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Un peuple oublié jusqu’à nos jours, comme une.

oasis dans le désert, sur les frontières de F Eu­


rope et de FAsie, sans force sur son territoire, sans
influence sur sa propre mer, vassal de ses voisins,
semblait une preuve nouvelle ajoutée à tant d au­
tres, que l’oppression de F homme par l’homme est
une loi de l’espece humaine. Ce peuple commence
à se lever, possédé du besoin de sa nationalité. Il
n’obéit pointa l’instinct sauvage qui précipite une
11

horde barbare sur une civilisa on : il ne fait que


suivre le mouvement providentiel de régénérai ion
qui soulève d’autres peuples. La Moldo-Valaehie
est travaillée comme l'Europe , et cette agitation,
dont nous ne discutons ni les causes, ni les ellcts.
est, à nos yeux, le présage infaillible du réveil des
nationalités.

Les études que nous publions aujourd’hui sur un


point de l'Europe, ne sont, que le specimen dun
ouvrage plus étendu sur d’autres peuples placés
dans une situation semblable ou même identique.
Notre seul but pour le moment est de incit re la di­
plomatie sur la voie des améliorations que F intérêt
de la France recommande à notre cabinet. Nous
avons surtout été préoccupé du besoin qu’elle a de
se créer des alliés sincères : ces alliés sont les na­
tions opprimées de l’Europe. Elle peut d’un coup
d’œil assurer leur existence, et les élever, comme
un boulevard, contre la puissance qui seule peut la
menacer. Impatient de voir la Moldo-Valachie
sortir enfin de cette fluctuation d’idées qui la pa­
ralyse, de ces fausses tendances de civilisation où
elle se traîne, de cette somnolence naturelle qui
suspend les mouvements du cœur ; j iai cru voit■ le
remède, et j eu appelle à I opinion publique.
1 A la vue Htefit d’hi.milia.ons et de souffi^

f on du wmis a gr iue connues de


m ronsr<enCC m’| fai[ Uil devoir
”J W !* ** encore p°ur d'aulres J
DE L’ÊT.AT PRÉSENT
ET DE £ AVENIR
Irai tï'o i» » "q d iï'.j-' 911131

ET DE \

GHAPITI JE I". .nMMin<


Stadath . jr-d'i-; (jf 4e ta Moldavie

- i +
La Valachtc-s. si Uîéeeuir •* k 41 * et le /.p'degré
de latitude sejîimimonale, et entre le 4”» jp et
le 45e degré tp de lungitudc orientale du méridien
de Par• is.
La Moldavi• <•■ comprise rit re le 4æ degré
24J et 48° 5o de latitude nord et entre le 2* e de­
gré 5o' et 47° 55' degré de longitude est.
La Val a chie, y compris les 88 ries du Danube,
idi d'une étend ••.• ■ -• ■ 81 lie ries carrées : les mon-
lagiicJ, i;685; ül nins. LW ■ i-aux, 49'
Ou par une autre diAL •• 1L champs et pralHes
3,a5o ; bois, 1,53g ; marais. <58 ; vignes, Si : ro­
chers et sables , ro lieues (t).

•L t ' Statistique fuir •- pur ks Ru at*$ m 18


t
La Moldavie offre une superficie de 800 lieues
carrées.
La Valachie est bornée par la Transylvanie, le
Danube et la Moldavie.
La principauté de Moldavie est bornée par la
Bessarabié et la Pologne, par la Valachie, la Tran -
svlvanie et la Buchovine , qui , jadis Moldave ,
est entrée sous le domination de l'empire d'Au­
triche en 1770. La Bessarabie, la plus belle province
de la principauté moldave, a été envahie, en 1812 „
par les Russes. Cette usurpation éloigne moine», -
tanément les Moldaves de la mer Noire et du
Dniester.
La Valachie s'élève par degrés depuis les im-
tueuses plaines du Danube, qui n’ont près de ce
fl-nve qu’une élévation moyenne de i5 mètres au -
dessus du niveau de la mer, jusqu’à la hauteur de
2,687 métrés, élévation du mont Pariugon dans les
Carpàtes. Bukarcst est à 77 mètres, Ploestit à 141 ,
Tergovitz à 262 mètres (1).
Les points les plus élevés de la Moldavie sont
Retyezàt, 7,800; Szurnl, 7,122; et Butschetsch
8.160 au-dessus ■de la■ mer

Noire

('2À
v '

vières. — Les principales rivières de ces deux


principautés, outre le Danube, sont : pour la Vala­
chie, Gio, Otho, Ardgich, Dimbovitza, Yalornttca
pour la Moldavie, le Pruth et le Ser th.

1) Statistique russe.
■2 iiudiint ntum p/>y rapiti# nitrdar., Jè V erna u.
1 . •
Ces rivières doivent être canalisées. Ces pays
oui aussi beaucoup de lacs.
.olljl'û * - IȚq
•9 Jm jO O ’i.î Aoô
Ea^.c minérales. — Les deux principautés sont,
riches en eaux minérales de toutes sortes. Jusqu'à
présent, on compte déjà plus de qosourcesen Vala-
chic, et ou peut citer en Moldavie, Borkn, Siringa,
Slauik,
Cinq rivières en Vaiachic roulent îles paillettes
d’or. La Bistriza, en Moldavie. Dans les montagnes
de Moutchedlo , Argis , Dimbovitza , Sa'koeni ,
Gorge, on trouve de l’or, de l’argent, du cuivre,
du fer, du mercure, du bitume, du soufre , dit
charbon de terre ; maison n’exploite pas ces mines.
On ne travaille qu’aux salines qui sont situées dans
les districts de Sakoeni, Prakova, Voutcha. Ces
memes produits se trouvent eu Moldavie, ainsi que
le "ondmn, la cire fossile, le charbon de terre, la
chaux, le nître. Le nître même y est meilleur.
. ,. x i! /ïw
* àôl * xffSKÔcnà'i'ji ’inod *>. llj

Régne végétal. Forêts. — On trouve en Vala-


ehie et eu Moldavie des forêts immenses dont on
rire pour l'exportation une grande quantité de
douvesj de bois de construction et de • mâts. On re­
cherche principalement pour la marine les mats
des forêts de la Hàuté-Môkluv’ié ; les districts de
Piatra , de Fahitzeni , fonrnissént une immense
quantité de bois de sapin qui sont dirigés sur la
mer Noire. Jusqu’à présent, ces bois, à Constanti­
nople, passaient pour des produits de la Russie ; le
Montagnes. — Les principautés sc divisent cn
pi ys plat vers le Danube; pays du milieu vers
Plocsti et Jassy; pays de montagnes vers les Car-
ptifes. Tous les cours d’eau se dirigent vers le i'>a■
uube, nui les rend à la mer Aoire.
■Vu(êorr/ogic. — I c froid s’élève quelquefois
iisqu’â 26 degrés; l'automne est la saison des pluies.
La ch.ilcurtiit plein jour est très grande en clé;
'■> nuits sont toujours fraîches. La neige tombe
ivre dmndancc; le traînage dure près de 4 mois,
1oJ;..ÿ/dz‘e. f.—- Les principales maladies en Valu­
rine m Moldavie sont les lièvres interiiiilteiites et
les maladies scrofuleuses. Les maladies véué-
iieinieș, depuis l’occupalion des Russes, avaient
plis un caractère si grave, que Je gouvernement se.
(,r.juva dans la nécessité de. faire établir des hôpi­
taux dans les campagnes. Ou compte en Value hic
7 ii ôpitaux. , dont deux pour les militaires; 4 entre­
tenus par l’Etat sur des revenus de fondation. La
■n-1 ii cesse Brancovan vient d'établir, à Bu dm rest, un
nouvel hospice; eu Moldavie, 2 liôpiiaux à Jassy.
il existe une éphoric des hôpitaux.
En Valachîe comme eu Moldavie, a quelques
exe.eplions pres, les médecins sont venus de la haute
\lkmagtic et de la Hongrie; ils n’ont obtenu de
di,dômes qu'à condition de tic pas exercer dans
leur pays. Toutefois, le gouvernement a établi,
dans les deux capitules, des médecins par quartier ;
un par chaque district. Ils sont principalement
— G —
chargés de vacciner les enfants et de veiller à l’état
similaire de leur arrondisse ment, 11 y a aussi quel­
ques sages-lei unies.
Le peuple roumain croit encore aux sortilèges,
et dans les maladies, il s'adresse aux sorcières , la
plupart bohémiennes, et donne volontiers sa con­
fiance aux plus vieilles.
Depuis l’inondation de juillet 1857 cl 1833, les
fièvres endémiques, qui avaient disparu de la. con­
trée, sont revenues avec des caractères très graves.
La Moldavie possède une seule quarantaine, a
Galalz, sur le Danube. La Valacltie, au contr. ''
en a 13; 4 de ire classe, 4 de -u>; .j de 3*. Depuis
que les quarantaines ont été établies , après le
traite d’Andrinople, on n’a jamais entendu parler
de peste dans les deux principautés; et pourtant
de l’autre côté du Danube , des ravages effrayants
avaient eu lieu il y a quinze mois. Ou 11c saurait
donner trop d’éloges à la milice, à scs oiKci ers ,
aux 36.,ooo familles des villages militaires valaqucs
qui ont ainsi préservé l’Europe.
Les tremblements de terre y sont décennaux *
très sensibles eu Valaebie. Les armes de la Molda­
vie sont une tète de bmuf; celles de la Valacliie con­
sistaient autrefois dans une aigle à deux têtes, qui
tenait une croix dans le hcc; on Ta convertie en
corbeau, et maintenant elle est redevenue aigle à
une seule tête.
; iDiFibup wi ftnpubtMn atw Jifjo xnw - ,jl >ni»b
CHAPITRE ïï.

Division territoriale.

La Valachie se divise en 18 districts , g septen­


trionaux, 9 méridionaux.
La Moldavie se divise en i3 districts. Chaqu
district se subdivise eu arrondissements ou okoles
Ou en compte 64 en Moldavie, et eu Valachie 94
H y a, dans chaque district, un ispravnick on
préfet; un samiche ou receveur; un tribunal civii
composé d'un président, de deux juges; et en Mol
davie, un directeur de la police et une municipalii .
dans chaque ville principale de district. Les bourgs
ne sont, régis que par des espèces de commissions
muni ci pal es.
On trouve en Valachie 22 villes , 12 bourgs ,
3,590 villages , 69 monastères.
En Moldavie 122 monastères, 54 villes, 1910
villages. Subdî vision, 1096 campagnes de boyards.
2 s0 campagnes de monastères nationaux ; 160 de
monastères grecs ; 44> campagnes de petits pro­
priétaires; un domaine de T'Etat :okna ou salines) ;
29 monastères grecs ; go monastères indigènes ;
1778 églises.
—...8 —

CHAPITRE III.

Population

-Hôjq'ia 0 ,813111810 OI 113 3ziVlo 9® ûinOBil. / ȘJ


En Valachie, aussi bien qu’en Moldavie , on a
admis un système de classification des plus vicieux.
Le règlement, préparant en cela une incorporation
russe, accorde à chaque individu des privilèges ou
exige de lui. des charges selon sa classe.
r° Le corps du clergé , les nobles nés ou par­
venus, sous le nom de privilégies, sont exemptés
de toute charge pécuniaire, et jouissent des droits
politiques et civils.
2° La classe des contribuables privilégiés, qui
jouit. de quelques parties des droits politiques et de
tons les droits civils.
5° Viennent ensuite les contribuables villageois,
qui ne jouissent d’aucun droit politique.
4° Enfin, les individus qui ne jouissent pas
même des droits civils, les cigains en Valachie.
Ainsi les habitants des deux principautés sont
divisés en deux categories ■: ceux qui sont exempts
de toutes impositions, et ceux qui les supportent ,
divisés eu. quatre classes.
— 9
Le haut clergé et les privilégiés nobles ne sont
pas sonnû» aux peines corporelles ; ils ont dans la
convention d’Ackcrmann des garanties en faveur
de leur liberté individuelle.

Droits îles t insses civeiuptce.s île. toute in/ppsitioii.

Premiere classe.
U
IOüüi
Le clergé a de droit des députés à rassem­
blée ordinaire et extraordinaire. Les boyards
de tout rang sont , ainsi que leurs propriétés ,
exempts d’impositions. Ils sont libres d’exer-
cer tonte espece de commerce, sans être obligés
«l’obtenir une patente, appelés à remplir toutes

exempts de tonte imposition sont seuls électeurs et

/il gynzfua oc nb iioitc.imco ai


)i
Deuxième classe.

bres de ce Côrps sont exempts du logement mili­


taire.
Troisième classe.

Les droits politiques accordés aux petits nobles


et aux patentés sc bornent à envover aux assena-
— 10 —
o ic es ti uiecnoii du p nuce rni député de iem-
classe ; ceux d’entre eux qui sont soumis à Fiui-
pot et à la patente sont exempts de corvées. Les
petits nobles peu veut être reçus à Farinée comme
cadets ; au civil comme écrivains.
Les négociants peuvent encore être élus mem­
bres du tribunal de commerce, de la municipalité,
et faire recevoir leurs fils comme sous-oHiciers ou
cadets.
Les négociants paient une patente; ils sont di­
visés en trois classes : première classe, 24° piastres;
deuxième classe , 12° piastres ; troisième classe ,
6û piastres.
Les artisans sont divisés en boutiquiers . fabri­
cants et ouvriers. Us forment des corporations, et
paient : les propriétaires des grandes fabriques ,
120 piastres, petites fabriques, 8° ; boutiquiers,
5o ; leurs apprentis, 3o.
Les agriculteurs et laboureurs paient à F Etat
mie capitation de ?o piastres fixe. Obligés de tra­
vailler a la réparation des routes, des ponts oit se
trouvent établies les postes; ils contribuent au pa­
vage des villes. Eu Moldavie, assujettis à l’entretien
îles routes et des ponts sur les terres qu’ils cultivent *
ils contribuent seuls à l.a milice dans les deux
pays.
Les ci gains de F El al paient aussi une conlribu -­
lion fixe de 3o piastres par an , et travaillent six
iours aux travaux d’utiliié publique en Moldavie
— 11 —
Dans celle principauté seule, la coin nmiiauté Israé­
lite est fou mise à l'impôt et à 1a taxe.
Les domestiques et les cîgûins des particuliers
et îles boyards ne sont pas classés et ne paient
aucun impôt.
il est des colons qui ne paient qu’une demi
contribution.
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CHAPITRE IV.
Tableaux de la population raoltSo-ralaMția®

La Moldavie, quoique démembrée, surpasse en


population le nouvel Etat grec ; elle a d’ailleurs
une égale étendue. En i85ij cette population

i ,4 19, io5 âmes,


La population de la Valachie, eu i83i, était a
5 par famille, de 2,032,362 d’après la statistique
russe. En 183g, 2,402,027 âmes.
Total pour les deux principautés.

Valachie, 1839. 2,102,027


Moldavie, 1838 t >19,105

Total. . . . 3.821,132 Anes.

Dans les deux principautés ou ne fait. le recense­


ment que des classes contribuables tous les sept
ans. Lors de notre départ delà Moldavie, le tableau
n’était pas fini; je ne puis donner que celui de
1838. L’accroissement est très considérable.
moldavo;. — 1838,
Boyards titrés mon compris les employés.
Privilégiés Postelnizeis;........................
- 13 -
Prêtres. . , . . ................... ...................... . . . . ; 5.650
Chantres. . . ........ a . . . ...................... GH
Moines. . . . . ................... ... ...................... . . . , 1.580
Infirmes........................ ... Il ,101
Employés il’a près le règlement pour le set'vice rit-s
terre*. .......................... . . ............................... 17.033
Exempts de la contribution parce qu'ils oui servi. . 920
Soldats de la milice. ....................................................... i -.200
Pouipiees...................... . . . . . .......... iôu
■„Gendarmes ou sougitors. ............................................ t.200
Veuves, .................................... . . . , . . . . . . , 21,121
Total. des privilégiés et non contribuables . ... c,; >,

l.e recensement nouveau des cnnirilu i l -, démonta un


dixième en sus pour celte année.

Popu lat ion co ntribuablr.


Farriill o
Villageois........................ ...................... . . 1lO« if
Gens non établis, pâtres, bergers. ........ 11.519
Maziles . . . . . . . . . . . . . ....... 4.451
Rouplaclies, fils '■* prêtres.......................... 7.252
Rupte de Vestiai . (étrangers colons . 1.343
Emigrés, krysolubes qui ne- paient, pendant ans;
que 15 piastres à l’Etat et 15 au proprtéta j., 3.917
Végncirnitset maîtres qui paient .selon leur ph'.'it.. 10,81 2
Cigainî de la couronne. . . . . . 3.851
Juifs cabareticrs qui paient 60 piastres. lut
1.253
Gu ne tonnait pas le nombre des Juifs «pu ( . ,lH t ' âiito.
la taxe surla viande ci la volaille, ou leva | th, j GO.OW
On ne connaît ni le nombre des ci "anis des.
citliers ni celui des domestiques. On év
eigains - à; . . .... . . . . . .- .
120,001.
Enipl ives, dmiuMiques . religieuses, ('immg.-i s
dmdtts - divers . . ; ; . /.
1

Tub!f« u </« jirb itêÿiën, — ('Inypî,


-;i; i 31 ftl lUOțj 1 rties.
po| . ■■ à 5 jirtr fami H ■■ . . 3 < .520
Diacres........................... 9,010
Chantres.............................. 10.000
Moines, 3.000
Uel . usfiS
1.500-

.Vobi/jw.
ânu's,
Rovj-ds. à â p«VhtniW<i. . . 12.000
* ................... - ■ ■ -
Véamonrs. .
PoMclitiichcls. ■■'■■■
’* 29,425
-ils ■ ! e . ct po^ml-
nitciicls. . .................. • • * -

I ! J I 1 ]I. B F f. a 4Î
L ? 1 . zăfr'O^'i'] sO:
.'■ ; M •: 7 trS &ntrifntablfVt

”'!i) 1+ ' ttJ^LrrËuMj j

-b/ik- ■ fils d<3 Cf *

Patentés.................
Coplrîtluabks à piastres
Coalribuubks à demii ■ .
Colons. . ■ ■ .....................
dispensés plk k-î viliaf;us.
■ jigHÎTK do l’É'
Individus dnefS.....................
Total. . . . 1X2-7,215
15 —

Clapet inferieures qui ne panul rien.

iniei
Paysans dispensés par acte du
gouvernement......................... 890 , , ,
Dorobantez, .......................... , . . . . , 1,562
Milice.............................................. •.................. ’ ' 9.500
Exemptés par la milice.............. MO . . . 2.500
Bohémiens aux particuliers. . . 08,000 . . . 90,000
Domestiques, jardiniers, cochers,
cuisiniers................................................. 150,000
Veuves avec leurs familles. . , 37,3+7 . . . 1188,735
Sujets étrangers. ......................... 1,000 . , , 20,000
l'OTAt. . .
409,777
13 ttniilaoc

HJ1CJ Jo
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. — 16 —

CHAPITRE V.
> J’b ■■ : • , \ i- T
.
Finance
*

r "t.’/r- ’ il
* i •I in Cl k ’ :

Les principautés oui deux sortes de revenus.


H<; venu s directs ; cou tri buablcs ou patentés, ci gai ns
de l'Eiai, j ii ifs , col ou s el redevances des protégés
étrangers en Moldavie. Revenus indirects : la ferme -
des salines, les douanes, le droit de pacage des
bestiaux autrichiens, les domaines de l'Etat, l'ex­
porta lion du gros bétail, les îles du Danube , la
i axe des rangs et des procès , ci en Moldavie l’im­
pôt sur les revenus du clergé.
Ci-joint le résumé du bnd gei des recettes et des
dépenses.
/si
ullct - «omav E- — 1839.

*
Revenus dire s......................... ... 7,70-1,791
lteveii ns ii s, . . . .................2,764,418

I’otaï.............10,467,209

Z^jomi-s. — 1839.
Résumé. . /,{569,368

Réserve.............................................. 2,797,841
si vons ga r j au contre ies corvées, le
propriétaire e tes procès et Ia loi (le préemp­
tion. Aujoisrc ; tes pauvres contribuables et les
propriétaires en Valachic, par suite des abus d’au­
torité que permet le gouvernement immoral du
prince Ghika paient bien près de 40 à 5o,ooo,000
de piastres.
Les fermes des revenus indirects sont mises en
adjudication dans les assemblées ordinaires. Il
serait facile de sortir de cet état en imposant dans
les villes les propriétés immobilières, dans les cam­
pagnes les terres cultivées. Ce système dans un
pays dont le tiers est en friche, intéresserait le
gouvernement aux progrès de l’agriculture, et lui
interdirait l’abus des corvées, qui seul suffit pour
tarir celte.source de prospérité.
L’administration des finances forme un minis­
tère dans chacune des principautés j elle a , dans
chaque district, un receveur appelé samiche , au­
quel les paraalebes de villages et les starostes des
patentés apportent l’impôt qu’ils sont chargés de
percevoir.

* ’tV
19 —

CHAPITRE VE

Etat et ressources militaires.

L’armée moldo-valaque est organisée à l’instar


de l’'armée russe. Les officiers ne sont, pour la plu -
part, que des enfants de familles nobles , ignorants
et présomptueux. Les soldats sont roués de coups;
les verges jouent un grand rôle dans la discipline.
Les progrès sensibles, remarqués à l’époque de la
formation de la milice , donnent la mesure de l’in -
telligcuce des soldats vaîaqucs- Les généraux et les
Russes instructeurs étaient étonnés de les voir ar
bout de six à sept mois d’instruction manœuvrer
aussi bien que les régiments russes, et même avec
plus de souplesse.
Les chefs actuels des deux milices sont deux
boyards dévoués à l’autocrate, tous les deux fiers de
leur crédit. Ils n’entendent rien à rien , surtout à
Fart militaire. Le spathar, Constantin Gliika ,
frère du prince , est d’une urbanité excessive 5 il a
les manières de nos dandys ; mais d’ailleurs sans
talent, sans caractère, il est pétri de préjugés, tou­
jours content de lui-même. Scs exploits se bor-
n eut à quelques bonnes fortunes, et secampagnes,
à son service de cadet en Russie.
2.
— 20 —

Lrs colonels de régiments sont pour l’ordinaire


des étrangers ou des Busses que cette puissance a
laissés au moment de l'évacuation , et qu ’elle a
commandé aux princes de maintenir dans leur
grade. Le> indigènes, on en fait des aides de camp,
des majors , mais rarement des chefs de régiments,
à moins de bonnes preuves de dévouement au sou­
verain protecteur.
En Moldavii:, l'esprit delà milice est nul, parce
qu’elle est faible et peu nombreuse. L’officier et
le soldat sont abattus cl résignés. Le prince la né­
glige; depuis cinq ans qu’il règne, il n’a pas fait
une seule revue. 3iul encouragement, nulle 'distinc­
tion accordée au mérite. Les officiers servent cinq
ou six ans, dans le même rang, lorsqu’ils n’ont
pas d'autre protection que leur mérite et leurs sér­
iées ; s’ils ont des protecteurs, au bout de sept air,
ils sont faits colonels. Aussi les bons officiers se sont-
ils retirés; ils ont pris leur congé, ou bien ils se
sont attachés a l’état, major du prince, ou à celui du
hetman, en qualité d’aides de camp 11 y a tout au
plus dix bons officiers dans la milice moldave. Les
antres «onl des militaires i ^signifiants qui ne se raient
pas meme bons pour être bas officiers dans une ar­
mée bien organisée. Le soldat est su jet à toutes sortes
de vexations.Taiit qu’il sert, le capitaine de la com­
pagnie, confisque à sou profit la moitié de sa solde.
Quand il a fait son temps et reçu son congé ,
il est remis au département de l'intérieur, qui ne
— 21 —

lin permet de s’établir hors de sa commune, qu’a-


près avoir donné, comme caution, un homme qui
veuille répondre pour lui. En attendant qu'il l’ail
obtenue, il est enferme dans une maison de dé­
tention , avec les voleurs et les gens sans aveu.
Le chef de la milice moldave, Théodore Balscli
(helman ou ministre de la guerre), homme dé-
L- voué à la Russie, est maintenu dans ce poste par
FintLience du général Kisselef’, malgré le prince
Stourdza.
Les deux- principautés n’ont ni division d’artil­
lerie, ni corps de génie. Et pourtant tout l’avenir
de la Moldo-Valach îe est dans Farinée. Plus d’es­
poir d’indépendance, si ou ne se presse d'organiser
un corps d’officiers, si les Moldo-Vaiaques n’en­
trent ni dans le génie , ni dans l’état-major. Un
peuple qui est forcé de-se lier aux talents d’étraii
gers mercenaires pour briser scs fers, restera tou­
jours asservi. Point de forteresses, point de canons
dans les deux principautés ; tel est l’état d’humilia•
lion -et de servitude où la Russie les a laissée
Elles ne peuvent rester ainsi captives, soumises et
chargées de chaînes.
Les Russes ont lait une roule militaire dans 1$
deux pays , qui va de - Jassy à Silisirie par K; i-
larasche, Bouzeo , Foxchaue, c’est-à-dire qui tra­
verse toute la platue. Les Moldo-Valaques, eu cas
de guerre , pourraient , à l’exemple de leurs ai i-
cêtrcs, briller les villages sur les bords du Danube.
— 22 —

uHiimer les Russes , et se retirer derrière les défilés


imprenables des Karpates.
11 s'agit à présent d'examiner quelles sont les
ressources militaires de la Moldo-Valachie, soit
eu hommes, soit en munitions de vivres et de
guerre.
Les deux principautés moldo - valaques offrent
■e ressources militaires suivantes. Tous les villages
des bords du Danube, soumis au régime militaire»
souL de même organisés militairement pour le ser­
vice des quarantaines. Ou compte 36,obo familles.
La milice moldo - valaque a sur pied 6,ooohommes,
parfaitement équipés et armés , et d'après la loi du
service, 5,ooo hommes sont, à l’heure qu’il est-,
renvoyés dans leurs foyers. Ceci offre un effectif
bien exercé de i i,ooo hommes. Les cadres sont
dsposés de manière à s’élargir à volonté; 22,000
hommes peuvent être prêts dans deux ou trois
:uois. Observez que le recrutement ne pèse au­
; urd’hui que sur les villageois contribuables ; les
grands et les petits nobles, le clergé ’, les négo­
ciants, les artisans, manufacturiers, eigains, do-
mesltques, sont exempts du service. Les deux
prinei pau lés ont mi corps de cavalerie irrégulière,
ms le genre des Cosaques, nommés Dorobantzes
mi Slougilors. Cos cavaliers sont excellents, au
nombre de 5,600 d’une part et 1,200 de l’autre,
montes sur des chevaux du pays , en uniforme, ar­
més chacun d’une lance , d’une arme à feu • , d’un
pistolet attaché a la selle. Ainsi , eu sc contentant
— 23 —
pour le mumeut des hommes qui sont au service
dans les deux principautés , ou a un effectif de
62,800 hommes.
Les paysans, qui ne fournissent que deux hommes
sur 100 familles, ne pourraient-ils pas en fournir
quatre sur ce même nombre de familles ? Observez
ensuite que sur 3,8s 1,162 Times qui se trouvent
dans les deux principautés, 486,672 familles, ou
u,482,8 marnes, sontscules tenues de contribuer à k
milice, et que r ,338,3
2
* personnes sont exemptées.
Les deux provinces offrent encore des districts re
nommes pour leurs excellents soldats . tels que les
habitants de la petite Valachie, desquels on a tin ;
la fameuse bande des Pandours ; la Moldavie , les
dis trie L de Romano, Bakcou, jNiiunzo., Soutchava ,
Poudna.
Ces principautés, sans parler des ressources
qu'elles peuvent fournir en hôp’^uï, en finan­
ces, ont déjà, abstraction faite de ceux des parti­
culiers et des fermiers , 436,3-2 chariots attelés
chacun de deux bœufs au moins. Chaque paysan
contribuable possède cette petite fortune. D’un
autre côté, depuis Je règlement organique, des
greniers de réserve ont été établis dans les vill ages
de la Moldavie , chaque paysan est tenu de déposer
dans le grenier de réserve un demi-mer tze de maïs.
En Valachie, chaque paysan des montagnes doit
cinq bani lzas de maïs en épis à j.o ockes Je battit za
(Locke vaut 2 liv. cl demie).
— 24 —
Pays du milieu................ 7 bamtzas et demi.
Plaine........................... 10 hamizas.
Le millet, moitié.
Les magasins renferment la réserve de trois ans.
Juge» maintenant quelle armée il est facile d’en­
tretenir avec une aussi grande quantité de subsis­
tances, avec les immenses troupeaux de bœufs,
moutons, porcs, qui se trouvent dans les princi­
palii es. Les pâturages y sont si abondants, que les
'Cures les nommaient leur Pérou , cl qu’elles tfp-î
provisionnaient Constantinople.
—' 25 —

CHAPITRE vil
Gloire passée des Roumains.

Les Roumains (c’est le nom que les Moldo-Va-


ia pies aiment à prendre) étaient, au seizième siècle,
des peuples vraiment distingués. Les monuments
qui nous restent suliisent pour attester que celte
contrée était à cette époque le théâtre des pi us
beaux faits d’arme , et l’on peut dire avec un Rou­
main que ces peuples, depuis si longtemps malheu­
reux , ont les qualités rares et. précieuses qui leur
garantissent l’avenir; car, ce n’est point à des causes
intérieures qu’ils doivent leur servitude; ce sont
les circonstances extérieures qui se sont opposées
à leur indépendance politique, et les ont empêchés
deseremeti.re au niveau des grands Etats européens.
La population roumaine de la Bessarabie, de la
Transylvanie et des deux principautés, a beaucoup
d’analogie avec celle des Polonais. Elle est comme
eux la proie de trois grands empires.
Les Roumains furent de bonne heure sacrifiés
par la Turquie à l’Autriche, qui parait avoir encore
sur eux une arnère-pensée. Le principe d' utt pos-
sidelis. qui lui a valu le Banuat et la Transylvanie,
la facilité avec laquelle l’Autriche a usurpé la
Buckowmc, font qu’eîl e a toujours l’espoir d’anrt-
fcurq «sT ^'d jitTfi aâl Jii-Ttnall'mtz'n
— 26 —
ver à Galatz, et de remplacer les Russes à Souiina.
Mais la Russie^ dont la prépondérance est complète
dans ces conirces> ticva il les sauver des griffes de
la cour de Vienne, et les arracher à la Turquie. Elle
a d’abord fait décapiter ou destituer les princes
qui lui déplaisaient , et soutenu ceux qui la ser­
vaient ; ensuite elle a fait nommer tantôt à vie ,
tantôt fixer à sept ans la durée du règne des h os.
podars ; mais c’est surtout au moyen du règlement
organique qu’elle a fini par s’asseoir' envers et mal­
gré tons suc le territoîrg des Roumains.
Vous allons d'abord jeter les veux sur l’antique
gloire du peuple moldave.
C’est avec on sentiment de tristesse que V histo­
rien. de la Moldavie quitte les annales des temps
anciens pour venir aux siècles plus près de nous ;
son cœur est déchiré par le souvenir de la gloire
passée de son pays comparée à l "étal présent. Dans
notre histoire, les fleurs qui naissent sur le tombeau
de nos ancêtres sont plus lu-lles et plus fraîches que
celles qui croissent dans leséjnm "des vivants. Nous
avons extrait ce passage d’un discours prononcé,
le a- juillet 183*7, dans l’école départementale de
Hottin eti Bessarabie; il est adresse aux Russes et
aux Moldaves, qui, après avoir terminé leur cours
dans cette ville, ont passé au gymnase de la même
province, a Kicliencfîè par Alexandre Hydcü.np'bîc
moldave , épliore de cette école, et membré dé
plusieurs sociétés savantes. Nous allons extraire
tcxuiftllenieiit" les articles les plus saillants de ce
— 27 —

discours; c'est tom ce que nous avons dé tuîeux à


faire pour donner une idée juste de l’atiliquc gloire
de la Molda vit?.
« Maintenant, dit Féphore, que nous allons nous
séparer, nos derniers mots d’adieu seront les con­
seils tirés du premier livre des Machabées : «Sou-
vei’io-z-vous des hauts faits de nos ancêtres; forii-
fjz-vous l'esprit en les citant toujours , cl vous
deviendrez vous-mêmes glorieux dans la. mémoire
do vos descendants. » Eu interrogeant nos vieux
jouis , le lecteur impartial imnvera que si nous
n’avons pu atteindre ce degré d’existence publique
qui distingue les nations de l’Europe, ce n'est pas
à raispn de notre faiblesse iiitérictire , mais des
circonstances extérieures qui nous ont pressés de
i ouïes parts. L'histoire prouve que dans noire
zèle pour l’instrue. lion, nous n’avons jamais élé
les derniers en arrière , même dans les temps de
trouble les p lus m al heureux... Le prince Alexandre
le Bon établit, en j/or. à Sont cita va upe école de
dpoît, une école grecque, latine et slavunne, pour
le clergé, dans laquelle le métropolitain Thcrn liste
enseignait lui-même les doctrines de l'église grec­
que, Le prince Jacques le despote institua ensuite
à Cotuar, une université, avec une bibliothèque
publique, sous la direction du vice - chancelier
Xumcr et de deux savants célèbres, Gaspard Pon­
cer, gendre de Mdankt on et de Joachim. Ibcticc ,
professeur de mathématiques de Gracovie.
« Le prince Basile le Long, d’après le témoignage
— 28 —
de Ma losius, patriarche d'Antioche, etan l homme
le plus instruit de tous les princes et de tous les
personnages que le patriarche avait eu l’occasion
de connaître pendant un long voyage dans les con­
trées européennes de la communion grecque. 11
transporta l’école de droit de Soutclmva à Jassy,
sous le nom de Basilienne; fonda deux écoles de
théologie près les sièges épiscopaux, et deux écol-s
pour les langues slavoime et roumaine, près de l'ar­
chevêché de Jassy.
« Le prince Constantin Diicas, le plus savant hel­
léniste de son siècle, partisan déclaré de la philo­
sophie d'Aristote, est le premier qui ait fonde des
écoles primaires pour le peuple , près des églises
principales, dans tous les chefs-lieux de district;
celle de Hoitiii fut toujours plus florissante que les
autres, même sous le régime des Turcs. Son dernier
éphore a été l'évêque de Ilot tin Anlipliilœlius., qui
a public en langue roumaine une géographie uni­
verselle j et nti tableau chronologique des princes
de la Moldavie. Les cahiers, modèles de l'enseigne­
ment dans les écoles du quinzième et du seizième
siècle, sont parvenus jusqu’à nous; nous y voyons
les traces des profondes connaissances des profes­
seurs de cette époque, entre autres la loi ou la des­
cription du droit canonique écrite en slavon par
le grammairien Damien, et l’abrégé d’histoire
depuis le commencement du monde, trouvé dans
les manuscrits du religieux Jérémie.1
‘■■Bfcirnîo-irm-j fO'infi'b fBrttuJ nifltéf oatii tri oJ ••
_ 29 —
* Gcs exemples suffisent pour démontrer que nos
aïeux sont entrés des premiers dans les voies de la
civilisation; ils ont même précédé les nations
voisines ; les progrès ne furent point une affaire
d'emprunt à l'étranger, moins encore l’effet de la
protection de quelque grand potentat; c’est l’esprit
d'instruction inné des Moldaves, (pii d'un coup
(keil leur a fait entrevoir la lumière. D’après les
témoignages contemporains, l'impression des livres
était en Russie réputée un art impie, tandis qu'en
Moldavie on imprimait l'Ecriture-Sainte et les
livres de prières à l’usage du peuple. L’édition la
plus rare cl la plus ancienne c’est celle de l’Evan­
gile slavon, imprimé eu 15 < par le religieux Ma­
intins, vingt-deux ans après l’élablissemcuL de la
première imprimerie à Cracovic, taudis qu’au con­
tralto la plus antique trace d’une impression en
Russie date à peine de l’an i56ț.
La lutte religieuse que Luther avait établie en
Europe durait encore; ce grand réformateur avait
à peine annoncé que la langue de l’Eglise doit être
la langue du peuple, que les chrétiens doivent la
comprendre d’esprit cl de cœur, comme l’enfant
comprend la voix de sa mère, et la mèie le bégaie­
ment de son enfant, qu’en Moldavie la parole divine
était depuis longtemps précitée en paix dans nos
temples. Nous avons encore des sermons imprimés
en i5'3o et. iRj t ; la nouvelle loi en 1G84 , le livre
des cantiques en 1649, la loi des saints conciles
— 30 —

en i boa, et d'autres vieux mémoires. Quelques écri­


vains se sont trompés, lorsqu’ils ont prétendu que
le prince de Transylvanie, George Racotzzi , or­
donna le premier, dans la principauté, que la messe
fût dite en langue roumane; car avant lui, sous le
règne du prince Basile 1’AIbannis, depuis 1556, on
entendait à la métropole la messe dite en slavon ;
dans tome la contrée le peuple entendait la prière
dans la langue nationale.
«En Europe, on regardait comme un péché moinei
la pensée de s’occuper à corriger la traduction des
Septantcsou des Vulgates, tandis qu’en Moldavieon
traduisait la Bible sur le texte hébreu, parce qu’il
y avait dans la traduction grecque et latine beau­
coup de passages incompréhensibles, obscurs, à
double sens. Le plus ancien témoignage qui nous
soit resté de ce grand travail , c’est le livre des
Psaumes imprimé en roumain, à Belgrade, en 1561.
En Russie, comme on le sait, ou s’est aperçu de la
différence entre la traduction grecque et l’original
hébreu, seulement à peine depuis les commentaires
sur les psaumes, publiés avec la permission du synode
en i8i4, et depuis l’impression des psaumes russes,
publiés par la société biblique de cet empire. L’Eu­
rope avait à peine entrevu le besoin d’étudier les
langues orientales, et considérait un savant orien­
taliste comme un homme rare et d’un génie ex­
traordinaire , et déjà la Moldavie avait depuis long­
temps dans la ville de Hottin une bonne école pour
— 31 —
les langues arabe et turque, dans laquelle fut élevé
le grand Sobieski , frère du conquérant Jean III ,
célèbre roi de Pologne,
« La Russie a plus d'une fois appelé de notre pro­
vince à son service des employés habiles dans
l'administration , de bons calligraphes pour les
bulles d’or princières, des médecins, des ministres
’tfli culte divin. Lorsque le père de Pierre-Ie-Grand
voulut donner à son pays des lois , il demanda
conic de notre Code et de notre droit coutumier à
la Moldavie , et les lois qu'il avait empruntées re­
çurent le nom de sages et de chrétiennes. Je vais
vous citer quelques-uns des personnages illustres
de notre pays qui sc sont distingués dans l'en­
treprise delà civilisation des Russes : Pierre Movila,
fils du prince de Moldavie ; Simeon Movila, d’abord
guerrier distingué par scs victoires sous les murs
de Hotlin, ensuite métropolitain de Kieff, fonda le
premier en Russie une académie, célèbre encore
aujourd'hui sous le nom d’Académie spirituelle de
Kieff. Le savant religieux Paul Berinda , petit-fils
d’un prétendant au trône de Moldavie, connu sous
le nom de Kootenski, auteur du premier diction­
naire slavon-russc, est le premier qui ait posé les
fondements de la lexicographie slavonnc dont il
n'existait pas le moindre vestige j Nicolas Kirmel
Milesen, savant polyglotte, historien estimé de son
temps, qui fut envoyé de la part d'Alexis Micae-
lovitsch, ambassadeur cri Chine, fut le précepteur
de son fils Pierrc-lc-Grand , et si ce précepteur que
» — 32 —
Pierre a tant aime, eut l'art de lui inspirer des sen­
timents élevés, nous pouvons le citer avec orgueil
comme le maître qui a civilisé le héros qui a com­
mencé le grand œuvre de la civilisation de son
empire. Le prince Démétrius Cantemir, le conseil­
ler et le favori du czar Pierre, premier président
de F Académie des Sciences , qu'il avait fondée
d'après le plan de Leibnitz, et dont les ouvrages
ont une réputation européenne; son fds Antioclius
Camemir., le premier poêle de son siècle, et le
fondateur de la poésie russe, tous ces hommes cé­
lèbres qui ont fait honneur à l’humanité , jusqu'à
II érasthof, savant qu’on ne doit pas oublier dans
l’histoire de la civilisation russe, soit comme -écri­
vain , soit comme fondateur de ^Université de
Moscou; la Moldavie se fait gloire de les compter
au nombre de ses enfants. Elle jouit autrefois d’une
grande renommée, et rendit aux Etats voisins d’im­
menses services, mais les circonstances ne lui ont
jamais permis d'obtenir une indépendance ab­
solue. »
VaLACïhe. L'antique soleil d’Athènes cessa d’é­
clairer la Grèce et les contrées voisines soumises
à son empire, au milieu des invasions successives de
tant de peuples barbares qui mirent 'Europe en
lambeaux. Quelques rayons percèrent à travers les
ruines, et les monastères delaValachie, comme ceux
de la Moldavie, recueillirent les ouvrages précieux
de l’antiquité. S’ils n’étendirent pas la sphère de nos
, du moins iis en conservèrent le
dépôt- 11 s eurent toujours soin de cultiver Ies
langues savantes, el celles de i’Orient (> furent
jamais négligées. Les hommes de gémi! , les vrais
disciples des arts et des sciences, s .en rares dans
lessieclesde malheur; mais les héros ne ni anepien•
jamais. La Valachîe eu eut un grand nombre dont
la renommée est du domaine de Fhistoire ; ’a plu­
part sont très connus. Il nous sidhra de les indi qițer.
La mise eu scène de la poésie est celle qtû peut le
mieux faire apprécier ’< mérite.

Voici l’extrait d’tme pièci Jc i pii a été très


goûtée en V. daci , de s ténèbres de la
țiuit, le poi ile e st assis sur tes reines de T crgovitz,
aucienne capo > ! u . ctpauléj il mvoqueles
héros qui Font successive;.■ i habitée et défen­
due, et les propose pour modèles à leurs descen­
dants.

EXE SCIT St n LES RUINES ÜB TERGOVITZ.

« Ombres de nos aïeux, je no viens pas troubler vos cendres


mes mains ne sont point armées du glaive qui fut tant de fois
le vengeur do la Valachîe , et déposé sur voire cercueil; je
viens, dans le calme des nuits , tresser des guirlandes de
lauriers pour orner vos tombeaux, et je racontcà vos fils épris
de votre gloire les exploits qui ont fait votre renommée.
a Ces plaines m’ont rappelé vos succès , ces monts parlent
encore do vos victoires, et le ruisseau no cesse do me dire
que scs ondes furent teintes du sang de nos ennemis. Je le *
3

vois là devant moi tes héros de Kiiupp-lx»;;, 4' j ; lM-h (!
Bûcha test , il’lassy depuis Trajan et Nègre j usqu’àrus jours
terribles où les vestiges de noire grandeur se sont effacés. La
voix de Radou Nègre retentit au delà de ces montagnes,
tous les Roumains accourent pourl'aidcr à reconquérir le trône
de ses pères, et jurent de vaincre ou de mourir
« Mitsduéoa rassemblé ses phalanges guerrières , sa parole
s’est fait entendre, et Mourad vaincu su relire humilié. La
Va ,ac h iu est libre du Karpate à lister. LeDanube, témoin «h■
celte bitte glorieuse, a cru voir les Romains renaître sur se *
bonis , cl le Balkan a vu fuir les fils naguère si vains du crois­
sant, F-liiMf.-.n, ce héros de la Moldavie, digue émule dès preux,,
est un des premiers capitaines de son siècle; il venge son
pays, et les tyrans succombent à leur tour.
« Niamtz me présente J“ ces murs cette mère lacédùtiio-
n<cnno qui appelle son fdoo.i combat, et l’exhorte à revenit
avec ou sur son bouclier. I à , i«« étendards libres et
victorieux de Michel, le brave des braves. Sur scs pas triom■
pliants aceourent ces guerriers vrais enfants du, Capitole ,
Botidczcck inspire l'épouvante aux l iatars ; à scs pieds l’or­
gueilleux khan mord la poussière. Kalophiresk marche sur
ses traces et cueille dans les champs de l'honneur ses plus
beaux lauriers.
« L’autel s'écroule sous des coups redoublés; mais s’armant
de la croix , signé du triomphe , l'arkacsh ranime le. courage
de l’année, et devient le bras vengeur que Di,m même Sou­
tient. Le Danube engloutit ces hordes d’Ottomaus, et le Va­
inque , au pied de la croix élève un étendard trop longtemps
outragé. ! aigle roumaine prend sonessor au delà de ces monts
qui lui restent soumis ; elle urne de ■laurierssa double tète, tu
rien lie borne plus son vol impérieux.
«Edifices pompeux qu'uaieut élevés nos ancêtres, ô tour
d’où 1 miia vu tant de lois la vieloire couronner leurs exploits,
que, le éloquente ont pour moi vos antiques débris! La mousse
35
verdoyante, ce {{rănit écroulé , l'arbuste qui gémit au souffle
du vent qui te balance, me parlent gloire et liberté. Ces sou­
venirs confus d’uno antique nature, le sourd gémissement dés
vents , héros, ce sont vos noms que le fleuve du temps répète
dans ces vieux monuments. »
3A

C HALI IUL VU !
ADcleaies jiuHtutioni

Les peuples dont la monarchie était héréditaire **


se sont maintenus au rang des mations; mais ceux
qui avaient adopté la forme élective, et donné par
cela même une trop forte part à l'aristocratie ont
disparu , et sont in eo» porcs aux grands cm pires.
Les Moldo-Va laques, qui persistèrent dans celte
dernière forme, durent en subir les conséquences,
et leur ancienne gloire fui bientôt éclipsée. A
chaque nouvelle diète pour la nomination de lbios-
podar, les divers candidats, soutenus de leurs par-
tïsans,se révoltaient contre le prince élu. Les uus
appelaient les Hongrois, d'autres les Turcs, cl c’est
ainsi que les buvards ouvraient eux-mêmes l’entrée
de leur pays à des ennemis puissants qui pouvaient
devenir leurs maîtres,
La dignité de prince était élective de temps im­
mémorial; plusieurs voevodes avaient essayé mais
eu vain de la rendre héréditaire. Michel-k-Brave,
qui seul aurait pu y réussir, vécut trop peu pour
mettie à lin ce grand projet. Celte forme de prin­
cipe uté -‘ni nécessairement la première
phase des socii ■- établies , après les différentes
transmigratiuns des peuples du nord de l'Europe
— 37 —
vi de l'Àsic, qui se précipitèrent sur l'empire des
Césars ; et si les Romains ne donnaient des rois
aux peuples subjugués que pour eu faire des in­
struments de servitude , «Z /âctftrnf instrumenta
servitutis et reges t les bordes libres et guerrières
qui se reposaient après la conquête à l'ombre de
leurs trophées , sur un territoire trop borné pour
en faire un grand Etat, sc rangeaient plus volontiers
de l'avis de ce palatin de Posnanie qui répétait
sans cesse : Malo periculosam libertalem quam
quiet uni servitium,
La souveraineté a de tout -temps appartenu au
clergé et au corps politique des boyards. La forme
du gouvernement était aristocratique. Une assem­
blée, composée de nobles, partageait le pouvoir
législatif avec un prince tiré de leurs rangs , ci
soumis à l’élection, d’après les lois fondamentales
du pays.
Ce prince exerçait seul le pouvoir exécutif et
judiciaire , mais il s’engageait par serment à res­
pecter les privilèges du pays , cl à ne travailler
que pour le bonheur des Valaques, sous peine de
destitution.
Les pouvoirs du prince étaient encore limités. U
lie pouvait taire ni la paix, ui la guerre, ni con­
clure des traités, ni lever des subsides, ni faire
exécuter des lois nouvelles [s/we consensu), sans
le consentement des boyards.
Le droit positif et particulier des Moldo-Va-
laques repose sur les lois et les usages en vigueur
— 38 —
dans le pays depuis le treizième siècle; ' c. . toutes
ces lois fondamentales, pour n'avoir pas été écrites,
n'eu font pas moins partie de leur constitution ,
puisqu’on ne place pas seulement, au rang des lois
fondamentales , celles qui , établies par un pacte
exprès, sont conservées par écrit, mais encore celles
qui sont attestées par une ancienne tradition. et
par un long usage.
I-.es Moldo-Valaques avaient trois espèces d’as­
semblée. Le corps de boyards sc composait de
boyards en activité ou eu non-activité, w/ ou bivel:
Les emplois n’étaient donnés que pour un au.
Les boyards étaient divisés en trois classes , les
grands boyards , les boyards de deuxième classe ,
et les boyards de troisième classe.
La première assemblée, ou divan des Grecs, qui
formaient la liante cour judiciaire et le conseil du
prince, était composée de membres inamovibles,
le métropolitain et les évêques , et de membres
amovibles et boyards de premier rang en ac­
tivité.
La deuxième assemblée des mêmes membres
auxquels sc réunissaient les boyards de premier
rang en non-activité, et Ceux des grades inférieurs
en non-activité.
L’assemblée extraordinaire ou troisième assem­
blée était formée du métropolitain, des évêques,
égouments ou primats des couvents indigènes;
ceux des Couvents grecs exclus. Tous les officiers
civils ou militaires en faisaient partie.
— f —
C assemblée avait seule le Iroit de délibérer
sur les sujets de haute îinportancés Dans les cas
graves , elle se réunissait d’el le-mcme ou sur la
demandé du prince. Dais aucun cas, les ujitdsie-
n’a va ici il voix délibérative dans ccttc assemblée.
Telles étaient les bases de la constitution des
deux pi lucipaulés. Dans le règlement organiquc ,
la Russie en a consacré les dispositions qui pou­
vaient- le u»-ux servir ses vues.
— 40 —.

CHAPITRE IX.
CtablHaezaeni de la nouvelle adraHstratlon

Wl.
Lorsque l’insurrection de l’Héîérie , fomentée
parla Russie, éclata enMoldo-Valacliie, les boyards
étaient divisés en deux camps : les partisans-
russes, qui devaient y prendre part avec Ypsilanlï,
et des boyards nationaux appelés partisans turcs.
Au moment de l’insurrection, ces derniers, qui
avaient refusé d'y coopérer, émigrèrent en Tran­
sylvanie. Dès que Ypsilanli eut éprouvé des revers,
et que ce jeune homme au succès duquel l’empe­
reur Nicolas avait bu en public, eût été désavoué
par les deux cabinets de Vienne et de Peters bourg,
les partisans russes se sauvèrent en Autriche , et
c’est de là qu’ils intriguèrent dans le sens de cette
puissance. Adoucie parla correspondance deVla-
dimiresko, et par les prières des boyards, ses par­
t isans,impatien te aussi de punir les F auariotes,a lliés
de la Russie et même en pleine révolte, la Porte
résolut de donner au pa\ s des princes indigènes.
C’est ainsi qu’elle s’exprime dans son hatîf-scherif :
que , vu l’ingratitude des' Grecs , et la fidelité des
Moido-Valaques , elle leur donne un prince indi­
gène pour sept ans.
— 41 —
La Russe, q oi avait rappelé sa mission de Con­
stantinople, et charge de ses intérêts l’ambassade
anglaise, perdait toute sa prépondérance dans les
deux principautés, si les princes étaient indigè­
nes , et s’ils restaient au choix du sultan. Les notes
diplomatiques de ce temps sont insérées dans l’An-
uuaire, elles sont pleines d’aigreur. La Russie in *
_ siste, par le canal de lord Stanford, pour que cette
innovation soit de suite détruite, pour que les
choses soient remises sur l’ancien pied. Elle parle
aie droits acqins, et en demandant l’expulsion des
troupes turques qui occupaient le pays , elle se
pose comme l’interprète du vœu des principautés.
La Turquie résista longtemps ; mais sur les sol­
licita tions des ambassadeurs et de M, Minziaki, il
fut résolu que des plénipotentiaires se rendraient à
Ackerrnan. LA, comme toute les fois qu'elle a traité
avec la Porte, la Russie ressaisit tousses avantages,
Cette puissance s’était acquis de la popularité,
avait trompé les Moldo-Valaq ■:es , protégé la re­
ligion , fait donner un règlement financier en i804,
obtenu même un droit de censure sur les princes
fanar lotos, et n’avait jamais sur les lèvres que des
paroles telles que je les trouve dans la correspon­
dance,
I $ man )A 9.

< Au prince Sotitzo, le baron SirogonolL


-
« La cour impériale applaudira aux ciloris de
« V. A Elle y contribuera autant que possible;
— 42 —

« poun ii que hi les plans de réforme, rn les mesures


* prises pour les mettre à execution ne soient pas
« contraires aux droits légitimes des boyards et du
* peuple, qu’elle est décidée à maintenir dans
« tonie leur force. Le prin ce Soutzo désire un e
* augmentation de liste civile. Je suis prêt, » lui
écrit-il , « à chercher les moyens d’aider Votre
* Altesse , autant que faire se peut, sans porter la -
« moindre atteinte aux règlements financiers , et
« l’unique borne de la bonne volonté de ma cour
« sera le maintien rigoureux des privilèges et dff
« l’intérêt du. peuple. » La Russie insista; elle ob­
tînt que le prince fût élu par le divan. Par cette
clause, elle augmenta encore son influence, en fai­
sant voir que ce droit d’indigénat qui appartenait
au pays» elle Pavait complété, mais en réalité tout
Pavvutage était pour ellç;car, au moyen de la ma­
jorité qu’elle obtenait , soit par la vénalité, soit
par la terreur, elle était à même de faire élire le
boyard qui lui serait le plus dévoué. I -il le eut même
l’habileté de faire insérer celte clause « que si le
« candidai élu ne se trouvait pas conforme aux
" désirs de la sublime Porte , ses raisons graves se-
■ roui avérées par la cour de Russie. »
Dans la convention on pose en principe la desti­
tution du prince pour délits vérifiés par les deux
cours, et sa continuation, le terme de sept ans
écoulé , s’il ne leur a pas donné de justes sujets de
plaintes. Ces danses mettaient naturellement
l’hospodar sous la dépendance immédiate de la mis-
— w—
siün russe à Gonstantinople. Le g juillet 1837,
Aï. de Ribcaupîerrc écrivait au prince Ghika :
< M. le consul général Minztaki, qui a déjà quitté
* Constantinople pour se rendre en Valachie, est
« chargé par moi de recevoir des mains de V. A. la
« correspondance de Vienne, qu’il aura soin de me
* faire tenir exactement deux mois plus tard,
« 17 septembre 1827. J’ai tout lieu d’espérer qf
* vous accueillerez les propositions que M. Min-
“ zlaki est chargé de vms faire de ma part. Je sdl-
« licite vivement V. A. de vouloir bien y consentir.
« Tl me sera fort agréable de pouvoir ajouter ce
< léger sacrifice à ceux que je me félicite déjà de
u faire valoir auprès de mon auguste cour. »

Autre paragraphe. « Enfin , mou prince, je


« place ma confiance dans votre zèle à remplir fidc
« lenient les foutions honorables que la Porte vous
« a confiées , et que la Russie voudrait sanctionner
< par ses suffrages. Plus l’époque- approche où un
« ch auge ment du chef de l’administrai ion pourra
" avoir lieu , plus je voudrai vous devoir de la rc-
« connaissance pour vos soins assidus. »
Les troubles survenus, pendant les dernières an­
nées, en Moldavie et en Valachie ayant porté la plus
grave atteinte à l’ordre dans les diverses branches
de l’administration intérieure, les hospodars furent
tenus de s’occuper, dans le moindre délai , avec
leurs divans respectifs, des mesures nécessaires
pour améliorer la siluatiôit des principautés con­
— 4i —

fiées à leur s o.ms > ut ces mesures furen t l’objet


d un règlement général pour chaque province , le-
gué! fut mis immédiatement à execution.
Vers le milieu de l’année * 827, on s'occupa du
nouveau règlement qui devait faire le bonheur de
la Moldo~V■ dachie, Une commission fut nommée
qui dura seulement deux mois , composée de quatre
membres , deux choisis par le prince et deux par
la Russie, Elle fit très peu de chose, et ne travailla
que sur des instructions de St-PetersLourg. Il fut
décidé que les principes seraient contenus dans un
chapitre, comment ils seraient arretés ; on laissait
seulement à la couronne, sous la présidence du consul
russe, le soin d’adapter le toutau pays. Le consul
était chargé de veiller aux principes. Celte com­
mission n’avait encore fixé que le prix des charges.,
et aboli les contributions indirectes , lorsque la
guerre éclata en 1828 , et que les Russes occu­
pèrent les deux principautés. Eu 1829, elle fut
reconstituée; il n’y eut qu’un seul. comité pour les
deux pays. On a conservé en tête du règlement
moldave une pièce trop curieuse pour ne pas Fin *
sércr.

Règlement moldave. « S. M. l’empereur ayant


* daigné ordonner qu’un comité spécial composé
* de boyards Moldaves et Valaques soit établi
« sous la présidence du conseiller d’état actuel
* Miuziaki pour préparer les améliorations orga­
* niques que réclame l’étal actuel des deux prin-
— 45 — •

» cipantes, el ayant bien voulu que k comité soit


* divise en deux sections, moldave et vainque, pré­
* aidées l'une et l’autre par le susdit conseiller d’état
« actuel, nous commissaires nommés parS.Exc. fk
« général russe), président plénipotentiaire des di­
* vans de Moldavie et de Valu chic, et nous connnis-
* sairesélus par l’assemblée générale, en vertu du
* message en date du 17 juin, avons ouvert nos séan-
« ces à Bu k arest le a ^juillet 182g, sous la présidence
« de M. de Minziaki, muni d’instructions sur ces
* améliorations , et nous occuperons de tontes les
» pa nies qui doivent composer ce règlement , et en
.«formant de chacune un chapitre à part, nous le
«soumettrons , à mesure qu’il sera rédigé et pré-
parc, à l’examen de Son Exc. M. le président
<r
« plénipotentiaire , jusqu’à ce que tout le travai 1
« de réforme soit entièrement fini. *
Ces travaux de la c «munission une fois terminés,
une assembler generale, dite r xtraordinaire, se
réunit dans ■’ *
’,_... villes principali Yassi et
flukarest . so.T, là présidkncc d'envoyés russes;
elle fut chargée de1 réviser le travail des comtnis-
sa; res stismeutionjnés ; mais tout se lit arbitraire­
ment. Les assemb.ées extraordinaires devaient être
convoquées d’après les anciennes lois du pays; on
appela arbitrairement des boyards de. districts; iis
furent proclamés députés sans élection , et n’ap­
prirent leur mission qu’en arrivant à Bukarcst.
Des boyards qui devaient en faire partie furent
exclus.
— 46
Ces assemblées illégales que ne brei .< pas?
leur pouvoir n'était-il pas limité par la convention
d'Ackerman ? Leur était-il permis de faire autre
chose que des règlements publics sur les adminis­
trations? Ces législateurs improvisés ne savaient-
ils pas qu'une loi fondamentale moi do-va laque ne
peut être renversée sans l’assentiment du corps po­
litique de lanation? Ignoraient-ils donc qu'ils ré- *
digeaieul un acte d'une nullité absolue, que leurs
compatriotes et leurs descendants désavouent au­
jourd’hui avec d’au tant plus de raison que leur
pays était alors sous le joug d’une occupation mi­
litaire? Cette réserve du droit public sauve la
Moldo - \ alacltie, c’est elle qui conserve malgré
les empiétements des Russes, ions les privilèges do
la souveraineté. >
Toutefois l'esprit de celle assemble ainsi con­
stituée n’était pas mauv - Il émit presque natio­
nal. Et comment ne laiirnit-il pris été, dans tin
moment où tant de rahrniite , sur le pays ,
comme ou a pu Je lire d;ms le Fortofolio ' Les
projets de la Russ ic ni.s è jonr, tous les y eux étaient
dessillés. T roi s pensées fixes dominaient les es­
prits; les uns se montraient presque dociles; car,
voyant les premières défaites des Russes eu Po­
logne, ils espéraient qu’ils seraient bientôt forcés
d'évacuer les deux principautés. Les autres crai­
gnaient . de retomber sous la domination des Turcs ;
enfin les derniers voulaient éclater. La discussion
n’était permise que sur les affaires de détail. H y
— 48
iuiS qui icui Solit presCmCes. ôiuis ies liuuvcik *>
clauses insérées dans la cousu iulie* par la Russie,
ne leur permettent pas défaire le moindre change
nient sans l'approbation du ministère impérial.
Les boyards votent et discutent le budget. Le s
pouvoirs de ces députes soin , il est vrai , tres li
mités, ou plutôt ces assemblées sont milles. Elles
ne représentent ni le pays ni les contribuables , c
d'ailleurs, elles sont impuissantes pour faire le bien
Les membres qui siègent sont de trois classes .
io le haut clergé, qui en fait partie de dioit,
délégués des boyards de première classe '
boyards de deuxieme classe , et les fils des v
qui si* ni .s dçi vent être propriétaires. li ' b-
d’obst : <* classes exerv ■
et de l mis - ;-ô .--ii -eulcs out<b< . ■■ '■ -
administr aine-, ?î judiciaires, pcc’.en- scu ’
c ues membre * ue ' mldées qui vident,.
pôts. . . . c
Le peupî e, dan si . - ux princip .niés,lfit compte
pour rien ; il k t a« s rr antic . et ne sait gré .
soit au prin ca, scit ■ rauds . que du mal qu’on
ne lui fait pas. r r res L cessés responsa
blés. Us «' t - c . : i conseil qu’il a le
dro'it de préd; ibscutés les projet- d
lois et les de iis ont chacun 'u
départem en. . • ^semblée, mais ils li e
*"' •l"n î!C. ’-'t .HCC u[ correspond avec. t
font ța
deux cours i uiséirnlcr H a le droit d’avoir des
agents.
— if» — , .

Le s juge s ne soui pas inamovibles. Le prince ré­


vise les jugements des tribunaux, il les confirme ou
les infirme à volonté, et la marche judiciaire est ainsi
entravée. de ne présente ici qu'un aperçu des iusti-
i niions ; elles sont tombées dans mi tel état d’avilis­
sement que la nécessité de les anéantir et de les
faire disparaître est enfin universellement reconnue.
, Connue dit fort bien M. Rossi : « Elles n'ont fait
’ que donner mie nouvelle sanction à de vieilles
' erreurs , à d'anciens abus, et sont par là même
*' mi nouvel obstacle à la véritable réforme. « C'est
■'
le principe qui a dirigé les Russes.
Le règlement traite des différentes branches
d’administration , telles que les attributions des as­
semblées , soit extraordinaires , soit ordinaires , les
finances , le conseil administratif, le commerce, les
quarantaine?;, l'organisation de l'armée et du pou­
voir judiciaire.
Toutefois , pour mettre dans leur jour les inlcn-
1 ions de lu Russie, il suffira de rappeler l’époque on
le traité .d'Andimople lut conclu. C'est là que l’on
trouve les pluă'Jrztii’res contradictions.
Le traité commence par déclarer que les princi­
pautés de Moldavie et Valachîe s'étant , par une
capiiulation, placées sons ia suzeraineté de la su­
blime Porte, et la Russie ayant garanti leur pro­
spérité , il est entendu qu'elles conserveront tous
les privilèges et immunités qui leur ont été accor­
dés en vertu de leur capitulation . qu’elles jouiront
d'une administration nationale et indépendante.
• 4
. — 50 —
Lu sublime Porte s'engage ensuite à confirmer les
règlements qui oui été faits pendant l’occupation
de ces provinces par les armées russes. Enfin,
les principautés de Moldavie et de Valachie doivent
être gardées en dépôt par la Russie, jusqu’à l’en­
tier acquittement de la somme que la Porte s'est
engagée à payer en indemnité pour les frais de la
guerre. ,
Ce fut alors que le comte Orlol
* lit offrir au Sul
tan, au nom du Ctar, d'acheter les deux princi­
pautés, moyennant trois millions de ducats. La-
Turquie n'avait pas encore payé l’indemnité pour
les frais de la guerre. La proposition du com *e,
discutée dans le divan, ne fut rejetée que sur les re­
présentations énergiques d’un drogman de la Porte.
En i834 i époque où les deux principautés fu­
rent évacuées, elles curent des hospodars. C’était
un général russe qui les avait gouvernées sous le
nom de président plénipotentiaire. Jusqu’au traité
d'Ackerman , le candidat ne devait être agréé que
par la Turquie ; mais la convention d’Andriuople
ayant reconnu que les règlements - provisoires faits
pendant l’occupation russe font partie du traité,
le candidat doit être présenté aux deux cours; et
d’après un article du traité de Saint-Pétersbourg, le
Cr.ar a seul désigné les deuxhospodars qui viennent
d’ètrc nommes. Tous les avantages de la supréma­
tie sotit en réalité au Czar, et pourtant il avait dé­
claré qu’il se bornait à garantir leur prospérité, qu’il
ne voulait pas faire de conquête.
TSous allons dire un mot sur l'administration
provisoire pour arriver de suite à la nomination
des princes.
L’administration du général Kissclef fut bonne,
il avait reçu l'ordre de faire aimer celte réforme
apparente, il la fut aimer surtout aux Vainques.
Ses qualités personnelles et sa capacité réunirent
* tous les suffrages. Homme d'honneur, il paraissait
vouloir encourager les arts et l’industrie ; tout
allait mieux : le général avait conservé les an­
ciens employés. De concert avec eux, il donna
une nouvelle vie à l'administration, et porta son
attention sur la milice, sur la formation des qua­
rantaines , sur les hôpitaux , sur différents objets
d’intérêt général. Pendant cet interrègne , il ouvrît
quatre fois les assemblées ordinaires qui furent à
a peu près milles ; on regrette qu’il ne se soit pas oc­
cupé de l’organisation des tribunaux. L'opposition
commença à se former en Valàchie dans l’assem­
blée de i835; elle dirigea ses attaques contre les
abus qu'autorisaient les ministres , et chose remar­
quable , l’opposition fut approuvée du président
plénipotentiaire.
— 32 —

CHAPITRE X.

Nomination des dtnx hospodar»

Sous une apparence de bonhomie, sons les


dehors de la politesse et de l’aménité, le prince_
Ghîka laisse entrevoir une dissimulation profonde,
une défiance ombrageuse. l’instinct de la vengeance
et de la perfidie. Humble j usqti’à la bassesse avec scs
supérieurs, vain avec ses inférieurs, sans dignité
avec ses égaux T ), il se range toujours du côté de la
force; il u’esiime, il ne sert que Je plus furt. Lais-
■tt aller, laisser dire la Russie, ne se compromettre
.mais avec la puissance, sacrifier les faibles, c’est,
lit sa règle de conduite. Cette soumission servile,
qu’il veut faire passer aux yeux des antres puis-
>aticcs comme un témoignage de sa résignation et
de sa fidélité, l’ai tache a un système de suzeraineté
dans lequel il occupe le premier rang. Et. ce qu'il
y a de déplorable, c’est qu’il lire vanité d'être le

i) En jour bal , dl t.<i~. on. se rendait à La salle du touper. Eu.


présence de toute sa il cétla kl pas au consul russe, et les con
suit des autres puissances furent obligés de marcher à la suite du prince.
Je pourrais rappeler ici l'insulte grossière que M. Coidielett aujourd'hui
notre consul cu Éjtyple. reçut i sa table île M. de Huikinnn. insulte que
rhuspndar autorisa par sa pusillanimité.
53 —
premier employé subalterne sous lu dominate-n
de la Russie. La souveraineté pour lui , c’est le
droit de porter une croix de l’ordre de Saintc-
Anue qui le distingue de ses compatriotes, et qui
est donnée au dernier générai de brigade de l’armée
impériale ; c'est le droit d’avoir un uniforme brodé
avec magnificence, de marcher suivi de soldais et
d’un état-major plus nombreux que celui d’un em
percur; eu un moi, d’être le premier représentant
de l’humiliation de son pays. X ses yeux, le plus
grand bonheur qu’un homme puisse rêver, c’est
d’occuper un poste le plus en évidence après lui ,
d’avoir très peu de temps à travailler, du loisir pour
fumer, pour suivre des intrigues de bas étage.
Tels sont les plaisirs de ses courtisans. Sa vue se
borne à l’horizon de sa cour. Gel homme isolé
naime personne, n est aimé de personne; il est
tout-à-fail délaissé. Tout l’ennuie, tout lui pèse. Il
ne sait ni dormir aux heures du sommeil, ni cire
prêt à l’heure des affaires. Scs idées, ses actions
sont tellement décousues , qu’on ne pourrait se te
figurer. Toutes les fois qu’on veut l’cntreienir d’af­
faires administratives, il peut être comparé au roi
René de Walter Scott voyant la cassette à cercle
d’argent de Marguerite; scs conceptions sont tel
iement nébuleuses, qu’il a de la peine à les fain•
Comprendre, d’aulant plus qu’il ne peut parier san-
bégayer, l ue éducation plus qu’imparfaite lui
laisse croire qu’il est un homme instruit et iffêmi-
cloquent. Ou l’a plus d’une fois entendu dire avec
- 5-
orgueil : « J’occupe l'Europe en ce moment. » Lu
Russie ne l'aurait pas nommé prince, si elle l’a­
vait cru capable d’avoir un jour les connaissances
necessaires pour gouverner. L’hospodar appartient
1 la classe de ces hommes qui, dans une condition,
-levée, perdent le peu de bonnes qualités qu’ils
avaient dans une position intérieure.
Lorsqu’il fut arrêté à Petcrsbourg que le prince
ne serait pas nommé par élection, que le Czar le
choisirait à son gré , saut à obtenir ensuite la rati­
fication de la Porte, le président plénipotentiaire
reçut l’ordre de désigner au ministère impérial un
boyard sur qui la Russie pourrait compter dans
tous les temps. Je pourrais dire quelles intri­
gues , quelles bassesses, quelles promesses curent
lieu de la part de tous ceux qui briguèrent la
candidature; mais je me lais par respect pour la
morale.
Le général Kisselefi" , qui lui-même avait un mo­
ment aspire à la principauté , désira , toutefois en
sc conformant aux instructions qu’il venait de re­
cevoir , de laisser un successeur qui le Ct regretter,
et qui permit facilement au consul russe de suivre
le système de sou cabinet. Son choix , déjà peut-
être dirigé sur Alexandre Ghika, alors Spathar,
dont il connaissait le caractère, fut invariable­
ment fi^cé, aussitôt que la belle et spirituelle belle'
soeur du prince l’eut supplié de faire donner le
sceptre à un membre de sa famille. Le général
Kisscief employa de suite tout son crédit pour
55 —
faire réussir celte combinaison ; il lit valoir avi• ■
beaucoup d’adresse les liens de famille d'Alcxatidre
Ghikn avec le dernier prince ; il cul l’art de fair- :
entendre h son cabinet, que la Porte ellc-mcm -
verrait avec plaisir le choix de l’empereur tomber
sur un membre d'une famille qu'elle avait dislin --
guiie en Enfin, il l’appuya si bien qu'il écart a
tous les prctendaulsi
C’est donc à fa seule recommandation dti géné­
ral KisseiefF que le prince actuel de Valaeliie doit
sa dignité d’hospodar.
L’espèce de crédit dont il jouit au ministère im­
périal vient de eu qu'il ne manifeste aucune velléité
de résis tance aux ordres qu’il reçoit j mais celle
docilité trop ostensible commence à le décrier. On
se repent de sëtre employé pour ce prince , non
parce qu'il a laissé détruire le peu de bien qu’avait
fait le général Kisscleff pendant sou administration,
mais parce qu’il se pose, trop a découvert, comme
le transparent de la Russie,
Au reste, le général Kis-sdelfest un homme d'une
probité bien reconnue ; et puisqu'il n’est pas res­
ponsable de tous les actes de la mauvaise admi-
iiist raliu n de l’hospodmr, j’espère qu’il cessera de
se croire engagé à les défendre à l'ctcrsbourg-
Tel est le vœu que j’ai entendu exprimer haute­
ment a tous les boyards qui désirent garder pour
le président plénipotentiaire i'a(R^cc.ti>n personnelle
cLrestime qu’ils lui doivent. Mais tant que le princt -
aura de I'iurgent pour gagtnw les consuls et lès et«
— 5(i —
ployés des ministères, il conserve des chances de
rester à son poste. Personne n’ignore quel est le
prix de.l’argent -pour des hommes qui n’ont qu’au -
tant de probité qu’il en faut pour éviter de se com­
promettre d’une manière évidente au yeux de la
justice.

A mon avis, et de l’aveu même de tous les Va­


inques, il n’y a que trois plaies dans leur pays: les
Russes, le prince Ghika , et l’argent des Vainques
qui paie leur infortune.
Le prince actuel de Moldav ic , Michel Stourza ,
fut nommé bospodar le même jour que celui de
Validité, le 21 mai i854. Ce boyard avait formé
depuis longtemps le projet de se faire nommer
prince. L'arrivée du colonel Liprandi, en 18'27,
lui offrit l’occasion de se lier avec les Russes, et
l'occupation militaire lui fournit les moyens de les
servir avec dévouement, soit en qualité d’employé
supérieur, soit comme membre de la coin mission
du réglement organique. 11 en fut l'un des prin­
cipaux rédacteurs, et signa la conclusion qui en­
lève aux assemblées le pouvoir législatif, et trans­
forme en province russe la Moldo-Valachic. Mais
à présent , il doit reconnaître que l'administraiioit
de l’hos podar est paralysée par le dévouement du
boyard à la Russie.
Je partage néanmoins à son égard les sentiments
de tous ses concitoyens. Us sont prêts à oublier le
passé, à excuser les différentes phases de sa vie poli­
tique, s'il veut enfin croire avec eux que le moment
d'agir est arrivé; qu'il peut délivrer la Moldo-Vala-
cbie du jougdes Busses ; rendre le pouvoir souverain
aux hospodars ; réintégrer la nation dans ses droits,
cl qu’il est temps culiti de se montrer tel qu'il est
aux Moldaves, s’il s’avoue à lui-même que les bril­
lantes qualités dont il est doué, cette finesse d’esprit
qui le distingue, cl ses richesses immenses en font
un prince moldave, contraire aux projets du Czar.
En supposant même que l’exemple de Cantemir et
d’Y psilanLi ne prémunirait pas le prince Stûurza
contre l’.ilfre d’une couronne que pourrait lui faire
l’empereur INicolas, à condition de servir ses vues,
se réservant toutefois la faculté de le renverser s’il
n’était pas lidèle à ses engagements, ou que la
Russie le délaissai pour lui donner un successeur,
‘le quelle home se couvrirait-il s’il ne se dévouait
pas sans arrière-pensée à la cause de lindépeti-
daiice, puisqu'il sait qu’aucune force ne pourrait
briser l’opposition patriotique d’un homme aussi
verse dans les affaires, qui peut avoir Avolonté tous
les éléments de succès entre ses mains?
A quoi serviraient au prince Stourza ses trésors
et scs domaines, le crédit immense de sou beau-
père le prince de Samos, homme d'un mérite re­
connu de tous les cabinets, si, dans une position
aussi belle, il ne contribue pus à faire régler le sort
des deux principautés? Quels bienfaits peut-il at­
tendre de la Russie? fgnore-i-il que dans le cas
d'une invasion ou d’une guerre avec la Turquie,
— 58 -
.. sera destitue de hm, ei qu' un generai russe gou­
vernera à sa place ? Peut-on croire qu’un homme
ainsi placé, et qui peut être tous Ics jours ainsi hu­
milié, hésite un instant entre le, rôle d’un complai­
sant obséquieux ci celui de libérateur de la Mol­
davie ?
Luc fois connue de l’Europe entière , celte posi­
tion de l'Imspodar sera aussitôt appréciée. Lescnbî
*
nets étrangers ne trouveront-ils pas en lui un allié
naturel, un contrepoids ignoré jusqu’alors? La ques­
tion moldo-vainque ne auprcsente-t-cllc pas sous un
nouveau jouir, cl les garanties que le prince offre
aux puissances qui voudront s’occuper à l’avenir
des principautés, ne sont-elles pas de nature à les
encourager ?
Il est inutile d'ajouter ici d'autres détails sur le
système du cabinet impérial ; il nous su H ira de dire-
comment il est venu à bout d’annuler la vieille
son vc rai ne le des hospodars. Pour nommer ou desti­
tuer des employés supérieurs , pour accorder une
pension de quelques milliers de piastres , le prince
est obligé d’en demander in permission au cabinei
russe. 11 est tenu de placer les créatures de la Rus­
sie , quand meme elles seraient contraires aux in­
térêts du pays; il ne peut, sous aucun prétexte ,
traiter de politique , moins encore entretenir des
correspondances avec les cours de l’Europe. Obligé
de consulter le ministère impérial ou le consul qui
le représente, sur les petites mesures qui sortent des
bornes d’une ordonnance de police on administra-
— 59 —
live, il ne peut présenter aucun projet de loi ,
s il ne l'a soumis préalablement au contrôle des
ministres du Czar . telles sont les conditions se­
crètes de la nomination des deux princes moldo-
valaques.
. _ ■'•J ' H : - ' j ■: J 11. b
Quoiqu’il soit oblige , pour se maintenir, d’af­
fecter une obéissance servile , le prince Stottrza
n’est pas un enfant à la lisière , il est ferme au
besoin. A-t-il pris quelque résolution, il ne sc re­
butera jamais , il échouera rarement. Quoique ti­
mide . il a cette persévérance qui atteint le but.
Assez éclairé il est surtout . excellent diplomate.
•km parti une fo; mis , il a facile à tromper ,
toutes les fois qu' . dallera les idées qui lui sou­
rient , mais il veut l’indépendance du pays.

Depuis quelques années, l’hospodar a gagne; il a


beaucoup perdu de l’esprit du boyard pour se rap­
procher de celui du prince. Il doit se dépouiller
entièrement de celle avidité proverbiale qui est
attribuée aux plus hautes classes; sa position ne
cessera-i -elle pas d’être incertaine, s’il est national,
s’il fait servir ses richesses au triomphe de la cause
de sou pays ? Les principes des hommes d’occident
sur les bases d’une civilisation. durable , lui sont
(peut-être aussi étrangers que l’enthousiasme des
héros de l’antiquité ; mais il n’en est pas moins
l’homme nécessaire du jour , cl sa mission consiste
a faire cesser l’influence russe.
— 60 —
l n tics motifs déterminants qui rendra, malgré
lui, le prince au parti national, c'est qu'il doit être
persuade que la Russie ne consentira jamais à re­
noncer, en faveur du pays, à tarir, sans y être
contrai nie , toutes les sources de son influence
dans les deux principautés , cl cette conviction
le rapproche tous les jours de scs concitoyens. Oit
ne saurait, d'ailleurs, donner trop d’éloges à sa
prudence, à l'art, avec lequel il a su tourner les
obstacles qu'il n'a cessé de trouver sur sou che­
min. Le pays est enfin persuadé qu’avec le prince
Stourza il peut ' ' Moldavie, et
que sa dééhcnm mli-russe amè­
nerait une révo.

Ainsi la quest . changement


du prince Ghik. m. ’.^ve peut être
résolue par le pi 'h' ' Stourza. Si, contre toute at­
tente, dans l’état actuel delà question d'Oricut , le
prince Stourza ne se mettait pas ouvertement a la
tète du mouvement national en Moldavie, il reste­
rait isolé , et l’opinion publique lui donnerait
bientôt un successeur qui ne manquerait pas de le
renverser. Si , même eu faisant sou devoir de ci-
loyen et de prince, il revient à des principes plus
populaires, dans le cas où le prince Ghika serait
maintenu à son poste par lu Russie, où son. succes­
seur ne serait ni national , ni digne sous aucun
apport, de la confiance de la population, les deux
principautés ne mettraient leur espoir que dans le
— 6Î —

CHAPITRE XI.
IMS homnirs tt des partis țn ValnchM

Depuis la convention d’Ackcrinan el le irai Te


d’Attdi-inuple, l’espoir d’élire bientôt pour prince
le plus digne d’entre eux et de rend re au pays son ’u-
dépcndance, a ranimé l’antique orgueil des Va la­
ques, ei leur a permis d’en ire voir le jour où ils pour­
ront s’asseoir au rang des nations. Un étranger qui
s’arrêterait aux apparences, et qui n aurait pas cher­
ché à classer les partis eu raison du but qu’ils se pro­
posent, mais sous le point de vue des nuances diffé­
rentes qu’ils offrent au premier coup d'œil, trouve­
rai t quatre partis, taudis qu’en réalité il n’eu existe
que deux : le parti national, composé des membres
les plus instruits et les plus capables de l'assemblée,
une partie des boyards de la première classe ; do
presque tous ceux de la deuxième et de la troi­
sième, des négociants, du peuple tout entier, cl de
la plus grande partie de la jeunesse. Le parti de
la Russie dans lequel on ne trouve que des aven­
turiers et des étrangers de toutes les contrées de
l’Europe, et quelques boyards de la première
classe ; mais on peut donner à oc parti , comme
accessoire , le parti du prince formé d’employés
— 03 — •
connus potir leur avidité, amovibles comme l'hos-
poda»• au gré de la Russie : le parti de l’opposition
hypocrite, qui. compte dans ses rangs quelques
grands boyards mécoiitenls et destitués, qui sol­
licitent les bons offices du cabinet impérial pour
■entrer en laveur.
Les traités donnent au cabinet protecteur le droit
le faire destituer l’hospodar j Jes conditions se­
crètes du règlement organique qui ne lui permet -
• eut pas de faire un acte sérieux de gouvernement,
sans avoir obtenu l’approbation du ministère
impérial, et, d'un autre côté, les fautes et les
rapines du prince au commencement de son règne
l’ont mis dans une telle dépendance du Czar, qu'il
n’est pins qu'un pacha de la Russie. Mais l’hospodar
qui avait perdu toute la puissance réelle de sa
dignité s’est arrogé un pouvoir exorbitant qui lui
permet de faire tout trembler. J’ai cru en trouver
iïuigine dans une note adressée au feu prince
Grégoire Ghika. D’après la constitution valaquc,
dès qu’un prince avait confirmé une sentence qui
avait passé par tous les degrés judiciaires, son suc-
esseur setd avait le droit de. la revoir et de la cas­
ser, s’il y avait heu, La Russie, dans un procès qui
intéressait un raya soi-disant russe, autorisa le
prince méeuo: informe, à revenir contrairement
iux lois sur les sentences qu’il aurait déjà confir­
mées. Celle autorisation de jouer le rôle d’un tyran,
le leu prince l'avait rejetée, mais l’hospodar actuel
en a profilé pour se cTéer un pouvoir dictatorial.
• — 64 —
U a posé en prumipe, cou for mémt m t aux instruc­
tions Du cabinei De Peters bourg, qui s'est assuré
ainsi De l'inaction De quelques boyards timides ,
que la volonté du prince est au-dessus de la loi,
que pour prononcer leurs jugements, les Juges ne
doivent pas consulter leur conscience, mais prendre
l’avis du prince , et se conformer à son bon plaisir,
sons peine de destitution. _
Je reviens au parti du prince, À celui de. l’oppo­
sition. Personne n’est de bonne foi. Les courtisans
qui sont membres du premier, ceux des boyards
qui forment le second, savent très bien que la
Russie est seule aujourd’hui toute-puissante; qu’elle
seule dispose des faveurs et des gratifications , des
rangs ou des honneurs; et pourtant à les entendre,
c’est au prince que tous ces pouvoirs appartien­
nent ; c'est à lui que doivent s'adresser les témoi­
gnages de dévouement , les preuves de reconnais­
sance ; et c'est contre lui qu’on déclame. Si ces
hommes cherchent, à se tromper, ils ne trompent
personne ; les motifs qui les font agir sont trans­
parents.,
La Russie met quelquefois tons ses soins à s’ef­
facer. Elle aime à entendre parler du soi-disant
pouvoir du prince, tant en mal qu’en bien, el n’a
pas d'ailleurs beaucoup de peine à jouer les cabi­
nets . tant ils sont insouciants, tant les consuls
paraissent heureux d'être accrédités auprès d’un
petit souverain qui leur permet de temps à autre
de lui faire la cour. Les salons consulaires ne dé-
— G» —

semplissent jamais, de courtisans et de mécon­


tents qui présentent le prince , les uns comme
le meilleur des maîtres, les autres comme le plus
despote des tyrans. Tous ces boyards ne peuvent
ignorer que le consulat de Russie tient note de
toutes leurs paroles, et qu'ils seront récompensés
selon leurs œuvres. Les courtisans qui ont la clef
de la politique impériale, ne manquent jamais de
taire un pompeux éloge de tous les abus que le
prince veut bien autoriser ou tolérer. Dans un pays,
disent-ils, où rien ne se fait sans l'ordre" Spécial du
consul russe, ne sommes-nous pas agréables à la
cour impériale cil louant les abus du règne de
l’hospodar et du Czai ? Celte théorie a toujours valu
des faveurs q ceux qui l'ont mise en pratique.
Le partide l’opposition feint aussi d’ignorer la tu-
leiledu pTift'èe, Les membres qui la composent n’o­
sent pas se 1 prononcer contre la Russie; ilss’cn tien­
nent à ce principe de jockoisme (pied-plat), la main
tjue tu ne pourras mordre, tu la lécheras, lisse dé­
chaînent d'abord contre le prince et les abus de son
règne, pour .aller ensuite ramperaux pieds des agents
<ie la Russie dont ils ontàse plaindre, et solliciter la
destitution d’un liuspodar qui n’a fait qu’obéir en
les destituant. Ces boyards ne peuvent oublier
que le iùle qu'ils jouent paralyse toutes les aU'aires,
sème la division dans tontes les classes; mais le
jour où la Russie aura atteint ce but-là même
qu'elle se proposait, ils rentreront dans leurs em­
plois. Les homme.-. - pii dernièrement étaient dans
— fiii —

i opposition, ont aujourd'hui les honneurs, d’ali-


ires ont pris la place qu’ils avaient lai^-sées dans les
rangs de leur parii ; mais ccs antiques partisans
de ln féodalité ne sont pas dangereux pour la Rus -
de ; elle ne leur sacrifiera jamais I'lios podar, la ni
qu’elle aura l’assurance qu’il est fidèle à son ser­
ment, Ils jouent, à m un avis, mi rôle de dupe. En
faisant manquer les efforts du parti national, ils _
ressemblent aux eunuques du sérail, qui ne font
rien et nuisent ù qui veut faire,
Quel est donc le but du parti national? 11 ira-’
vaille a s’atlmnchir du joug delà cour protectrice
qui tient le pays à la chaîne pour 1incorporer à
son empire. Cette lutte dure déjà depuis trois ans,
et le gouvernement aciuel du prince exerce si peu
d'influence, qu’il est facile de prévoir que le nou­
veau trône s’écroulera de lui-même le jour où l’un
de ccs deux partis eu sortira vainqueur:
La tactique de la Russie consiste dans l’art d’en­
tre tenir l'état de guerre entre les boyards, entre le
peuph et les boyards, et de paralyser tous les pro­
jets qui pourraient servir à rallier les interets des
différentes classes, ou bien à préparer un ensemble
d’organisation sociale. Le cabinet de Saitit-Pelers-
bourg est allé même jusqu'à ordonnera ses agents,
mais infructueusement en Valachie , de permettre
et de favoriser des vexations pour le mettre à même
le faire droit aux plaintes des opprimés, et de pa­
rai tre exercer une protection spéciale. La Russie
met le même soin à choisir L,;tx qu’elle appelle
— <1 —

aux honneurs, et ceux qu'elle destitue. Jamais elle


ne; s’adresse à des hommes de cœur, tant elle craint
de servir le parii national et d’augmenter le nombre
de scs partisans. Elle n’elève et ne frappe que des
hommes connus par leur incapacité ou la faiblesse
de leur caractère. En n’usant du pouvoir que pour
faire des mécontents , et pour donner à la Russie
■ l’occasion de redresser les torts qu’elle-même a
ordonnés , le parti de la cour protectrice et du
prince voudraient habituer les Vainques à l’autorité
suprême du Czar.
Cette tactique, qui fut toujours celle du cabinet
impérial, n’a jamais été suivie avec plus de persé­
vérance que depuis que les Russes ont dû repasser
le l’ruth devant les représentations de tous les ca­
binets de .l'Europe , Forcés de renoncer à la con­
quête par- la voie des armes, ils l’ont demandée à
leur diplomatie, à la corruption des étrangers qu’ils
paironise lit, des agents auxquels ils ont ordonné de
mal administrer, ils attendent le succès de l'impé-
i ilie et de la pusillanimité des boyards qu’ils élèvent
aux premières charges, dont ils encouragent les
dilapidations, et qu’ils appellent à des emplois su­
périeurs, dés qu'ils ont commis des exactions trop
criantes dans une place inferieure. Les agents de la
Russie s’appliquent sans cesse à faire des dupes, à
persuader aux Vainques que tous leurs maux pro­
viennent du mauvais vouloir du prince et des
boyards, ils espèrent que .l’assemblée, mieux éclai­
rée, ne tardera pas à suppliera genoux l’Empcreur de
— 68 —

lui envoyer un bon vieux général t qui gouvernent


le pays en père. Les hommes qui forment le parti
de la Russie sont des étrangers grecs la plupart,
habiles et dangereux intrigants. L'intrigue est la
plus grande plaie dont les Russes aient frappé la
Valachie.
Malgré tous ccs éléments de succès, le parti russe
n'a aucune influence Sur la nation; il compte peu *
même sur les boyards qui protestent de leur dé­
vouement, H n'est prépondérant que parce qu’il
a écarté de l’adinitiisiratioit tous les membres du
parti national, et que scs créatures et ses agents
occupent les grands emplois. Seul aux affaires, ce
parti travaille sans cesse a l'accomplissement de ses
projets; il l’emporte de cc côté sur le parti national
qui ne peut lui résister que lorsque l’a’|Smbicc est
ouverte; encore n’cs.t-clle ouverte et fermée que
selon le bon vouloir de la Russie, et tes députés
n’ont le droit que de discuter les questions inscrites
au programme. La lutte quoique inégale est pour­
tant toute à l’avantage du parti national, dont Fin-
fluence s’accroît, à chacune de ses défaites'.
C’est un phénomème qui doit d’autant plus sur­
prendre , qu’il y ait un parti cl une. jeunesse
nationale là où la suprématie de l’instruction
publique est confiée à une créature de la Rus­
sie, où la presse ne peut préparer aucune ques­
tion, publier les délibérations et les discussions
de l'assemblée, se permettre la moindre réflexion
sur les actes du gouvernement, sur les vices de l'ad-
— 69 —
mînistration. Quoique défendue par les lois , la
censure, sous la direction d'un agent russe, existe
dans la plénitude avouée de son exercice. Le secré­
taire d’Etat écrivait dernièrement au directeur d’uu
journal vainque : « Le Prince vous autorise, Mon­
* sieur, à publier votre Gazette, Vous ne parlerez
■ jamais de politique, ci vous vous bornerez à la
* imérature, cl encore tous vos articles littéraires
devront être soumis à 1a censure.

