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Les composites dans les sports

et les loisirs

par Maurice REYNE


Ingénieur de l’École nationale supérieure des arts et industries de Strasbourg (ENSAIS)
Ingénieur-conseil

1. Couples renforts-matrices utilisés....................................................... AM 5 630 2


2. Procédés de mise en œuvre et produits réalisés............................. — 2
2.1 Moulage au contact, par projection ou sous vide ..................................... — 2
2.2 Drapage et roulage étuvé ou autoclavé...................................................... — 3
2.3 Pultrusion ...................................................................................................... — 4
2.4 Procédés spécifiques.................................................................................... — 4
2.5 Injection de thermoplastiques renforcés.................................................... — 5
2.6 Enduction et soudage ou confection .......................................................... — 6
3. Classement des différents produits .................................................... — 6
Pour en savoir plus .......................................................................................... Doc. AM 5 630

es composites se sont imposés dans les sports et les loisirs en se substituant


L principalement au bois (en particulier dans le nautisme et la glisse) et quel-
quefois aux métaux (notamment dans le cyclisme). Plusieurs critères ont favo-
risé cette utilisation :
— leur légèreté (portage et manipulations aisés) ;
— leur stabilité dimensionnelle (ni gonflage, ni voilage parasite) ;
— leur bon comportement à l’humidité et à la corrosion (produits pouvant res-
ter dehors, voire dans l’eau ou sous la neige) ;
— leur bonne tenue à la fatigue répétée ;
— leur grande rigidité (ou flexibilité, modulable en fonction du type de renfor-
cement) d’où une amélioration des performances par rapport aux plastiques ;
— leur souplesse de mise en œuvre (une dizaine de procédés de fabrication
utilisables en fonction du cahier des charges et des séries à produire) ;
— une grande liberté de formes réalisables.
Ce domaine est pratiquement le seul où l’on emploie des composites de hau-
tes performances (HP) pour des articles de très grande consommation (cannes
à pêche, raquettes, skis…) ce qui représente de l’ordre de 20 % de leurs utilisa-
tions.
La ventilation par domaines d’utilisation des composites HP est la suivante :
— aéronautique » 50 % ;
— sports et loisirs » 20 % ;
— divers » 30 %.
(produits unitaires)
Toutefois, de nombreux articles de sports utilisent des composites de grande
diffusion (GD) ou simplement des plastiques : planches à voile (PP), chaussures
de ski (PUR), balles de golf (IO), ballons de football (PP + PUR)… et, plus encore,
pour les loisirs : compact discs (PC), bandes magnétiques ou vidéo (PET), maga-
sins et films photographiques (PET), cartouches de chasse (PE), la plupart des

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jouets, des articles de bricolage et des valises (ABS, PP). Si l’on compte, dans les
loisirs, la télévision, la micro-informatique et les jeux électroniques, ce sont tous
les carters des appareils (ABS) qu’il faut aussi considérer.
On trouvera dans cet article une étude des produits réalisés en composites à la
fois d’un point de vue technologique (par procédé de fabrication) et d’un point
de vue fonctionnel (sur terrain, glisse, matériels roulants, nautiques, aériens et
de loisirs). La partie « documentation » donnera les grandes caractéristiques du
marché et les principaux intervenants.

