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CHAPITRE 8. NOTION DE STABILITÉ : FLAMBEMENT . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - 8.

1 -
8.1. Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - 8.1 -
8.2. Définition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - 8.1 -
8.3. Formule d’Euler. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - 8.4 -
8.4. Contraintes critiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - 8.6 -
8.5. Conditions d’utilisation de la formule d’Euler . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - 8.8 -
8.6. Dimensionnement par “Euler - Rankine” . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - 8.9 -
8.6.1. Principe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - 8.9 -
8.6.2. Conception . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - 8.9 -
A) Euler. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - 8.9 -
B) Rankine . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - 8.10 -
8.6.3. Résumé . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - 8.10 -
8.7. Dimensionnement suivant l’ “EUROCODE” . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - 8.12 -
8.7.1. Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - 8.12 -
8.7.2. Vérification aux ELU . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - 8.12 -
8.8. Choix de la forme de la section . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - 8.17 -
8.9. Applications et exemples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - 8.18 -

Version du 25 mai 2020 (18h46)


CHAPITRE 8. NOTION DE STABILITÉ : FLAMBEMENT

8.1. Introduction

L’objectif du présent chapitre est de permettre le dimensionnement ou la vérification des


dimensions des barres élancées soumises à un effort de compression.

Après avoir précisé la notion de charge critique de flambement, celle-ci sera déterminée à partir
de la théorie d’Euler et on en déduira la notion de contrainte critique.

Par référence à la méthode des contraintes admissibles, on pourra déterminer la charge de


compression admissible en tenant compte d’un coefficient de réduction. On donnera pour terminer une
formule empirique utilisée pour le calcul des pièces moyennement ou faiblement élancées et/ou soumise
à fatigue.

8.2. Définition

Pour un corps élastique, tout comme pour un corps rigide, on peut parler de stabilité ou
d’instabilité des positions d’équilibre.

fig. 8.1. - Notion de stabilité.

Supposons que l’on ait un tant soi peu déplacé un certain système élastique à partir de sa position
d’équilibre. Si, une fois l’action extérieure disparue, le système retourne à sa position initiale, on dit que
cette position est stable; si le système n’y retourne pas, elle est instable.

Le phénomène de perte de stabilité pour les corps élastiques peut-être


observé sur toute une série d’exemple. Le cas le plus simple est la perte de stabilité
d’une tige comprimée de manière axiale.

Nous connaissons tous les premiers film de Charlie Chaplin dans lesquels
on le voyait souvent appuyé sur une canne constituée par une mince tige de
bambou : chaque fois que le comédien pèse de tout son poids sur la canne, celle-ci
se courbe vers l’extérieur. Tous les éléments de structure longs et minces ont un
comportement similaire en compression. Lorsque la charge de compression
augmente lentement, on atteint une valeur pour laquelle l’élément mince, au lieu
fig. 8.2. - “Charlie
de simplement se raccourcir, s’infléchit, et d’ordinaire se rompt. Cette valeur
Chaplin”.
critique est appelée : charge de flambement. Elle devient un facteur fondamental
de dimensionnement lorsque le matériau possède une résistance à la compression
suffisante pour permettre l’emploi d’une faible section, ce qui conduit à utilisé des éléments élancés.

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Le phénomène d’instabilité transversale sous un effort de compression porte le
nom de flambement.

Mise en garde

Monsieur Vierendeel (1) attire l’attention sur le danger des pièces comprimées dans les
constructions métalliques. Il écrit “On peut dire que sur dix écroulements survenus dans les constructions
métalliques, il y en a huit dus au flambage.”
La particularité éminemment dangereuse des pièces comprimées est qu’elles cèdent brusquement
sans que leur faiblesse ne se dévoile à l’oeil par aucun indice, aucun signe avant coureur évident.
Il faut employer les formules de flambage avec prudence, c’est-à-dire en prenant un coefficient
de sécurité très grand. Les pièces soumises au flambage doivent impérativement être droite et ne doivent
pas avoir subit des déformations précédemment.

Le danger d’instabilité existe donc dans toute structure comprimée. Nous en avons de 3 sortes :
flambement (compression pure)
• déversement (flexion)
• voilement (torsion)
et les phénomènes d’instabilité peuvent être de 2 types, soit :
• locaux (barres de treillis, voilement, …)
• globaux (flambement d’ensemble, ...)

fig. 8.3. - Flambement d’ensemble de la membrure supérieure des poutres en treillis


d’un pont de chemin de fer (Russie, vers 1890).

(1)
Vierendeel Arthur (1852 - 1940) : ingénieur belge.

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fig. 8.4. - Divers flambements.

fig. 8.5. - Autres formes d’instabilité.

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8.3. Formule d’Euler

Expérimentalement on constate que la forme rectiligne d’équilibre d’une tige comprimée n’est
stable que dans le cas ou la force de compression est inférieure à une valeur déterminée dite critique.

Parallèlement aux études expérimentales, certains auteurs ont essayé de rechercher


analytiquement l’expression de la charge critique. Euler (2) est le premier à avoir résolu le problème à la
fin du XVIIIe siècle. C’est pourquoi, en parlant de la stabilité d’une tige comprimée, on dit souvent
“Problème d’Euler”.

Considérons une barre verticale de longueur l encastrée à sa base. En supposant :

[H1] la section constante,


[H2] le poids propre de la barre négligeable,
[H3] le matériau homogène,
[H4] le raccourcissement de la barre négligeable vis-à-vis de la déformation
due à la flexion,

Euler en déduisit la charge critique Ncrit :

π 2 E I min
N crit = (éq. 8.1.) fig. 8.6. -
4 l2
“Euler”

Notations : E le module d’élasticité du matériau N/mm2


Imin l’inertie minimum de la barre mm4
l longueur de la barre mm
EI module de rigidité à la flexion Nmm2

On étend assez facilement la solution obtenue à d’autres cas de fixation. Et en généralisant, on


peut écrire l’expression générale de la charge critique (suivant Euler) pour une tige comprimée sous
la forme :

π 2 E I min
N crit Euler = (éq. 8.2.)
l 2f

Notations : lf longueur de flambement donné par : mm

l f = k f l (éq. 8.3.)

kf coefficient de réduction de la longueur (Tableau 8.1.) -


l longueur de la barre mm

Ce coefficient kf montre par combien il faut multiplier la longueur d’une tige articulée pour que
sa charge critique soit égale à celle de la tige de longueur l dans des conditions de fixations envisagées.

