Vous êtes sur la page 1sur 27

REMALD

Revue Marocaine d’Administration Locale et


Développement

Collection

Manuels et Travaux universitaires

L’organisation
administrative

Mohamed ANWAR
Professeur à la faculté
de Droit de Tanger

ISBN : 978-9954-626-78-8
Première édition, 2018

1
SOMMAIRE

Introduction……………………………………………………………………………………………2

Chapitre 1 Présentation générale de l’organisation administrative…………………………4


Section 1 La centralisation…………………………………………………………………………………………………4
Section 2 La décentralisation. …………………………………………………………………………………………..5

Chapitre 2 L’administration d’Etat…………………………………………………………………………….6


Section 1 L’administration centrale…………………………………………………………………………6
Section 2 Les organes locaux de l’administration d’Etat………………………………………….8

Chapitre 3 L’administration locale décentralisée : les collectivités territoriales………..9


Section 1 La région………………………………………………………………………………………………….10
Section 2 La préfecture ou la province……………………………………………………………………13
Section 3 La commune…………………………………………………………………………………………….17
Section 4 Les communes soumises au régime d’arrondissement…………………………….21

2
Introduction générale
Le droit administratif est tout d’abord matière principale du droit public interne, qui a
pour objet essentiel l’organisation et le fonctionnement des administrations,
L’administration et donc soumise à un droit qui régit son organisation et son activité et, par
la même, ses rapports avec les administrés qui sont sa raison d’être.

C’est ainsi que l’administration, en raison de la mission d’intérêt général dont elle est
investie, dispose des prérogatives particulières qui la placent en position de supériorité par
rapports aux administrés. Mais il ne faut croire que l’administration n’a que des privilèges,
elle est aussi soumise à des obligations, à des procédures et au droit à la légalité.

On peut dire que le droit administratif est un ensemble des règles juridiques différentes
de celles du droit privé qui régissent les relations de l’administration centrale ou locale avec
les citoyens et des diverses administrations entre elles et qui s’appliquent à l’organisation,
aux moyens d’action ainsi qu’aux contrôles qui pèse sur l’administration.

Le droit administratif est ainsi entendu comme le droit de l’administration , c'est-à-dire


l’Etat , les collectivités territoriales et les autres personnes publiques , cette définition qui se
base sur le critère organique a été critiquée pour la simple raison que le doit administratif ne
s’applique pas uniquement à l’administration , ce critère organique a été remis en cause car
d’un côté les personnes publiques ont la volonté d’agir comme des personnes privées selon
les règles du droit privé .

Toute l’activité administrative n’est pas soumise au droit administratif, l’administration


est donc parfois soumise au droit privé comme les particuliers. L’exemple caractéristique est
celui de services publics industriel et commerciaux, comme : les services publics de
distribution de le l’eau et de l’électricité ou les services publics de transport urbain, D’un
autre côté des personnes privés ont agi pour le compte de personnes publiques, voir même
ont agi comme des personnes publiques. L’administration les charges des taches qui sont
essentiellement des tâches administratives. Le droit administratif ne s’applique pas
uniquement à l’administration. L’équation : droit administratif, droit de l’administration
n’est plus de mise.

Tous les auteurs se retrouvent pour admettre que l’expression administration est utilisée
dans deux sens :

Un sens organique, à ce titre l’administration est présenté comme un groupe d’hommes


en vue de réaliser une certaine œuvre1, c'est-à-dire l’ensemble du personnel, des agents,
des organes qui exercent une activité. A côté de ce sens organique, il existe un sens matériel
ou fonctionnel : il s’analyse en une mission donc une activité, celle d’administrer. La racine
du mot latin ad-ministrare, signifie servir, cela veut dire que l’administration devrait être
appelée d’abord à servir des objectifs qui lui sont extérieurs et supérieurs. L’administration
est « servante » des intérêts publics définis par le pouvoir politique.2

1
Cf. M .WALINE, Précis de droit administratif, Paris, Ed Montchrestien. 1969 P 11.
2
Martine LOMBARD, Gilles DUMONT : droit administratif, Dalloz 2003 P.8.

3
Le terme administration est utilisé aussi bien, pour les affaires privées, que pour les
affaires publiques entre elles.

Au Maroc l’article 89 de la constitution énonce que « le gouvernement exerce le


pouvoir exécutif, sous l’autorité du chef du gouvernement, le gouvernement met en œuvre
son programme gouvernemental, assure l’exécution des lois, dispose de l’administration et
supervise les entreprises et les établissements publics et en assure la tutelle ». Et selon
l’article 90 le chef du gouvernement exerce le pouvoir réglementaire.

L’administration publique gère des activités d’intérêt général, il s’agit des services publics
par les quels l’administration accordent aux administrés des prestations pour la satisfaction
des besoins d’intérêt général.

Ce dernier se présente bien comme le dénominateur commun de tous les services


publics.

L’activité de service public est d’intérêt général, la primauté de la satisfaction de l’intérêt


général devient la raison d’être même de la création et de l’organisation de ces activités.

L’administration publique se distingue aussi de l’administration privée par les moyens


dont elle dispose.

Il s’agit des prérogatives de puissance publique qui sont des privilèges qu’on ne peut pas
retrouver dans les rapports entre particuliers par exemple , le pouvoir d’éditer des actes
administratifs unilatéraux qui obligent les particuliers et qui sont exécutoires par ils mêmes.

L’administration peut même exécuter par la force ses propres décisions chose qui
n’existe pas dans les rapports entre les particuliers. L’organisme privé, placé sous l’empire
du droit privé ne dispose pas de telles prérogatives exorbitantes du droit commun et ne peut
prendre des mesures obligeant les particuliers. L’administration publique peut utiliser
d’autres prérogatives comme l’expropriation pour cause d’utilité publique, la réquisition..,
etc.

Elle dispose aussi des prérogatives en matière des contrats administratifs qui permettent
à l’administration d’être dans une position prédominante comme par exemple : le pouvoir
de direction et de contrôle, le pouvoir de sanction, le pouvoir de modification et le pouvoir
de résiliation unilatéral. Ces prérogatives appartiennent à l’administration même lors-
qu’elles ne sont pas expressément prévues par le contrat.

L’Etat exerce trois types d’activités : législative, juridictionnelle, et gouvernementale, les


trois types d’activités sont des activités publiques et les trois sont aussi gérées par des
organes publics.

L’activité législative s’exerce par le parlement, l’activité juridictionnelle s’exerce par les
juridictions et l’activité gouvernementale s’exerce par l’administration en général.

