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L’image des Maghrébins


dans les films postcoloniaux français
traitant du temps colonial
ou de la Guerre d’Algérie
(de Godard à Bouchareb)

Pascal Blanchard
Historien, chercheur associé au Laboratoire Communication et Politique (CNRS)1

L’
objet de cette petite étude, au carrefour En même temps, nous avons pleinement
d’une passion pour le cinéma et de nom- conscience de traiter un non-sujet, puisque le Magh-
breux travaux sur les imaginaires colo- reb colonial (de 1830 à 1956/1962) est un non-sujet
niaux, est de mettre en exergue l’image (ou les cinématographique en France, mais c’est justement
images) des Maghrébins (et des Arabes) dans les ce non-sujet qui mérite d’être questionné. C’est tout
films français qui traitent du passé colonial ou de la l’objet de notre démarche que de traiter d’une
Guerre d’Algérie, donc du « temps colonial », et de absence figurée dans l’espace artistique médiatique
mesurer les mutations et changements de cette par excellence, alors que l’importance de ce passé
image dans le contexte actuel de l’immigration et les colonial, comme son présent dans l’espace migra-
ruptures qui existent par rapport à la production toire, est un des thèmes majeurs de notre présence
cinématographique du temps des colonies (sur un politique. D’ailleurs, ce qui marque dans la soixan-
corpus de plus de 850 films entre 1912 et 1962, de pro- taine de films qui compose notre corpus postcolo-
duction ou de coproduction française). nial (et nous avons dû en oublier quelques-uns…),
c’est la place (l’omniprésence devrions-nous dire)
qu’occupe depuis le début des années 1960 la
1. Pascal Blanchard vient de codiriger La France noire. Un Guerre d’Algérie dans cette production, alors que le
siècle de présence des Afriques, des Caraïbes, de l’océan thème de l’espace colonial ou de l’immigration
Indien et d’Océanie (La Découverte, 2011) et Exhibitions. avant 1960 est quasi absent. Ce cinéma n’est pas
L’invention du sauvage (Actes Sud/musée du quai Branly,
2011). neutre, donc, car la difficulté à affronter ce passé est

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continuelle, comme le montre la toute récente polé- lendemain des accords d’Evian), Muriel, ou le Temps
mique autour du film Hors-la-loi, de Rachid Boucha- d’un retour d’Alain Resnais (sur le souvenir de la tor-
reb 2. Dans cette production, l’autre est d’abord un ture… mais sans aucun acteur maghrébin) et surtout
combattant ou un absent. Il ne parvient pas à sortir, Le Petit Soldat de Jean-Luc Godard (réalisé en 1960,
jusqu’au milieu des années 2000, de ce stéréotype, mais sorti seulement en salles en 1963, pour cause de
et cette production renforce année après année censure, abordant la désertion et le refus de cette
l’omniprésence de la Guerre d’Algérie dans le guerre), une production au sein de laquelle l’image
trauma historique entre la France et le Maghreb. orientaliste de l’Arabe du film Shéhérazade de Pierre
Gaspard-Huit ne peut que surprendre en termes de
PETIT PANORAMA contraste. Comme si l’homme devait être invisible et
DEPUIS LA FIN DES COLONIES … la femme devait rester un songe, un mirage, un fan-
tasme. La France n’aurait pas tout perdu en Orient, il
T out commence, alors que la Guerre est encore lui resterait le rêve, en parfaite lignée avec les Orien-
en phase finale, en 1961, avec trois films totalement talistes du siècle précédent.
inscrits dans la guerre et qui sortent sur les écrans En 1964, deux films de la « Nouvelle Vague », de
métropolitains : Octobre à Paris de Jacques Panijel factures très différentes, s’emparent du sujet,, et là
(un réalisateur-chercheur qui traite de la manifesta- aussi les Maghrébins ne sont pas figurés ou alors
tion du FLN à Paris, par l’un des fondateurs du Comité demeurent des invisibles. Comme ils le sont alors dans
Maurice Audin), Les Oliviers de la justice de James la société française. Comme ils l’ont toujours été dans
Blue (sur les pieds-noirs) et enfin Le Combat dans l’île l’espace colonial français depuis la conquête de l’Algé-
de Alain Cavalier (sur l’OAS). L’année précédente, Un rie (1830) jusqu’à la pacification du Maroc et le Protec-
Taxi pour Tobrouk offre encore une vision classique torat (1912), mais aussi lors du temps de la colonisation
coloniale de la présence de l’autre colonisé. Quel à son apogée (1920-1955). On pense, tout d’abord, à
contraste entre ces films (déjà dans la « souffrance ») L’Insoumis d’Alain Cavalier avec Alain Delon (sur l’enrô-
et l’héroïsme d’Un Taxi pour Tobrouk qui offre un des lement d’un jeune soldat luxembourgeois engagé
derniers volets de ces sagas coloniales qui ont tra- dans la légion étrangère et combattant en Kabylie)
versé l’espace filmique français pendant un peu plus réalisé trois ans après son précédent film Le Combat
d’une trentaine d’années. Le cinéma français dans l’île. Comme un contraste frappant, on doit citer
annonce la couleur, l’histoire avec le Maghreb sera Angélique, marquise des anges de Bernard Borderie
marquée par la douleur : la douleur des pieds-noirs, avec Michèle Mercier, Robert Hossein, Jean Rochefort
la douleur des militants du FLN face à la police en qui est un succès populaire indéniable, avec par la suite
France, la douleur des victimes de l’OAS. des dizaines de passages à la télévision, véritable mine
Les trois années suivantes sont marquées, par d’or pour l’ORTF, et qui va fabriquer un « Arabe » tota-
une série de films majeurs, où, si l’Algérie est le thème lement mythique et stéréotypé, qui puise ses imagi-
central, l’autre est néanmoins quasi absent ou du naires au plus profond du temps des Croisades.
moins un simple objet du décor. On pense notam- Il faut attendre 1966 pour que la visibilité de
ment à Cléo de 5 à 7 d’Agnès Varda, Adieu Philippine de l’autre, en combattant (soit glorifié, soit stigmatisé
Jacques Rozier (sur les soldats appelés en Algérie), La dans ce registre), puisse enfin s’imposer avec trois
Belle Vie de Robert Enrico (qui fait alors scandale au films majeurs. En tout premier lieu, Les Centurions
de Mark Robson (qui trace un récit de l’Indochine à
l’Algérie et la lutte contre les « rebelles »), La Bataille
2. Le film de Rachid Bouchareb atteint le score de quatre
d’Alger 3 de Gillo Pontecorvo (dont on connaît le des-
cent cinquante mille entrées, équivalent à celui de
L’Ennemi intime, quasi dix fois moins que le film précédent tin épique et mythique, mais aussi l’impact majeur
du même réalisateur, Indigènes. pour des générations de militants, et les récom-