(2)
Paul Euler Leonhard (1707 [Bâle] - 1783 [Saint-Pétersbourg] : mathématicien et physicien suisse.

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Coefficient de réduction de la longueur kf (Flambement)

Barre bi-articulée 1

Barre simplement encastrée 2

Barre articulée et encastrée 0.7

Barre doublement encastrée 0.5

Tableau 8.1. - Coefficient de réduction.

Nous parlerons plus facilement de “colonne” plutôt que de “tige comprimée”.

On appelle colonne une barre longue et fine. Le terme de colonne est fréquemment
utilisé pour désigner une membrure verticale, tandis que le terme de poutrelle l’est
plutôt pour les barres inclinées.

Le problème est de savoir si un appui peut être considéré comme libre, comme articulé ou comme
encastré. Les quelques considérations suivantes permettent d’opérer un choix dans des cas pratiques.

- au pied d’une colonne solidement ancrée au massif de fondation au moyen de boulons


d’ancrage par l’intermédiaire d’un plaque épaisse soudée, on peut considérer qu’il y a
encastrement;

- si en tête de cette colonne, il n’y a rien d’autre que la force de compression N, on peut bien
évidemment considérer cette tête de colonne comme absolument libre au point de vue mode
d’appui;

- dans le cas d’une colonne qui soutient, et y est donc fixée, une structure de plancher qu’on
pourrait qualifier de “souple”, c’est plus ou moins le cas des planchers métalliques, il est
prudent de considérer cette fixation comme une articulation;

- si ce même plancher est rigide, épais et monolithique, c’est plus ou moins le cas des planchers
pleins en béton armé, la fixation pourrait à la rigueur être considérée comme un encastrement,
une colonne de façade d’un bâtiment sera considérée comme moins rigidement fixée qu’un
colonne intérieure; elle sera donc considérée plutôt comme bi-articulée que comme bi-
encastrée ou mixte,

- dans le doute, il est toujours plus prudent de considérer la colonne comme bi-articulée, à
moins que l’extrémité supérieure soit libre; la colonne ainsi calculée avec un élancement λ
plus important offre davantage de sécurité.

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8.4. Contraintes critiques

Par définition, la contrainte critique due à la compression dans une barre est donnée par :

N crit
σ crit = (éq. 8.4.)
A

Notation : A l’aire de la section droite mm2

D’où, en remplaçant (éq. 8.2.) dans l’équation ci-dessus nous obtenons :

π 2 E I min
σ crit Euler = (éq. 8.5.)
l 2f A

et si, de plus, nous nous souvenons de la définition du rayon de giration (voir Chapitre 4.) :

I min
i g min = (éq. 8.6.)
A

ig min étant le rayon de giration minimum de la section droite correspondant au plan de flambement, nous
obtenons :
π 2 E i g2 min
σ crit Euler = (éq. 8.7.)
l 2f

Et si nous définissons la notion “d’élancement” λ d’une colonne par :

lf
λ col = (éq. 8.8.)
ig

Remarque :
L’élancement caractérise la flexibilité d’une poutre.

et que nous remplaçons dans (éq. 8.7.), nous obtenons une autre manière d’écrire la contrainte critique
suivant Euler σcrit Euler :

π2 E
σ crit Euler = (éq. 8.9.)
λ 2col

Définissons deux paramètres :

a) Elancement limite d’Euler (λlim Euler)

Dans le dimensionnement nous ne pouvons en aucun cas dépasser la limite élastique Re et de


ce fait la plus grande valeur que peut prendre la contrainte critique d’Euler est cette limite
élastique. Si nous remplaçons celle ci dans la formule ci-dessus, nous pouvons définir
“l’élancement limite d’Euler”, l’élancement λ devenant λlim Euler, soit :

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E
λ lim Euler = π (éq. 8.10.)
Re

Le graphe proposé ci-dessous donne la représentation de σcrit Euler en fonction de λ pour un


acier usuel ( E = 200 000 N mm 2 et Re = 240 N mm 2 ) et pour un alliage d’aluminium
courant ( E = 70 000 N mm 2 et Re = 180 N mm 2 ) .
L’allure des courbes est hyperbolique et celles-ci ne sont valables que si σ crit < Re . En
conséquence, pour l’acier indiqué, la formule d’Euler n’est utilisable que lorsque
λ > λ lim Euler = 91 .

fig. 8.8. - Domaine d’utilisation de la formule d’Euler.

b) Notion d’élancement réduit ( λ )

L’élancement réduit λ , nombre pur, à pour expression :

λ col
λ =
λ lim Euler (éq. 8.19.)

L’utilisation de ce nombre permettra une simplification des calculs ainsi que du formalisme
mathématique.

Nous pouvons maintenant exprimer la contrainte critique et la charge critique d’Euler sous la
forme :
Contrainte critique :

λ 2lim Euler Re
σ crit Euler = 2
Re = (éq. 8.20.)
λ col λ2

Charge critique :

Re A
N crit Euler = (éq. 8.21.)
λ2

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8.5. Conditions d’utilisation de la formule d’Euler

Comme la théorie développée ci-dessus suppose le matériau élastique linéaire, on peut montrer
que la formule d’Euler cesse d’être applicable pour des élancements inférieurs à λlim Euler.

