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DROIT DU CONTENTIEUX

INTRODUCTION

Le droit du contentieux peut être défini comme l’ensemble des règles


gouvernant l’organisation et le fonctionnement de la justice en vue
d’assurer la mise en œuvre de la sanction des droits subjectifs en
matière de droit privé. C’est l’ensemble des formalités par lesquelles
une difficulté d’ordre juridique peut être soumise à un tribunal pour
aboutir à une solution juridictionnelle.
L’importance ou le rôle social du droit du contentieux a été plusieurs
fois souligné en doctrine. On peut retenir en substance que le droit du
contentieux est d’une part facteur d’ordre et d’autre part facteur de
crédit.
S’agissant du 1er point, facteur d’ordre; un droit du contentieux
correctement organisé et appliqué est facteur d’ordre. En effet,
lorsque les individus ont la certitude de pouvoir obtenir rapidement la
sanction de la violation de leurs droits dans des conditions peu
coûteuses et peu complexes s’éloigne la tentation de se faire justice
soi-même.
Le droit du contentieux est facteur de crédit; dans les relations
d’affaires, la confiance est un élément essentiel or cette confiance
sera d’autant plus grande que les créanciers auront la certitude de
pouvoir obtenir rapidement l’exécution de leurs créances : si la justice
est lente, coûteuse, complexe ou corrompu il en résulte une certaine
désaffection pour la justice étatique et du même coup la sécurité dans
les rapports d’affaires s’en trouve marqué. Il convient à cet égard de
préciser que le désintérêt pour la justice étatique va entraîner le
développement des modes alternatifs de règlement des conflits (marc)
encore appelés modes extra-judiciaires de règlement des conflits. Ces
modes sont au nombre de 4 :
- La conciliation
- La médiation
- La transaction
- L’arbitrage

TITRE 1 : L’ORGANISATION DE LA JUSTICE

CHAPITRE I : LES PRINCIPES DE L’ORGANISATION


JUDICIAIRE ET DE LA COMPOSITION DES JURIDICTIONS

SECTION 1 : LES PRINCIPES DE L’ORGANISATION JUDICIAIRE :


LE PRINCIPE DE LA SEPARATION DES POUVOIRS

PARAGRAPHE 1 : LA JUSTICE DANS SES RAPPORTS AVEC LE POUVOIR


LEGISLATIF
La fonction de juger est très différente de la fonction législative. Le
législateur édicte la norme qui par définition est une règle générale et
abstraite qui ne vise aucun cas particulier alors que le juge est chargé
de faire application de la règle pour donner une solution à des litiges
concrets. Le pouvoir judiciaire ne doit donc pas empiéter sur le pouvoir
législatif. Le juge est chargé d’interpréter la loi, il ne peut donc pas
participer à son élaboration. Il en découle des conséquences
importantes; d’une part il y’a interdiction des « arrêts de règlements »
et d’autre part il y’a la soumission du juge à la loi.
Sont appelés, « arrêts de règlements », des décisions de justice par
lesquelles le juge à l’occasion d’un cas litigieux qui lui est soumis
énonce une règle générale qu’il appliquera à l’avenir; en d’autres
termes, il édicte une sorte de « règlements » qui dépassant le cas
d’espèce qu’il doit trancher, prend une portée générale.
S’agissant de la soumission du juge à la loi; la juridiction ne peut pas
s’opposer à l’application des lois. Cependant, le principe de soumission
à la loi peut soulever des difficultés lorsque le texte dont le juge doit
faire application est entaché d’illégalité. Le juge doit-il s’y soumettre
ou peut-il l’écarter s’il estime effectivement que l’illégalité est
manifeste? La réponse à cette question est nuancée car elle varie selon
les cas et à cet égard trois situations peuvent donc se présenter :
est celui où il serait prétendu qu’une loi ordinaire
c’est-à-dire votée par l’Assemblée Nationale est contraire à la
constitution. La constitution est en effet supérieure à la loi ordinaire et
si celle-ci méconnaît ouvertement la constitution elle est bien
évidemment entaché d’illégalités, elle est dite inconstitutionnel.
Lorsqu’il en est ainsi, le juge doit si l’exception des constitutionnalités
est soulevée, sursoir à statuer en attendant que l’organe spécialement
institué pour contrôler la constitutionnalité des lois c’est à dire le
Conseil Constitutionnel ait tranché la question.

traité international. L’article 87 de la constitution pose en principe que


les traités ou accords internationaux ont une autorité supérieure à
celle des lois. Dès lors, toute loi contraire à un traité ou accord
international est illégal. Il entre dans le pouvoir du juge de refuser
d’appliquer une loi qui serait contraire à un traité international.
me cas enfin concerne l’hypothèse où un texte émane du
pouvoir réglementaire (décret ou arrêté) et parait contraire à la loi. Il
existe alors un recours particulier que l’on appelle le recours pour
excès de pouvoir. Cependant, ce recours ne pouvant être porté que
devant le juge administratif si le problème de la légalité d’un décret
devait être soulevé devant un juge civil, il reviendra à celui-ci de
sursoir à statuer en attendant que le juge administratif (Chambre
Administrative de la Cour Suprême) ait tranché la question.

PARAGRAPHE 2 : LA JUSTICE DANS SES RAPPORTS AVEC LE POUVOIR


EXECUTIF

A- SEPARATION DES FONCTIONS ADMINISTRATIVE ET JUDICIAIRE


En principe le juge n’a pas à intervenir dans l’administration, il ne lui
appartient pas de donner des ordres à l’administration ou au
gouvernement; en d’autres termes il n’entre pas dans les pouvoirs du
juge d’adresser des injonctions à une autorité administrative.
L’application de ce principe a cependant suscité une double difficulté
quant à l’exécution des décisions de justice et quant au contrôle
juridictionnel des actes de l’administration.

1- L’exécution des décisions de justice : le recours à la force


publique
Les décisions de justice doivent être exécutées or il peut arriver qu’un
débiteur condamné résiste à la décision prise contre lui et s’entête à
ne pas l’exécuter : par exemple, il refuse de payer la somme d’argent
qu’il doit ou encore il résiste à son expulsion bien que celle-ci ait été
ordonné. Des mesures d’exécution forcée sont mises à la disposition
des créanciers pour obtenir que la condamnation prononcée soit
effectivement exécuté (voire par exemple les saisies). La fonction de
juger ne consiste donc pas seulement à dire le droit; elle implique
également un pouvoir de commandement que l’on appelle l’impérium
et qui se traduit concrètement par l’apposition sur chaque jugement
d’une formule dite « exécutoire ». Toutefois dans certains cas
extrêmes la résistance opposée par le débiteur récalcitrant est-elle
qu’il est nécessaire de requérir le concours de la force publique afin
que le dernier mot revienne à la loi. C’est la raison pour laquelle la «
formule exécutoire » fait injonction à l’autorité publique (en pratique
à la Police) de « prêter main forte » au requérant. Ce qui revient à dire
que si l’huissier de justice chargé de faire exécuter un jugement se
heurte à une résistance, il peut sur l’ordre du juge faire appel à « tous
commandants et officiers de la force publique ».

2- Le contrôle juridictionnel des actes de l’administration


Le juge ne peut s’immiscer dans l’administration en exerçant un
contrôle sur sa gestion, en annulant les actes administratifs ou en
mettant en cause la responsabilité des actes des administrateurs.

B- INDEPENDANCE DE LA JUSTICE A L’EGARD DU GOUVERNEMENT


L’indépendance de la fonction judiciaire se manifeste par un principe
essentiel qui veut que ni le gouvernement, ni à plus fortes raisons les
autorités administratives qui lui sont subordonnées ne puissent donner
un ordre ou exercer une pression directe ou indirecte sur un juge pour
l’inciter à statuer dans un sens déterminé : le juge statue en
conscience et dans le respect de la règle de droit. Tel est le principe
fondamental sans lequel l’indépendance de la justice n’aurait plus de
sens. Toutefois, le plus important n’est pas tant de poser un principe
que de le faire respecter en veillant à ce que le juge soit effectivement
à l’abri des sollicitations ou des menaces du pouvoir exécutif. La
difficulté vient de ce qu’en CI les juges sont des fonctionnaires qui sont
appelés en tant que tel à faire carrière. Les juges bénéficient d’un
statut très particulier destiné à sauvegarder leur indépendance. Mais,
le déroulement de la carrière d’un juge est marqué de décisions
individuelles le concernant :
- C’est le gouvernement qui le nomme, qui assure son avancement,
qui l’affecte à une fonction prestigieuse ou qui éventuellement
sanctionne une faute de sa part.

Comment parvenir à sauvegarder cette indépendance du juge qui


doit rester imperméable aux promesses alléchantes comme aux
menaces arbitraires du pouvoir exécutif ?
Telles sont quelques-unes des questions que l’on doit se poser
relativement à l’indépendance juge.

SECTION 2 : PRINCIPES GENERAUX RELATIFS A LA COMPOSITION


DES JURIDICTION : COLLEGIALITES OU JUGE UNIQUE ?

