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Bibliographie de mon mémoire

 Commodities

Côte d’Ivoire : pourquoi


l’orpaillage clandestin sévit
Par
 Rédaction
 -
10 juillet, 2018
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Par Mireille Patricia Abié

En Côte d’Ivoire, l’orpaillage clandestin est un fléau que l’Etat peine


encore à éradiquer en dépit de l’adoption du code minier de 2014. La
journaliste Mireille Patricia Abié est allée au contact de ce nouveau
Depuis 2014, un nouveau code minier régit l’exploitation artisanale de l’or en
Côte d’Ivoire. Néanmoins, « en 2016, ce sont environ 22 tonnes d’or qui ont
été illicitement exportées à partir de la Côte d’Ivoire », expliquait Christine
Logbo-Kossi, la directrice exécutive du Groupement professionnel des miniers
de Côte d’Ivoire (GPMCI) lors d’un échange avec la presse, le 12 octobre
2017 à Abidjan.

Selon la patronne de cette faitière, « au niveau mondial, les dernières


statistiques disent qu’en Côte d’Ivoire, par exemple, lorsqu’on produit 25
tonnes d’or, il faut savoir qu’il y a la même quantité qui sort de façon illégale.
Alors, si nous avons produit 25 tonnes d’or, il y a donc aux alentours de 22
tonnes d’or qui ont échappé aux retombées fiscales dans notre économie.
C’est une information de l’OCDE qui fait des recoupements avec des pays
arabiques, qui déclarent détenir dans leurs coffres ces quantités de minerais
et quand elles justifient de l’origine de ces minerais, on peut comprendre
donc que ça passe de façon frauduleuse ».

D’ailleurs, selon le ministère de l’Industrie et des Mines, entre 2006 et 2016,


l’orpaillage clandestin a fait perdre à l’Etat ivoirien, un montant de 479,22
milliards de F CFA, soit environ 958 millions de dollars.

Un gros manque à gagner également pour les grandes sociétés minières


notamment Randgold  dont  le Président Directeur Général, le Sud-africain 
Dennis Marc Bristow,  s’en est ouvertement plaint en juillet 2017 lors d’une
conférence de Presse.  « On est confronté à cette difficulté de voir des
milliers d’orpailleurs clandestins et illicites sur les sites de Boundiali pour
lesquels nous détenons des permis », avait-il déploré, avant d’estimer même
qu’« il y a d’évidence une complicité avec des personnes évoluant à un
certain niveau de responsabilité ». Des propos qu’il a d’ailleurs réitérés le 28
Avril 2018 toujours face à la presse, en révélant que « la situation ne fait que
s’empirer ».

Face à tout ceci, on pourrait donc s’interroger sur les raisons pour lesquelles
les mesures gouvernementales ne visent pas à sévir contre l’exploitation
minière et l’exportation illégales de l’or. Pour essayer d’y répondre, nous
sommes allés à la rencontre des différents acteurs du secteur.

…Sur les traces des orpailleurs clandestins

Des baraques de fortunes  couvertes de plastique noir à perte de vue avec un


sol  où  cascades  de gangues et puits, dont la profondeur avoisine parfois les
70 mètres, se disputent le mètre carré avec une flore totalement détruite par
la cyanuration. C’est le triste visage que présente désormais Nouparadougou,
village situé 17 Km de Fonondara, à quelques encablures de la ville de
Boundiali elle-même située au Nord de la Côte d’Ivoire, à près de 800 Km d’
Abidjan. A Nouparadougou, qui fait partie des sites dont Randgold détient le
permis d’exploration, tout vit au rythme de l’orpaillage. Et la zone est réputée
dangereuse du fait de la grande insécurité qui y règne. « Ils nous empêchent
de travailler. L’environnement est malsain », prévient déjà Michel Senghor,
directeur de l’exploration chez Randgold Exploration dont les bureaux sont
basés à Korhogo. Qu’à cela ne tienne, nous tentons le déplacement pour aller
à la rencontre des orpailleurs. Ce mardi 9 mai 2018, nous arrivons donc à
Nouparadougou avec quelques appréhensions. Mais, la présence des deux
Dozos (chasseurs traditionnels) et les deux géomètres de Randgold qui nous
accompagnent, nous rassure quelque peu.

A Nouparadougou, sous les abris de fortune, les orpailleurs s’activent.


Pendant que certains manient la truelle pour faire remonter la terre qui
contient certainement le «caillou précieux», les plus jeunes sont chargés du
concassage des pierres sorties de terre. Plus loin, un autre groupe est occupé
à la cyanuration, sans se soucier du fait que ce mercure manipulé à l’air libre
aura des conséquences irréversibles sur la faune et la flore environnantes.
Ceux qui sont de corvée de cuisine s’activent, quant à eux, à cuire un
mélange de riz et de haricot qui constitue l’essentiel du menu de tout ce
camp qui s’étend sur plus de 5 kilomètres. Ici, le travail se fait de jour
comme de nuit. Mais pour tous ces hommes couverts de latérite, aucun
sacrifice n’est trop grand pour dénicher le métal précieux. Surtout qu’à en
croire Konaté Tidiane, géologue à Randgold, notre guide de circonstance, « la
probabilité de trouver de l’or est très forte ».

Emportés par la fièvre de l’or, les orpailleurs n’ont pas hésité à casser la
digue du barrage du village. Du coup, les paysans n’ont plus d’eau pour
irriguer les champs et les vaches ne peuvent plus s’abreuver. L’eau
contaminée au mercure s’est d’ailleurs asséchée pour laisser la place à un sol
fait de crevasses. Mais à Nouparadougou, il y a aussi de très belles maisons à
l’opposé du camp des orpailleurs, qui sont pour la plupart des étrangers
venus de la Guinée et du Burkina Faso. «Ici, la majeur partie de la population
soutient ces orpailleurs. Avec eux, le cash circule à flot et ils font beaucoup
de cadeaux aux villageois. Ils s’installent toujours avec l’aval des chefs de
villages, des présidents de jeunesse et de certains cadres de la région à qui
ils payent des taxes », révèlent Boréba Ernest et Bléh Guillaume, tous deux
géologues séniors à Randgold.

Après ce village, nous mettons le cap sur le camp de Fodio. Situé en pleine
forêt à une dizaine de kilomètre de Fonondara, ce camp s’étend aussi sur
près de 5 km avec un marché de circonstance où l’on trouve tout le matériel
nécessaire pour l’extraction artisanale de l’or (cordes, pelles, truelles,
marteaux, enclumes…). Ici, le spectacle est tout aussi désolant. Des dunes de
gangues s’étendent sur des kilomètres.

