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INTRODUCTION GENERALE

La recherche de portées (distances) et de la capacité de trafic est la caractéristique


principale de l’évolution des télécommunications (objectif de l’UIT-R). Grâce aux
ondes courtes (3-30 MHz : UHF), on peut établir des liaisons intercontinentales mais
la qualité de service est médiocre à cause de la variation de niveau du signal à la sortie
du récepteur d’une station terrienne dû aux variations des altitudes des couches
ionosphériques et de la faiblesse de la capacité du trafic (bande passante extrêmement
étroite). Le faisceau hertzien (FHT) permet de garantir des liaisons radioélectriques de
forte capacité et de bonne qualité de service.

Pour améliorer davantage la capacité de trafic, la portée et la qualité de service (c.à.d.


pour apporter des économies considérables), il est nécessaire d’avoir recours aux
faisceaux hertziens spatiaux (FHS), c’est le satellite.

En effet, le système satellitaire permet de résoudre les problèmes soulevés par le FHT.
SYSTEME SATELLITAIRE

Introduction :
Un satellite artificiel est un objet fabriqué par l'homme, envoyé dans l'espace à l'aide
d'un lanceur et gravitant autour d'une planète ou d'un satellite naturel comme la Lune.
La vitesse imprimée par la fusée au satellite lui permet de se maintenir pratiquement
indéfiniment dans l'espace en décrivant une orbite autour du corps céleste. Celle-ci,
définie en fonction de la mission du satellite, peut prendre différentes formes —
héliosynchrone, géostationnaire, elliptique, circulaire — et se situer à des altitudes
plus ou moins élevées classifiées en orbite basse, moyenne ou haute.

Fig. 1 Le satellite de météorologie GOES O avant son lancement en orbite


géostationnaire

Le premier satellite artificiel Spoutnik I est lancé par l'URSS en 1957. Depuis cette
époque, plus de 5 500 satellites artificiels ont été placés en orbite (2007). Les satellites
jouent désormais un rôle important à la fois sur les plans économique
(télécommunications, positionnement, prévision météorologique), militaire
(renseignement) et scientifique (observation astronomique, microgravité, observation
de la Terre, océanographie, altimétrie). Ils sont, en particulier, devenus des
instruments incontournables pour notre compréhension de l'univers physique, la
modélisation des changements climatiques et le fonctionnement de la société de
l'information.
Un satellite artificiel est composé d'une charge utile, définie spécifiquement pour la
mission qu'il doit remplir, et d'une plate-forme souvent standardisée assurant les
fonctions de support comme la fourniture d'énergie, la propulsion, le contrôle
thermique, le maintien de l'orientation et les communications. Le satellite est suivi par
un centre de contrôle au sol, qui envoie des instructions et recueille les données
collectées grâce à un réseau de stations terrestres. Pour remplir sa mission le satellite
doit se maintenir sur une orbite de référence en orientant ses instruments de manière
précise : des interventions sont nécessaires à intervalles réguliers pour corriger les
perturbations naturelles de l'orbite générées, dans le cas d'un satellite terrestre, par les
irrégularités du champ de gravité, l'influence du Soleil et de la Lune ainsi que la
traînée créée par l'atmosphère qui subsiste en orbite basse.

Les progrès techniques permettent aujourd'hui de mettre en orbite des satellites plus
lourds (jusqu'à 6 tonnes et demi pour les satellites de télécommunications), capables
de remplir des missions toujours plus sophistiquées (satellites scientifiques), avec une
grande autonomie. La durée de vie d'un satellite, variable selon le type de mission,
peut atteindre 15 ans. Les avancées de l'électronique permettent également de
concevoir des microsatellites capables d'effectuer des missions élaborées.

La construction de satellites a donné naissance à une industrie très spécialisée mais les
instruments les plus complexes sont encore souvent réalisés par des laboratoires de
recherche. La conception d'un satellite, difficilement reproductible lorsqu'il ne s'agit
pas d'un satellite de télécommunications, est un processus qui peut prendre une
dizaine d'années dans le cas d'un satellite scientifique. Les coûts de fabrication qui
peuvent monter à plusieurs centaines de millions d'euros et ceux de lancement (de
l'ordre de 10 000 à 20 000 $/kg) limitent aujourd'hui le développement de cette
activité qui, hormis le secteur des télécommunications très rentable pour les
opérateurs, est subventionnée pour l'essentiel par les budgets publics.

