CLXXXII. Hyménoptères (dont fourmis)
CLXXXIII. Coléoptères
CLXXXIV. Diptères
CLXXXV. Mammifères (taupes, mulots : actions mécaniques d’ameublissement)
a) Les phases d’humification

PHASE AGENTS ACTIONS, EFFETS


Lessivage Eaux météoriques Dissolution des composés solubles
Désagrégation Faune Pulvérisation des débris organiques
Bioréduction Microbes Dégradation de la cellulose, de la lignine, Enzymes
des protéines. Apparition de substances
préhumiques
Synthèse Microbes Apparition des acides humiques et
fulviques
Complexation Lombricides Formation de complexes organo-minéraux
Humines
Minéralisation Microbes Production de CO2, NO3, SO4, etc

b) Les fractions humiques

CLXXXVI. L’utilisation de réactifs alcalins utilisés successivement permet de réaliser un fractionnoment de


l’humus
CLXXXVII. Acides fulviques : solubles dans les réactifs alcalins et dans les acides. Très acides, à poids moléculaire
relativement faible, ils peuvent percoler en entraînant parfois l’argile et les sesquioxydes.
CLXXXVIII. Acides humiques : solubles dans les réactifs alcalins mais insolubles dans les acides. Peu acides, à
poids moléculaire élevé, plus riche en azote, peuvent former des complexes avec les colloïdes argileux.
CLXXXIX. Humines : complexe de substances humiques fortement évoluées, résistant aux réactifs alcalins, à cause
de leur grande énergie de liaison avec les colloïdes minéraux.

a) Principales formes de l’humus

1) Introduction

CXC. L’humus est le reflet des activités biologiques, elles-mêmes conditionnées par l’ensemble des facteurs du
milieu parmi lesquels on peut privilégier le climat général (humidité, température du sol), l’oxygénation du sol,
l’acidité du sol et la nature des litières.
CXCI. La forme d’humus constitue un très intéressant critère de classification des stations naturelles
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1) Typologie des horizons

CXCII. Horizons holorganiques (O)


CXCIII. Ol : (Litière) : essentiellement débris végétaux
CXCIV. Of : (Fermentation ou fragmentation) : résidus mélangés à des proportions plus
ou moins grandes de substances fines
CXCV. Oh : (Humification) essentiellement substances fines
CXCVI. Horizons hémiorganiques ou horizons humifères (A)
1) Typologie des 3 familles d’humus terrestres

CXCVII. Mull : humus de bonne qualité des forêts feuillues sur sol suffisamment riche et peu acide. Formation
abondante de complexes argilo-humiques (vers de terre). Minéralisation rapide
CXCVIII. Moder : humus dû essentielllement à l’action de petites espèces fauniques. La masse de l’humus est
constituée de fins débris coprogènes, plus ou moins remaniés. Peu de complexes argilo-humiques. Formation
d’horizons holorganiques
CXCIX. Mor : humus formé en conditions climatiques et chimiques défavorables. L’action des champignons
inférieurs est très importante. Peu de produits humiques de synthèse
CC. Illustrations
a) Les fonctions de l’humus

CCI. Fonctions pédogénétiques


CCII. Désagrégation des roches
CCIII. Horizons humiques du profil
CCIV. Migration des sesquioxydes
CCV. Fonctions physiques
CCVI. Thermoprotection superficielle
CCVII. Structuration et porosité du sol
CCVIII. Protection contre certaines formes d’érosion
CCIX. Fonctions nutritives
CCX. Source d’éléments nutritifs
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CCXI. Contribution au pouvoir sorbant
CCXII. Attaque des réserves minérales du sol
CCXIII. Fonctions physico-chimiques
CCXIV. Action sur l’acidité-alcalinité
CCXV. Action sur les phénomènes d’oxydo-réduction
1. Complexe organo-minéral

CCXVI. L’humus protège l’argile et stabilise la structure du sol. Colloïdes électronégatifs formant un complexe par
l’intermédiaire du Ca++ (sols calcaires) ou du Fe+++ (sols bruns) ou par fixation directe de l’humus sur certaines
charges positives de l’argile
CCXVII. L’argile favorise l’humification et ralentit la destruction de l’humus

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CCXVIII. Les caractéristiques et propriétés du sol
1. La texture

CCXIX. La texture du sol se définit par les proportions relatives de particules de dimensions différentes : les
fractions granulométriques (voir précédemment)
CCXX. La texture s’apprécie sur le terrain par le toucher et au laboratoire par l’analyse granulométrique
a) Le triangle des textures

CCXXI. L’analyse granulométrique fournit les proportions (en %) des différentes classes. Ces valeurs sont
regroupées en trois catégories (ARGILES (<2µ), LIMONS (2 à 50 µ) et SABLES (50 µ à 2 mm)) qui sont
reportées dans un diagramme triangulaire ou triangle des textures. Quatre exemples sont fournis au tableau 7.
CCXXII. Si il ya accord sur les seuils de fractions granulométriques, il existe des divergences en ce qui concerne les
triangles texturaux
CCXXIII. Autre mode d’expression de la texture : les courbes cumulatives
CCXXIV. Il faut prêter attention au mode d’expression
a) Importance de la texture

CCXXV. La texture ne permet de connaître précisèment les propriétés du sol mais cette connaissance permet d’en
connaître les tendances :
CCXXVI. Si les éléments « sables grossiers » dominent, le sol sera filtrant
CCXXVII. Si aux sables grossiers s’ajoutent des éléments fins (sables fins et limons) le sol sera
battant
CCXXVIII. Si aux éléments fins s’ajoutent des argiles (et de la matière organique), le sol aura
une bonne structure garantissant une bonne perméabilité
CCXXIX. La texture influence également d’autres propriétés (voir exemple sur photos)
1. La structure

CCXXX. La structure se définit par le mode d’assemblage des constituants solides. Elle est due à la cimentation des
grains grossiers par les éléments colloïdaux
CCXXXI. L’état structural (variable dans le temps) d’un sol est un des indices fidèles de l’état de fertilité
CCXXXII. L’apparition d’une structure est due à l’effet de retrait (alternance des périodes humides et sèches) et à
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l’effet de granulation (activité biologique)

a) Classification des structures

CCXXXIII. Critères : type (forme des agrégats), taille et netteté


CCXXXIV. Principaux types de structure (clé):
- Absence de macrostructure: structures non-fragmentaires
o Grains isolés: structure particulaire
o Masses ammorphes: structure massive
- Présence de macrostructure: structures fragmentaires
o Formes plates (horizontales dominantes): structure lamellaire
o Formes prismatiques (verticales dominantes):
 Arêtes nettes: structure prismatique
 Arêtes émoussées: structure en colonnes
o Formes cubiques:
 Faces planes et bombées en mélange: structure polyédrique
 Faces planes subégales: structure cubique
o Formes sphériques:
 Agrégats non-poreux: structure grenue
 Agrégats poreux: structure granuleuse

a) Quelques considérations sur la structure

CCXXXV. Les facteurs favorables de structuration sont


CCXXXVI. Argile et humus
CCXXXVII. Calcium
CCXXXVIII. Oxydes de fer et d’aluminium
CCXXXIX. Vers de terre
CCXL. Les facteurs défavorables sont :
CCXLI. Le splash
CCXLII. Le tassement par des engins lourds
CCXLIII. L’altération des ciments colloïdaux (dispersion)
CCXLIV. Les dents des instruments à rotation mécanique
CCXLV. Les effets de la structure
CCXLVI. Porosité du sol
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CCXLVII. Résistance à l’érosion
CCXLVIII. Contacts sol-racines
a) L’indice d’instabilité structurale

CCXLIX. Stabilité structurale : aptitude d’une terre à maintenir son état d’agrégation lors d’une
agression par l’eau.
CCL. Technique : après action brutale de l’eau, de l’alcool éthylique et du benzène, on récupère sur
un tamis de 2 mm les agrégats qui ont résisté au traitement
CCLI. I =(particules inférieures à 20 µ) max
s

Aga+Age+Agb –0,9 SG
3
CCLII. I varie de 0,1 pour des terres humifères calcaires à plus de 100 pour des terres sodiques très
s

instables
CCLIII. Il existe une norme empirique d’interprétation de cet indice pour les effets des travaux du sol
ainsi que des risques d’érosion