Mais à Fodio, les orpailleurs sont beaucoup plus sympathiques que ceux de
Nouparadougou. Nous tentons même de leur arracher quelques mots. «
Certains parmi nous réussissent à trouver de l’or dès la première tentative.
Mais d’autres, par contre, peuvent passer des mois ici sans dénicher le
moindre gramme. Souvent les propriétaires des trous nous payent mal. Mais
on fait avec », nous explique Ali. C’est sans doute le cas de ce groupe de
jeunes gens, des contractuels certainement, qui nous demandent 500 F CFA
pour s’acheter à manger. Plus loin, c’est le comptoir. « C’est sous cet hangar
que tout l’or qui sort du sous-sol de Fodio se vend et s’achète », nous
explique Dao Diala, Casual à Randgold Exploration. Ce qui justifie
certainement la présence, en pleine forêt, de ces grosses cylindrées dont la
présence à l’entrée de ce camp nous a quelque peu intrigué. L’autre
particularité de Fodio, c’est que ce site avait été déguerpi et damé par
Randgold mais, moins d’un an après, ces orpailleurs sont revenus à la
charge. Ce qui a emmené Mark Bristow, le PDG de la société à dire qu’ « on a
l’impression d’avoir affaire à un système de crime organisé mis en place. Ils
(les clandestins) ont l’air d’être protégés ».

Mais comment sommes-nous arrivés à ce phénomène qui mine 60% des


permis d’exploitation des sociétés minières ? Quel était l’état des lieux avant
l’adoption du code minier de 2014 ?

Une alternative à la crise agricole des années 80…et au chômage


C’est en 1984 que la Côte d’Ivoire formalise la libéralisation de l’exploitation
artisanale de diamant et d’or sur toute l’étendue du territoire national afin de
permettre aux populations ivoiriennes qui, n’avaient pas forcément l’expertise
minière, de trouver une alternative au chômage galopant, consécutif à
l’abandon des plantations de café et de cacao, suite à la mévente des
produits agricoles. C’est Gnamien Yao, ancien Ministre des Mines   qui le dit
dans une contribution faite le 1er août 2014.

Toujours selon lui, l’Etat a, dès la fin de la seconde moitié des années 1980,
jeté les bases de l’exploitation industrielle de ses ressources minières en
général et singulièrement l’or, en octroyant des permis d’exploitation à la
Société des Mines d’Ity (SMI) et à la société des Mines de l’Aféma (SOMIAF).
En 2014, l’Etat va encore plus loin dans la législation de ce secteur par la
mise en place d’un code minier.

Selon les dispositions du code minier de 2014 appuyé par le décret n° 2014-
397 du 25 juin de la même année, la Côte d’Ivoire a mis en place une
procédure de délivrance des autorisations d’exploitation pour l’orpaillage afin
de sortir cette activité de la clandestinité. L’on a donc assisté à une
accélération du processus de délivrance d’autorisations d’exploitation pour
permettre l’installation d’opérateurs légaux, parallèlement à la fermeture des
sites illicites. Et selon une note officielle du gouvernement publiée en 2014 à
cet effet, « 49 autorisations d’exploitation pour l’or ont été octroyées, dont 41
pour l’exploitation minière semi-industrielle et huit pour l’exploitation minière
artisanale ».

Un phénomène à la peau dure

L’Eldorado ouest-africain : Cartographier le commerce illicite de l’or en Côte


d’Ivoire, au Mali et au Burkina Faso. C’est le titre d’une étude publiée en
janvier 2017. Dans ce document, Alan Martin et
Hélène Helbig de Balza expliquent que l’héritage de la guerre civile en Côte
d’Ivoire est l’une des raisons qui continuent d’assombrir la gouvernance de
son secteur de l’or. Plusieurs anciens commandants de zone des Forces
nouvelles (des forces rebelles) profitent, selon cette étude, de la contrebande
et prélèvent des taxes illégales auprès des intermédiaires dans le secteur
artisanal de l’or.

En outre, l’activité d’exploitation artisanale clandestine de l’or est une activité


très lucrative dans laquelle de nombreux acteurs, intervenant à des niveaux
divers et avec des rôles précis, trouvent leur compte au plan financier. La
présence des personnes censées lutter contre l’orpaillage clandestin, dans la
filière d’exploitation artisanale de l’or, constitue certainement un facteur
explicatif de la persistance de cette activité dite illégale. Les autres causes du
développement de l’exploitation clandestine de l’or sont la mévente des
produits agricoles traditionnels (cacao et café) et l’ignorance des impacts
négatifs à moyen et long termes de l’orpaillage sur le milieu biophysique et
humain par la plupart des acteurs impliqués dans la filière.

Une autre  étude, celle-ci menée en janvier 2016 par le  Dr Goh Denis de l’
Institut des Sciences Anthropologiques de Développement (ISAD) à
l’Université de Cocody, Abidjan, intitulée  «L’exploitation Artisanale De L’or En
Côte D’ivoire: La Persistance d’une activité illégale », explique qu’en dépit des
discours officiels (qui annoncent des mesures vigoureuses de rationalisation
des activités d’orpaillage) et de quelques « opérations coup de poing » pour
fermer des sites clandestins d’orpaillage, de nouveaux autres sites se créent
et se développent régulièrement en dehors des conditions prévues par le
code minier.

Du côté de l’Initiative pour la transparence dans l’industrie extractive (ITIE),


on parle aussi de complicités des communautés riveraines. « Souvent ce sont
les populations elles-mêmes qui, à l’insu des autorités, autorisent les
orpailleurs à exploiter leurs terres. A Angovia, par exemple, (dont le permis
est détenu par la société Amara Mining) les villageois font payer une taxe
journalière de 100 frs CFA à chaque orpailleur », nous a confié, le 19 Avril
2018, un haut responsable de l’ITIE (qui a voulu gardé l’anonymat).

 
Quid des solutions ?

L’orpaillage clandestin est un véritable fléau. Et pour lutter contre ce


phénomène qui cause un énorme préjudice aussi bien à l’Etat qu’aux sociétés
minières, le gouvernement a mis en place un programme national de
réglementation de l’orpaillage. Ce programme comporte 4 volets. Le premier
consistait à sensibiliser l’ensemble des acteurs de ce secteur sur leseffets
négatifs du phénomène. Le deuxième volet était la fermeture de ces sites
illicites. Le gouvernement a ainsi fermé plus de 400 sites d’orpaillage
clandestin. Plusieurs clandestins ont été interpellés, leurs matériels détruits.
Le troisième volet, c’est la formalisation du secteur. C’est-à-dire permettre
aux opérateurs économiques intéressés par le secteur, d’exercer en toute
légalité et dans les normes. Mais à la vérité, ces mesures sont inefficaces.  

La journaliste Mireille Patricia Abié en entretien avec un orpailleur.