L’activité de l’administration se distingue des autres activités publiques.

Il nous faut connaitre les autorités et les procédés techniques qui donne naissance aux
diverses règles constituant le droit administratif. On doit dire qu'elles constituent un

4
ensemble hiérarchisé. En partant de la plus élevée, on peut les désigner comme la
constitution, la loi, les règlements ou les textes règlementaires et la jurisprudence.

Chapitre 1 Présentation générale de l’organisation administrative.

En matière d’organisation administrative dans les Etats unitaires comme le Maroc, on


trouve deux principes opposés : la centralisation ou la décentralisation.

Section 1 La centralisation.

La centralisation est un mode d’organisation administrative qui se caractérise par la


négation de l’autorité locale, l’Etat est la seule entité juridique dans un pays centralisé il
n’existe qu’une seule personne morale de droit public c’est l’Etat.

La centralisation peut se présenter sous deux aspects : la concentration ou la


déconcentration.

§I La concentration

La concentration administrative peut être définie comme le système d’organisation de


l’Etat ou tous les pouvoirs administratifs sont rassemblés entre les mains des agents de
l’Etat, qui gèrent non seulement les intérêts généraux de la nation, mais aussi les affaires
locales. Toutes les décisions soit au niveau national ou local sont prises par le pouvoir
central (qui peuvent être des ministres) et exécutées par des agents qui ne sont que des
représentants des autorités centrales.

§ II La déconcentration.

A l’inverse, dans le cadre de la déconcentration certaines compétences sont attribuées à


des agents locaux de l’Etat. La déconcentration n’est donc qu’une modalité de la
centralisation, puisque les autorités locales de l’Etat restent soumises au pouvoir
hiérarchique des autorités centrales auxquelles elles doivent rendre compte.

La déconcentration peut être considérée comme un moyen de transfert d’importants


pouvoirs de décisions à des agents locaux de l’Etat répartis sur l’ensemble du territoire
national et liés au pouvoir central (appelé autorités déconcentrée).

Section 2 La décentralisation.

C’est un mode d’administration qui repose sur le transfert d’attributions de l’Etat vers
des institutions publiques disposant d’une autonomie juridique et financière sous le contrôle
de l’Etat.

Il existe deux formes de décentralisation.

§I Les formes de la décentralisation.

Il est usuel de distinguer deux formes de la décentralisation : celle qui intéresse les
collectivités territoriales et celle qui s’applique aux établissements publics :

5
A. La décentralisation territoriale.
La décentralisation territoriale est une technique d’administration qui permet à des
collectivités locales de gérer leurs propres affaires et qui sont instituées spécialement à cet
effet.

Enfin, on peut dire que la décentralisation territoriale repose sur deux éléments très
importants :

D’abord sur les collectivités territoriales telles les régions, les préfectures, les provinces
et les communs et sur des organes propres élus par les membres de la collectivité elle-
même.

B. La décentralisation technique.
La décentralisation technique (ou par services ou spéciale ou encore fonctionnelle) ne
repose pas sur une sphère géographique limitée comme la décentralisation territoriale mais
elle repose sur un service public déterminé, les pouvoir publics estime qu’il est utile ou
nécessaire de placer certains services dans une situation d’autonomie de gestion , c’est pour
individualiser la gestion de certaines activités d’intérêt général qui sont confiées à des
organismes dotés de la personnalité morale comme les établissements publics .

C. Les établissements publics.


L’établissement public qui n’a pas nécessairement une assise géographique déterminée,
gère une mission d’intérêt général, dans un domaine détermine sous un contrôle de
l’administration de rattachement.

L’établissement entant que personne morale, possède ses propres organes de gestion
que lui confère l’autonomie administrative et il dispose aussi de l’autonomie financière, Ce là
veut dire que les établissements publics disposent généralement d’un conseil
d’administration, d’un directeur et parfois d’un comité de direction.

En effet, la distinction entre les établissements publics industriels et commerciaux et les


établissements publics administratifs (EPIC/EPA) a des conséquences importantes du point
de vue du régime applicable. Ils ne sont pas soumis aux mêmes règles du droit.

Chapitre 2 L’administration d’Etat.


L’administration d’État se compose d’une administration centrale et d’une
administration locale qui n’est que son prolongement territorial. Cette administration locale
se compose des représentants de l’administration centrale au niveau local, il s’agit des
agents d’autorité et des services déconcentrés.

Section 1 L’administration centrale.

L’administration centrale se compose des organes centraux qui constituent ce qu’on


appelle le « pouvoir exécutif » et qui sont le Roi et le gouvernement. Leurs compétences
sont fixées principalement par la constitution.

6
§I Le Roi.

Depuis les premières constitutions du Maroc, le Roi occupe un poste de premier rang
dans le système politique marocain.

L’ensemble des constitutions du royaume, parmi lesquelles celle du juillet 2011,


confirment d’une manière lucide et sans équivoque que le « Maroc est une monarchie
constitutionnelle, démocratique, parlementaire et sociale.

Le Roi exerce ces attributions par dahir en vertu des pouvoirs qui lui sont
expressément dévolus par la présente constitution. Ces dahirs sont contresignés par le chef
du gouvernement sauf un certain nombre d’exceptions qui concernent des décisions qui, par
leur nature, ne relève que de lui, par exemple la nomination du chef de gouvernement ou
des ministres ou la nomination des magistrats.

En matière législative :

➢ le Roi promulgue les lois dans les trente jours qui suivent la transmission au
gouvernement de la loi définitivement adoptée (art.50). Le Roi peut demander
une nouvelle lecture pour n’importe quel projet ou proposition de loi (art.95).

➢ le Roi adresse des messages au parlement et présente son discours devant ses
deux chambres à l’occasion de l’ouverture de chaque première session de
chaque année législative (art.65) ;

➢ le Roi signe et ratifie des traités ;

➢ Le Roi peut également prendre l’initiative de présenter des projets de lois


organiques.

En tant que chef d’Etat, les prérogatives du Roi en matière du pouvoir exécutif se
résument comme suit :

➢ Le droit de nommer le chef du gouvernement et tous les membres du


gouvernement ainsi que de mettre fin aux fonctions du chef du gouvernement ou
d’un ou de plusieurs membres du gouvernement (art.47) à sa propre initiative ou
après consultation du chef du gouvernement.

➢ La présidence du conseil du ministre (art.48).

➢ La présidence du conseil supérieur de sécurité (art.54).

