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Droit de la faillite

Cours professé par Docteur Mohamed ES-SAYAD

1
Introduction
L’entreprise poursuit une finalité qui l’oriente toujours vers de nouveaux efforts
sur une piste où s’échelonnent les objectifs et où se juge chaque jour son droit à la
vie.#

Aussi, l’entreprise constitue un carrefour de flux divers qui viennent d’ailleurs, ce


qui lui permet de nouer des relations diverses entre une multitude de partenaires
auxquelles ne peut pas se détacher.#

Toutefois, à cause des crises qu’elle peut traverser, ses partenaires et spécialement
ses créanciers n’auront qu’un seul intérêt, c’est de récupérer leurs créances.#

A cet égard, l’intervention de l’Etat se révèle primordiale dans la mesure où cette


institution économique risquerait de disparaître face aux revendications de ces
partenaires.

2
Au regard de la législation marocaine des affaires, les notions
de prévention et de traitement des difficultés de l’entreprise
sont récentes. #

Cette législation, par les motivations économiques qui sous


tendent son adoption, tente de régir la prévention des
difficultés de l’entreprise, lorsque celle-ci cesse de
fonctionner de manière harmonieuse et qu’une rupture dans
la continuité de son exploitation se produit ou risque de se
produire, de l’emploi et de concilier ou mieux les objectifs
de sauvegarde de l’entreprise, de l’emploi et de maintien de
l’activité donc, chacun sait que plus le mal est traité
précocement, plus les chances de guérison sont grandes.

3
Chapitre I: L’accès au
Redressement Judiciaire

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Section 1: La prévention des
difficultés de l’entreprise
Les maladies de l’entreprise peuvent être surmontables grâce à
l’effort personnel des dirigeants ou du commerçant lui-même,
lorsqu’elles sont le plus souvent passagères, c’est à partir de ce
moment là que l’impor tance et sur tout l’efficacité des
procédures se manifestent, singulièrement la prévention interne.#

En revanche, une autre procédure appelée « prévention


externe » peut être aussi une mesure préventive, plus efficace:
une médecine douce, un remède, c’est celui du Règlement
Amiable, d’où la nécessité de l’intervention du Président du
tribunal.

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§-1: La Mise en Alerte
1- Les intervenants:
A. Le commissaire aux comptes:

La loi n° 17-95 sur les sociétés anonymes investit le commissaire aux


comptes d’une mission d’intérêt général de contrôle et de surveillance au
profit non seulement des actionnaires mais aussi de toutes les personnes
(créanciers, fournisseurs, banquiers, investisseurs éventuels) qui ont à
apprécier la situation financière de l’entreprise de la société et qui, pour
cela, doivent pouvoir se confier aux documents comptables et financiers.#

Cependant l’une des missions des commissaires aux comptes à un


caractère préventif plus nettement affirmé. Il s’agit du devoir d’alerte,
instauré par l’art. 546 du code de commerce.

6
!

Le devoir d’alerte des commissaires aux comptes paraît être, au


premier abord, l’un des mécanismes de prévention les moins
contestables de la nouvelle loi. Or plus l’alerte est précoce, plus
elle a de chances d’être utile, c’est-à-dire de promettre un
redressement.#

De ce point de vue en quelques sorte chronologique, le


commissaire aux comptes paraît spécialement bien placé, parce
qu’il est un organe social. Son information est plus précoce et
plus complète que celles d’organes extérieurs, eux aussi
susceptibles de déclencher l’alerte, et l’on peut notamment
penser à la convocation du chef de l’entreprise par le président
de tribunal de commerce.

7
!

B. Tout associé:#

C. Le président du Conseil d’Administration:#

D. Le Conseil d’Administration#

E. L’Assemblée générale

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F. Le Président du Tribunal de Commerce:

D’après la nouvelle loi, le président de tribunal de


commerce joue un rôle essentiel en matière d’alerte. Il
n’agit pas en qualité d’organe juridictionnel. Mais en tant
que notable, susceptible d’aider l’entreprise à un moment
difficile où des décisions rapides s’imposent.#

Le président intervient lorsque l’entreprise connaît des


difficultés de nature à compromettre la continuité de son
exploitation (Art. 548 du Code de commerce).