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L’IMAGE DES MAGHRÉBINS DANS LES FILMS POSTCOLONIAUX FRANÇAIS

penses que recevra ce film dans nombre de festivals)


et enfin Le Vent des Aurès de Mohammed Lakhdar-
Hamina, un grand classique où une mère recherche
désespérément son fils arrêté par l’armée française.
Prix de la Première œuvre au Festival de Cannes
1967, le film compte parmi les classiques de la ciné-
matographie algérienne, mais ne sera guère vu en
France à l’époque.
Après 1966, les Maghrébins et la Guerre d’Algé-
rie vont disparaître des écrans français, et encore
n’étaient-ils que des combattants jusqu’alors. Ils
reviendront en force au début des années 70, avec
des films qui mettent en perspective la Guerre
d’Algérie de façon militante comme Avoir 20 ans
dans les Aurès de René Vautier en 1971, ou R.A.S. de
Yves Boisset en 1973 4, coproduit par Tarak Ben
Ammar (un film qui va subir des pressions
incroyables, notamment pour son financement blo-
qué à trois reprises, et des images disparues obli-
geant le réalisateur à retourner les scènes de tor-
ture, sans oublier les coupes exigées pour la sortie
du film et l’interdiction aux moins de 16 ans pour
limiter son écho 5). Pour autant, ce sera un des rares dans un univers de domination. Ici, l’Arabe est
succès, parmi tous les films dont nous parlons ici, d’abord un militant, et malgré l’angle de ces films, il
avec un peu plus de un million trois cent mille spec- demeure un fanatique dans sa guerre. Cette période
tateurs. Ces deux films font suite à Élise ou la vraie du début des années 70, se clôt avec un film majeur
vie de Michel Drach en 1970 qui, s’il ne parle pas des en 1975, l’un des premiers à s’attacher à la période
colonies mais d’ici, parle néanmoins du colonisé d’avant-guerre : Chronique des années de braise de
Mohammed Lakhdar-Hamina (sur la période 1944-
1954) qui explique l’avant-guerre. Un film qui reçoit
3. Aujourd’hui même, le film n’est jamais sorti en DVD et
reste très peu diffusé à la télévision française.
un accueil froid du public, mais une bonne critique.
4. Le journal Combat précise le 9 août 1973 : « Il n’arrive pas Trois années auparavant sortait un film qui aurait
souvent qu’un jeune cinéaste français domine à ce point son pu être un événement : L’Attentat d’Yves Boisset,
métier, ni qu’il sache se servir avec autant de goût et d’auto- réalisé en 1972 (mais en lien direct avec R.A.S.). Dans
rité, à la fois de ses décors et de ses interprètes. […] R.A.S. est ce film, le personnage central est un Maghrébin – un
un très beau morceau de cinéma, admirablement cadré,
rythmé, et mis en scène : on y décèle l’étoffe d’un réalisateur leader politique arabe, influant et lettré, en exil et
parvenu à une maturité de style qu’on percevait déjà depuis préparant son retour –, mais ce rôle est tenu par un
L’Attentat » et France Soir précise le 10 août 1973 : « Yves non Maghrébin, Gian Maria Volonte. C’est néan-
Boisset a fait – et bien fait – un film courageux. Avec L’Atten-
tat habilement audacieux, et R.A.S., audacieusement habile, moins un non-succès, malgré de bonnes critiques
ce jeune metteur en scène montre que le cinéma français d’une partie de la presse.
peut, malgré beaucoup de difficultés connues et inconnues, Nous entrons ensuite dans le temps des conflits
aborder des sujets considérés comme « délicats ». »
de mémoire autour de la Guerre d’Algérie, avec des
5. Malgré la pression de la délégation française, Gilles Pon-
tecorvo est primé à la Mostra de Venise en recevant le Lion réalisations comme La Question de Laurent Heyne-
d’Or. mann en 1977 (sur la torture) ou L’Honneur d’un

