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Université de Niamey

Faculté des Sciences de la santé


Département des Sciences Biologiques Appliquées
Laboratoire de Biochimie

Cours de biochimie N°2


COMPOSITION ÉLÉMENTAIRE DES ÊTRES VIVANTS
GENERALITES - RAPPELS

Pour vivre, l’être humain a besoin de l’énergie chimique qu’il tire de son alimentation. Les aliments sont des
mélanges complexes de molécules organiques (ou macroéléments qui subissent une digestion (hydrolyse
enzymatique) pour être transformés en molécules simples de faible poids moléculaire ou nutriments (sauf
pour les sels minéraux, les vitamines et l'eau). Les nutriments ainsi obtenus dans l’intestin grêle sont absorbés et
vont se retrouver dans le sang (directement ou via la lymphe) pour être transportés ensuite aux cellules de
l’organisme qui les transformeront en "combustible" cellulaire sous forme d'énergie potentielle (ATP). Le stock
d'ATP est très faible dans l'organisme. Cette transformation se fait en consommant de l’oxygène (O2) transporté
également par le sang via le système respiratoire et il en résulte des déchets (CO2 et H2O). Le CO2 repart vers l’air via le
sang et les poumons, l’H2O repart surtout vers l’extérieur via le sang, les reins et les poumons.

L'énergie est stockée pour l'essentiel sous forme de glycogène, de créatine-phosphate et de triglycérides.
L’énergie est utilisée à 55% pour le métabolisme basal (respiration, circulation, activité cérébrale) et à 45% pour le
métabolisme extra-basal : travail musculaire (25%), thermorégulation (10%), activité dynamique spécifique des
appareils digestif et urinaire (10%).

L'unité énergétique internationale est le joule (J, multiple kJ) mais on trouve encore des indications en calories (kcal) 1
kJ=0,24 kCal ou 1 kCal=4,19 kJ.

Équilibre énergétique : On parle d’équilibre énergétique lorsque les entrées d’énergies sont égales aux dépenses
énergétiques. Cela correspond à la quantité d’énergie journalière nécessaire au fonctionnement et à l’entretien
permanent de l’organisme.

Ex :

- Besoins quotidiens d’une femme : 8 400 kJ. Apport de 10 000 kJ ==> mise en réserve de l’excédent 1 600 kJ.
- Lors d’un travail musculaire intense inhabituel les quantités entrées sont généralement insuffisantes et
l’organisme puisera dans ses réserves énergétiques.
- Fracture ==> synthèse osseuse pour élaborer un nouveau tissu osseux (ostéocytes) à partir de « nutriments
bâtisseurs » de l’organisme : protides, lipides, glucides, acides nucléiques et calcium.
- Hémorragie ==> synthèse de nouvelles cellules sanguines. La synthèse de globules rouges nécessite du fer.
Dans l’organisme, le fer est stocké dans le sang et dans le foie. Dans les conditions normales, un homme a
besoin de 10 mg/jour et la femme de 16 à 18 mg/jour (besoin supérieur à cause des pertes menstruelles).
- Croissance : les besoins énergétiques d’un enfant >>> un adulte >>> un e personne âgée.

 LES ÉLÉMENTS CLÉS DE LA VIE

2 grandes catégories de substances forment la structure des êtres vivants et en permettent le fonctionnement :
Les substances dites INORGANIQUES (eau, sels minéraux, nombreux acides et bases,...)
Les substances dites ORGANIQUES contiennent des atomes de carbone (glucides, lipides et protides.)
On peut les classer
6 éléments majeurs ó 95% de la masse de la matière sèche: Carbone, Hydrogène, Oxygène, Azote, Phosphore
et des éléments mineurs : Ensemble d’atomes indispensables à la vie ó Environ 5 % des éléments chimiques de la
cellule  Toujours sous forme ionique: Cations (Na+, K+, Ca2+, Mg2+) et Anions (Cl-, HPO4- -, HCO3-, SO4)-

