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BIENVENUS AU COURS DE

GITOLOGIE ET GEOMATERIAUX

Code de l’UE : GEOS 308


Intitulé de l’UE : "INTRODUCTION A LA GITOLOGIE ET GEOMATERIAUX "
Type d’UE : Théorique
Filière : GEOSCIENCE
Niveau : L3
Nombre de crédits :6
Noms et prénoms de l’enseignant responsable de l’UE : Dr NGO BIDJECK Louise
Marie / Pr YONGUE FOUATEU Rose

Objectifs général du cours : Les objets géologiques que sont les gîtes minéraux sont très
variés. Ce cours a pour objectif d’amener les étudiants à connaître les types de gisements,
leurs caractéristiques géologiques et leur mode de formation avec quelques notions sur la
classification des roches.

Prérequis :
Connaissances de base en géologie générale, en pétrologie magmatique, métamorphique,
sédimentaires et des altérations.

Objectifs spécifiques :
- Connaître les caractéristiques géologiques des gisements de minéraux utiles et des
géomatériaux ;
- Maîtriser les modes de mise en place des différents groupes de gisements ;
- Être capable d’identifier les types de gîtes à partir de leurs caractéristiques géologiques
et de leur environnement de dépôt ;
- Connaitre les propriétés des matériaux naturels
- Connaitre les ressources minérales du Cameroun et leur localisation géographique.

Consignes de travail :
- Activités d’apprentissage : 3heures de cours magistrales dans la semaine pour un total
de 36h (TD y compris).
- Activités d’apprentissage : lecture du cours obligatoire, autres lectures recommandées
(liens hypertextes), l’apprenant est tenu de répondre aux questions proposées à la fin
de chaque chapitre.

Nombre de séances de CM : 30
Durée de la séance de CM : 2h 55’
Localisation de la salle de CM : A 3

Contenu:

Chapitre 1 : Généralités et Notions de métallogénie


1- Notions et définitions fondamentales
2- Nature, morphologie des gisements et aires de distribution des minéraux utiles
3- méthodes d’étude des gîtes minéraux

Chapitre 2 :. Origine des gisements métallifères : mécanismes et facteurs de formation des


gites
1- Processus endogènes de formation des gisements de minéraux utiles
2- Processus exogènes de formation des gisements de minéraux utiles
3- Classifications des gisements de minéraux utiles

Chapitre III: Gîtes d’affinité magmatique


1- Gisements magmatiques
2- Gisements à pegmatites
3- Gisements post-magmatiques
4- Formations volcaniques

Chapitre IV- Gîtes métamorphogènes


1- métamorphisés
2- métamorphiques

Chapitre V : Gîtes exogènes


1- gisements d’altération
2- gisements sédimentaires

Chapitre 6 : Géomatériaux
1- classes de matériaux
2- Propriétés des matériaux
3- Utilisation des matériaux

Chapitre 7. Substances utiles et leur usage, Gîtes minéraux du Cameroun

1-Les éléments métalliques


2-les éléments non métalliques
3-les combustibles minéraux

Chapitre 8 :Industrie minérale


1-Cadre législatif
2- exploration minière
3- Rôle du géologue de mine

Eléments de bibliographie :

- AUBOUIN J., BROUSSE R., et LEHMAN J.P. (1975) Précis de Géologie-1-


Pétrologie. Ed. Dunod Université. 717 p.
- CHAUSSIER J.B. (1981) Manuel du prospecteur minier. BRGM, Manuels et
Méthodes, n°2. 275 p.
- NAHON D. B. BOULANGE B.and COLIN F. (1992) Metallogeny of weathering : an
introduction. In Developments in Earth surface Processes, 2- Weathering, Soils and
Paleosols. Ed. Martini and Chersworth. Elsevier, pp. 445-474.
- NICOLINI P. (1970) Gîtologie des concentrations minérales stratiformes. Ed.
Gauthier-Villars. 792p.
- NICOLINI P. (1990) Gîtologie et exploration minière. Ed. Lavoisier. 608p.
- POHL W. L. (2011) Economic geology. Principles and practice. Ed.Wiley -
Blackwell, 663p.
- ROUTHIER P. (1963) Les gisements métallifères- Géologie et principes de
recherches. 2 vol., Paris, Masson, 1282 p.
- SMIRNOV V. (1988) Géologie des minéraux utiles. Ed. Mir Moscou. 603 p.
- Evans A. M., 1987. An Introduction to Ore Geology, 2 éd, Blackwell Scientific
Publications. 358 p

- Boky B., 1968. Exploitation des mines, éd Mir, 821p

- Jébrak M., Marcoux E., 2008. Géologie des ressources minérales, éd Denis L.
Lefebvre, ing; Géologie Québec, 667 p

- Ntep Gwet, Dupuy P., Matip O., Fombutu Fogakoh, Kalngui A. E., 2001. Ressources
minérales du Cameroun. Notice explicative de la carte thémathique des ressources
minérales du Cameroun sur un fond géologique, 376 p
- Code minier Camerounais

Outils pédagogiques utilisés : vidéo projecteur


Matériels nécessaires à l’étudiant : matériel nécessaire classique et support illustratif
Mode d’évaluation : Evaluation continue- Examen écrit à la fin des enseignements.

L’enseignant responsable de l’UE Le Chef de


Département
CHAPITRE 1. Généralités et Notions de métallogénie
- Notions et définitions fondamentales
- Nature, morphologie des gisements et aires de distribution des minéraux utiles
- Méthodes d’étude des gîtes minéraux

I. Notions et définitions fondamentales

Une ressource naturelle d’origine géologique est une concentration de substance naturelle
minérale ou organique fossilisée, dans la croute terrestre, dont la forme, la quantité et la
teneur, ou la qualité, pourraient permettre l’extraction économique.

Ex : l’eau douce, substances métalliques, roches, Pétrole, charbon, gaz naturel…

Un minéral est une espèce naturelle se présentant le plus souvent sous forme de solide
cristallin, homogène, possédant une composition chimique définie et une structure atomique
ordonnée. Il existe cependant des exceptions parmi lesquelles le mercure natif (qui est liquide)
ou les opales (qui ont une structure désordonnée).

Les roches sont des associations de minéraux, et peuvent également posséder des applications
industrielles notables.

Les ressources minérales sont divisées en cinq types de substances : les minerais, les
minéraux industriels et les matériaux de carrière aussi regroupés sous l’appellation de
géomatériaux, les ressources énergétiques, et l’eau.

Un minerai est un minéral ou une roche d’où on extrait avantageusement un ou plusieurs


éléments utiles, ou alors une roche dans laquelle on trouve un élément utile en teneur et en
quantité suffisante pour justifier une exploitation avec profit. Exemple :
 la galène (PbS) pour le plomb, la chalcopyrite (CuFeS2) pour le cuivre, le fer
pour l’hématite (Fe2O3).
 un grès imprégné d’hématite est un minerai de fer, un quartz à sulfures et or, est
un minerai d’or natif, la bauxite est le minerai d’aluminium.

...

Les minéraux industriels sont des roches, des substances et des minéraux non métalliques
munis de propriétés physiques ou chimiques particulières qui sont à l’origine de leurs divers
usages, produits ou procédés industriels. Exemple : le diamant utilisé comme instrument de
coupe et d’abrasion, la kaolinite, talc ou calcite utilisés en papeterie ou dans la céramique, les
verres et céramiques industriels, les matériaux réfractaires,...

Les matériaux de carrière sont encore appelés matériaux de construction. Ils sont aussi
considérés comme minéraux industriels. Ce sont des formations géologiques (granites,
basaltes, calcaires, argiles, les granulats qui sont des fragments de roche d’une taille variant de
0 à 125 mm, comprenant sables, graves, graviers et petits blocs, provenant de l’exploitation
d’alluvions ou de concassage de roches massives) et utilisés aussi pour la fabrication des
ciments et des bétons.

Les ressources minérales énergétiques ou substances énergétiques sont utilisées comme


source d’énergie et comprennent le pétrole, le gaz naturel, les charbons, l’uranium, les sables
et schistes bitumineux.

La gîtologie est la branche de la géologie appliquée qui étudie les gisements de minéraux
utiles. Elle examine leurs processus de formation, les formes des gisements de minéraux
utiles, leur composition, leur géométrie et les méthodes de prospection et d’exploitation.

La métallogénie est la science des gisements métallifères, elle définit et analyse les
paragenèses minérales, leurs successions et leur évolution chronologique en liaison avec
l’histoire géologique des secteurs où sont situés ces gisements. Elle s’occupe aussi de
l’estimation de l’intérêt économique. Elle est à la fois une science fondamentale et une
science appliquées, La métallogénie est l’étude scientifique des gîtes minéraux. La gîtologie
est sa partie descriptive. La gîtologie s’intéresse surtout à l’étude des gîtes exploitables.

Le terme géologie économique a une origine anglo-saxonne pour désigner la géologie


minière. Le métallogéniste est le spécialiste qui étudie la métallogénie.

Un minéral utile est une espèce naturelle inorganique employée dans l’économie nationale à
l’état naturel ou après un traitement préalable.

Un gisement est le lieu d’une accumulation de roches contenant un minéral utile exploitable
avec profit, c’est l'endroit où se trouve (où gît) une substance minérale exploitable. Cet
endroit est défini par ses trois coordonnées spatiales : longitude, latitude et profondeur. Le
terme gîte lui est synonyme et désigne la masse minérale contenant un ou plusieurs substances
minérales susceptibles d’être exploité.

Une minéralisation est une concentration locale de substances utiles.

Un indice est une indication de la présence de minéralisations sans valeur économique.

La minéralogie est une discipline géologique orientée vers l’étude des lois de formations et de
répartition dans l’espace de toutes les formes de minéraux utiles de la croûte terrestre.

La métallogénie est la science des gisements métallifères, elle définit et analyse les
paragenèses minérales, leur origine, leurs successions et leur évolution chronologique en
liaison avec l’histoire géologique des secteurs où sont situés ces gisements. Elle s’occupe
aussi de l’estimation de l’intérêt économique. Elle est à la fois une science fondamentale et
une science appliquées, la gîtologie est sa partie descriptive. La gîtologie s’intéresse surtout à
l’étude des gîtes exploitables.
La paragenèse minérale est une association de minéraux dans une roche donnée ayant une
même origine et résultant de processus géologiques et géochimiques données.

La gangue désigne les minéraux ou roche sans valeur économique au sein de laquelle s’est
formé le minéral utile. Dans les minerais métallifères, les paragenèses sont généralement
constituées d’un ensemble de minéraux dont très peu présentent une valeur économique,
ceux-là constituent la gangue du minerai, elle est stérile. Le métal est rarement exploité à l'état
pur (métaux natifs), mais plutôt sous forme de sulfures, d'oxydes, ou rarement de composés
complexes. À ces minéraux contenant le ou les métaux sont associés des minéraux et des
roches stériles (quartz, calcite, granite, etc.) appelés gangue. L'ensemble gangue et minéraux
contenant les métaux exploitables constitue le minerai métallifère. Le mineur exploite le
minerai brut ou tout-venant.

Dans un gisement métallifère la substance exploitable concerne un ou plusieurs métaux.


Dans certains minerais présentant une association de plusieurs substances utiles, parmi les
substances utiles à valeur économique ou marchande prouvée e.i. ceux qui peuvent être
exploités avec profit, la substance qui présente la valeur marchande la plus élevée est appelée
substance principale et celles de moindre valeur sont des sous-produits.

Généralement, un métal n'est exploitable que si sa teneur dans la roche est plus forte que sa
teneur moyenne dans l'écorce terrestre (ou clarke).

Le clarke est la teneur moyenne ou l’abondance d’un élément chimique dans la croûte
terrestre. Il est exprimé en g/t, en ppm (partie pour million) ou en % (1g/t = 1ppm =
0,0001%).

Dans un gîte donné, le rapport teneur/clarke pour un élément donné est appelé clarke de
concentration ou facteur de concentration : c’est le coefficient minimal qui multiplie la teneur
moyenne (clarke) et qui donne une idée approximative de la valeur d’un minerai et dont d’un
gîte. Elle n’est pas la même pour tous les métaux. Ex. :

Tab. 1 : Illustration de l’importance des mécanismes d’enrichissement conduisant à la


formation d’un gîte minéral : concentration moyenne dans la croûte terrestre et teneur
d’exploitation de quelques éléments métalliques.