1. La porosité et la densité

CCLIV. La porosité d’un sol est une mesure indirecte de la structure mais elle est aussi fonction de la texture. Elle
concerne la part de volume du sol inoccupée par la phase solide (on distingue la capacité en air et la capacité en
eau).
CCLV. On distingue :
CCLVI. La macroporosité (porosité non capillaire) est occupée par l’air après ressuyage des eaux de
pluie (capacité en air) – diamètre des pores > 8 µ
CCLVII. La microporosité (porosité capillaire) retient l’eau après ressuyage (N.B. : pores < 0,2 µ
contient l’eau liée) – diamètre des pores < 8 µ
CCLVIII. La porosité est en relation avec la densité réelle et la densité apparente
CCLIX. La densité réelle (D) concerne la fraction solide indépendamment des vides. Elle varie peu (2,6 à 2,7). On
utilise une valeur moyenne de 2,65 (correctifs pour les sols calcaires et les horizons humifères)
CCLX. La densité apparente (D’) est la densité du sol sec (fraction solide et pores). Elle varie de 1 à 2.
CCLXI. La porosité totale : P = D-D’
D

1. Le régime hydrique
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CCLXII. Les éléments du bilan hydrique à l’échelle d’un versant sont repris à la figure 32
CCLXIII. Mais au niveau du système radiculaire, la quantité d’eau dépend (entre autres) de la texture, du taux de
matière organique, de la perméabilité, de l’évaporation, etc. et de l’importance de la fraction utilisable (eau
contenue dans les pores > 0,2 µ)
CCLXIV. L’eau remplissant les pores les plus larges s’appelle eau de gravitation. L’eau contenue dans les pores
fins s’appelle eau capillaire. L’effort que la plante fournit pour se procurer l’eau peut s’apprécier par la mesure du
potentiel capillaire ou pF.

a) potentiel capillaire

CCLXV. Le potentiel capillaire se mesure par l’énergie nécessaire pour déplacer les diverses formes d’eau du sol.
Cette énergie correspond à la hauteur d’une colonne d’eau, exprimée en cm. Le potentiel capillaire, ou pF,
exprime le logarithme de cette hauteur.
CCLXVI. Quelques valeurs :
CCLXVII. pF 0 : saturation
CCLXVIII. pF 1,8: départ de l’eau de gravitation à écoulement rapide (capacité au champ)
CCLXIX. pF 2,5: capacité de rétention (eau capillaire)
CCLXX. pF 4,2: point de flétrissement
CCLXXI. Eau utile (EU) = eau pF 2,5 – eau pF 4,2
CCLXXII. La teneur en eau à différents pF est fonction de la texture:

CCLXXIII. On exprime aussi le pF suivant des courbes


a) rôles pédogénétiques

CCLXXIV. Transport de substances dissoutes ou en solution colloïdale


CCLXXV. Transport vertical (descendant ou ascendant)
CCLXXVI. Transport oblique
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CCLXXVII. Gley et pseudo-gley concernent les sols hydromorphes
CCLXXVIII. Engorgement permanent (GLEY), fer à l’état ferreux
CCLXXIX. Engorgement temporaire (PSEUDO-GLEY), fer à l’état ferreux et ferrique
1. Eléments nutritifs et complexe sorbant

CCLXXX. Les principales sources d’éléments nutritifs sont : les éléments en solution, les réserves minéralogiques,
les éléments retenus par le complexe sorbant, les éléments immobilisés dans l’humus
CCLXXXI. Les colloïdes du sol forment le complexe sorbant. Pour les argiles, la sorbtion peut se faire en surface
des cristallites (adsorption) ou dans les espaces interlamellaires (absorption), du moins pour les argiles de type 2/1.
Les ions adsorbés peuvent être déplacés par les ions des exsudats racinaires. Ils sont dits échangeables. Les ions
absorbés sont fixés. Exemple d’une illite.

1. La capacité d’échange

CCLXXXII. La capacité d’échange mesure la quantité d’éléments échangeables qu’un sol peut retenir.
CCLXXXIII. Elle s’exprime en milliéquivalents par 100 g de matière (terre fine gén.).
CCLXXXIV. Elle est fonction de la teneur en argile, du type d’argile et de la teneur en humus (exemple d’arbre de
diagnostic).
CCLXXXV. Dans la pratique on détermine la capacité d’échange pour les cations (CEC ou T) mais on peut aussi
déterminer la capacité d’échange pour les anions (CEA)
CCLXXXVI. Quelques valeurs :

a) La somme des bases échangeables et le taux de saturation

CCLXXXVII. La connaissance de la CEC ne suffit, on doit aussi considérer sa qualité dont la garniture cationique.
Ceci introduit la notion de degré de saturation.
19
Pédologie 2002-2003
Patrick Engels
CCLXXXVIII. Les bases échangeables = la somme des cations Ca, Mg, K et Na (on la nomme S)
CCLXXXIX. Le degré de saturation : V =S/T %. Le degré de saturation est en liaison avec l’acidité du sol.
CCXC. Pour tout résultat d’analyse, il est important de le replacer dans son contexte.
1. L’acidité du sol

CCXCI. Rappel : l’acidité se mesure par le pH (logarithme de l’inverse de la concentration en H )


+

CCXCII. Les sources d’ions H dans le sol sont de deux grands types : organiques (dissolution des acides
organiques, des phénols, des alcools, etc.) et minérales (dissociation des radicaux OH aux faces de rupture des
argiles et dissociation des molécules d’eau)
a) différentes expressions

CCXCIII. Acidité actuelle : image de la quantité d’ions H présents dans la solution du sol. pH eau
CCXCIV. Acidité d’échange : image de la somme des ions H présents dans la solution et dans la phase échangeable.
pH KCl
CCXCV. Acidité totale : image de la quantité totale d’ions H dissociables et titrables par une base forte (BaCl2 à
pH 8,2)
CCXCVI. Acidité potentielle : image de la quantité d’ions dissociables au-delà du pH naturel du sol. Différence
entre acidité totale et acidité d’échange
N.B. : le pouvoir tampon

CCXCVII. L’acidité varie en fonction :


- Les conditions climatiques générales et locales
- La nature de la roche-mère
- Les prélèvements d’éléments nutritifs
- Les processus d’humification
- Les pratiques culturales
CCXCVIII. Les effets de l’acidité :
- Modification des équilibres entre anions et cations
- Influence sur l’assimilabilité et sur les phénomènes de carence (quand le pH diminue, la
solubilité des oligo-éléments augmente)
- Apparition d’éléments toxiques (toxicité aluminique quand pHeau < 5,5)
- Influence sur la nature des organismes vivants

1. La couleur

CCXCIX. La couleur est indicatrice des modalités d’évolution et essentiellement fonction de l’humus et du fer
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Pédologie 2002-2003
Patrick Engels
CCC. La couleur est clairement identifiée à l’aide d’une charte des couleurs (Munsell Soil Color Chart)
CCCI. Teinte (hue) : proportion de rouge (R) et de jaune (Y)
CCCII. Intensité de la teinte (value) : variations de gris
CCCIII. Pureté de la teinte (chroma)
CCCIV. Lithochromie

21
Pédologie 2002-2003
Patrick Engels
CCCV. La pédogenèse
1. Rappel

CCCVI. La formation du sol se divise en trois étapes pour aboutir à la différenciation en horizons
CCCVII. Altération de la roche-mère géologique
CCCVIII. Installation d’une couverture végétale et humification
CCCIX. Migrations (verticales descendantes, verticales ascendantes et latérales)
CCCX. Facteurs pédogénétiques (équation de Jenny)
CCCXI. S=f (Cl,o, r, p, t)
1. Les migrations
a) Les processus

