Vous êtes sur la page 1sur 3

M1 Analyse numérique des EDP, éléments finis

Cours 1 : définition des éléments finis


Roland Becker
30 mars 2020

Il s’agit essentiellement du chapitre 2 du script que je vous ai distribué. J’essaie


d’utiliser les références du script.

Table des matières


1 Définition locale 1

2 Définition locale par transformation 3

1 Définition locale
On va détailler les exemples de la définition 2.24.
Commençant par l’example 2.26, l’élément fini lagranien Pk , k > 1.

Exemple 1.1. (P1 ) Les fonctionnelles (degrés de liberté) sont les Dirac associés aux sommets
du simplexe K, dont il y a d + 1. Pour démontrer l’unisolvence, on utilise le lemme 2.13. Soit
p ∈ P1 (K) un polynôme qui s’annule dans les sommets. Pour chaque arêtes, sa restriction est
un polynôme d’ordre un, qui s’annule aux extrémités, donc il est identiquement nul. Ensuite,
la restriction de p sur chaque face deux-dimensionnelle est un polynôme d’ordre un qui s’anulle
au bord de la face, donc avec le lemme il est identiquement nul. Ainsi de suite par récurrence,
p s’anulle sur toutes les faces S, dont il y a également d + 1. Par le lemme, il factorise les d + 1
équations indépendantes des faces, donc il s’écrit p = rq avec r ∈ P0 (K) et q ∈ Pd+1 (K). Donc
forcément r = 0 et aussi p = 0.
Les fonctions de base sont les coordonnés barycentriques, c’est à dire l’application x → λi (x)
associe à un point x ∈ K (mais du coup aussi x ∈ Rd ) ses coordonnées barycentriques.

Exemple 1.2. (Pk en d = 2) Les fonctionnelles (degrés de liberté) sont les Dirac associés aux
points xα .
• Faire un dessin pour k = 1, 2, 3.
• Démontrer l’unisolvence.
• Quelle est la dimension de Pk pour k = 1, 2, 4, 5.

1
Exemple 1.3. (Pk , le cas général) Les fonctionnelles (degrés de liberté) sont les Dirac associés
aux points xα . On va d’abord établir (2.33).

• dim Pk (K) = # α ∈ Nd0 |α| 6 k


• # α ∈ Nd0 |α| = k = k+d−1

k
On peut s’imaginer qu’on a d cases alignées et k boules identiques, αi , 1 6 i 6 d est
alors le nombre de boules dans la case i. Ensuite, une répartition de boules correspond à
un protocole xooxoxx... où x signifie « mettre une boule » et o signifie « avancer d’une
case ». Alors le nombre de x est k le nombre de o est d − 1.

• # α ∈ Nd0 |α| 6 k = k+d

k
Par récurrence sur k. On a
  
# α ∈ Nd0 |α| 6 k =# α ∈ Nd0 |α| 6 k − 1 + # α ∈ Nd0 |α| = k

     
k+d−1 k+d−1 k+d
= + =
k−1 k k
Finalement, en faisant une récurrence sur d
• Démontrer l’unisolvence.

Exemple 1.4. (L’élément fini de Crouzeix-Raviart en d = 2, exemple 2.29)


• Faire un dessin avec les degrés de liberté.
• Démontrer l’unisolvence de façon directe. (Soit p = a + bx + cy etc.)
• Démontrer l’unisolvence en utilisant le triangle formé par les mi-arêtes.

Exemple 1.5. (Lélément fini P3 -Hermite en d = 2, exemple 2.30) Démontrons l’unisol-


vence. Soit p ∈ P3 (K) tel que toutes les fonctionnelles s’anullent.
• On note d’abord que dim P3 (K) = 10 = #Σ.

• Pour chaque arête Si , le polynôme unidimensionnelle p Si à une double racine à ses ex-
trémités. Comme il est d’ordre trois, il s’annulle.
• Alors nous avons avec le lemme 2.13 que
p = rq, r ∈ P0 , q ∈ P3 (q est le produit des (équations d’)arêtes).

• Comme q(xK ) 6= 0 et p(xK ) = 0 nous avons r = 0, donc p = 0.


Exemple 1.6. (Lélément fini de Morley d = 2, exemple 2.32) Démontrons l’unisolvence.
Soit p ∈ P2 (K) tel que toutes les fonctionnelles s’anullent.
• Nous avons ∇p ∈ P1 (K, R2 ) et
Z
∇p · α = |S| ∇p(bi ) ∀α ∈ R2 .
Si

• Avec la tangente t
Z
∇p(bi ) · t = ∇p · t = p(ai+1 ) − p(ai ) = 0
Si

• Donc ∇p s’annule en bi .
• Donc ∇p = 0, donc p est une constante, donc p = 0.

2
2 Définition locale par transformation
Une façon systématique de construire des éléments finis consiste à définir un élé-
ment fini sur un simplexe de référence K b et d’utiliser les transformations affines TK .
Cela est relativement facile, si les fonctionnelles sont des Diracs, par contre quand la
définition des fonctionnelles utilise les dérivée normales, il faut faire attention, car la
transformation affine ne respecte pas les normales. (Trouver un exemple pour cela).
On va regarder la définition 2.34. Il faut bien comprendre que la transformation TK
qui envoie de points de l’éléments de référence dans des points physiques, engendre
une transformation de fonctions par composition.
Par la suite, on va préciser la remarque 2.35. D’abord nous avons


k −1 k b
P (K) = p ◦ TK p ∈ P (K) .

Cela vient du fait que TK est affine, donc TK−1 aussi. (Exprimer TK−1 , si TK (b x +bK ).
x) = AKb
−1
Finalement p ◦ TK est un polynôme d’ordre k si et seulement si p l’est. (Pourquoi ?)
Ensuite, les points de Lagrange vérifient xα = TK (c xα ) pour tout |α| 6 k. Exprimer
TK en fonction des coordonnées barycentriques et utiliser (2.32) pour vérifier cela. Ainsi
nous avons

σα (p ◦ TK−1 ) = δxα (p ◦ TK−1 ) = p ◦ TK−1 (xα ) = p ◦ TK−1 (TK (c


xα )) = p(c
xα ).


Petite chose en plus : si φ cα |α| 6 k est la base canonique de (K, b Pk (K),
b Σb lag ), alors
{φα | |α| 6 k} avec φα := φ cα ◦ T −1 est la base canonique de (K, Pk (K), Σlag ). Vérifiez
K
cela !

Vous aimerez peut-être aussi