Métal Clarke (%) Clarke de Teneur exploitable


Concentration du gîte (%)
Fe 5 10 30 à 60 %
Mn 0,10 350 35
Cr 0,02 1500 30
Zr 0,013 300 3,9
Ni 0,008 175 1,40
Sn 0,004 205 0,82
Cu 0,007 140 0,98
Au 0,0003 g/t 3 000 à 100 000 1 à 30 g/t
Ag 0,1 g/t 1 000 à 6 000 100 à 600 g/t
U 1 g/t 200 à 200 000 0,02 à 20 %
Pb 16 g/t 5 000 8%
Zn 60 g/t 900 à 3 500 5 à 20 %
Ba 400 g/t 800 à 2 000 30 à 80 %

Le facteur de concentration varie en fonction des besoins et des techniques nouvelles mises en
œuvre dans le traitement de minerai pauvre. Ex. :

Eléments Année Eléments Année Eléments Année


Cu 2,1 0,6
Pb 2,75 0,6
Zn 1925 4,7 1971 2 2008
Sn 1,2 0,01

La valeur marchande d’une substance est définie par la demande, la rareté et le coût de
l’exploitation et ou du traitement.

Le tout-venant est, quand cela est possible, débarrassé d'une partie de la gangue, puis le
minerai enrichi est concassé, broyé, lavé, traité par des procédés physiques ou chimiques. Ces
traitements ont pour but de séparer les différents métaux sous une forme minéralogique. Les
concentrés obtenus sont ensuite fondus pour donner finalement le métal pur. L'exploitabilité
d'une concentration métallifère dépend non seulement de sa teneur en métal mais aussi de la
quantité totale de métal qu'elle contient ou, autrement dit, de son tonnage. Le minerai est
exploitable quand son prix de revient est inférieur à son prix de vente.

On définit pour un gisement de minéraux utiles, trois types de teneur :


-La teneur minéralogique est la concentration pondérale d’une substance donnée
par rapport aux autres substances contenues dans le gisement, c’est la proportion
volumétrique.
-La teneur d’exploitabilité est la teneur limite en deçà de laquelle l’exploitation
perd son profit.
-La teneur marchande est celle que l’on obtient après traitement et élimination des
impuretés par des techniques varies et appropriées.

-La teneur de coupure ou cutoff grade est définie par des considérations
économiques ou politiques qui déterminent la teneur la plus basse à laquelle un
minéral utile peut être extrait du minerai. C’est une valeur à partir de laquelle
l’exploitation commence à être rentable.
- la teneur moyenne est la teneur représentative de l’ensemble de la concentration
minérale.
Le tonnage désigne la quantité totale de matériaux contenus dans le gisement ou
dans un portion du gisement, il est fonction de la teneur de coupure : plus elle est
élevée, plus le tonnage extrait sera faible

On distingue trois catégories de ressources minérales naturelles :


- les ressources minérales mesurées (measured mineral resources) sont celles qui
présentent un intérêt économique intrinsèque (essentielle, importante), et dont on
connaît, avec un haut degré de certitude, le tonnage, la densité, la forme, les
caractéristiques physiques, la qualité, la teneur et la continuité;
- les ressources minérales indiquées (indicated mineral resources) présentent
également un intérêt économique intrinsèque, mais leurs caractéristiques sont connues
avec un degré de certitude moins élevé que celui des ressources minérales mesurées.
La fiabilité est cependant plus élevée qu’en ce qui concerne les ressources minérales
inférées;
- les ressources minérales inférées (ou supposées) (infered mineral resources) sont
celles qui présentent un intérêt économique intrinsèque, mais avec un degré de
certitude limité, et un faible degré de confiance. Elles ne sont que des espérances dont
la probabilité de devenir des ressources mesurées est faible.

Les réserves minérales sont définies comme la partie économiquement exploitable des
ressources mesurées et indiquées, démontrée au moins par une étude de faisabilité
préliminaire. L’étude de faisabilité préliminaire comprend des informations sur le cubage du
minerai avec une courbe tonnage/teneur, l’exploitation, le traitement des minerais et
l’économie du projet.
Les réserves constituent une masse minérale connue d’un gisement, qui pourra être exploitée
de manière rentable dans un avenir à déterminer.

La notion de réserve minière naturelle est directement liée à celles des teneurs exploitables.
Pour estimer les réserves d’un gisement, il faut connaitre sa forme géométrique et ses
dimensions. On distingue trois catégories de réserves :
-Les réserves à vue que l’on évalue facilement sur le chantier en cours
d’exploitation car on connait les trois dimensions du gisement à la faveur des
travaux en cours ;
-Les réserves probables que l’on estime lorsque l’on connait les deux dimensions
hauteurs (épaisseur) et longueur ;
-Les réserves potentielles ou possibles que l’on estime à partir de la seule épaisseur
du minerai.

II. Nature, morphologie des gisements et aires de distribution des minéraux utiles

II.1 Nature
La nature d’un gisement se rapporte à la façon par laquelle le dépôt s’est mis en place, ainsi
on distingue des dépôts syngénétiques mis en place au même moment que la roche
encaissante, et les dépôts épigénétiques qui se mettent en place ultérieurement à la formation
de la roche encaissante.

II.2 morphologie des gisements


Les formes des principaux types de gisements peuvent être rangées selon deux classes : les
corps minéralisés discordants et les corps minéralisés concordants selon leur mode de mise en
place.

II.1.1 les corps minéralisés discordants

Il existe deux sous-classes : les formes régulières et les formes irrégulières.

 Les formes régulières

On y distingue :

-Les corps tabulaires ou corps en forme de plaque

Ils sont largement étirés suivant deux directions (longueur et largeur), leur troisième direction
(épaisseur, puissance) ayant un développement restreint. Ex. : les veines et les filons qui
résultent du remplissage des fissures. Le terme filon n’est pas un terme spécifique des
ressources minérales; il désigne une fissure ou une faille, le plus souvent verticale ou
fortement inclinée, colmatée par une roche magmatique, ou des minéraux hydrothermaux. En
métallogénie, les filons sont de plus en plus fréquemment appelés veines, par assimilation de
l’anglais vein. Les filons se rencontrent dans tous les types de formation géologique et à
toutes les époques. Ils sont généralement sécants sur les formations géologiques encaissantes,
donc tardifs par rapport à celles-ci.

-Les corps tubulaires

Ils sont petits dans deux dimensions et étirés dans une seule, ex. : les pipes et cheminées dans
le sens vertical ou les filons couches ou mantos dans le sens horizontal ou subhorizontal. Les
cheminées (pipes ou breccia pipes en anglais) sont des volumes en forme de cylindre vertical
ou sub-vertical, donc relativement peu développés dans deux dimensions, d’un diamètre allant
de quelques centimètres à plusieurs centaines de mètres. Elles sont parfois remplies de
brèches minéralisées en étain, tungstène, molybdène, uranium ou or, et de roches plus ou
moins transformées. Les kimberlites à diamants sont des cheminées volcaniques.

 Les formes irrégulières ou isométriques

On distingue :

-Les disséminations ; comme leur nom l’indique, les minéralisations de ce type


voient leur minéral utile disséminé dans la roche qui constitue alors le minerai sans qu’un
contrôle structural ou stratigraphique n’influe sur leur répartition.

Ex : la chromite dans les roches ultramafiques, les diamants dans les kimberlites ;

-Les stockwerks, terme d’origine allemande (stockwork en anglais), désigne de


petits filons, d’une puissance variant de quelques millimètres à quelques décimètres au
maximum, s’entrecroisant en un réseau relativement dense. Ils sont habituellement liés - aux
intrusions felsiques (acides) à intermédiaires et recoupent fréquemment le contact roche
intrusive-encaissant (dans la partie apicale (supérieure) des massifs intrusifs) ; - ou aux zones
d’intersection des accidents tectoniques. Les sheeted veins, réseaux serrés de minces filonnets
riches en cassitérite s’y rattachent.

-Les amas qui sont des masses de minerai à contours irréguliers, à bordures nettes
ou diffuses, et de dimensions considérables, leur taille varie de quelques dizaines à plusieurs
centaines de mètres. Les formes complexes issues du remplacement des roches préexistantes
se rattachent à cette morphologie. Ex. : les sédiments riches en carbonate au contact des
intrusions. Ce type de minéralisation est appelé skarn et présente des formes très irrégulières.

-Les bours ou schlieren qui sont de petites accumulations de minerai.

II.1.2 les corps minéraux concordants

Les gîtes stratiformes ont en commun d’être contrôlés par la stratigraphie, soit parce qu’ils
appartiennent à la séquence lithostratigraphique, comme les gisements de type VMS
(Volcanogenic Massive Sulfide= amas sulfuré volcanogène), soit parce que les corps de
minerais suivent plus ou moins régulièrement certains bancs de roches appelés horizons
porteurs ou horizons minéralisés. Ces horizons porteurs sont de nature généralement
sédimentaire ou volcanique et ils peuvent être minéralisés sur des distances atteignant
plusieurs kilomètres de long et de large, pour une épaisseur (ou puissance) plus limitée,
variant de quelques centimètres à quelques dizaines de mètres.

Les minéralisations adoptent des formes variées : masses allant de continues à discontinues,
renflées, d’allure lenticulaire (gisements stratiformes de sulfures massifs), bancs plus ou
moins puissants et massifs, ou zones irrégulières imprégnées de minerais, toujours contrôlés
par l’horizon porteur. Dans les lentilles de sulfures massifs, souvent appelées de manière
ambiguë « amas » de sulfures massifs, la minéralisation présente fréquemment un rubanement
interne parallèle ou légèrement oblique sur la stratification.

 Dans les roches sédimentaires

Ce sont des couches parallèles à la stratigraphie de la colonne lithostratigraphique et les


substances utiles se sont généralement soit déposées ou formées au moment du dépôt des
roches et leur sont intimement liés, ex. : les dépôts syngénétiques de quartzites ferrifères ou de
manganèse ; soit déposées ultérieurement au dépôt des roches en remplissage des pores ou par
épigénisation.

Ex. : les dépôts de métaux de base dans les roches calcaires, les roches argileuses ou argilites,
les grès ou dans les conglomérats ;

Les placers sont des gîtes stratiformes actuels en cours de formation, et les gisements de
granulats alluvionnaires, de gypse, de sel, de fer appartiennent aussi à cette catégorie
stratiforme. On peut également y ranger les autres formations sédimentaires comme les
calcaires, le charbon, le pétrole.

 Dans les roches ignées volcaniques


Ce sont des corps stratiformes, vésiculaires, lenticulaires développés dans l’interface entre les
unités volcaniques ou volcano-sédimentaires ;

 Dans les roches ignées plutoniques

Les corps sont de forme stratiformes dans les roches basiques essentiellement, mais aussi des
dépôts de sulfures dans les fonds des chambres magmatiques.

 Dans les roches métamorphiques

En dehors des remplacements irréguliers par métasomatose, les roches métamorphiques


conservent les formes des roches originelles.

 Dans les dépôts résiduels d’altération

Ce sont des latérites en place au-dessus des roches parentales et des enrichissements
supergènes qui forment des couches au-dessus de la zone de battement de la nappe phréatique.

II.3 aires de distribution des minéraux utiles

Le corps ou gisement de minéraux utiles est constitué d’une concentration locale de matériaux
naturels, associés à un élément de structure géologique déterminée ou à une combinaison de
ces éléments. Sa taille est inférieure au kilomètre.

Un champ minier ou district minier est un groupe de gisement de même origine et de même
structure géologique de quelques kilomètres carrés à des dizaines de kilomètres carrés de
surface occupée.

La région de minéraux utiles est une partie de la sous-province caractérisée après une
concentration locale de gisements, elle regroupe plusieurs champs, et ses dimensions sont de
l’ordre de 10 à 100Kms carrés.

La sous-province est une partie de la province caractérisée par une série de gisements
minéraux de composition et d’origine déterminées, associés à un groupe d’éléments
tectonique de premier ordre définissant l’architecture géologique du territoire de la province.
Ex. : bassins superposés, groupe d’activation, anticlinorium ou synclinorium.

La province métallogénique est une région importante de a croûte terrestre se rapportant à une
plateforme, à une zone géosynclinale plissée ou aux fonds océaniques et contenant dans ses
limites des gisements spécifiques d’un certain métal ou groupe de métaux. De telles provinces
doivent être caractérisées par leurs substances. La province peut montrer une distribution
zonale de gisements métalliques variés. Elle est souvent liée à une époque métallogénique qui
correspond à une période de temps durant laquelle les substances minérales d’un certain type
ou groupe se sont déposées.

III. Méthodes d’étude des gîtes minéraux

Pour la découverte des gisements de minéraux utiles, la documentation constitue la première


phase de l’enquête géologique. Il s’agit de faire l’inventaire de ce qui est déjà connu dans une
région donnée. La prospection des gisements, encore appelée exploration minérale, représente
l’ensemble des méthodes de la géologie qui conduisent à la découverte et la mise en valeur
des ressources minérales. L’étude des gîtes minéraux découverts fait donc appel à l’ensemble
des disciplines des sciences de la terre, aussi bien sur le terrain qu’en laboratoire. Les
principales étapes de l’exploration minérale sont :

-les recherches qui conduisent à la découverte des gisements ;

-la prospection préliminaire qui définit la qualité du minerai et les réserves;

-la prospection détaillée qui consiste une étude minutieuse du gisement et de


chaque corps et à sa préparation à l’exploitation ;

-la prospection systématique ou minière qui se fait pendant la construction de la


mine.

