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Revêtements de sols industriels

par Loic CHAMPOISEAU


Secrétaire Général de l’Union Nationale des Entrepreneurs de Sols Industriels (UNESI)
Pierre PANNETIER
Directeur de l’Office des Asphaltes
Dominique IRASTORZA
Conseiller Technique de l’Union des Syndicats de l’Industrie Routière Française (USIRF)
et Louis DEVAUX
Gradué en Sciences commerciales
Membre des Commissions qualité et technique de l’Association Française
des Formulateurs et des Applicateurs de Résines (AFFAR)

1. Contraintes d’utilisation ........................................................................ C 3 684 - 2


1.1 Contraintes de destination.......................................................................... — 2
1.2 Contraintes de réalisation ........................................................................... — 3
1.3 Contraintes économiques ........................................................................... — 3
1.4 Conclusion.................................................................................................... — 3
2. Sols à base de ciment............................................................................. — 3
2.1 Produits ........................................................................................................ — 3
2.2 Sols à base de ciment coulés in situ .......................................................... — 5
2.3 Sols constitués d’éléments préfabriqués .................................................. — 7
3. Sols à base d’asphalte et de bitume................................................... — 9
3.1 Produits ........................................................................................................ — 9
3.2 Chape d’asphalte ......................................................................................... — 9
3.3 Carreaux d’asphalte..................................................................................... — 10
3.4 Chape en ciment avec émulsion de bitume .............................................. — 10
3.5 Enrobés bitumineux percolés d’un coulis de ciment et de résines......... — 11
4. Revêtements et chapes en résines synthétiques appliquées
in situ........................................................................................................... — 12
4.1 Domaine d’application ................................................................................ — 12
4.2 Définitions .................................................................................................... — 12
4.3 Matériaux constitutifs.................................................................................. — 12
4.4 Les revêtements........................................................................................... — 12
4.5 Supports ....................................................................................................... — 15
4.6 Travaux préparatoires ................................................................................. — 17
4.7 Travaux de mise en œuvre des revêtements ............................................ — 17
4.8 Réception des ouvrages.............................................................................. — 18
4.9 Entretien ....................................................................................................... — 18
4.10 Récapitulatif : plan d’étude d’un revêtement de sol à base
de résines synthétiques .............................................................................. — 20
5. Critères de choix d’un revêtement de sol......................................... — 20
Références bibliographiques ......................................................................... — 20

I l existe de plus en plus une prise de conscience des investisseurs visant à


adapter l’ensemble des éléments constitutifs de leur outil de production aux
impératifs de rentabilité, d’efficacité et de standing.

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REVÊTEMENTS DE SOLS INDUSTRIELS _____________________________________________________________________________________________________

À ce titre, les sols industriels commencent à être considérés comme un élé-


ment fondamental de la construction.
Or, effectuer le choix d’un sol industriel n’est pas un problème simple, du fait
qu’il existe une très grande variété de systèmes, de matériaux et de produits
susceptibles d’être employés.
Ce choix relève à la fois d’une analyse très précise des différentes contraintes
et des divers critères liés au type d’industrie et d’une très bonne connaissance
du comportement dans le temps des types de sols existants. Un tableau, en fin
d’article, donne une orientation générale quant aux performances des diffé-
rents types de sol. Pour plus de précision, on se reportera au texte.

Cet article est la réédition actualisée de l’article écrit précédemment par Jacqueline
BAUERHOFER.

1. Contraintes d’utilisation 1.1.2 Contraintes thermiques


Dépose de produits portés à très haute température (aciérie, fon-
L’ensemble des contraintes auxquelles doivent répondre les sols derie), nettoyage au jet de vapeur (industrie alimentaire), risque de
industriels peuvent être regroupés en : gel du revêtement de sol (chambre froide, congélation).
— contraintes de destination ;
— contraintes de réalisation ; 1.1.3 Contraintes d’ordre chimique
— contraintes économique.
Il convient de connaître, pour chaque cas, la nature des produits
utilisés qui risquent d’être en contact avec le sol, leur concentra-
tion, leur température, la fréquence des contacts (accidentels ou
1.1 Contraintes de destination continus) et les moyens d’entretien afin d’évaluer :
— la résistance aux acides ;
Comme les contraintes de destination découlent de l’activité de — la résistance aux bases ;
l’industriel, il est important de préciser en premier le type d’indus- — la résistance aux solvants, aux décapants ;
trie avec sa spécificité (par exemple : industrie alimentaire, fabri- — la résistance aux huiles, aux graisses, aux hydrocarbures.
que de produits laitiers), puis d’analyser les différentes contraintes
pour chaque zone du bâtiment.
1.1.4 Contraintes de surface

1.1.1 Contraintes d’ordre mécanique ■ Planéité : la planéité est une qualité exigée par les textes régle-
mentaires en ce qui concerne la sécurité des travailleurs, mais
■ Résistance au roulage aucune valeur n’est précisée. On peut considérer que la tolérance de
5 à 7 mm sous la règle de 2 m est une valeur acceptable pour la
Critère de base que l’on trouve pratiquement pour tous les types majorité des sols industriels. Dans certains cas, tels que le stockage
d’industries. Pour déterminer le trafic (léger ou lourd, faible, et le gerbage en grande hauteur, une tolérance de 2 à 3 mm peut
moyen ou intense), différents facteurs doivent être précisés : s’avérer nécessaire ; elle doit alors être nettement précisée dans le
masse, charge et vitesse des engins, nature du bandage, intensité cahier des charges.
du trafic.
■ Surface lisse ou antidérapante : un sol doit être suffisamment
lisse pour faciliter le roulage des engins et l’entretien du sol. Il doit
■ Résistance à l’abrasion et à la rayure
être non glissant pour les ouvriers, voire antidérapant dans cer-
Ripage de pièces métalliques sur le sol, décapage du sol par des taines industries (industries alimentaires, par exemple), pour les
objets contondants, copeaux métalliques ou de verre, etc. revêtements de sols sportifs.

■ Résistance au poinçonnement ■ Faible porosité : de façon à éviter ou limiter au maximum l’impré-


gnation des produits susceptibles de s’écouler sur le sol.
Transmission de fortes charges par l’intermédiaire de surfaces
■ Absence de discontinuités : il est préférable d’éviter les joints et
réduites (structures de stockage, casiers, etc.).
les fissures dont les bords peuvent se dégrader sous l’effet du
■ Résistance aux charges lourdes ripage et du roulage (conteneurs, pièces métalliques…).
Pièce lourdes à arêtes vives, chaudronnerie, aciérie, etc.
1.1.5 Contraintes de sécurité
■ Résistance aux chocs
Dépose brutale d’éléments lourds, chutes d’objets, entrepôts. On peut exiger :
Les chocs ne doivent pas faire éclater ou fissurer le sol. Il est — des sols antiétincelles de façon à éliminer tout risque de
nécessaire de préciser la fréquence des chocs, leur nature et le déflagrations dues aux chocs de matériaux tombant sur le sol ;
poids des pièces pour déterminer le revêtement. On peut égale- — des sols conducteurs pour éliminer les phénomènes d’élec-
ment exiger que les arêtes des pièces ou le matériel ne se dégra- tricité statique accumulée entre le sol et les personnes qui s’y
dent pas lors de leur chute. déplacent.

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1.1.6 Contraintes de confort dement, sous l’action du trafic, les inconvénients apparaissent :
formation de poussières, nids-de-poule, épaufrures, ce qui entraîne
■ Propreté : antipoussière, facilité d’entretien. Les exigences à un entretien plus fréquent, une immobilisation partielle ou totale
satisfaire dans ce domaine seront plus ou moins sévères selon le du local pour réparation.
type d’industries concernées (par exemple, salle blanche, industrie
pharmaceutique, industrie électronique, industrie alimentaire, fila- Pour obtenir un sol à base de liants hydrauliques résistant, on
tures, etc.). doit agir à la fois sur la qualité du béton support, sur les consti-
tuants de la couche d’usure ou du revêtement, sur la cure du béton
■ Couleur : aspect décoratif et parfois fonctionnel. et sur la qualité de la mise en œuvre.
■ Chaleur : en fonction du type d’activités, du personnel, et des pro- Les sols industriels à base de ciment se partagent en deux
duits stockés ou fabriqués. On peut satisfaire à cette contrainte avec, familles principales :
par exemple, des sols chauffants ou des sols isolants thermiques. — le dallage en béton avec une surface traitée antiusure, tous
■ Bruit : réduire le plus possible, à l’aide du revêtement de sol, les deux coulés in situ ;
bruits dus à la circulation. — les éléments préfabriqués en usine qui se posent ou non sur
une dalle en béton selon le type de produit.
Le béton support des sols industriels à base de liants hydrau-
1.2 Contraintes de réalisation liques doit répondre aux exigences de la norme XP P 18-305 [10]
qui définit le type de béton à utiliser en fonction de la classe
Les impératifs de délais de réalisation, qui sont parfois détermi- d’environnement.
nants, peuvent limiter le choix parmi les revêtements répondant
aux qualités souhaitées, voire imposer un certain type de sol. À cet
effet, on distingue :
2.1 Produits
— les travaux neufs ;
— les travaux de réfection où, généralement, les exigences en N’utiliser en couche d’usure que des produits prémélangés.
matière de délais de réalisation, donc d’indisponibilité pour le
client final, priment toute autre considération.
Rappelons que le délai de réalisation comprend la préparation 2.1.1 Granulats durs
du support, le temps de pose et le délai nécessaire avant la mise
en service. Ils comprennent : les granulats naturels durs, les granulats
métalliques et les abrasifs.
L’épaisseur disponible est également à prendre en compte, en
particulier dans le cas de réfection.
2.1.1.1 Granulats naturels
En extérieur, les conditions climatiques déterminent la période et
même le moment des travaux. Certains types de revêtements ne Ils proviennent de roches dures à haute teneur en silice telles
doivent pas être exécutés en extérieur. En intérieur, seul le pro- que quartz, basalte, porphyre, granit, silex. Ils sont concassés,
blème de température peut intervenir. dépoussiérés, lavés et calibrés pour obtenir une granulométrie
adaptée au mode d’utilisation. Leur dureté est voisine de 7 (échelle
de Mohs) et leur masse volumique apparente est de 1,4 à 1,6 t/m3.
1.3 Contraintes économiques Ils conviennent pour des sols soumis à un trafic moyen d’engins
munis de roues à bandages pneumatiques.
Les différents paramètres à prendre en considération sont : L’échelle de Mohs est matériellement définie par dix matériaux
— l’investissement, qui se traduit par le prix au mètre carré ; de dureté caractéristique, cotée de 1 à 10 dans les limites :
— les frais d’exploitation : coûts de nettoyage et d’entretien — talc : 1 ;
courant ; — diamant : 10.
— la garantie dans le temps offerte par les constructeurs ou les
compagnies d’assurances. Pour plus de détails, on se reportera à l’article Essais mécani-
ques des métaux. Essais de dureté dans le traité Matériaux métal-
L’ensemble de ces trois critères doit être en permanence intégré liques.
par le décideur. Se limiter au seul critère prix unitaire est une
erreur souvent commise, mais dont les conséquences peuvent être
2.1.1.2 Granulats métalliques
très graves aussi bien sur les plans du coût global et de la renta-
bilité que sur le fonctionnement du bâtiment. Ils sont constitués de paillettes de fer doux, de fonte, de grenaille
d’acier, qui doivent être spécialement traitées pour qu’elles aient
une bonne affinité avec l’eau et le ciment, puis être broyées,
1.4 Conclusion dépoussiérées et calibrées.
Les paillettes sont anguleuses, légèrement lamellées. Leur classe
De l’étude précédente, on déduit les qualités exigibles pour le sol granulaire est comprise entre 0,5 et 5 mm. Elles se déforment sous
industriel, en tenant compte du fait qu’un sol ne peut posséder tou- le choc, mais ne se brisent pas : elles sont ductiles.
tes les qualités, qu’il faut en privilégier certaines et les classer par L’expérience montre que ces granulats donnent satisfaction dans
ordre d’importance. le cas de trafic lourd et intense, pour des engins munis de roues à
bandages métalliques et dans des zones soumises aux chocs. Leur
emploi est déconseillé en présence d’humidité permanente ou en
2. Sols à base de ciment extérieur.

2.1.1.3 Abrasifs
Les sols à base de ciment occupent une place importante parmi
les sols industriels. Leur nature est diverse. Ce sont des petits grains très durs de
Le dallage en béton classique, dont la qualité des granulats n’a 2 à 4 mm. Les abrasifs sont utilisés dans le cas de trafic intense et
pas été particulièrement choisie en vue de leur résistance à l’abra- lourd. Ils sont souvent mélangés avec des granulats naturels.
sion, ne présente pas une résistance à l’usure suffisante. Très rapi- Les principaux abrasifs utilisés pour les sols sont les suivants.