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capitaine de Pierre Schoendoerffer en 1982 (sur la colonisation brutale, où les personnages sont claire-
torture aussi). Les années 1980 seront ensuite mar- ment explicites, avec des acteurs références comme
quées par un grand vide. Seuls cinq films sont à Anthony Quinn, Irène Papas ou Sharif Al Gariani.
signaler : Les Folles années du twist de Mahmoud En fait, pour comprendre ce qui se passe dans
Zemmouri et Cher frangin de Gérard Mordillat en ces années 1980, où la production semble partir
1988. C’est néanmoins un moment charnière dans tous les sens, il faut quitter les écrans de
puisque les Maghrébins commencent à entrer dans cinéma et regarder la télévision. Le tournant a été le
le récit en sortant du rôle stéréotypé du combattant vingtième anniversaire de la fin de la Guerre d’Algé-
qui était le leur jusqu’alors. Avec Les Folles années du rie. On retiendra six fictions TV qui marquent un
twist, le spectateur découvre l’insouciance d’une jeu- tournant, notamment en début de cycle en 1981 :
nesse algérienne dans la fin de guerre (accords L’Arme au bleu de Maurice Frydland sur le contin-
d’Evian de mars 1962). Avec Outre Mer de Brigitte gent, Les Avocats du diable d’André Cayatte, sur la
Rouän, sorti en 1989, émerge alors le monde des peine de mort à travers l’histoire d’un avocat dési-
pieds-noirs où les Maghrébins restent au second gné pour défendre un Algérien contre des parachu-
plan. L’histoire se passe dans l’Algérie française des tistes, Les Porte-clefs de Bernard Saint-Jacques sur
années 1950 où trois femmes, trois sœurs d’une les soldats de métier en Algérie. Dans ces trois films,
famille de riches colons français, s’accrochent à leurs l’autre-colonisé est encore totalement invisible. Au
amours, un film où la réalisatrice tente de croiser les moment de la « Marche des beurs » de 1983, ce cycle
regards. de découverte du passé colonial maghrébin se clô-
Trois films sortent du lot au cours de ces ture avec trois fictions TV : Demain il fera beau de
années : en 1984, Fort Sagane avec Depardieu, qui Guy Mousset, Retour à Cherchell d’André Cayatte sur
s’impose sur les écrans en traitant du Sahara colo- le retour en Algérie d’un pied-noir qui met l’accent
nial au début du XXe siècle où l’autre est totalement sur les sentiments de désir et de crainte des pieds-
absent, invisible, mais où le danger reste omnipré- noirs à revenir en Algérie, et surtout Terres brûlantes
sent à travers le potentiel de l’attaque ; en 1983, Le de Robert Mazoyer où un jeune journaliste est
Grand Carnaval d’Alexandre Arcady qui traite de la envoyé en Algérie en 1960-1961 mais ses articles sur
Seconde Guerre mondiale, au moment où les Amé- des tractations pour la paix ne sont pas publiés. Là
ricains débarquent en Algérie pour la bataille encore, l’Arabe est invisible, mais on commence à
d’Afrique du Nord. Le débarquement se fait à proxi- parler de lui sans le montrer. Comme s’il devenait
mité d’une petite ville nommée Tadjira. Cette sous- nécessaire de se rendre compte que derrière ce
préfecture devra accueillir les soldats américains et passé, il y avait aussi des individus, avec des destins,
vivre avec eux. Ici, l’Arabe est repensé dans la termi- des personnalités, des contradictions, et donc des
nologie pied-noir, mais il reste un personnage récits potentiels.
secondaire de l’histoire ou l’allié des Français. À un
autre niveau, on doit citer Le Lion du désert de Mus- RETOUR DU COMBATTANT,
tapha Akkad, une production de 1980 américaine et ABSENCE DU M AGHRÉBIN ,
libyenne qui offre un regard nouveau. En 1929, exas- REDÉCOUVERTE DU M AGHREB …
péré par la résistance armée des Bédouins qui
s’opposent à la colonisation italienne, Mussolini C omme en réaction contre cette non visibilité à
charge le général Graziani de régler le problème. la télévision, et aussi comme réponse à la difficulté
Graziani, connu pour sa rudesse, est décidé à captu- de produire des fictions de cinéma sur l’Algérie colo-
rer Omar Mukhtar, le chef charismatique des niale à cette époque, la seconde partie des années
Bédouins, mais le général italien commence par 1980 va redécouvrir ce passé, avec plusieurs films et
essuyer plusieurs défaites. Ce film présente une même des séries. On pense notamment à L’Homme

