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Cours de contrôle fiscal et contentieux fiscal 2020

REPUBLIQUE DU CAMEROUN REPUBLIC OF CAMEROON


Paix – Travail – Patrie Peace – Work – Fatherland
MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR MINISTRY OF HIGHER EDUCATION
INSTITUTS PRIVES D’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR

DROIT FISCAL

CONCU ET REALISE PAR : KARL NJALLA DIPANDA


DIPLOME D’ETUDES SUPERIEURES SPECIALISEES EN FISCALITE APPLIQUEE

EXPERT EN FISCALITE

ANNEE ACADEMIQUE 2019/2020

CONCU ET REALISE PAR KARL NJALLA DIPANDA 1


Cours de contrôle fiscal et contentieux fiscal 2020
PLAN DU COURS
PREMIERE PARTIE : CONTROLE FISCAL
INTRODUCTION

CHAPITRE 1 : LE DROIT DE CONTROLE

SECTION 1 : LE CONTROLE SUR PIECES

SECTION 2 : LE CONTROLE SUR PLACE

CHAPITRE 2 : LE DROIT DE COMMUNICATION

SECTION 1 : DEFINITION ET EXERCICE DU DROIT DE COMMUNICATION

SECTION 2 : SANCTIONS ET LIMITE DU SECRET PROFESSIONNEL OPPOSABLE


A L’ADMINISTRATION

CHAPITRE 3 : LE DROIT D’ENQUETE, DROIT DE CONSTATATION DES STOCKS


ET DROIT DE VISITE

SECTION 1 : LE DROIT D’ENQUETE

SECTION 2 : LE DROIT DE CONSTATATION DES STOCKS ET LE DROIT DE VISITE

DEUXIEME PARTIE : CONTENTIEUX FISCAL

INTRODUCTION

CHAPITRE 1 : LA JURIDICTION CONTENTIEUSE

SECTION 1 : LA PHASE ADMINISTRATIVE : RECOURS PREALABLE


DEVANT L’ADMINISTRATION FISCALE

SECTION 2 : LA PHASE JURIDICTIONNELLE : PROCEDURE DEVANT


LA JURIDICTION ADMINISTRATIVE

CHAPITRE 2 : LA JURIDICTION GRACIEUSE

SECTION 1 : LE CHAMP DE COMPETENCE DE LA JURIDICTION GRACIEUSE

SECTION 2 : LA MISE EN ŒUVRE DU RECOURS GRACIEUX

SOURCE : LIVRE DES PROCEDURES FISCALES DU CODE GENERAL DES IMPOTS (EDITION 2020)

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Cours de contrôle fiscal et contentieux fiscal 2020

PREMIERE PARTIE : CONTROLE FISCAL

INTRODUCTION
Le système fiscal camerounais est un système déclaratif c’est-à-dire qu’une majorité
des impôts, droits et taxes sont établis au vu de déclarations souscrites par les
contribuables. Ces contribuables (personnes physiques ou personnes morales) sont
soumises à des obligations de déclarations et de paiement des impôts, droits et taxes en
début d’exercice, en cours d’exercice et en fin d’exercice. En règle générale ces obligations
déclaratives et de paiement des impôts, droits et taxes se font par télédéclaration ou de
façon manuelle sur les imprimés dont le modèle est fourni par l’administration fiscale.

Ces déclarations souscrites par les contribuables reposent sur la présomption de


bonne foi du contribuable par conséquent, elles sont à priori supposées sincères et
exactes.

Comme déclarations souscrites par les contribuables on peut citer :

- La déclaration du chiffre d’affaires du dernier exercice clos pour le paiement de la


contribution des patentes et éventuellement la contribution des licences ;
- La déclaration des propriétés immobilières bâties ou non bâties pour le paiement de
la taxe foncière ;
- La déclaration mensuelle de la TVA et éventuellement des droits d’accises ;
- La déclaration des acomptes mensuels d’impôt sur le revenu (IS et IRPP) ;
- La déclaration mensuelle de la TSR retenue à la source ;
- La déclaration de l’IRCM retenu à la source ;
- La déclaration mensuelle du précompte sur loyers retenu à la source ;
- La déclaration détaillée des revenus dont tout contribuable relevant de l’ERPP a
disposé au cours de l’année fiscale écoulée ;
- La déclaration des résultats obtenus dans l’exploitation pour l’assiette de l’IS des
personnes morales assujetties à l’IS (DSF) ;
- La déclaration des contrats et conventions signés pour le paiement des droits
d’enregistrement ;
- Etc.

A priori : (au moment de la déclaration) le contribuable doit être considéré comme étant
de bonne foi et la preuve du contraire peut être apportée par l’administration fiscale à
posteriori (après le dépôt de la déclaration). C’est pour cela qu’il s’agit des déclarations
contrôlées.
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Le contrôle fiscal peut se définir comme l’action de l’administration qui consiste à
vérifier à posteriori les déclarations des contribuables ; il est la nécessaire contrepartie du
système déclaratif et permet ainsi de sanctionner les fraudes et de corriger les erreurs. On
peut aussi définir le contrôle fiscal comme étant le droit que détient l’administration
fiscale de s’assurer par les moyens prévus par la loi que les contribuables se sont acquittés
de leurs obligations fiscales (production des déclarations sincères et exactes de la matière
imposable) et de pouvoir procéder le cas échéant au redressement d’impositions
nécessaires.

Le contrôle fiscal est en effet imposé par la loi et par l’équité (ou justice) ; il est aussi
conforme à l’intérêt des contribuables honnêtes, puisqu’il est une des conditions d’une
égale concurrence entre les entreprises et d’une juste répartition de l’impôt entre les
citoyens.

Pour s’assurer du respect des obligations fiscales des contribuables, le livre des
procédures fiscales (LPF) du code général des impôts (CGI) prévoit les moyens suivants :

- Le droit de contrôle (art L9 à L41 du LPF) ;


- Le droit de communication (art L42 à L48 ter du LPF) ;
- Le droit d’enquête, droit de constatation des stocks et droit de visite (art L49 à L50
quater du LPF).

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CHAPITRE 1 : LE DROIT DE CONTROLE (art. L9 à L 41 du LPF)

Les déclarations des impôts, droits et taxes qui sont souscrites par les contribuables
et qui parviennent dans les services des impôts (CDI, CSI, CIME, DGE) font l’objet d’un
premier contrôle (contrôle sur pièces) à partir des renseignements et documents dont le
service des impôts dispose, ne serait-ce que pour rectifier les erreurs que le contribuable a
pu commettre. Toutefois cette vérification (contrôle sur pièces) ne permet de s’assurer de
la sincérité des déclarations souscrites dans tous les cas. C’est pourquoi les inspecteurs
vérificateurs doivent périodiquement procéder à des vérifications plus appropriées
(contrôles sur place) nécessitant des correspondances avec les contribuables (avis de
vérification, notification) ou des démarches auprès de ces derniers.

Toute opération de vérification entraîne pour les contribuables des gênes ou


malaises inévitables dans la mesure où elle perturbe le cours habituel de leurs affaires
professionnelles ou personnelles.

De leur côté, les inspecteurs vérificateurs des impôts chargés du contrôle des
déclarations exercent une tâche délicate, ingrate parce que souvent mal comprise mais
indispensable.

Le droit de contrôle s’articule autour de trois aspects notamment :

- Le pouvoir de contrôle de l’administration fiscale ;


- Les garanties accordées aux contribuables contrôlés ;
- Les différents types de contrôles fiscaux

➔ Le pouvoir de contrôle de l’administration fiscale

Le système fiscal camerounais étant déclaratif, le droit de contrôle apparaît comme


une contrepartie logique destinée à permettre à l’administration fiscale de s’assurer de
l’exactitude et de la sincérité des déclarations souscrites par les contribuables. A cet effet,
la loi (dispositions du LPF) accorde le droit à l’administration fiscale de procéder à des
contrôles fiscaux qu’elle juge nécessaires. Ce pouvoir de contrôle de l’administration
fiscale n’est pas absolu et est limité par la loi à travers le jeu de la prescription et par
certaines garanties accordées au contribuable vérifié.

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Lorsqu’au terme d’un contrôle, l’administration fiscale constate des omissions,
insuffisances ou erreurs d’imposition, elle peut procéder à des redressements assortis de
sanctions.

Le contrôle fiscal a pour but l’évaluation du risque fiscal lié au non-respect de la


règlementation fiscale (application des textes fiscaux) ainsi que la vérification du respect
par l’entreprise de ses obligations comptables (tenue des livres comptables obligatoires) et
de ses obligations de déclaration et de paiement des impôts.

➔ Les garanties accordées aux contribuables contrôlés

La loi accorde au contribuable soumis à la vérification des droits et des garanties


clairement définis par le LPF du CGI.