 

« L’orpaillage est le revers du secteur minier. Malgré tout ce qui est mis en
œuvre, tous les efforts déployés, 4 ans plus tard, on assiste à l’ampleur de ce
phénomène. 60% des permis d’exploitation sont infestés d’orpailleurs », nous
a révélé Mme Logbo, la patronne du GPMCIdans un entretien qu’elle nous a
accordé le vendredi 11 mai 2018 à Abidjan. Et les compagnies minières
soupçonnent même un certain laxisme des autorités. Un avis que
ne partage pas Diarrassouba Yacouba, Chef de Service Mine et Carrière à la
Direction Régionale des Mines du Poro à Korhogo. « Lorsque nous sommes
saisis de cas d’occupations illicites de sites par des orpailleurs, nous écrivons
au préfet qui réquisitionne la gendarmerie pour procéder à des
déguerpissements. Et plusieurs sites ont déjà été déguerpis », nous explique
ce responsable régional du ministère des mines, au cours de l’entretien qu’il
nous a accordé. Quoi qu’il en soit face à l’inertie des autorités, Luiz Corera,
Directeur Général de la mine de Tongon, propriété de Randgold Ressources, a
saisi, depuis le 3 février 2018, Me Kéita Bakari, Huissier de Justice près le
Tribunal de première instance de Korhogo, pour constater l’occupation illégale
de 70 à 80% du permis d’exploitation de Niéllé par des orpailleurs
clandestins.

Pour certains acteurs de la société civile, notamment l’ONG


N’TAKIAYOH présente sur le site aurifère de Hiré (au Sud de la Côte d’Ivoire
dans le département de Divo), exploité par la société minière NewCrest, la
rationalisation effective de l’orpaillage pourrait être une solution efficace pour
endiguer ce phénomène. Mais d’ici là, on continue d’assister à un transfert
illégal de l’or à partir de la Côte d’Ivoire vers des pays-marchés comme les
Emirats-arabes-unis, après avoir transité par certains pays de la sous-région
où la législation autorise l’orpaillage.

 
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Par Mireille Patricia Abié

En Côte d’Ivoire, l’orpaillage clandestin est un fléau que l’Etat peine


encore à éradiquer en dépit de l’adoption du code minier de 2014. La
journaliste Mireille Patricia Abié est allée au contact de ce nouveau
Far West. Reportage spécial.

Depuis 2014, un nouveau code minier régit l’exploitation artisanale de l’or en


Côte d’Ivoire. Néanmoins, « en 2016, ce sont environ 22 tonnes d’or qui ont
été illicitement exportées à partir de la Côte d’Ivoire », expliquait Christine
Logbo-Kossi, la directrice exécutive du Groupement professionnel des miniers
de Côte d’Ivoire (GPMCI) lors d’un échange avec la presse, le 12 octobre
2017 à Abidjan.

Selon la patronne de cette faitière, « au niveau mondial, les dernières


statistiques disent qu’en Côte d’Ivoire, par exemple, lorsqu’on produit 25
tonnes d’or, il faut savoir qu’il y a la même quantité qui sort de façon illégale.
Alors, si nous avons produit 25 tonnes d’or, il y a donc aux alentours de 22
tonnes d’or qui ont échappé aux retombées fiscales dans notre économie.
C’est une information de l’OCDE qui fait des recoupements avec des pays
arabiques, qui déclarent détenir dans leurs coffres ces quantités de minerais
et quand elles justifient de l’origine de ces minerais, on peut comprendre
donc que ça passe de façon frauduleuse ».

D’ailleurs, selon le ministère de l’Industrie et des Mines, entre 2006 et 2016,


l’orpaillage clandestin a fait perdre à l’Etat ivoirien, un montant de 479,22
milliards de F CFA, soit environ 958 millions de dollars.

Un gros manque à gagner également pour les grandes sociétés minières


notamment Randgold  dont  le Président Directeur Général, le Sud-africain 
Dennis Marc Bristow,  s’en est ouvertement plaint en juillet 2017 lors d’une
conférence de Presse.  « On est confronté à cette difficulté de voir des
milliers d’orpailleurs clandestins et illicites sur les sites de Boundiali pour
lesquels nous détenons des permis », avait-il déploré, avant d’estimer même
qu’« il y a d’évidence une complicité avec des personnes évoluant à un
certain niveau de responsabilité ». Des propos qu’il a d’ailleurs réitérés le 28
Avril 2018 toujours face à la presse, en révélant que « la situation ne fait que
s’empirer ».
Face à tout ceci, on pourrait donc s’interroger sur les raisons pour lesquelles
les mesures gouvernementales ne visent pas à sévir contre l’exploitation
minière et l’exportation illégales de l’or. Pour essayer d’y répondre, nous
sommes allés à la rencontre des différents acteurs du secteur.

…Sur les traces des orpailleurs clandestins

Des baraques de fortunes  couvertes de plastique noir à perte de vue avec un


sol  où  cascades  de gangues et puits, dont la profondeur avoisine parfois les
70 mètres, se disputent le mètre carré avec une flore totalement détruite par
la cyanuration. C’est le triste visage que présente désormais Nouparadougou,
village situé 17 Km de Fonondara, à quelques encablures de la ville de
Boundiali elle-même située au Nord de la Côte d’Ivoire, à près de 800 Km d’
Abidjan. A Nouparadougou, qui fait partie des sites dont Randgold détient le
permis d’exploration, tout vit au rythme de l’orpaillage. Et la zone est réputée
dangereuse du fait de la grande insécurité qui y règne. « Ils nous empêchent
de travailler. L’environnement est malsain », prévient déjà Michel Senghor,
directeur de l’exploration chez Randgold Exploration dont les bureaux sont
basés à Korhogo. Qu’à cela ne tienne, nous tentons le déplacement pour aller
à la rencontre des orpailleurs. Ce mardi 9 mai 2018, nous arrivons donc à
Nouparadougou avec quelques appréhensions. Mais, la présence des deux
Dozos (chasseurs traditionnels) et les deux géomètres de Randgold qui nous
accompagnent, nous rassure quelque peu.

A Nouparadougou, sous les abris de fortune, les orpailleurs s’activent.


Pendant que certains manient la truelle pour faire remonter la terre qui
contient certainement le «caillou précieux», les plus jeunes sont chargés du
concassage des pierres sorties de terre. Plus loin, un autre groupe est occupé
à la cyanuration, sans se soucier du fait que ce mercure manipulé à l’air libre
aura des conséquences irréversibles sur la faune et la flore environnantes.
Ceux qui sont de corvée de cuisine s’activent, quant à eux, à cuire un
mélange de riz et de haricot qui constitue l’essentiel du menu de tout ce
camp qui s’étend sur plus de 5 kilomètres. Ici, le travail se fait de jour
comme de nuit. Mais pour tous ces hommes couverts de latérite, aucun
sacrifice n’est trop grand pour dénicher le métal précieux. Surtout qu’à en
croire Konaté Tidiane, géologue à Randgold, notre guide de circonstance, « la
probabilité de trouver de l’or est très forte ».