Quelques valeurs de l’élancement


limite d’Euler λlim Euler

S235 94.91
S275 86.81
S355 76.41
S420 70.25
S460 67.12
Fonte ... 80 ...
Bois 100 ... 110
Tableau 8.2. - Elancement limite Euler.

Le problème de la stabilité d’une barre dont l’élancement est inférieur à l’élancement limite
demande une étude particulière.

C’est pourquoi dans le cas de pièces courtes ( λ col < λ lim Euler ), on utilise des formules
(3)
empiriques. En pratique on utilisera la formule de Rankine . Celle-ci s’énonce de la manière
suivante :

Contrainte critique :

Re
σ crit Rankine =
(1 + λ ) (éq. 8.23.)
2

La charge critique suivant Rankine s’écrira, quant à elle :

Re A
N crit Rankine =
(1 + λ ) (éq. 8.24.)
2

(3)
Rankine William John Macquorn (1820 - 1872) : ingénieur et physicien écossais.

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8.6. Dimensionnement par “Euler - Rankine”

8.6.1. Principe

Pour le calcul de vérification de pièce soumise à flambement, il faudra comparer la contrainte


existante dans le matériau (contrainte de compression), avec la contrainte admissible au flambement de
ce matériau. Celle-ci étant définie par :

σ crit flambement N
σ adm flambement = ≥σ = (éq. 8.25.)
S A

Notation : S coefficient de sécurité -

Si nous remplaçons σcrit les valeur trouvées précédemment, nous pouvons en déduire les
différentes formules de dimensionnement.

Si nous sommes dans les conditions de Rankine, nous trouvons :


σ crit Rankine  Re 
σ adm flambement = = S ≥
N

Re
= σ adm compression ≥
N
1+ λ 2 ( )
S 
 1+ λ
2 
 ( A S) A

Si nous effectuons le même raisonnement avec les formules de Euler, nous trouvons :
σ crit Euler  Re  N Re N 2
σ adm flambement = =  2 S ≥  = σ adm compression ≥ λ
S λ  A S A

Il reste le problème du coefficient de sécurité. De part les différentes incertitudes qui existent (de
formules, de calculs, d’hypothèses et surtout d’inhomogénéité du matériau) nous devrions prendre un
coefficient de sécurité supérieur au 1.5 classique que l’on prendrait pour de la compression. Cependant,
le fait d’utiliser une majoration fictive de la charge via l’élancement réduit λ c’est déjà une sécurité.
C’est pourquoi, nous pouvons continuer à utiliser le classique 1.5.

Pour la formule de Rankine ainsi que pour la formule d’Euler, nous prendrons :
S Rankine − Euler ≈ 15
. ... 17
.

8.6.2. Conception

A) Euler
Re A l f i g min lf I min A
N adm Euler = avec : λ = =
S Euler λ 2 π2 E π2 E
Re Re
d’où :
π 2 E I min
N adm Euler =
S Euler l 2f
N S Euler l 2f
Y I min ≥ π2 E
(éq. 8.33.)

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B) Rankine

Re A
N adm Rankine = et en remplaçant λ 2 par sa valeur :
(
S Rankine 1 + λ 2
)
Aπ E2
N adm Rankine =
 π 2 E A l 2f 
S Rankine  + 
 Re I min 

Dans ce cas nous avons 2 inconnues : la section A et l’inertie minimale Imin. Il faut commencer
par la formule d’Euler et, ensuite, vérifier par Rankine.

8.6.3. Résumé

Méthode de Rankine - Euler

0 ≤ λ col < 20 20 ≤ λ col < λ lim Euler λ lim Euler ≤ λ col ≤ 180 ... 200

Compression simple Rankine Euler

σ=
N
A
< σ adm comp σ=
N
A
( )
1 + λ 2 ≤ σ adm Rankine σ=
N 2
A
λ ≤ σ adm Euler

Re Re Re
σ adm comp = σ adm Rankine = σ adm Euler =
S comp S Rankine S Euler
(S comp ≈ 15
. ) ( S Rankine ≈ 15. ... 17
. ) ( S Euler ≈ 15. ... 17
. )

σ adm Rankine A
N adm = σ adm Euler A
(1 + λ ) 2
N adm =
λ2
N adm = σ adm comp A Re A
= Re A
=
Re A (
S Rankine 1 + λ 2 ) =
S Euler λ 2
S comp π EA2
= π 2 E I min
 Al  2 =
S Rankine  λ2lim Euler +  f S Euler l 2f
 I min 

Conception

N S comp Par approximation successive : N S Euler l 2f


Amin ≥ I min ≥
Re l 2f π2 E
i g min ≥
N  2  σ adm A   N l 2f
Re
≥  λ lim Euler  − 1  ≥
σ adm   N  π E σ adm
2

Remarques :
1) Cette méthode, ainsi que la formule d’Euler n’est pas applicable aux poteaux et
butons en béton armé, en raison de la fissuration du béton ce qui a comme
conséquence que l’inertie varie sur la longueur.

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2) Lorsque l’on a le choix entre 2 profilés, car le moment d’inertie convient, il faut
toujours prendre celui qui possède le rayon de giration le plus grand. En effet, voir
§ 4.5. Rayon de giration, le rayon de giration étant le rapport entre la rigidité à la
flexion et la rigidité à la traction-compression, il vaut mieux, dans le cas du
flambement, privilégier la rigidité à la flexion.
Autrement dit, pour le flambement, à même moment d’inertie, le profilé qui aura un
rayon de giration supérieur résistera mieux au flambement.

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8.7. Dimensionnement suivant l’ “EUROCODE”

8.7.1. Introduction

Dans les quelques notes qui suivent, nous nous contenterons de la vérification vis-à-vis du
flambement simple (sous compression simple).

