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Cours : Culture d’entreprise 2ème année licence SE, ARS, SIL

Chapitre 2

L’ENTREPRENEUR, MOTEUR DE LA DYNAMIQUE ECONOMIQUE


L’entrepreneur est au centre de plusieurs analyses, qui concernent ses caractéristiques
psychologiques, ainsi que son rapport à l’innovation et au management. Plusieurs questions
semblent pertinentes à soulever :

La définition d’un profil idéal de l’entrepreneur est-elle possible ? L’entrepreneuriat est-il inné
ou acquis ? Existe-il un entrepreneur parfait? Quelles sont les qualités d’un bon entrepreneur
?

L’entrepreneuriat relève de l’inné ou de l’acquis ?


Même si certains individus naissent avec plus d’énergie ou plus de flair que d’autres, ces
aptitudes resteraient probablement ou plus utilisées, si elles n’étaient pas complétées par
d’autres caractéristiques, telles que les connaissances, des compétences et des expériences.
Il ne faut pas nier non plus l’importance des qualités innées de l’entrepreneur. Ses capacités
intuitives et instinctives à prendre les bonnes décisions et à saisir les bonnes opportunités sont
indispensables pour mener les projets vers le succès.

Qui peut créer une entreprise ?


Si le fait de créer une nouvelle entreprise ou une activité est à la portée de tout le monde, la
réussite, la pérennisation et le développement ne concernent en général, que les individus
préparés ayant étudié tous les aspects de leurs projets pour en éliminer ou réduire les facteurs
de risque et d’échec. En effet, il faut travailler son projet, le soumettre à des experts et
s’entourer de partenaires motivés.

L’entrepreneuriat : un acte risqué?


Les entrepreneurs, comme la plupart des individus responsables, essaient de prendre des
risques calculés. Ils développent une habileté à identifier les risques, à estimer leurs
probabilités d’occurrence et à réfléchir sur des comportements ou des stratégies qui
permettraient de mieux les contrôler ou de mieux les gérer. Les risques font très souvent
partie des situations dans lesquelles se trouvent les entrepreneurs. Ils sont liés aux
changements et à l’incertitude. Les entrepreneurs qui réussissent s’efforcent donc de réduire
les zones d’incertitude des projets qu’ils développent et des situations qu’ils affrontent.

Le risque est lié à la nature du couple produit/ marché, au degré d’innovation, au processus
de production et au degré d’inexpérience de l’entrepreneur. Le risque est présent et
irréductible dans les situations entrepreneuriales.

L’entrepreneuriat est-il synonyme d’indépendance ?

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Beaucoup de personnes rêvent de devenir entrepreneurs parce qu’elles ont un très fort besoin
d’indépendance et parce qu’elles ne supportent pas la hiérarchie des grandes entreprises.
Mais si le besoin d’indépendance est une motivation forte, très souvent avancée pour
expliquer l’acte d’entreprendre, en réalité, les entrepreneurs ne sont pas, plus indépendants,
dans leur fonctionnement, que d’autres cadres ou dirigeants d’entreprise. Ils sont dépendants
de leurs partenaires financiers, industriels, commerciaux, de leurs collaborateurs, clients,
fournisseurs et familles. Les relations qui ont été nouées avec toutes les parties prenantes
impliquent des obligations fortes que des êtres responsables se doivent de respecter et
d’honorer. Il s’agit donc, pour l’entrepreneur, plus d’une liberté dans l’exercice de ses missions
que d’une indépendance.

Les entrepreneurs travaillent plus et plus durement que les cadres dans les
grandes entreprises ?
Les entrepreneurs travaillent tout aussi durement que d’autres catégories professionnelles,
peuvent être tout autant stressés, mais vraisemblablement, ils retirent des situations dans
lesquelles ils sont engagés plus de satisfactions. En effet, les cadres dans les grandes
entreprises travaillent énormément sans ressentir toujours comme les entrepreneurs un
niveau élevé d’accomplissement et de réalisation.

Les entrepreneurs sont-ils uniquement motivés par le pouvoir et l’argent ?


Parmi les idées reçues, les motivations reliées au pouvoir et à l’argent seraient les principales
raisons pour lesquelles les individus décident de créer une entreprise. Contrairement à ces
préjugés, les entrepreneurs mettent plus en évidence des motivations comme le besoin
d’accomplissement, la recherche d’indépendance, l’envie de développer ses propres idées, le
besoin de reconnaissance ou la recherche d’un statut social, le goût du défi, l’envie de relever
des challenges, le besoin d’estime personnelle…L’appât du gain et la recherche du pouvoir ne
sont donc pas des motivations essentielles.