Emportés par la fièvre de l’or, les orpailleurs n’ont pas hésité à casser la
digue du barrage du village. Du coup, les paysans n’ont plus d’eau pour
irriguer les champs et les vaches ne peuvent plus s’abreuver. L’eau
contaminée au mercure s’est d’ailleurs asséchée pour laisser la place à un sol
fait de crevasses. Mais à Nouparadougou, il y a aussi de très belles maisons à
l’opposé du camp des orpailleurs, qui sont pour la plupart des étrangers
venus de la Guinée et du Burkina Faso. «Ici, la majeur partie de la population
soutient ces orpailleurs. Avec eux, le cash circule à flot et ils font beaucoup
de cadeaux aux villageois. Ils s’installent toujours avec l’aval des chefs de
villages, des présidents de jeunesse et de certains cadres de la région à qui
ils payent des taxes », révèlent Boréba Ernest et Bléh Guillaume, tous deux
géologues séniors à Randgold.
Après ce village, nous mettons le cap sur le camp de Fodio. Situé en pleine
forêt à une dizaine de kilomètre de Fonondara, ce camp s’étend aussi sur
près de 5 km avec un marché de circonstance où l’on trouve tout le matériel
nécessaire pour l’extraction artisanale de l’or (cordes, pelles, truelles,
marteaux, enclumes…). Ici, le spectacle est tout aussi désolant. Des dunes de
gangues s’étendent sur des kilomètres.

Mais à Fodio, les orpailleurs sont beaucoup plus sympathiques que ceux de
Nouparadougou. Nous tentons même de leur arracher quelques mots. «
Certains parmi nous réussissent à trouver de l’or dès la première tentative.
Mais d’autres, par contre, peuvent passer des mois ici sans dénicher le
moindre gramme. Souvent les propriétaires des trous nous payent mal. Mais
on fait avec », nous explique Ali. C’est sans doute le cas de ce groupe de
jeunes gens, des contractuels certainement, qui nous demandent 500 F CFA
pour s’acheter à manger. Plus loin, c’est le comptoir. « C’est sous cet hangar
que tout l’or qui sort du sous-sol de Fodio se vend et s’achète », nous
explique Dao Diala, Casual à Randgold Exploration. Ce qui justifie
certainement la présence, en pleine forêt, de ces grosses cylindrées dont la
présence à l’entrée de ce camp nous a quelque peu intrigué. L’autre
particularité de Fodio, c’est que ce site avait été déguerpi et damé par
Randgold mais, moins d’un an après, ces orpailleurs sont revenus à la
charge. Ce qui a emmené Mark Bristow, le PDG de la société à dire qu’ « on a
l’impression d’avoir affaire à un système de crime organisé mis en place. Ils
(les clandestins) ont l’air d’être protégés ».

Mais comment sommes-nous arrivés à ce phénomène qui mine 60% des


permis d’exploitation des sociétés minières ? Quel était l’état des lieux avant
l’adoption du code minier de 2014 ?

Une alternative à la crise agricole des années 80…et au chômage

C’est en 1984 que la Côte d’Ivoire formalise la libéralisation de l’exploitation


artisanale de diamant et d’or sur toute l’étendue du territoire national afin de
permettre aux populations ivoiriennes qui, n’avaient pas forcément l’expertise
minière, de trouver une alternative au chômage galopant, consécutif à
l’abandon des plantations de café et de cacao, suite à la mévente des
produits agricoles. C’est Gnamien Yao, ancien Ministre des Mines   qui le dit
dans une contribution faite le 1er août 2014.

Toujours selon lui, l’Etat a, dès la fin de la seconde moitié des années 1980,
jeté les bases de l’exploitation industrielle de ses ressources minières en
général et singulièrement l’or, en octroyant des permis d’exploitation à la
Société des Mines d’Ity (SMI) et à la société des Mines de l’Aféma (SOMIAF).
En 2014, l’Etat va encore plus loin dans la législation de ce secteur par la
mise en place d’un code minier.

Selon les dispositions du code minier de 2014 appuyé par le décret n° 2014-
397 du 25 juin de la même année, la Côte d’Ivoire a mis en place une
procédure de délivrance des autorisations d’exploitation pour l’orpaillage afin
de sortir cette activité de la clandestinité. L’on a donc assisté à une
accélération du processus de délivrance d’autorisations d’exploitation pour
permettre l’installation d’opérateurs légaux, parallèlement à la fermeture des
sites illicites. Et selon une note officielle du gouvernement publiée en 2014 à
cet effet, « 49 autorisations d’exploitation pour l’or ont été octroyées, dont 41
pour l’exploitation minière semi-industrielle et huit pour l’exploitation minière
artisanale ».

Un phénomène à la peau dure

L’Eldorado ouest-africain : Cartographier le commerce illicite de l’or en Côte


d’Ivoire, au Mali et au Burkina Faso. C’est le titre d’une étude publiée en
janvier 2017. Dans ce document, Alan Martin et
Hélène Helbig de Balza expliquent que l’héritage de la guerre civile en Côte
d’Ivoire est l’une des raisons qui continuent d’assombrir la gouvernance de
son secteur de l’or. Plusieurs anciens commandants de zone des Forces
nouvelles (des forces rebelles) profitent, selon cette étude, de la contrebande
et prélèvent des taxes illégales auprès des intermédiaires dans le secteur
artisanal de l’or.

En outre, l’activité d’exploitation artisanale clandestine de l’or est une activité


très lucrative dans laquelle de nombreux acteurs, intervenant à des niveaux
divers et avec des rôles précis, trouvent leur compte au plan financier. La
présence des personnes censées lutter contre l’orpaillage clandestin, dans la
filière d’exploitation artisanale de l’or, constitue certainement un facteur
explicatif de la persistance de cette activité dite illégale. Les autres causes du
développement de l’exploitation clandestine de l’or sont la mévente des
produits agricoles traditionnels (cacao et café) et l’ignorance des impacts
négatifs à moyen et long termes de l’orpaillage sur le milieu biophysique et
humain par la plupart des acteurs impliqués dans la filière.

Une autre  étude, celle-ci menée en janvier 2016 par le  Dr Goh Denis de l’
Institut des Sciences Anthropologiques de Développement (ISAD) à
l’Université de Cocody, Abidjan, intitulée  «L’exploitation Artisanale De L’or En
Côte D’ivoire: La Persistance d’une activité illégale », explique qu’en dépit des
discours officiels (qui annoncent des mesures vigoureuses de rationalisation
des activités d’orpaillage) et de quelques « opérations coup de poing » pour
fermer des sites clandestins d’orpaillage, de nouveaux autres sites se créent
et se développent régulièrement en dehors des conditions prévues par le
code minier.

Du côté de l’Initiative pour la transparence dans l’industrie extractive (ITIE),


on parle aussi de complicités des communautés riveraines. « Souvent ce sont
les populations elles-mêmes qui, à l’insu des autorités, autorisent les
orpailleurs à exploiter leurs terres. A Angovia, par exemple, (dont le permis
est détenu par la société Amara Mining) les villageois font payer une taxe
journalière de 100 frs CFA à chaque orpailleur », nous a confié, le 19 Avril
2018, un haut responsable de l’ITIE (qui a voulu gardé l’anonymat).

Quid des solutions ?