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de pouvoir de Maurice Frydland (1985) où un jeune tout en étant omniprésent dans son identité de
politicien est accusé d’avoir fait torturer des prison- combattant, revient sur les écrans avec trois films
niers vingt ans plus tôt pendant la guerre d’Algérie ; qui rencontrent un réel écho. Tout d’abord, La Guerre
ou bien à Traité de paix d’Hervé Bromberger où, fait sans nom de Bertrand Tavernier en 1991 7, où, en ne
prisonnier par l’ALN 6, un militaire français échap- s’attachant qu’à la mémoire des appelés, il souligne,
pera à la mort grâce à la complicité d’un maquisard malgré lui mais cruellement, la difficulté toujours
avec lequel il nouera une amitié. Si l’Algérie prend actuelle de représenter le conflit algérien dans son
enfin une figure, c’est encore celle du traître qui, par ensemble et sa complexité. Trois ans plus tard, est
amitié, rejoint la France. Plus conséquente sera La réalisé Les Roseaux sauvages d’André Téchiné, puis
Vallée des espoirs de Jean-Pierre Marchand (1987) Mon capitaine, un homme d’honneur de Massimo
tourné en plusieurs parties (4 x 90mn) ou L’Eté de Spano en 1996 (réalisateur italien). À la télévision,
tous les chagrins de Serge Moati diffusé en 1989. Ces ces années restent pauvres. Néanmoins, on peut
deux films étranges et ambigus clôturent ces noter une exception dans cette décennie avec
années sans véritablement faire émerger l’image de C’était la guerre, long-métrage de Maurice Failevic
l’autre, mais on sent bien qu’une nouvelle quête est et Ahmed Rachedi, réalisé en 1992 et portant sur un
en mouvement. jeune Algérien ayant rejoint le maquis. Une des
Pourtant, avec ces quelques exemples dispa- rares exceptions de la décennie, mais qui préfigure
rates, aussi bien au cinéma qu’à la télévision, il les mutations en marche.
semble bien qu’à cette époque mettre en avant le Il faut attendre le milieu des années 2000 pour
temps des colonies ou un rôle de Maghrébin en pre- voir revenir une série de films qui vont enfin appor-
mier plan soit quasi impossible ou encore très diffi- ter une nouvelle dynamique au rôle des Maghrébins
cile pour les réalisateurs. Les projets sont difficiles à sur les écrans français, donnant un véritable récit
monter, de nombreux projets vont d’ailleurs aux Algériens dans leur histoire avec pour la télévi-
échouer. Elise ou la vraie vie, de Michel Drach, ne sion Nuit noire, 17 octobre 1961 d’Alain Tasma en
trouve ni producteur ni distributeur ; La Question de 2004, La Trahison de Philippe Faucon en 2005, et
Laurent Heynemann (1977) met trois ans à trouver bien entendu le film charnière Indigènes de Rachid
un financement. Interdit aux moins de 18 ans en Bouchareb en 2006 (le succès le plus absolu avec
salle, ce film déclenche des attentats à sa sortie. plus de trois millions de spectateurs), ainsi que, la
Transfert, un projet très pro-FLN de Benoît Jacquot même année, Mon Colonel de Laurent Herbiet et
sur les porteurs de valises, est abandonné juste Harkis avec Smaïn à la télévision. Dès lors, la dyna-
avant le tournage par FR3. De son côté, André mique est lancée. Toujours en 2006, un film com-
Téchiné ne parvient pas à tourner Terres brûlées, plexe, trustant une image de l’Arabe inversée sort
récit d’un amour passionnel entre une Française et sur les écrans : OSS 117, Le Caire nid d’espions de
un Algérien. Il réalise finalement en 1994 Les Michel Hazanavicius. Le film fait un pied de nez à ces
Roseaux sauvages, en annonçant qu’« un Algérien représentations stéréotypées lorsque le héros, un
comme personnage principal, ça ne passe pas ». espion au comportement paternaliste et colonial,
Quantitativement, il existe deux fois plus de films va faire taire le muezzin de la mosquée voisine qui le
non aboutis (mais arrivés au stade du montage réveille en pleine nuit.
financier) que de films produits sur ce thème.
Avec les années 1990, le schéma classique du
conflit algérien où le Maghrébin redevient invisible,
7. Dans ce documentaire ambitieux avec une approche
spécifique, la parole est donnée aux appelés de la région
6. L’Armée de libération nationale, créée en 1954, est le de Grenoble, lieu de virulentes manifestations en 1956
bras armé du Front de libération nationale (FLN). contre la mobilisation.

