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Evaluation des propriétés pétrophysiques d’un réservoir

PLAN

INTRODUCTION

I. DEFINITION D’UN RESERVOIR PÉTROLIER

I.1 LES DIFFERENTS TYPES DE RESERVOIR PETROLIER

II. LES PROPRIETES PETROPHYSIQUES D’UN RESERVOIR

II.1 LA POROSITE

II.1.2 LES TYPES DE POROSITE

II.2 LA PERMEABILITE

II.2.1 LES TYPES DE PERMEABILITE

III EVALAUTION DES PROPRIETES PETROPHYSIQUES D’UN RESERVOIR

III.1 EVALUATION DE LA POROSITE D’UN RESERVOIR

a) Evaluation de la Porosité des roches clastiques


b) Evaluation de la Porosité des roches carbonatées

c) Evaluation de la porosité des roches fracturées

III.2 EVALUATION DE LA PERMEABILITE D’UN RESERVOIR


a) Mesure au laboratoire
b) Mesure sur le terrain : à l’échelle de l’aquifère
c) Mesure par pompage
IV RELATION ENTRE PERMEABILITE ET POROSITE
CONCLUSION

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Evaluation des propriétés pétrophysiques d’un réservoir

INTRODUCTION

Le pétrole dont les réserves déterminent notre quotidien s’est formé il y a 20 à 350 millions d’années dans
les bassins sédimentaires peu profonds des océans. Les plus anciens gisements connus remontent à quelques
500 millions d’années, les plus récents à 4000 ans à peine. La recherche du pétrole est appelée exploration
en jargon pétrolier c'est-à-dire rechercher les endroits ou la topographie du sous sol permet de piéger l’or
noir. Les roches sédimentaires constituent les principales roches d’une exploration pétrolière car poreuses et
perméables sont susceptibles d’accumuler et faire circuler les hydrocarbures : ce sont les roches réservoirs.
La prise de décision pour une exploitation pétrolière renvoie à l’évaluation des propriétés pétrophysiques
d’un réservoir. Sur quoi repose l’évaluation des propriétés pétrophysiques d’un réservoir ? Répondre à cette
question aura pour objectif d’énumérer les types de mesure et de donner l’importance de la porosité et de la
perméabilité. Nous vous invitons donc à parcourir la suite de notre document pour plus d’amples
informations.

I DEFINITION D’UN RESEROIR PETROLIER

Un réservoir pétrolier est une roche sédimentaire qui présente des vides, des pores ou fissures reliés entre
eux et ou peuvent circuler et se concentrer des fluides. Il est caractérisé par ses propriétés pétrophysiques
dont leurs connaissances permettent de quantifier les hydrocarbures qui s’y trouvent.

I.1 LES DIFFERENTS TYPES DE RESERVOIRS PETROLIERS


On distingue plusieurs types de réservoirs classés selon l’origine de la roche qui sont : les réservoirs
détritiques ou clastiques ; les réservoirs chimiques ou carbonatés et les réservoirs divers.
 LES RESERVOIRS DETRITIQUES OU CLASTIQUES

Contenant 60% des réserves d’huile au monde, les réservoirs détritiques sont des agrégats de particules et de
fragments de roches anciennes. Ils sont constitués de particules de minéraux et des débris de roche
provenant des roches préexistantes. On peut citer entre autre les sables, les grès, les conglomérats, les roches
siliceuses, les grauwackes.

 LES RESERVOIRS CHIMIQUES OU CARBONATES

Essentiellement composé de précipités chimiques, biochimiques ; les réservoirs d’origine chimique sont des
dépôts carbonatés représentés par les calcaires d’une part et par les dolomites d’autres part. Ils forment près
de 40% des réserves d’huile du monde.

 LES RESERVOIRS DIVERS

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Représentant 1% des réserves mondiales, les réservoirs divers sont constitués par des fractures et des
fissures qui affectent les roches compactes telles que les grès, les calcaires, les dolomites, les argiles indurés
et les roches éruptives.