En législation, l’on se demande souvent s’il est préférable que les


décisions de justice soient rendues par un juge unique ou par un
collège de trois juges au moins statuant à la majorité cad
collégialement. Sur cette question, il convient de présenter d’abord
les éléments de cette controverse avant d’exposer ensuite la
solution du droit positif ivoirien.
PARAGRAPHE 1 : LA CONTROVERSE
A/ARGUMENTS EN FAVEUR DE LA COLLEGIALITE
Trois arguments sont généralement avancés pour défendre la
collégialité :
1- La collégialité, une justice très éclairée
La délibération provoque en effet la discussion entre les juges sur la
valeur des moyens invoqués de part et d’autre par les deux
plaideurs. Chaque juge bénéficie ainsi des réflexions de ses
collègues.

2- La collégialité, une justice plus impartiale


Grâce à la collégialité en effet, l’impartialité de chaque juge est
garantie par le contrôle de ses collègues. De fait, le meilleur des juges
réagit avec son propre tempérament en fonction du milieu sociale et
intellectuel dans lequel il vit ou a vécu et à cause de cela il est
inconsciemment porteur de certaines attitudes d’esprit voire de
certains préjugés qui risque de fausser son raisonnement. La
collégialité a alors le mérite de brasser et de neutraliser les préjugés
éventuels.

3- La collégialité, garantie de justice plus indépendante


Lorsque la décision est rendue par un collège de juges, au nom de la
juridiction toute entière, l’anonymat sauvegarde l’indépendance de
chaque juge qui, au moment du délibérer aura le sentiment d’être plus
libre de sa décision dans la mesure où il ne se sentira pas directement
exposé à la rancœur du plaideur condamné.

B/ ARGUMENTS EN FAVEUR DU JUGE UNIQUE


1- Amélioration de la situation matérielle du juge
Il a été parfois affirmé que le système du juge unique permettrait
d’améliorer la situation matérielle de chaque juge. En effet, si le
même travail était fait par un seul juge au lieu de trois, pourquoi ne
pas triplet le traitement, cad le salaire de chaque juge ?
2- Développement du sens des responsabilités
Avec un seul juge, la décision sort de son anonymat, on sait qui l’a
rendu et l’on peut alors raisonnablement penser que le juge qui en ait
le signataire veillera plus attentivement à ce qu’elle soit irréprochable.

3- Réduction de la ‘masse contentieuse’


Le dernier argument en faveur du juge unique est la nécessité de faire
face à l’augmentation considérable de la ‘masse contentieuse’ cad du
volume sans cesse croissant de la masse à juger.

PARAGRAPHE 2 : LA SOLUTION DU DROIT POSITIF IVOIRIEN


Les droits du contentieux des états africains, dans le souci de simplifier
l’administration de la justice, ont largement usé du système du juge
unique. Tel était justement la solution qui a existé en CI jusqu’à
l’intervention de la loi No 97-399 du 11/07/1997. En effet, selon
l’article 35 nouveau de cette loi, les jugements des tribunaux de
première instance sont rendus par des magistrats délibérant en nombre
impairs (trois magistrats au moins) assisté du greffier et en présence du
ministère public. Les sections détachées des tribunaux siègent
généralement avec un seul juge. Toutefois, elles siègent en formation
collégiale de trois magistrats au moins dans les cas suivants :
- En matière civile, commerciale, …
- En matière délictuelle et obligatoirement en présence du
ministère public :
 Lorsque l’intérêt du litige excède 50M De francs
 Lorsqu’il s’agit d’infractions contre la sûreté de l’Etat, la
défense nationale, la sécurité publique ainsi que de celle
passible de la peine de mort (peine supprimée par la
constitution de 2000, suppression confirmée par celle de
2016) ; on doit alors logiquement remplacée par
l’emprisonnement à perpétuité.
CHAPITRE 2 : L’ORGANISATION JURIDICTIONNEL

L’organisation juridictionnel comporte l’ensemble des organes ayant


pour fonction de trancher les litiges. Ce sont les juridictions. On
appelle ‘JURIDICTION’ les organes chargés de trancher les litiges au
moyen d’une décision à laquelle dans un sens très large on donne le
nom de jugement. Le mot juridiction est un terme générique. En
réalité, chaque type de juridiction porte un nom particulier. D’abord,
le mot tribunal est fréquemment utilisé (tribunal de première
instance ; tribunal pour enfant, tribunal du travail ; tribunal de
commerce, tribunal criminel)
Ce terme, très couramment employé en Droit du contentieux est
réservé en général aux juridictions du 1er degré.
Ensuite, certaines juridictions s’appellent des cours (cour d’appel, cour
suprême, cour des comptes, cour de cassation, Cour Commune de
Justice et d’Arbitrage de l’OHADA). Ce mot désigne les juridictions
d’un rang élevé dans la hiérarchie.
Enfin, le terme ‘CONSEIL’ est également employé (conseil
constitutionnel, conseil d’Etat)
L’ensemble de ces juridictions se présente à la manière d’une
pyramide qui aurait à son sommet la cour suprême, laquelle est comme
son nom l’indique la juridiction suprême dont la mission fondamentale
est d’uniformiser l’interprétation de la règle de droit. Parmi les
juridictions ainsi soumises aux contrôles de la juridiction suprême, on
peut établir une nouvelle distinction entre les juridictions de 1er degré
et celle du 2e degré.

SECTION 1 : LES JURIDICTIONS DU PREMIER DEGRE

Une distinction doit encore être faite ici entre les juridictions de droit
commun et les juridiction d’exception. A cet égard, il faut noter que
certaines juridictions ont une compétence de principe pour connaître
de tous les litiges sans qu’il soit besoin d’une loi spéciale pour les
investir du pouvoir de juger telle ou telle affaire : on les appelle les
juridictions de droit commun. On peut dire par exemple que les
tribunaux de première instance et leur sections détachées sont des
juridictions de droit commun car elles sont compétentes pour juger de
tous les litiges aussi longtemps qu’un texte particulier ne leur a pas
retiré la connaissance de telle ou telle catégorie d’affaires
déterminées. En revanche, d’autres juridictions ne connaissent que de
certaines affaires limitativement énumérées pour lesquelles un texte
spécial leur a expressément reconnu compétence : on les appelle les
juridictions d’exception car leur compétence a un caractère
exceptionnel et en quelque sorte dérogatoire au droit commun. Ainsi,
par ex, le tribunal de commerce est une juridiction d’exception car sa
compétence se limite aux seules affaires commerciales prévues par le
texte qui a institué cette juridiction.

PARAGRAPHE 1 : LES JURIDICTIONS DE DC : LES TRIBUNAUX DE


PREMIERE INSTANCE

La juridiction de droit commun est le tribunal de première instance qui


connaît des affaires civiles (administratives et fiscales). Il faut
s’intéresser à l’organisation du tribunal, à son fonctionnement et à sa
compétence.

A/ L’ORGANISATION DU TRIBUNAL DE PREMIERE INSTANCE


Le nombre des tribunaux de première instance est fixé par décret. Il
existe actuellement 10 tribunaux : Abidjan-Plateau, Yopougon,
Bouaké ; Daloa ; Korhogo ; Man ; Abengourou ; Gagnoa ; Bouaflé et San-
Pedro.
Le tribunal de première instance comprend un président, un ou
plusieurs VP, un ou plusieurs juges d’instruction et des juges. Le TPI
comporte également un ministère public ou parquet. Le parquet du TPI
comprend un procureur de la république, un ou plusieurs procureurs de
la R adjoint et un ou plusieurs substituts. Ces différents magistrats sont
assistés par des greffiers. Le tribunal de première instance est
généralement organisé en chambre et en section. Les chambres ont
une compétence spéciale notamment civile. Les sections ont une
compétence générale dans le cadre d’une circonscription territoriale
fixée par décret : on parle de section détachée. Ainsi, par ex le
tribunal de Bassam est une SD du tribunal d’Abidjan-Plateau.

B/ LE FONCTIONNEMENT DU TPI
Le tribunal se compose de formations ayant une fonction
juridictionnelle et de formation purement administrative.
1- Les formations juridictionnelles
Généralement le tribunal se réunit et exerce la fonction
juridictionnelle en audience publique : les débats mais aussi le
prononcé du jugement doive avoir lieu en audience publique.
Toutefois, certaines affaires sont tranchées en chambre du conseil :
ainsi, les débats ont lieu en dehors de toutes pub afin de sauvegarder
l’intimité de la vie privée. C’est par exemple le cas en matière de
divorce et de recherche de paternité. Les formations juridictionnelles
sont, depuis la réforme de 1997, collégiales. Néanmoins, les affaires
autre que celles visées par l’article 35 nouveau de la loi précitée sont
traitées à juge unique par la section détachée du tribunal.
2- Les formations administratives
Ces formations sont des assemblées générales. On appelle AG la
réunion de tous les membres du tribunal. Elles n’ont aucun pouvoir
juridictionnel ; par conséquent aucun jugement n’y a rendu.