L’orpaillage clandestin est un véritable fléau. Et pour lutter contre ce
phénomène qui cause un énorme préjudice aussi bien à l’Etat qu’aux sociétés
minières, le gouvernement a mis en place un programme national de
réglementation de l’orpaillage. Ce programme comporte 4 volets. Le premier
consistait à sensibiliser l’ensemble des acteurs de ce secteur sur leseffets
négatifs du phénomène. Le deuxième volet était la fermeture de ces sites
illicites. Le gouvernement a ainsi fermé plus de 400 sites d’orpaillage
clandestin. Plusieurs clandestins ont été interpellés, leurs matériels détruits.
Le troisième volet, c’est la formalisation du secteur. C’est-à-dire permettre
aux opérateurs économiques intéressés par le secteur, d’exercer en toute
légalité et dans les normes. Mais à la vérité, ces mesures sont inefficaces.  

La journaliste Mireille Patricia Abié en entretien avec un orpailleur.


 

« L’orpaillage est le revers du secteur minier. Malgré tout ce qui est mis en
œuvre, tous les efforts déployés, 4 ans plus tard, on assiste à l’ampleur de ce
phénomène. 60% des permis d’exploitation sont infestés d’orpailleurs », nous
a révélé Mme Logbo, la patronne du GPMCIdans un entretien qu’elle nous a
accordé le vendredi 11 mai 2018 à Abidjan. Et les compagnies minières
soupçonnent même un certain laxisme des autorités. Un avis que
ne partage pas Diarrassouba Yacouba, Chef de Service Mine et Carrière à la
Direction Régionale des Mines du Poro à Korhogo. « Lorsque nous sommes
saisis de cas d’occupations illicites de sites par des orpailleurs, nous écrivons
au préfet qui réquisitionne la gendarmerie pour procéder à des
déguerpissements. Et plusieurs sites ont déjà été déguerpis », nous explique
ce responsable régional du ministère des mines, au cours de l’entretien qu’il
nous a accordé. Quoi qu’il en soit face à l’inertie des autorités, Luiz Corera,
Directeur Général de la mine de Tongon, propriété de Randgold Ressources, a
saisi, depuis le 3 février 2018, Me Kéita Bakari, Huissier de Justice près le
Tribunal de première instance de Korhogo, pour constater l’occupation illégale
de 70 à 80% du permis d’exploitation de Niéllé par des orpailleurs
clandestins.

Pour certains acteurs de la société civile, notamment l’ONG


N’TAKIAYOH présente sur le site aurifère de Hiré (au Sud de la Côte d’Ivoire
dans le département de Divo), exploité par la société minière NewCrest, la
rationalisation effective de l’orpaillage pourrait être une solution efficace pour
endiguer ce phénomène. Mais d’ici là, on continue d’assister à un transfert
illégal de l’or à partir de la Côte d’Ivoire vers des pays-marchés comme les
Emirats-arabes-unis, après avoir transité par certains pays de la sous-région
où la législation autorise l’orpaillage.

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 Orpaillage
www.santecom.qc: le 23 /10/2018 : Usage du mercure
www.lenntech.fr: les effets du mercure
www.futura-science.com

Voies d'exposition du mercure


D'après les fiches de sécurité chimique internationales, le mercure substance peut être
absorbée par l'organisme par inhalation de ses vapeurs et à travers la peau, sous forme de
vapeur aussi.
Risque d'inhalation du mercure
D'après les fiches de sécurité chimique internationale, une contamination dangereuse de
l'air est très rapidement atteinte lors de l'évaporation de cette substance à 20 °C.
Effets des expositions de courte durée
D'après les fiches de sécurité chimique internationales, la substance est irritante pour la peau.
L'inhalation des vapeurs peut causer une pneumonie. La substance peut avoir des effets sur
le système nerveux central et les reins. Les effets peuvent être retardés. L'observation
médicale est conseillée.
Effets des expositions prolongées ou répétées
D'après les fiches de sécurité chimique internationales, la substance peut avoir des effets sur
le système nerveux central et les reins , entraînant une irritabilité, une instabilité émotionnelle,
des tremblements, des troubles mentaux, ainsi que des troubles de la mémoire et de la
parole. Peut causer une inflammation et une décoloration des gencives. Danger d'effets
cumulatifs. Les tests chez l'animal montrent que cette substance peut entraîner des effets
toxiques sur la reproduction ou le développement chez l'homme.
La valeur limite d'exposition est de 50 microgrammes de Hg/m3 d'air afin que la teneur
limite de 100 microgramme de Hg/L de sang ne soit pas dépassée.
La dose toxique (OMS) est estimée à 0,4 mg la dose létale entre 150 et 300 mg et la dose
hebdomadaire tolérable temporairement est de 0,3 mg/personne dont moins de 0,2 mg
sous forme de méthylmercure.
La dose admissible dans l'eau potable ne doit pas excéder 1 microgr/L (OMS).
Une absorption de composés alkylés supérieure à 4 microgr/jour/personne de mercure
entraîne des troubles.
Rappelons brièvement que 65 % du Hg rejeté dans l'atmosphère provient de
la combustion du charbon, 25 % de l'incinération des déchets. Et aussi que dans le monde,
les émissions dues aux activités humaines sont estimées à 4 000 t/an, les émissions naturelles
à 3.000 t/an.
Rappelons encore que, sur 10.000 t/an de production, seulement 20 % est recyclé. Nous
sommes donc tous responsables !
L'hydrargyrisme
Hydrargyrisme est un terme issu du grec hudrarguros : mercure. Il s'agit d'une éruption
cutanée ou coloration anormale de la peau et des téguments (couche protectrice de
l'organisme constituée par la peau, ou le plumage et les écailles chez les
animaux), secondaire à l'ingestion ou à l'application de mercure ou de composés contenant du
mercure.
L'hydrargyrisme se rencontre essentiellement au cours des maladies professionnelles et tout
particulièrement chez les ouvriers travaillant dans la métallurgie du mercure ou à la
fabrication d'explosifs. L'hydrargyrisme se traduit essentiellement par :

 Une détérioration du cerveau avec problèmes intellectuels


 Une atteinte du cervelet entraînant des tremblements 
 Des problèmes sanguins comme une anémie entre autres 
 Des troubles digestifs
 Une atteinte rénale à l'origine d'une insuffisance rénale (insuffisance de fonctionnement de
la filtration des reins)

Traitement : grâce à l'utilisation d'un antidote (D pénicillamine, dimercaprol) il est possible de


traiter partiellement l'hydrargyrisme. En effet, ces molécules chélatent le mercure et
l'éliminent.
L'érythème mercuriel
Il est une éruption prurigineuse en nappes de teinte rouge vermillon ou violacée,
apparaissant brutalement dans les grands plis quelques heures après une exposition au
mercure (inhalation de vapeurs de mercure, absorption transcutanée ou ingestion d'un dérivé
mercuriel chez un patient sensibilisé au préalable) s'étendant ensuite de façon diffuse,
bilatérale et symétrique en 3 à 5 jours et disparaissant progressivement sans séquelles.
L'apparition de petites pustules 2 à 3 jours après le début de l'érythème, est fréquemment
observée. Lors de contact cutané avec un dérivé mercuriel, une dermite de contact localisée
peut être associée aux lésions décrites Les signes généraux sont fréquents (fièvre,
malaise, adénopathies...).
Le traitement repose sur l'éviction de l'allergène et, à titre symptomatique, sur
les corticoïdes et les antihistaminiques.
Les syndromes néphrotiques
Les syndromes néphrotiques, causés ou non par le mercure d'ailleurs, peuvent avoir
certaines complications évolutives propres :

 thromboses vasculaires veineuses (phlébites, thrombose des veines rénales) ;


 complications infectieuses ;
 crises douloureuses abdominales.

