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DICTIONNAIRE HISTORIQUE

DE LA
LANGUE FRANÇAISE

DICTICMNAIRES LE ROBERT - PAFUS


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0 1998, Dictionnaires LE ROBERT, pour la présente édition en petit format.
O 1992, Dictionnaires LE ROBERT, pour la première édition.
27, rue de la Glxière, 75013 PARIS.

ISBN 2-85036-532-7
ISBN 2-85036-564-5 (tmm 2)
Tome 2
E-Pr
F
FA n. m. représente Iv. 12231 la première syllabe conversation*, qui sigrdiait en latin chrétien ccba-
du latin famuli, au second vers de l’hymne de saint vardages, mensonges>. Apparu avec le sens de we-
Jean-Baptiste de Paul Diacre, syllabe retenue arbi- présentation imaginaire des fait+ (18301, devenu
trairement par Gui d’Arezzo (995-1050). archtique, il désigne l’organisation des faits qui
+ Le mot désigne le sixième degré de l’échelle mu- constitue la trame d’un rêve (1856) et une produc-
sicale (dans notre système, la quatrième des sept tion imagînake m XIX"~.). +FABULATEUR,
n0ted. TRICE adj. et n. entre dans la Langue 11541)
@ voir GAMME. avec le sens du latin fubulutor *auteur de récits,
conteur= et est aujourd’hui associé à fabulation ti
+% FABLE n. f. vient Cv.1155 par semi-emprunt1 XIX’ S.I.
du latin fubula dcit, proposm, d’où arécit mytholo- AFFABULATION n. f., emprunt au bas latin aRu-
gique, allégorique, conte, apologuen, du verbe fa72 ’ buluth Cv.5001 <~moralité d’une fable», composé de
aparlern, issu d’une racine indoeuropéenne “bhü- fuhluti ou de fubula, est attesté au sens du latin à
aénoncern (-+ faconde, fatal ; enfant). la Cn du XVIII~s. (1798, Académie), sens archtique.
4 Fable apparait au milieu du XII~s. au sens de arécit Le mot est repris au XIX’ s. en littérature 118531 pour
imaginaire, histoire» et d’4légation mensongèrem drame d’un récit, narration-, emploi didactique et
(1160). Le sens de apetit récit moralisant qui met en critiqué par les puristes, puis (xx” s.1en psychologie,
scène des animaux= est lui aussi ancien (1180). Ce d’après la valeur prise par fabulation Ici-dessus).
n’est qu’au début du XVII” s. que le mot désigne la +Le dérivé verbal de ce nom, AFFABULER v.tr.,
mythologie de l’antiquité païenne. s’emploie d’abord pour aorganiser (un récit, une
k Le diminutif FABLIAU n. m. est d’origine picarde narration)~, en littérature (1925, Gide). Il est repris
Ifin XII~s.1 et correspond à l’ancien fkançais (d’Île- en psychologie comme variante de fubuler
de-France) fablel, fableau; il désigne un genre, ce- (mil. XXeS.I.
lui du récit en octosyllabes, moral ou satirique, irn- FABULEUX, EUSE adj. est un emprunt (XIV” s.1 au
portmt aux XIIE~ et XIV~siècles. *Le dérivé FA- latin fabulosus “qui relève de la fable, du merveil-
BLIER n. m. ! 1729) - mot utilisé par d’Olivet, puis leuxn, dérivé de fabula. 0 L’adjectif conserve la va-
Voltaire à propos de La Fontaine - a d’abord dé- leur du latin; il s’applique (av. 1715, Fénelon) à ce
signé un producteur de fables, avant de s’appliquer qui paraît incroyable, sens devenu courant au
à un recueil de fables Il81 1). me siècle. Fabuleux est devenu aussi (xx” s.1un in-
FABULISTE n. m. traduit d’abord (15881 l’espagnol tensif, équivalent d’aexceptionnel, énormen et cor-
fubuhstu avec le sens de =Conteur de mensonges>; respondant à peu près à fomiduble”. +En dérive
chez La Fontaine, où il signifie <auteur de fables»
FABULEUSEMENT adv. 114881.
(16681, c’est un dérivé savant de fubulu. + FABU-
LER v, intr. est emprunté (xv” s.) au latin fabuluti
*parler, causern et Gnventer des fables, des his- FABRIQUER v. tr. est emprunté 1x11”s.) au la-
toires%, dérivé de fubulu; le verbe latin a abouti à tin classique fubtiure <faire (un objetIn, en bas latin
l’espagnol hublur C-t hâbler). 0 ll est introduit avec ~construire, bâtir» et 4ruquern (3 forger), de fuh-ica
ce second sens (xv” s., intr.; XI$ s., tr.). L’emploi di- «métier d’artisan}, <<action de travaillep>, ~Oeuvre
dactique (1892) pour «raconter des choses in- d’art)), ccateliep et spécialement en latin médiéval
croyables> SOLISl’innuence de fabulation, en psy- Nconstruction et entretien d’une églisem. Fubricu dé-
chologie, se répand au milieu du XX~siècle. rive de fuber *ouvrier qui travaille les corps durs}),
-FABULATION n. f. est emprunté au latin cks- sens général précisé par une épithète. Faber avait
sique fubulati (du supin de fubulari1 ~discours, abouti a fèwe 4orgeronm C-+orfèvrei et ne subsiste
FAÇADE 1384 DICTIONNAIRE HISTORLQUE

que dw le patronyme Fèwe ou Lef’èvre, en occitan çade & qqn (1881). Le mot a pris une acception tech-
Fabre, Faure. nique en matière d’assurance (mil. me s.l.
+ Rare avant le XVI~ s., fabr@uer appardt au sens
propre de tifaire (un objet)» et au sens figuré d’&la- +k FACE n. f, est issu IV. 11201 d’un latin popu-
borer de facon à trompern (fabriquer de fuu~ pa- laire “fa& flportrait», du latin classique facies
piersl. II prend le sens plus technique de 4rans- #forme, aspect générale jusqu’à l’époque impériale,
former des matières premières en objets puis spécialement wisagem ; fac& se rattache à fa-
manufacturésB probablement au milieu du me s. cere t+ faire).
(attesté 16901 et, à. partir du ~IX~ s., veut dire <faire + Le mot apparaît avec le sens de wisage»; il n’est
par des procédés lune œuvre qui devrait être conservé en ce sens que dans l’éloquence de la
créée)> (1828). Le sens général de *faire» explique chaire, pour parler de Dieu ou de Jésus-Christ
l’acception familière ((avoir une occupation) (18791. (XVII~s., la Suinte Face). Dans les emplois courants,
des dérivés FABRICATION n. f (1488) ~~FABRI- face est devenu un terme de raiHerie, par exemple
CANT, ANTE n. ( 16041 ont le sens technique du dans des locutions familières comme face de rat!,
verbe et s’emploient au figuré ; l’un comme l’autre fxe d’œuf! -La locution adverbiale face à face
s’appliquent à l’artisanat, avant de suivre Wolu- (1172-1174) a fourni FACE À FACE n. m. inv., asi-
tion de fabtique. Fabricant s’emploie surtout avec tuation de deux personnes l’une en face de l’autrep
un compl6ment pour ~manufacturie~~, puis Gndus- (18421, spécialement avec le développement de la
trie1 qui fabrique (un produitIn (1740). * FABRI- civilisation de l’image <<rencontre entre deux per-
CABLE adj. est d’usage technique (v. 1950) comme sonnages imporkntsa Iv. 19651. +Par figure, face
son dérivé FABRICABILITE n. f (~.iwo). +FABRI- désigne (1265) l’aspect sous lequel une chose se
COTER v, tr. (xx” s.), sufké d’après frkoter, est lit- présente; le mot s’emploie couramment pour par-
téraire et plaisant. +Le préfixé PRtiFABRI- ler de chacun des côtés d’une chose (1370- i3721,
QUÉ, ÉE adj. se dit couramment d’une maison mais est abandonné au sens de ((partie antérieure
montée avec des éléments fabriqués au préalable (d’un bâtiment)» (15523 au profit de fu@e*. II s’est
11932, adj. ; 1963, n. m.3 et s’emploie aussi au figuré spéci&sé en géométrie (1752) et désigne ( 1819) le
(1959); PRÉFABRIQUER V. tr. (19491est plus rare. côté d’une médaille, d’une monnaie qui porte une
PRÉFABRICATION n.f. est attesté en 1943. figure. Dans certains emplois (religieux ou litté-
FABRJCATEUR,TRICE n.,empruntI1279,puisfin raire), il se dit encore pour Nsurfacen Cl61 1; -+ sur-
xv” s.) au dérivé latin fabricator constructeur, a-hi- face). * De nombreuses locutions ont été formées à
sanp, est sorti d’usage pour désigner une personne partir de face, comrne en face lot. adv. ( 1534, faire
qui fabrique qqch. et a pris une valeur péjorative face a, spécialement faire face à hmemi (16571, ù
11648). une dépense (1798) ~~pouvoir payer*.
FABRIQUE n. f., emprunt au latin fabtia (3 forge), b Le diminutif FACETTE n. f. a signif6 ((petit vi-
a désigné (1364) le travail du forgeron et, dans le vo- sagep tm” s., facetel ; il désigne une des faces d’un
cabulaire religieux, la construction d’une église, le corps qui en a beaucoup (1582, fasette), s’est spécia-
conseil chargé de gérer les revenus destinés à sa lisé en joailletie (16711 et en sciences naturelles
construction et à son entretien ( 13861387) et les re- (1845, yeux à facettes des insectes), et s’emploie au
venus eux-mêmes Cxrv”s.l. Fabrique prend le sens figuré (16801. * Son dérivé FACETTER v. tr. 11454
plus large de efabricationn Idéb. xvre s.), resté au- est un terme de diamanterie.
jourd’hui dans marque de fabrique. 0 C’est dans la FACIAL,ALE,ALS OU AUX adj.,dérîvé savant du
seconde moitié du ~VII~s. (16661que la fabrique de- radical du latin W,es, a signifié -de facen (15451 et
vient un 4tablissement où l’on fabriqueti ; fabrique s’applique à ce qui appartient à la face (1800).
implique que I’actitité de i’ékblissement ne re- Le mot fades lui-même passe en hnçais
quiert pas un outillage important lcf manufacture, (mil. xvme $1 en sciences : FACIÈS n. m. reste un
opposé à usine). 0 Le mot a eu le sens de <planta- terme savant, sauf lorsqu’on parle du visage hu-
tion (d’un jardin)* (1600) et s’était spécialisé pour main, récemment dans un contexte raciste, un
désigner des étices dont on ornait le fond d’un ta- faciès fiasu& designant parfois un immigré
bleau ( 1690, n. f. pl.), une construction qui agrémen- maghrébin.
tait un parc 118353. Le composé FACE-À-MAIN n. m. 11872) désigne
FABRICIEN n. m,, dérivé du k&i.n médiéval fcnbricu, une sorte de binocle à manche.
désignait Cl5691 un membre du conseil de fabrique 0 voir EFFACER. FAÇADE. SURFACE. VOLTE-FACE ht.
d’une église ; on disait aussi fabricier (1611). VOLTE).

FAÇADE n. f. est une rbfection (1611) de fassade FACÉTIE n. f. est une réfection (15801 de face&
(15651, emprunté à l’ittien fucciata MI des côtés En xv” s.), emprunté au latin fucetia ~pltisanterie>~,
d’un bâtiments (XIII~s.), dérivé de fuccia, mot issu surtout employé au pluriel facetiae &léga;ncesm,
d’un latin populaire “fac& comme le frm@s face*. draits d’esprit)). Ce mot dérive de facetw Glégant,
+Fa@c conserve le sens de l’étymon, puis dé- bien fait> et «spiritueln, d’origine obscure, qui a été
signe par figure (mil. x19 s.) une apparence qui emprunté en moyen français sous la forme fucet
abuse sur la réalité de qqch. ou de qqn. L’emploi fa- agracieuxx (IXIV”S.I.
milier au sens de *visage>>(1872) provient d’un jeu + Le mot désigne une plaisanterie burlesque et spé-
de mots sur face; il ne se trouve que dans des 10- cialement ~~III~ s.1 un petit écrit plaisant. Comme
cutions, comme se refaire la faqade, démd- la fa- ses dérivés, il appartient à l’usage soutenu.
DE LA LANGUE FRANÇAISE FACONDE

+ Le derivé FACÉTIEUX, EUSE adj. qutie ce qui FACILITER v. tr. est emprunté kve s.) à 1’itaJien fu-
est plaisant Km xv’ s., facecieux), puis une personne ciliture, dérivé de fucilità cfacilitém (du latin fucili-
qui aime à dire ou faire des facéties Cfm xvte S.I. + Il a tus). +fl afourni FACILITATION n.f. (18321 et FA-
Servià former FACÉTIEUSEMENT adv.tixv"s.). CILITATEUR, TRICE adj. (me s.), mots didactiques.

FÂCHER v. tr. ( 1442, fuchier, fuscher) représente FAÇON n. f. est issu (v. 11211 du latin fuctionem,
probablement l’aboutissement d’un latin populaire accusatif de fuctio, -anis uaction et manière de
ofusticure, forme issue par changement de suffixe faireB C+ faction), du supin de fucere (+ faire). Ce
de fustidiure <repousser dédaigneusement, faire le sens général est conservé dans di%rents emplois.
dédaigneuxn; ce verbe, qui a donné par emprunt + Le nom désigne la manière d’être extérieure d’un
(XIVe s.) le verbe disparu fastidier adégoûter, rebu- animal (v. 11213, d’une personne; ce sens est
term, est une transformation du latin classique fusti- conservé à Yépoque classique, entre autres avec
dire acauser ou éprouver du dégo&, dérivé de fus- une valeur méliorative puisque fuçofl se dit pour
tus «dédain, I-t 0 faste). &Sgunce; il est maintenu aujourd’hui, mais unique-
+ En français, le sens de adégofitep (1442, fachier à) ment dans l’emploi du mot au pluriel à comparer à
et la valeur atténuée d’&Tligerm (15391 étaient vi- manières, sauf dans SANS-FACON n. m. inv. wms
vants à l’époque classique. 0 Le verbe signSe au- cérémonie% (16601 et divans gênes (1865). 0 Du sens
jourd’hui (mil. xve s, ; 1480, pron.3 *causer du déplai- de cmanièren (12761, on est passé à celui de *ma-
sir à (qqn), mettre en colère» et se fûcher hvec qqn) nière d’aw (1578) ; à partir de cet emploi sont for-
signSe couramment <interrompre une relationm mées des locutions comme en façon que ( 15801, sor-
(18651. tie d’usage, de fqon que ( 15801, & h fqon de (15801,
de fwon ;i ce que ( 1839) et c’est une fqon de parler
b Le dérivé FÂCHERIE n. f. a suivi l’évolution sé-
(1798). + Façon a Sign%é par ailleurs <<acte, actionD
mantique du verbe ; désignant d’abord (1470) le dé-
(12601, d’où l’emploi pour <action de mettre en
goût pour qqch. et une peine profonde, il a signSé
œuvre)> (13771, en agriculture (16061, dans de la
aussi &acas, ennuin (14841 et *colèrea 11504). Le
Ima...l fqon 11668) ou pour parler du travail de l’ar-
sens moderne atténué de adésaccord, brouilleb est
tiste qui met en œuvre une matière. .
plus tardif (17371. -FÂCHE n. f., autrefois Kcontra-
riétén (v. 15 103, s’emploie encore régionalement bLe dérivé FAÇONNERv.tr.(i175) alesens géné-
avec ce sens. ral de Ktravailler une matière pour lui donner une
FÂCHEUX, EUSE adj. s’est appliqué aux choses forme particulière~~ . Le verbe s’emploie spéciale-
pénibles à accomplir ou k supporter ( 14801, puis ment pour indiquer une action positive sur une
aux personnes d8kiles à contenter (1528). Son em- personne : façonner qqn, c’est le former par l’habi-
ploi substantif (1544) était courant au ~VII~ s. (les I%- tude ou l’éducation ( 1462) ou, dam un usage litté-
cheux de Molière). C’est aujourd’hui un quasi-syno- raire (158Ol, l’accoutumer à qqch. (construction
nyme assez littéraire d’ennuyeux. 611 a fourni avec à). + Le verbe a eu à l’époque classique ( 1671,
FÂCHEUSEMENT adv. (1558). intr.1 le sens défavorable de «faire des façons% et,
par extension, &Wrnuler des sentimentw. Il s’em-
FACILE adj. est emprunté (14413 au latin fucilk ploie comme le nom en agriculture 11751) et, par fi-
Kfaisable», d’où cfacîle à faire= et Gndulgentb, qui se gure (XIX~ s.1, Sign%e acréer par un travail de l’es-
rattache à fucere I+ faire). prit?
FAÇONNAGE n. m. flfOITne, apparenceB ti XII~ s.,
+ Facile qualSe une tâche dont l’exécution ne pré-
isolément) dérive de façon, comme FAÇON-
sente pas de difkultés 114411, avant de s’appliquer
NEMENT n. III. de même sens En XII~ s.l. Eh tant
aux personnes ( 15%) au sens de -conciliant, d’hu-
que dérivé de façonner (15523, il s’emploie surtout
meur agréable et doucem. De l’idée de complai-
au figuré. -9 Fuçonnuge (et façonner) s’emploient
sance, on passe au sens de *sans caractère, faible)>,
spécialement dans la fabrication des livres pour les
encore employé à l’époque classique; c’est de là
opérations succkdant au pliage Imassicotage, etc.1
que vient l’emploi à propos d’une femme qui ac-
et précédant la reliure proprement dite. Dans ce
cepte aisément des relations sexuelles (1761).
sens,on emploie un autre dérivé, @FAÇONNIER
oVieilli en parlant d’une personne qui exéc=ute
n, m. +Le verbe a aussi produit FAÇONNABLE
sans peine qqch. (16131, l’adjectif s’applique ensuite
adj. (18981, technique, et FAÇONNEUR,EUSE n.
(1680) à ce qui semble avoir été fait aisément. Facile
hil. d sd, rare.
ne s’oppose normalement à difficile qu’en parlant
Le composé MALFAÇON n. f. (v. 1260) est Surhd
des choses.
employé à propos des métiers du bâtiment.
b fl a pour dérivé FACILEMENT adv. cv. 1450). @ FAÇONNIER, IÈRE n. et adj., dérivé peu usité
FACILITE n. f. a été emprunté au dérivé latin fuci- de façon, s’est employé à l’époque classique 11549)
Zitas et, comme lui, désigne la qualité de ce qui se pour atisserand%. Il désigne ( 1564, n.1 un ouvrier qui
fait aisément (14551 et la disposition à accomplir travaille à façon et se dit (1639, adj.) d’une personne
qqch. sans peine 11559). Le sens de amanque de fer- qui fait trop de cérémonies.
meté» (1580) est vieux ou littéraire, celui d’&lé- + Voir CONTREFAÇON b-t. FAIRE).
gante aisée% kwe s.1 est péjoratif. 0 Au pluriel, à
l’époque classique, fucilitks Sign%e «concessions~, FACONDE n. f. est emprunté (v. 1150, fucundd
en français moderne <<commoditéss et, en parti- au latin fucundiu afacilité d’élocutionm, atalent de la
culier, <<délais accordés à un acheteur pour payer parole, éloquence>, dérivé de fucundus diserb, ad-
qqch.~ 11901, fuciZit& de paiementl. jectif dérivé de fafi “parler, dire%, gui se rattache à
FAC-SIMILÉ DICTIONNAIRE HISTORIQUE

une racine indoeuropéenne “bhü- aénoncern leur. * Le mot a produit FACTURER v. tr. ( 1829)
(+ fable, fatal). dont dérivent FACTURATION n. f. (19341 et FAC-
+ Le mot, rare jusqu’au XVII~ s., désigne une élo- TURIERJÈRE n. (18491.
cution facile, abondante et, péjorativement ( 18291,
une trop grande abondance de paroles. FACTICE adj. est un emprunt (1534, Rabelais)
au latin impérial fucticius ccart5cieln, Gmitatifs, dé-
FAC-SIMILÉ n.m. est emprunté (1808; écrit rivé du latin classique fucere I+ faire). Fucticiw
fac simile en 1796) à la locution du latin fut simile avait abouti à l’ancien françtis fuit& faitie qfa-
<fais une chose semblable>>, composée de fac, impé- çonném, abien faitm C-finXI~ s.) [+ fétiche].
ratif du verbe facere ((faire”)) et de simile achose + Factice s’applique couramment El5341 à ce qui est
semblables, subst ant ivation de similis <<semblable, fait artikiellement, à l’imitation de la nature, et
ressembla&, qui se rattache à la racine indoeuro- s’emploie spécialement dans la philosophie carté-
péenne Osem- WIID C+ ensemble). sienne, où idées factices aélaborées par 1’espritD
4 Le mot designe la reproduction exacte d’un écrit, s’oppose à idées innées (1647). 0 Par figure et péjo-
d’un dessin et, par analogie en informatique rativement, l’adjeckif équivaut à afaux, a$ectén
Iv. 19701, un procédé de transmission des images ~~III~ S.I. Il est aussi substmtivé depuis le XVIII~s.
par le réseau téléphonique. (1776, le factice).
k Il a fourni les dérivés d’emploi rare FAC-SIMI- kl?n dérivent FACTICEMENT adv. (1842, Hugo),
LER v.tr. 11831) et FAC-SIMILAIRE adj. (1865). rare, et FACTICITÉ n. f. (18731, spécialisé en philo-
0 De là FAX n. m., emprunt à l’abréviation anglo- Sophie 11943, Sartre) au sens de acasactère d’un fait
américaine pour fac-sinzlle, qti a pour équivalent contingent» ; c’est alors l’adaptation de l’allemand
français télécopie, et le dérivé FAXER v. tr. téléco- Fuktizitüt Mcaractère existentiels, chez Husserl.
pier.
FACTION n. f. est emprunté tv. 1355, fuccionl au
FACTEUR, TRICE n. est un emprunt (1326) latin fucti, -OY& “groupe de gens qui agissent en-
au latin classique fuctor afabricant>>, employé en la- semblem, de factum aaction de faire*, supin de fa-
tin chrétien au sens de <(créateur, autew pour tra- cere (+ faire) ; c’est le doublet savant de façon.
duire le grec paie%; factor dérive de factum, supin 4 Faction désigne un groupe se livrant à une acti-
de kere I-, faire). L’évolution phonétique régu- vité séditieuse (v. 1355) ; le mot s’est employé pour
lière a donné en ancien lançais futtres, fuitor vaction de guerre2 Iv. 15401 et plus généralement
he S.I. pour <<action de fa,irep (déb. ~VII~S.I. Il Sign%e égale-
+Facteur est d’abord un terme de négoce (13261, ment cservice de surveillance d’un soldat armé>)
désignant une personne qui fait du commerce pour 116161, peut-être par emprunt à l’italien fuziow ;
le compte d’une autre, sens encore courant au par analogie de ce sens militaire, il désigne (xx” s.1
xme siècle. 0 A partir du WII~ s., le mot désigne qqn chacune des tranches d’heures entre lesquelles
qui porte des lettres à leurs destinataires ( 1651, fac- sont réparties des équipes assurant un travail
teur de lettres), sens devenu usuel avec l’établisse- continu dans une entreprise.
ment de la «Petite Poste* en 1759. Le mot, toujours wLe dérivé FACTIONNAIRE n. m. s’est employé
courant aujourd’hui et qui a reçu le féminin fac- d’abord comme adjectif Cv.1560) puis comme nom
tic, a été remplacé (mil. me s.1 dans l’adrninistra- (1574) au sens de factieux et désigne (1671) un sol-
tion par préposé. dat en faction. +FACTIONNER v.intr. (xx"s.l est
Parallèlement, facteur s’est employé pour désigner rare.
celui qui crée qqch. 11339, n. m.1 et spécialement, au FACTIEUX, EUSE adj. et n. est emprunté (av. 1468,
XVI~ s., l’écrivdn, l’artiste, comme synonyme de n. ; 1488, adj.) au latin factiosus aEdié à une coterie
créateur, spécialement en parlant de Dieu. À partir politique*, dérivé de fuctio. Il est lié à faction et si-
du xve s., il s’applique spécialement à une personne me (<séditieux, subversifm. Le mot s’est employé
gui fabrique cetiahs instruments de musique spécialement vers 1958 dans le contexte du conflit
(142 1, facteur &Or&es). 0 Par extension, le mot dé- algérien à propos des militaires fknçais partisans
signe en mathématiques 11699) chaque élément de l’Algérie francaise et révoltés contre le gouver-
constitutif d’un produit et 11805) chacun des élé- nement.*Ledérivé FACTIEUSEMENT adv. (16601
ments qui concourt à un r&ultat. a vieilli.
b Quelques termes de commerce ont été dérivés
savamment du latin fuctor : FACTORERIE n. f. FACTITIF, IVE adj. est un dérivé savant
(15681, vieilli, a été en concurrence jusqu’au XVIII~s. 11890) du latin fuctiture Kfaire souvent, habituelle-
avec factorie ( 14141,et FACTAGE n. m. 118421est un mentm, fréquentatif de facere I+ faire).
terme technique. +FACTORIEL,IELLE adj.etn.f. 4 Ce terme signik en grammake qui exprhe que
(1845) est un terme didactique comme FACTORP- le sujet est à la cause de l’action, sans agir lui-
SER v.tr. hd.m"s.1. Ces deux mots corres- mêmeD.
pondent au sens mathématique de facteur. + De là FACTITIF n. m. (1907) werbe factitif~.
0 FACTURE n. f., formé à partir du radical de fac-
teur {{agent commercial», est une ellipse ( 1611) pour FACTOTUM n. m. (15521, d’abord écrit fucto-
lettre de facture ( 15401 désignant une pièce ton (15451,reprend une locution latine de la Renais-
comptable et, par métonymie, la note d’une somme sance, fac totum flftis toutb, composée de l’impéra-
à payer. Il est devenu très courant avec cette va- tif de fucere 1-+faire) et de l’accusatif de totus
DE LA LANGUE FRANÇAISE 1387 FADET

t-b tout) ; la forme factoton, encore normale à la fin français de France n’a pas d’abrègement pour uni-
du XVIII~s. ( 1798, Académie), transcrit la prononcia- versité (uni en français de Belgique).
tion du latin au xv? siècle. FACULTATIF, IVE adj., dérivé savant de fucultas,
4 Le mot, d’usage littéraire, désigne un employé qui a été un terme religieux 11694) dans l’expression
s’occupe de tout dans une maison et, par figure (fin bref facultatif(par lequel le pape accordait une fa-
me sd, une personne qui se mêle de tout. culté, c’est-à-dire un pouvoir). OL’adjectif s’ap-
plique à ce qu’on peut faire ou non (18361; il est
FACTUEL, ELLE adj. représente (v. 1950) la usuel, oppos6 à obligatoire. - L’adverbe FACULTA-
francisation de l’anglais fuctual adj. arelatif aux TIVEMENT est attesté chez Proudhon 11840).
fait+ (18341, dérivé de fact #fait*, emprunté au latin
factum (+ fait). FADA adj. et n. m. s’est substitué CI61 11à fadas,
+ Cet adjectif didactique est appliqué à ce qui est de fadasse, fac&. Il est emprunté à l’anckn provençal
l’ordre du fait. fudutz ( 1343 ; provençal moderne fadud miais, sotm,
da fourni FACTUELLEMENT adv.C195Oet FAC- de fut (XII~4, du latin fatuus 4nsenséB C+ fat).
TUALITÉ Il. f. (1957). 4 Le mot, repris et diffusé en français central (1891),
ensuite par l’œuvre de Pagnol Murius, 19311,reste
FACTUM n. m. est emprunté (1532, Rabelais) au très régiond, tout en étant connu dans toute la
latin factum signilknt afaitn, supin de facere France.
I--bfaire.) @ Voir FADAISE.

4 Terme de droit sorti d’usage (aexposé des faits


d’un procès4 il désigne aujourd’hui dans l’usage FADAISE n. f. est emprunté (15411 à l’ancien
littéraire ( 16011 un mémoire d’un ton polémique provençal fadaa «sottises (XIII~s.), dérivé de fut
(les Factums de Furetière contre l’Académie). asots, du latin futuus &Sensé* I+ fada, fat).
+ Il s’emploie plutôt au pluriel aujourd’hui, conser-
0 FACTURE n. f. + FACTEUR
vant le sens de &scours ou écrit sans intérêts et
désignant (16501 une chose insignilknte.
0 FACTURE n. f. est un emprunt ~III” s.1au la-
tin classique factura <<fabricationm, en latin médié-
val ~Créature~, ccbâtissen et aussi *magien. Factura, FADE adj. est issu (11703 d’un latin populaire “fu-
dérivé du supin de facere I+ faire), avait abouti à tidus qui serait un croisement du latin classique fu-
l’ancien fiançais faiture <<trait, visage» (1080, d’où tuus “qui n’a pas de goûtn, puis asot, idiotm (-+fatJ,
l’anglais feature), aproductionm et csortilègen (XIVes.l. avec vapidus &Vent& Ià rapprocher de vaporl ou
avec SU~&S, son contraire, de sapere b saveur).
+ Facture a eu le sens de 4rait du visagen (XIII~s.)
Fatuus est d’origine obscure, et semble sans rap-
comme faiture Ccl-dessus). Lié à l’idée de fabrica-
port avec futum C+ fatal).
tion, le mot désigne (XIV~s.) la manière dont est faite
une œuvre d’art ; cet emploi didactique est resté vi- 4 Fade s’est dit (1170) d’une personne, avec le sens
vant. +Comme terme technique lié à facteur*, il de «sans vivacitén, d’où afaiblen et, par extension
s’emploie ( 1548) à propos de la fabrication de cer- (mil. XIII~~., amour Me), s’applique à ce qui
tains instruments de musique. manque de piquant, est ennuyeux, spécialement
dans beauté fade ( 1690). 0 Employé à propos d’un
FACULTÉ n. f. est un emprunt savant (v. 1210) aliment, l’adjectif conserve le sens du latin, ainsi-
au latin classique facultas, -atis acapacité, aptitude, piden (1223 ; 1275, via& fade). Au sens d’aécœu-
possibilité», au pluriel =ressources» et, en latin mé- rantm, en parlant d’une odeur, il est plus tardif
diéval, “genre d’étude, groupe de disciplines% (1803).
Iv. 1184) et afaculté universitaireB (1237). Fucultas b FADEUR n. f., réfection (1376) de fadur
est formé sur l’adverbe archaïque fac& <facile- Idéb. ~III~s.1, a eu le sens de edégoûtm ; il est repris
mentn, de fucere (+ fa;ire3. au XVII~s. (16111 avec ses valeurs modernes. Une,
+ Le sens général du latin est conservé dans une sé- des fadeurs =discours, louange fadep (av. 1778) est
rie d’emplois ; le mot désigne (v. 1210) la connais- vieilli.
sance, le savoir (ce qui peut être xquisl, acception FADEMENT adv. a d’abord eu ( 1548) le sens de
sortie d’usage, puis la possibilité naturelle, légale «sottementn (sens tiré de futurs), puis (15741 sa va-
ou intelle&uelIe de faire qqch. ( 13701, d’où l’apti- leur moderne.
tude à qqch. (xwe s.1et, par extension, les moyens fi- FADASSE adj. est constmit avec le sufke péjora-
nanciers (13931; en ce sens, faculté est aujourd’hui tif -usse, pour parler familièrement d’une nourri-
un terme de droit, au pluriel. o Parallèlement, fa- ture fade (17551, de ce qui manque d’éclat Ixar” s.1et,
culté reprend le latin médiéval et désigne un lieu au figuré, de ce qui manque d’intérêt (1838). - Il a
où se donne l’enseignement universitaire (12611, pour dérivés FADASSERIE n. f. 11756) et FADAS-
puis le corps de professeurs chargés de cet ensei- SEMENT adv. (18891, rare.
gnement ( 1478) ; avec cette valeur, le mot passe au- Le composé AFFADIR v. tr., Sorti d’usage au sens
jourd’hui pour un anglicisme, l’anglais fuculty de <causer du dégoûtm (12261, Sign%e <rendre sans
l’ayant développé avant le français. saveurs kw"s.). +n a fourni AFFADISSEMENT
b Le dérivé FACULTAIRE adj., arelatif à une fa- n. m. (15781 et AFFADISSANT,ANTE adj. (1611).
cultép 119701, est un terme administratif. +L’apo-
cope FAC n. f. E19203 est d’autant plus usuel que le FADET + FÉE
FADING DICTIONNAIRE HISTORIQUE

FADING n. m. est emprunté 11924 à l’anglais fa- k Pour le dérivé FAGOTER v. tr., les sens de
ding *déclin, évanouissementm (XVI” s.), spécialisé en «mettre en fagots>) Il 260) et, au figuré, de acomposer
radio pour désigner un évanouissement momen- à la hâten (1580) sont peu usités. Pour ahabiller sans
tané du son (déb. xxe S.I. Le mot anglais est le parti- recherche*, surtout ( 1585) au participe passé, le
cipe présent de to fade <s’effacer, dispartitren, lui- verbe est en revanche usuel. *Le verbe a produit
même tiré de l’ancien lançais fade (+ fade). FAGOTEUR,EUSE n. (1215), archaïque,et FAGO-
b Le fiançais, qui a conservé le sens technique, em- TAGE n. m. (15711. -Deux autres dérivés de fagot
ploie le mot en pathologie (1968, fading mental) et a sont régionaux. FAGOTIER n. m., très rare au sens
formé le Composé ANTIFADING n. m. (attesté de ({bûcheron qui fait des fagots)) (déb. XIII~s.), dé-
1929). signe aussi (déb. ti s.1 un endroit où l’on range les
fagots. 0 FAGOTIN n. m. «petit fagot pour allumer
FADO n. m. est emprunté (19071 au portugais le feus ( 1584) est plus connu en français central.
fado ((destin funeste, malheur» (XVL~ s.), désignant FAIBLE adj. et n. m. est une réfection gra-
spécialement un chant populaire sur des poésies
phique tardive (XVII~s.) de faible Cv.11751, antérieu-
sentimentales et dramatiques cv. 18201; le mot por-
rement feble (v. 11601, fieMe (1080), aboutissement
tugais est issu du latin futum adestin irrévocable>
d’un latin populaire “feMis, issu par dissîmilation
I+ fatal) ; il est peut-être en rapport avec l’espagnol
des 2 du latin classique ftebtiis &IIigeant, digne
fandango*.
d’être pleuré>), du verbe flere apleurem qui appar-
+ En tiancais, le mot ne désigne que le genre musi- tient à un groupe de mots indoeuropéens en f-l et
Cd. b-l.
+ C’est du premier sens apparu (10801, «qui manque
FAFIOT n. m. est très probablement formé à
de force, (à propos d’une personnel, que procèdent
partir du radical onomatopéique faf- qui exprime
tous les emplois - dans ce premier sens proche de
l’idée de «peu de valeur); on relève par exemple
la valeur première de imbécile, on dit par plaisan-
faFée <bagatelle, (xv” s.1 et le morvandiau Mons
terie Je sexe ftihle. Faible se dit de ce qui a peu de
amenus objets de toiletten.
valeur (11701, en particulier d’idées, d’arguments
4 Le mot est d’abord utilisé pour désigner une sans force ( 1742). 0 fl s’est employé très tôt (11881
marque, un jeton (1624). On le trouve comme terme pour parler de ce qui manque d’intensité lune lu-
d’argot en 1821 au sens de cpasseportm et de “pa- mière faible), d’ou monnaie faible ( 12261,et en fran-
piern; Balzac l’emploie au sens de abillet de çais classique à propos d’une quantité, d’une
banqueB (1847) qu’il a conservé dans la langue très taille, etc. 11642). Il Sign%e aussi “qui n’est pas ca-
familière. pable de résister)) (XIII~s.) -le nom correspondant
k FAFFEW ou FAF(S1 n. m. a le même sens 118461 à l’adjectif s’emploie aujourd’hui surtout au pluriel
que futit; au pluriel, il s’emploie aussi pour “pa- pour parler des personnes sans défense. 0 Du
piers d’identité, (1829). manque physique on passe au manque de force
morale II 1801, de vigueur intellectuelle 116581, d’où
FAGNE + FANGE Iétyml l’emploi du nom Ve& un faible, un faible d ‘espritl.
0 Faible n. m., <(défaut>, n’est que littéraire au-
FAGOT n. m. appartit au ~11~s. (fagot de jourd’hui; au sens de Npenchant, goûtn, il s’emploie
bûches). Une formation à partir d’un latin popu- à partir du XVIII~s. (1762).
laire “fucus, construit sur fus «torche>>, est peu b Le dérivé FAIBLARD, ARDE adj. (18781, familier,
convaincante : l’évolution phonétique n’aboutirait retient l’idée de manque de force; avec cette va-
pas à fagot et le sens fait problème. Bloch et Wart- leur, ~FAIBLET,ETTE adj. Cx11~s.1 et FAI-
burg ont proposé un emprunt au provençal fugot, BLOT, OTTE adj. (18641 sont vieillis. +FAIBLE-
du grec phukelos refait en “phakos; mais il faudrait MENT adv. (1080, fieblement ; XII~s., faiblement)
que le mot soit apparu d’abord dans le midi de la Sign%e «avec peinem ou ( 1361) pans force)).
France, ce qui n’est pas le cas. On a supposé égale- FAIBLESSE n. f. Iv. 1050, fleblece; ~II~s., foiblesse)
ment une origine germanique en évoquant le nor- était en concurrence en ancien français avec un
végien fagg &s, gerbe». P. Guiraud suggère de rat- autre dérivé, foiblet@, au sens de ((manque de force
tacher fugot au nom latin du hêtre, fagus; la physique)). Faiblesse conserve le sémantisme de
reconstruction d’un doublet du latin fugeus ade l’adjectif : <<perte momentanée des forces phy-
hêtreB, ‘fagicus, permettrait de supposer un roman siquesn 11485; cf. aujourd’hui upte faiblesse),
“fag?cottu, qui en rendrait compte phonétiquement. «manque de solidité (d’une chose)= 11314) ou
+ Du sens de cfaisceau de petit bois> (XII~s.3, on *manque de valeur intellectueflen (1666). Du sens
passe à l’emploi figure de *choses assemblées et de Nmanque de force morales 11265) procède celui
likes)> Iv. 1570). Fagot désignait au xwe s. (av. 1663) d’Gnclination= 11674, avoir une faiblesse pour...) et
un ensemble de nouvelles de peu d’importance. Il celui de adéfaut, fauteti.
est employé dans des locutions; sentir le fagot FAIBLIR v. intr. (1188, flebir par métathèse) est
11594, 4tre suspect d’hérésie}}, évoque le ftit que rare avant le XVII~ s, au sens propre de adevenir
l’on condamnait autrefois les hérétiques au bû- faible physiquement)); peu usité aujourd’hui, sauf
cher; conter des fagots «raconter des balivernesn au sens de adiminuer son efforts, dans le domaine
(XVII~s.1,jouait sur l’homonymie conter-compter; de des sports (1858). AFFAIBLIR, v. tr. aussi affebliw
demière les fagots kme s.1 se dit du meilleur vin, en ancien français, est attesté au début du ~II~S.
qu’on a laissé vieillir en cave. Fusse uffeblil et sirmi-fie arendre plus faible*, aux
DE LA LANGUE FRANÇAISE 1389 FAIM

sens concrets et abstraits de l’adjectif. Il est écrit uf- peurm (d’après fulEere1 et aqui fait défaut, (d’après
faiblir à l’époque classique. Le pronominal s’a&- un sens tardif de fallere, qu’on a confondu avec "fd-
Blier tend à remplacer faiblir. + Sur s’affaiblir a été lire). II est rare avant le XVIII~s. et, aujourd’hui di-
dérivé AFFAIBLISSEMENT n. m. (12901, qui est de- dactique, beaucoup plus rare qu’infaillible. + FAIL-
meuré courant. LIBILITÉ n. f. 11316-1328, fulibilité, puis 1693)
reprend le latin médihval fullibilitas.
FAÏENCE n. f., qui apparaît 11532) dans tere de INFAILLIBLE adj. (x19 s., infullible), du latin mé-
fuyence, est une adaptation de Fuenzu, nom d’une diéval infullibilis, a Sign%é ~4naltérable» en parlant
ville italienne proche de Ravenne, célèbre pour ses d’une matière, puis (1440-14751 adont l’existence est
poteries émaillées; on relève les formes faenze nécessaire (à propos de Dieu)» et “qui ne peut man-
(15891, fuiance ( 16421 avant la graphie moderne @n quer de se produirem (1580) - d’où son emploi en
XVII~ s.l. L’italien utilise muiolicu, emprunté sous la parlant de qqch. dont le succès est assuré (16691. Il
forme majol~ue. s’appliquait à ce qui ne peut tromper (av. 16621; le
+ Faknce, Npoterie émaillées, s’emploie dans la lo- sens courant “qui ne peut se trompep est attesté
cution familière se regarder en cKexz9 de faïence en 1669. +L'adjectif a fourni INFAILLIBLEMENT
(16901 xavec soupçon, hostilités. adv. kv%.) et INFAILLIBILITÉ n.f., d’abord (1558)
dans un contexte religieux (iafuillibtiité de H&ise1.
,Le mot a deux dérivés courants: FAYEN-
Le composé DÉFAILLIR v.intr. a Sign%é (1080)
CIER, IÈREn.(i666,fayenckr)etFAÏENCERIEn. f.
afaire défaut> jusqu’au XVII~ s. et Kmourir, dispa-
(1691, fuyenceriel.
raître% Ixn” s.l. 11s’est employé (XIII~s-1 pour <<mark
0 FAILLE n. f. est un mot du Nord (ze moitié du quer à son devoirn - d’où sarzs défaillir; à partir du
XIII~s.) d’origine obscure, P. Guiraud y voit le même XVI~s., il s’emploie pour ds’affaibb dans l’ordre
mot que le wallon faille, déverbal de faillir aman- physique ou moral ( 15491,et plus couramment pour
quers C+ faillir), soit alaisser un manque>>. ll rap- ~S’évanouir~~ knil. xvf s.l. +Le dérivé DÉFAIL-
proche faille du provençal falho &leta et de fuio LANCE n. f. (v. 1190) a la même évolution séman-
aendroit d’un tissu moins serré que le restes : failles tique que le verbe (-+ défaut).
désignerait donc les mailles, les trous ou lucarnes, Eni?n le verbe faillir a un dérivé -en français :
dans taffetas à failles. 0 FAILLE n. f. Ce mot, d’abord attesté au sens gé-
néral de clacune, manque» (sans fac, 1130-I 140 ;
4Futile désignait dans la région flamande une v. 1160 en emploi libre), a pris une vakur spéciak
pièce de tissu qu’utilisaient les femmes pour se en wallon, dans le langage des mineurs ( 1619).
couvrk la tête; on trouvait encore ce sens dans le ~D’où son sens géologique de Hfracture, coupure
nord-est de la France au début du XX~siècle. D’où dans un terrab 117711, dont vient SE FAELLER
l’expression tufletus h failles ( 1752) et le nom faille v. pron. Iv. 19001, et une valeur métaphorique
(18293.
«point faible, rupture* (déb. XX~s.), générale mais
différente du sens étymologique kce qui fait dé-
@FAILLE +FAILLIR et @ FAILLE
faut& Voir aussi 0 faille.
0 voir FAKLLITE.
jk FAILLIR v. intr. est issu Iv. 10401 d’un latin
populaire “fallire, pour le classique fdlere fltrom-
FAILLITE n. f. est une adaptation (15661,
persp,&chapper à>>,d’où ensuite le développement
d’après faillir, de l’italien fullita ~III~ s., afaute>), de
des sens afaire défautp, <<commettre une fauten. Ce
fallire <<manquer (de l’argent nécessaire pour payer
verbe (probablement d’abord Ofaldere) est d’étyrno-
une dette)>, de même origine que le fkn@s.
logie incertaine, peut-être apparenté au germa-
nique fallan k-f. l’anglais to fall <<tomber4 Le radical + Terme de droit commercial d’emploi courant,
fui&, régulier à la sepersonne du pluriel de l’indi- fuillite a pris le sens figuré d’&chec» (XIX~S.I.
catif présent (latin “fulliunt) et & l’imparfait (latin wFAILLI n. et adj. est un emprunt (16061 à l’italien
“fdliebum) a été étendu à l’irkitif et au participe fullito. En ancien l?an~ais, failli, participe passé de
passé; la réfection n’a pas été complète mais les faillir, signiiiait atraître, lâchen (d’un sens du verbe,
formes construites sur le radical fuu- (présent et fu- «manquer à ce que l’on doit faire4 et est encore at-
tur de l’indicatif, par exemple) étaient déjà peu usi- testé dialectalement au sens général de xmauvais,.
tées au XIX~ s. ; le verbe s’est dédoublé en fui& et
falloir (+ falloir) au xve siècle. +# FAIM n. f. est issu EV.10501 du latin fumes, fu-
4 Les emplois anciens et modernes sont liés aux mis qui n’a pas de correspondant hors du latin; les
sens du verbe en latin. Faillir ù gqn (1040) n’est plus noms de la faim et de la soif varient d’une langue
que d’un usage littéraire (cf. le cœur me faut), indoeuropéenne à l’autre.
comme faillir à gqch. (1165) amanquer à un devoti + Faim conserve les sens de l’étymon, désignant le
ou, par extension, faillir pour Ncommettre une besoin de manger et simaM Iv. 12003 *désir, envie
faute= (XI” 4. Le verbe s’est employé pour «se trom- de=; ce sens figuré a été concurrencé en ancien
per» (XII~s.1 jusqu’à l’époque classique. 0 Au sens français par talent, usité encore dans les parlers
de amanquer de peu» (15591, faillir Ià, de1 est ar- languedociens (+ talent).
chtique; il est resté courant au passé composé bL'adjectifFAM&LIQUE (1457) emprunte le dérivé
suivi d’un *tif q’ui failli oublier) I 17571. latin fumelicus “qui ne mange pas à sa faim%.
,FAILLIBLE adj. est emprunté h.1265, variante FAMINE n. f. II 155; v. 1130, fumirel, tiré du radical
fullible, fulible) au latin médiéval fullibilis atrom- de fumes, a eu aussi le sens propre de faim (du xvte
FAÎNE DICTIONNAIRE HISTORIQUE

au ~VIII~ ~3.1,que l’on retrouve encore, par exemple, langues romanes par l’italien fure, l’espagnol hucer
dans crier famine, un salaire de f-e. (d’où huciendu), le portugais fucer (d’où fuzendul et
AFFAMERV.~~.(XII~S.~ estissu d’un latinpopulaire le roumain face, se rattache à une racine indoeuro-
oaRxmare, dérivé de fumes (cf. italien akmare, an- péenne “dhë- ((placer», comme le grec tithenui ~po-
cien provençal afumur); du premier sens de «ré- ser» I-+ thème, thèse).
duire (qqn3 à la faimm, on est passé par figure à celui +Faire est attesté dans ses premiers emplois
de tcpriverm, <<enlever qqch.», notamment dans le VO- comme suppléant d’un verbe d’action et, suivi d’un
tabulaire technique (1694 ; 1787, affamer un arbre). in&nitif, signiCait &re cause que, attribuer à)b(880).
+Le verbe a fourni AFFAMÉ, ÉE adj. (XII” s.) et AF- Il s’emploie au sens général de ~réahser (une ma-
FAMEUR, EUSE n. et adj. W’W, qui s’est surtout nière d’être), être le sujet de lune activit& (xeS.I. A
employé dans un contexte politique. partir du sens d’q<accomplirs (faire une bonne uc-
Plusieurs composés sont construits à partir d’une tionl, un grand nombre de locutions a été formé;
fomne verbale : MATEFAIM n. m. inv. (15401 est parmi celles qui sont encore vivantes, certaines
moins courant que COUPE-FAIM n. m. inv. (xx” SJ; sont anciennes : faire tant, si bien que Imil. XI~s.1,
ABAT-FAIM n. m. inv. (17321 est sorti d’usage ; ne faire que de, suivi de l’infinitif (v, 11901,n’en faire
MEURT-DE-FAIM n. m. inv. (1690; 1604, moti-de- qu’à sa tête, etc. +Faire a aussi le sens de Ndéteti-
fuh?'d a pour 6quivdent farniher CRÈVE-LA-FAIM ner (qqn, qqch.1 dans sa manière d’être» En xe s.
n. m. im. 11870). pour les personnes; 1080 pour les choses) et de
FAIM-CALLE ou FAIM-VALLE n. f, «faim imp& *donner un caractère à qqna 61 xe s., faire un mi-
rieuse, pathologiquen, est formé Iv. 1150, fainvule) nistre), d’où par extension Cv.1.172) «représenter,
d’un élément d’origine obscure, peut-être du bre- remplir le role den (faire un personnage, fuire le
ton gwul2 CmauvakH; on relève la variante faim- chien). +Avec la valeur générale de &aliser
gale, n. f. (1316-1326). IqqchJ>, on le trouve dans la Chanson de Roland
@ Voir FRINGALE. 11080), en particulier au sens de aconstituerm. Il s’est
spécialisé avec la valeur de ((produire, donner la
FAINE ou FAINE n. f. est issu, d’abord sous la vie à, enfanterp (1372). Par extension, faire équivaut
forme fuvine Il 165) puis faine ! 12581, tidement r& à cproduire (qqch.1 par l’industrie, la culture, etc.m
duite en faine (1600; 1762, fuine), du latin fuginu 11606); et aussi à aobtenir» ( 1837, faire de l’urgent),
&Ut du hêtre,, féminin substantivé de l’adjectif fa- famihèrement à «extorquer, voler> 118081. +Le
@nus, dérivé de fugus nhêtren. Fugus avait abouti à verbe est également utilisé avec un sujet imperson-
l’ancien français fou t-, fouet) et à l’ancien proven- nel Ei1191 pour exprimer les conditions atmospbé-
çal fug, fuu, encore dans des noms de lieux riques (il fuit soleil, beau, muuvuis...l.
Icf La Fuge). À fugw% nom d’arbre indoeuropéen, FAIRE n. m. (mil. XI~s., furel désigne l’action de
correspond le dorique phagos <sorte de chêne», le faire, le fait d’agir 11713) et la manière de faire une
hêtre n’existant pas en Grèce. œuvre ( 17521.
4 Le mot désigne le fkuit du hêtre, qui correspond b De nombreux dérivés et composés ont été formés
au gland du chêne et sert de nourriture à certains à partir de faire ou des dérivés latins de fucere.
animaux. FAISEUR, EUSE n., réfection kv” s.) de fesere dar-
tisan>> 112601, désigne qqn qui agit, dans des expres-
FAINÉANT, ANTE adj. et n. est une altéra- sions ; faiseur de... remplace dans l’usage courant
tion ( 13061, d’après fait (forme verbale de faire1 et le terme technique fabricant. Sorti d’usage pour
néant*, de faignunt, feignant En XII~s.1; ces formes ficréateur>> (fin ~EI~s., fesiere), il s’emploie péjora-
représentent le participe présent du verbe feindre tivement pour désigner qqn qui se livre habituelle-
(10801 au sens de ase dérober, rester inax=tifB et sont ment à une activité lun faiseur & projets1 ; en em-
aujourd’hui considérées populaires. ploi absolu (17891, il désigne celui qui cherche à se
4 Fainéant a une valeur plus forte que paresseux. faire valoir. L’emploi au sens d’ahomme d’a&ires
F Il a produit FAINÉANTISE n. f. 11539; 1739, fui- véreux>> 11786, faiseur d’u!TG-es) est littéraire
nhztise) et FAINÉANTER v.hl&. Il690, f&?kan- (cf. Balzac, Mercadet ou le Faiseur) ; la locution fai-
ter). + L’équivalent familier FEIGNASSE adj. et n. seuse d’anges (1878) s’est employée pour xavor-
a été formé (1890) avec le sufke péjoratif -asse; teusem,
c’est un mot argotique, puis familier (cf. feignuw FAISABLE adj., =réalisable~~ (1350 ; xrve s., var. fui-
tasse, 1927, Mauriac, mot régional). sible), a pour contraire TNFAISABLE adj. Il6 13).
+FAISABILITÉ n. f., terme technique, est une
+# FAIRE v. tr., attesté pour la première fois à la francisation (av. 1974) de l’anglais feusibility (1624,
3” personne du singuher du subjonctif fuzet (8421, de feusible, 1460, lui-même de l’ancien français).
est l’aboutissement du latin fucere. À l’origine, fu- FAIT n. m. est issu (v. 11601 du latin factum, parti-
cere sign%ait <<placer, posep puis a été employé de cipe neutre substantivé de fucere; son premier sens
façon technique, par exemple en religion dans sa- est <<action humainen et notamment Maction remar-
crum fucere «placer un Sacr&e (sur l’autelIn, d’où quable>> (11701, d’où fait d’armes, hauts faits; &rel
((faire (un sacrike)~. Le sens de Nplacern est pris par le fuit de qqn sign%ait 4constituer) sa manière
ponere I+ pondre) et fucere signifie dors CcauserB, d’ae &III~ s.); l’emploi en droit au sens de «part,
aexcitern, 4ravailler5 <(faire artikiellement~ ; il bienn (1283) est sorti d’usage. Fuit a une autre va-
s’emploie aussi en litote et comme substitut d’un leur générale, désignant ce qui est arrivé, ce qui
autre verbe et entre, à l’époque impériale, dans des existe réellement (v. 11601, d’où le sens d’kvéne-
emplois impersonnels. Fucere, représenté dans les ment>> (12681, qui donne lieu à plusieurs locutions
DE LA LANGUE FRANÇAISE FAIRE

adverbiales : tout ti fait (12001, en fait (12681, de fait REFAIRE V.tr., &,ire de nouveau, Cv.1.1551,are-
(12831, etc. ; enfm, par extension, le fait, C'est =le SU- mettre en état, (v. 11601, a pris au XVII~S. la Valeur
jet dont il est questions (1268). +FAIT DIVERS seconde de <<faireautrementn (1611) ce qui est jugé
n. m., a été formé au XIX~ s. (1838) pour désigner une mal fait. Familièrement, le verbe sime *attraper
nouvelle ponctuelle concernant des faits non ca- (qqn))> ( 1846 ; 1700, <duper») ou cvoler Iqqch.l» Il800 ;
ractérisés par leur appartenance à un genre; son 4 réfectionl).
dérivé FAIT-DWERSIER n. m. (18923, terme tech- FORFAIRE v., de fors (du latin loti <<dehors*%),si-
nique critiqué, désigne un journaliste chargé des gni& acommettre Iun délit)» (fin x” s.), emploi litté-
faits divers; on relève la variante fait-diversiste raire et intransitif Iv. 1120); il est archaïque pour
n. m. (19163. *agir en dehors du devoir> I10801. En droit féodal, il
Quelques noms ont été composés à partir de faire : voulait dire *perdre un bien en punition d’un for-
FAIT-TOUT n.m.inv. ou FAITOUT Km. wsten- fait> (1283, tr.). +Le dérivé 0 FORFAIT n. m. dé-
sile de tisine> (1790 en Picardie); FAIRE-PART signe un crime détestable CCnxe s., forsfuit); l’idée
n. m. inv. 11830; 1819, billet, letie de faire-part); d’une violation d’un devoir, attachée au moyen âge
FAIRE-VALOIR n. m. inv. <exploitation d’un do- à FORFAITURE n. f. (1283, forfeture), demeure
maine agricole» ( 1877) et «personne qui en met en dans l’usage juridique du terme (1690).
valeur une autren ( 19021. MALFAIRE v. intr. (XIIes.), “nuirez, s’est maintenu
Le nom AFFAIRE n. f., formé de à et faire (a qui jusqu’au XVIII~~.; reste vhntMALFATSANT,ANTE
est à faire+ est d’abord masculin Iv. 115O),puis des adj. au sens de nméchantn (XI” s.) et appliqué à une
deux genres aux XVI~et xwe s. avant de devenir fé- chose dont les effets sont nuisibles (16861 - d’où
minin. 0 Son emploi, dès l’origine, pour les ques- MALFAISANCE n. f. (17381,littéraire. +L’évolution
tions sentimentales et galantes, est aujourd’hui ar- est parallèle pour les emplois avec MÉFAIRE
chaïque; il est très vivant pour les questions v. intr. (v. 1130, mesfaire) ((faire une mauvaise ac-
d’intérêt, d’où la valeur de <conventionn, ~transao- tien=, sorti d’usage, et son participe passé substan-
tîon*. Les questions pouvant être compliquées, uf- tivé MÉFAIT n. m., toujours utilisé aux sens d’w-
faire désigne (XVII~s.3 un ensemble de faits créant tion mauvaise» ( 1273 ; v. 1120, mesfuit) et de
une situation embrouillée ou constituant des em- arésultat pernicieux de qqch.m 11902). Les verbes
barras ; par extension, le mot signifie (1690) <<pro- malfaire et méfuire ont disparu alors que le nom
cès, alitige>>. ~AU pluriel, les affaires désigne d’agent est resté vivant. +MALFAITEUR,TRICE n.
(15081 l'ensemble des questions d’intérêt public et adj. est la réfection savante Iv. 11553 de I’awien
(1777,les AEaires étrangères1 ou l’ensemble des a~- français muufuiteur d’après le latin mulefuctor
tivités économiques ( 1788). Au niveau individuel, <<homme nuisible, qui commet des actes criminels=,
les affaires sont les objets personnels (1215, repris dérivé de mulefactum, supin de malefucere Kmal
au MT s.1 et, par euphémisme populaire, les règles a@ d’où vient mulfuire, encore vivant dans mul-
d’une femme Iv. 1793). 0 A&ire s’utilise également faisant. 0 L’histoire du mot a distendu son rapport
dans les locutions avec les verbes avoir ( 1172, avoir de contraire avec bienfaiteur : le sens de apersonne
aflaire de <avoir besoin de=) et faire. +À partir d’af- qui commet des actes criminels, des délitsm - avec
faire ont été construits récemment les dérivés lequel il a supplanté le type mulfuisour, et mulfui-
(1926) AFFATRISME n.m. et AFFAIRISTE n. surit, méfuimnt ahsi que nauléf@ue - domine net-
et adj.; 0 AFFAIRÉ, ÉE est plus ancien (1584 au tement le sens moral de <<personne nuisibles
sens moderne; avant 1573 “qui a besoin d’argent-); Iv. 1200).En hnçais moderne, le nom est syno-
de cet adjectif viennent AFFAIREMENT n. m. nyme de délinquant, notamment de voleur.
(1865; attestation isolée au XII~s.) et S'AFFAIRER SURFAIRE v.tr. hes.:sorfeirev. 11741,«estimerà
v. pron. 11876). un prix exagérén, s’emploie surtout au présent de
CONTREFAIRE v. tr. (av. 1155) vient, avec in- l’indicatif et à 1’Mnitif; il s’utilise aussi au figuré
fluence de faire, du bas latin corztrafucere &niters) 117491, seul emploi moderne (16901 de SUR-
(de contra =Contre)), et facere). Le sens de &nulerm FAIT, AITE adj. qui Sign%ait d’abord Cl170) cexces-
(XIV” s.) est vieilli, celui de <<déformer* est sorti sif, immodéré>.
d’usage mais est resté vivant dans CONTREFAIT, ENTREFAITE n. f., participe passé substantivé de
AITE adj. hes., contrefeU arendu difforme». Le l’ancien français entrefaire afaire dans l’intervalle>>,
verbe a aujourd’hui le sens de -reproduire par imi- n’est plus en usage au sens d’«intervalle de tempsn
tation>>, souvent pour se moquer (1549) ou, quand il (déb. XIII~s.) ; il ne s’emploie que dans la locution SUT
s’agit de choses, dans une intention tiauduleuse ces entrefaites kwB s.l.
(déb. XIII~ s.l. +CONTREFAÇON n.f. (1268, d’après BIENFAIT n. m. représente 11120) le participe
façon) a le sens général d’&nitation pour tromper}. passé substantivé (d’après le latin benefactum
DÉFAIRE v.h?.(1080,desfairel ale sens générti de -bonne action,) de l’ancien bienfaire, verbe intra;n-
echanger, supprimer (un ordreIn, d’où *vaincre sitif, «être vaillant au combat- (XIII~s.1 et tifaire du
(qqn)*. + Le participe substantivé DÉFAITE n. f., bien aux autre+ dont reste, peu utilisé, le nom in-
sorti d’usage pour <<action de se défaire de qqch.a variable bz&n-faire ( 12651, courant jusqu’au ~VII~siè-
(XILI~s.1, sime remise en déroulem (14751; DÉFAI- cle. Au sens de <<donation d’argent*, le mot est au-
TISME n. m. et DÉFAITISTE adj. et n. (1915) ont jourd’hui rare ; il est plutôt employé dans le
été formés par l’écrivain russe Alexînsky pour tra- domaine moral et, au pluriel, pour Kaction heu-
duire le mot qu’il avait forgé, porajentchstio. reuse- ( 1752). +BIENFAISANT, ANTE adj. 1117(I),
oDéfaire aproduitdès le xnes.REDÉFAIRE v.tr. “qui fait du bienn, appartient aujourd’hui à un style
11174). soutenu. OBIENFAISANCE n. f. (ti S.), peu em-
FAIR-PLAY 1392 DICTIONNAIRE HISTORIQUE

ployé jusqu’au XVII~s., a été repris 11725) par l’abbé tin ticella «petite corbeille* et, en particulier,
de Saint-Pierre. +BIENFAITEUR,TRICE n. (1181) <<forme d’osier pour égoutter les fromages)>, dimi-
a été concurrencé jusqu’à l’époque classique par nutif de filscus <corbeille>> (3 fisc).
bienfacteur, bienfuicteur, construits à partir du latin + Conservé dans les dialectes avec le sens latin, le
benefuctor. mot a été récemment remis à la mode.
@ Voir FACTOTUM, @ FORFAIT, PARFAIRE.

FAîTE n. m. est d’abord apparu (11351 sous les


FAIR-PLAY n. m. inv. est emprunté (1849, fair formes fest, n. m. et feste, n. f., issues du francique
playl à l’anglais fuir pluy, qui s’emploie à propos des “fwst (cf. bas allemand verst -comble d’un éticem ;
jeux et de toute situation où des rkgles doivent être allemand FM) ; il a été refait ( 15471 d’après le latin
respecttées, et est composé (XVI~s.) de fair Njuste, fastigium, proprement Ntoit à deux pentes-,
loyal> et pluy <<jeu>>.
4 En dehors de son acception technique de npoutre
+Fair-play, &anc-jeu= (équivalent officiel, 19i’3, formant l’a&e supérieure d’un combleti, faite
s’est répandu comme adjectif 11938) - l’anglais ne s’emploie pour désigner la partie la plus élevée de
le connaît que comme nom - sans doute à cause qqch. de haut ( 16361, spécialement d’un édifice
de l’incertitude sur la possibilité d’employer fiuptc- ( 1680). Le sens figuré {au faite de la gloire1 est
jeu comme adjectif : il, elle est très fair-play.
contemporajn (1640).
b FAÎTAGE n. m., ancien terme de droit féodal
FAISAN, ANE n. est l’aboutissement (v. 1170,
11233, formé avec le sufke collectif -uge,
festage),
faisant) du latin phasianus, emprunt au grec phu-
s’emploie au sens technique de f&e (1676) et, litté-
siunos omis, proprement Loiseau) du Phase>, ri-
raire, pour la toiture entière d’un bâtiment 11680).
vière de la Colchide où les Argonautes sont censés
+Un autre dérivé, FAPTIÈRE n. f. 11287, feskière) et
l’avoir découvert.
adj. (15751, s’applique à ce qui appartient au faîte,
+ Le mot, qui a pris son orthographe moderne au d’où lucur?w fuîtière (1676) ou fa%ière n. f. (18451.
xmes. (15523, garde le sens de l’étymon. Fukmne + FAÎTIER, IÈRE adj. Si@ifk centrd* en Suisse,
Cl732 ; 1552, faisanne} s’est substitué à fuisu??& peut-être d’après l’alémanique Duchorgankation
(14931 pour désigner la femelle de cet oiseau. ccorgtisation de contrôlen -qui coiffe, comme le
b On emploie les dérivés FAISANDEAU n. m. toit (de DUC~ NtoitN et orgwisation). -FAÎTEAU
(1393; 1373,fuisunteuu) et FAISANNEAU n. m. n. m. a d’abord eu Zesens de &ile faîtières 1152 1;
(xv” s.1 pour désigner le jeune faisan. Le mot a 1329, festel afaîte>>,hapax), sorti d’usage. C’est le
fourni les dérivés techniques FAISANDERIE n. f. nom d’un ornement qui recouvre le faîtage ( 1824).
(1694; 1669, fézanderie) et FAISANDIER n. m.
(1700; 1552, fuisannkr). FAIX n. m. est la réfection cv.13601 de fuis WBOI,
FAISANDER v. tr. (1393) présente un -d- qui vient issu du latin farcis au sens de <fardeaua, dont la ra-
d’une analogie avec les dérivés des mots en -a&; cine est dans toutes les langues romanes et est pas-
son participe passé a pris au XIX~s. un sens figuré, sée aux langues germaniques (+ faisceau1.
amalsain, corrompu,, par allusion au début de cor- 4 ll est vieilli ou littéraire au sens propre, conservé
ruption du gibier, qui n’est pas consommé frais. dans quelques expressions, comme pfier SOUS le
0 1l en va de même pour son dérivé FAISANDAGE
faix, et au sens figuré (XII~s.1 de *charge peu sup-
n. m. Il852 au fig., Flaubert).
portable>>.

FAISCEAU n. m. représente 1154% une réfec- b Faix a été introduit dans quelques composés.
PORTEFAIX n. m. inv. désignait 11270, portefays)
tion de fuissel, fmsel (XII~s.), issu d’un latin popu-
laire “fuscellus, dérivé du latin classique fasck apa- celui qui portait les fardeaux; c’est devenu un mot
guet lié par une corde>>, le plus souvent afagot, d’historien ou de description pittoresque, +SUR-
botte)} et (<fardeau* (+ faix). FAIX n. m., terme technique (15421, est le nom
d’une pièce de harnais. +ARRIÈRE-FAIX n. m.
+ Faisceau désigne un assemblage de choses liées inv. (1539) est un terme d’obstétrique.
ensemble; le mot s’est spécialisé avec cette valeur 0 voir AFFAISSER.
à partir du XVII~siècle. C’est un terme didactique
(antiquités romaines) employé au pluriel t 1662)
FAKIR n. m. est emprunté 11653; 1690, faquirl à
pour désigner l’assemblage de verges autour d’une
l’arabe fuq2 apauvreb ; l’ancien français connaissait
hache, symbole de l’autorité d’un grand magistrat,
foqui (XIII~s.1 (homme versé dans la connaissance
le licteur” - d’où sa reprise pour l’emblème du fas- de la loi divine>, qui vient d’un autre mot arabe fa-
cisme italien, analogue au faisceau romain (+ fas-
qz32,mais dont le souvenir a pu interférer avec le
cisme). 0 11s’emploie pour un assemblage de fusils
nouvel emprunt.
disposés en pyramide (18511, en physique (1865,
puis mes. pour faisceau hertzien, faisceau d’élec- 4 Du sens religieux, «ascète se livrant à des mort&
@onsI et en mathématiques 11904). Il a le sens figuré cations en public,, on passe par extension et in-
d’cassemblage d’éléments abstraitsn (cf. 1835, fais- fluence des pratiques de certains ascètes indiens à
ceau de preuves). l’acception courante (xx” s.1 de apersonne qui exé-
cute en publicdes exercices di&iles et des tours
FAISSELLE n. f. est la réfection 61 xrve s.) de relevant de lïllusionnisme~.
fissele Km XII~s.1,feiscelle, foisselle ~III~ s.), issu du la- b Le dérivé FAKIRISME n. m. (1890) est rare.
DE LA LANGUE FRANÇAISE 1393 FALSIFIER

FALAISE n. f. apparu au XII~ s. (11821,s’est aussi yoir (xle s.) et estre metier (XII~S.I. 0 La locution ad-
écrit faleise Iv. 11301, faloise et falise. D’abord mot verbiale comme il faut ccomme il convientu, est
dialectal des côtes normandes et picardes, il POU~- d’abord à l’imparfait ( 1548); l’emploi de la locution
rait venir d’un francique “faha, correspondant à adjective est plus tardif ( 1790,des gens comme il
l’ancien haut allemand felisa (cf. l’allemand Fels faut); eue est à peu près lexicalisée. À partir du
(crocheti). P. Guiraud rapproche falotie de l’ancien XVII~ S. CV. 16571,il faut, suivi de kkfhitif, exprime
français falotie <<tromperieN, d’après faillir dont la une supposition propre à expliquer un fait, une si-
variante normanno-picarde fdir est issue du latin tuation. Avec l’omission de il, on relève les lo-
fallere, la falaise étant un rocher qui <<fait défaut, se cutions familières faut voir, faut le faire!, usuelles
déroben (+ 0 faille, à faillir). dans la langue parlée.
4 Le mot est usuel pour désigner un escarpement
rocheux bordant la mer. 0 FALOT n. m. est emprunté (13711 à l’italien
toscan fa20 4’eu allumé pour fêter qqch.*, issu de
FALBALA n. m. est peut-être emprunté (1692) “farh (cf. l’ancien catalan faro, l’espagnol faron, le
au provençal farbella &a;nge, dentelle> (cf. l’italien portugais faroll - le r passant à 1 sans doute en pi-
fardella «pli de vêtement») qui remonterait, comme san, dialecte où ce phénomène est régulier; “fard
l’ancien français felpe <guenilles>, variante de frepe représente une altération du grec phanos atorche,
(+ 0 fipeI, à un groupe de mots contenant la suite lanterneu (+ fanal), la transformation du n en r
f-l-p, désignant des choses de peu de valeur (cf. la- étant due au croisement avec phuros (-, phare).
tin tardif faluppa =brin de paille>>, apacotille)), xeS.I. + Le français falot sime d’abord «torche, grosse
Pour P. Guiraud, falbala étant courant en Norman- lanternen, spécialement comme terme de marine
die, Picardie et Wallonie, pourrait être un composé (16161, et se dit en argot militaire (18901 pour
de baller, au sens de «pendre,, &tre suspendu)) en aconseil de guerre>> (passer au fdotl
wallon et en normand, et de fur-, qui indique l’idée
de mouvement (+farandoleI, le falbala désignant 0 FALOT, OTE adj. est peut-être une adapta-
une bande de tissu qui se balance quand on tion du moyen anglais falfllow accompagnons; l’ex-
marche. pression gentil fallot de la première attestation
+ Quoi qu’il en soit, le mot ne s’emploie plus pour cv. 1450, n. m.1 correspond à l’anglais good fellw
abande d’étoffe ornant le bas d’une robe)) ( 1692) ; il a «bon compagnonti. Par ailleurs, un jeu de mots de
pris un sens extensif au pluriel I1844), cornement Rabelais dans le fiers Livre et la prksence d’archers
de toilette», puis le sens péjoratif d’aomement pré- écossais dans la garde des rois de France rendent
tentieux de mauvais goût= (18721, l’emprunt plausible. Cependant P. Guiraud note la
rareté des emprunts à l’anglais au xve s. ; falot pour-
FALDISTOIRE n. m. + FAUTEUIL rait être mis en relation avec falourde, faloke
atromperiee, l’assimilation du plaisant au trompeur
FALLACIEUX, EUSE adj. est un emprunt étant régulière en kançais; le mot viendrait alors
savant Iv. 1450)au latin impériaJ. fallaciosus 4rom- du latin fallere C+ faillir) ; le radical fal-, désignant
pem, dérivé de fallacia «ruse, tromperie», de fal- des choses vaines et trompeuses, est d’ailleurs
lax, -acis, adj .,4rompeur, petiden, dérivé de fallere présent dans plusieurs dialectes (cf. faloter Mfaiblirm,
I+ faillir). Fallu& a été emprunte sous la forme fal- faleu mfaible, médiocren en Normandie, fallot, fallet
lace n. f. (1223) atromperiem, encore en usage à ctrompeur» en Saintonge et dans les Hautes-Alpes).
l’époque classique. Un peut aussi évoquer faITelu (+ farfelu).
+ Fallacieux, rare au me s. et repris au XVILI”s., a + Falot est employé comme substantif jusqu’à la fin
gardé le sens du latin; par extension, il sign3e du me s. au sens de *plaisant, drôle>>, avec une
aussi =illusoire>> en parlant d’une chose. Il a eu à nuance souvent défavorable à l’époque classique.
l’kpoque classique ( 1647)le sens de <<fourbe». Comme adjectif, il était péjoratif au sens de
kfl a fourni FALLACIEUSEMENT ah(15443. *joyeux> et de agrotesque*. Le sens moderne, 4n-
sign%mt et quelque peu ridicule)), est relevé au dé-
FALLOIR v. impers. apparaît (v. 1160) à l’indi- but du XIX~ s. (1811-1814, oame falote).
catif présent sous la forme fa&. Le latin populaire
“fallire *manquer à», altération du latin classique FALSIFIER v. tr. est emprunté (1330) au latin
fallere atromper, manquer à, échapper àn, a abouti médiéval falsificare flfausser, fals%er>> ( 1remoiti6
à fullir I+ faillir) et falloir; les formes du verbe ont XII~s.), construit à partir de falsus afauxn (+faux),
été construites au xv” s. et au xvre s., d’après la participe passé de fallere <tromper, échapper à»
3epersonne du singulier il fuut Idu latin ofullit), sur (b faillir).
le modèle de valoir. + Falsif’im, pour *altérer dans l’intention de trom-
+ On relève au XII~s. le sens de «manquern dans la pern 113301, se dit au propre et au figuré. o Au
construction peu s’en faut (v. 1160, petit en faut quel, xx’s., depuis les travaux en allemand puis en an-
encore en usage à côté de il s’en faut de peu, de glais de Karl Popper, il est aussi employé en lo-
beaucoup ou de ~XMZ~s’en faut. ~Parallèlement gique cv. 19601, symétriquement à ~érifzer, par em-
! 11651, falloir est employé pour exprimer la néces- prunt de sens à l’anglais to falsify qui, en plus des
sité, sens dominant ensuite. Il faut (quel au sens de sens tiançais, sime <prouver la fausseté de>
*il est inévitable (queIN (mil. xv” s.1 a éliminé deux ( 1449) en parlant d’un énoncé. Le verbe français
autres verbes impersonnels de même sens, esto- convenable serait infirmer.
FALUN 1394 DICTIONNAIRE HISTORIQUE

b FALSIFIABLE adj . (1580) est surtout utilisé de fa- mille=; il en vient à Sign%er «qui est trop libren
qon didactique (v. 1960, par emprunt de sens à l’an- Cxwe s.l. 0 Ce qui est fumilkr est «ce qui est bien
glais fukifiablel, comme son contraire INFALSI- connut t 15801, et familier a le sens figuré (XVII~s.)
FIABLE adj. ( 1867; de 0 in-). 0 FALSIFIABILITÉ d’ctusage habituelm. Le mot s’emploie également
n. f., terme de philosophie des sciences, emprunte (1680, adj . ; 1764, n. m.) en parlant de langage avec
(v. 1960) l’anglais fulsifiability ( 19371. le sens de aqu’on dit ou écrit naturellement en de-
FALSIFICATION n. f., emprunté au dérivé latin hors des relations hiérarchiques, officielles, etc.>>.
médiéval fulsificatio C12051, désigne ( 1369) l’action ~L’adjectif a fourni FAMILIÈREMENT adv. (ti
de falsser, au propre et au figuré. L’anglicisme, en me S.I.
sciences, est remplaçable par infimzutin. +FAL- FAMILIARISER v. tr., d&ivé 0551) du latin fumi-
STFTCATEWR, TRICE n. a été dérivé 11510) d’après liaris, ne s’emploie couramment qu’avec un
le radical du latin fulsificutum, supin de fukikure. complément de chose (1657) ; en dérive FAMILIA-
RISATION n. f. (1855).
FALUN n. m. reprend (17201 un mot dialectal FAMILIARITÉ n. f., emprunt au latin famih-itas
d’origine inconnue. P. Guiraud propose d’y voir un (de fumiliuti), est employé au singulier au sens
composé de l’ancien -français lum, Zun &luvion, li- d’cwnitié, inbnité~~ (XII~s.) d’où, par extension, =li-
mon>), issu du latin limus &nonn et &diment~, et berté qu’on a avec gqw CI3183;de 1àil est uttisé, au
de fuie Npâlen, fa20 «jaune clair», variante fkanco- pluriel surtout, de faqon péjorative pour parler des
provenqale de fauve*. facons trop libres qu’on a avec qqn 116901,spéciale-
4 L’hypothèse s’appuie sur le fait que le falun est un ment avec une femme (1865).
dépôt sédimentaire calcaire, de couleur jaune
pâle. FAMILLE n.f. est un emprunt assez tardif
(13371 au latin classique fumiliu, dérivé de famulus
b Le mot, technique ou d’usage régional, a fourni
aservitew, mot italique isolé dans l’ensemble in-
FALUNER v. tr. (17201, d’où FALUNAGE n. m. doeuropéen. La fumiliu romaine est étymologique-
hxe s.), et FALUNIÈRE n. f, (17201, techniques et
ment l’ensemble des fumuli, esclaves attachés à la
rares. maison du maître, puis tous ceux qui vivent sous le
même toit, maîtres et serviteurs, et sur qui règne
FAMÉ, ÉE adj . dérive Cv.14501 de l’ancien fran-
l’autorité du pater familias, le chef de famille. Em,
çais fume Iv. 11601, ((bruit qui court, renommée, ré-
fumilia s’applique k la parenté et, en latin médiéval
putation>), du latin famu Im&mes sens) qui se rat-
(vm” s.) désigne un ménage de serfs.
tache comme le verbe fari «parlep à une racine
indoeuropéenne “bhti- (+ fable). +Famille a mis du temps à s’imposer face aux
autres termes usités en ancien fdnçais : parenté,
4 Utilisé avec les adverbes bien (xv” sd, mal 11690)ou
purentage t+ parent), lignée*, mesnie (dérivé du la-
des adverbes de sens équiva[lent, famé qualifkt au-
tin mansio qui a donné aussi mahon*l, terme de
trefois des personnes.
féodalité : Kceux qu’unit le lien de vassalité à un sei-
b Seul MAL FAMÉ, ÉE OU MALFAMÉ, ÉE adj. est gneur». 0 Le mot a eu le même développement sé-
courant aujourd’hui, pour parler d’un lieu (1831). mantique que fumiliu; avant le xwe s., il désigne les
FAMEUX, EUSE adj. est emprunté (déb. XIV~s., fu- personnes vivant sous le même toit et encore
mose) au latin famosus COMU, renommé (en bien souvent les domestiques seuls. L’idée de proche pa-
ou en malIn, dérivé de fuma. Il a gardé le sens du la- renté apparaît tard ( 1580) et ce n’est que récem-
tin et Sign%e aussi ( 1730) par extension aremas- ment que le mot évoque à la fois la parenté et la co-
quable dans son genren (la valeur positive ou néga- résidence. Aussi, la Sainte Famille, en peinture,
tive dépendant du sens du nom). ~L’adjectif a comprenait initialement sainte Anne et saint Jean
fourni FAMEUSEMENT adv., peu usité pour avant de se restreindre à la triade formée par 1%~
Nd’une manière remarquableD (1642) et familier fant Jésus, la Vierge et saint Joseph. 0 Par exten-
( 1834) avec une valeur intensive. + FAMOSITÉ n. f., sion, famille désigne la succession des individus
formation savante SU le latin famosus ( 14881, est ayant une origine commune (1611), puis un en-
archaïque. semble de personnes qui présentent des carac-
tères communs (1658) ; de là viennent l’emploi du
FAMILIER, IÈRE adj . et n. est une réfection mot en histoire naturelle (1676) - d’où SOUS-
(v. 1240) de fumelier (v. 11551, emprunt au latin fami- FAMILLE n. f. (1904) - et les sens figurés.
liaris «qui ftit partie de la maison,, d’où par ex-
b C’est le sens moderne qui domine dans l’adjectif
tension w-ni, intime», dérivé de familia (+famille).
FAMILIAL, ALE, AUX h. 1830) et son dérivé FA-
Le mot a divergé par le sens de famille qui met
MILIALEMENT adv. (v. 1950). 0 FAMILIALISME
l’accent sur la parenté biologique.
n. m. <<tendance à exalter le rôle de la famillen et
4 Au premier sens du latin, l’adjectif Ev.1155) est au- FAMILIALISTE adj. sont des dérivés récents
jourd’hui vieilli ou lîttértire, et le substantif (XIII~s.) Iv. 1973).
n’est plus en usage. Il reste vivant au second sens De l’expression suris famille, diffusée par le roman
(1240, adj. ; 1370, n.1 et, par extension, si@e cqti d’Hector Malot 118781, vient SANS-FAMILLE n.
vit habituellement avec qqn* ( 15301, mais seule- (1953).
ment quand on parle des rapports sociaux kela- @ voir FAMILIER.
tiens famili&esI ou par métaphore. Par extension,
fumilier Sign%e Iv. 1265) «simple, sociable)) - C’est- FANAL, AUX n. m est emprunté ( 15541à l’ita-
à-dire ((libre dans ses rapports, comme dans une fa- lien funale 4eu placé au sommet d’une toursp, en
DE LA LANGUE FRANÇAISE FANON

marine (v. 13081, du grec byzantin phunation &II- FANFARON, ONNE adj. et n. est emprunté
terne= (ou de l’arabe funür qui en provient), du grec (1609) à l’espagnol funfurrbn, formation onomato-
classique phanos <<la,nternea (-+ 0 falot) ; le mot s’est péique, comme l’arabe furfar «bavard, léger)
écrit phanars 113691, funar (1372) et phunul (1548, (cf. aussi l’italien funfurone &bleur4.
Rabelais). L’hésitation entre le r et le l tiaux $ Le mot se dit d’une personne qui se vante de sa
marque les deux sources. bravoure, réelle ou supposée.
+Fanal a repris le sens de l’italien, sorti d’usage b Le sémantisme NhâbleurB se retrouve dans les dé-
(+ phare) comme celui de alanterne pour éclairer rivés FANFARONNADE n. f. (15981, FANFARON-
les lieux publiw ( 1756) ; le mot désigne Idéb. xxe s.) NERIE n. f. ( 15981, sorti d’usage, et FANFARON-
la lanterne servant de signal fixée sur un véhicule. NER v. (16421, littéraire+
FANATIQUE adj. et n. est emprunté (1532, Ra- FANFRELUCHE n. f., employé chez Rabelais o>
belais) au latin funuticw =Serviteur du temple> puis (15341, s’est substitué à l’ancien français funfelue
Gnspir& , en parlant des prêtres de Cybèle, (1174-l 1781, funfeluce chez Christine de Pisan
d’Isis, etc., parce qu’ils se livraient à des manifesta- ( 14051. Le mot est issu d’un latin de basse époque
tions d’enthousiasme; funuticus dérive de funum fumfulucu (IX~ s.3, forme conservée par l’italien, al-
<temple* (d’où profunus + profane), qui se rattache tération du grec pomphok abulle d’air= (+ farfelu),
à une racine italique à valeur religieuse Ofès-, fùs-. que l’on rattache à un groupe de mots baltes expri-
+Fanatique s’est appliqué à une personne qui se mant l’idée de gonflement, ce qui implique une ra-
croyait inspirée de l’esprit divin. Par extension, le cine expressive indoeuropéenne.
mot qualse El5801 qqn qui est animé d’un zéle + Du premier sens de ebagatellen, on passe (1541) à
aveugle envers une religion, une doctrine, d’où
celui de ((petite chose qu’emporte le ventB, puis au
l’emploi étendu (1764) pour {{enthousiaste, pas-
sens moderne (16111 de ((petit ornement qu’on uti-
sionnéb . 0 L’abréviation familière FANA adj .
lise dans la toilette)); le mot aujourd’hui est le plus
(xx” s.1 n’a que ce dernier sens, mais elle fut utilisée
souvent employé au pluriel et à propos de la toi-
à la fin du XVIII~ s. (1793) pour désigner les royalistes.
lette féminine ( 16801, avec une valeur proche de
b FANATISME n. m. (1688) a suivi l’évolution sé- celle de fulbulu.
mantique de fanatique. Au XVIII~ s., le mot est op-
posé à philosophie. FANGE n. f. est une réfection Iv. 1170) de func o>
FANATISER v. tr., d’abord au sens de afaire l’ins- n. m. <<boue 1iquideD (fin XI~ s.1, par la forme mas-
pi& (1752, intr.1, a son sens moderne depuis 1793, culine le fange (v. 11201. Le mot serait à rattacher à
contemporain de la formation de FANATIQUE- un type germanique “fungu, variante de “fan@, que
MENT adv. ( 17691. l’on retrouve dans l’ancien gascon funhu, et qui re-
FAN n. (1923 ; une première fois en 1909) est un em- présente le pluriel du gotique funi abouem; une
prunt à l’abréviation de l’anglais funutic; le mot se autre forme ‘fan@, qui a donné l’allemand Fenn
répand vers 1950 pour aadmirateur d’une vedettes. cterrain marécageuxb, a abouti en wallon à fume,
mot usuel en Belgique et passé en franqais général
FANCHON n. f. est l’emploi (1828) comme nom
11838) comme terme de géologie. P. Guiraud re-
commun de Funchon 116801, dimirxhîf de Frunqoise.
marque que fange existe avec le sens de ~pourri-
+Le mot désigne un fichu ou une dentelle que les turc, pus~ en franco-provençal et en franc-comtois,
femmes se mettaient sur la tête, Ies pointes en ce qui suggérerait un rapprochement avec le latin
étant nouées sous le menton. Il reste d’usage régio- tardif fumix aabcès, meurtrissure~~.
nal.
4 Fange, <(boue épaisse», est sorti d’usage au figuré
b Le diminutif FANCHONNETTE n. f. Idéb.xrxes.l pour (<état de déchéance, 11500) ; le mot est d’em-
est sorti d’usage. ploi littéraire au sens de asouillure morale)} : COU-
FANDANGO n. m, reprend 11756) un mot es- vrir qqn de funge ( 1770).
pagnol (17051 d’origine obscure. On y a vu une alté- b Le dérivé FANGEUX, EUSE adj. a le sens propre
ration du portugais fudo (+ fadol, un dérivé de (XII’ s. ; v. 1160, funjosl et le sens figuré Iv. 1770) de
l’arabe fandura <luth à trois cordes», qui corres- fange.
pond au grec punsoura et, par l’espagnol du Pérou,
un mot d’origine quichua. FANION + FANON
+ Fandango, comme en espagnol, est le nom d’une
FANON n. m., réfection (1418) de funun Iv. 1170), o>
danse d’origine andalouse.
est issu du francique Ofuno Gmorceau d’étoffeM (qui a
FANER + 0 FOIN abouti à l’allemand Fuhne <drapeau>), par l’inter-
médiaire du bas latin funo <pièce d’étoffe» Iv. 720) et
FANFARE n. f. est sans doute d’origine onoma- «manipule d’un prêtrem Irx” s.l.
topéique. + Il est d’abord employé comme terme de liturgie
+ outre son sens courant (1532, Rabelais) d’«or- pour désigner le manipule du prêtre Iv. 11701 et
chestre composé d’instruments de cuivren, il dé- plus tard (1418) les deux pendants de la mitre de
signe 11587) par analogie, dans un emploi littéraire, l’évêque. Le sens de *morceau d’étoffen est
un ensemble de bruits éclatants, une démonstra- conservé quand fanon désigne (1549) la pièce que
tion bruyante (+fanfaronnadel. Par analogie vi- l’on suspend au bout d’une lance ; mais on emploie
suelle, on parle (XE? s.l de reliure ti la fanfare. plut6t en ce sens GONFALON n. m. I->nrr”s.1ou gon-
FANTAISIE 1396 DICTIONNAIIRE HISTORIQUE

fanon, d’un ancien haut allemand g~ndfuno aéten- atromper (en falsiiknt la marchandiseIn; une fan-
dard de combatD (de gund <bataille= et de “fano). tasmagorie serait une fausse et trompeuse appari-
0 C’est par une image que fanon a pris le sens de tion ; mais la première hypothèse est sociologique-
arepli de la peau qui pend sous le cou de certains ment plus vraisemblable.
animaux» (1538; 1310-1340 en parlant du coq3 - une + Les premières fantasmagories 11797) étaient des
bannière étant faite d’une bandelette à pendants - images lumineuses et mobiles créées à l’aide d’une
puis de ulames cornées garnissant la bouche de lanterne magique, le funtascope. Le mot prend le
cerbins cétac& (1685). - n s’est opéré une répart- sens de <<spectacle surnaturel et fantastique>> ( 1810)
tion des sens entre fanon et FANION n. m. ( 1673 ; et (18351, désigne dans les arts l’abus des effets fan-
feinion, 11801,autre forme du mot (par changement tastiques.
de stixe) ; aujourd’hui seul fanion désigne un petit
b Le dérivé FANTASMAGORIQUE adj. est
drapeau servant ou non d’emblème; gonfuZouL
contemporain du nom (1798).
s’emploie encore quand on parle du moyen âge.