L’entrepreneur doit nécessairement avoir beaucoup d’argent pour réussir ?


L’argent est considéré comme une ressource majeure et un facteur de succès. En effet, tout
projet et toute entreprise doivent être correctement capitalisés. Les besoins financiers
doivent être estimés au plus juste et les ressources financières doivent être suffisantes pour y
faire face. Mais, l’argent est un outil inerte aux mains des entrepreneurs. Certains peuvent
faire des merveilles avec cet outil alors que d’autres ne connaîtront pas la réussite. Avoir trop
d’argent peut parfois être un handicap. Il faut donc l’utiliser au mieux de l’intérêt du projet.

Les entrepreneurs doivent être jeunes et énergiques ?


Il est évident que la jeunesse, le dynamisme et la bonne santé sont des atouts appréciables.
Mais l’âge ne constitue pas une barrière infranchissable. Ce qui est déterminant est davantage

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lié à la possession des connaissances utiles, du savoir-faire pertinent, des expériences et des
relations qui vont permettre de transformer une idée ou une intention en opportunité
d’affaire.

L’importance de l’adéquation Homme/ Projet


La question que doit se poser un entrepreneur ne doit pas être « Suis-je un bon entrepreneur
? » mais plutôt « Ai-je un profil adapté au projet que j’entends développer à la situation que
je vise ? ».

Un entrepreneur doit définir son projet personnel en prenant le temps de réfléchir sur lui-même et de
vérifier par la suite que ses paramètres personnels sont en cohérence avec le projet économique. En
effet les éléments du projet personnel doivent répondre aux sollicitations du projet économique.

Il s’agit pour un entrepreneur de faire un bilan personnel en évaluant :

• Sa personnalité : sérieux, organisé, responsable, charismatique, passionné etc….


• Son potentiel : capacité à négocier, à gérer le stress, à se débrouiller, avoir du punch commercial
etc….
• Ses motivations : être indépendant, s’épanouir, faire fortune etc…
• Ses objectifs : être à la tête d’une entreprise de plusieurs dizaines de salariés etc. …….
• Ses contraintes personnelles : charges financières personnelles, non disponibilité pour étudier le
projet etc….
• Ses compétences

Exemple : La personnalité et le potentiel du créateur doivent correspondre aux sollicitations


du projet. Le punch commercial nécessaire n'est pas le même pour la vente de chaussures
dans une boutique que pour vendre des services informatiques aux entreprises.

Pour ce qui est des compétences, la qualification idéale pour un nouveau chef d'entreprise
touche à la maîtrise de 3 disciplines : la technique, le commercial et le management (gestion
administrative et conduite des hommes).

L'incompétence dans la discipline qui prédomine comme F.C.S (facteur clé de succès)
représente un risque majeur d'échec.

F.C.S : atout ou caractéristique qui a un impact direct sur la réussite du projet.

Un entrepreneur averti doit impérativement repérer la compétence prédominante relative à


son projet économique et s’assurer qu’il la maîtrise parfaitement.

Exemple de compétence clé de succès :

- Activité à très faible marge commerciale : Management (gestion


administrative)
- Activité dans le domaine industriel : La technique

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Il n’y a pas donc pas de bon projet en soi, ni de bon entrepreneur, mais, un projet en
cohérence avec les traits de caractère, les objectifs, les connaissances, les
compétences, les expériences, les ressources et les relations de l’entrepreneur
potentiel, lancé au bon moment, avec le bon timing et en cohérence avec
l’environnement.

Exemples de quelques qualités entrepreneuriales


- Flair et intuition : Le flair permet d’identifier les opportunités. L’entrepreneur devine
ce qui présente du potentiel, ce qui se passe sur le marché. Il sent les besoins latents,
les difficultés ainsi que les risques qui peuvent planer sur le projet.
- Imagination et créativité : L’entrepreneur évolue dans un cadre différent des autres. Il
pense différemment, crée des choses différentes ou d’une manière différente. Il dévie
des sentiers battus.
- Passion : la passion est essentielle au maintien de la motivation. Elle permet
d’entretenir la flamme, le dynamisme, l’énergie, même pendant les moments difficiles.
- Dextérité, doigté, habileté : savoir se servir correctement des moyens dont on dispose
- Ténacité : Garder le sens des objectifs qu’on s’est initialement fixés, garder toujours la
bonne direction. L’entrepreneur fait preuve d’un fort attachement à ses idées,
convictions et objectifs.
- Sens de la communication : L’entrepreneur doit être en mesure de bien s’exprimer
pour nouer des contacts, aller vers l’autre, séduire et convaincre.