Les méthodes d’analyse d’un gisement de minéraux utiles sont :

- réalisation d’un levé géologique de surface et souterrain en utilisant des ouvrages


miniers et de forage ;
- réalisation d’une analyse structurale détaillée ;
- réalisation d’un échantillonnage approprié qui permettra de mener des analyses
minéralogiques, géochimiques et géochronologiques afin de caractériser
* la composition minéralogique, les textures et les différentes paragenèses ;
* les types d’altération ;
* la composition chimique (qui définit la qualité du minerai c'est-à-dire la teneur en
substance utile et en impuretés) ;
* l’âge de mise en place des minéralisations.
Tout ceci contribue à la mise sur pied d’un modèle génétique de mise en place du gisement.

Exercices

1. Questions à choix multiples

1) Un minéral utile est un :


a) espèce naturelle inorganique
b) métal employé dans l’économie nationale à l’état naturel ou après un traitement
préalable.
c) une formation naturelle exploitable avec profit
d) espèce naturelle inorganique employée dans l’économie nationale à l’état naturel ou
après un traitement préalable.
2) Une formation naturelle minérale d’où on extrait avantageusement une ou plusieurs
substances utiles est :
a) une roche
b) un minéral
c) minerai

3) La gangue désigne :
a) les minéraux ou roche sans valeur économique ;
b) la partie du minerai sans valeur économique ;
c) un ensemble de minéraux utiles.

4) la valeur économique d’une concentration minérale est définie par :


a)sa teneur minéralogique
b) son facteur de concentration
c) sa réserve
.
5) -La concentration pondérale d’une substance donnée par rapport aux autres substances
contenues dans le gisement représente la :
a) La teneur d’exploitabilité ;.
b) La teneur marchande ;
c) La teneur de coupure ;
d) pas de réponse juste.

6) Les réserves d’un gisement représentent :


a) la quantité de substance utile contenue dans le gisement ;
b) la teneur en éléments utiles du gisement ;
c) le volume de matériaux contenus dans le gisement.

2. Répondre par vrai ou faux

1) Les formes des corps minéralisés sont dites concordantes lorsque les corps recoupent
les roches porteuses.
2) Les disséminations sont les formes de minerai rencontrées dans les kimberlites
diamantifères.
3) Les minéralisations sont dites épigénétiques lorsqu’elles se sont déposées au même
moment que les roches encaissantes.
4) Les corps minéralisés sont de forme stratiforme lorsqu’ils épousent la disposition des
couches de roches.
CHAPITRE 2. Origine des gisements métallifères (vision générale des processus de
formation des gîtes métallifères)

- Processus endogènes de formation des gisements de minéraux utiles


- Processus exogènes de formation des gisements de minéraux utiles
- Classification des gisements de minéraux utiles

La complexité de la nature et des formes des gisements des corps minéralisés, a donné lieu à
une multitude d’hypothèses dans la genèse des minerais. Cependant, les théories majeures des
courants actuels veulent que l’on range les théories dans deux domaines : les processus
d’origine interne et les processus d’origine superficielle.

I. Processus endogènes de formation des gisements de minéraux utiles


Ce sont des processus relevant de la dynamique interne du globe comme le métamorphisme,
le magmatisme et l’hydrothermalisme connexe.

I.1 notions concernant le magma et les processus liés avec sa différenciation


Le magma est une solution silicatée liquide en fusion prenant son origine dans les zones
profondes de la terre. Dans ce milieu, il n’y a pas de changements notables ; cependant,
certains ions se déplacent, s’unissent et forment des minéraux. Des changements significatifs
y apparaissent lorsque le magma connait une ascension vers la surface terrestre, due à
l’affaiblissement de la pression extérieure par les mouvements orogéniques, le magma est soit
figé à la surface, soit lentement cristallisé en profondeur. Au fur et à mesure de la
cristallisation de la partie non volatile du magma composée d’oxydes et de silicates, les
composés volatils comme les sulfures, les chlorures, le CO2, les fluorides des métaux lourds,
les vapeurs d’eau, deviennent de plus en plus concentrées, se détachent du magma, s’infiltrent
dans les terrains encaissants et se liquéfient et donnent naissance à des minéraux et des
gisements utiles. La formation des gisements de minéraux utiles s’opère au cours de toutes les
étapes indiquées depuis le début de la cristallisation.
On distingue cinq types de processus endogènes :
-les ségrégations magmatiques
-les dépôts pegmatitiques
-les processus hydrothermaux
-les secrétions latérales
-les processus métamorphiques.
I.2 les processus de ségrégation magmatique
Lors de la cristallisation du magma, les minéraux qui cristallisent à des températures et
pressions élevées (olivine, pyroxène, plagioclases basiques) se déposent au fond des chambres
magmatiques. Les minéraux utiles qui les accompagnent peuvent former des gisements
disséminés, ou être refoulés en masses compactes ou amas de ségrégation. Ces gisements
sont situés à l’intérieur des roches originelles ou leur sont étroitement contigus.

I.3 les processus liés aux dépôts pegmatitiques


Lors des ultimes étapes de la cristallisation du foyer magmatique, se développe des corps de
pegmatites situés en position intermédiaire entre les roches intrusives et les filons de minerais.
Les grains qui s’y développent se caractérisent par des tailles énormes pouvant atteindre
plusieurs mètres. Les corps ont des formes diverses, filons, lentilles, corps tubulaires,
irrégulières. Ils se mettent en place en groupe aussi bien dans la roche intrusive que dans les
roches encaissantes.

I.4 les processus postmagmatiques


Pendant le refroidissement du foyer magmatique, les constituants volatils se détachent en
premier lieu et peuvent former des gisements pneumatologiques à) haute température, et plus
tard, au fur et à mesure que baisse la température, les volatils se changent en solutions
chaudes aqueuses qui circulent et forment des gisements hydrothermaux variés et complexes
par leur composition.
Au cours des dernières étapes de cristallisation, les roches encaissantes peuvent subir des
changements essentiels de leur composition minéralogique et donc chimique aboutissant à une
substitution des minéraux primaires par des minéraux enrichies en substances utiles : ce
processus est appelé métasomatose et se fait par diffusion au contact des roches de
composition différente ou par infiltration à travers les fissures, les pores et les capillaires.

I.4.1 Source et composition des solutions fluides


Diverses sources sont retenues comme origine des solutions hydrothermales. Ce sont : les
eaux de surface ou météorique, l’eau de mer, les eaux souterraines, l’eau métamorphique et
l’eau magmatique, la plupart des gisements métallifères sont issus du mélange de ces eaux.
Toutefois, le système géothermal (magmatique) constitue le moteur essentiel de l’activité
hydrothermale. Les fluides hydrothermaux sont principalement composés d’eau, de sels
(NaCl, CaCl et rarement KCl) et de gaz carbonique.
Les constituants majeurs contenus dans ces solutions sont donc le Na, K, Ca et Cl
essentiellement, associés à des éléments en trace. La source de ces éléments est
principalement magmatique. Ils peuvent provenir du manteau ou des intrusions ignées ou
même de la contamination des roches encaissantes. Les solutions hydrothermales sont donc
des fluides résiduels de basse température qui résultent de la cristallisation des pegmatites et
contiennent des métaux de base et d’autres éléments qui ne peuvent entrer dans la structure
des minéraux silicatés précipités lors de la cristallisation du magma. Ces fluides circulent de
manière ascendante à travers les fractures et fissures vers les zones refroidies de l’écorce
terrestre.
I.4.2 Mode de transport et de dépôt des substances par les solutions fluides
Le transport se fait : 1) soit par diffusion dans un système clos où la perméabilité est très
faible, la circulation des éléments se fait par diffusion à petite échelle (du micron au mètre) et
entraine souvent l’augmentation de la taille des grains; 2) soit par pompage épisodique des
fluides dans un milieu semi-ouvert, qui accompagne l’ouverture rythmique des fractures :
c’est le cas des transformations métasomatiques et qui consistent en de lents transferts
d’éléments dans des environnements poreux qui conduisent à des transformations minérales ;
3) soit par canalisation dans les zones de plus fortes perméabilités en milieu ouvert (karts,
contacts lithologiques, fractures ouvertes).

Les fluides se déplacent sous l’influence de la pression et/ou de la température. Dans la lithos-
phère, on passe progressivement d’une pression hydrostatique à une pression lithostatique,
c’est-à-dire d’une pression reliée au poids des fluides dans un milieu perméable à une
pression reliée au poids des roches dans un milieu imperméable. Le déplacement peut aussi se
réaliser suite à des différences de température qui produisent une expansion thermique, ou à
des variations de densité du fluide.

Le transport des éléments peut s’effectuer dans des magmas généralement silicatés, ou dans
des fluides hydrothermaux, généralement liquides, mais parfois gazeux.
Le transport des constituants minéraux peut s’effectuer sous forme de combinaisons très
complexes solubles dans l’eau et stables dans les solutions comme les complexes sulfurés, les
thiosulfatés, chlorures, arséniosulfures, des ligands organiques. Les cations de métaux lourds
entrent dans la composition de ces complexes ou ligands et sont stables avec les anions dans
un large intervalle d’alcalinité ou d’acidité des solutions.
Des découvertes récentes montrent que les gaz jouent un rôle significatif, voire essentiel,
dans la formation de gisements de métaux de base et précieux. Ainsi, le soufre est souvent
transporté de manière gazeuse, tandis que de nombreux métaux peuvent se concentrer dans la
phase gazeuse à l’occasion d’une ébullition : c’est le cas du cuivre et de l’or (Williams-Jones
et Heinrich, 2005) et de l’or et l’argent déposés directement par des fumerolles du volcan
Kudryavi dans l’archipel des Kouriles (Russie).

La cause principale du mouvement est la différence de pression. Si pendant leur ascension à


travers les fissures, ces solutions atteignent le secteur d’accumulation des solutions
hydrothermales, elles sont aspirées par les cavités. La précipitation des substances dissoutes
dans un fluide hydrothermal est déclenchée par des variations des conditions, qui déstabilisent
les complexes métalliques et séparent les minéraux en voie de cristallisation dans les solutions
saturées. Il peut s’agir d’un changement de température, de pression, une interaction entre le
fluide et la roche, ou un mélange de fluides. La précipitation en masse résulte souvent d’une
combinaison complexe où plusieurs de ces causes interagissent. En outre, l’action bactérienne
peut jouer un rôle au voisinage de la surface.

I.5 Secrétions latérales


Lorsque de la silice est extraite d’une roche partiellement fusionnée et est par la suite
précipitée dans les zone dilatées et les fissures de ladite roche sous forme de lentilles ou de
veines, on parle de secrétions latérales. Cette silice est souvent accompagnée de métaux utiles
et de sulfures.
I.6 Processus liés au métamorphisme
I.6.1 les dépôts de skarn
Ils se développent le plus souvent dans les zones de contact des intrusions avec les roches
carbonatées. Les roches carbonatées sont alors transformées en marbre, et ou en skarns par les
effets du métamorphisme. Dans un premier temps, la roche encaissante est recristallisée dans
la zone de contact avec l’intrusion magmatique et dans un second stade, il s’y introduit par
métasomatose (lents transferts d’éléments dans des environnements poreux qui conduisent à
des transformations minérales) des substances étrangères comme le fer, l’aluminium, la
silice et le magnésium.

I.6.2 le rôle des autres processus métamorphiques


Certains cas de secrétions latérales sont le résultat du métamorphisme, c’est le cas des
recristallisations et des redistributions de matières par diffusion des ions à l’état solide ou par
des volatils comme la vapeur d’eau dans les zones de cisaillement, les fractures ou crêtes des
plis.
I.7 Processus liés au volcanisme
Les conditions de surface ne sont très pas favorables à la formation des gisements à partir du
magma en voie d’épanchement. Le dégagement des volatils se fait principalement à
l’approche de la surface terrestre et jusqu’à la cristallisation complète du magma et une
énorme quantité de substances de valeur se perd sans retour. Les gaz jouent un rôle
significatif, voire essentiel, dans la formation de gisements de métaux de base et précieux. Ils
les transportent de manière gazeuse, car de nombreux métaux peuvent se concentrer dans la
phase gazeuse à l’occasion d’une ébullition : c’est le cas du cuivre et de l’or. Ce processus a
été observé sur le volcan Kudryavi dans l’archipel des Kouriles (Russie) où des fumerolles
déposent directement Au, Ag et Cu. C’est également le cas des platinoïdes.
On distingue trois faciès de phénomènes postmagmatiques dans les formations volcaniques :
-les formations d’exhalation à fumerolle-solfatare proche de la surface ;
-les formations subvolcaniques ;
-les formations volcanogènes hypabissales.