C/ LA COMPETENCE DU TRIBUNAL
Il convient de distinguer en cette matière la compétence du tribunal de
celle de son président qui dispose d’attribution spécifique.
1- La compétence du tribunal lui-même
Les tribunaux de premières instance et leur sections détachées
connaissent de toutes les affaires civiles (commerciales)
administratives et fiscales pour lesquelles compétence n’est pas
attribuée expressément à une autre juridiction en raison de la nature
de l’affaire. Ces juridictions statuent :
- En toute matière et en premier ressort sur toutes les demandes
dont l’intérêt du litige est supérieur à 500.000 ou est indéterminé
ainsi que sur celles relatives à l’état des personnes, celles
mettant en cause une personne publique et celle statuant sur la
compétence.
- En matière civile (commerciale), en premier et dernier ressort sur
toutes les demandes dont l’intérêt du litige n’excède pas 500.000

2- La compétence du PR du tribunal
Le président du tribunal est investi de trois fonctions particulières :
D’abord, il est chargé de fonctions administratives. Ensuite il exerce
des fonctions extra-judiciaires : il surveille les actes d’état civile.
Enfin, il exerce surtout des fonctions juridictionnelles : il a un pouvoir
juridictionnel différent de celui du tribunal. A cet égard, il rend deux
types d’ordonnance : il s’agit d’une part les ordonnances sur requête,
lorsque le président prend une décision à la requête d’une partie sans
qu’il y ait de débat contradictoires (ex : autorisation de procédé à une
saisie, rectification d’un acte de l’état civile). Il s’agit d’autre part,
des ordonnances de référés lorsqu’il y a nécessité de prendre
immédiatement une mesure provisoire après débat contradictoire des
plaideurs. C’est le cas lorsqu’il y a urgence ou lorsqu’une partie subit
un trouble manifestement illicite. Il en est ainsi, par exemple, en cas
de modification de la garde d’un enfant en danger. Le président du
tribunal saisit rend une ordonnance de référé ayant un caractère
provisoire en ce sens qu’il ne préjuge pas de la solution qui sera donné
ultérieurement par le tribunal. Cela permet néanmoins de faire face au
plus pressé.

PARAGRAPHE 2 : LES JURIDICTIONS D’EXCEPTION


Le droit ivoirien connaît une juridiction d’exception à proprement
parlé. Il s’agit du tribunal de commerce et une juridiction assimilée à
une juridiction d’exception : c’est le tribunal du travail.

A/ LE TRIBUNAL DU TRAVAIL
Le tribunal du travail est une juridiction assimilée à une juridiction
d’exception en raison de la matière à connaître. Ainsi ce tribunal est
spécialisé car selon les dispositions du code du travail, les tribunaux du
travail connaissent des différences individuelles pouvant s’élever à
l’occasion du contrat de travail ou d’apprentissage y compris les
accidents du travail et les maladies professionnelles entre les
travailleurs ou apprentis et leurs employeurs ou maîtres. Ces tribunaux
ont également qualité pour se prononcer sur tous les différents
individuels relatifs à la validité et l’exécution des conventions
collectives et règlement en tenant lieu. Leur compétence s’étend aussi
au litige entre les travailleurs ou apprentis à l’occasion du contrat de
travail ou d’apprentissage. Le tribunal compétent est selon le code du
travail celui du lieu du travail. Toutefois, pour les litiges nés de la
résiliation du contrat de travail et nonobstant toute attribution
conventionnelle de juridiction, le travailleur a le choix entre le tribunal
de sa résidence et celui de son lieu de travail. Les tribunaux du travail
sont constitués et c’est en cela que le tribunal du travail est une
juridiction spécialisée par une chambre spéciale des tribunaux de
première instance. Cependant, lorsque l’importance du marché l’exige
il peut être créé auprès des sections détachées, des tribunaux du
travail. La chambre spéciale est composée :
- Du président du tribunal de PI ou de la section détachée ou d’un
magistrat désigné par lui, PR.
- D’un assesseur travailleur et d’un assesseur employeur. Cette
composition correspond au système de l’échevinage. Pour chaque
affaire, le PR désigne autant que possible les assesseurs
employeurs et travailleurs appartenant à la catégorie
professionnelle intéressée.
B/ LE TRIBUNAL DE COMMERCE
Le D.I a instauré les tribunaux de commerce avec la décision du
11/01/2012 portant création, organisation et fonctionnement des
tribunaux de commerce. Cette décision a été abrogé par la loi
organique No 2014- 424 du 14 juillet 2014 portant création,
organisation et fonctionnement des juridictions de commerce. Cette loi
a elle-même été abrogé par la loi No 2016-11110 du 08 décembre 2016
portant la même. Un décret a ensuite mis sur pied le tribunal de
commerce d’Abidjan. Il s’agit du décret No 2012 628 du 6 juillet 2012
portant création du tribunal de commerce d’Abidjan et fixant son
ressort territorial. L’audience solennel de rentrée du tribunal de
commerce d’Abidjan a eu lieu le 01 10 2012. Il faut s’intéresser à
l’organisation du tribunal de commerce, sa compétence et ses
attributions
1- L’organisation du tribunal de commerce
Le tribunal de commerce comprend des juges professionnels appelés
juges et des juges non professionnels appelés juges consulaires (la
chambre de commerce et d’industrie établie périodiquement une liste
d’aptitude aux fonctions de juges consulaires et de juges consulaires
suppléants après concertation avec les chambres consulaires et des
associations d’opérateurs économiques légalement constitués). Les
juges consulaires et leurs suppléants sont nommés par arrêté du
ministre de la justice sur proposition de la chambre de commerce et
d’industrie. Les juges du tribunal de commerce sont nommés par
décret. Les jugements des tribunaux de commerce sont rendus par une
formation de jugement délibérant en nombre impair assisté d’un
greffier. La formation de jugement est composée de trois personnes au
moins à raison d’un juge, président, et de deux juges consulaires,
assesseurs sans que le nombre de juges soit supérieur à celui des juges
consulaires. Cette composition correspond –comme pour le tribunal de
travail- au système de l’échevinage.
Le tribunal de commerce comporte un greffe composé d’un greffier en
chef et de greffier qui assistent la juridiction. Il comporte également
un personnel administratif. Le procureur de la république près le
tribunal de première instance dans le ressort duquel se trouve le siège
du tribunal de commerce exerce les fonctions du ministère public
devant cette juridiction. Toutefois, sa présence à l’audience est
facultative. Le tribunal de commerce se réunit en AG, en audience
solennel, ordinaire ou encore en chambre du conseil.

2- La compétence et les attributions du tribunal de commerce


Il faut ici distinguer la compétence générale de la compétence spéciale

a- La compétence générale du TC
Les tribunaux de commerce sont compétents pour juger :
- Les contestations relatives aux engagements et transaction entre
commerçants au sens de l’acte uniforme portant sur le DC
général
- Les contestations entre associés d’une société commerciale ou
d’un GIE
- Les contestations entre toutes personnes relatives aux actes de
commerce au sens de l’acte uniforme portant sur le Droit
commercial général ; toutefois dans les actes mixtes, la partie
non commerçante demanderesse peut saisir les tribunaux de droit
commun.
- Les procédures collectives d’apurement du passif
- Plus généralement des contestations relatives aux actes de
commerce accomplis par les commerçants à l’occasion de leur
commerce et de l’ensemble de leur contestation commerciales
comportant même un objet civil
- Les contestations et oppositions relatives aux décisions prises par
les juridictions de commerce.
Les tribunaux de commerce statuent :
- En premier ressort sur toutes les demandes dont l’intérêt du
litige est supérieur à 25 000 000 de francs ou est indéterminé
- En premier et dernier ressort sur toutes les demandes dont
l’intérêt du litige n’excède pas 25 000 000 de francs.

b- La compétence spéciale du TC (procédure d’urgence)


La juridiction compétente pour statuer sur toutes demandes relative à
une mesure d’exécution forcée ou à une saisie conservatoire est le PR
du tribunal de commerce ou le magistrat délégué par lui. Par ailleurs,
dans les limites de la compétence du tribunal de commerce, le PR de
ladite juridiction prend des ordonnances sur requête notamment les
ordonnances relatives aux procédures simplifiées de ladite juridiction.
 REMARQUES : - la tentative de règlement amiable est obligatoire
avant toute saisine du tribunal de commerce et se tient entre les
parties elle-même ou avec l’intervention d’un tiers dans le cadre
d’une médiation ou d’une conciliation. Lorsque le règlement est
fait dans le cadre d’une médiation, celui-ci est réalisé
conformément à la législation en vigueur. Lorsque le règlement
amiable est fait dans le cadre d’une conciliation, celui-ci est
réalisé selon la procédure prévue à l’article 7 selon la loi
précitée.
- Pour l’instant, seul le tribunal de commerce d’Abidjan a été
installée. Le ressort territorial de cette juridiction se confond
avec ceux des tribunaux de première instance d’Abidjan-plateau
et de Yopougon. C’est pourquoi l’article 58 de la loi du 08
décembre 2016 précité que : ‘‘les tribunaux de droit commun
jusqu’à la mise en place effective des tribunaux de commerce
dans leur ressort territorial conserve leur compétence en
matière commerciale conformément aux dispositions du code de
procédure civile, commerciale et administrative.’’

SECTION 2 : LES JURIDICTIONS DU SECOND DEGRE : LA COUR


D’APPEL
I faut s’intéresser à l’organisation de la cour d’appel ainsi qu’à sa
compétence.

