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GÉODÉSIE

Le nouveau réseau géodésique


national du Cameroun
Jean-Louis CARME

Cet article présente les travaux de réalisation du nouveau


MOTS-CLÉS
réseau géodésique national du Cameroun effectués
Cameroun, 2011, réseau
par la société FUGRO GEOID pendant l’année 2011.
géodésique national,
Après une description des principales phases GPS précis, ajustement
du projet, le texte présente les méthodes utilisées par moindres carrés,
lors du traitement des données. surface de correction
Sont ainsi passés en revue la mise en référence altimétrique, modèle
et le calcul des 25 points du réseau de premier ordre de géoïde régional
par rapport au Core Network de l’International GNSS Service (IGS), le calcul
et l’ajustement par blocs des 510 points du réseau de second ordre, et enfin
la détermination d’une nouvelle surface de correction altimétrique (CGM11:
Cameroon Geoid Model 2011) par adaptation du modèle global EGM2008 sur un
réseau de 130 points GPS nivelés répartis sur l’ensemble du territoire. La grille
Figure 1. Situation du Cameroun
CGM11 permettra à l’avenir de calculer les altitudes au-dessus du niveau moyen
de la mer dans le référentiel NGAC (Nivellement Général de l’Afrique Centrale,
utilisé au Cameroun) de points mesurés par GPS sur le territoire. Géographie
Même si, avec une superficie de
Projet 475 442 km2 et une population d’un peu
Le MINDAF a confié la réalisation de ce
A la fin de 2010, le Ministère des moins de 20 millions d’habitants, le
nouveau canevas géodésique à FUGRO
Domaines et des Affaires Foncières du Cameroun est un pays de taille
GEOID, société spécialisée en géodésie,
Cameroun (MINDAF) s’est engagé dans moyenne en Afrique, ses caractéris-
topographie, hydrographie, scanning
un vaste projet de réforme foncière et tiques physiques font de cette réalisa-
laser, cartographie LiDAR et géomoni-
de modernisation du Cadastre et se tion un projet de grande envergure.
toring, membre du groupe FUGRO, lea-
dote, à ce titre, d’un réseau géodésique
der mondial dans le domaine des géo- En effet, le pays est d’abord très étendu.
national de référence, matérialisé au
sciences. 1 240 km séparent la limite septentrio-
sol.
nale de la forêt équatoriale du bassin du
Pour superviser cette réalisation, le
Jusqu’alors, les informations cadas- Congo au sud et le lac Tchad en bordure
MINDAF a mandaté IGN France
trales, domaniales, patrimoniales et fon- du Sahara au nord. D’est en ouest, son
International.
cières du Cameroun étaient collectées étendue maximale est de 850 km entre la
sur la base de multiples systèmes plus rivière Sangha à la frontière avec le
ou moins cohérents au niveau national. Spécifications Congo et la Centrafrique et la péninsule
Le livre foncier du pays pouvait donc de Bakassi à la frontière du Nigeria.
s’en trouver mis en cause. Pour la popu- Le nouveau réseau géodésique devait Ainsi, un projet qui prévoit que chaque
lation, un cadastre national est un outil être constitué de 25 bornes de 1er ordre fraction du territoire soit équipée d’une
qui permettra de mettre fin aux nom- espacées tous les 200 km, encadrées borne géodésique nécessite d’avoir à
breux conflits fonciers. chacune par 4 bornes auxiliaires, et de parcourir au final des distances considé-
500 bornes de 2nd ordre ou repères géo- rables.
Au-delà de cet objectif, ce réseau de
désiques scellés dans un affleurement
grande précision est destiné à être uti- Par ailleurs, le relief du Cameroun est
rocheux espacés tous les 20 à 30 km.
lisé pour appuyer les travaux de carto- compliqué, en particulier sur toute sa
graphie, la délimitation des frontières En outre, chacune des 370 communes partie occidentale. La dorsale camerou-
ou le développement d’infrastructures formant le territoire Camerounais naise, alignement de hauts plateaux et de
sur l’ensemble du territoire (routes, devait être pourvue d’au moins un montagnes constitué d’un bloc du socle
voies ferrées, lignes électriques, oléo- point géodésique, sans aucune consi- soulevé et recouvert d’épanchements
ducs...). dération de géométrie. basaltiques, traverse ainsi les régions q
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q sud-ouest (où le Mont Cameroun