Ses fractures et ses fissures en créant une perméabilité élevée améliorent sensiblement la productivité des
réservoirs renfermant les hydrocarbures. La porosité qu’elles engendrent reste faible.

II LES PROPRIETES PETROPHYSIQUES DES RESERVOIRS PETROLIERS

Ces propriétés découlent de l’histoire sédimentaire des réservoirs et elles dépendent des relations entre les
roches et les fluides. L’étude de ces propriétés pétrophysiques des roches constitue un important objectif
dans l’exploration et la production pétrolière du réservoir. En effet, pour comprendre et prévoir les qualités
de la production d’un réservoir, il est nécessaire de connaitre les propriétés pétrophysiques, de repérer les
discontinuités naturelles et d’identifier les processus géologiques qui favorisent leur amélioration.

II.1 LA POROSITE

Par définition la porosité est le volume poreux ou le volume de vide par unité de volume de formation.

FIGURE1 : Définition de la porosité

II.1.2 LES TYPES DE POROSITE

On distingue :

a) La porosité primaire ou originale

Elle est établie lors de la sédimentation. Les grès présentent ce type de porosité.

b) La porosité secondaire ou intermédiaire

Elle résulte des phénomènes d’altération, de la diagénèse et métamorphisme et peut être modifiée par la
dissolution ; la cristallisation, la dolomitisation ou la cimentation.

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c) La porosité connectée

Il s’agit des vides ou pores qui communiquent librement entre eux.

d) La porosité occluse

Ce sont des pores non interconnectés, c'est-à-dire qui ne communiquent pas entre eux.

e) La porosité intergranulaire

Ce sont des pores entre les grains d’une formation. Elle est la plus fréquente et la plus importante et est
influencé par les phénomènes diagénétiques.

f) La porosité intragranulaire

Il s’agit des vides à l’intérieur des grains d’une formation.

g) La porosité fissurale

Ce type de pore est matérialisé par des fissures subhorizontales souvent colmatées par un ciment carbonaté
ou argileux et souvent vide. Ce réseau est probablement lié aux nombreux mouvements tectoniques qu’a
subit la région. Elle est moins fréquente comparativement aux autres porosités, néanmoins, elle peut
contribuer à l’amélioration des qualités du réservoir seulement lorsqu’elle est associée aux deux autres
réseaux poreux.

h) La porosité microcristalline

Elle n’est observée qu’au niveau des argiles de type kaolinite et contribue à l’amélioration des réservoirs,
mais son envergure reste négligeable.

i) La porosité artificielle

Les roches réservoirs peuvent être soit fracturées en faisant exploser une charge dans le puits, soit acidifiées
en y introduisant de l’acide qui dissout les matériaux solubles. Il permet d’augmenter la porosité des
réservoirs.

II.2 LA PERMEABILITE

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FIGURE 2 : Illustration du principe de mesure de la perméabilité au laboratoire et démonstration de la


définition de la perméabilité.

L’écoulement du fluide est donné par la loi de Darcy (1856)

Ou est l’écoulement du fluide (volume V passant à travers une section d’aire A en un temps t)

η est la viscosité dynamique du fluide

K est la perméabilité

grad p = (p1-p2)/l : est le gradient de pression du fluide macroscopique.

La perméabilité résultante est :

Le m2 est l’unité de la perméabilité dans le système internationale (SI). Dans les industries huileuses le
darcies (d) et le millidarcies (md) sont les unités typiques utilisées pour la conversion.

La perméabilité d’un milieu poreux correspond à son aptitude à se laisser traverser par un fluide sous l’effet
d’un gradient de pression. Pour être considérer comme perméable, une roche doit avoir des pores
communiquants ou bien des fissures. On peut donc dire qu’il existe une relation d’ordre générale entre
porosité et perméabilité : c’est la mesure de la conductibilité d’un réservoir. La perméabilité désignée par K
se déduit de la loi de Darcy, elle s’exprime en darcies et en millidarcies.