I. Différents types d'orbite des satellites


Les orbites des satellites terrestres peuvent avoir de nombreuses formes et
orientations : certaines sont circulaires ou au contraire en forme d'ellipse très allongée.
Elles peuvent se situer à basse altitude juste au-dessus de l'atmosphère terrestre
(250 km) ou dépasser 30 000 km. L'orbite d'un satellite artificiel est choisie pour
répondre au mieux aux besoins de la mission. La plupart des satellites utilisent un des
quatre types d'orbite suivants:

 l’orbite géostationnaire (ou de Clarke) est une orbite circulaire située dans le
plan de l'équateur à une altitude de 35 786 km du sol (le rayon de l'orbite est
donc de 42 164 km). À cette altitude la période de révolution du satellite
correspond exactement à la période de rotation de la Terre, soit 23 heures, 56
minutes et 4 secondes. Vu de la Terre, un satellite géostationnaire semble
immobile dans le ciel : c’est l’orbite parfaite pour les satellites de
télécommunications et pour certains satellites d’observation (météo) qui
doivent couvrir une zone fixe. Trois satellites géostationnaires suffisent pour
l'ensemble de la surface du globe terrestre. La mise à poste d'un satellite
géostationnaire nécessite, du fait de l'altitude, un lanceur puissant. Pour les
télécommunications la distance franchie par un signal transitant par ce type de
satellite crée un délai perceptible par un usager. Les satellites de
télécommunications qui ne suivent pas ce type d'orbite sont appelés satellites à
défilement ;

 l’orbite polaire est une orbite circulaire basse (par convention entre 300 et
1 000 km d’altitude) dont l'inclinaison, proche de 90°, la fait passer au-dessus
ou près des pôles. Un satellite situé sur une orbite polaire passe régulièrement
au-dessus de tous les points de la surface grâce à la rotation de la Terre. Les
orbites polaires sont généralement des orbites héliosynchrones : ce type
d'orbite conserve un angle constant avec la direction Terre-Soleil c'est-à-dire
que le plan d'orbite tourne de 360° par an. Les orbites héliosynchrones
permettent de passer toujours à la même heure solaire locale au-dessus d'un
lieu donné : l'éclairage identique des prises de photo du lieu permet de faire
ressortir les changements. Cette caractéristique en fait une orbite idéale pour
des satellites d’observation de la Terre. La rotation du plan d'orbite se fait
naturellement en utilisant les perturbations de l'orbite générées par
l'aplatissement du globe terrestre. L'orbite midi/minuit est un cas particulier
d'orbite héliosynchrone où l'heure solaire fixe de passage est aux environs de
midi ou minuit pour les longitudes équatoriales. L'orbite crépusculaire, d'une
manière similaire, est une orbite héliosynchrone dont l'heure solaire fixe de
passage coïncide avec le lever ou le coucher du Soleil ;

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Fig. 2 : Catégories d'orbite selon l'altitude (schéma à l'échelle).

 l'orbite basse se situe juste au-dessus de l'atmosphère terrestre à une altitude


où la traînée ne freine pas trop la vitesse du satellite (par convention l'orbite
basse se situe à une altitude inférieure à 2 000 km). Une fusée a besoin de
moins de puissance pour placer un satellite sur ce type d'orbite. Elle est
utilisée par les satellites scientifiques qui explorent l'espace lointain. Le
télescope Hubble, par exemple se situe sur une orbite de 610 km. On trouve
également sur ce type d'orbite les satellites de radioamateur et les
constellations de téléphonie mobile ou de télédétection terrestre, telle que l'A-
train ;
 l'orbite moyenne culmine généralement à une altitude de 20 000 km avec une
période de 12 heures. L'orbite située en dehors de l'atmosphère terrestre est
très stable. Les signaux envoyés par le satellite peuvent être reçus sur une
grande partie de la surface du globe terrestre. C'est l'altitude retenue pour les
satellites de navigation comme le système GPS. Un peu plus bas, à 8.063 km,
est prévue la constellation de satellites O3b pour la distribution d'Internet.

 L'orbite haute a un apogée qui se situe à une altitude supérieure à l'orbite


géostationnaire. La Russie utilise ce type d'orbite pour certains de ses satellites
de télécommunications : l'orbite de Molniya se caractérise par une orbite très
excentrique avec un apogée de 40 000 km pour un périgée de 500 km.
L’inclinaison de 63,4° permet d'échapper aux perturbations d'orbite découlant
de l'aplatissement du globe. L'orbite de Molniya permet une couverture 24h
sur 24 du territoire de la Russie avec une constellation de trois satellites. Cette
orbite est utilisée car la Russie ne peut lancer de satellites géostationnaires
depuis ses bases spatiales toutes situées à des latitudes trop élevées et les
satellites géostationnaires ne peuvent pas couvrir la fraction du territoire russe
située à une latitude supérieure à 81°.

