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Voie lactée
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(homonymie).
Voie lactée
Le centre de la Voie lactée apparaît au-dessus de l'Observatoire du Cerro Paranal
(le rayon est une étoile guide laser pour le télescope).
Le centre de la Voie lactée apparaît au-dessus de l'Observatoire du Cerro Paranal
(le rayon est une étoile guide laser pour le télescope).
Découverte
Découvreur Harlow Shapley, Jan Oort et Bertil Lindbladnote 1
Date de découverte 1918-1928
Données d’observation - Époque J2000.0
Ascension droite 17h 45m 39,9snote 2
Déclinaison −29° 00′ 28″note 2
Coordonnées galactiques ℓ = 0,00 · b = 0,00note 2
Constellation Sagittairenote 3
Localisation dans la constellation : Sagittaire

(Voir situation dans la constellation : Sagittaire)Sagittarius IAU.svg


Autres caractéristiques
Vitesse radiale +16note 4 km/s
Absorption d’avant-plan (V) 30 environnote 5
Type S(B)bc I-II
Magnitude absolue (V) -20,5
Distance 8 ± 0,5 (∼)
Distance au centre de masse du Groupe local environ 460 kpc (∼1,5 million
d'a.l.)
Masse (1,0 à 1,5)×1012[1] M⊙
Masse d’hydrogène atomique (HI) 4×109 M⊙
Masse d’hydrogène ionisé (HII) 8,4×107 M⊙
Masse d’hydrogène moléculaire (H2) 3×108 M⊙
Masse du noyau 3,5×106 M⊙
Nombre d’amas globulaires 160±20
Nombre de nébuleuses planétaires ~3 000
Taux de novae (par an) 20
Abondance d’oxygène (12 + log(O/H)) 8,7 (voisinage solaire)
modifier Consultez la documentation du modèle
La Voie lactée, aussi nommée la Galaxie (avec une majuscule), est une galaxie
spirale barrée qui comprend de 200 à 400 milliards d'étoiles et au minimum 100
milliards de planètes. Son diamètre est estimé à environ 100 000 à 120 000 années-
lumière, voire à 150 000 ou à 200 000 années-lumière bien que le nombre d'étoiles
au-delà de 120 000 années-lumière soit très faible. Elle et son cortège de galaxies
satellites font partie du Groupe local, lui-même rattaché au superamas de la Vierge
appartenant lui-même à Laniakea. Le Système solaire, qui en fait partie, se situe à
environ 27 000 années‌-lumière du centre de la Voie lactée, lequel est constitué
d'un trou noir supermassif.

Observée de la Terre, la Galaxie ressemble à une bande blanchâtre. Bande parce que
le Système solaire est situé sur le bord de sa structure en forme de disque.
Blanchâtre en raison de l'accumulation d'une multitude d’étoiles que l'on ne peut
distinguer à l’œil nu, comme l'avaient déjà avancé Démocrite et Anaxagore. C'est
grâce à sa lunette astronomique que Galilée démontre le premier, en 1610, que cette
bande est due à la présence de nombreuses étoiles. L'astronome Thomas Wright
élabore, en 1750, un modèle de la Galaxie, qui sera repris par le philosophe
Emmanuel Kant, qui avance que les nébuleuses observées dans le ciel sont des «
univers-îles ». Dans les années 1920, l'astronome Edwin Hubble prouve qu'elle n'est
qu'une galaxie parmi plusieurs et clôt ainsi le Grand Débat qui porte notamment sur
la nature des nébuleuses. C'est à partir des années 1930 que le modèle actuel de
galaxie spirale avec un bulbe central s'impose pour la Voie lactée.

Les plus anciennes étoiles de la Galaxie sont apparues après les âges sombres du
Big Bang ; elles sont donc presque aussi âgées que l'Univers même. Par exemple,
l'âge de HE 1523-0901, la plus vieille étoile de la Voie lactée, est de 13,2
milliards d'années. Selon des référentiels cosmologiques, l'ensemble de la Galaxie
se déplace à une vitesse d'environ 600 km/s. Les étoiles et les gaz qui se trouvent
à une grande distance de son centre galactique se déplacent à environ 220 km/s par
rapport à ce centre. Les lois de Kepler ne pouvant expliquer cette vitesse
constante, il est apparu nécessaire d'envisager que la majorité de la masse de la
Voie lactée n'émet ni n'absorbe de rayonnement électromagnétique et est donc
constituée d'une substance hypothétique, la matière noire.

Sommaire
1 Étymologie et histoire du nom
2 Observations et découvertes
3 Apparence depuis la Terre
4 Formation
4.1 Galactogenèse
4.2 Âge et histoire cosmologique
5 Grandeur et masse
6 Composition
7 Structure
7.1 Quadrants galactiques
7.2 Centre galactique
7.3 Bras spiraux
7.4 Halo
7.4.1 Halo gazeux
7.5 Position et voisinage du Soleil
7.6 Rotation galactique
8 Environnement
9 Vitesse
10 Dans l'art
11 Notes et références
11.1 Notes
11.2 Références
12 Voir aussi
12.1 Bibliographie
12.2 Articles connexes
12.3 Liens externes
Étymologie et histoire du nom

L'Origine de la Voie lactée selon Le Tintoret.


Le nom de « Voie lactée » est emprunté, par l'intermédiaire du latin via lactea, au
grec ancien γαλαξίας κύκλος / galaxías kýklos signifiant littéralement « cercle
galactique », « cercle lacté » ou « cercle laiteux »2,3,4. Galaxía désignait une
offrande de flan au lait selon Garnet et Boulanger5. Elle fait partie des onze
cercles que les anciens Grecs ont identifiés dans le ciel : le zodiaque, le
méridien, l'horizon, l'équateur, les tropiques du Capricorne et du Cancer, les
cercles arctique et antarctique et les deux colures passant par les deux pôles
célestes6.
Cette désignation trouve son origine dans la mythologie grecque : dans le récit le
plus courant, Zeus, désirant rendre Héraclès immortel, lui fait téter le sein
d'Héra alors endormie. Celle-ci essaye d'arracher Héraclès de son sein, et y
parvient en laissant une giclée de lait s'épandre dans le ciel, formant la Voie
lactée7. Selon une seconde version, peu de temps après la naissance d’Héraclès,
Hermès enlève l’enfant et le place dans le lit d’Héra endormie : aucun des fils de
Zeus ne peut devenir immortel s'il n'a tété au sein de la déesse8. Affamé, le bébé
s'approche de celle-ci et commence à téter. Se réveillant, Héra aperçoit l'enfant
et, indignée, le repousse ; le lait divin se répand dans le ciel en une traînée
blanchâtre, la Voie lactée9. Dans une troisième version, Alcmène abandonne son
enfant par crainte de la vengeance d'Héra. Athéna convainc cette dernière
d'allaiter le bébé, mais Héraclès tète trop goulûment et Athéna doit le rendre à sa
mère10. Si les interprétations mythologiques de la Voie lactée sont nombreuses et
diverses, la Galaxie est presque toujours considérée comme une rivière ou un chemin
: « Fleuve » des Arabes, « Rivière de lumière » des Hébreux, « Rivière céleste »
des Chinois, « Lit du Gange » dans la tradition sanskrite11.

Article connexe : Interprétations mythologiques de la Voie lactée.


Le mot en grec ancien γαλαξίας, formé de la racine γαλακτ-, dérivée du mot γάλα («
lait »), et du suffixe adjectival -ίας, est aussi la racine étymologique de
galaxias, traduit en français par « galaxie », nom de notre galaxie (la Galaxie,
avec majuscule12) puis, plus tard, de tous les ensembles d'étoiles2,13,4,14,15.

Observations et découvertes

Figure des corps célestes (1568). Illustration enluminée de la conception


géocentrique de l'univers ptolémaïque par le cosmographe et cartographe portugais
Bartolomeu Velho (?-1568). Les distances des corps célestes au centre de la Terre
(à gauche) sont complémentaires de leur temps de révolution en années (à droite).
Dans l'Antiquité, les premières observations des comètes donnent naissance à de
nombreuses mythologies de la Voie lactée puis à des interprétations issues de la
philosophie naturelle grecque. Aristote dans son traité Du ciel divise le cosmos en
monde céleste, composé d'éléments sphériques parfaits, et monde sublunaire avec ses
objets imparfaits. Dans son traité des Météorologiques, il considère la Voie lactée
comme un phénomène atmosphérique placé dans la moyenne région sublunaire16. Selon
Macrobe, Théophraste, disciple d'Aristote, regarde la Voie lactée comme le point de
suture des deux hémisphères qui réunit et forme la sphère céleste ; là où les
hémisphères se rejoignent, elle est selon lui plus brillante qu'ailleurs17. Mais
Démocrite et Anaxagore, bien plus anciens, jugent que cette blancheur céleste doit
être produite par une multitude d’étoiles, trop petites pour les distinguer à l’œil
nu18. Cette conception stellaire de la Voie lactée apparaît d'abord en Inde19.