culmine à 4095 m), nord-ouest et
Travaux préparatoires
Adamaoua, interrompu au nord par l’ef- Cette phase a consisté en l’élaboration
fondrement que constitue le bassin de la d’un avant-projet de pré-localisation des
Benoué. A l’extrême nord, on trouve sites candidats, des accès possibles
encore les monts Mandara avant la ainsi que des repères de nivellement
grande plaine inondable du bassin du disponibles a priori. Ont également été
Logoné. Bien que moins accidentés, les rédigés le plan de réalisation et de
plateaux vallonnés des régions Centre et contrôle et les procédures d’exécution
Sud sont traversés par de nombreux des différentes phases du projet.
cours d’eau.
Une première ébauche d’avant-projet a
Figure 4. Séminaire de travail
Enfin, ce contexte géographique diffi- été établie en fonction de considérations
cile est rendu particulièrement contrai- géométriques et des accès a priori. Cet
A l’issue de cette étude 555 sites ont
gnant du fait que de nombreuses pistes avant-projet a ensuite été affiné au cours
ainsi été présélectionnés.
ne sont réellement praticables qu’en d’ateliers de travail et de réunions de
dehors de la saison des pluies, dont les concertation avec l’ensemble des res-
dates varient, selon les régions, entre ponsables régionaux et départementaux Reconnaissance
mars et octobre. Ainsi, à l’extrême nord, des services du Cadastre afin de mettre
sur le terrain
la mousson africaine dure 2 mois tandis à jour la liste de l’ensemble des com-
que sur le littoral et les montagnes et munes avec leur nom officiel et leur Cette opération stratégique avait plu-
plateaux de l’ouest, les pluies tombent situation exacte ainsi que de tous les vil- sieurs objectifs :
régulièrement pendant 8 mois entre lages importants et lieux-dits judicieuse- - valider, modifier ou annuler le choix
mars et octobre. ment situés. des différentes localités présélection-

Figure 2. Lac Tchad Figure 3. Monts Mandara

Figure 5. Rivière de l’Adamaoua Figure 6. Piste dans le Centre

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nées ainsi que le type de point (1er ou Le schéma des bornes de référence est
2e ordre), le cas échéant rajouter des présenté en figure 7. L’alignement du
sites supplémentaires ; repère en laiton à travers la plaque d’alu-
minium sommitale au-dessus du repère
- préciser l’emplacement exact des
souterrain a été réalisé grâce à la mise en
points ainsi que le type de matérialisa-
place de 2 paires de chaises (gabarit)
tion (bornes de 1er ou 2e ordre, repère
reliées par des cordeaux dont l’intersec-
géodésique scellé). En plus des critères
tion était rigoureusement alignée à la
de sélection classiques (pérennité du
verticale du repère souterrain au moyen
site, de préférence sur le domaine
d’un fil à plomb. Les 4 bornes auxiliaires
public, stabilité du sol, absence de
en béton encadrent le point.
masques GPS), la préférence était don- Figure 7. Schéma des bornes de 1er ordre
née aux sites situés à proximité d’un Enfin, autour de toutes les bornes (1er et
été identifiés sur le terrain, dont seule-
repère de nivellement ; 2e ordres) a été mise en place une clôture
ment 30 situés à proximité d’un site
métallique de protection sur laquelle est
- reconnaître les différents itinéraires d’implantation (moins de 1 km).
fixée une plaque d’information mention-
d’accès aux sites et notamment leur
nant le statut officiel du site.
praticabilité avec un camion et un pic-
kup 4 x 4 selon les saisons (état géné- Matérialisation Les opérations de matérialisation se sont
ral, durées, vitesses moyennes des dif- déroulées de façon satisfaisante en dépit
Les 25 bornes de 1er ordre ont été
férents tronçons, passages de gués, de conditions souvent difficiles et qui ont
construites in situ par trois équipes
ponts submersibles, zones de bour- soumis les véhicules à rude épreuve
dédiées (conducteur de travaux,
biers ou ravinées, sections dégradées compte tenu du début de la petite saison
maçons et aides).
en dévers au-dessus de falaises, pas- des pluies en avance de plus de
sage de grumiers ou autres camions Les bornes de 2e ordre ont été confec- 3 semaines par rapport aux prévisions.
lourdement chargés en direction du tionnées sur des chantiers de préfabri-
Tchad, etc.) ainsi que les repères de cation situés dans chacune des dix Observations
nivellement des mailles situés sur ou à régions – la qualité du béton utilisé
proximité de ces itinéraires. étant ainsi validée en laboratoire par un La campagne d’observations a été
bureau d’études et de contrôles géo- conduite en plusieurs étapes :
La reconnaissance a été réalisée
techniques – puis transportées sur les - calibration et contrôle des instru-
conjointement par les équipes FUGRO
différents sites par trois équipes de ments en atelier (antennes GPS,
GEOID et les responsables régionaux et
transport (camions). Cinq à huit équipes nivelle sphérique et plomb optique
départementaux du cadastre.
de pose ont ensuite effectué la mise en des embases, adaptateurs à nivelle
Au final, 535 sites ont été implantés, dont place de 485 bornes. Une équipe spéci- torique) ;
25 pour le réseau de 1er ordre et 510 pour fique était chargée du percement et - préparation logistique et planification
celui de 2e ordre, les 10 sites surnumé- scellement des repères géodésiques des campagnes d’observations.
raires étant prévus pour compenser des 25 points matérialisés dans un - acquisition de données GPS sur les
l’abandon de sites qui se seraient avérés affleurement rocheux. 25 points géodésique de 1er ordre, les
inaccessibles pendant les phases de Un coordinateur et deux responsables 510 points géodésiques de 2e ordre et
matérialisation ou d’observations. Par équipés de pickups 4x4 ont encadré ces les 100 bornes auxiliaires, ainsi que les
ailleurs, 145 repères de nivellement ont équipes sur le terrain. 100 points GPS temporaires situés à q

Figure 8. Etapes de la construction des bornes de 1er ordre Figure 9. Borne de 2e ordre

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q proximité d’un repère de nivellement


et destinés au rattachement altimé-
trique du réseau.
- Nivellement direct des points géodé-
siques et points GPS temporaires
situés à proximité des 145 repères de
nivellement reconnus (cheminements
n’excédant pas 1 km).
- Renseignement des fiches d’observa-
tions.
- Collecte, contrôle, et archivage des
données acquises.
- Validation des observations au fur et à
mesure de l’acquisition.