CCCXII. On distingue :
CCCXIII. la lixiviation : migration des sels solubles ( K , Na , Ca
+ + ++
, Mg ++ plus rarement Fe++ et
Mn++, en milieu réducteur, et Al+++ , en milieu très acide, et de la silice)
CCCXIV. la chéluviation (migration des complexes organo-métalliques)
CCCXV. le lessivage (migration de l’argile)
CCCXVI. La lixiviation
CCCXVII. Pour K , Na , Ca et Mg et en milieu non calcaire,
+ + ++ ++
il y a désaturation et
acidification
CCCXVIII. En milieu calcaire, il y a décarbonatation préalable
CCCXIX. La silice est entraînée en profondeur dans deux cas : sous climat équatorial humide sur
sol fortement drainé et sous climat tempéré en milieu très acide et très filtrant.
CCCXX. La chéluviation
(i) Entraînement des cations lourds Al+++ et Fe+++ sous forme de complexes organo-métalliques ou
chélates solubles (liaison avec les radicaux COO- et OH- provenant d’acides organiques) mais
précipitation en profondeur.
CCCXXI. Le lessivage : il est fonction de l’acidité et de la pauvreté en cations
(a) En présence de calcaire actif (floculation) il est nul
(RENDZINES).
(b) Dans les sols décarbonatés plus ou moins décalcifiés
22
Pédologie 2002-2003
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(remplacement des ions Ca++ par les ions H+) l’argile est plus dispersée donc plus facilement
lessivable mais compensation par les ions Fe+++ qui maintiennent l’argile floculée (liaison
argile-fer-humus). Seule une partie peut migrer et s’accumule en un horizon argillique et
ferrique (SOLS BRUNS LESSIVES)
(c) Dans le sols acides, absence de Ca mais présence d’ions
H+, Fe++ et Al+++ floculent l’argile et empèchent le lessivage (SOLS BRUNS ACIDES)
(d) En présence d’une végétation acide et/ou d’une période
peu aérée : Fe+++ devient Fe++ et les composés organiques solubles complexent Fe et Al,
l’argile est dispersée et fortement lessivée. (SOLS LESSIVES ACIDES et SOLS
PODZOLIQUES)

b) Synthèse suivant les éléments

CCCXXII. Eléments alcalins (K, Na) (lixiviation)


CCCXXIII. Facilement solubles, migration facile
CCCXXIV. Accumulations : croûtes, efflorescences salines
CCCXXV. Eléments alcalino-terreux (Ca, Mg) (lixiviation)
CCCXXVI. Phénomènes de dissolution plus complexes fonction de la pression de gaz carbonique
CCCXXVII. Accumulations : nombreuses formes, diffuses ou concrétionnaires (poupées, croûtes
calcaires)
CCCXXVIII. Sesquioxydes (Fe, Al)
CCCXXIX. Fe (ferreux) très mobile. Réduction en conditions asphyxiques sous l’action des
++

acides fulviques
CCCXXX. Fe +++
(ferrique) et Al moins solubles. Forment des complexes avec les argiles ou des
composés humiques (acides fulviques)
CCCXXXI. Accumulations : nombreuses formes, diffuses ou concrétionnaires (alios des podzols,
grenailles et cuirasses latéritiques)
CCCXXXII. Argiles
CCCXXXIII. Migrations mécaniques (entraînement le long des fentes, des vides) ou à l’état
dispersé (peptisé) en milieu de pH élevé ou par effet protecteur d’autres colloïdes (composés
humiques) (lessivage)
CCCXXXIV. Accumulation par floculation par des colloïdes positifs (Fe, Al), par destruction
microbienne du colloïde protecteur ou par formation sur place aux dépens de minéraux
altérables
CCCXXXV. Humus
CCCXXXVI. Phénomènes très complexes car ils concernent des molécules de dimensions très
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Pédologie 2002-2003
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variables. Le mull est très stable, moder et mor comportent des composés solubles ou
peptisables
CCCXXXVII. Migration sous forme de complexes humométalliques (chéluviation)
CCCXXXVIII. Accumulation par floculation des ions positifs, par déshydration ou par
condensation (acides fulviques)

1. Désignation des horizons

CCCXXXIX. Les horizons sont désignés par des sigles, constitués de lettres et de chiffres selon le plan
suivant
CCCXL. Un sigle principal formé d’une ou deux des lettres majuscules O, H, A, E, B, C, R, relatives au
caractère principal de l’horizon
CCCXLI. O : horizon holorganique non tourbeux (A0)
CCCXLII. H : horizon holorganique tourbeux
CCCXLIII. A : horizon de surface enrichi en matière organique (hémiorganique) (A1)
CCCXLIV. E : horizon éluvial appauvri en argile et/ou humus et/ou sesquioxydes, etc (A2)
CCCXLV. B : horizon illuvial enrichi en ces mêmes éléments
CCCXLVI. C : roche-mère plus ou moins meuble
CCCXLVII. B : roche-mère dure
La figure 46 illustre la succession des horizons principaux
N.B. : les anciennes appellations sont données au tableau 8
CCCXLVIII. Un suffixe alphabétique, formé d’une ou deux lettres minuscules, servant à apporter une
précision supplémentaire sur le caractère des horizons :
CCCXLIX. c : accumulation concrétionnaire
CCCL. f : présence de matière organique semi-décomposée
CCCLI. g : présence de taches d’oxydo-réduction ou pseudo-gley
CCCLII. h : présence de matière organique décomposée
CCCLIII. l : présence de matière organique non décomposée
CCCLIV. m : horizon plus ou moins cimenté ou induré
CCCLV. p : horizon humifère remanié par les façons culturales
CCCLVI. r : horizon à sesquioxydes entièrement réduits (gley)
24
Pédologie 2002-2003
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CCCLVII. s : accumulation de sesquioxydes
CCCLVIII. t : accumulation d’argile
CCCLIX. w : caractérise un B apparent, se différenciant par un enrichissement en argile formée sur
place, par la structure ou par la couleur
CCCLX. Un suffixe numérique servant à désigner des sous-horizons se différenciant par d’autres
caractères que ceux mentionnés ci devant (importance du système radiculaire, du squelette grossier,
etc …)
CCCLXI. Un préfixe numérique servant à désigner plusieurs roches-mères présentes dans le profil
1. Le climax

CCCLXII. Quand un matériau affleure (suite à l’érosion ou aux apports), la végétation s’installe.
CCCLXIII. Un profil AC ou AR (horizon humifère surmontant la roche-mère) se développe.
CCCLXIV. A chaque étape de développement de la végétation (herbacée, arbustive, arborée) correspond une phase
d’évolution du profil (qui s’approfondit et se différencie, voir figure 48). Après un certain temps, l’équilibre est
atteint.
CCCLXV. Chaque étape est un écosystème. La succession d’écosystèmes aboutit à un écosystème stable appelé
climax (voir également figure 51)
CCCLXVI. Ceci est une évolution progressive ; à l’inverse on parlera d’évolution régressive quand le sol nu est
atteint (voir exemple d’évolution à la figure 52).

a) 1er exemple d’évolution progressive

CCCLXVII. Alpes, altitude +/- 2000 mètres, colonisation des dépôts morainiques.
CCCLXVIII. Mousses, graminées – Lithosol (pH 7)
CCCLXIX. Vaccinium – Ranker ocreux (pH 5) – OAC
CCCLXX. Rhododendron – Sol podzolique (pH 4,3) (OEBC)
CCCLXXI. Lande à Pin Cembro – Podzol humo-ferrugineux (pH 4) – OAEB B C h s

CCCLXXII. Décarbonatation, décalcification puis podzolisation en 3000 ans environ


a) 2ème exemple d’évolution progressive

CCCLXXIII. Plaines de l’Europe occidentale, calcaires marneux


25
Pédologie 2002-2003
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CCCLXXIV. Pelouse – Lithosol (ou Régosol) puis Rendzine initiale
CCCLXXV. Fruticée – Rendzine type
CCCLXXVI. Forêt feuillue – Rendzine brunifiée puis sol brun calcaire
CCCLXXVII. Forêt feuillue climacique (chênaie-hêtraie atlantique) – Sol brun calcique puis sol
brun lessivé
CCCLXXVIII. Décarbonatation puis lessivage en dix mille ans environs
CCCLXXIX. Voir schéma de la figure 50
a) Conclusions

CCCLXXX. Le profil d’équilibre, atteint au terme de l’évolution, est relativement indépendant de la composition du
matériau puisqu’on observe dans les deux cas une acidification du profil. Par contre, il est inféodé au climat
(formation d’un mor et podzolisation dans l’étage subalpin; formation d’un mull mésotrophe, brunification et
lessivage lié au climat atlantique).
CCCLXXXI. L’évolution est indépendante du matériau.
CCCLXXXII. Il y a convergence de l’évolution, elle permet d’introduire la notion de sols analogues (sols qui ont le
même développement de profil parce que les conditions de climat et de végétation sont identiques mais dont les
horizons profonds conservent des caractères propres liés à ceux du matériau parental, par exemple les sols bruns
forestiers et les sols bruns acides qui sont formés respectivement sur un matériau riche et un matériau pauvre).

