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chapitre 74

Les versets singuliers (al-mufradāt) du Coran1

6/2159 Dans al-Muḫtār min al-Ṭuyūriyyāt, as-Silafī cite ce que dit aš-Šaʿbī, à savoir:
‘Lors d’un voyage, ʿUmar b. al-Ḫaṭṭāb rencontra une caravane dans laquelle il y
avait Ibn Masʿūd. Il ordonna à un homme de leur demander d’ où venaient les
gens. Ils répondirent: Nous arrivons du profond ravin (al-fağğ al-ʿamīq), nous
dirigeant vers l’antique Maison (al-bayt al-ʿatīq)2. ʿUmar dit : Certes, parmi eux,
il y a un savant. Et il ordonna à un homme de leur demander quelle partie
du Coran était la plus sublime (aʿẓam). Et ʿAbd Allāh (b. ʿAmr) lui répondit:
«Dieu. Il n’y a pas de divinité en dehors de Lui, le Vivant, le Subsistant » (2,
255). Il dit: Demande-leur quelle partie du Coran est la plus décisive (aḥkam)3.
Ibn Masʿūd répondit: «Dieu ordonne l’équité et la bienfaisance » (16, 90). Il
dit: Demande-leur quelle partie du Coran est la plus synthétique (ağmaʿ). Il
répondit: «Celui qui aura réalisé le poids d’un atome de bien, le verra * et celui
qui aura réalisé le poids d’un atome de mal, le verra» (99, 7–8). Il dit : Demande-
leur quelle est la partie du Coran la plus triste (aḥzan). Il répondit: « Quiconque
fait le mal, sera rétribué en mal» (4, 123). Il dit : Demande-leur quelle partie
du Coran est la plus porteuse d’espérance (arğā). Il répondit: « Dis : Ô mes
6/2160 serviteurs! | Vous qui avez commis des excès à votre détriment, [ne désespérez
pas de la miséricorde de Dieu. Dieu pardonne tous les péchés. Oui, il est celui
qui pardonne; il est le Miséricordieux]» (39, 53). Il dit : Y a-t-il parmi vous Ibn
Masʿūd? Ils répondirent: Oui!’. ʿAbd ar-Razzāq cite cela, dans son commentaire
coranique, de façon semblable.
ʿAbd ar-Razzāq cite également ce que dit Ibn Masʿūd, à savoir: ‘Le verset
coranique le plus juste (aʿdal)4 est: «Dieu ordonne l’ équité et la bienfaisance »
(16, 90) et le plus décisif (aḥkam): «Celui qui aura réalisé le poids d’ un atome
de bien, le verra * …» (99, 7–8)’.
Al-Ḥākim cite ce qu’il dit, à savoir: ‘Dans le Coran, le verset le plus synthé-
tique du bien et du mal est: «Dieu ordonne l’équité et la bienfaisance (…) [il
interdit la turpitude …]» (16, 90)’.

1 As-Suyūṭī veut dire par là les versets qui se distinguent par un sens qui prédomine en eux, de
telle façon que ce sens empêche qu’on l’associe à d’autres sens (NdE).
2 Noter l’assonance.
3 On pourrait aussi comprendre ‘la plus sûre’, par référence aux versets muḥkamāt (Coran 3, 7).
4 C’est-à-dire, le plus clair et le plus explicite en ce qui concerne la justice.

© koninklijke brill nv, leiden, 2018 | doi: 10.1163/9789004357112_072


les versets singuliers (al-mufradāt) du coran 1201

[Aṭ-Ṭabarānī] cite ce qu’il dit, à savoir: ‘Il n’y a pas dans le Coran de verset
plus sublime pour ce qui est de la joie (aʿẓam farağan) qu’ un certain verset
de la sourate al-Ġuraf 395 : «Dis: Ô mes serviteurs! Vous qui avez commis des
excès à votre détriment, …» (39, 53). Il n’y a pas dans le Coran de verset de plus
grand abandon (akṯar tafwīḍan) qu’un certain verset de la sourate mineure des
femmes6 : «Dieu suffit à qui s’abandonne à lui» (65, 3)’.
Abū Ḏarr al-Harawī cite, dans Faḍāʾil al-Qurʾān, par le truchement de Yaḥyā 6/2161
b. Yaʿmar, de la part de ʿUmar, ce que dit Ibn Masʿūd, à savoir: ‘J’ ai entendu
l’ Envoyé de Dieu (.) dire: Le verset le plus sublime (aʿẓam) du Coran est : « Dieu.
Il n’y a pas de divinité en dehors de Lui, le Vivant, le Subsistant » (2, 255) ; le plus
juste (aʿdal) verset du Coran est: «Dieu ordonne l’ équité et la bienfaisance … »
(16, 90); le verset du Coran qui fait le plus peur (aḫwaf ) est : « Celui qui aura
réalisé le poids d’un atome de bien, le verra * et celui qui aura réalisé le poids
d’ un atome de mal, le verra» (99, 7–8); le verset du Coran qui est le plus porteur
d’ espérance (arğā) est: «Dis: Ô mes serviteurs! Vous qui avez commis des excès
à votre détriment, ne désespérez pas de la miséricorde de Dieu … » (39, 53)’.

[Le verset le plus porteur d’espérance: arğā]

On diverge à propos du verset du Coran le plus porteur d’ espérance selon une


quinzaine d’opinions.
La première: le verset de az-Zumar 39, 53.
La deuxième: «Ne crois-tu pas? Il répondit: Comment donc ! » (2, 260). Al-
Ḥākim, dans al-Mustadrak, et Abū ʿUbayd citent ce que dit Ṣafwān b. Sulaym,
à savoir: | ‘Ibn ʿAbbās et Ibn ʿAmr se rencontrèrent. Ibn ʿAbbās dit : Quel est 6/2162
le verset du Livre de Dieu le plus porteur d’espérance (arğā) ? ʿAbd Allāh b.
ʿAmr répondit: «Dis: Ô mes serviteurs! Vous qui avez commis des excès à votre
détriment, …» (39, 53). Ibn ʿAbbās dit: Cependant, la parole de Dieu : « Lorsque
Ibrāhīm dit: Mon Seigneur! Montre-moi comment ressusciter les morts. Il dit :
Ne crois-tu pas? Il répondit: Comment donc! Mais, c’ est pour que mon cœur
soit apaisé» (2, 260). Il manifesta son agrément, en disant : « Comment donc ! ».
Il dit: Et cela, à cause de la résistance dans son cœur provenant de ce que lui
suggérait aš-Šayṭān’.

5 Il s’agit de la surate intitulée al-Zumar. L’expression de cette autre appellation se trouve au


verset 20.
6 Il s’agit de la sourate aṭ-Ṭalāq 65 (la répudiation) par rapport à an-Nisāʾ 4.

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