1. Couples renforts-matrices On réalise ainsi des produits moulés (3 D), de moyennes et de


grandes dimensions, essentiellement en verre-polyester, par des
utilisés procédés manuels (donc pour de faibles séries) avec des cadences
de dépôts allant de 5 à 10 kg/h et par opérateur.
La plus grande application concerne le nautisme où l’on recher-
En fonction des utilisations grand public ou compétition, on choi- che à la fois une grande rigidité, un bon comportement à l’eau et la
sit généralement les couples mentionnés dans le tableau 1. possibilité de pouvoir réaliser des formes gauches.
Nota : un nouveau couple fibres longues-thermoplastique (type : Twintex de Vetrotex) ■ Coques et ponts de voiliers, yachts, catamarans ou barques
est en cours de développement et appelé à prendre une place importante dans les articles
de sports (débuts de lancement avec les casques de protection). 95 % de ces produits sont fabriqués par ces procédés.
La France, qui compte environ 400 chantiers, occupe la première
place en Europe pour la construction des bateaux de loisirs (il existe
pratiquement des petits chantiers dans tous les ports de plaisance).
2. Procédés de mise en œuvre On distingue généralement les types de bateaux en fonction de
et produits réalisés leurs dimensions :
— dériveurs : < 6 m ;
— bateaux de plaisance : 7 à 12 m ;
La plupart des méthodes de mise en œuvre des composites sont — bateaux de compétition, ou vedettes et cabin-cruisers : > 15 m.
utilisées pour produire des articles destinés aux sports et aux
loisirs : on trouvera dans la référence [1] une présentation générale Spécificité de moulage
de ces procédés, qui sont examinés plus en détail dans les référen- Pour les coques moulées au contact, le moule est en creux (de
ces [2] [3] [4] [5] [6] [7] parues dans ce traité. Ces méthodes ne seront façon à obtenir les faces polies au contact de l’eau) et conçu en
pas reprises ici, sauf spécificité, mais, dans une optique technique et 2 parties (de façon à faciliter le démoulage). Certaines parties du
pour la commodité de classement, il est souhaitable d’analyser les bateau, moins sollicitées, peuvent être produites par projection ou,
produits à partir de leurs procédés de fabrication respectifs. au contraire, réalisées à base de sandwich nida PP si l’on désire leur
donner plus de rigidité (figure 1).
Exemple : la structure d’une coque de 5 m de long et de 5 mm
d’épaisseur comporte environ 4 couches de renforts, avec approxi-
2.1 Moulage au contact, par projection mativement :
ou sous vide — 1 mat de 300 g/m2 ;
— 1 tissu de 800 g/m2 ;
— 1 mat de 450 g/m2 ;
Ces procédés concernent des produits de grande diffusion (GD). — 1 tissu de 1 000 g/m2.

Tableau 1 – Couples matériaux-procédés les plus employés


Utilisation Type
Renfort Fibres Matrices Procédés (1)
classique de composites (2)

Moyenne < 25 mm ou continue Polyester Tous TD


Verre Grand public GP
Courte < 1 mm Polymères techniques Injection TP
(surtout PA) (petites pièces)

Carbone Longue Époxyde Tous TD Compétition HP


(1) TD : thermodurcissables
TP : thermoplastiques
(2) GP : grande diffusion
HP : hautes performances

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■ Sujets de manèges forains et de parcs de loisirs


Grâce à une facilité de reproduction peu onéreuse et à l’inaltérabi-
Coque en cours Coque moulée
de moulage lité du matériau, on réalise des autos tamponneuses et des repro-
ductions d’animaux préhistoriques ou de personnages.
Exemple : Gargantua, personnage de 15 t, 35 m de haut et 6 mm
d’épaisseur. On a même fabriqué au Moyen-Orient une montagne arti-
ficielle, avec cascade, d’une surface de 3 000 m2.

