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UNIVERSITE ABDELMALEK ESSAADI

FACULTE DES SCIENCES ET TECHNIQUES TANGER


DEPARTEMENT GENIE ELECTRIQUE

Machines à courant alternatif

• Champ tournant

• Machines synchrones

• Machines asynchrones

Pr. BOULAALA M. Département Génie Electrique CI GEMI S4, FST TANGER 1


Champ tournant
Principe des machines électriques :
Soit un aimant permanent en U qui 
produit un champ magnétique dans
l’entrefer.

Si on place une aiguille aimantée


N-S dans ce champ et on fait tourner
l’aimant à une vitesse constante, on
constate que l’aiguille suit la
rotation de l’aimant et à la même
vitesse. C’est le principe des 
machines synchrones !   
2
Champ tournant
Principe des machines électriques :
Si on met, à la place de l’aiguille, un
disque métallique ; celui-ci et d’après 
la loi de Lenz serait le siège des
courants de Foucault qui s’opposent à
la cause qui leurs a donnée naissance.
Ces courants tendent à faire tourner le
disque.
La vitesse de rotation du disque reste 
inférieure à la vitesse de rotation de
l’aimant, car c’est le déplacement
relatif qui donne naissance aux   
courants induits. C’est le principe des
machines asynchrones ! 3
Champ tournant
Principe des machines électriques :
Pour produire un champ tournant,
sans utiliser et faire tourner l’aimant
permanent, on alimente, avec un
système triphasé équilibré de
tensions de pulsation 𝜔, trois
bobines identiques dont les axes sont
décalés de 120°.
L’aiguille aimantée placée au centre
tourne à une vitesse égale à la
pulsation des courants dans les
bobines ; tandis que le disque
précédant tourne à une vitesse
inférieure à 𝜔.

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Création d’un champ tournant:
Roue polaire:
La méthode la plus simple pour produire un
champ tournant est la mise en rotation d’un
aimant permanent.
Dans la pratique, on fait tourner un rotor
portant des pôles magnétiques alternativement
Nord - Sud. Ces pôles ne sont pas constitués
d’aimants permanents mais d’électroaimants
(bobines parcouru par un courant magnétisant
continu).
Les bobines magnétisantes sont
disposées de sorte à ce que la
répartition spatiale de l’induction soit
sinusoïdale.

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Création d’un champ tournant:
Expression du champ rotorique tournant:
Une machine à pôles lisses (entrefer
constant) à deux pôles.
L’enroulement le plus simple
comporte deux encoches diamétrales
avec n spires par encoche.
Le champ magnétique en un point P
est donnée par :
𝐻 𝑃 = 𝐻𝑚 𝑐𝑜𝑠𝜃.
H est maximum sur l’axe de la bobine
et il vaut 𝐻𝑚 suivant cette direction.
On définit un repère fixe OX, le point P
est repérer par un angle 𝛼.
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Création d’un champ tournant:
Expression du champ rotorique tournant:
Lorsque le rotor tourne à la vitesse
de rotation Ω, à un instant t, l’axe de
la bobine fait un angle Ωt avec l’axe
fixe OX.
D’où 𝜃 = 𝛼 − Ωt
Donc le champ en un point P est
donné par :
𝐻(𝑃, 𝑡) = 𝐻𝑚 𝑐𝑜𝑠𝜃 = 𝐻𝑚 cos(𝛼 − Ωt)
Pour un rotor (ou roue polaire) portant 2p pôles ; il y a p
situations identiques sur un tour d’entrefer. L’expression du
champ devient dans ce cas :
𝐻(𝑃, 𝑡) = 𝐻𝑚 𝑐𝑜𝑠𝑝𝜃 = 𝐻𝑚 cos(𝑝𝛼 − 𝑝Ωt)

7
Création d’un champ tournant:
Expression du champ rotorique tournant:
On a 𝐻 𝑃, 𝑡 = 𝐻𝑚 𝑐𝑜𝑠𝑝𝜃 = 𝐻𝑚 cos(𝑝𝛼 − 𝑝Ωt)
Donc une roue polaire (ou rotor)
portant 2p pôles entrainée à la
vitesse de rotation Ω crée, dans
l’entrefer, un champ tournant de
pulsation 𝜔 = 𝑝Ω