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■ Carbure de silicium (SiC) : plus connu sous le nom de carborun- Ces émulsions confèrent au mortier :
dum, c’est un abrasif synthétique, incolore quand il est pur ; sa cou- — une meilleure plasticité, tout en permettant une réduction
leur varie du vert émeraude au noir lorsqu’il contient du fer. Sa d’eau de gâchage ;
dureté est de 9,5 (échelle de Mohs), sa masse volumique apparente — une adhérence supérieure au support ;
est d’environ 3,2 t/m3. — une augmentation des résistances mécaniques à la traction et
à l’allongement à la rupture ;
■ Corindon (Al2O3) : tous les abrasifs à base d’alumine naturelle ou
— une diminution de la fissuration ;
synthétique font partie de la famille des corindons.
— une amélioration de la dureté de surface, d’où une réduction
Leur couleur varie du blanc au brun rougeâtre suivant le degré de l’usure et un poussiérage plus faible.
d’impureté. Leur dureté est de 9 (échelle de Mohs), la masse volu- Ces résines associées à des granulats durs naturels permettent
mique apparente est voisine de 2,3 t/m3. Le corindon synthétique de réaliser des chapes minces (10 à 15 mm) rapportées qui présen-
est une alumine cristallisée obtenue à partir de la bauxite portée à tent un très bon comportement sous un trafic important.
haute température. Les corindons diffèrent par l’origine et les pro-
Cette technique est intéressante, tout particulièrement dans le
portions de bauxite.
cas de réfection, à cause de la faible épaisseur.
■ Alag : c’est un granulat silico-alumineux calcique. Il se présente Les performances varient en fonction de la nature et de la qualité
sous la forme de grains noirs, anguleux, d’aspect vitreux dont la des résines utilisées. Ainsi, certaines émulsions imperméabilisent
classe granulaire standard est de 0/2,5 mm (fins), 2,5/13 mm (gros). le mortier, réduisent la sensibilité aux acides et aux graisses et
Il se caractérise par une masse volumique apparente de 1,9 t/m3 conservent toutes leurs qualités, même en présence d’eau. Le
pour les éléments fins et 1,7 t/m3 pour les éléments gros. Sa dureté choix des résines est donc important.
(Mohs) est de 7 à 7,5. Sa teneur en alumine, d’environ 40 %, en fait
de plus un granulat aux propriétés réfractaires.
2.1.4 Ciments
L’Alag a une remarquable affinité chimique avec le ciment fondu.
Cette propriété confère aux mortiers et bétons d’Alag fondu des On distingue :
caractéristiques très élevées sur le plan des résistances mécani- — les ciments Portland :
ques, dans les domaines de la dureté, de la tenue à l’abrasion ainsi
qu’à la température (1 500 oC) et enfin, de la résistance à la corro- CPA-CEM I 42,5 et 42,5 rapide,
sion (jusqu’à un pH de 4 à 5). CPA-CEM-I 52,5 et 52,5 rapide ;
— les ciments Portland composés :
Notons que l’emploi de l’Alag (produit Lafarge) est contre-indi-
qué avec des ciments hydrauliques autres que les ciments alumi- CPJ-CEM-II/A ou B 32,5 et 32,5 rapide,
neux. Il doit être stocké à l’abri de l’humidité. CPJ-CEM II/A ou B 42,5 et 42,5 rapide,
CPJ-CEM II/A ou B 52,5 et 52,5 rapide ;
— le ciment Portland aux fumées de silices :
2.1.2 Durcisseurs spéciaux : les oxydes
CPJ-CEM II/A ou B [D] 52,5 et 52,5 rapide ;
métalliques
— les ciments de haut-fourneau :
Le plus connu est l’Oxydociment, produit qui existe depuis une CHF-CEM III/A 32,5-42,5 et 52,5,
cinquantaine d’années. C’est un composé de plusieurs formes CHF-CEM III/B 32,5-42,5-52,5,
d’oxydes de fer dit ferrite magnétique réactive. CLK-CEM III/C 32,5 ;
Il se présente sous la forme d’une poudre noire de masse volu- — le ciment au laitier et aux cendres :
mique apparente 2,1 t/m3. C’est un élément complémentaire du CLC-CEM V/A 32,5 ;
ciment à action polyvalente chimique et physique. Il joue le rôle de — le ciment alumineux fondu :
durcisseur et de plastifiant. Il augmente la compacité du mortier ou
CA
du béton. Les résistances à l’usure, à la compression, aux attaques
chimiques et à l’imperméabilisation sont améliorées. — le ciment prompt naturel :
CNP.
L’Oxydociment s’emploie en incorporation à raison de 20 % du
Pour connaître les caractéristiques et les domaines d’emploi des
poids du ciment pour le béton et 25 % pour le mortier réalisés avec
ciments, il faut se reporter à la norme NF P 15-301 [11].
du ciment CPA. Son incorporation se fait directement à la gâchée
avec le ciment en veillant à la parfaite homogénéité du mélange. Il
peut être utilisé corrélativement avec les granulats durs naturels et 2.1.5 Produits de cure
les abrasifs.
Les produits de cure ont pour rôle d’assurer la protection des
mortiers et des bétons frais contre la dessiccation, c’est-à-dire de
2.1.3 Émulsions de résines freiner l’évaporation de l’eau de gâchage. Ces produits forment
une pellicule très mince qui obture les capillaires du béton permet-
Les résines synthétiques qui se présentent sous la forme d’émul- tant une hydratation plus complète de ciment. On limite alors le
sions, telles que les résines vinyliques (acétate, chlorure ou propio- risque de fissuration, le faïençage et le poudrage de la surface du
nate), les résines acryliques, styrène-butadiène sont utilisées soit béton.
comme barbotine d’accrochage pour les chapes rapportées, soit Les produits de cure sont des résines en émulsion ou des cires en
comme adjuvant des mortiers pour réaliser des chapes minces. solution, légèrement colorées. Ils doivent être pulvérisés sur le
Cette émulsion est un liquide blanc laiteux, de masse volumique béton ou mortier frais dans les 30 min qui suivent le dernier surfa-
voisine de 1 t/m3 dont l’extrait sec varie suivant les fabricants (en çage, lorsque l’humidité de surface a disparu (aspect mat du béton).
général, de l’ordre de 45 à 50 %), qui est utilisé en remplacement La consommation est de l’ordre de 100 à 150 g/m2.
d’une partie de l’eau de gâchage.
On se reportera aux normes NF P 18-370 [12] et NF P 18-371 [13].
La quantité de résines à utiliser varie entre 10 et 20 % du poids
du ciment, suivant les performances recherchées. Avant le gâchage
du mortier, on procède au mélange de l’émulsion avec l’eau dans Si le dallage doit recevoir ultérieurement une peinture ou un
les proportions suivantes : 1 volume de résine pour 1 ou 2 volumes revêtement, le produit de cure devra être éliminé avant l’applica-
d’eau (suivant les prescriptions du fabricant). tion et peut être même déconseillé selon sa nature.

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2.2 Sols à base de ciments coulés in situ 2.2.2 Chape incorporée

Il existe trois techniques de finition : La chape incorporée est un ouvrage de finition constitué par
apport d’un mortier à base de granulats durs et de ciment, identi-
— le surfaçage par refluage avant ou sans saupoudrage de ques à ceux utilisés pour le saupoudrage ou l’épandage, appliqué
couche d’usure ; sur le béton frais. Le dosage en granulats varie généralement de 8
— la chape incorporée ou « coulis » ; à 60 kg.
— la chape rapportée.
Dans le cas de sols intérieurs, l’exécution de ces techniques se 2.2.2.1 Caractéristiques
réalise à l’abri des intempéries, bâtiment clos-couvert. Cette technique permet de réaliser, dans un délai comparable à
Pour les sols extérieurs, l’exécution des travaux est liée aux celui de la dalle en béton, un sol terminé offrant des résistances
conditions météorologiques. mécaniques élevées.
Ce revêtement est parfaitement lié au dallage et aucun risque de
décollement n’est à craindre si la mise en œuvre est faite dans le
2.2.1 Béton surfacé avec saupoudrage délai voulu.
de granulats durs Cette technique favorise la réalisation de dallage à haute pla-
neité.
Le saupoudrage est exécuté sur une dalle en béton frais qui a été
Dans le cas de trafic lourd et intense, avec des engins à banda-
préalablement tirée à la règle et talochée, ou parfois sur une chape
ges durs ou métalliques, la chape doit être réalisée avec des gra-
rapportée en microbéton. Les granulats utilisés sont des abrasifs,
nulats métalliques. Cette chape possède une excellente résistance
des granulats métalliques ou des granulats minéraux selon les
à l’usure, aux chocs et au poinçonnement. On peut réaliser des
caractéristiques recherchées.
chapes conductrices d’électricité avec les granulats métalliques et
une mise à la terre.
2.2.1.1 Caractéristiques Ces chapes de teinte gris ciment peuvent être colorées dans la
Cette technique permet d’obtenir, en même temps que le cou- masse en ajoutant des pigments.
lage de la dalle en béton, une surface résistante d’épaisseur de 2 à
4 mm en général. 2.2.2.2 Mise en œuvre
Sa résistance est liée à la nature des granulats, à leur courbe gra- Cette chape est exécutée sur un béton dosé de 300 à 350 kg de
nulométrique, à la nature du liant : ciment par mètre cube, griffé ou balayé et réglé à un niveau qui
— granulats naturels : cette solution est la plus économique, tient compte de l’épaisseur de la chape.
mais elle devrait être limitée au trafic à bandages pneumatiques ; Le micromortier est gâché dans une bétonnière ou de préférence
— granulats métalliques : l’expérience a montré que ces granu- dans un petit malaxeur réservé à cet usage. Les proportions en poids
lats donnent satisfaction dans le cas de sols soumis à des chocs et sont généralement : deux parties de granulats durs sélectionnés à
à du trafic d’engins à bandages même métalliques ; cet effet pour une à une partie et demie de ciment. La quantité d’eau
— abrasifs : ils sont utilisés dans le cas de trafic important, sou- doit être telle que le rapport E/C (eau/ciment) soit voisin de 0,4.
vent mélangés à des granulats naturels pour diminuer le prix. Le délai entre le coulage du béton et l’application de la chape
Il n’y a aucun risque de décollement puisque les granulats sont dépend des conditions de température et d’humidité ; il peut être
incorporés dans la surface du béton. inférieur à 1 h en été, par forte chaleur, mais il ne doit jamais
dépasser 24 h, même par temps froid.
La surface est antipoussière, résiste à la pénétration des huiles
et des graisses ; de teinte gris ciment, elle peut être colorée en uti- L’épaisseur de la chape incorporée varie généralement de 5 à
lisant pour le saupoudrage un mélange pigmenté. 25 mm. Il est préférable d’utiliser comme ciment de la dalle béton
le même que celui de la couche d’usure.
2.2.1.2 Mise en œuvre Après coulage du mortier, la chape est tirée à la règle puis talo-
chée et lissée jusqu’à l’obtention du fini désiré.
Le béton doit être dosé de 300 à 350 kg de ciment minimum par
mètre cube. L’intervalle de temps à respecter entre le coulage du
béton et le saupoudrage n’est pas fixe ; il dépend de la prise du 2.2.3 Chape rapportée
béton, donc essentiellement de la nature du ciment et des condi-
tions climatiques. Le délai peut être de plusieurs heures par temps La chape rapportée est un ouvrage constitué par un mortier de
froid et être réduit à moins d’une heure par forte chaleur. ciment appliqué sur un béton durci ; ce mortier est dressé à la
règle, taloché et lissé. Il y a plusieurs types de chapes rapportées :
La saupoudrage est réalisé avec mélange à sec de granulats
durs, de ciment et parfois de pigments. — la chape rapportée antiusure traditionnelle qui comprend
deux parties, une chape intermédiaire en mortier de ciment et
Le dosage en granulats recommandé est généralement de 3 à une couche d’usure dont la composition et la mise en œuvre sont
6 kg/m2. comparables à celles de la chape incorporée ; l’épaisseur totale est
Les produits à saupoudrer doivent être prêts à l’emploi (mélange alors de 30 à 40 mm ;
de granulats, de ciment et parfois d’additifs (adjuvant, pigment). — la couche d’usure rapportée, constituée par un micromortier
de granulats durs de 8 à 12 mm d’épaisseur ; elle est appliquée sur
Après un premier talochage, le composant de la couche d’usure une surface préparée et avec un pont d’adhérence (colle) ;
est saupoudré à la surface en généralement deux passes croisées — la chape mince, réalisée avec des émulsions de résines ; son
avec passage de la taloche entre chaque passe puis on lisse la sur- épaisseur est de 10 à 15 mm ; sa composition est identique, sur
face jusqu’à l’état de surface requis (taloché fin, lissé...) ; les deux toute son épaisseur, à savoir : granulats minéraux durs, ciment et
passes de saupoudrage assurant une meilleure homogénéité de la émulsion de résine ;
couche d’usure.
— la chape en microbéton, constituée par un microbéton de
Il existe une technique de mise en place de la couche d’usure par 5 cm minimum d’épaisseur sur lequel on exécute soit un surfaçage
épandage. Celui-ci s’exécute alors en une passe sitôt la mise en avec saupoudrage de granulats durs, comme dans le cas du béton
œuvre du béton. surfacé, soit une chape incorporée.