PARARAPHE 1 : l’ORGANISATION DE LA COUR D’APPEL


Avec l’avènement de la cour d’appel de commerce d’Abidjan, il existe
actuellement 4 cour d’appel en CI : les 3 cours d’appel ordinaires
(Abidjan, Bouaké, Daloa) et la cour d’appel de commerce crée par le
décret No 2017-701 du 02/08/2017 cette cour a été installé et a fait sa
rentrée solennelle le 17 MAI 2018. Dirigé par le 1er PR, la cour d’appel
est divisée en chambre (dont la chambre commerciale spéciale).
Chacune d’elle comprenant 1 PR et 2 conseillers : la cour d’appel
apparaît donc comme une formation collégiale. Il existe un ministère
public auprès de la cour d’appel, ministère public qui est représenté
par un procureur général assisté d’avocats généraux et de substituts
généraux. Au niveau de chaque cour d’appel, on trouve un greffier en
chef et des greffiers.

PARAGRAPHE 2 : LA COMPETENCE DE LA COUR D’APPEL


La cour d’appel est une juridiction de droit commun du second degré
et à ce titre, elle doit examiner et rejuger l’ensembles des affaires qui
lui ait soumise cad analyser les faits de l’espèce et les questions de
droit. Elle statue sur le fond du litige. A cet égard, il faut rappeler le
principe du double degré de juridiction : toutes les juridictions ne sont
pas placées au même niveau hiérarchique. Certaines sont appelées
juridiction du premier degré parce qu’elles connaissent des affaires
pour la première fois : ainsi en est-il des juridictions comme par
exemple le tribunal de première instance ou encore la section
détachée du tribunal. D’autres au contraire sont classées au rang
supérieur : c’est les cas des cours d’appel ; on les appelle des
‘juridictions du second degré’’ parce que leur rôle est précisément de
juger le même affaire une seconde fois et au besoin de réformer au
second degré ce qui a été jugé au premier. Tel est le principe dit du
‘‘double degré de juridiction’’ qui se manifeste concrètement par la
faculté d’interjeter appel contre le jugement rendu par une juridiction
du premier degré emportant l’affaire devant la juridiction supérieure
du second degré. Par exemple, le plaideur condamné par un tribunal de
première instance peut interjeter appel en saisissant la cour d’appel.
Ce principe est une garantie fondamentale de bonne justice.
Autrement dit, le principe d’un recours à une juridiction
hiérarchiquement supérieure a pour fondement le souci de rendre une
meilleure justice. Les juges sont faillibles (ils peuvent se tromper) et
compte tenu de la gravité des décisions, il est bon qu’un second juge
d’un rang plus élevé puisse éventuellement rectifier les erreurs du
premier.
La cour d’appel se réunit en audience publique ou en chambre du
conseil pour apprécier la compétence d’appel. Il faut distinguer la
compétence en matière civile de celle qui a cours en matière pénale.

A/ LA COMPETENCE EN MATIERE CIVILE


La cour d’appel juge tous les appels interjeter contre les décisions
rendues par les juridictions de première instance. Néanmoins, les
‘’petits litiges’’ cad ceux d’un montant peu élevé sont privés d’appel
et ne sont jugés que par les tribunaux de première instance, les SD ou
encore le tribunal de commerce en ‘’premier et dernier ressort’’.
Autrement dit, au regard du montant de l’affaire, la voix de l’appel
peut être fermé. Il en est ainsi lorsque le montant du litige est
inférieur ou égal à 500 000 FCFA (en matière commerciale et donc
devant le tribunal de commerce, inférieur ou égal à 25 000 000 FCFA).
Bien entendu, lorsque la demande en justice porte sur un montant
indéterminé l’appel est toujours possible. Il en est ainsi également
pour les affaires relatives à l’état des personnes celle mettant en cause
une personne publique et celle statuant sur la compétence.
B/ LA COMPETENCE EN MATIERE PENALE
La cour d’appel est également compétente au second degré pour
examiner les affaires pénales, tant au stade de l’instruction qu’au
niveau du jugement.
1- L’instruction
Elle est confiée à une chambre spécialisée de la cour d’appel appelée
chambre d’instruction qui exerce une double fonction :
- D’une part, elle est juridiction d’appel des ordonnances émanant
du juge d’instruction.
- D’autre part, elle est juridiction d’instruction au 2nd degré des
affaires criminelles instruites par le juge d’instruction.

2- Le jugement
Trois chambres sont compétentes pour les affaires pénales :
- La chambre criminelle pour statuer sur les appels interjetés
contre les jugements rendus par le tribunal criminel.
- La chambre criminelle spéciale pour statuer sur les appels des
jugements rendus par le tribunal criminel pour mineur.
- La chambre des appels correctionnels pour statuer sur les
décisions rendues par le tribunal correctionnel et les appels des
jugements du juge des enfants et du tribunal des enfants.
Pour terminer, on retiendra que la cour d’appel qui concrétise la règle
du double degré de juridiction, rend des décisions appelées arrêts
contre lesquelles peuvent être formés des recours en cassation encore
appelés pourvois en cassation devant la cour Suprême ou devant la
Cour Commune de Justice et d’Arbitrage (CCJA).

SECTION 3 : LA COUR SUPREME


A Abidjan siège une juridiction unique pour toute la république : il
s’agit de la Cour Suprême. Il convient de s’arrêter sur le rôle et
l’organisation de la Cour Suprême.
PARAGRAPHE 1 : L’ORGANISATION DE LA COUR SUPREME
La cour suprême se compose de magistrats du siège dont le PR et de
magistrats du ministère public. Le PR de la cour suprême est nommé
par le président de la république pour une durée de cinq (5) ans
renouvelable une (1) fois. Il est choisi parmi les personnalités reconnus
pour leur compétence et leur expertise avérée en matière juridique. Le
parquet général près la Cour Suprême est dirigée par le procureur
général. Il est nommé par décret pris en conseil des ministres sur
proposition du ministre de la justice.
La Cour Suprême veille à l’application de la loi par les juridictions de
l’ordre judiciaire et de l’ordre administratifs. Elle règle les conflits de
compétence entre les juridictions des deux ordres. Selon les
dispositions de l’article 147 de la constitution, la Cour Suprême
comprend la cour de cassation et le conseil d’Etat. Au terme de
l’article 148 de la constitution, la cour de cassation est la plus haute
juridiction de l’ordre judiciaire. Elle statue souverainement sur les
recours en cassation contre les décisions rendues en dernier ressort par
les cours et tribunaux de l’ordre judiciaire. Selon les dispositions de
l’article 149 de la constitution, le conseil d’Etat est la plus haute
juridiction de l’ordre administratif. Il statut souverainement sur les
décisions rendues en dernier ressort par les tribunaux administratifs et
par les juridictions administratives spécialisées en matière de
contentieux administratifs. Le conseil d’Etat connaît en 1er et en
dernier ressort des recours en annulation des actes des autorités
administratives centrales et des organismes ayant une compétence
nationale. Il exerce en outre une fonction consultative. A ce titre, il
peut être sollicité pat le PR de la république pour avis sur toutes
questions de nature administratives.

PARAGRAPHE 2 : LE ROLE DE LA COUR SUPREME

Le rôle d’une cour suprême consiste à contrôler la rectitude juridique


des jugements et surtout des arrêts rendus en dernier ressort par les
tribunaux et les cours d’appel. L’idée qui a présidé à la création de la
cour suprême est d’unifier l’interprétation de la règle de droit. Sa
vocation est d’être une cour régulatrice afin que les règles de droit soit
interprétés et appliqués de la même façon dans toutes les juridictions
du pays. La cour se prononce sur la légalité de la décision rendue par
les premiers juges. On dit que la Cour Suprême ‘‘juge les arrêts et non
les affaires’’. C’est là toute la différence entre le pourvoi et l’appel
qui ouvre au second degré un débat à la fois sur les faits et le droit. Le
pourvoi a pour unique objet de censurer la conformité du jugement ou
de la règle aux règles de droit. Le rôle de la Cour Suprême ivoirienne
vient encore d’évoluer et l’on est revenu à sa fonction traditionnelle.
En effet, selon les dispositions de l’article 43 alinéa 2 de la loi No 2018-
977 du 27 décembre 2018 déterminant les attributions, la composition,
l’organisation et le fonctionnement de la cour de cassation : ‘’la cour
de cassation ne connaît pas du fond des affaires sauf disposition
législative contraire.’’ c’est la suppression du droit d’évocation qui
était reconnu à la Cour Suprême.

CHAPITRE 3 : LE PERSONNEL JUDICIAIRE : LES GENS


DE JUSTICE

Pour que les juridictions puissent effectivement fonctionner et que la


justice soit rendue, un personnel abondant et varié est indispensable. Il
est appelé très généralement ‘’le personnel judiciaire’’ : ce sont les
gens de justice. Ils se répartissent en deux catégories bien distinctes. Il
y a d’un côté les membres des juridictions et de l’autre les partenaires
des juridictions.