« Arsakn iS56, ai septembre, uo tdîô. j

Commcti 1 donc le parti national a-t-il pu se


former cl prendre racine? En boyard d'une des
premières familles, et la seule peut-être dans la­
quelle oii -iüpn trouver un ennemi du peuple, don i
tous les lîls sc sont exposés pour la cause nationale,
était ami d * enfance du prince, dont le patriotisme
était alors distingué. Il se rendit au rendez-vous
que le prince à son retour de Constantinople lui
assigna &ui$ la quaràutaine de Giourgevo. L’en l re­
tien dura sept heures. L'hospodar .Alexandre Ghika
en soi■ lit pour régner comme il en avait pris l’en­
gagement envers les Russes, et ce boyard distingué
avec l’i mention de contribuer à rétablir la liberté
de la nation. Il ne fut pourtant pas le premier,
dans un pays gouverné jusqu’alors à la turque, qui
s’éleva, soit comme député, soit comme simple
particulier, contre la marche des affaires, et les
nombreux abus au moyen desquels on commettait
»

a
— 70 —
les plus criantes vexations ; car sans s’inquiéter de
l'inimitié du prince et des sourdes menées de la
Russie, le parti national avait déjà commencé
l ’u Livre qu'il poursuit. Sun influence est immense
dans la contrée, qui n’a plus d’espoir que dans son
énergie. Les boyards , qui en sont, membres sin­
cères, jouissent de l'estime de toute la nation ; ce
sont les seuls hommes qu’un distingue.
Le parti national marche par trois voies à l’indé­
pendance. Il s ’ élève dans l’assemblée contre les abu
que l’administration autorise, cl contre les empié­
tements de la Russie; il fait tous sp.s efïbrls pour
établir un meilleur système d’organisation sociale;
il cherche depuis longtemps à mériter la bienveil­
lance de la Francccl de l’Angleterre, pour faire ccssct
le pisoLectorat de la Russe1: et pour ’Obtcrdi'_ leur
alliance et celle de la Porte. Voyons dit il en est de
scs travaux.
Ces députés, tous membres des plus grandes fa­
milles de lu V'tilachic, disposent de la majj’ité dans
l'assemblée nalioualc, et ceci est à la louange de
tous ceux qui leur accordent et leur vote et leur
confiance. De vénérables ecclésiastiques ont etc
souvent animés de cot esprit. Ce sont eux qui s’é­
lèvent tous les mis, lors de la discussion du budget
Contre tous les abus de l'administration, qui ont
terrassé la Russie en i83?, cl retardé L’insertion
de la conclusion et des annexes dans le règlement
organique. S'ils n’ont pas fait plus de bien, c’est
qii'ils sont eu bulle a des persécutions de tout
genre» et que souvent ils ai' riv-lent à l’assetubk•-
: : l’assurance qu’ils nie devaient pas compter sm
ceux qui leur avaient promis leur vole la veille.
1J accord sur l’indépendance , ils sont divisés sur ht
élorme. Quelques-uns plus avancés veulent l’abc
lilion des privilèges absurdes et barbares de l’a -
risiocratie. J'ai vu un député lutter eu v.ain contre
rassemblée pour obtenir d’elle qu’on pût en être
membre à l’avenir sans être boyard, fds de boyard
et propriétaire. On ne saurait dire combien de
jeunes ge ns, qui donnent les plus belles espérances,
ont senii 1eur zèle se refroidir depuis que l’assem -
Liée, par p. v. te - apolitique, a refusé de les rece­
voir dans son sein.

fa ș mvnŒgps du parti national n’ont pu, jusqu’à


pré. ci o' tenir la irnijorilédans l'assemblée qu’en
rc recrut aiit de t oûs les mécontents qui se plaigncni
J ’abus d'auloritc» et sollicitent la destitution du
ririi ice. M’adresse avec laquelle les rapprochements
pmi• u lieu, fait le plus grand honneur à leur habi­
té Les principaux boyards de l’opposiiion sont
à. la veille d'entrer dans le parti national. D’un
autre côté, les agents russes l’accusent des maux du
pays; voyantque la force nationale est concentrée
d • ins rassemblée, ils disent, pat• tout que le pays n’est
pas ouïr pour une constitution, et que le prince ne
peu' gouverner avec la résistance énergique de l'as-
sembiée. Mais l’opinion proteste contre de telles
— 72 —
■^alotunies. Les députés d.. i opjlositiori ne se sont
_ as réunis au parti national par aûimosilé person­
nelle cou ire le prince. * Si demain , disent-ils, il
peut recouvrer k pouvoir et lés prérogatives de
. la souveraineté, s’il veut travailler avec nous dans
l’intérêt du pays ci de son indépendance t nous
serons t rop heureux de coopérer ai ses efforts ;
mais il est trop tard , ce rapprochement est tout-
ne à-fait impossible. »

Je n’ai parlé de leurs bonnes dispositions en


vers le prince Ghika, que parce qu’il a réussi
dernièrement à les perdre dans l’esprit du con­
sul général de France. Fidèle aux allures de scs
prédécesseurs , cet a g eut les a abandonnes, à la
grande joie de la Russie
* pour se jeter dans les bras
du prince. Si les députés du parti national ne doi­
vent pi us compter sur lu Fr ance, abaudmi qui serait
contraire à ses intérêts, l’Angleterre est encore avec
eux, et sullit pour assurer leur triomphe. Je puis
assurer que si le parti naiionaf était abandonné
[üir ces deux puissances, il n'en ira vaille rail qu’a­
vec plus de zèle à la délivrance du pays; car U a
bien d’auims ressources. On a remarque
*, sans
doute , qu’aucun parti n’a confiance dans la poli­
tique de l’Autriche. Le prince seul entretient des
relations très suivies avec son agent- il a même
l’espoir d’obtenir du cabinet de Vienne la promesse
d'être réélu ltospodar, dans le Cas où la Va lac hic
serait rendue à l'indépendance. L’Autriche n’est
— 73 —
pas éloignée d’entrer dans les vues du prince, ifitnl
elle tremble de voir les populations vainques du
Bannat, de la Buckovinc, de la Transylvanie, s’u­
nir au mouvement qui rendrait à la Valachie sa
liberté.
— 75 —
K] Uh 29UV 291 Silfii IfHHf.'i I» 9

C HAPITRE X II.
IvpuwiT ai J*b (SniV&xwnii al

I>en cla&e» influentes en Moldavie.


115

Un grand mal que je dois signaler d'abord en Mol ■


davie, c’est la haine qui règne entre les classes des
boyards du pays, c’est-à-dire ende les véritables
familles indigènes, et les famillra fanarlotes qui
vinrent s’établir dans la principalié à l’époque où ■
la Turquie rendit aux Moldo-V a laques le droit de
n’avoir que des princes indig unes. C'est alors que
les fanariotes, voyant qu’il n ’y r-. ’it plus rien à
faire au Phanar, prirent ladétcrmnia’ion d’aller se
axer en Moldavie, pays où leurs père$ne prenaient
jamais la ferme du trône sans donner d’immenses
domaines à leurs parents. Ces terres étajrnt prises
sur les grandes familles qu’ils dépouillaient arbi­
trairement autant pour s’enrichir que pour affaiblir
leur influence. Les Fanariotes naturalisés ou nés
en Moldavie forment presque à eux seuls la pre­
mière classe de la noblesse; ils ont fait rendre une
j oî qui déclare nobles ceux qui peuvent justifier
d 'avoir occupe certains emplois depuis quatre-vingts
années, et comme ils sont tous parents de princes,
ils sont tous princes. Ce dédain et cet orgueil pro­
verbial fanariotes, ils l’apportent dans toutes leurs
n* r
— 75 —
relu lions sociales ; jamais ils n’ont consenti à
s’allier qu’avec les plus riches des familles in­
digènes. Les femmes de ces familles grecques se
plaisent a nourrir la discorde qui règne entre les
deux classes de boyards. Cette lutte acharnée favo­
rise les préj ugés d’arisiocralie exploi tés avec adresse
par les Russes, oppose de nouveaux obstacles à
l^or^r^^Ti^^tion d’une nation, rend impossible l'jto-
mogénéité d'opinion, l'application aux affaires du
pays, cl sous le nom de coteries de salons, multiplie
cés querelles intérieures qui nécessitent une alliance
entre les chefs des deux partis ou qui mèneront le
pays à sa ruine.
Je dois m’étonner qu’avec tout sou talent le
prince Stourza" n’aii pas essayé de faire celte fusion
de classes, et "de rapprocher la vieille noblesse du
pays et les orgueilleux parvenus du Phanar. Bien
loin d’ avoir renouvelé la première classe, eu appe­
lant an milieu d’elle les anciens nobles qui ont le
droit d'en faire partie, il entame ou même il dé­
grade la deuxième classe en donnant le titre de
nobles à des gens qu'il tire des antichambres.
Un malaise général , ou plutôt une espèce de
consomption fait mourir la société moldave. Le
régime actuel offre une telle incertitude d'avenir,
la crainte des Russes et d'une invasion est si forte,
qu'ou est toujours au moment de crier sauve qui
peut; car, de l’aveu du plus grand nombre, celui
qui n’aura pas manifesté d'opinion, suivi d’avance
— 76 —
un drapeau, pourra seul marcher tête levée, et
voler librement pour l'incorporation ou pour l’in­
dépendance. La perspective de l’occupation et de la
Sibérie glace tous les cœurs, et légitime toutes les
bassesses. C'est le rôle de la politique anglo-fran­
çaise de fortifier et de retremper les esprits timorés,
eu donnant publiquement aux boyards l’assurance
que leur territoire est inviolable , que les Russes^
malgré tonies leurs menaces, ne pourront pas faire
enlever impunément, au sein de leurs familles ,
les boyards dévoués au principe de nationalité.
Si doue les boyards se trouvent dans un tel état,
ne doit-on pas les excuser? Ils sont à une heure et
demie de distance du Prut h ; leur pays a déjà subi
deux démembrements; ils vivent dans ces régions
où le régime du bon plaisir remplace toutes les
idées de justice; ils sont témoins des efforts qu’on
ne cesse de faire pour dénationaliser la Bessarabie,
et, pour comble de malheur, ils savent qu’ils com­
mencent à peine à fixer les regards de l’Europe.
Mais la haine contre la Russie vit dans tous les
cœurs; l’opposition à cette puissance est dans l'air
qu’ils respirent. Du premier au dernier Roumain
tous veulent en finir.
Celte guerre entre les deux classes de boyards,
funeste à leurs intérêts, est pourtant utile sous un
antre rapport. Ces hommes qui tiennent aux titres
de naissance savent très bien qu’en cas d’incorpo­
ration, et dans une cour aussi aristocratique que
celle de Pctcrsbourg, à quelques exceptions près,
— 78 —

CHAPITRE XIII.
DM parti! poHUțuM «q Moldavie.

La Moldavie est peut-être l ’un des pays du mot^e


où les questions qui lien nci.it ù l’ intérêt général sont
plus souvent et plus mal agitées, Les boyards ont
tous les emplois administratifs cl poli tiqu es "par
droit de naissance , sans avoir eu besoin de faire
les études nécessaires. H est facile de concevoir
comment avec de tels hommes les affaires générales
dégénèrent eu questions particulières , comment
les intérêts publics sont sacrifiés aux intérêts pri­
vés, et pourquoi les intrigues 3c mul tiplien t au mi­
lieu des querelles de rivalité de familles et des
riens ai uliii ions. qui font le charme de la vie oisive
et de reducat ion fanariote des boyards.
A peine les deux princes iiirent-ils installés que
le ministere imperial s empressa d opérer instanta­
né menl à Unek arest à Jassy. Les événements de
la Moldavie sont moins connus que ceux de la Va-
Lit^liie ; la presse lit entendre , de temps à autre ,
quelques plaintes étouffées par la froide indiffé­
rence des cabinets. Lu Moldavie, tout. se concentre
dans rhistoirc de l'opposition. .
Les boyards fanariot es, ou de première classe, en
voulaient au prince qui avait rédigé le règlement;
— 79 —

ils étaient surtout irrités de la disposition qui ren­


dait les droits politiques aux anciennes familles
moldaves. Ses rivaux ne lui pardonnaient pas la
préférence qu’il avait obtenue de la Russie; ils
s'effrayaient de l’esprit d’avidité qu’on lui connais­
sait, et la plupart donnèrent leur démission. Cette
guerre sourde, qui s’était déclarée, dès le premier
jo r, entre le prince et la haute noblesse, traça au
prince une ligne de conduite forcée, mais natio­
nale. Assuré de l’cnthoàsiasme prononce du peuple
et des boyards indigènes dont il était l’homme et
le représentant né, il en profita pour rappeler à
scs concitoyens, dans ses discours d’appareil, l’an­
tique gloire de leurs aïeux, pour leur recommander
l’amour de la patrie, les devoirs de la famille, ceux
d’époux, de père cl de fils. Je dois citer ici le
discours qu’il p’ronotiça le jour de sou sacre :

* La solennité de ce jour est, dit-il, le cominen-


« cernent de l'époque que le prince, d’immortelle
r' mémoire, Klieunc-le-Gtand, dont nous contcin-
« pions ici l’image, avait su prévoir. Par son tes-
« lament politique ayant préservé la Moldavie d’une
« perle imminente, à laquelle un torrent d’événe-
« monts sinistres l’aurait inévitablement entraînée,
« il l’a conservée pour un heureux avenir; elle se
u relèvera de ses ruines sous les auspices de la foi
■ de nos aïeux.
« Il faut que tout Moldave éprouve le besoin de
« répondre dignement à l’existence politique qui
- 80 —
< vient d’èirc assurée à son pays. En tel résultat ne
saurait être obtenu que par mes seuls efforts. Je
■■ m’attends à une coopération franche cl loyale de
« la part de mes compatriotes que des principes
«conservateurs doivent guider dans leur con-
« duite.
« L’ordre social ne saurait se maintenir sans
* l'accomplissement des devoirs sacrés de peu ,
*
de fiis, d’époux. J’appelle bon père celui qui
- sait préparer scs descendants à l'héritage de la
> foi et des vertus. Le nom de fils sera inérité
*
par
- celui qui sera animé de la noble émulation de
<i surpasser ses ancêtres, etc., etc.»
Et le jour de fan i855 : * Combiend'ho mines,
.. disait-il, parmi nos ancêtres, ont eu les richesses
.. et les grandeurs eu apanage, mais aussi combien
« de noms sont depuis longtemps condamnés à
« l'oubli. Les bienfaits seuls sont respectés par les
« siècles et survivent aux ténèbres du tombeau. y
Pour résister à l'opposition des fanarioles , le
prince Stourza sévit doue obligé de marcher d'ac­
cord avec les familles anciennes dépossédées, qui
avaient été rappelées par le règlement à une exis­
tence politique, et qui formaient la majorité dans
l’assemblée.
Comment des hommes qui se comparaient, en
i854, aux fart ares et aux Polonais, ont-ils pu s'ac­
corder avec la cour de Russie pour semer la divi­
sion en Moldavie ? Comment unie opposition qui

*
se disait organisée pour d cl ru dre la nouvelle m-
airiuton, et qnî n'éiait forrhée en majorité' que de
îm yards, nondéputés, ^-t-cllc transmis directement
ses doléances au miiûsière impérial , tandis que le
èglement ne pcnnWf qu’à rassemblée d’adresser
ses plaintes d’abord au prince, pu IsJ en cas de déni
le justice, aux deux cours? HMis les fanariote! ne
ou vaut sc résigner à perdre le domaine suprèmc de
la principauté dont ds avaient disposé jusqu'à celte
épcoqie, s'opposèrent vivement à la réforme. L’éiat
reglementaire rt’étàit considéré, ainsi que là sou­
veraineté du prince Stourza, que comme transition
pour arriver, soit à l’indépendance, soit à Pineor-
puraiion. La méfiance était encore entretenue par
les intrigues combinées do ministère imperia!. Cette
infraction aura fait donner tort à l’opposition,
.IH’elle eût au non de justes griefs. Mais elle a donné
m prince l’occasion de se prononcer avec énergie1.
H demanda, au commencement de 1837J à la
cour impériale s'il fallait sacrifier le règlement aux
liitérêls isolés de quelques boyards animés d’un
(Méprit de caste, ou si le prince, conformément aux
aspirations de sa conscience, aux exigences de
ses devoirs, ne devait pas t^rout^^iir ces institutions
tuiclaines(i'), malgré tous et contré Ions. Les dé­
veloppements énergiques donnés à ces cnn sidera-
lions frappèrent la cnur impériale, qui ne voulut
pas pousser plus loin.

(1} T>ttMa<r-s, au défaut des tHKÎenn« ubwj W.


G
— BU

Celle première phase de la Iulie d apposition


dura trois ans. Lorsque la Russie voulut porter at­
teinte aux privilèges de la nation valaquc, en vou­
lant faire cesser par force les conclusions du règle­
ment, la résistance de l'assemblée vainque intimida
tellement le consul russe en Moldavie, qu’il trouva
prudent, le terme du renouvellement de l’assem­
blée étant arrivé, de laisser au prince la respottsr.
bilité de la recomposition de son conseil et de l’as­
semblée générale. L’hospodar accepta volontiers
cette proposition, et,servi parjes circonstances Țil
organisa , comme il lui plut, chambre et conseil.
Le ministère impérial, irrite de voir ses projets
manqués ou du moins ajournés, ccusura fortement
son consul pour s’être laissé intimider par l’événe­
ment de la Valacliic , et lui enjoignit de former à
tout prix un parti dans l'assemblée. Le consul se
mit à l'œuvre, mais avec maladresse; il forma ce
nouveau parti, sans en prévenir l’ancienne oppo­
sition ; cot oubli lui fut fatal. De prime abord, il
rompit toute relation avec elle; en donuant. sa
confiance à MM. Nicolas et Georges Catardgi, il les
mit à la tète du parti qu’il avait forme , dirigea les
travaux, et fit paraître au grand jour sa nullité dans
les débuts d’une assemblée deliberările. Il cul le
merveilleux talent, à force de
* poser les questions en
dehors du sens du règlement, d’offrir à l’hospodar
le. moyen facile de déjouer à volonté plans et pro­
jets minisiériels. L’ancienne opposition se reunita
l’hospodar pour ajourner le moment de l’invasion
85 —
que gucuait ia Russie, et pour rétablir for dre
qu'elle cherchai^ depuis longtpjnps à détruire
* Les
députés neutres et ceux qui appartenaient an gou­
vernement ^entendirent avec l'ancienne opposi­
tion, qui leur expliqua cia irerneW les projets du
cabinet russe, et tous se rangèrent du côté de l'hos-
podar, qui dirigea les travaux parlementaires ; et
c'est ainsi qu'ils rem portèrent uneviploire complète.
Le consul, honteusement battu, .qui s'était compro­
mis jusqu’au poipit de provoquer les murmures des
autres caj^>iie^-ls , demanda $a démission, et la cour
impériale se vit obligée de l'accepter.
Les travaux de l'opposition, comme elle-même,
ont été sans but. Dans la Chambre, que les projets
présentés fussent bons ou mauvais, elle les rejetait,
parce qu'ils venaient du prince, cl non parce qu'ils
étaient mauvais. L’influence de la seconde opposi­
tion est nulle, parce que chacun connaît la cause de
ces hostilités intéressées contre le gouvernement.
Le parti de l'hospodar, composé de l’ancienne
opposition et des boyards anciens du pays, ne fait
qu’un avec le parti ne utre ou national. Ou a re­
connu que le prince Stotirza était nécessaire; ou
s’est ra llié sous son drapeau. Les antres boyards
qui voudraient le supplanter, n’oiTrcnt pas assez de
garanties et u’oni aucune chance de succès. A L‘X-
ception de quelques hommes dévoués au prince
individuellement, ou ne s’est lié avec lui qu’en
vue du bien général : il a peu d'amis personnels.
L'esprit de la majorité tend à soutenir le prince
6.

*
— S -

régnant, qui, jeune encore, devenu chef deF Etal,


a reçu les leçons de l’expérience et de l’adversité,
malgré ses défauts et contre les intrigues du cabi­
net impérial. Car on sait qu’une fois celui-ci ren­
voyé , à moins d’une intervention mirueuleusc ou
d’une révolution, la Moldavie ne pourrait échapper
an sort dont elle est menacée. On manque d’éner­
gie; tout se borné à des vœux, tout a besoin d’iïu,
pulsion, lin général , moins d’idées sociales en
Moldavie qu’en Wali^c^lHiî, plus d'intrigues et plus
d’entraves : ou y désire amant l’influence angTo*
française.

I
— 85 —

CHAPITRE XIV.
Points faillants du caractère moldo-valaquo

Les Vainques sont restés des siècles sans gara mie.


Depuis quinze ans seulement, le joug qui pesait sur
eux commence à s'adoucir , et les changements
successifs oui modifié le caractère suivant les Ages.
Les anciens qui , surtout eu Moldavie , occupent
les hauts emplois, se servent toujours de péri-
ph rases diploma tiques pour éviter de se prononcer.
On dirait qu'ils craignent d’être exiles en Sibé­
rie, et de voir renaître ces temps où les princes
pouvaient impunément les enfermer dans des chù-
teaux , comme ceux de Snagow, où se trouvent
encore des grilles A dents de fer sur lesquelles ou
jetait les boyards disgraciés. Ces hommes qui ne
datent tous les actes de leur vie que d'une époque
déplorable , leur mariage de telle peste , leur nais -
sauce de telle émigration , qui tous les dix ans ont
vu l’invasion russe, ont été tout à coup irans-
tormés en hommes politiques. Lorsque la rcprésen
tation nationale fut remise au pays , ils devinrent
naturellement députés. C'est alors que se représen­
tèrent sur la scène ces hommes de transi lion qui
• distinguent aujourd’hui dans les assemblées. Ils
donnèrent une nouvelle impulsion à l’esprit na-
- fiB -,
llonid, mais ils n'a valent pas fait les éludes néces­
saires t ei ne pouvaient ivoir qneUc bonnes inten­
tions. L’obstacle le plus difficile à vaincre fui. de
forcer à se prononcer des hommes qui jamais n'c-
t aient convenus d’un l’ait , et qui toute leur vie
avaient tremblé d’avoir Pair pensif ou rêveur.
La liberté de discussion u’élail encore qu’un *
espérance , l’ignorance et la timidité ne permet­
taient pas île longs développements a la tribune,
Cl l'on inventa un nouveau langage parlementaire
en réduisant la discussion au vote. Un étranger,
qui a beaucoup vécu au milieu de ces peuples paal-
heureux , a fini par reconnaître qu'ils avaient une
langue politique particulière , dont l'éloquence se
réduil. en dernière analyse au scrutin secret. Plus
j'ai réfléchi sur cette tactique des chefs du parti na­
tional , plus je me suis convaincu que ce n’est qu'a
*
près avoir médite des nuits entières , qu'a près s'etre
ménagé des faux-tuyauB, qu’un Moldo-Va laque
cousent . a formuler nue opinion. Delà cette habi­
tude d'appeler un oui on un non de l’assemblée
des évéucmeiiis. Deux cabinets européens ont
seuls la clef de cet argot , ceux d'Autriche et de
Russie ; aussi s’r flïaieiu-dls au moindre de ce s actes
que nous qualifions d'insignifiants.
Pour me faire mieux comprendre, je vous dirai
comment se traitent les affaires, Ce ne sera jamais
par les prim-tpes du droit, par la persuasion qu’une
affaire privée ou publique sera réglée, moins en­
core pour accomplir un devoir, la plupart ignorent
— 87 —
ce que c'est qu'un devoir. Tout se fait d’après un
dessous de cartes. Les décisions de l’assemblée sont
préparées dans des rendez-vous occultes ; tous les
jugements des tribunaux sont arrangés par des in­
termédiaires pour de l'argent. En public, jamais
une parole sur les plus grands sujets : on condamne
un homme, on dépouille une famille, on vote dans
-/assemblée, et l’on sait d’avance dans quel parti
est enrôlé tel députe, quel client a acheté le juge.
Si de loin en loin quelque discussion s’élève, elle
ne repose pas sur le fond de la question, mais sur
la manière de voter, sur l’adoption ou le rejet.
Celte malheureuse nécessité de traiter les affaires,
autant par considération individuelle que par in­
térêt, permet aux gens de^ toute sorte de jouer un
rôle, aux femmes moldaves de diriger ; elle dispense
de faire les études sérieuses exigées dans les hauts
emplois. La publicité donnée aux débats dans les
allaires publiques peut seule faire cesser un état de
choses aussi déplorable, qui soulève à bon droit la
jeunesse nationale. Depuis une année , surtout,
elle s’est prononcée j elle attend avec impatience
l’heure où elle pourra entrer dans les assemblées,
et rendre à la vie privée ces hommes qui paralysent
la civilisation du pays. Ces jeunes gens, tout en
convenant de la nécessité de la position actuelle,
tout en rendant justice aux hommes de transition,
qui, par instinct, conviction ou égoïsme, se sont
mis eu évidence, c’est-à-dire en progrès, qui, toutes
les lois qu’ils ont été surs des votes, se sont appli-
— 88 —
qués de suite à présenter l’aflaire sous le point dé
vue moins hostile, qui ont compris qu’avec des es­
prits timorés il fallait avoir des résultats et rester
craintifs dans la forme ; ces jeunes gens voient pour­
tant que si cet état ne cesse, toutes les tentatives
que l’on pourra faire , ne reposant jamais sur les
grands principes sociaux, n’aboutiront qu’à prépa-^
rer l’incorporation.
Ainsi les députés qui forment aujourd’hui le
parti national ou de transition, qui, dans cinq ans
an plus, voudront jouer un rôle dans un pays neuf,
où tout prend racine si facilement , ne doivent pas
dédaigner les conseils de ces jeunes gens. Adoptant
une ligne de conduite politique tout-à-fait opposée,
ils doivent cesser d’etre fiers du peu qu’ils ont fait,
dédaigner leur prétendue victoire , revenir à des
principes inflexibles, et déployer le courage de leur
optnion. Cette nouvelle manière d’envisager la ré­
forme des Moldo-Aralaqucs fait trop d'honneur à
la jeunesse pour que je ne m’empresse pas de Ja
signaicr.

nOJHWn fil *

JlÜ.'lJj 41
— o —
de concert avec l’hospodar touL ce qui est relatif
à la prospérité, à la liberté du commerce inté­
rieur et extérieur, à l’unité des poids et mesures,
aux écoles, aux hospices et autres établissements
de bienfaisance, aux fontaines, routes, biens ec -
clésiastiques, prisons, quarantaines, entretien de
la milice nationale.
Les membres des assemblées exercent leurs foiiit-
tious pendant cinq ans; ils sont rétribués, et les
fonctions de membre de rassemblée ue les <n~
pèchent pas d'être nommés aux autres emplois de
l’Etat. Celle dernière mesure a donné lieu en Mol­
davie aux abus les plus honteux. La plupart des
députés de cette assemblée, vénale , et généra­
lement fleitie, se sont imposés au prince, c’est-
à-dire qu’il a etc obligé de les acheter. Pour faire
cesser les tracasseries sans cesse suscitées par la
Russie, il a été forcé de les placer, et, quand il n’a­
vait pas de places à leur donner, de négocier leur
vote, affaire par affaire, de marchander avec eu x
ducats par ducats; c'est ainsi qu’il a traité avec les
moins influents. Mais avec les grands boyards , les
chefs de l'opposition , il a dû consentir à leur ac -
corder des places de ministres ou de fortes grati­
fications. Ce vain simulacre d’assemblée national c
moldave n’a fait que se déshonorer depuis son in­
stallation.
Il n’en est pas de même de l’assemblée de la Va •
lachic. Les sentiments de nationalité qui lanspi
rèreni étaient si purs et si fervcntsquc depuis deux
— Ht —
nus elle n’a pas été convoquée. Je vais parler des
sessions qui ont précédé son acte de dévouement
de j'831? , et des prétentions ambitieuses qui ont
motivé sa protestation.
lues malversations journalières, et l’incapacité
reconnue du prince Ghika, avaient fait naître dans
rassemblée un grand parti qui censurait publique­
ment ses actes administratifs, qui voulait le règne
des lois, et portait un œil sévère sur toutes les dila­
pidations, Ce contrôle dirigé par lés députés qui
s'opposaient aux vues corruptrices de la Russie,
dont l’hospodar n’était que l’instrument servile ,
obligea le prince d’adfcSser à l’assemblée un office
dans lequel il signale les vues secrètes de trois chefs
du parti national, Campîniano, Rosetii et Canta-•
cuzènc. Il invite l’assemblée à ne plus se laisser
guider par leurs conseils , et recommande au pré­
sident d’extirper cet esprit dangereux contre lequel
il se verra forcé de sévir. Mais l’assemblée repoussa
est office avec énergie, et, dans sa protestation, elle
lui reproche sa nonchalance et l’incapacité de ses
ministres’.
T. ’ époque du renouvellement des élections était
irrivée. L’hospodar mil tout en œuvre pour écarter
e parti national de la députation ; il eut recours
au faux témoignage, à la calomnie; les préfets
tirent l'ordre d’intriguer, d’intimider, d’acheter
des électeurs; la Russie elle-même éclairée sur les
ues du partide l’indépendance trempa dans toutes
es sourdes manœuvres. Mais les électeurs ne vou­
— 02 —
lurent pas cite pris pour dupes ; ils envoyèrent à
l’assemblée les chefs persécutés, et ne donnèrent
leurs voix qu’à ceux qu’ils avaient désignes ; c’est
devant une représentation ainsi composée que de -
vait être agitée la question du règlement organique,
c’est-à-dire de savoir si la \ ’ alacbic remettrait son
pouvoir législatif et le titre souverain de prince
entre les mains de l’empereur de Russie; la ques­
tion était clairement posée, oui ou non? Si jamais
la Valachiedoit remercier le cabinet impérial, c’cs
surtout de cette franchise d’ambition qui ne va
point au but par des voies détournées; son insis­
tance, à quelques exceptions près, a rallié tous le­
cteurs à la cause nationale , et rendu désormai.s
nécessaire l’indépendance ou l’asservissement de
pays. Une lutte s’est établie entre la volonté for­
tement prononcée d'un peuple faible, mais plein
d’énergie, et le despotisme d une puissance fié-rc de
l’impunité de son usurpation. Les conséquences de
l’esprit national de l’assemblée v^laque seront plus
graves encore. Elle a éveillé la sympathie des gou­
vernements constitutionnels européens qui mettent
la Moldo-Valachic au rang des pojs qui leur sont
affiliés. Je reviens aux actes de l’assemblée de i83?
ri de i838.
M. le baron, de Rukmann demande à l’assemblée
générale l’insertion d’un nouvel article et des chan­
gements à quelques articles du règlement.
L’article 5 a porte : * Tout acte ou décision
i de l’assemblée générale cl du piuit e qui sc-
— fi —
rail contraire aux privilèges de la principauté ,
* aux traites ou h ali-chcri ls émanes au profit de
* celte principauté, comme aussi contraires aux
* droits de la cour suzeraine cl protectrice doivent
« être considérés comme nuis et non avenus. » La
Russie voulait qu'on effaçât les mois aux droits
de la eour( i) suzeraine et protectrice, cl qu’on y
substituât : «iwr deux cours.
A l’arlicle 5/, aulicii des inois : faire parvenir à
la connaissance des deux Cours, on a voulu subs­
tituer : à une plus haute connaissance.
A la conclusion du règlement manuscrit, qui
portait que l’assemblée pourrait, avec le concours
de l'hospodar, (aire au règlement les changements
et réformes que le besoin réclamerait, la Russii;
voulait qu’on ajoutât : toutefois cela ne saurait,
avoir lieu suris le consentement de la cour suze■
mine et protectrice.
L’assemblée générale sentit toute la portée d’uim
pareille atteinte, et pour la première fois elle prit.
une altitude imposante. La majorité invoquant 1
puissance des traités qui garantissent son existence
politique, refusa d'admettre les changements r■
articles additionnels.

Le baron de Rukmann , étonné de la tendance


que prenait l’assemblée, efïri^-é de la manifestation
O' /,« cmw singulier. Tout est. empiétement, jusqu'aux défauts d :
rédaction.
— y$ —
de senii menis aussi opposés a scs vues, adressa a
Phospodar la note suivante (i).

« Le soussigné, consul général de sa majesté


« l’empereur de toutes les Russies dans les deux
< principautés, a l’honneur de mettre sous les yeux
« de Votre Altesse, Phospodar de Valachie, les laits
* suivants :
• Immédiatement après le rétablissement dit **
« régime actuel, monsieur le conseiller privé
* Mioziaky avait été chargé d’inviter les ac<
< ministratioiis valuque et moldave à prendre
* les mesures nécessaires à Reflet de réunir pour
« chacune des deux principautés, dans un seul
« corps d’ouvrage, la totalité des divers règle-
« mciiLs et actes organiques faits par le gouver-
n ncmçtit provisoire durant Roccupatio,u de ces
« provinces par les armées dç la cour impériale.
« Le gouvernement moldave, de concert avec
* l’assemblée, générale, appréciant le but salutaire
« de cette mesure, s’est empressé de terminer ce
* travail avec cette scrupuleuse exactitude et ce
* calme réfléchi qui témoignent le bon esprit dont
* ils sont animés dans celte circonstance; parcon-
« séquent il y a déjà pins de deux ans qu'un exem-
« plaire ainsi complète et refondu a été déposé à
* la métropole de Jassy pour servir de base aux
« actes de l’administration, et qu’un second exern-
(i) Je tienne texte m&ne, șns rien dhauștțr au tr^nicV-nuWfOTilc
du lut 'au Rukmiiui
— 05 —
« plaire a été en même tem Ps remis au consulat
t général de sa majesté impériale pOHrZMZttmjrr/e

i contrôle ù la marche îles autorités locales. Le

* soussigné devait s’attendre à ce que l'assemblée


tr générale de Valachic, pénétrée, comme celle de
* Moldavie, des m tentions salutaires qui ont pré-
< stdé aux réformes introduites dansles principau­
tés tributaires de la Forte, mais placées formel -
* le ment par les traités sous la protection de le
» Russie, suivrait une ligne de couduiic analogue,
* conduite qui lui était tracée par des devoirs qu’elle
u ne pourra jamais méconnaître impunément.
• Ce n'est pas sans une extrême surprise ci un
« vif regret que le soussigné a vu que l'assemblée
r générale, en prenant connaissance du rapport pré­
* se rté par la commission chargée de la révision
■ de ce travail , a élevé des objections et des dilf-
« cuites relativement aux changements introduits
k dans la nouvelle rédaction par suite des prin-
« cipes qui ont servi de base et de règltr, ci en vertu
p d'une sanction suprême.
a Cette rédaction est basée, d'une part, sur ic texte
« piiniilifdu règlement cl des stipulat ions suppléa
- mcnitiircs adoptées par l’administration provi­
F soire, et d’une autre, sur les changements de pure
k forme an étés entre la cour impériale et la Forte

« ottomane, et qui n’a itèrent d'aucune manière le


f dispositif du texte.
< D’après cela, l’assemblée générale n’étant ap­
* pelée qu'à constater si la nouvelle rédaction <■■
■>
exactement conforme à ces bases, èllc ne pou-
«■ v'ftit que sortir du cercla de ses atit ïbiiiions et
- de scs pouvoirs; soit eu s'opposant à ces ciungi*-
'■ ments, soit en von h ut les modifier selon ses pro -
'■ prés opinions.
' Le soussigné se fait par coiisrupieut mi devoir
* dedéd arcr à Votre Altesse I'I lospoidar qii c 1 es d is
*
■ eussions des membres de 1'as.sttmbléc avant ptj .
r< mie pareille tendance , il ne peut les considérer
t< qiieuonïmcessentiel IdnlûiU a lient-Moires auxdroi is
« des Cours suzeraines et protécirii'edf ci il ne lui
« resie des lors qu’à pnucsier, comme il proteste
« par la présente, de In manière la plus formelle,
« contre une marelle aussi irrégulière et aussi cou­
rt traire au respect dii aiix deux hautes cours , qui
« n'admet lent aucune déviation de la lettre des
« transactions qu’elles ont conclues et qu'elles saii-
« tiuit niaiïitenir ( i) dans loti -e leur intégrité.
« En conséquence, le soussigné, en priant Son
« Allasse de vouloir lé -eu ïmifrédlalettiieiil prendre
« les mesures les plus convenables pour faire ccs-
« set- ionic discussion ultérieure à cet égard, croit.
« de son devoir de la prévenir eu même le mps qu’il
« se réserve de porter celle fâcheuse cire unstance,
« tant à la connaissance de la cour impériale qu’à
« celle de la mission de sa majesté imperiale à
■ Cousin -i licopie, afin de provoquer les délcr mi-
« na lions que le cas exige.

p i SiirR.ni h Turquie.
— Ü7 —
« Il saisit en attendant celle occasion pour of-
« Irir à Son Altesse l'hospodar de Valachie les as-
■ mranccs de sa liante considéralio-i 1'1 .
« Signé Baron de RüKmanx.
i l.è 17 juillet >857. *

; je résultat de celle note fut un office do l’hos­


podar à l’assemblée par lequel il retira la copie du
■■ glement à reviser, et annula tout le travail rcla-
ii t la révision du reglement.
ÏJ

Que pouvait faire l’assemblée?


f/obéissance était moins un devoir qu’une im-
pér muse nécessité , mais elle ne pouvait laisser un
pareil office sans réponse. Elle devait à scs com­
mettants de se justifier de l'inculpation absurde
d avoir porté atteinte aux droits des cours su­
zeraine et proiecnice lorsqu’elle n’était occupée
qu'à défendre ceux de la nation. Aussi , malgré la
1 opposition des ministres qui prétendaient que
t'ollice n’admettait aucune espèce de réponse, ils
procéderont à la rédaction d’une adresse dont
voici le texte.

Hier, 20 du présent mois de juillet, l’assem-


idée a entendu avec la plus grande afflletion l'of-
•< fice de Votre Altesse, en date du. 18 juillet, n° 357,
1 de la teneur suivante : Comme les travaux de
l’assemblée concernant l’incorporation au règle­
ment organique des développements pendant
. Cette noie pUlcct ridicule divertit autant les .igeiL étrangers que
1 ■■ i.ambres de l'assemblée.
7
— 98
« l'administration provisoire et des changement-
« présentés, ont donné lieu à des débats entière-
« ment éloignés de celle fin, au point que le cou
« sul-générai de la cour impériale de Russie, par
« une noie du 27 juillet i83", proteste contre ccs
< travaux comme attentatoires aux droits des
«cours suzeraine et protectrice, a ordonné que
« son oliiee de tS36, sous le n° é| jg, serait retiré, c■
« que tout travail à cet égard s’annulant devait ces -
« ser à l'instant.
« Prince, la tache qu’on jette aujourd hui avec
« la plus criante injustice sur les sentiments et sut
« la soumission pleine de reconnaissance de cette
« assemblée envers les liantes puissances, est un<
« flagrante Micime contre la rectitude de la cou-
« science avec laquelle elle a toujours rempli et cil ■_
« continue de remplir ses devoirs sacrés. La vérité
« tout entière est dans (exposé qui suit.
« Le règlement manuscrit contient en effet quel-
« ques lignes d’après lesquelles toute disposition
« administrative, ou changement qui pourrait étn ■
« opéré, sans l’agrément de la cour protectrice, se ■
« rail considéré comme nul- ce passage n’ayant
« pas clé imprimé par ordre du ci-devant prési
« tient plénipotentiaire, M. le général Kisselefl'
« par la voie du secrétariat d’état , a excité main-
« leiKJiit l'alleni-iou de l’assemblée à P effet de se
« convaincre de la vérité d'une pareille addition.
« Apres avoir pris toutes les circonstances en con-
w sidération, elle est restée persuadée que M. 1-
— 99 —

« général Kisself d’après ton le justice, ue pour-


<< rail faire insérer un semblable article addilion-
« nel , puisqu’il se trouve en contradiction patente
« avec tous les privilèges de cette principauté ,
com.nu le prouve ce qui suit.
« L ’.u • ticie 5 du traité d'Andrinople statue : Les
« pi iucipantés jouironl du libre exercice de leur
euh c,d’u: >- p n faîte sûreté, d'une administration
« ri aimnalc indépendante et d’une entière liberté
« de commerce.
« L’article 4-du Iiatli-shérif publica 1’.’véïnsment
• de Votre Altesse, et émané vers la lin du mois
« moharem Pau de l’hégire t a5o, contient aussi :
« Les principautés feront librement toutes leurs
« lois nécessaires à l’administration intérieure de
* leur pays de concert avec leurs divans respectifs,
« sans qu'ils puissent néanmoins porter atteinte
« aux droits qui ont été garantis en faveur de ces
« pays par les dlllëreuts traités ou hattt-shérifs, et
« ils ne seront pas molestés pour l’administration
« intérieure du pays par aucun ordre contraire à
« leurs droits,
« L’anicleBdu même ltatti-shérif dit : Ces deux
« principautés ont tous les droits d’une législa-
« tion indépendante . ....
« L’article 379 du règlement organique militaire
« fait et sanctionné par la cour impériale proiec­
te trice pendant le gouvernement provisoire, est
« conçu ainsi : D’après l’article du traité de pa:x
« d’Andrinoplc, qui assure au seul gouvernement
7.
— 100 —
va laque l’itdminii^tt^auon intérieure du pays, c le.
\ insi que l’article 5a du règlement organique, ri
de plus le mani fesle du maréchal comle Vitlger-
leu, qui assure qu’on conservera aux Vainques ut te
•• existence politique. C’est sur ces bases, Piue.
que l’assemblée a procédé dans les débats sur les
travaux qu’elle a achevés pour la révision du ;*
glemeut, conformément aux mesures prises <t
■ l’année i83u par le gouvernement provisoire. En
■ quoi dune peut consister le but caché et allen’ -
luire aux droits des hautes cours suzeraine et
protectrice ?
« Ne serait-ce pas une atteinte grave à cett-*
< assemblée que de considérer ses travaux, s.-
principes consciencieux, sou amour et sa con­
fiance dans les droits garantis à sa patrie comme
une infraction aux luis et une conduite repru-
■ chable? Quand rassemblée remplit religieuse -
41 meut le but sacré pour lequel elle est con -
*r quée, incriie-i-ellc une protestation contre la
tf légalité de ses travaux, et par conséquent n lie
< inculpation à laquelle elle était loin de s’aitendi e -
4f entièrement incompatible avec son amour ar-
« deui pour les droits de sa patrie ?
r Votre Altesse, comme fils de cette pâtrie,
O gouvernant aujourd’hui le peuple qui lui a été
w confié pat la divine Providence, nous la prions
if très humblement de se persuader de toute lajus-
*f tice des droits du pays, de reconnaître Fini -
tl cente conduite de cette assemblée, de partager i
— 101 —
sentiments , el. de vouloir bien portera l.i con
naissance de qui Votre Altesse jugera convenable
la vérité que nous lui exposons ci la rectitude
de nos intentions , cl de recevoir les papiers
■ que Votre Altesse a demandés par son office, cl
que le secrétaire d Etat a reçus hier encore pour
les transmettre à Votre Altesse. »

Cette adresse fui lue, discutée, et passa au serti


«n, à la majorité des trois quarts de l’assemblée
i es ministres s’ellbrcrrcnt en vain de s’opposer à
consommation de cet acte , et provoquèrent
i office de clôture émané de l’hospodar; mais il
riva trop lard, l’adresse était déjà signée. Des
ntinelles furent placées à la porte, pour empêcher
s secrétaires de compulser les archives et de s’etn-
rer des papiers : le ministre de l'intérieur prit
lusieurs dossiers, cl les porta chez le consul de
ussic. On voulait donner à l’opposition légale de
assemblée un caractère de rébellion.
Un fait remarquable prouve l’importance du rôle
ie s’est arrogé le représentant de la Russie : ce
t dans la maison «lu consulat général que l’hos
alar et les ministres attendirent l’adresse.
Le baron de Riikmaiiti,de concert avec le prince,
utinl qu’il y avait eu irrégularité cl désordre dans
. dernières séances. Jamais séance, au contraire,
fut plus calme que la dernière. La majorité de
ssembléc était prête à demander une empiète
i aurait mis au jour la dignité des représentants,
— 10'0 —
les basses intrigues du consul russe et l'hésitation
pusillanime du prince entièrement dominé par la
Russie.
L'opinion sur ces derniers événements est tellement
prononcée parmi toutes les classes du pays, qu’on
voue publiquement à l’opprobre les noms de cinq
hommes qui ont sacrifié les intérêts et l'avenir de
leur pays à de futiles honneurs.
M. le baron de Ruktuann intervint d'une manière
indécente dans l'administration de l’hospodar; il lui
imposa un nouveau ministère composé d’hommes
dévoués à la Russie; il fil destituer l’aga (chefde
la police) Jean Philipcsco, employé irréprochable,
qui, dans l’assemblée doni il était membre, avait
reproché au ministre de semer la zizanie entre les
députés.
Ou était sûr d’avance de la conduite que la.
Russie tiendrai en celte occasion. Irritée d’avoir
été repoussée l'année précédente, elle devait exi­
ger la ruine des libertés vainques; car sa poli­
tique ne permet jamais a un pays voisin d’exercer
des dn <iis incontestables, de lurtnei■ une nation,
et de rejeter les olliccs motivés, et les protesta­
tions d’en consul russe, alors même que cet agent
s’esl arrogé le droit de supprimer, comme il l'avait
fait, le rapport d’une assemblée. et d’en annuler
les travaux. Son consul, blâmé par tous les jour­
naux de l’Europe, reçut de Pétcrsbourg son passe­
port pour Con.shintinoplc. Il s’agissait , disait-on ,
de remplacer M. Boulimie! en congé; mais le sé-
t 03 —
jour de M. Rukmann dans cette ville avait pour
but secret d’obtenir un firman (fui enjoignit à
l us semblée générale d'intercaler tous les articles
que les traités du pays déclarent nuis , comme
ut tenta foires aux libertés de la nation. Chose
inouïe f pour la premiere foi-s , on prononce en
turc des menaces russes! Si nous sommes bien
informés, ce firman a été rédigé à Pci ers bourg e»
signe à Constantinople.
• Il serait plaisant de raconter avec quelle ma­
jesté M. Arisiarki est arrivé à Bukarest. Ou a frété
un batiment pour lui seul; on a dépi acé , pour
apporter ce précieux firman, le chargé d'affaires des
V a laques à Constantinople. Celui-ci, cette fois, s’est
annoncé eu qualité de drogman de la Porte, et de
ciiponzi-bachi au besoin. L’ouverture de l’assem­
blée générale, fixée au 15 du mois d’avril , a été
■ oordonnée au retour du consul russe. L ue lettre
fie ce consul au prince a précédé de quelques jours
sou arrivée à Bukarest. Le prince a été forcé de
convoquer trois jours de.suile les boyards pour leur
donner lecture de cette épîlie par l’organe d’un
agent russe. Voici cette lettre :

«Quoique les actes de la dernière session de


x l’assemblée nationale , séant a Bukarest , soient
-■ parvenus à temps au mi ni si ère de Saïul-Péters-
« bourg , le ministère a retardé ses mesures de ré­
pression nécessaire, dans le but de bien savoir si
« les actes tle l’assemblée nationale vainque étaient
—m—
« le résultat d’un mouvement général ou seulement
« l'effet d’un entraînement partiel ; et s’étant con­
tt vaincu que ces mouvements n’étaient que FefFer.
« de l’emporte ment de quelques personnes, et qu’en
« Valachie il régnait un calme cl nue tranquillité
« parfaite, il a cru devoir s’entendre, par la léga-
« lion impériale de Couslanlinople, avec le minîs-
« tèreottoman, qui désapprouve également les actes
«de rassemblée nationale, et, par un effet de l’in-
«tclligcncc qui règne entre les deux cours, on a
«jugé nécessaire que la Porte publiât un firman
« qui réprimandât d’abord en général l’assemblée
« nationale, et cri particulier les premiers moteurs,
«et leur enjoignit par menaces de rester dans les
« limites de la soumission et de leur devoir; car, si
«par suite il arrivait des choses pareilles delà pan.
« de rassemblée nationale, une punition exemplaire
« atteindrait lus chefs et leurs imitateurs.
« Il ne leur appartient pas de refuser leiirassen-
« liment à tout ce qui a été résolu par l’assemblée
« extraordinaire de révision de ï8>i. et c’est à celte
« fin que M liukiuann a reçu l’ordre de venir pro-
« visoircmeut à Bukarest , afin de parler person-
« nullement, à tous les membres de l'assemblée.
« L’hospodar doit faire eu sorte que l’ouverture de
« rassemblée ait lieu eu meme temps que Par rivée
«de S. E. à Bukarest. La principale et la pre-
« mière occupation de rassemblée générale sera
«l'intercalation de foules tes annexes /dites ulté-
« durant le gouvernement provisoire
— 105 —

« russe t annexes à la jin desquelles sera jointe


« aussi la conclusion. Le tout sera corroboré des
« signatures des membres de l’assemblée génè­
re raie. »

Dès le lendemain de son arrivée, le baron Ruk-


maim invite, au nom des deux monarques, tous les
dignitaires de l’Etat et les membres de l’assemblée
générale à se réunir chez lui. 11 leur dit que
S M. était vivement affectée des événements de la
session passée ; qu’il était chargé d’exprimer toute
son approbation à ces digues et braves patriotes
qui ont compris les vrais intérêts de leur pays. Ce
sont MM. George Philipesko , son Gis, le colonel
Philipesko, Etienne Balatchiano et le Vornik-Ko-
koresko, et son mécontentement aux députés qui
avaient fait de l’opposition dans l'assemblée na­
tionale, et avaient provoqué des dissentiments;
qu’on avait à choisir maintenant entre la soumission
volontaire ou le régime des ffrmans, et que pour sa
part il était désolé que de pareilles choses se fussent
passées sous son administration (i). Le i 4 mai,
les mêmes membres durent se rendre au palais pour
y entendre la lecture du fameux firman. Je ne pein­
drai pas les sentiments divers qui s'emparèrent des
assistants. Le 15 mai, à onze heures du matin, eut
lieu enfin l’ouverture delà Chambre; il y avait ordre
ministériel, le discours d’ouverture prononcé, de

(1) Expreniicni» psoptes de M. de fini maiin


— log —
procéder de suite à l'exécution du b ou vouloir du
Sullair
Les ministres insistaient pour forcer tous !cs
membres de rassemblée à signer le règlement , et
à regier Lmi. ce qu’ils avaient fait d'honorable dans
la session précédante. Déjà uil secrétaire avait ré­
digé les lignes qu'on devait offrir à la signature de -
députes.
M. Aristarki au banc des ministres présidait d<-
.
*
fait l'assemblée Cependant l'habileté des chefs de
“opposition fit remet -re l'allinrc an lendemain .
Dès le commencemeai de la séance «/t jpicmArc
pro tes ta ci les autres refusèrent de. signer. L --
Lninlsires étaient trop avancés pour revenir à leu•.
premières prétentions, et l'on dut se contenter c- e
la signature du président et des sec ré (aires.
L’asseiiibJée nationale, attaquée dans son cxi •
ence même, n’en fui., jusqu’à la fm de la session,
pie plus ferme et pins prévoyante ; clic frappa i
milité ions les actes arbitraires du gouvernement
levant elle aucun abus ne trouva grâce 5 elle ne
recomilU que les dépenses par elle préalablemci •'
volées, de ni m -dp compte aux ministres des acl.es du
gouver iiêniiüit . leur reprocha sévère met lt d’aveu s
né prisé les lois, inscrivit définitivement parmi I.
c venus de l'Etat toutes les sommes si ni .tiraites du
dépar ienieut des finances depuis plusieurs années,
l décida que Je gouvernement forcerait les mi­
nistres responsables de verser, dans le trésor de
’lùat, tous les revenus qui cil avaient été dctot
— 1U7 —

nés ; enfin elle mit à leur charge toutes les dépenses


qui avaient clé faites sans l'autorisation de l'as­
semblée.
En s'élevant contre tous les vices de l'adminis­
tration , en contrôlant exactement le budget , l'as­
semblée suivait la marche qu’elle avait adoptée dans
toutes les sessions précédentes. Mais en présence
d’événements aussi graves, pouvait-elle oublier
qu’elle était désormais l’unique et seule espérance
du pays, qu'elle seule devait le sauver, et que s’il
y avait des dangers personnels à braver, il n’y avait
pas moins de gloire à mettre à fin son entreprise.
Elle adopta donc une nouvelle tactique.
Le pays, au mépris du reglement, est dépourvu
de routes; les rivières qui affluent au Danube ne
sont point navigables ; l'industrie ne reçoit pas les
prim.es d’encouragement qui lui sont promises; le
commerce se meurt, et les ouvrages des hommes
instruits et laborieux restent manuscrits, faute de
fonds. Les députés, usant pour la première fois des
droits que leur donne le règlement, proposèrent la
canalisation des cinq principales rivières de la Va-
lachie, l'impressiop aux frais du pays des ouvrages
présentés à l'assemblée, la confection des routes
et l application immédiate des lois relatives au com­
merce et à l’industrie.
Ces propositions, toutes du plus haut intérêt ,
desquellciïdépciidaiept tous les progrès intellectuels,
industriels et commerciaux, n’étaient pas les seules
qui devaient être présentées dans cette session. Le
108 —
parii natîoind était encore décidé à demander üim
enquête sur les tribunaux qui srmi dans l'état le
plus déplorai»— , afin d'obtenir ainsi la réforme de
la justice avant rS'p», époque fixée par le règle—
ment organique pour récompenser par l'iiiamovi -
biliH: les magistrats dont L conduite .serai. lioim -
rable.
Mais» quoique senties cl demandées par ions le ;
Aahqitcs , qmiîtjitc signées par tons les membre -.
de rassemblée qui s'intéressent le plus au bicn-oir.:
du pays, ces réformes et ces améliorations ne seront
peut-être jamais réalisées. Les R i tisses ont été telle -
ment cil rayés de l’essor que prenait Rassemblée. te
l'influence qu'elle avait sur les différentes classes .
de la protection qu'elle voulait assurer à lonl ce qui
rotiiiïBuerait à la gloire, aux progrès, à la prospt'
rilé de la Valardne, qu'ils prirent de suite la réso­
lu lion de fermer celle chambre, qui se préseuiail
comme la seule aillolilé légitime et capable de
constil ucr le pays.
Voici un a pci tu des dilapida lions du. iuiujburr<
Depuis quatre ans , il a détourné millions de
piasircs pat an, iod millions, ci pourtant çes mi
nistccs sont responsables. Mais tout fait croire
qu’ils oqt reçu de Péicrsbourjc,' avec leur itomi
nation. une dispense pour toutes les fautes qu’ils
pourraient, commettre pendant lcnr ad mini station ;
ri quand même ils ir auraient pas celte dispense .
ne son T- ils pas sûrs d’avance de f impuni lé ? Si I .
3lisses ont posé eu principe, dans le rcglcmcni
— *09 —
organique , la responsabilité tics ministres, ils se
'■ni bien gardés de les rendre, jniic'ialdes de Ras­
semblée. Les traduire devant les juges or dimii fgs
qui s nui ions à La nomination du prince , et qui vcii-
■ ni leurs voix an pins ofïi-ma, serait une tentative
11 -lieu le. Ors hommes accusés de dilapidations sont
trop riches pour Cire jamais déclarés coupables.
' 'ioseinbice u’avant pu faire usage de cette arme
de responsabilité, a rappelé seulement son droit de
■ otn.rôle, mais sans obleni r de réformes , sans pou-
voL' meure im ter nie aux abus criants d'auloriié,
de la pan du prince et du cabinet impérial.
La réforme a beaucoup promis, mais elle n’a
rien tenu. Le pays n'a fait qu’y perdre au lieu d’y
gagner ; c’est un aveu que font tous les hommes
d -! cœur ou \ -a-a chie i car sous la suzeraineté des
i urcsy la Valacbic aurait eu le droit de faire des­
tituer un prince qui ne travaille que pour l’assur-
à la Russie, qui lui est lié d’intérêt , et ne fait
qu’un avec elle par son serment.
Vassal de la Russie, bien loin de destituer les
nisires dénoncés par Rassemblée nationale, il
leur accorde de nouveau! emplois, Je nouveaux
I niicurs à chaque censure de Rassemblée, persé-
tc leurs accusateurs, étouffe, dans leur germe
mule améliora itou.
J’arrive au moment de la clôture de Rassemblée.
An mépris du traité d’Andrinople, le prince n’a
pas eu honte d’y faire lire un office du miiiis-
lere de Saint-Pétersbourg, qui enjoignait à la
/ • *
— I^o —
Chambre de payer à nu \' a Jaque , ministre du
temps de rinttérie, une sotiiniedü zjoo,ocx>piastres,
qu'il aurait à cette époque prêtée à i ‘Etat. Les re­
présentants avaient À peine rejeté cette dette, qui
n'était justifiée par aucune pièce à l'appui, que le
Secrétaire d’état tira de sou portefeuille l'office de
la clôture, et de suite en fit lecture, pour cluîgner
la protestation que les députés allaient signet sêan, „
tenante.
Depuis cette époque l'assemblée n’a pas été con­
voquée.
— fit —

CHAPITRE XVI.
Administrait o n ■

L administration des deux principautés est coir■


fiée aux soins et à la surveillance : i' du consul
;li:-se;-ao du prince; 3° des ministres ci de leurs
subordonnés.
Les pouvoirs du consul russe sont écrits d’abord
■ ■ is une convention, particulière de 1781 entre a
Porte et la Russie. C’est un surcroît de prérogatives
accordé aux Russes , malgré la convention explicn-
ti'.e de Kainardgi qui fut faite eu 1779 par la mé­
diation de la France. On lit dans celle de 1781
qu'un consul russe, censeur de la conduite des
princes sera établi eu Valachie et en Moldavie :
convcnlion d’Ackerrnan, 1826; « les hospudars
auront égard aux représentations du ministère de
S. M. L, et à celles que les consuls de Russie leur
adresseront d’après ses ordres sur toute sorte d’ob­
jets. » On a fait ensuite insérer dans le règlement
organique l’article 55 portant que « tout acte qui
« sera contraire aux droits de la cour de Russie
«sera nul et non avenu.» Au moyen de ce con­
trôle, qui s’étend meme sur l’assemblée , la Russie
s’est-elle pas emparée de toute l'administration?
^5 ce contrôle subsiste malgré les protestations des
, ' ♦« *
— 112 —
* représentants du pays et de tous les habitants. ils
n’ont jamais fait que deux traités avec la Russie;
sous le règne du czar Pierre Ier, 1709 , Brancovau
au nom des Va laques ; Démétrius-Canteniir, 171 1,
‘ * au nom des Moldaves. Ces traités n’ont pas eu de
*
suite mais ils restent pour attester que la Russie
reconnaît la souveraineté de l'Etat moldo-valaque.
Elle ne pouvait nier plus tard ce droit eu traitai.,
avec la Porte ottomane, elle ne pouvait oublier la
première condition de son alliance avec les Moldo
*
. Vainques, condition d’après laquelle « la Russie ne
r pourra jamais se nm-ler dans les affaires dti pays;
« il ne- sera permis à aucun Russe de se marier ou
« d'acheter des terres et des propriétés en Moi­
te davic. *
Il est inutile de revenir sur les conditions se­
crètes de la nomination des liospodars et de la né­
cessité oii ils sont d’obéir aux ordres du cabinet
impérial. D’après les institutions actuelles, les
princes n'ont conservé que le pouvoir souverain
administratif , conservateur du bon ordre cl de la
tranquillité publique, la nomination à toutes les
places, le commandement de la milice. Ils n’exer-
*ceüt aucun pouvoir législatif, et ne peuvent rendre
que des auaphoras pour l’exécution des lois exis­
tantes. Ils ont le droit de présider le divan princier
qui juge eu dernier ressort toutes les affaires judi-
ciaîres, et de donner leur opinion sur l’affaire et
sur-la sentence.
Les princes ont encore auprès d’eux un conseil
— m—
uninistratif, installé ' pour assurer el faciliter la
marche des affaires, pour préparer les matériaux

raie ordinaire, ainsi que les projets d’amélioration


p.ti, après avoir été accueillis par. le prince cl la
Russie, seront recommandés à l’examen des as­
semblées.
Le conseil administratif est composé du ministre
de P intérieur, président, du ministre des finances,
du grand pûsteluick , ou ministre des a fia ires
étrangères. Le conseil se réunit ordinairémènrmïux
us par semaine. Dans les cas urgents les hospodars
peuvent convoquer en leur présence le conseil ad-
■linistratif et le présider. Ces ministres^ainsi. que
eux de la guerre , des cultes et de la justifie , ont
chacun leur département séparé, à la tête duquel
se trouve un premier employé responsable qui di-
ige le travail des bureaux, cl donne des ordres aux
’ hefsdes différentes sections, a iusi qu’aux employés
des districts.
Les villes sont régies par des magistrats muni­
cipaux élus par les corporations , agréés par les
hospodars,
Tous les emplois administratifs (y compris la
dignité de prince qui est amovible) sont brigués
avec une ardeur sans exemple, malgré l’exigu ité
i pouvoir qui leur est laissé; car tout est à la
Russie. Les honneurs, les rangs ne sont accordés
nlaux employés. Cette avidité insatiable des places
peut être considérée comme une des plus grandes
B *
• • — IU —
plaies du pays. Un étranger s’en plaignait en ces
termes à un indigène éclairé. Quant à l’adminis­
trai ion, la faveur eu multiplie de plus en plus les
entraves, et les abus deviendront de jour en jour
plus criants, tant que la naissance y prévaudra sur
les talents. Avec ce système, l’cmulaiiou s’est
éteinte, l’incapacité est encouragée, l’opiilion a
cessé de sc développer; l’industrie, les arts, l'agri­
culture sont méprisés, et la plupart des jeunes
boyards, certains d’occuper un emploi important,
pa*t^te
e raison seule qu’ils sont fils de boyards,
n'y voient qu’un moyen de faire fortune. Ils ne
prennent point la peine de s’occuper d’une étude
spéciale, .et d’acquérir des talents qui puissent les
faire distinguer.
— Un —

CHAï’JTBE XVII'.

De l’hCféditt et ie l'union den Roumains

Après Je bes1’|! l'assurer an pays une position


ijrernaLimjale , nul ne se tait plus vivement seuiir
que celui <finie souveraineté héréditaire pour Tes
« leux principautés j un pouvoir électif ne fait
qu’attiser l’ambition individuelle des boyards.,
i-Titretenir 1 ;i ; le des partis , et laisser le champ
libre à ritiflucnce russe. L/cspût pubiic s’éclaire de
jour en j our, f voici les vœux des Roumains qui se
flattent de rro mvrer leur rang parmi les nations.
i > us désirent un prince héréditaire ; mais les uns
veulent un prince indigène, les autres un étranger
de famille, s riveraine. Les Valaqnes et les Moldaves
sont por tC.s pour un prince indigène, à l’exception
toutefois des boyards ambitieux qui , désespérant
d’arriver, préfèrent un. étranger. Vient ensuite le
désir de l’union des deux principautés. Cette union
c tuent désirée par toutes les classes est déjà tex-
ü lemcul écrite dans la législation.

Art. |2.5 du règlement oiganique. « L’origine,


i h iigioii , les usages et la coniormilé de langue
8.
—. 116 —
* des habitants dans leș deux principautés , ainsi
« que le besoin mutuel, contiennen■ , jcs i. prin-
< cipe, Cs éléments d'une union iuti mc qui a été
«entravée et rcÈgrdée par des cireOn&t uccs for-
« tuiles et secondaires. Les avar :. ; : ■ - ,sc-
« quençes salutaires rés ni tant de I a réunion de ces
« deux peuples ne sauraient. Cire révoqués eu doute,
r Les éléments de la fusion du peuple moldo-va
« laque sont déjà poses dans le réglement pai
«-l’uniformité des bases admirnsir de ?î deux
«.jipys.
426. • L'identité de là législ . îoi-i élûtt:. un des
« moyens les plus efficaces peut? CQtncnnmer cette
■ réunion morale, une commis^nt 1 mixte sera
« nommée par le gouvernement des deux priucî-
« pautés, à l’cilét de refondre en un s ni et rnémc
corps les lois moldo-valaques, les Codes civil ci
■ pénal des deux pays , eu tant qu e les lmsp? dat s
i- trouveront la chose exécutoire, ,rn y a ppc i-tant
■ les modifications et cliangetntno qui seraîei n ? -
■ connus indispensables , cl en y ajrmtanl 1 •
« non prévus. »
Malgré la tendance démocratiepic - des \ J .m­
et la tendance aristocratique do M uJd ■ ves,n ilgré
les difficultés que le temps seul pourra détruire la
réunion des deux principautés en royaume csi don<■
presque assurée. D’aulres, plus avancés
* soutîe rment
q?ir la fusion de tous les Roumains rsi rigtm■ • usc-
ment nécessaire, qii’rri s’occnp ■mt aujmird’t Je
— 117 —

i i Valachie toute seule, qui est plus avancée et plus


' ufî'raute, ou ne réglerait que le sort de la cin-
uième partie de la population roumaine; qu'eu
eiigcant la Moldo - Valachic en royaume, ou ne
prépare le bien-être que d'un tiers de celte po­
pulation ; qu’il reste plus de six millions de Ron-
mains non réunis; qu'à leur défaut tout sera né­
cessairement incertain ; que ces masses, toujours
■acil ces par le malheur de leur position cherche­
ront sans cesse à renverser toutes les combinaisons
n les sépareront de leurs frères; que ces combi­
naisons sont d'autant plus vicieuses qu’elles ne
donnent aucune garantie aux États limi trophqs ;
que l’alliance qui doit régner entre voisins serait
compromise par cette guerre sourde qui viendrait
in fait des Roumains non réunis. Toutes ces con­
sidérations présentent un problème dont le temps
seul, plus puissant que la diplomatie, peut donner la
solution.
Je connais l’homme vraiment national que les
' alaqnes désirent pour leur chef suprême. Ce choix
fera leur bonheur s’ils peuvent, lobtenir. Si je
désire à mon loin le voir au pouvoir, c’est qu'il
leru cesser l’esclavage; le paysan ne sera plus un
rt"corvéable et mis à la chaîne à volonté, il sera
citoycpii Les hommes de talent seront honorés ; les
is, l’industrie, le commerce encouragés ; la liberie
di tique et civile sera garantie, ct le pouvoir judi-
iaîre ne sera plus confié qu’à des juges instruits cl
d une probité reconnue. Ce ne sont pas là des pro-
— 118 —
messes et des dl usions d'espérance, il les a déjà
réalisées dans sa vie privée, et c'est son dévouement.
bien court u aux intérêts de son pays qui lui a ga­
gné tous les cœurs.
Mainicnani. que ce fait ne peut, être contesté, je
suppose que Je cabinet protecteur s’obstine à con­
server Je prince Ghika, il le prendra , comme un
instrument servile, pour é tou lier Je sentiment na­
tional, qui ne fera que s’accroître et se for» fier.
Dans la crainic de le voir renversé, le cabinet rusçp
potlrra bien lui demander sa démission; mais trou­
vant sour sa in. dn ce ministre aduci dont je mis le
nom , qui u su se faire une réputation d'homme
habile, parce qu'il a toujours eu sinn de ramper
pour s'élever, il l’élèvera à condition de défendre
f influence de ses maîtres. Au point où porii les
choses, la Russie ne peut se mêler de l'élection d'un
prince sans le dénationaliser.
.Le prince Stourza est bon a{llmldill,iltt^lu1, mais
il <luit a la nécessité des classes , et tic voit le bien
general que dans le réglement et ses neuf chapitres.
Avec ses préjugés a ris tuera tiques , il est l’IioLume
essentiel dans mi pays où il n'y a que des privilé­
giés, des juifs, des paysans ci des esclaves. Eu Va-
la chic au contraire, où le Licir-élai est déjà formé,
et prend chaque joui • plus de consistance, on b? plus
grand propriétaire aime mieux pouvoir se dire
Vainque, cire l 'égal de tous, que d'être noble sous
peine d'être incorporé; par cela même qu’un veut
nue organisation solide, yn ne peut conserver un
— H9 —
piittcc incapable, par cela même qu'on veut ta
uadonaliic, ou ne veut pas de créature russe. La
*;
force des chose ord°nne aux esprits les plus sages
de «e voir que dans Fhmme dont on pourra sigil­
lée les services le prince nécessaire à la Valachîe.
—m—
Tels soûl les malheurs de la Moldo-Valachic.
Voici les remèdes à tant de maux,
La Value hic surtout est persuadée que la lan-
gueur intérieure dont elle est frappée cessera aus si
lût qu’un homme éclaire, distingué par ses vertus,
honoré de la confiance de scs concitoyens, ser;j
appelé au pouvoir pour sauver le pays. Ouvrorjx
l'histoire, nous y voyons que du temps de Nap j -
léon, lorsqu’il pensait à créerl un royaume de liaitu.
les Vainques avaient déjà déclaré à l'Europe qu'il ■ •.
longue expérience et le soin de leur propre consc
vation les autorisent à se meure à l’abri deloc te
catastrophe, et par conséquent à réformer ces vi
cieuses constitutions qui noni servi qu’a les tci■
dre tributaires de deux empires, à consolider p if
l'hérédité le trône , première force d'un pcnp! c
libre. C'est l’unique moyen d'éionllér les brigm
et les influences, de faire des ambitieux des ci
toveus, et des conquérants des amis et des alliés
Les habitants des deux principautés croient quu
le trône doit être héréditaire de mâle en mâle dan
iti famille de celui qu’ils auront distingué. Mais ■
souverain devrait, à mon avis, prendre pour base ■
d’uue nouvelle constitution les principes suivants
Le sol de la MtddoValaclrie est une terre de li­
berté pour tous ceux qui Habitent. Le terriloij i
est inaliénable.
La personne du souverain est inviolable ets;■
crée. Comme dans les autres Etals, le soiivcrai
est le chef eiipi au jede la nai ion ; il en mm ai jdc l<s
124 —
cinq ans et au-dessus. Ils fixeront : t" les bases
d’un meilleur système d’impôt; a® les bases du
meilleur système do représentation nationale;
5® les conditions d'âge et d’éligibilité; le terme
de l’élection; 5° le mode d'élection et le nombre
des représentants.
Avec de telles institutions , les meilleures qm
puissent être appliquées à la situation présente ,
la Valachîe fait disparaître les abus intolérables
dorn elle est depuis si longtemps victime. Le pou­
voir souverain, à l’abri de l’influence des deux em­
pires, ne pouvant cire confié qu’à un homme in­
tell igent et d’ailleurs éprouvé, dans un pays où tout
est à créer, où tant d’obstacles sont à renverser, il
faut lui laisser uue grande latitude d’action pour
lui donner les moyens de triompher des ennemis ,
soit intérieurs, soit extérieurs, que l’organisation
nouvelle pourra lui susciter. En temps de guerre,
il doit cire en état de prévenir les trahisons, cl de
prendre en main le glaive pour les punir.
Avec le principe d’une dynastie héréditaire, la
Moldo-Valachie est sauvée. T 'leentre dans une voie
d’ordre et de progrès, clic réveille la sympathie des
cabinets constitutionnels et des peuples voisins
chez lesquels se fait sentir le besoin d’une nationa­
lité monarchique. En se montrant hostile à la pro­
tection impériale, elle devient nécessairement Pal­
liée «les nations puissantes, maintenant incorpo
fées, non-seulement elle n’est plus isolée dans soi i
mouvement , mais encore elle devient le cenlu
— 125 —

d’unité des peuples latins dans cette partie de l’Eu­


rope orientale.
Ces bases conviennent aux Vainques j ceux-ci
appellent les Moldaves à l’union, et les cabinets de
l’Europe qui ont besoin d’un état intermédiaire
pour rétablir l’équilibre ont un interet immédiat
à reconnaître la souveraineté de la Moldo-Va-
lachie.

fin ne i.à prkmikbk fartik.


DEUXIEME PARTIE.

CHAPITRE I-'.
D«b payuiu de la Hlaque et du •yitême communal
en Moldo-Valachle

li n’existe peut-être pas un peuple , écrivait


M Wilkinson, plus opprime et plus écrasé d’im­
pôts que les paysans de la Moldo-Valachle. Ceux
que l’on appelle klaqueurs sont dans une misère
profonde; une amère dérision qualifie de bien -être
cet état depuis le i èglemeut organique. On pourrait
croire que les propriétaires, à l'avantage desquels a
tourné la dernière réforme, se sont concertés pour
v:iiter le soi-disant bonheur des paysans d’aujour­
d'hui. A les entendre, ils sont des hommes libres,
quasi propriétaires, et soumis seulement à une
prestation en nature.
Voyons donc la véritable situation de ces mal-
heureux, si étrangement déguisée. Cette classe
esi la plus pauvre, et supporte presque toutes les
cliarges deFEiai: seule, elle est la pépinière des sol­
d aïs ; elle n’exerce aucun droit politique, et se trouve
9
— tao —
sans garantie contre les exactions du propriétaire
et l’avidité brutale du gouvernement.
Le paujtëf&ihé et lc’proléT'adaf, ces dViix grandes
plaies des sociétés modernes, «'existent pas en
Moldo-Valachie ; les maux qui l’ailligent sont d’une
toute autre nature. Tout Roumain a droit à un jar­
din, à une chanufièiêL à un1 cha’tiip; mais si la loi
le protège contre Ja détresse, elle est impuissante
à lui gwattwi-r le produit de ses ti'àt^jfii’tt f l’es- exac­
tions sans nombre des administrations perpétuent
sa misère.
Deux réformes prétendues ont été tentées en
faveur des paysans ; l'une devait abolir le servage,
l’autre améliorer leur sort. Elles n’ont pas tenu
parole; elles ont donné lieu à de nouveaux abus
et sanctionné ceux qui existaient à titre d’anciens
usages.
Je viens à la réforme de Maurocoidato. Cet lios-
podar fanariote, voulant s’approprier tous les re­
venus de l’Etat, abolit le servage en , arrêta
que les paysans : ne paieraient plus d’impôts qu’au
trésor national, parce qu’il confondait le trésor
particulier du prince avec le trésor du pays. Il avait
même si peu l’intention de proclamer la liberté de
toutes les classes de Valaques, qu’il indemnisa les
boyards de leurs serfs par des sokotclnicks; c’est-à-
dire qu’il exempta des tributs et contributions tous
ceux des paysans qui consentiraient à rester serfs
des boyards et des monaslèrte , à leur payer une
— 13i —

redevance en argent , ou à les servir dans leurs


terres. Ceux qui se refusèrent à devenir sokotel-
nicks entrèrent dans la classe contribuable de
l'Etat. Il leur fut permis de prendre à ferme les
terres des boyards, à condition de travailler pour
eux douze jours par an, et de leur payer la dîme.
Ce nouveau genre de fermage lut appelé klaque.
ijutcfois celle rélotmc a produit un bienfait ;
elle a permis à d'autres qu’à des boyards ou fils
de boyards de posséder des terres ; elle a crée la
classe des petits propriétaires connus sous le nom
de Moucienes. Dans les montagnes, des villages
entiers sont composés de paysans de cette classe,
qui se distingue de celle du ldaquage par le bien-
être et l’activité
Depuis j 7 jü jusqu’en 1831, on divisait tes Va­
inques eu trois classes : le mouriene, soumis à la ca­
pi ration cl corvéable du gouvernement; le klaqueur,
qui était encore obligé à la redevance de la klaque ;
les sokotelnicks, exempts d’impôts et de corvées, et
ne dépendant que de leurs maîtres. Je ne parle
pas des poslusnicks, ou paysans étrangers, tenus
seulement d’approvisionner les maisons des boyards
grecs et des consuls. Ces deux dernières catégo­
ries ont été abolies en t83i. A cette époque l’an­
cien système d'impôt a clé changé par le règle­
ment organique ; les loods oui été remplacés par
une capitation fixe de trente piastres ; le régime
communal a élé introduit daus tous les villages;
!( -or ées, à tout jamais abolies, n’ont été maintc-
9.
— 131 —

nues que pour l’eutreiieii mi ht ocmtcctiiin des


routes.
Si ce règlement organique ci ait exécuté, la con­
dition du paysan serait devenue meilleure; niais
au cotit rai te, elle est devenue pire, puisque les re­
devances de la propriété ont. augmenté, son. terrain
a été limité, ci que les exactions de l’administra-^
tiuii, contre lesquelles on lui avait donné des ga­
ranties, mont pas cessé. Lors de la confection du
règlement, rassemblée extraordinaire des boyatjs,
qui s’éiaii montrée fort libérale pour détruire les
abus dû gouvernement, ne voulut jamais faire l’a­
bandon d’aucun de ses privilèges en faveur de
l’humanité. Il fa lut un ukase de Fempercur do
Russie pour faire remplacer Je sukoiclnick par une
indemnité en argent, et le président, M. Mniziaki,
voyant i’irriuiiion qm se oiainfcsiail parmi tous
ces députés, intéressés h mies les fois qu’une pro­
position était faîte eu faveur des klaqueiirs, fut
contraint de les abandonner à la cupidité des
propriétaires.
La loi n’avait pas fixé d’arrangement uniforme
en ire le propriei a ire el le paysan k Laqueur; ou ar­
rêta que le proprietaire seraiL obligé de donner an
khqueur pour son hadiliition cl son jardin quatre
cents .Litigéncs dans la plaine et trois cents dans les
moula g ues, des lieux de pacage pour quatre ani­
maux propres au labour et pour une vache ou dix
brebis , que le kiaqut-ur a u rail le droit, en outr e
— L33 —
punt' le nombre des bestiaux ci-dessus désigné , à
trois pogons de terre labourable; qu’il serait tenu
de les cultiver ou de les faire cultiver à son coin pic
sans pouvoir jamais les louer pour de l’argent. On
décréta que le paysan qui obtiendrait ces avantages
serait tenu de travailler au profil du propriétaire,
avec tous tes bestiaux, douze jours par au ; de lut
fournir une journée de labour et de lui faire un
transport à une distance de six lieues, ou que le
propriétaire, à son choix, pourrait exiger une in­
demnité en argent. Le klaqueur doit la ditne sur
tous les produits, et ses redevances seront dimi­
nuées en proportion du terrain qui viendrait à lui
manquer. Le nombre des bestiaux propres au
labour détermine la quanti té du terrain.
Le règleiucni détermine ensuite la quantité de
travail qui sera faîte dans ' une journée de redevance.
Le paysan le plus laborieux, avec les instruments
aratoires de la Valachie, oc peut meure moins de
trois jours pour remplir la tâche indiquée pour un
seul. Les klaqueurs doivent encore fournir au pro­
priétaire les moyens d'exploiter sa terre, quatre
hommes sur cent familles; ces hommes de service
s’appellent Obtttuhtis. L'équité obligeait de ne
prélever cette redevance énorme que dans le cas
où le village aurait vingt-cinq familles; mais il fut
arreté que même au-dessous de vingt-cinq il serait
considéré comme complet. Les propriétaires se ré-
servêreul le droit de vendre sur leurs terre, et de
des cours- d’eau et des -forcis.
—— 13k —

La kdaque est aussi funeste au propriétaire qu'au


paysan. Elle repose sur un principe de répartition
lout-a-fait injuste; elle oblige Je dé lcijleur d'un
pdgûtî (arpent ) ingrat à la même redevance que
pour un pogon fertile, dans un pays où les biens
sunt à vil prix, où les deux tiers du sul sont in­
cultes; de par la loi on loue aux malheureux au
delà du prix d’achat ; les boyards qui sont acconix- ’
mes à louer à des fermiers grecs, ne lixmt plus le
prix eu raison de la valeur de la terre, mais serie-
meut du nombre des klaqucurs ; en sorte que ce son t
des hommes soi-disant libres que l'on, alicrrnc.
Cette vicieuse institution retarde les progrès de
l’art agricole ; elle aliineniq l'oisiveté des boyards,
et leur insensibilité pour le malheur. Nous nous
bornerons à citer un des articles les pins féconds
en vexations : c’est celui qui autor se le propriétaire
à exiger des klaqyeurs Je rachat en argent de leurs
redevances. Comme ou doit prendre pour base de
ces arrangements les prix de l'endroit, les fermiers
s'entendent avec les voisins, font un cadeau à l'ad­
ministration, qui permet d'élever les prix ; le paysan
est alors sommé de payer, et s’il ne le peut, on le fait
incarcérer ou battre sans antre forme de procès ;
ses bestiaux sont vendus à vil prix. Oit peut citer
à ce sujet les villages de (Ÿrgit»ay, Gostiitéré, où
il ne restait plus que trois à quatre bœufs.
Les boyards ne se soumettent pas à l'abolition
des corvées, cl l'un voit souvent les ministres faire
enlever lanuit les paysans, les forcer de travailler,

r ( s curu :lni- :i Ictus dépens. Le prince Glo.ka, jpi
irait envoyé un de ses aides de camp pour recon­
naître l'état des villages,n’a pourtant rien . fait pour
taire cesser des .abus aussi criants. Souvent poussés
par In misère la plus profonde, çes infpr.tuués se
/■ ; lient , accourent par bandes aux .pot'. tes. de Bti-
karcsL, et se dissipent, en un clin d’œil, dans ht
raintc cire cm prison nés et bàLonués. L’utgaiii
•»atio■’ imiaieiînale est aussi simple que bonne ; elie
est b iîsée sur celle de la Russie. Il y a d’abord m t
pàrctdube élu par les villageois, chargé de perce -
voir l’impôt, puis un tribunal composé de. trois jn
tés, qui concilient les différends, et jugent en dcr
nier ressort les affaires au-dessous de quinze pia s
ires. Chaque village se garde, et répond de tous 1'
brigandages qui ont lieu dans sou ressort. Les
caisses communales prélevaient, dans le principe,
une taxe fixe annuelle de trois piastres par famill <■;
la loi de 1802 l'a élevée jusqu’à six. Tonies les
caisses du pays ont une réserve de 1,200,000 pias
très, provenant de l’économie faite de * 83 r
1855.
Ou exécute enfin la loi qui ordonne d’établir des
écoles dans tous les villages ■ mais le plan de ce * e
institution vraiment utile, si elle était sincère,
contrarie tout-à-fait les intérêts des pauvres. L es
nouvelles dépenses que l’on devra mettre à iacharge
des caisses communales, déjà trop grevées, on 1
prouvé jusqu'à l’évidence qu’on a voulu scidemeu t,
pur une fausse démarche, ajouter un obstacle au
— f36 —

développement de la civilisation, et par un essai


malheureux décourager les plus ardents, L *s pro­
grès rapides qu’on a te marqués dans les écoles
fondées par des propriétaires , et surtout dans celle
de Kimpina, ont donné nue excellente opinion de
l'intelligence du paysan ; il serait à désirer que le
conseil de l’ïnsirue lion publique profitât de celte
occasion pour rendre à la langue sa véritab.e
écriture.
En Moldavie, tout propriétaire de terres habi­
tées, excepté les llczèches, pp petits propriétaires,
a le droit de prendre, sur ses terre» cl dans l’intçrct
de son économie rurale, un homme sur dix familles
pour le service de sa terre : ce droit reste perpé­
tuellement attaché à sa propriété, cl ne peut, s’alié­
ner qu'avec elle. Ces paysans s’appellent FbZito-
slougebaches.
Cet le corvée pèse sur les cultivateurs du deuxième
ou du troisième rang, c'est-à-dire'sur les plus pau­
vres. En Moldavie, l’arraugement n’a lieu de gré à
gré que pour les voluo-slougebaches. Les boyards
n’ont consenti ù l'admettre, comme en Valachie,
pour les autres redevances, que dans Je cas seule­
ment où ils n’anraietit pas de travail à fixer au
paysan.
Outre les douze jours qui sont vexa toi renient et
inhumainement déterminés en Moldavie, chaque
villageois est tenu de faire un transport à upc
distance de seize lieues. ou deux à la distance de huit
— 137
lieues, et de plus deux transports de bois, Ceux
qui n’auront pas de bœufs devront, travailler quatre
jours dç leur personne. Tout villageois ayant ou
non des bœufs est encore tenu de travailler aux
réparations necessaires sur la terre, quatre jours
par an.
Tout paysan qui veut se transporter sur une
ajrc terre doit prévenir six mois d'avance, avant
la Ôo'rtf-Gr’orgcv, l’ispranik et le propriétaire.
H doit payer au propriétaire l'équivalent du tra­
vail et de toutes les redevances d’une année ; à la
caisse communale, de son ancien domicile , une
somme équivalente à son contingent dans l’impôt
d'une année, au profit, de cette caisse.
Sa maison, toutes les plantations ou autres ter­
rains qu’il aura défrichés sur la terre qu’il quitte,
resteront à l’avantage du propriétaire, sans in­
demnité.
Quant a la capitation, le paysan devra s’en ac­
quitter pour lotîtes les années qui pourront suivre
jusqu 'au recensement, a moins que la vcstiairie ne «
le fasse inscrire ailleurs.
Il n’existe pas une seule école pour les paysans
moldaves.
Ainsi, tandis que le, boyard ou le palatin de l’aris­
tocratie s’exempte de toute charge et se crée des
privilèges à volonté , le pauvre est condamné à
souffrir toute espèce de privations pour sulllrcàses
prodigalités.
Venons aux petits propriétaires rezèches, aux
— 139 —
ie d injustices criâmes , ont été plongés dans lu
misère; beaucoup d’autres, expropriés ou forces de
vendre leurs biens, ont perdu leurs droits avec
leur liberté , cl se trouvent soumis à la condition
des corvéables.
Les Roumains se distinguent par des principes
d honnêteté; ils aiment l’indépendance, ils sont
1 aves. Souvent ces hommes, élevés dans la plus
affreuse misère, courbés sous les coups des ad-
ministraleurs, et si humbles, si soumis en appa­
rence, se sont offerts sans armes aux baïonnettes
moscovites. Leur résistance a clé violente, lorsqu’ils
iont opposés aux nouveaux droits de la klaque.
Leur audace est remarquable, cl leur courage est
it tiomuié chez les Russes , qui les mirent toujours
aux avant-postes dans leurs guerres contre les
Turcs.
Quoique très arriérés, les paysans font toutes
s petites transactions commerciales à crédit,
s exemples d’improbilé sont rares ; cela tient à
i qu il religieux qui les anime. Leurs femmes, qui
emplissent liés bien leurs devoirs de famille,
.liment la société; elles voient toujours l’hiver
•c plaisir : c’est alors qu’elles se réunissent,passent
1 si uitsciitiêresà travailler, à raconter des histoires.
L’été, elles partagent avec les hommes le travail
d - champs. Pendant la mauvaise saison, elles s’oc-
i . ml à faire des vêlements pour leurs maris, de
la toile grossière et des tapis communs.
Les hommes avancés du pays sont d’autant plus
, — iM> —
aiiligé lie iu malheureuse posiiion des paysans
qu'ils savent apprécier leurs bonnes qualités , et
qu’ils sont bien persuadés que la nation ne pourra
jamais défendre par elle-même sa liberie el faire
respecter ses droits tant que les paysans ne seront
pas citoyens, cl que la klaque ne sera pas remplacée
par nu contrai de fermage de gré à gré.
HH| e'

%
— 141 —

CHAPITRE II.