 Les orbites autour des points de Lagrange constituent une catégorie à part. Un
point de Lagrange est une position de l'espace où les champs de gravité de
deux corps célestes se combinent de manière à fournir un point d'équilibre à
un troisième corps de masse négligeable, tel que les positions relatives des
trois corps soient fixes. Le système Terre-Soleil dispose de 5 points de
Lagrange dont 2 (L1 et L2) se trouvent à relativement faible distance de la
Terre (1,5 million de kilomètres). Un satellite positionné à un de ces points a
besoin de très peu d'énergie pour se maintenir à poste et contrôler son
orientation. L2, situé à l'opposé du Soleil par rapport à la Terre, permet
d'observer les étoiles lointaines sans être perturbé par une lumière parasite.
Plusieurs télescopes spatiaux ont été ou vont être positionnés près de L2 dont
Planck et Herschel en 2009, Gaia en 2011 et le James Webb Space Telescope
en 2013.

II. Historique :

1. Les précurseurs :

La première mention d'un satellite artificiel figure dans la nouvelle ‘The Brick Moon’
de Edward Everett Hale (1869). Jules Verne évoque également cette idée dans ‘Les
500 millions de la Bégum’ (1879). En 1903, Constantin Tsiolkovsky (1857–1935)
publie ‘Exploration de l'espace au moyen d'engins à réaction’, qui constitue le premier
ouvrage scientifique sur l'utilisation de fusées pour le lancement des engins spatiaux.
Dans cet ouvrage, il indique la vitesse minimale que doit atteindre un objet pour qu'il
se place en orbite autour de la Terre (8 km/s) et préconise l'utilisation d'une fusée à
plusieurs étages avec des moteurs à propergols liquides.

En 1928, le Slovène Herman Potočnik (1892–1929) dans son unique ouvrage ‘La
Problématique du vol spatial’ décrit les moyens à mettre en œuvre pour permettre à
l'homme de s'établir de manière permanente dans l'espace. Il décrit comment des
vaisseaux spatiaux placés en orbite peuvent être utilisés pour des observations
pacifiques et militaires de la surface de la Terre ; il montre l'intérêt de l'apesanteur
pour les expériences scientifiques. Le livre décrit le fonctionnement des satellites
géostationnaires et explore le problème des communications entre le sol et les
satellites par le biais de la radio. Mais l'ouvrage n'évoque jamais l'utilisation des
satellites pour relayer les télécommunications et comme système de radiodiffusion.

En 1945, l'écrivain de science-fiction Arthur C. Clarke (1917-2008) décrit en détail


l'utilisation de satellites de télécommunications pour les communications de masse.
Clarke passe en revue les contraintes logistiques d'un lancement de satellite, les
orbites possibles ainsi que d'autres aspects permettant la création d'un réseau de
satellites couvrant le globe en mettant en avant les avantages de disposer d'un système
de télécommunications planétaire. Il suggère également l'utilisation de trois satellites
en orbite géostationnaire, nombre suffisant pour couvrir l'ensemble de la planète.

2. Les premiers satellites :

Le premier satellite artificiel Spoutnik I est lancé par l'URSS le 4 octobre 1957 et
constitue le point de départ de la course à l'espace entre l'URSS et les États-Unis.
Spoutnik 2, lancé le 3 novembre 1957 place en orbite pour la première fois une
créature vivante, la chienne Laïka. Les États-Unis, dont le programme spatial avait
pris du retard, placent en orbite leur premier satellite (Explorer I) le 31 janvier 1958.
En juin 1961, 3 ans et demi après Spoutnik 1, l'US Air Force détectait près de 115
satellites en orbite autour de la Terre. Les premiers satellites sont utilisés pour des
études scientifiques. Les variations de l'orbite de Spoutnik 1 permettent de mieux
connaître la densité des couches atmosphériques supérieures.
3. La multiplication des domaines d’application :

Les satellites d'observation militaire apparaissent dès le début de la conquête spatiale :


ce sont les satellites américains de la série Corona (premier lancement en juin 1959)
qui permettent d'observer les installations militaires russes que les batteries anti-
aériennes protègent de mieux en mieux des avions espions. Très complexes (les
photos prises sont envoyées sur Terre dans une capsule qui doit être récupérée en vol),
il ne faudra pas moins de 20 lancements avant d'obtenir le premier vol réussi. Le
premier satellite d'alerte avancée destiné à détecter le lancement d'un missile
stratégique est le Midas américain dont le premier vol réussi remonte à mai 1960.