SECTION 1 : LES MEMBRES DES JURIDICTIONS


Parmi ces membres, il y a d’une part les magistrats et de l’autre les
greffiers.
PARAGRAPHE 1 : MAGISTRATS ET JUGES
Le juge est celui qui dit le droit cad celui qui est chargé de la fonction
de rendre les ‘’jugements’’. Le magistrat désigne celui qui dispose
d’un pouvoir qui n’est pas forcément celui de juger. Le mot magistrat
est très largement utilisé pour deux raisons :
- D’abord parce qu’il y a en réalité deux catégories de magistrats :
ceux qui jugent (magistrat du siège, membre de la magistrature
assise) et ceux dont le rôle est non point de juger mais de parler
au nom du ministère public (magistrat du parquet, membre de la
magistrature debout)
Le mot juge, pour les désigner tous, serait donc juridiquement et
techniquement inexacte. Alors que le terme magistrat permet de
désigner indifféremment les uns et les autres. A cette première raison,
s’ajoute une seconde : tous aussi bien les magistrats du parquet et du
siège font partie d’un même corps qu’on appelle habituellement la
Magistrature.

PARAGRAPHE 2 : LES GREFFIERS


Le greffier est membre de la juridiction dans laquelle il est affecté.
L’ensemble des greffiers se trouve placé sous l’autorité d’un greffier
en chef de la juridiction. Il peut aussi être affecté dans les secrétariats
des juridictions ou au ministère de la justice. Le greffe de chaque
juridiction est dirigé par le greffier en chef. En principe, c’est au
greffier en chef qu’il appartient de tenir la plume aux audiences (c’est
lui qui note lorsque le juge parle). En outre, il conserve les minutes des
jugements, arrêts et ordonnance et en délivre le cas échéant des
extraits ou des expéditions (copie authentique d’un acte judiciaire ou
notarié, la minute c’est l’écrit originale d’un jugement ou des actes
notariés qui reste en dépôt ou aux mains d’un officier public et dont il
ne peut être délivrés aux intéressés que des copies ou des extraits)
C’est au greffe que sont déposés les doubles des registres d’état civil
et que se tient le RCCM.

SECTION 2 : LES PARTENAIRES DES JURIDICTIONS : LES AUXILLIAIRES


DE JUSTICE

Les auxiliaires de justices sont des personnes qui, sans être investis par
l’Etat de la fonction de juger sont appelés à participer à
l’administration de la justice en apportant leur concours aux parties et
parfois au juge. Ils sont donc de simples particuliers qui n’ont aucun
lien de dépendance avec l’Etat : d’une part les avocats et d’autre part
les autres auxiliaires de justice.

PARAGRAPHE 1 : LES AVOCATS


L’avocat a toujours été perçu par le peuple comme étant ‘’l’homme de
la parole’’ qui plaide à la barre pour la défense des intérêts de son
client. Cette image n’est pas totalement fausse ; cependant, elle est
incomplète. L’avocat est en effet aussi un homme de cabinet qui reçoit
ses clients, leur donne des consultations, négocie des contrats étudie
les dossiers dont il a la charge et prépare la procédure au nom et pour
le compte de son client. Les avocats sont les praticiens du droit qui se
trouvent le plus étroitement mêlés aux activités des tribunaux.

A/ LE STATUT DE LA PROFESSION D’AVOCAT


La profession d’avocat est une profession libérale et indépendante
constituée en ordre ou barreau. Chaque ordre ou barreau constitue une
personne morale ayant son patrimoine et ses organes propres.
S’agissant des organes du barreau, il faut citer l’AG qui est la réunion
de tous les avocats inscrits au barreau. Il y a en plus le conseil de
l’ordre qui est élu pour deux ans, qui veille à la protection des droits
des avocats et qui par la même occasion joue le rôle d’une juridiction
disciplinaires. A la tête de l’ordre, il y a le bâtonnier. Il est élu pour
deux ans. Il préside le conseil de l’ordre et dispose d’important pouvoir
en matière disciplinaire. S’agissant des droits et des obligations de
l’avocat, il pèse sur l’avocat des obligations morales de probité et de
loyauté. Le souci de sauvegarder l’indépendance de l’avocat de même
que le souci de lui permettre l’exercice correcte et digne de sa
profession implique des obligations et des droits particuliers. Il y a
notamment :
- Le secret professionnel
- L’immunité de la parole et de l’écrit ce qui donc indique
l’inviolabilité du cabinet : on ne peut ordonner des perquisitions
à l’intérieur du cabinet sauf en cas d’actes frauduleux de l’avocat
et d’ailleurs cela ne peut et ne doit se faire qu’en présence du
bâtonnier
- L’inviolabilité de la correspondance entre l’avocat et son client

B/ LES FONCTIONS DE L’AVOCAT


En tant qu’auxiliaire de la justice, la mission principale de l’avocat est
de contribuer à la recherche de la vérité. Il doit également assurer la
défense de son client. On peut donc retenir que sur le plan judiciaire le
rôle de l’avocat est double :il représente et il assiste

1- L’avocat représente son client


Les avocats ont la charge de représenter leur client. L’étendu du
pouvoir de représentation doit être précisé et à cet égard il faut
relever d’abord que l’avocat est mandataire ad litem cad qu’il a le
pouvoir d’accomplie au nom et pour le compte de son client, tous les
actes nécessaires et de prendre les conclusions qui s’imposent. Il en
résulte alors que le plaideur va se trouver engager par tous les actes et
paroles de son avocat. Le mandat de l’avocat est tacite. Autrement
dit, il n’a pas besoin de procuration. Il est en effet présumé avoir reçu
mandat de la part de son client. Enfin, le mandat de l’avocat est
général. Cela signifie que l’avocat a compétence pour accomplir tous
les actes requis par la procédure depuis la demande en justice jusqu’au
jugement.

2- L’avocat assiste son client


L’avocat assiste les parties, les conseillent, plaident pour elles. Il
s’agira du rôle essentielle et traditionnelle de l’avocat. Il assiste la
défense des parties en plaidant cad en développant oralement à la
barre du tribunal leurs argumentations. Devant les juridictions de droit
commun, l’avocat a le monopole de la plaidoirie. Cependant, une
partie peut assurer sa propre défense. Devant certaines juridictions
d’exception ou réputés tel, les plaideurs peuvent se faire assister par
des personnes qui n’ont pas la qualité d’avocat. C’est ainsi par ex, que
devant le tribunal du travail, on peut faire appel à un délégué syndical.
PARAGRAPHE 2 : LES AUTRES AUXILIAIRES DE LA JUSTICE
Parmi ceux-ci, certains ont la qualité d’officier ministériel et d’officier
public.
A/ LES OFFICIERS MINISTERIELS AYANT LA QUALITE D’OFFICIER PUBLIC
Les officiers ministériels ont le monopole d’une profession dont ils ne
peuvent refuser l’exercice à ceux qui le leur demande. Entre dans
cette catégorie les commissaires de justice et les notaires.
1- Les commissaires de justice
Remarques préliminaires : depuis l’entrée en vigueur de la loi No 2018 –
974 du 27 décembre 2018, les charges d’huissier de justice et de
commissaire-priseur sont devenues des charges de commissaires de
justice.
S’agissant de ces attributions et de ces compétences, le commissaire
de justice a seul qualité pour, notamment :
- Dresser et signifier les actes de procédure
- Exécuter les décisions de justice ainsi que les actes ou titres en
forme exécutoire
- Dresser et mettre à exécution les protêts en cas de non-paiement
d’un effet
- Procéder au recouvrement forcé des créances
- Dresser les PV de constat toutes les fois que la loi l’exige.
- Faire l’inventaire, l’estimation, la prisée, la vente aux enchères
public judiciaire ou volontaire de tout bien meuble corporel et
incorporel de toute nature notamment les fonds de commerce,
les valeurs mobilières, les marchandises, le mobilier, etc.
- Faire l’inventaire, l’estimation et le cas échéant la prisée en
matière de succession
- Procéder à la vente aux enchères public des biens de l’Etat et des
collectivités territoriales du secteur para public des
établissements public, des sociétés à participation publique ainsi
que les biens des ONG, des représentations diplomatiques des
organismes internationaux et des biens de toutes nature saisies
par les administrations douanières et fiscales.
Par ailleurs, le commissaire de justice peut en outre, notamment,
procéder au recouvrement amiable de toutes créances ou encore
dresser PV des assemblées statutaires de toutes sociétés de droit public
et privé.

2- Les notaires
Les notaires (tout comme les commissaires de justice) sont officier
public. Cad qu’ils ont la faculté de requérir l’exécution de certains
droits en ayant recours à la force publique. Ils reçoivent des actes
auxquels les partis doivent donner leur caractère authentique (ex :
vente d’immeuble). Il les conserve et en délivre des grosses (expédition
d’un jugement, d’un contrat fait en écriture large) des expéditions ou
des extraits.

B/ LES AUXILIAIRES DE LA JUSTICE AUTRE QUE LES AVOCATS ET LES


OFFICIERS MINISTERIEL AYANT LA QUALITE D’OFFICIER PUBLIC : LES
ADMINISTRATEURS JUDICIAIRES, SYNDIC, LIQUIDATEUR ET LIQUIDATEUR
JUDICIAIRES
Ils facilitent ou complète l’action des magistrats. Ils sont chargés par
les cours et tribunaux de procéder à des actes qui facilite
l’intervention des jugements ou arrêts ou en sont les prolongements.
C’est également à eux qu’il revient d’intervenir dans les procédures
collectives d’apurement du passif.