FANTAISIE n. f., réfection graphique (v. 14501 FANTASME n. m. est emprunté ti XII~s.) au
de funtasie Cv.12001, forme courante jusqu’au xv? s., latin impérial phuntusmu ((fantôme, spectre», en
est emprunté au Latin classique funtusiu ou phanta- bas latin Amage, représentation par l’imagination»,
siu <image, conceptn, et wision» en bas latin, mot transcription du grec phantasmu <<apparition, vi-
employé notamment dans les traductions latines sion, fantômes, de la famille de phuinein “appa-
des textes de Platon et d’Aristote. Le latin l’a repris Atre>> (--+fantaisie). La graphie phantasme a été
du grec phuntasiu ((apparition>, d’où «imagination», aussi usuelle; la tentative de distinguer deux sens
*image qui s’o&e à l’esprit», qui appartient k la fa- selon la graphie, en psychanalyse, a échoué.
mille de phuinein “appartitre>> I+ fantasme, fantas- + Introduit avec le sens dWusion», fantasme a si-
tique ; phatique, pheno-1. gnifié aussi «fantôme> Ixrv” s.1I-+ fantômel. Il devient
+Fantaisie s’est employé Cv.1200) au sens de =Vi- un terme médical, avec le sens d’4mage hallucina-
sionm, puis d’Nimagination» IX+ s.1,jusqu’à l’époque toireD (1832) ; son emploi s’est restreint au sens de
classique. En moyen lançais 113701, le mot prend ((production de l’imaginaire qui permet au moi
par métonymie le sens d’«objet que forme l’imagi- d’échapper à la réalit& ( 1866, Amiel) ; le dévelop-
nation,, d’où de fantaisie “par l’imagination)> ( 17181, pement de la psychanalyse, où le mot marque l’op-
emploi sorti d’usage. L’idée d’imagination s’oppo- position entre imagination et perception réelle, a
sant à celle de contrainte, fantaisie s’emploie pour rendu cette valeur courante au XX~ s. (il traduit chez
nommer un goût passager, un caprice 031 xv” 4, Freud 1’alIemand Phuntusie).
valeur commune aux divers emplois du mot. 0 Il b Le dériv6 FANTASMATIQUE adj., attesté isolé-
désigne une pièce musicale de forme libre (15851, ment au sens de ccfantomatiquen ( 16041, s’applique
dite aussi caprice, une œuvre créée sans suivre de (1837) à ce qui est fantastique, irréel; c’est le sens
règles formelles C16361, un amour passager kvr~” s-1 didactique, “qui relève dufantasmeu unil. xxe s.), qui
et une chose peu utile mais originale, qui pltit domine aujourd’hui. -FANTASMERv.intr., Mavoir
(1690) ; de là vient de fantaisie au sens moderne des fantasmesn Cv.19601,s’emploie aussi transitive-
(1798, objets de fantaisie). Le mot, d’abord mélîora- ment.
tif, en vient à désigner (xx” s.) la tendance à agir par @ Voir FANTASMAGORIE, FANT6ME.

caprice, qu’il soit ou non employé de façon favo-


rable. FANTASQUE + FANTASTIQUE
de dérivé FANTAISISTE n. a désigné (1845) un
artiste, un écrivain n’obéissant qu’à sa fantaisie et FANTAS SIN n. m. est emprunté ( 1567, Baïf? à
s’applique à qqn qui agit sans suivre les usages, qui l’italien funtuccino «soldat d’infanteries (15411, dé-
n’est pas sérieux ( 1850, adj. ; 1855, n.). 0 C’est le rivé de funte, qui Sign%e aussi avalet» et est une
nom (mil. xx” s.1 d’un artiste de music-hall qui se forme abrégée de infante ajeune guerrier>> et apetit
produit surtout dans des numéros comiques. garGon>, du latin infuns, -unti (+ enfant; fantoche).
La forme funtuchin a été aussi utilisée (1578). Des
FANTASIA n. f. apparaît ( 1843) dans le titre d’un
tableau de Delacroix, Ww funtasiu au Maroc, ex- resufkations populaires ont produit funtaboche
(19161 puis funtubosse (19181, sortis d’usage.
posé en 1842 ; c’est une adaptation de l’arabe
d’AfCque du Nord fantaziya Mpmache, ostenta-
FANTASTIQUE adj. et n.m. est emprunté
tionm, auquel Delacroix attribua le sens de adiver- (mil. XIV~~.) au bas latin fantasticus, emprunt au
tissement équestre de cavaliers arabes>); le mot est
grec phuntustikos acapable de former des images,
probablement emprunté à l’espagnol funtasia
des représentations- ou “qui imagine des choses
&naginationn et avanité, arrogance», de même ori-
vaines, se crée des illusionsn, dérivé de phantazes-
gine que fantaisie. thui &rnaginep) (de phainein ccappara&en, -+ fan-
FANTASMAGORIE n. f. est, selon Bloch et t aisiel .
Wartburg, un mot formé savamment ( 1797) du grec + Fantastique s’applique (mil. xwe s., adj. ; 1738,
phantusmu aapparition, fantômen I+ fantasme) et n. m.) à ce qui n’existe pas dans la réalité et a signi-
de lalMgoti, qui pouvait désigner des représenta- fié {(fou, insens& (1536, n. m.). Ces valeurs viennent
tions plastiques. P. Guiraud penche pour une de ce que le produit de l’imagination est considéré
composition populaire à partir de fantasme afan- comme un écart opposé à la raison. Par extension,
tôme, hallucination visuelle» et gourer, agourer le mot qualiEe ce qui paraît imaginaire ( 15801, ce
DE LA LANGUE FRANÇAISE FARAMINEUX

qui présente une apparence étrange. On en vient FAON n. m. représente la réfection El5491 de o>
au xrxe s. au sens courant d’&onnEU& incroyable* feün Iv. 1120), foün iv. 11701, aboutissement du latin
(18331 et à l’emploi du mot comme intensif. 0 C’est populaire Ofetonem, accusatif de “feto, dérivé du
le développement d’un type particulier de nou- classique fetus cenfmtement>> et Mportée Ides ani-
velles et de romans, jouant sur l’extraordinaire, la mauxIn (+ foetus). On trouve aussi la graphie fan au
rupture avec l’ordre reconnu du monde, qui ex- xvf siècle.
plique son emploi nominal ( 1821, Charles Nodierl 4 Le mot a désigné jusqu’à l’époque classique le pe-
pour caractériser un genre littéraire puis cinéma- tit de toute bête (faon pour lionceau est chez
tographique, le fantastique. La Fontaine) ; il est spécialisé au sens de apetit d’un
~FANTASTIQUEMENT adv.kvWasuivil’évolu- cervid&, ceci dès les premiers emplois Iv. 11701.
tion de l’adjectif. b Le dérivé FAONNER v. intr. (112 l-l 134, feün& si-
FANTASQUE adj.re@sente une réfeCtionkv”S., gnif~e cfa,ke ses petits+ en parlant de la biche.
puis 1575) d’après fantastique de funtuste, forme
abrégée de fantastique. L’adjectif s’applique à une FAQUIN n. m. serait un dérivé (1534, Rabelais),
chose qui surprend par son apparence bizarre et selon Wartburg, de l’argot fucque Npoche, sacfi que
est employé chez Montaigne pour afantastiquen l’on trouve au xv” s. (les compuignons de lu fucquel
(1580) ; il qualse couramment une personne sujette et que Rabelais utilise encore; les deux formes
à des sautes d’humeur 116061, + Son dérivé FAN- viendraient du moyen néerlandais f& upoche-
TASQUEMENT adv. (1602) est litthire et rare. (cf. allemand Fath <<compartiment, cases). Pour
P. Guiraud, l’existence du provencal fusco «tas de
FANTOCHE n. m. est un emprunt 11842) à l’ita- gerbe+, celle du moyen français fusquk HchargéB et
lien fantoccio &Poupée, marionnette» ( 1552) et aper- de l’ancien français sosfachier afléchir sous un far-
sonnage inconsistant» (av. 15841, diminutif de funte deaw, dirigent vers la racine fasc-, du latin fuscis
=Valet>> (b fantassin), de infante issu du latin Sans, - afaix% (-+faixl, par le biais d’un verbe ‘fuscure ou
antis (+ enhnt). “fuscicare, qui expliquerait le sens de fuquin.
Uantoche désigne une marionnette articulée + Fwuin a désigné un portefaix (15341, sens vivant
(couramment, on dit marionnette). Au XVIII~ s., on a en italien (1442, fucchino). 0 Le sens moderne,
employé dans ce sens technique funtochin ( 1769) et d’emploi littéraire, *homme méprisable» ( 15611, se-
funtochini Il 792) - de l’italien fantoccino, -ini, dinzti- rait à rapprocher d’une autre acception du mot,
nutif de fintoccio. Le sens figuré moderne de aper- <<mannequin (de paille?) utilisé dans les joute+
sonnage inconsistant> apparaît à la fm du XIX” siè- (16061, qui supposerait aussi le latin fuscis.
cle. OFAR +@FARCE

FANTÔME n. m, vient (v. 1130, funtosmel d’une @FAR *FARINE


forme méridionale “fantuumu, issue du grec de
Marseille (Phocée) par oti le mot a pénétré, à partir FARADIQUE adj. a été formé (1851) sur le
du grec ionien “phuntagma, correspondant à l’at- nom du physicien et chimiste anglais Michael FUYU-
tique phantusma Mapparition, vision)) I+ fantasme) duy (1791-18673, qui énonça les lois quantitatives de
et afantôme>), repris par le latin impérial. l’électrolyse et montra la généralité des propriétés
magnétiques de la matière.
4 kntôpne est introduit en fhnçais avec le sens
d’aillusion trompeuse)), qui existe déjà en latin, et + L’adjeckif s’applique à un courant alternatif ob-
désigne (1165) l’apparition surnaturelle d’une per- tenu par induction et se dit de ce qui se rapporte
sonne morte; par extension, le mot s’emploie pour aux théories de Faraday.
aidée, être imaginairen E15861 et à propos d’une per- b Sur le nom du physicien ont été formés d’autres
sonne ou d’un animal squelettique ( 1690). 0 Il a pris termes didactiques, FARADXSATION n. f. (1858) en
des acceptions techniques, par exemple celle de médecine, FARAD n. m. (1874; 1859, autre sens)
<<fiche pour matérialiser l’absence d’un livre sorti unité de capacité électrique>>, et FARADAY n. m.
d’un rayon)) (1906). (18731, nom d’unité employé dans le domaine de
1’électrolyse .
b FANTOMATIQUE adj., dérivé (1807) d’après le
radical grec du génitif, a pris un sens extensif, FARAMINEUX, EUSE adj. est dérivé
rejoignant presque fantastique. +FANTO- (av. 152 1) de furumine <<bête nuisiblem (XIV” s.1, sur-
MAL, ALE, AUX adj. (1883, Daudet) est un quasi- tout employé dans la locution bête fcmmine, dans
synonyme plus littéraire. l’Ouest et en Bourgogne, nom d’un animal fantas-
=$’ Voir FANTASMAGORIE, FANTASME.
tique et redoutable, analogue à la Tarasque pro-
vençale. Faramine est emprunté au bas latin feru-
FANZINE n. m. est un emprunt C1963) à un mot- mina, pluriel neutre (pris pour un féminin
valise américain (19491, formé de fanfatic) <ama- singulier) de feTamen (VI” s.), dérivé du latin clas-
teur= et de (magalzine Krevue)). sique fera abête sauvage> C-fier). Feramen avait
+Famine, «petite revue (de bandes dessinées, de abouti en ancien fkançais à ferain (XII~ s.1 et à l’an-
science-fiction) éditée par des amateurs>, s’oppose cien provençal ferum dont dérive le méridional fu-
à PROZINE n. m. <<revue éditée par des profession- rumio #bête sauvage>.
nelsb (v. 19701, d’emploi très spécialisé en français, + Cet adjectif, attesté isolément avec un sens obs-
comme zinc, qui recouvre les deux catégories. cur au XVI~ s., est repris et répandu au xlxe s. 11834,
FARANDOLE DICTIONNAIRE HISTORIQUE

pharamineux). Il quaMe ce qui étonne par son 0 FARCE n. f. et adj. est un emploi particulier de
étrangeté 11892, faramirxeux) et, par extension, se 0 farce pour #plaisanterie, mauvais tow (1330;
dit de ce qui est anormalement important (1865). cf. farser ase moquer de, au XIII~s.1; il est repris au
Xrxe s. ; furce employé comme adjectif ( 1784 Bachau-
FARANDOLE n. f. est emprunté 11793; 1776, mont) dans ce sens est à la mode tout au long du
farandoule) au provençal farandoulo qui représen- XIX~ s. (il est farce, me chose farce). Du sens de ~~plai-
terait une altération du provençal barundello, dé- santeriea on passe à celui d’nobjet utilisé pour faire
rivé du verbe brunda aremuerm, qui a le même radi- une farces -le mot étant alors le plus souvent au
cal que brandir (+ brandir1 ; la transformation du b- pluriel. 0 Par ailleurs, le latin médiéval fursa ayant
en ft- pourrait venir de MfIuence d’autres mots désigné au XIII~s. les intermèdes en langue vulgaire
comme flandrina &neT», fkandina McajolerB. Pour introduits au cours de cérémonies religieuses,
P. Guiraud le verbe burundelu serait plutôt un comme de la farce dans une viande, farce a pris
composé tautologique, de bar-, variante de fur- in- 113ï’O)le sens d’&istoire plaisante illustrant un pro-
diquant l’idée de déplacement (peut-être du go- posn, puis au xv” s. 11448) de <<petites pièces
tique furun woyager» ; cf. allemand fuhren «allerm), comiquesu, les intermèdes afarcis», séparés de la li-
et de undela, dérivé de uPtda ccourirm (Languedoc), turgie latine, étant à l’origine de notre théâtre
d’un latin populaire oambitwe, du classique umbire comique. Par extension, farce désigne kvr” s.l une
(cf. en Savoie undu &lan»). D’où burundelu ~ourîr action qui se déroule comme une farce.
de travers=, ce qui défmit bien l’allure de la faran- FARCEUR, EUSE n. EV.1450; de farce ou du verbe
dole. furserI désigne une personne qui fait des farces ou
+Le mot désigne une danse populaire provençale qui manque de sérieux, d’où l’emploi sorti d’usage
pour CcdébauchéB (1865, n.); le mot a désigné Idéb.
et au figuré, un cortège dansant @n XDces.l.
XIX~ s.1un acteur spécialisé dans les rôles comiques.
b Le dérivé FARANDOLER v. intr. (1881, Daudet
mais antérieur) correspond au verbe provençal fu- FARD +~FARDER
rundmdu. oce verbe rare a fourni FARANDO-
LEUR, EUSE n. attesté plus tôt (1872). FARDE n. f., attesté en 1812, vient probablement
de l’ancien fYan@s fardes (XII”~.), variante de
FARAUD, AUDE n. et adj. est un emprunt hardes*.
( 17401, précédé par un emploi argotique isolé de fa-
raude ( 17251 pour *madame, mademoiselle=, à l’es- + L’évolution de sens, qui aboutit à *dossier formé
pagnol furuute ((messager de guerre, interprèten d’une feuille de carton pliéen, ressemble à celle de
11492). Ce mot espagnol a désigné ensuite celui qui
chemise*. Le mot est usuel en tiançais de Belgique.
récitait le prologue d’une comédie (16111, rôle
considéré comme ennuyeux par le public, d’oti le FARDEAU n. m. Idéb. XI~I~s.), d’abord furdel
sens de *personne qui cherche à se faire valoirn (12051, dérive de farde n, f. (v. liSO), <charge, ba-
( 1620) ; il est emprunté au français héraut *. gageu, emprunté à l’arabe f&ddh cdemi-charge
d’un chameaw, d’où «balle, paquetm.
+ Le français a repris le sens de <fanfaron, fat%11740,
n. ; mil. XY s., adj.1. Le mot est vieilli. 4 Le mot s’est d’abord employé pour abotte
d’herbe>>, aballots ; aujourd’hui il désigne (déb.
b Les dérivés FARAUDER v. intr. (1881, Fkhepinl XIII~s.) une chose pesante et, par figure Cl” moitié
et FARAUDERIE n. f. (1902, Colette) Sont rares.
du XIII” s.1,ce qui est pénible à supporter.
F Farde, sorti d’usage dans son premier sens, et re-
0 FARCE n. f. représente (XIII~s.1 le féminin de
pris comme terme de commerce ( 17751, a fourni
l’ancien fiançais fars Iv. 12003, issu du latin impérial
deux dérivés. 0 FARDER v. intr. a signîfk «char-
farsus, participe passé du latin classique farcire,
gern cv. 1350, tr.); de ce sens vient @FARDAGE
terme d’élevage et de cuisine Sign%ant <engraisser
n. m. (xv” s. ; 1392, farduigel, autrefois *bagage, far-
(des animaux)» et afarcir*, d’où «garnir, bourrelh au
deaw, aujourd’hui terme technique de marine.
propre et au figuré.
oFurd.4~ a ensuite Sign%é 4titisser, se tassern
4 Farce désigne, comme en latin, un hachis d’ali- ( 1704) ; le verbe s’est conservé en mtie (1834) au
ments k mettre dans une préparation culinaire. sens de =se gonflern en parlant d’une voile.
b FARCIR v. tr. représente le latin farcire, dont il FARDIER n. m. ( 17761, nom d’un chariot servant à
reprend le sens propre Il 174- 11761, spécialement transporter les lourdes charges, est encore d’usage
en cuisine Idéb. XIII’ s.1,et la valeur figurée de «sur- régional.
charger de connaissances, d’idéesm Iv. 12101. 0 Le
sens familier du faux pronominal se farcir gqch., @ FARDER + FARDEAU
“gagner (de l’argent)= (19X?), vient d’une métapho-
risation : d’cabsorbern on passe à aobtenirn. Par an- 0 FARDER v. tr. pourrait être issu Cv.1165) du
tiphrase, se farcir Sign%e aussi asupporter pénible- -francique ofarwidopz deindre, colorep, ce que
ment (qqn)>>; le sens vulgaire de «posséder conkrnerait l’existence de l’ancien haut allemand
sexuellement, vient de l’acception amettre danw de même sens furwjan (cf. l’allemand ftirben =colo-
@FAR n. m. IxY s.1, d’emploi régional (Poitou) rer, teindre4 P. Guiraud, écartant cette origine
pou afarci de légumes)), est une abréviation de germanique, propose un emploi particulier du
farci; il est sans rapport avec le fur breton, appa- verbe 0 fardw (de farde MchargeB; -+ fardeau) au
renté & farine”. sens de echarger le visage>>.
DE LA LANGUE FRANÇAISE 1399 FARINE

4 Farder s’emploie au sens propre de «maquiller» (18381, aussi écrit fétigoule (1866) chez A. Daudet.
et, par figure Idéb. xrv” s.1, de ((déguiser qqch. sous C’est un emprunt au provençal fetigoulo, fatigoulo,
une apparence trompeuse}). de l’ancien provençal ferigola Il 1501, fer-rigola Ifin
w Le dérivé FARD n. m. apparaît tv. 1190, fart) au XIII~ s-1, issu d’un latin populaire “fericula «(plante)
sens figuré de wze qui constitue une apparence sauvage)), dérivé du latin classique ferus csauvagen
trompeuse», «parole trompeusen, qui n’est plus en (3 fier). On a aussi proposé de faire remonter l’an-
usage que dans les locutions littéraires agir, parler cien provençal à un latin populaire “ferricula dérivé
SUIS fard, Le sens propre ( 1213) est demeuré cou- de ferrum (+ fer), sur le modèle d’autres noms bota-
rant et donne lieu à la locution familière piquer un niques comme lenticu2a alentillep ; le mot représen-
fard ~rougir brusquement> 11878). terait, comme le bas latin feparia «sauge verveinem,
0 FARDAEE n. m. est un terme technique (1896) une traduction du grec sidêritis, désignation de
pour mmquillage Ide marchandisesI>. plusieurs plantes dont quelques labiées comme le
thym. On relève aussi la forme tigole (1548) puis f?i-
FARFADET 4 FÉE gaule (16001, empruntée à la variante provençale
frigouzo.
FARFELU, UE adj. et n. vient peut-être (1545)
du croisement de l’ancien fkançais fanfelue, fufellue 4 Fatigoule est le nom Provença[l du thym.
«bagatelle, futilités (courant du xxe s. au xwe s.1avec b FARIGOULETTE n. f., <petit plant de thyms 11914,
le radical expressif faft”- que l’on trouve dans des Claudel) et -lieu planté de thym (19251, est un di-
mots désignant des choses vaines ou trompeuses minutif, d’après le provençal ferigoulete.
(-+ f&ot); fanfelue est l’aboutissement du bas latin
fanfuluca, altération du grec pompholux abulle
FARINE n. f. est issu (v. 1150, Eneas) du latin fa- o>
d’airm E+ fan&-eluche). La forme farfelu viendrait de
rina *farine>) qui a donné l’italien furina, l’espagnol
l’influence d’autres mots en fw- Ifwfouiller, fari-
harina, le portugais furinha. C’est un dérivé de far,
bole*).
furris «blé, épeautrem et aussi =farine)>. Fur, comme
4 Le mot, au sens de cdodu)) chez Rabelais (15451, fuba (+ fève), est bien représenté dans le groupe de
comme faflflelu, est rare au XVII~s. puis dispartit. Il civilisation indoeuropéenne du Nord de l’Europe ; il
est repris en 1921 par Malraux dans ZesLuaes de a pour correspondant en germanique le vieil an-
papier, où le romancier imagine un univers de glais bere «orge», le gotique barizeins, le russe bo-
choses vaines, gonnées d’air, au sens de Kfantai- rosm Nfarine de seigle,.
siste, bizarres, et se répand à partir des années
1950. 4 Fatiw désigne la mouture des céréales et par ex-
tension (1690) celle d’autres plantes que les cé-
FARFOUILLER + FOUILLER réales. Il se dit par analogie (1865) d’une poudre
blanche que l’on met sur le visage. La locution fami-
FARIBOLE n. f., attesté chez Rabelais (1532, fa- lière rouler qqn dans Ia farine 4e tromper» est
ribolle), pourrait être mis en relation avec le moyen construite à partir d’un jeu de mots sur rouler; être
fiançais falibourde, fallebourde «sottisem ( 15441 de pareille farine, être de la même f&e (XVI~s.1,
[cf. l’ancien provençal falabourdol. Ce mot est calque du latin classique ejusdem fminae, se dit par
composé de bourde <<mensonge’> et du radical de dénigrement de choses ou de personnes qui ne
faillir au sens de amentir». L’ancien f?ançais fdir a valent pas mieux l’une que l’autre.
eu le dérivé falourde 4romperien (XI~~s.l. On a aussi
évoqué une altération du latin frivolus (+ frivole). b FARINIER, IÈRE n. (1292, n. m. ; 1453, n. f.1est dé-
P. Guiraud propose pour source du premier élé- rivé du nom ou est emprunté au latin médiéval fari-
ment le latin fallu <mensonge, tromperien, abrévia- narius ~~meunîer~ (x” S.I. 0 Le sens latin a disparu et
tion de fallacia, dérivé de faZlux (3 fallacieux), le se- le mot désigne régionalement depuis le xv” s. (1453,
cond étant I’mcien français bole <<mensonge%; la n. f.1 un coffre à farine ou un champignon à odeur
comparaison avec 1’ancien provençal expliquerait de farine (xx” s., n. m.).
le r comme une assimilation du 1. Le dérivé FARINER v. a signi& ti xve s.) <<prendre
l’aspect de la farine», puis recouvrir de farine)) 11542,
4 Aujourd’hui le mot, au sens de <<propos frivolem ou
tr.) ou *prendre un aspect farineuxn. + Le composé
d’aidées sans consistance~~, s’emploie plutôt au plu-
ENFARINER v. tr. kwe s.) s’emploie spécialement
riel.
au figuré et familièrement dans venir la bouche (la
FARIDONDAINE n, f. est composé (XVI~s.) de guedel enfarinée (16751, <<avecde naïves illusions=,
l’onomatopée dondaine et d’un groupe initial fur- par référence au type de niais de l’mcien théâtre
d’origine obscure. Selon P. Gukaud, il pourrait être au visage couvert de farine,
formé de la racine far-, qui exprime l’idée de dé- FARINEUX, EWSE adj., emprunté au bas latin fa&
placement (germanique far woyagee, gotique fa- nosus, conserve le sens latin de “qui a l’aspect de la
ran aallerm; cf. allemand fuhren Naller4, et d’un de- farines (1539) et s’applique ( 15501 à ce qui contient
rivé de redonder, synonyme de bondir. ou produit de la farine - d’où FARINEUX n. m.
4 Faribndaine est utilisé dans les refrains de chan- (17561. L’adjectif qualifie par extension 116901ce qui
sons populaires; selon les besoins de la rime, on est couvert de farine.
trouvera furi&ndon ou fardondé. 0 FAR n. m. ( 17991, du latin fur, mot régio& de
Bretagne, désigne une sorte de flan, le plus souvent
FARIGOULE n. f. apparaît isolément au XV+I~s. nommé fur breton. En français régional de Bre-
Il5281 sous la forme ferigole, puis est repris au xrxe s. tagne, le mot a d’autres emplois, plus larges.
FARNIENTE 1400 DICTIONNAIRE HISTORIQUE

FARNIENTE n. m. est introduit sous la forme + Il a été employé avec le premier sens du latin et a
italienne far niente ( 1676, Mme de Sévigné), littéra- désigné (1532) un chapitre d’un ouvrage littéraire,
lement «ne rien faire-, de bre afairen et niente d’où l’emploi ( li’93) à propos d’un petit paquet de
wienB hf. le fraqais fuinéantl. feuilles, de cahiers formant une partie d’un ou-
4 Le mot est employé en bonne part : l’oisiveté vrage. 0 Terme de pharmacie (16901, il désignait
agréable s’oppose à la fainéantise. une quantité déterminée d’herbes.
bFARNIENTER v.b'ltr., familier 118991, est sorti FASCINER v. tr. est emprunté hve s.) au latin
d’usage. fascinure tifaire des charmes, des enchantements%,
de fuscinum «charme, maléficen. Le latin avait
FAROUCHE adj. provient (v, 1200, furoche) de abouti à l’ancien français fesnkr, fuisnier; on trouve
l’altération de l’ancien français foruxhe hf s.1 par encore dans l’ouest de la France le verbe fuiner
métathèse des voyelles. Forasck était l’aboutisse- <porter malheurn.
ment du bas latin forusticus cextérieur, étranger» + Le premier sens d’tiensorceler par un charme» est
Ivres.), d’où NsauvageD, opposé à domesticus et dé- vieilli; restent vivants celui de {(maîtriser par la
rivé du latin classique foras adehors>, aau dehors». puissance du regardm (XIV s.) et au figuré le sens at-
Cet adverbe se rattache, comme for& E+ hors), à ténué de acaptiver par la beauté, le prestige, etc.m
une racine indoeuropéenne “dhwer- CtporteB,la no- En XVIes.).
tion étant régulièrement exprimée par des formes
Sign%ant & la porten. dn dérive FASCINANT,ANTE adjJ1834,BalzacI.
* Deux mots ont été empruntés à des dérivés latins
+Farouche se dit d’un animal non apprivoisé du supin de fascinare. FASCINATEUR, TRICE adj.
Iv. 12001 et d’une personne qui craint les rapports et n., attesté au XVI~s. 11550) au sens du bas latin fm-
humains Cv.13981, par extension, du comporte- cinutor acelui qui fascine>, a été repris au XIX~ s. et
ment, des mtières (xv” S.I.Le mot s’applique à qqn s’emploie seulement comme adjectif. 0 FASCINA-
de rude, qui peut agir avec violence (v. 13981,et à ce TION n. f. (14883, emprunt au dérivé latin fascina-
qui a un aspect hostile, est sauvage (mil. ~VI~s.1,no- ti, a des emplois analogues à ceux du verbe.
tamment chez Hugo. Par extension, il qutie ce
qui se manifeste avec vigueur (1644; haine fu- FASCISME n. m. est un emprunt (19211 à lïta-
rouchel . lien ~usci~mo, mot dérivé de fascio «faisceau=, uti-
b FAROUCHEMENT adv. apparaît au XIV~~. lisé comme symbole politique en Italie (+ faisceau),
(av. 1380, ferouchement) mais, rare à 1’8poque clas- du latin fascls de même sens I+ faix).
sique, il n’entre dans les dictionnaires qu’au me siè- + Le mot a servi à désigner d’abord le mouvement
cle, après son usage fréquent dans la poésie de politique fondé en 1919 par B. Mussolini, établi en
Hugo, dep. 1842, *FAROUCHERIE n. f., littéraire, Italie d’octobre 1922 à juillet 1943. Il s’est employé
n’est attesté qu’au ti siècle. pour tout système ou do&rine politique de totalita-
Le composé EFFAROUCHER v. tr., «efTrayer de risme étatique et nationakte. ~Fuscisme a pris, à
manière à faire fuis, s’utilise en parlant des ani- partir des années 1960, des valeurs affectives dans
maux (14951,puis des humains (1585) ; il a voulu dire le discours politique; il s’emploie aujourd’hui pour
cdéplaire à (qqn)> (XVI” s.1 et, à l’époque classique, toute attitude politique conservatrice et autoritaire
&riter (qqn)n (1641; v. 1550, pron.). et, de façon polémique, pour toute docttie ou
comportement opposé à la agauchen; plus large-
FART n. m. est un emprunt 11904 au norvégien, ment encore, hors de tout contexte politique, il
mot peut-être identique à fart «voyage, vitessen, ap- s’utilise pour parler d’une contrainte, d’une auto-
parenté à l’allemand Fuhti avoyage, marche>. rité imposée.
+ Ce terme de ski est le nom d’une substance dont b FASCISTE adj. et n. (19213, emprunt à l’italien
on enduit les skis pour améliorer le glissement. fascistu =Partisan du fascismes Uui aussi dérivé de
b Il a fourni FARTER v. tr. (19083 dont dérive FAR- fascio), a suivi la même évolution sémantique.
TAGE n. m. (1932). 0 On trouve les formes familières FACHO (v. 1968,
à p&ir de la prononciation à l’italienne [faJst]l et
FAR WEST n. m. est un emprunt (18491 à un l’altération FAF, où le second f est inexpliqué.
Du radical de fascisme a été dérivé FASCISER
mot angle-américain attesté depuis 1830, composé
v. tr. (v. 19301 gui a fourni FASCISATION n. f. (1930,
de fur &loigném et de west 43uesta.
Eluard) et FASCISANT, ANTE adj . (1936).
4 Il désigne les États de l’extrême ouest des États- ANTIFASCTSTE adj. etn. (1924 et ANTIFAS-
Unis, d’abord les terres situées à l’ouest des Appa- CISME n. m. (1933) sont d’abord attestés, le second
laches, ces limites reculant au fur et à mesure de la chez Paul Morand, à propos de l’opposition au ré-
conquête. Le mot ne s’est répandu en France qu’au @ne de Mwdirk oNÉO-FASCISTE adj. et n.
début du XX~ s. quand la légende du Far West devint (1945) et NÉO-FASCISME n.m. s’appliquant aux
un des thèmes favoris du cinéma (avec les wes- mouvements politiques inspirés par le fascisme
terns). mussolinien.

FASCICULE n. m. est emprunté (~9 s.) au la- FASÉOLE -, FAYOT


tin fascicuhs apetit paquetp, spécialement cpetit
ouvrage littéraire)), diminutif de fasck (b faix, fas- FASHION n. f. est emprunté (1698) à l’anglais,
cisme1. lui-même emprunt au français façon*, fusoun
DE LA LANGUE FRANÇAISE 1401 FATAL
Iv. I~OO), faciun qui avait pris les sens de amoden + On a proposé comme équivalents français restau-
Idéb. XVII~s.1,<<gensà la moden (fin XVII~s.l. ration rapide, restaurant rapide, prêt-à-manger,
+ Fashion, attesté isolément pour désigner le ton et mais on se sert plus souvent du nom des chames,
les manières du beau monde, a été repris dans un marques déposées en anglais, souvent d’origine
contexte anglais (1819) puis employé avec le sens américaine. Fast-food s’emploie par figure et péjo-
de csociété élégante)) 11830). ll est sorti d’usage, rativement (v. 1980) pour quaMer ce qui est conçu
comme ses dérivés. pour la consommation de masse.
b FASHIONABLE n. et adj. désigne une personne FASTIDIEUX, EUSE adj. est un emprunt
élégante (17931 puis s’est employé comme adjectif (v. 1380) au latin fastidiosus “qui éprouve ou cause
(1804) et répandu vers 1820 à l’époque du dan- du dégoûtn, dérivé de fustidium vdégoûtm et «dé-
dysme. Ce dérivé anglais ( 1607, au sens de afa- dain, mépristi, lui-même de fustus aorgueil,
çonnablem) était devenu un terme de mode au dé- morgueu (+ 0 faste), Fastidium a été repris en
but du xwe siècle. + On relève chez Th. Gautier le moyen français sous la forme fustide «dégoût>> (du
dérivé rare FASHIONABLEMENT adv.( 1835). XIV” au xvP s.1.
4 L’adjectif s’applique à ce qui rebute en provo-
0 FASTE n. m. est un emprunt de la Renais-
quant l’ennui.
sance (1540) au latin fastus Norgueilw et *air orgueil-
leux,, mot de la langue écrite, d’origine inconnue. d a fourni FASTIDIEUSEMENT adv. (17621, litté-
raire.
4 Le nom désigne le déploiement de magnikence,
la pompe, et s’est employé ! 1554, fastl à l’époque FAT, FATE adj. et n. m. est un emprunt (1534,
classique au sens de avaine ostentatiow. Il est nor- Rabelais) à l’ancien provençal fat Nsotn he s., pro-
malement au singulier mais la forme pluriel Iles vençal moderne afou)& issu du latin futuus “qui n’a
fastes1 est devenue tiéquente par confusion avec pas de goût)> (+ fade), employé également à propos
fastes b 0 faste). d’une personne, et par extension au sens de asot,
b FASTUEUX, EUSE adj. reprend (15371 le dérivé imbécile>>.
latin impérial fastosus, en bas latin fastuosus ((su- + L’adjectif équivalait à csotm,d’où son usage à l’épo-
perbe, dédaigneux»; il s’applique à une personne que classique 116611 comme terme de mépris. 0 En
qui aime le faste ou à ce qui évoque le luxe (1674). 11 *anGais moderne, il s’applique Idéb. xwe s., adj . ;
s’est employé à l’époque classique pour ce qui 1666, n. m.) à une personne qui a peu d’esprit mais
s’étale avec ostentation Km XVI~s.3. *Il a fourni beaucoup de prétention, et se dit spécialement
FASTUEUSEMENT adv. (1558) et FASTUOSITE (18343 d’un homme qui se croit irrésistible auprès
n. f. ( 18651, littéraire et rare. des femmes. Il a vieilli et est devenu littéraire, sauf
dans certains usages régionaux.
0 FASTE adj., attesté au XIV~s. Cv.1355, faustel et b FATUITÉ n. f. reprend Iv. 1355) le latin fatuitus
au xv? s. et repris au XIX~ s. (18381, probablement
asottisem, dérivé de fatuus. Le mot conservait à
sous l’tiuence de fastes Ici-dessous), est un em-
l’époque classique le sens latin il désigne la satis-
prunt au latin fastus dans fustus dies ((jour où il est
faction de soi-même qui s’étale d’une manière ridi-
permis de rendre la justiceti. Cet adjectif latin dé-
cule (v. 1688). Il a vieilli pour parler de l’attitude
rive de fas désignant l’expression de la volonté di-
prétentieuse du fat (16941; on relève avec ce sens
vine, le droit divin Epar opposition à ~USdroit hu-
FATUISME n. m. ti XVI~~s.) qui a disparu.
rnain)J et, par extension, ce qui est licite, juste. Fus
+ Voir INFATUER.
se rattache peut-être à une racine “fes-, fus-, à va-
leur religieuse, que l’on a dans fanum (+ profane),
FATAL, ALE, ALS adj. est emprunté
feriae (4 férié, foire). La graphie fuuste s’explique
Cv.13551 au latin fatal& adu destin», eprophétiquem,
par une confusion avec le latin faustus «heureux, et nfixé par le destin», duneste, mortelm, dérivé de
favorablen, dérivé de fcwere &tre favorablen I+ fa- fatum ~~prédiction~>, ale destina, et spécialement
veur); fuuste est attesté chez Rabelais et Bath au <<destin funesten, *temps fixé pour la vien. Fatum se-
sens latin. rait à l’origine une énonciation divine et se rat-
+L’adjectif est didactique dans jour faste, terme tache, comme furi et le grec phanai nparler», à une
d’antiquité romaine; il s’emploie couramment (at- racine indoeuropéenne “bha NparleP (+ fable; fa-
testé 1893 Goncourt) pour <favorable>. conde). Il avait abouti à l’ancien français fé edémonm
b FASTES n. m. pl. conserve les sens du latin fasti. (-+ fée), à l’ancien provençal fut adestin», au portu-
Il désigne les tables chronologiques des Romains, gais fado (+ fado).
d’abord (1488 ; 1570, fustes consulaires) dans le Livre + L’adjectif conserve le sémantisme du latin. Appli-
des Fastes, traduction d’un ouvrage d’Ovide intitulé qué à ce qui concerne le destin (v. 13553 ou à ce qui
Fa&, et équivaut à aannalesn ( 1620). est marqué par le destin (av. 16151,il est d’usage lit-
0 VO~~NI?FA~TE. téraire, et s’applique spécialement au moment fixé
à l’avance où doit se produire un événement, le
FAST-FOOD n.m. et adj. est un emprunt plus souvent malheureux. 0 Fatal à, pour (16401
récent 11972) à l’anglais des États-Unis ; le mot, dé- qualifie ce qui a des conséquences désastreuses et
signant une restauration rapide et à bon marché, et en particulier ce qui est signe de mort Ixw” s.l. 0 Il
l’établissement ofiant ce type de repas, est s’emploie plus couramment pour <<inévitable,
composé de fust arapide>> et de food ccnourrituren. (av. 1880).
FATIGUER 1402 DICTIONNAIRE HISTORIQUE

~FATALEMENT adv. Sign%ait à l’époque clas- tigue ; de là vient, d’après infutigubllité Ici-dessous),
sique “par le sortm Idep. 1549 ; il est littéraire au FATIGABILITÉ n. f. I19241. +L’adjectif a pour
sens de <<d’une manière désastreusem (1852) et cou- contraire INFATIGABLE adj., empr'udé (1470) au
rant pour &@itablement~. *FATALISTE n. et latin classique infatigubilis, et qui est passé de
adj. désigne une personne qui pense que les événe- l’idée de force inépuisable à celle d’activité soute-
ments dépendent du destin (1584); le mot, sorti nue, qui ne faiblit pas. 0 Ses dérivés sont INFATI-
d’usage, a été repris (v. 1730) au moment ou appa- GABLEMENT adv. (14861 et INFATIGABILITÉ n. f.
raît FATALISME n. m. (1724) et a été répandu au (16591, littéraire.
XVIII~s. (cf. Jacques le FutaEist;e de Diderot).
FATALITÉ n. f. est emprunté (xv” s.1 au dérivé bas FATMA n. f. inv. reprend (1900) l’arabe F@imu,
latin fatalitas anécessité du destin% et aforce natu- nom de la fille de Mahomet et prénom très ré-
relle ou surnaturelle par laquelle tout ce qui arrive pandu parmi les musulmanes.
est déterminé d’avance=. Il désigne d’abord une + Dans le contexte colonial algérien, il désignait
suite de coïncidences inexpliquées qui semblent une femme du Maghreb et spécialement, dans le
manifester une fmalité supérieure à l’homme et re- français d’Afrique du Nord colonisée, une em-
prend ensuite (av. 15591 les sens du latin. ployée de maison arabe (en français d’Algétie, on
FATIDIQUE adj. est emprunté ti xv” s.1 au latin disait surtout mauresque dans ce sens). 0 Ces va-
fatidicus *qui prédit l’avew et “qui indique une în- leurs ont disparu, mais l’argot français de France
tervention du destin, composé de futum et de di- avait repris le mot, avec le même contenu xéno-
cere I+ dire). L’adjectif est didactique au premier phobe que mousmé ou n&oué, au sens général de
sens du latin et courant avec la valeur du second flfemmeu, qui a vieilli.
Iv. 1850) et comme équivalent de fatal. +Le dérivé
FATIDIQUEMENT adv. (1874) est rare. FATRAS n. m., attesté seulement au début du 6)
FATUM n. m. s’emploie Idep. 15841 avec le sens la- mes. ~fustras), est un mot d’origine incertaine. On
tin de <destin* dans le vocabulaire didactique ou lit- le donne traditionnellement (Wartburg) comme
téraire. issu d’un latin populaire Ofarsuraceus, dérivé du bas
FATIGUER v. est emprunté Idéb. XIVes.) au la- latin fursuru, variante de fartura aaction de bour-
tin classique futigare afaire crever (un animal)~ et, rer, de farcip, lui-même dérivé de furtum, supin de
par affaiblissements successifs, uaccablep, cabattre farcire I+ farcir). Mais il appartit pour désigner une
par la dépense de forcen, en latin impérial Gmpor- pièce de vers extravagante, comme fatrusie
Iv. 1220, fustrasie). Futrusk pourrait être une va-
tuner», wexern. Ce verbe dérive probablement de
futis <fente, crevasse>>, dans l’expression ad fatim riante de l’ancien français fantank (+ fantaisie) et
dont les éléments se sont joints pour former l’ad- fatras un dérivé regressif. 0 P. Giraud associe le
verbe aktim “jusqu’à crever, éclatep puis & sa- mot à fastroillier abavarder» (XIII~s.), de fastroille
tiété». vniaiserie, bavardagen et *tromperien; pour ce lîn-
guiste, on retrouve là un des sémantismes fonda-
+Fatiguer Sign%e d’abord Kdiminuer les forces de mentaux du français, la chose vaine -donc le
km organisme)~, aimposer un effort pénible à (un mensonge - étant assimilée à un feu sans consis-
&e vivant)>>, aussi en emploi intransitif (15491 où il tance, à un fagot, sens attesté pour fustroille, et il
Sign%e «s’épuisep. Le pronominal est usuel. 0 Le postule un latin populaire “fuscitwn, dérivé de fas-
verbe a repris aussi (av. 1660) le sens latin nrebuter cis afagotn (+ faix) qui aurait abouti à “faste, fastre,
par l’importunités et, par figure, a signif& à l’épo- puis par sufkation à fustras, fmtroille.
que classique achercher à faire céder Ila résis-
tance, etc.)}} (1669). OPar analogie, il s’emploie en Uatius désigne d’abord un ensemble confus
agriculture, par exemple dans fatiguer un arbre d’idées ou de paroles et s’emploie avec la valeur
11752) et par extension dans futiguer lu tere ala re- concrète de fouillis (1580). À l’époque Cla&que, il
tourner à plusieurs reprisesm 117731,d’où fatiguer la s’est dit (xv” s.) de choses de peu d’importance,
salade (1845). + En technique, fatiguer, intransitif, - Cette dernière valeur se réalise dans les dérivés
se dit d’une poutre, d’un navire, etc. qui subit des sortis d’usage : FATRASSER v. intr. kvre s.) et FA-
déformations à la suite d’un effort excessif (1756) ou TRASSIER, IÈRE adj. et n. (16111 OU futrusseur
d’un mécanisme (179.2 par la même métaphore (1636).
que peiner. b FATRASIE n. f., terme d’histoire littéraire médié-
b Le deverbal FATIGUE n. f. a suivi une évolution vale (voir ci-dessus), désigne (XIII~s.l une pièce poé-
parallèle, désignant l’état qui résulte d’un effort ex- tique d’un caractère incohérent ou absurde, conte-
cessifkv” s.), un travail pénible (16 111, sens demeu- nant des allusions satiriques. +Le dérivé
rés les plus usuels, Il a désigné spécialement le tra- FATRASIQUE adj. (attesté mil. XX~s.) est didac-
vail des forçats et, à l’époque classique, une source tique.
d’ennuis (16661. Il s’emploie également dans le vo-
cabulaire technique (déb. ti S.I. FATWA n. f., emprunt savant à l’arabe, connu
Le verbe a fourni également FATIGANT, ANTE des spécialistes du droit islamique, s’est répandu
adj. au propre (1668) et au figuré (1666) et le dans plusieurs langues (anglais, fknçais...l en 1989,
composé DÉFATIGUER v.tr. (18361, +FATI- par la condamnation que prononcèrent des imams
GABLE adj. reprend (14861 le bas latin fatigaklis à l’encontre de l’écrivain Salman Rushdie.
“qui fatiguea>; ce sens est sorti d’usage. Lié au verbe, 4 Le mot désigne didactiquement une consultation
il s’applique 11504) k une personne sujette à la fa- juridique religieuse islamique sur un point dou-
DE LA LANGUE FRANÇAISE 1403 FAUTE

teux. Son emploi en franqais concerne une signé par figure 11466) un petit Ca;non en usage aux
condamnation. XVI~ et XVII~s. kf. ci-dessous fuuconneuu). 0 II de-
vient un terme de politique (19601, par calque de
FAUBER ou FAUBERT nm. apparaît au l’anglais des États-Unis huwk, opposé à dwe «CO-
XVII~ s., d’abord écrit fouber (16431, puis fuuber ( 1678) lombe*n pour désigner un partisan de la force dans
et Flaubert ( 16871. Ce mot d’origine discutée pourrait le règlement d’un conflit.
être emprunté au néerlandais de même sens b Le mot a fourni des termes de chasse : FAU-
zwabber, mais le passage à la forme fiançaise n’est CONNIER n. m. (v. 11601 qui correspond au latin
pas expliqué. Wartburg reprend l’hypothèse d’une médiéval fulco~~ri~ (déb. 1~~s.1, FA~ÇONNIÈRE
reprise à l’ancien f&nGais foubert flsot, niaisn (XIIe 53, n. f. (XIII~~.), FAUCONNERIE n, f. h. 1354) =Chasse
emploi particulier du prénom Fulbert. au fauconm et par extension *aux oiseaux de proie)).
4 Ce terme de marine désigne un balai fait de vieux +FAUCONNEAU n. m.( 1498, fuuconne~; 1534, fat&
cordages. Il s’est employé en argot Ii9051 au sens conneuu) correspond au sens de faucon en artille-
analogique de <favoris». rie.
bIZ a produit FAUBERDERV. TR. OU FAUBERTER FALCONIDÉS n. m. pl., terme de zoologie (18681,
(16941, Mnettoyer avec le faubern. est dérivé savamment du latin falco pour désigner
la famille de rapaces à laquelle le faucon appar-
FAUBOURG n. m., d’abord en syntagme fuulx tient.
hors (av. 1404) puis soudé (14781, est une altération,
par croisement avec faz&, de l’ancien français for- FAUFILER + FIL
bore ou forsborc Cv.12001, forbours (v. 12601,
composé de fors *hors dem,issu du latin loti [+ de- 0 FAUNE n. m. est un emprunt (1372) au latin
hors) et de bore (+ bourg), le forsborc étant ce qui Fuunus, dieu de la fécondité, des champs et des
est en dehors du bourg; l’altération par faux pro- troupeaux, très vite identifié au dieu grec Pan et
vient du fait que le faubourg semblait s’opposer au représenté avec des pieds et une queue de bouc,
avrai» bourg. On relève aussi en latin médiéval fui- un torse d’homme et une face barbue. Le pluriel
sus burgus ( 1380). Fuuni désignait de petits génies champêtres. Le
nom de ce dieu bienfaiteur se rattache à favere
+ Fuubourg désigne d’abord, et aujourd’hui en his-
<être favorable>> C-*faveur).
toire, la partie d’une ville située hors de l’enceinte.
Le sens moderne (17281 concerne le quartier qui 4 Faune, d’abord terme didactique de mythologie
correspond à cette partie, aussi dans des noms latine, désigne aussi par extension ( 1839, Balzac) un
propres, par exemple faubourg Suint-Antoine, à homme dont le comportement érotique ou I’appa-
Paris (av. 1850). 0 Par métonymie, la ville et les fuu- rente évoque le dieu romain avec une valeur voi-
bourgs s’est dit pour «toute la populationB f 17181,Le sine de celle de satyre.
mot s’est employé au pluriel (1838) pour parler de ~Les dérivés FAUNESSE n. f. (1842, Banville) et
la population ouvrière des faubourgs. Faubourg est FAUNESQUE adj. (1869) sont littéraires mais vi-
aujourd’hui marqué par rapport à banlieue. vants; FAUNINJNE adj. (18811 est rare; FAU-
Par métaphore, le faubourg étant ce qui prolonge NIEN, IENNE adj. et FAUNIAQUE adj. 11845) plus
la ville et la première partie occupée par l’ennemi, encore.
le mot s’utilise en argot pour «postérieur (d’une @FAUNE n. f. est un emprunt (1783, selon Bloch et
femme))> ( 1612, repris 1878). Wartburg, puis 18021 au latin scientsque du XVIII~s.
.FAUBOURIEN,IENNE n. et adj. désigne une fuuna, attesté dans un titre d’ouvrage de Linné
personne qui habite un faubourg (18011, notam- ( 1746) parallèlement à floru (-+ flore) ; fuuna est tiré
ment un quartier populaire, et s’emploie aussi du latin classique Fuunus (-, 0 faune). 0 Le mot a
comme adjectif avec cette dernière valeur 11838, désigné la description des animaux d’un pays et
accent fuubowierzl. l’ouvrage qui recueille ces observations. II se dit
par métonymie de l’ensemble des animaux d’une
FAUCHER, FAUCILLE + 0 FAUX. région déterminée. Au figuré, il désigne (déb. XX~s.1
de façon péjorative un ensemble de personnes très
FAUCON n. m., réfection (XII~s.1 de ~~~CUTI caractéristiques qui fréquentent un lieu.
(1080), est emprunté au bas latin fulconem, accusa- Faune a fourni en zoologie FAUNIQUE adj. (18961,
tif de falco (IV~s.3.Fulco, qui a donné l’italien fulco, FAUNULE n. f. (1904) et le Composé MICRO-
l’espagnol hulc&, le portugais falcüo, est peut-être FAUNE I-i. f. (xx” s.l.
dérivé de fu& fulcis «faux> (+ 0 faux), à cause de la
courbure du bec ou des serres, ou bien représente FAUTE n. f. est issu (v. 1174 par évolution pho-
un emprunt au gemnanique, mais l’ancien haut al- nétique d’un latin populaire “fallitu Naction de fail-
lemand fulcho (allemand Fulke) semble emprunté lir, manque-, féminin substantivé de “fulliti, alté-
au latin. ration du latin classique falsus, p.p. de fallere
+Faucon conserve le sens latin <<rapace diurne au C+ faillir, défaut).
bec crochu». Son importance vient de l’utilisation 4 Faute désigne d’abord le fait de manquer aux
de faucons dressés pour la chasse au vol, activité prescriptions d’une religion, d’où lu Fuute «le pé-
très vivante pendant tout le moyen âge et qui a eu ché commis par Adam et Eve>),ou à la règle mo-
de nombreuses implications sur le vocabulaire rale. Il était spécialement employé pour parler des
(par ex. le sens de zloZer* Kdérober)). Le mot a dé- relations sexuelles en dehors du mariage; ce sens a
FAUTEUIL 1404 DiCTIONNAIRE HZSTORIQUE

vieilli avec l’évolution de la société quant à la mo- teuil pliant des metteurs en scène constitue un re-
rale sexuelle, comme l’emploi pour le fait de se tour inconscient à l’étymologie du mot.
laisser séduire, pour une femme (XIX~ s.l. 0 Par ex- b FALDISTOTRE n. m., mot de liturgie et d’archéo-
tension, faute désigne en général le manquement à logie, est emprunté ( 16681 au latin ecclésiastique
une règle, dans un art, une discipline intellec- faldistorium, d’origine kancique (ci-dessus), par
tuelle, etc. (15381, d’où faute de goiit amanière l’italien, pour désigner le siège liturgique de cer-
d’agir maladroite ou fâcheusen ( 16653. Le mot entre tains prélats.
dans des expressions, en particulier avec un pos-
sessif hnil. XVI~s., c’est ma faute). FAUTEUR, TRICE n. est emprunté, d’abord
Parallèlement, il a désigné comme le latin, et en sous la forme fateur (12951, au latin classique fautor,
concurrence avec défaut, le fait d’être en moins fautrk <personne qui favorise,, csoutien, partisanp,
(v. 12751, utilisé dans des locutions comme faire du latin archaïque futitor, dérivé de favere 4tre fa-
faute de aomettre de>>(16651, avoir faute & aman- vorablem (+ faveur).
quer dem, sorties d’usage. Faute s’emploie encore
+ Le mot a désigné une personne qui protège et fa-
avec cette valeur dans la locution adverbiale sans
vorise qqn, sens vivant à l’époque classique. Sous
faute & coup sûrm ( 1306) et dans faute de lot. prép.,
I’tiuence de faute, il s’est spécialisé (1596) à pro-
& défaut de- ( 16361, qui remplace par faute de
pos d’une personne qui favorise une action blâ-
(xv” s.), CGfaute de (15491, employés en kançais clas-
mable ; il est inusité au féminin. Détaché de son ori-
sique. Un sans faute, substantivé, vient de parcours
gine tfavorisateurl, senti comme dérivé de faute*, il
saIzs faute (dans un concours hippique, attesté
s’emploie surtout dans le domaine politique tfau-
1968).
teur de troublesl, plus couramment dans l’expres-
b FAUTIF, IVE adj. signifie d’abord <<sujet à faillirm sion fauteur de guerre.
(1440-14751, puis s’applique à une personne qui est
en faute (av. 15891,sens où il est moins courant que FAUVE adj. et n. rn+ est emprunté (1080) au bas
coupable, et à ce qui renferme des défauts ou des latin falvus (IX” s.3,falbus (VIII~-IX~s.1, latinisation du
erreurs (16763. oLe dérivé FAUTIVEMENT adv. germanique falwa cd’un jaune tirant sur le rouxm
(18231 est littéraire. (cf. aussi l’ancien haut allemand fulo, l’allemand
FAUTER v. intr., acommettre une fauteD (1568, re- moderne falb =fauve4. Comme pour d’autres noms
pris déb. xrxe s.), est sorti d’usage. Le verbe ne s’em- germaniques de couleur (blanc, bleu, blond, gris),
ploie plus que par plaisa&erie au sens de use lais- ce sont probablement des soldats qui ont introduit
ser séduirea, en parlant d’une femme (1864). le mot en bas latin.
FAUTEUIL n. m. est l’aboutissement du k-an- 4 Fauve a consewé le sens étymologique (1080;
cique “fuldistôl asiège plia&, reconstitué d’après 1176, n. m. acheval fauve», hapax). H3ktes fauves
l’ancien haut allemand faldstuol (d’où l’allemand Il561 ; av. 1573, n. m.1 désigne les animaux sauvages
Faltstuhl), l’anglais faldstool 110501, le latin médié- au pelage de cette couleur, cerf, lièvre, lion, etc.,
val faldistolium ou faldistorium Iv. 1100). C’est un par opposition aux bêtes noires et aux bêtes rousses.
compose de “fald *plier>) (cf. anglais to fold) et de Le mot s’emploie ( 1790, adj. ; 1791, n. m., Volney)
stôl “sièges. Faldestoel apparaît en français au XX~s. pour les animaux sauvages en général, er&n parmi
IChanson de Rolandl, d’où faudesteuil (XIII~s.), faul- eux pour les animaux féroces (1832, adj. et 1859,
detueil (encore au déb. du XVII~s. dans les diction- n. m. chez Hugo). L’adjectif a beaucoup été utilisé
naires) et enfin 115891, fauteuil. par les romantiques, en particulier par métaphore,
pour quaMer ce qui a les caractères de la bête
+Le mot désigne d’abord un siège pliant, riche-
fauve avec une valeur voisine de farouche.
ment décoré, transporté en voyage par les grands
personnages ; en moyen français kve-xwe ~3.1 le mot, F Au début du XX~s., on a appliqué ce nom ( 1923,
souvent décomposé en faux d’estueil (13963, faux n. m. pl.1 à des peintres tiançais qui utilisaient des
deteil ( 1428) - étymologie populaire (pour faux) qui couleurs pures, violentes; de là viennent FAU-
montre l’oubli de l’origine - désigne un siège de VISME n. m. (1927) pour nommer le mouvement et
parade, facile à transporter. C’est en effet un siège FAUVISTE n. m. synonyme didactique de fauve.
de cour, jusqu’au début du XVILI~s. (il est alors em- FAUVETTE n. f. (1223, fauvete) est le nom d’un petit
prunté par l’allemand Il7131 et l’anglais lli’4411, le passereau, à cause de la couleur de son plumage.
sens moderne n’étant défini explicitement qu’en FAUVERIE n.f.~endroit d'me ménagerier&ervé
1671. Le mot, devenu fauteuil au xv? s., et la chose aux fauvesm Iv. 19491 est un terme technique.
sont usuels sous Louis XIV: ils deviennent bour- \
geois (cf. les commodités de la conversation des 0 FAUX, FAW S SE adj . et n. m. est une réfec- V/
Précieux) et le Roi en fournit l’Académie (les “qua- tion graphique krve s.1 de faus k~” s-1, aboutisse-
rante fauteuils4 0 Depuis le xviue s. et surtout le ment de fais ( 10801, du latin falsus afaux, falsifié,
~IX~ s., le fauteuil devient un siège banal, mais trompeur)), participe passé de fallere 4rompep
confortable; cette idée de confort mène à la lo- 13 faillir).
cution familière arriver comme dans un fauteuil + L’adjectif apparaît dans la Chanson & Roland,
Cv.1889) <avec une avance confortable>, d’abord appliqué à ce qui n’est pas vrai, d’où la substantiva-
dans le contexte hippique. Le sens hiérarchique du tion le faux n. m. ~III~ s-1et le sens de “qui ne corres-
XVII~s. s’est, par ailleurs, conservé dans l’usage mo- pond pas à une réalité profonde> (12731, opposé à
derne, notamment en politique (occuper le fauteuil naturel, spécialement dans une œuvre 11675, n. m.).
monter au fauteuil & la présidence& EMin, le fau- oParallèlement, faux qutie ce qui n’est pas
DE LA LANGUE FRANÇAISE 1405 FAUX

exact (10801, notamment dans raisonnement, cukul FAUSSAIRE n., réfection Cl2831 de fukuire 6n
fuux (XII~ s.1,par extension ce qui est fondé sur une XII~s.), est emprunté au latin fulsarius; il a sign3é
illusion ou une erreur 11580, hase joie) et ce qui 4rompem) avant de désigner une personne qui
n’est pas comme il devrait (1580, faux mouvement). commet un faux juridique 113131, puis artistique.
Faux se dit aussi d’un esprit qui raisonne mal Faux a produit Ie pr&xé ARCHIFAUX,FAUSSE
(av. 16621.0 Par la notion d’écart par rapport à une adj. (av. 18651 de archi-.
règle, l’adjectif s’applique ensuite à ce qui n’est pas D’autres mots ont été composés à partir de faux
conforme aux exigences de l’harmonie (mil. XVIII~s., parmi lesquels FAUX-SEMBLANT n. m. ! 1176, fuws
voix fausse) ou d’une loi ( 1865). o Dès l’ancien fran- sunblunt), FAUX-MONNAYEUR n. m. (13321,
çais, l’adjectif qual%e ce qui est contrefait, destiné FAUSSE(-)COUCHE n. f. (16711, FAUX-FILET
à tromper (11761, par exemple dans fausse atiaque n. m. (XIX” s.l. Voir l’autre élément.
(v. 12651, et ce qui n’est pas réellement selon son ap- @ VOiI- FAUX-FUYANT.
parence (XII~s., fausse perle). De ces valeurs dé-
coulent divers emplois : “qui ne remplit pas les +# 0 FAUX n. f. représente la réfection gra-
conditions nécessa;ires pour mériter son nom, phique 115871 de fuuz Iv, I 1751, fuuh cv,13601, forme
Iv. 1360, faux plafond), “qui est mal dé&3 ou in- enregistrée par le Dictionnaire de l’Académie
complet> (xv” s., faux air) ou “qui imite les appa- jusqu’en 19%. Le mot est issu du latin fulx, fulcis
rences d’un objet naturel= (av. 1549, fausse barbe). afauxs, aserpe» et aarme de guerrea, probablement
~Faux, n. m., se spécialise pour désigner une emprunté à une ancienne langue de l’Italie et qui a
contrefaçon 116111, notamment en droit ( 1659) et en fourni l’italien fulce, l’espagnol hoz.
parlant d’une œuvre artistique. L’adjectif s’emploie +Le mot désigne un instrument agricole, et aussi
en particulier dans fuw papiers, faux pmse- (1690) une arme formée d’une lame arquée au bout
port, etc., récemment dans le complexe vrai-faux d’un manche; par métaphore, la faux est l’attribut
qualifiant une pièce fausse, mais délivrée par un du Temps et de la Mort (1638). 0 L’usage du mot a
service paralIèle (police secrète, etc.). 0 A faux perdu de l’importance avec la mutation de l’outil-
~OC.adv., sorti d’usage au sens de ~sans raison sti- lage agricole Km xrxes.-xxe s.1,mais il garde ses va-
sante, (16291, s’emploie en architecture (1690, por- leurs évocatrices et symboliques. ~Par- analogie
ter à fa&, d’où en porte ;i faux lot. adj . ( 18651, em- de forme, c’est le nom d’un repli membraneux du
ployk au propre et au figuré. cerveau 11690, fuux du ceweuuk
b L’adjectif a de nombreux dérivés et quasi-dérivés. b FAUCHER v. est la réfection hve s.) de fuuchim
FAUSSEMENT adv. (12731, d’abord fukement Iv. 11751, issu d’un latin populaire “fukure, dérivé de
(11903, a suivi l’évolution sémantique de l’adjectif. faix; le latin classique utilisait metere (-+ moisson) et
0 FAUSSET n. m. EV.11753 est aujourd’hui démo- secare «couperN I+ section), qui a donné l’ancien
tivé; la voix de fausset, voix de gorge, aiguë, donne provençal segar et l’italien segure «faucher», régio-
l’impression d’une voix artikielle, -fausse%, par op- nal. Dans le Sud-Ouest, une forme dalhci, dérivée
position à la voix de poitrine. de dulh afauxn, représentait un latin populaire “du-
FAUSSETÉ n. f. est dérivé de fuk (v. 1120,fuketél, culus, -a Ib dague). *Le verbe a siaé =Couper
faux d’après le dérivé bas latin fukitus dont il a eu (des végétaux) avec une fauxn et par extension 4 la
les sens de «mensonge» Cv.1120) et de <tromperie= machinen, le verbe étant resté au XX~s. plus usuel
(11651. 0 Les valeurs modernes, issues de I’évolu- que son étymon. Il prend tr&s tôt une valeur figurée
tion de l’adjectif en Pan@s, conservent l’idée de et veut dire Hfaire tomber et mourir en grand
«ce qui est contraire à la tianchise, à la vérité, nombre> 6n XI~~s.1,d’où faucher (une tête) aguilloti-
Cv.1138, acaractère d’une personne hypocrite4. nern (1828) et, par tiaiblissement de sens, arenver-
FAUSSER v. tr. (XII~s.), d’abord faker (10801, vient ser’) (xxes.), spécialement en sport, au football (1904)
du bas latin falsure afalsfier, altkrer)) (de fulsus). Il a ou au judo. Il s’emploie dans la locution figurée fau-
sigrGé en droit féodal <dément+> 110801 et veut cher l’herbe sous les pieds de qqn lav. 16151, moins
dire cfalstieru (10803, spécialement dans l’ordre courante que couper”. ..; faucher le grand pré tira-
abstrait (1580, jugement faussé). 11 s’emploie au mer aux galères)) 117151, est archaïque. 0 Par fi-
concret pour aendommagep Iv. 1155 ; xv” s., fuusser gure, faucher a signifié <couper les cordons de (une
u72e clé) et à l’abstrait pour «déformer la réalité)> bourse)», pour la dérober 11713, en wgotl, d’où fa-
(12731. 0 Fausser a si@é dès l’ancien français milièrement achaparder>> 11834) et par extension
<<manquer à sa parole* Iv. 11961, d’où à l’époque -prendre>> (XX” s.l. *Par métaphore, le participe
classique &re Fidèle à ses engagements3 (xv” s., passé FAUCHÉ, ÉE adj. signifie asans argent)>
fausser sa foi), sens qui sunit dans la locution faus- (18761, en particulier dans fauché comme les blés
ser compagnie (av. 15651. (18991,fauché & blanc (18901.
De l’idée d’endommagement vient 0 FAUSSET Par analogie avec le mouvement du faucheur, fuu-
n. m. 113221, acheville pour boucher le trou fait à un cher, v. intr., sign%e *marcher en décrivant un
tonneau en vue de goûter le vin», mot technique demi-cercle avec la jambea (16781, surtout en par-
aujourd’hui démotivé. lant d’un cheval, et s’emploie pour le mouvement
SE DÉFAUSSER v. pron. (17923, vient de fausser de va-et-vient donné à une pièce d’artillerie
4rompers et signifie nse débarrasser-m (d’une carte; (déb. xxe s.l.
au figuré, d’une responsabilité) ; il a fourni le déver- Les dérivés de faucher, termes d’agriculture, s’em-
bal DÉFAUSSE n. f. ( 1949 écrit dkfosse Isicl), terme ploient parfois avec les sens analogiques ou figurés
de jeu. du verbe :
FAUX-FUYANT 1406 DICTIONNAIRE HISTORIQUE

FAUCHAISON n. f. IV. 1160, fdcheison) désigne tension, il s’emploie Iv. 1355) pour parler du crédit
l’action de faucher et la période où l’on fauche. qu’on a auprès de qqn (être en faveur1 et a signifié
+FAUCHEUR, EUSE n., réfection (XIV~s.) de fal- ccressourcex à l’époque classique (1669). 0 Faveurs,
cheor (v. 12 101, s’emploie par métaphore au féminin n. f. pl., s’est spécialisé pour désigner les marques
Ch Faucheuse, pour 4a Mort~, 17451. Faucheuse n. f. de préférence qu’une femme donne à un homme
(1859) désigne la machine agricole qui fauche. ( 163 II, d’on l’expression merder les dernières fa-
+FAUCHET n. m. (1213), d’où FAUCHETTE n. f. vers* 0 Faveur était le nom d’une écharpe I15571,
(18111, ont vieilli, de même que FAUCHkE n. f. aujourd’hui d’un ruban étroit (16901, parce qu’une
(1231, fuuciee). *FAUCHAGE n. m. (1311, faul- écharpe puis un ruban était donné à un chevalier
chage), aussi terme d’artillerie (19091, est familier par une dame, comme marque de préférence
au sens de «chapardage)) ( 19161, vieilli au profit de 11564).
h fauCh&. - FAUCHE n. f, C1360), remplacé en agi’% bFAVORISER v.tr. 11330) a été formé sur l’an-
Culture par FAUCHURE n. f. kvru” s.), s’emploie fa- cienne forme fuvw, ou directement à partir du
milièrement pour avol>>( 19201.4 FAUCHEUX n. m., latin.
autrefois dialectal pour <<faucheur>>( 15351, désigne Sur le nom et le verbe ont été composés les
une sorte d’araignée (1690), peut-être d’après le contraires DÉFAVEUR n. f. (xv” s., ckffaveur) et DÉ-
sens du verbe faucher, terme de manège; dans ce FAVORISER v. tr. (14681, courant au participe
sens on dit aussi faucheur (1756). passé.
FAUCHARD n. m. est une réfection d’après fau- FAVORABLE adj. est emprunté (v. 1150) au dérivé
cher (1352, fuucharl de fausars, faussati (fin XII~ s.1, latin favorubilis adigne d’être favorisé, bien vu, po-
dérivé de faux, désignant une hallebarde k double pulaire>>. 0Il a produit FAVORABLEMENT adv.
tranchant en usage jusqu’au xve s.; c’est aussi le Iv.12651 et le contraire DÉFAVORABLE adj.
nom d’une serpe (17521, aujourd’hui archtique. (av. 1475) -d'où DÉFAVORABLEMENT adv.
FAUCARD n. m. (xwe s.; repris 18381, dérivé du E 17521.
verbe fauquer, forme normanno-picarde de fuu- 0 vOirFAVORI.
cher, désigne une grande faux pour couper les
herbes des marais. +En dérive FAUCARDERV~ FAVORI, FAVORITE adj. etn. est em-
118381, d’où FAUCARDEMENT n.m. (18631, FAU- prunté (1541, favorie; 1546, fworit) à l’itahen favo-
CARDAGE n.m. (1907) et FAUCARDEUR n. m. rito, -itu, “qui est l’objet de la préférence de qqn, en
(me S.I. particulier d’un roi, d’un princeu (xv” s.), participe
FAUCILLE n. f., réfection (XII~s.3de falcille Iv. 11191, passé de favotire, dérivé de favore, du latin favor
est issu du bas latin fukiculu <<faucille, serpe,, dimi- (-+ faveur).
nutif de faix, falczk. Le nom de cet instrument agri- + L’adjectif conserve la valeur de l’italien, d’où le
cole s’emploie en particulier dans la faude et Ie sens du nom f&knin amaîtresse préférée d’un
marteau (v. 19201,ces outils symbolisant les classes roi, etc.)) ( 1690). 0 Les femmes bien en cour gouver-
paysanne et ouvrière et ayant été pris par les bol- nant la mode, la coiffure avec une touffe de che-
cheviks comme emblème des partis communistes. veux tombant sur la joue a été dénommée favorite
Le mot a fourni FAUCILLER v. tr. En XIIIes., fuuci- ( 1700) ; on trouve plus tard 11824) le masdin pluriel
lier),& le diminutifFAUCILLON n. m. (XIII%.), sor- pour désigner les <<pattes)),poils sur les joues mas-
tis d’usage. culines. Par extension du premier sens, favori dé-
FALCIFORME adj. (17661, composé savant de fah, signe le gagnant probable d’une épreuve, sportive
falcis et de forme, signifie üen forme de faux, de ou non (1855, à propos d’un cheval).
croissa&, en sciences naturelles. k FAVORITISME n. m. 11819) est construit sur le
FAUX-FUYANT n. m. représente une altéra- modèle de népotisme.
tion (mil. xwe s-1, sous l’influence de faux”, de fors- FAX -, FAC SIMILÉ
fuyant, composé de fors, issu du latin for& <<de-
hors*-, et de fuyant, participe présent de fuir FAYARD n. m. est un mot d’origine tianco-pro- o>
c- fuir). vençale. Il est relevé dans le dictionnaire de Tré-
+ Le forsfuyant était le serf qui devait payer un droit voux au xvd sous cette forme et il était au-
s. ( 17431
(la forsfuyancel pour passer dans un autre do- paravant écrit fuiard, fuilhurd ( 13731. C’est un
maine. Le sens concret, en vknerie, de achemin d& dérivé d’une forme fay issue du latin fagus -hêtre=
tourné que prend le gibier pour s’échappern est et à laquelle correspond l’ancien français fou
sorti d’usage, mais le mot s’emploie toujours au fi- I--+fouet).
guré (16721. 4 Fayard, nom régional du hêtre, est fréquent en to-
ponymie ; la variante foyard (18651 est courante en
FAVEUR n. f. est une réfection Iti XII~s-1de fu- Suisse romande.
VO~ II 1501,emprunté au latin favor Kmarque de fa-
vewy du verbe fctvere <cfavoriserp, amarquer son ap- FAYOT n. m. est une altération ti du XVIII~s.) o>
probation», d’abord terme de la langue religieuse, de fayolCe1 ( 172 11, emprunté au provençal fatil,
employé a propos de la bienveillance des dieux. fuyol ( 14701, lui-même de l’ancien français fuisol Ifm
4 Il reprend le sens du latin, d’où viennent les lo- XI~ S.I. Ce dernier est issu du bas latin fasiohs, alté-
cutions prépositives en faveur de (xv” s. ; 1315, en la ration du classique fzseohs OU phaseolus avariété
faveur del, à la faveur de (1580), et désigne la dispo- de haricot» qui reprend le grec phusêoIos, variante
sition à accorder une préférence à qqn. Par ex- de phudos <<haricot à cosse allongéen. FatSol est
DE LA LANGUE FRANÇAISE 1407 FÉDÉRER

devenu fasol (v. 14801 qui se maintient encore au FÉCONDATEUR,TRECE adj. et n. (17621, FÉ-
xvf s. ; par ailleurs fuseolus a été emprunté sous la CONDANT,ANTE adj. (1771) et FkONDABLE
forme fusole krnes.) puis FASÉOLE n. f. (av. 15251, adj. Il8051 - d’où FÉCONDABILITÉ n. f. Iv. 1950).
et désigne régionalement la fève ou le haricot La biologie et la botanique ont construit des compo-
(+ flageolet). sés à partir des mots de cette série: SUPERFÉ-
+ Fayot, aujourd’hui familier, est introduit pour dé- CONDATION n. f. 11883) et SURFkONDATION
signer le haricot sec. Le mot a signifié dans l’argot n. f. (19031, AUTOFÉCONDATION n. f. (1888) et
des marins (1833) «rengagé de la marinem, le mili- S'AUTOFhCONDER V. PrOrI. (I%l), HIfuI au X? S.,

taire revenant à l’armée comme les haricots au INTERFÉCONDATION n. f., INTERFÉCOND,


menu ; ce type de militaire en rajoutant sur ses ONDE adj., S'INTERFÉCONDER v. pron. et
obligations, fayot en vient à désigner familièrement INTERFÉCONDITÉ n. f.
celui qui fait du zèle 11881).
FÉCULE n. f. est emprunté (1679, écrit foecuk
b FAY OTER v. intr. (1936) <faire du zèles a fourni
en 16601 au latin fueczh 4artre (de vin), diminutif
FAYOTAGE n. m. (mil. m? s.l.
de fuex, fuecis &e, dépôt> (+fècesJ.
FAZENDA + HACIENDA 4 Fécule désigne la substance qui provient du
broyage des graines ou des organes souterrains de
FÉAL, ALE, AUX adj. et n. m. vient En mes., certaines plantes.
feawl, par substitution du sufke -a2 à -cil, de feeil bFÉCULENT,ENTE adj. et n.m.reprend (15201 le
(lOSOl, aboutissement du latin Melis (-3 fidèle). latin impérial fuec&entus Nplein de lie, de boue,,
+ L’adjectif qui sime afidèle à la foi juréen, est au- dérivé de fuecula, pour parler d’un liquide qui dé-
jourd’hui archtique et le nom (fin XII~ s-1 d’emploi pose des sédiments. Il s’applique aujourd’hui à ce
littéraire (Rimbaud) ou plaisant, pour désigner un qui contient de la fécule (1823, adj. ; 1845, n. m.).
compagnon fidèle et soumis. FÉCULER v. tr. est dérivé (1865) de fécule, aux sens
de aextraire la fécule de IqqchJn et «ajouter de la fé-
FÉBRIFUGE, FÉBRILE 3 FIÈVRE cule», comme FÉCULERIE n. f. hmes.) <usine où
l’on extrait la féculea et 4ndustrie de la fécule*, FÉ-
FÈCES n. f. pl. est un emprunt Il5151 au latin CULEUX, EUSE adj. (1849) et FÉCULIER, IÈRE
fieces, pluriel de faux arésidu, lie, rebut». (18491. Ces dérivés sont techniques.
+ Il est didactique au sens d’cexcréments» (1515) et FÉCULENCE n. f. est un emprunt (xrv’s.1 au dérivé
sorti d’usage en pharmacie pour <(résiduB (1551). latin faeculentia aquantité de boue, de liem, dési-
b FÉCAL, ALE, AUX adj. (14781 est un mot savant gnant d’abord l’état d’un liquide qui dépose puis
construit à partir du radical du latin. (1845) d’un corps contenant de la fécule.
0 voir FwuLE.
FEDAYIN n. m., parfois écrit fedduyh, reprend
FÉCOND, ONDE adj. est emprunté lti XII~s.1 (19561, avec le sens de ecombattant palestinienB,
au latin fecundus «fertile, abonda&, ucapable de se l’arabe feduyin, fedduytn, pluriel de fedui, feddu2’
reproduire>) ; fecundus, qui se dit des femelles, de la 4celuil qui se Sacr%e=, dérivé de fida <ranGon-. On
terre, etc., est un dérivé en -cutius d’un radical fe- trouve aussi fedcdlai’ en français, ce qui indique que
que l’on retrouve par exemple dm fellare atétep le mot, qui se répand vers 1965, est mal assimilé. +
(+fellationJ, feminu efemme*s, fiüus &ls*». Fe- se Il avait été précédé par fédutte (18381, féduti (18721,
rattache à une racine indoeuropéenne “dhë- atêter, qui adaptaient l’arabe fidfiti amembre de la secte
sucer, traire, représentée dans l’ensemble du do- des ‘assassins’~ et apaladin)).
maine indoeuropéen.
4 C’est l’idée de production abondante qui est rete- FÉDÉRER v. tr. est emprunté pendant la Révo-
nue @n x3 s-1 en parlant d’un inanimé ; l’adjecttif, lution (1792, pron.) au bas latin foedwure wnir par
d’emploi littéraire ou didactique, s’utilise plus tard alliancem, du latin classique foedus, foederis <traité
pour qutier des personnes, au propre et au fi- d’alliance)>, ou encore formé à partir de fédéré, ad-
guré (1690). jectif attesté un peu avant 117901et qu’on trouve iso-
lément en 1521 (wni, alli&).
b FÉCONDITÉ n. f. est emprunté au dérivé latin fe-
cunditas aaptitude à se reproduire», dont le fran- 4 D’abord terme de politique, fédérer (1815) s’em-
çais reprend le sens au propre (1050, feconditet) et ploie par analogie en parlant de collectivités qui
au figuré (av. 1690). poursuivent un but commun.
INFÉCOND, ONDE adj., emprunté au latin infe- F FÉDÉRÉ, ÉE adj. et n. m. sime -membre d’une
cutius, est littéraire pour quatier ce qui ne donne fédération)), et est formé à partir du participe passé
pas de résultat ( 14581, aussi employé avec une va- latin foederutus; c’est un mot de la Révolution fkn-
leur abstraite (1682) ; il est didactique comme équi- çaise, qui sera repris pendant la Commune de Pa-
valent 115731 de stérile. ris pour désigner le soldat insurgé ( 1871). 0 Il dé-
FECONDER v. tr. est emprunté au dérivé latin im- signe aussi d’après l’anglais un partisan du Sud
périal fecundare. Il reprend le sens de *rendre ca- pendant la guerre de Sécession aux États-Unis.
pable de reproduction», rare avant le XVIII~s., et ce- FÉDÉRATION n. f., emprunt au dérivé bas latin
lui de Nfertilisern, au propre (av. 1650) et au figuré foederutio diance~~, a conservé Ixw” s.1 le sens la-
( 17961.+ Sur féconder ont été formés plusieurs déri- tin; comme les autres mots de cette famille, il est
vés : FÉCONDATION n. f. f1488). rare avant 1729. repris à la fm du xvnle s. pour désigner 1e mouve-
FÉE 1408 DICTIONNAIRE HISTORIQUE