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II.2.1 LES TYPES DE PERMEABILITÉ

a) La Perméabilité absolue

Lorsque le fluide qui traverse le réservoir est homogène, la perméabilité est dite absolue notée K et elle
représente alors une perméabilité à saturation à 100%.

b) La perméabilité effective

Lorsqu’un réservoir renferme 2 fluides les débits de ces fluides interfèrent, les perméabilités effectives à
chacun de ces fluides interfèrent et sont inférieures à leur perméabilité absolue. Dès lors la perméabilité
effective Ke à un fluide exprime la propriété d’un réservoir d’être traversé par ce fluide en présence d’un ou
plusieurs autres fluides. La perméabilité effective dépend des rapports respectifs des différents fluides en
présence.

c) la perméabilité relative

Pour un réservoir pétrolier qui renferme deux ou trois fluides, on parle de perméabilité relative notée K r.
C’est le rapport de la perméabilité effective à un fluide à saturation partielle à la perméabilité absolue.

Kr = Ke / K

La perméabilité relative à un fluide donné varie en fonction directe de la saturation de ce fluide dans le
réservoir.

III EVALUATION DES PROPRIETES PETROPHYSIQUES D’UN RESERVOIR

III.1 EVALUATION DE LA POROSITE D’UN RESERVOIR

a) Evaluation de la porosité des roches clastiques


a-1) Les méthodes directes de mesure au laboratoire
 Mesure sur un échantillon non remanié
Elle est basée sue la sommation des fluides qui consiste à enrober l’échantillon (avec la paraffine par
exemple) à la sortie du carottage pour que les fluides présents dans les spores ne s’échappent pas.

θ =Mt.ρS - ρt.Ms /ρs.Mt


Avec : θ = porosité
Mt = masse totale
ρs = densité des grains solides

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ρt = densité totale
Ms = masse des grains solides
 Mesure sur un échantillon remanié

Au laboratoire toutes les roches ou les sols doivent avoir les mêmes propriétés physiques. Pour cela, il faut
éliminer les solides présents par extraction, centrifugation, distillation sous vide. L’une des mesures les plus
connues est la mesure de la triple pesée.

Soit M1 = masse de l’échantillon sec pesée dans l’air

M2 = masse de l’échantillon saturée en eau sous vide pesée dans l’air

M3 = masse de l’échantillon saturée en eau sous vide pesée dans l’eau

M1 = ρsVs

M2 = ρsvs + ρeau.Vs

M3 = ρsvs – ρeau.Vs

On a: θ = M2 – M1 / M2 –M3

a-2)Exemple d’un appareil de mesure: le pénétromètre

1) Principe

Instrument d’investigation des milieux poreux.

La méthode consiste à faire pénétrer le mercure dans les pores du matériau sous pression croissante

2) Mode opératoire

L’échantillon préalablement séché est placé dans le pénétromètre.

Un vide poussé est ensuite établi. C’est la raison pour laquelle l’échantillon doit être sec, car la pression lors de la
mise sous vide est en principe inférieure à la pression de vapeur saturante de l’eau.

Pénétromètre

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a-3) LES METHODES INDIRECTES (méthode sismique)

Elles sont basées sur la corrélation entre porosité et les propriétés telles que la densité, la vitesse des ondes
sismiques. La porosité résulte aussi des processus mécaniques (compaction, déformations plastiques et
cassantes, fractures) et des processus géochimiques (dissolution, précipitation, recristallisation).

L’ensemble de ces processus peuvent intervenir au cours de l’enfouissement des sédiments. Le schéma ci-
dessous illustre la variation de la porosité des sables et argiles en fonction de la profondeur.

FIGURE3 : Processus de compaction des argiles et des sables

En 2002, REVIL et AL ont montré que la décroissance de la porosité est proportionnelle entre la porosité
initiale et la porosité finale après le processus de compaction du à la pression qu’ils ont appelé porosité
résiduelle par l’expression suivante :

Ou C est le facteur contrôlé par la compressibilité de la roche.