TITRE 2 : LES NOTIONS FONDAMENTALES DE


PROCEDURE

CHAPITRE 1 : L’ACTION EN JUSTICE


L’étude de l’action en justice va se faire autour de trois points :
- Les formes et le contenu de la demande en justice
- Les actes de procédure
- Les délais de procédure
SECTION 1 : LES FORMES ET LE CONTENU DE LA DEMANDE
EN JUSTICE

Le code de procédure civil en son article 32 laisse transparaître trois


modes de saisines des juridictions :
- L’assignation, la requête et la comparution volontaire

PARAGRAPHE 1 : L’ASSIGNATION
Devant les juridictions, la demande en justice est en principe formé
par assignation. En effet, l’article 32 du code de procédure civil énonce
que : « les instances en matière civil, commerciale ou administrative
sont introduites par voix d’assignation… ». L’assignation peut être
schématiquement représentée comme l’appel en justice du défendeur
par le demandeur. Cet appel porte le nom générique de citation.
L’assignation est donc un acte de commissaire de justice par lequel le
demandeur cite son adversaire à comparaître devant le juge.
L’assignation doit comporter un certain nombre de mention
fondamentale ; elle doit notamment mentionner l’indication de la
juridiction devant laquelle la demande est portée, la date et l’heure
de l’audience et l’objet de la demande. Elle doit être signifiée cad
portée à la connaissance du défendeur par le CJ.

PARAGRAPHE 2 : LA REQUÊTE
Selon les termes de l’article 32 alinéa 2 du code de procédure civil,
dans les affaires personnelles cad celles relatives à l’état des personnes
ou mobilières dont l’intérêt pécuniaire n’excède pas la somme de
500 000 CFA, la demande peut être introduite par voix de requête. Les
modalités de mise en œuvre de cette voix de saisine des juridictions
sont décrites par la loi. Parmi celle-ci, il faut retenir que la requête
peut être écrite ou orale ce qui constitue une originalité. Elle est
présentée au greffe par le demandeur en personne ou son représentant
ou mandataire.
NB : selon les dispositions de l’ordonnance No 2015 – 180 du 24 mars
2015 portant modification du code de procédure civil, en son article 1er
il est inséré entre l’article 32 et l’article 33 du CPC, un article 32 : ‘
l’assignation et la requête peuvent être introduite par voie
électronique’’

PARAGRAPHE 3 : LA COMPARUTION VOLONTAIRE


Elle est prévue par le CPC comme l’un des modes de saisine des
juridictions. Toutefois, il ne peut s’agir que d’une voix exceptionnelle.
Deux raisons au moins milite en faveur d’une telle analyse :
- D’abord l’article 32 alinéa 1er du CPC qui l’annonce commence
par le mot ‘’sauf’’
- Ensuite l’article 39 du même code énonce que : ‘les parties
peuvent, sans assignation ni requête, se présenter volontairement
devant la juridiction compétente pour y être juger…’’

SECTION 2 : LES ACTES DE PROCEDURE

Au sens large du terme, l’acte de procédure peut être défini comme


un acte de volonté (negotiom) ou écrit le constatant (instrumentum)
se rattachant à un acte judiciaire et pouvant être l’œuvre des partis
et de leur mandataire et des juges ou de leur auxiliaire. Au sens
stricte, il signifie l’acte des partis à une instance ou des auxiliaires
de la justice qui ont pouvoir de les représenter (avocat ; CJ) ayant
pour objet l’introduction, la liaison ou l’extinction d’une instance,
le déroulement de la procédure ou l’exécution d’un jugement. On
peut citer ainsi comme acte de procédure : l’assignation ; les
conclusions (rédigée généralement par des avocats), le
commandement (acte de CJ précédant généralement une saisie qui
met le débiteur en demeure d’exécuter des obligations résultant
d’un titre exécutoire (un jugement)) ; la sommation (acte extra
judiciaire notifié par CJ par lequel un requérant fait intimé un ordre
et une défense à l’adresse de son destinataire) ; le constat, lorsque
le CJ décrit une situation matérielle à titre d’instrument de preuve
(constat d’adultère) ; le PV, lorsque le CJ décrit les obligations
matérielles auquel il a procédé (PV de saisie) ; la signification
(notification faite par commissaire de justice consistant en la remise
d’un acte de procédure à son destinataire.
Les actes de procédure sont donc caractérisés par leur extrême
diversité. Il n’est donc pas possible de procéder à l’étude de l’un ou
l’autre d’entre eux. Plusieurs questions tournent auteur des actes de
procédure : leur rédaction, leur notification (le fait de porter à la
connaissance d’une personne, un fait, un acte ou un projet d’acte
qui la concerne individuellement (ainsi par ex le fait de porter à la
connaissance d’un intéressé un acte de procédure soit par voie de
signification soit par voie postale)), leur sanction au cas où des
irrégularités les affecteraient.

SECTION 3 : LES DELAIS DE PROCEDURE

Il faut étudier successivement les trois questions classiques qui


concernent les délais : la computation des délais, leur modification
éventuelle et enfin la sanction de leur inobservation.

PARAGRAPHE 1 : LA COMPUTATION DES DELAIS


Les délais de procédure sont généralement fixés en jours ou en mois.
Trois points essentiels concernent la computation des délais : leur
point de départ, l’échéance du délai et enfin l’incidence des jours non
ouvrable ;
A/ LE POINT DE DEPART DU DELAI
Quand on parle d’un délai, il est indispensable de savoir le moment
précis à partir duquel il commence à courir. A cet égard, il y a toujours
un évènement ou un acte qui sert de point de départ à la computation
cad au calcul des délais. Le moment (le jour) auquel l’évènement ou
l’acte s’est produit s’appelle le dies a quo. Le dies a quo doit-il être
pris en compte dans le décompte du délai ou non ? Selon les
dispositions de l’article 430 du CPC, les délais prévus par lui sont tous
francs. Le délai franc est un délai dans lequel on ne compte pas le jour
du fait (évènement, acte, notification, signification) qui le fait courir
(dies a quo). Ainsi, le dies a quo n’est donc pas pris en compte dans le
délai. Par ex, pour un acte signifié dans la journée du mercredi 19
février 2010, la computation part du jeudi 20 févr.-10. Ainsi, le 19
février, dies a quo est un jour non contenu dans le délai. La raison de
cette règle est facile à comprendre. En effet, si le dies a quo devrait
être compris dans le délai, il suffirait d’attendre l’extrême fin de la
journée pour réduire d’autant le délai accordé à l’adversaire.

B/ L’ECHEANCE DU DELAI
Le jour où l’échéance vient à expiration s’appelle le Dies ad quem.
Mais comment savoir concrètement le jour où un délai donné arrive
expiration ? Cela pose encore la question de la franchise des délais de
procédure. Le législateur semble avoir résolu définitivement la
question. En effet, l’article 430 précité du CPC indique que tous les
délais prévus par le code sont francs. Relativement à son échéance,
dire d’un délai qu’il est franc revient à admettre que l’on ne compte
pas dans le délai le jour qui, d’après la stricte durée du délai devrait
être le dernier (dies ad quem) ; en sorte que le jour suivant est encore
(par faveur) dans le délai. Lorsque les délais sont exprimés en mois ou
en année, on détermine l’échéance de ceux-ci en comptant de
quantième en quantième. Par ex, pour un délai d’un mois à partir
d’une signification faite le 04 février 2008, l’échéance se situait le 4
mars 2008. Mais le dernier jour utile était le 05 mars 2008. Si le point
de départ d’un mois est le 30 ou le 31 janvier, l’échéance sera (faute
de quantième identique le mois suivant) le 28 –ou s’il s’agit d’une
année bissextile le 29- février.

C/ L’INCIDENCE DES JOURS NON OUVRABLE (DIMANCHE JOUR FERIE ET


CHOME)
Les jours précités sont ceux au cours desquels il est soit impossible
juridiquement, soit difficile pratiquement d’accomplir ou de faire
accomplir un acte ou une formalité. Il ne s’agit pas cependant
d’exclure purement et simplement tous les jours précités de la
computation des délais mais lorsque le dernier jour où un acte peut
être accompli est, en application des règles précédentes l’un de ces
jours, il y a prorogation du délai jusqu’au premier jour ouvrable
suivant.
PARAGRAPHE 2 : LA MODIFICATION EVENTUELLE DU DELAI
En principe, les délais de procédure ne peuvent être ni suspendu, ni
interrompu. Cette règle n’est pourtant pas absolue et le délai de
procédure est susceptible de modification qui peut aller dans le sens de
la réduction de ce délai ou au contraire de son allongement. Ces deux
formes de modification procède elle-même de deux formes de
modification :

A/ LA MODIFICATION LEGALE
Il existe deux cas dans lesquels le législateur modifie les délais de
procédure: le moratoire et le prolongement des délais à raison des
distances
S’agissant du moratoire, il arrive parfois que le législateur édicte des
mesures exceptionnels et temporaire visant à proroger ou à suspendre
certains délais. Dans ce cas, le législateur édicte un moratoire. Il en
est ainsi par ex, en cas de guerre, de grève générale, ou cataclysme
naturelle entraînant une perturbation dans le pays. En ce qui concerne
l’augmentation des délais à raison des distances, lorsqu’un acte doit
être accompli dans un certain délai, en un lieu éloigné du domicile de
celui qui doit effectuer cet acte de procédure, il est normal de
proroger le délai ordinaire d’un délai supplémentaire appelé ‘’délai de
distance’’ et cela de manière à tenir compte des difficultés
supplémentaires qui résulte de l’éloignement. C’est ainsi, par ex que
l’article 34 du CPC prévoit une augmentation du délai dû à
l’éloignement du défendeur : si celui-ci est domicilié hors de la
juridiction qui statue, il bénéficie d’un délai supplémentaire de 15
jours ou de deux mois selon qu’il réside en CI ou à l’étranger.