En principe, le contribuable a le droit :

- D’être informé du contrôle sur place 15 jours au minimum avant son début effectif
par un avis de vérification (art L13 du LPF) ;
- D’être informé de ses droits par la remise de la charte de contribuable vérifié en
même temps que l’avis de vérification (art L13 du LPF) ;
- D’être informé par l’avis de vérification de la possibilité de se faire assister par un
conseil de son choix (art L13 du LPF) ;
- A la vérification sur place, au lieu du siège social oudu principal établissement (art
L11 du LPF) ;
- A l’interdiction d’une nouvelle vérification pour la même période (art L36 du LPF) ;
- A la procédure contradictoire (art L23 à L28 du LPF)
- De demander la déduction en cascade (art L39 du LPF)
- Au recours contentieux (art L115 du LPF) ;
- Au recours gracieux (art L143 du LPF) ;
- A la garantie contre le changement de la doctrine administrative (art L37 du LPF).

➔ Les différents types de droit de contrôle

Le droit de contrôle est constitué de deux (02) principaux types de contrôles


notamment :

- Le contrôle sur pièces (ou contrôle au bureau) ;


- Le contrôle sur place (ou contrôle dans l’entreprise) avec cinq variantes.

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SECTION I : LE CONTROLE SUR PIECES (art L21 à L22 bis du LPF)

Le contrôle fiscal d’un contribuable commence habituellement par l’examen des


déclarations et documents adressés à l’administration à différents titres. Cet examen
consiste en un contrôle de la présentation formelle des documents et en un contrôle de
fond d’après les documents dont l’administration fiscale dispose dans le dossier du
contribuable.

Le contrôle formel n’est pas un contrôle de la sincérité de la déclaration ; il ne vise


qu’à vérifier la conformité de la déclaration et à corriger les erreurs évidentes commises
par le contribuable.

A ce contrôle formel, s’ajoute un premier contrôle sur le fond d’après les pièces
déjà en possession de l’administration fiscale (les déclarations antérieurement souscrites,
la correspondance échangée, les bulletins de renseignements tirés de déclarations faites
par les tiers, etc.) ce contrôle sur pièces peut déboucher en cas d’insuffisance,
inexactitude, omission ou dissimulation sur une procédure redressement contradictoire
ou même sur uneprocédure de taxation d’office si le contribuable ne répond pas aux
demandes de justification ou de renseignements que lui adresse l’administration fiscale
afin de compléter les documents qu’elle détient ou d’expliquer les discordances, les
obscurités ou les imprécisions que contient une déclaration.

Le contrôle sur pièces est fondé uniquement sur les pièces que contient le dossier
du contribuable et peut s’articuler en :

- Contrôle formel ;
- Contrôle sur le fond.

I.1. CONTROLE FORMEL


1.1. Objet du contrôle formel

Le contrôle formel recouvre l’ensemble des interventions ayant trait à la


rectification des erreurs matérielles évidentes constatées dans les déclarations déposées,
quelle que soit la catégorie d’impôt ou de taxe visée.

Ce contrôle concerne tous les contribuables. Son objet consiste à corriger les
erreurs purement matérielles qui n’exigent pas de recherches en dehors de la déclaration
d’ensemble des revenus. Ce contrôle s’entend aussi de celui des autres déclarations faites

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par les contribuables. Il peut s’agir d’une erreur dans les charges ou d’une erreur
manifeste dans l’inscription d’une somme dans une ligne ou case.

Remarque : l’informatique permet de réduire ces erreurs matérielles

I.2. CONTROLE DE FOND

Le contrôle de fond est relatif :

- A sa nature
- A son objet
- Aux modalités d’exercice

2.1. Nature du contrôle de fond

Ce contrôle est constitué par l’ensemble des travaux au cours desquels


l’administration fiscale procède à l’examen critique des déclarations à l’aide des
renseignements et documents figurant dans le dossier du contribuable.

2.2. Objet du contrôle de fond

Le contrôle de fond a pour objet :

- De vérifier que le contribuable a rempli ses obligations déclaratives (cette


vérification permet la détection des contribuables défaillants.
- De redresser les erreurs, insuffisances ou omissions dont les éléments servant de
base au calcul de l’impôt à l’aide de la déclaration elle-même et des informations du
dossier du contribuable.
- De s’assurer en matière d’impôt sur le revenu de la cohérence du revenu défini avec
ce que le service des impôts sait du contribuable.

2.3. Modalités d’exercice du contrôle de fond (ou contrôle sur pièces)

Le contrôle de fond ou contrôle sur pièces de déclarations reçues s’exerce en quatre


phases :

- Le lieu du contrôle ;
- Le champ d’application du contrôle ;
- La nature des opérations du contrôle ;
- Les conséquences du contrôle.

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2.3.1. Lieu du contrôle

Le contrôle sur pièces des déclarations reçues est assuré en principe par le service
qui détient le dossier individuel du contribuable et s’effectue dans les locaux de
l’administration fiscale.

NB : En aucun cas, le contrôle sur pièces ne peut amener l’inspecteur vérificateur des
impôts à se présenter dans l’entreprise. Ce contrôle est donc déclenché à l’insu du
contribuable ou entreprise (c’est-à-dire sans information préalable du contribuable)

2.3.2. Champ d’application du contrôle sur pièces

Le contrôle sur pièces s’étend sur l’ensemble des impôts, taxes et droits dont le
contribuable est redevable sur la période non prescrite (4 ans) et non encore contrôlée.

Les déclarations de ces impôts, taxes et droits sont faites aussi bien par le
contribuable lui-même que par les tiers.

2.3.2.1. Déclarations souscrites par les contribuables

Les contribuables et particulièrement, les entreprises sont contraints (tenues par la


loi) à la souscription d’un certain nombre de déclarations périodiques ou occasionnelles
les concernant. Ces déclarations à celles seules, par des renseignements qu’elles
renferment, permettent à l’administration fiscale d’effectuer un premier contrôle.

➔ Les déclarations mensuelles

Elles sont à souscrire auprès de l’administration fiscale au plus tard le 15 de chaque


mois ; il s’agit :

- Des déclarations mensuelles de TVA (art. 152 du CGI)


- Des déclarations mensuelles des acomptes d’IS (art. 21 du CGI)
- Des déclarations mensuelles des acomptes d’IRPP pour les entreprises réalisant les
BAIC, BA et BNC (art. 91 du CGI)
- Des déclarations mensuelles des précomptes sur loyers (art. 88 du CGI)
- Des déclarations mensuelles de la TSR (art. 228 du CGI)
- Des déclarations mensuelles des retenues fiscales et parafiscales sur salaires et des
taxes parafiscales sur salaires (art. 82 du CGI)

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➔ Les déclarations annuelles

Elles sont relatives :

- A la déclaration du chiffre d’affaires du dernier exercice clos pour le paiement de la


contribution des patentes (art c10 et c23 du CGI)
- A la déclaration statistique et fiscale (DSF) pour le paiement de l’IS (art. 18 du CGI)
- A la déclaration de la valeur des terrains et des constructions pour le paiement de la
taxe sur la propriété foncière (art. 579 du CGI)
- A la déclaration de certaines sommes versé »es au cours de l’année fiscale écoulée
(art. 101 et 102 du CGI)

NB : la DSF est la plus importante des déclarations dans la mesure où elle regroupe tous
les renseignements nécessaires à l’imposition du contribuable.

➔ Les déclarations à échéances variables

Elles ne sont ni mensuelles, ni annuelles. Il s’agit essentiellement de :

- L’IRCM retenu à la source (art. 85 du CGI)

2.3.2.2. Déclarations effectuées par les tiers (art. 101 et 102 du CGI)

Afin de s’assurer un moyen de contrôle supplémentaire par des recoupements,


l’administration fiscale exige parfois des tiers qui effectuent certaines opérations et en
particulier versent des rémunérations, d’établir eux-mêmes des déclarations.

Ces déclarations sont contenues dans les obligations des chefs d’entreprises régies
par les articles 101 et 102 du CGI.

NB : C’est donc essentiellement au regard de toutes ces déclarations (déclarations


effectuées par les contribuables et celles souscrites par les tiers) que l’administration
fiscale exerce son contrôle sur pièces.

2.3.3. Nature des opérations du contrôle de fond

Le contrôle de fond des déclarations reçues compte les deux étapes suivantes :

- Le contrôle de cohérence des différents éléments de la déclaration ainsi que des


résultats déclarés avec certaines informations que peut détenir le service des
impôts.

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- Le contrôle technique constitué par un examen approfondi des principaux postes de
la déclaration et en particulier des documents comptables de synthèse (bilan,
compte de résultat…) et leur cohérence avec les différents tableaux analytiques de
la DSF.

