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PRÉSENTATION.

NOUVEAUX DISCOURS DE LA SANTÉ ET SOIN


RELATIONNEL

Nathalie Garric, Alexandre Herbland


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Éditions de la Maison des sciences de l'homme | « Langage et société »

2020/1 N° 169 | pages 15 à 30


ISSN 0181-4095
ISBN 9782735125548
Article disponible en ligne à l'adresse :
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https://www.cairn.info/revue-langage-et-societe-2020-1-page-15.htm
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Présentation. Nouveaux discours de la santé
et soin relationnel1
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Nathalie Garric
Université de Nantes, CoDiRe
nathalie.garric@univ-nantes.fr
Alexandre Herbland
Service de réanimation polyvalente, Hôpital Saint-Louis, La Rochelle
alexandre.herbland@orange.fr

La recherche scientifique médicale a connu des avancées considérables,


notamment en termes de diagnostics et de traitements, favorisant l’allon-
gement de la durée de vie. Le vieillissement de la population et l’émer-
gence de maladies chroniques sont désormais un défi pour les politiques
de santé dans une logique de dépenses maitrisées. De nouvelles pratiques
sanitaires et sociales voient le jour autour du malade/patient (générali-
sation des dispositifs de maintien à domicile, développement des soins
palliatifs, éducation thérapeutique du patient ou ETP2), de ses proches

1. Nous remercions tous les relecteurs, Abdelhadi Bellachhab, Josiane Boutet, Frédéric
Calas, Dominique Ducard, Luca Greco, Gudrun Ledegen, François Perea, Frédéric
Pugnière-Saavedra et René Robert, pour leur regard attentif et leurs précieux conseils.
2. L’ETP « vise à aider les patients à acquérir ou maintenir les compétences dont ils
ont besoin pour gérer au mieux leur vie avec une maladie chronique. Elle fait partie
intégrante et de façon permanente de la prise en charge du patient. Elle comprend
des activités organisées, y compris un soutien psychosocial, conçues pour rendre les
patients conscients et informés de leur maladie, des soins, de l’organisation et des
procédures hospitalières, et des comportements liés à la santé et à la maladie. Ceci
a pour but de les aider, ainsi que leurs familles, à comprendre leur maladie et leur
traitement, à collaborer ensemble et à assumer leurs responsabilités dans leur propre

© Langage & Société n° 169 – 2020/1


16 / NATHALIE GARRIC ET ALEXANDRE HERBLAND

(apparition par exemple d’un statut juridique pour les aidants familiaux)
et des équipes soignantes. La médicalisation de l’existence, la technicité
de la médecine repoussent la maladie, voire la mort, en définissant des
modalités de vie différentes et des situations de soin nouvelles, avec des
dispositifs interactionnels sociomédicaux singuliers. Le risque de nou-
velles formes de souffrance et de vulnérabilité apparaît désormais de
sorte que le milieu médical, mais aussi l’espace politique et citoyen se
trouvent confrontés à des questionnements nombreux d’une actualité
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forte portant notamment sur le vécu des acteurs impliqués dans le par-
cours de soins et l’accompagnement sociomédical au long cours. Or en
France, dans un contexte où l’évaluation de la qualité des soins est sou-
vent rapportée à la mesure de la satisfaction des usagers et des proches et
à celle de la qualité de vie des patients, le vécu du malade à l’issue d’un
séjour à l’hôpital ou lors de la prise en charge de maladies chroniques,
mais également celui des soignants, reste peu étudié. Dans ce contexte,
des questionnements émergent : quelles formes prend la relation de soin
dans cette diffraction spatiotemporelle des actes et des acteurs, en par-
ticulier dans les nouveaux dispositifs discursifs ? Ces nouvelles modali-
tés interactionnelles participent-elles – dans quelles mesures et à quelles
conditions – à une certaine prise en charge sanitaire ? Comment le soin
s’exprime-t-il et est-il interprété dans cet espace-temps décloisonné ?
Peut-on et doit-on y postuler « l’opportunité de favoriser une offre théra-
peutique en complément à l’intervention médicale [qui] constitue[rait]
un socle social pour un ensemble de rituels d’expérimentation singulier
de la maladie » (Rossi 2011) ?

