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LA

RECONCILIATION Naissance des Eglises


J2 de Professants
But : Faire découvrir les origines des Eglises évangéliques mennonites et baptistes.

A) EXPLICATION DE LA FICHE-PARTICIPANT
Le temps de la Réforme voit naître bien des mouvements très divers, ils sont de manière générale opposés aux Eglises protestantes
établies.

1) La Réforme radicale : les "anabaptistes"


Dès 1520, apparaît le mouvement anabaptiste. Les anabaptistes veulent une réforme plus radicale. Ils veulent rétablir le véritable chris-
tianisme. "Anabaptiste" vient du grec "anabaptizein" qui signifie "baptiser à nouveau", d’où l’autre nom : "rebaptiseur". Les anabaptistes
refusent le baptême des enfants, et pratiquent le baptême des adultes professant leur foi (souvent par immersion). Ce surnom a été
donné aux anabaptistes par leurs adversaires.
Ils souhaitent que l’Eglise soit formée de chrétiens professant leur foi et non pas de la multitude (d’où le qualificatif "multitudinistes"
attribué aux Eglises luthérienne et réformée).
Pour les anabaptistes, Luther n’insiste pas assez sur la sanctification et sur l’Eglise comme communauté de chrétiens professant leur
foi. Les anabaptistes mettent donc l’accent sur la transformation de la vie du croyant, sur la discipline, l’amour, la non-violence.

L’autre point très important qui distingue les anabaptistes des autres protestants est la séparation de l’Eglise et de l’Etat, ce qui était une
conception proprement révolutionnaire au 16ème siècle. En fait, ils ne prenaient pas part aux affaires de l’Etat pour deux raisons parti-
culières : d’une part parce que l’autorité mettait à mort des anabaptistes et d’autre part parce que les magistrats de l’époque pouvaient
être amenés à mettre quelqu’un à mort.
L’anabaptisme est aussi marqué par un esprit pacifiste, non-violent. En effet, la majorité des anabaptistes refusaient de porter les armes
et de se défendre par les armes.
Ils ont été les victimes de cruelles persécutions de la part des protestants réformés et des catholiques, mais le mouvement s’étend
malgré tout.

Historique des anabaptistes


A Zurich, Conrad Grebel déçu par les performances de la réforme zurichoise s’interroge sur les écrits de Münzer. Il envoie à celui-ci un
texte qui définit ce qu’est une Eglise de confessants. Sont mentionnés dans ce texte "l’impossibilité absolue de faire la guerre pour un
chrétien, et le baptême réservé aux adultes (seuls en mesure de confesser personnellement leur foi)"1.
Grebel, Mantz et Blaurock sont considérés comme les premiers "chefs" du mouvement.
Sattler a rédigé à Schleitheim la première confession de foi anabaptiste :

LES 7 ARTICLES DE SCHLEITHEIM


La confession de Schleitheim2 en sept articles de foi est rédigée par Michael Sattler et adoptée le 24 février 1525, à Schleitheim, en
Suisse :
Points principaux de l’entente :
1. Seuls seront baptisés les croyants qui marchent dans la résurrection (c’est à dire qui font la preuve d’une vie transformée par
la puissance de Dieu)
2. Les membres qui retournent à une vie de péché et qui refusent de revenir à une vie fidèle de disciple se voient privés de leur
qualité de membre
3. Ceux qui souhaitent rompre le pain ensemble doivent être unis dans la foi par le baptême des croyants avant de prendre la
cène
4. Les chrétiens doivent vivre une vie sainte séparée des péchés de la vie et de la société environnante
5. L’assemblée sera servie par des pasteurs. Leur devoir est de prêcher la Parole de Dieu, de présider à la Sainte Cène et de
veiller à la bonne marche de la communauté
6. Les disciples doivent en toutes circonstances prendre la même attitude que le Seigneur souffrant. Ils n’utilisent jamais la force,
ni la violence et ne font jamais la guerre
7. Obéissant strictement aux enseignements de Jésus-Christ, les membres ne prêtent jamais serment, même un serment civil. Ils
se contentent d’affirmer la vérité telle qu’ils la perçoivent.3