Sur le
* .
Cir«ta
* ou enclave
* en MoJde-Vatachte. '

„Celui qui peut dire : Cô’Zf romanuj sum, je suis


Roumain, je suis boyard, a droit, dans les deux
principautés, à tous les avantages, â tous les privi­
lèges. L’homme qui ne peut se glorifier de ce
titre n'est plus un homme. Cette société, qui n'a
pas même les conditions d’existence , qui n’a point
assez de force pour se défendre, est pourtant or­
ganisée de maniere a perpétuer la tyrannie et tous
les maux qu’elle entraîne. Si les nobles ont subi
le joug, c’était juste. Un peuple qui maintient l'es­
clavage, mérite, suivant la belle expression de
M. de Maistre, d’etre mis au rang des peuples con­
damnés. On a beau nous parler d’un nouvel es­
prit, d'un enthousiasme ardent pour la gloire na­
tionale , d’efforts faits pour le perfectionnement de
la langue , ou ne peut croire à une régénération
qui maintient toutes ces distinctions de castes.
Tout ce paganisme s'oppose à une association , à
une organisation indépendante , à une sociabilité.
Pas de milieu : ou l’émancipation des esclaves par
le libre arbitre des boyards, ou la révolte avec
toutes ses conséquences. Elle sera moins horrible
que l'étal présent.
— ivv —
Les cigarns , émigration tardive d'une peuplade
de l'Asie en Europe, paru rem. pour la première
fois eu Moldavie, suivant les uns au j3‘, selon
d’autres au i5ç siècle, eu ^07. Dq la Mo Ida nie ces
hordes errâmes s'étendirent eu Europe, qui les
connaît sous Je nom de Bohémiens. Le dernier ou­
vrage qui traite ce sujet, et qui parut à Berlin eu
*
i83 , sous le litre d’Est/uisse sur Lhistoiref h>
mai tirs et la langue des cigains , en fait ainsi le
détiombrctneiii-

Va ladite et Moldavii?.......................... £00,000


Turquie................ ..........,.. 200,000
Hongrie.... .................................. . 100,000
Espagne................................................. 4°iûû<>
Angleterre............................................. 10,000
Russie.................................................... 10,000
Allemagne, France, Italie, . i;........... 4o,ooo

Total - ■ • -doo’poo

C’est le cas, Ou jamais, de se défier de ces ta­


bleaux composés de zéros, puisque la statistique
incomplète de la Miido-X alacliie à elle seule pré­
sente 267,165.
Dans les contrées où la religion grecque et le
mahométisme dominent, les cigains sont esclaves.
Avant de nous occuper de leur état, disons uil moi
sur la législation relative à l'esclavage.
— 143 —
f 'aiuchie. — Tons ceux qui naissent de père et
de mère esclaves sont esclaves. Celui qui mariera
à son cigain une cigaine qu’il sait ne pas lui ap­
partenir, perd la cigaine avec tous scs enfants.
Si des cigaitis se marient entre eux , sans savoir
que l’un d’eux n’appartient pas au même maî­
tre , s’ils ont des enfants, les mâles appartien­
nent au maître du mari, et les Ailles au maître
de la femme. Un cigain épousant une femme libre
ou une affranchie sans l’auiorisalion du maître ,
il y a lieu à séparation. Nul, avant l’âge de vingt
ans, ne peut valablement affranchir un cigain.
Nul cgoumèue, ou chef de couvent, n’aura le droit
d’affranchir un cigain de son monastère, L'affran­
chissement des esclaves sera toujours fait par écrit.
La législation desKoumains est digne du prix Mon-
thyon, eu comparaison de ce code Caradja , liv. 1,
chap. 7 et B, chef-d’œuvre de l’espi • it fanariote.
Le code moldave au moins déclare que l’escla­
vage est contre le droit naturel, mais qu’il existe
depuis des siècles dans celte principauté. L’autorité
du maître ne s’étend, sous aucun prétexte, sur la vie
de l’esclave. Il a le droit d’avoir des héritiers; il est
regardé comme une personne, et comme tel, sou­
mis aux lois du pays. Une union légitime ne peut
avoir lieu entre un homme libre et une esclave. Si
pourtant elle se formait par ignorance, elle ne
serait pas brisée, si l’homme ou la femme libre est
eu état de payer le prix de l'esclave dans le cours
de trente ans. Si nu homme ou une femme libre
— iu —
s'cst marié scicmmcui à une esclave , si le maître ne
veut l'affranchir , ni recevoir le prix , le mariage
sera cassé, il y aura lieu à une amende. Tout maî­
tre qui aura permis à son esclave de se marier avec
un homme ou nue femme libre perdra son esclave
et sera ce usure pour servir d'exemple. Les enfants
nés de mariages entre esclaves et libres seront li­
bres, soit que le mariage ait eu lieu avec la
naissance oj sans l’aveu du maître. La prescription
n’a pas lieu pour les esclaves fugitifs dans cet le nriu-
. oipmitë. Si nue esclave a servi de concubine a un
h oru me libre ei recouvre sa liberté, elle et les en­
fants qLÙ^c aurait eus de lui, à sa mort, recouvrent
leur liberté. Les affranchis peuvent se marier, sans
cire empêchés, avec ceux qui sont libres de nais­
sance; mais l'homme affranchi ne peut pas s’unir
avec la .fille > nièce ou toute autre parente de son
ancien mai ire, ni avec la fille d'un m îfele.
lùi Va la chie, la loi sacrifie l’esclave au maître.
En Moldavie j l'esclave a le droit d’avoir un petit
pécule. En Valachie, ces infortunés ne jouissent pas
même des droits civils , et quoique l’usage admette
nn contrai entre lé maître et l'esclave, par exem­
ple, dans le cas d’une permission pour aller tra­
vailler chez, un particulier, moyennant un tribut,
le cigaiii ne petit citer le maître en justice que
lorsque ce dernier attente a sa vie La loi moldave
est plus humaine, mais les traitements des maîtres
sont aussi barbares. Tous les jours , pour une as­
siette cassée , pour une boucle mal frisée , ces mal-
— U5

'= ;< expirenr sous Ies coups. Et pourtant, je


n ’ai pas vu d'exemple de la condamnation d'un
maître ! Et quand j’ai visité les salines, c’est-à-dire
les bagnes ou sont envoyés les grands criminels qui
subissent ailleurs la peine de mort, je n'ai pas
trouvé un seul buvard.
Les Moldo-Valaques sont les seules populations
i chrétiennes de la Turquie d’Europe qui aient con-
servé l'esclavage; il est dans les mœurs. A la
home du ces peuples soi-disant chrétiens, les Turcs,
sm lesquels ils se croient en progrès , sont pb^fî-,
vilise.s. L’esclavage est dans la loi inusuljm^mj,
mais l’esclave fait partie de la famille; Jl.cst libre
au bout de sept ans. 11 peut, comme les affranchis,
être appelé aux plus hauts emplois. L’hiver il est
couvert, et toujours sûr d’avoir un gîte et la nour­
riture; tandis qu’en Valachie, pur un froid de pô
ou de p5 degrés , les enfants des ci gai ns vont nus,
absolument nus , sans bas , sans chemise. Et ce n’est
pas une exception particulière, c’est uu fait géné­
ral. Vous voyez, dans les villes et dans les cam­
pagnes, errer sur un pied de neige les ci gai ns, mai­
gres et décharnés, avec leur peau cuivrée, le regard
étincelant, une chevelure longue, noire, hérissée.
Les cigains sont divisés en deux classes. Les uns
appartiennent à la couronne , les autres aux par­
ticuliers. Ceux-ci sont les seuls qui restent eu Va-
iachie. Les cigains de la couronne, en Moldavie,
si: distinguent en deux catégories, les et irs
/ '"airassi. Us exercent différentes professions. Les
10
— U6 —
uns cherchent l’or dans les rivières, on les appelle
Aurari ; les autres font danser les ours qu'ils ont
apprivoisés, on les nomme Ursari; ceux qui fa­
briquent toute espèce d’ustensiles en bois sont appe­
lés Lingurari, ou fabricants de cuillers. Les laïessî,
qui sont ouvriers maçons, forgerons ou fabricants
de peignes, sont presque tous nomades , soumis à
la juridiction de juges on bulubassas qui reçoivent
leur impôt, et qui ont le droit de les punir.
Les esclaves ne peuvent pas se marier sans per-
iüiggiou ; ils sont forcés de se marier si le mai rte
leur en donne l’ordre. J’ai assisté à des mariages
d’esclaves. Quand j’ai vu un prêtre officier comme
pour un mariage d'homme, quand j’ai vu la danse,
entendu les éclats de rire d’autres esclaves venus
pour le fêter, et que je me suis rappelé qu'ils s’u­
nissaient pour procréer des esclaves, je me suis
sauvé avec dégoût, comme si j'avais assisté à un
sacrifice humain. Cette solennité nuptiale et les
cris de ces infortunés qui se font entendre au point
du jour, heure des corrections, ces déchirantes la­
mentations qui frappent l’air dans les maisons des
boyards que l’on avait salués la veille, le jour des
veines, aii moment où l'on sépare le père des en­
fants; quand ou enchérit sur le père, sur le fis,
et que le. père voit qu’il n’est pas acheté par le
mrme proprietaire, ces scènes d’un long deuil
souvent répétées vous font frémir d’horreur. Des
hommes admirables vont chez les mahométatis ra-
clu- ter jes chrétiens; pourquoi n’irait-cm pas racheter
— (47 —
cigains en Moldavie, enValachie ? J'ai rî de pitié,
quand ces boyards me parlaient de l'abolition delà
t raite des noirs et des progrès de la civilisa lion en Eu­
rope. Le malheur est. si fortement peint sur la phy­
sionomie de ces esclaves , que si dans un festin
somptueux il vous arrive d’en apercevoir nu seul,
vous vous sentez l’appétit glacé; malgré vous natte
idée vous vient : Combien de coups de fouet pour
ce dinei ' ! Si vous admirez la toilette d'une femme,
voiis vous rappelez tous les pleins qu'elle conte, et
vous êtes tenté de fuir avec horreur. .
Les jeunes filles de cigains dans les maison^ ser­
vent toutes aux caprices de leurs maîtres; et voyez
la belle morale de celte loi qui déclare esclave tout
enfant d’esclave. Ou n'a pas d’exemple d'un affran­
chi devenu employé ou reçu dans les ordres. Les
cigains de la couronne qui s’élevaient en Valachic
à 27,910, ont été, l'année dernière, appelés à l’état
de paysans. I Is n’ont pas été établis sur les domaines
de l’Etat , mais, par une rouerie qui fait honte
au prince Ghika, il les a donnés à des proprié­
taires, ses partisans politiques, ou à des familles
qu'il voulait gagner. Valiez pas croire que ce soit
par humanité, comme un journal d’Allemagne sou­
doyé la osé dire. Les cigains de la couronne ne
payaient . au trésor que de 35 à 5o piastres. Leur
industrie les faisait vivre, ils se suffisaient à cnx-
mêmes. .Aujourd'hui ils doivent au gouvernement
une contribution égale ou plus forte, eide plus ils
paient au propriétaire des domaines sur lesquels ils
10.
— 1W —
<
sont établis les redevances multipliées d'uu paysan.
A ce marché je ne vois que les boyards qui aient
gagné; ils ont double leurs revenus.
Les monastères ont aussi des cigaius, et, ce qu’il
y a de plus honteux, c’est qu’on leur permet encore
d’avoir des esclaves dont les impôts servent à l’en­
tre lieu des couvents grecs du mont A lii os et du
Saint-Sépulcre.
Les cigaius sont pleins d’intelligence. Dans les
principautés, ils sont les seuls qui s'adonnent,
à la musique. Ils jouent sans connaître les nolus;
qt/W leur chante un air, ils l'exécutent, Depuis
quelque temps on a , par spéculation , essayé de
faire un orchestre de cigaius pour la musique euro­
péenne . Je les vis quelquefois au théâtre de Buka-
rest; ils exécutent bien : mais quel révoltant cy­
nisme de vouloir faire des artistes là où il n’y a ni
gloire, ni émulation, où l'encouragement se borne à
l’absence des coups de fouet? Un homme de ma con­
naissance, à la fui d'une ouverture assez bien exécu­
tée, applaudit avecaffectaiion, et dit à un jeuneVala-
que partisan de l’abolition de l’esclavage : « Vous le
voyez, l’homme dans toutes les positions peut con­
server ses facultés, et la crainte est un stimulant
plus impérieux que la liberté. Car enfin, voilà cin­
quante hommes pris an hasard dont on a fait, des
musiciens; si c’eut été dans un autre pays , vingt-
cinq ne seraient peul-èt.re pas arrivés. » — « Mais
l’humanité serait respectée, lui répondit-on. »
Les cigaius entretiennent la superstition dans
m—
i o mc s j « ü classes des Roumains. Les vieilles femmes
sont adonnées à la nécromancie. Combien de fois
] ’ai eu le plaisir de voir des hommes ci des femmes
no b les présenter leurs mains à ces sorcières et s’hu -
mi lier devant elles pom- savoir leur destinée.
Les cîgains savent de siècle en siècle les chan­
sons nationales; il serait très curieux d’en faire un
recueil. Us ont des dispositions pour Vùrf^vi^ie^-ie ;
comme ils portent beaucoup de colliers et de
b; gués en cuivre, ils savent très bien foudre. Ce
peuple, qui passe pour uti peuple nomade, <£&ez
de le mépriser, il pourra devenir nés utile aux deux
principautés.
'iertnn moyen. les cigains se vcudenl de ro à i5
ducats, c’est-à-dire de ibo à 200 fr. Il serait donc
très facile à ce taux d'établir une caisse charitable.
Le . ..... bre des familles détermine la mise de tonds,
l ne lui peut être rendue dans les dispositions sui­
vantes : L’esclavage est aboi» Chaque boyard
recevra dix à douze ducats. Les cigains auront
sept ou dix ans pour rembourser celte somme
avec interets. Par ce moyen très simple , les
cigains eux - mêmes se rachèteront, cl le gou­
verne inertl y trouvera son profit ; car, admet­
tons que pom- leur faciliter ce paiement il ne les
mette dans L classe des contribuables que dans
dix ans , le gouvernement y gagnera encore; car
maintenant ils ne paient rien. Recoin ms citoyens
et n<m paysans (ce qui reviendrait an même, à
cause de oidcntité des traitements ), ils contribue-
— 160 —
rom nun-seulemem à la défense de : ’Etai, mais
encore à sa prospérité.
Enfin , la triste situation des cigains ne peut
durer, et le sort des hommes tes pïus malheureux de
toute 1 Europe dort être une des premières ^formes
en Moldo-Y alachic. Les calo nets que les principautés
cherchent, a intéresser doivent leur en faire une loi. .
Il vaut mieux parler moins de systèmes péniten­
tiaires et n'avoir plus dJesclaves. 11 est beau d’être
humain pour des hommes qui ont mérité kur
peine,j mais 1 humanité est encore mieux entendue
pour des gens qui n'ont eu que le malheur de
A.
naître.
— «fri —

CHAPITRE III.

Dm Juifs eu Moldavie.

Les juifs inondent la Moldavie, non-seulement


ils soin maîtres du commerce, en gros et en détail,
de l'industrie, mais quelques-uns d’entre eux pren­
nent des terres à ferme. Je ne dirai pas qu’ils sont
très heureux ; au contraire, la plupart gagnent A
peine de quoi faire vivre modestement leur famille.
Mais cette émigration juive de la Russie et de la
Pologne réduit le paysan moldave à la misère, et
le prépare au joug étranger ; car l'Israélite, dur et
même féroce envers les chrétiens, ne s’apprivoise
avec les pauvres Roumains que pour les voler, les
exploiter et souvent les rouer de coups. Ce système
d’exactions entretient l’idée de l’incorporation, fait
perdre l’esprit de nationalité, et détruit l’espoir de
former un tiers-état moldave. La place qu’il occupe
généralement, les hommes amis de leur pays s’af-
figent de lu voir prise par des étrangers ; avec une
telle organisation, le contre-poids national qui ré­
siste aux prétentions de l’aristocratie n’existe pas,
l'impunité multiplie les abus, et le cultivateur est
eu proie au brigandage des spéculations étrangères
— 153 —
cl mercantiles. Ce que le paysan a de meilleur
-e juif le prend presque pour rien, et ce qu’il a de
pire le paysan quelquefois l’achète au poids de
l’or.
Les juifs doivent être bannis de la Moldavie ,
ou du moins il faut que la loi s’oppose à l’ac­
croissement journalier de l’émigration juive qio
déborde sur la contrée. L’Israélite habitué à ram­
per, a tout acheter, sème l’esprit de corruption à
la cour du prince, dans les tribunaux , dans lés
bureaux des diflércntes autorités administratives
ou judiciaires, et l’épidémie s’étend depuis Je pa­
ins jusqu à la chaumière. Le reglement avait op­
posé quelques entraves à l’esprit d’accaparement
de cette communauté; par exemple, d'après la con­
naissance de leurs préjugés, il leur avait défendu
de prendre des terres à ferme; leur argent a fait
tomber la loi en désuétude. Les Israélites devaient
se borner au commerce, à certaines espèces d’in­
dustrie, et pourtant on leur a permis d’établir
des brandevincries ; trafic qui entretient l’im­
moralité dans les classes inférieures, abrutît le
paysan , et l’expose à une dégradation déj’ trop
sensible.
La population juive uc participe en rien au >
charges de l’Etat ; elle ne paie qu’un impôt et ■­
argent. Ceux qui u’ont pas été mis abusivement
sous une protection étrangère, sont soumis à k
taxe.
— tss —
Voici l’origine et la nature de cot impôt :
. • ■ '.î ■»: 114 n ; || < i - ‘i ■ - . . . /
L’application ayant mis en évidence les dilii-
* cultcs notoires qu'il \ avait à percevoir les droits
« imposés sur la nation juive, il est. statué que la taxe
sera rétablie surla nation juive, non-sculemeut dans
« la capitale, mais aussi dans les autres villes du pays
* ù les juifs l’an raient requise. En conséquence, les
* prix de la viande et de la volaille, soumises à la
« taxe , seront combinés de manière à ce que la
« totalité des droits imposés sur la nation juive,
« puisse être recouvrée sur le montant de la taxe...»

La taxe, est mise en adjudication.


D’après leurs préjugés religieux, les juifs ne man­
gent que de la viande des animaux et des poulets tués
pa r des bouchers israélites. La taxe pèse sur chaque
tête de bestiaux abattus et sur chaque patte de
volaille.
Qu’on ne s’apitoie pas sur le sort de ces aven­
turiers, ils sont plus heureux eu Moldavie que les
classesinferieures roumaines, paient moins qu’elles,
< de plus ils se livrent , en Moldavie comme en
Turquie, à l’infànie trafic de leurs femmes, de
leurs files, etc. L’avenir de la Moldavie, lui fait
une loi de renvoyer ou de limiter la commu-
j uté juive; cette mesure lui permettra de former
un tiers-étal et de régénérer la classe des paysans
moldaves.
En Valachic , pour éviter tous ces maux, on
— —
m leur a pas donné la permission de s'établir.
Quelques -uns s'y sont glissés sops les protections
étrangères. Le consulat de Prusse leur vend pres­
que aussi publiquement son patronage que ceux
d'Angleierrc et des îles Ioniennes.

pq? ■>»■'........................................... 1 ' T*xbi Iffft' 1 t ' 1.-1 i '

V
— t5ô —
CHAPITRE IV.
ClMtes privilégiée
* de la société valaqae.

Ces classes n’ont qu’une bien faible notion des


principes sociaux; elles se réveillent à peine du
long marasme dans lequel elles étaient tombées.
Si le développement intellectuel a fait quelques
progrès, le développement moral n’en a fait aucun.
Mais ne désespérons pas de l’avenir. Serait-il juste,
en effet, de demander nos idées de devoirs, le cou- ■
rage de nos vertus et de nos vices, à un peuple qui
sort à peine de quatre siècles d’esclavage, dans un
pays où le clergé est abruti et méprisé, où l’élude
des sciences philosophiques est proscrite de rensei­
gnement
Toute l’enfance des hommes qui ont aujourd’hui
de trente à soixante ans a été confiée aux esclaves;
ils ont passé l’àge qui réclame toute l’attention
d’une mère entre les mains des nourrices qui leur
parlaient sans cesse de revenants. Même avant d’a­
voir atteint l’àge de raison, ils étaient dégoûtés de
l’étude, infligée comme une punition. Comment un
didaskale, ou maître, comnieoucn voit encore quel­
ques-uns, qui ne savent que le grec, lire et écrire,
n’aurait-il pas effrayé le jeune homme de la meil­
leure volonté, forcé de passer dix ans à apprendre
— 156 —

ie grec moderne qui tenait lieu de tous les tulents ?


Les seuls principes qu'on donnait aux enfants
consistaient à leur faire connaître les familles plus
élevées que la leur, à leur répéter qu’on doit sou­
mission aux grands, qu'il faut lécher la main qu'on
ne peut mordre; qu’on ne fait fortune qu'en pra­
tiquant le cAoAo/wm, c’cst - à-dire l’ïrt d’être bas ,
rampant ci. flatteur. La plupart des hommes qui
ont aujourd’hui le pouvoir ont été élevés dans ce
système d’éducation et le suivent encore. Le cho-
koisme n’est méprisé que des boyards et des jeunes
gens qui appartiennent au parti national.
Comment la noblesse d’un pays jadis militaire
•< a-t-elle pu tomber dans un tel avilissement? C'est
qu’à l’exception de quelques boyards de sang pur
cl fidèles aux antiques traditions de l'honneur, tous
les autres ne sont plus que les créatures des princes
fanariotes ou les clients des grandes maisons. Sa­
vait-on lire et écrire, était-on ce qu’on appelle
encore logothète, on se plaçait auprès d’un riche
boyard; on devenait son homme, on le servait à
table, on montait derrière sa voiture, et c’est ainsi
nue l’on pouvait obtenir un emploi, et par consé­
quent des titres à la noblesse.
J’arrive à la génération actuelle. X l’avénetneut
du prince Grégoire Ghika , le grec moderne fut
abandonné; et ce retour à la langue nationale,
tont en opérant une révolution importante dans le
système de l'instruction, laissa beaucoup à désirer
du coté de l’éducation. Toutefois la faute n’en est
— 157 —
pas aux Vainques , qui unt fait preuve de bonne
volonté. Ils ont fait venir des maîtres de tous côtés,
mais ils n’élaicnt pas en état de les juger par etix-
mêtnes. C'est encore sous le règne du prince Gré­
goire qu’on prit l'habitude d’envoyer à Paris les
jeunes boyards pour finir leurs éludes. A quelques
exceptions honorables près, ces jeunes gens n’ont
-contribué, dais leur pays, qu’à l’adoption de la
langue française , à la réforme de l’ameublement
cl du costume. Cités comme modèles de mœurs
européennes, leurs défauts même ont été imités.
Mais les jeunes gens qui sont aujourd'hui en France
sc sont aperçus les premiers des fautes de leurs
prédécesseurs, et les ont réparées. La mission des
premiers s’est bornée à créer la mode en Valachic ;« *
celle des autres consiste à donner des hommes d’une
utilité spéciale à leur pays.
La jeunesse qui est restée en Valachie a contri­
bué presque seule au progrès. Lille a fait dispa-
'raitre celle étiquette basse qui régnait du temps
des Turcs, et même clic a réussi à faire cesser cette
tyrannie des maîtres sur les domestiques, des
grands sur les pauvres. Son influence s’est déjà
fait sentir dans les affaires du pays; mais les progrès
sont lents. La nécessité d’entrer dans l'administra­
tion ou dans l'armée, pour conserver sa noblesse,
i.i vicieuse organisation de la famille qui met le fils
dans la dépendance absolue du père,sont des ob­
stacles qui pèsent encore sur l’avenir.Que les jeunes
gens ne se découragent pas : ils doivent comprendre
— 158 —

que leur rôle est de préparer la transit ion, et non de


servir dans Tordre actuel : car l’heure où un prince
éclairé et national pourra seconder leurs vues ne
saurait tarder à sonner. Qu’ils s’instruisent dans la
retraite, pour se rendre dignes de contribuer à la
reforme et répondre à la confiance de leurs conci­
toyens. .
Quant aux femme
,
* la plupart vivent dans Je' *
désordre; elles ne savent modérer ni leurs désirs,
ni leurs passions, et sacrifient tout aux plaisirs sen­
suels, aux jouissances du luxe. La faculté du divoFce
corrompt leur cœur, et. les meilleures qualités na­
turelles cèdent au défaut d'éducation, conséquence
nécessaire des privilèges immenses que Ja loi leur
accorde. 11 suffira d'extraire quelques articles dit
code Caradja sur la dot, liv. 5, ch. 12.

* Tout père est tenu de doter sa fille sur son bien.


S’il meurt, ses fils lui doivent une dot, et si meme
l’abandon qu’ils pourraient faire de la part qui leur..
revient de l'héritage ne suffisait pas pour l’établir
avec nu mari qui lui fut égal en rang et en hon­
neurs , les fils devraient prendre sur leurs biens
propres pour la doter. «
Les garanties accordées a la dot sont encore
plus favorables à la femme. Le mari n’eu devient
jamais propriétaire j la femme ne peut jamais la
perdre. Elle ne peut l’entamer valablement que
pour doter sa fille, si cela lui plaît. Le mari qui
■ 'aurait pas touché la dot, et qui ne se serait pas
— 169 —
adiesse aux liibunaux dans le temps prescrit , de­
vrait ia dor.
« Tout itidix idu, paient ou étranger, qui promet
une dot se condamne lui-même ù la payer. Fa dot
est préférée à toutes les dettes que le donateur aura
pu contracter depuis le jour dé sa promesse, et s’il,
devient trop pauvre pour la payer, c'est., encore le
nari qui la doit à la femme, j
Ces avantages tournent contre les femmes : ils
détruisent, leur jeunesse, encouragent leur prodt-
gai-iié : ils oui meme retardé les progrès d’une
meilleure éducation, qui, depuis huit ans, leur est
donnée. Les pères, qui savent qu’un apprécie peu
le savoir et l’esprit d’une jeune Tille, se gardent bien
de dépenser, en maîtres, l’argent qui peut servir à
grossir la dot. C’est par suite du même système
qu’ils marient leurs filles à l’âge de treize à qua­
torze ans, et qu’elles sont fanées à l'âge de vingt-
cinq. Cette mauvaise législation est d’une influence
plus funeste encore sur les mœurs. I ne femme qui
sait qu’elle peut impunément, ruiner son mari, à
quelles folles dépenses ne se livrera-t-elle pas?
Pauvre des qualités du cœur, sans ressource dans
l’esprit, ne doit-elle pas se faire remarquer par son
luxe, être Hère de sa naissance et de sa beauté, ne
songer qu’à briller par sa galanterie, dans une
société composée d’hommes tels que je les ai dé­
peints, et de femmes élevées dans l’idée qu’on
ne se marie que pour goûter les jouissances de la vie ?
Il est toutefois d’heureuses exceptions , des
— 1C0 —

épouses vertueuses, de b on nés mères , clic z les­


quelles on rencontre ces principes de sagesse et
ces sentiments affectueux qui font la . gloire des
femmes de l’occident. Il faut encore faire uut■
exception en l’honneur des jeunes femmes élevées
par nos institutrices françaises , qui forment une
société particulière au milieu de la vieille société
vainque. Là, au moins, il y a mépris pour l’in •
conduite, dégoût de la mollesse et de l’oisiveté,
surveillance des affaires de la famille, entretien sé­
rieux sur les affaires du pays, principe d’une Con­
science publique.
Si les classes privilégiées vainques veulent, inté -
resscr l'Europe à leur régénération sociale, elles
doivent démontrer jusqu’à l’évidence que, si elles se
sont livrées a l’abrutissement d’une vie toute seti-
sueile sons le joug des fanar io tes et des Turcs ,
c’est qu’elles étaient opprimées , et qu’il leur tarde
aujourd'hui do posséder les qualités d’un peuple
libre, et d’avoir de bonnes mœurs comme de
bonnes lois.
— 162 —
conséquent en dehors du mouvement spirituel,
le clergé grec des deux principautés est resté dans
un état d'abrutissement déplorable ; il n’est plus
assez instruit pour enseigner les véritables prin­
cipes de la religion ; il s’en tient au cérémonial des
superstitions et des images. Le pope travaille la
terre de ses propres mains, cultive son champ ,
bâtit sa cabane, vît à la manière des paysans, cl.
comme eux, est soumis aux peines corporelles.
Le haut clergé se partage en deux classes: indi­
gène, C’csl-à-dirc à la tête des fondations qui rtf-
lèvenl des métropolitains des principautés, ou bien
grec, c’est-à-dire administrateur des anciennes
dotations faites aux monastères du mont Athos et
du Saint Sépulcre. Les directeurs on égoumènCs des
couvents grecs ne sont que des fermiers et des re­
ceveurs de contributions ; ils mènent joyeuse vie,
et n’ont aucun rapport avec le peuple, dont ils
boivent la sueur et qui les appelle des sangsues.
Le haut clergé indigène a des droits politiques ;
les métropolitains sont , en vertu de leur dignité,
présidents de toutes les assemblées; les évêque
* en
font partie. Quoique assez médiocre en apparence,
l’influence des prélats est immense. On ne saurait
trop blâmer celle du métropolitain de Jassy , le
mauvais emploi qu’il en fait, eti faveur de la Russie,
et les entraves qu’il met à l’instruction publique ,
placée sous la direction du haut clergé. La Vala-
chie est privée d’un métropolitain depuis plusieurs
années. Grégoire, l'ancien évêque, est mort en exil
— 163 —
depuis cinq ans , victime de la persécution de *
R iissdi et <e ses sentiments ■ le nntionali^^. Le siège
de ce prélat, hérijiijue ne peut Être donné qu’à un
crenr uni iernai , et c'est parce que cc choix est à la
ramu ut tiru: de Rassemblée qu’rui a difFère jusqu’à
présent de procèdei■ à soi) clccliôti.
Les iimii.islèr'ns soiil. îniuiense.s et li’ès riches,
iL rcssemblr'iu à de peu tes villes d'Allemagne : la
caihêdrale, an. milieu d'uue longue place} une
or deux plus petites églises peintes à l'intérieur
et: en dehors , décorées et dorées avec goût. Tout
autour de ces petites églises, de jolies petites mai­
sons à un étage. Chaque moine , pour l’ordinaire,
h la sienne. Tout cela est du plus bel aspect. Les

monastères du côté des Karpatlies , de même que


leurs églises t et ceux qu’ou trouve dans T nulé-
rietir des terres, sont superbes ; ils sont très peu­
ples. Les religieux oui un vèictuent umtoniic , ils
sont à Régiise presque la nuit entière dans toutes
les saisons lie l’année, Font maigre, soumis à
une régie très dure, hommes et Femmes. Dans
un pays où il n'y a pas de classe mienne -
I aire , où le pauvre est en proie à touic espece
tic vexations , l’on peut surtout apprécier les
bienfaits des institutions monastiques. Combien
de nlalheuieux qui seraient condamnés à mou­
rir dû faim, mi du moins à vivre dans la der­
nière misère , peuvent vivre tranquilles en corn-
iinu a tué I
Les couvents d'hommes et de Femmes se
il. "
161 —
à eux mêmes. Les religieux tissent leurs vêtements,
fout leurs bas, leurs chaussures, bâtissent et res­
taurent leurs églises; les religieuses suffisent de
même à leurs besoins, avec cette différence qu'elles
fout bâtir et restaurer leurs maisons, leurs églises ,
et les couvents des deux sexes , tirent de leur,
terres, de leurs lacs , de leurs troupeaux tout ce qui
est nécessaire à leurs besoins. On ne trouve dans et:
monastères ni bibliothèque, ni goût d'instruction
aucune connaissance des dogmes de l’Eglise, de;
hommes et des choses , de ce qui se passe dans le
contrée ; enfin scission complète avec le reste des
hommes. Les seuls livres qu’on y voit sont des Bi■
blés, des ouvrages de piété imprimés en Russie .
présents du Czar.
Depuis quelques année.1;, les deux principau­
tés ont des séminaires où le jeune clergé reçoi ■
une éducation meilleure et plus digne de scs fouc
lions. La Moldavie en a un à Socola près de
Jassy, la Valachie quatre , un à Bukarest, et trois
auprès des trois évêchés, Bouzeo, Rimnich , Ar-
gis. Je dois faire l’éloge des séminaires de Bon ■
zeo et de Bukarest, Si j’avais visité les deux autres.
j’aurais eu sans’ doute les mêmes louanges à leur
accorder.
Le séminaire de Bukarest est sous la direction
d’un rransylvaiii, Vainque très instruit, qui don
itéra bientôt à la réforme un élan religieux. M. Ha -
iatchesco a compris toute la grandeur de sa mis-
— 1«5 —

■Mon, ils en acquitte avec un dévouement qui aurti


mi récompense dans scs succès. Tirer l’Êglise va­
inque du gouffre de son ignorance, former des lé­
vites dignes du sanctuaire et capables de prêchei
la parole divine,, est d'autant plus nécessaire au­
jourd’hui, que l’enscigueincnt religieux n’existr
pas, qn’d n’y a de prédication ni dans les villes, ni
dans les villages. Les assistants se bornent à des
génuflexions , à des signes de croix sans cesse répé­
tas, à des baisers imprimés sur la tète ou sur les
mains en argent des images peintes. Le jeune clergé
sera bientôt en étal de contribuer puissamment a
la réforme morale du pays, à la régénération des
classes pauvres, d’ailleurs très disposées à suivre
les préceptes de la religion : dans toutes les fa­
milles, on jeûne tous les jours ordonnés par 1’1
glise.
Le séminaire de Bouzeo, magnifique palais, e
dirige par 1 évêque , homme d’un patriotisme éclai­
ré. L’imprimerie qu’il a dans sa résidence épisco­
pale, lui permet de faire publier et distribuer
gra tui teme ut d’excellents livres de morale. Ci
professeurs sont des hommes distingués. La viv
cité d'intelligence qui brille sur la ligure des élèves
cl l’air d’austérité sur celle des maîtres , donnent ...
ce séminaire quelques traits de la physionomie lies
temps anciens.
Tous les monastères grecs ou indigènes des deux
sexes pratiquent l'hospitalité envers les etrangers
et les voyageurs. N importe à quelle heure on frappe
— IGA —
j leur porte, ou est reçu avec égard. Il est des mo­
nastères de femmes renommés pour leur liturgie.
H est d ’ usage cl meme du boa ion. , en Valachte,
d’aller, certains jours de l’année, les entendre chan­
ter matines, comme chez nous, avant la révolution,
un allait, la semaine-sainte , entendre , à Long-
champs, les religieuses chanter les ténèbres.
Il est à regretter que les Moldo-Valnques, soit par
des raisons politiques, soit par esprit de nationali­
té, persistent dans cette haine insensée qu’ils otn
■ 'uée a la chaire de Saint-Pierre, et qu'ils ne voient
pas en elle la protectrice nécessaire des consciences
opprimées , et leur appui naturel contre le projet
de la Russie d’établir une monarchie grecque uni­
verselle. Peut-être cette antipathie ne tarderait pas
à s’alfaihllr, si le clergé catholique, qui dans les
principautés est sous la protection de l’Autriche,
ait mis sous la protection de la France, et si les
hommes qu’elle envoie étaient des hommes d’un
vrai talent.
Les églises des deux principautés sont peut-être
$ plus riches de l’Europe. Le moindre couvent a
trois ou quatre terres. Dans les temps anciens , ces
dotations avaient un but utile. A une époque où il
n existait aucune hôtellerie, aucune auberge, au­
cun asile pour les etrangers, où il n'y avait aucun
hôpliai, aucune maison d’éducation, aucune école,
les couvents étaient obligés de tenir lieu de toutes
.s ins lit u Lions. Dès le seizième siècle , les mon us-
‘ères avaient déjà plus de biens que tout le reste
— —
de lu nation. Rodolphe-le-Grand fit des donation
immenses au clergé ; ses successeurs suivirent son
exemple , et les boyards, toujours imitateurs de
leurs maîtres, s'empressèrent de donner leur for
tune aux églises, aux dépens même de leurs fa
milles.
Plus l’autorité du prince et de la noblesse dimi­
nua , plus celle du clergé augmenta dans le dix-
huitième siècle. Les princes fanariotes, étrangers
. .ix Vainques, qui n'avaient pour eux aucune sym­
pathie , avaient besoin d’une classe auxiliaire pom
tenir en respect un peuple qui ne les aimait pas;
ils ne pouvaient pas trouver de meilleur appui que
!e clergé. Ue.s fanar iotes curent donc raison de s’at­
tirer la fav eur des ecclésiastique, en les exemptant
de tout impôt. Ce n’est que lorsqu’ils furent dans
le plus grand besoin , qu’ils imposèrent des taxes
aux prêtres, aux monastères. En 176g, Grégoire
< ihika fit faire le dénombrement du clergé ; il éta-
o'it que chaque prêtre ne paierait plus que quatre
piastres par an. Une partie de cet argent devait être
«ployé à des œuvres de charité. Aussitôt qu’un
1 ur imposait un tribut exorbitant, les prêtres ne
manquaient pas de faire sentir leur puissance ; ils
tirent destituer un hospodar, EtienueRacovizza. Le
métropolitain , les évêques, et les douze grands
monaslèrcs avaient chacun une cave à Bukarest,
inpte de tout impui. Après l’aUranchisseuicnt
di s serfs , les monastères reçurent en indemnité un
certain nombre de Scotelnics , quelques douanes ,
— I68 —
ïr< pêche de plusieurs étangs, et une sàinwc en ar­
gent du trésor.
ÎSous avons extrait ce dernier article sur les do­
tations des églises et sur les immunités du clergé
grec , de l’histoire de la Moldavie et de In Valachie,
publiée en 1887 , à Berlin , par M. Kogalnitchan.
— f69 —

CHAPITRE VI.
Instruction, Théâtre, Littérature en Moldavie,

*. 'instruction publique n’a commencé en Mol­


davie qu’au mois de janvier i8a8. Jusqu’il celte
époouc le conseil , nommé la curatelle , était dé­
pourvu de fonds nécessaires, de livres, ci meme
d’un local pour rétablissement d’une école natio­
nale. \u milieu d’une funeste prévention contre
le système d'éducation publique en langue du pays,
la curatelle trouva d’anciens documents qui assu­
raient une dotation considérable au gymnase fondé
à Jassy par le prince Basile eu lG/jÿ , et. tombé en
oubli depuis nu siècle. Le collège fui réinstallé
dans son local primitif, et nommé Basilien , en
mémoire de son fondateur. Pour assurer le succès
de rétablissement, ou institua douze bourses en
faveur des élèves qui se distinguaient par leur ta­
lent et leur application à l’étude. Le cours régulier
de cette école fut interrompu par l’invasion de la
peste en )<8jg, et du choléra l’an i85i. Cependant,
au mois de septembre de la même année , on put
commencer les éludes secondaires du gymnase,
dont la durée fut lixéc à quatre années. On y ajouta
un cours normal pour former des professeurs et
des maîtres d’études.
— no —
Lu ibis , ia dota ion des écoles nationales ful
encore augmentée, cl l’i nsi rnc lien publique reçut
une nouvelle étendue. Des écoles départementales
ont été établies dans tous les chefs-lieux de dis­
trict. Un institut pour les jeunes filles, dans lequel
on suit, avec succès les classes primaires eu y ap­
prenant toutes sortes d'ouvrages de mains , fut
crée dans la capitale en î83j, à l'époque Je
l’avénenicrit du prince Stourza à la principauté,
fous ces établissements peuvent aller bien , perce
que la caisse des écoles est et sera toujours dans un
état satisfaisant. Outre plusieurs autres revenus,
elle prend le dixième de tous les appointements des
employés civils, et possède un capital d'à peu près
un demi-million.
Malheureusement la curatelle de l'instruction
publique est très mal composée. Le prince Nicolas
Souzo est le seul qui par ses connaissances soit
digne d’un ici emploi. Le métropolitain est un
homme qui désire le bien; il a la volonté mais
non les moyens de le faire. Le système d’enseigne-
meut est suranné ; aucune idée nouvelle, aucun art
utile qui soit enseigné. Il n’y a pas même à lAca­
démie une cita ire d'histoire nationale, tant on
craint d’éclaircr les esprits et de leur inspirer i'a-
uiour de la patrie. La plupart des professeurs ne
doivent leurs places qu’à la protection de la Russie,
et c’est même tout leur mérite. Mais ce qu’il y a
de bien, c’est l’institut des jeunes filles; là tout est
employé pour leur inspirer des senti meut s de vertu,
— 171 —

pour en faire de tendres mères éédc bonnes épouses


Les jeunes filles pauvres, que l’ignorance cl la mi
sère excitaient au vice autrefois, sont aujourd’hui
recueillies, instruites sur tout ce qui 'convient à lent
sexe; lorsqu’elles ont achevé leurs éludes, elles
sortent de Fins tiuit avec de bonnes lettres de re­
commandation, cl trouvent facilement à se marier
avantageusement dans les hantes classes. U n’est
pas rare d’y trouver des jeunes personnes qui savent
la plupart des langues vivantes; leur éducation se­
rait tout-à-fait bonne, si elle n’était pas trop com­
plaisamment inouice sur les habitudes et sur les
manières des grandes dames de Vienne. Vienne,
pour une femme moldave, est une espèce de para­
dis terrestre.
Dans les écoles départementales on n’euseigm •
que les premiers éléments de grammaire , d’his­
toire , d'arithmétique et de géographie. Elles ne
semblent destinées qu’à fournir à la société de bons
écrivains dans tes chancelleries, des négociants.
Rien ne serait plus facile que de rendre ces écoles
plus forissantes. Le conseil de l’instruction pu-
hli que pourrait, mais il n’ose pas se servir des
moyens de prospérité qui sont en son pouvoir.
Voilà pourquoi les jeunes gens de ces écoles n’en
sortent qu’à moitié formés, sans connaissances
positives, sans esprit de nationalité. Aussi les en­
fants des petits boyards, des marchands ci des ou
vriers sont-ils les seuls qui suivent les cours de ces
établissements? les boyards distingués envoient
172 —
leurs lils dans ies universités de France ou d’Alle­
magne.
Le nombre des élèves dans les chefs-lieux de dé­
partements était, cn i85g, de six cent quatre-vingt-
quinze dont, soixante internes aux trais de l'Etat. Le
nombre des élèves a l’école primaire pour les filles
des bourgeois aux Irais de i’Ela t, de quatre-v inglts.
Dans les maisons par ticul ières, pour les jeunes gens,
le nombre était de ccnt trente-six ; pour les filles, de
Cent neuf. Le séminaire est établi à Sokola. «'in­
struction publique est soumise à la surveillance du
métropolitain et du clergé.
Les progrès de l’enseignement commencent à
peine, mais les fondements sont jetés, et si l’esprit
public est enfui libre de ses chaînes, Fédilicc sera
bientôt élevé. La Russie ne veut que des écoles pri­
maires, et le prince aura de la peine à réaliser les
fastueuses promesses qu’il a faites en 1838 dans son
discours d’ouverture de rassemblée extraordinaire.
En i834 , six élèves qui avaient terminé leurs
éludes dans le collège Basilicn, et qui possédaient
eu outre les langues latine et allemande, furent
envoyés à Vienne, un septième le fut à Lunéville;
ils étaient destinés à dilFérentes branches spéciales.
Au mois de juin de la même année 1854, une in­
stitution supérieure avait été solennellement inau­
gurée. sous le nom d’académie. Plusieurs profes­
seurs furent appelés des pays étrangers pour l’en-
seigncmeiL supei leur, de sorte (pic l’année suivante
comment: èicm les cours de logique', de mélapliy-
, — f73 —
mqiie, , des hautes mathématiques, d'histoire rai­
sonnée et d’histoire naturelle, celui de la litiera -
ture hellénique el française, l’étude du russe et
l’allemand. A la classe de dessin linéaire fut ajoutée
celle de peinture et de dessin historique. Trois
élèves de la Moldavie avaient terminé l'année der­
nière, i858, leurs cours à Vienne, et la curatelle
annonçait dans sou rapport l’ouverture de la classe
des hautes mathématiques et de physique, de celle
de géométrie, d’architecture et de mécanique. Le
conseil de l'instruction publique se félicite d'avoir
des livres et des professeurs qui garantissent le suc­
cès de l’éducation primaire et secondaire. Le plan
est bien trace, mais il sera difficile de le mettre à
exécution.
Nous allons présenter un aperçu de l’état, de la
littérature en. Moldavie. Soumise à la censure qui
est plus sévère qu'en Russie , elle doit nécessaire­
ment languir. Un journaliste s'est vu menacé de
l’exil parce qu’il avait fait l’éloge de l’ouvrage de
M. Urquhart sur la Turquie, et qu’il avait cité le
vers célèbre :
\ tous les cœurs bien nés que la patrie est chère !

La Harpe Moldave, feuille littéraire, a été sup­


primée pour avoir inséré un article intitulé la
Philosophie du Whist, dans lequel on disait qu’un
diplomate T11Sse doit bien connaître ce jeu-là.
I.<c théâtre français établi dans la capitale est
174 —

assez bon; ii est meme à la mode. Le théâtre mol­


dave n’esl pas encouragé ; il est relégué en pro­
vince. Nous trouvons dans la relation historique
sur les écoles nationales en Moldavie, faîte dans la
séance de l’examen général du 5 juillet t838 , par
l’aga G. Asaki , référendaire de l’instruction pu­
blique, une note sur la seconde série des livres
élémentaires en langue roumaine, tels que Ic^e-
sumé d’Z/z£oérc universelle, par M. Séolesco ,
T Histoire naturelle , par M. Gzthak ; l’arithmé­
tique et l’algèbre, ainsi que le tableau chronolo­
gique de M. Asaki, la liste des ouvrages de litté­
rature française traduite en roumaine. Il n’existe
que trois imprimeries dans la principauté, dont um■
est la propriété de M. Asaki, l’autre à la métropole
où l’on n’imprime que les livres religieux. L’im­
primerie du monastère de Niamtzoest uniquement
destinée aux livres de prières. Depuis la mise en
activité du règlement, le nombre des ouvrages im­
primés était de trente , sans compter les diverses
traductions. La principauté n’a que deux jour
naux.
Au nombre, des littérateurs distingués de la Mol­
davie , nous pouvons encore citer le député Ne
gruzzi, auteur d’un épisode épique sur le règne
d’Etienne-le-Grand, de plusieurs nouvelles na­
tionales charmantes ; l’aide de camp du priuc< *
Cbrisoverski, mort en 1856, connu par scs poé­
sies et. surtout par sa belle ode sur les ruines d< .
la forteresse de Niarntz; le jurisconsulte d’état
— llu —
Darnasaèim Bojiiioa, auteur des Antiquités ro­
maines el du Manueldes lois de Justinien ; George
Crupenski , renommé pour son talent poétique ;
Kùgalni tchau, auteur d'une Histoire delà Molda­
vie., qui ne se borne pas à la biographie des princes,
mais qui fait connaître aussi les institutions, l’ad­
ministration , les mœurs, enfin la vie des an­
ciens Moldo-Valaques. Kogatnitchan est un jeune
homme de vingt-quatre ans qui donne les plus
belles espérances; il est le secrétaire particulier du
* Z *. - -* ,■
prince, et son ouvrage mérite une mention parti ­
culière.
L' Histoire de la Valachie, de la Moldavie et
des Fddaxtues Transdanubienn, est écrite en
français, cl fut imprimée à Berlin en ï8Î7; elle va
jusqu’au traite de Jassy, 17915 la Russie ue lui per­
mit pas d’aller plus loin. Je suis tente d affirmer
que la censure russe, mettant à profil le désir bien
louable de ce jeune militaire très studieux, de pu­
blier une œuvre nationale, n’a pas manqué d'ex­
ploiter cette envie , et de faite insérer des para­
graphes en sa laveur. Je ne puis croire qu un homme
d'un aussi beau caractère ail librement écrit des
passages tels que ceux-ci : « Ou a souvent accuse la
« Russie, on l'accuse même aujourd’hui d’ambition,
< parce qu’elle a voulu s’établir la protectrice de la
« Moldo-Valacliic. Mais la paix d'Audrinople n'est­
* elle pas la plus forte preuve de la pureté de ses
« intentions? Dans la protection de la Russie, je
<ue vois que de la justice, mi intérêt inspiré par
— 176 —
- l’amour chrétien pour des peuples malheureux.
« Notre salut viendra du Nord,... Tout nous ai-
« tache à la Russie, elle est notre mère..,,, Nous
v sommes trop faibles j nous ne pourrions rien fa :• e
« sans la Russie, qui a toujours été notre protèc -­
v tiice, qui nous a rendu nos droits. v
D'aussi basses flagorneries, aussi contraires à la
vérité qu'a la morale, suffiraient pour déprécier £
m èi Heu r ou vr- âge. On espère
* que Koga-tnichan dou-
nera une édition purgée, et que, dédaignant la
censure, il publiera en Europe le reste de ses * im­
portants travaux,
11 serait à désirer que le prince Stourza encou-
rageât Ta venir littéraire de lu Moldavie. Si des
raisons graves lui ont fait un devoir d'accepter,
jusqu'à présent , les entraves imposées au dévelop-
peinent intellectuel de son pays , des raisons pli -s
graves encore doivent lui faire suivre une a un c
ligue de conduite, et ses compatriotes aiment à s-:
dat ter qu'ils trouveront en hii un protecteur échu -
ré, car ce n’est pas quand ntl protectorat euro­
péen va prendre en main les destinées de l'Oricnt,
que leur prince pourrait rester impunément fidèle
à la Russie, et suivre plus longtemps ses ordres ai-
bitraires.
— 177 —

CHAPITRE VIL

Da Théâtre, de la Littérature, dee Journaux et de T Instruction


en Valacble.

On a souvent considéré le théâtre comme l’un


des plus grands mobiles de la civilisation d’un peu­
ple : c’est une question que nous ne uous propo­
sons pas d'examiner; nous dirons seulement que
le gouvernement du prince Ghilta est bien éloigné
de l’euvisagersous ce point de vue. Le spectacle de
Uuk a rest n’est qu’une salle de réunion où chacun
parle haut , plus haut que l’acteur, mais où per -
sonne ne peut applaudir, ni même siffler, sans se
coin promettre, un mauvais acteur, une mauvaise
pièce. Des salves d’applaudissements accueillirent
pourtant quelques-unes de nos pièces françaises ,
qui furent de suite mises à l’index. Les Vainques
avaient prouvé trop clairement aux hommes du
pouvoir qu’il y a en eux de l’ctolTc, cl que le cmur
bondit aux seulimeuts de liberté. Quant au théâtre
allemand de Bukarcst, c’est un échantillon d'm'
théâtre de deuxième ordre de Russie; il n’est fré
quentc que par les uniformes cl les plumets, di-
i<nantis galonnés , qui ne causent pas moins bien
musique qu 'art militaire. L’est sur cc dernier
théàtrc que le prince régnant répand scs largesses ;
12
— 17B —
il n’est pas si misérable danseuse qui n’ait reçu des
preuves de sa munificence.
Cependant., le colonel Campiniano , aidé de
MM. Elîade et Aristias, alors- dans lé parti de la
réforme, forma le projet d'établir une scène na­
tionale, et, malgré le gouvernement, les Russes et
les courtisans qui font li d'une langue qui n’est pas
slave, mais roumaine, il vint à bout de créer b»
société philharmonique, d’où bientôt devaient
sortir les premiers acteurs vainques, Le colonel
apporta ses fonds, son influence cl ses lumières,
et Bukarest vit naître l’art théâtral, La société
philharmonique, ne négligeant rien pour vaincre
l’opinion qui réprouve la profession d’artiste drama­
tique , vint à bout d'obtenir qu’un acteur seraitcon-
sidéré comme fonctionnaire public, ctqu’aprcs un
certain nombred’années d’exercice, il lui serait per­
mis d’entrer dans l'administration. La société trouva
même des personnes de bonne volonté; des fils et des
filles de nobles ne rougirent pas de monter sur la
scène, c’était à nos yeux un grand sacrifice fait au
pays : il en résulta qu’âprès dix-huit mois d’étude,
Mahomet fut joue avec un succès inespéré. Ce jour-
là fut un jour de fête publique, et l’orgueil national
grandit d’une coudée. Mais bientôt fut
défendu, non pour les' principes semés dans la .tra­
f b,
gédie, mais parce que c’était un pièce écrite en
vainque, montée et jouée par des indigènes. Cha­
cun mit la main à l’œuvre, et plus de 80 pièces de
théâtre furent soudain en état d’être représentées.
— il» — f
La société philharmonique était conimc le fon­
dement d’une académie autour de laquelle se ran­
gèrent les artistes, les jeunes auteurs et tous ceux
qui avaient du sang valaque dans les veines. Des
réunions se formèrent, et l’on y lut, pour la pre­
mière fois, deux pièces originales sur des sujets na­
tionaux, les seules dont on ait jusqu’à présent con­
naissance dans la littérature de la Valachie : Michel-
le~Grandet les Douze Boyards. Des progrès aussi
rapides intimidèrent le gouvernement ; il résolut
de les arrêter et de les éteindre. Voici comment il
s’y prit : feignant de s’intéresser au développe­
ment de cette institution, il montra le désir de faire
des sacrifices pour sa réussite, la prit à sa charge ;
mais en confia la direction à des hommes gagnés.
Pour faire un coup d’éclat, il commença sa gestion
par la première représentation du Sait! d’Alftéri ,
traduit par M. Aristias; le concours fut 'immense,
la recette fut bonne; mais le lendemain le théâtre
était fermé, les directeurs avaient fait faillite.
La littérature des Vainques est jeune encore ;
mais si l’on considère que ce peuple,- détourné de
sa véritable civilisation depuis plus de trois siècles,
ne devait avoir qu’une langue très pauvre encore,
on ne pourra se dispenser de payer un tribut d’admi­
ration aux jeunes poètes qui veulent donner à leur
patrie une langue et nue littérature. On doit
mettre eu première ligne M. Jean Vakaresco. Le
talent poétique semble héréditaire dans cette fa­
mille; scs élégies et le poème de Prima verra amari
12.
— 180 —

lui., sont estimés pour le naturel, la Correciiou et


la grâce.
Jean Eliade a joué un moment un rôle dans L
pays, et quelquefois consacré son talent à le servir .
Il a même contribué à former la langue en publiant
sa grammaire et scs dissertations. On lui. doit des
odes, des chansons, des fables, des pièces fugitives :
infatigable, alors qu’il était dévoué à la cause po­
pulaire, s’il imitait Ossîaii, s’il traduisait quelques
tragédies de Voltaire, on pouvait excuser son peu-
c haut au néologisme en raison du but. Maintenant,
transfuge salarie, il est devenu plus silencieux ; on
se demande comment le chantre des Ruines de
Tergawist, l’a tueur du Songe et de YOde au pavil­
lon grec, a cru qu’il y aurait pour lui de la gloire
à ne mettre aucun discernement dans le choix des
ouvrages qu’il traduii, à publier des journaux et
des pamphlets hostiles à la régénération de sa pa­
trie.
Kirlova, mort à la fleur de l’âge, a laissé
parmi ses compatriotes une mémoire qui sera tou­
jours honorée. Quelques-unes de ses poésies, entre
autres une ode a la milice valaque, la Marche.
portent le cachet du génie :
— 181 —
-jp| m JltJ" *’ f’ÏOI ’-itl rr-• 11 9m «SBfcM I i>i(I Rit»i> 0B1CI

la marche.

1.

Mes frères, braves guerriers, prêtez l'oreille à la voix do


voire mère patrie. Le temps est arrivé où chacun doit em­
brasser les armes en criant unanimement : Accourons, accou­
trons, travaillons au bonheur de notre mère.

„ 2.
Le ciel vous ouvre une carrière glorieuse à parcourir; rap­
pelez-vous,. enfants, que l'Europe entière regarde avec com­
plaisance la lice dans laquelle vous venez d’entrer.

3.
Reveillez-vous au cri de la patrie, qui vous dit d'une
voix tonnante : Foulez aux pieds la paresse honteuse; levez-
vous, et donnez-vous la main.

4.
Que l’arme depuis longtemps cachée sous le tombeau ci
couverte de rouille, reparaisse enfin blanche et luisante sur la
terre, et endurcisse vos bras. Que la jeunesse, brûlant de l'a­
mour de la gloire, jure sur cette arme.

5.

Assez longtemps vous vous êtes abaisses tous ; assez long­


temps vous vous êtes endormis d'un sommeil profond dans les
' — isa —
bras de L in ol lusse. De gré oudc force le sori vient enfin de
vous laÿser libres.

6t c

Voyez, la gloire semble vous sourire ; vous marches sur les


sentiers qui y conduiieiH, et chacun lies rayons de son auréole
impénétrable vient briller sur vwijeiws fronts. Ah ! courez,
volez aux armes ; l’aigle vient. de prendre son essor.

T- *
De son aile il vous fait signe, et vous dit que de ee jour
vous pouvez oser vous honorer du nom de dation. En ava ni,
marchez pour cueillir des lauriers,

Dans cette voie sacrée affrontez toutes les peines ; que la


victoire ma telle sur vos traces, et criez tous d’une voix una-
liime ; Gloire, amour, union soient toujours parmi nous !

9.
Que h’miiLiUi baisse sa léÉe en pAlissmt devanl vous, que
pour obtenir la vie il rocou naisse sa faiblesse ; que voire bras
invincible no s'appesantisse point alors suri le faible,

10.
La valeur et la clémence sont encore héréditaires dans te
pavs. Dans nos veines coule encore la noble sang de nos an-
— 1S3 —
cêires ; ce sang, qui no laissa jamais de se montrer dans l'oc­
casion pour prouver au monde que, comme un dôn&ékeite, il
oi; saurait périr.

î-li ' jusqu à quand le morne silence règnera-t-il sur les


olainesdelaValadiic? Couverte d’armes, ne gcmira-l-elle point
■ us les pas de ses enfants belliqueux , et ne verra-t-on plus
>ur sa surface ses braves serrer les rangs de ses bataillons !

12.

loi, jadis, lut ! école de la victoire ; ici, les ruines do scs mo­
numents do gloire, encore, debout, attestent sa grandeur. Le
jour est venu où bientôt la gloire de nos ancêtres remplira le
monde de son nom.

13.

Xotre cri ; Aux armes! a réve-ibé les morts dans tours tom­
beaux et a lait nmuvoîr tours cendres; leur oindre, muette et
invisible, regarde avec plaisir l'étendard flottant dans les airs.

14.

Quel doux spectacle ! Le vent enfle nos drapeaux, les armes


luisent partout; la gloire sort de son tombeau, et la jeunesse
vainque, hardie et Hère, semble à peine effleurer la terre de
ses pas légers.
UiM larme de joie coule !.i.. Ah! coule sur mes joues ! ïo-
puis combien de sitc^les lu n’osas plus couler dans mon sein,
V larme béni: ! Vois, l'arme luit. la gloire sourit, 1’élendard
de la liberie est arboré !

Oii peut encore citer Grégoire Alcxandrescü,


poêled'im vrai talent, qui a traduit en vers-7/z/re et
Merâpe; il excelle surtout dans la fable politique
H en a composé de très ingénieuses. Sou dernier
recueil de poésies le met au premier rang. Voici la
traduction de Tune de scs pièces qui sufita pour
faire connaître le nouveau genre qu’il a adopté :

LA LAMPE.

1.
La nuit est sombre; aucun bruit n'interrompt le silence
profond. Dos nuages épais couvrent le firmament et cachent
aux yeux 1t vue de celte foule innombrable d'étoiles sciittil—
lantes de lumière et de beauté qui cm : mil aie ni Fazur des
plaines célestes.
2.
La lumière religieuse d’ulié lampe que la foi a allumée,
seule luit, pâle et douce, devant l'imago de VE ternei, Em­
blemele boulé, rayon consolateur, elle semble recevoir nos
prières pour les porter aux pieds du maître de l’Univers.
— 185 —

3.
L'est dans ces instants où l'Anne est recueillie, où l’homme
descend dans sa conscience, que je viens aussi confier mes
’ou leurs à sa lumière fraternelle comme à un être qui sait
compatir avec nous.
4.
Que de tourments cachés , que de larmes répandues l'ont
eue .pour témoin ! Que d’humbles vœux , jamais exaucés,
u'ai-je pas cachés au monde et u’ai-jc confiés qu’à elle seule I

5.

Ainsi qu’ autrefois, la vie n’est pas moi as triste. Les tyrans
oun-ils jamais mis des bornes à leur cruauté? Les siècles en
sont témoins T cl les temps qui ne sont plus, nous montrent
îaut d'irifoi'luués !

6. -
Mais l'inPirtune clle-mûme n’est pas d'éternelle durée,
Faible™ puissant ; I homme est rom me le laboureur qui alt­
i mr 1 son salaire à la fin du jour; ainsi que les pauvres, les rois
mettront aussi.

7.
Dieu, mort sur la croix pour là salut des humains, lui, dont
1i trépas fut un exemple menaçant de l’injustice, me dit qu’un
jour viendra où oppresseur et opprimé comparaîtront éga­
lement devant son terrible tribunal.
— 186 —

H.
Alors ce chrétien, qui, la tète couverte de cendres, mais le
poison sur les lèvres et le fer é la main, a l’air de l'humilité
pour mieux tromper ; cet hypocrite, ce saint homicide , al - !
comment supportera-t-il la vue de la gloire divine, lorsqu'.à
un seul signe de l’Étcrncl les cieux s’ébranleront sur leu rs
pôles !
9.
Mais le silence profond de la nature a cessé; les sons wh--
gifiux de la cloche vibrant dans les airs appellent à la prièi- e
les fidèles, dont les paupières sont encore affaissées par le
sommeil.
10.
Et les ténèbres de la nuit, semblables à l’agonisant qui lutte
avec la mort, sc dissipent lentement et par degrés, et vont se
perdre en pâlissant devant les premiers rayons de l'aurore.

’ 11.
Le tableau magnifique des merveilles de la création ,se dé­
roule à mes yeux; la foi s’éveille dans l’homme égaré, ci d ■
tant d’hymnes diverses s'élève l’hymne de la nature vers celu -
qui, après la nuit, nous donna aussi le jour.

< 12.
Et toi, lampe sacrée ! toi, dont la vue réveille mi moi le sou­
venir de tant d'illusions ! tu seras toujours (jour moi un rayon
consolateur; oui, toi seule sauras et mes actions et mes
pensées.
187

J 'accourrai vers toi quand la main du sort ou colle des


hommes se sera appesantie sur moi. C’est ainsi que le naviga­
teur, quand la mer mugit, accourt vers le rivage qui lui ser­
ii souvent d’asile contre la fureur des flots.

M. Boliack a publié un petit volume de mé-


dianîons qui se distinguent par l’élévation des
idées , et dont quelques-unes lui ont pour un
.ornent attiré l’animadversion du gouvernement,
qui, non-seulement entretient une rivalité jalouse
entre ces jeunes gens , au lieu de les encourager,
mais cherche à comprimer leur essor, et voudrait
faire accroire que le premier mérite d’un poete
consiste à faire des odes en l'honneur des Russes
et du prince régnant.
Un grand ouvrage, qui aurait dû exciter la sym­
pathie de la nation, cl méritait les encouragements
in pouvoir, c’esi VT/îstoire de la f^alaclile , dont
■ professeur Aaroii Florian a déjà publié
pu bl trois
volumes; mais son livre ne trouve pas de débit,
A'étant pas soutenu , l'auteur se verra contraint
de renoncer à son entreprise, faute de moyens pour
> ire imprimer les quatre volumes qui doivent corn­
pléter son ouvrage ; et pourtant il y a des presses
soiidîsanl nationa.es; qui vivent sur les fonds de
l’Etat Parmi les hommes qui- ont travaillé à
— 188 —

fonder !a littérature vainque, nous nommerons


AL Aristias. Cet homme, qui d’ailleurs n*a que du
talent, a traduit avec succès l’Iliade en vers. M. le
major Voinesco, qui se distingue par des études
sérieuses, a fait une traduction estimée de quelques
pièces de théâtre. Le major est uu des jeunes gens
qui doivent faire le plus d’honneur à la Val acide.
La littérature vainque est à son aurore, et par
conséquent elle se borne à la poésie, mais cette
poésie n’a aucun caractère d’originalité. Légère ,
sensuelle, cl quelquefois sceptique, elle est le reflet
des œuvres de Byron ou de Voltaire , des nuits
d’Young, des drames de Victor-IIugo. La conpeei
la forme sont imitées ; mais l’inspiration manque
à la plupart des jeunes littérateurs. Ils donnent
môme une fausse direct ion aux idées vainques, en
adoptant les vices de l’école romantique. Ces jeunes
gens qui savent très bien le grec, et dont la langue
est romaine, n’apprennent point le latin, dont ils
auraient besoin pour former leur langue mater­
nelle. M. Vaillant , Fiançais distingué , s’occupe
d’un ouvrage sur la littérature et la langue vainque.
Lorsque cette publication verra le jour, on saura
mieux apprécier en Europe les progrès qu’aura faits
la principauté, sous le rapport, intellectuel, malgré
son prince et les Russes.
Quant aux journaux, ils sont tout-à-fait arriérés,
et dans un tel étal d’abaissement, qu’ils deviennent
inutiles. Us ne préparent aucune amélioration et
n'exercent aucune influence sur l’esprit public. Les
— 189 —

ic daignent pas les lire; ils peuvent encore


;1 ■ propager le goût de la lecture dans la classe
intermédiaire, et l'instruire des actes officiels. '
! -es journaux étrangers qui sont admis dans le
pays ; ait seuls depuis quelque temps influé sur
l’opinion. On ne saurait dire quelle énergie ils ont
donnée au caractère national, quand on a su que
l’Europe avait les yeux ouverts sur les principau­
tés, et prenait intérêt à leur position. Le National
est b ul qui ait une bonne correspondance.
L'instruction publique n’a véritablement com­
mencé qu’en i83?.. L’élan qu’elle prit , à cette
époque, donna les plus belles espérances dont l’a­
pathie du gouvernement ne tarda pas à démontrer
l’illusion. Cependant i voir le style pompeux du
■cglem il des écoles, qui contient soixante-cinq
p:q,t ins le règlement organique, qui avoue que
j < lion est le premier besoin du peuple, la
t hase et la garantie de scs institutions, que c’est
nu devoir pour tout gouvernement d’offrir à la
se tous les moyens de développer ses facul-
h tellecluellcs et morales..., » on prendrait ce
•glemi ni pour une loi d’institution d’une véritable
h. v >né; on croirait que ceux qui l’ont, rédigé
niés des sentiments qu’ils manifestent. Mais
n vient a la réalité, lorsqu'on examine les
< t les effets, on ne trouve que des vues in-
coiii - les, faux semblants et restrictions. C’est
pi n Tel la parole n’est pas l’action, la vanité
n’est pas le patriotisme; c’est qu’en somme, sous
—■460 —
le gouvernement provisoire, la médiocrité a trouvé
le moyen de parvenir, et que l’ignorance a voulu
marcher seule.
Vouloir entrer dans les détails, serait chose fas­
tidieuse; il me suffira de vous dire sommairement
qu’on a établi à Bukarest, sous le nom d’école cen­
trale :
v° Tr ois écoles lan cas tr ternes : une dite des 1 u-
maniléS, une dite c<odpémeu taire, une dite spé­
ciale, Les fonds alloués montent à 209,400 piastres;
le nombre des maîtres , 5 4 ; le nombre des élevés
pour les écoles laucastriennes, à doo ; pour les
autres, à 204 ; sciences et facultés; cours libres.
Les fonds alloués pour ces dernières sont fixés à
io4f>o piastres ;
a° A Craie va , une école lancastrienue , une
complémentaire. Les fonds pour ces deux écoles,
63,4°° piastres; le nomhrtf des maîtres 23; le
nombre des élèves, igo ;
5" Dans les districts, seize écoles lancast tiennes.
Les fonds alloués, 114,24» piastres; le nombre des
maîtres, 16; le nombre des élèves, 1,200.
Somme totale : écoles, 24; piastres, 491,600;
maîtres, g3 ; élèves, 2,194.
Cet aperçu, qui serait satisfaisant s’il était réel,
n’est qu’une déception.
Ne croyez point, pur exemple, au total 491,600
piastres. Il n'en est alloué ! que 300,000 dont il
n’est pteçu que moitié ; attendit que l’école ccn-
— 1&I —

ira le jouit d'un revenu de moitié. Première dé-


• . • : * • • .■ ' l i ' 4?
ception.
Passons aux études. Les écoles lancastriennes
sont divisées en quatre classes, chacune d’une an­
née ; ou y doit enseigner, depuis l’alphabet, la
géométrie» jusqu’à la mécanique pratique.Deuxième
déception, Depuis six ans, ces deux dernières
branches se font attendre. Cette institution est
pimrtmit une des meilleures du pays, et sans doute
la miau x soutenue, grâce au zèle et au dévoue-
mum. des jeunes gens qui la dirigent. Sou intro­
duction dans la principauté est due à un jeune
Grec, M. Dcmétrius, qui n’a pas trouvé de ré­
compense; le grand Logothèlc Denis Golesco l’a
établie le premier dans les villages.
L’école, dite des humanités, sc divise également
en quatre classes. On y enseigne, depuis les élé-
mefils de la grammaire et des ■science’., jusqu’à la
littérature française. Troisième déception. Car il
est avère que les jeunes Vainques qui savent le
français ne sortent point de cette école.
L ccole complementaire est ae troi s ans. La rhe-
torique, la logique, les mathématiques, la phy­
sique et ia chimic cu soni les principales études.
■ icièuie déception. Car, excepté la rhétorique,
i h professeur, employé au ministere, ne sc pré­
sente à ses élèves que huit à dix fois par an; excepté
les mathématiques, dont les cours sont peu suivis,

depuis six ans on n’a pas encore utilisé les 5,noo


— —
vu évincé pai’ i ’éj diorle, an mépris d’nn contrat en
forme et d’un sacrifice de 5o,ooo piastres. En vain
des dames françaises ont-elles essayé de faire des
établissements semblables en faveur des jeunes per­
sonnes ; le nombre des élèves qui montait, eu i835}
Wà 83, s’ est trouve réduit à a3 en 1838. Cependant
ces institutrices tou client du gouvernement une
subvention annuelle de 1000 francs. w
S’il en est ainsi de l'enseignement public, que
dirai-je de l’instruction privée? A l’exception
de quarmile familles assez riches pour faire Tes
frais d’i nsi il uleurs particuliers, les autres nobles
se contentent de. si peu, que ce n’est pas la peine
d’en parler. Les négociants même, éclairés par de
fréquents voyais,, ne se sont pas encore mis au-
dessus des préjugés qui les tiennent à une aussi
grande distance de la tioblessc , cl les privent du
plaisir de.dopner à leurs enfants une éducation
c-mformc à leur fortune. Aussi les femmes ne
sont-elles pour la plupart propres à rien, et les
hommes, dont les bras seraient si nécessaires pour
î igriculturc et l’industrie, sont réduits à des fonc­
tions indignes d’eux. Ce n'est pas sans raison que je
m'indigne de cette direction rétrograde , lorsqu’il
t prouvé que l’hospodar aurait pu obtenir pour
l'éducation des femmes un résultat aussi beau que
lu prince Stourza en Moldavie. Il dispose meme
à cet effet d’une somme plus élevée. Mais il n’est
jamais entré dans les vues d’un homme aussi borné
quc le prince Ghika de partager la gloire qui revient
— 195 —
à l’hospodar moldave pour avoir fonde l’insiitut
des demoiselles pauvret, et s’il S perdu la confiance
nationale, c'est sunot.it parce qu’il a détourné à sou
profit les sources de la prospérité publique, et con­
verti en c ra i i fica LÎ 011s l’argent destiné à former des
femmes et dés citoyens vainques.

e
— m —

CHAPITRE MIL
Des arts en. Xtoldo-Valachie

Les invasions, les guerres, ci surtout le régime


des faneri otes, ti*é lalent guère propres à fai reflet
*
rir les arts. ïls furent en complète décadence, ou
plutôt ils ne firent que rétrograder dans les defX
principautés. Car les beaux monuments qui nous
restent des temps passés, tels que le monastère ca­
tholique de Courte d’Argis, attestent assez quel
soin les princes donnaient à cette partie impor­
tante de la civilisation.
Le prince Stourza a créé une école de peinture.
On doit à un peintre de Munich deux belles pages,
le Testament d'Etienne et le Refus des portes de
Biarritz. Ces deux compositions, qui. avaient été
commandées pour ranimer le sentiment national
cl flatter la vanité moldave , n’ont pas fait naître
d’imitateurs ; elles n’ont produit. ni des Raphaël,
ni des Poussin. La Valachic tentera peut-être d’en­
courager les arts, mais elle n'a pas encore essayé.
Un riche cabinet d’histoire naturelle , ct surtout
une collection d’oiseaux, de fœtus, peuvent fixer
quelques instants les regards d’un touriste indul­
gent.
Rien ne serait plus facile que de former dans les
— IOT —
deux provinces un curieux musée comme celui de
Peslh; ou pourrait y faire une rare collection ds
leurs minéraux. Le séjour des Romains dans ces
contrées , l’immense quantité de tombeaux et
d'antiquités qui s’y trouve à la surface de la
terre , permettraient de faire un cabinet des plus
rares, si on en juge par celui d’un frère de l’iiospo-
dwr de la Valachic, et par celui du directeur des
quarantaines, qui se sont approprié des objets
do^’t la plus grande partie appartient au ■ domaine
public.
1 /architecture des édifices publics est du plus
mauvais goût; cet ensemble d’eglises, de palais et
d'habitations particulières que présente l’cuceinte
des deux villes principales , Jassy et Bnkarm, n’a
lien qui rappelle nos belles cités. Vu du Podo
Bdick ou de la métropole, Bukarest., avec scs
mille clochers argentés , et ses immenses groupes
d’arbres,est d’un aspect vraiment pittoresque; mais
l'illusion cesse quand un entre dans la ville. Les
principales rues sont pavées, les autres sont plan-
chéiécs, presque toujours inondées ou couvertes de
boue, grâce à l’ignorance des ingénieurs, qui ont
pavé sans niveler. On n'a jamais soin de faire net­
toyer les rues ; il est impossible d’aller à pied. Les
jours de chaleur ou de soleil, la poussière est ex­
cessive.
1 est à désirer que la salubrité suit mise à
l'ordre du jour des municipalités ; mais je ne puis
la réclamer sans faire observer qu’il vaut mieux
— 198 —
laisser les rues daim fétat oit elles sunt qiie de
mettre les pauvres en corvée pour les nci lover.
Jassy et Bukarcst jjourraîent devenir de belles
villes, si on cessait, il 'entourer de murs les églises,
et d'enterrer les morts dans l’enceinte de ces murs.
On pourrait alors faire une grande quantité de
places qui offriraient un beau coup d'œil.
La musique est encore dans son enfance. r.a
musique roumaine (s’il est permis de lui donner 'cc
nom) ne joue gu’à l’unisson, sur un ton langoureux
et souvent harmonica. La musique allemande est
goûtée dans les hautes classes.
La sculpture est inconnue.
Les riches oui très peu le goût de la vie inté­
rieure; ils n'échappent à l’ennui qu’en se jetant
daiis les intrigues amoureuses, les causeries de sa­
lon, ou les jeux de société. La raison en est que ni
les hommes ni Jes femmes ne cultivent aucun des
arts qui font aimer la retraite; mais les boyards
ne tarderont pas à reconnaître que leur état station­
naire est l'effet de leur oisiveté, et que leurs progrès
successifs tiennent à nu meilleur emploi de leur
temps.
— HM —

CHAPITRE IX.

Législation de la Rtolttc-Valachie

Droit moldave. Le droit moldave est tout ro -


main mêlé avec le droit coutumier 'Obiceiul
pOmcntullui.) Ce droit coutumier n'est qu’une fu­
sion des lois csclavones empruntées aux Bulgares
établis en Moldavie dans le moyen âge. Le premier
Code écrit, promulgué en 1^01, par Alcxandrc-lc-
Bon, prince de Moldavie, fut conservé en manus­
crit jusqu'en 1556. A celle époque, l’hospodar,
Basile l’Albanais, un des plus grands bienfaiteurs
de cette principauté , fl de cc Code une refonte
entière, réclamée par le besoin du siècle et le pro­
grès de la civilisation ; il le fil imprimer à Sou-
chava. Ce prince fonda mie école de droit, à
l’instar de celle de Constantinople , dans la­
quelle. de savants jurisconsultes , qu’il avait fait
venir de Byzance , enseignaient les basiliques ou
lois des empereurs grecs. La civilisation faisant des
progrès , cl l'ancien Cude devenant tous les jours
plus rare , on semit le besoin d'en faire un nou­
veau.
Le prince Callimaqui nomma un comité pour
rédiger cc nouveau Code. Un des membres les plus
— 200 —
influents de ce comité fut Michel Stourz, aujour-
d hui régnant. Le prince Galliuiaqui, voulant don­
ner à H Moldavie une forme de législation grecque
cu fanariote, fit imprimer en grec, l’an 1816, en
Moldavie, celte lourde et sophistique compilation
des lois du Bas-Empire. Ce Code, adopté par le
règlement organique, a subi differentes modifica­
tions; mi comité composé de trois membres a clé
charge de le refondre en Moldavie, II fut imprimé
en 188A, sous le turc de Code civil de la princi­
pauté.
Le premier Code pénal fut promulgué par le
prince Basile l’A'lbanais, Après son règne, il tomba
en désuétude, cl c’est d’après le droit coutumier et
quelques ordonnances publiées par les princes fa-
nariotes, de concert avec la majorité des boyards
et du clergé, que les juges rendirent leurs sentences
jusqu’en i8a5. A cette époque fut imprimé ci pu­
blié en moldave (en roumain) le Code rédigé, d’a-
prés l’ordre de Jean Stonrza , par deux grands
juristes, Andronaki et Donitch. Il est adopté par
le règlement, en attendant la publication d’un
autre auquel on travaille. Le Code de procédure
est écrit dans le règlement organique. Le Code de
commerce modifié est celui de France. Les lois
ecclésiastiques sont tirées du droit canon.
i alachic. Sans parler des deux anciens Codes
«le la Valachie qui sont des princes Set ban Voda
et Ypsilauli, compilation et traduction des lois des
empereurs grecs , je ne mentionnerai que celui du
— tau —
prince Caradja actuellement en vigueur. Il fut ré­
dige et publié à Constantinople avant l’arrivée du
prince en 1816 ou 181^ * Ce Code, précédé -Il 41 ne
belle introduction en vers grecs est divisé eu six
livres. eL n’a que huit petites feuilles d’impression.
AutatiL celui de Moldavie est diffus autant celui de
Vnlachic pèche par trop de concision. Rien de
plus abrégé que les deux premiers livres qui trai­
tent des personnes cl des choses. Les livres III
et IV, des conventions et des donations, sont plus
detail I es. Le livre V, qui traite dès peines, tien­
drait moins d'une demi-feuille. Le livre VI est
consacré aux actions ci à la procédure ; il a etc
modifié et augmenté par h: règlement ; cette légis­
lation, qui laisse la mesure des peines à la conscience
des juges, et qui n’cLablii que des règles générales
dans tous les cas. ouvre un champ libre à l'arbi­
traire. Le général Kissdeff demandait à un Grec
qui avait été l ui) des rédacteurs de ce code, pour­
quoi les articles étaient aussi équivoques. C'est pai
ordre du prince Caradja, répondit-il.
Tout est mutilé dans cette législation pénale ;
elle îi’oll’re pas la plus légère apparence d’une so­
ciété européenne. L’inégalité des peines esL basé<
sur l’inégalité de fortune. Uu homme ivre a-L-ii
commis un meurtre, s’il est pauvre, il sera frappé
de verges et. condamné à trois ans d'exil. S’il es
riche, ce sont les termes de la loi : il indemnisera
les parents, cl ne sera condamné qu'à l’exil. Les
juges fixeront la j une du meurtrier sans prémedi-
— 202 —

ration, c'est-à-dire que, s'il est pauvre, ou le fera


frapper de verges et conduire dausThorriblc prison
<!e Sûagow , ancien château entouré d'eau. Une
église ruinée dans le milieu, des pieux el des cro-
chelsde fer pour mettre en l’air les pieds du patient
qui recevra la phalange des gardiens armésdefouets;
une cour sans arbres, où la hauteur des murs ne
i tisse voir que le ciel ; une grande écurie au rez-dc-
chaussée, où ils sont tous entasses couchant sur la
paille , point de travaux, point de feu l’hiver, une *
nourriture réduite au minimum ; tel est le premier
coup d’œil de celle affreuse maison de détention. Si
es condamnés pour des crimes sans préméditation
ont ainsi punis, quel traitement subiront les
autres? Ils seront envoyés aux salines de sel gemme,
à 2 ou 3oo pieds sous terre, ne pourront pas en
sortir, et coucheront sur le sel. Si ces malheureux
veulent vivre, ils sont forcés de travailler, et pour
rix de leur travail on leur donne à peine quelques
; aras.
Ces peines corporelles n'inspirent pas la moindre
horreur dans les deux principautés; on ose même
dire encore qu’elles sont très morales. Comment
pourrait-on adopter le système pénitentiaire dans
un. pays où la loi n’a pas de prise sur les nobles ,
qui peuvent assassiner et voler, sans être poursui­
vis? Us sont uniquement invités en secret à re-
nt^ttre l’argent dérobé, à la police, qui le remet à la
i imille à litre d’indemnité. S’ils ont assassine, la
police n’ose rien dire
* Pendant mon séjour a Jassy,
— 203 —
le crime d'un grand boyard, qui avait assassiné uti
juif porteur de 22,000 lr., resta impuni.
Revenons à la Valachic-Un long chapitre, traite
des brigands autrefois répandus dans la princi­
pauté, pareeque Je spathar, ou généralissime, par­
tageait avec eux le butin. La femme d’uti médecin
Ira nça is, d épo uil lée, a 11a réc 1a m cr a u près d u spa th a r,
-et lui témoigna son étonnement de voir sur sa tête
un des cachemires qu'on lui avait voles. La renom­
mée de ces brigands était si grande qu’on .avait fait
sur eux des romans. Ils ont disparu depuis l’excel­
lente loi sur la responsabilité des villageois. Un vil­
lage répond de Lotis les délits commis sur le terri­
toire de la commune ; aussi se gardent-ils tous avec
soin.
Le régime turc joue encore un grand rôle dans
la partie correctionnelle ou de police. Chaque com­
missaire a ses assommeurs, ou A libanais; le délit est
puni sur la voie publique; l’homme est couché par
terre, où des passants de corvée lui tiennent pieds,
bras et tête; s’il ose crier à l’arbitraire, à l’injus­
tice, les coups de fouet sont renouvelés. Telle est
la justice de la loi.
Les habitants des deux principautés sont d’en­
ragés plaideurs. Les procès étaient sm^ttout multi­
pliés eu Moldo-V aLachie, grâce au droit de préemp­
tion , à l’absence d'un cadastre général. La fièvre
s est un peu calmée en Moldavie depuis qu’on a
aboli le droit de préemption, qui existe encore
en Valachic. Voici eu quoi il consiste : Les ven-
— 204 —

dcurs doivenU prévenir les parents et tuteurs de


leurs parents. Si les parents et tuteurs de leurs
parents ne veulent pas acheter, ils doivent si­
gner le contrat de vente. Oui le droit de préemp­
tion, ascendants et descendants; B, consanguins des
deux côtés jusqu’au quatrième degré ; G, les parents
de la ligne indirecte jusqu’au quatrième degré;
E, les. simples parents ; F, les simples voisins ciT
longueur, et dans un coin. Celte loi aristocratique
était faite pour empêcher d’autres familles de s’iin-
sinuer dans des domaines voisins des leurs. En oé-
ncral, les procès sont interminables. Il n’y a pas
de prescription pour les empiétements de terre
entre voisins.
La justice est administrée par des tribunaux de
district qui connaissent en première instance de
toutes les affaires civiles, criminelles et commer­
ciales; par un tribunal rustique ou de paix, dans
chaque commune ; par des divans d’appel, dans
chaque capitale; par des tribunaux de commerce,
dans les villes de Galatz et de Bukarcst; par des
nilmuaux de police, dont la juridiction se borne
aux simples affaires correctionnelles, dans les capi­
tales; par le divan princier, qui juge, en Moldavie,
toutes les affaires en dernier ressort; par le divan
supreme et la Chambre consultative, eu Valachie.
('.Iliaque procès paie simplement nue amende dont
la plus foite s’élève à huit ducats; on n’est ja­
mais condamné aux frais. U n’existe pas de corps
d’avocats, Vtiprè.s de chaque tribunal il y a un
— -205 —
procureur qui fait les fonctions d’avocat du roi et
un greffier. Tout homme a le droit de plaider et de
se charger de toute espèce de cause. Excepté quatre
ou cinq habitants qui ont fait des éludes à l’étran­
ger, ceux qui exercent cette profession sont des
boyards, des petits marchands et des domestiques
qui savent à peine lire. Un avocat cité un jour pour
.me obligation de 5oo piastres nia l'obligation et
sa signature; l'affaire était grave, car le créancier
•'tait par cela même accusé d’avoir fait une fausse
signature. Le président ordonne à l’aVoeai de signer
pour faire la comparaison. Voulez-vous m’insul­
ter, monsieur le président? répondit-il. Vous savez
bien que je ne sais pas écrire. Il n’y a pas de notaire
dans le pays.Tout est fait sous seing privé, ou lé­
galisé seulement à la police ou. au tribunal de
commerce.
Voici comment on plaide. Des huissiers pris
parmi les domestiques présentent les deux parties
devant le tribunal ; elles sont ordinairement repré­
sentées par des défenseurs. Le greffier est toujours
achelé; la plainte ou le mandat est dans le sens de
là partie qui l'a payé. Aussitôt les débats s’engagent;
on se querelle, on s’insulte. Les juges apaisent ou
prennent parti; c’est une espèce de charivari qui
finit toujours par un jugement en faveur de la par­
tie qui a le mieux payé. Ces juges, qui sont in­
amovibles, et sans instruction, quoique riches et
boyards , n’ont aucun sentiment moral. Leur place
est un moyen de s’enrichir. On marchande ,
— ‘206 —

on achète leur vole avant l’audience; iis donnent


ensuite un reçu dont on paie la moitié d’avance ,
quelquefois le tout, selon les hommes. D'antres
prennent quelquefois des deux mains. Ceci fai­
sait dire à un juge de cette espèce : * Mon père
m’a laissé sa signature pour la faire valoir et
deux mains pour prendre. » Et on ne s’en cache
pas; tout se fait au grand jour. On voit souvent
des plaideurs qui, perdant leur procès, vont, en
voiture réclamer des juges les cadeaux qu’ils leur
uni faits. Tout homme, grand ou pctit.s’il ne paie
pas, est sur de perdre son procès, et les princes,
qui confirment la sentence, ne rougissent pas de
recevoir de l'argent pour confirmer ou pour infir­
mer. (Jn jour, en Moldavie, le prince disait à un
juge : * La partie adverse vous a corrompu , et je
vous punirai. » — « Tout ce que peut faire Votre
Altesse, répondit- - il , c’est de m’obliger à rendre
l’argent que j’ai pris. C’est un exemple que Voire
Altesse nous a donne. »
Un procès, qui a fait beaucoup de bruit, suffira
pour faire voir comment ou rend la justice, et quels
sont les principes de l’hospodar actuel de la Vala-
chic. Sou prédécesseur, Grégoire Ghika, avant
d’épouser la belle princesse Euphrosine , avait eu
d'elle une fille. La loi vainque ne légitime pas ren­
iant par un mariage subséquent ; mais elle pérnièt
à toute personne de faire des donations entre vifs,
même au préjudice des enfants. Le prince, rentré
dans la vie privée, désirant assurer à cette fille une
— 208

représenté le mineur. Lors de la discussion des dona­


tions, on passa outre. On porta la sentence nu divan
suprême, qui jugea comun; les deux cours. Enfin. l’af-
fairefut présentée à la Chambre consultative. Le pré­
sident, Alex. Philipesco, boyard de grands moyens,
et, cc qu’il y a de plus méritoire,, lout-à-fait dés­
intéressé dans cette occasion, soutint que les do­
tations en question étaient légales ; qu’elles avaient”
éié cassées arbitrairement ; que le tuteur a va i lie droit
défaire revenir celle alla ire devant les tribunaux
de premiere instance , par la raison précitée. Le
prince , furieux , rend de suite mi office qui or­
donne au président de reprendre son rapport, et
d'ellacer la page du registre sur laquelle il se trouve
inscrit. Le président refuse de se déshonorer; il
reçoit aussitôt sa destitution. Le prince n’en con­
firme pas moins la sentence, et la fait mettre à
exécution. Lorsqu’un prince plus juste prendra les
rênes tic l’administration, comme le jugement n’a
pas subi la filière de trois instances, on pourra le
faire réviser. Dépouiller des mineurs, les condam­
ner sans les avoir entendus, sont des actes de ty­
rannie que l’on ne pouvait voir que sous le gou­
vernement d’Alex. Gbika.
Le prince Stourza fait d’heureux efforts pour
remédier aux vices des dispositions judiciaires.
En 1334, le nombre des procès s’élevait à 22,000 ;
malgré cet énorme arriéré, et le nombre des causes
nouvelles qui, année moyenne, pourrait être éva­
luée à 8,000, on est parvenu, à l’aide du système
— 210 —

CHAPITRE X.
Commerce d'importation en Valachie et en Moldavie.