Les réseaux de 1er et 2e ordres ont été


observés simultanément afin de mini-
miser les déplacements, toujours com-
pliqués, et respecter ainsi les délais
d’exécution.
Huit équipes équipées de récepteurs et
antennes GPS géodésiques identiques
(Trimble 5700 et Zephyr Geodetic) évo-
luaient simultanément selon un schéma
de déplacements établi à l’avance. Cinq
d’entre elles étaient également pourvues
d’un deuxième ensemble d’équipement
GPS, et quatre également d’un niveau
électronique (Trimble Dini). En outre, les
4 ensembles GPS utilisés pour l’observa-
tion des points de 1er ordre étaient égale-
ment équipés d’adaptateurs à nivelle
torique.

Le schéma d’observation a été scindé en


27 triangles principaux reliant les points
de 1er ordre, dans certains cas regroupés
deux par deux en quadrilatères (dans les
zones de moindre densité des points géo-
désiques de 2e ordre). Figure 10. Schéma du réseau : 27 triangles principaux reliant les 25 points de 1er ordre
Lors de chaque session d’observation, une zone d’étendue réduite. Ce schéma photographiée, le mètre-ruban étant
3 à 4 points de 1er ordre et 5 à 9 points atypique, tout en permettant de former maintenu allongé entre le repère et
de 2e ordre (ou bornes auxiliaires et des polygones avec des lignes de base l’encoche de mesure sur l’antenne,
points GPS temporaires) étaient obser- GPS plus équilibrées (car reliant des puis contrôlée indépendamment a
vés simultanément. La durée des ses- points toujours relativement éloignés posteriori.
sions d’observation des points de les uns des autres), a également permis La phase d’observation s’est déroulée
2e ordre était comprise entre 4 heures d’augmenter le nombre de sessions et sans problème majeur malgré un cas
(durée minimale spécifiée) et 12 heures. ainsi fortement contribué au respect de paludisme ayant nécessité un rapa-
La durée des sessions d’observations des délais. triement sanitaire et un grand nombre
des points de 1er ordre a varié entre d’imprévus liés aux déplacements :
Les nivellements ont été intégrés aux
72 heures (durée minimale spécifiée) et effondrement du pont sur la piste prin-
déplacements des équipes et effectués
12 jours en fonction du nombre de cipale entre Banyo et Tibati pendant la
dans les règles de l’art.
triangles principaux auxquels apparte- phase d’observation GPS (évènement
naient les points. Les observations ont fait l’objet de pro- ayant entraîné un détour de plus de
A l’intérieur de chaque triangle principal cédures de contrôle spécifiques afin 400 km des équipes), grumier accidenté
(ou quadrilatère principal), les 4 ou que toute erreur puisse être détectée couché en travers de la piste entre
5 équipes évoluant sur les points de et corrigée. Ainsi, par exemple, chaque Sangmelima et Mintom II, panne du
2e ordre se voyaient attribuer chacune mesure de hauteur d’antenne a été bac entre Lomié et Mintom II...

