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Couverture du risque de change : Cas de l’activité monétique

BCP
SOMMAIRE
INTRODUCTION GENERALE
PROBLEMATIQUE
INTERET DU SUJET

Partie 1 : Environnement de la BCP et Activité de change.............................................................. 8


Chapitre I : La BCP, l’activité Monétique et les systèmes monétaires.............................................8
Section 1 : La BCP et le système bancaire marocain..................................................................................................8
A- Le Système bancaire marocain...................................................................................8
B- La Banque centrale Populaire et le CPM.......................................................................16
Section 2 : la direction Monétique et les systèmes monétaires CMI, VISA, et MASTERCARD............................24
A- La Monétique (Electronic Money) : Définitions et mécanisme....................................24
B- Bref historique............................................................................................................ 25
C- L’Industrie monétique au Maroc.................................................................................26
D- L’évolution de la monétique dans le continent africain...............................................26
E- Le CMI et Les deux grands réseaux internationaux de cartes bancaires......................27
F- Les dates-clés de la monétique au Maroc..................................................................28
G- Terminologie monétique............................................................................................29
H- Chiffres monétiques du secteur bancaire marocain...................................................30
I-........................................................................................................................................................ La
monétique au sein du GBP..............................................................................................31
Chapitre II : L’environnement monétaire international et l’activité de change.............................35
Section 1 : Le marché financier et le système monétaire international.................................35
A- Le marché financier...................................................................................................35
B- Le système monétaire international...........................................................................38
Section 2 : le Marché FOREX et le marché des changes marocain.........................................................................39
A- Le marché des changes International........................................................................39
B- Différents régimes de change....................................................................................48
C- Le Taux de change....................................................................................................53
D- Le marché des changes marocain.............................................................................59
Chapitre III : Contexte théorique du risque de change et des stratégies de couverture.................67
Section 1 : Gestion des risques..................................................................................................................................67
A- Différents risques.......................................................................................................67
B- Objectifs de la gestion des risques............................................................................67
Section 2 : la politique de couverture du risque de change.....................................................................................68
A- Notion de risque de change...........................................................................................68
B- Typologie des risques de change..............................................................................68
C - Appréciation du risque de change................................................................................69
D- Les Couvertures à l’égard des risques de change.....................................................70
Partie 2 : Illustration de la Naissance du risque de change, et Etude des moyens de sa gestion au
sein de la direction monétique BCP............................................................................................. 71
Chapitre I : la Naissance du risque de change ; Identification et Mesure du
risque lié à l’exposition aux fluctuations du Dollar............................................ 71
Section 1 : Les opérations traitées par la direction monétique en devise USD et l’impact des fluctuations des
cours...........................................................................................................................................................................71
A- Les opérations traitées avec Visa, Mastercard et le CMI............................................71
B- Les variations du cours du Dollars Américain et l’exposition au risque de change. .74
Section 2 : Evaluation du risque de change à travers l’importance des ‘différences de change négatives’...........75
A- Le compte d’exploitation global monétique................................................................75
B- Mesure de l’importance des différences de change négatives...................................75
C- Analyse des Cours VISA/Cours Cession.......................................................................76

1
Chapitre II : Etude des instruments et techniques de gestion du risque de change 79
Section 1 : Techniques internes de couverture...................................................................... 79
A- Comment éviter le risque de change ?..........................................................................79
B- Comment réduire le risque de change ?.......................................................................81
Section 2 : Les techniques externes de couverture................................................................ 82
A- Recours aux marchés financiers par l’intermédiaire des banques...............................83
B- Garanties grâce au recours à l’assurance.....................................................................92
Chapitre III : Quelle technique semble la plus adaptée (besoin/ Coût) ?............93 2
Section 1 : Tour d’horizon sur les moyens de couverture possibles dans le cas étudié.........93
A- La facturation en monnaie nationale.........................................................................93
B- L’ouverture de comptes en devises chez des correspondants étrangers....................93
C- La compensation interne ou « netting »....................................................................94
D- Le change à terme « Outright Forward »...................................................................94
Section 2 : Choix de la technique de l’Option sur moyenne du cours................................... 95
A- Les options sur moyenne (ou options asiatiques).....................................................95
B- Le fonctionnement d’une option asiatique...............................................................95
C- Caractéristique des options à moyenne.....................................................................95
D- Mise en place de l’option à moyenne.........................................................................96
E- Simulation de la stratégie pour les : 1er semestre 2008 & toute l’année 2008..........99

CONCLUSION
ANNEXES
TERMINOLOGIE
BIBLIOGRAPHIE

2
DEDICACE…

A mes parents, A ma sœur,


Vous êtes dépensés pour moi sans compter.
En reconnaissance de tous les sacrifices consentis par
tous et chacun pour me permettre d’atteindre cette
étape de ma vie.
Avec toute ma tendresse.

A tous proches,

Je dédie ce mémoire.

3
REMERCIEMENTS

Au terme de ce travail, Je voudrais exprimer mes remerciements sincères


en premier lieu à l’équipe monétique de la BCP qui ont dirigé mon
travail de recherche, qui m'ont donné des conseils et des aides
précieuses pendant la réalisation de ce travail et depuis mon
intégration à la BCP.

Tous mes sincères remerciements aux Professeurs et intervenants qui


ont assurés le déroulement de ma formation autant qu’un technicien
spécialisé en finance et compatibilité Année 2017-2019 à l'institut
KAFAAT pour les connaissances qu'ils nous ont fournies pendant le
déroulement de la formation.

Mes remerciements s’adressent particulièrement à mon Mr FARIDI


Mounir chef d’agence TINJIS et Mme SALMI Siham directrice régionale
région Nord de la société SONACAR.

Je ne terminerai pas sans adresser un immense merci à mes parents


pour tout ce qu’ils ont fait et pour le soutien qu’ils m’ont apporté durant
toutes mes études, et à qui je dois tout.

4
INTRODUCTION GENERALE

L’internationalisation des entreprises est le résultat du phénomène de globalisation qui se


développe depuis la fin de la 2nde Guerre Mondiale mais surtout depuis une trentaine
d’année avec l’entrée de nouveaux acteurs sur le marché international. Ceci a eu pour
conséquences des modifications dans le fonctionnement de ces entreprises, qui, en devenant
acteurs du commerce international, s’ouvrent à de multiples opportunités. En effet, elles se
lancent sur les marchés étrangers en exportant leurs biens et services ou à l’inverse en
important des produits dont elles ont besoin. L’internationalisation de leurs activités se
traduit également par des emprunts ou des prêts en devises ainsi que des investissements à
l’étranger (établissement de filiales). Toutes ces activités vont engendrer, parallèlement à ces
opportunités, de nombreuses contraintes liées, entre autres, aux fluctuations des cours des
devises impliquées par la réalisation de ces transactions.

Un autre phénomène qui a fortement modifié l’environnement financier mondial est le


passage d’un régime de change fixe à un régime de change flottant. En juillet 1944 furent
signés les Accords de Bretton Woods qui instaurèrent un régime de change fixe, où toutes les
devises étaient convertibles en une monnaie de référence, à savoir le dollar. Les taux étaient
alors relativement constants et ne pouvaient fluctuer que dans une fourchette déterminée, et
tout dépassement de cette fourchette entraînait l’intervention des Banques Centrales. Peu à
peu, avec la mondialisation des échanges, les taux de changes ont commencé à fluctuer. En
1971 la convertibilité du dollar en or fut supprimée et deux ans plus tard, on passa à un
régime de change flottant où toutes les devises fluctuaient librement en fonction de l’offre et
la demande de devises.
Ainsi, ces entreprises vont être confrontées au plus important marché financier appelé
le marché des changes ou « marché FOREX »: c’est un marché très liquide sur lequel se
rencontrent offres et demandes de devises, où se déterminent leurs cours. Il est très liquide
dans le sens où il est ouvert 24h/24 à travers des places financières dans le monde entier : «
les premières transactions de la journée sont enregistrées à Sydney en Australie et à
Wellington en Nouvelle- Zélande. (…) Quand les marchés de Los Angeles et San Francisco
s’arrêtent, s’ouvre alors à Wellington et à Sydney une nouvelle journée de transaction »4 .
Cette liquidité s’explique car les achats et ventes de devises en échange d’instruments
financiers se font facilement et sans occasionner un coût toujours considérable. Investisseurs
institutionnels, entreprises et banques opèrent sur ce marché dès qu’ils entreprennent une
transaction financière impliquant plusieurs devises. On peut scinder ce marché en trois
composantes: tout d’abord, le marché au comptant, appelé également « marché spot » est
celui sur lequel les banques s’échangent les devises. Les devises sont livrées en deux jours au
plus tard, ce qui explique l’appellation « au comptant ». D’autre part, le marché
interbancaire, ou marché de dépôt, est une composante essentielle du marché des changes.
Sur ce marché très réglementé se traitent les opérations de trésorerie en devises sous forme
d’emprunts et de prêts en devises. Enfin, le marché à terme, par définition, est celui sur
lequel les échanges de devises se font « à terme », c’est à dire à une date future ainsi qu’à un
cours tous deux déterminés lors de l’établissement du contrat.
Les entreprises, dans ce contexte international et face à ce marché complexe, doivent
gérer divers types de risques financiers comme le risque de crédit, le risque de taux d’intérêt
ou le risque de change, objet de ce mémoire.

5
PROBLEMATIQUE

Le système monétaire international est un système de changes flottants : les


cours des monnaies entre elles varient en permanence sur le marché des
changes. Cet état de fait crée un risque de change.

Baisse du dollar, hausse de l'euro, appréciation du dirham. Les facteurs influents les cours de
changes des monnaies se multiplient.
Face à la crise financière internationale et dans un environnement de compétitivité accrue,
réduire le coût des transactions devient impératif.
Et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il s'avère de plus en plus ardu de prévoir le
comportement d'une devise. Pas seulement au plan local, le constat étant universel.
Dans ce souci, les banques, face à l’accentuation de la volatilité des marchés, le risque de
change et de variation des cours des devises, recourent de plus en plus à la couverture du
risque de change.
Dès lors, le risque de change n'est nullement occulté et encore moins relégué au second plan
par les conjoncturistes. S'en prémunir est devenu une préoccupation majeure de tous les
acteurs, voire un cheval de bataille enfourché aussi bien par les autorités monétaires que par
les opérateurs financiers privés.
Le Maroc est conscient de la nécessité de déployer tous les moyens pour d'une part assurer
une meilleure couverture des risques liés à sa dette extérieure et d'autre part, sécuriser la
position des importateurs et exportateurs nationaux. Somme toute, l'objectif est de limiter les
effets de la volatilité des taux sur l'économie du pays.

Sur ce registre, et après la circulaire de l'Office des Changes n°1723 du 1er août 2007 relative
à la couverture contre le risque de change qui a élargi et assoupli le champ d'intervention des
intermédiaires agréés, le Maroc vient de signer à Washington un avenant à l'accord cadre
Master Derivatives Agreement (MDA) établi en 2004 avec la Banque mondiale.
Signé en marge des assemblées annuelles de la Banque Mondiale et du FMI, l'avenant à
l'Accord- cadre (MDA) devrait permettre au Maroc l'utilisation des instruments de couverture
de risques de change et de taux d'intérêt également pour les prêts mobilisés auprès des
créanciers autres que la Banque mondiale.

Les produits de couverture contre le risque de change se sophistiquent tous les jours un peu
plus. En 1996 par exemple, on utilisait les Spots. En 2000, on a commencé à utiliser un peu
plus les solutions à terme et aujourd'hui, les opérateurs utilisent des solutions croisées à
savoir les options, des produits à terme, et le change au comptant d'une manière banale.

Reste à savoir si toutes les techniques de couverture peuvent être concrètement


appliquées au cas de l’activité monétique de la BCP ?
En effet, la BCP comme toutes les banques s’investit de plus en plus dans les activités
monétiques en développant son réseau de Guichets automatiques bancaires afin d’accepter
tout type de cartes nationales et internationales, et en innovant dans le lancement de cartes
bancaires, même au niveau international.

D’où l’intérêt d’étudier quelles sont les meilleures techniques à utiliser par une optimisation
6
de

gestion du risque de change.


L’objet de mon mémoire est donc de déterminer quelles sont les techniques de couverture
contre le risque de change les plus adaptées au contexte actuel.
Ainsi, Ce travail comporte deux grandes parties. Dans un premier temps, il sera question de
présenter un aperçu sur le fonctionnement du marché de change en général et le marché

7
marocain en particulier, les intervenants et l’influence des fluctuations de la devise dollar sur
les systèmes financiers et économiques.
Par la suite, j’exposerais le contexte du secteur bancaire marocain pour ensuite mettre en
exergue une présentation générale du CPM et des entités qui s’occupent de la monétique au
sein du groupe. Je m’attarderais sur un bref historique de l’activité monétique au Maroc
accompagné de quelques terminologies.
Enfin dans une seconde grande partie, pour le traitement de la problématique, il importera
de présenter une description et une mesure du risque de change auquel est exposée l’activité 7
monétique, à travers le domaine de compensation concernant le rapatriement du montant
relatif aux retraits d’argent effectués par les étrangers au niveau de nos GAB (acquisition).
Je présenterais par la suite, les moyens de recours à des couvertures, soient internes à
l’organisme ou externes. Cet aperçu permettra de se rendre compte des avantages et
inconvénients que chacune d’elles présente et des conditions qu’elles requièrent pour être
utilisées.
La banque à travers sa salle de marché va effectuer son choix en fonction des
réglementations en vigueur (contrat, réglementation sur le marché des changes…), mais aussi
en fonction du coût qu’engendre le recours à chaque technique, comparé au gain que son
utilisation pourrait lui rapporter. Le choix d’une méthode de couverture n’est donc pas sans
importance et doit être mûrement réfléchi.
Le chapitre traitant la mise en place de la stratégie adéquate permettra dans un premier
temps de savoir si les techniques générales et théoriques de gestion du risque de change
peuvent être réellement appliquées au contexte analysé. Par la suite, cela sera le moyen
d’évaluer quelle est la technique la plus adaptée à la taille des transactions et aux
caractéristiques de l’activité.

INTERET DU SUJET

La volatilité du taux de change USD/MAD affecte de plus en plus les règlements en devises
rapatriés des systèmes monétiques internationaux : Mastercard et Visa, et national : Centre
Monétique Interbancaire CMI concernant les volets Acquisition des retraits et des achats
effectués par les étrangers auprès des GAB et des commerçants marocains dont les comptes
sont domiciliés auprès de la BP. La devise USD étant la devise de facturation /règlement.
Ces transferts d’argents libellés en dollar USD permettent d’enregistrer des pertes de change
croissantes influençant ainsi la rentabilité de l’activité monétique. Ce manque à gagner est dû
principalement à une absence de couverture du risque de change face à la volatilité accrue de
la devise USD.

Auparavant, et avant la création du CMI, l’activité monétique bénéficiait d’un taux de


change préférentiel et enregistrait des gains de change. Actuellement, elle subit la variation
des cours sur le marché.
Ce travail s’inscrit dans le cadre d’une analyse du compte d’exploitation global de l’Activité
Monétique (sommation de l’ensemble des frais, charges, commissions et différence de
change). En effet, motivée par la volonté d’aligner son organisation par rapport aux attentes
du marché, la direction générale a exprimé son besoin de connaitre de prés les charges et les
produits de ses activités monétiques (Emission et Acquisition). Or les différences de change
constituent une composante importante dans le schéma du compte d’exploitation globale
monétique (CEG).

Ainsi, ce travail répondra en partie à ce besoin en ce qui concerne le volet différence de change.

On va essayer à travers une technique de couverture du risque de change bien adaptée au


contexte actuel, d’éviter les impacts négatifs de ce risque sur la rentabilité de l’activité
8
monétique et dans les meilleurs des cas, profiter d’une évolution favorable du cours.

9
Partie 1 : Environnement de la BCP et Activité de change
Chapitre I : La BCP, l’activité Monétique et les systèmes monétaires

Section 1 : La BCP et le système bancaire marocain


A- Le Système bancaire marocain
8
Les banques sont les organismes spécialisés dans l'émission et le commerce de la monnaie.
Elles gèrent les dépôts et collectent l’épargne des clients, accordent des prêts, pilotent des
instruments de paiements comme le carnet de chèques et la carte bancaire, et offrent des
services financiers. Elles assurent pour l'Etat la traçabilité des opérations financières et
contribuent à la lutte contre les trafics.
L'ensemble des banques d'une même zone monétaire forme un système bancaire piloté par
une banque particulière : la banque centrale qui contrôle l'ensemble des banques, assure
l'émission des billets et définit la politique monétaire. Il existe plusieurs types de banques en
fonction des activités qu'elles entreprennent : banques de dépôt, banque d'affaire, banques
spécialisées dans un type de prêt, banque généraliste etc.
Par extension, la « banque » est le secteur économique qui regroupe les activités de
conception, de production et de commercialisation des services offerts par une banque.
La concentration financière et le développement d'organismes financiers gigantesques
polyvalents (banque de dépôt, assurance, gestion de l'assurance vie, gestion de fortune,
banques d'affaires, change, société de bourse, etc.) brouillent les distinctions anciennes,
d'autant plus que la banque fabrique désormais des produits vendus hors bilan et gérés par
des entreprises ad hoc (par exemple les SUV, special Utility Vehicules, et les produits de la
titrisation) non soumis actuellement à la législation bancaire. La mondialisation est une autre
force qui a modifié considérablement le périmètre traditionnel des banques.
La crise financière sévère qui se développe depuis le blocage des enchères sur les CDO en
juillet 2007 et qui a pris de l'ampleur avec la faillite de nombreuses banques pendant l'année
2008 jusqu'au krach de septembre 2008 et la faillite de Lehman Brothers, remet en cause
toutes les structures du secteur bancaire dans l'ensemble du monde avec un retour massif et
imprévu de l'intervention des États dans leur capital, allant jusqu'à la nationalisation de fait
dans bien des cas.
La place de la banque dans l'ensemble de la finance, dans la mondialisation et dans
l'économie générale est donc en pleine mutation.
Le champ d’activité des établissements de crédit couvre un ensemble d’opérations, dont
certaines sont exclusivement réservées à certaines catégories de ces établissements, à savoir :
la collecte de dépôts, l’octroi de crédits et la mise à la disposition de la clientèle de moyens de
paiement ou leur gestion.
Sont inclus dans ce périmètre les produits de financement alternatifs que les établissements
de crédit sont habilités à offrir depuis octobre 2007, en l’occurrence Ijara, Mourabaha et
Moucharaka. L’ouverture vers ces produits s’inscrit dans le cadre des efforts de
développement de la bancarisation à travers la diversification de l’offre de services financiers
adaptés aux besoins de la population.
Les établissements de crédit sont également habilités à effectuer d’autres activités dites
connexes qui comprennent notamment les opérations de change ou sur or et métaux
précieux, le transfert de fonds, la gestion de patrimoine, le placement de valeurs mobilières,
la présentation au public de produits d’assurance. L’exercice de ces activités est assujetti au
respect des conditions légales et réglementaires qui les régissent.

A-1-Cadre légal et institutionnel


i- Cadre légal
L’année 2006 a été marquée par l’entrée en vigueur de la réforme de la loi bancaire et des
10
statuts de la Banque centrale consacrant son autonomie.

11
Les principaux apports du Dahir n° 1-05-178 du 15 moharrem 1427 (14 février 2006)
portant promulgation de la loi n° 34-03 relative aux établissements de crédit et
organismes assimilés (Nouvelle loi bancaire 2006) :
 Affermissement du rôle de Bank Al-Maghrib et renforcement de son autonomie en
matière de contrôle et de supervision du système bancaire ;
 Elargissement du rôle des commissaires aux comptes ;
 Institution d’une collaboration entre les autorités de contrôle du secteur financier
(Banque centrale, CDVM, DAPS) ;
 Elargissement du champ d’application de la loi bancaire à certains organismes
exerçant des activités bancaires ;
 la redéfinition des compétences des organes consultatifs, tels que le Conseil National
du Crédit et de l’Epargne et le Comité des Etablissements de crédit … ;
 Renforcement de la protection des déposants et de la clientèle des établissements de
crédit ;
 et l’instauration d’un régime spécifique, dérogatoire au droit commun, en matière de
traitement des difficultés des établissements de crédit.

Le Dahir n°1-05-38 du 20 chaoual 1426 (23 novembre 2005) portant promulgation


de la loi n° 76-03 portant statut de Bank Al-Maghrib.
Ce texte définit le statut juridique de la Banque Centrale et fixe ses missions et ses
attributions, notamment, celles d'exercer le privilège d'émission de la monnaie fiduciaire, de
faciliter les mouvements de fonds et d'assurer la création et le fonctionnement des chambres
de compensation.
Cette loi qui abroge le dahir n° 1-59-233 du 23 hija 1378 (30 juin 1959) portant création de
Bank Al-Maghrib, renforce l’autonomie de la Banque centrale en matière de conduite de la
politique monétaire et confère une base légale à sa mission de surveillance et de sécurisation
des systèmes et des moyens de paiement.

ii- Cadre

institutionnel a- Etablissements de

crédit
La loi bancaire de 2006 distingue deux catégories d'établissements de crédit : les banques et les
sociétés de financement.
Les banques sont habilitées à effectuer toutes les opérations prévues par ladite loi. En
revanche, les sociétés de financement ne peuvent effectuer que les opérations pour lesquelles
elles sont agréées et ne peuvent recevoir du public des fonds d’une durée inférieure ou égale à
2 ans.

b- Les banques marocaines


Les banques marocaines opérant au Maroc, se compose de banques à capitaux marocains, ou
de banques filiales de banques étrangères.
 Les banques majeures au Maroc
Dénomination sociale Groupe PNB¹ Résultat Nombre
net¹ d'agences
10 3 120
Attijariwafa bank Groupe 626
970 27%
ONA 24,
7%
8 2 800
Banque Populaire du Groupe BP 690
100 34%
Maroc
11,7
%
6 1 400
BMCE Bank 512
12
000 46%
Finance.com
41,1
%
BMCI BNP 3 729 222
Paribas 525
2 923
Société générale Maroc Société 250
821 6,6%
générale 11,4
%

13
Crédit agricole du Maroc État 1 271 377
Marocain 830
1 362
Crédit du Maroc Crédit 248
646 14,6%
agricole 10,1
%
1 327 404
CIH Groupe CDG 112
3,9 71,5%
%
¹ Chiffres à fin 2008 / en millions de Dirhams marocains

 Banques d'investissement 10

 CFG Group
 Attijari Finances Corp.
 BMCE Capital
 Capital Trust
 Banques mineures
 Arab Bank Maroc
 Citibank Maghreb
Le système bancaire marocain est constitué, à fin décembre 2006, de 16 banques (18 banques
à fin 2001) et du groupe du Crédit Populaire du Maroc composé de la Banque Centrale
Populaire et de 11 banques régionales (16 banques régionales avant 2001). L’apparition de la
concurrence en 1998 a créé une dynamique de concentration des établissements financiers.
Le secteur bancaire se partage en 4 catégories d’établissements :
a) Les banques de dépôts classiques, parmi lesquelles on trouve les cinq grandes banques
privées qui réalisent près des deux tiers de la collecte des dépôts bancaires: Attijariwafa Bank,
la BMCE et les trois filiales françaises (BMCI, SGMB et Crédit du Maroc).
b) Le Crédit Populaire du Maroc (CPM) est constitué de la Banque Centrale Populaire (BCP)
et son réseau de banques populaires régionales (BPR).
c) Les anciens organismes financiers spécialisés dans le financement de secteurs d’activités
particuliers : il s’agit du Crédit Immobilier et Hôtelier (CIH) et du Crédit Agricole du Maroc
(CAM) qui ont achevé leur processus de restructuration et d’assainissement :
- Le CAM, devenue S.A. en 2005 avec prise en charge par l’Etat du soutien au monde agricole
non bancable ;
- Le CIH, devenu S.A. à conseil de surveillance et directoire en janvier 2007, a finalisé sa
restructuration en 2006, soutenue par la signature d’un accord capitalistique avec la CDG et
le Groupe français Caisses d’Epargne (GCE) : la CDG détient 67% du capital du CIH via sa
filiale Massira Capital Management, ayant parallèlement cédé 35%.
L’objectif de cet accord est de faire évoluer le CIH vers une banque de détail dédiée à la
famille et au financement de l’habitat.
d) Diverses autres banques : Bank Al Amal (financement de projets d’investissement des
Marocains résidant à l’étranger), Mediafinance et Casablanca finance markets (interventions
sur le marché des titres négociables de la dette, filiale de CFG Group) et le Fonds
d’Équipement Communal (financement des collectivités locales).
c- Sociétés de financement
Les sociétés de financement sont à fin 2001 au nombre de 48 dont 27 sociétés de crédit à la
consommation, 9 sociétés de crédit-bail, 4 sociétés de gestion de moyens de paiement, 2
sociétés de crédit immobilier, 2 sociétés de cautionnement, 3 sociétés d'affacturage et une
société de financement sur nantissement de marchandises.
Il convient de préciser que les quatre sociétés de gestion des moyens de paiement recensées
ont été agréées en 1994. Trois d’entre elles gèrent des cartes émises par les établissements de
crédit affiliés et des cartes internationales. La quatrième consacre ses activités au traitement
et à la compensation des eurochèques négociés au Maroc.

14
d- Autres établissements

15
Bien qu’ils ne relèvent pas du champ d’application de la loi bancaire, la Poste dénommée
Barid Al-Maghrib et la Trésorerie Générale du Royaume effectuent des opérations de banque.
Opérateur postal
 Poste Maroc
Barid Al-Maghrib est un établissement public qui gère les services de comptes courants et
chèques postaux, les mandats postaux, ainsi que les comptes de la Caisse d’Epargne
Nationale.
En outre, sur les places non bancables, c’est à dire ne relevant pas des rayons d’action des
agences de Bank Al-Maghrib, Barid Al-Maghrib est chargée de recevoir les excédents de
liquidités des guichets bancaires et de les approvisionner en monnaie fiduciaire en cas de
besoin.
A fin 2007 (PNB : 1 382 MDH / Nombre d'agences 1 726)
 Al barid Bank : Filiale bancaire de Poste Maroc
Al Barid Bank est une banque marocaine filiale du groupe Poste Maroc, la banque sera
opérationnelle à partir du 1er janvier 2010.
Cette filiale de Poste Maroc, spécialisée dans les services financiers, devrait démarrer avec 4
millions de clients pour atteindre en 2015 quelque 6 millions de clients.
Selon l'ex-directeur général de Poste Maroc, Anas Alami, Al Barid Bank démarrera son
activité avec 900 agences parmi les 1800 du réseau Poste Maroc. Il a aussi précisé, lors d'une
interview avec le journal marocain L'Économiste, que cette filiale ne sera -dans un premier
temps- ni une banque d’entreprises, ni une banque de marché, mais uniquement une banque
de particuliers qui collecte les dépôts et distribue les crédits.
e- Trésor public
Le Trésor public exerce, entre autres, des activités financières. A ce titre, il reçoit les fonds des
collectivités publiques. Il est également autorisé à recevoir des dépôts des entreprises et des
particuliers.
Le Trésor public dispose d’un compte ouvert sur les livres de Bank Al- Maghrib qui lui permet
d’effectuer toutes les opérations libellées en dirhams et en devises d’ordre et pour le compte
de l’Etat.
f- Institut monétaire : Bank Al-Maghrib
La banque centrale du Royaume du Maroc, dénommée « Bank Al-Maghrib», est un
établissement public doté de la personnalité morale et de l’autonomie financière. Elle a été
créée en 1959 en substitution à l’ancienne « Banque d’Etat du Maroc ».
Bank Al-Maghrib exerce le privilège d’émission de la monnaie fiduciaire et assure la gestion
des billets et monnaies ayant cours légal et pouvoir libératoire sur l’ensemble du territoire du
Royaume. Elle veille également à la sécurité, à la qualité et à la disponibilité de la monnaie
fiduciaire.
En outre, elle intervient dans la gestion des moyens de paiement dans le cadre de ses activités.
Bank Al-Maghrib centralise les déclarations des incidents de paiement de chèques et
communique les renseignements y afférents aux établissements bancaires.
BAM a un rôle central au sein du marché des changes dans la mesure où :
 Elle fixe en continu via « Reuters » de 8h30 à 15h30 les cours de change au comptant ; il
s’agit d’une fourchette comportant un minimum et un maximum que les banques ne sont pas
autorisées à dépasser ;
 Elle contrôle le respect des règles prudentielles relatives au marché des changes.
 Enfin, Bank Al-Maghrib gère les comptes des banques, du Trésor Public, de Barid Al-
Maghrib, des sociétés de bourse ainsi que d’une clientèle limitée.
Historique de BAM
1906/ - Ouverture en janvier 1906 à Algésiras d’une conférence internationale en vue de
sauvegarder l’indépendance et l’intégrité du Royaume du Maroc, d’y garantir la liberté
commerciale et l’égalité économique entre les puissances étrangères et d’examiner un projet
de réforme de son administration et de ses finances.

16
- Institution de la Banque d’Etat du Maroc par l’acte de la conférence d’Algésiras signé, le 7
avril 1906, par les délégués de douze pays européens, des Etats-Unis et du Maroc. Cette
banque a été constituée en février 1907 sous forme de société anonyme dont le siège social
était à Tanger. Son capital était réparti entre les pays signataires, à l’exception des Etats-Unis.
A la suite des cessions par certains pays de leurs quote-parts, la France détiendra
ultérieurement la majeure partie du capital de la Banque.
1911/ Investie de certaines missions de banque centrale, la Banque d’Etat du Maroc a, dès
1911, pris en charge la frappe des pièces de monnaie en argent de type « hassani »et 12
l’émission des premiers billets de banque.
1919/ En raison de l’impossibilité de maintenir une parité forcée entre la monnaie hassani et
la monnaie française en circulation au Maroc, la Banque d’Etat du Maroc a suspendu en
octobre 1919 le régime de parité entre ces deux monnaies.
1920/ En mars 1920, il a été décidé de démonétiser les espèces hassani et de les remplacer
par des billets et pièces en franc marocain dont la parité avec le franc français a été assurée, à
compter de décembre 1921, par le biais d’un compte dit « d’opérations ».
1946/ Renouvellement, pour une durée de 20 ans, du privilège d’émission accordé à la
Banque d’Etat du Maroc.
1959/- Dès 1958, des négociations furent engagées par le Gouvernement marocain avec la
France et la Banque d’Etat du Maroc en vue de la reprise par le Maroc du privilège
d’émission.
Ainsi, le premier juillet 1959, la Banque du Maroc, Institut d’émission purement national, a
été créée par le Dahir n° 1.59.233 du 30 juin 1959, en remplacement de la Banque d’Etat du
Maroc qui cessa officiellement d’exister.
- Adoption, en octobre de la même année, d’une nouvelle unité monétaire : le dirham.
1967/ Promulgation de la loi bancaire du 21 avril 1967 qui a permis de renforcer le rôle dévolu
à la Banque du Maroc par ses statuts, notamment, en matière de contrôle de la profession
bancaire.
1974/ Emission du centime en remplacement du franc, en tant que fraction du dirham.
1987/- En mars 1987, la Banque adopte, dans toutes les langues, la dénomination« Bank Al-
Maghrib ».
- Création à la même date de « DAR AS-SIKKAH », unité industrielle chargée de la
fabrication des billets de banque et de la frappe des pièces de monnaie.
1993/- Adoption, en juillet 1993, d’une nouvelle loi bancaire qui a permis d’instituer un cadre
légal unifié pour l’ensemble des établissements de crédit, d’élargir la concertation,
d’introduire certaines mesures visant à mieux protéger les intérêts de la clientèle et de
renforcer le pouvoir de la banque centrale en matière de réglementation de l’activité des
établissements de crédit et de leur contrôle.
- Certaines modifications sont apportées aux statuts de la Banque, en octobre 1993, visant,
notamment, à préciser les missions qui lui sont dévolues, en particulier celles liées à la
politique monétaire et à donner plus d’autonomie à ses organes d’administration et de
direction.
2006/
 Publication dans l’édition générale du Bulletin Officiel n° 5397 du 21 moharrem 1427
(20 février 2006) de la loi n°76-03 portant statut de Bank Al Maghrib, promulguée par le
dahir n° 1-05-38 du 20 chaoual 1426 (23novembre 2005).
- Cette loi qui abroge le dahir n° 1-59-233 du 23 hija 1378 (30 juin 1959) portant création de
Bank Al-Maghrib, renforce l’autonomie de la Banque centrale en matière de conduite de la
politique monétaire et confère une base légale à sa mission de surveillance et de sécurisation
des systèmes et des moyens de paiement.
- Elle attribue à Bank Al-Maghrib une forme juridique sui generis de personne morale de
droit public, soumise au contrôle d’un Commissaire aux Comptes, du Commissaire du
Gouvernement et de la Cour des Comptes.
 Publication dans l’édition générale du Bulletin Officiel n° 5397 du 21 moharrem 1427
(20 février 2006) de la loi n° 34-03 relative aux établissements de crédit et organismes
assimilés, promulguée par le dahir n° 1-05-178 du 15 moharrem 1427 (14 février 2006).
17
g- Les places financières offshore
Le système des places financières offshore a été institué par la loi 58-90 et mis en application
par une circulaire de septembre 1992. Cette loi a institué dans la municipalité de Tanger une
place financière offshore ouverte aux activités de banque et des sociétés de gestion de
portefeuille et de prise de participations.
Il convient de signaler que 6 filiales et succursales offshore sont installées actuellement à
Tanger free Zone (TFZ). A savoir ; Attijari International bank , Chaabi international bank
offshore, la succursale offshore de BMCE Bank, BMCI Bank Offshore, Crédit du Maroc Bank 13
Offshore, et la Société générale Bank offshore.
h- Implantations des banques à l’étranger
L'implantation des banques au niveau national ne cesse de s'accroître. Au niveau
international, les banques marocaines s'ouvrent de plus en plus sur les pays étrangers
particulièrement ceux où la présence des ressortissants marocains est importante. La France
occupe la première place suivie par le Bénélux et l'Allemagne, pays qui regroupent
globalement près de 90% des implantations extérieures des banques marocaines. Les
banques disposent à l’étranger soit des filiales, des succursales et agences, soit des bureaux de
représentation et des délégations.

Avec une présence dans 22 pays à l’international, La BMCE a été la première banque
marocaine à s’installer à l’étranger en ouvrant une agence à Paris en 1973. En 2000, deux
bureaux de représentation à Londres et Pékin ont vu le jour.
En 2003, Le groupe BMCE Bank a d’abord ouvert une banque d’affaires au Sénégal (BMCE
Capital Dakar) avant de prendre le contrôle de la Congolaise de banque (LCB) en République
du Congo (capitale Brazzaville). En 2006 la BMCE a procédé à l’acquisition d’Axis Capital en
Tunisie, et au Lancement du projet de création de MediCapital Bank. Elle a été rejointe dans
cette stratégie d’« africanisation » par son concurrent direct, Attijariwafa bank.
Cette dernière s’est d’abord déployée, en 2005, au Maghreb, en reprenant et en redressant la
Banque du Sud (devenue Attijari Bank Tunisie), aujourd’hui l’une des banques les plus
dynamiques de la Tunisie, avant de s’ériger, à la fin de 2007, comme le leader incontesté au
Sénégal, suite à une politique de croissance interne volontariste et à une expansion externe
agressive.
Toujours dans la zone ouest-africaine, BMCE Bank a pris le contrôle de Bank of Africa (35%
de BOA), groupe bancaire présent dans 11 pays et considéré comme le 3e réseau bancaire
dans l’espace Union économique et monétaire ouest- africaine (UEMOA).
Pour ne pas se laisser distancer, AWB, en juillet 2008, a cassé sa tirelire en payant près de
700 MDH pour acquérir 51% de Banque Internationale du Mali (3e banque du pays en total
bilan), avant de rafler, à l’automne 2008, cinq banques à la fois, rachetées au groupe français
Crédit Agricole.
Cette dernière opération, au coût total de 2,8 milliards de DH, consolide son leadership au
Sénégal (Crédit du Sénégal a renforcé sa part de marché de dépôts, déjà estimée à 30%).
Elle lui permet, surtout, de prendre des positions importantes dans des pays aux secteurs
financiers assez dynamiques tels le Cameroun (Société camerounaise de banques), le Congo-
Brazzaville (Crédit du Congo) et la Côte d’Ivoire et enfin, au Gabon (Union Gabonaise de
Banques).
Le management de ces deux banques regarde maintenant du côté de l’Algérie, de la Libye et
d’autres pays africains. AWB et la BCP ont d’ailleurs déjà obtenu des agréments en
Mauritanie.
La banque publique, qui contrôle depuis plus de 15 ans la deuxième banque en Centrafrique
(Banque populaire maroco-centrafricaine) et la Banque populaire maroco-guinéenne,
ambitionne également de rattraper son retard par rapport à ses deux consœurs marocaines.

A-2-Histoire du système bancaire marocain


L'installation des premières banques date du début du 19e siècle: le premier établissement fut
la Banque Moses Pariente établie en 1802. Toutefois, le développement du secteur bancaire

18
ne

19
commença réellement qu'avec la création en 1907 de la banque d'État du Maroc, surtout, la
signature en 1912 du traité de Protectorat.
Quant à L'ouverture des premiers guichets bancaires au Maroc, elle date de la deuxième
moitié du 19ème siècle.
L'Acte d'Algésiras, signé en 1906 par les délégués de douze pays Européens, des Etats-Unis
d'Amérique et du Maroc, a institué la Banque d'Etat du Maroc qui sera effectivement créée, à
Tanger, en 1907 sous forme de société anonyme, dont le capital était réparti entre les pays
signataires, à l'exception des Etats Unis. Outre les opérations à caractère commercial, la
Banque d'Etat du Maroc disposait du privilège de l'émission de la monnaie fiduciaire sur tout
le territoire du Royaume et assumait le rôle d'agent financier du gouvernement marocain.
Protéctorat
L'activité bancaire n'était pas réglementée en tant que telle, malgré l'afflux important des
banques étrangères vers le Maroc et en particulier, vers les places de Tanger (alors zone
internationale) et de Casablanca.
Avec l'avènement du protectorat français en 1912, de nombreuses filiales de grandes banques
commerciales Européennes, notamment françaises, de banques d'affaires et de groupes
financiers étrangers se sont installées au Maroc. De même, ont vu le jour des institutions
financières marocaines remplissant des fonctions spécifiques et intervenant dans des
domaines particuliers. Il s'agit notamment de la Caisse des Prêts Immobiliers du
Maroc(1919), de certaines caisses spécialisées dans le financement de l’agriculture : les
Caisses de crédit agricole (1926), de la Caisse Centrale de Garantie (1949), de la Caisse
Marocaine des Marchés (1950) et du Crédit Populaire.
La Bourse constituée en 1929 s'appelait alors Office de compensation des valeurs mobilières.
Les premières sociétés de financement sont DIAC Maroc (1948); SOMAFIC (1952); DIFEC
(1953) et ACRED (1954).
En 1954, les établissements bancaires étaient au nombre de 69 et disposaient de 75 guichets
(dont 55 à Tanger et 20 à Casablanca).
L'exercice de l'activité bancaire, qui n'était régi par aucun texte particulier, a été organisé
pour la première fois en 1943, suite à la promulgation du dahir du 31 mars relatif à la
réglementation et à l'organisation de la profession bancaire. Les modalités d'application de ce
dahir ont été fixées par l'arrêté du Directeur des Finances de la même date, puis modifiées et
complétées par les arrêtés du 15 janvier 1954, du 17 janvier et du 16 avril 1955.
Ces textes ont notamment dévolu au Directeur des Finances une compétence générale en
matière de contrôle et de réglementation des conditions d'exercice de l'activité bancaire, ainsi
que le pouvoir de sanction des manquements constatés.
Ce dispositif institutionnel fut complété, par la mise en place du "Comité du Crédit et du
Marché Financier", organe consultatif habilité à donner son avis au Directeur des finances, en
particulier en ce qui concerne la politique générale de crédit et le marché financier.
Le champ d'application des textes susvisés qui ne concernait, que la zone territoriale sous
protectorat français, a été étendu, par les arrêtés du 14 août 1958 et du 31 mars 1960,
respectivement à la zone sous occupation espagnole, puis à la province de Tanger qui
disposait d'un statut particulier.
Au lendemain de l'indépendance
L'État créa les principales institutions financières marocaines et les transforma en vue de
promouvoir le développement économique du pays:
Au lendemain de l'indépendance du Maroc en 1956, les bases d'un système bancaire national
ont été mises en place.
Ainsi, la Banque du Maroc a été instituée par le dahir n° 1-59-233 du 30 juin 1959 pour se
substituer à la Banque d'Etat du Maroc et assurer la fonction de Banque Centrale. A partir de
mars 1987, La dénomination de " Bank Al-Maghrib " a été substituée à celle de " Banque du
Maroc ".

20
D'autre part et afin de répondre aux objectifs de développement et aux besoins de
financement spécifiques à des secteurs économiques jugés prioritaires, l'Etat a procédé à la
création d'organismes financiers spécialisés et à la restructuration de certaines institutions
existantes.
Ainsi furent créés, en 1959, la Caisse de Dépôt et de Gestion (CDG), le Fonds d'Equipement
Communal (FEC), la Caisse d'Epargne Nationale (CEN), la Banque Nationale pour le
Développement Economique (BNDE) le 24 juillet 1959 et la Banque Marocaine du Commerce
Extérieur (BMCE) le 1er septembre 1959.
L'année 1961 a vu la restructuration du Crédit Agricole et du Crédit Populaire.
Enfin, le Crédit Immobilier et Hôtelier, qui a succédé le 19 mai 1967 à la Caisse de Prêts
Immobiliers du Maroc, a été réorganisé conformément aux dispositions du décret royal
portant loi du 17 décembre 1968 et la loi du 12 octobre 1971.
Cette période s'est caractérisée également par la réduction du nombre des banques qui a été
ramené de 69 à 26 entre 1954 et 1961, sous l'effet conjugué de la fusion et de la disparition de
certains établissements.
En novembre 1967, La Bourse des Valeurs de Casablanca a vu le jour par transformation de
l'ancien Office des Cotations des Valeurs Mobilières,
La seconde étape importante de la mise en place et de la consolidation du système bancaire
marocain a débuté avec la promulgation du décret royal n° 1-67-66 du 21 avril 1967 portant
loi relatif à la profession bancaire et au crédit, dont les principaux apports consistent en une
définition plus précise de l'activité des banques, la délimitation des attributions des autorités
de tutelle et de surveillance et l'institution d'une réglementation plus appropriée.
Les dispositions du décret susvisé furent étendues au Crédit Populaire en 1970. En 1986, les
prescriptions du titre III du décret portant loi susvisé, relatives au contrôle du crédit et des
banques, ont été étendues à la Banque Nationale pour le Développement Economique et au
Crédit Immobilier et Hôtelier qui ont été, par ailleurs, autorisés à recueillir des dépôts auprès
du public. La Caisse Nationale du Crédit Agricole, quant à elle, a été habilitée, en 1987, à
financer d'autres secteurs d'activité liés notamment au milieu rural.
Enfin et en vue de promouvoir notamment les projets d'investissement initiés par les
marocains résidant à l'étranger, il a été procédé, en 1989, à la création de Bank Al-AMAL,
chargée en particulier d'octroyer des prêts participatifs ou subordonnés, et de DAR AD-
DAMANE qui a pour objet de garantir, entre autres, les prêts consentis par la première entité.
A-3- Quid de l’environnement bancaire marocain
Le secteur bancaire marocain est devenu moderne et efficace. Il a connu un mouvement de
concentration significatif aujourd’hui achevé. Dix-sept banques possèdent aujourd’hui une
licence d’exploitation mais sept banques contrôlent le marché. Le principal acteur est
constitué par le réseau public des Banques Populaires. Viennent ensuite Attijariwafa, et des
banques contrôlées majoritairement par des actionnaires étrangers, parmi lesquelles la
BMCI, filiale de BNP-Paribas, et le Crédit du Maroc, filiale du groupe Crédit Lyonnais-Crédit
Agricole. Enfin, la Caisse de Dépôt et de Gestion est extrêmement active dans les secteurs de
l’immobilier et du tourisme, en accompagnant les projets d’intérêt général et en intervenant
dans une logique d’amorçage pour des projets plus modestes.
Pour promouvoir l’investissement et la création d’entreprises, le système bancaire marocain
dispose de moyens de financement diversifiés dont les taux débiteurs sont librement négociés
entre banques et entrepreneurs.
Le capital-risque ou capital-investissement est un phénomène assez récent au Maroc mais a
pris de l’ampleur depuis l’ouverture des marchés financiers. Les capitaux-investissements
(capital- risque, capital-développement, capital-amorçage, capital-transmission et capital-
restructuration) permettent d’alimenter les fonds propres des PME engagées dans un
processus de mise à niveau des entreprises marocaines. La Banque Européenne
d’Investissement (BEI), partenaire de plusieurs fonds, encourage d’ailleurs la mise sur pied
de tels instruments au Maroc. Le marché du capital-investissement comprend aujourd’hui
une dizaine d’acteurs actifs. La plupart des fonds sont généralistes tandis que d’autres se
concentrent sur des activités précises, notamment les nouvelles technologies de l’information
21
et des télécommunications,

22
comme par exemple le fonds Upline Technologies. Depuis 2000, les fonds levés destinés au
capital investissement ont atteint 1,5 milliards de Dirhams.
A fin décembre 2006, les 16 banques agréées marocaines offraient un guichet pour 7 300
habitants (1 pour 2 400 en France). Le taux de bancarisation s’élève à 37% de la population
totale et 1/3 du réseau bancaire est concentré sur l’agglomération casablancaise. Deux
banques (le Crédit Populaire du Maroc et Attijariwafa Bank) détiennent près de la moitié de
ce réseau en forte croissance.
16
Le réseau d’agences enregistre une progression significative, qui trouve son illustration dans
les années 2007 et 2008, pendant lesquelles les nouvelles ouvertures ont frôlé les 400. C’est
en gros ce qui ressort du dernier rapport sur les implantations bancaires publié par la
direction de la supervision bancaire de Bank Al-Maghrib. Selon les derniers chiffres de BAM,
le réseau des banques s’est renforcé durant le 1er semestre de 2008, pour atteindre 3.286
agences. Ainsi, ce ne sont pas moins de 148 nouveaux guichets qui ont ouvert contre 106
durant le 1er semestre 2008. Le nombre d’habitants par guichet, compte tenu du réseau de
Barid al Maghrib, s’est établi à 6.170 contre 6.300 à fin décembre 2008.
Le réseau de la Banque populaire (BP) demeure le plus important avec 746 guichets répartis
sur le pays, soit 23,8% du total. Il est suivi par Attijariwafa bank (AWB) qui compte 701
agences (22,3%). BMCE Bank occupe pour sa part la troisième place avec 494 points de vente
(15,7%), devant le Crédit Agricole du Maroc (CAM) qui compte 297 guichets (9,5%) et la
Société Générale 279 (8,9%). Crédit du Maroc (CDM) est quant à lui classé sixième, son
réseau étant composé de 234 guichets (7,4%), soit un de plus que la BMCI. Le CIH clôture
enfin le classement des banques commerciales avec 131 agences à fin 2008 (4,2%).
Par région, le Grand Casablanca compte le plus grand nombre d’agences et succursales
bancaires dans le pays avec 933 guichets, soit près de 30% du total. AWB y est la plus
présente avec 230 points, à côté de BMCE Bank (170) et de la Banque populaire (141). Les
filiales de banques françaises occupent pour leur part les 4e, 5e et 6e places dans la région,
avec 117 pour la Société Générale, 98 pour la BMCI et 82 pour le CDM. A Rabat-Salé
Zemmour-Zaër, qui compte 343 guichets, le classement change, puisque la BP arrive en tête
avec 77 agences. Elle est suivie respectivement par AWB (69), BMCE Bank (55) et le CAM
(33). La Société Générale est cinquième dans la région (32). Elle est suivie par la BMCI (27) et
le CDM (23).
La BP est classée première également à Tanger-Tétouan avec ses 73 agences, soit plus du
quart des 272 que compte la région. AWB et BMCE Bank restent là aussi deuxième et
troisième (respectivement 62 et 41 guichets), suivies cette fois-ci par la Société Générale (25),
la BMCI (21), le CAM et le CDM (18 chacun). Pour les autres régions, l’Oriental arrive en 4e
position avec ses 268 agences, suivi par Souss-Massa-Draâ (244), Marrakech-Tensift-Al
Haouz (197) et Meknès-Tafilalet (169).

B- La Banque centrale Populaire et le CPM


B-1- Le CPM
Tout a commencé le 25 mai 1926, quand le Dahir portant création du modèle organisationnel
de la banque Populaire a été adopté. Fondées dès le départ sur les bases de mutualité et de
coopération qui font toute leur particularité, les premières Banques Populaires à vocation
régionale ont vu le jour dès la fin des années 1920.
Avec l’avènement de l’indépendance, la Banque Populaire est appelée à devenir le noyau dur
de ce qui allait être le système bancaire et financier national. Sa refonte, par Dahir du 2
Février 1961, s’est traduite par une nouvelle appellation, le Crédit Populaire du Maroc (CPM),
mais aussi, par une réorientation de ses missions, désormais tournées vers le développement
de l’artisanat et des PME/PMI.
Aux structures régionales existantes s’ajoutera ainsi une entité centrale : la Banque Centrale
Populaire et une nouvelle instance fédératrice : le Comité Directeur du CPM.
Depuis, le Groupe a fait bien du chemin sur la voie du développement et de la croissance pour
devenir, à la fin des années 1960, le premier réseau bancaire du Maroc avec 43 agences.
D’autres étapes ont été franchies par la suite, d’autres défis relevés :
23
1964 :
Inauguration, par Feu S.M. le Roi Hassan II, de l’ancien siège social de la Banque Centrale
Populaire, avenue des F.A.R à Casablanca.
1972 :
• Ouverture effective à l’international, avec la création de la Banque Chaabi du Maroc
(BCDM) à Paris.
• Mise en place d’un système informatique, pour améliorer les traitements et sécuriser
les opérations de la banque. 17
1974 :
Le Groupe devient leader du secteur bancaire national en matière de dépôts, avec 1 milliard de
dhs de ressources.
1976 :
• Inauguration de la succursale de la BCDM à Bruxelles.
• Création de Maroc Assistance Internationale, filiale stratégique de la Banque Centrale
Populaire, qui se positionne comme leader en termes d’assistance au Maroc.
1979-1980 :
Le Groupe compte 500 000 clients et ses ressources atteignent les 5 milliards de dhs.
1984 :
Le Groupe s’engage dans une politique de mécénat, pour soutenir les activités culturelles
nationales et l’éducation des enfants des MDM, en créant la Fondation Banque Populaire
pour l’Education et la Culture.
Fin des années 80 :
Création de filiales bancaires en Centrafrique et en Guinée et des Représentations en Côte
d’Ivoire, au Canada et en Allemagne.
1990 :
Le Groupe monte en puissance, développe ses activités, crée des filiales métier spécialisées, et
met en place de nouveaux produits et services à des conditions tarifaires avantageuses, pour
devenir leader sur les marchés des particuliers, des PME/PMI et des MDM, ainsi que dans les
activités de marché.
A partir de 2000 :
• Réforme du Crédit Populaire du Maroc ;
• Valorisation de la dimension régionale des BPR ;
• Elargissement des prérogatives du Comité
Directeur; 2004 :
• Introduction en Bourse de la Banque Centrale
Populaire. 2008 :
Promulgation du Dahir du 20 octobre 2008, portant application de la loi n°42-07 régissant le
Crédit Populaire du Maroc : relèvement de 5% à 15% du plafond de la participation
minoritaire dans le capital de la BCP. Toute personne morale ne peut détenir, directement ou
indirectement, une part supérieure à 15% dans le capital de la BCP et toute personne
physique ne peut détenir une part supérieure à 5% dudit capital.

Le Crédit Populaire du Maroc (CPM) est composé du Groupe Banque Populaire, de ses filiales
spécialisées et de ses fondations.
i. Crédit Populaire du Maroc
Chapeauté par un Comité Directeur qui en est l’instance suprême, le Crédit Populaire du
Maroc s’articule autour de deux structures et dimensions: la dimension coopérative,
matérialisée par un réseau de 11 Banques Populaires Régionales et un pôle capitalistique,
représenté par la Banque Centrale Populaire.
Le Comité Directeur exerce sa tutelle sur les différents organismes du CPM. Il est chargé de
définir ses orientations stratégiques, d’exercer un contrôle administratif, technique et
financier sur l’organisation et la gestion de ses organismes et d’assurer la représentation
collective de ces derniers. Tout comme il est habilité à prendre toutes les mesures
nécessaires au bon

24
fonctionnement des organismes du CPM, à la sauvegarde de leur équilibre financier et au
redressement éventuel des banques concernées.

18

ii. Banque Centrale Populaire


La Banque Centrale Populaire (BCP) est un établissement de crédit constitué sous forme de
société anonyme à Conseil d’Administration. Elle est cotée en Bourse depuis le 8 juillet 2004.
Elle est chargée d'exécuter les décisions du Comité directeur, notamment à l'égard des 11
Banques Populaires Régionales. Elle peut également effectuer directement toute opération
pratiquée par les banques en vertu des dispositions de la loi bancaire.
La BCP assure donc un rôle central au sein du Groupe. Elle est investie de deux rôles principaux :
• Réaliser toutes les opérations bancaires pour les grandes entreprises ;
• Centraliser certaines opérations des Banques Populaires Régionales (BPR). A ce titre, elle
agit, notamment, en qualité de compensateur central du Groupe, gère les excédents de
trésorerie des BPR, assure le refinancement ainsi que la gestion des services d’intérêt
commun, pour le compte des organismes du Groupe.

BCP Bank : Une structure stratégique au service des grandes entreprises


Le marché des grandes Entreprises est érigé en un axe stratégique du développement du
Groupe Banque Populaire et constitue un important relais de croissance. Cette stratégie vise à
développer une démarche proactive et transversale en faveur des grands comptes, destinée à :
• valoriser la puissance financière du Groupe, en déployant sa capacité à augmenter ses parts
de marché ;
• accompagner sa large clientèle de PME/PMI, pour la faire accéder au statut de grande
Entreprise ;
• développer la présence du Groupe sur les marchés des capitaux, par une offre adaptée et
compétitive.