➢ La nomination aux emplois militaires et peut déléguer ce droit (art.53).

➢ L’accréditation des ambassadeurs auprès des puissances étrangères et des


organismes internationaux. Les ambassadeurs ou les représentants des
organismes internationaux sont accrédités auprès de Lui. (art. 55).

Les prérogatives juridictionnelles du Roi sont les suivantes :

➢ La présidence du conseil supérieur du pouvoir judiciaire (art. 115).

➢ L’exercice exclusif du droit de grâce (art.58).


7
➢ La nomination des juges suite à leur proposition par le conseil supérieur du
pouvoir judicaire et l’approbation de cette nomination par dahir (art.57).

Autres compétences exclusives pour le Roi sont à caractère religieux.

➢ Le Roi, Amir Al Mouminine, veille au respect de l'Islam. Il est le garant du libre


exercice des cultes. Il préside le Conseil supérieur des Oulémas, chargé de l'étude
des questions qu'il lui soumet.

➢ Le Roi exerce par dahirs les prérogatives religieuses inhérentes à l'institution


d'Imarat Al Mouminine qui Lui sont conférées de manière exclusive par le
présent article ».

Aussi, le Roi intervient dans le domaine règlementaire soit directement soit


indirectement.

Le dahir constitue le moyen direct pour prendre des mesures à caractère administratif de
portée générale. Ceci concerne en particulier trois domaines : la défense nationale, les
affaires religieuses et les droits et libertés3.

D’autre part, le Roi intervient indirectement en matière réglementaire / administrative.

§ II Le gouvernement.

La constitution marocaine du 29 juillet 2011 ouvre une nouvelle architecture du pouvoir


exécutif. Le titre IV avec ses huit articles (du 87 au 94) présentent les innovations relatives à
l’institution gouvernementale. Les principales innovations concernent le processus de
formation du gouvernement, les compétences gouvernementales et le nouveau rapport
entre le chef du gouvernement et les ministres.

Le Roi nomme le chef du gouvernement « au sein du parti politique arrivé en tête des
élections des membres de la chambre des représentants, et au vu, de leurs résultats » (art
47).

A. Le chef du gouvernement :

Il est le premier ministre et également le chef de l’Administration. Sa première


mission est l’exécution des lois en collaboration avec les autres ministres et sous sa
responsabilité.

- L’une des missions essentielles du chef du gouvernement concerne son pouvoir


de coordination des activités ministérielles pour assurer l’unité d’action et
l’harmonisation de la politique menée par les divers ministres. Il peut adresser
aux ministres des instructions à suivre dans un domaine déterminé. Il exerce
aussi un pouvoir d’arbitrage entre les ministres en cas de désaccords.

- Il préside un certain nombre d’organismes comme la présidence des conseils


d’administration des établissements publics nationaux ou régionaux à l’exclusion
des établissements publics communaux et les universités. Le conseil supérieur de

3
Harsi (Abdellah), 2006, « L’organisation administrative », REMALD n° 69, p. 69.

8
la promotion nationale et du plan. Le comité national de prévention des accidents
de la circulation…etc.
- Le Roi avait délégué au chef du gouvernement ses attributions en matière
d’administration de la défense nationale depuis la suppression du ministère de la
défense nationale en 1972.

B. Les ministres :

Ils ont une fonction politique et une fonction administrative. Par la fonction politique,
ils participent au travail du gouvernement et exercent les compétences attribuées par la
constitution.

Tandis que la fonction administrative consiste à ce que le ministre est chargé de


diriger son département ministériel, il est placé à la tête d’un ensemble de services, il exerce
le pouvoir hiérarchique sur les agents de son département comme les nominations dans ses
services, le pouvoir de promotion, des mutations pour raison de services, il a un pouvoir
disciplinaire et il gère également les crédits de son département.

Section 2 Les organes locaux de l’administration de l’Etat.

Ces organes sont implantés sur l’ensemble du territoire national représentant différents
services de l’administration d’Etat pour poursuivre l’action de l’administration décidée au
niveau central et l’exécution des décisions arrêtées au niveau central sur l’ensemble du
territoire national.

§I Les services déconcentrés ou (services extérieurs).

Les services déconcentrés se sont les délégations ayant pour objectif de représenter
le ministère sur le plan local et poursuivre les actions de la politique administrative centrale.
Le problème qui se pose est celui de la coordination ; autrement, quelle serait l’autorité
qualifiée de mener la coordination de l’activité des services extérieurs sur le plan provincial
ou préfectoral ?

Les services déconcentrés est une manifestation de la déconcentration administrative. Ils


sont les délégations préfectorales ou provinciales qui sont chargées dans la limite de leur
compétence territoriale de représenter le ministère sur le plan local. La mission principale
des services extérieurs est d’exercer les actions des ministères qu’ils représentent dans les
diverses provinces et préfectures du royaume.

La plupart des ministères ont des services extérieurs implantés en règle générale dans
chaque province ou préfecture. Concrètement, ce sont les différentes « délégations »
provinciales ou préfectorales qui permettent la réalisation de la déconcentration
administrative.

§ II Les agents d’autorités.

Les agents d’autorité sont des représentants du pouvoir central investis de compétence
générale à l’intérieur de leurs circonscriptions. Ces agents appartiennent à un corps de
fonctionnaires doté d’un statut particulier spécifique contenu dans le dahir n° 1-08-67 du 27

9
rejeb 1429 (31 juillet 2008) relatif au Corps des agents d'autorité selon lequel on subdivise le
corps des agents d’autorité en quatre catégories :

L’agent d’autorité a été défini comme « le représentant de l’Etat et du pouvoir exécutif


au niveau des différentes divisions territoriales administratives du pays. Il dispose d’un
pouvoir général d’intervention qui lui permet d’accomplir ses tâches d’administration
générale de contrôle politique et de maintien de l’ordre public.

« Les nominations aux différents grades dans les cadres de gouverneurs, de


pachas et de caïds sont prononcées par dahir. Les propositions y afférentes sont soumises à
la Haute appréciation de Notre Majesté par le ministre de l'intérieur. La nomination aux
grades de khalifas de caïds est déléguée au ministre de l'intérieur4. »

Chapitre 3 L’administration locale décentralisée : les collectivités territoriales.

Les collectivités territoriales sont dotées de la personnalité juridique, qui les


distingue les unes des autres comme elle les distingue de l’Etat et elles bénéficient d’un
statut de décentralisation, c’est-à-dire d’autonomie de gestion.