Claude Ptolémée synthétise 500 ans d'observations dans son Almageste rédigé au iie
siècle. Il propose un modèle mathématique où la Terre est au centre de l'Univers
(il épouse donc la vision philosophique d'Aristote) et les autres objets célestes
tournent autour selon des parcours circulaires. L'influence aristotélicienne, grâce
à l’Almageste de Ptolémée, reste prédominante en Occident jusqu'au xve siècle20.
Cependant, le philosophe néoplatonicien Olympiodore le Jeune dès le vie siècle
réfute cette conception météorologique par deux arguments principaux : des planètes
passent parfois devant la Voie lactée et elle n'a aucun effet sur la parallaxe21.

Tandis que plusieurs astronomes arabes et perses du Moyen Âge penchent pour son
origine stellaire, Al-Biruni, astronome perse du début du xie siècle, décrit la
Galaxie comme un rassemblement de nombreuses étoiles nébuleuses. Alhazen réfute la
théorie d’Aristote en opérant une tentative d’observation et de mesure de la
parallaxe22 et ainsi « détermina que parce que la Voie lactée n’a pas de parallaxe,
elle est très éloignée de la Terre et n’appartient pas à son atmosphère23 ». Au
début du xiie siècle, l'astronome andalou Avempace est d’avis que la Voie lactée
est faite d’un grand nombre d’étoiles, mais que la réfraction de l’atmosphère
terrestre lui donne l’aspect d'un « voile continu ». Pour appuyer sa thèse, il
étudie la conjonction de Mars et de Jupiter de février 1117 : elle a l'aspect d'une
figure élancée malgré l’aspect circulaire des deux planètes24.

L’observation à l’œil nu de la Voie lactée ne permet de distinguer qu’une très


faible partie des étoiles dont elle se compose. Avec sa lunette astronomique,
Galilée découvre dès 1610 que la Voie lactée est un « amas de toutes petites
étoiles »25 mais considère à tort qu'elle n'est pas constituée de gaz26,27 (alors
qu'il s'avérera qu'elle regorge de nombreuses nébuleuses).

Dans son Opera philosophica & mineralia (1734), le philosophe suédois Emanuel
Swedenborg avance que les galaxies sont des univers-îles28. En 1750, l'astronome
Thomas Wright, dans son ouvrage An Original Theory or New Hypothesis of the
Universe, étudie la structure de la Galaxie et imagine qu’elle forme un nuage
aplati, disque parsemé d’étoiles parmi lesquelles se trouve le Soleil29.
L’apparence de la Voie lactée est « un effet optique dû à l’immersion de la Terre
dans une couche plate composée d’étoiles de faible luminosité », écrit-il30. Le
philosophe Jean-Henri Lambert parvient à des conclusions identiques en 176131,28.
Dans un traité de 1755, le philosophe Emmanuel Kant, s'appuyant sur les travaux de
Wright32, spécule correctement que la Voie lactée pourrait être un corps en
rotation composé d'un nombre immense d'étoiles retenues par la gravitation, de la
même façon que le Soleil retient les planètes du Système solaire, mais à une
échelle nettement plus vaste33. Le disque d'étoiles ainsi formé serait observé
comme une bande dans le ciel depuis la Terre (qui se trouve à l'intérieur du
disque). Il conjecture aussi que des nébuleuses, visibles dans le ciel nocturne,
seraient des « galaxies » semblables à la nôtre. Il qualifie la Voie lactée et les
« nébuleuses extragalactiques » d'« univers-îles »34,35,36,37.

Notre Galaxie vue par William Herschel en 1785. Il supposait que le Système solaire
était près du centre.
La première tentative de décrire la forme de la Voie lactée et la position du
Soleil au sein de celle-ci est effectuée par William Herschel en 1785 en dénombrant
les étoiles dans différentes régions du ciel. Il construit un schéma mettant le
Soleil près du centre de la Voie lactée38 (hypothèse fausse selon les données
actuelles). Ne connaissant pas la distance des étoiles, il suppose pour élaborer
son modèle quantitatif cinq hypothèses de base dont plusieurs se révéleront fausses
: toutes les étoiles ont une même luminosité intrinsèque, leur distance décroît en
proportion de leur magnitude apparente et absence d'extinction interstellaire19.

En 1845, William Parsons construit un télescope plus puissant qui permet de


différencier les galaxies elliptiques des galaxies spirales. Son instrument permet
d'observer des sources de lumière distinctes dans quelques nébuleuses, ce qui
conforte la conjecture de Kant39,40.

Photographie (1899) de la « Grande nébuleuse d'Andromède », plus tard appelée la


galaxie d'Andromède.
En 1917, Heber Curtis observe la nova S Andromedae dans la « Grande nébuleuse
d'Andromède ». En analysant les archives photographiques d'Andromède, il découvre
onze novas, et calcule qu'elles sont, en moyenne, 10 fois moins lumineuses que
celles de la Voie lactée. Il établit la distance des novas de la galaxie
d'Andromède à 150 kpc. Il devient un partisan de la théorie des univers-îles, qui
avance entre autres que les nébuleuses spirales sont des galaxies indépendantes41.
En 1920, Harlow Shapley et Heber Curtis engagent le Grand Débat, qui concerne la
nature de la Voie lactée, les nébuleuses spirales et la taille de l'Univers. Pour
soutenir l'hypothèse que la grande nébuleuse d'Andromède est une galaxie
extérieure, Curtis note la présence de bandes sombres (dark lanes) rappelant les
nuages de poussières de la Voie lactée et un décalage Doppler élevé42.
Coupe de la Voie lactée avec la position du Soleil.
Les premiers travaux quantitatifs relatifs à la structure détaillée de notre
Galaxie remontent à 1918 avec Harlow Shapley. En étudiant la répartition sur la
sphère céleste des amas globulaires, il parvient à l’image selon laquelle notre
Galaxie est une structure symétrique de part et d’autre de son disque visible, et
que son centre est situé dans la direction de la constellation du Sagittaire aux
coordonnées approximatives de 17h 30m, {\displaystyle \delta }\delta = -30°43,44.
Ainsi est-il établi que le Soleil ne peut être situé au centre de la Voie
lactée45,46. Une dizaine d’années plus tard, Bertil Lindblad puis Jan Oort montrent
indépendamment que les étoiles de la Voie lactée tournent autour du centre, mais
selon une rotation différentielle (c’est-à-dire que leur période orbitale dépend de
leur distance au centre), et qu’un amas globulaire et certaines étoiles ne tournent
pas à la même vitesse que le disque, suggérant fortement une structure en
spirale47,48,49.

Grâce à la résolution optique du télescope Hooker de 2,5 mètres de l'observatoire


du Mont Wilson, l'astronome Edwin Hubble produit des photographies astronomiques
qui montrent des étoiles individuelles dans les parties externes de quelques
nébuleuses spirales. Il découvre aussi quelques céphéides, dont une dans la
nébuleuse d'Andromède (M31 du catalogue de Messier) qui lui sert de repère pour
estimer la distance à la nébuleuse (selon ses calculs, elle se trouve à 275 kpc du
Soleil, trop éloignée pour faire partie de la Voie lactée50). Toujours dans les
années 1920, il publie des articles qui rapportent l'existence d'autres galaxies.
Ses travaux mettent fin au Grand Débat51,52.

Une des conséquences du Grand Débat est la tentative de déterminer la nature


elliptique ou spirale de la Voie lactée qui fait alors l'objet d'une quarantaine de
modèles différents. Jacobus Kapteyn, en utilisant un raffinement de la méthode
d’Herschel, propose un modèle en 1920 à l’image d’une petite galaxie elliptique
d’environ 15 kpc de diamètre, avec le Soleil près du centre. La mise en évidence du
phénomène de rotation galactique par Jacobus Kapteyn en 1922 et d'extinction
interstellaire par Robert Jules Trumpler en 1930 aboutissent à l'élaboration dans
les années 1930 du modèle actuel de galaxie spirale avec un bulbe central19.

Apparence depuis la Terre


Fichier:Following the Milky Way over ALMA.webm
Cette vidéo montre le pivotement de la Voie lactée dans le ciel nocturne au-dessus
de l'ALMA.

La Voie Lactée depuis la côte ouest de l'Estonie.


Dans une nuit saupoudrée d'étoiles, un voile blanc forme deux lignes proches d'amas
parallèles.
La voie lactée vers le village de Jasper (Alberta) au Canada. Octobre 2018.
Observée de la Terre, la Voie lactée ressemble à une bande blanchâtre qui forme un
arc d'environ 30° dans le ciel53. Toutes les étoiles que l'on peut discerner à
l'œil nu font partie de la Voie lactée54 ; les étoiles indiscernables à l'œil nu
ainsi que d'autres objets célestes dans la direction du plan galactique sont à la
source de la lumière diffuse de cette bande. Dans les régions sombres de la bande,
telles que le Grand Rift et le Sac de charbon, la lumière des étoiles lointaines
est absorbée par la poussière cosmique. La partie du ciel occultée par la Voie
lactée est appelée la zone d'évitement55.