L’article L21 du LPF précise que « l’administration peut procéder au contrôle des
déclarations souscrites par les contribuables, depuis les locaux de l’administration, sans
envoi d’un avis préalable, dans le cadre de contrôle sur pièces. Ces contrôles se limitent à
l’examen des déclarations, des actes utilisés pour l’établissement des impôts et taxes ainsi
que des documents déposés en vue d’obtenir des déductions, des restitutions ou des
remboursements ».

NB :

• Le contrôle sur pièces est un contrôle de cohérence des déclarations du


contribuable qui s’effectue au bureau de l’inspecteur des impôts par lui-même ou
par ses collaborateurs au vu des seuls éléments contenus dans le dossier fiscal et
plus particulièrement dans les déclarations souscrites ;
• Le contrôle sur pièces est un contrôle de cohérence des déclarations du
contribuable et non pas un contrôle général de comptabilité.

2.3.4. Les conséquences du contrôle sur pièces

Après le contrôle formel et/ou le contrôle de fond des déclarations reçues du


contribuable, l’inspecteur vérificateur des impôts peut prendre l’une des décisions
suivantes :

➔ Classer le dossier sans suite (si le contrôle formel et le contrôle de fond n’ont
révélé aucune anomalie)

Cette décision s’impose lorsque le contrôle des déclarations n’a révélé aucune
anomalie significative. Dans ce cas, l’entreprise vérifiée ne sera même pas informée de
l’issue infructueuse du contrôle de ses déclarations déposées.

➔ Demander des renseignements, des éclaircissements ou des justifications en cas


d’anomalies (art. L22 du LPF)

L’administration peut demander par écrit aux contribuables, tous renseignements,


justifications ou éclaircissements relatifs aux déclarations souscrites et aux actes déposés,

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y compris pour les catégories de revenus pour lesquels ils ne sont pas astreints à la tenue
d’une comptabilité.

Les contribuables doivent impérativement répondre dans un délai de trente (30)


jours à compter de la réception de la demande. A défaut, la procédure de taxation d’office
définie aux articles L29 et suivants du LPF, s’applique pour la détermination des impôts et
taxes concernés par la demande.

NB : Rejet des pièces justificatives en phase contentieuse (art. L22 bis du LPF)

Au cours des opérations de contrôle fiscal, la constatation de la carence de


production de pièces justificatives sur procès-verbal lors de l’intervention en entreprise
emporte irrecevabilité absolue desdites pièces ultérieurement en phase contentieuse,
aussi bien devant l’administration que devant le juge de l’impôt.

➔ Engager une procédure de rectification de la déclaration au cas où les anomalies


ne sont pas valablement expliquées (art. L23 du LPF)

Lorsque l’administration constate une insuffisance, une inexactitude, ou une


omission dans les éléments servant de base au calcul des impôts, droits et taxes ou
sommes quelconques dues en vertu du CGI, les redressements correspondants sont
effectués suivant la procédure contradictoire. La charge de la preuve incombe à
l’administration.

Cette procédure de redressement contradictoire comprend les trois étapes


suivantes :

1ère étape : Envoi d’une notification de redressements motivée et chiffrée (art. L25 du
LPF)

En cas de redressements effectués dans le cadre d’un contrôle sur pièces,


l’administration adresse au contribuable une notification de redressement motivée et
chiffrée.

NB :

La notification de redressements est l’acte par lequel le vérificateur informe


l’entreprise des corrections apportées à ses déclarations ; dans ce document, il est tenu
sous peine de nullité de son acte, d’indiquer au contribuable de manière motivée :

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- Les divers chefs de redressements dont fait l’objet l’entreprise, en décrivant
clairement les méthodes employées pour reconstituer les nouvelles bases
d’imposition ;
- Les conséquences chiffrées de ces divers redressements en matière d’impôts
supplémentaires à payer ;
- Le détail des pénalités appliquées en fonction des résultats du contrôle

2ème étape : Réponse du contribuable à la notification reçue (art. L25 du LPF)

La notification de redressement motivée et chiffrée ouvre au contribuable un délai


de réponse de trente (30) jours francs à compter de sa réception.

Remarque : Dans cette étape de la procédure, deux possibilités s’offrent au contribuable

1ère possibilité : Il accepte les redressements envisagés par l’inspecteur vérificateur des
impôts.

L’acceptation des redressements peut être expresse ou tacite.

2ème possibilité : il remet en cause les redressements envisagés par l’inspecteur


vérificateur des impôts.

La remise en cause des redressements est la contestation ou le désaccord du bien-


fondé des redressements en justifiant sa position.

3ème étape : la notification définitive (art. L26 et L27 du LPF)

Cette étape est la dernière étape avant la procédure contentieuse et se déroule


selon deux hypothèses.

1ère hypothèse : les observations du contribuable sont reconnues fondées par


l’administration (art. L26 du LPF)

Si les observations formulées par le contribuable dans les délais (30 jours francs à
compter de la réception), sont reconnues fondées, en tout ou partie, l’administration doit
abandonner tout ou partie des redressements notifiés. Elle en informe le contribuable
dans une lettre de « réponse aux observations du contribuable » adressée avec accusé de
réception.

2ème hypothèse : les observations du contribuable sont reconnues non fondées par
l’administration (art. L26 du LPF)

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Cours de contrôle fiscal et contentieux fiscal 2020
Si l’administration entend maintenir les redressements initiaux, elle les confirme
dans une lettre de « réponse aux observations du contribuable » et informe ce dernier
qu’il a la possibilité de déposer une réclamation contentieuse en vertu des dispositions
des articles L116 et suivants du LPF.

Présentation de la notification définitive (art. L27 du LPF)

La réponse aux observations du contribuable fera apparaître pour information, la


liquidation des droits dus suite au contrôle et la motivation des pénalités appliquées ainsi
que leur montant. Cette réponse est accompagnée de l’avis de mise en recouvrement
(AMR).

Remarque : En matière de contrôle sur pièces, la procédure de redressement


contradictoire constitue la procédure de droit commun alors que la procédure de taxation
d’office constitue la procédure d’exception.

➔ Sélectionner le dossier pour une proposition de vérification de comptabilité


(contrôle sur place) au cas où les anomalies ne sont pas valablement expliquées.

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Cours de contrôle fiscal et contentieux fiscal 2020

SECTION II : LE CONTROLE SUR PLACE

Parallèlement au contrôle sur pièces fondé uniquement sur les pièces que contient
le dossier du contribuable, il existe des formes de contrôle basées sur la confrontation de
la déclaration avec les éléments extérieurs afin de s’assurer de sa sincérité par la mise en
œuvre de tous les moyens de contrôle dont dispose l’administration fiscale. Ces formes
supérieures du contrôle fiscal sont la vérification de comptabilité, qui se fait sur place
dans l’entreprise.

Le contrôle sur place ou vérification sur place peut être abordé en quatre (04)
phases notamment :

- Intérêt et types de la vérification sur place ;


- Déroulement de la phase préalable aux opérations de contrôle sur place ;
- Examen de la comptabilité ;
- Conséquences de la vérification sur place.

II.1. INTERET ET TYPES DE LA VERIFICATION SUR PLACE

1.1. Intérêt de la vérification sur place

Les contrôles exercés sur pièces, par examen des déclarations des contribuables,
par vérifications (recoupements) entre leurs déclarations et des investigations ultérieures
et par communication de certains documents des contribuables eux-mêmes ou des tiers
ne suffisent pas toujours pour supprimer les erreurs et les tentatives de fraude.

Ainsi, les contrôles sur pièces sont complétés par des contrôles plus approfondis
effectués sur place, soit au domicile des contribuables, soit chez des tiers.

1.2. Les types de vérification sur place

Le livre des procédures fiscales (LPF) du code général des impôts (CGI) définit cinq
(05) types de vérifications sur place :

- La vérification générale de comptabilité (art. L16 du LPF)


- La vérification partielle de comptabilité (art. L16 du LPF)
- La vérification inopinée (art. L15 du LPF)
- La vérification ou contrôle ponctuel (art. L16 bis du LPF)
- La vérification de la situation fiscale d’ensemble (art. L12 du LPF)

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1.2.1. La vérification de comptabilité (art. L16 du LPF)

➔ Objet de la vérification de comptabilité

La vérification de comptabilité constitue un ensemble d’opérations dont l’objet est :

- La comparaison des déclarations souscrites par les contribuables avec les écritures
comptables et avec les registres et documents de toute nature, notamment ceux
dont la tenue est prévue par le droit commercial ;
- L’examen de la régularité, de la sincérité et du caractère probant de la comptabilité
à l’aide particulièrement des renseignements recueillis à l’occasion de l’exercice du
droit de communication et de contrôle matériels.

NB : La vérification de comptabilité est donc un examen critique de la comptabilité d’une


entreprise qui permet de confronter les données d’exploitation aux renseignements
détenus par l’administration à la suite des recherches internes (livres comptables
obligatoires) ou externes (extra-comptables) à l’entreprise afin d’assurer éventuellement
les redressements ou de prononcer les dégrèvements sur la période non prescrite.