B/ MODIFICATION JUDICIAIRE
La modification d’un délai de procédure doit demeurer chose
exceptionnelle surtout lorsque le délai joue un rôle de protection des
droits de la défense et que l’intervention judiciaire a pour objet d’en
réduire la portée. Cependant, il faut noter qu’en cas d’urgence, la
durée du délai de comparution peut être judiciairement réduite.
PARAGRAPHE 3 : SANCTIONS DE L’INOBSERVATION DU DELAI
La sanction de l’inobservation d’un délai de procédure est plus ou
moins grave selon le rôle assigné aux dits délais. Si le délai transgressé
avait pour but de stimuler le zèle des plaideurs en les obligeants à
exercer leurs actions le plus rapidement possible cad s’il s’agit d’un
délai d’action, son inobservation est rigoureusement sanctionné. Elle
entraîne une déchéance, une forclusion cad la perte par l’intéressé du
droit de faire l’acte qui devait être effectuer ou accompli dans le délai
considéré. Ainsi par ex, le non exercice d’une voie de recours
(opposition, appel, recours ou pourvoi en cassation) dans le délai
requis, fait normalement perdre le droit d’exercer cette voie de
recours.
Si le délai méconnu a pour but d’assurer une trêve destinée à laisser au
plaideur un temps de réflexion, son inobservation n’est pas sanctionné
aussi rigoureusement que la transgression des délais d’action. En effet,
il s’agit ici de délai d’attente. Cette catégorie délai comportant
essentiellement les délais de comparution, le défendeur qui ne
respecte pas les délais, risque une décision par défaut.

CHAPITRE 2 : LA COMPETENCE JURIDICTIONNELLE

Il existe deux séries de règle de compétence, lesquels correspondent à


deux types de sanctions qu’il faut étudier successivement. D’abord, il
convient de déterminer dans les attributs de quelles catégories de
juridiction, entre la matière du procès : s’agit-il d’une affaire qui doit
être connue par le TPI, par le tribunal du travail ou par le tribunal de
commerce ? Il s’agit là d’une question qui concerne la compétence
d’attribution encore appelée compétence matérielle. Ensuite, une fois
déterminée la catégorie de juridiction compétente il faut rechercher
parmi toutes les juridictions de la même catégorie (par ex, parmi tous
les TPI, les tribunaux de travail) laquelle est territorialement
compétente. Si par ex, la compétence d’attribution appartient au
tribunal du travail, encore faut-il savoir si le tribunal territorialement
compétent est celui de Gagnoa, de Daloa, de Bouaké etc. En un mot, il
faut déterminer la compétence territoriale de chaque juridiction.

SECTION 1 : LA COMPETENCE D’ATTRIBUTION

Les lois de compétence d’attribution déterminent l’étendue du pouvoir


de juger de chaque juridiction relativement à l’objet ou à la valeur du
litige. A cet égard, il faut s’intéresser à la distinction juridiction de
droit commun, juridiction d’exception et à la notion de compétence
exclusive. Cette dernière notion découlant d’ailleurs de la distinction
précédente.

PARAGRAPHE 1 : DISTINCTION JURIDICTION DE DC – JURIDICTION


D’EXCEPTION

Déjà étudié

PARAGRAPHE 2 : LA COMPETENCE EXCLUSIVE


Une juridiction a compétence exclusive dans une matière déterminée,
lorsqu’elle seule est compétente à l’exclusion des autres. Ainsi défini,
ce caractère de la compétence peut affecter aussi bien les juridictions
de DC que les JE. On peut ainsi relever comme ex, qu’en matière
civile, les TPI et leur SD ont une compétence exclusive en matière
d’état des personnes car ils sont seuls compétents pour les litiges
relatifs à l’état des personnes. Le tribunal de commerce a une
compétence exclusive en matière de contestation relative aux actes de
commerce accomplis par les commerçants à l’occasion de leur
commerce. Ou encore en matière de procédure collective d’apurement
du passif.
SECTION 2 : LA COMPETENCE TERRITORIALE

La loi réalise ces choix au moyen des règles de compétence


territoriale. Les règles de compétence territoriale repose sur un
principe : celui de la compétence du tribunal du domicile du
défendeur, le forum rei. Ce principe est assorti de multiples
dérogations.

PARAGRAPHE 1 : PRESENTATION DU PRINCIPE DE LA COMPETENCE DU


TRIBUNAL DU DOMICILE DU DEFENDEUR
La règle traditionnelle (actor sequitur forum rei) en vertu de laquelle
le tribunal compétent est en principe celui du domicile du défendeur a
été consacré par l’article 11 du CPC. Cependant cette règle qu’il
convient d’énoncer subit des altérations par l’adjonction d’une option
de compétence.

A/ ENONCE DU PRINCIPE
Selon les dispositions de l’article 11 alinéa 1er du CPC : ‘le tribunal
territorialement compétent en matière civile est celui du domicile
réel ou élu du défendeur et, en l’absence de domicile celui de sa
résidence’’. Toutefois, cette solution de principe soulève deux séries
de problèmes qui concernent l’hypothèse où il y a plusieurs défendeurs
et celle dans laquelle le défendeur est un ivoirien établit à l’étranger
ou un étranger n’ayant en CI ni domicile ni résidence.

1- Pluralité de défendeurs
Il peut arriver qu’une instance comporte plusieurs défendeurs. En
pareil situation, l’article 11 alinéa 2 du CPC décide que ‘l’action peut
être portée indifféremment devant le tribunal du domicile ou à défaut
de la résidence de l’un deux’’. Ainsi, si par ex, un défendeur est
domicilié à Gagnoa, un second à Bouna et le 3e à Man, le demandeur
peut assigner ces trois adversaires ensemble devant la juridiction de
l’une de ces trois villes.
2- Le défendeur est un ivoirien établit à l’étranger ou un étranger
n’ayant en CI, ni domicile ni résidence.
Dans ces cas, l’article 11 alinéa 4 du CPC dispose que le tribunal
compétent est celui du domicile du demandeur.
B/ALTERATION DU PRINCIPE PAR UNE OPTION DE COMPETENCE
Il peut arriver que le législateur, soucieux de mieux protéger le
demandeur offre à celui-ci un choix entre plusieurs tribunaux parmi
lesquels figure celui où demeure le défendeur. La règle traditionnelle
du forum rei n’est donc pas écartée : elle est simplement assouplie au
profit du demandeur ; il en est ainsi dans les hypothèses prévues à
l’article 11 alinéa 5 du CPC.
1- En matière de pension alimentaire
Dans ce cas, outre le tribunal du domicile du défendeur, est également
compétent, celui du domicile du demandeur.
2- En matière de contestation relative à des fournitures, travaux,
location, louage d’ouvrage ou d’industrie
Dans ces hypothèses, la loi indique qu’en plus du tribunal du domicile
du défendeur, est également compétent celui du lieu où la convention
a été contractée ou exécutée.
NB : cette règle n’est pas applicable en droit du travail où il existe des
dispositions particulières.
3- En matière de responsabilité civil, lorsque celle-ci résulte d’un
contrat, d’un délit ou d’un quasi délit
Ici, outre le tribunal du domicile du défendeur, est également
compétent celui du lieu où le fait constitutif du dommage s’est produit
(ex : un accident).

PARAGRAPHE 2 : ELIMINATION DU PRINCIPE DE LA COMPETENCE DU


TRIBUNAL DU DOMICILE DU DEFENDEUR PAR UNE REGLE DE
COMPETENCE PARTICULIERE

Ici, contrairement aux hypothèses que nous venons d’examiner, la loi


ne cherche pas à atténuer le forum rei. Elle retient de compétence
différent. Cette solution, qui peut être justifié par des considérations
propre à la matière du litige ou à la juridiction saisie, concerne
plusieurs situations.

1- En matière immobilière
Le tribunal compétent est celui de la situation de l’immeuble litigieux
(article 12-1 du CPC).
2- En matière de garantie
Le tribunal compétent est, au terme de l’article 12-2 du CPC, celui
devant lequel la demande principale est pendante.
3- En matière successorale
Le tribunal compétent est ‘celui du lieu de l’ouverture de la
succession, s’agissant de demande entre héritier, des demandes
formées par les créanciers du défunt avant le partage ainsi que celles
relatives à l’exécution des dispositions à cause de mort jusqu’au
jugement définitif’’ (article 12-3 du CPC).
4- En matière d’émolument et de déboursés des officiers public
ou ministériels
Le tribunal compétent est celui devant lequel des frais ont été fait.
L’article 12-4 indique par ailleurs que s’il n’y a pas eu d’instance, le
tribunal compétent est celui du domicile des dits.
5- En matière commerciale
La solution est prévue par l’article 13 du CPC qui indique que le
tribunal compétent est au choix du demandeur :
- Celui du domicile du défendeur en et l’absence de domicile celui
de sa résidence
- Celui dans le ressort duquel la promesse a été faite et la
marchandise a été ou devait être livrée
- Celui dans le ressort duquel le paiement a été ou devait être
effectué.
Le dernier alinéa de l’article 13 énonce in fine qu’en matière
commerciale, sont également applicable les dispositions des alinéa 2,
3, 4 de l’article 12 du CPC.
6- En matière de procédure collective
La juridiction compétente est le tribunal du domicile du débiteur
défaillant.

