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Les études de cas

Chapter · September 2018

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Pierre-Jean Barlatier
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Les études de cas

Pierre-Jean Barlatier

Résumé
La méthodologie de l’étude de cas est une méthodologie de recherche très prisée en sciences
sociales, utilisée pour étudier des phénomènes complexes nouveaux en situation réelle ou
étendre les connaissances sur des phénomènes déjà investigués. Les études de cas apportent
ainsi une analyse détaillée et en profondeur sur un nombre limité de sujets. L’objectif de ce
chapitre est d’apporter un regard éclairé sur cette méthode pour les chercheurs-managers
candidats au DBA qui envisagent d’utiliser l’étude de cas dans leur recherche, en expliquant
pourquoi et comment utiliser cette méthodologie et en en exposant les avantages et
inconvénients. Pour cela nous nous appuyons sur les travaux de chercheurs renommés comme
Yin (2003, 2009) ou Stake (1995) pour leurs techniques et recommandations sur la
méthodologie de l’étude de cas.

Mots-clés: Etude de cas, méthodologie, recherche qualitative, design de recherche, courant


épistémologique
INTRODUCTION

La méthodologie de l’étude de cas est une méthodologie de recherche mobilisée pour étudier
des phénomènes en situation réelle, qu’ils soient nouveaux et/ou complexes ou bien pour
étendre les connaissances sur des phénomènes déjà investigués. Les études de cas apportent
ainsi une analyse détaillée et en profondeur sur un nombre limité de sujets.

Cependant, elle fait souvent l’objet de critiques concernant la généralisation des résultats
obtenus en raison du faible nombre de cas étudiés, ou encore sur le manque d’objectivité des
chercheurs qui biaiserait les résultats. Pour autant elle reste une méthode très utilisée par les
chercheurs en sciences sociales qui publient des études de cas avec tout le soin et la rigueur
scientifique requise.

L’objectif de ce chapitre est d’apporter un regard éclairé sur cette méthode pour les
chercheurs-managers candidats au DBA qui envisagent d’utiliser l’étude de cas pour leur
recherche. Nous abordons tour-à-tour les questions fondamentales suivantes : En quoi
consiste cette méthode ; Pourquoi et comment l’utiliser ; Comment bien choisir ses cas ;
Quelles sont les différentes typologies de catégories de cas ; Pourquoi opter pour un design de
recherche d’étude de cas simple ou multiples ; Puis finir en en exposant les avantages et
inconvénients. Pour cela, nous mettons en exergue les techniques et recommandations issues
des travaux sur la méthodologie de l’étude de cas de chercheurs renommés comme Yin (2003,
2009) ou Stake (1995).

1. QU’EST-CE-QUE LA METHODE DES ETUDES DE CAS ?

L’étude de cas est une approche méthodologique qui vise systématiquement la collecte
suffisante d’informations sur une personne, un événement ou un système social (groupe
d’individus ou organisation) afin de permettre au chercheur de comprendre comment celui-ci
fonctionne ou se comporte en situation réelle (Berg, 2000). Les études de cas rigoureuses
permettent aux chercheurs d’explorer ou de décrire un phénomène dans son contexte en
utilisant diverses sources de données. Ainsi, les études de cas peuvent s’intéresser à un
individu, un groupe, ou une organisation, par la collecte et l’analyse de récits de vie, de
documents écrits, de biographies, d’interviews, ou encore d’observation participante qui
servent à la déconstruction et à l’inhérente reconstruction du ou des phénomènes complexes
étudiés (Yin, 2003).

De ce fait l’étude de cas n’est pas une technique de collecte de données en soi, mais une
approche méthodologique qui s’accommode d’un certain nombre de dispositifs de collecte de
données. Quelles que soient la ou les techniques de recueil employées, les informations
collectées sont en général riches et détaillées.