ment issu des provinces qui tendait à l’unité natio- b FÉERIE n. f. a signifk ~pouvoir magique des fées»
nale en 1789 @te de laFédér&on, le 14juillet 17901. et désigne Cl188, fuerie), dans l’usage littéraire, le
C’est le nom donné 11871) au groupement des monde où s’exerce ce pouvoir puis, par extension
gardes nationaux de Paris. 11prend (XIX~s.) le sens (XIX~ s.), tout monde irrationnel et, spécialement
général d’«association de sociétés, de syndi- (18231, un spectacle qui met en scène des person-
cats, etc., groupés sous une autorité communem. nages surnaturels. - FÉERIQUE adj. (18283 s’em-
FÉDÉRAL, ALE. AUX adj. et n. m., dérivé savant ploie surtout figurément au sens de ümerveilleuxm.
formé sur le radical du latin foedus (cf. le latin tardif FADET, FADETTE adj. et n., terme régional
foederulis Krelatif à un traité-), s’applique ( 1783) à ce (Centre) pour «lutin, petite fée>, est un diminutif (at-
qui est relatif à une fédération. 0 Le nom, réem- testé 1843, n. m.) de fade, n. f. (atteste 1844,Sand),
prunté à l’anglais, désigne les partisans du Nord, emprunté au provençal fada (x” s.1 qui correspond
les Yankees, pendant la guerre de Sécession amé- à fée. 0Le mot évoque surtout le roman de
ricaine 11883, les fédéraux>, puis, par nouvel em- G. Sand, la Petite Fadette (1849). Son attestation
prunt, les agents de la police fédérale des États- écrite et littéraire est certainement très tardive par
Unis. +FI?DÉRALISME n.m. (av.1755 chez Mon- rapport à l’usage oral.
tesquieu; repris en 17891,FÉDÉRALISTE adj. et n. FARFADET n. m., alutinn, est repris (1542, Rabelais)
(17923, FÉDÉRALISER v.tr. (1793) sont formés sur à un mot provençal, formé de fadet, lui-même dé-
fédéral. - FÉDÉRATIF, IVE adj. ( 1748, Montes- rivé de fada, et d’une particule fur- exprimant le
quieu; repris en 1789) est un dérivé savant du latin renforcement.
foederatw ; comme les précédents, c’est un des
mots clés au début de la Révolution française, de FEED-BACK n. m. inv. reprend Iv. 19501 un
même que fédération Cc+dessus). mot américain d’abord utilisé en électricité
FÉDÉRATEUR,TRICE adj. et II., au sens de aqui Idéb. XX~s.) avant d’être employé en cybernétique;
tend à fédérern, est de formation récente 11914, il est composé de to feed Nnourrîrm et de bu& car-
n. m., sur fédérer) et témoigne d’une extension de rièrem.
sens, en politique, influencée par l’anglais (cf. fede- + Il entre en français avec d’autres termes liés au
rutor, 18791. fonctionnement des ordinateurs. Par extension du
CONFÉDÉRER v. tr. apparait beaucoup plus tôt sens technique de 4ispositif d’autocorrection%, il
Iv. 1355) que fédérer; emprunt au composé du bas signifie amotication de ce qui précède par ce qui
latin confoederare *unir par trait& (du latin clas- suit» et équivaut au fkan~ais rétroaction.
sique con- aavec4, il signifie &unir plusieurs Etats
qui COnserVent leur souveraineté)>. *CONFE-
FEELING n. m. est emprunté 11922, répandu
v. 1946) à l’anglais (me s., +entiment>>), participe
DÉRÉ, ÉE adj. et n, m. a désigné des États qui
présent substantivé de to feel Gprouver, ressentti
s’tissent contre un adverstire 11475, n. m. pl.), no-
Eh rxes.), d’origine germanique (cf#allemand füh-
tamment les cantons suisses réunis (xv” s.l. Appli-
qué à une nation qui appartient à une confédéra- len).
tion ( 186 11, le mot s’emploie en histoire pour féderé, + Il équivaut à emressitité dans un contexte de mu-
en parlant des États-Unis ( 1866) et de la Commune sique de jazz ; par extension, avoir du feeling, c’est
11885).4 Du verbe dérivent aussi CONFÉDÉRA- =bien sentir les choses*.
TIF, IVE adj. (17611 et CONFÉDÉRATEUR,TRICE
adj. 11838).
FEIGNANT -3 FAINÉANT
CONFÉDÉRATION n. f., emprunt (1358) au bas la- FEINDRE v. tr. est issu (1080) du latin fingere
tin confoederutio mUia,nce~, désigne une alliance (<façonner, modeler+, d’où Gmaginep puis Gnven-
temporaire pour soutenir une cause. Il se dit d’une ter faussementn, qui se rattache à une racine in-
union durable d’États ( 17941, par exemple dans doeuropéenne “dheig’h- «façonner (de la terre),.
Confédération helvétique (1807). Par extension, le
+ Feindre a d’abord signifié (1080, pron.) cs’imagi-
mot s’emploie pour parler d’un groupement de fé-
ner, se croiren, encore à l’époque classique en em-
dérations (1895, Confédération générale du travail).
ploi transitif (v. 1265). 0 Le verbe correspond aussi
+ Le mot a produit CONFÉDÉRAL. ALE, AUX adj.
à Nfaire semblant (dans le but ou non de trompe&
(1598, en Suisse), qui correspond en Suisse à fédérctl
( 1080; 1280 feindre que, rare) et spécialement à
dans d’autres États fédéraux,
«donner pour réel (un sentiment que I’on n’a pas)*
(v. 1462).À l’époque classique, feindre ù signifie ahé-
FÉE n. f. est l’aboutissement cv.1140)du latin futa siter) (fin xv” s.1. * Le mot s’est employé jusqu’au
«déesse des destinéesn, forme féminine de futum xvrY- s. au sens latin de <former de toutes piècesfi
<énonciation divine», adestins (+fatall qui se rat- Iv. 11763; l’acception amanquer de courage, être pa-
tache au verbe fur-i aparlerm (+ fable). resseux)) (v. 1176) reste dans fainéant*.
4 Fée désigne un être imaginaire, de forme fémi- b FEINTISE n. f, &kmulation~ tv. 1190, du parti-
nine, auquel on attribue le pouvoir d’influer sur la cipe passé) est un archaïsme littéraire. +FEINTE
destinée des humains. Conte de fées est employé n. f., participe passé féminin substantivé, a désigné
par figure (XVI~I~s.) au sens d’«aventure extraordi- une invention poétique 112231jusqu’au XVII~s. et
naire et charmante». Fée entre dans des locutions (avant 15441 le fait de donner une apparence
pour qutier une femme à qui l’on attribue des contraire à la réalité. La valeur <action qui trompe-
qualités hors du commun (belle comme une fée, se spécialise en escrime 11680) et dans d’autres
c’est la fée du logis, etc.). sports, puis feinte prend le sens général Idéb. XX~s.)
DE LA LANGUE FRANÇAISE 1409 FELLATION

de c(ruseB. + FEINTER v., dérivé de feinte, s’emploie FÉLICITÉ n. f. est un emprunt (v. 1265) au latin
d’abord en sports (1859, intr.1 puis familièrement f&citas <<bonheur, chancem, dérivé de felix <<fécond»
pour atrompep (1931, tr.1; dans l’argot scolaire, et aheureux», qti se rattache, comme tellare =Sucer
feinter a repris un sens ancien de feindre ((ne pas Ile lait]», à une racine indoeuropéenne “dhë-
faire son travailfi. ht dérive FEZNTEUR,EUSE n. fltêtern.
(1924). + Le mot est resté d’emploi littéraire, qu’il désigne
0 voir FICTION (v. 1265) un état de contentement intense ou, au
pluriel 116401, un bonheur lié à une circonstance
FELDSPATH n. m. est un emprunt 11773, particulière.
Bloch et Wartburg, puis 1780) à l’allemand Feld- b FÉLICITER v. tr. est emprunté 11460) au b% latin
S~U~/I,proprement «spath des champsm ; le mot est felicitare crendre heureuxn dont procède le sens
composé de Feld <champ> (cf. anglais field) et de moderne de Nfake des compliments à (qqn)= (1630 ;
Spath, nom générique des minéraux à texture en en 16 11, féliciter avec gq!‘& Le pronominal est at-
lamelles. testé à l’époque classique 11690). + Le dérivé FÉLI-
4 Ce terme didactique désigne un minéral qui CITATION n. f., mot peut-être formé à Genève
entre dans la composition de nombreuses roches I 1623, foelicitation, d’ Aubi@) , a signii% longtemps
cristallines et est employé dans l’industrie du verre <<action de féliciter)) avant de prendre, employé au
et de la céramique. pluriel, le sens moderne de ((expression orale ou
.Il a fourni les dérivés FELD~PATHIQUE adj. écrite, souvent par formule convenue, de compli-
(1802) et FELDSPATHISATION Il. f (19303. mentsm.
INFÉLICITÉ n. f., mot de la langue classique em-
FÊLER v. tr. est une contraction 11423, fellé; prunté (1376) au latin iafelicitus, est devenu rare.
XVII~ s., à l’irr&nîtifIde faeler (~III” s.), verbe issu selon
Bloch et Wartburg d’un latin populaire “fagellare, FÉLIN, INE adj. et n. m. est un emprunt (1792,
forme altérée par dissimilation du latin classique in Bloch et Wartburg, puis 1824) au latin felinus, de
flugellare <fouetter, battre%, de flugellum Nfouetn feles =Chat», nom générique des petits carnassiers,
(-, flageller), les fêlures d’un vase ressemblant aux d’où <<chat(sauvage)», k côté de catus dchat Idomes-
traces laissées sur la peau par des coups de fouet. tique)B (+ chat).
P. Guiraud rapproche fêler de L’italien de même 4 Fdin désigne en zoologie ( 1824) un mammifère
sens sfracellare et suppose une forme “fragekre carnassier et quaNe (1833) ce qui concerne le chat.
ubrisern dérivée de frangere I+ fraction) qui abouti- 0 L’adjectif s’applique par figure ( 1845) aux per-
rait à “fratiler, “frêler. 11y aurait ensuite syncope du sonnes - surtout aux femmes - auxquelles on at-
r par dissimilation, ou bien fr- serait devenu fl- par tribue des caractères prêtés au chat (grâce,
assimilation (cf. la forme fléler en normand). Une charme mais aussi petidie.1
autre hypothèse de P. Guiraud rattache fêler à fêle
b Félin a servi à former les termes littéraires FÉLI-
aorte de sarbacanes, mot qui vient du latin ht& NITÉ n. f. (1875) et FÉLINEMENT adv. fi XIX~s.l.
<petit vaisseau, poren (-fistule). La question reste +FÉLIDÉS n. m. pl. est une formation savante
ouverte.
( 18381, de -id&*, d’abord félide adj. Terme de zoolo-
$ Le verbe signifie afendre (un objet cassant) sans gie désignant la famille des mammifères carni-
que les parties se disjoignent» (XIIIes., repris xv” s.3 vores du type chat ( 18921, le mot s’emploie aussi au
et s’emploie par figure au sens de Krendre brouillé singulier (1873, un félide).
Il’esprit)n, surtout au participe passé adjectif,
FÊLÉ, ÉE (16451, qui se dit de l’esprit, de la tête, FELLAGA ou FELLAGHA n. m. est un em-
d’une personne mentalement dérangée. prunt (1915) à l’arabe maghrébin fellügu, pluriel de
b Il a fourni FÊLURE n. f. En du XIII~s., faielure, re- felltïg, désignation des bandits de grand chemin (en
pris v. 1560). Tunisie et dans le Sud algérien); felltig vient de
l’arabe classique faltfiq apotiendew-.
FÉLIBRE n. m. et adj. reprend (1868, Mallarmé) + Le mot est repris vers 1954 pour désigner les par-
un mot provençal signifiant &rivain de langue tisans de l’indépendance algkienne soulevés
d’oc» et tiré en 1854 d’une poésie populaire par un contre l’autorité coloniale francaise, en Tunisie
groupe d’écrivains qui sont à l’origine de la renais- (1954-1956) et en Alg&ie (1954-1962). Le mot, déjà
sance littéraire de la langue d’oc dans sa variante péjoratif a été déformé en felloue par l’argot mili-
de Provence. F. Mistral rattachait félibre au bas la- taire tiançais.
tin fellibris, variante de fellebrls anourrissonl, dérivé
du latin classique fellare «sucep, callaitern, qui se FELLAH n. est un emprunt par l’arabe mag-
rattache à une racine indoeuropéenne “dh- ctêter= hrébin à l’arabe classique fülltï@ *laboureur}>; on
(+ feilation); il partait de l’image ancienne qui fait trouve les formes anciennes féluque (17351, fellach
des poètes les nourrissons des muses. Une autre (18001, qui adaptent la hale de l’arabe, aujourd’hui
hypothèse (fantaisiste) propose de reconnaître amuïe.
dans félibre un calembour sur deux mots désignant 4 Le mot désigne un petit propriétaire agricole
le livre : l’hébreu sefer et le provençal libre. maghrébin ou un paysan égyptien.
b FÉLIBRIGE n. m. ( 18761 et FÉLIBRÉE n. f. (1901;
de felibrèiol sont aussi des emprunts au provençal, FELLATION n. f. est un dérivé savant (av. 19451
diffusés par Mistral. de fellatum, supin du latin fellure ctêtep, d’où =SU-
FÉLON 1410 DICTIONNAIRE HISTORIQUE

ter)) dans le vocabulaire érotique, qui se rattache à ( 18721; femme-objet cv. 1960) s’applique à une
une racine indoeuropéenne ‘dh& &ter)>. femme considérée comme un objet sexuel par les
+ Le mot a une valeur érotique ; on emploie aussi hommes. 0 Le sens d’&pouse» est atteste dès 1080 ;
fkquemment la forme latinisée fellatio, qui n’est il est continué par le sens argotique de -maîtresse;
pas attestée en latin. partenaire sexuelle>>. 0 Femme entre dans plu-
sieurs expressions pour désigner des professions
~FELLATEUR, TRICE adj. et n. reprend (1829,
liées aux activit& ménagères : femme de chambre
Balzac3 le latin impérial fellator, -O~S, dérivé de
116801,femme de charge 06801,femme de ménage
fellatum.
11835 ; régionalement aépouse)) au xfxes.), femme de
9) FÉLON, ONNE adj* vient Iv. 980, feZlon, Melun) service (mes.); -3 Sage*-femme. Voir aussi le
du bas latin fello, -anis (feZZonesest attesté en latin schéma page ci-contre.
médieval en 8581, dont l’origine pourrait être le FEMMELETTE n. f., formé d’après femelle, s’est
tiancique “fille, “fiZlj0 ((qui maltraite les esclavesti, substitué (v. 1365; av. 1350, femelettel à femmette
d’où CcméchantB.Ce mot correspond au verbe fkan- n. f. (XIII~ s.), diminutif de femme. Le mot a d’abord
cique “filljun «maltraiter, flageller>>; on trouve en caractérisé le physique Icfemme malingre))) avant
ancien haut allemand fillen Nbattreb et en moyen le comportement (afemme craintiveA; il s’emploie
néerlandais villen aécorchern. Pour P. Guiraud, si au figwé et famikrement (16801 à propos d’un
fel(2” moitié du x” s.1 signSe &Personne cruelle, dé- homme.
loyale, pleine de rancune)), le bas latin fello pourrait FEMELLE n. f. et adj. est emprunté (v. I 120)au la-
avoir été construit sur kZ2osus, dérivé de fel <<fiels; tin femellu apetite femme*, diminutif de femina. Il
l’existence de felon. au sens de womissement de est introduit avec le sens dknimal qui reproduit
bile>> (XVI~s.) renforcerait cette hypothèse. l’espècen &VI~ s., adjJ+ * C’est aussi un terme de
+ Félon sime d’abord xméchantn ; il désigne très droit féodal, avec le sens de afemmen (1265). Il est
tôt (10803,à la fois comme adjectif et comme nom, la toujours utilisé, hors de ce contexte, dans un sens
péjoratif (1530, Marot; ti XVII’ s., adj.). Par figure, il
personne qui agit contre la foi due à son seigneur
s’emploie dans le vocabulaire technique (16781, op-
et, d’une façon plus large, qui manque de fidélité (à
posé à mûle,
Dieu, au roi, etc.), aujourd’hui par archtisme sauf
lorsqu’il s’agit de l’époque féodale.
FÉMININ, INE adj. est une réfection (XIII~s.1 de fe-
menin Cv.11651,du latin femininus, dérivé de femina
k FÉLONIE n. f., réfection ( 1080)de felunie (10501,a arelatif à la femmen, et indiquant un genre grw-
suivi l’évolution sémantique de félopt. matical marqué. Il est introduit avec ces deux sens,
respectivement vers 1165 et au XIV~siècle. Par ex-
FELOUQUE n. f. est une altération IlSOO), à
tension, le mot s’emploie pour qualZer ce qui est
côté de falouque ( 16801,de Rouque ( 15441.Le mot est considéré comme caractéristique de la femme, se-
emprunté à l’espagnol fuluca, lui-meme du catalan lon une image souvent stéréotypée; il s’applique
falucu ou faluga &VI~ s.l. Faluca est une variante de également (xx” s.1 à ce qui relève de l’activité des
fulua (1371) - d’où aussi l’espagnol fultia - qui est femmes. + FÉMINISER v. tr., tiré du radical latin
un emprunt à l’arabe falwa apouliche- et par analo-
fémin- s’emploie en grwnmaire Ev.15011 et signiEe
gie =Petit navire de charge>>.
adonner un aspect féminin à» 118351. L’évolution de
+ Felouque désigne un petit nace de la Méditerra- la société explique le sens récent Iv. 19601<faire ac-
née orientale, nokrnment en Egypte. céder un plus grand nombre de femmes à une pro-
fession, une activitém. oLe dérivé FÉMINISATION
o> FEMME n. f. est issu Idéb. xe s.1 du latin femina n. f. (1845) a suivi la même évolution sémantique
qui, représentant un participe présent passif, signi- Il868 en gwnmaire). +FÉMINITÉ n. f. h. 1265;h
fiait à l’origine “qui est sucée, qui allaiten et se rat- XIII~s., var. feminage), repris et diffusé seulement à
tache à une racine indoeuropéenne “dti- *téter= la kt du XIX” s., s’emploie pour désigner l’ensemble
comme feilure <<sucer))(3 fellation), felix aheureuxn des caractères propres à la femme; il a une valeur
C+ félicité), etc. ; femina a le sens de afemelle d’ani- péjorative quand il s’utilise à propos d’un homme
mal>>puis de <cfemmenet &pouseB ; il a concurrencé Cav.1880). 0FÉMINILITÉ n. f. (1855, Goncourt) et
mulier efemmep qui a donné l’italien mogke, l’es- FÉMINI?~TÉ n. f. (par ex. chez Baudelaire), de
pagnol mujer, l’ancien français moUtir (jusqu’au même sens, sont inusités.
XIV~s.1et UXOT&pouseB qui a abouti en ancien flan- FI~MINISME n. m. a été formé sur le radical du la-
çais à oissour, attesté jusqu’à la première moitié du tin femina par Fourier ( 18371,pour désigner une
me siècle. doctrine qui propose d’étendre le rôle des femmes
+ Femme est connu depuis la fin du x” s. pour dé- dans la société. Le mot est largement employé à
signer un être humain de sexe féminin et s’est em- partir des années 1960, ainsi que FÉMINISTE adj.
ployé (1829) en parlant de la femelle d’un animal. et n. (1872) qui l’a emporté sur femmiste, formé à la
Le mot entre au fl des siècles dans de très nom- fm du XIX~ s. sur femme.
breux syntagmes plus ou moins figés, qui caracté- On relève aussi, formés sur le radical du latin, les
risent le statut de la femme dans la société : borrne termes didactiques FÉMINOÏDE adj. (1946, de
femme (16681, par exemple, désignait jusqu’au -oi;de) et FÉMINITUDE n. f. Iv.l960),surle modèle
x12 s. une femme pleine de bonté ou une femme un de négdtude, utilisé depuis 1970 par les féministes
peu âgée ; le syntagme est devenu (1926 en argot) pour marquer le statut de la femme d’un point de
IJII équivalent familier de femme. On relève au vue social; en ce sens, on a aussi employé FEMEL-
XI$ s. maitiesse femme (1865) et femme de lettres LITUDE n, f.
Autour du nom de la
FEMME
grec
épithélium

latin

(au
FECUNDUS
fém.: FECUNDA)
Cet dérivés
1 fécond

fé&der

c
fécondité. ..

latin femme

FEMINA ’ FEMINRUS féminin


FEMELLA femelle
EFFEMINARE efféminer

latin
filial
FILIUS
CIrtournsson 11 - filiation

fœtus
faon

latin - félicité
FELIX Iféminlnj - <I favorisé
11qui produit ‘5
des dieux )I--E FE LICITARE p
FELtCiTAS féliciter

fellation
provençal
r< nowrisson félibre
des Muses II

peut-ëtre tatin
I foin
- FENUM CIfoin Il p *FENARE faner
(( produit du pré I) L
FENl(U)CUlUM- fenouil
FÉMUR DICTIONNAIRE HISTORIQUE

Le verh de femme, MEUF n. f, 11981), est un des chaïque au sens de (<fendre à nouveaun (v. 1268) ; il a
mots les plus diffusés de ce type de vocabulaire; il pris des sens techniques (1600, <fendre dans le sens
correspond au familier nana et à fille plutôt qu’à de la longueurn, par exemple) ainsi que REFEND
femme. n. m. (1423, refens Ncloison); ensuite mur de refend,
0 voir EFFET. 1690, bois de refelzd, 1713) et REFENTE n. f. (16001.
FENTE n. f. ( 1332) est issu du participe passé fémi-
FÉMUR n. m. est un emprunt ( 1541) au latin fe- nin “findik, forme populaire pour le participe clas-
mur, -oris cuissen, mot ad’un type indoeuropéen sique de findere, fîssus, &SU.
archaïquen (Ernout-Meillet), qui, gêné par sa res- ‘+ Voir FESSE, FISSILE, FISSION.

semblance avec fimus (+ fumier) a été remplacé


par coxa E+ cuisse) dans les langues romanes. FENÊTRE n. f. est issu (1135, fenestre) du latin 0
fenestru l’ouverture (faite dans un mur)» et achâssis
+ Il s’est spécialisé en -français au sens d’aos de la fermant cette ouverturem. Le mot latin, d’origine in-
cuisse». connue, était considéré par les Anciens comme ap-
ä FÉMORAL, ALE, AUX adj . est emprunté ( 17901 parenté au grec phainein avenir à la lumière, appa-
au dérivé bas latin femorulis <<dela cuisseti. 0 Le la- raîtren; cette relation historiquement fictive a pu
tin chrétien femorulia <haut de chaussesm, nom influencer la vie sémantique du mot. L’hypothèse
neutre pluriel de femoral& avait été emprunté d’une origine étrusque n’est pas sufhunment ap-
sous les formes altérées famuluires (du XII~s. au puyée.
XVI~s.1,refait en femordes Uin xve s.), sorti d’usage +Fenêtre conserve les sens du latin. Le mot a dé-
au XVII’ siécle. signé jusqu’au XVJ~s. l’ouverture d’une boutique et
la boutique elle-même et a connu le sens figuré de
FENAISON 3 0 FOIN <passage, 11433). L’idée générale d’c<ouverturen se
retrouve dans les sens spéciaux du mot; par
FENDRE v. tr. est l’aboutissement (v. 980) du la- exemple, la fenêtre est l’espace libre laissé dans un
tin findere «ouvrir, séparer, diviser,, qui se rattwhe acte 11690) ; par figure, on passe de l’espace au
à une racine indoeuropéenne qu’attestent le sans- temps (métaphore analogue de celle de créneau) et
krit bhinadmi «je fends% et le germanique (cf. go- fenêtre Iv. 19651 désigne en astronautique la durée
tique beita *je mords4 pendant laquelle le lancement d’un engin spatial
$Fendre Sign%e acouper (un corps solidelm tv. 9801, est possible.
sens dont procèdent les divers emplois et plusieurs b Le dérivé FENÊTRER v. tr. (ou FENESTRER) si-
locutions, comme geler & pierre fendre kwe s. ; gnifie d’abord, au participe passé, «garni de fe-
1611, à pierre fendant1 ou, vieillie, fendre Ja tête ri nêtres)> (av. 11881,puis par extension Noù l’on a pra-
qqn afaire un bruit qui le fatigue= (1694 ; cf. casser). tiqué des ouvertures» iv. 1200); à I’actif, fenêtrer a
Par analogie le verbe veut dire 4ouvrir un chemin signi% “garnir de volet9 El4031 et s’emploie en ar-
à travers un fluide>> Iv. 13061 ou & travers une chitecture pour apercer de fenêtre+ (15841. +FE-
massen (v. 1360; fendre lu foule), d’où à l’époque NÊTRAGE n. m. kv~” s.) ou FENESTRAGE (v. 1225)
classique fendre le vent as’échappep (déb. XVII~s.l. s’est employé pour <fenêtre,; ce mot technique dé-
Par extension, il a le sens de <<provoquer une fente signe un ornement imitant des fenêtres ( 13801, l’en-
dans Eqqch,)» (16111. 0 Fendre, intransitif, a signi% semble des éléments composant une fenêtre 11387)
en ancien français «se divisepj (v. 1050). 0 Le prono- et l’ensemble des fenêtres d’un bâtiment (15641.
minal se fendre est attesté au XVII~s. (16481, au FENESTRON n. m., mot régional du sud de la
propre. ll s’emploie aussi par métaphore Imon France pour apetite fenêtre}), reprend Efmxrxes-1un
cœur se fend...) et, par analogie, en escrime (18351. mot provençal (dérivé de fenestru, du latin) et s’em-
Par figure, on dit fasnilièrement se fendre de qqch. ploie dans le vocabulaire technique ( 19751.
pour «se décider à donnec (1846). DÉFENESTRER v. tr., sorti d’usage pour «ôter les
fenêtres>> ( 15641, s’est spécialisé, d’après défenestra-
b FENDILLER v. tr. est un diminutif (1580, pron. ;
tion, au sens de Nprécipiter (qqn) par une fenêtre»
xrxe s,, tr.) d’où vient FENDILLEMENT n. m. (1841).
(1863). 011 a produit DÉFENESTRATION n. f.
FENDANT n. m. a désigné En xv1~s.1 un coup
(18381, surtout employé à propos de l’épisode histo-
d’épée donné de haut en bas (comme pour fendre),
rique dit <<défenestration de Prague-.
d’où le sens de afier-à-brasn (déb. XVII~s.1,encore en Fe&tre a fourni aussi PORTE-FENÊTRE n. f. (1676)
usage en fkanctis du Canada. * C’est aussi le nom désignant une porte* dont la partie supérieure est
d’un cépage (1738, raisins fendu?& & peau qui se vitrée.
fends) et, par extension, celui d’un vin du Valais.
*FENDARD n. m. bu fend&), familier POU- “pan- FENIL + @ FOIN
talonu (18961, vient de fendu, à cause de la fente de
la braguette. *Le verbe a également fourni des FENOUIL n. m. est l’aboutissement (1176, fe- 0
termes techniques, par exemple FENDEUR, EUSE
noil) du bas latin fenucïum ou fenuculum, en latin
n. 114031, FENDERIE n. f. (16031, FENDOIR n. m.
classique feniculum, proprement apetit foinn, dé-
(1701) et FENDAGE n. m. (1845). rivé de fenum (4 0 foin).
Sur fendre ont été construits deux prékés : POUR- + Comme en latin, le mot désigne une plante à goût
FENDRE v. tr. (XIII~ s. ; fin xr” S., PUtiendre) ~fendre anisé.
avec un sabren, d’où figurément (av. 1841) Emettre à b Son parfum rappelant celui du fenouil, une
mal», a pour dérivé POURFENDEUR n. m. 11798, pomme a été dénommée FENOUILLET n. m.
flfanfaron~), peu usité. + REFENDRE v. tr. est ar- (16281, puis FENOUILLETTE n. f. (1738).
DE LA LANGUE FRANÇAISE 1413 FER

FÉODAL, ALE, AUX adj. et nm. est em- apparaissent fer rouge kwûlant), fer h friser (in Fure-
prunté (1328) au latin médiéval feodalis (930, n. m.1, tière, 1690). Par ailleurs fer de lance prend le sens
de feodum «fiefn (+ fiefl. figuré de <unité militaire placée en avant)). Du sens
+Féodal est un des termes qui détissent l’ordre d’aarme blanche- vient l’argot mauvais fer (attesté
politique et social du moyen âge, qui repose sur mil. XX” s.) 4ndividu sournois et dangereux».
l’institution du fief. L’adjectif s’applique 1132B) à ce b L’importance du fer dans l’économie explique le
qui concerne ce régit-ne, le nom désignant un grand grand nombre des dérivés.
seigneur (v. 14601. Par analogie, il est employé en FERRAILLE n. f. (1349) désigne de vieux fers qui,
parlant, en dehors d’un contexte médiéval, d’un donc, ont perdu de leur valeur - d’où le sens (1878)
possesseur de terres avec leurs paysans. de <<menue monnaien et récemment d’cobjet quel-
b Le dérivé FÉODALITÉ n. f., plus tardif(l5151, cor- conque en métkib. 0 Le mot a plusieurs dérivés :
respond au dérivé latin médiévial feodalitas FERRAILLER v. intr., c’était <<se battre à l’épée>>
(v. 1280). Outre son emploi en histoire, il a pris (1654, tr. ; 1665, intr.) et par extension <(faire !a
(xx” s-1 le sens figuré péjoratif de ({puissance Iécono- guerre» (1718) ; de là on passe par figure à
mique, fmancière) qui tend à être autonome dans qcombatke en parolesu (1718) et à ufaire un bruit de
l’État». ferraille>> (18611, sens que l’on retrouve dans FER-
Les dérivés FkODALISME n, m. (1823), FÉODALI- RAILLEMENT n. m. «discussion animéen ( 18721,
SER v.tr. (1831) -d'où FÉODALISATION n. f. <<bruit» (1885) et 0 FERRAILLEUR,EUSE n. m. et
11957) - sont d’emploi didactique. +FÉODALE- adj. (av. 1692; 1765, au fig.). 0 @FERRAILLEUR
MENT adv. ( 1483) est rare. n. m. désigne un marchand de ferraille cl6301 et a
Tous les mots de la série ont une valeur terminolo- supplanté ferron n. m. ( 16711, ankieurement «for-
gique particulière dans le matérialisme historique geronn (v. 11751. De ferron sont dérivés FERRON-
de Marx et Engels, féodal&& caractérisant une Pé- NERIE n.f. @n XIII"~.) et FERRONNIERJÈRE n.
riode de l’histoire succédant à l’esclavage et précé- ( 1332) dont le féminin, «femme de ferronniep>, a
dant le capitalisme, puis le socialisme. pris (1832) le sens d’<<ornement composé d’une
chaînette qui porte un joyau>, à cause de La Belle
+k FER n. m. est issu ti xe s-1 du latin ferrum dé- Ferronnière, portrait de la femme d’un ferrotier
signant le métal et par métonymie l’objet, l’arme en qui porte ce bijou, attribué à Léonard de Vinci.
métal. Le mot latin est d’origine inconnue, la métal- FERRET n. m., diminutif de fer Cdéb. XIV~ s.3, dé-
lurgie de ce métal, postérieure à celle du bronze, signe d’abord un petit objet de fer (ou d’un autre
ne s’étant répandue dans l’aire indoeuropéenne métal) puis ( 1588) l’extrémité métallique d’un lacet ;
que relativement tard Iaaprès la séparation des par extension on parle des ferrets de diamants
Celtes et des Italiotesn, selon Ernout et Meillet) et (cf. les ferrets de la reine dans Les Trois Mousque-
Ies noms du métal dBéra;nt d’une langue à l’autre. fuiresl. Le mot est aussi un terme de verrerie (17041
Certains supposent pour le mot latin un emprunt à et de minéralogie, en physique (4 magnétisme)
l’étrusque. 11704).
+ En français, fer désigne d’abord l’épée, puis 00801 FERREUX, EUSE adj. a signW Kde fern (1611, re-
le métal, non pas pur, mais tel que la métallurgie pris 1752) et est un terme de chimie 118381, comme
des minerais le produit à l’époque. Le mot s’ap- FERRIQUE adj. 117891, FERRATE n. m. (18391 et
plique rapidement à la partie en fer d’une arme FERRITE n. f. (1878).
(d’où fer de lame, etc.1 et à divers objets en fer, sur k COKtpOSé FER-BLANC n.m. t131ï') ont; été
comme Cv. 1176) la bande de métal formant semelle dérivés FERBLANTIER n.m. (1704; 1671, ferblan-
sous les sabots des équidés, appelée plus tard fer ;i nier, hapax) et FERBLANTERIE n. f. qui a pris
cheval. ~Puis, le mot sert à nommer des outils et outre son sens propre El8311 le sens Eguré de
instruments de métal Ize moitié XIII~ s.) et ses deux <<chose sans valeurs (1868).
valeurs évoluent et s’enrichissent, Pour le fer, le FERRUGINEUX, EUSE adj. est un emprunt savant
concept se précise avec l’alchimie, puis la chimie (av. 1594) au latin ferrugineus «couleur de fep> et
moderne Ixvr~~~-xrY s.) avec une extension pour “qui contient du fer>>, dérivé de kmgu ~rouiUe~~ (de
vsels de fer)) (les épinards contiennent du fer), tandis ferrum). 0 Le mot a conservé le second sens du la-
que plusieurs figurés donnent lieu à des locutions : tin, notamment dans eauut ferrugineuses.
de fer équivaut à atrès robuste>> (1225-1230) puis à FERRI-, FERRO-, premiers éléments tirés de fer-
kkbranlablem. Une vaste phraskologie utilise le rum, entrent dans la composition de termes didac-
mot : de fer, en fer se combine avec divers substan- tiques, en chie (1868, ferrocyanure, n. m. ; 1890,
tifs, par exemple dans ligne, voie de fer, seul che- ferricyanure, n. m.), en minéralogie, en physique
min* de fer s’imposant (cf. ci-dessous ferre et fero- (4 magr&isme) et en métakrgk (1889, ferrorzickel,
viaire). n. m. ; 1890, ferrochrome, n. m.).
Même enrichissement pour un, des fers au sens de FERRER v. tr. est issu Cv. 1140) du latin populaire
aobjetls1 en fer». D’abord les fers iv. 1174, d’après le Oferrare, du latin classique ferratus qcgaynl de fer=,
latin, désignent les chaînes d’un prisonnier et au fi- aqui contient du fer)}, derivé de fermm. 0 Le verbe
guré ( 1552) l’esclavage, notamment avec la est introduit avec les sens de agarnir de fer, de mé-
construction dans les fers. Le sens de <<fer à cheval» tal kpécialt les sabots d’un animal)~ et «mettre
donne lieu à la locution en fer à cheval, par analo- (qqn) aux fers* (av. 12331, d’où au XIX” s. {{mettre les
gie de forme et à divers figurés. L’instrument ser- fers à (un forçatIn 11828). 11 s’est spécialisé dans fer-
vant à repasser le linge à chaud reçoit aussi le nom rer le poisson ((engager I’hameçonn (av. 1856).
de fer ( 1660) ou fer à repasser. En fmnçais moderne +L’adjectif FERRÉ, ÉE, participe passé du verbe,
-F&E 1414 DICTIONNAIRE HISTORIQUE

s’est employé pour qualifier un chemin empierre FÉRIÉ, ÉE adj. est une réfection (XI? s.) de fei
(v. 1175); c’est l’idée de dureté qui était retenue, rié, fuirié (1170, n. ; mil. XII” s.,jour foi&), issu du latir
mais dans voie ferrée c’est le matériau de métal classique feriutus moisif», *de loisirn, en latin chré.
qui est en cause ( 1851; cf. ci-dessous ferroviaire). On tien 4jourI de fêteb. Fetiutus est le participe pass(
dit aussi par extension réseau ferré. 0 Ferré s’est de feriwi «être en fête, en reposs, dérivé de ferk
employé par métaphore au sens de «di%cilea fljours consacrés au reposa (3 foire). Sur feiti avaii
(cf. aujourd’hui dur dans le même emploi), d’où la été formé feirier v. intr. <<chômerfi (v. 1150).
valeur de <sage, habïien (v. 14%) et «instruit, fort» 4 Le mot, rare jusqu’en 1690 Furetiére), se dit d’ur
dans être ferré SUT une question, l’acquisitiofl des jour chômé; son importance a crû au XX~s. avec 1~
connaissances étant considérée comme difkile. droit du travail, et il est entré dans le vocabulak
+ FERRURE n. f. (v. 1150, ferretire) désigne une gar- de l’emploi social du temps, avec fête, pont, week-
niture métallique (1687, en marine) et l’ensemble end, etc.
des fers d’un cheval ( 15301, ainsi que l’action de le
ferrer (15811; dms ce sens actif, on dit plutôt FER- FÉRIR v. tr. est issu (2emoitié x” s.1du latin fer&
RAGE n. m. (d’un cheval, 1338 ; d’un forcat, 1828 ;
&appern, qui se rattache à une racine indoeuro-
dans le vocabulaire de la pêche, 1926). péenne “bher- apercern.
FERRADE n. f. est un emprunt (16241 au provençal
femdo, dérivé de ferra {{marquer au fer rouge (le 4 Usuel jusqu’au XVI~s., le verbe a été éliminé par
bétail)>, du latin populaire “femme. ~L’action de frapper; il a signifié «sefaire aimer deB (fm XII~ s.3, lit-
marquer les bêtes étant l’occasion de fêtes, ferrude teralement &apper au cœur». -=n s’est pourtant
désigne par extension ces fêtes. conservé dans la locution S~~IS coup férir
Le préfixé technique DÉFERRER v. tr. h. 1130, des- (déb. XIII~s., *sans combattre4 s’employant au-
ferrer1 s’est employé au figuré à l’époque classique jourd’bui au sens de <<sansdikulté».
(16401 pour Ndéconcertern. 0 ENFERRER v. tr., ä FÉRU, UE adj. (XI” s., «blessémI s’est utilisé par mé-
rare, veut dire ((percer (qqn1 avec le fer de son taphore au sens d’&prisB (14333, d’où par extension
arme)) (XII~s.1 et a signifié cmettre (qqn) aux fers* (1651) <passionné pour qqch.n.
(XIII~s.3. oLe pronominal s’enferer est d’emploi
courant au sens de «se prendre à ses propres men- 0 FERME adj* et adv. est issu (v. 11401 du latin
songes)) (1632) et de *s’enfoncer (dans une mauvaise fimtus =Solide, résistantm au propre et au figuré,
situation)s. mot d’origine obscure. La forme masculine fem
FERROVIAIRE adj. est emprunté (v. 1910) à l’ita- disparaît avant le xrvesiècle.
lien fmoviario «relatif aux chemins de fep 118771, + L’adjectif reprend les sens latins, au propre ( 11401
de ferrovia Nchemin de fer», composé de ferra Nfen> et au figuré, dr, %xmré~ (11601.
et via =Voie>, de même origine que les mots fran-
qais. Le mot est soutenu par la kéquence du syn- b L’adverbe Ixw” s.1, d’abord écrit fem (11801,
tagme chemin de fer et de l’adje&f ferré. coexiste avec le dérivé FERMEMENT adv. (v. 11301,
au sens d’«avec force,, et Sign%e abeaucoupm (xx” s.,
0 voir MÂCHEFER,IMARÉcw-FERRANT i cHmm.
travailler ferme).
FERMETÉ n. f. est un emprunt au dérivé latin clas-
-FkRE est un second élément tiré du latin -fer
sique fimzitcts «solidit&, puis «forteresse> en latin
“qui porte», de ferre ccporterm qui entrait dans la
chrétien (776) ; il a repris ce sens (11651, comme
composition de nombreux verbes (+ confkrer, défé-
FERTÉ n. f. (XII~s.>,forme issue du latin et conser-
rer, o&ir, préférer, etc.).
vée dans des noms de localités. Femteté a ensuite
+L’élément sert à former des termes didactiques, le sens de q<soliditén (1200, femzeteit) et au figuré
en particulier en botanique konifèrel, en zoologie (12651 d’«assurancex, d’aautorit&.
~mummiférel, en géologie IpétrolifèreI. Quelques Les composés AFFERMIR v.tr, (1372) et RAFFER-
mots, comme aurifère, sont des emprunts directs MIR v. tr. (1394, aconsolidern) s’emploient aux sens
au latin. concret et abstrait pour -rendre (plus) fermem, ainsi
que leurs dérivés AFFERMISSEMENT n. m. Cl5511
FÉRIE n. f. est un emprunt (v. I 119) au latin chré- etRAFFERMXSSEMENTn. m.(1669),ainSique AF-
tien fefia {{jour de la semaine> (III~s.1,dénomination FERMISSANT,ANTE adj. et RAFFERMISSANT,
introduite pour éviter l’usage des ~O~IS païens ANTE adj. Cl904 au figwél.
(cf. encore en portugais segundu feriu 4.lndi~, etc.).
f+ férié, 0 foire1 0 FERME n. f. dérive iv. 11601 du verbe femer,
+ Le mot subsiste dans la liturgie catholique, mais au sens figuré en ancien &ançais d’aétablir d’une
est sorti d’usage au sens de «jour férié chômé, manière solide, fermeD (-+ fermer). On relève dans
EV.1212). + Il a été repris au xrxe s., désignant (1865) le domaine anglo-saxon le latin médiéval fzrm~
un jour pen&,nt lequel le travail était interdit par la &ail à ferme» (1100).
religion dans la Rome antique. + Femte est d’abord un terme juridique qui désigne
b FÉRIAL, ALE, AUX adj. est un terme de liturgie une convention par laquelle un fonds est donné à
(XJ$ s.1 empoté au dérivé latin chrétien ferialis bail ; ensuite, par métonymie ( 15391,le mot désigne
(VIIe-VIIIeS.I. le domaine rural ainsi loué et de là toute exploita-
FER~A n. f. est un emprunt récent à l’espagnol feti tion ou ses bâtiments. Femte a eu le sens jtidique
de même Or@ne que fkie, pour af&em, SpéCide- abstrait de <convention d’exploitation d’un droit*
ment <<fêtetaurine ; ensemble de corridas*. [ 14811, î~~~portant sous l’Ancien Régime puisque les
DE LA LANGUE FRANÇAISE 1415 FÉROCE

impôts indirects étaient mis à ferme (cf. la Feme FERMENTESCIBLE adj. est un dérivé savant
générale établie par Colbert). 0 Aujourd’hui, sauf ! 17641 du latinfemzentescere <<entrer en fermenta-
en droit et en agriculture, le sens dominant et seul tion», dérivé de fennentum.
usuel est <<maison d’habitation d’une exploitation
agricolen. +& FERMER v. tr. et intr. est issu (1080) du latin
classique fimure <rendre ferme, solidem, d’oti qforti-
b FERMIER, I&RE n. a suivi l’évolution de fewne : ce
fier* et (<cloren en bas latin ; fimare, qui dérive de
nom désigne au masculin celui qui tient à ferme un fiwnus (+ 0 ferme), s’emploie par figure pour
droit ( 1207 ; ensuite fermier gé,nér& 1690) ou une <cor&rrner=, «assurern.
exploitation agricole (1282) puis, aux deux genres
+ En ancien fhnçais, fermer Itr.1 Sign%e &xer, atta-
et couramment, la personne qui exploite des
terres, qu’elle en soit ou non propriétaire (1679). Le
cherx IIOSOI, =construire (un châteaulu (11551, Kforti-
mot s’emploie en apposition pour w3latif à la fier Eune place), Iv. 11601; de là un glissement s’ef-
ferrnen ( 1878; 1895, beurre fennierl.
fectue vers l’idée de abarricader)>, de 4oreu (11751
Le dérivé FERMAGE II. m. (1367) désigne le mode et spécialement 11547) de {{supprimer l’accès à
d’exploitation par ferme et, par métonymie, le qqch.m, d’où vient le sens figuré ainterrompre l’acti-
loyer d’une ferme. vité d’un commerce» et avec une valeur abstraite
Le diminutif @ FERMETTE n. f. (1941) S'emplOie (15801 «mettre fm à...», 0De la notion de clôture
plutôt pour un bâtiment aménageable en maison procèdent une autre valeur figurée : <<rendre in-
de campagne qu’au sens normal de cpetite ferme> : fkanchissable> 11606) et <<être, rester ferméw (xv” s.,
le contexte est celui des loisirs bourgeois, non du intr.1. oLe participe passé adjectif s’emploie en
monde rural. phonétique dans voyelle femée 116901, la distance
Le composé AFFERMER v. tr. est aussi un terme
entre la langue et le palais étant faible quand elle
juridique (v. 11701; dans l’ancienne législation, c’est est prononcée.
concéder le droit de percevoir des imp8ts. C’est b Les principaux dérivés de fermer sont FERMOIR
aussi donner à ferme, louer un domaine rural ou, n. m. (1260, femzoir ct I&re) et FERMETURE n. f., le
coura,mment aujourd’hui, un espace publicitaire. -t- de ce dernier a été ajouté (déb. XIV~s.1 par l’in-
4AFFERMAGE n. m. (anciennt U&???%en. f., 13131 fluence de fewneté; l’ancien tiançais avait connu
en dérive ( 1794 ; 1489, Nengagement d’un serviteur plusieurs formes, dont fremedure (61 XI~ s.), fer-
pour un temps déterminémI. meüre (v. 11801 <<forteresse* et &spositif pour fer-
mer>> (11901, sens conservé. oLe mot désigne
0 FERME n. f. + FERMER ~VII” s.1 l’action de fermer, d’abord en parlant des
portes d’une ville gardées par une troupe.
FERMENT n. m. est un emprunt krve s.) au latin 0 FERME n. f. dérive de fermer &xen; ce terme
fementum «levain,, de la famille de fervere abouil- technique désigne un assemblage de pièces qui
lire (3 ferveur). portent le faîtage (13441, d’oti @ FERMETTE n. f.
( 16901, et un décor de théâtre monté sur châssis
+ Le mot apparaît 113801 au sens métaphorique de
(1752).
alevairw, pour uce qui détermine (un sentiment, une
Sur femzer ont été prétiés plusieurs verbes. 0 EN-
idée, un changement)}>, par exemple dans un fer-
FERMER v. tr. (me $1 implique la suppression
ment de discorde. Il n’est attesté qu’au xwe s. II5751
d’une sortie, soit que l’on place dans un milieu clos
au sens latin concret de 4evain» puis de <principe
une personne pour l’empêcher de sortir, une chose
qui motie un corps en l’altérant, en le faisant gon-
pour la ranger, soit qu’on entoure qqch. (1538) de
fleru. Avec la chimie et la biologie moderne, on
haies, de murs, etc. ; d’où le sens sorti d’usage
parle (XIX~ s.1 de femzents fz@ks (micro-orga-
d’ccencerclern 11640) ; dans une course, enfermer un
nismes) et de femtents solubles (leurs sécrétions),
concurrerzt ( 19101, c’est «le serrer pour l’empêcher
enfm de femzent pour tout agent de la fermentation
de se dégager)). Le verbe est aussi utilisé au figuré
(par exemple chez Pasteur, 1861 : 4e ferment boty-
( 185 11,également au pronominal (av. 1778 ; s’enfer-
rique est un infusoire... 4. Le mot a vieilli, femzent
mer dans le silence). 0 11 a fourni ENFERMEMENT
soluble étant remplacé par diastase, puis par en-
n. m. ( 1549). + RENFERMER v. tr. EV.1130) a des dé-
zyme.
veloppements parallèles au verbe simple; EN-
b FERMENTER v. intr., emprunté au dérivé latin FERMÉ, ÉE adj. (16903, en parlant de l’odeur d’un
femtenfare, s’emploie au propre 112701 et au figuré heu mal aéré, a été supplanté par RENFERMÉ, ÉE
(17981, comxne FERMENTATION n. f. 11539, aboli- adj. (1818). Le dernier s’appliquait par figure à une
lonnement, effervescence4 formé à partir du latin personne qui ne montre pas ses sentiments (1747).
chrétien femzentati (du supin de femzentarel; le REFERMER v. tr. a le sens de «rendre plus solideti
mot désigne l’action de faire fermenter d’où Neffer- Iv. 1130; xv” s., pron. 4e raffea}) avant le sens
vescencex (1690) et au figuré l’altération, le mé- moderne Nfermer ce qui a été ouvetim (v. 11751, par
lange Idéb. XVIII~S.I. Avec le sens concret il devient figure au XIX~ s. Iv. 1873).
terme de chimie pour «altération. de composition> 0 voir FIRMAMENT.
(~~III~s-1puis &ansformation moléculaire sous l’in-
fluence d’un ferment)}, au sens pris par femzent en FÉROCE adj. est un emprunt Iv. 1460) au latin
biologie au XIX~ s. : femzentution. vineuse, alcoolique, classique ferox, -0ci.s Gmpétueuxn, <orgueilleux=, et
lactique, étudiées par Pasteur en 1857. en latin chrétien ctcrueln, dérivé de fer-us c(sauvagen
Du verbe dérivent FERMENTATIF, IVE adj. 116911, (+ fier). Féroce et fier, doublets étymologiques, sont
sorti d’usage, et FERMENTABLE adj. (1824). aujourd’hui cum@tement séparés pa;r le sens.
FERRAILLE 1416 DICTIONNAIRE HISTORIQUE

+ L’adjectif a repris le sens d’corgueilleuxm Iv. 14601, bois ou de cuir) pour happer la main d’un écolier
sorti d’usage (4 fier), et celui de <cruel, sauvagen en faute 113851,d’où tenir la férule &re régent de
( 16 Ii) ; par extension le mot signifie wiolent, irnpi- collègem 118651,sens sorti d’usage. Par extension fé-
toyable>> 116941; il est aussi utilisé famîlîérement rule correspond à aautorité>) Cv.16661, dans la lo-
comme intensif. cution être sous la f&ule de gqn au propre et au fi-
N En dérive FÉROCEMENT adv. (15301. guré.
FÉROCITE n, f. reprend (xme s.1 le dérivé latin fero- FERVENT + FERVEUR
citas flfougue, arrogancem; il est rare jusqu’à l’épo-
que classique où il a parfois le sens de &erté» FERVEUR n. f. est la réfection kv” s.1de fervor
(av. 1525) et d’knpolîtesse brutale)> (1675). (fin XII~s.), emprunt au latin fervor ~~botionnement,
chaleur, ardeur>>, au propre et au figuré, du verbe
FERRAILLE, FERRER, FERROVIAIRE, fervere <<bouillir» qui se rattache à une racine in-
FERRUGINEUX + FER doeuropéenne signihnt Kbouillonnep, proche par
la forme de celle de ferre «porter)) (cf. fertile).
FERRY-BOAT n. m. est un emprunt du XVIII~ s.
4 Le f?ancais conserve de fervor son sens figuré ti
à l’anglais (14401, mot composé de Leny aendroit où
XII~4, spécialement en parlant du zèle religieux ; le
l’on traverse une rivièrem, dérivé de to Leny @ans-
mot s’était spécialisé à l’époque classique ( 16331au
portep> Ix” s. ; d’origine germanique), et de boat abs-
sens de <passion amoureuse».
teaw.
~FERVENT, ENTE adj. est emprunté (v. ~901 au
+ Le mot, attesté isolément au XVIII~ s. ( 17851 après
latin fervew «bouillonnant de chalet et knpé-
ferry (17821, a été repris en 1848 de l’angle-améri-
tueuxn, participe présent de fewere; il signifie <<en-
tain. Sous l’influence de fer, ferré (dans c!wmirt de
thousiaste» et s’emploie spécialement dans le do-
fer, VO~ ferrée), ferry-boat, d’abord pris au sens de
maine religietu; En XIIeS.I. aLe dérivé
abacn, terme proposé par l’administration ( 1973)
FERVEMMENT adv. (XIII~s.1 est d’emploi littéraire.
pour le remplacer, désigne un navire qui trans-
porte des trains d’une rive à l’autre (d’un fleuve, FESSE n. f. est l’aboutissement EV.1200) du latin @
d’un lac, etc.). On dit tiwersier au Québec, et plus populaire “fi~sa, Sign%ant à la fois ‘+knus= et afessesn
souvent par abrègement ferry en France. (comme cul en kknçais), pluriel neutre, pris
b CAR-FERRY n. m., emprunt (1958) à un Composé comme féminin, du classique f’issum <fente*, parti-
anglais, désigne un bateau qui transporte à la fois cipe passé substantivé de fz&re (+ fendre). Fesse a
des passagers et des voitures. éliminé l’ancien français nache, nage, utilisé du XII~
au xwe s., et issu du latin populaire onaticu, en latin
FERTILE adj. est un emprunt ti mes., classique ~tati, pluriel nutes afessew
fertil) au latin fertilts aproductif-, KabondantB, “qui 4 Fesse s’utilise dans des locutions où il est en
fertilisen, de ferre Hporterm (ancient aporter dans concurrence avec derrière et le plus souvent avec
son ventrepI et, à propos des plantes, «produireB cul : avoir chaud aux fesses ( 17431, montrer ses
13 -fére). Ferre se rattache à une racine indo- fesses et les fesses,lu fesse pour Camour physique,.
européenne “bher- flportep); le Su&e -tiZis est 0 L’expression familière cofiter lu peau des fesses
formé par analogie avec des mots comme ductilis; ((coûter très chers semble postérieure à couter la
on attendrait ferilks (cf. fucilis «facilenI. peau (1897, A. Allais]. Prendre pur lu peau des fesses
+Fertile est introduit avec le sens latin de “qui pro- est attesté en 1904.0 Par analogie, fesse désigne en
duit beaucoup> et s’emploie au figuré (av. 1455 ; marine (1736) la partie arrondie de la voûte d’un
1558, un esprit fertile). navire.
ä FERTILEMENT adv. h~~s.1 estrare.o~~~~I~~- b Le mot a fourni FESSU, UE adj. (12301, “qui a de
SER v. tr. s’emploie (15581 au propre et au figuré ; grosses fessesn, @ FESSIER n. m. familier pour *les
en dérivent, au sens propre, FERTILISATION n. f. deux fesses> (av. 1538) et 0 FESSIERJÈRE adj. et
(17641, FERTILISANT, ANTE adj. (17711, FERTILI- n. m., terme d’anatomie désignant et qualifknt les
SATEUR, TRICE adj. (1854, Nerval), littéraire, et muscles des fesses ! 15601.
FERTILISABLE adjd1865).
FERTILITÉ n. f. est un emprunt (1361; déb. xrve s., FESSER v. tr. ne vient pas, malgré les appa-
fetielitél au latin ferUas aqualité d’une terre fer- rences, de fesse. C’est un dériv6 de l’ancien kan-
tile»; comme fertile, il s’emploie au figuré, en par- çais faisse, fece abande, lien>, du latin fuscia de
lant de l’esprit Cv.16501. même sens I+ faisceau).
INFERTILE adj ., emprunt au dérivé bas latin infer- + Le mot sigr&ait d’abord (1489) -battre avec des
tiks, s’emploie au propre (1434) et au figuré ( 15941;il verges>>,. le rapprochement avec fesse a abouti au
est didactique ou littéraire, comme INFERTILITÉ sens moderne,
n. f. ( 14561,également emprunté au latin. F fl a produit FESSÉE n. f. (1526) et FES-
SEUR, EUSE n. (15491, rare. +De même, FESSE-
FÉRU +FÉRIR MATHIEU n. m. 115701, w3urîer~~ ou ({avarep, au-
jourd’hui archaïque et utilisant une graphie an-
FÉRULE n. f. est un emprunt ( 1372) au latin fe- cienne (un seul t), signifie littéralement keluil qui
rula, dont il reprend le sens en botanique. bat saint Matthieu avec des verges (pour lui souti-
+ Le mot désigne une plante herbacée puis, d’après rer de l’argent)», et pas forcément sur les fesses !
l’autre acception du latin, une petite palette (de Saint Matthieu était le patron des changeurs.
DE LA LANGUE FRANÇAISE 1417 FÉTICHE

FESTIN n. m. est probablement un emprunt + Le mot a d’abord (1050, feste; XVII~ s., fête) le sens
( 1382 ; repris en 1527) à l’italien festino Krepas de de *célébration faite & un jour marqub dans un
fête,, diminutif de l’italien festa afêten, de même contexte religieux, Par extension, il désigne une ré-
origine que le kançais. jouissance qui rompt avec la vie quotidienne En
+ Il conserve le sens de l’italien. XII~ s.), un ensemble de réjouissances organisées
(12731, une cause de plaisir (XIII’ s.), une comrnémo-
w FESTINER v. intr., d’abord <{of%ir un festin à qqnD
ration En xrve s-1 et spécialement le jour de la fête
(1350, intr. puis v. 1583, tr.) puis afake un festin)
du saint dont on porte le nom (1668; mil. XE? s., fête
(1649) est sorti d’usage.
pah-anale), 0 Il s’est employé pour cfoire*>> I~II~~s-1,
FESTIVAL n.m. est un emprunt 11830) à l’an- 4apagen (XIII~ s.1; il désigne par extension toute oc-
glais festival, adjectif, ade fête» (xrve s.) et substantif casion de débauche (18791, surtout dans faire la
<<période de fête= (XVI” s.3, en particulier <<fête musi- f&e. Il entre dans plusieurs locutions comme en
cale*, &rie de manifestations musicales,, sens re- f&e En XIII~ ~5.1,faire fête à qqn (16801, et la formule
pris en français. Le mot anglais vient de l’ancien de menace ironique ça va être ta fête Cv. 1965).
français festival Kde fête, joyeuxn, dérivé du latin k FÊTER v. tr. a signifié (1223, fester, intr.1 <célébrer
festivus loti il y a une fête», de festus (+ fête). une fête>> et prend le sens de ahonorer (un saint)
4 Par extension, festival s’emploie en français dans par une fête, (mil, xwe s.), d’où f&er qqn 117281, et de
d’autres arts que la musique (19303 et, par figure, afaire une fête à l’occasion de Iqqch.l)) Ml. XM~ s.1,
désigne une manifestation compléte des aptitudes, aussi dans FÊTABLE adj. (18841, +Le dérivé FÊ-
du talent de qqn, notamment dans le domaine TARD, ARDE n. (18593, SUrbUt au maSCdin, est fa-
sporkif txxe S.I. milier.
de motafoumi FESTIVALESQUE adj.rare11859, FESTOYER v., réfection (v. 11751 de festeer 4amu-
Berlioz), FESTIVALIER, IÈRE adj. et n. (1955) et serm E11701, dérive de feste (mais Voltaire le moder-
FESTIVALIEN, IENNE adj, 09571 qui ont rapport nise en fêtoyer); le verbe a signifié transitivement
aux festivals organisés, de musique, cinéma, etc. Gn XII~ s., festoierl ((faire fête à qqn)). En français mo-
derne, il n’est qu’intransitif et Sign%e surtout (18641
FESTIVITÉ n, f, est emprunté (XIII~ s.) au latin «participer à une fête, à un festin+. .
festititas agaietén, dérivé de fesbus ade fête)), de Le composé FÊTE-DIEU n. f. (152 11, afête de Dieu>),
festus (-+ fête). est construit selon la syntaxe de l’ancien lançais
4 Du XIII~ au XVI’ s., il sime «fête, réjouksancem ; kf. Hhtel-Dkul. Cette fête religieuse en l’honneur
peu employé ensuite, il n’est repris qu’en 1801; il du saint sacrement a été instituée en 1264 par le
garde ce sens mais est le plus souvent au pluriel pape Urbain IV et nommée Corpus Domini (en ita-
(18951, avec une valeur ironique. lien), Corpus Chtiti (en espagnol), d’où les noms de
b FESTIF, IVE adj., emprunt (A-V” s.1 au latin festi- Corpus (en catalan) et de Corps de Dieu (dans le
YUS, s’est employé dans un contexte religieux Sud-Ouest).
jusqu’au XVII~ s. avant de disparaître. 0 L’adjectif a 0 voir FESTIN, FEsTrvAL. FESTWKTÉ, FESTON, TFkOuBLE-

été repris (v. 1970) à l’anglais festive, adj. Ixw” s-1, de FT?I’E h-t. TROUBLER).
même origine.
FÉTICHE n. m. est une francisation ( 1669) de fe-
FESTON n. m. est emprunté (15331 à l’italien tissa (16051, emprunté au portugais feitiço m%i&
festcm Idéb. ~13s.) ~guirlande~~ et terme d’architec- ciel= ladj.1 et Hsortilège, amulette- (xv” s.), du latin
turc, proprement <<ornement de fête)), dérivé de fucticius C+ factice).
festa, de même origine que fête”.
+ C’est d’abord le nom que les Blancs ont donné
4 Le mot reprend le sens de ~guirlande suspendue aux objets du culte des peuples dits primitik ren-
en forme d’arc» (15333 et l’emploi en architecture contrés au cours d’explorations à visée colonisa-
(1550) ; par analogie, il s’utilise en couture pour une trice. Par analogie, le mot désigne (XIX~s.), ce qui a,
bordure dentelée et brodée (17981, puis en méde- selon une personne superstitieuse, un pouvoir ma-
cine (xx” s., feston girgivull, en géologie, etc. gique et, au figuré IXE” s.), ce qui est admiré sans
b FESTONNER v. {corner de festonsn (1533; 1771, en discernement. Dans un sens technique en psycha-
couture) a eu le sens figuré de tctituberm 11843, intr.), nalyse IX?~.), le fétiche est l’objet libidinal du féti-
sorti d’usage. 0 Le verbe a produit les termes tech- chiste Ici-dessous3.
niques FESTONNEUR,EUSE n. (18331, FESTON- F FÉTICHISME n. m. a d’abord (1756; 1757, Dide-
NAGE n.m. (1867) et FESTONNEMENT n.m. rot) le sens de Nculte des fétichesti et (XIX~ s.) celui
119131. d’ Nadmiration excessivem ; il désigne spécialement
FESTOYER +FÊTE (19063 une perversion sexuelle par le biais d’un ob-
jet habituellement sans signification érotique et qui
FÊTE n. f. est issu Cv. 1050, festel du latin festa tel- devient un cfétiche -.-FÉTICHISTE adj.et n. (18241
lipse de festa dks *jour de fête4 neutre pluriel a suivi l’évolution sémantique de fëtichisme (sens
substantivé de l’adjectif classique festm ade fête» et psychologique, déb. me sd. + FÉTICHIQUE adj.
“qui célèbre la fêteB. Ce dernier, qui a donné l’ita- (1852) et FÉTICHISER v.tr.(v. 1960) sont restés des
lien festu, l’espagnol E&u, se rattache comme fe- termes didactiques.
riae bfériél à une racine indoeuropéenne Ofës-, FÉTICHEUR n. m., autre dérivé de fétiche, courant
fus- à valeur religieuse et représentée seulement en lançais d’Akique, désigne un sorcier qui utilise
en italique. les envoûtements.
FÉTIDE DICTIONNAIRE HISTORIQUE

FETIDE adj. est un emprunt (1464) au latin foeti- même que jouer avecle feu Il 828) ; il n ‘y a pas le feu
dus “qui sent mauvaisn et au figuré <<dégoûtant>, ad- (xx” s.) si@e de même «rien ne presse=. L’idée de
jectif dérivé de foetere gpuern qu’on a rapproché de destruction rend compte de la locution figurée k
fimus (+ fumier). feu et ii sang (1530).
+ Fétide reprend les sens propre (1464) et figuré Un autre sémantisme est gsource de lwntère»
(18223 du latin. (1188) d’où le composé couwe-feu Ici-dessous). Feu
s’est spécialisé au sens de &nal lumineuxn ( 1680)
b Ii a fourni FÉTIDITÉ n. f. (14781, didactique ou lit-
- les feux d’une automobile (1896) - puis au sens
téraire . de 4gnal lumineux pour guider ou régïementerp,
d’où les locutions figurées Iv. 1955-1960) feu rouge
FÉTU n. m. est issu (v. 11701 du bas latin festu- udécision d’interdiren et fev vert =autorisation>>.
cum, variante du latin classique festuca abrin de
+Feu désigne aussi une décharge de matières ful-
paille)> d’une graminée et, par antiphrase, tirnasse
minantes (1572) ; de là les expressions, parfois figu-
pour enfoncer les piquets? rées, faire long feu (18261, mettre le feu aux
+ Le français reprend le premier sens et se dit aussi poudres ( 1690). Le mot concerne aussi ( 1680) le tir
au figuré pour *chose lég&e» (un fétu de paille) et des amzes dites a feu, par extension la guerre (1680,
achose de peu de valeur)} (1170). 0 Fétu a été au aller au feul et par métonymie populaire une arme
XVII~~s. un terme de botanique, remplacé ensuite à feu (1899). La combustion de poudre a introduit
par FÉTuQUE n. f. ou m. 117751, réemprunt au la- feu d’artike (1671; + artSce) et feu de Bengale
tin. (18721, feu grégeois C+ grégeoisl.
Feu s’utilise, comme le latin @Gs et le grec pur,
+k 0 FEU n. m. est l’aboutissement (XII~s.1par les pour parler de l’ardeur des sentiments ; cet emploi,
formes fou, foc (v. 880) du latin classique focus qui aujourd’hui littkaire, apparaît dès le rxes. Iv. 880,
sime <<foyeroti brûle un feu>, d’oti abûchern, «ré- aardeur du regard>> ; 1150, feu de la colère ; v. 1174,
chaudm et, par figure, *famille» ; focs est employé à le feu de I’amour) et est très courant dans le voca-
l’époque impériale comme synonyme d’i&s afeu» bulaire galant du XVII’ s. E-+ flamme), où feu désigne
I+ igné) qui a de nombreux sens figurés : aéclat,, aussi l’inspiration poétique, l’enthousiasme ; la
arougeur», -feu de la colère, de l’amour» ; plus tard, langue moderne en a gardé la locution être tout
les traducteurs de la Bible le prennent pour tra- feu tout flamme aenthousiaste>>. 0 Toujours par fi-
duire le grec pur, puros (3 pyrite). Les Latins rap- gure, le mot désigne une sensation de chaleur in-
prochaient focus de forere achatiern, de la racine tense, notamment dans en feu Iv. 1174, les joues en
indoeuropéenne d’où vient le sanskrit dahati 4l feu), d’où spécialement des maladies, des inflam-
brûlep, de forme causative. mations : une maladie qui ronge le corps (v. 12231,
+ La plupart des sens de feu apparaissent en ancien des rougeurs sur la peau IXVI” s.1,feu Saint-Antoine
français. Lié au sacré, le mot s’emploie pour 43sprit (1606) nommant l’ergotisme. Le mot est sorti
de la Pentecôten tv. 8801 et a sign%é (1120-1150) d’usage pour parler de la saveur forte d’un alcool
«feux de l’enferm ; il désigne aussi le supplice du bti- bnil. XIX~ s. ; 1851, eau de feu aeau-de-vie»).
cher (v. 8801, d’où vient la locution figurée à petit b Les dérivés de feu sont construits sur la forme an-
feu ; de l’épreuve ancienne du feu lordalie) subsiste cienne fou. Du sens de afamille> vient FOUAGE
la locution figurée (av. 15491 kdme& sa main au n. m. km” s.) qui correspond au latin médiéval ha-
feu. &um : c’était, en droit féodal, un impôt qui se payait
Au sens de «dégagement d’énergie accompagnant par foyer.
la combustionn d’où les locutions en feu, prendre FOUAILLE II. f,, sorti d’usage pour «bois de chauf-
feu kwe s.), le mot désigne par métonymie l’étin- fagem (1200, kille), est un terme de vénerie dé-
celle (10801 et, par analogie, la foudre, &feuBdu ciel signant les abats du sanglier cuits au feu et jetés
( 1200) ; on a nommé feu central ( 16901le foyer qu’on aux chiens (1573 ; 1379, fouail).
supposait au centre de la Terre. 0 Le feu est aussi AFFOUAGE n. m. 11256, afouge) dérive de I’a;ncien
l’ensemble des matières que l’on brûle ( 1080). 0 De verbe aflouer (12041 afaire du feu)), Nfournir du
là viennent les sens de «source de chaleur pour chatiagem (12643, terme juridique désigna& le
transformer les ahnentss Ià l’origine un foyer en- droit de ramasser du bois dans une forêt commu-
flammél I 11601, achalew ( 1398) et la locution figu- nale.
rée (18431 SUTle feu <(enpréparation)>. 0 Par méto- COUVRE-FEU n. m., de couvrir Iv. 12601,désigne le
nymie, feu désigne l’endroit où l’on fait du feu ( 1228) signal d’éteindre les lumières et de rentrer chez
et, par extension, en concurrence avec foyer”, l’en- soi, puis l’interdiction de sortir après une heure
droit où l’on habite 11260) ; ce sens a disparu mais Exée. -Le composé CONTRE-FEU n.m., tech-
restent la locution (déb. xwe s.1n’avoir ni feu ni lieu nique, désigne la plaque qui garnit le fond d’une
et le sens de <<famille%(dans un village1 112601.Par cheminée (1531) et un feu qu’on allume pour cir-
extension ont été construits feu de joie 11414), feu conscrire un incendie de forêt (18451. +GARDE-
de la Saint-Jean (1680) et feu de camp (xx” s.1autour FEU n. m. inv., -grille pla&e devant une chemi-
duquel on se réunit, d’où par extension *veillée ré- née>> (168o), s’emploie dans les vocabulaires tech-
créativen. + Par ailleurs, feu a pris le sens de afoyer niques, notaunment comme équivalent 11930) de
destrwteur, incendie» (12131, d’où au feu! (xv” s.1, COUPE-FEU n. m. înv. (18821, PARE-FEU n. m.
feu de cheminée ( 16901et la locution familière avoir inv. (1872).
le feu au derrière laux fesses, au cd duh 116901, 0 voiï”BOUTEFEW hrt.BOUTER),FOC~ FEUFOLLETht.
qui fait allusion au danger que représente le feu, de FOU).FOUACE,FOYER.
DE LA LANGUE FRANÇAISE 1419 FEUILLE

QI FEU, FEUE adj. est l’aboutissement IV. 1050, désigner (attesté 19161 une tranchée, disSimd6e
ma&&) du latin populaire “fatutus “qui a telIe des- par des feuillages, servant de latrines aux troupes
tin&=, d’où aqui a accompli sa destinée>>, dérivé du en campagne (cf. ancien lançais faillie ccabane de
classique fatum ((destin%13 fatal). feuillages~ + 0 folie). * FEUILLAGE n. m., COU-

+Le mot a @pif& adestinée» dans malfeik «gti a ra;mment l’ensemble des fetiesn (1324, fueihige),
désigne aussi la représentation de feuilles ( 15491et
une mauvaise destinéen (auparavant fadude, en-
suite fatil, puis (1172) amort depuis peu de temps)>,
des rameaux coupés (16881. +FEUILLARD n. m.
aujourd’hui dans des emplois littéraires, juridiques qui a signif& «branchage>> (xrve s., foillartl, désigne
(1465, feuillartl la branche fendue en deux dont on
ou plaisants, et seulement antéposé & un nom de
personne. fait les cerceaux de tonneaux et, par analogie, une
plaque de métal large et mince. +FEUILLAISON
FEUDATAIRE n. m. est emprunté (13871, n. f. (1763) vient du verbe @ FEUILLER v. intr.
d’abord sous la forme pheudataire (12821, au latin IX+ s.; v. 1120,fueiZ2ier) use couvrir de feuille+,
médiéval feudatatiw ou feodatarius «possesseur d’emploi rare, comme sa variante FEUILLIR
d’un fief)), dérivé de feodum, feudum I-, fief?. v. intr. (XII~s., fueillirl.
DÉFEUILLER v. tr. (v. 12401, équivalent littéraire
4 Le mot, rare jusqu’au XVIII~s., s’emploie pour par-
de e!hiller, a produit les termes didactiques DÉ-
ler du titulaire d’un fief, dans le système féodal ;
FEUILLAISON n. f. (18031 et DÉFEUILLAGE n. m.
l’emploi adjectif (1611, <tenu en fief>))est très rare.
(1870). + Le composé EFFEUILLER v. tr. Sig?dfE
b FEUDISTE n., mot didactique signifknt aspécia- <<dépouiller de ses feuilles= et par extension népam-
liste du droit féodal>> ( 15861, est dérivé savamment prer (la vigne))) ( 14161, sens répandu en Suisse, puis
de feudum. adépouiller (une fleur) de ses pétalesn ( 1784). 0 Il a
fourni EFFEUILLEUR, EUSE n. @I XIV~s., efueil-
+k FEUILLE n. f. est une réfection (1273) de leur), employé familièrement au féminin pour
fkik, faille Cv.11301,issus du bas Mn folia, pluriel rendre l’anglicisme St!@teaseuse (i949), EFFEUIL-
neutre devenu féminin du classique folium <feuille LEMENT n. m. ( 15461, EFFEUILLAISON n. f. (1763)
d’arbre% - d’où <<feuille d’acanthe Ides chapiteaux et EFFEUILLAGE n. m. (17631, aussi pour =strip-
corinthiens3~ et, au @un& &agatellen - et spécîa- tease% (19701.
lement =feuiLle de palmierB, où la Sybille écrivait
ses oracles, d’où <<feuille d’écriture, de papiern. Le
2.Au sens analogique de feuille. 0 Le diminutif
FEUILLET n. m, réfection Cv.1360) de fotilet «petite
rapport avec le grec phullon afeuille>> 14 -phyUel est feuille de papier} Cv,11301, désigne chaque partie
discuté.
d’une feuille pliée sur elle-même et, par analogie
4 Du sens en botanique Iv. 1130 ; XIII~s., feuille morte) de forme, la troisième poche de l’estomac des ru-
viennent des locutions figurkes comme trembler minants qui évoque une petite pile de feuillets
comme une feuille (av. 16791, précédées en ancien (1690). Le mot a d’autres sens, scient%ques (1832,
français par des comparaisons (... com feuille de lo- feuiUet embryondrel ou technicyues Capr. 1970,
rier, xme s.l. ~Par analogie, le mot désigne une *mémoire auxiliaire d’ordinatew). + Sur feuillet
plaque mince (1200, pour une plaque d’or1 et un ob- est dérivé FEUILLETER v. tr. 115491 Mtourner les
jet qui a cette forme (1680, feuille d’un paravent); page9 et, par extension, ((lire rapidement>> (15801.
c’est le sémantisme de l’anglais film 13 fh1. Feuille Un autre verbe feuilleter hle s.), du sens 1 de feuille,
de chine a eu à8l’époque classique le sens de Mchose signi&it « pousser des feuilles ». ~FEUILLETÉ, ÉE
de peu d’împortanceu (1690). Par extension, feuille adj., d’abord {wnstitué de fedes» (1234), se spé-
s’emploie pour la représentation stylisée de cer- cialise en pâtissetie 11566, gûteau feuilleté), d’oti
taines feuilles (av. 1850, feuille de vigne>, Feuille de feuilleter de lu pûte (16801. L’adjectif a été substan-
chou, par analogie d’aspect, s’est dit familièrement tivk pour désigner un gâteau à pâte feuilletée
pour =Oreille» (18671, d’où être dur de la ferrille (1865). a s’emploie aussi pour ce qui présente une
asourdp (1928). structure en Cries lames (mil. XVIII~s., verre feuilleté).
Feuille a aussi le sens très courant de amorceau de +FEUILLETAGE n. m. s’est employé pour <feuil-
papier rectangulaire> he s., beil; xv” s., feuiile de lagem (XVI~s.), alors dérivé de l’ancien feuilleter. Le
papierl, souvent écrit ou imprimé, d’où son emploi mot se rattache à feuilleté en pâtisserie (16801 et &
en imprimerie (16901, puis dans feuilles volantes feuilleter hrl livre) Il8821 ; au même sens on trouve
(Ii’5 1) «brochures, petits écrits,, bonnes feuilles feuill ettement (XIII~ s. 1.
( 1798). Par métonymie, feuille s’emploie pour ajour- FEUILLETON n. m. est aussi un dérivé de feuillet;
nab I17891, d’où péjorativement fede de chou d’abord au sens sorti d’usage de apetit cahier de
*mauvais journdti (1858). feuillets in-12>> (17901, il désigne (1811) un article de
b À chacun des deux grands sens de feuille corres- parution régulière au bas d’une page et, par ex-
pondent des dérkés et des composés. + 1. Au sens tension, un fragment de roman paraissant régu-
botanique. FEUILLU, UE adj. (déb. xrr” s., foillu), lièrement (av. 1869) -d’où roman-feuilleton, type
“qui a beaucoup de feuilles», signi& par extension de roman populaire par épisodes. c= Il a produit
“qui porte des feuî1Iesp 11872); le mot s’est appliqué FEUILLETONISTE n. (1814) et FEUILLETO-
par figure (1760) à un style touffu, sens littéraire dis- NESQUE adj. (1839) digne du roman-feuilleton
paru. +FEUILL&E n. f., très littéraire aujourd’hui (par le style, l’intrigue compliquée et mélodrama-
pour un abri formé par le feuillage des arbres, a tique)=.
d’abord désigné une branche feuillue Cv.1120, foil- FEUILLANT, ANTINE n., auparava& feuillantin.
leel. *Le mot est encore en usage au pluriel pour (16051, vient (1611, n. m. ; 1680, n. f.1du nom du mo-
FEUILLER DICTIONNAIRE HISTORIQUE

nastère de Feuillants, où fut créé par Jean de sion fève de hadcot 11690) est très probablement à
La Barrière (1586) cette congrégation réformée de l’origine du sens courant de I~ticot”, légume im-
l’ordre de Cîteaux, disparue à la fin du XVIII~ siècle. porté d’Amérique et qui a largement remplacé la
Feuillant est repris en histoire, pour désigner un fève.
membre du parti royaliste constitutionnel dont le ,Le diminutif FÉVEROLE n. f. (1680) ou FAVE-
club siégeait (dep. 17903 dans un couvent de Feuil- ROLE (me s.) est régional. + FÉVETTE n. f. 11835)
lants, près des Tuileries. De cet emploi dérive s’emploie pour une variété de petite taille.
FEUILLANTISME n. m. (17921, terme d’histoire.
* FEUILLANTINE n. f., q&hSetie feuilletée-, re- FÈVRE n. m. (ancien tiançaisj + ORFÈVRE
présente 11653,fueillentine) probablement une alté-
ration de ftorentine, nom donné au milieu du XVII~ s. FÉVRIER n. m. est issu (11191 du bas latin febru-
à une rissole au sucre, d’après feuillantine œreli- rius, altération du latin classique februarius ben-
gieusen, devenu dans une chanson populaire le so- S~I <mois des purXcations» (le dernier de l’an-
briquet d’une femme connue enfermée chez les cienne année romaine), dérivé de febmus
feuillantines. 0 Pour millefeuille + 0 mille. cpticatew, adjectif à valeur religieuse. Un éty-
@ Voir EXFOLIER, FOLIl? ht FOLIACÉ. DÉFOLIER, FOLIOLE~, mon Ofeber,proposé dans l’Antiquité ILydus3 est de-
FOLIO, TRÈFLE. meuré obscur. Le mot est peut-être apparenté à fe-
bris I+ fièvre), d’origine obscure, et qui peut avoir
0 FEUILLER, FEUILLURE + FOUILLER eu à l’origine une valeur religieuse.
4 Second mois de l’année dans le calendrier grégo-
FEULER v. intr. est un mot d’origine incertaine rien, février était partagé entre pZutise* et ven-
( 18433, peut-être onomatopéique ou altération de tôse* dans le calendrier révolutionnaire.
feler, du radical du latin feles ou felk achatm (+ félin).
+ Il est d’emploi didactique ou littéraire pour parler FEZ n. m. est tiré du nom de Fez (arabe Es% ville
du sotiement du tigre ou du chat en colère. du Maroc où l’on fabriquait cette coifkre tron-
b n en va de même pour le dérivé FEULEMENT çonique, de laine rouge ou blanche ( 1677 ; 1672, fesj.
n. m. Ifin xixe s.l. On a d’abord dit bonnet de Fez (1664).

FI interj. est d’origine onomatopéique Il 178).