➔ Types de vérification générale de comptabilité (art. L16 du LPF)

Il existe deux (02) types de vérification de comptabilité :

1er type : La vérification générale de comptabilité ou VGC (art. L16 du LPF)

Elle est celle qui porte sur l’ensemble des impôts, droits et taxes, dont le
contribuable est redevable au titre de la période non prescrite (c’est-à-dire quatre
derniers exercices)

Remarque : Lorsque l’avis de vérification envoyée par l’administration fiscale au


contribuable ne comporte pas de précision sur les impôts, droits et taxes ou l’indication
des années ou périodes soumises à vérification, il s’agit d’une vérification générale de
comptabilité.

Exemple : le 06 avril 2020, la SA PERINA, société industrielle située dans la zone


industrielle de Bassa-Douala rattachée au CIME AKWA2, reçoit un avis de vérification
générale de comptabilité

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Cours de contrôle fiscal et contentieux fiscal 2020
TAF :

1. Quels sont les impôts et taxes concernés par cette vérification ?


2. Quelle est la période couverte par cette vérification ?

2ème Type : la vérification partielle de comptabilité (art. L16 du LPF)

Elle est celle qui porte soit :

- Sur l’ensemble des impôts, droits ou taxes dus au titre d’un exercice fiscal ;
- Sur un impôt donné sur tout ou partie de la période non prescrite (04 derniers
exercices au moins)

Remarque :

• L’avis de vérification partielle de comptabilité précise soit les impôts, droits et taxes
couverte par la vérification, soit la période couverte par la vérification avec des
limitations ;
• La vérification partielle de comptabilité à une portée plus limitée au regard soit de
la période couverte (qui peut être inférieure ou égale à 4 ans, soit des impôts, droits
et taxes objet du contrôle (tout ou une partie des impôts, droits et taxes)

Exemple : Le 06 avril 2020, la SA PERINA, société industrielle située dans la zone


industrielle de Bassa-Douala rattachée au CIME AKWA2, reçoit un avis de vérification de
l’IS pour les exercices 2019, 2018, 2017 et 2016.

TAF : De quel type de vérification s’agit-il ? Justifiez votre réponse.

1.2.2. La vérification inopinée (art. L15 du LPF)

Elle est celle qui n’est pas précédée de la remise de l’avis de vérification (pas
d’information préalable du contribuable) et dont l’intervention des inspecteurs
vérificateurs se limite à effectuer sur procès-verbal des constatations matérielles, sans
pouvoir procéder à un examen critique de la comptabilité du contribuable vérifié.

Remarque : la remise de l’avis de vérification avec un exemplaire de la charte du


contribuable et le début de vérification se passent au même moment ; toutefois les
vérificateurs ne peuvent pas examiner la comptabilité du contribuable car la loi exige une
information préalable de 15 jours minimum.

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Cours de contrôle fiscal et contentieux fiscal 2020
Exemple :

Le 06 avril 2020, la SA PERINA, société industrielle située dans la zone industrielle de


Bassa-Douala rattachée au CIME-AKWA2 reçoit la visite de deux inspecteurs vérificateurs
des impôts qui lui remettent un avis de vérification et un exemplaire de la charte du
contribuable ; ils commencent immédiatement leur intervention.

TAF :

1. De quel type de vérification s’agit-il ? Justifiez votre réponse.


2. Ces inspecteurs-vérificateurs peuvent-ils procéder à un examen critique de la
comptabilité ? justifiez votre réponse.

1.2.3. Le contrôle ponctuel (art. L16 bis du LPF)

Il est celui qui consiste au contrôle des impôts, droits et taxes à versements
spontanés sur une période inférieure à un exercice fiscal.

Exemple d’impôts et taxes à versements spontanés

- TVA ;
- Acomptes d’IS ou d’IRPP ;
- Impôts et taxes sur salaires ;
- TSR ;
- Etc.

NB : Dans le cas d’un contrôle ponctuel, il est servi au contribuable au moins huit (08)
jours avant la date prévue pour la première intervention, un avis de passage.

1.2.4. La vérification de la situation fiscale d’ensemble (art. L12 du LPF)

Elle est celle qui concerne tout contribuable relevant de l’IRPP.

A l’occasion de cette vérification, l’administration fiscale contrôle la cohérence entre


les revenus déclarés par le contribuable au titre de l’IRPP et la situation de sa trésorerie,
de son patrimoine et des éléments de son train de vie.

La vérification de la situation fiscale d’ensemble s’exerce dans les bureaux de


l’administration ou dans les locaux professionnels du contribuable vérifié.

CONCU ET REALISE PAR KARL NJALLA DIPANDA 18


Cours de contrôle fiscal et contentieux fiscal 2020
Seuls les agents de l’administration fiscale assermentés ayant au moins le grade
d’inspecteur peuvent procéder à une vérification de la situation fiscale d’ensemble.

Remarque :

• Comme éléments de train de vie, on peut citer la valeur locative de la résidence


principale, valeur locative des résidences, voitures automobiles destinées au
transport des personnes, voyages d’agrément ou tourisme, à l’étranger, piscine,
avion de tourisme, employés de la maison, consommation d’eau, d’électricité et de
téléphone.
• Il ne peut y avoir vérification de comptabilité que pour contrôler des revenus
déterminés à partir d’une comptabilité, ce qui exclut les revenus fonciers et les
revenus de capitaux mobiliers (RCM).

II.2. DEROULEMENT DE LA PHASE PREALABLE AUX OPERATIONS DE CONTROLE


SUR PLACE (art. L11, L14 et L17 du LPF)

Avant le début de la vérification de comptabilité dans l’entreprise, il existe une


phase préparatoire qui est relative :

- A l’information du contribuable ;
- A l’accueil du ou des inspecteurs-vérificateurs des impôts ;
- Au lieu où doit s’effectuer le contrôle.

2.1. L’information du contribuable : l’avis de vérification (art. L13 et L14 du LPF)

➔ Objet et destinataire de l’avis de vérification

Au moins quinze (15) jours avant la date prévue pour la première intervention,
l’administration des impôts adresse, sous pli recommandé, ou en mains propres avec
accusé de réception ou par bordereau de charge, un avis de vérification de comptabilité ou
de vérification de situation fiscale d’ensemble et un exemplaire de la charte du
contribuable qui l’informent de la possibilité qu’il a de se faire assister d’un conseil de son
choix. Mention doit en être faite dans l’avis de vérification sous peine de nullité de la
vérification.

En cas de vérification de la situation fiscale d’ensemble (vérification de tout


contribuable relevant de l’IRPP), l’avis de vérification est adressé au contribuable dans les

CONCU ET REALISE PAR KARL NJALLA DIPANDA 19


Cours de contrôle fiscal et contentieux fiscal 2020
mêmes conditions visées ci-dessus au moins quinze (15) jours avant le début de la
première intervention.

L’avis de vérification de la situation fiscale d’ensemble devra comporter une


demande de relevé(s) de compte (s).

NB : l’avis de vérification est un document de l’administration fiscale qui annonce l’arrivée


des inspecteurs vérificateurs des impôts à une date précise chez le contribuable en vue
d’une vérification de comptabilité ou une vérification de la situation fiscale d’ensemble.

➔ Contenu de l’avis de vérification


❖ Mentions obligatoires

L’avis de vérification étant le document qui déclenche le processus de vérification de


la comptabilité dans l’entreprise ou celui de vérification de la situation fiscale d’ensemble,
il doit comporter certaines mentions obligatoires sous peine de nullité de la vérification
notamment :

- Le jour et l’heure de la première intervention (permet de vérifier que le délai légal


minimum de 15 jours avant la première intervention a été respecté) ;
- La faculté ou possibilité du contribuable de se faire assister par un conseil de son
choix (permet de s’assurer que cette garantie offerte au contribuable a été
rappelée) ;
- L’envoi d’un exemplaire de la charte du contribuable vérifié (permet de s’assurer
que le document qui présente un résumé des règles de procédure d’une vérification
et les garanties offertes par loi a été remis au contribuable vérifie)

❖ Mentions facultatives

En principe, l’avis de vérification doit mentionner :

- Nom et adresse du destinataire (nom du contribuable pour les entreprises


individuelles ou nom du dirigeant légal de la société désigné es qualité c’est-à-dire
en considération de la fonction ou du titre dans l’entreprise pour les sociétés).
- Le ou les nom(s) du ou des inspecteurs-vérificateurs ;
- Les années soumises à vérification ;
- Les impôts, droits et taxes soumis à la vérification ;

CONCU ET REALISE PAR KARL NJALLA DIPANDA 20


Cours de contrôle fiscal et contentieux fiscal 2020
Remarque : lorsque l’avis de vérification ne comporte pas de précision sur les impôts,
droits et taxes ou l’indication des années ou périodes soumises à vérification, il s’agit
d’une vérification générale de comptabilité (art. L16 du LPF).