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Création d’un champ tournant:
Bobinage fixe parcouru par un courant sinusoidal:
Soit un enroulement constitué de p
bobine en série régulièrement
réparties sur le stator d’une machine
à courant alternatif (les stators des
machines synchrones et
asynchrones sont identiques).
On suppose que l’enroulement
est parcouru par un courant
𝑖(𝑡) = 𝐼𝑚 𝑐𝑜𝑠(𝜔𝑡)
La valeur de l’excitation magnétique H sur la normale de la
bobine vaut :
𝐻(𝑡) = 𝐻𝑚 𝑐𝑜𝑠(𝜔𝑡) Où 𝐻𝑚 = 𝐾𝐼𝑚
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Création d’un champ tournant:
Bobinage fixe parcouru par un courant sinusoidal:
On prend l’axe de la bobine (1,1’)
comme référence.
Le champ en un point P quelconque
de l’entrefer est donné par :
𝐻(𝑃, 𝑡) = 𝐻(𝑡) 𝑐𝑜𝑠(𝑝𝜃)
= 𝐻𝑚 𝑐𝑜𝑠(𝜔𝑡) 𝑐𝑜𝑠(𝑝𝜃)
L’expression obtenue n’est pas celle
d’un champ tournant.
On a obtenu ainsi un champ ‘ pulsant ’
L’expression de ce champ peut s’écrire aussi :
𝐻 𝑃, 𝑡 = 𝐻𝑚 𝑐𝑜𝑠 𝜔𝑡 𝑐𝑜𝑠 𝑝𝜃
1 1
= 𝐻𝑚 cos 𝑝𝜃 − 𝜔𝑡 + 𝐻𝑚 cos 𝑝𝜃 + 𝜔𝑡
2 2 10
Création d’un champ tournant:
Bobinage fixe parcouru par un courant sinusoidal:

Donc
1 1
𝐻 𝑃, 𝑡 = 𝐻𝑚 cos 𝑝𝜃 − 𝜔𝑡 + 𝐻𝑚 cos 𝑝𝜃 + 𝜔𝑡
2 2
Théorème de LEBLANC
Un enroulement, comprenant p bobines identiques
régulièrement disposées le long de l’entrefer, créent un
champ magnétique à répartition spatiale sinusoïdale parcouru
par un courant alternatif sinusoïdal, donne naissance à deux
champs tournants de même amplitude maximale, de même
nombre de paires pôles et de vitesses de rotation opposées
Ω1 = 𝜔/𝑝 et Ω2 = −𝜔/𝑝
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Création d’un champ tournant:
Bobinage fixe triphasé parcouru par des courants triphasés:
On considère maintenant trois enroulements de
p bobines chacun (3p bobines en total)
régulièrement réparties dans l’entrefer
( on prend p=2 comme exemple)
On alimente les trois enroulements
par un système triphasé équilibré
direct, ils seront donc parcourus par des
courants formant un système triphasé
équilibré :
2𝜋
𝑖1 = 𝐼𝑚 cos(𝜔𝑡) ; 𝑖2 = 𝐼𝑚 cos(𝜔𝑡 − )
3
4𝜋
𝑖3 = 𝐼𝑚 cos(𝜔𝑡 − )
3
12
Création d’un champ tournant:
Bobinage fixe triphasé parcouru par des courants triphasés:
Le champ créé par l’un
quelconque de ces enroulements, en
un point P situé à 𝜃𝐾 de l’axe 𝑂𝑋𝐾
(axe de la bobine 𝐾), est donné par:

𝐻1 (𝑃, 𝑡) = 𝐻𝑚 𝑐𝑜𝑠(𝜔𝑡) 𝑐𝑜𝑠(𝑝𝜃1 )


2𝜋
𝐻2 (𝑃, 𝑡) = 𝐻𝑚 𝑐𝑜𝑠(𝜔𝑡 − ) 𝑐𝑜𝑠(𝑝𝜃2 )
3
4𝜋
𝐻3 (𝑃, 𝑡) = 𝐻𝑚 𝑐𝑜𝑠(𝜔𝑡 − ) 𝑐𝑜𝑠(𝑝𝜃3 )
3