Le pôle BCP BANK, fer de lance du Groupe sur ce marché, intervient dans la majorité des
opérations de Corporate et se positionne dans les nouveaux métiers de conseil et de
financement du Commerce Extérieur. Il intervient également en tant que conseiller de la
clientèle haut de gamme des Banques Populaires Régionales (BPR).
25
Banque de financement, banque d’investissement, marché des capitaux et grands comptes
constituent les principaux compartiments de BCP BANK.
Grâce à une démarche commerciale offensive et au développement d’offres spécifiques et
innovantes, BCP BANK a déjà confirmé sa capacité à réussir le montage et la structuration
d’importantes opérations Corporate. Du secteur des télécoms à celui de l’énergie, en passant
par les infrastructures et le tourisme, BCP BANK a cumulé un track record important et a su
développer des expertises sectorielles pointues qui lui permettent de se positionner comme
une banque de référence pour les opérations de project finance. 19
Sur le volet placement, BCP Bank est intervenue dans plusieurs opérations d’introduction en
Bourse, telles Label Vie et Alliances Développement. Concernant les opérations sur le marché
de la dette privée, BCP Bank a été conseiller et placeur de plusieurs sociétés pour l’émission
de titres de créance, notamment pour la Samir, les Autoroutes du Maroc et Holcim.

La diversité des engagements du Groupe l’a amené à une réorganisation plus en harmonie
avec les attentes des clients. Pour plus d’écoute, de partage et d’expertise, le Groupe Banque
Populaire a modulé son organisation sur la base d’une structuration par marché.
Ainsi, depuis 2008, l’organisation opérationnelle du Groupe se reflète à travers quatre
business units:
• La Banque des Marocains du Monde, une structure qui fédère toutes les opérations, offres
et conseils destinés à la clientèle des Marocains du Monde.
• La Banque des particuliers et des professionnels, dont la principale mission est de
développer le fonds de commerce des clients particuliers et professionnels.
• La Banque de l’Entreprise, dont le nœud de l’action réside dans l’accompagnement du
développement des activités économiques.
• La BCP-Bank, la banque par excellence de financement du Groupe, qui intervient en
matière d’investissements et de marchés du Groupe.

Organigramme Banque Centrale Populaire

iii. Banques Populaires Régionales


Les Banques Populaires Régionales sont des sociétés coopératives à capital variable à
Directoire et à Conseil de Surveillance. C’est cette forme coopérative qui marque la différence
institutionnelle du CPM par rapport au reste du système bancaire marocain, notamment du
fait des particularités suivantes :

26
• Le capital des Banques Populaires Régionales est détenu par plus de 430 000 clients
sociétaires ;
• La collectivité des sociétaires est représentée aux Conseils de Surveillance, chargés du suivi
et du contrôle des activités des BPR ;
• Les Présidents des Conseils de Surveillance des BPR siègent au Comité Directeur du CPM,
organe suprême du Groupe.

iv. Filiales spécialisées du Groupe 20


 Filiales Bancaires
La Banque Chaabi Du Maroc (BCDM) :
La Banque Chaabi Du Maroc, créée en 1972, avait pour mission initiale, la promotion des
opérations de collecte et de transfert de l’épargne des MDM vers le Maroc. A partir des
années 90, cette mission a été élargie pour englober l’ensemble des activités de banque
commerciale, en vue de mieux accompagner cette clientèle.
Banque Populaire Maroco-Centrafricaine (BPMC) :
La Banque Populaire Maroco-Centrafricaine (BPMC) est une société anonyme d’économie
mixte à capital variable. De droit centrafricain, la BPMC est née d’un Protocole d’accord signé
en 1989 entre le Royaume du Maroc et la République Centrafricaine, en vue de renforcer les
liens économiques et financiers entre les deux pays. Elle est détenue à hauteur de 62,5% par
la BCP et 37,5% par l’Etat Centrafricain.
Banque Populaire Maroco-Guinéenne (BPMG) :
La Banque Populaire Maroco-Guinéenne est une société coopérative de banque et de crédit à
capital variable. De droit Guinéen, la BPMG a été créée en 1990, en vue de soutenir les
échanges commerciaux entre le Royaume du Maroc et la République de Guinée. L’objectif de
cette coopération bancaire Sud-Sud vise le transfert du savoir-faire du Groupe Banque
Populaire à la BPMG dans les domaines de la bancarisation de la population, du financement
de la PME / PMI, de l’artisanat et de la pêche.
Les principaux acteurs du tour de table de la BPMG sont la BCP, avec 53,9% du capital, et
l’Etat Guinéen, avec 43,2%.
Mediafinance :
Mediafinance est une société d’intermédiation financière, ayant pour objet de concourir au
développement du marché monétaire et du marché de la dette négociable publique ou privée.
Chaabi International Bank Offshore (CIB Offshore):
La création de la filiale bancaire CIB Offshore a pour objectif d’investir un segment de marché
porteur, en vue d’accompagner les Entreprises installées dans les zones franches, ainsi que les
sociétés offshore.
 Les sociétés de
financement Assalaf Chaabi :
Leader dans le secteur des crédits à la consommation affectés (crédit véhicule classique,
crédit Mourabaha, crédit Ijara ou encore crédit LOA), et des crédits personnels, Assalaf
Chaabi a enregistré tout au long de l’année 2008 une activité satisfaisante.
Chaabi Leasing :
Evoluant dans un secteur très concurrentiel, Chaabi Leasing s’impose en tant qu’opérateur de
référence sur le marché, avec un accroissement remarquable de ses indicateurs d’activité, au
cours de l’année 2008.
 Filiales de gestion d’actifs et de
bourse Al Istitmar Chaabi :
Opérant dans la gestion d’actifs pour compte de tiers, Al Istitmar Chaabi s’est fixé pour
principaux objectifs 2008, d’augmenter la contribution du réseau CPM dans la
commercialisation des OPCVM et de développer la commercialisation directe, à travers sa
propre force commerciale.
ICF Al Wassit :
ICF AL WASSIT est une société de Bourse. Elle a pour mission de gérer les portefeuilles de sa
clientèle et d'informer cette dernière sur les mouvements quotidiens de la bourse de
Casablanca.
27
Chaabi Moussahama :
Créée en 1990, Moussahama est la première société spécialisée dans le capital investissement
au Maroc. Adossée à un actionnariat prestigieux composé d’institutionnels étrangers de
renom (BEI, PROPARCO, COFIDES) et de la BCP, Moussahama a développé un savoir-faire
incontesté et un fonds de commerce important. En avril 2007, Moussahama a été transformée
en un pur fonds d’investissement.
Chaabi Moussahama gère actuellement deux fonds d’investissement :
1. Le Fonds Moussahama I (ex Moussahama SPPP), doté d’un capital initial de 140 millions 21
de dhs, gère une dizaine de participations couvrant divers secteurs (Industrie, Agro-
alimentaire, Services). Les participations en portefeuille devraient être désinvesties à
l’horizon 2010-2011.
2. Le Fonds Moussahama II, créé en novembre 2008 avec un capital initial de 60 millions de
dhs, est en phase d’investissement dans des sociétés à fort potentiel de croissance,
essentiellement en développement et accessoirement en transmission.
 Filiales d’Assurance
Maroc Assistance Internationale
:
Leader de son secteur d’activité depuis sa création en 1976, Maroc Assistance Internationale
(MAI) est une Compagnie d’assurances à vocation d’assistance. Pour 2008, et avec un chiffre
d’affaires de 235,6 millions de dhs, MAI détient 50% de parts de marché.
Chabbi Courtage:
Evoluant dans un marché caractérisé par la poursuite du processus de libéralisation et de
renforcement des mesures de contrôle, Chaabi Courtage s’est positionné comme un des
principaux acteurs du secteur.
Bénéficiant du regain d’intérêt pour la Bancassurance Vie et Capitalisation ayant suivi la
promulgation de la Loi 17-99 portant Code des Assurances, Chaabi Courtage dispose
également d’un fort potentiel de développement, en synergie avec le Groupe.
 Sociétés de services
Chaabi LLD :
Chaabi LLD, filiale du Groupe Banque Populaire, compte également parmi ses actionnaires
AKWA Group et Natixis Lease (France). La société a pour activité principale la location
longue durée et accessoirement le fleet management. La clientèle ciblée compte de grandes
Entreprises exerçant au Maroc ainsi que les Offices et Administrations marocains. La
distribution de produits se fait soit directement, soit à travers le réseau Banque Populaire.
Chaabi Doc Net :
Spécialisée dans la gestion du patrimoine archivistique pour le compte du Groupe, Chaabi
Doc Net a réalisé en 2008, un chiffre d’affaires de 12,8 millions de dhs et un résultat net de
5,7 millions de dhs, largement en dépassement par rapport aux objectifs.
Société Essoukna :
Réactivée en date du 06 Juin 2008 en tant que structure métier au service des entités du
Groupe Banque Populaire, la société ESSOUKNA a progressivement pris en charge la
supervision et le pilotage d’un nombre important de projets structurants du Groupe.
Fondation Micro – Crédit :
Avec 177 869 clients actifs, 178 967 prêts distribués, plus de 1,608 milliard de dhs de micro-
crédits débloqués et plus d’un milliard de dhs d’encours, l’année 2008 aura été celle de
l’achèvement de tous les chantiers importants pour la Fondation Micro-Crédit (FMC).
Fondation Création d’Entreprises (FCE):
Au titre de son activité dévolue à l’appui aux porteurs d’idées de création d’Entreprises et de
porteurs de projets, la FCE a réalisé, au cours de l’année 2008, 7 782 actions d’assistance et
d’accompagnement, au profit d’un portefeuille cible global de 2 250 clients, soit 100% des
objectifs annuels.
Fondation éducation & Culture (FEC) :
L’exercice 2008 a été marqué par une activité diversifiée de la Fondation Education & Culture
du Groupe Banque Populaire sur des créneaux en relation essentiellement avec l’éducation et
la culture. Pour l’activité ‘‘mécénat et sponsoring’’, la présence de la Fondation dans la
28
plupart des

29
festivals régionaux dénote d’un engagement socio-économique fort, ces évènements
contribuant à dynamiser l’économie locale et à propager les référents culturels auprès de la
jeunesse.
v. Principaux Partenariats stratégiques : Des partenaires de
référence Partenariat GBP/OCP :
Par arrêté du ministre de l’économie et des finances n° 2300-08 du 22 décembre 2008, ont
été approuvés les statuts de la Banque Centrale Populaire tels que modifiés suite à
l’augmentation du capital social de cet établissement décidé lors de son assemblée générale
extraordinaire réunie le 23 mai 2008 et constatée par la résolution de son conseil 22
d’administration le 22 septembre 2008.
Il convient de rappeler que cette augmentation de capital portant sur 4 376 368 actions
nouvelles au prix de 228,5 millions de dirhams, est réservée à la société Office Chérifien des
Phosphates (OCP).
Cette opération s’inscrit dans le cadre d’un partenariat plus large liant les deux sociétés.
En effet, ce partenariat a été dicté par les impératifs de restructuration des entreprises
publiques initiée par le gouvernement marocain et intervient à un moment où les deux
sociétés ont adopté des stratégies de développement en vue de consolider leur
positionnement sur leurs marchés respectifs et pérenniser leur développement et leur
contribution à la richesse nationale.

Partenariat Upline Group/GBP :


« Le défi est d’être performant partout » Ainsi s’exprimait Mohamed Benchaâboune, lors de
sa nomination en tant que président de la BCP en février dernier. Dix mois plus tard, il met
en application le premier module de ce qu’il appelle le « Pôle des prestations financières
intégrées » en prenant le contrôle de Upline Group.
Le Groupe Banque Populaire et la banque d’affaires Upline Group ont signé un protocole
d’accord, portant sur la mise en place d’un partenariat stratégique dans les métiers de la
banque d’investissement.
Cette opération s’inscrit dans le cadre d’une vision globale de développement du Groupe
Banque Populaire, et s’est traduite par une augmentation de capital d’Upline Group réservée
à la Banque Centrale Populaire. Ainsi, au terme de cette opération, la BCP détient 50,1% des
actions d’Upline Group.
A ce jour, la BCP possède 100% des parts d’Upline Group.
Fusion entre la Fondation Banque Populaire pour le Micro-crédit et la Fondation
Zakoura Micro-crédit
Les deux acteurs majeurs du micro-crédit, la Fondation Banque Populaire pour le Micro-
crédit et la Fondation Zakoura Micro-crédit, ont procédé le 5 Mai 2008 à la signature d’un
protocole d’accord pour une fusion des deux fondations.
Cette opération stratégique devra aboutir au transfert de l’intégralité de l’activité de la
fondation Zakoura Micro-crédit à la fondation Banque Populaire pour le Micro- crédit.
Rapprochement stratégique entre Maroc Leasing et Chaabi Leasing
En date du 27 Avril 2008, Maroc Leasing et Chaâbi Leasing ont signé un protocole d’accord
concernant leur rapprochement en opérant une fusion absorption avec pour objectif de
constituer un acteur de référence sur le marché du crédit bail au Maroc. Cette opération
ambitieuse permettra de créer un acteur de référence du secteur en termes de niveau
d’activité et d’innovation à l’échelle du Royaume, voire ultérieurement à l’échelle régionale.
Le rapprochement est juridiquement réalisé par voie de fusion absorption de Chaâbi Leasing
par Maroc Leasing filiale de la caisse de dépôts et de gestion avec, en conséquence, la
dissolution de Chaâbi Leasing.
vi. Evénements marquants 2008:
 Réduction de la valeur nominale de l'action BCP de 100 à 10 DH : En date du 15 janvier
2019, l’assemblée générale mixte de la BCP a décidé de réduire la valeur nominale des
actions formant le capital social de la BCP de 100 à 10 Dirhams, à partir du lundi 26
30
janvier 2008. Ainsi, le nombre de titres BCP détenu par chaque actionnaire sera
multiplié

31
par 10 et le cours sera divisé en 10. L’objectif escompté de cette réduction de la valeur
nominale est un meilleur comportement de la valeur sur le marché à travers : * une
augmentation de la liquidité du titre BCP à long terme * un engouement plus
important pour la valeur * une diversification de l’actionnariat * un meilleur accès
pour les petits porteurs.

 Notation BB+ à long terme, B à court terme et des perspectives de développement


stables pour le GBP : dans son rapport publié en janvier 2008, Standard and Poor’s a 23
décerné au groupe pour la cinquième année consécutive, la note de contrepartie «
BB+ à long terme, B à court terme et des perspectives de développement stables ». elle
consacre ainsi la position de leader du Groupe au sein su système bancaire marocain,
sa forte liquidité, sa bonne capitalisation, et sa rentabilité adéquate soutenue par une
constante amélioration de la qualité de ses actifs et de son efficacité.
 Nouvel organigramme du Pôle BCP Bank
 RMA Watanya contrôle 5,05% de la BCP : Suite à cette opération, RMA Watanya
franchit à la hausse le seuil de participation de 5% dans le capital de la banque. RMA
Watanya détient 5,05% du capital de la banque.

vii. Résultats semestriels 2008 du Groupe Banque Populaire


Le comité directeur du Crédit Populaire du Maroc et le conseil d’administration de la banque
centrale populaire se sont réunis le vendredi 25 septembre 2008, sous la présidence de M.
Mohamed Benchaaboun, pour apprécier l’activité et arrêter les comptes du Groupe au titre du
1er semestre de l’exercice 2008.
 Performances remarquables et solidité financière renforcée
Le GBP a couronné le 1er semestre de l’exercice 2008 par des performances fort appréciables,
grâce à une dynamique commerciale qui lui a permis de consolider sa position de leader au
sein du système bancaire marocain.
C’est ainsi que le résultat net social du CPM (BCP+BPR) a enregistré une croissance notable
de 12,7% par rapport à la même période en 2008, en s’élevant à 1.4 milliards de DH.
Le Groupe (CPM+ filiales+ fondations), a affiché au terme du 1 er semestre 2008 des
performances financières notables, avec un résultat net consolidé de 1.6 milliards de DH,
sous l’impulsion essentiellement de l’activité bancaire, soit une rentabilité financière part du
groupe de 15.2%.
S’agissant du produit net bancaire consolidé, il s’est apprécié de 8,7% pour se situer à 4,4
milliards de DH. Cette progression résulte d’un accroissement favorable des différentes
composantes du PNB, porté par une dynamique commerciale de tous les pôles métier.
L’assise financière du groupe s’est renforcée avec les fonds propres part du groupe se situant
à 22,7 milliards de DH, en progression de 10,8% par rapport à fin 2008 et 17,4%
comparativement à la même période en 2008, permettant ainsi au groupe de saisir de larges
opportunités de croissance et d’accompagner sa stratégie de développement.
 Poursuite d’une dynamique commerciale et renforcement du positionnement du
groupe Les dépôts de la clientèle ont enregistré une progression de 13% à 157,7 milliards de
DH contre
+6.8% pour la place, confortant ainsi le positionnement du groupe en tant que leader en
matière de mobilisation de l’épargne, avec une part de marché de 27,2%.le GBP a également
confirmé son leadership le marché es marocains du monde (62,5 milliards de dirhams, soit
+4%) avec :
 Le recrutement de 22 000 clients ;
 l’implantation en Espagne, en Italie et en Hollande.
Cette performance est le fruit d’une forte dynamique commerciale soutenue tout au long de
ces dernières années, notamment grâce à l’effort de bancarisation se traduisant par l’entrée
en relation avec plus de 218 000 nouveaux clients au titre du 1 er semestre 2008,ce qui porte le
portefeuille commercial à plus de 3 millions de clients, soit la plus large base clientèle du
secteur.
Cette dynamique est appuyée à titre principal, par la mobilisation de la force de vente et
32
l’extension du réseau de proximité à 766 agences, soit l’implantation la plus dense du secteur,
la

33
mieux équipée en guichets automatiques bancaires (851 GAB) et la plus ancrée dans les
régions du pays.
Par ailleurs, avec le renforcement de sa position de référence sur le marché, le GBP a
poursuivi son engagement dans le financement du tissu économique du pays, en affichant un
accroissement des crédits à l’économie de 21%à 122.3 milliards de DH.
Banque Centrale Populaire : Acteur de référence dans les métiers de banque de
financement et ’investissement
Au titre du 1er semestre de l’exercice 2008, la Banque Centrale Populaire a enregistré des 24
performances commerciales et financières de premier plan, confirmant de plus en plus sa
position d’acteur de référence dans les métiers de banque de financement et
d’investissement.
Ainsi, sur une base sociale, le résultat net de la BCP s’est situé à 659 millions de DH, en forte
progression de 39,7%.
Le résultat net consolidé (BCP+ filiales+ fondations) a atteint 718 millions de DH, en
accroissement de 49,9%, bénéficiant d’une forte progression du PNB. Quant au PNB
consolidé, il s’est situé à 1 370 millions de DH en appréciation de 49,3%, favorisée
notamment par une percée significative dans le corporate banking et les investissements
stratégiques entrepris par la banque. Toutes les composantes du PNB ont été concernées par
cette évolution.
La BCP a poursuivit ainsi la consolidation de sa position en tant que chef de file du
financement de projets de grande envergure, ce qui a permis un accroissement des crédits à
l’économie de 44,7% ou +6,9 milliards de DH. L’encours des crédits a ainsi atteint 22,5
milliards de DH.
Les fonds propres part du groupe se sont renforcés de 47,2% se situant ainsi à 10,6 milliards
de DH, soit +3,4 milliards de DH.
Parallèlement, il y’a lieu de noter une progression du cours de l’action BCP de 11,6% au
24/09/09, soit la meilleure performance du secteur bancaire, intervenant dans un contexte
marqué par une morosité boursière, avec la stagnation du MASI.

Section 2 : la direction Monétique et les systèmes monétaires CMI,


VISA, et MASTERCARD
A- La Monétique (Electronic Money) : Définitions et mécanisme
* Selon des sources françaises :
Invention française ! De la fin du XXème siècle, la monétique, avec la carte magnétique ou à
puce, et les technologies qui lui sont aujourd'hui associées est très largement répandue dans
les utilisations de la vie quotidienne.
À l'origine destinées aux échanges monétaires, les technologies issues de la monétique ont
permis une diversification des applications qui concernent aujourd'hui également les
télécommunications, les transports, la télévision payante, la fidélité, le contrôle d'accès et
demain, l'identification et les applications "citoyennes" (carte d'identité, passeport, carte
d'électeur,…), etc.
Les technologies issues de l'Internet, du téléphone portable et des réseaux en général
convergent aujourd'hui et rejoignent une problématique commune à la monétique qui est de
sécuriser les transactions électroniques.
Les experts s'attendent à un développement considérable tant sur le plan des applications que
des technologies issues de la monétique pour les années qui viennent avec notamment la
généralisation de la norme EMV dans le domaine bancaire ou encore l'essor du multi-
applicatif et des cartes sans contact.
Par ailleurs, les attentats qui ont frappé les États-Unis le 11 septembre 2001 ont suscité une
véritable prise de conscience autour d'un développement des techniques d'identification
biométrique comme le révèle l'obligation de détenir depuis fin 2004 un passeport
électronique pour entrer aux USA.
Autres Définitions :
34
Selon la définition du Petit Larousse, la monétique regroupe "l'ensemble des dispositifs
utilisant l'informatique et l'électronique dans les transactions bancaires"

35
Au sens strict du terme et à l'origine, la monétique est étroitement liée au système de
paiement électronique qui intègre le triptyque :
 carte à puce ou à piste magnétique,
 terminal de paiement électronique (TPE) / distributeur (ou guichet) automatique de
billets (DAB/GAB),
 établissement bancaire.
Les experts définissent de leur côté le secteur de la monétique comme :
"L’ensemble des techniques électroniques, informatiques et télématiques permettant 25
d’effectuer des transactions, des transferts de fonds ou toute autre opération qui relie un
utilisateur final équipé d’une carte avec un ensemble de services".
Aujourd'hui, les technologies issues de la monétique permettent un large champ
d'applications possibles même si, dans l'esprit, beaucoup intègrent encore une transaction ou
une compensation financière (porte monnaie électronique, carte vitale, carte de transport,
carte fidélité, carte téléphonique prépayée…).
Le support physique de la monétique est une carte plastique équipée d'une bande magnétique
et éventuellement d'une puce électronique. En France le support de la puce est largement
majoritaire alors que le reste du monde passe progressivement d'une carte "à piste" à une
carte "à puce".
B- Bref historique
Le terme "monétique" est apparu au début des années 80, né de la contraction des mots
"monétaire" et "informatique"
L'utilisation de cartes pour remplacer la monnaie fiduciaire ou accéder à des services est très
ancienne. Ainsi a-t-on retrouvé une carte en carton qui permettait, au tout début du XXe
siècle, l'accès aux cabines téléphoniques publiques du réseau téléphonique de Paris ! Dès 1914
aux États-Unis, la Western Union émet une plaque en métal pour fidéliser sa clientèle.
L'année suivante, la Compagnie du Télégraphe utilisera des plaques métalliques dans le but
d'identifier ses clients et d'authentifier leur télégramme.
Mais il faut attendre les années 50 pour voir se multiplier les cartes de paiement avec le
lancement, toujours aux États-Unis, de la première carte de voyages et de loisirs par
Diners'Club dont le principe permettait d'accorder un paiement différé aux clients dont le
compte était débité à la fin de chaque mois. Les initiatives de banques vont de même se
multiplier avec l'émission des cartes de crédit.
En 1958 est émise la fameuse carte American Express, à la base carte de loisirs et de voyage.
Elle sera même, pour la première fois, en plastique.
Les années 60 vont voir le phénomène prendre de l'ampleur au niveau international. En
France, on attribue aux hôteliers réunis en association le lancement de l'initiative vite rejoints
par le secteur bancaire et les organismes de crédits associés parfois aux grands magasins.
Ainsi, la filiale de la Compagnie Bancaire, le CETELEM, va émettre une carte de crédit
permanent et va s'associer aux Galeries Lafayette pour lancer les cartes de compte-crédit ;
SOFINCO suivra. À la fin des années 60, COFINOGA, organisme de crédit créé par la chaîne
de magasins Nouvelles Galeries, remplace ses coupons d'achat par une carte en plastique.
C'est aussi à cette époque, en 1967 précisément, que huit banques américaines vont mettre en
circulation la Bank Americard (qui s'internationalisera ensuite et deviendra le réseau Visa).
Elle sera vite rejointe par de nombreux concurrents.
Cette même année en France, six banques françaises (BNP, CCF, Crédit du Nord, CIC, Crédit
Lyonnais, Société Générale) créent la première carte de paiement en France : la Carte Bleue.
La grande innovation et l'amorce de la technologie monétique interviendront en 1971 avec
l'apparition des pistes magnétiques sur les cartes et l'installation des premiers distributeurs
automatiques de billets (DAB) qui vont permettre aux porteurs de la Carte Bleue de retirer de
l'argent liquide 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24.
La fin des années 70 va concrétiser véritablement l'entrée de "l'ère monétique" avec
l'utilisation des technologies de la puce électronique. Depuis la fin des années 60, plusieurs
brevets avaient été déposés aux États-Unis, au Japon et en Europe à partir de l'idée de
l'utilisation dans une carte d'un composant électronique doté d'une mémoire permettant
l'identification de son porteur.
36
Devant la recrudescence du vandalisme dans les cabines téléphoniques à pièces, France
Télécom décida, dès 1983, d'équiper progressivement les publiphones de lecteurs de cartes à
mémoire et lance la télécarte.
Fin 1993, la puce avait déjà, selon le groupement des cartes bancaires, permis de réduire les
pertes dues à la fraude de plus de 50 % par rapport à 1990, pour un chiffre d'affaires cartes en
progression de 30 % pour la même période.
Les défis pour l'avenir sont immenses et les enjeux géopolitiques importants pour maîtriser et
faire fonctionner cette technologie monétique qui combine aujourd'hui de multiples 26
applications issues de l'Internet ou des télécommunications mobiles.
C- L’Industrie monétique au Maroc
L’histoire de la monétique marocaine remonte à 1983, quand un industriel, fonde, en
partenariat avec la société française Sligos (devenue aujourd’hui Atos Origin), S2M.
En 1988, les banques marocaines passent à la monétique. Lorsque, peu après, les Français
décident de rapatrier dans l’Hexagone leurs activités stratégiques délocalisées au Maroc, les
ingénieurs de S2M, qui ont acquis un précieux savoir-faire, se lancent dans la création de
logiciels et le développement de solutions. Une success-story était née.
Avec S2M, M2M et HPS, le Maroc dispose de trois entreprises de pointe en monétique :
1983 : Création de S2M :
A l'origine du développement de la monétique au Maroc, S2M depuis 1988, s'est imposée
rapidement comme l'un des acteurs majeurs de l'édition et de l'intégration de solutions
monétiques ainsi que de la fourniture de moyens de paiement.
Agréée par VISA et MasterCard, S2M couvre à travers son offre toutes les fonctions de gestion
liées à la carte bancaire: du porteur au commerçant jusqu’au traitement des transactions
interbancaires et internationales.
1990 : Création de M2M :
Créé en 1990, M2M group est une multinationale spécialisée dans la conception et le
développement de solutions matérielles et progicielles permettant de dématérialiser les flux
d’information, d’effectuer tout type de transaction électronique et de sécuriser les échanges
informatisés dans des contextes bancaires et privatifs.
1995 : Création de HPS :
HPS, fondée en 1995 par un noyau d’ingénieurs issus de S2M, l’entreprise historique du
secteur, est une véritable start-up. Elle connaît depuis dix ans une croissance moyenne de
l’ordre de 30
%.
HPS est un fournisseur de solutions de paiement électronique multicanal, explique son PDG.
C’est-à-dire qu’il fabrique des solutions éditées par eux même, mais aussi les prestations les
accompagnant, qui vont de l’installation à la formation. Leurs solutions de paiement
englobent les guichets électroniques, mais aussi Internet, la téléphonie mobile, et demain,
sans doute, la télévision interactive.
La technologie PowerCard, un progiciel certifié par Visa, MasterCard, American Express,
Diners Club et JCB, constitue le produit phare de HPS. Il a été adopté par 150 clients répartis
dans une cinquantaine de pays. Toutes les activités de la société sont certifiées ISO 9001
(version 2000) depuis 2003.

D- L’évolution de la monétique dans le continent africain


L’Afrique n’est pas très avancée en la matière. Sur les 2,6 milliards de cartes de retrait ou de
paiement qui circulent à travers le monde, la région Afrique-Moyen-Orient n’en compte que
49 millions, contre 316 millions en Amérique latine et 725 millions dans la zone Asie-
Pacifique, selon des chiffres délivrés lors du premier Sommet monétique Maghreb, Afrique de
l’Ouest et Afrique centrale organisé au Maroc début 2006. En tête des pays francophones, le
Maroc a dépassé le seuil des 2,5 millions de cartes, un chiffre en constante augmentation
d’une année sur l’autre, le paiement a représenté à peine 7% de l’usage des cartes par les
porteurs marocains, loin de la moyenne régionale de 15%.
Au niveau des paiements, cette activité a enregistré un volume de 4,4 milliards DH les neuf
premiers mois de 2005, en hausse de 25% par rapport à la même période en 2004.
37
Couverture du risque de change : Cas de l’activité monétique
BCP derrière avec plus de 1 million de cartes bancaires en circulation.
La Tunisie arrive
L’Algérie, quant à elle, n’a mis en place ses premières cartes de retrait et de paiement locales,
ainsi que les terminaux associés, qu’au milieu de l’année 2005 !

E- Le CMI et Les deux grands réseaux internationaux de cartes


bancaires: Visa et EuroCard/MasterCard
E-1-CMI :
C’est le switch marocain Fondé en 2002 par l’Arrêté du ministre de l'économie, des finances,
27
de la privatisation et du tourisme n° 732-02 du 25 avril 2002 portant agrément de la
société
«Centre monétique interbancaire», dont le siège social est sis à Casablanca, en qualité de
société de financement pour effectuer des opérations de mise à la disposition de la clientèle
des moyens de paiement et leur gestion. (B.0. 5022 du 18 juillet 2002)

Pour assurer la connexion entre les anciens réseaux, à savoir :


 réseau Interbank, auquel adhèrent plusieurs banques ;
 réseau Wafabank ;
 réseau BMCE ;
 réseau Crédit Populaire,
En l’an 2000, Le Groupement Professionnel des Banques du Maroc a créé le centre
monétique interbancaire (CMI). Cette création s’inscrit dans le cadre des efforts des banques
de la place visant le développement de l’usage des cartes bancaires, notamment, à travers :

 La mise en place d’un centre unique chargé de centraliser les transactions monétiques et
d’en assurer le dénouement;
 L’amélioration de la sécurité des cartes ;
 L’optimisation des coûts d'acquisition monétique par la fédération des moyens
techniques et humains et par une meilleure maîtrise du risque,
 La rationalisation de la relation avec les commerçants disposant souvent de plusieurs
terminaux de paiement installés par les banques,
 La mise en place d’une plateforme technique aux meilleures normes internationales
dans le but de répondre aux nouvelles exigences des Systèmes Internationaux et
notamment, l'acceptation des cartes à puce (EMV),
 L’installation d’un Switch et un Centre de compensation monétique national aux fins
d'assurer l'interopérabilité de l'ensemble des guichets automatiques (juillet 2005).
 Le développement de l’interopérabilité des paiements par cartes.
En Février 2004, le CMI, qui a été monté ex-nihilo, a lancé sa première activité
opérationnelle : l'acquisition des paiements par cartes, après obtention de ses certifications
internationales Visa, Mastercard, Amex et JCB. Le CMI gère actuellement environ 20.000
commerçants affiliés et est devenu également Acquéreur Diner's en 2006.
La deuxième activité opérationnelle du CMI est le traitement de l'interopérabilité nationale
des retraits au niveau des guichets automatiques qui a été lancée en Juillet 2005. Il est
possible, depuis cette date, pour les porteurs de cartes Visa et Mastercard émises au Maroc
(un peu plus de trois millions à fin Juin 2007) d'effectuer des retraits auprès de tous les
guichets automatiques à travers le royaume (près de 3000 à fin Juin 2007).
Dans ce cadre, la société « CMI » a la charge de gérer la totalité des relations avec les
commerçants affiliés aux réseaux de paiement par cartes VISA, Mastercard, American
Express, etc., ainsi que certaines cartes privatives.

Le paiement ou le retrait par carte bancaire à l'étranger est rendu possible grâce à la
coopération internationale. Deux grands réseaux ont été constitués à cet effet : Visa et
EuroCard/MasterCard.

38
E-2-VISA
VISA constitue le premier réseau international. Il prend ses origines aux États Unis en 1966
lorsque la Bank of America autorise d'autres banques à émettre sa carte (Bank-Americard)
d'abord aux États-Unis puis dans le monde entier. En 1974, l'International Bank Americard
Corporation (IBANCO) est tout particulièrement chargée du marché international et sera
rebaptisée trois années plus tard "Visa International". Depuis 1981, l'organisation est
structurée en cinq grandes régions autonomes : Asie/Pacifique, Europe/Moyen-
Orient/Afrique (EMOA), États-Unis, Amérique latine et Canada. 28
En France, les banques appartenant au Groupement des Cartes Bancaires "CB" sont
représentées auprès de Visa par le Groupement Carte Bleue qui assure les relations de
marketing et de service avec lui (le Groupement des Cartes Bancaires, dans le cadre de
l'interbancarité au niveau français, a un rôle technique et est garant de la sécurité du
système). Par conséquent, les établissements bancaires souhaitant émettre en France des
cartes "CB" internationales et portant le logo de l’une des marques Visa doivent adhérer au
Groupement Carte Bleue ou avoir contracté des accords avec celui-ci.
Ce qui ne constitue pas le cas pour le Maroc qui ne compte aucun groupement représentant
l’ensemble du secteur bancaire vis-à-vis de VISA. Dans la réalité, chaque banque entretient
des relations avec Visa d’une manière individuelle.
E-3-Mastercard
Mastercard est, en part de marché, le second réseau international. Il exerce son activité
Européenne en partenariat avec la société Europay International crée en 1992 de la fusion
d'Eurocard International (dont l'origine remonte à la fin des années 60 en Suède) et d'autres
réseaux Européens. Elle détient les droits pour autoriser la diffusion de cartes portant les
marques de la gamme Eurocard MasterCard.
En France, au plan national, Europay France, établissement de crédit créé depuis plus de 30
ans et dont les deux principaux actionnaires sont aujourd'hui le Crédit Agricole et le Crédit
Mutuel, est actionnaire d’Europay International.
Pour émettre des cartes "CB" portant le logo d’une marque de la gamme
Eurocard/MasterCard, les membres "CB" doivent adhérer à Europay France ou avoir conclu
des accords avec cette société.
Il est à signaler que, du rapprochement entre Europay, Mastercard et Visa est apparu le
standard de cartes à puce "EMV" en cours de déploiement au niveau international et qui doit
permettre de meilleures performances et surtout une sécurité accrue.

Parmi les autres grands réseaux, American Express, pionnier dans la mise en œuvre de
programmes de fidélisation au profit de ses porteurs de cartes, s'identifie aujourd'hui comme
la première société non bancaire émettrice de cartes de paiement dans le monde.
Dans le même esprit, la carte Diners est apparue aux États-Unis dès les années 50 en
devenant, au départ, la première carte de voyage et de loisirs.
Quant à JCB, il s'agit d'un réseau créé au Japon en 1961 et qui s'est étendu au plan
international depuis les années 80 et tout particulièrement aux États-Unis.
F- Les dates-clés de la monétique au Maroc
La monétique a connu une forte progression ces dernières années. Pour autant, le gisement
reste largement sous-exploité, du fait des habitudes de paiement et la faiblesse du taux de
bancarisation. En 2002, les règlements cash prédominent avec 71 milliards de DH, suivis de
loin par le chèque (453 millions de DH) et la carte bancaire (18 millions de DH). Mieux
encore, les porteurs de carte continuent à privilégier le retrait dans les guichets automatiques
et le règlement en espèces des transactions.

- 1976 : Démarrage de la monétique au Maroc par l’acceptation des cartes étrangères


de paiement.
- A partir de 1980 :

39
Wafabank installe le premier distributeur automatique de banque au Maroc et lance l’année
suivante la carte Diners. Une année marquée également par le lancement des premiers DAB
par la CMCB .En 1982, la BMCE adhère au réseau Visa, suivie de la Banque Populaire et de
Wafabank et émet la première carte Visa en 1983. La BCP adhère pour sa part à Mastercard.
- En 1984 :
Création du groupe Interbank à l’initiative de trois banques privées: BCM, CDM, SGMB. La
BMCI les rejoint huit mois plus tard.
Interbank devient membre principal de Visa et Mastercard. Les quatre banques fondatrices y 29
adhèrent en tant que membres associés.
Lancement des premières cartes GAB IB (guichet automatique bancaire du réseau Interbank)
et des cartes de retrait & paiement (Visa, Mastercard). Installation d’un réseau GAB
interbancaire off-line.
- 1985 : Lancement de la monétique par le Groupement des Banques Populaires
- De 1986 à 2000:
Toutes les banques marocaines se mettent à la monétique et Interbank compte 9 membres.
Le réseau GAB s’étoffe, mais les trois banques qui ont introduit la monétique au Maroc (BCP,
BMCE, Wafabank) ne rejoignent pas le réseau Interbank et continuent d’exploiter leur propre
système.

- En 2000 :
Le marché compte 1 million de porteurs. Ces derniers détiennent pour moitié des cartes
privatives de retrait et des cartes Visa & Mastercard.
Le réseau de distribution est constitué de 740 GAB.
La fraude sur les cartes de paiement représente 0,5% du volume des achats.
Le chiffre d’affaires Commerçants s’élève à 3,7 milliards de DH, dont 30% effectués par les
locaux et 70% par les touristes. Le taux moyen de commission versé par le commerçant passe
de 4 à 2,5%.
Mais l’interopérabilité n’est toujours pas assurée.
- 2001/2002 : Création du Centre Monétique Interbancaire CMI en tant que centre
national et acquéreur unique.
- Juin 2005 : Interbancarité Nationale pour les retraits GAB
- Les chantiers:
Outre la migration vers la carte à puce, les banques doivent favoriser un développement
massif du nombre de cartes de retrait et de paiement ainsi que l’usage de la carte de
paiement. Pour rééquilibrer le nombre d’opérations effectuées dans les GAB et chez les
commerçants, le réseau des accepteurs doit être davantage élargi. Parallèlement, le rythme
soutenu d’implantation de nouveaux GAB doit être maintenu. Ils atteignaient 1.476 unités à
fin mars 2004. En outre, le parc TPE doit être assaini.
Pour rentabiliser leur investissement, les banques devront miser sur des services à forte
valeur ajoutée tels que le paiement de factures ou la recharge de GSM sur GAB.

G- Terminologie monétique :
Le porteur :
C'est le client de la banque, il y souscrit un "contrat carte". Il peut en être soit le titulaire
nominatif du contrat (cas des particuliers) ou le porteur "professionnel" d'une carte adossée
au compte d'une entreprise.
L'émetteur (Issuer) :
C'est la banque qui met à la disposition du porteur une carte. Elle en reste la propriétaire.
Elle assure les traitements de débit/crédit du compte du porteur, les mises en opposition et les
litiges associés à l'usage de la carte.
L'accepteur :
C'est le domaine qui englobe l'entreprise qui propose l'usage de la carte bancaire pour un
service. Par exemple la banque dans le cas d'un automate de retrait ou le commerçant dans le
cas d'un paiement.

40
Cela regroupe tous les endroits où le porteur de la carte peut utiliser celle-ci.

41
L'acquéreur (Acquirer):
C'est le domaine qui couvre la collecte des données permettant le traitement d'une
transaction. Dans le cas d'un automate de retrait, c'est la banque qui a installé l'automate.
Dans le cas d'un paiement chez un commerçant, c'est la banque de celui-ci (via le CMI qui est
venu remplacer la banque du commerçant et représenter l’ensemble des banques de La
place).
La banque acquéreur assure les traitements transactionnels liés directement à l'accepteur.
Comme son intitulé l’indique, la direction backoffice monétique constitue l’interface du
réseau des agences du Groupe, en matière de Monétique à savoir la gestion des GAB, DAB et 30
automates…, Procuration des cartes monétiques, autorisations, compensation et
interopérabilité, facturation et règlement, recouvrement, comptabilisation, lutte contre la
fraude, assistance des agences ,…
H- Chiffres monétiques du secteur bancaire marocain
Le réseau des guichets automatiques bancaires (GAB) est de plus en plus dense. D’après les
informations fournies par Rachida Benabdallah, directrice générale du CMI, le nombre de
GAB installés a atteint, au 30 septembre 2008, 4 004 dont 375 mis en service au cours des
neuf premiers mois. D’après la moyenne mensuelle, l’année 2008 devrait se conclure avec
près de 500 nouvelles installations, et donc un total de 4 130 guichets à fin 2008. Sachant que
le taux de bancarisation est estimé à 40% en 2007 (à titre de comparaison, la France a un
taux de bancarisation avoisinant les 98%), on compte un guichet pour environ 3 000
Marocains qui détiennent un compte. Les utilisateurs sont, cependant, beaucoup plus
nombreux du fait que les banques, justement pour améliorer ce taux de bancarisation,
émettent des cartes de retrait et de paiement pas toujours adossées à des comptes.

Selon le CMI, 5.985.797 cartes émises par les banques locales étaient en circulation au 30
septembre 2008 dont 4.549.859 cartes de retrait et de paiement (sous licence Visa,
Mastercard ou CMI) et 1.435.938 cartes privatives, utilisables uniquement pour des retraits
sur les GAB de la banque émettrice.
A la même date, leurs titulaires ont effectué 87.502.718 transactions depuis un GAB -
essentiellement des retraits- pour un montant total de 73,8 milliards de DH. Des statistiques
en constante progression puisqu’en 2007 le nombre de transactions était de 85 millions, pour
un montant de 71,8 milliards de DH alors qu’en 2008, 100 millions de transactions étaient
recensées pour une valeur globale de 84 milliards de DH. En principe, plus de 110 millions de
transactions devraient être enregistrées en 2008.
Pour les achats, près de 6 millions de transactions ont été effectuées, moyennant des cartes
bancaires marocaines chez les commerçants équipés de terminaux de paiement électronique
(TPE), pour un montant global de 3,7 milliards de DH, soit une augmentation de 23% par
rapport à la même période en 2008.
Quant aux porteurs de cartes émises par les établissements financiers étrangers, ils ont réalisé
4.261.400opérations de retrait pour un montant global de 6,2 milliards de DH. Ce dernier
chiffre est, en revanche, en légère baisse du fait de la conjoncture économique qui joue sur le
tourisme.

Des fonctionnalités de plus en plus nombreuses


Les opérations chez les commerçants ont atteint les 2 millions, soit 3,3 milliards de DH, en
baisse de 8% par rapport aux 9 premiers mois de 2008, toujours pour les mêmes
causes. Les retraits d’espèces continuent donc de représenter l’essentiel des opérations
effectuées par le biais des cartes bancaires.
Du côté des fournisseurs du système d’exploitation pour guichets automatiques, comme HPS
(BCP, SGMB, CIH, La Poste et Arab Bank) ou M2M (BMCE et Attijariwafa bank), on ne lésine
pas sur les innovations technologiques afin d’optimiser au mieux l’utilisation de l’équipement
pour le client. Les automates offrent ainsi de nouveaux services, simples, innovants et
adaptés aux besoins du client, tels que le rechargement de téléphone mobile et des cartes
prépayées, ou encore l’impression de RIB ou d’un relevé. Comme nous l’explique Mohamed
42
Moukhliss, directeur développement régional de l’activité monétique chez M2M, «la
rentabilité d’un tel

43
appareil est très forte. Il s’agit donc d’exploiter le terminal au maximum. C’est pourquoi nous
venons de passer du manuel à 100% à un mode automatique, notamment en ce qui concerne
le dépôt d’espèces via le GAB». M2M propose donc, entre autres services, le paiement de
factures ou le dépôt d’espèces, via le GAB. Une fois crédités, les dépôts d’espèces peuvent
ainsi alimenter les retraits, selon la configuration choisie pour le terminal. Chez HPS, on
annonce également une large gamme de produits permettant notamment la demande de
chéquiers, le virement de compte à compte, et la consultation de taux et tarifs.
I- La monétique au sein du GBP 31

I-1-Introduction
S’il faut choisir une date pour marquer le lancement de la monétique à la Banque Populaire,
force est de noter que c’est l’année 1985 qui devra être retenue.
En effet, c’est en 1985 que la Banque Populaire a adhéré aux systèmes Visa et MasterCard en
tant que membre principal acquérant de la sorte le statut d’agir en tant qu’acteur majeur des
systèmes de paiement électronique par l’émission et l’acceptation des cartes bancaires en tant
que moyen de paiement.
D’autres dates ont marqué la vie de la Monétique au sein de la Banque Populaire et qui toutes
méritent d’être retenues car elles ont constitué des étapes importantes dans son parcours.
I-2-Les dates jalons
Juillet 1985 : Adhésion du GBP à Visa International ;
Août 1985 : Adhésion du GBP à Mastercard
International; 1986 : Début Implantation GAB
1986 : Emission de la carte GAB
Mars 1987: 14 GAB installés
1987 - 1989 : Elaboration du premier Schéma Directeur
Monétique Mai 1987 : Emission de la carte GAB-MRE;
1988 : Emission de la carte Visa locale
1988 : Emission de la carte
MasterCard;
Août 1989 : Emission de la carte Visa Internationale
1990: Mise en place d’un centre monétique à la BCP et rapatriement de l’activité sous traitée à
l’extérieur.
2000 : Emission de la carte Visa Electron
Avril 2001 : Ouverture des GAB GBP aux cartes
Internationales Mai 2001 : Conversion des cartes
GAB en Visa Electron Décembre 2003: Emission de la carte
C’POP (Electron et GAB) Avril 2004: 1ère Banque Marocaine à
basculer au CMI
Avril 2004 : Emission de la carte WAFRA et la carte SAFWA
2005 : Certification ISO 9000 V2000 de l’activité
Monétique Avril 2006 : Emission de la
carte AJIR
23 Avril 2006 : 1ère Banque Marocaine à émettre une carte à puce EMV
(Visa) Mai 2006 : Emission des cartes Business (Open et Select)
Juillet 2006 : 1ère Banque Marocaine à obtenir la licence d’acceptation des cartes à puces aux
normes EMV sur les GAB.
Septembre 2006 : Emission de la 1ère carte de crédit
(RELAX)) Décembre 2006 : Emission de la carte RIZK
Avril 2007 : Emission de la carte
ASSIYAHIA Août 2007 : Emission de la
carte L’HBAB
juillet 2008 : un audit de qualité a été réalisé pour le renouvellement de la certification de
l’activité Monétique
Sept 2008 : Emission de la 1ère carte Internationale Mastercard Asfar adossé à un compte
44
dotation en devises.
Sept 2008 : 1ère Banque Marocaine à émettre une carte à puce EMV Titanium (Mastercard)

45
I-3-Cycle de vie monétique au sein de la Banque Populaire
A partir des dates jalons, Quatre grandes stations peuvent être identifiées :
1. La naissance (1985- 1986)
2. La définition des orientations stratégiques (1987 – 1989)
3. La mise en place des infrastructures et des moyens (1990 – 1999)
4. Le développement (2000- à ce jour….)
Naissance de la monétique à la Banque Populaire
L’année 1985 marque la pose de la première pierre de la monétique au sein du Groupe 32
Banques Populaires. A cette date, le partenariat signé entre la Banque Populaire et les
systèmes Visa et MasterCard, en qualité de « Membre principal » lui a conféré le statut
d’acteur majeur des systèmes de paiement électronique intervenant dans l’émission et
l’acceptation des cartes bancaires en tant que moyen de paiement.
Années 1985-1986 : Mise en service des premiers Guichets Automatiques Bancaires et
équipement de la clientèle des toutes premières cartes. Celles-ci, avaient la particularité de
servir uniquement aux ’’retraits électroniques d’argent et aux consultations du solde du
compte’’.
La définition des orientations stratégiques
Années 1987-1989 : Cette période se caractérise par le lancement d’une étude portant sur le
diagnostic de la situation de la monétique au GBP, l’élaboration d’un schéma directeur
monétique et d’une stratégie à moyen terme pour le marché marocain en adéquation avec les
objectifs et les valeurs Banque Populaire tel que: la Solidarité, La Bancarisation de la
population, la coopération …...
La mise en place des infrastructures et des moyens
Années 1990-2000 : Cette étape correspond à la mise en place des infrastructures, des
moyens humains, techniques et organisationnels pour une prise en charge optimisée de
l’activité monétique : la mise en place d’un centre monétique Banque Populaire doté des
applications monétiques performantes et de moyens de télécommunications adaptés.
Le développement
Années 2000-2007 : Cette période est marquée par un fort développement de la monétique
GBP qui se manifeste à travers :
 Le renforcement de l’offre monétique existante par le lancement de nouveaux produits
qui s’adressent à toutes les catégories de la clientèle : Cartes Business, carte Ajir, la
carte RIZK, la carte de crédit Relax ….
 La certification ISO 9001, V 2000 de toute l’activité monétique,
 La participation active à l’émergence d’une monétique nationale en étant la 1ère
Banque Marocaine à basculer au Centre Monétique Interbancaire,
 La mise à niveau technologique permanente de ses systèmes par l’adoption des
normes internationales à l’émission comme à l’acceptation sur ses GAB des cartes à
puce aux normes EMV (1ère Banque Marocaine à passer à cette norme internationale
à l’émission et à l’acceptation sur les GAB des cartes à puce EMV),
 L’innovation continue dans la gamme des cartes émises et l’enrichissement
permanent des services offerts à la clientèle des porteurs au niveau des GAB,
automates libres services bancaires notamment le service de change de devises et le
commerce électronique.
 Le développement du parc des Automates Bancaires, avec une extension de 100 unités
par an, dont le nombre avoisine actuellement 800 appareils. Ce qui constitue le plus
grand parc dans le Maghreb.
De même, le GBP fidèle à ses valeurs a toujours participé activement aux actions tendant à
vulgariser l’utilisation de la carte comme moyen de paiement, à renforcer les dispositifs de
gestion du risque et de prévention de la fraude et ce, de concert avec ses partenaires
monétiques locaux et internationaux.

46
Quant au futur, et fort du cap dépassé d’un million de cartes bancaires, le GBP ne peut que
remercier sa clientèle de tous horizons (particuliers locaux ou MDM, de masse ou haut de
gamme, artisans, jeunes, séniors, entreprises PME et institutionnelles) de leur confiance dans
son offre monétique ; offre qu’il promet toujours de rendre plus rapide, plus sécurisée et plus
attrayante.
I-4-Quelques chiffres monétiques à la BCP
Les cartes Banque Populaire
Année Nbre de
Porteurs
1987 9 000
1997 260 363
2007 1 003
33

Le nombre de cartes émises a été multiplié par plus de 100 fois en vingt ans.
Les Guichets Automatiques Banque Populaire
Année Nbre de
GAB
19 14
87
19 133
97
20 702
07
Le nombre de Guichets Automatiques a été multiplié par 50 fois en vingt ans.
Les retraits réalisés par la Cartes BP sur les GAB Banque Populaire
Année Nbre de Mt en Millions
Retraits DH
19 145 000 94
87
19 4 700 3
97 000 037
20 26 000 18
07 000 209

Le nombre de retraits a été multiplié par plus de 170 fois en vingt ans.
La contribution du GBP dans la monétique Nationale (Source: CMI –Chiffres au 30
Septembre 2008)
L’activité Emission de Cartes Marocaines
Banq Nbre de Part Cartes Visa et MC (paiements et Part
ue Cartes % retraits) %
GBP 1 595 26, 863 19
386 7% 010 %
Total Banques 5 985 100 4 549 100
Marocaines 797 % 859 %

Le réseau Guichet Automatique de Banque


Banq Nbre de Nouveaux GAB Part
ue GAB 09 %
GBP 88 8 22,
9 6 2%
Total Banques 4 3 100
Marocaines 00 7 %
4 5

L’activité Paiements des Porteurs BP au Maroc


Banque Nbre de Mt en Millions DH Part % Var
Transactions 09/08
GBP 945 795 563 765 986 15,4 61,
% 2%
Total Banques 5 924 398 3 654 705 644 100 22,6
Marocaines % %

L’activité retraits ON US* sur GAB (retraits réalisés par les cartes BP sur son propre réseau de GAB)
47
Banque Nbre de Mt en Millions DH Part % Var
Retraits 09/08
GBP 29 554 23 724 694 34,7 21,
817 800 % 3%
Total Banques 79 614 68 371 841 840 100% 18,2
Marocaines 372 %
(*) : Retraits On Us : Retraits effectués par les porteurs sur les GAB de leurs propres banques

L’activité Retraits Interopérabilité* Nationale des Porteurs cartes GBP chez confrères
Emetteur Nbre de Retraits Volume en DH Part % Var
09/08
GBP 978 726 712 163 13,2 54,
862 % 3%
Total Banques 7 888 346 5 393 889 100 22,6
Marocaines 322 % %
(*) : Retraits Interopérabilité Nationale : Retraits effectués par les porteurs sur les GAB des confrères

La BP en 3ème position après la BMCE et Société Générale, en tant qu’émetteur.