Les effets neurologiques


Ils sont très nombreux :

 Troubles de la vision par constriction du champ visuel


 Troubles de la sensibilité superficiels et /ou profonds
 Ataxies en écrivant, boutonnant, etc.
 Altération de la parole
 Altération de l'audition
 Altération de la marche
 Tremblements.
Ces signes étaient présents chez plus de 90 % des malades voire 100 %, pour les
premiers cités.Il y en a d'autres dont la fréquence est moindre mais qui ne sont pas moins
graves :

 Rigidité musculaire
 Réflexe tendineux éxagéré
 Salivation
 Sudation
 Légers troubles mentaux dans 70 % des cas
 Bébés malformés à la naissance.

Voilà une liste de symptômes qui ont permis de caractériser la maladie de Minamata.


Médicaments et mercure
En pharmacopée il y a/avait plusieurs médicaments contenant du mercure. L'oxyde de
mercure Chauvin existe encore et est utilisé pour traiter les infections de la paupière. C'est
un antiseptiqueophtalmique délivré sans ordonnance, à déconseiller fortement donc sans avis
médical. Le mercurochrome connu de nous tous et qui rougissait nos genoux de gosses. Dans
un temps, pas si lointain non plus, on soignait la syphilis avec le mercure. Ce n'est qu'au
XIXe siècle que l'affection sera reconnue cliniquement.




Gravure montrant un malade de la vérole. 


En fait, le mercure tuait autant que la syphilis elle-même.




Chancre de syphilis primaire. 

Mercure et alimentation (poissons)


D'après une page du Ministère de la Santé.
Évaluation des risques sanitaires liés à l'exposition au mercure des femmes enceintes et
allaitantes et des jeunes enfants : hormis le méthylmercure (MeHg) les composés mercuriels
peuvent être considérés comme négligeables (Afssa).
La quantité de méthyle mercure varie selon l'espèce, l'âge et la taille des poissons et selon
la contamination de l'environnement. Le facteur d'accumulation du mercure dans les
organismes est de 5.105 particulièrement dans les poissons qui n'ont aucun système de
« dépollution ».
L'ensemble des données des études cliniques, en exposition accidentelle, converge pour
retenir l'atteinte neurologique, secondaire à une exposition in utero et éventuellement
post-natale, comme l'effet critique à prendre en considération. Les études épidémiologiques
actuelles n'apportent pas de preuves de troubles du développement neuro-comportemental en
lien avec une exposition au méthyle mercure à travers la consommation de poissons.
En l'état actuel des connaissances, les experts de l'Afssa ont estimé que la Dose hebdomadaire
tolérable provisoire (DHTP) fixée par l'OMS pouvait être retenue comme valeur de référence
toxicologique, soit 3,3 µg de méthyle mercure/kg de poids corporel/j et 5 µg de mercure
total/kg de poids corporel/j.
L'évaluation de l'exposition au méthyle mercure ingéré avec les produits de la mer repose sur
des données l'enquête INCA 1999. Les valeurs disponibles ne comportant que des teneurs en
mercure total (Hg-T), le calcul d'exposition au méthyle mercure est fondé sur une hypothèse
simplificatrice le mercure présent sous forme méthylée dans la chair des poissons est égal à 84
% du mercure total.
Compte tenu du pouvoir bioaccumulatif du méthyle mercure dans des parties consommées
(muscle), les poissons pélagiques, carnivores à vie longue et gras, tels que daurades, espadon,
marlin, requin et thons, peuvent assez couramment présenter des teneurs en méthyle mercure
plus élevées et dépasser la teneur maximale autorisée. Ce sont eux qui contribuent le plus aux
apports.
La consommation de poissons d'élevage entraîne une exposition notoirement
inférieure. La consommation de mollusques bivalves a peu d'influence.
Effets du mercure sur la santé

Le mercure est un composé que l'on peut trouver naturellement dans la nature, on peut le trouver sous forme
métallique, sous forme de sels ou dans des composés organiques. 
Le mercure métallique est utilisé dans beaucoup de produits ménagers, tels que les baromètres, les
thermomètres, ampoules des lampes fluorescentes. Le mercure de ces appareils est piégé et ne pose en général
pas de problèmes de santé. Cependant lorsqu'un thermomètre se casse on est exposé pendant une courte
période à un niveau relativement haut de mercure, et ce par inhalation car il se vaporise. Ceci peut provoquer
certains problèmes tels que des dommages au cerveau, aux nerfs et aux reins, une irritation des poumons, des
yeux, une éruption cutanée, des vomissements et des diarrhées. 
Le mercure n'est pas naturellement présent dans les aliments, mais le mercure peut se retrouver dans les
aliments, étant donné qu'il peut se diffuser dans la chaîne alimentaire grâce à des organismes plus petits qui sont
mangés par l'homme, par exemple les poissons. En général les concentrations en mercure dans les poissons
dépassent largement les concentrations de l'eau dans laquelle ils vivent. Les produits d'élevage de bétail peuvent
aussi contenir des quantités importantes de mercure. Le mercure n'est pas communément trouvé dans les
produits des plantes, mais il peut pénétrer dans le corps par l'intermédiaire de légumes ou d'autres cultures,
quand on utilise des produits contenant du mercure dans l'agriculture.

Le mercure a un certain nombre d'effets sur l'homme, voici les principaux:


- Perturbation du système nerveux
- Fonctions cérébrales endommagées 
- ADN et chromosomes endommagés
- Réactions allergiques, éruption cutanée, fatigue et maux de tête
- Influence négative sur la reproduction, telle que sperme endommagé, fausse couche 
l'endommagement des fonctions cérébrales peut avoir pour conséquence une dégradation des facultés
d'apprentissage, des changements de personnalités, des tremblements, une modification de la vision, la surdité,
un incoordination des muscles et des pertes de mémoires.

Effets du mercure sur l'environnement


Le mercure est un métal présent naturellement dans l'environnement. Il pénètre dans l'environnement lors de la
rupture naturelle des minéraux dans les roches et le sol exposé au vent et à l'eau. La dispersion de mercure
provenant de sources naturelles est resté à peu près la même au cours des ans. Pourtant la concentration en
mercure dans l'environnement ne cesse d'augmenter, ceci est à attribuer a l'activité humaine. 
La plupart du mercure rejeté par les activités humaines est rejeté dans l'air, lors de la combustion de combustibles
fossiles, de l'exploitation minière, la fonderie, et la combustion des déchets solides. Certaines activités rejettent
du mercure directement dans le sol ou dans l'eau, par exemple l'application de fertilisants agricoles et les rejets
d'eaux usées industrielles. Tout le mercure rejeté dans l'environnement finit finalement dans les sols ou les eaux
de surface. 