 LES ELEMENTS MINEURS: oligo-éléments


Sous forme de traces dans l’organisme mais indispensables au maintien d’une bonne santé, les sels minéraux font
environ 1% de la matière sèche. Sous forme d’ions, ils jouent un rôle vital dans le fonctionnement du corps :
- Le sel le plus abondant est le phosphate de calcium qui contribue à la dureté des os et des dents.
- Les ions Na + et K+ sont essentiels dans la transmission de l'influx nerveux, les contractions musculaires, les
échanges membranaires.
- Le fer ionisé (Fe2t+, Fe3+) est compris dans l'hémoglobine qui transporte l'oxygène dans les globules rouges....
* Chez les végétaux, les engrais apportés aux plantes sous forme N : P : K (azote, phosphore, potassium) couvrent les
besoins en ions nécessaires à la croissance.

COMPOSITION ÉLÉMENTAIRE DES ÊTRES VIVANTS


L’organisme est constitué de milliers d’espèces différentes de molécules organiques et minérales. Chez un sujet moyen,
on y trouve : Des graisses : 13 % ; Des protéines : 16 % ; Des glucides : 2 % ; Des minéraux : 5 % ; De l’eau : 64 %

A. LES COMPOSES INORGANIQUES


1) L'EAU
Composé inorganique le plus abondant et le plus important de la matière vivante : dans la plupart des cellules vivantes ,
c'est l'élément fondamental du sang, de la lymphe, des sucs digestifs, du cytoplasme des cellules, et le milieu où se
déroulent les réactions chimiques.
Ex : pour un homme de 70 kg, l’Eau totale fait 60% du poids corporel 42L= 42kg et la Matière sèche = 40% (=28kg) dont
95 % = matière organique (26,6 kg) et 5% = matière minérale (1,4 kg).

a) structure chimique : C’est une molécule polaire : l'oxygène y est chargé négativement, l'hydrogène positivement.

b) Répartition : Liquide gastrique: 95 à 99 % ; Sang : 80 % ; Tissus (muscles): 75 à 80 % ; Squelette: 22 %

c) Propriétés :
• Moment dipolaire
Milieu biologique intra et extracellulaire capable de former des liaisons hydrogène et d’avoir une polarité. La
distribution des charges dans la molécule est déterminée par la forme de la molécule et la polarité de ses liaisons. Les
dipôles interagissent avec des ions chargés (anions, cations). Beaucoup de composés sous forme d’ions inorganiques
sont dissous dans l’eau et existent comme des ions isolés entourés par de l’eau
Ex : NaCl se dissout dans l’eau sous forme d’ions Na+ et Cl-.
• L’eau est un solvant en biologie par établissement de liaisons chimiques. Les liaisons hydrogènes se forment
entre : deux molécules d’eau, l’eau et d’autres molécules (oxygène, azote), deux atomes sans l’implication de l’eau.
NB : Toute molécule capable de former une liaison hydrogène peut l’établir avec l’eau d’où possibilité de dissolution.
Dans les systèmes biologiques, les liaisons hydrogène jouent un rôle important dans la stabilisation des structures
tridimensionnelles des protéines et acides nucléiques et la catalyse enzymatique.
• Dissociation de l’eau
Les molécules d’eau ont une faible tendance à s’ioniser en se dissociant de manière réversible en ion H+ (proton) et ion
OH- (hydroxyle). La dissociation est donnée par la formule : H2O <-----> H+ + OH- ou encore 2H2O <---------> H3O+ + OH
La tendance à la dissociation de l’eau est donnée par la formule : K = [H+].[OH-] / [H2O] Où les termes en crochets
représentent les concentrations des ions dissociés et de la molécule d’eau à l’équilibre ; cela se passe quand le taux de
la réaction à l’aller dans l’équation (dissociation) égale le taux de la réaction au retour (association) et K est la constante
d’équilibre, ou constante de dissociation de l’eau.
• Produit ionique de l’eau :
Comme l’eau non dissociée est présente en grand excès, sa concentration est virtuellement constante à 55,56M
(PM de H2O = 18 ; 1L( ou 1000 g) à 1000/18 mol). Cette valeur, « constante » pour la concentration de l’eau peut être
incorporée dans la constante de dissociation pour donner une nouvelle constante, le produit ionique de l’eau ou Kw.
Kw = [H+][OH-] A 25°C, Kw = 1x 10-14 mol/L