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2.2.3.1 Caractéristiques qué au malaxeur, de consistance assez ferme, est coulé, tiré à la
règle vibrante, taloché et lissé au fur et à mesure de l’avancement.
La chape rapportée est choisie :
Après début de prise, il est lissé de nouveau.
— lorsqu’il n’est pas possible de réaliser en même temps l’exé-
cution du dallage en béton et la finition antiusure (par exemple si ■ Chape en microbéton : sur un dallage en béton préparé, on appli-
le bâtiment n’est pas couvert) ; que un microbéton sur une épaisseur de 4 à 6 cm qui est tiré à la
— si l’on souhaite avoir, à la fin du chantier, un revêtement en règle vibrante et taloché. On vient ensuite exécuter soit un surfa-
parfait état ; çage avec saupoudrage de granulats durs comme dans le cas du
— dans le cas de rénovation. dallage béton, soit une chape incorporée.
La technique de la chape rapportée permet d’obtenir une surface ■ Chape en mortier de ciment alumineux : l’emploi du ciment alu-
d’une très bonne planéité quelle que soit celle du support béton. mineaux pour réaliser des chapes ou des dallages impose les condi-
tions suivantes :
Le point délicat de cette chape est son adhérence au support.
a ) utiliser impérativement des granulats propres, exempts de
La chape rapportée a des caractéristiques comparables à celles matières organiques, d’argiles et d’éléments alcalins (pas de parti-
de la chape incorporée ; le choix des granulats dépend de toutes cules inférieures à 0,16 mm) ; dans le cas où l’on prévoit une agres-
les contraintes exercées à la surface du dallage. sion chimique, on emploie des granulats siliceux ; pour une
Elle n’est toutefois pas conseillée dans le cas de trafic lourd ou, abrasion importante, et dans le cas de température élevée, on choi-
s’il est impossible de faire autrement (dans le cas de rénovation, sit des granulats d’Alag ;
par exemple), la liaison doit être exécutée avec des colles époxy- b ) prévoir un dosage en ciment élevé :
diques.
— 500 à 700 kg/m3 pour les mortiers,
Les chapes avec émulsion de résines et granulats durs naturels — 400 à 500 kg/m3 pour les bétons ;
possèdent les qualités suivantes : c ) gâcher avec un minimum d’eau (E/C < 0,40) qui doit être
— très bonne adhérence au support béton ; propre et froide ;
— imperméabilité à l’eau, antipoussière, non-toxicité ; d ) ne pas dépasser, en général, une température de 25 oC, sinon
— très bonne résistance aux produits gras d’origine animale ou des précautions particulières doivent être prises ; sous réserve de
végétale et aux produits d’entretien acides ou basiques ; réchauffage des constituants, les mortiers en béton peuvent être
— surface mate antidérapante ; mis en œuvre jusqu’à – 10 oC ;
— bon comportement au froid et à la chaleur dans la fourchette
de température suivante : – 50 oC à + 120 oC ; e ) humidifier d’une façon permanente pendant les 24 h qui sui-
— très bonne résistance à l’usure et aux chocs ; vent le début du durcissement, sous peine de grillage et de fissu-
— mise en service rapide après application ; ration.
— teinte grise ou colorée dans la masse.
2.2.4 Protection
2.2.3.2 Mise en œuvre
Pour le béton surfacé, comme pour les chapes, dès que le lis-
La qualité de la chape rapportée dépend principalement de son sage est terminé, il faut prévoir une protection de la surface. L’éva-
adhérence au support. Ce dernier doit être propre, solide et poration trop rapide de l’eau peut provoquer un faïençage ou
rugueux. Il est indispensable d’éliminer, par des moyens mécani- même le farinage de la surface. Un procédé simple et rapide
ques (rabotage, bouchardage, brûlage), ou chimiques, toutes les consiste à pulvériser un produit de cure dès que le luisant de la
parties non adhérentes, toutes les traces d’huiles, de graisses ou chape vire au mat.
toutes les autres souillures.
La veille, le support doit être humidifié abondamment, sauf dans
le cas de résines époxydiques. 2.2.5 Joints
Avant l’application du mortier, il est conseillé d’appliquer sur le Un sol en ciment, réalisé sur un dallage en béton normalement
béton une barbotine d’accrochage dosée simplement (un volume ferraillé et exécuté avec des ciments classiques, doit toujours com-
de sable pour un volume de ciment) si le béton est suffisamment porter des joints, sinon il y a risque d’apparition de fissures.
rugueux. Dans le cas contraire, la barbotine doit être constituée par On distingue quatre types de joints dans un dallage :
un volume de sable gâché avec de l’eau additionnée de résines
(50 % d’eau + 50 % de résines). — le joint de désolidarisation ou d’isolement ;
— le joint de construction ;
■ Chape traditionnelle : la mise en œuvre comprend deux parties : — le joint de retrait ;
— une sous-couche ou chape intermédiaire en mortier de ciment — le joint de dilatation.
d’environ 20 à 30 mm d’épaisseur, dosée à 400 kg environ de
ciment, gâchée à la consistance de terre humide ; cette chape est 2.2.5.1 Joint de désolidarisation ou d’isolement
soigneusement réglée ;
— une couche d’usure en micromortier de 4 à 10 mm ou plus Ce joint désolidarise le corps de dallage de certains éléments de
d’épaisseur, composé de granulats durs et de ciment ; elle peut construction dont les fondations diffèrent de celle du dallage ou
être comparée à une chape incorporée, la composition et la mise qui jouent un rôle structurel (poteaux, longrines, murs, massifs...).
en œuvre étant identiques. Ce joint intéresse toute l’épaisseur du corps de dallage ; son
■ Couche d’usure rapportée : après traitement particulièrement épaisseur varie généralement de 5 à 10 mm.
soigné du support et application d’un pont d’adhérence, du type
époxydique par exemple, on applique un micromortier de 8 à 2.2.5.2 Joint de construction
12 mm d’épaisseur.
Ce joint délimite les zones de phasage d’éxécution du corps de
La composition et la mise en œuvre sont identiques à celles de dallage. Il règne sur toute l’épaisseur de celui-ci. Il est franc, claveté
la chape incorporée. ou goujonné. Il est réalisé soit par coffrage récupérable soit par
■ Chape mince : la chape rapportée peut aussi être réalisée avec profilé restant dans la dalle béton.
des résines en émulsion, son épaisseur est alors plus faible : 10 à Dans le cas de sol soumis à un trafic intense de chariots lourds
15 mm. Le mortier est constitué de granulats durs, de ciment, d’eau à bandage dur, le goujonnage des dalles et la protection des bords
et de résines suivant la fiche technique du produit. Ce mortier, fabri- de joints sont vivement conseillés.

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2.2.5.3 Joint de retrait des qualités esthétiques. Leur couche d’usure, qui comporte une
forte proportion de pierres concassées dures, de pigments miné-
Au début de la prise du béton, la résistance à la traction de ce
raux et de ciment gris ou blanc, a subi des opérations de grésage,
dernier n’est pas suffisante pour s’opposer aux contraintes inter-
rebouchage et polissage.
nes qui apparaissent dans les ouvrages de grandes dimensions.
On doit donc réaliser des joints de retrait le plus rapidement pos-
2.3.1.1 Caractéristiques
sible. On les prévoit tous les 5 ou 6 m. Leur profondeur atteint 1/3
de l’épaisseur du corps de dallage. Les carreaux antiusure en ciment se caractérisent par des résis-
Trois techniques sont possibles pour réaliser ces joints. tances mécaniques élevées, supérieures à celles des chapes réali-
sées sur chantier avec les mêmes constituants, grâce aux moyens
■ Sciage : ce procédé est délicat à exécuter. En effet, il doit être éxé- industriels de fabrication en usine.
cuté le plus tôt possible mais le béton doit être suffisamment résis-
tant pour ne pas s’épaufrer lors du passage de la lame. Le délai Les carreaux se distinguent par la nature des constituants de la
d’attente avant sciage dépend de la prise du béton et varie suivant couche d’usure ou du carreau lui-même lorsqu’il est homogène.
les conditions climatiques. Les carreaux à couche d’usure constituée de granulats métalli-
ques possèdent une excellente tenue aux chocs, poinçonnements,
■ Profilé plastique : ce procédé consiste à incorporer dans le béton
ripages de caisses métalliques, ainsi qu’à l’abrasion. Ils sont adap-
frais un profilé de hauteur minimale du tiers de l’épaisseur du corps
tés à une utilisation intensive, au roulage d’engins munis de roues
de dallage. Un soin particulier doit être apporté à sa mise en place
à bandages métalliques, même très chargés. La couche d’usure
tant pour l’affleurement à la surface du béton que pour l’alignement.
n’est pas pénétrée par les huiles et les graisses minérales. Ce n’est
■ Fer à joint : cette technique, peu utilisée, est limitée d’une façon pas un revêtement qui peut être classé comme antiacide, toutefois
générale aux chapes rapportées et pour de petites surfaces. il résiste à nombre d’attaques chimiques accidentelles que l’on ren-
contre dans l’industrie ; les acides dilués et les solvants agressifs
2.2.5.4 Joint de dilatation n’entraînent qu’une attaque superficielle.
Comme son nom l’indique, ce joint permet de compenser les Les carreaux constitués de granulats minéraux durs possèdent
variations dimensionnelles du corps de dallage sous l’effet des aussi une excellente résistance à l’abrasion, mais ils sont un peu
variations thermiques. Il intéresse toute la hauteur du corps de dal- moins performants aux chocs. Ils sont choisis de préférence aux
lage et sa largeur varie de 15 à 30 mm environ. Pour les dallages carreaux précédents pour les locaux humides où la présence d’eau
couverts, il n’est généralement pas nécessaire de prévoir de tels sur le sol est possible et où l’on craint une oxydation superficielle
joints. Différents systèmes de profilés métalliques ou caoutchouc générée par la présence des granulats métalliques. L’aspect de sur-
avec mastic sont utilisés pour d’une part, permettre la circulation face peut être brut, grésé (facile d’entretien), sablé (pour sol
des engins en protégeant les bords de joint et, d’autre part, en mouillé garantissant des propriétés antidérapantes), selon les pro-
assurer l’étanchéité. duits. Les carreaux sont, soit de teinte naturelle, soit colorés. Il
existe aussi une gamme de produits, aux qualités décoratives de
plus en plus appréciées, obtenus à la fois par la nature, les propor-
Tous ces joints doivent être parfaitement rectilignes. La dura- tions des granulats, des pigments et les opérations de finition de
bilité d’un sol en béton est liée, entre autre, à la qualité d’exécu- la surface.
tion de ces joints et il est vivement conseillé de les remplir d’un Tous ces carreaux sont, bien sûr, antipoussières et aussi antidé-
mastic adapté. flagrants. Certains carreaux peuvent supporter des températures
élevées, jusqu’à 800 oC en contact accidentel ou répété. Il est alors
aussi possible d’utiliser des dallots posés sur lit de sable.
2.3 Sols constitués d’éléments 2.3.1.2 Mise en œuvre
préfabriqués Ces carreaux se posent scellés sur une forme en béton.
La qualité de la pose est très importante, afin d’obtenir un revê-
Les éléments préfabriqués se divisent en deux catégories :
tement de sol durable. Il doit exister une adhérence parfaite du car-
— les carreaux qui exigent un support en béton ; reau au mortier de pose et du mortier à la forme en béton.
— les dalles amovibles et les pavés qui se posent sur la fonda-
tion par l’intermédiaire d’un lit de sable. La dalle en béton doit être de résistance suffisante pour suppor-
ter les charges prévues. Sa surface sera propre, rugueuse et réglée
de telle sorte que le mortier de pose soit d’une épaisseur uniforme
2.3.1 Carreaux antiusure de 2,5 cm sur toute la surface. Elle sera arrosée à saturation, plu-
sieurs heures avant la pose, pour éviter l’absorption trop rapide de
Les carreaux ont, en général, pour dimensions 30 cm × 30 cm et l’eau du mortier.
3 à 5 cm d’épaisseur. Ils peuvent être : Le mortier de pose, dosé à 400 kg de ciment Portland par mètre
— soit homogènes dans toute leur épaisseur et constitués de cube (soit un volume de ciment pour trois volumes de sable de
granulats minéraux particulièrement durs et de ciment ; rivière 0/6 mm, propre), est gâché à la consistance de terre humide.
— soit constitués de deux couches comme les chapes rappor- Juste avant d’étaler ce mortier, on applique une barbotine de
tées antiusure. ciment pour faciliter la liaison. Avant que la barbotine ait blanchi,
La couche supérieure ou couche d’usure est constituée de on étend le mortier sur 2 à 3 cm et on le tire à la règle sur 45 à
ciment et de granulats minéraux durs (quartz, basalte, silex, por- 50 cm de large. Ensuite, on saupoudre abondamment de ciment,
phyre) ou d’abrasifs (corindon, carbure de silicium) ou d’un puis on applique une barbotine de ciment sur l’envers du carreau
mélange des deux ou encore de granulats métalliques (tournure de que l’on pose immédiatement. Les carreaux sont ensuite frappés
fonte, paillettes de fer doux). Son épaisseur varie de 5 à 10 mm sui- sur toute leur surface à l’aide d’un maillet en caoutchouc.
vant l’épaisseur totale de la dalle et l’importance du trafic. Sa cou-
La pose, quoique simple, demande à être bien exécutée. Il faut
leur est grise ou teintée à la demande.
surveiller la parfaite adhérence du mortier et le niveau des car-
La couche de base ou semelle est un mortier de haute résis- reaux les uns par rapport aux autres. Pour obtenir un dallage très
tance. propre, surtout pour les dalles de couleur, il est conseillé de net-
Parmi ces carreaux, il existe également des produits qui présen- toyer avec une éponge la surface des dalles au fur et à mesure de
tent à la fois des caractéristiques exigées pour un sol industriel et la pose.

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La régularité dans la fabrication des carreaux permet d’exécuter — soit d’un sable de rivière ou de carrière, lavé, roulé.
des joints serrés (1 à 2 mm). Après compactage et réglage précis du lit de pose, les dalles
Le lendemain en général et au maximum 24 h après la pose, on sont placées côte à côte avec un espacement de :
coule une barbotine de ciment pour réaliser les joints. Dans l’heure — 5 mm pour les dalles à cornières ;
qui suit, on procède au nettoyage de la surface à l’aide de sable fin. — 12 mm pour les dalles à arêtes chanfreinées.
La mise en service est possible 2 j après pour un trafic de piétons Ce joint est ensuite colmaté avec un sable fin, si possible légè-
et 7 j après pour un trafic de véhicules. rement argileux. Dans le cas d’applications importantes en exté-
rieur, on doit procéder au drainage du sous-sol et du lit de pose.
2.3.2 Dalles amovibles
2.3.3 Pavés en béton
Ces dalles sont des éléments de grandes dimensions : 2 × 2 m,
de 12, 14 ou 16 cm d’épaisseur, fortement armées puisqu’elles tien- On se reportera aux articles [C 2 260] et [C 2 261] Composants
nent à la fois le rôle de forme et de revêtement. préfabriqués en béton pour le bâtiment et le génie civil dans ce
Leur fabrication est identique à celle des carreaux. Elles peuvent traité.
être homogènes dans toute leur épaisseur ou comporter une cou- Les pavés en béton sont des éléments fabriqués industrielle-
che d’usure constituée de pierres dures naturelles ou de particules ment, de petites dimensions, faciles à manipuler. Ils sont consti-
métalliques. tués, soit d’un béton de masse, soit d’un béton de masse plus, sur
Le pourtour supérieur des dalles est soit chanfreiné, soit muni la face vue, un béton de parement. Les pavés peuvent être de trois
d’une cornière d’acier à bords arrondis solidement ancrée lors de types :
la fabrication pour protéger les arêtes. Pour permettre leur manu- — les pavés classiques : ils sont en général de forme polygonale
tention, les dalles sont pourvues de deux trous blindés. (carrés, rectangulaires, hexagonaux, etc.) ;
— les pavés autobloquants à emboîtement : ils sont de forme
2.3.2.1 Caractéristiques telle qu’après mise en place il y ait liaison horizontale, dans une ou
Les dalles amovibles se caractérisent par des résistances méca- plusieurs directions, entre les éléments du dallage ainsi constitué ;
niques élevées, comparables à celles des carreaux antiusure. Elles — les pavés autobloquants à emboîtement et épaulement : ils
sont utilisables à l’extérieur comme à l’intérieur et peuvent suppor- sont de forme telle qu’après mise en place il y ait liaison horizon-
ter de très gros trafics. tale et verticale entre les éléments du dallage ainsi constitué.
Les dalles comportant une couche d’usure en pierres naturelles Leur épaisseur est de 6, 8, 10 cm et plus. Les dimensions sont
dures à arêtes chanfreinées sont utilisables pour la circulation très variables.
d’engins et de véhicules équipés de pneumatiques, et pour le stoc-
kage. 2.3.3.1 Caractéristiques
Celles qui sont constituées de granulats durs naturels ou de gra- Les pavés en béton conformes à la norme NF P 98-303 présen-
nulats de fonte aciérée, et dont le pourtour supérieur est ceinturé tent des caractéristiques mécaniques (résistance à la rupture par
d’une cornière d’acier, sont adaptées à la circulation de véhicules fendage, résistance à l’abrasion) généralement supérieures à celles
équipés de roues à bandages ou de pneumatiques ou même de des pavés en béton courants.
roues de petit diamètre, et au stockage de marchandises ou de
matériel lourd. La résistance à l’usure de ces derniers est comparable à celle
d’éléments en béton préfabriqué de très bonne qualité.
Un grand avantage : elles sont amovibles et récupérables.
Ils sont souvent utilisés en sol extérieur pour des engins munis
Elles peuvent être aussi utilisées sur des sols non stabilisés où il de roues à bandages pneumatiques. Ils peuvent supporter un trafic
serait impossible d’exécuter un dallage en béton qui donne satis- lourd moyennant un sol de bonne portance.
faction.
Ils sont facilement réparables.
Elles ne craignent pas le gel.
Il existe aussi des pavés et dallots, homogènes dans toute leur
2.3.2.2 Mise en œuvre épaisseur, constitués de granulats minéraux particulièrement durs
et de ciment, fabriqués comme les carreaux antiusure, et qui ont
Les dalles amovibles se posent sans scellement, sur une forme les mêmes performances.
en sable ou en gravillons, sans qu’aucune infrastructure en béton
soit nécessaire.
2.3.3.2 Mise en œuvre
La pose est simple, rapide et permet une mise en service
immédiate ; non scellées, les dalles peuvent être facilement récu- Le Syndicat national des fabricants de produits en béton pour
pérées et posées ailleurs. La pose se fait à l’aide de tout appareil voirie de surface a réalisé, en collaboration avec le Centre d’études
de levage d’une force de 13 000 N. On utilise de préférence un cha- et de recherches de l’industrie du béton manufacturé (CERIB), des
riot élévateur dont les fourches font 1,20 m de longueur. Ces der- recommandations pour la pose des pavés en béton.
nières sont équipées d’un palonnier ou d’un jeu d’élingues. Le point important dans la pose des pavés est la préparation de
Le terrain doit, dans tous les cas, être débarrassé de sa couche la couche de fondation en fonction des caractéristiques du sol de
de terre végétale. S’il s’agit d’un sol normalement porteur, les fondation, du type de circulation et de charges envisagées.
travaux préparatoires sont minimes : décaisser au niveau voulu, Pour des sols industriels, cette couche de fondation est en béton
compacter le fond et niveler. maigre ou en grave-ciment, son épaisseur varie de 12 à 20 cm
Une préparation du sol n’est nécessaire que pour un sol de faible selon les cas pour un sol porteur compacté (se reporter aux recom-
portance ou dans le cas de charges roulantes ou de stockage par- mandations pour plus de précisions).
ticulièrement lourd. Sur la couche de fondation est disposé un lit de sable propre
Le lit de pose, de 8 cm minimum d’épaisseur après compactage, (0/5 mm) de 2 à 4 cm d’épaisseur avant compactage. Ce lit de
est constitué : pose est nivelé à la règle.
— soit d’un gravillon concassé, cette solution étant préférable La pose des pavés se fait à joints serrés, le poseur étant face à
dans le cas de circulation à fréquence élevée de véhicules lourde- l’avancement, c’est-à-dire placé sur le travail déjà réalisé. Pour
ment chargés ; éviter tout jeu, il faut assurer une butée en rive.