Le commerce de la Valachie et de la Moldavie


n’a été , jusqu’à présent , considéré que sous Je
^rapport de l’importation cl de l'exportation, et
meme parce qu'une importation assez considérable
se fait dans le pays, cl qu’elle est détaillée par les
étrangers qui sont allés chercher ou qui ont fait
venir ces marchandises, on s’est imaginé qu’il n’y
a pas de commerce indigène. Cette erreur est tel­
lement accréditée, que la plupart de ceux qui ont
écrit sur cette matière ont négligé de parler du
commerce intérieur et de ses résultats. Pour ne pas
tomber dans celte faute, nous aurons à traiter : le
commerce d'importation, celui d'exportation, les
ports, les banques cl les capitaux , le commerce
intérieur, l’industrie et sa réforme.
Le commerce d’importation est une des causes
de ruine pour la Valachie. Consommation mal en­
tendue, sortie du numéraire, entretien d’un luxe
clîréné ; tel est d’abord le préjudice; il offre rare­
ment des avantages. Mais avant de vous fairc'oon-
nnîlrc en quoi consiste l’importation, quel en est
le benefice, je dois vous parler des négociants qui
s’y livrent , de leur manière d’opérer et des pertes
dont ils sont victimes.
.— an —
Bukaresl est le dépôt central de celte branche de
commerce. Toutes les autres villes de la Valachie.cn
liront tous les objets qui sont nécessaires à leur
consommation. Les quarante foires établies dans le
pays n’ofîi-ent que des articles inférieurs eL de re­
but, Des étrangers, contins sous le nom de Leipsic-
/.ams, parce qu ils vont s approvisionner ;i Lcipsick,
tiennent à Bukarest toutes les marchandises de luxe
et de manufactures françaises, anglaises, autri­
chiennes et saxonnes. D'autres, appelés Markitans,
vendent en même temps les produits de l'industrie
et du commerce de la Russie. Les premiers sont
Allemands et Arméniens, sous la protection de
l'Autriche j les seconds, Russes on Grecs. Troi­
sième importation : Marchandises de Turquie. Ce
commerce est entre les mains des Arméniens. ( Qua­
trième importation : Marchandises de Bracha w ou
de Cronsladt en Transylvanie. En Moldavie, le
commerce n'est pas concentré dans la capitale.
Dans chaque ville principale de district, on trouve
des boutiques aussi bien approvisionnées qu'à Jassy .
L’importation de la Valachie est la même pour la
Moldavie ; mais-, à l’exception de quel qucs étran­
gers, ce sont les Juifs qui cil sont maîtres.
Les Lcipsickains eu gros opèrent sur un capital
de 5oo,ooo piastres. Il est ainsi compose la pre­
mière année :
100,000 piastres de crédit,
Huj,ooo — — cautionné,
100,000 -—■ en argent.
14.
- 212 —
Et lorsqu’ils feront leur inventaire, le crédit ob­
tenu sur leur propre compte sera fait aux ache­
teurs. L’argent comptant est neutre, cl le crédit
cautionné reste en marchandises dans le magasin. O
Sans parler des articles de modes et de parfume­
rie, ganterie, qui viennent de Paris, et se vendent
de 5o à too pour 100 au-dessus de leur valeur
recile, le bénéfice ordinaire des Lcipsickains estait
*
a5 pour roo; mais il est entamé par le fonds de
magasin- sur lequel la perle est de 3o pour ioo.
Dans les magasins qui font crédit, elle s’élève ,*an-
née moyenne, de ôo à 40 mille piastres. Malgré
toutes ces chances, les Lcipsickains pourraient en­
core gagner, cl rendre à la place de Bnkarest le
crédit qu’elle a perdu par leur fan le, depuis quel­
ques années, si par une administrai ion plus sage et
des entreprises moins téméraires, ils ne s’exposaient
plus au danger de faire ces nombreuses faillites qui
Jes ont perdus. Je sais bien qu’ils pourront ré­
pondre qu'ils sont forcés de soutenir une grande
concurrence, de suffire au goût de la mode, à ce
besoin de nouveautés qui pousse les boyards,
hommes et femmes, à déprécier tout ce qu’iL ont
déjà vu. Mais ces excuses ne sauraient justifier l’im­
prévoyance
* avec laquelle, par des emprunts à aj
pour ioc, ils préparent la ruine cl la gène du
commerce. La place de Bukarest est tellement
décriée, que ces négociants, qui «'inspirent plus de
confiance, n’achètent plus qu’avec prime à Ici ran­
ger. Ils sont forcés de prendre beaucoup de rebuts,
/
— J13 —
ce qui augmente leur liiid de magasin. Obligés de
vendre à des prix excessifs , ils multiplient les mau­
vaises créances, et in position incertaine des prin­
cipautés diminue encore leur crédit.
On trouve généralement chez les Lcipsickniirs
Unit ce qui tient à la toilette des hommes et des
k'niines , l’orfév rcric et la parfit me rie comprises :
les vins étrangers, et en plus grande quantité les
vins de Champagne, la porcelaine, là verrerie,
l’ar-^t^nieric » faïences , lustres, des voitures cl des
harnais de Vienne-, des glaces et des meubles
qu’on lire de Pesth. Ces derniers articles ont un
débit considérable, depuis qu’on a pris les habi­
tudes européennes.
Les markitains, qui tirent leurs articles de Rus­
sie , quoique la concurrence soit très grande , ont
toujours uu bénéfice de a5 pour cent. Ces articles
ioni les objets de cuivre travaillé, la porcelaine,
les Côlires on cuir, des fourrures, des cuirs puni
cil eue et cordonnerie, les articles de burcaux, des
■quipements militaires, le tlié, du fer en barres, et
qnélqucs objets de serrurerie. Viennent fusuiieles
articles turcs, les uns achetés aux entrepôts de
Constantinople, les autres produits réels du soi et
de l’industrie turque, les denrées coloniales, café,
ii eres, rhum, enceins, etc., les comestibles, huiles,
iz, olives, citrons, cédrats, raisins, figues sèches de
imynnie, poissons sales, caviar, etc. Les tissus et
iïets à usage, étoiles del’lnde eu soie, unies, rayées,
brochées d'or et d'argent, en coton, mousselines t
*
— sat —

miles peintes , percales , madras, châles et étoiles


de cachemire, mouchoirs peints dits testemdz et
bajamaz ; les colons Aies de l’Inde , les savons de
Candie, les savonnettes d'Andrinoplc, les bottes et
soiilinrs turcs, les métaux briits ou ouvrés, étain ,
oui vie, les cou leurs pour teint are.
Puis, les articles de CronsUtlt on Traitsvlva-
nie, 1er ouvré en faux, cadenas, clous de tertres
espèces , toiles coturn une s . vêlements de feutre
pour paysans, couvertures communes, galons t^ux,
cordes.
Cette manière de faire Je commerce est des plus
vicieuses; elle tient à son enfance; ceux qui s'y
livrent ne sont que des marchands de pacotilles;
c’est même parce que ces marchands ne prennent
pas en retour de leur importation les produits du
pays , et que l'exportation est en d’autres mains ;
c'est parce que l'échange n’a pas lieu, qu’ils sont
si mal dans leurs allaircs. Des étrangers , qui en­
tendent bien mieux le commerce que les Allemands,
ont tenté et tentent encore de créer le commerce
d’échange. S'ils approvisionnent les principautés
par la voie de mer ; s’ils ne prennent plus de du­
cats, marchandise étrangère dans le pays, et d’ail -
leurs très chère, mois bien le produit tics terres des
boyards ; s’ils peuvent éviter les grands frais de la
voie de Leipsick , les vexa lions fiscales du transit
autrichien, réussiront-ils? C'est ce que je ne puis
affirmer; car l'Autriche, qui apporte pour plus de
dix niiliions dans cette' principauté, sera contraire
- 215 —

d'une part; de l'autre côté, l'administration, qui. se


sert, des quarantaines pour ruiner les commerçants,
et la position incertaine du gouvernement moldo-
valaque, sont ici d'autant plus sensibles, qu'eu po­
litique, ce peuple est sous le joug; il commence en
industrie , et sous ce dernier rapport, il est dans
une dépendance absolue de l'Autriche. C’est ici le
l—3u de montrer que cette puissance est redoutable
pour les intérêts matériels de la Valachie. L’ambi­
tion du Czar est reconnue, mais on ne connaît pas
celle de l'Autriche; elle convoite ce pays qui est le
grenier de lu Transylvanie. Elle tient surtout à
exploiter, à augmenter les privilèges qu’elle a ob­
tenus des hospodars et des Turcs. Sous le rapport
matériel, elle en tire plus de profit en temps de paix
que la Russie. Je tiens de bonne part qu’en i83/j ,
la Turquie rendit un firman dans l'intérêt du pays.
Il s’agissait d’abolir ces slarostcs ou délégués des
consuls qui se permettent d’avoir des pavillons et
d’entraver la marche des administra lions locales.
Il s’agissa ifaussi de faire, aux termes des capitula­
tions, payer les droits de patente et la capitation à
tous les étrangers qui ne font pas le commerce en
gros. L’opiniâtreté avec laquelle M. de MeUernich
s’est refusé à cette juste demande, donne la mesure
de sa résistance quand il aura un litre à faire
valoir.
Je partage à cet égard l’opinion d’un Vainque
éclaire. ll vaudrait mieux payer pins cher les pro­
duits du pays qui pourrait s’intéresser à noire si-
— aie —
tu a lion pidiiiquc, que de fai revivre le monopole de
1’ \ Ulrichc, qui nous fait payer ses produits ei ne nous
donne jamais rien pour les profils qu’elle cri retire.
Pourquoi lui continuer scs privilèges, par exemple,
de faire paître sur nos terres ^ot^ooo mo^^con», à
raison de huit sous par tète? Puisque les pâturages
sont rares en Autriche, ne serait-il pas mieux d'ex­
porter t notre compte les bestiaux que nous aurions
nourris? Celle puissance» presque toujours 5o,ooo
sujets cri Valachie , en Moldav lie, et prélève -ur
eux, quoique étrangers, plus de /punooducaL d'im­
pôts. Pourquoi sfeS sujets lui paieraient-ils et ne
paieraient-ils pas un impôt au pays qui les nourrit?
Que la disette éclate en "Transylvanie, ce qui est
très ordinaire, l'Autriche autorise l’émigra lion en
Valachie. Le ccunmercede l'Autriche est ruineux.
11 est donc important de chercher quelle est la puis­
sance avec laquelle la Valachie est plus intéressée
à taire le commerce. Nous allons essayer de démon­
trer que l'Angleterre-est cette puissance ; et ce n’est,
pas mie rivalité entre l’Autriche et l’A ugleterre que
nous proposons. Au moyen du commerce anglais,
on pourrait opérer dans les deux principautés une
révolution dans les intérêts matériels , qui doit
rendre nécessaire noti-setilement un traité de Com­
merce direct , fondé sur le droit de réciprocité ,
mais encore influer sur les institutions cl sur le.
bien-être des habitants. Soit 5,800,000 la popula­
tion dans les deux principautés.
Les classes riches ou forLmées peuvent satisfaire
217
à leurs besoins, mais ce n’est jamais qu’à grands
trais. Les marchandises importées par les étrangers
sont d’un prix trop élevé. Les classes pauvres tic
peuvent pas encore essayer de se les procurer. Per­
sonne, jusqu’à présent n’a songé sérieusement à
changer leur état, à les faire jouir des bienfaits de
la civilisation. Les cultivateurs ne sont presque pas
vjtus. Lescigains vont nus pour l’ordinaire. On ne
trouve dans les maisons des pauvres aucune des
choses qui sont nécessaires à la vie. Le régime ac­
tuel, imposé par les Russes, tic les a pas fait sortir
du bourbier de* misère où les avait plongés le ré­
gime fanariote; bien au contraire, il n’a servi qu’à
les rendre plus malheureux. Vous ne trouverez
jamais dans leur demeure un seul objet de fabrique
ou d’importation étrangère. D’ailleurs les négo­
ciants qui se sont emparés du commerce d’impor­
tation ne tiennent que des objets de luxe à l’usage
des hantes classes. Ce serait donc un service émi­
nent rendu à ce pays de lui envoyer des instruments
d’agriculture ordinaires, des étoiles de coton à bon
marché, des draps forts, des ustensiles de ménage
communs. I n expédiant directement parla voie de
mer les denrées coloniales , on pourra les donner
à un prix moins élevé, et par là même offrir quel­
ques douceurs à la vie de ces pauvres gens, dont la
boisson se borne aujourd'hui à quelques verres de
vin , ou raciou de prunes; la nourriture à la mă­
măligă; quelques fruits, peu de viande et du laitage.
Ils sont vêtus de peaux de mouton ; leurs femmes
— 218 —
toni elles-mêmes leurs draps ci filent leur linge. LLs
fabriquent grossièrement leurs maisons et leurs
nattes en tresses de jonc, leurs souliers, leurs char­
rues , leurs chariots. Leurs bœufs naissent et pais­
sent sur le sol. Ainsi en Valachie cl en Moldavie le
plus grand nombre est privé des produits de l'in­
dustrie, les habitants s’habillent comme les Daccs,
et se nom-rissent connue aux premiers jours. „
Une importation de marchandises simples, so­
lides, devient nécessaire aux deux principautés. La
seule puissance en état de sullire à celle demande,
et surtout à bon marché, c’est l’Angleterre. Comme
le peuple valaque est très facile à diriger, qu’il a
beaucoup de vanité nationale, il se mettra bientôt,
par son travail, en état d’acheter et de renouveler
toutes ces marchandises. J’estime donc que l'im­
portation annuelle de tous ces objets peut être
calculée, la première année, à raison de i5 piastres
par famille. .
Toutefois, une observation est encore nécessaire.
Le paysan valaque a de l’argent, mais il est force
de le cacher, et certes il ne sera pas tenté de le dé­
penser pour acheter du Champagne on des meubles
de Vienne. S’il a une garantie écrite dans la loi
pour sa vie, il n’en a point contre les coups, contre
les vexations des propriétaires , du gouvernement
cl des fermiers.
La puissance qui entamera ce commerce d’im­
portation pour les classes peu fortunées de la Moldo-
Valachie est intéressée à voir s’établir un gouver-
— 219 —

netncnt équitable et ferme, à ce que les abus qui


oppriment ces malheureux disparaissent de ma­
nière à ne plus se renouveler. Nous parlerons
ailleurs des moyens de diminuer l'intérêt de l'ar­
gent.
Il faudra ensuite examiner si le commerce direct
avec F Angleterre ne convient pas mieux aux classes
. .isées ou riches des principautés que le commerce
autrichien, s'il y aurait beaucoup d’obstacles pour
le renverser, et si une nécessité impérieuse ne leur
commande pas de. lui faire éprouver une réforme,
à moins de vouloir être bientôt ruinées. Ne per­
dons pas de vue que ce peuple est essentiellement
agricole, et qu’il doit rester tel, longtemps en­
core.
Le droit sur l’importation est de 5 pour cent. Il
existe une table de douanes votée par les assemblées
d’après les droits du pays. Comme il n’y avait pas
de monopole, les nouveaux traités ne sont pas ap­
plicables à la principauté, ce droit de douane doit
être nécessairement maintenu. Les trois points
principaux d’entrée pour les marchandises sont
Braïda, Giourgewo sur le Danube, Kimpina fron­
tière d'Autriche, pour la Valachie. Galatz , la
iiuckovinc et le Brut h pour la Moldavie.
Pourquoi ne pas dire comme bien d’aulres, la
France aussi doit importer dans la Valachie? Sur
un marché étranger pourra-t-elle soutenir la con­
currence? non, pour certains objets, oui pour beau­
coup d’autres; mais c’est surtout l’exportation qui
— ±20 —
doit éveiller son intérêt. Jusqu’il présent, la chambre
de commerce de Marseille, et les négociants n’ont
fait aucune démarche, n’ont pris aucune informa­
tion pour élever des établissements miles en Mol-
do-Valachie , et nous n’y avons que huit à dix
pacotillctirs. (P'oir le tableau n° i.)
— 221 —

CHAPITRE XL

Exportation et ports de la Moldo-Valactiie

La Moldo-Valachie est un pays neuf pour l’ct-


portation. Avant le traité d’Andrinople, les deux
principautés, aux termes de la convention d’Ac-
k'erman , jouissaient bien de la liberté du com­
merce, pour tous les produits de leur sol et de leur
industrie, sauf les restrictions exigées d’uu côté
pour les fournitures dues à la Turquie, et de l'autre
pour l'approvisionnement du pays. Mais dans le
fa i t cette liberté n’existait pas et ne pouvait pas
exister. Il n’y avait qu'un port, celui de Galatz ,
où quelques échanges avaient lien. Mais depuis le
traité d’Andriuople, les Moldo-Valaques sont dis­
pensés de fournir les grains , bois de marine, bes­
tiaux cl autres denrées, exemptés aussi de fournir
des ouvriers pour les forteresses et les autres corvées
de quelque nature qu’elles soient Enfin la restitu­
tion des pachaliks , la démolition des forteresses,
Tourneo, (icorgevo, lbrailow où les Turcs avaient
citadelle et garnison , permirent à la Valachie de
former d’ibraïlow un port, et de fonder une ville
qui sera bientôt la plus belle et la plus riche du
cette principauté.
En i83 'J, le traité de Pétersbourg, qui rendit aux
— aaa —
deux provinces ie droit d’arborer le pavillon natio­
nal sur leurs batiments du Danube; eu lin la décla­
ration du août lS34> qui déclare libre le port
de GalatZjCtjiclledu 3 mars 1836, qui met Ibraïlonv
au nombre des ports d'entrepôt, ont donné au com­
merce des principautés un grand développement.
Reconnues libres dans cette branche d’industrie,
elles ont fait acheter ou construire un grand nombre
de bâtirnctus ; à l'heure qu’iljest, elles en possèdent
une vingtaine; malheureusement la cession illégale
et même impoli tique de la Bessarabie' ci des bouches
du Danube à la Russie, arrêtera long temps h Moldo­
Va la chie dans son essor maritime; eu cessant
d’être chargée de la défense de ce grand fleuve, et
de posséder des ports dans la mer Noire, elle voit
non-seulement son indépendance, mais encore
celle de la I urquic menacées ; car la mer Noire est
devenue une mer territoriale pour les Russes. Pour
éviter Sonliua , seule embouchure navigable du
Danube, où la Russie, sous le pïétcxtcdcs quaran­
taines, fait héler les batiments qui entrent dans le
fleuve ou qui en sortent, eu les navires d’un fort
tirant d’eau ne peuvent plus outrer sans transbor­
dement dans les navires plus petits, Souliua, où le
[il t^n fleuve n’a plus que sept pu huit pieds de pro­
fondeur, est même quelquefois impraticables, et
chaque pur ne cesse de s’obstruer; on a pensé sé­
rieusement au projet de rouvrir l'ancienne bouche
du Danube de Rissova à Kustcndji sur la mer
Nui te, où une coupure de moins de trente milles
— 223 —
éviterait une navigation de plus de deux cent cinq
milles, et d'établir un canal, abrégerait de cent cinq
milles la traversée de l'embouchure du fleuve à
Constantinople.
Il est iuconstestable que la Moldo-Valachie doit
être maîtresse de ce canal, quoique fait sur le ter­
ritoire bulgare; ce débouché est nécessaire pour
défendre l'indépendance aussi bien des Servfltn
*
quedes Moldo-Valaqucs, et pour faciliter la régé­
nération des rayas de la Bil^arie. On ne saurait
trop insister sur la nécessité d’élever à l'état de
population maritime dans la mer Nuire les peuples
de la Turquie d'Europe établis sur les deux rives
dit Danube. Si le mouvement des ports moldô-va-
I tiques qui reçoivent à présent plus de 1000 bâti­
ments ne suffisait, pas pour attirer l’attention de
i ’Euro),e, la Turquie, plus que jamais intéressée à
neutraliser les projets ambitieux d’une puissance
rivale sur la mer Noire, doit se dessaisir d’un de ses
ports sur celte mer eu faveur des chrétiens ses
alliés. Ce port, doit être celui de Varna.
Le besoin d’une population intermédiaire pour
défendre la rouie de terre ;t Constantinople, une
fois reconnue par les cours européennes, la Turquie
ne peut se dispenser de' céder a cetie population
intermédiaire qui lui sert de barrière, un débouché
sut la mer Noire, contribuer à la prospérité mari­
time des chrétiens ses alliés; cl c’est ainsi que les
cflbrls de la Russie pour garder la clef du Bosphore
se trouveront anéantis. Celle combinaison exige
— 227 —

plus que toute autre la fusion des Moldo-Valaqucs


en un seul corps de nation. Les cabinets, qui vou­
draient donner à ces populai ions intermédiaires
une puissance solide et réelle, ne sauraient trop
faire comprendre à l’Autriche, si Je despotisme
était intelligent, qu’elle s'affaiblit et risque tous
les jours de s’affaiblir en retenant comme su-
les Roumains disséminés dans son empire, et
qu’en les rendant a l’unité de leur origine, elle au­
rait deux puissances alliées contre l’ambition de
la Russie, w
La nécessitéd’unc nation iniermédiaireadmise, la
Turquie cstJa première intéressée à lui donner toutes
les conditions de la force et de la durée. Les Moido-
Valaques doivent dès aujourd’hui sentir le besoin de
marcher dans la voie des autres nations, encourager
leur commerce et leur navigation, en modérant les
droits d’entrée- et de sortie sur les marchandises ex­
portées ou importées par leurs bâtiments, et suivre
l’exemple du cabinet de Pétcrsbourg, qui assujet­
tissait à un droit moindre les cargaisons des indi­
gènes. L’Autriche, s'efforce de soustraire à la Rus­
sie la navigation du Danube et de la mer Noire.
Depuis le milieu du dix-huitième siècle, elle a es­
sayé d’étendre son commerce par le Danube jus­
qu’aux Echelles, et c’est peut-être, dit Ravier dans
ses conjectures , un des motifs qu’elle a eus pour
favoriser les Russes contre les 'Turcs. Aujourd’hui
que la Russie veut dominer dans la mer Noire, elle
cherche à lui retirer cette puissance, cl l'article IV
—• 225 —
de son traité de commerce avec l'Angleterre, porte
que tous scs bâtiments qui sortiront des ports du
Danube jusqu'à Galaiz, jouiront des mêmes privi­
lèges que les bâtiments sortant des’ports d’An-
irie he.
'Coule l’exportation de la Valachie, qui s’élève ,
année moyenne, à 16 millions de lrahcs, se dirige
ur trois points: la Transylvanie, la rive, droilFd •
Danube et Ibraïlow; l’exportation de la Moldavie
ir l’Autriche, la Valachie, la rive gauche du Da­
nube,et sur Galalz. L’Autriche et la Transylvanie
prennent surtout les produits des districts des eu -
virons, et de plus des vins, des bestiaux, de la cire
et de la laine. La Turquie prend des vivres et des
objets de l’industrie mol do-va laque. Ibraïlow et
Galatz peuvent être considérés comme le point
cintrai de toutes les exportations. Ces ports sont
francs, et les marchandises déclarées en transit ne
sont pas soumises au droit de douane,. Ibraïlow,
port neuf, n’est pas encore un dépôt pour les mar­
chandises, la voie par terre n’ayant pas encore été
adoptée. L’exportation y est au contraire pluscon-
sidcrahle que celle de la Moldavie. On y trouve
mm grande quantité de bous magasins bien situes
et bâtis sur les bords du Danube.
Galatz, à deux lieues d’ibraïlow, est entière­
ment maître de l’importation par mer des deux
principautés; cela se conçoit : car dans le port va­
. -ine, il n’y avait pas, en 1807, une seule maison
de banque. U était impossible d'y négocier une
15
— «26 —

lettre de change ; on n’avait pas d’autre ressource


que les banquiers de Galatz et de Bukarest. Une
grande difficulté, qu’éprouve encore le commerce
d’Ibra'dow^T.’est le change des monnaies dont la
valeur n’est pas fixée. Les achats s’y font payables
en ycrmelicks neufs à i3 piastres 179, tandis qu’en
dehors de cette ville, ils s’opèrent en colonnades
1 ifspagne, a 14 piastres ï/aj en ducats, à 5a pms
très; en roubles d’argent, à 10 piastres 172. Mais
ces derniers cours sont de 8 pour cent plus défa­
vorables que le yermelick neuf, qui, à Ibraïlow,
vaut ï5 piastres 179; à Bukarest 12 piastres 172, et
à Constantinople 20 piastres.
I ’ 1 ' . ,‘ f ■
Le commerce, dans les ports, se fait par des
courtiers grecs, dont, la plupart n’iu.spirenl aucun e
confiance.
Eu ]85ț, il est entré à Ibraïlow j 49 bâtiments.
* ' *' ■* '• ■ ■ ï • • -• 1; ' ‘\r 11 • ■ț. r f ■* 1 ; rt*( Ir r ! • : ”,ï : .
* •
L'importation a été de 280,747 *r-
L’exportation de. . . 2,782,601 . .
(PourFi^iiiportmiou etl’cxportation générale voir
les tableaux.)
Les principaux articles d'exportation de ce port
sont : le hic, laine, orge, suif, haricots, fromage .
en moindre quantité : cire, mais, tabac, soude,
bois de chcnc, graines de lin et de chanvre.
E.n 1867, il est entré à Galatz 5a8 batiments.
L’importation s’est élevée à 5,765,960 fr.
L’exportation à. ..... . 2,860,029
— 327 —
Les principaux objets d’exportation dans ce port
sont : le blé dur, le blé tendre, le maïs. La qualité
du blé tendre n'est pas aussi ly.mne <ac celle du
*
blé d'Odessa ; mais, la cult.ure
dês céréales s'amé­
liore tous les jours. Le maïs est d’une très bonne
qualité. On exporte en plus petite quantité l’orge
et le seigle ; car pour faire distiller le seigle en
-Wolbavie , on perçoit à l'exportation un droit
de quatre piastres de Bukarest par kilo ou i5
Jttur 100.
Le tabac moldo-valaque pourrait être exporté,
quoique inférieur en qualité à celui de la Turquie ;
mais il n’est pas demandé.
Le commerce de la Moldavie présente beau­
coup plus de prohibitions que celui de la Valachie.
A l’importation , le tabac, le vin ordinaire, l’eau-
de-vie et le sel sont prohibés; car la Abddavie re­
gorge de tous ces produits, surtout de brandctïes,
qui sont très pernicieuses au peuple, surtout depuis
qu’elles ont été excessivement multipliées; elles
sont décuplées depuis' i83a. A l'exportation , la
douane moldave a excepté du droit de 3 pour 100
le blé, seigle, maïs, orge, bétail à cornes,chevaux,
brebis. On exige 5o pour 100 sur le suif moldave ;
aussi n’est-il pas exporté. Les bestiaux sont expé­
diés à raison de 5 pour mo sur l’Autriche ou Ja
Turquie, cl la plupart du temps ils passent par
contrebande en Valachie.
Les puissances qui ont créé des relations avec
ces ports sont, pour l’importation, l’Anglctcrre,qui
15.
— ïüti —
envoie des objets manufacturés, du coton filé, de
la toile grise de cotoÿ, très peu d’indiennes im­
primées. t . .
La Turquie et la Grèce : huile, olives f fruits
sec, tabac, un peu de coton cru, La France : dil
sucre raffiné. La Russie : caviar et cordages, Sar-
<7

daigne ; des meubles en très petite quantité jet,


comme le commerce d'importation par la voie de
mer n’est encore qu’à son enfance, tous ces objets
viennent., du moins en pante, de Constant *
nople.
Pour tes articles d’exportation , le maïs se dirige
sur Trieste; le blé, sur Gênes, Trieste, FArchipel;
le suif, sur Constantinople et sur i’Angleterre; laines
sur la France, la Belgique, l'Angleterre et Trieste ;
vins, sur Odessa; douves et mats, sur Constanti­
nople et l’Egypte; mais FAngloterre ci Marseille
se plaignent du prix élevé du nolis.
Les haricots vont à Gênes, à Trieste; la se­
mence de lin, à Gênes, en Angleterre; beurre et
fromage, en Turquie,en Grèce ; sonde, à Constanti­
nople,; soie, à Trieste.
Les droits de ports, ancrages et de quarantaines
sont de 20 fr. Chaque bâtiment; selon son pavillon,
doit encore un droit de consulat.

Cours dtt change.

Les banquiers de Galatu achètent des lettres de


change sur les places étrangères suivantes.
— 22V -
Voici leur cours de chang
Vienne. . . . 9 piastres 1/i ‘ . us.
Trieste. . . . 9 piastres, 8 pa^js, id. id.
Gôncs. . . . . 3 piastres 1/2 par fr. à 75 j. de date-
Marseille. . . ff

Odessa, 404 à 406 piastres par too roubles, à 10


et i5 jours de vue. Constantinople, tuo piastres de
Gaialz, par i io à 121 piastres turques de Constan­
tinople à 11 jours de vue. 11 serait à souhaiter que
les indigènes fussent plus exacts dans leurs .paie­
ments et plus fidèles à remplir leurs obligations.
D’usage est d'acheter les récoltes et de payer les
graines d’avance. Mais souvent les négociants ont
essuyé de fortes pertes; ils ont eu à supporter, sans
indemnité, d’énormes frais de nolis pour les retards
Je transport. On peut citer à cet égard la ruine *
■ une excellente maison anglaise qui avait essayé
mener la Moldo-Valachie du commerce de
Leig>sick. Non-seulement elle eut à lutter contre la
routine et les intrigues des Autrichiens, mais en­
core lie tint plusieurs mois à ioo fr. par jour
quinze à vingt bâtiments, qu’elle ne put faire Char­
ger avant la gelée des eaux du Danube, par suite de
u cution des contrats.
Lesétraogers sont livres à la discrétion des pro-
icta ires et des fermiers; D’une part, les lois sont
.. ipmssantes pour leur faire bonne et prompte jus­
tice, et de l’autre la malveillance des Autrichiens
des Russes leur oppose sans cesse des entraves ;
— -2:30 —
car le bon nimcité des produits valaques doit nuire
au port d’Odessa.
On voit rarement ld pavillon français sur le Da­
nube et sur la mer. Noire. Eu 1807, il n’a paru ni
dans le port de Galatz, ni dans celui d’ibraïlow.
Notre service de dépêches est très mal organisé.
Veut-on écrire à Paris, il faut remettre la lettre à
la poste d’Autriche, et nous n’ignorons pas quCl
secret des lettres est toujours violé. Les clnllres
même se déchiffrent. Veut-on écrite à Constanti­
nople., il faut remettre les lettres à la poste russe.
Nous avons un bureau de posteà Constantinople;
pourquoi ne pas le continuer jusqu’à Galatz et
Ibraïknv? ce sont des points trop importants pour
les perdre de vue.
Les Anglais ont un service de courriers par terre,
de Vienne dans les principautés. Les Autrichiens
ont leurs paquebots à vapeur, et la France qui n’a
rien ne peut-elle pas annuler de fait le traite d'Un-
kiar Skelessi, et prendre pied sur le Danube cl la
mer Noire par les paquebots de l’Etat?
La situation politique des principautés nous tait
nue loi d’y montrer plus souvent notre pavillon.
Marseille peut, dans l’état actuel des deux prin­
cipautés, s’occuper avec bénéfice des articles sui­
vants :
Les céréales, les bois de construction, les im­
menses forêts des Karpalhes, sont encore vierges.
Les laines qui pourraient s’améliorer de plus en
plus, et que les Anglais demandent beaucoup mieux
— 231. — .
Javées (i). — Les peaux de bœufs et de■ vaches, géné­
ralement assez mal tannées, et livrées’ à très bon mar­
ché, mieux préparées, pourraient soutenir la concur­
rence avec les cuirs de Russie. — Le suif; quoique as­
sez demandé, offre de grands bénéfices.—Les viandes ■
salées qui fourniraient des approvisionnements im­
menses pour notre marine. Lesei y est pour rien, elle
bœuf se vend de 65 à 70 fr. —Le beurre mal préparé
et les fromages qui sont excellents.-—LaciredeVala-
cllie est égale en qualité à la cire de Podolie et de
Volhinie, et pourtant elle est très peu demandée.
— Les graines de lin et de chanvre réussissent très
bien. Les vins eux-mêmes pourraient être exportés
avec avantage. — Le goudron. —.)Lc mercure.
Les produits moldo-vainques, égaux eu qualité
aux. produits de la Russie méridionale, offrent une
différence sensible dans le prix.
■ ’ r. J : WIUl cou. 1
<1 On évalucù cinq ou six millions les mutilons vataques, sans compter
* immenses troupeaux qui descendent de la Transylvanie.
le

in j
— 939 —

CHAPITRE XII.
Commerce intérieur et industrie de la Moldo-Vâlachte.

L'industrie manufacturière, encore dans son en­


fance en Muldo-Valachic, est de deux natures : <v
elle s’exerce sur des matières indigènes, ou bien elle
sc borne à façonner des matières importées, Le
commerce intérieur des produits moldo-va laques
est assez, grand, assez lucratif; il embrasse tous les
produits de l’indùsïi ie agricole en general, cl ceux
de l'industrie manufacturière, principalement pour
les draps grossiers, poterie, chapellerie, linge ordi­
naire, étoiles rayées, verrerie, charron nage, orfè­
vrerie , sellerie. L’échange seul du racurn, qui
réussit dans certains districts, contre le maïs, qui
vient mal dans d’autres, surtout du côté des Kar-
patùcs, est une des grandes branches de l'industrie
commerciale qui sera longtemps encore forcée de
lutter contre une foule d'obstacles. Les plus grands
viennent dune part d'une mauvaise législation, et
de l’autre des abus de l'administra lion , enfin de
Fincertitudc de la position politique, et par consé­
quent de l’intérêt toujours forcé des capitaux, en
raison du tribut à la Turquie, de la sortie onéreuse
du numéraire, et des revenus des monastères étran­
gers qui s’élèvent dans les deux principautés à dix
millions de francs.
— 233 —

La Valachie est moins peuplée que la Moldavie;


mais s’ensuit-il qu’une colonisation pourrait don­
ner mi nouvel essorait commerce, à l’industrie. Je
uéle crois pas; du moins comme on l’entend. On
a voulu accréditer l’opinion que la Valachie ne
tarderait pas à s’enrichir, si elle était plus peuplée,
et on a proposé défaire venir des colons suisses.
D’abord les lois de l’Etat ne leur permettraient pas
plus qu’aux étrangers de posséder des terres ; loi
ridicule chez un peuple qui entre dans le droit eu­
ropéen ; ensuite ces colons cultivateurs, ou plutôt
klaqueurscux-mèmes, augmenteraient-ils le nombre
les consommateurs? Accumuleront-ils les capitaux
sur un sol qui ne leur appartiendra pas? Ainsi une
colonisation d'étrangers à l’état de paysans serait
inutile; elle est même impossible. II faut donc
avant tout réformer la législation, et donner un
encouragement aux étrangers habiles et intelli­
gents, possesseurs d’un certain pécule ou d'une cer *
taine fortune. Ils auront bientôt perfectionné l’in-
lus trie agricole, détourné une partie de la popula­
tion, de l’étal, forcé de labour eurs, ouvert les mines,
créé une industrie manufacturière, et fabriqué des
produits échangeables contre des produits agri­
coles. D’après l’organisation actuelle ,1a population
agricole, qui n’est obligée d’acheter aucun des pro­
duits, soit des terres , soit de l’industrie étrangère
ou indigène, se suffit cl doit se suffire à elle-même ;
1 ne reste plus que deux débouchés ; les villes qu’elle
doit alimenter, et les places où elle doit exporter.
— ^3^ —

Le chiffre des habitants des sdll.es et des villages


déterminera la quantité des produits moldo-va-
laques échangés et vendus dans le pays , et fera
sentir la nécessité d'encourager l'exportation ou de
créer une nouvelle, classe de consommateurs pro­
ducteurs dans la contrée. L’accumulation de tous
les produits agricoles dans les terres éloignées des
ports d’ibraïlow et de Galatz, démontre mieux que
tous les raisonnements le besoin impérieux de créer
de. bonnes routes , et de canaliser les principales
rivières qui, pour l'ordinaire, ne sont pas navi­
gables.
La législation doit cire reformée. Peut-on en
eflet laisser subsister une loi qui permet de casser
un bail à ferme aussi bien que les locations immo­
bilières en cas de mariage. A-t-on. loué une terre
pour vingt ans, est-elle donnée eu dot à une femme,
les baux et contrats sont cassés de plein droit; il n’y
a pas lieu à indemnité.
L’intérêt de l’argent est très élevé, parce que la
prime est d’autant plus forte que la rentrée est in­
certaine, La sortie annuelle de l’argent du tribut
et des revenus des couvents neutralise les capitaux
et l’industrie agricole ou manufacturière ; ces mo­
nastères de moines étrangers possèdent le quart
des terres dans les deux principautés. Puis le gou­
vernement fiscal avant tout, pii a un droit de sor­
tie sur les matières premières, se garde bien d’en­
courager i industrie manufacturière, qui pourrait
les convertir en produits à l’usage des consomma-
— 323 —
Leurs, puisqu'il peiçoit un nouveau droit à leur
entrée lorsqu'elles sont, fabriquées. Ainsi, sur la
cire, sur la laine qui va en Transylvanie, et qui
rentre cri drap liés grossier pour le peuple. En
ceci, les hospodars ont tort, ils doivent, d’après la
législation , douner des primes d’encouragenicnt
aux industriels , mais ils n’eu donnent pas. Il est
argent de c.éer des banques nationales; des étran­
gers, pour la plupart sous la protection del’Ault iche,
ont exerce jusqu’à présent celte profession ; mais
es nombreuses banqueroutes qui se sont succédé
hpuis vingt ans, et au moyen desquelles l’Au­
triche luisait enlever les capitaux des boyards, et
par là les rendait tributaires de son industrie et
le son commerce, ne permettent plus de laisser
plus longtemps les fortunes particulières aux mains
le négociants infidèles, et la prudence nécessite
ces créa lions.
En Moldo-Valachie les monopoles ne peuvent
dus exister. Ta liberté la plus emière du com­
merce et de l’industrie est en vigueur. Dans les
leux pays il y a près de 5,ooo fabriques indus­
trielles, les distilleries de prunes comprises.

Moldavie. Les juifs fout eu Moldavie la plus


grande partie du commerce intérieur; le paysanne
ait le commerce que sur les prunes, maïs, eaux-
le-vie, vins, cuir, goudron, charronnages, habits
de paysan, chanvres, lin, cordes , cordes en bois,
auges, coffres, foin, orge, produits de la chasse et
— 23fi —

de la pèche , briques, bardeaux , pipes , selles en


bois, tapis connu uns, nattes, finale, litige grossier ,
miel, fruits.
Les juifs au contraire fout dans les villes tout le
commerce de détail ; ils s'occupent plus spéciale -
ment des eaux 'de-vie, boucheries, boulangeries ,
goudrons, peaux d’agucaux, de lièvres, fourrures
ordinaires, peaux tannées, cordes , pruneaux ,
selles pour les chevaux.
Quoique les propriétaires moldaves soient plus
riches que ceux de la Valachie , je ne crois pas à
un meilleur esprit d’ordre cl d’économie de let ir
pari ; an contraire, ou ne voildaus l’état du paysai■
qu'un plus grand asservissement ; car, ce fait une
fois reconnu; que les corvées du pauvre font seules
le grand profil des riches boyard-, possesseurs de
biens fond?;, t/co^l-il pas évident que si le boyard
moldave tire d’un nombre égal de paysans un. re­
venu dix fois plus grand que le propriétaire va
laque , les paysans moldaves sont neuf fois plus
chargés ? Cette surcharge f rappe quand un a tra­
versé la iront iere. Ils n’ont plus l’air dégagé du
Valaque; ils sont maigres et décharnés, h umblet,
soumis et prêts à tout souffrir. Leurs yeux cave .
qui b n’osent lever, tout aunonce la servitude et
l’absence du bien-être.
Les fabrications, dit le prince N. Soulzo, du as
son Aperçu sur les besoins industriels de la Aft-l -
davie , qui peuvent proincllre un profit sûr et de­
venir nu bienfait pour la société, sont celles de
— 237 —
certaines matières brutes qui soi il exportées du
pays et réimportées toutes fabriquées. Outre que
la plupart de ces fabrications n'exigent pas des
procédés dispendieux , le producteur peut êire as­
suré de se tenir au-dessus de la concurrence de
l'importation. Le négociant étranger, sans compter
-ou profit, doit être défrayé dans ces cas du mon­
tant du transport et du droit d’entrée , ainsi que
des risques et des avaries du voyage, frais qui sont
tou _ épargnés au producteur indigène’’ et qui pro­
fiteront au premier fabricant d’abord, et ensuite à
la société, lorsque la multiplicité des fabricants
les forcera de diminuer le prix du produit jusqu’au
niveau des frais de produci ion.
La cire brute, la laine, les graines oléagineuses,
sont dans ce cas.
On pourrait en outre établir avantageusement
des fabriques de verrerie et de faïence ; le combus­
tible, qui joue un grand rôle dans ces sortes de
fabriques, peut être obtenu à peu de frais. Ou utili­
serait par là des forêts qui ne rapportent rien.
Oh pourrait encore étendre la culture des vers
à soie, élever des mérinos; ces deux articles pros­
pèrent dans les pays limitrophes; il n’y a pas de
raison pour qu’ils ne réussissent en Moldavie.
L'entretien des haras et l’amélioration de la race
bovine pourraient également acquérir une très
utile extension; le produit récompenserait avanta­
geusement les soins qu’on y consacrerait, puisque
les chevaux et les bœufs provenant de ce pays sont
— 238 —
recherchés pour leurs qualités, que les pâturages y
sont abondants et d'un mince rapport. Une pat lie
des champs serait destinée à ces sortes «l’exploita-
lions, et l’agricnit urc y gagnerait sous tous les rap­
ports.
Il ne s’agit donc pas de coloniser pour avoir des
bras, mais bien d'amener dans le pays des homme;
possesseurs d’industrie et de capitaux. Une popu­
lation devient nombreuse dès qu’elle possède les
moyens de subsister avec aisance. De grandie ca­
pitaux peuvent se rencontrer; une grande indus­
trie peut éclore partout où l’esprit de commerce
est favorisé par les mœurs et par les institutions.
Les Moldo-Vaiaques se flattent bientôt d’entrer
dans celte voie. Déjà les jeunes gens envoyés à
Sienne aux frais de l'Ltal, sont de retour dans leurs
foyers. On voit à Bukarcst l'établissement, indus­
triel, quoique très imparfait, du docteur Suckcr.
On espère que celui qui s’élève a Kimpina lui
sera supérieur, et pourra devenir un véritable Con­
servatoire des Arts et Métiers. Telle est du moins la
pensée des fondateurs.
TROISIEME PARTIE.

CHAPITRE
■ Ue ta r e prés eut atiau des Motdo-Valaqtiea à CoDSt andnople

Depuis le traité de Kainardgi, h Moldo-Valacbîe


a le droit d’enrreițenir à Constantinople des chargés
d’afiatres qui jouissent de toutes les prérogatives
du droit, des gens, et dont les représentations doivent
être prises eu considérât ton. Ce liire d’indépeii -*
dance des deux principautés leura-t-îl profité ?Jus -
qu'a présent on pourrait, eu douter. Dans Cui'igme,
Ces chargés d’ail h ires o’étaient, suivant le systènifi
Ottoman , que des otages à la cour de Constant . -
nople ; les hospodars , par suite des cmpiélemcnla
de la Turquie; étaient obligés d’envoyer un de
leurs fils auprès du sultan, pour répondre de la
fidélité dit père; mais du moins iis leur état eut di -
voués. I.i’établissemeul du régime fanariote date
véritable ment de l’année 17 12. Le Czar Pierre l* T ,
voulant attaquer les Turcs, fit un traité d'alliance
avec Déinétriu# Gauternir, prince de la Moldavie,
et B^i^^icovan, prince delà Valacbic. Braucovan u 1
remplit pas ses engagements, et les Russes furent
16
— 242 —
battus sur ie Pcuili. Le num du prince de Valachie
bit maudit pendant tin siècle dans leurs églises ;
mais la détection de Brancovau prouve que la Rus­
ie ne pouvait" rien contre la Turquie sans l’assÎB-
fance des principautés.
Après avoir réussi à faire décapiter Brancovat),
déjà liée d’intérêt avec les Grecs du Fanar, la Russie
ontribua à leur faire donner le trône des p rinei ..
paulés ; elle s’assurait ainsi à tout jamais leur eo-
opération. Les faoariotes pour être bien en cou * -,
('liaient dans l’usage de choisir leurs agents parmi
-es hommes influents, c’est-à-dire les drogmans
le la Porte et leurs parents. Toujours ces agents
tes trahissaient, et devénaieut les successeurs ccr-
:ams de leurs maîtres qu’ils faisaient destitueront
;iat de choses dura jusqu’en iBj Le vieux prince
Grégoire Glcika s’estimait heureux de voir culm
un pays gouverné par des princes nationaux. Tics
lail voyant pour ses intérêts, quoique son éd aca­
jou n'eut pas été soignée, il se déliait naturelle-
lient des Grecs coin promis par l’hétérie , et plus
encore de ses compatriotes , qui n'étaieni pas ha­
bitués à la vie naționale , et d’après celte idée il
accrédita -son fils, le prince Costaki Ghika, comme
■hargé. d’aiï'niresà Constantinople. Ce jeune homme,
.l’un esprit très ordinaire, cul le malheur de faire
mh uaissauce d’une Ai- mé nie nue, cl fit tant de fo­
ies ponir elle, qu’un touriste anglais a fait désaveu-
mets de ce prince le sujet d'un romsui.
i.c mission impéi - mie , profitant de ceijc circon-
— 2W —

stance , imposa au prince le rappel de son (ils , cl


défense lui iul laite d’envoyer un autre de ses fils
pour le remplacer. L’ambassadeur , M. Ri beau -
*
pierre, envoya des insu' uctions au-consul général
russe a Bukaresl , qui dé montreur quelle impor­
tance la cour du Czar attache < ne pas voir à Con-
slauLinople des -Moldü-Valaques attachés aux inté­
rêts des principautés. Au reste, celte note diploma­
tique est si liuernent rédigée, elle donne si bien la
clef du désintéressement de la Russie qu’on nous
saura gré de la produire en entier.

Dépèche de S, E. M. de Ribeaupierre à MM. Kofoff et


Doutntand», gérants duconsulat russe en FalacAié.

25 avril 1827.

* Vous avez eu déjà connaissance du départ du


fils du prince de Valachie de Cette capitale. Que i-
que fâcheux que soient les motifs qui l'ont amené,
on doit toutefois s’en féliciter sous d’autres nq »-
ports; cet événement vient de démentir formelle­
ment l’opinion assez généralement accréditée qr e
la Porte considérait le Bcyzadé Constantin, aiusi
que celui de Moldavie, comme des otages qu’elle
retenait ici contre la volonté- des princes, et con're
les droits assurés aux principautés.
• Le témoignage public de franchise et de con­
fiance que h Porte donnait par là à l'hospodnr
aurait donc dû être apprécié, et aurait dù délr 'lire
une opinion aussi erronée. Mais la malveillance
16.
— 244 —

n’est pas facile à désarmer, et à peine le départ de


* Jeune homme a-t-il été connu qu’on s’est plu tï
-■.
epundre le bruit que la Porte avait exigé du prince
sa d’envoyer ici un de ses fils pour servir de
; ntic de sa fidelité. Une pareille mesure n’est
. uiotisêeiii par les usages, ni parles hattischeri flj
-u par aucune des stipulations avec la Russie, et ne
rait s’efiectuer sans porter la plus grave a lie i n‘e
au droits que ces traités ont garantis. Pour ne
vous laisser aucun doute sur la conduite que vous
. à tenir dans une pareille circonstance, il est
de mon devoir de vous prévenir que si les bruits
dont je viens de vous parler se reproduisent dan?
le In u de votre séjour, avec quelque apparence de
tondcmcnt, vous vous transporterez chez l’hospo-
dar, et vous lui demanderez des explications caté-
pu pies à ce sujet, et dans le cas où il vous conf-r -
merait l’envoi d’un doses fils à Constantinople, pat
- i de la Porte, vous ne tarderez pas à lui faire
connaître que vous êtes en droit de vous y opposer,
parco <pic cette mesure serait une violation des
traites. Vous lui remettrez alors une note officielle
quelle vous protesterez contre cette mesure ,
e attentatoire aux droits et privilèges des
pies, comme contraire à la lettre et à l’esprit
îpulaiious avec la Russie, et nommément à 1;
ère convention qui a déterminé et réglé la
ion des hospodars de Valachie et de Molda-
t vous rendrez en même temps le prince
Glnh personnellement responsable vis -à vis de la
cour impériale de la suite qn' il donnerait à la d.c
mande du gouvernement ottoman. Vous m’en in ■
tonnerez aussitôt par un exprès ad- /toc.
« Recevez, etc. «

Je ne puis que donner une idée affligeante de


la représentation actuelle des Vainques à Cou
stantinople. M. Aristarki, fanariote d’origine , est
du petit nombre des Grecs qui restèrent fidèles' à
1. Porte, lors du mouvement des Hellènes, Homnii '
servilement servile, malgré les éloges de la touriste
miss Pardon, M. Aristarki, salarié officiel de la R. ns - v/
sie, a été choisi par l’hospodar comme représen­
tant de la Valachie. In pareil homme ne songeant
qu’à tirer parti de son poste de drogman pour
trahir la Turquie, et communiquer à l’ambassade
russe les secrets du divan , comment pourrait-il
servir la Valachie? quels services a-t-il rendus?
Il est allé à Bukarest, interprète de la volonté
du Czar, signifier à l’assemblée nationale extraor­
dinaire un firman de la Porte attentatoire aux
libertés de la nation; il a vendu des décorations
turques en Valachie; ensuite il est retourné à Con­
stantinople. Un boyard, qui n’avait d’ail leurs aucune
itdlueuce, était allé se plaindre d’abus d’autorité
de la pari du prince et du consul général russe, il
avait même rendez - vous avec le Reis-Eflèndi :
M. Aristarki trouve le moyen de le prévenir,
il lait accroire an Reis-ETendi que cei homme,
est fou , cl le boyard revient à Bukarest escorte
— WJ —
par des Gavaches. C'est pour rendre de tels services
qu’il est changé d’aflaires des Vainque, qu’il a
[0,000 fr. d'appuintements, sans compter les ha­
chis. Il n’est à Constantinople que pour mieux
écraser, de concert avec la Russie, la nation qui
l’cm' iihit. Je pourrais citer de A. Arisnrki beau­
coup d'autres bassesses, mais je me lais.
De tout ce qui précède, il suit que les inté­
rêts va laques ne sont pas représentés, qu’ils sont
même foulés aux pieds. Leur ceprésciitanL à Ccu.-
ssarninuplc n’est que l’avoué de la Russie. J’encon-
cliM donc qu’un Roumain, seul, d’après lu letirc et
l’esprit des traînés peut occuper ce poste d’une
manière avantageuse pour son pays. Mais c’est, là
précisément qu’est la difficulté. Quel prince con­
naissant l’histoire pourra meme,dans l’état actuel,
confier cet emploi à un Roit m-am? Ae sait-il pas
que toutes les alla ires avec les Turcs comme avec les
Busses, sc trai tem au poids de l’or; que le ministre
ottoman ou rosse écouterait d’abord les proposi­
tions qu’on lui ferait pour lut -même ;i que le prince
serait bientôt remplacé, et que pour les cas graves
les articles des traités lui seraient arbitraire me nt
appliqués. L'expérience suffit pour démontrer la
nécessité d’une dynastie héréditaire. Le prince,
toujours à vie, toujours électif et soumis à la des­
titution pour cas grave, ne sera-t-il pas forcé de
choisir toujours un Grec ou tel autre étranger qui
i e pourrait aspirer à le remplacer.
Tant d’intérêts sont à l’ordre du jour à Cou-
— 2k7 —
slantluoplc pour Ies Mnldo-Vaiuques , tant d'oc­
casions peuvent se renouveler du matin au soir,
surtout dans I état actuel de la Turquie, que je ne
sais pas trop si le premier pas à faire, meme avant
toute reforme législative, ne serait pas, l’hérédité
consentie, d’envoyer un vrai Vainque de sang et de
cœur pour représenter les intérêts de la Valachie. Un
■tranger mercenaire:, ou même nu Valaque merce­
naire, peut-il le remplacer? Je suppose un instant
oueM. Aristaiki soit aux gages du parti national, a - t-ii
l entente de leurs besoins, de leurs désirs? peut-il
sentir leurs vœux, saura-t-il agir à propos? L’ab­
sence d’une légation vainque a seule empêché la
cause des chrétiens d’être rattachée- à la question
d’Oricnt.
Je reviens ait représentant des Moldaves. Il est,-
lui, dans une position exceptionnelle, mais pour
*
tant en principe identique à celle d’Aristarki. Le
prince de Samos est raya bulgare, employé de la
Porte, à son service, soumis à scs ordres, avant tour
fidèle à ses dignités , et ses fils sont attachés aux
ambassadeurs ottomans de Paris et de Berlin. De
tomes ces circonstances , les Moldaves tirent la
\y
preuve évidente que le prince de Saines n’a pas
d’intérêt national à servir leur cause. J’en conclus
à mon tour que l’alliance du prince Stourza avec
le prince de Sa mes , utile personnellement à sa
famille, u -a pas servi son pays. Il est permis d’es­
pérer que celte réforme tant désirée sera enfin ob­
tenue. Quand meme l’élection des hospodars serait
— 248
maintenue, pourquoi ne pas faire représenter la
Moldavie par un Valaque, et la Valachie par un
Moldave, au choix du prince, avec la sanction des
ssemblCes. Ces’ peuples sont frères, destinés à ne
faire qu’une nation. L’identité des intérêts leur
garantit la fidélité des deux agents, cl inet les princes
l’abri de leur ambition.
Dès que ce grand moyen d’action laisse à la .
Russie dans les principautés par l’intermédiaire de
ses agents fanariotes lui aura été ôté, des Moldo-,
Valaques auront seuls le droit d'aller représenter
leur pays à Constantinople, à Paris, à Londres.
V présent meme, leurs délégués sont à Vienne , à
Pétersbourg. La Pologne, si nécessaire aux princi­
pautés, n'avait jamais cessé de leur reconnaître le
droit souverain d’entretenir, à la cour de Varsovie,
des chargés d'affaires, et bien souvent les grandes
puissances ne furent instruites des secrets de la
politique européenne que par les Moldo-Vainques.
Si même aujourd'hui un hospodar national inoido-
valaque envoyait en Europe des ambassadeurs, il
serait impossible aux puissances de ne pas les ac­
cepter; car ces peuples sont souverains. Il s’ensuit
que les grandes puissances sont intéressées à les
mettre à leur niveau ; tous les peuples sont égaux,
et la Moido-Valachie est aussi digue d'être repré­
sentée que la Prusse, la Belgique, le Portugal et la
Sardaigne.
— 349 —

CHAPITRE IL
Consulats.

Les consulats, dans les deux principautés, se di­


visant en deux catégories : consulats politiques,
consulats commerciaux. Ils résident à Bukarest,
Jassy, Brada et Galatz, ces deux derniers ports sur
le Danube. Ils sont accrédités auprès de laSublime
Porte, qui a usurpé le droit de leur délivrer des
beratt , et de traiter ainsi des principautés tribu­
taires comme des pays Rayas.
Les consuls politiques portent tous, en Valachic,
le litre d’agent ou de consul général. Tels sont ceux
de France , d’Angleterre, d’Autriche et de Russie.
Eu Moldavie, ils portent le litre d’agent et de con­
sul ; agent celui d’Autriche ; consuls ceux de Rus­
sie, d’Angleterre et de France.
Les consulats ont des subordonnés de deux
classes; sujets immédiats, c’est-à-dire sujets de l’em­
pire qu’ils représentent, ou bien protégés, c’est-à-
dire soumis à lu juridiction, et relevant de la pro­
tection du consul, eu vertu des traités ou par
abus.
Get usage d’accorder la protection consulaire a
nécessité, de la part du protégé, le paiement d’un
droit de patente au consul, et s’il a des affaires
contentieuses , il est obligé de payer des frais de
— 250 —
chancellerie, souvent même tous les deux. 11 est.
sans doute permis à ces petits consulats commer­
ciaux, qui sont pour l'ordinaire gérés sans émolu­
ments par des hommes auxquels des gouvernements
imprudents abandonnent la fortune et l’honneur
de leurs sujets, de chercher une indemnité dans
les patentes de protection cl dans les frais de pro­
cès ; mais défense devait être faite aux consuls po­
litiques des grandes nations de s’attirer des em­
barras pour de petits intérêts protégés clandesti­
nement. Sons la dénomination d’ Ioniens , F Angle­
terre fait un trafic du droit de protection, Cet abus
la met souvent en lutte avec le gouvernement lo­
cal , qui réclame avec raison les décimes ou les
francs que ces étrangers devraient lui payer. Cette
lut te d'avarice dégénère en notes mordantes et sou­
vent très grossières.
L'Autriche s'est posée, et pour cause, la pro­
tectrice du commerce. Pendant l’occupation de
1828, taudis que le gouvernement. autrichien avait
retiré ses agents consulaires, la Russie a réduit de
plus de 10,000 les patentes des individus protégés
sans' droit. La France et la Russie ne se permettent
en Valachie aucune protection illicite.
Les consuls ont le droit de juger civilement et
correctionucllemcut leurs sujets et protégés sans
l'assentiment de la police locale. Ils ont tous des
chancelleries, dédale où se perd souvent la loyauté
consulaire. Mais nu abus intolérable, c’est que ces
consuls s’arrogent le droit de nommer des agents,
— 251 —

QU siarosles, dans les villes de province, agents qui


ont pavillon, qui se croient pour le moins autant,
que les consuls, et ne font qu’entraver la marche
de l administration locale. Ils accordent des droits
de protection à des indigènes, et protestent à tort
et à travers contre les sentences des tribunaux dans
Jes ■ procès mixtes entre les étrangers et les indi­
gènes. Tout cela donne lieu à des querelles inter­
minables ; les starosles doivent être révoqués cl
mm pour jamais au néant.
L Autriche protège le clergé catholique, qui a
un évêque en Moldavie; il y a i5o,ooo catholi­
ques dans les deux principautés; la Suède a pris
sous sa protection les protestants.
Le consul russe est tout-puissant; il veut tout ,
il peul tout, il fait tout. Il dispose même de la di­ 7
gnité d’hospodar. Ce consulat est un gouverne­
ment de vice-roi, une charge de fermier général.
Les présents, les cadeaux sont immenses.
Les prétentions législatives de la Russie, ses
intrigues, ses empiétements, Ja mettent, en Mil-
do- Valachie, dans une position identique à celle
qu’elle avait en Pologne avant le partage. Cette
insolence, ces bizarreries, celte vénalité, que l’on
a reprochées à Repniue, se trouvent dans tous les
agents consulaires russes envoyés dans les deux
principautés. Tous ont pris cet ambassadeur pour
modèle, et la plupart ont poussé aussi loin l'in­
sulte au caractère national, el Je mépris des droits
du pays’.
— 252 —

Je pourrais cher mille faits particuliers digues


de figurer dans l’histoire de Rulhîères, si je vou­
lais raconter des anecdotes , mais il suffit d’a­
voir signalé le type diplomatique des agents
russes pour faire connaître la situation des princi­
pautés. Quand la Russie a poussé à bout leur pa­
tience, elle remplace un Repnineparun Wolkonski,■
et dernièrement ou a vu, en Moldavie, M. Besatk
se livrer à toutes les fureurs moscovites, -céder son
poste à un jeune homme, qui , pendant quelques
jours, a cherché à se concilier les esprits, et tout à
coup a repris la politique de son prédécesseur.
Les secrétaires d’ambassade, à Varsovie, ven­
daient publiquement les emplois et leur protection ;
les mêmes désordres ont lieu en Moldo- Valachic.
Poniatowski n’a va il plus le pouvoir de donner des
titres honorifiques et de juger les affaires ; les mêmes
entraves ont été publiquement imposées au prince -
Stourza.
On trouve des hommes assez simples pour s’ima­
giner que le Gzar n’est point informé de tous ces
abus, pour croire à la sincérité de scs promesses.
D’autres vont se plaindre à lui; quelques-uns, mais
en petit nombre, pensent qu’ils lui doivent de la
reconnaissance pour la protection qu’il a daigné
leur accorder , en affaiblissant la Turquie. Ce qui
m’a le plus surpris, c’est l’uniformi té continue de
système dans l’administration; toujours la même
tacLlque, les mêmes idées, les mêmes erreurs; de­
puis comme avant le partage de la Pologne, les
— -253 —

’’ >l>inets ut: i 'Km• >pc ti 'oul montré que de l’insou-


ri<ance>sur Ic sori de ces malheureuses contrées;
leur intérêt, et surtout celui du cabinet fran­
Çais, est pourtant de s’en occuper. ]| y a dans
l'histoire de tristes enseignements qui sont perdus
ur les peuples et pour ceux qui les gouvernent.
Quant! on voit la Russie envahir successivement
i-nt de contrées, sans se donner la peine de rien
ranger a sa tactique, on ne peut se refuser à croire
i malveillance ci souvent, à la nullité des hommes
qui dirigent les principaux cabinets.
Les agents de l'Autriche se renferment dans le
rcle des affaires particulières. Ils observent , et
i ont aucun rapport avec les hommes politiques
pays qu'ils voient de mauvais ntl. Mais le ca-
’mnei de Vienne a des agents secrets qtii influent
s me sur la marche des affaires, ambitieux qu’il
' de remplacer les Ottomans dans la Turquie
I Europe.
Les consuls anglais ont acquis, depuis quelque
ps, une influence sensible; ils aident à contre­
balancer l’action de l’autocratie,
Les consulats de France furent établis pour la
pr nière fois en Moldo-Valacbic, après la paix
d’iassy, eu 1796 ( j’emprunte ce qui suit à des arti-
•J." du National) : ils n’ont jamais eu que deux
insi tuls de prépondérance, en i8o5, lorsque M. le
1 idc Reinhard fut envoyé, eu qualité de ministre
iè■ ident, et lors de l’ambassade du comte Sébas-
— 251 —
tiaiii à Consta nlijiopie. De 1814. jusqu'à cc jour,
Viniluence russe tut presque toujours exclusive.
L’insi iiulmuj d’un consulat générai dans tes prin­
cipautés, en îf854 , n’a produit qu’une influence
personnelle et par conséquent éphémère. Le mi­
nistère, bien instruit que noire commerce n’est
rien dans les priticipemiLés dont la position est ex *
ccptionnclle , a eu une bonne pensée en faisant
celle innovation. Mais la diplomatie doit-cl le cire
réduite à l'observai. ion , ou bien , marchatit d’après
les principes de i’isurope cnusliiutUJUu<dte cF des
indigènes éclairés , ne doit-elle pas rappeler sans
cesse aux boyards qu’ils ne seront jamais libres,
s’ils ute veulent la liberté que pour eux-mêmes?
iXc doil-ellt' pas insister pour l'abc lit.i on tic l’escla­
vage', de lu demi-servitude des paysans, pour la ié-
forniic des tribunaux et le développement d’une
éducation nationale? Sanctionner Je règlement
organique imposé par la lïiissie, ce serait recon­
*
naître l’incorpcratiun C'est sans doute à cause
des bases évenLudi es de ce règlement, que l'An­
gleterre «t la France ont déclare qu’il n’élait pa .?
reconnu , et que 1' Autriche s’en tient au traité di ,
Sistow. Détruire cel ouvrage informe, et préparer
un changcment à l’aide des instruments il
trouve sous la main, u’est-cc pas pour le ministère
uu devoir impérieux, une Jbi même de l'honneur 1
Il ne pourra pas toujours s’humilier jusqu’au poil ;
de réduire scs agents consulaires au rôle d’obsei-
valeurs et de correspondants, chargés de lui iran s
— 255 —
mettre des nouvelles plus on moins relatives à la
diplomatie.
Les Moldo-Valnques ne peuvent plus souffrir
d’être traités comme des rayas turcs • ils ne doi­
vent pins accepter des consuls qui ne seraient pas
accrédités directement auprès de leur nation ; ils
ne manqueront pas de protester contre la forme
desbcyratz, qui n’est plus de mise dans les .rapports
diplomatiques avec un peuple indépendant. Aussi
espère-t-on que l’un des premiers actes d'un prince
national sera de refuser aux puissances sans dis­
tinction l’inique privilège de traiter les principau­
tés en provinces conquises, et de violer la souve­
raineté d’une nation qui s’avilirait en tolérant plus
longtemps des agents non accrédités cl des traités
qui lui sont étrangers. Si donc l'Europe refuse de
les écouter, un prince national sera dans la néces­
sité de cesser tout rapport avec les étrangers qui
prennent le titre de consul en AioJdo-Valachie, et.
de notifier aux cabinets qu’il tic peut accueillir,
avec les égards et les honneurs qui leur sont dus,
que les agents qui lui sont directement adressés, et
que ceux actuels qui ne lui ont pas été adressés ne
peuvent cire reconnus.
Que l’Angleterre et l'Autriche s’obstinent au
maintien des capitulation, rien n'est plus facile
à concevoir, car elles en retirent uu grand revenu ;
mais quand la Russie, satisfaite de sa puissance
physique, y a renoncé bénévolement, cl qu’elle a
placé les principautés sous l’empire du droit des
— 256 —
gens, comment ia France, assurée de sa puissance
morale, n’a-t-elle pas osé accepter les avances qui
lui ont clé faites ? C’est que notre chargé d’affaires,
trop jeune pour se diriger par lui-même, n a agi
que d’après les conseils du consul anglais, qui n’a­
vait pas alors les mêmes intérêts que la France en
Moldo-V alach ie.
La France doit bien se persuader qu’en ce „mo­
ment les deux principautés ne sont soumises qu’à
deux influences, celle de la Russie, qui lui vient de
la force, et celle de la France, qui est fondée sur Je
besoin de civilisation et sur l’éducation nationale .
Celte puissance morale elle ne la doit pas à ses
consuls, mais à sa colonie, qui sur un total fixe ci
Valachie de quatre-vingt-dix, compte un ecclesias­
tique, dix-neuf instituteurs, dix-neuf institutrices,
trois médecins, huit artistes , quatorze acteurs. Jen« -
donnerai pas le chiffre de la Moldavie,mais les Frai 1
çais établis dans cette province exercent des pro
fessions semblables. Parmi les 55,ooo sujets écran
gers (pii vivent en MoJdo-Vahichic, une centaim. -
seulement sont musiciens ou médecins , les autres
sont négociants, fermiers ou domestiques.
Depuis i8i5, plusieurs gouvernements se son t
succédé en France , mais les principes des consu­
lats sont restés les mêmes. Aux coups de bâton près .
on ne peut guère les distinguer des consulats ab­
solus d’Autriche et de Russie. On dirait même qu’en
général nos consuls, qui doivent être fiers du non 1
de citoyen, font fi de ce titre en Moldo-Valachie, et
— 257 —
ij u \îs s’abuissern. jusqu’au point d'imiter les travers
aristocratiques des boyards. En quelle qualité sont
ils donc accrédités? Si les indigènes delà colonie leu c
parlent d’aflaircs politiques, ils n’ont pas reçu d’in­
structions a cet égard ; s’ils s’adressent à eux pour
des affaires particulières, ils ne sont pas en Vala­
chie ou en Moldavie pour des intérêts particuliers ;
dans cc dernier cas , exception honorable pom -
1 excellent consul actuel en Moldavie.
Les plaintes de notre colonie insérées dans les
journaux de .France sont très justes et très légi­
times; rien à retrancher, rien à ajouter. Us ont
annonce qu’à Jassy, qu’à Bukarest, les deux postes
de drogman chancelier étaient occupés par des
etrangers, I’uu Grec, l’autre A utrichien, avec d’au­
tant plus de raison que dans le budget de 1840, à
l’article des allàircs étrangère;;, le ministère s’est
expliqué sur la probité- généralement équivoque
di ' gmans chanceliers étrangers, sur leur iguo-
n matières législatives , et sur la nécessité
de faire .1 l'avenir remplir ces fonctions par des
él français. Mais un inconvénient que le gou-
n ment a oublié de signaler, c’est que ces em-
/ ii ne sont pas assez rétribués; que pl usieu rs
; g mois chanceliers ne touchent du trésor que
i,5uo ou 2000 fr., et que la plupart même ne peu-
vciii secompleter nnesommcde5,ooo fr., traitement
t droits de chancellerie compris. Celte modicité
d traitement est la cause première des prévarica­
tions. Je trouve en cela les employés moins blà-
17
258 —

m<i.blcs que Je gouvernement, qui laisse les intérêt!


français entre des mains étrangères, et prive les
agents à l’étranger de tout aide et de tout appui.
. notre diplomatie est dans un état déplorable, ou
doit en accuser d’abord l’abandon où se trouvent
h plupart du temps des agents isolés dans des con­
trées qu’ils ne connaissent pas, sans avoir auprès
d’eux des hommes dignes de confiance pour lq
mettre au courant des affaires, des hommes et des
mœurs du pays ■ par cette raison-là même ils dé­
butent généralement très mal. Me pourrait-on pas
l’avenir envoyer, comme-chanceliers, des jctuics
Français qui auraient, fait leur droit, appris h pra­
tique judiciaire dans les études de notaires ou
'.avoués, mais qui , n’étant pas assez riches pour
acheter un office, seraient heureux de trouver à
Lot ranger une position honorable. La France ei
nos compatriotes gagneraient à réaliser ce plan
.Sans m’clcver ici contre l’ordonnance royale qui
monopolise les emplois consulaires dans quelques
familles, j’exposerai cependant quelques idées sui’
l’organisation actuelle des consulats. Centrai re­
ment. aux principes des gouvernements constitu­
tionnels qui exigent une garantie pour tous les
citoyens, des délégués dn gouvernement jugent
pour l’ordinaire sans appel dans les échelles dii
Levant; car l’appel d’une décision consulaire es i
tellement difficile et onéreux, qu’il u’en existe pres­
que pas d’exemple i Puisqu'on a des notables délé­
gués de la nation . pourquoi ne seraient-ils pas
— â39 —
chargés de faire, tous les ans, im rapport imprimé
sur 1 eiat des affaires en chancellerie. Ce moyen de
contrôle simple pourrait être complété, en faisant
voyager des agents, sous le titre d’inspecteurs des
c haueelierics, qui recueiileraient les griefs de nos
compatriotes. 11 faut avoir vécu en pays étranger
pour savoir combien les affaires s’y traitent mal,
s ment, et pour bien comprendre la nécessité de
ce contrôle d’administration.
— 260 —

CHAPITRE III.

Ocs Roumain» incorporés aux empires d'Autriche


et de Russie.

[ _ .T Jaw$ffia^' îi^'T ’ i ÜH'kJ

La Bessarabie, située entre les rivières du


Dniester et du Pruth , est sans contredit la parue
de la Moldavie la plus fertile en céréales. KichinefF,
le chef-lieu de cette province, n’est plus aujour­
d’hui peuple que de Russes et d’un très petit nombre
d’employés moldaves. Le comte Woronsoff, gou- *
verneur général de la Nouvellc-Russie eide la Les -
sarabic est un homme très borne en fait d ’admi -
uistraiîon. 11 déteste, les Moldaves , par la raison
qu'ils sont Moldaves t et leur fait en conséquence
tout le mal possible.
L’administration de la police et de l’intérieur est
confiée par le gouvernement à des officiers russes
retirés du service, avec le droit de piller impuné
meut les habitants, qui sont toujours opprimés.
Quelques boyards se trouvent en Bessarabie ; ils
vivent retirés dans leurs terres cl s’occupent uni­
quement d’agriculture, Leur fortune est très mé­
diocre; car ils ont été ruinés par la chicane russe .
Pour se faire une idé'e de ce chaos de procédures ,
il suffit de savoir qu’avec l’argent du timbre on
— SOI —
paie les appoint cm en ls de u^«s les employé, et
qu’il ct rr^f^tte encore.
L’instruction publique, est dans un état pitoya­
ble, ou plutôt elle n’existe poiui. Ou n’enseigne Je
moldave dans aucune école. La langue nationale
est bannie des afla lires. H n’y a qu’une seule presse
à Kicliiuelï', où il n’est permis d’imprimer que des
livres de prières, absolument indispensables pour
le service des églises, dans lesquelles cependant on
escale de toutes les mauières d’introduire la langue
russe,
Quant à la nation1, elle est active T laborieuse ,
mi reprenante ; mais elle h’osc rcmuerj car, au
■Hirn.b'e soupçon contre un individu, ee'lunUieu-
' 2U* est déporté en Sibérie, ou, pour le moins, c»n-
biiLit g £ un<. peine qui ne finit que, par sa ruine ou
mo rt_
ba grande noblesse, qui possède la plus grande
! irl’.e des terres, vit retirée à Jassy, et ue va jamais
■ visiter. Quelques boyards moldaves ont déjà
: L connaissance avec le gouvernement russe, qui
r intente des procès, aussitôt qu’ils cessent
suivre servilement les volontés du consul de
fi1 ussie.
-
Cette province, que la Moldavie possédait paisi-
meiit depuis trois siècles, et qui dominait sur la
Noire dans cette partie que les certes du dix-
■ mesiècle appallcrn le Ptuit-Luxiu de la Mol -
■, ; perdu dn très beau littoral, qui s’étendait
— îfiî —
depuis Akertnan jusqu 'à l’embouchure du Dau;tae.
Le traité l’a privée d'un très bon port surle même
fleuve, Quoique entière ment sacrifie aux provduces
de la Russie méridionale , le port de B ejiî a
produit, en 1836 et i83ț , un mouvement assez
important.
Les Russes ont tenté des essais de colon i t
en Bessarabie. Us se sont imaginé qu’en ap.•••'
beaucoup d’étrangers, qu’en les y transplant tnt de
force, comme ils ont fait avec les Bulgares en : ••, è.
ils pourraient dénationaliser les Roumains, ci les
réduire à une impuissante minorité ; mais j usqu’à
présent ils n’ont pu réussir, et les intention per­
fides, qui de tout temps ont animé les Czars ei !■
ont poussés a détruire tout sentiment de na t.î- >lia’
litc, ont trouvé une forte résistance d’inerti ■ GflS!
les Roumains, invinciblement attachés à Ici ll_
gue, aux costumes de leurs ancêtres, et cons' v;il-
Tespoir d’être réunis à leurs frères sépares ' ■
ne former qu’une même nation.
Un fuît remarquable, c’est que jamais un ■' ü
main, de la Bessarabie et de F Autriche u’abot le (l':
habitant de lu Moldo-Valachie qu’eu țappelant
fraie3 frère.

La Buckwine fut cédée à l’Autriche en 17 :


celle cession fut le résultat des néguciaiit 11 du
baron de Thugutt, intcrnoucc impérial et ro . al ?i
Constantinople. Le prince de Moldavie, ( ihika ,
— 263 —
protesta cl lut étranglé d'après la demande formelle
de la cour de Vienne. La grande noblesse moldave
emigra en Moldavie, cl malgré les offres du cabinet
autrichien de leur donner des litres de comtes, nul
’■ boyards ne voulut cesser d’être Roumain pour
appar tenir à l'empire. On préféra courageusement
la ruine à une telle apostasie.
La Buckovvinc est aujourd’hui incorporée à la
< dicie et en forme un département. Cette pro-
mh’c si utile a la Moldavie par sa position et sa
■ -ut lité, abstraction faite de l’antique population,
■ s aujourd'hui peuplée de gens de toute sorte, ci
principalement de juifs, attirés par l’Autriche qui
leur donne des terres. Le pays est riche et très bien
cultivé. La propriété y est très divisée. Les llou ■
mains forment encore le fond de la population .
et sont encore les plus nombreux.
Wi i'ê'WH l'rKîO 1 î *1 VfJ ft<J R3 il
■ B-annat de Temeswar fut cédé à l'Autriche
vers le milieu du dernier siècle; sur ce territoire
roumain , les Vainques sont très malheureux , les
plus opprimes de toutes les popula lions qui habi­
tent cette partie des Etats autrichiens. Le cabinet
de Vienne a cru pouvoir les sacrifier impunément ,
soit à sa politique des colonies militaires, soit
loi n tell des nobles et des races dominantes en
1 i misylyanîe.
i temps viendra peut-être ou justice sera faite
tous ces crimes de lése-naii on alité, où Ja supte -
matic des empires sera abaissée.
— -264 —
La Transylvanie, lene roumaine, est habitée
par quatre populations différentes. La noblesse y
< t mavar (race hongroise et noble). Les sccklets
race guerrière) y sont privilégiés. Les Saxons
Allemands colonisés ) habitent les villes ; ils ont
? riches villages, et sont assez éclaires. Les Va-
la qucs, anciens maîtres du pays, s'y trouvent dans
un étal voisin de la servitude. Ils n’avaient aucun
droit il y a trois ans; la législation hongro-tran-
p Ivaine les ravalait au rang des brutes. Mais A
l'époque1 de l’intronisation de l'empereur actuel ,
l’évêque de Blaye refusa de prêter serment, disant
que des hommes qui ne jouissent d’aucun droit
n’avaient pas besoin de s’engager par serment.
L’Autriche, effrayée de cette réponse, ne pou-
vani d’ailleurs ignorer que les Valaques s’étaient
souvent distingués par leur bravoure, quoique
très pauvres et très opprimés, qu’ils forment deux
régiments dans le Bat mat et deux dans la Tran­
sylvanie, et qu'un de leurs évêques s’était mis A la
te* tede la guerre contre l’empereur Joseph , prit la
dé tcrmî un tion de leur octroyer certains droits civils
et militaires ; savoir, l’le droit d’avoir dés officiers
v laques dans leurs régiments, cl de pouvoir arri­
ve r au rang de colonel; 3° le droit d’éligibilité aux
fonctions de sénateur on de conseiller municipal.
L’Autriche, heureuse de trouver l’occasion d’im po­
ser aux mayars hongrois, leur donna une presse.
Ils ont aujourd’hui un journal littéraire et poli­
tique dans lequel j’ai retrouvé, traduits en vainque,
— 265 -
plusieurs articles du At/tional contre les Russes ,
articles qui faisaient l'éloge des députés valàques
du parti national.
Les Valaqucs disséminés, mais unis en plusieurs
endroits, sont compacts sur les frontières de la
Valachie jusqu’à l’Allus. Cronstadt est une ville
toute valaque; elle a ses fabriques d’ustensiles et
de draps a l’usage de la classe pauvre. L’Autriche
a longtemps cherché à semer des divisions reli­
gieuses entre l'es Valaques en profitant de la diffé­
rence de leur hiérarchie; les uns sont orthodoxes
et les autres schismatiques ; mais aujourd’hui les
évêques se sont entendus, et le séminaire religieux
de Blaye dire uti exemple digue d’être remarqué.
Les schismatiques, dont quelques-uns se destinent
à la prêtrise, vont y faire leurs études, et suivent
les memes cours que les Grecs unis.
Les Valaq de la Transylvanie ont de l’avenir ;
ils détestent les mayurs ; ils ne sympathisent ni
avec les sccklers , ni avec les Allemands; ils sont
Roumains, et nourrissent l’espoir d’être réunis à
leurs frères de la Moldo-Valachie. L’idée d’une
réunion se popularise déplus en plus. lisse flattent
tous de pouvoir obtenir des droits cl des privilèges
pour leurs frères écrasés dans la Hongrie et dans le
Bannat. Ils n’ont pas oublié qu’l hmiade , ce fa­
- meux généraFlhongrois était de leur sang; qu'ils
sont plus nombreux que leurs oppresseurs, et que
c'est dans leur propre pays qu’ils sont réduits à
— ‘267 —

CHAPITR.E IV. -
Position des Moldo-V jlaque» vis-à-vis de la Sublime Porto.