Remarque: le produit ionique de l’eau, [H+][OH-], est constant pour toutes les solutions aqueuses, même celles qui
contiennent des acides dissous (donneurs de protons) ou des bases dissoutes (accepteurs de protons). Si un grand
nombre d’ions H+ (protons) sont ajoutés à de l’eau pure, la concentration en ions OH- doit diminuer pour que le
produit ionique reste constant à 25°C. Inversement, si une grande quantité d’ions OH- sont ajoutés, la concentration
en ions H+ doit diminuer.
d) Rôles de l’eau :
Indispensable à la vie
- transporteur
- maintien de l’homéostasie (ex: T° corporelle à 37,2°),
- lubrification des muqueuses
- Réactif dans beaucoup de systèmes cellulaires
- Facteur important dans la détermination des propriétés des macromolécules au sein de la cellule.
- Solvant des principales biomolécules: Ions et protéines en solution contribuent à la pression osmotique (=
concentration ionique et protéique dans l’eau) qui varie selon les milieux, c'est-à-dire quand la pression osmotique
du liquide intracellulaire est différente de celle du liquide extracellulaire. Po i < Poe → hypertonie

L’eau à température du corps a des qualités « incomparables » :


 Grande capacité thermique : L'eau peut absorber ou libérer beaucoup de chaleur sans que sa propre
température ne change de façon significative. Sa présence en si grande proportion dans la matière vivante prévient les
changements soudains de la température corporelle venant de facteurs externes (soleil..) ou internes (activité
musculaire...)
 Grande chaleur de vaporisation : Lorsque l'eau s'évapore (se vaporise), elle passe de l'état liquide à l'état gazeux.
Cette transformation nécessite beaucoup d'énergie thermique à utile quand nous transpirons : la sueur en se
vaporisant évacue une grande quantité de chaleur.
 Excellent solvant : L'eau est un solvant incomparable pour certaines molécules organiques ou inorganiques. Toutes
les réactions (bio)chimiques se passent souvent en milieu aqueux L'eau est le principal milieu de transport dans
l'organisme (nutriments et gaz respiratoires dans le plasma, déchets dans l'urine...)
 Réactivité : L'eau est un réactif important de nombreuses réactions chimiques de dégradation (hydrolyses) et de
construction (synthèse)
 Protection / amortissement : En formant un « coussin » amortisseur autour de certains organes, l'eau les protège
contre les traumatismes physiques (Ex: le liquide céphalo-rachidien entoure cerveau et moelle épinière).

BILAN HYDRIQUE

* ENTRÉES
• Eau alimentaire : Quantité variable selon:
- Quantité de boisson ingérée : (eau, thé, café, etc.) régulée/ soif à 1000 à 1500 ml
- Nature des aliments ingérés : Fruits et légumes: 85 à 95 % d’eau; Fromages: 20 à 50 %
• Eau d’oxydation endogène
• Réactions enzymatiques à 200 à 300 ml
* SORTIES : Pertes :

• pulmonaires : 400 à 500 ml


• cutanées : transpiration: 300 ml
• fécales : 40 à 200 ml
• urinaires régulées/diurèse : 1000 à 1500 ml

2) LES SELS MINERAUX (Voir tableaux)

Ex :
• fer : transport de l'oxygène sur l'hémoglobine aux cellules
• calcium : constitution des os
• magnésium, sodium, potassium, zinc, cuivre, sélénium, ...