L’équation différentielle suivante :

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a pour solution :

Ou : est la porosité actuelle à pression effective P

: est la porosité résiduelle (à )

: est la porosité initiale à p=0

Si à une pression initiale donnée par l’enfouissement de la profondeur Z et de densité l. La relation (3)
devient :

FIGURE 4 : Compaction des argiles d’après Revil et Al

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FIGURE 5 : Modèle cubique des sphères

La modélisation des autres porosités est possible par la variation de la géométrie des particules. Le
TABLEAU 2.5 donne les résultats en termes de porosité et est appelé « contact » ou « nombre de
coordination ». K (nombre de contact avec les sphères voisines).

Comme résultat de l’idéalisation et de supposition le tableau montre que les sphères ensevelies ont :

- Seulement les valeurs discrètes de porosité


- L’intervalle de porosité entre 0,26 (minimum) et 0,46 (maximum)
- La porosité qui est indépendant des diamètres de sphère

La porosité minimale qui est de 26% indique spécialement que ce modèle est très limité avec la situation
réelle.

b) Evaluation de la porosité des roches carbonatées

La porosité des roches carbonatées couvre un large spectre de type et magnitude comme résultat des
processus diverses. LUCIA (1999-2007) montre que les roches carbonatées ont une porosité de 1% à 35%.

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Les processus de diagénèse suivants donnent une porosité significative petite ou plus grande de la porosité
initiale.

- Processus postdiagénétiques : dissolution, cimentation, recristallisation, dolomitisation,


remplacement des minéraux (métasomatose)
- La lixiviation des grains par des fluides à pores météorites résulte en l’amélioration de la qualité des
réservoirs à travers la dissolution ou la décroissance de la qualité d’un réservoir à travers la
cimentation
- Compaction par enfouissement, fracture et stylolithification créent les deux grandes zones
perméables et barrières.
La classification développée par LUCIA (2007) réfère aux propriétés d’espace poreux et se
distinguent entre :
- L’espace poreux occupé entre les grains et les cristaux (porosité interparticule). La porosité
interparticule peut être décrite en termes de distribution de taille des pores et la distribution des
tailles de particule
- Les autres espaces poreux (VUGGY POROSITY). Les Vugs sont communément présent comme
grains dissouts, chambre fossile et de larges cavités irrégulières.
L’espace poreux Vugs est subdivisé en Vugs séparés et Vugs touchés

Porosité interparticulaire Porosité relativement grande mais


(intergranulaire et intercrystalline) faible perméabilité

Relativement et régulièrement Dominant le volume du réservoir


connectée
Connectée ou non connectée

distribuée dans la porosité


primaire

Porosité Vuggy, fractures Ensemble de porosité


principalement faible, mais grande
Irrégulièrement distribuée dans la perméabilité
porosité secondaire des zones
lixiviées et des fractures Domine les réservoirs
d’écoulement des fluides

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FIGURE : Porosité en fonction de la profondeur

c) Evaluation de la porosité des roches fracturées

Les fractures sont des cassures mécaniques au sein des roches. Elles résultent des contraintes des tensions
concentrées autour des défauts, hétérogénéités et discontinuités physiques. Elles se présentent à une variété
en chaine microscopique ou régionale. Les effets de fractures sur les propriétés physiques des roches sont
contrôlés par :

-Les fractures géométriques

-L’orientation des fractures

- les fractures brutales

Les fractures peuvent être classées en 02 groupes selon leur mode de formation (Bratton et Al en 2006) :

 Les fractures de cisaillement


 Les fractures de distensions

Dans tous les types de roches (ignées, métamorphiques, sédimentaires consolidées) les fractures peuvent être
présentes. Leur origine peut être naturelle ou artificielle. Les fractures ont une influence sur les propriétés
des roches ; en occurrence les fractures ont par exemple :

 L’augmentation ou la création de la perméabilité pour les fluides

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 Le changement de la vitesse des ondes élastiques, de la résistivité électrique et la conductivité


thermique
 La diminution dramatique des propriétés des forces mécaniques

III. EVALUATION DE LA PERMEABILITE D’UN RESERVOIR

Les méthodes utilisées pour la détermination de la perméabilité sont :