FEUTRE n. m. est une réfection (v. 1130) de
feltm En mes.1, !T&?e, issus du tiancique ‘filtir + Cette interjection exprimant le dédain ou le mé-
<étoffe obtenue à partir de poil ou de laineB, qui a pris est sortie d’usage aujourd’hui. Elle s’emploie
fourni le latin médiéval “filtrum (VIII~s.1 I+ Ntrel. encore dans la locution faire fi de CdédaignerB
+ Le mot conserve le sens de l’étymon; par métony- (18281, qui vient de fi de suivi d’un nom Idéb. XIII~s.l.
mie, il désigne Cl1603 un objet de feutre, en parti- FIABLE + 0 FIER v. tr.
culier un chapeau et, par analogie, la matière em-
ployée pour rembourrer les selles 11611). 0 C’est FIACRE n. m. est emprunté (1650) au nom de
aussi le nom d’un type de stylo dont la plume est saint I%zcre, patron des jardiniers, dont l’effigie se
remplacée par une pointe feutre 119683. trouvait sur l’enseigne d’une maison de la rue
b FEUTRER v. Sign%e <<mettre en feutren (1752 ; dès Saint-Antoine à Paris, devenue maison de louage
le ~~ s., on a un emploi isolé de laine feltredj ou de cette sorte de voiture.
«garnir de feutreD I 1309 ; v. 1175, selle feutrée). 0 Par + Comme son emploi métonymique pour ccocher
figure, le verbe signifie &touBer un bru&, sens réa- de fiacre)) (17001, le mot a disparu de l’usage, sauf
lisé surtout au participe passé adjectif (1901, à pas en histoire, en même temps que les voitures à che-
feutrés). +Le verbe a pour dérivés FEUTRAGE vaux (cependant, en 1916, on a encore fiacre élec-
n.m. (17231, FEUTRABLE adj. (1865) et son trique).
contraire INFEUTRABLE adj. Iv. 19601,et le pré&&
DÉFEUTRER v. tr. 118701. FIANCER V. tr. + 0 FIER v. tr.
Le nom a aussi fourni FEUTRIER, IÈRE n. (1274,
fuuterierl et adj. 118721, FEUTRINE n. f. (1951). FIASCO n. m., introduit Cv.18221 par Stendhal,
est emprunté à la locution italienne fur fiasco «es-
FÈVE n. f. est l’aboutissement 111701 du latin suyer un échec», qui s’était d’abord utilisée 118081 à
faba; la fève, qui jouait un grmd rôle dans l’ti- propos d’une pièce de théâtre : fiasco C+ Rasquel
mentation des Romains, appartient à la civilisation était un calque en italien de bouteille <<erre-, mot
du nord-ouest de l’Europe kf. slave “bob&); le mot employé en français pour désigner les erreurs de
et ses correspondants supposent une forme initiale langage des comédiens italiens qui jouaient au
“bhabo-, qui n’est pas représentée dans le domaine XVIII~s. en France.
germanique et dont on ne sait si elle est indoeuro- + Chez Stendhal, le mot est employé au sens de
péenne. adéfaillance d’ordre sexuel», et on peut penser à
4 Ftie désigne la graine et la plante (v. 13981, et l’influence de flasque. Par extension, le mot,
s’emploie dans trouver la fève (du gâteau des Rois) d’abord da,ns la locution faire fiasco 118401,se dit
[122Ol. oPar analogie (16111, c’est le nom donné à pour &chec complet, 11865).
des graines qui ont à peu près la même fort-ne, par
exemple fève de cacao pour la graine du cacoyer. FIASQUE n. f. est un emprunt 11580, Mon-
Au Canada, fkve se dit pour le haricot sec. L’expres- taigne) à l’italien ~UXO <bouteille à panse large
DE LA LANGUE FRANÇAISE 1421 FICHER

garnie de paile* (av. 1342) [du bas latin flUSC0; pour soigner les hémorroïdes et les verrues, nom-
+ flacon1 et amesure de capacités Il4811 HU bas la- mée aussi herbe au fît, chélicEoiW.
tin #Zmca; + 0 fbsquel.
+ Mor&&ne l’emploie au masculin au second sens FICELLE n. f., réfection graphique 115641de fis- o>
de l’italien, sorti d’usage. 0 Le mot a été repris au selle (15241, vient probablement d’un latin tardif “fi-
xrxe s. au premier sens, d’abord au masculin (18031, lice& diminutif du latin classique fzlum (-+ fil1 OU
puis au fkninin ( 1849). d’une forme ofunicelZu (d’ou fincelle, v. 13501, du la-
tin classique funicula (+ funiculaire), dérivé de fu-
FIBRE n. f. est un emprunt 113721 au latin fibru nk *corde», avec tiuence de fil. On relève en an-
<formation d’aspect flamenteux- (végétale OU ani- cien tiancais a ficelés (XII~s.1 et afinceler Iv. 1180).
male) et dans la langue augurale 4ivision du foie}), +Ficelle acorde mince}) désigne spécialement, au
d’ou par extension <entrailles>> et par figure asensi- pluriel, les cordelettes qui permettent de mouvoir
bilit& des marionnettes d’où, au figur6, des moyens d’ac-
4 Fibre conserve le premier sens du latin et est uti- tion dissimulés - avec la locution tirer les ficefles
lisé par analogie dans d’autres domaines ( 1930, - et par extension (18331- aussi au singulier - un
fibre & bois; xx” s., fibre optique, fibre de verre). Par artifice caché ou une ruse, d’où être ficelle nretorsp>
métaphore ou par latinisme (av. 17941, ou encore (17921, d’emploi vieilli. Q Par référence à la min-
d’après fibres nerveuses (15801, il désigne au pluriel ceur de la ficelle, le mot désigne familiérement un
les organes de la sensibilité et, au singulier, s’em- gallon (1895; anciennt aussi une cravate) et une
ploie pour «sensibilité>> na fibre patitique1. sorte de pain (xx” S.I.
b FIBREUX, EUSE adj. apparaît dans racine fi- b FICELER v. tr. (16941 Sign%e «attacher avec de la
breuse 115453 puis qualifie ce qui est de la nature de ficelb, d’où FICELAGE n. m. 117651 et FICE-
la fibre et ce qui est formé de fibres (en physiologie, LEUR, EUSE n. (1838).
Dans un emploi figuré et fa-
en cuisine, etc.). milier le verbe Sign%e uhabillerp (1830, être mal fi-
Le diminutif FIBRILLE n. f. apetite fibre> (1674) est à celé]. *fl a fourni le composé DEFICELER v. tr.
la base de dérivés d’emploi didactique en bota- 11705).
nique ou en médecine, comme FIBRILLAIRE adj. De fielle dérivent aussi les mots techniques FICE-
(18111, FIBRILLEUX, EUSE adj. (18451, FIBRILLA- LIER n. m. (1723, fhzeilier) et FICELLERIE n. f.
TION n. f. ( 1907). Ei8721.
FIBRINE n. f. (18001, terme de physiologie, a donné
FIBRINEUX, EUSE adj. (1837) et FIBRINO-, pre- * 0 FICHER ou FICHE v. tr. est une réfec- o>
mier élément de mots didactiques comme FIBRI- tion Cv.12651 de fichier (v. 11201, issu d’un latin popu-
NOGÈNE adj. I1858) ou FIBRTNoLYSE n. f. 11937). laire %gku~e, puis ‘ticare, du latin classique figere
FIBRANNE n. f. (1941) est le nom d’un textile. <enfoncer», &xeT», fltranspercen? au propre et au fi-
FIBRO-, élément tiré de fibre, entre dans la compo- guré. P. Guiraud suppose une forme “fdicure
sition de mots techniques comme FIBROCIMENT d’après ~&US, doublet de ~US, participe passé de
n. m. (1907), nom de marque déposée (de ciment), figere b fixe). La forme fiche est tardive ( 18071.
et de termes de médecine et de biologie comme FI- +Ficher a sign86 apercer Ila chair)* Cv.1120) et est
BROME n. m. 118561, FIBROSE n. f. (av. 18941, FI-
vieilli au sens de afaire pénétrer et fxer par la
BROSCOPE n. m. et FIBROSCOPZE n. f. iv. 1970).
pointen Iv. 11961, plus courant au participe passé fi-
ché et au pronominal se ficher Iv. 1160, <se planter4.
FIBULE n. f. est emprunté ( 1530) au latin fzbula
Par figure, fîckw l’entendement h signifMt &er
eagrafem et 4guUe de chirurgienne, sans doute pour
son attention sur» I~I~I” s. ; cf. fixer). -Q Ficher le camp
“fwibula uce qui sert & tier», de fwere, variante de
«planter son camp a pris (1752) la valeur plaisante
hgere <ficher, kerm, fltrmspercer> (-, Cxe).
de cs’en allern (sans combattre, saz~ payer
+ Le mot désigne une agrafe (le plus souvent, anti- - cf. planter un dP-apeuu) puis de as’enlùirn. 0 Par
que) qui retient les extrémités d’un vêtement. métaphore, le verbe s’employait au sens de Kpéné-
k INFIBULATION n. f. ( 15781 et INFIBULER v, tr. trer, au cours d’un rapport sexuel= kvr” s., intr.1, qui
( 17981, qui désignent des opérations visant à empê- correspond à foutre. Une ficheuse est au moyen âge
cher les relations sexuellos, notment chez la une femme de mauvaise vie; reste de ce sens, qui
femme, sont des emprunts à des composés latins n’est plus connu aujourd’hui, la locution familière
de fibula -le bas latin intîbulare et son supin. Au envoyer gqn se f&e fiche 11808 ; -+ foutre). À l’épo-
~VIN~s. l’art vétérinaire employait boucler avec le que classique, ficher qqn c’était «le laisser là> (1671).
même sens. 0 Ficher (XIIes.), ou plus courant fzck (au participe
@ Voir- AF’FWBLER. passé fichu, 18111, s’emploient familièrement pour
ujeter avec plus ou moins de force, mettren, au
FICAIRE n. f. est une adaptation (1786) du latin propre et au figuré 0W-w gqn d&o&, et au sens
scientifique fkaria ( 1744, Ranunculus f~atia1, dé- de adonnep (16281; ce sémantisme se réalise dans
rivé du latin impérial fzcw werruen, en latin clas- des locutions comme ficher qqa dedans *l’induire
sique Gfigue*a, qui avait donné l’arxîen françtis fi en erreurn (1872). Dans ces emplois, c’est un euphé-
Iv. 12561, refait en fit 114921, terme de médecine vé- misme pour foutre. Comme ce dernier, le verbe a
térinaire. pris la valeur large de afaire* dans ne rien fiche.
+ Ficuire est le nom d’un genre de renoncule dont Par ailleurs, se ficher de qqfl ou de qqch. c’est fls’en
les racines ressemblent à des verrues et qui passait rnoquerd16911 - d’où je m’en fiche aça m’est égaln
FICTION DICTIONNAIRE HISTORIQUE

(1808) et se contiefichr & 118391- toujours rem- &e dérivé FICTIONNEL,ELLE adj.,terme didac-
plaçable par foutre. tique, est récent (vers 19671 pour arelatif à une fic-
w FICHE n. f., déverbal de ficher, a d’abord désigné tion*.
une pointe, une épine (v. 11901, un pic de fer pour FICTIF, IVE adj., attesté isolément au xve s. au sens
planter la vigne 114131, d’où aujourd’hui une tige de &ompew, et repris en 1609, est dérivé du radi-
destinée à être enfoncée (16361, aussi en technique cal de fictus, participe passé de kgere. Il s’applique
(1832, fiche de piano; xxe s., fiche de courantl. Fiche à ce qui est créé par l’imagination (17341, par ex-
désigne aussi un jeton utilisé comme marque dans tension à ce qui n’existe qu’en apparence ti
certains jeux (1675) - de là fzc/w de consolation XXX~s.l. ll s’utilise aussi dans le domaine fmancier
(1786). 0 Le mot s’est dit pour &tiquetteB (18651, avec la valeur de aconventionnels (1731, monnaie
d’où cfeuille cartonnée qui porte des renseigne- fictive). +Il a produit FICTIVEMENT adv. (vers
ments>) en vue d’un classement. On a parlé en mé- 1460).
canographie de fiches perforées. +De ce dernier
sens viennent @ FICHER v, tr. (1934) amettre sur FIDÉICOMMIS n. m. est emprunté (XIII~s.1au
une fiche classée)) et par extension ficher une per- latin impérial fideicommissum, participe passé
sonne; d’où FICHAGE n.m. ~FICHIER n.m. substantivé de fdeicommitiere, proprement are-
t 19X2), qui a des emplois abstraits Liste de noms, de mettre à la bonne foi de Iqqnln ; cette locution ver-
références, parfois informatisées), et FICHISTE n. bale est formée de tii, génitif de fides C+ foi) et de
désignant (mil. xxe s.1 une personne qui gère un fi- commitiere (-, commettre).
chier. ~Fiche a produit par préfixation MICRo- 4 Ce terme juridique désigne comme en latin une
FICHE n. f. (19531, aphotographie d’un document en disposition par laquelle une personne transmet à
format très réduit», appelée courment micro- une autre un bien pour qu’elle le remette à un
film (+-film). tiers; il s’emploie aussi pour le bien transmis.
De fiche, apointe)>, dérive le diminutifFICHET n. m. ä FIDÉICOMMISSAIRE adj.etn.m.estemprunté
qui a désigné un arbre issu d’une bouture (16 111, un (XIII~s.1 au dérivé bas latin fickicommissan’w. 0 Le
morceau de papier en forme de pointe pour cache- mot a vieilli pour désigner (1690) une personne à
ter une lettre 11680) et une petite fiche mise dans qui un bien est remis en exécution d’un fidéi-
les trous, au jeu du trie-trac, pour marquer les commis.
coups gagnés 117401; c’est aussi un terme technique Par ailleurs, FXDÉISME n. m. est un dérivé savant
de tissage (1832). Idéb. xrxe s.1du latin fides, au génitif fdei (-+ foi>. 0 Il
@ FICHU, UE adj. Il61 1, du participe passé) sime désigne dans la théologie catholique la doctrine se-
adétestable= et s’applique, précédé de bien/maZ, à lon laquelle la vérité ne peut être fondée que sur la
ce qui est dans tel ou tel état 116401, d’où &tie mal fi- révélation et sur la foi. -Il a produit FIDÉISTE adj.
chu cn’être pas bien faita et *être un peu malade>> et n. (ISlOl.
( 1679). II s’emploie comme intensif (v. 1770, fichu 0 voir FLDÈLE.
menteur1 et fichu de... Istivi de l’inhitifl a le sens de
acapable de> (1872). + 0 FICHU n. m. vient (1669) du FIDÈLE adj. et n. est une réfection savante
participe passé fichu au sens de amis à la hâte>> ou, 11533) de fidel (vers 9801, fedel, fedeil ( 10801, formes
selon P. Guiraud, de kk <pointe*, le fichu étant issues du latin classique kklis &r, loyalu, <<solîdem
une pièce d’étoffe en pointe. et n. m. uami intimen, puis en latin médiéval digne
FICHTRE interj . est issu 11808) d’un croisement des de fois, <croyant, c-, féalj ; E&lis dérive de fides Kfoim
verbes Mw et foutre*. Le mot, familier et un peu (--+foi).
vieilli, exprime l’étonnement, la contrariété, etc. et
a fourni FICHTREMENT adv. ~extrêmement~ 4 Le nom désigne une personne unie à une Église
par la foi, spécialement une personne qui professe
(1881, L. Michel).
la religion considérée conzne vraie. Plus large-
@ voir AFFICHER, COLIFICHET.
ment, l’adjectif s’applique à ce qui traduit le loyauté
FICTION n. f. est un emprunt (1223) au latin im- (1080, adj. et n.) et qualifie une personne loyale, sin-
périal fictio «action de façonner, créationn et par fi- cère Il 119) ; il se dit de qqn dont les sentiments, no-
gure ({action de feindre et son résultat», terme juri- tamment a!rnoureux, ne changent pas (16511, qui
dique en bas latin et Mtromperien en latin médiéval; n’altère pas la vérité (16701 et à l’époque classique
fictio dérive de fictum, supin de fingere Gnventep d’un serviteur honnête (1673) ; de là vient &e fidèle
b feindre}. à qqch. (16901, ii me promesse (18481, à ses habi-
U’ktion reprend d’abord le sens de &romperien, tudes. 0De l’idée de loyauté, on passe à celle
bien vivant au XVII~s., aujourd’hui sorti d’usage. Il d’exactitude (15841, d’où à l’époque classique les
désigne parallèlement (XIII~s.1 un fait imaginé, op- emplois pour aauthentique= (16611 et «qui retient
posé à réalité - par extension le domaine de l’îma- exactement)) (1690, mémoire fidèle). Fidèle se dit
ginaire ~VIII~ s.1- et s’emploie en droit pour nom- aussi Idéb. me s.) d’un instrument de mesure dont
mer un fait qui r6sulte d’une convention (1690 ; les résultats ne sont pas alterés.
fiction de droit). 0 Le mot est entré au ti s. comme b FIDÉLITÉ n. f. a repris (XIII~s.l le dérivé latin clas-
second élément dans plusieurs composés qui dé- sique M&as qui avtit abouti en ancien tiançais à
signent des genres littéraires ou cinématogra- feelted (vers 11553, feulte, feute. 0 Le mot a suivi
phiques, fondés sur l’imagination prospective; par l’évolution sémantique de Fidèle : Nqualité d’une
exemple SCIENCE-FICTION n.f. (-+Science) ou personne fidèleti (vers 11551, aonstaace dans les af-
POLITIQUE-FICTION n.f. 11965). fections» (1670), l’honnêteté” (16913, sorti d’usage au-
DE LA LANGUE FRANÇAISE 1423 FIER

jour-d’& et par ailleurs <<justesse,vérité* ( 16901 et auprès de son suzerain, mais elle pose des di.%
aexactitudem, en parlant d’un instrument de me- c&és pour l’évolution phonétique, que P. Guiraud
sure (déb. XX~s-1, d’où haute fi&fité (19341, calque lève en proposant un croisement de foedus avec le
de l’anglais high fEdel@, abrégé en hi-fi ( 1956). mot kancique.
INFIDÈLE adj. et n. conserve les sens du composé b Le dérivé FIEFFER v. tr. a si-é apourvoir (qqn)
latin classique infidelk “qui manque à sa paroles d’un fief», «donner tqqch.1 en fief>) cv. 1138) ; il sub-
11488, vieilli aujourd’hui) et +constants &VII~ s.l. Il a siste régionalement (1336) en Normandie au sens
aussi l’acception du latin ecclésiastique GnCdèle à élargi de *vendre ou acquérir contre une rentem.
la loi de Diew (v. 1330) -les infidèles, au moyen +FIEFFÉ, ÉE adj. (v. 1140, fefl’ed) s’est appliqué à
&ge, sont surtout les Musulmans. fl s’applique aussi, celui qui est pourvu d’un fief. 0 ll est employé très
dans l’usage littéraire, à ce qui manque à la vérité tôt au figuré (1245) pour renforcer l’idée donnée
(16Sll. 0 L’emploi galant du nom, pour Kfemme in- par 1e sutsstant8, le fief Co@r& un droit et & son
constanten, a donné lieu à une métaphore, les belles possesseur une grande force ; en retenant l’idée de
infidèles, appliquée aux traductions élégantes et degré klevé, fieft’é signifie (1546, Rabelais) “qui a au
très libres. Cette expression, enregistrée par Littré, plus haut degré (un défaut)».
vient de Ménage (lu belle infidèle, à propos de la 0 voir ~'Eo~~~etses dérivés; FEUDATAIFW.
trad. de Lucien par Perret d’Ablancoti, av. 16931.
- INFIDIbJTÉ n. f. Iv. 1160, plur.1, emprunt au latin FIEL n. m, est l’aboutissement Iv. 11551, par la
infidelitus, a suivi l’évolution sémantique d’infz&le. forme fel 6n x” s.1, du latin fel abile, fiel» et par fi-
FIDELEMENT adv. a remplacé (15311 la forme plus gure <<amertume accompagnée de mauvaise hu-
populaire fedeillement (déb. XII~s.l. ~INFIDÈLE- meuw Le mot est peut-être lié à un groupe de
MENT adv. est attesté vers 1460. termes indoeuropéens indiquant une couleur
FIDI~LISER v. tr. {{rendre fidèle (un clientIN, terme jaune.
de commerce récent (vers 19î'O), a fourni FIDEL& 4 Le mot français reprend le sens propre du latin,
SATION n. f. (1974). restreint aujourd’hui aux animaux de boucherie.
0 voir FÉa L’emploi figuré Iv. 1155) pour *amerturmen est litté-
raire.
FIDUCIAIRE adj. est emprunté (1593) au latin
classique fiduciarius <con% (comme un dép8tk b FIELLEUX, EUSE adj., d’abord terme de méde-
~~provisoire~, d’où l’emploi juridique en bas latin ; le cine, ne s’emploie plus maintenant qu’au figuré
mot est dérivé de fiducia ucotianceb et, en droit, de (1552).
fidus 4 quoi ou à qui on peut se fiep, lui-même de Le composé rare ENFIELLER v.tr. (v.1220) ne
fdere (-+ 0 fier). s’emploie qu’au figuré.
+ Le mot s’applique à ce qui concerne la fiducie FIENTE n. f. est l’aboutissement (vers 1170) du
(cf. ci-dessous), aujourd’hui dans hétitier fiduciaire latin populaire “femita, Ofimita, dérivé de fimetum,
(1596) et est employé en économie (1865, monnaie lui-même de fimus (+ fumier),
fduciaire) pour parier de valeurs fondées sur la
+Fiente, *excrément (de certains animauxIn, dé-
cotiance que l’on accorde à celui qui les émet.
signe par métaphore une chose (1927) ou une per-
b FIDUCIE n. f., emprunté Cxw” s.) au sens du latin sonne méprisable (fg%!, Céline).
fiduciu conhncem, a été repris au XVIII~s. pour dé-
b FIENTER v. intr., «déféquern en parlant de cer-
signer un contrat par lequel l’acquéreur apparent
tains animaux (xrv”-XVe s.1,a aussi Sign%é <fumer la
d’un bien s’engage & le restituer dans certaines
terre- (14681. -Il a fourni FIENTEUX,EUSE adj.
conditions (1752). Ce mot didactique a été repris en
(16 111, littéraire.
philosophie par Valéry.

FIEF n. m. est une réfection graphique (XIII~s.; +k 0 FIER v. tr. est l’aboutissement (1080, pron.1
XII” s., #iefl”él des formes fiet, feu I10801, fk Iv. 11311. du latin populaire Ofidwe, altération du latin clas-
Ce mot très important dans l’organisation sociale sique fkkre cavoir confknce>>, qui se rattache à une
racine indoeuropéenne “bheidh- <<sefier, persua-
du moyen âge est d’origine discutée. Pour Bloch et
Wartburg, il viendrait d’un francique “fehu ~bétail~ ders (-, foi).
(cf. allemand Vieh abétailn) qui aurait évolué vers le 4 Se fier (1080, se tir en), construit aujourd’hui avec
sens de abien, possessionp; désignant un bénéfice ù (13161, demeure courant au sens latin et s’est em-
héréditaire, feudum, feodum (1010; ~III~ s., feus, ployé avec de Iv. 1360) et sur t 1668). En emploi tran-
feupn) succède à beneficium; l’évolution compa- sitif (me s.3 au sens de =cotier=, le verbe était déjà
rable du latin pecunia, de pecus cbétailm, qui passe vieux au xwe siècle.
de *bétail, cheptel> à cargentn est contestée. P. Gui- b FIANCER v. tr. dérive de fiance <serment de fidé-
raud relève l’alternance en ancien français des lit& (1080, de fier), aujourd’hui d’emploi régional
formes en -d- (fi&, fzed, avec pour dérivés feude, féo- ( 1130) pour ~cotiance». 0 Fiancer, c’était d’abord
dal) et en -v- (fieu, fiefl et les dérivés fiever, aSwur en «engager sa parole= Il 170, fiawier) d’oti spéciale-
ancien provençal), qui suggère un -d- étyrnolo- ment {{s’engager à épouser qqnn (vers 1225 ; 1736, se
gique, le passage de -d- à -f- ou à -Y- étant régulier fiancer) et par métaphore Kallier de façon harmo-
dans d’autres mots. Fief aurait alors pour origine nieuseti ( 1833). + Les dérivés du verbe suivent la
foedus «contrat, conventionm, ClienD.L’hypothèse est même évolution : FIANCÉ, ÉE adj. et n. a Sign%é
séduisante pour le sens, puisque le fief est un do- <engagé SUT l’honneurm (1180, adj.1 avant de
maine reçu par un vassal qui s’engage par un pacte prendre son sens moderne Il3671 ; le nom est de-
FIER DICTIONNAIRE HISTORIQUE

venu knil. XX~ s.) un euphémisme pour amant, maî- Le diminutif FIÉROT, OTE adj. et n. ( 1545, adj . aun
tresse. + FIANÇAILLES n. f. pl., autrefois wœu, peu fieI-n ; 1780, n.), qui a remplacé l’ancien francais
promessen (v. 1214, sing.1 d’où «promesse de ma- fieret (xmes,), est repris en 1808 au sens de upréten-
riage>> (12681, désigne aussi (1904) le temps qui tieux, fat,.
s’écoule entre la promesse et le mariage. Le composé FIER-À-BRAS n. m. Nfanfaronn
FIABLE adj., réfection ~XIII~s.1de feaule (v. 11901,est (v. 1330) vient du nom propre donné à un géant sar-
dérivé de se ikr; l’ancien français connaissait aussi razin de chansons de geste IFierubrus est le titre de
feable dr, fidèle* (XII~s.), dérivé de fei <foi>. Rare l’une d’elles, vers 1180) ; ce pourrait être la traduc-
depuis le xwe s., fiable est repris Iv. 1968) pour qua- tion du latin fera brucchiu *bras redoutablesn ; pour
l%er un mécanisme dont la probabilité de tomber P. Guiraud, fîer représenterait l’impératif du verbe
en panne est faible puis, couramment, pour <cré- férir &appern et tirabras sign%erait &appe à
diblep ; FIABILITE n. f. (XIII~s., fiableté wzotiance~) a (tour de) brasD.
été repris et répandu dans les années 1960.
Sur fier ont été formés deux prékés. +DÉFIER FIÈVRE n. f. est issu Cv.1155) du latin febris, 9
v. tr. signSe aaviser que l’on renonce à la foi juréen, d’origine obscure.
aujourd’hui en histoire, d’où =provoquer* (1080) et + Fièvre célévation anonnale de la température»
defier qqn de... de mettre en demeure de (faire s’emploie par figure pour wive agitation- Iv. 1190),
qqch.)n (16611. *DÉFI n. m. 6n xve s.) a suivi l’évolu- spécialement dans C&e de «désir ardent de*
tion de défw dont il est le déverbal; au XX~s., il (1793). De là, la fière de l’or ( 1865) .
prend aussi le sens d’Nobstacle que doit surmonter w FIÉVREUX, EUSE adj. s’emploie au propre
une civilisation dans son évolution» Cv.19651 pour 11155, fzewos) et au figuré (1580); FIÉVREUSE-
traduire l’anglais challenge. Par ailleurs, défier a MENT ah. est surtout utilisé au figuré (18421.
voulu dire (<renieru, aabandonner)) Cv.1130, cksfler), À côté des mots issus de l’évolution phonétique, fe-
sans doute d’après le latin classique difidere (cf. di- bti a fourni des formes empruntées. FÉBRIFUGE
fier, xlle s.l. 0 Se défier signSe littéralement ase mé- adj. et n. m. est emprunté (16661 au bas latin febri-
fier, Iv. 12621. 4 Les dérivés DÉFIANCE n, f. ( 1532 ; fugiu (de fugure; + fuir).
aussi 1170, adéfi») et DÉFIANT, ANTE (XVI~ s.1 sont FEBRILE adj. est emprunté au bas latin febnlis “qui
usuels mais d’usage plus soutenu que méfiance et concerne la fièvre, est causé par la fièvreB ; il s’em-
méfiant. ploie au propre 11503) et couramment au figuré
SE MÉFIER v. pron. s’emploie avec un com- (18313 pour *agité, un peu anxieux». 4 En dérivent
plément de personne En xv” s.) ou de chose (1690) FÉBRILITÉ n. f. (18423, plus courant au figuré, et
et en construction absolue 11868) pour 4tre sur ses FÉBRILEMENT adv. (18451. 4 SUBFÉBRILE adj.
garde+. + u a fourni MÉFIANCE n. f. (xv” s.) et MÉ- (mil. ti s.) qual%e un état légèrement fébrile.
FIANT, ANTE adj. 116421, rarement substantivé
(17811. L’adjectif et le nom, usuels de même que le 0 FIFRE n. m. est emprunté Ixv” s., puis 1507,
verbe, s’opposent à confiant et confiance. fifie) au suisse allemand Pfifer Njoueur de flûte*
0 voir coNFxFa. (cf. allemand Pfeifer), introduit par les mercenaires
suisses. Le mot tient du moyen haut allemand pfife
0 FIER, FIÈRE adj. est issu Iv. 10501du latin fe- &lûte~, repris au latin pipure «pépier)) C+ piper).
rus 4auvagen (+ féroce) au propre - par opposi- + Le mot désigne une petite flûte et (1531, phi#re) le
tion à mansuetus «apprivoiséB - et au figuré; ferus joueur de flûte.
se rattache à une racine indoeuropéenne Ogkwer-
xsauvagem. FIFRELIN ou FIFERLIN n. m. est emprunté
4 mr s’est appliqué à une personne qui s’estime su- 11821) à l’allemand Mflerling ugiroUe>) et Nobjet sans
périeure aux autres, sens vivant à l’époque clas- valeurm (au xv~~s., dans des locutions comme das ist
sique et vieilli aujourd’hui, sauf dans les locutions keiaen IWKerling weti <<celane vaut rienA.
fier collllfle AAaban C1829 dans Vidocq), comme un 4 N?elin <petite choseti, amenue monnaies - sur-
coq, etc, et il n ‘est pas fier; de là vient faire le fier tout en phrase négative : pus un fifrelin ~pas un
=Se montrer suf&ant~ 11692). * Jusqu’au XVI~~s. kr sou»-, est peu en usage aujourd’hui mais il a
signiCe &rouches, “qui a du courage> (1080) et, donné le dérivé régressif 0 FIFRE n. m. (18981,
seulement en parlant des animaux, difkile à ap- terme péjoratif désignant une personne sans va-
procher* (v. 11901, qualfiant aussi ce qui est impé- leur. Cet emploi a disparu, mais le composé déva-
tueux (v. 11901. 0 L’idée de esatisfactionm demeure lorisant SOUS-FIFRE n. m. 11904) est resté vivant
dans l’emploi courant ( 1080) de /Ter de C@I., sans pour asubalterne i.nsignSantn. FIest aujourd’hui dé-
celle de supériorité. Cependant, l’idée de cgran- motivé.
deur> (vers 11601 est conservée dans l’emploi au
sens de afort, fameux>> rune fière chandedel. FIGER v. est la réfection (vers 1225) de fegier 4
b FIÈREMENT adv. (1080) ad’une manière sauvagem IX~” s.) issu d’un latin populaire Ofeticwe <(prendre
et ade façon hautainen a suivi l’évolution de l’ad- l’aspect du foie>, de “feticum afoie%,altération du la-
jectif. + FTERTÉ n. f. (1080, fietiet cchardiessem, tin classique ficutum I+ foie) ; pour P. Guiraud, c’est
d’après le latin feritas Nrn@urs sauvage@) a hi foie qui vient de figer, issu d’une forme populaire
aussi des développements de sens parallèles à tir. “figicare, d’après le classique figere (-, fixer).
La fierté, vertu célébrée au début du XVII~s., est en + Du sens de <coaguler (le sang)= (XII~s.) et d’aépais-
relation avec un idéal moral influencé par I’Es- sir (d’un liquide grasl~Iv. 12251, on passe par ex-
tension à celui de (<rendre immobiles (1592, se
pagne*
DE LA LANGUE FRANÇAISE FIGURE

figer; 1858, tr.), au propre et au figUré Pour le Pro- forme corresponda;nt à une abstraction (1546 en
nominal. géométrie, d’abord asurface ou volume-) OU à une
a,otion programmée (1680, pour la danse) en équîta-
w Le verbe a fourni les dérivés FIGEMENT n. 312.
115491 +ztion de figersp et FIGISME n. m. CV. 1970),
tion, en patinage, etc. +Par spécialisation du sens
didactiques et rares. de Nforme extérieure>, figure s’emploie (milieu
me s.) pour b-me de la face humaine}), qu’il
FIGNOLER + 0 FIN s’agisse de caractériser l’air, la mine 11662) ou de
parler du visage; figure a remplacé, à partir du
FIGUE n. f. est emprunté Iv. 1175; 1170, fige) à XVIII~s., visage et face dans l’usage courant. *Le
l’ancien provençal figu (XII~s.), issu d’un latin popu- mot avait aussi IV. 13751 le sens de <<casexemplaire,
laire “fzca. Ce mot, qui avait abouti en ancien fran- modèlera; de là procède le sens d’&tdividu célèbre,
çais à fbe Cv. 11701, représente l’allteration, d’après remarquable- (1595, Montaigne). 4 Un des sens du
de nombreux noms de fruits en -a, du latin clas- latin figura, celui de asigne, symbole,, est repris
sique ficus «figuen et &guiep (l’italien fico a les Iv. 11211; dans cet emploi, figure, courant encore au
deux sens). Ficus appartient comme le grec sukon xv$ s., est aujourd’hui un terme didackique. De là
à la famille d’un mot méditerranéen pré-indoeuro- vient l’emploi en théologie (XIII~s. ; 1170, aparabole
péen. pour callégorie>>, en rhétorique ( 15801,par exemple
4 Ce nom de fruit entre dans quelques locutions. figures de mots et de pensées , et en logique (xnr” s. ;
Faire k fime ;i (qqn) (12 10) ((se rnoquern est un cal- figures de sylloghw). Voir l’encadré au verso.
que de l’italien far la fica, geste obscène de déri- b FIGURER v. est un emprunt (I~I~s.) au latin figu-
sion, la fica représentant le sexe de la femme, sens rare =représentep, knaginep, «orner de figures
repris du grec et passé en français. 0 Pour expli- (en rhétoriqueIn, dérivé de figura. 0 Le sens de afa-
quer l’origine de mi-fime mi-raisin ( 1487, moiti çonner, donner une formeD a eu cours en français
fi@43 moiti raisin), on a supposé, au XIX~ s., que la jusqu’au XVII@siècle. F@urer, c’est flreprésenter sous
locution évoquait la fkaude d’importateurs de Co- une forme visible)> au moyen des arts Iv. 12651, ou
rinthe qui mêlaient dans leurs expéditions à Venise weprésenter à l’imaginationfi Iv. 1360); ce dernier
de vulgaires figues aux raisins, mais l’anecdote est emploi a disparu, mais le pronominal Se figurer aux
inconnue avant le xrxesiécle. II faut plutôt se souve- sens de &imaginer>> (xv” s.1 et de Hcroire à torts
nir que figues et raisins sont les fkuits secs du Ca- 116501 est encore usuel, comme figure-toi, figurez-
rême. 0 Par analogie de forme on nomme f@e de vous (quel (1690). 0 Dans son emploi intransitif, fi-
Barb;wie (mil. ~VII~s.1 le kuit comestible d’une cac- gurer a signifié (16941 <<jouer un certain rôle» (no-
tée nommée fig~&r de Barbarie ( 1625). tamment à côté d’un grand); aujourd’hui, c’est au
b FIGUIER n. m., réfection Iv. 1200) de f@er contraire ajouer un r61e sans importance>> (cf. 1865;
Iv. 11703, a remplacé fcier, fier Iv. 1120) construit sur ci-dessous figurant) et ase trouver (dans un en-
fie. - FIGUERIE n. f. Iv. 1350) s’emploie encore, ra- semble)» (1827; figurer SUT une liste). +FIGURÉ, ÉE
rement, à côté de FIGUERAIE n. f. (16271,usuel en adj. (v. 1050, abien dessiné4 a suivi une évolution
tiançais du Maghreb. sémantique parallèle à celle du verbe ; il est encore
FICUS n. m. est le nom botanique du figuier très utilisé aujourd’hui pour parler de ce qui est ex-
(v. 1850) et de plantes de la même famille, dont primé par des figures (12001 notamment dans lan-
l’une est cultivée en appartement. guge, si$k figuré (15721, sens figuré (1666). -Il a pro-
duit FIGURÉMENT adv. (déb. XIVes.1,mot usuel.
FIGURE n. f. est emprunté (v. 8811 au latin fi- FIGURATIF, IVE adj. (fin XII” s.) a repris le sens du
@ru, mot polysémique : tiforme, aspect>, d’où =re- dérivé latin chrétien f@mxtivus NsymboliqueD ; il si-
présentation sculptée », emode d’expression*, *ma- gnifie aussi “qui représente la forme des objets»
nière d’être». F@ur~ est formé sur le radical de ( 1740) d’où, par extension, son emploi dans les arts :
fi@ere <<modeler (dans l’argile)» qui a abouti en poésie figurative (1872, vieilli aujourd’hui), peinture
français à feindre*. figurative (1952) utilisé pour s’opposer à peinture
+Dans une pretière série d’emplois, figure a le abstraite. + FIGURATIVEMENT adv. 11495) est lit-
sens général de =formem et de <représentation téraire et INFIGURATIF. IVE adj. est didactique
d’une forme)). Au sens de <<forme extérieure (de (19751, k côté de NON-FIGURATIF, IVE adj.
qqn, qqch.1, allure* (vers 881) il est aujourd’hui litté- et n. m. (19361, synonyme de (art) abstrait.
raire et parfois n’est plus compris, par exemple FIGURANT, ANTE adj. et n. a signif?é (av. 1662) ufi-
dans le Chevalier a lu triste fzgure, calque de l’es- guratif> et a dés@ (1740, adj.; 1762, n.1 des dan-
pagnol Cabullero de la trista: figura, pour désigner seurs qui, dans les corps d’entrée d’un ballet, exé-
Don Quichotte; il a sign%é Cv.1050) ecomporte- cutaient des figures diverses; de là vient l’emploi
menb jusqu’à l’époque classique, entrant dans plu- moderne au théâtre 118003,puis au cinéma. Par ex-
sieurs locutions figurées dont faire Egure gse dis- tension le mot désigne une personne qui, étant pré-
tinguer), courante dans la langue classique et sente, n’a pas de rôle actif 11907).
littéraire aujourd’hui sauf dans faire bonne, mau- FIGURATION n. f. est emprunté (1314) au latin fi-
&Se figure. + À partir du XII~s. (v. 1160) le mot se gurutio, du supin de figurare. Il signifie aforme> puis
dit d’un dessin représentant qqch. et spécialement Mfait de figurer qqch.s (1339, hnagea), d’où par mé-
d’un portrait Iv. 1269, astatues, comme en latin). tonymie ( 14501 &gure qui représenten. 0 Le sens
+Figure désigne aussi la représentation graphique collectif correspondant à figurant (de théâtre) est
d’un ensemble de signes (vers 1269, 4Sfre~1, une plus tardif (18661.
FIL 1426 DICTIONNAIRE HISTORIQUE

FIGURE ET SENS FIGURÉ

La notion de figure est centrale dans toute mise en œuvre dans l’énoncé, on s’aperçoit que
conception de la rhétorique et du discours. Le le très grand nombre de figures répertorié par
terme figure concerne une relation sémantique les rhétoriciens du passé peut être avmtageuse-
et parfois formelle entre deux ou plusieurs types ment réduit.
d’emploi d’un même signe de la langue, notam- Pour ces théories classiques, dont l’ouvrage de
ment un mot ou une locution, ou encore entre Fontanier, les J’&res du discours, représente
des signes simultanément en œuvre dans l’élaboration maximale, les figures sont parfois
l’énoncé. distinguées des tropes, mot d’origine grecque
Cependant, les catalogues de la rhétorique vont utilisé par du Marsais au XVIII~s., à ‘propos des
au-delà de cette définition, certaines figures changements de sens. Ce sont les seules figures
concernant d’autres unités linguistiques, par où le sens s’écarte d’une valeur de référence et
exemple les sons ou les lettres et, au-delà du qui fondent ce que l’on nomme seras figuré.
lexique, les énoncés ou les phrases. Le niveau En effet, traditionnellement, la figure est défmie
d’application de la figure peut lui aussi concer- comme un écart par rapport à une valeur ytor-
ner les sons WaElitérution, par exemple) ou bien male, à ce qui est considéré comme un sens
la syntaxe et le style, c’est-à-dire les relations ~~propre~~au signe, et qui la caractériserait ori-
entre unités présentes dans le même fragment ginellement. keuLs propre se dit depuis l’époque
de discours. C’est le cas de l’antithèse, qui rap- classique.) De cette Npropriété>> vers les figures
proche des mots de sens opposé, de la compa- le chemin est tout tracé, selon des lois omni-
raison, de l’inversion, du chiasme («il faut man- présentes. Mais l’idée d’écart suppose une
ger pour vivre et non pas vivre pour manger»), orientation privilégiée, ce qui est trks contes-
de l’ellipse, qui efface un élément normalement table pour la rhétorique, où une norme, point de
requis, de l’hyperbole, de l’oxymoron, qui réunit départ reçu, «normalx, est une idée préconçue.
des termes normalement incompatibles (*cette Pour s’en tenir à ces figures qui supposent un
obscure clartéA, de la répétition, etc. changement de sens, c’est-à-dire aux tropes, on
On s’attachera ici, s’agissant des unités lexicales peut considérer seulement la CO-présence ou la
dans l’histoire, aux relations qui régissent les si- co-virtualité de deux sens, sans choisir lequel ré-
gnikations et emplois successifs (puis simulta- sulte d’une figure; la sémantique moderne voit
nés, après leur apparition) des mots. Les figures souvent dans un signe tel que le mot un noyau
essentielles se réduisent alurs à l’hyperbole et à sémantique potentiel, réalisé différemment se-
la litote ou à l’euptimisme, à l’ironie, type d’em- lon les cas. La figure, le trope n’est alors qu’une
ploi antonymique, à la synecdoque, emploi d’un façon de voir la pluralité des significations, la po-
mot désignant d’abord une partie à propos du lysémie, et parfois même l’action des contextes
tout, et surtout dans deux figures où certains sur une abstraction, une simple potentialité.
théoriciens ont vu la clé de tout ce système, la Mais ce point de vue fonctionnaliste concerne la
métaphore*, souvent issue d’une comparaison mise ëh discours; il n’est pas valable en lexico-
implicite - une comparaison condensée, plus graphie et dans les dictionnaires, où les rap-
brève, disait Quintilien -, et la métonymie*. Si ports entre les mots et leurs effets de sens,
l’on analyse les procédés logiques de la figure, certes analysés d’après les réalisations obser-
comme l’ont fait les auteurs du “groupe de vables en contexte, doivent donner lieu à des en-
Liège-, adjonction, suppression, substitution (qui sembles cohérents d’effets de sens, de significa-
cumule les deux opérations précédentes) et per- tions, repérables au niveau de l’unité elle-
mutation, procédés pouvant porter sur des élé- même, mot ou locution, et pour toutes ses poten-
ments - ce qui nous intéresse ici - ou sur leur tialités.

DÉFIGURER v. tr. ( 11191 sime urendre mé- +k FILn.m.estissu(v. 1130)dulatinfiZum~~,~a- o>


connaissable en altérant la forme=, en particulier le ment> et «tranchant d’une lame-, &l d’un discours~,
visage, mais aussi les faits, la pensée, etc, &Le dé- &gne, traitu, mot d’origine inconnue.
rivé DÉFIGURATION n, f. 6n xlfle s., defi) a Sign%é 4 Fil, d’abord ((brin tknw, se spécialise très tôt et dé-
&tat de ce qui est défiguré3 avant d’être refomné signe une matière étirée en longueur Iv. 1170, fils
(1866) peu avant DÉFIGUREMENT n. m. (1886) d’or), et le brin long et ti d’une matière textile
avec une valeur active. iv. 11761servmt à coudre ou à tisser. De cet emploi
viennent des locutions figurées comme de fl en ai-
FIGURINE n. f. est un emprunt ( 1578) à l’italien fi- guille (12691, cousu de I?I blanc (1594). Par extension,
gurina kvr” s-3«petite figure» en peinture et «petite fil désigne un brin qui sert à tenir, à attacher (13821,
statuetteB, diminutif de fzguru, du latin f@uru au d’où par figure ne tenir qu’à un iii, avoir un El ci la
sens de cstatue>j. Le mot reprend le premier (1578) patte et dans l’usage technique (18241, fLI a plomb
et le second sens (1829) de l’italien. servant à montrer la verticale. Le i2 à couper Ie
DE LA LANGUE FRANÇAISE 1427 FIL

L’histoire des mots donne une fondation objec- & l’oeuvre. Les historiens du sens dam les mots,
tive à un ordre des sens; la logique interne du classiques comme ceux de Port-Royal, comme
lexique lui confère une régularité supposée qui duMarsais, ou comme les Anglais Hobbes,
peut être d8érente. Dans les deux cas, on défi- Locke, asensualistes, comme Condillac, sont de-
nit un ordre, chronologique ou logique, que les venus au xrxes. sémanticiens, tel B&al ou avant
dictionnaires le réalisent de manière ambiguë, lui J. S. Mill (qui est en principe logicien), Ils ont
certains plutôt «logiquementn, selon des lois sup- observé les figures, notamment la métaphore, et
posées, d’autres chronologiquement, selon une les changements de sens par 4argissementn et
observation toujours imparfaite, mais de plus en westrictionx (Bréal), plutôt appelés ici extension
plus riche. et spécialisation, soit dans une optique abstraite
Dans les deux cas, des points de départ, des pas- et logique, soit selon un ordre historique. Ces
sages et des points d’arrivée sont mis en rela- études, menées au XX~s. avec un soin extrême
tion. Le point de départ «logique» (supposé tel1 IG. Stern, S. Ullman), dégagent, sinon des lois ri-
est un sens considéré comme propre (on a dit goureuses, du moins des tendances qui
aussi 4ittéral4, que les figures emmènent dans semblent être universelles et qui mènent les
diverses directions, vers des sens qui sont donc signes d’une référence concrète à diverses va-
&gurésD. Le point de départ temporel est soit leurs abstraites (le cas est si tiappant, de la “pe-
une valeur &yrnologique~, c’est-à-dire, dans la séen à la flpensée* par exemple, que concret et
langue grecque qui en a fait la théorie, un sens abstrait semblent souvent, et parfois à tort, syno-
vrai letumosl, soit la première acception attes- nymes de propre et figwé3, ou bien d’une réfé-
tée dans la langue même. La position des An- rente large, générale, à des sign%cations plus
tiens était fondamentalement étymologique. étroites, spétiques - ou l’inverse -, d’une va-
Cette position, illustrée par Cratyle, l’interlo- leur forte à des valeurs plus faibles Détonner,par
tuteur de Socrate dans le dialogue de Platon qui exemple), avec des relations de ressemblance
porte son nom, est en effet dominante dans l’An- (métaphores) ou de contiguïté (métonymie).
tiquité et le moyen âge occidental, puis à la Re- Parmi les chemins de la prolifération des sens,
naissance et à l’époque classique. Ensuite, I’éty- la figure est une voie royale, mais multiple. Dans
mologie prend des contenus plus objectifs, cet ouvrage, elle ne part pas d’un sens supposé
surtout à partir des XVII~et XVIII~s. : elle concerne premier ou naturel, mais d’un sens observé, plus
la source, l’origine et l’histoire des signes. (Voir : ancien, &ymologique~~ comme on entend cet
E@mologie.I À la dif%rence des énoncés figwés, adjectif aujourd’hui - C-uit du hasard de l’his-
de la simcation figurée dans le discours (par taire et de la transmission -, ou encore originel,
exemple dans les textes littéraires), qui suppose temporellement premier (selon nos connais-
une véritable grammaire de la figure - et no- sances). Alors agissent des figures, d’un genre
tamment de la métaphore -, les valeurs fi@.- très particulier, qui résultent de tendances in-
rées des mots, les locutions et expressions fi&- ternes du sens, mais aussi de facteurs sociaux
rées font partie intégrante du lexique, et donc de variés : contextes, domaines d’emploi, tié-
la langue. Les théoriciens des figures Davos le quences - en un mot d’une pragmatique qui en-
langage, dans le code de la langue, distinguaient globe toujours l’histoire sémantique des mots.
donc un sens de départ, qu’ils nommaient primi- Figure, serts fi@.& mettent alors en rapport deux
tif ou naturel (car le «sens vrai», dans la théorie situations comparables et différentes, unies par
classique, est fondé en naturel, ou bien, on l’a vu, la communauté d’un signe du langage : un mot
sens propre ou JittéraE, et des sens figwés, ob- fictivement isolé que ces &gures5 précisément,
tenus “par figure*, remettent dans le mouvement réel du langage.
Ainsi, déjà dans ce <monde clos)) (Benveniste) 0 Voir h4ÉTAPHORE et M&TONYME.

des sens de la langue, une rhétorique interne est A. Rey

bezwe, outre son sens concret (afil métallique à (av. 18481 un moyen secret d’action. 0 Dans le do-
poignées4 symbolise l’invention dérisoire. 0 Par maine technique on relève fil t&gruphique 118561,
analogie le mot s’emploie pour la sécrétion ai- fil téléphonique, d’où coup de iit «coup de télé-
forme (dite filandreI produite par l’araignée (16901, phonem, et le sens de aconducteur électriquem (1890)
spéciallement dans IZ!s de la vierge (1755). Par ah- dans fil électrique. De là, sans fil Ici-dessus), qui pro-
sion au fi1 donné par Ariane & Thésée pour s’orien- vient de télégraphie* sa?‘& fil, et T.S.F. (3 té%gra-
ter da;ns le labyrinthe, IY d’fime (1748) ou fil phie). 0 Dès la fin du XII~s., fil s’emploie aussi au fi-
conducteur se dit de ce qui permet de se retrouver guré au sens de <succession, enchaînement3
dans un ensemble complexe. Dans le même sens, Iv. 1195, fil des idées) -d’où au El des heures
on emploie a rouge (calque de l’allem. roter Fa&n &VI” s.l- et avec une valeur spatiale pour asens
[Goethe] selon Bemet et Rézeau). 0 C’est par ré- d’un cours d’eau>> Iv. 12001, emploi restreint à des
férence aux fils dissimulés qui permettent de mou- locutions comme au iïl de l’eau. 0 Par analogie, fil
voir les marionnettes (cf. ficelle) que fiZ désigne s’emploie 6.nilieu xw? s.1 pour parler de la direc-
FIL 1428 DICTIONNAIRE HISTORIQUE

tion suivie par les fibres du bois, des muscles et à ment usagé. 4Les dérivés EFFILOCHAGE n. m.
propos d’une veine dans une pierre; de droit RI (17611, EFFILOCHE n. f. (18381,EFFILOCHURE n. f.
<<sensdes fils d’un tissun vient par figure le droit i?Z ( 1870 ; 1776, efilogeure) sont techniques. * 0 FI-
@orientation* (1954). d’il <<tranchant d’une lame» LAIRE adj. se dit d’une transmission par I?l
(1559) afournilalocutionfigurée kx”s.1 surleffIdu Iv. 1950). 0 BIFILAIRE adj. (18541, très antérieur à
rasah-. fdaire, est formé de bi-, fil et sufke.
b FILET n. m., diminutif de fil Cl180, <petit filx), a Sur fil ont été composés des termes techniques, des
plusieurs sens techniques, en anatomie (v. 1290, noms comme CONTREFIL n. m. (15401, SERRE-
filet de la Iun@e), en botanique (18651, en reliure FTLSn. m.inv. (18691 OuFIL-À-FILn.m.im. 11930).
(16901, et aussi dans filet d’une vis (16901, etc. Cou- 0 Composé avec l’acception spéciale de 41 élec-
ramment il se dit d’un écoulement ti et continu, trique)), SANS-FIL s'est dit, d’abord au féminin (av,
au propre ( 1306-1307 ; 1393, du sucre en fusion) et 1925, Claudel in T.L.F.) pour télégraphti sun.s fil,
au figuré 11680, un met de w&d. - Filet a pris le sens puis au masculin, pour flmessage ainsi transmis
particulier de <<morceau de viande levé le long de (1927, P. Morand). Le mot, qui a produit SANS-FI-
l’épine dorsale (ou de part et d’autre de l’arête d’un LISTE n. (1912, écrit sanfzliste) est sorti d’usage,
poissonln ( 1393, surtout dit du bœuf et du veau; sauf pour évoquer le passé.
1718, filet mignon), allusion au caractère allongé, et Par ailleurs, fil a servi à former des verbes prékés.
peut-être parce que le morceau est souvent roulé + ENFILER v. tr. signi6e utraverser d’un f& ( f 187)
et entouré d’un fl. *Le mot filet représente aussi et atraverser par une épéem 11595); par figure le
l’altkation de filé n. m. <ouvrage fait de fils» verbe sime <<s’engager tout droit dans une voie)>
Iv. 13801, participe passé substantivé de filer, d’où le 11609) et, en gardant l’idée du fii qui passe, *débiter
sens de &Seau de fil fait de mailles> 114613 spé- de façon continue des propos)) puis, familièrement,
cialement pour capturer les animaux kv~~s.) ; de là =Passer un vêtementm (1866). 0 De l’idée de Ntraver-
au figuré (1615) tendre un @et, attirer qqn dam ses sep vient le sens érotique (~VU” s.1 de <(posséder
Blets. Ce réseau de fl est aussi employé pour enve- sexuellementn I+ filou). +Sur le verbe ont été for-
lopper ou tenir (1690 ; par ex. un filet de ballon, un més des dérivés comme ENFILADE n. f. (1611) ~dis-
filet à provisions) ou utilisé dans certains jeux de position de pièces qui se suivent, ENFILAGE n. m.
balle (1877, pour le tennis). (1697),etks PréfdsRENFILER vh(1580),RÉEN-
Sur filet ont été formés FILETER v. tr. El857 ; 1235, FILER v. tr. (xx” s.), DÉSENFILER v. tr. 116941,
foilleté <fait de fi fin»), terme technique dont dérive rares.
FILETAGE n. m. (15871, reformé (18571 pour @kpO- 0 DÉFILER v. tr., d’abord dans soie défilée “qui
sition des flets d’une vis ou d’un objet n’est pas fléen (12991, Sign%e (1408) <défaire Ice qui
fiketé >>.+Deux préfixés utilisent le sens de filet en est enfM>>, comme désenfiler. Q Le sens familier du
boucherie et en typographie. 0 CONTREFILET pronominal se défiler use déroberm (1860) se rat-
n. m. <morceau de viande)) (XX" s.) et ENTREFILET tache au sens militaire (1829) de défiler *soustraire
n. m., d’abord terme d’imprimerie au sens de apa- les troupes à l’enfilade du feu ennemi>>. + Ce verbe
ragraphe entre deux filets» 11831) et qui a pris par a produit DÉFILAGE n, m. (17841 et ODÉFILE-
extension le sens usuel de acourt article>>. MENT n.m. (1785).
FILIÈRE n. f., dérivé de fil, a signifié en ancienfran- EFFILER v. tr., d’abord attesté dans s’esfiler ase dé-
qais apelote de f&+ ( 1228) puis &l» ( 1352). Outre des faire ti à fl* Km XI’?s., attestation isolée), est repris
emplois spécialisés, il désigne ( 13821 un instrument au XVI~s. 11526) au participe passé effilé &guis&
pour réduire les métaux en fils et, par extension, 0 Le verbe est reformé pour -défaire fl à fil» (1611;
pour Neter en vis (17%). Au figuré, fîliére désigne 1606, pr0n.l et <<rendre allongé et fin, ou pointu,
en commerce un titre à ordre qui représente une (1781, pron.). *Du verbe viennent EFFILURE n. f.
marchandise négociable (12431, rare avant le (16851,EFFILAGE n.m. (17801,EFFILEMENT n.m.
XVIII~s., et par ailleurs (av. 179 1) une succession (1796) et EFFILEWR, EUSE n. (18701.
d’opérations à accomplir avant de parvenir a un ré- FAUFILER v. tr. est un terme de couture ( 1690 ;
sultat. C’est aussi, en physique, une famille de réac- 1684, au participe passé), altération, par attraction
teurs nucléaires qui ont des caractéristiques iden- de faux, de forfiler, foufiler ( 13481, de fors chorsn
tiques (v. 1960). C-, dehors), et fil. -=Au figuré, il a signifié Gntro-
De fil dérivent d’autres termes techniques, comme duîre adroitementn (1696, intr.1, sorti d’usage, mais
FILARDEAU n. m. <jeune brochetn (1392) et ((jeune se faufiler est bien vivant aux sens de us’insinuer
arbre élan& (17711, +FILIN n. m. (1611) est le nom (dans une société)» (16941, <<se glisser à travers des
générique des cordages en marine, mot usuel. obstacles» (1823). +II a fourni des termes tech-
+ FILERIE n. f. (1962) est un terme technique niques, dont FAUFIL n. m. (1865). *SURFILER
d’électricité. v.tr. (18731 est aussi un terme de couture, égale-
FILOCHE n. f., régional, autrefois &et>s (1374, fi- ment employé dans le domaine du textile; en dé-
loiche ; cf. ancien lyonnais filochi @corde>,xrve s.1,dé- rivent SURFILAGE n. m. (1877) et SURFIL n-m.
signe (1743) un tissu à larges mailles, puis une épui- Cv.1964).
sette pour la pêche. 411 a fourni FILOCHER v-h'. FILAMENT n. m. est emprunté ( 15381 au bas latin
118691,terme technique et, antérieurement, EFFI- filamentum aétoffe de Cb, dérivé du latin classique
LOCHER v.tr. (1761; 1657, efdocti, n.m.), régio- filum. Il désigne une production organique longue
nalement efiloquer 11798). Ce verbe signifie ueffiler et fme comme un fl, spécialement (1904) un fl
des tissus pour les réduire en charpie», d’où COU- conducteur très ti. 4Il a pour dérivé FILAMEN-
ra,mment s’effilocher (18513, en parlant d’un vête- TEUX,EUSE adj. (15711.
DE LA LANGUE FRANÇAISE 1429 FILIAL

FILASSE n. f. est issu Iv. 1130, fkcel du latin popu- verbe, désigne 116433un passage encaissé (on n’y
laire Ofilacea, du radical de filurn. II s’est employé peut passer qu’à la file) et la manœuvre des
pour le fd de l’araignée et désigne (XIII~ s.1 une ma- troupesqui détient (1669) ; par extension il s’em-
tière textile non encore tissée. Par analogie, il se dit ploie (1842) pour esuccession* (Concret et abstrait).
de cheveux de couleur blond pâle knil. XVIII~ s.). w @D~HLEMENT n. m., autrefois adéflé de
0 FILAIRE n. f., emprunt (18091 au latin scienti- troupesn ( 18321, est un terme technique (1927).
fique filaria (1787 ; de filum), dési@e en zoologie un FILATURE n. f. désigne l’usine où l’on fabrique le
ver long et fm comme un fl, parasite de l’homme et fl(1724) et les opérations industrielles pour obtenir
responsable d’une maladie nommée FILARIOSE le fl ( 18011, remplaçant le moyen français fzkti
q. f. 11901; de filaria) ; l’anglais a formé plus tôt fila- (XIVes.), dérivé de fil ; le mot s’emploie aussi pour
rimis 118791,puis filariosis (1888). l’action de suivre qqn sans être vu 11829) notam-
FILIFORME adj. composé savant du latin filum ment dans prendre en filature. - FILA-
117621, s’emploie pour #très mince, fin comme un TEUR, TRICE n. <personne qui exploite une fila-
a>>. L’idbe de fragilité est réalisée dans l’emploi fi- ture> (1812) a un homonyme rare, dérivé de filer et
guré de pouls morne atrès faible, ‘filant’=. désignant ( 1879) une personne qui en fie une autre.
0 voir FICELLE, FILER (et FLANDRE,FILATURE),FILIGRANE. F~LANDRE n. f. est une forme altérée 11392) de “fi-
FILON. FILOU. lande, du bas latin filandu ace qui est à filern, de fi-
lare. Le mot a désigné un filet de pêche, au-
FILATURE 3 FILER jourd’hui Exw” s.) une fibre longue et coriace (dans
des viandes, des légumes) mais il est rare, contrai-
FILER v. est issu (v. 11601 du bas latin filare &ti- rement à filandreux. Il sert aussi à nommer le &ln
rer en fk+, afaire couler en fils-, dérivé de fdum de l’araignée. +Le dérivé FILANDREUX, EUSE
I+ cl). adj. (1603) &breuxs est utilisé aussi au sens figuré
+ Filer a si@é ccouler, s’écoulera, valeur qui de- ( 1831) de atoutTu, embrouillém (en parlant d’un dis-
meure en parlant de qqch. qui prend la forme d’un CO~S). +FILANDIÈRE n. f. (1292, fik7&kr, -tire)
fl (16901, mais disparue à propos de personnes <femme qui file à la mainn, sens sorti d’usage, s’est
pour aaller à la me». 0 Parallèlement, fi2er reprend employé pour désigner les Parques (1668, les sœurs
,
le sens de =transformer en fil (une matière textile)m filundikresl .
(XIII” s.1 et par analogie Iv. 1210) signifie =Sécréter FILIPENDULE ad]. est un composé savant, calqué
hn El),, en parlant d’un insecte; et plus tard “pas- du latin moderne, de filum &lp et pendulus «sus-
ser (un métal1 à la filière» 11759). 0 Par métaphore, pendun, d’où «suspendu à un f&. Comme substantif
on dit mer doux Iti xve s.1, allusion au fl que l’on féminin, le mot désigne une araignée et une plante,
déroule lentement pour ne pas le rompre, pour ase la spirée.
plier, accepter une contrainte, obéti. 0 Par exten- D'AFFILÉE lot. adv. & la file= (18531 tient d’un an-
sion le verbe signifie <<dérouler de façon continue>, cien verbe affiler 11671) Nplanter en ligne*, construit
par exemple un câble (av. 1559; 1762, intr.1, d’où par sur file.
figure <réciter d’une manière continuem ( 16111, puis REFILER v. tr., sorti d’usage au sens de &ler de
*développer progressivement » I 1865, filer une mé- nouveau (la laine), (15641, a pris au XVIII~s. la valeur
taphore), en musique filer u?w note (1811). +De figurée de adonner, rendre qqch. de défectueuxm
l’image du déroulement viennent les sens de «s’en- avec l’idée de tromperie; d’abord écrit ratier (1740)
fuir> (1754, intr.1 d’abord en argot, d’où &sparaître dans cet emploi familier, le verbe a produit REFILE
rapideme& (1857, d’une chose) et <aller droit de- ou REFIL n. m., employé dans la locution très fami-
vant soi, à une allure rapide, ( 1783, intr.), d’abord lière der au refile (ou rem womi~ (1883) et équi-
terme de chasse; par ailleurs le verbe sime valant en argot ancien à <marchandise refusée*
flSui!Te (qqn) sans être vu» i 1813) [cf. tiuturel. 0 Le (1902).
verbe a en outre pris en argot le sens de adonnep SURFILER v. tr. (1873, Daudet) correspond à
(18351, probablement d’après refiler (ci-dessous). acoudre à grands points, avec un fil qui passe au-
b Plusieurs dérivés sont employk comme termes dessus>, et (1877) à Maugmenter la torsion de Iun
techniques, principalement dans le domaine du fdb. 0 SURFILAGE n, m. 11875) et SURFIL n. m.
textile comme : FILAGE n. m. (XI~’ s.), FI- (déverbal, 1926) sont plus techniques.
LEUR, EUSE n. (1376, fillour; 1260, fikwesse), FI- 0 Voir FIL, FILON, FILOU, PROFIL.
LOIR n. m. bave sd. -FILÉ n. m., outre des sens
techniques (1265, «fila, puis 1865, &l de métal entou- FILET + FIL
rant un fl de soie>), s’emploie comme terme de ci-
néma (ti s.1 pour un panoramique très rapide. FILIAL, ALE, AUX adj. est un emprunt
FILE n. f., déverbal de filer, désigne une suite dont
(13301 au bas latin fzZiulis, dérivé de ~&US 13 fils).
les éléments sont placés l’un derrière l’autre ( 14641, L’adjectif latin a le sens spécial de “qui concerne les
relations de l’enfant à ses parents>>.
spécialement (mil. xwe s.1 une ligne de soldats; le
mot s’emploie dans les locutions adverbiales à la 4 Filial conserve le sens du latin; il est courant dans
fi!e (av. 1527, b la fille), en me (av. 16951,notamment un sens extensif «digne d’un fis-.
en. ae indienne, et à propos des automobiles en b L’adjectif a servi a former FILIALEMENT adv.
double ï?ZeCv.19501.+ Sur fie a été composé @ DÉ- (v. 14601, FILIALITÉ n. f. (18451, didactiques ou litté-
FILER v. intr. (cf. aussi fiIl au sens de amarcher en raires. +FILIALE n. f. désigne, par métaphore et
frkn (1648) et par extension ase succéder de façon influence du sens figuré de filiation ( 18441, une so-
ininterrompue» (1932). +DfiFILÉ n. m., dérivé du ciété à personnalité juridique distincte mais dont la
FILIGRANE DICTIONNAIRE HISTORIQUE

moitié au moins du capital appartient à une autre belle*) désigne soit la femme du Cls, soit ! 1570) la
société, dite société mère. me qu’un conjoint a eue d’un précédent mariage.
FILIATION n. f. est emprunté (XIII~s.) au bas latin fi-
liati, terme de droit désignant le lien de parenté 0 FILLETTE n. f. est d’origine obscure; il re-
qui unit un enfant à ses parents, dérivé du latin présente peut-être une altération (1387) d’après
classique filiw. * Le mot conserve le sens du latin; fille de feuilletie (13961 apetite mesuren, attesté en
par analogie il désigne ( 1302, flliacionl l’état d’une Bourgogne et en kanco-provençal (1370, folietiel,
abbaye qui doit son origine à une autre et par ex- de l’ancien folhetu 113751,sans doute dérivé d’un la-
tension c1720) un lien de descendance directe. Par tin populaire “follict Cdéb.IX” s., latin médiéval foliu
figure (17521, il s’emploie pour <<succession, enchaî- *mesure de liquide»), du latin classique follis
nement n. <<outre*, de la même famille que !Jure (+ enfler, fou).
+ Fi&&e désignait ( 1387) une sorte de tonneau ou
FILIGRANE n. m. est emprunté (1665) à l’ita-
de mesure variable de liquides. C’est aujourd’hui le
lien filigruna IXVII~s.), composé de fdi, pluriel de filo
(du latin filum ; + fil), et de grana ~grairw, du latin nom familier d’une demi-bouteille, utilisée surtout
grunum (+ grain), les filets du filigrane (aouvrage pour les vins d’Anjou, et senti comme une méta-
phore de 0 fillette.
d’orfèvreries) ayant d’abord été ornés de grains. Le
mot a souvent été altéré en fili@umme, première
forme attestée (1664) et encore relevée au XLX’ siè-
FILLEUL, EULE n. est une réfection (XII? s.)
de filial II 1211,fillue (XII~SI, issu du latin classique
cle.
fiZio2us dis (en bas âge, ou chéri))), diminutif de fi-
+ À cause du réseau de as placé dans la forme, le lius (-+hls), et qui a pris en bas latin la valeur de
mot désigne ( 1835 ; dès 1818 sous la forme altérée fi- apersonne qui a été tenue sur les fonts baptis-
Zigrummel un dessin imprimé dans la pâte du pa- maux>>.
pier, qu’on peut voir par transparence; de là vient,
4 Filleul conserve le sens du bas latin et est attesté
au figuré, la locution adverbiale (xx” s-1 en -me
=de façon implicite ». kvle s.) dans l’emploi du latin classique, sorti
d’usage.
FILLE n. f. est issu (v. 1050, fille) du latin &a aen-
fant de sexe féminin, jeune personne>>, féminin de FILM n. m. est un emprunt à l’anglais film amem-
filius (b fils). brane» (XI~s.), de l’ancien anglais filmen. Ce mot
4 Le mot conserve le sens du latin et se détit dans trouve des correspondants dans de nombreuses
un rapport de Wation Ila fille de gqn1; par exten- langues indoeuropéennes (vieil allemand Tell, vieil
sion il s’emploie au sens de <<descendanteN (xv” s.1et islandais @Zl, lituanien plenè, latin pellis <peau», ra-
pour désigner (1640) une personne que l’on consi- dical du grec pelmu @semelle [en peaub, etc.). On
dère cmnme sa Elle. Par analogie (2” moitié du rattache ces termes à une racine Opel*envelopper)).
mes.), c’est le nom donné à certaines religieuses En an@is, film a signif% <feuille très rnincen à par-
Willes de la Charité, du Calvaire, etc,) ou à une tir du xwe s. et est attesté en photographie depuis
église qui dépend d’une autre (1690), Au figuré fille, 1845, pour <<couche de gélatine étendue sur la
comme fils, s’emploie (16011 pour une chose qui plaque ou le papierm, d’où cpellicule pour la photo-
naît d’une autre. +Fille s’oppose aussi à gurgon, graphiea (v. 18801.
par exemple dans des syntagmes figés comme pe- + Ce dernier sens est repris en français (v. 18893.
tite fWe, vieille fille <femme célibatairem; il est uti- Film désigne ensuite une <pellicule pour le cinéman
lise absolument (15283 pour jeune fille hze me a 11896) et par métonymie E1896) une œuvre cinéma-
mitlierl, d’où autrefois rester fille, aujourd’hui res- tographique puis l’art cinématographique. Au fi-
ter vieille fWe &libataireB ; avec un qualificatif, fElie guré, il Sign%e ( 1922) *déroulement d’événementw.
s’emploie (xv” s.) pour jeune femme. Flllet-hère M%ns un emploi technique réemprunté à l’an-
(17%‘) est aujourd’hui vieilli (on emploie plutôt mère glais, fiZm désigne ( 1931) une mince couche d’une
célibataire). + Utilisé péjorativement, le mot a aussi matière (film d’air; film dentaire, 1933) ; l’équivalent
valeur de cprostituéeu, en emploi absolu (13871 ou français proposé est feuil.
dans des locutions comme aile perdue (16061, iZ?le F Le lançais a produit des dérivés et des compo-
de joie bme s. ; cf. aussi fille & vie, 1409). * Fille dé- sés. -FILMER v. tr. signiCe <<enregistrer par une
signait aussi une jeune Elle de qualité au service prise de vues cinématographique> ( 1908) et, en
d’une reine Il606 ; file d’honneur, 16551, ou une technique, <<recouvrir d’une pellkule, d’un fîlrnm
jeune me ou une femme employée à un travail IV. 1x0. w DU verbe dérivent FILMAGE n. m.
(me de saLTe,de cuisine, etc.). Cf. les emplois ana- (19121, FILMEUR, EUSE n. (19171, rare, et FIL-
logues de femme*. MABLE adj. (19251. 4 FILMIQUE adj. Nrelatif au
b Le dérivé 0 FILLETTE n. f. ! 1200, fiGete désigne film, au cinéman (1936) est didactique comme FIL-
une petite Me (cf. garçonnet). + FIFILLE n. f. (17831 MIQWEMENT adv. (1952).
est un terme enfantin, passé au x~? s. dans le lan- Plusieurs composés, où film a le sens de aœuvre ou
gage des adultes. + FILLASSE n. f. est péjoratif au art cinématographique)>, sont entrés dans l’usage
sens de *grosse Clle sans grâce>) (15871, archaïque courant. + FILMOGRAPHIE n. f., Composé avec
pour &lle de mauvaise viem (XVI~s.l. -graphie, d’après bibliugraphie, a Sign%é (1922) -ci-
PETITE-FILLE n. f. est formé (XIIIe S.) SUT le même nématographie> et désigne aujourd’hui ( 1947) la
modèle que petit-fils, d’où ARRIkRE-PETITE- liste des films d’un auteur, d’un acteur, d’un
FILLE n. f. (16381. - BELLE-FILLE n. f. cv.1470; de genre, etc. 4FILMOTHÈQUE n. f. (1969; 1958, fil-
DE LA LANGUE FRANÇAISE 1431 FILTRE

mathkque) désigne une collection de microfkns - est filia I+ Elle). Comme fecundus 1-3fécond) filins
et non pas de fk~~ - (cf. cinémathèque, plus cou- se rattache à une racine indoeuropéenne “dhë- &-
rant). 4 FILMOLOGIE n. f. (19461 aétude du ci- ter, suceru ; il a d’abord Sign%é aenfant qu’on élève,
néman est un terme didactique, comme son dérivé nourrisson>, avant de remplacer le nom indoeuro-
FILMOLOGIQUE adj. (1946). péen initial du fk, peut-être fkappé d’interdit.
MICROFILM n. m. 11931) désigne une reproduc- + Fils s’emploie dans fils ok Dku Iv. 980, fils Deu), fils
tion réduite de documents sur m; en dérive MI- de l’homme, désignant Jésus-Christ. Hors d’un
CROFILMER v. tr. t19311. contexte religieux il s’applique Iv. 1050) à tout être
humain de sexe masculin considéré par rapport à
FILON n. m. est un emprunt (1562) à l’italien fi-
son père et à sa mère; il figure avec cette valeur
lone, terme de minéralogie (av. 15371, augmentatif
dans diverses locutions comme le ï2k de la maison.
de fE20&l», du latin fzlum t-+ fil).
*Fils reprend également le sens latin de adescen-
4 Le mot désigne d’abord une masse allongée de dantb) Iv. 11201et par figure le mot s’emploie au sens
substances minérales, d’ou son emploi figuré, de arésultat, effetb en parlant de choses du genre
comme source, veine (av. 1791). Il signi6e «moyen de masculin (~III xrxe s.1,ainsi que dans des expressions
s’enrichira, d’abord en argot (1882, Goncourt, caf- comme fils spirituel adisciplem, fTîi%de ses œutres
faire pour malfaiteurs4. ahomme qui a réussi par lui-même et non par sa fa-
k Le dérivé FILONIEN, IENNE adj . ( 1877) est didac- mille» qui s’oppose à BS de famille (1606) «enfant de
tique. famille aisée» et iT& à papa, locution péjorative ré-
cente. + Par extension, fils s’est employé depuis le
FILOSELLE n. f., réfection (1564) de filloisel XII~ s. Cv. 1196) pour <enfant du sexe masculin>), sans
n. m. (13691, fzlozelle (15421, est un emprunt à ‘t’ita- se substituer au mot normal, garqon. Cet emploi ne
lien dialectal filosello dbourre de soie» (à Sienne, subsiste que lorsque le garçon désigné est consi-
v. 130 1) ; on relève aussi la forme folksello (xnr” s., déré comme un fils ( 12731,usage qui subsiste en ap-
acocon de ver à soie4 que l’on peut comparer à pellatif (mort fils !, fEls!I, notamment en français du
l’italien filugello. Le mot est peut-être issu d’un Latin Midi. 0 La prononciation ancienne fi, évoquant
populaire “fzllocellus apetit sacs, altération du clas- l’exclamation péjorative fi !, a pu susciter des
sique folliculus, diminutif de follis +,ac>) C+ follicule termes d’injures (fils [fil de pute, etc.).
et fou), avec attraction de filo &l*. Selon P. Guiraud,
k Le dérivé FISTON n. m. (1585) s’utilise familière- ’
filoselle serait plutôt une forme apparentée à fi-
lasse, filoche, d’un latin populaire “filocellus apetit ment comme appellatif pour un jeune garçon ou
sacg d’oti «enveloppe de la larve d’un insecte>), mot pour désigner un garçon par rapport à ses parents.
a Le composé BEAU-FILS n. m. (14681, de beau*,
qui correspondrait à une variante de “funicella
I+ ficelle). désigne celui dont on a épousé le père ou la mère;
au sens d’4poux de la frlle~ 05571, il est moins cou-
4 l3loselZe désigne de la bourre de soie mêlée à du
rant que gendre. + Pour la désignation des liens de
coton, employée en bonneterie. parenté ont été aussi formés PETIT-FILS n. m.
FILOU II. m., attesté au XVI~~. (15641, pourrait he sd, ARRIlkRE-PETIT-FILS n. m. (15561 et, r&re,
être une forme dialectale de tîleur, dérivé de filer I3EAU-PETIT-FILS ri. m. (1917).
0 voir FILLE et aussi FTLIAL, FILLATION, FTLLEUL.
aétirer en fil» (+ fier) - filer la carte sign5ait autre-
fois &icher~. Pour P, Guiraud, le filou est celui qui
attire ses victimes dans ses mets ; ce serait un dé- FILTRE n. m. est un emprunt ( 1560) au latin mé-
rivé d’enfiler au sens de &romper* (encore dialec- diéval des alchimistes fzkrwn (12351, adaptation du
tal, 18451,qui correspondrait au moyen tiançais en- tiancique %ltir C+ feutre).
filé *pris dans un fIletm; cette hypothèse semble + Le mot désigne un appareil qui permet de débar-
inutilement complexe. rasser un liquide de ses impuretés, d’où filtre à ca%
+ Filou désigne d’abord une personne qui triche au (18851. Le mot a des emplois spéciaksés en sciences
jeu ou vole avec ruse et par extension, d’abord ( 1904) et désigne couramment le dispositif adapté à
comme adjectif (1714) une personne malhonnête; une cigarette pour absorber une partie de la nico-
le mot s’applique difkilement aux femmes. Il s’em- tine : cigarette avec ou SU~ filtre. Au figuré il signi-
ploie familièrement Ifin XD? s.) en parlant d’un en- fie <ce qui retient en partie)) (déb. XX~s.l.
fant espiègle, comme @edin, coqkpt, baptdit (petit fi- p Le dérivé FILTRER v. (1560, mtis probablement
lou !l. antérieurl s’emploie transitivement, par exemple
b Le dérivé FILOUTER v. tr., vieilli au sens de <(vo- dans fîltier un liquide et, par analogie, la lwnière
ler adroitement (qqch. à qqn)- (16561, signifie au- (18361, etc.; au figuré (déb. D? s.), il se dit à propos
jourd’hui «voler Cqqn)n (1688) ; sur filouter ont été de personnes et de choses abstraites (filtrer des in-
construits FILOUTAGE n. m. (v. 1673-16761, rare, et fomzationsl. 0 Filtrer se construit intransitivement
FILOUTERIE n. f. 116441vieilli. au sens de as’écouler en passant à travers un filtre=
(av. 17141 et, par extension, de <passer en partien
FILS n. m. représente (v. 9801 le cas sujet de l’an- ( 18381, le sujet désignant la lumière, etc. * Du verbe
cien f~ancais Ifil correspondant au cas régime de fi- dérivent FILTRATION n. f, (15781, didadqUe, FIL-
lium) ; fieu (XIII~s.1 est la forme picarde, encore utili- TRABLE adj. (1754 en sciences naturelles), FIL-
sée dialectalement. Le mot est issu du latin TRANT, ANTE adj I (17521, FILTRAGE n. m. ( 1842,
classique filins &ls, enfant de sexe masculins et en en chimie) qui s’emploie au propre et au figuré, et
bas latin au pluriel cdescendantsn, dont le féminin FILTRAT n. m. (18911.
FIN 1432 DICTIONNAIRE HISTORIQUE

INFILTRER v. tr. et pron. est attesté avant filtrer constructions apparaissent en lançais moderne :
(v. 1370) ce qui laisse supposer un latin populaire finir en (16711, finirpar(et ir&ititY 118051. finir prend
“infikwe tiré de filtrum, 0 Le verbe transitif est au- aussi le sens IXIII~s.1de <<mettre fin à»; en particulier
jourd’hui vieilli ou littéraire, mais on emploie cou- dans les constructions finir de (et infmitifI 115731,en
ramment s’infiltrer v. pron. *pénétrer dans un finir (1798). + Le verbe a servi à former des termes
corps d’une manière lente et progressivem (17621, techniques, coxnme FINISSEUR, EUSE n., rkfec-
d’où vient le sens figuré de =Passer insensiblement* tion de fenisseor (2” moitié du XIII~s.), qui est em-
(déb. >mces.) et, en parlant de personnes, *pénétrer ployé au masculin (1756) puis au féminin (18281, et
sans se faire remarquera, spécialement en termes FINISSAGE n. m. (1786). +FINI, IE p.p. adjectivé,
militaires. Un nouvel emploi transitif ~infiltier une a des emplois spkiaux, <<mené à son termeD ( 16881,
organisatiml en est résulté (att. 19651. +Le dérivé d’où le fini ne m. 117711, <parfait dans son genreb
INFILTRATION n. f. Iv. 1370, en médecine) a suivi (av. 1850 : un coquin fini); &minué, discrédité*
l’évolution sémantique du verbe 11762, aaction, fait ( 1835, un homme fini). En philosophie, il exprime
de s’in&rep ; 1834 pour le sens figurél. *Infiltrer a l’idée de 4imité~ (15803 et s’oppose à infini. La no-
aussi fourni les mots didactiques INFILTRABLE tion de nombre (entier) fini (attesté 1872) est essen-
adj. (1857) et INFILTRAT n. m. IV. 19251. tielle en mathématiques. 0 Au sens de aterminén,
l’adjectif donne lieu à l’expression familière n, i, ni,
0 FIN n. f. est issu (2” moitié du xe s.) du latin finis, c’est IW! (1796). 0 Quelques termes didactiques
mot d’origine inconnue Sign%ant aborne, ltite sont formés à partir du participe passé fini : FINI-
d’un champn, &ontièrep (au pluriel; + confms) et, TUDE n. f. ! 19201, d’après l’anglais finitU& (16441,
au figuré, cterme, but, (finis, en ce sens, traduit le FINITISME n. m. et FINITISTE adj. kx” s,), rares.
grec telos dans le vocabulaire philosophique1 et 0 Le composé SEMI-FINI, IE adj. ( 19271 se dit en
adegré suprême de qqch.x. économie, en commerce, de produits transformés
+Fil~ désigne l’arrêt d’un phénomène dans le incomplètement. *FINISSANT, ANTE adj. tiré du
temps, en particulier la cessation de Ia vie (2” moi- participe présent, est lexicalisé au me s. (le mois
tié du xc s.) et par extension la dernière partie (de d’uoiit finissant, Balzac, Le Lys dans la vallée, 1836).
qqch.) hOSOl, le point auquel s’arrête qqch. (v. 12831, FINITION n. f, krv” s., fini&n &II~), repris au ~IX~ s.
d’où spécialement fins n. f, pl. &ontières~ (XIII~s.1 (18201, est emprunté avec son sens au dérivé latin
jusqu’à la fin du XVI~~siècle. Le mot s’emploie dans classique finitio &mite, achèvement, et désigne
des locutions adverbiales : à la ti (12731, sans CI, aussi l’action d’achever (1846) I
toucher à sa ~TYI,mener à bonne ïYn,par figure faire IN FINE ~OC.adv. reprend (1899, Valéry) la locution
une I!II ese mariep Kn xwe 4. Fin sign5e aussi latine in fine & la &ID et s’emploie dans une ré-
(v. 1300) aterme auquel on tend>> Iqui veutla ~?II veut férence au sens de <dans les dernières lignes (d’un
les moyensl ; c’est un terme de droit C1462Iau sens ouvragelm.
de <(but juridiquement poursuivit d’où ti de non- À côté de finis, son dérivé finalk a fourni une série
recevoir ( 15491. Les locutions en fk de compte, à la de formes. FINAL, ALE, ALS ou AUX, ALES adj.
En du compte ont pris le sens étendu de ce&; emprunte avec son sens (v. 1174) le dérivé bas latin
pour concluren. fvdis “qui est à la tin; il s’applique aussi à ce qui
b Des dérivés du nom reste FINAGE n. m., sous correspond à un but en philosophie (v. 13611,valeur
l’AncienRégime cétendue de territoire soumis à qui existait en latin médiéval (v. 1170 ; =+ ci-dessous
une juridiction» i 123 1, @naige> ; le mot, d’usage ré- t’alité). +FINALEMENT adv. Cv.1280, finalment)
gional (Bourgogne, Franche-Comté), a désigné s’est substitué à finablement (v. 1185) et s’emploie
aussi (XVI~s.1 l’étendue d’une terre exploitée, en couramment comme adverbe de phrase avec la va-
agriculture. leur de apour conclure, enha. - 0 FINALE n. f.,
FINIR v. est une réfection (XIII” s.), d’après fin, de la forme féminine de l’adjectif, est d’abord un terme
forme dissimilée du moyen âge fenir (1080; la va- de grammaire (1718, aélément en dernière posi-
riante finer est moins courante), qui était issue du tion>>),puis de danse, de musique (1721) [+ 0 hale,
latin classique finire (dérivé de fink4 «limiter, ache- ci-dessous1 et de sport (1895) où il est devenu plus
very d’où iîniri <<mettre un terme (à la paroleIn et, courant, ainsi que le COmposé DEMI-FINALE n. f.
au passif, use terminer, mourh. En bas latin, le ( 1898) et que qwwt de finale. De ce dernier emploi
verbe a pris le sens de aavoir un terme)). P. Guiraud vient @ FINALISTE n. *personne qui dispute une
propose, pour aboutir à cette forme fenir, un latin halem (1924). + @ FINALISTE n. et adj. est aussi un
populaire “finiscere à valeur progressive, qui expli- terme de philosophie (1808, n.; 1919, adj.1 tiré de
querait l’idée d’Mamener à sa fk~)> d’où, celle cause fende Condisait cause-finah, 17641, comme
d’aachevers, puis de ~~parfaire~. +Finir conserve les FINALISME n. m. plus récent (1890, Renan). +FI-
sens du latin et a le sens général de amener à sa titi NALITÉ n. f. (1819) désigne en philosophie le carac-
(1080, tr.1 -d’où 4 un point de perfection3 tère de ce qui tend à un but et spécialement, en bio-
(av. 1660). Comme intransitif, il signSe aarriver à sa logie, l’adaptation (d’un organe, d’un être vivant) à
fur, dans le temps ou dans l’espacem (v. 11301, plus une ti (1864, Renouvîer). + FINALISÉ, ÉE adj.
tard eavoir telle issues ( 16693. Par ailleurs, la forme (xx” s.), d’abord 4 quoi on donne une fm=, a pris
finer, issue du latin classique finire, a signifié aussi le sens de emis au point de façon détailléeti
Nmettre à son terme (une transaction)b, d’où par calque de l’anglais fznalized, dérivé d’un verbe
apayers he s.), sens disparu qui est à l’origine de fi- de meme origine. Le dérivé FINALISATION n. f.
nance*. ~AU sens général du verbe d’autres est à la mode.
DE LA LANGUE FRANÇAISE FINANCE