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Géoréférencement Cameroun est le Nivellement Général Nous avons permis un contrôle des
d’Afrique Centrale (NGAC), dont le orbites en incluant les observations de
Référentiel géodésique
marégraphe de référence se situe à 12 stations permanentes IGS réparties
Le calcul du réseau géodésique natio-
Pointe Noire au Congo, et auquel est le plus régulièrement possible sur la
nal du Cameroun a été effectué dans le
associé un système d’altitudes ortho- plaque Africaine pour 8 d’entre elles
référentiel géodésique ITRF 2008
métriques. (ADIS, MAS1, NKLG, NOT1, RABT,
Epoque 2011.5, correspondant presque
RAMO, SUTH, WIND) et la sous-plaque
exactement au milieu de la période
Somalienne (dont les paramètres de
d’observation (2011.503). Traitement de données rotation ne sont pas très différents)
L’ITRF 2008 correspond à la dernière pour 4 d’entre elles (HARB, MALL,
Mise en référence et calcul
réalisation de l’ITRS et, par conséquent, MBAR, NURK).
du réseau de 1er ordre
s’est imposé comme le référentiel le
Problématique Cette première étape a fourni un réseau
plus approprié.
La précision de mise en référence d’un flottant de grande précision (c’est-à-dire
Le choix de l’Epoque 2011.5 permet de réseau de points GPS est d’autant plus avant la mise en référence) dans la
s’affranchir des systématismes liés à élevée que le maillage constituant les mesure où les stations IGS utilisées per-
une modélisation imparfaite des stations fiducielles de référence est mettent d’augmenter la redondance du
vitesses des points du réseau géodé- dense et équilibré. A contrario, des sta- réseau d’observations avec des lignes
sique du Cameroun. En effet, les tions de référence mal réparties au plan de base supplémentaires dans toutes
modèles de vitesse disponibles (NNR- géométrique peuvent entraîner des les directions à l’extérieur du réseau de
Nuvel-1a, ITRF2008 et précédents) sont, erreurs non négligeables. référence du Cameroun).
selon toute vraisemblance, relativement Pour éviter d’introduire un systéma-
Dans la seconde étape, nous avons uti-
imprécis au Cameroun compte tenu à la tisme lié à un déséquilibre des stations
lisé ces solutions journalières faible-
fois du nombre réduit de stations per- de rattachement et donc optimiser la
ment contraintes et leurs matrices de
manentes sur la plaque Africaine et la mise en référence dans l’ITRF2008,
covariance comme quasi-observations
sous-plaque Somalienne et de leur l’IGS (International GNSS Service) a
que nous avons combinées via un filtre
répartition déséquilibrée. En particulier, défini un sous-réseau fondamental de
de Kalman dans GLOBK pour détermi-
l’hypothèse de rigidité de la plaque dans l’IGS08 (Core Network, Rebischung et
ner un jeu de coordonnées des 37 sta-
cette zone ne peut être établie, notam- al, 2011).
tions de ce réseau avec une grande pré-
ment compte tenu de l’existence de la
Méthode cision relative. La mise en référence
Dorsale Volcanique du Cameroun. En
La mise en référence du réseau de dans l’ITRF du réseau découle directe-
tout état de cause, les modèles existants
1er ordre a été réalisée à l’aide de la ment de l’intégration des 12 stations
ne peuvent pas être validés pour l’ins-
suite logicielle de calcul de précision IGS sélectionnées.
tant en l’absence de stations perma-
GAMIT-GLOBK, développée conjoin-
nentes dans la région. Ces deux premières étapes ont été
tement par le MIT (Massachusetts
réitérées en utilisant les coordonnées
Au contraire des points du réseau, les Institute ofTechnology), le CfA (Harvard
calculées lors de ce premier calcul
vitesses des stations IGS permanentes Smithsonian Center for Astrophysics)
(postfit coordinates) comme données
sont parfaitement connues puisqu’elles et le SIO (Scripps Institution of Oceano-
d’entrée (a priori coordinates) d’un
ont été calculées à partir de longues graphy).
second calcul GAMIT-GLOBK. Ce
séries temporelles (excédant toujours
Nous avons fait le choix d’effectuer un second calcul a fourni une solution
2½ ans). En outre, elles peuvent être
calcul global des 25 points dans le régionale très précise mais affectée par
validées pendant la période de mesure
réseau de l’IGS selon une approche en la géométrie particulière des stations
grâce aux solutions quotidiennes et
trois étapes : IGS présentes sur la plaque Africaine et
hebdomadaires (fichiers SINEX) calcu-
la sous-plaque Somalienne.
lées par les principaux centres de calcul Dans la première étape, nous avons uti-
(COD, MIT, SIO…). lisé les doubles-différences de phase Lors de la troisième étape, nous avons
des observations journalières pour esti- combiné les quasi-observations jour-
Le choix de l’Epoque 2011.5 est donc
mer les coordonnées des points obser- nalières de notre solution régionale
apparu comme le plus pertinent dans
vés, le délai zénithal atmosphérique de avec les quasi-observations de la solu-
l’hypothèse où un nouveau modèle de
chaque station toutes les deux heures, tion globale issue de données de phase
vitesse verrait le jour dans les années à
les paramètres d’orbites (dérivés des de 80 stations IGS fournies par le
venir, les coordonnées publiées des
orbites précises finales calculées par les Geodesy and Geodynamics Group du
points du réseau géodésique du
différents centres de calcul IGS, SIO, Department of Earth, atmospheric and
Cameroun n’étant alors pas biaisées
MIT) et les paramètres d’orientation de Planetary Science du MIT pour s’affran-
par l’application d’un modèle imprécis
la Terre (dérivés du mouvement polaire chir des systématismes liés à la géo-
devenu obsolète.
et de la différence UT1-UTC fournis par métrie particulière de la solution régio-
Référentiel altimétrique l’IERS) en appliquant de faibles contrain- nale compte tenu de l’objectif de mise
Le référentiel altimétrique utilisé au tes de départ à l’ensemble des paramètres. en référence au mieux dans l’ITRF 2008 q
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Table 1. Résultat de l’adaptation GlobK-Glorg

La table 1 présente les paramètres de la


similitude spatiale appliquée aux obser-
vations. L’EMQ a posteriori de cet ajus-
tement final (2,5 mm) et les valeurs des
résidus sur les stations IGS (inférieures
à 12 mm) ont démontré la cohérence du
réseau de rattachement.