II. Processus exogènes de formation des gisements de minéraux utiles


Les gisements exogènes apparaissent à la faveur de processus géologiques qui se tiennent à la
surface de l’écorce terrestre et qui aboutissent à la formation de sédiments parmi lesquels
peuvent se former des gisements de minéraux utiles. On distingue les processus d’altération et
les processus de sédimentation.

II.1 Processus d’altération


L’altération est un processus de destruction mécanique et chimique des roches dû à l’action
des oscillations de la température, de l’eau, des gaz, à l’activité des organismes végétaux et
animaux. Elle affecte la partie supérieure de l’écorce terrestre, dans la zone d’altération. Le
processus aboutit à 1) un départ de produits mobiles du lieu de leur formation à une certaine
distance où ils peuvent se déposer, 2) un produit résiduel qui reste sur le lieu de la destruction
des roches.

II.2 Processus de sédimentation


La formation des gisements sédimentaires est soumise au schéma destruction-transport-dépôt
et diagenèse. Le matériau détruit par altération superficielle est transporté sous forme de
débris à l’état suspendu ou en solution par les eaux courantes, le vent, les glaciers et les eaux
marines. Il est par la suite déposé dans les bassins de sédimentation marins ou continentaux,
par voie de précipitation chimique ou d’accumulation de débris ou de restes d’êtres vivants.
Les produits ainsi déposés subissent la diagenèse qui les transforme en roches sédimentaires.

III. Classification des gisements de minéraux utiles


Par suite de la complexité et de la diversité des processus de la minéralisation, plusieurs types
de classification des gisements de minéraux utiles ont été proposés, mais la classification
génétique (Dorokhine et al., 1967) qui tient compte des principes génétiques est adoptée dans
le cadre de ce cours. Elle distingue trois groupes de gisements de minéraux utiles comme
suit :
 gisements endogènes
1) gisements purement magmatiques :
-gisements magmatiques précoces
-gisements magmatiques tardifs
-gisement magmatiques de liquation
2) gisements à pegmatite
3) gisements postmagmatiques :
-gisements pneumatolito-hydrothermaux à haute température
-gisement hydrothermaux à température moyenne
- gisement hydrothermaux

 gisements exogènes
1) gisements d’altération
-gisements détritiques
-gisements résiduels
-gisements d’infiltration
-gisements d’hydratation
2) gisements sédimentaires
-gisements mécaniques ou détritiques sédimentaires
-gisements chimiques
-gisements biochimiques

 gisements métamorphogènes
1) gisements métamorphisés
2) gisements métamorphiques.

IV. La classification habituelle et récente des gîtes minéraux endogènes et exogènes


(Jebrack, 2006)
Elle combine nature du phénomène géologique et milieu de genèse. Les gîtes minéraux
occupent quasiment tout l’espace de pression-température de la lithosphère. Elle distingue les
principaux types de gîtes minéraux suivants :

 Gîtes endogènes
- les gîtes du plutonisme mafique et ultramafique, où dominent les processus magmatiques,
tels que la cristallisation fractionnée. Ces gîtes comprennent notamment les gisements de
chromite et platinoïdes des péridotites ophiolitiques, ceux de titane dans les anorthosites, de
nickel, cuivre et platinoïdes dans des complexes ultramafiques;

- les gîtes du plutonisme alcalin, issus de l’activité magmatique des syénites néphéliniques,
des carbonatites, et des kimberlites parfois diamantifères;

- les gîtes du plutonisme felsique, résultant de l’action des fluides expulsés à la cristallisation
d’un magma. Ils donnent naissance à des gîtes variés à caractère hydrothermal : porphyres (à
Cu, Au, Mo et/ou Sn), gisements de fer-oxydes à cuivre, or, et uranium, gîtes de contacts,dont
les skarns, les mantos et les cornéennes, pegmatites qui concentrent les métaux rares,et les
coupoles à étain, tungstène et bismuth;

- les gîtes du volcanisme felsique aérien, représentés par les gisements épithermaux, neutres
et acides, à or et argent, dont on observe la formation actuelle au Japon et aux Philippines;

- les gîtes du volcanisme sous-marin dont les fluides magmatiques et hydrothermaux réagis-
sent avec l’eau de mer pour donner les amas sulfurés volcanogéniques, ou VMS, gisements
stratiformes de Cu, Zn, Pb, Ag, Au; si ces gisements apparaissent en contexte à forte
dominante sédimentaire, il s’agit de gisements de type SEDEX;

- les gîtes associés au métamorphisme profond (plus de 10 km), contexte dans lequel les
fluides carboniques et aqueux donnent naissance à de grands filons aurifères.

 Gîtes exogènes
La formation des gisements exogènes est régie par l’altération et/ou la sédimentation
généralement en contexte de bassin. On distingue schématiquement trois types de gîtes :

- les gîtes détritiques qui résultent de processus de concentration purement mécanique de


fragments minéraux arrachés aux roches par altération. Les placers alluviaux, concentrations
en minéraux lourds exploitables (or, platine, cassitérite, ilménite, diamant, etc.), et les sables
noirs littoraux en sont les exemples les plus typiques. Ils peuvent évoluer en paléoplacers par
lithification des roches meubles;

- les gîtes chimiques et biochimiques qui résultent du transport et de la précipitation des


éléments dissous dans les eaux. Ces processus à l’origine de nombreuses roches (calcaires
notamment) génèrent les évaporites, des concentrations majeures de fer, manganèse, plomb,
zinc, cuivre et uranium. La concentration peut s’effectuer au voisinage de la surface, par
sédimentation et diagenèse précoce (charbon), ou à un stade d’enfouissement plus avancé;
c’est le cas du pétrole et du gaz formés ainsi par diagenèse et migrant par la suite. Il peut y
avoir alors continuité avec les gisements hydrothermaux. L’appellation biochimique est basée
sur l’intervention des organismes vivants, essentiellement les bactéries;
- les gîtes résiduels et d’altération qui résultent de l’altération sur place d’un protolite.
L’enrichissement résulte de deux processus distincts complémentaires : la concentration en
minéraux insolubles, et la mise en solution de certains éléments qui se redéposent plus en
profondeur sous forme de nouveaux minéraux. Les latérites (gisements et plus grosses
réserves mondiales de nickel) et les bauxites (plus grosses réserves mondiales d’aluminium)
sont les représentants les plus répandus de ce type de gîtes.

IV. classification chimico-technologique ou industrielle

Elle est basée sur la structure de l’industrie minière métallurgique. Les métaux sont classés en
fonction de leurs propriétés en métallurgie et les non métaux selon les branches de l’industrie
qui les utilise. On distingue trois groupes d’éléments :

 les minéraux utiles métalliques ou métaux


Ce groupe compte huit classes :
1) Métaux ferreux : fer (Fe), manganèse (Mn), chrome (Cr), titane (Ti), vanadium (V),
nickel (Ni), cobalt (Co), wolfram ou tungstène (W), molybdène (Mo).
2) Métaux non ferreux : cuivre (Cu), plomb (Pb), zinc (Zn), aluminium (Al), étain (Sn),
mercure (Hg), antimoine ou stibonium (Sb) ;
3) Métaux nobles : or (Au), argent (Ag), platine (Pt), platinoïdes ;
4) Métaux radioactifs : uranium (U), thorium (Th) ;
5) Métaux legers: beryllium (Be), lithium (Li), cesium (Cs), rubidium (Rb), magnesium
(Mg);
6) Métaux rares: zirconium (Zr), niobium (Nb), tantale (Ta)
7) Eléments disséminés : indium (), galium (Ga), cadmium (Cd), tallium (Tl), germanium
(), scandium (Sc), hafnium (Hf), rhénium (), sélénium (), tellure ;
8) Eléments des terres rares : groupe du Cérium ou terres rares légères et groupe de
l’yttrium ou terres rares lourdes.
 Minéraux utiles non métalliques

1) Matière première pour l’industrie chimique (ex : sels minéraux, apatite, soufre natif,
phosphorites)
2) Matériaux de construction (ex : roches diverses, sables, grès, graviers, argiles,…)
3) Matière première minérale non métallique (ex : diamant, micas, amiante, graphite)

 Minéraux utiles combustibles

1) Houille ou charbon minéraux


2) Schistes combustibles
3) Pétrole et gaz naturel
Chapitre 3 : Les gisements magmatogènes et métamorphogènes
A. Gisements magmatogènes
- Gisements magmatiques
- Gisements à pegmatites
- Gisements post-magmatiques
- Formations volcaniques

Le magma se forme par la suite de la fusion des roches due à la chaleur obtenue lors de la
désintégration des substances radioactives. Pour beaucoup de chercheurs, il existe deux types
de magmas : le magma basique et le magma acide.
Au fur et à mesure de la cristallisation du magma, la fusion restante devient de plus en plus
riche en composants volatils et des processus différents évoluant sans arrêt. Ceci permet de
distinguer arbitrairement les étapes suivantes :
-La cristallisation des minéraux pétrogènes, en premier lieu les minéraux réfractaires
(olivine, pyroxènes, plagioclases basiques) qui donnent les roches ultrabasiques (dunites,
pyroxénites, péridotites) ; ensuite les minéraux plus fusibles (feldspath et quartz) ui donnent
des roches acides (syénites, granites et granodiorites).
Certains minéraux de valeur se cristallisent avec eux de façon simultanée et forment
parfois des gisements magmatiques importants.
-Séparation dans le bassin magmatique en cristallisation, de la fusion résiduelle saturée en
composants volatils et vapeurs d’eau, qui conduit à la formation des pegmatites.
-Liquéfaction des vapeurs d’eau et des composants volatils et formation de solutions
aqueuses chaudes qui sont à l’origine des processus pneumatolyto-hydrothermique de la
formation des gisements.
La formation des gisements minéraux s’opère au cours de toutes les étapes indiquées.

I. Les gisements magmatiques


Ils se forment lors des processus extrêmement complexes ayant lieu dans le magma en cours
de refroidissement et de cristallisation. Les gisements minéraux d’affiliation magmatique
peuvent être formés par deux types de processus :
1) la cristallisation fractionnée qui est l’accumulation des cristaux par différence de
densité et qui produit un changement de composition du magma résiduel au fur et à
mesure que les cristaux se déposent.
2) La ségrégation du liquide immiscible qui entraine l’immiscibilité d’un liquide sulfuré
ou oxydé dans le magma silicaté qui est plus dense que le magma silicaté et s’enfonce
dans la chambre magmatique.
Le premier type de processus présente deux modes de mise en place :
I.1 gisements magmatiques précoces
Ils sont formés de minéraux métallifères séparés du magma en cristallisation sous forme de
cristaux, simultanément ou quelque peu avant les minéraux pétrogènes à T° variant entre 1000
et 1300°C. Ces produits séparés du magma pendant la différenciation cristallisent sur place au
même moment que le magma et forment des gisements disséminés. Les accumulations de
minéraux forment des corps relativement petits comme des nids, des lenticules ou des
schlierens.
Exemple : gisements de chromites, Platine, diamant, monazite, colombite.
I.2 gisements magmatiques tardifs
Les minéraux métallifères se séparent après la cristallisation des silicates et semblent les
cimenter, ou alors remplissent les fissures des roches porteuses formant des filons de minerai
généralement traversés par des veinules de la roche porteuse. Ces produits sont refoulés et
forment des masses compactes. Les gîtes sont en forme de couches, stratiformes, filons,
stocks, schlierens, veinules, lentilles.
Exemple : gisement de chromite, magnétite, titane, apatite.
Nb. : Les gîtes du plutonisme mafique et ultramafique et les gîtes du plutonisme alcalin
correspondent à ces classes de gisements.

Le deuxième type de processus met en place le troisième type de gisements


I.3 gisements de liquation ou d’immiscibilité
La liquation est une forme de ségrégation résultant de l’immiscibilité des liquides
magmatiques. Dans un magma hétérogène contenant des silicates et des sulfures, avec la
baisse de la T°, la solubilité des sulfures diminue dans le magma et progressivement ils se
séparent sous forme de gouttelettes de sulfures immiscibles dispersées dans le magma et
s’enfoncent dans les zones profondes du foyer magmatique grâce à leur poids spécifique
élevé. Ils s’y déposent sous forme de gros schlierens, nids ou corps stratiformes. Parfois ces
sulfures sont refoulés dans les fissures et les failles formant ainsi des gisements d’injection
sous forme de filons et de gîtes compacts. Ces gouttelettes collectent les éléments métalliques
présents qui peuvent s’accumuler sous forme de sulfures par gravité à la base des intrusions.
Exemple : gisement de sulfures de nickel et cobalt ou cuivre et nickel.