0S

Les Moldo-Valaques ont depuis quelque temps


éprouvé le sort de ces peuples qui , après la con­
quête, ont été rayés du nombre des nations. Ce­
pendant ils sont les seuls des chrétiens tributaires
de Tempire ottoman qui aient traité avec les Turcs,
et leurs droits sont écrits dans l’histoire et dans les
'' 52, ‘>11
*31111 < 30 ’JL 1 1
traites.
Les traités des Moldaves étant beaucoup plus
avantageux que ceux dos Va laques, puisqu’ils ne
furent obligés qu’à faire un présent à la Sublime
Porte, on a pensé qu’il valait mieux, dans leur in­
térêt meme,, analyser seulement les traités des se­
conds, parler des leurs dans les notes et revendi­
quer pour les deux pays les droits qui en découlent.
La Valachie n’avait jamais été conquise par les
Turcs, lorsqu’elle s’engagea à devenir tributaire de
la Porte, et qu’elle conclut avec Bajazid Ier le traité
de i3çp5, dont voici les principaux articles , :
Article i«T. Nous, Bajazid, arrêtons, par extrême
condescendance pour la Valachie, qui a fait sou­
mission à notre invincible empire avec son prince
régnant, que ce pays continuera à se gouverner
par ses propres lois, et que le prince de Valachie
— 268 —
aura i’enlicre liberte de déclarer la guerre a ses
voisins el de faire la paix avec eux quand el connue
bon lui semblera, et par conséquent, il aura le
droit, de vie et de mort sur ses sujets,
5. Les Vainques qui viendraient .sur h terri­
toire de notre empire pour leurs affaires seront
exempts de toute espèce de contributions, < y» er-
sonne ne les inquiétera sur leur manière <•' 1
biller.
4» Les princes, mais toutefois chrétien
ront élus par le métropolitain, les évêque
boyards.
5. Le prince de Va la chie sera tenu de
par an, à notre trésor impérial, 3,000 baie
(sols rouges du pays) ou 5oo piastres d'art
notre monnaie ( 1 ).
Lorsque ce traité fut signé à Nicopolis, les
ques possédaient encore, au-delà du D. mu
ville de Si lis trie , qui ne leur fut enlevée qu<
ans après.
Mirce 1er les gouvernait alors ; ce prince, v y
les complètes de Bajazid, qui s’était dejà r
de la Servie, fit un traité offensif et défensif avec
les Polonais et les Moldaves, tant contre les
grois que contre les Osmans. Mais celte al ,
ne lui servit à rien contre Bajazid , qui, eu
avait commencé à s’emparer de la Bulgar m
din et Sistow, villes de la rive droite , dont
imnti vnon rr f maijuilnoo. ^Y^'i ya trnp * HfO’- ■
Ci) La liberté rclifrietise est garantie par un autre article.
— 209 —
s clail rendu maiti;-, étaient déjà tombes, en i3gp,
au pouvoir de Bajazid, qui se préparait à pénétrer
enValachie. La même année, Sigismond , roi de
Hongrie, voyant que Mircc était en guerre avec les
Tares, marcha contre lui pour le punir de son al­
liance avec le roi de Pologne. Pressé d'un côté par
ies J? ongrois, d'un autre coté par les Osmans, il
résolut de faire la paix avec ces derniers. Il s'enga­
gea douc à payer un tribut annuel a Bajazid, s’il
consentait à lui envoyer des secours contre le roi
de H ougric (j). Ce traité, d’après le droit des gens,
ne peut être considéré que comme un simple traité
de protection; car, d'après l’usage généralement
jcconim en Europe , une nation incapable de sc
g aruntir elle-même d’insulte et d’oppression peut
se méi tager la protection d’un Etat plus puissant.
SI elle l’obtient en s'engageant seulement à cer-
l aines conditions ou même à payer un tribut en
reconnaissance de la sûreté qu’on lui procure, se
réservant, du reste, le droit de se gouverner à son
gré. c’est un simple traité de protection qui ne dé­
roge point à sa souveraineté (s).
Jusqu’au règne de leur prince Vlad V, les Va-
Jaqui : ■ refusèrent, plusieurs années, de payer le
tribut, battirent souvent les Turcs, pénétrèrent en
Bulgarie, et les refoulèrent meme jusqu'à Andri-
........ Mais lorsqu’ils virent l’empire grec succom­

be Michel dcRogilnitcbnu. Hittoire de I alachieet de Moldavie.


\ ’ Hlrl.
— 270 —
ber sous les efforts de Mahomet II, pouvaient-ils
rire as.it/.. téméraires pour résister a force ouverte
une nation qui faisait trembler toute la chré­
tienté? Ils durent, par la prudence, suppléer a la
force des armes, et pour éviter une conquête ils
préférèrent, en r|6o, par un nouveau traité cot îfir-
mantle premier, monter l'impôt à 10,000 ducats,
'corder à la Turquie, pour la première fois, le
droit de suprématie et faire reconnaître par la P ortc
< élection du prince.
Ce traité, signé à Andrinople, n’étant ni changé
ni abrogé par aucun traité subséquent, est cncore
aujourd’hui le seul en vigueur entre lès Turcs c ■ les
Valaques. En voici les principaux articles :
Art. Ier. Le sultan consent et s’engage, pour lui-
même et pour ses successeurs , à protéger la Va-
lachie et à la défendre contre tout ennemi, sans
exiger autre chose que la suprématie sur 1- souve­
raineté de cette principauté, dont les voevodes se-,
roul tenus de payer à la Sublime Porte un tribut
de 10,000 ducats.
2. La Subl ime Porte ne s’ingérera en rien dans
l’administration locale de ladite principauté, et il
ne sera permis à aucun Turc de venir en Vak.,mb
sans un motif ostensible.
4. Les voevodes continueront d’etre élus par l
chevêque métropolitain, les évêques, les boyards,
< l'élection sera reconnue par la Porte.
5. La nation vainque continuera de jouir du libre
— 271 —
i?xcrcî<:e de ses propres lois
* et les voëvodes auront
le droit de <vie et de mort sur leurs sujets, comme
de faire la paix et la guerre, sans être soumis pour
aucun de ces actes à aucune espèce de responsa­
bilité envers la Sublime Porte.
Si l'on respecte riiistoirc, si l’on ne s’en lient
qu'à la lettre des traités , il est évident qu'eu i 4-’°
seulement la Sublime Porte commença à être à la
fois protectrice et suzeraine:, que la Valacltic u’a
par- été incorporée; qu'elle n’a jamais perdu le ca­
ractère essentiel de la souveraineté ; que l’Etat t
dans ce qui touche sa constitution et son gouver­
nement civil , n’a à recevoir de lois de personne ;
que sa souveraineté ne petit être entamée par le
défaut de quelques droits qui font partie du droit
public , et qu’elle n’est pas dans l’obligation de
reconnaître au-dessus d’elle un pouvoir législatif
étranger; elle n’a consenti à payer un tribut et n'a
concédé un droit de suprématie, que pour ne jamais
cesser d’être un Etat souverain (rjr.
Que ia Mol^lo-Valachie est Etal souverain t et ce
il’est pas un traité de protection, un tribut, une
alliance inégale , la suprématie même , s’il est un
droit des gens eu Europe, qui peuvent lui enlever
lu souveraineté, lorsqu’elle a le droit de se gouver­
ner, de se donner dés lois, de faire des truités , la
paix et la guerre, et même de se faire représenter
a 1 extérieur-

“j IV jilelMr
— 272 —
Ces traités de proiect uni qui lient lu Moldo-\ ■■
cliie-ii Ja Turquie rentrent dans les alliances inc
gales qui ne portent aucune atteinte à la souvent
neté, puisqu’il n y est question que d’une conces­
sion honorifique et d’un tribut, et que les défi
renccs qui y sont stipulées n’allèrent eu rien la
juridiction absolue et l'indépendance des prîticï
paillés. ( En effet, nous dit Vatlcl , un Etat fail li
qui, pour sa sûreté, se inet sous la protection d’un
us puissant, et s'engage, en reconnaissance,
lusieurs devoirs équivalant à cette proLcoiioc
sans toutefois se dépouiller de son gouvernement
11e cesse point pour cela de figurer parmi les sou­
verains qui ne reconnaissent d’autres lois que le
droit des gcnsjet un tribut payé par un Etat à u
puissance étrangère , tout en diminuant quelque
iosc desa dignité comme un aveu de sa faiblesse,

ou laisse pas moins subsister sa souveraineté leur


entière. -»
Les droits du sultan sur la Moldo-Valachie sc
bornent donc au tribut et à la suprématie. Car, la
Turquie, pour avoir abusé de sa puissance, pom
oir méconnu les principales clauses des irai é<
de 1^60 et f5r3, pour avoir augmenté l’impôt, t lu
des princes, pour avoir lancé des firinans , laissé
mber des hatti-shérills et commis des cruautés
des exactions sans nombre, n’a pu légilimcr <■ s
usurpations successives et se créer des droits que
lui refusent les traités; loin d’avoir acquis par la
violence, elle aurait inctilé l'application du droit
— 274 —
mq ?.oz frdnodi -i'iip‘it tta p 'dl‘> 1fî1 î2*1^ 030

CHABITRE V.
înfflmnqrjjs aïootta :riugio >• - ’1'-’ m.-^niqnt1 piip

Position des Moldo-Valaqsies vU-it-vfo de la Russie-

olh'Hp ’wBq xx-jb ob mtuahàmi »


*
ii.îU -pl J» «<»»
Hii 'iii--it 1 i ii «■M.o'toT'J»
* 'miurn-oHu

Si ia Turquie est à ia fois la suzeraine et la pro­


tectrice de la Moldo-Va ladite, quel rôle s’efforce
donc d'y jouer la Russie, en se donnant gratuite»
ment pour la protectrice du pays? A quelles con­
ditions valables , par quel traité en vigueur les
pr ’ n cipau lés ont -elles accept é son proiectorat ? Quel
u’ibut lui paient-elles? Sont-elles tenues de l'assister
dans ses guerres?- Ses alliés sont-ils' scs amis? Scs
principes seraient-ils les siens? Pense-t-elle avoir
des droits légitimes au titre de protectri^, parce
qu'elle a lait reconnaître dans les traités de Kai-
nardgi, de Jassy et de Bukarest, le libre exercice
du culte de scs coreligionnaires (t); parce qu'elle
a fait revivre dans ceux d'Akernian, Andrinople,
Pcicrsbourg, les vieux droits méconnus de la MoJ-
do-Valachie? Et celte administration nationale et
indépendante, cette entière liberté de commerce,
ce prince indigène, les Moldo-Vainques les tien­
nent-ils de leur droits, ou des seules faveurs de la

, Aujourd'hui , dans les principautés, un ne regarde pas 1rs Russes


comme des coreligionnaire». On traite au cunl.aire de schismatiques
< eu
* qui voudraient confondre L'Eglise indépendante niuldo-vaisqirii.:
ar<-c celles de leterst.mirg et de Constantinople.
— 275 —
Russie? M’est-ce que par sympathie pour les mal­
heurs de scs coreligionnaires, ou par humanité,
qu’elle s’est portée garante de leurs traités avec la
Sublime Porte, ou les Mcddo-Valàquéà ne sont- ils
que des instruments qu’elle brisera lorsqu’elle
aura accompli l’œuvre de sa politique?
Pour avoir fait insérer quelques clauses de leurs
traités dans les siens, A quelles prérogatives la Rus­
sie peut-elle donc prétendre chez les Vainques,
«ans eux, et maigre eux? -Uniquement à celles que
donne la garantie. La Russie, toutefois, ' en se
portant garante pour leurs pays, n’avait-ellé pas
a reconnaître que c’était en partie pour elle qu’à
la suite de la paix du Pruth le cimeterre titre
avait sapé toutes leurs libertés.; qu’eu 1770, Ca’-
ihcrine ÏI avait trouvé dans les' Moldo-Vaiaqiies
des amis et des partisans, et qu’à chacune de ses
guerres avec la Turquie * la Moldo-Vaiachie s’é­
tait pillée elle-même pour défrayer l’armée en­
vahissante? Sans parler des abus que les Russes
ont faîls de cette garantie, voyons ce qu’ils eu - de­
vaient faire. .
D’après le droit des gens. * Par la garantie,
« une puissance s’engage à faire jouir un pays de
* quelque chose, ou à le préserver d’une injustice. »
c garant ne s’oblige qu’à soutenir la partie qui
l.
aurait à se plaindre de quelque infraction. // ziao-
quiert aucun droit pour lui-même. Ce traité
n’est jamais fait pour lui, autrement i! ne serait
. i

18.
±- 2T6 —
pas simple gatanî, mais aussi partie principale
cont raclante ( i ).
Telles sour. les lois de la garantie. La puissance
qui s’arroge d’autres droits que ceux qui en décou­
lent i viole onvenemnt le droit des gens, « elle
•< donne au monde le spectacle inoni d‘uu Liât pins
puissant, qui, sous pretexte de garantie, s érige
*
« en arbitre de ses voisins, cl aspire à leur dict^e^
w des lois (a). »
Comme la garautie ne donne en outre aucun
droit d’iniervenii‘ sans y être requis, les cas où la
I1 qssie pourrait user de ce droit d’intervention en
veuf des principautés sont écrits dans les traités,
Celle prérogative, restreinte uniquement , en
1779, aux affaires de la religion, par la conven­
tion explicative du traité de Kaînardgi, fut éten­
due, en i 781, à un droit illimité de censure sur la
conduite seule des princes F a nari oies ; mais par la
etinvention d’Ahermirn, en limitant ce droit de
censure aux atteintes que le prince indigène, mais
non du choix de la nation, pourrait porter aux
règlements financiers et aux traités du pays, en
r appelant, article 5du traité d'Andrinoplc, que les
Moldo-Valaqucs avaient des capitulations avec la
I urquie, peul-ellcencore soutenir qu'elle a le droit
de se mêler des affaires de ce pays ?
Toutes les présomptions de la Russie sur ces

p) Vattel.
Idem.
— 277 —
1 n■mctpaulés, contraires aux deuils Je la simple
garantie, sont donc milles par le principe de la
gaiantle elle-ithèmc ; scs empiétements journaliers
ne ? lent et ne por leron t jamais al teinte aux droits
1 ■ ::• ? Toldo-Valachtc comme nation; et à sa sou-
veiain îtécomme Etat, l'Europe et les traités ne re­
cou- aissarn uniquement à la Russie que, le droit
de parler eu faveur des capitula lions ou traités des
Muido - Va laques,

lït

IK Kl

HJ Ü

«
— 278 —

- , ■

■ OL» UilhOllI iq CHAPITRE


*'>
VI.
Ï! !J Üfïirim JlltfïJ Jiior.

nullité de certaines concessions de la Sublime Forte en faveur


de la Russie.
-1 h >> t r 10 tiiid-i fit t jiiitut>o oidojjUV «tbioM ni on

.J11 an ahkrt• Ml 1 o -q<nn ci.'nl1 ■'»'i«<» <:»J'

S’élève maintenant la question de savoir si le


territoire des Moldo-Vaiaqucs était et est encore à
l’abri d’ une cession de la part du Sultan ; dans
quel cas il peut cire acquis par la conquête ; si son
avenir est indispensablement lié à celui de la Tur­
quie; si enfin la Turquie a le droit de céder légiti­
mement ses prérogatives.
Puisqu'il est démontré par les traités qui vien­
nent d’être analyses que les Turcs n’ont absolu­
ment à réclamer que le tribut et la suprématie,
et qu’en conséquence Je territoire moldo-volaque
ne leur a jamais appartenu ; tout en appliquant le
principe ■ qui refuse à l’acquéreur en cas de cession
d’autres droits qu’au cédant , on peut dire avec
Vattel « qu’un souverain déjà lie par ■ un traité ne
peut eu. faire d’autres contraires au premier ; que
les choses sur lesquelles il a pris des engagements
ne sont plus à sa disposition, et s’il arrive qu’un
traité postérieur se trouve dans quelque point en
contradiction avec un traité plus ancien, le nou­
veau est nul quant à ce point, comme disposant
d une chose qui n’est plus au pouvoir de celui qui
parait en disposer (i). »
(i) VatteL
bans parler ici du la prise de Ha Buckovine,-. ’on
est amené naturellement a révoquer en demie aussi
bien la validité de la cession de la Bessarabie que
celle des Bouches du Danube ; les Krysobules et
l’histoire ne sont-ils pas là pour attester qu’elles
taisaient partie du territoire inoldo-vaiaque et non
de l'empire ottoman?
Pour légitimer ces différentes conquêtes n’au-
rail-ii pas fallu : p que la guerre vint du fait des
Moldo-Valaques ; a° que la déclaration leur eu fût
laite à enx^naê^es; 3® qu’ils aient été vaincus par
l’ennemi; 4°que les Turcs leurs protecteurs l’aient
été avec eux ; 5° enfin que le traite de cession ait été
consenti non-seulement par le prince, mais par le
corps politique de la nation.
Scra-l-il même possible de croire à la validité
d’un seul des démembrements eu. faveur de la Russit*
quand on aura cite en preuve accessoire un traité
de la Russie et la formule générale de ses mani­
festes.

Traité d'aliiance entre la Russie et la Moldavie, fait à Jass/


le. mois de juin 1711.
■ < , q ‘ - ■ •!
Art. i. La . Moldavie contiendra tout le terriioit -
compris entre le Dniester cl le Budjiak. Toutes I
forteresses, situées sur la rive gauche du Prutb ,
appartiendront, comme de droit, à la .-Mlllavie.
a. La Moldavie ne paiera aucun tribut à I a
Russie.
— 280 —
5. Le prince s’oblige à tenir dix mille soldats,
dont la solde sera payée par S. M. l’empereur.
La Russie ne pourra Jamais se mêler dans les
; près du pays; et il ne sera permis à aucun Russe
de se marier ou d’acheter des terres et des pro­
priétés en Moldavie.
■ Le titre du prince sera : Altesse Sérénissime,
Prince et seul maître
* (' singur stapinitor) de la-
Moldavie allié de la Russie.
Signé par Pierre l* et Démètre Cantemir.

Moldaves et Valaqucs de toutes les classes.


La guerre Que la Russie vient de déclarer à la
r Porse ottomane n’a pour but que le redressement
« des plus justes griefs.
spectateurs paisibles et soumis d’hostilités qui
ne sauraient vous atteindre, occupez-vous sans
> inquiétude du bien-être de votre patrie, remplis-
invariablement tous vos devoirs; les lois, les
usages de vos ancêtres, vos propriétés, les droits
« de la sainte religion qui nous est commune se-
■ font respectés et protégés. »

Quant à savoir jusqu’à quel point la Valachie et


la Moldavie sont lices à l’avenir de la Turquie, la
solution en est facile. Comme ou l’a déjà fait en­
te ndre, tant que la Turquie restera suffisamment
puissante pour remplir son devoir de protection ,
et qu’elle respectera ses traités avec les Moldo-
— 281 —
Valaques, les principautés lui doivent tribut et
reconnaissent sa suprématie ; mais du moment que
sa faiblesse lui ôtera les moyens d’exéciiter ses en­
gagements, le lien qui lui unissait les Moldo-Va-
laqties sera rompu si bien , que si elle venait elle-
même a passer sous une protection étrangère, ou
à disparaître de la face de l’Europe , leurs traités
se Jrouvani annulés, ils seraient rendus de droit
et de fait à l’indépendance.
il ne nous reste plus qu’à résoudre si la Turquie
peut céder valablement tout ou partie des préroga­
tives qu’elle tient des traités.
Touchant le point de la suzeraineté et de la pro­
tection , sur quel précédent se fonder pour faire
admettre la position d’un Etal soumis à deux in­
fluences tout-a -fait contraires , sur quel principe
faire reposer un ordre de choses aussi anarchique?
et au mépris du droit des gens et des cabinets de
l’Europe qui ont décidé que la suzeraineté et la
protection ne sont pas inhérentes à une seule et
meme puissance, peut-on reconnaître une telle in­
novation (i) ?
Quant aux prérogatives, les Moldo-Valaqucs, en.
les concédant à la 'I "urquic, y ont mis des condi­
tions qu'elle a juré de remplir. Il y a donc eu en­
gagement réciproque , ce qui suppose une liberté

(t) Quoiqu’ils n'aient pas proteste, par une noté diplomatique,
iioi» principaux cabinets de l'Europe ne reconnaissent pas a la ltus-
■ie le droit de protection qu’elle s’est arrogé sur les principauté» ;
’ \ utriche retira ses agents pendant l’usurpation de iS»S.
— 283 —
■ obligat tou de leur demander de légitimer leurs
prétentions. , .
Apres avoir établi qu’aucune puissance ne peut
s’immiscer dans les affaires de la Moldo-Valachic,
ne peut la gêner dans ses actions, ne peut l’empê­
cher de s’occuperde son bien-être, sans attenter à sa
souveraineté, disons maintenant en quelques mots
telle doit être sa position vis-à-vis de l’Europe.
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>fil) 114)3 t'33fl£?èi JJU k’J
— 38< —
I ' ons les autres droits et privilèges des principautés de
Moldavie et de Vaiachie , et tous les hatü-shérifs qui les eon-
ecrnent, seront maintenus cl observés, eu tant qu’ils ne se-
aient pas modifiés par le présent acte.
C’est pourquoi nous soussignés, plénipotentiaires de S. M.
l'empereur et padischah de toutes les Bnssies. munis des
țiieins pouvoirs souverains, de concert avec les plénqsoien-
iaires de la Sublime Porto ottomane, avons arrêté a réglé à
l’égard de la Moldavie et de la Valachie les points ci dessus
lesquels sont la conséquence de l’art. 3 de la convo ntioi- ex -
dicative et confirmative du traité de Bakaress, conclu en S
articles, dans les conférences à A kerman , entre nous etiSes
piénipoicnliaires ottomans.
En conséquence, le présent acte séparé a été rédigé , mtir-
le nos cachets et de nos signatures, et délivré entre les main
les plértipolcntaires de la Sublime Porte.
Fait à Akcrman, le 25 septembre 17 octobre) 1820.
Signés comte de Wonoxzow, RiiœacfieiittK.

Acte wépiuré relatif u la Servie.

Au nom du Dieu Tout-Puissant :

J,a Sublime Porte, dans F unique intention de remplir fi di


lement les stipulations de l’art. 8 du traité de Bukarcsi
lyant précédemment permis aux députés servions à Constau
tittopie de lui présenter les demandes de leur nation su -
les objets les plus convenables pour consolider la sûreté et 1 - ?
‘ lien-être du pays, ces députés avaient précédemment exposé
dans leur requête le vœu de la nation relativement à quel
pies-uns de ces objets, tels que la liberté du culte, le cho tx
de ses chefs, l’indépendance de son administration intérieure, la
réunion des districts détachés de la Servie, la réunion des diffé­
rents impôts en un seul, l’abandon auxServions de la régie d- s
biens appartenant à des musulmans, à charge d’en payer le
— 285 —

elkn’avail jamais encore porté atteinte aux traités


des Moklo-Valaques, qu’elle les respectait et qu'elle
jouissait seulement des droits qui en découlent.
Comment le sultan pourrait-il donner eu Moldo-
Valachie à des agents étrangers le pouvoir judi­
ciaire, et y faire mettre en vigueur ses capitulations
impériales quand l’article 8 du traité de 1460,
porte : « Si quelque Turc a un procès en Valachie
* avec un sujet de ce pays, sa cause sera entendue
* et jugée par le divan vainque, conformément aux
« lois locales. »
Puisque, traiter pour des pays protégés n’entre
pas dans les prérogatives du protecteur, la Sublime
Porte aurait-elle pu obliger les principautés par des
traités avec des Etats étrangers, quand, au con­
traire, le droit des gens permet à un Etat protégé
défaire lui-même des traités, et que dans une
clause spéciale elles ont stipulé qu’elles pourraient
même faire la guerre et la paix sans être jamais
responsables pour aucun de ces actes envers la
Sublime Porte ?
On est prêt à conclure de tout ce qui précède
que les principautés ne sont pas tenues de recon­
naître les capitulations, qu’elles ont le droit de faire
les arrangements de commerce avec les puissances
étrangères sur le fondement de la réciprocité et des
convenances mutuelles; que les nouveaux traités
de commerce entre la Turquie cL les puissances
sont en vigueur entre les parties contractantes et
applicables seulement dans les possessions incor-
— 28r> —
poréès îi l'empiré , et ott espère que" l'Europe
n’hésitera plUs à faire 'entrer dans le droit com­
mun une nation qui a éveillé sa sympathie par scs
progrès
progrès.
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— 28T —

CHAPtTKE VIH.
pour la Turquie de reconnaître la souveraineté
et J i ré on ion de la Moldo- Valitc hits.

*
i ■> rt'i :■ >i; ît ?.li - ! 'ni ÜJUIjJîi'G 'Z-ÇtjJüIC kî

Il -si lu mile d’insistef sur la nécessité impérieuse


-< .venir aux traités des Mol do-Va laques; lescrn-
:. menis venant du fait, de la Turquie, les droits
qti’tdle donnerait en les méprisant plus longtemps,
tou ■ lieraient contre elle , et la non-exécution de
r.m.dqucs clauses s'expliquant eu faveur des priuci
*
pùi<é%elles ne manqueraient pas alors de se déela-
i dépen du rites.
Venant à la question d’intérêt général , on exa-
it in ■ ra si la Porte ne doit pas élever les principau­

tés cii Piuit souverain.


i bligées , par leur position intermédiaire ei
avec l’organisation actuelle de i'Eui■ ope , de se
ehoî sir un allié sincère , les principautés ne pen-
umL s’adresser qu’a celte puissance, qui ne sera
pas toujours prêle à les opprimer par cëlà seul
q«’elle devra les ménager. Si on peut se convainc ré
que l’alliance avec les principautés intlueru sur les
destinées de la Suhlitne Porte, on sentira aussitôt.
que la question a été mal envisagée i un les les lois
qu’on a voulu séparer les intérêts de la Sublime
Porte dli ceux des Moldo-Valâqtres.
Les ailleurs anglais qui ont. généralement accré­
dité l’opinion que rXutrichc pouvait être Palliée
— 288 —
des principali lés, écrivains habiles, du reste, n’ont
pas voulu remarquer avec quelle méfiance on voit,
dans ces pays, tout ce qui tient au cabinet de
V ienne. Si la confiance met sur la voie des traités,
les Moldo-Valaques ne sont-ils pas sages en se mé­
fiant d’une puissance qui a persécute leurs frères
Roumains en Transylvanie, pour leurs croyances
religieuses , et qui pendant près d’un siècle les a
traités en parias?
La Turquie ne retire des deux principautés qu’un
modique tribut de 800,000 fr., qu’elle jic perçoit
jamais, ni pendant, ni deux ans après l’occupation
des Russes , cl, dans sa position actuelle, ces pay s
au-delà du Danube lui sont à charge. Elle ne pont
continuer à les défendre, à laisser des armées sur
des frontières où les forteresses manquent; ma is
elle lient sur la rive gauche le camp avancé des
Russes qui ne mettent jamais, en cas de guerre, au
delà de leurs frontières, plus de 70 à 80,000 boni mes,
sûrs toujours de se recruter en Moldo-Valachie et de
faire insurger les Slaves. Les prétendus droits qiie
la Russie s’attribue sur les principautés ont toujours
été entre le Czar et le sultan un prétexte de guerre.
La Porte ottomane, dans scs manifestes, n’a jamais
cessé de s’armer des prétentions ambitieuses du
Czar, qui, disait-elle, contribuent au malheur du
pa
rs
*
La Turquie ne peut avoir aucun employé eu
Moldo-Valachie ; aucun Turc n’y peut mettre les
pieds ; ces pays leur sont interdits. Elle est donc
— 289 —
intéressée à reconnaître la souveraineté des.Moldo-
Vainques, déjà consacrée dans les traites, souve­
raineté qui leur appartient en droit et en fait. De
grands bienfaits réciproques seront le prix de celle
reconnaissance. Les Moldo-Valaqucs seront heu­
reux eu rachetant le tribut, et la Turquie, en ac­
ceptant le rachat, commence un nouveau système
tPalliance avec les chrétiens, qui lui garantissent
l’intégrité de son empire. L'ambition autrichienne
etimoscovite se trouve d’ailleurs circonscrite par
la neutralité du territoire des principautés que
I Angleterre a solennellement reconnue en 18 -*4 ,
au nom des grandes puissances. Je ne vois pas
d’autre politique bonne pour L divan; elle aura
pour lui des avantages incalculables, s’il reconnaît
l’indépendance des Servions, aissi bien que celle
des Moldo-Valaques. Du côté de la terre, son em­
pire deviendrait inattaquable. Leschrétiens affran­
chis n’auront plus d’intérêt. à ma.rch.er avec les ar­
mées envahissantes autrichiennes et moscovites.
Les populations chrétiennes émancipes ne scrout-
cllcs pas à jamais dévouées à la Pote ottomane,
des qu’elle aura reconnu l’égalité le droits entre
les chrétiens et les Osmanlis ?
Si la France laisse au contraire i Turquie dans
l’état actuel, sans régler le sort ds tributaires et
des rayas de l’empire , il ne sera dus au pouvoir
tics cabinets de la sauver, et d’rrêter la grande
révolution qui doit changer la»ace de l’Orienl.
On peut assurer que l’iusurrectim ne tardera pas
19 *
—— 291 ——
*

CHAPITRE IX. „
Intérêts de» puissances dans la question d’Orleet-

Etudions les divers interets des puissances dans


cette question, et surtout essayons d'éclaircir la
position de F Autriche cl de la Prusse.
-L’Angleterre ne manquera jamais de subordon­
ner tous scs in ou veine u ts à ses intérêts commer­
ciaux. Les intrigues et les progrès de la Russie à
l’ouest de l’Asie connu encetul à l’inquiéter assez
sérieusement pour qu’elle songe à susciter à sa
rivale des embarras intérieurs. Incertaine encore
de la marche qu’elle doit adopter, elle pense à Fin-
legrité de l’empire ottoman,et semble croire qu’elle
est devenue l’alliée sincère de F' Autriche depuis son
dernier traité de commerce avec celte puissance.
L’Angleterre, qui n’a qu’un principe de gouver­
nement, fait consister sa diplomatie dans une sur­
veillance active de ses intérêts maritimes et com­
merciaux. Elle a cru devoir se rapprocher de
l’Autriche, et l’on pourrait en tirer la conséquence
qu’elle est presque devenue son alliée ; c’cst-à-dire
que le cabinet de Vienne a des vues politiques sur
l’avenir de l’empire, ottoman, qui se. rapprochent
des vues commerciales du cabinet de Londres. L’An -
gletèrre tire un grand bénéfice du commerce d’ex
19.
— 2D2 —
porta lion des matières premières qu'elle fuit en
Fin-quiç , et de l’importation des produits manu­
facturés , commerce qn’nti gouverne tue ut plus
éclairé se garderait bien d’autoriser nu détriment
de V indus trie nationale. A désavantagés commer­
ciaux l'Autriche joint de grands avantages poli­
tiques qu’elle puise dans Fafiaiblisserneut de la
Turquie
* Les troubles sans Jn qu’elle a toujours
fomentés et quelle fomentera peut-être encore
dans cor. empire, lui garantissent la tranquille scr-
tude des peuples infortunés qu’elle a soumis sans
glôîre. Elle no maintient sa domination, en Hou-
g. de, Transylvanie, Croatie , Slavonie et dans les
jloniés militaires, que par le spectacle d’une bar­
rir non moins cruelle, mais plus orageuse, qui
règne en Turquie. Les massacres en Tur quie sont un
ar i tidote nécessaire pour prolonger il a végétation
de la monarchie autrichienne. l.ne Turquie puis­
sante rfclfraie raie pas moi ns F Autriche que F An­
gleterre , la première politiquement , la seconde
commercialement.
< donc F Au trie lie aujourd’hui travaillait à raf-
iri mir l’empire ottoman, elle travaillerait à s’a-
némitir. Car cet empire ne peut $e relever que par
'mancipation des populations chrétiennes, spec­
tacle contagieux pour ses populations asservies. La
décadence de la Turquie est doue plus qu’une bonne
fo 'une pour l’Au tr telle ; c’est une Condition de son
■xtntence, qu’elle enveloppe aujourd’hui du pré-
icAe de l'intégrité c’esi-Adîrc l’organisation ac-
— 293
turile de l’empire ottoman. Mais si l'on examine de
plus près la position de l’Autriche, on verra que
son machiavélisme ordinaire masque les mêmes
intérêts que la Russie dans la question d’Oneni.
Quelles sont les vues du Czar en Orient ? Il n’est
pas assez imprudent pour mil reprendre une con­
quête de la Turquie, avant d’avoir anéanti la Po­
logne. Les Tcherkesscs font sentir à la Russie la
difficulté d’asseoir des conquêtes en Orient. Toutes
les popula.tion s chrétiennes jouées et exploitées par
la Russie depuis un demi-siècle, font entendre hau­
tement leurs murmures. La dernière guerre de la
Russie contre la Turquie, qui n’a été qu’une suite
de corruptions, l’éloigne de toute tentative nou­
velle, et elle aspire moins pour le moment à des
conquêtes qu’à vouloir la suprématie eu Europe.
Mais cette vieille idée favorite de suprématie,
pour la réaliser, il faut qu’elle ait des trésors, et elle
ne peut les chercher qu’en Orient. Exclure de la
mer Notre, de la mer Caspienne le commerce Eu­
ropéen , ôter cette précieuse ressource à l’Angle­
terre, ' s’approprier en Orient l’influence et Je crédit
de la France , seuls capables de s'opposer à la
domination moscovite, s’enrichir en Orient pour
dominer en Europe, tel est le but unique du sys­
tème de sa nouvelle diplomatie.
Get iniérêt de la Russie eu Orient est le même
pour les deux cours de l’Allemagne , la Prusse et
l’Autriche; car si l’on, considère l’amalgame des
éléments hétérogènes qui forment les deux cm-
— 29:4 —
pires, ces deux puissances ne pourraient, sans
s'assurer une certaine prépondérance financière,
conserver longtemps leur existenœ, à côté de la
révolution' de juillet et de la réforme en Angle­
terre, objets constants de leur antipathie et d'une
haine profondément enracinée. Quoique l'Atnri­
che et la Prusse puissent disposer d'tiue grande
force militaire pour s'opposer aux puissances libé­
rales, elles sont, par le fait même de leur despo­
tisme, dépourvues d'argent.
Ainsi la richesse éventuelle de la Russie est 'leur
seul espoir. La Prusse , par le morcelle ment de ses
provinces, la prétention ambitieuse de jouer un
Tôle au-dessus de ses forces, la nécessité d'entre­
tenir mm administration coûteuse, est réduite à
une éternelle pauvreté ! La dernière insurrection
polonaise a ruiné scs finances. L'Autriche, qui se
méfie avec raison des peuples qu'elle enchaîne ,
énmllè spontanément dans son sein tout germe de
rit liesses, et consent à sc priver de toutes re?sources'
mais elle y gagne de maintenir sous le joug les po­
pulations appauvries qu' elle ne saurait niaitnscr si
elles étaient dans mi émt d’aisance. Quant aux
emprunts, scs banqueroutes réitérées les lui ren­
dent difficiles. La Russie, au contraire , plus libre
d'cmbarraș inléricnrs, veut et peut .s’enrichir; h
Prusse et l'Autriche, qui ne peuvent l’espérOT, la
sou tiennent de toutes leurs forces ; elles ont besoin
pour exister fl’rme balance entre le nord et l’occi­
dent , la Russie peut seule l’établir; clic seule mu
— 296 —
îfiti mwsérie de manœuvres perfides qui pouvaient
êtrc imaginées et pratiquées seulement par un eu-
1inet autrichien envers un cabinet comme celui
de Constantinople , tels sont les exemples succcs-
sjfs que nous offre l’histoire du siècle dernier et du
siècle présent.
Ajoutons que les Russes n’ont attaqué les Turcs
qi -’à la suite de menées autrichiennes. Cette ifdEîe
leur a été inspirée par les agents secrets de l’Au­
triche, qui fomentent des révolutions de palais, les
menacent tantôt. d’une guerre eu Pologne, tantôt
d'un prétendant au sceptre des Cîars.. Unc atnbi-
tion aussi persévérante qu’indiffétante sur le c hota
des moyens , ne pousse-!-elle pas le cabinet de
Vienne a prêter son concours à la Russie pour
tonie tenia lise contre l'empire Ohmau; sauf à se
j-résenter, comme par le passé, avec un air de pro-
?■ et ion en faveur d’une puissance qu’elle est peut-
être plus intéressée à démembrer que la Russie
même? Les peuples slaves et vaLques soumis à s -i
i minat ion, réveillés dans leur nationalité, lui
fofit désirer d’acquérir des possessions nouvelles
sur la rl urquic, qui lui fourniraient les moyen s
d-i mposer â ces pays , pins ou moins éloignés d-
Vienne, comme l’acquisil ton de la Gallicie et de la
f -uckovine lui servit autrefois à contenir la Hongrie
t urbulente, 11 est urgent pourl'A ut riche, qui pos­
sède des provinces à moitié sauvages, d’acquérir
■es éléments moins européens pour conserver les au -
cîcnncs possessions àdemi francisées ou pohmistk ■
— *2<I7 —
L'Autriche, par sa situation topographique,
ethnographique, morale et politique , est impérieu­
sement poussée à prévenir, par le par tage de la Tur­
quie, sa propre dislocation. Comment pourrait-elle
donc se séparer de la Russie en faveur du système
de l'intégrité de l’empire ottoman comnæ le cabine
de France Je désire ?
Quant à la Prusse, son salut, quoique d'une ma­
nière médiate, tend aussi an démembrement de la
Turquie; sa position actuelle est moins indépen­
dante et moins tenable que celle de l'Autriche. La
combinaison territoriale de cet Etat, formé de
lambeaux arrachés, tant aux ennemis qu'aux alliés,
l expose naturellement à des embarras intérieurs,
et l’oblige à un gouvernement analogue au despo­
tisme de la maison d’Autriche, surtout depuis 183o.
Les extrémités de son territoire polonaise et fran­
çaise, forcent le roi de Prusse de combattre la ré­
volution aux deux bonis de son royaume , ci une
étroite lisière le long de la Rabique possédée, sans
flotte, confiée à la surveillance de la marine russe,
le met matériellement dans la dépendance du Giar.
La Prusse et T Autriche pourraient bien s’agrandir
en territoire , et gagner tout à la fois en unité au
moyen d’échanges mutuels , à l’aide même des
princes allemands, pourvu que la Turquie en paie
les frais.
Outre ccs motifs puissants qui poussent l’Autriche
et la Prusse au démembrement de la Turquie, il en
existe un autre non moins puissant relatif à leurs
— 998 —
possessions en Pologne, cest ia nécessilé d'y chan­
ger leurs frontières. lu premier coup d’œil jeté
sur la carte fait ressortir ce qu’îl y a de vicieux
dans la démarcation des frontières actuelles de la
Pologne, cl les trois puissances sentent de jour en
jour la nécessité de les changer. Depuis quelques
années la sainte alliance trahit le projet d'agrandir
la Russie parles possessions orientales autrichien"
ucs ci prussiennes en Pologne, cl d’agrandir ainsi
cet effrayant empire dti côté de l’otiesi. Les trtfis
cabinets y préparent l’Europe depuis le congres de
Mienclten-Graet'z, la revue de Kalitz et l'occupa­
tion de Cracoviei Ils annoncent clairement qu'ils
sont disposés à considérer les Affaires de la Pologne
comme une question intérieure, et a la traiter en
famille.
La Russie ne cache plus son désir d'arriver au
BosțJnn c. Son com merec de la Russi e méridi on ale se
trouve en concurrence avec celui des principautés ;
mais uni que la Pologne lui donnera des craintes ,
clic se bornera à étend ré ses côtes de la mer Noire et
du Danube, L’Angleterre a besoin de l’Égypte pour
la prospérité de scs possessions indiennes. Sur cinq
puissances, qtu semblent vouloir aujourd’hui l’in-
tégritc de l'empire ottoman, quatre ne peuvent pas
offrir sincèrement leur médiation ; elles sont in­
téressées à l'affaiblir, les unes à s’opposer à l’union
musulmane, les autres à la régénération de la Tur­
quie, par l'émancipation des chrétiens industrieux .
Elles peuvent ajourner leur projet de démembre
*
— 299 —
nient, mais il leur importe de laisser l’empire ot­
toman dans cet état d ’immobiilic, qui assure aux
R lisses leur prépondérance, et leur permet de
jouer Turcs et chrétiens. L’Autriche, de son côté,
ne demande pas mieux que d’enrichir Vienne et
I rieste, et de paralyser l’union des États va laques
et surviens, qui la forceraient, comme ils forceraient
. Russie, d’adopter un autre système avec des
peuples asservis, mais réveillés. L’Angleterre, qui,
df\ l’aveu de M. Lrquhart, a déjà ruine plusieurs
industries, perdrait à la civilisation de la Turquie.
J.a Prusse, enfin, entre dans les vues des deux cours
ses alliées.
Quelles sont les puissances alliées sincères de
npîre ottoman ? La France seule ; mais elle ne
peut pas compter sur la Turquie, trop pauvre en
mines d'Etat, cl dont ledivan, sîllonnéd’iutrigues
diverses et d’intérêts particuliers, n’a jamais arrêté
et n'arrêtera aucun plan. La France ne pont for-
r d’alliance sincère qu’avec la Pologne enchaî­
née, mais toujours pleine de vie et riche de son
avenir, qui joue le premier rôle dans celte ques-
n d’Orient avec les Maldo-Vainques, Servions et
Grecs, tributaires de la Turquie, et les populations
.bretiennes opprimées. Qu’on étudie à fond cctte
qucstion; si on la considère sous un autre poin
de vue, elle n’aura pas de solution, tous les plans
seront absurdes et toujours déjoués. La Hotte russe
ne bougera pas, mais sa diplomatie agira; et la
1 rance, qui peut se sauver des griffes de la sainte
— 390 —
alliance , en rcconnaissuui des nations vigoureuses
et retrempées, abordera enfin celle question d’O-
lictii. autour de laquelle l’Europe tourne aujour­
d’hui en s'attachant au problème musulman, qui
n'est pour elle qu’une hallucination; car celte
grande question se réduit au problème chrétien
des nationalités. Entrée dans cette voie, la E rance
peut compter sur l’appui de l’Angleterre réformée,
qui n’autorisera plus les alliances de i8i5 eu
Europe. &
Laisser Méhemel-Ali s'établir à Constantinople,
ce serait vouloir sacrifier la civilisation à la barbu-.
. ie. Les peuples chrétiens soumis qui ont vu périr
a domination ottomane, ne consentiraient pas,
ans verser des torrents de sang, à voir régner sur
le Bosphore une seconde invasion de Barbares. Ces
\rabes, qu’on nous représente comme des peuples
« progrès, ne sont que des sauvages pour la plu-
art , el le despotisme, qui triompherait dans celle
unie du monde ou doit enfin être reconnu le prin-
■ ipc des naționaliiés, c’est-à-dire de rinaliénabi-
té des nations et de leurs domaines, le despotisme
sérail affermi pour des siècles encore , et les puis­
sances ennemies de la Erance auraient remporté
r elle une grande mais bien triste victoire. Elle
si donc appelée à sauver la civilisation eu Orient,
à faire fructifier les germes des progrès qui s’y
uouvenl semés, à mettre sous sa protection, ou
uir mieux dire à faire éclore les réformes so­
dés et la régénéra lion de l’Europe entière. Ja­
— 301 —
mais une mission plus auguste ne lui fut donnée,
jamais elle tic trouvera plus de sympathies ; on est,
en général, persuadé que la France ne veut rien
pour elle , et qu’elle peut tout pour les autres.
Un cabinet qui a l’honneur de la représenter, ne
peut escamoter cette question j l’intérêt national
lui ordonne de la faire respecter.
— ros-—

*
C OS C L l SIO N

L’avenir des Roumains se rattache au gratia'


avenir qu’olfre à tous les esprits la prévision des
événements qui rempliront le deuxième moitié du
dix -neuvième siècle. Ce grand avenir présente, au
premier coup d’œil, deux points de vue : in l’abais­
sement des empires et des races dominantes j a® la
résurrection des nations incorporées. Ces idées
générales exigent quelques développements.
Le principe des nation ali tés est destiné à jouer
un si beau rôle, qu’il suffira de l’indiquer pour dé­
montrer aux puissances que la marche des événe­
ments va changer le système de la diplomatie de
l’Europe. Jusqu’à présent la question diplomatique
ne s’est agitée que sur le principe de conservai ion
de la sainte alliance d’une part, et de l'autre sur
le principe d’amélioration du mouvement libéral.
Mais tandis que cette lutte internationale se pro­
longeait, mm autre lutte bien plus grave s’est dé­
clarée, et frappe au cœur les princes de la sainte
alliance.
Une partie de l’Europe est encore l'apanage
héréditaire de quelques familles privilégiées ou de
la noblesse des nations dut muantes. Mais le dix-

— Ml —
neilÀ'iièttie siècle a change t-ms lés nippons; la ré­
volu lion française, l'iucoi'poj^^iéni de la P<ltogn<i
et ^agrandissement gigantesque de la Russie, de­
vaient nécessairement produire leurs fruits. La
Fiance a prouve au monde qu'une nation ne peut
Cire le patrimoine d’un homme tel grand qu’il soit,
Ja Grèce, et surtout la révolution polonaise, par scs
nEJttvemcnts successifs, ont ensuite annoncé que la
liberté d’un peuple ne pourra jamais se prescrire.
Depuis quelques années l'ambition des Czars, qui
ne cessent d’aspirer à la monarchie universelle des
Slavcs,à la prépondérance en Europe, a fait crou­
ler l’empiré de la Turquie , en travaillant à l’é­
mancipation des populations latines , slaves et
grecques, soumises au cimeterre. Pour conserver
sa prépondérance, vieille idée fixe de son cabinet,
elle a du moins appris aux nations à s’apprécier à
leur i nsie valeur et leur a fait semir la faiblesse des
gouvernements qui les oppriment. En isolant les
Turcs en Europe, en réduisant la famille lin péri a le
d’Auttâchp à la sympathie de son archiduché, elle
ne s’est pas même réservé sa nationalité mosco­
vite, et les efibrls insensés que (but aujourd’hui les
Gottorps pour réaliser leur chimère de monarchie
indverselle slave ressemblent à ceux que faisaient
les : binaïdes pour remplir un tonneau sans fond ,
pu scvide à mesillt.
Sans parlm- de la Prusse, qui n’existe ni nationa -
■mi in m intimé territorialement, je crois, et celte
croyance n’est point une id&i légère acceptée
— 30V _ #
par caprice , mais une conviction devenue intime
après de mures réflexions, après de longs entretiens
avec des hommes distingués de tous les pays, avec
les premiers nationaux incorporés, je crois à la
destruction des antiques principes des cabinets de
la Sainie-Alliance, à l’abaissement des familles
Gottorp, Hdpsbourg, Brandebourg, et l’exemple de.
la Turquie nous annonce d’avance qu’avec l’esprit
de nationalité qui fermente chez tous les peuples
incorpores , les nations ne tarderont pas à rentrer
dans leur unité d’origine.
La grande idée de la noblesse russe, c’est-à-dire
delà partie avancée, noblesse humiliée et même
asservie, c’est l’espuir d'un étaL fédératif des diffé­
rentes populations de la Russie. Le Czar seul est
leur ennemi , et si l’on peut s’exprimer avec fran­
chise, personne n’a plus contribué à faire naître
cette espérance dans tous les cœurs, que l'empe­
reur Nicolas, avec son caractère brusque, sa rigi­
dité inflexible, et son projet d’envoyer en Sibérie
les boulines les plus distingués de son empire. Les
manières grecques, la dissimulation profonde, et
les idées libérales en apparence, qui distinguaient
Alexandre , auraient moins servi à détruire sa
puissance que les formes tartares de Nicolas. Mais
le mal est plus d’une fois le germe du bien, et nous
pouvons attester que le despotisme brutal de l’au­
tocrate a dégoûté les Russes de leur autocratie, et
que d’un commun accord ils sont décidés à ne plus
vivre asservis aux .volontés d’un seul. Gomment la

*
— 305 —
noblesse russe pourr ait-elle se glorifier d’être le pre­
mier jouet d’une dynastie étrangère, ambitieuse et
fanfaronne? \ quoi lui servira, par exemple, d’ar­
river a Constantinople, si le despotisme des Czars
continue a peser sur elle. Les nobles pourront avoir
sur le Bosphore des palais mieux situés que sur la
Néva. L’air y sera plus pur, le ciel plus riant; mais
qu’y gagneront-ils ? seront-ils plus libres dans l’in­
térieur de leur famille? craindront-ils moins de
parler-1 échapperont-ils mieux à l’œil vigilant de la
police qui les suit partout? A Pétersboiirg, on ne
parle qu’en voiture, ou bien on a soin de se mettre
dans une pièce retirée d’un appartement, laissant
les autres ouvertes pour opposer une barrière aux
agents qui d'un moment à l’autre sont aux écoutes.
La noblesse n’est plus celle de la cour de Cathe­
rine; elle compte aujourd’hui un grand nombre
d’hommes éclairés, au cœur droit, qui sont indi­
qués de leur humiliation, et qui rougissent de voir
passer à l’étranger les trésors de l’empire pour
acheier de vils espions, pour entretenir celle forte
diplomatie, la seule base de la force de la Russie,
Ces hommes connaissent mieux que la plupart des
cabinets à quel degré de faiblesse ou de médiocrité
a démoralisation et les rapines ont réduit les ar­
mées du Czar. Ils savent très bien que P Et al esi
iaible, et que l’esprit de vénalité qui règne dans
loutes les Russics les met à la merci de celui qui
aura assez d’or pour acheter l’empire.
Je pourrais entrer dans de longs détails pour faire
20
~ HO« —

seniii ■ le vide absolu îles préjugés vulgaires sur !..


solidité de la monarchie des Czars; mais les faits
.actuels suffisent pour démontrer qu'elle est sur sou
déclin , et que les crimes multipliés pour agglo-
mérer tant de nations diverses ont enfin réveillé
cette haine antique des Slaves pour la dynastie des
Gottorp. Combien, de noms honorables ne pour -
raisqc pas citer, si je voulais raconter les traits
d’héroïsme des officiers et soldats russes qui bra■
vèrent la tyrannie au milieu des supplices! Je ni e
borne à rappeler avec quel courage les braves com­
pagnons de MoravicU'ont marché à la mort. On
pendait un des conjurés, la corde casse, il retombe
à terre. « Il est plus difficile, dit-il plaisamment, dc
mourir que d’y penser. j»
Get esprit de nationalité travaille l’Autriche, la
Prusse et la Russie, aussi bien que la Turquie , et il
est facile de voir que les peuples qui sont le plu s
eu progrès, sont les Polonais , les Roumains , le
Cosaques, les Grecs, les populations slaves de l’Au­
triche et de la Hongrie. Jusqu’en i8t5, la lutte n-■
s’était établie qu'entre le système conservaient
stationnaire de la sainte alliance et le système du
mouvement d’amélioration progressive des idées
libérales : l'Allemagne et la France étaient seules
réellement intéressées et parties principales ; mais,
depuis i8t5 , le champ politique n’a cessé de s’é­
tendre, et nous offre un point de vue spécial an?
nations slaves. n s’agit d'opposer le principe du
rétablissement des nationalités au principe de suc-
— 308 —
lllyricus , c’cSt'à-diré les Croates ou
Chouvats, et les Serviens, qui par­
lent la même langue..................... 1^700,000
Allemands, qui habitent les villes ;
Vainques et ci gains dissémines............ a^boo^Oço

Etat de ces peuples, Les Sla vaques habite» i


la rive droite du Dantfbe,et s’étendent de Vienne
à Pcsdi, et de Presbutirg du côté de la Pologne -
Ls sont ci» majeure partie protestants de la cou
fcssùm d’Aiisbourg; ils exercent généralement
la profession de cul porteurs en Pologne, de voi­
turiers eu Hongrie; ils s’occupent d’agriculiurc
et , dans la partie qu’ils habitent , ils iravaillcui
dans les initier d’or et d’argent ou dans les ïbr■
ges. Quelques-uns font le commerce des toile s
et d’objets de ménage eu fil d’archal. Bsaucou 1
sont très riches j il est commun de trouver des
paysans qui possèdent jusqu’il i5o,ooo fr. La plu­
part seul instruits et leurs écoles sont bonnes. Le s
Si avaques catholiques sont inférieurs en nombre ;
ils sont plus pauvres, et généralement agriculteurs.
Les Slavaques occupent douze comtés.
Les Rillhéidens habitent sur le versant des Kar-
paihes et du côté de la Gallicic. lis sont Grecs
unis, très pauvres, d’une éducation négligée ■ lés
popes les dominent-
Les Ulyriens et les Croates sont catholiques ro­
mains. En Croatie, la noblesse est Croate jolie n’a
300 —
pas de prétention madjare. Us ont été unis volon­
tairement, et sont opposés dans la diète à l’intro­
duction de la !angue madjare comme officielle. La
noblesse est restée antiniadjare, antiallemande.
Les Set viens grecs sont schismatiques. Leur édu­
cation est négligée ; ils sont riches , et leurs mar­
chands ont beaucoup de la finesse grecque. Les
_ Croates emploient les caractères latins , ci les Ser-
viens les caractères grecs. Les patriotes essaient de
Jairc cesser la désunion entre les Croates et les
Servions, qui seuls des Slaves, penchent pour la.
Russie qu’ils regardent comme la bienfaitrice de la
Servie. Les Slavaques, les Ruihénicns et les Ghor-
wats, sympathisent au contraire avec les Polonais,
Slaves comme eux.

iî/les slaves. Partie slavaque : —jXi ira, Sellent-


oitZj Mtcolm, Lanchatt, Epcriès, Km^tm^rk, rl'yr-
nau, Hungar, Monkah. , ,.
Partie Croate : — Agrara, Varasdîu, Fi unie, Aeu-
z a t, Carlov itz, Vincovitz. Ces villes j ouissent des pri -
viléges des villes libres et royales, c’est-à-dire que
chacune d’elles envoie un député à la diète ;que les
bourgeois sont jugés par leurs pairs; qu’ils ne paient-
ni taxes ni impôts, et qu’ils uesoui assujettis qu’à
la milice bourgeoise. Ils ont le drtn, d’administrer
leur revenu sans rendre aucun compte.
La Hongrie compte dix-huit villes privilégiées,
qui envoient chacune un. député à la dicte ; chaque
députe n’a qu’une voix consultative , et les dix-
— 310 —
huit ne comptent que pour une voix deliberative,
ains î les dix-huit voix réunies ne valent pas mieux
que il voix du dernier gentilhomme.
L< s paysans va laques, slaves et madjars, sont dans
une position egalement déplorable. Ils n’ont aucune
espè ce de droit. Les seigneurs sont seulement limi­
tés dans leurs vexations parle comitat qui doit pro­
téger le paysan , et s’opposer à ce qu’on le fasse •
tr. r. aller un plus grand nombre de jours que celui
autorisé par la loi. Tous ces paysans opprimés par *
I ; noblesse madjare sont dans un état d’irritation
diiécile a peindre. Ces malheureux, qui fondaient
tout es leurs espérances sur cette diète, qui modi­
fia le: therestaru'sches urbarium par celui de i836,
ont été d’autant plus irrités que les améliorations
promises n’ont, été qu'illusoires.
Q .toique le réveil de la nationalité slave ne date
«m de la révolution de Pologne i8ao, quoique
les Slaves n’aient pas de colleges spéciaux, on doit
reconnaître, que leur mouvement intellectuel et
leur esprit d'opposition aulimadjare et antialle-
.o!d, a tiré beaucoup de force des associationssla-
s fondées à Presbourg, Lanchau» Kœsmark, lépe-
nès, Pcsth ; car chacune de ces associations a des
itdiothèq ues, imprimeries, et leurs' journaux sont
am nombre de six.
s différentes classes slaves ont des hommes
ügucs. Les Croates citent avec orgueil, comme
m$cs aux Autrichiens et aux madjars, le comte
Dr ascovitch, l’évétjue d’Agram Hanlich , M. Au-
— 31 l —
gégoviich ; les Servieus, MM. Miluievoitich, Sta-
malovich; les Slavaques , MM. Colard , les deux
frères Chalupka, MM Odji, Feière Potocki.
Quoique nous ayons parlé ailleurs des Vainques
soumis à la domination des tuadjars en Transyl­
vanie, nous devons citer ici le nom de M. Barris,
évêque de Blaye ; car le besoin de se soustraire au
joug des Finnois et des Autrichiens, fait dans celle
partie de l'empire une coalition aussi naturelle ,
aussi bien cimentée entre les populai ions slaves et
latines, qu’elle l’est en Pologne et dans les princi­
pautés, contre la Russie.
Venons aux Madjars. Cette race dominante
pourra-t-elle résister au mouvement. ? Sans parler de
leur constitution qui est toute féodale, de i'uuion
administrative et judiciaire, de la manière dont la
noblesse choisit les magistrats des quarante-huit
comtés, des attributions et des intrigues des deux
'vicegespa/m, de MM. de la table royale, des pou­
voirs de l'auAer gespahn , des prérogatives du
palatin, et de la chancellerie hongroise à Vienne.
Je m'étendrai sur les privilèges de la noblesse?,
sur les partis qui divisent la dicte, sur le caractère?
des madjars, sur leur mouvement intdleetuee ,
enfin sur le besoin qu'ils ont de l'Autriche pour
conscr ver leur douai nation. Aucune noblesse ne s'est
réservé de plus grands pi ivilèges que la noblesse
madjarc. l'ont, gentilhomme, riche ou pauvre, a sa
voix aux élections ; d est tout à la fois électeur cl
éligible; il ne paie aucune charge, et n'est tenu de
— 312 —

servir que lorsque la levée en masse est décrétée.


On peut dire qu'elle ne l’est presque jamais. 11 ne
peut être jugé que par ses pairs, ni arreté avant
-i avoir été condamné;et même quand il a été jugé,
••• qu’il s'est mis sur le seuil de sa porte en bran­
dissant son sabre, et s’écriant je proteste, il peut
faire recommencer le procès jusqu’à trois fois; mais
s’il est condamne la troisième fois, son opposition
lui est comptée comme circonstance aggravante.
L’Autriche a trouvé seulement le secret de faire ac *
cél ercr les procès politiques; mais quant aux procès
cri mîucls, la procédure est si longue qu’elle va plus
d'ime fois jusqu’à cent ans. Cette impunité entre-
liütt une telle anarchie, que beaucoup de gen-
• ; lommes exercent le métier de voleurs de grands
chemins , surtout dans les comtés on les madjars
dominent.
Les gentilshommes composent la Chambre basse
de ia diète. Chaque comté envoie deux députés,
lis siègent avec les dix-huit députés des villes li­
bres, sous la présidence du primat du royaume.
I .es magnats , dont le nombre est fixe,.et dont
quelques familles, comme les Esterhazi, ont encore
1 droit souverain de rendre la justice en leur nom,
composent avec les évêques la Chambre haute,
ms la présidence du palatin. Quelques possesseurs
' le fiefs ont cessé d’être madjars. A l’extinction de
i ■ i 1 imille, l’AAutriche donnait le titre de magnat à
scs créatures.
font le mouvement politique des madjars peut
— 313 —

se diviser en trois partis : les optimistes , àja tête


desquels se trouve le comte Sachent , sont des dé­
putes attachés ou vendus à la cour de Vienne, et
qui trouvent que tout est bien. Le second part,
n aime pas les Allemands ; il veut le maintien de
la constitution telle qu’elle est:; il s'oppose aux
prétentions de la cour de Vienne , qu’il accuse
d’empiéter sur les privilèges des gentilshommes,
tout en reconnaissant l'impossibilité de se déta­
cher de l’Autriche; car il veut, avant tout, con­
server la domination de la noblesse. Le troi­
sième parti, quoique très peu nombreux, est com­
pose des hommes les plus éclairés de la diète. L<
petit nombre et l’isolement des madjars effraie ce
parti. Il a formé le projet de madjariser toute la
Hongrie, a introduit la langue madjare comme offi­
cielle, et s’est déclaré l’ennemi du progrès dans les
villes slaves et valaques. 11 veut avoir une armée
nationale cantonnée dans le pays, une administra­
tion plus séparée de l’Autriche et la chancellerie
hongroise a Pesth. Leur état précaire les éloigne
de toute idée d’indépendance. Les jeunes gens qui
composent ce parti sont MM. VecheHgni, Baloc ,
les trois frères Coubïgni et M. Radaii, député de
Pesth, dont on vient d’annuler l’élection. Ils com­
prennent très, bien la position difficile de leur
pays ; ils sentent que la Hongrie est une province
autrichienne; que l'Autriche.annulle tous les pro­
grès qui pourraient amener une révolution sociale ;
quelle est intéressée à maintenir l'état actuel, et
— 31V —
que s'ils veulent briser avec elle, ils ne pourront
sc soutenir, lis sont effrayés du mouve ment des
Slaves et des "Vainques, qui gagnent, loua les jours
en nombre et en alliance, et dn système station­
naire des madjars, qui devient de pins en plus im­
possible, parce que les races soumises refusent de
se dénationaliser.
Le madjar est d’un caractere assez
* lier; mais, vu
de près, le manque de lumières et l’anarchic eu fout
un peuple Lui* bare, chex lequel le droit du plus -tu rt
se montre dans toute sa franchise, Tl manifeste un
penchant déclaré pour la cruauté et la rapine. Les
madjars vivent sur leur ancienne renommée de
bravo * ire, cajfla noblesse ne marche pl us, et les régi-
mci ils sont composés de .Slaves et de Val a qu es, Les
femmes sont mieux élevées que les hommes, dont
l’éducation ne consiste que dans i’étude des langues
et du latin. La seule carrière estitnce pour un
gentilhomme est d’être fiscal ou avocat. Les procès
séculaires font le seul patrimoine d’une par de de la
noblesse; les professions d’artiste et de médecin
sont méprisées.
Les iuad jars font beaucoup d'e fïbris pour avoir
■me littérature, mais jusqu'à présent iis n’o ri t aucun
écrivain original distingué, ils ij’ont que des ira-
lacteurs. Manquant de livres élémentaires, la langue
madjare n’est pas enseignée dans les écoles, et, mal­
gré tous les efforts qii’ilsom pii faire, les théâtres
dans leur langue sont toujours Vides.
Ainsi chez les races dominantes, hongroises ou
— 315 —
turques, même délaut de viabilité , même nttllih■
d'intelltgeucc, même isolement, même impossi­
bilité de rester une nation , même désordre dans
ies réformes sociales. La destinée qui attend les
mis attend les autres ; les races dominantes ne
pourront se maintenir comme nation qu’eu éta-
' lissant, légalité de droits entre elles et les nations
sotrtnises.
Pologne. « Le principe récemment adopté eu Et -
rop^dc transférer les sujets d'un prince à un autre,
par manièred’équivalents,et sous prétexte deconvfi­
nance et d’arrangement mutuel , est l’un des pl us
pernicieux. Les projets les plus extravagants qu’ou
ail jamais conçus, ébranleront moins sûrement la
Lase de tous les gouvernements établis que ce nou­
veau système de diplomatie. Il doit exister da ns
tous les pays un certain attachement, de la part des
peuples pour leur forme de gouvernement sa ns
lequel une nation ne peut subsister. Le principe
de transférer les sujets d’un prince à un autre sape
donc la base de tout gouvernement, et l'existence
dc toute nation. » Fox , Discours à la Chambre
des C/u^i m un es, a8 avril tSoo.
Ces paroles s’appliquent d’elles-mêmes à la Lo-
logue.Si les puissances copartageantes, l’Autriclie,
la Prusse et la Russie se trouvent ébranlées, c’est,
In moins en partie, grâce à ce partage. La Russie
tiendrait un bien autre langage dans la question
d’Orient, si elle n’avait pas la Pologne à contenir,
■il pour revenir an point de vue qui nous occupe ,
— 316 —

si nous avons vu d'une part Rabaissement des races


dominantes, telles que les Turcs et les m ad jars 5 les
Meldo-Vainques cl les Polonais nous prouveront
que les nations ne s’ctcigncm pas , qu'elles échap­
pent à l'oppression, surtout lorsque l'expérience du
passé, la leçon du malheur leur ont fait comprendre
que le principe de national! Lel n'a de grande valeu '
et de viril it, qu'autant qu'il s'est allié au principe
monarchique. La Pologne doit, renier au nombre
des nations ; elle est tout en progrès du cou! de
son organisation sociale -, l'élément moral qui s’est
ranimé a pour jamais anéanti l’esprit révolulîon-
nai ro des anciennes dictes ; l'élément nnarciique
et aristocratique républicain n'est plus désire, et
la dernière révolution a fait sentir la nécessité
d'une dynastie nationale.
H est impossible de ne pas rétablir la Pologne
entière avec tontes les anciennes possessions polo­
naises. Les peuples qui se trouvent dans la sphère
de son mouvement, et qui. applaudissent à ses
rlldrts, at rendent ses succès pour asseoir la réforme
de l'Europe. Assurés que son gouverne ment per-
tucUrs l'uni lté d’action intérieure cl extérieure, ils
en tirent une garantie d'alliances ccriaiues et dé­
vouées qu'ils pourront taire avec les au1res nations.
La monarchie peut seule répondre au vœu que tous
les hommes ccl«br°s ont nmmfesté donc p’fus voir en
Pologne une révolution pour les classes pris ilégiées,
mais nue révolution sociale. La monarchie peut
setffe en Pologne, protéger les classer pauvres et
an —
rétablir l'êg.diii- des droits. L’espnt de nationalité
des Polonais, toujours vivant et sanctionné par
la tyrannie qui les écrase , l’esprit militaire de la
nationj les immenses ressources stratégiques de
leur territoire, leur patriotisme bien connu , les
mettront à la tête du mouvement. La Pologne
oeut seule entraver la Russie dans son projet de
aoiiarcliie universelle desSlaves; mais nc voyant
pas la question du côté de là domination, au
contraire du côté de l'émancipation des races de
;a famille, elle est appelée, à l’exemple des po­
pulations latines divisées, à établir en Etats natio­
naux . les Slaves des différentes familles.
La Pologne, avec sa forte configuration terri loi-
riale, ennemie acharnée de la sainte alliance qui
la persécute, peut seule la détruire , servir à l'é-
manmpatioti des natio n , donner à l’Europe
l’cxemple d’un gouvernement où le bien - être ne
sera plus uniquement pôur quelques-uns; telle est
la mission qu’elle doit rempllr , et qu’attendent
Telle les peuples opprimés.
La Erau ce peut seule jouer le rôle de protectrice
les nations ; elle seule est compacte, seule homo­
gène. Chez elle point de nationalité mal configu­
rée, point de territoire usurpé. Chez elle, il n’y a
que des Français, tandis que les autres empires
sont composés d’éléments hétérogènes et de nations
opprimées. Cette homogénéité nationale que les
puissances étrangères oui intérêt à paralyser lui
impose dette mission, depuis surtout qu’elles ont
— 318 —
réussi à établ ii leur influence sur nos aflaire s, en
nourrissant nos divisions intestines, en soudoyant
les partis. l)c cette lutte évidente et prolongée
résulte une apathie fatale, qui détourne le cabine t
de celle politique vraiment française qui seule peu t
soutenir le principe de l’unité nationale, mais dan
la voie populaire ; apathie fatale, car tous les jours
les relations extérieures s’embrouillent et se pei-
dent de vue. La diplomatie cesse d'être active in­
telligente ; tout est envahi par l’oisiveté, les bri-
gués, et l’on représente un gouvernement pop uîaii• ..
tel que le nôtre comme un gouvernement absoli>-
Notre représenta lion à l’extérieur est sans cesse oc­
cupée à donner des garanties contre l’esprit fran-
çais. Nos diplomates, auxquels le pays décierue
l’honneur de faire respecter et de représenter ■
principes, les renient à l’étranger.
Cette position humiliante ne peut être d'un
longue durée j les peuples marchent et mardi s-m
malgré les cabinets. IL n’est plus en leur pouvt.ir
d’arrêter leur élan, et du moment que certai
nations sc sont signalées, telles que les. M-dd-
Valaques , qu’elles se présentent avec tout s
conditions d’ordre et de viabilité, et que d’aid<•
- Il * • - *
il est de notre intérêt de les soutenir, la Fr ai
doit cire la première à reconnaître leur souve;
nete. Il s’agit donc d’appliquer ce grand pri
religieux et politique de l égalité entre nations
et de déclarer que le plus faible ne sera plus
proie du plus fort. 11 s’agît enfin de briser ave.
— 319 —

principe païen des races conquises et des races


dominâmes. Certains honimes d’Etat craignant pour
eux la guerre, pourraient bien s’imaginer qu’il n'y a
de salut pour leur système que dans la ferme réso­
lution de continuer à s’allier avec le despotisme, à
fermer les yeux sur les démembrements cl les dé­
nationalisations; mais la France n’a jamais pensé
omme eux, et son appui pourrait bien leur man­
quer; car l’humanité lui impose le devoir de faire
respecter la liberté des nations, d'améliorer la con-
ditwn des classes pauvres en Europe, eide rendre
tant de malheureux serfs à l’état de citoyen.

FIN.
RECUEIL

DE TRAITÉS
ET DE PIÈCES IMPORTANTES.
Ili Al TES
at x T mK A

LI S MOLDO-VALAQGES ET LA Sl’BLIME DOUTE.

Chatti Huniajun du Sultan Bajasid I. surnommé Ildoriin,


l’an 1392 de J.-C.
Art. 1' l'ar notre grande clémence, nous consentons que la
mcipauté nouvellement soumise par notre force invincible,
gouverne d’après ses propres lois, et que le prince de
' d ’cliie ait le droit de taire la guerre et la paix, et celui de
vii; et de mort sur ses sujets.
2. Tous les chrétiens qui , ayant embrassé la religion de
ihotnel, passeraient ensuite des contrées soumises à notre
puissance en Valachie, et y deviendraient de nouveau chré-
ns, ne pourront être nullement réclamés et attaqués.
3. J’oik ceux des Vainques qui iraient dans quelque partie
d nos possessions, seront exempts «In karatsh, et de toute
autre capitation.
i . Les princes chrétiens seront élus par le métropolitain et
i boyards.
>. Mais à cause de cette haute clémence, et |>areeque nous
ans inscrit ce prince raya dans la liste de nos autres su­
is, il sera aussi, celui-ci, tenu de payer par au, à notre tré-
impérial, trois mille piastres rouges du pays, ou cinq cents
stres d’argent de notre monnaie.
Donné à Nicopolis, en 795 du mois de rcbitil evvel ou en
I )3, et inscrit dans ks archives impériales.

1’ Le Sultan consent et s’engage, pour lui-métne cl pour


: successeurs, à protéger la Valachie, et à la défendre eon­
ii c tout ennemi, sans exiger autre chose que la suprématie
mu la souveraineté de cette principauté, dont les vaïvodes

21.
— fi —
seront ténusde payer à la Sublime Porte un tribut de dix mille
piastres.
2* La Sublime. Porte ne s’ingérera en tien dans Fadmiriis-
irulimi locale de ladite principauté, et il ne sera permis â au­
cun Turc do venir en Valachie, sans un molii' ostensible.
3 Chaque année, un officier de la Porte se rendra en Va­
lu eliie pour recevoir le tribut, et sera accompagné a sou re­
tour par un officier du vaïodc jusqu’à Giurgcvo sur le Da­
nube, ou l’un comptera de nouveau In somme remise, et l’un
eu donnera un second reçu ; et lorsqu’elle aura éié iranspbr-
lée de l'autre côté du Danube, la. Valachie no sera plus res-
I ', msable, quelque accident qui puisse arriver. w
V Les vaïvodes eoiilimicroni d’élre élus par l’arelmtêque
iniétropoliiain, les évêques cl les boyards, et l’éleclion sera
reconnue par la Porte.
5". La nation vainque continuera de jouir du libre exercice
iii: scs propres lois , et les vaïvodjs auront le droit rl j vie et
de morl sur leurs sujets, comme celui de faire la paix ou la
guerre, sans dire soumis, par aucun de ses actes, a aucune
-spèce de responsabilité envers la Sublime Porte.
6“ Tous les chrétiens qui, ayant une fois embrassé la foi
i o isnlmanc, se rendraient en Valachie, et rcvinndraimit à la
religion chrétienne, ne pourront être réclamés par aucune
autorité ottomane.
7" Les sujets vainques qui auraient occasion d’aller dans
ipiclque partie que ce soit des possessions ottomanes, ne pour­
ri ni être fnrcêtâ payer le karatsh, ou la taxe décapitation à
hn.mdle sont soumis tous les autres rayas
8" Si quelque Turc a un procès en Valachie avec un su­
jet de ce pays, sa cause sera entendue et jugée par le tl irait
valaque, conformé-monl aux lois locales;
9' Tous les marchands turcs se rendant dans celte princi­
pauté, pour y acheter ou tendre des marchandises, devront
i. lire cmmallre aux autorités lou.dcs le temps qu’ils doivent y
■juirrrier, cl devront partir lorsque ce temps sera expiré.
W Aucun Parc n’est autorisé à emmener avec lui , un ou
p'usienrs domestiques natifs de Vatachie, de quelque sexe
que ce soit ; cl aucune mosquée turque n'existera jamais dans
aucune partie du terri luire vainque.
i l- La Sublime Porte promet de ne jamais délivrer un
firman à la requête d’un sujet vainque, pour ses affaires en
Vnlacliic, de quelque nature qu’elles puissent être, et de ne •
jamais s'arroger le droit d'appeler à Constantinople, on dans
aucune aun e partie des possessions turques, un sujet vainque,
sous quelque prétexte que ce puisse être. »
Ce traite fut signe en 1460.

La Moldavic était, au comble de la gloire et de la grandeur


quand, près de mourir, Elienne-le-Grand, effrayé de la. sou­
mission de la Hongrie par les Turcs, convoqua, en 15(01, à
Soutcliava , cette assemblée mémorable où il tint à son fils
Bogdan le discours suivant :

« O Bogdan, mon fils, cl vous tous mes amis et compagnons,


« qui avez avec moi partagé tant de triomphes, vous me voyez
« sur le point de paver le tribut à la nature ; toute la gloire
« de ma vie passée est comme un beau fantôme qui se perd
« dans la nuit ; il a’y a plus de retour pour un mortd, qui,
« comme un ver de terre, parcourt pour un temps les sentiers
«■ tic la vie; la mort vient prendre ses droits ; mais ce n'est pas
« ce qui fait l’objet de ma frayeur, car je sais que l'instant de
« ma naissance a été le premier pas que j'ai fait vers le tom-
« beau. Ce qui m’alarme est la pensée accablante que vous
« avez autour de .vous Soliman , qui menace ce royaume , et
« fera lotis ses efforts pour s'en emparer. H a déjà subju­
gué la plus grande partie du royaume de Hongrie, ainsi
u que la Crimée, qui n'avail pas encore reconnu aucun
maître étranger, et su l’est attachée en y introduisant le
« culte maîiométan ; la Bessarabie n été le théâtre de scs suc-
• eês, ut les Vainques, qui sont chrétiens comme nous, ont
— 32ü -
«dû reconnaître sa supériorité : en un mut, la plus noble
« partie Je l'Asie et de l'Europe obéit à ses lois. Non content
« de sc voir assis sur le trône des empereurs romains, il ne
« mel point de bornes à scs vues de conquête ; il embrasse en
« idée le domaine de toute la terre. Croyez-vous qn'api^^^stam
« de succès et les obstacles qu'il a surmontés , il 'épargne la
« Moldavie qui est à sa porte, et tout environnée des provinces
e de son obéissance?Craignez plutôt que dès qu'il aura réduit
« toute la Hongrie, il ne vienne fondre sur vous avec toutes
« ses forces, te ne saurais jeter les yeux sur nos voisins sans
« déplorer le malheureux état de leurs affiircs. Il n'v a point
□ de fond à faire sur les Polonais, ils sont inconstants et jii-
« capables de faire tête aux Titres; les Hongrois se sont mis
«eux-mêmes dans les fers; l'Allemagne a sur les bras tant
« d’embarras domestiques, qu'il ne lui reste ni volonté ni
« pouvoir dé prendre part à ce qui se passe au dehors. Ainsi,
« considérant h triste situation de tous les Etats qui nous en
« virmjmett, je pense que le parti le plus sage est do choisir
« entre les maux qui nous menacent, celui qui nous paraît I<
« plus supportable. Jamais un pilote dans son bon sens n e
r tendit les voiles contre les tern pètes et les orages ; tlOS force s
« n- peuvent nous rassurer ; les secours étrangers sont eloi-
« gués et incertains; le danger est pressant et ne pcutèir
« écarté : il faut donc se déterminer à adoucir la rigueur d u
« sort, plutôt rpic de no ciller ce lion par le bruit des armes .
Notre sotrmissîoiî sera comme, une eau répandue à propos
• sur celte flamme prêle à éclater ; je ne vois que cette res ■
«source et ce remède pour prévenir notre ruine. C'est pour-
« qnii je vo 'isexhorte dans ces derniers moments de ma vie,
n avec toute la tendresse d’un père et d’il it frère, de tâcher d ■■
r faire vos conditions avec Soliman; si vous pouvez obtenir
« de lui la conservation de vos lois ecclésiastiques et civiles ,
- ce sera toujours une paix honorable, quand même ce serait
• à litre d ■■ fiel: il vous sera plus avantageux d'éprouver 5.1
«clémence que son épée. Mais si au contraire il vent vous
« prescrire d'autres conditions, n'hésiloz pas à mourir l'épée

»r. *
— 327 —
- ;t la main pour la défense de votre religion et la liberté de
« voire patrie, plutôt que de laisser l'une et I autre
* en prou
‘-aux malheurs inévitables , et. dï-tre de lâches spectateurs
« de la ruine de votre patrie, El vous ne devez point, doinei
1 que le Dieu de nos pères, qui seul produit des merveilles ,
« ne se laisse un jour loucher par les larmes de ses serviteurs
« et qu'après vous avoir comblés de ses grâces les plus a bon
i dardes, il ne vous console un jour eu cicatrisant vos plaies ci
. en fixant à jamais vos futures destinées, i»
oJiubtinj U.'?» üïrii-ïb zcq «eovDil’™ eoi aitun ; Jud
Bogdan , qui succéda é son père en 150't . prii la résolutif ni
de se soumettre à la Turquie en 1513, Le grand chancelier de
la principauté, Teului, alla alors trouver le Sultan en qua­
lité dl<im^r^^<^;id'eiir du prince de . Moldavie H déclara qu'il
venait de la part du prince . cl du peuple offrir à Sa llaulcss-i
la Moldavie à des conditions honorables. Il demanda que la
religion fui conservée sans qu’il y fût porté la moindre ai
teinte ; que les lois fussent respectées; que le prince fut tou­
jours indigène, et à ces conditions le pays deviendrait un fiel'
d e l'empire. Solim accepta avec empressement l’offre du grami
chancelier. « Il tant. vire prince, dit Cantemir, pour savoir quel
«plaisir il goûta en celle occasion. Il fut d’autant plus son -
< sible à celle soumission que les Moldaves, ayant plus d'une
« lois mesuré leurs forces avec les siennes, il était obligé d’a-
< voir l’œil sur leurs mouvements, sans pouvoir tourner ses
« armes contre eux à cause des affaires importantes qui Poç-
« cupaicnt ailleurs, »
II passa un acte solennel signé de sa main ci le remit a
Teului pour le porter à Bogdan. Cel acte porte en termes
exprès: « Que la Moldavie s’étant portée de plein gré cl sais
«eonlrainlc à promettre obéissance à l'empire ottoman, h
i volonté du Sultan était, que toutes les églises, avec les riies
« de la religion, seraient inviolables, et que les lois Subsiste­
» raiimi en leur entier, Pour la personne du pr ince , il n'était.
«exigé de lui aafneeltott, sinon que tous les ans il enverrait à
— 308 —
i a Sublime Porlc quatre mille écus d'or, quarante cavale,.
j de service et vingt-quatre faucons, le tout sous le litre do
« fMcJtlhesch ou présent. L'élection des princes par leurs corn
.t patriotes y était reconnue ainsi que le libre exercice des
a lois, et le droit de faire la paix et la guerre et toutes les
« autres prérogatives dont jouissaient lcsValaqucs y furent
* mémo insérés. »
Ce ne fut qu'en 1583 ,q»e Soliman , malgré sa résistance et
les protestations do Pierre Rares, convertit le présent en h.-
but ; mais les Moldaves n'ayant pas donné par leur conduite
heu à ce changement. on peut contester la validité de l'annexe
qu’il mit alors au premier traité.
Les originaux des traités moldaves avec la Turquie ont été
brûlés. Le pays n'en a plus; on pourrait en trouver les textes
dans les archives de la Sublime Porte.
— 3S9 —

TRAITÉS
kxth. x

I .A RUSSIE ET LA MQLIX>-VALAGHIE.

En i'ÿio, avec la Valachic,


En 1711, avec la Moldavie.

Le texte du second traité a été imprimé dans le


corps de l'ouvrage, page 279. —Ces traités sont
les seuls qui aient été conclus entre les deux pays.

Les traités de la Moldo-Palachie avec la Po­


logne el les Hongrois, voisins avec lesquels ils lu
rem longtemps alliés ou en guerre, n’uHirnit plu
qu’un intérêt historique, 011 a pensé qu'il était
inutile de les rappeler.
— :itw

TRAITÉS
ÜK

J -A Tl gQUIE AVEC LA RIJS-SIE.

il ussi !■:.

s Tjilù de paix perpétuelle et d'amittt entre l'empire de toutes les Russie* tl


t.i Porte «tomu tie, conclu dans |e carnp près du village de KnUchouc
K4u,ii,.u,t|j^i, |e lo-‘|t ju|llet 17";ț, par les plénipotentiaires itaniunh par le
Kltl innrécliii.1 comte de Rnmanxow, et par |e grand-dru', cuiitinné pwcts
drlle etn'fsJe u du même mois et ^prouvé et ratifie par Sa IliiuleMe, à

toiist.nHinopæ, J tQ janvier 1773.