La méthode des études de cas est aussi considérée comme design de recherche « naturaliste »
(Lincoln et Guba, 1985), le plus souvent de nature qualitative, en contraste aux designs de
recherche « expérimentaux » où les chercheurs ont un contrôle sur l’environnement et/ou les
variables (comme les essais cliniques en laboratoires), alors que les études de cas s’intéressent
à des phénomènes en situation réelle et non contrôlés.

La méthode de l’étude de cas est une méthode de recherche éprouvée et ancienne, notamment
dans les domaines de la médecine ou des sciences sociales comme la psychologie, où les
patients sont étudiés cas par cas. En sciences de gestion et des organisations, il est important
d’éviter toute confusion entre l’approche pédagogique par les études de cas initiée par la
Harvard Business School dès les années 1920, qui sont généralement utilisées afin d’aider les
étudiants à mieux appréhender les théories et concepts à la lumière de cas concrets et
pratiques ; et la méthodologie de recherche de l’étude de cas.

2. POURQUOI UTILISER LA METHODE DE L’ETUDE DE CAS ?

Selon Yin (2003, 2009) la méthode de l’étude de cas peut être utilisée afin d’expliquer, de
décrire ou d’explorer des évènements ou des phénomènes dans leur contexte réel. C’est une
approche différente de celle des designs expérimentaux contrôlés où les chercheurs testent des
hypothèses en conditions cliniques de laboratoire, qui leur permettent de manipuler
l’environnement délibérément. Selon Yin (2003, 2009), le recours à la méthode de l’étude de
cas est pertinente lorsque certaines conditions sont réunies :

- L’étude doit répondre à des questions de recherche du type « quoi », « comment »


et « pourquoi » ;
- Le chercheur ne peut pas manipuler le comportement des informants impliqués
dans l’étude ;
- Le chercheur traite des facteurs contextuels du phénomène étudié qui semblent
pertinents ;
- Les limites entre le phénomène étudié et son contexte ne sont pas claires.

Siggelkow (2007) distingue quant à lui trois grands usages de la méthodologie des études de
cas : (i) la motivation d’étudier une question de recherche importante à la lueur d’un cas
particulièrement intéressant ; (ii) l’inspiration de nouvelles idées générées par l’immersion
dans un cas riche grâce à une approche inductive ; et (iii) l’illustration d’une théorie par un
cas à valeur ajoutée, qui va apporter de nouveaux éclairages.

La méthode des études de cas peut être appréhendée de différentes manières en fonction de
l’approche épistémologique pertinente. Il existe traditionnellement deux grands courants
épistémologiques de la méthode des études de cas en sciences sociales (et a fortiori en
sciences de gestion et des organisations).

La première est proposée par des auteurs comme Stake (1995) et Merriam (2009) et se situe
dans un paradigme socio-constructiviste ou interprétatif, où le chercheur a une interaction
personnelle avec le cas. Ici, l’étude de cas est développée dans une relation entre le chercheur
et ses informants, et est présentée de manière à inviter le lecteur à rejoindre cette interaction
dans la découverte du cas (Stake, 1995).

La seconde approche développée par des auteurs comme Yin (2003 ; 2009) ou Eisenhardt
(1989) s’inscrit davantage dans un paradigme post-positiviste, qui implique le développement
d’un protocole d’étude soigné et qui considère avec attention la validité des résultats obtenus
et ses éventuels biais. En général cette approche implique un construit conceptuel préalable
et/ou une phase exploratoire ou pilote et assure que tous les éléments du cas soient décrits et
analysés convenablement.

Pour autant, les chercheurs tenants de ces deux principaux courants ont contribué ensemble à
développer la popularité de la méthode des études de cas et des principes qui caractérisent
cette méthodologie. Pour une revue détaillée des différentes approches épistémologiques
mobilisées par les études de cas nous invitons le lecteur à consulter l’article d’Avenier et
Thomas (2015).