II. Les gisements à pegmatites


Les pegmatites sont des roches plutoniques particulières sur le plan minéralogique,
morphologique, structural et génétique formé lors des étapes ultimes de la cristallisation du
foyer magmatique. Elles occupent une position intermédiaire entre les roches intrusives et les
filons de minerais. Ce sont des roches à grands cristaux de taille supérieure à 2cm, et pouvant
atteindre plusieurs mètres. Les pegmatites forment des poches ou des filons, à l'intérieur ou au
voisinage immédiat des plutons granitiques auxquels, elles sont génétiquement associées.
Elles correspondent au liquide résiduel, riche en eau, de fin de cristallisation d'un magma
granitique. L'abondance de l'eau facilite la diffusion des éléments chimiques et permet la
croissance des grands cristaux. Elles sont essentiellement de composition granitique et
constituées de quartz, feldspath et micas avec souvent des minéraux tels que la tourmaline,
topaze, béryl, grenat, wolframite, apatite, et rarement phosphates de fer. On peut y trouver des
gisements de : Be, Li, B, Nb, Ta, Th, U, Zr, Sn, W, micas et pierres précieuses et semi-
précieuses. Cependant, des pegmatites basiques existent aussi liées aux gabbros et aux
diorites, on les connait également dans les roches sous-saturées en silice (sans quartz) telle
que les syénites et néphélines.

les gîtes du plutonisme felsique appartiennent aux classes pegmatitiques et post


magmatiques.

Figure : pegmatite syénite néphéliniue de Khibiny Massif de la peninsule de Kola, Russie. Le gris = népheline, le
blanc = microcline, le rouge = eudialyte, et le noir = amphibole et pyroxene.
Source : sandatlas.org/2012/09/pegmatite/
Figure : pegmatite de granite (minéraux noir = riébeckite)
Source : sandatlas.org/2012/09/pegmatite/
III. Les gisements post-magmatiques
Pendant le refroidissement du foyer magmatique et après la formation des pegmatites, des
fluides ou distillats, riches en minéralisateurs, se séparent du magma résiduel lors de
l'individualisation des pegmatites, à divers moments, en quantité plus ou moins importante et
en proportion diverse, pendant toute cette période du refroidissement. Ils vont former des
gisements pneumatolytiques et ultérieurement et au fur et à mesure de la baisse de la
température, les solutions aqueuses chaudes vont donner des gisements hydrothermaux variés.

III.1 Gisements à haute température (HT = 400 et 600°C)


Ce sont les gisements pneumatolytiques et les gisements hydrothermaux de HT.
Les gîtes pneumatolytiques se forment à partir de fluides chauds de faible densité (vapeur
d'eau C02, F, Cl...) issus des liquides magmatiques dont ils s'isolent vers la fin de leur
cristallisation. L'action la plus commune des pneumatolytes est la greisenisation des roches,
c'est-à-dire leur transformation en un assemblage de quartz et de muscovite. La topaze, la
tourmaline, la cassitérite, etc., sont fréquentes dans ce type de formation. A la fin quand la
température atteint 400°C, il se forme des gisements hydrothermaux de HT.
Les gisements à HT peuvent être partagés en gisements contacto-métasomatiques ou skarns et
en gisements à greisen.

III.1.1 gisements contacto-métasomatiques


Il s’agit des skarns qui sont des roches du métamorphisme de contact des granites,
caractérisées par une texture largement grenue avec souvent de grands cristaux de 1 à 20 cm,
issues de calcaires magnésiens et de dolomies qui, au contact du granite, ont subi une
métamorphose et l'influence des fluides pneumatolytiques.
Un skarn est une association de minéraux à prédominance de silicates calciques et magnésiens
qui s'est typiquement formée dans des roches carbonatées sous les effets d'un métamorphisme
régional ou d'un thermométamorphisme de contact et d'un remplacement métasomatique
(migration d'éléments chimiques à partir de la masse granitique intrusive et leur dépôt dans les
roches carbonatées (métasomatose). Il forme une auréole autour du pluton.

III.1.2 gisements à greisen


Le greisen est une roche micacée située à la bordure des massifs granitiques ou des filons
granitiques et issue du remplacement des feldspaths granitiques par l'association quartz-
muscovite sous l'action des fluides pneumatolytiques (vapeur d'eau, fluor, bore, chlore, etc ...).
Les greisens peuvent, parfois, constituer des gisements de cassitérite, tungstène, tantale,
molybdène, fluorine, tourmaline, béryl.

III.2 gisements hydrothermaux à température moyenne (TM)


Ce sont des gisements formés à grande, moyenne et faible profondeur et à des températures
variant de 200 à 400°C. Les terrains encaissants sont modifiés différemment en fonction de
leur nature. Il apparait des minéraux tels que le talc, magnésite, séricite, pyrite, chlorite,
micas, quartz. Les corps ont des formes de filon simple et complexe, stockwercks et gîtes
métasomatiques, on y extrait le Pb, Zr, Cu, Sn, Au, Ag, U, Mo.

III.3 gisements hydrothermaux à basse température (BT)


Ils sont formés à de faibles profondeurs entre 50 et 200°C. Ils sont loin du foyer magmatique
et localisé dans les roches encaissantes. Les formes des corps sont stratiformes, des filons, des
disséminations. La séricitisation et la dolomitisation expriment les altérations dans les roches
encaissantes acides ; dans les roches basiques et ultrabasiques, c’est la propylitisation qui se
tient et met en place la chlorite et l’épidote. On y trouve : Hg, Sn, As, Ag, Au, U…

IV. Formations volcaniques


Le volcanisme est la source de nombreuses ressources exploitées par l’Homme depuis des
temps immémoriaux. Les ressources de contexte volcanique peuvent aussi être des substances
générées par une activité hydrothermale latente ou exprimée, issue du volcanisme. Les
produits volcaniques sont largement exploités comme matériaux de construction
(pouzzolanes, granulats, ponces, etc.), ou comme minéraux industriels (obsidienne, zéolites,
soufre, perlite, et autres). Les ressources de contexte volcanique peuvent aussi être des
substances générées par une activité hydrothermale latente ou exprimée, issue du volcanisme.
Ex : les minéralisations métalliques à or, argent et cuivre, exploitées depuis l’Antiquité, des
filons d’or et d’argent exploités en Europe centrale. Les amas polymétalliques de sulfures
massifs de type VMS (volcanogenic massive sulfide ou VHMS, volcanic-hosted massive
sulfide) et SEDEX (sedimentary exhalative), qui constituent des gisements majeurs de Zn, Cu,
Pb, Ag et parfois d’or ou d’étain, sont également la conséquence directe du volcanisme sous-
marin.

On distingue généralement trois faciès de phénomènes post-magmatiques dans les formations


volcaniques :

IV.1 formations à fumerolle – solfatare


Une fumerolle ou fumerole est un petit panache de vapeur sortant de terre, généralement près
d'un volcan ou sur une zone volcanique. Les fumerolles contiennent éventuellement quelques
particules, des acides (acide sulfurique), des éléments minéraux d'origine magmatique, des
traces de métaux à l'état de vapeur comme du mercure. Le terme de fumerolle recouvre tout
phénomène paravolcanique actif d'où s'échappent des gaz ou des vapeurs. La plupart du
temps, les fumerolles sont composées de soufre et de ses dérivés, dont l'anhydride sulfureux,
l'acide sulfurique et le dioxyde de soufre. On y trouve notamment des gaz carboniques, en
particulier le dioxyde de carbone. Des quantités importantes de vapeur d'eau entrent aussi
dans la composition.
D'autres éléments géologiques interviennent lors de la formation d'une fumerolle : chlorure de
magnésium, fluor, oxyde de fer…
Plusieurs phénomènes différents sont nommés fumerolles,
 les solfatares : il s'agit d'une fumerolle d'où s'échappe du soufre, formant des dépôts
solides. Dans certains cas, ces dépôts cristallins s'accumulant réduisent petit à petit
l'ouverture de la solfatare. Elles doivent leur nom au cratère de la Solfatare en Italie ;
 la vapeur de certaines sources chaudes ;
 la combustion des gaz carbonés issus des éruptions volcaniques ;
 Autrefois, « mofette » était synonyme de « fumerolle » ; on considère aujourd'hui les
mofettes des fumerolles de moins de 150 °C, émettant essentiellement du gaz
carbonique ;
 sous la mer, on désigne parfois les panaches de fumeurs noirs de « fumerolle sous-
marines ».

Fig. Dépôts de soufre autour d'un champ de fumerolles en Nouvelle-Zélande

IV.2 formations sub-volcaniques


Il s’agit de source thermale ou source chaude liée à une activité volcanique, dont les eaux sont
généralement fortement minéralisées. L'eau provenant d'une source chaude est chauffée par
une chaudière géothermale (c’est-à-dire que l'énergie thermique provient de celle de la Terre).
En général, la température des roches de la croûte terrestre augmente en fonction de la
profondeur. On appelle cela le « gradient géothermique ».
On appelle « geyser » une source chaude dont l'eau bouillante et la vapeur jaillissent sous
pression. Si seule la vapeur d'eau sort du sol, il s'agit d'une fumerolle. On peut aussi
apercevoir parfois de l'eau surchauffée mélangée à de la boue et de l'argile bouillonnant, on
appelle cela une mare de boue.
Certaines de ces sources chaudes sont minéralisées et responsables des dépôts hydrothermaux
à Hg – Sn, Ag, Au – Ag, Mn – W,… , des gisements non métalliques comme l’agate et la
fluorine.
Figure : Source hydrothermale océanique. C'est une éjection d'eau chaude (pouvant dépasser 300 °C) à partir des roches
situées au fond de l'océan, à une profondeur pouvant atteindre 4 000 m. L'eau est chargée de particules métalliques qui
constituent, par précipitation, des cheminées de minerai autour des bouches de sortie. Ph. © Guy Pautot

B. Gisements métamorphogènes

- Gisements métamorphisés
- Gisements métamorphiques

Le métamorphisme est l’ensemble des processus s’effectuant en dehors de la zone d’altération


et conditionnés par l’influence sur les roches d’une température élevée, d’une pression et de
substances chimiquement actives qui changent essentiellement la composition minérale et la
texture des roches dans les profondeurs de la lithosphère. Ces changements peuvent être
entiers ou partiels, avec ou sans apport de nouvelles substances. En général, chaque minéral
passe à un autre minéral qui est stable dans les nouvelles conditions. Simultanément aux
changements de la composition chimique et minéralogique, se tient un changement des
formes, tailles, teneurs, structures et textures initiales des minerais et des roches encaissantes.
Pendant ce processus, divers minéralisateurs en particulier l’eau et l’acide carbonique jouent
un rôle déterminant, ils contribuent à l’apparition des phénomènes de métasomatose, à la
redéposition des minéraux ainsi que leur désagrégation et à l’éloignement de certains
composants. Es minéralisateurs se forment à partir même des roches soumises au
métamorphisme. Cependant, les solutions hydrothermales qui se dégagent des massifs
intrusifs situés à proximité participent aussi à ces processus. On distingue deux types
principaux de gisements métamorphogènes :

I. Les gisements métamorphisés

Ils sont formés à partir de ceux existant antérieurement et de genèse quelconque. Le


métamorphisme ne provoque pas de changement essentiel dans la composition des gîtes
initiaux, seules la forme des corps de minerais, la texture et la structure des minerais subissent
des changements. C’est le cas des gisements de fer, Mn, Au, U, etc… les accumulations
initiales étaient sédimentaires, les formes hydratés et amorphes des substances sont solidifiées
et cristallisées et la qualité du minerai est nettement améliorée.

II. Les gisements métamorphiques

Ils prennent leur origine des roches et non des minerais existant antérieurement, c’est le cas de
l’apparition des gisements de corindon et d’émeri à partir des bauxites et des roches
aluminosilicatées qui leurs sont proches, du graphite à partir du charbon minéral sous
l’influence des intrusions de diabases, de marbres à partir du calcaire, des ardoises à partir des
argiles et des schistes argileux.

Chapitre 4 Les gisements exogènes

Conventionnellement, les processus géologiques exogènes sont divisés en processus


d’altération et en processus d sédimentation.

I. Gisements d’altération

La partie supérieure de l’écorce terrestre où se déroule les processus d’altération est appelée
zone d’altération. Au cours de ces processus, ils se forment des produits mobiles qui sont
enlevés et transportés à une certaine distance, et les produits résiduels qui restent sur le lieu de
la destruction des roches.

En tenant compte de la prédominance de tels ou tels processus créant la formation des


gisements de minéraux utiles, il est possible de répartir les gisements d’altération en quatre
classes : gisements détritiques, gisements résiduels, gisements d’infiltration et gisement
d’hydratation.