1. Horizonation et pédoturabtion

CCCLXXXIII. En règle générale, différenciation en horizons distincts


CCCLXXXIV. Mais, dans certaines circonstances, il peut y avoir homogénéisation :
CCCLXXXV. Bioturbation (chernozems)
CCCLXXXVI. Pédoturbation mécanique (vertisols)
CCCLXXXVII. Cryoturbation
1. Le facteur climat

CCCLXXXVIII. Le climat général d’une région et la végétation qui lui est étroitement associée (formation végétale
climatique ou biome*) forment les facteurs bioclimatiques généraux. Ils permettent de définir les grandes zones de
végétation et de sol généralement orientées suivant la latitude du moins en plaine.
CCCLXXXIX. Ces constatations ont permis à Sibirtzev (de l’école russe de Pédologie) d’introduire la notion de

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Pédologie 2002-2003
Patrick Engels
zonalité qui reste valable mais doit être nuancée pour les cycles courts (rôle de l’humification convergente sur
matériaux différents) (vois sols analogues, anciens sols zonaux, au paragraphe consacré au climax)

a) Sols zonaux-intrazonaux et azonaux

CCCXC. Sols zonaux (ou sols analogues) : le climat est le facteur pédogénétique dominant
CCCXCI. Sols intrazonaux : la roche-mère est le facteur pédogénétique dominant (sols calcimorphes) ou mieux sols
qui nécessitent pour leur développement des conditions climatiques zonales et des conditions de station
particulières ; exemples : sols tourbeux (zones tempérées ou froides et stagnation d’eau), sols salsodiques (zones
arides et source de sodium, nappes d’eau salée ou roche riche en Na), vertisols (zones à climat contrasté et milieux
confinés riches en Ca), podzols sous nos latitudes qui ne se développent que sur roches-mères filtrantes
CCCXCII. Sols azonaux : le facteur temps n’a pas encore manifester son empreinte
1. Les zones et les séquences climatiques

CCCXCIII. A l’échelle mondiale, la répartition des sols est fonction de deux facteurs : la température
moyenne et le drainage climatique (humidité générale du climat s’exprimant par la formule : D=Ó(P-ETP)).
CCCXCIV. En se basant sur les figures 53 et 54, il est possible d’établir des séquences ou successions
climatiques de sols, on peut distinguer :
CCCXCV. Séquences de climat humide à forte variation de température (côte est des Amériques) : le drainage
climatique élevé entraîne des migrations importantes : fer et aluminium (humus de type mor et moder) dans les sols
les plus septentrionaux, argile (humus de type mull) dans les zones tempérées et enfin silice dans les zones à climat
chaud
CCCXCVI. Séquences conditionnées par les variations de drainage climatique : séquences de climat froid
continental (la partie orientale de la Russie ou les plaines centrales de l’Amérique du Nord), ETP augmente du
nord vers le sud et donc diminution de D, la succession est donnée à la figure 56
CCCXCVII. L’Afrique montre également un bon exemple de corrélation entre la végétation climatique et les
sols zonaux (voir figure 55)
CCCXCVIII. Voir également figure 57
1. Le facteur organismes vivants

CCCXCIX. Le rôle de la végétation a déjà été souligné auparavant, nous voulons ici introduire la notion de facteur
humain. Celui-ci est souvent considéré par certains auteurs comme facteur de dégradation. Nous parlerons plutôt
de modifications.
CD. Action directe (défrichement ou mise en culture) : destruction des horizons humifères et apparition d’un Ap;
exhaussement des horizons de surface sur sols sableux (plaggen); resaturation du complexe absorbant
CDI. Action indirecte (modification de la végétation climacique) :
27
Pédologie 2002-2003
Patrick Engels
CDII. Podzolisation secondaire sur affleurement sableux ou sablo-limoneux
CDIII. Dégradation par hydromorphie et stagnation d’eaux pluviales
1. Le facteur relief

CDIV. Le relief influence la pédogenèse localement par modification du régime des eaux.
CDV. Les sols constituent des chaînes suivant l’orientation de la pente
CDVI. On distingue :
CDVII. L’érosion globale (voir exemple en Hesbaye)
CDVIII. L’entraînement mécanique des particules fines soit par érosion sélective (ruissellement
hypodermique) soit par lessivage oblique (cas des argiles)
CDIX. L’entraînement latéral de composés solubles
CDX. Les modifications locales du Eh
CDXI. Des exemples sont donnés aux figures 58, 59 (climat tropical humide) et 60 (climat tempéré)
1. Le facteur matériau parental

CDXII. Les exemples suivants sont pris dans la zone de climat tempéré à tendance climatique où le
processus est la brunification si les sols contiennent de l’argile et du fer actif
CDXIII. La pédogenèse peut-être modifiée (ralentissement ou accélération) : les roches dures et les
matériaux argileux provoque un ralentissement de la brunification au contraire des matériaux perméables
riches en minéraux altérables; le lessivage de l’argile est beaucoup plus marqué sur les roches sédimentaires
meubles que sur les roches éruptives
CDXIV. La pédogenèse peut-être divergente : un matériau sableux donnera un humus de type mor favorable
à la podzolisation; un matériau riche en calcaire actif évoluera sous un processus de carbonatation; un
matériau riche en verre volcanique donnera lieu au processus d’andosolisation, etc.

1. Le facteur temps

CDXV. Cycles courts (quelques milliers d’années) et cycles longs (plusieurs centaines de milliers d’années)
CDXVI. Cycles courts : les facteurs bioclimatiques ne sont pas modifiés, l’orientation de la pédogenèse est
constante ; exemple, évolution postglaciaire (post Würmienne soit +/- 10000 ans)
CDXVII. Cycles longs : interférences avec des variations climatiques importantes d’où distinction entre zones de
climat tempéré ou froid et les zones de climat chaud

28
Pédologie 2002-2003
Patrick Engels

1. Cycles d’évolution

CDXVIII. Climat tempéré ou froid :


- La dernière phase glaciaire (Würm) a rajeuni les sols
- Sols à cycles courts de profondeur moyenne, minéraux incomplètement altérés, altération
biochimique, argiles transformées (2/1)
- Parfois discontinuité de la pédogenèse (altération géochimique témoin d’un climat plus chaud en
profondeur), sols polycycliques ou polygénétiques
CDXIX. Climat chaud (subtropical, tropical ou équatorial)
- Absence de glaciations, tout au plus alternance de phases sèches et humides qui ont ralenti la
pédogenèse
- Sols à cycles longs très épais, homogènes
- Altération géochimique avec néoformation d’argile, cristallisation des oxydes de fer et d’aluminium
- Bisiallitisation, monosiallitisation puis allitisation

a) Cycles longs en climat tempéré

CDXX. La pédogenèse ancienne (profonde) laisse comme témoin des horizons rubéfiés. Il s’agit de véritables
paléosols soit de type fersiallitique (Quaternaire récent ou moyen) ou ferrugineux (Quaternaire ancien ou même
Tertiaire). Ces paléosols se comportent comme roche-mère pour le sol récent. On parle de sol polycyclique.
CDXXI. Si un dépôt récent (limon éolien) se superpose au paléosol et que les deux couches séparées dans l’espace
portent les traces des deux cycles, on parlera de sol composé.
CDXXII. Si le processus récent interpénètre le paléosol profond on parlera de sol complexe.
1) deux exemples

CDXXIII. Sol polycyclique formé sur limon rissien (150000 ans)