1. Redéfinition de la relation de soin


Face à cette problématique très large, ce dossier se propose de se centrer
singulièrement, par une approche interdisciplinaire, sur l’étude de la rela-
tion patient/soignant et/ou proche/soignant par l’intermédiaire de dis-
cours produits dans le cadre d’une relation de soin (consultation ETP dans
le cadre du suivi du diabète, interactions entre soignants et usagers dans
un centre de soin en addictologie) ou en périphérie du strict cadre du soin,
en réanimation (lettres de remerciement de proche ou patient, lettres de
condoléances aux proches endeuillés, journaux de bord en réanimation).
Notre objet, la relation de soin, est en partie abordé par certains
travaux en sciences du langage qui relèvent essentiellement de l’analyse

prise en charge, dans le but de les aider à maintenir et améliorer leur qualité de vie ».
(Rapport de l’OMS-Europe 1996)
PRÉSENTATION. NOUVEAUX DISCOURS DE LA SANTÉ / 17

interactionnelle ou conversationnelle (Gajo 2004 ; Traverso 2007 ;


Cosnier, Grosjean & Lacoste 1993 ; Drew & Heritage 1992 ;
Heritage & Meynard 2006). Ces recherches s’intéressent le plus sou-
vent à des situations prototypiques du soin comme la consultation
médicale, elles peuvent aussi se focaliser sur certaines figures de l’équipe
soignante ou encore de l’interprète (Traverso 2017). Des projets scien-
tifiques récents complètent ces travaux avec, par exemple, des analyses
à entrée syntaxique d’entretiens soigné/soignants (Blasco, Advocat
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& Durif 2019) ou encore, très proches de notre orientation, les
recherches de Ploog, Cance et Badin (2019) en Centre de soins et d’ac-
compagnement pluridisciplinaire en addictologie et en unité de soins
psychiatriques pour adolescents. Ces derniers portent sur le parcours
langagier de la construction du soin dans des interactions usagers/profes-
sionnels. Notre objet est également en relation étroite avec les recherches
du réseau « Langage et travail » (Borzeix & Fraenkel 2001 ; Boutet,
Gardin & Lacoste 1995 ; Grosjean & Lacoste 1999) qui a déjà en par-
tie identifié dans leur hétérogénéité et leur complexité les productions
langagières en milieu hospitalier. En parlant cependant de discours de
la relation de soin et notamment de soin relationnel, c’est un ensemble
plus vaste de discours produits par des professionnels de la santé, des
patients et acteurs du dispositif clinique et d’accompagnement socio-
éducatif et familial que nous désignons. Nous les définissons comme des
pratiques langagières qui « tissent la société des discours au plus près des
activités quotidiennes, professionnelles ou non » (Equoy-Hutin 2009)3.
Dans le cadre de la santé, elles sont composées d’interactions ponc-
tuelles qui forment et informent la relation de soin dans une visée à long
terme : « On peut définir une relation comme une succession d’interac-
tions s’inscrivant dans une continuité et un lien ; chaque interaction est
affectée par les interactions passées et affecte à son tour les interactions
futures. » (Sorsana 1999)

3. Nous ne retenons pas ici la dénomination « discours médical » qui peut renvoyer (hors
du contexte anglophone où les premiers travaux sur les interactions médicales allaient
sous le nom de « Medical Discourse ») à « langue de spécialité », voire à « sociotermi-
nologie », ou encore à « discours scientifique et technique ». Elle ne correspond pas à
notre objet et ne permet pas de maintenir aux pratiques étudiées toute la part sociale
que nous leur accordons : « Le “discours médical”, terme à préciser car il semble se
situer tel uniquement du côté du médecin, alors qu’en fait ce discours est produit par
l’ensemble malades et médecins. Cet ensemble n’est pas clivé comme semble le signifier
la dénomination actuelle malade-médecin. » (Raimbault & Zygouris 1976 : 17)
18 / NATHALIE GARRIC ET ALEXANDRE HERBLAND

