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L’ATTENTE

H3 Le judaïsme aujourd’hui
But : Découvrir la religion juive et sa pratique actuelle

A) EXPLICATION DE LA FICHE-PARTICIPANT

1) Le judaïsme d’hier à aujourd’hui


• Les origines :
Le mot "Hébreu" vient de Genèse 14 : 13 : "un rescapé vint l’annoncer à Abram, l’Hébreu…" et de Genèse 10 : 21 "Sem… il est l’ancêtre
de Eber…". La racine du mot ‘héber’ signifierait "passer, traverser"1.

En reprenant les fiches bibliques (les trois dernières), il est facile de reconstituer les origines du judaïsme. Dieu appelle un homme,
Abraham et se constitue un peuple. Abraham, Jacob, Joseph, les 12 tribus, Moïse, les 10 commandements, Josué, l’époque des Juges
puis des rois avec David, les prophètes : tous ces hommes, tous ces événements sont les maillons "fondateurs" de la religion juive. Dieu
se révèle, se fait connaître à travers des hommes et un peuple choisis.

• La dispersion des Juifs :


"En 70 après J.-C., après une révolte des Juifs, les Romains incendient Jérusalem. Il ne subsiste du Temple que le mur occidental (ou
mur des Lamentations). De nombreux juifs partent pour l’Egypte, le Maghreb, l’Europe ou la Babylonie."2
En 134 : Après la révolte des Juifs, Jérusalem leur est interdite. C’est le début de la diaspora, surtout en Italie, à Babylone.
L’empereur Caracalla accorde droit de cité aux Juifs. Ils se dispersent dans tout l’empire romain en Asie Mineure, dans les Balkans, en
Afrique du Nord (surtout au Maroc et en Egypte) et en Espagne.
Mais les empereurs byzantins édictent des lois qui font des Juifs des citoyens inférieurs. L’officialisation du christianisme va s’accom-
pagner de l’antisémitisme.

• A Babylone :
Entre 200-500, c’est la période de l’élaboration du Talmud : vers 200, Rabbi Juda Hanassi rédige la Mishna mettant par écrit la loi orale
qui actualise les 613 commandements (Midrash).
Exemple :
Dans la Torah écrite : "Le sabbat, tu ne feras aucun labeur" (Exode 20).
La Torah orale énumère les 39 travaux interdits durant le sabbat.
Ce recueil s’accompagnera de commentaires (Gemârâ). Mishna et Gemârâ formeront un seul recueil intitulé "Talmud" dès le 4ème
siècle. Il existe plusieurs Talmud, celui de Babylone était le plus répandu.

• Au Moyen Age :
Les Juifs sont tolérés dans les pays nouvellement islamisés mais ils ne peuvent travailler la terre. Ils sont admis comme commerçants
et artisans.
Au 6ème siècle, un courant d’émigration juive part de l’Italie vers la France et l’Allemagne.

L’antisémitisme resurgit à plusieurs périodes du Moyen Age, notamment au cours des croisades.
Quelques courants d’émigration :
- 700-900 : de Byzance vers la Russie
- 1066 : de la France vers l’Angleterre
- 1290 : de l'Angleterre vers la France et l’Allemagne
- 1336 : de l’Allemagne vers la Pologne
Au cours du Moyen Age, en Europe, deux cultures distinctes se sont donc développées au sein du judaïsme, la culture juive séfarade
(péninsule Ibérique) et la culture juive ashkénaze (Allemagne et Europe de l’Est).

A la fin du Moyen Age, à la suite des expulsions d’Angleterre (1290), de France (1394), d’Espagne (1492) et du Portugal (1496), les
exilés trouvèrent refuge sur le territoire de l’Empire ottoman et dans le "Nouveau monde". Les étapes d’émigration sont les suivantes :
- 1394 : de la France vers l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne.
- 1492 : de l’Espagne vers le Portugal, vers l’Afrique du Nord et l’Empire ottoman.
- 1496 : du Portugal vers les Amériques

• Le 19ème et 20ème siècle :


La Révolution française a marqué un tournant (liberté de culte, droits de l’homme), et a vu ainsi poindre l’émancipation civile et politique
de la communauté juive.

1. La note de la NBS ajoute "Héber apparaît 34 fois dans la Bible hébraïque, le plus souvent dans la bouche d’étrangers ou du moins dans un contexte qui distingue les
Hébreux des non Israélites".
2. Les religions du monde, (Encyclopédie des jeunes ; Larousse, Paris, 1995), p. 35.