- En profondeur, paléosol de type fersiallitique
- Dans la partie moyenne du profil, cryoturbation et formation de glosses attribuée à la
phase glaciaire du Würm
- Dans le partie supérieure, signes de brunification et lessivage superficiel accompagnés
d’une dégradation hydromorphe
CDXXIV. Sols bruns lessivés complexes sur Jurassique (calcaires durs)
- En profondeur, terra fusca (matériau fersiallitique peu rubéfié des zones les plus
septentrionales, argiles de décarbonatation d’âge antewürmien)
- À l’interface, couche mixte (horizon â), mélange, par cryoturbation de terra fusca et de
limons éoliens, enrichi d’argile de lessivage des limons
- En surface, limons éoliens

1. Quelques héritages périglaciaires


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Pédologie 2002-2003
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CDXXV. Langue ou glosse : pénétration d’un horizon albique dans un horizon B argillique suite à une fente de gel
CDXXVI. Fragipan : horizon de profondeur de texture moyenne, à densité apparente élevée. Il est dur et compact à
l’état sec et, à l’état humide, les unités structurales éclatent brusquement lorsqu’on les presse avec les doigts. Il
présente des fractures blanchies formant un réseau polygonal. Il est de faible perméabilité. Cet horizon aurait été
compacté entre le sous-sol continuellement gelé et la partie superficielle uniquement gelée pendant la période
froide.
CDXXVII. Sols à argile blanche : sols comportant un horizon blanchâtre particulièrement pauvre en fer. Il
résulterait d’une nappe perchée située au dessus d’un horizon gelé en permanence.

1. Les processus
a) Processus liés à l’humification

CDXXVIII. La matière organique est un élément moteur de la pédogenèse : processus d’altération et transferts de
matière dans le profil.
CDXXIX. En liaison avec le pH et le type d’humus, la matière organique intervient dans les différents processus
d’entraînement : lixiviation pour les mull carbonatés provoquant une décarbonatation ou une décalcification,
lessivage pour les mull mésotrophes, chéluviation pour les mor

1) Carbonatation

CDXXX. Processus conditionné par la présence de calcaire actif


CDXXXI. Celui-ci bloque l’humification à un stade précoce par insolubilisation rapide des précurseurs solubles.
CDXXXII. Formation d’un horizon A très développé à gros grumeaux (argile-humus-CaCO3)
CDXXXIII. La persistence de ce type de profil, comme les rendzines, exige une recarbonatation
1) Brunification

CDXXXIV. Processus climatique en climat tempéré


CDXXXV. Sur tous les matériaux non calcaires (ou préalablement décarbonaté) à acidité modérée et riches en fer
CDXXXVI. Le caractère essentiel réside dans la formation d’un horizon Bw coloré en brun par les oxydes de fer
liés à l’argile.

1) Lessivage

CDXXXVII. Entraînement par les eaux de gravité des particules fines dispersées, en général l’argile
CDXXXVIII. Milieux d’acidité modérée (pH 5,5 à 6,5)
30
Pédologie 2002-2003
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CDXXXIX. Formation d’horizon éluvial et d’horizon illuvial
1) Podzolisation

CDXL. Processus qui se produit sous l’influence d’un mor ou d’un moder, produisant des quantités massives de
composés organiques solubles qui migrent en profondeur sur matériaux sableux et entraînent sous forme de
complexes les ions Al+++ et Fe+++
CDXLI. Dans l’horizon E ne subsiste que du quartz fin et les complexes sont immobilisés sous forme amorphe dans
l’horizon B, voire Bh et Bs

1) Cryptopodzolisation

CDXLII. Processus proche de la podzolisation mais dont la mobilité des complexes oragno-minéraux est
rapidement freinée (il n’y a pas de formation d’un horizon E) en raison d’un rapport cation/anion beaucoup plus
élevé

1) Andosolisation

CDXLIII. L’alumine active des allophanes insolubilise les précurseurs humiques et provoque une forte action
stabilisante

a) Processus conditionnés par de forts contrastes saisonniers

CDXLIV. Alternances d’humectation et de dessication


CDXLV. La matière organique prend une couleur foncée par maturation (composés humiques stabilisés par voie
physico-chimique, pratiquement inertes)
CDXLVI. Les argiles 2/1 gonflantes ou semi-gonflantes sont néoformées et conservées
CDXLVII. Le calcium est lixivié donnant à la base du profil un horizon calcique
1) Mélanisation

CDXLVIII. Anc. : isohumisme


CDXLIX. Incorporation profonde de matière organique (effet rhizosphère et bioturbation)
CDL. Bca sous forme pulvérulente (pseudomycélium)
1) Calcification

CDLI. Formation de croûtes calcaires (calcrêtes, horizons pétrocalciques)


31
Pédologie 2002-2003
Patrick Engels
CDLII. En région arides et semi-arides : sols châtains et sols marrons
CDLIII. Processus de base : alternaces d’humectation (mobilisation du calcaire par dissolution ou par formation de
suspension de particules – boues calcaires) et de dessication (précipitation, consolidation et cristallisation)

1) Vertisolisation

CDLIV. Stations confinées sur matériaux riches en bases


CDLV. Néoformation d’argiles gonflantes (montmorillonite)
CDLVI. Mouvements vertiques expliquent l’homogénéisation
a) Processus à base d’altération géochimique prolongée

CDLVII. Indépendant de la matière organique


CDLVIII. Milieux drainés où l’évacuation de la silice et des bases permet la néoformation d’argiles
CDLIX. Oxydes libres sont abondants et bien cristallisés et confèrent au profil une teinte vive
CDLX. Trois processus fondamentaux : (1) altération croissante des minéraux primaires, (2) une perte croissante de
silice et des bases, (3) dominance de plus en plus marquée des néoformations
CDLXI. Ces 3 phases sont en relation avec la zone climatique et avec le facteur temps (voir figure 61)
1) Fersiallitisation

CDLXII. Caractéristique des climats subtropicaux et tropicaux à saison sèche marquée


CDLXIII. Dominance des argiles 2/1 (héritage et néoformation)
CDLXIV. Individualisation d’oxydes de fer
CDLXV. Complexe absorbant saturé
CDLXVI. Présence d’un Bt
1) Ferrugination

CDLXVII. Altération encore plus poussée


CDLXVIII. Désilification et pertes en bases accentuées
CDLXIX. Argiles 1/1 (kaolinites dominantes)
32
Pédologie 2002-2003
Patrick Engels
CDLXX. Taux de saturation inférieur
1) Ferralitisation

CDLXXI. Altération complète des minéraux sauf le quartz


CDLXXII. Argiles entièrement néoformées (kaolinites)
CDLXXIII. Présence de gibbsite
a) Processus liés aux conditions physico-chimiques de la station

1) Hydromorphie

CDLXXIV. Abaissement du Eh dans un milieu saturé d’eau réductrice


CDLXXV. Voir processus dans le chapitre consacré à l’eau dans le sol
1) Salinisation, alcalinisation, sulfato-réduction

CDLXXVI. Salinisation : Na sous forme saline, NaCl et Na So en concentrations comparables aux sels alcalino-
2 4
+
terreux; l’ion Na reste minoritaire dans le complexe absorbant (lagunes continentales)
CDLXXVII. Sodisation et alcalinisation : Na/T > 15% (lagunes d’origine marine ou roche sodique en climat aride),
dégradation de la structure et lessivage des argiles dispersées (horizon Bt dit natrique à pH > 9)
CDLXXVIII. Sulfato-réduction : processus mixte : salinité et cycle particulier du soufre (fortes variations du Eh :
sulfure de fer noir en conditions réductrices qui s’oxyde en libérant Fe(OH)3 et H2SO4) (mangroves et polders)

33
Pédologie 2002-2003
Patrick Engels
CDLXXIX. La classification des sols

1. Problématique(s)

CDLXXX. Le sol est un continuum. Il n’existe pas de limites aussi nettes que chez les plantes ou les animaux.
CDLXXXI. Il faut résoudre un double problème
CDLXXXII. Classer les unités supérieures, grouper les grands types de sols mondiaux, en fonction de
leur genèse,… c-à-d fournir un cadre qui serve de base à la science pédologique
CDLXXXIII. Donner aux pédologues cartographes un outil commode pour dresser des cartes à grande
échelle, utilisables à des fins pratiques