48
L’activité Retraits Interopérabilité* Nationale des Porteurs cartes confrères chez GBP
Emetteur Nbre de Retraits Volume en DH Part % Var
09/08
GBP 2 090 712 1 379 883 25,6 20,
200 % 6%
Total Banques 7 888 346 5 393 889 100 22,6
Marocaines 322 % %
(*) : Retraits Interopérabilité Nationale : Retraits effectués par les porteurs des confrères sur les GAB GBP
En tant qu’acquéreur, la BP occupe le 2ème rang après Attijariwafabank.
Part de marché par type de carte :
Périodes Cartes Cartes Cartes To
VISA MC Privatives * tal
Au
31/12/2008
Total 3 478 449 1 144 5 072
Secteur 308 989 026 323
BP 635 359 72 584 852 1 293
842 053
Part BP 18,27% 16,19% 51,12% 25,49%
Variation 18,83% 18,26 19,59% 18,95
Secteur % %
Variation 20,72% 16,75 33,99% 26,13
BP % %
34

(*) : N'intègre pas les cartes privatives acceptées en cercle restreint (Cartes Pétrolières, Cartes Al Faiz, Acima,
Aurora). Intègre les cartes Tamwin et Carbucarte.
 La progression de la Banque Populaire est globalement supérieure à celle du marché
 Pour les cartes Mastercard, où la Banque progresse moins vite que le marché les
améliorations apportées à la carte SAFWA, le lacement de la carte AsfarCard et la
mise en place de la carte Titanium, une carte haut de gamme, a pour objet le
redressement de cette situation.
I-5-Bref Descriptif de l’organisation Monétique au sein de la BCP
i. Division Monétique
Elle a pour mission de :
o Participer à la définition d’une stratégie monétique en accord avec les orientations
stratégiques de la banque notamment dans ses aspects :
* Marketing stratégique et opérationnel ;
* Etudes et développements ;
* Exploitation.
 Mettre en œuvre cette stratégie en définissant les contraintes, les moyens et les
priorités ;
 Participer à l’étude et à la mise en place d’actions commerciales de support des produits
monétiques ;
 Gérer les projets et actions d’extension du parc de terminaux de paiement et de guichets
automatiques ;
 Assurer le maintien des systèmes de traitement ;
 Gérer les moyens de paiement électroniques en termes d’émission et d’acquisition ;
 Contribuer à la mise en place des nouvelles procédures ;
 Assurer le dénouement des opérations monétiques avec célérité, fiabilité et sécurité ;
 Gérer les relations intéressant la fonction avec les organismes nationaux (GPBM, Centre
Monétique Interbancaire …) et internationaux (VISA, MASTERCARD ….) ;
 Assurer une veille technologique en la matière

ii. Direction Back Office Monétique DBOM


Les systèmes mise en place sont catégorisés suivant leurs
fonctions. La DBOM comprend trois départements à savoir :

49
 Département Gestion des Opérations
 Département Risque et prévention de la fraude
 Département Réconciliation et gestion des comptes

50
Elle a comme principales missions de :
 Veiller à la qualité, la régularité et la sécurité des traitements liées aux opérations
monétiques ;
 Contribuer à la promotion de la monétique (développement de nouveaux services, …)
 Superviser le suivi des risques inhérents aux activités monétiques ;
 Assurer le suivi des relations avec les partenaires.
 Définir en concertation avec l’équipe les objectifs à atteindre et leur ordre de priorité ;
 Evaluer régulièrement les résultats obtenus tant sur le plan individuel que collectif et 35
mesurer les écarts ;
 Mettre en place, le cas échéant, les actions correctives pour converger vers les objectifs
définis ;
 Veiller à l’évaluation et à l’intégration de l’impact des changements internes et externes
quant au fonctionnement des éléments de sa structure ;
 Mettre en œuvre les ressources humaines et les moyens matériels affectés pour
accomplir les missions et les attributions telles qu’elles découlent de la définition de
fonction des éléments de sa structure dans le respect des préconisations des
composantes du dispositif réglementaire interne ;
 Assurer le suivi de la cartographie des risques liés aux activités relevant de son entité ;
 Veiller à l’exhaustivité et à la qualité de la couverture en termes de circulaires et de
procédures de ces activités au fur et à mesure de l’évolution des dispositions et des
pratiques de façon à maintenir le dispositif dans un état opérationnel ;

Chapitre II : L’environnement monétaire international et l’activité de


change
Section 1 : Le marché financier et le système monétaire international
Dans la mesure où certains agents économiques investissent plus qu’ils n’épargnent et donc ont
besoin de recourir à un financement externe, alors que d’autres épargnants plus qu’ils
n’investissent et qu’ils ont une capacité de financement à mettre à la disposition de ceux qui ont
besoin, il est nécessaire que s’organisent les transferts des uns vers les autres. Ces transferts
s’opèrent par l’intermédiaire du système financier en général qui comprend à la fois le marché
financier et les institutions financières.
A- Le marché financier
Les marchés financiers, (on dit de plus en plus : capital markets, soit marchés de
capitaux, au lieu de financial markets), sont les marchés où sont effectuées les
transactions sur des actifs financiers et, de plus en plus, leurs produits dérivés.
A.1 Principaux marchés
Il s'agit, par ordre de volumes négociés décroissants :
1. des marchés de taux d'intérêt, c'est-à-dire les marchés de la dette, qu'il est d'usage de
séparer en :
 marché monétaire pour les dettes à court terme (moins d'un, deux ou même parfois
trois ans à son émission)
 et marché obligataire pour les dettes originellement à moyen ou long terme ;
Il est difficile d'avoir une idée précise des volumes négociés globalement sur les marchés de
taux d'intérêt. L'étude triennale de la Banque des règlements internationaux a montré qu'en
2004, les volumes quotidiens de produits dérivés de taux d'intérêt, et uniquement eux,
étaient de l'ordre de 5.500 milliards de Dollars US.
2. du marché des changes, ou Forex, où l'on échange des devises les unes contre les autres ;
3. des marchés d'actions, c'est-à-dire des titres de propriété des entreprises ;

51
Les volumes quotidiens des marchés d'actions, d'indices boursiers et de leurs dérivés
représentent largement moins de 500 milliards de Dollars. Même si ceux-ci ont une volatilité
naturelle légèrement supérieure à celle des autres marchés financiers, cela en fait tout de
même un nain par rapport à eux.
4. et enfin, par tradition, à la frontière avec les marchés organisés de produits de base
(commodities), les marchés de deux métaux précieux, or et argent, bien que ceux-ci soient de
moins en moins monétisés et que leurs marchés soient en fait minuscules en regard de la
taille désormais atteinte par les autres marchés. 36

A.2Types de transaction et d’acteurs


Les marchés financiers sont des marchés de gros, hautement industrialisés et informatisés.
Les intervenants sont des institutions financières (Banque centrale, banques, gestions
collectives, assureurs, hedge funds, etc.), des sociétés (marché primaire des émissions) ou des
particuliers. L'essentiel des échanges a maintenant lieu via des produits dérivés (forwards,
futures, options, swaps, etc.) qui sont en forte croissance depuis le début des années 1980.
Dans tous les cas, une partie des transactions a lieu :
1. sur des marchés organisés : marchés à terme et bourses, où les transactions sont
effectuées sur des actifs standardisés et où la bourse ou le marché à terme s'interpose,
comme contrepartie universelle, entre les acheteurs et les vendeurs,
2. et une autre de gré à gré, directement entre institutions financières ou lorsque l'une
d'elle sert de contrepartie directe, pour les opérations plus spécifiques, discontinues.
Le Forex est le plus interbancaire des trois grands marchés financiers et l'essentiel des
transactions y a lieu de gré à gré.
A.3les métiers des salles de marchés
Dans une salle des marchés, on trouve :
1. des commerciaux (sales) qui servent d'interlocuteurs aux clients dans la réalisation de
leurs transactions ;
2. des opérateurs (traders) qui cherchent à proposer le meilleur prix techniquement
possible aux commerciaux, notamment en anticipant sur les évolutions de marché
(spéculation). Devant la complexité de certains produits (exotiques), l'opérateur doit
pouvoir rapidement estimer dans quelles mesures l'évolution des paramètres fait
évoluer les prix, souvent en s'aidant de modèles mathématiques et informatiques ;
3. des ingénieurs financiers qui se situent entre les traders et les commerciaux dans le
cas de demande ou de problématique formulée par un client, si cela dépasse la simple
opération de swap. Ils discutent avec le client pour déterminer la réponse à sa
problématique, pour lui proposer des solutions de couverture en fonction de ses
attentes,…
4. des analystes financiers qui établissent des scénarios sur l'évolution des cours en
fonction de l'environnement, apportant ainsi un support aux commerciaux et aux
traders ; Ils peuvent être des représentants, correspondants ou salariés de certaines
agences de notations

52
5. des informaticiens, dont le rôle est de s'assurer que les communications sont fiables.
A-4-Dématérialisation
Les marchés financiers sont désormais quasi-entièrement dématérialisés et électroniques. Ils
prennent alors la forme de réseaux informatiques entre institutions financières.
La dématérialisation est la disparition du titre papier (coupon de papier de format A5)
représentant physiquement une action de la société, au profit d'une inscription dans un
compte bancaire appelé compte-titres.
Cette dématérialisation du support (le titre papier) s'est également et presque 37
concomitamment accompagnée d'une dématérialisation de l'ordre d'intervention (ordre de
bourse) avec l'apparition d'internet et sa banalisation.
Ainsi, aujourd'hui, il est non seulement possible mais également fort simple pour un
particulier, d'avoir à son domicile l'équivalent d'une salle de marché permettant d'intervenir
en direct sur le marché des devises à Paris, sur le marché des actions à New York ou sur le
marché des matières premières à Chicago.
A-5-Les raisons de la croissance des marchés financiers
Depuis les années 1930, le système financier était essentiellement bancaire. Le financement
de l'économie s'effectuait quasi-uniquement via le bilan des banques. De plus, celles-ci
contrôlaient souvent une partie du capital des grandes entreprises, particulièrement au Japon
et en Allemagne. Les marchés financiers avaient du coup une importance très faible. Aux
États-Unis, les banques de dépôt avaient même l'interdiction d'y participer depuis le Glass-
Steagall Act de 1933, adopté en réaction au krach d'octobre 1929.
C'est dans les années 1970 que deux nécessités et trois événements ont contribué de manière
décisive à la forte croissance des marchés financiers et au basculement vers le système actuel.
Il s'agit :
1. de l'adoption du système des changes flottants en mars 1973 , qui a créé la nécessité
d'un marché des changes ;
2. des déficits budgétaires américains, qu'il fallait financer, d'où la nécessité d'un vaste
marché des taux d'intérêt ;
Ainsi que :
3. du choix par les États-Unis de la retraite par capitalisation : l'ERISA (Employment
Retirement Income Security Act) est adopté en 1974 ; cela crée donc une demande
structurelle croissante de la part des fonds de pension en titres de placement à long
terme, c'est-à-dire en obligations longues (10-30 ans) et en actions;

Taux au jour-le-jour (Fed Funds) du marché monétaire américain

53
Couverture du risque de change : Cas de l’activité monétique
4. de laBCP
suppression des commissions fixes sur les valeurs mobilières aux États-Unis le
1er mai 1975, qui rend possible la liquidité des marchés d'actions et, surtout,
d'obligations ;
5. et enfin des très forts mouvements de taux d'intérêt à court terme décidés en octobre
1979 par la banque centrale américaine pour éradiquer l'inflation, qui vont créer
pendant plusieurs années des mouvements désordonnés des taux d'intérêt réels et
entrainer une activité considérable sur les marchés.
Trois facteurs sous-tendent leur développement : 38
1. les déficits budgétaires Européens et japonais, qui ont pris le relais des déficits
américains et profitent des mécanismes qui s'étaient originellement crées pour
financer ceux-ci ;
2. les besoins d'épargne-retraite de la génération nombreuse issue du baby boom;
3. le fait que la mondialisation n'ait pas été accompagnée du développement de marchés
bancaires et financiers régionaux, en particulier en Asie et au Proche-Orient, ce qui
concentre d'importantes poches d'épargne récentes sur quelques devises, en
particulier le Dollar, et sur des marchés réputés liquides.
Le passage d'un système financier international bancaire à un système de marchés financiers,
qui a commencé en 1973, semble maintenant, après plus de trente ans, assez irréversible,
compte-tenu de la quantité astronomique et de la complexité des risques croisés entre
établissements financiers, sauf en cas d'événement politique de nature supérieure, du type
guerre mondiale, ou d'explosion du système, du type crise de 1929. La liquidité et la
cohérence des principaux marchés financiers sont considérés par les États - qui, rappelons-le,
s'y financent
- et par les banques centrales, au premier rang desquelles la banque centrale américaine,
comme un bien public mondial primordial.
B- Le système monétaire international
La monnaie est un instrument de paiement spécialisé accepté de façon générale par les
membres d’une communauté en règlement d’un achat, d’une prestation ou d'une dette. Elle a
trois fonctions principales :
1. la fonction d'intermédiaire dans les échanges,
2. la fonction d'expression des valeurs et d'unité pour le calcul économique et la
comptabilité,
3. la fonction de réserve de valeur.
Certains auteurs considèrent que la capacité d’éteindre des dettes et des obligations,
notamment fiscales, constitue une quatrième fonction appelée "pouvoir libératoire" de la
monnaie.
Une monnaie se caractérise par la confiance qu’ont ses utilisateurs dans la persistance de sa
valeur et de sa capacité à servir de moyen d'échange. Elle a donc des dimensions sociales,
politiques, psychologiques, juridiques et économiques.
La monnaie a pris au cours de l'histoire les formes les plus diverses : bœuf, sel, nacre, ambre,
métal, papier, etc. Après une très longue période où l'or et l'argent (et divers métaux) en ont
été les supports privilégiés, la monnaie est aujourd'hui presque entièrement dématérialisée et
circule majoritairement sous des formes scripturales ou électroniques.
Chaque monnaie est définie, sous le nom de devise, pour une zone monétaire donnée (le plus
souvent un État). Elle y prend la forme de dépôts, de billets de banque et de pièces de
monnaie, dites aussi monnaie divisionnaire. Les devises s'échangent entre elles dans le cadre
du système monétaire international. De facto depuis 1973 où les parités des principales
monnaies mondiales cessent d'être défendues et de jure après les accords de la Jamaïque en
1976, les devises ne sont plus étalonnées directement ou indirectement par un poids de métal
précieux. Leurs valeurs relatives fluctuent sur un marché international des devises dans le
cadre d'un système de changes dits flottants ou flexibles.
Le système monétaire international définit le régime des changes que les grands pays
sont décidés à mettre en œuvre entre eux. Après l’échec successif du Gold Standard après la

54
Couverture du risque de change : Cas de l’activité monétique
guerre de 1914,
BCP puis du premier Gold exchange standard mis en place à Athènes en 1922, puis
finalement

55
du Gold Exchange standard institué par les accords de Bretton-Woods en 1944, les accords de
la Jamaïque en 1976 ont défini un système de flottement généralisé des monnaies.
Le cours des monnaies s’établit sur un marché particulier où les États, les banques, les
entreprises et les particuliers peuvent intervenir.
L’organisation de change est une nouveauté qui pose de nombreuses difficultés théoriques et
pratiques (le Dollar).

Section 2 : le Marché FOREX et le marché des changes marocain


39
A- Le marché des changes International
Issu de la contraction des termes anglais Foreign Exchange, Forex est le surnom
universellement donné au marché des changes, sur lequel différentes devises sont échangées
l’une contre l’autre, à des taux de change qui varient sans cesse. Créé en 1971, Il permet aux
investisseurs d'acheter ou de vendre la devise de leur choix au sein d'un vaste marché
interbancaire, totalement mondialisé.
A la différence des marchés d'actions (ou des marchés de futures ou options sur devises), sur
le marché des changes il n'y a pas de cotations centralisées (fixing) mais uniquement des
transactions de gré à gré (OTC, Over The Counter dans le jargon boursier). Cela signifie que
les opérateurs entrent en contact les uns avec les autres de façon individuelle, par téléphone
ou réseaux informatiques.
On y voit réunies les cinq lois de la concurrence parfaite (Walras) :
1) Atomicité de l'offre et de la demande : les vendeurs et les acheteurs y sont
extrêmement nombreux
2) Transparence : chaque participant a accès aux mêmes informations
3) Homogénéité des produits offerts : les grandes devises ont la fongibilité la plus forte
qui soit
4) Fluidité : tout demandeur peut entrer en contact avec le meilleur offreur
5) Entrée libre : variété des instruments financiers + Liquidité
A-1-Caractéristiques du FOREX
L’hégémonie du Dollar
L'essentiel de l'activité consiste en échange de devises contre le Dollar US (Euro-Dollar, yen-
Dollar). Les opérateurs choisissent donc une paire de devises sur laquelle ils vont travailler,
par exemple USD/EUR.
Le Dollar est en fait la monnaie principale, Son cours a fait le yoyo depuis 1971, s’effondrant
dans un premier temps, puis revenant à des sommets à partir de 1997 avant de retomber très
bas à partir de 2002 et jusqu’à maintenant. Ces variations qui vont du simple au double sont
néfastes au commerce et provoquent de la part des industriels des critiques vives dès que leur
monnaie devient forte. Elles posent de graves difficultés aux « petites monnaies », qui
peuvent perdre beaucoup de valeur et contraindre les autorités financières locales à monter
très haut les taux d’intérêt pour éviter une chute catastrophique. Les petits pays cherchent à
échapper à cette difficulté en utilisant différentes solutions comme la caisse d'émission, la
Dollarisation, les systèmes de monnaies pivots (peg), avec des résultats mitigés.
Par exemple, Pour acheter des zlotys polonais contre des bahts thaïlandais, il faut mener deux opérations :
1) acheter du Dollar contre des bahts
2) vendre les Dollars contre des zlotys.
Une transaction = 2 devises, les pourcentages exprimés correspondent donc à un total de 200%
Sur ce marché interbancaire, l'unité d'échange est le million de Dollars, une transaction 'normale' va de
3 à 25 millions d'USD.
A-2-Les principales
devises i- Les
devises

56
En raison de l'importance de la monnaie, les États ont très tôt cherché à s'assurer le
maximum de pouvoir monétaire, en définissant une devise officielle et en faisant de cette
devise l'un de leurs symboles et une marque de leur puissance. Ils se sont arrogés
progressivement un peu partout le monopole de l'émission des billets et des pièces. Ils
exercent un contrôle sur la création monétaire des banques via la législation et la politique
monétaire des banques centrales.
Une devise est une unité monétaire. Elle est émise le plus souvent sous le contrôle d'une
banque centrale. 40
Chaque pays a une devise officielle ayant cours légal sur son territoire. Cependant plusieurs
pays peuvent :
1. utiliser la même devise (cas de l'Euro)
2. adopter une devise étrangère comme unité monétaire légale (cas de Panama et de
l'Équateur avec le Dollar américain ainsi que du Monténégro, d'Andorre et
du Kosovo avec l'Euro.)
Pour des raisons pratiques, chaque devise est souvent subdivisée en une autre unité égale à
une fraction de la devise légale : 1/1000 (les millimes du dinar tunisien), 1/100 (les centimes
de l'Euro), 1/10 (voire 1/5 ou 1/20).
Devises contemporaines
Chaque devise est codée à l'aide de trois lettres (norme ISO 4217) : les deux premières
précisent le pays et la dernière précise son initiale. Ainsi les Dollars américains et canadiens
sont codés respectivement USD (US=United States, D=Dollar) et CAD (CA=Canada), la livre
anglaise GBP (GB=Great Britain, P = pound), le Dirham Marocain MAD (MA=Maroc, D=
dirham). L'Euro est une exception codé EUR car il concerne plusieurs pays.
Nomenclatures des devises : Symboles monétaires
Selon les Codes ISO 4217 des monnaies, ci-dessous Quelques symboles :
$ - Dollar
¥ - Yen - Japon
Ұ - Yuan - Chine (le véritable symbole est ¥ mais pour ne pas le confondre avec celui du Yen il
est d'usage de ne mettre qu'une seule barre)
€ - Euro - Monnaie de l'Union économique Européenne
£ - Livre sterling (pound) - devise du Royaume
Uni DH – Dirham du Maroc
Unités de cotation
Les cotations des devises sont exprimées avec un chiffre et quatre décimales.
Les cambistes expriment l'unité de cotation d'un taux de change portant sur un couple de
devises en points appelés pips. Pip est l'acronyme anglais de "price interest point", ou « point
de swap » en français. À l'origine, comme son nom l'indique, celui-ci désignait l'unité de
« déport » ou « report » du change à terme mais a fini par être appliqué à l'unité du marché au
comptant. Il désigne la dernière décimale utilisée :
 dans le cas de l'Euro, c'est la quatrième décimale. Une cotation sur trois "pips", qui est
la norme sur le marché interbancaire de l'Euro/Dollar, sera ainsi : EUR/USD= 1.3120
(bid)/1.3123 (ask). Soit un spread de 3 pips
 dans le cas du yen, ce sera la deuxième décimale, et une cotation sur quatre "pips"
sera alors, USD/JPY = 89.4454 (bid)/89.4654 (ask).

Le pip représente donc un pourcentage différent et non fixe pour chaque parité. Cet écart
dépend :
i. de la devise dans laquelle on choisit par convention d'exprimer le taux de change
(l'« incertain » de la comparaison), l'autre étant prise pour unité de marchandise (le
« certain »).
ii. du nombre de décimales de la cotation.
Dans le premier exemple, si le montant d'une opération de change sur le Forex est de 100 000
Euros (la transaction standard étant plutôt en dizaines de millions), on notera qu'un pip pour

57
une telle quantité échangée vaut 10 Dollars (0,0001). Dans le deuxième exemple, avec une
opération de change portant sur 100 000 Dollars, un pip pour cette quantité vaut 1
000 yens (soit environ 9 Dollars).
Avec l'apparition des plateformes de trading multibanques, les cotations se font maintenant
avec une précision qui atteint la 5ème décimale pour l'Euro/Dollar, et la 3ème décimale pour
l'USD/JPY, mais le pip est resté respectivement la 4ème et la 2ème décimale.
Ces écarts entre les cours "acheteur" et "vendeur" d'une devise contre une autre sont appelés
spread bid/ask. Ils sont très inférieurs à ceux qu'un particulier peut constater lorsqu'il 41
souhaite réaliser une opération de change dans une officine de change (ou à sa banque) pour
un montant modeste.
Etant donné que le marché des changes est un marché OTC, il n'existe pas, à proprement
parler de quotité (quantité minimale) d'une opération de change sur le Forex.

ii- Les devises majors USD & EURO Voir Annexes 2


A-3-Les places financières
Les principales bourses de change actuellement sont Londres avec environ 34,1 % du marché,
New York et Chicago avec 20%, Tokyo avec 12%, Zurich, Genève, Frankfort, Hong Kong et
Singapour avec environ 7% chacune, suivi de Paris et Sydney avec 3% chacune. Vus les
volumes échangés, c'est un marché extrêmement concurrentiel car aucun opérateur ni même
aucune banque centrale ne peut espérer modifier par ses interventions le taux de change de
devises comme le Dollar US, l'Euro, le Yen ou le Franc Suisse. Par contre à travers leurs
déclarations publiques, les responsables politiques ou monétaires exercent bien sûr une
influence (par exemple le dirigeant de la Fed Alan Greenspan, le Secrétaire américain au
Trésor …).

A-4-Importance économique et volume de transactions


Ce marché mondial, qui est essentiellement interbancaire, est le deuxième marché financier
de la planète en terme de volume global, derrière celui des taux d'intérêt. C'est néanmoins le
plus concentré et le premier pour la liquidité des produits les plus traités, comme la
parité Euro/Dollar.
Pour donner une idée de la liquidité en circulation, le volume quotidien moyen des échanges
était selon la dernière enquête de la BRI en 2007, de 3 210 milliards de Dollar US, soit une
augmentation de 68 % des volumes par rapport à l'étude précédente de 2004.
Ce volume moyen se décompose ainsi :
 1 005 milliards en transactions au comptant,
 1 714 milliards en swaps et
 Le reste à terme
quasi-uniquement en transactions de gré à gré, selon l'étude triennale de la
RI. Les transactions en volume étaient :
 pour 43 % entre banques ;
58
 pour 40 % entre une banque et un gestionnaire de fonds ou une institution financière
non bancaire ;
 et enfin pour 17 % entre une banque et une entreprise non-financière et aussi des
particuliers qui utilisent les plateformes des banques
Cette augmentation est principalement due aux phénomènes de fusion-acquisition et
aux mouvements spéculatifs.
Selon les Chiffres BRI 2007, Le Dollar est impliqué dans 86% des opérations (sur un total de
200%), l'Euro dans 37%, le Yen et la Livre dans, respectivement, 16,5% et 15%. Nous pouvons 42
nous attendre à un changement des proportions des devises au regard du cours du Dollar par
rapport à l'Euro; de plus les pays asiatiques et les pays du Golfe tendent à diminuer leurs
réserves en Dollars au bénéfice de l'Euro.
Les grandes institutions financières ont souvent trois équipes de cambistes travaillant en 3x8,
une des équipes est placée à Londres, une à New York et une en Asie, à Singapour ou Tokyo.
Quand une session se termine, les cambistes transmettent leurs ordres (positions ouvertes et
en attente) à l’équipe suivante, c’est ce que l’on appelle le transfert de book.
Les marchés de change internationaux ont été marqués en 2008 par d’importantes
fluctuations des principales devises. Ainsi, au premier semestre, l’euro s’est apprécié de 7%
vis-à-vis du dollar en raison de l’élargissement de l’écart de rendement entre les Etats-Unis et
la zone euro. Puis, il s’est déprécié de 14% entre juillet et décembre, sous l’effet du
phénomène de fuite vers la qualité qui a donné lieu à une forte demande pour les actifs
libellés en dollar.

A-5-Un marché sur lequel « le soleil ne se couche jamais »

Parmi les particularités du marché des changes par rapport aux classiques marchés d'actions,
Le marché fonctionne sans interruption 24h sur 24h et cinq jours par semaine du lundi
matin, heure de Wellington en Nouvelle-Zélande au vendredi à 17h, heure de New York, c'est-
à-dire du dimanche soir 21h GMT au vendredi soir 21h GMT.
Ainsi un investisseur (peu importe l'endroit où il vit) en contact avec un courtier de change
sur chacun de ces marchés peut être actif 24h/24.
En effet, comme des opérateurs du monde entier interviennent sur ce marché il se doit d'être
ouvert en permanence pour tenir compte des différents fuseaux horaires. Il n'est fermé que
les week-ends.
La journée de trading en Europe démarre vers 8H00 (heure française comme toutes les
heures citées ci-après), les cambistes testent les marchés et commencent à construire leurs
positions pour la matinée ou la journée.

59
Entre 10h00 et 11h00, les chiffres économiques Européens sont publiés comme par exemple
l’indice IFO, le ZEW, les commandes industrielles, le PMI…
Le marché est ensuite un peu plus calme jusque 14H00, arrivent alors les traders de New
York qui commencent à prendre position. La majorité des chiffres économiques américains
sont publiés à 14h30 (croissance, chômage, inflation…) et une autre partie vers 16H00(ISM,
ventes de logements…). C’est le moment où l’activité est la plus forte.
L’activité commence à décroitre fortement vers 18H00 avec fin de la session Européenne.
C’est l’après-midi aux Etats-unis, le marché est plus calme. 43
L’activité diminue encore fortement avec la fin de la session américaine vers 22H00.
Certaines places en Asie commencent à travailler vers 22H00-23H00 mais l’activité
commence à redémarrer plutôt vers 01h00-02H00.
Le marché est ensuite plus calme entre 04H00 et 07H00 en raison de la pause du midi sur les
marchés asiatiques et d’une après-midi souvent peu mouvementée.
Ensuite arrivent les cambistes de Londres et un nouveau cycle redémarre…

A-6-Les acteurs du marché des devises


Le Forex intéresse plusieurs catégories d'intervenants.
Contrairement aux marchés actions où les investisseurs tradent souvent avec des
investisseurs institutionnels (comme les fonds communs de placement) ou d’autres
investisseurs particuliers, les acteurs du Forex s’y trouvent pour des raisons totalement
différentes de celles des marchés actions.
Les institutions financières, les gouvernements, les Banques Centrales ou même certains
organismes privés, publient régulièrement des rapports ayant parfois des impacts importants
sur l’évolution des cours des marchés financiers. Les thèmes de ces rapports sont
extrêmement variés : emploi et chômage, production manufacturière, consommation des
ménages ou croissance économique…

Il est donc important d’identifier et de comprendre le rôle et les motivations des acteurs
principaux sur le Forex.
 Gouvernements et banques centrales
Certains des acteurs les plus influents dans le domaine des opérations de change sont sans
doute les banques centrales et gouvernements. Dans de nombreux pays, la banque centrale
est un prolongement du gouvernement et mène sa politique main dans la main avec lui.
Cependant, certains gouvernements pensent qu’une banque centrale plus indépendante est
plus efficace. Notamment pour équilibrer les objectifs de contrôle de l’inflation et de maintien
de faibles taux d’intérêts, ce qui a tendance à encourager la croissance économique. En dépit
du degré d’indépendance d’une banque centrale, les élus au gouvernement ont généralement
des réunions à intervalle régulier avec les délégués des banques centrales pour traiter de la
politique monétaire.
C’est pourquoi les banques centrales et les gouvernements sont souvent en accord lorsqu’il
s’agit de politique monétaire.
Les banques centrales sont souvent impliquées dans la gestion de volumes de réserve pour
réaliser certains objectifs économiques. Par exemple, en fixant le taux de change du yuan sur
le Dollar américain, la Chine a acheté l’équivalent de millions de Dollars aux Etats-Unis en
bons du trésor dans le but de maintenir sa monnaie au taux de change voulu. Les banques
centrales utilisent le marché des devises pour ajuster leurs réserves.

Les principales Banques Centrales, en tant que pilote des politiques monétaires, ont une
grande influence sur le marché des changes. Alors que les taux de change sont au cœur des
équilibres économiques et financiers mondiaux, toutes modifications de la politique
monétaire dans un pays engendre une modification de ces équilibres. L’influence des
Banques Centrales sur le marché des changes peut être directe au moment de l’annonce des
décisions de politiques monétaires ou indirecte à travers les discours de ses membres. Pour
tout intervenant sur le
60
Forex, mais aussi pour toute personne cherchant à comprendre et à anticiper les évolutions
des taux de change, Il est ainsi important de bien connaître le fonctionnement des Banques
Centrales et notamment des quatre principales qui sont : Voir Annexe 3
 La Réserve Fédérale des Etats-Unis (Fed)
 La Banque Centrale Européenne (BCE)
 La Banque d’Angleterre (BoE)
 La Banque du Japon (BoJ)

 Banques et autres établissements financiers 44

Venant s’ajouter aux banques centrales et aux gouvernements, les banques sont des acteurs
importants pour les transactions sur le Forex.
La plupart des personnes qui ont besoin de devises étrangères pour des petites transactions
font appel aux banques de détail. Cependant, les transactions individuelles sont négligeables
comparées aux volumes brassés sur le marché interbancaire.
Le marché interbancaire est l’organe par lequel les grandes banques s’échangent des
transactions et déterminent le prix de la devise que les traders particuliers voient sur leur
plate- forme de trading. Ces banques négocient entre elles par l’intermédiaire de systèmes de
courtage électroniques fondés sur le crédit.
Seules les banques qui ont des relations de crédit entre elles peuvent effectuer de telles
transactions. Plus la banque est grande, plus elle aura d’opérations de crédit à son actif et
plus la fourchette de prix qu’elle pourra proposer à ses clients sera avantageuse.
Les banques, en général, agissent comme des marchands dans le sens où elles sont disposées
à négocier une devise au prix demandé. Un des moyens par lequel les banques s’enrichissent
sur le Forex est l’échange de leur devise pour le prix auquel elles l’ont payé plus une
commission.
Depuis que le Forex est un marché décentralisé (de gré à gré), il est courant de constater des
taux de change légèrement différents d’une banque à l’autre pour la même devise.
Les points forts du Forex pour les investisseurs :
☺ une très grande liquidité qui permet de rentrer et de sortir à n'importe quel
moment, quelle que soit la somme (en tous cas jusqu'à quelques dizaines de millions de
dollars cela ne pose aucun problème). En effet, le Forex est le plus grand marché du monde et
on enregistre des pointes de près de 2000 milliards de dollars de transactions par jour sur les
devises. À titre d'exemple cela représente 400 fois le volume moyen quotidien de la bourse de
Paris et 30 fois celui du plus grand marché d'actions au monde, le NYSE (New York Stock
Exchange).
☺ une cotation 24 heures sur 24 et cinq jours sur sept. L'ouverture quasi
permanente de ce marché permet aux investisseurs de réaliser des transactions quand ils le
souhaitent.Cela n'est pas possible avec les marchés d'actions qui sont fermés la nuit.
- la possibilité de réaliser des opérations très spéculatives à l'aide d'un effet de levier
qui peut monter jusqu'à 400 fois le montant de vos espèces.
L’effet de levier est un mécanisme qui permet de prendre des positions bien plus importantes
que les fonds dont dispose l’investisseur. Mais il peut également être très risqué car s’il
multiplie les gains, il peut aussi multiplier les pertes. Les effets de levier sur le marché du
Forex varient généralement de 50:1 à 400:1 (l’effet de levier le plus couramment proposé par
les courtiers est de 100:1) et c’est le courtier qui joue le rôle de créditeur.
Les garanties : l’appel de marge :
Afin d’éviter que les investisseurs sur le Forex ne perdent plus que ce dont ils disposent
réellement sur leurs comptes, les courtiers, créditeurs de leurs clients, exigent de chaque
intervenant un dépôt garantissant le paiement des pertes éventuelles et un respect de la
couverture des positions autrement dit de la marge.
Une transaction « sur marge » signifie que l’investisseur peut acheter ou vendre des actifs
dont le montant est plus élevé que le capital disponible sur son compte. Les marges utilisées
sont relativement faibles, car les fluctuations des taux de change dans une même journée sont
souvent inférieures à 1 % ou 2 %.
61
Lorsqu’il ne respecte plus cette marge et qu’il atteint 100% de marge, un appel de marge se
déclenche instantanément. Il est ainsi informé qu’il n’a plus assez de capital pour couvrir ses
positions. Il doit donc rapidement couper une partie de ses positions, afin de retrouver un
niveau de marge correct. Dans le cas contraire, son courtier coupera automatiquement
l’ensemble de ses positions s’il atteint le niveau de clôture. Ce dernier varie selon les courtiers
mais se situe généralement à 0,5 %.
☺ peu de valeurs à surveiller. À la différence des marchés d'actions qui comptent des
centaines voire des milliers de titres, le Forex ne propose que quelques dizaines de devises 45
différentes dont cinq ou six majeures que les opérateurs surveillent de près et sur lesquelles
se réalisent la majorité des échanges.
☺ des frais de transactions réduits. Pour négocier sur le Forex, les intermédiaires
financiers ne facturent généralement pas de commissions, ils se rémunèrent uniquement sur
la fourchette achat/vente (le " spread " en langue de Shakespeare). Sur les principales paires
de devises, le spread, soit la différence entre le cours d'achat et le cours de vente, est de 2 à 3
unités de base (ou « pips »).Par exemple, une transaction sur l'Euro/dollar coûte
généralement moins de 0,02% ! Dix fois moins que sur les actions !
 Les entreprises et les particuliers
En premier lieu, Les entreprises qui réalisent des contrats internationaux et qui souhaitent se
couvrir contre des fluctuations des cours afin d'assurer la stabilité de leurs revenus. En
second lieu, les particuliers qui commencent à affluer en masse sur ce nouveau marché. Les
offres en direction de ces derniers se sont multipliées et ont permis aux particuliers de rentrer
sur ce marché qui était auparavant réservé aux professionnels.

 Les spéculateurs
Ils représentent une autre catégorie d’acteurs du marché impliquée dans les transactions liées
au change. Plutôt que de se couvrir contre les variations des taux de change ou des devises
pour financer des transactions au niveau international, les spéculateurs essayent de réunir de
l’argent en tirant profit de la fluctuation des taux de change.

Le spéculateur de devises le plus connu est probablement George Soros. Ce manager de hedge
fund milliardaire est célèbre pour avoir spéculé sur le déclin de la Livre Sterling, pari qui lui a
rapporté 1,1 milliard de Dollars en moins d’un mois.
En revanche, le trader à la banque anglaise Barings Nick Leeson a pris des positions
spéculatives sur des contrats futures sur le yen qui se sont soldées par une perte de plus de 1,4
milliard de Dollars, menant son employeur à la faillite.
Les fonds spéculatifs font partie des plus grands et plus controversés des spéculateurs du
Forex. Ce sont essentiellement des fonds non réglementés qui utilisent des stratégies
d’investissement peu conventionnelles pour avoir un rendement conséquent. Etant donné
qu’ils peuvent miser des sommes importantes, l’économie et la devise d’un pays peuvent être
fortement bouleversées.
Récapitulatif : spécificités du marché des changes par rapport aux actions
Forex Actions
Liquidité Très forte Très forte à très
faible
Volatilité Forte Forte à faible
Effet de levier Jusqu'à 400 Environ 5
Ouverture 24/24 h Environ 8h par jour
Instrument Quelques Plusieurs milliers
dizaines
Frais de Très faibles Moyen à élevé
transaction
Exemple sur les frais de transaction
Soit la cotation suivante sur l'Euro/dollar :
62
Achat : 1,2052 / Vente : 1,2050
Cela signifie qu'à cet instant, on peut acheter l'EUR/USD à 1,2052 et le vendre à 1,2050. La
différence de 2 pips entre l'achat et la vente est le spread, c'est la commission du courtier.
Dans cet exemple, les frais de transaction sont donc de 0,0002 / 1,2050 = 0,017 % soit au
moins 10 fois plus faible que les frais de transaction facturés pour l'acquisition d'actions sur le
marché.
A la lumière de cet exemple on comprend aisément l'attirance de ce marché pour les " day
traders " qui peuvent ainsi faire de nombreux allers/retours sans être pénalisés par les frais
de transaction qui sont marginaux. 46

A-7-Trading et opérations de change


i. La couverture (hedging)
Le principe consiste à prendre une position inverse à la position déjà ouverte, de manière à
annuler les risques. C'est une technique très utilisée par les professionnels.
Qu’une entreprise vende à un client international ou qu’elle achète à un fournisseur mondial,
la banque devra gérer la volatilité des devises fluctuantes.
S’il y a bien une chose que les dirigeants de société et les actionnaires détestent, c’est
l’incertitude. Le risque de change pose un gros problème pour de nombreuses
multinationales.

 C'est par exemple, le cas d'un investisseur institutionnel Européen qui a décidé
d'acheter des actions américaines. Il est alors en risque de change car si le Dollar baisse, la
contrevaleur Euro de ses titres américains baissera. Pour s'immuniser de ce risque, il va alors
vendre le montant équivalent en Dollar des actions qu'il vient d'acheter.

 Par exemple, supposons qu’une société allemande commande du matériel à un


fabricant japonais qui demande à être payé dans un an. Etant donné que le taux de change
peut largement fluctuer en un an, la société allemande n’a aucun moyen de savoir si elle devra
débourser plus d’Euro au moment de la livraison. Pour réduire l’incertitude entourant le
risque de change, l’entreprise peut choisir de payer comptant et acheter immédiatement la
devise dont elle a besoin. Malheureusement, les entreprises ne disposent pas toujours d’assez
de liquidités pour des transactions au comptant ou peuvent refuser de détenir d’importantes
réserves de devises pendant longtemps. Par conséquent, les entreprises ont fréquemment
recours à des stratégies de couverture pour s’assurer d’un taux de change futur bien
spécifique ou pour éliminer toute source de risque de change pour la transaction.

 Par exemple, si une société Européenne veut importer de l’acier des Etats-Unis, elle
devra régler en Dollars américains. Si le cours de l’Euro baisse face au Dollar avant que le
paiement n’ait eu lieu, la société Européenne enregistrera une perte financière liée à la
variation de change. De ce fait, elle pourrait signer un contrat de couverture sur le taux de
change actuel pour éliminer le risque de change. Ces contrats peuvent être des contrats à
terme ou à règlement mensuel.
ii. La prévision ou spéculation
Il s'agit d'anticiper les mouvements du marché grâce à une observation plus ou moins
avancée de l'environnement financier, économique et politique. L'intérêt de l'anticipation des
mouvements de change est la spéculation. Pour cela, de nombreuses sources d'informations
sont à la disposition du trader Forex (Reuters, TELERATE, Bloomberg L.P.) lui permettant
d'accéder à toutes les cotations et informations financières utiles pour son trading. Il a
également accès aux indicateurs économiques des principaux pays ainsi qu'aux informations
financières mondiales. Il est en mesure de se forger une opinion sur l'évolution des cours ou
taux et ainsi d'anticiper des mouvements futurs.

iii. L’arbitrage
Il consiste à essayer de tirer parti de décalages ponctuels de prix ou de cours sur le même
63
support, la même devise sur 2 marchés différents. L'arbitragiste peut réaliser ces opérations
sur

64
un seul marché -par exemple le spot- ou sur plusieurs marchés -par exemple les swaps de
change. De puissants outils informatiques (dits pricers) lui permettant de calculer différents
prix ou l'intérêt d'une opération d'arbitrage. Cette stratégie requiert une réactivité et une
gestion du stress en temps réel de la part du trader.

A-8-Produits traités
i. SPOT
Le change comptant ou change « spot » consiste à échanger deux devises, à un cours négocié, 47
deux jours ouvrés après la date de négociation. Cette date est appelée la date « spot ».
Les caractéristiques principales d'une opération de change comptant sont:
 La devise principale
 Le sens: achat ou vente
 La devise secondaire, ou devise "prix": devise vendue s'il s'agit d'un achat, devise
achetée s'il s'agit d'une vente.
 La date de négociation ou "trade date"
 La date de valeur ou "spot date": généralement égale à la date de négociation + 2
jours ouvrés. Remarque : un contrat de change au comptant a une durée de vie
nulle ; il n'y a pas de « date de fin ».
 Le montant négocié, exprimé dans la devise principale
 Le cours négocié
 Le montant dans la devise secondaire, calculé à partir du montant principal et du cours

Malgré le fort développement de l'Euro, le Dollar reste le pivot dominant. Pour une devise
non- Européenne XXX, une transaction entre l'Euro et cette devise se décomposera
généralement en une transaction EUR/USD et une transaction USD/XXX. La paire de
devises EUR/XXX s'appelle alors un cross.

ii. Change à terme


Le change à terme se décompose en deux produits, tous deux interbancaires, le terme sec (on
dit outright en anglais), plutôt peu traité (à l’international), et les swaps de change.
Contrairement aux autres marchés financiers, les marchés à terme organisés ne se sont
jamais imposés sur le marché des changes et demeurent marginaux.
iii. Options de change
Enfin, le marché des options de change est le plus divers et le plus inventif des marchés
d'options. C'est lui qui est à l'origine de quasiment toutes les formes d'options dites exotiques
ou de deuxième génération (options à barrière, options asiatiques, options sur options, etc.).
A-9-Fonctionnement des marchés de change
i. Profession de cambiste
Du bas-latin cambiare. Du latin classique cambire, qui signifie échanger.
Ceux qui effectuent des opérations de change à titre professionnel sont appelés cambistes.
Les banques en particulier ont des équipes de cambistes, tant pour réaliser les opérations
propres de ces institutions sur le marché que pour satisfaire les besoins de change de leurs
clients, par exemple, concernant les entreprises, pour leurs opérations de commerce
international. Ils agissent comme market makers, c'est-à-dire qu'ils "font des prix", à chaque
demande de leurs clients pour une quantité soit standard soit spécifiée. Ils fournissent à la
fois le prix auquel ils achètent (bid) à leur client et celui auquel ils vendent (ask).
ii. Activité de change
La cotation se note toujours en indiquant le cours d'achat / le cours de vente. Par exemple :
USD/EUR = 0,7563/0,7567
Cela signifie que le client a la possibilité d'acheter 1 Dollar pour 0,7563 Euro ou de vendre 1
Dollar pour 0,7567 Euro. A New York les lots sont de 100 000$ et il existe un effet de levier
qui

65
peut être (cela dépend des courtiers) par exemple de 1%. Seuls 1000 $ suffiront dans ce cas à
un investisseur pour agir sur 100 000$.
Exemple :
Supposons que vous pensiez que le Dollar est sous-évalué par rapport à l'Euro. Vous allez
donc acheter des Dollars, car vous pensez que sa valeur va augmenter; simultanément vous
vendez des Euros (vous jouez la paire USD/EUR).
Imaginez que vous ayez eu une bonne intuition, et que l'USD/EUR monte à 0,7597/99. Vous
pouvez maintenant vendre un Dollar pour 0,7599 ou acheter un Dollar pour 0,7597. Vous 48
avez acheté des Dollars, vous êtes donc "long" en Dollars; simultanément vous avez vendus
des Euros, vous êtes "short" en Euros. Pour réaliser votre profit il vous faut maintenant
dénouer l'opération (fermer votre position en jargon boursier) : vendre vos Dollars et
racheter vos Euros.
iii. Les jours valeur
L’overnight, c'est-à-dire en valeur jour (notée "J"), soit donc de J à J+1 ouvré, n'est que très peu
pratiqué sur les marchés des dépôts en devises, où l'argent au jour-le-jour se traite en Tom
Next, c'est-à-dire de J+1 ouvré à J+2 ouvré. Cela s'explique par des raisons pratiques de
délai de transmission des instructions à la banque correspondante qui tient le compte en
devise dans le pays d'origine de celle-ci (ou, pour l'euro, un de ses pays d'origine).
A-10-les taux d’intérêt : une spécificité du Forex
A la différence des actions, détenir des devises ne donne pas lieu au versement d'un dividende
mais à la perception d'un taux d'intérêt. En effet, la détention d'une devise offre une
rémunération à son propriétaire, la rémunération versée est directement liée au taux d'intérêt
monétaire du pays ou de la zone économique d'émission de la devise.
Les taux directeurs sont fixés dans chaque zone économique par l'institut monétaire local :
Réserve Fédérale (Fed) aux Etats-Unis, Banque Centrale Européenne (BCE) pour la zone
Euro, Banque du Japon, Banque d'Angleterre, etc.
Ces taux ne sont pas gravés dans le marbre mais évoluent à la hausse ou à la baisse en
fonction de la santé économique des différents pays.
En analysant les dits taux dans le monde, on constate que la politique monétaire est loin
d'être uniforme à travers la planète, avec des taux à plus de 7% d'un côté (Nouvelle-Zélande)
et à 0% de l'autre côté (cas du Japon avec sa politique ultra accommodante).
Quel impact sur les transactions ?
Comme nous l'avons indiqué plus haut, le fait de détenir une devise entraîne le versement
d'un intérêt à son détenteur. Ainsi, si on détient 10.000 USD, le courtier nous versera
quotidiennement un intérêt au taux annuel de 4,50%, soit 450 $ par an.
Néanmoins quand on achète une devise, on le fait à l'aide d'une autre devise (principe des
paires) ce qui fait que l'on ne touche pas l'intégralité de l'intérêt mais le différentiel entre les
taux d'intérêts des deux devises.

B- Différents régimes de change


Un régime de change est l’ensemble des règles qui déterminent l’intervention des autorités
monétaires sur le marché des changes, et donc le comportement du taux de change.
Le régime de change des monnaies entre elles dépend du système monétaire international et
de la convertibilité des monnaies.
Une monnaie est dite inconvertible quand il est impossible de s’en procurer sur un marché
libre. L’autorité monétaire se voit remettre les devises étrangères qu’elle convertit en
monnaie locale selon sa règle propre. Elle délivre des devises à ceux qui veulent acheter à
l’étranger ou s’y déplacer en fonction des disponibilités après que l’État s'est couvert de ses
besoins. Un très grand nombre de monnaies sont aujourd’hui inconvertibles. Ce système est
un frein majeur au commerce international. Lors de crises sérieuses une monnaie convertible
peut cesser de le devenir temporairement. En France, le contrôle des changes a été rétabli
temporairement pour

66
la dernière fois par le gouvernement Mauroy, sous la présidence de François Mitterrand,
après la mise en place du Programme commun de gouvernement et la fuite de capitaux qu’il a
provoquée.

Le choix d’un régime de change revêt une grande importance pour un pays. En effet, il met en
jeu sa politique économique, ses marges de manœuvre et son mode d’ajustement macro-
économique. Il implique également ses partenaires qui peuvent être sensibles aux
conséquences de son régime de change sur leur compétitivité relative. Un pays a le choix
entre une grande diversité de régimes de change, classés principalement en trois grandes 49
familles : les régimes de change fixes, flottants et intermédiaires.

Plusieurs travaux ont montré que les crises de change les plus retentissantes des années 90
sont intervenues dans des contextes de régimes de change intermédiaires. Ceci est vrai pour
les crises à l’intérieur du mécanisme de change Européen de 1992-1993, au Mexique en 1994-
1995, dans les pays d’Asie du sud-est en 1997, en Russie en 1998, au Brésil en 1999 et en
Turquie en 2001. Ces épisodes avaient conduit le FMI à la fin des années 90 à préconiser
l’abandon des régimes de change intermédiaires, jugés trop vulnérables, au profit de
solutions dites de « coin »
: changes flottants ou changes fixes. C’est ainsi que ces régimes ont gagné du terrain au
détriment des régimes intermédiaires tout au long de la décennie 90.

Le marché des changes existe sous sa forme actuelle, dite régime des changes flottants,
depuis mars 1973 et l’abandon de la fixité des taux de change des diverses monnaies par
rapport à l’étalon Dollar issue des accords de Bretton Woods en 1944.
B-1- ’étalon Or
En 1875, la création du système monétaire international marque un des événements majeurs
dans l’histoire du marché de change international. Avant la mise en place de l’étalon-or, les
pays utilisaient habituellement l’or et l’argent comme moyens de paiement international.
Payer avec de l’or et de l’argent induit un problème principal : leur valeur est modifiée par
une demande et une offre émanant de l’extérieur.
Par exemple, la découverte d’une nouvelle mine d’or faisait chuter les prix de l’or.
L’idée derrière le recours à l’étalon-or était que les gouvernements garantissent la conversion
d’une devise en une somme d’or précise et vice versa. En bref, une devise serait financée par
l’or. De toute évidence, les pays avaient besoin d’une réserve aurifère de taille pour répondre
aux besoins d’opérations de changes.
A la fin du dix-neuvième siècle, tous les principaux pays développés avaient défini qu’une
certaine somme d’argent correspondrait à une once d’or. Avec le temps, la différence de prix
d’une once d’or entre deux devises passa au statut de taux de change pour ces deux mêmes
devises. Le premier moyen standardisé d’opération de change de l’histoire était apparu.
Finalement, l’étalon-or fut abandonné durant la première guerre mondiale. A cause de
tensions politiques avec l’Allemagne, les principales puissances Européennes ressentirent le
besoin de bâtir de grands projets militaires. Financièrement, ces projets étaient si importants
qu’à l’époque, il n’y avait pas assez d’or à échanger contre le surplus de monnaie que les
gouvernements imprimaient.
Bien que l’étalon-or ait refait surface un court moment pendant l’entre-deux guerres,
beaucoup de pays ne l’utilisaient plus au début de la seconde guerre mondiale. Cependant,
l’or resta à jamais la dernière forme de valeur monétaire.

B-2-Le système de Bretton Woods


i. Histoire de Bretton Woods
Avant la fin de la seconde guerre mondiale, les pays alliés pensaient que mettre en place un
système monétaire se ressentirait après l’abandon du système de l’étalon-or. En juillet 1944,
plus de 700 représentants des pays alliés se réunirent à Bretton Woods, dans l’état américain

67
du New Hampshire, pour y délibérer sur ce qui sera appelé par la suite “le système monétaire
de Bretton Woods”.

68
Pour simplifier, les accords de Bretton Woods ont permis :
1. L’instauration d’une méthode de taux de change fixes ;
2. Le passage de l’étalon-or à l’étalon Dollar, monnaie qui devient de facto la devise de
réserve de référence ;
3. La création de trois agences internationales pour surveiller l’activité économique :
le Fonds Monétaire International (FMI), la Banque internationale pour la
reconstruction et le développement (BIRD) qui fait maintenant partie de la Banque
mondiale), et l’Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT) le 50
précurseur de l’OMC, créés en 1949.
Une des caractéristiques principales de Bretton Woods est le passage de l’étalon-or au Dollar
américain, qui devint alors la principale référence pour convertir des devises dans le monde
entier.
De plus, le Dollar américain devint la seule devise convertible en or, ce qui s’avéra d’ailleurs
par la suite être la première raison de l’échec du système de Bretton Woods.
Durant les 25 années qui suivirent environ, les Etats-Unis durent accepter le déficit de leur
balance des paiements pour que le Dollar reste la devise de réserve mondiale. Au début des
années 1970, les réserves d’or des Etats-Unis avaient tellement diminué que la trésorerie
américaine n’en avait pas assez pour assurer la couverture des Dollars détenus en réserve par
les banques centrales du monde entier.
Finalement, le 15 août 1971, le président Richard Nixon suspendit unilatéralement la
convertibilité du Dollar en or, mettant de fait fin au système de Bretton Woods.
Bien que Bretton Woods ne durera pas longtemps, il légua un important héritage qui a encore
des répercussions sur le climat économique mondial actuel. Cet héritage se présente sous la
forme des trois agences internationales citées ci-dessus.

ii. Les taux de change fixes


Autrement dit constant par rapport à une monnaie de référence (en général le Dollar US ou
l'Euro), par décision de l'État qui émet cette monnaie.
Un régime de change fixe suppose la définition d’une parité de référence entre la monnaie
d’un pays considéré et une devise (ou un panier de devises), sur laquelle la Banque Centrale
s’engage à échanger sa monnaie.
Ainsi, l’économie du pays en question sera plus stable qu’avec des taux flottants classiques.
De façon plus poussée, la fixation permet à la devise d’un pays d’être échangée à taux fixe
avec une devise ou un panier défini de devises étrangères. La devise répliquera alors
exactement les fluctuations de la devise ou du panier de référence.
Par exemple, entre 1997 et le 21 juillet 2005, la Chine a fixé le yuan sur le Dollar américain à
un taux de 8,28 yuan pour 1 Dollar. L’inconvénient de cette fixation est que la valeur d’une
devise dépend totalement de la situation économique de la devise choisie comme référence.
Par exemple, si le Dollar connait une hausse considérable par rapport aux autres devises, le
yuan montera aussi, ce que la banque centrale chinoise ne souhaite pas forcément.

Le taux ne peut alors être modifié que par une décision de dévaluation (ou de réévaluation)
de cet État. Un État ne peut cependant pas décider d'adopter n'importe quel taux de change
de sa monnaie. S'il fixe ce taux de change à un niveau trop haut ou trop faible, le taux de
change pourra être « attaqué » sur le marché des changes. Si les autorités monétaires
n'arrivent pas à faire face (grâce à leurs réserves de change), elles devront modifier leur
parité.