9
2- Les limites de cette
technique.
Dans la pratique, la quasi- totalité des sociétés ne
respectent plus l’obligation de déposer un exemplaire des
états de synthèse, accompagné d’une copie du rapport du
ou des commissaires aux comptes au greffe du tribunal
(Art. 158 de la loi n° 17-95 sur les SA). Le fait qui met le
président du tribunal dans l’ignorance absolue de la
situation de ces sociétés. Et par conséquent, son action
demeure paralysée.

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3- L’information comme technique de
détection et de prévention des difficultés

L’art. 149 de la loi 17-95 dispose que « Tout actionnaire


exerçant le droit d’obtenir communication de documents
et renseignements auprès de la société, peut se faire
assister d’un conseil ».

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4- Les documents
d’information
Etats de synthèse:

Selon l’article 9 de la loi n° 9-88 relative aux obligations comptables


des commerçants de 1992: « Les personnes assujetties à la présente loi
doivent établir des états de synthèse annuels, à la clôture de l’exercice,
sur le fondement des enregistrements comptables et de l’inventaire
retardés dans le livre-journal, le grand-livre et le livre d’inventaire.#

Ces états de synthèse compressent le bilan, le compte de produits et


charges, l’état des soldes de gestion, le tableau de financement et l’état
des informations complémentaires. Ils forment un tout
indissociable. »

12
Rapport de gestion:

L’article 142 de la loi 17-96 dispose que «  Le rapport de gestion du conseil


d’administration ou du directoire doit contenir tous les éléments
d’information utiles aux actionnaires pour leur permettre d’apprécier
l’activité de la société au cours de l’exercice écoulé, les opérations réalisées,
les difficultés rencontrées, les résultats obtenus, la formation du résultat
distribuable, la proposition d’affectation dudit résultat, la situation
financière de la société et ses perspectives d’avenir… »#

Rapport de Commissaires aux comptes

Information prévisionnelle pour les sociétés cotées (Information tournée


vers le futur).#

Tous ces documents doivent être déposés au greffe du tribunal de


commerce en vue de publicité ou pour une utilisation des informations.

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5- La prévention par le
financement

Le renforcement des fonds propres : capital minimum,


augmentation du capital, diversification des titres…#

La reconstitution des fonds propres;#

Les comptes courants d’associés.

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§-2 Le règlement amiable
Etant une procédure de prévention externe, le règlement amiable
est régi par le chapitre II du livre V du code de commerce.#

Cette procédure est destinée à servir de cadre aux, négociations


chargées d’examiner les problèmes de financement des entreprises
et favoriser leurs restructurations. Elle a un caractère purement
contractuel et strictement confidentiel.#

Elle vise toute entreprise ayant une activité économique qui établit
des comptes prévisionnels et qui se trouve confrontée à des
difficultés de financement futur, sans pour autant avoir cessé ses
paiements.

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A- Les conditions de fond
1- Le domaine d’application:

Le règlement amiable est une mesure préventive qui s’applique aux


entreprises commerciales ou artisanales.#

Parmi les entreprises commerciales, figurent toutes les sociétés


commerciales apparaissant sous les formes suivantes: SA, SARL,
SNC, SCA, SCS. #

En revanche, les personnes morales de droit privé non commerçantes,


les associations, les sociétés civiles ainsi que les coopératives ne sont
pas soumises à l’application de la procédure amiable.

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2-La situation financière de l’entreprise:

Absence de cessation des paiements:

Il est bien précisé, par les termes de l’article 550 du code de


commerce que l’entreprise ne doit pas être en cessation de paiements.#

L’entreprise doit connaître des difficultés juridiques,


économiques et financières.