B. LES COMPOSES ORGANIQUES


Les composés organiques contiennent du carbone contrairement aux composés inorganiques (sauf CO, CO2, carbure).
Les atomes de carbone s'associent pour former le « squelette » des molécules. 3 grands groupes :

1) LES GLUCIDES
Les glucides contiennent du carbone, de l'hydrogène, de l'oxygène. On distingue 3 catégories principales de glucides:
• Les monosaccharides ou sucres simples : Ce sont les « unités de base » de tous les autres glucides. Ils sont formés
d'une seule chaîne contenant de 3 à 6 carbones.
On y trouve :
- Deux molécules qui entrent dans la composition des acides nucléiques: le ribose et le désoxyribose ;
- Le glucose = sucre physiologique chez les animaux, produit aussi par la photosynthèse chez les végétaux. Sa
dégradation fournit une part importante de l'énergie cellulaire. Tous les autres glucides sont finalement
convertis en glucose pour être utilisé par les cellules.
- Le galactose entre dans la composition du lactose (disaccharide) ;
- Le fructose est le sucre des fruits. Ces 3 sucres ont la même formule brute (C6H12O6) mais des formules
développées différentes.
Propriétés: Ils ont une saveur « sucrée » ; Ils sont directement assimilables ; Le galactose et le fructose sont
transformés en glucose par le foie avant d'être utilisés par les "cellules ».

• Les disaccharides ou sucres doubles : formés de 2 monosaccharides liés chimiquement, leur formule générale est
CnH2n-2.
On y trouve :
- Le saccharose (sucrose = sucre de table issu de la betterave, de la canne à sucre) = glucose + fructose ;
- le lactose ou sucre du lait = fructose + galactose ;
- Le maltose : retrouvé par exemple dans l'amidon des féculents au cours étape intermédiaire de leur digestion.
*Propriétés : solubles dans l'eau ; à saveur sucrée ; hydrolysés en 2 monosaccharides lors de la digestion (intestin grêle)
pour passer dans le sang.
Les mono et disaccharides sont dits sucres rapides car immédiatement assimilables et passant ainsi dans le sang.

• Les polysaccharides ou « sucres complexes » : Trois polysaccharides sont importants pour l'organisme: l'amidon,
le glycogène et la cellulose. Ces 3 polysaccharides sont des polymères du glucose et ont comme formule:
(C6H12O6)n. Ils sont cependant très différents:
* L'amidon : sucre de réserve chez les végétaux (ex : pomme de terre, blé, maïs ,....) ; insoluble dans l'eau froide, il
forme avec l'eau chaude de l'empois d'amidon). Sa digestion est lente car les sucs digestifs doivent attaquer de
nombreuses liaisons chimiques à sucre lent.
* Le glycogène : sucre de réserve chez les animaux : chez l'homme, quand le sang contient trop de glucose, le foie
et les muscles le stockent sous forme de glycogène. Quand la concentration sanguine de glucose baisse, les
cellules du foie dégradent le glycogène et libèrent le glucose dans le sang.
* La cellulose : sucre de « structure » chez les végétaux: notre tube digestif ne contient pas l'enzyme nécessaire à
sa dégradation en glucose. La cellulose reste donc dans les intestins et est éliminée, c'est un déchet alors que les
ruminants (bœufs, vaches, cheval, ....) portent dans leur tube digestif des bactéries capables de la digérer.

2) LES LIPIDES
Les lipides contiennent du carbone, de l'hydrogène, de l'oxygène, certains contiennent du phosphore. C'est la famille
des graisses ou corps gras. On distingue 3 catégories de lipides:

* Les triglycérides ou graisses neutres  (graisses et huiles « courantes »). Un triglycéride (TG) est composé d'une
molécule de glycérine (glycérol) liée à trois acides gras.
On distingue les graisses saturées et les graisses insaturées ou polyinsaturées.
Propriétés : Les graisses doivent être dégradées en glycérine et acides gras avant d'être absorbées et de passer dans
le sang. Les huiles et les graisses ont des propriétés particulières, elles sont moins denses que l'eau ; sont insolubles
dans l'eau , mais plutôt dans les solvants organiques ; elles peuvent cependant former avec l'eau des émulsions plus ou
moins stables ; elles forment une tache translucide qui ne disparaît pas à la chaleur et réagissent avec les bases fortes
(soude caustique NaOH) pour former des savons = réaction de saponification.
Quelques rôles des lipides : - les graisses neutres : Servent de coussin protecteur autour des organes ; servent de
couche isolante sous la peau ; sont une source plus concentrée en énergie que les sucres.