I.1 Gisements détritiques

Ils se forment à la suite de l’accumulation mécanique des substances utiles et d’une


augmentation possible de leurs concentrations lors des processus d’altération. Les substances
utiles alors disséminées dans les roches porteuses sont libérées de leur gangue. Et les
matériaux formés dans lesquelles sont contenues les substances utiles sont alors retenus sur le
lieu de leur formation ou roulés sur une faible distance le long de la pente, il se forme alors
des gisements d’altération détritiques. Ex. : les gisements éluvionnaires d’or, de diamant…

I.2 Gisements résiduels


Lors des processus d’altération chimique, les structures primaires des minéraux sont détruites
et les éléments chimiques sont séparés les uns des autres, puis selon les conditions du milieu
et le type du processus hydrolytique, il se produit un lessivage des matériaux altérés sous
l’action des eaux de surface. Une partie importante de constituants solubles (bases, silice…)
est évacuée et des minéraux nouveaux sont néoformés sur place, à partir de l’accumulation
relative des éléments peu solubles et moins mobiles. Il se forme ainsi des gisements résiduels
par précipitation des substances (aluminium, fer, manganèse). Ex. : gisement de bauxite (Al),
gisement résiduel de fer, de manganèse.

On peut prendre pour exemple les concentrations de minéraux qui naissent de la latérisation
dans les régions chaudes et tropicales, où peuvent se constituer des dépôts de limonite, de
nickel, de silicates, … On range dans les gisements résiduels les gisements de kaolinite
résultant de l’altération chimique des roches feldspathiques. C’est le cas d’un grand nombre
de gisements de fer, de cuivre, de manganèse, de vanadium, d’uranium, de phosphates, … Les
deux types de gisements, gisements résiduels ou gisements d’infiltration sont souvent
étroitement liés.

Bauxite (minerai d’aluminium)

I.3 Gisement d’infiltration

Ils se forment dans les fissures des roches et dans les zones d’accident tectonique, dans les
roches fortement carbonatée, par précipitation de diverses substances à partir des eaux de
surface transportant les produits solubles de l’altération des roches. Ex. : gisements de fer,
manganèse, cuivre, vanadium, phosphorites.

I.4 Gisements d’hydratation

Il s’agit de l’addition de molécules d’eau à certaines substances avec augmentation de


volume, comme l’anhydrite qui donne le gypse.

Dans ce type on range aussi les gîtes d'oxydation et de cémentation qui sont surtout des
minéraux secondaires résultant de l'oxydation de minéraux métalliques. L'oxydation des
minéraux concernés se produit entre le niveau hydrostatique et la surface du sol. C'est une
zone oxydante où l'eau circule aisément. Le chapeau de fer de certains gisements est
l'illustration parfaite de ce phénomène qui se traduit par une forte concentration d'hydroxydes
de fer (limonites). En dessous du niveau hydrostatique, l'oxygène joue un rôle moindre et l'on
passe à une zone réductrice appelée zone de cémentation. Elle se révèle très intéressante au
point de vue minier, car il s'y produit des enrichissements en métal (argent ou cuivre).
II. Gisements sédimentaires

La formation des gisements sédimentaires est soumise au schéma : destruction – érosion-


transport- dépôt – diagenèse. Les gisements sédimentaires se subdivisent en gisements
détritiques ou mécaniques, gisements chimiques et gisements biochimiques.

II.1 Gisements détritiques

Les minéraux résultant de la décomposition d’une roche (minéraux résistants à l’altération et


minéraux néoformés) peuvent encore être transportés par l’eau et le vent et déposés dans des
endroits souvent très éloignés de leur lieu d’origine ; en même temps se produit un classement
progressif des particules selon leur taille et leur poids spécifique. Les dépôts des minéraux par
les cours d’eau donnent naissance aux gisements alluvionnaires d’argile, de sable, de graviers,
de galets ; aux placers qui sont des accumulations meubles ou cémentés de matériaux
détritiques contenant, sous forme de débris un ou plusieurs minéraux utiles, c’est là que se
déposent les minéraux lourds, durs et résistants à l’abrasion et aux chocs. Le dépôt de
minéraux utiles peut se produire également dans les lacs et les mers où les ont transportés les
cours d’eau. Ainsi naissent différents gisement lacustres ou marins. C’est le cas, par exemple,
des gisements d’or, de platine, de corindon, de monazite ou de diamant.

II.2 Gisements chimiques

L’action de l’eau et des gaz atmosphériques, en même temps que l’érosion mécanique et la
décomposition biologique aboutissant à l’altération chimique, les minéraux se transforment ou
se dissolvent pour donner naissance à des minéraux secondaires. Pendant ce temps les
constituants solubles entrainés par les eaux de lessivage sont conduits par les eaux courantes
jusque dans les zones de dépôts (lacs et mers) où se produiront lorsque le milieu devient
saturé, des précipitations de substances et mise en place de dépôts sédimentaires chimiques.
C’est le cas des gisements sédimentaires de fer, manganèse, sels minéraux…

II.2 Gisements biochimiques ou biogènes ou organogènes

Ils se forment aux dépens des restes d’êtres vivants végétaux et animaux. On peut y citer les
minéraux combustibles (tourbes, houille, schistes bitumineux, pétrole et gaz naturel), les
gisements de phosphates formés à partir des excréments d’oiseaux, de calcium formés à partir
des coquilles et tests des organismes marins, de soufre, par décomposition et transformation
en roches sédimentaires.
Chapitre 5 : Géomatériaux

4- Classes de matériaux
5- Propriétés des matériaux
6- Utilisation des matériaux
Les géomatériaux sont des roches, des substances et des minéraux non métalliques munis de
propriétés physiques ou chimiques particulières qui sont à l’origine de leurs divers usages,
produits ou procédés industriels et comme matériaux de construction. Les minéraux
industriels (sel, quartz, talc, feldspath, argile, chaux, calcaire, dolomie, gypse, …) sont des
matières premières minérales naturelles indispensables à la fabrication des produits de la vie
quotidienne (bâtiment, véhicule, informatique, médicaments, papier, peinture, plastique,
verre, etc.).

I. Classes de matériaux

Les géomatériaux comprennent les roches, substances et minéraux non métalliques. On


distingue :
1. Les matériaux des carrières
Tous les types de roches peuvent être concassés et réduit à différentes granulométries
pour des constructions diverses.
2. Les minéraux industriels
Sont inclus dans les minéraux à usage industriels :

 les pierres industrielles (calcaire, dolomie, marbre, silice)


 la plupart des minéraux non métalliques;
 certains minéraux métalliques (chromite, ilménite, magnétite, hématite) utilisés sous
forme de composés chimiques;
 les argiles;
 les pierres gemmes;
 les saumures.

II. Propriétés des matériaux

Les matériaux possèdent trois catégories de propriétés.

- Les propriétés mécaniques

qui reflètent le comportement des matériaux lorsqu’ils sont sollicités par des efforts
extérieurs.

- Les propriétés physiques

qui représentent le comportement des matériaux sous l’action de la température, des champs
électriques ou magnétiques ou de la lumière.

- Les propriétés chimiques

qui caractérisent le comportement des matériaux dans un environnement réactif.

III. Utilisations

Les applications sont multiples et indispensables

1. Les matériaux de constructions divers (bétons, granulats, ciment, chaux…)


2. Les Polymères et les matières plastiques

Ils sont des matériaux organiques. Ils sont constitués par des molécules formant des chaînes
très longues d’atomes de carbone sur lesquels sont fixés des groupements d’atomes
comportant de l’hydrogène, du chlore, du soufre, de l’azote, etc. Les polymères organiques
sont presque toujours des isolants électriques et thermiques. Ils ont une densité faible et sont
très facile à mettre en
forme. Leurs températures de fusion sont très faible comparées à celles des métaux.

3. Les céramiques
Les céramiques sont des matériaux réfractaires (résistance thermique élevée). Ils sont
généralement des matériaux très durs (abrasifs) mais fragiles, ce qui limite leur emploi pour
des applications où les chocs mécaniques et thermiques sont élevés. Ils sont en général des
isolants électriques et thermiques. Leur structure atomique est la combinaison d’oxydes
métalliques (SiO2, Al2O3, TiO2, …) et non métalliques

Exemples d’usages :

Une maison contient jusqu’à 150 tonnes de minéraux, présents dans le ciment (argile,
carbonate de calcium), le plâtre (gypse), le verre, la peinture, la céramique, les tuiles et
briques (argiles),...

Une voiture contient jusqu’à 150 kilos de minéraux dans les pneumatiques (talc, carbonate de
calcium), dans les composants plastiques (talc, carbonate de calcium, kaolin, sel).

Le papier est constitué jusqu’à 50% de minéraux (carbonate de calcium, talc, kaolin,
bentonite, sel).

Les peintures sont composées de 50% de minéraux (carbonate de calcium, talc, silice, argile
plastique, bentonite, mica, sel).

Les produits céramiques (carrelage) sont constitués de 100% de minéraux (feldspath, argile,
kaolin, talc, silice).

Le verre contient 100% de minéraux (silice, feldspath, borate, dolomie, chaux, sel).

On trouve également des minéraux industriels dans des domaines tels que l'aéronautique, le
pharmaceutique, la cosmétique, l'électronique, les travaux publics, le traitement de l'eau,
l'agriculture, les énergies renouvelables, etc.

Dans les industries alimentaire et pharmaceutique

le talc est un excipient idéal pour de nombreux médicaments (comprimé et poudres). Il est
également très utilisé dans les confiseries et les aliments secs.

la diatomite est utilisée dans les procédés de filtration de l'eau, de la bière, du vin et de l’huile.

la chaux permet de corriger la dureté de l’eau potable.

pour protéger les cultures fruitières des rayonnements ultraviolets, le talc est une parfaite
alternative écologique aux produits chimiques.
le calcaire est une ressource adaptée à la fabrication d’alimentation animale.

le sel est utilisé dans les industries chimique et pharmaceutique, dans l'alimentation humaine
et animale, dans le traitement de l'eau ainsi que pour le déneigement des routes et
infrastructures en hiver.

CHAPITRE 6. Substances utiles et leur usage, Gîtes minéraux du Cameroun

1- Les éléments métalliques


2- les éléments non métalliques
3- les combustibles minéraux
4- Les gîtes minéraux du Cameroun

I. Les minéraux utiles métalliques


a) Métaux ferreux
1) Fer (Fe)
C’est un métal blanc gris, malléable et ductile, c’est le plus dur des métaux usuels et le
principal métal magnétique. Il s’oxyde à l’air humide et s’altère en rouille.
Il est largement employé dans l’industrie. Il sert de base pour la sidérurgie, la métallurgie, les
constructions navales et mécaniques, dans l’électroménager, etc. … son clarke est de
50.000g/t soit 5%. Il se trouve en concentration élevée dans les roches ultrabasiques et
basiques. Il existe à l’état natif avec une faible proportion du nickel. Il participe à la formation
de plus de 150 minéraux dont 10 à 12 seulement ont une importance industrielle. Ce sont la
magnétite (Fe3O4, 72,4% Fe) ; magnomagnétite ou magnétite magnésienne ; hématite
(Fe2O3, 70% Fe) ; limonite (48 - 63% Fe) ; sidérite (FeCO3, 48,3%) ; chlorites ferrifères, etc.

Le fer est mis dans le marché sous forme d’acier résultant de la fonte du fer.
La teneur rentable est fonction du type de minerai, les minerais sont dans tous les cas
exploitables pour des teneurs de plus de 25%.
2) Manganèse (Mn)
Métal blanc gris, employé dans la sidérurgie principalement sous forme ferromanganèse
(alliage Fe-Mn) et dans l’industrie chimique. Le clarke est de 0,1%. Il est principalement liés
aux roches éruptives basiques et entre dans la composition de plus de 100 minéraux dont les
plus importants sont : la pyrolusite (MnO2, 55 – 63% Mn) ; braunite (Mn2O3, 60 - 69%) ;
hausmanite (Mn304, 63 - 72%) ; manganite Mn2O3. H2O (50 – 62%) ; psilomélane ou wads ;
rodochrosite, rodonite, etc.

3) Chrome (Cr)
Métal blanc souvent légèrement bleuté, très dur et inoxydable à l’air, il est employé dans la
métallurgie, la fabrication des revêtements réfractaires pour haut fournaux, l’industrie
chimique. Son clarke est de 0,01 à 0,02% et se rencontre dans les minéraux de type spinelle
chromifère abondants dans les roches ultrabasiques et certaines météorites. Le seul minéral
exploitable est la chromite.

4) Titane (Ti)
C’est un métal blanc gris, très dur et employé dans la métallurgie comme métal désoxydant et
d’alliage et dans l’industrie aéronautique. Son clarke est de 0,45 - 0,61%) selon les auteurs, on
le trouve dans près de 70 minéraux dont seul l’ilménite FeTiO3 (31,6% Ti), et le rutile (60%
Ti) servent de source principale pour son obtention. On peut aussi l’extraire de la loparite
(Na,Cl,Ca)(Nb,Ti)O3 (23,5% Ti).
Dans les conditions d’altération et de sédimentation, le titane a une affinité avec Al2O3 et se
concentre dans les bauxites, les latérites et dans les sédiments argileux marins.