Tous les Eurocodes, dont l’Eurocode 3 (uniquement pour les structures en acier), utilisent la
notion d’état limite pour caractériser les états au-delà desquels la structure ne satisfait plus aux
performances exigées. Il y en deux catégories :

< Les états limites ultimes (ELU) correspondant à la sécurité structurale. Ils sont associés à
l’effondrement de la structure ou à d’autres formes de ruine structurale qui peuvent mettre en
danger la sécurité des personnes;
< Les états limites de service (ELS) correspondant à l’aptitude de service. Ce sont les états
au-delà desquels les critères spécifiés d’exploitation ne sont plus satisfaits :
a) déformations ou flèches affectant l’aspect ou l’exploitation efficace de la construction,
b) vibrations incommodant les occupants, endommageant le bâtiment ou limitant son
efficacité fonctionnelle.

8.7.2. Vérification aux ELU

Remarque préliminaire :
Nous utiliserons ici les notations de l’EUROCODE.

Notations : A aire de la section transversale de la barre mm2


NEd valeur de l’effort de compression (= N) N
fy limite élastique de l’acier (= Re ou Rp 0.2) N/mm2
Lcr longueur critique de flambement (= lfb) mm
Nb, Rd effort de calcul de la barre comprimée au flambement
(= Nadm) N
χy χz coefficient de réduction pour la courbe de flambement
appropriée -
γM 1 coefficient partiel de résistance des barres aux
instabilités (= S) -
λy λz élancement de la barre (= λcol) -
λ1 élancement limite d’Euler (= λlim Euler) -
iy iz rayons de giration selon les axes y et z (= ig y ou ig z) mm

Marche à suivre :

A) Conception : C’est-à-dire, trouver la poutrelle (colonne) adéquate en fonction de la charge.

1) Déterminer pour l’élément considéré, l’effort de compression de calcul Ned à partir de


l’analyse globale de la structure.

. (Charge permanente) + 15
N Ed = 135 . (Charge mobile ou surcharge)

2) Sélectionner une section (forme, dimensions A, Iy, Iz, iy, iz) et une nuance d’acier (S ... , fy).
Pour une première approximation, démarrons avec la formule d’Euler de la méthode de
“Rankine - Euler”, soit :

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N Ed S Euler L2cr , min
I min ≥
π2 E
Si nous trouvons un élancement de la colonne inférieur à l’unité, la formule d’Euler n’étant
pas valable, démarrons avec la formule de la compression simple, soit :
N S
Amin = Ed
fy

3) Déterminer la longueur de flambement Lcr de l’élément pour chaque plan Lcr, y, Lcr, z.

4) Résistance de l’élément au flambement :

χy A fy
N by , Rd =
γ M1
N b , Rd = (éq. 8.58.)
χz A fy
N bz , Rd =
γ M1

Avec : γ M1 = 1 pour les bâtiments

5) Calculer les élancements de l’élément (même définition que l’éq. 8.8.) :

Lcr , y
λy =
iy
(éq. 8.60.)
Lcr , z
λz =
iy

6) Déterminer l’élancement d’Euler (même définition que l’éq. 8.10.) :

E
λ1 = π (éq. 8.61.)
fy

7) Déterminer les élancements réduits de l’élément pour chaque plan (même définition que l’éq.
8.19.) :

λy
λy =
λ1
(éq. 8.62.)
λz
λz =
λ1

8) Sélectionner la courbe de flambement appropriée (fig. 8.9.) en fonction de la section


transversale et la nuance d’acier.

9) Déterminer le facteur de réduction χ pour chaque plan de flambement (fig. 8.10.)

10) Calculer la résistance de calcul Nb,Rd de l’élément pour chaque plan de flambement.

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χy A fy
N by , Rd =
γ M1
(éq. 8.63.)
χz A fy
N bz , Rd =
γ M1

11) Vérification :

( )
N Ed ≤ min N by , Rd ; N bz , Rd (éq. 8.64.)

B) Vérification : C’est-à-dire, trouver la charge admissible connaissant la poutrelle (colonne).

1) Rechercher les caractéristiques de la poutrelles dans le catalogue.

2) à 9) Même démarche que pour le “A) Conception” point 3) à 10).

10) Valeur de l’effort de compression :

( )
N Ed = min N by , Rd ; N bz , Rd (éq. 8.65.)

11) Valeur de l’effort admissible (permanent et/ou surcharge) :

. (Charge permanente) + 15
N Ed = 135 . (Charge mobile ou surcharge)

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fig. 8.9. - Courbe de flambement en fonction des diverses sections des profilés.

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fig. 8.10. - Coefficient de réduction χ.

Coefficient réducteur χ en fonction de l’élancement réduit λ (équivalent à la fig. 8.10.)

λ a0 a b c d

0.2 1.0000 1.0000 1.0000 1.0000 1.0000


0.3 0.9859 0.9775 0.9641 0.9491 0.9235
0.4 0.9701 0.9528 0.9261 0.8973 0.8504
0.5 0.9513 0.9243 0.8842 0.8430 0.7793
0.6 0.9276 0.8900 0.8371 0.7854 0.7100
0.7 0.8961 0.8477 0.7837 0.7247 0.6431
0.8 0.8533 0.7957 0.7245 0.6622 0.5797
0.9 0.7961 0.7339 0.6612 0.5998 0.5208
1.0 0.7253 0.6656 0.5970 0.5399 0.4671
1.1 0.6482 0.5960 0.5352 0.4842 0.4189
1.2 0.5732 0.5300 0.4781 0.4338 0.3762
1.3 0.5053 0.4703 0.4269 0.3888 0.3385
1.4 0.4461 0.4179 0.3817 0.3492 0.3055
1.5 0.3953 0.3724 0.3422 0.3145 0.2766
1.6 0.3520 0.3332 0.3079 0.2842 0.2512
1.7 0.3150 0.2994 0.2781 0.2577 0.2289
1.8 0.2833 0.2702 0.2521 0.2345 0.2093
1.9 0.2559 0.2449 0.2294 0.2141 0.1920
2.0 0.2323 0.2229 0.2095 0.1962 0.1766
2.1 0.2117 0.2036 0.1920 0.1803 0.1630
2.2 0.1937 0.1867 0.1765 0.1662 0.1508
2.3 0.1779 0.1717 0.1628 0.1537 0.1399
2.4 0.1639 0.1585 0.1506 0.1425 0.1302
2.5 0.1515 0.1 467 0.1397 0.13l5 0.1214
2.6 0.1404 0.1362 0.1299 0.1234 0.1134
2.7 0.1305 0.1267 0.1211 0.1153 0.1062
2.8 0.1216 0.1182 0.1132 0.1079 0.0997
2.9 0.1136 0.1105 0.1060 0.1012 0.0937
3.0 0.1063 0.1036 0.0994 0.0951 0.0882