@ FINALE n. m. est emprunté ( 1779) à l’italien fi- GNOLAGE n. m. (1874). +FINES n. f. pl. (18651,
nale, terme de musique (av. 17421, de fine &P, lui- substantivation du féminin de l’adjectif, et FINERIE
même du latin finis. C’est un terme de musique, dé- n. f. %III XIX~s-1sont des termes de métallurgie.
signant le dernier morceau d’un mouvement ou Sur fin ont été construits plusieurs préfixés : EX-
d’une composition. L’emploi féminin 11797, une fi- TRAFIN,INE adj. (18271, SUPERFINJNE adj.
nale) se confond avec la substantivation de l’adjectif (16881, SWRFIN, INE adj. (18281, appliqués à des
fmal; on écrit aussi un final (1802). produits commerciaux très fms, et, pour superfin, à
+ Voir AFIN, CONFWS, DÉFINIR.ENFIN. 0 FIN, FINANCE, IN- diverses choses (concrètes et abstraites).
FINI. AFFINER v. tr. <rendre plus délicatn (12231 et ~~puri-
fier>>(12853 a sign5é <<tromper en usant de kessen
+k 0 FIN, FINE adj. vient du même mot latin fi- EV.15101 encore au XIX~ siècle. De ce verbe dérivent
nis I-+ 0 Gn) pris adjectivement, à partir de l’emploi AFFINEUR.EUSE adj. etn. 113021, AFFINAGE
figuré de “qui est le point extrême)) et correspond n. m. (13901 et AFFINEMENT n. m. (1576 ; 1532,
au latin médiéval fznw ~~rtinén. ((tromperie))). *Le composé en re- de affiner, RAF-
+Appliqué à ce qui prksente un caractère de per- FINER v. tr., est employé au sens concret (1468, raf-
fection ( 10801, fin dans des emplois concrets se finer le sucre) et abstrait (1650) et, comme verbe in-
trouve dans des locutions comme argent GI, d’où transitif, au sens de «rechercher la fmesse». 0 Au
par ellipse du fi Ix? s.l «de l’argent}) Icf. finance*), sens concret correspondent les dérivés RAFFI-
or I%I (1080, d’où du fin n. m. 16901, I?II~ ffeur, au NAGE n. m. (1611),RAFFINEUR,EUSE n(l611) et
propre et au figuré, fies herbes ( 18291, d’abord RAFFINERIE n. f. (16661, ce dernier rkcemment
herbes fines (16901, c’est-à-dire «au parfum subtilm, appliqué au pétrole; au sens abstrait, RAFFINE-
Eau-de-vie iine substantivé en &e n. f. 118771ou en- MENT n. m.(l600),et RAFFINÉ, ÉE adj.qui se dit
core Ie ffii du ti n. m. <ce qu’il y a de mieux dans le ( 1690) d’une matière rendue plus pure et s’emploie
genre=, huîtres fines d’où des A!nes de claire n, f. pl. aussi au sens abstrait (1642).
0 Dans un emploi abstrait, fin se dit (mil. XIII~s.1 de
ce qui est d’une extrême acuité, au propre et au fi- FINANCE n. f. dérive cv.1280) de l’ancien fkan-
guré; il quame une personne habile et rusée çais finer <<mener à sa fm (une transaction)>) ( 1080)
h. 1320 ; un fh renard ou très adroite (1770 ; un fin d’où “payer)) (XII~ s.1, altération de finir sous l’in-
joueur). OFin dans un emploi adverbial sign8e fluence de fin <<argent» (XII~s.) I+ fMr, à, 0 fml. Le la-
~complètement)) (XII~s.; être fin @CI, précédé à tin médiéval finare t6n x” s.), dérivé de finis, a
l’époque classique de tout pour renforcer un ad- d’abord Sign%é «mener à bout» puis «exiger de
jectif (XIII~s.) : tout fin. ol’adjectif s’est appliqué à l’argent>> (1212) et «donner de l’argent>> (1234).
ce qui est dans la partie la plus éloignée &n xve s-1, 4 En français, finance a signifié d’abord «versement,
emploi sorti d’usage sauf dans des locutions ranqonn, d’où *argent)) ( 13771- sens conservé dans
comme le I?~I fond 115071, le lin mot (d’une bis- la locution moyertnant tiance et dans l’emploi fa-
taire, etc.) [ 18651; on disait en moyen tiançais milier la finance (XIV~s.l. 0 Le mot désigne ( 14001
(XIV~~3.1savoir le fin de gqch. flen connaître les rai- les ressources dont on dispose, sens encore en
sons et le détailn. usage au pluriel ti’état de ses finances). 0 Au plu-
Fin s’applique également à ce qui est très petit riel 11314, fzneances), finances se dit toujours des re-
(1432) et, couramment, à ce qui est mince (14501, venus de l’État (Trésorier des Finances, xve sd, par
très aigu (1690; pointe fine>. À cette valeur, corres- métonymie des services qui gèrent les fonds pu-
pond aussi un emploi adverbial, par exemple dans blics ( 1832 ; 1690, &scd Au singulier, le mot était
écrire fin (1890). sous l’Ancien Rkgime le nom de la régie des impôts
k L’adjectif a de nombreux dérivés. ~FINEMENT ( 1549; cf. feme) ; il désigne aujourd’hui l’activité
adv. est le premier attesté cv,1176). + L’évolution de bancaire ( 1678) et par métonymie l’ensemble des
FINESSE n. f. est parallèle à celle de l’adjectif. Le personnes qui ont de grosses tiaires d’argent
mot a sign8é cruse, tromperie>> tdéb. xrv’s.1 et dé- (1770, la haute finance). La graphie cocasse phy-
signe la qualité de ce qui est fin Ixve s.), d’où par ex- nance est due à Jarry (la pompe ù phynunces).
tension (1580), surtout au pluriel, une chose difkile b FINANCER v. ne s’utilise plus, sauf par pkxisante-
à comprendre et la délicatesse de forme ou de ma- rie, au sens de «fournir de l’argentm 11544; intr.1 ni
tière (xv” s.l. + On est passé de ftnesser (1649) à FI- pour <payer une somme comptantu (1636; tr.). Le
NASSER v. intr. il6801 par la sufkation péjorative verbe Sign%e aujourd’hui &n XM~ s.> =Soutenir fi-
en -asser. Ce verbe a pour dérivés FINASSERIE nancièrement (un projet, une entreprise, etc.)&,
n. f. 117181, FINASSIERJÈRE (17181 et FINAS- d’où le dérivé FINANCEMENT n.m.11845, attesta-
SEUR,EUSE adj. et n. (17401, qui Ont vieilli. tion isolée), diffusé au DP s., et les composés AUTO-
FINETTE n. f. ((sorte de vêtement de coton» repré- FINANCÉ, ÉE adj. (19521, S'AUTOFINANCER
sente la substantivation de Cnet, ette 61 xve s., satin v.pr. (1966) et AUTOFINANCEMENT nm. (1943).
finet), diminutif de fin, fine. FINANCTER,I&RE n.et adj. (v. 1420, fznunchiere
FINAUD, AUDE adj. (av. 1762 ; xv” s., dialectal) est 4zelui qui finance»; 1440, ~proprGtaire4 désigne
lui aussi dérivé de l’adjectif fin. +Il en va de même Km du xv” s-1une personne qui manie des affaires
pour FIGNOLER v. tr., d’abord 11743, intr. ; va- d’argent et, par extension (17761, qui s’entend à la
riante fintilerl ara&erm, aujourd’hui aexécuter gestion de l’argent. Sous l’Ancien Régime, le mot
avec un soin méticuleuxn (1872). Q ce verbe a servi désignait depuis le xvle s. (1549) celui qui gérait des
à former FLGNOLEUR, EUSE adj, et n. 11845) et Ft- fmances publiques, fermier général ou autre. C’est
FINIR 1434 DICTIONNAIRE HISTORIQUE

la deuxième moitié du XVIII~ s. et le ~LX~s. qui ont vu FIORITURE n. f. est introduit au pluriel (1823)
le développement des activités kancières capita- par Stendhal comme mot italien, avec le sens d’aor-
listes ; le passage des tities d’argent de l’État, do- nement» ; c’est le pluriel de l’italien fioriture 4orai-
minantes du XIV~s. au XVII~s., aux a&ires privées, sonp puis «ornementsU dans le domaine musical
est sensible dans les datations du vocabulaire, no- Ixvwe s.), d&ivé avec un sme collectif de fzotire
tamrnent dans l’apparition de l’adjectif finaptcier deurir~, de même origine que le français.
(17521, puis du dérivé FINANCIÈREMENT adv. 4 Fioriture, souvent au pluriel, est d’abord un terme
( 1829). + FINANCIÈRE n. f. (1755) ou sauce fman- de musique employé dans d’autres domaines
ciére ( 1778 ; autrefois aussi b la financière), nom hil. XIX~ sd, en particulier pour parler d’une orne-
d’une sauce garnie d’éléments coûteux (ris de mentation excessive.
veau, tties, etc.), évoque la table riche des anciens
fermiers généraux. -
Les p&xéS PRkFTNANCER v. k. et PRkFTNAN-
FIRMAMENT n. m. est emprunté (1119) au la-
tin chrétien fiwnamentu~~~ désignant la voûte cé-
CEMENT n. m. (1963, dans les dîCtiOmX&eS)
leste auquel les astres semblaient kés, en latin
concernent un crédit antérieur au l?nancement
classique <<soutien, appuin, au propre et figuré.
proprement dit.
C’est un dérivé de fimzare arendre ferme, solide%
(+ fermer).
FINIR + 0 FIN
+Le mot français, d’abord religieux, est resté d’em-
FINISH n. m. est un emprunt (av. 1863) à l’an- ploi poétique et évocateur.
glais finish &r+ ~VIII~ s.), et spécialement &n d’une
course, d’une chasse, d’un combat)) (xnr” s.1, du FIRME n. f. est emprunté (18441 à l’anglais firm
verbe to fînkh «terminer*, issu au moyen âge du &gnatureB ( 15741, puis araison sociales (1744) et
hnçais finir (+- 0 &II. <<maison de cornmercep; l’anglais est emprunté,
4 En français, le mot a désigné un établissement où comme l’allemand Fiez, à l’espagnol fimza <<signa-
l’on va fmir une soirée, puis la fm d’une épreuve turem, issu du latin fimzus, comme fart en anglais
sportive (18871, surtout comme terme de turf, Il (+ 0 ferme) ; cf. aussi le latin médiéval fima
s’est particulièrement répandu en boxe et pour aconvention avec garantien.
parler de l’aptitude à se surpasser à la fin d’une 4 Fimze a signifié dtraison sociale* (18441, d’abord en
compétition (1934; gagner au MId. Belgique selon Littré. Il est utilisé aujourd’hui pour
désigner une entreprise commerciale ou indus-
FIOLE n. f. est emprunté Iv. 1180) au latin médié- trielle.
val fiola cpetite bouteUe>>, forme altérée du latin
classique phiala «coupe>, emprunt au grec phiaZG. FISC n. m,, réfection ti xV s.l de tique (12781 en
+Fiole conserve le sens latin et s’emploie pour usage jusqu’au XVIIes., est un emprunt au latin fEs-
=têt@ 11848; sepayerlafio1e de qqd par une méta- tus «panier pour recevoir l’argentn, d’où au figuré
phore usuelle (cf. carafe, carafon). «trésor publicm (4 faissellel.
+ Le mot a désigné le trésor de l’État, du souverain
@ FION n. m. est un mot d’origine obscure, attesté et est aujourd’hui, depuis le WY s. (attesté 16901, le
(1744) au sells de acoup>> Vkher un fion puis de nom courant de l’ensemble des administrations
«dernière touche qu’on donne à un ouvragem (17923, chargées des imp8ts.
aujourd’hui familier et vieilli, sans doute plus an-
cien car le mot est passé en québécois. 11repré- ~FISCAL, ALE, AUX adj. 114611, rare avant le
sente peut-être une altération d’un dérivé de figno- XVIII~s., est emprunté au latin impérial fkcalk (de
ler (--+ti) ou est d’origine onomatopéique comme !%cud et a don& FISCALITÉ n. f. (17491, hgime
terme évoquant un coup; cette valeur est conser- des impôts», FISCALEMENT adv. (1791), FISCA-

vée en Suisse où fioïz s’emploie pour «remarque LISTE n. (mil, d s.) et le verbe FISCALISER v. tr.
(mil. XX~ sd, d’où FISCALISATION n. f. et DÉFIS-
blessante, injure mordanten Idep. 17931.P. Guiraud
propose de reconntitre plutôt dans fion le résultat, CALISER v. tr., mots techniques.
par dissirnilation du premier -n-, de l’évolution
d’un latin populaire oflnionem (dérivé de finis + kd FISSILE adj. est emprunté (1566) au latin Gssilis
qui aboutit à fignon. “qui peut être fendw, d&ivé de &SU~, supin de
findere I+ fendre).
+ L’hypothése expliquerait le sens de fion aderrière,
postérieur>), c’est-à-dire ce qui est à l’extrémité du 4 Le mot, isolé au xwe s., est repris au XVIII”s. en mi-
corps ( 18803. néralogie au sens de “qui tend à se fendreu. L’em-
F De même, cette hypothèse éclaire le sens du ploi du mot en physique Iv. 19501, appliqué à des
Composé TROUFIGNON I’Lm. ou TROUFION
éléments chimiques susceptibles de subir la fission
canusn Iv. 16101, compris
au XVIII~ s. comme altéra- nucléaire, est emprunté à l’anglais.
tion de trou migwn, et (chance>> par figure (me s. ; wFISSION n. f. est aussi emprunté à l’anglais, pour
cf. cul). Troufion s’emploie (fin >mr”s.) pour *soldat-, désigner la rupture d’un noyau d’atome 11942;
argotisme obtenu par substitution de fmale de trou- v. 1940 en anglais), sens répandu après 1945. L’an-
pier (cf. par ailleurs troubu&, 18591,sous l’innuence glais itssion emprunte le latin fGssi0,-onis aaction de
de troufion ~mnus~ et, par figure, comme pour CUZ, fendre*, de findere, et a été utilisé d’abord en biolo-
con, au sens de <homme sob (1875, en argot). gie ( 1841) pour ~division cellulaire par scissiparité=,
DE LA LANGUE FRANÇAISE 1435 FLACON

sens passé en lançais plus tard (attesté 19%). sitif semant à fixer)) ( 1879) spéciahsé en ski et
+Fission a fourni en physique IV. 1950) FISSIBLE diverses acceptions didactiques (1923, en psycha-
adj., synonyme de fissile, et FISSIONNER Vu na[lyse>. + FIXEMENT adv. (1503) ne s’utilise cou-
ramment qu’avec des verbes comme re@r&r.
FIS SURE n. f. est une réfection Cv.1500) de e FIXITÉ n. f. 11603) s’emploie pour parler du re-
kure ~13141,
emprunt au latin ~KSUYU,de fissus, gard ou de ce qui est constant. +FIXISME n.m.
participe passé de fmdere afendre», dont il garde le (1922; 1894 en apiculture) et son dérivé FIXISTE
sens de <<fente, crevasse>; rare avant le XVIII~s., il adj. et n. ( 1931; 1878, en apicdture) sont des termes
s’emploie aussi au figuré (v. 17701, comme brèche, didactiques (histoire des sciences3 concernant les
rup turc. théories qui défendaient, après Cuvier, la fixité des
~FISSURER v. tr. (16101, repris au XIX~s., S'utilise espèces vivantes, s’opposant au knsfomzisme, à
au propre et au figuré &n xrx’ s.) et a fourni FISSU- i’évolutionnisme.
RATION rd. (1834). Les autres dérivés du verbe sont des termes tech-
Le composé MICROFISSURE n. f. est un terme de niques : FI~ABLE adj. (v. 1516, en alchimie, repris
géologie (v. 1968). 18721,FIXAGE n. m.(1845),FIXATEUR,TRICE adj.
et n. m. (1824, adj.1 surtout employé comme nom
FISTULE n.f. est un emprunt (13141, d’abord ( 1865, en photographie ; xxe s., en biologie) et FIXA-
sous la forme latine Ixm” s.), au latin !?stula atuyau TIF, IVE adj. (1803) et n. m. (1853).
(d’eau), conduit>>, d’où «flûte de Pan>>, utilisé aussi 0 voir CRUCIFIX
comme terme de médecine pour désigner un canal
anormal donnant passage à un produit physiolo- FJORD ou FIORD n. m. est emprunté 117951
gique. au norvégien Gard ((golfe s’enfonçant profondément
dans les terres>). Le mot est très ancien, comme le
+ Fistule demeure un terme de médecine.
montre la forme archaïque fior& (ancien islandais).
k Il a servi à former FISTULISATION n. f. (1896; +Le mot s’emploie en géographie pour toute for-
1878, ftsfuhtion). FISTULEUX,EUSE adj. est em-
mation analogue mais l’usage courant ne l’ap-
prunté (1490) au latin classique fL!&dosus, FISTU- plique qu’à la Scandinavie ou à l’Ecosse.
LAIRE adj, kv"s.1 aubaslatin fistulati, et FISTU-
LAIRE n. f. (18031 au latin classique fï&&tia, pour FLA n. m. inv. est une onomatopée ( 1815, écrit
nommer un poisson très allongé au museau tubu- fflu) désignant un double coup de baguette tiapp&
laire, dit aussi bouche en fltite. sur un tambour et, par extension, évoque ( 1853,
Goncourt) le bruit d’un choc (cf. flac!). Elle est sortie
FIXE adj. est un emprunt (v. 1265, &A au latin d’usage.
~US, participe passé de figere «enfoncep (-, 0 fi-
cher) et au figuré aattacherm. k FLAFLA ou FLA-FLA n. m., familièrement <<re-
cherche de l’effet}) 118301, est considéré comme un
4 Fixe a été utilisé en alchimie (v. 12651, appliqué à redoublement de fia avec influence du radical de
un gaz qu’on ne pouvait liquéfier. 1l s’emploie pour flatter* alouep IWartburg).
quamer ce qui ne change pas de position kwe s.,
des étoiles) et en parlant du regard ( 1680). De là, FLAC interj. est une onomatopée 11464) imitant
l’interjetition fixe! (1845) comme commandement le bruit de l’eau qui tombe, d’un corps qui tombe
militaire et le sens Rétabli d’une manière durable dans l’eau ou à plat (1549, faire un flac). L’influence
dans un état déterminés (18351, par exemple dans de la famille de Raccus I-+flaque) est probable.
beau fixe, au propre et au figuré, ou dans la lo- b On emploie aussi @ FLOC interj. (v. 14801, d’où
cution idée fixe «dont on ne peut se détacherm (x~~s.1 fuire floc, et FLIC FLAC inkrj. 116461, qui
(XIX~ s.l. 0 Par ailleurs, fw s’applique (1690) à ce qui suggère un clapotement.
est réglé d’une façon défkitive (revenir à dafe fixe1 flac a fourni FLAQUER V. Kjeter violemment (un li-
d’oc le sens de «régulier>>, comme dans revenu fixe quide)% cv. 1560, tr.1 et <<clapoter)) 11583, intr.1, sens
(1844, n. m.).
disparus. Le verbe demeure comme terme tech-
b FIXER v. tr., autrefois utaxer (qqn)n (13301, a eu nique de pêche dans flaquer la morue 4’ouvrir et
une évolution sémantique paralléle à celle de fwe. l’aplatirn (18721. 4 En argot, fluquer signifie (1835)
Fixer, c’est «établir d’une manière durable dans <<déféquer>, d’où flaquader ( 1876) resufké en FLA-
une position déterminée>, d’où fixer Ies yeux [sur GADA ! amerde !JJ(19171, passé de l’argot des Poilus
gqn, sur 4qch.l Ixv” s.l et par extension fixer qqn à l’usage familier comme adjectif pour <mou, fati-
( 1760). * Le verbe sime aussi <déterminer qqch.>> gué> (19361, alors avec influence de flasque”.
(1672 ; fixer un rendez-vous) et &tablir d’une
manière durable dans un état déterminées ( 16901, FLACCIDE + FLAQUE
d’où son utilisation en photographie (1895). Avec
un complément nom de personne, fixer Sign%e FLACON n. m. est issu (1260, flascon) du bas la-
afaire qu’une personne ne soit plus inconstante, tin fiasco *bouteille pour le vin);, qui représente le
qu’une chose ne soit plus changeanten (1878 ; 1680, germanique “Alaska abouteille clisséen (cf. allemand
se Cxer 6). FZasche).
Fixer a une nombreuse dérivation. FIXATION n. f. 4 Le mot a d’abord d&igné une bouteille et désigne
(1432, en alchimie; repris au XVII~s.1 a le sens géné- 11314) un récipient plus petit, de forme non cylin-
rai d’aaction de déterminer, de réglern E1669) et ce- drique et par extension Il6901 certains récipients
hi d’aackion de ker>> (1862). De là le sens de dispo- de verre.
FLAGADA 1436 DICTIONNAIRE HISTORIQUE

attesté régionalement depuis 1705 sous les formes


flujolet, flugeolle. Le mot vient peut-être d’un croi-
sement entre fagiuolo (XIVes.1,emprunté à l’italien,
et flageolet 4lûten, par allusion aux propriétés fla-
tulentes du haricot. Pour P. Guiraud, le recours à
l’italien est inutile; le croisement serait entre le
nom de l’instrument et une forme régionale, soit le
picard fugeolet (diminutif de fageole), issue d’un la-
tin populaire Ofabeo1us (de fubu; +fèvel, soit le
franco-provençal fugeolle, de “fabeolu (cf. dans
l’Ain fajoulu, dans le FMne fîugeola Npetite fève4
[de fubal. On évoque aussi le latin phaseolus, va-
riante de phaselus Nharicot)), emprunt au grec pha-
~210s (+ fayot>, d’où l’ancien provençal fulzol, l’ita-
lien fagiuolo.
+Le mot aurait donc désigné une variété de fève,
avant d’être appliqué au légume d’origine améri-
caine qui a progressivement remplacé la fève
(3 haricot).

FLAGORNER v. tr. est un mot d’origine inter- 4


taine (1464). On l’a rapproché de l’ancien français
flageoler (xrrr” s-1 Njouer du flageoletti et <dire des
sornette+, 4rompern ; on y a vu un croisement
entre natter* et corner «souBler dans un COT~mais
aussi flrépandre une nouvelle avec insistancem.
P. Guiraud suggère une composition à partir du
moyen français #Tuer CsoufIlers (issu du latin fture;
+ 0 flageolet) et *corneT».
+ Flagorner a signifk «bavardem (14641, adire à
l’oreillem (xv” s.l. Il a pris la valeur spéciale de «flat-
ter bassement» 11562) qu’il a conservée et a été uti-
lisé dans la locution ffagorner aux oreilles arappor-
FLAGEOLER v. intr. appardt au milieu du
ter des nouvelles avec maliceB.
xvd s. (17521, antérieurement (MO41 sous la forme
flaioller. Le mot, d’origine incertaine, pourrait être b DU verbe dérivent FLAGORNEUR,EUSE adj.
un dérivé de flageolet 4lûte à becD au sens ancien cv.14403et FLAGORNERIE n. f. ( 1582, flmensonge»).
de *jambe grêlen I-3 0 flageolet), mais cet emploi
n’est attesté qu’au xrxe s. ; un ancien verbe flageoler FLAGRANT, ANTE adj. est un emprunt
IXILI~s.) cjouer de la flûte, (4 flagorner) a disparu. (av. 1413 au latin classique flugru72s ((brûlant, en-
P. Guiraud propose de le rapprocher de l’ancien flammé)), du participe présent de flugrure &m-
fkan@s flaeller 4tre agile, palpiter>>, du latin impé- bern, utilisé au figuré kwisible et immédiat comme
rial flugellare abattre avec le fléau, (-+flagelIer), le feu4 en bas latin juridique dans la locution flu-
d’où aagiter>>. grunti crimine aen flagrant délit*. FZugrure se rat-
tache comme fulgur (+foudrel à une racine in-
+ Du sens d’«avoir les jambes qui tremblentn, on
doeuropéenne “bhleg- cbrillern.
passe par figure 51celui de eprendre peurB (me 4.
+ L’adjectif s’applique à ce qui est commis sous les
F De flageoler dérivent FLAGEOLANT, ANTE adj. yeux de la personne qui le constate, en parlant d’un
11833, G.Sand) et FLAGEOLEMENT nm. (1894,
délit (av. 1413, faict flugruntl, d’où flagrant défit
Goncourt). (av. 1615) abrégé plus tard en argot ( 19351 en kg,
0 FLAGEOLET n. m. est le diminutif (1230, fhgue. Par extension (av. 18503, l’adjectif qualifie ce
fiajolet) de l’ancien fknçais flujo2, flageo2 4lûte» qui n’est pas niable.
(v. 11601, issu d’un latin populaire oftabeolum, dé- b FLAGRANCE n. f., terme de droit ( 1611) repris au
rivé du bas latin ftabrum, du classique flubru, plu- XY s., est demeuré rare.
riel neutre signZant NsoufBes (du vent)», de flare,
flubellure asouBler=. Ce verbe se rattache à la ra- FLAIRER v. tr., réfection (XIII~s.1 de ~uirier Sn <
cine indoeuropéenne “bhl- &otier>> (+ enfler, souf- XII~s-3,est issu d’un latin populaire *flugrure qui al-
fier) . tère par dissimilation le classique frugrure aexhaler
une odeur agréablem Ed. fiugrunce1 et au contraire
+ flageolet =flûte à bec)) a eu par analogie de forme
«puerm.
le sens de ajambe grêlen, attesté seulement au
xrxe s. 118133 mais qui serait plus ancien s’il a servi 4 flairer a eu le double sens du latin En XII” s.) et si-
d’origine à flugeoler (voir ce verbe). me aussi =découvrir par l’odeur» (12001, d’où
<<sentir pour découvrir qqch.)) (16361, notamment en
0 FLAGEOLET n. m., d’abord dans l’expres- parlant des chiens de chasse. Au figuré ( 1538) il
sion haricot flujolet ( 1813 en tiançais général), est équivaut à <<pressentir>>.
DE LA LANGUE FRANÇAISE 1437 FLAMENCO

w Le déverbal FLAIR n. m., d’abord Nodeur>> Le verbe a aussi fourni FLAMBAGE II. Xl. @CtiOII
Cv. 1175) et désignant l’odorat Cv. 1265, d’un homme), de flamber-m ( 177 11, FLAMBEMENT n. m. rare, aussi
ne s’emploie plus qu’à propos du chien ( 15551 et gé- terme technique 11922). 0 FLAMBEUR, EUSE Il.
néralement des animaux. Figurément, il se dit de Kjoueur qui joue gros jeu)) 11885) est d’abord argo-
l’aptitude instinctive à deviner kxe s., avoir du tique puis familier.
hir; cf. avoir du nez). FLAMBE n. f. &mme~~ a été repris pour désigner
FLAIRE~R, EWSE n. et adj+ s’emploie (1539; adj. une variété d’iris en forme de flamme (13141 et une
v. 19001 au propre et au figuré. épée à lame ondulée. 4 FLAMBOYER v. tr. est une
réfection (XII~s., flamboierl de flambeier &tinceler*
FLAMAND, ANDE adj. et n. est la réfection ( 10801, dérivé ancien de flambe &mme~~ ; il si@e
sufkale de flameng 110801, du germtique fia- aussi ( 1690) <(jeter des fkmmes~ et, par extension,
meng, adjectif ethnique correspondant aux aune lumiére éclatanten. - @ FLAMBOYANT,
Flandres. ANTE adj. et n. m., resufkation de flambeant
+Le mot qualiCe et désigne les personnes et les (xrle s.1, a des sens parallèles à ceux du verbe; il
choses des Flandres, aujourd’hui néerlandaises, s’utilise aussi en architecture 11830 ; mil. xrxe s.,
belges ou françaises, notamment pour quatier une n. m.) pour quamer le style gothique du xve s., à
école de peinture. oLe flamartd n. m. désigne cause de la forme ondulée de certains ornements.
(1842) l’ensemble des dialectes néerlandais parlés ~FLAMBOYANT n. m. (1895) est le nom d’un
en Belgique. arbre tropical à fleurs rouge vif. +FLAMBOIE-
MENT n. m. &clat de ce qui flamboie>) (xv” s., flam-
FLAMANT n. m. est emprunté d’abord comme boyementl est repris au xrxes. (1839) pour «couleur,
adjectif (1542, oranges ftammans, Rabelais) au pro- aspect de ce qui flamboie>).
venqal flamenc, dérivé de flamma &mme~ FLAMBARD n. m. (XVIII~s.) ou flarnbati (1285) dé-
b-dhnme) à cause de la couleur du plumage. Le signait, comme l’ancien dérivé flambat, la graisse
mot correspond au grec phoinikopteros aaux ailes qui provient de la cuisson des viandes, et est le nom
d’un rouge de pourpre» I-+ phénix). donné (1690) au charbon à demi-consumé. 0 Par fi-
+ Le nom désigne un grand échassier au plumage gure, il a Sign%é agai luron)) (18371, encore dans la
en général rose vif Iflamant rose). locution faire le flambard 4e fanfaron>>, et comme
adjecttif, <<quia belle allure# (18973 ou aprétentieux%.
FLAMBER v. est dérivé Cv.1165) de flambe *feu FLAMBEAU n. m., autre dérivé de flambe avec le
cltirn (1080; jusqu’au XVII~s.), forme dissimilée de s&xe -eau C13931,désignait une grosse torche de
flamble &mrne~, issu du latin flammula, diminutif cire, d’où au figuré se passer, se transmettre le
de flamma &rnrne”~. Il a remplacé l’ancien verbe flambeau, par allusion à la course des flambeaux
flammer (XIII~s.1 qui venait du latin ttammare. dans la Grèce antique ; par métonymie @n XVI~s.1il
+ flamber en emploi intransitif a eu Iv. 1165) le sens se dit d’un candélabre. 0 Au figuré et littéraire, le
de abrillep (en parlant d’un métal). oDe l’accep- mot s’applique ( 1690) h ce qui éclaire intellectuelle-
tion concrète de ubrûlern IXIL~~s.) tient celle de *pro- ment (cf. lumiérel ; il s’emploie aussi par métaphore
duire une vive lumîèren (1552) et, au figuré, cêtre (mil. xvre s.) dans des locutions sorties d’usage ou
animé d’une vive ardew Iv. 15701, plus tard et sorti littéraires : le flambeau de la guerre 11594, de Ja
d’usage aattirer l’attention sur soi par son éclat)) victoire, de la liberté.
(18431. Q Par ailleurs, employé transitivement @ Voir FLAMBERGE, FLAMME.

flamber Sign%e ( 1393) *passer (qqch.3 à la flamme», FLAMBERGE n. f. est une altération (15813,
d’où 11680) Marroser (un mets) d’un alcool que l’on de flambe <flamme>>I+ flamber), de
par attraction
brûle>>, emploi courant au participe passé (crêpes noberge Cv.11801,nom de l’épée d’un héros de
ftambées, omelette flambée, etc.). Q Par figure, le chansons de geste, Renaud de Montauban ; le mot
verbe a Sign%é aruiner (qqn) au jeu>> ( 16761 puis, reprend le germanique “Troberga, attesté comme
sans complément, cdépenser beaucoupm (1865,
nom féminin.
intr.1; II. reste aujourd’hui dans l’argot du jeu pour
-jouer gros jeun (1878, intr.). hre flambé <ruiné, + FZamberge a désigné jusqu’au XVIII~s. une longue
épée à lame fine et s’utilise encore dans la locution
perdw s’est employé plus longtemps que l’adjectif.
En ces sens, la métaphore n’est pas seule en cause, mettre ffamberge au vent (1629) <<tirer l’épée>) et, au
figuré, ((partir en guerren ( 1673).
le verbe se rattache à un emploi de flambe n. m.,
forme abrégée de flambeau ((jeu d’argent» 11845) : FLAMENCO n. m. et adj- est un emprunt à
on plaçait autrefois les enjeux auprès d’un flam- l’espagnol flamenco adjectif signSant autrefois
beau, en pleine lumière (cf. l’ancienne expression ~originaire des Flandres, flamandn kwe s.), em-
mettre une somme au flambeau, 1829). prunté au néerlandais flaming et attesté depuis
k FLAMBÉE n. f., d’abord «embrasementa Iti 1870 pour désigner les Gitans d’Espagne qui étaient
XII~s.), désigne un feu vif de peu de durée 11320) et, venus des Flandres.
par figure, l’explosion d’un sentiment violent 11848) + Le mot a d’abord désigné en lançais Za langue
ou une brusque hausse des prix (xx” S.I. des Gitans (1890) et les Gitans eux-mêmes ( 1899) ;
FLAMBANT, ANTE adj. s’applique à ce qui a l’éclat c’est aujourd’hui le nom d’un genre musical anda-
du feu (v. 11701 et au propre Ixvr” 5.1à ce qui flambe ; lou qui associe le chant dit tante jondo <chant pro-
l’adjectif s’employait seul au figuré ( 1837) au sens fondm et la danse ( 1838, adj. ; 1927, n. m.) ; da;ns le
de csuperbe», valeur qui subsiste dans flambant contexte de cette musique, flamenco peut s’appli-
ne&tout ne6 E1808). quer à des personnes 119261,à la guitare.
FLAMINGANT DICTIONNAIRE HISTORIQUE

FLAMINGANT, ANTE adj. et n. est dérivé + Le mot conserve le sens de l’étymon, &ncetten ; la
( 1432, de fiamerzg, forme ancienne de
flamngmz.d confusion avec QI flamme s’explique par les em-
flamand. Le verbe picard tiaminguer <<parler fla- plois figurés.
mandm n’est relevé qu’à l’époque moderne.
4 L’adjectif se dit d’une personne qui parle fla- FLAMMÈCHE n. f., réfection (v. 1280) de flam- @
mand. Il a pris au XVII~~s. une valeur particulière, mesc!w (XII~s. au XVI~s.), représenterait un croise-
s’appliquant (172 1) à une personne qui, défen- ment entre le hancique “fuluwisku Ireconstruit
dant la culture flamande, s’oppose à l’tiuence d’après l’ancien haut allemand fuluwisca acendre
de la France et au français en Belgique; de là chauden, le moyen allemand vulwische &m-
pati flamingant ( 19011 et l’emploi comme nom mèche4 et le latin flummu I+ 0 flamme). On trouve
( 1902). aussi en ancien tiançais les formes fulemesche,
fuumes Idéb. XIII~s.1,et les formes dialectales Ne-
.Le dérivé FLAMTNGANTISME n. m. désigne vache, fulivoche au xvie s. (cf. aussi l’italien ar-
Idéb. me s.) la doctrine des flamingants. chaïque falaveskal. Pour P. Guiraud, si ces formes
@ voir FLAMENCO. dialectales sont peut-être issues du germanique, le
mot Rummesche =Parcelle enflammée issue d’un
0 FLAMME n. f. vient Gn xe s.1du latin fiarnma foyern et sa variante norrnanno-picarde fulemesche
«flamme, feu, au propre et au figuré, formation ex- (XIII~s. et XIV~s.1 seraient des composés de flummu
pressive issue de Oflags-ma, qui se rattache à une et du moyen timçais esche aamadow, acception
racine indoeuropéenne “bhleg- abrillep, comme dérivée de esche* «amorce pour le feu)) (du latin
fulgur (+ foudre), flugrure (-+ flagrant). escu flnourrituren puis ((amorce, appâtA.
4 flamme, par extension du sens propre apartie vi-
sible du feu= En x” s.), s’emploie au pluriel pour Gn- FLAN n. m. est l’aboutissement En XIII~s.) de $
cendie}) ( 1617) et spécialement asupplice du feu> fluon Iv. 11801, lui-même de fludon (fin XI~s.1, issu
(16901, par exemple dans p&-ir pur les ftammes mx d’un francique “flado restitué d’après l’ancien haut
le bûchep). 0 Utilisé par métaphore pour apassions allemand ~~UG!O «galette, crêpeB (cf. allemand
en ancien &ançais (v. 11761, le mot a le sens de (<vive Fhden) .
ardeur, enthousiasme)) ( 15801, en particulier dans 4 Le mot a d’abord 61x1~ s.) le sens technique de
être tout feu tout flamme, et à l’époque classique 4îsque destiné à recevoir une empreinte par pres-
de <<passion amoureuse> (déb. xwe S.I. Il se dit éga- sion>, d’oh son emploi tardif en typographie (18721.
lement d’un éclat brillant (av. 1648). +Parallèle- 0 Il est utilisé comme terme de cuisine, désignant
ment flamme prend des valeurs analogiques une crème que l’on fait prendre au four dans un
d’après la représentation ondoyante des flammes. moule (XIII@s. ; 1180, ftuon), comme le bas latin flado
C’est le nom d’un étendard de forme allongée I~I~s.1,emprunt au germanique. L’expression fami-
(v. 12101, aujourd’hui encore en marine, d’un ome- lière en être (en rester) comme deux ronds de flan
ment long et ondé (1690), d’une sorte d’iris (1872; (c’est-à-dire comme deux QSOUS~«être ébahi= (1892)
cf. flambe + flmber) et de la marque postale allon- vient peut-être de ce sens mais n’est pas expliquée.
gée apposée à coté du cachet sur une lettre (xxe S.I. Les locutions familières à lu flan, au ïZun ~sans soin ;
0 Flamme (voir ci-dessous) s’est rattaché à ce sé- au hasard» et l’exclamation du flan! (1843) ne sont
mantisme . pas plus &ires.
b Le mot a fourni quelques dérivés techniques ou
archaïques : FLAMMETTE n. f., autrefois <<petite +k FLANC n. m. a probablement été refait (10803 4
flamme* (13721; FLAMMEROLE n. f., sorti d’usage sur l’ancien français fEanche (XI” s.), issu d’un fran-
pour cfeu follet>) (xv” s.), aujourd’hui <banderole, pe- cique “Mankza cpartie latérale du corpsn, sens ana-
tite flanxmen en marine 11872) ; FLAMMÉ, ÉE adj. logue à celui de côte, côté et attesté par l’ancien
Nen forme de flamme- (17801. - FLAMICHE n. f. haut allemand lartchu, le moyen néerlandais lanke.
( 1568) mot régional du nord de la France Murnique, 4 Le mot français a gardé ce sens, employé dans
xve s.1désigne aujourd’hui une tourte aux poireaux flanc ;i ffanc ~OC.adv. (15581 et diverses locutions fi-
(en français régional Ramique aux potins). gurées comme se battre les flancs (17641, familier,
Le composé LANCE-FLAMMES n.m.inV. 11916; être sur le iknc (1865) &puis&. Par extension En
de lancer) désigne un engin de combat projetant XII~s.) il a pris celui de Mpartie du corps où la vie
des liquides etiammés. semble logée, car les organes vitaux [cœur, foie1
@ Voir ENFLAMMER. FLAMANT. FLAMBER, @ FLAMME. sont latéraux, cependant que les flancs de la
FLAMMkCHE. femme désignent (1273) l’utérus (comme, par une
autre métonymie, le sein). 0 Par analogie, fluptc dé-
0 FLAMME n. f. est la réfection, d’après signe la partie latérale de qqch. En xrr~~s., flanc
@ #Zumme Idéb. x~? s., flame), de flemti (XI~s.3, d’une montagne)+ Une valeur spéciale 11559)
flieme EV.12001, issu d’un latin populaire “fletomus, concerne le côté droit ou gauche d’une troupe, par
altération du bas latin Rebotomus, phlebotomus opposition au centre (cf. aile), d’où la locution pti-
<<lancette de vétérinaireB @II we s-1;le latin reprend ter Ie flac A.. ( 17401, au propre et au figuré.
le grec phlebotomos, composé de phleps, phlebos b Le mot a fourni plusieurs dérivés et composés,
<<vaisseau sanguh et de temnein «couper+ qui se soit de #Zunc,soit de la forme ancienne flanche. * Le
rattache à une racine indoeuropéenne Otem- «cou- diminutif FLANCHET n. m. (1376, &hnc4 désigne
per’) (+ -tomiel. un morceau du bœuf ! 1393).
DE LA LANGUE FRANÇAISE 1439 FLASH

On doit distinguer deux verbes transitifs FLAN- FLANELLE n. f. est emprunté Iv. 1650) à l’an-
QUER ; le premier est attesté depuis le XVI~S. (1555, glais flunnel attesté depuis 1503 pour désigner un
Ronsard) au sens général de «garnir les flancs, les tissu de laine. Le mot anglais représente le moyen
côtés» ; il est utilisé dans le domaine militaire 11564) anglais flanen, issu du gallois gwlunen cvêtement
et architecturale (1568) et signi& par extension *se de lainem, dérivé de gwlan <laine}), mot rattaché à
trouver près de qqch.>>. -Le second FLANQUER une racine indoeuropéenne ‘wel ~+laine), qui a
(1596, aattaquer de flanc4 est probablement une ré- donné pool en anglais.
fection de l’ancien verbe ftaquer Iv. 1560, alancer + Le mot fait partie d’une série de noms de tissus
qqch. brusquement, ; +flaic) SOUS l’influence de empruntés à l’anglais, ce qui s’explique par l’im-
flanc au sens militaire. 0 D’usage familier, il signi- portante de l’industrie textile en Angleterre. F’la-
fie (1680) “appliquer (un coup) brutalement ou brus- nelle, employé dans des syntagmes usuels @et,
quement, et par extension ajeter, lancer rude- ceinture de flunellel, est devenu par figure le sym-
ment» (1808; av. 1850, f&mquer gqn à la porte) et bole d’une vie douillette (v. 1850).
«donner>> (un coup, la tiousse, etc.), dans le même
type d’emplois que ficher et foutre. Le pronominal FLÂNER v. intr., attesté tardivement (18081 en
réfléchi est attesté depuis 1690 (se flanquer par français général, est un verbe d’origine dialectalle
terre). (en Normandie, flann&r ctparesserm, 1638) que l’on a
Encomposition flancasemiàfomerBAT-FLANC rattaché à l’ancien scandinave ftunu mourir çà et
n. m. inv. ( 1881, bas-flanc, plus tôt en Anjou; de lb (cf. norvégien flana ase promenera).
battre) désignant la cloison qui sépare les chevaux + Fhîner si@e cse promener sans hâten et <<rester
dans une écurie puis un lit de planches. + Un autre à ne rien faire».
composé est EFFLANQUE, ÉE adj. 11S73, esflan- b Il a servi à former plusieurs dérivés. *FLÂ-
qué; 1390, efnanctie ttmaigrem, c’est-&-dire adont les NEUR, EUSE n. CpersoMe qui flâne*, attesté isolé-
flancs sont creusés4 ; lu rage efhnchée 113901est la ment au XVI’ s. (15851, a été repris ( 1803) puis utilisé
rage qui épuise, fait maigrir l’animal. comme adjectif (1829). -FLÂNERIE n. f. 11826) est
EnkTIRE(-)AU(-IFLANC n. m.inv. (1887) vient de d’abord dialectal ( 1622, en Normandie). + Le déver-
l’expression tirer au flanc &er (s’en aller) sur le bal FLÂNE n. f. (1866) est assez rare, comme les dé-
côtén, c’est-&-dire <<sedérober» (comme tirer au cul rivés FLAN~CHER v. într. 118621, précédé par
Ben arrière4; d’abord utilisé dans l’armée pour FLÂNOTER v, intr. (18391, archaïque.
parler d’un soldat qui cherche à échapper aux cor-
vées, le mot a le sens générai de aparesseuxm. FLAPI, IE adj. est peut-être dérivé (18901 d’un
@ Voir FLANCHER. verbe banco-provençal flupir +m~oXlir, abattre»
(xv” s. ; cf. fluppye MabattueB, 14861,d’une racine flup-
FLANCHER v. intr. est d’origine incertaine «flétri, moun : (l’adjectif flup est attesté dans les par-
(1835). Il pourrait venir, par changement de conju- lers de la Suisse romande). Cette racine est formée
gaison, de l’ancien français flenchir {(faiblirm (XIII~s.1; à partir d’un latin populaire “falappu, altération du
ce verbe était issu du fkancique “hlankjun -plier, latin médiéval faluppu «brin de paillen Ix” s-1[+ en-
fléchir= devenu “hlenkjan (cf. moyen haut allemand velopperl .
lenken), mais l’écart chronologique fait difkulté et + FZapi qutie familièrement une personne très fa-
les sens argotiques antérieurs à 1850 semblent sans tiguée et s’emploie surtout comme attribut.
rapport. On a supposé aussi que flancher était une
altération de fiacher CmollirD, construit sur flache FLAQUE n. f, est la réfection (1564) de flasque
(+ flaque). P. Guiraud suggère que flancher est un (fin XIII~ s-1 qui représente la forme picarde de
dérivé de flanc; du sens de atomber sur le flancn, on flache Klieu plein d’eau et de boue* (13411, substanti-
passerait à celui de ((se détourner du combat>>, en- vation de l’ancien adjectif tZuche «mou, creux». Il
fm à c<cédep : évolution satisfaisante pour le sens s’agit du féminin de tiac Iv. 11801,issu du latin flac-
(cf. tirer au flanc) mais hypothétique. tus, de même sens. Cet adjedif, probablement in-
doeuropéen, a un dérivé fluccidus qui est à l’otigine
4 Le verbe a signifk en argot mjouer>>( 1835) et cplai-
de 0 flétrir et a donné le mot didactique FLAC-
santep (18461, peut-être d’une autre origine, et
CIDE adj. &squeB> 11611) d'où FLACCIDITti n. f.
s’emploie pour <<céder, faiblir>> 11862). Il est devenu
(1756). Dans le nord de la France, flache a pu être
courant et à peine familier.
rapproché du moyen nherlandais vlucke aétang
b Le dérivé péjoratif FLANCHARD, ARDE adj. maritime».
(1880, Verlaine) semble avoir précédé FLAN-
+flu+e désigne une petite nappe de liquide sta-
CHEUR,EUSE adj. 11943).
gnant. Dans le Centre, on emploie encore le mot
pour *creux dans une route-.
FLANDRIN, INE adj. et n. dérive (2” moitié
du xve s.) de Hun&e, nom géographique. b FLACHE n. f, reste d’emploi régional (Rimbaud
l’utilise) et a aussi des sens techniques.
4Le mot désigne (xv” s., adj.), presque toujours De l’ancien flache «~OU~ dérive FLACHERIE n. f.
dans grund flandrin (16401, une personne élancée (1870-18711, nom d’une maladie mortelle des vers à
et molle, qutication injurieuse venant de la répu- soie, qui les rend flasques.
tation des valets flamands, souvent de grande + Voir 0 FLASQUE.
taille, à comparer avec celle des Picards. L’adjectif
a Sigdé au mes. (av. 15251 tide Flandre» (-+fla- FLASH n. m. est emprunté (1923; 1918 comme
mandl sans valeur péjorative. mot anglais1 à un nom anglais Sign%ant «éclair,
FLASQUE DICTIONNAIRE HISTORIQUE

lueur soudaine, (15661, du verbe to flash d’origine cencourager avec une complaisance blâmableD
onomatopéique. Ixvne S.I.0 Par extension, le verbe correspond à aaf-
4 Terme de cinéma ( 19231 d’après un emploi rkcent fecter agréablement les sens» (16311 et acauser une
de l’anglais flash (19131, flash &clair~ est pris au vive satisfaction* (1643).
sens temporel k-f. en français une guerre éclairl, dé- b Les dérivés FLATTERIE n. f. (12651, qui désigne la
signant une scène rapide d’un fYrn. Par extension, qualité de flatteur et (une flatieriel une parole flat-
il équivaut à «courte nouvelle transmise en prio- teuse, et FLATTEUR, EUSE n. (13421, resukation
rité>) (19391 et, spécialement, à abref compte rendu>> de flateour (12201, aussi adjeckifI1558; mil. xv” s., fla-
(à la radio, à la télévision). Dans le domaine photo- teresse), ne s’utilisent pas à propos de caresses
graphique (v. 19501, il signSe &clak lumineux>> mais seulement en parlant de louanges. L’adjectif
(l’anglais emploie fhshlight, 1890). 0 Par réem- est souvent employé en négation ke n’est pas ht-
prurit à l’anglais, flash se dit Iv. 19i’31 d’un état de teurl.ofl a servià former FLATTEUSEMENTadv.
plaisir provoqué par la drogue d’où FLASH& ÉE 11552).
adj.
b FLASH-BACK n. m. s’est introduit dans le voca- FLATULENT, ENTE adj. est un dérivé sa-
bulaire du cinéma (1923 pour parler d’un retour en vant (15751, peut-être sur le modèle de féculent, du
arrière dans un film - par extension dans un récit latin flatus asotie, vent- et <gaz accumulés dans
119551.Le mot est composé en anglais de fla& et l’intestin», nom dérive de flare «soufIlep) (+ enfler).
back aen arriére>). + L’adjectif est un terme de médecine, qutiant les
gaz intestinaux.
0 FLASQUE adj. serait selon Bloch et Wart- ä Son dérivé FLATULENCE n. f. (17471 appartient
burg une simple variante de flaque* (14211, le s au même usage. +Avec d’autres Su&es, FLA-
ayant été prononcé pour rendre le mot plus ex- TUEUX, EUSE adj. ( 1538) qui correspond au latin
pressif. Pour rendre compte de ce S, P. Guiraud m%iévd fhtuosus (x# s.) et FLATUOSITÉ n. f.
suggère l’existence de dérivés gallo-romains de (1552) sont plus rares.
flaccere cdevenir moun (dérivé de ftaccw -3 flaque)
sous les formes “flaccitare, “flaccïkare; on connaît FLEAU n. m. est l’aboutissement (XIII~ s.) de II&~ a
plusieurs variantes de flasque: flac, flache, flaqw En x” s.), flael I~II~s.), formes issues du latin clas-
flacque encore au xwe siècle. sique flagellum afouet» et au figuré ~cakmité~ (di-
U’lusque est utilisé d’abord en parlant de l’eau, minutif de flagrum <fouet%,S~IIS origine connue) ; il
probablement au sens de astagnants (14211. Au- se spécialise en bas latin Irv” s.1 au sens d’&stru-
jourd’hui il se dit 11540) d’une personne sans force ment à battre le blé», de Npunition (venue de DieuIs
morale, d’un style urnow et qualiCe 115921 ce qui et de Npeinen en latin chrétien.
manque de fermeté. 4 E%au a repris ces deux valeurs du latin. 11 est
‘$’ Voir FXAGADA b-t. FLAC). d’abord attesté au figuré, au sens de Npeine» En
x” s.) et désigne encore depuis le XVI” s. (15801 une
0 FLASQUE n. f. réfection Exwes.) de !Esche personne ou une chose funeste qui semble être
EV.12001, flaske (13221, vient probablement, comme l’instrument de la colère de Dieu, d’après le latin
flacon, du bas latin fiasco ebouteille pour le vin) flagellum domini nfléau de Dieu*, notamment em-
(aussi flasca, VII~s.1,dérivé du germanique *fluska. ployé à propos d’Attila. 0 Depuis l’ancien fknçais,
4 Il a désigné une bouteille (13221, aujourd’hui fléau désigne l’instrument servant à battre les
(18721 un petit flacon plat. grains de céréales ( 11781, ainsi qu’une arme de
Le sens ancien de apoire à poudres 115351 est un guerre de forme analogue, dite fléau d’armes
emprunt au catalan fiasco, de même origine. Iv. 1130). Le mot s’applique aussi 11549) au levier
d’une balance.
FLATTER v. tr. vient Iv. 1165, flater) d’un fran-
cique “flatjan <passer le plat de la main+, de “flat 0 FLÈCHE n. f. est probablement issu En du @
eplatm (cf. l’ancien haut allemand flux, l’anglais flat) ; XI~s.) d’un francique “hgika, forme restituée
l’ancien français avait aussi le verbe Mer, flatir Kje- d’après le moyen néerlandais vlieke ((penne, arme
ter à plat» Iv. 11553. de trait= et l’ancien bas allemand fliuca w-me de
+FZatier, d’abord au figuré, a signifié achercher à trait}), du verbe “fliugon wolerm. Le mot francique se
tromper en déguisant la véritéB d’où à l’époque serait appliqué à l’arme de trait, par une méta-
classique se flatter use bercer d’illusionsn (av. 15591, phore très naturelle. Pourta;nt P. Guiraud propose
aujourd’hui Uter gqn de qqch. 4aisser qqn faus- de voir dans fléck le déverbal de fléchir*, d’un latin
sement espérer» (1669). Par extension ktier signi- populaire o#Zectiçare, issu du latin flectere <plier))
fie @louer excessivement ou faussement (qqn) pour parce que le verbe signifSt aussi knprimer une
le séduireu CMO, d’où vient le sens de tifaire pa- direction-, la flèche étant aussi ce à quoi on im-
raître plus beau que la réalitém I 16671et se flatter ati- prime une direction. Quoi qu’il en soit, le mot fléche
rer orgueil den (1661). * Natter Sign%e concrète- a éliminé l’ancien français suiete, suete (mil. me s.3,
ment (xv” s-1ccaresser avec le plat de la mainm d’où, issu du latin classique sagttia (cf. les mots savants
par extension et sorti d’usage, cmanier Iqqch.) avec sagittaire, su@talI.
douces (15321, Spécia[lement à l’époque classique + flèche <trait qu’on lance» En ~~ s.1 a pris dès le
aapaiser une douleur morden (1580) et 4raiter moyen âge le sens figwé de ccc qui avance en
(qqn1 avec trop d’indulgence> 11580), aujourd’hui pointe» (1380, fEesche; cf. attelage en. ftèchd et plus
DE LA LANGUE FRANÇAISE 1441 FLÉTRIR

tard ~VII~ s.1 celui de <<pointe d’un clochern. * Par meur, mucusti, repris par la langue médicale au
métaphore de la flèche et de l’arc, fièche est em- grec phlegma (+ phlegmon).
ployé en géométrie (1690 J553, attestation isolée) +D~IX la médecine ancienne, flegme désignait
au sens de ~per-pendiculaire abaissée au milieu l’une des quatre humeurs du corps (cf. lymphe) a&
d’un arc de cercle sur la corde qui le sous-tendn. tachée à un type de compotiement (cf. humeur) et,
0 L’idée de vitesse se retrouve dans partir comme comme en latin, une mucosité (av. 1593; 1510,
une flèche et celle de projectile dans les locutions fleurne). Le flegme, humeur eoide, correspond à
faire ffèche (faire flèche de tout bois, 1611, déjà ccomporkement calme>>, sens devenu courant ( 1651,
v. 1300, faire flèche du meillor fust) et en flèche; Scarron) .
l’emploi métaphorique ( 1690) dans les fléches de b FLEGMATIQUE adj ., réfection (14951 de fleurna-
I’amow, de Cupidon, etc. est vieilli; au figuré (17011, tique II~I~>, est emprunté au bas latin phlegmati-
le mot désigne une Maque tigUsée, un trait que tus, lui-même pris au grec phlegmatikos, dérivé de
l’on lance à la &I d’une conversation Icf. aussi la phïegma. 0 Le mot s’est employé en médecine et a
ff&che du Parthe), par allusion aux Parthes qui ti- suivi l’évolution de fEeE;lme,prenant ( 1674) le sens de
raient en fuyant. 0 Par analogie, le mot désigne un <calme et froida. Aujourd’hui détaché de la physio-
symbole représentant une flèche notamment pour logie des humeurs, flegmatique était autrefois lié à
indiquer une direction ( 18531, d’où les dérivés fié- bile Mieuxl, atrubile Catrubilairel, sang kanguin1.
cher, fléchuge (ci-dessous). Culturellement, le flegme caractérisait à l’époque
b FLÉCHETTE n. f. diminutif de flèche, est employé classique les Espagnols, ce caractère passant au
au propre (1895) et au figuré (18961. Le mot au plu- XIX~ s. aux Britanniques. dl a pour dérivé FLEG-
riel désigne aussi par métonymie le jeu qui MATIQUEMENT adv. (1772). +FLEGMATISME
comporte des fléchettes lancées sur une cible. XI.m. (1946, Mounier) est d’abord un mot didactique
FLÉCHER v. tr. «atteindre d’une flèchen (lX’31, sens de caractérologie.
disparu, signSe aujourd’hui “garnir de flèches (un 49 voit-FLEMME.
iktératieb (av. 1933) et a fourni FLÉCHAGE n. m.
(mil. xxe s.) et le participe adjective FLÉCHÉ, ÉE FLEMME n. f. est un emprunt (1821, flème; fin
adj . ( 1913, Proust), par exemple dans parcours fié- XVIII~s., en apposition) à l’italien flemmu alenteur,
Ché. placiditéu (XVI” s-1, désignant d’abord l’une des
quatre humeurs du corps (XIII~s.1, lui-même em-
0 FLÈCHE n. f. représente (2” moitié du XIV~~.) prunté au bas latin phlegma C+ flegme).
un croisement entre l’ancien picard flec Mpièce de +En fi-ançais moderne, le mot sime familière-
larda (v. 12501, emprunté au moyen néerlandais ment flparessefi.
vlecke, et l’ancien français fliche (v. 1175). Ce der-
b En dérivent FLEMMARD, ARDE adj. et n. ( 1874,
nier mot est une réfection du normand clique, issu
fléwLar& sur lequel a été formé FLEMMARDER
de l’ancien nordique flikki se rattachant à un type
v.intr. (19051, qui a éliminé FLEMMER v.intr.
germanique “fEatikoz, cornme l’anglais flesh et l’al-
(1894) dérivé dire& de ~~~~~~,~~FLEMMARDISE
lemand Heisch «chaira. L’influence de 0 flèche,
n. f. Cv.19501.
s’agissant d’une pièce allongée, n’est pas exclue.
Le dérivé plakant FLÉMINGITE n.f. est formé
$ Ce terme technique désigne une pièce de lard le- d’après méningite pour désigner familièrement
vée sur le côté du porc. une paresse &guën comme une grave maladie.

FLÉCHIR v. intr. est une variante k. 11601,par FLÉTAN n. m. est d’origine incertaine (1554); il @
substitution de désinence et avec changement de pourrait être emprunté au néerlandais “vleting, de-
conjugaison, de l’ancien français fiechier (v. 11301, rivé du moyen néerlandais vlete «sorte de raien ; ce
issu d’un latin populaire Oflecticwe, kéquentatîf du dernier a été emprunté en lançais sous la forme
latin ckwique flectere Mcourber, ployer-, <<faire cé- flet n. m. ~III” s-1,nom d’un poisson plat comestible,
der qqn>’ et aussi Gnfkhir, dirigerm (+ flèche). dont pourrait dériver flétan.
4 Le verbe conserve les sens propre (v. 1175) et fi- + Le mot désigne un grand poisson plat comestible
guré (v. 1160) du latin, d’où les emplois pour ({cesser des mers froides, plus connu dans le nord de l’Eu-
de résisterm (v. 1190) - aussi fléchir 9, encore à rope qu’en France : de là l’emploi sporadique de
l’époque classique - et adiminuer d’intensité, de l’anglais hulibut pour le désigner.
vtieurn (1580). 0 Par extension ii a signifié «modi-
fier (une forme linguistique) par une flexion)) I& s.), 0 FLÉTRIR v. tr. est un dérivé Iv. 1120, fleistrir, o>
va[leurconsewée par FLÉCHI,IE adj. (1916). ink. ; v. 1160, fiestir) de l’ancien adjectif fluistie,
bFLÉCHISSEMENT n. m. est aussi employé au fiestre &squem (XII~s.), aboutissement oral du latin
propre 11314, flecissement) et au figuré. +FLÉ- flaccidus, de même sens, dérivé de flaccw
I+ 0 flasque).
CHISSEUR adj. et n. m. (1575) est un terme d’ana-
tomie, désignant un muscle qui ufait pliern. 4 II signiCe <<faire perdre sa fomne, ses couleurs (en
@ Voir FLEXIBLE [et FLEXION), INFLEXION [et INFLI?CHIR). parlant d’une plante), sa fraîcheur (en parlant du
corpsl~; il s’emploie dès l’origine au figuré, au sens
FLEGME n. m. représente ~III~~., en ancien lié- de afaire perdre la puretéb Ià un sentiment, etc.).
geais; 1538, @leme) une réfection étymologique, .Le dérivé 0 FLÉTRISSURE n. f. (XV” s., fletrts-
par emprunt au latin, de l’ancien fiançais fleurne seurel a des sens parallèles à ceux du verbe. + FLÉ-
(12563 ou fleugme (12731, du bas latin phlegtnu ahu- TRISSEMENT n. m. ~1912) s’emploie pour une
FLÉTRIR DICTIONNAIRE HISTORIQUE

plante qui flétrit & cause d’une maladie et, à propos fleurm ; au figuré, il se disait d’un propos galant
de personnes, au sens de wieiUissement> 119351. 116331, sens encore vivant dans conter fleurette
bme s.).~FLEURETERv.intr. Signifïaitenmoyen
@ 0 FLÉTRIR v. tr. représente une altération fkançais (XVI” s.1 woler de fleurs en fleur+. Son em-
(mil. xv” s., ne&+), d’après 0 flétrir, de flustrir ploi pour afaire la cour, conter fleuretten tient de
( 12501, lui-même de l’axien verbe flatir *tomber ou l’anglicisme flirter* - et non l’inverse, comme on le
jeter par terre= Iv. 11751, issu probablement d’un croit souvent.
tiancique “Ratjan <passer le plat de la main sur...~ FLEURIR v. est une réfection (XIII~ s.) de titir
(-+flatter), de “flat aplatn, radical qu’on retrouve (XII~s.1, d’abord attesté au participe passé dans
dans plusieurs langues germaniques, notamment barbe fleurie (10801, attribut traditionnel de l’empe-
l’angltis. reur Charlemagne dans les chansons de geste. Ce
4 Le verbe sime d’abord (1250, flaskk) «marquer verbe est issu d’un latin populaire “flotire, altéra-
d’un fer rouge en punition d’un crimeB, spécialisa- tion du classique florere Gtre en fleurs, au propre
tion liée au droit criminel médiéval. Par extension et au figuré, dérivé de flos. +Le verbe apparaît en
-et comme l’expression marquer au fer rouge - emploi métaphorique et signifie as’épanouirn au
et par influence de flétrir pour la péjoration, il a pris propre Iv. 1160, intr.) et au figuré à propos des arts,
le sens de avouer à l’opprobre» I1611, titrirl. des talents, etc. Iv. 11601. Il veut dire egalement
b Le dérivé 0 FLÉTRISSURE n. f. a suivi l’évolution Cv.1180, tr.) aorner de fleurs>, aussi au figuré surtout
sémantique du verbe : amarque au fer rouge2 ( 1404, au participe passé (1680, style Freud +Les dérivés
flasttisure), *grave atteinte à l’honneur» (1611, fies- FLEURISSANT,ANTE adj. 115%) et FLEURISSE-
MSSeUWl. MENT n. m. Il604 ; déb. xr? s., florissement) sont lit-
téraires. + FLORIR v. intr., rare depuis la fm du
o> +k FLEUR n. f. est l’aboutissement krr” s.) de flor, xv? s., ne subsiste au sens de Nprospérem Iv. 11601
flur (10801 issu du latin flores, accusatif de flos, #Zo- qu’à l’indicatif et à l’irnpatiait, dans un usage ar-
ris aflew et apartie la plus tic de qqch.m (par ana- chaïsant, et surtout dans le dérivé FLORIS-
logie, la fleur étant à la sommité de la tige) d’où SANT, ANTE adj. (15301, rbfection de fleurissant
«parDe la meilleuren, «partie supérieures et «sur- (XIII~ s,), appliqué par extension à ce qui est sain
faces. Le radical de ce mot italique appartit sous la ( 1849, mine ftotisante). Le nom d’un orchestre ba-
forme *bhlo- dans des dériv& germaniques et cel- roque, les Arts flotisunk, reprenant une désigna-
tiques, par exemple le gotique bloma 4lew (cf. al- tion du XVII~s., a redonné au mot une vie culturelle.
lemand Hume, anglais bloom). +Le préfd DEFLEURIR v. krves.) s'emploie au
+ Fleur reprend (1080) l’emploi initial du latin ; de là propre et au figuré, Opposé à REFLEURIR v.
viennent le sens de aplante cultivée pour ses fleurss Iv. 1120).
(16801, fleur atiitiklle (1865) et de nombreuses lo- 0 FLEURAGE n. m. désigne (15521 un ensemble de
cutions : dire qqch. avec des fleurs, couvrir qqn de fleurs décoratives sur un tapis ou une tenture.
fleurs, une vie semée de fleurs,etc., être fleur +FLEURISTE n. et adj. a désigné dans la langue
bleue «être sentimental» (dans le langage des classique (1658) un amateur de fleurs ; c’est au-
fleurs, le bleu pâle exprime la tendresse); c’est jourd’hui la personne qui les vend 11680) et son ma-
aussi l’origine d’emplois figurés : co13une une fleur gasin
adoucement*, faire une fleur caccorder une faveur+ FLORAISON n. f. est une réfection d’après le latin
d’où le sens argotique ( 1954 de une fleur Kcadeau ( 1731) de fleuraison. (16691 qui avait été employé par
intéressén. 0 Heur de lis h” s., écrit fleur de lys) Malherbe, lui-même motication d’après fleur de
désigntit l’emblème de la royauté (d’où le dérivé flotion ( 15751, floraison (xmes., estre en floraison Eau
FLEURDELISÉ, ÉE adj. h5021, <corné de fleurs de comble du bonheur4. Le mot signifie &panouisse-
lis& -Par figure, fleur se dit d’une femme jeune et ment>> au propre et au figuré. 0 Il a pour prétié
jolie Ipar plaisanterie fleur de macadam tcprosti- PRÉFLORAISON n. f. El803 sous la forme préfleu-
tuée4 et équivaut aussi à <éclat, fraîcheurm, valeur raison) qui désigne la disposition des pièces du pé-
aujourd’hui vivante seulement dans en fleur adans rianthe (calice, corolle) dans le bouton floral.
la fkaîcheur de la jeunesse» Iv. 1360) et dans IàI Ia @FLEURER v. tr., terme technique (1832) dérivé
fleur de Cl’ûge, la jeunesse, etc.) [xv” s.l. Par méta- de fleur (de farine), sl@e <<saupoudrer (le pain) de
phore, fleur se dit en rhétorique d’un ornement son fk- d’où @FLEURAGE n. m. 118321.
poétique (16801, 0 Fleur sig&e aussi &lite~~ (1080). Deux mots apparentés sont formés d’après des dé-
~AU sens spéciaJisé de &ne farine)}, fleur est at- rivés de l’italien fiore #fleur,, de même origine que
testé Iv. 1119) avant même que n’apparaisse le mot le fraqak. +FLEURON nm., réfection 11312) de
fatine. +Au sens général de <+wrface~, le mot n’est floron ( 13021, reprend probablement le sens de l’ita-
usité que dans la locution prépositive à i7eur de lien ftorom; il désigne un ornement en forme de
Iv. 13541, par exemple dans à fleur d’eau hve s., a la fleur en architecture (13121, en typographie (1680);
fleur de l’eau) et pour parler de la face tannée d’une au figuré (1872) il se dit d’une acquisition de haut
peau (16111, opposé à poil. Cette acception se re- prix, & partir du sens de fleur 4a partie la meil-
trouve dans afleurer et effleurer (ci-dessous). + Par leure». 011 a fourni FLEURONNERv. (v. 1440-
analogie, le mot s’emploie ( 16111pour désigner des 14751, +FLEURET n. m. (1608; 1580, floret) est
champignons microscopiques knycodennes) qui se l’adaptation de l’italien fioretio Kpetite fleur»
développent à la surface du vin ou du vinaigre. (déb. xrve s.1 et terme d’escrime, à cause du bouton
b Le dérivé FLEURETTE n. f., réfection (v. 15401 de du fleuret comparé à celui d’une fleur. Le mot dé-
florete Cv.1I 191,est sorti d’usage au sens de wtite signe l’art-ne blanche et le sport d’escrime qui l’uti-
DE LA LANGUE FRANÇAISE 1443 FLIBUSTIER

lise. +Il a pour dérivé FLEURETTISTE n. (1901) et b FLUVIAL, ALE, AUX adj. correspondant à fleuve,
FLEURETTISME n. m. (1911), plus Rire. a été emprunté (1314, en médecine) au dérivé du
Le composé AFFLEURER v., de l’expression à fleur latin flutiulti <de fleuve>>; l’ancienne langue avait
de (ci-dessus), s’est employé En XIV~s.1pour Heffleu- aussi flueZ(12681, dérivé de flue. + FLUVIATILE adj .
re~; repris en technique, il signiCe dmettre (deux ( 1559) est un emprunt au dérivé latin classique Ru-
choses) au même niveau>>11704,tr.) et couramment viutilis «du fleuven. +L’élément FLUVIO-, créé à
<être au niveau de qqch.a (1752,tr.1 d’où, au figuré, partir de flutius, entre dans la composition de
<émerger, percerti 11845). 0 Le dérivé AFFLEURE- termes didactiques comme FLUVIOMÈTRE n. m.
MENT n. m. 11593) s’emploie aussi au propre et au ( 18651, FLUVIOGLACIAIRE adj. (18863, FLUVIO -
figuré. MARIN, INE adj. (18861, qui témoignent du déve-
EFFLEURER v. tr. 11549; Mou&e, av. 1236) est loppement de la science géographique et en parti-
sorti d’usage au sens de «dépouiller de ses fleurs=; culier de l’hydrographie à cette époque.
il signiCe <<entamer légèrement la surface de)) 0 voir FLUCTWER, FLUER, FLUIDE. FLUOR, FLUX.
(16111, de Fleur wxfacen, d’où au figuré *faire une
légère atteinte àa (1693) et atoucher légèrement=, FLEXIBLE adj. est emprunté (13143 au latin
dans un contexte concret (1578) ou abstrait ( 1611; flexibilis dont il reprend les sens et qui dérive de
eï?leurer un sujet). - son dérivé EFFLEUREMENT flexum, supin de flectere (+fléchirI.
n. m. aaction d’effleurer; son résultat» 11578)est as- + He3cibEese dit de ce qui fléchit aisément, d’où au
sez rare ou littéraire, me s. transmission flexible (1930, n. m. un flexible) ;
0 Voir FIORITURE, FLORAL (et FLORE. FLORtiGE), FLORkS. par a;nalogie (16301, il s’emploie pour souple lune
FLORIN; D&%ORER, EFFLORESCENCE ; CHOU (CHOU- vuix ffexiblel. ~AU figuré, dans un contexte psy-
FLJXIFU, MILLE ~MUJXFLEURS~. chologique, il signifte t 1509) Mdocile, souple» et, en
parlant des phénomènes économiques (mil. ti s.),
0 FLEURER v.tr. dérive hves.) de l’ancien
français fleur aodeur» (mil. XIII~s. ; v. 1175, fluor), issu twsceptible d’adaptation, valeur adoptée dans
l’usage administratif Iv. 1970, horaire flexible).
d’un latin populaire “flator, altération, peut-être
sous l’influence de foetor Rmauvaise odes>, du la- k FLEXIBILITti n. f. ( 1381 au figuré) a des sens pa-
tin classique flatus «sotie, vent», dérivé de flare rallèles à ceux de l’adjectif. Son emploi en écono-
aotier» t-3 enfler). mie s’applique à la souplesse d’application des
+Le verbe, d’emploi littértire, signSe <répandre règles sur les horaires, les salaires, l’emploi et cor-
une odeur agréable» (fleurer bon) et, rare, asentir respond aux dogmes du libéralisme.
(ce qui a une odeur agréable)*, valeurs probable- INFLEXIBLE adj., emprunté au latin infletibW
ment influencées par fteur, étymon populaire ksen- ( 1314; de ipt- négatif), s’emploie rarement au sens
tir bon, comme une fleurn). Fleurer s’est employé au concret; il Sign%e <que rien ne peut émouvoirti
figuré comme sentir, pour «évoquer l’idée de>> Edéb. xwe s.1 et “que rien ne peut abattre, ébranlepj
(18911, emploi littéraire et rare. (1601, volonté inflexible) ; comme l’adjectif, IN-
FLEXIBILITÉ n. f. ( 1611; inflectibilité, 1314) s’em-
FLEUVE n. m. est une réfection Ixvr” s-1 de ploie surtout au figuré (1718). 4 INFLEXIBLEMENT
eueve, fluive Cv.11301, emprunté au latin fluvius adv. est attesté au début du xwe siècle.
Keau courante, rivières, de Buere acoulera. nuere a FLEXION n. f., emprunt ( 1411) au latin classique
pour correspondants dans d’autres langues in- fletio (de flexum), désigne le mouvement par lequel
doeuropéennes Isanskrit, grec1 des mots qui se rat- une chose ou une partie du corps fléchit. Le mot
tachent à une base Osreu- =coulers ; il pourrait résul- s’emploie aussi en linguistique 11804; auparavant
ter d’un croisement entre cette base et la racine on disait inflexion) : ce sens, qui existait en bas latin,
“bhleu- qui indique l’émission d’un liquide. +L’an- est attesté d&s 1605 en anglais et concerne la modi-
cien français emploie aussi les variantes évoluées fication d’un mot à l’aide d’éléments exprimant
phonétiquement fluk Cv.11601,flue Cv.1170). certains rapports grammaticaux (cf. &sinence); de
4 Fleuve s’emploie couramment pour désigner un cet emploi dérive FLEXIONNEL, ELLE adj. (1864;
cours d’eau important; cependant, la terminologie fletinel, 1846). * FLEXURE n. f., emprunt (1520)au
géographique lui donne une autre valeur, opposée latin flexuru «action de courber, (de flexuml et à
à titire par l’écoulement direct dans la mer, in- l’origine au sens de creplin, est un terme de géolo-
dépendamment de l’importance Meuve côtkr1. gie 11901) pour un mode de plissement, d’abord ap-
Dans la mythologie grecque, Fleuve est le nom paru en anglais et en allemand.
( 1690) de la divinité du fleuve, symbole de fécondité FLEXUEUX, EUSE adj. reprend (15491 le latin
et de puissance et, par extension, de la figure allé- ftexuosus &nreuxB (de flexum), didactique comme
gorique qui la représente. 0 L’image du hzgffeuve FLEXUOSITÉ n. f. (1541) emprunté au dérivé bas
tranquille a été banalisée au figuré dans les années latin flexuositas.
1980. -Par figure, fleuve se dit de ce qui coule en
abondance ( 1640, par exemple dans un fleuve de FLIBUSTIER n. m. et adj . représente (1666 ;
IarmesI ; de 1à vient son emploi récent en composi- aussi flibutierl me adaptation de l’anglais flibutor
tion pour désigner un récit très long : roman-fleuve ~XVI~s.), lui-même emprunt au néerlandais vrijbui-
119303 et, sur ce modèle, dkours-neuve, débat- ter cpillardm, littéralement <celui qui fait du butin li-
fleuve, etc. *Le mot désigne aussi ce qui s’écoule brement* (cf. ancien liégeois wibute, vributeur wo-
régulièrement, concrètement (1872) LUI fleuve de leur de grand chemine); ce mot se compose de yrii
boue, de Iave et abstraitement (1680; par exemple <<libre&et buiter ((butin,, d’origine germanique. L’an-
dans le fleuve de lu vie). glais a eu aussi la forme fiebetier, devenue free-
FLIC 1444 DICTIONNAIRE HISTORIQUE

buoter -d’où en &U@S la variante fribustier <déprimé, dégoûté,. +Le verbe a lui-même pour
(1667) jusqu’au début du XVIII~ siècle. dérivé FLINGUE~R, EUSE adj. et n. Iv. 19501 ap-
4 Introduit d ans la région des Antilles, le mot dé- pliqué à un personnage qui se sert de son art-ne.
signait autrefois - et aujourd’hui en histoire - les
0 FLIPPER n. m. est un emprunt Cv. 19601 à
pirates qui écumaient les c8tes d’Amérique; il est
l’anglo-américain flipper nageoireti, puis amain* en
aussi adjectif ( 1722, barque fiibustiére) ; par exten-
argot (~IX” s.1, employé pour désigner dans un bil-
sion, il s’est dit pour «brîgan& Il7583 et par atténua-
lard électrique le dispositif qui permet de renvoyer
tion a désigné un ahomme malhonnête- (1828).
la bille. Il est dérivé de to flip cheurter, kappern.
b FLIBUSTE n. f. désigne en histoire la piraterie
+ Le fraçais, qui disait btilard électrique, emploie
des flibustiers Iv. 1642, fribustel -on a dit aussi FLI-
aussi flipper par métonymie pour l’appareil et le jeu
BUSTERIE n. f. (18361--, par métonymie l’en-
(alors qu’on dit en anglo-américain pinball ma-
semble des flibustiers (1689). Au figuré, il équivaut & chine) ; il est souvent abrégé en flip ( 1975).
<(escroquerie% ti XE~ s.; 1841,flibusteti), sens de-
venu archaïque. Le mot est rare, même en histoire, Q FLIPPER v. intr. est une hncisation h. 19701
et littéraire (cf. Graal fïibuste de R. Pinget). wFLX- de l’anglais to flip aagiter, faire bougerb qui a pris
BU~TER v. 11701, intr.) ne s’emploie aujourd’hui par extension en anglo-américain le sens de wdeve-
qu’au sens familier et vieilli d’aescroquern (1845, tr.). nir enthousiaste, excitén (v. 19501, d’abord dans
to flip on& lid, O&S whig *faire sauter son cou-
FLIC n. m., d’origine obscure (18561, ne s’est ré- vercle, sa perruquen.
pandu qu’au début du XX~ s ; dès 1828 on observe la 4 Le verbe a eu ce sens en fknçais, en particulier
forme Bique <<commissaire,. fl vient peut-être de en parlant des effets de la drogue, mais aujourd’hui
l’argot allemand FG& CgarçonB (dès 1510) ou de il n’est guère utilisé qu’au sens à peu près opposé
Fliege *mouche, moucharda (cf. le français mouche de =Se sentir déprimén (qui n’existe pas en anglais) ;
~policier4. L’existence de flic à dard 11836, fligue & le passage d’un sens à l’autre peut s’expliquer par
dard) pour désigner un sergent armé appuie la se- la rupture de l’état d’excitation que provoque la
conde hypothèse. Pour P. Guiraud, flic serait le dé- drogue.
verbal de flica «claquern, variante de flaquer «don-
de participe présent FLIPPANT,ANTE adj<
ner des coups de fouetu, d’origine onomatopéique
Iv. 19701 est d’usage courant dans la langue parlée,
ou qui se rattacherait soit au latin /Zigere ebattreh)
pour dkprimant.
(sous la forme populaire “fligicare) soit au germa-
nique Ri&e &apperB, avec la même image que FLIRTER v. intr. est une francisation (1855) de
dans cogne. l’anglais to flirt aagiter, remuer vivement» kvf s.1,
4Pk, d’abord Nagent de police>, se dit par exten- Nbadiner, être inconsta&m Ixvre s.), puis Nfaîre la
sion de tout policier, la valeur péjorative et popu- cour h ~VIII~ s.1 d’origine obscure, peut-être ono-
laire initiale S’effaça;nt jusqu’à l’emploi du mot par matopéique. On a longtemps rattaché le mot an-
les policiers professionnels eux-mêmes Okkwi~~s glais au moyen français #Zeureter (XVI~ s., -voler de
d’un. flicl. Par extension et péjorativement, le mot fleur en fleur4 mais celui-ci n’a eu le sens de afaire
s’applique à toute personne susceptible de jouer un la COU-B qu’à la fm du XD? s. et conter fleurette ne
rôle de répression et de surveillance. date que du xwe siècle (-, fleur).
k Le mot a fourni la variante péjorative FLICARD + En français, flirter (avec qqn) Ravoir des relations
n.m. (1883) et FLICAILLE n. f. (1939) apolicem. amoureuses plus ou moins chastes% a pris le sens fi-
+ C’est l’idée de surveillance (par la police ou non) guré II 913, Péguy1 de ase rapprocher d’un groupe=.
qui est conservée dans les dérivés FLIQUER v. tr. b FLIRT n. m. et adj ., emprunt 118661 à l’anglais flirt
(v. 1970; 1915, cliqué <<arrêté par les gendarmespI et k&iquenaudeB puis <<femme débauchée» au xwe s.,
FLICAGE n. m. (v. 19701, développement lié à l’atti- acoquette- au ~VI~I” s.1, désigne la personne avec qui
tude antirépressive du milieu étudiant fran@s en l’on flirte (LUI flirt1 ; l’adj ectif ( 1888 : ti, elle est flirt> est
1968. vieilli. +Au sens de <relation amoureuses pris par
Le verlan modifié de flic, KEUF n. m. Watt. par écrit fli?$ (18791, le tiançais avtit emprunté FLKRTATION
en 1978) est répandu dans l’usage familier urbain. n. f. (1817, mot cité, puis 18331, encore en usage à la
h du XD? s., et formé le dérivé FLIRTAGE n. m.
FLINGUE n. m. représente une forme abrégée 118551. 0 Par figure flirt se dit d’un essai de rap-
( 18811 de hgot d’abord mot de l’argot militaire prochement entre deux groupes 11889, Barrès, flirt
( 1858, dusil d’infanterie4. FLINGOT n. m. au- uvec le divinl
jourd’hui vieilli, est emprunté à 1’allema;nd dialec-
0 FLOC +FLAC
tal (Bavière) Flinke, FZingge, variante de Flint &sil~,
0 FLOC + FLOCON
avec le stixe populaire -0t; flingue a pu être k-an-
cisé directement à la suite de l’occupation de Paris FLOCON n. m. est un dérivé El1781 de l’ancien
en 1871. français floc n. m. <<petite houppe de lainem (v. 11301,
4 Le mot désigne couramment toute arme & feu issu du latin floccus 4locon de lainea, mot expressif.
portative (revolver, etc.). 4FJocon. apetite totie (de laine, de soie)m désigne
b Le dérivé FLINGUER v.tr. (1947) équivaut fami- par extension une petite masse très peu dense, no-
lièrement à Ntirer sur qqn avec une arme à feu%, tamment de neige E1622).
se flinguw à «se suicider)) ou à ase d&espérern ; d’où b De flocon. dérivent FLOCONNEUX,EWSE adj.
les emplois figurés et récents de FLINGUÉ, ÉE adj. (18021 et FLOCONNER vhtr.(180l);le verbe avait
DE LA LANGUE FRANÇAISE 1445 FLOT

existé en moyen français (1410) au sens de tifabri- la description des plantes d’une région, puis par
quer un habit avec de la Iainen. ODe 18 FLO- métonymie le livre qti contient cette description.
CONNEMENT n. m. (1874). Par extension, il se dit de l’ensemble des plantes
FLOCULER v. htr. est un dérivé savant 119 111 du d’un pays (cf. fcww, qui a connu le même déve-
diminutif bas latin ftoccu2us apetit flocon- ; terme de loppement sémantique). Par analogie, flore s’em-
chimie, il sime Kprécipiter de sorte que les parti- ploie en médecine (1893, flore bronchiqu$. +FLO-
cules d’une solution colloïdale forment des masses RÉAL n. m. a été formé par Fabre d’Eglantine,
floconneusew dl a pmhit FLOCULATION n.f. créateur du calendrier républicain 11793, sur le la-
(19083et FLOCWLEUX.EUSE adj.C19M. tin classique Florent 4leurim pour désigner le hui-
FLOCAGE n. m. est dérivé (19381 du radical de flo- tième mois de l’année (du 20 ou 21 mai au 20 ou
con (plutôt que de l’ancien flot) d’après l’anglais 21 juin). + FLORILÈGE n. m. est un emprunt (16971
Stock ((bourre de lainen, lui-même emprunté au au latin moderne florileg&m, formé à partir de flos,
kançais. Ce nom technique a entraîné la création floris et de legere EchoisirB sur le modéle du latin
d’un verbe FLOQUER, d’où 0 FLOC n. m. 119731 classique spicilegium qui a donné spicilège’.
<<ensemble de fibres textiles courtes collées sur 0 C’est un terme didactique désignant un recueil
un Support~, DfiFLOQWER v. h-. et DÉFLO- de pièces choisies et, au figwé (xx” s.), un choix de
CAGE n. m. choses remarquables ; il correspond à l’hellénîsme
anthologie *.
FLONFLON n. m. est d’origine onomatopéique
(16801 par le procédé du redoublement. FLORÈS CFAIREI IOC.verb. vient peut-être
+Onomatopée de certains refrains, il a signi% (1638, Richelieu) du provençal faire floti «être dans
11680) uair de chansons ; aujourd’hui, employé au un état de prospérit&, flori étant tiré du latin ftori-
pluriel, il désigne (18721 les accords souvent dus &ti, couvert de fleurs>> Ide flos, f2oti;
bruyants d’une musique populaire, + fleur), et faire ayant le sens de «jouer le rôle de-.
4 Faire florès a signiM *faire une dépense d’éclat>;
FLOP onomat. et n. m. vient (1952) de l’anglais to
la locution, qui est d’usage littéraire, a aujourd’hui
flop ase laisser tombern, d’origine onomatopéique;
le sens d’aobtenir du succès, (mil. xwe S.I.
flop a pris Cv.1850) en anglais des États-Unis le sens
figuré d%checb.
FLORIN n. m. est adapté ( 12781, d’après flor,
4 RU~, onomatopée pour un bruit de chute, sign%e forme ancienne de kkur*, de l’italien fiwkw, dérivé
aussi dans l’argot du spectacle &chec» (19651, par de fiore 4lew.
exemple dans faire un flop asubir un échecn - équi-
+Le mot désignait l’ancienne monnaie florentine
valent de four” au théâtre.
(12521, marquée d’un lis fleur qui fgure SF les
FLOPÉE n. f. est la substa;ntivation (18431 du armes de Florence), qui se répandit dans les Etats
participe passé d’un verbe argotique floper CbattreD italiens et européens.
(18161, mot construit sur ‘te radical latin mMiéva1 flotin est aujourd’hui (1748) le nom de l’unité mo-
faluppa -balle de blé% par une forme populaire “fe- nétaire des Pays-Bas.
luppa (-, envelopper).
4 flopée appartit au sens de wolée de COU~D, sorti
FLOT n. m., d’abord attesté en Normandie
(Y. 11381, est issu, comme 0 flotter, du radica[i fran-
d’usage, et prend par extension ( 18661 la valeur de
cique “fEoC-,F(action de couler à flots>> (cf. le moyen
Ngrande quantitéti, d’emploi familier et usuel.
néerlandais vlot aflot>>et vloten <(être emporté par
FLORAISON + FLEUR les flotsm et cnager4 par l’ancien nordique fl6d
&x~, pour le premier sens. On peut supposer,
FLORAL, ALE, AUX adj. est emprunté avec P. Guiraud, un croisement du latin ftuctuare
comme terme d’antiquité romaine ( 1520) au latin (b fluctuer, flux1 avec le radical germanique. L’an-
floruhk <relatif aux fleurs~, dérivé de fEos, fEoris cien français a également eu fluet afleuve» et 4lotn
(+ fleur). (mil. XII~s.), issu d’un tiancique “fluod.
+Terme d’histoire littéraire, jeux floraux (1549, + flot désigne au singulier (v. 1138) le flux de la ma-
Du Bellay) est le nom d’un concours littéraire occi- rée et, au pluriel Cv.11761,toutes les eaux en mou-
tan, toulousain Eà partir du xrve s-1où les laurkats vement Cilesflots de la mer]. Au figuré, il désigne ce
recevaient en prix des fleurs d’or ou d’argent, qui est ondoyant (1552, à propos des cheveux).
*Floral est repris en botanique (av. 1778) et s’ap- * Par analogie, il s’emploie pour *grande quantité
plique à ce qui a rapport aux Beurs (1905, art ftorul). de personnes= (XIV~s.1 ou cde choses> 11645) et, par
w FLORALIES n. f. pl., du latin floralia, désigne métaphore, pour aécoulement abondantn (1662).
( 1546) comme en latin les fêtes célébrées dans l’An- Q flot entre dans la locution adjectivale à ffot “qui
tiquité en l’honneur de la déesse Flore @ZO~U~.Au flotte» (de l’ancien français flot wwface de l’eau&
sens d’gexposition de fleur+ (18751, le mot est re- Au figuré, êtie k flot signifie wcesser d’être sub-
pris du latin floralia Uocal 4îeu gti de fleurs», mergé par les difkultés~ et metie, remettre à flot
pluriel neutre de floralis. qqn (av. 1636) cmettre, remettre en état d’am.
Plusieurs mots ont été empruntés & des dérivés de b @ FLOTTER v. id-., formé ~1080, floterl à pa&k
fEos, floti. *FLORE n. f. est un emprunt (1771) au du radical francique “flot-, influencé par le latin
latin flora <<déesse des fleww ; le latin scientsque fluctuare, Sign%e &re porté sur un liquide>.
employait ffora pour <<herbier» (1656). flore désigne 0 L’idée de mouvement propre au flot explique les
FLOTTE 1448 DICTIONNAIRE HISTORIQUE

sens qu’a pris le verbe : «bouger, remuer au gré du b FLOTTILLE n. f., emprunt (1691) à l’espagnol flo-
vent” Iv. 12001, <être instable» (16691, Nne pas être tilla, diminutif de flota (emprunt au français flotte),
serrés en parlant d’un vêtement (XK” S.I. En parlant a désigné l’escadre que le roi d’Espagne envoyait
d’une monnaie, il signiCe -fluctuer), (1971). dans certains ports d’Amérique; il est repris (1802)
@ FLOTTE n. f. s’est employé dans a noCe (12601, en pour parler d’une réunion de petits bâtiments et,
flotie Cl4151 «en le laissant flotterm. Le mot désigne comme flotte, s’emploie pour une formation a&
un corps flottant sur l’eau, synonyme de flotteur rienne (1932).
dans le vocabulaire de la pêche ( 1407) et régionale-
ment un train de bois flottant (15511. Il s’emploie FLOU, FLOUE adj. et n. m. est repris (16761 o>
comme terme technique en charronnerie 11397, de l’ancien fiançais flo, flou, qui signifiait Gncuke,
«rondelle métalliquemI, acception dont le lien avec désert (lieu),, (1200), Nfatigué, épuisém (12743, *fané,
le premier sens n’est pas clair. fksquen, et était issu par évolution phonétique du
Par ailleurs, de flot vgrande quantitém vient latin tZuvus «jaune,, (cf. l’ancien français floe
@ FLOTTER v. tr. +riguer,, E14091,sorti d’usage ; le ajaunen, XIII~s-3 et, par une métaphore agricole,
verbe s’emploie dans un sens technique 11690 tr. ; ~fané?
1611 p. p.1: iIotier du bois, c’est le lâcher sur l’eau
+ flou est d’abord repris comme terme d’art ; Féli-
pour le transporter. +Ce sens tient de 0 tlotte bien écrit (16763 : <C’est un vieux mot dont autrefois
(cf. ci-dessus) et plusieurs dérivés s’y rattachent :
on se servait pour exprimer en termes de peinture,
FLOTTABLE adj.(1572), d’où vient FLOTTABILITÉ
la tendresse et la douceur d’un ouvrage,, Le mot se
n-f. (1856);FLoTTAGE n. m. (1611);FLOTTAISON
difkse au XVIII” s. aussi adverbialement I1771,
n. f. 11752 ; 1691 comme terme de marine) surtout
peindre flou Kd’une manière tendre, légère*), Par
dans ligne de flottaison d’un navire. ~Rottuge et
extension, il prend kdj., 1855, Goncourt) le sens
flottaison avaient déjà été produits pour &riga-
d’aindécis, indistinct», sens où il est substantivé (Je
tien), Iflotaige et flottaison, 14461. d flottage s’em-
flou, 19041. Rou quaMe et désigne spécialement
ploie aussi (ti s.) à propos d’un procédé d’eti-
(xx” s.1 en photographie, au cinéma, l’effet obtenu
chissement des minerais, mais on dit plus souvent
volontairement en diminuant la netteté des
FLOTTATION n. f. (19231, adaptation d’après flotter
images. 0 Son sens en mathématiques kous-en-
de l’anglais floatation (19083, derivé de io floaf,
semble floti correspond à la traduction (v. 1970) de
verbe emprunté au lançais. +FLOTTEMENT
l’anglais fuzzy ketl.
n. m., autrefois ((mouvement des flots)> (13201, dé-
signe un mouvement d’ondulation ( 1556 ; ti XVI~s., b FLUET, ETTE adj. représente une altération
<mouvement d’un objet qui flotte sur l’eau4 et, au ! 1690) de flouet Cv.1450; encore da,ns les diction-
sens psychologique, un mouvement d’hésitation naires du XVIII~s.), ancien dérivé de flou; mtis il
(1801). +FLOTTEUR n. m. apparaît au sens de =OU- n’est plus rattaché à son origine dans la conscience
vrier employi! au flottage du bois3 (1415, puis 18031, des locuteurs. Il a d’abord le sens d’Happarence fra-
sens disparu. 0 Il désigne aujourd’hui un objet flot- gilen (en parlant du corps) et se dit aussi, par ex-
tant à la surface d’un liquide (1832, terme de tension (18581, d’un son, d’une voix faible, grêle.
pêche). -FLOTTANT, ANTE adj. kvrc s., du parti-
cipe présent de flotter) a le sens général de “qui FLOUER v., mot d’origine incertaine, vient e)
flotte- et s’emploie comme le verbe, au figuré, par peut-être de frouer Oicher au jeun (v. 1460, Villon),
exemple dans monnaie flomte & cours non frxen. mais le sens de ce verbe dans les BulUes en jur-
0 FLOTTER v. impers. est d’otigîne incertaine gon. est incertain Vromr aux arques sign3ïe peut-
11886,mais antérieur, cf. 0 flotte) ; probablement lié être «fracturer des cofkes»). Rouer serait alors un
à son homonyme, et employé familièrement pour emploi figuré de l’ancien français froer cse briser,
*pleuvoir>>, il vient peut-être 11886) de 0 flotter au rompreb 1x11~au XIVes.1, employé pour des armes
sens de <couler’, Iv. 11801,probablement par l’inter- qui se rompaient au combat et trompaient donc
médiaire d’emplois dialectaux, OU d’un emploi ar- l’attente du combattant. Froer est issu du latin f?uu-
gotique (1842) de faire ftotter anoyer,,, de flotter Mna- dure 4romper en tiaudanta (+ fraude).
ger)> (1836). +O FLOTTE nf. apparaît au sens de + flouer s’emploie encore faznilièrement au sens de
Kbainm (1883) puis s’emploie familièrement pour atrompep, mais il est sorti d’usage au sens de &-+i-
Neaun (substance ou étendue) Il8861 et ccpluien; c’est cher au jeu* (1827, intr.).
probablement un dérivé (déverbal) du verbe, mal-
~Les dérivés FLOUEUR.EUSE n. (1771) et FLOUE-
gré son attestation un peu antérieure.
RIE n. f. 11840) sont peu usités.
0 voir FLENFLOUER.
0 FLOTTE n. f. est emprunté iv. 1138, Rote) à FLOUSE n. m. apparaît (av. 1840) dans l’argot
l’ancien scandinave Roti @radeau». Le mot s’est marseillais, écrit Mous; on trouve ensuite les gra-
croisé avec l’ancien fiançais Rote «multitude, foulen phies flouse, flousse ( 18951, flous, ftouze. C'est un
Iv. 11811, du latin classique fluctus LUXE (-+fld emprunt à l’arabe maghrébin flt&, arabe classique
peut-être par l’italien flotta tattesté XIII~ s.1 : dans ce f&, <l’argent>>, pluriel de fuk, fils, nom d’une an-
sens il est aujourd’hui sorti d’usage. cienne monnaie arabe. Le mot avait été cité comme
+ Il désigne une réunion de navires et, par exten- mot arabe (1512, flu3c) ou adapté (1670, felourd dans
sion 118351,les forces navales d’un pays ; par analo- des récits de voyage.
gie, fi s’emploie pour une formation d’avions (19321 +D’abord argotique, il équivaut familièrement à
et, récemment (19741, pour un ensemble de véhi- *argent», avec de nombreux synonymes dont
des. l’usage se répartit selon la mode.
DE LA LANGUE FRANÇAISE FLÛTE

FLUCTUER v. intr. est emprunté (v. 1364) au FIANT, ANTE adj. et n. (18561, didactiques.
latin fluctuare <<être agité, (en parlant de la mer) o FLUIDIQUE adj. 118561correspond à l’emploi de
d’où, au figuré, «être irrésolu>>, dérivé de flu~tuS fluide en occultisme, en parapsychologie.
dob, ttagitationn, &oublem, lui-même de fEuere
FLUOR n. m. est un emprunt (17233, antérieure-
couler> (+ fleuve).
ment sous la forme flueur (15541, au latin fh.kOr
+ Il s’emploie rarement au sens concret Iv. 1364, NdiarrhéeB et en particulier <flux
&coulementB,
&tre agité par le ver&) mais pLutht au sens figuré menstruels dans menstrui fluores. Ce dérivé de
krf s.) pour ahésiter, être changean& avec la fluere (couler>) (+ fleuve, fluer) est à l’origine de l’an
même valeur que 0 flotter”.
cien français flurs (déb. XII” 4, flors cmenstruew
b FLUCTUATION n. f. est un emprunt (v. 11201 au
+ 11s’est d’abord employé pour désigner les acides
dérivé latin impérial flwtuatio aagitation» et <<hési-
restant fluides, ptis les minéraux fusibles. Le mot a
tations, du supin de fluctuare. Q Il s’emploie, sur-
été repris (18231 pour désigner un corps simple,
tout au pluriel, au sens figuré de warîations succes-
dont l’existence avait été signalée en 1812 par Am-
sives de sens contraires Iv. 1120) dans le domaine
père et qui ne sera isolé qu’en 1886 par Moissan,
des sentiments comme en économie, où il est usuel
gaz verdâtre, très dangereux à respirer, et qui est
Ifluctuatin des monnaies, des COU~S~.C’est aussi
le premier élément de la série des halogènes.
un terme de physique Iv. 1361) et de médecine
(~~~O~FLUCTUANT,ANTE adj.reprendIv. 1355) F Le mot a fourni des termes de chimie parmi les-
le latin fluctiaw aflottant, irrésolw (participe quels : FLUORURE n. m. (18201,désignant un sel de
présent adjective de ftuctuare), avec des sens cor- l’acide fluorhydrique, FLUORHYDRIQUE adj.
respondant à ceux du nom. 11838) quatiant un acide qui est une solution
aqueuse de fluorure d’hydrogène. +FLUORINE
FLUER v. intr. est emprunté (1281) au latin fEuere n. f. (1833) Sign%e &rorure de calcium minéral%.
couler, s’écoulec, =glissern, <<sefondre, se relâ- w FLUORÉ, ÉE adj. (1838) a pour prétiés bi-, tri-
chep (-, fleuve). fluoré, ée.
FLUORESCENCE n. f. est emprunté (1856) à l’an-
+ Le verbe conserve le sens latin de acouler, s’écou-
ler=; devenu archaïque, il s’emploie spécialement glais fluorescence, créé (18521 sur le latin fluor

en médecine 113701 à propos de liquides orga- (d’après l’anglais opalescente); le mot désigne
niqueS.
l’émission de radiations lumineuses par un corps
qui reçoit des radiations non lumineuses. +FLUO-
b FLUENT, ENTE adj., tiré du participe présent, RESCENT, ENTE adj. dérive de fluorescence (1864)
s’applique à ce qui est fluide IXIV” s.1,seulement en ou reprend L’anglais 118531.* FLUORESCÉINE n. f.
médecine El8001 ; il se dit en philosophie Ixv~”s.) de s’emploie en chimie (18781, FLWORESCER v. intr.,
ce qui s’écoule et au figuré pour #changeant, versa- en physique ( 1962).
tile, (17671, emploi rare. + FLUAGE n. m. est un FLUEURS n. f. pl., emprurkt ancien et francisé au
terme technique 11922) comme FLUÉ, ÉE adj.
latin fluor, s’est employé pour &coulementn (xv” s.1
119221.
et spéci&ement pour ~menstrues~ (15521. n est à
@ Voir AFFLUER, CONFUER, FLEUVE, FLUIDE, INFLUER, RE-
peu près sorti d’usage.
FLUER.
FLUO-, FLUOR-, FLUORI-, FLUORO- sont des
FLUET -+ FLOU
éléments tirés du latin fluor ou de fluor n. m. au
sens chinique, qui entrent dans la formation de
FLUIDE adj. et n. m. est un emprunt (1356, termes didactiques, spécialement en chimie et en
adj. et n.1 au latin fluides «qui coule%, au figuré physique : FLUOROSCOPE n. m. (18981, FLUORO-
emou», eéphémèren, de fluere acoulern I-, fleuve). SCOPIE n. f. (18971, FLUOSILICATE n. m. (1865).