C’est dans la constitution que se trouvent les bases constitutionnelles de la


décentralisation (constitution de 1962, 1972,1992, 1996, 2011) l’article 135 de l’actuelle
constitution énonce que les collectivités territoriales du Royaume sont les régions, les
préfectures, les provinces et les communes.

Elles constituent des personnes morales de droit public, qui gèrent


démocratiquement leurs affaires5.

La nouvelle constitution marocaine a bien précisé dans ses articles 136 et 140 les
principes de base de l’organisation territoriale, celle-ci repose sur les principes de libre
administration, de coopération et de solidarité et de subsidiarité.

-Le principe de libre administration : principe garanti par la constitution, permet à la


collectivité une gestion autonome de ses affaires conformément au principe institutionnel
selon lequel aucune collectivité ne peut exercer de tutelle sur une autre, les collectivités

4
L’article 3 du Dahir n° 1-08-67 du 27 rejeb 1429 (31 juillet 2008)

5
Voir constitution du Royaume promulguée par dahir n°1-11-91 du 27 chaabane 1432(29 juillet 2011).

10
territoriales disposent d’un espace de liberté dans lequel elles peuvent agir avec des organes
propres élus et des moyens financiers adéquats pour que la gestion soit effective.

- Le principe de coopération et de solidarité :

Sa majesté le roi Mohamed 6 n’a cessé d’encourager ce mouvement de coopération,


il a indiqué qu’il conviendrait de développer les synergies entre les collectivités publiques et
la société civile, par la mise en œuvre d’une méthode participative fondée sur des relations
contractuelles entre collectivités publiques et entre celles-ci et les associations
représentatives de la société civile.

-Le principe de subsidiarité.

Le principe de subsidiarité est une règle d’organisation des sociétés démocratiques


et participatives. Ce principe conduit naturellement à la précision des compétences de
chaque collectivité pour éviter au maximum les empiètements de pouvoir d’une collectivité
sur une autre.

Section 1 La région.

Les régions sont expressément citées au nombre des collectivités territoriales visées
par l’article 135 de la nouvelle constitution du 29 juillet 2011.

Quant aux missions des régions, la loi organique sur l’organisation régionale précise
que « En application des dispositions de l’article 143 de la constitution, la région assure un
rôle prééminent par rapport aux autres collectivités territoriales dans l’élaboration,
l’exécution et le suivi des programmes de développement régional et des schémas régionaux
d’aménagement du territoire, dans le respect des compétences propres des autres
collectivités territoriales».

La gestion par la région de ses affaires repose sur le principe de libre administration,
en vertu duquel chaque région dispose, dans la limite de ses compétences prévues dans le
titre 2 de la présente loi organique, du pouvoir de délibérer de manière démocratique et du
pouvoir d’exécuter ses délibérations et ses décisions, conformèrent aux dispositions de la
présente loi organique et des textes législatifs et réglementaires pris pour son application.

11
Pour pouvoir exercer convenablement leur mission, les régions disposent comme les
autres collectivités territoriales d’organes propres délibérants (le conseil régional) et sont
soumises au contrôle administratif de l’Etat.

§I Le conseil régional.

La région, collectivité territoriale dotée de la personnalité morale et de l’autonomie


administrative et financière gère démocratiquement, selon l’article 135 de la constitution,
leurs affaires grâce à un conseil élu dans les conditions déterminées par la loi.

A. Organisation et fonctionnement du conseil régional.

a) L’organisation du conseil régional.

Les affaires de la région sont gérées par un conseil dont les membres sont élus au
suffrage universel direct conformément aux dispositions de la loi organique n° 59-11 relative
à l’élection des membres des conseils des collectivités territoriales6,pour un mondât de six
ans.

Le conseil régional est élu pour six est constitué du bureau, de commissions
permanentes (Budgétaires et financière, Développement économique, social, culturel et
environnement, l’aménagement du territoire).

b) Le fonctionnement du conseil régional.

Le conseil régional se réunit obligatoirement trois fois par an, en session ordinaire
durant les mois de Mars, Juillet, Octobre, sur convocation de son président comportant
l’ordre du jour et envoyée au moins 7 jours avant la session. La durée de chaque session ne
peut excéder 15 jours consécutifs. Cette durée peut toutefois être prorogée une seule fois
par arrêté du président du conseil sans que cette prorogation ne dépasse 15 jours
consécutifs.

6
La loi organique n° 59-11 relative à l’élection des membres des conseils des collectivités territoriales,
promulguée par dahir n°1-11-173 du 24 hijria 1432 (21 novembre 2011).

12
Le conseil se réunit en session extraordinaire de plein droit lorsqu’il reçoit une
demande à cet effet de la part du wali de la région. La séance est tenue dans les dix jours à
compter de la date de la présentation de la demande7.

B. Les compétences de la région.

La région est chargée, à l’intérieur de son ressort territorial, des missions de


promotion du développement intégré et durable à travers son organisation, son
coordination et son suivi, notamment, par l’amélioration de l’attractivité de l’espace
territorial de la région et le renforcement de sa compétitivité économique, la bonne
utilisation des ressources naturelles, leur valorisations et leur préservation et l’amélioration
des capacités de gestion des ressources humaines et leur formation.

La région accomplit ses missions sous réserve des politiques et stratégies générales et
sectorielles de l’Etat dans ses domaines .Telles qu’elles sont prévues par la loi organique
relative à la région, les compétences de celle-ci sont de trois catégories : la région exerce des
compétences propres, des compétences partagées avec l’Etat et des compétences qui lui
sont transférées par ce dernier.

a) Les compétences propres.

La région exerce des compétences propres dans le domaine du développement


régional. Elle est chargée également de l’élaboration et du suivi de l’exécution du
programme de développement régional et du schéma régional de l’aménagement du
territoire.

b) Les compétences partagées avec l’Etat.

La région exerce les compétences partagées entre elle et l’Etat dans des domaines
variés concernant sur tout le développement économique, rural, social, environnemental,
culturel et touristique8 .

7
Article 40 de la loi organique de la région.
8 Article 91 de la même loi organique

13
c) Les compétences transférées par l’Etat.

La région exerce les compétences transférées à elle par l’Etat selon le principe de
subsidiarité concernant les domaines suivants :

- Les équipements et les infrastructures à dimension régional.


- L’industrie.
- La santé.
- Le commerce.
- L’enseignement.
- La culture.
- Le sport.
- L’énergie, l’eau et l’environnement.
Section 2 : La préfecture ou la province.