L’une des propositions fondamentales de ce dossier est d’accorder


à ces discours du soin une légitimité de l’ordre d’une réflexivité ordi-
naire sur la relation thérapeutique. Du fait de la forme de relation sociale
qu’ils expriment, ils peuvent permettre de définir un mode d’être ou de
vivre différent, (non) acceptable et (non) accepté, de la personne recon-
nue vulnérable. En d’autres termes, nous les envisageons comme des
participants épistémologiques et heuristiques à l’analyse du quotidien,
d’une part de patients exposés à une mise en jeu de leur capital santé,
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voire au risque de mort (qui impacte aussi les familles), d’autre part de
professionnels de santé liés à ces derniers par un engagement dans les
soins. Par exemple, de façon très complémentaire, le concept anglo-
saxon du « Family Centered Care », initialement développé en pédiatrie
(Jolley & Shields 2009), reconnaît en la famille une source d’informa-
tion unique dans l’identification des besoins de l’enfant. La famille est au
centre des attentions et les proches sont envisagés comme des partenaires
de soin. Le concept a été repris et appliqué dans de nombreuses dis-
ciplines médicales notamment en réanimation (Henneman & Cardin
2002) où les patients sont bien souvent incapables de communiquer. Par
exemple encore, dans le suivi de maladies chroniques, la notion d’ETP
(éducation thérapeutique du patient), portée par les recommandations
de la Haute autorité de la santé, peut être envisagée comme une redéfi-
nition de la relation de soin : « À travers la relation thérapeutique qui se
crée alors, le patient remet en cause les équilibres habituels de la relation
médecin-patient. Des aspects organisationnels, professionnels et sociaux
sont remis en jeu. » (Vaillant 2006) Ils contrastent avec la place domi-
nante des professionnels de la santé et sont à l’origine de l’émergence d’un
nouveau patient, voire d’un patient expert (Fürchner & Gülich 2001),
et d’un nouveau médecin. La littérature distingue désormais différents
modèles : le modèle paternaliste des années 1980 cède sa place aux
modèles de la décision partagée et de la décision éclairée et introduit
la notion de « démocratie sanitaire » (Chabrol 2000) qui « implique
la redistribution des pouvoirs dans le champ de la santé » et justifie de
réinterroger la relation médecin/malade et « d’en examiner les méca-
nismes sociaux » (Fainzang 2006 : 16-17)4. Cette redistribution a des
incidences humaines, mais également spatiales et temporelles. Le soin
déborde le lieu et la durée dédiés au geste technique, il s’envisage comme

4. Cette perspective est en cohérence avec la définition de la santé par l’Organisa-


tion mondiale de la santé (OMS) : « La santé est un état de complet bien-être
physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie
ou d’infirmité. » (OMS – Commission interimaire 1948 : 100)
PRÉSENTATION. NOUVEAUX DISCOURS DE LA SANTÉ / 19

un processus inscrit dans un projet coconstruit par différents dispositifs


et partenaires du « prendre soin » : « Il convient de distinguer le soin
que l’on prend au soin que l’on donne. Le soin (technique ou nursing)
n’est pas une fin. C’est un moyen de prendre soin. » (Zimowski 2012)
De la même façon, quelles que soient les temporalités des discours étu-
diés, consultations répétées dans le cadre d’un suivi chronique, gestion
de la dépendance aux drogues, journal de bord dans un contexte aigu
pour combler par exemple le trou existentiel des patients en réanimation
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ou lettres susceptibles entre autres de modifier des comportements soi-
gnants par l’expérience que le personnel acquiert en la lisant, la visée est
toujours au long terme, voire au « encore plus long terme ».