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Quatre films sortent l’année suivante (2007) : 1993, n’hésitera plus à évoquer la violence interne
Michou d’Auber de Thomas Gilou, Nocturne du mouvement nationaliste (liquidations phy-
d’Henri Colomer (où le héros voit son grand frère siques dans les maquis). Dans un autre registre, Les
partir à la guerre en Algérie), Cartouches gauloises Silences du palais de Moufida Tlatli, retraçant les
de Mehdi Charef (sur la fin du conflit, les attentats souvenirs d’Alia lorsqu’elle avait quinze ans et que
et le départ des pieds-noirs), L’Ennemi intime de sa mère était servante au palais d’un bey de Tunis.
Florent Emilio Siri. Puis, on assiste à un nouveau La jeune femme découvre les relations entre
vide en matière de fiction en 2007-2009 (à l’excep- maîtres et servantes, faites de soumission et de
tion du film-documentaire sorti en salle en 2008 fatalité. Mais la terrible tragédie qui secoue l’Algé-
Algérie, histoires à ne pas dire réalisé par Jean- rie dans ces années 1990 va interrompre les tour-
Pierre Lledo qui revient sur les mémoires de ceux nages de films en Algérie. Enfin, en 1997, Vivre au
qui ont quitté l’Algérie). Pendant ce temps, de paradis de Bourlem Guerdjou qui se déroule en
nombreux documentaires sont proposés en télé- 1960 dans un bidonville de Nanterre, offre une
vision, avant de revenir en 2010 à une ardente vision en rupture du colonisé algérien derrière celle
actualité qui prépare les commémorations du cin- de l’immigré et tente d’ébaucher une image-
quantième anniversaire de la fin du conflit algé- diverse du « colonisé arabe ».
rien (2012) marquant ainsi un nouveau tournant Il est important à ce stade de préciser que si le
et qui va proposer au cinéma comme en télévision cinéma et la fiction de télévision se sentent peu
une multitude de fictions. concernés par ce passé, jusqu’aux années 2000, et
Dans l’ombre de ces films, Le Voyage à Alger par cet autre colonisé, le documentaire dans le
d’Albdelkrim Bahloul (film algérien), avec Samia même temps va faire son œuvre. On ne citera pas ici
Meziane, Samy Ahedda, Ghazeli Khedda, Benya- tous les documentaires, plus d’une centaine, qui
mina Bahloul dont l’histoire se déroule en 1962 dans traitent du Maghreb colonisé ou de la Guerre d’Algé-
la ville algérienne de Saida, où un pied-noir sur le rie, mais il convient de dire que c’est là, et unique-
départ lègue sa maison à une veuve, est passé ment là, que la figure de l’autre apparaît. Devient
inaperçu. Ce dernier exemple montre pourtant que visible. S’impose. On pense chronologiquement à
le cinéma algérien s’avance vers plus de complexité des documentaires réalisés dans les années 1970-
en lien avec le passé colonial depuis de nombreuses 1980 comme L’Algérie dix ans après d’Ange Casta
années, même si sa diffusion en France reste confi- (1972), Dans les caves du Fort d’Ivry de René-Jean
dentielle, y compris en télévision. Dans Les Sacrifiés Bouyer (1979) sur les archives, De Gaulle : déchirures
d’Okacha Touita (1982), on voyait déjà la condition algériennes de Jean Labib (1988), Les années algé-
misérable des immigrés algériens en France au riennes de Bernard Favre (4 x 60mn – 1991), Adieux à
temps de la colonisation, et, surtout, les terribles l’Empire (1990), Les chevaux du soleil (Le paradis
règlements de compte entre militants du FLN et du perdu) (1980), L’enlèvement de Ben Bella de Jean-
MNA, mais cette production ne semble jamais trou- François Delassus (1982), 30 ans après (1984), Guerre
ver son public dans les salles françaises. d’Algérie, mémoire enfouie d’une génération (1982).
On peut également citer deux films, dans des Puis vient le temps du quarantième anniversaire de
registres très différents, qui ont adopté un com- la fin du conflit, avec De Gaulle et l’OAS (1991), Le
portement de rupture avec l’unanimisme nationa- silence du fleuve (1991), Les frères des frères (1992),
liste qui régnait jusque-là en Algérie. Ils annon- Rester là-bas (1992), mais surtout La guerre d’Algérie
cent, sur le mode tragique ou humoristique, les de Peter Batty (cinq parties – 1990), Une journée por-
« événements » d’octobre 1988 qui voient la jeu- tée disparue de Philip Brooks (1993), Les massacres de
nesse algérienne ébranler le système du parti Sétif, un certain 8 mai 1945 (1995). Dans la dernière
unique. Ahmed Rachedi, dans C’était la guerre en décennie, on pense enfin à Des jardiniers de la rue