Au nom de Dieu Totit-Puișsaiil ,


Les souverains des deux empires belligérants, celui de
tonies [es Rnssies et la Porte ottomane, étant également ani­
mes du désir et de la volonté de mettre fin à la présente guerre
enlre leurs empires respectifs, et de rétablir- la paix par leș
soins du personnes de confiance respectivement autorisées à
cet effet, ont chargé de leurs pleins pouvoirs, pour négocier,
li -réter, conclure et signer le traité de. paix entre leurs très
hauts empires respectifs, savoir: S, M. I de toutes les llus-
sies, le c-uule Pierre du Romanzow, général frld-maréchnl-
commandant de son armée, gouverneur général de la petite,
Russie, président du collège delà même piovince , et cheva­
lier des ordres de Saint-André , de Saint-George-;, de Saint-
Alexandre Newski et de Sainte-Aune; et sa Hautessc, le grand-
vizir de h Sublime Porte. Mousson Zadé Mcltcmed Pacha ; en
conséquence . les deux commandants en chei" des armées. I.
— 33i -
gtiunr.il Md-maréchal eoinic. l'iene'doBnhàilw^nx-.el le grarrçt
vizir Mousson Zadé Mehemcl! Pacha , pour se èoifft^mcr à la
volonté de leurs hauies cours, oui douf tous leurs soins à
cette affaire; ci Mschaudei Jtasnri Acl m nul Effendi, et Ibrahim
Ahnnl», Rins-Eflendi, rnvoyéjoiinmüpkhiipoipjiiiaireS , prn-
le grand-vizir, le ciuipiii -me jour de j itllet de l'année tTT't, au
camp du feld-maréchal général, le la pari do la Sublime Porie,
ut It! plempiitemi lire nommé par le susdit général fdd-mtré-
cdhlJ ie prince Kiculas Rcpnin, lieiücriiuii général, chevalier
Je r<°rdre de SmnbGecirgjeH de fa seconde classe, ei des ordres;
de Suint-Ucxaudre Newsky, de ihAîftc-Bhinc de Pologne et de
" -.nle-Anne de llolstHn, oui coujninienieiii , gn présence (lu
même général feld-iüarcrhal m minie de Romam mov’, drossé,
arrêié. conclu, signé cl muni dn cachet de leurs armes, les
articles suivants, pour effectuer la paix porpèiudle entre
J rnpire de tontes les Russics ei la Porte ûltomanc

Art. 1". Tous itr les d'inimiliè et de haine qui Ont cii lien,
jusqu'à cc moment entre ks deux puissances, cesseront dès
à présent et pour toujours, et (ouïes Inutilités cl dommages
causés par les armes ou autrement., ainsi que iouies emre­
prises laites et exéeulétis, par l'imeou par l'anire parlai, se­
nari ensevelis dans un éiemel oubli, ei il n'en sera plus jamais
tiré vengeance en mienne mmûiè'e; mais il subsisiera an cou-
iraire entre les deux pariies une paix perpétui'H-’, si ble t?
inaltérable. huii pai ierro que par mer. On ciilrulicmlra pa-
rcillcmem un accord sincère, une amitié éternelle el invio­
lable, par le plus scrupuleux accompliss^iniiei Hei mainiien de
ces articles et re l'union formée entre les deux très limites
pariies coiiiniei.i nies, S. T. II. Mttjvsié impériale ei Sa Méjesiç
le Sultan, leurs SüceccssurS et descend - unis, et aussi ouire les
empires, possessions, pays, sujiclsct habitants de» deux par-
lies, il ii sorie qiiA l'avenir m ici me dos doux pariies n ’cnire-
prend ra conire Pi nire, ni en secret,, ni au veriement, aucun
arie d’Irnstililé (>n pnrlaiil préjudice ; cl, (n vertu de ÜO rc-
ii-mvel le meiii sincère d'amitié, les deux pariies prometieni
— 332 —
une amnistie réciproque ci un pardon général, sans aucune
exception quelconque, à tous ceux de leurs sujets qui pour­
raient avoir commis quelque délit contre l’une ou l’aulr e par­
tie, rcriietfuitL en liberté ceux qui se- trouvent aux galères un
dans les prisons, permet tant aux exilés et aux bannis de re­
venir, ci promenant do les remettre, après la paix, en pos­
session de leurs dignités et biens dont ils ont joui par le passé,
ne voulant leur faire, ni permettre qu’il leur soit fait par
d’autres, impunément aucun outrage, dommage ou préjudice’, _
sous quelque, prétexte que ce suit, mais que chacun d’eut
puisse vivre sons la garde cl la protection des lois et des
usages de leurs pays et sur le même pied que- leurs contÇ-
tovens.
-■ Si, après la conclusion de cette paix . et l'échange des
ratifications, quelques sujets des deux empires, ayant commis
quelque crime capital, ou s'étant rendus coupables de déso­
béissance ou de trahison, voulaient se cacher ou chercher
asile chez l'une des deux puissances, ilsn’v pourront être reçus
sous aucun prétexte quelconque, bien loin d'y pouvoir trouver
le la protection , mais ils seront livrés sur-le-champ , ou au
noms chassés des Etais de la puissance chez laquelle ils se
seront réfugiés, afin que de pareils malfaiteurs ne puissent
occasionner aucun refroidissement d'amitié, ni aucune con­
testation inutile entre les deux empires; avec exception seule­
ment pour ceux qui embrasseraient la religion chrétienne- dans
l’empire de Russie, ou la religion mahométanc dans l'empire
■ttoman. Pareillement si quelques-uns des sujets ries doux
empires, tant chrétiens que mahomélans, ayant commis quel­
que forfait ou délit pour quelque motif que ce soit, passaient
d'un empire dans l’autre, ils devront être livrés sur-le-champ
lorsqu'ils seront- réclamés. ■
3. Toutes les nations tarlares de lu Crimée, du Budziack
mu Budjiac]} du Ruban, d'Védisian (ou Edixsanj de Giamlai-
hic (on laramfouiMt}, fie Sèdiknl ; on EdituCkM} , sans au­
cune exception quelconque, seront respec^^^vemun , par les
— 333 —
deuS miip i res, i en nnues libres, ut ^nié-nmni! lidtpttndkHi
* HÎ
do uniie pmssanco élrmigèrc, e1 comme éianl. sous jla pms -
sauce immédiate de leur propre Llum de la race deTbmghys-
ll«Hi, élu ctétnbli ți- Incoord cl avec te conscniemént una-
nimedes peuples mruircs; lequel los gouvernera suivant lem ..
lois ut leurs mtciciis usages, sans jamais rendre compte en
aucun temps à aucuns puissance étrangère qiudcnrupif'; m,
en conséquence, ni la cour de Russie, ni la l’onic ottAmand i- •
si? méleionff en aucune manière do Sélection et de Rétablis m -
amit ilmlit khan, non plus que de leurs affaires douneniqiu’'.
politiques, civiles et intérieures; mais la cour do Russie ei ti
Porte ottomane rewnantirent et regarderont ces nations lar
Lares, dans leur état politique et civil, sur le même pied qi -'
les autres puissances qui se geuYer^Bitt par elteMkiAnes et m
dépend tnt que de llicu seul- Quant aux cérémonies de tel -
giûti, umilim?, les Tarla rts professent k même tulle que les
musulmans , et que S, M. le Sultan est regardé comme le
souverain calife de la rolipon mahomélane, ils se condjțirni-t
à son égitii, <i>ii nu - : il est prese lit par les préi'ipi-S loi »
loi, sans ccprmkm comprimettire par I.i leur hlmrté politiqi. ■
cl iiivîliii telle liii’clk vient tl cire établie. L'empire de Rossi
js-1 ill à lad i le tiatinu mr^nic (à l'exception des tiinléresses di -
Kerlsch et de Jcnikriï arec leurs l stricts ch ports, qm; la
Russie retient pour elite, tuuies les villes , forteresses , liait, -
'niions , terres et ports conquis dans la Crimée et dans le
Ki - bu n par les a r m es ru sacs, les dis i rie - s en ire les fl et i ves Kcr I a.
Kouscl i-mide mit wnla\ et It üniéper, de mémo qui
loiit le pdjsqùi s’étend jusqu'aux frontières de Pologne entre
le Rog ét k OniteiBr, à l'exception'de la fel,im'tese dtyfrczft-
kow avec soit aticim district, laquelle, restera, comme par le
passé, à la Sublime Porte , promettant, après la conclusion
du irrité d ; paru , et l'échai^e des tiiiifications d’uMIua , de
retirer de ces pays inities SCS troupes; et h Sublime Parie
s'engage pareil Icinrui de son côté, à sc désister de tous les
droits qtleleti^ii.|lJes qu'idk peut avoir sur les forteresses ,
villes, lin blinti^^^^^, eiu., dans la Crimée, dans le Kubf.u ci dans
33» —
I ilr iarnau, vi a ne jamais envoyer dans ces endroits des
garnisons ou antres troupes années, et, en conséquence- à
remettre aux larlares, de la même manière que ' fait la
Russie, ces Etals, pourètre à leur pleine cl véritable disjm.i -­
lion, et sous leur gouvernement et pouvoir immédiat et m -
dépendant. La Sublime Porte s’oblige en outre, cl promet
solvim dlcment quelle ne fera jamais passer à l'avenir, dans
lesdites villes, forteresses, terres çt habitations, aucunes gai
nisous de scs troupes ou d'autres ; qu'elle u’y inlroduira ci
n’) entretiendra sous aucun prétexte de ses troupes armé
et qu'elle n'enverra pas même dans ces pays des s finium'.s on
intendants, ou autres employés militaires île quelque espèce
ou de quelque nom que ce soit ; mais qu’elle laissera tous les
l artarcs dans la jouissance de leur liberté et indépendance-
comme les y laisse l’empire de Russie.
»■ Conformément au droit naturel de toute puissance de
faire dans sou propre pays toutes les dispositions qui lui pa-
missent convcnablès, les deux empires auront réciproqm -
ment une liberté entière et illimitée de construire dans h - ors
Etats et en dedans de leurs frontières, des forts, villes, bourgs,
fabriques cl habitations, en tels endroits qu'ils jugeront dre
les plus convenables pour ces objets, ainsi que de réparer ri
de. renouveler 1rs anciens forts, villes, places et autres.
5. Après la conclusion de cette heureuse paix, et le- renou­
vellement sincère d’amitié et de bon voisinage, la cour impé­
riale de Russie aura toujours auprès de la Sublime Porte un
ministre du second ordre, c’est-â-dii'c un envoyé ou nu mi­
nistre plénipotentiaire; et la Sublime Porte aura pour son
caractère toute la considération et tous les égards ci- atten­
tions qu'elle a pour les ministres des puissances les plus dis­
tinguées ; cl dans toutes les fonctions publiques, ledit ministre
ou envoyé suivra toujours immédiatement celui de l'empi.. leur
d'Allemagne, si ce dernier est revêtu du même caractère ; et
si ce miin-lre de l'empereur en a un différent, c’est-à-dire
plus élevé ou moindre, le ministre ou envoyé de Russie mar-
335 —
.. ... immédiatement après l'embassadeiir de Hollande, mi,
mvir) absence, après l'ambassadeur de Venise.
*
■ - Si quelqu'un de roux qui sont effectivement mtaclics au
■ i icr actuel do ministre de Russie, pendant sa résidence, vu-
I-rés lie la Sublime Porte, après s’Mrc rendu coupable de
quelque vol, délit grave, oti quelque antre faute qui mérite
mmtimi, voulait s'y soustraire, en embrassant la religion de
’al inet, ou no pourra l eu empêcher ; mats il ne sera admis
■■ nouveau culte qu’après avoir reçu mérité, et
après avoir restitué en entier les elTeisJv olés, cou formé ment
’ la déclaration laite par le ministre. Ceux qui diront qu'ils
i’ ut sis faire niahoniclans, dans un temps oii ils seront

rcs, ne pourront être reçus dans celle religion qu’après qm-


i1 b cesse sera passée, et lorsqu’ils auront recouv ré l’usage de
raison, ci alors tué ui? il faudra que leur déclaration soit
i'aitc n présence d’une personne nommée a cet effet pa.rt)o mi
s‘ie. et de quelque musulman nov suspect de partialité.
I. La Sublime Porte promet une protection constante à la
■ligimi chrétienne et aux églises de cette religion. Elle per­
met u ministre do la cour impériale de Russie de faire en
nie occasion des représentairons à la Porte, tant ov faveur
î église construite à ^^^f^lt^ivti^^j^llt, et dont il sera fait
icnturn dans l’art ici c 1 + . qu’em faveur de ceux qui la des
• i mt ; ci. die promet de donner attention à ces renton-
••■umes, comme venant d’uve personne considérée, et appar
mini à Hncquiissmice voisine et sivcèremevt amie.
3. tous les sujets de l’empire russe, tant ecclésiastiques
te séculiers, auront la permission de visiter librement la
b; suinte de Jérusalem et les autres lietu.x dignes d’v tien tien,
f i. nn ve demandera ïi ces pèlerins et voyageurs, ni à Jérusa-
Ivin, ni en’d'autres endroits, vov plus que sur les chemins
airruv.de ccs endroits, aucun karalseh (1 ), taille, tribut, ou
’cnni- autre taxe. Mais, de plus, ils seront munis de passe»

( i ; Droit de passage.
M? —
présent ■<riH-le. avec ions tes mêmes privilèges et âvaniagt-s
. .... jcuidM-iii omis susdites possessions les nations les pins
amies de ki Sublime Porte. et qu'elle favorise le plus dans les
privilèges du commerCb; telles que les Français et les Anglai s.
Les capitulations de ces deux nations et des autres comme m
elles étaient insérées ici mot pour mot, doivent, dans toute-
les occasions, servir de règle, tant pour le commerce des Russes
que pour le marchands russes, lesquels, en payant les mêmes
droits que ces nations, pourront importer et exporter tonte
' spèce de marchandises, et aborder à tout port et à toute
plage, tant dans la mer Noire que dans les autres mers, comme
aussi à Constantinople.
En permettant, de la susdite manière, aux sujets respectifs,
le commerce et la navigation sur toutes les eaux sans exccp
lion, les doux empires permettent de plus à leurs marchands
de s'arrêter dans leurs domaines respectifs, autant que leurs
intérêts et leurs affaires l'exigeront ; et, par le présent ar-
ticlc, ils leur promettent la même sùroté et liberté dont jouis -
sent les 'autres sujets des cours amies.
Et attendu que, dans toutes choses, il est indispensable de
veiller au maintien de l’ordre, 11 Sublime Porte permet encore
l'établissement.de consuls et de vice-consuls dans ions les lieux
où l’empire russe les jugera nécessaires ; ils seront considéré s
et respectés comme les autres consuls des puissances amies
Elle permet à ces consuls et vice-consuls d'avoir avec eux tics
drogmans appelés baratfu, c'est-à-dire qui ont des patentes,
en les munissant de patentes impériales, cl les faisant jouir
des mêmes prérogatives dont jouissent les autres consuls au
service de l'Angleterre, de la France cl des autres nations.
I/ empire russe permet, de son côte, auxstijctsde la Sublime
Porte défaire le commerce dans ses Etats, par terre et par
eau, avec les mêmes prérogatives et avantages dont jouissent
toutes les nations les plus amies dudit empire, en payant le-,
droits ordinaires. Lorsque les bâtiments éprouveront quelqu ■
accident dans leur navigation, les deux empires seront tenus
de leur prêter tous les secours qui. dans ces circonstances, se
- •» 22

* >

•» •
_ 33a —
dimiicuil aux nütiüns les plus amies ; ci les ihost® dont ils sul-
iciI besoin leur seront fournies au prix accoutumé.

12; Lorsque la cfjtar impériale dç Jlu-sm-vmi ira faire dé *


traités de commerce avec les Africains, c’est-à-dire avec les
régences de Tripoli, de Tunis cl d'Alger, la Sublimc Porte
s’engage A employer sim au toi ■ ilé et finn-crédit pour l '-PPPP
plissement des vies de la susdite cour, et à se porter gnrmil •
par rapport Aces régen me», de ’ «sénuiiCto des condițiims Ips
dits trai tés.
13. La Sublime Porte promet (remployer le tim ■ ■■■•■-■
d'impératrice de toutes les Russie s dans tous les actes et dans
toutes les leUres publiques , connue aussi en tout auii■ -■ ,■ m
dans la langue turque, savoir, frnwwrt rid j ■ ■■■
disrkach.

là, l.a très haute cour de Russie poucnl, a l’ilis ■ • •• • •
mures puissmn.ce, mdé'pcndammtmt de l'église pani ciel■ éi■ -
hàlie dans la maison du ministre, an faire construire une dans
le faubourg de Galata, dans la rue appelée Bey-Ughi, bnn<dk
église sera publique, ei appelée l'église Russo-Grecque. :■ ■■
église sera toujours sous la protection du ministre l- t.
empire ■ et i 1 J’.bj^-î de espèce d’insulte- et tic molesti-
15. Quoique d’après la maim-re dont sont réglées les lin 1 h ■ s
des deux empirés çontraclimlh , il soit aisé de voir que les
sujets des deux Emis respectifs ne seront plus diitis le cas
d’avoir des querellé® ou des disputes sérieuses, né'innioins,
pour obvier à tout évcncmimt împnévu, et prévenirtouf ce qui
|b. u riail cntiser du refroidi ssemcmt, ou rompre les traités, les
doux empifeâ sont convenus que, dans coscircuitstances, if
faite sera examinée par les gouverneurs et commandants
limitrophes, et par dés commissaires nommés à cot ctlct ; les­
quels, après un examen convenabil? , serons tenus de rendre
c.ta^?lcirleût justice à qui elle appartiendra , sans le moindre
détail avec la slip nia lion c xpresse que ces différends ; .irtieu-
Ws ne pourrOiR îicl-lalli lerva de prétexte -1 altérer en aucimo
v r^i’ïi0 rtH -iie <ni''1i .ltrp Wbwws IW un» i
— —
l'.içou !’aujittè et hi Imihc harmonie rélablieS par Ir prt - eu.
traité.

Ui. L’empire ritsso descitue à ta Sublime Porte toute la


Bessarabie, avec Ics^■ fiés d'Alkcrman, de Kilia, d’Ismaïl, ri
autres bourgs et villages, avec toutes leurs appartenances et
dépendances, comntë' dussi la forteresse de Bender; elle r •
tiltie encore à la Sublime Porte les deux principautés de
Valachio ci de Moldavie, avec toutes 'les forteresses, vilI ■
bourgs, villages cl généralement tout ce qui s'y trouve com­
pris, et la Sublime Porte les reçoit aux coéditions suivantes,
qu’elle s'oblige cl promet solennellement d’observer religi^'n-
veiucut ;
1 D'observer à l'égard des habitants desdites principau­
tés, de quelque état, qualité, condition , nom et race qu'ils
soient, sans cxeeplimi, l’entière et parfaite amnistie, cl l'i ter-
nel oubli stipulés dans l'article 1" de ce traité, en l'aveu r de
tous ceux g ni aurai■ ou commis quoique crime, ou auraicu ■ ■
soupçonnés d ' avoir agi contre les intérêts de la Sublime Porte■
en les réintégrant dans leurs premiers grades, emplois et pos­
sessions, et en leur restituant les biens dont ils jouissaient
avant la présente guerre.
ă | lie n'empMicr en aucune manière le libre exercice de
la religion chrétienne, comme aussi de ne point s’opposer à
la construction de m.iuvciles églises , étau rétablissemcitl d(is
.anciennes, comme cela avait lieu par le passé.
3" De restituer aux monastères, et aux autres persomu s
particulières, toutes les terres et possessions qui leur app■ ir-
tenaient anc^^^nuumuH-, et qui, depuis, leur ont été cnloviico
contre toute justice aux environs de Braliilow, Choczim .
Bender, etc., et qui, aujourdriin, sont appelés rai.
V De reconnaître et de respecter le clergé, comme il cou-’
vient a cet état.
5 ■| D'accorder aux familles qui voudront abandonner leur
patrie, et se transporter dans d'autres pays . In faculté u e te
faire librement et d’emporter leurs biens avec elles : et ■ pour
au
— Mt) —
que ce# familles puissent avoir le temps nécessaire pour at -
. iiyer leurs affaires, u leur sera accordé le terme d'un an
pour émigrer librement de leurs pays, lequel terme devra se
compter du jour de rechange du prèseul.traiié.
(* De ne rien exiger des habitants do ces pays, ui en ar-
gi* ut, ni autrement, pour d'anciens comptes de quelque es­
pèce qu’ils soient.
ï De ne point non plus exiger d'eux aucune contribution
uitre paiement pour tout le temps de la guerre , attendu
le grand nombre de pertes et de calamités par eux souffertes-
j en daiii sa durée, ni môme de deux ans à compter du jour
de l'échange dudit traité.
H" Lequel temps expiré , la Porte promet d'user de toute
I humanité et de toute la générosité possibles, dansPimposi-
non des tributs consistant en argent., et de les recevoir par
le canal des commissaires qui seront envoyés tons les cinq
ans; et, après le paiement de ces tributs sur eux imposes ,
aucun pacha, ou gouverneur, ou autre personne quelconque ,
- pourra, en aucun cas, les molester ni exiger d’eux aucun
- mires pâicmen t et imposition quelconque, sous q uelque nom ou
prétexte que ce soit ; mais il leur sera permis de jouir des
mélnes avantages dont ils ont joui du temps du régne de
Mahomet IV, d’hcurcusc mémoire, père dé Sa lïamcsse.
!é De permettre encore aux souverains des deux princi­
pautés de Moldavie cl de Vakudiie, d'avoir chacun pour son
comple , auprès de la Sublime Porte, des chargés d’affaires
r-hréiirms de la religion grecque qui feront leurs affaires, cl
ces ch a rgés d’affaires auront soin des intérêts desdites princi­
pautés ; cl ils seront favorablement traités par la Sublime
l ’<u-tc, qui les regardera mémo, maigre leur peu d’impor­
tance , comme des hommes jouissant du droit desgens, et par
conséquent exempts de toute vexation,
10’ La Sublime Porte consent encore que, suivant les cir-
eonst ances où se trouveront les deux susdites principautés, les
miuîstres de ht cour impériale de Russie puissent parler en
leur laveur; et la Sublime Porte promet d’avoir égard à ces
— ;ui —
ivprésen ta lions, conformément à la considération amicale et
aux égards que les puissances ont les unes envers lês autres.

17. L'empire russe restitue à la Sublime Porte toutes les


îles de F Archipel qui se trouvent à présent sous sa domina­
tion; et la Sublime Porte promet de son côté :
1 I)e maintenir religieusement, à l’égard de leurs habi­
tants. lés conventions stipulées dans l’art. 1", par rapport à
l'amnistie générale, et au parfait ou blide toute espèce de
fautes , tant commises que soupçonnées d’avoir été commises
au préjudice des intérêts do la Sublime Porte.
u 2* Que la religion chrétienne ne sera jamais exposée à la
plus légère persécution ; qu'il ne sera jamais défendu do rt
parer et de réédifier les églises de ladite religion , et que l<s
personnes qui desservent ces églises ne seront jamais insultés
ou persécutées eu aucune manière.
3° Que la Sublime Porte n’exigera de ces habitants aucn
paiement annuel de taille, pour tout le temps que ceux-ci
sont trouvés sous Ja dépendance de l'empire russe , attem
les pertes et dommages qu’ils ont essuyés dans cette guère,
et quelle n'en pourra demander avant l’expiration de du
ans, à compter de la restitution de ces îles à la Siblin
Porte.
i ' A l’égard des familles qui désireront s’expatrier e
transporter ailleurs, il leur sera permis de s’en aller avec
tous leurs biens; et, afin qu’elles aient le temps d’ar , ;-t
leurs affaires, il leur sera donné pour cela le termed’uue
année, à compter du jour de l’échange du présent irai
5’ Si, au départ de la flotte russe, qui aura lieu troismois
après Icchange du présent traité, elle se trouvait avoir bst.m
de quelque chose, la Sublime Porte fera son possible jour
lui fournir tout ce qui lui sera nécessaire.

18, Le château de Kimbunt (ou Kil-lwrn), situé à l'cmltu-


chure du Dnieper, avec un district suffisant sur la rive gu-
che dudit fleuve et l’angle que forment les terrains « Ir-srrs
— W2 —
situés entre, le Bug et k I tuiOpet■ , restent ui i propriété entière,
perpétuulb et incontestable à l’empire de Russie.
19. I .es forteresses do Jénikal et de Kertsch (ou Kcrcț]
situées dans la presqu'île de Crimée , avec leurs ports et avec
tout ce qu'elles renferment, ainsi que leur territoire , lequel
commençant dépuis la mer Noire , s'étend le long des anciens
cunllns de Kertsch jusqu'au lieu appelé Bogasz Ion /ïugafc),
et de Bygak, en remontant en droite ligne jusqu'à la mer
d'Azow . restent en propriété entière, perpétuelle et non
contestée à l’empire russe.
20. La ville d'Azow avec son territoire , et avec les limites
énoncées dans les actes passés en l'an 1700j c’est-à-dire dajB
l'an 1 H 3, entre le gouverneur Tolstoy et le gouverneur d'Ac-
ôuc Hassan Pacha, appartiendra à perpétuité à l'empire de
Hissici
21. Les deux Kabardcs , c'est-à-dire la grande et la petite ,
éut par leur voisinage avec les Tartaresen une plus grande
pncxion avec le khan de Crimée , il est réservé audit kan de
(iseniiravec son conseil et les anciens de la nation tartare ,
da ces pays appartiennent ii h cour impériale de Russie.
>2. Les deux empires sont convenus d'annuler et demeure
jaunis en oubli tous les précédents traités et pactes faits
treeux, y comprenant la convention de Belgrade' et celles
]i Vnt suivie , et de ne fonder jamais sur lesdits traités
tucuni prétention , à l'exception seulement de la convention
da l'amée 1700, faite entre le gouverneur Tolslov et le gou-
vrnetr d'Aceùic Hassan Pacha, pour les limites du terri-
mire ,l'Azov et pour le règlement des confins de Ruban,
quille convention rosie sans altération comme elle était par
1 .
h■ pisse,
■* ■ ■ -J ' ■
2L Quant aux forteresses situées dans la partie de la
rg îe et de la Mingrélic : comme Bazdadgic (ou Bogdadgick},
(P
*
i .ailis (ou Kutatû), cl Sc-berbaii (ou ScAeAfcrftun), conquises
i unies armées russes, la Russie les reconnaîtra comme ap­
prenant à ceux qui les ont possédées dans l'ancien temps,
— 343 —
ou longtemps avant qu elles lussent possédées par la Su­
blime Forte ; cl, après l'échange du présent traité, jes armées
russes sortiront dans le temps convenu des susdites provinces
de Mingrélie et de Géorgie. La Sublime Porte , do son côté ,
s'oblige, conséquemment A la teneur de l’art. 1", d'accorder
une pleine amnistie à tous ceux qui, dans ces contrées , l’ont
offensée en quelque manière que ce soit pondant le cours du
la présente guerre. Elle renonce authentiquement , et pour
toujours , à exiger jamais de tribut de jeunes enfants , soit
filles ou garçons, et aucune antre espèce de tributs. Elle
s’oblige do no reconnaître dans cos provinces , pour ses su­
jets, que ceux qui, anciennement, lui appartenaient; rie
laisser de nouveau à la gftrtlqei sous l'adminislration immé­
diate des Géorgiens et des Mingrélietis toutes les terres et tous
les lieux fortifiés qui leur appartenaient anciennement ;
comme aussi de ne gêner en aucune manière la religion , les
monastères et les églises; de ne. point s'opposer à la répara­
tion des anciennes églises, à la construction dos nouvelles,
et d’empêcher qu'aucun ne soit molesté dans la possession de
ses biens par quelque prétention du gouverneur do Cildir
<m JMildirsi'i cl des autres chefs et officiers. Toutefois,
comme lesdits peuples se tou vent sujets de la Sublime Porto,
l’empire russe ne devra plus à l’avenir se mêler fie leurs af­
faires, et promet do no point les molester.
Aussitôt après la signature et l’approbation deces ar­
ticles, toutes les armées russes qui se trouvent, en Bulgarie ,
A la rive droite du Danube, se retireront ; el dans le terme
d’un mois, après la signature, elles passeront sur la rive gau­
che de ce fleuve. Quand elles auront toutes passé le Danube,
alors on livrera aux troupes turques le çhAleau d'IJirsowa,
qui sera évacué seulement après le passage de toutes les
troupes russes sur la rive gauche du Danube; on procédera
ensuite à l’évacuation de la Valachie et de la Bessarabie, l’éva­
cuation de ces deux provinces devant se faire en même temps,
et dansl’espace de deux mois; et, «presque tonies les troupes
— J44 —
se seront reLirves de ces deux provinces , on remuttaii
alors aux troupes turques, d'une pain, la forteresse de
Giurgewotei ensuite Brahilow ; et de l'autre, la ville d’Ismml,
la forteresse de K ilia , et ensuite Akcrman, aussitôt que les
gaiitnmns russes seront sorties de ces places pour suivre les
autres troupes; de sorte que le ternie de deux mois est fixé
pour l'évacuation entière de ces deux provinces.
iæ qui étant exécuté, l'armée impériale russe sortira de la
Moldavie et passera A la rive gauche du Dniester; et ainsi
i i.o acuatiuii de tous ces lieux et pays se fera dans l'espace di?
cinq mois, après la signature de cette paix , qui doit assurer
la tranquillité perpétuelle entre les doux empires contrac­
tants; et lorsque l'arméo russe sora jmss'éoà la rive gauche
du Dniester, alors ou livrera aux troupes turques les forte­
resses de Choczun eide Render; mais sous la condition sou-
lentern que, dans le mémo intervalle, on aura remis so.us la
domination perpétuelle et incontestable de l’empire russe le
cl’Aieau de Kiriibui'n. avec son territoire .ainsi qu'il a déjà
été décrit, et avec l'angle que forment les campagnes désertes
renfermées entre les fleuves de Bog et de Dnieper, suivant ce
qui est porte dans l'art, I8 de celle paix perpétuelle entre les
deux empires.
Quant aux îles de ['Archipel, la flotte et les troupes impé­
riales de Russie qui y sont employées, les restitueront à la
- : e sur l'ancien pied , et les feront rentrer sous sa domi-
mitioji mm contestée aussi promptement que les arrangements
ci les besoins particuliers de celte flotte le perm<‘tt^ont,
iiLiaml pas possible, a cause de l'élu igné meut, de fixer un
terme précis pour celte opération; et la Sublime Porte, s'en­
gage , pour bêler le départ de h susdite Hotte. comme étant
déjji une puissance amie, à lui fournir, autant que cela lui
sera possible, toutes les choses dont elle aura besoin.
Aussi longtemps que les armées impériales russes se tron-
veront dans les provinces qui doivent être restituées à la
SubIrntc Porte, le gouvernement et l'ftdtnmisiratù^u de ces
pi winccs continueront a être tels qu ‘ils ont été jusqu ’à pré
*
— 3i5
X'HL , uL la puhsuaoiun e.» austera aux Russes ; ei. jusqu'au
temps et an tonne du départ eutierde toutes les armées, h
Porte ne doit pas s’immiscer dans le gouvernement desdites
provinces, et les troupes russes continueront jusqu'à la fin à
en tirer tout ce (pii leur sera nécessaire pour leur subsistance
et pour d’autres usages > sur le même pied , et de la même
manière quelles le pratiquent à présent.
Les troupes de la Sublime Porte tic doivent entrer dans les
forteresses qui lui seront restituées, et elle ne pourra irritro—
d.dre sou autorité dans les pays qui lui seront remis, que
lorsque h* commandant de Farrnêu russe aura donné avis do
l'évacuation de chacune de ces forteresses ou pays au com­
mandant que la Porte aura nommé pour cet effet.
Quant aux magasins de munitions de bouche - et de guerre
qui sc trouvent dans les forteresses et dans les vilele», les ar­
mées russes pourront les emmener à leur volonté , et. elles no
rendront à la Sublime Porto que l’artillerie turque qui sc
trouve présentement dans ces places. Pour ce -qui concerne
les habitants qui sc seraient mis au service impérial de Russie,
de quelque état et conditions qu’ils soient, dans tous les pays
qui vont être restitués à la Sublime Porte , et quant à ceux
encore qui voudront, en conséquence du terme d’un an fixé
dans les articles IG et 17 du traité de paix , partir et se retirer
avec leurs ramilles et leurs biens , en suivant les troupes
russes, b’sdits habitants pourront le faire; uL la Sublime Porte,
en conséquence des susdits articles , s’engage ù ne les en em­
pêcher en aucune maniere, ni as de l'évacuation, ni pendant
le terme entier d'une année.

25. fous les prisonniers de guerr e et les esclaves des deux


sexes, du quelque dignité et rang qu’ils soient, qui se trou­
veraient dans les deux- empires, A la réserve de ceux qui,
étant niahornétans, auraient embrassé volontairement la reli­
gion chrétienne dans l’empire russe, et de ceux qui, étant
chrétiens auraient embrassé volontairement. la religion maho-
métane dans l'empire ottoman , devront , - immédiatement
— 3W —
après l'échange■ des ratilicaiiotis de ce traire, et sans qu'un
puisse,alléguer aucun prétexte quelconque.être mis en liberté,
rendus et livrés réciproquement.. sans aucune rançon on
paiement. Pareillement tous les autres chrétiens qui seraient
tombés en servitude , comme Polonais , Moldaves , Vainques,
Péloponésioint, habitants des îles et Géorgiens, en quelque
nombre qu'ils soient . devront être mis en liberté sans la
moindre exception . et sans aucune rançon ou paiement quel­
conque. Be même aussi, on rendra et livrera, sans aucune *
rançon, tous les sujets russes qui, par quelque accident <fie
ce fût, après la conclusion de cette heureuse paix , seraient
tombés en servitude, et qui se trouveraient dans l’empire
ottoman . l'empire russe s'engageant de son côté à la même
chose envers les sujets de la Porto Ottomane.
26. Aussitôt que l'avis de la signature des présents articles
sera parvenu en Crimée et à Ocznkow , le commandant do
l'armée russe en Crimée et le gbuverneur d'Oczakow s’en
donneront avis mutuellement sur-le-champ; et dans le terme
de deux mois , après cette signature, ils députeront de pan
cl d'autre des personnes sûres pour livrer et pour recevoir le,
château de Kimburu avec scs dépendances , comme il a été
stipulé dans l'article 18 ci-dessus; et ces personnes sûres
exécuteront cotte condition dans le terme de deux mois, à
compter du jour qu'elles se seront, réunies , afin que toute
cette affaire soit absolument terminée cl pleinement exécutée
dans l'espace de quatre mois après la signature de ce traité ,
cl même plus lût encore , si cela se peut; et elles donneront
sur-le-champ avis de l’exécution à leurs excellences le fcld-
maréchal général cl le grand-vizir.
27. Mais pour conclure et pnnrasstircr plusefficacement la
présente paix . cl une sincère amitié entre les deux cours, ou
enverra de part et d’autre des ambassadeurs extraordinaires
qui confirmeront le traité de paix , ainsi que les ratifications
'a .pénales ; ci les deux cours de Concer. régleront le temps
de ces ambassades solennelles. Les deux ambassadeurs se
— 347 —
rencontreront dans le même lernpssur les frontières, et seront
reçus, traités et respectés avec les mûmes usages et cérémonies
pii s’observent entre les ambassades respectives de la Porte et
les puissances européennes que la Porte traite avec la plus de
distinction; et, en signe d’amitié, on s'enverra réciproque­
ment, avec ces ambassadeurs, des présents dignes de la
grandeur de Leurs Majestés Impériales.
»
28. Aussitôt que les susdits plénipotentiaires, savoir , do
îa cari de l’empire russe, le prince de Repaie, lieutenant gé­
néral, et de la part de la Sublime Porte, le ' Mschandgi Resiui
\chmet Effcndi, et ibrabim-Munib Rcis-Effcndi, auront
signe les articles de cctlc paix - perpétuelle , les hostilités de­
vront cesser entre les armées principales, ainsi qu’entre tous
es corps détachés des armées do terre et de mer , à la réccp-
ion des ordres qui seront donnés; à l’effet de quoi les com­
mandants eu chef, le feld-maréchal et le grand-vizir expédie-
■ont sur-lé-champ des courriers pour l’A rchipel et pour l’csca-
irc qui se trouve dans la mer Noire vis-A-vis la Crimée, et
pnurtous les autres lieux où les hostilités s’exarcont de l'une
et de l’autre part , afin qu'apfùs rôtablissenieit de la paix les
iniuiiiiés et les actes d’hostilité puissent cesser dans tous les
lieux ; et les courriers porteront à la fois les ordres du feld-
maréchal et du grand-vizir, pour le cas où le courrier russe
venant à. renronin-r en premier lieu un des commandants turcs,
il put lui remettre l'ordre du grand-vizir; et que si, d’un autre
côté, le courrier turc rencontrait cil premier heu un commun -
tant russe , il pût lui remettre l’ordre du feld-maréchal..
Et comme les souverains des empires respectifs ont confié
les stipulations sur lesquelles cette paix doit être conclue,
aux généraux en chef de leurs années, savoir, nu téid-ma­
réchal comte de Rotna.nzow, et au grand ’ i-zir Mousson-Zadé-
Mebemel-Pacha ; en conséquence le feld-maréchal et le grand
vizir doivent, en vertu du plein pouvoir à eux donné par leurs
souverains, confirimer, par leurs signatures respectives et par
l'apposition de leurs cachets, tous les susdits articles de la
3W —
|>ux perpétuelle, tels qu’ils sont expliqués dans cet ^i<j,
connue s’ils avaient été faits véritablement devant eux et en
leur présence, el maintenir fortement cl invariablement et
exécuter fidèlement tout ce qui est porté et promis dans ces
articles, et ne jamais rien faire qui y soit contraire, ni le
souffrir de la part d'aucune personne quelle qu’elle puisse
être; des exemplaires pareils à celui-ci, et confirmés d'un
commun accord par leurs signatures et par l’apposition du
leurs cachets i ceux du fcld-maréehal devant être en langue
russe et italienne, et ceux du grand-vizir en turc et en ilalif^),
ainsi que les pleins pouvoirs donnés aux plénipotentiaires par
leurs souverains, seront réciproquement échangés pairies
susdites personnes députées au feld-maréchal de la part de la
Sublime Porte, dans l'espace de cinq jours après la signature
du traité, cl encore plus tôt, si cela se peut, les susdites per­
sonnes étant chargées de recevoir les pleins pouvoirs du fcld-
mâréchal Romanzow, aussitôt que ceux du grand-vizir auront
été présentés de sa part.
Au camp près la ville de Kutschouc Kaïnardgi, le 10 juillet
t vieux style j de l’année 177V.

*
Aride séparés du truité de Kutxthouc Kiitutrdgi.

Art. P Quoique dans l'article 17 du traité de paix aujour­


d’hui souscrit, il soit indiqué que dans trois mois la flotte im­
périale russe devra évacuer les îles do l'Archipd; comme
dans l'article -iV du même traité il est expliqué que dans un ici
éloignement il n’est pas possible de spécifier quel temps sera
nécessaire, nous nous sommes accordés à nous en tenir à ce
dernier article. En conséquence de quoi nous répétons que
ladite Hote impériale russe évacuera l'Archipel le plus tôt
possible, sans déterminer pour cela un temps limité ; cl, pour
faciliter l’exécution de cette évacuation, la Sublime Porto lui
— 349 —
(ournira Kmi ce qui sera bcso j ;.•■lursuu voyage, autant que
cela dépendra d'elle.
Cot article séparé recevra ensemble avec tout le traité la
mémo confirma lion, et nous lui donnons la même force et
stabilité, que s’il était inscrit mdt â mot dans.le traité souscrit
aujourd’hui : eu foi de quoi nous avons signé de notre marti
et scelle de nos sceaux.

Au camp près Kulschuuc Kaïnardgi, le 10 juillet 1774.

?• H est reglé et établi, par cet article séparé , que la Su­


blime. Porte paiera à l'empire russe , pour les dépenses de la
guerre, la sommé de quinze milles bourses, ou sept, millions
et dfcmi de piastres, qui font, en monnaie russe, quatre mil­
lions et demi de roubles, en trois ans ci en trois termes. Le
premier terme de ce paiement se fcr;i le le' janvier de l’an
177.5, le 'second terme de paiement, le 1“ janvier I77G; Je
troisième paiement, le ljanvicr 1777. Chaque paiement de
cinq mille bourses sera fait par la Sublime Porte au ministre
russe accrédité près ladite Sublime Porte ; et si la cour de
Russie voulait outre cela quelque autre sûreté, la Porte otto­
mane la satisfera en cela, en quoi elle s’oblige religieusement.
Cet article séparé aura sa confirmation ensemble avec tout le
traité signé aujourtlhui, et nous lut doutions la mémo force
et la même stabilité, que s'il était inscrit mot à mot dans le
traité fait aujourd’hui entre les deux empires respectifs; en
foi de quoi nous l’avons signé de notre main et scelle de nos
sceaux.
camp près kulschotid kaïnardgi,
V
MO Jjuillet 1777
_,___ . ,, ', I u I ’it; ■ ini .iu t ol j'd) J'j

Par un édit tic limperatrice de Russie, en date du 19-30


mars 1775, qui fixe un jour d'actions de grâces pour le ..réta­
blissement de h paix, ou voit que les ratifications ont été
échangées à Constantinople le 13-24 janvier 1775,.entre, le
chargé d'affaires de Russie, le colonel Pc ictson et le «nmd
*
I ■ <■ u
vizir lui-ménic.
— 350 —

i'ciiwiitloii cxpliemlTe du Trtdre de XiuHfti’dgi nuire l'empire üc Hussh; el


la l'ori? Ottomane, conclue ù Consl;mtiHupli'- k-iu rtum ét|LjnuéellTJ-

Aii unui dit Dièti Tout-Puisi^f^iii,


Depuis la conclusion du Arailé do paix éternelle cuire Vem-
țnte di ■ toutes les Russie
* et ki l'orlc Ottomane, fait a Kaï-
nardgi , le 10 juillet 1774, et de l'hégire 1 ISB, il est survenu
sur quelques articles dé Ce iraiiê, e i pariie-ni Hère ment à raison
de la traufoi ■ mai ion des Tar tares de lit fdmièe et autres en
une puissance libre , indépendante et soumise à Dieu seul,
divers mateiiLcudtis et ci.m lies [niions., qui sont parvenus au
point dû priver les sujets respectifs de la jouissant -e des fruits
de la paix, qui sont la bonne Itannonic H la sûreté- Pour
éteindre et écarter une fois peut toutes des inconvénients
aussi dêüagrciables , qu' peuvent ü<ccasionijer çntre les deux
cm pires la discorde et des hmiilitcs, on est convenu mutuelle-
HMTU et aimablement, par le moyen des plénipotentiaires «CS
deux empires, munis de pleins pouvoirs, d'entamer une non -
velle négociation à Constantinople. dans la pure inteuiion
d'éclaircir et d'expliquer les doutes, sans rompre ni al crer le
susdit trai lé de Kaiuanlgi. A <cl effet, S. M, I- la très auguste
et très puisse a Le impératrice et souveraine de tontes les Rus­
sie, «e sa part, a choisi ci muni de pleins pouvoirs h- haut et
noble Alexandre Siaclnoff, son conseiller d'état, envoyé ex-
Iraordiiiairc cl iniidstt ■ e plénipotentiaire près de la, Sublinit
Porte, clvmalier de l'ordre de Saint-Stanislas de Pologne ; cl
la Sublime Porte > de son cûlé, a choisi le très honaré et très
e s li mô H ad gï A bd u Irez9 a c E ffë nd i B»hi r, cï-d cv ■ a n t B e i s -E fîeiid i
ci dof tor emitii et actuellement uischaiidgi , lesquels ministres
respectif
* s'étant dûment légitimes par l'échange de leurs
pleins pouvoirs, après ks avoir produits . coofront-S cl iniu-
vés dans la forme requise , ont arrêté, éoucln, signé éi scellé
dr leurs cachets la nouvelle convention dFâc1aijrr.is,seinnnr, du
contenu suivant :
Art. 1 E\m confirme par celte nouvelle convention le
— 351 —
Traité de la ;iaix éternelle de Kaïnardgi, conjointement avec
ses deux articles séparés, dans toute sa force et dans tousses
points stins exclusion, chacun selon son sens littéral,'comme
si ledit traité eût été inséré ici mot pour mol dans toute son
étendue, à iexception des articles qu’on a expressément et
précisément désignés et éclaircis dans les articles de la pré­
sente convention.; en conséquence de quoi, la paix, l’amitié,
! haimnnic, le bon voisinage entré les deux hauts empires
«loiv-.ii id.s:'ier éternellement, sans aucune altération ni in-
tr " te c et les deux empires s’engagent aussi religieusement
que solennellement de veiller chacun île son côté à ce qu’au­
cun de leurs sujets ne puisse entreprendre, encore moins
effectuer rien, qui puisse porter atteinte ou être préjudiciable
cette convention sacrée.

Art. 2. Pour rendre plus clair et plus précis le sens de


I article 3 du traité de Kaïqardgi, l'empire de Russie, en con­
sidération de l’amitié qui règne entre les deux empires , et
j our complafhe à la Sublime Porte, consent que les kans des
lartarcs, après leur élection et élévation à celte dignité par
le vœu libre et unanime des far lares, envoient à lu Sublime
Porte , tant de leur part que de celle des peuples de leur do­
mination, des députés ayec des mahzards, conçus en termes
conformes à l'instrument «pion vient de fixer pour servir de
régie, une fois pour toutes, dans lesquels mahzards seront
exprimées la reconnaissance du kalifat suprême de la religion
mahométane, en la personne de S. il. le Grand-Seigneur, et la
demande de sa bénédiction spirituelle, tant pour le kan que
pour la nation tartare, qui aura lieu par l’envoi d’une lettre
de bénédiction convenable à la dignité libre et indépendante
d’un souverain professant la même religion que les Ottomans.
La cour impériale de Russie, eu égard à la même amitié et
condescendance envers la Porte Ouomano, promet encore de
ne s’opposer à rien de ce qui peut être indispensablement né­
cessaire ou relatif à l’unité de leur religion, et la Sublime
Porte Ottomane s’oblige et promet solennellement :
— 353 —
1 ‘ Donc porter aurim.' atteint», ni gêlrer en quelque mU-
..icrr que ce soi î. sons le prétexte d<- K eonnexiiéi -t influence
spiriluei|ESi le pouvoir ciV il tel politique l. KAns îttftines , qui
leur apparient en qualité de soitr craini qui gouvernent loui s
Etais A l’égard Du iertiporel. sans on rendre compte à aucune
puissance sur la torre.
d' De demicr, sans la moiirdi'C ddïiculté et sans alléguer
aucun prétexte de refus,; In lettre du bénédiction de S. H. le
UrahdtSeigneur.ru saq; alité de kultl’e Suprême ik la religion
jh.jiliaiiii^ïtinie, À ntanuin îles katiâ da Ci -imée, qui sera lilu- ■»-
ia ont élu et élevé à celle dignité par la mil unr tartare À rfirt-
,ae vacance légitime,
3e De tic Jamais supprimer ou altérer un seul mot de H
forme des lettres de benedictiOn, dont In Perte Ottomane est
pi ésenleinvnl convenue - pour servir de modèle nt de régie
n mnable À l’avenir.
1° l.n Sublimé Pur Us Ayant déjà renoncé, dans le traité di -
paix de Katuardgi, à tous scs droits temporels suc toutes les
hordesi tribus ci races taRlliRcs, elle s'engage de nouveau,
dans la présente convention, de ne jamais les renouveler sous
quelque prétexte que ce Soit, niais de rcconnattrc et cOnsi-
dt -rer ces peuples comme nation libre et indépendante, sel «
le contenu do Par lie le 3 du trai lé ci-déssus mentionné; lequel
aj iiclci outre ce qui est énoncé dlns c-elni—c-i. doit i re Re-
■ pi rdc comme s’il y était rappelé mot pour mot.
"v Enfin s’il survenait, relativement aux Tartare,
* .pi Hqii. -
cas inopiné et non prévu dit ns la présente convention . les
.k-ut liants empires s’engagent À ne prendre aucune mesure
■ p- -konque, avant do s’en ètré entendu aimablement.
■p| Eltlf * ■>! I*
0 IUU CillE’ll -'•• "iJ rțMj ■ j j.t F-T ■** i
krt. 3, .krissilUi rpin l‘’ii-Rangement détaillé ci-dessus, dans
le second article, atteindra sa peRfectiOn, par l’aete formel et
'• i.venu de la part de la Sublime Porte d'un côté, et du
, invenmineiit des Tartufes de l -untri* , relații emoții à la
. unu des nuili/nrds de notilicaliUris de ees deniî'TS, et des
kiri es de béné diction que S. I. . le GUttnd-Strigrcmr dert- iO.m-
— 353 -
nci’à chaque nouvelle élection du km, ainsi i;uW lu- ;md des
antres cérémonies spirituelles qme In nation tariafc doit ob­
server et suivre a 1 avenir, selon la eoiiféssmn iiiahomêUuie.
ndaihvinciH a s;t wmncxhê de reb'gmti au<-f la Porte o||y.
maim , ea considérai ioa de kalifat ; en ce cas . et api • J-s avoir
iait, de la part des deux empires, |es dé a la ration
* sdcmmlks
et de |a meme tenenr, que les soussignés plénipotentiaires des
deux cotés ont, indépendamment de cela, réélit. signé et.
scelle de leurs cachets ; afin de déterminer | lus précisément
•-pour l’avenir la forme et ht nature de la liberté et indépen­
dance dos Tartare
*
. là cour impériale de Russie promet de
retirer immédiatement tomes ses troupes. à savoir. do la (a i­
mée i -l de I ’ile de Taman dans le terme de trois mois et vingt
jours. à raison de sa distance plus grande . au plus tard. ou
plus tôt. s'il se peut. à dater du jour de celle convention . et
de ne pas les y réintroduire sous aucun prétexte, qur ce soit.
comme h Sublime- Porte s’enjpge d’observer inviolabiemeeit
la mémo chose rie sa. part.
. !
Art. a. i ics que la Sublime Porte- sera informée par le
t'onvcrimmeni deCrinnœ. que lesdîles troupes aiinmt effec­
tivement passé la ligne do Perccop . et qu elle mira reçu. tant
de la pa t du kan Schahin libérai. que de la nation tartare,
des no . veaux députés avec les luahzardsdans la fui- nu -êt-ddlo.
S. 11. le Grand-Seigneur. confurméimm: à la prmmi.sM qti'ii a
dornice préalablement cl par écrit é la umir irapériii'c de
Russie. voudra, bien reconnaître >. A. Șciiabm pour km. et
cu cette qualité. le munir de leitrcs de bénédiclmri dans la
forme dont ou est convenu; par i.ii semnl terminés et liais
tous les embarras relativement aux aflairrS des Tartares, à la
satisfaction réciproque des deux empires.
5. La cour impériale de Russie. pour prouver a la Suldimr
Porte qu'elle ne veut pas lui muser des embarras - consent a
sc désister de la cession qu’on a faite aux Tarlares dit ter­
rain qui si- trouve situé entre le Dniester. le Bog. la frontière
de lu Pologne et la nier Noire. que In Porte prétend apparie-
23
— 3Ù4 —
mr au territoire tl’Oczakow, ccpendtinl aux condliions sali­
vantes ;
1° One
* la Sublime Porte, de son côté, s'entendra et eon­
v iendra avec le kan et le gouvernement de la Crimée, attendu
que Ce lorrain leur est approprié par l’article 3 du irailé. La
< our impériale de Russie promet d'employer de Irntme fui et
i eezflc ses lions offices pour que le kan cl le gouverncment

tartare consentent aussi de bon gré a céder ce lorrain, et se


lia tle d'avance de la réussite, pourvu que la Porte leur fasse
!a première proposition, pour ne pus porter atteinte a l indu-
pentlance des 'farmires au moment de son établissement ;
S1’ l’otir la tranquillité des trois puissances limitrophes dÜ
ce terrain, la Sublime Porte s'engage cl promet, .après en avoir
pris une portion suffisante pour former le district d Üczakow
eu ligne droite jusqu'à ses Etals les plus proches, de laisser
h- reste dudit terrain sons sa propriile, loul-à ■ fait vide, sans
diciimv habitation ou autre établissement de quelque nature
que ce soit, à l’exception des villages et habitations qui s'y
trouvent actuellement, dont la Sublime Porte remettra â la
cntir impériale do Russie la liste, les noms, force et qualité
dos habitants, avec la promesse de ne pas y permettre quelques
ii ouveaux établissements uudcrncures, ni stjuUï■ irdcsgcns sms
aveu ; à la conservation do ces villages dans leur état actuel,
l'envoyé de Russie ne souscrit que sub spe rati, etc. ;
3" Pour éviter toute altercation entre les deux empires, la
Sublime Porte promet, conformément A l'article second du
traité, de rendreA la Russie les Cosaques Zapnrovtens, eu cas
cii’ilsveuillent profiter de l’amnistie que S, M. l'impératrice de
toutes les Russie», pur sa magnanimité et bonté naturelle,
Leur accorde ; autrement le gouvernement ottoman s’engage
de les retirer en deçà. du Danube, le plus loin qu’il se pourra
de fi mer Noire dans l'intérieur du pays.

G. Pour écarter a l’avenir tout malentendu et contestation


à l’égard delà navigation, l’on déclare que la Sublime Porte
— 355 —
ottomane, permet un libre passage de la mer Noire dans M
mer Blanche, cl de la mer Blancltc dans la mer Nuire , aux
vaisseaux marchands russes , précisément do la forme cl
de la grandeur qu'emploient , à Constantinople et autres
ports et havres ntloinans , les autres nations , et par­
ticulièrement les Français cl les Anglais, comme les deux na­
tions les plus favorisées, et qu’on avait prises pour exemple
dans l’article du traité de paix relatif au commerce et à la
navigation russes. Selon les vérifications faites , les vaisseaux
marchands deces deux nations. ainsi que des autres, qui
viennent par la mer Blanche à Constantinople . portent jus­
qu’à seize mille kilôs , ou huit mille kantars , qui reviennent à
vingt-six mille quatre cents ponds poids russe'; ainsi pour
déterminer une fois pour toutes une certaine forme et gran­
deur pour les vaisseaux russes , on prend pour règle ce ga­
barit de la plus petite jusqu’à la plus grande proportion , qui
est de mille jusqu'à seize mille kilôs , ou huit mille kantars ;
que pour donner encore à cette occasion une preuve de la
sincérité de scs sentiments amiables, la cour impériale de
Russie admet volontiers et promet d'ordonner à scs sujets ,
que les vaisseaux qu’ils enverront désormais dans les ports
ottomans , ne surpassent pas ledit gabarit, ni soient autre­
ment armés et équipés que ceux des deux nations ci-dcssns
mentionnées, n'employant dans leurs équipages les sujets de
la Sublime Porte qu’en cas de nécessité, et de l’aveu du gou­
vernement ottoman ; ce que la Sublime Porte s’oblige d'ob­
server également de son côté, envers la cour impériale de
Russie , ainsi que de garder religieusement et mviolablcnibnl
tous les autres engagements spécifiés dans l’art. 11 du traite
de Kaïnardgi, cl particulièrement qu’on n’exige pas des sujets
russes des droits d'entrée et de sortie autres que ceux que
paient les deux nations française et anglaise. Pour obvier à
tout malentendu dans les objets de commerce cuti e les deux
empires, un est convenu de parl er d'autre de s’en expliquer
et don former une convention à part, sur la base et confor-
mémont ait sens des capitulations française cl anglaise en les
23.
— 36ff —
.■laplun. .ni comméré' llussic , an mut que ST nature on #tl
susceptible.
7. Comme l'article 1(1 du traité de paix, relativement aux
prmcipttiriés de Moldavie et de Valachie, se rapporte aux
temps passés, celui d'à présent demande donc quelque elian -
gemont dans cor article; c’cst pourquoi on en est convenu ,
' lu Sublime Porte s'oblige de nouveau :
!" Ih_- ne mettre, tm quelque numiet't■ que ce soit, aucun- „
obstacle ou empêchement à la profession et à l'exercice par-
iailetitcnl■ libre de la religion chrétienne, ainsi qu'à la cmisti■ iir-
tion de nouvelles églitset, cl à la réparation des anciennes,
selon le vrai sens de l’artidle ci-dessus meuliomiê du traite; “
■' De restituer, tant aux couvents qu ' aux particuliers , les
terres cl autres possessions qui leur appartcmaicnt aux envi­
rons de Braliiltnv , tdmczim , Bander et autres lieux. les­
quelles terres el possessions ptésenlomctnl p ortent la déno -
initiation do »•«< ou rayes, à dater de l'époque de la corn:lusion
du traité dt ■ Belgrade, en 17:3), selon l’èrc cbrétidine , et de
riiéeirc 11.52, ainsi que de condescendre à l'intercession de
la cour impériale de Ilussic pour laisser divers particidiors
■es deux principautés en possession aussi paisible qu'irrc-
vjcttble des bitus-foiids de leurs, ancêtres, situés dans les
deux principautés , qui leur ont été adjuges sur preuves exa­
minées dans le temps que le gouvernement russe y existait;
3' De reconnaître et d'hotiorer par les égards et distinc­
tions convenables le clergé chrétien de ces deux principautés;
'»• D'imposer, avec modération et humanité, le tribut, des
deux principautés, qui sera apporté à (h msl a ni iitopic par des
députés nationaux que. chaque principauté enverra à la Porte
tous les deux ans. Ih- ne pas souffrir qu’aucun pacha , gou­
verneur, ou telle, autre persomie que ce soit , vexe les deux
principautés, ou en exige quoique au ire paiement ou impôt
sous quelque dénomination et prétexte que ce soit, tant
qu’elles continueront de s tu 'quitter régulièrement. du tribut ■
mentionné, une lois réglé et lixè; en outre la Sublime Porte
— 3a7 —
■■ ii ;.' .n -'üiimuavf r .'ligieiiseiiieiit daii' leur Lut ■ originali
in ‘i ■ lialiscltei ils que S. 11. le Iîraiid-Srignvur régnant
;i dômes à ces deux principautés lors ifis leur retour sous sa
domination, pour la tranquillité et la Sûreté dos sujets:
5" Que chaque priimipnutéciiirciiewdra à Constantinople ui
i lï;u ;’é d'alTnires chrétien de la communion grecque, leqm
l.i Sublime Porte recueillera avec bonté, et considérera
comme jouissant du droit des gens, c'est-ii-d ire à l’abri di
toute violence cl avanie.
<î' La cour imperialii de Russie, de son cûié, promet de
n'employer le droit il iniorcession , qui est résenc à sou mi~
'nistru dans le traité de paix, en fovonr des deux principauté'
qu’nniqnement pour la conservation inviolable des conditions
spécifiées dans cet jirticle,
] ■ t '
8. \u lieu de la restitution que le traité de Kainardgi assoie
aux habitants de la Morue, de leurs terres et autres biens ,
qui sc trouvent depuis leur confiscation avoir été appropriés
aux mosquées, tacuJ's cl autres fondations pieuses, lu Su
hli.nr Porte piomeL d indemniser rcs habitants eu toute jus
11-• et équin-, en leur assignant d'autres terres, mt des avau
luges proportionnés à leurs pertes ; et la cour impériale d>.
Russie y consent volontiers, sa reposant sur la promesse et 1 i
parole de la Sublime Porte.

h. Leite convention , servant «l'annexe et d'èelaircissciueiit


au traité de paix conclu à Kaïnardgi, doit être regardée
comme mie partie dudit traité, et conserver éternellement la
force et la sainteté des engagements y stipulés des deux parts ;
les plénipotentiaires sont convenus de la consolider par >L -
ratifica tiens solennelles, sous la propre signature . tant de
S. M. I. la très auguste et très puissante souveraine de toutes
1rs Russies . que de celle de S. IL le sultan ottoman; fi -
«piellcs ranimations, dans la forme usitée, doivent être échan
gées ici à Constantinople, aussitôt que laite sc pourra . e1. au
plus tard quatre mois après la conclusion de cette convenții m.
— 35S —
dont ayant lait deux exemplaires d’un et même contenu , les
ministres plénipotentiaires ci-dessus mentionnés, pour plus
do sûreté , ont signé de leurs propres mains, en y apposant
leurs cachets ordinaires.
l’ait à Constantinople, le dix mars de l’an nul sept cent
soixante-dix-neuf.
Alexandre STAC1I1I TE.

(I ne convention fut signée entre la Porte et la Russie, pur


latpjel] ■ tin consul général russe, censeur de la conduite des
—Nous
princes, devait être établi en Valachie ci. en Moldavie. ■
n’avons pu nous on procurer le texte.

J r.iii<i définitif de pâli entre S M. l'impératrice de Russie et la Porte


oiloinurie, sitfnéà tussi, le 29 décembre 1791 (9 janvier !79! .

Au nom du Très-Haut.

La très puissante Impératrice de toutes les Rassies et le


très puissant Empereur ottoman , désirant rétablir la paix,
qui a < ie rompue par quelques accidents, et terminer la
guerre qui a duré jusqu'à présent entre leurs États respectifs,
en fondant sur une base solide la paix, l’amitié et la bonne
intelligence, LL. MM. ont jugé à propos de confier cette
œuvre bonneei salutaire au zèle et aux lumières de leurs plé­
nipotentiaires , savoir : de la part de l’Empereur ottoman ,
S. Exe. Jussuf pacha, grand-vizir de la Sublime Porte; et
de la part de l'impératrice. S. Exc. le comte Alexandre de
Bcsborodko, conseiller privé actuel et chevalier des ordres
de Russie; et pour suivre celle négocia lion, IL. MM ont
— 3Ô!) —
choisi el ru uni das ple'ns pouvoirs i .éces oiijcs pour n-diqeK
crnr-lnrc ci si-piev le présent irait?. les personnel» s i rrr arrtes ,
savoir: i 'Empereuroitoinau. les i.'xcclloatsct très sava . ils Ueïs-
Kifendi lïiscid Abdallah Btrri; Onlu Candtri. revêtit de ka
dignité de suunbul- dît ndi ; Seid lLraljim , ismel bci , et
Eiisn.-imadzii, Ervol Malimmct. dur' ri eiTcndi ; et l’im^raU'ii'ü.
■ I i EExc. MM. Alexandre de SnmoiLuT. liiitlCiKlEtLi qéuural
les armées russe-, jcbumbelLah de Sa Majeslts directeur de
la chancellerie du sénat: ^h^valicr de p lusieurs ordres ; Jo-
sqih de Riliaf^i générai- jor, commandant de la Ilot le do
llacucs, chevalier du plusieurs ordres; cl Smpus de Las-
carof. conseiller d'état et chevalier. lesquels réunis à LissÎ :
jM.uț etmcluru une paix durable entre les deux empires . ont
respectivement accepté cl arrêté les articles suivants :

lui. J1'. Tonies hostilités ni lotîtes iiiiiijitîéâ cesseront dès


mji urd'hui et pour toujont» entre S. IL le Graiu '-Sciq ncu r
et S. Mi l impératrice de tonies les llussics . leurs héritiers
H sirteessenrs : de même qu’entra leurs empires Cl leurs Sujets
respectifs; clics seront ensevelies dans un éternel oubli : et il
existera â l’avenir entre eux une paix solide os durable sur
terre et sur nier. H sera établi et entretenu une amitié con­
sta mc el tine harmenia durable. tant qu’on observera avec
fi | a rniilise ri sincérité les a rtiu&ss présente m en La i fêlés du t rail ?
de paix : de manière qu’minr.uiie des doux partie * iim fasse ou
ne lente secret einmt ni mlv.ultetuclll couttai l’aol te aucune
entreprise ou expédidnn, Par suite du rcnoiivcl'entent d’une
ambué si sincère. lus deux Luu i.cs parties contractantes accor­
dent respectivement une amnistie m un pardon général à loto
ceux do leurs sujets. sans aucune exception. qui auraient
offensé l’une d’elles. rendant la liberté à ceux de leurs sujet ••
qui sc Li ijuveut sur lus galères ou dans les |ir.i-ous. permet­
tant en outre à tops ceux qui ont émigré ou qui ont été. bannrS:
de renLrej dans leurs f’uy'rs . ci. promettant de leur rendt'u
apres la paix les biens et les honneurs dont ils avaient joui au
para vaut. sans leur* laite éprouver la moindre insulte . pt'éju-
— :u»i> —
dfceon olfensc. mais au contraire de les recevoir- connue
(o -is leurs .vompatriotes, sons la protection des lois ei des
! isages d t pays.
Le présent traité de paix confirme et ratifie le traité
conclu et. signé Je 10 juillet 1774, ou de l‘hé^ire l'an 1'188 ,
■'■t I ï du anus de zcmaziel-evel ; la convention explicative du
20 zeimiziel-akir, ou du 10 mars 1779 : le traité tic commerce
■ iu 20 du mois de rctijeb 119", ou 10 juin 1783: et l'acte
c-melti le 15 seffer 1198, ou 28 décembre 1783. relatif à
i'iiu.-mporatton à la Russie de la Crimée et de liicde Taman ,
et qui fixe pour liante le neuve de Ruban ; cl les deux hautes
pur samrontracla n tes s'eu;;; igcint à observer rdigieusemei-t "
e i à laire cuée mer avec ex -tctitnde et fidélité lotis les article s
’e rm traités qui n’uni point été changés par le présent, ou
p m des traités amérâmi.,
t ! -a vertu de l'arii ic 2 des Prelimiindrcs, qui établit .
. ù' m le Ihiicslersera pour toujours ta limite qui séparera les deux
i^ium, les deux hautes parties contractantes sont respecți
vernem convenues par le présent, qu’à l'avenir le Dniester'
v ro u.i pour toujours de bornes aux deux empires , de ma­
i ni - i-e rpæ .e ici-i iteire situe surlh rive droite de ce fleuve sera,
icndu ù Li .Sublime Porte, et restera à jamais el incontesta­
blement sous mi domination ; comme au contraire tout le
’erritoiri- st'ué sur la rive gauche du même fictive, restera ,i
pim ms cl iimtmtcstablcmenl sons ia domination russe.

’». l’n • •iïnsét.ptence de ladite clause relative aux limites des


de.li': einpii-'s, ri. vu l’article 'i des Préliminaires, qui établit :
Orc’ fnwfM 1rs autres frontières des detuc empires resteront telle-
••'■i: elles riaient au commenrrment de la présente guerre , et que
tous les pays qui, durant les hostilités, Ont été pris par les troupes
.• it .s:-.% a ver lont-rs les for/ifirations gui s'y trouvent et dans l'etat
■■ >:s s»i;t art otilemeip, seront rendus à la Sublime Parle;
S. M. 11 iu pCratrire lui restitue la Bessarabie, ainsi que les
places de Borndcr, Akçi-man, Kilia et Ismaïl, et toutes les villes
H villages que renferme celte province,
— tui —
Déplus, S. M. -i- nmd à la Sublime Porte’ i<
province de Middaue , avec ses villes et villages, cl-ltml <
qu'elle renferme, aux conditions suivantes , que ia Sublimi -
Porte promet de remplit' lidi-leint'il :
1° D'observer ci d'exécuter religieusement truHieo qui a
été stipulé eu faveur des deux provinces de Valachin ci *■
.Moldavie, dans le traité de paix condu l'an de l’bêgire 1188 -
lu 1 i d ti mois zeinîmiid-rnv.4.10 juillet 1774 i ; dans la con-
v<Tl ion explicative concilie le 2f zcmaziel-ikir 1193 'JUrnars
I77Ș ;, ainsi que dans l'artc du 15 du mois de sclTer 1198 ( 28
décembre 1783 • , que le grand-vizir a signes au nom de la
Porta;
-2 De ne point exiger de ces provinces aucun ram bourse -
ment de d cl tes arriérées de quelque nature qu'elles soient;
3' Dr ne point exiger do ces pays, pour tout le temps de
la guerre, rnuutuies contributions oti pairim.uiis; mais au can-
ijatrcJ-t en considération des dommages et des dévastations
qu i soin soufier ts pendant ladite guerre , et les libérer peu -
dani deux années. à dater de Lépqque de la ralilfcalii® du
présent traité, de tonnes charges et impositions quelconques;
ï De permettre aux familles qui Voudraient quitter fett
pays <■ s’établir ailleurs, de soilir J^btc^^^^^nL et d’emportei
avec e les leurs biens ; et alin qu’elles aient le temps de pré­
venir leurs parents, sujets du lVtup-rc ottoman , de vctidr -■
leurs biens meubles ou immeubles, selon les lois du pays, U
■i -autres stifils de l’empire ottoimin, il du inultrc cuti I moli •
Ale tirs adai^res, d léiiv sera accordé un délai de quatorze
mois, à dater du jour da l'échange dé la ratification du pré­
sent iruiité.

5. Pmii-prouver la sincérité avec laquelle les deux hautes


puissances en ni 'raclaîtes désirent, mm-set île ment pour le pré­
sent, rétablir ta paix et ta bonne harmonie entre elles, mais
la , IiUdSoIuIi’:-a l'nvenir et - éloigner teiul re qui pmn- rait foui
an’Ir plus léger pte texte ;i dits diffifirends, la Sublime Porte
proniei , ru |■enirivetaiil h’ /ir’MUJi qu’elle a déjà expédié . de
— 362 —
défendresévèrement aux commandants des frontîeivs. au pa­
cha d'Akhtdtziké ou Achiska d'inquiéter; àjxiriir de cfcjour
■ ,iis quelque, prétexte que ce soit, sccrèieincul un publique-
inurii., les pays et les habitants qui sont sous la domination
du (,zar de Tiilis ou de Cartaliiiie, et de lui ordonner expres••
sèment de ne point interrompre les relations d'ami lié et di •
bon va»mge». ■
t», I.c deuxième article du y resciil traité ayant confirmé .
entre autres traités précédants, l'acte du 28 décembre l"^3
relatif à l 'incorporation à L'empire russe du la Crimée ci d•
File de Taman, et qui fixe pour limite des deux empiras L
Ifeuvc Kuban, la Sublin e Porte promet et s'engage Solennel
Icmtmi à employer son autorité et tons ses moyens pour main
tenir dans l'ordre les peuplades qui habllcul ht rivé gauchi
du Ruban, et lus empêcher dé faire des incursions àc lis l'uni
pire russe, ou de porter préjudice, soit S^Cirèlemcht, soit ou­
vertement. sous quelque prétexte que ce soit, aux habitait! s
russes do la rive droite, Tour cet effet la Sublimé Porte en •
verra à qui il appartient les ordres les plus exprès, pour dé­
fendre, sous les peines les plus sévères, d’enlever dus sujets
russes et de les conduire en esclavage, cl elle fera, après l'é­
change et la ratificat ion du présent traité, publier sur les
lieux mêmes ces défenses. Si, après ces dispositions il ara'iva^it
que quelque indwidu do ces peuplades fil des incursions sur
le territoire russe, leui dérobîd du bétail ou toute autre pro­
priété, ou réduisit en esclavage dessnjetsrusses; sur la plainte
portée à ce sujet, il sera fait prompte justice, cl lies objets
pillés on volés seront restitués, Il ne sera fait aucune dïffi-
euhé relativement aux enquêtes nécessaires [joui • découvrir
ceux qui auront enlevé dus sujets russes, et pour la déli­
vrance de ces derniers; de plus, les frais que pourront, occa­
sionner ces recherches seront A la charge de la Porte, et les
auteurs reconnus de ces délits seront sévèrement punis eti
présence du «Mmi-iSsairC russe qui aura élu ni numé à ccl effet
par le commandant des frontières, Si, contre toute attente
,
* la
— 36J —

réparation n'avait pas lieu six mois après la date de la plainte,


la Sublime Porte s'engage, un mois après la réclamation
qu’aura faite le ministre de Russie, à payer tous les frais qui
seraient résultés de ces incursions; bien entendu que, malgré
ces dédommagements, les peines dont nous avons parlé plus
liant, contre ceux qui troubleraient le repos et la bonne in­
telligence qui doit régnet entre voisins, seront sur-le-champ
appliquées.
7. Le commerce, formant le lien véritable et le plus con­
stant do l’harmonie réciproque, la Sublime Porte, pour prou­
ver qu'elle desire sincèrement qu'il fleurisse autant que pos­
sible, et se fasse avec sûreté et profit par les sujets des deux
empires, renouvelle ici l’article 6 du traité de commerce re­
latif aux corsaires d’Alger, de Tunis et de Tripoli, et. stipule
particulièrement que si un sujet russe rencontre un corsaire
d’Alger, de Tunis ou de Tripoli ; s’il est pris, ou si les cor­
saires s’emparent de son bâtiment ou de marchandises quel­
conques appartenant à des marchands russes, elle s’engage
à employer son crédit auprès de ces régences pour faire ren­
dre la liberté aux sujets russes qni auraient été conduits en
esclavage, leur faire restituer leur navire ou leurs marchan­
dises, et à les indemniser complètement ; et si l’on apprend ,
par dos rapports certains, que les firmans n’ont point été
exécutés par lesdites régences, la Sublime Porte s’engage,
sur la réclamation du ministre ou chargé d’affaires russe, et
dans l’espace de deux mois, à compter de la date de sa récla­
mation, ou plus tôt s'il est possible, de payer le montant de
l’indemnité de son trésor impérial,
8. Tous les prisonniers de guerre et autres esclaves des
doux sexes, quels qu'ils soient, qui sc trouvent dans les deux
empires, excepté les chrétiens qui, en Turquie, auraient em­
brassé la religion mahométane, seront mis en liberté immé­
diatement après l'échange du présent traité, et sans aucune
rançon, ainsi que tous les autres chrétiens qui sont tombés
en esclavage, et nommément Polonais, Moldaves. \ «laques,
— 36'1 -—
habitants . lu Péloponnèse i ei des ih .>s, Géorgiens,ei tous autre'.'
C’iiéituns sans exception el sans ranțSit. tins dispositions s'c-
leu.it: ni également, après II Conclusion du présent iriiilé. à
buis ies șjeis russes .pii. par 'ți^^Upte ri éneiïi<ml <pu: Ce
smj, toIli]K’|-^|Qf|ț en esclavage dans l'empire ollmnau; el 1 ■
lîtissie primic! d'user. ;’i l’Bgn'l des sujets dé ln Porte, de 1.'
plus parfaite rêfjiproH'é.

!) Pour exiler toute espèce de iimlenlciidu on d'orrt^n■ ,


a] nés l'amustici’ pendant lequel se sont si hem ■ciiseiitenl ici ■
rninée.s les présentes négucuintms, le «fàiid-vizir de lu Por le
ottomane , ci le ministre plempoii ■rrùiirc die S, M. ! ïropéra■
iiice, h-ront sivoir , ilo^tin^i^dli^tcu’^^nr apt s la signature du
présent irailé, à tous les chefs des armées el des floiles des
deux onpiriis „ quc la paix et l'asniliê sont rétablies entre le-
d0HX pldSMltCGS.
iq*j > I-'rf î île m' I do ™’ ™ F"

10, Pour mieux cim^ater lu paix et Pamlisé' qui unirnui


lii'SiH‘iiui i ■ les deux empires J les hautes parités contraciamo^
s'ein errent réciproquement des ambassadeurs exiraordinai -
res à une époque dont elles conviendront; ils seront reçus
aux fronliéi-es, avec tous les honneurs et le cérémonial que lu-■
deux cours accordeiL aux ambassadeurs des puissances le s
plus bivorisées sous ce rapport. Les deux simvcraii.s se feront
pas leurs ambassadeurs res|>e<5ti1fi, ries présents conformes a
leur dignité.
I . , Après la tu jucl u sion de ce traité, et après l'échange des
c-i idc.tlions de la part, des deux souverains, les troupes russes
i-l . la Hutte de ltneues procède ion t à l'évacua tirm du 1erii foire
■ottomim, Mais les obstacles qu’oppose la saison avnnî^e. .
obligeant do ditïéi■or cotte évacuaiinn , les deux hautes par­
ties i’-ni.i-ürïanl/s sont conyoïnies d’un fixer le dernier terme
au 15 mai vinax style) de l'année prochaine 17112, époque à
luijuellu loiiTes les icmpes de S, M, Vinipêrnt rien Je retire ■
tant en long-T.-nH la rive gauehc du Dniester , cl toute la flotte
de liâmes quittera lembouelun ee du ïtauube. f an! que les
— 366 —
longtempsetili’c h■ s deux empires, cl de rétablir une paix per •
maneiite eluue amitié durable, basécssur une bonne harmonie,
ont daigné confier celle œuvre sacrée et salutaire aux soins et
aux lumières de leurs ministres plénipotentiaires , savoir : du
côté de S. .M. FEtiipcreur de toutes les Russies , à S. Exe. M.
Michel, comte (bilemtsehcf Koutsiisof, général d'infanterie, et
générale» chef de son armée, chevalier désordres de Russie,
grand’eroix de l’ordre impérial de Marie-Thérèse
* et deSainl-
Jcande Jérusalem ; et du côté de S. IL TEmpcrcur ottoman , -
a l illustre Aclimol Pacha, grand-vizir et généralissime de
armées impériales , afin que lesdits plénipotentiaires choisis­
sent â leur tour les personnes chargées de traiter , conclure
cl signer le présent traité.
En conséquence, ont été choisis, nommés et munis du
pleins pouvoirs, savoir : du côté de S. M. I. de toutes les
Russies, S. Exe. André Italmslo . conseiller privé , chambel­
lan de S. M. . chevalier des ordres d« Sainl-Wladimir de se­
conda classe, de Sainte-Amie de première classe, du Crois­
sant de première classe. et de Saint-Jean de Jérusalem ; et.
S. Exe. Jean Sabanief , génêral-major de l’année russe , chef
d’un régiment de la grande armée du Danube, chevalier de
l’ordre de Sainl-Wladimir de seconde classe , de Sainte-Anne
de première classe, et de Saint-Georges de seconde classe ; et,
enfin M. Joseph Fronton, conseiller d’Etat do S. M. L, che­
valier des ordres de Saint-Wladimir de troisième classe, et
de Sainte-Anne de seconde classe: cl du côiède la Sublime
Porte, LL. EExc. Es-SeydeMouliamedGhalib Effcndi, kiaïa-
bey mouphtt. Zadé Ibrahim Selim Effcndi, kadileskier d'Asie,
et radi do l'armée ottomane en Orient ; et enfin l’Abdal llamid
Effcndi, chancelier des janissaires, lesquels , après s'ètrc
réunis et avoir échangé réciproquement leurs pleins pouvoirs,
sont convenus des articles suivants :

Art. 1”. Toutes les hostilités cl les différends qui ont eii
lieu jusqu'ici entre les deux empires, cesseront dés aujour­
d’hui et pour toujours sur terre el sur mer eu vertu du pré-
:jG7 —

-?nt traite. La paix l'.uniti»- el. la bonne intelligence régneront


désormais à perpétuité entre S. AL l'Empereur de toutes les
liussiesetS. 11. I‘ Empereur ottoman, entre tours successeurs
et les sujets (les doux empires. Les deux hautes parties cnn
tractantes, également animées du désir sincère d'écarter ta u
ce (pii pourrait donner lien à des contestations entre leu <
sujets respectifs , rempliront avec la plus scrupuleuse exacti ­
tude toutes les dispositions du présent traité, et mettront tôt
«eur zèle à empêcher qu'à l’avenir il ne se fasse rien, riid'inn
pa. l ni de l'autre, secret» ment ou publiquement, qui si u
contraire au susdit traite.

Les hautes parties contractantes, ainsi réconciliées, a


i ordent une amnistie et un pardon général à tous eux de
leurs sujets qui. dans le cours de la guerre, ont pris pari aux
opérations militaires, ou (pii, de quelque manière que ce
soit , ont agi contre les intérêts de leur souverain et de leur
pays. En conséquence, ils sont dégagés de toute responsabi­
lité ; cl tous ceux tpii rentreront dans leurs foyers, jouiront,
sous la protection des lois , do la même manière que leu; s
compatriotes . de tous les droits qui leur étaient acquis au
paravent.
3. Tous les traités et toutes les conventions qui ont été
Conclus dans plusieurs négociations de paix antérieures, et
qui ont été reconnus par les deux souverains, sont confirmés
et demeurent en vigueur, à l'exception de ceux des articles
qui, pur l’effet du temps, ont souffert quelque changement.
En conséquence , les deux hantes parties contractantes prn
mettent d’observer fidèlement et religieusement, non-seule­
ment le présent traité, mais tous les traites antérieurs.

4. Par le premier article des Préliminaires, il est stipulé


que le Prutli , depuis l'endroit où il entre en Moldavie, jus“
qu'à son embouchure dans le Danube, et de là, la ri»• ■
gauche du Danube jusqu'à K ilia, et à son embouchure dtins
la mer Noire, forment la frontière des deux empires, Cepen-
— —
liant la navigation continuera à être commune aux deux
peuples, Les petites îles du Itamdu.
* inhabitées jusqu'au
commencement de celle guerre, et qui se trouvent d'isrnml
à Ivilia, doivent, étant plus proches de In rive gauche, cire
sous h domination russe: mais les liantes parties contrac­
tantes sent convenues qu'elles resteraient désertes, et que
désormais il n'y sera construit aucune fortification quelcon­
que ; les sujets des deux puissances seront libres d'y pécher
et d’v couper du buis. 1.03 grandes lies situées vis-à-vis
bmaïl ei Kiliu. rcshîront également désertes, mais seule­
ment à une lieue de distance de la rive gauche du Danube,
tkùte distance serti précisée dans lu suite. les établisse ment s
qui subsistai-mi avant la guerre, comme le Pôm.r-A’/ïm. ne
sont point compris dans coite ligne de démarcation. En vertu
dcsattlrrs disposiiiutis de te imune article, la Sublime Porte
ottomane renonce , en faveur de la Russie, aux pays situés
a la rive gauche dit Priit h . à toutes Iffi fort crosses , villes, et
habitations qui s'y tr<uivent , ait-si qu'à la moitié du fletHo
Pmiii, qui forme la limite des deux empires. Les bâtiments
marchands des deux puissances pourront cm t er dans l’em­
bouchure du Danube, en soi- tiret naviguer sur toute l'étendue
de ce fleuve , mais les vaisseaux de guerre russes ne pour­
ront remonter le Danube que jusqu'à son rmjRucnt avec le
Pruih.
5. Sa Majesté l'Enq-erettf de toutes les Hussics. abandonné
i -l rend à la Sublime Puric la partie de la Moldavie située sur
la rive droite du Pruth, ainsi que la grande et la peine Vala-
chie, avec scs forteresses, dans l'état où elles se trouvent
actuellement, cl toutes tes villes , bourgs, villages et autres
établissements, et tout ce que peut renfermer celle province,
et les iies du Diuube, à l'exception de celles qui sont men­
tionnées dans l'article précédent.
Les traités et les conventions relatifs aux privilèges de la
Moldavie cl de la Valachie, sont confirmés suivant les prin­
cipes du 5* article des Préliminaires. Les conventions parlicu-
— 309 —
s et les dispositions du ie article du traité de îassi, di­
rent également en vigueur, savoir : que la Porte uexigeta
[> ni d’indemnités pour les revenus qu'elle a perdus; qu’elle
■vera aucun impôt pour toute la «huée de la guerre, et
qu les habitants de cos deux provinces seront, pendant doux
années, à dater de l'échange des ratifications du présent traité.
npts de toute imposition ; enfin, que ceux qui voudront
:rer obtiendront un délai de quatre mois ; cl que la Su-
ijjme Porte agira de manière que les impôts futurs de la
lavie soient proportionnés à l’étendue actuelle de son ter­
ritoire.