3. COMMENT BIEN CHOISIR SON OU SES CAS ?

Il est primordial de pouvoir formuler une question de recherche convaincante au regard de


l’état des connaissances sur le thème, avec une première appréciation des enjeux théoriques
mais surtout managériaux pour un candidat en DBA, et de vérifier la pertinence du ou des cas
envers ce thème. Chaque cas doit être clairement défini, dans sa nature, son espace et son
temps, ce qui signifie que le périmètre temporel (début et fin du cas) et spatial (zone
géographique, organisation, groupe social, etc…) ainsi que les types de données et les
priorités et difficultés relatives à la collecte et l’analyse de données doivent être connus afin
d’opter pour l’approche méthodologique appropriée. Le Tableau 1 détaille quelques éléments
proposés par Stake (1995) qui peuvent servir à évaluer la pertinence et l’adéquation du cas à
la problématique de recherche retenue.

Communication Clarté : Est-ce qu’on comprend bien le cas ?


Intégrité : Est-ce que ses composantes s’assemblent bien ?
Attrait : Est-ce que cela pique l’intérêt du lecteur ?
Contenu Le cas : Est-il adéquatement défini ?
La problématique : Est-ce que les principales questions de recherche
sont bien identifiées ?
Les données : Est-ce qu’il y a suffisamment de sources de données ?
Méthode Sélection des cas : La stratégie de sélection est-elle raisonnable ?
Collecte des données : Est-ce que les activités de collecte de données
sont abordées ?
Validation : Existe-t-il un besoin ou des opportunités de triangulation
des données ?
Aspects pratiques Accès : Est-ce que toutes les conditions sont réunies pour commencer la
collecte sur le terrain ?
Confidentialité : Quelle est la sensibilité à la protection de l’anonymat ?
Coûts : Est-ce que les estimations en temps et en ressources sont
raisonnables ?
Tableau 1. Evaluation de la pertinence du cas proposé (adapté de Stake, 1995)
4. QUELLES SONT LES DIFFERENTES CATEGORIES D’ETUDES DE CAS ?

Il existe différentes catégories d’études de cas dont le choix va être guidé par la nature de la
question de recherche et le périmètre de l’étude. Les typologies les plus utilisées sont
probablement celles de Yin (2003, 2009) et Stake (1995), qui sont résumées dans le Tableau
2 :

Yin (2003, 2009)


Explicatif (explanatory) Descriptif (descriptive) Exploratoire (exploratory)
Etude de cas qui adresse une Etude de cas utilisée pour Etude de cas qui explore un
problématique visant décrire un phénomène et son phénomène représentant un
l’explication de liens causaux contexte. point d’intérêt pour le
présumés entre phénomènes chercheur et qui vise la
complexes. découverte de nouvelles
causalités et/ou résultats.
Stake (1995)
Intrinsèque (intrinsic) Instrumental (instrumental) Collectif (collective)
Approche qui vise tout Approche qui vise Approche qui implique
d’abord une meilleure essentiellement à résoudre un l’étude de plusieurs cas
compréhension du problème ou contribuer à la simultanément ou
phénomène incarné dans le théorie. Ici le cas est un séquentiellement, afin de
cas, pour un cas particulier ou accessoire, un instrument qui produire des résultats
unique pour le chercheur, sert un objectif supérieur. généralisables à une plus
sans chercher a priori à en Evidemment, le cas doit être grande population.
généraliser les résultats analysé avec la rigueur
(même si cela peut nécessaire mais il sert avant
représenter une option selon tout à la poursuite d’un
Stake). intérêt externe au cas lui-
même.
Tableau 2. Les différentes catégories d’étude de cas selon Yin (2003 ; 2009) et Stake
(1995)
5. LE DESIGN DE LA RECHERCHE : ETUDE DE CAS SIMPLE OU ETUDE DE CAS
MULTIPLES ?