La préfecture ou la province est une collectivité territoriale dotée de la


personnalité morale et de l’autonomie financière. Elle a vu une modification très
importante par la loi organique 112-14 promulguée par dahir 1-15-84 du 7 juillet
2015 qui remplace la loi 79-00 du 3 octobre 2002 qui a abrogé à son tour le Dahir
du 12septembre 1963, relatif à l’organisation des préfectures et provinces.9

La préfecture ou la province gère ses propres affaires par l’intermédiaire


d’un organe délibérant (le conseil préfectoral ou provincial) et d’un organe exécutif
le président du conseil).

§I Le conseil préfectoral ou provincial.

L’étude du conseil préfectoral ou provincial nécessite qu’on examine son


organisation, son fonctionnement, ses compétences et ses attributions.

A. Organisation et fonctionnement du conseil préfectoral ou provincial.

La loi organique relative à la préfecture a consacré tout un titre (titre I) à


l’organisation et au fonctionnement des conseils des préfectures et des provinces.

9
V. Bulletin officiel n° 1-15-84 du 07/07/2015
v. Bulletin officiel n°5058 du 21/11/2002.

14
a) L’organisation du conseil préfectoral ou provincial.
Les affaires de la préfecture ou de la province sont gérées par un conseil
dont les membres sont élus au collège électoral formé des membres des conseils
communaux relevant de la préfecture ou de la province, au suffrage indirect selon
le système de scrutin de liste à la représentation proportionnelle suivant la règle
du plus fort reste pour une période de 6 ans 10.

Le conseil préfectoral et provincial peut constituer des commissions


provisoires pour examiner des questions déterminées. Les travaux de ces
commissions prennent fin par le dépôt de leur rapport au près du président du
conseil, celle-ci ne peuvent remplacer les commissions permanentes.

b) Le fonctionnement du conseil préfectoral ou provincial.


Le conseil préfectoral ou provincial se réunit obligatoirement trois fois par an, en
session ordinaire durant les mois de Janvier, Juin et septembre. Sur convocation de son
président comportant l’ordre du jour et envoyée au moins 7 jours avant la session. La
durée de chaque session ne peut excéder 15 jours consécutifs. Cette durée peut toutefois
être prorogée une seule fois par arrêté du président du conseil sans que cette prorogation
ne dépasse 15 jours consécutifs.
Des sessions extraordinaires du conseil préfectoral et provincial peuvent
avoir lieu, lorsque les circonstances l’exigent, sur convocation de son président, soit
à son initiative, ou à la demande du tiers au moins des membres du conseil. Cette
demande doit être accompagnée des questions à soumettre au conseil pour
délibération.

B. Les compétences de la préfecture ou la province.

La préfecture ou la province est chargée, à l’intérieur de son ressort


territorial, des missions de promotion du développement social notamment en
milieu rural de même que dans les espaces urbains. Ces missions concernent
également le renforcement de l’efficacité, de la mutualisation et de la coopération
entre les communes sises sur le territoire de la préfecture ou province.

a) Les compétences propres.

La préfecture ou la province exerce des compétences propres dans les


domaines suivants :

✓ Le transport scolaire dans le milieu rural ;


✓ La réalisation et l’entretien des pistes rurales ;

10
L’élection des membres du conseil préfectoral résulte de la loi organique n°59-11 relative à l’élection des
membres des conseils des collectivités territoriales promulguée par Dahir n° 1-11-173 du 21 novembre 2011

15
✓ La mise en place et l’exécution de programmes pour réduire la
pauvreté et la précarité ;
✓ Le diagnostic des besoins en matière de santé, logement,
d’enseignement, de la prévention et d’hygiène ;
✓ Le diagnostic des besoins en matière de culture et de sport..
✓ Mettre en place un programme de développement de la préfecture
ou la province et œuvre à son suivi, son actualisation et son
évaluation.
✓ Conclure des conventions avec les acteurs en dehors du Royaume et
recevoir des financements dans le même cadre après l’accord des
autorités publiques.

b) Les compétences partagées avec l’Etat.

La préfecture ou province exerce des compétences partagées entre elle et


l’Etat dans des domaines variés concernant sur tout le développement
économique, rural, social, environnemental, culturel et touristique .

✓ La mise à niveau du monde rural dans les domaines de santé, de


formation, des infrastructures et des équipements
✓ Le développement des zones montagneuses et oasiennes
✓ La contribution à l’alimentation du monde rural en eau potable et en
électricité.
✓ Les programmes de désenclavement du milieu rural
✓ La contribution à la réalisation et à l’entretien des routes provinciales.
✓ La mise à niveau sociale dans les domaines de l’éducation, de la santé,
du social et du sport.

Ces compétences partagées sont exercés par voie contractuelle, soit à


l’initiative de l’Etat ou sur demande de la préfecture ou province.

c) Les compétences transférées par l’Etat.

La préfecture ou la province exerce les compétences transférées à


elle par l’Etat, dans le domaine du développement social et à la réalisation et
l’entretien des petits et moyens ouvrages hydrauliques notamment en milieu rural.

16
Il faut souligner que tout transfert de compétences de l’Etat vers la
préfecture ou la province doit s’accompagner d’un transfert des ressources
nécessaires lui permettant l’exercice des dites compétences.11

C.
Les attributions du conseil de la préfecture ou la province et de son
président.
La nouvelle loi relative à la préfecture ou la province consacre un titre III
aux attributions du conseil et de son président.

a) Les attributions du conseil de la préfecture ou la province.


Selon l’article 91, le conseil de la préfecture ou la province règle par ses
délibérations les affaires faisant partie des compétences de la préfecture ou la
province et exerce des attributions concernant : Le développement et les services
publics, Les finances, la fiscalité et patrimoine de la préfecture ou la province, La
coopération et partenariat.

b)
Les attributions du président du conseil de la préfecture ou la
province.
Les attributions du président du conseil de la préfecture ou la province ont
connu un élargissement et une précision grâce à la constitution et la loi organique
n° 112-14 relative aux préfectures et provinces, a cet accroissement au profit des
élus, les pouvoirs des agents d’autorité (le gouverneur) ont subi une atténuation.

➢ Il préside le conseil et exécute les délibérations de celui-ci.


➢ il représente la préfecture ou la province en justice et dans tous les actes
de la vie civile et administrative.
➢ Il assure La gestion des services préfectoraux et provinciaux et de leur
personnel.
§ II Le contrôle administratif.