2. Santé et éthique du care


Cette évolution du champ de la santé publique rencontre l’espace récent
de l’éthique du care (Papperman & Laugier 2011) que certains lin-
guistes proposent d’intégrer à leur approche discursive (Paveau 2013 ;
Husson 2017). Le care est défini comme un phénomène social, culturel
et politique rendu nécessaire par la (re)connaissance de nouvelles formes
de vulnérabilité généralisées par les évolutions sociétales, en particulier
sanitaires, mais aussi économiques et politiques. Il est une « théorie
morale contextuelle », associée à certaines valeurs et pratiques, et « le pro-
duit d’un effort collectif, d’une culture de soin, laquelle est contingente
et peut disparaître » (Molinier 2011 : 355). Il s’agit de s’interroger sur
le comment mieux vivre ces vulnérabilités par l’étude des relations du
care comme moyen potentiel d’un nouvel équilibre entre le souci de soi
et des autres et en posant que la « notion de vulnérabilité potentielle
doit être comprise comme étant un état non nécessairement statique
et uniforme mais aussi transitoire ou parallèle à des zones de forces »
(Guérin 2010 : 116).
Ce dossier formule donc l’hypothèse que cet espace de l’éthique du
care, associé à l’émergence de dispositifs discursifs sociomédicaux plus ou
moins singuliers, originaux, récents et spontanés, délimite une nouvelle
pratique sociale propre à un objet naissant de questionnement citoyen et
de recherche scientifique : « Marquée pendant longtemps par une vision
strictement biologique et par l’idée d’un fonctionnement optimal du
corps, la quête d’une meilleure condition de vie face à la maladie s’élargit
désormais à des considérations scientifiques qui mettent en jeu corps,
profil génétique, constitution métabolique, psyché, émotions, environ-
nement social, culturel, économique, écologique ou encore habitudes et
comportements de vie et accès aux soins. » (Rossi 2011).
20 / NATHALIE GARRIC ET ALEXANDRE HERBLAND

3. Discours de reconstruction
Dans cette « appréhension globale et multidimensionnelle » (Rossi 2011)
du malade et de la maladie, notre hypothèse est que les discours de la
relation de soin contiennent les conditions pour le personnel soignant,
mais aussi et surtout pour patients et proches et, plus largement, pour
la collectivité dans son ensemble, de « “re-possibiliser” l’existence de
son patient, de l’aider à donner un horizon nouveau à sa vie, ouvrir
son champ des possibles » (Svandra 2008). Ils travailleraient certaines
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valeurs portées, par exemple, par les notions de vie, de mort, de mala-
die, ou de vulnérabilité et d’autonomie telles qu’elles sont parlées lors
des différentes étapes du parcours de soin et/ou du traumatisme, en
contraste avec la doxa plus habituelle du « contexte sain ». Plus encore,
nous posons l’hypothèse que les pratiques discursives étudiées, peuvent
participer à une pratique sanitaire au long cours. Pratique dans laquelle
la « parole fait soin » (Rossi 2011) et que nous rapprochons des travaux
sur la notion de care, mais aussi, de ceux sur la notion de résilience,
définie notamment par Van Hooland (2002) dans un cadre psycho-
sociolinguistique. Ces deux notions renforcent la dimension humaniste
et relationnelle du soin, la seconde introduisant une conception partici-
pante du patient. La résilience est en effet entendue comme la « capacité
d’un individu à résister et construire face à un traumatisme », elle repose
sur une évolution positive et passe par un processus de « socialisation
langagière » (Van Hooland 2002). Dans cette conception globale du
soin (voir infra), si certaines conditions sont respectées, la parole peut
avoir fonction de résilience (Cyrulnik 1993) et devenir ainsi, selon Rossi
(2011), une ressource à part entière de la relation soin :
« La parole est aussi soin, elle engage des pratiques, elle légitime des
dispositifs, elle œuvre à construire la maladie. Elle constitue un socle
partagé entre médecins, thérapeutes et patients, ce qui permet de l’ap-
préhender comme un analyseur de l’expérience du malade ainsi que des
registres médicaux et soignants contemporains qui lui permettent de
gérer la maladie et de se construire. Elle nous montre enfin que les liens
entre corps, maladie et recours thérapeutiques pluriels redéfinissent, avec
le temps et par l’expérience, l’humain, la structure globale de l’expé-
rience (corporelle, psychique, morale et existentielle), de même que tout
jugement et toute action. »
Cette conception relationnelle du soin impliquant tous les acteurs du
dispositif met également en jeu de façon renouvelée et peut-être inédite
des identités, celle du soigné, des soignants et des proches, reconstuites
par et dans le processus intersubjectif du dispositif sanitaire. Guilbert
PRÉSENTATION. NOUVEAUX DISCOURS DE LA SANTÉ / 21