Moule en creux fermé Moule ouvert 2.2 Drapage et roulage étuvé


ou autoclavé
Figure 1 – Moule de bateau classique
Ce procédé concerne les composites hautes performances.
Les produits fabriqués sont alors de meilleure qualité et ont de
meilleures performances que ceux étudiés précédemment (tenue
mécanique et légèreté), mais aux dépens du coût de la matière et de
Mannequin en lattes de bois
(forme du bateau renversé)
la cadence de fabrication, ce qui entraîne un prix élevé. C’est le
domaine des articles de compétition ou high tech. La plupart des
articles de sports fabriqués par drapage sont simplement étuvés ;
Renfort on réserve l’autoclavage aux produits les plus performants (naturel-
imprégné
sur table lement les dimensions des articles sont limitées à celles des autocla-
ves).
Le cycle de fabrication d’un produit peut durer d’une demi-jour-
née (étuvage) à un jour ou plus (autoclavage).
Pose avant
polymérisation ■ Formes moulées (3 D)
La possibilité de réalisation de formes profilées aérodynamiques
est particulièrement appréciée pour la fabrication :
Figure 2 – Moule mannequin pour bateau
— de coques de voiliers ou de catamarans de compétition ;
— de capotages de voitures de course (F 1) et de véhicules de
rallyes ;
— d’ailes et de fuselages de planeurs, d’ULM, voire d’avions de
On réalise ainsi des structures allant d’une centaine de kilogram- tourisme ou d’acrobatie (en composites GD et HP).
mes à 20 tonnes. Pour réduire la dimension et le coût des moules,
C’est la rigidité des matériaux utilisés (fibres de carbone-résine
on remplace parfois ceux-ci par un mannequin de lattes de bois,
époxyde ou fibres aramides-résine époxyde) que l’on exploite dans
démontable, sur lequel on vient rapporter des éléments moulés sur
la fabrication des valises de luxe, mais aussi, en fait, l’image high
table (ce qui exige alors un ponçage après démoulage) (figure 2).
tech de tels produits.
■ Canoës, kayaks, planches à voile et de surf, luges et bobsleighs La possibilité d’obtenir une excellente flexibilité est utilisée lors de
Ces produits, devant répondre aux mêmes critères, restent en la fabrication d’éléments d’arcs pour tir à l’arc.
composites pour des articles de compétition, mais les thermoplasti- Lors de la fabrication de casques pour motos, motocycles et
ques (rotomoulés, soufflés ou injectés) se sont substitués au mou- sports violents, on apprécie plus particulièrement la possibilité
lage au contact pour ceux destinés au grand public (car on bénéficie d’obtention d’une grande rigidité (toutefois, certains casques sont
d’un cycle de moulage plus rapide). en polycarbonate et le garnissage interne reste en plastique souple).
La rigidité sous faible épaisseur, liée à une stabilité de forme indé-
■ Piscines pendante de l’humidité ambiante, joue un rôle positif dans la sono-
On se base sur les mêmes propriétés pour réaliser des piscines rité de l’instrument dans le domaine de la facture instrumentale
individuelles de jardin d’un seul bloc ou, collectives, assemblées à (harpes, clavecins, violons, guitares…).
partir d’éléments collés. ■ Formes cylindriques (2 D)
■ Toboggans aquatiques ou terrestres ● Cannes à pêche

On apprécie dans cette fabrication, outre les critères de mise en On apprécie ici la légèreté et la flexibilité de la canne obtenue.
œuvre précédents, la grande possibilité de formes permises pour Spécificité de moulage
des structures allant jusqu’à 100 m de long. C’est un drapage spécifique par roulage sur un mandrin de forme
adaptée. On part d’un renfort en tissu de carbone préimprégné de
■ Carrosseries de caravanes, de camping-cars ou de véhicules de
résine époxyde qui sera découpé en forme de trapèze correspon-
loisirs
dant au développement du tronc de cône de l’élément de canne.
On recherche à la fois une bonne rigidité et une isolation thermi- Celui-ci est ensuite enroulé sur un mandrin d’acier conique adapté,
que, voire phonique, d’où l’emploi fréquent, pour les parois exter- puis collé au fer chaud sur la génératrice jointive. Un passage en
nes, de sandwiches verre-polyester/mousse PUR ou nida PP, les étuve assure la polymérisation et l’on peut alors démandriner la
autres éléments (rangement, sanitaire… ) étant moulés au contact canne pour recommencer une nouvelle fabrication (le mandrin en
en simple paroi. acier est récupérable). Le scion, pièce extrême de la canne, est réa-
lisé par pultrusion (cf. [1]) (figure 3).
■ Cabines de télésiège, cabines de téléphérique (avec éven-
tuellement un bras en composite HP) Poids moyen d’une canne : 600 g.
Cadence de moulage : 15 min/moule.
En plus des avantages précédents, on joue ici sur la liberté de for- Nota : le carbone étant conducteur, il est recommandé d’éviter de pêcher avec ce type
mes permises (type œuf) et naturellement sur la légèreté du produit. de canne près d’une ligne électrique HT.