1
Mais "les pogroms de Russie et de Pologne suscitèrent de nouvelles migrations principalement vers les Etats-Unis, qui devinrent et
demeurent le pays abritant la plus grande concentration de communautés juives"3.
Ce siècle est aussi marqué par l’émigration des Juifs de l’Empire ottoman vers les Etats-Unis.

Dans les années 1850-1860, un petit groupe de rabbins lance un mouvement en faveur du retour volontaire des Juifs à Sion : c’est ce
que l’on appelle le "sionisme". Trois noms peuvent être mentionnés : Théodore Herzl (initiateur), Yehouda Alkalaï et Mose Hess.

En 1897, Herzl lance officiellement le mouvement. En 1917, le mouvement reçoit un appui officiel avec la déclaration d’Arthur James
Balfour.
Le génocide des Juifs (1942) d’Europe (la "Shoah" qui signifie "catastrophe" en hébreu), conduit au ralliement général autour de l’Etat
Juif naissant.
Le 14 mai 1948, l’indépendance de l’Etat d’Israël est proclamée. La première capitale était Tel Aviv. En 1980, Jérusalem devient la
capitale.
Jérusalem compte aujourd’hui 500 000 habitants dont 360 000 Juifs. La ville a été occupée au fil des siècles successivement par les
musulmans, par les chrétiens, par les juifs.
Dans cette ville, se trouve le mur des Lamentations : dernier vestige du Temple construit par Hérode. Les Juifs viennent y prier.

En 1993, la population juive mondiale était estimée à 18 millions de personnes : 6,8 millions aux Etats-Unis, 4,3 millions en Israël, 4
millions en Europe4 , dont 700 000 en France5.

2) La foi juive
Les juifs se réunissent dans des synagogues qui sont orientées vers Jérusalem. Durant les offices, les hommes et les femmes sont
séparés. Les fidèles se réunissent à différents moments, mais principalement le jour du shabbat, jour du repos (consacré à la prière,
à l’étude, au repos et à la fête en famille). Le shabbat commence le vendredi soir, quelques minutes avant le coucher du soleil, et se
termine une heure après le coucher du soleil le samedi soir (Gen 2 : 3 ; Ex 20 : 8-11).
Le rabbin ("rabbi" ="mon maître") est le responsable dans les communautés juives. Il enseigne la Torah, il prend également des déci-
sions concernant les règles de vie, d’éthique et il règle les problèmes entre personnes.
Le judaïsme célèbre également de nombreuses fêtes en lien direct avec l’histoire du peuple juif, se référant à de nombreux épisodes
de la Bible.

Quatre chemins :

1. Les bénédictions : Les juifs récitent des prières de bénédictions, lors des fêtes et au long de la journée. Exemple d’occasion de
bénédiction : "La Terre appartient à Dieu et les hommes n’en sont que les usufruitiers : par conséquent, le locataire doit prononcer
une bénédiction sur le propriétaire avant de jouir de ses biens."

2. La prière (Tephilla)
"Traditionnellement,... les juifs prient le matin, l’après midi et le soir. Cet horaire devait correspondre aux heures des sacrifices dans
le Temple de Jérusalem : ainsi le judaïsme rabbinique poursuivit-il le culte du Temple sur un mode métaphorique"6…
Par respect pour Dieu, les participants se couvrent la tête durant la prière avec un chapeau ou une calotte (kippa), ils portent le
châle de prière nommé tallit et les tefillins qui sont de petites boîtes que l’on accroche au front et au bras et qui contiennent des
versets bibliques.

L’attente du Messie : Le Messie vient du mot "mashiah" qui signifie "oint" : les rois, les prophètes étaient oints, envoyés par Dieu (v.
fiche H1).
"Le messianisme, présent très tôt dans la pensée du judaïsme, fut particulièrement vif dans les périodes de crises. Peu à peu, un lien
s’établit entre le messianisme et le respect de la Torah : chaque juif pouvait hâter la venue du Messie par l’étude assidue et l’observation
des lois"7.
"Pour les juifs, croire en la venue du Messie, c’est espérer qu’un jour viendra où la paix, la justice et la fraternité régneront pour toutes
les nations ; le peuple d’Israël sera alors réuni sur la terre de ses ancêtres et ses épreuves seront terminées"8.
"Selon Isaac Louria, l’ère messianique sera celle du tiqqun, la "réparation" universelle, et de l’établissement de l’harmonie générale sur
terre. Le grand rabbin Abraham Isaac Kook d’Israël considérait le sionisme comme métamorphose ultime du messianisme juif, étape
initiale de la rédemption, menant à l’ère messianique"9.