1. Systèmes hierarchiques : Exemple : CPCS (1967)

CDLXXXIV. Ordres
CDLXXXV. Sous-ordres
CDLXXXVI. Classes (degré de développement de profil, propriétés d’humification, etc.)
CDLXXXVII. Sous-classes (critères physico-chimiques résultant du pédo-climat)
CDLXXXVIII. Groupes (degré de lessivage d’éléments solubles, différenciation d’horizon)
CDLXXXIX. Sous-groupes (variation du groupe, ex : lessivage du calcaire produisant un encroutement)
CDXC. Familles (fonction du matériau parental)
CDXCI. Séries
CDXCII. Types
CDXCIII. Phases
1. Classifications génétiques et objectives

CDXCIV. Dans les classifications générales, on distingue:


CDXCV. Les classifications génétiques (classification française (voir annexe 1), classification
allemande (voir annexe 2), etc.) qui se basent sur des processus évolutifs
CDXCVI. Les classifications objectives ou statistiques (Soil Taxonomy (voir annexe 3), classification
FAO (voir annexe 4), etc.) qui se basent sur les combinaisons de caractères

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Pédologie 2002-2003
Patrick Engels
1. Référentiel basé sur les processus évolutifs (Duchaufour, 1991)

CDXCVII. Les référentiels constituent des cadres souples se bornant à définir des « profils de référence » auxquels
les sols réels doivent être rattachés (exemple IRB qui est devenu WRB (voir clé en annexe 5) ou RPF)
CDXCVIII. Le choix opéré s’inspire de la classification française (principes de base et nomenclature)
CDXCIX. Les profils de référence ou profils-types reflétent les conditions de milieu très précises (climat, matériau
d’origine, végétation, facteur temps) ; leur structure et leurs propriétés sont le fruit des processus évolutifs décrits
au chapitre Pédogenèse.
D. Les profils apparentés ou groupes voisins s’écartent des profils de référence par un ou plusieurs critères. Il peut
y avoir plusieurs origines :
DI. Profils polycycliques et complexes
DII. Profils incomplètement évolués
DIII. Profils tronqués par l’érosion
DIV. Profils modifiés par l’action humaine
DV. Profils à horizon particulier
DVI. Profils apparentés intergrades
DVII. Le plan est présenté en annexe 6
1. La classification des sols
a) Sols peu évolués

DVIII. Profils de type AC


DIX. Classe hétérogène : profils « jeunes » des climats humides (stades initiaux d’un certain type de pédogenèse –
sols d’érosion ou d’apport-) ou sols dont l’évolution est empêchée par un facteur climatique (climat trop sec –
déserts- ou trop froid –cryosols-)

1) Sols peu évolués climatiques

(a) Sols désertiques:

DX. Dépourvus de matière organique; altération chimique inexistante, désagrégation


mécaniques; en raison de l’absence de structure, les particules sont entraînées par le
vent; ils se distinguent suivant leur texture :
DXI. Reg (caillouteuse)
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Pédologie 2002-2003
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DXII. Erg (sableuse)
DXIII. Takyr (argileuse)
DXIV. En lisière des déserts : sierozems ou sol gris subdésertiques
(a) Cryosols (Toundras):

DXV. Horizon « profond » gelé en permanence (permafrost); tri par cryoturbation ->
sols polygonaux arctiques
DXVI. Cryosols tourbeux, cryosols à gley, cryosol à mor (transition avec les ranker
boréaux)

1) Sols peu évolués sur matériaux récents

DXVII. Evolution vers un sol brun ou podzolique empêchée par le rajeunissement :


DXVIII. érosion : décapage de sols de fortes pentes
DXIX. apport : d’origine éolienne ou apportés par les eaux (sols alluviaux et colluviaux)
(a) Sols d’érosion:

DXX. Lithosol (roche dure)


DXXI. Régosol (roche tendre)
(a) Sols alluviaux:

DXXII. Caractérisés par une nappe phréatique qui circule – et donc non réductrice- à
fortes oscillations
DXXIII. Sol gris alluvial : humus de type mull, horizon minéral peu altéré (peu coloré
car peu de fer libre), de texture variable (sableuse ou limoneuse, rarement argilo-
limoneuse) avec un lit sablo-caillouteux (obstacle à la pénétration des racines et frein
aux remontées capillaires)
DXXIV. Intergrades :
DXXV. Sols alluviaux brunifiés (plus riches en argile et en fer; caractères « hérités »,
caractères d’hydromorphie plus accentués)
DXXVI. Sols alluviaux hydromorphes ( nappe réductrice, anmoor en surface)
DXXVII. Sols alluviaux humifères : maturation de l’humus car alternance
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Pédologie 2002-2003
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d’humectation et de dessication

a) Sols humifères désaturés

1) Ranker

DXXVIII. Profil type : ranker alpin


DXXIX. Caractéristique de l’étage alpin, sur affleurements de roche dure et acide, occupés par la pelouse et la lande
alpine
DXXX. Profil O(mor ou moder)AR
DXXXI. Groupe semblable ranker d’érosion (ou de pente) qui évolue vers les sols bruns acides (ranker brun) soit
vers les sols podzoliques (ranker podzolique)

(a) Ranker cryptopodzolitique:

DXXXII. Stations non forestières occupées par une pelouse ou une lande
DXXXIII. Profil OA(moder ou mor)AB (épais de 40 à 80 cm)R
DXXXIV. Il y a insolubilisation des complexes organo-métalliques en raison de :
DXXXV. L’effet rhizosphère
DXXXVI. Abondance des cations Al et Fe insolubilisants
+++ +++

DXXXVII. Alternances saisonnières de saturation d’eau et de dessication du profil


1) Andosols

DXXXVIII. Sur roches volcaniques d’épanchement, riches en éléments vitreux, dans toutes les
zones climatiques à condition que le climat soit très humide et dépourvu de saisons sèches.
La végétation est essentiellement forestière
DXXXIX. Profil-type : l’andosol humifère
DXL. A(mull mésotrophe) AB (structure de pseudolimons, agrégats fins d’alumine humus et d’allophane-humus)C
a) Sols calcimagnésiques

1) Sols calcimagnésiques humifères: rendzines

DXLI. Affleurements de calcaires tendres très purs soit colluvions calcaires en climats tempérés
sur forêt, fruticée ou pelouse xérophile suivant la réserve en eau
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DXLII. Profil type : rendzine brunifiée (AC ou AR)
DXLIII. Horizon A très humifère (12 à 15% de M.O.), la terre fine est formée de gros
grumeaux très stables (complexes floculés, argiles-CaCO3-humus) surmontant C ou R
DXLIV. Groupes voisins : rendzines grises, rendzines brunifiées, rendzines dolomitiques,
rendzines à gypse

1) Sols calcimagnésiques très humifères: sols humo-calcaires, humo-calciques

DXLV. Forêt subalpine résineuse ou montagnarde mixte (sapin, épicéa, hêtre) perte du calcaire
actif, il ne subsiste qu’un squelette de calcaire grossier. L’abondance de M.O. provoque une
mélanisation calcique
DXLVI. Sols humo-calcaires : sur éboulis de bas de pente, mêmes caractéristiques que les
rendzines mais en plus profonds et plus humifères (80 cm à 1m)
DXLVII. Sols humo-calciques : sur les affleurements de calcaire dur ou sur éboulis stabilisés;
décarbonatés dans la terre fine; A très épais et très riche en M.O. (20 à 40 %)

1) Sols calcimagnésiques brunifiés sols bruns calcaires et sols bruns calciques

DXLVIII. La décarbonatation part du sommet du profil donnant naissance d’abord aux sols
bruns calcaires (contenant encore du calcaire actif dans l’horizon B) puis aux sols bruns
calciques, entièrement décarbonatés en B
DXLIX. Caractères communs : A humifère mais moins que les rendzines, horizon B brun à
structure polyédrique, le calcaire actif en quantité insuffisante par rapport à l’argile et au
ferlibre pour ralentir le processus de brunification

a) Sols brunifiés

1) Sols bruns

DL. Profil ABwC où A est un mull modérément acide peu épais et Bw est coloré en brun par
les oxydes de fer
DLI. Profils types : sol brun acide et sol brun eutrophe
DLII. Ils ont en commun : l’horizon A qui est un mull peu épais à structure grumeleuse et
un Bw brun, à structure polyédrique, bien développé (25cm à 1,5 m)
DLIII. Ils se différencient par le complexe : désaturé (V<30%) pour le sol brun acide et
saturé (V>80%) pour le sol brun eutrophe
DLIV. Groupes voisins : sol brun ocreux (intergrade podzolique), sol brun acide à fragipan, sol
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brun eutrophe polycyclique (sur terra fusca), sol brun hydromorphe