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Création d’un champ tournant:
Bobinage fixe triphasé parcouru par des courants triphasés:
Le champ résultant créé par les trois bobines est
donc égal à :
𝐻 𝑃, 𝑡 = 𝐻1 𝑃, 𝑡 + 𝐻2 𝑃, 𝑡 + 𝐻3 (𝑃, 𝑡)
En faisant subir à chacun de ces champs la
decomposition prevue par le theoreme de Leblanc
et en remarquant que :
2𝜋
𝜃2 = 𝜃1 −
3
4𝜋
𝜃3 = 𝜃1 −
3
on obtient :
3
𝐻 𝑃, 𝑡 = 𝐻𝑚 cos(𝑝𝜃1 − 𝜔𝑡)
2 14
Création d’un champ tournant:
Bobinage fixe triphasé parcouru par des courants triphasés:
3
𝐻 𝑃, 𝑡 = 𝐻𝑚 cos(𝑝𝜃1 − 𝜔𝑡)
2
C’est l’expression d’un champ tournant possédant p paires
de pôles et glissant à la vitesse de rotation Ω = 𝜔/𝑝 dans le
sens direct.
Théorème de FERRARIS
p systèmes de bobines triphasées régulièrement répartis le
long de l’entrefer et alimentés par un système de courants
triphasés de pulsation 𝜔 créent p paires de pôles d’un champ
tournant à la vitesse de rotation 𝜔/𝑝.
La valeur du champ est maximale sur l’axe de la bobine
quand l’intensité du courant dans cette bobine passe par sa
valeur maximale. 15
Force électromotrice induite par un champ tournant:
F.E.M induite dans un brin conducteur:
L’excitation magnétique en
un point P quelconque de
l’entrefer est donné par :
𝐻 𝑃, 𝑡 = 𝐻𝑚 cos(𝑝𝛼 − 𝑝Ω𝑡)
Puisque le champ magnétique
est donné par 𝐵 = 𝜇0 𝐻 dans
l’air, on en déduit :
𝐵 𝑃, 𝑡 = 𝐵𝑚 cos(𝑝𝛼 − 𝑝Ω𝑡)
On considère un conducteur de longueur L, suivant l’axe
de l’entrefer, placé dans une encoche à la distance R de
l’axe.
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Force électromotrice induite par un champ tournant:
F.E.M induite dans un brin conducteur:
On considère un conducteur
de longueur L, suivant l’axe
de l’entrefer, placé dans une
encoche à la distance R de
l’axe.
Pendant un instant 𝑑𝑡
le conducteur voit défiler
le champ d’un angle Ω𝑑𝑡,
donc il coupe un flux 𝑑𝜙;
tout se passe comme si le conducteur, de longueur L, s’est
déplacé d’un angle Ω𝑑𝑡 dans le sens inverse. L’élément de
surface balayé a pour aire : 𝑑𝑆 = 𝐿𝑅Ω𝑑𝑡
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Force électromotrice induite par un champ tournant:
F.E.M induite dans un brin conducteur:
On a 𝑑𝑆 = 𝐿𝑅Ω𝑑𝑡
Puisque le champ est radial
en tout point de l’entrefer,
l’élément de flux coupé vaut:
𝑑𝜙 = 𝐵 𝑃, 𝑡 𝑑𝑆
= 𝐵𝑚 𝐿𝑅Ω𝑑𝑡cos(𝑝𝛼 − 𝑝Ω𝑡)
Donc la f.e.m aux bornes d’un
brin conducteur, placé en un
point P, est donnée par la
formule:
𝑑𝜙
𝑒𝑏 = −
𝑑𝑡
𝑒𝑏 = −𝐵𝑚 𝐿𝑅Ωcos(𝑝𝛼 − 𝑝Ω𝑡) 18
Force électromotrice induite par un champ tournant:
F.E.M induite dans une spire:

Si on dispose d’une spire


constituée de deux brins de
conducteurs b1 et b2 situés à 𝛼 et 𝛼′
par rapport à l’axe de référence;
alors
𝛼 − 𝛼 ′ = 𝜋/𝑝
Donc 𝑒𝑏2 = −𝑒𝑏1
La f.e.m aux bornes de la spire est
égale à :
𝑒𝑠 = 𝑒𝑏2 − 𝑒𝑏1
on obtient donc :
𝑒𝑠 = 2𝐵𝑚 𝐿𝑅Ωcos(𝑝𝛼 − 𝑝Ω𝑡)
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Force électromotrice induite par un champ tournant:
F.E.M induite dans un enroulement de p bobines:

L’enroulement d’une machine


2p poles est constitué de p
bobines (de n spires chacune)
branchées en série et
régulièrement espacées
2𝜋
(décalées de ). et étant donné que le champ tournant porte
𝑝
p alternances (p positions identiques dans l’entrefer). Donc
les p bobines d’un enroulement se trouvent dans des
situations identiques.
D’où la f.e.m aux bornes d’une section est :
𝑒1 = 𝑒2 = 2𝑛𝐵𝑚 𝐿𝑅Ωcos(𝑝𝛼 − 𝑝Ω𝑡)
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Force électromotrice induite par un champ tournant:
F.E.M induite dans un enroulement de p bobines:
La f.e.m aux bornes d’une section est :
𝑒1 = 𝑒2 = 2𝑛𝐵𝑚 𝐿𝑅Ωcos(𝑝𝛼 − 𝑝Ω𝑡)
Et la f.e.m aux bornes des p bobines, connectées
en série, est egale à :
𝑒 = 2𝑝𝑛𝐵𝑚 𝐿𝑅Ωcos(𝑝𝛼 − 𝑝Ω𝑡)