Exemples de prières :
• Le Shema : Dieu est le seul Dieu (monothéisme radical), créateur et souverain sur toute chose10. Le Shema (Ecoute Israël… ) est

3. Gabriel SED-RAJNA, L’ABCdaire du Judaïsme, (Paris, Flammarion, 2000), p. 41.


4.Les religions du monde, (Encyclopédie des jeunes ; Larousse, Paris, 1995), p. 35.
5. Article "judaïsme", Encarta 2003, Microsoft corporation.
6. Ibid.
7.Ibid.
8. Les religions du monde, idem.
9. Cf. G. SED-RAJNA, L’ABCdaire, p. 76.
10. Les religions du monde, (Encyclopédie des jeunes ; Paris, Larousse, 1995), p. 37.
2
L’ATTENTE
Le judaïsme
H3
aujourd’hui suite...
récité matin et soir, tous les jours.
• Le Amida : prière silencieuse (v. lexique de la fiche-participant)
• Le Kaddish : prière que l’on prononce au moment d’un décès.

3. L’étude de la Torah

La Torah ("loi révélée") a une importance capitale : Dieu s’y révèle à travers les commandements, il y exprime sa volonté, l’homme est
appelé à vivre en se conformant à la Loi. Les 10 commandements sont la base de cette Loi (étudiés en G1, ils peuvent être relus).

"Les lundis et jeudis, un rouleau manuscrit de la Torah est sorti de l’arche située sur le devant de la synagogue et lu devant la commu-
nauté… La lecture des Ecritures constitue donc une part importante du culte et fut sans doute à l’origine de l’institution de la synagogue"
(Encarta)
Mais en plus de cette loi que l’on retrouve dans le Pentateuque, 613 commandements constituent le code légal et moral du Judaïsme. 365
commandements négatifs (correspondant au nombre de jours) et 248 commandements positifs (correspondant au nombre de membres
du corps humain).
"Dieu a donné sa Torah pour que, en lui obéissant, Israël devienne "un peuple de prêtres et une nation sainte" (Ex 19 : 6). Israël est élu
(choisi) pour témoigner de l’amour du Créateur pour tous les hommes. L’Alliance est une responsabilité et non un privilège"11.
La notion d’Alliance est aussi essentielle : Dieu a fait alliance avec son peuple sur le mont Sinaï, "le peuple dut reconnaître Dieu comme
son seul roi et législateur suprême et accepter d’obéir à ses lois ; en retour, Dieu le reconnut pour son peuple particulier sur lequel il
veillait"12.
Mishna : compilation exhaustive de la loi orale, fondement de toute instruction religieuse.

Talmud : Mishna et ses commentaires (v. plus haut).

Targum : traduction de la Bible en araméen.

4. La mise en pratique de la Torah

Circoncision : selon Genèse 17 : 9-14, tout mâle doit être circoncis en signe de l’alliance perpétuelle entre Dieu et son peuple. Cette
cérémonie se déroule en présence de 10 hommes adultes, opération effectuée par un spécialiste (il s’agit de l’excision du prépuce). La
circoncision est pratiquée au huitième jour de l’enfant. Cet acte l’introduit publiquement dans l’Alliance.

Bar-mitsva signifie "fils du commandement". A l’âge de 13 ans, le garçon atteint la majorité religieuse, fait pour la première fois la lecture
de la Torah et récite une homélie. Cette cérémonie se déroule souvent lors du shabbat et est suivie d’un repas de fête.
La majorité religieuse pour les filles est à 12 ans. Dans le judaïsme libéral13 , elles lisent également la Torah ce jour là.

Le mariage (qiddouchine : "sanctification") est aussi l’occasion d’une cérémonie rituelle.

Le respect des règles alimentaires : tout aliment doit être "cachère", pur, propre à consommer selon les lois de la Torah.

3) Les fêtes juives


Les fêtes juives font elles-mêmes partie de l’ensemble de la mise en pratique de la Torah.

Rosh hashana : le Nouvel An (Ezéchiel 40 : 1), célébré les 1er et 2 du mois de Tichri (7ème mois de l’année), c’est le début des 10 jours
de pénitence qui prennent fin le jour du grand Pardon : Yom Kippour.

Yom Kippour : célébré le 10 du mois de Tichri. "Jour de l’Expiation", fête la plus solennelle, la plus sainte du calendrier religieux. Ce
jour là on ne doit pas absorber de nourriture, ni de boisson et on doit s’abstenir de rapports sexuels. C’est une journée de confession, de
prières de supplication récitées pour implorer le pardon de Dieu (purification). Il y a 5 services à la synagogue ce jour là.