Au-delà des différentes catégories d’étude de cas, le chercheur doit choisir entre un design de
recherche avec un cas unique ou comportant plusieurs études de cas. A l’évidence, le choix
d’une catégorie propre au design de la recherche va conditionner le nombre de cas à
investiguer. Il est certain que s’intéresser à un cas exploratoire unique implique un design de
recherche comportant un seul cas alors qu’il est plus approprié (et prudent) d’étudier plusieurs
cas lorsque l’objectif de la recherche est davantage la compréhension d’un phénomène qui
vise à être généralisé. La sélection d’un ou plusieurs cas est un élément clé de la recherche. Le
choix du design d’une étude de cas simple se justifie par différentes raisons (Yin ; 2009) :

(a) l’étude d’un cas critique, pour éprouver une théorie par exemple ;
(b) d’un cas unique ou extrême, si rare qu’il mérite d’être analysé et connu ;
(c) d’un cas représentatif ou typique, qui peuvent être informatifs sur des situations
communes ;
(d) d’un cas révélateur, qui donne ainsi l’opportunité d’observer et d’analyser un
phénomène préalablement inaccessible ; et enfin :
(e) d’un cas longitudinal, qui étudie l’évolution d’un phénomène sur plusieurs
périodes de temps.

Selon Yin (2009) ce sont les cinq principales raisons de sélectionner une étude de cas simple,
outre l’étude de cas pilote, préalable à d’autres investigations, qui ne constitue pas une étude
achevée en soi.

De plus, une étude de cas simple peut être soit holistique (holistic) et comprendre une seule
unité d’analyse, soit comprendre plusieurs unités d’analyse encastrées (embedded). Par
exemple, une étude de cas peut s’intéresser à une industrie (comme le secteur automobile,
l’énergie ou l’environnement…), ainsi qu’à une ou plusieurs entreprises de cette industrie
(Renault, Engie, etc.). Ce type d’étude de cas implique donc deux niveaux d’analyse et accroît
par conséquent la complexité et la quantité de données à collecter et analyser. L’analyse dans
ce design de recherche peut porter sur les sous-unités étudiées séparément (dans notre
exemple différentes entreprises d’une même industrie), ou encore effectuer des comparaisons
entre ces sous-unités.
Cependant, un même travail de recherche peut contenir plusieurs études de cas. Il s’agit alors
d’un design d’étude de cas multiples. Ces designs de recherche sont de plus en plus fréquents
mais requièrent davantage de temps et de travail. Une étude de cas multiples comprend
comme unités d’analyse plusieurs cas individuels qui peuvent être soit des cas holistiques soit
des cas encastrés. Pour Yin (2009), l’usage d’étude de cas multiples doit suivre une logique de
réplication (replication) et non pas d’échantillonnage statistique, et chaque cas doit être
soigneusement sélectionné à cette fin. Les cas ainsi choisis doivent conduire à des résultats
soit similaires (réplication littérale) soit contrastés mais pour des raisons préalablement
connues (réplication théorique). Chaque cas est ainsi traité comme une expérimentation à part
entière. La figure 1 ci-dessous expose ces différents designs de recherche :

Figure 1. Les différents designs de recherche d’étude de cas selon Yin (2009)

6. AVANTAGES ET INCONVENIENTS DES ETUDES DE CAS

La méthode de l’étude de cas présente un certain nombre d’avantages et points forts pour un
manager-chercheur.
Premièrement, la collecte et l’examen des données s’effectuent la plupart du temps au plus
proche du terrain, c’est à dire au cœur du phénomène étudié. Cela permet d’avoir un accès
privilégié à des données riches, en contexte réel, ce qui contraste avec l’approche
expérimentale de laboratoire qui se concentre sur l’examen d’un nombre limité de variables.
Ainsi, cette méthodologie est particulièrement appropriée pour l’analyse de phénomènes
complexes, en situation réelle, qui ne pourraient être correctement analysées par les méthodes
expérimentales cliniques.