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Les joints sont remplis par balayage de sable propre de rivière, L’asphalte gravillonné est le plus souvent fabriqué à partir de
de préférence, ou de carrière (0/3 mm). Le compactage peut fines généralement calcaires, de bitume de pétrole, de sable et de
s’effectuer avant ou après le remplissage des joints. granulats silico-calcaires (assez souvent du porphyre).
Dans le cahier des charges de l’Office des asphaltes (fasci-
cule 10) figurent des fiches techniques indiquant les caractéristi-
ques techniques des asphaltes pour les sols industriels :
3. Sols à base d’asphalte — intérieurs courants AI1 ;
— intérieurs lourds AI2 ;
et de bitume — extérieurs AI3 .
Toutefois, chaque sol en asphalte doit faire l’objet d’une étude
particulière en fonction des conditions d’utilisation et des sollicita-
L’asphalte et le bitume, en dehors de leurs applications bien tions prévues. Suivant les contraintes exigées, on joue sur la
connues en revêtement routier et en étanchéité, sont aussi très uti- dureté du bitume, la forme et la grosseur des granulats.
lisés en sols industriels. On distingue :
L’asphalte est toujours coulé en indépendance sur une forme en
— les revêtements qui nécessitent un support en béton : chapes béton, c’est-à-dire désolidarisé du support en béton, généralement
d’asphalte, carreaux d’asphalte, chapes en ciment amélioré au par un papier kraft. L’épaisseur de la chape est de 20 à 30 mm sui-
bitume ; vant l’importance des sollicitations. Sa surface ne présente pas de
— les enrobés qui sont appliqués sur une fondation, type grave- joints, à l’exception des joints de dilatation du gros œuvre qui doi-
ciment ou grave-bitume. vent être respectés.
Il existe aussi des asphaltes antiacides obtenus à partir de
mélanges de bitumes spécialement choisis, de liants synthétiques
3.1 Produits résistant aux agressions acides et de charges siliceuses.
« Les caractéristiques techniques sont données sur les fiches
techniques du fascicule 10 du Cahier des Charges de l’Office des
3.1.1 Asphalte asphaltes :
— pur antiacide (AAP) ;
Le terme asphalte englobe l’ensemble des produits constitués — intérieurs courants antiacides (AAI1) ;
par le mélange : — extérieurs antiacides (AAI3). »
— d’un mastic (liant bitumineux et poudre d’asphalte naturel ou La chape peut comporter :
fines) ; — soit 8 mm d’asphalte antiacide pur (AAP) pour réaliser l’étan-
— d’un squelette minéral. chéité, et 20 à 25 mm d’asphalte antiacide gravillonné obtenu en
L’asphalte naturel est une roche, généralement calcaire, impré- ajoutant des granulats siliceux au mastic antiacide (AAI1) ;
gnée de bitume naturel dans des proportions de 6 à 12 % en poids. — soit une seule couche de 20 à 25 mm d’asphalte antiacide gra-
La roche n’a pas d’utilisation directe ; une fois extraite, elle doit villonné dans le cas de stockage ou de circulation intensive, mais
être concassée, broyée et tamisée. On obtient une poudre très ne recevant qu’accidentellement des quantités importantes de pro-
riche en fines qui, avec un ajout de bitume, sert principalement à duits agressifs (AAI1 ou AAI3).
fabriquer des mastics d’asphalte naturel et des carreaux
d’asphalte.
3.2.1 Caractéristiques
Il existe aussi du mastic d’asphalte synthétique obtenu par le
malaxage à chaud d’un liant bitumeux avec une poudre générale- Les revêtements en asphalte coulé se caractérisent par :
ment calcaire. — La souplesse ;
— les isolations thermique et phonique ;
— une imperméabilité à l’eau, aux gaz et aux remontées
3.1.2 Bitume d’humidité ;
— une surface lisse mais non glissante, sans joint, non généra-
C’est un liant hydrocarboné provenant principalement de la dis- trice de poussière et d’entretien facile ;
tillation du pétrole. — une très bonne résistance à l’usure ;
Le bitume est très visqueux. Pour être employé, il doit être rendu — un durcissement par simple refroidissement sans nécessité
plus fluide soit : de compactage ;
— par chauffage : c’est la technique des enrobés bitumineux à — une mise en service dès la fin du refroidissement ;
chaud et des asphaltes coulés ; — une mise en œuvre en indépendance, évitant la transmission
— par sa mise en émulsion avec une phase aqueuse (environ des fissures du support dans l’asphalte et autorisant l’application
40 %) : c’est, entre autres, le procédé utilisé pour les chapes en sur des supports salis ou dégradés en surface avec nécessité de
ciment améliorés au bitume ; bourrer les trous ;
— par l’adjonction de solvants ou d’huiles : c’est principalement — une rapidité de réfection et de remise en service ;
la technique des enrobés à froid. — une coloration éventuelle dans la masse ou la possibilité
d’être revêtus de résines ;
— une non-propagation de la flamme ;
3.1.3 Brai — une très bonne résistance aux chocs ; la souplesse du revête-
ment évite même les épaufrures lors de la chute accidentelle
Il provient de la distillation de la houille. Il est utilisé à chaud d’outils ou d’objets lourds.
pour réaliser des enrobés résistant au kérosène. Après toutes ces qualités, il faut noter que, comme tous les revê-
tements de sols souples, l’asphalte coulé sous l’effet de charges
statiques peut être sensible au poinçonnement selon l’importance
3.2 Chape d’asphalte des charges, la durée de stationnement, la température et la sur-
face d’appui.
Lorsqu’il s’agit de revêtement pour sols industriels, l’asphalte Ce point doit donc être examiné avec attention par le décideur
coulé est un asphalte gravillonné (dit porphyré). lors du choix du type d’asphalte coulé. En effet, suivant la formu-

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lation de l’asphalte, les valeurs à l’essai d’indentation du type C 3.3.1 Caractéristiques


(norme NF T 66-002 [14]) peuvent varier de 10 à 70/10 mm et de 5
à 40/10 mm à l’essai d’indentation de type B pour les revêtements Le carreau d’asphalte est un matériau qui présente :
extérieurs.
a ) une très grande résistance à l’usure ; à l’essai Dory, après un
Les chapes d’asphalte sont sensibles à la température. Leurs per- parcours de 1 000 m, l’usure est inférieure à 2 mm ;
formances mécaniques se modifient dès 40 oC, selon la dureté du
b ) une résistance à la compression, au moins égale à 20 MPa ;
bitume et la composition du matériau.
c ) un bon comportement au poinçonnement, pour un sol souple
Sur le plan du comportement aux agressions chimiques,
(essai Brinell : sous l’application d’une force de 500 g, l’empreinte
l’asphalte résiste bien aux alcalis, aux sels, aux chlorures de
est à 3 mm) ;
sodium et de calcium, aux sulfates, aux solutions sucrées froides,
etc., mais il est attaqué par les huiles et de nombreux solvants. d ) une très bonne résistance aux chocs ; il supporte le choc
d’une bille d’acier sans présenter la moindre rupture dans les
L’asphalte antiacide résiste bien, en contact prolongé, à certains conditions ci-après :
acides (sulfurique < 30 %, nitrique < 10 %, chlorhydrique < 25 % ;
— carreau : 20 mm, bille : 500 g, hauteur de chute : 75 cm,
acétique < 25 %), aux solutions salines en concentrations nor- — carreau : 25 mm, bille : 1 000 g, hauteur de chute : 75 cm,
males, à des solutions diverses : vin, bière, sucre, vinaigre, purin, — carreau : 30 mm, bille : 1 000 g, hauteur de chute : 100 cm,
etc.
e ) une absorption d’eau inférieure à 3 % ;
Comme l’expérience l’a montré, le trafic améliore la compres-
3.2.2 Mise en œuvre sion et l’état de surface des carreaux d’asphalte.
L’application se fait à chaud (240 à 280 oC), en général sur une Peu sensible à la température, relativement imperméable, peu
dalle en béton dosé à 300-350 kg/m3 de ciment, horizontale ou glissant à l’état sec, ce revêtement présente des caractéristiques
ayant les pentes convenables (1 cm/m par exemple), sur laquelle d’isolations thermique (conductivité thermique : 0,60 W/m · oC) et
est placée une feuille de papier spécial isolant (genre kraft). L’épais- phonique intéressantes. Dans certaines industries, la souplesse des
seur de la chape est généralement de 25 mm. carreaux d’asphalte est utilisée pour éviter de détériorer les arêtes
des pièces ou les outils, lorsqu’on les pose ou lorsqu’ils tombent
La fabrication de l’asphalte coulé se fait dans des postes fixes en sur le sol.
centrale ; elle comprend le mélange des différents constituants et
leur élévation en température jusqu’à 240 à 280 oC. Ce carreau ne propage pas le feu (essai aux bombes
incendiaires : aucune inflammation), ne produit pas d’étincelles par
Le matériau est transporté dans des camions malaxeurs chauf- choc ou par frottement ; sa résistance électrique linéique est
fants et assurant un brassage pour permettre au produit de conser- d’environ 5 × 1011 Ω par centimètre.
ver sa température, son homogénéité et sa consistance. Entre
l’endroit précis d’application et le camion, le transport se fait dans Sa rigidité diélectrique est de 28 000 V/cm.
des seaux en bois. Il existe aussi :
Lors de la mise en œuvre, l’asphalte est coulé, étalé à l’épaisseur — des carreaux d’asphalte qui résistent aux huiles minérales et
désirée, puis lissé soit avec une taloche en bois, soit mécanique- à l’essence ;
ment au finisseur. — des carreaux d’asphalte antiacides ;
La mise en service est possible dès le refroidissement. — des carreaux d’asphalte antistatiques.
L’aspect de la chape peut être amélioré :
— par coloration en rouge-brun en ajoutant à l’asphalte de 3.3.2 Mise en œuvre
l’oxyde de fer à raison de 3 à 5 % de la masse totale ;
— par saupoudrage de sable sec siliceux très fin dès le coulage, Les carreaux d’asphalte se posent comme un carrelage tradition-
suivi d’un talochage, puis d’un ponçage ; la surface est alors lisse nel à l’aide d’un mortier de ciment, conformément au DTU 52.1.
et régulière ; Le support doit être une dalle en béton suffisamment résistante
— par l’application de résines sous forme de peinture, d’enduit pour le trafic et les charges permanentes ; sa surface doit être pro-
mince (1 à 2 mm) ou d’enduit épais (> 3 mm) qui donne une sur- pre et sans taches. Si le support est susceptible de déformation, il
face colorée. faut obligatoirement créer une désolidarisation, telle que deux
feuilles plastiques posées libres sur le béton. Le lit de sable n’est
pas souhaitable lorsqu’il y a roulement.
3.3 Carreaux d’asphalte Les carreaux d’asphalte sont, en général, posés à joints serrés.
On en coule ensuite les joints avec un coulis de ciment soit en pâte
Les carreaux d’asphalte sont constitués par de la poudre pure, soit dosé de 800 à 900 kg de ciment par mètre cube de sable
d’asphalte naturel comprimée. Cette poudre est réchauffée (120 oC) fin. Immédiatement après, on procède au nettoyage des carreaux
afin de la débarrasser de l’humidité et des huiles légères d’impré- à l’aide d’un chiffon sec et de sciure de bois blanc.
gnation. Refroidie à 50 oC, elle est comprimée dans des moules à
une pression de l’ordre de 40 à 60 MPa. Pour les carreaux antiacides, la pose se fait au ciment alumineux
ou avec de l’asphalte antiacide.
Ces carreaux sont fabriqués en couleur naturelle grise ou teintés
de rouge dans la masse ou en surface.
Les dimensions sont : 3.4 Chape en ciment avec émulsion
— 10 × 20 cm en 2 cm d’épaisseur ;
— 10 × 20, 20 × 20, 25 × 25 cm en 2,5 - 3 - 4 ou 5 cm d’épaisseur.
de bitume
Il existe aussi des carreaux d’asphalte antiacides ou antigraisses. Le bitume se présente sous forme d’émulsion et la mise en
Dans le carreau antiacides, la poudre d’asphalte, sensible aux œuvre se fait à froid. Ces émulsions surstabilisées peuvent être
acides en raison de sa nature minérale (calcaire), est remplacée par améliorées par addition de caoutchouc ou de divers élastomères.
des fillers siliceux que l’on imprègne de bitume. Ces émulsions remplacent, en partie ou en totalité, l’eau de
Le carreau d’asphalte antigraisse est à base de concassé calcaire, gâchage d’un mortier de ciment dont les granulats sont générale-
de brai et d’huile anthracénique spécialement choisis. ment des porphyres, granits ou silex.