La loi limite ce contrôle à l’appréciation de la légalité des actes et a transféré


la compétence en la matière du gouverneur au tribunal administratif, seul à même
de procéder à l’annulation des actes illégaux.

Ce contrôle s’exerce à la fois sur les personnes et sur les actes.

Section 3 La commune.

L’article 135 de la constitution énonce que les collectivités territoriales du


Royaume sont les régions, les préfectures, les provinces et les communes. La
commune est donc l’un des niveaux de l’organisation territoriale du Royaume.

A l’heure actuelle les communes sont régies par la loi 113-14 promulguée par le
dahir N°1-15-85 du 7 juillet 2015.

11
Article 141 de la constitution de 2011

17
La loi organique de 2015 a bien précisé l’organisation, les
compétences, les ressources, les droits et les obligations des élus.

La commune comme les autres collectivités territoriales gère ses propres


affaires par l’intermédiaire d’un organe délibérant (conseil communal) et d’un
organe exécutif (le président du conseil) sous le contrôle administratif du ministère
de l’intérieur.

§I Le conseil communal.

L’étude du conseil communal nécessite qu’on examine son organisation,


son fonctionnement, ses compétences et ses attributions.

A. Organisation et fonctionnement du conseil de la commune.


La loi organique relative à la commune a consacré tout un titre (titre I) à
l’organisation et au fonctionnement des conseils communaux.

a) L’organisation du conseil communal.


Les affaires de la préfecture ou de la commune sont gérées par un conseil
communal dont les membres sont élus au suffrage universel direct pour une durée
de six ans dans les conditions prévues par la loi organique n°59-1 du 21 novembre
201112 modifiée par la loi organique n 34-15 du 2015.

Le conseil communal, élu pour six ans, est constitué du bureau, de


commissions permanentes, d’un secrétaire du conseil et d’un secrétaire adjoint.
Ainsi que les groupes pour les conseils à régime d’arrondissement.

b) Le fonctionnement du conseil communal.

Le conseil communal se réunit obligatoirement trois fois par an, en


session ordinaire durant les mois de février, mai et octobre. Sur convocation de son
président comportant l’ordre du jour et envoyée au moins 7 jours avant la session.
La durée de chaque session ne peut excéder 15 jours consécutifs. Cette durée peut
toutefois être prorogée une seule fois par arrêté du président du conseil sans que
cette prorogation ne dépasse 7jours ouvrable consécutifs.

Des sessions extraordinaires du conseil communal peuvent avoir lieu,


lorsque les circonstances l’exigent, sur convocation de son président, soit à son
initiative, ou à la demande du tiers au moins des membres du conseil. Cette

12
B.O. 2012, P.2426

18
demande doit être accompagnée des questions à soumettre au conseil pour
délibération.

B. Les compétences de la commune.


La commune est chargée, à l’intérieur de son ressort territorial, des services
de proximité aux citoyens. A cet effet, la commune exerce des compétences
propres, des compétences partagées avec l’Etat et les compétences qui lui sont
transférées par ce dernier.

a) Les compétences propres.

Ces compétences précisées par les articles 78 à 86 portent sur les domaines
suivants:

➢ Le plan d’action de la commune :


➢ Les services et équipements publics communaux :
➢ L’urbanisme et l’aménagement des territoires.
➢ La coopération internationale.

b) Les compétences partagées avec l’Etat.


Ces compétences partagées concernent :

✓ Le développement de l’économie locale et la promotion de l’emploi ;


✓ La préservation des spécificités du patrimoine culturel local et son
développement ;

c) Les compétences transférées par l’Etat.


Selon le principe constitutionnel de subsidiarité, l’Etat peut transférer aux
communes des domaines de compétences.

Le transfert peut porter sur les domaines suivants

✓ La protection et la restauration des monuments historiques et du


patrimoine culturel et la préservation des sites naturels.
✓ La création et l’entretien des équipements hydrauliques.

Il faut souligner que tout transfert de compétences de l’Etat vers la


commune doit s’accompagner d’un transfert des ressources nécessaires lui
permettant l’exercice des dites compétences.13

13
Article 141 de la constitution de 2011

19
C. Les attributions du conseil de la commune et de son
président.
Le conseil de la commune règle par ces délibérations les affaires de la
commune et exerce les attributions que la loi lui confère le président est l’organe
exécutif de la commune.

a) Les attributions du conseil communal.


Les attributions du conseil communal résultent d’abord de l’article 92 de la
loi organique 113-14 qui dispose que le conseil communal exerce les attributions
qui lui sont conférées par les dispositions de la présente loi organique. Le conseil
de la commune délibère sur :

➢ Les finances, la fiscalité et le patrimoine de la commune :


➢ les services et les équipements publics locaux :
➢ Le développement économique et social :
➢ L’urbanisme, la construction et l’aménagement du territoire :
➢ Les mesures sanitaires, l’hygiène et la protection de l’environnement :
➢ L’organisation de l’administration :

➢ La coopération et le partenariat :

b) Les attributions du président conseil communal.


Le président du conseil communal est selon l’article 94 de la présente loi est
l’autorité exécutive de la commune.

➢ Il exécute les délibérations du conseil et ces décisions et prend toutes les


mesures nécessaires à cet effet :
➢ présente la commune en justice.
➢ Il gère les services communaux et de leur personnel
➢ Il exerce la police administrative communale.

§ II Le contrôle administratif.

Ce contrôle s’exerce à la fois sur les personne et sur les actes.

Le contrôle sur les personnes s’exerce sur :

✓ les membres du conseil pris individuellement,


✓ le président et les vice-présidents du conseil,
✓ le conseil communal dans son ensemble.

20
Sont nulles de plein droit, les délibérations et les arrêtés ne faisant pas
partie des attributions du conseil de la commune ou de son président. Le tribunal
administratif statue sur la demande de nullité après sa saisine, a tout moment, par
le gouverneur ou son intérimaire.

D. Les groupements des collectivités territoriales.

Il convient de préciser que la loi 113-14 permet aux communes de


constituer avec une ou plusieurs régions ou avec une ou plusieurs préfectures ou
provinces, en vertu de conventions approuvées par les conseils des collectivités
territoriales concernées des groupements dotés de la personnalité morale et
d’autonomie financière, pour la réalisation d’une œuvre commune ou pour la
gestion d’un service d’intérêt général pour le groupement.

La création d’un groupement des collectivités territoriales ou l’adhésion


d’une commune audit groupement est annoncée par arrêté de l’autorité
gouvernementale chargé de l’intérieur au vu des délibérations concordantes des
conseils des collectivités territoriales concernées

Section 4 Les communes soumises au régime d’arrondissement.