« Les plus lumineuses des galaxies connues sont environ cent fois plus brillantes
que la Voie lactée, qui brille elle-même comme dix milliards de soleils56. »
Pourtant, la brillance de surface de la Voie lactée est relativement faible. Sa
visibilité est significativement réduite en présence de pollution lumineuse ou
lorsque la Lune éclaire le ciel. La luminosité du ciel doit être plus faible
qu'environ 20,2 magnitude par seconde d'arc au carré (mag/as2) pour pouvoir
observer la Galaxie57. Elle est en général visible quand la magnitude limite
visuelle est d'environ +5.1 ou mieux ; plusieurs détails sont visibles lorsqu'elle
atteint +6.158. En conséquence, elle est difficile à observer depuis les milieux
urbains éclairés de nuit, mais relativement facile à observer dans un milieu rural
si la Lune se trouve sous l'horizonnote 6. Plus d'un tiers de la population humaine
ne pourrait observer la Voie lactée à cause de la pollution lumineuse59.

Observée de la Terre, la région visible du plan galactique de la Voie lactée


comprend 30 constellations60,note 7.

Le plan galactique est incliné d'environ 60° par rapport à l'écliptique (le plan de
l'orbite terrestre)61. Relativement à l'équateur céleste, il s'étend au nord
jusqu'à la constellation de Cassiopée et au sud jusqu'à la constellation de la
Croix du Sud, ce qui démontre, relativement au plan galactique, la grande
inclinaison du plan équatorial de la Terre et du plan de l'écliptique62. Le pôle
Nord galactique est proche de β Comae Berenices, alors que le pôle Sud galactique
est proche d'α Sculptoris63. À cause de cette grande inclinaison, l'arc de la Voie
lactée peut apparaître très bas ou très haut dans le ciel nocturne selon le moment
de l'année et de la nuit. Pour les observateurs à la surface de la Terre situés
entre 65° nord et 65° sud, la Voie lactée passe deux fois par jour au-dessus de
leur tête64.

Vue à 360° de la Voie lactée. Ce photomontage comprend des photos prises dans
l'hémisphère nord (à Fort Davis aux États-Unis) et d'autres, dans l'hémisphère sud
(à Broken Hill en Australie).
Formation
Chronologie de l'Univers
voir • discuter • modifier
-13 —–-12 —–-11 —–-10 —–-9 —–-8 —–-7 —–-6 —–-5 —–-4 —–-3 —–-2 —–-1 —–0 —
Expansion de l'Univers
Première lumière
Accélération cosmique
Système solaire
Apparition de l'eau
Vie unicellulaire
Dioxygène terrestre
Photosynthèse
Vie multicellulaire
Vie terrestre
Gravité
Énergie noire
Matière noire

Big Bang (-13,8)

1re galaxie

1er quasar

Formation d'Omega Centauri

Formation d'Andromède

Voie lactée,
formation des bras spiraux

Formation de NGC 188

Formation d'Alpha Centauri

Début de la Terre
(-4,54)

Début de la vie

Oxygène atmosphérique

Début de la Sexualité

Explosion
cambrienne

1ers Hominidae
V
i
e

P
r
i
m
o
r
d
i
a
l
Échelle verticale : milliards d'années
Voir aussi : la frise de l'évolution du vivant
Article détaillé : Formation et évolution des galaxies.
Galactogenèse
L'existence de la Voie lactée a débuté sous la forme d'une ou plusieurs petites
masses de densité supérieure à la moyenne peu après le Big Bang. Quelques-unes de
ces masses ont fait office de germes pour les amas globulaires où leurs plus
vieilles étoiles restantes font maintenant partie du halo galactique de la Voie
lactée. Quelques milliards d'années après la naissance des premières étoiles, la
masse de la Voie lactée était suffisamment grande pour entretenir une vitesse
tangentielle élevée. À cause de la conservation du moment cinétique, le milieu
interstellaire gazeux s'est aplati, passant de la forme d'un sphéroïde à un disque.
C'est dans ce disque que se sont formées ultérieurement les étoiles. La plupart des
jeunes étoiles de la Voie lactée, y compris le Soleil, se trouvent dans le disque
galactique65,66.

À la suite de la formation des premières étoiles, la Voie lactée a grandi à la fois


par fusion de galaxies (particulièrement dans ses premières années de croissance)
et par accrétion du gaz présent dans le halo galactique66. À l'heure actuelle,
grâce au courant magellanique, elle attire des matériaux de deux galaxies
satellitaires, les Petit et Grand nuages de Magellan67,68. Des caractéristiques de
la Galaxie, tels la masse stellaire, le moment cinétique et la métallicité des
régions très éloignées, laissent penser qu'elle n'a fusionné avec aucune grande
galaxie dans les derniers 10 milliards d'années. Cette absence de fusions récentes
est inhabituelle parmi les galaxies spirales69,70.

Toutefois la Voie lactée a semble-t-il fusionné avec une autre galaxie il y a,


justement, 10 milliards d'années environ. Durant les 22 premiers mois d’observation
du télescope spatial Gaia, l’étude de sept millions d’étoiles a permis de découvrir
que 30 000 d’entre elles font partie d'un groupe d’étoiles vieilles se déplaçant
toutes sur des trajectoires allongées dans la direction opposée à la majorité des
autres étoiles de la galaxie, y compris le Soleil. Elles se distinguent également
dans le diagramme H-R, ce qui indique qu’elles appartiennent à une population
stellaire distincte. Leurs caractéristiques sont en accord avec les simulations
informatiques de fusions de galaxies. Des centaines d'étoiles variables et 13 amas
globulaires de la Voie lactée suivent des trajectoires similaires, indiquant
qu'elles faisaient aussi partie de la galaxie disparue, dénommée Gaia-Enceladus.
Les simulations indiquent qu'elle était dix fois plus petite que la Voie lactée
actuelle (donc de la taille d'un nuage de Magellan), mais il y a 10 milliards
d'années la Voie lactée était elle-même beaucoup plus petite qu'aujourd'hui (peut-
être d'un facteur 40 %), ce qui fait de cette fusion un événement majeur de
l'histoire de notre galaxie71,72.

Selon des études récentes, la Voie lactée et la galaxie d'Andromède se trouvent


dans ce qui est surnommé la « vallée verte » du diagramme couleur-magnitude des
galaxies. Cette région est peuplée de galaxies faisant un transit du « nuage bleu »
(des galaxies qui créent régulièrement des étoiles) à la « séquence rouge » (des
galaxies qui ne créent plus d'étoiles). La naissance d'étoiles dépend de la
présence de gaz interstellaire susceptible de servir de matériau. Dans la vallée
verte, ce gaz est de moins en moins présent. L'observation de galaxies similaires à
la Voie lactée montre qu'elle est parmi les plus rouges et les plus brillantes de
toutes les galaxies spirales qui continuent de créer des étoiles et qu'elle est
légèrement plus bleue que les galaxies bleues de la séquence rouge73. Des
simulations numériques indiquent que la formation d'étoiles dans la Voie lactée
cessera dans 5 Ga (milliards d'années), après un sursaut de création d'étoiles à la
suite de la collision avec la galaxie d'Andromède, d'ici 4 Ga74.

Âge et histoire cosmologique

Ciel nocturne d'une hypothétique planète de la Voie lactée voici 10 Ga75.


Les amas globulaires sont parmi les plus vieux objets de la Galaxie, ce qui permet
de fixer une limite inférieure à l'âge de la Voie lactée. L'âge des étoiles peut
être déduit en mesurant l'abondance des radioisotopes de longue demi-vie, tels le
thorium 232 et l'uranium 238, puis comparer ces résultats à des estimations de leur
abondance originelle. Selon cette technique, l'âge de BPS CS 31082-0001 (étoile
dite de « Cayrel »), serait 12,5 ± 3 Ga76, alors qu'il serait de 13,8 ± 4 Ga pour
BD +17° 324877. Une autre technique de calcul s'appuie sur l'étude des naines
blanches. Lorsqu'elles se forment, elles se refroidissent par émissions de
radiations et leur surface refroidit régulièrement. En comparant la température des
naines blanches les plus froides aux températures théoriques initiales, il est
possible d'estimer leur âge. Selon cette technique, l'âge de l'amas globulaire M4 a
été estimé à 12,7 ± 0,7 Ga78.

L'âge de plusieurs étoiles solitaires du halo galactique est près de l'âge de


l'Univers, soit 13,8 Ga. Par exemple, HE 1523-0901 (une étoile géante rouge79)
serait âgée de 13,2 Ga. C'est l'étoile la plus âgée de la Galaxie selon les
observations de 2007 ; c'est donc l'âge maximal de la Galaxie80. Une autre étoile,
HD 140283 (une étoile sous-géante81 dite « étoile-Mathusalem »82), serait âgée de
14,46 ± 0,8 Ga ; elle est donc apparue au plus tôt voici 13,66 Ga83,84 (en raison
de l'incertitude, l'âge de l'étoile n'est pas contradictoire avec l'âge de
l'Univers).