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Cette chape est appliquée sur une dalle en béton, son épaisseur de bitume, puis on ajoute peu à peu l’eau nécessaire jusqu’à
est de 12 à 15 mm. On peut aussi appliquer le mortier d’une épais- l’obtention d’un mortier homogène de teinte uniforme, non liquide.
seur de 25 mm sur une grave-ciment surdosée en remplacement La préparation du mortier se fait par gâchées pouvant être appli-
du dallage en béton. quées dans l’heure qui suit. Les proportions habituellement utili-
sées sont :
3.4.1 Caractéristiques — un volume de CPA ;
— deux volumes d’émulsion ;
Le revêtement est uni, sans joint (sauf les joints de dilatation du — deux volumes de sable et quatre volumes de gravillons.
gros œuvre) ; de teinte gris ciment à la finition, il devient brun sous La mise en œuvre du mortier bitumineux s’effectue comme pour
l’effet du roulage. une chape en ciment traditionnelle : soit à la main, soit à l’aide
C’est un revêtement semi-rigide dont les caractéristiques résul- d’un équipement mécanique. On a successivement le répandage,
tent de l’association du ciment et du bitume. la mise en place du mortier, le réglage, le talochage et le lissage.
La résistance à l’usure est comparable à celle d’une chape en Le mortier est tiré à l’aide d’une règle à vibration latérale, mais
ciment avec granulats durs naturels avec, en plus, une certaine non verticale (la règle à béton pneumatique est à proscrire).
élasticité (pas de joint de retrait) et une souplesse qui permet un Si le lissage est effectué à la truelle mécanique, il ne devra pas
roulage silencieux. Comme pour l’asphalte, le compactage dû au être prolongé afin d’éviter un refluage du ciment et de l’eau. Des
roulement améliore le revêtement. précautions doivent être prises pour éviter une dessiccation trop
La résistance aux chocs est assez bonne : les déformations de rapide.
surface dues aux chocs sont absorbées sans éclatement, ni fissu- Dans les conditions normales de séchage, la chape peut être
ration et s’effacent sous l’effet du trafic. Il en est de même, lorsqu’il soumise, 24 à 36 h après, à un trafic léger, et 48 à 72 h après, à un
se produit une fissure. trafic lourd.
Antipoussière, inodore, imperméable, non glissant même
mouillé, c’est un revêtement d’entretien facile qui peut être utilisé
en industrie alimentaire et dans des locaux de stockage.
La résistance au poinçonnement est inférieure à celle de la chape 3.5 Enrobés bitumineux percolés
en ciment ; elle varie, ainsi que les autres caractéristiques mécani- d’un coulis de ciment et de résines
ques, avec la température.
Cette chape est antiétincelle, on peut la rendre conductrice en y
incorporant du graphite et en choisissant des granulats adaptés. Ce sol industriel, principalement utilisé pour les plates-formes de
stockage et les parkings aéroportuaires, est constitué par un enrobé
Elle résiste aux lavages fréquents à l’eau, à certains alcalis ou bitumineux ouvert dans lequel on fait pénétrer par vibration un
acides dilués, à la plupart des solutions salines et d’alcool. Pour coulis spécial à base de ciment, de résine et de charges minérales.
obtenir un sol de meilleure résistance aux acides à faible concen-
tration, on peut utiliser un ciment alumineux et des granulats sili- C’est un sol continu, sans joint, de 3 à 5 cm d’épaisseur en fonc-
ceux. tion de la granulométrie de l’enrobé et de contraintes, qui constitue
à la fois la forme et le revêtement.
Par contre, elle ne résiste pas aux huiles, graisses, hydrocarbu-
res et solvants à cause du bitume. La formule courante est de teinte gris ciment au début et devient
L’émulsion de bitume est ininflammable et le mortier bitumineux gris foncé sous l’effet du trafic.
ne propage pas le feu. Pour obtenir un revêtement coloré, on peut soit colorer le coulis
avec des pigments, soit appliquer en surface une résine ou un mor-
tier autonivelant coloré à base de résine.
3.4.2 Mise en œuvre
Ce mortier est généralement appliqué sur une dalle en béton 3.5.1 Caractéristiques
avec une épaisseur de 12 à 15 mm ; il peut être également mis sur
toute surface stable ne s’effritant pas, telle que planchers en bois
Elles tiennent à la fois des revêtements bitumineux et des surfa-
et métalliques, revêtement bitumineux, etc., mais avec certaines
ces rigides à base de ciment :
précautions dans la formulation et la mise en œuvre. Dans tous les
cas, le support doit avoir une résistance mécanique suffisante en — une résistance au poinçonnement permettant la circulation et
fonction des charges envisagées. le stockage de charges lourdes ; selon les formules, la résistance
au poinçonnement statique varie de 5 à 10 MPa ;
Considérons le cas d’un support en béton. Sur la surface soi- — une bonne résistance à l’usure et aux ripages de pièces
gneusement nettoyée et humidifiée, on applique une à deux cou- lourdes ;
ches d’émulsion bitumineuse pure ou diluée suivant les — une souplesse qui conduit à l’absence de fissuration dans le
prescriptions du fabricant, afin d’obtenir une parfaite adhérence de cas de déformations limitées du support ; s’il y a formation de fis-
la chape. La deuxième couche est appliquée sur la première sures, celles-ci referment sous le roulement ;
lorsqu’elle est sèche. Quelques heures après, on procède à la mise — une absence de joints qui, alliée à la souplesse, permet un
en œuvre du mortier. Il est constitué : roulage silencieux et une continuité de surface ;
— de ciment, en général CPA 45 ; — une qualité antipoussière ;
— de sable de rivière, lavé, exempt d’argile, tamisé, d’une gra- — un aspect légèrement rugueux qui rend la surface
nulométrie étagée de 0 à 2 mm ; antidérapante ; la rugosité est variable suivant la granulométrie
— de gravillons concassés de pierre dure (porphyre, basalte, retenue pour l’enrobé ;
granit, silex, etc.), d’une granulométrie de 2 à 6 mm, propres et — un entretien facile et des réparations aisées ;
exempts de poussière ; — une certaine imperméabilité ;
— d’une émulsion de bitume diluée ou non ; pour sa fabrication, — une résistance aux chutes accidentelles de produits pétroliers
dans le cas de chantiers importants, il est conseillé d’utiliser un légers, huiles et graisses (caractéristique antikérosène) ;
malaxeur à palettes ; les bétonnières sont à proscrire. — une résistance aux produits basiques et aux détergents ;
Tout d’abord, on procède au mélange à sec du ciment, du sable l’application en surface de peintures ou d’enduits spéciaux permet
et, éventuellement, des gravillons. Ensuite, on incorpore l’émulsion d’étendre cette résistance à d’autres produits agressifs ;

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— au point de vue de la réaction au feu, c’est un matériau — hospitaliers, de cuisines collectives, scolaires, de sécurité, de
incombustible M0 (cf. articles [C 3 280] et [C 3 282] Sécurité incen- salles polyvalentes, de performances, de parking
die dans les ERP et dans les IGH dans ce traité). (cette liste n’est pas limitative).
Ces revêtements et chapes sont beaucoup utilisés dans tout le
3.5.2 Mise en œuvre domaine de la réhabilitation et de la mise aux normes de différents
locaux dans les domaines ci-avant à cause de leurs caractéris-
tiques, leurs adhérences, leurs faibles épaisseurs, leur rapidité de
Réalisée par des entreprises routières, elle se fait sur un support mise en œuvre et de mise en service.
stable, de préférence sur des fondations dérivées des techniques
routières (grave-ciment, laitier concassé, grave-laitier, grave-
bitume), ou sur des dalles en béton en réfection de sols anciens.
La nature et l’épaisseur des fondations sont déterminées en 4.2 Définitions
fonction des caractéristiques du sol naturel et des efforts que doit
supporter le revêtement. Pour les définitions, se reporter au Dicobat.
L’application se fait en deux temps :
— on exécute à chaud un enrobé ouvert de 3 à 5 cm, de granu-
lométrie étudiée pour qu’il subsiste un certain pourcentage de
vides après cylindrage ;
4.3 Matériaux constitutifs
— on répand ensuite un coulis composé de résines, ciment,
sable, fines, eau et adjuvants spéciaux ; ce coulis est fabriqué à
froid dans un malaxeur, il représente environ 10 % de la masse du 4.3.1 Liants
revêtement ; on le fait pénétrer à refus dans l’enrobé par vibration.
La mise en service est possible après : Les résines utilisées comme liants [1] font partie des familles des
résines thermodurcissables à deux composants :
— 2 j pour la circulation des piétons ;
— 4 j pour les véhicules légers ; — une résine ou un mélange de résines ;
— 7 j pour un usage normal. — un ou plusieurs durcisseurs ou initiateurs.
Si l’on a un problème de mise en service rapide, on peut utiliser Les résines les plus généralement utilisées sont :
du ciment alumineux au lieu du CPA. — les résines époxydiques ;
— les résines polyuréthannes ;
— les résines polyméthacryliques ;
— les résines polyesters ;
4. Revêtements et chapes — les résines copolymères réactifs : époxyuréthanes, vinyles-
ters, etc.
en résines synthétiques
appliquées in situ 4.3.2 Charges

Les charges sont ajoutées au mélange résine/durcisseur au


Les revêtements de sol et chapes en résines synthétiques appli- moment de la préparation. Elles sont le plus souvent d’origine
quées in situ sont des revêtements qui adhèrent fortement aux minérale, granuleuses ou poudreuses mais peuvent être d’autre
supports sur lesquels ils sont posés ; ils contribuent ainsi aux nature (caoutchouteuses par exemple).
caractéristiques du support, à la différence d’autres revêtements.
Elles contribuent aux diverses qualités du revêtement.
Ils sont constitués de plusieurs composants : résines + durcis-
seurs + charges et/ou pigments.
Leurs caractéristiques et leurs fonctions sont diverses et 4.3.3 Granulats spéciaux
multiples ; elles varient suivant la nature chimique de leurs
composants. Ils sont soit incorporés au mélange résine/durcisseur, lors du
Ils peuvent être très durs, semi-souples, ou résiliants. Ils peuvent mélange, soit saupoudrés sur une couche de résine/durcisseur/
être microporeux ou étanches, à très bonnes résistances chimi- charges, appliquée et non polymérisée.
ques, possédant des caractéristiques mécaniques très élevées, être On trouve :
conducteurs ou isolants électriques. — des granulats aux coloris naturels et décoratifs ;
Ils pourront être réalisés avec une planimétrie aux tolérances — des granulats de quartz ou d’autre nature, colorés en usine ;
normalisées ou exceptionnelles. Ils peuvent être neutres, mono- — des granulats aux résistances mécaniques particulières
couleurs ou polychromes. (dureté, usure, éclatement, élasticité) ;
Le temps nécessaire à leur réalisation et à leur mise en service — des paillettes à base de polychlorure de vinyl pigmenté.
varie de quelques heures à quelques jours. Cette liste n’est pas limitative.

4.1 Domaine d’application 4.4 Les revêtements


L’emploi de ces revêtements et chapes est à différents usages :
piétonniers, industriels, décoratifs et techniques. Les revêtements de sol en résines de synthèse sont des
complexes, d’une épaisseur minimale de 1 mm, composés de une
Les principaux locaux visés sont à usages : ou plusieurs couches rapportées sur le support par épandage, éta-
— industriels, techniques, de recherches et de productions, pro- lement, et/ou talochage du mélange d’un liant résine/durcisseur,
pres et ultrapropres ; avec ou sans pigments, avec ou sans charges et/ou des adjuvants
— de stockage ; spéciaux.