 Les mesures directes des échantillons


 Les tests directs : test par pompage
 Les méthodes indirectes utilisant les paramètres de la taille des grains (particulier pour les sédiments
non consolidés)
 Les méthodes indirectes (RMN, onde de stoneley, les techniques combinées)
Lors des mesures au laboratoire 02 effets peuvent apparaitre et doivent être corrigés s’ils sont
présents :
 Effet Klinkenberg : si le gaz est utilisé comme un fluide non réactif, aux faibles pressions le
parcours libre des molécules de gaz doivent avoir l’ordre des dimensions des pores. Alors les
molécules de gaz ont une vitesse finie aux limites des pores mais pour les liquides, à cette
limite la vitesse est nulle. La correction de Klinkenberg utilise les mesures à différentes
pressions et une extrapolation pour une pression infinie.
La correction de la perméabilité de Klinkenberg résultant est :
- Indépendant du type de gaz
- Approximativement la même comme pour une phase de liquide simple
 Effet Forchheimer : aux grandes vitesses d’écoulement, l’effet inerte apparait et la
différence de la vitesse d’écoulement entre une partie et l’ensemble des pores cause
des turbulences mais la loi de Darcy requiert l’écoulement laminaire. Le traçage de
l’écoulement du fluide en fonction du gradient de pression dans le cas de la
turbulence dévie à partir de la fonction linéaire

III.2.EVALUATION DE LA PERMEABILITE D’UN RESERVOIR

a) Mesure au laboratoire
 Cas des matériaux peu cohérents

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FIGURE : Dispositif de mesure de la perméabilité sur un matériau peu
cohérent

L’expérience de Darcy consiste à mesurer un débit et un gradient de charge qui permettent de calculer une
perméabilité grâce à la formule précédente. Cette expérience a été développée au départ pour des sables,
pour des matériaux peu cohérents. L’échantillon est dans le tube de rayon R et soumis à un gradient de
charge (gradient de pression) du à la différence de hauteur d’eau dans les deux réservoirs amont et aval dont
les niveaux sont maintenus constants. Le sens de l’écoulement est inverse au gradient de charge. Ce gradient
de charge peut être déterminé grâce à la mesure des différences des hauteurs d’eau dans les deux tubes
piézométriques distants de L.

FIGURE : Dispositif de mesure de la perméabilité sur un matériau consolidé

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L’essai consiste à injecter un fluide sous pression P1et à mesurer la pression P2et le débit Q en sorti de
l’éprouvette. Le gradient de pression est : P1-P2 /L. Connaissant le rayon de l’éprouvette, il est facile de
calculer la perméabilité.

Cas des matériaux très peu perméables.

La mesure d’un débit devient très difficile. La technique de Pulse est alors utilisée, il s’agit de mesurer la
décroissance en fonction du temps de la pression appliquée en tête de l’échantillon ; au prix de certaines
suppositions sur la morphologie du réseau poreux, il est possible d’en déduire la valeur de la perméabilité.

b) Mesure sur le terrain : à l’échelle de l’aquifère

FIGURE : Mesure de la perméabilité par injection

Une section du puits est rendue étange grâce à la mise en place des bouchons gonflables(Packers) qui
opturent le puits à deux profondeurs différentes définissant la zone d’injection de longueur L et de rayon
R.Un fluide est injecté sous pression entre les deux packers, le centre du dispositif se situe à une distance H
de la surface du réservoir d’injection. Le débit mesuré correspond au fluide Q qui s’écoule dans le massif
entre les deux Packers. Au cours de ces essais la perméabilité est calculée par :

K = Qln (2L /D) /2πLH

c) Mesure de la perméabilité par pompage

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FIGURE : Mesure de la perméabilité par pompage

Le dispositif utilise les piézomètres qui permettent de mesurer la profondeur de la surface libre de la nappe
d’eau. Aucours d’un essai par pompage, une déformation de la surface libre de la nappe est observée autour
du puits de pompage : c’est le rabattement.