1. Cf. Journal Réforme, n° 2829, 01/ 07/ 1999.


2. Cf. a. La Confession de Foi de Schleitheim en sept articles (1527), appelée aussi «Entente fraternelle». Voir aussi la version commentée dans l’Affaire Sattler par Claude
BAECHER intitulée Michaël Sattler, la naissance d’Eglises de professants au XVIe siècle (Cléon d’Andran, Editions Excelsis, 2002, 2e édition augmentée) p. 53-68.
b. La Confession de Foi Mennonite de Dortrecht (anabaptiste) en Hollande, le 21 avril 1632, traduction Jean de Savignac. Puis figure la traduction française d’un article
supplémentaire relatif au Saint-Esprit, ajouté par des anabaptistes de la Haute Vallée Rhénane (Les Frères Suisses).
3. J.-C. WENGER, "Qui sont les Mennonites ? D’où viennent-ils ?", Les Cahiers de "Christ seul", n°4/1993, p. 39-40.

1
Personnalités anabaptistes
VIOLENTS :
Jean de Leyde était anabaptiste et “fonctionnait” avec une logique apocalyptique dans laquelle il s’agissait d’avoir recours au glaive pour
se battre contre les impies coalisés qui voulaient prendre la ville, le tout pour préparer la venue du Seigneur dans la ville de Munster
en Westphalie.4

PACIFISTES :
Grebel, Mantz, Georges Cajacob des Grisons surnommé Blaurock (à cause de son manteau bleu), Hubmaier, Sattler, Marpeck,
Hoffman.

Conrad Grebel : naît vers 1498. Il fréquente les universités de Bâle, de Vienne (1515-1518), de Paris (1518-1520). En 1520, il rejoint
Zurich, c’est là qu’il rencontre et fréquente Zwingli. Il découvre l’Evangile et se convertit. Mais peu à peu ses vues diffèrent de celles
de Zwingli, selon lui Zwingli ne va pas assez loin et reste frileux vis à vis de certaines questions, il s’oppose à l’intervention de la ville
de Zurich dans les affaires religieuses.
Il étudie les traités de Münzer. Malgré plusieurs tentatives de dialogue, Grebel et Zwingli ne parviendront pas à s’entendre, notamment
sur la question du baptême des enfants. Grebel, déjà accompagné de Manz, est rejoint par Blaurock.
Grebel insiste aussi sur l’importance pour chaque chrétien de vivre selon les Ecritures dans la vie quotidienne. Il est arrêté et emprisonné
le 8 octobre 1525, avec Manz et Blaurock, mais ils parviennent à s’échapper !
Grebel meurt de la peste durant l’été 1526 à Mainefeld.

Félix Mantz pour sa part fut arrêté par les autorités réformées de Zurich pour la dernière fois le 3 décembre 1526. Le 5 janvier 1527 "A
15 heures, il fut emmené au bord de la Limmat, rivière qui traverse la ville de Zurich. On lui lia les pieds et les mains. Le corps plié et
bloqué à l’aide d’un bâton, il fut jeté dans l’eau froide du fleuve. Juste avant son exécution, il cria en latin : ‘entre tes mains, Seigneur,
je remets mon esprit’ "5 . (Act 7 : 59)

Blaurock (Georges Cajacob) est capturé et emprisonné en août 1527, et le 6 décembre, après avoir été torturé, il est brûlé vif à
Clausen (Italie)

Balthasar Hubmaier, écrivain, "défenseur du baptême des croyants et avocat fort éloquent de la tolérance religieuse"6 , il organisa des
présentations d’enfants (à distinguer des baptêmes) et remit à l’honneur la pratique du lavement des pieds. Il a une influence dans la
région de Waldshut (Allemagne). Il est lui aussi emprisonné, torturé et brûlé vif le 10 mars 1528, à Vienne.
"Il divergeait de Grebel et des frères suisses sur la question de la non-résistance. Sur ce point, il était plus proche des partisans de
l’Eglise d’Etat"7.

Michael Sattler, il se convertit en Allemagne en 1525, il rejoint Grebel et ses amis, et rédige les articles de Schleitheim. Il est emprisonné
à Binzdorf et jugé à Rottenburg. La sentence à l’issue du procès est terrible : on doit lui arracher la langue, le torturer au fer rouge et le
brûler sur le bûcher. Il est exécuté en mai 15278 .

Melchior Hoffman intervient aux Pays Bas, il prêche la doctrine de Luther vers 1523. En 1525, certaines de ses idées diffèrent de
Luther. La cène est symbolique et commémorative, il est opposé au serment, il est "également résolument non-violent"9 , prône le bap-
tême des adultes.
Dans son intérêt pour le prophétique, il pense que le Seigneur doit revenir en 1533.
Dans cette attente, il se laisse emprisonner à Strasbourg et y meurt probablement en 1543.