La Banque Centrale peut intervenir sur le marché des changes, lorsqu’il est libéralisé, en
achetant ou en vendant de la monnaie nationale, afin de rétablir le cours du change fixé. Sur
le marché de change contrôlé, la monnaie est inconvertible, la parité est définie
arbitrairement et soutenue artificiellement. Il existe notamment trois catégories de régimes
fixes :
 L’union monétaire :
Le régime le plus strict dans lequel les taux de change des pays membres sont fixés de
69
manière irrévocable, les monnaies locales pouvant être remplacées par une monnaie
commune.

70
 La caisse d’émission ou « currency board » :
Il s’agit d’un régime de change basé sur un engagement explicite à convertir la monnaie
domestique contre une devise particulière à un taux fixe. La monnaie domestique émise est
totalement couverte par des actifs en devises et les fonctions habituelles de la Banque
Centrale, telles que le contrôle monétaire et le rôle du prêteur en dernier ressort ne sont plus
possible. Il autorise ainsi une double circulation monétaire (exemple : le peso et le dollar en
Argentine).
 Régimes de change fixes traditionnels :
Il s’agit d’un régime de change qui définit la parité fixe entre la monnaie nationale et une 51
devise (ou un panier de devises). Cette parité peut être modifiée de manière exceptionnelle
afin de restaurer l’équilibre de la balance des paiements. Ce régime laisse ainsi peu de marges
de manœuvre à la Banque Centrale en matière de politique monétaire.
 Régimes de change fixes avec bandes de fluctuations :
Le pays qui adopte ce régime fixe une parité d’échange de sa monnaie contre une autre devise
ou un panier de devises, mais autorise de plus une bande de fluctuations par rapport à ce
cours de référence. Exemple : en Hongrie, le forint est fixé vis-à-vis de l’Euro avec une marge
de fluctuation élargie de +/-2.25% à +/-15%.

La création de l’Euro, c’est-à-dire d’une monnaie réellement transnationale gérée par une
banque centrale indépendante des États, marque aussi une étape importante de l’évolution
des régimes de changes. Pour les Européens cela signifie que leur monnaie n’a plus de
caractère symbolique national, n’est plus gérée par leur gouvernement et permet de réaliser
librement toutes opérations financières sans risque de change dans la zone monétaire de
l’Euro dite
« Euroland ». Seize pays sont actuellement dans l'Euroland.

B-3- Les changes flottants et la domination des idées de Friedman

i. Histoire du régime des changes flottant


La période de croissance continue et d’inflation modérée appelées «les trente glorieuses »
construite sur les idées keynésiennes s’arrête après la crise mondiale de 1973-1974, la plus
dure depuis la guerre, et la période de stagnation et d’inflation, appelée stagflation, qui s’en
suit pendant une dizaine d'années. L’échec de toutes les « relances keynésiennes » dans les
années 1970 conduit à un retour en grâce des thèses monétaristes sur la base des travaux de
l’école autrichienne, très influencée par l’hyperinflation autrichienne qui a suivi la fin de la
guerre de 1914 et qui précédera celle de l’Allemagne. Elles cherchent à montrer que l’État en
matière monétaire ne sait guère faire mieux que provoquer des crises.
Carl Menger reconnaît le rôle central de la monnaie et décrit son invention comme celle
d'un ordre spontané. Les différents moyens d'échange primitifs ont été progressivement
supplantés par ceux qui étaient les plus durables, les plus commodes à utiliser et dont la
valeur était la plus pérenne à cause de leur rareté, c'est-à-dire les métaux précieux. Toutes les
fonctions de la monnaie sont des aspects ou des conséquences de sa fonction de moyen
d'échange. Cette attitude cohérente avec celle des classiques est développée par les
économistes de la tradition autrichienne, dont Ludwig von Mises qui voit dans la création
excessive de monnaie et de crédit par l'État l'origine unique des crises économiques.
Ils sont relayés par les écrits éloquents de Milton Friedman et des économistes de l’école de
Chicago. Ils dénoncent comme illusoires les politiques de relance monétaire et intenables les
changes fixes.
Ces conceptions ont conforté le système de changes flottants qui s’est instauré de facto depuis
l’explosion du système de Bretton-Woods en 1971 et les politiques libérales de dérégulation
financières et monétaires qui ont été largement mises en place ultérieurement, en dépit de
protestations théoriques vives comme celle du Français Maurice Allais qui critique les
changes flottants et les risques d’une nouvelle crise globale de crédit : « Ce qui doit arriver
arrive », écrit- il.
71
L’histoire récente des changes flottants est marquée par une suite de crises financières et
économiques :
 crise dite « choc du pétrole » de 73-74 ;
 crise des dettes souveraines de 81-85(à la suite de prêts massifs au tiers monde en
recyclage des pétro-Dollars générés par la hausse massive des cours du pétrole), dite
aussi crise Tequila ;
 crise des Savings and Loans banks et des « obligations pourris » aux États-Unis à la
fin des années 1980 ; 52
 crise de 91-93, première récession depuis la guerre de quarante ;
 crise de 98 dite « des pays émergents » ;
 crise de 2001-2002 dite des « nouvelles technologies » avec une chute boursière
impressionnante (en France le CAC passe de près de 8000 à 2700) ;
 crise depuis 2007, dite des subprimes.

ii. Le régime de change flexible


Dans un régime de change flexible, le cours de la monnaie est déterminé librement sur le
marché des changes, par le simple jeu de l’offre et de la demande de devises. Le régime est
connu aussi sous le nom de « flottement pur ». Les Banques Centrales n’interviennent pas
et laissent le marché s’équilibrer librement selon la loi de parité des pouvoirs d’achat selon
laquelle les modifications du niveau relatif des prix aboutissent à une modification parallèle
des taux de change. La politique monétaire retrouve alors son autonomie, mais la Banque
Centrale abandonne son contrôle sur l’évolution du cours de change nominal.
Le flottement pur est adopté par de nombreux pays comme les Etats-Unis, le Canada,
l’Australie, la Nouvelle Zélande, le Japon, la Suisse, le Royaume Uni ou les pays émergents
comme le Brésil, le Chili ou la Pologne.
B-4-Les régimes intermédiaires
Entre deux extrêmes, on trouve les régimes intermédiaires, qui se distinguent selon les
fluctuations que la Banque Centrale autorise autour de la parité de référence et selon la
fréquence des réalignements de cette parité.
Après l’effondrement du système de Bretton Woods, le monde accepta finalement lors des
accords de la Jamaïque en 1976 d’utiliser les taux de change flottants. L’étalon-or étant aboli,
mais les gouvernements n’adoptèrent pas pour autant un système de taux de change en
flottement libre.
La plupart des pays recoururent alors à l’un des systèmes de taux de change suivants, encore
employés de nos jours :
i. La Dollarisation
Ce phénomène a lieu lorsqu’un pays décide de ne pas émettre sa propre devise et adopte celle
d’un pays étranger comme monnaie nationale. Bien que la Dollarisation permette
généralement au pays d’être perçu comme un endroit plus stable pour placer ses
investissements, l’inconvénient réside dans le fait que la banque centrale du pays n’est plus
maître de sa politique monétaire.
Un exemple de Dollarisation est l’utilisation du Dollar américain par le Salvador.
ii. La parité glissante ou le « crawling peg » :
Il s’agit d’un régime de change dans lequel le taux de change est fixé périodiquement par
petites incrémentations, soit à taux fixe, soit en réponse aux changements de certaines
variables indicatrices, comme le différentiel d’inflation passée par rapport aux principaux
partenaires commerciaux. Ce système est souvent connu sous le nom de « glissement
passif ou adaptatif » (« backward-looking crawling peg »). On trouve également le
système de change permettant un ancrage sur les anticipations de prix connu sous le nom «
glissement actif ou pré-annoncé » (« pre-announced crawling peg » ou « forward-
looking crawling peg »). Cette approche consiste à annoncer le taux de dévaluation à
l’avance pour plusieurs mois. Ces deux approches ont souvent été adoptées dans les pays
d’Amérique latine dans les années 1970 et 1980 afin
72
d’enrayer leur inflation galopante. Enfin, certains pays ont décidé d’opter pour le « crawling
peg à bandes glissantes » qui consiste à maintenir le taux de change dans une bande de
fluctuations autour d’une parité centrale glissante.
iii. Flottement administré ou flottement géré
Les taux de change sont flottants, mais des interventions ponctuelles ou coordonnées des
Banques Centrales informent les marchés sur la parité considérée comme souhaitable. Il
s’agit d’un « flottement impur ». Cette approche permet aux autorités monétaires
d’influencer les mouvements du taux de change à travers une intervention active, sans 53

spécifier ou pré-annoncer une trajectoire pour le taux de change, la Banque Centrale ne


s’engageant pas sur un taux de change ciblé. Ce régime est adopté par nombreux pays
émergents à partir de la fin des années 1990 et début des années 2000, notamment
l’Argentine, l’Uruguay, la Roumanie, la République Tchèque, la Croatie ou encore la Russie et
Singapour.
iv. Le flottement dirigé
Un taux de change dirigé est un taux de change flottant, déterminé à chaque transaction par
l'équilibre entre offre et demande sur les marchés des changes.
Il s'agit d'un marché mondial interbancaire des monnaies, de moins en moins centralisé sur
des lieux spécifiques de cotation et d'échanges, car reposant sur des
liaisons informatiques entre banques.
On utilise ce système lorsque l’on permet au taux de change d’évoluer librement sur le
marché, suivant la loi de l’offre et de la demande.
Néanmoins, le gouvernement ou la banque centrale peuvent intervenir pour stabiliser les taux.
Par exemple, si la devise d’un pays s’est dépréciée bien en-dessous d’un niveau considéré par
lui comme acceptable, le gouvernement a la possibilité d’augmenter les taux d’intérêt à court
terme. L’augmentation des taux devrait légèrement faire remonter la devise ; mais ceci n’est
qu’un exemple très simplifié. Les banques centrales emploient généralement plusieurs outils
spécifiques pour réguler une devise.
v. Exemple : les principaux régimes de change

C- Le Taux de change
C-1-Définition du taux de change
Le taux de change d'une devise (une monnaie) est le cours (autrement dit le prix) de cette
devise par rapport à une autre. On parle aussi de la « parité d'une monnaie ».
Les taux de change, cotés sur les marchés des changes, varient en permanence ; ils varient
également en fonction de la place de cotation.
Cas particulier du taux Euro/Dollar
Le taux de change de l'Euro en Dollar sera noté : EUR/USD
73
Le taux de change dit Euro/Dollar est le cours de l'Euro chiffré en Dollar US, d'où la barre de
fraction (ne pas confondre avec les EuroDollars*).
C'est l'instrument financier le plus actif et le plus traité du monde: 27% du total des
opérations spot. Sa valeur est donc un indicateur suivi en permanence non seulement par les
milieux économiques et financiers, mais aussi par les médias, tant spécialisés que
généralistes, du monde entier.
* : Dollars déposés dans une banque située hors des États-Unis.
Une euromonnaie ou eurodevise est une monnaie détenue en compte dans une banque située hors du pays
d'émission de la dite devise. On parlera ainsi d'eurodollars pour des comptes en dollars hors des États-Unis ou 54
d'euroyens pour un compte en yens hors du Japon.

Le taux de change est :


1. soit un cours « spot », c'est-à-dire « au comptant », pour les achats et ventes
immédiats de devises. En général le délai de livraison de devises est de 2 jours
ouvrable pendant les jours de travail et il peut dépasser ce délai si la livraison devrait
être faite pendant des jours de vacances.
2. soit un cours « forward », c'est-à-dire « à terme », pour les opérations de change à une
date d'échéance future, ou la livraison n'est pas faite immédiatement. La mission est
de gérer le risque. C'est un accord pour fixer dès aujourd'hui le prix auquel on va
acheter/vendre la devise à terme.
C-2-Rôle économique des taux de change
Les taux de change sont au cœur des relations économiques internationales et font partie
intégrante du paysage quotidien des agents économiques. L’essor des relations commerciales
et financières internationales et l’interdépendance croissante qui en est la conséquence sont
un premier élément explicatif de l’importance stratégique de cette variable.
En plus de sa dimension économique et financière, le taux de change joue un rôle
fondamental en tant qu’instrument ou objectif de la politique économique, voire en tant que
symbole de la puissance politique.
Dans un monde totalement globalisé, et sans règles formelles, les économistes cherchent à
appréhender les évolutions et les déterminants des taux de change, de plus en plus volatils et
échappant à tout contrôle. Les médias spécialisés commentent jour après jour les évolutions
des principales devises internationales que sont le dollar, le yen et l’euro, et analysent les
turbulences que vit depuis quelques années le système monétaire international ainsi que les
crises financières et de change des pays émergents.

Les taux de change (et les taux d'intérêts, qui leur sont étroitement liés) agissent bien
entendu sur les prix à l'importation et à l'exportation. Ils ont une influence sur le sens des
flux de capitaux entre zones économiques.
De ce fait, les pays et zones économiques peuvent être tentés d'agir sur les taux de change,
sous prétexte souvent d'éviter la spéculation (en fait ces manipulations ont plutôt tendance à
l'encourager), et dans le but d'améliorer (baisse du taux de change) :
 la compétitivité-prix de leurs biens et services ;
 leur attractivité en matière de flux d'IDE.
Cette baisse du taux de change aura également des effets négatifs (renchérissement des
importations, etc.), elle n'est pas forcément souhaitable.

C-3-Principaux déterminants du marché des changes


i. La « parité des taux d’intérêt » : Le niveau des taux d’intérêt, un
déterminant essentiel des cours de change
Le taux d’intérêt est l’un des facteurs essentiels dans la détermination des taux de change.
Alors que les banques centrales pilotent les taux d’intérêt à court terme, la question sous-
jacente est bien de savoir quel est l’impact sur le taux de change d’un changement dans la
conduite de politique monétaire.

74
Les relations entre taux d’intérêt et taux de change sont formalisées selon un principe simple
plus connu sous le nom de « parité des taux d’intérêt ». Ce principe stipule que si deux
devises ont des taux d’intérêt différents, alors cette différence se reflètera dans les taux de
change forward et dans les taux de change futur anticipé. Il existe ainsi deux versions de la
parité des taux d’intérêt :
 La parité des taux d’intérêt couverte en change qui établit un lien entre taux de change
courant, taux de change forward (c’est-à-dire le taux de change déterminé aujourd’hui
sur le marché à terme, pour une date d’échange futur) et les taux d’intérêt des deux 55
devises concernées.
 La parité des taux d’intérêt non couverte en change qui établit cette fois-ci un lien entre
taux de change courant, taux de change futur anticipé et les taux d’intérêt des deux
devises.
Les relations de parité des taux d’intérêt cherchent à expliquer l’évolution à court terme du
change à partir du comportement de deux catégories d’agents sur les marchés de taux et de
change :
1. les arbitragistes qui cherchent à tirer partie des différences momentanées de cours de
change entre les différentes places et aussi des écarts de taux d’intérêt et ce sans prise
de position de change.
2. les spéculateurs qui cherchent à réaliser des plus-values en s’exposant volontairement
au risque.
ii. La parité des taux d’intérêt couverte en change (PTIC)
Cette relation fait intervenir la première catégorie d’agents, elle est aujourd’hui couramment
utilisée par les cambistes et veut montrer que deux placements sans risque sur deux devises
doivent apporter le même rendement.

Soit i : le taux d’intérêt sur le marché monétaire national (à 1 an par


exemple) Soit i* : le taux d’intérêt sur le marché monétaire étranger (à 1 an)
Soit E : le taux de change au comptant côté à l’incertain de la monnaie nationale.
On rappelle que le taux de change à l’incertain correspond au nombre de devises nationales
(par exemple l’EUR) nécessaire pour acheter une unité de devises étrangères (par exemple
l’USD). Ainsi la cotation à l’incertain de l’EUR correspond au cross USD/EUR.
Soit F : le taux de change à terme (dans 1 an) de la monnaie nationale, côté à l’incertain, et
fixé aujourd’hui.
La PTIC implique que :

Ou encore
Prenons un exemple : Soit un investisseur Européen qui dispose d’une somme X0 en EUR, il
cherche à savoir comment l’investir à 1 an pour avoir la meilleure rentabilité et sans risque.
Deux options s’offrent à lui :
 Il place X0 sur le marché national pour 1 an au taux i. Dans 1 an, il disposera de X0(1+i).
 Il achète des USD sur le marché des changes au comptant au taux E, il obtient (X0/E)
USD qu’il place sur le marché américain pour 1 an au taux i*. Soit au bout d’un an il
obtiendra (X0/E) (1+i*). Comme il ne veut prendre aucun risque sur les changes, il
revend immédiatement cette somme à terme contre EUR. Il obtiendra donc de façon
certaine dans un an : (X0/E) (1+i*)*F.
Les deux options doivent être équivalentes, soit X0(1+i)= (X0/E) (1+i*)*F ce qui équivaut à

Si l’égalité n’est pas vérifiée, alors il existe une opportunité d’arbitrage (c’est-à-dire la
possibilité de réaliser un profit sans aucune prise de risque) :

 Si , il est préférable de choisir la deuxième option, et n’importe quel


cambiste peut s’enrichir en :

75
☺ Empruntant X0 aujourd’hui au taux i
☺ Acheter des devises au comptant
☺ Placer les devises
☺ Les revendre à terme

 Inversement si , il est préférable de choisir la première option, et n’importe


quel cambiste peut s’enrichir en :
☺ Empruntant X0 aujourd’hui sur le marché étranger au taux i*
☺ Vendre les devises au comptant 56

☺ Placer sur le marché national


☺ Acheter la devise à terme
La mise en place de ces opérations d’arbitrage va conduire inévitablement à un retour à
l’équilibre. Dans le premier cas, i va augmenter (car la demande d’emprunt en monnaie
nationale s’accroît), la devise nationale va se déprécier sur le marché au comptant, E
augmente (car la demande de devises étrangères augmente), i* va diminuer (car l’offre de
prêt en monnaie étrangère augmente) et F va diminuer (la monnaie nationale s’apprécie sur
le marché à terme car sa demande augmente)
Les implications de la parité des taux d’intérêt couverte sont simples :
Les mouvements de capitaux à court terme entre places financières limitent les écarts entre
les taux de change à terme et au comptant, autrement dit en période normale, déport ou
report sur une devise par rapport à une autre résulte des différences d’intérêt sur chaque
place.
=> Qu’est ce qu’un report ou un déport ?
déport/report = F-E
 Lorsque F >E, on dit que la monnaie domestique est en déport par rapport à la
monnaie étrangère, elle se déprécie à terme. La monnaie étrangère est en report par
rapport à la monnaie nationale (elle s’apprécie à terme).
 Lorsque F<E, la monnaie domestique est en report, elle s’apprécie par rapport à la
monnaie étrangère à terme.

=> On définit par le taux de déport ou de report, il est égal au différentiel


d’intérêt. Ainsi, la monnaie qui offre le taux d’intérêt le plus élevé se déprécie à terme contre
la monnaie qui sert le taux d’intérêt le plus faible.

iii. La parité des taux d’intérêt non couverte en change (PTINC)


La PTINC étend la PTIC au cas des activités de spéculation, elle repose sur l’hypothèse forte
selon laquelle le marché des changes est efficient. L’arbitrage devient risqué car il comporte
un pari sur l’évolution des changes, il est non couvert en change.
Au taux de change à terme, on substitue donc le taux de change anticipé Sa par les
spéculateurs, et la relation devient :

Ou encore
La variation du taux de change anticipé est égale aux différentiels d’intérêt. Si l’égalité n’est
pas vérifiée, des profits sont réalisables, et il va y avoir une évolution du taux de change au
comptant pour rétablir l’équilibre.
En rapprochant les deux relations, il vient surtout que le taux de change futur anticipé par le
marché doit être plus ou moins égal au taux de change forward observé sur le marché des
changes à terme. Cela implique donc surtout qu’une devise qui sert un taux d’intérêt élevé
aura tendance à se déprécier par rapport à une devise qui sert un taux d’intérêt faible.
iv. La relation taux de change – taux d’intérêt
A tout moment l’équilibre du marché des changes est déterminé par l’égalité des rendements
anticipés des placements financiers en monnaie nationale et en devises étrangères que traduit
la PTINC (avec ou sans prise en compte du risque). Le niveau du taux de change à
l’instant t dépend donc des taux d’intérêt sur chacune des places et de l’anticipation

76
du taux de

77
change futur. Tout élément affectant les rendements relatifs anticipés des monnaies,
induit un rééquilibrage immédiat du taux de change courant.
=> Une augmentation du taux d’intérêt dans un pays implique, toutes choses égales par
ailleurs, que le rendement anticipé sur les placements en devises étrangères est maintenant
inférieur au rendement anticipé sur les placements en devises de ce pays. Il s’ensuit une vente
de devises étrangères, la devise de ce pays s’apprécie sous la force du courant vendeur net. Et
inversement.
=> Une anticipation de dépréciation d’une monnaie implique, toutes choses égales par
ailleurs, que le rendement anticipé sur les placements en devises étrangères est maintenant 57
supérieur au rendement anticipé sur les placements sur cette monnaie. Il s’ensuit une vente
de cette monnaie et celle-ci se déprécie immédiatement sous la force du courant vendeur net.
On comprend alors aisément pourquoi les décisions des Banques Centrales influencent tant le
marché des changes. En général, lorsqu’une Banque Centrale augmente (réduit) ses taux
directeurs, le taux de change de sa monnaie a tendance à s’apprécier (se déprécier)
immédiatement. L’augmentation (la réduction) des taux d’intérêt rend les placements dans la
zone plus attractifs (moins attractifs). Néanmoins, dans certain cas, l’augmentation (la
réduction) des taux directeurs par les Banques Centrales conduisent à un effet inverse, c’est-à-
dire à une dépréciation (une appréciation) de la monnaie nationale. Ceci arrive notamment
lorsque la décision de la Banque Centrale a un impact beaucoup plus fort sur le taux de change
anticipé.
v. La parité du pouvoir d’achat ou « Purchasing Power Parity »
Pourquoi et comment l’inflation influence le niveau des cours des changes ?
Avec la « parité des taux d’intérêt » (CT), la parité des pouvoirs d’achat (LT) est l’une des
relations les plus utilisées en finance internationale et constitue souvent une hypothèse de
base de nombreuses théories sur les taux de change. On peut prévoir l’évolution du cours
relatif des devises en comparant le prix d’un panier de biens et services dans différents pays.
Cette théorie est fondée sur l’idée que les taux de change devraient être fixés par rapport au
prix relatif des biens de consommation entre deux pays. L’évolution du taux d’inflation d’un
pays serait alors immédiatement compensée par un mouvement opposé du taux de change.
Lorsque les prix augmentent dans un pays, alors la devise de ce pays devrait se déprécier pour
que la parité soit rétablie.
Il existe deux versions de la parité des pouvoirs d’achat : une version absolue et une version
relative moins restrictive.
 La PPA absolue mesure le taux de change d'équilibre entre deux monnaies qui
assure l'égalité des pouvoirs d'achat entre les pays concernés. Si l’on appelle P le prix
domestique d’un panier de biens de consommation de référence, P* le prix étranger du même
panier de biens de

référence, la PPA absolue entre deux pays sera représentée par la formule : , avec
k un facteur de proportionnalité constant positif. Le plus souvent, on admet que k=1. Lorsque
l'on rapproche cette formule de la définition générale du taux de change réel, on s'aperçoit
que k est en fait le taux de change réel. La PPA suppose donc que le taux de change réel
n'évolue pas.
 La PPA relative suppose que l'évolution du change nominal reflète l'évolution des
prix relatifs et mesure la variation de la PPA entre deux périodes. La formule de la PPA
devient alors :
. La PPA relative n'impose plus une proportionnalité entre taux de change
et rapport des prix, mais seulement entre variation du taux de change nominal et variation du
différentiel d'inflation.

A priori, la parité du pouvoir d’achat n’est pas vérifiée à court terme, mais elle tend à se
vérifier plutôt à long terme. Elle donne, ainsi, une bonne indication sur la tendance suivie par
78
les taux de change.
Les indices du pouvoir d’achat (ou du coût de la vie) utilisés par les organismes économiques
prennent en compte des milliers de produits et services, mais l’un des indicateurs les plus

79
connus du grand public, permettant de mesurer la parité des pouvoirs d’achat des devises, est
le Big Mac Index développé par l’hebdomadaire The Economist (tableau ci-dessous).
Le célèbre magazine The Economist a créé le Big Mac Index qui permet de comparer le prix du
fameux sandwich en Dollar avec son prix en devise dans 120 pays.
Tableau : Big Mac Index, janvier 2006

58

En comparant les taux de change calculé à partir du prix du big mac dans deux pays, au taux de
change observé réellement sur le marché du Forex, il est ainsi possible d’avoir une idée de la
sur ou sous-évaluation d’une monnaie par rapport au taux de change de référence que
constitue le taux de PPA.
La parité de pouvoir d'achat, si elle est utile pour les comparaisons internationales de niveau
de vie, où des marges d'erreur de quelques pourcents ne sont pas significatives, son
utilisation pour l'analyse du marché des changes doit être effectuée avec la plus grande
prudence.
vi. Les liens entre balance commerciale et taux de
change a- Définition de la balance commerciale
La balance commerciale (ou appelée encore la balance des transactions courantes) est l’un des
trois compartiments de la balance des paiements. Selon la définition de l’INSEE, la balance
commerciale est « le compte qui retrace la valeur des biens exportés et la valeur des biens
importés ». Pour calculer la balance commerciale, la comptabilité nationale procède à
l'évaluation des importations et des exportations de biens à partir des statistiques douanières
de marchandises. Des correctifs sont apportés à celles-ci : d'une part, les échanges se
rapportant à la récupération sont déduits des flux douaniers, d'autre part, on y ajoute ceux de
matériel militaire, ainsi que l'avitaillement des navires et des avions. (Source INSEE)
b- Le lien taux de change – balance commerciale
Selon les théoriciens, les taux de change devraient être à leur niveau optimum lorsque la
balance des transactions courantes est stable. Lorsqu’un pays importe un produit, la facture
sera effectuée en devise du pays exportateur du produit. L’importateur doit alors acheter la
devise du pays exportateur et vendre sa propre monnaie. Ainsi, toute modification des
opérations économiques d’importation ou d’exportation de marchandises entraîne une
variation du taux de change :
 En cas d’une balance de transactions courantes déficitaire : c’est à dire les
importations supérieures aux exportations, la demande des devises pour effectuer des
règlements à l’étranger sera supérieure à l’offre de ces mêmes devises pour effectuer des
paiements auprès du pays. Dans ce cas, la monnaie nationale aura tendance à se déprécier ou
à être dévaluée par rapport aux autres monnaies utilisées pour ces transactions.
 A l’inverse, lorsque la balance de transactions courantes est excédentaire : les
entrées de devises sont supérieures aux sorties, la demande de monnaie par les non résidents
est plus importante que la demande des devises exprimée par les résidents. La monnaie
nationale a tendance à s’apprécier ou à être réévaluée.
80
Cependant, la faible (forte) valeur de la monnaie nationale permet par la suite à ce pays
d’exporter davantage (moins), et la devise s’appréciera (se dépréciera) de nouveau par
l’intermédiaire du phénomène inverse.
c- Effets combinés avec la balance des capitaux
Dans les faits, la relation taux de change – balance commerciale ne se vérifie pas toujours.
Par exemple, entre 1998 et 2001, les Etats-Unis enregistraient une balance commerciale
fortement déficitaire face au Japon. Pourtant sur la période, le dollar ne fit que s’apprécier
face à la monnaie japonaise. On peut expliquer ce phénomène par les effets combinés de la 59
balance des transactions courantes avec un autre compartiment de la balance des paiements :
la balance des transactions financières. Les entrées massives de capital vers les Etats-Unis en
provenance du Japon, attirés par le différentiel des taux d’intérêt entre deux pays, ont
contrebalancé les effets des déficits commerciaux américains.
L’impact de la balance commerciale sur l’évolution des taux de change dépend beaucoup du
régime de change instauré dans chaque économie.
vii. Crise monétaire
Un pays souffrira d'une crise monétaire lorsque la capacité de rembourser la dette
extérieure (publique et privée) libellée en devise étrangère du pays est fortement mise en
doute (crise de confiance). La sortie de capitaux à court terme fait alors chuter le taux de
change de la monnaie, rendant le remboursement encore plus difficile.

D- Le marché des changes marocain


Le démarrage du marché des changes, s’est effectué le 3 juin 1996 et a été institué par les
circulaires de Bank Al-Maghrib et de l’office des changes.
Les circulaires de l’Office des Changes et de Bank Al Maghrib réglementant le Marché des
Changes se présentent comme suit :
 Circulaires de l’Office des changes : www.oc.gov.ma
• N°1633 du 01/04/1996 relative à l’institution d’un marché des changes au Maroc ;
• N°1641 du 24/01/1997 relative aux opérations au comptant devises contre devises auprès des
banques étrangères et Bank Al-Maghrib ;
• N°1168 du 05/09/1967 relative aux opérations de change manuel ;
• N°1688 du 20/05/2002 relative aux opérations de placements en devises à l'étranger ;
• N°1555 du 08/08/1990 relative au régime général des règlements entre le Maroc et l’étranger et
des avoirs étrangers au Maroc ;
• N°1573 du 24/01/1992 relative à la réforme du système du compte «capital » et nouveau régime
des avoirs liquides en dirhams détenus au Maroc par des étrangers non-résidents ;
• N°1607 du 02/11/1993 relative aux comptes en devises des exportateurs de biens et services et des
résidents marocains à l’étranger ;
• N°1626 du 12/07/1995 modifiant la circulaire de l'Office des Changes N°1607 du 02/11/93 ;
• N°225 du 27/09/1995 relative aux recettes en devises à inscrire par les exportateurs de biens et
services dans les comptes en devises ;
• N°1578 du 11/03/1992 relative à la convention unifiée de paiement bilatéral conclue entre les pays
de l’UMA.
 Circulaires de Bank Al Maghrib : www.bkam.ma
• N°61/DAI/96 du 01/04/1996 relative au marché des changes ;
• N°473/DAI/97 du 27/01/1997 relative au marché des changes ;
• N°6479/DAI/98 du 24/11/1998 relative au marché des changes ;
• N°2/DAI/2002 du 13/03/2002 relative au marché des changes ;
• N°6/DAI/2002 du 22/05/2002 relative aux dépôts et placements en devises auprès de
contreparties étrangères ;
• N°9/G/96 du 29/03/1996 relative aux positions de change des établissements bancaires ;
• N°15/G/98 du 30/12/1998 modifiant la circulaire de Bank Al-Maghrib N°9/G/96 du 29/03/96
relative aux positions de change des établissements bancaires ;
• N°63/DAI/96 du 01/04/1996 relative au code déontologique du marché des changes ;
• N°62/DAI/96 du 01/04/1996 relative au change manuel ;

81
• N°4.989/DAI/2001 du 10/10/2001 relative à l'introduction de l'euro fiduciaire ;
• N°64/DAI/96 du 01/04/1996 relative aux comptes en devises ;
D-1-Historique du marché des changes marocain
- En 1920, création du Franc Marocain ;
- En 1939, instauration du contrôle des changes vis-à-vis des pays extérieurs à la zone Franc ;
- En 1958, création de l’Office Marocain des changes, établissement public jouissant de la
personnalité civile et de l’autonomie financière, chargé de s’assurer du respect de la
réglementation des changes conformément à la politique générale du gouvernement. Il 60
est, à ce fait, sous l’autorité directe du ministère des finances ;
- En 1959, création de la Banque du Maroc par le protectorat français et espagnol ;
- Circulation du Rial Hassani, de la Peseta et du Franc français ;
- Création du Dirham et sa mise en circulation en 1961 ;
- En 1969, instauration d’un marché des changes : Un marché encadré et contrôlé par
Bank Al-Maghrib, ce marché donne la possibilité aux banques de conserver et de gérer
des positions de change pour traiter, aussi bien entre elles qu’avec la clientèle, des
opérations de change au comptant, à terme, de swap et de dépôt en devises.
- En 1997, ce marché a été ouvert aux opérations sur le marché international des capitaux
en permettant aux banques d’effectuer des opérations de change devises contre devises
auprès de leur correspondants étrangers (avant, le monopole de cette opération était à
BAM)
D-2-Autorités marocaines réglementant le marché des changes
Le régime général est composé de la Banque Centrale et de l’office de change marocain.
i. La Banque Centrale
Un aperçu de La banque centrale a été déjà traité dans la partie du secteur bancaire marocain
et ses principaux rôles sont :
 Gestion des avoirs de réserve ;
 Cotation du dirham ; surveillance du fonctionnement du système : alimentation du
marché des changes ;
 Règles prudentielles.
La banque centrale intervient également dans le marché des changes, essentiellement pour
régler des fluctuations jugées déstabilisatrices.

ii. L’Office des changes O.C


L’Office des Changes est un établissement public, sous tutelle du Ministère de l'Economie et
des Finances, doté de la personnalité civile et de l'autonomie financière. Il est chargé, de par
les dispositions législatives et réglementaires en vigueur, de trois missions essentielles :
L’Office des changes édicte les mesures relatives la réglementation des opérations de changes
en autorisant à titre général ou particulier les transferts à destination de l'étranger et en
veillant au rapatriement des avoirs obligatoirement cessibles (recettes d'exportations de biens
et services
…) ; veille à son application, enfin, constater et sanctionne les infractions à la réglementation
des changes et établir les statistiques relatives aux échanges extérieurs et à la balance des
paiements.
D-3-Evolution de la politique de taux de change au Maroc
Jusqu’au mois de mai 1973, la cotation des devises à Rabat a reposé sur le maintien d’une
parité fixe entre le Dirham et le Franc Français.
Cette dépendance étroite entre les deux monnaies qui supprimait toute fluctuation propre du
dirham en fonction de facteurs qui lui sont spécifiques, se justifiait à l’origine par la
prédominance de nos règlements avec la zone franc et ne souffrait d’aucun inconvénient
majeur compte tenu de la stabilité qui caractérisait l’évolution des rapports de change des
monnaies jusqu’au début des années 1970.
Cette situation est cependant devenue assez rapidement inappropriée compte tenu des crises
monétaires et du dérèglement des marchés des changes étrangers observés après la
82
suppression par les Etats-Unis de la convertibilité or du dollar en 1971.

83
C’est ainsi que tout naturellement, les Autorités Monétaires ont été amenées pour la
détermination des objectifs, à adopter un système de cotation basé sur un panier de devises
de nos principaux partenaires pondéré en fonction de l’importance de chaque pays émetteur
dans le volume global des échanges commerciaux et des règlements.
Ce système a parfaitement fonctionné et a répondu à ce qu’en attendaient les autorités
monétaires en atténuant en particulier, du fait des pondérations, les fluctuations des cours
des monnaies étrangères dans leur expression en dirhams.
Néanmoins cette politique a été rompue en septembre 1980 suite aux engagements successifs 61
pris par le Maroc dans le cadre des programmes d’ajustement convenus avec le Fonds
Monétaire International à l’appui des divers concours financiers obtenus auprès de cet
organisme. L‘objectif était de déprécier le dirham pour compenser l’appréciation qu’il aurait
enregistré depuis le début des années 1970 et rétablir ainsi la compétitivité des produits
marocains à son niveau antérieur, voire même la renforcer.
Afin d’éviter l’effet psychologique de dévaluations instantanées élevées, la réalisation des
objectifs fixés en la matière a été étalée dans le temps.

Le glissement du dirham exprimé en termes de taux de change effectif, a ainsi été opéré de
manière graduelle depuis le 16 septembre 1980 jusqu’au 31juillet1985.
La dépréciation du dirham en termes de taux de change effectif nominal réalisée durant toute
cette période s’est établie globalement à 37 %.
Depuis le début du mois d’août 1985, la politique des taux de change appliquée par Bank Al-
Maghrib s’était limitée à maintenir constant un taux de dépréciation effective nominale de 13
% par rapport à fin décembre 1984, dans le respect, bien entendu, des rapports de change
entre monnaies, constatés sur les marchés des changes étrangers. Ce système a été maintenu
jusqu’au
2 mai 1990, quand, dans le cadre d’un nouveau programme d’ajustement, les autorités
monétaires ont procédé à une dévaluation du dirham de 9,25 %. Cette mesure fut en même
temps accompagnée d’une profonde révision du mécanisme de cotation par le renforcement
de la part des monnaies européennes au dépens du dollar US.
Depuis ce réajustement, aucune manipulation du taux de change n’a été opérée.
L’institution du marché des changes en avril 1996, ne s’est accompagnée d’aucune
modification quant au mécanisme du panier ni aux cours de référence des monnaies qui le
composent ou leurs pondérations. Le seul changement intervenu fut l’affichage en continu
sur les écrans Reuters des cours extrêmes d’intervention de Bank Al-Maghrib.
En outre, l’introduction de l’Euro au 1er janvier 1999, n’a pas eu d’impact sur le principe du
panier adopté précédemment ni sur son mécanisme. Elle s’est traduite tout simplement par
une restructuration de ce panier pour tenir compte de la substitution par l’Euro des monnaies
participantes à l’union économique et monétaire européenne qui entraient auparavant dans
sa composition.
D-4-Le régime de change établit au Maroc
Comment s’effectue la cotation quotidienne du Dirham par rapport à son panier de référence
en devises?
Le Dirham marocain n'est pas librement convertible. Son cours est établi par rapport à un
panier de monnaies comprenant les devises de ses principaux partenaires commerciaux, mais
avec une sur-représentation du Dollar par rapport à l'Euro, alors que l'Europe est le premier
partenaire commercial du Maroc.
La méthode est rendue publique pour la première fois dans le rapport de Bank Al-Maghrib au
titre de 2006. Un Dirham courant est égal à l’inverse du cours de référence de l’Euro
multiplié par 80%, plus l’inverse du cours de référence du Dollar multiplié par 20%. Cette
addition est multipliée par le résultat du rapport entre le cours de l’Euro sur celui du Dollar.
Cette opération donne lieu à la valeur d’un Dirham courant et son équivalent en Dollar.

84
Ainsi, à toute appréciation (dépréciation) de l’euro par rapport au dollar, le dirham réagit de
la même manière face à la monnaie américaine, c’est-à-dire une appréciation (dépréciation),
et inversement vis-à-vis de la monnaie unique, c’est-à-dire une dépréciation (appréciation).
Le cours des autres monnaies cotées est calculé sur la base du cours moyen du Dollar par
rapport au Dirham. BAM exerce une ponction de 1‰ (auparavant 3 puis 2‰) de la valeur
moyenne de chaque devise cotée pour déterminer sa valeur à l’achat et à la vente.
Dans le jargon des marchés de change internationaux, ce régime est appelé Fixed ou Basket
62
peg. Il se traduit par un ancrage, à taux fixe, de la monnaie locale sur un panier composé des
devises des principaux partenaires économiques. Cet ancrage tient compte du poids
commercial de chacun des partenaires. Seuls neuf pays, dont le Maroc, l’adoptent encore.
Certes, le Basket peg assure une meilleure crédibilité à la politique monétaire et permet de
réduire l’inflation. Mais il limite l’indépendance monétaire et ne peut être maintenu en cas de
choc monétaire exogène. De plus, le coût des dévaluations y est directement supporté par les
agents économiques. La méthode de cotation actuelle est en vigueur depuis le 25 avril 2001.
Sa mise en place a coïncidé avec la dévaluation du Dirham, en diminuant sa valeur de 5%. Le
Dollar valait alors 0,8967 Euro. L’objectif des autorités monétaires était de réduire la
fluctuation du Dirham vis-à-vis de la monnaie de son premier partenaire commercial, à
savoir l’Union Européenne. Ce régime a réussi à maintenir la stabilité du taux de change
nominal du Dirham. Il lui a même permis de renforcer sa position face aux devises qui
composent son panier d’ancrage. Au moment où la parité Dirham/Euro est restée
globalement stable, la monnaie nationale s’est fortement appréciée face au Dollar.
Pour ce qui est de la valeur externe du dirham, la monnaie nationale a marqué d’importantes
variations vis-à-vis du dollar et de la livre sterling, mais est demeuré stable en termes effectifs
nominaux et réels.
En ce qui concerne l’avenir, l’intégration croissante de notre économie aux marchés
financiers internationaux, la libéralisation en cours des opérations avec l’étranger,
l’instauration d’une zone de libre échange avec l’union Européenne à l’horizon 2012 et la
signature de l’accord de libre-échange avec les Etats-Unis, sont autant de défis qui doivent
amener notre pays à renforcer la compétitivité de son économie et à mieux s’intégrer dans
l’économie mondiale. Pour ce faire, les autorités monétaires sont conscientes et très
attentives à cette évolution des choses et sont en train de mener des réflexions sur la manière
d’adapter notre politique de taux de change, le moment venu, à un tel changement.
Néanmoins, un certain nombre de conditions doivent être remplis au préalable, il s’agit en
l’occurrence d’une meilleure maîtrise au niveau budgétaire, de l’achèvement de la réforme du
secteur financier et de la mise à niveau de notre tissu productif pour améliorer la
compétitivité de notre économie.
Le Maroc et selon les récents discours du gouverneur de la Banque centrale choisira très
probablement le régime de flexibilité de change, étant un régime dont les avantages au moins
théoriques sont probants, alors le Maroc dispose t-il de la plate forme pour mettre en place
un régime de change flexible ?
D-5- La convertibilité du dirham
Une convertibilité intégrale signifie, que la monnaie nationale peut être échangée au gré à gré
de son porteur, personne physique ou morale, contre n’importe quelle autre monnaie
étrangère sans aucun obstacle.
Les dernières mesures et circulaires adoptées par l’Office des changes, dans le cadre de la
préparation de la convertibilité du Dirham, étaient de nature à rendre notre réglementation
des changes plus conforme aux dispositions du FMI en la matière.
Le Maroc a rendu sa monnaie convertible pour les opérations courantes au début de 1993.
Cette action s’inscrit comme une nouvelle étape dans le processus de libéralisation des
changes, entamé depuis la moitié de la décennie 80. Ce processus allie la nouvelle politique
économique d’ouverture sur l’extérieur et de libéralisation des échanges adoptée par le
Maroc, suite à la mise
85
en œuvre des programmes d’ajustement structurel à partir de 1983, d’une politique macro-
économique saine et d’un environnement économique incitatif, favorable à l’épanouissement
du tissu économique.
La question qui se pose est dans quelle mesure, l’économie marocaine offre un
environnement propice et adéquat pour la réussite de la convertibilité du Dirham au niveau
des opérations courantes.
Toutefois, certains plafonds et contrôles ont été maintenus pour préserver le caractère
courant et normal de certaines opérations, pouvant occulter des transferts de capitaux. 63
D’un autre côté, certains problèmes sont liés à la convertibilité de jure du Dirham, au niveau
des opérations courantes. Il s’agit en premier lieu de la difficulté de délimiter certaines
opérations courantes, en l’absence de plafonds. En second lieu, la politique de change et
d’ajustement par la modification du cours de la monnaie nationale a une portée limitée dans
le contexte des PVD et de l’économie marocaine en particulier. Enfin, le rachat de la monnaie
nationale, détenue à l’étranger, imposée par les statuts du FMI, demeure lié à la capacité de
notre économie de générer des devises, sans recours au rééchelonnement et à l’endettement.

La convertibilité des opérations en capital- excepté des mesures d’encouragement des


investissements étrangers, et la convertibilité interne devant être différées pour une phase
ultérieure, du fait que les risques qui leurs sont liés dans le contexte économique et social
actuel, doivent en dépasser les avantages.
L’analyse de l’évolution économique et financière du Maroc, nous amène à conclure que
certaines conditions semblent être réunies, telles que le renforcement de nos avoirs extérieurs
et le rapprochement du cours du Dirham de son niveau « d’équilibre ». Cependant,
l’assainissement des finances publiques, les effets de la politique monétaire sur l’entreprise et
le niveau des prix, les limites et contraintes que connaît notre tissu économique ne sont pas à
l’avantage de notre économie.
D’autres contraintes à la convertibilité du Dirham sont à considérer. Il s’agit du différentiel
d’inflation, du déséquilibre structurel de la balance commerciale et de la fragilité de la
balance des paiements.
La convertibilité du Dirham, ayant reçu une consécration de jure au début de 1993, par
l’adhésion du Maroc à l’article VIII du FMI, doit être entourée de précautions et de garanties,
pour qu’elle puisse consolider les acquis en matière d’ajustement et d’équilibre de nos
comptes externes et non le contraire.

D-6-Le fonctionnement du marché des changes domestique


Avant l’instauration du marché des changes, la place financière connaissait un certain
nombre d’obstacles :
 Centralisation des ordres des banques commerciales au niveau de la succursale de
Casablanca
 Élaboration d’un fixing unique pour la journée
 Commissions multiples
 Dates de valeur pénalisantes
 Exécution des ordres par la banque de France
 Absence de flexibilité avec les banques.
Ainsi avec la mise en place d’un marché des changes, BAM n’a plus le monopole du marché
des changes depuis 1996.
L’obligation de cession à l’institut d’émission a cédé la place à une obligation de cession aux
intermédiaires agréés.
Sur ce marché de change les banques sont autorisées à effectuer des opérations entre elles
pour leurs propres comptes ou pour le compte de leur clientèle afin de favoriser la
concurrence entre banques.

86
Les cours de change pratiqués par les banques à leur clientèle sont fixés à l’intérieur de la
fourchette de cours cotés par BAM (protection de la petite clientèle).
BAM joue le rôle de régulateur du marché permettant aux banques de contenir leurs
positions dans les limites qui leur sont imparties.
Les opérations de change sur le marché des changes domestique sont exécutées en J + 2
(jours ouvrés) conformément à la norme internationale.
Les banques peuvent également convenir des dates de règlement en valeur décalée (valeur
jour ou lendemain). Le non respect de la date de valeur par l'une des parties donne droit à la 64
contrepartie d'exiger, en compensation, des intérêts de retard.
Les taux de change offerts à la clientèle devant inclure une commission de 1‰ depuis juillet
2008 (2‰ auparavant), dont le produit est versé à Bank Al-Maghrib pour le compte de
l'Office des Changes.
Il est possible aux banques de faire des opérations devises contre devises sans passer par le
Dirham. Ces opérations de cross effectuées avec les banques étrangères sont exonérées de
cette commission.
Le marché de change marocain fonctionne comme suit :
 Affichage en continu de 8h30 à 15h00 par BAM sur les écrans Reuter des taux de
change applicables aux opérations d’achat et de vente de devises par les
intermédiaires agréés. Changement de cours si besoin afin de refléter l’évolution du
marché international.
 Taux de change sont fixés selon un panier de devises. Le choix de ces devises a été
motivé par l’importance des échanges commerciaux entre le Maroc et ses partenaires
étrangers.
Le Taux de change se situe à l’intérieur d’une fourchette de 0,1% sur laquelle une commission
de 2‰ sera prélevée sur les opérations d’achat et de vente.
Cette commission doit être reversée à BAM pour le compte du trésor.
Le choix de cette fourchette est dû au fait de ne pas donner aux banques la possibilité de
pénaliser leur clientèle eu égard à la petite clientèle. Les intermédiaires agréés sont tenus de
coter à l’intérieur de la fourchette établie par BAM.
Les principales opérations traitées sur le marché de changes marocains sont :
• Le change au comptant
• Le change à terme
• Les opérations à terme de gré à gré sont librement conclues.
• Le swap: Le swap est un échange au comptant de devises avec promesse de faire l’opération
inverse à une échéance déterminée
• Les opérations de trésorerie: Les banques marocaines effectuent entre elles des opérations
de trésorerie : Emprunt ou placement des devises à des taux d’intérêt convenus.
• Les options de change: Les banques marocaines sont autorisées depuis août 2005 à
proposer à leur clientèle des produits de couverture optionnels contre le risque de change.
Les positions de changes et les mesures prudentielles
 Le respect des ratios

Les banques peuvent constituer des positions de change courtes ou longues qui ne doivent
pas excéder 7% de leurs fonds propres par devises. Toutefois la somme des positions courtes
ou des positions longues ne doit pas dépasser 20% de leurs fonds propres nets.
Tout dépassement des nivaux maximums des positions de change doit faire l'objet d'un
nivellement auprès de Bank Al-Maghrib par achat ou vente de devises avant 15h30. Les cours
applicables à ces opérations étant ceux affichés par Bank Al-Maghrib au moment du
nivellement.
 Le système déclaratif
Dans le cadre du contrôle de la régularité des opérations traitées sur le marché des changes,
les banques sont tenues d'adresser quotidiennement à Bank Al-Maghrib les états suivants (à
18 heures au plus tard) :
87
- Achats et ventes de devises au comptant à la clientèle ;
- Principales opérations interbancaires au comptant en devise ;

88
- Principales opérations à terme ;
- Etat des positions de change ;
- Achats et ventes de devise contre devises auprès d'une banque étrangère dont le
montant est supérieur à l'équivalent de 5 millions de DH ;
- Toute position dans une devise, enregistrant une perte de change de plus 3%.
En outre, les intermédiaires agrées sont tenus d'adresser à la Banque Centrale, d'une part, un
état hebdomadaire concernant les prêts et emprunts interbancaires en devises, et d'autre
part, un état trimestriel relatif aux comptes en devise ouverts sur leurs livres, consolidé par 65
devise et par échéance.
 Le rapatriement des devises :
Il faut noter à ce niveau que les exportateurs marocains peuvent octroyer à leurs clients des
crédits de 150 jours, celui ci dispose de 30 jours au maximum à partir des échéances
commerciales qu’il a éventuellement accordées pour rapatrier le produit de ses exportations.

D-7-Pratique des opérations de change au comptant


Les transactions de change au comptant sont des opérations conclues le m jour, négociées par
les intermédiaires et qui doivent être réglées à J+2.
 Conditions de cotation
Le système de cotation du dirham sur la base d’un panier monétaire, représentatif de la
structure de notre balance de paiement (et non seulement de la balance commerciale),
confère au taux de change une certaine flexibilité, visible sur le marché des changes, aussi
bien au niveau du cours “billets de banque”, que du cours “virement”.
On distingue : Un cours acheteur (BID) et un cours vendeur (ASK)
À partir d’un taux moyen (MID) déterminée par la banque centrale sur la base d’un panier de
monnaie, celle ci va déterminer les cours aux banques. D’une part, les cours acheteurs et
vendeurs aux banques intermédiaire agrées, sont calculés avec une marge de +/- 1‰ à partir
du MID, et d’autres part, le cours à la clientèle est égale au cours des banques plus une marge
de 1‰ (à la place de 2‰ depuis juillet 2008).
Les cotations de BAM sont au comptant spot.

Ex: les cours aux banques du dollar au 5/3/99 étaient de 1 USD=9,7328-9,7913


Les cours à la clientèle deviennent 1 USD=9,7134(9,7328:1,002)-9,8109(9,7913*1,002)

 Détermination du taux de change:


Les intermédiaires déterminent les taux de change a l´intérieur des fourchettes de BAM, les
taux sont fournis à l´incertain c'est-à-dire le montant en Dh par rapport aux devises.
1 EURO=10.533 MAD à l´incertain // 1 MAD=0,09494 EURO au certain
D-8-Evolution du marché des changes marocain
En 2008, les transactions interbancaires au comptant devises contre dirhams sont revenues
en moyenne mensuelle de 9,7 milliards à 6,9 milliards, suite au fléchissement des opérations
effectuées par les banques pour le compte de leur clientèle. Pour leur part, les achats de
devises par les banques auprès de Bank Al- Maghrib sont restés quasi stables, à 3,6 milliards
en moyenne mensuelle.
S’agissant des opérations d’achat de devises à terme, elles ont baissé de près de la moitié pour
se limiter à 8,5 milliards de dirhams. Les opérations de vente à terme ont, en revanche,
progressé de 36,1% pour atteindre 949 millions de dirhams.
De leur côté, les opérations d’arbitrage effectuées par les banques avec leurs correspondants
étrangers se sont élevées à 55,9 milliards de dirhams au lieu de 46,5 milliards, tandis que
leurs dépôts en devises à l’étranger se sont repliés de plus de la moitié, passant en moyenne
annuelle de 20 milliards de dirhams à 8,9 milliards.
En ce qui concerne les positions de change globales des banques, elles se sont établies à 4%
au lieu de 5,5% pour les positions longues et de 2% contre 0,7% pour les positions courtes.

89
Globalement, le marché des changes national a été marqué ces dernières années, par un
certain approfondissement comme en témoigne l’élargissement de la part des banques dans
les transactions au comptant. En effet, cette part, en dépit de la baisse enregistrée en 2008,
ressort à 21% en moyenne sur la période 2004-2008, au lieu de 14% seulement entre 2000 et
2003.
Dans un contexte de turbulences financières et de forte volatilité des cours de change sur le
marché international, le taux de change bilatéral du dirham a connu d’amples variations.
Toutefois, à la faveur du régime de change en vigueur, le taux de change effectif nominal du
dirham est resté globalement stable. De même, l’absence d’écart d’inflation sensible vis-à-vis 66

des partenaires a contribué à la stabilité du dirham en termes réels.


En chiffres, la valeur de l’Euro par rapport au Dirham a crû de 9,2% seulement entre 2001 et
2007. Alors que celle du Dollar par rapport au Dirham s’est dépréciée de 28,25% durant la
même période. Quant à la parité Euro/Dollar, elle a progressé de 52,2% sur sept ans. Le fort
ancrage du Dirham à l’Euro a renforcé sa position par rapport à des devises dites majors
telles que la livre sterling, le yen japonais ou le franc suisse.