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8.8. Choix de la forme de la section

Afin de comparer un certain nombre de sections, on a introduit le rapport sans dimension wfb :

I min i g min
w fb = = (éq. 8.69.)
A A

Notations : A section critique de flambage mm2


ig min rayon de giration minimum mm

Les valeurs de wfb pour différentes formes de sections sont consignées au Tableau 8.3. Comme
on pouvait s’y attendre, on constate que les sections les plus désavantageuses sont les sections
rectangulaires, les plus favorables étant les sections circulaires, les profils à larges ailes et tout
particulièrement les sections annulaires.

Comparaison, du point de vue résistance / poids,


de différentes sections flambement wfb

I min
Section w fb =
A
Circulaire 0.282
Annulaire dint/dext = 0.7 0.482
0.8 0.602
0.9 0.871
Rectangulaire b/h = 3 0.167
2 0.204
(carré). . . . . . . . 1 0.289
1/2 0.204
1/3 0.167
HEA 100 Y 450 0.55 ... 0.73
IPE 0.37 ... 0.46
IPN 0.27 ... 0.33
Tableau 8.3. - Comparaison résistance/poids.

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8.9. Applications et exemples

Quelques applications pour comprendre les processus de dimensionnement et de vérification au


flambement simple.

Application 8.1. Quelle section doit-on donner à une cornière “L” à branche égale, en S235, en
position verticale, si celle-ci supporte un effort de compression NEd de 41 kN en bout ? Cette cornière
est articulée aux deux extrémités et sa longueur est de 2.25 m.

Solution :
Position du problème
Nous avons une structure métallique en acier, donc EUROCODE. Il s’agit de déterminer la
section de la poutrelle (conception = recherche de la poutrelle adéquate).
Comme la colonne est bi-articulée aussi bien suivant l’axe y que z que v ou même que u, nous
devons prendre l’axe donnant le moment d’inertie minimum, soit ici l’axe v.

Déterminons un “L” de départ par la formule d’Euler de la méthode de “Rankine - Euler”


Colonne bi-articulée (voir fig. 8.7.) :
Lcr , v = 1 × 2 250 = 2 250 mm
Prenons un coefficient de sécurité SEuler de 1.5 :
Et, comme première approximation, l’inertie minimale à obtenir sera de :
N Ed S Euler L2cr , v 41000 × 15
. × 2 250 2
Iv ≥ 2
= 2
= 150 217 mm 4 ≈ 15 cm 4
π E π × 210 000

Recherche du “L” approprié


Y “L” de 75 x 75 x 5 Y A = 7.34 cm 2 = 73.4 10 2 mm 2
i v = 147
. cm = 14.7 mm
I v = 15.96 cm 4 = 15.96 10 4 mm 4
Y “L” de 70 x 70 x 6 Y . cm 2 = 81310
A = 813 . 2
mm 2
i v = 137
. cm = 13.7 mm
. cm 4 = 1516
I v = 1516 . 10 4 mm 4
Le choix se portera sur le “L” qui aura le rayon de giration le plus grand, soit dans ce cas-ci le
“L” de 75 x 75 x 5.

Recherche de χ
Elancement de la colonne :
Lcr , v 2 250
λv = = = 153.06
iv 14.7
Elancement réduit, connaissant l’élancement d’Euler (voir fig. 8.9.) :
λ 153.06
λ= v = = 1630
.
λ 1 93.91
Recherche du coefficient de réduction χ :
Courbe (b) (voir fig. 8.9.), par interpolation linéaire dans le tableau fig. 8.10. (ou par lecture
directe sur la courbe) :

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λ χ (b)

1.6 0.3079
1.630 Y 0.2990
1.7 0.2781

Recherche de la charge admissible


χ v A f y 0.2990 × 734 × 235
N bv , Rd = = = 51574 N ≈ 516
. kN ≥ 41 kN
γ M1 1
Ce résultat est, bien sûr correct. Cependant, il est supérieur de plus de 20 % à la charge à
supporter. On pourrait donc envisager une poutrelle de caractéristiques inférieures.
75 x 75 x 4 ou même 70 x 70 x 5.

Re - calcul avec un “L” de 70 x 70 x 5


Y “L” de 75 x 75 x 5 Y A = 6.64 cm 2 = 6.64 10 2 mm 2
i v = 137
. cm = 13.7 mm
I v = 12.86 cm 4 = 12.86 10 4 mm 4

Recherche de χ
Elancement de la colonne :
Lcr , v 2 250
λv = = = 164.23
iv 13.7
Elancement réduit, connaissant l’élancement d’Euler (voir fig. 8.9.) :
λ 164.23
λ= v = = 1749
.
λ1 93.91
Recherche du coefficient de réduction χ :
Courbe (b) (voir fig. 8.9.), par interpolation linéaire dans le tableau fig. 8.10. (ou par lecture
directe sur la courbe) :

λ χ (b)

1.7 0.2781
1.749 Y 0.2654
1.8 0.2521

Recherche de la charge admissible


χ v A f y 0.2654 × 664 × 235
N bv , Rd = = = 41413 N ≈ 414
. kN ≥ 41 kN
γ M1 1
Ok : un 70 x 70 x 5.