"Le premier baptême adulte est pratiqué le 21 janvier 1525 à Zurich parmi d’anciens élèves et amis de Zwingli et il constitue un événe-
ment fondateur pour l’anabaptisme suisse"10.
Les anabaptistes suisses se caractérisent par "leur dualisme théologique, leur respect scripturaire, leur aspiration à une vie sanctifiée
coupée du monde extérieur, leurs communautés sans magistrats et leur acceptation du martyre"11.
Le mouvement se répand : partant de la Suisse, il s’étend à toute l’Europe, à la Russie et à l’Amérique du Nord et du Sud. Les anabap-
tistes sont sans cesse persécutés : emprisonnés, torturés, privés de leurs biens. En 1693, suite à des conflits internes, Jacob Ammann
crée la communauté amish. Par la suite, l’influence du piétisme et du réveil des 17ème et 18ème siècles permettront aux communautés
de croître.
C’est poussé par les persécutions du 17ème siècle que les mennonites suisses se réfugient en Moravie, en Alsace, dans la région de
Montbéliard, aux Pays Bas.

4. Nous ne considérons pas Münzer comme anabaptiste, car personne ne sait s’il a été "rebaptisé".
5. Ibid. , p. 36.
6. Ibid. , p. 38.
7. Ibid. , p. 38.
8. Ibid. , concernant Sattler, voir p. 39 à 42. Voir aussi le livre de C. BAECHER, cité en bibliographie.
9. Ibid., p. 43.
10. Site Internet www.lexhist.ch, Dictionnaire Historique de la Suisse.
11. Ibid. p. 1.

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Les spiritualistes
Notons un autre mouvement qui apparaît à cette même époque : les "Spiritualistes" avec principalement deux noms : Sébastien Franck
(1499-1543) et Gaspard Schwenckfeld (1489-1561), héritiers des mystiques du 15ème siècle. Les “spiritualistes” ont pour point commun
de refuser d’interposer à nouveau entre l’homme et Dieu une médiation extérieure. Ils opposaient aux tenants de la "lettre" et de la "chair",
leur religion "spirituelle", la religion de "l’homme intérieur" et leur notion de "l’esprit".

2) Menno Simons et les mennonites


Menno Simons est né vers 1495/1496 à Witmarsum, en Frise (au nord des Pays-Bas). Au printemps 1524 il est ordonné prêtre ; de1531-
1536, il est à Witmarsum. C’est cette même année qu’il épouse Gertrudt Hoyer et quitte l’Eglise officielle (le 30 janvier 1536). Le massacre
des anabaptistes d’Oldeklooster12 aux Pays Bas en 1535 ainsi que les persécutions l’interrogent, il a des doutes quant aux pratiques de
l’Eglise. Il se convertit alors à l’anabaptisme. Trois facteurs résument cette décision :

1. Dès la deuxième année de son sacerdoce, il commence à se poser des questions sur l’eucharistie, il se met à lire le Nouveau
Testament et en 1528, il lit un traité de Luther. Suite à cette lecture il est certain de son salut. Il continue à être prêtre, mais il ne croit
pas à la doctrine de la transsubstantiation.
2. Un homme "pieux et estimé" est décapité en 1531 parce qu’il s’est fait rebaptiser. Menno Simons s’interroge alors sur le sens du
baptême, il examine les Ecritures et parvient à la conclusion que son Eglise a une doctrine erronée sur le baptême.
3. Suite à la mort de son frère, anabaptiste violent, Menno se remet en question quant à son propre courage face à ses convictions : il
se convertit alors (dans la repentance et la foi).

Ces trois étapes font que Menno se joint à la branche pacifique des melchiorites, les Obbenites (Obbe et Dirk Philips), il est alors consa-
cré ancien dans la province de Groningue. De 1536-1543, il a un ministère en Hollande, puis de1543-1546, il est dans le nord-ouest de
l’Allemagne, près de Cologne, enfin de 1546-1561, il est à Holstein (au nord de l’Allemagne à la frontière du Danemark).
Il écrit une vingtaine de livres, voyage beaucoup pour encourager les anciens des églises et pour fortifier l’unité. Il rédige par exemple Le
Fondement de la doctrine chrétienne (1539), La vraie foi chrétienne (1541).
Il exerce son influence en Allemagne du Nord, en Hollande et en Suisse. Il travaille pendant 25 ans à l’organisation et à l’unification des
assemblées. "Il ramena le mouvement à ses tendances primitives et lui donna un nouvel essor"13.
Tout au long de sa vie, il doit affronter non seulement les persécutions extérieures mais également les conflits internes. Il meurt le 31
janvier 1561, ayant mené une vie difficile, marquée par la persécution et une santé fragile.