L’examen de ces incertitudes permet de


confirmer la précision légèrement
moindre des points situés à la périphé-
rie du réseau par rapport à celle des
points situés au centre (Mbe, Tibati,
Yoko, Yaoundé, Abong-Mbang).

La composition quadratique des préci-


sions calculées, de la précision de
l’adaptation globale et du systéma-
Figure 11. Schéma partiel du réseau de rattachement à l’IGS
tisme du réseau global IGS par rapport
q (et non, par exemple, d’un sous- rence afin d’analyser leur répétabilité. à l’ITRF 2008 permet d’estimer une
ensemble particulier, comme ça aurait Les EMQ obtenues sont inférieures à exactitude moyenne à 2-σ des points de
été le cas pour mesurer des déforma- 4,6 mm en planimétrie et 8,6 mm en référence dans le référentiel ITRF
tions locales en géophysique). hauteur, ce qui est acceptable étant Epoque 2011,5 de 6,2 mm en planimé-
Nous avons appliqué de fortes contraintes donné les conditions d’acquisition trie et 13,1 mm en hauteur.
sur les 80 stations IGS de notre réseau de (mise en station sur un trépied lesté,
Ces valeurs sont satisfaisantes et
stabilisation et relâché les contraintes sur sessions perturbées par des pluies tro-
conformes à ce que l’on pouvait
les satellites GPS ainsi que sur les para- picales, période caractérisée par plu-
attendre compte tenu des conditions
mètres d’orientation de la terre. Les coor- sieurs éruptions solaires).
citées plus haut et de la situation géo-
données finales des points du réseau ont
graphique du réseau.
été déterminées en calculant une simili-
tude spatiale à 6 paramètres – 3 transla-
tions et 3 rotations, mais pas de facteur
d’échelle (voir à ce sujet Dong et al, 1998) Calcul et ajustement du réseau
– qui minimise les écarts entre les posi- de 2e ordre
tions des stations IGS issues de notre
Méthode
solution et leurs homologues fournies par
Le calcul des vecteurs GPS reliant ces
le centre de calcul ITRF.
points entre eux et aux points de
Cette solution finale a été calculée en 1er ordre a été effectué au moyen de
4 itérations à partir des 58 stations IGS deux logiciels distincts afin d’avoir deux
les plus cohérentes entre elles, dont solutions de calcul pour chacune des
7 communes avec notre solution régio- lignes de base retenues.
nale (MAS1, MBAR, NKLG, NOT1,
Le calcul principal a été effectué avec le
RAMO, SUTH, WIND).
logiciel TTC (TrimbleTotal Control), tan-
Résultats dis que le calcul de contrôle était réalisé
Nous avons généré les séries tempo- avec l’un des trois logiciels TGO
relles de toutes les solutions journa- Figure 12. Exemple de série temporelle sur (Trimble Geomatics Office), LGO (Leica
lières calculées avec le module GLRED le point de Kette (9 jours) en Nord, Est et Geomatics Office) ou TBC (Trimble
de GLOBK pour les 25 points de réfé- Hauteur. L’échelle verticale est de 10 mm. Business Center).