La nouvelle loi organique 113-14 a réservé le titre VI au système des


arrondissements selon l'article 216 les communes de (Casablanca, Rabat, Tanger,
Marrakech, Fès et Salé) sont soumises aux Règles applicables aux communes sous
réserve des dispositions propres aux communes divisées en arrondissement.

Des arrondissements dépourvus de la personnalité morale, sont créés dans


ces communes mais disposent d'une autonomie administrative et financière.

§I Le conseil d’arrondissement

L'étude du conseil d'arrondissement nécessite qu'on examine sa


composition son fonctionnement et des attributions.

A. La composition du conseil d’arrondissement.


Le conseil d'arrondissement est composé de deux catégories de membre
; les membres du conseil de la commune élus dans l'arrondissement et Les
conseillers d'arrondissement. Le nombre des conseillers d'arrondissement est le
double de celui des membres du conseil de la commune élus dans
l'arrondissement, sans toutefois le pouvoir d'être inférieur à 10 ni supérieur à 20

21
B. L’organisation Organisation et fonctionnement du conseil de
d’arrondissement.
Le conseil d'arrondissement dispose comme le conseil communal d'un
bureau qui se compose d'un président et des vice-présidents plus de trois et moins
du 1/5 des membres du conseil d'arrondissement.

Les conseils d'arrondissement sont de même autorisés à créer trois


commissions permanentes consacrées aux affaires financières et économiques, aux
affaires sociales et culturelles et la troisième aux affaires d'urbanisme et
d'environnement.

Le conseil d'arrondissement se réunit obligatoirement sur convocation de


son président en 3 sessions ordinaires par an en mois de (Janvier, Juin, Septembre).

C. Les attributions du conseil d’arrondissement.


Le conseil d’arrondissement exerce, pour le compte du conseil de la
commune et sous sa responsabilité et son contrôle, les attributions suivantes :

✓ Il examine et vote le compte des dépenses sur dotations.


✓ Il décide de l’affectation des crédits qui lui sont attribué par le conseil de
la commune.
✓ Il examine et vote les propositions d’investissement qui sont soumises au
conseil de la commune.
✓ Il veille sur la gestion, la conservation et l’entretien des biens du domaine
public ou privé,
✓ il mène en accord et avec le soutien des conseils de la commune toute
action de nature à promouvoir le sport, la culture et les programmes
destinés à l’enfance, à la femme, aux handicapés ou aux personnes en
difficulté;
✓ Il participe à la mobilisation sociale, à l’encouragement des mouvements
associatifs.
✓ Il installe des équipements et se charge du programme d’aménagement
d’entretien et des modes de gestions des dites équipements lorsqu’ils
sont principalement destinés aux habitants de l’arrondissement (halles et
marchés, parcs, squares, jardin publics et espace verts).
§ II Le président du conseil d’arrondissement.

Le président du conseil d’arrondissement exécute les délibérations du conseil


d’arrondissement et prend les mesures nécessaires à cet effet et assure le contrôle de leur
exécution.

Le président du conseil d’arrondissement peut aussi prendre des mesures


individuelles de police administrative dans les domaines suivants :

22
✓ La réception des déclarations relatives à l’exercice des activités
commerciales et artisanales non réglementés ;
✓ La réception des déclarations relatives à l’ouverture des établissements
insalubres, incommodes ou dangereux classés conformément à la
législation endiguer en troisième catégorie.

Le président de l’arrondissement est chargé de la gestion de la carrière


professionnelle des ressources humaines en activité dans l’administration de
l’arrondissement.

§ III Le régime financier des conseils d’arrondissement.

Le législateur a doté les conseils d’arrondissements d’un régime financier particulier


qui regroupe à la fois l’autonomie financière fard conseil d’arrondissement et en même
temps d’éviter de porter atteinte à l’unité budgétaire de la commune. Les arrondissements
ne disposent pas d’un budget propre autonome. Ils sont dépourvus, de la personnalité
juridique. Mais leurs recettes sont constituées d’une dotation globale a attribuée a
l’arrondissement pour l’exercice de ses attributions. La dotation globale constitue une
dépense obligatoire pour la commune. Le montant total de la dotation globale destinée aux
arrondissements est fixé par le conseil de la commune.
Le total des dotations globales au profit des arrondissements de la commune ne doit
pas être inférieur à 10% du budget de la commune.
Les recettes et les dépenses de fonctionnement de chaque arrondissement sont
inscrites par leur montant total au budget de la commune et détaillées dans document “le
compte de Dépenses sur dotations”. Les comptes de l’arrondissement sont annexes au
budget de la commune.
Les propositions de dépenses d’investissement approuvées par les conseils
d’arrondissement sont examinées par le conseil communal qui arrête par arrondissement le
programme d’investissement et les projets d’équipement.
Le conseil de la commune examine les propositions d’investissement approuvées par
les conseils d’arrondissements et arrête par arrondissement le programme d’investissement
et les programmes d’équipement.
Le président du conseil d’arrondissement et l’ordonnateur des recettes et des
dépenses du compte de dépenses sur dotations.
En plus de ces moyens financiers l’article 260 de la présente loi impose au conseil
communal de mettre à la disposition des conseils d’arrondissement des biens meubles et
immeubles nécessaires à l’exercice des ses attributions. Ces biens meubles et immeubles
demeurent propriété de la commune qui conserve tous les droits et assure toutes les
obligations attachées à la propriété de ces biens.
En ce qui concerne le personnel de l’arrondissement, il est composé d’agent et de
fonctionnaires de la commune qui leur sont affectés par le conseil communal pour l’exercice
de ses attributions qui lui sont conférées par la Présente loi organique. Leur nombre et leur
répartition par catégorie d’emplois sont déterminés par le président de la commune en

23
accord avec le président du Conseil de l’arrondissement. En cas de désaccord c’est le conseil
de la commune qui décide, c’est le président du conseil communal qui prend, à cet effet, les
mesures individuelles d’affectation des fonctionnaires de la commune au près du président
Du conseil d’arrondissement. Il est mis fin à l’affectation des agents de la commune auprès
de l’arrondissement dans les mêmes formes après approbation du président du conseil de
l’arrondissement.

24
Bibliographie sélective

I. Ouvrages

-Aufert (M) , Hervé (E) ,Meny (Y), La déconcentration , Paris , A. Colin , 1971.