➔ Réception de l’avis de vérification par le contribuable

Le délai minimum qui doit s’écouler entre la réception de l’avis de vérification et le


début des opérations de vérification a été fixé par le législateur à 15 jours pour permettre
au contribuable de se préparer (faire appel au conseil fiscal, apprêter les documents utiles,
aménager un espace pour installer les vérificateurs…).

➔ Preuve de l’envoi de l’avis de vérification

L’administration des impôts adresse, sous pli recommandé ou en mains propres


avec accusé de réception ou par bordereau de décharge, l’avis de vérification de
comptabilité ou de vérification de situation fiscale d’ensemble.

➔ Charte du contribuable vérifié

La charte du contribuable est une brochure qui précise les droits et obligations du
contribuable vérifié. Les dispositions contenues dans la charte sont opposables à
l’administration fiscale.

➔ Report de la vérification (art. L14 du LPF)

Le législateur fiscal a prévu le report de la date initiale de la première intervention


après l’envoi et la réception de l’avis de vérification dans deux cas.

1er cas : Report de la vérification à l’initiative de l’administration

Le service des impôts doit impérativement adresser au contribuable un avis


rectificatif.

2ème cas : Report de la vérification à l’initiative du contribuable

Il formule par écrit et motive sa demande dans les quinze (15) jours de la réception
de l’avis. Ce report doit être expressément accepté par l’administration. L’absence de
réponse de l’administration fiscale dans un délai de quinze (15) jours vaut acceptation.

➔ Les principales formes d’avis de vérification

Les avis de vérification peuvent se présenter sous cinq (05) formes :

CONCU ET REALISE PAR KARL NJALLA DIPANDA 21


Cours de contrôle fiscal et contentieux fiscal 2020
- Avis de vérification générale de comptabilité (art. L16 du LPF)

Cet avis est servi par l’administration fiscale lorsqu’elle entend effectuer auprès du
contribuable la vérification de l’ensemble des impôts, droits et taxes dont un contribuable
est assujetti au titre de la période non prescrite (4 ans).

Exemple : le 06 avril 2020 la SA PERINA, société industrielle située dans la zone industrielle
de Bassa-Douala rattachée au CIME AKWA2, reçoit un avis de vérification sans précision
sur les impôts, droits et taxes, ou l’indication des années soumises à la vérification.

TAF :

1. Quelle est la nature de cet avis de vérification ?


2. Quels sont les impôts, droits et taxes concernés par cette vérification ?
3. Quelle est la période couverte par cette vérification ?

- Avis de vérification partielle de comptabilité (art. L16 du LPF)

Cet avis est servi par l’administration fiscale lorsqu’elle entend effectuer auprès du
contribuable soit :

• Le contrôle de l’ensemble des impôts, droits ou taxes dus au titre d’un exercice
fiscal ;
• Le contrôle d’un impôt donné sur tout ou partie de la période non prescrite

Exemple :

Le 06 avril 2020 la SA PERINA, société industrielle située dans la zone industrielle de


Bassa-Douala rattachée au CIME AKWA2, reçoit un avis de vérification de l’IS pour les
exercices 2019, 2018, 2017 et 2016.

TAF :

1. Quelle est la nature de cet avis de vérification ?


2. Les inspecteurs-vérificateurs peuvent-ils contrôler la TVA pour les mêmes
exercices ?
- Avis de vérification complémentaire (art. L17 du LPF)

Cet avis est servi par l’administration fiscale lorsqu’elle envisage d’étendre la
vérification soit :

CONCU ET REALISE PAR KARL NJALLA DIPANDA 22


Cours de contrôle fiscal et contentieux fiscal 2020
• A une période non précisée sur l’avis de vérification initial (en principe l’avis de
vérification partielle de comptabilité) ;
• A un impôt ou taxe non précisé sur l’avis de vérification partielle de comptabilité).

L’avis de vérification complémentaire doit respecter les conditions de forme et de


délai fixées à l’article 13 du LPF et doit mentionner la nouvelle période ou le nouvel impôt
soumis à vérification.

Exemple :

Le 06 avril 2020 la SA PERINA, société industrielle située dans la zone industrielle de


Bassa-Douala rattachée au CIME AKWA2, reçoit un avis de vérification de l’IS pour les
exercices 2019, 2018, 2017 et 2016.

Le 21 mai 2020, les deux inspecteurs-vérificateurs décèlent après investigations des


DSF des exercices 2019 et 2018 une insuffisance des chiffres d’affaires des exercices 2019
et 2018 et souhaitent étendre leur vérification à la TVA.

TAF :

1. Quelle est la date du début de cette vérification ?


2. Quelle est la nature de cet avis de vérification ?
3. Que doivent faire les inspecteurs-vérificateurs pour vérifier la TVA de la SA PERINA ?
4. En supposant qu’ils ont informé la SA par écrit le 25 mai 2020 de la vérification de la
TVA, quelle sera la date du début de la vérification de la TVA ?

- Avis de vérification inopinée (art. L15 du LPF)

C’est un avis que l’inspecteur-vérificateur des impôts remet au contribuable et


procède directement aux opérations matérielles de constatation.

Exemple : Le 06 avril 2020 la SA PERINA, société industrielle située dans la zone


industrielle de Bassa-Douala rattachée au CIME AKWA2, reçoit la visite de deux
inspecteurs vérificateurs des impôts qui lui remettent un avis de vérification et un
exemplaire de la charte du contribuable ; ils commencent immédiatement leur
intervention.

TAF :

1. Quel est la nature de cet avis de vérification ?


2. Quel est l’objet de ce contrôle ?

CONCU ET REALISE PAR KARL NJALLA DIPANDA 23


Cours de contrôle fiscal et contentieux fiscal 2020
3. Citez les différentes opérations liées à ce contrôle.

- Avis de vérification de la situation fiscale d’ensemble (art. L13 du LPF)

Cet avis est servi par l’administration fiscale lorsqu’elle entend effectuer auprès du
contribuable relevant de l’IRPP, une vérification de sa situation fiscale d’ensemble.

➔ Cas de vérification au-delà de la période prescrite (art. L16 du LPF)

1er cas : Imputation des déficits fiscaux antérieurs sur les exercices contrôlés

La vérification (générale ou partielle) peut remonter sur un ou plusieurs exercices


au-delà de la période prescrite (4 ans) lorsque ces exercices sont déficitaires dès lors que
les déficits réalisés au titre d’un exercice fiscal sont reportables et s’imputent sur les
résultats bénéficiaires du premier exerce non prescrit dont ils constituent les charges.

Exemple :

Le 06 avril 2020 la SA PERINA, société industrielle située dans la zone industrielle de


Bassa-Douala rattachée au CIME AKWA2, reçoit un avis de vérification sans précision sur
les impôts, droits et taxes, ou l’indication des années soumises à vérification.

TAF :

1. Quelle est la période couverte par cette vérification ? Justifiez votre réponse.
2. Quelle est la période prescrite pour cette vérification ?
3. L’inspecteur vérificateur peut-il vérifier une année prescrite pour cette vérification ?
illustrez par un exemple.

2ème cas : Report d’un crédit de TVA sur la première déclaration de TVA de la période non
prescrite

La vérification peut également remonter sur un ou plusieurs exercices au-delà de la


période prescrite lorsque ces exercices font apparaître un crédit de TVA reportable sur la
première déclaration de la période non prescrite.

Exemple : Le 06 avril 2020 la SA PERINA, société industrielle située dans la zone


industrielle de Bassa-Douala rattachée au CIME AKWA2, reçoit un avis de vérification de la
TVA portant sur les exercices 2019, 2018, 2017 et 2016.

TAF :

1. Quelle est la nature de cet avis de vérification ? Justifiez votre réponse.

CONCU ET REALISE PAR KARL NJALLA DIPANDA 24


Cours de contrôle fiscal et contentieux fiscal 2020
2. Quelle est la période prescrite pour cette vérification ?
3. L’inspecteur-vérificateur peut-il vérifier la TVA de l’exercice 2015 ? Dans quel cas ?

2.2. L’accueil du ou des inspecteurs-vérificateurs des impôts

La vérification sur place est précédée de l’information préalable du contribuable qui


est encadrée par la loi (art. L13, L14, L16 et L17 du LPF). Après le délai minimum légal de
15 jours suivant la réception de l’avis de vérification, en principe les inspecteurs-
vérificateurs des impôts arrivent sur place (dans l’entreprise) et doivent être accueillis et
installés avant de commencer les opérations de vérification ou contrôle.