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La sélection des lignes de base GPS rete- Est et Nord, 5 mm et 15 mm en hauteur et al. 1996) ont montré qu’un modèle
nues a été opérée de telle sorte que : ellipsoïdale. de surface altimétrique pertinent
- Les vecteurs soient les plus courts consistait à utiliser un modèle de
possibles. géoïde gravimétrique déterminé au
- Les cheminements constitués des vec- Surface de référence cours d’une première étape pour effec-
teurs reliant les points de base soient altimétrique tuer une interpolation entre les points
des polygones fermés reliant tous les GPS nivelés.
Problématique
points de référence de la session en Dans cette hypothèse, la détermination
Le cahier des charges prévoyait que les
deux ou trois boucles. du modèle de géoïde requis résulte
points du nouveau réseau géodésique
- La géométrie des polygones ainsi for- donc de deux éléments :
national soient rattachés par nivelle-
més soit la plus équilibrée possible par - L’élaboration d’un modèle de géoïde
ment géométrique à des repères de
rapport au triangle principal (ou au gravimétrique ou la sélection d’un
nivellement du NGAC situés à proxi-
quadrilatère) formé des points de modèle parmi les grilles existantes.
mité. En pratique, la distance maximale
1er ordre. - Le choix d’une méthodologie d’adap-
de 1 km avait été retenue. Cependant,
- Les critères statistiques de qualité GPS tation du modèle retenu à la réalisa-
étant donnés le déséquilibre de la géo-
et les différences entre les deux logi- tion du référentiel NGAC que consti-
métrie des mailles de nivellement, le
ciels utilisés soient satisfaisants. tuent les points GPS nivelés.
grand nombre prévisible de repères
- Le nombre de vecteurs retenus pour
détruits (nivellement effectué par l’IGN Le terme géoïde ne doit pas ici être pris
chaque session soit limité par la règle
français au début des années 1950) et dans son acception rigoureuse. Ainsi, la
d’indépendance (vecteurs non triviaux).
les contraintes sur la position des points surface de correction calculée ne cor-
Au terme de cette sélection, les lignes du réseau géodésique, ce nivellement rige pas nécessairement le modèle de
de base retenues étaient validées au ne pouvait être réalisé que pour un petit géoïde gravimétrique dans le sens
moyen d’un calcul de fermeture de nombre de ces points. d’une plus grande précision mais plutôt
boucles (vecteurs rigoureusement indé- pour le faire correspondre au mieux
Aussi avait-il été prévu que les altitudes
pendants). avec la réalisation du NGAC sur le
orthométriques des points du nouveau
Enfin, les lignes de base validées ont territoire camerounais, considérée
réseau géodésique soient déterminées
été ajustées par moindres carrés sur les comme suffisamment fiable.
à partir de leurs hauteurs ellipsoïdales
vingt-cinq (25) points de référence au
et des ondulations d’un modèle de Modèles de géoïde existants
moyen du logiciel GEOLAB, développé
géoïde homogène avec le référentiel Au Cameroun, deux modèles de géoïde
par BWI (Bitwise Ideas).
NGAC. La modélisation d’une telle sur- gravimétrique utilisables a priori ont été
Cet ajustement a été réalisé par tri- face de correction altimétrique présen- identifiés : CGM2005 (Cameroon Geoid
angles (ou quadrilatères) en contrai- tait également l’avantage d’éliminer les Model 2005) et EGM2008 (Earth
gnant les points géodésiques de erreurs liées à une possible altitude Gravitational Model 2008).
1er ordre à leurs coordonnées calculées erronée de certains repères de nivelle-
Le modèle AGP2003 (African Geoid
précédemment dans le référentiel ment compte tenu de leur âge (près de
Project 2003), ou sa révision de 2006, a
ITRF2008 Epoque 2011.5. 60 ans).
été estimé redondant avec CGM05.
L’analyse des résidus de ces ajuste- Pour améliorer la modélisation de cette
ments contraints a fourni un dernier surface, nous avons intégré au réseau CGM05
contrôle du calcul. 115 points GPS temporaires situés à Le modèle CGM05 a été développé en
proximité d’un repère de nivellement, 2005 au sein du LAREG (Laboratoire de
Résultats
portant ainsi à 145 le nombre de points Recherche en Géodésie de l’IGN) par
Les résultats des ajustements par
GPS nivelés. J. Kamguia, chargé de recherche à
moindres carrés des différents sous-
l’INC. L’étude de l’article de synthèse de
réseaux ont été validés en examinant Méthode
ces travaux (Kamguia et al, 2007) per-
les paramètres suivants : De nombreux auteurs (Doerflinger,
met de pointer un certain nombre d’élé-
- Le facteur de Variance et le résultat du 1997, Nocquet et al. 2000) ont montré
ments susceptibles de remettre en
test du Chi carré (Χ2). qu’un géoïde géométrique (déterminé
cause le choix de cette grille comme
- Les valeurs des résidus normalisés de à partir de seuls points GPS nivelés) ne
modèle gravimétrique de référence :
l’ajustement ainsi que leurs valeurs permettait pas de rendre les anomalies
- Le modèle global EGM96 utilisé en
absolues. de courte et moyenne longueurs
référence (même s’il a été en partie
d’onde du géoïde. L’utilisation de don-
Les appoints sont restés millimétriques combiné avec GGM02C) a une préci-
nées complémentaires (modèle de
à centimétriques, les valeurs absolues sion annoncée très inférieure à celle de
champ global, mesures gravimé-
les plus élevées n’excédant pas 5 cm, l’EGM08. En outre, il semble qu’il
triques, modèle numérique de terrain)
toujours sur la composante XG (proche modélise mal les variations de gravité
est fortement recommandée.
de la verticale). Au final, les incertitudes sur le continent Africain (Mery, 2003).
finales des coordonnées des points de Une approche en deux étapes est sou- - Le MNT GLOBE utilisé pour déterminer
2e ordre varient entre 4 mm et 12 mm en vent proposée. Certains auteurs (Jiang les anomalies de petite longueur q
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q d’onde est, semble-t-il, peu représen-