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4.4.1 Structures et/ou granulats qui varie dans des proportions de 0,5 à 4 parties
poids de charges, pour 1 partie poids de liant, est étendu à la
4.4.1.1 Couche d’imprégnation palette crantée ou à la raclette à pointes, il est ensuite débullé au
rouleau dit « débulleur ».
Il s’agit d’une première couche liquide déposée directement sur Le revêtement s’étale jusqu’à former une couche uniforme et
le support afin de pénétrer les pores sans former une couche imperméable. Il présente après durcissement une surface lisse.
continue en surface.
Cette couche est utilisée pour renforcer les supports à faible 4.4.2.2 Revêtements multicouches lisses, texturés
résistance superficielle. ou antidérapants
Ce sont des revêtements dont les épaisseurs totales varient de
4.4.1.2 Couche d’adhérence ou primaire d’adhérence
2 à 7 mm généralement. Ils sont réalisés par l’application d’un
Il s’agit d’une couche de résine et durcisseur qui augmente revêtement autolissant, d’une épaisseur comprise entre 55 et 65 %
l’adhérence du revêtement au support. de l’épaisseur finale du revêtement, dans lequel on a, avant durcis-
Cette couche a deux fonctions : sement, saupoudré à refus des granulats durs dont l’excès est éli-
miné après durcissement par brossage et aspiration.
— la première est d’assurer une très bonne liaison entre le sup-
port et le revêtement surtout dans le cas des mortiers de résine On place ensuite la ou les couches de finitions qui donnent au
plus pauvres en liant ; revêtement son imperméabilité, son état de surface lisse, texturé
— la seconde de boucher les pores du support afin d’éviter au ou antidérapant, unicolor ou polycolor.
maximum les défauts par bullage des revêtements à forte teneur Le coefficient de frottement du revêtement dépendra de la
en liant dit « autolissant » et « muticouche ». nature (thixotropie) et de l’épaisseur de la couche de finition pour
un même granulat ; il sera également dépendant de la forme du
4.4.1.3 Couche de base granulat.
C’est une couche posée directement sur le primaire d’adhérence La durée du coefficient de frottement dépendra de la dureté du
et avant la couche de masse. granulat et de sa résistance au choc.
Il s’agit d’une sous-couche ou d’un mortier à base de liant en
résine de synthèse avec ou sans granulats remplissant une fonc- Il faut avoir à l’esprit que le coefficient de frottement évolue
tion dans le revêtement fini : par exemple, couche servant à recti- dans le temps par usure du granulat.
fier la surface d’un support avant la pose d’un revêtement mince,
couche ayant pour but d’assurer la continuité d’un primaire La vitesse d’usure du granulat dépend de sa dureté mais aussi
conducteur dans un revêtement antistatique. de sa surface soumise à une action d’usure par une masse don-
née.
Cette couche ne se rencontre pas dans tous les revêtements.
Il est bon d’intégrer ces données pour établir une durée aux
coefficients de frottement exigés pour les revêtements de sol.
4.4.1.4 Couche de masse
Cela ne semble pas être le cas actuellement et posera des pro-
C’est la première couche non filmogène, supérieure à 0,5 mm de blèmes de responsabilité eu égard à l’interprétation des termes
matière homogène dans son comportement et se rencontrant de la responsabilité civile et de sa durée fixée par la loi.
depuis la surface vue. Cette couche constitue le corps du revête-
ment en résines de synthèse.
4.4.2.3 Revêtements en mortiers de résine
Elle est composée d’un liant, pigmenté ou non, et de charges
avec ou sans granulats dans des proportions variables pouvant Ce sont des revêtements dont les épaisseurs totales varient de
aller de 0,5 à 15 parts poids de charges et granulats pour 1 part 4 à 15 mm.
poids de liant suivant le type de revêtement mis en œuvre et son Ils sont constitués par un mélange résine/durcisseur charges
épaisseur. minérales et granulats durs, souples ou caoutchouteux dans des
proportions variant de 6 à 15 parts poids de charge totale pour une
4.4.1.5 Couche de finition part poids de liant.
Couche filmogène, à base d’un mélange résine/durcisseur, appli- Le mélange est tiré à la règle ou à l’épandeuse sur le primaire
quée sur le revêtement, afin de lui conférer certaines propriétés de recommandé, il est ensuite compacté et lissé manuellement à la
résistance, de nettoyabilité, d’antidérapance par exemple. taloche ou à l’hélicoptère. Cette couche de base constitue l’ossa-
ture du mortier.
4.4.1.6 Armature Après en avoir bouché les pores, elle est souvent revêtue d’une
Couche d’un matériau tissé ou non, interposé entre deux cou- ou plusieurs couches de surface qui assurent au revêtement ses
ches de résines, et qui contribue aux performances mécaniques du caractéristiques finales de dureté d’imperméabilité, de non poro-
revêtement. sité et/ou d’antidérapance ainsi que son aspect final unicolor ou
polycolor.
Ces couches sont surtout utilisées pour renforcer les résistances
à la fissuration des revêtements, en augmentant leurs résistances En ce qui concerne la caractéristique d’antidérapance se reporter
en traction et au cisaillement. aux remarques énoncées dans le paragraphe 4.5.2.2.

4.4.2.4 Autres revêtements en résines de synthèse


4.4.2 Types Aux trois grandes catégories de revêtements citées précédem-
ment, il faut ajouter des revêtements plus spécifiques tels que :
Les revêtements en résines de synthèse appliqués in situ peu-
vent être classés en trois catégories principales en fonction de ■ Les granitos
leurs particularités et de leurs méthodes de pose.
Les granitos sont des mortiers de résine poncés, revêtus d’un
bouche-pores et polis, contenant des agrégats concassés de cou-
4.4.2.1 Revêtements autolissants
leur naturelle. Ces revêtements sont utilisés en décoration, dans
Ce sont des revêtements dont les épaisseurs totales varient des endroits de passage important, mais aussi comme sol tech-
de 1 à 6 mm généralement. Le mélange, résine/durcisseur, charges nique en salle d’opération et en industrie pharmaceutique.

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■ Les revêtements de caoutchouc Ce que l’on peut en dire est qu’elles doivent être annoncées dans
Les revêtements de caoutchouc sont des granulés de caoutchouc la documentation du revêtement par le concepteur qui peut être le
colorés, agglomérés à l’aide de résine de synthèse. Ils s’appliquent formulateur des produits ou l’applicateur du revêtement.
sous forme préfabriqués ou sont réalisés sur site en diverses épais- Ces caractéristiques doivent exprimer les résultats d’essais nor-
seurs. malisés dont l’identification doit être mentionnée (NF, ISO, DIN,
BN, ASTM, ou reconnue). Elles doivent pouvoir être authentifiées
Ils peuvent être laissés tels quels, ou revêtus d’un bouche-pores,
par un rapport d’essai d’un laboratoire indépendant.
poncés et lustrés. Ils peuvent également être recouverts par un
revêtement autolissant souple. Les caractéristiques suivantes sont fournies en fonction des
conditions d’usage du revêtement :
Ils sont utilisés comme revêtements sportifs mais aussi de sécu-
rité (ils absorbent les chocs dus aux chutes), ils réduisent les — dureté Shore A ou D ;
niveaux sonores et possèdent une excellente résistance à l’abra- — résistance en compression pour les mortiers ;
sion. Ils sont surtout utilisés pour résister au passage piétonnier. Ils — résistance en flexion ;
ont également une fonction décorative. — résistance à l’abrasion ;
— résistance au poinçonnement ;
■ Les revêtements armés — résistance aux chocs ;
Les revêtements décrits ci-avant peuvent être armés à l’aide de — résistance au ripage ;
matériau tissé on non tissé à haute résistance en traction, rigides — tenue aux chocs thermiques ;
ou se prêtant à la déformation pour les revêtements souples. Ces — résistance aux UV pour les revêtements extérieurs ;
armatures sont surtout utilisées lorsque l’imperméabilité du revê- — essais de perméabilité aux liquides ;
tement est importante ou dans les cas où les revêtements, soumis — essais de résistance à la tâche ;
aux attaques chimiques, doivent présenter une garantie supplé- — coefficient de glissance ;
mentaire de résistance à la fissuration. — conductibilité électrique ;
— classement au feu ;
— résistance aux produits chimiques entrant en contact du revê-
4.4.3 Fonctions des revêtements de sol à base tement et toutes les caractéristiques indispensables à connaître
pour déterminer les performances d’un revêtement destiné à un
de résines de synthèse usage spécifique.

Les produits de revêtements de sol à base de résines de syn- 4.4.4.2 Normalisation des matériaux, des essais
thèse qui sont utilisés dans l’exécution des travaux permettent, sui- et des caractéristiques de performances par rapport
vant leur nature, leur composition et leur consommation, de à un usage
remplir une ou plusieurs des fonctions suivantes :
■ Sur le plan européen
— réaliser un revêtement de sol d’une épaisseur allant de 1 à
15 mm protecteur chimique et mécanique des supports sur les- En fonction du principe adopté « un produit/un usage » le CEN
quels il est posé et pouvant être mis en service dans un délai allant (Centre Européen de Normalisation) vient de proposer en mars
de quelques heures à quelques jours ; 1999 la norme pr EN 1504-2 qui fixe toutes les normes et essais
— conférer au support un aspect coloré ou décoratif ; européens dans la protection des surfaces en béton, pour des revê-
— réaliser un revêtement de sol possédant un coefficient tements à base de résines de synthèse allant jusqu’à 5 mm. Il s’agit
d’usure et de frottement déterminés ; des revêtements protégeant les ouvrages en verticale et en hori-
zontale même si ceux-ci ont une fonction de revêtement de sol.
— réaliser un revêtement de sol sans joint, avec remontées, qui
soit facilement décontaminable ; Cette norme définit les domaines suivants :
— réaliser un revêtement de sol ayant des caractéristiques par- — 1. l’identification des produits ;
ticulières de confort (bruits, souplesse, entretien) ; — 2. les méthodes de mesures des caractéristiques de perfor-
— réaliser des revêtements de sol perméables ou imperméables mance en fonction de l’usage envisagé ;
à l’eau et à différents produits ; — 3. les exigences de performance pour les revêtements ;
— réhabiliter des anciens supports ou des anciens revêtements — 4. la procédure d’attestation de la conformité du produit ;
de sol ; — 5. un tableau indiquant les caractéristiques de performance
— rectifier la planéité superficielle des anciens supports (réglet indispensables pour tous usages envisagés, en relation avec le
de 0,20 m) ; principe de l’utilisation ;
— réaliser des revêtements aux tolérances de niveau et de pla- — 6. en annexe, à titre d’information, un tableau désignant les
nimétrie inférieures à celles définies dans les DTU ; caractéristiques de performance nécessaires dans trois exemples
— réaliser des revêtements de sol de sécurité et possédant les types différents.
caractéristiques requises en glissance, conductibilité électrique, Cette norme offrira un excellent outil de travail qui répondra aux
absorption des chocs, et de classement au feu. besoins des différents intervenants, (industriels, concepteurs, pres-
cripteurs, applicateurs, maîtres d’œuvre, maîtres d’ouvrage,
Cette liste n’est pas limitative.
bureaux de contrôle, experts, assureurs) pour exercer la maîtrise
Toutefois, ces revêtements ne sont pas destinés à l’étanchéité de leurs professions respectives.
des supports aussi bien en pression qu’en contre-pression. Cette
Le CEN dans le cadre de sa commission TC 303 entreprend le
fonction d’un revêtement doit faire l’objet d’études spécifiques.
même travail avec les chapes en résines, dans le domaine des cha-
pes en général, (ciment, sulfate de calcium, magnésie, bitume et
résines de synthèse).
4.4.4 Caractéristiques des revêtements de sol
à base de résines de synthèse Les travaux ne seront pas terminés avant 2004.
En ce qui concerne les revêtements de sol souples et résiliants,
4.4.4.1 Généralités le CEN étudie ceux-ci dans le cadre de la commission TC 134.

Les caractéristiques des revêtements de sol à base de résines de ■ Normalisation en France


synthèse dépendent de la nature du liant, des charges et des agré- En partant de l’esprit de la normalisation à savoir : un produit/un
gats utilisés. usage ; il n’y a pas en France de normalisation des matériaux pour

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revêtements de sol à base de résines de synthèse. Il n’existe que — des prix très économiques par rapport à ceux des revête-
des essais normalisés auxquels sont soumis les produits mais ments conventionnels pour un même niveau de résultats.
ceux-ci s’adressent aux secteurs de la chimie, de la peinture ou des
produits de réparation du béton ; donc ils ne sont pas opposables ■ Les revêtements à base de résines époxy seront utilisés pour :
dans le domaine des revêtements de sol. — leurs capacités à adhérer sur un grand nombre de supports ;
Depuis de nombreuses années, le CSTB (Centre Scientifique et — leurs résistances mécaniques élevées plus de 2 fois en com-
Technique du Bâtiment) a établi sur base d’essais qui lui sont pro- pression (65 à 110 MPa) et plus de 3 fois en flexion (10 à 35 MPa)
pres, un classement performanciel, appelé UPEC, des caractéristi- qu’un béton classique ;
ques des revêtements, associées à des locaux dont l’usage — leurs résistances aux chocs plus élevées qui sont la consé-
piétonnier a été évalué [2]. quence d’un module élastique atteignant moins de la moitié de
celui du béton ;
Certains revêtements sur le marché, classés à usage piétonnier, — leurs résistances chimiques à des bases, des acides forts,
font l’objet d’un Avis technique prescrivant la mise en œuvre du dilués, des solutions salines, un grand nombre de solvants.
revêtement.
Nota : en ce qui concerne les résistances aux agressions chimiques, il est indispensa-
Ces classements et avis ne concernent pas : ble de faire une étude qui précisera la nature des produits entrant en contact avec le revê-
— les revêtements à usage extérieur ; tement, leur concentration, la durée du contact, la température, ainsi que les procédures
de nettoyage et leur fréquence afin de déterminer l’importance des agressions.
— les utilisations qui ne sont pas piétonnières et répertoriées,
sur le plan mécanique ; Inconvénients : certaines conditions de mise en œuvre, leur jau-
— les usages autres que domestiques sur le plan chimique. nissement soumis aux UV, à des températures plus élevées ou à
certaines agressions chimiques.
Le CSTB vient depuis quelque mois d’établir un classement
performanciel pour les revêtements industriels sur base d’essais ■ Les revêtements à base de résines polyuréthanne seront utili-
complexes qui lui sont également propres. Ce classement perfor- sées pour :
manciel n’est pas associé à des locaux mais à des usages. — l’étendue de leurs caractéristiques dureté, souplesse, élasti-
Nota : le CSTB n’a pas, à notre connaissance, sorti à ce jour un document officiel sur cité, résilience ;
le Classement Performanciel des Revêtements de Sols Industriels.
— les possibilités d’accélérer les vitesses de polymérisation des
Il est en effet très difficile dans le domaine industriel de généra- revêtements ;
liser les contraintes. Celles-ci varient suivant les procédés, le maté- — les caractéristiques de résistance aux UV et à la griffe pour
riel utilisé, les procédures d’entretien et les changements certains produits de finition.
d’affectation des locaux.
Inconvénients :
Elles doivent être estimées et calculées en tenant compte des
— leur sensibilité à l’humidité et lorsque le point de rosée est
particularités du projet. Le domaine industriel comme le domaine
atteint, lors de la pose et entre les différentes couches.
de la structure en BTP et en ouvrages d’art est le domaine de
l’ingénieur qui a besoin d’outils pour apprécier et choisir. ■ Les revêtements à base de résines polyméthacrylates seront uti-
Nota : la normalisation des matériaux de revêtements de sol à base de résines de syn- lisés pour :
thèse est l’outil qui manque aujourd’hui en France à l’ingénieur, aux professions du bâti-
ment concernées, aux utilisateurs et aux organismes de contrôles et d’assurances pour — leur rapidité de mise en œuvre et de mise en service même à
avoir la maîtrise de leurs métiers respectifs dans ce domaine. basse température ;
— leurs bonnes résistances chimiques (même remarque que
4.4.4.3 Autres recommandations pour les revêtements à base de résines époxy).
Pour compléter le domaine des caractéristiques il faut ajouter Inconvénients :
que : — leur odeur forte qui nécessite une ventilation forcée ;
— la CNAM (Caisse Nationale d’Assurances Maladies) fixe des — une faiblesse mécanique lorsque températures et contraintes
coefficients de frottement aux revêtements de sol pour des usages mécaniques sont associées.
industriels particuliers (industries alimentaires surtout) suivant ■ Les revêtements à base de polyester et vinylester seront utilisés
l’essai propre à l’INRS (norme NF S 73010). Les revêtements doi- pour :
vent avoir un coefficient de frottement de minimum 0,3 pour être
utilisés et pouvoir obtenir par la suite un agrément [3] ; — leurs résistances mécaniques très élevées surtout s’ils sont
— le CNEVA (Centre National d’Études Vétérinaires et Alimen- armés à l’aide de fibres de verre tissées ou non (leurs résistances
taires) fixe des caractéristiques aux revêtements de sol, dans approchent alors celles de l’acier) ;
l’industrie alimentaire, concernant leurs capacités de décontamina- — leurs résistances chimiques exceptionnelles aux acides,
tion qui se mesurent généralement en se basant sur une estimation même oxydants, bases, solutions salines, certains solvants
de la porosité du revêtement avec la norme expérimentale fran- (mêmes remarques que pour les revêtements à base de résines
çaise XP X 50-793 [15] et par une étude de développement bacté- époxy).
rien sur les surfaces envisagées. Il recommande également des Inconvénients :
procédures de nettoyage et de désinfection ; — une très grande dureté et un très haut module élastique
— à ceci il faut ajouter les impératifs de caractéristiques impo- entraînent une faiblesse aux chocs lorsque le revêtement n’est pas
sées par la recherche, les industries spécifiques, la prévention et la armé ;
sécurité. — odeur importante ;
— mise en œuvre très spécifique.
4.4.4.4 Vulgarisation des caractéristiques des résines
utilisées en revêtement de sol
Les produits à base de résines se caractérisent en général par : 4.5 Supports
— leurs capacités à réaliser des revêtements de sol de faibles
épaisseurs ;
— une mise en service de ceux-ci plus rapide que les systèmes 4.5.1 Généralités
conventionnels ;
— une palette de caractéristiques mécaniques, chimiques et La qualité d’un revêtement dépend également des caractéristi-
autres permettant de mieux répondre à un plus grand nombre de ques du support sur lequel il est posé.
problèmes, posés par les maîtres d’ouvrage, que les revêtements Les revêtements à base de résines synthétiques appliquées in
de sol conventionnels ; situ sont exécutés sur des supports qui doivent être propres, secs,