Le disque mince de la Voie lactée se serait formé voici 8,8 ± 1,7 Ga. Les mesures
effectuées laissent penser qu'il y aurait eu un hiatus de presque 5 Ga entre les
créations du halo galactique et du disque mince85. Des scientifiques, après avoir
étudié la signature chimique de milliers d'étoiles, ont suggéré que la création
stellaire a diminué d'un ordre de grandeur voisin de 10 à 8 Ga. Cette diminution
serait survenue au moment où le disque mince se formait, suggérant que le disque et
la structure barrée ont brassé le gaz interstellaire au point de le rendre trop
chaud pour soutenir le rythme de création des étoiles86.

Le chercheur britannique Lynden-Bell démontre en 1976 que les galaxies


satellitaires de la Voie lactée ne sont pas distribuées aléatoirement ; leur
répartition serait la conséquence du bris d'un système plus grand qui aurait
produit une structure annulaire d'un diamètre de 500 000 a.l. et épaisses de 50 000
a.l. Les quasi-collisions entre galaxies, comme celle anticipée avec la galaxie
d'Andromède dans 4 Ga, génèrent d'énormes masses de gaz interstellaire qui, sur une
longue durée, se contractent de façon à former des galaxies naines perpendiculaires
au disque principal87. En 2005, des chercheurs, après avoir analysé la répartition
des amas globulaires et les minces traces laissées à la suite de la désagrégation
des galaxies naines, déterminent qu'ils participent aussi à la création de tels
anneaux de matière88. En 2013, un autre chercheur démontre qu'un tel anneau existe
aussi autour de la galaxie d'Andromède, faisant partie d'une structure en rotation,
ce qui suggère qu'elle a été précédemment en contact avec la Voie lactée.
Cependant, cette hypothèse est invalide même en tenant compte de l'existence d'un
halo de matière noire. Si la théorie MOND était vraie, alors il serait plausible
que les deux galaxies soient entrées en contact voici de 11 à 7 Ga89. Un chercheur
avance que si l'existence de la matière noire implique un condensat de Bose-
Einstein superfluide, alors la théorie MOND serait vraie pour certains états de la
matière90. Par ailleurs, la Galaxie entrera en collision avec le Grand Nuage de
Magellan dans environ un milliard d'années, bien avant la collision anticipée avec
la galaxie d'Andromède91,92.

Grandeur et masse
Taches blanches mobiles sur fond noir
Carte stellaire de l'environnement proche du Soleil (point bleu au centre),
comprenant les 2 000 étoiles les plus brillantes, d'après les relevés du satellite
Hipparcos. Le disque galactique est mis en évidence par la densité d'étoiles
brillantes au centre de l'image.
La Voie lactée est la deuxième plus grande galaxie du Groupe local, derrière la
galaxie d'Andromède. Le diamètre de son disque est le plus souvent estimé entre 100
000 et 120 000 années-lumière93. Après avoir étudié les données spectroscopiques de
LAMOST et de SDSS, des scientifiques indiquent que son diamètre peut atteindre 200
000 années-lumière, même si le nombre d'étoiles au-delà de 120 000 années-lumière
est très faible94,95. L'épaisseur de la Galaxie est en moyenne de 1 000 années-
lumière (a.l.)96,97. À titre comparatif, si le Système solaire jusqu'à l'orbite de
Neptune était de la taille d'une pièce de monnaie de 25 mm, la Voie lactée aurait
la taille des États-Unis98. L'anneau de la Licorne, filament d'étoiles qui entoure
la Voie lactée en ondulant au-dessus et au-dessous du plan galactique, pourrait
appartenir à la Galaxie99. Si c'est le cas, le diamètre de la Voie lactée serait
plutôt de 150 000 à 180 000 a.l.99,100

Profil schématique de la Voie lactée (PNG : Pôle Nord galactique ; PSG : Pôle Sud
galactique).
L'estimation de la masse de la Voie lactée varie selon la méthode et les données
utilisées. La plus faible valeur est de 5,8 × 1011 M☉ (masses solaires),
significativement moins que la galaxie d'Andromède101,102,103. Les mesures prises
par le Very Long Baseline Array en 2009 ont permis d'établir des vitesses aussi
élevées que 254 km/s pour des étoiles se trouvant au bord de la Galaxie104. Puisque
ces vitesses orbitales dépendent de la masse contenue à l'intérieur du rayon
orbital, il faut envisager que la masse de la partie s'étendant jusqu'à 160 000
a.l. du centre égale à peu près celle de la galaxie d'Andromède, soit 7 × 1011
M☉105. En 2010, une mesure de la vitesse radiale des étoiles du halo galactique a
déterminé que la masse à l'intérieur d'une sphère de 80 kpc égale 7 × 1011 M☉106.
Une autre étude, publiée en 2014, avance une masse de 8,5 × 1011 M☉ pour toute la
Galaxie107, ce qui représente environ la moitié de la masse totale de la galaxie
d'Andromède107. En 2019, une étude basée sur des observations de Gaia et Hubble a
estimé la masse de la Voie lactée dans un rayon de 129 000 a.l. autour du bulbe
galactique à entre 1,10 × 1012 et 2,29 × 1012 M☉108, c'est-à-dire approximativement
1 500 milliards de masses solaires109. Mais les incertitudes, notamment sur la
masse de la matière noire, restent très grandes et, selon la quantité de cette
substance hypothétique, la masse de la Voie lactée pourrait atteindre 2 300
milliards de masses solaires110.

Selon le modèle ΛCDM, la majorité de la masse de Galaxie serait constituée de


matière noire, une forme de matière hypothétique à la fois invisible et sensible à
la gravitation111. Le halo de matière noire s'étendrait uniformément jusqu'à une
distance d'au moins 100 kpc du centre galactique. En tenant compte de cette
hypothèse, les modèles mathématiques avancent une masse totale entre 1 et 1,5
× 1012 M☉112. Une étude publiée en 2013 avance une masse aussi élevée que 4,5
× 1012 M☉113, alors qu'une étude publiée en 2014 avance une masse moindre, 0,8
× 1012 M☉114.

La masse de toutes les étoiles de la Voie lactée est approximativement de 4,6


× 1010 M☉115 ou de 6,43 × 1010 M☉112. Les gaz interstellaires forment une partie
non négligeable de la Galaxie ; ils sont composés à 90 % d'hydrogène et à 10 %
d'hélium par la masse116. La masse du gaz interstellaire représente entre 10 %117
et 15 %116 de la masse totale des étoiles de la Voie lactée. La poussière
interstellaire représente 1 % de la masse totale du gaz116.

Malgré sa taille et sa masse, la Galaxie est microscopique à l'échelle de


l'Univers. Des observations menées avec des instruments modernes ont permis
d'estimer le nombre de galaxies de l'Univers observable à 200 milliards51,118. Une
étude publiée en 2016, s'appuyant sur les données recueillies par le télescope
spatial Hubble, avance plutôt une quantité dix fois plus élevée, soit 2 000
milliards de galaxies119.

Récapitulatif des différentes valeurs proposées pour la masse de la Voie lactée


Année de l'étude Origine de la mesure Valeur proposée
2006101
0,58 × 1012 M☉
2009105
0,7 × 1012 M☉
2010106
0,57 × 1012 M☉ - 0,99 × 1012 M☉ dans un rayon de 80 kpc
2011112
Sources multiples (1,26 ± 0,24) × 1012 M☉
2014107
0,5 × 1012 M☉ - 1,2 × 1012 M☉
2014114
0,64 × 1012 M☉ - 1,11 × 1012 M☉
2019108
Gaia et Hubble 1,10 × 1012 M☉ - 2,29 × 1012 M☉
Composition

La Voie lactée et le centre galactique (masse lumineuse proche de la crête des


montagnes) lorsqu'observée en direction de la constellation du Sagittaire. Photo
prise dans le désert de Black Rock par une nuit sombre.
Les étoiles de la Voie lactée sont plongées dans le milieu interstellaire, un
mélange de gaz, de poussières et de rayons cosmiques. Ce milieu, en forme de
disque, s'étend jusqu'à des centaines d'a.l. pour les gaz les plus froids, et
jusqu'à des milliers d'a.l. pour les gaz les plus chauds120,121. La concentration
d'étoiles dans le disque diminue graduellement en s'éloignant du centre galactique.
Au-delà d'un rayon d'environ 40 000 a.l. du centre galactique, pour des raisons
inconnues, la densité des étoiles décroît plus rapidement en s'éloignant du
centre122. Le centre du disque est entouré d'un halo galactique sphérique composé
d'étoiles et d'amas globulaires dont la taille est limitée par deux satellites de
la Voie lactée, le Grand et le Petit nuage de Magellan, dont les apsides vis-à-vis
du centre galactique sont distantes d'environ 180 000 a.l.123. À cette distance ou
plus loin, l'orbite de la plupart des objets du halo serait sensiblement modifiée
par les nuages de Magellan. Dès lors, ces objets échapperaient probablement à
l'influence de la Voie lactée124,125.

