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L’ESSENTIEL

Covid-19 : la filière
du traitement des eaux
usées face au virus
Même si le risque de contamination par
les eaux usées n’est pas encore évalué, les
techniciens des services d’assainissement
se trouvent en première ligne face à
la maladie. Les spécialistes du secteur de
l’eau ont déjà pris des mesures. Du côté
des Spanc, les collectivités s’organisent
au cas par cas.

S i le Covid-19 se trans-
met principalement par
voie aérienne, en toussant
du Groupe d’études et de
recherches de microbiolo-
gie et de l’environnement
ou en éternuant, le risque (Germe), un laboratoire

© ANC
de contamination par les indépendant spécialisé
eaux usées n’est pas à écar- dans les produits pour l’as-
ter. Depuis la découverte de sainissement. prévention, pour protéger drait que les techniciens se
la maladie, des observations Face à la pandémie, les spé- les salariés des stations protègent suffisamment lors
sur des patients infectés ont cialistes du secteur de l’eau d’épuration. Ils doivent des manipulations. »
mis en évidence que leur se sont mis rapidement sur avoir des protections indi-
intestin était contaminé et le pied de guerre. Si la dis- viduelles renforcées, surtout Avec le passage en phase 3,
que le virus était présent tribution d’eau potable s’or- des masques », annonçait le secteur de l’eau a en
dans les matières fécales. ganise pour assurer la conti- Tristan Mathieu, délégué effet estimé qu’il faut
nuité du service, le point général de la Fédération des 500 000  masques par
Des fèces aux effluents, il critique porte surtout sur entreprises de l’eau dans un semaine pour protéger le
n’y a qu’un pas. Depuis les 21 000 stations d’assai- article récent du quotidien personnel du virus poten-
les années 1950, plusieurs nissement opérationnelles Les Échos. tiellement présent dans les
études scientifiques ont en France. Et les spécia- Pour Julie Paume, le dan- eaux usées. La profession
déjà montré la présence de listes se penchent sur les ger est bien réel. « Selon a demandé que le secteur
virus dans les eaux usées et concentrations du Covid- 19 l’OMS, les virus peuvent soit inclus dans le cluster
les boues de station d’épu- dans les effluents et sa survivre jusqu’à un an dans santé, pour être attributaire
ration. « Un virus ne peut durée de vie dans l’en­vi­ron­ les biofilms des stations prioritaire des masques qui
pas se développer hors nement après rejet. « Nous et les boues. Quand ils se seront alors distribués par
d’une cellule vivante ; mais ne connaissons pas encore trouvent en suspension dans les préfectures. Le principe
il peut être protégé de la parfaitement le temps de les eaux, leur durée de vie de précaution s’impose pour
destruction pendant plu- survie du virus en fonction est de quelques heures, le personnel des stations
sieurs jours s’il est entouré des surfaces de contact, et voire quelques jours. Il d’épuration, mais qu’en est-
de matières organiques », c’est au niveau de l’assai- n’existe pas de données il de l’assainissement non
rappelle Julie Paume, direc- nissement que nous allons pour le coronavirus, mais le collectif, parent pauvre de
trice du développement concentrer nos actions de principe de précaution vou- la filière ?

4 Avril-Juin 2020 – HYDROPLUS