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préparés, possédant des résistances suffisantes pour l’utilisation tes dont le pourcentage est au minimum 3 fois la tolérance plani-
qui en sera faite et avoir les caractéristiques qui autorisent leur métrique du support et au minimum 1,5 %.
application.
4.5.2.5 Disposition relative aux sols chauffants
4.5.2 Supports neufs Les dispositions pour les revêtements de sol à base de résines
sont identiques à celles des sols plastiques [7].
4.5.2.1 Chapes en micro-béton rapportées ou incorporées
4.5.2.6 Supports à base de bois ou panneaux dérivés
Ces chapes sont exécutées conformément au DTU 26.2 [4] qui
spécifie l’état de surface requis ainsi que les tolérances admises en Ces ouvrages sont réalisés en contre-plaqué CTB-X ou en pan-
planimétrie pour recevoir un revêtement ou une peinture (voir neaux de particules CTB-H conformément au DTU 51.3 qui spécifie
tableau 1). en annexe les tolérances en matière de planimétrie et de désaffleu-
rement. Ils sont toujours usinés sur leurs quatre bords languettés
4.5.2.2 Planchers et dallage en béton et collés.
Ces ouvrages sont réalisés conformément au DTU 21 [5] qui spé- (On n’applique sur ces supports que des revêtements ayant une
cifie l’état de surface requis et en ce qui concerne les dallages, aux flexibilité supportant les déformations inhérentes à ce type de sup-
règles professionnelles publiées dans les annales de l’ITBTP [6]. port).
Les tolérances de planimétrie et l’état de surface sont les mêmes Ne sont pris en compte que les planchers porteurs sur solivage
que celles indiquées aux DTU 21 et 26.2 (voir tableau 1). à l’abri des intempéries et des arrivées d’humidité.

■ Dalles préfabriquées 4.5.2.7 Planchers métalliques


L’application des revêtements à base de résines de synthèse sur Ces planchers sont nus ou protégés au zinc (métallisation par
ces supports ne peut se réaliser que si les joints sont respectés et projection ou galvanisation à chaud).
traités dans le revêtement, ou à défaut, si ces dalles sont recouver-
tes par une dalle armée supportant les efforts auxquels sera sou- 4.5.2.8 Chapes asphaltes
mis l’ensemble.
Ces chapes seront réalisées conformément aux dispositions du
4.5.2.3 Dispositions relatives aux remontées d’humidité fascicule 8 du « cahier des charges de l’Office des asphaltes » Elles
seront exemptes de détérioration par des huiles et des graisses et
La pose des revêtements ne peut pas se faire sur des supports être âgées d’au moins 6 mois.
où il y a risque d’exposer le revêtement à de l’humidité ou à des
risques d’humidité ascensionnelle surtout pendant les phases criti- 4.5.2.9 Enrobés percollés
ques de la pose et de la polymérisation du revêtement.
Ces chapes sont réalisées conformément à leur cahier des char-
Tenir compte de cette particularité pour : ges qui aura été approuvé par un bureau de contrôle. Elles doivent
— tous les supports ; être renforcées par un coulis de ciment sur toute l’épaisseur de la
— les planchers en étage lorsqu’il y a production d’humidité chape et être âgée d’au moins 28 jours.
dans les locaux sous-jacents ;
Qualités requises (voir tableau 2).
— les planchers sur terre-plein (eau de ruissellement et nappe
phréatique) ;
— les vides ventilés (tenir compte de la capacité réelle de venti- 4.5.3 Supports anciens
lation).
Certains primaires proposent des solutions à ce problème sous 4.5.3.1 Supports anciens revêtus
certaines conditions ; elles doivent être confirmées par un rapport
L’analyse de ces supports doit porter sur :
d’essai d’un laboratoire indépendant.
— la nature et l’état du revêtement existant ;
4.5.2.4 Dispositions relatives aux pentes — l’adhérence du revêtement existant sur son support et dont la
force doit être > 1,5 MPa, la rupture se produisant dans le support ;
En fonction de leur faible épaisseur, les revêtements à base de — la nature et les résistances du support en fonction de la fina-
résines de synthèse ont la même tolérance planimétrique que les lité des locaux et des contraintes exercées ;
supports sur lesquels ils sont posés (tableau 1). — l’adhérence du nouveau revêtement sur l’ancien — la force de
En conséquence, pour assurer l’écoulement des eaux ou autres celle-ci doit être > 1,5 MPa et avoir la rupture dans le support de
liquides vers les évacuations, les supports devront avoir des pen- l’ancien revêtement.

Tableau 1 – Planimétries normalisées des supports ciment


Planimétrie d’ensemble rapportée Planimétrie locale au réglet
à la règle de 2 m de 0,20 m (creux maximal) Tolérance d’aspect
Surfaces
et autres spécifications
(mm) (mm)
Béton surfacé soigné 7 2 Aspect fin et régulier
Béton à chape incorporée 7 2 Aspect fin et régulier
Chape rapportée 5 2 Aspect lisse, fin et régulier
Dalles préfabriquées parement
courant 7 2 Aspect fin et régulier

Aspect fin et régulier, désaffleure-


Parement soigné 5 1 ment au droit des joints < 3 mm

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Tableau 2 – Caractéristiques des supports


Valeurs prescriptives Méthodes
Caractéristiques
Essais
Ciment Anhydrite Bois Asphalte Métaux D’investigation
normalisés

Résistance R > 1,5 MPa, R > 1,5 MPa, rupture R > 1,5 MPa
à l’arrachement rupture rupture
support
rupture R > 10 MPa NF P 18 852
support support support
5 mm/règle Sans objet 5 mm/règle Sans objet Règle de 2 m
de 2 m de 2 m
Planéité Sans objet
1 mm/réglet Qual. pose 1 mm/réglet Qual. pose Réglet de 0,20 m
de 0,20 m de 0,2 m

Pentes > 1,5 % Sans objet Sans objet > 1,5 % > 1,5 % Règle de 2 m, niveau
et mètre

Avaloir Point bas Sans objet Sans objet Point bas Point bas Règle de 2 m et niveau
des pentes des pentes des pentes

Rugosité Suivant Sans objet Sans objet Suivant SA 2.5 NF ISO 8503
préparation préparation

Porosité > 60 S Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Goutte d’eau
et < 240 S et chronomètre
pH 8 à 10 Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Papier réactif

Fissures Stables Stables Vérifier Stables Vérifier Témoins en plâtre


la stabilité la stabilité
Résistances > contraintes > contraintes > contraintes > contraintes > contraintes Scléromètre
mécaniques

Humidité 0,5 % max Voir l’annexe < 4 % à moitié Bombe à carbure


résiduelle < 4 % à 4 cm à moitié DTU 51,3 de l’épreuve Sans objet et appareil
de l’épreuve électromagnétique
Humidité Nulle Nulle Nulle Nulle Sans objet Mesure sous film pare
ascensionnelle vapeur ou sous cloche

4.5.3.2 Supports anciens non revêtus « Recommandations de l’AFFAR sur le choix, l’application et la
mise en service des revêtements de sol à base de résines de
Les prescriptions des caractéristiques des supports anciens sont
synthèse » [8].
identiques à celles des supports neufs correspondants.
Les traitements de surface consistent presque toujours en des
L’analyse de ces supports doit porter sur les mêmes paramètres
traitements mécaniques : le grenaillage avec aspiration, le rabo-
auxquels il faut ajouter :
tage avec aspiration, le ponçage à l’aide de meules en corindon ou
— la nature, l’importance et les implications des zones dégra- de plateaux à segments renfermant des diamants.
dées et des corrosions ;
— la nature, l’importance et les implications des pollutions et Les traitements chimiques ne sont utilisés qu’exceptionnelle-
des micro-organismes ; ment (tableau 3).
— la nature, l’importance et les implications des fissures ; Ces opérations permettent d’obtenir une force d’adhérence du
— la vérification des caractéristiques mécaniques du support qui revêtement supérieure à 1,5 MPa et la rupture dans le support.
doivent répondre aux efforts auxquels il sera soumis ; En cas de doute sur la qualité d’un support et/ou sur l’adhérence
— l’isolement du support contre les remontées éventuelles du revêtement mis en œuvre, il faut réaliser des essais d’adhé-
d’humidité. rence du revêtement suivant la norme P 18-852 [17].
Les prescriptions doivent comporter la remise en état du support
ainsi que l’énoncé des réserves éventuelles.
4.7 Travaux de mise en œuvre
des revêtements
4.6 Travaux préparatoires
4.7.1 Conditions de pose
Les travaux préparatoires consistent :
— à exécuter des traitements de surface sur le support afin d’éli- Avant d’autoriser les travaux de mise en œuvre des revêtements
miner tout ce qui pourrait empêcher ou diminuer l’adhérence du à base de résines de synthèse, vérifier l’existence de toutes les
revêtement sur celui-ci ; conditions nécessaires à ceux-ci :
— à rectifier les surfaces, réparer les défauts et traiter les points — fermeture des locaux, libération des surfaces à recouvrir ;
particuliers suivant leur nature. — humidité des supports inférieure à 4 % en poids, mesurée à la
On consultera utilement le nouveau document édité par l’AFFAR bombe à carbure à 4 cm de profondeur pour le béton, 0,5 % pour
(Association Française des Formulateurs et des Applicateurs de les chapes anhydrites et conforme au DTU 51.3 annexe 2 pour les
Résines) intitulé : bois et panneaux dérivés ;

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C’est dans la réalisation de ces postes que l’on rencontre beau-


Tableau 3 – Types de préparation coup de sinistres qui ont pour origine les proportions des compo-
sants non respectées, des composants mal mélangés, la dilatation,
Nature Traitement le retrait, les joints, les fissures, les chocs thermiques, les contrain-
Grenaillage Fraisage Ponçage
des supports chimique tes négligées.
Béton : En conséquence, la qualité des revêtements de sol à base de
neuf **** *** ** * résines de synthèse dépend du respect de certaines lois physiques,
règles et procédures, au moment de la mise en œuvre.
ancien **** **** ** *
Anhydrite ... ... **** ... 4.7.3 Conditions et temps de polymérisation
Bois ... ... **** ... et de mise en service
Asphalte *** **** ... ... Un revêtement, bien choisi, bien posé, peut présenter de piètres
Enrobés percolés **** *** ... ... résultats si on ne respecte pas les conditions et le temps nécessai-
res à sa polymérisation complète, avant de lui faire subir des sol-
Métaux : licitations mécaniques, thermiques et chimiques.
Acier nu **** ... ** ... Les revêtements de sol à base de résines de synthèse peuvent
Acier traité au zinc ... ... ... *** être composés différemment, soit par la famille chimique, soit par
la composition et posséder ainsi des délais variables de mise en
**** Traitement le plus performant et le plus utilisé.
*** Traitement de bonne qualité utilisé.
service. C’est pourquoi la durée et les conditions de température et
** Traitement utilisé pour des raisons spécifiques avec précautions. d’humidité, nécessaires pour assurer la polymérisation complète,
* Traitement à n’utiliser que contraint et sous condition. doivent être décrites dans la documentation du revêtement, confir-
... Traitement à ne pas utiliser. mées dans la proposition et fixées comme d’autres paramètres
dans le planning des travaux.
— existence des températures de mise en œuvre recomman- En général, on considère que tous les revêtements à base de
dées par le concepteur ou le fabricant, à 3 oC au-dessus du point résines ont atteint leur polymérisation complète après 7 jours à
de rosée (tableau 4). 20 oC à une humidité relative de 75 %. Une température plus faible
Nota : certains contestent l’humidité comme cause des sinistres de décollement des allonge ce temps, une plus élevée le raccourcit. Certaines résines
revêtements ; il est vrai que l’on peut appliquer quelques résines époxy de nature spéci- polymétacryliques, polyuréthannes et polyesters demandent des
fique, sous eau ou sur des supports mouillés mais non ruisselants. Cependant ces résines temps de durcissement qui peuvent atteindre quelques heures.
spécifiques ont des caractéristiques dont certaines empêchent leur utilisation dans la réa-
lisation de la plupart des revêtements de sol. Les délais de durcissement sont en général de 1 à 3 jours à 20 oC
L’humidité contenue dans les supports, d’origine résiduelle, ascensionnelle, de pour un passage piéton et 4 à 7 jours à 20 oC pour un usage
condensation ou contenue dans certains primaires peut entraîner, avec les durcisseurs normal ; ils doivent pouvoir entrer en contact avec de l’eau, des
époxy les plus couramment utilisés dans la composition des matériaux pour revêtement
de sol, la formation d’une barrière semi-perméable, suite à des variations de température substances chimiques, ou subir des tests de conformité.
pour l’humidité résiduelle, à l’arrivée d’humidité pour l’humidité ascensionnelle, à des
pressions osmotiques pouvant atteindre des forces de plusieurs dizaines de bars, provo-
quant des cloques surtout dans les revêtements autolissants [9]. 4.8 Réception des ouvrages
4.7.2 Mise en œuvre du revêtement La réception des ouvrages se fait avant toute utilisation et les
réserves éventuelles sont émises.
Chaque revêtement possède des spécificités, ses différentes cou- Les critères sur lesquels porte la réception sont décrits dans les
ches, ses quantités appliquées par couche qui sont fixées par le Recommandations de l’AFFAR. Ils portent sur un ensemble de
concepteur pour obtenir le résultat annoncé et qui déterminent les points d’aspect, de teinte, et de conformité d’exécution avec le des-
caractéristiques du revêtement. criptif et les règles de l’art, ainsi que des mesures de carac-
En fonction de quoi, la qualité des mélanges, le respect des pro- téristiques spécifiques imposées qui sont généralement non
portions entre la résine et son durcisseur, le respect du nombre de destructives.
couches, les quantités par couche, les précautions d’application
recommandées, les différentes procédures demandées sont impor-
tantes et ont une influence sur le résultat, tout comme les condi- 4.9 Entretien
tions de la mise en œuvre. Les revêtements de sol à base de résines de synthèse, comme
Le traitement des points particuliers (voir Recommandations de tous les revêtements de sol plastiques doivent être entretenus
l’AFFAR) a, également, énormément d’importance dans la qualité régulièrement si l’on veut qu’ils soient durables et qu’ils donnent
du travail. longtemps satisfaction.