* Les phospholipides : entrent dans la composition de la membrane cytoplasmique de toutes les cellules vivantes

* Les stéroïdes : chaînes cycliques de lipides, le cholestérol est le stéroïde le plus important chez les êtres vivants. Le
cholestérol sanguin a 2 origines: Le foie et l'alimentation. Il est essentiel à la vie humaine car il entre dans la composition
des membranes cellulaires, il est le précurseur des sels biliaires (bile), des hormones sexuelles et corticosurrénales, de la
vitamine D. Mais il est aussi responsable d’une maladie des vaisseaux sanguins (artériosclérose).

3) LES PROTEINES
Ce sont des composés formés de C, H.O.N, S et comportant parfois du P, du Fer, du Mg,….. , Les protéines sont
constituées par un assemblage à partir de 20 sous-unités (« briques ») appelées acides aminés. Elles constituent
l'ensemble des molécules nécessaires à la constitution et au fonctionnement des êtres vivants.
La structure des protéines est particulière, on y retrouve 4 niveaux.
Rôles des protéines :
* Protéines de structure (ex : kératine, membranes des cellules, protéines des muscles....).
* Protéines « fonctionnelles » (ex : enzymes, Hormones)
* Transporteurs : L'hémoglobine transporte l'oxygène vers les cellules et reprend le gaz carbonique qui est éliminé au
niveau des poumons.

4) LES ACIDES NUCLEIQUES


Ce sont des molécules particulières. On distingue deux types : l’ADN et l’ARN

5) LES VITAMINES OU AMINES VITALES


C’est une famille de molécules indispensables au bon fonctionnement des organes ; on peut distinguer les vitamines :
A pour la vision, B1 (thiamine) pour le système nerveux, B2, B8, ...B9 (acide folique) pour la maturation de ’hémoglobine,
B12 pour l'absorption du fer, C pour la lutte contre le "vieillissement", D pour la fixation du Ca, E pour les fonctions de
reproduction, K pour la coagulation du sang, PP pour la peau, …

II. EQUILIBRE ACIDE BASE


Définition des acides forts et faibles (Bronsted-Lowry) : Acides : donneurs de protons ; Bases : accepteurs de protons.

Dissociation d’un acide faible

Electrolytes forts et faibles


Electrolytes forts : sont considérés comme totalement dissociés en solution aqueuse, particulièrement quand les
solutions sont diluées.
Electrolytes faibles : sont seulement partiellement dissociés, (moins de 5%) en solution aqueuse.
L’équation à l’équilibre entre un acide non dissocié et sa base conjuguée s’écrit :
HA < ------ > H+ + A-

• Où HA = acide non dissocié et A- sa base conjuguée qui est l’accepteur de proton.

• De même, si la forme acide est ionisée, la relation peut s’exprimer ainsi :

BH+ < ---- --> H+ + B

• Où BH+ est l’acide et B sa base conjuguée.

 Dans les applications biochimiques et médicales, on désigne la concentration en termes de moles par litre (mol / L)
dans l’expression de la dissociation. Dans ce cas, la constante Ka devient la constante apparente de dissociation Ka’.

La vraie constante de dissociation (thermodynamique) nécessite l’utilisation des activités ioniques à la place des
concentrations molaires pour son calcul.

Concentration en ion H+ d’une solution d’acide faible :

• L’équation (2) peut être réarrangée pour donner : [H+] = Ka ’ x [HA]/[A-] (3)

• Il est important de noter que le rapport de l’acide non dissocié à sa base conjuguée se réfère à la valeur obtenue
à l’équilibre.

• Les variables dans l’équation (3) sont généralement exprimées en logarithme négatif : - log H+ = - log Ka’ - log
(4)

– Echelle de pH et pKa’

pH est défini comme le log négatif de [H+] : pH = - log10 [H+]

pKa’ est défini comme le log négatif de la constante de dissociation d’un acide faible.