TIROS-1, lancé le 1er avril 1960, inaugure les satellites destinés à l'observation
météorologique. Le satellite américain Landsat-1, lancé le 23 juillet 1972, est le
premier satellite affecté à l'observation de la Terre et plus particulièrement à
l'évaluation des récoltes céréalières. Le satellite GEOS-3 lancé le 9 avril 1975
inaugure l'utilisation d'un radar depuis l'espace. Lancé le 30 mai 1971, le satellite
Mariner 9 est le premier satellite mis en orbite autour d'une autre planète (Mars). Le
télescope spatial Hubble, lancé en 1990, est le premier observatoire de cette
dimension mis en orbite.

4. Les satellites de télécommunications première application commerciale :

En 1960, le premier satellite de télécommunications Echo est placé en orbite basse.


C'est un satellite passif qui se contente de renvoyer les signaux contrairement à
Telstar 1 mis en orbite 1962 qui les amplifie : pour recevoir le signal de ce dernier il
faut malgré tout une antenne de plusieurs dizaines de mètres. À l'époque, seuls les
États-Unis maîtrisent la technologie permettant de créer un système de
télécommunications spatial. L'organisation Intelsat est mise en place pour rentabiliser
l'investissement américain en faisant bénéficier ses adhérents de la prestation
américaine en échange de leur contribution. Le satellite Early Bird (1965), lancé pour
le compte d'Intelsat, est le premier satellite de télécommunications placé en orbite
géostationnaire. La capacité des satellites de télécommunications, limitée initialement
à 300 circuits téléphoniques va augmenter en profitant des progrès de l'électronique
pour atteindre 200 000 circuits à la fin du XXe siècle.

Les satellites Symphonie (1974-1975), fruits d'une coopération franco-allemande,


sont les premiers satellites de télécommunications réalisés en Europe. Plusieurs
innovations sont introduites : la stabilisation trois-axes en orbite géostationnaire et le
recours à un système de propulsion biergol pour la manœuvre de circularisation
géosynchrone et le maintien à poste.

Des opérateurs internationaux (Inmarsat affecté aux communications maritimes,


Interspoutnik pour les pays de l'Est), régionaux (Eutelsat opérateur européen,
Arabsat…), nationaux et privés (Astra) sont créés dans les années 1970-1980 pour
mutualiser les moyens nécessaires à la mise en place de réseaux de satellites dédiés
tandis qu'Intelsat assure une couverture mondiale. La Russie handicapée à la fois par
la latitude de ses bases de lancement et celle d'une grande partie du pays n'adopte pas
le système des satellites géostationnaires qui s'est généralisé mais met en place un
système reposant sur des satellites en orbite moyenne fortement elliptique. Dans les
années 1990-2000 la rentabilité de l'activité, qui s'est diversifiée (télévision directe,
Internet, messagerie), s'accroît fortement. L'activité fait partie des secteurs les plus
touchés par la bulle Internet de la fin des années 1990 : plusieurs opérateurs mettent
en place des projets de constellations (de 10 à 70 satellites) en orbite basse (Iridium,
Globalstar, …) pour lancer entre autres la téléphonie par satellite. Mais la rentabilité
n'est pas au rendez-vous et les projets sont arrêtés ou leurs objectifs sont revus à la
baisse. Les trois quart des revenus proviennent aujourd'hui de la télévision par
satellite en pleine expansion sur tous les continents.

III. Domaines d’utilisation :


Les satellites sont divisés en deux catégories :

 les satellites d'application, les plus nombreux, sont mis en œuvre pour prendre
en charge les télécommunications et observer la terre (observation, géo-
positionnement, télédétection, reconnaissance militaire). Leur service ne
devant pas s'interrompre, ils nécessitent des remplacements par de nouvelles
générations ;
 les satellites scientifiques ont un éventail très vaste de missions allant de
l'étude de l'espace lointain grâce à des télescopes spatiaux jusqu'à l'étude du
milieu spatial.