Le mercure du sol peut s'accumuler dans les champignons.


Les eaux de surface acides peuvent contenir une quantité significative de mercure. Lorsque le pH est entre 5 et 7
les concentrations en mercure de l'eau augmentent car on mobilise le mercure du sol.
Une fois que le mercure a atteint les eaux de surface ou les sols, les micro-organismes peuvent le transformer en
méthyl de mercure, une substance qui peut être absorbée rapidement par la plupart des organismes et dont on
sait qu'elle cause des dommages aux nerfs. Les poissons sont des organismes qui absorbent des quantités
importantes de méthyle de mercure des eaux de surfaces tous les jours. Par conséquent le méthyl de mercure
peut s'accumuler dans les poissons et les chaînes alimentaires auxquelles ils appartiennent. 
Les effets du mercure sur les animaux sont des problèmes aux reins, une perturbation de l'estomac, des
problèmes aux intestins, des échecs de reproductions ou une altération de l'ADN.T

L'exploitation minière à grande échelle, appelée aussi « exploitation minière


industrielle  ou encore grande mine », est celle qui emploie plus de 40
employés et qui, extraient la presque totalité des ressources prélevées60(*).

Elle exige des gros investissements, des installations fixes de grande taille
et l'utilisation des procédés industriels qui passent par la mise en évidence
d'un gisement, l'extraction, traitement et transformation des substances
minérales. Son investissement va au-delà de 1 million d'Euro et sa durée
de vie est supérieure à 5 ans.

Elle se fait sur une grande échelle. Elle implique l'excavation d'énormes
mines à ciel ouvert qui peuvent atteindre jusqu'à 4 Km de large et 1,5 Km
de profondeur. Les déchets miniers constitués par la roche extraite non
utilisée dans le processus d'exploitation sont empilés en blocs massifs,
pouvant atteindre 100 m de haut dans certains cas61(*).

b) Exploitation minière à petite échelle

Le terme « exploitation minière à petite échelle » fait l'objet d'un grand


débat au niveau de plusieurs pays. D'une façon générale, les principaux
critères communément évoqués dans les tentatives pour définir le contenu
précis de ce terme sont :

· La dimension physique du gisement et la continuité ou non des opérations


d'exploitation ;

· La structure organisationnelle de l'exploitation et son mode de gestion ;

· L'importance de l'investissement qu'elle requiert et le chiffre d'affaire


qu'elle génère ;

· Le nombre et le niveau de qualification des travailleurs impliqués dans


l'unité de production et enfin,

· Le type d'équipement, le degré de mécanisation et le niveau de


technologie mis en oeuvre.
Cependant, au niveau du choix de ces critères, de leurs importances
relatives les unes par rapport aux autres et des associations que l'on peut
faire de certains d'entre eux dans le cadre de cette définition, l'unanimité
est loin d'être faite. Il en résulte que la signification accordée au terme
« exploitation minière à petite échelle » sur la base de ces critères est très
relatives, tant il est vrai que leur importance est fonction de l'environnement
économique général, du développement minier du pays, du degré de
l'évolution technique et technologique et, enfin de la nature des minéraux
exploités. Ceci est particulièrement vrai pour les critères de dimension
physique du gisement, de l'importance du chiffre d'affaire, du nombre de
travailleurs et du type de gestion62(*).

C'est justement à cause de cette relativité conceptuelle que dans un grand


nombre de textes législatifs et/ou réglementaires des plusieurs pays il est
assez fréquemment fait référence aux moyens limités et à la précarité des
technologies et techniques opératoires utilisées dans la définition de la
petite mine.

Prenant conscience de l'importance des exploitations minières à petite


échelle, plusieurs pays ont lancé des réflexions à travers différents
séminaires. Ces séminaires ont recommandé entre autres, de favoriser les
échanges d'expériences et de définir une terminologie applicable au
concept de l'exploitation minière à petite échelle.

Ainsi, lors du deuxième séminaire sur la promotion des petites exploitations


minières tenu à Niamey du 5 au 9 novembre 1990, la définition suivante du
concept de l'exploitation minière à petite échelle a été proposée comme
étant une exploitation minière de petite taille, permanente possédant
un minimum d'installations fixes, utilisant dans les règles de l'art, des
procédés semi-industriels ou industriels et fondée sur la mise en
évidence préalable d'un gisement.

A partir de cette approche consensuelle sur la terminologie de base, les


pays africains ont adopté cette définition en la modulant suivant les réalités
locales et les principes et critères de classification ainsi définis.

- Définition adoptée au Mali : Toute exploitation minière de petite taille,


permanente, possédant un minimum d'installations fixes, utilisant dans les
règles de l'art, des procédés semi-industriels ou industriels et dont la
production annuelle en régime de croisière n'excède pas un tonnage du
produit commercialisable (minerai, concentré ou métal), fixé par substance
et par arrêté du ministre des mines et fondé sur la justification de l'existence
d'un gisement.
- Définition adoptée au Burkina Faso : elle se définit comme une
exploitation de petite taille possédant un minimum d'installations fixes,
utilisant dans les règles de l'art, des procédés semi-industriels ou industriels
et fondé sur la mise en évidence d'un gisement.

- Définition adoptée au Ghana : le concept exploitation minière à petite


échelle est défini comme l'exploitation des ressources minérales par des
méthodes qui n'exigent ni investissements lourds, ni l'utilisation de
technologies sophistiquées.

- Définition adoptée en République Démocratique du Congo : c'est


toute activité par laquelle une personne se livre à une exploitation de petite
taille et permanente, exigeant un minimum d'installations fixes en utilisant
des procédés semi-industriels ou industriels, après la mise en évidence
d'un gisement.

- Définition adoptée par l'ONU tient compte du nombre d'employés, du


tonnage exploité et du chiffre d'investissement. Pour elle, c'est celle qui
produit moins de 50.000 t/an, employant moins de 40 employés pour un
investissement de moins de à 1 million d'Euros, et un chiffre d'affaires
annuels inférieur à 1,5 million d'Euros. Sa durée de vie est généralement de
moins de 5 ans63(*).

c) Exploitation minière artisanale

Cette forme d'exploitation connait un véritable « boom » depuis une


vingtaine d'années. Il est probable qu'aujourd'hui cette activité implique au
moins 15 millions de personnes dans le monde, soit prés de deux fois plus
qu'il ya dix ans. Pour un seul continent africain entre 4,5 et 6 millions
d'actifs sont concernés dont 30% à 40 % de femmes et entretiennent prés
de 40 millions de dépendants, soit 1 africain sur 2064(*).

Plusieurs textes législatifs et réglementaires la définissent presque de la


même manière :

- Pour le Mali65(*) : c'est toute opération qui consiste à extraire et concentrer


des substances minérales provenant des gîtes primaires et secondaires,
affleurant ou subaffleurant, et en récupérer les produits marchands en
utilisant des méthodes et procédés manuels et traditionnels.