5) Nickel (Ni)
C’est un métal blanc brillant, ferromagnétique employé dans plusieurs branches de l’industrie
pour des alliages spéciaux et d’aciers. Le clarke est de 0,075 à 0,080%, il est concentré surtout
dans les roches ultrabasiques et basiques en substitution à Fe ou Mg dans les péridots
(olivine), à l’état naturel, il est toujours associé au Fe. Les principaux minéraux des minerais
nickelifères sont : pentlandite (Ni,Fe)S8 (22-43% Ni), 1 -3% Co et Pd ; Millérite NiS (64-65%
Ni) ; Nickelite NiAs (40-44% Ni) ; annabergite, garnierite, rewdanskite…
Il est extrait soit des gisements complexes primaires sulfurés cupronickélifères avec du cobalt
ou du Ni-Co avec une teneur limite d’exploitabilité de 0,03% NiO; soit des gisements oxydés
à minerais silicatés issus des concentrations secondaires supergènes avec comme teneur limite
d’exploitabilité de 0,6% NiO.

6) Cobalt (Co)
Le cobalt est un métal blanc assez malléable n’existant pas à l’état natif. Il est utilisé en
métallurgie pour l’obtention d’alliages extra durs d’aciers rapides, réfractaires et d’autres
aciers spéciaux, comme catalyseurs pendant la synthèse de l’essence, pour la fabrication des
émaux et des peintures et dans la médecine. Le clarke est de 0 ,023 à0,025%, il entre dans la
composition de près de 100 minéraux. Sa géochimie est analogue en beaucoup de points à
celle du nickel, dans les processus géologiques. Il se trouve surtout dans les roches basiques et
utrabasiques. Les principaux minéraux sont : linnéite Co3S4 (40 – 53% Co) ; cobaltine
CoAsS (35% Co) ; smaltine ; asbolanes ; arséniopyrite cobaltifère et pyrite cobaltifère.

7) Tugnstène et Molybdène
Le tungstène ou wolfram (métal dur) et le molybdène (métal blanc et dur) sont employés dans
la métallurgie pour la préparation d’aciers spéciaux, d’alliages avec Ni, Co, Cr, V ; de plaques
de blindage, le wolfram est aussi utilisé dans les carbures. Le clarke du W est de 1,5g/t à 2g/t
et celui du Mo est inférieur à 1,5g/t. Ces éléments se sont concentrés principalement dans les
roches acides (granitoïdes). W a une affinité avec O2 et apparait surtout sous forme de
wolframite (Fe, Mn) (WO4) ou tungstate de fer ; hubnérite MnWO4 et scheelite CaWO4.
Le Mo a une affinité avec le soufre et apparait surtout sous forme de sulfure de molybdène ou
molybdénite MoS2 (60% Mo) qui constitue l’unique minéral industriel pour cet élément.

b) Métaux non ferreux


1) Cu
C’est un métal rouge orangé, malléable et ductile qui s’altère superficiellement à l’air. Il est
employé dans l’industrie électrotechnique, la construction navale, l’industrie automobile et
d’aviation, la construction d’appareils et machines, l’industrie chimique, la radio et
l’électronique.
Le clarke est de 0,0055% à 0,007%, il est surtout rencontré sous forme de sulfures, les
principaux minéraux sont : chalcopyrite CuFeS2 (34% Cu) ; chalcosine Cu2S (80% Cu) ;
bornite Cu5FeS4 (52 – 65%) ; énargite, panabase, covelline, malachite, cuprite, azurite,
chrysocolle et Cu natif avec des impuretés.

2) Pb et Zn
Ils se rencontrent dans les gisements polymétalliques où ils sont associés en concentrations
différentes, l’Ag, cadmium, Cu, Au, Sn, Co, éléments diffus, ... Mais il existe aussi des
gisements de Pb et Zn seulement.
Le Pb est un métal gris bleuâtre, terni par l’altération, malléable et mou (rayable à l’ongle),
employé dans la technique atomique, la fabrication d’accumulateurs, le blindage des cables,
les alliages, la peinture, la technique de la radiographie et de la polygraphie… son clarke est
de 1g/t ou 0,0016%. Il est principalement lié aux sulfures, sulfosels et aux carbonates. Les
principaux minéraux sont : Galène PbS (86%) ; cérusite PbCO3 (77%) ; anglésite PbSO4
(68%) ; boulangérite (55%).

Le Zn n’existe pas à l’état natif, il est utilisé dans le zingage, les alliages, la fabrication des
tubes, de feuilles, dans l’industrie du caoutchouc, en médecine, … son clarke est de 0,007 à
0,00132% selon les auteurs. Les principaux minéraux d’importance industrielle sont :
Sphalérite ZnS (60%) ; smithsonite ZnCO3 (52%) ; calamine (59%).

3) Al
Métal blanc brillant à l’état pur, il a un usage varié à cause de sa grande résistance mécanique,
sa faible oxydabilité, sa bonne conductivité électrique. Il est employé dans les industries
aéronautique et automobile, l’électrotechnique, le transport ferroviaire, construction de
machines, électroménager. Son clarke est de 8,13% et il est associé dans de très nombreux
silicates, son oxyde est l’alumine Al2O3 dont la forme naturelle est le corindon. Le principal
minerai est la bauxite à hydroxydes : gibbsite Al(OH)3 (64% Al2O3), diaspore ou boehmite
AlO(OH) (85% Al2O3).

4) Sn
C’est un métal blanc vif, plus dur que le plomb, ne s’oxydant pas à l’air, que l’on trouve
rarement à l’état natif. Il est employé dans la fabrication du bronze, des alliages fusibles, du
babbit de soudure, en industrie automobile, fabrication des caractères d’imprimerie, des boîtes
de conserve. Son clarke est de 2 à 3g/t et le principal minéral est la cassitérite SnO2 (78,6%).

5) Hg et Sb
Les gisements de ces deux éléments sont étroitement liés mais on les rencontre aussi séparés.
Le mercure est un métal blanc et très brillant, liquide à la température ordinaire, il se solidifie
à -39°C. il est employé dans l’industrie minière pour l’amalgamation de l’or, comme
détonateur pour les travaux de minage, en qualité de cathode dans l’hydrométallurgie pendant
le traitement de minerais pauvre en métaux non ferreux, en électrotechnique, pour la
fabrication de nombreux appareils de précision, les lampes à quartz, les peintures toxiques, en
médecine, … Son clarke est de 0,05 à 0,08g/t. ses gisements très rare. Le principal minéral est
le cinabre HgS (86,2%) et le mercure natif.

L’antimoine est un métal blanc grisâtre ou jaunâtre employé sous la forme d’alliage pour les
caractères d’imprimerie, les babbits, les plaque d’accumulateurs, les bronzes, les enveloppes
de câbles, l’industrie des allumettes, en médecine, etc… Son clarke est de 0,2g/t. ses
gisements sont rares mais très importants. Il entre dans la composition de près de 40 minéraux
dont un seul a une importance industrielle la stibine ou antimonite Sb2S3 (71% Sb).

C. Métaux nobles
1) Au
C’est un métal jaune rouge à l’état pur, jaune pâle quand il contient de l’argent, le plus
malléable et le plus ductile des métaux. Une grande partie de l’or, utilisée lors des relations
financières internationales. L’or est aussi utilisé en joaillerie, pour des soins dentaires, comme
catalyseur dans les appareils de précision : chronomètres, galvanomètres, … Le clarke est de
0,05g/t. C’est un métal largement répandu dans la nature. L’on obtient pratiquement
uniquement à l’état natif, il contient en général des impuretés d’argent qui lorsqu’elles ont
dépassé 15% de Ag, le minerai formé est appelé électrum.
Les teneurs exploitables industrielles varient fortement dans les roches de 3 à 5 g/t, et 0,5 à
1g/t dans les placers.

2)Ag
Métal blanc qui a une grande utilisation dans l’économie nationale : l’industrie
cinématographique, photographique, la bijouterie, la fabrication des services de table,
d’amalgame de miroir, la frappe de monnaie, les appareils de mesure de précision,
l’électronique, les alliages avec Au, Cu, W, … Le clarke est de 0,1g/t. les teneurs exploitables
industriellement sont de 300 à 400g/t pour les gisements à Ag seul et de 50g/t pour les
gisements polymétalliques.

3)Pt et platinoïdes
Le platine est un métal blanc gris et malléable, employé pour la fabrication d’appareils inerte
aux acides et réfractaires à la chaleur, les soins dentaires, orfèvrerie, équipements
téléphoniques et télégraphiques, comme catalyseur dans la production des acides sulfuriques
et azotiques, des vitamines, de l’essence à haut indice d’octane. Son clarke est de 0,005g/t, il
existe à l’état natif dans les roches ultrabasiques. Le Pt et les platinoïdes sont extrêmement
rares. Les platinoïdes sont des métaux de la famille du platine : iridium, rhodium, osmium,
palladium.
Les teneurs exploitables des minerais sont de 2 à 5g/t pour les gisements primaires de Pt et de
0,1 à 0,5 g/t pour les placers.

D. Eléments radioactifs
1) U
C’est la principale matière première pour la production de l’énergie atomique. Son clarke est
de 2,7 g-1 /t, il est contenu dans toutes les roches, les eaux de mer et de rivières, et las plantes.
Les teneurs sont élevées dans les roches acides. Les principaux minéraux sont uraninite UO2
et pechblende.
Les teneurs exploitables sont de l’ordre de 0,1% de U308 voire 0,05% pour les gros
gisements.

2)Thorium
On l’emploie comme catalyseur pendant la distillation du pétrole, pour le revêtement des
filaments des lampes à incandescence et des lampes de radio pour empêcher la
décristallisation du tungstène, alliages avec W, Mo, Cr, Ni, Cu… le clarke est de 9,6 à 12g/t.
les principaux minéraux sont :
Thorianite ThO2 (74 – 93% ThO2) ; thorite ThSiO2 ; monazite (Ce,La)PO4; Zircon.

E. Eléments rares
1) Zr
Le zirconium est l’un des meilleurs métaux d’alliage pour l’obtention d’acier de haute qualité,
de plaques de cuirasse, d’instruments à coupe rapide, de moteurs à réaction, de lampe
électrique, … de réacteurs nucléaires, pour la fabrication de des électrodes de fours
électriques, dans la céramique, … le clarke est de 165 à 720 g/t, on le trouve dans les granites,
les syénites alcalins. Les accumulations d’importance industrielle sont rares.

2)Hf
Il est utilisé dans les systèmes de régulation et de protection ayant trait à la technique
atomique, dans la fabrication des filaments de lampes électroniques, … le clarke 3 à 4g/t. on
rencontre le Zr et le le hafnium ensemble. Les principaux minéraux sont : le Zircon ZrSiO4
(67% ZrO4) et jusu’àb7% de Hf. Baddéleyite ZrO2 ( jusqu’à 1,5% Hf).
3)Ta et Nb
Ils sont ensemble dans la nature et sont utilisés dans les alliages d’aciers de haute qualité,
différents alliages, dan les anodes, les grilles et les cathodes des tubes électroniques, dans la
fabrication des fusées.

F. Eléménts légers

Beryllium
Il est utilisé dans les réacteurs atomiques des fusées, l’aviation, les constructions navales, les
ressorts. Les cristaux limpides sont des gemmes de première classe. Quand ils sont :
-verts : c’est l’émeraude
-bleuâtres ou verdâtres couleur d’eau de mer : aquamarine
-dorés : béryl
- roses : morganite

II. Minéraux utiles non métalliques

A. Matière première pour l’industrie chimique


1) Sels minéraux
Ils sont utilisés comme engrais, sels alimentaires (hallyte), sels communs dans l’industrie
chimique, dans la réfrigération et la fabrication des peintures.

2) Soufre natif
Il est utilisé dans l’industrie chimique pour la fabrication de l’acide sulfurique, dans
l’industrie du papier, la fabrication des matières plastiques, et dans les engrais.

3) Apatites
Il fournit le phosphate utilisé dans la fabrication de l’engrais, dans l’industrie chimique et
alimentaire et dans la métallurgie.

4) Calcaire
Il est utilisé dans la fabrication des ciments, des engrais, de la chaux, de la soude, production
du gaz carbonique.
5) Feldspaths
Ils servent principalement de source d’alumine pour la fabrication du verre (verre creux, verre
plat et fibre de verre). On les utilise également dans la fabrication de céramique, de porcelaine
et de poterie émaillée. Le feldspath potassique entre dans la fabrication d’articles en faïence,
d’articles sanitaires, d’isolateurs électriques à haute tension et de spath dentaire (dents
artificielles).
6) Pouzzolane
Il est à la base de la fabrication de certains ciments à prise lente, utilisés notamment dans la
constitution du béton. Il est aussi utilisé da la fabrication des engrais.