Deuxièmement, même si l’on associe le plus souvent la méthodologie de l’étude de cas à une
stratégie de recherche qualitative, celle-ci permet d’utiliser des méthodes de traitement de
données qualitatives et/ou quantitatives (voir Partie 3 de cet ouvrage : Analyser les données
du terrain, ainsi que Miles et al., 2014).

En dépit de ses qualités, la méthodologie de l’étude de cas fait également l’objet de certaines
critiques et pièges à éviter.

Une première grande critique envers la méthode concerne la généralisation scientifique des
résultats. En effet, étant donné que selon cette méthode la création de connaissances porte sur
une seule ou quelques unités d’analyse, comment alors prétendre à une généralisation des
résultats ? Selon Eisenhardt (1989) et Yin (2003, 2009) les résultats issus de cette méthode
peuvent prétendre à une généralisation théorique ou analytique des résultats, c’est-à-dire de
généraliser un ensemble de résultats envers une théorie plus large, ou encore la formulation de
nouvelles théories qui ne prétendent pas au statut de théories « universelles » mais plus
modestes, relatives à une population spécifique (Eisenhardt, 1989). En revanche il n’est pas
question ici de généralisation statistique, comme celle que l’on trouve dans les résultats issus
d’analyses statistiques de questionnaires qui visent une représentation fidèle d’une population
sur une base d’échantillonnage adéquate.

Une seconde critique généralement adressée à la méthode des études de cas est celle d’un
manque de rigueur souvent reproché, sur base de résultats équivoques ou biaisés.

Une troisième difficulté inhérente à la méthode de l’étude de cas est liée à la quantité de
données collectées à traiter, notamment dans le cas d’études de cas longitudinales ou
ethnographiques, ou encore dans les études de cas multiples. Cette difficulté survient lorsque
les données ne sont pas systématiquement gérées et organisées par le chercheur qui se
retrouve dans une situation de saturation vis-à-vis du volume de données à analyser. Ce
volume de données, conjugué avec les restrictions de temps et ressources, peuvent
négativement impacter la profondeur et la finesse de l’analyse. Cela met en évidence
l’importance pour le chercheur de résister à la tentation d’accumuler le plus de données
possible sans réfléchir au temps adéquat à consacrer à l’analyse et à l’interprétation des
résultats issus des données.

En guise de synthèse, nous proposons le tableau suivant, issu des travaux de Stake (1995), qui
expose les principaux écueils et les actions requises pour les éviter ou les atténuer.

Principaux écueils Solutions ou actions atténuantes


Sélection/conceptualisation de mauvais Approfondir les connaissances théoriques et
cas conduisant à un manque de empiriques sur le thème, justifier les choix faits
généralisations théoriques
Collecte d’un volume trop important de Aligner la collecte de données avec la question de
données non pertinentes ou insuffisant recherche, en restant flexible et ouvert sur d’autres
pistes à explorer
Définir/circonscrire le(s) cas Se concentrer sur les liens des composantes du cas
(temps et/ou espace), être clair sur ce qui est en
dehors du cas
Manque de rigueur Triangulation, validation des répondants, utilisation
d’un échantillonnage théorique, transparence du
processus de conduite de la recherche
Problèmes éthiques ou moraux Anonymisation des informants afin d’éviter toute
identification, consentement des participants
Intégration avec le cadre théorique Permettre l’émergence de pistes de recherche
inattendues, ne pas forcer l’adéquation, vérifier les
explications préliminaires, être clair et cohérent
avec l’orientation épistémologique choisie
Tableau 3. Les principaux écueils et solutions ou actions atténuantes selon Stake (1995)
CONCLUSION

La méthodologie de l’étude de cas permet d’étudier de manière scientifique un phénomène


singulier ou complexe dans son contexte réel, en répondant aux questions du type
« pourquoi ? » et « comment ? ». Elle permet de collecter des données variées et de les faire
analytiquement converger pour mettre en valeur les enseignements du ou des cas. Ce n’est pas
une méthode de recherche uniquement portée sur l’exploration d’un phénomène mais sur une
meilleure compréhension des comportements des sujets étudiés.