- Quant au Niger, l'exploitation minière artisanale consiste à extraire et à


concentrer les minerais en vue de récupérer les produits la ou les
substances utiles qu'ils renferment par des méthodes et procédés
artisanaux. L'exploitation artisanale s'applique aux indices de minéralisation
de certaines substances dont l'exploitation sous la forme artisanale est
traditionnelle ou aux gisements pour lesquels la preuve est faite qu'une
exploitation industrielle n'est pas économiquement rentable66(*).

- Pour la RDC, selon les dispositions du code minier, loi N°007/2002 du 11


juillet 2002 en son article 109 : « une exploitation est réputée artisanale,
lorsque les facteurs techniques et économiques qui caractérisent certains
gîtes d'or, de diamant ou toute autre substance minérale ne permettant pas
d'en assurer une exploitation industrielle, mais permettant une exploitation
artisanale ;de tels gîtes sont érigés, dans les limites d'une aire
géographique déterminée , en zone d'exploitation artisanale.

De l'avis des spécialistes, cette exploitation concerne des opérations


menées par des individus ou des petits groupes dans une démarche qui
s'apparente à une cueillette opportuniste. Largement informelle, elle
exploite sans planification, avec des méthodes et des outils souvent
ancestraux et rudimentaires, une ressource mal connue. Cette activité de
subsistance saisonnière est souvent complémentaire de l'agriculture67(*).

Ainsi dit, les éléments de distinction entre ces différentes formes peuvent
être synthétisés dans le tableau ci-après, du point de vue de la nature des
installations autorisées, de la nature des procédés d'exploitation admis ainsi
que de la nature du gisement sur lequel chacun de ces formes peut être
développée68(*).

Tableau N° 1 : Différences entre les formes d'exploitation minière

EXPLOITATION EXPLOITATION A EXPLOITATION


RUBRIQUES
INDUSTRIELLE PETITE ECHELLE ARTISANALE
Nature des Permanente et Permanente mais Non permanente
installations importante minimum
Nature des Industrielle Industrielle ou semi- Non industrielle
procédés industrielle
d'exploitation
Nature du Réserves fortes et bien Faibles réserves mais Gisement pauvre et
gisement autorisé mises en évidence bien mises en évidence mise en place non-
établie

Source : Congo-Afrique XLVIIIe année, N° 425, mai 2008

Bien qu'il ressorte de cette distinction une grande proximité entre la mine à
petite échelle et la mine artisanale, deux formes souvent rassemblées dans
la doctrine sous le vocable de « Small Scale Mining », telles qu'elles sont
organisées dans la loi congolaise, elles couvrent néanmoins deux réalités
très différentes. Le tableau ci-après fait ressortir les éléments de différence
en rapport avec l'étendue des droits miniers, la procédure d'octroi de ces
droits, le niveau de mécanisation autorisée ainsi que le statut juridique69(*).

Tableau N°2 : Particularités de l'exploitation artisanale

MINE A PETITE
RUBRIQUES MINE ARTISANALE
ECHELLE
Etendue des droits Autorisation personnelle, sans droit Droit minier privatif et
miniers privatif sur une portion précise de la exclusif sur un périmètre
zone d'exploitation artisanale donné
Procédure d'octroi des Pas de nécessité de mise en évidence Droit octroyé après une
droits miniers préalable de gisement (mais phase de recherche
exploitation limitée à la zone ouverte à impliquant une mise en
l'exploitation artisanale) évidence d'un gisement
Niveau de Interdiction de recours à des procédés Obligation de recours à des
mécanisation industriels ou semi-industriels procédés au moins semi-
industriels et possibilités
de recours à des procédés
industriels
Statut de l'artisan Indépendant Pas de contrat de travail ni Salarié Application du
minier (par rapport à application du droit du travail code du travail et de ses
l'ouvrier de la mine à mesures d'application
petite échelle) Sécurité=responsabilité propre de
l'artisan Existence d'un tiers
responsable des mesures
de sécurité

Source : Congo-Afrique XLVIIIe année, N° 425, mai 2008

 
Mercure liquide à température ambiante
Cd    
 
↑    
80 Hg            

               
Hg
                                   

                                   

                                                               

                                                               
Cn
   

                                           

Tableau complet • Tableau étendu

Position dans le tableau périodique


Symbole
Hg
Nom
Mercure
Numéro atomique
80
Groupe
12
Période
6e période
Bloc
Bloc d

Famille d'éléments
Métal pauvre ou métal de
transition
Configuration électronique
[Xe] 6s2 4f14 5d10
Électrons par niveau d’énergie
2, 8, 18, 32, 18, 2

Propriétés atomiques de l'élément

Masse atomique
200,59 ± 0,02 u1
Rayon atomique (calc)
150 pm (171 pm)
Rayon de covalence
132 ± 5 pm2
Rayon de van der Waals
155 pm
État(s) d’oxydation
2, 1
Électronégativité(Pauling)
2,00
Oxyde
Base faible

Énergies d’ionisation3

1re : 10,4375 eV 2e : 18,7568 eV

3e : 34,2 eV

Isotopes les plus stables

Ed

AN Période MD PD
Iso
MeV

194 194
Hg {syn.} 444 a ε 0,040 Au

196
Hg 0,15 % stable avec 116 neutrons

198
Hg 9,97 % stable avec 118 neutrons

199
Hg 16,87 % stable avec 119 neutrons

200
Hg 23,1 % stable avec 120 neutrons

201
Hg 13,18 % stable avec 121 neutrons
202
Hg 29,86 % stable avec 122 neutrons

204
Hg 6,87 % stable avec 124 neutrons

Propriétés physiques du corps simple

État ordinaire
Liquide
Masse volumique
13,546 g·cm-3 (20 °C)1
Système cristallin
Rhomboédrique
Dureté
1,5
Couleur
Argenté blanc
Point de fusion
−38,842 °C4
Point d’ébullition
356,62 °C1
Énergie de fusion
2,295 kJ·mol-1

Énergie de vaporisation
59,11 kJ·mol-1 (1 atm, 356,62 °
C)1
Température critique
1 477 °C1
Point triple
−38,8344 °C5, 1,65×10−4 Pa
Volume molaire
14,09×10-6 m3·mol-1

0,00163 mbar (20 °C)

Pression de vapeur

0,00373 mbar (30 °C)
0,01696 mbar (50 °C)4
Vitesse du son
1 407 m·s-1 à 20 °C

Chaleur massique
138,8 J·kg-1·K-1

Conductivité électrique
1,04×106 S·m-1

Conductivité thermique
8,34 W·m-1·K-1

Solubilité
sol. dans HNO36

Divers

No CAS
7439-97-6

No EINECS
231-106-7

Précautions

SGH4
Danger

H330, H360D, H372, H410, P201, P273, P304+P34
0,

[+]

SIMDUT7

D1A, D2A, E,

[+]

Transport4

86

   2809   

[+]

Unités du SI & CNTP, sauf indication contraire.

modifier 

Le mercure est l'élément chimique de numéro atomique 80, de symbole Hg. Il fut aussi


appelé vif-argent jusqu'au début du XIXe siècle.
Il a longtemps été utilisé dans les thermomètres et les batteries avant d'être interdit en 1999.

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