 Equation d’Henderson-Hasselbach : L’équation (4) devient : pH = pKa’ + log (5)

Cette équation est largement utilisée dans les applications de l’équilibre acide-base.
Devenir des acides faibles en présence de leurs sels

Titration d’un acide faible avec une base forte

a) Si une base forte telle que la soude (NaOH) est ajoutée en quantités progressives connues à une solution d’acide
faible (HA), et le pH mesuré après chaque ajout, une zone de pH contre une quantité de base ajoutée (degré de
neutralisation) peut être établie.

b) Lorsqu’une base forte est ajoutée, plusieurs réactions ont lieu :

(1) Initialement, l’acide faible se dissocie dans la solution aqueuse : HA < ---- > H+ + A-
(2) Lorsque OH- est ajouté, il est neutralisé par H+ pour donner H2O : H+ + OH- < ------ > H2O

En réponse à ce retrait de H+ , HA est ionisé pour rétablir l’équilibre entre HA et ses ions. Ainsi, la titration d’un acide
faible par une base forte est la somme de deux réactions ci-après : HA + OH- < ------- > H2O + A- (6)
Ionisation des AA à R non ionisable : Titrage des acides aminés
pI = point isoélectrique= pH où 100% zwitterion
pI = (pKa1 + pKa2)/ 2
La fraction de groupe COOH ou NH2 qui est chargé à un pH donné peut être trouvé par l’équation d’Henderson-
Hasselbach: pH = pKa + log(A- )/ HA
C) pH final
Le pH au point final (équivalence) de la titration n’est pas égal à 7 ; La réaction de l’équation (6) est équilibrée et
réversible. En absence d’un reste de l’acide sous forme HA, A- réagira avec H2O pour donner OH- et HA pour rétablir
l’équilibre.
 Tampon

a) Le devenir du pH autour de la zone de mi-parcours est aussi intéressant.

(1) En approchant de 50% de neutralisation, le pH très lentement à l’ajout de chaque goutte de solution basique.

(2) Dans la région, la solution joue un rôle de « tampon », ou résistance au changement de pH, par l’addition d’hydroxyle ou
d’ions hydrogène.

(3) L’effet tampon est maximal à mi-parcours de la titration, quand le pH = pKa ‘ de la paire acide-base conjuguée.

b) La limite à laquelle l’acide faible et sa base conjuguée peuvent résister au changement de pH par addition d’acide
ou de base dépend de deux facteurs :

(1) La proximité du pH tampon avec le pKa’ de l’acide faible : plus les valeurs sont proches, plus grand est le
pouvoir tampon.

(2) La concentration de la solution tampon : plus elle est élevée, plus le pouvoir tampon est grand.

c) La capacité du tampon à résister au changement de pH lors de l’addition de protons ou d’ions hydroxyles peut
être quantifiée en mesurant le nombre de moles de protons ou d’ions hydroxyles nécessaires pour changer le
pH d’1 litre de solution par une unité de pH.

• Comme le pH d’une solution tampon dépend du rapport [A-]/[HA], la dilution du tampon ne change pas le pH
de la solution tampon. Les activités ioniques des bases conjuguées libres et des acides indissociés changent à
différents degrés par dilution.

Autres applications de l’équation d’Henderson-Hasselbach


a) Préparation de solutions tampons de pH connu
  Ex: Si une solution avec un pH donné est désirée, elle peut être préparée en mélangeant un acide faible et le sel
correspondant à cet acide faible en solution ; Pour cela * pKa’ de l’acide faible doit être très proche du pH désiré et
* Le rapport (A-) / (HA) doit permettre d’obtenir le pH désiré. Ce rapport peut être calculé en utilisant l’équation (5).

b) Calcul du degré de dissociation du couple acide faible - base conjuguée à un pH donné.


Ex: Connaissant le pH d’une solution et le pKa’ pour l’espèce en question, on calcule le degré de dissociation en
substituant pH et pKa’ dans l’équation (5) et en résolvant log ([A-] / [HA]).
 