tatif de la topographie sur ce continent
données de gravité n’étaient pas dans
le domaine public (proprietary data). La
(Mery, 2003). L’auteur lui-même procédure de remplissage utilise les
recommande que le CGM05 soit recal- anomalies de gravité de Bouguer, et
culé en utilisant les données de SRTM reconstitue les anomalies à l’air libre en
(Shuttle Radar Topography Mission, utilisant les altitudes du MNT mondial
2001). DTM2006, principalement issu de la
- Plus problématique, la validation du mission SRTM. Aussi, la précision pro-
modèle CGM05 a été effectuée en uti- bable d’EGM08 au Cameroun est-elle
lisant un réseau de 87 points GPS sans doute plus proche des 18,3 cm
nivelés tous situés dans la seule zone annoncés par Pavlis.
de Douala.
Validation des points GPS
Même si l’écart-type des différences a nivelés retenus
été jugé encourageant (11 cm après Sur la carte des ondulations du modèle
adaptation), il nous a semblé que la sur- EGM08 (dont la précision est connue),
face réduite de la zone de test en atté- nous avons fait apparaître les
nuait fortement la portée. D’ailleurs, la 145 points GPS nivelés avec les écarts
méthode d’adaptation choisie n’était bruts entre leur ondulation EGM08 et
effectivement réellement applicable leur ondulation GPS nivelé. Table 2. Extrait du tableau de
que sur une petite surface. La carte a fait apparaître une bonne comparaison entre CGM05 et EGM08
homogénéité des écarts entre les deux
EGM2008 L’analyse fait clairement apparaître la
types d’ondulation dans les différentes
EGM2008 (ou EGM08, Earth moins bonne cohérence du modèle
zones malgré quelques couples de
Gravitational Model 2008) est un CGM05. L’écart-type excède 55 cm,
points proches avec des écarts légère-
modèle du potentiel de gravité déve- donc très au-delà de la précision annon-
ment différents. 15 points aberrants ont
loppé par l’US National Spatial cée (11 cm) au vu de comparaisons
été éliminés. L’un des points (écart de
Intelligence Agency en combinant par effectuées sur la seule zone autour de
46 cm) a donné lieu à une étude plus
moindres carrés le modèle global ITG- Douala. Nous fournissons dans la table
fine, mais a finalement été conservé
GRACE03S avec les données de gravité 2 un extrait de cette comparaison.
car situé au centre d’une zone d’ano-
d’une grille mondiale de pas 5’. Cette
malies cohérentes (21, 25, 26, et 33 cm Nous avons donc sélectionné le modèle
grille a été obtenue en fusionnant les
au nord, 14, 19, 24 cm au sud), dans géopotentiel EGM08 et abandonné le
données de gravimétrie terrestre, aéro-
une zone d’affleurement du socle (pla- modèle CGM05.
portée et dérivée de mesures d’altimé-
teau de l’Adamaoua), et associé à un
trie. Choix d’une méthodologie
repère de nivellement proche fixé sur
d’adaptation
Par rapport à EGM96 auquel il succède, le mur d’un bâtiment administratif en
Trois méthodologies au moins pou-
EGM08 représente une amélioration parfait état.
vaient être envisagées a priori : kri-
d’un facteur 6 en résolution, et 3 à 6 en Au final, 130 points GPS nivelés ont
geage ordinaire (KO), collocation par
précision en fonction des régions. ainsi été retenus.
moindres carrés (CMC) ou cokrigeage.
Fourni avec une résolution d’environ
Choix du modèle de géoïde
9 km et une précision mondiale annon- Dans les deux premières méthodes, les
gravimétrique
cée de 15 cm à 1-σ (18.3 cm d’après quasi-observations qui doivent être
Pour effectuer ce choix, nous avons
Pavlis et al., 2008), le modèle de gravité modélisées sont en fait les différences
comparé les différences entre les ondu-
EGM08 est le modèle global le plus uti- d’ondulations géoïdales (entre EGM08
lations des modèles EGM08 et GPS
lisé en 2011. Il a été validé dans de nom- et GPS nivelé). Le modèle interpolé doit
nivelé corrigées de la moyenne de leurs
breux pays au moyen de réseaux de ensuite être ajouté à la grille EGM08.
écarts respectifs (systématisme) avec
points GPS nivelés. Dans les zones où Lorsque CMC est utilisée, EGM08 doit
les différences entre les ondulations
les données de gravité étaient de très d’abord être transformé en enlevant les
des modèles CGM05 et GPS nivelé là
bonne qualité, cette précision atteint 5 à éventuels systématismes et tendance
encore corrigées de la moyenne de
10 cm (après avoir supprimé systéma- entre les deux jeux de données de sorte
leurs écarts respectifs (systématisme).
tisme et tendance linéaire), ce qui lui que l’hypothèse de moyenne nulle
Cette analyse a clairement fait appa-
confère un statut comparable à celui de nécessaire à l’application de la
raître la cohérence entre le GPS nivelé
certains modèles de géoïde régionaux méthode soit respectée.
et l’EGM08, avec une répartition nor-
actuels.
male des écarts. L’écart-type est de Dans la troisième méthode, le modèle
Cependant, d’après Pavlis, le Cameroun 18 cm et confirme donc la précision principal est constitué des ondulations
fait partie des zones dans lesquelles les annoncée du modèle. On peut égale- géoïdales des points GPS nivelés et le
anomalies de gravité sont issues de ment noter que tous les écarts sont infé- modèle secondaire les ondulations
’’remplissage’’ (fill-in) parce que les rieurs à 3.5 fois l’écart-type. géoïdales de EGM08.