Excepté les limites nouvelles formées par le Prulb


mes les autres frontières des deux empires, tant en Asie
i dans d’autres pays, demeureront les mêmes qu'elles
■ h nt avant le commencement des ; hostilités ; et la coin
1 iussie. en vertu du 3® article des Préliminaires, rend à la
d lime Porte Ottomane toutes les forteresses et forts co -
• i , compris dansées limites. •t dans l'état où ils sont, a- -
etnenl. avec toutes les villes, bourgs, villages, habita­
is, et tout ce que renferment ces pays.
Les sujets ottomans qui, par suite de la guerre, sont ou
s ou restes dans les pay s cédés présentement ji la Huss
ront, avec leurs familles et toutes leurs propriétés, pas?
u remeni dans les états de la Sublime Porte, et s’y fixer s;
personne les en empêche. Ils seront libres de vendre leu
ns à qui bon leur semblera et d’emporter tout ce qu'
ront. Cette permission s’étendra également aux habitai
de pays Cédés qui y possèdent des biens et qui se trouva
■ ti -dlemenldans les états ottomans, et il leur seraæcorc
uns et aux autres, pour pouv oir mettre ordre à leurs <
mi s, un délai de 18 mois à dater de l'échange des
tilic tiens du présent traité. De même lefl'arlarcs de
h ,:c de Kavoussan qui, durant celle guerre, ont passé te
Bessarabie en Russie, pourront. s'ils le désirent, renh
omis les états ottomans , toutefois à condition que la Subli
24
— 371) —
Porte sora obligée de dédommager la Rnsse des frais que lui
on L uccaslcimi-sVé migra timi et l'établissement tic ers Ta ntiircs,
Parcillertitni., les cl ' ré tiens qui en t des possessions dans les
pavs cédés i la Russie . ou qui y sont né S, mais qui se trou­
vent actudlkrmfmt dans d’an très parties de l'empire ottoman,
peuvent, s'ils le dés^iiajrn., revenir dans hrsditspays cédés, et
s' v établir avec leurs familles et leurs biens sans que persomn ■
puisse y mettre obstacle ; il leur sera également permis de
vendre les biens quelconques qu'ils possèdent dans l’empire
ottoman. et d'en faire passe le produit dans les états russes
et ils jouiirotH pour cela du même délai de dix-linit mois ■
depuis le jour (h- l'êchangc des ratifica rions du présent traité
8. Quoiqu'il ne soit pas permisde douter que la Sublime
Portc, fidèl à ses principes, u'asote rlûinenco et. de géné­
rosité envers les Servie ns I peuple qui lui est soumis el tlèi
long-temps tributaire ) , on a trouvé équitable, vil la par i
qu'ils ont prise à celle gumrn, de convenir solcnnellcmcn '
d'une clause relative à leur sûreté; en Coiincquencc , «l con­
formément à l'article û tirs Préliminaires, h S. !', aectirilt
aux Servions tino entière amnistie, ni promet que leur tran
qui.liiLé ne pourra être troublée à cause des événements pus
sIs, I os forteresses construites dans leur pays à l'occasion

de ceti'' pierre, et qui u'exisiaicnt pas auparavant, scron■


rasées on tant qu'elles seraient à l’avenir innlilcs, et la Su­
blime Porte prendra. comme ci-Je tant, possession des au­
tres places-forle,s, y mettent l’ai'lillcrle, les munirions, et les
garnis-i ms qu'elle jugera à propos; mais pour que ces garni
sons n'exercent pas une injuste oppression envers les Servions
la Sublime Porte ne consultant que ses sentiments de miséri -
corde, traitera ce peuple avec ion te la modération ttmvcnable
En outré la Sublime Perte, à la prière des Surviens, leur ac­
cordera les mêmes avantages que ceux dont jouissent se su­
jets des Iles de l'Archlpel et d'au très parties de ses états :
leur donnera aussi une prouve de s» magnanimité , en leui
laissant à eux mêtros le suin de i'udmiiilfji^ttllun intérieure dt.
371
ys( ei en recevant immédiatement d'eux le montant des im
î’ôts modérés qu elle lèvera sur eux, cl en prenant A cet eff
«I s mesures de concert avec ce peuple.
9. Tous les prisonniers qui sc trouvent dans les deux ci
ares, de tout sexe, de toute nation, et de tout rang, seront
hangés d’abord apres la ratification du présent traite, '
ns la moindre rançon , excepté toutefois les chrétiens qui,
ns les états de la Sublime Porte . auraient embrassé de leur
1 ein gré le mahométisme . et les Musulmans qui, en Bussi“ ,
auraient également embrassé volontairement, le christianisai .
es mesures s’étendront â tous les sujets russes qui, après la
■oqnature du présent traité, seront tombés en esclavage par
iuelque événement que ce soit, et qui se trouvent dans l’eri—
t"'re ottoman. La cour de Russie s’engage à user de récipio-
éâ l’égard des sujets de la Sublime Porte. Les deux hautes
rties contractantes ne pourront former de prétentions re-
ivemenl aux sommes employées pour l’entretien des pri-
imiers, qui seront pourvus de tout ce qui est nécessaire à
vie jusqu'à leur arrivée aux frontières, où des commis­
ses respectifs en feront l'échange.
10. Toutes les affaires et tous les procès des sujets res
ctifs des deux empires, qui n'ont pu cire terminés pai
ile de la guerre, ne sont point censés abandonnés, mais
ront au contraire traités et juges après la paix.
Toutes les dettes contractées par les sujets des deux puis
*
aces, ainsi que les prétentions du fisc seront au plus tôt
quittées.
11. l’.n conséquence du présent traité de paix conclu entre
J. s deux hautes parties, et après l’échange des ratifications,
s troupes de terre et les flottes de S. M. l’empereur de
issir procéderont à l'évacuation des états et des eaux de
: empire ottoman, Mais cette évacuation ne pouvant s’effec-
er aisément, vu les grandes distances cl par d autres obs­
tacles. les deux hautes parties contractantes sont convenues
• fixer à (rois mors, à dater de]l'échange des ratifications,
— 372 -
l<- lerme du l’entière évacuation tant de la Moldavie et de la
• alacliic, que des autres provinces d'Europe et d'Asie, et
rnndisque lus troupes russes quitteront toutes les provinces
resliliiécs pur ce traité à h Sublime Porte, les Haltes et bàii-
i.ctits de- guerre russes se retireront des mers rie l'empire ot-
imnart. Les lieux et places-for les occupés par les Russes cou■
mueront,jusqu'au moment de l'évacua lion, à être. comme
actuellement, administrés par la cour de Russie, sans„que h
Sublime Porte s'en mêle le moins du monde jusqu'à l'échéant-
du terme- fixé cl l’entière évacuation de toutes les troupes ,
icsquellcs seront entretenues et pourvues de tout ce dont
elles auront besoin jusqu’au jour de leur départ, sur lemétiw-
pied qu'elles l'ont- été jusqu'à présent.
12. Dans le cas où lu- ministre ou le plénipotentiaire de la
i- mr de Russie à Constantinople, demanderait par écrïi, et
cn vertu de l’article 7 du traité de Iassi, des dédommage
liicnts pour ce qui aurait été enlevé à des sujets cl commer­
çants eusses pur les corsaires des régences d'Alger, do Tunis
ou de Tripoli; ou ferait -des réclamations relatives aux inlr -
rôts garantis par les traités de commerce existants, la Sublîi ne
Porte aura soin de veiller à Ce que toutes les dispositions d< -
dits traités soient observées et remplies, et d'écarter ainsi
mutes les causes de litige et de plaintes , sans toutefois porter
préjudice aux règlements et ordonnances établis, I,a cour dt
issîi’ observera, relativement aux luis commerciales, la
tme conduite à l'égard de la Sublime Porte

13. Après la conclusion du présent traité, la cour de


oussic consent à ce que la Sublime Porte offre scs bons offii
â scs coreligionnaires , afin que la guerre entre la Russie ct
Perse se tcrmiïnj, et qu’un accord réciproque assure la
i -six à ccs deux puissances.

li. Après l’échange des ratifications du présent traité, les


,è.nét'anx commandant les armées respectives des deux em­
pires - enverront au plus tôt à tous les commandants de corps
— 373 —
p iriicnhers I ordre de cesser toutes, les hostilités mr terre et
ur tuer ; cl s'il arrivait que néanmoins il s en cormrjt après la
signature du présent traité, elles seront regardées comme
i ui-avenucs , et ne pourront donner lieu à aucun change -
meii a ce traité. En outre, toutes les conque les qu’au raient.
• ailes dans cet intervalle, les troupes dns deux hautes parties
1 on tractantes, seront sur-le-champ restituées.
15. Après que les plénipotentiaires dos deux souverains
iront signé ce traité, le premier plénipotentiaire de S. M,
empereur de toutes les Russie
* et le grand vézir do la Su-
ime Porte ottomane le confirmeront, ci dix jours après leur
gnature , ou plus tôt s’il est possible, les actes en seront
changés par ces plénipotentiaires.
K. Le présent traité d’une paix perpétuelle sera con finné
i ratifié par S. M. l'empereur de toutes les Russms , et par
- , IL l’empereur des Ottomans, qui le signeront solennelle--
ment de leur propre main, et sera échangé par leurs pléni-
: utentiaires respectifs dans la ville où le traité a été conclu ,
vt dans l’espace de quatre semaines, ou plus tôt s’il est pus
-ble.
Eu vertu de nos pleins pouvoirs, nous avons signé le pré
s nt traité de paix en seize articles , qui, apres l'échange des
itilieations respectives, entrera en pleine vigueur; nous ș
av■■ous apposé le sceau de nos armes, cl l’avons échangé contre
m acte parfaitement semblable signé et scellé par les pléni-
tentiairee dc la Sublime Por te.
Fait ù Bukarcst, le 16—-2 mai 1812.
Si-nd, Avoué U'ALlNSKV,
Jiï SABANIEF,
an

Joseph FONTON,
W m tsO'C.s plùripolentia ires.
— 377 —

Cunvenlitin.cTpticative i» exécution du irnîiê ikBukarcst, déuclu entre la


1 tussin et lu Sublime. Porte-, dans 1» ville d'Akrriintn , le 3j teptetul■ '•
i"? octobre IBüiÀl

Au nom du Dieu Tout-Puissant,

i cour impériale de Russie et la Sublime Porte, animées


du désir sincère de mettre un terme aux discussions qui se
sont élevées entre elles depuis la conclusion du traite de Bu
karesl, et voulant consolider les rapports des deux empires eu
leur donnant pour base une parfaite harmonie et une eniièr*
confiance réciproque, sont convenues d’ouvrir, par le mojvii
d’une réunion de plénipotentiaires respectifs, une itégticiaiùm
amicale, dans la pure intention d'écarter de leurs relations
mutuelles tout sujet de différend ultérieur, cld’assurer pour
l'avenir la pleine exécution du traité de Bukarrcn, ainsi quc
dos traites et actes qu’il renouvelle ou confirme, et dont l’ob­
servation peut seule garantir le maintien et la durée de la
paix, si heureusement établie entre ht cour impériale de
Russie cl la Sublime Porte ottomane. Eu conséquence , Sa
M. i jnsié l’Empcrcur et padischtih de toutes les Russie», -t
S. M. l’Empcrcur et padischah des Ottomans, oui nommé
pour leurs plénipotentiaires, savoir :
S i M. l'Empcreur cl padischah de toutes les Russie», h-.
sieurs comte Michel et Woromtofl', aidc-de-eamp-génètrd, ::
ni ral d'infanterie, membre du conseil de l'empire, gouviir-
neur général delà Nouvelle-Russie, cl commissaire plénipt»—
lemitiinrdi'la province il c liess-trabic, chevalier de l’orrIrede
Suint-Alcxandre-Nevski, chevalier graud'croix de celui de
Saint-Georges de deuxième classe, de Saiiit-Whidimir de pre­
mière classe, de Sainte-Amie de première classe , enrichi d.i
diamants, et chevalier de plusieurs ordres étrangers; et
Alexandre de Ribeanpkrru, conseiller privé, et chambellan
actuel, envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire pièr
la Sublime Porte, et chevalier de l'ordre de Sainte-Anne de
— 375 —
;première liasse enrichi de diamants , chei aller grand'e-oix il ■
""bc île Sïiiii-WknHmir de deiivit-rne classe, ;yiisi que d< ■
celui ilc Léopold i.l'AulrCilte de première classe;
Kl S. II,, les sieurs Scïid-Meiunrd ■ 1Luli-Efàsndi , roniiôlcm
;jnéral d'Anatoile premier plénipotentiaire, et Scid-lbraiin-
Iffct-Effendi, cadi provisoire de Sophja, avec rang de mofl'lali
< e Scuturi, second plénipotentiaire ; „
Lesquels , après s’ïsire réunis en la ville d’AkermSn , ei
avni- Échangé les copies vidimêes de leurs pleins pouvoirs .
trouvés en bonne cl due forme, ont arrêté, conclu cl signé les
;n ■ ticles suivants ;
Art. I", Toutes les clauses et stipulations du iraite de |k h
(■crn.in à Unka rest, le ifl mai 1<R1I2 ( rlix-sepiicme jour de la
o uede djcrnazitil ewel de l'an de l'hègiré 1227), soni eoniir-
ai ces dans toute leur force ci valeur par la présente eunven-
in .n.iumunc si le traité de Bnkarcsi s'y trouvait inséré mot
■ in* i lût, les éclaircissements qui l'r.ut l'objet de la présente'
Convention ne devant servir qu'à déterminer le sens précis ci
a ji ■ roboi ■ et■ la teneur des articles dudit traité.
L L i iiele j du traité de Bukarest ayant stipulé pour les
■ I nus grandes îles du Danube, situées vit-à-vis dTsmall ci.
Kili, lesquelles, tout en demeurant proprieio de la Porta olto■
mono , doivent rester en partie désertas et inhabitées, un mode
■ Ici imitation d. i i l'exécution a été reconnue impossible :
vu las inconvénients qu'entraînent les fréquents dèbordc-
xienls du fleuve, et l'cxpêrïcneé ayant démontré en outre la
nécessité d'établir une séparation fixe et suffisamment èiamiue
■ u tre les ri vermină respectifs, pour leur ôter tout point de
contact et pour faire cesser par là même les différends et tas
■ ri.iiblcs. continuels qui en résultent, la Sublime Porte otto■-
mane voulant donner à la cour impériale dé Russie une
preuvo non équn oqnc de son désir de cumuler les relations
d bt-inii.-. et il-' bon voisinage entre les d<’ux
*
Et;iu, s’engage à
exécuter et â maintenir l’arrange ment qui a clé convenu à cri
igtiid a tèoustaniiitopta entre l'envoyé 'le Russie et lus mi­
— 376 —
nisires de la Sublime Porto, dans ta conférence tenue le 21
i, i i817t conformément aux dispositions consignées au pro­
tocole de celte conférence. En conséquence, les dispositions
êiioncécs dans ce protocole et relatives à l'objet en question,
ser oul considérées comme faisant partie intégrante do la pré-
simte convention.
3 . Les traités et actes relatifs aux privilèges dont jouissent
là Moldavie et la Valachie, ayant été confirmés par une clause
expresse de l'article 5 du traité de Bukaresi, la Sublime
Porte s’engage solennellement à observer lesdits privilèges,
traités et actes, eu toute occasion, avec h fidélité la plus
i i.^jul^^ustc, et promet de renouveler, dans l’es pâtre d.e six
mois après la ratification du la présente convention, les hatii-
sln'riis de 1802, qui ont spécifié et garanti ces mêmes privi­
lèges. En outre, vu les malheurs qu'ont essuyés ces pro-
v inces, par suite des derniers événements, vu le choix fait de.
boyars vainques et moldaves pour être hospodars des deux
i . im-ipirnlés, cl. vit que la cour impériale de Russie a donne
son assentiment à cette mesure, il it été reconnu tant par la
Sublime Porte que par la cour de Russie que les htHii-shérils
ei dessus mentionnes, do l'année 1802, devaient indispensa­
blement être complétés,au moyen des clauses consignées dans
l’acte séparé ci-joint, qui a été convenu entre les plénipoten-
i iaires respectifs , et qui est et sera considéré coin me faisant
partie intégrante de là présente convention.
'i. 11 a été Stipulé, par l'art, Gdu traité do Bukaresi, que .
u côte de l'Asie, la frontière entré les deux empires serai t
n' taulic comme elle était anciennement avant la guerre , et
que la cour impériale de Russie restituerait â la Sublime Porte
ottomane les forteresses et châteaux situés dans l'intérieur de
cette frontière, et conquis par scs armos. En conséquence de
cetic stipulation, et vu que h cour impériale de Russie a
évacué ct restitué, immédiatement après la paix , celles de
ces forteresses qui avaient été prises, seulement pendant la
guerre, sur ies tcoupes de la Sublime Porte, il est convenu de
— 377 -
part et d’autre que désormais les frontières asiatiques entre
les deux empires demeureront telles quelles existent aujour­
d’hui , et qu’un terme de deux ans est fixé afin d’aviser réci­
proquement aux moyens tes plus propres à maintenir la tran­
quillité et la sûreté dos sujets respectifs,

5. La Sublime Porte ottomane, désirant donner à la cour


impériale de Russie un témoignage éclatant de scs disposi­
tions amicales et de sa scrupuleuse attention à remplir en
entier les conditions du traité deBukarcsl, mettra immédia­
tement à exécution toutes les clauses de l’article 8de ce traité,
r cl alives à la nation Survienne, laquelle étant ab antique
suj lie et tributaire de la Sublime Porte, devra éprouver en
toii te occasion les effets do sa clémence et de sa générosité.
In conséquence , la Sublime Porte réglera avec lies députés
de la nation Survienne les mesures qui seront jugées les plus
ci mvenabies pour lui assurer les avantages stipulés en sa fa­
veur . avantages dont la jouissance sera tout à la fois Injuste
léi-oiiq ense et le meilleur gage de h fidélité dont celte nation
a donu des preuves à l'empire ottoman, Comme un terme de
dix ■ l mit mois est jugé nécessaire pour procéder aux vérifica­
tion; qu’exigecct objet, conformément à l'acte séparé ci-joint .
t oiiAcnu entre les plénipotentiaires respectifs, lcsdilcs mesure
sermu réglées et arrêtées de concert avec la députation Ser­
’ ■ fane a Constantinople , et consignées en détail dans un lir-
m.i . i rcinc revêtu du halti-shérif, lequel sera misen vigueur
dans le plus court délai possible , cl au plus tard dans le sus -
dit ici ■ me de dix-huit mois , et sera en outre communiqué à la
coin impériale de Russie, cl considéré des lors comme faisant
partie integrante de la présente convention,

G, î ji vertu dos stipulations expresses de l’article 10 du


traite de Bukarest , toutes les affaires et réclamations des
mi jets respectifs, lesquelles avaient, été suspendues par l’êvé-

enient de la guerre, devant être reprises et ferm■ nées, de


i Cme les créances que les sujets respectifs pouvaient avoir
leș tms contre les autres, ainsi que sur le lise , devant itro
— 378 —
'■ aminées et réglées en toute justice , et promptement et en-
-iimnt liquidées , ii est convenu que toutes les affaires et.
rédamalions des sujets russes , à l'occasion des pertes qu’ils
ont essuyées par les déprédations des pirates barbaresques ,
les confiscations faites au moment de la rupture entre les deux
cours en 180G , cl autres actes de même nature , y compris
ceux qui ont eu lieu depuis l’année 1821 , donneront lieu à
une liquidation et à un dédommagement équitables. A cet effet,
il sera nommé sans délai, de part ci d’autre, des commis­
saires qui vérifieront les états des pertes et fixeront le mon­
tant d'un dédommagement. Tous les travaux de ces commis­
saires seront terminés, cl la somme à laquelle s'élève! le
dédommagement ci-dessus mentionné sera remise eu bloc à la
lèg; ilîun impériale de Russie à Constantinople, dans un terme
de dix-huit mois , à dater de la ratification dû la présente coït-
vent ion. Il sera aussi observé une égale réciprocité envers les
sujets de la Sublime Porte.
7. La réparation des dommages causés aux sujets et négo­
ciants de la cour impériale de Russie par les corsaires des ré­
gences d'Alger , de Tunis et de Tripoli , et la pleine cl entière
cxeculion des stipulations du traité de commerce et de l’art.
7 du traité de Jassy , étant d’une stricte obligation pour la
Sublime Porte on vertu des clauses expresses de l'art. 12
du traité de llukaireR , lequel, conjointement avec l’art. >
rappelle cl confirme toutes les transactions antérieures. La
Sublime Porte réitère solennellement la promesse de rem jifir;
désormais- , avec la plus scrupuleuse fidéllié. tous ses cng< ■;<
monts à cet égard. En conséquence : 1° La Sublime Porte
mettra lotis ses soins à empêcher que les corsaires des régen­
ces barbaresques ne puissent, sous quelque prétexte que ce
soil , inquiéter le commerce ou la navigation russe . et en r.i>
de déprédation de leur part, des qu’elle en sera instruite , elle
s’eiç;age itérativement à faire restituer, sans nul retard, toutes
; 'dises faites par lesdils corsaires, a faire dédommager les
sujets russes de pertes qu’ils auraient essuyées , à ad ress< r U
— 379 —
celte fin un firman rigoureux aux régences barbaresqucs, de
manière A co qu'il ne soit plus nécessaire de le réitérer une
seconde fois; cl, dans le cas où ce firman n’aurait pas êtr
exécuté, à payer le montant de l'indemnité, de son trésor
impérial , dans le terme de deux mois spécifiés en Partieh - ’
du traité de Jassy ; à dater du jour de la réclamation qui aiu a
été présentée à cet égard par le ministre de Russie sur la vc -
riScation qu'il en aura, faite. it La Sublime Porte pronn.;i
d observer i -igoureuscment toutes les conditions dudit traite
de commerce , deltvi i - tonies les prohibitions contraires à ia
■'eueur expresse de ses stipulations, de ne meure aucune en -
tinve a la libre navigation des navires marchands sous pavi!
Ion russe dans toutes les mers et eaux de l'empire ottoman ,
sans aucune exception ; en un mot. , de faire jouir les nu- r-
chamds , les capitaines cl tous les sujets russes en général, des
avantages et prérogatives, comme de l’entière liberté de
commerce , qui sont formellement stipulés parles traités exis
lants entre les deux empires. 3“ Conformément à l’article I
du traité de commerce , qui stipule en faveur de tons h-s
sujets russes en général, la liberté de navigation et de com­
merce dans tous les Etats de la Sublime Porte, tant sur tci re
que sur mer, et partout où la navigation et le commun -.
pourront convenir aux sujets russes; et on vertu des clauses
des articles 31 et 35 dudit traité, qui assurent le libre passa go
par le canal de Constantinople- des navires marchands russes,
chagésdc vivres ou autres marchandises et productions de la
Russie ou d'autres Etats non soumis à l’empire ottoman, ainsi
que la libre disposition de ces vivres, marchandises et pro­
ductions , la Sublime Porte promet de n'apporter aucun obs­
tacle ni empêchement à ce que les bâtiments russes, char; -es
de blé et autres vivres , à leur arrivée dans le canal de Con­
stantinople , le cas de besoin échéant, puissent transbordcr
leur cargaison sur d’autres bâtiments, soit russes ou d'autre
nation étrangère , pour être transportée hors des Etals de la
S tbliine Porte. ï" La Sublime Porte acceptera les lio-ns ofticos
île la cour impériale de Russie à l'effet d’accorder, d'après
— 3W —
ies exemples précédents, l'entrée de la mer Noire aux bâti­
ments ij^is puissances amies du gouvernement ottoman qti,
•n'ont pas encore obtenu ce privilège, de manière à ce que L
commerce d’importation en Russie parle moyen, de ces bâti
monts , et l'exportation des produits russes à leur bord , n
puissent essuyer aucune entrave.
" S. J .a présente convention, servant d'éclaircissement ci
de complément au traité de IJ i nk : trest, sera ratifiée par S. M.
I empereur et padischah de toutes les Russies, et par S. M
I empereur et padischah des Ottomans, au moyen de ratifica -
ions solennelles munies de leur propre signature, suivant
usage, qui seront échangées par les plénipotentiaires respeT-
iifs. dansle ternie de quatre semaines, ou plus tôt-s’il cslpos-
sible à compter du jour de la conclusion de la présente cor -
von lion
« Fait à Akerman, le 25septembre ( 7 octobre ) 1826. »

Acte styarê rf’atîf aux princip (ittttc de Moldavie cl de V»Iadûc.

«Au nom du Dieu Toul-Puissant :

« Les ltospodais de Moldavie et de Valachie étant choisis


par les boyards indigènes, leur élection sera désormais fini -•
dans chacune de ces provinces, d’après le consentement et la
volonté de la Sublime Porte, par l’assemblée générale du di
p'n, conformément a l’ancien usage du pays.
■i Les boyards du divan de chaque province, comme corps
•iu pays, et avec l'accord général des habitants, feront choix
oui- la dignité de hospodar d'un des boyards les plus an­
ciens et les plus capables de kl bien remplir, et ils présente-
i -mt à la Sublime Porte, par une requête ( Arz-Mabsar ), h-
indidai élu, lequel, s’il est agréé par la Sublime Porte, sert:
nommé hospodar et recevra sou investiture. Si par des r.-i
s ms graves la nomination du candidatélu ne sc trouvait point
mit....... ati désir delà Sublime Porte, dans ce cas, api i>
pie ces raisons graves auront été «avérées parles deux cours.
— 281 —
Valaques, les principautés lui doivent tribut et
reconnaissent sa suprématie ; mais du moment que
sa faiblesse lui ôtera les moyens d’exéciiter ses en­
gagements, le lien qui lui unissait les Moldo-Va-
laqties sera rompu si bien , que si elle venait elle-
même a passer sous une protection étrangère, ou
à disparaître de la face de l’Europe , leurs traités
se Jrouvani annulés, ils seraient rendus de droit
et de fait à l’indépendance.
il ne nous reste plus qu’à résoudre si la Turquie
peut céder valablement tout ou partie des préroga­
tives qu’elle tient des traités.
Touchant le point de la suzeraineté et de la pro­
tection , sur quel précédent se fonder pour faire
admettre la position d’un Etal soumis à deux in­
fluences tout-a -fait contraires , sur quel principe
faire reposer un ordre de choses aussi anarchique?
et au mépris du droit des gens et des cabinets de
l’Europe qui ont décidé que la suzeraineté et la
protection ne sont pas inhérentes à une seule et
meme puissance, peut-on reconnaître une telle in­
novation (i) ?
Quant aux prérogatives, les Moldo-Valaqucs, en.
les concédant à la 'I "urquic, y ont mis des condi­
tions qu'elle a juré de remplir. Il y a donc eu en­
gagement réciproque , ce qui suppose une liberté

(t) Quoiqu’ils n'aient pas proteste, par une noté diplomatique,
iioi» principaux cabinets de l'Europe ne reconnaissent pas a la ltus-
■ie le droit de protection qu’elle s’est arrogé sur les principauté» ;
’ \ utriche retira ses agents pendant l’usurpation de iS»S.
— .382 —
pots, redevances ciréquisitionsiiiiroduiisdepuis 1 année I r-s
I 1783 les hospodars et les boyards des divans respecți !’s
détermineront et fixeront les impôts et les charges annuel h - s
de la Moldavie cl de la Valachie, en prenant pour hase les ri -
glemcnis qui ont été établis à la suite du halti-shérif de 182.
Les hospodars ne pourront, dans aucun cas, manquer au
strict accomplissement do celle disposition. Ils auront égard
aux représentations du ministre de S. M. 1. et à celles que les
consuls de Russie leur adresseront d’après scs ordres, tant
sur cot objet que sur le maintien des privilèges du pays. '
spécialement sur l’observation des clauses et articles insérés
dans le présent acte.
« Les hospodars, de concert avec les divans respectifs .
fixeront dans chaque province lé nombre des beschlis d’après
celui (pii existait avant les troubles de 1821. Ce nombre, ne©
fois fixé tie pourra être augmenté sous aucun prétexte . à
moins que l’urgente nécessité n'en soit reconnue de part c- t
d’autre, et il est bien entendu que les beschlis continueront à
être formés et organisés comme ils l’étaient avant les troub! •
de 1821 ; (pic les agas continueront d’être choisis et nommés
d’apres le mode suivi avant ladite époque, et qii'enfin les brs--
chlis et leurs agas ne rempliront jamais que les fonctions pi -i.r
lesquelles ils uni été originairement institués, sans pouv iir
se mêler des affaires du pays, ni se permettre aucune autre -
action.
« Les usurpations faites sur le territoire de lu Valacl)
du côté d'Iijraïl, Ghierghiova cl de Coulé, et. au delà de i'OIla,
seront restituées aux propriétaires, et il sera fixé pour lad it
restitution un terme dans les lirmans y relatifs, Icqucls sorea i
adressés à qui il appartient.
«Ceuxdes boyards moldaves qui, uniquement par suite
des derniers troubles se sont vus forcés de quitter leur pâtre-
pourront y revenir librement, sans être inquiétés par qui
que ce soii, et rentreront dans la pleine, et entière jouissais ■
de leurs droits, prérogatives, biens et propriétés, comme
par le passé.
* La sublime Porte , ou egard aux malheurs qui ont prs>'
sur les principautés de la Moldavie et de la Valut hie, pur
suite des derniers (roubles, leur accordera deux aimées
d'exemption des tributs et redevances qu'elles sont tenues
o lui payer; A l'expiration du terme de l’exemption, ci-des­
sus mentionnée, lesdits tributs et redevances seront acquit­
' ti taux fixé par les hatti-shérifs de 11802, et ne pourront
étir • augmentés dans aucun cas. La Sublime Porte accordera
' ialeimmt aux habitants des deux principautés la liberté de
o aimerce pour toutes les productions de leur sol et de
ha .' industrie, dont ils pourront disposer comme bon leur
semtdura , sauf les restrictions exigées d'un côté par les
fournitures dues annuellement à la sublime Porte dont ces
provinces sont comme les greniers, de l'autre par l’approvt-
smnaement du pays, fouies les dispositions du litatti—shérif
' 1802, relatives A ces fournitures, à leur acquittement
régulier aux prix courants, d'après lesquelles elles doivent
être soldée;», et dont la fixation appartiendra, en cas de
litige, aux divans respectifs, seront remis on vigueur, et
observes à l’avenir avec une scrupuleuse exactitude,
i Les boyards seront tenus d'exécuter les ordres des hos-
udars et de rester envers eux dans les bornes d'une par-
fauc soumission. I>c leur côté , les hospodars ne pourront
t-vir arbitrairement, contre les boyards, ni leur faire subir
des punitions non méritées, et sans qu'ils aient commis qucl-
que faulc avéiée ; et les derniers ne subiruni de peine qu’a,
savoir été jugés conformément aux lois et usages du pays.
i Les troubles survenus dans les dernières années en Mol­
' vie et en Valachie ayant porté la plus grave «atteinte à l’or­
' ; dans les diverses branches de l'administration intérieure ,
h s hospodars seront ternis de s'occuper, sans le moindre
a:ai, avec les divans respectifs, des mesures nécessaires
; tr améliorer la situation des principautés confiées A leur?
>>.>ins, et ces mesures feront l'objet d'un règlement généra !
iir chaque province, lequel sera mis immédiatement à exé
cution.
— 38< —
I ' ons les autres droits et privilèges des principautés de
Moldavie et de Vaiachie , et tous les hatü-shérifs qui les eon-
ecrnent, seront maintenus cl observés, eu tant qu’ils ne se-
aient pas modifiés par le présent acte.
C’est pourquoi nous soussignés, plénipotentiaires de S. M.
l'empereur et padischah de toutes les Bnssies. munis des
țiieins pouvoirs souverains, de concert avec les plénqsoien-
iaires de la Sublime Porto ottomane, avons arrêté a réglé à
l’égard de la Moldavie et de la Valachie les points ci dessus
lesquels sont la conséquence de l’art. 3 de la convo ntioi- ex -
dicative et confirmative du traité de Bakaress, conclu en S
articles, dans les conférences à A kerman , entre nous etiSes
piénipoicnliaires ottomans.
En conséquence, le présent acte séparé a été rédigé , mtir-
le nos cachets et de nos signatures, et délivré entre les main
les plértipolcntaires de la Sublime Porte.
Fait à Akcrman, le 25 septembre 17 octobre) 1820.
Signés comte de Wonoxzow, RiiœacfieiittK.

Acte wépiuré relatif u la Servie.

Au nom du Dieu Tout-Puissant :

J,a Sublime Porte, dans F unique intention de remplir fi di


lement les stipulations de l’art. 8 du traité de Bukarcsi
lyant précédemment permis aux députés servions à Constau
tittopie de lui présenter les demandes de leur nation su -
les objets les plus convenables pour consolider la sûreté et 1 - ?
‘ lien-être du pays, ces députés avaient précédemment exposé
dans leur requête le vœu de la nation relativement à quel
pies-uns de ces objets, tels que la liberté du culte, le cho tx
de ses chefs, l’indépendance de son administration intérieure, la
réunion des districts détachés de la Servie, la réunion des diffé­
rents impôts en un seul, l’abandon auxServions de la régie d - s
biens appartenant à des musulmans, à charge d’en payer le
— 385 —
•'«'* i ensemble avec le tribut, la liberté de commérer,
!■ ] wruiission aux négociants serviens de voyage" dans les
I tus ottomans, avec leurs propres passeports, rétablis­
sement dhiftpitaux . écoles et imprimeries, et enfin ia défense
1 v musulmans , autre que ceux appartenant aux garnisons,
d s'établir en Servie.
tandis que lon s'occupait A vérifier et à régler les articles ci-
d >susspécifiés,certainsempêchements survenusenmotivèrent
! ■ tmrnemeitt ; mais la Sublime Porte, persistant aujourd'hui
ore dans la ferme résolution d’accorder à ht nation ser­
ine les avantages stipulés dans l'article 8 du traité de Bu-
'■n est, elle réglera . de concert avec les députés servions à
Coi istant inople , les demandes ci-dessus mentionnées de cette
nation fidèle et soumise, comme aussi toutes les autres qui
im seraient présentées par la députation serdenne, et qui
m seraient point contraires à la qualité de sujets de l'empire
tmin.
la Sublime Porte informera la cour impériale de Russie de
- uution qu’aura reçue l’article 8 du traité do Bukaaest,
et ni communiquera le firman revêtu du hatti-shérif par
A juel les susdits avantages seront accordés.
' .‘est pourquoi, nous soussignés, plénipotentiaires de S. M.
ipcreur et l'adischah d * toutes les Russiies, muni des
is pouvoirssouverains,de coucertavec les picnipoleutiai rcș
d. ’i Sublime Porte ottomane, avons arrêté: et réglé à l’é-
. des Servions les points ci-dos-ns, lesquels sont la con
picnccde l'art. 5 de ia convention explicative et confirm a­
' du traité: de Bukatrcss, conclue eu 8 articles dans les
eu heures à Akernian, entre nous et les plémpotentiair
o ttomans.
' i conséquence, le présent acte séparé a été rédigé, muni
de nos cachets et de nos signatures, ci délivré entre les mains
des plénipotentiaires de la Sublime Porte.
Fait à Akerman , le 25 septembre 7 octobr e i 11826.
Comte nu Wouoxzow RtitEAiipiEimm
25
— 38G — ’
h ait<■ de puii <-ni re la Uu^ît! ut la Tiirtpiii■, iiailuit Mir lu copie oflivielti .

An nom du Bien Pont-Puissant, S, M. 1, le très haut <-f


très puissant Empereur et Autocrate de tontes Ies Russies, et
S. IL le liés puissant Empereur des Ottomans, animés d’ut»
égal désir de mettre un terme aux calamités de la guerre , ■ i
d'établir, sur des bases solides et immuables, la paix, l'atnilié
et la bonne harmonie entre leurs empires, ont résolu d?•<■
commun accord, de confier cette œuvre .salutaire à ( suivent
les noms ci litres des plénipotentiaires).
Ai'l. P '. Toute inimitié cl tous différends qui ont exisn '
jusqu'à présent cuire les deux empires cesseront à compt •
de ce jour, tant sur terre que sur mer, et il y aura, à perpé -
fuite, paix , amitié et bonne intelligence entre S, M l'Empe
*
perenr et padisebah de toutes lesRussics el S. II. l'EmpcreiJi
et padisebah des Ottomans, leurs héritiers et successeurs- : m
trône, ainsi qu’entre leurs empires respectifs. Les deux
hautes parties contractantes porteront toute leur attention à
empêcher tout ce qui pourrait faire renaître la mésin tell i gancc
entre leurs sujets respectifs ; ils exécuteront serupuleuscmcm
toutes les conditions du présent- traité de paix, cl veilleront
môme temps à ce qu'il ne soit enfreint en aucune manier * '
directement ou indirectement.
2. S. M. l'Empercur et padischali de toutes les Russies ,
désira n td onne t • à S. II. I' Empereur e l padischah des ( ) Ll omar •<
un gage de la sincérité de ses dispositions amicales, rend à A
Sublime Porte la principauté de Moldavie, avec tontes I es
frontières qu'elle avait avant le commencement de la guerre
à laquelle le présent traité a mis fur. S. M. I. rend aussi Ia
principauté de Valachie. le banat deCrajova, la Bulgarie cl le
pays de Dobridge, depuis le Danubejusqu 'a la mer, ainsi qi
Silistric. llirsova, Matzia, Isaktia, Toulza. llabadag. Bazard-
jik , Varna . Pravady et autres villes , bourgs et villages qu'il
contient , toute l’étendue du Balkan , depuis Emineb-
Bournou jusqu'à Kosan , et tout le pays depuis le Balkair
jusqu'à la mer avec Selimnca, Jamboll, Aidos, Karnabat
- :W“ —

'nov'njâ, Akhioly . Bouigas, Sizupolis, Kirk-Kliÿsi, h vi...,


i Andrinqplc, Lulc-IJourgas, el en général toutes les phi• -
pie les troupes russes ont occupées dans la Romélie.
t. Le Pruth continuera de former la limite des deux cm-
pirtSs/depuis le point où celte rivière touche au territoire ■
'■i Moldavie jusqu’à sa jonction avec le Danube. De ce poiut.
ligne frontière suivra le cours du Danube jusqu'à l’ei• il.xm-
-Imre de Saint-Georges; de sorte que , laissant toutes lesiles
or nées par les divers bras de celte rivière en. possession de la
Dussic, la rive droite restera, comme anciennement, en pos-
-'sdon de la Porte ottomane. Cependant il est convenu qtrn
’ i c rive droite restera inhabitée depuis le point où le b •
•• Saint-Gcorgcs se sépare de celui de Sotdini, à une distar
de deux heures de h rivière, et qu'aucun établissement d'an-
<mii•■ espèce n'y sera formé, non plus que sur les îles qm
resteront au pouvoir de h cour de Russie, où, à l’excepti•
quarantaines qui pourront y être établies, il ne sera pi? r
a de faire aucun autre établissement ou fortifications. I
nents marchands des deux puissances auront la liberté de
parcourir le Danube dans tout son cours, et ceux qui porte -
vont pavillon ottoman auront libre entrée dans les embou­
chures de Kcliet Soulini, celle de Saint-Georges restant com­
mune aux navires de guerre cl bâtiments marchands des dm?x
tmi sam.-es contractantes. Mais les navires de guerre ru.ss es
'• pi'ils remonteront le Danube, n’iront pas au-delà du point
de üi jonction avec le Pruth.
j La Géorgie, l'Imirèlc, la Mingrélie, leGottricl, et pltisieur■
• ' il ;es provinces du Caucase, ayant été depuis longues aimé ■
et i ? perpétuité unis à l'empire de Russie, el cot empire ayant .
en outre, par le traité conclu avec la Perse à Towrk'wantchai
. !d février 1828, acquis les khanats d’Erivan cl de Naktclii-
vao, les deux hautes parties contractantes ont reconnu la.
ti écossité d’établir entre les deux états respectifs tout le long
de celle ligne une frontière bien tracée qui puisse prévenir
omie discussion future. Elles ont également pris en considé-
25.
— 3S&
ration les moyens convenables d'opposcr des obstacles insur-
mon ta Ides aux incursions et déprédations que les tribus voi­
sines om commises jusqu'à ce joui’, et qui ont si souvent
compromis les relouons d'amitié cl de bonne affection cm rc.
les deux empires; en conséquence, il a été convenu de Cùnsi
dérci | dorénavant comme la frontière entre les territoires de
la cour imperiale de Russie et ceux de la Sublime Porte otto
mane en Asie la ligne qui, suivant la limite actuelle du Gourûj l
depuis la mer Noire, remonte jusqu’au bord de l’imirèlc . et
de là en ligne droite jusqu’au point où les frontières des pn
elmlicks d'Akhahzik et de Kars rencontrent celles de la G i-
gie, laissant, de cette manière, au nord et au dedans de ee -<
ligne la ville d’Alhaltzik o( le fort de Kiialliiamck à nrn
stance moindre de drter /rwcce.
Tous les pays situés an midi cl à l’ouest de cette lign<
démarcation, vers les pachalicks de Kars et de I ' rébiz-a
ainsique la majeure partie du pachalick d'Akhall zik, resuj
à perpétuité sons la domination de ki Subiimi■ Pi mte, tandis
que ceux qui sont Si Lins au nord et à l'est de Ladite ligne vers
la. tlcorgia, riniirièect le Gourid , ainsique le littorald ■■ la
mer Noire, depuis l'embouchure du Kouban jusqu'au port
Saint-Nicolas incl^^i’^vemi^id, seront sous la domination de
l’empereur de Russie. En conséquence, la cour impériale de
Russie abandonne et rend à la Sublime Porte le reste du pu-
clialick d’Aklialtzik , h ville et le pâchalik de Kars, ht ville ci
le paelmlik de llavazid , la ville et le paclialik d’Er-zeroum ,
ainsi que les places occupées par les troupes russes qui peu­
vent être en dehors de ht ligne ci-dessus mentionnée.

5. Les Principautés de Moldavie et Valachie s'étant, par m >


capitulations placées sous la suzeraineté de la Sublime Porte .
et la Russie avant garanti leur prospérité, il est entendu qu'elles
conserveront tous les privilèges et immunités qui leur ont été
accordés en vertu do leur capitulation, soit par les irai tés con-
élus entre les deux cours impériales ou par les hatti^^liérii's
promulgués a diverses époques. En conséquence, elles joui-
__ __
■ ' ,i Ii i . --vi; u '■ i Ii ■ h.'ih■ idîfji on , ■unu p. clailc snj- u-
■ i ■ , d’iiin- miministruiii ■ii milion-li" cl indépendante, eld'iu 1
■mircrc libellé de rommtiircc. Les clauses additionnelles am
■’■.pululiims piécédenies. jugéesHeessiiivs pour assurer à d i
'ix |oao irices ■ ioi.d^js^iui''" ^l c i irs dimirs. se. ront iuséréis
'• i s l’acte séparé annexé, qui est « sera considéré cornu■ ■■
• ■.■nant partie iniêgrarite du présent traité.
■ . Les circonstances qui set sont présentées depuis la c. m-
dunion de la cotiveu isn d'.Xa-rmau ii'ayaiit pas permis : la
ilitiie l"oi'ir d'eiili'eprcnd ripirmiérlia leiiicr il lexéculinu
■ i••uses do "\icte séparé relatif à la a ■ - vie, ci annexé au i ;îa
.’.èniê ariicii
* da lat iim con vu ni ion. la Fi^^ldsme Porte s'engi1-s
la manière la plus solennelle ù les exécuter sans lfe moiti drt
n ci avec la plus scrupuleuse examiiiube, et de procédai
surfont à la rosi itiiiiHi immèdiuin dos six districts détaché ■. ■
: ■ Servie. afin d'assurer pour toujdin■ s la tranquillité et le bien
■ rede culte nalion lididr. et. soumise. Le tirnmri confirm^ p J
■ lia i li-shéii Jr rpii iirdiuitiei -a l'exéciilion di‘S sLniSesl Ci Klc
• a livre ci- coturni unique à la cour impériale de Russie dans
■ micr-nsilc d'un mois à compter de la signature du [Ji-éHCsP
nié de paix.
7. Les sujets i ■ usses jouiront, dans toute l élcnidim de ]' ■ rn-
.i.c ottoman, tant par terre qui- partner. delà liberté plaine
■ eutiéra de commande, qui leur a été assurée pur les tra ir!
■■ écédents condus entre lesdeux hautes puissances cont; !.■•
..'[lies. Aucune mirai lion à cette liberté (le commerce ne se ru
cottirrrise, et il m: sera pus permis de linie rrompre dansau
cas, ni sous aucun prétexte, par une prohibition ou restri■■
■ ai quelconque , ni en conséquence .l'aucun règlement ou
uiutsiiiri sirii d’administralion ou dâ législation intérieure ■ Les
ijcis, iiàiirm.nts ci marchandises russes serflUt è l’ab. ■ i tlm
. ii-, l i^Jinuc', de toute chicané. i.ps premiers sercmt sous l.i
juridiction exclusive et la police dos minisli ■ es et cdireu ■■■ d •
Russie. Les h;1llmellis russes UC amont so ums à aucune ■ ■ 1
quelconq ue de la part des autorités ottomanes , ni à la ntci
390 —

ni dans aucun des ports ou rades appartenant aux possessions


de la Sublime Porte . Toutes les marchandises et denrées au
partenantxi un sujet russe, après avoir payé les droits de
douane stipulés par les tarifs, seront librement transportées.
déposées à terre dans les magasins du propriétaire ou de
consignataire, ou autrement transportées à bord des bâti­
ments de toute autre nation quelconque, sans que les s up't s
russes soient tenus d'en donner avis aux autorités locales, et
encore moins de demander leur autorisaiiun. Il est expressé-
..mnt convenu que tous les grains provenant de la F issie
jouiront, des mêmes privilèges, et que le transit libre n'é. trou­
vera jamais, sous aucun prétexte, de difficulté oit d'obstaule.
La Sublime Porte s'engage, en outre, à veiller soigneuse aiem.
i ce que le commerce et la navigation de la mer Noir.- n’é­
prouvent pas la moindre entrave d'une mature quolcom ie.
Dans ce but, la Sublime Porte reconnaît et déclare L
sage du canal do Constantinople et lo détroit dos Dardanelles
entièrement libres et. ouverts aux bâtiments russes sous pa­
villons marchands, chargés ou sur leur lest, soit qu'ils vi eu -
nent de la mer Noire pour aller dans la Mcdiierranêe, i m soit
que . revenant do la Méditerranée, ils veuillent rentrer dans la
mer Noire. Ces bâtiments, pourvu que ce soient des n.
marchands, de quelque grandeur qu’ils soient, quel qi ■ soit
leur tonnage, ne seront exposés à aucune entrave ou vttr a. •
quelconque, comme il a été stipulé ci-dessus. Les deux . ours
s'entendront sur tes meilleurs moyens 'à employer pottt ma -
pi; .lier tout delai dans l’expédition des acquits de la dt uauc
nécessaires. lai vertu du meme principe, le passage. du 'ami
de Constantinople et du détroit des Dardanelles est dé daté
libre et ouvert à tous les bâtiments marchands des puiss; m es
en paix avec la Sublime Porte , soit qu’ils se rendent dans les
ports russes sde la mer Noire ou qu’ils en viennent, soit tpi 'ils
soient chargés ou sur leur lest-, aux mômes conditions que
celles stipulées pour les bâtimcnis sous pavillon russe. Eniiii
la Sublime Porte reçoit naissant le droit de la cour inip. ' .il..
de Russie d'obtenir une garantie de cette pleine libellé de
— W
corn-oercc cl de navigation dans la ntci 'Sun-, déclare wlf n-
«•:’ ■ aiciit que jamais, ei sous aucun prétexte qucleoiiqu •
dy apportera le moindre obstacle; elle promet sortou’
' jamais se permettre, à l'avenir, d'arrêter ou détenir des
cnts chargés ou sur leur lest, soit russes ou appartenant
... nations avec lesquelles l’empire ottoman ne sera pas on
cuti le guerre déclarée, qui passeraient par le détroit de C< .
’ C umple et le détroit des Dardanelles pour se rendre do la
> o i Moire, dans la Méditerranée ou de la Médilcrranée a
i russes de la mer Noire; et si, à ce que Dieu ne plaise ,
queiqu’un© des stipulations contenues dans le présent artii-l c
cd; enfreinttn et que la réclamation du iuiuisire russe à en
n’obtînt pas une satisfaction plcineet prompte, h sublinu
l’ork reconnaît d’avance le droit de la cour impériale russe
tic a «sidérer une telle infraction comme un acte d’hostijiié .
I faire immédiatement des représailles sur l'empire oit-■
man.
Les arrangements précédemment stipulés par le sixième
■••.le de la convention d'Akcrman, dans le dessein de régi en
vi i juider les droits des sujets cl marchands respectifs des
omn: empires, rckii «ventent A l'indemnité pour les pertes
; mirées i diverse époques depuis la guerre de IfiOti ,
■■ ml pas encore été mis à exécution, et le commerce ruvs -■
ayant, depuis la conclusion de la susdite convention , sotifh - n
de nouveaux et considérables dommages en conséquence cl, -
mesures adoptées sur ia navigation du Bosphore, il est arrélé
ri convenu que la Sublime Porto, comme réparation pour eus
dommages et ces pertes, payera à la cour impériale de Russsi-•
dans le délai de dix-huit mois, à des époques qui seront fixé es
j-m> i trd, la somme- d'un million cinq centmillo ducats de 11ré­
lande ;de sorte que le paiement de cette somme mettra fin à
m les droits ou prétentions réciproques de la part des de -i x
; m^mees contractantes au sujet des circonstances ci~lcssos
meruionnées,
!l, La prolongation de la guerre à laquelle le traité de p-iv
— 392 —_
actuel met heureusement fin, ayant occasioné à la cour impi■
riale de Russie des dépenses considérables , la Sublime Porte
reconnaît la nécessité de lui offrir une indemnité proportion -
née. A cet effet, et indépendamment de la cession d’une petite■
portion de territoire en Asie, stipulée par l’article ï, qui■ la
cour de Russie consent à recevoir pour compte de ladite in -
demnité, la Sublime Porte s’engage, à payer à ladite cour um■
sommé d’argent dont le montant sera réglé de concert.
10. La Sublime Porte, ‘en déclarant son adhésion entiére
aux stipulations du traité conclu A Londres le 2't juin (6 j-
let) 1827, entre la Russie , la Grande-Bretagne et la France ,
adhère également à l'acte du 10 (22 j mars 1829, rédigé, d’uti
consentement mutuel, entre ces mêmes puissances sur I es
bases dudit traité, et contenant les mesures de détail reiat is c
a son exécution définitive. Immédiatement après les ratif .
tions du présent traité de paix, la Sublime Porte nommera d e»
plénipotentiaires pour traiter avec ceux de la cour impériale
de Russie et des cours d'Angleterre cl de F râncede l'exécution
desdits arrangements et stipulations.
11. Immédiatement après la signature du présent traité de
paix entre les deux empires, et l'échange des ratifications pur
les deux souverains, la Sublime Porte prendra toutes les me­
sures nécessaires pour la prompte et scrupuleuse exécu tir in
des stipulations qu'il contient, et particulièrement du " ■ et
du V article, relatifs aux limites qui doivent séparer les
deux empires, tant en Europe qu'en Asse, ainsi que des 5e
et G1’ articles, relatifs aux principautés de la Valachie et . ta
Moldavie, aussi bien que de la Servie ; et, dès l'instant que ces
stipulations, pourront être considérées comme ayant été ex coû­
tées,, la cour impériale de Russie procédera à l’évacuatitmdu
*
territoire dé
l ’cmpire ottoman, conformément aux bases
établies par un acte séparé qui fait partie intégrante du
présent traité de paix. Jusqu’à la complète évacuation du ter­
ritoire occupé par les troupes russes, l’adminisiralic ri et
l’ordre de choses établi dans le moment actuel, sous Fin fl u en;
— 393 —
delà cour impériale de Russie, seront maintenus, cl la Sublim
Pot te tic s’en occupera en aucune manière.

iImmédiatement après la signature du présent traité d e


paix, dès ordres seront donnés .aux commandants des tronpi
respectives, tant sur terre que sur mer, de cesser les hostilités.
Celles commises après la signature du présent traité se ront
considérées comme n’ayant pas eu lieu, et n’amèiici'unl aucun
changement dans les stipulations qu'il contient; de mène ■
’oir ce qui aura pu être conquis dans l’intervalle par les
t ompes de l'une ou de l’autre des hautes puissances contrai .
ait; s, sera rendu sous le moindre délai.

13. Les hantes puissances contractantes, on réiablissaut


eut■ e elles les relations d'amitié sincère , accordent un pardmi
gêneral et une amnistie pleine et entière à tous ceux de leurs
■«jets, de quelque condition qu'ils soient, qui, pendant li­
cou ts delà guerre heureusement terminée aujourd'hui, aure ut
pris part aux. opérations militaires, ou manifesté, soit par bu r
m luitc, soit par leurs opinions, leur attachement à l'une ou
. ulrc des deux parties contractantes., En conséquence
. r m deces individus ne sera inquiété ou persécuté, soit
d; tus sa personne, soit dans ses biens, pour șa conduite passée ;
et chacun d'eux, recouvrant les propriétés qu'il possédait!
par ivanl , en jouira paisiblement sous la protection des lois .
c raen liberté d'on disposer dans l'espace de dix-huit mois .
de se transporter avec sa famille, ses biens, propriétés, etc.,
. laits le pays quelconque qu’il lui plaira de choisir, sans
■ ; irouvcr aucune entrave ou vexation quelconque.
1 sera , en outre , accorde aux sujets respectifs dos deux
puissances établis sur les territoires rendus à la Sublimi
P< i te ou cédés 0 la cour impériale do Russie, le in te .
valle de dix-huitiuois, à dater de 'l’échange des ratifications di.
usent traité de paix, pour disposer, s'ils le jugent con vena -
le leurs propriétés acquises, soit avant , soit depuis '
.. mt, cl de se retirer avec leurs capitaux, fortune, pro-
—— 354 —

; siùtés , dlc, , dej Lino» up i iri'.r dos puissances corii tBdlfttjj -


■luna ceux de l'autre , etc.
i 't. Tous les prisonniers de guerre, de quelque natiou
comiî'üon ou seaca qu'ils soient, qui sont dans les deux eni-
i irr s, drvn.mi immédiat emon i après l'échange des r.i b fi
dons du présent traité de paix, être mis en libcrl^^, et rendus
sans Io moindre paiement ou rançon, à l'exception des chr - .
iiois qui, de leur propre volonté , ont embrassé la vi -lip,ici
mnhométânedans les Emis de la Sublime Porte, ou les t
homètans qui, aussi de leur propre volonté, ont embrasse l
religion chrétienne dans les territoires de l'empire russe1.
La même rondin tu sera observée â l'égard des sujets rus *
]üi, après la Signuturiidu présent traité de paix, seront tom . <:■.
■ Lins la captivité d'une manière quelconque, et seront lr eu | '■
•Lins les Plats de la Sublime Porte.
La cour impériale de Russie promet,de son côté, d'agir t?
la même manière envers les sujets de la Sublime Porte. Aur-un
.'i'miiliur,'ii’mfiiL ne sera exigé pour les sommes qui ont i i
employées par les deux limites puissances contractantes pou .
Pcntretieu dt« prisonniers. Chacune d'elles fournira aux pri
aflimiers tout ce qui pourra être nécessaire à leur ve»yn? ■■
jusqu'auxfrontières, où ils seront échangés par des coutiibs
■iaii'i.'S nommés des deux côtés.
15. Tous les traies, conventions ut stipulations arrêtés ci
condus à diverses époque», entre la cou r impériale de Rus sic
el la Porte ottomane , â l'exception de ceux qui sont armu .■
par le préseni imite de paix, sont confirmés dans toute lr
fbrcc ri effet., et les deux hautes parties contractantes s'e •■•••
gagent à'lesexécuter religieuse ment et inviolabtemenl'
1(5 Le présent traité de paix sera ratifié pur les deux hau ț
jours comtal clan les, et l'échange des ratifications en ire
plénipotentiaires respectifs aura lieu dans J'espace de six s
marnes ou plus tôt si faire se peut.
-«to. Dana le S* article du Traité ci-de .asus, il a été stip
qtie la Porte . en indemnité des perles essuyées par les suj - i •
et les commerçants russes à différentes époques depuis 18(<■
— 395 —
paierait à la Russie, dans l'intervalle de dix-huit mois , à des
époque s ;ui seraient ensuite spécialement déterminées, la
vomine ie 1,500,0U0ducats de Hollande. Les termes ont été,
,(/ .i:" invention séparée, signés le même jour que le traité
(article H), fixés de la manière suivante :
i ' ■ rie paie , après l'échange des ratifications du traité
de .i...... 100,000ducats, dans les six mois suivants, 500,000,
i bout de six au très mois, les 500,000 ducats estants;
de h - ma ère que la somme totale de 1,500,000 ducats soit
;tsi acquitté? en dix-huit mois.
•< Dans le 9e article du même traité, il a été Stipulé que la
•th s'engage à payer à la Russie. pour les frais de la guerre,
. ne dont la quotité devait être réglée par une con-
i* 1 u ! iile en commun. Dans la convention séparée ci-dessus
.iritdr i), cette indemnité a été fixée à 10,000,000 de ducats
de. Holmade , et la Porte promet de payer ladite somme
suiv; iut lu mode que prescrirait S. M, l'Empereur de Russie,
■ > l appel de la Porte à sa magnanimité. Afin d'alléger
mitant que possible ce fardeau à la Porte, il a été réglé que la
coin de Russie accepterait, en déduction de cette somme,
. joivalents en nature et en objets qu’on s’accorderait à
:■ ’• icceptables,
« Q uanl à la stipulation contenue dans l'acte séparé, con-
I î 'i m’ tes principautés de Moldavie ct de Valachie, et en
wi i i il.- laquelle les villes turques situées sur la rive gauche
du Danube , Turno, Giurgowo, Braïlaw , etc., avec leur ter­
ri toire, doivent être réunies à la Valachie, et les fortifications
qui i an i i-devant existé sur celle- rive nejamms être rérablies;
h a été réglé dans la convention explicative (ariicht 1er - nue
Ginirgcwo, qui sc trouvait encore alors au pouvoir des Turcs .
serait évacné, remis aux troupes russes, et que fortifica­
tion s en seraient rasées. L’évacuation devait avoir lieu quinze
jours après la signature de la paix. (On saiiTpielle a été re­
tardée. '■ J. es troupes turques devaient sc retirer à Ruslschuk.
sur la rive droite du Danube, vis-à-vis Giurgewo, et emmenet
lent- artillerie, leurs munitions et leurs propriétés. Il était cga-
— 396 —
lient permis aux tiatntanis turcs de Giurgewo d'émigiri
avec leùf fortune.
« Relativement à l’évacuation du lorriloirc oiloman ;i
u ou pcs russes, mentionnée article 11 du traité princi ■ I
■ (invention explicative porte article 4 : Aussitôt que le p: n
■ieii’ciil ( 100,000 ducats' sur les indemnités stipulée oui
s pertes dessujetset commerçants russes, aura été acq u
aussitôt que l'article6du traité concernant la Servie a
compli, fiiurgewo conséquemment évacué et rem . aux
troupes russes, alors, sous un mois après l’échange des > ■ tifi
liions, Tannée russe quittera les villes d’Andrinoplc r
tsse, Lulc-Burgas, Midia, Iniada et autres endroô
iront remis aussitôt aux autorités nommées pat la Pori
s recevoir.
<i Aussitôt ['acquittement du second paiement ( fM 0 0 !■
ucats; de l’indemnité pour les commerçants russes, c
dire six mois après l'échange des ratifications, les t
■ jssesévacueront sons un mois tout le pays depuis le m
tsqii'à la nier Noire et au golfe de Burgas, et elles s >eo
eront au-delà du Bnlkan en Bulgarie et à Dobrudscl-ï. Vi
bout du second terme de six mois, lorsque les 500,000 ducats
■rnianl le troisième paiement des indemnités auront ck
uitlés, les troupes russes évacueront toute la Bulgari , .
s villes et les villages, etc., situés sur la Dobrudscha, dep:
: Danube jusqu’à la mer Noire. Les 500,000 ducats r ■ r is
? Tûnt payés dans les six mois suivants, c’est-à-dirodix-huit moi ;
près l’échange des ratifications. La ville de Silistrie c
rineipautés de Moldavie et Y alachie sont exclues de le j ; ,i
mi ci-dessus, et seront gardées en dépôt parla Russie jusqu'à
entier acquittement de la somme que la Porte s'est euga.géi-
payer cq^tidemnilé pour les frais de la guerre. Aus ir,; < <
tiement terminé, Silistrie et les principautés sci ont a , •<
sous deux mois et remises ponctuellement aux autorii h
Porte.
u Quant à l'évacuation des provinces d’Asie qui d nvept
re rendues à la Porte en vertu de Tarliclc Y du traité
— 397 —
été réglé qu elle comment- craie trois mois après l’échange des
ratifications, et cela conformément à une convention particu­
lière, que le général comte Paskéwitsch conclura avec les
commandants de la Porte dans ces contrées, do manière que
l'évacnation totale des pays qui doivent être rendus à la Porte
soit terminé - huit mois après l’échange des ratifications. »

l’rok1 Si |i; ■■ ■■ il II, ■ la Russie et la Porta, rdaqf aux Principautés de


Mo Idavie et tic Vuliichie. *■

\ ü nom de Dieu tout-puissant.

Les deux hautes puissances contractantes, en confirmant


tout ce qui a été stipulé par l’acte séparé de la convention
d'Akcrman, relativement au mode d'élection des hospodars
rie .Moldavte et deValachic, ont reconnu la nécessité dp donner
à l’administration de ces provinces une base plus stable et
plus conforme aux véritables intérêts des deux pays. A cet
effet, il a été convenu et réglé définitivement que la durée du
gouvernement des Hospodars ne serait plus bornée à sept ans,
comme par le passé, mais qu’ils seraient dorénavant, investis
do cette dignité < vie, sauf les cas d'abdication volontaire ou
de destitution pour cause de délits, prévus par ledit acte
séparé.
Les hospodars régleront librement toutes les affaires inté—
rieures de leurs provinces, en consultant leurs divans respec—
tifs , sans pouvoir porter néanmoins aucune atteinte aux droits
garantis aux deux pays par les traités ou les halti-shérifs, et
ne seront troublés dans leur administration intérieure pat
aucun ordre contraire à ces droits.
La SubliiwPorte promet et s'engage de veiller scrupuleu-
u- i ■ "i les privilèges accordés à la Moldavie et à la
i i. icnt d’aucune manière enfreints par scs com-
i . mil rophes, de ne souffrir aucune ingérence tle leur
j - oui - s affaires des deux provinces, et d’empêcher toute
meursimi des riverains de la rive droite du Danube sur le 1er-
— 30H —
litvue vidaquc ou moldave. Seront considérées comme i?
■:i panlic intégrante de ce territoire, toutes les îles ai
...... es à la rive gambe du Danube, et le chenal ( thalweg 1
t'C fleuve formera la limite des deux principautés , depuis <ot;
mirée dans les Etals ottomans jusqu’à son confluent :>
le Prulh.
I our mieux assurer l’inviolabilité du territoire moldav i
•que, la Subliinq Porte s’engage à ne conserver aucun pi
ilic.à ne tolérer aucun établissement quelconque do < s
i jets musulmans sur la rive gauche du Danube. En cm,-.
ijiiCitce, il est invariablement arrête que sur toute cette n
j.i s la grande et petite Valachie, comme aussi en Moldav.

un mahométan ne pourra jamais avoir son domicile ci <p


y admettra les seuls marchands , munis de firmans, qui
, iidront acheter pour leur propre compte dans les Prima-
■ités desdenrées nécessaires pour la consommation de m
sfantinople, ou d autres objets.
Les villes turques simècs sur la rive gauche du Danube
it, ainsi que leurs territoires țr«j(lAs), restituées à la t
chic pour être désormais réunies à celle principauté, et ■■
j lificalions existantes auparavant sur cette rive ne poui .
i nais être rétablies. Les musulmans qui possèdent desb :
fonds non usurpés sur des particuliers, soit dans ces m- c> ,
i les, soit Sur tout autre point de la rive gauche du Dan ' i
ont tenus de les vendre aux indigènes dans l'espaç <!
d <-huit mois.
Le gouvernement des deux Principautés, jouissant de
privilèges d'une administration intérieure iiidépcild;
iirra librement établir des cordons sani lai res ci des qm
nés le long du Danuhoci ailleurs dans le pays, où il en
loin, san^que les étrangers qui y arrivent, tant mustdm
e chrétiens, puissent se dispenser de l’exacte observ
s règlements sanitaires. Pour le service des quarante
ssi bien que pour veiller à la sûreté des frontières
maintien du bon ordre dans les villes et campagnes et A T • ■
ulion des lois et règlements, le gouvernement de chaque
3«rt» —
] ipourra entretenir un nombre de gardes arniés
sinetemeni nécessaire pour ces diverses fonctions. J. - nom la-?
l'entretien de celle milice seront réglés par les hospod; n
: concert avec leurs divans respectifs, en se basant sur les
m i ; ns exemples.
.a Sublime Porte animée du désir sincère de procurer ans
deux Principautés tout le bien-être dont elles peuvent joua ,
informée des abus et des vexations qui s'y commettent à
i ion dos diverses fournitures exigées pour la consom-
ui i de Constantinople., l'approvisionnement des forteresse
*
uées sur le Danube et les besoins de l’arsenal, leur fait un
ndon plein et entier de son droit ù cet égard. En conse-
eilce, la Valachie et la Moldavie seront pour toujours di--
i ftsi es de fournir les grains et autres denrées, les moutons t
bois de construction qu'elles étaient tenues de livrer p ré-
t edennnenr» * <•
Il ne sera de même requis de ces provinces, eu aucun oas.
s ouvriers pour les travaux des forteresses, ni aucune autre
>i ce de quelque nature que ce soit. Mais alin de dédomnia
r b■ trésor impérial des pertes que cot abandon total de ces
droits pourrait lui faire éprouver, indépendamment du tribut
m -I que les deux Principautés doivent payerà la Sublime
oi'te , sous les dénominations de Karatsh, de Idivè et de
Aiabyé (selon k; teneur des hatti-shérifs de 1802), la M ol—
d ivin et la Valachie paieront chacune annuellement à Ia Su­
blime Porte, par forme de compensation , une somme d’ar-
, ni dont la quotité sera déterminée ultérieurement d'ui;
commun accord. En outre, à chaque renouvellement des
podars, par le décès, l’abdication ou la destitution légale
titulaires, la principauté où le cas viendrait à échoir, sera
ie de payer à la Sublime Porte une somme équivalant au
ul annuel de la province établi par les hatti-shérifs. Ces
sommes exceptées, il ne sera jamais exigé- du pays ni des
-podars aucun autre tribut, redevance ou cadeau, sois
Ique prétexte que ce puisse être.
t ii vertu de l'abolissement des fournitures ci-dessus spé-
— .Un _
dfièes. les habitants des principautés jouiront de la pa .:•<
liberté de commerce pour toutes les productions de Icut
I i de leur industrie 'stipulées par l'acte séparé ■ la ci it •
lion dWkei'mao ‘ sans aucunes restrictions, hormis ccll• >
les liospodars, de concert avec leurs divans respectifs, ;
ronl indispensable d’établir, afin d'assurer l’approvi•;
nenteiit du pays, l^pourront naviguerlibremcnt sur le 1
avec leurs propres bâtiments ,* &unis de passeports d e -
gouvernement, et aller commercer dans les autres v -llc< -i
ports de la Sublime tÿirte, sans être molestés par 1<-
capteurs du Karaisch , ni exposes à aucune autre vexai to .
lie plus la Sublime Porte, considérant tontes les ta -.u
que la Moldavie et la Valachic oM<«i à supporter, et
par un seiniineitl d'humanité tout particulier, conseï
exempter les habitants de ces provinces, pour l’es pm
deux ans, à compter du jourÔù les lif'mcipauutWiu
entièrcmcnt évacuée s par les troupes russes, du ‘païenîcn- ■
impôts annuels versés dans son trésor.
Enfin la Sublime Porte, désirant assurer de toutes les
nières le bien-être futur des deux Principautés, s'eng a;t
Icmidlement à conlir- mer les règlements administra itl's
durant l’occupation de ces deux provinces par les ai ni
la cour imperiale, ont été laits d’après le vœu exprim - i .1
assemblées des plus notables habitantsdu pays,et qu • dev . .
: l'avenir servir de bases pour le régime intérieur i <
provinces , en tant, bien entendu, que lesdils règlen mut
porteraient aucune atteinte aux droits de souveraineté d>. a
Sublime Porte.
C’est pourquoi, nous soussignés plénipotentiaires I S.
l'Empereur et padiscliah de toutes les lîu&sies, d e corn-ert
avec les plénipotentiaires de la Sublime Porte ottommm
a vous arrêté et réglé, à l'égard de la Moldavie cl de la V:
t Ilie, les points ci-dessus, lesquels sonda conséquent!e de
liilie.idii traité de paix conclu à Andrînoplc entre nous et
plénipotentiaires ottomans. En conséquence, le pré sent a.
— Mi —
. . a- rédigé, muni de nos cachets et de nos signatures
■ lelivré entre les mains des plénipotentiaires deja Sublim-
Porte.
l'ait à Andrinople , le ï-l V septembre 1829.

TraiC d'Uiikiar Ske'mi, du B juillet 1833.


«
1. 1. le très haut et très puissant Empereur et Autocrate
' toules les Russies, ct S, 11. le très^autet très puissant Ern-
o rettr des Otiomhns , également animés du sincère désir de.
maintenir le système de ynix et de bonne harmonie heureuse■
; établies entre lojfix empires, oui résolu d’étendre c■
de fortifier la parfaite ayiitié et la confiance qui régnent entre
i . par la conclusion d’un traité d’alliance défensive.
Eu :n^0t'^IJ|ni!, ü*.. MiMout choisi et nommé pour leurs
plénipotentiaires , savoir : S. M, i'Empcrcur de toutes k s
Russie * le très excellent et très honorable le sieur Alexis
comte Orloff, son ambassadeur extraordinaire près la Sublime
Pftr te Ottomane, etc., etc.
H le sieur Appolinairc Boutùiieff, sou envoyé extraordi­
naire l ministre plénipotentiaire près la Sublime Porte Otto­
mane , etc. ,_otc.
j-ît S. H. le Sultan des Ottomans, le très illustre et très
excellent le pins ancien de ses visirs, Kosrcw-Mehétnct pacha,
héraskier commandant en chef des troupes de ligne régu-
lièri-s, et gouverneur général de Constantinople, etc., etc. ;

les très excellents et très honorables Ferzi-Achmet pacha.


monchir ci commandant de la garde de S. H., etc , etc. •
et liadji-MedémekAkif-Effuindi, Keis-Efl'endi actuel, oie.
!..'quels , après avoir échangé leurs pleins pouvoirs ,
trouves en bonne et duc forme, sont convenus des articles
suivants. .
Art. 1<. Ily aura à jamais paix, amiléel alliance entre S. M.
1 Empereur de toutes les Russies cl S. M. FEmpereurdes Oi-
20
— 402 —
.oniaiis, leurs cmpires et leurs sujets, tant sur terre que sur
mer. Cette alliance ayant uniquement pour objet la défi -m
commune de leurs étais contre loul empiétement, IJ.. MM.
promettent de s’entendre sans réserve sur tous les obj< ts
concernent leur tranquillité et sûreté respectives, et de
prêter a tel effet mutuellement des secours matériels cl Ia
sislance la plus efficace,.
2. Le traité de paix conclu , à Andrinople, le 2 sepleu' i
1823 , ainsi que tons les autres irai les qui y soûl- compris, .
mèirm aussi la convention signée ù Saint-Pêlorsbourg, h Pi-
avril 1830, et l’arrangement conclu, à Constantinople, I ’»
[21 ; juillet 1832 , relatif ù la Grèce, sont confirmés dans tente
leur teneur parle présent truité d'alliance défensive, c mimi
si léMiies transactions y avaient été insérées mol pour m
3. En conséquence du principe de e^uset't' aiiohfït de dÿr
fènse mutuelle qui sert de base an présent traite d'alliar - ■
et par siiile du pins sincere désir d’assurer la duréc'^le m
tien, fit l’entière Indépendance de la Sublime Porte, S.
P Empereur de toutes les Russies, dans le cas où les cire-
stances qui pourraient déterminer de nouveau h Subi
Porte à réclamer l’assistance navale et militaire delà-IRissie ,
venaient à se présenter., quoique ce cas ne soit nullemoru a
prévoir, s’il plaît a Dieu , promet de fournir par terre cr • -ir
mer autant de troupes et de forces que les deux hautes p- . -
tics contractantes le jugeraient nécessaire. D'après cela . il
convenu qu’en ce cas les forces de terre eide mer, dont la
Sublime Porte réclamerait le secours, seront tenues à sa d is-
position.
» Selon co qui a été dit plus haut, dans le cas où l’une des
deux puissances aura réclamé l’assistance de l’autre , les frais
seuls d’approvisionnement pour les forces de terre et de mi-t
qui seraient fournis tomberont à la charge de h puissance
qui aura demandé le secours.
5. Quoique les deux hautes parties contractantes soient
— V03 —
i icércmetll iolenliinmées de niainténir cet engagement jnS-
i’au terme Je plus éloigné , comme il se pourrait.*p ie dans la
ide les circonstances exigeassent qu'il lût. apjpu'té quelques
.: iiigcmonts à ce traité, on est convenu île fixer sa durée à
i ans , à dater du jour de l'échange des ratifications impé-
ia.es. Lus deux parties, avant l’expirai ion de ce tcrmo, so
'u crieront suivant. l’état oit seront les choses à cette épo-
iiic , sur le renouvellement dudit traité.

6. Le présent, traité d ’aîliance défensive sera ratifié par les


u x hautes parties contractantes, et les ratifications en sc­
out échangées à Constantinople , dans le terme de deux mois .
ou plus tôt si faire se peut
he présent instrument, contenant, six. articles, et auquel il
sera mis la dernit. re main par l'échange des ràiificalionÿ ros-
pç tires , ayant été arrêté entre nous, nous l'avons signé et
scellé de nos sceaux, en vertu de nos pleins pouvoirs, et dé
livré , B échange contre un aunre pareil, entre les mains des
oh mpolcntiairesde la Sublime Porte Ottomane.

(Articie Rpme,'
- «T
En vertu d'une îles clauses de l’article b r du Traité patent
d’alliance défensive conclu entre la Sublime Porte et la. cour
impériale de Russie, les deux hautes parties contractantes
sont tenues de se prêter mutuellement des secours matériels
et l’assistance la plus efficace pour la sûreté de leurs Etats
respectifs. Néanmoins, comme S. M, rktnpmreur de toutes les
Russies, voulant épargner à la Sublime Porte Ottomane la
charge ci- lesembar ras qui résulteraient pour elle ■ de la pres­
tation d'un secours matérid, ne demandera pas ce secours sj
les circonstances mettaient la Sublime Porte dans l’obligation
de le fournir, la Subit me Porte Ottomane, à la place des secours
quelle- doit prêter au besoin, d’après le principe de réciprocité du
Traité , devrait borner son action en faveur de (a cour
impériale, de Russie < fermer le détroit des Dardanelles, c’est-
26.
i-direâ ne permettre ù aurtiii bâtiment de guerre étranger f <
itrer sous'aucun prétexte quelconque.
Le présent article séparé et secret aura la même force et
alcur que s'il était inséré mol à mot dans le traité «l'alliai ■■
défensive de cejmir.
Fait à Constantinople , le 26 juin l'an mil huit cent (rente
trois ; le 20 de la liinc de Safcr, l'an 12’i9 de F Hégire '.

traité de Saint-Wku bourg, du 2‘J j.mviei 1834.

Le très haut et très puissant Empereur ottoman, mon bi<


itcur et maître, d’une part, et Ife très haut et très magna
n me Empereur de toutes les Rassies, de l'autre, animés
désir que leur inspirent l'amitié sincère , la sécurité et la con
iance qui existent heureusement, entre eux , d’arranger défi­
nitivement certains points du traité conclu entre les deu
hautes puissances à Andrinoplc, lesquels n’ont pas été mis
exécution jusqu'à présent, ont nommé à cet effet pour le n
plénipotentiaires, savoir : Sa Majesté F Empereur ottoman
Son Excellence Mouchir Ahmed Pach%, .conseiller militait
du sérail, ambassadeur extraordinaire de la Sublime Port
la cour impériale de Russie, etc. , etc. ; et Sa Majesté l’Eu
pereur dé Russie , leurs Excellences le comte Nesselrodt
\ icc-chancelier de l'empire, et le comte Alexis OrTdIF, génét
de cavalerie, aide-de-camp de l’EmpereUr, etc., etc.
lesquels, après avoir montré réciproquement leurs pleins po
voirs , sont convenus des articles suivants :

Art. 1er. Les deux hautes cours ayant jugé nécessaire d’é-
lablir, ainsi q*u'il est stipulé dans le traité d’Andrinople, iiik-
hgne de démarcation entre les deux empires dans l’Orient
capable de prévenir désormais toute espèce de disputes et de
discussion , il a été convenu que l'on tracerait une ligne qui
pût empêcher entièrement les déprédations que les peuplades
irconvoisines commettaient, et qui ont plus d’une fois Coin-
iü5
promis les relations de voisinage ci d'amitié entre ies deux
empires. En conséquence , et après que des commissaires de
part et d'autre ont examiné les lieux, et pris des renseigne­
ments à cet égard, les deux parties conlraclanles ont résolu de
procéderai fixation des frontieresde manière à ce (pie le but
qu'on s’est sagement proposé dans le traité d'.Andrinopic fût
■ uiplcicmi^iit. rempli ; cl pour cel ; iciles ont adopté, de coin -
mun accord, la ligne que l'on voit trace» en couleur rouge
d, -ns la carte qui est jointe au présent traite.
Conformément an V article du traité d’Aindrinople, celle
igne pari du port de Saint-Aicolo, sur la côte de la mer
Soire, suit les frontières actuelles de la province de Guricl,
milite jusqu'aux confins (finira , et de là clic traverse la pro­
vince d'Akliiskha, et elle aboutit au p -tint où les provinces
TAkhIskha et. de Kars se réunissent à la province, de la
1 ■■ orgie. Ainsi la plus grande partie de la province d'Akhiskha
reste. avec les autres pats et. terres dmit il est question dans
ledit traité , sous la domination de la Sublime Porte, comme
or voit par la carte, dom. deux copies ont été faites cl colla
tiounées par les plen i polen lia ires des deux puissances, et qui,
■ •ou sidérées comme faisant partie d -i présent traité, doivent y
être jointes, pour y voir la manière dont les limites futures
des deux empires ont été fixées.
Après rechange des ratifications du présent traité, cl aus­
si, i‘it que l'on aura fai, planter des |H)teaux par des commis-
saiies muninés de pari ÿ. d'aulrc, d'après la ligne tracée dans
la carte . d'un bout à l'autre, les troupes russes évacueront
les terres situées au dehors de cette ligne. et se retireront
ii ans les bornes qu’elle prescrit. De même les musulmans qui
SC iroitvénl. dans lus tenus peu considé-aides tpii sont cmti-
pr:s<iSdans la Jigni- qui | -asse devaul lu Samliack du Gllr.'iddiati
ci des extrémités des Sandjacks de Punskron et de Djildir,
1squels voudront s’él ablir dans les terres de la Sublime Porte,
ponrroin , dans le terme de dix-huit mois, à dater du jour
dc l'échange des raiilïcalions du. traite, finir les affaires (pii
i-06 —
les attachent au pays , m se transpot'u-r dan s les Etats turcs ,
sans que t on y mette obstacle.

2. Par l'instrument fait séparément à Vndrinoplc robitivc-


mont aux principautés de ta V.dacliie et de ta Moldavie, I.
Sublime Porte a pris rengagement de reconnaître formelle­
ment les règlements faits, pendant que les troupes russes
ocrtipaient ces provinces, par les principaux habitants su
leur administration intérieure; la Sublime Porte ne trouva) 1
rien dans les articles de celle constitution qui puisse affecte t •
ses droits de souveraineté, consent dès à présent à reconnaître
formellement ladite constitution.
Elle s'engage à publier à cet égard un firman , accompagnc
d'un hatti-shérif, deux mois après l'échange des ratifications,
et à donner une copie du même à la mission russe à Constat;
tinople.
Après la recotinaissattce formelle de la constitution , le:
hospodars de Valachie et de Moldavie seront nommés, ma s
pour celte seule fois--Ç, cl comme un cas tout particulier, d e
la manière qui a été convenue, il y a quelque temps, enlrc
les deux puissances contractantes, cl ils commenceront à
g ouwrner les deux provinces conformément à la constitution,
iatinelle est une suite dos stipulations dont il a été parlé plu s
liant.
Sa Majesté lEmpereur de Russie voulant donner une noi'-
vc!le preuve des égards et de la considération qu’il a pour
S . i Haulcsse, et hâter le moment où la Sublime Porte uset
des droitsque les traités lui assurent sur les deux provinces
ordonnera à ses troupes, une fois que les princes auront r<-
u ri'més , de se retirer des deux provinces. O point aura s. m
exécution deux mois après la nomination des princes. El
co mine une compensation est duc en toute justice pour h' s
avantages que la Sublime Porte accorde par faveur aux Va-
taques et aux Moldaves , il est convenu ci arrêté que le tribut
anmtel, que les deux provinces doivent lui payer d’après leș
traités, est fixé désormais à .six mille bourses (c’est——lre à
— '*07 —
n<ii* millmus de piastres iur Lpies i ; « 1rs prunes auront soin
que coite somme lui soit pavée annuellement, LL compter -I
1 * janvier 18X5.
H est convenu entre les deux cours que Ic nombre des
■' -opes, qui seront employées comme garnisons dans l'in té -
rieur des deux provinces, sera fixé d’une manière invariable
et au gré de h Sublime Porte , et que. è’ello-ei donnera les
inpeaux aux garnisons , et le pavillon aux bâtiments mar-
-mds Valaco-Moldavos gui naviguent sur i* Dambe.
Eu égard au désir témoigné par Sa Il.mtessc d’exécuter
i i.puleuscmeiil les engagements quelle a pris par I-'3'ar
h- 'nde l'acte explicatif et séparé qui fait suite aux i^aiié
-'Aridrinople, et par le traité de l’étcrsbourg y relatif,
Sa Majesté l’Empcreur de toutes les Russie» a bien verni
ofii tr de nouvelles facilités dans l’exé'cullon des engagements
irn, osés par les actes ci-dessus mentionnés à lu Sublime Pot• le,
et par conséquent il est convenu :

i ' Que quoiqu’il ait été stipulé par le second article du


tiaité de Saint-Péicirsbourg, que la Sublime Porte payera
:ir tellement, et pendant huit art, un million du ducal s de
ü- lande, elle ne payera que cinq cent mille ducats par ait.
Que l.i Sublime Porte n'est• plus obligée, comme elle
l’i •tait jusqu'ici, de payerait mois de mai de chaque an ri.ee
il une seule fols . tout l'argent qui étai, dû pour Vautme.

ei qu’elle paiera désormais les cinq ccuL mille ducats pi -u ù


peu, mais en entier dans l'intervalle du mois de mai dumt
minée au mois de mai de l’année suivante.
3" Que Sa Majesté Impériale renonce à son droit de d t—
mandcr la différence, qu’il y avait à l'époque de chaque p<ùe-
o.cut de la portion des indemnités pour les Irais de la goerr.t
et pour le commerce, entre le prix auquel la Sublime PorLe
p ayai. le ducal cil piastres turques, et la véritable valeur des
ducats,
-“ Qu’cu outre , Sa .Majesté Imperiale, prenant en considé­
ration les embarras dans lesquels le trésor de cet empire s’est
— 4l>8 —
trouvé dernièrement, consent à dolàlqurr sur-Ie-çliamp deux
fuill tôt is du ducats, cogui est le tiers du solde dus indemnités
pour les frais de la guerre.
5* Que vu la délai cation ci-dessus énoncée et les autres
dispositions dont il a été parlé plus haut, le total des indern -
mtés est de quatre millions de ducats de Hollande . de 11i
.rentière portion, à payer dans un lu, comme un à-eui . | i
consiste en 500,000 ducats, et sera payée du 1*' mai 18
u Vr mai 1835, et les portions préalables dans les anr i
suivantes seront payées de ïa même manière jusqu'à l’acqu
Il iiient de la deltei mais à condition que les assurant,
lus garanties, et les facilités stipulées pur les articles l , -
6, 7 et 0 du Traité de Saint-Pétersbourg Coserverout ju
■j ifalors toute leur vigueur, comme s'ils étaient insérés mol
mot dans le présent traité,

CONCLUSION.

lit vertu des pouvoirs qui m ont été donnés, j'ai conclit
le présent traité, qui sera ratifié par les deux parties con­
tractantes, et dont les ratifications seront échangées à Constau .
linople dans le terme de six semaines, ou plus lût si faire s.
pourra; j'y ai apposé mon cachet, et mis ma signature, et
je I'.ai remis à leurs Excellences les plénipotentiaires de ht
cour de Russie à PéLrsbourg, en échange do la pière qu'ils,
m'ont remise.
Fait le 18 ramazan 12i-L
— W9 — .

T B AIT É S
b H

LA TURQIE AVEC L'AUTRICHE.

Traité de Carlowilz.

au j-. 1Or. La Transylvanie clam présentement en la pos­


session de l’Empereur, elle restera entre ses mains avec ses
ar. vannes limites , c’est-t-dire bornée de ses propres monta­
gnes, depuis les frontières de la Podolie, le long des limites
de I;s Moldavie et de la Valaehie, et de là jusqu’à la rivière
de Marasch.
2. La province de Temeswar et toutes ses dépendances
r-su iront sous l’empire ottoman, (lotie province conservera
ses anciennes limi^^s, qui sont la rrmsylvanie, la Marasch
m h Himis , jusqu’au Danube. Les Autrichiens ne pourront
bâti i aucune forteresse dans cette province, ni sur les bords
de la Marasch, ni dé la Thciss. L’usage de ces fleuves sera
co ntimm aux sujets des deux empires,
3. L’Empereur jouira seul du pays, entre la Theiss et le
l tanube, communément nommé Bacs. Titul demeurera dans
l’état où il est présentement, sans qu’on puisse rien ajouter
à ses fortificai ions.
4. On tirera une ligne de l’extrémité du rivage de la
Theiss, vis-à-vis de Titul, jusqu’au Danube, et une autre
ligne du rivage opposé du Danube, jusqu’à la rivière de
Bosut, du côte de Morawitza , et de là jusqu ’à l’endroit où la
pi |incipale branchcdu Bosut tombe dans la Save : elle servira
de limite aux deux empires.
— MO —
•j. Depuis l'embouchure de la rivière de Bosul jusq u‘à
celle de la rivière d’Uirna, h Save servira de lie -itc aux
<leux empires, entre l’Esclavonno ci la Bosnie; la rit ifre d’L'ima
séparera les deux empires entre la Croatie et la Bosnie, et
I Empereur évaluera les places qu'il lient en deçà de cmte
rivière du côte de la Bosnie.
■es places situées loin dclTnna et de la Save resteront
a celle des deux parties qui est en possession; des (
s-lires, nommés de part et d'autre, régleront les lû -nies de
eot te partie de la Croatie.
* Brod sur la Save, du côté l’Emp
Les fortifications de
ottoman, devant être démolies lors de l’évacuation |M>
rnison autrichienne, on pourra bâtir une murai -li ;
lui servir d’enceinte, sans aucune fortification.
fi. Les limites prescrites par le présent traie ■ ont
religieusement observées sans aucun changement n îtdio-
ration.
7. Il sera permis , de part et d'autre , de fortifier 1 es phux-e
■ s frontières, comme on le jugera à propos, horn-i s œlie.%

qui sont exceptées dans le présent traite.


8. On défendra de part et d'autre, sous des puni s jj
-rnreuses, l.tmles- incursions, invasions, hostilités ■ ou nmips
dans les pays l’unjle Vautre.
;i. H re/sera permis, de part et d’autre, d' ■ u.:c< i
>' luge ni prnteclion aux méchants, rebelles ou méconte.nts ;
et chaque partie sera obligée de punir ceux quelle ikiu-
cura dans son territoire, quand même ils seraient sujets de
l'autre.
10. Cependant les Hongrois et les Transylvains , qui se
emli^eliiés dans l’Empire ottoman, pendant iagueri■c, pour­
ront y rester (1).
i) i.ioa familles profil’érent 4e celle pei^rniksimi. Le Graruî-S.îgi>e«t
leur lit distribuer des terres et leur accorda une pnrfaiic liberté de
• onsciencc.
— il 1 —
i . S'il s’élève un différend au sujet d'aucun des articles
du orésent traité, on choisira un nombre égal de commis­
. do part et d’autre , pour le terminer à l'amieblc. Les
entre les sujets des deux empires seront défendus
■■ .im par le passé.
l 1 On fera rechange des prisonniers. Ceux qui sont au
1 ; ■ n‘ de particuliers pourront, être raaçoanés à un prix
Htisoniiablni
A l’égard des religieux et de l’exercice de la religion
:ique romaine . le Grand Soigneur promet de renouveler
confirmer tous les privilèges qui leur ont été accordés
■s prédécesseurs. De plus, il sera permis aux ambassa-
duù s de l’Einpereur d’adresser leurs plaintes et demandes à
. E rte au sujet de la religion et de la visitation des lieux
r à Jérusalem.
■ i. Les sujets do l'Empereur jouiront des mêmes libertés
ivilêgcs pour le commerce dont jouissent les autres nu-
unies de la Porte.
i Les conditions stipulées dans les précédentes capitu-
lainuis. seront observées religieusement , par rapport aux
s ' qui ne sont pas contraires an présent Traité.
lu On s’envt-ira réciproquement des ambassadeurs , his-
q i is seront reçus ol traités honorablement , selon les un­
.- -i: es coutumes dos deux empires. Ils .apporteront des pré-
uts volontaires, mais convenables à la dignité des deux
üüi reurs. Il leur sera libre de faite telles proposition-,
qi ’s jugeront à propos.
Quant a la réception des ministres en général, cl an
... ment qu'on leur fera , on observera les régies qui ont
-ailquées autrefois, conformément au caractère dont i-
t revêtus. Il sera permis à ces ministres et résidents, d’
t ■; qu'aux personnes de leur suite, de se servir de tel -
| d. Eléments qu'ils jugeront. à propos, sans que rien puiss
tre empêchement.
Les ministres de l'Empereur, chacun selon son
jouiront des mêmes droits et privilèges dont joui ■
ministres des autres cours amies de la Porte. Ils do <-n’
même être traités avec plus de distinction , à eau se .
dignité Impériale, et il leur sera libre de su pourvon d’i
prêtes.
18. l .ours courriers et les gens de leur suite, allant d.
Vienne à la Porte et en retournant, auront entière li luict
seront aidés dans leurs courses.
19. L’échange des ratifications du présent traité s •
dans trente jours, à compter du jour de la signature.
20. Le présent traité durera pendu ni l'espuec d e vi
cinq ans, à compter du jour de sa signature. A la Ü.11
terme, ou même plus tôt, il sera libre aux deux pa rite
prolonger la paix, si elles le jugent à propos.
Le Khan fie t aimée et iou s les au tires Tarta res soro tu ■ b
d'observer celle paix, et, s'ils y c^i^tl^f^-vié^tù^tn , ils sm• .
punis rigoureusement.
Ce traité fut signé le 26 janvier 1699.

Traité lie l’assarowitx.

Art. 1". La Moldavie et la Valaéhic conserveront leurs


tiennes limites. La. partie de la Valachie, située eu deçà
la rivière d'AIiiüt, avec la forteresse de Tcmcswar
entre les mains de i'Einpereur , suivant la base, adm tse d,-
paix : uZt powidetis; de manière que la rive occidentnie
ladite rivière appartiendra à l’Empereur des R ornai n• la i
orientale à I’Empcreur des Ottomans. La rivièt e
depuis l’endroit où elle sort de la Transylvanie jus qu'à
entrée dans le Danube, dû là le Danube jusqu'à lï'ndnnt
la rivière de Timok & décharge dans ce fleuve, sert iront,
limites entre les deux empires.
2. A environ dix lieues, eu remontant de l’cndrt il où
— 413 — ,
Timok sc décharge dans le Daucbe, sen» établie nue lïmiuio c
des deux empires, de manière que Ïcporlek-Baiiia restera
sous i empire ottoman , Rossowa. sous l'empire romain. De là,
la lij'oe de séparation traversera les montagnes et prendra
pm - le milieu entre Parakin et Kasna. Parakin restera à I’Eiij-
pcreio-, Rasna à la Porte. Elle- passera de là à Islolaz cl se
dirigera par la petite .Morawa jusqu'à Schahak. Elle ira entre
"' k et Uilaua à Bedka , où elle- se tournera par le terri-
loi- . ça Zoko 1 pour aller à Iïeinui sur kl rivière de Urina. Bnl-
ii!i 1 . Parakin, Ltolaz, Schahak ,'liedka ‘et Bellria, avec
rs territoires , resteront à l'Empereur, qui en est en pos-
■M.ii, Zokol et ltasna à lu Porte.
3. Les forts situés sur les deux rives de la Save , depuis la
Driina jusqu'à l’Unna , resteront entre les mains de l’Empe-
•■■rir' i uinain , avec les deux rives de la Save.
.. Jussenowltz Dobiza, avec quelques lotu-s et îles si- -
tuées sur la rive orientale de la rivière d’Cnna , depuis i'en-
drod ou celle rivière se ddcltârge dans la Save jusqu'au
' irux-Movi, possédé par la Porte, resteront à l'Empereur
■ i ni ji i est en possession.
5- N mveau Novi, situé sur la rive occidentale de Plinită ,
qni :mut été cédé à la Porte par une convention postérieure
a l i paix de Carlowtlz, est rendu à l Empreur par le traité
actuel. , ' . ,
*
*
i i. Les endroits Mués en Croatie ’et éloignés de la Save res-
icroiil . avec leurs territoires, pendant vingt-quatre- ans, dans
la . mrsessiorr de la partie -qui les occupe, soit en vertu de la
p. iix de Cirlowitz, soit pour les avoir conquis depuis. Les
cointins>aires qui seront nommés pour la démarcation des
limîies détermineront le territoire réciproque. I .es forterc-ses
rt châteaux des deux parties pourront être répares et fortifiés.
Il s-n. aussi permis de construire des villages à des eudroits
ohver ts sur la frontiere , mais non de nouvelles forteresses.

