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devait être le sauveur que j’avais attendu pendant tant d’années. Ce


Jésus n’était pas seulement un être humain, mais il était aussi Dieu. Il
avait vaincu la mort et ouvert les portes du Ciel pour nous. Toutefois,
mon frère m’expliqua ensuite que le fondateur de sa religion était
Henri VIII, qui s’était séparé du pape et avait créé une nouvelle reli-
gion, simplement parce qu’il voulait obtenir un divorce. Comment se
mettre à la suite d’un fondateur de religion qui n’avait pas été capable,
lui-même, de suivre les commandements de Dieu ? Comment sa reli-
gion pouvait-elle être vraie et pure ? Comment pouvais-je me laisser
convaincre par elle ? Il me fallait chercher la vérité ailleurs.
Mon petit bateau faisait toujours des cercles sur le lac. Cela faisait
quelques années que je fréquentais l’école de jeunes filles L’Aurore
et j’avais déjà suivi longtemps des cours de catéchisme. J’étais têtue
et rebelle, comme un cheval sauvage sans bride et qu’on ne pouvait
contrôler. J’étais douée pour ennuyer les sœurs et quelques fidèles fré-
quemment, souvent intentionnellement. Par exemple, je demandais
pourquoi mère X défendait souvent une personne qui ne le méritait
pas ; ou pourquoi ma camarade de classe n’était pas punie pour ses
mauvaises actions, et ainsi de suite.
Un jour, mère Lu me demanda si j’étais prête à être baptisée. Je lui
répondis très franchement : « Ma mère, je ne veux pas devenir catho-
lique par intérêt personnel. Certaines personnes deviennent catho-
liques uniquement pour faire plaisir aux sœurs. Certaines veulent voir
le monde. Certaines… » Mère Lu fut très surprise par ma réponse. Elle
hésita un court instant, puis me dit calmement et lentement : « Tu
veux purifier ton intention avant de devenir catholique, c’est bien ! La
religion catholique sera une plus grande source de motivation pour toi
dans le futur. »
Ces paroles étaient prophétiques.