E. Matière première minérale non métallique


1) Diamant
C’est une pierre constituée de carbone pur avec quelques impuretés de Mg, Ti, Ni, Fe, Al, elle
est incolore ou teintée de bleu ciel, bleu, jaune, vert, brun, noir. C’est la plus dure des
substances naturelles, elle résiste aux acides. Il en existe deux types : les diamants techniques
ou industriels et les diamants de joaillerie. Le premier type est utilisé dans les forages, pour le
polissage des verres et des métaux, la graduation des appareils et pour la coupe.
2) Disthène
Les silicates d’alumine sont utilisés surtout dans la fabrication des matériaux réfractaires. Ils
servent dans l’industrie sidérurgique, les alumineries, les cimenteries et les incinérateurs et
dans la fabrication du verre, des moules, de la céramique ainsi que d’autres matériaux
réfractaires.
3) Argile
Certaines argiles illitiques-kaolinitiques peuvent être utilisées dans la fabrication des briques,
des briques réfractaires, des briques en terres, des biscuits de faïences, des membranes
céramiques, dans la fabrication des agrégats légers et dans la rétention des colorants. D’autres
argiles smectitiques peuvent être utilisées dans la fabrication des agrégats légers, dans la
décoloration des huiles, dans la protection de l’environnement et en géomédecine. Les argiles
sont aussi utilisées dans la fabrication du ciment.

III.Substances minérales du Cameroun

III.1 Substances métalliques

A. Métaux ferreux

1. Fer
Les gisements de fer connus au Cameroun se localisent essentiellement dans la partie sud du
pays au sein du craton du Congo et de ses bordures mobilisées. Ils ont contenus dans les
ceintures de roches vertes, les plus connus sont :

 Le gisement des mamelles situé au SE de Kribi, ses réserves probables sont de l’ordre
de 400 millions de tonnes de minerai de fer à 37 % Fe
 Le gisement de Mbalam dans le district métallogénique du Sud-Est vers la frontière
avec le Congo, dans l’arrondissement de Lomié. Les réserves supposées sont de 2,5
milliards de tonnes.
 Le gisement du Nkout et de la Ngoa. Les ressources sont estimées à 1,42 milliards de
tonnes de minerai de fer à 34 % Fe.
 Le gisement de Mewongo situé au NE de Kribi dans le prolongement des mamelles. Il
est de moindre valeur et ses réserves ne sont pas connues.
 D’autres occurrences ferrifères sont connus et en cours d’exploration dans la zone
d’Akom II – Ngovayang – Eséka.
Les gisements de fer du Cameroun sont des formations sédimentaires de type banded iron
stones ou itabirite.

2. Manganèse
Aucun gisement de cet élément n’est connus jusque-là seuls quelques indices sont signalés à
Metet (dans le Sud du pays), à Bamenda (au Nord-Ouest) et dans le nord du pays. Ce sont des
concrétions manganésifères issus de processus supergènes et localisées dans les matériaux
d’altération.

3. Titane
Le rutile est largement répandu au Cameroun mais les principaux gisements sont situés à
Akonolinga et à Nanga Eboko. D’autres sont connus dans les zones de Monatélé, Otélé,
Eséka, Matomb, Sakbayeme (Pouma), Edéa, Elog Batindi – Kribi, Dschang – Foumban, …
A Akonolinga, les réserves globales sont estimées à plus d’un million de tonnes, c’est le
gisement le plus connus.
Le rutile est un minéral microscopique dans les granitoïdes alcalins, ils forment des gros
cristaux dans les pegmatites, c’est un minéral abondant dans les gneiss et les micaschistes du
groupe de Yaoundé. Il est difficilement altérable et extrait des alluvions après altération des
roches, érosion, transport et dépôt dans les flats des fleuves et rivières.

4. Nickel et Cobalt
Ces deux éléments sont liés et rencontrés dans d’importants gisements du district
métallogénique du Sud-Est à Lomié. On y récence quatre principaux gites :
Messea, Nkamouna-Kongo, Mang nord, Mang sud. Les réserves probables de Nkamouna
seraient de 54,7 millions de tonnes (Mt) à des teneurs moyennes estimées à 0,25 % de cobalt.
Les ressources minérales à Kongo s’élèveraient à 11,7 millions de tonnes de concentré titrant
0,74 % de cobalt.
Ce sont des gisements oxydés de type résiduel localisés dans les niveaux saprolitiques des
matériaux d’altération.

5. Tungstène et molybdène
Des minéralisations de molybdène sont signalées dans la région de Mayo Darlé et ceux de
wolfram dans les Monts Goutchoumi au nord Cameroun.

B. Métaux non ferreux


1. Aluminium
Le minerai d’aluminium est la bauxite, on la rencontre
- dans d’importants gisements situés au sein du district métallogénique de l’Adamaoua.
Ce sont les gisements de Ngaoundal et de Minim Martap.
- dans la région de Dschang (Fongo Tongo) sur les flancs du mont Bambouto.
- dans les régions bamouns (entre Foumban et Koutaba).
Les réserves sont de 1100millions de tonnes avec une teneur de plus de 50% de Al2O3 et 2%
de SiO2 en moyenne dans l’Adamaoua, et de plus de 46 millions dans la région de Dschang
avec plus de 40% de Al2O3 et 4% de SiO2 en moyenne. Les pays bamouns ont des réserves
probables de quelques millions de tonnes avec plus de 40% de Al2O3 et 5% de SiO2 en
moyenne.

2. Etain
Le seul minerai d’étain est la cassitérite dont la dureté permet la concentration naturelle dans
les alluvions et les éluvions. Les gisements de cassitérite sont rencontrés dans la région de
l’Adamaoua à Mayo Darlé. Les réserves restent à estimées et plus de 6500 tonnes ont déjà été
enlevés.

C. Métaux nobles
Or
D’importantes minéralisations aurifères sont connues et exploitées dans le district aurifère de
l’Est Cameroun (Batouri, Bétaré Oya, …). L’or est également présent et exploité dans
l’Adamaoua, dans le sud du pays (Mintom) et dans le Sud Ouest (Akom II – Bipindi). Les
gisements sont primaires sous forme de filons de quartz, et secondaires éluvionnaires et
alluvionnaire.

D. Eléments radioactifs

Des minéralisations d’uranium sont signalées dans le Nord Cameroun (Kitongo près de Poli)
et au Sud (Lolodorf), ils sont en cours d’exploration.

E. Eléments rares

Des traces de zircon sont signalées sur la syénite néphélinique de Lolodorf-Ngomedzap.

F. Terres rares

Des terres rares sont signalées à Mayo Darlé ;

III.2 Minéraux non métalliques

1. Diamant

Des gisements secondaires alluvionnaires diamantifères sont connus en cours d’exploration et


d’exploitation au Sud Est du Cameroun dans la région de Libongo et de Mobilong. Les
réserves de diamants au Cameroun sont estimées à 450 millions de carats.

2. Corindons

Des gisements de saphir et de rubis sont connus dans l’Adamaoua et dans le bassin de Manfé
à l’ouest du Cameroun.

3. Le calcaire
Le calcaire et le marbre se retrouvent principalement dans la partie nord du pays. Les réserves
de calcaire du gisement de Figuil sont de 600 000 tonnes et celles des marbres de Bidzar de
l’ordre de 2 500 000 tonnes. D’autres réserves de calcaire ont été identifiées dans le sud-ouest
(Moko, Mbalangi, Bogongo), le Sud (Mintom) et les Provinces du Littoral.

Chapitre 7 : Industrie minière

1-Cadre législatif

2- exploration minière

3- Rôle du géologue de mine

L'industrie minière est le secteur économique qui regroupe les activités de prospection et
d'exploitation des mines.
Elle concerne l'extraction des minéraux, des terres rares et des métaux. Son activité est cadrée
dans la plupart des pays par un Code minier. Son role économique est très important, cest la
source de la production de nombreux biens d'équipements et de consommation. En cela, les
entreprises qui contrôlent cette activité jouent un rôle de poids dans l'économie mondiale.

Elle est une source importante de revenus (directe et indirecte) mais aussi de pollution de
l'eau, de l'air, des sols et des écosystèmes par les métaux. Elle exploite des ressources
fossiles ou non-renouvelables aux échelles humaines de temps, en nécessitant d'importantes
quantité d'énergie et parfois d'eau. Elle laisse des séquelles minières, que la législation
demande dans un nombre croissant de pays de réduire, traiter et compenser au fur et à mesure
de l'exploitation ou dans le cadre de « l'après-mine ».

o Cadre législatif
Au Cameroun la loi N°2016/017 du 14 décembre 2016 portant Code minier régit l’activité
minière. Elle régit la reconnaissance, la recherche, l’exploitation, la détention, le transport, la
transformation et la commercialisation des substances minérales.
Elle s’applique sur toute l’étendue du territoire de la République du Cameroun, sur le plateau
continental, dans les eaux territoriales et en zone économique exclusive.
Les eaux de surface, les hydrocarbures liquides et gazeux ainsi que les schistes
bitumineux font l'objet de lois particulières.

Elle stipule que les substances minérales contenues dans le sol et le sous-sol du territoire de la
République du Cameroun, ses eaux territoriales et son plateau continental sont la propriété de
l’Etat qui y exerce des droits souverains.
L’exercice de toute activité minière, à l’exception de la reconnaissance, est subordonné à
l’obtention préalable d’un titre minier. L’exercice des activités de reconnaissance est
subordonné à l’obtention d’un permis de reconnaissance.

Il est institué cinq (05) types de titres miniers :


1) - l’autorisation d’exploitation artisanale ;
2) - l’autorisation d’exploitation artisanale semi-mécanisée ;
3) - le permis de recherche ;
4) - le permis d’exploitation de la petite mine ;
5) - le permis d'exploitation de la mine industrielle.

2- Exploration minière

L’exploration est l’étape préalable à tout projet d’exploitation. Elle vise à mettre en évidence
l’existence d’un gisement de minerais métalliques ou de minéraux industriels qui soit
exploitable tant sur les plans technique et économique que sur le plan de la préservation de
l’environnement. Elle comporte 4 étapes en général qui sont :
- -les recherches qui conduisent à la découverte des gisements ;
- -la prospection préliminaire qui définit la qualité du minerai et les réserves ;
- -la prospection détaillée qui consiste en une étude minutieuse du gisement et de
chaque corps et à sa préparation à l’exploitation ;
- -la prospection systématique ou minière qui se fait pendant la construction de la mine.
L’objectif d’un projet d’exploration est la découverte et la caractérisation d’un gisement de
ressources minérales exploitable compte tenu de critères techniques (techniques et procédés
d’extraction et de transformation), environnementaux et sociétaux (étude d’impact
environnemental, réhabilitation du site après exploitation, implication des populations, …) et
économiques (prix de vente des substances extraites, coûts d’exploitation et de réhabilitation,
…).
Un projet d’exploration doit suivre plusieurs phases avant d’aboutir à un projet
d’exploitation viable :

 la génération du projet à partir d’idées scientifiques et de connaissances préalables,


 l’identification de gites minéraux par différentes techniques d’exploration,
 l’estimation des ressources et réserves économiquement exploitables,
 les études de traitement et de valorisation des matériaux extraits,
 la définition du projet de la mine et de l’usine de traitement des ressources extraites.

3- Rôle du géologue de mine


3- Rôle du géologue de mine

Le géologue minier assure les travaux de reconnaissance et d’exploration minière et estime les
ressources et les réserves économiquement exploitables. Pendant l’exploitation de la mine, le
géologue doit en permanence concilier les objectifs de régulation avec le respect de la
consigne de sélection qui garantit la réserve à long terme. Pour ce faire, il gère, à la
cadence imposée par l’exploitation, une connaissance du gisement qu’il affine sans cesse
grâce à une information plus riche que l’information disponible à l’ouverture de la mine
(recueillie après les phases de prospection) ; il s’agit d’observations à front, d’analyses de
trous de tir, de prises d’échantillons, de sondages de pré-exploitation, etc..
Il gère les données, en estimation minière et surtout en organisation opérationnelle afin
d’optimiser le traitement d’un flot continu d’informations diverses issues des sites
d’extraction :

- A court terme, il utilise directement les données d’exploitation pour piloter et


programmer la production.
- A long terme, il contrôle l’exploitation annuel, il améliore le calcul de la réserve
récupérable par l’expérience acquise au cours de l’exploitation passée.

En cours d’exploitation, le moteur essentiel de l’estimation du gisement est le


récolement entre l’estimé et le réalisé. Il fait appel à son sens du terrain pour expliquer les
écarts prévus-réalisé et ainsi constamment améliorer ses pratiques.