' i s. Il sera nommé des commissaires experts de part et


—m—
dans l'espace dc dctiu mois, icglriori I Ic: ls-:l •
cn confr irmiié des articles ci-dessus , el les limbes qm auront
ainsi été fixées seront oliscrvécs religie ti semen L
J.Si itus ilii'ïicullés s'élèvent sur l'un ou l'a I ulu: des ■■ l ii ks
de uc traité, on nountma îles expiert* du pari d. d'ni ae fut
les lieux méincs pour ajuster ces différends, Les dél'ems -
contre les duels seront réitérées.
(0. foules incursirms, invivions , déprédalions qucli ■■
ques, set ■ ont sévèrement punies,
H. Les dispositions do Traité de Larlowiiz, loucha i
religieux et la religion catholique, sont renouvelés.
L2. Les |irisniniiirs détenus dans des prisons pu .ni pi ■ -
seront élargis , el le wiëvnde Nicolas Scarlati échangé coiitri-
les barons PeiranHi ci Striu. Les autres prisonniers, qui ■ •
h’oiivei'.uciii .ni | miroi-m■ [lariicuii ■■rs, surciul radiéIé
cotililiuns crjuiial iles.
l3. Il est permis, de pari et d’aulre, :iux marchaud■•
aux négociants, d'exercer en toute liberté leur cont■ i -rcc
dans les deux empires, L- -s sujets di■ I l mp-rcur, de ........ ■ >
nation qu'ils soient, pourront librement trafiquer , par ferre
ei par nier, dans tous tes mis du Grand-Seigneur, en i ■;■ BS
les droits de douane. Us jouiront de la irièunc laveui■ ■ . , -
tection dont jouissent les autres nations chrétiennes rntiai■-
chies de tribut. L’Empereur pourra établir des consul s -a L .
interprètes dans les Etats ottomans, de la manière de. ,u con­
viendront les commissaires qui régleront le trai é d ■■ onu--
inerte. H sera enjoint aux Algériens ■ Tltnelulus et Tripoiaaina
de no rien entreprendre en contravention à code pais . Les
Dulcignoics seront confetius ils n’exerceront plus de ou- m
ries; leurs vaisseaux c. bâtiments ™mires hur seront cillei és .
et ils ne pourront plus en construire d'autres. Le do ■ oui âge
qui aura été causé par des corsaires à des bâtiment s ma
chauds , contre I ' teneur des traités, sera réparé.
i On s ' interdit d'accorder retraite , de pari ni d'autre ,
ș malfaiteurs , à des sujets rebelles ou à des nieront culs.
... 1. es Hongrois qui se sont retirés dans l’empire ottoman.
<■ Bagozd . Hertscliéiii , Esterhazy . Forgascli , Vay .
. v poumutt rester; maison leur assignera des lieux
-.rés de la froniièrf*, et il sera permis à leurs femmes de,
i er joindre.
l es plénipotentiaires impériaux ayant demandé que
binais fussent compris dans ce traité. il leur a été ré-
du qu’il subsistait un traité de paix perpétuel entre h
ie e t la Porte; qiiïl ne s'agissait d'aucunes contestations
ces deux Etals, et que si les Polonais avaient quelques
liions a faire . ils n'auraient qu’a les communiquer par
ambassadeurs ou par des lettres,
7. t.i■! article1 est entièrement conforme à l’article 16 du
; é de Carlowitz.
S. Copié mot à mot d'après l'article 17 du Traité de
l'arlowitz.
■ t .es diplômes de ratification seront échangés dans trente
ivs, à compter de la signature du traité.
r*. ’K il l'jrï -,;-l '.'.'H’KJ J'J J
*j *J<£
UUJLIIlM t Ul j Iti n
Çc traité durera vingt-quatre années lunaires. à l'expi-
ion dcsquelles, ou même plus tôt, il sora libre aux deux
• - di prolonger la paix si elles le jugent à propos. Le
n le Crimée et tous les Tartar es seront obligés d'observer
■ paix. toutes les infractions seront réprimées et punies
i mireuseincnt. Enfin, il est ajouté que, pour la plus grande
a;d ‘tlité de celte paix , il a été trouvé bon que les plénipo-
iaîres turcs ilèliirefit un instrument du traité en langue
( , aux plénipotentiaires de l’Empcrcur, et que ceux-ci
ii. I i n lit un autre, en langue latine, aux plénipotentiaires
la Sitblime Porte.
21 juillet. 1718,
MO --

Traite de Belgrade-

Akt. t*'. La villa de Belgrade, occupée l'an 1717 par ■


armées do l'Empcrcur, sera évacuée cl rendue à l'Empir«
(oman avec son ancienne enceinte, et les réparations de ce-te
enceinte qui subsistent actuellement
* et toutes les lé ri.
tiens qui sont inséparablement unies à cette enceinte. Les
fortifications nouvelles, murs et bastions avec leurs chetnins
couverts et leurs glacis, ainsi que les petits forts si tués vis-
à-vis de Belgrade, sur les bords du Danube ci de la S-
seront démolis sans que les anciens ouvrages en soient
dommages.
2. La forteresse de Sabaez, nommée par les Tu ris >
gurdulcn, sera restituée à l’Empire ottoman aux condit-••! .
stipulées pour la ville de Belgrade, Les armes, Pirtillerii I s
vivres et toutes les munitions de guerre qui se trouvent <
les deux places, et les vaisseaux et barques sur les deux à.-1-
ves, appartenant à l'Empercur, lui sont réservés.
3. L'Empereur cède â la Porte Ottomane la provine ■ <
Servie, où Belgrade est située. Les limites des deuxenq■i. i
seront le Danube et la Save, et celles de la Servie seront, du
t-élé de la Bosnie, les mêmes qui avaient été réglées p -
Traité de Carlowîtz.
ï. L’Empereur cède à la Porte Ottomane toute la Vala-••<>
autrichienne ( c'est-à-dire la partie dé celte province si tuée
entre le Danube et l'Alma, que la paix de Passarowi’z avait
abandonnée à l'Autriche). Le fort dePerichau, construit par
PEmpereur dans cette province, sera démoli, et ne pourra
plus être rétabli. par la Porte.
5. L ile et la forteresse d’Orsowa et le fort Sainic-Ellisal-f. i.h
appartiendront, dans l’état on ils sont actuellement, à 1
pire ottoman. Le banat de. Temeswar appartiendra ton»
entier à l’Empereur dus Romains jusqu'aux confins de la
— U7 —
hchie, excepte cette petite plaine qui est eu face de file
d’Orsova, cl qui est circonscrite d’un côté par le rivii- re de
Czorna, et de l’autre par le Danube et un ruisseau qui borne
la Valachie autrichienne, et enfin par les premières hauteurs
du banal, selon une ligne qui sera tirée d’une rivière à ) ’ antre,
à une égale distance entre lesdites hauteurs et le Danube.
Celte plaine testera à l’empire ottoman; et on y comprendra
aussi lé vieux Orșova, excepté son territoire, si les Turcs vien­
nent à bout de détourner, dans le terme d’un an, derrière et
au -nnul cet endroit, toutes les eaux de la Czcrna. Ce terme
expiré sans que les eaux aient été détournées, la Porte sera
déchue de son droit sur le vieux Orșova, qui restera alors à
l’Empereur. D’après ces limites, l’Empereur conservera aussi
Mdtadia; mais les fortificalions de ht place seront démolies
parles Turcs et ne pourront plus êtres rétablies. Les forts
situés sur le Danube et la Save, dont la démolition a été sti­
pulée, ne seront point rétablis,
(>. Tous les esclaves, faits depuis la signature des Prêlimi -
maires, seront rendus sans rançon.
7. Dans les endroits où les rives du Danube et de la Savt-
sont d’un côté à l’Empereur, et de l'autre à la Porte, le
cours des eaux sera commun aux deux nations, à condition
cependant que les sujets respectifs qui iront à la pèche nt-
passent pas la moitié lu fleuve Les moulins seront placés
du consentement mutuel des gouverneurs des lieux, et le *
îles appartiendront à celle des parités con rat- tantes dont elles
avoisineront davantage la rive.
8, Tous les boyards ou autres do comliiion inferieure, va-
laquesou moldaves. ou autres sujets de l’empire ottoman.
i quelque grade et dignité qu'ils soient , qui pendant la
guerre ont pris parti pour l’Empereur des Romains, en
vertu de cette paix et du parfait oubli du passé qui y est
stipulé, pourront retourner, s’ils le veulent, dans leurs mai -
sons, y demeurer et jouir paisiblement, comme tous autres,
le leurs habitations, biens et terres. H sera également ac-
27
— 4f8 —
cordé une amnistie générale pour les sujets réciproques q
auraient pris parti dans celte guerre pour l’une ou l'ami
puissance.
J U’ 11’ ! -TP i: !Wt(J >' * ’ f

D. Les privilèges accordés cirdevaul en faveur des r<


gicnx eide i exercice de la religion catholique dansîcmp
ottoman , et spécialement ceux qui oui été accordés, a la ■
ipihiiiiou de l’Empereur, aux religieux de l’ordre de la Trin
de la Rédemption des Captifs, sont confirmés , et il sena p.
mis à l’ambassadeur de l’Empercur à la Porte ottomane d’c
poser ce qui lui sera commis par rapport à la religion et a
lieux que les chrétiens visitent à Jérusalem et ailleurs.
10. Les prisonniers faits de part et d’autre pendant cet
guerre, et détenus dans les prisons publiques, seront clar
dans l’espace de deux mois. Ceux qui sont au pouvoir t
particuliers ou des Tatars . obtiendront leur liberté nmyc 't-
nani une rançon honnête cl médiocre qui . , si on ne pouv
s’accorder avec le maître du captif, sera fixée par le jug
du. lieu.
H. Les marchands des deux nations exerceront libremt
le commerce dans les Etats des doux empires. Les sujets ni:
eiiands de l’Empereur auront l’entrée ci la sortie libre da
les royaumes et provinces de l’empire ottoman, par terre
par mer, sur leurs propres vaisseaux avec le pavillon ei
lettres patentes do l’Empereur, en payant les droits accc
tumés. Ils jouiront des mêmes faveurs dont ont joui jusqi .
présent, dans les Étais ottomans, les nations les plus amie .
et principalement les Français, les Anglais et les üollandat
i h: même les sujets et marchands de l'empire ottoman , loi '
qu’ils entreront sur les terres de l 'Empereur , ne seront [
traites d’une manière différente.
Il sera sérieusement enjoint aux Algériens, aux I unetain s
et. aux Tripoli tains , de ne point contrevenir aux conditions d .
paix et aux capitulations faites séparément.
Les Dulci gnôles. sur la mer Adriatique, seront égalcmoi
■ 4H 'i-ivs, ainsi que louis les auirci sujets île fênipifo olno
ii an, Pin que désormais ils s’abstiennent de là piraterie. Ou
leur ôtera leurs barques. frégates et autres navires. et on les
'■n pi’vbera d’en construire d’aunes. Les prises que ces sortes
1 I igands auraient faites, en cou ira y;m lion à h paix , seront
ndnes , ainsi que feș eapidsi, el ils seront de plus Sfvérc-
liieu ' onuis.
Il sera permis aux sujets de Ffîmjpfrur d'aller par le
Dam be el ies Etais du Grand-Seigneur exercer le commerce
eu J' use , en payant ii ;s droits qui ont été payés jusqu'à pré-
-i :iii Los marchands persans, en passant par h Turquie,
p<mi lier dans les Etats de rteiiippriiu u, tout comme en re­
venant, ne seront assujettis qu'au seul droit de cinq pour
• l à T imposition qu’on appelle reflie.
Il sera nomme de part et d'autre, dans l'espace d'un
rnu'.. des commissaires experts pour distinguer et déterminer,
, iar rfos bornes et signes manifestes, les limites désignées dans
1 ?s .articles précéderas,
14, Ces limites déterminées par les t^ommissmres seront
saintement et religieusement respectées, et on ne pourra ,
sous aucun moi if ou prétexte, les étSiidire, les tram^jp^rter ou
cia ;cr. Aucune des parties contractantes s’exercera ni pre-
i rlia aucune juridiction on pouvoir sui■ le territoire di ■
Vautre an lelâdcs limites marquées.
t . Les différends qui pourraient naître dans la suite sur
du a objets concernant les liimics, seront discutés et accoiç ■
mod. és chaque fois à l'amiable' par des commissaires choisis
sur les confins respectifs. Les duels ou provocations mu­
u ?d as au combat, resteront prohibées comme elles l'étaient
paj Le passé.
:i 'i Los incursions en temps de paix, les dévastations et
<<q i pilla lions do Eun et de l’autre oui pire, seront sévèrement
. . ètues. Les juges des lieux puniront sans rémission lis
91,
— wa —
H.iiisg resseurs, elles choses enlevées seront recherchées avei
soin el rendues.
1T. En cas de rupture entre les deux Etats, on avertira las
■•iijets réciproques, afin qu'ils puissent se retirer on suret é
a u delà de leurs contins, après avoir liquidé kurs dcitus.
1S. On ne donnera plus désormais asile et retraite aux
u léchants, aux sujets rebelles cl mêcoint^ms; mais charnu i
dos parties contractantes sera obligée de punir ces sur tes de
ius , ainsi que tous les voleurs et brigands, quand mémo ils
seraient sujets rie l'autre partie. On ne souffrira plus les
Ia^uhu^t^, et (fus espèces de brigands qui , n'étant à h solde
'lu personne, virent de rapine; on le éloignera des confins
01 un les transférera dans des lieux plus recules.
19. Les lieux que la Porte assignera A Michel Czacki et
aux autres Hongrois qui, pendant la guerre ont cherché asite
chez elle , seront éloignés des provinces limitrophes. Il sera
permis à leurs femmes de les aller rejoindre et de detucuri-■
avec eux.
20. Pour affermir et consolider la présente trèvcï, ou s’eu -
verra de part et d'autre des ambassadeurs extraordinair e-
]iii seront reçus troc égalité Cl convenance de cérémonie L
Arrivés près dc Itoigradc, ils seront échangés suivant l’usage
établi éiiUré les doux empires, lis apporteront, en signe
fl'amitié, des présents spontanés or proportionnés à la digere
de l'uti et de l'autre Empereur, et il leur sera permis de de­
mander ce qu'ils voudront dans les cours respectives.
21. La règle et la Forme de réception , les honneurs et les
traitements des ministres envoyés de part et d'autre seront
observés désormais, suivaiti les usages des temps précédents,
trec égalité de cérémonial, aï selon les prérogatives atttfd"-,
an caractère des envoyés, fl restera permis aux ambassadeurs
pl résidents do T Empereur, ainsi qu'à tuiis les gens de 1. i
maison, d'user du vêtement qu'il leur plaira, Ces ministre ,
de quelque caractere qu'ils soient revêtus, jouiront des mêmes
— HH —
immunités ci privilèges que les envoyés et agents des autres
princes amis de la Porto ; et mémo, pour distinguer la préro­
gative de la dignité impériale, ils en jouiront de la manière la
plus favorable. ; ils pourront avoir des drago ma ns, et envoyer
1>s eouriers en toute sûreté.
22. Les diplômes de ratification seront échangés, dans
l'espace d’un mois, à compter du jour de la signature, par
l’entremise de l'ambassadeur de la France à la Porte, en sa
pialitéde plénipotentiaire médiateur.
23. Cette trêve durera pendant vingt-cinq ans contigus , à
compter du jour de la signature; et, avant ce terme expiré ,
i sera libre aux deux parties de proroger, s'il leur plaît, cette
paix à un plus grand nombre d'armées.
Le kan de Crimée cl toutes les nations ta r tares seront
astreints à observer la paix et à s'abstenir de toutes sortes
d’hostilités envers les provinces et les sujets de I 'Empereur.
Les transgresseurs seront châtiés avec la dernière rigueur.
18 septembre 1739.

Le jour même de l’échange des ratificai ions, le 5 novembre


17 39, un acte séparé fut négocié ; il portait :
Savoir, que les chemins récemment construits après la
paix de Passarowitz, et qui font la communication de la Va-
lachie autrichienne à la Transylvanie, ainsi que le for, qu'on
appelle le l'ort-au-Chemin , seront entièrement déli 'uim, et ne
pourront à l'avenir être rétablis.
Qmint aux autres articles , rm demeura d'accord d’en traiter
ilicexaminent selon l’équité et à la satisfaction mutuelle des
parties. Ces articles étaient les suivants.
1 Que, dans toutes les choses auxquelles il n'a pas été
dérogé par le Traité de Belgrade, celui de Passarowitz set-
h ira le. règle à l'avenir, comme s’il en était fait une mention
expresse.
2' Qu’à la réserve du te qui a été stipulé dans le traité
d» paix au sujet de quelques places qui doivent être denio-
— V22 —
lies, pour «'être plus fortifiées à l’avenir, il sera libre à cha­
rnue des pariies contrariantes, dans tous les anires li^eux de
sa domination, non — seulement de réparer et d augment' i
se» aueiennesi forteresses , mais d'en comiinûre de wuvdtes
pour sa défense.

Trailé de Coiist;inlinajili’, G ; uHtet 1771.

Il fui signé ù Constantinople une convention secrète en


vertu de laquelle Flmpérariiice-RcillG s’engagea â obliger les
Russes, soit par là voie de- la négociation soit par la voie des
irmes, à restituer leurs conquêtes, à condition que, pour
l’indemniser des préparatifs auxquels cette promesse renga­
geait , la Porte lui pavât un subside de 10 millions de piastres
et lui cédât la partie de la Valachie située à la droite de h
rivière Olin, Le partage de- la Pologne a seul empêché ce de-
mcmbrcnicnt.
iSidioell. Histoire des Traités de pair.)

Gr^toii de la BuekooiuL-

l.'Autrichc profila de l’épuisement où se trouvait l'empire


lloinan après la paix de Kaïtiardji , el de scs liaisons avec l-i
Russie pour faire une acquisition importante aux dépens de la
Porte. Les Russes étaient maîtres de la Moldavie, un dislrict
de cette province qu'on appelle la ituckovinc ou la Eorèl
rouge, qui est situé entre la Callicic et la Transylvanie, faisait
lopins des siècles partie de celte primiipitulé ; l'impératriic-
Reine ayant réclamé la Buckovine comme dépendante de la
Ho1^l^rlt^, les Russes, qui venaient de conclure h paix avec les.
i’urcs, mais qui n'avaient pas encore évalué leurs conquêtes,
remirent ce district aux Autrichiens. La Porte ne voulant pas
se brouiller avec la cour de Vienne, le lui céda par trois con­
ventions dont on ne connaît que les dates, qui sont le 7 mai
1775, le 12 mai -77G, cl le 25 février 1777.
' Scbocll, Hislmrr dr
* Traites de paix, tome l’t- ,
— i>3

Traité Sislnw.
*_•
Art. I". Il y aura désormais une paix perpétuelle et um-
vnrselle, par terre, sur mer, cl sur les rivières, entre les deux
empires, leurs .sujets et vassaux ; une amitié vraie et sine. -i e;
une union parfaite et étroite; une abolition et amnistie pli-im■
et générale de toutes.les hostilités, violences cl injures, coin■
mises dans le cours de cette guerre par les deux poissaiiv ■
ou par les sujets et vassaux de l'imc qui ont suivi le parti de
I ■autre, et spécialement les habitants de toute condition du
Monténégro, de la Bosnie, la Servie, la Valachie cl la Aold .t
vie, qui, en vertu de cette amnistie, pourront tous rem ier
Imis leurs anciennes demeures, possessions et droits quul-
eonques, et en jouir paisiblement, sans être jamais inquiétés,
molestés, ni punis pour s’être déclarés cortrc leur propre $■.u -
verain, ou pour avoir prêté hommage à la cour impériale ci
royale.
2. Les deux hautes parties contractantes reconnaissent et
admettent, pour base commune do la présente pacification, i"
quo strict antérieur â la guerre déclarée le 9 février
1788. lin conséquence de quoi, elles renouvellent et confir­
ment tels quels , dans le sens le plus strict et dans toute leur
étendue, sans jamais rien faire , ni souffrir qu'il soit rien fm '
au contraire- le traité de Belgrade du 18 septembre 1739; la
convention du 5 novembre de la même année ; celle du 2 mars
17'tl, explicatoi™ du traite de Bu. Ig rade; l’acte du 25 mai
qui perpétue la paix de Belgrade; la convention du 7
mai 1775; sur la cession de la Buckovine; celle enfin du 12 mai
1776 sur la démarcation de celte province : tous lesquels irai.
tés, actes et conventions, sont cl demeureront à perpetuii,.
fins leur pleine et entière force, et vigueur, comme s'ils étaient
'r atiscrits et inférés ici de mot à mot.
3. Et en particulier, la Sublime Porte ottomane renouvelle
et.confirme tels quels, dans le sens le- plus strict et dans touie
leur étendue, sans jamais rien taire, ni souffrir qu’il soit rien
— V2i —
titan contraire le séned on acte obligatoire du 8 août 1783
renfermant l'obligation, de la part de la Sublime Porte olto-
uane, de procurer aux bâtiments marchands alletnath ls qw
essorlisscnt des ports do la cour impériale, la sûreté contre
‘S corsaires des cantons de barbarie et d’autres sujets otto­
mans, et la réparation de tout dommage qu’ils pourraient en
prouver; le séned ou acte obligatoire du 2â février 178'i.
Ln faveur du libre commerce de navigation des sujets impé­
riaux rt royaux sur toutes les terres, mersei fleuves de la do­
mination ottomane. le firman du décembre 1786, concei
riant les passages, repassages et séjours des pâtres et trou
peaux de l’ransylvanie dans les provinces de Valu chie et d»
Moldavie, ainsi que. tous autres fir maus, actes cl arrangements
i liais lé riels mutuellement reconnus, et qui étaient en vigueur
avant le b lévrier 1788, pour la tranquillité et le bon ordre
■ I !S fronLiéreS; pour l’avantage, la sûreté et les intérêts des s i
rts, commerce et navigation de lu domination autrichienne
tous lesquels séneds. firma ns, actes et arrangements reconnus,
uni et demeureront à perpétuité dans leur pleine cl entière
force et vigueur, comme s’ils étaient cités, transcrits, insérés
et expliqués ici de mot à mot.

t. La cour impériale et royale de son côté, pour rameirr


i ssi les choses à lu base convenue du statu qno strict de l é-
■ iipte du 9 février 1788, et pour correspondre pleinemeni
v proeéili-s atnicals et équitables delà Sublime Porte ottu ■
n mu;, s'engage d’évacuer, céder et rendre à ladite Porte oi
■■ i ianc. dans leur entier et sans aucun partage, toutes K* -
; ■ -.sessions, territoires, villes, forteresses et palanques, sous
Iinique dénomination que ce puisse être, conquises par
timpes de 8. M. I. pendant le cours de cette guerre, y com­
pris toute la principauté de la Valachie, et les districts de
la Moldavie occupés par les troupes impériales, et de rétablir
elles quelles les mêmes anciennes limites qui séparaient à a_
dite époque du 9 février 1788, les deux dominai ions. Quant
ur fors i cesses, châteaux, palanques, conquises sur lit Hi
mi -

bl inie Porte ottomane, ia coui impériale èl royale s'engage


de les rendre dans l'état où elles étaient, et arec l'artillerie ot­
tomane qui s'; trouvait au moment du loir occupation.
■ . Et quant à ht forteresse tic Cho^t]^ et son district, v iit-
faTcmcnt nommé fa Baya, ils seront aussi évacués, cédés ci
r eudus, sous les mêmes conditions dont on est convenu pour
b ■- autres forteresses; mais seulement après que la Sublime
Porte oitornitne aura conclu sa paix avec l'empire de toutes
l • Rnssies, et dans k terme précis qui sera stipulé pour l'é-
i nation 'les conquêtes de celle dernière puissance, jusqu'à
-quelle époque la cour impériale et royale gardera en dépôt
neutre ladite forteresse avec son district, sans se mêler plus
de la guérie présente, ni prêter plus aucun secours, d' mi eu ne
manière directe on indirecte, à la cour impériale de Russie
contre la Sublime Porte oi tmauic,
'i. D'abord, après rechange des ratifica lions l'on procédera,
dé part et d'autre, aux évacuations, et respectivement à la
reprise de tentes tes conquêtes quelconques, ainsi qu'au riiia-
blissement des ancienne limites des deux empires ■ dtms les
délais fixés ci-après. Des commissaires respectifs êta ni choisis
et nommés, comme par Furticlu 13 du traité de Belgrade , les
uns conduiront les opérations de la Valnrliie. et dos cinq dis-
i ri ts de la Moldavie, de terim à les terminer dans l'espace
iic trente jours, à compter de celui de l'échange des raftli-
cations; les autres sc porteront à laHiulr-t'iinn pour rétablir
J6S limites de la llosnic, de la Servie, cl du vieux bourgd'Or-
soua avec ses environs, le tout d'après Je statu ÿwo strici . des
possessions respectives avaiit le !> février 1788. l'on donnera é
i- ■■ derntersl’espace pbts long de deux mois, qui courront, de
l ■ mima époque, parce que ce temps est nécessaire pour dé­
molir les ouvrages nouveaux des forteresses, et les remettre
t lans l’étai où eRes iSüuent à la voiiqttête, ainsi que pour les
i.-; insports de tonte artillerie et des inuiiil ions de guerre et de
bouche,
—¥20 —
7. lous les prisuimim-s et captifs uUoukUk», laiu civila t.ui
miilittirre, faits pendant le cours de cette guerre, avant éiésans
nulle exception rends en liberté de la part de la courimpérialt ■
cl royale, et consignés aux cmuimssairesottomans à Rusgiuk,
à Viddin et en Bosnie, tandis qu'on n'a rendu en échange que
eux des sujets et soldais impériaux et royaux qui se trou -
vaient dans les prisons publiques, ou sous la jouissance d< ■
quelques seigneurs bosniaques, et qu'il en reste encore un
grand nombre dans la captivité domestique en Turquie , la
Sublime Porto ottomane, pour se conformer à cot égard a ’ ‘
règle du Matu- quo strict antérieur à la guerre, et pourdétrir
avec elle toutes les calamités qu'elle entraîne, s’engage
rendre graïuilouii^ni, c’est-à-dire sans prix de. rachat, ni r.iu
.on quelconque à la cour impériale et royale, dans l'espace
de deux mois après rechange des ratifications, tous les pri -
soumets de guerre et esclaves de tout âge , louL sexe et toute■
condition, telle part qu’ils se trouvent, et a quelques personne s
qu'ils appartiennent; de sorte que désormais aucun sujet des
leux parties ne puisse plus être esclave sous l’autre dore ma-
don; excepté seulement ceux qui, d'après les règles obse,■
vées en pareil cas, auront fait conster d'avoir volontairemeii ■
embrassé la religion chrétienne d’un cfllé, ou la religion
mahomêtane de l’autre.
8. Les sujeLs cependant de l’une partie, qui avant cette
guerre, ou pendant son cours, se sont retirés sur les i ■ rus
de l'autre, se sont soumis à sa domination, cl y demeurent d e
plein gré■ ne pourront jamais être réclamés par leur souse
pin naiurd. mais ils seront désormais considérés 'et ti■ cités
comme les autres sujets de la puissance à laquelle ils se sont
donnés, En revanche les individus qui possèdent en même
temp des biens-fonds sous les deux dominations, pourronl
établir leur domicile de l'un et de l'autre côté, d'après leurs
convenances, et sans qu'on puisse y mettre opposition ; mais
d s doivent sc choisir, à leur gré, une domination unique,
n vendant les possessions qu'ils ont sous l’autre gouverne­
ment
— 427 —

9, Les hautes parties contractantes.désirant de faire re­


naître le plus tôt possible le commerce. qui est le fruit de lu
; .«ht, et d'ctendre à la classe utile des marchands le bénéfice
du retour au sfufu ^uo strict, fixé par les articles 2 et 3 ci-des­
sus. statuent que l'intervalle de la guerre , comme tel, ne
:iuii apporter aucun préjudice aux sujets respectifs, c’csl-à-
dirc . ni aux sujets impériaux et royaux dans l'empire ottoman,
ni aux sujets ottomans dans la monarchie autrichienne; mais
qu'il est libre aux uns et aux autres de reprendre leurs affaires
■ I 1.1 ils les avaient laissées» l’époque de la déclaration de la
■re, de faire valoir tous leurs droits et prétentions quel -
aques antérieurs a la guerre, de répéter leurs créances et
. Jet.. d'interpeller leurs débiteurs, dedemander des indem­
nités à titre de paiements refusés, ou de dommages soufferts
lor- de la déclaration de guerre, contre la teneur des ar­
ticle 17 de Belgrade, et 18 du Traité de commerce de Passa-
o.vitz, de réclamer enfin dans tous ces cas l'assistance des
:.rdn naux et des gouvernements respectifs , lesquels, de lotir
eûté. feront rendre à cet égard prompte et impartiale justice,
sans admettre jamais, comme une exception légitime, le laps
de temps du chef de la durée de la guerre.
tu. tl sera d'abord donné aux commandants et gouverneurs
Lmit replies des deux empires, en les rendant même person­
nellement responsables de l 'exécution, les ordres les plus
r ! is et les plus stricts sur le prompt rétablissement de la
police générale, de la tranquillité publique et du bon voisi-
! i dans toute l'étenducde-sconfins communs; l'inviolabilité
des bornes replacées par les commissaires respectifs, le soin
d'empêcher les empiétements les incursions et les déva stations;
( t'i'ii de procurer les réparations des injures et des dommages,
celui enfin de punir les contrevenants et les coupables selon
la gravité de leurs délits et crimes ; en procédant à cct effet
d'iprès les règles et principes fixés par les traités et les arran­
gements précédents entre les deux hautes cours, pour faire
rentrer incessamment toutes choses dans leur état ancien, ré­
gulier et paisible.
— V28 —
11. H leur sera en même temps enjoint sérieusement ci i . .
commandé do protéger les sujets de l'autre partie que l .
commerce ou aflair es obligeront à passer tes contins, à voy• a
gerdans l'intérieur des provinces, à descendre et à remota
librement les rivières, observant et faisant observer à Lar
égard non-seulement les offices do l'hospitalité, mais aussi,
tous les articles et dispositions des traités, conventions ci ac.tes
confirmés aux articles 2 et 3 ci-dcssns. sans en exiger ni p. ■
mettre qu'il on soit exigé, à tel titre que ce puisse être, d’au­
tres rétributions Ou droits que ceux qui y sont fixés pour les
personnes ctponrles marchandises de Pauire partie.
12. Et quant à l’exercice de la religion catholique ch.
tienne dans l’empire ottoman, ses prêtres, ses sec ta leurs, scs
églises à entretenir ou. Préparer, la liberté- du culte et des
personnes, la fréquentation ci. h protection des lieux saints
de. Jérusalem cl d’autres endroits, la Sublime Porte ottoman e
renouvelle- cl confirme, d’après la règle du statu quo stri et,
non-seulement les privilèges assurés par l’article 9 du ira né
■c Belgrade à celle religion, mais aussi ceux qui ont clé posa -
rie u rement concédés par ses firmamtel autres actes émanés de
son autorité.
13. On enverra de part et d’autre, des ministres du sccvn d
rang, tant à l’occassion de celle heureuse paix, que p: .ai
annoncer, selon l’usage ancien, l’avénetnenl- des augustes .
% eraiiis respect ils au trône de leurs ancêtres. Ces ministres ■
roui reçus avec le cérémonial , honneurs et traitements- usités
entre- les deux cours, cl jouiront, en vertu du statu quo stri et.
de toutes le prérogatives du droit des gens et autres im.nu­
llités attachées à leurs caractères, d’apres les articles des
traités et l’observance établie. 1 en sera de même- des sut
i esseurs de Pinternoncu et ministre plénipotentiaire impéri t■
et royal résidant auprès de la Sublime Porte ottomane, eu co-
[ii tndanl égard a la différence du r;tng dont ils pourront èiri-
revêtus, ainsique de leurs subalternes, suites, gens, domusti-
qties, maisons: et comme plusieurs de leurs courriers ven. ni.
— 729 —
ik la cour impériale où allant vers elle, onl élé dépouillés
.mni h guerre, la Sublime Pur le tiitomane noci-smilcrncni ne
■ aucun moyen qui puisse procurer le dédommage-
en lit <1 es effets dépr ■édite , mais elle j rendra aussi les mesure»
IdS • h; s i •(fiiiai-nsul les plus sulid-s, al n que tes courriers puis
ntii du. irmiiis ulk;r el venir avec iniile surele el prulet'litni
H. I'mx instruments. originaux. parlàilcmeut conformes,
du pi ■ Lie ol traité, l’un en langue funçaLedont ou s'esl serv:
P'- ut la i uuttiHidi lé, et Lm ire eh langue lu nț ue. Scrunl signés
iicii;i..'j ■ , des deux i^Diusli !S plénipolenliaires impci iaux et
■. ■ lesecond des lrds mûiisires plénipijlenliaires ollo-
mans . é( liangés l’un conlre l’auire par Çejntrcmisu des mi-
iîi>d. ■- |i iojpGtenjiiiaiies niédiilriirs . el envoyés respeelive-
iiisii1 ,nir, deux hunles cours eonlrm-laiiieS. Après quoi el dans
■ : spaci dd quarante jours, à compter de celui de la signature,
i ph. ■- i .i $i faire sc peul, les diplôme s solennel s des rali fica--
ihr■.-i. ‘ i. As par les deux augustes souverains, sqr.onl pm eil -
lundi;i d iiangés par le ministère de même médiation, enlre
ripolenlburcs conlradaids, avec des coptes lega­
li .'des de ions les nriiés, convenlions el actes renouvelés ,
soalii mes el perpcluellemenl obligaloires pour les deux em­
pires. .
En l■ ■mséqneiv e de quoi, cl en verludes pleins pouvoirs de
M^^d Impériale el apostolique , nous, Pierre-Philippe,
banni d Hcfberl Kalhkeid,cl nnusFrmcnis, comle F.slcrhazv■
de Oaiantha, ses mini^lres plcnipole^aîres' au congrès de
j- ;.u v , avmis signé le présenl lrailé el inslrumenl aulliejniqne
te :miX| el y avons fail apposer le cachel de nus armes.
Fait â 'dKinw, à la salle des conférences, le qualrième jour
du i no s d'aoill, l'un lic grâce 1791.
debar..... éiiraliiiML Kathkeal , ie ciputel’iiAilçois
l'srurniîASv Galaytha.
— 430

t.’om^xmïum. .

Ai • r. t". Comme il y avait, avant la guerre, une négociai ion


u verte sur les demandes de la cour impériale , des terrains
du banat de Temeswar, possédés par l'empire ottoman. et
ries districts situés à la gauche de l’Unna ;jlcs deux hautes par­
ties, considérant d'un côté les défectuosités de l’ancienne
frontière dans ces parties, et voulant de l’autre y rem c In
d'une manière invariable, à la satisfaction commune, ont a~-
ièté l'arrangement final spécifié dans les articles 2 et 3 di
présente convention, par lequel arrangement elles conseil••
de terminer foncièrement et. definitivement toits les sujets de
réclamation qui faisaient l’objet de la négociation citée.
2. Eu conséquence de quoi, la Sublime Porte ottomane
consent que le bourg et terrain du vieux Orsowa, jusqu'à la
Czerna. reste et demeure dans la possession cl souveraineté
de la cour impériale et royale; de façon que la Czerna fasse
de ce côté-là, désormais cl à perpétuité
,
* la frontiere de la
monarchie autrichienne, mais avec la condition expresse. qn. *
ladite cour impériale et royale ne. puisse jamais fortifier m 1.
vieux bourg d’Orsovn, ni aucune partie du terrain céd é par
la Sublime Porte en vertu du présent article. Pour la petite
plaine, vis-à-vis le fort de l’ile d'Orsowa, bornée pat les cor
lins spécifiés dans l’article â du traité de paix de Belgrad., e lie
restera pour toujours, dans le sens le plus strict, neutre entre
1s deux dominations ; c'est-à-dire que la souveraineté n’en
parlicndra ni à l’une ni à l'autre, et les parties cont rat•-
t ; ites s’engagent à laisser ladite plaine absolument dêsti iiu .
sams jamais permettre à personne d’y bâtir, d'y demeure•• , ni
d ’y exercer la culture.
3, Quant aux. districts à la gauche de l'L’nna, les deux ht nies
parties contractantes sont convenues que les limites des deux
pires seront désormais et à perpétuité réglées de la manière
que voici : La nouvelle ligne de séparai ion. d’après le dessin
tracé en couleur rouge sur la carte annexée au présent ai ticle,
commencera dans ces endroits, à la rive droite de la Glina,
— —
par le point marqué sui ladite carie, sera conimuei: le long
- ,'un petit ruisseau, cn laissant Lzctlin avec son distrml sous
|a "km itnanon impmak et royate ; se dirigera le long de la
banlieue du fort ottoman Sturlick oit Slurliz, marqué sur la
carte r-i _jaune, de façon que ce fort ainsi que sa banlieue, dé­
terminée par la portée d'un coup de canon, restent dans la
plissession de Pcmpiro ottoman ; d'où celte ligne se |M»rtera
en droit chemin sur la Coranu, pour sutv re, en remontant, le
cours de cette rivière, jusques et. compris Drcsniok, (pii res-
i ■ ' avce son district sous la domination impériale et royale ;
i ( de quoi ladite ligne se prolongera par la montagne de
’ ..oiianati, et l’endroit de Tischiewo, clic longera Li haute
jmmrngne, au pied de laquelle se trouve l'endroit de Lapatz,
mnrqné sur la carie en jaune, et serti continuée jusqu'à
ITnna A une heure de chemin au-dessus de Vaooup, marque
en juijnc; d'où cette ligne prendra, en remontam, la rive
■ « i a de TUnna jusqu’à scs sources occidentales, suivant la
ligne marquée en rouge, pour se terminer, par le plus droit
chemin que donne la direction deshautes montagnes, au triple
eonfin actuel, cn laissant ainsi Sterniza turc sous la domina­
tion ■ rttomane. La mur impériale et royale s'engage à ne
jamais réparer, ni construire aucunes fortifications quelcon­
ques , sous quelque litre et pour quelque motif que ce puisse
être, dans toute l'étendue, sans exception, du district que lit
Sublime Porte lui cède en vertu du présent article.
4. La cour impériale cl royale, afin de répondre de son côté
aux dispositions amicales que la Sublime Porte à montrées
dm-s l'ai■ rangement final des confins, mm du côté du bourg' et
terrain du Vieux-Orsova, que sur la haute Lima, tel qu'il sc
tro-o < arreté par les articles 3 cl 3 de la présente convention
séparée, et pour affermir el consolider d'autant plus l'hmi-
reuse paix qui vient d’ôlre conclue entre les deux empires,
déilu re, de la manière la plus solennelle, qu’elle reconnaît le
pré son [arrangement de confins comme définttf, et s'engage
à m■* foi■ mer à l’avenir aucune prétention an delà des limites
fixées ci-dessus.
— 432 —
5. La emir impériale et royale, pour marquer sa sutisi, i
lion de l'arrangement des limites fixées ci-dessus, s’engage de
rendre à la Sublime Porte toutes les forteresses, châteaux • •
palanques. conquises sur l’empire ottoman, dans l’état où elles
se trouvent à présent, et sans détruire aucune des répara
lions, ni les ouvrages nouveaux qu'eu y a laits, renonçaiu eu
conséquence à là clause de démolition stipulée A la fin de
l'article G du traité Aifiti^tif.
G. Pareillement, la cour impériale et royale secondau i le
désir manifesté par la Sublime Porte ottomane, de reui
promptement dans la possession de toutes les conquêtes , (
court volontiers à rapprocher les délais fixés aux évacu
tiousdans Partide fi dudit traité, et établit avec la Su
Porte ottomane qu'on comptera ces délais du jour de i i
signature du traité, et non plus de celui de l’échange des
ratifications, savoir, trente jours, A compter de ce joutaïhu
't d’aoùl pour l'évacuation, cession et restitution de toute 1a
Valacltic, et d es cinq districts de la Moldavie,cl de soixante
jours, à compter de la même époque pour toutes les autres
conquêtes. Les deux parties s’engagent â effectuer l’êdutnfe
des ratifications du trait-ède paix on quinze jours au plus ’ ird,
au lieu de quarante, fixés par ljirticle ! + du traité définiiif,
8, Los ratili cations de celle convention séparée seront dres­
sées séparément. mais échangées le même jour que les r ,itili-
cations du unité de paix.
En conséquence de quoi, et en vertu des pleins pouvoirs
de Sa Majesté Impériale et Apostolique, nous Pierrc-i’lnii , pv,
baron d'Herbert Ralhkeal, et nous, François comte Est ,
de Galanlha, ses ministres plénipotentiaires au congre - de-
paix, avons signé la présente eonvcrLitm et instrument aulb-ii
tique, et y avons fait apposer le cachet de nos armes.
Fait à Sisl^xv, à la salle des Conférences , le qualrièm■ .
du m' ,iis d’août, l’an de grâce 1791.
Le banni n' H en moi r Ràtiieexi. , le comte Euxn n-
Esterhazv i> Galahtma.
33
— *

Traité <le rnmtnewt entre Ia Sublime Parte ri St Grande-


Bretagne.
K
i,cs droits de douanes et de privilèges accordés au eoai-
" rce des négociants ottomans et anglais sont basés sur les
■capitulations impériales, inspirées par l’union étroite qui li­
gne depuis longtemps entre ie gouvernement de S. H. et la
cour d'Anglletterre. Mais comme les circonstances ont ami-né
la nécessité de modifier d'une manière conforme à la. dignité
et aux droits de souveraineté de ces deux puissances ; coin me
aussi, depuis les derniers changements subis par le traité de
xunmerce avec l'Angleterre, l'administration intérieure do
ipire ottoman et ses relations avec quelques puissances
.! ies ont éprouvé des modifications, i! est- devenu nécessaire,
dans le sou! but d'augmenter le commerce entre ces deux
Eta -s, de conclure un nouveau traité ad hoc qui devra être
oint aux stipulations antérieures, cl de changer certains ar­
ii - ii-stdes capitulations relatifs au commerce et à la naviga­
tion. <
- E, lord Ponsomby, ambassadeur extraordinaire de In
remcVictoria, souveraine du royaume uni de la Grande-
Bretagne ei de l'Irlande, a déclaré officiellcment être autorisé
par son gouvernement, par des pleins pouvoirs, signés et dû­
ment scellés, à suivre cette négociation, et S. II. a daigné y
consentir.
lu conséquence, nous Mustapha-Récliid-Pacha, vizir de la
Sublime Porte, et ministre dos relations extérieures, dêt - oré
•è. 'S insignes deson grade,grand-croix de l’ordre de la I.égi -m­
d il onneur de France ; Mustapha-Kiany-lJoï, un des grands
di- a-ta ires de l'empire , membre du conseil prive , ad
■ •i;it du premier ministre, président du comité d 'agrieulua :
et Mébémet-Nvuri-Effcndi, conseiller du ministère des rda-
lion.s extérieures, avons etc nommes par S. M. le souverain
régnant, l'ombre du Dieu très haut, le serviteur des deux H
28
tès suintes. Sultan Mahmoud ll, ci chargés , parties plein ?
pouvoirs . de conclure œ Irai té qui a clé négocié avec le sus
dit ambassadeur et se compose des sept articles suivants :
Amicie l". Excepté tes clauses cxprcssétnKiJiL inodifiécs
parle présent traité, toutes les faveurs et Lmnutnïiés anic-
rienreineiii accoi-dé es aux sujets ri bàiimc -ms anglais sonl I
nouveau cnnlirinôrs pimr cire c^^sTservées à mul jațpai-■
. (MH* faveur ou prérogaiive qui est, qui sera, ou qui ponrri
éireuccordéepar le |;tuivor'Hijmi!iil ottoman aux sujetscl b;'
■i mènis d'uneautre pulftiance, le sera égaleiineii aux sujetsci-
îijiimimisangkiis . cl ih jouiront des mûmes droiisel prh :
Ièges.
bu. 2, Les sujets de S. M, la reine Vidoria , aussi bien
qn.! ceux qui sont. à leur service, seront libres d'acheter, d<ir- ■
■. . les les parties de rEùipînr Olinm- in , tonies marchandise
iuci.coiiijuo$ sans exception, provenant du sol ou de l'iudus'
lrie iln pays, La Sublime Porte s’étant engagée âaband-nmvi
■ ■■ 1 abolir entièrement l es monopoles | tour les produite d e IV-
olaukiire comme pour tous les autres objets, renoncera ■
l'usage des Tes/cü dciiuu -dés à l' luwrilé Iccale pour IVi.li al
J.--. marchandises ou pour le iranspori d’un licit à un aûl-■
d to marcha m lises achetées. Le moindre eft'orl que l’on pou
• aii f'ùre pour obliger lessnjcls anglais - û prendre ces l'<c -•-
d-ivnnl êlre à bon droil considéré wiiUuic une Iufraclion a -;■.
.-niés, les ișjzirs -agas, inuisôimisijL tous autres foni llouiii-I­
o > publies qui se rendraient coupables d -une semblable le ■
ativa su raient rigoureusement punis par le gouvûrneuic ut
ïtloman; el si ces avanies causaient par hasard quelque pre-
i dice aux négociants anglais, ils seront indemnisés de tout
I rnoni.ije, et l’on ....... ampieia pas de faire droit à leurs i- ••.
dmiialioiis.
Vm- . 3. Il est convenu que lés négocianisanglais ou leurs
,i fenls qui hrlej'uml des produits de lu Turquie ou qui I CS
.■ idront pour être consommés dans l'empire . payeront, au
n oment de l'iclkû et dé la vente, tes mêmes droits exigés de-
— 135 —

«■«marirs musulmans ou rayos les plus favorisés parmi ceux


■ I. - . . c
\ ni se livrent an comme rte intérieur.
Art. à. Si un négociant anglais ou un de ses agents mihèu ■
quclquus nia inii -initlses provenant du sol ou de l'industrie de
l’Empîre Ottoman, puurlcs min spor ier dans un au Im pays, il
sera libre de les faire arriver à une echcHû convenable saq|
être soumis à aucun droit quelconque. A l'arrivée de* ces tnais-
uandis-'sii I échelle désignée, Usera perçu, en COmpensai ioi i
.g tous les auf res droits, un droîl du V po u i - 100 su r la value f,
la soi lie des iriarciiandîsts. Il sera perçu en outre le droit
de douane de 3 puur 100, suivant l'ancien usage. Il est bien
i tendu que les rnaciihnodiiss acheiêes dans une échei^, et
■ ' tnt le droit d'cuiréc est acquiitè à leur arrivée , ne seront
p. ssibles que du droit de 3 pour 100 tic sortie, à leur déplu i.
Art. 5. Quant à l'expédition des Hrmans pour 1 passage
<fâs bitiments marchands anglais par les détroits de la mer
Hlanche (mer de Marmara) et de In mer Mire , d sera pris
p-:s mesures pour que les susdits bftțțmentiî perdent le moite-
d-j temps possible.
ÀuT. 6. La Sublime Porte consent à ce que toutes les Slipq-
dlions contenues dans le présent traité soient applicables è
limies les parties de l Empire Ottoman en Europe, en Asie .
Ou Egypte, comme aussi dans les provinces impériales ct
. irique, cl pour toutes les tinsses d'iiuliviilus. Elle s'engage
en outre à ne faire aucune difâmllé, si les mitres puissances
ainiés demandent pour leur commerce des clauses pareilles ;■
pelles qui forment la base do ce traite,
7. C»nf)rméépen L à [usage établi entre lu Sublime Porte ei
lu cour d'Angleterre , alla d'éviter les difficultés rolailves à
l’estima lion des marchandises que les commerçants anglais
doivcui apporter en Turquie, des commissaires sont noiÇjjnés
de part ot d'autre tous les quatorze ans, afin de fixer le teit>
du droit de douane payable ci monnaie turque sur jilianme
decés marchandises. Le dernier tarif étant déjà dcpmsque--
23
- f —
>1 ui! temps aune à son icruie, des commissaires oui été chat
gésdc fixer fa douane sur le pied de 3 pour 100, selon la va­
leur des marchandises que les commerçants anglais apport. ■
roui de Turquie -, les susdits commissaires s’occuperont en
ii îème temps de fixer celle qui devra être perçue sur les pro

il uits de riiinjure (htoman rpi"iis achèteront et exporteront


ci " Turquie . d'après le présent traité , et l'on désignera les
ed-clles convenables pour le transport des susdits produits.
La durée du présent tarif est fixé à sept ans. terme au bout
di "quel l'une des deux parties pourra demander la modifica
lion "du tarif, faute de quoi il continuera d’être en vigucm "
encore sept autres années, cl cet état de choses durera autan "
que Dieu voudra.
Les sept articles qui précèdent ayant été arrêtes et conclus ,
le présent traite est signé cl scellé par nous pour être ratifié
dans le terme convenu, et à cet effet il est remis à S. K. l atn
i issadeuir de la Grande-Bretagne, en échange de celui qu’il
nous donne lui-même.
I.c présent traité sera ratifié et les ratifications devront
’Tre échangées â Constantinople dans le terme de quatre
moi-, il ne commencera a être mis à exécution qu'en
mars 1839,

Quelques difficultés s'étant élevées entre LJ,. EE, les


pléniputentiaires de la Sublime Porte et l'ambassadeur d'An­
gleterre , sur les articles èoin^rnant le commerce d’impor-
!atioii et le transit, les deux parties contractantes ont ar­
rête do signer le traité ci-dessus sans y comprendre les
dan ses relatives à cct objet. Si ces chiusce, agréées par le
gouveniementt ottoman, l'étaient plus lard par lo gouver-
nem mt anglais, à fa p probat ton duquel elles seront soumises,
il est convenu qu'elles seront considérées comme formant-
par(iis intégrante du traité.

Art. I'. Toutes les marchandises quelconques, prodait.s


du sol ou de l’industrie du royaume uni d’Angleterre et d’h■
lande , ainsi que des pays qui en dépendent , et propriété des
commerçants anglais, comme aussi toutes les marchandises
qui arrivent sur des navires anglais, ou de tout autre pays .
par (erre et par nier, seront admises, comme précédemment,
sans aucune exception , dans toutes les parties de l'empire
ottoman, et seront soumises â une douane de 3 pour 100,
d’après leur valeur.
En remplacement de tous les droits qui se perçoivent au­
jourd’hui, à l'intérieur , sur lesdites marchandises, les corn -
merçants qui les apporteront seront soumis à un droit sup­
plémentaire de 2 pour 100 , soit qu’ils les vendent aux lieux
d’arrivée , soit qu’ils les expédient dans l’intérieur pour les
vendre. Il ne sera perçu aucun autre droit, sous quelque
litre que ce soit, ni du vendeur, ni de l'acheteur, ni de celui
qui, les ayant achetées, désirera les envoyer au dehors.
'ans le cas où, après que ces marchandises auront été rc
vendues dans l'intérieur, l'acheteur voudrait les expédier
dans un autre pays.
Les commerçants anglais, quand ils auront acquitte le
droit dû douane de.3 pour 100 sur les marchandiecs d’irnpor-
latiun apportées dans une échelle, pourront les diriger sur
une autre échelle sans paver aucun autre droit ; mais il
entendu que lorsqu’ils les vendront aux lieux d’arrivée .
ou bien que dé là* ils en feront l’expédition dans l’intérieur .
ils devront acquitter le droit supplémentaire de 2 pour 100.
Le gouvernement anglais déclare n'entendre les termes
employés dans cet article , comme dans tons les autres ,
que dans leur sens simple, naturel cl véritable, et s’engage
âne point s’immiscer dans les droits d'administration i ..
ricure du gouvernement ottoman qui ne seraient pas nu isi—
blés aux commerçants anglais ou à leurs propriétés.
2. Les -commerçants anglais on leurs agents seront libres
d’acheter, dans toutes les parties de la Turquie, toutes lis
: r ’handïses venues des pays étrangers. Si pat-hasard <-s
marchandises n’avaient payé que le droit d "entrée de 3 pour
IdO , elles seront soumises au droit supplémentaire de 2 pot -i
100 pour être transportées à l'intérieur cl y être vendu
Haü lorsque ensuite elles seront vendues dans l'intérieur ou.
expédiées dans un autre pays, elles ne seront- plus passif!es
d'aucun autre droit. lùilin il demeure bien entendu que ?*
les deux droits de 3 pour 100 et de- 2 pour 100, établis comme
dr"dis d’entrée, ont été acquittés intégralement, les comme r -
'-tats anglais seront libres de les vendre, ou de les expé­
dier dans un antre pays sans payer du droit.
3, Toutes les fois que des marchandises, produits du sol
<li de l’industrie de l'Angleterre et- des pays qui eu dépcn-
dent, et appartenant à des négociants anglais, traversemnl
le détroit- de la mer Blanche [mer de- Marmara , ou de la
nu’i Noire, ou le canal de Constantinople, soit qu’elle-s<
ie -.uvciii sur 1-s navires qui les auront apportées, ou surcelul
à 1j "ird duquel elles auront été transbordées, soit qu'elles .u-
rivimi pour un mitre pays, et qu’on les débarque à terri :
pi-ur les rembarquer cusuite, ces marchandises ne supp oi-
teront. aucune espèce de droit,
dais toutes les marchandises apportées en Turquie pour
é-trc transportées dans un pays étranger, cu traversam par
te. te l'empire ottoman, elles articles d'importation qu'un
négociant expédiera de même dans un mitre pays pour les
ùdl'e après le avoir gardés auprès de lui, payeront seu­
lement un droit de 3 pour 100. sans être passibles d’auemn.-
autre espèce de droit. .

- *
— W<»

COeVENTiU X

' '.irmanl appendice aux c.q>it<il;i1ioiK gar.i(>lli> ;i Li I rancc par i.i Port,■
Oltonvnnc, rt :r inendanl ou modifiart, dnu
* ]'lnl<-ri'l du comnterr-e i i
d. ■ Ia navigation <l<-< rl< -in pava, certaine
* stipulai loto qui etnicul
roiitcnnr-s if.ins les capitula lions.

Vendant le long intervalle d'alliance qui a heureusement


subsisté entre la. Sublime Porte et la France, des capitulations
obtenues de la Sublime Porte et des traités conclus cuire les
deux puissances, ont réglé le taux des droits payables sur les
marchandises exportées do Turquie comme sur celles impur-
•ices dans les domaines du Grand-Seigneur, et ont établi et
consacré les droits, privilèges, immunités et obligations des
marchands français irafiquaui ou résidant dans l'étendue de
l empire ottoman. Cependant, depuis l'époque où les capitu­
lations ont- été -révisées pour la dernière Fois, des changements
de différentes natures sont survenus tant dans l'administra­
tion intérieure de l'empire turc que dans ses relations exté­
rieures avec les autres puissances; et S. M, le Rot des
Français ei S. II. le Sultan , sont convenus de régler de
nouveau, pat- un acte spécial cl additionnel, les rapports com-
tnercia >.tx de leurs sujets, le louL dans le but d'augmenter te
commerce dans leurs Etals respectifs, comme dans celui de
faciliter davantage, l'échange des produits de l'un des deux
pays avec ceux de l’autre, A cet effet ils ont nommé pour
leurs plénipotentiaires le baron Houssin, et Meheaicl-Nourri-
EfFendi. .
Art. Ie'.. Tous les droits, privilèges et immunités qui oui
été conférés aux sujets et aux bâtiments Français par les capi-
tulaiions Cl les Irai lés existai -ls, sont confirmés aujourd'hui et
pour toujours, à l’exception de.ceux qui vont être spéciale­
ment modifiés par la présente convention , cl il est en outre
vxprcssêincut. entendu que tous les droits, privilèges ci. im­
munités que la Sublime Porte accorde aujourd'hui ou pourrait,
accordera l'avenir aux bâtiments et. aux sujets do toute autre
— 4Ü0 —
ouisajitce étrangère, seront également accordés aux sujets et
■.j1 bib i français qui en auront de droit l'exercice, et lu
jouissante
*
2. t .es sujets tic S. M, le Roi des Français ou leur?
àÿàmis cause( pourront acheter dans toutes les parties de Lcrn-
j ire oitoiumi, soit qu'ils veuillent en faire le commerce à Hti
'. -'i air, soit qu'ils se proposent de les exporter, tous les a rNi
é-s sans exception, provenant dû sol eu de 1 ‘indiisitrie de ce
pays. La Sublime PbrLe s'engage formel temcm à abolir tous
monopoles qui frappent les produits de l'agri^cil^ure, c .
ilüS autres productions quelconques de son lcriiioire, comme
aussi clic renonce à 'usage des' teskërés demandés aux au Lo-
illés locales pour l'achat de ces marchandises, ou pour les
i ■ spot ter d’un lieu à un autre quand elles élaieni achetées,
_1\.etc tentai ivo qui serait faite par une autorité quelconque
l , ;.r fort;er les sujets français A se pourvoir de Semblable"
jjr;.uis ou tesLèi'és, sera eunsi dé rêe'cout me une infraction
aux iridiés, cl la Sublime Porte punira inmiédlaletmml ave..
sévérité tous vizirs ou autres fonctionnaires auxquels on
a 'irait à re proci nr une pareille IjiFriiciion.
' i elle fera indemniser les sujets français rites portes ou
-■■■ce nions dont ils pourront prouvée qu'ils ont eu â souffrir,
. Lus marchands français ou leur ayants cause qui achète
rotit un objet quelconque, produit du sol ou de l'industrie d*
iirqni.p dans le hui de le revendre pour la consommation
dans tirtrerieurde l'empire ottoman, paieront, lors do l’achat
ci du la vente, les mômes droits qui sont payés dans les çir -
constances analogues par les sujets musulmans ou par les
rayas les plus favorisés parmi ceux qui se livrent au com-
ni-.e'cc intérieur,
-, 'Loul nrliclCi produit diüol onde l’industrie de h Tur­
. i.e acheté pour l'exportation, sera transporté libre de
lue le espèce de chargé ni de droits à nu lieu cuib ennblo
*s iiégouimls lïauçais ou hm- naiil-
■ . nubarq^^^ii^u'ul pat L.
— Ui
•a use: arrivé là .il paiera, à son entrée, un droit fixe de 9p. 100
de sa valeur , en remplacement des anciens droits des com­
merce intérieur, supprimés par la présente convention , à la
sonie, - il paiera le droit do 3 p, 100, anciennement établi, et
qtii demeure subsistant. Il est toutefois bien entendu que tout
■. le acheté au lieu d'embarquement, pour l'exportation, et
i o aura déjà payé, à son entrée, le droit intérieur, ne sera
plus sou mis qu'au seul droit primitif de 3 p, 100.
T>ut article, produit du sol ou de l’industrie de la France
scs dépendances , et toutes marchandises, de quelqe e
espèce qu’elles soient, embarquées sur des bâtiments fran­
çais. apportées par terre d’autres pays par des sujets français,
. i til admis , comme antérieurement, dans toutes les parties
de l'empire ottoman, sans aucune exception , moyennant nu
h oit de 3 p. 100, calculé sur la valeur de ces articles.
,n remplacement de tous les droits de commerce intérieur
qui se perçoivent aujourd’hui sur lesdites marchandises, le
négociant français qui les importera , soit qu’il les vende au
lieu d'arrivée, soit qu’il les expédie dans l'intérieur pour les
' ndre, paiera un droit additionnel de 2 p. 100. Si, ensuite,
i marchandises sont vendues à l’intérieur ou à l'extérieur, il
ne sera plus exigé aucun droit ni du vendeur ni de- l’acheteur ,
ni de celui qui , les ayant achetées, désirera lies expédier aii
i l ihors.
! .es marchandises qui auront payé l’ancien droit d’imporia-
tmn de 3 p. 100 dans un port, pourront Être envoyées dans
" i autre port franches de tout droit, et ce n’est que lors-
qti'cllesy seront vendues ou transportées de celui-ci dans l’in
lérlnur du pays que le droit additionnel de 2 p. 100 devra
être acquitté.
Il demeure entende que le gouvernement de S. M. le Roi
îles Français ne prétend pas, soit par cet article, soit par
aucun autre du présent traité , stipuler au delà de sens natu­
rel et précis des ternies employés, ni priver en aucune ma­
nière le gouvernement de Sa Hautessc de l’excrcicc de ses
droits d'administration intérieure, en tant toutefois que ccs
— U2 -
droits ne portcrditi pas-une atteinte manifeste aux stipulation»
des anciens traités et aux privilèges accordés par la présente
convention aux sujets français et à leurs propriétés.
6. Les sujets français ou leurs ayants cause pourront libre -
ment trafiquer dans toutes les parties de l’Empire Ottoman de -
marchandises apportées des pays étrangers, et si ces marchait
dises n'ont pnyêàjçt.ir entrée que le droit d'importation, k-
négociant français ou sou avant cause aura la faculté d'en tra­
fiquer eu .payant le droit additionnel de 2 .0/0 auquel il serait
soumis pour la -vente des propres marchandises qu'il aurait
lui-même importées, ou pour leur transmission faite dans
l'intérieur avec fmtertion de les y vendre. Ce paiement une
fuis acquill^t;, ces marchandises seront libres de tout autre
droit, quelle -qttc soit la destination ultérieure qui sera donnée
à ccs marchandises.
7. Aucun droit quelconque ne sera prélevé sur les mar­
chandises françaises, produit du sol ou de l'industrie de la
France et de scs dépendances, ni sur les marchandises pro­
venant du sol on de l'industrie de tout autre pays etranger,
quand ces deux sortes de marchandises, embarquées sur des
bâtiments français appartenant à des sujets français, passeront
par les détroits des Dardanelles du Bosphore ou de la met
Noire, soit que ces marchandises, traversent ces détroits sur
les bâtiments qui les ont apportées, ou. qu’elles soient trans­
bordées sur d'autres bâtiments, on que devant être vendues
ailleurs elles soient, pour un temps limité, déposées à terre
pour être mises à bord d'autres bâtiments et continuer leur
voyage.
Toutes les marchandises importées en Turquie pour être
transportées en d'autres pays, ou qui, restant eutrș les mains
de l'importateur, seront expédiées par lui dans d'autres pays
pour y être vendues, ne paieront que le premier droit d'im­
portation de 3 0/0 sans que, sous aucun prétexte, on puisse
les assujettir à d’autres droits.
— VVS —

8. I.cs fumons exigés des bâtiments marchands frança->.


à leur passage dans les Dardanelles et dans le Bc plore sa-
ronl : oujouiS délivrés do maniere à lem- occasionner le moit
lie retard possible.
v . La Sublime Porte consent à ce que la législation créée
■ n l.i présente convention soit exécutable dans toutes les
provinces de l’Empire Ottoman (c'est-à-dire dans les poss-
sinus. île Sa Hautesse situées eu Europe et en Asie, en Egypte
< i a.stis les autres parties de l'Afrique appartenant à la Su­
bi i me Porte) et qu’elle soit applicables toutes les classes des
sujets ottomans.
La Sublime Porte déclare aussi ne point s'opposer à ce que
1rs autres puissances étrangères cherchent à faire jouir leur
cemmcrcé des stipulations contenues dans In présente cou-
veution.
Suivant la convention établie entre la France et la Sublime
Pin- te, et afin de prévenir toute difficulté et tout retard dans
l'estimation de la valeur des articles importés en Turquie eu
ex] -nrtés des Etats ottomans par les sujets françaîs, des com-
mi-s a ires versés dans la connaissance du commerce des de <tx
paj- s, ont été nommés tous Ies IV ans pour fixer, par un tarif,
la somme d'argent en moriuam du Grand-Seigncnr qui devra
être payée sur chaque article. Or, le terme de 1 ï ans pendant
icq-ml le dernier tarif devait rester en vigueur étant expiré,
lus hauLes parties contractantes sont convenues de nommer
o,m;jo^^^cm^nt. dc nouveaux commissaires pour fixer etdélor-
miner lu montant en argent qui doit être payé par les sujets
français comme droit de 3 0/0 sur la valeur des articles du
«Hii^^fflcc importés et exportes par eux. Lesdils coiutiii-,
sa.i -es s’occuperont de régler avec équité le mode de paiement
des nouveaux droits auxquels la présente convention soumet
les produits Turcs destinés à l'exportation, et détermineront
h- s lieux d'embarquement dans lesquels l'acquittement de ces
droits sera le plus facile.
Je- nouveau tarif établi restera en vigueur pondant 7 années
— HV —
ûdalei de m lixaiion, après ce tonne chacune des haut-i
partie^4<on tractantes rmra dr°it d’en demander la révision.
Vais si pendant les 6 mois qui suivront l'expiration des 7
premières années ni l'une ni l'autre n'use de cette faculté, le
tarif continuera d avoir force de loi pour 7 autres années
■’ dater du jour ou les premières ont expiré, et il en sera J e
même à la fin de chaque période successive de 7 années.
Conclusion.
La présente convention sera ratifiée, les ratifications en
seront échangées à Constantinople dans l'espace do 3 mois. et
plus tôt si faire se peut, et ne commencera toutefois à être
mise à exécution qu'au mois de mai 1839.
25 novembre 1838.
Nqurri-Effenoi. —Baron Rovssin,

R ÈG L E M EN T M O LD A VE.

CHAPITRE I«.

Élection du Hospodar.

Fornnaiion de l'assemblée générale extraordinaire,


Gouverne nient provisoire. 4
Mode d'élection du Hospodar.
CHAPITRE 11.
sinisations et attributions de rassemblée générale or
dinaire.
CHAPITRE III.
l»^^lh^>ncnt det finance
*.
lies abolitions.
— 445 —
Des dépenses de l'État.
Mode de recensement.
Brandies et revenus de l’EtiH.
Mode de recense ment.
Perception de l'impôt et d'autres revenus de l'État.
Ile la comptabilité.
droits et devoirs réciproques des propriétaires fonciers et
des cultivateurs.
Sur les affaires ecclésiastiques
Des si ou gi lors. ,
Du traitement des employés. »
I > la caisse des pensions.
Des caisses publiques.
Concernant le comité central.
■ rganisation de bipartie médicale.
')c h caisse des enfants trouvés.
Des éphorics des villes.
Do la division en quartiers et du nettoiement de la ville
De (assainissement delà ville,
De l’embellissement de la. ville.
Des eaux.
De l’éclairage de la ville.
Des mesures préservatrices contre les incendies.
Défense aux employés de se rendre entrepreneurs des fermes
publiques
Dr la police de la ville.
Sur l'entretien et l’éclairage des détenus.
Du pavage de la ville de Jassy.
Concernanl la confection des chaussées de la ville de Jassy.
De rétablissement des Égyptiens.
■ mcernant la classification des habitants de h principauté d e
.Moldavie ; <e leurs droits et devoirs respectifs.
CHAPITRE IV.
Conseil administratif. •
Concernant les devoirs des directeurs des départements.
Des actes de l'état civil.
— U6 —

CHAPITRE V.
X
JïigHncnr de commerce.
De la liberté du commerce.
I) us voies dis commutu cation.
!Jrs greniers <4' réserve.
[les prohibitions.
De l'exploitation des mines.
Diverses dispositions concemanl le commerce ri les coin u« t
Çanis.
CHAPITRE VI.
Règlement fies quarasfaUtil.
De l'établissement du cordon sanitaire.
De l’organisa lion de la quaraiilaine et deș barrières.
Des régies sa ni imires préservatrices ol de police conte ■ro.oii
les voyageurs et les marchandises en quarantaine.
Des infrac lions an x lois sanitaires.
Règles qui éclaircissent les mesures à prendre concern; i i ..
quarantaines.
De la réception des navires arrivant au port de la quaran­
taine.
Dû la quarantaine pour les marchandises et dû leur disiri-
Lutioti.
CHAPITRE VU.
Ri-glc-ment de gendarmerie.
Principes de la for maiion du la milice.
Recru loin ont.
Des privilèges vl de l'entrciien de la milice.
Devoirs gèmiaux do la milice ; attributions de son cht i
dislocation.
De l'administra tion de la milice
*
De l’habîlfiiinenl et dés armes. .
Budget.
— ÏÏ7 —
Alir ibutOns tiu hetinann, droits atiaeb.'•< aux rangs mil .air»,
hivers tableaux concernant les dépenses de la mili- a.
CHAPITRE VIII.
Onire ju dicia ire.
Règles générales.
Instructions et attribniions des tril mmatix de ifîstricis-
Tribunal rustique.
Divans d'appel.
Tribunal de commerce. «
Tribunal de poUce correctiomWUe-
Tribunal en madère criminel^*
l)u divan princier. ,
Sur le complet des instances judiciaires.
Su v l'appel.
Sur les protestations.
Sur la légalisation des contrats.
Sur les dépôts judiciaires.
Sur les estimaii ons judiciaires-
Services judiciaires.
Viributious et instructions du grand logotliete.
Sur les congés et les commissions.
Oi’drc des ^Ceotnpeasos et promotions dans Itt magistrature; .
A ^penlage.îgé^c^^d.
CHAPITRE IX.
Dû'jjoatiions generate
*.
l ' itres de noblesse.
Nomination aux différents emplois publics.
Clergé, et administration de SOS biens.
3e l'instruction publique.
Principes de l’mdigénat et de corn ttourgeoism entre les bah
Unis des deux principautés.
i ionccrnant l'indigênai.
Dispositions générales-
ÏVK —

SI 'K L'ÉTAT ACTUEL

DE LA VALACHIE
Kl la conduite ite la Russie, rclailrenient à «Ue pûrintt, <telB28 : , t>_-
(Celte brochure remarquable a été imprimée dans Je P<rfp-F4« )

; >

Hepuis longtemps l'Europe a les yeux ouverts sur l;i poli­


tique envahissante de là Russie. Elle la volt substituer tour-
à-tour les négociations aux armes, les armes aux négociai i us,
et préparer par ses agents la corruption et la dissolution des
Etats qu'elle a résolu de soumettre à sa domination ; la pr in-
ripaulê de Valachie, objet des vœux secrets de son amli:tieni.
parait aujourd'hui plus que jamais travaillée d'un mal .le-
rieur, Qui, détruisant peu A peu le pacte fondamental sur i e~
quci repose son indépendance, semble, par ,1'instabilité d >
nommes de son gouvernement, par le goût du Liste et de : ii
représentation, qui alimente la frivolité, par le peu de n-s
pect qu'il démontre pour les lois constitutives de l'Etat .
noncer déjà la catastrophe qui menace ce pays, et que redou­
tent scs habitants les plus sages et les’ plus éclairés.
La Valachie s'est soumise à la Porte aux conditions s ui
vantes : de lui paver. une rétribution annuelle d 'une so inmn
qu'on peut porter à 10,000 ducats d'Autriche ; de lui von dr<-
le superflu, des productions de son sol ; de conserver h L-
rulté de se gouverner elle-même ; de so donner .telles institu­
tions qu’elle voudrait, et de faire la paix et la guerre ave» i ;
voisins sans recourir au consentement de la Porte : une qua­
trième clause est que les Valaqnes qui changeraient de rvli■
gîon pour embrasser l'islamisme naîtraient plus de droii a hl
succession de leurs pères, et que les Musulmans né pourrai ci. '
i ■ iré admis à bâtir des mosquées sur le sol vainque et (j’yjouir
— .
des droits de sépulture. Il serait long d inutile à notre sujet
de parcourir toute la série des événements qui . d’élective
qu'elle était, a mis la principauté de Valachie àrfa disposition
de la Porto, (adroit, que celle-ci commença par usurper, cl
qui a éiù depuis consacré dans ses traités avec la Russie , a
reçu pour accessoire q u'elle pourrait déposer le prince après
un régne de sept ans. La Porte , jusqu’alors obligée par ses
traités avec les Vainques de reconnaître le prince qu'ils au­
raient élu, c’avait fmt qu’obéir aux voùix dc la majorité. Mais
la cour de Russie, cnlriO'ce par celte formalité dans ces né­
gociât tons et ses traités M#' la Porte, tout un se référant aux
capitulations des Vainques pour ce qui concerne leurs privi-
?g-cs et immunités, trancha le mol d’élection, et mil la nomi-
lation du prince entièrement à la disposition de la Porte . . .

A rentrée des troupes dans la Moldavie et la Valachie .


l'empereur Nicolas consacra d'abord et garantit par son. ma­
nifeste d'avril 1828, tous les privilèges et immunités des deux
pays, en coulirmation de cinq traités précédemment conclus
entre la Russie. et la Turquie depuis le règne de Catherine II,
reposant tous sur le premier acte d'adhérence donné depuis
plus de trois siècles par Miriza Wode ;i la suzeraineté de la
Porte Ottomane sur ces pays. Les articles fondamentaux ,lu
r et actc ont été mentionnés nu commencement de cet aperçu.
Une commission fut établie à l’cffet de pourvoir aux besoins
des troupes russes ; elle se trouva composée dans le com­
mencement de’deux membres du divan cl de trois Russes.
Qu'on se représente une armée forte de 180 mille hommes
cxtgetmi des vivres el des munitions bien au delà de sus be­
soins, qu'il fallait en grande partie transporter sur les diffé-
rcnis points de là Turquie oit les Russes avaient pénétre ;
qu'on se représente la nécessité où la Valachie se trouvait de
fournir de nouveau aux Russes les objets qui avaient été déjà
le butin des Turcs ; qu'on se représente des officiers russes
recevant du gouvernement vainque des rations de vivres pour
les soldats sous leurs ordres, les vendant â leur profit et met-
29
—m—
i .. i l'es soldais ii la ■ Purge des villages dans le-quels il»
étaient rO[ . 'iis ; des commandants de cavalerie désignant
pour leurs cdrps dos lieux do ctmii uuiemeni où l'on transpir
i.ii . du fotirrage, cl les cantonnant ensuite en d'autres lieux,
ib . telle sorte qu'ils profitaient pour leur cavalerie do ia nour­
ii turc qih . jes habitants étaient obligés de leur fournir, ci.
pour leur compte, du.fourrage rendu sur les lieux où ils u'a-
stienl pas siitliotmé; dl ce fourrage se vendant publiquement
iimais pour le compte du trésor talaqii», ou en indemnité
de nutividles rétributions; qu'on se représente i 'administra­
tion russe n'avani égard qu'à son intérêt propre dans h p«r-
i i-pi ion des subsistances et exerçant cette perception île la
usinière la plus onéreuse, toujours avec une rigueur qui ne
soull’rait aucune observation, ne payant rien ou pavant en
bons qui ne portaient que la moitié de la valeur des quanti -
tés livrées, sourde à tonies [es plaintes contre les autorités .
qui se permettaient toute surie d'abus à l'occasion des four­
nitures; qu'on se représente les vexations, les mauvais irai-
temênts envers les paysans dont ou exigeait au delà de leur-■
,;i. i allés, et les accusations portées contre les boyards de inal-
veiihnce envers les liasses; le trésor valaque jouissant tout
au plus de sept millions de piastres de revenus, le revenu d. -
' .1 couronne compris, et ayant à su charge une commission d<-
smié qui coûtait cent mille piastres par mois, les hôpitaux
i üitüires contenant plus de dix iniile malades ut les ap­
pointements des officiers russes qui siégeaient avec les auto­
rii ês locales; qu'on rassemble sous scs yeux tous les traits
d'un si triste tableau, cl l on pourra se faire une idée de l'étal
■i - plorable où était alors plongé le pays. Tous les objets de
première nécessité avaient renchéri presqu'au décuple. A cela
i us ajouleroiis que, par le traité d'Akt rinaii, remise ayant été
failé par h Poi-le de deux ans du tribut annuel qui lui étaient
iin- par la princ|pauté, h- trésor avait soulagé les cinitri—
botàbh' de la partie de l'impôt imputée à celte redevance .
i que cinq mois après que le gouvçritomcnt russe eût été
— 451 —
iBtallé, il enjoignit au divan de fuir- percevoir l'impôt cu
nlier sans nulle déduction pour tout le temps O’ ** jie l'avait
pas été ■ dater du joui de l'entrée de ses trempés.
Au mois de janvier U8B, le Métropolitain Grégoire est
i elégué en Bessarabie, soit pour le zélé et le patriotisme qu’il
avait mornj-é, soit parce qu’il était parvenu à la chaire archî-
épiscopale sans l'appui des Russes. *
ran^d’arbiiraurn, tant d’cxcé® et d'abus de pouvoir étaient
■cvenus si rvvoïtanley que le successeur du comte du Pahlen,
o général Z^ltoiichin) peint par les Russes connue un monstre
dcrrrnnit r, iie pm relenir sa douleur en jeutut les yeux sur le
trfete spectacle que lui présentait le pays, cl que voyant les
jutes couvertes des cadavres des malheureux qui avaient
^.icconibé sous le fardeau , il s'écria que loin de taxer les
i .oyarils de mauvaise volonté envers les Russes, il les trouvait
u contraire bien coupables de ruiner leur pays par un cm-
ressemcai si vif à satisfaire à foules leurs exigences. Peu de
mips après s'ùianl rendu à Jassy, il eut une conférence avec
minte de DicbîtZ, d, à Son retour, il néjusl.ifla que trop
sa renommée; toutefois l'on assure que la pénurie où le pays
ail réduit lui fît désirer sa démission. A cette époque In fa­
ine $C fil sentir dans quelques dislricts, principalement dans
‘ui de MéchédiitHn , elle y existait dans huile son lioi rcur.
ta malheureux habitants s'y nom■ rissaient d'écorces d'arbres
. H ics; ils en faisaient une espèce de pâte, dont les sucs per -
■ i. -ii'tiv cojii î■ rem la vie à un grand nombre d’habitants.
** .
lue société philanthropique y fit venir du blé de Tur■ quie
i- la Transylvanie, qu’elle vendu il à un prix modique; mai’;
;■ paysan qui l'u •hciml, Msâilli parles Russes vu le irauspor-
ml chez lui. était forcé de lé livrer à moitié prix pour leurs
, hrv;m\ qui s’en nourriss:iic... nu lieu d'orge. L’hiver suhuiil
ii fui des plus rigoureux, Je manque du subsistance joint a
te épizootie, diminua le béiail de plus de moitié, de sorti-
uc, dès le comnmncenieni du printemps , fa pavsayw furcn>
.■ iïiployis eommf f biles de iorrtiilù pour /c ecrt'ice fs troupes.
29.
— '»52 —.
On ,-n. des Cosaques conduire comme des troupeaux dishontmrs
■: rwi. ■■ chargés de provisions et de bots pour lit construc-
!<ot des ponti'r on en vit d'autres attelés à des chariots en place
il(j km -5, Ce gouvernement russe, mécontent des rapports faits
r tr sujet par tes autorités locales , leur ordonna de s’abstenir de
ces détails à l'avenir, alléguant qu'u. a’iMi’OKTAir Pas DE sa­
voir qce des hommes ou des animai x lissent le service ,
POI BVt: (WR LES OUDÎILS TUSSENT LXÉEETÉS. Le plésidcUt -j IlS-
iemenl inquiet sur la récolte de l'année -suivante, Ht envoyer
un boyard de premier rang dans chaque rhstrict. a reffeid’cn-
gager les paysans et au besoin de les forcer à ensemencer
leur s terres. Deux semaines après, la nouvelle ayant etc reçue
qu'il était arrivé des farines sur la Irontièrc du Russie, expé­
diées pour la Valachie, d'autres boyards furent chargés d'en­
voyer douze mille chariots pour les transporter ; mais une
pariie do ces farines s'étant trouvées avariées il fallut les
jeter dans les rivières. Ainsi fut perdu le temps le plus pré­
cieux cl le plus propre a l’ensemencement des lerree,* t, pour
cotul rie de maux, la peste, renfermée pendant l'hiver dans les
hû|ûhinx.cxcrçaiau commencemmi, du prinLemps, avec plus
de fureur que jamais, ses ravages, t-ant de fléaux réunis dû-
rent réduire la population au moins d’un quart. Deux mal-
he'tlrc ix paysans venant d'assez loin, commandés une sc-
eotide lois pour transporter du foin pour les troupes, se jettent
aux pieds des autorités locales et russes, et les ayant en vain
siqipliées de compatir à l'épuisement de leurs forces, se don­
nent la mort, La même scène se renouvelle dans d’autres
distriels. Dans la ville, un homme qui conduisait un chariot,
poussé par un désespoir semblable, se jette à la rivière; il no
doit son salut qu’à un cas accidentel, l’ue pauvre femme ,
hors d'état de nourrir les soldats logés chez elle, déplore
son malheureux sort, gagne le pour, se jette à la riv ière et ne
pi'i.t être sauvée. Le journal de Bukarcst n'en fit aucune men-
tiim, il garda le silence sur la peste et scs ravages, il lui avait
été interdit de mentionnai: même le prix des denrées. Les au-
— 453
torifês locales, poui■ leur sùceié pcrsotrnulleet daqjla crainte
de subir de mauvais traitements, se voyaient ft’.céesde pous­
ser jusqu’à l’excès toutes les mesures. Enfin la paix d'Andri■
nople fut conclue.
Par ce traité les deux ' Principautés recouvrent le droit
d’élire leur Prince; mais on va voir ce qui en est réellement :
jusqu’en 1828 que lcs,deux pays furent envahis par les trou­
pes impériales, l'acte d’adhérence avau été scrupuleusement
observé pendant trois siècles, au moins dans ses articles fou ■
darnentaux, par cette même cour ottomane que l'on nomni <■ „
barbare et qui du moins est fidèle à la religion des traités
jamais l'administration intérieure du pays n’a éprouvé de sa
part de difficulté ni d'obstacle, et s’il s'y est introduit des abus ,
ci- n'a été que pat la politique du cabinet russe ou par lu dé -
sastreuse administration des fanariotes. L’acte réformatetu
par lequel le pays a acquis une constitution presque ans.■
libre que celle de la France, était déjà à moitié élaboré lors
de l’entrée des troupes russes. L’état rapidement progressif
de la civilisation vainque rendait cet acte ré.orti.aieur de la
plus grande urgence, et une commission avait été nommée à
cette fin par le feu prince Grégoire Ghika, en 1827, comme il
a été dit ci-dessus ; cette commission avait déjà établi quel
«ucs points de la réforme, et lorsque l’armée impériale «ni
passé le mon!, Hémus, le gouvernement■ russe s’empressa do
donner à cette commission comme président le conseiller ■
d’Êiat nis’se MiiinschinkL consul général à Bttknrqp cl à Jassy.
Les bases de la constitution qui en fut le résultat, furent
l'élection du Prince par une assemblée générale extraordi-
nuire composée de 190 membres; la liberté du commerce :
la formation des tribunaux civils cl, criminels à l’instar de
ceux du France; l'organisation d'une armée composée a ■>
tijcllcmcnl de 4.500 hommes, pouvant s’accroître en raison
des besoins ci des moyens du pays; la responsabilité dos no
itistres ; le droit de rassemblée générale de se. faire rend ro
compte de tous les actes du f’f^uxvo’tH^nnmt l’étaftli^^cmcm
des quai-cuaiiies et d'un cordon tel est l’acte su-
ieiuiei auquel la Valachie a <Ù sa nouvelle existence.
Toulel'ois la cour protectrice, toujours mue par sa préten­
due philanthropie et sa candeur déguisée, y a participé poui
q u' dqucs articles, dont je ne citerai que les deux suivants : I
que les décrets de l'assemblée générale approuvés par le
l‘--:nce n’auraient force de lois qu'après la sanction des cours
suzeraine et protectrice ; 2“ que l'inspecteur général des quti
rantaines serait nommé par le Prince, conjointement avec le
■usul-générai de Russie. Ainsi par le I"' article le droit de
sanction, qui appartenait de toute antiquités l'assemblée gé-
néraieconjointement avec le Prince, droit consacré depuis des
siècles et religieusement respecté par la cour suzeraine, ve -
i -ait de leur être enlevé par cette puissance dont oit prône les
bienfaits envers f administration du pays; elle lui ravissait <<■
droit qui constituait sa nationalité et en quelque façon son
indépendance, au moment où elle venait de proclamer on
etitraitt dans le pays son respect pour tous ws droits, il ré­
siliait du second article que le choix de l'inspecteur des qua­
rantaines était à la disposition du consulat russe, et en elfel
ce choix tomba sur le conseiller d’état russe Mavros. Par
■lie clauseSubreplu- e la clefde la frontière valaquc est dans
h mains d'un éi ranger qui, n’étant engagé ni par serment,
ni par honneur, peut se jouer de ses devoirs selon scs intérêts
parliculiers ou selon des instructions supérieures. La reslitu-
tion des territoires d'Ibrnïlow, de Ginnrgewoet de Tiirtio est
assurément un grand bienfait; mais elle est une. bien faible
aiipensation des droits susmentionnés. Qu’importe en effet
qne la province soit pins on moins étendue,, si elle doit lan­
guir sous une abjecte servilité par l'indifférance ou l’indolence
du reste de l’Europe. Cette concession sera bien plutôt cou
sidérée comme un effet de la générosité ou de la justice de.
■ 'empereur Nicolas pour dédommager la Valachie de la perle
d'un grand nombre de ses habitants victimes de la famine ci
des malheurs de la guerre, et «les dix millions de ducats
d’Atiirichc, tant en numéraire qu’en matériel. qu'elle avait
Garnis avec lu AMh.iavie pom■ snijvenn ■ aux t'^us de la
guerre. '
Ou so persuadera peut-être que la conclusion de la paix
a du amener pour la Valachie l'éloignement des Russes; 1 on
sc trompe. La forteresse de Sillstriii, point central dos deux
Principautés, quoique située sur la rive droite du Danulc .
est indéterminément occupée ; les troupțK mêmes destinées à
en renouveler la garnison sont disséminées en Moldavie et
cil Valachie ; la route militaire de cette forteresse est prati­
quée a travers toute la Moldavie et une grande partie do la
Valachie cl passe presque à côté de sa capitale, quoique ■.
étant tracée par TouittroF, en Bessarabie, elle eût épargné
plusieurs jours de marche. L'administration suprême du
pays 'est encore dans les mains des Russes; les marques dis-
tincliveset les décorations sont prodiguées; les hommes ho­
norables", tous ceux qui, résistant à l'entrainement de l’an t-
bitiou, ont conservé quelque intégrité do mœurs et de ta -
rttetfere, sont écartés de l'administration; tous les honni ms
perdus de dettes , tous ceux qui n'avaient à opter qu'en 'ie
la trahison et l'infamie de la prison , tous ceux qui vivaient
de la trahison sont promus aux places, élevés aux grades
supérieurs de lo^dmii^îstration. Forcée' enfin d'évacuer -s
Principautés cl de leur céder i'admiiiiistrat ton, la Russie fait
nommer les Princes Alexandre Ghika pour la Valachie,
Michel Stourza pour la Moldavie. Les mesures qu’elle a
prises pour ne pas être privée du fruit de scs opérations Ion -
gueulent méditées, afin d'éviter de mettre à exécution l'ai
ticie de la constitution qui règle le mode de l’élection du
Prince, sont uti des chefs -d'œuvres de sa politique. Sans doute
l'assemblée générale se serait abstenue d? choisir un homme
aussi dévoué à la cour protectrice, cl dont la conscient . ,
selon lotîtes les apparences, lui est assurée par un serment
de fidéllté ; mais ayant été inspirée par la cour de Russie-, m
faite pur la Porte ottomane, eu opposition aux capitulai-ms
des Vainques, aux traités d'Akcnnan et d’Audrinople, aux
articles précités de la constitution, cotte uoininaiion n'en
— WC —
naît pas • :Jÿrts ciré considérée comme illégitime Le pftnce
Alexandre ka, avant son avéneimen., avait su s'acquérit -
j

une répu ta iio assez honorable; mais à peine arrivé sur


h

les marches du trône, c’est un personnage qui jette le mas -


que ; il débute par les actes les plus arbitraires , par l'in­
fraction de plusieurs ariidesdeltl constitution entomréd UH<
cour abjecte , de ministres sans capacité ou odieux, il con­
fère dos grades civils et militaires d'une manière toute ton
mire au mode prescrit par la constitution; il destitue mèm- -
de son chef un membre de l’assemblée générale au mépris
des droits 1rs plus chers à la nation, sans sc soucier d’ou
trépasser ses pouvoirs ; toutefois cet attentat a été repoussé
avec dignité. Je no lais pas mention d'autres actes de Cim
nature Chaque jour répétés ; de rinq officiers supérieurs don t
son état major se compose il n'eu est que doux qui soient
Valaques : les places éminentes y sont occupées par des
officiers russes qui cm pris du service dans la milice na­
tionale. L’esprit d'amélioration , l'esprit national, 1‘instruc-
tien principalement, sont tes plus grands ennemis de ce Im i

prince, Pour les combattre il trouve toujours une énergii -


qu’il n’a jamais su déployer dans les alfatres du gouverne
tr. ml................................. . » ................... . . .

A
— UT —

LISTE ALPHABÉTIQUE
-r"
îles hetoriem , des voyajears et des journaux qui peuvent être consulté•
sur l’hifloîre et sur l'état présent de la Msldo-Valacltie.

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Moldavie, en français et en roumain. Jassy, 1834.
Asaki. Abeille roumaine (Albina rotnanesca), journal polii ï
que et littéraire, publié, depuis 1829, en français et en rou-
main, à Jassy.
Anonymes. — Dernières intrigues de la Russie. Mâriîne.
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Poids de la Valachie et de la Moldavie dans la
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FIA.
— V61 —

table des chantres.

Iw PARTIE.

Chap. PL —Slalistiquc de la Mnhlavic h delà Vnlaeliic.


Cliap. II. — l*nÎ6Î<oi Imiîoriide. 7
Ghap. III. — Popukiliiî>ii. S
Chap. R" . — Tableau de la population mpldp-valaque. 12
Chap. V. — l'iinmces. 16
Cliap. VI. — Eau cl ressonrees militaires. 19
Gh;q >. VH.—Gbiice passée des .Rounia îus. 25
Gltap . Vitl. — Amnenn^^ institutions. 3ft
Chip. IX. —Etablissement de la iitHivelIc administration. 40
Chap. X.