4 L’adjectif a sigUI% Mliquiden et se dit aujourd’hui FLUSH n. m. est un emprunt Il8963 à l’anglais
d’un liquide ou d’un gaz qui s’écoule aisément flush kwe s.), spécialisé comme terme de jeu pour
(1611, de l’eau); il s’emploie au figuré (1549, DuBel- 4union de cinq cartes de même couleur au po-
lay), à propos de la façon de parler et d’écrire, puis kep, peut-être emprunté lui-même au moyen fran-
par extension se dit (déb. XVII~s.) de ce qui est di& çais flus Iftux*I, qui designait ( 1490) une série de
cile à saisir et par analogie, de la circulation rou- quatre cartes de même couleur au jeu de prime.
tière (v. 1964). 0 fluide n. m. désigne (1764) un
+ Le mot a gardé le sens de l’étymon. Il s’emploie
corps qui épouse la forme de son contenant et
adjedivement dans quinte flash.
s’écoule, par ex. dans fluide parfait (18831. On a
parlé de fluide &ctrique ( 1767). 11 est aussi employé FLÛTE n. f. apparaît d’abord sous les formes
(v. 1850) au sens de aforce mystérieuse qui émane- flaiite Cv. 11651, flehute (XII~ s.3, puis sous la forme ré-
rait (‘coulerait’) des astres, des êtres ou des duite flewte (12203, fluste (XTves-1,enfm flûte ~VII” s.1
chosesa. [cf. aussi le provençal flatit, d’où viennent l’italien
b FLUIDITÉ n. f. s’est d’abord utilisé au figuré ftauto et l’espagnol flautal. Le mot est probable-
(15481, puis au sens concret de NquaLité de ce qui est ment d’origine onomatopéique; la suite originelle
fluide)) (1649, fluidité de Z’onde) ; d’autres sens figu- des voyelles a-u est régulièrement employée pour
rés dépendent des emplois récents de L’adjectif restituer le bruit du vent qui passe dans un tuyau;
(fl~idib%e~aCim&ti?& 1967).+FLUIDIFIERv. tr. fl- vient sans doute de mots groupés autour du latin
(1830, Balzac) s’emploie au propre et au figuré ; fi a flare asotiers, (+ enfler, soufIler). P. Guiraud pro-
produit FLUIDIFICATION n. f. 118321 et FLUIDI- pose de voir dans ce nom le dbverball de fluhuter
FLUX 1448 DICTIONNAIRE HISTORIQUE

*faire hu en soufflants, composé de tlaer asoufIler» F. M. n. f. est une abréviation (mil. xxe s.) de l’an-
(du latin ftare) et de buter «appeler de lotin (en Nor- glais frequency modulation (19221, en fkançais mo-
mandie ; de hue) ; cette hypothèse est discutée mais dulation de f&quence, dénomination également
rend compte de l’élément -/wte, -üte. usuelle. L’abréviation normale en hnçais, Ad.F.,
4 8’kite désigne Iv. 11651 un instrument à vent et, par est plutôt interprétée dans le domaine rtiotech-
metonymîe, la personne qui en joue (XIX~ s.l. L’îns- nique comme «moyenne fréquence)}.
trument est allongé, percé de trous dont l’obtura- + Un sigle homonyme mais masculin, d’usage cou-
tion module les sons. Il peut comporter plusieurs rant dans l’armée, correspond à fusil*-mitrailleur.
tubes de longueur inégale Otite de Pan1 et, pour le
tube unique, être joué transversalement IfZiite tra- FOC n. m. est une réfection du XVIII~ s. (1722) de
versrérel. Mais la disposition en long Cet le tube Locke (1463, hapax; 1602, focque mast; foque, 17021;
unique) commandent le sémantisme. 0 Par analo- c’est un emprunt au moyen néerlandais Locke ami-
gie de forme, fliite s’emploie pour désigner un saine>> (cf. aussi le bas allemand vocke, l’allemand
verre à pied, haut et étroit ( 1669, fleuste), familière- Fock).
ment et au pluriel les jambes (17561, un pain de 4 Le mot désigne une voile triangulaire à l’avant
forme allongée 11793; 1806, pain en Aiite). 0 L’inter- d’un navire, par une métonymie entre le mât et sa
jection flûte (1858) marque la déception (cf.zut). voile 11771, Sand foc, petit foc).
b Les dérivés FLÛTEAU n. m. E1600, flusteaul, aupa- FOCAL, ALE, AUX adj. et n. f. est un dérivé
ravant flaihutel (v. 1230, de flehute), et FLÛTIAU savant 11761) du latin classique focus Nfoyern (3 feu,
n. m. ( 1833) désignent une flûte sommaire, le se- foyer); on relève en latin médiéval le dérivé focalti
cond avec un suBixe senti comme rural, la forme “qui concerne le bois à brGlerB (13201 et en moyen
centrale étant -a1 ou -el. -FLÛTER v. (XIII~s.), réfec- fr-ançais tenir focale résidence <avoir feu et lieun
tion de flaüter Cv.11601, est sorti d’usage au sens de (xv” s., attestation isolée).
«jouer de la flûten et signSe <produire un son flûté>> 4Focal s’emploie en physique, sans qu’il y ait un
(xxe s,), valeur issue du participe adjectivé flûté souvenir d’un emploi ancien, et signSe “qui
dans VO~ blutée (1740). Il s’est dit familièrement concerne le foyer d’un instrument optique,. D~Z-
pour Nboire>>(av. 17201, d’abord dans Reuter pour le tance focale ( 1761 au sens mod.) s’emploie aussi en
bourgeois ((boire beaucoup>> ( 1640) ; cf. sifner. + FLÛ- photographie d’où la focale nom féminin pour cclon-
TISTE n. ( 1828, Nodier) s’est substitué à FLÛ- gueur focale>>.Au figuré, l’adjetiif Sign%e acentralm
TEUR, EUSE n. (v. 15341, réfection de fleütor (1245). Cmil. XXeS.I.
~FOCALISER V. tr. 11929, sans doute antérieur:
FLUX II. m. est un emprunt (1306) au latin &,UUS
cf. localisation) s’emploie en physique et au figurk
aécoulement)>, dérivé de fluxum (3 fluxion), supin
( 1967) pour aconcentrer en un poinh + En dérivent
du verbe ftuere <<couler» (-, fleuve, fluer, fluide).
FOCALISATION n.f, (18771, FOCALISABLE adj.,
4 Il a le sens d’kcoulementm à propos d’un liquide FOCALISATEUR,TRICE adj. (m%.), FOCALI-
organique (13061, de l’eau ( 14701, s’emploie spécia- SEUR n. m. Emir.XX~S.I.
lement dans flux menstruel 115521 et, au figuré, si-
me Mgrande quantitén El5321 d’où (déb. XVII~s.1 FOEHN n.m. est emprunté (1760, foen; 1810,
l’expression sortie d’usage flux de bouche abavar- feune) au mot suisse allemand Ehn, foen, issu du la-
dage* (cf. flot). F’Zux désigne aussi Il5801 le mouve- tin favonius «zépm (vent d’Ouest), dérivé de fa-
ment de l’eau, pour une riviére, la marée montante vere Gtre favorableB (+ faveur).
et, au figuré, un mouvement comparable à celui de 4 Terme géographique ou régional, foehn désigne
la marée En XVII~ s.l. Par analogie, le mot s’emploie un vent sotiant dans les vallées du nord des
en physique Flux lumineux (18971, puis flux de parti- Alpes.
cules, d’électrons) et en économie (xx” s.1. k En Suisse, le dérivé FOEHNER v. intr. est usuel.
b Le composé REFLUX n. m., qui correspond à re-
fluer*, s’emploie au propre 11532 ; on a utilisé aussi FCETUS n. m. est une réfection étymologique
reftot) pour désigner la marée descendante et au fi- (1541; 1478, fetus) de fete Iv. 13701, emprunté au latin
guré ( 15731,pour «mouvement de retrait>>. classique fetus (foetus en bas latin) *enfantement)),
<<portée (des animauxl~ d’où <<nouveau-n& et cgéné-
ration)>. Fetus est la substantivatiun de l’adjectif fe-
FLUXION n. f. est un emprunt (XIV~s.) au bas la-
tus, feta «fécond&, dont le radical fe- se rattache à
tin fluxio «écoulement», de fEu~um, supin de fluere
une racine indoeuropéenne “dh& atéterm C-tfécond,
vcouleru I+ fleuve, fluer, fluide, flux).
femme).
4 Il désigne un aflux de sang, couramment dans la 4 F&us, mot savant, s’emploie au sens de (<produit
locution ffwk~ de poîkine flcongestion pulmo- de la conception, chez les animaux vivipares,
naire>) (16351, ou un gonflement tiammatoire dû à quand il commence à présenter les signes distinc-
une infection dentaire Cv.1500). 0 Le mot latin a été tifs de l’espèceti. Il est synonyme partiel d’embryon.
repris par Newton Idéb. xwe s.) en mathématiques
wEn dérive FATAL, ALE, AUX adj. <relatif au fœ-
pour désigner ce que l’on nomme aujourd’hui dkri-
tus, 11813; 1890, ?yhme fœtab
vée.
@ voir FAON, SUPERFÉTATOIRE
wFLUXIONNEL,ELLE adj. (17971, dans calcul
flutinnel, est un terme de mathématiques sorti FOI n. f. est l’aboutissement (XII~s.1 par une série o>
d’usage remplacé par différentiel. de formes intermédiaires : feid Cv.10501, feit, fei
DE LA LANGUE FRANÇAISE 1449 FOIN

(XII” s.1, du latin classique fides <<foi, confmnce~, du -d- en -r- (1080, Chanson de Roland) ; partièle-
4oyautén, «promesse, parole donnéen ; le latin chré- ment, ficatuwz. s’était altéré en Ofecatum k s’ouvre
tien a spécialisé l’emploi du vocable au sens de en ë), à l’origine du tiançais feie (XII~s.) puis foie
acotiance en Dieu>>; le mot se rattache à une ra- (XIII~s.), avec l’évolution habituelle de la prononcia-
cine indoeuropéenne “bheidh- *avoir cotianceti. tion oye - wé - wa. Pour Bloch et Wartburg, l’ancien
+ Dès le xres., le mot fkançais apparaît avec ses &mçais fzeger <coaguler (du sang)> - plus tard fi-
deux valeurs fondamentales, d’engagement et ger, sous l’influence du picard fie - viendrait du
d’assentiment. Dans un sens objecM, foi contient type “fecatum, fetium. Pour P. Giraud, au
l’idée d’engagement, de promesse (1080) ; la foi contraire, ficatum, figatum aurait perdu tout lien
dans le système féodal, est le serment de fidelité avec figue - ce qui est très probable, l’engraisse-
(-+ fidèle1 prêté par le vassal et par extension la cé- ment des oies avec des figues n’étant que méditer-
rémonie symbolique qui liait le vassal à son sei- ranéen -et a été compris comme «sang figés,
gneur ; ce sens de &délité» vit encore dans foi <sang moulé*, par référence aux verbes latins fzgere
conju&e (1636, foi; cf. aussi la locution ancienne <4xer» et fingere <modeler, façonnerm (3 figer).
112731jurer sur sa foi); reste aussi la formule d’as- 4 Foie désigne d’abord un viscère humain puis
sertion ma foi NcertesB (ti xwe s.), autrefois par ma Exvr”s-1celui de certains animaux (cf. la répartition
foi (XII~s.), sur ma foi, etc. 0 Au sens de agarantie de rognon et rein). Le mot est utilisé dans plusieurs
(résultant d’un engagementIn, foi est encore em- locutions : le foie, organe vital, a été considéré dans
ployé dans des expressions comme sur Ja foi de de nombreuses cultures comme le symbole du cou-
(qqn, qqch.1 [ 12733, sous la foi de, sous la foi du ser- rage et sa perte de couleur supposée comme un
ment, faire foi 112831, en foi de guoj (attesté XVII~s.) signe de peur; de là viennent avoir les foies blancs,
dans le domaine juridique; le mot survit aussi au d’où avok les foies (1872 ; v. 1840, foie blanc
sens de déloyautés dans borne foi EV.1180) et mau- 4raitre4 savoir peur>>, donner (ficher, etc.) les foies
vaise foi (xv? s. ; 1283, male foi). à qqn. Cependant c’est cœur, dont courage est un
Dans un sens subjectif, le mot foi aa foi de qqn en, dérivé, qui assume ce rôle de manière privilégiée
pour...) signifie *fait de croire (qqn)>>- d’où ho~nme en français. 0 Au sens de *foie d’animal>>, le mot
de foi Ix19 s.1 et depuis l’époque classique ajouter entre dans de nombreux syntagmes courants : foie
foi à (15411- cette acception se retrouvant au- de veau, de génisse, de canard, d’oie, de volailles,
jourd’hui dans quelques emplois comme d.&e de notamment dans foie gras (1690) qui s’applique sur-
foi, et qconfknce absoluem Iv. 11801, surtout avec le tout au foie d’oie et de canard, et dans p&é de foie
verbe avoir (avoir foi en, dans, mil. XVIII~s.1, 0 Il qui a des emplois figurés, comme avoir les jambes
s’emploie surtout couramment au sens de en @té de foie *molles 8. + Le mot est resté isolé ; on
*croyance en une religion». Employé absolument, s’est servi de l’élément hépatloI-, tiré du grec.
foi désigne dans le monde occidental les dogmes
du christianisme. Par métonymie 11539, le mot dé- +# 0 FOIN n. m. reprend ti xve s-1 une forme
signe la religion elle-même kz-GcIe de foi, 1632) et dialectale de l’Est (Bourgogne, Lorraine) issue,
s’emploie dans les locutions R ‘avoir ni foi ni loi comme l’ancien français fein I ire moitié du XII~ s.1 ou
(16671, la foi du charbonnier 11656) et, ironiquement,
foens Cfin XII~sd, du latin fenum afoinm; le mot est
il n’y a que la foi qui sauve. 0 Profession de foi si- peut-être lié (radical fe-1 à fetus !+ fœtus), signi&nt
gnifre d’abord adéclaration de sa foi% (1593, alors littéralement aproduit (du pré)>. La forme fein,
Henri Iv) puis l’expression se laïcise et correspond fain a été utilisée jusqu’au xv” s.; l’adoption de foin
a pu être facilitée par le fait qu’elle évitait l’homo-
à adéclaration de principesn. 0 Par analogie, foi se
nymie avec faim.
dit (18171 de toute croyance fervente, hors d’un
contexte religieux aa foi dans la vie). Cependant, +Du sens d’cherbe fauchée (ou destinée à l’être)
l’importance religieuse du mot qui désigne dans le pour servir de fourrage» viennent des emplois en
christianisme l’une des trois vertus théologales est locutions; c’est l’idée d’eélément de peu de valez
toujours sensible dans ses emplois. qui est retenue dans bête à manger du foin
0 voir FÉAL.FKDÉKCOMMIS, FmlkE. (mil. X*VIII~s.1 ou celle de adensitép, de ((tas impor-
tantm par exemple dans chercher une a&uilZe dans
FOIE n. m. est l’aboutissement (XIII~s.) du bas la- une botte de foin (1690) ; de foin <de pacotille)>, cou-
tin ficatum, d’abord «foie gras*, puis en général rant au XI$ s., était vieilli au XVII~siècle. Rhume des
afoies, formé sur ficus &guem. Flcatum est un calque foins (1873, fikvre des fohsl s’emploie couramment
du grec V@arl sukôton, littéralement 4foiel de pour désigner un type d’asthme. ~Faire du foin
figues (de sukon Que>), c’est-à-dire afoie d’un ufaire du tapagea ( 1903 ; fm XIX~s. xdu scandale4
animal engraissé avec des figues*. Le mot grec est reste inexpliqué.
resté longtemps connu dans les pays de langue la- F FANER v. tr. (v. 1360) est une altkation de fener
tine et sa prononciation selon les lieux explique la (v. 12001, issu d’un latin populaire Ofenare (de fe-
variété des formes romanes issues de ficatum : par numl. Q Du sens de aretourner un végétal fauché
exemple, déplacement de l’accent en espagnol pour le faire séchep proprement agricole, on est
d’où higado; la métathèse des consonnes c et t Pfe- passé à celui de 4létti Idéb. XIII~s.); l’emploi in-
ticuml donne le catalan fétge, le wallon péte. En transitif du verbe (XVI~s., fanir, fenerl correspond
français, par changement d’accentuation, ficatum pour le sens à se faner et à fané, plus courants dans
devient fkitum, d’où la forme @Mo (VIII~s.), puis, cette valeur extensive.
par métathèse des consonnes, fidicum, à l’origine Le déverbal FANE n. f. a désigné le foin
du picard fie et de la forme fitie, avec changement (déb. XIII’ s.1, une feuille sèche 11385) ; aujourd’hui,
FOIN 1450 DICTIONNAIRE HISTORIQUE

fane sigr&e couramment, au pluriel, atiges et merce, à la vente. Dans ce sens et dans le pré-
feuilles &kissées après la récolte)>> (1690) et (<feuille cédent, foire est en relation sémantique avec fo-
sèche tombée d’un arbre)) ( 18%). ruiyL*, qu’il a probablement tiuencé. Par analogie
Sur faner et fener ont été dérivés des termes tech- avec l’animation, le désordre, etc., de la foire, le
niques d’agriculture : FANEUR, EUSE n., réfection, mot si@e (19221 dieu bruyanta, atumulte, dé-
d’abord sous la forme faneur ( 14021,de feneor sordre> en concurrence avec bordel en français
(XII~ s.1 sur fener, s’emploie aujourd’hui beaucoup contemporain, et, par une métaphore plus voisine,
moins que FANEUSE n. f. (18551amachine à fanera. avec cirque, cinéma.
+ FANAGE n. m. ( 1690; 1411, fanaigel reprend fe- &e dérivé FOIRAIL ouFOIRAL n. m. (1864),dté-
nage (1312). +FENAISON n. f. (1275, femisons) a ration du provençal kiral, fie& attesté dès le
pris le sens de &poque où l’on fait le foins)> et reste moyen âge, désigne régiontiement (limite sud du
le seul mot de la famille à conserver le e de fener et domaine d’oïl) le champ de foire.
du latin : la variante normalisée fanation ( 1762)n’a
pas vécu. 0 FOIRE n. f. est l’aboutissement ti XII~ s.) par o>
FENIL n. m. (XII’ s.) &serve à foin* est emprunté la forme feire (1165) du latin foria «diarrhéep, d’ori-
au latin fenile dérivé de fenum, et reste attaché à gine obscure.
l’agriculture traditionnelle.
4 Le mot n’est plus utilisé que dans la locution figu-
Le composé ABAT-FOIN n. m. (1803, en architec-
rée et familière avoir la foire aavoir peur, (attesté
ture; de abatPeI est un terme d’agriculture.
18651, qu’on rapprochera de avoir lu colique, faire
+ SAINFOIN n. m. (1572; 1549, sain&foin, par
dans sa culotte.
confusion de sain et suint) est le nom d’une plante
herbacée utilisée comme fourrage. b FOIRER v. intr. (15761,précédé par le composé
0 Voir @ FOIN.
intensif tresfoitir En XII~ s.), ne s’emploie plus
qu’au figuré en parlant d’un explosif qui fait long
0 FOIN interj. bme s.) est d’origine incertaine; il feu Iv. 1600), évolution de sens à comparer à celle
représente une altération de ft* ou un emploi parti- de péter*, et par extension dans d’autres domaines
culier de 0 foin dans la locution bailler foin en au sens de Kmal fonctionnerm (1865). Dans un
corne (xvP s.) <<vendre une mauvaise bête)) ou contexte abstrait, il signSe Gchouer)) et, en parlant
«tromper)); l’expression vient de la coutume de si- de personnes, ccrenoncerm (1886).
gnaler les taureaux dangereux par une touffe de FOIREUX, EUSE adj. sime d’abord “qui a la
foti liée aux cornes, habitude qu’avtient déjà les diarrhéen En XII~ s., foiroux), acception sortie
Romains : hubet fenum in cornu (41 a du foin aux d’usage; il s’emploie au figuré pour <<peureux>
cornesp se disait d’une personne dangereuse. i 1388; repris 18121, en relation avec péteux, et pour
4 Cette interjection, courante en fkançaîs classique, w.ns valeur-, «qui échoue>> 11872 ; un projet foireu3c).
marque le mépris ou le dédain; elle se construit - FOIRADE n. f. au propre (1793) et au figuré (1920)
avec de... a vieilli,comme~~~~~~~,~~~~ adj. (1534); FOI-
RON n. m. ~~derrière» (1837) est sorti d’usage.
0 FOIRE n. f. est l’aboutissement I~II~ s.) de feire 0 voir ENFOIRÉ.

Iv. 11301,issu du bas latin feriu <<marché, foken, du


latin classique fer& n. f. pl. <jours consacrés itu re- FOIS n. f. est l’aboutissement (XII” 5.1par la forme o>
posa d’où <jours de fête)), les foires ayant lieu les feiz (v, 1050 ; fm xes., ancien provenqal vez; cf. l’es-
jours de fêtes religieuses. Le latin médiéval avait pagnol vezl du latin classique vices, nominatif et ac-
conservé feti pour désigner cette réalité sociale et cusatif pluriel de vti «place occupée par qqn, suc-
commerciale (VIII~ S.-IX~ S.I. Feriae se rattache à une cession>> I-, vice-), seulement utilisé à certains cas
racine indoeuropéenne “tes-, “fas- à valeur reli- et dans des locutions adverbiales comme linlvicem
gieuse, qu’on ne trouve qu’en italique (+ férie [et fe- & la place de>>puis «au tour de>>- d’où l’emploi du
rial, férîé1. mot en latin impérial pour Ntour, foism. Vix se rat-
+ Foire désigne d’abord un grand marché public en tache à une racine indoeuropéenne “weih- #céder,
milieu rural, tenu à date et lieu fixes, où se vendent Cd.en germanique ‘wikon &der la place, succé-
des marchandises diverses, des outils, des ani- deph).
maux, spécialement où l’on vend un certain genre + Le mot, employé avec ou sans préposition,
d’articles (cf. foire aux puces, En xrxe s,) puis, avec le marque le degré de Mquence d’un fait (v. 1050, une
développement de l’industrie, une grande réunion feiz, soventes feiz ; 1080, ceste feizl. Il entre dans de
où l’on présente des marchandises, hors du nombreuses locutions : ;i cette fois IIOSO), sorti
contexte rural (déb. XX~ s. on dit aussi foire-ewosi- d’usage, une fois pour toutes Cv.13601,toutes les fois
tien). Alors que la foire rurale a de nombreux syno- que (12301, à la fois (<en même tempsn (1530 ; apar-
nymes régionaux, cette extension est normalisée foi+ en ancien frarqais). Une fois Cv.1170) a une va-
en français. 0 On a retenu du premier emploi leur temporelle forte, par exemple dans il étajt une
l’idée de «fête= et foire a pris aussi (ti XIX~ s.) le sens fois pour commencer les contes de fées (1697,
de afête localen, généralement annuelle et ac- Ch. Perrault); une fois gue (XIX~s.1 correspond à aà
compagnée d’attractions diverses, d’où des syntag- partir du moment où» ; des fois pour acertaines foism
mes comme un Hercule de foire, et la locution figu- ( 18531, familier, s’emploie dans des formules de
rée faire la foire afaire la fête, à propos de laquelle protestation (non, mais des fok.1. 0 Fois s’emploie
on peut évoquer l’ancien fknçais mettre son Corps aussi, précédé d’un numéral, pour marquer le de-
en foire ((se prostituer}}, où foire fait allusion au com- gré de grandeur; le mot sert d’élément multiplica-
DE LA LANGUE FRANÇAISE 1451 FOLKLORE

teur (14871 ou équivaut à un Superlatif ( 1661; avoir même temps que DÉFOLIANT adj. et n. m. (em-
cent fois, mille fois raison). prunté à l’anglais defoliantl; le verbe correspon-
b À partir de fois ont été formés plusieurs adverbes dant DÉFOLIER v. tr. Iv, 1965) reprend le latin
préfixés. ~AUTREFOIS adv. (1160, autiefeiz), de d’après to ckfoliute.
autre, signifie «dans un temps passé» ; il est attesté FOLIOLE n. f., terme de botanique (17491, est une
comme nom au sens de «temps passé, (1848 ; on dit adaptation du latin scientsque foliolum 11744,
encore dans le Sud-Ouest les autrefois pour <(autre- Linné), emprunt au latin impérial foliolum, dirninu-
foisn). *TOUTEFOIS adv., forme avec tout 11456; tif de folium.
toutefois que, 1370, est sorti d’usage), veut dire aen
considérant toutes les raisons et malgré ellesD; il a FOLIO n. m. est un latinisme de la Renaissance
une valeur logique et non plus temporelle. (15711, mais l’abréviation fol. est déjà employée au
+ QUELQUEFOIS adv. 11539; variante qudques- milieu du xve siècle. Le latin folio est l’ablatif de fo-
foi3 s’est écrit quelque fois 114901, queEques fois Ziuna afeuille= (3feuillel.
&VI” s.3; au sens de «une fois, un journ, il est sorti 4 Folio désigne en français un feuillet de registre
d’usage. En knçais moderne, quelquefois s’em- Ispécialt, des manuscrîtsl et (1757) le cbifke numé-
ploie pour ~parfois~~. rotant chaque page d’un livre.
@ Voir PARFOIS.
w Sur le dérivé FOLIOTER v. tr. anuméroter (un
feuillet, une page)» (1832) ont été formés des termes
FOISON n. f, est issu Gn XI” s.) du latin fusio
teChniqueS,FOLIOTAGEn. m. (1845),FOLIOTEUR
«écoulement, action de se r6pancke~ (+ fusion), de n. m. (18921,FOLIOTEWSE n. f. (18721, plus coumnt,
fusum, supin de fundere <fondre)). et FOLIOTATION n.f. Iv. 1950).
+Le mot s’est complètement détaché de son ori- IN-FOLIO adj. et n. m. (1560 comme adj.), formé
gine. L’emploi de fokora. au sens de agrande quan- avec le latin ~TZ*dmsm, est un terme d’imprimerie et
tité>>, c’est-à-dire ace qui se répand», n’est au- signifie <dont la feuille d’impression est pliée en
jourd’hui courant que dans la locution adverbiale Q deux>>; par métonymie, le mot qualifie un livre in-
foison Iv. 1140, a fuison). folio (16881 et est substantivé (18851, recevant dans
›L~ dh-ivé FOISONNER v. intr. (v. 1160-1170; la langue courante la valeur de “gros livre ancien>>.
v. 1155, ne pooir fuisoner ane pouvoir stire4 s’em- Ce format, le plus grand, est en effet plus répandu
ploie au sens d’<tabonder>> d’où foisonner en, de dans l’édition ancienne (XVI~-XVIH~s.1 que de nos
(v. E%O1. Avec une valeur didactique, il signifie jours.
Maugmenter de volumen (1864; 1771, en cuisine). INTERFOLIER v. tr. est composé (1798, selon Bloch
-En dérivent FOISONNANT, ANTE adj. (1551) et et Wartburgl à partir du latin inter- (+ inter-) et fo-
FOISONNEMENT n. m. <<action de foisonner, son hum; l’angkb to interfokute est phs ancien (16961.
résultat> (1554). 0 D’emploi technique, le verbe Sign%e «intercaler
des feuilles de papier blanc entre les feuillets (d’un
0 FOLIE n. f. représente (1185 dans des noms de livre, d’un manuscrit, etc. à brocherIn. ell a pro-
lieux) une altération, d’après 0 fo.Ge I+ fou), de duit INTERFOLIAGE n.m.(18731.
feuillée *abri de feuillage)) I+ feuiIle1; on relève en
picard des formes anciennes comme faillie, fuilie. FOLKLORE n. m. est un emprunt (18771 pré-
+ Le mot a désigné ( 16901une riche maison de plai- cédé par fok-lare ( 1872 ; folk lare, 187 1) à l’anglais
sance; le rattachement à @ folie a été justtié par folklore <science du peuple)) 118461, de folk
l’idée de dépense extravagante Me à ces construc- apeuplen ( 10001, d’un germanique “folkom (cf. aile-
tions . mand Volk) et de l’ancien mot lare asavoir, connais-
sance)>, d’un germanique “luizü (cf. allemand Lehre,
0 FOLIE --, FOU anglais to Zeum).
4 Le mot a désigné (1877) la science des traditions
FOLIÉ, ÉE adj. est un emprunt du xwIIe s. 11713) populaires d’une région, d’un pays; dans cet em-
au latin foltutus “garni de feuillesm, dérivé de Podium ploi, il est en relation avec l’ethnologie, l’histoire et
(+ feuillel. l’étude des cultures et des traditions populaires.
+ Il conserve le sens latin en botanique et s’ap- Couramment il se dit (1904) de l’ensemble de ces
plique aussi (18.21) à ce qui a la forme, l’épaisseur traditions et, par rejet de ce gui est considéré
d’une feuille. comme démodé, d’une chose pittoresque mais
F FOLIACÉ, ÉE adj. 11751) calque un autre dérivé sans importance (1962; sens inconnu en anglais);
de foZk~~, fo&ze~ds; l’adjectif est aussi un terme de de là vient la locution c’est du folklore œcen’est pas
minéralogie ( 1865, roche foliacée) . sérieux)).
Sur folium ont été formés d’autres termes didac- b Le dérivé FOLKLORIQUE adj. 11884) urelatif au
tiques, comme FOLIAIRE adj. 11778) et FOLIA- folklore, de folklores a pris familièrement le sens
TION n. f. en botanique il7573 et en minéralogie de «peu sérieux» 09633; l’abréviation foklo (v. 19661
(XX” s.l. +Ce dernier a produit DÉFOLIATION n. f. n’a que cette vdew figurée. *FOLKLORISTE
( 1801) <chute prématurée des feuilles d’un arbre» ; n. et adj. est resté un terme didactique (1882) au
le mot a pris au ti s, un sens technique, adestruc- sens de «spécialiste des traditions populaires>.
tion artificielle des feuilles d’un arbre- (v. 19851,em- FOLK n. m. et adj. est une forme abrégée (19661 de
prunt à l’anglais des États-Unis Mo&~tion, de folk23oflg (1935, attestation isolée, repris en 19541,
to Mol&e (cf. latin defoliaw adéfeuiller4, en mot anglais pour achanson populaire tradition-
FOLLICULAIRE 1452 DICTIONNAIRE HISTORIQ UE

nellen, de foIk llpeuplen (+ folklore) et sang achan- d’une charge (1566) et par une extension tardive
sonm. Folk désigne en fkan@s, d’après l’anglo-amé- (début du xrxe s.1la profession comme contribuant à
ricain, une musique traditionnelle modernisée qui la vie sociale. Le mot entre dans des locutions,
s’est répandue aux Etats-Unis, puis en Europe, à comme faire fonction de wemplir une charge sans
partir des années 1960; elle est liée à un retour aux en &re titulaire= ( 1835 ; 1671, faire la fonction del,
cuItu.res régionales, conjuguée avec l’influence gé- des syntagmes, tel le terme de droit fonction pu-
néralisée des États-Unis; cf. rock. blique (xx” s.l. 0 A propos des choses, fonction a de-
puis le français classique le sens général (1680) de
0 FOLLICULAIRE n. m. a été tiré (17591 par wble actif caractéristique, dans un ensemble» Iles
Voltaire du latin folliculus, diminutif de follts «enve- fonctions de nutrition, les fonction de l’esprit, etc.1
loppe, sac, I+ 0 follicule), avec un jeu de mots sur et il est employé dans divers domaines scienti-
folium (+ feuille 1. fiques : en mécanique (18451, en chimie (18651, en
4 ll désigne un journaliste ou un écrivain médiocre, grammaire (18031, etc. * Le mot a aussi une spécia-
sans talent. lisation comme terme de mathématiques (16941 in-
b 0 FOLLICULE n. m. (1770) C<œuvre d’un folli- diquant un type déterminé de relation entre deux
culaireti, n’a pas eu le même succès. quantités, d’où son emploi dans fonction directe, in-
verse et par extension le sens de ace qui dépend de
0 FOLLICULE n.m. est un emprunt qqch.>>, dans des locutions comme en fonctim de
(déb. XIVes., folicule) au latin folliculus «petit sacs qui hnil. xrxesd, être fonction de.
s’employait en botanique et en anatomie, diminutif ä Les dérivés ont sélectionné certaines des valeurs
de follis Henveloppe, outren I-+ fou). du mot. +FONCTIONNAIRE n. (1770, lkgot) se
+ C’est un terme didactique utilisé comme en latin rattache au premier sens de fonction. Son succès
en parlant des plantes Edéb. XIV~s.1 et en anatomie est lié au développement du rôle de l’État dans
(15601. l’administration civile et militaire et, au XIX~s., à ce-
b En dérivent 0 FOLLICULAIRE adj. (1814) après lui de la bureaucratie’. *En dérivent, construits SUT
FOLLICULEUX,EUSE adj. (17701, FOLLICULINE le radical, des termes didactiques : FONCTIONNA-
n. f. 11932; 1827, Gnfusoire4 désignant une hormone RISME n. m. (v. 1850, au sens péjoratif de cpr$pon-
produite par le follicule ovarien, d’où FOLLICULI- dérance gênante des fonctionnaires dans un EtatnI,
NIQUE adj. (19511, FOLLICULINOTHÉRAPIE n.f. FONCTIONNARIAT n.m. (18651, FONCTIONNA-
(19511, etc. +FOLLICULITE n. f. 11836) concerne le RISER v. tr. (1931; 1933 au p. p.1, probablement an-
follicule pilo-sébacé de la peau et en désigne l’in- térieur (d’après fonctionnarisation, 1912).
flammation. FONCTiONNEL,ELLE adj. (v.1830) a un sens di-
dactique (mathématiques, sciences), Sign%ant «re-
FOMENTER v. tr. est une réfection 11314) de latif aux fonctionsm ; dans un emploi plus courant il
foumenter Iv. 12201, emprunt au bas latin médical quaMe ce qui remplit une fontiion pratique Irnobi-
fomentare, du latin classique fomentwn ((calma&, lier fonctionnell. *FONCTIONNELLEMENT adv.,
au propre et au figur& CcataplasmeB, dérivé de fo- attesté plus tOt que fonctionnel (av. 17551au sens de
vere cchatiern ; le mot a déjà le sens figuré de “sou- <<relativement à une charge*, qui a disparu, s’em-
lagementn en latin classique. Le verbe latin a des ploie en biologie (18581 et d’après le sens courant
correspondants dans d’autres langues indoeuro- de l’adjectif. +Le dérivé FONCTIONNALISME
péennes. n. m. 118661 est didactique et correspond à l’aspect
+Au sens médical, “appliquer un médicament dynamique des processus étudiés par la science,
chaudn, fomenter est vieilli. Il prend des valeurs fi- notamment (depuis 19581 dans une perspective
gurées : ccexcitep (v. 1350, fomentir), afaire durer (la structurale (cf. structure, structuralisme), comme
paix, l’amitié)~ (xwe s.) à l’époque classique et signi- FONCTIONNALISTE adj.etn. Iv. 1936). +FONC-
fie aujourd’hui ( 1595) Rentretenir, provoquer un TIONNALITÉ n. f. (av. 1966) signifte Caractère
sentiment ou une action néfaste>. fonctionnelm et FONCTIONNALISER v. tr. (19651
.FOMENTATIONTl. f. 11314),emprUIIt aubas latin arendre (plus) fonctionnel>>.
fomentati xce qui sert à réchauffer, à soulager-B, du FONCTIONNER v.kh. (1787; 1637, IîmctinPter
supin de fomentare, ne s’utilise qu’au figuré (15421, aremplir une charge4 a le sens général de (remplir
seulement de façon défavorable (16361, comme FO- sa fonction* en parlant d’un mécanisme, et dans le
MENTATEUR,TRICE ?J. (16133 ou FOMEN- domaine abstrait krx” s.1,à propos d’une personne,
TEUR,EUSE n. (1864). +Tous les mots de la série celui d-exercer une fonction*, etravaillerm, par ana-
logie familière avec un mécanisme, et aussi em-
sont littéraires.
ployé ironiquement ( 1837). 4 Le dérivé FONC-
FONCER -, FOND TIONNEMENT n. m. (18381 ((action de fonctionnep
se dit d’un mécanisme et ne s’emploie que fami-
FONCTION n. f. est emprunté, d’abord sous la lièrement pour des personnes. 0 Les deux mots,
forme simplifiée funcion (1370) puis par réemprunt très courants, ont un vaste registre d’emplois, al-
fonction 11566) au latin classique functio +w lant de l’action des instruments, outils et méca-
complissement, exécution,, et en bas latin jti- nismes aux processus des organisations humaines,
tique <(service public>>, cofficem; functi dérive de des systèmes abstraits, voire des organismes vi-
functim, supin de fungi as’acquitter de, accomplip. vants. Comme l’adjectif fonctionnel, le verbe fonc-
4 Foncti!on est repéré isolément ( 13701 pour =exé- tionner et son dérivé, mis à part leurs usages fami-
cutionp et repris au xwe s.; il désigne l’exercice liers, trouvent leur unité dans le concept de
DE LA LANGUE FRANÇAISE 1453 FOND

«fonction», évolutif suivant l’état des connaissances fond se dit dans différents emplois de ce qui sert de
dans difT&ents domaines. base ou représente une base : bruit de fond ( 1885) ;
Enfm, de fonction au sens mathématiques vient fond musical; en cuisine, fond de sauce; Je fond de
FONCTEUR n. m. (19641 désignant un opérateur l’air (1800) ; fond de teint 11910). +Fond, par figure,
logique. désigne ( 1585, en droit) un élément essentiel qui
apparaît derrière l’accidentel. Il s’emploie en ce
* FOND et FONDS n. m. est issu (1080,funz; sens à propos d’une personne (16561, par exemple
ensuite fonz, fans, puis avec le d étymologique dans la locution avoir un bon fond (XIX” s.1,ou d’un
1128011 d’un latin populaire fuptdus, OfiLndotis, en la- fait humain lun fond de vérité). Spécialement, fond
tin classique fundus, lundi <<fond de tout objetn se dit (1657) de ce qui fait la matière d’une oeuvre ;
-d’où alimite, point extrême>> et, par figure, «par- la locution adjectivale de fond (1834, artick de
tie essentielle de qqch.n - *fonds de terrem et en fond, équivaut à =essentiel». 0 Par extension, dans
droit “garant de qqch.>>.Fundus est apparenté & un le domaine sportif (1757, à propos du cheval), le mot
groupe de mots dont les formes dif&entes ne per- s’emploie pour <<qualités physiques essentielles de
mettent pas de poser une racine indoeuropéenne, résistance- (1863, course de fond; 1869, en cy-
par exemple l’ancien haut allemand bodam <sol>>, clisme; 1909, en ski, en natation). Entré dans une
le sanskrit budhn* ~sol, base>>, le grec puthrnê~~ terminologie sportive précise, celle des courses, le
afond, pied (d’une montagne)>>. Fond et fonds re- mot s’oppose au composé DEMI-FOND n. m. (1897)
présentent en français deux variantes graphiques ; et à vitesse.
c’est à partir du XVII~s. que chaque forme a pris des b FONDS n. m. ne correspond k l’origine qu’à un
sens particuliers, mais la confusion entre fond et sens particulier de fond, anciennement tûnz, ~OU
fonds, surtout pour les sens figurés, subsiste en- Cv.12001, <terre qui est cultivée ou sur laquelle on
core. bâtitn. Il s’est spécialisé au sens d’ccirnmeubles ou
+ Fond désigne 11080, fund la région basse d’une meubles incorporels>), par exemple dans fonds de
chose creuse, qu’il s’agisse d’un récipient, d’une terre (xv” s.1,fonds de commerce (1680). Par exten-
dépression naturelle ou, spécialement, du sol où sion (15911, fonds désigne le capital dont on dispose,
reposent les eaux d’un lac, d’une mer, etc., et de par exemple dans les locutions être en fonds <<avoir
l’intérieur d’une exploitation minière 11872) ; par de l’argent disponible>> (17041, les fonds sont bas
métaphore, le mot Sign%e «le point le plus bas>>Ue (1762). + Couramment, le mot a pris le sens ( 1606)
fond de la misèrel. 0 Par extension, fond se dit de de ucapital qui sert à fmancer une entreprise>>, d’où
la partie la moins exposée au regard et au jour, en à fonds perdus (XVII~s-1, fonds publics (1757); par
parlant d’un heu (v. 1190) ; de là la locution Je ti métonymie, il désigne 11924) l’organisme chargé de
fond de <<lapartie la plus lointaine- (1580) ; ce sens a fmancer (au singulier seulement). +Par figure
diverses spécialisations : en parlant d’un vêtement fonds se dit de l’ensemble des qualités d’un in&
11306, le loti de ses braies), de la scène d’un théâtre vidu (16621 et par extension de l’ensemble des res-
11543).Fond se dit aussi de la partie opposée à l’ou- sources qu’on peut exploiter (16901, d’où le fonds
verture (le fond d’un tiroir1 ou à l’otite Cv.1256 ; le d’un musée (18471, le fonds d’une bibliothèque
fond de la gorgejO Par métonymie, le mot désigne ce (1854). +BIEN-FONDS n. m. (av. 1794; de bien au
qu’il y a au fond de qqch. kîder ses fonds de tiroh-1, sens matériel) Nbien immeuble> est un terme de
*Par métaphore, fond s’applique à ce qui est consi- droit. +TRÉFONDS n. m, (XIII" s. ; de @es-, du latin
déré comme l’élément véritable, au-delà des ap- bans- <<par-delà,) est vieilli comme terme de droi?
parences de l’aspect sensible, en parlant des senti- au sens de ~~SOUS-sol possédé comme un fonds> ; par
ments Iv. 1200) et de la réalité intellectuelle Ivotile attraction de fond, il désigne (1690) ce qu’il y a de
fond des chosesl; de ces emplois viennent les lo- plus profond, au propre et au figuré.
cutions adverbiales itoufond ! 1585, <<enréalit&) ou Sur fond ou l’ancienne forme fans ont été dérivés
familièrement dans Ie fond ( 16571, tout au fond plusieurs mots et construits des composés. +FoN-
( 1539, «complètement~). À fond (16561, intensif, re- CER v. ( 1375 au participe passé, amuni d’un fondmI
prend métaphoriquement l’idée d’extrémité ; B s’emploie transitivement aux sens de “garnir d’un
fond de titi (1872 ; etipt à fondl & toute allure>> est fond)) spécialement en cuisine ( 1802 ; 1757, en pâ-
probablement construit sur le modèle de locutions tisserie), par ailleurs de (creuser» (16051, d’où, tech-
anciennes comme à fond de cave, à fond de cuve nique, npousser au fondn (1752). 0 Le verbe Sign%e
( 1548, au figuré) en passant de l’idée de {(profon- aussi ( 1740) <charger en couleur pour rendre plus
deur maximalen à celle de agrande intensité)> (cf. la sombre>>, la teinte sombre paraissant comme en-
locution récente à fond la caisse aà toute vitesse>>, foncée. Dans cette valeur, le participe passé
d’une voiture ou *caisseA. +Fond désigne aussi, FONCÉ, ÉE, devenu adjectif 116901,est très courant
spécsquement (12801, ce qui sert d’appui, de base, et s’oppose à clair. ODans un emploi intransitif
en particulier ce qui supporte un édtice; de là foncer représente une altération de fondre et signi-
vient la locution faire fond sur (16571, employée au fie Nsejeter SUT~El6801 d’où, par extension et fami-
figuré au sens d’Mavoir confrance en» (proprement, lièrement, «aller devant soi, très viten (18661; cette
=f&e les fondations-). oLes idées conjuguées de valleur est liée à l’emploi de à fond (voir plus haut);
ace qui sert d’appui, et de ace qui est derrièren se de là vient FONCE~R, EUSE n. et adj. (19141 ady-
retrouvent en arts décoratifs, où fond désigne le namique et audacieux». +FONÇAGE n.m.,teme
support sur lequel un décor est brodé, des motifs technique, désigne l’action de garnir d’un fond
imprimés (1677) ; en peinture, c’est lkrrière-plann (18401, celle de creuser un puits 118671,plus rare-
(1636 ; à propos d’un paysage, 1547). Par extension, ment d’enfoncer un pieu (18731, enfin l’opération
FONDATION DICTIONNAIRE HISTORIQUE

par laquelle on enduit le papier peint d’une couche d’eau (XII~s.1et par analogie un trou bourbeux dans
qui sert de fond (1874). 0 De cet emploi vient FON- un chemin défoncé 11843).
CEUR n. m. (1872) et FONCEUSE n. f. (19461. 0 Voir EFFONDRER, PLAFOND, PROFOND.
+FONCIER, IÈRE adj. correspond à la fois à fo&
et à fond; d’une part il se dit ( 13701 de ce qui consti- FONDATION, FONDATEUR + FONDER
tue un bien-fonds ou y est relatif, d’autre part il si-
@Se 114701 “qui est au fond du caractère de qqn» FONDAMENTAL -3 FONDEMENT

(des qualites foncièresI, sens auquel se rattache au- FONDEMENT n. m. est emprunté (1119) au la-
jourd’hui FONCIÈREMENT adv. adans le fond, in- tin classique fundamentum <<fondation, baseN au
timements (av. 17551; cet adverbe existait comme propre et au figuré, <<anus>en bas latin médical. Le
terme de droit 113901et a pris la valeur de & fond, mot est dérivé de fundare (+ fonder).
complètementti (av. 1475).
+Le sens figuré de xfesses, anus~, devenu rare,
ENFONCER v. sime en emploi transitif afaire al-
constitue un euph&nisme pour cul, (comme der-
ler vers le fonda> (12781, d’où les locutions figurées
Gre). 0 L’emploi en architecture ( 11201 est au-
enfoncer qqch. dans le crâne de qqn, enfoncer le
j ourd’hui archaïque, le mot étant remplacé par fon-
clou -expliquer avec insistanceB, et le sens d’aen-
datinkl. Par extension, plutôt au singulier
traîner (qqnl dans une situation comparable A un
Iv. 1179, fondement désigne ce sur quoi repose un
abîîe>>. 0 En emploi intransitif, enfoncer c’est =al-
ensemble de connaissances (cf. la locution sans
ler vers le fondB (1544). 0 Par extension, le verbe
fondement). Il s’utilise par métaphore Iv. 1265) le
s’emploie (1635) pour «briser en poussant» et, par
plus souvent au pluriel Iles fondements de I’Etatl.
analogie, aux sens de <<culbuter tune troupe)n (1580)
et de asurpasser qqn> 11820) avec le sémantisme de .FONDAMENTAL,ALE,AUX adj.est unemprunt
battre. +Le dérivé ENFONCEMENT n. m. désigne (av. 1475) au dérivé bas latin fundamentalis “qui
une partie en retrait (xv” s.1, la partie creuse de constitue la base de qqch.B. Il conserve ce sens en
qqch. (1690) et l’action d’enfoncer, le fait de s’enfon- fi-ançais moderne, y compris dans des emplois par-
cer (1690). 4 Sur enfoncer a été construit RENFON- ticuliers : en musique, son fondamental ( 1701), note
CER v. tr. cregwnir d’un fonda (1335, une huche) et fondamentale (1721) “qui sert de base à un accordn ;
«enfoncer plus avant», au propre et au figuré C15491, en sciences, recherche fondamentale (1960) -orien-
d’où RENFONCEMENT n. m. (1611). -Par ailleurs, tée vers les domaines fondamentaux d’une disci-
enfoncer a servi à former ENFONCEUR n. m. pline3 s’oppose à appliquée. L’adjectif a servi à for-
(15851, surtout employé dans enfonceur de portes mer plusieurs dérivés. +FONDAMENTALEMENT
ouvertes, ENFONÇOIR n. m. (18391, nom d’outil, et adv. signifiait en architecture (av. 1475) “jusqu’aux
ENFONÇURE n. f. réfection Iv. 1580) de enfossure fondationsm et correspond à l’adjectif (mil. xwe s.>.
Cv. 1365) ccreuxn. -FONDAMENTALISME n. m. désigne h. 19203 un
DÉFONCER v. tr. kve s.), *briser par enfoncement» courant théologique qui s’en tient à une interprkta-
dans divers emplois techniques, a pris dans l’argot tion littéraire de 1’Écriture (donc, aux fondements).
de la drogue (v. 1960) le sens de <<provoquer un état Le mot s’est étendu (v. 1980) à d’autres religions,
hallucinatoires, en parlant d’un hallucinogène avec une valeur proche d’intégtime. +FONDA-
-de là vient DÉFONCE n. f. (1972) - et par ex- MENTALISTE adj. et n. ! 19661, outre son sens en
tension, à la forme pronominale se défoncer, celui religion, Sign%e aqui se livre à la recherche fonda-
de Msedonner à fond à une tâche, etc.». 4 Le verbe a mentale,.
produit les dérivés techniques : DÉFONCEMENT FONDER v. tr. est emprunté (déb. XII~ s.) au latin
n, m. (16531, DÉFONÇAGE n. m. (17971, DfiFON- fundare <fonder, bâtirn et Gtablir)), de fundus
CEUSE n. f. 11855). !+ fond).
TIRE-FOND n. m., terme technique, de tirer (15491,
+ Il s’emploie dès l’origine au sens matériel d’&ta-
désigne une longue vis dont la tête est un anneau et
blir sur des fondation+, d’où vient l’emploi méta-
spécialement une grosse vis à bois qui sert à divers
phorique et littéraire de fonder sur le roc, sur le
assemblages ( 18743. C’était aussi le nom d’un ins-
sable, métaphore biblique Ixwe s.) en concurrence
trument chirurgkalI1611). 4E.n dérive TIREFON-
avec bktir, construke. Fonder signifie aussi (1160) au
NER v. tr. (déb. xx” s.l.
figuré et comme en latin Gnstituer, établirm en par-
BAS-FOND n. m. (1690; de bus) désigne la partie
lant d’une ville, d’une entreprise, etc. et dans le do-
du fond Mbne masse liquide) où l’eau est peu pro-
maine abstrait Rétablir (qqch.1 sur une base déter-
fonde. Un bas-fond est aussi un terrain bas, enfoncé
minée» Iv. 1190; fonder un raisonnement sur).
(18031, d’où son utilisation figurée au pluriel 11840,
0 Fonder signXe par ailleurs (1478) ~(pourvoir d’un
Balzac) pour désigner les couches les plus misé-
fondement rationnel)), surtout dans fonder en..., et
rables d’une société. +HAUT-FOND n. m. (1716;
en droit (1690) <~fournir les fonds nécessaires à la
de haut), qui utilise une des spéc5cations de fond,
création de qqch.* À cette acception correspond un
a seulement le sens de wmmet sous-marin recou-
emploi du pronominal se fonder ! 1561).
vert d’une eau peu profonde>). *ARRIÈRE-FOND
n. m. (1842 ; de atière) désigne la partie la plus se- F FONDÉ, ÉE adj, «versé dansn est attesté au XII~s.
IV. 11603: en vient fondé n. m. (1297) puis fondé en
crète ou l’arrière-plan de qc@.
FONDRIÈRE n. f. est un dérivé savant (XII~s., attes- pouvoir I1601), aujourd’hui FONDÉ DE POUVOIR
tation isolée, repris en 1459) du latin médiéval fun- (SI n. m. (1792).
dora (VII~ s.), pluriel de fundus, -oris. *Le mot dé- b Deux mots ont été empruntés au supin de fun-
signe un affaissement de terrain souvent envahi &Te.+ FONDATEUR, TRICE n.eStWle fOI-?TtEhiOn
DE LA LANGUE FRANÇAISE
FONGUS

savante (1330) $ partir du latin tindator acelui qui l’image, du son, d’où ( 19221 fondul-Ienchahé.
fonde OU a fond& Il a éliminé en ce sens l’ancien +FONDUE n. f., participe passé de fondre, a été
timçais fondeor, fondeur (1150) issu par voie orale substantivé au féminin au sens de <fonte= (1432). Il a
de fu~tdam. ~FONDATION n.f. reprend (XIII~~.)~~ désigné un mets composé d’oeufs brouillés et de
latin chrétien fundatti, -anis action de fondern et fromage fondu (1735 ; fondue d’œufs Kfondue aux
Kfermetém ; seulement pluriel en latin classique, œuf&, 1669) puis, avec un sens spécialisé propre au
fundutiows était un terme d’architecture Monde- domaine Franco-provençal (Savoie, Dauphiné,
ment, base& -=+ondatiort désigne l’action de fon- Suisse), un plat fait de komage fondu dans lequel
der, d’établir au propre et au figur6; spécialement, on trempe du pain (cf. raclette). De ce sens vient
il se dit (mil. XVI~s.) pour la création d’un établisse- fondue suvoyarde et fondue bourguignonrw
ment d’utilité publique par voie de donation et, par (d’abord en Suisse) où on cuit soi-même des mor-
métonymie (16901, pour l’établissement lui-même. ceaux de viande dans un corps gras bouillant, par
-Fondation a également conservé Il3911 le sens du analogie de préparation, puis fondue chinoise, etc.
latin classique et désigne l’ensemble des travaux et FONDANT, ANTE adj. tiré du participe présent,
ouvrages qui assurent les fondements d’une d’abord attesté au sens de aoù l’on enfonces (15531
construction, sens où il a supplanté fondement. Il puis de “qui fondn 116111, a pris des valeurs figurées
est alors le plus souvent au pluriel et a des emplois ( 1874, tons fondants «dégradés4 et s’est spécialisé
mktaphoriques et figurés. en cotiserie, dans bonbons fondants «qui fondent
REFONDATION n. f. (1991) et REFONDA- dans la bouche)) d’où, en français de Suisse, des fon-
TEUR, TRICE adj. et n. ( 19891,s’emploient en poli- dants. 0 & métallurgie (17321, le mot est aussi
tique à propos de la réforme en profondeur d’un substantif, pour =Substance ajoutée à une autre
parti, d’une organisation politique (d’abord du parti pour en faciliter la fusion>).
communiste, en France). Le verbe REFONDER Plusieurs dérivés sont liés au sens technique de
(19933 est peu usité. fondre «fabriquer avec une matière fondue>.
~FONDERIE n. f. désigne la technique et l’indus-
FONDRE v. est l’aboutissement (v. 1050, intr.) trie de la fonte des métaux ( 1680) et l’usine où l’on
du latin fundere crépandrem et Nfondre (un métal)», fond le minerai (v. 1540). On trouve auparavant
puis adisperserm et aabattrem. hzdere vient d’une ( 1373 fondtie au sens de <action de fondre, fusionB.
racine indoeuropéenne ‘gheuw- ou ‘g!zeu- expri- +FONDEUR n. m. (déb. XIV~s.), réfection de fon-
mant l’idée d’un liquide versé abondamment et de deres 11260), désigne celui qui fait des objets en mé-
façon continue, et représentée en grec par kheeifi tal fondu. -FONDEUSE n. f. est un terme de mé-
*verser, répandrem I+ chyle), ainsi que dans plu- tallurgie 11907).
sieurs langues gemnaniques (par ex. le vieil islan- 0 FONTE n. f. est probablement issu de “fundita,
dais geysir cgeyser”», l’allemand giessen wer- féminin substantivé du latin tardif”funditus (au lieu
sern, etc.). de fususl, ou bien est formé SUT fondre. On relève
+ D’abord employé au sens de «s’effondrer, être dé- au xve s. l’expression fer de fonte “alliage obtenu par
truit*, relevé jusqu’au XVIII~s,, fondre prend au XII~s. le traitement des minerais de fer» (14721, mais fonte
ses principales valeurs modernes : il Sign%e en em- est antérieur comme l’atteste le dérivé fontaille
ploi transitif «répandre, versers (11121 et en emploi Nfonte>B(12271.0 Fonte désigne l’action de fondre ou
intransitif c<cotiern Iv. 11601, d’où viennent la lo- de se fondre (1488, la fonte des neiges), spéciale-
CUtiOn figurée fondre en humes h. 12233 et le sens ment des métaux et, par extension, la fabrication
de «s’épancher, se laisser attendrir» (déb. XIV~s.; d’objets avec du métal fondu 11551; 1567, en typa-
cf. faire fondre la gkce). 0 Parallèlement, le verbe graphie). 4 Par métonymie, le mot se dit 114773 d’un
s’emploie transitivement avec une valeur tech- alliage de fer et de carbone. Comme fonderie, fonte
nique Il 174-l 1763 pour «fabriquer au moyen d’une dans ce sens fait partie de la terminologie métal-
matière en fusion,, en particulier wendre liquide lurgique; les spécialisations et la diffusion de ces
en chaufkntm (v. 11901, puis intransitivement pour mots sont liées à l’histoire des techniques, et à leur
cdevenir Iiquide)) (déb. XIII~s.); il se spécialise plus importance grandissante aux XV+~& siècles.
tard en métallurgie (17081. o Par ailleurs, abstraite- REFONDRE v. tr. s’emploie en métallurgie (v. 11301
ment fondre v. tr. veut dire (XIII~s.1«combiner en un et, par figure (16791, pour Nrefaire en fondant des
tout-, spécialement en peinture (1685, au p. p.; parties les unes avec les autres» ; en dérive RE-
1770, se fondre) et, attesté au XVI~s. mais probable- FONTE n. f. (1594). *Le COmpOSé PARFONDRE
ment antérieur, &ssoudre dans un lîquide~ (1580). V. tr. (XVI~s. ; 1382, cfondre complètement~) est un
Par figure, fondre v. intr. signifie &minuer rapide- terme technique.
ment* (1575) et, en parlant de personnes, <~maigrîr 6 Voir MORFONDRE, F’USION.
beaucoup» Km xrves.l. o EMn, fondre sur «s’abattre
avec violence, se précipiter sur» Il 1951, d’abord FONDS + FOND
terme de fauconnerie, s’est répandu à partir du
XVI~s. mais est resté littéraire. FONGWS n. m. est un emprunt, d’abord fran-
b FONDU, UE adj. et n. m. (1170, «détruit, effon- cisé en fange (xrves.1,puis sous la forme latine fun-
d6) se dit de ce qui est conduit à l’état liquide $Us ( 1560) écrite fongus (17521, au latin fun@,s
(XII~s.) et par extension de ce qui est flou (16853, d’où Nchampignon» et par analogie de forme, en méde-
en peinture le fondu (185ll. o Fondu n. m. désigne cine (excroissance de chati; fungus est sans doute
dans le domaine de l’audiovisuel (1908, cinéma) emprunté à une langue méditerranéenne comme
une apparition ou une dispatition graduelle de le grec spongos “épongent.
FONTAINE 1456 DICTIONNAIRE HISTORIQUE

4 Le mot est conservé en botanique (XIVes.) et en abourse* ti XIII~ s.1et <étui à pistolets% (16961, du bas
médecine Cv.1560, Paré). latin funda apetite bourse%, en latin classique
+ FONGUEUX, EUSE adj. Cv.15601, emprunt au bas &-onde= Icf. l’ancien provençal fondu apetite
latin fungosus aspongieuxm, et son dérivé FONGO- bourse où l’on met un projectile)&
SITÉ n. f. (1561) sont des termes de médecine. *On + Le mot désigne, le plus souvent au pluriel, chacun
a tiré de fongus les éléments FONGI-, FONGO- des étuis de cuir attaché à l’arçon d’une selle pour
pour former des termes didactiques : +FONGI- y placer des pistolets.
CIDE adj. (1867; de -ci&*), FONGIFORME adj.
(1836; de fomte), etc. +Cependant, en botanique et FONTS n. m. pl. est une réfection Cv.14621 de
à la di%rence de l’anglais, où les emplois de fwa- funz (10801, fore (v. 11601, issu du latin ecclésiastique
gus (scientifique3 et mushroo~ (usuel) sont nette- fontes, pluriel du latin classique fons, mot dont un
ment répartis, c’est champignon qui est utilisé, sauf d&rivé a donné fontuine*.
exception, en français.
+ C’est encore un terme de liturgie, presque tou-
jours employé dans le syntagme les funts baptîs-
FONTAINE n. f. est issu (v. 1130) du bas latin
maux (15241.
fontana «source, fontainen, féminin substantivé de
l’adjectif classique fontanus =de source», de fans,
fontis source», mot sans doute d’origine religieuse FOOTBALL n. m. est un emprunt 11888; 1872
(cf. fontsl. Les mots issus de fontuna ont été utilisés dans un contexte britannique) à l’anglais foot-bal1
au sens de <source)) ou de «fontaineb dans toutes les (xv” s.), d’abord aballon de piedn puis =jeu avec ce
langues romanes : ancien provençal fontunu, vieil ballonn, composé de foot xpieda>, d’une forme ger-
espagnol hontana, italien fontunu afontaines et manique de même racine que le latin pes k+ pied),
fonte =sourcen qui correspond à fon, fans dans le et bal1 «ballonn.
sud de la France (cf. en occitan Font-Romed. +Le mot, déjà signalé dans un texte fkan@s
4 Du sens initial d’«eau vive sortant d’une source>), comme mot anglais (1698 puis 17281,désignait à la
par exemple dans fontaine de jouvence (xv” s-1, on fois ce qu’on appelle en France football et le rugby
passe par extension (fin x13 5.1à celui de aconstruc- I+ rugby), ceci jusque vers 1900 ; on distinguait le
tion aménagée pour l’écoulement de l’eau)} et spé- football association (familièrement, l’assoce) et le
cialement E16901 «construckion monumentale avec football mgby; seul le premier a continué à être ap-
un ou plusieurs bassin+. De là borne-fontaine II. f. pelé football. 0 En français du Québec, football dé-
au XIX~ s. ( 18351. c= Fontaine, par analogie, désigne signe au contraire ce qu’on appelle parfois en
aussi ( 1281) un récipient qui contient de l’eau pour France football américain ou rugby américain et le
les usages domestiques et en pâtisserie un creux jeu de pied se dit, comme en anglais, soccer : le pre-
ménagé dans de la fasine I18451.0 Le mot s’est em- mier de ces sports, typiquement nord-américain,
ployé pour «fontanellen (v. 1290) et comme désigna- n’est que rarement désigné en Europe, sauf sous le
tion de la partie supérieure de la tête du cachalot nom de rugby apnéricuin, *Par analogie, football
(1872). désigne un jeu de table, nommé couramment
baby-foot, pseudo-anglicisme.
bFONTAINIER n. m. hves.) ou FONTENIER
112921,autrefois fabricant et vendeur de fontaines, a b FOOTBALLEUR n. m. (1892) et FOOTBALLEUSE
désigné celui qui s’occupe de fontaines publiques n. f. Iv. 1960) sont les seuls dérivés de football
(1396) puis celui qui fait des sondages pour décou- (cf. l’anglais footballer, 18801.+ L’abrkgement FOOT
vrir les eaux souterraines (1538). n, m. (19241 est très courant en France pour afoot-
FONTANELLE n. f. représente une réfection 116901, balla.
d’après le latin médical fontundlu Ixv~”s.), de l’an-
cien francais fonteneltik (XII” s-1*petite fontaine>) et FOOTING n m. est peut-être un emprunt
(1200) chaut du crânep, diminutifde fonteyne attesté Il8921 à la forme anglaise footing, qui n’existe pas
dans ce sens au XIII~siècle. *Le mot dkigne, par dans cette langue au sens de «marche ou course à
analogie avec la forme d’un bassin de fontaine, l’es- pied en terrain libre)), mais sign3e <position stable,
pace membraneux situé entre les os du crâne des fondement*. Le mot anglais a pu être formé à partir
nouveau-nés. de foot <<pieds,tiré de foot-bail, mais en français les
composés en -ing ont pour racine un verbe. Le
FONTANGE n. f., relevé chez Regnard 116881, verbe to foot (XVI~s.1, vu la date de l’emprunt, n’est
est certainement antérieur : on le trouve dans un pas en cause; on dit to go on foot <<aller à piedm,
texte anglais publié entre 1681 et 1689. Le mot vient <<marcher>>. Ce pseudo-anglicisme a été quelque
du nom de la duchesse de Fontanges qui fut la ma?- peu évincé par jogang.
tresse de Lotis XW en 1679 et 1680 : au cours d’une
partie de chasse elle noua ses cheveux d’un ruban FOR n. m. est un emprunt (16111 au latin clas-
au-dessus du front ; la coifkre plut au roi et devint à sique forum qui a sans doute désigné l’enclos au-
la mode; elle était encore portée au XVIII~siècle. tour de la maison, puis a pris le sens de aplace pu-
blique, marché» ; les affaires publiques ou privées
0 FONTE + FONDRE se discutaient sur le forum, d’où la valeur de
Nconventionx, «tribunal, juridictionn puis, en latin
0 FONTE n. f. est une adaptation (17331, pm at- ecclésiastique, ~~juridiction de l’kgliseg. C’est de
traction de 0 fonte I+ fondre), de l’italien ~O&U cette spécialisation religieuse que tient le sens fi-
DE LA LANGUE FRANÇAISE 1457 FORCE

guré de cjugement de la conscience>> (cf. aussi en (XVII~ s.), en concurrence avec bagnard, d’où la lo-
ancien provençal for ~juridiction, loin, et l’espagnol cution travailler comme un foqat ( 18651. Forçat
fuera Mloi, statut,). Forum se rattache à une racine s’emploie aussi au figuré pour «homme réduit à un
indoeuropéenne “dhwer- NporteD (où le w aboutit à travail pénible9 Eapr. 18503.
fl [+ foruml.
+k FORCE n. f. est issu (1080) du bas latin fotiu o>
4 En histoire, par emprunt à l’ancien provençal, for (<actes de force ou de couragen, d’où CforceB dans la
signSe <<coutume, privilèges Ixwe s.), en parlant des langue de l’Église, pluriel neutre pris pour substan-
@ions françaises méridionales. Le mot a désigné tif féminin de l’adjectif foti afort, courageuxs
une juridiction ecclésiastique (1694) et une cour de (+ fort).
justice (1611). OLa locution figurée fox intérieur
( 1635 ; aussi for de la conscience) a signi% 4ribunal + Force désigne (1080) la puissance d’action phy-
intime de la consciences ; for ne s’emploie plus au- sique d’un individu, un ensemble d’énergies parti-
culières et, par extension à l’époque classique
jourd’hui que dans la locution dans (en1 mon (ton,
( 16691, la capacité de l’esprit dans l’ordre intellec-
son1 for intérieur <<dans le secret de ma (ta, sa) pen-
sée)). tuel et moral. Ces emplois sont illustrés par de
0 voir FUR. nombreuses locutions et expressions : à la force du
Ides1 poignetlsl, au figuré #sans aide)), ne pas senti
sa force, être dam la force de I’iige ( 17641, etc., la lo-
FORAIN, AINE adj, et n. est issu Iv. 1155) du cution adverbiale de force 11865, tour de force, tra-
bas latin foranus “qui dépasse à l’extérieur*, d’où vail de force) ; faire force à (<faire violence à» (XVI” s.1
&trangerB, du latin classique foris adehorw, avec était déjà archtique à l’époque classique. 0 Par ex-
attraction probable de foire (cf. la forme dialectale tension, force désigne <<lapuissance, le pouvoir d’un
foirain). Du même mot latin vient l’ancien proven- groupe>) (par ex., dans être en force) et, au pluriel
çal forun ktrangep I+ dehors, fors).
Il 1761, un ensemble de troupes, d’ou forces poli-
4 Forain s’est d’abord applique à ce qui est à l’ex- tiques, forces comewutices 11797, au singulier), etc.
térieur (v. 1155, de forain), encore en ce sens au -En parlant des choses, force signifie Gntensité,
xme s. dans Tue foraine &artéem Cdep. XII~ s-1 et au- pouvoir d’action> (v. 1200, lu force d’un sentiment;
jourd’hui dans rude foraine {couver-te au large)) 1690, lu force du sang; cf. aussi force du style, 1690,
(1770). Parallèlement, le mot a signifié tv. 1170) “qui et la locution dam toute la force du teme et, par
vient de l’extérieurn, élimik au bénéfice d’étrun- extension (15661, «e%caci%, au concret fia force
ger, aussi comme nom Il 1791. 0 11 ne s’emploie au- d’un ressort) comme à l’abstrait (force d’un urgu-
jourd’hui qu’au sens de “qui vend sur les foires, les menti +Dans le contexte des rapports sociaux,
marchés», les marchands forains étant à l’origine force s’emploie au singulier pour apouvoir de
des marchands Kvenant d’ailleuw iv. 1400~14171, contraintea ( 10801, seul ou dans des expressions
puis parcourant les villages (15493, aujourd’hui qui avec de (11761, par exemple coup de force ou mmi-
installent leur étal sur les marchés et les foires sole de force (1834); de cette acception dépendent
( 17571. Par extension, le fomin n. m. est celui qui se les emplois la force publique, la force armée Mis-
produit dans une foire (1738, cbateleur4, d’où la tinct de les forces, ci-dessus) et récemment force de
spécialisation de l’adjectif dans tM&-e forain ade frappe (1959). Par extension, force de (qqch.1 signifie
foire, (1836) et dans fête foraine (déb. XX~ s.l. *caractère irrésistible», par exemple dans cits de
force majeure (1690). De ce sens tiennent plusieurs
FORBAN n. m. est dérivé (1247) de l’ancien locutions adverbiales, de force, par fome, à toute
français forbannir <<bannir, reléguer>> (XIII” s,), d’un force. +Dans des spécialisations de plus en plus
tiancique “firbunnjun t<bannirm (moyen néerlandais précises et scientfiques, force, qui désigne très tôt
et allemand moderne verbunnen). Le préfixe fw- (XIII~ s.1 le degré de puissance d’un agent physique,
(cf. allemand ver-1 a été altéré sous l’influence de la signifte aussi cprincipe d’action, physique ou mo-
préposition fors I+ fors). Le bas latin connaissait for- ralen, correspondant à une énergie ou à un travail
bannire (VI” s.), de même sens. (1580, force attractive, Montaigne). Ces notions se
sont mises en place avec l’évolution de la physique
+Forban signifiait cbannissementm en droit féodal.
et, aujourd’hui, force correspond à acause qui dé-
Par ailleurs, il désignait (v. 1273, fombun; 1505) un
forme un corps, en motie le mouvement, etc.)>,
marin qui exerçait la piraterie pour son propre
spécialement en dynamique (force vive, 1740 ; force
compte (sens voisin de corsaire); par extension, le
tangentielle, 1806, Biot ; force centrifuge, par
mot sortant du domaine maritime a pris le sens
exemple). 0 Dans un sens général et non scienti-
d’ahomme sans scrupulem, par exemple dans for-
fique, le mot s’emploie au propre (1783, les forces de
ban litteraire Km XVIII~ s.1, puis de NbanditB (1831).
Eu naturel et au figuré par métonymie : c’est une
force de la nature aune personne énergique, in-
FORÇAT n. m. est un emprunt (1528) à l’italien domptable}} ; la valeur est alors proche de celle de
fomuto Kgalérien» Ixvr” s-1, participe passé substan- pouvoir, puissance.
tivé de forzure *forcerfin au sens de ccondarnnerm; Enfm, force s’emploie comme adverbe de quantité
forzato a été aussi adapté sous la forme forcé (1534, Cv. lZOOl ; force moutons <(beaucoup de>> (XIII~ s.), à
Rabelais) et l’on a employé forsaire (xw” s., de l’ita- force &eaucoupv sont sortis d’usage; restent en
lien fomuro), fkançais moderne la locution prépositive à force de
$ Forçat a désigné autrefois le criminel condamné 1déb. xwe s.1 et la locution adverbiale à force & la
aux galères, puis le condanm6 aux travaux forcés longuen, qui a pris une valeur temporelle.
FORCENÉ DICTIONNAIRE HISTORIQUE

w FORCER v. vient (XI” s.) d’un latin populaire “for- coup d’efloti valait pour <coup d’éclat,. Il est vieilli
tiare, dérivé de fotia. Le verbe s’emploie d’abord au sens métonymique de «douleur musculaire due
dans fomer une femme <<la violentep); plus géné- & un trop grand effort>> (1678). E#oti est aussi un
ralement, forcer signifie *faire céder (qqn, qqch.1 terme de sciences correspondant à «force exercée
par la force)} Iv. 12001, sens réalisé dans le domaine par un corps=.
militaire (1230) et par les locutions figurées fomer RENFORCER v. tr. est composé (v. 1155, r&wCier)
le suc&, le destin (15521, forcer la main à qqn de Te-* et de l’ancien verbe enforcier (v. 1130) ou en-
Cxvue s.l. 0 Par extension, forcer signifie <obtenir le forcir (XII” s.), lui-même construit à partir de force. 11
passagem, par exemple dans la locution forcer la sime <(rendre plus fort, au propre et au figuré,
porte de qqn (1573). 0 De l’idée de «faire cédep, on mais ne s’emploie plus en parlant de la force phy-
passe k celle de csoumettre à une pressionm sique kf. fotiikrl. +Le déverbal RENFORT II. m.
Mil. xv” s.1 et à celle d’aobtenir par la contrainte ou désigne ce qui sert à renforcer, à rendre plus fort,
par son ascendant» (forcer I’estiel. Par extension, plus important. Le premier sens attesté (1340) est
forcer sime -passer au-delà de la limite normale* *enchères=, l’acception générale étant un peu plus
(1210) dans des emplois spécialisés vari& : forcer tardive ( 14091. Le mot s’emploie couramment dans
w~ animal 4e poursuivre en l’épuisantm 115733 et, la locution prépositive à grad renfort de Cl5341 et,
abstraitement, forcer l’allure, forcer son talent par figure, au sens de *ce qui s’ajoute}} 11665). +Le
(16681, son style (16901, forcer le sens d’un mot «le verbe a aussi produit RENFORCEMENT n.m.
déformep kf. aussi forcer la vé&9. Une autre spé- (1388) et au &s. RENFORÇAGE n.m. (1865) et
cialisation concrète est forcer des @antes (1605) RENFORÇATEUR n. m. et adj. m. (18981, mots
=les faire pousser plus vite, (3 ci-dessous forcerie). techniques.
0 Dans un emploi intransitif, forcer s’utilise surtout 0 Voir FORT, FORCING, FORCIR h-t. FORT).
aujourd’hui avec un sujet nom de personne, au
sens de afaire un gros effort, physique ou moral>> FORCENÉ, ÉE adj. et n. représente la modif!-
118592. cation Iv. 11753 de forsenede adj. Iv. 10501, participe
Le dérivé FORÇAGE n. m. a signi% wiolencen passé de l’ancien verbe forseaer «être hors de sens,
(v. 1174) jusqu’au xv” s.; il s’emploie dans foqxge rendre fous (attesté v. 11191, composé de la préposi-
des plantes 11873) et pour l’action de forcer (xx” s.l. tion fors (3 fors) et du substantif sen qraison, intel-
+FOR&MENT adv. est con&& En ~III”~., for- ligence=, du germanique “sinno «sensm et 4irection
cieement ade force4 à partir du participe passé dans laquelle on marchen, emprunté par le latin de
for& et s’emploie aujourd’hui [I 792) au sem lo- l’époque impériale kif. antien provençd forsew,
gique de Nd’une manière nécessaire)>, d’après les italien forsennare) ; le -c- vient kwe s.) d’un rappro-
emplois figurés de forcé : c’est for& <c’est obliga- chement erroné avec force.
toire, nécessaires (et non plus aimposé par la force», +Force&, au sens de ((personne en proie à une
sinon par celle du destin, des lois naturelles). crise de folie furieuse>>, ne s’emploie aujourd’hui
+ FORCEMENT n. m. n’est plus utilisé aux sens de que comme nom (v. 1175; v. 1050, adj.) et Sign%e
wiols (13411 ou de *contrainte- kvre 5.1, mais seule- par extension apersonne qui semble foUen En
ment dans un sens concret 11611). XII~ S.I. 0 L’adjectif signifie par exagération <<fou de
FORCERIE n. f., autrefois cviolencen (v. 12331, est colère>> et, par extension, Nemporté par une folle ar-
sorti d’usage. 0 Le mot a été reformé à partir du dem 115801 et ~passionné~~. Il équivaut aujourd’hui
sens spécial du verbe, désignant une serre chauffée quasiment à enrugé b rage3 et a gardé une valeur
Pour (tforcelb les plantes ( 1862). + FOR- très forte. Le nom est l’appellation conventionnelle
CEUR, EUSE n., autrefois «celui qui attaque par de tout auteur de violences dont on ne comprend
force)) ( 1507, n. m.1, désigne en français moderne pas les motivations.
une personne qui dirige une forcerie (19W et un
chasseur, un animal qui force le gibier (déb. XX~ S.I. FORCEPS n. m. est emprunté (16921 au latin
Le CWipOSé S'EFFORCER v. pron. (v. 1050, se es- médical forceps, -ipis ctenailles (de forgeron)> et
forcer) s’emploie au sens de amettre toutes ses *pinces (de dentiste&). Ce mot semble apparenté à
forces pour atteindre un but, vaincre une résis- fon’ex, -icis, qui désigne un instrument analogue, et
tanceP, il est littéraire en emploi absolu Iv. 11651 dont la racine a été rapprochée de celle du sanskrit
pour afaire effort sur soi-mêmen. + Le déverbal EF- bardhuk* ~Coupant~, et du grec peptein Kdé-
FORT n. m. (1547; 1080, esfom) désigne toute acti- truiren, avec, pour le latin, des phénomènes de dé-
vité d’un être conscient qui utilise ses forces pour formation ; ainsi Festus le rapproche de formus
résister Cou vaincre une résista;ncel, dans l’ordre <<chaud%, mot indoeuropéen apparenté au grec
psychique ou physique : effort au xwe s. pouvait si- thermos.
gniEer aatteinte, coups. Par extension le mot, de-
puis la Renaissance (15471, signifie aaction éner- + Le mot désigne un instrument en forme de pince
gique,. Spkialement, dans la langue classique se & branches séparables, spécialisé en obstétrique.
faire un eFoti correspondait à +e faire violence>>;
aujourd’hui, faire WI ef&?s’emploie dans de nom- FORCES n. f. pl. est issu (av. 1135; aussi au sin-
breux contextes ; en matière d’argent, l’expression gulier en ancien français, 11761 du latin forkes <<ci-

équivaut à aapporter une aide tiancièrea. ~Par sailles>>, pluriel de forfex, qui se rattache peut-être
métonymie, e#oti a le sens de arésultat de l’effort» au sanskrit burdhak@ coupants I+ forceps).
(1559) ; il s’employait à l’époque classique pour <ré- +Forces désigne de grands ciseaux utilisés pour
sultat important, d’où ahaut fait* (un bel eFoti1, et tondre les moutons, couper les étoffes, etc.
DE LA LANGUE FRANÇAISE 1459 FORGE

FORCING n. m. est un emprunt (1912) à l’an- a signîfré en moyen tiançais (1467) aoffice du fores-
glais forcing, participe du verbe to force dorcern ; tier*, a été repris 119461,d’abord sous l’influence du
forcing n’est nominalisé qu’en -français. français québécois où il est usuel, pour désigner les
+ 11s’emploie dans tous les sports au sens d’Action techniques et connaissances nécessaires à l’exploi-
d’attaquer sans répit>> (premier emploi en boxe) et tation rationnelle des forêts, en concurrence avec
par figure, hors du domaine sportif, ( 1968) pour gat- arboriculture forestière et sylviculture.
taque à outrance>). Il s’utilise aussi au figuré 11953) DÉFORESTATION nf. ((action de détruire une
au sens d’aentrakement intensif>. partie de forêt> est formé (18741 à partir du bas latin
forestb; par changement de préfixe. 0 On a aussi
FORCIR + FORT en sylvicukure le contraire AFFORESTATION n. f.
(19081 ou, plus couramment, REFORESTATION
FORCLORE 3 CLORE n. f. (1932).