Voici les grandes lignes de la théologie de Menno Simons enracinée dans les principes de la Réforme et dans sa lecture du Nouveau
Testament :
- le salut par grâce au moyen de la foi
- la Bible, seule autorité en matière de foi et d’éthique
- le baptême des croyants qui professent leur foi
- la non-résistance
- une Eglise non hiérarchique
- l’obéissance fidèle à Jésus-Christ

Menno Simons a donné naissance au mouvement appelé "mennonite". Il n’avait pas l’intention de donner son nom à ce mouvement, mais
on a appelé ces anabaptistes non-violents, les mennonites. Une princesse de Frise avait voulu appeler “menniste”, puis “mennonite”,
le mouvement influencé par l’enseignement de Menno Simons, pour les différencier des anabaptistes plus anarchistes. Il s’agit donc à
l’origine d’un nom de protection.
"Persécutés partout ailleurs, les Mennonites finirent par obtenir la tolérance aux Pays-Bas. Ils avaient pour livre de chevet leur gros
Martyrologue. Ils exprimèrent leur foi dans la Confession de Dordrecht et dans le Catéchisme de Deux-Ponts"14.

Bibliographie :
• Marc LIENHARD, Les Anabaptistes, coll. Histoire du Christianisme des origines à nos jours, sous la dir. de J.-M. Mayeur, Ch. Pietri,
A. Vauchez, M. Venard, volume 8 "Le temps des confessions (1530-1620/30)", (Desclée, 1992), p. 119-181.

• Claude BAECHER, Michaël Sattler. La naissance d’Eglises de professants au XVIe siècle, coll. Perspectives Anabaptistes (Cléon
d’Andran, Excelsis, 2002), 140 pp. Ce dernier volume contient en plus la traduction française annotée de la "Protestation" de Félix
Mantz aux autorités de la ville de Zurich (fin 1524).

• Neal BLOUGH Christologie Anabaptiste - Pilgram Marpeck et l’humanité du Christ- Histoire et Société N° 4 (Labor et Fides, 1984),
280 pages, biographie, p. 25-35.

12. Anne-Catherine DEBS,"Menno Simons", FAQ du Protestantisme, www.protestants.org/faq/histoire .


13. Cf. J. -M. NICOLE, p. 157.
14. Ibid. p. 158.

3
• Les Cahiers de "Christ seul" : n° 4/1993 "Qui sont les mennonites ? D’où viennent-ils ?" ; n°3/1996 "Menno Simons 1496-1561" ;
n°11-12/ 1983 "De Thomas Münzer à Menno Simons"

• Un film sur la biographie de Michaël Sattler et les débuts de l’Anabaptisme autour de Zürich porte également le titre "L’Affaire
Sattler" (titre anglais "The Radicals"). Durée de100 minutes. Initiative de la compagnie américaine "Brothers and Sisters". Sous-titré
français et allemand (A commander à AFFOX, production of film, television, multimedia, AFFOX AG, Lilienstrasse 113, CH-4123
Allschwil (Suisse). Tel. +41 61 481 36 00; Email : info@affox.ch). Non recommandé à notre avis pour des enfants de moins de 13
ans. Existe depuis 12.1992 en vidéo pour la France. Prix env. 39 CHF plus frais d’expédition / env. 24.50 EUR plus frais d’expédi-
tion.

• Sites WEB :
- www.biblioanab.fr.st. : bibliographie française en ligne sur les anabaptistes par Claude Baecher;
- www.reforme.net. Tiré du journal Réforme n° 2829 (01/07/1999), par Séverine Boudier.