1) Sols lessivés

DLV. Horizons E (appauvri en argile et en fer) et Bt (enrichi en argile et en fer)


DLVI. Profils types
DLVII. Sol brun lessivé :
DLVIII. Forêt feuillue climatique, les plus typiques sur loess
DLIX. A est un mull mésotrophe (V de 50 à 60 %), E est brun clair, Bt a une structure
polyédrique à argillanes (V de 75 à 80 %)
DLX. Sol lessivé acide :
DLXI. Soit sol ancien soit un sol ayant évolué rapidement mais sur matériau filtrant
(limon sableux), début de dégradation de la forêt
DLXII. A est un moder, E est beige, l’horizon Bt a une couleur vive ocreuse (tout le
profil est désaturé et l’ion Al+++ abondant dans tout le profil)
DLXIII. Sols lessivés polycycliques et intergrades
DLXIV. Sol brun lessivé complexe (limon sur terra fusca)
DLXV. Sol lessivé glossique (sur limons anciens)
DLXVI. Sol lessivé podzolique
DLXVII. Sol lessivé hydromorphe (à pseudogley)
DLXVIII. Voir profils
a) Sols podzolisés

DLXIX. Le podzol est un sol zonal (forêt boréale ou Taïga) mais on en observe aussi ailleurs: podzols atlantiques
(liés à des conditions de matériau : sable quartzeux pauvre en argile ce qui interdit le processus de brunification) et
podzols équatoriaux (conditionnés par l’existence de nappes acides à circulation latérale)

1) Podzols non ou pas hydromorphes

DLXX. Profil type : podzol humo-ferrugineux secondaire


DLXXI. Horizons : O (mor) E (blanchâtre ou cendreux) Bh (bande noire, floconneuse) Bs (couleur rouille peut
former un alios) Bt (témoin de l’ancienne chênaie)

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DLXXII. Groupes voisins : sols podzoliques (O (moder), E (blanchâtre mais non cendreux), Bh
(brun) et Bs peu distincts) et sols ocres podzoliques (E absent)

1) Podzols hydromorphes (podzols de nappe)

DLXXIII. Nappe presque permanente avec écoulement latéral très lent : réduction du fer et
entraînement latéral de celui-ci
DLXXIV. Profils types
DLXXV. Podzol humique hydromorphe (à alios humique)
DLXXVI. Podzol hydromorphe à alios ferrugineux
DLXXVII. Podzols hydromorphes tropicaux (podzol géant car E de plusieurs mètres)
a) Sols mélanisés

1) Sols mélanisés à complexe saturé

DLXXVIII. Profil type : chernozem humifère


DLXXIX. Steppe sur loess ou sur dépôts morainiques
DLXXX. A (homogénéisé sur 80 cm par bioturbation, 8 à 9% de MO au sommet et 5 à 6%
à la base d’où isohumisme, entièrement décarbonaté, structure en grumeaux, CEC
élevée, saturée en Ca++ et Mg++) reposant sur Cca (loess peu altéré avec précipitaion de
calcaire (pseudomycélium) et nombreux crotovinas)
DLXXXI. Groupes voisins : vers les régions plus sèches, on observe un agrandissement du
Cca et une diminution de la matière organique : 5% (chernozem de steppe), 2,5 à 4 % (sol
châtain) et 2 à 2,5 % (sol brun)
DLXXXII. Intergrades : chernozem calcaire, chernozem-solonetz, chernozem hydromorphe
1) Sols mélanisés brunifiés (brunizems et phaeozems)

DLXXXIII. Zones climatiques plus humides et moins froides que la steppe


DLXXXIV. Prairie (Pampa d’Argentine, Cornbelt)
DLXXXV. Profil : ABwC ou ABtC avec A moins épais et moins foncé que celui des chernozems
1) Sols mélanisés fersiallitiques

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Pédologie 2002-2003
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DLXXXVI. Zones de climat chaud (sud du Sahara pour les sols bruns rouges subarides et en
Géorgie ou dans les zones sèches d’Afrique du Nord pour le sol marron)
DLXXXVII. Profil type : sol marron
DLXXXVIII. A (rouge sombre, épais de 50 à 60 cm), Bw (rouge peu épais) , Cca croûte
calcaire de dureté et d’épaisseur variable)

a) Vertisols

DLXXXIX. Argiles gonflantes (montmorillonites) néoformées ou héritées atteignant une teneur de


40 à 70 % font la différence avec les chernozems et induisent un microrelief (gilgaï) et des
surfaces de friction oblique (slickensides)

1) Vertisols foncés

DXC. Profil type : A (noir, à structure prismatique prenant l’aspect d’un B  « structural »),
présence fréquente d’un Cca à petites concrétions, présence constante de matière organique
sur tout le profil (1 à 2 %), CEC élevée saturée en Ca et Mg (pH voisin de 7)

1) Sols vertiques chromiques

DXCI. Profil type , sol brun eutrophe : vertisolisation due aux conditions de climat (tropical
humide à saison sèche) et aux conditions stationnelles (roche éruptive libérant beaucoup
d’ions Ca et Mg) qui favorisent la néoformation massive de montmorillonite. Une grande
partie du fer reste à l’état d’oxydes libres ce qui confère au profil une couleur vive
(chromique)

a) Sols fersiallitiques

DXCII. Climats subtropicaux et tropicaux (t°>1 3°), pluviosité assez élevée (500 mm à 1 m), matériaux bien drainés
suffisamment riches en fer et en alcalino-terreux. Les plus typiques s’observent en climat méditérranéen (sols
rouges méditérranéens, la plupart du temps sols anciens). En régions tropicales plus humides, ils constituent le
stade jeune des sols ferrugineux.
DXCIII. La rubéfaction accompagne généralement la fersiallitisation.
DXCIV. CEC des argiles > 25 méq/100g
1) Sols rouges fersiallitiques

(a) Profil-type : le sol rouge fersiallitique méditérranéen:

DXCV. Forêt de chêne-liège, chêne vert ou même pubescent


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DXCVI. Le profil est constant mis à part l’horizon Cca facultatif : A (mull saturé, épais et
sombre –maturation-), E (plus clair), Bt (rouge vif, à polyèdres ou prismes très
individualisés, V de 70 à 100 %), C

(a) Sols rouges fersiallitiques tropicaux

DXCVII. Bw rubéfié
1) Sols bruns fersiallitiques

DXCVIII. Intergrades (hématite mélangée à des oxydes moins rouges (goethite, ..)), car peuvent
intervenir ces trois facteurs : climat à saisons moins contrastées, un facteur de station (milieu
confiné) ou un facteur de jeunesse (décarbonatation incomplète du matériau)
DXCIX. Sol brun eutrophe tropical : sur pentes, c’est un sol jeune pour lequel le facteur temps
et l’érosion sont responsable de la non-rubéfaction. A ne pas confondre avec le sol brun
eutrophe vertique

1) Sols fersiallitiques désaturés et appauvris

DC. Fortement acidifiés en surface (V < 50%)


DCI. Intergrades ferrugineux
DCII. Horizon E parfois planosolique (horizon albique présentant des caractères
d’hydromorphie)

a) Sols ferrugineux

DCIII. CEC des argiles comprises entre 16 et 25 még/100g


DCIV. Phase d’évolution intermédiaire entre sols fersiallitiques et ferrallitiques
DCV. Les argiles de néoformation de type 1/1 (kaolinite) l’emportent sur les argiles 2/1
DCVI. Caractéristiques de la zone tropicale à saison sèche
1) Sols ferrugineux tropicaux

(a) Profil type : sol ferrugineux tropical lessivé

DCVII. moins rubéfié que le sol fersiallitique, plus profond (> 2 m)