e
44 Revue XYZ • N° 131 – 2 trimestre 2012
Après avoir testé les différentes possibi- Les altitudes orthométriques NGAC de réseau entre la solution CGM11 finale et
lités, le modèle interpolé des écarts l’ensemble des points du réseau ont l’application du seul modèle EGM08
d’ondulations entre les géoïdes gravi- ensuite été calculées par soustraction des (écarts en petits caractères). L’examen
métrique et géométrique optimal a été ondulations de la grille CGM11 des hau- de la répartition géospatiale de ces
obtenu par krigeage ordinaire appliqué teurs ellipsoïdales (ITRF2008 Epoque écarts a permis de valider la nouvelle
avec une fenêtre glissante et lissé au 2011.5, ellipsoïde GRS-80) de ces points. grille CGM11.
moyen d’une fonction multiquadratique La carte présentée figure 13 montre à la
Cette carte permet de mesurer l’in-
inverse. Cette grille a ensuite été som- fois les écarts (en grands caractères) sur
fluence des points GPS nivelés. La grille
mée à la grille EGM2008 pour fournir la les 130 points GPS nivelés entre les
CGM11 semble acceptable dans toutes
surface de correction altimétrique ondulations issues du GPS nivelé et les
les zones. Les zones les plus incertaines
CGM11 (Cameroon Geoid Model 2011). ondulations EGM08, les courbes de
sont certainement le bassin du Faro
Cette analyse a été effectuée avec le niveau de la surface obtenue par kri-
dans l’Ouest des régions Adamaoua et
logiciel ArcGIS – Geospatial / geage ordinaire lissé de ces écarts, et
Nord et toute la partie orientale de la
Geostatistical Analyst (ESRI). enfin les écarts sur les 535 points du
région Nord. Signalons que cette
bande, située à la frontière des régions
Adamaoua et Nord n’est correctement
pourvue en repères de nivellement
qu’en son centre.

Les solutions obtenues par CMC et cokri-


geage se sont avérées nettement infé-
rieures. Ce résultat ne remet pas forcé-
ment en cause le bien-fondé de ces deux
méthodes mais plutôt les paramètres uti-
lisés dont la plupart procèdent d’une ana-
lyse empirique de la structure géospa-
tiale des données. En effet, il est apparu
que la difficulté de cette interpolation
était due à la très grande hétérogénéité
de la répartition des points GPS nivelés
avec une absence totale de points dans
un certain nombre de zones.

La précision de la nouvelle grille CGM11


est estimée entre 10 et 20 cm selon les
zones, en fonction de la densité des
points GPS nivelés et de la pente locale
du géoïde. Cette grille pourrait cependant
être améliorée avec une campagne de
nivellement et gravimétrie.

Conclusion
Le nouveau réseau géodésique du
Cameroun a été réalisé avec des spéci-
fications qui sont allées au-delà du
cahier des charges et dans les délais, de
janvier à décembre 2011.
25 bornes de 1er ordre et 510 bornes et
repères scellés de 2e ordre ont été établis
à travers le territoire. Les coordonnées
planimétriques de ces points ont été
déterminées dans un référentiel homo-
gène avec l’ITRS, et leurs altitudes dans
le référentiel NGAC en vigueur.
Par ailleurs, une nouvelle grille de cor-
Figure 13. Surface d’interpolation des différences d’ondulations entre EGM08 et Points rection altimétrique utilisable pour
GPS nivelés déterminer des altitudes au-dessus du q
Revue XYZ • N° 131 – 2e trimestre 2012 45
GÉODÉSIE

eastern pyrenees (France), International IGN France – Service de la Géodésie et du


q niveau moyen de la mer dans le réfé-
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Verlag, 1997. Kamguia J, Tabod CT, Nouayou R, Tadjou
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détermination précise des altitudes relatives
Directeur technique de FUGRO GEOID Research, Vol. 4, Nb. 2, 2007
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reference manual, release 10.4, December 2010
RGF93-IGN69, Conseil National de
l’Information Géographique, Groupe de
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et dynamique, Février 2000
Pavlis NK, Holmes SA, Kenyon SC, Factor JK
(2008) An Earth Gravitational Model to
Degree 2160: EGM2008, EGU General
Assembly 2008, Vienna, Austria, April
(*) On peut noter que cette thèse a été
réalisée dans le cadre d’un contrat de
collaboration entre le laboratoire de
Géophysique et Tectonique UMR5573
(CNRS et Université de Montpellier II) et
la société FUGRO GEOID.

ABSTRACT
This paper presents the establishment
of the new Cameroon national
geodetic network carried out by
FUGRO GEOID during year 2011. After
a description of the project’s main
stages, the text focuses on the
methods implemented for data
processing.
So, we examine the processing and
geodetic referencing of the 25 First
Order network points with respect to the
International GNSS Service (IGS) Core
Network, the processing and piece-wise
least squares adjustment of the 510
Second Order network points, and finally
the determination of a new height
correction surface (CGM11: Cameroon
Geoid Model 2011), developed by fitting
of the EGM2008 global model to a
network of 130 GPS levelled point
distributed through the whole territory.
In the future, the CGM11 grid will allow
deriving heights above Mean Sea Level
in the NGAC height datum (Nivellement
Général de l’Afrique Centrale, used in
Cameroon) from GPS-measured points
within the territory.
Figure 14. Modèle de géoïde CGM11 (surface de correction altimétrique vers NGAC)

e
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