Tableau 4 – Conditions de pose sur des supports préparés et ayant les caractéristiques requises

Localisation du revêtement Aires Température minimale Éclairage Surfaces

Préconisée
Intérieur Fermées Existant Libre d’autres travaux
Point de rosée + 3 oC
Protégées
Station de contrôles
Préconisée
Extérieur Humidité Existant Libre d’autres travaux
Point de rosée + 3 oC
Température
Point de rosée

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Tableau 5 – Critères de choix d’un revêtement du sol


Sols à base de ciment Sols à base d’asphalte Autres revêtements
ou de bitume

Carreaux Dalles

Chape en résine synthétique


Béton surfacé Chape ciment amovibles

Enrobé bitumineux percolé


Chape ciment rapportée en ciment avec

Traitement antipoussière

Revêtement autolissant
avec saupoudrage incorporée Couche

+ émulsion de bitume
couche d’usure

ou mortier de résines
Carreaux d’asphalte
d’usure
Performances

Chape d’asphalte

ou multicouche
Pavés en béton

Chape ciment

Pavés en bois
granulats naturels durs

Carrelage

Peinture
Émulsion résine +
naturels durs

naturels durs

naturels durs

naturels durs

naturels durs
métalliques

métalliques

métalliques

métalliques

métalliques
Granulats

Granulats

Granulats

Granulats

Granulats

Granulats

Granulats

Granulats

Granulats

Granulats
Abrasifs

Abrasifs

Abrasifs

Abrasifs
Résistance ●●● ●●● ●●● + ●●● ●●●● ●● à ●
●● ●●● ●● ●●● ●● ●●● + + + ●●●● ●●● ●●●● ●●● ●●● ●●●● ●●●● ●●●● ● ●●●
●●● ●●● ●●●●
à l’usure (1) (1) (1) (1) (2) (1) ●●● à ●●
Résistance ● ●● ●●● ●●● ●●● ●●●● ●●● ●●● ●●●● + ●●● + ●●●● ●●● ●●●●
●● à ●●● ●●●●
●●● ●●●
●●●●
●● ●●●● ● ● ●●
●●● ●●●
aux chocs ●●● (3) (3) (3)
Résistance ●● ●●
au poinçon- ●●●● ●●●● ●●●● ●●●● ●●●● ●●●● ●●●● ●●●● ●●●● ●●●● ●●●● ●●●● ●●●● ●●●● ●●●● ●●● à ●●● à ●●● ●●● ●●●● ●●●● ●●●● ●●●● ●●●●
nement ●●● ●●●

●●●
Comportement ●●●● ●● à
●●● ●●● ● (4) ●●● ●●● ● (4) ●●● ●●● ● (4) ●●● ●●● ●●● ● (4) ●●● ● (4) ●●● ● ●●● ●●● ❍ ●●●● ●●●● ●●● à
à l’eau (5) ●●●
●●●●

Résistance ● (7) ●● ●●● à ●●●


●●●●
aux huiles ●●● ●●● ●●●● ●●● ●●● ●●●● ●●● ●●● ●●●● ●●● ●●● ●●● ●●●● ●●● ●●●● ●●● ● à ●●● ● à ●●●
(8)
●●●● ●●● ●●● à
et aux graisses (6) ●●● (8) ●●●●

Résistance aux ●●
●● à ●●●● ●●● ●●● ●●● ●●●
hydrocarbures ●●● ●●● ●●●● ●●● ●●● ●●●● ●●● ●●● ●●●● à ●●● ●●● ●●●● ●●● ●●●● ●●● ● ● ● ●●●
(*) ●●●
●●● (8) (8) (9) (9) (9)

● ● ●●●
● (10) ● (10) + ●
Résistance ●● ●● ●● ●● ●● ●● ou ou ●● ●● ●●● ●●●● ou ●●●
● ● ❍ ● ● ❍ ou ●● ou ●● ❍ ● ● à
aux acides (29) (30) (10) (10) (10) (10) (10) (10) ●●● ●●● (10) (10) (12) (8) ●●●●
●●
(9)
(11) (11) (8)
Résistance
●● ●● ●● ●●
à la
ou ou ou ● à
température ●● ●● ●● ●● ●● ●●
●●● ●●●●
●● ●●
●●●
●● ●● ●● ●● ●●
(15)
●● ●● ●● ●●● ●●●●
●●●
●● ●● ●●
et aux chocs (14) (16)
(13) (13)
thermiques

●●●●
❍ ou ●●●● ●●●●
Antiétincelles ❍ ❍ ●● ❍ ❍ ●●● ❍ ❍ ❍ ●● ❍ ●●●● ❍ ●●●● ❍ ❍ ❍ ❍ ❍ ●●●●
+ (31) ❍ ❍
(17) (27) (18) (18)

Isolant ● ●
thermique ❍ ❍ ❍ ❍ ❍ ❍ ❍ ❍ ❍ ❍ ❍ ❍ ❍ ❍ ❍ ❍ ●●●● ●●●● ●●● ●●● ●●●● ❍ à ❍ ❍ à
et phonique ●●●● ●●●●

Antipoussière + +
●● ●●● ●●● ●● ●●● ●●● ●● ●● ●●● ●●● ●●● ●●● ●●● ●●● ●●● ●● ●●● ●●● ●● ●● ●●●● ●●●● ●●●● ●●● ●●●● ●●●●
(**)
●● à ●● à ●● à ●●● à ●●● à ●●● à ●●●● ●●●● ●●●● ●●●●
●● ●●● ●● ou ●● ou ●● ou
●●● ●●● ●●● ●●●●
Planéité ●●● ●●● ●●● ●●●● ●●●● ●●●●
(19) (19) (19) (19) ●●●● ●●●● ●●●●
(20) (20) à (21) ●●●● ●●●● ●●● à ●●●●
(22)
●●● ●●●● ●●●●
(19) (19) (19) (19) (19) (19) ●●● ●●●● (23) (23) (23)
+
●● à
Antidérapant + + + + ●● ●●● ●●● ●● ●●●
●● ●● ●● ●● ●● ●● ●● ●● ●● ●● ●●● ●● ●●● ●● ●● ●● ●●● ●● ❍
(***) (28) (25) (26) (26) (26)
(24)
Délai Im-
2 2 2à 1 3 1
avant mise en 10 à 28 j 2à7j Immédiat 1j 7j mé- 1j
à4j à7j 28 j à7j à7j à7j
service diat
❍ ne convient pas ; ● faible ; ●● moyen ; ●●● bon ; ●●●● très bon ; + signifie que les performan- (13) Avec granulats de basalte jusqu’à 800 oC.
ces sont légèrement supérieures à ce qui est indiqué. (14) Avec ciment Fondu et Alag jusqu’à 1100 oC, épaisseur 5 à 6 cm et plus, en petites sur-
* Pour la résistance aux hydrocarbures et aux acides, ce n’est pas tant le granulat qui est faces 2 à 4 m2, désolidarisées.
en cause mais le liant ; il n’y a donc pas de différence significative entre les granulats. Le (15) Les caractéristiques mécaniques diminuent si la température augmente : ramollisse-
produit incriminé attaquera le liant et le granulat se déchaussera. ment, fluage, etc.
** Pour l’antipoussière, c’est principalement le degré de fermeture de la surface et la pla- (16) Craint les chocs thermiques, utilisation généralement limitée à 50 oC d’écart.
(17) Avec la mise à la terre : sol conducteur.
néité qui sont en cause. Plus un sol est lissé moins il produit de poussière mais plus sa
(18) Avec des charges spéciales et, dans certains cas, un feuillard et une mise à la terre :
glissance augmente.
sol conducteur.
*** Pour les sols industriels à base de liant hydraulique, l’antiglissance dépend essentielle- (19) Avec une mise en œuvre particulièrement soignée (pose des règles et contrôle à la
ment du degré de fermeture de la surface sans tenir compte du granulat. lunette), on peut obtenir 3 mm sous la règle de 2 m.
(1) Granulats adaptés au roulage avec bandages métalliques. (20) Peuvent être utilisées sur des remblais, si tassement de ces derniers, remise à niveau
(2) À arêtes chanfreinées pour roulage pneumatique. très facile et rapide.
À cornières métalliques pour tous types de roulage et de charge. (21) Même planéité que celle du support.
(3) Évite épaufrures des arêtes des outils ou d’objets lors de chutes. (22) Pour une question de prix il est souhaitable que le support présente une bonne pla-
(4) Oxydation superficielle. néité.
(5) Peut réaliser une étanchéité. (23) Identique à celle du support.
(6) Pour les carreaux antigraisses. (24) Avec finition de surface spéciale.
(7) Traces accidentelles, ne pas laisser séjourner, nettoyer. (25) Carreaux spéciaux antidérapants.
(8) Suivant la nature du produit, sa concentration, la fréquence des contacts et les ciments de (26) Possible avec abrasifs aux granulats durs en surface.
jointoiement. (27) Avec granulats de basalte.
(9) Suivant la nature du produit, sa concentration, la fréquence des contacts. (28) Avec finition de surface spéciale.
(10) Acides faibles. (29) Ciment Fondu + granulats siliceux jusqu’à un pH de 4 à 5.
(11) Pour qualité antiacides. (30) Ciment Fondu + Alag jusqu’à un pH de 4 à 5.
(12) Résistent aux acides mais gonflent en présence d’humidité. (31) Carreaux spéciaux et mise à la terre : sol conducteur.

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Certaines caractéristiques peuvent évoluer rapidement en fonc- 2.5.2 Exposition au chauffage par le sol
tion de l’utilisation et du manque de soins : l’antidérapance, les 2.5.3 Pression hydrostatique sous-jacente
résistances chimiques, la conductivité, l’esthétique.
3. Analyse du support
Il faut procéder régulièrement à la maintenance des revêtements
3.1 Sa nature
de sol en résine, tant sur le plan du nettoyage que sur celui des
réparations en cas d’accidents ou de détériorations dues à un 3.2 Son état
usage intensif ou inapproprié. 3.2.1 Neuf : son état, sa porosité, ses résistances
3.2.2 Ancien : descriptif de l’état, ses résistances
3.3 Formes, tolérances, pourcentage des pentes, positions des
4.10 Récapitulatif : plan d’étude écoulements
d’un revêtement de sol à base 3.4 Points particuliers
de résines synthétiques 3.4.1 Remontées, plinthes, socles
3.4.2 Colonnes
1. Définir les fonctions du revêtement et les besoins auxquels il 3.4.3 Regards - Écoulements
doit répondre 3.4.4 Joints de dilatation, de retraits, de construction
2. Définir les contraintes auxquelles il sera soumis 3.4.5 Fissures, origines, stabilité, importance
2.1 Les contraintes mécaniques 3.4.6 Arrêts du revêtement et niveau
2.1.1 Charges
4. Période et conditions de mise en œuvre
2.1.2 Roulement - bandage - dimensions
4.1 Période : jours ouvrés ou fériés, heures normales ou de nuit,
2.1.3 Ripage les délais
2.1.4 Poinçonnement 4.2 État du chantier : ouvert, fermé, occupé, libre, débarrassé,
2.1.5 Chocs encombré, température, humidité
2.1.6 Vibrations 4.3 Protections à réaliser
2.2 Les contraintes chimiques 4.4 Possibilités d’approvisionnement et entreposage des maté-
2.2.1 Nature des produits riaux
2.2.2 Concentration 4.5 Alimentation et raccordement électrique, puissance
2.2.3 Température 4.6 Vestiaires, sanitaires et réfectoires
2.2.4 Nettoyage et sa fréquence 5. Conditions de polymérisation avant mise en service
2.3 Les contraintes thermiques 5.1 Température
2.3.1 Température maximale 5.2 Humidité
2.3.2 Température minimale 5.3 Délais
2.3.3 Écart de températures simultanées
2.4 Contraintes de sécurité
2.4.1 Glissance
2.4.2 Résistance et classement au feu 5. Critères de choix
2.4.3 Antidéflagrant
2.4.4 Décontamination
d’un revêtement de sol
2.5 Contraintes de situation
2.5.1 Exposition à la lumière solaire ou aux rayons UV Le tableau 5 de la page 19 résume ces critères.

Références bibliographiques
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