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Recherche en Management intitulée :

Les types de contrôle des


institutions administratives
au Maroc

Sous la direction de Monsieur :


Brahim KHANBOUBI
Présentée par :
Tarik ABOULFADEL
Abderrahmane AROUCH
Mohammed DAOUDI

Année de formation : 2019-2020


Introduction :
Depuis son indépendance en 1956, le Maroc a adapté progressivement ses
institutions de contrôle sous l'effet soit de crises financières ou politiques et surtout grâce à la
poussée démocratique et à l'effort d'ajustement structurel de la gestion de la chose publique.
La double exigence de transparence et de bonne gestion constitue le souci majeur des
citoyens et de l'opinion publique. L’intérêt public forme une partie très importante et
essentielle qui préoccupe les Institutions étatiques. Alors la voie s’ouvre devant plusieurs
systèmes de contrôle rigoureux et efficaces qui pourraient préserver les administrations de
l'Etat, contre le détournement et les dysfonctionnements des services domaniaux.

Il convient de mentionner à ce propos, la consécration de la déontologie


professionnelle dans le Statut général de la fonction publique, publié en 1958 et la
consécration du principe de la déclaration du patrimoine par le biais d’un arsenal juridique
applicable à plusieurs catégories de fonctionnaires et de responsables. On peut mentionner
également la prévention du clientélisme et du népotisme par l’adoption du principe de la
mobilité obligatoire des responsables administratifs ; la consécration du principe de la
responsabilité et la reddition des comptes, à travers la mise en place des corps de contrôle
spécialisés comme le contrôle judiciaire, comptable, territorial, administratif, et politique.

Voici alors les cinq institutions de contrôle contemporaines.

La Cour des Comptes


L'Inspection Générale des Finances
L'Inspection Générale de l'Administration territoriale
Les inspections Générales des Ministères
Le médiateur : Diwan Al Madalim

I. La Cour des Comptes :


Le contrôle supérieur des finances publiques est dicté par les exigences de la bonne
gouvernance, de la transparence et de la démocratie. C'est ainsi que le Maroc a tenu, à
l'instar de tous les Etats modernes, à ériger la Cour des comptes en institution
constitutionnelle, en lui confiant la mission de contrôle d'exécution des lois de finances,
d'assistance au Parlement et au Gouvernement dans les domaines relevant de sa
compétence et de rendre compte à sa Majesté le Roi, de l'ensemble de ses activités.
Le contrôle exercé par les Juridictions financières privilégie l'approche visant
l'appréciation des résultats atteints par les entités publiques contrôlées en termes
d'efficacité, d'économie, d'efficience, d'environnement et d'éthique. L'objectif recherché est
l'appréhension de la réalité du management des entités publiques, ses atouts et ses
faiblesses. Car, c'est du diagnostic impartial et de l'évaluation objective qu'émane le bien
fondé de ses recommandations émises lors des différentes missions visant l'amélioration de
la qualité du management des services de l'Etat, des établissements publics et des
collectivités locales.
En application des dispositions constitutionnelles, la loi n° 62 99 formant Code des
Juridictions financières a été promulguée le 13 juin 2002. Ce code en plus l'intérêt pratique
qu'il présente, permet une vision globale et intégrée du système national de contrôle
supérieur des finances publiques, d'autant plus que les composantes de ce système, la Cour
des Comptes et les Cours Régionales des Comptes, sont régies par des liens fonctionnels
marqués par la nécessité d'harmonisation et de complémentarité.