L’importance du rabattement dépend entre autre du paramètre de la perméabilité de l’aquifère

K = Qln (B /A) /π (b2-a2)

Dans le cas des aquifères formés par des matériaux non consolidés (graviers ou sables), la perméabilité est
très supérieure au Darcy et atteint 1O3D /10-9m2.

Dans les matériaux consolidés les roches les plus poreuses sont des grès. Certains grès peu ou pas consolidés
ont des perméabilités de l’ordre 10-12m2 . Les matériaux les moins perméables sont des argilites avec les
perméabilités de l’ordre 10-22 à 10-23m2. A partir des données de perméabilité, les pétroliers ont défini
différentes classes de réserves.

- Perméabilité nulle à faible < à 10-15mD


- Modérée : 15à50 mD
- Bonne : 50 à 200 mD
- Très bonne : 250 à 1000mD
- Excellent > à 1000mD

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IV RELATION ENTRE LA PERMEABILITE ET LA POROSITE

Dans les sédiments clastiques, la corrélation entre la perméabilité et la porosité est l’une des tendances la
plus concise avec une grande importance pratique : la relation fondamentale entre la perméabilité et la
porosité est : le type de fréquence.

Nelson (1994, 2005) a publié une analyse systématique de leur corrélation. La représentation logarithmique
d’une parcelle de terrain montre la perméabilité présentée sur le graphe. A gauche on a une fonction linéaire
et à droite l’échelle logarithmique de la porosité. Les deux courbes permettent la dérivation des équations de
régression (K en md, θ comme fraction)

K = 0,04.exp (35,77 .θ) avec R2 = 0,88

K = 17885.θ3.91 avec R2 = 0,84

FIG 2.14 : perméabilité en fonction de la porosité (Sandstone, Rotliegment) en deux graphes différents

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FIG 2.15 : perméabilité en fonction de la taille des grains, Bentheim Sandstone, après Engelhand(1960) et
Schopper (1982)

La FIG2.15 montre la porosité en fonction de la taille des grains pour Bentheim Sandstone avec une forte
corrélation. La régression résultante de l’équation est :

Log K = 2,2 *log d – 2,10 or K = 0,0079d2 or K est en md et d en mm

Les deux propriétés dominantes qui sont : la porosité et les pores ou taille des grains peuvent être écrites
comme l’équation empirique :

K = C1.θad2, K = C2.θa.r2 ou d est la taille moyenne des grains, r le rayon moyen des pores, a C 1, C2 sont les
paramètres empiriques. C1 et C2 dépendent des critères de sélection des valeurs représentatives de d,r
(Nelson 2005), mais aussi des propriétés texturales telles que la forme des grains et leur arrangement dans la
structure.

Plusieurs équations empiriques suivent cette forme générale ; deux exemples sont présentés :

 Equation de Berg : K = 5,1.10-6.θ 5,1


.d2exp (-1,385.µ) ou K est la perméabilité en Darcy (d), θ le
pourcentage de la porosité, d est le diamètre moyen des grains en mm µ est le terme de sorti en phi
unité µ=P90-P10. Nelson (1994) a recommandé cette équation pour les sables non consolidés et les
roches quartzeuses.
 Equation de Van Baaren : K = 10.θ3644m *D2d*So-3,64 ou K est la perméabilité en md, θ la porosité
en fraction, Dd le diamètre dominant des grains en µm, So index de dérive pour la distribution des
tailles des grains, m le facteur de cimentation d’Archie

 PERMEABILITE DES ROCHES CARBONATEES


La structure complexe des pores et la diversité des carbonates résultent des problèmes qui dérivent de la
corrélation entre perméabilité et porosité et d’autres paramètres. Les propriétés des réservoirs sont contrôlées
par deux réseaux de pores à la base (Lucia 1983, 1999, 2007)

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FIGURE : Perméabilité verticale kv en fonction de la perméabilité horizontale kh d’après Bang et Al (2000)

1- Le réseau de pores interparticule (porosité intergranulaire et intercristalline)


2- Le réseau de pores Vuggy (largeur d’espace poreux ou dans les particules et couramment pesant
comme particules lixiviées, fracture, large cavité irrégulière).
L’effet de Vugs sur les propriétés des réservoirs est fortement contrôlé par le type
d’interconnections :
o Vugs séparés (seulement par le réseau interparticulaire, si présent)
o Vugs accolés (Vugs direct-Vugs de contact)

Une analyse systématique des propriétés des pores des roches carbonatées est publiée dans les documents
par Lucia, particulièrement dans son document qui caractérise les réservoirs carbonatés (Lucia 2007).