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Application 8.2. Calculer la charge permanente admissible au flambage d’une colonne constitué par
une poutrelle IPN 160 en S235 de 4 m de hauteur encastrée aux deux extrémités. Dans ces conditions
quelle est la contrainte dans cette colonne ?

Solution :
Position du problème
Nous avons une structure métallique en acier, donc EUROCODE. Comme nous connaissons la
poutrelle, il s’agit d’une vérification (recherche de la charge admissible).
La colonne est encastrée aussi bien suivant l’axe y que z, nous pouvons seulement calculer la
charge suivant l’axe faible, donc l’axe z.

Les caractéristiques de la poutrelle IPN 160 sont (catalogue) :


160 x 74 x 6.3 x 9.5
A = 22.8 cm 2 = 22.8 10 2 mm 2
i z = 155
. cm = 155. mm
I z = 54.7 cm 4 = 54.7 10 4 mm 4
h b = 160 74 ≥ 12 .
t f = 9.5 ≤ 40 mm

Recherche de χ
Colonne bi-encastrée (voir fig. 8.7.) :
Lcr , z = 0.5 × 4 000 = 2 000 mm
Elancement de la colonne :
Lcr , z 2 000
λz = = = 129
iz 155
.
Elancement réduit, connaissant l’élancement d’Euler (voir fig. 8.9.) :
λ 129
λ= z = = 1374
.
λ 1 93.91
Recherche du coefficient de réduction χ :
Courbe (b) (voir fig. 8.9.), par interpolation linéaire dans le tableau fig. 8.10. (ou par lecture
directe sur la courbe) :

λ χ (b)

1.3 0.3888
1.374 Y 0.3934
1.4 0.3492

Recherche de la charge admissible


χ z A f y 0.3934 × 22.8 10 2 × 235
N bz , Rd = = = 210 783 N ≈ 210.7 kN
γ M1 1
La charge permanente admissible devient :
N bz , Rd 210.7
N adm = = = 1561
. kN
135
. 135
.

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Calcul de la contrainte
N . 3
156110
σ = adm = = 68.5 N mm 2
A 22.8 10 2
Ce qui revient à un coefficient de sécurité de :
f y 235
S= = = 3.4
σ 68.5
Ce qui est strictement équivalent à :
−1 −1
χ   0.3934 
.  z
S = 135 = 135
.   = 3.4
γ1  1 

Application 8.3. Quelle sera la charge critique et la charge de sécurité que l’on pourra appliquer sur
une colonne en fonte de diamètre 120 mm et de 2 m de longueur ? La résistance pratique est de 60
N/mm2 et les extrémités sont articulées. Quel est le coefficient de sécurité appliqué ?
Les caractéristiques de cette fonte (MES 45-7) sont :
Rm = 450 N mm 2 ; Re = 255 N mm 2 ; E = 180 000 N mm 2 .

Solution :
Position du problème
Nous n’avons pas une structure métallique en acier, donc Rankine - Euler. Comme la colonne est
cylindrique, tous les axes sont des ACPI et donc il n’y a pas “d’axes faibles”.

Vérifions si la théorie d’Euler est applicable


Longueur de flambement (extrémités bi-encastrée) (voir fig. 8.7.) :
l f = k f l = 1 × 2 000 = 2 000 mm
Elancement de la colonne.
La colonne étant un cylindre les inerties seront égales quel que soit l’axe considéré et le rayon
de giration vaudra :
I min π d4 π d2 d
i g min = = = = 30 mm
A 64 4 4
Elancement de la colonne :
lf 2 000
λ col = = .  Rankine
= 66.7 < 835
i g min 30
Elancement réduit :
E 180 000
λ lim Euler = π =π × = 835
.
Re 255
λ z 66.7
λ= = = 0.799
λ 1 835
.

Recherche de la charge critique


π d 2 π × 120 2
A= = = 11310 mm 2
4 4
Re A 255 × 11310
N crit Rankine = = = 1760 10 3 N
(
1+ λ 2
) (
1 + 0.799 2
)
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Recherche de la charge admissible
σ adm Rankine A 60 × 11310
N adm = = = 414.2 10 3 N
1+ λ( 2
)
1 + 0.799 2
( )
Le coefficient de sécurité est :
N crit Euler 1761000
S= = = 4.25
N adm 414 000
ou :
R 255
S= e = = 4.25
σ adm 60

Remarque :
On aurait pu aussi utiliser la formule :
Re A
N adm =
(
S Rankine 1 + λ 2 )
Re A 255 × 11 320
 S Rankine = = = 4.25
(
N adm 1 + λ 2 ) (
414.2 10 3 × 1 + 0.799 2 )

!
Application 8.4. Une vis à billes de diamètre à fond de filet d = 32 mm est guidée à une seule
extrémité par deux roulement à billes. Elle est soumise de la part de l’écrou à une charge axiale de
compression. L’écrou est au maximum à l = 1000 mm du palier. L’élancement critique de l’acier
XC48 est : λ lim Euler = 60 , sa résistance admissible de compression vaut σ adm comp = 150 MPa . Calculer
la charge admissible sur la vis pour éviter le risque de flambage.

Solution :
Position du problème
Nous n’avons pas une structure métallique en acier, donc Rankine - Euler. Comme la barre est
cylindrique, tous les axes sont des ACPI et donc il n’y a pas “d’axes faibles”.

Hypothèses :
La vis est encastrée par rapport au bâti côté roulement, libre côté écrou (monté flottant).