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L’IMAGE DES MAGHRÉBINS DANS LES FILMS POSTCOLONIAUX FRANÇAIS

des martyrs en 2003, La Couleur du Sacrifice de Mou- fait que les films consacrés à la guerre d’Algérie
rad Boucif (2006), L’autre 8 mai 1945 ? Aux origines depuis cinquante ans (depuis Le Petit Soldat de
de la guerre d’Algérie de Yasmina Adi (2008) ou Godard tourné en 1960) n’ont pas été tournés dans
récemment De Gaulle et l’Algérie, le prix du pouvoir l’Algérie réelle, mais toujours dans des décors
et Mort en exil de Jean-Claude Cheyssial. reconstitués en France, ou à défaut au Maroc ou en
Tunisie. Comme le dit Benjamin Stora, « ce manque
POURQUOI UNE TELLE ABSENCE ? d’Algérie réelle fabrique des personnages sans terri-
toires qui cherchent des issues. L’absence d’ancrages,
C omme le constate Eric Savarèse « Dans les pre-
mières années qui suivent l’époque de l’indépen-
de repères, seulement des rivages friables, crée la réa-
lité fantasmatique d’un univers à la fois perdu, et en
dance de l’Algérie, les cinéastes français sans liens gestation, mais jamais réel. Avant la tragédie des
avec le Maghreb n’ont pas, pour leur part, abordé de années 1990, l’Algérie était ainsi, déjà, ce pays abs-
retour réflexif sur l’histoire coloniale. Trop proche et trait, disparu de la conscience collective française,
confuse, sans doute, pour être évoquée, elle est à la une tache noire ».
fois oubliée et présente dans leurs films. Oubliée L’oubli du colonisé est même évident, et cela
parce qu’elle n’est jamais évoquée, mais présente peut sembler paradoxal, dans des films qui préten-
parce qu’elle informe, à ce moment, les modes de dent défendre les colonisés et leur récit. Dans des
figuration du corps des Maghrébins ». Ce constat sur films, comme R.A.S. d’Yves Boisset, l’absence du
les années d’après-guerre nous semble encore combattant algérien est évidente. La figure de
valable. De fait, en contraste de cette dynamique du l’Algérien était également absente du cinéma colo-
documentaire, ce qui nous semble perdurer dans le nial, c’est même une de ses caractéristiques. Il y a
cinéma français, et de façon paradoxale dans les donc une absence des décolonisations, une absence
films étudiés ici parlant du Maghreb, c’est l’absence lors du temps colonial, et une absence dans le pré-
de « l’indigène », de l’Algérien, du Marocain, du Tuni- sent. L’Algérien, mais encore plus le Maghrébin, en
sien, comme si sa présence au temps des colonies un sens, n’est jamais figuré. Il est invisible dans cette
était en fait l’absence ou l’invisibilité de l’autre, du histoire qui n’est jamais la sienne. Le cinéma fran-
colonisé, de « l’homme du Maghreb ». Qu’il résiste, çais a du attendre les années 2000 pour se réveiller
s’oppose, fraternise ou collabore avec les buts de la sur ce passé colonial et sur la manière de bâtir la pré-
guerre ou de la colonisation, dans les faits, il est sence de l’autre sur les écrans, avec par exemple Nuit
inexistant en termes de personnage cinématogra- noire d’Alain Tasma, (2005) qui montre les mas-
phique dans sa diversité humaine, sociologique et sacres d’immigrés à Paris dans la nuit du 17 octobre
politique. Isabelle Potel écrivait en 1997 : « on 1961, La Trahison de Philippe Faucon (2006), qui
constate une absence chronique de l’autre dans les plonge dans les profondeurs de l’Algérie rurale, mais
films et téléfilms français : qu’ils soient combattants aussi les deux premiers volets de la saga de Bou-
algériens, harkis ou civils musulmans, ils ne sont que chareb que sont Indigènes (2006) ou Hors-la-loi 8
rarement montrés, comme si l’ancien colonisé (2010), sans oublier OSS 117, Le Caire nid d’espions
n’avait pas droit à l’image. Majoritairement, y com- (2006) qui offre pour la première fois un regard
pris aujourd’hui, les films décrivent surtout une décalé sur la France coloniale de « Monsieur Coty »
conscience franco-française déchirée qui oscille entre des années 1950. Avec cette production, nous sor-
autoflagellation et autojustification, mais rien qui tons à peine de la représentation de l’Arabe qui
conduise à une rencontre avec l’Algérie et les mythes s’était imposée dans le cinéma français, depuis les
qu’elle a créés de son côté depuis cette guerre de libé-
ration. Manque toujours ainsi la moitié du sujet. » 8. Les trois personnages principaux de Hors-la-loi sont inter-
Cette absence se retrouve également dans le prétés par Jamel Debbouze, Roschdy Zem, Sami Bouajila.