2𝑝𝑛 est le nombre des conducteurs de


l’enroulement, on le note 𝑁
𝑒 = 𝑁𝐵𝑚 𝐿𝑅Ωcos(𝑝𝛼 − 𝑝Ω𝑡)
ω 2πf
Or Ω = =
p p
𝜋 2𝐿𝑅
Donc 𝐸 = 𝑁𝑓 𝐵𝑚
2 𝑝
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Facteur de bobinage :
Facteur d’inclinaison:
Pour des raisons techniques, on est
souvent amené à pratiquer des
encoches inclinées par rapport à l’axe
de la machine, donc l’enroulement
sera aussi incliné.
Si on appelle 𝐸𝑏 la valeur efficace de la f.e.m
induite lorsque le conducteur est parallèle à l’axe
de la machine (celle calculée précédemment).
Dans le cas d’un conducteur incliné, la valeur
efficace de la f.e.m induite s’écrit :
𝑝𝛿
2 𝑝𝛿 sin
2
𝐸′𝑏 = 𝑘𝑖 𝐸𝑏 ; où 𝑘𝑖 = sin = 𝑝𝛿
𝑝𝛿 2
2
𝑘𝑖 est appelé facteur d’inclinaison 22
Facteur de bobinage :
Facteur de raccourcissement:
Lorsqu’on effectue un bobinage, les
deux conducteurs constituant une
spire doivent être placés dans des
𝜋
encoches distantes de . ce qui n’est
𝑝
toujours pas possible à réaliser.
Si on appelle 𝐸𝑆 la f.e.m induite lorsque les deux
𝜋
conducteurs de la spire sont distants de ; et si on note 𝛽
𝑝
l’angle de raccourcissement, alors en présence d’un
raccourcissement la f.e.m induite aux bornes de la spire
s’écrit : 𝐸′𝑆 = 𝑘𝑟 𝐸𝑆
𝑝𝛽
où 𝑘𝑟 = cos( )
2
𝑘𝑟 est le facteur de raccourcissement 23
Facteur de bobinage :
Facteur de distribution:
En pratique un faisceau n’est pas
placé dans une encoches (pour
éviter de tailler des encoches de
grandes dimensions), les n
conducteur d’un faisceau sont
réparties dans plusieurs encoches ;
(chaque faisceau occupe z
encoches voisines à raison de b
conducteurs par encoche) : n = z b
Si 𝐸𝑏𝑜𝑏 la f.e.m aux bornes de la bobine dont les 2 faisceaux
sont placés dans 2 encoches ; alors la f.e.m aux bornes de la
bobine dont les faisceaux sont répartis dans z encoches est
𝑍𝑝 𝜀
sin ( )
2
donnée par : 𝐸′𝑏𝑜𝑏 = 𝑘𝑑 𝐸𝑏𝑜𝑏 ; avec 𝑘𝑑 = 𝑝𝜀
𝑍𝑠𝑖𝑛 ( )
2
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Facteur de bobinage :
Facteur de distribution:
La f.e.m aux bornes de la bobine
dont les faisceaux sont répartis dans
z encoches est donnée par :
𝐸′𝑏𝑜𝑏 = 𝑘𝑑 𝐸𝑏𝑜𝑏 ;
𝑍𝑝𝜀
sin ( )
2
avec 𝑘𝑑 = 𝑝𝜀 ;
𝑍𝑠𝑖𝑛 ( )
2
𝑘𝑑 est le facteur de distribution

Remarque : 𝑘𝑖 , 𝑘𝑟 et 𝑘𝑑 sont toujours


inférieures à l’unité

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Facteur de bobinage :
Pour un enroulement composé de p bobines, distribuées
comme étudier précédemment, le mode de bobinage
intervient dans l’expression de la f.e.m induite par
l’intermédiaire d’un coefficient 𝑘𝑏 dit coefficient de
bobinage
Si N est le nombre de conducteurs de l’enroulement La
f.e.m induite aux bornes de l’enroulement est égale à :
𝜋 2𝐿𝑅
𝐸= 𝑘𝑏 𝑁𝑓 𝐵𝑚 = 2,22𝑘𝑏 𝑁𝑓𝜙𝑚
2 𝑝
où 𝑘𝑏 = 𝑘𝑖 𝑘𝑟 𝑘𝑑
Aussi 𝐸 = 𝑘𝑝 𝑁𝑓𝜙𝑚
avec 𝑘𝑝 = 2,22𝑘𝑏 : coefficient de Kapp

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