et Lefort (2017), dans leur récent ouvrage, regroupent des contributions


qui questionnent la notion d’identité auprès de sujets ayant subi une
expérience traumatisante. Ils observent que leur identité, dynamique et
évolutive, – particulièrement fragilisée – y est définie comme « somme
des “sois” successivement (in)validés » et « construite dans la dialec-
tique d’une reconnaissance intersubjective » (Burger 1994 : 250). Dans
l’espace spécifique du soin relationnel comme ailleurs, elle « se négocie
sur fond de représentations culturelles, collectives et doxiques » (Ploog et
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al. 2017 : 160) montrant toute la dimension subjective, sociale et per-
formative de ces pratiques discursives malgré les univers professionnels
et technicisés dans lesquels elles peuvent prendre place ou avec lesquels
elles sont en lien.

4. Le soin relationnel comme objet des SHS


La problématique ainsi développée dans l’interdisciplinarité des SHS
rencontre – en même temps qu’elle s’y inscrit – les considérations de
l’éthique biomédicale, de la philosophie et de l’anthropologie dans la
réflexion sociétale sur les questions de santé qui relèvent désormais d’un
« modèle global » (Bury 1988) : la maladie n’y résulte plus seulement
de l’organique, mais de facteurs complexes (voir le modèle bio-psycho-
social, Berquin 2010). Elle voit également l’arrivée d’études qualita-
tives dans plusieurs champs de la médecine avec des méthodologies
inspirées des SHS (approche phénoménologique, focus group, analyse
par théorie ancrée : Grounded Theory, etc.) (Rul & Carneval 2014 ;
Engberink et al. 2016 ; Canévet & Rouy 2013 ; De Stefano et al. 2016).
On peut, dans ce sens, signaler également la réingéniérie des formations
paramédicales (type licence-master-doctorat) avec l’universitarisation de
la profession d’infirmière (favorisant l’accès à la recherche, aux passerelles
interdisciplinaires, à l’enrichissement des carrières) (Debout et al. 2010),
mais avec souvent une centration sur le langage en termes d’« habileté
communicationnelle » (Fournier & Kerzanet 2007) comme dans de
nombreux travaux menés dans les disciplines de la santé (notions de
Communication skills Training, Cross-cultural competence) ou en termes
d’« expertise linguistique » dans des travaux de sociolinguistique inte-
ractionnelle, d’information et communication et d’ethnographie de
la communication (Grosjean & Lacoste 1999 ; Carretier et al. 2010 ;
Vergely et al. 2010 ; Weber 2017) en lien avec la demande sociale.
Dans ce dossier, notre orientation se veut avant tout inscrite en
analyse linguistique du discours, domaine encore peu développé dans
les travaux consacrés à la relation de soin mais fécond en réflexions
22 / NATHALIE GARRIC ET ALEXANDRE HERBLAND

épistémologiques et méthodologiques et pour lequel nous nous réfé-


rons aux travaux de Dahan, Ducard et Caeymaex (2017) sur le discours
médical et le dialogue médecins-patients qui se fondent sur une concep-
tion de la santé comme norme sociale. Ces chercheurs s’intéressent au
sens de certaines notions de santé publique « du point de vue philoso-
phique, juridique, éthique et social, et à ses conséquences dans l’instau-
ration d’un dialogue soumis aux contraintes de l’institution, à l’ordre de
la loi, aux impératifs de la profession et à des exigences morales, et dont
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l’objectif déclaré est de répondre à un modèle de la concertation dans
la décision thérapeutique et la pratique des soins » (Dahan, Ducard et
Caeymaex 2017). Nous nous référons également aux travaux issus du
colloque « Emmêler et démêler la parole : la relation de soin à l’épreuve
de la communication5 » qui s’est consacré aux spécificités de la relation
de soin à différentes échelles « micro, au travers de l’analyse linguistique
et thématique des interactions ; meso, au travers de l’étude de la circu-
lation des discours dans la structure pluridisciplinaire ; macro, par la
mise en évidence de l’évolution des identités et des discours au fil des
processus de soin » (Ploog et al. 2018). Enfin, nous nous référons aussi
aux travaux inscrits en analyse du discours et en analyse des interactions
autour de la notion d’identité qui appréhendent les identités comme
étant construites par et dans les pratiques interactionnelles (Greco,
Mondada & Renaud 2014 ; Equoy-Hutin & Mariani-Rousset 2016) :
« L’objet “identité” est avant tout discursif : les identités sont vues depuis
les discours des acteurs, les mots et les formes verbales utilisées pour se
dire exprimant ici une recherche identitaire, là une revendication iden-
titaire, là encore un travail parfois douloureux de reconstruction, etc. »
(Guilbert & Lefort 2017 : 10)
Notre perspective, par l’intérêt qu’elle porte à certains marqueurs,
notamment énonciatifs, peut également être rapprochée des travaux
plus anciens de Morin et Salazar-Orvig (1996) qui s’intéressent au cas
de patients hémiplégiques et qui montrent « que les difficultés de ces
patients peuvent s’entendre non pas comme la défaillance de systèmes
neuronaux contrôlant les activités cognitives ou l’humeur, mais comme
la discordance entre identités symbolique et imaginaire chez des sujets
qui se savent porteurs d’une lésion cérébrale ». Les auteurs posent l’hypo-
thèse que d’autres facteurs, en l’occurrence de type représentationnel et