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Découpe tissu en fibres


de carbone-résine époxyde Renfort
préimprégné
Mandrin métallique

Mandrin
Passage en étuve (polymérisation)
Soudage-collage au fer chaud
< <
Enrouleur

< <
Figure 5 – Enrouleur à rouleaux

Mandrin Structure

Démandrinage 2.3 Pultrusion

Figure 3 – Fabrication de canne à pêche par drapage étuvé Ce procédé [1] concerne aussi bien les composites de grande dif-
fusion que ceux à hautes performances.
On réalise ainsi des produits longs à profil constant, à des caden-
ces de production de 0,5 à 4 m/min, suivant la dimension du profil
tels que :
Mandrin métallique Tresse renfort — flèches de tir à l’arc ;
— javelots ;
— lames de voiles ;
— armatures de cerfs-volants et d’ailes delta ;
— scions de cannes à pêche (le cône est repris par meulage).

Moule chauffé
2.4 Procédés spécifiques
Figure 4 – Fabrication des clubs de golf
Certains produits font appel à plusieurs techniques et utilisent des
structures sandwiches.

● Les produits qui suivent sont fabriqués par le même procédé ■ Raquettes
ou par des techniques voisines : On distingue plusieurs types de raquettes : raquette de tennis, de
— clubs de golf (et de hockey) pour lesquels on apprécie alors la squash et de badminton, mais la conception du cadre reste com-
rigidité de la canne. Cette application fut à l’origine de l’utilisation mune (figure 6).
des fibres de carbone au Japon (figure 4) ; On prépare d’abord un profil de section adaptée à partir de
— perches à sauter pour lesquelles l’amélioration du rebond mousse de polyéthylène sur laquelle on tresse un renfort de fibres
(flexibilité) est le but recherché. continues de verre et de carbone. Le profil ainsi obtenu est découpé
Mais c’est la rigidité du produit que l’on privilégie dans les articles à une longueur correspondant au développement du périmètre du
suivants : cadre de la raquette désirée puis mis en forme et déposé dans un
— mâts de bateaux (en composites GD, bas de gamme, verre- moule en aluminium de forme appropriée, dans lequel on injectera
résine époxyde, ou HP, haut de gamme ; carbone-résine époxyde) ; de la résine époxyde en utilisant le procédé de pressage-chauffage
— manches d’aviron et de rame ; basse pression RTM (120 à 180 °C, sous une pression inférieure à
— cannes de montagne ; 5 bar [4]).
— pieds de caméras ; On réalise ainsi une structure sandwich puisque le mandrin sup-
— cadres (et roues) de vélos de course : la légèreté, la rigidité et port reste prisonnier et devient fonctionnel (mousse amortissante).
l’aérodynamisme possible des formes sont ici appréciés. Le cadre Naturellement, pour améliorer la productivité, on utilise des pres-
est réalisé de façon semblable à la canne à pêche, mais on utilise un ses à étages avec plusieurs moules.
renfort sous forme de tresse et le mandrin métallique est cylindrique
(poids du cadre » 3 kg). La roue de compétition peut être à Le poids moyen d’un cadre est de :
3 branches ou comporte 2 voiles de forme lenticulaire. — 250 g environ pour une raquette de tennis contre 380 g environ
en 1970 pour une raquette en bois ;
● Certaines bouteilles de plongée sous-marine sont réalisées par — 150 g environ pour une raquette de squash contre 250 g envi-
enroulement filamentaire [1] sur un liner en aluminium ou en ron en 1970 ;
matière plastique. — 80 g environ pour une raquette de badminton contre 150 g
On peut également produire des formes cylindriques en composi- environ en 1970.
tes, à partir de préimprégné, en utilisant un système de 3 rouleaux La durée d’un cycle de moulage est de 15 à 20 min/cadre et par
dérivé des enrouleurs de cigarettes (figure 5). moule.