La Galaxie comprend au moins 100 milliards de planètes126,127,128 et de 200 à 400


milliards d'étoiles129,130,131 (à titre comparatif, la galaxie d'Andromède comprend
environ 1 000 milliards d'étoiles132). Les quantités exactes dépendent du nombre
d'étoiles de masses très faibles, qui sont difficiles à détecter — particulièrement
à des distances supérieures à 300 a.l. du Soleil132. L'observation de
microlentilles gravitationnelles et de transit astronomiques laisse penser qu'il y
aurait au moins autant de planètes liées à des étoiles qu'il y a d'étoiles dans la
Voie lactée126,133 ; l'observation de microlentilles amène à conclure qu'il y a
plus d'objets libres de masse planétaire qui ne font pas partie de systèmes
planétaires qu'il n'y a d'étoiles134,135. Selon une étude publiée en janvier 2013,
qui se base sur des observations du télescope spatial Kepler, il y aurait au
minimum une planète par étoile dans la Galaxie, ce qui permet de prédire de 100 à
400 milliards de planètes pour l'ensemble de la Voie lactée127. Le nombre de
nébuleuses planétaires s'élève à environ 3 000136.

Une autre analyse des données de Kepler, aussi publiée en janvier 2013, mentionne
un minimum de 17 milliards d'exoplanètes de la taille de la Terre137. En novembre
2013, des astronomes annoncent que, selon les données recueillies par Kepler, la
Voie lactée pourrait contenir plus de 40 milliards de planètes de la taille de la
Terre qui orbiteraient dans la zone habitable de systèmes planétaires centrés sur
un jumeau du Soleil ou une naine rouge138,139,140. 11 milliards de ces planètes
seraient en orbite autour d'un jumeau du Soleil141. Des scientifiques avancent
qu'une planète de ce type se trouverait à 12 a.l. de notre Système solaire138,139.
Des exocomètes (comètes hors du Système solaire) ont aussi été observées et
pourraient même être courantes dans la Voie lactée142.

Dans la Galaxie, 20 étoiles voyagent à près de 2 millions de km/h ; parmi celles-


ci, 13 proviennent de l'extérieur de la Galaxie143 ; leur origine est inconnue en
2018144.

Structure
Fichier:Artist's impression of the Milky Way.ogv
Une vue d'artiste montrant la Voie lactée selon d'autres perspectives que
lorsqu'elle est observée de la Terre. Le bulbe central ressemble à une arachide
brillante ; vue du dessus, les barres centrales sont visibles. Les bras spiraux et
leur nuage de poussières sont également visibles.
Formes géométriques centrées sur une barre brillante
Vue d'artiste de la structure en spirale de la Voie lactée qui montre la barre au
centre et deux bras spiraux majeurs145. Agrandir l'illustration pour observer le
système de coordonnées galactiques.
La Voie lactée comprend une barre centrale entourée d'un disque composé de gaz, de
poussières et d'étoiles. Ces trois types d'objets astronomiques forment des
structures en forme de bras, chacun ressemblant grossièrement à une spirale
logarithmique. La distribution de la masse est de type Sbc selon la séquence de
Hubble et typique des galaxies spirales avec des bras courbes relativement
lâches146. C'est dans les années 1990 que les astronomes commencent à soupçonner
que la Voie lactée est une galaxie spirale barrée, plutôt qu'une galaxie
spirale147. Leurs soupçons ont été confirmés en 2005 grâce aux observations du
télescope spatial Spitzer148 qui montrent que la barre centrale de la Galaxie est
plus prononcée que ne le pensaient les spécialistes. Selon la classification de
Vaucouleurs, il s'agit donc d'une galaxie SB(rs)bc II149.
Quadrants galactiques
On peut diviser la Voie lactée en quatre secteurs circulaires appelés « quadrants
galactiques ». Dans la pratique astronomique courante, le Soleil est situé au pôle
Nord galactique dans le système de coordonnées galactiques150. Les quadrants sont
identifiés à l'aide d'un nombre : « 1er quadrant galactique »151, « 2d quadrant
galactique »152 ou « 3e quadrant de la Voie lactée »153. La demi-droite qui part du
pôle Nord galactique, donc du Soleil, et qui joint le centre galactique fait par
convention un angle de 0°. Les quadrants sont alors définis ainsi :

1er quadrant galactique : 0° ≤ longitude (ℓ) ≤ 90°154 ;


2d quadrant galactique : 90° ≤ ℓ ≤ 180°152 ;
3e quadrant galactique : 180° ≤ ℓ ≤ 270°153 ;
4e quadrant galactique : 270° ≤ ℓ ≤ 360° (0°)151.
Centre galactique
Article détaillé : Centre galactique.
La distance séparant le Soleil du centre galactique se situe dans une fourchette
allant de 26 000 à 28 000 a.l. Elle est établie en ayant recours à des méthodes
géométriques ou en s'appuyant sur la luminosité des chandelles standards, les
résultats variant selon la méthode retenue155,156,157,158,159. Le bulbe galactique,
assimilé à une sphère d'environ 10 000 a.l. centrée sur le centre galactique,
comprend une concentration particulièrement élevée de vieilles étoiles160. Quelques
scientifiques pensent que la Voie lactée ne possède pas de bulbe galactique, mais
plutôt un assemblage de pseudo-bulbes galactiques qui aurait été formé à la suite
de fusions galactiques, ce qui pourrait expliquer la présence d'une barre
centrale161.

Plusieurs études ont démontré que les galaxies dites normales sont centrées sur un
trou noir supermassif162,163. Le centre galactique comprend une radiosource intense
appelée Sagittarius A*, découverte en 1974, dont le diamètre est de 45 millions de
kilomètres164. En octobre 2018, l'Observatoire européen austral (ESO) annonce que
la radiosource comprend un trou noir supermassif165,166,167,168. Il pèserait entre
4,1 et 4,5 millions de fois la masse solaire156. En janvier 2015, la NASA rapporte
avoir observé un jet de rayons X 400 fois plus brillant que la normale (un record)
dont la source est Sagittarius A*. Ce jet aurait pu être causé par la
désintégration d'un astéroïde tombant dans un trou noir ou par le confinement des
lignes magnétiques des gaz circulant dans Sagittarius A*169.

La nature de la barre de la Galaxie est sujette à débat, l'estimation de sa demi-


longueur allant de 3 000 à 16 000 a.l., alors que son inclinaison, relativement à
la ligne de vue reliant la Terre au centre galactique, va de 10 à 50°158,159,170.
Certains scientifiques avancent que la Galaxie comprend deux barres, l'une nichée
dans l'autre171. Cependant, les étoiles variables de type RR Lyrae ne forment pas
avec certitude une barre galactique159,172,173. La barre pourrait être entourée de
ce qui est appelé l'« anneau de 5 kpc » (16 000 a.l.) qui contient une grande
partie de l'hydrogène moléculaire présent dans la Voie lactée ; elle est aussi le
siège de la majorité des phénomènes menant à la naissance des étoiles. Si la Voie
lactée était observée de la galaxie d'Andromède, la barre en serait la région la
plus lumineuse174. Les émissions de rayons X en provenance de son cœur sont
alignées sur les étoiles qui entourent la barre centrale175 et la crête
galactique176.

Illustration des deux gigantesques bulles de Fermi (en rose) de la Voie lactée
(segment horizontal), sièges de puissantes émissions de rayons X (bleu-violet).
En 2010, le Fermi Gamma-ray Space Telescope a permis de découvrir deux gigantesques
bulles, sièges de puissantes émissions électromagnétiques, au nord et au sud du
cœur galactique. Le diamètre de chaque « bulle de Fermi177 » est d'environ 25 000
a.l. ; dans le ciel de l'hémisphère sud de la Terre, elles couvrent plus de la
moitié du ciel visible, s'étendant de la constellation de la Vierge jusqu'à celle
de la Grue178,179. Par la suite, les observations du radiotélescope de Parkes ont
permis d'identifier des émissions polarisées typiques des bulles de Fermi. Ce
phénomène serait la conséquence d'un flux magnétique sortant consécutif à la
formation d'étoiles à l'intérieur d'une sphère de 640 a.l. entourant le centre de
la Voie lactée180.

Bras spiraux
Article détaillé : Galaxie spirale.
Dans les régions éloignées de l'influence gravitationnelle de la barre centrale,
les astronomes organisent le plus souvent la structure stellaire et le milieu
interstellaire du disque de la Voie lactée en quatre bras spiraux181. Ces bras sont
constitués d'un mélange de gaz et de poussières habituellement plus dense que la
moyenne galactique ; ils comprennent aussi une plus grande concentration de
pouponnières d'étoiles (des régions HII)182,183 et de nuages moléculaires184.

La structure en spirale de la Voie lactée est hypothétique et aucun consensus ne


s'est dégagé sur la nature des bras spiraux145. Le modèle d'une spirale
logarithmique parfaite n'approxime que très grossièrement les structures proches du
Système solaire183,185 parce que les bras galactiques peuvent, de façon
imprévisible, se diviser, fusionner et se tordre ; de plus, ils présentent souvent
des aspects irréguliers159,185,186. Selon un scénario crédible, le Soleil se trouve
d'ailleurs à l'intérieur d'un éperon ou d'un bras local183 ; ce scénario se répète
peut-être ailleurs dans la Galaxie185.