5. Colloque international, « Emmêler et démêler la parole. La relation de soin à l’épreuve


de la communication », université de Franche-Comté, 16-17 octobre 2014, organisé
par les laboratoires ELLIADD et LASA.
PRÉSENTATION. NOUVEAUX DISCOURS DE LA SANTÉ / 23

identitaire, viennent au moins compléter les analyses des professionnels


de la santé, voire même des proches et des patients, qui ont tendance
« à réduire leurs incapacités ou l’altération de leur humeur au registre
de la déficience réelle et du dysfonctionnement cérébral ». Les auteurs
adoptent une méthodologie qu’elles qualifient de linguistique appliquée
et s’intéressent aux « “mots de la maladie et du handicap” et aux struc-
tures grammaticales marquant la place des patients dans leur propre dis-
cours ». Les travaux de Gülich (2010), en analyse conversationnelle, sur
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la description de crises d’épilepsie par les patients soulignent également
l’intérêt de l’analyse linguistique pour l’établissement du diagnostic,
mais aussi dans une perspective psychothérapeutique. Dans le prolon-
gement de ces travaux, ainsi que ceux de Rolland-Lozachmeur (2013),
réservés aux pathologies cancéreuses et consacrés à la description linguis-
tique de discours de patients, nous proposons ici spécifiquement de défi-
nir les discours des différents acteurs de la santé « comme une pratique
de construction de soi et du monde, productrice de son propre univers,
de sa propre réalité […] [qui] confère à la parole à la fois le statut d’une
voie d’accès privilégiée aux identités des acteurs sociaux et aux représen-
tations sociales et celui d’une force agissante sur les pratiques sociales,
les systèmes de valeurs et la signification même des mots que le discours
mobilise pour les décrire » (Galatanu 2012). Il s’agit d’interroger leur
apport dans la compréhension de la relation de soin (au sens de care) qui
s’établit entre patients, proches et soignants.

5. Discours autour de la maladie


Les contributeurs de ce numéro de Langage & Société appartiennent à
des disciplines différentes – sciences du langage, médecine, psycholo-
gie, littérature – mais tous consacrent leurs travaux au domaine de la
santé qu’ils abordent par l’intermédiaire de productions discursives défi-
nies comme des pratiques langagières et pratiques sociales à part entière
(Boutet 1985). Chacun pose que ces discours autour de et sur la maladie
peuvent constituer des outils pour comprendre que l’environnement du
« pathologique est aussi chargé de valeurs positives car cet état constitue
une allure nouvelle de vie, un autre équilibre et non pas simplement une
diminution ou un déficit » (Svandra 2008). L’approche est empirique
et fondée sur l’analyse d’observables langagiers (marqueurs énonciatifs,
dialogiques, thématiques, séquentiels notamment) sélectionnés en rai-
son de leur pertinence et cohérence en corpus et de leur représentativité
des pratiques étudiées.
24 / NATHALIE GARRIC ET ALEXANDRE HERBLAND