FORER v. tr. est emprunté En ~II~s.), peut-être 0 FORFAIT -3 FAIRE


par l’intermédiaire de l’italien forare (ou du pro-
vençal forarI, au latin forare apercer, trouern qui se 0 FORFAIT n. m., réfection 11639) de fuyfort
rattache à l’ancien haut allemand borOn apercer? ( 15801,est composé de fuit, forme verbale de faire,
au grec paros aterre labourbe>>. et de for, altération de fuer EV.11601, fur* ~IV” s.1
+ Forer a gardé le sens de <percer (un trou, une ex- ataux>>,sous l’influence de 0 forfuit.
cavatio&. + Le mot désigne une convention par laquelle il est
b Les dérivés FORAGE n. m. (v. 13301 <<action de fo- stipulé un prix fké par avance pour l’exécution
rep, FORET n. m. (XIII~s-1&Wrument pour forer)), d’une prestation, d’où couramment à forfait, au
FOREUR n. m. et adj. m. (18381, FOREUSE n. f. forfait, ~OC.adj. et adv., et l’emploi en droit fiscal.
(1884, foreuse électrique) et FORURE n. f. Iv. 1280; b For%ait a produit FORFAITAIRE adj. 119101,dont
repris en 1676) <trou fait avec un foretp, sont des dérive FORFAITAIREMENT adv. WB41, et FOR-
termes techniques. 0 Les quatre premiers se sont FAITISER v. tr. cv.19651,terme technique d’écono-
difFusés avec le développement de la prospection mie.
petrolière En XIX~S.I.
@ Voir PERFORER.
0 FORFAIT n. m. est une adaptation 11829) de
FORÊT n. f. est probablement issu (v. 112 1, forest) l’anglais fotieit, emprunté lui-même (xnr” s.) à l’an-
du bas latin ksilvul foresti (encore attesté dans les cien fiançais forfet, forfait wime~ b 0 forfait).
capitulaires de Charlemagne3 qui @nifAt eforêt + II désigne, dans le vocabulaire des courses ~VII~ s.
relevant de la cour de justice du rein. Foresti est en en anglais), une indemnité que doit payer le pro-
effet un dérivé de forum &ibunal~ I+ for) et a dé- priétaire s’il ne fait pas courir un cheval qu’il avait
signé (648) le territoire dont le roi se réservait la engagé dans une course. ~Par extension, la lo-
jouissance. Cette valeur juridique des premiers cution d&kwer forfait (1892, cyclisme) signiCe
emplois rend peu probable une origine francique, à cabandonner une épreuve)) et au figuré (XX”~.)
partir de “fo&Gst &Me de sapinsm (cf. allemand cabandonner=, en emploi général.
Ftihre “pin sylvestreB1. On a aussi rapproché forestis
stiva de l’italien et de l’ancien provençal forestier0 FORFANTERIE n. f. est un dérivé (1582; 1578,
aqui est en dehors (de la commune)>, dérivé du la- opposé à poltronnerie1 de forfunt, fotiunte *coquin»
tin foris (4 fors) ; la silvu forestis aurait été un bois (1546) puis afanfaron>>, emprunt à I’itahen fotiunte,
hors des limites, et donc de la juridiction, de la fur-funte (même sens), participe présent adjectivé
commune (opposé à silva communalis). La graphie de C&ure, lui-même emprunté à l’ancien français
atielle n’apparaît qu’au XVI? siècle. forfuire au sens de «faire du mal, du tortB (1080;
+Forêt, en concurrence avec bols, a éliminé l’an- + &Lire~.
cien tia~~caîs selve, du latin silvu <<forêt=,qui ne sub- +Forfanterie a signifA à l’époque classique xtrom-
siste que dans des noms de lieux (à partir de silva perieB (1582) et LUE forfanterie WI acte de violence»
ont été construits plus récemment des termes (16001; ces valeurs ont disparu quand le sens mo-
techniques ; + sylv-1. Le mot désigne une vaste derne s’est imposé. 0 Le mot désigne une action de
étendue couverte d’arbres cv.I 121) et, par analogie, vantard (WI” s-1; sous l’inkence sémantique de
forêt de... se dit Ixrv” s.1 d’une grande quantité d’ob- fanfaron, il s’emploie 116691à propos du caractère
jets longs et serrés (comme les arbres d’une forêt). d’une personne qui se montre impudemment van-
Par métaphore, le mot sime (1857) <<ensemble tarde; son sémantisme est très proche de celui de
complexe et inextricable>. vantardise. Le passage a pu s’opérer dans le
b FORESTIER, IÈRE adj. et n. est dérivé IV. 1140) contexte de la comédie italienne, cornrne pour ma-
de l’ancienne forme forest ou vient du bas latin fo- tamore.
resturius (667) &gisseur d’une forêt royale ou sei-
@eurialem ; le nom désigne aujourd’hui celui qui FORGE n. f. est issu (v. 1160) du latin fubricu
exerce une charge dans une forêt, souvent en ap- <atelierB et spécialement <<atelier de forgeron2
position dans =cIe forestier; l’adjectif signifie *qui (+ fabrique) ; on relève aussi faverge Iv. 1175). Fa-
est couvert de forêt, qui est relatti à la for& (1538; brica est dérivé de fuber aartisan qui travaille les
d. le CO& forestier, ~~~~~.+FORESTERIE n. f.,gti corps durs»; la spécialisation a d’abord été pré&
FORMALISER 1460 DICTIONNAIRE HISTORIQUE

sée par un adjectif Ifaber uwurius Mfondeur de FORMATAGE n. m. (v. 1970, dérivé français
bronze4 puis Mer ne s’est employé que pour ie d’après l’angkiis fomating), avec les préf&s RE-
travail des métaux kf+ otif%e1. FORMATER V. tr. et REFORMATAGE n. m.
4 Dés l’ancien tiaçais, forge désigne un atelier où Cv. 1980).
l’on travaille les métaux puis, par métonymie, le
fourneau de la forge (1690). Par extension, avec le FORME n. f. est emprunté (En xr” s.) au latin
développement des techniques, forge prend au fomu flmoulen, aobjet mou& et *forme>, qui
xwe s. le sens de egrand fourneau où l’on fond le semble lié au grec morphê par un rapport de méta-
thèse et lui correspond pour le sens (+ morpho-1;
minerab, d’où (1770) celui d’GnstaUation où l’on fa-
foutu a peut-être été emprunté au grec par l’inter-
çonne les métaux)). Cette acception a viefi à partir
du xrxe s. avec l’expansion progressive de la métal- médiaire de l’étrusque.
lurgie lourde et de sa terminologie (haut four- 4 Fomze a développé le sens général d’aapparence
neau*, etc.) ; le sens d’aentreprise de fabrication du sensiblen (v. 1119) ; de là le mot désigne l’ensemble
fep ( 16901, lié à un état de l’industrie, est au- des traits qui rendent l’identification possible (11551
jourd’hui sorti d’usage. et, par métonymie, ce qui est confusément percu
b FORGER v. tr. est une réfection (XIII~s.1de for@er ( 18351. Le mot s’emploie pour désigner une réalisa-
(v. 11201, issu du latin fctbtiare afaçonner, fabri- tion concrète particulière -que l’apparence soit
quer* n; les formes fuwechkr, fuwrgzkr sont aussi occasionnelle (par ex., dans la forme d’une phrase
attestées. oLe verbe s’est spécialisé au sens de et les locutions en forme de [v. 11651, être en forme,
&availler (un métal> $ chaud%, «faFonner un objet prendre la forme de...) ou non -; fomte en ce sens
de métalm (v. 11303. Au sens figuré de Ncréern s’emploie dans des contextes divers : <contour
(v. 11201, forger n’est plus en usage ; il reste littéraire (d’un point de vue esthétique)= 11668) ou encore Kor-
pour flimaginer, inventen (v. 11201, plutôt avec ganisation (d’une société)= (XI? s.), et au pluriel
l’idée d’aeffortp et souvent de 4romperiem (15801. pour contours du corps humainm Irnil. xwe s.l. 0 Il
+Les principaux dérivés se rattachent au sens se dit couramment de l’expression sensible d’une
concret du verbe. FORGEUR, EUSE n. (XIII~s., for- pensée par le langage krve s.1 -d’où, par exten-
ge& s'e~p~~k aussi au figuré (1559). +FORGE- sion, wrangement de mots» et aussi (18351 <<aspect
RON n. m. 11538 ; xrves., l’orjeroal, aussi adj. au sous lequel se prbsente un termefi aa fome du
xwe s., a éliminé l’ancien français f&vre En XII~s.), du masculin, du pluriel...~. Fome désigne un type sur
latin fuber. Verbe et substantif dérivé ont servi à le modèle duquel on construit une œuvre d’art
former un proverbe : c’eti en forgeant qu’on de- (1661; v. 1265, cmodèle à imiter>), en particulier
vient forgeron En me s., ù forger on devient forge- dans poème à forPne ke et, par métonymie, fome
ron), traduction du bas latin fabticando fit fuber. fixe. ~Forrne désigne aussi comme en latin
oFORGEABLE adj. (16271 et FORGEAGE n.m. («moule4 ce qui donne sa forme à d’autres objets,
(17551 sont des mots techniques. dans divers emplois techniques : en cordonnerie
FORGERIE n. f. a Sign%é Mmachinationm (13791 et Gin XI~ s.1,en imprimerie 115491, en papeterie 115551,
*métier de la forges Ixvr” S.I. Il conserve le sens de d’où, par exemple, l’expression papier a lu fomze,
Nce qui est fabriqué, imaginé, 118701,peut-être sous en chapellerie ( 1636 ; d’où le composé haute-forme,
l’inhence de l’anglais forgery =contrefwon)>. haut de fome qualiknt un chapeau d’homme). Par
Le composé REFORGER v. tr. (1416, reforgiw) ne ailleurs, forme est par métonymie le nom d’objets
s’emploie qu’au propre. qui possèdent une forme caractéristique : <<ban-
quette% Iv. 1200J en archéologie, <gîte du lièvres
FORMALISER, FORMALISME (v. 13001 autrefois en vénerie, -bassin» 113861 en ma-
+ FORMEL rine. *Du sens général vient celui d’uapparence,
organisation conforme à une norrnen et, spéciale-
FORMAT n. m. représente probablement un ment *manière d’agir selon les règles établie+
emprunt (1723) à l’italien formato &mensions du Ixv=?s-1avec la spécialisation du pluriel les fomzes
papierm Exwe s.1,démesure, dimensionn kve s.1,par- ~ma&res courtoises» (xv” s.), déjà en 1280 au sens
ticipe passé du verbe fomzwe aformep, emprunt de ~mani&e d’ag+, d’où les locutions dans les
au latin fomzure I+ former, fort-ne). formes kme s.), pour la forme 11665). 0 D~JE le do-
+ Le mot désigne la dimension caractéristique d’un maine juridique, fom (15491 désigne l’aspect ex-
imprimé ou d’une feuille de papier (donnée alors térieur d’un acte, d’où les locutions en borne et
souvent par son mgrane) et par extension les di- due forme adans les règlesm I1700) et sans autre
mensions d’un livre (ex. : grand format, format de forme de pmcès (1585) mm discussions, employée
poche). Par analogie (me s.1, format s’utilise à pro- au figuré. C’est cette acception que satirise Beau-
pos d’un tableau, d’un disque, etc. 0 Le mot équi- marchais dans le Mutiage de F&wo aa fo-o-o-bel.
vaut 11872) à &nension, tailles à propos d’une per- Du latin médiéval fomca (~III~s.1a été retenu le sens
sonne lun homme de grand format et, par de <principe interne d’unité des êtres» en philo-
métonymie, WI grand, un petit fomatl. oFomat sophie El2701 et en logique, sens qui se prolonge en
s’emploie aussi en infomnatique ( 1955) par emprunt psychologie et en biologie, où théorie de Ja forme
à l’anglais Comtat, de même origine, au sens de (ti s.1 traduit Mlemand Gestulttheorie, cfT.Lu PSY-
*modèle détissant les règles à observer pour les chdogk de lu fome, Paul Guillaume, 1937. Dans de
dimensions des informations et leur disposition=. nombreuses valeurs, l’opposition fome-fond reste
wDe ce dernier emploi sont issus les dérivés FOR- très active, malgré son caractère supeticiel. +Le
MATER V. tr. Iv. m'o, de l’angltis to fomzut) et sens de «bonne condition physiquem (c’est-à-dire
FORME
r formeret
formette
forme
-+- forme
L plate-forme

t fourme

formatif
formable
formage
anc. fr. prforincr

- performance

italien
formater
formare, ~0mat0 -format -r
formatage

F
formatio formation
formator formateur
formans - allemand fomlans - formant

-L conformare conformer
l-- deformare déformer

F
informare informer
praeformars préformer
reformare réformer
transfwmare transformer

formulation
informulé
formula . formule formuler
formulette
formulable
formulaire

l-
l-
conformis
informis
conforme
informe
t--- uniformis uniforme - uniformité
FORMEL 1462 DICTIONNAIRE HISTORIQUE

abonne apparence4 a été emprunté (1858) à l'an- @(SE) FORMALISERv.pron.ettr.,eskOn~h"uith


glais fom (17601 de même origine que le fran@s partir du latin fomzulz& <<relatif à la formeD. II sime
fomte, d’abord en parlant d’un cheval, puis d’un ese choquer d’un manquement aux formes, aux
sportif (18841, d’où les locutions courantes êtie en conventions, (15391. Le verbe a eu en moyen fian-
forme 119331,en grande, en pleine fome, et par ex- çais un emploi transitif (~VI~s.), «offenser qqn-.
tension le sens d’«aptitude à a@. 0 Dans cet em- @FORMALISERv. tr. estco~truitI~~.19443àp~-
ploi, le prétié SUPERFORME n. f. cv. 1970) est tir de fomzel (dans son emploi didactique), d’après
usuel. Voir aussi le schéma au recto. l’anglais to fomzalize au sens de adonner une forme
à» (attesté dès 1597 et courant à partir du XVII~S.I.Le
wÀ partir de fome ont été dérivés quelques termes
sens didactique de «donner des caractères formels
techniques : FORMERET n. m. (14901, d’abord four-
(à une théorie, eto.)mest apparu en anglais & la fin
moyet ( 13971, issu de fome au sens spéciial Car- du xrxesiècle. 4A partir de fomtaliser ont été
chaTque de «fenêtre d’église», désigne en architec- construits des termes didactiques : FORMALI-
ture un arc dans l’axe d’une voûte; FORMETTE SABLE adj.(av. I~~~),FORMALISANT,ANTE adj.
n. f. s’emploie en imprimerie 1x9 s.); FORMER hibz"s.~ et FORMALISATION n.f *réduction
n. m. en cordonnerie ( 12201et en chapellerie 11680). aux structures formelles>> (av. 1944 ; probablement
+Le composé PLATE-FORIWE n.f. CKV%, de ph$, d’après l’anglais fomzalizatiort attesté dès 1682 en
adj.1 désigne une surface (Nune formea plane, plus philosophie, et en 1875 en logique). Ce mot, comme
ou moins surélevée, spécialement la partie ouverte le suivant, est lié au succès de la notion de fomze*
d’un véhicule public et, par extension, un wagon en philosophie et en sciences humaines.
plat. 0 Le sens d’aensemble d’idées, de prin- FORMALISTE adj. et n. (1585 ; du latin ~O???I&S)
cipes, etc. qui servent de base pour présenter une s’emploie à propos des relations sociales et, à par-
politique, (dans plate-forme électomZe1 est em- tir du XX~ s., en philosophie (18451 et en sciences
prunté tH55, rare av. 1950) à J'anglo-améticain humaines. ~FORMALISME n.m., dériv& de for-
platform (1844 en ce sens), lui-même emprunté au mel, d’après le latin formalis, se rattache aussi à
fiançais. des emplois différents de forme. Il signifie *attache-
-FORME est ~11 second élément tiré du latin -for- ment aux forme+ en tant que conventions (1831,
mis, dt+ foma <formeD, utilisé pour construire des Michelet) et, en esthétique, désigne la tendance à
mots savants (cf. morpho-; -oi'de). Le préfué MUL- rechercher la beauté formelle en art. pomzalisme,
TIFORME adj. se trouve dans Lamarck 11778). dans un emploi didactique, se dit de la tendance à
L'eXpreSSiOn htine PRO FORMA s’emploie en considérer la forme comme principe d’unité des
fonction d’adjectiftdep. 16031pour une facture anti- êtres dans un objet de pensée 11823, en philosophie
cipée, établie dans les règles, mais ~pour la formeD, à propos de Kant, et chez Maine de Biran). oLe
sans entrtier de conséquences juridiques. mot a &é introduit d’après l’allemand Fomtulismus
0 Voir FORMEL, FORMER, FORMULE. FROMAGE. en logique mathématique, au sens de <<développe-
ment de systèmes formels= Idéb. XX~s.) et au sens
de &-wture formelle (d’une théorie), ( 1928,
FORMEL, ELLE adj. est un emprunt Cv.1270)
d’après le mathématicien allemand Hilbert).
au latin classique fomzalis “qui a telle formen, en la-
FORMALITÉ n. f., dérivé savant (1425) du latin for-
tin médiéval «qui est suivant la forme* en droit, et
malis, se dit au pluriel de ce qui est prescrit par la
terme de philosophie en latin scolastique, dérivé
loi, la règle Ues fomalités de douanel, mais est rare
de fomza I+ forme).
pour parler d’un acte, d’une parole prescrits par le
4 Dans la scolastique Iv. 1270, cause fomzelle), l’ad- respect des conventions, des formes (1666). Par ex-
jectifest appliqué à ce qui a une existence effective, tension Idéb. me s.), fomzalité désigne un acte qu’on
repris chez Descartes dans r&aJ& fo~-~&Je (18473. Il doit accomplir mais auquel on n’accorde que peu
reste comme terme de philosophie et de logique, d’importance : cette valeur correspond à celle de
lié aux valeurs spétiques de fomze. ~FO~L se fome dans pour Ia forme, et appartient au même
rattache & un autre sens de fomze et signifie ( 15603 champ sémantique que se fomullser.
=qti est enoncé de façon détemée» (ordre for-
FORMER v. tr. est emprunté (v. 1135) au latin
mel). +Enfin, fomzel qualtie (ti s.1ce qui concerne
fomure CdoMer une formem, d’où afaçonner, for-
la forme, soit à propos de ce qui repose sur la forme
mep, aarranger&, &struiren, &glep, dérivé de
et, cmramment, de ce qui prend plus en cumpte la foma b formel.
forme que le contenu (un ensei@ement fomzell,
soit à propos de ce qui privilégie les formes sociales + L’idée de création l’emporte dans une série d’em-
plois : le verbe signifie =créep (v. 1150 ; Dieu a fomé
hne politesse formellel, de ce qui est fait pour res-
Z’hmnme) et par extension aémettre hors de soi, for-
pecter la forme (accord fomel1 ou de ce qui est fait
muler-n Il 1721, sens sorti d’usage aujourd’hui
dans les formes. comme ceux de tifaire entendre* (1664) et aengen-
b FORMELLEMENT adv. (XIV” s., fouwnelement) a drers (1647). 0 Da;ns l’usage moderne, fomer se dit
remplacé fomteement au sens de aclairement, cer- pour *concevoir par I’espritn E16041,donner une
tainement* ( 1478-1480) et dans un emploi didac- forme>> en grammaire ( 1680) et ({faire exister selon
tique (xx” s., (<en considérant la forme4. une formeb ( 16901. Le noyau sémantique semble
Les dérivés du latin fomtalis ont seni, avec formel s’être déplacé de *créer>>, afaire exister (par une
et le mot anglais de même origine to forrrdze, à forme)>> à aorganiser,. Mais l’idée d’4tre la cause
produire une série de mots courants ou didac- de qqch.m domine encore dans certains sens du
tiques. verbe : fomzer signifie alors <prendre la forme deu
DE LA LANGUE FRANÇAISE 1463 FORMULE
riant>> et (1826) comme superlatif en général lauda-
tif, sans application sémantique particulière
(cf. pour la même évolution sensationnel, extraor&
nuire, etc.). Fomtidable est alors souvent abrégé
par apocope en formi 119591,formkk UEï’), formid
Cv.1960). -Formtiuble n. m. (mil. ti s.1 désigne
une chope de bière de grande contenance.
F FORMIDABLEMENT adv., autrefois *d’une ma-
nière qui fait pew (17691, est surtout employé au
sens extensif familier (1873). - Malgré les critiques
inlassables des puristes, fomtidable et son dérivé
sont aujourd’hui complètement détachés de I?dée
étymologique de Nterriblea, sauf dans des emplois
littéraires.
FORNIQUER DICTIONNAIRE HISTORIQUE

.Le dérivé FORMULER V. tr. ~IV” s., {{exprimer de mots dont peu sont restés en usage (forjeter, for-
avec ou sans précisionn, mais rare avant le 3~111~s.1 ligner, forlonger, fortrait... ont disparu).
a le sens didactique de <<mettre en formule, faire @ voir FAUBOURG. FAUFILER, FAUX-FUYANT, FOR, FORAIN.
d’après une formule, ( 1740, en médecine) ; par ex- FORBAN, FOURBU, FOURVOYER; CLORE (FORCLOREI. VOIE
tension (18451, il Sign%e couramment aexprimer de (FOURVOYER).
façon précise» et, plus largement, cexprimep.
0 Du verbe dérivent FORMULAI~LE adj. (18661 FORSYTHIA n. m. est un terme du latin bota-
-d'où INFORMULABLE adj. (1927ket FORMU- nique (1803; 1823, forsythie, qui ne s’est pas imposé)
LATION n. f. h. 1840). + SIX le participe paSSé a été construit sur le nom de l’horticulteur écossais For-
construit INFORMULÉ, ÉE adj . (1855). syth (1737-1804).
LepréhéREFORMULERv.tr. (attesté 1954)etSOn + Il désigne un arbuste ornemental, d’origine ex-
dérivé REFORMULATION n. f. (1968) sont didac- trême-orientale.
tiques.
FORMULETTE n. f. (1954, autre dérivé de fownule, FORT, FORTE adj., n.m. et adv. vient En
désigne une brève formule récitée (comptine) ou xe s.1du latin fortis arobuste, courageux», mot d’orî-
chantée (refrain). gine incertaine; fort a été la forme commune aux
FORMULAIRE n. m. est dérivé de fom24k, d’après deux genres jusqu’au ti siècle.
le dérivé latin impérial formularis adj., substantivé 4 Dans le domaine abstrait, fort se dit d’une sensa-
au sens de Njuriste connaissant les formulesn. 0 Il tion, d’un sentiment qui est ressenti avec acuité 6n
désigne en français un recueil de formules (Xnp s.1 x” s.), de ce qui est fondé, emporte l’adhésion (13061,
et, spécialement 119321, une formule comprenant sens utilisé dans la locution à plus forte raison
des questions en face desquelles on doit inscrire (15801, ceci en particulier quand il s’agit des moyens
des réponses (+ fortran). d’expression (av. 1662; un style fort, une œuvre
forte). L’adjectif a pris @n XIVes.1 la valeur spéciale
FORNIQUER v. intr. est un emprunt du Nexagéré, excessifm (ex. : une plaisanterie un peu
moyen francais (XIVes.) au latin eccl6siastique fomi- forte), entre autres dans des locutions familières
cure <<s’adonner à la débauchen et par figure & la comme c’est un peu fort, c’est trop fort (1692, c’est
corruption>>, du latin classique fomix wotitem qui fort), etc. +L’adjectif fort exprime aussi, dès le X-I~s.,
avait pris par métonymie le sens de 4ieu de prosti- un pouvoir d’action dans différents domaines. II
tutionn, cprostituées : les prostituées, à Rome, se te- s’emploie à propos de la force physique d’un indi-
naient dans des chambres voGtées ffomiced creu- vidu (10801 et entre alors dans des locutions (être
sées dans les murs des maisons. Fomix est fort comme un Turc f16901,comme un boeuf [18651)
peut-être de la même famille que fumus I-+ four), et dans des expressions plus ou moins lexicalisées
un four étant en forme de voûte. 11762, le sexe fort des hommes4 ; au figuré, la ma-
+ Forniquer est un terne religieux (xrves.) relatif au nière forte Id s.1se dit pour -la violencem ou fll’au-
péché de chair, c’est-à-dire aux relations char- torité sans contrôlen Irecourir à la manière forte).
nelles des personnes non mariées ; il s’emploie par - Fort n. m. h. 1186) se spécialise au sens de aporte-
extension, et souvent par Pla;isanterie, pour *avoir faix, crochetew (16001, d’où fort des Halles (1732,
des relations charnellesb ( 1870, Mériméel. les forts de la Halle). 0 Par figure, il désigne ce en
b Deux mots ont été empruntés à des dérivés de quoi quelqu’un excelle (XIV~s.1,aujourd’hui dans ce
fomicah?z, supin de fomicare: FORNICATION n’estpas mon fort (1648). 0 L’adjedf exprime plus
n. f. EV.1120, fomicatiun), emprunt au latin ecclé- tard (1659) un pouvoir d’ordre intellectuel; par dé-
siastique fomicatio <péché de la ch+ kcintragem nigrement il n ‘est pas krèsl foti Sign%e Gl n’est pas
en latin classique), et FORNICATEUR,TRICE n. très inteiligentm (1865). ~L’idée de volume étant
kw@ s. ; v. 1200, fomicator), emprunt au latin ecclé- liée à celle de force, fort signZe aussi ade grande
siastique fomicator, -ti, qui ont une évolution pa- dimensionm Il580 ; xwe s., MZ fort) d’où, par euphé-
rallèle à celle du verbe. misme, agros, corpulent)) (souvent en parlant d’une
femme, emploi où forte est un euphémisme poli
FORS prép. (lOSO), d’abord dans foers de ahors pour grosse).
den (938-9501, est issu du latin classique forts ((de- L’idée de solidité se rattache aussi à celle de force,
horsD, employé comme préposition en latin impé- et l’adjectif s’utilise pour qutier des choses (10801,
rial I- hors, dehors). d’oti place forte (v. 1160-I 1741, château fort (+ ci-
4 Fors <<excepté, hormisY, remplacé par hors*, n’est dessous forteresse3 ou encore coffre-fort. Il s’ap-
plus qu’un archaïsme; seule reste connue la for- plique à des personnes avec la valeur de afermeb,
mule tout est perdu fors I’homeur qu’aurait pro- acourageuxm &n XII~s. ; 1835, n. m-1 que connaissait
noncée François Ier après la défaite de Pavie. L’épo- le latin fortis (il peut s’agir d’un réemprunt). De
que classique employait aussi fors excepté 11665) ; cette acception vient esprit fort uathée=
Vaugelas recommandait 11647) de bannir fors de la tdéb. xw” s.1 et à l’époque classique apersonne non
prose et, si Furetière (1690) retient le mot comme conformiste>> (16901, puis par déviation péjorative
vivant, Richelet (16801 et l’Académie (1694) le aforte têtem 118611. * L’adjectif s’emploie aussi en
donnent comme sorti d’usage. Fors s’est employé parlant de ce qui agit avec force et marque un haut
comme adverbe en ancien français ti x” s.1 au degré d’intensité (1080, un vent fort) et, spéciale-
sens de cdehorsn. ment, se dit de ce qui agit sur les sens en produi-
Par ailleurs fors, avec ce dernier sens, est devenu sant souvent une impression pénible (1080, une
très tôt (XI~s.1 un préfixe, entrant dans la formation odeur forte); par métonymie, il s’applique à une
DE LA LANGUE FRANÇAISE: 1465 FORTUNE

substance, notamment une boisson alcoolisée NdoucementB ; + piano) pour afort puis doucementn
(1220, vin fort), un mets épicé Cànoter que l’anglais (avantun passage). FORTE-PIANO n. m. (17681 dé-
emploie alors la notion plus sensible de achaleurn : signait aussi un instrument de musique à clavier,
hotl, une infusion (1890, café fort). * L’idée d’efka- nommé également piam et forte 117661, puis piano
cité étant souvent liée à celle de force, l’adjectif fort forte (+ piano). +FORTISSIMO adv. 117053etn.m.
s’emploie au sens d’4nfluent , puissant= Cv.1160- (1845) reprend un mot italien, superlatif de forte et
i 1741 en parlant de personnes et dans des lo- équivaut à &ès fortn.
cutions : être fort de Il’aide de qqn), se faire fort de
(XIV~s.l. Q Par extension, il s’applique à celui (ou à FORTIFIER v. tr. est emprunté (1308) au bas la-
ce1 qui a la force ou qui emploie la force (un Etat tin fotificare arendre plus fort-, composé de fortis
foti, une amzée, urw police fotie; cf. aussi au jeu une Nfort*n et de fucere «faire*“.
carte forte) et à ce qui agit eficacement {un argu- + Fortifier signZe urendre plus vigoureux= C13081.
ment fort). 0 De cette acception viennent plusieurs Par extension, le verbe si@e (v. 1560) <<donner de
emplois techniques, au sens de “qui est plus accen- la solidité à (qqch.3a, «accroître les forces physiques
tué que les autres, (en musique, temps fort; en ver- de (qqn)% (15801 et, spécialement, ((munir d’ou-
sification, syllabe forte). Par extension, fort s’em- vrages de défense>> ffi xwe s.3, sens renforcé par
ploie pour qualifier ce qui dépasse la normale l’emploi correspondant de fort n. m., forteresse, for-
(mil. XVI~s.1, par exemple dans les locutions prix tin et fortification (cf. ci-dessous). 0 Le verbe s’em-
fort, monnaie forte (xx” s.1. ploie aussi au figuré [ 1580, fitifier i’amitié; 1651,
Le mot s’emploie comme adverbe de manière pron.).
(XII~s.), par exemple dans frapper fort et au figuré y b FORTIFIANT, ANTE adj. et n. m., du participe
aUer fort (19161, et comme adverbe de quantité présent de fotitir, désignait celui qui fortsait une
(xv” S.I. ville (1543) et s’applique à ce qui fortse ( 16901. Le
.Le dérivé FORTEMENT adv. 112451, refait sur nom s’emploie pour flaliment, médicament qui for-
forte, a remplacé fownent W s.), fortment @n x” s.l. t%e» (18331.
0 Comme fort adv., il exprime la quantité, l’inten- FORTIFICATION n. f. (13601, emprunt au latin loti-
sité &ïn xes.), la manière Iv. 1050, <<avecviguew ; @x50, dérivé du supin de fotificure, désigne l’ac-
v. 1274, «solidement>4 tion de fortfier un lieu et, par métonymie (v. 14601,
FORCIR v. intr., dérivé d’après force, forcer, signZe souvent au pluriel, un ouvrage défensif. Le mot dé-
*devenir plus fortn ( 18651 et familièrement -prendre signe en moyen français et à l’époque classique un
de l’embonpoints. Le p. p. FORCI, IE est plus ou des domaines les plus importants de la guerre.
moins lexicalisé comme adj. (1857, Flaubert). +L’abréviation FORTIFS n. f. pl. 11920; 1881, for-
FORTERESSE n. f+est dérivé de l’adjectif fort, fotie tifes) s’employait à propos des vestiges des an-
dans un emploi spécialisé t’place forte). Il désigne ciennes fortikations de Paris, autour de la ville,
Iv. 1130) un lieu fortsé et métaphoriquement Ide- devenus une zone mal famée.
puis Calvin, 1541) un lieu de sûreté, un refuge. Une
spécialisation de l’époque romantique (1810) cor- FORTIN n. m. est un emprunt 11642) à l’italien
respond à #château fort servant de prisow + La lo- fortin0 (16241, diminutif de forte n. m., «fort», du latin
cution forteresse volante (v. 1943, désignant un fodis C-3fort).
avion bombardier, est une traduction de l’anglais
+ Le mot désigne un petit fort militaire.
flyingfortress Cmotdemême origine).+~~~~ n.m.
est la substantivation kuu” s.l de l’adjectif dans FORTRAN n. m. est la reprise (19%) d’un mot
des emplois comme chbteau foti, en concur- valise anglais FOHmulal TK4ZVk~atio~1 titraduc-
rence avec forteresse. -) Fortin. tion formulaire*,
FORTICHE adj. s’emploie familièrement pour =ro-
bustes (18971 et uintelligent, malin» (1915). 4 Il est utilisé en informatique pour désigner un
Les différentes acceptions du composé CONTRE- langage adapté aux calculatrices électroniques
FORT n. m. (XIII’ s.; de contre1 retiennent l’idée de (cf. algol, busic, cobol, formations analogues).
arenforcement>> : le contrefort est un pilier qui ren-
force un mur ou une pièce de cuir qui renforce le
FORTUIT adj. est emprunté krv” s.) au latin for-
tuitus <<dûau hasard,, de fors <sort, hasard)>, seule-
derrière d’une chaussure (1572 ; v. 1268, <renfort en
cuir4. Cette valeur technique est reprise au XX~s. ment utilisé au nominatif et à l’ablatif forte comme
kontiefort d’un pneu). Contrefort se dit également nom commun et à tous les cas comme nom propre,
(18351 d’une chaîne de montagnes qui semble être associé alors à Fortuna I+ fortune). Fors est tradi-
un appui pour une autre. tionnellement rattaché à ferre <<porte- (3 o&ir,
+ Voir FORTIFIER, FORTE, FORTIN; EAU-FORTE h-h. EAU),
préférer,, hypothèse discutée par Ernoult et
W-FORTE h-t. EVLAIN).
Meillet.
+Fortuit s’emploie pour <<de hasard», CaléatoireB
FORTE adv. et n. m. inv. est emprunté (1705) à (av. 1784, n. m.1 dans un style soutenu.
l’italien fotie adv., «fort» en musique, pour indiquer de dérivé FORTUITEMENT adv. 115623 appar-
la nuance d’un passage (du latin fort& + fort). tient aussi à l’usage soutenu.
4 On employait auparavant en musique fort, ad-
verbe. FORTUNE n. f. est emprunté CV.1130) au latin
,Le fI”anÇaiS a aussi emprunté FORTE-PIANO fotiuna <divinité qui symbolise le sort= IFortunal,
adv. et n. m. ~IV. Il8291 à l’italien Ide forte et piano abonne ou mauvaise chancen, puis abonne fortunem,
FORUM DICTIUNNAIRE HISTORIQUE

acondition, destin et spécialement, au pluriel, Sri- bliqueti ; récemment le Forum des Halles, à Paris, a
chessesn. Le mot se rattache à fors, fortis +ort». diffusé cet emploi, variante noble du Centre
+En emploi didactique, le mot désigne (souvent (d’achats, etc.). Il a reçu dans les années 1960 une
avec F majuscule) la divinité qui présidait aux ha- valeur moderne, tiréunion, colloque, débat publicm
sards de la vie, sa représentation (v. 11301, et dans (19551, sens relevé chez A. Maurois dès 1946 à pro-
un emploi aujourd’hui littéraire la puissance qui pos de la vie publique américaine ; il pourrait s’agir
dispense au hasard les biens et les maux. Le sens d’un américanisme, le mot ayant des valeurs figu-
de =ce qui advient d’heureux ou de malheureuxm rées en anglais depuis le XVII~siècle. 0 Autre amé-
Cv. 12651, qui équivaut au sens originel de heur, de ricanisme, le sens de 4îeu d’échange de messages,
chance, est repris du latin : d’où les locutions bonne sur un système télématique* EV.1997).
~mauvaisel fortune Cv.13601, chercher fortune (fin
XVI~s., courir fortune de) et la locution sortie d’usage FO S SE n. f. vient (1080) du latin classique fossa
dire la bonne forturte ala bonne aventurem (16361. À <<excavation, trou» et &ombeaw en latin chrétien,
cette acception se rattache courir la fortune du pot participe passé féminin substantivé de fodere
as’exposer à faire un mauvais repas en arrivant & acreusern (-+ fouir).
l’improvîste~~, locution qui a donné ( 1762) diner à la 4 Fosse a le sens ghnéral de acavité naturelle ou ar-
fortune du pot GXUIS façon>. +Fortune a sign%é tikielleu. Désignant une cavité creusée pour servir
euccès galants, sens resté vivant dans borne for- de réceptacle (10801, le mot a des acceptions spé-
tune (av. 1648, avoir de bonnes fortunes). 0 Le sens cialisées; il désignait (XII~s.) un cachot : on disait
de ~malchance~, «malheur* (déb. xv” s.1existe dès le busse-fosse (xv” s.l pour un cachot profond d’où CU/
latin populaire et à partir du XIII” s. (v. 1265) en fran- (fond1 de basse-fosse; il s’emploie pour un trou
çais dans l’acception spéciale de atempêten (cf. an- constituant un piège (1690) ; la fosse aux ows, aux
cien provençal fortuna de mm, xrrres., et Zeroumain Lions (1890) est l’emplacement creusé où l’on tient
futiun~ <<malheur sur mer4; cette acception sub- des ours, des lions en captivité; la fosse d’aisances
siste dans faire contre Imauvaiselforhme bon cœur (16941, ou fosse, est le trou qui recoit les matières fé-
( 1678) et dans fortune de mer ccaccidentn. La voile cales ; cette valeur très spécialisée est sémantique-
dite de fortune est ainsi nommée par une métony- ment, sinon référentiellement, voisine de fosse
mie de cet emploi. 0 Par extension, fortune équi- d’orchestre (déb. z? s.l. Le mot désigne aussi 11802)
vaut à ccc qui arrive du fait du hasard». Le mot, l’ensemble d’une exploitation houillère. + Par spé-
quand le caractère heureux ou malheureux du fait cialisation, fosse se dit Il 1701 du trou creusé en
n’est pas précisé (v. 1265, fortune d’or nor trouvé par terre pour l’inhumation des morts (1872, fosse com-
hasardnI, n’existe qu’en emploi littérajre (1688, la mune); de ce sens viennent les locutions figurées
forttuie d’une ouvre), à l’époque classique dans de creuser sa fusse #préparer sa mort= 118291,êti SUT
fortune (15801 ou par fortune Cv.1534) “par hasarda. Ie bord de sa fosse et 11690) avoir un pied dans la
En ce sens, fortune désignait aussi (déb. xvf s.1 la si- fosse 4tre près de rnoti ; tombe est plus courant
tuation où se trouvait qqn et, spécialement, une si- dans ces emplois. +Fosse désigne aussi une cavité
tuation élevée (16401, à l’époque classique dans naturelle en anatomie ( 1180-l 190 ; par ex. fosses na-
faire fortune &ussir dans la vieB (16881, expression sales), en géologie C1932; fosse marine).
comprise aujourd’hui dans un autre sens ki-des- b Le diminutif FOSSETTE n. f. Iv. 1121) ne s’em-
sous), et perdre fortune. Le mot s’emploie encore ploie plus au sens de apetite fosse* ; par analogie il
parfois par analogie au sens de «succès)) (av. 1778) ; signSe (1245) <<petit creux dans une partie charnue
mais on préfère suc&, réussite, ou de manière du visage ou du corps»; c’est aussi un terme d’ana-
neutre, cam’ère. 0 Fortune s’emploie couramment tomie (1611). Daas ces emplois modernes, il est sé-
depuis le xv” s. pour ((ensemble de richesses» et en mantiquement détaché de fosse.
particulier quand on parle de richesses impor- FOSSOYER v. tr. ne s’emploie aujourd’hui qu’au
tantes (faire fortune, 1837) ; par extension une, kks) sens de acreuser une fosse= Ixme s.); au sens de
fortunekl désigne des sommes d’argent impor- <creuser un fossén, il est sorti d’usage. -En dérive
tantes, d’oh vient par métonymie l’emploi de for- FOSSOYEUR n. m. 11328) <celui qui creuse les
tune pour <(situation de qui possède une fortunem fosses dans les cimetièresu; par métaphore, la fos-
(1704). soyeuse n. f. désigne la mort (av. 18341; par figure,
F FORTUNEE, ÉE adj. est formé d’après le latin for- fossoyeur s’emploie (av. 1872) pour Npersonne qui
tunatus, participe passé de fortunare afaire r&ussirn anéantitfi.
(de fortuna). 0 Au sens de cfavorisé par la fortune)) FOSSOIR n. m. est issu Km x? s.1du bas latin fosso-
(1319-13401, le mot n’existe plus aujourd’hui que tium &w&ument pour creuser ou bêcherm, neutre
dans un emploi littéraire Ià propos des choses, substantivé du bas latin fossotius “qui sert à creu-
1654) ; en revanche, il s’applique couramment ( 1787) sep, du supin de fodere. Ce mot technique désigne
à qqn qui possède des biens, de l’argent (cf. riche). une houe employée en viticulture ou (ti s.) une
0 voir INFORTUNE. charrue vigneronne.
FOSSÉ n. m., réfection (XII~s.) de fosset (10801, est
FORUM n. m. est un latinisme, emprunté au issu du bas latin fossatum afossém,participe passé
XVIII~s. ( 1757) au latin forum, qui a donné for*. substantivé de fossure, kéquentatif de fodere.
$D’abord mot d’antiquité, il désigne pa;r figure o Fossé s’emploie au sens concret de Mfossecreu-
(av. 1813) tout lieu où l’on discute des afkires pu- sée en long dans le solm, pour faire circuler des
bliques. Par extension, il a pris ( 1910, R. Roussel) le eaux ou, spécialement (16291, pour servir de dé-
sens architectural et urbanistique de Rplace pu- fense. Par figure, en retenant l’idée d’obstacle
DE LA LANGUE FRANÇAISE FOU

-réalisé concrètement pour désigner les ob- anciennement exprimée par l’adjectif pOUr flex-
stacles creusés sur un parcours hippique- fmk trêmen Id&. xues., foie pour *peur follePI. Comme
signik (1916) divergence de vues, 6épmatiOn~ Ile un fou s’emploie pour <<exagérément, extrême-
fossé des générationsI; il s’emploie aussi dans des ment% ; de même on retient l’idée d’excès dans fou
locutions figurées, comme sauter le fossé ase déci- de aplein dem Exwe s., fou de joie, de colére; 1669, fou
dec ( 16901. d’amour) ou aqui a une passion pour» (1669 ; il est
0 voir FOSSILE fou de musique). +Fou désigne encore une per-
sonne dont le comportement est jugé extravagant,
FOSSILE n. m. et adj. est un emprunt (1556) au parfois sans idée de péjoration, et l’adjectif qutie
latin fossiZis atiré de la terres, construit probable- ce qui est estimé contraire à la raison, à la sagesse
ment sur fossum, supin de fookre xcreuser= (10801, par exemple dans la folle du logis Gmagi-
b fosse). nation)) ou dans têt, folle (16901. 0 Fou a sigrk6é
+ L’emploi comme adjectif, au sens repris du latin, <dévergondés Cv. 12001, d’où en particulier folle
est sorti d’usage; fossile se dit aujourd’hui (1713, femme tiprostituéea (XIII~ s.1,encore dans la locution
adj. et n. m.) des débris ou des empreintes d’orga- femme folZe de son cosps (rmr” s.); aujourd’hui,
nismes conservés dans des dépôts sédimentaires. FOLLE n. f. (xx” s.) se dit d’un homosexuel qui se
C’est alors l’un des mots clés d’une science qui ap- comporte de façon très efféminée (comparer avec
paraît au xwle s., en relation avec les théories du la métaphore de l’anglais gay; -3 gai). *Fou s’em-
déluge et des révolutions de la Terre, et se déve- ploie par extension pour désigner une personne
loppe au XIX~ s., la paléontologie. La géologie tout d’une gaieté exubérante ( 1690 ; faire le fou), d’où le
entière est d’ailleurs tributaire des recherches sur proverbe plus on est de fous plus on rit. +Par exa-
les fossiles, connus sous d’autres noms avant le gération, l’adjectif équivaut ( 1793, prix fou) à <extra-
xme siècle. 0 Au figuré, fosstie sime ( 18271 adé- ordinaire, énormep (ex. un monde fou [18131,passer
modé, suranné~ (pour une personne; 1833, n. m.). un temps fou), *Par analogie, fou s’emploie pour
b FOSSILISER v. tr. s’emploie dans un contexte di- qualifier un mécanisme dont le mouvement est ir-
dactique (1832, pron. ; 1867, tr.), souvent au parti- régulier ou incontrôlable (roue folle; aigulUe folle
cipe passé (av. 1850) et aussi au figuré (1845, pron.); d’une boussole) et, par extension, dans d’autres do-
en dérivent des termes d’emploi didactique maines : folle avoine aqui bouge au ventD ( 15471,foZZe
comme FOSSILISATION n. f. (18323. +FOSSILI- furine ( 16 111, folle brise <<dont la direction change
FÈRE adj., formé avec -f&e du latin ferre aportew sans arr& (18451, patte folle (familier) Njarnbe qui
signifie 11837) “qui contient des fossïlesm (d’un ter- semble ne plus obéir aux ordres de la tête> En
rain). mxesd, herbes folles (av. 1891).
Autrefois le substantif masculin, dans fou du roi ou
% FOU (et FOL), FOLLE n. et adj. est issu
fou de COUT(1580, Montaigne), désignait un bouEon*
(1080, fol1 du latin classique follis asotiet pour le
attaché à la personne d’un haut personnage dont il
feun et =Outre gonflée, ballon)) qui a pris par méta-
paroditit le comportement et celui de son entou-
phore ironique le sens de «sot, idiot)} en bas latin
rage. Ce sens se rattache sans doute à des pra-
(cf. en français ballot); follis repose sur une forme
tiques anciennes, comme la F&e des fous, fête bouf-
indoeuropéenne “bhol-, d’une famille de mots avec
fonne au moyen âge où étaient parodiés les offices
“bhl- à l’initiale, que l’on suppose de formation ono-
matopéique - les bilabiales b et fexprirnant et pro- religieux (cf. pour l’Antiquité, les Satur&es).
duisant le soufIle - et qui exprime l’idée de ~souf- Au jeu d’échecs, fol Cv.12751, puis fou (16133, a rem-
flerm, *gonfler». placé alfin, aufin (du mes. au xve s.3, emprunté à
l’arabe aZ fil (probablement par l’intermédiaire de
+ Fol s’est employé (331~s.1jusqu’au xve s. au sens la- l’espagnol alEZ; cf. encore l’italien moderne alfierel,
tin de <<soufUeb,mais depuis l’origine le sens domi- cl’éléphantn, la pièce ayant été représentée à l’ori-
nant et courant (1080, n. et adj.1 est «personne at-
gine par un éléphant. La dénomination vient sans
teinte de troubles mentaux-. Fol n. m., encore
doute de la position de la pièce, auprès du roi et de
employé par archaïsme ou par plaisanterie, est
la reine, et de son type de déplacement krégu-
considéré comme vieilli à partir du XVII~s. ; l’adjectif
lier», en diagonale.
masculin s’écrit fol devant une voyelle ou un h as-
Par ailleurs, fou désigne (1725 ; av. 1677, fol ; aussi
piré, ou dans des locutions toutes faites (bien fol est
fou de Bassanl un oiseau palmipède, par référence
qui sly fiel C’est au xxe s. que fou, comme folie, a
au fait qu’il se laisse approcher imprudemment par
disparu de la terminologie médicale, où Gment a
l’homme (cf. pour un comportement analogue, le
par ailleurs une valeur spéctique, diBérente de
docZo1.Une autre explication du nom concerne le
l’emploi usuel et où l’on utilise malade mental et
des termes spéciEques, tel psychotique; on disait comportement imprévisible ou incompréhensible
autrefois maison de fous ( 1890 ; av. 1662, hdpitd de
de l’oiseau, seul et en groupe.
fous1 pour Masile d’aliénés>> (aliéné étant devenu le b FOUFOU, FOFOLLE adj. et n. (me s. par redou-
terme administratif au & s.1; aujourd’hui, par blement) et TOUTFOU adj. m. et n. m. Ixxe s., de
exagération, maison de fous désigne un lieu où les tout) se disent de qqn d'un peu léger, F~LINGUE
habitants agissent hors des normes recues (cf. aussi adj. (1935 ; formé avec le Su&e populaire -ingue)
histoire de fous <histoire absurdea ou Gncroyablen). correspond à cun peu déséquilibré%. +FOL-
*Pour l’ensemble des emplois du nom ou de l’ad- DINGUE adj. est plutôt un jeu sur fokngue et
jectif, c’est l’idée de <hors des normesp, par l’oppo- dingue qu’un emploi de l’ancienne forme fol.
sition ration-folie, qui domine. Cette idée est très Plusieurs mots sont formes à partir de la forme fol :
FOU 1468 DICTIONNAIRE HISTORIQUE

@FOLIE n.f. (1080) a suivi une évolution séman- «devenir, être fow, ase conduire comme un fou%
tique parallèle à celle de fou, On l’emploie toujours (XII~S.I. Affoler s’emploie par affaiblissement de
couramment au sens de ctrouble mental» (10801, sens pour <<faireperdre la tête à qqn par l’effet
par exemple dans la locution courante folie fu- d’une émotion violente>, spécialement et vieilli
rieuse aujourd’hui aussi au figuré, mais il est sorti <rendre amoureux de qqn> (18451. 4 C'est aussi un
d’usage au XX~ s. en psychiatrie où par ailleurs dé- terme technique qui signk6e <<rendre libre (une par-
mence, qui a pris une valeur spécsque, ne l’a pas tie d’un mécanisme)», d’où aussi s’affoler ase déré-
remplacé; le terme le plus général est psychose. glern ou ts’emballerm ; dans ce sens, iI s’emploie par
4 Par extension, folie désigne couramment (XIII~ s.1 exemple en physique (aft”oler une boussole, 1863 ;
le manque de jugement, de bon sens, d’où en inter- boussole affolée, 16901,cf. déboussolé. 9 La variante
jection vieilLie c’est folie !, folie ! cc’est de la folie* et AFFOLIR v.intr. *devenir foum (1694; afolir, tr.
la locution adverbiale à la folie (av. 1704)*extrême- crendre fow, x9 s.1 est sortie d’usage. 0 AfToler a
ment% (aimer à la folie), 4 Par extension, une folie plusieurs dérivés. +AFFOLEMENT n-m. El2171
s’emploie pour désigner toute idke ou action esti- tifait de s’tioler)) Sign%e par extension «hâte, préci-
mée extravagante (v. 12831,spécialement da!ns dire pitation*. +AFFOLANT, ANTE adj. @in XVII~s.) se
des folies (mil. XVI~ sd, faire me Med folielsl ane dit de ce qui trouble beaucoup, d’où le sens parti-
sottisem kvf s.), en particulier eune dépense exces- culier Sexcitant érotiquement» qui correspond à
sive% (1843,Balzac) [+ 0 folie]. Par exagération, folie AFFOLEUSE n. f. (mil.~~"~.) afemme qui chercheà
désigne dans l’usage courant un état d’exaltation susciter le désir». Dans un contexte négatif, ce n ‘est
où semble avoir disparu tout contrôle du compor- pas très affolant, il correspond à ccpassionnantp.
tement, ce qui correspond à peu près en psychia- + AFFOLAGE n. m. (1842; xve s., ufolie», emploi
trie à l’emploi de manie. 0 Par extension, folie se isolé) est un terme de botanique désignant l’état
dit (1690) de ce qui échappe ou semble échapper au d’une plante qui présente des anomalies géné-
contrôle de la raison Eabsolt, la folie 4irratlonneM. tiques.
FOLLEMENT adv. Iv, 1135) s’emploie aussi comme Le composé RAFFOLER v. tr. ind. a signiM Hêtre
intensif (mil. XVI~ s.) : il est fdkment doué. +FOL- foun kwe s.1, <(rendre amoureux~~ &VI” s.1; il s’em-
LET, ETTE adj. et n. Iv. 1165,n. m. htin~), diminu- ploie avec de au sens dkimer follement qqch. ou
tif de fol et sorti d’usage au sens d’wn peu fous qqn)) 11762; cf. &e fou del.
Iv. 11751, s’emploie encore dans esprit follet Mlutin
malicieux> (16771,d’abord follet n. m. tv. 12651,et 0 FOU n. m. ehêtre» -, FOUET
s’applique à ce qui a quelque chose de capricieux
(mil. xwe s.; 1530, n. m., <<duvet d’un oiseaumI. 0 Feu
FOUACE n. f. est issu Iv. 1200)d’un latin popu-
follet (1611; 1549,follet n. m.), & cause de son mou- laire “focacia, de focacium Ipanid Spain) cuit sous
vement agité, désigne une petite flamme née de la
la cendre», dérivé du latin classique focus afeu*a.
combustion de gaz issus de la décomposition de
matières organiques; par figure, feu follet désigne 4 Le mot reste vivant régionalement à côté de fouée
une chose fugace, une personne insaisissable, n. m. (1680).
instable. b Son dérivé FOUACIER n. m. (1307) est sorti
FOLÂTRE adj. ( 1394, folastre WI peu fou4 est d’usage sauf par allusion à une anecdote de Rabe-
vieilli pour qutier une personne qui aime à plai- lais.
santer (15281, mais on dit encore une humeur fo- FOWGASSE n. f., équivalent de fouace dans le midi
Gtre. Le mot est formé avec le s&xe péjoratif et de la France, est emprunté Il6011à l’ancien proven-
approximatif--astre, -âtre. -En dérivent FOLÂTRE- çal fogatza (11351, fogasa (1182) de même origine.
MENT adv. 115391, vieilli, et FOLÂTRER v.intr.
(xv” s-1, d’abord au sens de edivaguern, ~sortir de ce FOUAILLER + FOUET
qui est raisonnable)), puis ujouer, s’agiterm. 0 Le dé-
rivé FOLÂTRERIE n. f. «action folâtres (v. 15401,
FOUCADE 3 FOUGUE
vieilli ou littéraire, a remplaoé folasti, fol&ie et la
variante folûtetie C1534, Rabelais),
FOLICHON, ONNE adj. (1637; 1615, n. f., ((petite 0 FOUDRE n. f. et m. est l’aboutissement pho-
fille folâtreB), avec le sufke diminutif -ichon, signi- nétique ti XII~s.) de &ldre (1080) issu du latin po-
fie <<léger, gain et ne s’emploie aujourd’hui que dans pulaire “fulguru, neutre pltiel pris pour un fémi-
un contexte négatif ke n’est pas folichod La paro- nin, dérivé du latin classique fuZgur &clair», de
nyrnie avec polisson est probablement active. +Le Mgere «brillerm (en parlant de l’éclair et des astres).
dérivé FOLICHONNER v.intr. (17861, analogue à Ce verbe appartient à une famille issue d’une ra-
cine îndoeuropéenne “bhel-, ‘bhleg- *briller>>. Fui-
fo&rer, est vieilli, comme FOLICHONNERIE n. f.
~LU en bas latin élimine le latin classique fulmen.
(1858).
KfoudreD (+fulminerI, de même origine indoeuro-
FOLASSE adj. d’abord régional et axien, comme
nom pluriel, pour aherbes folles>> (15361, a été re- péenne ; son dérivé fulgurure a donné fdgurant!
formé, avec le sufke péjoratif -asse, et s’applique à +L’idée de décharge électrique qui se produit
une femme un peu déséquilibrée, aussi comme entre deux nuages, retenue das le sens propre,
nom. explique diverses acceptions de foudre : par
Le composé AFFOLER v. tr. a d’abord eu les sens comparaison (au masculin, 1642) le mot désiae le
de <<rendre fou», ~~cornmettre des folie+, adevenir faisceau enflammé attribut de Jupiter; par analo-
fou% tintr.) [11741et l’ancien n3nçais a connu Mer gie avec la puissance destructrice, foudre s’est dit
DE LA LANGUE FRANÇAISE 1469 FOUGÈRE

de la puissance de feu d’une arme. 0 AU figuré, par i&ligé avec un fouet (domer le Pouetl et, au figuré,
allusion à la soudaineté de la foudre, coup de une critique violente (XVIII~s. ; le fouet de Ia Satie),
foudre (1642; dkb. XVII~s., foudre n. f.1 a désigné un sens devenu archtique. Le mot entre dans des lo-
événement qui déconcerte ; aujourd’hui (dep. 18131 cutions figurées : de plein fouet *horizontalementn
l’expression s’emploie pour #amour subit et V~O- ( 1835, en parlant d’un tir) et au figuré Carrément,
lent,. OPar allusion aux anciennes croyances, où violernment~ ; coup de fouet ace qui stimule>), utilisé
la foudre représentait une manifestation de la co- également (1845) au sens de wive doulew (prove-
lère divine, le mot signifie 115941 =Condamnation, riant par exemple d’une déchirure musculaire).
reproches», aujourd’hui au pluriel (1728) ; par ex- b FOUETTER v. s’emploie au sens général de &ap-
tension, on dit les foudres de I’bloquence ( 16903en per à l’aide d’un fou& Il5 14); de là viennent les lo-
parlant des arguments de l’orateur qui confondent cutions iI n’y 51pas de quoi fouetter un chat (16901,
l’adversee. + Par analogie avec la puissance de la fournir des verges pour se faire fouetter (18651, au-
foudre, le mot s’est employé au masculin (1559) au jourd’hui vieilli (à cause de verge) et remplacé par
sens de aguerrier de génien, aujourd’hui ironique- des bâtons pour se faire battre. L’expression fouette,
ment et seulement dans l’expression un foudre de coder!, incitation à partir ou à aller plus vite, fi-
guerre. gure chez Marivaux ( 1734. Par métaphore, fouetter
b FOUDROYER v. tr., formé avec le sufke verbal s’est employé 11580) pour Ncritiquer de façon
-oyer, s’emploie au sens propre de afrapper de la a,cerben ; par analogie quant au résultat de l’action,
foudres (1180-1190) et, par analogie, pour %néantir il se dit encore pour &imuler* (1784; avec un
avec soudaineté et violence- (1316- 13281, par exten- complément abstrait, déb. XD? s.l. 0 Par extension,
sion au sens de «tuer soudainementm et d&néantir fouetter s’emploie au sens de *battre vivementm
moralement> (1651). Par métaphore du premier (1690, en cuisine), paralklement à l’acception spé-
sens, foudroyer sime (1838) Ksembler lancer des ciale de fouet et, par analogie de mouvement, pour
éclairs (de haine, de colère)n - le sujet est alors re- &apper de plein fouet> (1690). + En emploi intran-
gard, yeux. 0 Un usage technique, au sens concret, sitif fouetter Sign%e &apper comme le fait le
correspond à qfaire s’écraser par explosifs lune ga- fouet, et, par métaphore très familière, «puer»
lerie de mines) ». 4FOUDROIEMENT n. m. (XIIIes.) (1878) ; il se dit aussi ( 1946, argot des lycéens) au
est littérue. +FOUDROYANT,ANTE adj. (1552) sens d’cavoir peur-n, peut-être à partir de Nsentir
s’emploie pour parler de ce qui a la soudaineté, la mauvais=, la persorme e&ayée lançant de mau-
vbhce,etc. de la foudre. +FOUDROHAGE n.m. vaises odeurs (cf. péteux), ou par compartison avec
est technique 11893). une pièce mécanique qui tremble quand elle
+’ voir FULGURANT; FUSER, FUSION. fouette, c’est-à-dire tourne à vide. +FOUETTÉ, ÉE
adj., du participe passé, s’est appliqué à des fleurs
0 FOUDRE n. m. est emprunté (16691 à l’alle- ou à des Cuits tachetés de raies 116901; il est cou-
mand FI.&~ woiture de charge> et «mesure de li- rant dans crème fouettée ( 1690) et s’emploie en
quideB (cf. ancien haut allemand fotar, fodar *char- chorégraphie dans pirouette fouettée, nommée
rette,, moyen haut allemand vuoder acharretéen et aussi FOUETTE n.m. (av. 1872). 4FOUETTEMENT
«mesure pour les liquides4 On relève en picard YO- II. m. a une valeur concrète ( 1564) ; il est rare pour
der *sorte de mesure> (XIII~s.) et aussi isolément uexcitationw (av. 1896; cf. coup de fouet). -FOUET-
voudre (xv” s.1 *tonneau pour le vin du Rhinn, issu TAGE n. m. (17813 est un terme technique.
du moyen néerlandais voeder <<mesure pour le viw, Le dérivé avec le sme péjoratif -ard, FOUET-
lui-même emprunté à l’allemand. TARD adj . m., ne s’emploie que dans une locution,
+ L’homonymie avec 0 foudre n’a pas éliminé le comme pseudo-nom propre. Le père Fouettard, la
mot, mais il est resté technique ou rare pour mére Fouettard kvme s., frère foëtard) sont des per-
“grand tonneau) (de 50 à 300 hectolitres). sonnages dont on menace les enfants (cf. croquemi-
tain& 0 Substantivé, fouettard a pris le sens (1935)
FOUDROYER 4 @ FOUDRE de apostérieurs, (endroit fouetté ou qui fouette, sent
mauvais).
FOUET n. m. représente (2” moitié XIII” s.1 le di-
Un verbe antérieur à fouetter, FOUAILLER v. tr.,
minutif de l’ancien français 0 FOU Nhêtre}} Iv. 1200)
vient de fou uhêtren et du sufke à valeur itérative
encore d’usage dialectal, aboutissement du latin fa- -ailler. Il a signifk Iv. 1330, pron., foueillier) asetiap-
gus; éliminé par titre, d’origine germanique per les flancs de sa queue (d’un animab ; le sens de
I+ hêtre), surtout quand 0 fou se substitue à fol, il (<fouetter* (16801 a donné naissance à des méta-
subsiste dans des toponymes (fuge, fuye, faiel. phores : (animer, exciters et 4ustiger par des cri-
+ Le mot est probablement passé du sens de apetit tiques3 (1848, Hugo). Mot littéraire, démotivé,
hêtrep à celui de abaguette de h&tren puis de NfouetB fouailler n’est plus compris; on le confond plus ou
Cv.1379; deuxième moitié du XIII~s. au sens de ebri- moins avec fouiller dans ses emplois figurés, le sens
ganda>, attestation isolée et mal expliquée), Fouet, concret ayant à peu près disparu.
nom de l’instrument fait d’une corde, d’une lanière 0 voir FoumE
attachée à un manche (pour conduire les animaux,
happer), désigne par métonymie une petite corde FOUGÈRE n. f. est une réfection (1600) de fou-
(1680 et, par analogie, un instrument destiné à giere Iv. 1175) ou fouchiere, fuZgime Iv. 11401,issus du
battre des sauces (déb. XX~s. ; aujourd’hui concur- latin populaire “filicaria Mfougeraie» (attesté en latin
rencé par les batteurs et autres mixers). Par méto- médiéval, 8921, dérivé du latin classique fiEix, filicis
nvmie, fouet désire (XVI~s.1 un châtiment ancien afougère>, sans origine connue.
FOUGUE DICTIONNAIRE HISTORIQUI

4 C’est un terme de botanique désignant au- (1784). Par figure, fouiller veut dire &udier à fond]
jourd’hui un concept class%catoire précis Uci- ( 1580 ; fouiller un problème). Par analogie, le verbe
nées ou filicophytesl, incluant de nombreuses s’emploie 11704) en sculpture au sens de acreuse]
plantes fossiles. + Par métonymie, la cendre de fou- pour accentuer le reliefn. Voir aussi le schéma pagr
gère entrant dans Ia composition du verre, foug&re ci-contre.
a désigné un verre à boire ( 1671; vexe de fougbe, b FOUILLIS n. m., d’abord (fin xwe s-1 <action de
1690; de feugière, xrf s.l. fouillers, s’emploie pour parler d’un entmsemenl
b lt a produit FOUGERAIE n. f. (1611, -cr;yel et FOU- d’objets disparates, au propre &I xwie s.l et au fi-
GERoLE n. f (18173. guré (av. 1803). +FOUILLEUR,EUSE adj. et n
! 1511) se dit de celui qui fouille, spkcialement pour
FOUGUE n. f. est traditionnellement tenu pour des recherches archéologiques (1854) et aussi au fi-
un emprunt ( 1580, Montaigne) à l’italien foga 4uîte guré (18621. oFOUILLEUSE n. f. (1874) désigne
précipitée» et par extension aardeuru (fin XIII~s.), du une femme (services de Police, des Douanes) char-
latin tigu <fuite» (+ fugue) ; cependant, comme le gée de fouiller les femmes.
souligne P. Guiraud, la fougue n’est pas une +$uite» @FOUILLE n. f. (1578, faire fouille {{fouillerm), déver-
mais un «feun IHardeurn, aenthousiasme Le mot bal de fouiller, a des sens parallèles à ceux du
pourrait alors être le déverbal du provençal fouga verbe : <<action de fouiller la terre)) t16551, cexcava-
«s’emporters, qui suppose un latin populaire Ofocwe tion pour mettre à jour ce qui est enfouin (1704 ; au
<<faire du feu», dérivé de focus afew (-+ feu). pluriel, 1811, en archéologie), <<action d’explorer
+Fougue s’emploie dans un style soutenu au sens pour découvrir ce qui est caché>> (av. 18251, d’abord
d%rdeur impétueuse)) - d’où à l’époque classique achercher sur (qqn) ce qu’on le soupçonne de ca-
udélire, transe- (1622) - et, par extension, au sens chern ! 1794.
de «mouvement hardi qui anime un artiste ou une -À partir du verbe ont été composés FOUILLE-
oxwre- (1835). MERDE n. m. inv., synonyme familier de boustir
(1542) et aujourd’hui, au figuré, <<personne indis-
.Le dérivé FOUGUEUX. EUSE adj. (1615) et son
crète qui recherche des histoires scandaleuses>>
propredérivé FOUGUEUSEMENT adv. (1840) sont
( 1690) ; FOUILLE-AU-POT n. m. inv., autrefois Npe-
d’un style soutenu.
tit marmitonn ti XWI” s.) et rare pour «mauvais cui-
FOUCADE n. f. (1614,mettreenfoucade <mettre en
sinier>) (xx” s.l.
folie4 aemportement passager» ( 18351, mot vieilli,
Plusieurs verbes prékés ont été formés. +FAR-
est une altération de fougade Km xvres. ; seulement
FOUILLER v. h. 1546) avec l’élément initia,l fur qui
régional aujourd’hui) dérivé de fougue.
porte l’idée de mouvement, c’est «fouiller en boule-
versant tout> et, au figuré, &Occuper de façon em-
0 FOUILLE n. f. apparaît sous la forme fueiUe
brouillée)). En dérivent FARFOUILLAGE n. m.
<<bourseBau xv’ s. lav, 1463 ; 1486, foulle). Il est peut-
b%.)ouFARFOUILLEMENT n. m. (1852)etFAR-
être issu par métonymie de fueil «doublure de
FOUILLEUR,EUSE n. (1872) <<qui aime à farfouil-
bourses Cv.12601, déverbal de foillier «mettre une
len. +TRIFOUILLER v. Cv.1808) vient du croise-
doubluren, dérivé de fueille, feuille*; on trouve pa-
ment de fouiller et de ttipoter (cf. ttiputouillerl; il
rallèlement feuillouze aboursen (14551, follome
signSe ((mettre en désordre en remuantn. ~Les
(15273, devenu fouiilouse (1546, Rabelais). On en fait
dérivés TRIFOUILLAGE n. m. (f8781etTRIFOuIL-
traditionnellement le déverbal de fouiller; ce verbe
LEUR, EUSE n. et adj. 11904) sont peu employés ;
a certainement motivé les formes en fouill-, mais
cela n’explique pas les formes du type fueiile qui TRIFOUILLÉE n. f. est sorti d’usage au sens de
rend plausible l’origine par feuille, même si la «suite de coups rapprochésn (18771; il s'emploie
pour Ngrande quantitén (19641, + REFOUILLER
proximité sémantique de poche-fouiller a pu jouer.
v. tr. afouiller de nouveaw (XVI~s.) est aussi un
+ Le mot est un équivalent argotique, puis très fa- terme de stipture (1834). *AFFOUILLER v.tr.
milier, de poche, par exemple dans c’est dans la (1835) est didactique; il se dit, en parlant des eaux,
fouille, au figuré. pour acreuser par l’effet des courants (sur la
rive, etc.)n; en dérive AFFOUILLEMENT n.m.
0 FOWILLE + FOUILLER (1835).
0 FEUILLER v., variante de fouiller (1357, fueller),
FOUILLER v., réfection Ixvr” s.) de fooillier est un terme technique sign&nt ~enta;iller par une
(v. 12501, est l’aboutissement d’un latin populaire rainureti. 0 Il a produit FEUILLURE n. f. (1334,
“fodiculare, dérivé du latin classique fodicwe, de fo- feuilleure).
due <percer, creuser” (3 fouir). 0 voir BAFOUILLER, CAFOUILLER.

4Fouiller Sign%e «creuser Ila terre),, spécialement


<pour trouver qqch.* (v. 1250, d’un animal), d’où f+x- FOUINE n. f., antérieurement foine Cv.11603, re-
plorer soigneusement en tous sens* (1559). Pius présente (XVI” s.) une altération de faine (attesté
tard, se fouiller sime achercher dans ses poches» 12601, d’après la forme fou chêtren (k+fouet) ; f&ne
(av. 1709) ; au figuré, II peut se fouiller! ( 1872) cor- est issu d’un latin populaire “fugirzu Imustelul
respond à 41 n’aura pas ce qu’il pense obtenk (et <<martre du hêtrw (la fouine est la ~~hêtrière4.
donc ne peut le trouver sur lui qu’en se fouillant). +DU sens de «petit mammifère carnassier, on
Quand la recherche est d’ordre intellectuel (fouiller passe (fm XIX~ s.1par analogie, à cause du caractère
les bibliothèques, les archives, etc.), le verbe corres- qu’on prête à la fouine, à celui de <personne rusée-
pond à <faire des recherches minutieuses dan+ OU aindiscrète)), souvent avec l’idée de nuire.
FOUILLER
.
(populaire)
fouir

latin
populaire fouillis
FODICARE *FODtCULARE-
fouille

(variante)
feuilfer - feuihre

(savant)
’ FOSSIUS fossile - fossiliser

bas latin (populaire)

FOSSATUM fossé

INFODERE - “INFODIRE

ancien français
(populaim)

IIRCUMFODIRE serfouir - serfouette


FOUIR 1472 DICTIONNAIRE HISTORIQUE

ä FOUINER V. intr., d’abord (1749 afuir, se déro- ä Plusieurs termes techniques dérivent de fouler.
berm, signifie ase livrer à des recherches méti- + FOULAGE n. m. C1284, folage) a d’abord désigné
culeusesB comme la fouine qui fourre partout son un droit féodal, perçu sur la mouture (sur ce qui est
museau I 18201, emploi péjoratif courant (cf. fureter). foulé) ; c’est aujourd’hui l’caction de foulexk, dans
oEn dérivent FoUINEUR,EUSE adj. et n. (1866) divers domaines techniques, fabrication du drap
et FOUINARD,ARDE adj. et n. (1867). ~VI~S.), en imprimerie (1765). +@FOULE n. f., dé-
CHAFOUIN, INE n. et adj., composé de chat et de verbal de fouler, est sorti d’usage au sens d’aaction
fouin, masculin disparu, s’est employé comme de foulern Iv. 12651, spécialement, les draps, le
terme d’injure ( 1508) et pour <(putoisB ! 1611) ; il qua- feutre (16903 ; c’est encore un terme technique en
liCe une personne sournoise (WY s.), et il est sorti tissage (19301, historiquement1 précédé par des va-
d’usage comme substantif. leurs plus spécia[les : (<moulin à fouler les draps»
El3043 et dans le domaine de la pêche ( 1829, pêche à
FOUIR v. tr. est issu (XIII~s.1par les formes foir et la foule). +FOULANT, ANTE adj. (17041 “qui foule,
fuir Iv. 1120) d’un latin populaire “fodrlre, altération est un terme technique et, au figuré, d’après se fou-
du classique fodere ncreusern, d’origine indoeuro- ler, un équivalent fanrilier de ((fatigantn (xx” S.I.
péenne comme l’attestent des formes en baltique On relève aussi FOULEUR, EUSE n. (XIII~s., fouleur
kf. lette bedù ~je creuse-1 et en slave kf. vieux slave de vendange3 d'où FOULEUSE n. f., nom de ma-
boa@ aje piquemI. chine (18901, FOWLERIE n. f. (1260, <métier de fou-
+ Ll conserve le sens latin, aujourd’hui en parlant lon»), FOULOIR n.m. (1274, follour). +FOULURE
d’animaux, n, f. était à l’origine un terme de vénerie ti XI~s.,
foledures) pour parler des marques laissées par les
.En dérive FOUISSEUR, EUSE n. m. et adj.
pieds d’un cerf. D’abord employé au sens de ables-
h. 1250; n. m. pl. en zoologie, 18031.
sure3 Capr. 12501, le mot désigne une légère entorse
0 Voir ENFOUIR.
(16111. JI s’est aussi employé comme terme tech-
nique ( 16361,lié à foulon*.
FOULARD n. m. est un mot d’origine incer-
0 FOULE n, f. vient d’une spécialisation à partir de
taine (17471; il se rattache peut-être à la famille de
fouler apressers kf. italien folla, a;ncien provençal
fouler”, par l’intermédiaire du provençal foulat
fola; pour la même évolution, cf. presse) ; le mot dé-
Nfouk et &ap léger d’ét&, participe passé du
signe E1172) une multitude de personnes qui se
verbe correspondant à fouler. Foulé, participe
pressent, d’où les locutions en foule aen grand
passé substantivé, est attesté au sens de <drap lé-
nombreu IXVI” s,; aussi à lu foule à l’époque clas-
ger” au XIT siècle.
sique) et une foule de wn grand nombre de* ( 15381.
+ Foulard désigne une étoffe (de soie, etc.1 très lé- Par extension, la foule désigne la majorité, la
gère et couramment (18321, par métonymie, une masse humaine (16701, opposé alors à élite. +Le
pièce d’etSe servmt d’écharpe. +On a parlé mot familier FOULTITUDE n. f., <<grande quantités
119891de foulard islamique & propos du voile tradi- 118481,vient du croisement de foule et de multitude.
tionnel des musulmanes Ile tchadd. FOULÉE n. f. (v. 12901, réfection de fouleie «foule*,
désigne l’empreinte laissée par un animal qui foule
+k FOULER v. tr. est l’aboutissement (fm ~II~s.) la terre Iv. 1375 ; au pluriel) ou (1835) l’appui pris à
par foler CfmXI~ s.1d’un latin populaire “fzdlare afou- chaque pas pw le cheval au galop (cf. battue)et la
ler une étoffe>>,construit d’après le latin classique distance couverte à chaque temps du galop (1877).
fullo adégraisseur d’étoffes)) (--+foulon). Par analogie, foulée s’emploie pour l’enjambée du
+ Le verbe a gardé le sens technique de Npresser en coureur; de là vient la locution dans la foulée =der-
appuyant à plusieurs reprise+, d’où fouler le raisin rière qqn>> et, au figuré (xx” s-1, <dans le prolonge-
(XIII” s.1, fouler du drap 11260) et un emploi en im- ment (d’un événementIn. 0 En architecture, foulée
primerie (1845). 0 Par figure (v. 11351, il a signifié équivaut (1752) à <<dessusd’une marchen, partie qui
«écraser (les mauvaises action&, puis <<opprimer>> est foulée aux pieds.
Cv. 1160-l 174; fouler le peuple), sens sorti d’usage, et $’ Voir REFOULER.

atrtiter avec mépris* Cv.1190). Le même séman-


tisme est réalisé par la locution métaphorique fou- FOULON n. m. vient Iv. I 160- 1174) du latin M~O-
ler aux pieds ( 15381, par la même image que piéti- nem, accusatif de fullo <<celui qui presse les étoffes
r-w. Du premier sens est issue par extension Il6901 pour les dégraisçern, mot sans origine certaine,
l’acception *presser le sol en marchant dessus), dont le dérivé a donné fouler*.
d’où vient un emploi en vénerie ( 1778). $ Le premier sens, l’ouvrier qui foule les étoffes%,est
Par analogie, on passe de l’idée de <presser>> à celle sorti d’usage, l’ouvrier ayant été remplacé par la
d’tiendommager en pressant> (1600) et, spéciale- machine dite fouleuse. Foulon ou (13601 moulin ù
ment, au sens de ~luxer~~ en parlant d’une articula- foulon désigne une machine pour fouler les
tion (1549) surtout au pronominal, d’où le dérivé cuirs, etc.
foulure (ci-dessous), Au figuré, se fouler la rate Gn b Le dérivé FOULONNER v. tr., ancien synonyme
XIII~s,) signZe aavoir un point de côté, (après un ef- (1611) de fouler dans l’industrie textile, a fourni
fort) d’où, par extension, <se donner du main FOULONNIER n. m. 11723) et FOULONNAGE
presque toujours dans un contexte négatif (1838) : d n. m. 119071.
ne s’est pas foulé la rate et il ne se Ilal foule pas;
l’expression continue l’ancien français se foler ((se FOULQUE n. f. ou m. est emprunté (15341,
fatiguern et foulé cfatiguéa (1280). d’abord sous la forme altérée fourque 61 XIV~sd, au
DE LA LANGUE FRANÇAISE 1473 FOURBIR

latin fulica n. f. (aussi fulix, n. m.1, sans doute par substances sont fondues; utilisé en alchimie et en
l’intermédiaire de l’ancien provençal folca Ifm chimie (16681,le mot a perdu sa valeur diminutive :
XIII” S.I. pour le minerai de fer, haut fourneau (17833 a rem-
+ Le mot désigne, comme l’étymon, un oiseau aqua- placé forge (mais son complémentaire bas four-
tique proche de la poule d’eau. neau n’a pas vécu) ; ces termes viennent d’emplois
techniques du genre de fourrzeau à charbon ( 1636)
FOUR n. m. est l’aboutissement (XIII~s.), par l’ir- où l’on fabriquait le charbon de bois. Couramment,
termédiaîre de fom (10801, du latin fiLmus <<four(à fourneau se dit (1690) d’un appareil utilisé pour la
pain), qui se rattache comme le grec themzos cuisson des aliments et, par extension, d’un grand
<chaud* (--+thermo-1, l’arménien ,Vemz, le sanskrit poêle; par référence aux cuisinières équipées de
gharm~-, à une racine îndoeuropéenne “gwher- plusieurs foyers, être aux fourrzeaux (av. 1880) signi-
CchaleurD. fie <faire la cuisinez. 0 Par analogie de forme ou de
+ Du sens premier, uouvrage de maçonnerie où l’on fonction, on parle d’un fourneau de mirie acavité
fait cuire du pain, etc.» (ex. four ù ban, bannal, bun- qui contient une charge d’explosifs pour faire sau-
nier [16061, où l’on cuisait le pain en payant une re- ter un rocher, etc.b 116713 et d’un fourmeau de pipe
devance au seigneur), viennent plusieurs locutions apartie évasée où brûle le tabac, (1808). 4’oumeau
figurées : il fait noir comme dans un four (xv” s.), a été utilisé au XIX~s. comme terne d’injure 11881) :
être à la fois au four et au moulin upartout à la fois> il designait à l’origine un vagabond (1833) qui fié-
(16851, il fait chaud comme dm un four (av. 16481, quentait les fourneaux de charité, ancêtres des
etc. + Par métonymie de pièces de petit four (18031, flsoupes populairesn. 4FOURNAISE n. f. repré-
le petit four, collectivement ( 1803) puis des petits sente (vers 1121, fornuise) le féminin de l’ancien
fours 11864) se dit de petits gâteaux kuits au four). français fornuiz (11551, du latin fomm, augmentatif
*Par analogie de fonction, four désigne (18333 la de fumus. oLe premier sens de agrand four>> est
partie close d’une cuisinière, où l’on cuit certains sorti d’usage. Par métonymie, fournaise s’emploie
aliments. 0 Le mot s’emploie par analogie dans le en particulier pour <<feude l’enfer) (vers 1190) et
domaine technique Iv. 1560) pour un ouvrage ser- afoyer ardentB ( 1654, lu foumuise de Z’Eha). 0 Four-
vant à la transformation de diverses matières sous naise se dit par analogie d’un endroit surchauffé
l’effet d’une grande chaleur (1564, four à chaux, (1823) et, par métaphore, d’un centre d’intense acti-
nommé aussi chaufour; 1311, chauffeur; 1248, cuuf- vité (vers 1830; cf. pour la même évolution ébulli-
for; de chaux) en particulier dans le contexte de la tion).
métallurgie Kn XIX~ s.; four Martinl, également ENFOURNER v. tr. Cv.1200) <mettre dans un fow
knil. xxe s.) dans four sokire. Par analogie, four à s’emploie aussi par analogie au sens d’ccavaler ra-
cristaux ( 1829) est le nom donné à une cavité tapis- pidement» ( 1849) et, par figure, pour Gntroduire ra-
sée de cristal de roche. ~AU figuré, faire un four pidement tqqn)s et <(fourrer IqqchJB; en dérivent
11690; 1656, faire four), en parlant d’un spectacle, si- ENFOURNEMENT n. m. (1559) et ENFOURNAGE
gniCe d’abord ((renvoyer les spectateurs)) puis n. m. (1763) <<action d’enfourner*, au sens propre.
céchouerm et par extension (1872) four équivaut à +DÉFOURNER v. tT. cv. 1300, desfomer) est un
Gchecn; la locution vient probablement du fait terme technique signsant <<tirer d’un four)), d’où
qu’on éteignait les chandelles faute de spectateurs, tient DÉFOURNAGE r-k In. 11876) ou DÉFOURNE-
et la salle devenait obscure comme un four; Es- MENT n. m. (1845).
nault suggère un lien avec le sens argotique d’éclai- 0 Voir FORNIQUER,
rer upayern : la salle saris spectateurs n’est pas
Gclairée~, ne rapporte pas d’argent. FOURBIR v. tr., réfection hf s.1 de furbir
(10801, forbir ~II’ s.1, est issu d’un francique “furbjtzn
b Les dérivés et les composés sont formés à partir
de l’ancienne forme fom, fowtx -FOURNAGE
Nnettoyer)) (cf. moyen haut allemand vürben Knet-
n. m., d’abord Iv. 1175) fcfournaisen, se disait (12311 toyer4 comme l’italien forbire ou l’ancien proven-
de la redevance perçue pour la cuisson du pain au çal forbir.
four banal ou de la taxe payee au fournier (XIII~s.1 + Le verbe sign3e Nnettoyer en frottant (une arme)>
[ci-dessousl. + FOURNIER n. m. est issu (1153, for- ( 1080) et par métaphore ({préparer soigneusement
neirs) du latin impérial fumarius aboulangerm. Le (ses arme& d’ou au figuré, fourbir ses armes «s’ar-
mot a été remplacé par boulafiger mais demeure mer, se préparer au combatn, <se préparer à aon-
comme nom patronymique. c Fournier (av. 17731 ter une épreuvem ( 1850) ; par extension, fourbir
désigne aussi un petit passereau d’Amérique du s’emploie (xx” s.) pour «préparer soigneusement»
Sud qui construit un nid en forme de four. (fourbir ses arguments).
FOURNIL n. m. désigne (XIII’ s. ; v. 1180, fond le Fourbir, en argot ancien (1223, forbirl, a signifk wo-
lieu où se trouve le four du boulanger et ou l’on pé- lerm (cf. italien forbo, ancien fiançais forbeter 4rom-
trit la pâte avant d’enfourner. + FOURNÉE n. f., ré- pern, XIII~s.) ; on relève un déplacement sémantique
fection (v. 1283) de fomeie Iv. 1lESO), désigne la quan- analogue avec nettoyer, laver et polir.
tité de pain cuit en même temps dans un four et, k Du verbe dérivent au sens propre FOURBISSE-
par extension, un ensemble d’objets cuits dans un MENT n. m. (1270) rare, et FOURBISSAGE n. m.
four 11680) d’où au figuré (XIII~s., après 1250) un en- aaction de fourbti (1402). + FOURBISSEUR n. m.
semble de personnes qui accomplissent ou su- Iv. 13001,d’abord forbkseor Cv.11751,désignait l’arti-
bissent qqch. en même temps. san qui montait les armes blanches.
FOURNEAU n. m. représente le diminutif de forn De fourbir wolep, vient le sens des déverbaux
t1165, fownetl et désigne un appareil où certaines FOURBE n. &ompew, I’USé et mahOm&e~~ (1643 ;
FOURBU DICTIONNAIRE HISTORIQUE