Comme dans la plupart des galaxies spirales, chaque bras suit grossièrement une loi
logarithmique. L'angle d'inclinaison, relativement au disque galactique, se situe
dans une fourchette allant de 7 à 25°187,188. Il y aurait quatre bras spiraux dont
l'origine se trouve à proximité du centre galactique189 :

Bras spiraux observés (lignes pleines) et extrapolés (lignes en pointillés). Des


segments partent du Soleil (au centre en haut) en direction de constellations dont
le nom est abrégé par trois lettres.
Couleur Bras
Cyan Bras de Persée et bras de 3 kpc
Mauve Bras de la Règle et du Cygne (y compris une extension découverte en 2004190)
Vert Bras Écu-Croix
Rose Bras Sagittaire-Carène
Il existe au moins deux petits bras ou embranchements, dont :
Orange Bras d'Orion (qui contient le Système solaire)
La position des bras spiraux Écu-Croix et Sagittaire-Carène fait qu'on peut tracer
à partir du Soleil des droites tangentes à ces bras. Si ces bras contenaient une
surdensité d'étoiles comparativement au disque galactique, ces surdensités se
manifesteraient, sur la voûte céleste, plus particulièrement aux points déterminés
par ces droites. Deux études dans l'infrarouge, sensible aux étoiles géantes rouges
mais pas à l'extinction causée par la poussière, ont démontré la surdensité dans le
bras Écu-Croix mais pas dans Sagittaire-Carène : le premier comprend environ 30 %
plus de géantes rouges que ce qui est calculé lorsqu'un bras spiral est
absent188,191. En 2008, l'astrophysicien Robert Benjamin s'est appuyé sur cette
étude pour suggérer que la Voie lactée ne comprend que deux bras stellaires majeurs
: de Persée et Écu-Croix. Les autres bras comprennent un excédent de gaz, mais pas
de vieilles étoiles145. En décembre 2013, des astronomes, après avoir établi la
distribution des jeunes étoiles et des pouponnières d'étoiles, ont conclu que la
Galaxie comprend quatre bras spiraux192,193,194. Deux bras spiraux auraient donc
été construits par de vieilles étoiles, et quatre bras par du gaz et de jeunes
étoiles. Cette différence est encore inexpliquée en 2013194.
Les amas globulaires détectés par WISE ont permis d'affiner la position des bras
spiraux de la Voie lactée. Le Soleil se trouve à la gauche dans ce schéma.
Le bras de 3 kpc proche a été découvert dans les années 1950 par l'astronome H. van
Woerden et ses collaborateurs grâce à l'analyse de la raie à 21 centimètres de
l'hydrogène atomique195,196. Il s'éloigne du bulbe galactique à plus de 50 km/s. Il
se trouve dans le 4e quadrant galactique à une distance d'environ 5,2 kpc du Soleil
et à 3,3 kpc du centre galactique. Le bras de 3 kpc lointain a été découvert en
2008 par l'astronome Tom Dame du CfA. Il est situé dans le 1er quadrant galactique
à une distance d'environ 3 kpc du centre galactique196,197.

Les résultats d'une simulation publiés en 2011 laissent penser que les bras spiraux
de la Voie lactée sont le résultat de multiples collisions avec la galaxie naine du
Sagittaire198.

Classification de Vaucouleurs, qui prolonge la séquence de Hubble.


À la suite d'une simulation numérique, des spécialistes ont suggéré que la Galaxie
comprend deux motifs en spirale : une structure interne (composée du bras du
Sagittaire) qui pivote rapidement (à l'échelle astronomique) et une structure
externe (comprenant les bras de la Carène et de Persée) de vitesse angulaire
moindre et dont les bras sont étroitement enroulés. Selon ce scénario, le motif
externe mènerait à la création d'un pseudo-anneau selon la classification de
Vaucouleurs199 et ces deux motifs seraient reliés par le bras du Cygne200.

Le long nuage moléculaire en forme de filament surnommé « Nessie » (en noir) est
probablement l'épine dorsale du bras Écu-Croix.
L'anneau de la Licorne (ou anneau extérieur) est formé de gaz et d'étoiles arrachés
d'autres galaxies voici des milliards d'années. Cependant, des scientifiques
avancent que ce n'est qu'une région plus dense produite par un évasement et une
torsion du disque épais de la Voie lactée201. Un scientifique avance plutôt que ce
serait la composante d'un courant stellaire issu de la fusion d'une galaxie avec la
Voie lactée202.

Halo
Le disque galactique est entouré d'un halo sphéroïdal composé de vieilles étoiles
et d'amas globulaires, dont 90 % se trouvent à moins de 100 000 a.l. du centre
galactique203. Cependant, quelques amas globulaires ont été découverts à des
distances plus grandes, tels que PAL 4 et AM1 à plus de 200 000 a.l. du centre
galactique. Environ 40 % des amas de la Galaxie suivent une orbite rétrograde, et
donc tournent en sens inverse de la Voie lactée204. Les amas globulaires peuvent
suivre une rosette de Klemperer autour de la Voie lactée (alors que les planètes
suivent une orbite elliptique autour d'une étoile)205.

Même si le disque contient de la poussière qui absorbe certaines longueurs d'onde,


ce qui masque des objets célestes, le halo est transparent. La création des étoiles
se déroule dans le disque (plus particulièrement dans les bras spiraux, plus denses
en jeunes étoiles), mais pas dans le halo parce qu'il comprend trop peu de gaz
suffisamment froid, condition essentielle à la naissance des étoiles206. Les amas
ouverts sont surtout situés dans le disque207.

Les découvertes au début du xxie siècle ont permis de mieux comprendre la structure
de la Voie lactée. Après avoir découvert que la galaxie d'Andromède est plus vaste
que les études antérieures ne le laissaient supposer208, il est apparu raisonnable
d'avancer que la Voie lactée soit également plus vaste, hypothèse soutenue par la
découverte d'une extension au bras du Cygne190,209 et d'une extension au bras Écu-
Croix210.

En janvier 2006, l'astronome Mario Jurić et des collaborateurs annoncent que les
observations du SDSS ont mis au jour une énorme structure diffuse — elle occupe une
surface 5 000 fois plus grande que la pleine lune — que les modèles actuels ne
peuvent expliquer. Cet ensemble d'étoiles s'élève presque perpendiculairement au
plan des bras spiraux. Cette structure pourrait être la conséquence d'une fusion
entre la Voie lactée et une galaxie naine. Elle se situe dans la direction de la
constellation de la Vierge à environ 30 000 a.l. de la Terre et a reçu
temporairement le nom de courant stellaire de la Vierge211.

Halo gazeux
Les observations du télescope spatial Chandra, de l'observatoire spatial XMM-Newton
et du télescope spatial Suzaku laissent penser que la Voie lactée est entourée d'un
halo constitué d'une grande quantité de gaz chauds. Il s'étend sur des centaines de
milliers d'années-lumière, notablement plus loin que le halo stellaire, jusqu'à
proximité du Petit et du Grand nuages de Magellan. Ce halo gazeux pèse presque
autant que la Voie lactée212,213,214. La température de son gaz se situe entre 1
million et 2,5 millions kelvin215.

L'étude de galaxies lointaines permet de conclure que l'Univers contenait six fois
moins de matière baryonique (ordinaire) que de matière noire quand il était âgé de
quelques milliards d'années. Aujourd'hui, les observations des galaxies proches,
telle la Voie lactée, ne permettent que de décompter la moitié de ces baryons216.
Si l'hypothèse de l'égalité des masses du halo et de la Voie lactée est confirmée,
les baryons manquants seraient décomptés216.

Position et voisinage du Soleil

Position du Soleil dans la Voie lactée. Les angles sont les longitudes dans le
système de coordonnées galactiques.

Localisation sommaire des étoiles voisines du Soleil, qui se trouve au centre du


cylindre
Le Soleil se trouve dans le Nuage interstellaire local de la bulle locale, près du
côté intérieur du bras spiral d'Orion et près de la ceinture de Gould, à 27 200 ± 1
100 a.l. du centre galactique155,156,217. Il est à une distance de 16 à 98 al du
plan principal du disque galactique218. Le bras local et le bras le plus proche,
celui de Persée, sont distants d'environ 6 500 a.l.219. Le Système solaire est
situé à l'intérieur de la zone habitable galactique.

La magnitude absolue de la Voie lactée est de -20,5220. Environ 208 étoiles sont
plus brillantes que 8,5 en magnitude absolue à l'intérieur d'une sphère d'un rayon
de 49 a.l. centrée sur le Soleil, soit une étoile par 2 360 a.l.3. Par ailleurs, 64
étoiles de toute magnitude, mais en excluant 4 naines brunes, se trouvent dans un
rayon de 16 al du Soleil, soit 1 étoile par 284 a.l.3. Ces deux calculs montrent
qu'il y a notablement plus d'étoiles de faible luminosité que d'étoiles de grande
luminosité. Dans tout le ciel terrestre, environ 500 étoiles ont une magnitude
apparente supérieure ou égale à 4 alors que 15,5 millions d'étoiles ont une
magnitude apparente d'au moins 14221.