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Tresse verre-carbone

Mousse de polyéthylène

Profil de base

Tressage

Mise en forme Ski classique Profil en X


(jusqu'en 1995)

Injection de résine Figure 8 – Forme de ski en taille de guêpe


Demi-moule ouvert

Le ski récent (dit parabolique) constitue une pièce complexe avec


sa forme en taille de guêpe qui présente, de plus, une double cour-
bure (figure 8).
Procédé RTM Mise en moule On peut fabriquer un ski suivant 2 procédés.
● Dans le premier cas, les éléments constitutifs, dont le noyau,
Figure 6 – Tressage et moulage RTM de raquettes sont enduits de résine et empilés avec précision sur un moule métal-
lique dans leur ordre de superposition, puis, polymérisés par pres-
sage à chaud ( » 100 °C). La durée d’un cycle de moulage est de 15
à 20 min/paire/moule.
● Dans le second cas, on injecte une résine polyuréthane sur une
Fibres de verre ou Dessus en ABS base préalablement préparée, formant pont, qui lie alors les élé-
de carbone/époxyde
ments et en constitue le noyau. La durée d’un cycle de moulage est
de 4 à 5 min.
Chant phénolique
Care en acier Dans ce domaine également, on emploie des presses à moules
multiples pour accroître la productivité.
Semelle en PE-HD Noyau en PUR Dans les deux cas, on obtient un sandwich complexe dont on peut
adapter les performances en fonction de la nature des matériaux de
base utilisés.
Nota : le décor est actuellement réalisé par sublimation.

ABS ABS

Verre Verre 2.5 Injection de thermoplastiques


PUR
renforcés
Alvéoles
Verre Verre
PE-HD PE-HD
On applique ce procédé pour la fabrication de composites de
Ski alpin Ski de fond grande diffusion.
On produit généralement par cette voie des pièces de petites
dimensions, rigides, et de dimensions précises en PA, PC, PBT, ren-
Figure 7 – Structures types d’un ski
forcés avec environ 30 % de fibres de verre.
La cadence de production est d’environ 60 pièces/h pour une
■ Skis épaisseur de l’ordre de 2 mm.
Ces produits se déclinent désormais en skis alpins, skis de fond, Les principaux articles concernés sont :
surfs de neige, tous à base de structure sandwich qui comporte au — les platines de patins à roulettes et de « rollers » ; elles sont en
moins 6 matériaux différents (figure 7). composite verre-PA (les roulettes sont également en PA ou PUR). La
Le poids d’une planche de ski alpin est de 1,5 à 1,8 kg (avec sa planche à roulettes, par contre, reste en contreplaqué de bois
fixation il faut compter de 1,5 à 2 kg de plus). d’érable ;

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— les raquettes de neige ;


— les roues de vélos bicross fabriquées en composite verre-PA
(en une seule pièce avec 7 rayons massifs) ;
— les fixations de ski en composite verre-PA et POM (ce qui leur
confère une bonne tenue au choc et à la fatigue) ;
— les dérailleurs de cycle également en composite verre-PA ;
— les moulinets de pêche (verre-PA aussi) ;
— les carters d’appareils photo ou de caméscopes en composite
PC-verre pour une bonne tenue au choc ;
— divers accastillages. Noyau en Noyau + tressage Surmoulage plastique
silicone en élastomère (ionomère)