Ces difficultés peuvent être, de tout ordre (rupture d’un contrat


d’exclusivité ou de franchise, concurrence, grèves répétées, retard
dans les rentrées, rupture de crédit… etc). L’on peut ajouter des
difficultés d’ordre juridique, telles la mésentente entre les associés, le
décès d’un associé ou d’un dirigeant dans les sociétés des personnes.

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L’entreprise doit avoir des besoins financiers:

Le législateur marocain ajoute une autre condition pour


l’ouverture d’une procédure de règlement amiable
« L’entreprise doit avoir des besoins financiers ne pouvant
être couverts par un financement adapté aux possibilités de
l’entreprise ».#

En effet, les besoins financiers sont définis comme étant


susceptibles de servir au redressement de l’entreprise, à savoir
un financement du cycle d’exploitation, un investissement
impor tant pouvant l’aider à dépa sser ses difficultés,
l’allégement des coûts et charges sociaux importants,
l’augmentation des capitaux propres, l’obtention des crédits…

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B- Les conditions de forme:
La demande d’ouverture des procédures de règlement amiable est faite à l’initiative du
chef d’entreprise. Dans les SA cette demande est effectuée par le président du conseil
d’administration ou du directoire. Dans les SARL, les SNC et les SCS cette demande est
effectuée par le ou les gérants.#

La demande d’ouverture de la procédure du règlement amiable est présentée au président


du tribunal de commerce selon la procédure normale ou la remise en mains propres.#

La requête du chef de l’entreprise doit être écrite. #

Elle doit aussi exposer, non seulement la situation économique et financière de


l’entreprise, mais également les mesures de sauvegarde envisagées. #

De plus elle doit être accompagnée d’un certain nombre de documents susceptibles
d’éclairer le président du tribunal sur la situation exacte de l’entreprise.

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C- Le déclenchement de la
procédure amiable
L’ i n te r v e n t i o n d u p r é s i d e n t d u t r i b u n a l d e
commerce:

La décision d’ouverture de la procédure du règlement


amiable revient au président du tribunal de commerce.#

Afin de permettre au président du tribunal de commerce de


garantir une réelle efficacité de la procédure du règlement
amiable, le législateur marocain lui accorde la possibilité de
faire des investigations sur la situation de l’entreprise.

20
A cet égard, le président du tribunal de commerce dispose
des pouvoirs qui lui sont attribués par l’article 548 du C. de
Com.#

En effet, ce dernier peut obtenir communication, par le


commissaire aux comptes, les administrateurs, les
organismes publics ou le représentant du personnel ou par
toute autre personne, des renseignements de nature à lui
donner une exacte information sur la situation
économique et financière du débiteur.

21
La nomination d’un conciliateur:

Le président du TC désigne librement un conciliateur pour une période


n’excédant pas 3 mois.#

Les termes de l’article 553 du CC ne précisent pas le statut du


conciliateur, ni ses compétences particulières.#

Toutefois, la majorité de la doctrine s’accorde sur certaines qualités


pouvant être attribuées à la personne du conciliateur.#

En effet, nommé par le président du TC, celui-ci peut être un juge en


fonction ou en retraite, un avocat, un salarié, un syndicaliste si la nature
des difficultés est plutôt sociale, ou encore un expert comptable.#

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La mission du conciliateur:

Selon l’art. 554 du CC: le conciliateur est précisément chargé de


favoriser le fonctionnement de l’entreprise et de permettre la
conclusion d’un accord amiable entre le chef de l’entreprise et ses
créanciers.#

En plus de devoir trouver un compromis entre les créanciers et


l’entreprise, le conciliateur est tenu à la confidentialité comme toute
personne appelée à la procédure de conciliation.#

Durée:

Elle est fixée pour une période n’excédent pas 3 mois, mais elle peut
être prorogée d’un mois tout au plus à la demande de conciliateur.