Rôle et missions :
En vue de promouvoir la politique de décentralisation, la constitution a institué des Cours
régionales des comptes qu'elle a investies des missions du contrôle des comptes et de la
gestion des collectivités locales et de leurs groupements.
Dans la limite de son ressort, la cour régionale :
Juge les comptes et contrôle la gestion des collectivités locales, de leurs
groupements et des établissements publics relevant de la tutelle de ces collectivités
et groupements ;
Exerce une fonction juridictionnelle en matière de discipline budgétaire et financière à
l'égard de tout responsable, tout fonctionnaire ou agent :
• Des collectivités locales et de leurs groupements ;
• Des établissements publics relevant de la tutelle de ces collectivités et
groupements ;
• De toutes sociétés ou entreprises dans lesquelles des collectivités locales ou des
groupements possèdent, séparément ou conjointement, directement ou
indirectement, une participation majoritaire au capital ou un pouvoir prépondérant
de décision.
Concourt au contrôle des actes relatifs à l'exécution des budgets des collectivités
locales et de leurs groupements.

Organigrammes :

IV. Les Inspections Générales des Ministères :


Les inspections générales des ministères sont parmi les mécanismes de contrôle et
de suivi de l'administration publique, avec pour objectif d'ajuster et d'améliorer la qualité du
service public.
L'inspection générale du ministère est directement rattachée au ministre. Elle a pour
rôle d'informer régulièrement le ministre sur le fonctionnement de services, d'instruire toute
requête qui lui est confiée et de procéder sur ses instructions à toutes inspections, enquêtes
et études.
Le collège des IGM
En novembre 2000 les inspections générales se sont regroupées dans le cadre d'un collège
ayant le statut d'association. Elles se sont fixées comme objectifs :
De prendre part aux efforts et initiatives de moralisation et de rationalisation de
l'Administration Publique;
De promouvoir la culture de transparence, d'éthique, d'équité d'efficacité et de
citoyenneté au sein de l'administration publique;
De promouvoir les valeurs déontologiques et morales régissant le fonctionnement
des Inspections Générales des Ministères;
D'améliorer le statut et le niveau de compétence des cadres des Inspections
Générales des Ministères en matière administrative, technique et de contrôle de la
gestion publique.
Missions
Les inspections générales des ministères sont tenues de:
Effectuer des missions de contrôle, d'audit et d'évaluation des résultats,
Coordonner les efforts, la communication et le suivi nécessaire de toutes les plaintes
du Médiateur
Coopérer avec La Cour des Comptes et avec l'inspection Générale des Finances et
l'organe central de la prévention de la corruption.

La mise en place des missions d'inspection sur des bases claires permet de les rendre
plus efficaces et prendre l'initiative dans le domaine du contrôle de la performance
administrative et de la gestion financière et l'introduction de la vérification et l'évaluation de
sa gestion pour encourager la rationalisation et la sauvegarde de l'intérêt général par
l'évaluation des plans et des programmes de vérification sectoriels et leur correction ainsi
que la lutte contre les abus de pouvoir et le gaspillage des fonds publics.
Le succès des missions de l'inspection générale dépend de l'étendue de la sélection des
ressources humaines, qui doivent avoir l'expérience et la compétence nécessaires pour
exercer des fonctions qui requièrent une combinaison de techniques de gestion
administrative, financière et comptable d'une part et des mécanismes de contrôle,
d'évaluation et d'inspection d'autre part ainsi que des mécanismes permettant l'engagement
des inspecteurs à assumer leur rôle.

Fonctionnement
Selon les dispositions du décret, les inspections générales des ministères doivent
préparer un programme annuel d'inspections qui doivent être menées sur ordre des
ministres, en plus des inspections sans avis préalable réalisées sur instructions. Les
résultats de ces inspections sont consignés dans des rapports qui sont transmis aux
ministres concernés, après la collecte des réponses des services qui ont été inspectés et
l'expression de commentaires, en plus du rapport annuel sur les plaintes présentées par Le
Médiateur.