Le surmoulage comporte des alvéoles destinés à favoriser le vol de la balle


2.6 Enduction et soudage ou confection
Figure 9 – Balle de golf
Ce procédé est mis en œuvre pour la fabrication des articles sou-
ples, en particulier.
Des composites souples peuvent comporter des renforts fibreux
(PA ou PET). On pratique alors une enduction préalable en continu
du renfort (à base d’élastomère ou de PVC), le semi-produit résul- On peut mentionner aussi, comme articles fabriqués en compo-
tant (dit TEP : textile enduit plastique) étant ensuite moulé en forme site spécifique, les balles de golf constituées de 3 matériaux, avec
ou confectionné par soudage HF, collage ou couture (tableau 2). un système filamentaire tressé à base élastomère permettant de
conserver une fréquence de vibration sensiblement constante
(figure 9).

Tableau 2 – Confection d’articles en composites souples


Produits Matières Procédés
Pneumatiques Fils métalliques Moulage-
3. Classement des différents
(auto, moto, cycles) ou synthétiques/élastomères vulcanisation produits
Canots
(type « Zodiac ») Fibres PET/élastomères Collage
Montgolfières Le tableau 3 résume l’utilisation des composites dans les sports
Piscines souples et loisirs. Il propose un classement des différents produits à partir du
Fibres PET/PVC Soudure HF procédé de transformation utilisé.
Structures gonflables
Cet inventaire ne prétend pas être exhaustif car de nouvelles
Habillement d’hiver Fibres synthétiques-fluorés Couture applications naissent périodiquement (les rollers et le surf sur neige
(type Gore-tex) n’existent que depuis 1995).

Tableau 3 – Différents produits réalisés en fonction des procédés de fabrication

Part de marché
Qualité grande

Qualité hautes
Procédés pour

performances
Procédés pour thermodurcissables

concernée
thermoplastiques

diffusion
Produit
injection contact RTM pultrusion enroulement sandwich
TPR drapage RIM drapage

Matériel sur terrain


Raquette X X X T
Club de golf X X P
Arc X X X P
Flèche X X X T
Javelot X X P
Perche à sauter X X T
P = partiellement
T = pratiquement la totalité

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Tableau 3 – Différents produits réalisés en fonction des procédés de fabrication (suite)

Part de marché
Qualité grande

Qualité hautes
Procédés pour

performances
Procédés pour thermodurcissables

concernée
thermoplastiques

diffusion
Produit
injection contact RTM pultrusion enroulement sandwich
TPR drapage RIM drapage

Matériel roulant
roue de vélo bicross X X P
Roue de vélo de course X X X P
Dérailleur X X T
Cadre de vélo de course X X X P
Capotage de moto et de kart X X X T
Capotage de voiture F 1 et de rallye X X T
Patins, rollers X X T
Structure de caravane X X T
Matériel de neige (glisse)
Ski X X X T
Fixation de ski X X T
Luge, bobsleigh X X P
Patin à glace X X P
Télésiège X X P
Matériel nautique
Planche à voile X X P
Canoë, kayak X X P
Coque de voilier, yacht, barque X X T
Voilier de compétition X X T
Mât, axe de gouvernail X X X P
Gouvernail X X P
Hélice de canot X X P
Lame de voile X X P
Rame, pagaie X X P
Accastillage X X P
Bouteille de plongée X X P
Piscine X X P
Canne à pêche X X T
Moulinet X X T
Matériel aérien
Structure de planeur, d’ULM et de
deltaplane X X X T

Armature de cerf-volant X X X P
P = partiellement
T = pratiquement la totalité

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Tableau 3 – Différents produits réalisés en fonction des procédés de fabrication (suite)

Part de marché
Qualité grande

Qualité hautes
Procédés pour

performances
Procédés pour thermodurcissables

concernée
thermoplastiques

diffusion
Produit
injection contact RTM pultrusion enroulement sandwich
TPR drapage RIM drapage