III. REGULATION DU pH SANGUIN
Taux sanguins relatifs de CO2 et de HCO3- :
Très importants pour maintenir le pH du sang à un niveau convenable.
(1) Le CO2 dissous dans le sang est hydraté pour donner H2CO3, carbonate acide, molécule très instable en solution
aqueuse  et qui se dissocie rapidement et presque complètement en ion HCO3- (bicarbonate).
CO2 + H2O < ---> H2CO3 < --- > H+ + HCO3-
(2) Quand CO2 est dissous dans l’eau, la quantité de H2CO3 présent est négligeable ;
==> CO2 ó Acide et HCO3- ó Base conjuguée à CO2 + H2O < ---- > H+ + HCO3-

(3) Le pKa’ = 6, 1 pour ce système couplé, dans les conditions physiologiques du sang; Le pH normal du sang est de
7,4 ;
En utilisant l’équation d’Henderson-Hasselbach (5), on peut calculer les taux relatifs de CO2 et HCO3- nécessaires pour
maintenir un pH physiologique : pH = pKa’ + log [Base] / [Acide] ;7, 4 = 6, 1 + log [HCO3-] /[CO2] 1, 3 = log [HCO3-] /[CO2]
 Anti log 1, 3 = [HCO3-] /[CO2]
Taux de CO2 exprimés en PCO2 (P = pression partielle des gaz dissous dans le plasma sanguin).
Dans les conditions physiologiques, [CO2] et PCO2 sont liés par la constante de solubilité du CO2 dans le plasma à 38°C
qui est égale à 0, 03 mM/ mm Hg.

- Valeurs moyennes normales dans le sang  : pH = 7, 4 ; PCO2 = 40 mm Hg et [HCO3-] = 24 mM


Les taux de CO2 et HCO3- dans le sang sont régulés respectivement dans les poumons et les reins.

PERTURBATIONS DU PH SANGUIN
Les troubles respiratoires ou métaboliques, peuvent résulter de variations du pH sanguin :
pH sanguin < 7, 4 ó Acidose ; pH > 7, 4 ó Alcalose.
– Déséquilibre du pH par modification du taux de CO2 ó Acidose ou alcalose respiratoire, selon que le taux de
CO2 augmente ou diminue.
– Déséquilibre du pH par modification du taux de [HCO3-] ó Acidose ou alcalose métabolique,
selon que le taux de [HCO3-] augmente ou diminue.

Chaque fois que possible, le corps essaie de compenser le déséquilibre de pH en ajustant les activités des poumons et
des reins.

CAS CLINIQUE : EMPHYSEME

Histoire de la maladie : Un patient avec une maladie pulmonaire chronique souffre d’un emphysème, qui a évolué
progressivement durant des années en se compliquant. Les manifestations cliniques sont au niveau respiratoire :
difficulté à respirer, respiration courte, ….

L’analyse de son sang révèle les résultats suivants : PCO2 = 60 mm Hg ; [HCO3-] = 34mM ; pH = 7, 38.

Diagnostic : Maladie pulmonaire chronique , avec Dépression respiratoire, Accumulation de CO2 dans le sang
(élimination pulmonaire non efficace) ==> Acidose respiratoire (PCO2 élevée).

Compensation rénale du trouble respiratoire primaire par Augmentation de la sécrétion d’ions H+ et Réabsorption
d’ions HCO3-. On parle alors d’ alcalose métabolique compensatoire ([HCO3-] élevée) dans le sérum.

Discussion : Dans un contexte chronique, on peut admettre que les reins aient le temps de compenser du mieux
possible la situation. Le pH sanguin est légèrement en dessous de la normale, indiquant que l’organisme n’a pas
totalement compensé l’acidose respiratoire. De telles valeurs sont habituellement observées chez des individus
souffrant de troubles respiratoires chroniques.
CONCLUSION

Importance de la compréhension des échanges gazeux pour la prise en charge des troubles respiratoires et
métaboliques.