Calcul de l’aire de la section droite :


π d2 π × 32 2
A= = = 804.2 mm 2
4 4

Calcul du moment d’inertie de flexion :


π d4 π × 32 2 4
Ix = = = 514710
. mm 4
64 64

Calcul du rayon de giration :


Ix d
ig = = = 8 mm
A 4

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Calcul de l’élancement de la vis
Dans notre cas la barre est simplement encastré (voir fig. 8.7.) :
kf = 2
lf kf l 2 × 1000
λ col = = = = 250 > 60  Euler
ig ig 8
Remarque :
Un élancement de plus de 180 ... 200 est critique et donc il faudrait revoir la conception
du montage.

Calcul de la charge admissible


On nous donne une contrainte admissible en compression simple. Comme le coefficient de
sécurité S = 15
. aussi pour Euler, on peut prendre comme contrainte admissible celle donnée en
compression simple, d’où la charge admissible sera :
σ adm Euler A 150 × 804.2
N adm = = = 6 948 N ≈ 6.9 kN
(250 60)
2
λ2

Application 8.5. Une colonne d’une structure métallique est constituée d’une poutrelle HEB (en S355)
de 4 m de hauteur et encastrée aux deux extrémités. Déterminez cette poutrelle si celle-ci doit supporter
une charge permanente de 1630 kN.

Solution :
Position du problème
Nous avons une structure métallique en acier, donc EUROCODE. Il s’agit de déterminer la
section de la poutrelle (conception = recherche de la poutrelle adéquate).
Comme la colonne est bi-encastrée aussi bien suivant l’axe y que suivant l’axe z, nous devons
prendre l’axe donnant le moment d’inertie minimum, soit ici l’axe z.

Valeur de l’effort de compression


. (charge permanente) = 135
N Ed = 135 . × 1630 = 2 200 kN

Déterminons un “HEB” de départ par la formule d’Euler de la méthode de “Rankine - Euler”


Colonne bi-encastrée (voir fig. 8.7.) :
Lcr , z = 1 × 4 000 = 2 000 mm
Prenons un coefficient de sécurité SEuler de 1.5 :
Et, comme première approximation, l’inertie minimale à obtenir sera de :
N Ed S Euler L2cr , v 2 200 10 3 × 15
. × 2 000 2
Iz ≥ = = 6368.8 10 3 mm 4 ≈ 636.9 cm 4
π2 E π 2 × 210 000

Recherche du “HEB” approprié


Y HEB 160 Y A = 54.3 cm 2 = 54.310 2 mm 2
i z = 4.05 cm = 40.5 mm
I z = 8892 cm 4 = 8892 10 4 mm 4
h b = 160 160 ≤ 12.
t f = 13 ≤ 100 mm

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Recherche de χ
Colonne bi-encastrée (voir fig. 8.7.) :
Lcr , z = 0.5 × 4 000 = 2 000 mm
Elancement de la colonne :
Lcr , z 2 000
λz = = = 49.4
iz 40.5
Elancement réduit, connaissant l’élancement d’Euler (voir fig. 8.9.) :
λ 49.4
λ= z = = 0.6463
λ 1 76.41

Remarque importante :
On remarque que l’élancement réduit est inférieur à l’unité. Ce qui a pour conséquence
que la formule d’Euler n’est pas valable. Il faudrait utiliser la formule de Rankine.
Cependant l’application de celle-ci ne permet pas d’avoir directement une solution. Nous
utiliserons donc la formule classique de la compression simple.

Déterminons un “HEB” de départ par la formule de “compression simple”, avec S = 15


.
N Ed S 2 200 10 3 × 15
.
A= = = 9 296 mm 2 ≈ 93 cm 2
fy 355

Recherche du “HEB” approprié


Y HEB 240 Y A = 106 cm 2 = 106 10 2 mm 2
i z = 6.08 cm = 60.8 mm
h b = 240 240 ≤ 12.
t f = 17.5 ≤ 100 mm

Recherche de χ
Elancement de la colonne :
Lcr , z 2 000
λz = = = 32.89
iz 60.8
Elancement réduit, connaissant l’élancement d’Euler (voir fig. 8.9.) :
λ 32.89
λ= z = = 0.4305
λ 1 76.81
Recherche du coefficient de réduction χ :
Courbe (c) (voir fig. 8.9.), par interpolation linéaire dans le tableau fig. 8.10. (ou par lecture
directe sur la courbe) :

λ χ (c)

0.4 0.8973
0.4305 Y 0.8807
0.5 0.8430

© R. Itterbeek Résistance des Matériaux - Flambement Page - 8.24 -


Recherche de la charge de compression
χ z A f y 0.8807 × 106 10 2 × 355
N bz , Rd = = = 3314 074 N ≈ 3314 kN > 2 200 kN
γ M1 1
Ce résultat est, bien sûr correct. Cependant, il est supérieur de plus de 50 % à la charge à
supporter. On doit donc envisager une poutrelle de caractéristiques inférieures.
Les caractéristiques de la HEB 220 sont encore fort proche de la HEB 240, on prendra une HEB
200.
Y HEB 200 Y A = 781 . cm 2 = 78110
. 2 mm 2
i z = 5.07 cm = 50.7 mm
h b = 200 220 ≤ 12.
t f = 15 ≤ 100 mm

Recherche de χ
Elancement de la colonne :
Lcr , z 2 000
λz = = = 39.44
iz 50.7
Elancement réduit, connaissant l’élancement d’Euler (voir fig. 8.9.) :
λ 39.44
λ= z = = 0.5162
λ 1 76.81
Recherche du coefficient de réduction χ :
Courbe (c) (voir fig. 8.9.), par interpolation linéaire dans le tableau fig. 8.10. (ou par lecture
directe sur la courbe) :

λ χ (c)

0.5 0.8430
0.5162 Y 0.8337
0.6 0.7854

Recherche de la charge de compression


χ z A f y 0.8337 × 78110
. 2 × 355
N bz , Rd = = = 2 311475 N ≈ 2 310 kN > 2 200 kN
γ M1 1
Ok : HEB 200

Application 8.6. Une barre de charpente est formée par deux cornières à branches égales accolées “-.”
en AE 235. Elle a une longueur de 1.7 m et supporte un effort axial pondéré NEd de 57.5 kN. Quelles
dimensions de cornières faut-il adopter si on considère que la barre est articulée au deux extrémités ?