7- En matière de société
Tant que la société existe, l’instance est portée soit devant le tribunal
du siège social ou d’une succursale, soit devant celui du domicile ou de
la résidence de son représentant.
8- En matière fiscale
Le tribunal compétent est celui du lieu de l’établissement de l’impôt.
9- En matière administrative
Aux termes de l’article 15 du CPC, le tribunal compétent est :
- Celui du lieu d’affectation de l’agent pour tout litige d’ordre
individuel intéressant les fonctionnaires ou les agents au service de
l’État ou d’une collectivité publique;
- Celui dans le ressort duquel se trouvent les immeubles litigieux pour
les litiges relatifs aux déclarations d’utilité publique, aux domaines
publics et aux affectations d’immeubles;
- Celui du lieu d’exécution des marchés, contrats ou concessions pour
les litiges relatifs à cette exécution;
- Celui du lieu où le fait générateur du dommage s’est produit en
matière de dommages résultant d’une cause autre que la
méconnaissance d’un contrat;
- Dans tous les autres cas, celui dans le ressort duquel l’autorité qui a
pris la décision attaquée ou a signé le contrat litigieux à son siège.

10) En matière sociale


L’article 81.8 du code du Travail dispose que le tribunal compétent est
celui du lieu du travail. Toutefois, la loi précise que pour les litiges nés
de la résiliation du contrat de travail et nonobstant toute attribution
conventionnelle de juridiction, le travailleur a le choix entre le tribunal
de sa résidence et celui du lieu du travail.
Pour en finir avec les règles de compétence territoriale, il faut retenir
que la loi affirme le caractère d’ordre privé de celle-ci : il peut être
dérogé aux règles de compétence territoriale par convention express
ou tacite (la convention est réputée tacite dès lors que l’incompétence
du tribunal n’a pas été soulevé avant toute défense au fond).
Toutefois, la loi précise que les règles de compétence territoriale sont
d’ordre public en matière administrative ou lorsqu’une disposition
légale attribue compétence exclusive à une juridiction déterminée. En
revanche de compétence d’attribution sont d’ordre public et est nul
toute convention y dérogeant.

TITRE 3 : LES VOIX DE RECOURS

Les voix de recours constituent des moyens de remise en cause d’une


décision de justice. Il s’agit par leur canal, de conférer aux
justiciables, des garanties contre les risques d’erreur ou d’injustice qui
pourrait entacher une décision. Les voix de recours peuvent être classé
en deux groupes.

SECTION 1 : LES VOIX DE RECOURS ORDINAIRES


Elles sont toujours ouvertes sauf texte spéciale les excluant. Elles sont
généralement suspensives d’exécution. L’appel et l’opposition entre
dans cette catégorie.

PARAGRAPHE 1 : L’OPPOSITION
Il s’agit d’une voix de recours ordinaire de rétractation ayant pour but
de faire rétracter un jugement rendu par défaut. Elle permet à une
personne condamnée par défaut de solliciter de la juridiction qui a
statué la rétractation après débat contradictoire de la décision rendue.
Le délai d’opposition est de 15 jours et commence à courir à compter
de la signification de la décision. L’opposition est faite dans les formes
prévues pour la demande en justice devant la juridiction qui a rendu la
décision. Quant à ces effets, l’opposition en tant que voix de recours
ordinaire à un effet suspensif. Elle suspend l’exécution du jugement
(sauf exception en cas d’exécution provisoire). L’opposition a aussi un
effet dévolutif. Cela signifie que le litige se transporte dans ses
éléments de faits et de droit tel qu’il s’est présenté auparavant devant
le tribunal à nouveau saisi.

PARAGRAPHE 2 : L’APPEL
L’appel est une voie de recours ordinaire qui tend à faire reformer par
la cour d’appel, juridiction du second degré, donc hiérarchiquement
supérieure un jugement rendu par une juridiction du premier degré.
C’est l’expression du double degré de juridiction.

A/ LES CONDITIONS DE L’APPEL


1- Délai d’appel
Le délai normal ou délai de DC est d’un mois à compter de la
signification de la décision qui fait l’objet de l’appel.
2- Condition relative au jugement
Il doit s’agir de jugement en premier ressort (autrement dit, les
décisions en 1er et dernier ressort sont exclues, sont également exclus
les jugements avant dire droit (décision provisoire qui ordonne une
expertise ou une enquête)

B/ LES EFFETS DE L’APPEL


Comme l’opposition, l’affaire produit en principe un effet suspensif et
un effet dévolutif.

SECTION 2 : LES VOIES DE RECOURS EXTRAORDINAIRE


Les voix de recours extraordinaire ne sont ouvertes que dans les cas
spécifiés par la loi. Uniquement donc quand un texte le prévoit et dans
des cas limitativement déterminé. Elles ne sont pas en principe
suspensive d’exécution. Constituent les principales voies de recours
extraordinaire la tierce opposition, le recours en révision ou demande
en révision et le recours en cassation encore appelé pourvoi en
cassation.

PARAGRAPHE 1 : LES DIFFERENTES VOIES DE RECOURS


EXTRAORDIANIRE A L’EXCLUSION DU POURVOI EN CASSATION
1- La demande en interprétation en en rectification
Elles sont prévues respectivement par les articles 184 et 185 du CPC.
2- La tierce opposition
Les décisions de justice ont un effet relatif et de ce fait concernent en
principe les partis immédiatement engagés ou représentés. Par
conséquent les tiers ont cette possibilité, cette voie, pour limiter les
effets de la décision rendue à leur égard. L’article 187 du CPC dispose
à cet égard : «la tierce opposition est une voie de recours par laquelle
une personne, autre que les partis engagés dans l’instance, peut
attaquer une décision qui lui pose préjudice et demander à la
juridiction qui l’a rendu d’en supprimer les effets en ce qui la concerne
personnellement.
3- La demande en révision
Elle est faite dans des cas limitativement prévu à l’article 195 du CPC :
- Si la décision a été obtenue à la suite de manœuvre mensongère
ou dissimulation frauduleuse pratiquées par la partie gagnante et
découverte postérieurement à la décision.
- Si l’on a jugé sur pièce ou autre preuve reconnue ou déclarée
judiciairement fausse alors qu’elle constituait le motif principal
ou unique de ce jugement.
- Si, depuis le jugement et à une date certaine

4- Le règlement de juges
Selon l’article 215 nouveau du CPC, « le règlement de juge est la
décision par laquelle la cour de cassation ou le conseil d’état
détermine laquelle de plusieurs juridictions de son ordre doit connaître
une affaire »
5- La prise à partie
Selon l’article 217 du CPC : « la prise à partie est une procédure par
laquelle un plaideur peut ‘’dans les cas cités à l’article 218’’ agir en
responsabilité civile contre un magistrat en vue d’obtenir contre celui-
ci une condamnation à des dommages et intérêts »

PARAGRAPHE 2 : LE POURVOI EN CASSATION


C’est au terme de l’article 204 du CPC : « une voix de recours qui a
pour but d’obtenir l’annulation de la décision attaquée et de remettre
les parties en l’état où elle se trouvait auparavant »

A/ LES CAUSES D’OUVERTURE DU POURVOI EN CASSATION


Voie extraordinaire, les causes ou cas d’ouverture du pouvoir en
cassation sont limitativement énumérés par l’article 206 du CPC :
- Violation de la loi ou erreur dans l’application ou l’interprétation
de la loi
- Incompétence
- Excès de pouvoir
- Violation des formes légales prescrites à peine de nullité ou de
déchéance
- Contrariété de décision rendue entre les mêmes parties
relativement aux mêmes objets et sur les mêmes moyens
- Défaut de base légale résultant de l’absence, de l’insuffisance,
de l’obscurité ou de la contrariété des motifs
- Omission de statuer
- Prononciation sur chose non demandée ou attribution de chose
au-delà de ce qui a été demandé.

B/ LES CONDITIONS DU POUVOIR EN CASSATION


1- Les conditions relatives au délai
Le pourvoi, en ce qui concerne le délai de son exercice, doit être
formé au plus tard un mois après la signification de la décision en
dernier ressort qui fait l’objet du pourvoi.
2- Les conditions relatives à la décision attaquée
Il s’agit des décisions de dernier ressort. Ainsi de manière générale, ce
sont les décisions d’appel qui sont concernées mais
exceptionnellement, les décisions des tribunaux rendus en 1er et
dernier ressort pour les petits litiges ; le sont également.

C/LES EFFETS DU POURVOI EN CASSATION


1- Absence d’effet suspensif
Les pourvois en cassation n’ont pas d’effet suspensif sauf dans 3 cas :
- En matière d’état des personnes
- Quand il y a faux incident
- En matière d’immatriculation foncière et d’expropriation forcée

2- Absence d’effet dévolutif


Le pourvoi porte sur l’examen en droit de la décision attaquée : il ne
saurait donc avoir d’effet dévolutif