Le Soleil emprunterait une orbite elliptique qui est perturbée par les bras spiraux
et la répartition inégale de la masse dans la Galaxie. De plus, relativement au
plan galactique, la trajectoire du Soleil oscille environ 2,7 fois par orbite. Des
scientifiques ont posé l'hypothèse que ces oscillations coïncidaient avec des
extinctions massives du vivant222, mais l'analyse du transit du Soleil dans les
structures spirales n'a trouvé aucune corrélation223.

Le Système solaire complète une orbite autour de la Voie lactée en 240 millions
d'années environ (soit une année galactique)206. Le Soleil aurait donc accompli de
18 à 20 orbites galactiques depuis sa naissance. La vitesse orbitale du Système
solaire autour du centre galactique est d'environ 220 km/s. Le Soleil se déplace
dans l'héliosphère à 84 000 km/h. À cette vitesse, il parcourt une année-lumière en
1 400 ans ou encore, il lui suffit de 8 jours pour parcourir une UA (unité
astronomique)224. Le Système solaire se dirige vers la constellation du Scorpion,
qui se trouve sur l'écliptique225.

Rotation galactique

Courbe de rotation galactique de la Voie lactée. L'axe vertical indique la vitesse


tangentielle autour du centre galactique, alors que l'axe horizontal indique la
distance du centre galactique. Le Soleil se trouve au point circulaire jaune. Les
vitesses observées sont en bleu, alors que les vitesses prédites se trouvent sur la
courbe en orange.
Les étoiles et le gaz de la Voie lactée effectuent une rotation différentielle
autour du centre galactique, ce qui signifie que la période de rotation varie selon
la position. Comme dans les autres galaxies spirales, la vitesse orbitale de la
plupart des étoiles de la Voie lactée ne dépend pas fortement de la distance au
centre. À une distance éloignée du bulbe galactique et du bord extérieur, la
vitesse orbitale des étoiles se situe entre 210 et 240 km/s226. Dans le Système
solaire, l'attraction gravitationnelle entre deux corps célestes domine la
mécanique céleste : la vitesse d'un corps change selon l'orbite qu'il parcourt. La
courbe de rotation galactique de la Voie lactée permet d'observer que les vitesses
orbitales près du centre sont trop faibles par rapport à la vitesse théorique,
alors qu'à une distance supérieure à 7 kpc (environ 25 000 a.l.), les vitesses sont
trop élevées. Ces différences ne peuvent être expliquées par la loi universelle de
la gravitation111,227,228.

Selon les lois de Kepler, si un corps céleste orbite autour d'un corps plus massif,
sa vitesse orbitale diminue lorsque la distance entre les deux corps augmente.
Selon ces lois, la masse de la Voie lactée, constituée d'étoiles, de gaz
interstellaire et de matière ordinaire (baryonique), ne peut expliquer les vitesses
orbitales des corps célestes lointains. Puisque la courbe des vitesses observées
est relativement plate, ces lois nécessitent d'envisager la présence d'une masse
supplémentaire formée d'une matière qui n'émet ni n'absorbe d'ondes
électromagnétiques : elle a été appelée « matière noire »111. La courbe de rotation
de la Voie lactée n'obéit à la loi universelle de rotation des galaxies spirales,
que si l'influence de la matière noire est incluse. Cependant, quelques astronomes
adoptent d'autres théories, telle que la théorie MOND, qui modifie la loi de la
gravitation universelle tout en rejetant l'existence de la matière noire parce
qu'elle n'a pas encore été détectée avec certitude229.

Environnement

Schéma de galaxies du Groupe local ; la Voie lactée (en rouge) se trouve au centre.

Position du Groupe local (en rouge) dans le superamas de la Vierge.


Article détaillé : Groupe local.
La Voie lactée et la galaxie d'Andromède appartiennent à un ensemble de 50 galaxies
rapprochées qui forment le Groupe local230,231, lui-même partie du superamas de la
Vierge. Ce dernier appartient à une structure plus grande, le superamas de
Laniakea232,233.

Deux petites galaxies et un certain nombre de galaxies naines du Groupe local


orbitent autour de la Voie lactée. Le diamètre de la plus grande, le Grand Nuage de
Magellan, est de 14 000 années-lumière. Son proche compagnon est le Petit Nuage de
Magellan, une galaxie irrégulière. Un pont de matière composé essentiellement de
gaz d'hydrogène atomique neutre (non ionisé), le courant magellanique, s'étend sur
environ 140 degrés de la sphère céleste et relie la Voie lactée aux deux nuages de
Magellan. Les forces de marée s'exerçant entre ces trois galaxies seraient la cause
première de l'existence du pont234. Des galaxies naines orbitent autour de la Voie
lactée, dont le Grand Chien, la galaxie naine du Sagittaire, la Petite Ourse, la
galaxie naine du Sculpteur, la galaxie naine du Sextant, la galaxie naine du
Fourneau et Lion I. Le diamètre des plus petites galaxies naines de la Voie lactée,
la galaxie naine de la Carène, la galaxie naine du Dragon et Lion II, atteignent
500 a.l. D'autres galaxies naines sont peut-être dynamiquement rattachées à la
Galaxie, hypothèse soutenue par l'observation en 2015 de neuf satellites inconnus
de la Voie lactée235. Elle a aussi absorbé des galaxies naines, telle Omega
Centauri236

En 2006, des chercheurs rapportent avoir expliqué une déformation du disque de la


Voie lactée. Elle est causée par le déplacement des nuages de Magellan, lesquels
provoquent des vibrations lorsqu'ils passent près des bords du disque. À cause de
leur masse relativement faible, environ 2 % de la masse de la Voie lactée, les
scientifiques jugeaient leur influence insignifiante. Selon un modèle informatique,
le mouvement de ces deux galaxies crée un sillage de matière noire qui amplifie
leur influence sur la Voie lactée237.

En 2014, des scientifiques rapportent que la majorité des galaxies satellitaires de


la Voie lactée se trouvent à l'intérieur d'un énorme disque, la plupart se
déplaçant dans la même direction238. Cette découverte remet en question le modèle
cosmologique standard qui avance qu'elles se forment dans les halos de matière
noire, sont distribuées au hasard et se déplacent dans n'importe quelle
direction239.

La Galaxie se déplace en direction du Grand attracteur et d'autres amas de


galaxies, dont le superamas de Shapley240. Des observations complétées en 2014
laissent penser que la galaxie d'Andromède se rapproche de la Voie lactée à une
vitesse comprise entre 100 et 140 km/s. D'ici 3 à 4 milliards d'années, les deux
pourraient entrer en collision, sauf si d'autres objets célestes ne viennent
modifier leur course. Si elles entrent en collision, les probabilités de collisions
stellaires sont extrêmement faibles. Il est plus probable que les deux galaxies
fusionnent pour former une galaxie elliptique ou peut-être une immense galaxie à
disque241 en l'espace d'environ un milliard d'années242.

Terre, avec système de coordonnées

Système solaire, avec système de coordonnées

Voisinage interstellaire, avec système de coordonnées

Voie lactée, avec système de coordonnées


Groupe local, avec système de coordonnées

Superamas de la Vierge, avec système de coordonnées

Superamas de galaxies, avec système de coordonnées

Univers observable, avec système de coordonnées


De la gauche à la droite et de haut en bas, les objets célestes s'emboîtent. Par
exemple, la Terre à la gauche en haut fait partie du Système solaire à sa droite ;
le texte en rouge montre où elle se trouve dans ce dernier. Dans l'ordre, les
illustrations montrent :
la Terre
le Système solaire
le voisinage interstellaire
la Voie lactée
le Groupe local
le superamas de la Vierge
les superamas de galaxies
l'Univers observable
Vitesse
Même si la relativité restreinte243 et la relativité générale244 affirment qu'il ne
faut préférer aucun référentiel inertiel, il est utile d'analyser le déplacement de
la Voie lactée relativement à un référentiel cosmologique.

Le flux de Hubble, c'est-à-dire le mouvement apparent des galaxies causé par


l'expansion de l'Univers, constitue l'un de ces référentiels cosmologiques. Chaque
galaxie, y compris la Voie lactée, est animée d'une vitesse propre, qui diffère du
flux de Hubble. Pour comparer la vitesse de la Voie lactée au flux de Hubble, il
faut observer un volume suffisamment grand pour que l'influence de l'expansion de
l'Univers surpasse celle des déplacements aux échelles galactiques. À cette
échelle, le déplacement moyen des galaxies dans ce volume égale le flux de Hubble.
Après avoir soustrait le flux de Hubble, des astronomes ont estimé la vitesse de la
Voie lactée à 630 km/s245. Comparativement au fond diffus cosmologique, un autre
référentiel, la vitesse moyenne de la Voie lactée est de 631 ± 20 km/s246. Selon
les observations des satellites Cosmic Background Explorer (COBE) et Wilkinson
Microwave Anisotropy Probe (WMAP), elle se déplace à la vitesse de 552 ± 6 km/s
247. L'effet conjugué de l'attracteur Shapley et du Répulseur du dipôle
expliquerait la vitesse de la Galaxie246,248.

Dans l'art

L'Origine de la Voie lactée de Rubens.