Souccot : fête des tentes, rappelle le temps où les Israélites ont vécu dans des tentes, pendant leur traversée du désert. Célébrée le 15
du mois de Tichri, 5 jours après Yom Kippour

Hanoucca : fête des lumières, la "Dédicace", correspond à la commémoration de la Dédicace du second Temple ( en – 165), cette fête
a lieu le 25 du mois de Kislev, pendant 8 jours (en décembre).

11. Ibid.
12. Cf. Encarta.
13. Comme la plupart des religions, le judaïsme comporte différentes tendances en son sein.

3
Pourim (les sorts) : le 14 du mois d’Adar, commémore la libération des juifs du joug de la persécution dirigée contre eux par Aman,
Premier ministre du roi Assuérus (Livre d’Esther)

Pessah : signifie "passage" (l’ange qui frappa les premiers-nés dans toute l’Egypte). Pâque. Commence le 15 du mois de Nissan, dure
7 jours en Israël et 8 pour la diaspora (pays de dispersion des israélites). Cette fête commémore la délivrance d’Israël de l’esclavage
d’Egypte. Elle est aussi appelée "fête des Azymes" (pain sans levain : les hébreux n’avaient pas eu le temps de préparer du pain levé)
ou "fête du printemps", début de la moisson de l’orge.

Shavou’ot : commémore le jour du don de la Torah, le 6 du mois de Sivan en Israël et le 6-7 pour la diaspora. Cette fête est aussi appe-
lée "fête des semaines" ou "jour des prémices". On y lit solennellement les dix commandements. Pentecôte en grec = 50ème jour (7 X 7
jour) après Pessah.

Biographie :

• Se référer aux Fiches bibliques F1, G1 et H1.


• Gabrielle Sed-Rajna, L’ABCdaire du Judaïsme, (Paris, Flammarion, 2000).
• Encyclopédie 2003 Encarta (multimédia).
• La Bible déchiffrée, (Valence, LLB, 1998), pp. 114-115 : calendrier des fêtes ; et p. 181 : la signification de ces fêtes avec leurs références bibliques.
• Les religions du monde, (Encyclopédie des jeunes ; Paris, Larousse, 1995), p. 34-39.
• Atlas des religions (Paris, Hachette Jeunesse, 1990), p.10-15.
• Myrtle LANGLEY, Les religions du monde (Les Yeux de la découverte ; Gallimard), p. 42-47.
• Antoine SFIER, sous dir., Atlas des religions (Plon-Mame, 1994), p. 26-39.

B) DÉMARCHES PROPOSÉES

I. Elaboration d’une fiche sur le judaïsme


Demander aux participants quelles questions ils se posent sur les Juifs et le judaïsme.

Sérier les questions.


Voir ce que l’on sait déjà. Quelles sont nos sources ? La Bible, les films qui mettent en scène des familles juives (Ex : Rabbi Jacob, le
Grand Pardon, Exodus…), des livres, des témoignages.
Déterminer trois grands thèmes à aborder. Voir si les thèmes de la fiche correspondent. Etudier chacun d’eux successivement :
1) Compléter la carte.
2) Lire le témoignage, découvrir le sens des mots, déterminer quelle est l’attente des juifs aujourd’hui.
3) Rechercher les textes bibliques qui parlent des fêtes juives.

II. Travail de groupe


Chaque groupe découvre un aspect particulier du judaïsme correspondant aux trois points de la fiche (donner à chaque groupe la partie
de la fiche le concernant ainsi que les explications ci-dessus) :
1. L’histoire des Juifs des origines à nos jours
2. La foi juive et ses pratiques
3. Les fêtes juives.

Chaque groupe recherchera dans la documentation des éléments visuels et anecdotiques illustrant chaque thème. Il le présentera aux
autres groupes en fin de séance.
Distribuer et compléter la fiche participant.
Documentation (v. bibliographie ci-dessus)
1. L’histoire : les fiches F1, G1, H1. Des articles d’encyclopédie en ligne (Ex. Yahoo Encyclopédie-histoire du peuple juif)
2. La foi : un dictionnaire, une encyclopédie biblique, articles d’encyclopédie en ligne ou multimédia…
3. Les fêtes : Encyclopédie biblique, Bible, articles sur les fêtes juives en ligne.
N. B. : Cette présentation ne sera pas obligatoirement faite sous forme d’un exposé scolaire. Chaque groupe peut imaginer un moyen
original de présenter son thème : sketches, mimes, dessins, schémas, découpages, interviews fictifs, etc.