1. Les atouts du satellite :

Une grande partie du spectre électromagnétique est filtrée par l'atmosphère terrestre et
ne parvient pas jusqu'au sol ; seuls des télescopes montés sur des satellites permettent
d'étudier les rayonnements gamma et X riches en informations cosmologiques mais
qui sont complètement absorbés par l'ionosphère. Une partie du rayonnement
ultraviolet est interceptée par l'ozone tandis que le rayonnement infrarouge est
absorbé par la vapeur d'eau et le gaz carbonique contenu dans l'atmosphère. Dans le
domaine du rayonnement visible, le télescope spatial s'affranchit des perturbations
atmosphériques et de la pollution lumineuse auxquels sont confrontés les télescopes
terrestres.

Le satellite est dans une position idéale pour observer la Terre. Placé sur une
trajectoire adaptée, il dispose d'un champ d'observation qui peut embrasser un
hémisphère terrestre entier ; il peut également avec des instruments récents descendre
à une résolution de quelques décimètres. Il est capable de photographier
périodiquement à la même heure solaire une zone de la surface terrestre avec une
régularité de métronome permettant de mettre en évidence rapidement les
changements intervenus.

Dans le domaine des télécommunications un seul satellite peut assurer le relais entre
des stations dispersées sur un continent entier ou transmettre à partir de sa seule
antenne des émissions télé ou radio à tous les récepteurs individuels de plusieurs
pays : il remplace une infrastructure terrestre lourde très coûteuse et qui est
susceptible d'être rapidement frappée par l'obsolescence technique. L'échec financier
de la téléphonie par satellite, vaincue par les progrès du GSM, démontre que cet
avantage n'est pas toujours décisif.
Enfin un satellite est le meilleur moyen d'étudier les conditions régnant dans l'espace :
flux de particules, champs électriques et magnétiques.

2. Les satellites scientifiques :

Les satellites scientifiques regroupent les satellites affectés aux études scientifiques
depuis l'espace. On retrouve dans cette catégorie les premiers satellites comme
Spoutnik 1 dont les émissions radio ont permis d'étudier les couches atmosphériques
supérieures. Parmi les applications, on peut citer : l’étude de la terre et l’espace
proche, la recherche en physique fondamentale et les satellites d’astronomie.

3. Les satellites de télécommunication :

Les satellites de télécommunications sont utilisés pour transmettre des informations


d'un point à l'autre de la Terre, notamment les communications téléphoniques, la
transmission de données (par exemple Thuraya), les communications par satellite et
les programmes télévisés. C'est le seul domaine qui génère des revenus très supérieurs
aux dépenses. Les clients sont des sociétés privées ou d'anciens organismes
internationaux privatisés qui disposent généralement d'une flotte de satellites en
orbite. Le domaine est le plus grand utilisateur de l'orbite géostationnaire.

Les principales flottes de satellites de télécommunications sont celles :

 d'Intelsat, couvrant tous les pays du monde pour les communications


générales ;
 d'Inmarsat, pour les communications maritimes ;
 d'Eutelsat (Hot-Bird, Atlantic Bird 3, W1, 2, 3, etc.) et de la SES ou Société
européenne de satellites, (Astra 1 et 2), pour l'Europe ;
 d'Arabsat couvrant depuis les années 1980 l'ensemble des pays de la Ligue
arabe.

Les satellites dits de diffusion directe sont en forte progression depuis une dizaine
d'années : ils émettent des bouquets de chaînes payants et cryptés, ainsi que des
centaines de chaînes TV&Radio en clair et gratuites, qui peuvent être reçues sur une
antenne, de type parabole, domestique de petite dimension (< 60 cm) et de faible prix,
grâce à la forte puissance d'émission des satellites de diffusion.

4. Les satellites d’observation :

Les satellites de télédétection observent la Terre, dans un but scientifique


(température de la mer, manteau neigeux, sécheresse…), économique (ressources
naturelles, agriculture…) ou militaire (rôle majeur dans les guerres contemporaines ;
ils sont plus couramment désignés sous le nom de satellites-espion). Le spectre
d'observation est vaste, optique, radar, infrarouge, ultraviolet, écoute de signaux
radioélectriques. La résolution atteint actuellement moins d'un mètre pour certaines
gammes de fréquence. Celle-ci dépend de la technologie employée mais aussi de
l'altitude du satellite. L'orbite géostationnaire est préférée pour la surveillance
permanente en temps réel comme dans le cas du programme de veille météorologique
mondiale, dont l'européen METEOSAT.
Les satellites radar peuvent analyser, par des techniques interférométriques, des
variations de quelques millimètres de certaines structures. Ils sont utiles pour
examiner les mouvements des plaques continentales, particulièrement avant ou après
un séisme.