Le Dirham marocain
Le Dirham marocain (MAD) est l'unité monétaire principale du Maroc jusqu'en 1912, date du
début du protectorat, et depuis 1958, date à laquelle il a remplacé le Franc marocain. Le
Dirham fut restauré à l'indépendance du Maroc en 1956.
Il est divisé en 100 centimes.
Selon la norme ISO 4217
MAF : franc marocain
MAD : dirham marocain
Sous-unité : 100
centimes
 Cours de change du dirham
- Cours au 21 juillet 2004 : 0,082 Euro pour 1 Dirham marocain.
- Cours au 10 février 2005 : 0,0906 Euro pour 1 Dirham marocain.
- Cours au 8 février 2008 : 0,0895 Euro pour 1 Dirham
marocain. Au 1e octobre 2008,
Le Taux de change du dirham : 1 EUR = 11.1987148 MAD
D-9 Histoires des monnaies au Maroc
Dirham est le nom d'une ancienne monnaie. L'histoire monétaire marocaine a commencé au
1er siècle av. J.-C. quand Juba II et son fils Ptolémée frappèrent leur monnaie : denier et
aureus.
Au viiie siècle, sous le règne d'Idris Ier, le Maroc créa sa frappe de monnaie, des Dirhams
d'argent exclusivement.
Sous les autres dynasties islamiques, d'autres symboles forts suivirent au fil des siècles,
dinars d'or et qirats d'argent.
En 1678, sous les Alaouites, le dinar s'impose de nouveau, au xviiie siècle apparaît aussi le
mithqal, décuple du Dirham, dernier fruit de la frappe au marteau (jusqu'au XVIème siècle, la
frappe au marteau fut la première technique de fabrication des monnaies. La frappe des
monnaies évolua par la suite avec les progrès technologiques. La mécanisation fit son
apparition au XVIème siècle avec l'invention de la frappe au balancier. Puis, avec la
révolution industrielle, on assista au développement de techniques de frappe à la presse.)
À la fin du xixe siècle et jusqu'à 1920, des monnaies dénommées mouzonas (ou mazounas ou
mouzounas) et rial furent frappées à différentes époques, à Paris, Berlin et Birmingham.
1 rial = 10 dirhams = 500 mouzounas (ou
muzunas) À l'époque du protectorat français
apparaît le franc. 1 franc = 100 centimes

90
De 1912 à 1959, le Maroc est sous deux protectorats : français et espagnol. Le système
monétaire décrit ci-dessus concerne le protectorat français, qui cessa en 1956 et représenta la

91
plus grande partie du territoire. Le Maroc Espagnol utilisait la monnaie espagnole. Le
protectorat espagnol cessa en 1959.
En 1960, après l'indépendance, le roi Mohammed V créa le Dirham marocain en
argent. 1 dirham = 100 francs
1 dirham = 100 centimes (ou
santimat) 1 franc = 1 centime
Depuis 1987, l'hôtel des monnaies (Dar Assikkah) de la banque Al-Maghrib assure
intégralement, selon des procédés techniques de pointe, la fabrication de ces monnaies. 67
 Origine des noms
- Centime / santimat : vient du latin centum, signifiant 100.
- Dirham : vient de la monnaie grecque : la drachme.
- Franc : l'origine du nom est contestée. Il vient soit de la légende latine Rex Francorum,
signifiant Roi des Francs, soit de l'ordonnance qui fit suite au paiement de la rançon qui
délivra Jean le Bon des Anglais et qui déclarait Maintenant que nous sommes francs et
libérés à toujours...
- Rial : vient du mot espagnol real, signifiant royal.

Chapitre III : Contexte théorique du risque de change et des stratégies


de couverture
Section 1 : Gestion des risques
A- Différents risques
On distingue quatre principales catégories de risques :
 Risques de marché
 Risques de contrepartie
 Risques de liquidité
 Risques opérationnels
 Autres risques.
Le risque de marchés se définit comme le risque de perte qu’une position (de taux, de change,
d’action, …) peut entrainer dans l’hypothèse d’un scénario défavorable des paramètres de
marché (taux d’intérêt, taux de change, prix des actions, valeurs des indices, …).
On distingue risque de change, risque de taux, risque action, risque sur indices, risque sur
matière premières, risque de volatilité, risque de corrélation, …)
- Le risque de change est le risque encouru par un établissement en raison des
fluctuations des taux de change.
- Le risque de contrepartie et de crédit : ce sont les risques résultant de la possibilité
qu’une partie au contrat n’honore pas ses engagements à l’échéance.
- Le risque de liquidité pour un établissement est de ne pouvoir s’acquitter –dans des
conditions normales de marchés- de ses engagements à l’échéance.
- Le risque opérationnel est le risque de pertes directes ou indirectes liées à une
inadéquation ou à une défaillance des processus internes, des systèmes ou des
opérateurs, ou liés à des évènements externes.
- Le risque peut aussi se présenter sous la forme de risques technologiques,
opératoires/humains, légaux, risques de management, risques externes, …
B- Objectifs de la gestion des risques
 Gérer les risques d’aujourd’hui c’est éviter les risques de demain
 La prise de conscience de l’existence de risque conduit naturellement à sa gestion.
La gestion du risque englobe deux fonctions principales :
Une fonction d’identification, de quantification des risques et de mise en
place de stratégies d’optimisation du couple rendement/risque

92
Une fonction de contrôle du respect de l’ensemble des règles (procédures,
limites, déontologie…)

SANS MESURE, PAS DE CONTROLE ;

Ainsi, la gestion des risques est un processus qui vise


à : Etape 1 : Identifier les risques
Etape 2 : mesurer/quantifier en termes de probabilité d’occurrence et
d’impacts Etape 3 : mettre en place des stratégies de maitrise des risques 68
identifiés
Etape 4 : suivre/contrôler

La gestion du risque doit être perçue :


- d’un point de vue préventif, afin que l’établissement puisse exercer ses
activités de manière saine et conformément aux objectifs fixés par le
management ;
- comme un outil du développement des activités de l’institution.

Le management doit disposer d’outils et d’indicateurs de mesure de risques. Il doit pouvoir


connaitre l’évolution de ses résultats sous différentes hypothèse de variation des facteurs de
risque.

Section 2 : la politique de couverture du risque de change


A- Notion de risque de change
Le Risque de change constitue l’ensemble des risques auxquels est exposée une institution,
attribuables à la variation du cours de change dans le temps.
Il y a risque de change dès qu’une entreprise réalise des opérations dans une monnaie
différente de sa monnaie de référence.

B- Typologie des risques de change


Les banques intermédiaires agréées et les entreprises sont exposées à plusieurs risques liés
aux opérations de change que l’on peut classer par ordre de gravité comme suit :
 Le risque associé à l’exercice du cambisme
 Le risque de contrepartie
 Le risque de liquidité

B-1-Les risques générés par le cambisme


Le développement des opérations de change au niveau international, leur importance dans
les salles de marché comme dans les résultats des intermédiaires agréés, les tentations
spéculatives et les fluctuations de cours sont autant d’éléments qui peuvent expliquer la
teneur du risque- cambiste.
Les autorités de tutelle ont mis en place, comme partout ailleurs, des règles prudentielles que
les banques doivent observer en limitant à 7% au maximum de ses fonds propres, la position
d’un établissement bancaire dans une devise et à 20% la somme, en valeur absolue, de toutes
les positions qu’il détient.
A ces règles s’ajoutent celles des directions générales, des banques qui ont imposé plusieurs
sortes de limites (positions par entreprise, par devise, plafonnement des reports overnight…)
tout en définissant avec précision la responsabilité des cambistes.
Cet édifice est complété par un suivi et un contrôle rigoureux des salles de marché.

B-2-Le risque de contrepartie ou de livraison


Ce risque est associé à la défaillance temporaire ou définitive de la contrepartie, c'est-à-dire
de l’opérateur qui s’est porté acheteur ou vendeur des devises le jour de la transaction.

93
Il peut intervenir en cas de litige ou de différend important opposant les parties dans une
opération de change ou encore en cas de faillite ou de liquidation judiciaire de la contrepartie
concernée.
En matière de différends, rappelons que les opérations de change ont fait l’objet au Maroc
d’une convention-cadre, s’inspirant de celle de l’AFB (Association Française des banques),
qui détaille les engagements et spécifie les relations entre les établissements bancaires tout en
prévoyant l’arbitrage du GPBM (Groupement professionnel des banques du Maroc) au
premier degré puis celui de Bank Al Maghrib en cas d’échec. 69
Le défaut de livraison peut être temporaire ou partiel en cas de différend comme il peut être
définitif en cas de faillite ou de règlement judiciaire ce qui est plus grave parce qu’entrainant
la perte totale de l’opération.
Les cambistes encourent ce risque aussi bien sur le marché des changes au comptant que sur
les opérations à terme. Sur le terme, le risque de contrepartie peut comprendre également le
risque du crédit, la défaillance de la contrepartie pouvant intervenir avant terme. Ce risque
est moins important que le premier, le cambiste pouvant rétablir sa position moyennant un
certain coût.
B-3-Le risque de liquidité
Ce risque est lié à la difficulté ou à l’impossibilité de réaliser une opération de change sur une
devise donnée.
Les causes peuvent être multiples : guerre, problèmes politiques ou mesures administratives
dans le pays concerné.
Le risque de liquidité est généralement limité géographiquement et ne concerne que des
marchés de faible importance.
C - Appréciation du risque de change
C-1-Position de change
La position de change est le solde positif ou négatif des opérations dans une devise donnée à
un moment donné. Elle est définie par la différence des avoirs et des engagements libellés
dans une même devise.
La position est dite « fermée » si les créances et les dettes dans chaque devise sont
équilibrées. Elle est « ouverte » en cas de déséquilibre et expose automatiquement
l’entreprise à un risque de change.
 Elle est « longue » si le montant des créances est supérieur à celui des dettes.
 Elle est « courte » si le montant des dettes est supérieur à celui des créances.
Déterminer la position de change de l’entreprise est nécessaire pour la gestion du risque de
change dans la mesure où elle permet de quantifier le risque de change et de prendre ainsi les
décisions de couverture qui s’imposent.

C-2-La volatilité
La volatilité représente l’amplitude et la fréquence des variations du cours de change autour
de la moyenne, au cours d’une période donnée.
La volatilité permet de quantifier la variabilité des taux de change et d’apprécier le risque de
change.
On distingue généralement deux types de volatilité :
 La volatilité historique : il s’agit de la constatation ex post des fluctuations passées
des taux de change. Mathématiquement, elle est définie comme la mesure de l’écart-
type annualisé des fluctuations quotidiennes des taux de change sur une certaine
période.
 La Volatilité implicite : il s’agit d’un indicateur qui permet de mesurer l’amplitude
anticipée par le marché des variations futures du cours. Elle est considérée comme la
meilleure prévision de volatilité future quel que soit le sous-jacent. La volatilité
implicite intervient dans le calcul des options et un recours au modèle d’évaluation «

94
Black and

95
Sholes » ou autres est nécessaire pour extraire la volatilité anticipée des prix des
options cotées.
 la volatilité anticipée : qui est un indicateur de la volatilité future du cours du cross.
Cependant, au jour d’aujourd’hui, aucune formule mathématique réellement
satisfaisante n’a été trouvée pour déterminer cette volatilité. Ceci explique pourquoi,
dans la pratique, seules les volatilités historique et implicite sont utilisées.
L’objet de cette deuxième partie est de présenter comment se couvrir contre le risque de
70
change avec les différents instruments de couverture disponibles. Cependant avant
d’introduire cela, il s’avère important de comprendre les notions fondamentales qui
permettent de se couvrir.

D- Les Couvertures à l’égard des risques de change


Les couvertures constituent des mesures qu’une organisation peut prendre en vue de couvrir
les risques de change.
Elles ont pour objectif de neutraliser l’impact de la fluctuation du cours de change relatif à
une opération effectuée à l’étranger.

Le But d’une couverture étant de :


 Se protéger contre une perte éventuelle résultant d’une variation du taux de change.
 Éliminer ou réduire le risque entraîné par les fluctuations des taux de change,
d’intérêts…
Par contre, le fait de se couvrir contre les risques de change limite les possibilités de gains
éventuels. L'entreprise doit déterminer ses propres seuils de tolérance face au risque de
change de transaction.
Les quatre possibilités qui s'offrent à elle sont les suivantes :
 la non-couverture du risque : L’organisation ne fait rien et accepte le risque de change.
Cette alternative peut être adoptée dans l'hypothèse où l’entreprise traite avec des devises
stables. A l'inverse, certaines entreprises y recourent même si la devise est instable. Donc elle
spécule en espérant que les variations du taux de change n’auront pas d’effets défavorables,
dans le but de réaliser des gains de change. Elle correspond dans ce cas à une attitude
spéculative. Dans certains cas aussi, se protéger contre le risque de change peut coûter
tellement cher que la protection n'en vaut pas la peine. Cette attitude peut également naître
d'une méconnaissance du risque encouru.
 L’organisation élimine le risque de change : Elle conclut toutes ses opérations avec
l’étranger en monnaie nationale. Non réaliste, car ce choix limite le pouvoir de négociation de
l’entreprise marocaine.
 la couverture systématique : L’organisation couvre les risques de change : elle consiste à se
couvrir automatiquement dès qu'apparaît un engagement ou un avoir en devises. Elle prend
les mesures appropriées en vue d’obtenir une position de change nulle. Ceci demande un
système de gestion du risque de change (identification des risques de change, étude des
couvertures possibles, choix d’une mesure au plus bas coût possible…). Cette attitude est
conseillée dans le cas où l’entreprise traiterait avec des clients provenant de pays divers,
offrant des devises volatiles. De même, si les opérations envisagées sont de montants très
élevés, le trésorier peut être amené à couvrir systématiquement le risque de change, toute
variation pouvant entraîner une perte importante. Cette attitude pourra se retrouver
également lorsque, pour un courant d'affaires continu, la moindre perte de change entraîne
une érosion importante de la marge.
 la couverture sélective : dans ce cas, le trésorier décide d'une méthodologie qui
déterminera quand il couvrira ou pas le risque de change. Cette politique suppose
l'application de critères de sélection qui correspondent à un niveau d'acceptation du risque
ainsi qu'à une anticipation sur l'évolution des cours de change. La couverture sélective ne doit
pas être appliquée dans le cadre d'une faible activité à l'international. Celle-ci ne peut en effet
justifier la mise en place d'une structure de gestion du risque de change qui coûterait plus
96
cher que les pertes probables dues aux variations des cours des devises.

97
Partie 2 : Illustration de la Naissance du risque de change, et
Etude des moyens de sa gestion au sein de la direction
monétique BCP

Chapitre I : la Naissance du risque de change ; Identification et


Mesure
du risque lié à l’exposition aux fluctuations du Dollar
Travail préalable à la gestion du risque de change : 71

Avant toute décision de couverture, l’entreprise doit au préalable :

 Déterminer sa position de change : il s’agit d’identifier le degré d’exposition au risque


de change de l’entreprise.
 Quantifier le risque de fluctuation des taux de change : il convient de définir les
objectifs en terme de change, matérialisé par des cours « budget ». Ceux-ci serviront
d’indicateurs pour quantifier le risque.
 Mettre en œuvre une stratégie de gestion du risque de change : une fois le cours «
objectif » défini, se pose la question du choix des produits qui correspondent le mieux
aux besoins de l’entreprise. Il s’agit d’étudier les caractéristiques et le coût des
produits financiers offerts sur le marché.
 Assurer un suivi et vérifier l’efficacité de la stratégie de gestion du risque de change :
une stratégie n’est utile pour l’entreprise que si elle atteint sa cible. L’entreprise doit
continuellement suivre le rendement de chaque instrument de couverture et faire des
comparaisons avec ceux non retenus. Cela lui permettra à terme de savoir ce qu’elle a
épargné et les gains qu’elle a réalisés en optant pour telle ou telle couverture.
Une fois les risques de change répertoriés et la politique de gestion de ce risque définie, se
pose la question du mode de couverture. A la variété infinie des situations correspond une
large gamme d’instruments de couverture.

Section 1 : Les opérations traitées par la direction monétique en devise


USD et l’impact des fluctuations des cours
A- Les opérations traitées avec Visa, Mastercard et le CMI
A-1-La position de change : Les opérations en devise USD
i. Tableau de bord activité internationale monétique du Secteur
bancaire marocain Voir Annexe
 Tableau de l’Encours des Cartes Visa / MasterCard – Validité Nationale / Internationale
 Tableau de l’Encours des Cartes à validité internationale par Emetteur
 Tableau des Paiements des Porteurs Marocains à l’Etranger
 Tableaux des Retraits des Porteurs Marocains à l’Etranger

A partir de ces chiffres, on constate que l’année 2008 a connu une stagnation, voire une
récession de l’activité monétique internationale, acquisition. Tandis que l’activité Emission a
été développée principalement par l’émission de cartes internationales et la réglementation
de change de plus en plus incitative. Ceci va nous pousser à travailler avec l’hypothèse d’une
stagnation des anticipations des activités monétiques concernant l’année 2010 durant
laquelle un projet de couverture du risque de change sera opéré.
ii. Les Opérations en devises et l’exposition au risque de change
L’activité monétique de la BCP, dans son volet international, engage des dépenses et encaisse
des recettes en devises. L’ensemble de ses opérations internationales est libellé en Dollar
Américain USD, le dollar étant la devise principale des règlements internationaux.
Les dépenses et recettes monétiques, volet international, se composent des règlements
98
suivants :

99
 les règlements quotidiens reçus de MC, VISA et CMI.
Ces règlements sont composés d’un montant compensé (Montants Acquisition- Montants
Emission) et qui comporte :
 MC/VISA Acquisition : les retraits effectués par cartes étrangères Mastercard
VISA et JCB dans notre parc de Guichets automatiques bancaires GBP et les
frais et commissions y afférents,
 MC/VISA Emission ; les retraits, achats et opérations de Cash advance
effectués par les porteurs de cartes Internationales GBP (MC Asfarcard et 72
VISA International) et les frais et commissions y afférents.
 CMI Acquisition Commerçants GBP : les achats effectués par les porteurs de
cartes internationales MC et VISA chez les commerçants domiciliés au GBP,
les achats effectués dans les zones franches du Maroc, et les commissions y
afférents. Le CMI étant acquéreur unique pour le paiement par cartes.
Tableau représentant L’évolution des règlements VISA reçus en devise
REGLEMENT VISA USD
SWIFT
Moyenne mensuelle 8 252
2008 891,23
Moyenne mensuelle 8 285
2008 672,00
Evolution % -0,4%

Tableau représentant L’évolution des règlements MC reçus en devise


REGLEMENT MC USD
SWIFT
Moyenne mensuelle 6 081
2008 141,38
Moyenne mensuelle 6 489
2008 321,24
Evolution % -6,29%
N.B: Les montants du CMI (achats effectués par porteurs étrangers chez commerçants BP) sont très
minimes et ne seront pas traités parmi les éléments présentés dans ce mémoire).
La baisse de l’évolution est due principalement à la partie Emission. Ce volet qui vient en
moins du volet acquisition a été renforcé par le lancement de la carte ASFAR fin Décembre
2008 et qui connait un succès important (les transactions effectuées par ASFAR viennent
réduire les montants reçus de MC).
 Le règlement versé à MC et comporte les Charges facturées par MC concernant les
équipements, infrastructures et documentations
 Les deux règlements versés à notre correspondant à l’étranger Citibank aux
Etats- Unis représentant les Frais de tenue de compte mensuels , un compte miroir
MC et un compte miroir VISA.
Tableau représentant L’évolution des dépenses versées en devise
DEPENSES USD SWIFT VISA &
MC
Moyenne mensuelle 34
2008 946,71
Moyenne mensuelle 35
2008 598,36
Evolution % -1 ,
83%
La baisse des dépenses s’explique par une rationalisation des charges facturées par MC suite
à une analyse très détaillée qui a été opérée en collaboration avec le bureau de MC au Maroc.
Les montants en débit (dépenses ou sorties de devises) étant négligeables (0,42% en 2008
Voir Annexe) par rapport aux montants crédits VISA, on procèdera dans la suite de ce
mémoire à ignorer le volet « achat de devises » et ne traiter que la couverture des montants
crédits en devise USD (les règlements reçus).
Les mouvements de ces règlements sont reçus dans un extrait SWIFT MC et un extrait
100
SWIFT VISA. Les extraits SWIFT sont parvenus à la direction monétique du département
étranger chaque matin (sauf les samedis, dimanches, jours fériés Maroc et USA).

L’activité monétique dans son volet international, selon le compte d’exploitation monétique
ne représente que 2,35% de l’ensemble du chiffre d’affaires retraits Acquisition évalué à plus
de 2 milliards et demi de dirhams par mois.

101
Acquisition
: Tableau représentant L’évolution des dépenses versées en devise
Mois CA* VISA Mensuel MAD CA VISA Mensuel MAD Var.
2009 2008 %
Janvier 60 912 200,00
Février 53 380 600,00
Mars 61 039 500,00
Avril 45 404 500,00
Mai 26 403 700,00
Juin 40 660 400,00
Juillet 87 306 000,00
Août 121 371
000,00
Septembre 62 813 900,00
73

*le montant total des retraits effectués par cartes étrangères sur les GAB BP

Emission :
Encours des Cartes Visa / MasterCard – Validité Nationale / Internationale
Encours Déc. Encours Fév. Évolution en
08 09 %
VISA International 265 271 2,26%
ASFARCARD 151 353 133,7
7%
Total Cartes BP 1 293 1 327 2,69%
053 802
Part VISA International 0,02% 0,02% *
Part ASFARCARD 0,01% 0,03% *
Part Cartes Internationales 0,03% 0,05% *
Source : Tableau de bord Direction Monétique BCP au 28/02/2008

 La carte prépayée ASFARCARD, lancée le 1er Décembre 2008, est une carte adossée à
un compte dotation devises. C’est une carte rechargeable abritant la dotation
touristique ou professionnelle selon l’autorisation* de l’office des changes.
*2007 a connu le relèvement de la dotation touristique de 15 000 DH à 20 000 DH (et de 7 000 à 7 500 DH pour l’enfant mineur
figurant sur le passeport du parent bénéficiaire) et de la dotation au titre de la Omra de 14 000 DH à 15 000 DH (5 avril 2007) et,
l’adoption de facilités de change en faveur des étudiants marocains à l’étranger comme l’augmentation du montant des frais de
séjour de 7 000 à 10 000 DH par mois, le relèvement de l’allocation départ scolarité de 20 000 à 25 000 DH par an, le règlement
par anticipation des loyers et des charges locatives dans la limite de trois mois, entre autres.

 La carte VISA Internationale, valable au Maroc et à l’étranger, est offerte aux


entreprises exportatrices dont le chiffre d’affaires annuel à l’export supérieur ou égal à
1 million de dirhams. Le but étant de couvrir les déplacements professionnels à
l’extérieur et les frais revêtant un caractère professionnel sous formes d’achats auprès
des commerçants affiliés au système VISA SA.
A-2-Le Traitement des opérations monétiques en devises : Cession et Achat
L’achat et la vente de devises sont effectués actuellement au comptant.
En ce qui concerne les montants à régler ou à percevoir, les institutions VISA, MC et CMI
procèdent par un prélèvement ou un virement automatique sur les comptes miroirs VISA et
MC logés chez notre correspondant étranger Citibank. Sachant que toutes les banques, pour
répondre à leur besoin propre en devises ou de leurs clients, disposent de comptes en devises
à l’étranger chez des banques étrangères appelées correspondants étrangers.
Le matin et avant 11h, l’agent responsable de l’achat et cession de devises au sein de la
direction monétique doit déclarer les montants en devises à céder et à acheter reçus dans
l’extrait bancaire Citibank reçu chaque matin par Swift au département opérations avec
l’étranger relevant de BCPBank. Vers 15h30, un cours fixing BAM Virement* (Cours acheteur
et/ou cours vendeur) est communiqué à la monétique, pour les besoins du traitement
comptable des opérations monétiques.
* il correspond au taux interbancaire fixé par Bank Al Maghrib. C'est le plus favorable (ne comporte pas la commission BAM de 1‰
102
et est appliqué lors des virements Banque à Banque.

103
B- Les variations du cours du Dollars Américain et l’exposition au risque de
change
La direction monétique de la BCP traite des opérations en devises en étant un acquéreur de
cartes étrangères VISA et MC acceptées dans son parc de Guichets automatiques bancaires, et
au niveau des Terminaux de Paiements Electroniques TPE détenus par ses clients
commerçants. Elle est aussi exposée au risque de change par son activité émission, de cartes
BP internationales.
L’exposition au risque de change, est alors due aux services offerts par la BCP à travers les 74
GAB et les TPE de ses relations commerçants (Acquisition) ainsi qu’aux services offerts par
les banques étrangères aux relations BP porteurs de cartes internationales (Emission).
Mastercard, VISA et le CMI étant les intermédiaires qui s’occupent du switching et de la
compensation entre activité émission et activité acquisition. Leur intermédiation est
rémunérée par des commissions.
Les fluctuations des cours de change, dollar Américain contre dirham Marocain, dans ces
transactions, ont une forte volatilité. Cette fluctuation des cours de change a une répercussion
immédiate sur les flux à recevoir ou à payer qu’on peut synthétiser ainsi :

 En 2007, le dollar US a connu une baisse ;


En raison de la crise des subprimes, du double déficit des États-Unis, ainsi que de la baisse
des taux de la FED, le dollar a baissé au point où 1 euro vaut 1,45 dollar américain, le
1er novembre 2007.

 En 2008, le dollar au plus bas ;


En raison de la persistance des troubles conjoncturels cités précédemment, le dollar atteint
son record historique face à l'Euro le 15 juillet 2008 1 € = 1,6038 $. Depuis cette date, le
dollar remonte et le taux de change euro/dollar se stabilise autour de 1 € = 1,45 $ vers la fin
de l'année.

Tableau : moyenne des taux journaliers (Vente)


199 199 2000 2001 2002 20 200 200 200 200 200 98- 01-
8 9 03 4 5 6 7 8 00 08
Dollars 9,57 9,78 10,58 11,32 10,98 9,55 8,83 8,84 8,76 8,17 7,71 9,98 9,27
US/DH 30 67 47 86 77 08 86 31 53 07 33 15 48
Source : Tableau de bord des principaux indicateurs économiques, financiers et sociaux Novembre 2008 Bank Al Maghrib

Le tableau et le graphique montre clairement la tendance baissière du dollar US depuis


l’année 2001.

104
Section 2 : Evaluation du risque de change à travers l’importance des
‘différences de change négatives’
A- Le compte d’exploitation global monétique
CEG synthétique de la monétique BCP Année 2008
PRODUI % /rubrique % /total
TS produit produits
Produits Emission 45 887 100,00% 26,15%
150
Frais de cartes supportés par les clients 45 187 203 98,47% 25,75%
Produits reçus (Visa & MasterCard) 699 947 1,53% 0,40%
Produits Acquisition 40 173 100,00% 22,89%
763
Commissions GSM et paiement de factures via 2 746 759 6,84% 1,57%
GAB
Commissions sur retraits par cartesVisa & MC 11 136 416 27,72% 6,35%
Gain de Change 7 921 619 19,72% 4,51%
Retraits GAB interbancaire 14 508 028 36,11% 8,27%
CMI frais d'interchange 2 890 374 7,19% 1,65%
Décline reçus 920 071 2,29% 0,52%
Cash Advance 50 496 0,13% 0,03%
Gains de productivité 84 138 100,00% 47,94%
245
Gain de productivité /retraits compte chèques 81 350 059 96,69% 46,35%
75

CHARG % /rubrique % /total


ES charge charges
Charges 16 284 080 100,00% 15,56%
GAB
Dotations aux amortissements du GAB 1 267 958 7,79% 1,21%
Charges de maintenance du GAB 2 152 800 13,22% 2,06%
Consommable 5 788 152 35,54% 5,53%
Coût de trésorerie oisive 3 874 770 23,79% 3,70%
Charges lignes téléphoniques 3 200 400 19,65% 3,06%
spécialisées
Charges Emission 13 724 522 100,00% 13,11%
Frais de confection de cartes 13 593 019 99,04% 12,99%
Commissions payées /transactions 131 503 0,96% 0,13%
refusées
Charges Acquisition 15 829 528 100,00% 15,13%
Frais sur cartes VISA et MC 5 696 528 35,99% 5,44%
Pertes de change 10 133 000 64,01% 9,68%
Charges d'intermédiation 7 870 363 100,00% 7,52%
les charges sur les prestations CMI 3 936 306 50,01% 3,76%
les charges sur les prestations Visa et MC 3 934 057 49,99% 3,76%
Charges d'exploitation 50 866 587 100,00% 48,61%
Charges de la division monétique 13 529 000 26,60% 12,93%
Coût des écritures 22 725 44,68% 21,72%
informatiques Coût des 712 28,73% 13,96%
opérations monétiques 14 611
875
les charges exceptionnelles 74 565 100,00% 0,07%
To 104 649 645
tal

B- Mesure de l’importance des différences de change négatives


Moyenne Mensuelle MAD
SWIFT Gain de change Gain de change Var. %
2008 2008 09/08
VIS 220
A 249,62
M 156
C 000,76
CMI 42 194,23
VISA
CMI 20 016,44
MC
CMI 6,76
JCB
TOTA 438 660 -
L 467,81 134,92 33,58
105
%

SWI Perte de change Perte de change Var. %


FT 2008 2008 09/08
VISA 308
906,97
MC 283
999,20
CMI VISA 83 245,82
CMI MC 42 863,59
CMI JCB 9,80
TOTAL 719 844 -
025,38 416,67 14,85
%
Perte 280 184 52,24
Nette 557,57 281,75 %
Tableaux de l’évolution des différences de change Emission & Acquisition

106
*Swift : MC+ VISA+ CMI VISA+ CMI MC

Moyenne mensuelle
2008
Montant Différence Différence Différence
Montants SWIFT s de % de % de %
USD SWIFT change (-) change change
MAD (+) nette
16 455 570,39 128 427 844 0,6 660 0,5 184 0,0
496,06 416,67 6% 134,92 1% 281,75 1%

Moyenne mensuelle
2009
Différence Différenc Différence Différence 76
Montants SWIFT % % %
de e de de
USD change (-) Emission
de change change (+) change
Tableaux de l’évolution des différences de change & Acquisition

Les flux relevant des opérations retraits et achats effectuées à l’étranger par Carte BP
internationales sont très réduits. Ceci est dû principalement à la réglementation des comptes
en devises, des autorisations de devises et du lancement d’ASFARCARD en Décembre 2008.
Ainsi, le montant des différences (volet acquisition & Emission) sera affecté à la rubrique
Acquisition.
On observe que la différence de change négative encaissée tourne autour de 0,70%. Cette
donnée nous servira comme élément de comparaison par rapport à la prime à payer que va
nous proposer le desk change de la salle des marchés BCP lors de la conclusion du contrat de
couverture.
C- Analyse des Cours de facturation/Cours Cession Exemple VISA
Les cartes labellisées VISA, VISA étant un opérateur historique, représente une part
importante des cartes mises en circulation au niveau international. Ainsi, les règlements
reçus via l’opérateur VISA sont très importants au sein du GBP et devancent ceux de
Mastercard. On estime que les montants provenant de MC ne représentent que les 2/3 de
ceux provenant de VISA.
Pour les besoins de traitement de cette partie qui concerne l’analyse des variations des cours
de règlements et ceux de la cession, nous nous contenterons d’étudier le cas VISA pour plus
de simplification.
Ce qui va nous intéresser, c’est de résumer par quelques indicateurs les grandes
caractéristiques de la base de données qui regroupe tous les règlements en USD, en MAD,
cours de facturation, cours de cession, différences de change et taux de perte ou de gain sur
change.
A partir d’une base de données retraçant les mouvements reçus de VISA, le montant cédé en
MAD et les différences de change résultante (voir tableau ci-dessous), nous allons procéder à
une analyse des deux séries de cours facturation VISA et Cession BCP, et puis une analyse des
différences de change.
Modèle du tableau des Différences de change VISA-Acquisition
JOURNEE REGLEMENT VISA MONTANT COURS COURS DIF CHANGE CUM NB
VISA MAD USD VISA CESSION MAD UL TRX
01/01/2008
…….
30/09/2008

107
Couverture du risque de change : Cas de l’activité monétique
BCP Paramètr Cours VISA Cours
es Cession
Moyenne 8,177 8,15
8 69
Variance 0,09 0,43
01 16
Ecart type 0,30 0,65
01 70
Coeff. De 3,67 8,05
Variation % %

L’analyse de la série chronologique de la variation journalière des cours facturés par VISA
montre une moyenne de cours de change de 8,1778 USD/MAD supérieure à la moyenne des
cours de cession 8,1569 pratiquée par la direction de la monétique lors de la cession des 77
montants rapatriés. Ce qui montre le manque à gagner lié à l’écart entre les deux cours. Cet
écart à généré une perte sèche de 1 142 993 MAD et une perte en valeur non compensée de 2
980 034 MAD durant les trois premiers trimestres de l’année 2008.

Donc, on constate que le risque lié au change n’est pas couvert et constitue un risque
important à gérer, tant que les moyennes observées sur 270 jours montre un écart
défavorable entre les cours de facturation VISA et les cours de cession.

L’analyse des écarts types montre une grande dispersion des valeurs autour de la moyenne
des cours de cession, et par conséquent une grande volatilité comparée à celle des cours
VISA. Cette tendance de variation est en défaveur de la monétique BCP.
Nous pouvons expliquer cette grande volatilité au traitement des cessions de devise qui ne se
fait pas régulièrement.

L’étude de la corrélation entre les deux séries montre un coefficient de 0,96, ce qui confirme
que les cours suivent la même tendance de variation et qu’ils sont parfaitement corrélés et
que l’écart de change est dû essentiellement au décalage entre la date de règlement de VISA et
la date de cession du règlement expliqué par l’effet des weekend, les jours fériés et le
dysfonctionnement des traitements.
Analyse de la dispersion par les quartiles :
Cours Intervalle Ecart/
VISA Intervalle
Max 8,7576 * *
Quartile zéro= 7,6544 * *
Min
1er quartile 7,9260 7,6544 - 0,2716
7,9260
2ème quartile 8,0988 7,9260 - 0,1728
8,0988
3ème quartile 8,4298 8,0988 - 0,3310
8,4298
4ème quartile 8,7576 8,4298 - 0,3278
8,7576
7,6544 - 1,0819
8,7576

108
Couverture du risque de change : Cas de l’activité monétique
L’intervalle BCP
interquartile n'est pas affecté par les valeurs extrêmes ou fortement
dissymétriques, parce que 25 % des plus grandes valeurs et 25 % des plus petites valeurs ne
sont pas pris en considération.
Plus l’intervalle interquartile est grand, plus forte est la dispersion.

109
Couverture du risque de change : Cas de l’activité monétique
- IIQ= BCP
8.4298- 7.9260= 0.5038 : 50% des cours figurant sur la série sont compris
entre 7.9260 et 8.4298
- 25% de la série des cours est inférieur à 7.9260
- 50% de la série des cours est inférieur à 8.0988
- 75% de la série des cours est inférieur à 8.4298
- 100% de la série des cours est inférieur à 8.7576

Cours Interva Ecart/


78
Cession lle Intervalle
Max 8,73 * *
63
Quartile zéro= 7,65 * *
Min 27
1er quartile 7,91 7,6527- 0,26
75 7,9175 48
2ème quartile 8,10 7,9195- 0,18
44 8,1044 49

- IIQ= 8.3888- 7.9175= 0.4713 : 50% des cours figurant sur la série sont compris entre
7.9175 et 8.3888
- 25% de la série des cours est inférieur à 7.99175
- 50% de la série des cours est inférieur à 8.1044
- 75% de la série des cours est inférieur à 8.3888
- 100% de la série des cours est inférieur à 8.7363
Tableau d’analyse des différences de change VISA-Acquisition
Année 09 CA Mensuel CA Mensuel Diff de % CA Diff % CA Diff de change % CA
VISA USD MAD chang mensu de mens nette mens
ACQUISIITIO e (+) el change uel (compensée) uel
N (-)
Janvier 7 343 360,73 60 912 200,00 703 539,86 1,16 -300 305,54 - 403 234,32 0,66
% 0,49 %
%
Février 6 199 972,25 53 380 600,00 233 460,32 0,44 -303 100,52 - -69 640,20 -
% 0,57 0,13
% %
Mars 7 181 850,25 61 039 500,00 95 180,88 0,16 -621 468,48 - -526 287,60 -
% 1,02 0,86
% %
Avril 5 417 291,66 45 404 500,00 169 354,41 0,37 -182 555,11 - -13 200,70 -
% 0,40 0,03
% %
Mai 3 226 326,95 26 403 700,00 18 049,92 0,07 -238 862,94 - -220 813,02 -
% 0,90 0,84
% %
Juin 5 078 915,88 40 660 400,00 74 997,78 0,18 -139 497,75 - -64 499,97 -
% 0,34 0,16
% %
Juillet 10 965 203,11 87 306 000,00 124 005,35 0,14 -356 987,52 - -232 982,17 -
% 0,41 0,27
% %
Aout 15 382 138,56 121 371 327 577,66 0,27 -569 729,04 - -242 151,38 -
000,00 % 0,47 0,20
% %
Septembre 8 102 178,09 62 813 900,00 90 875,36 0,14 -267 527,71 - -176 652,35 -
% 0,43 0,28
% %
Total 68 897 559 291 1 837 0,33 -2 980 - -1 142 993,07 -
237,48 800,00 041,54 % 034,61 0,53 0,20
% %

110
Couverture du risque de change : Cas de l’activité monétique
BCP Rendement = tx de
Paramètr gain/perte =
es Diff/CA
Moyenne -0,26%
Variance 0,01%
Ecart type 1,09%
Coeff. de Variation (Indice de -
Sharp) 423,01
%

L’écart-type donne l’écart moyen des rendements mensuels par rapport à la moyenne. La
dispersion met en relation la volatilité par rapport à la moyenne de rendement (écart-type
divisé par rendement moyen). Nous avons exprimé la dispersion par le paramètre du
coefficient de variation.
Plus l’écart type est grand, plus la dispersion est importante.

111
L’analyse des rendements confirme les résultats déclarés au niveau de l’analyse des cours, la
moyenne observée étant de -0,26% sur la période d’étude et le coefficient de variation montre
une grande variabilité des rendements attendus puisqu’il a dépassé de très loin les 100%.

Chapitre II : Etude des instruments et techniques de gestion du risque


de change
On distingue plusieurs techniques de gestion du risque de change: les techniques internes
adoptées par l’entreprise pour limiter le risque de change et les techniques externes qui 79
impliquent le recours au marché monétaire ou au marché de « futures » et options.

Tenir compte du risque de change le plus tôt possible ne signifie pas se couvrir
systématiquement, mais gérer activement son risque. Cette gestion conduira l'entreprise à
s'interroger sur la méthodologie de couverture à mettre en œuvre. En effet, les techniques de
couverture ne doivent pas s'appliquer de manière indifférente et uniforme aux différentes
opérations internationales. Certaines seront plus adaptées que d'autres aux circonstances
particulières. Ces techniques, de plus, ont des coûts variés, qu'il est également important de
prendre en compte dans l’analyse de rentabilité de l'opération concernée.

La couverture du risque de change consiste à réduire ou à annuler le risque lié à la position de


change de l'entreprise en utilisant des méthodes internes ou en transférant le risque à des
organismes externes (banques et assurances).

Afin d’éviter totalement ou de limiter le risque de change, les entreprises ont à leur
disposition un éventail de possibilités.
Celles-ci peuvent être proposées par des organismes spécialisés comme les banques ou
l’assurance ;
Toutefois, avant d’y avoir recours, elles peuvent mettre en place des mesures internes visant à
limiter leur exposition au risque de change et ainsi repousser l’utilisation de techniques de
couvertures « externes », plus coûteuses.

Ce chapitre consiste à introduire et expliciter ces différents modes de couverture contre le


risque de change, afin d’en cerner les principes, leurs points forts et faibles. Tout ceci est
organisé et détaillé dans le but de poser les bases de la problématique de ce mémoire,
concernant le choix de la ou des meilleures techniques de couvertures.

Section 1 : Techniques internes de couverture


Les techniques de couverture internes à l’entreprise visent à réduire l’exposition de celle-ci au
risque de change. Elles sont déjà nombreuses et permettent aux entreprises de ne pas se
lancer dès leurs premières opérations de commerce international dans des dépenses
supplémentaires en faisant appel aux techniques externes. Ces techniques internes vont se
présenter sous la forme de clauses contractuelles ou d’aménagements dans leur trésorerie, ce
qui leur permet de s’exposer le moins possible au risque de change. Elles vont être
appréhendées du point de vue du créancier qui va encaisser les devises à échéance.

A- Comment éviter le risque de change ?


Voici quatre procédés qui permettent de ne pas avoir à faire face au risque de change,
puisqu’ils lui permettent de l’éviter complètement. Ce sont les premières mesures ainsi que
les moins coûteuses à préconiser.

112
A-1-Règlement au comptant : une solution simple, mais rare à
l’international
C’est évidemment (avec le choix de la monnaie de facturation) la solution la plus simple mais
ce n’est pas la plus adaptée à la majorité des transactions internationales. En effet, le
règlement au comptant est en quelques sortes la situation idéale pour éviter d’être confronté
aux variations des taux de change mais la plupart des paiements internationaux sont
effectués plusieurs jours voire plusieurs mois après la facturation. Ceci rend inévitable la
présence d’un risque de change. Ainsi, s’il est pratiquement impossible d’obtenir des 80
règlements au comptant, il est important d’éviter des délais de paiement trop longs, ce qui est
à négocier avec le client au moment de la conclusion du contrat.

A-2-Ouverture d’un compte en devise à l’étranger


Cette possibilité existe mais exige une condition. En effet, pour ne pas subir de risque de
change, il est préférable que l’entreprise qui ouvre un compte en devise réalise régulièrement
des opérations en devises. Il faut également savoir que les banques marocaines peuvent
ouvrir ce compte en devise, et réaliseront leurs opérations à l’international via ce compte
domicilié chez des correspondants étrangers. Ceci est nécessaire car les devises obtenues
vont, au lieu d’être changées en monnaie nationale (ce qui pourrait occasionner un risque de
change), servir à payer les dettes facturées en devise.

A-3-Choix de la devise de facturation : monnaie nationale ou autre devise


La monnaie de facturation est la monnaie dans laquelle est libellé le contrat commercial qui
lie les parties.
Le choix de la monnaie de facturation est un moyen de ne subir aucun risque de change car ce
risque intervient dès qu’une monnaie autre que la monnaie nationale entre en jeu. Les parties
peuvent également choisir une autre devise de facturation, c’est-à-dire celle de l’une des deux
parties ou une devise tierce.
Cependant, en pratique il est difficile de basculer d'une monnaie de facturation à une autre et
ceci pour les raisons suivantes :
 D'abord le client n'acceptera pas de changer la monnaie de sa facturation sauf avec une
réduction du prix du produit facturé par rapport à sa devise locale :
 L’entreprise ne peut pas être la seule à prévoir le sens de variation de la monnaie de
 facturation. car le client aussi suit le marché de prés et réagira de sorte à réduire ses
coûts une fois que l’entreprise lui proposera de changer sa monnaie de facturation ;
A-4-L’affacturage (« factoring »)
L’affacturage est une technique de financement régie par le même principe que le forfaitage,
mais il s’en démarque car il est utilisé pour des montants plus élevés que le forfaitage, sur un
portefeuille de clients assez important et pour des ventes dont l’échéance du paiement ne
dépasse pas les six mois: ces trois points constituent donc les conditions selon lesquelles on
peut avoir recours à cette technique. Cette pratique consiste à vendre sa créance à une société
de recouvrement appelée « affactureur » ou « factor ».
L’entreprise, après avoir conclu le contrat avec son client, va faire appel à cette société qui va
prendre en charge la suite des opérations en contrepartie du paiement de commissions.

C’est à l’affactureur que le débiteur règlera la facture qu’il devait initialement. Cela signifie
que tout risque de change potentiel est transféré à l’affactureur qui doit se couvrir. Cela
permet de se décharger à la fois de tout risque de non-paiement ainsi que du risque de
change. Lorsque l’intermédiaire a été réglé, il va à son tour payer à l’entreprise selon les
conditions du contrat qui aura été signé entre eux. Cette technique est fréquemment utilisée
aux Etats-Unis pour gérer le risque de crédit, qui est un autre type de risque qu’une
entreprise court en s’internationalisant21.

113
Ces trois instruments de couverture laissent à l’entreprise une variété de recours pour se
prémunir du risque de change. Seul l’affacturage n’est possible et rentable que pour des
entreprises dont l’activité est conséquente et a un coût très élevé; les autres sont accessibles à
tout type d’entreprise. Eviter ce risque n’est pas toujours possible, c’est pourquoi la partie
suivante apporte un complément concernant une couverture effective, bien que partielle.

B- Comment réduire le risque de change ?


Les techniques qui suivent ne visent pas, contrairement aux précédentes, à éviter le risque de 81
change, mais à se trouver moins exposé à celui-ci, afin de minimiser dans un premier temps
la position de change sur laquelle portera le risque, et ainsi, minimiser le recours à des
moyens de couverture plus coûteux et nécessitant l’intervention d’un organisme tiers :
bancaire ou d’assurance.
B-1-Compensations internes et « netting »
i. Principe des compensations internes
L’entreprise va compenser d’elle-même ses encaissements et décaissements dans une même
devise afin que sa position de change ne porte que sur le solde de ceux-ci. Cela signifie que
l’encaissement d’une créance dans une devise lui servira à régler une dette qu’elle doit dans
cette même devise. Pour pouvoir procéder à cette technique, deux conditions doivent être
remplies:
- D’une part, l’entreprise doit être vigilante aux délais, car il lui faut assez d’entrées de devise
(paiement de créances par ses clients) pour compenser les sorties de devise (ce qu’elle doit à
d’autres entreprises dans la même devise).
- D’autre part, il est mieux de limiter la quantité de devises utilisées afin d’optimiser ce
système de compensation. Cette pratique ne doit être utilisée que si l’entreprise dispose d’une
bonne gestion de sa position de change, car elle doit « jongler » entre entrées et sorties de
devises. Cette pratique va donc entraîner des coûts supplémentaires liés à la gestion de ces
devises.

ii. Le « netting » : technique de compensation spécifique aux grands


groupes Une entreprise peut limiter son risque de change en compensant les encaissements
et les décaissements dans une même monnaie. La position de change ne porte alors que sur le
solde de cette dernière.
L'entreprise peut donc limiter le nombre de monnaies de facturation de façon à compenser
les flux exprimés dans la même devise. Le choix de la monnaie n'est pas à lui seul suffisant
mais il faut choisir les dates d'échéance des flux de façon à ce que les encaissements et
décaissements coïncident dans une même date. (Il faut ici prendre en compte les jours de
valeur).

Le netting est une technique de compensation spécifique aux grands groupes multinationaux.
L’objectif est de réduire le nombre et le montant des transferts à l’intérieur du groupe afin de
minimiser les frais financiers. Les compensations des différentes créances, dettes et toutes
transactions financières vont permettre au groupe de réduire son exposition au risque de
change puisque seul le solde de toutes ces opérations y sera exposé et géré par le groupe et non
par chacune des filiales. L’outil utilisé par le groupe pour gérer et compenser tous ces
mouvements est un tableau de bord multi-entrées.

Les avantages du système de compensation peuvent alors être résumés comme suit :
 Lorsqu'on réduit les positions de change, le risque de change diminue ;
 Lorsqu'on veut se 'couvrir à terme, les frais de couvertures sont diminués ;
 Les mouvements de fonds sont limités, ce qui réduit la gestion des flux.
Cependant, le système de netting rencontre des limites: il y a souvent des difficultés pour
faire coïncider les dates de maturités des flux. De plus, la réglementation des changes dans
certains pays interdit la procédure de compensation.
En ce qui concerne le Maroc, le netting est malheureusement interdit puisque toute opération
114
de change doit être adossée à une transaction commerciale, à un prêt ou un emprunt.

115
Couverture du risque de change : Cas de l’activité monétique
BCP
B-2-Termaillage : « leads and lags »
Avoir recours au termaillage signifie modifier les délais de règlement afin de profiter de
l’évolution favorable des cours. Cette technique consiste à retarder ou avancer la date de
paiement selon la variation anticipée des cours. L’opérateur doit avant tout vérifier si la
pratique n’est pas interdite ou limitée par le marché des changes qui est un marché très
réglementé.
Lead : avance ≠ lag : retard
82
B-3-Clauses monétaires dans le contrat
En recourant à ces instruments, l’entreprise a la possibilité d’adapter le prix d’achat (pour
l’importateur) ou de vente (pour l’exportateur) aux fluctuations des taux de change, afin, au
mieux, d’éviter le risque de change, ou du moins une grande partie. On peut retenir 3 grands
types de clauses monétaires :

i. La clause d’adaptation des prix en fonction des variations des taux de change
En insérant cette clause dans le contrat, les deux opérateurs s’engagent à accepter les
conséquences des fluctuations des cours sur le prix facturé : à savoir que si la monnaie de
facturation s’apprécie entre la conclusion du contrat et l’échéance du paiement, le prix sera
réduit. Si, dans le cas inverse, le cours de cette monnaie baisse, le prix augmentera.
De plus, il existe une alternative à cette clause : la clause d’adaptation avec franchise. Celle-ci
préconise que le prix facturé n’augmentera ou ne baissera que si le cours de la devise de
facturation est au-delà ou en-deçà d’une fourchette fixée par les parties. Par exemple, la
clause peut stipuler que le prix facturé n’augmentera que si le cours de l’EUR par rapport à
l’USD est au dessous de 1.20 ou au-dessus 1.30 USD, afin de laisser une marge de manoeuvre
aux deux parties.

ii. La clause de risque partagé


Cette clause de risque partagé prévoit que les parties se partageront (par moitié ou une autre
proportion) le risque qui aura été occasionné par les variations des taux de change entre la
date de conclusion du contrat, ou celle de facturation (selon choix des parties) et l’échéance.
Ceci signifie qu’ils se répartiront les pertes mais aussi les gains qui résulteront de ces
fluctuations.

iii. La clause d’option de devises


La clause d’option permet à l’opérateur d’avoir recours à une autre devise que celle prévue
initialement par le contrat au cas où la variation du cours de celle-ci lui serait défavorable,
dans les proportions mentionnées dans le contrat. Cette clause d’option peut être une clause
multi- devises ou clause de change multiple qui spécifie la possibilité de choisir comme devise
de facturation celle qui, parmi les devises retenues par la clause, sera la plus avantageuse au
moment de l’échéance. Ces clauses monétaires sont très nombreuses et peuvent être
personnalisées par les parties dans leur contrat, selon ce qu’elles auront négocié ensemble.
Elles s’imposent aux parties car le contrat est considéré comme la loi des parties.

Certaines des techniques citées dans ces deux sections peuvent permettre à l’entreprise
d’éviter le risque de change, mais dans le cas où le risque est limité ou couvert partiellement,
elle peut avoir recours à d’autres instruments proposés par des organismes externes. De ce
fait, même si l’entreprise aura des coûts liés à leur utilisation, elle en aura toujours moins que
si elle n’avait pas pris des mesures préalables pour réduire son exposition. Toutefois, elle peut
également choisir ou être contrainte de n’avoir recours qu’aux techniques externes pour gérer
ce risque.

Section 2 : Les techniques externes de couverture


Si les moyens mis en œuvre décrits dans la section précédente ne suffisent pas pour diverses
116
Couverture du risque de change : Cas de l’activité monétique
raisons, l’entreprise
BCP devra se prémunir autrement contre le risque de change. Elle va pour
cela faire intervenir les banques sur le marché des changes ou souscrire à une police
d’assurance.

117
Couverture du risque de change : Cas de l’activité monétique
Banques et BCP
Assurance proposent des contrats et autres solutions visant à couvrir soit
partiellement, soit totalement les opérations avec l’étranger contre le risque de change.

A- Recours aux marchés financiers par l’intermédiaire des banques


A l’origine, seules les banques pouvaient opérer sur le marché des changes ; d’où le terme «
marché interbancaire ». De nos jours, ces établissements jouent souvent un rôle
d’intermédiaire entre le marché et les entreprises afin de simplifier les transactions dans le
cadre, entre autres, de la couverture contre le risque de change. 83

Selon l’office de change marocain, En matière de couverture contre le risque de change, les
opérateurs économiques disposent de deux instruments à savoir le change à terme et l'option
de change. Cette couverture intervient dans le cadre d'un contrat conclu entre l'opérateur et
sa banque lui garantissant un cours fixé à l'avance qui doit être appliqué, à l'échéance, à la
vente ou à l'achat de devises objet du contrat. Le cours garanti est obligatoire dans le cas des
contrats de change à terme alors qu'il peut être abandonné lorsqu'il s'agit de l'option de
change pour bénéficier d'une évolution favorable du cours de change. La mise en place de ces
instruments vise à permettre aux opérateurs économiques la maîtrise de leurs coûts liés aux
opérations d'achat ou de vente de devises.

A-1-Produits de couverture ferme

i. Contrat de change à terme et swaps de devises


Le change à terme (en anglais : forex forward) est un produit dérivé de gré à gré, à la fois :
 du marché des changes
 et surtout des marchés monétaires des deux devises concernées.
Pour des raisons pratiques, il a été décomposé en deux instruments financiers différents :
 le terme sec (en anglais : outright),
Une transaction forward au sens strict, c'est-à-dire l'achat ou la vente d'une devise contre une
autre pour une livraison dans plus de deux jours ouvrés, est appelée terme sec ou, plus
fréquemment, par son nom anglais : outright.
 et les swaps de change ou cambiste (en anglais : forex swaps), qu'il ne faut pas
confondre avec les swaps de devises (currency swaps).

Dans les deux cas, il s'agit principalement de marchés interbancaires : contrairement aux
autres marchés financiers, les marchés à terme organisés ne se sont jamais imposés sur le
marché des changes et ils y demeurent marginaux.

Définition d’un contrat de change à terme


A la différence d’une opération au comptant qui est effectuée le jour de la transaction,
l’opération de change à terme représente un engagement d’achat ou de vente des devises à un
cours fixé à l’avance, devant servir de base au dénouement de la transaction à une échéance
ultérieure supérieure à J+2.

Les opérations à terme confèrent la possibilité aux opérateurs économiques de se prémunir


contre les fluctuations des cours et de se couvrir contre le risque de change.

Principe du change à terme


Cette technique est très employée par les entreprises en général et est facile à utiliser étant
donné que les banquiers servent d’intermédiaire pour ces opérations de change à terme.