Il faut souligner qu’aucune disposition du livre des procédures fiscales (LPF) ne


prévoit comment cet accueil et installation doit se faire. Toutefois dans la pratique cet
accueil s’article généralement en quatre phases :

1ère phase : La prise de contact

Les inspecteurs-vérificateurs des impôts doivent être accueillis par le directeur


général ou le directeur responsable des questions fiscales. De ce premier contact dépend
l’ambiance dans laquelle s’effectueront les opérations de contrôle.

Cette 1ère entrevue peut se dérouler dans le bureau du directeur général ou du


directeur responsable des questions fiscales.

Les questions posées lors de ce premier rendez-vous, quoiqu’il n’y ait aucune règle
en la matière, on peut toutefois constater que les questions suivantes sont généralement
posées :

- Structure juridique de la société ;


- Date de constitution ;
- Durée prévue ;
- Montant du capital social et structure ;
- Répartition du capital social ;
- Les dirigeants ont-ils des avantages en nature ; logements, véhicules,
domestiques… ?
- Caractéristiques de l’activité ;
- Prise de participations financières ;
- Structure de la main d’œuvre salarié ;
- Renseignements sur les locaux commerciaux ;
- Système comptable employé, utilisation de l’informatique ;

CONCU ET REALISE PAR KARL NJALLA DIPANDA 25


Cours de contrôle fiscal et contentieux fiscal 2020
- Nom de l’expert-comptable de l’entreprise ;
- Nom du conseil fiscal de l’entreprise ;
- Un relevé d’identité bancaire (RIB) ;
- Etc.

Le contribuable vérifié a intérêt à solliciter la présence de son conseil fiscal pendant


cette 1ère entrevue parce qu’il peut, mieux que les dirigeants de la société percevoir le
piège de certaines questions des inspecteurs-vérificateurs et apporter des réponses
appropriées.

2ème Phase : La visite des locaux

Après le mot de bienvenue et l’échange au bureau du directeur général et/ou le


directeur responsable des questions fiscales, les inspecteurs-vérificateurs demandent le
plus souvent à visiter les locaux d’exploitation.

Le contribuable vérifié doit accepter cette demande et autoriser le directeur


responsable des questions fiscales à guider les inspecteurs- vérificateurs durant la visite
afin d’éviter que des employés non avertis de la chose fiscale et des enjeux en présence
aient à donner des réponses inappropriées à des questions parfois insidieuses des
inspecteurs-vérificateurs.

Au cours de cette visite, les inspecteurs-vérificateurs chercheront à connaître avec


plus de précision les activités et les moyens de l’entreprise et pourront s’intéresser au
processus de production et notamment aux moyens de production (utilisation, entretien,
rendement…) et aux stocks.

3ème phase : l’installation des inspecteurs-vérificateurs

La loi ne dit pas comment il faut installer les inspecteurs-vérificateurs pour qu’ils
puissent mener les opérations de vérifications sur place. Toutefois, il est vivement
conseillé d’installer les inspecteurs-vérificateurs dans un bureau particulier et autant que
possible confortable, les mettant le moins possible en contact avec le personnel non
impliqué dans le contrôle.

En général ce sera le chef comptable pour les pièces justificatives et le responsable


de fiscalité pour les explications portant sur les déclarations fiscales.

CONCU ET REALISE PAR KARL NJALLA DIPANDA 26


Cours de contrôle fiscal et contentieux fiscal 2020

4ème Phase : Entrevue avec le responsable comptable

Au cours de cette entrevue, les inspecteurs-vérificateurs s’informent sur les


systèmes comptables utilisés (nécessite de savoir comment fonctionne le système
comptable).

Ils font connaître les conditions dans lesquelles ils conduiront la vérification et fixent
la liste des documents comptables dont ils auront besoin dès la prochaine séance.

2.3. Lieu d’exécution du contrôle ou lieu de la vérification (art. L11 du LPF)

Les agents des impôts ayant au moins le grade d’inspecteur, munis de leur carte
professionnelle et d’une copie de l’avis de vérification, vérifient sur place, la comptabilité
des contribuables astreints à présenter et à tenir des documents comptables.

La vérification de comptabilité s’exerce au siège de l’entreprise ou au lieu de son


principal établissement. Dans l’hypothèse où le contrôle ne peut s’effectuer en ces deux
lieux, le contribuable doit expressément demander qu’il se déroule soit dans les bureaux
de son comptable, soit dans les locaux de l’administration.

II.3. EXAMEN DE LA COMPTABILITE

On constate que les inspecteurs-vérificateurs ne procèdent pas tous de la même


manière.

Certains indiquent simplement, à la fin de chaque visite, la date du prochain


passage dans l’entreprise. D’autres pratiquent le système de questions écrites ; ils
demandent à l’entreprise de préparer pour la prochaine visite un certain nombre de
documents concernant tel ou tel problème.

Mais quoiqu’il en soit, il est important que le contribuable vérifié (l’entreprise) ait
une connaissance claire :

- De la nature des documents comptables sur lesquels porte cet examen de


comptabilité ;
- De la nature des investigations des inspecteurs-vérificateurs ;
- Des limites aux investigations des inspecteurs-vérificateurs.

CONCU ET REALISE PAR KARL NJALLA DIPANDA 27


Cours de contrôle fiscal et contentieux fiscal 2020

3.1. La nature des documents comptables sur lesquels porte la vérification

La comptabilité générale étant la matière première de la fiscalité qui fournit les


bases d’imposition, les entreprises faisant l’objet d’une vérification de comptabilité sont
tenus de présenter aux inspecteurs-vérificateurs tous les documents comptables
permettant d’établir la sincérité de leurs déclarations.

Il s’agit :

• Des documents dont la tenue est exigée par l’article 13 de l’acte uniforme OHADA
portant sur le droit commercial général (loi communautaire)
• Des documents dont la tenue est obligatoire selon l’article 73 du CGI portant sur les
obligations comptables des contribuables (loi fiscale camerounaise)
• Des pièces justificatives des opérations réalisées et des écritures comptables.

Ainsi, les principaux documents ou pièces dont l’administration fiscale exige


souvent et qui sont communicables sont :

➔ Documents ou pièces liés directement à la comptabilité :


- Livre journal ;
- Grand livre, copies des bilans ;
- Inventaire ;
- Journal de contrôle des ventes ;
- Journal de contrôle des achats ;
- Bons de commande ;
- Bons de livraison ;
- Factures-fournisseurs ;
- Factures-clients ;
- Balance-fournisseurs ;
- Balances-clients ;
- Documents sur le matériel informatique utilisé ;
- Documents sur les logiciels employés ;
- Documents permettant de justifier les amortissements ;
- Documents permettant de justifier les provisions ;
- Documents concernant les frais de déplacements ;
- Documents relatifs aux stocks (inventaire-lieux de stockage).

CONCU ET REALISE PAR KARL NJALLA DIPANDA 28


Cours de contrôle fiscal et contentieux fiscal 2020
➔ Documents ou pièces concernant l’entreprise en tant que personne juridique
- Statuts d’origine ;
- Procès-verbaux des conseils d’administration ;
- Registres des assemblées, feuilles de présence ;
- Organigramme du personnel ;
- Dans les groupes, organigramme avec participations et filiales.

➔ Documents juridiques concernant la vie de l’entreprise


- Titres de participation ;
- Titres de placement ;
- Véhicules (cartes grises)

➔ Contrats
- Ventes et achats ;
- Crédit-bail ;
- Contrats de prêts avec les banques ;
- Contrats de prêts avec des sociétés d’un groupe avec contrôle des taux d’intérêts
pratiqués ;
- Contrats passés avec les dirigeants ;
- Contrats de travail passés avec certains membres du personnel ;
- Contrat de location-gérance ;
- Baux.

3.2. La nature des investigations des inspecteurs-vérificateurs des impôts

Pour apprécier la sincérité et l’exactitude des bases d’imposition figurant dans les
déclarations souscrites par les contribuables, les inspecteurs-vérificateurs des impôts vont
mener leurs investigations dans les mouvements et soldes des comptes (comptes de bilan
et comptes de gestion).

Le livre de procédures fiscales (LPF) du CGI n’ayant prévu aucune procédure


particulière pour l’examen au fond de la comptabilité générale (comptes de bilan et
comptes de gestion) les inspecteurs-vérificateurs des impôts conduisent la vérification à
leur manière c’est-à-dire qu’ils peuvent indifféremment commencer par les postes du
bilan ou par les comptes de gestion.

CONCU ET REALISE PAR KARL NJALLA DIPANDA 29


Cours de contrôle fiscal et contentieux fiscal 2020
Toutefois, les modalités de contrôles sont déterminées généralement par les
possibilités de fuite devant l’impôt (fraude fiscale ou évasion fiscale) que peut avoir
l’entreprise en raison de sa taille, de sa forme juridique ou de la nature de son activité.