3) Des anabaptistes aux baptistes


L’anglicanisme
Le refus du pape d’annuler son mariage avec Catherine d’Aragon pousse Henri VIII, roi d’Angleterre, à se détacher de l’Eglise officielle
de Rome. La séparation de l’Eglise d’Angleterre a lieu en 1534, avec l’Acte de suprématie qui proclame le roi d’Angleterre, autorité ecclé-
siastique suprême en Angleterre. L’Eglise est alors placée sous l’autorité du monarque. L’essentiel de la foi catholique est gardé, mais
quelques idées calvinistes pénètrent l’anglicanisme par l’intermédiaire du "Common Prayer Book", livre de prière et les 42 articles. Sous
le règne d’Henri VIII, les principaux changements sont "l’autorisation d’une traduction anglaise de la Bible, la publication de la litanie de
Cranmer et la traduction en anglais de certaines parties de l’office liturgique traditionnel"15.
C’est Elisabeth 1ère qui fonde réellement l’anglicanisme : elle promulgue 39 articles qui définissent la foi anglicane (1559). La théologie
est proche du calvinisme mais la forme reste à bien des égards proche du catholicisme : épiscopat, vêtements liturgiques, pompes des
cérémonies…

Les séparatistes
Certains croyants en désaccord avec l’Eglise anglicane se séparent de celle-ci, on les nommera "séparatistes" (ou "puritains")16.
Ainsi, au 16ème siècle, en réaction à la Réforme protestante officielle, on peut distinguer deux groupes : d’une part les anabaptistes (égli-
ses de professants, séparées de l’Etat) plutôt situées en Allemagne, Suisse, Hollande… et d’autre part les séparatistes / puritains qui se
sont séparés de l’anglicanisme. Au début du 17ème siècle, l’Eglise officielle en Angleterre est l’Eglise anglicane, cependant il existe aussi
des Eglises congrégationalistes, qui se veulent indépendantes de l’Etat ! Ces Eglises "séparatistes" fondées par Robert Browne (1550-
1583) et Robert Harrison17 (mort vers 1585) sont victimes de persécutions.

Premières églises baptistes :


Certains séparatistes se réfugient en Hollande, ils y côtoient les anabaptistes (mennonites). C’est le cas de deux hommes à qui l’on attri-
bue la naissance du baptisme : John Smyth et Thomas Helwys.

John Smyth (1570-1612), diplômé de l’université de Cambridge, pasteur de l’Eglise anglicane, il devient "séparatiste" (à cause de
ses convictions puritaines). Il est contraint par la persécution, à fuir et se réfugie à Amsterdam en 1608. Il rencontre l’anabaptisme en
Hollande. Calviniste de doctrine et pratiquant le baptême du converti, il donne naissance au baptisme.
Il reconnaît deux ministères : les anciens (évêques) et les diacres. Il redécouvre dans sa lecture du Nouveau Testament que la pratique du
baptême des enfants ne s’y trouve nulle part. En 1609, la première église baptiste est ainsi fondée aux Pays Bas. Smyth doit se baptiser
lui-même ! Le baptême est administré plutôt par aspersion que par immersion.
SMYTH est ouvert et cherche à se rapprocher des mennonites. En 1612, il meurt de maladie aux Pays Bas.

Thomas Helwys (vers 1550-1616), avocat, il vient d’une famille aisée. Il soutient cependant une église séparatiste. Il fonde en 1609 avec
Smith la première église baptiste à Amsterdam. Mais il retourne en Angleterre, et fonde à Londres une église baptiste en 1612.
"Il était inquiet quant au rapprochement entre Smyth et les mennonites à Amsterdam. Ces derniers avaient déjà adopté une position
pacifiste et réservaient le droit de baptiser et de présider la Sainte Cène à ceux qui étaient consacrés au ministère pastoral"18.
Il est emprisonné, suite à la publication de son traité "Une brève déclaration du mystère de l’iniquité" (plaidoirie en vue de la liberté de
conscience et de culte). Il meurt en 1616.

15. Cf. Encarta 2003, article Henri VIII, le Schisme anglican.


16. Voir J.-M. NICOLE, Précis de doctrine chrétienne, p. 155-156.
17. C. EHLINGER, Guide illustré de l’ histoire du christianisme, (Paris, le Centurion, 1982), p. 389.
18. www.lueur.org/baptisme. Articles par David Boydell, paru dans Rétroviseur (Construire Ensemble). Les données biographiques sur ces deux hommes proviennent de
l’article David Boydell et de ce site !