Dès que les deux parties ont signé le contrat, l’opérateur qui cherche à se couvrir contre le
risque de change en informe son banquier, lui communique les éléments de ce contrat (devise
de facturation, montant et échéance de la facture) et conclue avec lui un « contrat de vente à
terme
» par exemple en se couvrant contre une baisse du cours de la devise de facturation. Ainsi,
118
l’opérateur qui va encaisser les devises connait au jour j le montant en sa monnaie nationale
(dirham par exemple) qu’il recevra à l’échéance, grâce au taux à terme qu’il a fixé avec sa
banque.
Le risque à éviter et à prévoir lorsqu’on a recours au change à terme, est le risque de non-
paiement. En effet, si cela arrive, le créancier devra quand même remplir ses obligations
envers son banquier et lui vendre à terme ces devises. De plus, pour pouvoir vendre ces
devises au banquier, il faut que le créancier les aie à sa disposition, et si ce n’est pas le cas, il
va devoir en acheter, et subira ici obligatoirement le risque de change qu’il soit positif ou 84
négatif (retournement du terme).

Notion de Déport et report : éléments à prendre en compte avant de choisir de


vendre ou acheter à terme.
Le décalage dans le temps entre le change spot et change à terme va générer ce que l'on
nomme des points de swap ou Report/Déport qui serviront à calculer le prix à terme.
Points de swaps = [(Cours spot * t’-t]* nj /360

La devise qui a le taux d'intérêt le plus élevé aura un prix à terme inférieur à son prix au
comptant.
On parle de « déport » par rapport à la devise lorsque le cours à terme de la monnaie
nationale est inférieur au cours au comptant et « report » s’il est supérieur à celui-ci.
Une devise qui est plus chère à terme qu'au comptant est dite en report. Sinon, elle est dite en
déport. Le report est une prime, c'est-à-dire que le cours forward est supérieur au cours spot
car il faut que le taux de change compense la perte sur intérêt par rapport à l'autre monnaie.
Le déport quand a lui est une réduction (le taux forward est inférieur au taux spot) car en
plaçant cette monnaie on aura plus d'intérêts que l'autre monnaie.

Cours à terme = Cours au comptant 


Report
Frais de couverture :
C’est la différence entre le cours à terme et le cours au comptant.

- Taux de change à terme > cours au comptant  Prime


- Taux de change à terme < cours au comptant  Escompte

Pratique du change à terme


Une opération de change à terme permet de fixer aujourd'hui, le cours de vente ou d'achat
d'une devise à une date future. Le change à terme est donc une couverture du risque de
change, puisqu'il annule l'incertitude quant à l'évolution d'une devise 1 par rapport à une
devise 2.
- Acheter à terme une devise 1 par rapport à une devise 2 à une date T revient à emprunter
sur la période donnée la devise 2, la vendre au comptant contre la devise 1, et placer la devise
1 au taux interbancaire.
-Vendre à terme une devise 1 par rapport à une devise 2 à une date T revient à placer sur la
période donnée la devise 2, après l'avoir achetée au comptant contre la devise 1, grâce à un
emprunt de la devise 1 au taux interbancaire.
Selon l'échéance, le spot et les taux des devises du couple considéré, on calcule les points de
terme. Positifs, ils correspondent à une situation de report ; négatifs, ils correspondent à une
situation de déport. Dans ces deux cas, le cours à terme est la somme du cours spot lors de la
conclusion de l'opération de change à terme, et des points de terme.

D’une manière plus simple :


1. La banque emprunte sur le marché le montant de devises et pour une durée
correspondante aux conditions du contrat.
119
2. Les devises sont vendues au comptant sur le marché des changes contre la monnaie
domestique.
3. L’argent ainsi obtenu est placé sur le marché domestique pour une durée équivalente à
celle du contrat.

A L’échéance :
1. L’importateur règle sa dette en devises
2. La banque récupère son placement en monnaie domestique 85
3. L’exportateur donne les devises contre la monnaie domestique à sa banque (le cours ayant
été calculé lors de la mise en place de la vente à terme)
4. La banque rembourse son emprunt en devises grâce aux devises que l’exportateur vient de
lui donner

La pratique du marché procède au calcul direct d’un taux de change à terme en multipliant le
taux de change au comptant par un ratio reflétant le différentiel des taux d’intérêt.
La formule suivante donne le taux de change à
terme: T= C x (1+ t’)/ (1+t)

 T est le taux de change à terme


 C le taux de change au comptant
 t le taux d’intérêt de la monnaie de référence (étranger)
 t’ le taux d’intérêt domestique

Dénouement du contrat à terme


Il est important de noter que l'achat ou la vente de devises sont deux opérations fermes, et
donc qu'à l'échéance l'opération se débouclera. La seule possibilité pour l'entreprise de ne pas
réaliser l'opération à l'échéance prévue est de la proroger ou de l'anticiper, d'où les cas
suivant :
 Il est toujours possible d’effectuer une opération d’achat ou de vente avant l’échéance
prévue, en procédant à une levée par anticipation, dans ce cas la banque calculera le
report ou le déport en vigueur le jour de la levée. Celui-ci tiendra compte des
nouvelles conditions de cours et de taux sur le marché.
 De la même façon, le client peut proroger son opération de change à terme en
procédant à un report de terme. La vente ou l'achat de devises prévu à une date
initiale est reporté à une date ultérieure.

Cas particulier : le SWAP de devises


Un contrat forward peut être vu comme un swap, sauf que le premier correspond à un échange
de flux à une date unique et le second comporte des échanges à plusieurs dates.

Les swaps de devises sont assimilés à des contrats à terme, donc ils peuvent être utilisés
comme un moyen de couverture contre le risque de change.
Définition :
Sous sa forme la plus simple, un swap de devises implique l’échange d’un principal et
d’intérêts dans une devise contre un principal et des intérêts dans une autre. Un swap de
devises nécessite de spécifier le principal dans chacune des deux devises. Ces sommes sont
échangées au début et à la fin de la durée de vie du swap. En général, ces montants sont
choisis de façon à être équivalents au début du contrat.

Le principe du SWAP export s’apparente à celui de l’emprunt en devise et cette technique


permet à l’entreprise de se couvrir sur le long terme contre le risque de change (en
transmettant ce risque à la banque) en empruntant des devises par l’intermédiaire d’une
banque internationale afin de limiter le coût de son endettement : En fait, l’entreprise
effectue en même temps une opération de change au comptant et une opération de change à
terme.
120
En signant un SWAP de devises, l’entreprise emprunte à un taux spot des devises qu’elle a
donc immédiatement à sa disposition en prêtant simultanément une autre devise. Elle
revendra ces devises empruntées à terme à un cours qu’elle aura négocié lors de la signature
du SWAP. Entre la date de signature et celle de l’échéance du SWAP, l’entreprise va percevoir
des intérêts qui représentent ce qu’on lui verse pour avoir prêté des devises. Le seul coût
impliqué par l’utilisation de ce produit est la commission bancaire, étant donné que le SWAP
nécessite l’intervention d’une banque.
86
Les swaps de devises en couverture du risque de change ne sont intéressants que sur des
durées moyennes ou longues (de plus d’un an).

Différence entre swaps de change et swaps de devises :


Le swap de change sous sa forme la plus simple est une transaction financière dans laquelle
deux parties s’engagent à échanger des devises aujourd’hui, par exemple, des euros contre
des dollars au cours de change au comptant et à échanger les mêmes devises à l’échéance du
contrat au cours de change à terme ou à un autre cours convenu à l’avance.

Les swaps de change et de devises sont assez proches puisqu’ils sont basés toutes les deux sur
le même principe : un emprunt dans une monnaie et un prêt dans une autre monnaie.
Cependant, ils se différencient principalement sur plusieurs aspects :
 Les swaps de change sont des instruments à court terme alors que les swaps de
devises sont généralement conclus pour des périodes portant sur le moyen ou le long
terme ;
 Il n’y a pas d’échange d’intérêts dans le swap des change alors qu’il y en a dans le swap
de devises ;
 L’échange final est fondé sur le cours à terme dans le swap de change alors que dans le
swap de devises, on utilise à l’échéance le cours au comptant.

Avantages et inconvénients du change à terme :


 Pas de suivi administratif.
 Coût nul.
 Cours connu dès la couverture (Maitrise du budget).
 Disponible sur plusieurs devises et pour plusieurs échéances.
 Produit facile et accessible à toutes les entreprises.
 Possibilité de prorogation ou de levée anticipée.

 Peu adapté aux risques aléatoires, le contrat est irrévocable.


 Impossible de profiter d'une évolution favorable du cours.

ii. Emprunt (ou « avance ») en devises à sa banque : technique de


financement et couverture sur le marché monétaire
Le recours au marché monétaire peut se faire via deux voies : les prêts et les emprunts en
devises.

 Les emprunts en devises ou « avances en devises » :


L’emprunt en devises est à la fois une technique de financement d’une transaction
internationale et une technique de couverture contre le risque de change lié à cette
transaction. C’est une technique assez onéreuse pour l’entreprise qui souhaite y avoir recours
bien qu’elle lui permette de disposer de trésorerie. Cette transaction s’effectue sur le marché
monétaire.
L'opérateur peut emprunter les devises correspondant au montant d'une créance à recevoir
sur le marché des devises et les vendre aussitôt sur le marché comptant pour obtenir de la
monnaie nationale.
Il remboursera ensuite l'emprunt avec les devises reçues de son client. L'entreprise annule
ainsi le risque de change, et reconstitue sa trésorerie en monnaie nationale. L'avance en
121
devises sera

122
d'autant plus intéressante que le taux d'intérêt de la devise concernée est proche du taux de
crédit en monnaie nationale.

 Les prêts en devises :


Le prêt en devises permet à la partie qui a une position courte en devises, d'acheter des
devises au comptant ou grâce à un emprunt et de les placer jusqu'au jour de l'échéance. Le
fait d'acheter les devises le jour de sa commande annule son risque de change.
Si la trésorerie de l'entreprise est insuffisante, l'opérateur peut emprunter des euros ou des 87
dollars sur le marché et les vendre au comptant contre devises.

A-2-Produits de couverture ouverts ou optionnels : Marché des options de devises


Pour la petite histoire, on date la création du premier marché d'option à l'an 1640 en Hollande
où était cotée l'option d'achat des tulipes noires. Ce n'est toutefois que vers les années 1980
qu'ont démarré les marchés d'options « modernes » d'abord sur les valeurs mobilières puis
sur le change.
Il y a les options classique dites « Vanilla » (ou Plain-vanilla) et les options « Exotiques »
(ou de seconde génération).
Pourquoi une option « Vanille » ?
Ce n'est pas en mangeant une glace à la vanille que 2 cambistes ont inventé les options.
En fait, les plus calés en anglais savent que Plain ou Plain-vanilla est une expression anglo-
saxonne signifiant basique, sans fioritures. Il est donc normal d'employer cette expression
pour les options standards par opposition aux options exotiques qui sont plus élaborées.

i. Options de change classiques


Une option de devises est un droit d’acheter ou de vendre un certain montant de devises, ce
qui signifie que celui qui possède l’option a le droit de la faire appliquer ou non selon sa
situation à son avantage. Par ces options, l’opérateur se prémunit contre une perte de change
mais peut bénéficier d’un gain de change, s’il n’exerce pas son option, étant donné que celle-ci
n’est en rien une obligation. L’achat d’une option se fait contre le paiement d’une prime ou
premium dont le montant varie selon plusieurs paramètres, dont la devise en question, le
cours déterminé, l’échéance de l’option… Il faut donc que celle-ci serve à couvrir un
montant suffisamment important pour pouvoir compenser la prime payée lors
de l’achat.

L’option de devises est un actif financier « asymétrique » dans le sens ou son usage
n’empêche pas l’opérateur de profiter d’une évolution favorable des cours, contrairement au
contrat de change à terme, qui est un actif « symétrique ».

Il existe différents types d’option de devises :


 L’option d’achat de devises dite option « call ».
 L’option de vente de devises dite option « put ».

La règle est que la mise en application de l’option doit se faire au « prix d’exercice ou Strike Price
», c’est-à-dire au prix déterminé au moment où l’entreprise prend possession de l’option. De
plus, l’entreprise ne peut exercer son option qu’à la « date d’exercice », si on est dans le cas
d’une option européenne, ou jusqu’à celle-ci, dans le cas d’une option américaine.

L’achat d’une option de vente est adapté à l’anticipation d’une baisse importante du cours
d’une devise, alors que la vente d’option d’achat est plus utilisée lorsque la baisse est
modérée.

Caractéristiques des options

 Strike : Prix de base ou cours d’exercice


C’est le cours de réalisation à échéance de l’option en cas d’évolution défavorable de la devise.
Il est fixé au moment de l’initiation du contrat. L’une des flexibilités de l’option réside dans la
123
possibilité de choisir son Strike.

124
 On dit qu’une option est « à la monnaie At the Money » si son Strike est
égal à son cours spot.
 On dit qu’elle est « dans la monnaie In the Money » si son Strike est plus
avantageux que le spot.
 Et on dit qu’elle est « en dehors de la monnaie Out of the Money » de la
monnaie si son Strike est moins avantageux que le spot.
 Période d’exercice
La période d’exercice est la durée de validité de l’option. On distingue deux types : 88
 L’option européenne : le contrat d'option sur devises de type européen,
signé entre un détenteur et un émetteur, permet au détenteur de négocier ou
non une certaine quantité de devises à la date d'expiration à un prix fixé
d'avance.

 Le prix d’exercice est comparé au cours à terme.

 L’option américaine : le contrat d'option sur devises de type américain,


signé entre un détenteur et un émetteur, permet au détenteur de négocier ou
non une certaine quantité de devises jusqu'à la date d'expiration à un prix fixé
d'avance.

 Le prix d’exercice est comparé au cours du jour (Spot).

Les options à l’américaine ont une valeur supérieure aux options européennes. En effet,
pour l’émetteur c’est un risque en plus car l’acheteur de l’option peut exercer son option à
n’importe quel moment. Il a donc un droit supplémentaire et c’est ce droit supplémentaire
que fait payer l’émetteur et qui augmente donc la valeur de l’option.
Dans les salles des marchés du Maroc, les banques ne travaillent qu’avec les options
européennes.

 Prime : Détermination du prix de l’option

Une option remplit en quelque sorte la même fonction qu'une assurance. Elle est donc
assortie d'une prime. Si l'accident (mouvement défavorable des cours) n'a pas lieu, la prime
est perdue. En revanche en cas d'accident, le sinistre est remboursé (possibilité d'achat au
prix fixé).

Ainsi, Pour le droit accordé par l’option, l’acheteur paie une prime qui reste acquise par le
vendeur que l’option soit ou non exercée. La prime s’exprime en pourcentage du montant en
devises ou en points de base (bp), et est versée dès l’initiation du contrat.

Il existe différentes méthodes pour calculer le prix d'une option. La plus célèbre est la formule
dite de Black & Scholes.
Elle a été mise au point par 2 mathématiciens américains : Fischer Black et Myron Scholes et
repose sur un certain nombre d'hypothèses : cours aléatoire, volatilité constante, option à
l'européenne, etc.
Dans le cas où ces hypothèses ne sont pas respectées, d'autres modèles existent comme par
exemple le modèle binomial de Cox-Ross et Rubinstein.

La prime dépend de plusieurs paramètres :


 Valeur intrinsèque : écart entre le cours au comptant et le Strike. Plus
on décale le Strike défavorablement par rapport au cours au comptant, plus la
prime est faible.
 Maturité ou durée de l’option : nombre de jours dont dispose l’acheteur
ou le vendeur de l’option pour bénéficier d’une évolution favorable. Plus
l’échéance est courte, plus la prime est réduite.
125
 Taux d’intérêts des deux devises concernées: différentiel du taux
domestique et du taux devise. Plus la maturité est lointaine, plus l’impact des
taux est important.
 Type de l'option; Européenne, Américaine ou Asiatique
 Volatilité des taux de change : indicateur de la vitesse de variation des
cours. Plus la volatilité est importante et plus la probabilité est grande pour
que les cours atteignent un niveau donné. Ainsi, la prime est d’autant plus
élevée que la volatilité est grande. 89

La prime d’une option se décompose en deux éléments :


 Valeur intrinsèque
 Valeur temps
La différence entre le prix d'exercice et le prix de l'option détermine la valeur intrinsèque.
Il s’agit du profit qui serait réalisé par l’acheteur de l’option si l’option était exercée
immédiatement.
Valeur intrinsèque = Prix de l'actif sous-jacent - Prix d'exercice
On doit également tenir compte de la durée. En effet plus elle est longue, plus les cours ont
une chance d'évoluer dans un sens favorable pour l'acheteur de l'option et donc plus la prime
sera élevée. On parle de valeur temps. Celle-ci dépend de la volatilité et correspond à
l’anticipation des variations de cours de change entre deux monnaies sur une période donnée.
Elle représente donc la différence entre la valeur de l’option, telle qu’elle est cotée, et sa valeur
intrinsèque. Il s’agit de la rémunération du vendeur qui prend le risque que les cours évoluent
en sa défaveur. Valeur temps = Prix de l'option - Valeur intrinsèque
Les cinq premiers éléments sont parfaitement connus à la conclusion du contrat et la volatilité
représente la perception du risque de change que se font les opérateurs du marché des
options. Ces six éléments permettent, au travers de logiciels informatiques d'évaluation, de
déterminer la prime d'une option.

Comment les paramètres influencent-ils le prix d’une option ?

1. Le Strike (prix de base)


Le choix du Strike est le premier paramètre qui détermine la valeur d'une option. De par sa
proximité ou son éloignement du prix à terme, il influencera le prix de l'option. Un Strike out
of the money sera moins onéreux qu'un Strike at the money qui sera lui-même moins cher
qu'un Strike in the money.

2.La maturité (échéance)


L'incertitude sur l'évolution des cours de change rend une option dont l'échéance est éloignée
plus sujette à être exercée qu'une option dont l'échéance est proche. C’est ce paramètre qu’on
a appelé la valeur temps.
N.B. La valeur temps diminue au fur et à mesure que l'on s'approche de l'échéance d'une
option. Ce phénomène s'appelle le Time Decay (la dépréciation de la valeur temps).

3.La volatilité
La volatilité représente l'amplitude de la fluctuation du cours d'une devise. Une devise dont la
volatilité est élevée subira des fluctuations de prix importantes et une option sur cette devise
est plus sujette à être exercée qu'une autre. Le prix d'une option à forte volatilité est donc plus
élevé que celui d'une autre.
Il existe deux sortes de volatilité : la volatilité historique qui est le calcul mathématique de la
fluctuation d'une devise sur une période spécifique, et la volatilité implicite qui est celle qui se
traite entre les participants du marché des options en transactions de gré à gré. Une option
est toujours calculée avec la volatilité implicite.
N.B. La volatilité implicite d'une devise fluctue dans la journée en fonction de l'offre et la
demande, tout comme les taux d'intérêts ou le prix des devises. On appelle Véga le montant

126
duquel le prix d'une option change pour un changement d'une unité de la volatilité. Ce
paramètre aide à décrire la vulnérabilité d'une option à un changement de la volatilité.

4.Le delta
Le delta se mesure de 0 à 100 et exprime le changement du prix d'une option en fonction du
spot. Une option at the money a un delta de 50 (lorsque le sous-jacent fluctue de 100 points,
le prix de l'option ne bouge que de 50 points). Une option out of the money a un delta
inférieur à 50 et une option in the money a un delta supérieur à 50. L'option in the money 90
reflète plus que 50% du mouvement du spot, mais elle est plus onéreuse qu'une option out of
the money car elle contient de la valeur intrinsèque.
N.B.Le delta d'une option évolue en fonction du mouvement du prix à terme d'une devise.
Une option peut passer du statut de « in the money » à un statut de « out of the money » si le
marché évolue défavorablement. Par exemple, une option call at the money, donc delta 50,
verra ce dernier augmenter si le sous-jacent monte. L'option deviendra alors une option in
the money et aura une sensibilité plus importante aux mouvements du spot. Certains outils
performants de calcul de prix des options permettent de visualiser la fluctuation du delta
pour chaque mouvement du sous-jacent. Ce paramètre est le gamma.
Il est plus efficace de se concentrer sur le delta pour atteindre un objectif prédéterminé, que
de se focaliser sur le Strike.
De même, la volatilité d'une option va déterminer l'usage que le client peut faire de l'option.
Une option dans une devise à faible volatilité comme EUR/CHF sera comparativement bon
marché et est donc très adaptée à une stratégie de hedging. Par contre, des devises à forte
volatilité telles que USD/JPY, permettent de prendre des positions directionnelles plus
agressives.

Dénouement des options


 Exercice de l’option :
En cas d’évolution défavorable de la devise tout au long de la durée de vie de l’option, le
détenteur de cette option l’exerce en achetant (cédant) la devise au Strike. Exercer l’option ne
présente d’intérêt que si le Strike est plus avantageux que le cours au comptant à la date
d’échéance.
 Abandon/ Revente de l’option
Toute évolution favorable de la devise durant la durée de vie de l’option peut être captée soit :
 A échéance, en abandonnant l’option et en achetant (ou cédant) les devises au
cours comptant.
 Avant échéance, en revendant l’option et en initiant une couverture de change
à terme calculée sur la base de ce cours au comptant plus intéressant ou en
initiant une deuxième option à un nouveau Strike.

Avantages et inconvénients des options :


Les avantages se présentent comme suit :
☺ L'avantage d'une option sur une couverture par une opération de change à terme, par
exemple, provient du fait que l'acheteur de l'option se garantit un cours (ou un taux)
plancher ou plafond tout en pouvant profiter d'une évolution favorable des cours spot.
Possibilité de tirer profit d’une évolution favorable du spot.
☺ Protection contre une évolution défavorable du spot.
☺ Possibilité de tirer profit d’une évolution intermédiaire favorable de la devise en
revendant l’option et en figeant un terme pour la durée restant à couvrir.
☺ La souplesse de l’option permet de choisir son niveau de risque plus le Strike est en
dehors de la monnaie, plus la prime à payer est réduite.
☺ Les solutions optionnelles restent dans un profil de couverture optimale.
☺ Administration simple, comptabilisation hors bilan pour l'entreprise.

Les options de change présentent toutefois quelques limites :


 Elles sont d'un montant très élevé (> 1 million de dollars);
127
 Elles sont plus coûteuses qu'une couverture à terme ;
 Leurs échéances sont courtes, rarement supérieur à 6 mois ou une année ;
 Elles ne sont pas d'accès facile pour une clientèle non bancaire ;
 Elles ne sont pas négociables sur un marché secondaire ;
 Lorsque l'entreprise a recouru à l'achat d'une option, elle doit surveiller l'évolution des
cours de change pour mieux gérer son risque de change, alors que l'achat ou la vente à
terme des devises est une opération simple et définitive.
91
ii. Options de change de deuxième génération ou exotiques
En forte croissance depuis le début des années quatre-vingt, le marché des options sur
devises s’est enrichi, au début des années quatre-vingt-dix, de nouveaux produits regroupés
sous le terme générique d’options de « seconde génération » ou encore options « exotiques ».
Créés dans le souci de répondre plus spécifiquement aux besoins de la clientèle finale, ces
instruments n’ont d’abord connu qu’un développement assez lent, car ils ne présentent que
peu d’attraits en tant que produits de trading (faible standardisation et donc liquidité réduite)
et leur évaluation (pricing) et leur gestion (risk management) sont complexes. Malgré ce
démarrage difficile, certains produits « exotiques » — tels que les options à barrière — ont
enregistré un succès croissant. Les encours figurant dans les portefeuilles des market-makers
sont désormais importants et leur couverture peut, ponctuellement, avoir un impact
important sur les marchés de change et/ou sur les volatilités implicites et, par suite, sur le
niveau des primes.

Exemples d’options de seconde génération :


Les principales options de deuxième génération sont les options à prime nulle ou à tunnel, les
options asiatiques (options sur moyenne du cours), les options à barrières
activantes et désactivantes, les options sur options et les options sur paniers de devises.
a) L'option à tunnel
L'option à tunnel est une option qui permet de se couvrir en réduisant ou en annulant le coût
de la prime. Les options tunnels sont généralement de type européen. Cette option
correspond à l'achat d'un call et à la vente d'un put. Le call et le put ayant les même
caractéristiques sauf le prix d'exercice. L'achat du call nécessite le paiement d'une prime et la
vente du put procure l'encaissement d'une prime.
b) L'option à trois branches
Elle permet à un exportateur (importateur) de se protéger contre une baisse (une hausse) du
cours de la devise concernée et autorise une participation plus large à l'évolution favorable de
la devise. Elle remédie donc à l'inconvénient de l'option tunnel qui limite le gain à la hausse.
On peut obtenir une prime nulle pour cette option.
c) L'option sur moyenne du cours (Option asiatique)
Une option moyenne est une option de style européen dont le prix d'exercice est déterminé
lors de la date initiale de transaction, mais dont la valeur à maturité est déterminée en
prenant la différence positive (si elle existe), entre le prix d'exercice et une moyenne des cours
de change spot durant la vie de l'option. L’acheteur délimite l'intervalle de fixation des cours
de change pour le calcul des la moyenne (ex. quotidien, hebdomadaire ou mensuel).
Lors de l'exercice de l'option, on ne compare pas le cours spot au prix d'exercice mais la
moyenne des Cours spot.
d) L'option à barrières activantes et désactivantes
Ces options possèdent les mêmes caractéristiques que les options classiques (prime, prix
d'exercice et échéance), mais avec des limites (ou barrières) qui sont de type activante ou
désactivantes.
Cela signifie que ces options gardent leur droit attaché à l'option dès lors que le cours de la
devise franchit la limite à la hausse (option up) où à la baisse (option down).
Pour les entreprises qui utilisent ce type d'option afin de se couvrir contre le risque de
change, il est souhaitable de placer un ordre de vente ou d'achat, qui sera exécuté dés que la
limite est franchie et qui permet de garder un coût fixe à l'avance.

128
Ces options coûtent moins cher et offrent les mêmes droits que les options classiques à
condition que la limite soit franchie.
B- Garanties grâce au recours à l’assurance
B-1-Assurance Change
L'entreprise peut se couvrir contre le risque de change via des assurances que proposent des
organismes externes. Ces assurances ont pour objet de permettre aux entreprises
exportatrices d'établir leurs prix de vente et de passer des contrats en devises sans encourir le
92
risque de variation des cours de change.
En France par exemple, Les polices d’assurance contre le risque de change délivrées par la
COFACE permettent de couvrir soit des flux réguliers import ou export, soit des opérations
ponctuelles export.
La COFACE (Compagnie Française d’Assurance pour le Commerce Extérieur) a été créée en
1946 et a pour objectif de faciliter les échanges entre les entreprises issues du monde entier.
Elle propose aux entreprises exportatrices et importatrices des polices d’assurance pour se
couvrir complètement (gain comme perte) contre le risque de change moyennant une prime
d’assurance.
La COFACE offre deux possibilités afin de se couvrir contre les variations des cours :

i. Police CIME
Cette police d’assurance – change import/export existe depuis 1992 et permet de couvrir une
entreprise contre le risque de change dans le cas de flux réguliers d’importations ou
d’exportations facturées en devises. L’entreprise qui souscrit a la possibilité de bénéficier d’un
intéressement à la baisse de l’euro dans le cas d’une exportation.
La facturation peut s’effectuer dans 5 devises différentes : USD, CAD, JPY, GBP et
CHF. En souscrivant à cette assurance change, l’entreprise exportatrice n’aura aucun risque
de variation des cours des devises à supporter. Elle est de ce fait assurée d’une stabilité de ses
revenus.
Le principe est simple : si l’entreprise subit une perte de change, elle sera indemnisée par la
COFACE grâce à la souscription de cette police. Dans le cas inverse d’un gain de change, c’est
à l’entreprise de reverser à la COFACE l’intégralité de ce gain, ou une partie de celui-ci, si elle
a souscrit une police avec intéressement (qui induit qu’une partie du gain lui revient).
Le montant de la prime de cette assurance varie selon de nombreux facteurs tels que la devise
prise en compte, le montant garanti, la durée, et le taux d’intéressement.

ii. Assurance Change Négociation


Cette police d’assurance est destinée aux opérations internationales ponctuelles et ne
concerne que les offres de devises. Cela signifie que l’exportateur qui va lancer un appel
d’offre en devises sera protégé contre toute variation des taux de change entre sa monnaie et
la devise dans laquelle il a formulé l’offre. Cette protection sera valable depuis le moment où
il recevra une réponse à l’offre jusqu’à celui où, effectivement, il sera payé en devises par son
client.
L’exportateur couvert connaît le montant qu’il recevra dans sa monnaie nationale. Le
principe qui régit ce système est similaire à celui de la police CIME, à savoir l’entreprise ne
perd rien, ni ne gagne rien, sauf dans le cas où elle a souscrit une police avec intéressement.
En ce qui concerne les coûts qu’engendre le recours à cette police, ils sont composés d’une
prime fixe que l’exportateur devra régler à la COFACE au moment de la souscription, et qui
est fonction du montant garanti par l’assurance ainsi que d’une autre prime qui ne sera à
payer que si le contrat est signé.

B-2-SMAEX
L’assurance est une autre possibilité de couverture pour les entreprises. Au Maroc, La gestion
de l'assurance à l'exportation est confiée à une société anonyme désignée par arrêté du
Ministre des Finances: Société Marocaine d’Assurance à l’Exportation "S.M.A.E.X".

129
Cette société est chargée d'assurer :

130
 Pour le compte de l'Etat et sous son contrôle, les risques politiques, catastrophiques,
monétaires et les risques commerciaux extraordinaires afférents à l'assurance crédit
ainsi que les risques afférents à l'assurance prospection et à l'assurance foire ;
 Pour son propre compte, et sous le contrôle de l'Etat, les risques commerciaux
ordinaires afférents à l'assurance crédit.

L’ASMAEX garantit l'exportateur dans les termes du contrat qu'il aura passé avec son
débiteur, et dans le respect des clauses de la police d'assurance, contre le risque de non 93
recouvrement de sa créance, dans la mesure où celui ci résulte d'un risque politique,
catastrophique, monétaire ou d'un risque commercial ordinaire ou extraordinaire.
Selon l’ASMAEX, Les Risques Monétaires comprennent à la fois le risque de change et le
risque de non transfert.

Chapitre III : Quelle technique semble la plus adaptée?


Il s’agit à présent, et pour finir, de déduire des études statistiques précédemment présentées,
de la théorie, quelles sont les techniques qui conviennent le moins bien et le mieux à une
couverture optimale des opérations monétiques avec l’étranger.

Section 1 : Tour d’horizon sur les moyens de couverture possibles


Il est important de signaler que les règlements en devises de la monétique ne correspondent
ni à des opérations d’exportation et d’importation, ni à des opérations d’investissement et ni
d’emprunts et de prêts. En effet il s’agit de prestations de service monétiques rendus par les
banques marocaines aux porteurs de cartes étrangères et vice versa, en contre partie de
commissions. (Personnellement, j’ai assimilé ce type d’opération monétique à des semi-
prêts/Emprunt)
Ainsi, je tiens à préciser que lors du traitement de la problématique de change de cas
particulier de la monétique, j’ai trouvé un grand vide au niveau de la documentation, en ce
qui concerne les opérations monétiques au niveau BCP et au niveau des ouvrages, et en ce qui
concerne la couverture de change de ce type spécifique d’opération.
Les couvertures offertes sur le marché et traitées dans les ouvrages ne conviennent qu’aux
exportateurs, importateurs, banques et investisseurs.
C’est par une adaptation de ces outils à ce genre d’opérations, que j’ai pu réaliser ce travail de
mémoire.
A- La facturation en monnaie nationale
Cette technique, qui permet une facturation en Dirham marocain, aura des effets très positifs
sur l’encaissement de pertes de changes en évolution importante depuis la chute du dollar
américain. Mais, au niveau de la monétique BCP, cet outil ne pourra être appliqué que sur les
règlements quotidiens qu’on reçoit du CMI. Ces règlements qui correspondent aux paiements
effectués par cartes étrangères auprès des commerçants domiciliés à la Banque Populaire.
Actuellement, le CMI, acquéreur unique en terme d’activité de paiement, nous rembourse les
prestations servies par nos commerçants aux porteurs étrangers en devise USD avec date
valeur J+5 ouvrés. Une révision de cette pratique par le GBPM ou BAM serait la bienvenue et
profitera beaucoup aux banques marocaines qui opèrent dans la monétique.

B- L’ouverture de comptes en devises chez des correspondants étrangers


Effectivement, la BCP dispose de comptes en devises à l’étranger comme toutes ses banques
consœurs. En ce qui concerne la fonction monétique et ses opérations avec l’étrangers, la BCP
dispose de deux comptes en devise USD, un pour MC et l’autre pour VISA, domiciliés chez son
correspondant CITIBANK à New York aux Etats-Unis.
Ainsi, le fait de disposer de ses comptes, réduit relativement le risque de change puisque les
opérateurs réalisent des mouvements financiers directement sur ces comptes à l’étranger.

131
Mais le souci réside dans le rapatriement de des montants en devise reçues de MC et VISA.
En fait, ce travail cherche à répondre à la problématique qui résulte de ce rapatriement de
devise et leur affectation aux comptes et aux résultats de la BCP.

C- La compensation interne ou « netting »


Le système de compensation a des avantages qui peuvent être résumés comme suit :
* Lorsqu'on réduit les positions de change, le risque de change diminue ;
* Lorsqu'on veut se couvrir à terme, les frais de couvertures sont diminués ; 94
* Les mouvements de fonds sont limités, ce qui réduit la gestion des flux.
Cependant, le système de netting rencontre des limites: il y a souvent des difficultés pour
faire coïncider les dates de maturités des flux. De plus, la réglementation des changes dans
certains pays interdit la procédure de compensation.
En ce qui concerne le cas de la Monétique CPM, il y’a lieu de signaler que les opérateurs MC,
VISA et CMI procède par compensation (Activité Acquisition-Activité Emission). De ce fait,
les banques reçoivent un seul montant compensé créditeur en devises (vu que l’activité
Acquisition est de loin très importante par rapport à l’activité Emission qui est en cours de
développement avec les mesures incitatives de change de BAM).
Il est vrai que les mouvements débits (achats de devises), qui correspondent aux frais de
tenue de comptes VISA/MC mensuels et aux charges hebdomadaires facturées par MC, sont
moins importants que les mouvements crédits, mais, avec cette technique interne, les
différences de change négatives seront relativement réduites.
En ce qui concerne le Maroc, le netting est malheureusement interdit puisque toute opération
de change doit être adossée à une transaction commerciale, à un prêt ou un emprunt.
Sachant bien que cette technique a été proposée par le Desk change de la salle des marchés
BCPbank, en tant que solution à nos soucis de couverture de change.
Selon un article de l’économiste en 2004, « l'institut d'émission a donné son accord de
principe pour permettre aux clients qui sont à la fois importateurs et exportateurs dans une
même devise ou dans des devises différentes, de recourir au “netting”. Cette technique
consiste à compenser une devise par une autre en évitant la facturation de la commission de
change lors de la cession et l'achat de devises. » Mais à nos jours, le netting reste encore «
non permis » sauf dérogation de l’office de change et la commission a été réduite à 0,1%
courant juillet 2008.

D’après la nouvelle circulaire de l’office de change n° 1728 aux intermédiaires agrées du 17


décembre 2008 réglementant le régime général des règlements entre le Maroc et l’étranger
: « les règlements par voie de compensation ne sot permis que dans la mesure où ils font
l’objet d’une autorisation générale ou particulière explicites de l’Office des Changes. »

D- Le change à terme « Outright Forward »


Le recours au change à terme ne représente pas un moyen adapté pour le besoin de
couverture du risque de change au sein de la direction monétique BCP pour les raisons
suivantes :

 La différence essentielle entre le change à terme et le spot provient du fait que la date
de valeur est supérieure de J+2. Ainsi, puisque le montant en USD que VISA et MC
vont nous régler sur notre compte à l’étranger est connu le jour J+1 (j étant le
jour de la présentation on-line des montants des retraits ou achats effectués par
porteurs étrangers), et ces montants nous seront envoyés via SWIFT le Jour J+2,
l’usage de la technique du change à terme ne serait adéquate avec ce fonctionnement
de réconciliation (échéance < 3 jours).
 Ajoutant à cela que la monétique reçoit des flux très importants en devise USD
quotidiennement sur son compte en devise à CITIBANK, et donc il lui serait très
difficile de rapatrier ces devises et gérer une couverture (cession devise) à terme pour
chaque journée de règlement. Sachant bien que la réglementation du rapatriement
des recettes en devises stipule que l’opérateur dispose de 30 jours maximum.
132
 Le cours forward étant un cours figé, qui ne permet pas de bénéficier d’une évolution
favorable du cours, et environnement monétaire international caractérisé par une
volatilité accrue de taux de changes pose des problèmes auxquels la couverture par le
change à terme n'apporte qu'une réponse insuffisante.

Section 2 : Choix de la technique de l’Option sur moyenne du cours


A- Les options sur moyenne (ou options asiatiques)
Apparues au milieu des années quatre-vingt pour répondre aux besoins de sociétés ayant des 95
flux de paiement périodiques, l’option sur moyenne permet d'acheter ou de vendre des
devises sur la base d'un prix d'exercice correspondant à la moyenne des cours pendant la durée
de vie de l'option (souvent un an, la durée d’un exercice comptable).
L’average option est donc une option donnant droit à son détenteur de recevoir à l’échéance
de l’option et à due concurrence du montant couvert, la différence positive éventuelle (option
terminant sa vie dans la monnaie) entre le prix d’exercice de cette option et la moyenne des
cours spots (par ex: le fixing de BAM) mensuels sur toute la durée de vie de l’option.

La prime est donc réduite puisque le risque pris par le vendeur (la banque) est moindre et la
volatilité du sous-jacent par rapport à sa moyenne plus faible.
Le prix d’exercice de l’option (le Strike) est comparé ex post à une moyenne de cours ; s’il est
favorable, la banque qui a écrit l’option verse une soulte à son client. Dans tous les cas, bien
entendu, la prime payée par le client reste acquise par la banque. Ce produit permet donc de
protéger un volume d’affaires dans une devise donnée sur une période donnée, tout
en laissant la possibilité de gains de change, et en déchargeant la société de la
gestion quotidienne de son risque.

Par rapport à l’achat d’une série d’options dont l’échéance serait étalée dans le temps, l’achat
d’une option asiatique est moins onéreux car la volatilité d’une moyenne de cours —
et donc la valeur de l’option — est plus faible que la volatilité des cours eux-mêmes.

Son gain est représenté par la différence entre ce cours (le prix d’exercice) et le cours de marché.

B- Le fonctionnement d’une option asiatique


L’average option s’adresse aux entités qui prévoient, à un horizon donné (ex: un an ou plus)
un grand nombre d’entrées ou de sorties de devises, dont l’enveloppe globale peut être
relativement bien estimée mais dont la répartition effective tout au long de la période
considérée est difficile à déterminer ou dont la répartition dans le temps peut être sujette à
fluctuations ou qui doit tenir compte d’un flux régulier de paiements ou de recettes en devise
(par exemple chaque fin de mois pendant un an ou deux ans).

L’average option a pour but de couvrir globalement une série d’opérations de change,
réparties sur un certain laps de temps.
A chaque échéance de paiement/recette, le trésorier change la devise payée/touchée au
comptant. Ensuite à l’échéance finale de l’average option, il perçoit la différence entre son
prix d’exercice et la moyenne des cours mensuels sur la période considérée, à condition que
cette différence soit positive: si c’est le cas, cela implique que les opérations "spot" successives
auront été effectuées à un cours inférieur (en cas de put) ou supérieur (en cas de call) au
Strike, qui se trouve amélioré par l’exercice de l’option. Si l’average option échoit sans valeur,
alors les opérations "spot" effectuées tout au long de la durée de vie de l’option auront été
globalement plus favorables que le prix d’exercice.

C- Caractéristique des options à moyenne


 L’ARO permet, en une seule transaction, de réaliser une couverture globale de la
position de change, couverture avantageuse tant d’un point de vue administratif que d’un
point
133
de vue financier, et de recevoir la différence positive éventuelle entre le Strike de cette
option et la moyenne des fixings mensuels.
 L’average option est proposée à l’européenne c-à-d exerçable à l’échéance uniquement ;
 Le prix d’exercice est laissé à l’initiative du client ;
 La prime initiale est moins chère que pour une option ordinaire ;
 La technique de l’option privilégie l’opportunité, pour le trésorier, de tirer parti
d’une évolution favorable des cours tout en le protégeant contre un mouvement
adverse ;
 Une couverture unique est plus simple à mettre en place et à gérer ensuite 96
qu’une série de couvertures ➞ simplification administrative car pas besoin d’examens
périodiques ;
 Ce qui intéresse en dernier ressort l’entreprise, c’est la performance globale de
sa couverture de change et non le résultat individuel de chacune des opérations
de couverture.

Si l’on compare l’average option à une série d’options ordinaires à échéances mensuelles
successives, mises en place pour une longue période: aux échéances mensuelles successives,
les options ordinaires termineront normalement leur vie pour partie "dans la monnaie" (et la
couverture individuelle aura joué) et pour partie "en dehors de la monnaie" (et le trésorier
profitera du cours du marché): le cours moyen de couverture globale réalisé tournera donc
autour de la moyenne des cours de chaque transaction individuelle. Enfin, on peut dire que
l’average option représentera une couverture d’autant plus optimale qu’elle couvrira un grand
nombre d’opérations de change à des dates différentes.
Comme on l’aura compris, l’intérêt de l’average option réside dans le fait qu’elle constitue la
couverture globale d’une série de positions de change. Outre la simplification administrative
qu’elle représente, l’average option se caractérise par une prime proportionnellement plus
faible que dans le cas d’une option ordinaire.
 Bien entendu, le résultat de la couverture sur base d’une moyenne de cours ne sera pas
nécessairement plus avantageux pour autant: il dépendra de l’évolution effective des
cours de change mensuels et donc de leur moyenne sur la période de couverture
considérée.
 L’observation qui veut que les solutions de type optionnel ne soient jamais ni les
meilleures ni les pires, reste d’application avec ce type d’option.

D- Mise en place de l’option à moyenne


Etant donné les niveaux bas du dollar américain, la tendance baissière du cross USD/MAD et
des anticipations à la baisse, je préparerai une couverture de risque de change par achat d’un
put sur moyenne de cours de change, en raison de la série des règlements reçus
quotidiennement en devise USD. Ces montants qui sont à rapatrier et convertir en monnaie
domestique MAD.
Cette mise en place traitée dans ce travail ne comportera que les montants VISA par souci de
simplification car ils représentent approximativement plus de 50% de l’ensemble des
montants reçus en devise (VISA+MC+CMI).
D-1- Anticipation d’une hausse de l’US Dollar :
Pas de couverture : continuer à traiter les cessions au comptant (SPOT).
D-2- Anticipation d’une baisse de l’US Dollar :
Couverture par un « ACHAT DE PUT SUR MOYENNE USD CALL MAD »

Quels sont les pré-requis ?


Présentation de la demande à présenter à la salle de marché de la BCP, Desk change:
Explication des opérations financières sous-jacentes à la banque. (Parties ci-dessus)

Comment procéder ?
134
Conditions et modalités d’application
 Le cross traité (sous-jacent) : USD/MAD

135
 le montant investi : Vu les coûts et la complexité des options de change, un montant
minimum est fortement recommandé : 1 million USD par fixing (mensuel, trimestriel
ou semestriel).
Besoin BCP :
 Un fixing mensuel de USD 8 millions,
 Montant annuel estimé de : USD 96 millions représentant 395 règlements à
recevoir quotidiennement (du 01/06/10 au 30/06/11).
 Ou un montant semestriel estimé de : USD 48 millions représentant 214 97
règlements à recevoir quotidiennement (du 01/06/10 au 31/12/10).
Le montant est calculé à partir de la moyenne annuelle des années 2008 et 2008 en
considérant que le CA prévu de l’année 2010 connaitra une stagnation à cause principalement
de la crise en Europe et aux Etats-Unis et ses conséquences sur le secteur du
tourisme/voyages et le niveau de dépenses.
 le sens de la transaction : Achat
 la catégorie d'option : une option de vente « put »
 le cours d'exercice de l'option « Strike » :
Le cours de change « USD/MAD » budget pour l’année 2010 est estimé par la moyenne de
cours VISA durant le 2ème semestre de l’année 2008. Il est évalué à 8,0991 USD/MAD;
Ainsi la détermination du Strike se traitera en collaboration avec le desk change tout en ne
s’éloignant pas du cours Budget déterminé par la direction monétique. Le Desk change salle
de marché BCP étant en même temps l’interlocuteur financier de la BCP et l’intermédiaire sur
le marché de change.
Le Strike sera déterminé aussi en fonction du cours Spot de la veille de la conclusion du
contrat de couverture. Sa détermination dépendra des cours à terme et notamment des taux
d’intérêt MAD et USD, soient dans 6 mois à partir de la date de conclusion du contrat, soient
dans les 12 mois.

 la date de départ du contrat : le 1er Juin 2010


 les dates des fixings correspondent aux dates du dernier jour ouvré du mois pendant la
durée :
 du 01/06/10 au 31/12/09 ou ;
 ou du 01/06/09 au 30/06/10.

 la durée de vie « maturité » de l'option : exécution à une date précise (option


européenne)
Besoin BCP : le 2ème semestre 2010 ou l’année 2010-2011 à partir du 01/06/10 selon la
tendance du cross USD/MAD durant le premier semestre de l’année en cours.
 le prix de l'option, ou « prime » :
La prime d’une option de change à payer par l’acheteur se compose de plusieurs paramètres,
à savoir :
- le taux de change couvert par l’option (Strike de 8,0991);
- le taux d’intérêt du marché du jour (fourni par la salle des marchés);
- la volatilité du sous-jacent (la devise USD très volatile);
- la durée (6 mois ou 12 mois).
La prime se paye toujours lors de la conclusion du contrat et est en aucun cas récupérable par
l’acheteur.
Le montant de la prime est égal à un % du montant total couvert multiplié par le Strike choisi.

Comment est déterminé le montant de la prime ?


Le montant ou le pourcentage de la prime sera fourni par le Desk change de la sale de
marché. Parmi les paramètres qui vont déterminer le prix de la prime, on trouve :

136
 Le montant à couvrir
Il faut que la prime serve à couvrir un montant suffisamment important pour pouvoir
compenser la prime payée lors de l’achat.
 Valeur intrinsèque/Le cours déterminé1
Plus on décale le Strike défavorablement par rapport au cours au comptant, plus la
prime est faible. (Le Strike est comparé aussi au cours à terme)
Un Strike out of the money sera moins onéreux qu'un Strike at the money qui sera lui-même
moins cher qu'un Strike in the money. 98
Le Strike est comparé aussi au cours à terme :
 Taux d’intérêts des deux devises concernées
Plus la maturité est lointaine, plus l’impact des taux est important.
 Maturité ou durée de l’option
Plus l’échéance est courte, plus la prime est réduite.
 Volatilité des taux de change/ DEVISE
Plus la volatilité est importante et plus la probabilité est grande pour que les cours
atteignent un niveau donné. Ainsi, la prime est d’autant plus élevée que la volatilité est
grande.
On verra ci-après que la volatilité des moyennes de cours est moins importante que celle des
cours eux même. Cet élément va contribuer en moins dans la détermination de la prime.
 Type de l'option
Européenne, Américaine
En estimant une stagnation des règlements à encaisser en 2010, et sachant que le niveau des
pertes de change encaissées en 2008 en moyenne représente approximativement 5% du
montant à couvrir, la prime ne sera acceptée que si son pourcentage ne dépasse pas les 1%.
Afin que la salle des marchés traite la couverture, il lui faut un accord de principe de la
présidence. Mais, le temps de soulever la problématique de change à la présidence, la salle
des marchés et suite aux éléments qui lui ont été fournis (montant très important à couvrir,
maturité, devise USD, …), elle a avoisiné le pourcentage de la prime à 0,95% annuel et 0,75%
semestriel.
Ainsi approximativement, le montant de la prime serait de :
 96 millions * 0,95%* 8,0991= 7,38 millions (12 mois) MAD
 Ou un montant semestriel estimé de : 48 millions * 0,75%* 8,0991= 2,91 millions MAD.

Paiement d'une soulte ou différentiel


A la date d’exercice de l’option de change, l’acheteur a la possibilité d’exercer l’option ou de la
laisser expirer :
 si le taux de change du MAD s’est déprécié par rapport à l’USD → Abandonner l’option
 si le taux de change du MAD s’est revalorisé par rapport à l’USD → Exercer l’option
En cas d’exercice de l’option, le vendeur de l'option (la BCP) ne doit payer à l'acheteur de
l'option que la différence entre le prix d’exercice « Strike » et le cours moyen calculé soit de
l’année soit du semestre.
 Risque
Le risque lié à une option sur cours de change pour un acheteur est limité à la prime.

137
E- Simulation de la stratégie pour les : 1er semestre 2008 & toute l’année
2008 Analyse de la volatilité des écarts types cours fixing Mid BAM de 2006
à 2008 : Analyse de l’évolution du fixing USD/MAD 2006-2008 (tableau en annexe 7)

99

On constate une grande variabilité entre juillet 2008 et juillet 2008. La variabilité maximale
est éteinte en décembre 2008. Ce qui s'explique par la conjoncture internationale difficile.
Ainsi, il serait intéressant de traiter deux simulations de la stratégie choisie sur les 6 premiers
mois de l’année 2008 et les 12 mois de l’année 2008.
Tableau du calcul des cours SPOT moyen (mensuels/ semestriels/annuels) :
Détail en annexe 8
MOIS 2008 MONTANT CONTRE VALEUR MOYENNE FIXING ACHETEUR
visa+mc USD MAD MOYEN
JANVIER 12 719 696,01 106 045 071,14 8,3650
FEVRIER 10 014 386,66 86 058 407,03 8,6008
MARS 8 309 889,45 70 085 852,10 8,3962
AVRIL 8 839 800,96 74 214 731,48 8,4078
MAI 8 024 947,92 65 215 338,97 8,1168
JUIN 9 167 145,79 73 227 993,61 7,9892
MONTANT 57 075 866,79 474 847 394,33 8,2938
SEMESTRIEL 1
JUILLET 20 328 900,39 161 376 123,88 7,9516
AOÛT 27 974 151,50 220 333 295,21 7,8661
SEPTEMBRE 13 636 399,74 105 462 204,20 7,7387
OCTOBRE 16 175 124,33 123 344 597,33 7,6271
NOVEMBRE 13 773 383,14 104 387 031,13 7,5736
DÉCEMBRE 16 303 802,74 126 338 412,93 7,7324
MONTANT 108 191 841 241 7,7484
SEMESTRIEL 2 761,84 664,69 8,0112
MONTANT ANNUEL 165 267 1 316 089
2008 628,63 059,02

Détermination du :
 Strike :Le cours budget 2008 est estimé à 8, 2489 USD/MAD (moyenne des fixing
BAM du deuxième semestre 2008).
Si l’échéance est le 31/12/09 ; Abondan de
138
l’option. Si l’échéance est le 30/06/09 ; Exercice
de l’option.

139
CONCLUSION GENERALE

Depuis l’ouverture du marché des changes au Maroc en 1996, les principaux outils de
couverture du risque de change se limitaient au change au comptant, au terme et au swap de
change (circulaire de l’Office des changes n° 1633 du 01/04/1996 et de Bank Al-Maghrib
100
n°61/DAI/96 du 01/04/96).

Après avoir gagné en notoriété et en expérience, la clientèle et les banques ont commencé à
réclamer de nouveaux outils de couverture, à savoir les options de change.
La circulaire de l’Office des Changes n° 1702 est ainsi venue combler ce vide et autoriser ce
moyen de couverture.

Depuis la mise en place des options de changes, les banques espéraient que leur utilisation
soit aussi courante que le terme, or le constat est tout contraire.

Selon des enquêtes et études menées par les banques, le principal obstacle à la multiplication
de la couverture du risque de change par options est le coût qui est jugé très dispendieux. En
effet, c’est en raison de cet obstacle que les entreprises ont recours plus au change à terme
qui, malgré sa rigidité, présente l’avantage de ne nécessiter aucune avance d’argent.

Pour palier à ce problème, actuellement les banques marocaines offrent sur le marchés
différentes stratégies dont le but est de surmonter ce problème de coût par des propositions
de stratégies optionnelles à coût réduit voire nul ; ou dans un effort commercial, faire
supporter à la banque un pourcentage réduit de la prime.