L’entreprise vérifiée ou son conseil fiscal pour faire face efficacement aux
investigations des inspecteurs vérificateurs lors de l’examen de la comptabilité générale,
doit savoir ce qu’ils recherchent dans chaque compte ou groupe de comptes.

Les tâches des inspecteurs-vérificateurs se déroulent en trois (03) phases :

- Contrôle de l’existence des livres comptables (livre-journal, grand- livre, livre


d’inventaire…) ;
- La vérification de la tenue régulière des livres ;
- La vérification de comptabilité proprement dite.

Pour l’administration fiscale, il ne suffit pas que les livres comptables soient tenus ;
les inspecteurs-vérificateurs doivent s’assurer de la sincérité, la régularité et la probité des
écritures comptables.

Les inspecteurs-vérificateurs procèdent ensuite à l’examen approfondi des comptes


de l’entreprise dans le but de découvrir éventuellement des insuffisances des omissions ou
des erreurs par rapport aux déclarations souscrites par l’entreprise. A cet effet, ils
procèderont notamment :

• A la vérification des postes du bilan,


• A la vérification des comptes de gestion ;
• A la reconstitution des bases d’imposition ; le vérificateur a toute liberté pour
retenir le procédé le plus réaliste au regard des conditions effectives d’exploitation
(reconstitution des achats, des ventes…)

Les questions que les inspecteurs-vérificateurs posent généralement sont relatives :

• Au bien*fondé de certaines écritures comptables ;


• A la justification de l’inscription d’une somme au débit ou crédit d’un compte.

3.2.1. La vérification des postes du bilan


3.2.1.1. La vérification des postes de l’actif du bilan

Le contrôle de chaque élément de l’actif porte sur trois (03) aspects principaux :

- L’existence de l’élément ;

CONCU ET REALISE PAR KARL NJALLA DIPANDA 30


Cours de contrôle fiscal et contentieux fiscal 2020
- La propriété de l’élément ;
- La valeur de l’élément.

L’examen des écritures comptables postérieures à la date de clôture du bilan


permet de s’assurer qu’aucune contre passation ou annulation d’écritures n’est venue
modifier la consistance de l’actif.

➔ Contrôle de l’actif immobilisé

Les contrôles effectués à partir de ce poste sont nombreux et portent d’une manière
générale sur :

❖ La consistance des immobilisations


- Contrôle de la valeur inscrite à l’actif et particulièrement des frais accessoires et des
taxes ;

La valeur inscrite à l’actif du bilan a un impact direct sur le dotation des


amortissements (charges calculées) ou la dotation des provisions (charges calculées). Ce
contrôle permet de s’assurer que les bases de calcul des amortissements ou des provisions
ne sont pas exagérées.

- Recherche des immobilisations qui ne figurent pas à l’actif

Ce contrôle permet de rechercher le petit matériel et outillage dont le coût unitaire


est égal ou supérieur à 500 000 FCFA et qui n’a pas été comptabilisé à l’actif du bilan mais
plutôt en charge.

- Recherche des immobilisations mal classées en comptabilité

Ce contrôle permet de voir si certaines immobilisations ayant des taux


d’amortissement faibles n’ont pas été comptabilisées dans les comptes des
immobilisations ayant des taux d’amortissement élevés.

Exemple : les constructions enregistrées dans le compte agencement

❖ Les cessions d’immobilisations


- Recherche des cessions non comptabilisées

Ce contrôle permet de repérer la plus-value non-imposée (produit non comptabilisé)


et la TVA antérieurement déduite sur acquisition d’immobilisation non reversée
(insuffisance de la déclaration de TVA souscrite par l’entreprise)

- Contrôle de la détermination et du traitement fiscal des plus-values

CONCU ET REALISE PAR KARL NJALLA DIPANDA 31


Cours de contrôle fiscal et contentieux fiscal 2020
Ce contrôle permet de voir si les prix de cession des actifs immobilisés ont été
minorés (actifs immobilisés acquis par les dirigeants de la société) ; comparaison entre prix
de cession et VNC.

❖ Les amortissements

Les amortissements constituent des charges calculées donc la déductibilité est


encadrée par l’article 7-D du CGI pour lutter contre l’évasion fiscale. Ce contrôle permet de
comparer les taux d’amortissement, comptables, pratiques avec les taux
d’amortissements fiscaux maxima fixés par l’article 7-D du CGI, de s’assurer que la règle du
prorata temporis a été appliquée pour les actifs amortissables acquis et mis en service au
cours de l’exercice.

❖ L’affectation des immobilisations

Ce contrôle permet d’identifier :

• Les actifs immobilisés acquis par l’entreprise qui sont affectés à l’exploitation ;
• Les actifs immobilisés acquis par l’entreprise et mis à la disposition des dirigeants et
des cadres (vérification de l’imposition de l’avantage en nature selon l’article 33 al1
du CGI ou le cas échéant selon la règle de l’usage mixte)
• Les actifs immobilisés acquis par l’entreprise et loués au personnel ou aux tiers
(vérification de la normalité du loyer par l’application du principe du réalisme du
droit fiscal)

➔ Contrôle des stocks

Les stocks (marchandises, matières premières, produits semi-finis, produits finis)


constituent un poste sensible en raison de l’incidence directe sur le chiffre d’affaires et le
bénéfice imposable. Les inspecteurs-vérificateurs leur consacrent toujours une grande
importance lors de leurs investigations sur place.

Les entreprises doivent être à même de présenter à toute réquisition de


l’administration fiscale les pièces comptables (inventaires) et les documents divers (tarifs,
mercuriales) qu’elles ont utilisés pour déterminer la valeur de leurs stocks.

L’examen de la régularité et la sincérité de ces pièces et documents peut donner lieu


à des contrôles matériels :

- Vérification quantitative à l’aide des états d’inventaire et éventuellement des fiches


de comptabilité matières ;
CONCU ET REALISE PAR KARL NJALLA DIPANDA 32
Cours de contrôle fiscal et contentieux fiscal 2020
- Vérification de l’évaluation des stocks (contrôle des prix unitaires utilisés et de leur
normalité, contrôle des méthodes d’évaluation, contrôle des méthodes
d’évaluation, contrôle de l’exactitude des calculs.
- Vérification des achats

Les inspecteurs-vérificateurs attachent généralement un grand intérêt au contrôle


de ce poste et y recherche généralement la majoration ou la minoration des achats se
traduisant par les irrégularités suivante :

• Non comptabilisation des factures pouvant être mises en évidence par les
recoupements chez les fournisseurs ;
• Achats sans factures ou sous une fausse identité ;
• Non comptabilisation des réductions sur achats (RRR obtenus)

- Application de la formule :

Consommations = SI + Achats – SF pour contrôler la cohérence des inventaires

➔ Contrôle des clients

Il consiste pour l’inspecteur-vérificateur à investiguer sur :

- L’exhaustivité de la comptabilisation des ventes de l’exercice (ventes effectuées à


certains clients non déclarés)
- Le bien-fondé des provisions pour dépréciation des créances (vérification de la
pertinence des critères retenus pour qualifier une créance de créance douteuse,
vérification de l’existence de la clôture de l’exercice d’éléments permettant de
considérer comme probable la perte de tout ou partie des créances concernées,
vérification de l’existence d’un dossier de justification pour chaque créance) ;
- Le bien-fondé des pertes sur créances irrécouvrables (vérification de l’échec de
l’engagement d’une procédure de recouvrement amiable et forcé) ;
- Les opérations de compensation entre comptes-clients et comptes-fournisseurs ;
- Les conditions de ventes (notamment de prix et de rabais) aux sociétés
apparentées ;

Il s’agit de contrôler des abandons de créances ou des tarifs préférentiels réalisés


avec les sociétés apparentées grâce à certains mécanismes tels que des rabais hors
factures (avoirs) ;

- Des ventes et des prestations non facturées ;

CONCU ET REALISE PAR KARL NJALLA DIPANDA 33


Cours de contrôle fiscal et contentieux fiscal 2020

➔ Contrôle des autres débiteurs et des comptes de régularisation de l’actif

Vérification de la correspondance entre montants indiqués et opérations réelles


justifiées par des pièces ayant une force probante.

➔ Contrôle des comptes de trésorerie

Les inspecteurs-vérificateurs procèdent en général aux contrôles ci-après :

- Examen des relevés en vue de contrôler la cohérence des recettes enregistrées dans
les comptes banques et caisse avec le chiffre d’affaires ;
- Contrôler si les opérations bancaires ne relèvent pas des actes anormaux de gestion
(sommes créditées dans le compte banque non destinées à l’exploitation)
- Contrôle des mouvements de la caisse (mouvements débit et mouvements crédit)

Si le vérificateur constate que les mouvements crédit sont supérieurs aux


mouvements débit et que le compte caisse présente un solde créditeur c’est une preuve
d’une comptabilité irrégulière pouvant entraîner son rejet.