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MIGRANCE 37

qui au mieux font partie du décorum indispensable


(prostituée, maîtresse ou danseuse) comme dans La
Danseuse de Marrakech, et plus généralement ne
sont que des ombres.
Malgré tout, quelques films, souvent militants,
ont tenté de bâtir un autre regard, une autre identité,
mais leur impact reste faible. En 1970, Michel Drach
réalise Elise ou la vraie vie, tiré du roman de Claire
Etcherelli, qui tente d’aller au-delà du miroir. Le film
raconte l’histoire d’amour difficile entre une Fran-
çaise, Elise, interprétée par Marie-José Nat et d’Arezki,
membre du FLN (Mohamed Chouikh). Pour sa part,
Yves Boisset réalise en 1975 Dupont Lajoie, au temps
du giscardisme triomphant, pour dénoncer l’héritage
dans la société française du racisme colonial, mais là
aussi l’autre est de fait un absent-victime. On se bat
pour lui et à la fin du film, l’immigré injustement mis
en cause par Carmet, vient se faire justice lui-même.
Il est dans ses propres codes de justice, pas dans ceux
de l’Occident. Le film fabrique sans s’en rendre
compte une image stéréotypée de l’autre qui perpé-
années 1930 jusqu’à la fin des années 1950. Certes, tue les vieux clichés tout en voulant les combattre.
l’image de l’Arabe à l’écran a quand même beau- Dans le cinéma concernant la France hexago-
coup évolué depuis le temps des colonies, car cer- nale, l’autre-arabe est encore, là aussi dans les
tains cinéastes eux-mêmes issus de l’immigration années 80, un figurant de sa propre histoire ou un
se sont intéressés au sujet au cours des dernières marginal, comme dans La Balance de Bob Swain
années (Abdellatif Kechiche notamment), mais (1982), Le grand Frère de Francis Girod (1982), Tchao
l’image du colonisé « arabe », elle, n’a guère évolué Pantin de Claude Berri (1983), Les Ripoux de Claude
dans le même temps, car on semble ne pas savoir Zidi (1984), Police de Maurice Pialat (1985), Ripoux
comment la saisir. contre Ripoux (1990). Le film La Haine viendra briser
À l’inverse de l’Européen conquérant, les cette image fixée dans le cinéma français sur l’autre
Arabes ne sont représentés que par « quelques djel- ici. En outre, les jeunes réalisateurs maghrébins ten-
labas fantomatiques » ou d’éternels seconds rôles tent aussi de briser cette image de l’Arabe-immigré,
invisibles comme dans Pépé le Moko. Sylvie Dallet sans pour autant toucher à celle de l’Arabe-colonisé,
explique avec raison que le cinéma colonial de on pense notamment à Medhi Charef, Mahmoud
l’époque met en scène avant tout « un espace dans Zemmouri, Merzak Allaouache dans un premier
lequel l’indigène, filmé comme un animal, se déplace temps, Karem Dridi, Malik Chibane, Abdellatif
mystérieusement et que le colon découvre avec pré- Kechiche, Yamina Benguigui, Bourlem Guerdjou,
caution ». Les personnages indigènes sont toujours Rabah Ameur-Zaïbeche ou Chad Chenouga plus
inventés : Annabella en fausse bédouine dans La proche de nous, mais aussi des réalisateurs comme
Bandera, ou le fourbe inspecteur Slimane dans Pépé Christophe Ruggia ou Philippe Faucon. Seul Vivre au
le Moko, interprété par Lucas Ledoux. Si les hommes Paradis qui se déroule dans le bidonville de Nanterre
arabes sont inventés, que dire des femmes arabes en 1960 ébauche légèrement cette image du colo-
nisé derrière celle du militant FLN.