DCVIII. E jaunâtre, beige avec passage progressif à un horizon Bt de couleur ocre ou
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brun rougeâtre à accumulation diffuse d’argile
DCIX. Plinthite : horizon à la base du Bt, horizon très enrichi en argile et en fer
susceptible de durcir au contact de l’air

(a) Ferrisols

DCX. Sous-classe définie au Congo


DCXI. Altération plus profonde (ferrugineuse à la base et ferralitique au sommet)
DCXII. Caractéristique des montagnes humides, il existe deux sous-groupes ABwC et
ABtC
DCXIII. Moder qui favorise l’apparition de gibbsite qui est dite « secondaire »
a) Sols ferrallitiques

DCXIV. Phase terminale de l’évolution des sols de la région équatoriale humide caractérisée par la
forêt dense sempervivente
DCXV. Altération des minéraux primaires est pratiquement totale
DCXVI. Argiles : kaolinites uniquement
DCXVII. Oxydes libres abondants : gibbsite, hématite et/ou goethite colorent le sol en ocre vif ou
rouge
DCXVIII. CEC des argiles < 16 méq/100g
DCXIX. Trois processus particuliers peuvent intervenir
DCXX. Altération biochimique
DCXXI. Processus de durcissement en masse ou formation de cuirasses (accumulation relative
par départ des autres éléments, cas des ferrallites, soit par accumulation absolue en bas de
pente)
DCXXII. Dégradation hydromorphe (->podzols hydromorphes tropicaux)
1) Sols ferrallitiques sensu stricto

DCXXIII. Profil type :


DCXXIV. Partie profonde (plusieurs mètres) comporte un horizon d’altération d’hydrolyse totale où s’évacuent les
bases et la silice. Cet horizon est surmonté d’un horizon très épais généralement saturé d’eau appelé zone tachetée
(Zt) ou saprolithe plus acide où a lieu la néoformation de kaolinite

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Pédologie 2002-2003
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DCXXV. Partie supérieure (1 à 3 m) sous l’influence de la matière organique; on observe deux types d’horizons B :
B1 ocre à goethite et B2 rouge à hématite
DCXXVI. Groupes voisins
DCXXVII. Sols ferrallitiques à kaolinite (matériaux riches en silice, ne contiennent pas de gibbsite
DCXXVIII. Sols ferrallitiques à accumulation hydromorphe d’oxyde de fer : soit sous forme de nodules soit sous
forme de cuirasse

1) Ferralites (Oxydisols)

DCXXIX. Phase extrême de l’allitisition sur roches très basiques pauvres en silice
DCXXX. Kaolinite minoritaire par rapport aux oxydes libres -> Bw souvent qualifié de Bo pour
oxydique
DCXXXI. Sols ferritiques ne contiennent que du fer (sur péridotite)
DCXXXII. Sols allitiques sont exclusivement composés de gibbsite
a) Sols hydromorphes

1) Pseudogley

DCXXXIII. Hydromorphie temporaire de surface liée à une nappe perchée qui n’existe que
pendant les mois humides
DCXXXIV. Le niveau imperméable peut avoir plusieurs origines : soit couche géologique
(hydromorphie primaire), soit horizon Bt très colmaté (hydromorphie secondaire), soit
paléosol tassé et dense (fragipan, horizon glossique : pseudogley glosssique)
DCXXXV. La gamme d’acidité est très large : les plus évolués et les plus différenciés sont les
plus acides, l’acidité facilitant la réduction du fer
DCXXXVI. Profil type A reposant sur Eg (matrice gris beige et parsemée de taches rouilles et
de concrétions ferro-manganiques noires) puis horizon Bg (plancher de la nappe)

1) Stagnogley

DCXXXVII. Pseudogley de climat humide et froid; la nappe perchée dure pratiquement toute
l’année
DCXXXVIII. O (hydromor tourbeux), Eg (entièrement décoloré et déferrifé) et Cg
1) Gley

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DCXXXIX. Nappe phréatique permanente, très réductrice, végétation hygrophile (aulnes, joncs)
DCXL. Profil type : gley oxydé humifère
DCXLI. A (hydromull), Go (gley oxydé), Gr (gley réduit)
DCXLII. Groupes voisins : gley minéral, gley réduit à anmoor, gley podzolique, amphigley
(pseudogley-gley)

1) Sols hydromorphes organiques : tourbes

2) Sols appauvris : pélosols et planosols

DCXLIII. Texture fine (argile, allophanes parfois)


DCXLIV. Saturation des pores capillaires en saison humide et un appauvrissement plus ou
moins accentué des horizons de surface
DCXLV. Nappes superficielles très éphémères peuvent apparaître au sommet du profil ;
phénomènes d’oxydo-réduction peu marqués ; structure de l’horizon Bw subit d’importantes
variations saisonnières en liaison avec les alternances de gonflement et de retrait des argiles

1) Pélosols

DCXLVI. Sols peu évolués (intergrades avec régosols)


DCXLVII. Humus grumeleux très développé, début d’appauvrissement en A, horizon B à
structure prismatique ou polyédrique anguleuse
DCXLVIII. Profils types
DCXLIX. Pélosol pseudogley
DCL. Pélosol vertique
1) Planosols

DCLI. Sol évolué sous des climats à saisons contrastées


DCLII. Appauvrissement marqué (horizon albique avec taches rouilles ou concrétions) reposant
sans transition sur un Bw ou un Bt
DCLIII. Profils types
DCLIV. Planosol modal
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Pédologie 2002-2003
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DCLV. Planosol à Bt humique (argillanes humifères brunes ou noires)
a) Sols salsodiques

DCLVI. Nécessitent une condition de station (source locale de sodium) et une condition climatique qui permettent
de conserver le sodium dans le profil (zones climatiques arides) (+ sols en bordure de mer)
DCLVII. Deux processus :
DCLVIII. Sodisation : saturation progressive du complexe en ion Na (sous l’influence d’une nappe
salée par exemple)
DCLIX. Alcalinisation : sous l’influence des eaux pluviales, les argiles sodiques s’hydrolysent
libérant Na (Na2CO3 ou Na(CO3H)), le pH s’élève les argiles se dispersent, se dégradent et sont
lessivées

1) Sols salins

DCLX. La conductivité atteint généralement 8 à 10 mmhos


DCLXI. Le sel remonte par ascension capillaire et forme des efflorescences blanches en surface
DCLXII. Profil de type AC
DCLXIII. Floculation des argiles confère à l’horizon A une structure en agrégats
DCLXIV. pH < 8,7
DCLXV. Profils types :
DCLXVI. Sols salin à complexe calcique (solontchak calcique) (moins de 15% de sodium
échangeable)
DCLXVII. Sol salin à complexe sodique (solontchak sodique) (plus de 30 % de sodium
échangeable)

1) Sols à sulfato-réduction

DCLXVIII. Polders, mangroves : les dépôts forts riches en argile et en matière organique sont
très réducteurs et contiennent des sulfures de fer noirs : l’abaissement de la nappe salée
conduit au désalage du profil et à l’oxydation des sulfures en acide sulfurique qui provoque
une acidification du profil
DCLXIX. On distingue la forme réduite de la forme oxydée
DCLXX. Forme réduite (thiosols) : structure massive, couleur gris verdâtre parsemée de
taches noires (sulfures de fer)
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Pédologie 2002-2003
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DCLXXI. Forme oxydée (sol sulfaté acide)
1) Sols alcalins

DCLXXII. Riches en sodium échangeable (50 % de la CEC)


DCLXXIII. Sels alcalins (en provenance de minéraux sodiques ou de l’hydrolyse des argiles
sodiques) qui élèvent fortement le pH (>8,7)
DCLXXIV. Dispersion des argiles sodiques qui sont souvent lessivées : la structure se dégrade
et forme un Bw structural prismatique en saison sèche (ABwC) parfois un Bt particulier
(ABtC)
DCLXXV. Trois profils types
DCLXXVI. Sol alcalin non lessivé (ABwC)-solontchak-solonetz
DCLXXVII. Sol alcalin lessivé (solonetz) : Bt natrique
DCLXXVIII. Sol alcalin dégradé (soloth) : phase terminale avec formation d’un moder
acide, Eg à pH 5

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