3.2.1. Contrôle du passif du bilan

Certaines techniques de vérification utilisées pour l’actif par les inspecteurs-


vérificateurs sont applicables pour le passif telles que :

- L’examen des écritures comptables postérieures à la date de clôture du bilan ;


- La confirmation directe des soldes (fournisseurs, banques, créditeurs divers…)

Toutefois, d’autres techniques spécifiques doivent être utilisées par l’inspecteur-


vérificateur pour s’assurer que les éléments figurant au passif à la date de clôture du bilan
sont réels et correctement évalués :

- Contrôle des capitaux propres

Les inspecteurs-vérificateurs recherchent par exemple les actes d’augmentation de


capital non enregistrés, des distributions des réserves (fraction de bénéfices non
distribués) n’ayant pas subi la retenue à la source au titre de l’IRCM ;

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Cours de contrôle fiscal et contentieux fiscal 2020
- Vérification des soldes des comptes avec des relevés reçus des tiers (fournisseurs,
créditeurs divers…)
- Contrôle des contrats d’emprunts non enregistrés
- Contrôle des charges à payer (livraisons effectuées non facturées, prestations de
services exécutées non facturées, services consommés non facturés…)
- Lecture des procès-verbaux des assemblées générales pour les décisions
d’affectation des résultats.

3.2.2. Le contrôle du compte de résultat


3.2.2.1. Le contrôle des comptes de charges

Les inspecteurs-vérificateurs des impôts font un triple contrôle des charges :

- Les charges comptabilisées au cours de l’exercice (dans les comptes de la classe 6 et


8 impair) ayant participé à la diminution du résultat comptable déclaré (base de
correction pour la détermination du résultat fiscal) ;
- La vérification du respect des conditions générales de déductibilité (conditions de
fond, de forme, de mode de paiement utilisé) et des conditions spécifiques de
déductibilité (frais généraux, charges financières, pertes proprement dites,
amortissements provisions) des charges ainsi comptabilisées ;
- En cas de non-respect des conditions de déductibilité, la vérification dans la
déclaration souscrite par le contribuable si les corrections fiscales obligatoires
(réintégrations dans le résultat fiscal déclaré) ont été effectuées.

NB : Dans le cas où les corrections fiscales obligatoires des charges non déductibles n’ont
pas été faites par l’entreprise, les inspecteurs-vérificateurs vont procéder à un
redressement pour insuffisance du résultat fiscal déclaré.

3.2.2.2. Le contrôle des comptes de produits

Contrairement aux charges, les produits comptabilisés viennent en augmentation


du résultat comptable déclaré (base de correction pour la détermination du résultat fiscal).
Ainsi, les investigations des inspecteurs-vérificateurs sont orientées vers la dissimulation
ou minoration (non comptabilisation) de certains produits notamment :

- Comptes des ventes

Les inspecteurs-vérificateurs effectuent généralement le contrôle approfondi de ces


comptes à la recherche des minorations ou diminutions des ventes comptabilisées. Ils
procèdent généralement par :

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Cours de contrôle fiscal et contentieux fiscal 2020
• Des sondages et des rapprochements (vérification de la concordance entre le
journal des ventes et les copies des factures, rapprochement du journal des ventes
et/ou des factures avec certains documents extra-comptables tels que les
bordereaux de livraison et de production, carnets de commandes, registres de
statistiques de ventes, comparaison du montant global des ventes, comparaison du
montant global des ventes à celui des encaissements…)
• Des contrôles extra-comptables par exemple l’application de la formule :

Ventes réelles = SI + achats marchandises (ou production) – SF

- Contrôle des autres comptes de produits

Les recherches des inspecteurs-vérificateurs dans ces comptes vont consister à


s’assurer que tous les produits acquis par l’entreprise ont bien été comptabilisés dans
l’exercice concerné ; les irrégularités recherchées sont :

• Les produits non facturés (loyers, intérêts, redevances ou prestations de services


accessoires) ;
• Les produits non comptabilisés (réductions sur achats hors facture, plus-value de
cession d’immobilisation…)
• Minorations du montant réel des produits.

NB : Contrôle du bénéfice brut

Les inspecteurs-vérificateurs calculent souvent le coefficient du bénéfice brut pour


chacun des exercices contrôlés et le compare à la moyenne généralement considérée
comme normale pour le secteur. Ce coefficient permet d’apprécier la sincérité ou à la
limite la cohérence des résultats déclarés. S’il est anormal, il peut constituer un des
éléments à utiliser pour le rejet de la comptabilité

➔ Recours possible à des experts lors d’une vérification sur place (art. L18 à L19 bis
du LPF)
❖ Exercice du droit de contrôle nécessitant des connaissances techniques
particulières (art L18 du LPF)

Lorsque l’exercice du droit de contrôle de l’administration fiscale requiert des


connaissances techniques particulières, l’administration peut faire appel aux conseils
techniques d’experts figurant sur une liste arrêtée par le ministre chargé des finances. Ces
derniers engagent leur responsabilité professionnelle en cas de dommages causés du fait
de leur intervention.

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Cours de contrôle fiscal et contentieux fiscal 2020
L’administration fiscale peut également dans le cadre de l’exercice de son droit de
contrôle, intervenir conjointement avec l’administration douanière ou faire appel à des
experts nationaux et/ou internationaux dans le cadre des accords de vérification.
Nonobstant l’intervention conjointe des deux (02) administrations, les procédures
applicables demeurent encadrées par le livre des procédures fiscales pour la direction
générale des impôts (DGI), et par le code des douanes CEMAC pour la direction générale
des douanes (DGD).

❖ Exercice du droit de contrôle sur des comptabilités tenues au moyen de systèmes


informatisés (art. L19 du LPF)

Lorsque la comptabilité est tenue au moyen de systèmes informatisés, l’organisation


comptable doit recourir à des procédures qui permettent de satisfaire aux exigences de
régularité et de sécurité requises en la matière dans les formes et conditions prévues à
l’article 22 de l’acte uniforme OHADA portant organisation et harmonisation des
comptabilités des entreprises. Dans ce cas, l’administration fiscale est habituée à requérir,
conformément aux dispositions de l’article L18 ci-dessus, les conseils techniques d’experts
aux fins de procéder à des tests sur le matériel même qui héberge l’exploitation et à
vérifier :

- Le système d’exploitation comptable ;


- L’ensemble des informations, données et traitements qui concourent directement
ou indirectement à la formation des résultats comptables ou fiscaux et à
l’élaboration des documents rendus obligatoires par le code général des impôts ;
- La documentation relative aux analyses, à la programmation et à l’exécution des
traitements ;

Lorsque la comptabilité est tenue au moyen de systèmes informatisés, le


contribuable qui fait l’objet d’une vérification de comptabilité est tenu de remettre au
début des opérations de contrôle, sous forme dématérialisée exploitable, une copie des
fichiers des écritures comptables de la période vérifiée.

❖ Exercice du droit de contrôle dans les entreprises réalisant un CAHT au moins égal
à 1 milliard et effectuant des prix de transfert (art. L19 bis du LPF)

Les entreprises dont le chiffre d’affaires annuel hors taxe est égal ou supérieur à 1
milliard (1 000 000 000) et qui sont sous la dépendance ou qui contrôlent d’autres
entreprises au sens de l’article 19 bis du CGI sont tenues de présenter aux agents de
l’administration fiscale, à la date de commencement de la vérification de comptabilité, une

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Cours de contrôle fiscal et contentieux fiscal 2020
documentation leur permettant de justifier la politique de prix de transfert pratiquée
dans le cadre des transactions de toute nature réalisées avec des entreprises liées au sens
de l’article 19 du CGI.

Le contenu de la documentation relative aux prix de transfert qui ne se substitue pas


aux justificatifs afférents à chaque transaction, est fixé par un texte particulier.

Si la documentation requise n’est pas remise aux agents de l’administration fiscale


ou ne l’est que partiellement à la date du début de la vérification de comptabilité,
l’administration fiscale adresse à l’entreprise concernée une mise en demeure de la
produire ou de la compléter dans un délai de quinze (15) jours francs en précisant la
nature des documents et compléments attendus. Cette mise en demeure doit indiquer les
sanctions applicables en l’absence de réponse ou en cas de réponse partielle.

Le défaut de réponse ou la réponse partielle à la mise en demeure ci-dessus


entraîne l’application, pour chaque exercice vérifié, d’une amende de 5 % du montant des
transactions concernés par les documents ou compléments qui n’ont pas été mis à
disposition de l’administration après mise en demeure.

Le montant de l’amende, qui s’applique par transaction, ne peut être inférieur à


cinquante millions (50 000 000) FCFA.

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