140
ANNEXES
Annexe 1 : le Dollar Américain, l’EURO & le Yen

Le Dollar américain USD

Parfois appelé le “green back”, le Dollar américain (USD) est l’incarnation de la plus grande économie mondiale.
Comme n’importe quelle devise, le Dollar est soutenu par les notions économiques fondamentales, telles que le
101
produit intérieur brut et les chiffres de la production et de l’emploi.
Cependant, le Dollar est aussi très influencé par la banque centrale et par les déclarations concernant la politique
de taux d’intérêt.
Le Dollar US est la monnaie nationale des États-Unis et de leurs territoires d'outre-mer (comme Porto Rico),
mais aussi de l'Équateur, de la Micronésie, des Îles Marshall, des Palaos, du Salvador, du Timor oriental, des Îles
Turques-et- Caïques et des Îles Vierges britanniques. Il est divisé en 100 cents. Son code ISO 4217 est USD, avec
le nom « Dollar des États-Unis ». Le symbole du Dollar des États-Unis est US$ ou simplement $.
Le Dollar des États-Unis est la monnaie la plus utilisée au monde pour les transactions et, depuis décembre 2006,
la deuxième derrière l'Euro en termes de monnaie en circulation.
Rôle économique
En monnaie scripturale, le Dollar est :
 la principale monnaie de réserve utilisée dans le monde ;
 la devise la plus utilisée dans le commerce international ;
 la principale devise traitée sur le marché des changes, présente en 2004 dans 89 % des transactions,
contre 37 % pour l'Euro (source : BRI) ;
 la devise possédant les marchés financiers les plus importants, même si cette prépondérance est en train
d'être remise en cause par l'Euro dans plusieurs domaines.
Selon le FMI, le Dollar comptait à hauteur de 72 % en 2002 dans les réserves des banques centrales à travers le
monde avant de décliner par la suite pour s’établir à 64 % de ces réserves mondiales en septembre 2007.
Enfin, certes pour des montants beaucoup moins importants, c'est une monnaie fiduciaire d'un usage très répandu
dans le monde, et plus de la moitié de son encours en billets est en fait détenu hors de son pays d'origine.
Histoire du Dollar Américain USD
Le mot « Dollar » est une déformation du thaler, monnaie d'argent apparue au début du XVIe siècle. Cette
monnaie se répandit dans l'empire des Habsbourg, puis en Amérique latine, où elle devint le dólar.
L'usage du S barré ($) a donné lieu à plusieurs explications :
 La plus probable est donnée par la plupart des numismates : la pièce espagnole de 8 réales (piece of
eight) a eu cours légal aux États-Unis jusqu'en 1857. Le signe $ serait la représentation du 8 (comme au
Mexique où la pièce de 8 réales devint après décimalisation la pièce de 1 peso où le signe $ n'est barré
qu'une fois).
 Il proviendrait de l'appellation Spanish pillar Dollar lorsque les Espagnols ont apporté le thaler centre-
Européen aux Amériques. Les armoiries espagnoles, qui figuraient sur les Dollars d'argent, font
apparaître deux colonnes, représentation héraldique des Colonnes d'Hercule ou représentation des deux
colonnes du Temple de Salomon, les colonnes de Boaz et de Joachim.
 D'après une autre hypothèse, le sigle $ viendrait de l'abréviation US pour United States, les deux lettres
étant superposées. Le « U » a fini par être remplacé par deux barres pour des raisons de contraintes
typographiques.
Création
Le premier Dollar apparut sous forme de papier-monnaie en 1690 dans la colonie du Massachusetts, mais son
design était très différent car il ressemblait aux assignats révolutionnaires.
XVIIIe siècle
Le Dollar a été adopté par le Congrès de la Confédération le 6 juillet 1785
XIXe siècle
La maxime « In God We Trust » (« Nous avons confiance en Dieu » ou « Nous croyons en Dieu ») apparut en
1864 sur la pièce de 2 cents. Approuvée en 1955 par un acte du Congrès, elle est depuis systématiquement
imprimée sur tous les billets américains.
1944-1971 : le Gold Exchange Standard
Le système monétaire mondial dit du Gold Exchange Standard (étalon de change or) a été mis en place par les
accords de Gênes en 1922 jusqu'en 1933 (Roosevelt décide de suspendre la convertibilité du Dollar en or pour le
dévaluer) puis par les accords de Bretton Woods en 1944 et donne une place prépondérante au Dollar. Il repose
sur deux piliers principaux :
 un système de changes fixes entre monnaies (avec de très faibles marges de fluctuations)
 la reconnaissance du Dollar comme monnaie de réserve internationale (as good as gold), qui reste
convertible en or, mais seulement dans le cadre des échanges entre banques centrales.
Si le système fonctionne correctement dans les années 1950, l’accumulation dans les années 1960 des déficits
américains encore accrus par les dépenses afférentes à la guerre du Viêt Nam entraînait au tout début de la
décennie

141
1970 de très fortes pressions sur la monnaie américaine. Or sa fonction de monnaie de réserve mondiale gênait
fort peu les États-Unis et ne les incitait pas à mieux contrôler leurs déficits.
1971-1973 : période de transition
C’est le 15 août 1971 que le président Richard Nixon décide l’inconvertibilité du Dollar par rapport à l’or, suite aux
tensions permanentes sur cette monnaie. Cette décision est prise sans consulter les partenaires (autres pays
occidentaux et Japon). Elle s'explique par le danger sérieux et croissant que les autres pays exigent la conversion
en or de leurs excédents de Dollars, puisque le Dollar était convertible en or, tout au moins dans les échanges
entre banques centrales.
Avec ce diktat américain le système de Bretton Woods entrait en agonie, puisque la valeur de chacune des
monnaies y était déterminée par référence à un poids d'or. Les pressions sur le Dollar ne pouvaient qu’empirer, ce 102
qui se produisit.
Plusieurs réunions eurent lieu pour s’accorder sur une dévaluation de la devise américaine et tenter un replâtrage
du système. Elles débouchèrent sur les « accords de Washington », dits aussi « accords du Smithsonian Institute
», conclus le 18 décembre 1971 par les ministres des finances et banquiers centraux du « Groupe des Dix » (la CEE,
la Suède, les États-Unis, le Canada et le Japon) qui établirent des parités centrales et des marges de fluctuation de
2,25 % (texte du communiqué final).
Depuis 1973 : le régime des changes flottants
Le 19 mars 1973, le « Groupe des Dix » décidait l’abandon de la fixité des taux de change des diverses monnaies
par rapport à l’étalon Dollar, ce qui permettait aux banques centrales des autres pays de cesser d’acheter du Dollar
pour maintenir sa parité, selon les règles du jeu du système en vigueur. Un nouveau système monétaire
international dit de
« changes flottants » voyait donc le jour. Il est toujours en vigueur.
Les accords de la Jamaïque entérineront formellement cette situation le 8 janvier 1976.
De 1973 à 1979, le Dollar continue sur sa lancée et se déprécie régulièrement et considérablement par rapport au
Deutsche Mark, perdant près de 50 % de sa valeur.
La violente remontée des taux d'intérêt décidée à la fin de 1979 par le nouveau gouverneur de la banque centrale
américaine, Paul Volcker, pour combattre — avec succès — l'inflation, inverse la tendance. Le remède est sévère :
pour une inflation de l'ordre de 9 % en taux annuel en 1980, les taux d'intérêt à court terme montent jusqu'à 19 %.
Les taux d'intérêt réels atteignent des sommets sans précédent et, au prix d'une sévère récession, l'inflation
disparaît : en 1983, elle n'est plus qu'à 3,2 %.
Ces taux d'intérêt réels provoquent un afflux de capitaux aux États-Unis, et le Dollar s'apprécie pendant cinq ans,
jusqu'à revenir, en mars 1985, à son niveau d'avant 1973, ce qui est manifestement exagéré.
Septembre 1985 : les accords du Plaza
À l'hôtel Plaza de New York, le 22 septembre 1985, les pays dits du G5 (c'est-à-dire ceux du G7 moins le Canada et
l'Italie) s'entendent publiquement pour intervenir sur le marché des changes et organiser un repli du Dollar. 10
milliards de Dollars sont ainsi dépensés, avec un effet immédiat et spectaculaire. En à peine quinze mois, le Dollar
efface tous ses gains par rapport au Deutsche Mark et, fin 1986, il se retrouve à son plus bas niveau historique,
celui de 1979.
Février 1987 : les accords du Louvre
Désireux de stopper la machine infernale qu'ils ont mise en route, les pays du G5, rejoints par le Canada, signent à
Paris le 22 février 1987 les accords du Louvre, destinés à enrayer la baisse du Dollar. Seulement, cette fois-ci, cela
ne marche pas et, après une pause dans le courant de l'année 1987, le Dollar va continuer pendant dix ans,
tendanciellement, à se déprécier.
Les conséquences économiques des interventions
De façon fort visible et assez rapide, les déséquilibres nés de la cacophonie des accords du Plaza et du Louvre vont
conduire à une forte hausse des taux d'intérêt à long terme et au krach conjoint le 19 octobre 1987 des marchés
obligataires et des marchés d'actions.
À plus long terme, les conséquences les plus importantes des accords du Plaza ont lieu sur l'économie japonaise :
très dépendante des exportations, celle-ci est immédiatement et particulièrement sensible à la baisse du Dollar et,
pour lutter contre une récession qu'elle juge inévitable, la Banque du Japon baisse 5 fois son taux d'escompte entre
janvier 1986 et février 1987, le ramenant de 5,0 % à 2,5 %.
Mais l'économie japonaise est également sensible aux modalités de la baisse du Dollar : le pays a accumulé une
épargne extérieure importante, principalement en Dollars, justement, et son rapatriement tout au long de 1986
alors que les taux d'intérêt domestiques baissent amène une augmentation importante du prix des autres
placements disponibles : actions et immobilier. La "bulle financière japonaise" de la fin des années 1980 est en
train de naître.
Depuis l'épisode malheureux et surtout mal maîtrisé de 1986-87, le G7 est devenu prudent et une intervention
concertée sur le marché des changes n'est plus concevable que pour assurer la « stabilité du marché », selon la
formule consacrée, et non pour tenter d'inverser une tendance.
2007 : baisse du Dollar
En raison de la crise des subprimes, du double déficit des États-Unis , ainsi que de la baisse des taux de la FED, le
Dollar a baissé au point où 1 Euro vaut 1,45 4 Dollar américain, le 1er novembre 2007.

142
103

Variation du taux de change Euro-Dollar de janvier 1999 à mars 2008.

2008 : le Dollar au plus bas


En raison de la persistance des troubles conjoncturels cités précédemment, le Dollar atteint son record historique
face à l'Euro le 15 juillet 2008 1 € = 1,6038 $ 5. Depuis cette date, le Dollar remonte et le taux de change
Euro/Dollar se stabilise autour de 1 € = 1,45 $ vers la fin de l'année.

L’Euro
L’Euro est la devise officielle de l'ensemble de l'Union Européenne et la monnaie unique commune à 16 de ses
États membres, qui forment la zone Euro ou Union économique et monétaire Européenne.
Certains États ou territoires utilisent cette monnaie de facto, comme le Monténégro ou le Kosovo, de par
l'influence des pays de la zone Euro, sans que l'Euro soit leur monnaie officielle. Mis en circulation le 1 er janvier
2002 sous sa forme fiduciaire, mais en usage dès 1999, il succédait à l’European Currency Unit (ECU), soit «
l’unité de compte Européenne », mise en service en 1979.
L'Euro est la deuxième monnaie au monde pour les transactions, derrière le Dollar américain, et depuis décembre
2006 la première monnaie au monde pour la quantité de billets en circulation, avec 610 milliards d'Euros.
Depuis le 1er janvier 2002, les cours des devises des pays extérieurs à la zone euro, sont exprimés par rapport à 1
euro ; cotation au certain (par exemple : un euro vaut 0,9043 livre sterling).
Historique de l’Euro :
Introduction de l’Euro
La naissance d'une monnaie unique Européenne a demandé des décennies de préparation.
L'idée de créer une monnaie unique à l'ensemble des membres de la Communauté économique Européenne (CEE)
est née dans les années 1960. Le projet de monnaie unique n’était pas prévu dans les traités Européens.
Cette devise a été introduite le 1 er janvier 1999 à zéro heure, quand les monnaies nationales des pays participants,
alors au nombre de 11( Allemagne, Autriche, Belgique, Espagne, Finlande, France, Irlande, Italie, Luxembourg,
Pays- bas, Portugal), cessèrent d’exister à part entière et devinrent de simples subdivisions de la monnaie
Européenne.
Les billets et les pièces des monnaies nationales ont continué à être utilisés dans leurs pays respectifs, jusqu’à
l’introduction des nouveaux billets et pièces le 1er janvier 2002. Certaines des anciennes devises gardèrent encore
leur valeur légale jusqu’à la date butoir du 28 février 2002.
La date de fin de validité des monnaies nationales a varié d’un État à l’autre. La première monnaie à disparaître
fut le Deutsche Mark, le 31 décembre 2001 à minuit, pour les dernières c'est le 28 février 2002 qu'elles ont cessé
d’avoir valeur légale.

1957/ Tout a commencé avec le Traité de Rome signé en 1957.


Le "plan Barre" tient son nom de son initiateur, le Français Raymond Barre, vice-président de la Commission
Européenne responsable des Affaires économiques et financières de 1967 à 1973.
Au sommet de La Haye en 1969, les six Etats membres de la CEE se donnent pour objectif de réaliser une Union
économique et monétaire. La Commission Européenne présente le plan Barre qui concrétise l’idée d’une monnaie
unique. Sur la base de ce plan, le rapport Werner, qui propose la création d’une Union économique et monétaire
(UEM) en plusieurs étapes a été publié fin 1970.

1970/. Les turbulences monétaires de l'époque et la fin des accords de Bretton Woods empêcheront le projet de
l’union monétaire envisagé par la communauté européenne d'aboutir.
La fin de Bretton Woods entraîne l'instabilité des cours de change. Pour y remédier, les neuf membres de la CEE
relancent le processus de coopération monétaire en mars 1979 avec la création du Système monétaire Européen
(SME).
Celui-ci consistait essentiellement en un mécanisme de change qui prévoyait des taux de change fixes mais
ajustables entre les monnaies des pays de la CEE. Le SME a progressivement permis la création d'une zone de
stabilité monétaire.

143
1985/ La Communauté Européenne adopte le projet d'un marché unique Européen. Il apparaît vite qu'il doit être
complété par une monnaie unique.
1988/ La création de l'Union économique et monétaire
Le Conseil Européen confirme l’objectif de créer une UEM. Les Chefs d'Etat et de gouvernement chargent un
comité d’experts en politique monétaire de proposer des étapes concrètes vers sa réalisation.
1989/ Le rapport Delors, présenté à la suite de ces travaux, recommande la réalisation de l’UEM en trois étapes. Il
relance les discussions sur le Traité de Rome.
La première phase débute le 1er janvier 1990. Elle prévoit la levée de tous les obstacles internes à la libre
circulation des biens, des personnes, des services et des capitaux au sein de l'Union Européenne.
La deuxième phase commence le 1er janvier 1994 avec la création de l’Institut monétaire Européen (IME), 104
précurseur de la Banque centrale Européenne (BCE). Instituée en juin 1998, la BCE œuvre pendant six mois pour
concrétiser les travaux préparatoires menés par l’IME. Cette deuxième phase est consacrée aux préparatifs
techniques en vue de la création de la monnaie unique, à la mise en place d’une discipline budgétaire et au
renforcement de la convergence entre les politiques économiques et monétaires des Etats membres de l’UE.
La troisième phase, lancée le 1er janvier 1999, démarre par la fixation irrévocable des taux de change des
monnaies des onze Etats membres participants. Elle prévoit ensuite l’introduction de l’Euro comme monnaie
unique.
1992/ Le rapport Delors a été à la base des négociations qui ont conduit au Traité de Maastricht, signé le 7 février
1992.
Le Traité de Maastricht transforme la Communauté Européenne en une Union Économique et Monétaire
complète. Les participants s'imposent une série de critères macroéconomiques à respecter impérativement pour
pouvoir participer à l'Union monétaire.
L'UEM repose sur deux volets : la coordination des politiques économiques et budgétaires des Etats Membres afin
de réaliser leurs objectifs communs, notamment dans les domaines de la croissance et de l'emploi, et la création
d'une monnaie commune.
1995/ les quinze Etats membres de l'Union Européenne se sont engagés formellement en faveur d'une monnaie
unique, et se sont mis d'accord sur son nom : l'Euro. Ils ont alors fixé les conditions, le calendrier et les modalités
de passage à la monnaie unique au Sommet Européen de Madrid, sur la base du Livre vert établi par la
Commission Européenne sur les modalités pratiques du passage.

1997/ Le Pacte de stabilité et de croissance est adopté par tous les pays membres au Conseil Européen
d'Amsterdam. Pour les pays qui adhéreront à l'Euro, il fixe certaines contraintes communes en matière de finances
publiques, principalement un plafond (3 %) pour le déficit budgétaire, et prévoit des sanctions financières. Ces
contraintes sont nécessaires dans un système dissymétrique où les pays de la zone Euro ont une politique
monétaire unique, tandis que la politique budgétaire reste nationale.

1998/ La troisième phase de l'union économique et monétaire débute le 1er janvier. Les taux de change des
monnaies participantes sont fixés de manière irrévocable. Les États de la zone Euro mettent en œuvre une
politique monétaire unique. L'Euro est introduit comme monnaie légale.
En mai 1998, onze des pays souhaitant participer à la monnaie unique ont été retenus au regard des critères de
convergence fixés dans le Traité de Maastricht.
Ces critères sont les suivants :
 Le rapport entre déficit public et produit intérieur brut doit être inférieur à 3 % ;
 Le rapport entre dette publique et PIB doit être inférieur à 60 % ;
 Le taux d'inflation ne dépasse pas de plus de 1,5 point celui des 3 pays ayant la plus faible inflation ;
 Le taux d'intérêt à long terme ne dépasse pas de plus de 2 points celui des 3 pays les plus stables en
matière de prix ;
 Les marges de fluctuation du SME doivent être respectées.
Le 1er janvier 1999, l'Euro devient la monnaie de onze pays auxquels s'ajoute la Grèce en 2001.
Désormais, parmi les Quinze, seuls la Grande Bretagne, le Danemark et la Suède ne font pas partie de la zone Euro.

Jusqu’en 2001, L'Euro est alors utilisé de manière exclusive sur les marchés financiers et peu à peu dans les
paiements scripturaux : chèque, carte bancaire, virement ou prélèvement.
Les paiements aux administrations fiscales et sociales peuvent se faire en franc ou en Euro, il n'y a ni interdiction,
ni obligation d'utiliser la monnaie unique.
La Grèce adopte l'Euro en janvier 2001.
2002/ Le 1er janvier, apparition des pièces et des billets en Euro et début du retrait du franc dans les douze pays
de la zone Euro avec une période de double circulation Euro/monnaies nationales.
2004/ Au mois de mai, dix nouveaux pays rejoignent l'Union Européenne. Leur adhésion à la monnaie unique est,
pour beaucoup d'entre eux, "inscrite dans les astres", et les observateurs voient même certains pays rejoindre
l'Union monétaire d'ici la fin de la décennie.
Seize des 27 Etats membres de l'Union Européenne ont donc adopté cette monnaie commune : Allemagne,
Autriche, Belgique, Chypre, Grèce, Espagne, Finlande, France, Irlande, Italie, Luxembourg, Malte, Pays-Bas, Portugal,
Slovénie et la Slovaquie.

2007/ Le 1er janvier, la Slovénie rejoint la zone Euro.

144
Couverture du risque de change : Cas de l’activité monétique
BCP
2008/ Adhésion du Chypre et Malte en
2008. 2008/ Adhésion de la Slovaquie.

Depuis la mise en place de l'Union économique et monétaire, l'Euro est devenu l'un des symboles les plus visibles
de l'intégration Européenne et a de nombreux avantages aussi bien pour les consommateurs et les entreprises que
pour l'ensemble de l'économie Européenne.

L'Euro comme monnaie de réserve


L'Euro est la deuxième monnaie de réserve dans le monde, loin derrière le Dollar américain; cependant, petit à
petit, l'Euro commence à augmenter comme monnaie de réserve dans le monde, passant de 17,9% en 1999 à 105
26,4% en 2008.
Bien que l’organe monétaire soit plutôt complexe, la devise ne l’est pas. Vis-à-vis du Dollar américain, l’Euro est
une devise plutôt stable comparée à la livre sterling ou le Dollar australien, par exemple.
Si l’on considère un jour ordinaire, la devise évolue de 30 à 40 pips par jour, avec des pics momentanés de
volatilité de 60 pips par jour. Une autre donnée à prendre en compte sur le marché est l’horaire. L’Euro connaît
ses plus forts volumes lors des séances Européennes et américaines.

SYMBOLE DE L’EURO – €
Le symbole graphique de l’Euro s’inspire de la lettre grecque epsilon et évoque la première lettre du mot «Europe».
Les deux lignes parallèles symbolisent la stabilité de l’Euro. L’abréviation officielle de l’Euro, qui est enregistrée
auprès de l’Organisation internationale de normalisation (ISO) et utilisée à des fins économiques, financières et
commerciales, est «EUR».

L'écu – a une étymologie identique à l'escudo : le bouclier – est une monnaie du Moyen Âge - apparue en 1263 -
et de l'Époque moderne, à l'origine orné d'un motif d'écu (bouclier). L'écu valait 3 livres.
En France, le nom d'écu est initialement attribué à des monnaies en or, puis à partir du règne de Louis XIII, le
terme écu blanc désigne la plus grande pièce d'argent, 60 sols.
La révolution monétaire de 1795 garda à peu-près le même module pour la pièce d'argent de cinq
francs. À partir de là, le terme écu est la désignation commune pour la pièce de 5 francs en argent
jusqu'en 1878.
Lors des premières discussions sur la création d'une monnaie fiduciaire Européenne en 1979, le premier terme
choisi, European Currency Unit, dont les initiales étaient ECU, rappela de vieux souvenirs aux francophones, mais
finalement, à l'initiative du chancelier allemand Kohl, le nom de l'unité monétaire Européenne retenu fut Euro
avec comme motivation, entre autres, le fait qu'en allemand cette monnaie se serait prononcée "ein Ecu" tres
proche du mot « eine Kuh » en français « une vache » terme nettement moins glorieux que celle de l'ancienne
monnaie francophone (bien qu'en français « l'Euro » a la même consonnance que « le rot »).

Le yen, techniquement complexe, fondamentalement simple


Le yen (JPY) est souvent vu comme une devise propice au carry-trade. Offrant un faible taux d’intérêt, les
cambistes vendent leurs yen contre des devises plus rémunératrices, comme le Dollar de Nouvelle-Zélande (NZD),
le Dollar australien (AUD) ou encore la livre sterling (GBP).
C‘est pourquoi le comportement du yen a tendance à être très changeant, ce qui force les traders à faire des
prévisions techniques sur le long terme.
La devise japonaise a tendance à évoluer dans un range de 30 à 40 pips chaque jour, avec parfois des variations
extrêmes pouvant atteindre 150 pips.

Annexe 2 : Circulaires BAM & Office des changes

CIRCULAIRE DE L'OFFICE DES CHANGES N°1633 DU 01/04/1996 RELATIVE A L'INSTITUTION D'UN MARCHE
DES CHANGES AU MAROC

Il est porté à la connaissance des intermédiaires agréés qu'à compter du 2 mai 1996 un marché des changes est
institué au Maroc.
La présente circulaire a pour objet de définir l'organisation et le fonctionnement de ce marché et de préciser les
modalités d'achat et de vente de devises.
I-ORGANISATION ET FONCTIONNEMENT DU MARCHE DES
CHANGES 1- ORGANISATION DU MARCHE DES CHANGES
Les intermédiaires agréés sont autorisés à effectuer entre eux et avec la clientèle des opérations d'achat et de vente
de devises et à constituer des positions de change dans les conditions fixées par les autorités monétaires.
Les cours auxquels peuvent être traitées les opérations d'achat et de vente de devises pour le compte de la clientèle
ou entre intermédiaires agréés sont déterminés suivant les modalités indiquées par Bank Al-Maghrib.
2- OPERATIONS SUR LE MARCHE
Les opérations à effectuer par les intermédiaires agréés pour leur propre compte ou pour le compte de leur clientèle
doivent s'inscrire dans l'une des rubriques ci-après:
A- OPERATIONS AU COMPTANT
Les opérations d'achat, de vente et d'arbitrage effectuées entre les intermédiaires agréés ou pour le compte de leur
clientèle peuvent être libellées en toutes devises traitées sur le marché des changes.
145
Bank Al-Maghrib se réserve la possibilité de ne pas coter certaines devises même si celles ci sont traitées sur le
marché des changes. Les devises non cotées par Bank Al-Maghrib peuvent être traitées par les intermédiaires
agréés entre eux ou avec leurs correspondants étrangers.
B- OPERATIONS A TERME
Les intermédiaires agréés sont autorisés à effectuer entre eux ou pour le compte de leur clientèle des opérations
d'achat et de vente à terme dirham contre devise et devise contre devise. Ils peuvent également proposer à leur
clientèle d'autres instruments de couverture contre le risque de change et ce, dans les conditions fixées par Bank
Al- Maghrib.
Les opérations de change à terme effectuées pour le compte de la clientèle doivent être adossées à des opérations
d'importation, d'exportation et de financement extérieur. 106
C- OPERATIONS DE TRESORERIE ET DE DEPOTS
Les intermédiaires agréés sont autorisés à effectuer entre eux et pour le compte de la clientèle des opérations de
trésorerie à savoir les prêts, les emprunts et les swaps et ce, suivant les modalités indiquées par Bank Al-Maghrib.
Les intermédiaires agréés peuvent également effectuer des dépôts auprès de Bank Al-Maghrib.
II- MODALITES D'ACHAT ET DE VENTE DE DEVISES SUR LE MARCHE DES CHANGES
Les intermédiaires agréés sont informés que les résidents demeurent tenus de rapatrier au Maroc le produit des
exportations de biens et services ainsi que tous autres produits, revenus ou moyens de paiement ayant le caractère
obligatoirement cessible et ce, dans les délais prescrits par la réglementation des changes en vigueur.
La cession des montants rapatriés se fera désormais au profit des intermédiaires agréés dans les conditions du
marché et suivant les modalités édictées en la matière par Bank Al-Maghrib.
Les intermédiaires agréés sont autorisés à utiliser ou à vendre les montants ainsi rapatriés sur le marché des
changes. Les montants excédant la position de change telle que fixée par Bank Al-Maghrib doivent donner lieu à
cession à celle- ci au plus tard à la clôture du marché.
Il est rappelé aux intermédiaires agréés qu'une fois la recette en devises rapatriée, la contre valeur en dirhams doit
être immédiatement mise à la disposition du bénéficiaire.
Pour les exportateurs titulaires de comptes en devises, les intermédiaires agréés sont habilités dès réalisation du
rapatriement des recettes en devises, à créditer immédiatement le compte en devises de l'exportateur dans la
limite du taux permis par la réglementation des changes et à utiliser ou céder le reliquat sur le marché des
changes.
Les intermédiaires agréés sont par ailleurs habilités à effectuer pour le compte de la clientèle des achats de devises
à condition que les opérations pour lesquelles ces devises sont achetées, soient conformes aux dispositions de la
réglementation des changes en vigueur.
Pour les devises appartenant à des étrangers résidents ou non résidents ou à des ressortissants marocains établis à
l'étranger et ne revêtant pas le caractère cessible, les intermédiaires agréés sont autorisés à les placer soit
localement soit à l'étranger et ce, dans le cadre des dispositions réglementaires prévues en la matière.
En revanche, les devises logées dans des comptes en devises au nom de personnes physiques ou morales
marocaines résidentes ne doivent en aucun cas faire l'objet de placement à l'étranger.
III– DISPOSITIONS DIVERSES
Les dispositions de la présente circulaire ne s'appliquent pas aux opérations de change manuel quelle que soit la
devise dans laquelle elles sont exprimées. Ces opérations doivent être effectuées conformément aux conditions
fixées par les circulaires de l'Office des Changes et de Bank Al-Maghrib.
Les opérations d'achat et de vente de devises effectuées sur le marché des changes pour le compte de la clientèle
doivent donner lieu à l'établissement et à la transmission à l'Office des Changes suivant modèles ci-joints et dans
les conditions prévues par l'Instruction 05 relative à l'établissement de la balance des paiements, des formules
suivantes : Formule1 : Vente de devises à la clientèle.
Formule 2 : Achat de devises à la
clientèle. Sont modifiées :
 L’instruction 05 de juillet 1993 relative à l'établissement de la balance des paiements.
 La circulaire 1607 du 2 novembre 1993 pour ce qui est des disponibilités en devises appartenant à des
exportateurs.
Sont abrogées :
 La circulaire 1067 du 28 octobre 1963 relative à l'achat et à la vente de devises.
 La circulaire 1417 du 22 décembre 1982 relative au régime du système de couverture de change à terme.

CIRCULAIRE DE BANK AL-MAGHRIB N°61/DAI/96 DU 01/04/96 RELATIVE AU MARCHÉ DES CHANGES

La présente circulaire a pour objet de préciser les modalités d'application de la circulaire de l'Office des Changes
N° 1.633 du 1er avril 1996 relative à la mise en place d'un marché des changes au Maroc.
I- FONCTIONNEMENT DU MARCHE DES CHANGES
A- DISPOSITIONS GENERALES
1- Les intermédiaires agréés sont autorisés à effectuer sur le marché des changes les opérations en devises au
comptant, à terme et de trésorerie et ce, pour leur propre compte ou pour le compte de la clientèle.
Aucune restriction n'est imposée quant au choix des devises traitées par les intermédiaires agréés entre eux et
avec la clientèle.
2- Les excédents et besoins en devises des banques peuvent être négociés auprès d'autres intermédiaires agréés à
des taux de change déterminés d'un commun accord entre les parties; ils peuvent également être traités avec Bank
Al- Maghrib .
146
3- Bank Al-Maghrib affiche en continu, sur les écrans "Reuter", les taux de change applicables aux opérations
d'achat et de vente de devises avec les intermédiaires agréés. Ces taux sont exprimés à "l'incertain" (montant en
dirhams correspondant aux unités des devises cotées).
Les devises cotées en continu par Bank Al-Maghrib sont les suivantes : FRF, USD, CAD, GBP, DKK, NOK, SEK, DEM,
PTE, NLG, BEF, CHF, ITL, ATS, ESP, JPY, FIM, XEU, DZD, TND, LYD, MRO, KWD, SAR et AED .
Bank Al-Maghrib se réserve le droit de coter d'autres monnaies étrangères ou de limiter ses interventions à un
nombre plus réduit de devises en fonction, notamment, du volume des opérations et des possibilités de traitement
sur le marché.
Les opérations traitées avec Bank Al-Maghrib sont effectuées en continu de 8 h 30 à 15 h 30.
4- Toutes les opérations au comptant s'effectuent normalement valeur deux jours ouvrables. Les intermédiaires 107
agréés peuvent également convenir de dates de règlement en valeur décalée (valeur jour ou lendemain).
Le non respect de la date de valeur par l'une des parties donne droit à la contrepartie d'exiger, en compensation,
des intérêts de retard.
B- OPERATIONS SUSCEPTIBLES D'ETRE TRAITEES SUR LE MARCHE DES
CHANGES 1- OPERATIONS AU COMPTANT
a- Les intermédiaires agréés sont autorisés à effectuer, aussi bien pour leur propre compte que pour le compte de
la clientèle, les opérations au comptant suivantes :
Achat et vente de devises contre dirhams.
Achat et vente de devises contre devises, étant entendu que seules les monnaies non cotées par Bank Al-Maghrib
peuvent être traitées avec les correspondants étrangers.
b- Les intermédiaires agréés déterminent les taux de change applicables aux opérations en devises.
Les taux des opérations au comptant des devises contre dirhams offerts à la clientèle doivent inclure une
commission de 2 ‰ dont le produit est versé à Bank Al-Maghrib pour le compte de l'Office des Changes. Les
modalités de prélèvement de cette commission et de son versement à Bank Al-Maghrib sont précisées dans le
paragraphe C de la présente section.
Les cours plancher et plafond pouvant être offerts par les intermédiaires agréés à leur clientèle correspondent aux
cours affichés par Bank Al-Maghrib ajustés de la commission de 2‰.
c- Les opérations au comptant traitées auprès de Bank Al-Maghrib doivent être d'un montant minimum
équivalent à un million de DH.
d- Les intermédiaires agréés affichent, à titre indicatif, les cours acheteurs et vendeurs des devises.
2- OPERATIONS A TERME
a-Les intermédiaires agréés peuvent traiter, avec leur clientèle, des opérations d'achat et de vente de devises à
terme sous réserve du respect des conditions suivantes :
 Les opérations doivent être adossées à des transactions commerciales ou à des prêts et emprunts en
devises contractées conformément à la réglementation des changes en vigueur.
 Les achats de devises à terme ne peuvent avoir une échéance supérieure à 90 jours pour les contrats
relatifs à des transactions commerciales et à un an pour la couverture des prêts et emprunts extérieurs.
 Les taux de change à terme doivent inclure une commission de 2 ‰ dont le produit est versé à Bank Al-
Maghrib selon les modalités précisées dans le paragraphe C de la présente section.
b-Les opérations à terme entre intermédiaires agréés s'effectuent à des conditions déterminées
librement. Bank Al-Maghrib n'affiche pas de taux de change à terme et ne se porte pas contrepartie à
ces opérations. 3- OPERATIONS DE SWAP
Les intermédiaires agréés sont autorisés à effectuer des opérations de swap entre eux et avec leur
clientèle. L'échéance des contrats de swap ne doit pas dépasser un an.
Les autres caractéristiques des opérations de swap sont librement négociées entre les parties ; elles doivent
néanmoins être conformes aux dispositions édictées par l'I.S.D.A. (International Swap Dealers Association).
4- OPERATIONS DE DEPOTS
a- Les intermédiaires agréés peuvent effectuer, entre eux et avec la clientèle, les opérations de dépôt à échéance
fixe dont la maturité et la rémunération sont fixées d'un commun accord par les contractants.
b- Les intermédiaires agréés peuvent également constituer des dépôts auprès de Bank Al Maghrib aux conditions
précisées dans la section III de la présente circulaire.
c- Les intérêts sur placements en devises doivent être calculés en tenant compte :
 Du nombre de jours exacts, y compris le premier jour du contrat mais en excluant le jour d'échéance.
 D'une année de 360 jours à l'exception des dépôts en GBP et en ECU pour lesquels la base annuelle est
de 365 jours.
d- Les taux d'intérêt sont de préférence exprimés en fractions.
C- PRELEVEMENT ET VERSEMENT DE LA COMMISSION DE 2 ‰
Le produit de la commission de 2‰, prélevée par les intermédiaires agréés sur les opérations d'achat et de vente
de devises à la clientèle, est porté quotidiennement au crédit d'un compte intitulé "Commission de change à verser
à Bank Al-Maghrib" dont le solde doit être arrêté à la fin de chaque mois et versé à Bank Al-Maghrib dans les 5
jours ouvrables suivants.
II- PLACEMENTS AUPRES DE BANK AL-MAGHRIB
Les ressources en devises des intermédiaires agréés n'ayant pas trouvé un emploi sur le marché interbancaire
doivent être placées auprès de Bank Al-Maghrib.
Ces dépôts sont soumis aux conditions suivantes :
 Devises éligibles : toutes les devises cotées par Bank Al-Maghrib.

147
 Echéances : toutes échéances usuelles allant de la valeur lendemain à six mois.
 Montant minimum : l'équivalent de DH 5 millions exprimé en multiples de 100.000.
 Rémunération : aux taux du marché.
En règle générale, les montants brisés ainsi que les dates de valeur décalées ne sont pas retenus.

CIRCULAIRE DE BANK AL-MAGHRIB N°473/DAI/97 DU 27/01/97 RELATIVE AU MARCHE DES CHANGES

La présente circulaire a pour objet d’amender les dispositions de la circulaire N°61/D.A.I/96 du 1er avril 1996
relatives aux opérations de change au comptant et aux conditions des dépôts en devises auprès de Bank Al-
Maghrib.
I-OPERATIONS DE CHANGES AU COMPTANT 108
1- Conformément à la circulaire de l’Office des Changes N° 1.641 du 24 janvier 1997, les intermédiaires agréés
sont autorisés à effectuer des opérations d’achat et de vente de devises contre devises au comptant auprès de Bank
Al- Maghrib et des banques étrangères et ce, à l’exclusion des monnaies des pays membres de l’Union du Maghreb
Arabe (U.M.A.).
Bank Al-Maghrib se réserve le droit de ne pas se porter contrepartie à des opérations d’achat ou de vente de devises
contre devises.
2- Les taux de change applicables à ces opérations sont négociés librement entre les parties.
3- Les opérations d’achat et de vente de devises contre devises ne sont pas soumises à la commission de 2 ‰.
prélevée pour le compte de l’Office des Changes.
4- Toute opération d’achat ou de vente de devises contre devises auprès d'une banque étrangère pour un montant
supérieur à l'équivalent de 5 millions de dirhams doit être déclarée à Bank Al-Maghrib quotidiennement sur un
état dont le modèle est repris en Annexe.
Les établissements bancaires dont le siège central est à Casablanca doivent remettre l’état sus-visé à la Succursale
de Bank Al-Maghrib de cette place le jour de traitement des opérations, à 18 heures au plus tard. Les autres
établissements bancaires doivent déposer cet état, dans les mêmes délais, auprès de la Direction des Affaires
Internationales de Bank Al-Maghrib à Rabat.
II- PLACEMENTS EN DEVISES AUPRES DE BANK AL-MAGHRIB
1- Toutes les devises cotées par Bank Al-Maghrib sont éligibles pour ces placements, à l’exclusion des monnaies
des pays membres de l’U.M.A.
2- Le montant minimum des dépôts en devises auprès de Bank Al-Maghrib est fixé à l’équivalent de DH 2
millions. Les dispositions de la circulaire de Bank Al-Maghrib N° 61/DAI/96 du 1er avril 1996 sont modifiées en

conséquence.
CIRCULAIRE DE BANK AL-MAGHRIB N ° 6479/DAI/98 DU 24/11/98 RELATIVE AU MARCHE DES CHANGES

La présente circulaire, prise en application de la circulaire de l’Office des Changes N° 1655 du 24 novembre 1998,
a pour objet de préciser les amendements apportés aux circulaires N°s 61/DAI/96 et 473/DAI/97 des 1er avril
1996 et
27 janvier 1997 relatives au marché des changes et ce, en vue de l’adaptation des procédures requises par
l’introduction de l’euro.
 Transactions de Bank Al-Maghrib.
 Transactions interbancaires et avec la clientèle.
I- TRANSACTIONS DE BANK AL-MAGHRIB
A partir du 4 janvier 1999, Bank Al-Maghrib ne traitera plus avec les banques intermédiaires agréés d’opérations
de change au comptant et de dépôt dans les monnaies nationales des pays participant à l’euro.
La nouvelle liste des devises pour lesquelles des cours à l’achat et à la vente seront affichés en continu sur les écrans
«Reuters» et qui pourront faire l’objet de transactions avec Bank Al-Maghrib à partir de l’entrée en vigueur de
l’euro est la suivante : EUR, USD, CAD, GBP, DKK, NOK, SEK, CHF, JPY, DZD, TND, LYD, MRO, KWD, SAR et
AED.
Pendant la période de transition de l’euro qui s’achèvera le 31décembre 2001, Bank Al-Maghrib continuera à
afficher sur les écrans «Reuters», à titre indicatif, les cours des monnaies participant à l’euro tels qu’ils résulteront
de la cotation de l’euro contre dirham et de leurs taux de conversion fixes respectifs. Ces derniers seront arrêtés
par le Conseil Européen le 31 décembre 1998 et seront communiqués par Bank Al-Maghrib aux banques
intermédiaires agréés avant le 4 janvier 1999.
Les transactions au comptant et les opérations de dépôt initiées en 1998 et dont les dates de valeur ou d’échéance
interviennent en 1999 seront dénouées selon les conditions convenues initialement.
Au cas où les banques intermédiaires agréés maintiendraient après le 1er janvier 1999 des avoirs distincts en
monnaies participant à l’euro, les dépôts qu’elles auraient à effectuer à ce titre auprès de Bank Al-Maghrib devront
être initiés et exécutés en euro après conversion.
II- TRANSACTIONS INTERBANCAIRES ET AVEC LA CLIENTELE
A partir du 4 janvier 1999, les banques intermédiaires agréés ne traiteront plus entre elles, en règle générale, les
monnaies nationales des pays de la zone euro. Elles sont invitées à apporter dans les meilleurs délais les
adaptations comptables et informatiques requises en vue du respect de cette disposition.
Dans leurs relations avec la clientèle, pendant la période de transition, les banques doivent laisser toute latitude à
cette dernière d’effectuer en euro ou en monnaies nationales de la zone euro les opérations au comptant ou à
terme. Les titulaires de comptes en monnaies de la zone euro devront également avoir la possibilité de maintenir
148
ces comptes en ces monnaies ou les convertir en euro à compter du 4 janvier 1999.
Les avis et états périodiques adressés à la clientèle doivent refléter les choix que celle-ci aura effectués à cet égard.

149
Les opérations traitées dans l’une des monnaies nationales en question doivent être effectuées à des taux de
change résultant des cotations de l’euro contre dirhams dans les limites arrêtées par la circulaire de Bank Al-
Maghrib N°61/DAI/96 du 1er avril 1996 et de l’application du taux de conversion fixe correspondant par rapport à
l’euro. Aucune commission n’est à prélever au titre de cette conversion.
Les banques intermédiaires agréés sont invitées à afficher, à titre indicatif, les cours acheteurs et vendeurs aussi
bien de l’euro que des monnaies nationales des pays participant à la zone euro.
Les dispositions de la présente circulaire entrent en application à compter du 4 janvier 1999.
Toutes les autres dispositions des circulaires N°s 61/DAI/96 et 473/DAI/97 des 1er avril 1996 et 27 janvier 1997
restent inchangées.
109
BANK AL-MAGHRIB DIRECTION DES AFFAIRES INTERNATIONALES Circulaire N° 2/DAI/2002
AMENDEMENT DE LA CIRCULAIRE N° 61/DAI/96 RELATIVE AU MARCHE DES CHANGES

La présente circulaire a pour objet d'amender les dispositions de la circulaire N° 61/DAI/96 du 1er avril 1996
relatives aux opérations de change à terme.
Aux termes de ladite circulaire, les contrats d'achat des devises à terme par la clientèle ne peuvent avoir une
échéance supérieure à 90 jours pour les opérations adossées à des transactions commerciales. A compter du 13
mars 2002, l'échéance maximum de ces contrats est portée à un an.
Toutes les autres dispositions de la circulaire N° 61/DAI/96 du 1er avril 1996 demeurent inchangées.

Circulaire n°1702 à banques intermédiaires agréées. Rabat, le 1er Juin 2004 - 12 Rabii II
1425 Objet : Couverture contre le risque de change : le système des options de
change.

La présente circulaire a pour objet d’informer les intermédiaires agréés qu’ils sont désormais autorisés à proposer
aux opérateurs économiques résidents, dans le cadre de la couverture contre le risque de change, le système des
options de change.
I - DISPOSITIONS GENERALES
1/ L’option de change se définit comme étant un contrat de couverture contre le risque de change qui confère à
l'acheteur de l'option le droit et non l’obligation d'acheter ou de vendre à une échéance convenue un montant
déterminé de devises contre dirhams, à un cours fixé à l’avance appelé prix d'exercice. Ce droit est acquis contre le
paiement d'une prime.
2/ L'exercice de l'option, c'est à dire l'achat (dans le cadre d’un call) ou la vente (dans le cadre d’un put) de
devises, n'est pas obligatoire étant donné que l'acheteur de l’option garde l'opportunité de bénéficier d'une
évolution favorable du cours de change et de ne pas acquérir ou vendre les devises dont il s'agit au prix d'exercice
si à l’échéance le cours de change s’avère avantageux par rapport au cours fixé à l’avance.
3/ Les opérations de couverture par utilisation des options de change doivent être adossées à des transactions
d’importation, d’exportation de marchandises, ou à des opérations de financement extérieur se réalisant
conformément à la réglementation des changes en vigueur. Bien entendu, les opérations de couverture non
adossées à des transactions réelles et destinées à des fins spéculatives, sont strictement interdites.
II- MODALITES D'ACHAT OU DE VENTE DES OPTIONS DE CHANGE
1/ Toute demande de souscription à un contrat d'option de change doit être appuyée par le contrat commercial s’il
s’agit d’une opération commerciale, ou du contrat de crédit et de l'échéancier de remboursement correspondant
s’il s’agit d’un financement extérieur ;
2/ La demande de couverture doit être libellée dans l’une des devises cotées par Bank Al Maghrib ;
3/ La prime d'achat ou de vente de l’option est fixée par l’intermédiaire agréé en fonction de la couverture
consentie à l’opérateur économique. Le paiement de la prime doit intervenir en dirhams au moment de la
souscription de l’option de change ;
4/ Les options d’achat ou de vente de devises ne peuvent être exercées que selon la méthode dite européenne,
c'est-à- dire à la date d’échéance ;
5/ Les intermédiaires agréés doivent proposer à leurs clients des options de change établies par leurs soins à
l’exclusion de tous instruments en provenance de l’étranger ;
6/ Pour se couvrir contre les risques pris en charge à l’égard de leur clientèle, les intermédiaires agréés doivent
s’adresser au marché interbancaire local. Au cas où ce marché ne leur permettrait pas de trouver la couverture
appropriée, ils sont autorisés à s’adresser au marché international pour leur couverture devises contre devises ;
7/ Le recours des intermédiaires agréés à la couverture devises contre devises sur le marché international doit être
adossé aux options de change souscrites par leur clientèle.
Les intermédiaires agréés sont tenus de faire parvenir à l’Office des Changes des comptes rendus trimestriels
faisant ressortir la liste des opérateurs économiques marocains ayant souscrit des options de change, la nature des
options souscrites (call ou put), la nature des transactions objet de la couverture, le cours de change convenu à
l’avance, le cours pratiqué à l’échéance, la prime payée à ce titre et le cas échéant la couverture souscrite par la
banque sur le marché international et ce, conformément au modèle joint en annexe. Les documents justificatifs
doivent être conservés par l’intermédiaire agréé et tenus à la disposition de l’Office des Changes pour le contrôle a
posteriori de ces opérations.
Les modalités d’application de cette circulaire seront précisées par Bank Al Maghrib.
Est complétée la circulaire n° 1633 du 1er Avril 1996 relative à l’institution du marché des changes.

150
Les intermédiaires agréés sont invités à assurer une large diffusion des dispositions de la présente circulaire auprès
de leurs agences et des opérateurs économiques.
LE DIRECTEUR DE L'OFFICE DES CHANGESMOHAMED BOUGROUM

COMPTE RENDU RELATIF A LA COUVERTURE CONTRE LE RISQUE DE


CHANGE : LE SYSTEME DES OPTIONS DE CHANGE
Circulaire de l’Office des Changes N° 1702 du 1er Juin
2004 Trimestre du…….au……..
Intermédiaire agréé :
Agence : 110
N° d’immatriculation :
Opérateu Nature
Prime Couvertur
r Nature et Cours Cours
Durée payée e
économiq de montant de de Contrepar
du par souscrite
ue l’option de la change change tie
contrat l’opérate s’il y a
(raison souscrite transacti conven pratiqu étrangèr
de ur lieu sur le
sociale et (call ou on objet uà éà e
l’optio économiq marché
registre put) de la l’avanc l’échéa
n ue internatio
de couvert e nce
ure (MAD) nal
commerc
e)

NB : Ce compte rendu doit être adressé à l’Office des Changes dans un délai de 15 jours après la fin du trimestre
considéré.

BANK AL-MAGHRIB DIRECTION DES OPERATIONS MONETAIRES ET DES CHANGES Circulaire N°3/DOMC/2005

CIRCULAIRE RELATIVE AUX OPERATIONS D’OPTIONS DE CHANGE


La présente circulaire a pour objet de préciser les modalités d’application de la circulaire de l’Office des Changes
n° 1702 aux banques intermédiaires agréés du 1er juin 2004 – 12 Rabii II 1425 relative à la « Couverture contre le
risque de change : le système des options de change. »
Article 1 :
Seuls les intermédiaires agréés peuvent traiter des options de change au profit des opérateurs économiques
résidents pour la couverture de leurs opérations commerciales ou de financement extérieur et ce, dans le respect
de la réglementation en vigueur.
Article 2 :
Pour la pratique de l’activité relative aux options de change, les intermédiaires agréés sont tenus de se conformer
strictement aux dispositions de la circulaire n°6/G/2001 relative au contrôle interne des établissements de crédit.
Ils doivent justifier de leur capacité à pratiquer cette activité en se dotant de l’organisation et des ressources
nécessaires. Dans ce cadre, ils doivent communiquer à la Direction des Opérations Monétaires et des Changes
(DOMC), avant fin mars de chaque année, un rapport retraçant notamment les modalités de traitement des
options de change, le modèle utilisé pour leur couverture et leur réévaluation ainsi que le dispositif de gestion des
risques inhérents à ces opérations.
Article 3 :
Les opérations sur options sont traitées dans le cadre d’un contrat cadre (type ISDA), signé entre l’intermédiaire
agréé et l’opérateur économique, décrivant les engagements de chacune des deux parties.
Une copie de ce contrat cadre, ainsi que toutes les modifications ultérieures y afférentes doivent être
communiquées à la DOMC.
Article 4 :
Les options de change autorisées sont les options standard de type européen dites "vanille", dont l’échéance
maximale ne peut dépasser un an. Les devises couvertes sont l’Euro et l’US Dollar.
Article 5 :
Les intermédiaires agréés peuvent proposer dans le cadre d’une même opération commerciale ou de financement
extérieur, une option de change ou une combinaison d’options de change.
En cas de rachat d’options de change, les intermédiaires agréés doivent s’assurer que celles-ci sont adossées à des
opérations commerciales ou de financement extérieur et qu’elles n’ont pas fait l’objet d’autres opérations de rachat.
Article 6 :
Les intermédiaires agréés peuvent acheter ou vendre, entre eux, des options devises contre devises ou devises
contre dirhams, exclusivement en vue de couvrir les risques afférents à la vente d’options de change sur le marché
marocain. Quand il s’agit des options devises contre devises, les intermédiaires agréés peuvent, le cas échéant,
recourir au marché international.
Article 7 :
Les primes relatives aux options de change doivent être réglées et comptabilisées au moment de la souscription des
contrats, conformément à la réglementation en vigueur.
Article 8 :
Les intermédiaires agréés doivent s’efforcer de gérer leurs positions nettes d’options de change selon l’approche
delta neutre.
151
Ils doivent mettre en place des limites sur les indicateurs de risque Delta (sensibilité de la valeur de l’option aux
variations du sous-jacent), Gamma (sensibilité du delta par rapport aux variations du cours de la devise) et Vega
(sensibilité de la prime par rapport à la volatilité).

152
Les intermédiaires agréés sont tenus d’évaluer leur exposition sur ces instruments en cas d’évolutions non usuelles
(mesure de stress-testing) des facteurs de détermination du prix des options de change.
Dans ce cadre, il est recommandé de retenir des hypothèses correspondant aux variations des cours de change (+/-
10%), de la volatilité (+/- 5%) et de taux d’intérêt devise et dirham (+ 200 points de base).
Article 9 :
Les intermédiaires agréés sont tenus de communiquer à la DOMC chaque lundi avant midi, les états quotidiens de
la semaine précédente conformément aux modèles en annexes I, II et III.
Ces états doivent être établis sur la base de la réévaluation de leur portefeuille de transaction et de couverture
d’options de change chaque vendredi à 14 heures.
Les modalités de transmission sur support magnétique seront définies et communiquées par la DOMC. 111
Article 10 :
Le non respect des dispositions de la présente circulaire est passible de sanctions prévues par la réglementation en
vigueur.
Article 11 :
Les dispositions de la présente circulaire prennent effet à compter du 1er octobre 2005.

Circulaire n° 1723 relative à la couverture contre le risque de change

La présente circulaire a pour objet d'informer les intermédiaires agréés qu'ils peuvent, dans les conditions
indiquées ci-après, effectuer pour leur propre compte ou pour le compte de leurs clients des opérations de
couverture contre le risque de change lié à tout règlement à destination ou en provenance de l'étranger au titre des
opérations entre résidents et nonrésidents se réalisant conformément à la réglementation des changes et ce, en
utilisant les instruments suivants :
 les opérations de change à terme ;
 les options de change ;
 les opérations à terme devises contre devises ;
 les contrats de swap devises contre devises ;
 les contrats de swap devises contre dirhams.
I-LES OPERATIONS DE CHANGE A TERME
Les intermédiaires agréés sont autorisés à effectuer pour leur propre compte ou pour le compte de leur clientèle
des opérations d'achat et de vente de devises à terme, adossées à des règlements entre résidents et non-résidents
au titre des opérations se réalisant conformément à la réglementation des changes en vigueur.
II- LES OPTIONS DE CHANGE
L es intermédiaires agréés sont autorisés à souscrire pour leur propre compte ou pour le compte de leur clientèle,
dans le cadre de la couverture contre le risque de change, des options de change devises contre dirhams et devises
contre devises, adossées à des règlements entre résidents et non-résidents au titre des opérations se réalisant
conformément à la réglementation des changes en vigueur.
Les intermédiaires agréés doivent proposer à leurs clients des options de change établies par leurs soins à
l'exclusion de tous instruments en provenance de l'étranger.
Pour se couvrir contre les risques encourus au titre des options de change, les intermédiaires agréés doivent
s'adresser au marché interbancaire local. Au cas où ce marché ne leur permettrait pas de trouver la couverture
appropriée, ils sont autorisés à s'adresser au marché international pour leur couverture devises contre devises.
III- LES OPERATIONS A TERME DEVISES CONTRE DEVISES
Dans le cadre de la couverture du risque de change quelle qu'en soit l'échéance, les intermédiaires agréés sont
habilités à souscrire et proposer à leur clientèle une couverture à terme devises contre devises.
Dans le cadre de la mise en place de cette couverture à terme les intermédiaires agréés sont autorisés à effectuer
des emprunts et placements en devises sur des maturités équivalentes à la durée des opérations de couverture
proposées par leur soin.
Ces opérations de couverture doivent cependant intervenir dans les conditions suivantes :
 la couverture doit être effectuée par un intermédiaire agréé;
 tout paiement résultant de cette couverture doit faire l'objet, selon le cas, d'un règlement en faveur de
l'opérateur marocain ou en faveur de la banque ayant émis l'instrument de couverture.
IV- LES CONTRATS DE SWAP DEVISES CONTRE DEVISES
Dans le cadre de la couverture contre le risque de change quelle qu'en soit l'échéance, les intermédiaires agréés
sont habilités à conclure, pour leur propre compte ou pour le compte de leur clientèle au titre de dettes ou de
créances en devises, des contrats de swap devises contre devises au comptant ou à terme.
Les intermédiaires agréés sont habilités à conclure, pour leur propre compte ou en faveur de leur clientèle, des
contrats de swap auprès de leurs correspondants étrangers.
V-LES CONTRATS DE SWAP DEVISES CONTRE DIRHAMS
Les intermédiaires agréés sont autorisés à conclure des contrats de swap devises contre dirhams quelle qu'en soit
l'échéance pour le compte d'entités marocaines bénéficiant de financements concessionnels accordés par des
gouvernements ou organismes publics étrangers ou par des institutions financières internationales de
développement et comportant un élément don d'au moins 25 % et ce, pour les financements contractés à compter
de la date de publication de la présente circulaire.
VI- DISPOSITIONS COMMUNES

153
Les opérations de couverture contre le risque de change doivent être libellées dans les devises cotées par Bank Al-
Maghrib.
Les opérations de couverture contre le risque de change au titre des règlements à partir ou à destination des zones
franches ou places financières offshore sises au Maroc ne peuvent être effectuées dans le cadre de la présente
circulaire que lorsqu'elles concernent des dettes ou des créances d'opérateurs économiques résidents.
Les modalités pratiques de mise en ouvre des instruments de couverture contre le risque de change prévues par la
présente circulaire sont fixées par Bank Al-Maghrib.
Les intermédiaires agréés sont tenus de conserver les documents justifiant les opérations de couverture effectuée
dans le cadre de la présente circulaire et de les tenir à la disposition de l'Office des Changes pour tout contrôle
ultérieur. 112
Est complétée la circulaire n° 1633 du 1 er Avril 1996 relative à l'institution du marché des
changes. Sont abrogés :
- le paragraphe 2-b du titre I de la circulaire n° 1.633 du 1 er Avril 1996 relative à l'institution d'un marché des
changes au Maroc ;
- la circulaire n° 1.702 du 1 er Juin 2004 relative au système de l'option de change.
Les intermédiaires agréés sont invités à assurer une large diffusion des dispositions de la présente circulaire
auprès de leurs agences et des opérateurs économiques concernés.