V. Le médiateur : Diwan Al Madalim


L’exposé des motifs du dahir portant création de l’Institution du Médiateur du
Royaume, confirme le souci de Sa Majesté le Roi de consacrer la primauté du droit, de faire
régner la justice et l’équité et de redresser les torts et les préjudices que les citoyens
viendraient à subir en raison de dysfonctionnements dans certaines administrations ou de
leur mauvaise application de la loi, suite à des actes d’arbitraire, des excès et des abus de
pouvoir commis, éventuellement, par des responsables administratifs.
En vertu de l’article 5 du dahir portant création de l’Institution du Médiateur du
Royaume, le Médiateur est chargé d’instruire, soit de sa propre initiative conformément aux
modalités fixées dans le Règlement intérieur de l’Institution, soit sur plaintes ou doléances
dont il est saisi, les cas qui porteraient préjudice à des personnes physiques ou morales,
marocaines ou étrangères en raison de tout acte de l’Administration, qu’il soit une décision
implicite ou explicite, une action ou une activité, considéré contraire à la loi, notamment
lorsqu’il est entaché d’excès ou d’abus de pouvoir, ou contraire aux principes de justice et
d’équité. Il faut à ce propos distinguer le Droit de l’Equité et définir le sens de « la primauté
du Droit ».
Le Droit vise l’instauration de relations justes entre les personnes, la justice étant
l’esprit et la quintessence du droit. Dans ce contexte le droit s’assimile à l’équité, en assurant
les droits à ceux qui les méritent. Mais quand le droit s’écarte de la Justice, c'est-à-dire de
l’Equité, il devient sans objet. La véritable justice est celle qui permet de faire prévaloir le
droit grâce à la loi, et non la perte du droit au nom de cette dernière.
Le Médiateur du Royaume doit donc réparer l’injustice lors de ses démarches de
conciliation par une interprétation juste de la loi qui tienne compte lors de son application de
la sagacité du texte législatif. D’où la nécessité d’activer le rôle de l’Institution en instaurant
les bases de l’Etat de Justice et de Droit par la réalisation du principe de l’Equité.
Cependant, l’application rigoureuse de la Loi peut contrevenir au principe de l’Equité.
C’est pour cela que l’intervention de l’institution du Médiateur du Royaume doit faire en sorte
que le citoyen soit prémuni contre tout agissement ou acte administratif, contraire à ce
principe, en dépit de la contestation suscitée par l’atteinte portée au principe de la légitimité.
Le principe de l’Equité trouvant sa source dans «l’Etat de Droit», la réalisation de l’Equité doit
donc être l’aboutissement de l’examen des plaintes et des doléances.

Conclusion
Le processus de lutte contre la corruption et la diffusion des valeurs de la transparence et de
la probité, exige l’adoption d’une approche collective, participative qui mobilise tous les
acteurs au niveau national, régional et local. Pour consolider ce processus, il est nécessaire
de continuer à déployer davantage des efforts et à prendre les mesures parallèles,
notamment :
Renforcer le système institutionnel, juridique et judiciaire, en particulier, en accélérant
la mise en ouvre des nouvelles dispositions constitutionnelles concernant la bonne
gouvernance et la publication du texte définitif du code des procédures pénales et le
code pénal ;
Elargir l’étendue de l’information, la communication et la sensibilisation à la
prévention de la corruption :
Renforcer la culture de la probité, de la transparence et de la reddition des comptes
en consacrant le principe de la reddition des comptes et la responsabilité ;
Renforcer la culture de la probité et de la transparence et la responsabilité dans le
cadre de programmes éducatifs de sensibilisation ;
Redynamiser le rôle important et déterminant des medias dans la consolidation du
système de probité ;
Renforcer la participation de la société civile pour lui permettre de jouer pleinement
son rôle dans la lutte contre la corruption et œuvrer pour une meilleure prise de
conscience, de la part du public, des dangers de fléau ;
C’est pour lutter contre la corruption, le dysfonctionnement et le clientélisme que l’Etat a
crée les cinq Institutions légales précitées comme moyens de contrôle, afin de gagner
l’estime public et la confiance des citoyens qui sont égaux devant la loi et devant la
constitution en droits et devoirs.