- BENOIT (E.P), << Le droit administratif français >>, Paris, LGDJ ,1980.

-Bernard (P)-L’Etat et la décentralisation, Paris, La Doc . Française, 1983.

-Bendour (O) ,Le pouvoir exécutif au Maroc ,Publisud,1986 .

-Bremard (F) , L’organisation régionale du Maroc , I.H.E.M. tone XXVIL,L.G.D.j.,Paris

1949 , 397 P .

-Benjelloun (A) ,Cours de droit administratif , l’organisation administrative , AL Maârif,

Rabat ,1978 ( 1ére éd ) , 197 P .

-Cherkaoui (A) – le contrôle de l’Etat sur la commune , Rabat , Ed .La porte, 1968,P :115 .

-Cherkaoui (A) , le contrôle de l’Etat sur la commune , Université Mohammed V,publications

De la faculté des sciences juridiques, économiques et sociales de Rabat , n 20 , 1986 , 136 P.

-DELAUBADERE(A) ,<<traité de droit administratif >>, Paris , LGDJ, (en arabe ).

-DEBAASCH (Ch),<< institution et droit administratif>>, Paris , PUF,T. 1, 1976 .

-Delvolve (p) , -Le droit administratif , Paris , dalloz, 1994.

-De Laubadére (A), Claude Venezia (J), Gaudmet ,(J),Traité de droit administratif, Paris ,

L.D.G.J. 1992.

-Dalil , (M) , démocratie participative et développement local au Maroc , REMALD, coll


Manuels et travaux universitaires , n 73 , 2011.

-DEMICHEL (A) : Droit administratif , essai de reflexion théorique , LDGJ , 1978 .

-DESOTO (L) :Droit administratif , Ed .Monchrestien , 1981.

-DUGUIt (L) : traité de droit constitutionnel , 3 éme Ed , T.III .

Eddahbi (A), institution administratives, Casablanca , 1994 .

-Eisenmann (Ch)- Cours de droit administratif, Paris,L.G.D.J. 1982.

25
-El Yaagoubi (M) , le droit administratif marocain , Rabat , 1987 , tome 1 , 207 p , tome 2
1992.

-Harsi (A), L’organisation administratif , REMALD, 2006.

-Lahbabi (M) –Le gouvernement marocain à l’aube du XXéme siécle ,Rabat , Paris,
L.G.D.J.(nouvelle édition ), 1958.

-Laubardére (A.de), les réformes du pouvoirs publics au Maroc , L.G.D.J. , Paris 1949,

99 P.

-Laubardére (A,de), traité de droit administratif , tome 1,2d ., L.G.D.J,Paris , 1980 , 833 P.

-Martine Lombard , Gilles dumont , Droit administratif ,5 éme Ed, Dalloz, 2003.

-Ouazzani-Chahdi (H) , droit administratif , 3 éme éditions , 2003 .

-René Chapus , Droit administratif général, Tome 1 , 4éme éditions,Paris , 1988.

-Rousset (M) , la Démocratie local au Maroc , coll .confluences , Rabat , 2004, 182 P.

-Rousset (M) et Jean Garagnon , droit administratif marocain, REMAD, 2017.

-Rivero (J) et Waline (J) Droit administratif , Paris ,Précis , dalloz , 1992.

-Waline (M) – Précis de droit administratif , paris , Ed, Montchrestien , 1969.

II. Thèses et mémoires


-Basri (D) , << L’agent d’autorité>>, mémoire D.E.S., coll .Faculté des sciences juridiques,
Rabat,1975.

-Chraibi (S) , L’administration local décentralisée dans les pays du maghreb (Maroc –Algérie-
Tunisie ) , memD.E.S. en Sc . politiques, Fac .de droit de casablanca , dec . 1983, 358 P.

-El.Mhamdi (A) ; La coordination de L’administration centrale , thèse, Paris , II 1982.

-Eddahbi(A) , La gouverneur dans le cadre de l’organisation administrative actuelle du


royaume du Maroc , mem , D.E.S., Sc politique , Fac.de droit de Casablanca , 1980.

III. ARTICLES.
-Aouchar (A), << La région historique dans l’histoire du Maroc >>, Revue Maroc-Europe, n 4 ,
1993, P.33, éd La Porte.

-Baldous (A) , <<La réforme communale au Maroc ( dahir du


30/09/1970)>>A.A.N.,1977,P.283.
26
-Chambergeat (P), <<Observation sur le régime électoral marocain >>, Annuaire de l’Afrique
du Nord , 1966,P,99.

-Basri (D), La politique de la décentralisation au Marocin Edification d’un Etat moderne-le


Maroc de Hassan II , ouv. Collectif, Paris , A. Michel, 1986, P : 117.

-Benabdallah ( Abdelaziz ) , L’organisation administrative au Marocdepuis trois siécle , Rev .


des affaires administratives , n 1, janvier 1983, P : 13 .

-Brahimi (M) , Ladéconcentration et la décentralisation au Maroc, Réalités , Cohabitation


synergique ou conflictuelle , Rev .marocain des finacespubliques et d’économie, 1992 n ,
8 ;P73.

-Birouk (M), <<Rationalisation des structureset bonne gouvernance >>, REMALD, n 34 , 2000,

-De la démission du président du conseil communal par les deux tiers , REMALD ,n 11, 1995,

-Brousky (L) , La déconcentration, ses mécanismes et ses limites , Rev . marocaine des finaces
publiques d’économie , 1992, n 8 , P : 69 .

-Debbacsh ( ch), Le droit administratif , droit dérogation au droit commun ? in , Mel . René
Chapus, droit administratif , Paris , Ed . Montchrestien, 1992, P :127 .

-Rousset(M), <<La décentralisation marocaine :réflexions pour un bilan >>, in L’Etat et les
collectivités locales au Maroc , Press I.E.P. de Toulouse et sochepress , 1989, P, 173.

-Rousset (M) <<,La décentralisation régionale au Maroc : une avancée significative>>, in la


Gestion déconcentrée des investissements , REMALD , coll. Textes et documents , n 66, 2002,
P. 17 .

IV- Documents divers


-Bulletin Officiel du Royaume de 1956 à 2015.

-Recueil des textes fixant les attributions et l’organisation des différents départements
ministériels (services centraux et extérieurs), secrétariat d’Etat aux affaires administratives,
1982.

-Rapport de la délégation marocaine au colloque des E.N.A. du Maghreb , Rabat , 1972( La


Gestion des entreprises publiques).

-Statut des agents d’autorité de 2008.

27