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FIGURE : Relation entre porosité et perméabilité pour les carbonates non Vuggy (Lucia ,1999 ,2007).

La taille moyenne des particules est utilisée comme le paramètre contrôlé. Les lignes directes qui séparent
les données collectives respectivement avec la taille des particules. La figure confirme deux tendances
comme étudiée pour les sédiments silico-clastiques :

1- La perméabilité croit fortement avec la porosité


2- La perméabilité croit aussi fortement avec la taille des particules reflétant la taille des pores
Jennings et Lucia (2001) ont développé une représentation graphique systématique pour les
carbonates non-Vuggy et subdivisé les calcites et les dolomites en 03 classes avec de nombreuses
roches fabriques.
Ln K = a(λ) + b(λ).ln (θip) or K=ea(λ).θipb(λ) ou a, b sont des forces de paramètre de loi, λ est le
numéro de roche fabrique, θip la porosité interparticulaire.
L’intervalle des nombres de roches fabriques est comprise entre 0,5 à 5et est défini à partir du
traçage des classes limites de porosité-perméabilité pour les pierres à chaud non Vuggy et les pierres
dolomites.
o Classe 1 (numéro de roche fabrique 0,5 – 1,5) est composée de grains de pierre, dolomites, et
dolomites cristallines larges.
o Classe 2 (numéro de roche fabrique 1,5 – 2,5) est composée de grains dominés
« Packstones ».
o Classe 3 (numéro de roche fabrique 2,5 – 4
o Pour la loi de force les paramètres a, b, Jennings et Lucia (2001) donnent les relations
empiriques suivantes :

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Evaluation des propriétés pétrophysiques d’un réservoir

a (λ) = 22, 56-12,08ln( λ)

b (λ) = 8,671-3,603ln (λ )

L’addition de la porosité de Vugs séparés avec la porosité interparticule

-Augmente la porosité totale mais

-N’augmente pas la perméabilité

FIGURE : Roches clastiques

FIGURE : Roches carbonatées

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CONCLUSION

L’expérience a montré qu’aucours d’une exploration pétrolière, les réservoirs d’hydrocarbure sont
principalement constitués des roches sédimentaires d’origine détritique et carbonatée. Nous avons pu
montrer que ces deux types de roches sont potentiellement poreuses et perméables, en développant comment
évaluer leurs propres caractéristiques c'est-à-dire porosité et perméabilité. Ainsi donc nous avons fait une
corrélation entre porosité et perméabilité. Tels sont autant d’éléments qui déterminent l’évaluation des
propriétés pétrophysiques d’un réservoir. Toute fois au sortie de cette investigation nous pouvons nous poser
la question de savoir si les hydrocarbures occupent totalement l’espace poreux d’un réservoir ?

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Evaluation des propriétés pétrophysiques d’un réservoir

REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES

 Cours de pétrophysique, MABOU LUC, Janvier 2014


 JH SCHON (PHYSICAL S PROPERTIES OF ROCKS)
 ENCYCLOPEDIE VIRTUELLE WIKYPEDIA
 SYSTRAN .Logitiel traduction
 POROMETRIE AU MERCURE, le modèle XDQ, JEAN-FRANCOIS DAIAN, novembre2007
 PETROPHYSICS AND RESERVOIR CHARACTERISTICS, P.Macini and C .Mesini ; Department of chemical
Petroleum, Mining and environmental engineering university of Bologna,40131 Italy
 WIKIPEDIA.

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