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L’Eglise qu’il a fondée donne naissance à quatre autres églises.
En 1626 : 5 églises baptistes
En 1644 : 47 églises baptistes
Les baptistes sont plus ou moins tolérés en Angleterre, mais beaucoup émigrent en Amérique. C’est le cas de Roger Williams qui fonde
la première Eglise Baptiste à Providence dans l’Etat du Rhodes Island, en 163819.

Voir le petit tableau récapitulatif de la fiche et celui du site www.lueur.org.

Montages audio-visuels sur cette période (v. H2 pour l’adresse de la médiathèque protestante) :

V212a Réformes et réformateurs au XVIe siècle n°2


Sont présentés, la réforme de Calvin, Calvin, Genève, 1541, la presse à imprimer, le chant des psaumes. La réforme anglicane, 1534,
l’acte de suprématie, la cathédrale de Canterbury, Elisabeth 1ère, le «book of common prayer», le moine John Stalworth. La réforme
catholique ou notre réforme : Trente, Charles Borromée, le traité de Cateau-Cambrésis, le "jugement dernier" de Michel Ange.
46 min 1997

B) DÉMARCHES PROPOSÉES
I. La frise de l’histoire de l’Eglise
Avant de réaliser la frise, présenter le dernier volet de l’histoire de la Réforme en expliquant la Réforme radicale anabaptiste.
Question d’actualité : Qui sont les "Eglises de professants" ? Pouvez-vous citer quelques Unions d’Eglises de professants dans les pays
d’Europe francophone ? Les Eglises baptistes, les Eglises méthodistes, les Eglises libres, les Eglises mennonites, France-Mission, la
plupart des Eglises d’Europe francophone qui se réclament du titre "Evangélique". Ce sont des Eglises qui se composent de membres
ayant professé leur foi de manière personnelle.

Partir de faits connus : la révolte des paysans du temps de Luther, le problème que constituait pour certains partisans de la Réforme,
l’officialisation du luthéranisme en Allemagne, le désir de vouloir se rapprocher du modèle néo-testamentaire de l’Eglise.
En Suisse, Zwingli avait fait persécuter de nombreux anabaptistes. L’anabaptisme était mal vu.
Lire la définition de l’anabaptisme sur la fiche.
Présenter les anabaptistes en plusieurs portraits (v. notes ci-dessus) en les classant selon leurs idées sur la violence et la non-violence.

Lire les principaux points de la confession de Schleitheim, la comparer à la confession de foi de votre Eglise et différents textes du
Nouveau testament comme :
• Sur l’Eglise : Ac 2 : 38- 41, 47, Ga 3 : 7, 3 : 36, Ep 1 : 13-14, Ti 2 : 11-14, 3 : 3-7
• Sur le baptême : Mat 28 : 19, Act 2 : 38-40, Rom 6 : 1-11, Gal 3 : 26-27, Col 2 : 11-15, 1 Pi 3 : 21.
• Sur la liberté religieuse : Mc 8 : 34, N 3 : 17-19, N 6 : 66-67.

Discussion :
Menno Simons a donné son nom involontairement aux Eglises mennonites. Connaissez-vous ces églises ? Quelle est leur particula-
rité en France aujourd’hui ? Elles font partie de l’Association d’Eglises de Professant des Pays Francophones. En quoi les "Eglises
de Professant" sont–elles rattachées à la Réforme radicale ?

Décrire les cinq grandes étapes de la création des Eglises Baptistes :


1. La création de l’Eglise anglicane
2. Les mouvements séparatistes congrégationalistes
3. Les persécutions des partisans de ces mouvements et exil en Hollande
4. Leur rencontre des mennonites en Hollande
5. La création des premières Eglises baptistes

19. www.comnet.ca => Historique des baptistes.

5
Faire (ou compléter) la frise de la Réforme.

Discussion : le nom de Luther et de Calvin sont très connus, mais les réformateurs anabaptistes qui ont fondé
des mouvements parallèles plus radicaux le sont beaucoup moins. Pourquoi ?

II. Montage diapositive


Lire la fiche-participant et la commenter.
Déterminer les titres de diapositives supplémentaires sur la Réforme radicale.

1. La Réforme va plus loin


2. Les nouveaux baptisés adultes
3. Les persécutions des anabaptistes
4. Menno Simons et les mennonites
5. La réforme anglicane
6. Les séparatistes anglicans
7. Rencontre des séparatistes et des mennonites en Hollande.
8. Les premières églises baptistes en Hollande et en Angleterre.
9. Tableau récapitulatif.

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