C’est une méthode de recherche naturellement proche du terrain, et donc de ce fait


particulièrement appropriée et prisée des chercheurs-managers candidats au DBA. En général
le chercheur-manager qui opte pour cette méthodologie de recherche pour son travail de DBA
va bénéficier de son accès privilégié à des données issues du terrain mais risque probablement
de connaître davantage de difficultés d’objectivité et de prise de recul sur la pratique.

Pour réaliser une « bonne » étude de cas il n’est pas seulement nécessaire de faire preuve de
rigueur scientifique, mais d’apporter un éclairage théorique et managérial nouveau, capable de
provoquer un échange intellectuel, de changer la manière actuelle de penser le phénomène
étudié. Et en ce sens, la double compétence des chercheurs-managers est un atout majeur pour
cela.

Travaux cités par l’auteur


Avenier, M.-J., & Thomas, C., (2015), Finding one’s way around various methodological
guidelines for doing rigorous case studies: a comparison of four epistemological frameworks,
Systèmes d’Information et Management, vol. 20, n°1, p. 61-98.
Berg, B.L., (2000), Qualitative Research Methods for the Social Sciences 4th Ed. Allyn &
Bacon.
Eisenhardt, K.M., (1989), Building theories from case study research, Academy of
Management Review, vol. 14, n°4, p. 532-550.
Lincoln, Y., & Guba, E., (1985), Naturalistic inquiry. Newbury Park: Sage Publications.
Merriam, S.B. (2009), Qualitative research: A guide to design and implementation. San
Francisco, CA: John Wiley & Sons.
Miles, M.B., Huberman, & A.M., Saldaña, J., (2014), Qualitative Data Analysis, A Methods
Sourcebook, 3rd Ed. London, Sage Publications.
Stake, R.E., (1995), The Art of Case Study Research. London: Sage Publications.
Siggelkow, N., (2007), Persuasion with case studies, Academy of Management Journal, vol.
50, n°1, p. 20-24.
Yin, R.K., (2003), Case Study Research, Design and Methods. 3rd Ed. London: Sage
Publications.
Yin, R.K., (2009), Case Study Research, Design and Methods. 4th Ed. London: Sage
Publications.

Autres références bibliographiques

Dumez, H., (2016), Méthodologie de la recherche qualitative. Les questions clés de la


démarche de recherche compréhensive (2nde éd.), Paris, Vuibert.
Ouvrage francophone de référence sur le design de la recherche qualitative en management.

Eisenhardt, K.M. & Graebner, M.E. (2007), Theory building from cases: Opportunities and
challenges, Academy of Management Journal, vol. 50, n°1, p. 25-32.
Dans cet article les auteurs exposent une série de recommandations pour définir un design de
recherche rigoureux d’études de cas.

Gioia, D.A., Corley, K.G., & Hamilton, A.L. (2012), Seeking qualitative rigor in inductive
research: Notes on the Gioia methodology, Organizational Research Methods, vol. 1, p. 15-
31.
Dans cet article les auteurs proposent une méthodologie de structure d’analyse de données
qualitatives rigoureuse qui permet de renforcer la fiabilité de la recherche effectuée selon une
approche inductive.

Ragin, C.C. (1987), The Comparative Method: Moving Beyond Qualitative and Quantitative
Strategies, Berkeley/Los Angeles/London: University of California Press.
Ouvrage fondateur de la méthode d’analyse qualitative comparative (QCA - Qualitative
Comparative Analysis)

Thiétart, R.-A. (dir.), (2014), Méthodes de recherche en management (4ème éd.), Paris, Dunod.
Ouvrage francophone de référence sur le design de la recherche en management.

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