Une toile du Tintoret, L'Origine de la Voie lactée, est dévoilée en 1570249. La
Fuite en Égypte (1609) du peintre allemand Adam Elsheimer est l'une des premières
représentations réalistes et détaillées de la Voie lactée250. L'Origine de la Voie
lactée est un tableau de Pierre Paul Rubens, peint entre 1636 et 1638251.

Abîme - La Voie lactée est un poème de Victor Hugo publié dans le recueil La
Légende des siècles (1855-1876)252. La Voie lactée est un long poème de Théodore de
Banville253 chantant la gloire des poètes (dans le recueil Les Cariatides publié en
1842254). Dans sa Chanson du mal-aimé (parue dans le recueil Alcools en 1913),
Guillaume Apollinaire évoque longuement la Voie lactée255.

La Voie lactée est le sujet de centaines, sinon de milliers, de photos publiées


dans le Web256. Des groupes de médias et des particuliers publient des photos de la
Voie lactée. Par exemple, le blogue du journal Le Monde publie des photos de la
Galaxie257, alors qu'un photographe amateur publie huit photos de la Voie lactée258
et un autre se rend à la plaine saline d'Uyuni pour photographier la Galaxie259.
Par ailleurs, les magazines scientifiques, principalement d'astronomie, publient
régulièrement des photos de la Voie lactée. Par exemple, le magazine National
Geographic publie des clichés longue exposition pris de nuit où la Voie lactée
forme des figures géométriques260.

Des associations et des institutions publient des vidéos montrant la Voie lactée.
Par exemple, le Réseau canadien d'information sur le patrimoine publie une vidéo
sur la Voie lactée261. Le magazine National Geographic publie la vidéo Au cœur de
la Voie lactée, un voyage imaginaire dans notre Galaxie262. Le site YouTube publie
des vidéos provenant de tout horizon263,264.

Notes et références
(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de la page de Wikipédia en
anglais intitulée « Milky Way » (voir la liste des auteurs).

Notes
Pour ce qui concerne la structure générale de la Voie lactée et la position du
Soleil dans celle-ci.
Coordonnées correspondant par convention au centre galactique.
Pour le centre galactique.
Vitesse radiale du centre galactique par rapport au Soleil.
En direction du centre galactique.
L’échelle de Bortle sert à quantifier le degré de pollution lumineuse du ciel.
Le centre de la Galaxie se trouve dans la direction de la constellation du
Sagittaire60. À partir de cette constellation, une bande lumineuse floue semble se
diriger vers l'ouest et traverser les constellations du Scorpion, Autel, Règle,
Triangle austral, Compas, Centaure, Mouche, Croix du Sud, Carène, Voiles, Poupe,
Grand Chien, Licorne, Orion et Gémeaux, Taureau, vers l'anticentre de la Galaxie
qui se situe dans la constellation du Cocher. De ce point, elle continue en passant
par Persée, Andromède, Cassiopée, Céphée et Lézard, Cygne, Petit Renard, Flèche,
Aigle, Ophiuchus, Écu de Sobieski, puis revient à la constellation du Sagittaire60.
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Wright 1750, p. 48 sq. « an optical effect due to our immersion in what locally
approximates to a flat layer of stars ».
Merleau-Ponty 1983, p. 100.
Selon Wright 1750,
En page 57 [archive], il avance que, malgré leur attraction gravitationnelle
réciproque, les étoiles des constellations n'entrent pas en collision parce
qu'elles suivent une orbite. La force centrifuge les maintient séparées ;
En page 48 [archive], l'astronome affirme que la Voie lactée est un anneau ;
En page 65 [archive], Wright spécule que le corps central de la Voie lactée, autour
duquel le reste de la Voie lactée tourne, pourrait être invisible à nos yeux ;
En page 73 [archive], il surnomme la Voie lactée « Vortex Magnus » (le grand
tourbillon) et estime son diamètre à 8,64 × 1012 miles (13,9 × 1012 km) ;
En page 33 [archive], il spécule que la Galaxie comprend un nombre immense de
planètes inhabités.
Kant 1755, p. 2-3 [lire en ligne [archive]].
« Dem Herrn Wright von Durham, einen Engeländer, war es vorbehalten, einen
glücklichen Schritt zu einer Bemerkung zu thun, welche von ihm selber zu keiner gar
zu tüchtigen Absicht gebraucht zu seyn scheinet, und deren nützliche Anwendung er
nicht genugsam beobachtet hat. Er betrachtete die Fixsterne nicht als ein
ungeordnetes und ohne Absicht zerstreutes Gewimmel, sondern er fand eine
systematische Verfassung im Ganzen, und eine allgemeine Beziehung dieser Gestirne
gegen einen Hauptplan der Raume, die sie einnehmen. »
C'est à M. Wright de Durham, un Anglais, qu'il était réservé d'accomplir l'heureux
pas vers une observation, qui semblait, pour lui et personne d'autre, nécessaire à
la genèse d'une brillante idée, mais qu'il a insuffisamment exploité. Il a jugé que
les étoiles fixes ne formaient pas un essaim désorganisé, éparpillées sans motif.
Il a plutôt découvert une forme systématique dans l'ensemble ainsi qu'une relation
générale entre ces étoiles et le plan principal de l'espace qu'elles occupent.
Bénédicte Leclercq, « Surprenants univers-îles » [archive], Pour la science, 16
décembre 2016 (consulté le 16 décembre 2016).
Kant 1755, p. xxxiii-xxxvi [lire en ligne [archive]].
« Ich betrachtete die Art neblichter Sterne, deren Herr von Maupertuis in der
Abhandlung von der Figur der Gestirne gedenket, und die die Figur von mehr oder
weniger offenen Ellipsen vorstellen, und versicherte mich leicht, daß sie nichts
anders als eine Häufung vieler Fixsterne seyn können. Die jederzeit abgemessene
Rundung dieser Figuren belehrte mich, daß hier ein unbegreiflich zahlreiches
Sternenheer, und zwar um einen gemeinschaftlichen Mittelpunkt, müste geordnet seyn,
weil sonst ihre freye Stellungen gegen einander, wohl irreguläre Gestalten, aber
nicht abgemessene Figuren vorstellen würden. Ich sahe auch ein: daß sie in dem
System, darinn sie sich vereinigt befinden, vornemlich auf eine Fläche beschränkt
seyn müßten, weil sie nicht zirkelrunde, sondern elliptische Figuren abbilden, und
daß sie wegen ihres blassen Lichts unbegreiflich weit von uns abstehen. »
« J'ai étudié les formes de nébuleuses stellaires, que M. de Maupertuis a étudié
dans son traité sur la forme des étoiles, et qui se présentent à peu près sous la
forme d'ellipses ouvertes, et je me suis rapidement convaincu qu'elles ne pouvaient
être autre chose qu'un amas d'étoiles fixes. Ces figures étant toujours circulaires
m'indiquait qu'un nombre incalculable d'étoiles, [rassemblées autour] d'un centre
commun, devaient être ordonnées, parce que sinon leur parcours libre entre elles
devrait présenter des formes irrégulières, des motifs différents. J'ai aussi
compris que dans les systèmes qui les retiennent, elles doivent être contraintes
principalement à un plan, parce qu'elles montrent non pas des motifs circulaires
mais des motifs elliptiques. Connaissant leur faible luminosité, elles se trouvent
à des distances inimaginables de nous. ».
(en) J. C. Evans, « Our Galaxy » [archive], université George Mason, 24 novembre
1998 (consulté le 4 janvier 2007)
L'expression « Weltinsel » (univers-île) n'apparaît pas dans l'ouvrage de Kant de
1755. Il apparaît pour la première fois en 1850 dans Humboldt 1850, p. 187 et 189
[lire en ligne [archive]].
« Thomas Wright von Durham, Kant, Lambert und zuerst auch William Herschel waren
geneigt die Gestalt der Milchstraße und die scheinbare Anhäufung der Sterne in
derselben als eine Folge der abgeplatteten Gestalt und ungleichen Dimensionen der
Weltinsel (Sternschict) zu betrachten, in welche unser Sonnensystem eingeschlossen
ist. »
Passage traduit en anglais : « Thomas Wright, of Durham, Kant, Lambert, and at
first Sir William Herschel, were disposed to consider the form of the Milky Way,
and the apparent accumulation of the stars within this zone, as a consequence of
the flattened form and unequal dimensions of the world island (starry stratum) in
which our solar system is included. » (Humboldt 1897, p. 147 [lire en ligne
[archive]])
« Thomas Wright (de Durham), Kant, Lambert, et premièrement Sir William Herschel,
étaient portés à penser la forme de la Voie lactée, et le regroupement apparent des
étoiles en son sein, comme conséquence de la forme aplatie et des dimensions
inégales de l’univers-île (stratum étoilé), qui comprend aussi notre Système
solaire. ».
(en) William Herschel, « On the Construction of the Heavens », Philosophical
Transactions of the Royal Society of London, vol. 75, 1785, p. 213-266 (lire en
ligne [archive]). Le schéma d'Herschel apparaît immédiatement après la dernière
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Voir aussi
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Bibliographie
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Articles connexes
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