Solution :
Position du problème
Nous avons une structure métallique en acier, donc EUROCODE. Il s’agit de déterminer la
section de la poutrelle (conception = recherche de la poutrelle adéquate).
L’axe faible de cette barre de charpente est ici l’axe y. En effet, pour l’axe y, le moment d’inertie
total est 2 x le moment d’inertie d’une seule poutrelle. Pour l’axe z, on doit faire, en plus un
transport qui va d’office donner un moment d’inertie supérieur.

© R. Itterbeek Résistance des Matériaux - Flambement Page - 8.25 -


Déterminons un “L” de départ par la formule d’Euler de la méthode de “Rankine - Euler”
Colonne bi-articulée (voir fig. 8.7.) :
Lcr , y = 1 × 1700 = 1700 mm
Prenons un coefficient de sécurité SEuler de 1.5 :
Et, comme première approximation, l’inertie minimale à obtenir sera de :
N Ed S Euler L2cr , y 57 500 × 15
. × 1700 2
Iy ≥ 2
= 2
= 120 .310 3 mm 4 ≈ 12 cm 4
π E π × 210 000
C’est l’inertie minimale à obtenir pour les 2 cornières.
L’inertie minimales de 2 cornières accolées est celle par rapport à un axe horizontale, passant par
leur centre de gravité, et dans ce cas l’inertie d’une cornière est la moitié du total, soit 6 cm4.

Recherche du “L” approprié


Y “L” de 45 x 45 x 4 Y A = 3.49 cm 2 = 3.49 10 2 mm 2
i y = 136
. cm = 13.6 mm
I y = 6.43 cm 4 = 6.4310 4 mm 4

Recherche de χ
Elancement de la colonne (complète avec les “-.” accolés) :

Remarque importante :
Pour le rayon de giration de 2 cornières “-.” il ne faut pas prendre 2 fois le rayon de
giration d’une seule cornière “.” ! En effet :
2 Ix Ix
i y (2 L) = = = i y ( L)
2A A
D’où :
Lcr , y 2 250
λy = = = 125
iy 13.6
Elancement réduit, connaissant l’élancement d’Euler (voir fig. 8.9.) :
λy 125
λ= = = 1331
.
λ 1 93.91
Recherche du coefficient de réduction χ :
Courbe (b) (voir fig. 8.9.), par interpolation linéaire dans le tableau fig. 8.10. (ou par lecture
directe sur la courbe) :
λ χ (b)

1.3 0.4269
1.331 Y 0.4129
1.4 0.3817

Recherche de la charge de compression


χ y A f y 0.4129 × (2 × 349) × 235
N by , Rd = = = 67 728 N ≈ 67.7 kN ≥ 57.5 kN
γ M1 1
Ce résultat est correct. On pourrait envisager une poutrelle de caractéristiques inférieures...

© R. Itterbeek Résistance des Matériaux - Flambement Page - 8.26 -


Application 8.7. Une colonne constituée d’un
IPN 280, en S235, a une hauteur de 6 m. Il est
entretoisée à mi-hauteur dans le sens du
moment d’inertie le plus faible. Quelle charge
permanente peut-elle supporter, en supposant
que les extrémités sont articulées ?

Solution :
Position du problème
Nous avons une structure métallique en
acier, donc EUROCODE. Comme nous
connaissons la poutrelle, il s’agit d’une
vérification (recherche de la charge
admissible).
La colonne est articulée aussi bien fig. 8.12. - Application 8.7.
suivant l’axe y que z. Seulement, les
longueurs (de flambement) sont
différentes suivant les 2 axes. A priori, on ne connaît donc pas l’axe de flambement le plus
défavorable. Il faudrait dès lors vérifier aussi bien suivant l’axe y que z.
Cependant, le flambement s’effectuera suivant l’axe ayant l’élancement le plus grand.

Les caractéristiques de la poutrelle IPN 280 sont (catalogue) :


280 x 119 x 10.1 x 15.2
. cm 2 = 610
A = 610 . 10 2 mm 2
i y = 111
. cm = 111 mm i z = 2.45 cm = 24.5 mm
4 4 4
I y = 7 590 cm = 7 590 10 mm I z = 364 cm 4 = 364 10 4 mm 4
h b = 280 119 ≥ 12.
t f = 15.2 ≤ 40 mm

Recherche de l’élancement le plus grand


a) Elancement suivant l’axe z (axe faible)
Colonne bi-articulée (voir fig. 8.7.) :
Lcr , z = 1 × 3000 = 3000 mm
Lcr , z
3000
λz = =
= 122.4
iz 24.5
b) Elancement suivant l’axe y (axe fort)
Colonne bi-articulée :
Lcr , y = 1 × 6 000 = 6 000 mm
Lcr , y 6 000
λy = = = 54.05
iy 111

Recherche de χ (suivant l’axe z)


Elancement réduit, connaissant l’élancement d’Euler (voir fig. 8.9.) :
λ 122.4
λ= z = = 1303
.
λ 1 93.91
Courbe (b) (voir fig. 8.9.), par interpolation linéaire dans le tableau fig. 8.10. (ou par lecture
directe sur la courbe) :

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λ χ (b)

1.3 0.3888
1.303 Y 0.3876
1.4 0.3492

Recherche de la charge admissible


. 10 2 × 235
χ A f z 0.3876 × 610
N bz , Rd = z = = 555625 N ≈ 555.6 kN
γ M1 1
La charge permanente admissible devient :
N bz , Rd 555.6
N adm = = = 4116
. kN
135
. 135
.

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