Alexandre Herbland, praticien, s’intéresse à des dispositifs d’écriture


hors-cadre (journal de bord, lettre de remerciement, lettre de condo-
léances) susceptibles de prévenir la vulnérabilité de chacun des acteurs
de la relation de soin : patient/proches/soignants. Il questionne le rôle
de care de ces pratiques langagières pour enfin les envisager du point de
vue de la médecine et de l’éthique narratives en étudiant notamment la
contribution spécifique des propriétés du récit au soin relationnel.
Nathalie Garric et Elena Thuault explorent également le contexte de
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la réanimation en étudiant le potentiel rôle de praxis sanitaire de lettres
de patient et de proche adressées à l’équipe soignante. Après une analyse
de l’acte de remerciement, du dispositif épistolaire et de leur dimen-
sion affective, émotionnelle et identitaire, elles se proposent d’éclairer
le fonctionnement de ces lettres par un rapprochement avec l’élégie funèbre
et l’épitaphe, notamment en traitant des procédés de l’euphémisation
participant à l’expression de l’indicible, lié au traumatisme.
Dans le même contexte mais en analysant spécifiquement les lettres
de patient, Olga Galatanu s’intéresse à l’acte de remerciement comme
macro-acte illocutionnaire au statut modal complexe pour montrer
qu’il assume dans le cadre du soin au long terme des fonctions iden-
titaires, de réparation, de restauration du sujet énonciateur et de régé-
nération de l’identité professionnelle de son destinataire de l’ordre du
soin relationnel.
Caroline Cance et Katja Ploog étudient la construction interaction-
nelle complexe d’objets de soin dans les consultations d’un Centre de
soin, d’accompagnement et de prévention en addictologie (CAPSA).
Elles analysent par des outils empruntés à l’analyse conversationnelle
les activités notamment d’étayage, de reformulation et de thématisation
qui permettent de mener le soin contractuel (traitement substitutif) et,
bien au-delà, de se consacrer au soin non contractuel pour une prise en
charge globale de la santé des usagers.
Marcelo dos Santos Mamed, Michèle Grossen et Michel Cauderay
s’intéressent aux séquences explicatives d’une séance d’éducation théra-
peutique du patient (ETP) dans le contexte du diabète et les mettent en
discussion pour solliciter la réflexivité des soignants. La méthode d’auto-
confrontation simple et croisée (soignant/chercheur ; soignant/soignant)
prend le relais de l’analyse du discours pour analyser ce qui favorise ou
empêche la compréhension. Elle produit notamment, grâce à des rela-
tions de dialogue, de nouvelles explications contribuant à une forme de
développement professionnel.
PRÉSENTATION. NOUVEAUX DISCOURS DE LA SANTÉ / 25

Pour atteindre cette nouvelle écologie relationnelle du soin que nous


posons, ce dossier réunit ainsi plusieurs corpus constitués de réalisations
langagières singulières produites dans la relation patient/soignants ou
proches/soignants. Ce choix est nourri par un positionnement en lin-
guistique de corpus étroitement articulé à la notion de variation et d’hé-
térogénéité des données et des dispositifs, de variation des méthodolo-
gies de construction et d’analyse des corpus (Garric & Longhi 2012).
Par cette approche, il s’agit de « donner une assise à la fois dynamique,
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sociodiscursive, et sémiodiscursive, à l’analyse d’observables qui consti-
tuent la matérialité des textes » (Longhi 2018). Les discours analysés
peuvent s’envisager comme des pratiques du care qui consistent en une
négociation avec des valeurs collectives avant et autour de la maladie
et de nouvelles valeurs avec la maladie, « comme un laboratoire pour
l’invention, la négociation et l’expérimentation de nouvelles normes
langagières » (Husson 2017 : 41) dans les situations de vulnérabilité.
Chaque article travaille à partir d’un corpus en lien avec des histoires
médicales et l’ensemble ainsi constitué se veut une forme de configu-
ration du discours du soin relationnel qui échappe à la linéarité et se
coconstruit dans l’interaction de productions plurielles par les dispositifs
multidimensionnels qu’elles mettent en jeu et parfois très distantes l’une
de l’autre dans le parcours médical.

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