1455, n. m., ~oleur~~ en argot), devenu adjectif France qu’au xv? s. sous l’influence de l’Italie; le
(16381 et conservé en français moderne dans ce mot est utilisé dans des locutions comme la four-
dernier emploi, et FOURBE n. f. &+omperie» (1460, chette du pére Adam cles doigtsm (18081, avoir un
forbel. +Ces deux mots vieillis -le dérivé FOUR- joli coup de foumhetie (18653 et par métonymie être
BER v. tr. ( 1643) est sorti d’usage - ont été rempla- une beLle fourchette (1890) N&e un gros mangeurv.
cés par FOURBERIE n. f. &omperîes ( 16401 et dis- 0 Par analogie, comme fourchdz, fourchette s’em-
position à tromper, ( 16551, avec des valeurs ploie pour désigner des objets dont la forme
psychologiques issues du sens de fourbe. évoque une fourchette à deux dents 11680, en gan-
FOURBI n. m., du participe passé, se trouve chez terie; 1752, en horlogerie, etc.1 et, abstraitement, un
Rabelais (1532, fourby, jeu de Gargantua) dans un écart calculé en balistique 119301, en statistique
sens non élucidé, rattaché à l’idée de ~voG ou à une I~L~S.). +Le dérivé FOURCHERIE n. f. (18291
métaphore obscène sur afourbirp I«I?-otter, mastur- est rare.
beau). Le mot est repris en 1835 au sens de ajeu, FOURCHER v. (mes.; XII~~., forchier v. intr.) ne
puis de Kjeu tiauduleuxn (18401 et en argot militaire s’emploie plus au sens de *se diviser en forme de
(186 1) de &-tic malhonnête)>, -choses voléesn, lié à fourche= mais seulement dans la locution figurée
l’emploi argotique ancien de fourbir. Dans l’argot (1558) la langue lui a fourché; c’est aussi comme
de Saint-Cyr I1893), peut-être par croisement avec verbe transitif un terme d’agriculture t18003, d’oh
le radical de foumiment et par référence au sens FOURCHEUR n.m. (18771, motrégiond. +FOUR-
de fourbir n’astiquera>, le mot désigne l’ensemble du CHU, UE adj. «qui a la forme d’une fourche, fait une
matériel et des armes du soldat: par extension, il fourchem Ixrne s., forchu) s’utilise surtout dans quel-
se dit des saires de qqn ou 11883) d’objets en dé- ques emplois (pied fourchu, langue fourchue1 où
sordre, d’où son emploi comme substitut de ce que l’image du diable-serpent est souvent active.
l’on ne peut pas nommer ( 18881, analogue à celui de - FOURCHON n. m., réfection Cl5301 de forchon
truc, machin, bidule. 6n XII~s.), désigne techniquement chaque dent de
la fourche.
FOURBU, UE adj. représente 11546, Rabelais) ENFOURCHER~~ (mes.), sorti d’usage ausens
le participe passé de l’ancien verbe forboire (1400) propre de apercer d’une fourchem, se dit par analo-
<boire à l’excès= d’où, par extension, “se fatiguer de gie, à cause de la forme des jambes, pour -monter à
trop boire», composé de fors* et boire*. califourchon* (un cheval)* 11553) et, par extension,
+ Il qualifie une personne très fatiguée (1546) et aune bicyclette, etc.=. Au figuré et par référence à
s’applique à un cheval atteint d’une inflammation enfour&er un dada* En xrxQ.3, enfourcher une
des tissus du pied ( 1563). idée, c’est se complaire à la développer.
+ voir CALIFOURCHON, CARREFOUR.
b Le dérivé FOURBURE n. f. ( 1611) désigne l’inflam-
mation du cheval fourbu. 0 FOURGON n. m. est une réfection @n ~III~ s.)
de forgon (av. 11051, mot issu d’un latin populaire
FOURCHE n. f., réfection (XIII~s.1 de forches En “furico k&ument pour fouillep, dérivé d’un verbe
XI’ s., au pluriel), furche Iv. 11401,est l’aboutissement “fkicare <fouiIlern qui a donné l’ancien fiançais for-
du latin furca {{fourche à deux dents), employé gkr <<fouiller>>Ifm XII~s.1 et l’italien kugare, l’espa-
pour tout instrument en forme de fourche, et spé- gnol hurgar. “Futicare est dérivé du latin classique
cialement &strument de supplice}>. Furca n’a pas furure avoler», dérivé de fur avoleur* (-+ furet).
d’origine connue. +Fourgon désigrre une barre métallique utilisée
+Pour désigner le gibet, composé à l’origine de pour remuer les braises d’un four.
deux fourches f&es en terre, le mot est ancien ti b En dérive FOURGONNER v. intr. (XIII~s.1aremuer
XI~s.) et remonte au latin, mais fourches patibu- la braiseB et familièrement par extension 11690)
Iaires parait plus tardif 116901. Fourche est au- cfouiller dans qqch. en remuant toutm.
jourd’hui et depuis le XLI”s. (1160-l 174 forches) le
nom d’un instrument agricole à long manche muni 0 FOURGON n. m., attesté au me s. (v. 16401,
de deux ou plusieurs dents et, par analogie de est d’origine incertaine. On a proposé de le ratta-
fort-ne, d’une série d’objets à deux branches cher à 0 fourgon qui aurait d’abord désigné le bâ-
(fourche d’une bicyclette, 1897). + Par analogie, ton de la ridelle, puis la ridelle et la voiture à ri-
fourche se dit @n XII” s.l de ce qui a une disposition delles; l’ancien provencal fourgoun a les deux
en forme de fourche : fourche d’un chemin ~XIII~ s., derniers sens (cf. aussi l’évolution de guimbarde)
forc), d’un arbre, etc. Les Fourches Ca&nes (16901 mais cette évolution n’est pas attestée pour le f?an-
désignent un défié étroit en forme de fourche, si- çais.
tué près de Cuudium, où les Romains battus par les +Aux sens de wéhicule hippomobile couverts
Samnites (321 av. J.-C.) durent passer sous le joug; Cv.1640) et de &hicule de chemin de fern Iv. 18251,
de là vient la locution figurée passer sous les le mot n’est plus en usage : fourgon désigne 11826)
fourches caudines Nsubir des conditions déshono- das un train de voyageurs le wagon où sont trans-
rantes> Km XVII” s.l. portés les bagages, aussi dans fourgon à bagages.
b Le dérivé FOWRCHÉE n. f. (17691 ccc qu’on peut +Le ~~~~~~FOURGONNETTE n. f. upetitecamion-
prendre d’un coup de fourche», est demeuré rare. nette automobilep (1949) est d’usage courant.
Le diminutif FOURCHETTE n. f. (xv” s. ; 1302, four-
chete) est le nom d’un instrument de table, d’abord FOURGUER v. tr. vient probablement (18211,
à deux dents, dont l’usage ne s’est répandu en Dar métathèse du -r-, de l’italien frugure dotiers
DE LA LANGUE FRANÇAISE 1475 FOURNIR

krve s.), issu d’un latin populaire “furicare ccfouillern est une réfection de formilliere iv. 11951, formiiere
b 0 fourgon). h. 1180, et encore au xw’s.), fomtiere (h xwe s.l.
4 Fourwr est d’abord un mot argotique et Sign%e 0Le mot désigne l’habitation des fourmis et, par
cvendre les objets vol&+ (1835; 1821, 4es acheter4 métonymie, une colonie de fourmis (18371. Fourmi-
d’où adénoncer à la police> (1958 ; cf. vendre qqn). Il l@re s’emploie au figuré, comme ruche, au sens de
s’emploie par extension Il90 11pour <<vendre, placer amultitude de personnes» 115871,d’où <lieu où ha-
(une marchandise)~~. bite cette multitude}} (17621. + FOURMILIER n. m.
désigne le tamanoir ( 1756, aussi fouwnilier) et un oi-
w FOURGUE n. m. est une variante (1835) de l’an- seau ( 17781, qui se nourrissent de fourmis, ours
cien dérivé FOURGAT n. m. 11821) signîhnt «rece-
foumtier ! 15751, UfourmilierB, est une traduction de
leurn, d’où lu fourue &a& du receleur» (1866) et, 1%alien ors0 fomzigaro.
par extension, *marchandises voléesn. Ces dérivés
Le composé FOURMI-LION (ou FOURMILION)
n’ont pas la fréquence du verbe et sont restés très
n. m. (1745 ; 1372, fourmilleon) continue l’ancien
argotiques.
lançais forrkoleün Iv. 1121-1134, emprunt au bas
FOURME n. f. représente la reprise (1845) d’une latin fowniculeon (VICs.3 composé altérant mme-
variante ancienne de fomze* au sens d’Mobjet qui a co.leOn, hellénisme formant image : l’insecte, qui
une forme caractéristique- (XVI~s., Mforme à fko- ressemble à la fourmi, est féroce comme le lion.
-3 Formica-le0 ( 1704) est une variante savante em-
mage+), d’où forme comme nom de ce fromage
(1803).
ployée aux XWI~ et xrxe siècles.
+ voir FORMIQUE.
+Le mot, d’abord régional (Centre), s’est diffusé
dans toute la France, pour désigner plusieurs types FOURNAISE, FOURNEAU, FOUR-
de komages (du Cantal, d’Ambert, à moisissures, NIER, FOURNIL --* FOUR
etc.).
FOURNIR v. tr. est issu (XIII~ s.1, par les formes
FOURMI est issu (vers 1121-1134,
n. f. fowniz) du fumir Il 1191,fomir Iv. 11301, d’un kancique “frumjun
latin classique formica, mot résultant probable- <<exécuter, faire» (cf. ancien haut allemand frum-
ment d’une dissimilation de ‘mo~mi-, attesté par le mari, allemand frommen Gtre utile, servir à qqn&
grec murmêx, lui-même apparenté à plusieurs L’ancien provençal forrMr et le toscan frummiare
formes îndoeuropéennes. Le fknco-provençal for- représentent directement la forme germanique ; le
miga a continué la forme latine tandis qu’en wal- français comme l’italien fondre auraient substitué
lon, en picard, dans le Dauphiné et le Rouergue, les -n- à -m- sous l’influence de garnir, de sens très
formes dialectales sont l’aboutissement d’un latin proche (cf. italien garnire) [Bloch et Wartburgl. Ce-
de basse époque “fotie; une grande partie du pendant, selon P, Guiraud, l’ancien français formir
territoire français restant a pour départ la forme -exécuter, faire savoir, fournir>> pourrait être issu
Ofonnicus avec changement de genre : foumi d’une forme populaire Oforminure, du latin clas-
(15501, forwzi est le plus souvent masculin jusqu’au sique fomzure au sens de <<former, instruire>~ : forcir,
XVII” s. (face à fomzk, féminin, XIII~S.I. pwfornir <<accomplirn sont à mettre en relation avec
4 Foumi, désignant un insecte dont le nom latin est l’ancien français parformer de même sens et avec
déjà chargé de contenus métaphoriques, entre l’ancien provençal formit (achevé, parfaits. Fomzir
dans des locutions figurées : avoir des fowmis dans signiEerait donc acompléter une forme» en y ajou-
Iles membres1 1183 11, par comparaison avec la sen- tant les accessoires nécessaires (armement pour
sation que provoqueraient des fourmis courant sur une place, provisions pour une armée, etc.), le sens
la peau (cf. latin fownkare et ci-dessous foumzikrl ; étant voisin de garnir.
se faire plus petit qu’zme fotmni, la fourmi étant, $Fournir a signifié uajouter les éléments néces-
après et avec le Mon, le symbole de la petitesse; saires pour qu’il ne manque rien* (11191, encore à
c’est une fourmi (av. 1664) Mune personne labo- l’époque classique, d’où «achever, exécuters,
rieuse et économe-, par allusion au travail obstiné Iv. 1130). 0 Il a le sens général de «donner, pro-
des fourmis, comparaison popularisée par La Fon- curer (ce qui est nécessaireIn 1x11~ s., fournir un ef-
taine (cf. aussi un travail de fournu?. Par méta- fort), également dans fournir ù gqch. “y pourvoir=
phore, le mot s’emploie au pluriel en parlant d’une (v. 13731, littéraire, fournir de s@%. 6 qqn) 115381 à
foule humaine. l’époque classique. De là viennent différents em-
b FOURMILLER v. mtr. (1552) représente une ré- plois, par exemple au jeu 11865, fournir une cartel,
fection, avec le suf%xe -iller, de l’ancien frmqais for- dans un contexte abstrait (1580, fournir un prétexte),
mkr (me s.), puis fourmier, du latin impérial form- et les sens de <<présenter» ( 1690, fournir la preuve),
cure edémangern kf. fiomkr *s’agiter», ti xre S.I. «produire>) par exemple en parlant d’un sol (XVII~s.),
0 Le verbe est utilisé (1552) comme en latin et aussi aconstituer la matière de= en parlant d’une chose
au sens de *s’agiter en grand nombre> 11587 ; XIII~ s., (16351.
pour fomzier), par extension ~~prolif&er~ (sans idée w FOURNITURE n. f., d’abord fornesture cprovi-
de mouvement); avec foumziller de... IE93, oti les sion+ Iv. 11851, puis fowniture Ih xwe 9, désigne
idées de nombre et d’agitation sont retenues l’action de fournir ( 1436, foumeture) et, par métony-
(cf. grouiller). +Du verbe dérivent FOURMIL- mie, ce qu’on fournit (1596; surtout au pluriel), ce
LANT, ANTE adj. (1608) et FOURMILLEMENT qui complète qqch. (parex., 1680, dines herbes
n. m. (16361, qui remplace foumzkment (1545) de la pour la salade4 ou un matériel En XIX” s., fourni-
forme fourm7kr. +FOURMILIÈRE n. f. (déb. XV~~s.) tures de bureaul.
FOURRAGE 1476 DICTIONNAIRE HISTORIQUE

FOURNISSEMENT n. m., autrefois *action de pro- fkncique “fodr «fourreaw (qui serait alors un ho-
cureD (XIII~s., fomissementl, s’est spécialisé comme monyme de “fodr Nfourragen ; + fourrage), reconsti-
terme de commerce, désignant (1723) les fonds que tué d’après l’ancien haut allemand fôtur &tui~ et le
chaque associé met dans une société, et comme latin médiéval fodorus Iv. 11003. Pour P. Guiraud,
terme de droit (18353, Il a vieilli. “fodr (<paille» et “fodr afourreaum représenteraient
Le dérivé FOURNIMENT n. m. a signifié agarni- un seul mot, le fourreau ayant d’abord été un sac
ture, doublure)) (1260, fournement) et était le nom garni de paille.
de l’étui à poudre des soldats (15571.Le mot désigne + Le sens de againe= (1080) s’est d’abord utilisé pour
(1750) ce qui compose l’équipement du soldat et par les armes blanches puis, par analogie de forme,
extension 11841) le matériel propre à une profes- pour d’autres objets Ifourreuu de purupluiel. Par
sion, une activité. +FOURNISSEUR, EUSE n. analogie de forme, fourreau désigne ce qui re-
(1415,repris au XVIII~s.1 se dit de qui fournit des couvre qqch. d’allongé en en épousmt la forme, en
marchandises 11636, fournisseur mStie1 d’où botanique et en zoologie ( 1554) ; il s’est employé
l’emploi courant du mot au sens de <commerçant)) (av. 16 141 à propos d’un habit militaire étroit, au-
(par rapport aux clients). jourd’hui Iv. 1780) pour une robe de femme qui
L~COmpOséPARFOURNIRv.tr.~1690;l598, <<four- moule le corps.
nir pour complétep ; v. 1155, parfur& flaccomplir4 0 Voir FOURRER..
Sign%e, en droit, (contribuer subsidiairementn.
FOURRER v. tr. est une réfection (XIII~s.) de for-
@) 0 FOURRAGE n. m., réfection (XIII~s.) de for- rer EV.1165). On le considère habituellement
rusge Cv.11601, foura@e (fin XII~s.), dérive, comme comme le dérivé de l’ancien fiançais fuerre *four-
feuillage dérive de feuille, de l’ancien français reau* avec le sens de <<mettre dans le fourreaua.
feurre apaillen (v. 1165, fuerre), issu d’un francique Pour P. Guiraud, il y aurait eu, pour la formation du
“fodr, “~O&U upaillem. Feurre ou fouarre a aussi dé- verbe, un croisement entre fuepre afourreau» et
signé (déb. XVI~s.) la paille longue employée pour fuerre apaillen (fourrer <bourrer de paille& ; + four-
empailler les chaises. rage); il faudrait supposer non pas deux fwme ho-
+ Fourruge anourriture pour le bétail)> Cv.1160, aller monymes mais un seul mot C+ fourreau).
en. forrmge3 s’est dit spécialement pour ~~pillage~ + Le premier sens général bien attesté du verbe est
(xv” s.), les soldats ayant l’habitude de voler les <<doubler (un vêtement) avec de la fourrure»
vivres nécessaires à leur entretien. Cette dernière (v. 11651,d’où se foumer *s’habiller chaudement* @n
acception a disparu. XIV~s.), sorti d’usage. + Par analogie, fourrer Sign%e
b FOURRAGER, ÈRE adj. et n. Sign%e “qui fournit “garnir intérieurement (qqch.)n, par exemple en
du fourrage» (18291 ou “qui a rapport au fourrage>> cuisine (12281. II se dit aussi pour “garnir extérieu-
(1872). ~~FOURRAGÈRE n. f. désigne (1822) un rementn, par exemple en orfèvrerie (1464).
champ produisant du fourrage, puis (18361 un Un second ensemble d’emplois se rattache à l’idée
cadre à claire-voie, une charrette pour le transport de afaire entrer» (comme dans un fourreau),
du fourrage. + FOURRAGER v., d’abord foragkr, a d’abord en parlant de personnes (1419, pron.1, en
eu le sens (v. 13571de acouper du fourrages et s’em- particulier par figure dans ne pas savoir oti se four-
ploie encore régionalement, en Suisse, pour &stri- rer 11690). Par extension, il si@e «faire entrer
buer du fourrage>. 0 Par figure, il équivaut à «fouîl- avec peu de soins (15801 d’où les locutions figurées
ler, fourgonnern 11684, tr.; 1691, intr.). Par ailleurs, fourrer son nez partout ( 16901, fozu-rer qqch. dans
fourrager v. tr. a signi% ((ravager en s’approvision- l’esprit ~VII~ s.), dans le Mine de qqri, se fomer le
doigt dans l’œil(l88OL fumer tout le monde dans
nant en fourrage» Km XII~ s., forugier) et par exten-
le même s2wz(me s.) et, au propre et au figuré, s’en
sion ( 16841 Ndévaster, saccager>>, sens disparu, d’où
fourrer jusque-l& 119321.Fourrer Sign%e aussi plus
aujourd’hui amettre en désordren 6n XVII~s.l.
généralement ( 1690) aplacer (sans soink + Par ana-
-FOURRAGE~R n. m. a designé un soldat qui al-
logie, fourrer se dit vulgairement ti XVII~ s.1 pour
lait aux vivres &n xrve s.1et par extension un pillard
%Posséder sexuellement>> (cf. foutre). Fourrer au
( 1553) ; par figure il se dit d’une personne qui prend
sens de adonner, flanquer* (19071, équivalant à fi-
son bien çà et là (av. 1859). C’était aussi le nom
cher, foutre, est aujourd’hui vieilli.
(1841) d’un cavalier d’un peloton qui combattait en
ordre dispersé. .Le dérivé FOURRURE n. f. désigne une peau
dhnimal avec son poil Iv. 1130, for-retire) utilisée
0 FOURRAGE n. m. 4 FOURRER comme doublure ou pour servir de vêtement et par
métonymie le vêtement lui-même (ces deux accep-
0 FOURRAGÈRE n. f. -, 0 FOURRAGE tions apr. 1250) ; c’était le nom (1690) de la robe four-
rée ou garnie de fourrure des magistrats et des
0 FOURRAGÈRE n. f. vient peut-être (18501 docteurs, et par métonymie du magistrat lui-même
d’un sens virtuel de fourrager dj., dans corde four- (1689). Fourrure s’emploie (mil. XVIII~s.) à propos
rug&e “pour serrer le fourrage, (+ 0 fourrage). d’un poil d’animal particulièrement beau et dé-
+ Le mot désigne un ornement en forme de cordon signe en général tout vêtement de fourrure
de l’uniforme militaire. Cdep. 18161. o Par ailleurs, le mot désigne dans di-
vers domaines techniques une garniture etié-
o> FOURREAU n. m., réfection (XVI~s.1 de fouml rieure ou intérieure (1690, en marine).
fore,! 111743, fwrel (10801, est un dérivé de
(XII~ s.1, FOURRÉ, ÉE adj. a le sens général de adoublé*
l’ancien français fuerre “gaine de l’épéen, issu d’un (1228); le mot signifie *garni intérieurementm ou
DE LA ~ANCXJE FRANÇAISE 1477 FOUTRE

“garni extérieurement>> dans divers emplois, en type d’emplois est certainement antérieur. Au sens
particulier au &y-& : paixf~~6e Kde pure formeD de afaire», foutre s’emploie 11790) comme ficher”
tfïn me s.), coup fourré, en escrime (fin XVI~ sJ et par Ipar exemple dm foutre le camp; + ficher), qui ne
métaphore <coup, attaque où entre de la traîtrise» semble pas en être l’euphémisme : n’en avoirrien à
( 1640). Q Fourré, sous l’influence de fourrure, s’em- foutre use moquer de», foutre gqch. à qqn Gntéres-
ploie spécialement pour Ndoublé de qqch. de ser» (dans quelques constructions : gu ‘est-ce que ÇZI
chaudn, extérieurement, seulement aujourd’hui te fout 7), etc. Q La valeur de amettre)) et spéciale-
pour parler du poil d’un animal (1678, cf. chat ment celle de «donner un coup” (1789, foutre son
fou&1 ou intérieurement ~VI”S.~. Par analogie, pied qe@e part) vient du rapport établi entre
fourré si~e Répais)) (comme une fourrure>; en ce l’acte sexuel de l’homme, considéré comme le pro-
sens l’adjectif (1690, bois four& a cédé la place au totype de toute action, et le fait de happer. Foutre,
substantif FOURRÉ n. m. (1761, un fourré de brous- avec la valeur de «mettre> (avec ou sans violence) et
saillesl . de edonnerm, entre dans de très nombreuses lo-
FOURREUR n. m. (12601 désigne la personne puis cutions : en foutre un coup, foutre Iqqch.1 en I’air
l’entreprise qui fabrique ou qui vend des vêtements <démoliru et, au figuré, <(sedébarrasser de>>,foutre
de fourrure. 43 FOURRAGE n. m. (1489, fouruge son MZlet à qqn que... hi assurer quen, foutre la
<(métier de fourreur») signik «adion de protéger paix à qqn ( 17901, foutre la trouiHe, ça Ia fout mal
un câble-, en marine (18361, et aaction de doubler «c’est fâcheuxn ou <<c’est inadmissibles, etc. + Se
de fourrurem (1930). foutre de, s’en foutre ase moquen et se foutre que...
LecomposéFOURRE-TOUT n. m.inv. Cdetoutl dé- crie pas s’intéresser àn apparaissent au début du
signe une pièce, un meuble, etc., ou l’on dépose en XVII~ S. ; il semble bien que se foutre ait d’abord été
désordre des objets ( 1857, <<cabinet de débarrasnI et employé comme moyen de renforcer un blas-
spécialiement un San de voyage 11917). phème ; le terme, provocateur, ne semble pas avoir
eu de connotation sexuelle. *Foutre s’emploie
FOURRIER n. m., réfection (XLI~S.) de forier comme interjection (1618, peut-être emploi excla-
Cv.11351, pour fuetir, est un détivé de l’ancien matif du verbe ou du substantif, vieilli aujourd’hui)
français fuerre C-bfourrage). et comme adverbe; le sens non sexuel est assuré à
4 Le mot a d’abord dési@ le soldat qui prélevait partir de la Révolution franCaise, en particulier
sur les paysans le fourrage, puis par spécialisation avec les textes d’Hébert (dans son journal le Père
fv. 12801YuBcier chargé d’assurer le logement d’un Duchesne). +Le substantif FOUTRE n. m. (XV” s.) a
prince et de sa suite, d’oh vient le sens moderne gardé sa valeur sexuelle, désignant au moins
( 1452) de Msous-officier chargé du cantonnement, jusqu’à la hn du xD[es. le sperme ou les sécrétions
de la distribution des vivres». 0 Dans un emploi fi- vaginales, par ignorance quant aux causes de la gé-
guré et littéraire, foumér de... désigne ce qui an- IléMiOIl.
nonce, prépare Iqqch.1 [12681; en ce sens, il était wLes emplois de FOUTU, UE adj., participe passé
aussi employé au féminin à l’époque classique, et de foutre ( 1416, <méchants), correspondent partiel-
depuis le début du xvres. (av, 15141, lement à ceux du verbe, avec le sens de «fait» (bien/
b FOURRIÈRE n. f., autre dérivé de fuerre, est at- mal foutu1 d’où par extension ( 1789) celui de <<mau-
testé Iv. 1225, furiere) au sens d’&curieB puis de MS, désagréablen («mal fa&). +Foutu s’emploie
<<grenier à fourrage)) et, en général, abâtiment où aussi aux sens de aperdu, très malade» (av. 1772) et
l’on garde des provisiorw (1319, fouwièrel. 6 La lo- de <<capable» dans être foutu de et surtout n’être
cution mettre en fourrière 11740; 1574, mettre en pas foutu de, suivi d’un infkitif E1888). + Le pré&&
~OUI&) a signi@ “garder (un animal) jusqu’au paie- INFOUTU,UE adj. Gncapable Ide)s est récent
ment des dommages par son propriétaire=; de la hil. me s.) et familier.
vient le sens moderne de foutiére ( 18391, alieu où Une partie des dérivés de foutre a perdu dans
sont retenus des animaux errants ou des véhicules l’usage un lien fort avec la sexualité. + C’est le cas
saisis*, aujourd’hui très employé à propos des auto- de FOUTREMENT adv. (1891, de l’adverbe foutre)
mobiles et seul emploi vivant du mot. -précédé par FOUT~MENT ixwr%.I de foutu
CbeaucoupD. ~FOUTAISE n. f., autre dérivé du
FOURVOYER + VOIE verbe, d’abord pseudo-nom propre, avec une va-
leur érotique (16881, signZe aujourd’hui achose
FOUTRE v. tr. est issu Iv. 1175-l 180) du latin fu- wns intérêt» 11775). *FOUTRAL, ALE, ALS adj+,
tuere uavoir des rapports avec (une femmeIn, en de l’adverbe (19381, d’abord dans l’argot des Gran-
parlant d’un homme, mot d’origine inconnue. des Ecoles, correspond à *extraordinaire>>; FOU-
+ En ce sens resté usuel mais souvent tabou jusqu’à TRIQUET n. m., du ver%e 117911,à *personnage in-
la ti du ~IX~ s., foutre est vieilli, ainsi que la locution signifia&+,
se faire foutre 4e faire pénétrer sexuellement» Trois autres dérivés ont longtemps conservé la va-
(1731; en parla& d’un homme ou d’une femme). leur érotique de foutre. FOUTERIE n. f. est à peu
Foutre, comme terme général, a été éliminé par près sorti d’usage ( 1521, <<choseobscène» ; 1534, <<a~-
baiser et faire Z’amour. Au figuré Idéb. XVIII~s.1dans tien de foutreB ; 1851, =sottise»). + FOUTOIR n. m.
envoyer qqn se fe foutre Renvoyer au diable>>, va ~VI” s., foutouer «engin de guerren; cf. aussi foutoire
te ftie foutre, l’emploi du verbe est démotivé. n. f., «pénis~ à I’epoque classique3 a eu des sens liés
+ Foutre s’emploie aujourd’hui familièrement aux à l’activité sexuelle : dit de repos, sofa, etc.B
sens généraux de faire et mettre; les premières at- (déb. XVIII~s.), epièce réservée aux ébats &otiques»
testations se trouvent au milieu du ~~III~s. mais ce (17321, par ext., <<petit appartement de célibatairep,
FOX-TERRIER 1478 DICTIONNAIRE HISTORIQUE

correspondant au moderne garGonnière, et *mai- Avec le sens fondamental de «feu> qui produit de
son de toléranceB fwr” S.I. 0 Le sens figuré 11857) l’énergie, foyer sime Klieu où le feu prend et se
tient d’un glissement de &eu où l’on foutB à -lieu développe», en forêt, etc. (foyer d’ince&&, et aussi
en désordre», parallèle à celui de bordel. +FOU- hnil. XVIII” s.) Mlieu d’où rayonne la chaleur ou la lu-
TEUR n. m. (XIII~s., fouteor), de foutre OU du dérivé mièrem (en optique, 1637, Descartes); par analogie,
latin futuor, est sorti d’usage avec sa valeur éro- il est devenu un terme de géométrie ( 1690).Foyer se
tique, encore usuelle & la ti du XVIU~s. (Sade), puis dit au figuré (av. 17041 pour Kpoint central à partir
a été remplacé par baiseur; il s’emploie familière- duquel se développe un processusm, génértisation
ment avec un complément (fauteur de désordre, de d’un sens médical antérieur asiège d’une maladie,
merdel. (1575). 0 L’application en économie à <<groupement
on emploie aussi les composés REFOUTRE v. tr. géographiques est récente II& s.1, par exemple
<remettre)> ( 179 1; 1790, <<envoyeP ; se refoutie ase re- dans un foyer industriel.
metbw, 17901, SE CONTREFOUTRE v.pron. ase
moquer> 11790). +JE-M'EN-FOUTISME n. m. FRAC n. m., attesté chez Beaumarchais 117671,
(18911, précédé par je-m’en-fous n. m. 118791, est fa- est emprunté à l’anglais fio& 11719) dont le -o- très
milier, comme JE-M'EN-FOUTISTE n. et adj. ouvert a été interprété comme un -a- ; l’anglais
Cl884I. frock avait été emprunté à l’ancien tiançais froc
@ Voir JEAN (JEAN-FOIJTFLEX
!+ fioc).
+Au XVIII~s., le mot a désigné un vêtement
FOX-TERRIER n. m. est emprunté d’abord d’homme serré à Za taille, avec deux longues
par l’abréviation fox n. m. inv. 11839, Stendhal) à basques ; le frac est aujourd’hui une tenue de céré-
l’anglais fox terrier =Chien pour débusquer le re- monie, à basques dites en queue de morue.
nard)), de fox arenard» et terrier, emprunté à l’an-
cien kançais chien tenier ( 13751 achien qui fait sor- FRACASSER v. tr. représente un emprunt
tir les bêtes de leur terriep> (3 terrier, à terre). (1475) à l’italien fracassure <<briser avec violenceu
(attesté depuis la fin du XIII~s.), construit sans doute
$Le mot (1865 en français) désigne une race de par croisement du latin frangere <brisen (+fkc-
chien terrier d’origine anglaise. tien) et du latin qwsare, fréquentatif de quatere
aagiter, secouep I+ casser).
FOX-TROT n. m. est emprunté Cv.1919) à l’an-
4 Le verbe conserve le sens de l’étymon et s’em-
glais fox-trot, de fox urenardp et trot, déverbal de to
ploie aussi au pronominal (1588).
trot atrottep, lui-même emprunté à l’ancien fran-
çais troter (-, trotter). b FRACAS n. m., emprunt à l’italien fracassa (dé-
rivé de fracassure) ou déverbal de fracasser, appa-
+ Le mot avait désigné en anglais le trot du renard
raît Il4751 au sens d’aaction de tiacasser}}, disparu
puis une sotie de trot du cheval. Il a été appliqué
comme la valleur extensive de crixen iapr. 16501,
par plaisanterie à la danse, au début du XX~s. en
dont procède la locution moderne avec perte et
américain et abrégé en fox. En fknçais, foztrot se
frac&~ «brutalement>. Le mot s’emploie aussi (16781
dit aussi de la musique.
au sens de abruit qui résulte de chocs ou d’une rup-
.FOX-TROTTER v. intr. et FOX-TROT- ture violente>, sens encore usuel, et au figuré (1661)
TEUR, EUSE n. ( 19191 ont été à la mode en même pour aagitationb, vieilli, et ceffet retentissmt pro-
temps que la danse mais sont sortis d’usage. duit par qqn ou qqch.m (16653, littéraire. +FRACAS-
SEMENT n. m. (1579) est rare. +FRACAS-
FOYER n. m., réfection tardive (XVI~s.1 de foier SANT, ANTE adj. (18711, du participe présent,
Iv. 11351, est l’aboutissement d’un latin populaire s’emploie au propre et au figuré (déb. xx” s., une dé-
“focarium, substantivation de l’adjectif bas latin fo- claration fracwsmte~.
curius adu foyer, “qui concerne le foyern, et n. m.
<cuisinier, marmiton=, dérivé du latin classique fo- FRACTION n. f. est un emprunt Cv.1187) au bas
tus afoyeP> C-+feu). latin fractio, -OMS aaction de briserti, terme de ma-
4 Au sens générti, foyer désigne le lieu où l’on fait thématiques en latin médiéval (11501, 4îvision~ ; ce
du feu, d’où par métonymie le feu lui-même et la mot dérive du supin du latin classique fra@ere
dalle placée devant le foyer pour isoler le feu du abriser» qui se rattache, comme le gotique brihn
abriser* (cf. anglais to break, allemand brechen), à
sol, et par extension ( 1680) la partie d’un appareil
une racine indoeuropéenne “bhreg- <briser».
de chauffage OU btie un combustible. +Foyer se
dit par ailleurs (15721 du lieu où habite une famille + Fraction est encore un terme de liturgie, au sens
-par exemple, au pluriel, dans rentier dans ses d’«action de briser (le pain eucharistique)» (v. 1187) ;
foyers (av. 17431, plus récemment, au singulier, être le sens général d’eaction de brisep Cv.1400) est sorti
sans foyer (xx” s.) - et par métonymie ! 1673 ; fonder d’usage, fraction ayant été remplacé par fraction-
un foyer) de la famille même, un jeune foyer éqti- nement ou par brisure, cassure. *Le mot désigne
valant à aun jeune ménage)). +Dans un théâtre, la couramment par réemprunt une partie d’un en-
salle où se réunissaient spectateurs et acteurs pour semble (12731, notamment en arithmétique (1538);

se réchauffer était nommée foyer; par extension, le ce sens a succédé à celui de &visionn Ize moitié du
mot a désigné la salle où se rassemblent les acteurs me sd, disparu.
11752, foyer des artistes~ et celle où vont les specta- F L’idée de 4ivision~ est retenue dans les dérivés.
teurs pendant les entractes (av. 1709, foyer du pu- +FRACTIONNAIRE adj. (1725) «sous forme de
bkl . fkction~~, en mathématiques. * FRACTIONNER
DE LA LANGUE FRANÇAISE 1479 FRAIRIE

V. tr. ( 1789 ; au pronominal, 1827) diviSer en patiies, FRAGILITÉ n. f. (v. 11191, empIIXIt aU latin ChS-
en fractions» d’où FRACTIONNEMENTn. m. El8381 siquefragi&s &-agilité (physique et moraleIn, de
aaction de fractionner*. +FRACTIONNEL, ELLE f~-@lis, a remplacé l’ancien franqais fraileté (XIIIeSI,
a,dj. 11925) ({qui tend à diviser>, en politique (cf. éga- dérivé de fi&. o Le mot, sans rapport aujourd’hui
lement FRACTIONNISME n. m. (1925) et FRAC- avec fi&, a suivi une évolution parallèle & celle de
TIONNISTE adj. et n., av. 1959). l’adjectif, dans le domaine moral (XII~s.1 et aussi
FRACTAL, ALE, ALS adj. est un dérivé savant concret : <facilité à se briser» (16421, & être détruitn
(B. Mandelbrot, 1975) du latin fi~tus <<brisé>>,parti- 11890). Fragilité signSe aussi par extension acarac-
cipe passé adjectif de fra@re. Terme didhique, tère éphémère}} (15411.
fractal se dit d’une figure dont la forme est irrégu-
lière et fkagmentée, la fragmentation étant quanti- FRAGMENT n. m. est une réfection savante
fiable dam son irrég~Ia&é. 4En dérive FRAC- Iv. 1500) de la forme ancienne frament Cv.1250; fin
TALE n. f. ( 19751 Mobjet fractaln. XII~s., frmnente n. f.), emprunt au latin tiumentuwL
0 voir FMClWRE, FFLAGLLE, @ FRAIS h. Ill. pl.). <morceau d’un objet brisé», dérivé de fragmen
«éclat, débris», lui-même de frangere ctbriserm
FRACTURE n. f. est un emprunt savant I-, kaction).
(2” moitié XIII~s.) au latin fractura «éclat, fragment> + Frumeat désigne un morceau,de ce qui a été
et afracture d’un membrem, du supin de frangere brisé (fiament d’os, v. 15601. A propos d’une
abrise- (+ fraction) ; l’évolution phonétique avait œuvre, le mot se dit de ce qui en subsiste quand
abouti en ancien tiançais à fraitire 61 XII~ s.1 l’essentiel a été perdu ( 16361, d’un extrait (1680) ou
-comme fiagilti a donné Ne- de sens plus d’une pièce qui en a été isolée 11803, souvent au
étendu et en concurrence avec frainture, de pluriel). Rugment s’emploie dans le domaine abs-
fiaindre ebriserm, issu lui aussi du latin frangere. trait (1868, hgment du passé), en concurrence
4 Fracture, comme en latin, désigne une lésion os- avec morceau*.
seuse; il est sorti d’usage au sens général de abris, FRAGMENTAIRE adj. s’applique à ce qui existe à
rupturen 11391) remplacé par efiaction. Le mot l’état de fragments (1801) ou procède par frag-
s’emploie pour désigner l’état de ce qui est rompu, ments (1918) ; l’adjectif est péjoratif et suppose un
spécialement en géologie pour «cassure de l’écorce caractère incomplet (cf. Lacunaire). 0 Il a fourni
terrestres (1827). 0 Par métaphore, on parle depuis FRAGMENTAIREMENT adv. (~~~O~FRAGMEN-
les années 1990 de fracture sociale, expression à la TER v. tr. Cv.1845; au p. p. dès 18081, c’est upartager
mode en politique (J. Chirac), et qui a entrahé des en tiagmentw. 451 dérivent FRAGMENTATION
emplois analogues. n. f. (18401, qui a pris des valeurs techniques dif’-
w FRACTURER v. tr. (~III XVIII~~1 apparaît dès le férentes de celles de fractionnement, et FRAG-
XVI~s. dans os fracturés (1560) et s’emploie pour MENTABLE adj# (v. 1969).
cbriser par violence ou avec effotim ! 1807 ; fracturer
un cofie-fort). + En dérivent FRACTURATION n. f., FRAGON n. m. est une réfection 11379) de fie- @
terme technique (mil. ~~~s.1 notamment utilisé gort (XII~s.), issu du bas latin tico ahouxn, peut-être
dans l’industrie du pétrole, et FRACTURABLE adj. d’origine gauloise.
(xX"S.), ra,re. +FRACTO- est Un él&?Xnt tk6 de 4 Le mot désigne un arbrisseau vivace.
fracture pour composer des termes techniques,
~~~~~FRACTOGRAPHIE n. f. (1960; de-gruphie) FRAGRANCE n.f. est un emprunt ancien
cétude scientifique des cassures des métauxp. Ixmes., fiaghncel, repris au xwe s. sous sa forme
0 Voir FRACTION, FRAGILE. moderne, au latin chrétien C-ugranti aodeur
suave>, du latin classique fiugrure uexhaler ou sen-
FRAGILE adj. est un emprunt Iv. 13613 au latin tir une odeurs (+ flairer).
/kg& {cassant, frêle» et <faible, périssable», de + Il a été repris (1825) au sens d’eodeur agréable>,
frangere <briser» t-+ kaction, kacturel ; Yévolution devenu archaïque.
phonétique régulière a abouti en français à frêle”. b FRAGRANT, ANTE adj. (1516, fiuflantes fleurs;
4 L’adjectif a d’abord signifG «de peu d’impor- repris 18361, emprunté au latin ckssique fragruns,
tance>. Le sens général de fia&e est “qui se brise participe présent de fragrare, est également ar-
facilementn (15411 d’où vient par extension (16511 la chaïque et littéraire.
valeur de «qui manque de solidité, est sujet à être
détruit*. L’adjectif s’emploie spécialement pour FRAI +FRAYER
qual%er les personnes de constitution délicate ou
un organe de fonctionnement délicat et par figure FRAIRIE n. f. apparaît sous la forme frati o>
ce qui est facile à ébranler, n’étant pas sur des Cv. 1165) issue du latin tiutria, emprunt au grec
bases fermes, en parlant des sentiments. À l’épo- phratriu I+ phratrie). Il a pris aussi les formes fierie
que classique, il a signSé *faillible* en religion (1543, sous l’influence de tière, et phruk 05343,
( 16511, aujourd’hui dans d’autres domaines lune sous l’inkence du grec, et s’est écrit -ai- par réac-
économie fragilel. tion étymologique.
b FRAGILEMENT adv. 11580) est demeuré rare. 4 Le mot a désigné une compagnie, une confkérie
+FRAGILISER v. tr. (1956; suf?ixe -tier) crendre EV.1165) puis une fête consacrée au divertissement
fragile Iqqch., qqn)>) a pour dérivés FRAGILISA- (1543) et se dit régionalement (av. 1553) d’une fête
TION n. f. et FRAGILISANT,ANTE adj.Iv. 1965). patronale.
FRAIS 1480 DICTIONNAIRE HISTORIQUE

@) 0 FRAIS, FRAÎCHE adj. est une réfection exemple la fraîcheur d’une nouvelle (14121, la fraî
krve s., Irak, fiuischel de freis, fresche, attesté dans cheur du teint (15801, La frakheur d’une impresstir:
la Chanson de hkxnd hOSOl ; il est issu d’un fran- (17561. 4 FRAICHIN 11.m. est un mot d’origine dia
cique “frish &a& (en parlant de la température) 1ectaJe (ouest de la France), altération C15731de fies.
d’oti par figure &centD, anon flétri (d’un végétal)~ chume Iv. 1534 ; dérivé de fresche), pour désigne]
(cf. allemand /Esch, anglais fresh et dans les l’odeur du poisson frais. +FRAÎCHIR v.intr. est la
langues romanes l’espagnol fresco, l’ancien pro- réfection d’après frais, fraîche (d’abord freschil
vençal tiesc). v. tr., v. 1200, «redonner des forces à Iqqnl4 de l’an-
+En tiançais, fruis conserve les deux sens géné- cien fkançais frescir Iv. 1120; de fresc). Le mot es1
raux. Il se dit !IOSOl de choses corruptibles en état rare avant le xwe siècle. Il s’emploie notamment en
d’être consommées (aet& kuis, etc.) et, par exten- parlant du vent ( 1678 ; 1616, afmischirl et de la tem-
sion, de ce qui est consommé sans être conservé pérature ( 1626).
Iv. 1160-l 174, fmis mi salé ni fumém, d’une viande), Le composé RAFRAÎCHIR v. tr. et intr. apparaît au
par exemple dans légumes frais. oDe là frais XII~s. (rufreschir, refreschir) ; il correspond à arendre
prend le sens général de “qui est d’origine ou d’ap- plus fkaisn, l’adjectif étant pris dans ses différentes
parition récente>> (v. 1355) dans difErents emplois; acceptions. 0 Une première série d’emplois se rat-
on parle de nouvelle &&II~, mémoire fr&che, bles- tache à l’idée de -froid= (en emploi intransitif, 1690,
sure encore frati/ze. En emploi adverbial, frais signi- le vent rufraîchit renforce fra&it); un second en-
fie &cemmentB ( 13931,par exemple dans &e frati semble est lié à la notion de =nouveautéa, de «re-
sorti, émoulu de Z’école. Le mot entre dans la lo- nouvelleme& d’où l’acception <redonner de la vi-
cution adverbiale de B=ais (1552, être rasé de frais). talité* Ixrr” s-1ou, dans l’ordre psychologique, ade la
~Par extension, l’adjectif s’emploie pour ce qui vivacités ~VII” s., rafrticti la mémoire). Le sens de
vient d’être appliqué (1643, peinture fraîche) et *remettre en état, est sorti d’usage en parlant de
aqyent fiais équivaut II5631 à <fonds nouveauxu. personnes, mais on a conservé r&zkîcti Ies che-
+Dès les premiers emplois, frais s’applique figuré- veux (16801 &Couper légèrement*. + Le dérivé RA-
ment à des personnes ou à des choses qui gardent FRA~CHISSANT,ANTE adj.11579) aquirakakhitB
des qualités de vitalité, de jeunesse Il 160 ; v. 1165, et, spécialement, “qui désaltèren, se dit aussi
en parlant de fleurs), à ce qui donne une impres- (mil. me s.) de ce qui Pla?t par sa simplicité. -RA-
sion de jeunesse, de pureté Cv.1155; En me s., un FRAÎCHISSEMENT n. m. s’est d’abord utilisé au
rire frais; 1752, frai& cdorid; par ironie, il Sign$e sens d’«action de revigorers Cv.1460) : par métony-
Ndans une mauvaise situationm 11808; nous voti& mie, il a désigné ce gui restaure les forces. Le mot
I%s!, $ rapprocher de VOUSavez bonne mine!1. est lié à l’idée de arefroidirn ~VII~ s.) ; il s’emploie au
Par ailleurs, l’adjectif signiCe alégèrement tioidm pluriel (1765) pour désigner des boissons fraîches,
Cv.1200) - d’où substantivement Zefi-ais 4air fraisé autrefois aussi des glaces, etc. +RAFRA~-
II5491 avec la locution prendre le &a& (16601, aupa- CHISSEUR n. m. 11842; terme technique, 18121
ravant comme adverbe dans il fait fiais (XIV~sd- et s’est substitué à ratiukhissoir (mil. xwe s.) mais tend
aagréablement f?oidm CeeaufiaîcI&. oDe là vient, à être remplacé par seau à glace.
substantivement, au frais Ndans un endroit fkaisp DÉFRAiCHIR v.tr. (18561 s’emploie rarement au
(XVI@s. au frazk de ce bocage, Pasquier in Nicotl et, sens de 4létti mais plutôt comme verbe pronomi-
par plaisanterie, mettre (qqn1au &Cs 4e mettre en nal et au participe passé DEFRAICHI, IE adj. pour
prisonn (16851, synonyme de mettre à l’ombre. * Au *perdre sa fraîcheurs, en parlant d’une couleur,
fguré, frais sime nsax~3cordiallitén (un accu& très d’une étoffe.
fraisI. + EnCn, en parlant du vent, frais équivaut en
marine à “qui soutne avec une certaine force favo- 0 FRAIS n. m. pl. représente (12601 le pluriel de
rable à la navigationp ( 15593, d’où le Car& n. m. l’ancien fbnçais fret, fiait <dommage causé en bri-
(1643). sant qqch.n kniI. XIII~s.1, d’oti ddépense destinée à
b FRAÎCHE n. f., substantivation de l’adjectif au fé- réparer le dommage- Iv. 12761, par l’intermédiaire
minin (fin XVII~s.1, s’est employé dans une locution de la locution puyer le fret “payer le dégât> (1216).
exclamative, à la ti&he ! ! 16891, cri des marchands Fret, fiait est issu càu latin médi&aI kactum <dé-.
ambulants de produits fkais. Aujourd’hui $ la pensen ~III” s.1, neutre substantivé du latin clas-
fdche ~OC.adv. 11842) Sign%e & l’heure bu dans sique krachs, participe passé adjectivé de kangere
un endroit) où il fait fraiw Terme de marhe, le <briser» (+ fraction, fragiIel. Mais P. Guiraud note
nom désigne un vent faible du matin ou du soir que fiait n’aurait pu aboutir en ancien fiançais au
11691). +La fraîche, en argot, équivaut à “argent verbe frayer <faire les &a& (cf. ci-dessous defrayer) ;
f?ais~ (19481, emploi précédé par fraîcheur eremise il pose au singulier “frai, issu du latin fia@um abris,
dlargenb 61845i. +FRAICHEMENT adv. IV. i 150, éclat» (of. ancien provençal frugurl d’un verbe %-a-
freschmnent &nmédiatement4 a des sens parai- gure; les frais seraient alors les sommes réparties
lèles à ceux de l’adjectif: #récemment% Cv.12251, (&agmentées»l aux dilErents postes d’un devis et
«avec hostîlitém En XVII~s., repris Cn ti s. : être uc- non pas destinées à réparer des dégâts.
cueilli frakhement). +FRAÎCHEUR n. f., rare +Bals a le sens général de adépenses occasion-
jusqu’au XVI~s., est une réfetiion Ixrv” s., fraischeur) néesm (12601, d’où son emploi spécial à propos d’un
de fraiscor Iv. 1200) tiendroit où il fait doux)); fi se dit acte juridique 11549) et du fonctionnement d’une
de la qualité de ce qui est frais Ides fleurs : 1288 ; du entreprise, au xrxe s. (frais de production, frais géné-
poisson : 13791 et d’une température tiaîche ruw, etc.). 0 Au figuré, il se dit d’une dépense,
(av. 1528) ; il s’emploie au figuré, Comme frati : par d’un effort notamment fait POU~ plaire (XW’ s.) d’où
DE LA LANGUE FRANÇAISE 1481 FRANC
la locution se mettre en frais E1668 au propre ; 1872 boulangerie, est fraser (1730; fraiser, 1680). 4e
au figuré). ~Frais entre dans de nombreuses lo- sens de apercepa ou &vaser en tronc de cône>> à
cutions (adverbiales, prépositives, verbales), em- l’aide de l’outil appelé fraise (ci-dessous), en géné-
ployées au propre ou au figuré : ;i peu de frais ral considéré comme dérivé de ce substantif,
(av. 16131, à ~!?MisC~IWTWIS 116661,faire les frais de constitue peut-être une autre spécialisation Il 676) ;
qqch. (1666; 1802, ...de la conversation), en être pour frase, puis h-aise C~outil~~,serait alors le dérivé (dé-
ses fiais (16901, etc. Les faux frais sont 4es dépenses verbal).
occasionnées en dehors des frais légauxm 116901, w De kaiser, en ce sens technique, dérivent FRAI-
d’où couramment ((toute dépense hors de ce qui est SAGE n. m. (18421, FRAISE~R n. m. ~Ouvrier qui
prévW. fiaise» (19301, précédé par FRAISEUSE n. f. ama-
b Le préhé DÉFRAYER v. tr. (1378, &hyer), de chine à biser» (18731, FRAISOIR n, m. 11752) et
l’ancien verbe kuyer -faire les frai+ ( 12601, s’em- FRAISURE n. f. (1792). + Dans l’hypothèse adoptée
ploie au sens de <décharger qqn de ses frais». Au fi- ici, @ FRAISE n. f., k&wnent pour fkaisep (16761,
guré, défrayer la conversation correspond à <<en est aussi un dérivé du verbe. Fraise s’est appliqué
faire les frais)) ( 1640, défrayer la compumie de bow plus tard à la chirurgie dentaire et aussi aux tra-
mots “l’amusera), défrayer la chronique <<faireparier vaux publics (xx” s.l.
de soi>>. +En dérive DÉFRAIEMENT n. m. 0 FRAISE n. f., d’abord hripes, Iv. 11301 et dési-
(mil. XIVes., desfiayementl {(action de défrayerm, qui gnant (1300) la membrane plissée enveloppant les
a remplacé l’ancien déverbal défiai (14031. intestins de veau, d’agneau, est en général consi-
déré comme dérivé du verbe fraiser; cependant ce
0 FRAISE n. f. serait une altération Cv.1174 dernier apparaît plus tard et n’a jamais signifié
1178, freise), d’après frambetie &amboiseD, d’une aenvelopper», mais *dépouiller de son enveloppe))
forme “fraie issue d’un latin populaire “fiaga, plu- par spécialisation du sens général. *Fraise n. f.,
riel neutre pris comme féminin singulier du latin <collerette tuyautée et plissée3 (1585) portée au
classique ku&rn &aise (des bois)>) : on trouve des XVI~s. et au début du xwe s., est un emploi peu clair.
formes du type fraga en wallon, en gascon, en Il peut s’agir d’une analogie de forme avec les
Suisse romande. P. Gtiraud, qui doute de ï’in- tripes, ce qui supposerait un début d’emploi bur-
fluence de framboise sur fi-aise, pose une parenté lesque ou ironique. 0 Le mot s’emploie aussi dans
entre les différents mots fraise gui sergent tous dé- des sens techniques, par exemple pour une pallis-
rivés de l’ancien fknçais kaiser ubroyer>) (--+titi- sade hérissée, au sommet d’une escarpe (16281.
ser); toutes ces &aises>> ont la même caractéris-
tique d’être des objets divisés en compartiments
FRAMBOISE n. f. est peut-être issu par dissi-
séparés (mais on peut objecter que ccbroyern et milation Cv.1175) d’un francique “brambasi amûre
Nsubdiviser)> ont peu de rapport). La graphie mo- de ronce» (cf. ancien haut allemand braPnberi, alle-
derne apparait au XVI~ siècle. mand Brombere); on trouve la forme framboses
+ L’évolution des cultures rend nécessaire l’opposi- dans des glossaires latin-allemand du x” s. ; le f- ini-
tion fraise des bois-fMse tout court, ce dernier dé- tial viendrait de l’influence analogique de fraie, m-
signant les gros fruits forcés. La locution aUer aux cêtre de fraise*. P. Guiraud voit plutôt à l’origine de
fraises aller cueillir des C-aises des bois>>s’est em- frurnboise une forme “fmbritia, dérivée de fimbtia
ployée par plaisanterie pour ealler dans les bois en &angen, c’est-à-dire *dont les bords sont déchique-
galante compagnie)) (anciennt, cueillir la fraise). Su- tés> (pour la métathèse du r, cf. l’ancien italien
merles fraises Id s.), par analogie de mouvement, frambe, frambao ~e&angé4.
se dit pour <être agité d’un tremblement încontrô-
+ Les fraises et les framboises sont restees associées
laMea>, d’où <<être gâteux-. + Par analogie de forme,
dans la culture. Ihmboise adj. inv., par référence à
fiaise s’emploie (1872) pour un type de kion de la
la couleur du fkuit, se dit d’une couleur ( 1907, Co-
peau. + I%nargot (métaphore assimilant la tête à un
lette).
fkuit ou légume), il signifie qwisagen ( 1901) et par ex-
tension <personne, himener sa &&e, 192 1). k Du nom dérivent FRAMBOISIER n. m. (1306) dé-
S@txLnt la phnte qui porte le fhit, FRAMBOXSER
ä De fraise dru& dérivent FRAISIER n. m., réfec-
v. tr. ( 1651) amêler de jus de framboisen et ~parfu-
tion hwe s.) de h&er (h XII~ s.1, FRAISERAIE n. f.
(19141, qui a remplacé fraisière (18231, de fraisier, et mer à la fiamboise», d’où FRAMBOISÉ, ÉE adj.
quelques termes techniques. (1690). +FRAMBOISIÈRE n. f. (18721, qui a eu en
ancien français ( 1314) le sens de &amboise>>, est un
FRAISER v. tr. apparait au xrves. (fiuser mais synonyme vieilli de FRAMBOISERAIE n. f. (1922).
on trouve le patiîcipe passé féminin dès 1200 (fèves
hsées «écosséesnI; le mot est issu du latin clas- +k 0 FRANC, FRANCHE adj. vient IV. 10501
sique (fabu fresa <(fève) broyéep, de fresum supin du nom ethnique Frunc* (4 0 Franc); le latin mé-
de fiendere œbroye- ou d’un latin populaire ‘fiesare diéval francus avait le sens général de alibre>> En
adépouiller de son enveloppen. Rendere est appa- v? s.), avec une spécialisation juridique (IX~s.) ; le
renté au germanique @tian (cf. anglais to grindl. mot est passé en espagnol, en italien Rruncol et en
4 Fraiser a signifié aécosser, dépouiller de son enve- ancien provençal tfrancl.
loppen puis (1572, pain fraisé1 ~mélanger de la pâten + L’adjectif fraac s’est appliqué à un homme libre,
en kagmentant les éléments, d’où vient le sens spécialement de naissance noble (1080, Chunson. de
( 16901 de cbriser la pâte>>; le terme technique, en Roland) et, par extension Iv. 14601, a pris le sens de
FRANC 1482 DICTIONNAIRE HISTORIQUE

umoralement librem, courant à l’époque classique le composé INFRANCHISSABLE adj. (17921, au


(franc arbitre *libre arbitre%). De cette première va- propre et au figuré.
leur, on est passé à celle de ~sans entrave-, toujours FRANCHISE n. f s’est employé à l’origine au S~I~S
vivante dans la locution avoir ses coudées franches, de acondition librem (v. 1130); en droit ancien (12151,
et en sports dans coup ihnc (1900, au football; 1901, le mot a désigné un droit qui limitait l’autorité du
au rugby) acoup tiré sans opposition de l’adver- souverain au profit d’une ville, d’une corporation
sairen. +Franc de Cv.1170) Sign%e comme fruncus (notion alors aussi importante que celle de ~OUF-
en latin médiéval alibéré de (certaines servitudes),, geokd, d’où &eu del franchise «lieu d’asile)) ( 15381
d’où en droit &mc et guitte Iv. 1175, quitie et franc) ; à l’époque classique. Aujourd’hui, dans divers em-
en commerce, i?wc de port (1723) se dit d’une mar- plois, fiunchise signi6e (v. 1138) encore Nexemptionn
chandise dont le destinataire ne paie pas les frais (d’une taxe), SexonérationB (d’un droit) : franchise
de port ; on dit aussi 0 FRANCO adv. (1754 ; de l’ita- postale (18781, franchise dow&re. 0 En parlant de
lien franco, abréviation de fiunco porto *port personnes, fiunchzke se rattache aux valeurs psy-
franc4; franc employé seul signifie aussi *exempt chologiques de franc; il signZe d’abord (v. 1150)
de taxesm, cexonérén [zone fran&el. Knoblesse de cœur* puis 11559 Ncaractère d’une
De l’idée de 4îberté~, on est passé à celles de &n- personne qui dît la vérité>>, par exemple dans en
C&e~, 4roiturem , {(absence d’artikem ; l’homme toute franchise.
franc est celui qui parle ouvertement 11611; mté- FRANQUETTE n. f. est employé dans la locution
rieurement, on disait surtout vrai); de là vient la lo- adverbiale ri Ia bonne franquette I 17411qui succède
cution ancienne frunc comme l’osier (l’osier ne pré- à à lu franquette (mil. mes.) à l’époque classique
sente pas de noeuds) atrès franc», remplacée «franchement*, aujourd’hui <<sanscérémoniem.
beaucoup plus tard par franc comme l’or (1865 ; par Une série d’emplois du préfixé AFFRANCHIR V. tr.
jeu de mots avec la monnaie d’or). L’adjectif quali- (XIII~ s.; d’abord pron, fin XII~s.1se rattache au pre-
fie (mil. me s.) les actes qui ne présentent aucune mier sens de fraptc; c’est à l’origine arendre (qqn3
dissimulation, d’oti jouer franc-jeu aen respectant de condition librep, d’où (rendre indépendants (un
les règles» (av. 1850 ; anciennt y aller de fpanc jeu; pays, etc.) et «délivrer de ce qui gêne psychologi-
cf, fair-play). Par analogie, franc se dit des choses quement» (XV~~s.l. *En argot, le verbe a le sens
qui présentent des caractères de naturel (1269, yin (18371 d’eapprendre à vivre en marge des lois,,
franc) ou de ce qui est entier (1585, jour fram ujour c’est-à-dire de s’en libérer, et par extension la va-
complet4. Spkialement, en art, franc qualii5e leur de <<faire connaître, informer+ (cf. ci-dessous
( 1762) ce qui est hardi, sti dans la manière. 0 Par affranchi). + Afiunchir, dans des emplois spéciaux,
ironie et comme yrai, frccutc(devant un nom) s’em- est lié à d’autres sens de frunc *rendre exempt de
ploie (av. 16301 pour “qui est véritablement telD (une taxe (un envoi) pour un destinataire> (1752) d’où,
frmche mapdel. l’idée initiale n’étant plus sentie, <mettre un timbre
Frac s’utilise aussi comme adverbe Iv. 14501, à*. Afiunchir une carte ala rendre maîtresseB (1877)
moins couramment que le dérivé FRANCHEMENT relève du même sémantisme. Au me s., affranchir
adv., employé autrefois pour *librement)> Iv. 1120) était en concurrence avec franchir : d’où, en équita-
et NnoblementB (v. 11653 et sig&ant anettement>, tion, ukw&ir un fossé de fr-ancti ( 15831. - On
«sans détourm (dans les rapports hum-1 115361,
retrouve ce partage des sens dans les emplois du
ad’une manière hardien Ixnr” s.1; dans cette accep- dérivé AFFRANCHISSEMENT nm.: d’abord
tion, on emploie aussi l’abréviation 0 FRANCO terme de droit pour aaction de libérer (d’une taxe,
d’un droit, etc.)>) ( 12761, d’où vient affranchissement
(1879).
d’une lettre (18351, ufiunchissenwtt désigne aussi
b FRANCHIR v. tr. s’est d’abord employé Iv. 11701 l’action de rendre libre (qqn) [16111.- AFFRANCHI,
aux sens de Nrendre francm, c’est-à-dire &Trancti IE adj.et n. 116401, hors son premier emploi (<(es-
et {{accorder en possession franche)) (libre), puis de clave qui a été afEanchi4, permet d’opposer un uf-
4ibérer (qqn) d’une charge>> (1245; cf. afianchirl. franchissement propre aux femmes, vis-à-vis de la
0 Ce sont les emplois de droit commercial, morale sexuelle, et un autre, propre aux hommes,
<rendre libre, aErancti, qui ont produit le sens à l’égard de la morale juridique (n. m., wne per-
moderne de wendre libre au passage, dégager» sonne qui mène une vie hors de la morale cou-
puis <passer par-dessus (un obstacle), traverser» rante>>, d’où en argot [ 18211 <(qui vit en marge des
(apr. 13501 : franchir un col, une montugne, c’est en lois> puis *homme du miXeu», opposé à cuve n. m.3.
disposer librement. Par extension, franchir Sign%e Dm plusieurs composés, franc a le sens de =dé-
(1580) 4ler au-delà d’une limiten et, au figuré, «sur- pourvu de liensB : FRANC-ALLEU n. m. (v. 1125,
monter lune diikulté)~, d’ou franchir le pas alob; 1258, franc ubi) l+ aIleu cterre de pleine
(av. 1615) adécider après avoir hésitép. De l’idée de propriétén ; FRANC-FIEF n. m. cv. 1283 ; --+ fief) -fief
atraversep, on passe à celle dkller d’un bout à non assujetti à l’hommage». *FRANC-PARLER
l’autre den, dans le temps ( 15801, par exemple dans n. m. signi& 117651uliberté de langagen. +FRANC-
franchir les siècles, et dans l’espace (av. 1841). TIREUR n. m. (de tireur; + tirer1 désigne d’abord
-FRANCHISSEMENT n.m., d’abord &Fan- (1792, répandu à partir de 18701 un soldat membre
ctissements (& s.), a signi% tddépassementm d’un corps franc, c’est-à-dire d’une unité de volon-
1x1~”s.) et NexemptionD (IXE), avant de se res- taires («qui s’engagent librement4 ; aujourd’hui
treindre à son emploi moderne : <action de passer, franc-tireur se dit de celui qui n’appartient pas à
de parcourir, de traversers, (1864). 4 FRAN- une arr&e régulière (pendant l’occupation aUe-
CHISSABLE adj. (1831) est beaucoup plus rare que mande de 1940- 1944, les F.T.P., francs-ï%reUrS et par-
DE LA LANGUE FRANÇAISE 1483 FRANÇAIS

tisansl. Au figuré le mot s’emploie à propos d’une kxe s.) l’unité monétaire d’autres pays Ifranc belge,
personne qui n’observe pas la discipline collective franc suisse, franc luxembourgeois), et dans le
d’un groupe. C&e colonid et post-colonial franc CFA, etc. Franc
Dans d’autres composés, franc a le sens d’xexempt employé seul dépend du contexte national.
de redevances>> : FRANC-BOURGEOIS n.m.
hIIe s. ; + bourgeois) désignait l’habitant d’une ville
FRANÇAIS, AISE adj. et n., réfection tar-
dive~xvrnes.ldefi-ance~(1080,Chansonde Rohd,
exempt des charges municipales.
françok (XII” s.1,est un dérivé suffixé de France, du
bas latin Francis “pays des Francs=, nom de la ré-
0 FRANC, FRANQUE II. et adj. apparaît
comme adjectif dans la Vie de saint Léger (2" moitié gion de Gaule romanisée située au nord de la Loire
et qui fut occupée par les Francs (cf. le latin médié-
xe s.1puis comme nom 110503, issu du bas latin fran-
val franciscus arelatif à la France», we s.) ; Francis
43.4sadj., Francus nm., emprunt au francique
dérive de Francus (+ 0 franc).
ofmnlz, nom d’une peuplade germanique puis
ahomme libren (+ 0 fkanc). + L’adjectif signîfre <qui est relatif à la France, à ses
habitants et à sa languep, l’entité juridique France
+Le mot désigne le peuple germanique qui OC-
englobant selon l’époque considérée des territoires
cupait les rives du ‘Rhin et la partie maritime de la
non métropolitains. Le mot est utilisé en kançais,
Belgique et de la Hollande. On a donné le nom de
hors de France, dans des emplois qui seraient
Francs aux Européens, dans les ports du Levant (at- considérés comme pléonastiques en France
testé 1606 mais évidemment antérieur). Langue
(par ex. : du vin fran@l ; il peut avoir une valeur
franque (1670) a désigné un mélange de langues ro-
culturelle et linguistique, non pas nationale (Cana-
manes utilisé dans le Levant (terme remplacé en-
dien français). Dans lungw française, l’adjectif
suite par hgua franca).
s’applique à toutes les variantes parlées en France
w Le dérivé FRANCIQUE n. m., attesté comme sur- (usages régionaux1 et hors de France. Dans une
nom (1643) sign&W «vainqueur des Francsn, a conception normative de la langue, fran@s se dit
voulu dire apropre aux Francs» (1838 ; cf. bas latin pour “qui appartient au “bon” français» (ce n’est pm
franck~cus =des Francs& Il désigne aujourd’hui fran@sI. 0 La locution adverbiale a la fiançaise
(18721 l’ensemble des dialectes du germanique oc- équivaut & la mode fran@se~ (ex. : jardin à lu h-an-
cidental, langue reconstruite de façon hypothé- çuise). + Le nom Cm. et f.1désigne une personne de
tique et dont de nombreux mots sont passés en nationalité française, surtout de la métropole (ou
fhnçais (on dit aussi ancien bas franc@que pour le hexagone), les autres emplois étant plus ou moins
distinguer de dialectes modernes de l’allemand). naturels ou acceptés. +FRANÇAIS n. m.tixn”s.;
Voir l’encadré p. 1508. v. 1265, parler français) Sign%e «la langue fran-
FRANCISQUE n. f. est un emprunt (1599) au bas la- çaisem, qu’il s’agisse de la langue maternelle ou de
tin francisca, ellipse de secuti francisca Nhache la langue officielle. Le mot s’emploie dans des lo-
kanquem (secuti dérive de secare ccoupern; cutions : parler frmç&s &&ement~ ( 15801, d’où
-3 scier). La francisque à deux fers a été prise ( 1940 vous ne comprenez donc pas le français? wous
à 1944 comme emblème par le gouvernement de n’avez pas compris ce que je tiens de vous dire?>,
Vichy, comme les faisceaux de Meurs étaient le et en bon fk311çais <<pour parler plus clairementti
symbole du fascisme. (v. 1360). Le français désigne spécialement cette
la;ngue, considérée comme une matière d’ensei-
0 FRANC n. m., au sens de amonnaie%, apparaît gnement Cclusse de frctnçuk1. Voir l’encadré
pour la première fois en France dans une ordon- pp. 1484 à 1499.
nance du 5 décembre 1360. Le mot vient peut-être b Plusieurs mots sont formés à partir de France ou
de la devise inscrite sur les premières pièces, fian- de français. e FRANCIEN n. m. et adj., mot créé
corum rex «roi des Francs> I--+0 f~ancl. par les romanistes 11889 ; de France), se dit du dia-
4 Le franc correspondait alors à une livre* tournois lecte de lange d’ofi pelé au moyen âge en ne-de-
Imonnaie de compte non matérialiséel; les francs France et en Orléantis, qui supplanta les autres
furent happés jusque sous Henri IV (cf. louis). Le dialectes d’oïl (normand, picard, lorrain, etc.1 pour
franc devient l’unité monétaire légale de la France aboutir au français, (Voir l’encadré p. 1506 et aussi
sous la Convention ( 1795 ; 18 germinal an III), sous Le francique p. 1508.1
la forme d’une pièce de 5 g d’argent; la loi du FRANCISER v. tr. (v. 1534 ; de Fe-un@.~; cf. la va-
26 mars 1803 en fait une monnaie de compte et ins- riante françulser, XVI~s.3,c’est d’abord xdonner une
titue le biméttisme (or et argent), qui subsistera forme française à (un mot étranger)* et par exten-
jusqu’en 1914. Nouveau franc (N.F. ; familiérement sion (1698) adonner un caractère franqais à (qqch.1,
franc lourd) 118 novembre 19591se dit de la nouvelle Ifmnciser un usage); en dérive FRANCISATION
unité qui vaut cent fois le franc précédent (dit alors n. f. (1796). + FRANcXTÉ n. f. 11943, mais répandu
ancien franc, familièrement franc léger). Après une v. 1965 ; de France) est un terme didactique signi-
longue période d’adaptation, franc employé seul fiant acaractères propres à la culture française ou à
désigne en général la nouvelIe unité, mais on la communauté francophones.
compte encore en anci8ns francs, en centimes, sur- FRANKAOUI n. (déb. XX~s., de frun$ais, avec un
tout pour les grosses sommes; le synonyme d’ori- élément tial arabe), utilisé péjorativement en
gine populaire bulle accroît encore la confusion. Afrique du Nord avant l’indépendance par les au-
On dit franc fran@s dans le contexte intematio- tochtones d’origine européenne Iou pieds-mirsl,
nal, dans la mesure où le franc désigne aussi désignait les Français de Métropole.
(Suite page 1400)
LE FRANÇAIS 1484 DICTIONNAIRE HISTORIQUE

LE FRANÇAIS : ÉVOLUTION D’UNE LANGUE

Comme toute langue, le fhnçais est une ab:- français ; elles sont beaucoup plus nombreuses
traction qui recouvre une multitude de faits. A dans les noms de lieux que dans les mots de la
chaque époque, dans chaque milieu, selon langue. Le françati et la France même doivent
chaque situation, un système de règles et un en- leur nom aux Francs, envahisseurs gertna!niques
semble mouvant de signes que ces règles venant des rives de la mer du Nord et qui appor-
mettent en oeuvre construisent une identité. Ce tèrent leur langue, le francique*. Mais ils en per-
système et ces signes sont une réserve poten- dirent vite l’usage et apprirent les dialectes
tielle où la smiété puise ce qui lui est nécessaire galleromans, cependant que cette langue, an-
pour assurer la communication entre ses cêtre du néerlandais, nous a laissé, le plus
membres et l’expression de chacun. Comme souvent par le latin parlé alors, des mots impor-
toute langue, le français est constitué par un sys- tants et assez nombreux. De meme, les
tème fonctionnel de sons, une aphonologien ins- chommes du Nordn venus du Danemark au me s.
crite dans une phonétique et qui peut se trans- abandonnèrent rapidement leur idiome, le nor-
crire en marques graphiques, par exemple en rois, en se tiant en Normandie. Plusieurs siè-
lettres, et par un autre système appelé agram- cles s’écoulèrent entre la colonisation romaine
maireB. Ce dernier fait correspondre les formes et l’arrivée des Germains (Ve-we s.1,entre celle-ci
du langage et les sens, ceux des mots ~morpho- et YEmpire carolin@en, son partage et l’élection
logie), ceux des énonces (syntaxe) dans le dis- de Hugues Capet (987); ce sont, du point de vue
cours. Ces systèmes s’exercent sur des éléments du langage, des siècles obscurs. On parle alors
identtiables, éléments minimaux et leurs en Gaule un latin très modi%, rompu par des
combinaisons codées : amotsn, asyntagmes*, ulo- usages g6ographîques variés puis, peu à peu,
cutiorw. Le tout évolue sans cesse. Pour le fran- une langue <<rustique et vulgaireb qui est l’em-
çais, mille ans d’activité, de nombreux milieux bryon du tiançais. Les sources écrites ne
géographiques et sociaux, des fonctions de plus concernent guère que le latin, dont on observe
en plus complexes font que la multiplicité et le d%cilement l’évolution, car la langue quoti-
mouvement l’emportent sur l’homogénéité et la dienne coexiste avec un latin plus archtique,
tité par ailleurs nécessaires pour étudier la conservé par l’Église et plus volontiers écrit.
langue. Nécessaires aussi à la reconnaissance L’absence de témoignages oraux est dif&ile-
d’une loi unique du sens formé, d’un ensemble ment compensée par Yexploitation des lois as-
net de règles qui permettent l’apprentissage et sez rigoureuses de l’évolution phonétique, éta-
la communication. C’est pourquoi les linguistes blies au xwe siècle. En outre, la acile notation
font mine d’explorer un état de langue fictif, ins- d’une langue populaire en gestation, mouvante,
tantané (une qnchronie~) pour le décrire; c’est variée, par une écriture traditionnellement
pourquoi la société a besoin d’une référence consacrée à la transcription du latin d’Église, la-
unique, la norme. Pourtant, on sait bien que tout tin quasi classique, bien différent de la langue
ceci recouvre la variété et l’évolution inces- spontanée, pose des problèmes d’interprétation
sante : le lexique, mots et locutions, le montre supplémentaires. Tout ceci fait que notre
clairement, Ce mouvement du lexique, ses ori- connaissance du plus ancien français, issu pro-
gines, l’évolution des formes et des sign%cations gressivement de ce «vulgaire romanp si mal
en français, sont l’objet de ce livre. connu, est attachée à de trop rares témoignages
écrits, aussi précieux qu’insuf6sants. Le premier
LES OFWJNES. en date est célèbre. En l’an 842, les héritiers de
La langue franCaise est pour l’essentiel sortie Charlemagne, Charles le Chauve et Louis le
d’une forme tardive du latin, langue importée Germanique, s’accordent pour s’opposer aux
en Gaule et en Belgique par l’envahisseur, le co- entreprises de leur fière Lothaire, qui ne se
lonisateur que fut l’Empire romain. Le français contentait pas de sa part et qu’on Senta;it avide
fait donc partie des langues romanes*, naguère de conquêtes. A Strasbourg, le Rhin formant
appelées néo-latines, avec par exemple l’italien, frontière naturelle, des serments réciproques
l’espagnol, le portugais, le roumain. Le passage d’assistance furent alors prononcés. Deux
du latin dit cvulgaire)>, que nous préférons appe- groupes, ethniques, politiques, militaires et lin-
ler ici NpopulaireD, latin parlé et écrit au moyen guistiques, étaient concernés, l’un germanique
âge dans une bonne partie de lXmpire, aux ou germanisé, l’autre romanisé, puis lui aussi
idiomes qui en sont issus fut, on s’en doute, in- germanisé; deux langues modernes, distinctes
sensible. L’élimination des langues usitées en du latin, furent utilisées et juxtaposées. Pour
Gaule avant la romanisation, langues dont la l’une d’elles, le «romarw, c’est le premier docu-
plus importante est évidemment celle des ment disponible, transmis par le témoignage de
Celtes (voir Gaulois), a été à peu près complète. l’historien Nithard et dans une copie exécutée
Seules des traces de ce ((substrat>> subsistent en vers l’an 1000.Le fait qu’il s’agisse d’un texte juri-
DE LA LANGUE FRANÇAISE LE FRANÇAIS

dique solennel et d’importance historique ga- tés, mais elles restent utiles et parfois indispen-
rantit une fidélité assez grande par rapport à sables. En sirnptiant beaucoup, on peut dire
l’usage du ti s., mais limite la portée linguis- que 1’a;ncien français ke-XIVe ~3.1est par rapport
tique du message. Cet *acte de naissa;ncej) du au Tran@s actuel une langue étrangère. On a
f&nçais concerne une langue hybride, art& ensuite tiaire a des états de langue parfois as-
cielle, officielle, qu’on peut bien appeler roman, sez éloignés du f?ançais d’aujourd’hui pour être
et qui n’est évidemment plus du latin. Cette peu compréhensibles, mais qui représentent
langue commençait à affleurer dans 1’Histotie clairement la m6me langue.
avec le concile de Tours (813) qui recommandait
L’ANCIEN FRANÇAIS : DE LA FIN DU Xe SIÈCLE h Y A
aux prédicateurs l’usage de l’idiome maternel,
UN MLLï?NAlRE~ AU MILIEU DU d SIÈCLE.
germanique ou <<roman rustiquem, à côté du la-
tin. Nous connaissons cet usage par les notes Cette langue, moyen d’expression d’une société
d’un prédicateur, pour un sermon en latin sur féodale qui va dispazdtre, occupe une partie du
JO~, autour de 950. Dès le début du x” s. territoire de la France (le Nord), de la Belgique
(v. 9001, un court poème religieux attestait cet et, sous une forme un peu différente (voir
état de la langue de manière plus naturelle que Franco-prover@), de la Suisse. Au sud d’une
les Serfnents; on le nomme Séquence de sainte ligne qui va de la Gironde à la Savoie, c’est l’es-
Euhlie. Ces premiers textes du plus ancien pace d’oc dont les pratiques de langage in-
fkançais seront suivis par d’autres écrits reli- fluencent fortement le fran@s. Aux six angles
gieux, une Passion ICIermont, v. 10001, la Vie de de I’&exagonem, d’autres langues sont; prati-
saint Léger transcrite à la même époque dans la quées : le flamand, le breton, le basque, le cata-
même ville. Il ne faut pas négliger des Gloses lan, l’italien, le germanique d’Alsaice; elles ont
antérieures (VU”s., pour celles dites de Reiche- toutes survécu, les romanes comme les germa-
nau, rédigées dans la France du Nord) qui inter- niques, la celtique comme la plus étrange, non
prètent par un mot latin wulgairem les termes indoeuropéenne, l’euskara (basque).
plus classiques de 1’Ecriture sainte qui parais- Dialectes. À I?ntérieur même de I’arkien fran-
saient obscurs aux lecteurs du temps. On peut çais, des territoires dialectaux se perçoivent,
comparer cette langue nouvelle, populaire et avec des variantes phonétiques et morpholo-
mal connue, que l’on parlait en Gaule après le giques, et des originalités dans le lexique, mais
v” s., à un créole latin, comme il existe à partir sans que se dégagent de véritables langues dif-
du xwte s. des créoles tian@s, anglais, portugais férentes. Un groupe de l’Est (lorrain, bourgui-
ou hollandais. En effet, non seulement les mots gnon), un autre au Nord-Est (picard et wallon),
du latin évoluent, en s’usant et par des proces- un groupe de l’Ouest (normand, avec son ex-
sus réguliers que décrivent les lois phonétiques, tension en Angleterre - maladroitement nom-
mais la grammaire même, ce cœur du système mée anglo-normand* -, angevin, poitevin) en-
de la langue, s’écarte visiblement de celle du la- tourent un groupe central parfois appelé
tin. Cette langue Nromane» qui va devenir le francien*. Mais, à part quelques traits indis-
fkmçais s’éloigne aussi des idiomes vema- cutables, les différences dialectales de l’ancien
culaires d’Italie, de ceux de la péninsule Ibé- tiançais (y compris ce francien) relèvent d’une
tique et aussi en Gaule même de ceux que l’on illusion historique. Ce qui est devenu le français,
parle au sud des territoires gallo-romans, re- ce n’est pas un dialecte, celui d’Ile-de-France,
groupés sous le nom d’occitan (voir Occitan). On parmi d’autres dialectes, mais déjà une langue
ne décrira pas ici le bouleversement du système largement partagée, diffusée par le pouvoir
des voyelles latines, la diphtongaison, l’appari- royal : l’influence uni-flcatrice de la région pari-
tion de nouvelles consonnes (notre ch, notre j, sienne est très forte dès les XII~et XILI~siècles. Les
d’abord tch et dj, qui continuent le h ICI et le d la- personnes cultivées du domaine d’oïl s’expri-
tins, par exemple dans chevul, jour), ni les hési- ment alors en français, avec une coloration dia-
tations de l’écriture, avant une ortho-graphe, lectale ; le plus grand poète cfranqaisn du XII~ s.,
&riture droite=, quelque peu wif&e bd s.l. On Chrétien de Troyes, est champenois ; Adam de
évoquera à peine les spectaculaires change- la Halle, qui est d’Arras, et Conon de Béthune
ments de la morphologie (du nom, de l’adjectif, laissent bien échapper quelques mots de leur
du verbe) ou de la syntaxe. Ces évolutions re- terroir, mais ils s’expriment admirablement
lèvent trop étroitement de la technique linguis- dans ce &an~ois» du roi.
tique (voir ci-dessous la bibliographie). Il faut ce- Le système de l’ancien fraqais. Cette langue,
pendant rappeler quelques traits caractéris- bien étudi& d’après un matériel abondant de
tiques des trés grandes périodes, après celle qui textes à partir du XI~s. - dont ce dictionnaire
voit la naissance du français. On parle commo- porte la trace par toutes les datations* qui y cor-
dément d’ancien et de moyen fiançais, puis de respondent, depuis 842 -, est bien différente du
français classique Cet post-classigue) enk de latin et du français actuel. Elle voit une forte évo-
français modene et contemporain. Ces dénomi- lution de sons : le u de mur et de dur succède à
nations recouvrent chacune bien des completi- ou, des o en revanche passent au ou (dans lowr,
LE FRANÇAIS 1486

cour.. .3.La nasalisation h, onI, inconnue du la- l’importance plus grande prise par les temps
tin classique, se répand. Ainsi le stock de composés, importante innovation par rapport
voyelles s’est enrichi, et les diphtongues se ré- au latin. Pour ces questions et pour la syntaxe de
duisent lue donne le son e écrit œ; oi, prononcé la phrase, on se reportera aux manuels signalés
OC devient wé, avant d’aboutir àwa). Des ci-dessous.
consumes, comme un th & lhnghise~~, dispa- Le lexique de l’ancien français. Quant au vocu-
raissent au cours du XI~s. ; des sifkntes encore buluire, objet de cet ouvrage, on doit faire une
écrites ne se disent plus : teste, asne se pro- première remarque. Les mots «grammaticauxp,
noncent quasirnent comme auj ourd’huî, à la lon- articles, pronoms, conjonctions, sont, pour l’es-
gueur près. D’une manière générale, voyelles et sentiel, acquis au XII~siècle. Ensuite, le fonds du
consonnes flpures> l’emportent sur les sons lexique nous est progressivement r&véïé par le
complexes tpar exemple les diphtongues) de la hasard des écrits conservés, entre les Semzents
période précédente. Les résultats de ces évolu- de Strasbourg (qui attestent de0 adieu>), amor
tions sur l’orthographe, qui bouge moins vite, flamourn, poblo flpeuplen, etc.) et le XIII~siècle.
sont un écart plus grand entre écriture et pro- Ceci pour souligner l’arbitraire des datations*,
nonciation. Ainsi, le 1 latin (dans certaines posi- de 842 à 1300 au moins, malgré la multiplication
tions) ayant produit la diphtongue OOU,réduite à des textes au XII~siècle. Ce fonds lexical français
ou, ces deux lettres ne notent plus qu’une procède de deux sources. La première est le bas
voyelle simple (que d’autres langues notent ~1; latin, puis latin populaire des Gaules, qui fournit
ai, ancienne diphtongue laD qui continue à par une lente évolution phonétique les princi-
s’écrire ai, se simplifie en è. En outre, de nom- paux vocables de l’ancien français, souvent sous
breuses lettres parasites sont ajoutées, pour di- des formes assez éloignées de celles que ces
verses raisons, intellectuelles ou ornementales. mots ont pris en frmça,is moderne, L’homogé-
Enfm, en l’absence d’une écriture unif%e (ortho- néité de ce fonds latin oral est totale avec
graphe) et généralisée, les habitudes d’écriture la grammaire de la langue, avec sa morpholo-
sont très variées selon les régions, les ateliers de gie. Signalées dans ce dictionnajre par la
copistes : les formes anciennes de nos mots héri- marque o>, les entrées concernées sont souvent
tés du latin en portent la trace, on le voit souvent des mots essentiels, polysémiques, dans la
dans ce dictionnaire. - Quant à la grammaire, lmgue d’aujourd’hui. Leur forme, tiectée par
un ouvrage entier serait nécessa;ire pour la dé- des siècles de prononciation et de circulation so-
crire. On se contentera de noter le maintien ciale, ne permet pas toujours de reconn$tre
d’une déclinaison des noms et des adjectifs, ap- spontankment l’étymon bas latin, qui peut lui-
pauvrie par rapport à celle du latin, mais bien vi- même conserver (ou non) la forme du latin clas-
vante. Pour les noms, elle a deux grands types : sique. Ainsi aqua, à l’accusatif aquum, fia par
le premier, au masculin est par exemple li murs, être prononcé par une seule voyefle, 0, seule
sujet; le mur, complément (ou cas régime); le fé- l’écriture (eau3 rappelant de loin l’évolution
minin reste invariable au singulier, sans s: la dont témoignent les formes intermédiaires me
rose. Au pluriel, ce type de noms donne ti mur (pronon& &Vii, ewoel. Ainsi augustum, par
4es murs~, sujet et Ees murs, comme au- ugosto puis aosto, aboutit à notre août prononcé
jourd’hui, en complément. Le pluriel du féminin ou et out. - Mais le latin n’est pas seul en cause.
est les roses, sujet ou complément. - Un autre La langue des Francs (voir franciquel, envahis-
type, plus complexe, connait une variation de la seurs germaniques qui se sont mis à parler ro-
forme du mot, qui tiecte surtout les voyelles : li man, véhkule d’autres mots dont la pénétration
cuem de comte-, li bers de baron* donnent suppose souvent un passage par une forme la-
comme compléments le ou lo cunte (ou comte), tine médiévale. La proximité de ce latin et du
et le baron. Le fiançais moderne n’a conservé, très ancien français (le aroman rustique4 est
on le voit, que la forme du complément, mtis il telle, en tout cas dans le vocabulaire, qu’il est
arrive que ces deux formes aient donné deux très difkile de montrer le cheminement de ces
mots distinck en français moderne: pûtre vocables, que certains considèrent comme des
CpastreI et pasteur, par exemple. Quant aux plu- emprunts. Mais leur ancienneté, leur modika-
riels, ils sont, au cas sujet li comte, au cas régime tion profonde, liée à la transmission orale, les
les comtes. Ce sont là aussi les formes du apparentent sociologiquement aux mots du
complément ou régime qui ont fourni celles du fonds latin ; ainsi le IV initial germanique a fourni
tiançais moderne. Elles provenaient de l’