Matériel divers
Casques pour sports violents X X X P
Toboggan terrestre et aquatique X X T
Structures pour parc de loisirs, X X P
manège
Facture instrumentale X X P
Carters d’appareils photo X X T
et de caméscopes
Pied de caméra X X T
Canne de montagne X X P
Valise de luxe X X X P
P = partiellement
T = pratiquement la totalité

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Les composites dans les sports R
et les loisirs
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N
Maurice REYNE
par
Ingénieur de l’École nationale supérieure des arts et industries de Strasbourg (ENSAIS)
Ingénieur-conseil
S
A
Dans les Techniques de l’Ingénieur
Références bibliographiques
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posites (1990).
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Plastiques et Composites (1992).
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Plastiques et Composites (1997).
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injection-réaction : procédés RIM et R-RIM,
A 3 746. Traité Plastiques et Composites
R
par compression des SMC polyesters et phé- lage par compression des thermoplastiques (1991).

Principaux fabricants P
A l’exception des équipements pour sports d’hiver et sports nautiques, la Les articles de sport de très grande diffusion sont produits par des groupes
plus grande partie des articles de sport en composites vendus en France sont
importés d’Extrême-Orient, certains producteurs asiatiques travaillant sou-
industriels importants, toutefois de nombreuses PMI réalisent des articles en
petites séries par les méthodes artisanales du type moulage au contact ou dra-
L
vent pour plusieurs marques. page étuvé.

Les produits de masse les plus connus sont rassemblés dans le tableau A.
On peut ainsi citer des firmes françaises qui ont innové dans ce domaine :
Fountaine-Pajot (catamarans), Lerc (perches), Beman (flèches d’arc), TSL
U
Bénéteau-Jeanneau, Rossignol et Salomon sont au premier rang mondial
dans leurs spécialités respectives.
(raquettes de neige), Mavic (roues de vélo), Corima, Look (cadres de vélo de
course), Sigma (télésièges), Gallet (casques), Hermès, Vuitton (valises de
luxe)…
S

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O
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Tableau A – Principaux marchés et producteurs (produits de grande diffusion)
R Produits Marché mondial en 1996 Producteurs Importateurs
(millions unités) (pays) (firmes ou marques)
Donnay
E Raquettes » 7
Kunnan (Taïwan) fabrique pour de
nombreuses mariques
Head
Prince
Wilson

N Callaway (n° 1) (USA)


Major (France)
Rossignol (France)

Clubs de golf » 40 Cobra (USA)


Taylor Made (USA) filiale de Salomon (France)

S Dérailleurs > 10
Huret (France) filiale de
Campagnolo (Italie)
Shimano (n° 1) (Japon)
Sachs (Allemagne)

A Rollers » 15 (paires)
Rollerblade (n° 1) (USA) filiale de
Bauer (USA) filiale de
Variflex (USA)
Benetton (Italie)
Nike (USA)

V Skis et surfs de neige


» 5 (paires de skis)
Rossignol/Dynastar (n° 1 ski) (France)
Salomon (France)
»
O 2 (planches de surf) Fisher (Autriche)
Burton (n° 1) (USA), pour le surf
Salomon (n° 1) (France)
»
I Fixations de skis 5 (paires) Tyrolia (Autriche)
Marker (USA)
parc en France : Bénéteau-Jeanneau n° 1 (France)
R Nautisme » 900 000 bateaux
France » 4 000 unités/an
Dufour (France)

Challenger
Caravanes »
Camping-cars France 20 000 unités/an Pilote
Trigano (n° 1) (France)
P Garbolino (France)
Lerc (France)
>> 10
L Cannes à pêche
(3,5 millions de pêcheurs en France)
Daiwa (Japon)
Shakespeare (USA)
Shimano (Japon)

U Moulinets > 10
Mitchell (France)
Daiwa (Japon)
Shimano (Japon)

S Penn (USA)
Shakespeare (USA)

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