5. Les satellites de localisation et de navigation :

Ces satellites permettent de connaître la position d'objets à la surface de la Terre, dans


les airs (avions, missiles) et dans l'espace. Exemples : DORIS, le système américain
GPS, le futur système européen Galileo, le système russe GLONASS.

6. Les satellites militaires :

Les besoins des militaires sont à l'origine des premiers satellites d’observation : dès
1959, dans le cadre de la guerre froide, les États-Unis et l’URSS ont développé des
satellites militaires d’observation, que l’on appelle couramment et abusivement
« satellites-espions » (les premiers d’entre eux furent la série des Discoverer). Ils
permettaient d'observer les ressources militaires de l’ennemi dans des zones peu
accessibles. Aujourd'hui les conflits modernes y font largement appel et ne pourraient
certainement plus s'en passer, employant différents types de satellites militaires :

 les satellites de reconnaissance (par exemple Helios), qui utilisent les


techniques optiques, infrarouges, radars pour obtenir des images des
installations stratégiques (installations militaires, champs de bataille…). Ces
satellites parfois dotés de capacités hors normes (résolution de quelques
centimètres, capacité à descendre à basse altitude, masse de plus de 10 tonnes)
ont contribué à défricher les techniques utilisées aujourd'hui par les satellites
d'observation civile ;
 les satellites de télécommunications utilisés pour les liaisons militaires
généralement cryptées (par exemple satellites Syracuse) ;
 les satellites d'écoute des télécommunications et des signaux radars qui
déploient des antennes dont le diamètre pourrait atteindre plus de 100 mètres
(satellites américains Mentor) ;
 les satellites de suivi des flottes marines (RORSAT) qui repèrent les navires de
guerre grâce aux émissions radar ;
 les satellites d'alerte équipés de senseurs infrarouges (série des satellites
américains DSP) permettant de détecter la chaleur émise par le lancement d'un
missile balistique ;
 les satellites de navigation utilisés dans le cadre des opérations militaires
(constellation GPS avec un usage mixte civil/militaire) pour le guidage précis
des missiles de croisière, des obus et le positionnement des unités de tous
types;
 les satellites de météorologie affectés aux missions militaires.

IV. Chaîne de transmission par satellite :

Le satellite artificiel de la terre est un support de transmission qui utilise les ondes
centimétriques et millimétriques (micro-ondes) pour établir, principalement, des
liaisons intercontinentales. Une chaîne de transmission par satellite est donnée par la
figure suivante :

Fig. 3 : Chaîne de transmission par satellite.

Une chaîne de transmission par satellite se compose principalement de deux secteurs :

1. Secteur Terrien (ST) :

Constitué de deux stations :

 Station terrienne de traitement et de transmission de l’information : se


compose des émetteurs et de récepteurs, des systèmes de télécommande et de
télésignalisation et éventuellement des antennes paraboliques nécessaires pour
le traitement et la transmission de l’information (filtrage, transposition,
régénération du signal utile, …).
 Station de contrôle et de correction : constituée des équipements de détection
et de calcul des caractéristiques de correction du satellite lorsqu’il dérive en
longitude et en latitude et éventuellement des antennes paraboliques.

2. Secteur Spatial :

Constitué principalement de deux sous-systèmes :

 La charge utile : c’est tout équipement nécessaire pour le traitement et la


transmission de l’information (en fonction du domaine d’application du
satellite ; à titre d’exemple la charge utile d’un satellite de télécommunication
se compose des récepteurs-émetteurs, des antennes et des branchements
hyperfréquences).
 La plateforme : supporte la charge utile et qui lui fournit les ressources dont
elle a besoin pour son fonctionnement (électricité…), maintient le satellite sur
son orbite selon l'orientation demandée et assure la liaison avec les stations à
Terre. Elle se compose principalement de 6 sous-systèmes :
 Structure mécanique,
 Contrôle thermique,
 Alimentation électrique (panneaux solaires, batteries, …),
 Contrôle d’attitude et d’orbite,
 Télémesures, télécommande et localisation,
 Propulsion (les propulseurs sont de petites fusées nécessaires pour
corriger le satellite en longitude et en latitude).