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L’IMAGE DES MAGHRÉBINS DANS LES FILMS POSTCOLONIAUX FRANÇAIS

UNE PLACE CINÉMATOGRAPHIQUE que l’islam rentre dans le champ du théâtre colonial
IMPOSSIBLE EN F RANCE ? et c’est pour sauver la France que les soldats récitant
une sourate sont filmés. Une véritable révolution
L e colonisé n’aurait-il pas de place dans l’imagi- dans l’image.
naire cinématographique français ? En fait, il en avait Avec Hors-la-loi, au-delà des avis que l’on peut
une, peu signifiée, mais toujours placée dans le avoir sur le film, une page se tourne de façon évi-
décor. Les Maghrébins ont tous en commun de figu- dente. Malika Rahal explique qu’avec ce film Bou-
rer parmi ceux qui font peur en raison d’un goût sup- chareb « s’attaquait à la question coloniale selon une
posé immodéré pour les armes et la violence, et à modalité spécifique : celle de la réparation par la
cause du souvenir des difficultés liées à la conquête révélation d’une réalité occultée. Avec Indigènes, il
de l’Algérie ou à la « pacification » du Maroc. Cette avait cependant fait le choix fondamental de décen-
image de l’Arabe – agressif et dangereux, fourbe et trer le propos, en situant l’action dans le contexte de
voleur, traître et menteur donc rebelle ou combat- la Seconde Guerre mondiale. Dès lors, personne ne
tant – est, bien avant les années 1980, dénoncée par pouvait plus contester leur qualité de héros… ». C’est
les cinéastes d’origine maghrébine, mais en fin de en effet un tournant majeur, où les trois acteurs
compte, aucune nouvelle image assez puissante ne principaux sont au centre de l’histoire et visibles,
vient s’opposer à l’archétype colonial. Et bien bien visibles. Pourtant, sur France Culture, l’historien
entendu, cet ex-colonisé est aussi un musulman Pascal Ory faisait ainsi de Hors-la-loi « un film FLN à
dans cet imaginaire. Dans le paysage cinématogra- 98 % », et Fabrice d’Almeida le directeur de l’IHTP
phique français traitant des colonies, les représenta- affirmait sans être contesté que les « les p’tits gars
tions de l’islam ou des musulmans sont néanmoins de banlieue » s’ils voyaient ce film, « auraient
très rares, mais lorsque c’est le cas, celles-ci sont sou- l’impression d’avoir un mauvais cours qu’ils auraient
vent chargées de lourdes responsabilités et présen- subi s’ils étaient restés en Algérie ». De son côté, le
tées sur un ton grave et dangereux. Secrétaire d’État aux Anciens combattants, Hubert
Ainsi, à la fin des années 1960, avec par Falco, écrit « veiller, au nom de la défense de la
exemple Angélique et le Sultan (1968), le réalisateur mémoire, à ne pas cautionner ce film ».
Bernard Borderie nous offre un récit néocolonial qui De facto, une image de l’Arabe des colonies,
anticipe à sa façon la théorie du choc des civilisa- décentrée, qui n’est plus cette invisibilité rassurante,
tions. Avant de commettre Angélique et le Sultan, il qui lui donne un rôle au temps des colonies, qui lui
s’était déjà exercé au style colonial avec Fortune Car- donne la possibilité d’être véritablement un acteur
rée (1955) ou Sergent X (1959), qui se déroulaient au de son histoire, dérange car nous ne sommes pas
Maghreb. L’islam que met en scène le film est une encore habitués à cette inversion du regard et du
religion fondamentalement violente où la torture et récit. Acteur, Arabe et Colonisé voilà une trilogie qui
le fouet n’ont pas leur pareil pour régler les diffé- commence à peine à s’installer sur nos écrans. Le
rends, y compris amoureux. Vingt ans plus tard, temps des colonies n’a pas encore véritablement
Alexandre Arcady dans L’Union sacrée, réalisé sept trouvé sa place dans le cinéma français. Nous com-
ans après Le Grand pardon, nous offre un regard tout mençons à peine à explorer ce passé, et nous com-
aussi manichéen sur l’islam avec pour héros un poli- mençons à peine à distribuer les rôles, comme le
cier juif associé à un musulman. Dans Mon Colonel, montre Vénus noire d’Abdellatif Kechiche (2010)
c’est le chant du muezzin qui rappelle évidemment marquant ainsi les prémices d’une révolution du
au spectateur qu’il n’est ici pas vraiment en France, regard. ■
mais en Algérie au début du film. Cette présence
reste toujours en toile de fond, mais n’apparaît
jamais en premier plan. Ce n’est qu’avec Indigènes

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