BANK AL-MAGHRIB Direction des Opérations Monétaires et des Changes LC N°136/DOMC/07


LETTRE CIRCULAIRE RELATIVE A LA COUVERTURE CONTRE LE RISQUE DE CHANGE Rabat, le 9 août 2007

La présente lettre circulaire a pour objet de préciser les modalités d’application de la circulaire de l’Office des
Changes n°1723 du 1 er août 2007 relative à la couverture contre le risque de change.
1- OPERATIONS A TERME :
Les opérations à terme devises contre dirhams ou devises contre devises effectuées par les intermédiaires agréés
portent sur des durées librement négociées entre les parties.
Les taux de change relatifs aux opérations à terme devises contre dirhams doivent inclure une commission de 2‰
dont le produit est versé à Bank Al-Maghrib.
Bank Al-Maghrib n’affiche pas de taux de change à terme et ne se porte pas contrepartie à ces opérations.
2- OPERATIONS DE SWAP :
Les caractéristiques des contrats de swap devises contre dirhams ou devises contre devises conclus par les
intermédiaires agréés sont librement négociées entre les parties et doivent être conformes aux dispositions
édictées par l’ISDA (International Swap and Derivatives Association) ou la FBF (Fédération Bancaire Française).
3- OPTIONS DE CHANGE :
Les options de change demeurent régies par les dispositions de la circulaire de Bank Al-Maghrib n°3/DOMC/2005.
4- DISPOSITIONS GENERALES
Les intermédiaires agréés doivent être en mesure d’identifier les différentes opérations de couverture dans leur
système d’information.
Les intermédiaires agréés sont tenus de communiquer à la Direction des Opérations Monétaires et des Changes
(DOMC) de Bank Al-Maghrib mensuellement au plus tard le 10 du mois suivant l’arrêté comptable mensuel, les
états de reporting retraçant l’ensemble des opérations à terme et de swap, établis selon les modèles en annexes 1 et
2.
Les modalités de transmission sont définies et communiquées par la DOMC.
Les dispositions concernant les opérations à terme et les opérations de swap de la circulaire de Bank Al-Maghrib
n°61/DAI/96 telles que modifiées le 13 mars 2002 sont abrogées et remplacées par la présente lettre circulaire.
Ces dispositions prennent effet à compter de ce jour.

ARRETE DU MINISTRE DE L'ECONOMIE ET DES FINANCES N° 3168 DU 19 CHAABAN 1419 (8 DECEMBRE


1998) MODIFIANT L'ARRETE DU MINISTRE DES FINANCES ET DES INVESTISSEMENTS EXTERIEURS N°585-96
DU 9 KAADA 1416 (29 MARS 1996) REGLEMENTANT LE COEFFICIENT MAXIMUM RELATIF A LA POSITION DE
CHANGE

Vu l'arrêté du Ministre des Finances et des Investissements Extérieurs N°585-96 du 9 Kaada 1416 (29 mars 1996)
réglementant le coefficient maximum relatif à la position de change ;
Après avis du conseil national de la monnaie et de l'épargne émis par procès verbal tournant en date du 24
novembre 1998,
Ministère de l'Economie et des Finances arrête :
ARTICLE PREMIER
A compter du 4 janvier 1999, les dispositions de l'article 2 de l'arrêté susvisé n°585-96 du 9 Kaada 1416 (29 mars
1996) sont abrogées et remplacées par les dispositions suivantes :
ARTICLE 2
Les taux des positions de change sont fixés par Bank Al-Maghrib dans la limite de 20% pour la position de change
globale et de 10% pour la position de change dans chaque devise".
ARTICLE 3
Bank Al-Maghrib est chargée de l'application du présent arrêté qui sera publié au Bulletin
Officiel.
Rabat, le 19 Chaaban 1419 /8 décembre 1998

154
CIRCULAIRE DE BANK AL-MAGHRIB N ° 9/G/96 DU 29/03/96 RELATIVE AUX POSITIONS DE
CHANGE DES ETABLISSEMENTS BANCAIRES

La présente circulaire a pour objet de préciser les modalités d'application de l'arrêté du Ministre des Finances et des
Investissements Extérieurs du 29 mars 1996 relatif aux positions de change des établissements bancaires.
 Définition et détermination des positions de change.
 Nivellement des positions de change.
 Déclaration des pertes de change.
 Sanctions.
 Dispositions diverses. 113
I- DEFINITION ET DETERMINATION DES POSITIONS DE CHANGE
1- La position de change est définie comme étant la différence entre la somme des avoirs et la somme des
engagements libellés dans une même devise.
2- Les positions de change sont déterminées à partir des éléments suivants :
Les éléments d'actif et de passif libellés en devises étrangères, y compris les avoirs en billets de banque étrangers,
travellers-chèques et lettres de crédit et les intérêts courus à payer et à recevoir en devises.
Les opérations de change au comptant et à terme inscrites en hors bilan.
Sont toutefois exclus des éléments précédents :
 Les éléments dont le risque de change est supporté par l'Etat.
 Les dotations des succursales à l’étranger.
3- La position de change est dite longue lorsque les avoirs excèdent les engagements. Elle est dite courte dans le
cas contraire.
4- Les établissements bancaires doivent observer de manière permanente:
Un coefficient maximum de 7 % entre la position de change longue ou courte par devise et les fonds propres nets
tels que définis par la Décision réglementaire N° 65 du 27 juillet 1990.
Un coefficient maximum de 20 % entre le total des positions de change longues ou celui des positions courtes et les
fonds propres nets.
II- NIVELLEMENT DES POSITIONS DE CHANGE
Les dépassements des niveaux maximums des positions de change, qui sont enregistrés en fin de journée, doivent
faire l'objet d'un nivellement auprès de Bank Al- Maghrib par achat ou vente de devises avant 15 H 30.
Bank Al-Maghrib applique à ces opérations les cours de change affichés au moment du nivellement.
III - DECLARATION DES PERTES DE CHANGE
Toute position dans une devise donnée enregistrant une perte de change de plus de 3 % doit immédiatement être
déclarée à Bank Al-Maghrib.
Bank Al-Maghrib précise à l'établissement bancaire concerné s'il y a lieu ou non de procéder à la liquidation d'une
telle position.
IV-SANCTIONS
Toute erreur relevée dans le calcul des positions de change ou tout dépassement des niveaux maximums de ces
positions, qui n'a pas donné lieu à nivellement dans les conditions requises, est passible des sanctions prévues par
la réglementation en vigueur.
V -DISPOSITIONS DIVERSES
1- Les établissements bancaires sont tenus d'adresser à Bank Al-Maghrib un état quotidien sur leurs positions de
change, établi selon le modèle ci-joint.
Les établissements bancaires dont le siège central est à Casablanca doivent remettre cet état à la Succursale de
Bank Al-Maghrib de cette place le jour de traitement des opérations, à 18 heures au plus tard. Les autres
établissements bancaires doivent déposer l'état en question, dans les mêmes délais, auprès de la Direction des
Affaires Internationales de Bank Al-Maghrib à Rabat.
2- Les dispositions de la présente circulaire entrent en vigueur le 2 mai 1996.

« Marché des changes: De nouveaux instruments » Article de L’économiste, Edition du 7 janvier 04.

Bank Al-Maghrib s'apprête à lancer de nouvelles mesures destinées à assouplir et développer le marché des
changes. C'est à l'issue d'une réunion tenue avec les banquiers il y a quelques jours que la Banque centrale a
dévoilé son plan d'action. Objectif: donner un nouveau souffle à ce compartiment. L'enjeu est de taille puisque le
marché des changes est censé accompagner l'ouverture de l'économie.
Concernant les comptes en devises, la circulaire que diffusera Bank Al-Maghrib introduit un certain nombre de
changements. Les titulaires de ces comptes pourront vendre et acheter des billets de banque à leur valeur faciale.
Jusqu'à présent, ils ne pouvaient que les céder au cours du jour avant d'alimenter leur compte en devises à un
cours différent.
En outre, la circulaire prévoit de donner la possibilité non seulement aux exportateurs mais aussi aux
importateurs d'ouvrir un compte en devises.
Une seconde circulaire, fin prête, porte sur la couverture des matières premières (commodities), telles que le
propane, les métaux ou les céréales. A préciser que des opérateurs comme Managem, la holding minière du groupe
ONA, recourent depuis quelques années à ce type de produits pour se couvrir contre le risque de variation de cours
des métaux sur le marché mondial.

155
Cette circulaire a été élaborée au terme de plusieurs réunions avec des banques étrangères qui commercialisent les
couvertures de commodities et des brokers qui opèrent sur ces marchés. Dans un premier temps, les banques
marocaines commenceront par assurer l'intermédiation de ces produits en gérant le risque de contrepartie. Elles
délègueront aux partenaires étrangers la gestion de la couverture proprement dite. Les banques devront dans un
premier temps se familiariser avec ce type de produits car les opérations de couverture des matières premières
sont généralement complexes et nécessitent non seulement une expertise mais surtout un traitement back-office
efficace. Deux fixings dans la journée
La circulaire précisera la liste des produits qui pourront faire l'objet de couverture. A préciser que les opérateurs
désireux de se couvrir contre les risques de fluctuation de cours, seront tenus d'ouvrir des comptes en devises,
dédiés exclusivement à ces opérations. 114
A terme, les banques marocaines pourront gérer directement des commodities en prenant une position à
concurrence de 15% de leurs fonds propres plus une marge de 3%. Ces opérations seront alors régies dans le cadre
d'un contrat standard reconnu à l'échelle internationale. Il s'agit du contrat ISDA (International Swap Derivaties
Association) sur lequel planche la Banque centrale et qui sera reconnu par la justice marocaine. D'autres mesures
visant à donner un coup de fouet au marché des changes ont été adoptées lors de cette même réunion.
Ainsi, la Banque centrale s'est engagée à réclamer la suppression de la commission de change de 2°/oo (2 pour
mille) prélevée à l'achat et à la vente. Cette commission prélevée par Bank Al-Maghrib pour le compte du Trésor
(elle aurait généré plus de 100 millions de DH en 2002 selon un banquier) pénalise lourdement les opérateurs. De
plus, elle est difficilement justifiable par les banques sur le plan commercial. En tout cas, les autorités monétaires
se sont engagées à démontrer à l'Office des Changes que sa suppression est susceptible de générer des gains
encore plus importants que son maintien.
De plus, l'institut d'émission a donné son accord de principe pour permettre aux clients qui sont à la fois
importateurs et exportateurs dans une même devise ou dans des devises différentes, de recourir au “netting”.
Cette technique consiste à compenser une devise par une autre en évitant la facturation de la commission de
change lors de la cession et l'achat de devises.
Enfin, Bank Al-Maghrib se dit prête à adopter 2 fixings dans la journée: le premier à l'ouverture pour donner le
sens du marché et l'autre à la clôture pour permettre la réévaluation des positions de change. Les banques devront
au préalable, se mettre d'accord entre elles sur l'opportunité de cette mesure.
Le marché des options en avril
Bank Al-Maghrib donnera le coup d'envoi pour le marché des options, en avril. Les banques devront d'ici là se
préparer au niveau des ressources matérielles et humaines. La circulaire autorisera les clients à être contrepartie
dans les deux sens, à l'achat et à la vente. Les opérations à caractère optionnel seront adossées à des transactions
commerciales et financières, des appels d'offres ou des investissements. Les banques pourront acheter et vendre
des devises sur le marché international pour des besoins de couverture. Les contrats seront conclus dans le cadre
d'une convention standard (ISDA) reconnue sur le plan international (voir article). Enfin, les opérations d'option
seront comptabilisées conformément aux schémas comptables du plan comptable des établissements de crédit.
Mouna KABLY L’économiste, Edition électronique du 7/1/2004

Annexe 2 : Extraits du Tableau de bord national monétique CMI au 30/09/2008

 Encours des Cartes Visa / MasterCard – Validité Nationale / Internationale

 Encours des Cartes à validité internationale par Emetteur

156
 Paiements des Porteurs Marocains à l’Etranger

115
 Tableaux des Retraits des Porteurs Marocains à l’Etranger

Annexe 3 : Tableau retracant les montants des dépenses monétiques en devise USD
ACHATS DEVISE SWIFT VISA &
MC
DATE DATE MT USD DATE DATE MT USD
INCOMING MOUVEMENT INCOMING MOUVEMENT
05/01/2008 05/01/20 462,00 …..
08
07/01/2008 06/01/20 4 116,27 03/09/20 02/09/2008 370,00
08 08
14/01/2008 13/01/20 293,82 10/09/20 09/09/2008 3 753,84
08 08
22/01/2008 21/01/20 33 23/09/20 22/09/2008 3 551,12
08 118,89 08
28/01/2008 27/01/20 1 874,03 30/09/20 29/09/2008 2 372,96
08 08
30/01/2008 29/01/20 571,50 05/10/20 02/10/2008 370,00
08 08
30/01/2008 29/01/20 551,50 07/10/20 06/10/2008 4 028,89
08 08
04/03/2008 03/03/20 4 994,03 14/10/20 13/10/2008 470,82
08 08
10/03/2008 10/03/20 476,94 21/10/20 20/10/2008 5 595,86
08 08
17/03/2008 17/03/20 591,25 28/10/20 2710/2008 37 565,09
08 08
31/03/2008 30/03/20 539,75 04/11/20 03/11/2008 4 179,23
08 08
31/03/2008 30/03/20 519,75 11/11/20 10/11/2008 2 213,04
08 08
05/05/2008 04/05/20 905,00 19/11/20 17/11/2008 300,64
08 08
06/05/2008 05/05/20 3 657,96 25/11/20 24/11/2008 508,93
08 08
13/05/2008 05/05/20 17,46 30/11/20 27/11/2008 602,25
08 08
20/05/2008 19/05/20 4 888,69 30/11/20 27/11/2008 574,25
08 08
28/05/2008 27/05/20 367,44 02/12/20 01/12/2008 2 610,81
08 08
29/05/2008 28/05/20 554,25 03/12/20 02/12/2008 370,00
08 08
… 09/12/20 08/12/2008 3 900,50
… 08
29/07/2008 28/07/20 36 16/12/20 15/12/2008 277,08
08 371,94 08
31/07/2008 30/07/20 586,25 23/12/20 22/12/2008 4 219,44
08 08
31/07/2008 30/07/20 610,25 30/12/20 29/12/2008 2 223,27
08 08
05/08/2008 04/08/20 4 187,09 31/12/20 30/12/2008 526,50
08 08
12/08/2008 11/08/20 417,18 31/12/20 30/12/2008 578,50
08 08
TOTAL 2008 193
MOYENNE MENSUELLE 952,28
3
463,4
3

Annexe 4 : La Fed, BCE, La Banque du Japon, La Banque d’Angleterre

Le Federal Reserve Board (la Fed):


Il y a un siècle encore, il n’existait aux Etats-Unis aucune institution chargée de la politique monétaire. Le marché
157
était instable et le système bancaire jouissait d’une confiance relative auprès du public. C’est dans l’objectif de
modifier cette image négative de la banque qu’en 1913 le Congrès décide de créer la Fed (Federal Reserve Board)
par le Federal Reserve Act.
Aujourd’hui, cette organisation est l’une des plus puissantes au monde. Elle est considérée comme la gardienne de
l’économie américaine et l’organe bancaire principal du pays.
Sa mission est double : conduire la politique monétaire américaine et garantir la stabilité du système bancaire et
financier américain.
L’organisation de la Fed :
La banque centrale des Etats Unis Fed est placée sous la direction d’un organe centralisé, basé à Washington : le
Board of Governors of the Federal Reserve. Celui-ci est composé de sept membres, nommés pour un mandat de 14
ans par le Président des États-Unis, nominations confirmées ensuite par le Sénat. Le Président nomme aussi le
Gouverneur de la Fed, qui dirige le Board of Governors. De par sa fonction, cet homme est le plus puissant du
pays, juste après le Président lui-même.

158
A sa tête se trouve un président et un conseil des gouverneurs, qui se concentrent surtout sur la branche du
Federal Open Market Committee (FOMC). Le FOMC supervise les opérations de l’open market mais également la
politique monétaire et les taux d’intérêt.

BCE :
Basée à Francfort, en Allemagne, la Banque Centrale Européenne est la banque centrale des 16 pays membres de
la zone Euro. Instituée le 1er juin 1998, La BCE veille à ce que les missions confiées à l’Eurosystème et au Système
européen de banques centrales (SEBC) soient mises en oeuvre, soit par elle-même, soit par les banques centrales
nationales, conformément aux statuts du SEBC.
116
Dans le même sillon que la FOMC aux Etats-Unis, la BCE possède un organe principal qui prend les décisions de
politique monétaire, le Directoire, composé de cinq membres et d’un président.
Les sièges restants sont distribués avec soin, en réservant toutefois quatre sièges aux principales économies de la
zone Euro : l’Allemagne, la France, L’Italie et l’Espagne. Ceci vise à s’assurer que les économies les plus
importantes sont toujours représentées, même dans le cas d’un changement du Directoire. Ce dernier se réunit
environ 10 fois par an.
En plus de la politique monétaire, la BCE a aussi juridiction pour émettre des billets de banque. Tout comme la
Fed, les législateurs peuvent intervenir en période de crise du système bancaire. La BCE diffère toutefois de la Fed
dans un domaine majeur : plutôt que de promouvoir la croissance économique et l’emploi, la BCE veille
principalement à la stabilité des prix. Par conséquent, la BCE considère avant tout le taux d’inflation pour définir
son taux d’intérêt directeur.
- L’Eurosystème comprend la Banque centrale européenne (BCE) et les banques centrales nationales
(BCN) des États membres de l’Union européenne ayant adopté l’euro. Dirigé par le Conseil des gouverneurs et le
Directoire de la BCE, l’Eurosystème conduit la politique monétaire unique de la zone euro depuis le 1er janvier
1999. L’objectif principal poursuivi est de maintenir la stabilité des prix.

- Le Système européen de banques centrales (SEBC) se compose de la Banque centrale européenne (BCE)
et des banques centrales nationales (BCN) des seize États membres de l’Union européenne. En d’autres termes, il
comprend, outre les membres de l’Eurosystème, les banques centrales nationales des États membres qui n’ont pas
adopté l’euro. Le SEBC est dirigé par le Conseil des gouverneurs, le Directoire et le troisième organe de décision de
la BCE, à savoir le Conseil général. Il a pour objectif principal de maintenir la stabilité des prix en mettant en
œuvre la politique monétaire de la zone Euro, la conduite des opérations de change, la promotion du
fonctionnement des systèmes de paiement et la gestion des réserves officielles de change des pays de la zone Euro.

La Banque d’Angleterre
La Banque d’Angleterre, désignée sous le nom de BoE (pour Bank of England), a été fondée en 1694. Sa création a
permis un fort essor commercial du pays. Après avoir été nationalisée en 1946, au lendemain de la Seconde Guerre
mondiale, elle a repris son indépendance en 1997 tout en étant régulée par le Financial Service Authority (FSA).
Cette année a d’ailleurs été marquée par un tournant majeur dans la politique monétaire du Royaume-Uni,
puisqu’en reprenant son indépendance, le pays a également décidé de dire « non » à l’adoption de l’Euro. La BoE a
alors été renforcée dans son rôle d’établissement financier majeur. Effectivement, le Royaume-Uni ayant opté
pour le maintien de sa monnaie nationale, a pu profiter des taux faibles de l’Euro pour rendre les placements en
livres sterling plus intéressants mais également adopter une gestion plus flexible que la plupart des autres
Banques Centrales nationales Européennes.
Les missions principales assurées par la BoE sont la promotion et le maintien de la stabilité monétaire et
financière du Royaume-Uni. Précisons par ailleurs que Londres est la plus grande place financière au monde pour
le Forex.
Contrairement à la BCE, la BOE ne donne pas de conférence de presse après sa décision. En revanche, comme la
Fed, elle publie, dans les semaines qui suivent sa réunion, le rapport détaillé des échanges qui se sont tenus entre
les différents membres. Les

La Banque du Japon
La Banque du Japon (BoJ pour Bank of Japan) a été créée en 1882 peu après la « Restauration du Meiji », qui
avait permis de mettre en place une monnaie unique japonaise en 1871, le yen. Devenue indépendante à partir
d’avril 1998, la banque centrale de la deuxième économie du monde a pour missions principales d’établir la
politique monétaire du pays, de gérer l’émission des billets de banque, d’assurer la stabilité financière du Japon,
de publier des rapports économiques et de participer à l’équilibre des échanges internationaux.

Annexe 5 : Modèle du SWIT Direction Monétique

30/09/09-07:44:50 EXTRAIT2MON-0645-000001 1
--------------------- Instance Type and Transmission --------------
Copy received from SWIFT
Priority : Normal
Message Output Reference : 0719 090930BCPOMAMCAXXX8783622915
Correspondent Input Reference : 2318 090929CITIUS33EXXX1424671094
--------------------------- Message Header -------------------------
Swift Output : FIN 950 Statement Message
159
Sender : CITIUS33XXX CITIBANK N.A. NEW YORK,NY US
Receiver : BCPOMAMCXXX BANQUE CENTRALE POPULAIRE CASABLANCA MA
MUR : 000822DK82035OPS
-------------------------- Message Text ---------------------------
20: Transaction Reference Number 0083
25: Account Identification 36057682/ATT:FOREIGN DEPT.
28C: Statement Number/Sequence Number 722/0001
60F: First Opening Balance
Debit/Credit : Credit
Date : 29 September 2008
Currency : USN (US DOLLAR, NEXT DAY FUNDS)
Amount : #1.343.662,22# 117
61: Statement Line
Value Entr F Code Reference Amount Ma
090929 D S910 BCP-M250909 #35.693,12# C
C0092723650001
090929 D S910 CAP OF 09/09/29 #242.972,52# C
C0092723708001
090929 D FCHG FEES FOR SERVICE #533,00# D
IT990801559430
090929 D NTRF MSC #2.372,96# D
ACH DEBIT RECE YR REF:IVED
090929 D S200 00144520 #305.875,13# D
S069271156AB01
62F: Final Closing Balance
Debit/Credit : Credit
Date : 29 September 2008
Currency : USN (US DOLLAR, NEXT DAY FUNDS)
Amount : #1.313.546,77#
64: Closing Avail Bal (Avail Funds)
Debit/Credit : Credit
Date : 29 September 2008
Currency : USD (US DOLLAR)
Amount : #1.313.546,77#
--------------------------- Message Trailer ------------------------
{CHK:DEEBB3437450}
{DLM:}

Annexe 6 : Tableaux des Différences de change ATM VISA & MC 2008/2008


MOIS MONTANT ATM MAD VISA MONTANT USD DIFF CHANGE EN MAD Tx de GAIN ou
2008 PERTE %
JANVIER 62 886 800,00 8 184 -266 522,94 -
050,30 0,4
2
FEVRIER 53 562 700,00 6 977 388,49 -242 415,65 -
0,4
5
MARS 67 569 000,00 9 206 -136 972,46 -
828,68 0,2
0
AVRIL 69 158 500,00 9 538 -99 888,53 -
382,09 0,1
4
MAI 65 357 100,00 8 911 179,86 -168 766,53 -
0,2
6
JUIN 58 451 800,00 7 979 808,48 -231 733,65 -
0,4
0
JUILLET 100 855 000,00 13 921 -142 234,11 -
114,06 0,1
4
AOUT 154 097 200,00 20 401 659 317,15 0,4
175,62 3
SEPTEMBR 61 676 200,00 7 880 124 420,14 0,2
E 645,09 0
OCTOBRE 73 765 600,00 8 891 653,19 646 445,07 0,8
8
NOVEMBR 59 392 500,00 6 873 -226 093,95 -
E 994,09 0,3
8
DECEMBRE 69 907 000,00 8 484 835,10 -1 069 164,66 -
1,5
3
TOTAL 896 679 400,00 117 251 -1 165 930,10 -
055,05 0,1
3

MOIS MONTANT MC DIF CHANGE EN MONTANT TX DE GAIN OU NBRE


160
2008 MAD MAD USD PERTE TRX
JANVIER 42 806 400,00 - 199 602,44 5 568 - 32
814,98 0, 526
47
FEVRIER 34 780 900,00 - 166 944,94 4 530 - 25
750,72 0,4 969
8
MARS 42 104 900,00 - 152 120,57 5 729 - 30
608,32 0,3 180
6
AVRIL 46 777 900,00 - 131 085,01 6 441 - 33
123,89 0,2 846
8
MAI 45 621 000,00 - 118 358,99 6 220 - 33
604,09 0,2 098
6
JUIN 40 182 200,00 - 184 201,74 5 483 - 29
637,46 0,4 592
6
JUILLET 93 359 000,00 - 89 728,20 12 883 - 69
933,52 0,1 207
0
AOUT 136 468 500,00 700 710,36 18 096 0,5 104
034,74 1 155
SEPTEMB 46 047 000,00 113 655,64 5 885 0, 36
RE 610,80 25 329
OCTOBRE 52 295 900,00 487 344,55 6 307 0,9 37
843,10 3 656
NOVEMB 40 792 200,00 - 180 836,64 4 718 - 29
RE 282,57 0,4 648
4
DECEMBR 50 361 400,00 - 789 904,82 6 116 - 35
E 008,38 1,5 930
7
TOTAL 671 597 300,00 - 711 072,79 87 982 - 498
252,57 0,1 136
1

MOIS VISA MONTANT DIF MONTANT Taux de GAIN ou NB


2008 MAD CHANGE USD PERTE % TRX
JANVIER 60 912 403 234,32 7 343 0,662 45
200,00 360,7300 0 023

161
Couverture du risque de change : Cas de l’activité monétique
FEVRIERBCP 53 380 - 69 6 199 - 38
600,00 640,20 972,2500 0,130 580
5
MARS 61 039 - 526 7 181 - 44
500,00 287,61 850,2500 0,862 323
2
AVRIL 45 404 - 13 5 417 - 32
500,00 200,70 291,6600 0,029 674
1
MAI 26 403 - 220 3 226 - 19
700,00 813,02 326,9500 0,836 816
3
JUIN 37 924 - 64 4 735 - 28
600,00 499,97 565,8700 0,170 167
1
JUILLET 87 306 - 232 10 965 - 61
000,00 982,17 203,1100 0,266 630
9
AOUT 121 371 - 242 15 382 - 90
000,00 151,38 138,5600 0,199 339
5
SEPT 62 813 - 176 8 102 - 49
900,00 652,35 178,0900 0,281 590
2
TOTAL 556 556 - 1 142 68 553 - 410
000,00 993,08 887,4700 0,205 142
4
MOIS MC MONTANT DIF CHANGE EN MONTANT TX DE GAIN OU NBRE
2009 MAD MAD USD PERTE TRX
JANVIER 43 826 600,00 248 249,56 5 277 752,04 0,566 32
4 055
FEVRIER 34 659 100,00 - 32 387,67 4 026 652,52 - 24
0,093 486
4
MARS 37 731 200,00 - 327 395,35 4 439 584,06 - 26
0,867 938
7
AVRIL 43 670 200,00 - 6 828,25 5 200 397,52 - 30
0,015 469
6
118

Annexe 7 : Tableau : analyse par mois des cours fixing BAM (Mid) du 01/01/06 au 24/12/09
M Minim Moyen Maxim Ecart Coeff. De
oi um ne um type variation
s
Janvier 06 9,00 9,10 9,27 0,06 0,00
08 37 39 50 71
Février 06 9,11 9,20 9,26 0,03 0,00
80 56 02 96 43
Mars 06 9,05 9,15 9,25 0,05 0,00
97 30 24 78 63
Avril 06 8,81 9,01 9,11 0,09 0,01
92 36 61 03 00
Mai 06 8,65 8,71 8,81 0,04 0,00
03 99 92 69 54
Juin 06 8,62 8,78 8,85 0,06 0,00
63 19 80 89 78
Juillet 06 8,69 8,76 8,87 0,05 0,00
12 32 35 14 59
Aout 06 8,64 8,69 8,73 0,02 0,00
65 59 86 51 29
Septembre 06 8,66 8,74 8,79 0,03 0,00
67 52 03 44 39
Octobre 06 8,73 8,80 8,86 0,04 0,00
06 85 26 47 51
Novembre 06 8,48 8,65 8,75 0,08 0,00
43 56 97 53 99
Décembre 06 8,41 8,47 8,55 0,03 0,00
11 94 28 76 44
Janvier 07 8,43 8,59 8,64 0,05 0,00
70 13 49 54 65
Février 07 8,46 8,55 8,62 0,04 0,00
70 07 98 97 58
Mars 07 8,39 8,46 8,54 0,04 0,00
72 27 18 88 58
Avril 07 8,25 8,32 8,42 0,05 0,00
19 48 95 73 69
Mai 07 8,25 8,32 8,36 0,03 0,00

162
Couverture du risque de change : Cas de l’activité monétique
56 15 53 17 38
BCP
Juin 07 8,31 8,37 8,42 0,03 0,00
86 23 92 35 40
Juillet 07 8,16 8,21 8,28 0,04 0,00
43 99 10 00 49
Aout 07 8,17 8,26 8,37 0,05 0,00
52 66 74 22 63
Septembre 07 7,99 8,13 8,29 0,09 0,01
05 07 11 13 12
Octobre 07 7,87 7,98 8,06 0,05 0,00
56 11 85 27 66
Novembre 07 7,68 7,77 7,88 0,05 0,00
80 14 64 81 75
Décembre 07 7,74 7,82 7,92 0,06 0,00
42 93 34 50 83
Janvier 08 7,68 7,75 7,85 0,04 0,00
19 76 84 26 55
Février 08 7,55 7,74 7,85 0,08 0,01
39 57 84 73 13
Mars 08 7,28 7,40 7,54 0,08 0,01
88 79 63 68 17
Avril 08 7,23 7,32 7,39 0,04 0,00
77 63 94 82 66
Mai 08 7,31 7,39 7,46 0,04 0,00
38 99 82 93 67
Juin 08 7,31 7,40 7,49 0,04 0,00
67 29 19 70 63
Juillet 08 7,24 7,31 7,37 0,04 0,00
05 95 96 28 58
Aout 08 7,37 7,65 7,78 0,13 0,01
88 54 37 89 81
Septembre 08 7,74 7,91 8,12 0,10 0,01
79 12 50 51 33
Octobre 08 7,96 8,43 8,90 0,26 0,03
06 07 82 22 11
Novembre 08 8,53 8,71 8,87 0,10 0,01
11 74 24 44 20
Décembre 08 7,88 8,33 8,79 0,31 0,03
12 07 60 70 81
Janvier 09 8,09 8,45 8,68 0,17 0,02
52 19 07 36 05
Février 09 8,56 8,69 8,84 0,07 0,00
80 46 25 15 82
Mars 09 8,21 8,57 8,84 0,21 0,02
82 64 57 71 53
Avril 09 8,36 8,48 8,63 0,07 0,00
10 88 42 63 90
Mai 09 8,02 8,25 8,45 0,12 0,01
31 02 40 89 56
Juin 09 7,95 8,08 8,16 0,05 0,00
82 09 77 65 70
Juillet 09 7,96 8,03 8,11 0,05 0,00
10 70 74 34 66

163
Aout 09 7,88 7,95 8,04 0,04 0,0058
63 52 43 59
Septembre 09 7,72 7,82 7,97 0,07 0,0100
35 09 91 83
Octobre 09 7,62 7,70 7,82 0,05 0,0076
25 28 87 82
Novembre 09 7,60 7,66 7,77 0,04 0,0055
05 22 67 19
Décembre 09 7,58 7,78 7,94 0,12 0,0157
74 24 61 26

Annexe 8 : Tableau détaillé du calcul des moyennes des cours de cession SPOT pour VISA et MC Année 2008
9

DATE DATE FIXI CONTRE DATE DA MONT FIXIN CONTRE


2 SWI MOUVEMENT= MONTANT NG VALEUR MOUVEME TE AN G VALEUR
0 FT DATE USD ACHETE MAD NT INCOM T ACHETE MAD
0 INCOMING
8 VIS UR ING US UR
A D
01/01/20 01/01/2008 374 482,80 8,1485 3 051 473,10 11
JANVIER

08
02/01/20 02/01/2008 382 755,47 3 118 882,95 02/01/20 02/01/20 521 438,10 8,1485 4 248
08 08 08 938,36
……..
06/01/20 06/01/2008 351 642,06 8,1375 2 861 487,26 08/01/20 08/01/20 201 123,90 8,1406 1 637
08 08 08 269,22
07/01/20 07/01/2008 259 251,71 8,1235 2 106 031,27 09/01/20 09/01/20 210 693,34 8,2761 1 743
08 08 08 719,15
08/01/2 08/01/200 257 910,81 8,1406 2 099 548,74 12/01/20 12/01/20 510 737,68 8,3529 4 266
008 8 08 08 140,77
……..
21/01/2 21/01/200 158 924,16 8,4772 1 347 231,89 30/01/20 30/01/20 142 051,74 8,5969 1 221
008 8 08 08 204,60
22/01/20 22/01/2008 183 553,65 8,5703 1 573 109,85 31/01/20 02/02/20 117 577,85 8,5199 1 001
08 08 08 751,52
…….
31/01/20 02/02/200 184 479,23 8,5199 1 571 744,59
08 8
7 340 8,3650 61 206 5 379 276,92 8,3650 44 838
419,09 468,24 602,90
01/02/20 02/02/200 181 421,79 1 545 695,51
FEVRIER

08 8
02/02/2 02/02/200 135 327,12 1 152 973,53 02/02/20 02/02/20 235 155,71 2 003
008 8 08 08 503,13
03/02/2 03/02/200 197 135,92 8,5166 1 678 927,78 03/02/20 03/02/20 137 698,50 8,5166 1 172
008 8 08 08 723,05
04/02/2 04/02/200 213 106,62 8,4600 1 802 882,01 04/02/20 04/02/20 152 146,12 8,4600 1 287
008 8 08 08 156,18
…….
26/02/2 26/02/200 212 890,60 8,6854 1 849 040,02
008 8
27/02/2 27/02/2008 239 176,16 8,7166 2 084 802,92
008
28/02/2 02/03/200 237 365,04 8,6923 2 063 248,14
008 8
6 042 8,6008 51 931 3 971 633,38 8,6008 34 126
753,28 746,46 660,56
01/03/20 02/03/200 215 752,59 1 875 386,24 02/03/20 02/03/20 257 484,54 2 238
MARS

08 8 08 08 132,87
02/03/2 02/03/200 163 761,19 1 423 461,39 03/03/20 03/03/20 161 483,75 8,7363 1 410
008 8 08 08 770,49
…….
22/03/2 23/03/200 238 423,93 1 952 596,62 31/03/20 31/03/20 156 017,44 8,3694 1 305
008 8 08 08 772,36
23/03/2 23/03/200 211 218,27 1 729 793,14
008 8
24/03/2 24/03/200 241 463,70 8,2104 1 982 513,56
008 8
25/03/2 25/03/200 208 042,31 8,1921 1 704 303,41
008 8
26/03/2 26/03/200 218 575,74 8,2214 1 796 998,59
008 8
31/03/20 31/03/2008 184 007,25 8,3694 1 540 030,28
08
5 177 8,3962 43 666 740,79 3 132 709,23 8,3962 26 419
180,22 111,31
01/04/20 01/04/2008 219 774,51 1 839 380,78 01/04/20 01/04/20 150 503,57 1 259
AVRIL

08 08 08 624,58
02/04/2 02/04/200 237 404,05 1 986 929,46 02/04/20 02/04/20 154 169,89 1 290
008 8 08 08 309,48
03/04/2 03/04/200 233 920,42 1 957 773,56 03/04/20 03/04/20 159 256,93 1 332
008 8 08 08 884,95
04/04/2 06/04/200 251 566,00 2 105 456,48 06/04/20 06/04/20 468 264,02 3 919
008 8 08 08 088,89
05/04/2 06/04/200 255 680,15 2 139 889,45 07/04/20 07/04/20 186 871,80 1 564
008 8 08 08 004,84
06/04/2 06/04/200 260 742,63 2 182 259,37 08/04/20 08/04/2 182 081,14 8,3349 1 517
008 8 08 008 628,09
07/04/2 07/04/200 271 554,65 2 272 749,49 09/04/20 09/04/20 187 292,97 8,3326 1 560
008 8 08 08 637,40
…….
28/04/2 28/04/200 92 334,76 8,3398 770 053,43
008 8
29/04/2 29/04/200 88 471,24 8,3305 737 009,66
008 8
30/04/2 30/04/200 94 136,32 8,3196 783 176,53
008 8
4 336 8,4078 36 363 635,47 4 503 8,4078 37 851
265,72 535,24 096,01
01/05/20 01/05/2008 98 772,39 821 746,78 01/05/20 01/05/20 192 072,42 1 597
MAI

08 08 08 965,71
02/05/2 04/05/200 81 337,74 8,2898 674 273,60 04/05/20 04/05/20 498 804,13 8,2898 4 134
008 6 08 06 986,48
03/05/2 04/05/200 96 944,08 803 647,03 05/05/20 05/05/20 198 002,31 8,3242 1 648
008 6 08 08 210,83
…….

164
29/05/2 29/05/200 82 596,12 7,9000 652 509,35
008 8
30/05/2 01/06/2008 85 761,26 7,8791 675 721,54
008
31/05/20 01/06/2008 95 073,53 749 093,85
08
3 063 357,77 8,1168 24 895 342,75 4 961 590,15 8,1168 40 319
996,21
01/06/20 01/06/2008 103 620,15 816 433,52 01/06/20 01/06/20 140 154,57 1 104
08 08 08 291,90
02/06/2 02/06/200 113 699,04 7,8700 894 811,44 02/06/20 02/06/20 176 177,08 7,8700 1 386
008 8 08 08 513,62
03/06/2 03/06/200 106 277,64 7,9014 839 742,14 03/06/20 03/06/20 157 065,82 7,9014 1 241
008 8 08 08 039,87
04/06/2 04/06/200 109 157,73 7,9128 863 743,29 04/06/20 04/06/20 160 251,06 7,9128 1 268
008 8 08 08 034,59
…….
JUIN

21/06/20 22/06/200 184 724,71 1 478 592,00 29/06/20 29/06/20 450 725,87 7,9495 3 583
08 8 08 08 045,30
…….
28/06/2 29/06/200 200 061,05 1 590 385,32
008 8
29/06/2 29/06/200 207 863,86 1 652 413,76
008 8
30/06/2 30/06/200 208 078,98 7,9378 1 651 689,33
008 8
4 776 7,989 38 160 4 390 7,989 35 067
290,23 2 218,56 855,56 2 775,05
TOTAL 1ER EMESTRE 30 736 8,29 256 224 26 339 8,293 218 623
266,31 38 152,27 600,48 8 242,06
……
JUILLET

03/07/2 03/07/200 230 119,06 8,0461 1 851 560,97


008 8
04/07/2 06/07/200 223 248,65 7,9908 1 783 935,31 06/07/200 06/07/20 499 472,42 7,9908 3 991
008 8 8 08 184,21
05/07/2 06/07/200 231 777,85 1 852 090,44 07/07/200 07/07/20 202 709,28 8,0485 1 631
008 8 8 08 505,64
06/07/2 06/07/200 245 624,91 1 962 739,53 08/07/200 08/07/20 248 004,67 8,0171 1 988
010 8 8 08 278,24
07/07/2 07/07/2008 243 643,61 8,0485 1 960 965,60 09/07/200 09/07/20 244 481,14 8,0416 1 966
008 8 08 019,54
……
28/07/2 28/07/200 472 418,82 7,9369 3 749 540,93
008 8
29/07/2 29/07/2008 457 873,51 7,9341 3 632 814,22
008
30/07/2 30/07/200 458 860,59 3 640 645,81
008 8
31/07/20 31/07/2008 437 892,84 7,8236 3 425 898,42
08
10 049 7,9516 79 811 10 279 7,9516 81 564
074,66 703,85 825,73 420,03

165
01/08/2 03/08/200 399 794,53 7,8204 3 126 553,14

AOUT
008 8
02/08/2 03/08/200 474 073,40 3 707 443,62
008 8
03/08/2 03/08/200 475 778,70 3 720 779,75 03/08/2 03/08/2 1 434 897,02 7,8204 11 221 468,66
008 8 008 008
……
18/08/2 18/08/2008 589 704,68 7,9241 4 672 878,85 24/08/2 24/08/2 694 137,52 7,8534 5 451 339,60
008 008 008
19/08/20 19/08/2008 536 955,75 7,8568 4 218 753,94 25/08/2 25/08/2 254 559,63 7,8639 2 001 831,47
08 008 008
20/08/2 20/08/200 502 158,87 3 945 361,81 26/08/2 26/08/2 265 520,36 7,8824 2 092 937,69
008 8 008 008
21/08/20 21/08/2008 441 625,47 3 469 762,99 27/08/2 27/08/2 232 194,45 7,8419 1 820 845,66
08 008 008
……
30/08/2 31/08/2008 252 432,77 1 981 950,65
008
31/08/20 31/08/2008 289 166,35 2 270 360,68
08
15 336 7,8661 120 816 12 638 7,8661 99 516 898,26
074,08 396,95 077,42
01/09/20 01/09/2008 250 300,90 7,8605 1 967 490,22 01/09/2 01/09/2 160 302,40 7,8605 1 260 057,02
SEPTEMBRE

08 008 008
…… 1
20/09/2 21/09/2008 278 839,84 2 134 295,90 29/09/2 29/09/2 242 972,52 7,7078 1 872 783,59
008 008 008
21/09/20 21/09/2008 234 250,31 1 792 998,72 30/09/2 30/09/2 244 460,61 7,7465 1 893 714,12
08 008 008
22/09/2 22/09/200 160 282,11 7,6527 1 226 590,90
008 8
23/09/2 23/09/200 259 594,48 1 986 598,68
008 8
24/09/2 24/09/200 291 026,74 7,6866 2 237 006,14
008 8
25/09/2 25/09/200 304 706,82 7,7115 2 349 746,64
008 8
26/09/2 28/09/200 275 330,05 7,7479 2 133 229,69
008 8
27/09/2 28/09/200 287 619,48 2 228 446,97
008 8
28/09/2 28/09/200 277 189,16 2 147 633,89
008 8
29/09/2 29/09/200 311 039,78 7,7078 2 397 432,42
008 8
30/09/2 30/09/200 303 947,45 7,7465 2 354 528,92
008 8
7 790 7,7387 60 258 912,59 5 845 7,7387 45 203 291,61
948,53 451,21
01/10/20 01/10/2008 297 353,37 7,7344 2 299 849,90 01/10/20 01/10/20 242 642,27 7,7344 1 876 692,37
OCTOBRE

08 08 08
02/10/20 02/10/2008 334 342,79 7,7227 2 582 029,06 02/10/2 02/10/2 343 608,50 7,7227 2 653 585,36
08 008 008
05/10/20 05/10/2008 240 926,32 7,6702 1 847 953,06 05/10/2 05/10/2 744 262,90 7,6702 5 708 645,30
08 008 008
……
28/10/20 28/10/2008 241 961,06 7,6407 1 848 751,87
08
29/10/20 29/10/2008 241 961,06 7,6340 1 847 130,73
08
30/10/20 30/10/2008 296 576,15 7,6323 2 263 558,15
08
31/10/20 02/11/200 287 816,28 7,6724 2 208 241,63
08 8
8 990 7,6271 68 556 7 184 633,77 7,6271 54 788 591,46
490,56 005,87
01/11/20 02/11/200 207 736,18 1 593 835,07 02/11/2 02/11/2 356 329,33 2 733 901,13
NOVEMRE

08 8 008 008
02/11/2 02/11/200 280 242,19 2 150 130,18 03/11/2 03/11/2 208 297,91 7,6379 1 590 958,61
008 8 008 008
……
18/11/20 18/11/2008 242 581,57 1 847 816,59 27/11/20 27/11/20 434 517,34 7,5444 3 278 172,62
08 08 08
19/11/20 19/11/2008 247 076,01 7,6038 1 878 716,56 30/11/2 30/11/2 439 956,94 7,5258 3 311 027,94
08 008 008
20/11/2 20/11/200 282 475,53 7,5709 2 138 593,99
008 8
21/11/20 23/11/2008 266 269,72 7,5747 2 016 913,25
08
……
30/11/20 30/11/200 205 811,51 1 548 896,26
08 8
8 270 7,5736 62 680 5 502 516,40 7,5736 41 706 788,95
866,74 242,18
01/12/2 01/12/200 261 546,42 7,5225 1 967 482,94 01/12/2 01/12/2 161 525,29 7,5225 1 215 073,99
DECEMBRE

008 8 008 008


02/12/20 02/12/2008 288 158,14 7,5127 2 164 845,66 02/12/20 02/12/20 233 915,98 7,5127 1 757 340,58
08 08 08
03/12/20 03/12/2008 302 354,91 7,5359 2 278 516,37 03/12/20 03/12/20 200 703,67 7,5359 1 512 482,79
08 08 08
04/12/20 04/12/2008 315 835,75 7,6310 2 410 142,61 04/12/20 04/12/20 226 027,56 7,6310 1 724 816,31
08 08 08
05/12/20 07/12/2008 299 560,26 2 285 944,34 07/12/20 07/12/20 585 302,82 7,6401 4 471 772,08
08 08 08
……
27/12/20 28/12/2008 416 400,06 3 252 292,67
08
28/12/20 28/12/2008 396 568,67 3 097 399,60
08
29/12/20 29/12/2008 433 250,05 7,8483 3 400 276,37
08
30/12/20 30/12/2008 495 169,12 7,8168 3 870 637,98
08
31/12/20 31/12/2008 441 170,04 7,8141 3 447 346,81
08
9 857 7,7324 76 391 892,88 6 446 7,7324 49 946 520,04
510,84 291,90
TOTAL 2EME 60 294 7,7484 468 515 47 896 7,7 372 726
Semestre 965,41 8,0112 154,33 796,43 48 510,36
4

166
TOTAL ANNEE 2008 91 031 724 739 74 236 8,0 591 349
231,72 306,60 396,91 112 752,42

20

167
BIBLIOGRAPHIE

Fr.Wikipédia.com
Mataf.net
crise2007.wordpress.com 121
Cambiste.info
Bcp.ma
Bmcek.co.ma
Attijariwafabank.com
Tribuforex.fr
Fimarkets.com

Gestion Et Finance Internationales David Eiteman 10e édition PEARSON


EDUCATION Monnaie, Banque et Marchés Financiers Frederic Mishkin 8e édition
NOUVEAUX HORIZONS
Gérer la Trésorerie et La Relation Bancaire Michael Sion
DUNOD Finance d’Entreprise Jacqueline Delahay 13e édition
DUNOD

168
ABREVIIATION & TERMINOLOGIE
CDVM : Conseil déontologique des valeurs mobilières
CMI : Centre Monétaire
International MC : Mastercard
BP : Banque Populaire
BCP : Banque Centrale Populaire
CPM : Crédit Populaire du Maroc
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CDO : Un CDO (pour collateralized debt obligation, en français, « obligation adossée à des actifs ») est une
structure de titrisation d'actifs financiers de nature diverse.
Les CDO sont des structures créées sur mesure par les banques à destination d'investisseurs. Ils sont peu échangés
sur le marché secondaire.
On appelle titrisation la technique de gestion qui consiste à créer une société ad hoc, que l'on appelle SPV (special
purpose vehicle), et qui va :
 acheter un ensemble de créances peu liquides (par exemple un portefeuille de prêts immobiliers accordé
par une banque à ses clients). Ce portefeuille va constituer l'actif du SPV,
 émettre d'autres créances de "format" plus adapté à des investisseurs. Ces créances émises constituent le
passif du SPV et capturent la totalité du risque de crédit du portefeuille qui se trouve à l'actif.
Les CDO, contenant une part de crédit à risques (subprime), ont été les actifs les plus touchés pendant la crise des
subprimes de 20073. Un dirigeant de banque juge ainsi que les « CDO d'ABS sont un concentré de toxiques sur le
subprime qui peut s'avérer très dangereux lorsque toutes les tranches font défaut, ce qui est le cas aujourd'hui »

DAPS : La Direction des Assurances et de la Prévoyance Sociale est chargée de la réglementation et du contrôle
de l'activité des organismes d'assurances, de la réassurance et de capitalisation. Elle surveille le placement des
fonds recueillis par ces organismes et contrôle leur gestion technique et financière. Elle veille au respect des droits
des assurés et bénéficiaires de contrats d'assurances. Elle participe à l'élaboration de la réglementation et au
contrôle des organismes de prévoyance sociale.
FMI : Le Fonds monétaire international est une institution internationale multilatérale regroupant 186 pays, dont
le rôle est de « promouvoir la coopération monétaire internationale, de garantir la stabilité financière, de faciliter
les échanges internationaux, de contribuer à un niveau élevé d’emploi, à la stabilité économique et de faire reculer
la pauvreté ».
Le FMI assure donc la stabilité du système monétaire international et la gestion des crises monétaires et
financières. Pour cela, il fournit des crédits aux pays qui connaissent des difficultés financières telles qu'elles
mettent en péril l'organisation gouvernementale du pays, la stabilité de son système financier (banques, marchés
financiers), ou les flux d'échanges de commerce international avec les autres pays.
Lors d'une crise financière, pour éviter qu’un pays ne fasse « défaut » (c’est-à-dire que ce pays ne puisse plus
rembourser ses créanciers, voire ne plus payer ses dépenses courantes), le FMI lui prête de l’argent le temps que la
confiance des agents économiques revienne. Le FMI conditionne l’obtention de prêts à la mise en place de
certaines réformes économiques visant de manière générale à améliorer la gestion des finances publiques et une
croissance économique équilibrée à long terme.
L’institution a été créée en 1944 et devait à l’origine garantir la stabilité du système monétaire international, dont
l’écroulement au moment de la Grande dépression des années 1930 avait eu des effets catastrophiques sur
l’économie mondiale. Après 1976 et la disparition d’un système de change fixe, le FMI a hérité d’un nouveau rôle
face aux problèmes d’endettement des pays en développement et à certaines crises financières.
BRI : Banque des règlements internationaux
La Banque des règlements internationaux, (Bank for International Settlements en anglais ou BIS) a été créée en
1930. C'est la plus ancienne institution financière internationale. Son statut juridique est celui d'une société
anonyme, dont les actionnaires sont des banques centrales 1.
Établie dans le cadre du plan Young, réglant les modalités des réparations de guerre imposées à l'Allemagne par le
Traité de Versailles (d'où son nom), elle a servi aussi pour distribuer les financements de la reconstruction
européenne. Sa fonction initiale étant devenue obsolète, elle est naturellement devenue le lieu de dialogue des
grandes banques centrales.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, la Banque des règlements internationaux, dirigée par Roger Auboin, a
continué de fonctionner, ce qui a provoqué diverses polémiques, sur le placement de l'or volé par l'Allemagne par
exemple 2.
Elle est située à Bâle en Suisse, et surnommée la « banque centrale des banques centrales » (encore que cette
appellation soit parfois utilisée aussi pour le FMI).
Aureus : L'aureus (aurei au pluriel) ou denier d'or est une monnaie romaine d'or valant 25 deniers d'argent, soit
100 sesterces. Son émission devient régulière à partir de Jules César (Ier siècle av. J.-C.), et se poursuit sous
l'Empire romain jusqu'à son remplacement au début du IVe siècle par le solidus.
Le denarius ou denier d'argent est créé en 212 av. J.-C. pour financer la deuxième guerre punique qui opposa la
Rome antique à Carthage entre 218 et 201 avant Jésus-Christ.

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Exotique : produits financiers exotiques : A l'inverse des produits plain vanilla, Désigne des produits financiers
complexes et peu fréquent, principalement vendus à des investisseur sophistiqués, qui peuvent permettre à un
émetteur de trouver des fonds à un coût attractif mais souvent en contrepartie d'engagements qui peuvent se
révéler coûteux à terme.
Plain vanilla : Se dit de produits dérivés les plus répandus et les plus simples dans leur fonctionnement, au
contraire des produits dérivés dits exotiques.
Hedge funds : Les hedge funds, contrairement à leur nom qui signifie couverture, sont des fonds
d'investissement non cotés à vocation spéculative. Ce sont des fonds spéculatifs recherchant des rentabilités
élevées et qui utilisent abondamment les produits dérivés, en particuliers les options. Ils utilisent l’effet de levier,
c’est-à-dire la capacité à engager un volume de capitaux qui soit un multiple plus ou moins grand de la valeur de 123
leurs capitaux propres. Les hedge funds présentent l’intérêt d’offrir une diversification supplémentaire aux
portefeuilles « classiques » car leurs résultats sont en théorie déconnectés des performances des marchés d’actions
et d’obligations.
Pétro-Dollars : On parle de pétrodollar pour désigner un actif financier issu des royalties versées en dollars par
les compagnies extractrices aux gouvernements des pays où elles extraient le pétrole.
Crise Tequila: La crise économique du Mexique de 1994–1995, qui frappa durement l'économie mexicaine,
débuta par une brusque dévaluation du peso mexicain, s'étendit à l'économie réelle du pays, puis eut des
répercussions dans le monde entier, en particulier en Amérique du Sud.

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