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La suspension provisoire des poursuites et le délais de
paiements:

Elle est considérée comme étant un moyen efficace permettant la


réalisation du règlement amiable. Elle est prévue par l’art. 555 de
CC.#

Elle tend à la préser vation des ressources financières de


l’entreprise nécessaires à son redressement et touche à toute les
poursuites visant essentiellement le paiement par l’entreprise des
dettes.#

Cette mesure arrête et interdit également toute possibilité


d’exécution de la part des créanciers tant sur les meubles que sur
les immeubles.

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D- La mise en oeuvre de
l’accord amiable
Les conditions d’homologation de l’accord:

L’article 556 du CC ne précise pas les conditions tenant au


contenu même de l’accord amiable permettant son
homologation.#

Cette mesure peut être justifiée par la volonté du


législateur marocain d’accorder au président du tribunal un
pouvoir d’appréciation relatif à l’homologation de l’accord
amiable.

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Cependant, l’homologation de l’accord amiable peut parfois
s’avérer obligatoire, car elle est généralement conçue par les
parties comme une garantie d’honorabilité lui conférant une
autorité morale accrue.#

En outre, elle donne à l’accord un caractère judiciaire en lui


accordant l’autorité de la chose jugée et offre aux parties un
« titre » ayant une exécution forcée.#

D’une manière générale, l’homologation rassure les créanciers


quelque soit leur créance en leur donne une garantie
d’exécution.#

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Les effets d’homologation:

L’accord homologué interrompt ou interdit toute action en justice et


arrête ou interdit toute poursuite individuelle tant sur les meubles
que sur les immeubles du débiteur dans le but d’obtenir le paiement
des créances qui en font l’objet.#

L’homologation de l’accord a également pour effet d’interrompre les


délais imparties aux créanciers parties à l’accord.#

La levée d’interdiction d’émettre des chèques à l’égard du débiteur.#

Les personnes qui fournissent, dans l’accord homologué, un nouveau


bien ou ser vice en vue d’assurer la poursuite de l’activité de
l’entreprise et sa pérennité bénéficient du même privilège pour le prix
de ce bien ou de service.

27
E- L’inexécution de l’accord
amiable
La résolution de l’accord:

La résolution de l’accord amiable est la conséquence directe de


l’inexécution des engagements pris par le débiteur, car la raison d’être
de l’accord disparait.#

Si le débiteur ne respecte pas ses engagements, les créanciers


n’hésiteront pas à saisir le président du tribunal pour demander la
résolution de l’accord.#

En pratique, les parties insèrent une clause mentionnant qu’en cas


d’inexécution des engagements, la résolution de l’accord peut avoir lieu
de plein droit.

28
Les effets de la résolution de l’accord:

Selon l’article 558 du CC, l’inexécution des engagements


du débiteur produit la déchéance de tout délai de
paiements accordé par les créanciers.#

Ensuite, les effets de la résolution de l’accord permettront


aux créanciers, ayant signé l’accord amiable, de retrouver
l’ensemble de leurs droits ayant été suspendus pendant la
durée de l’exécution de l’accord, notamment le droit
d’engager des poursuites individuelles.

29
L’ouverture éventuelle d’une procédure collective:

L’ouverture de cette procédure est prévue à l’accord du


débiteur qui n’est pas en mesure de payer à l’échéance ses
dettes.#

Cette solution est prévue par l’article 560 de CC. En ce


sens, le tribunal peut ouvrir d’office une procédure
collective car le débiteur se trouve en cessation de
paiements.#

L’ouverture d’une procédure collective met fin de plein


droit à la procédure du règlement amiable.

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Section II: L’admission au
Redressement Judiciaire
L’ouverture d’une procédure de redressement judiciaire
signifie concrètement que l’entreprise n’a pas pu mettre en
oeuvre l’action de prévention interne ou de règlement
amiable des difficultés d’exploitation ou qu’elle a échoué.#

Au c a s o ù l a s i t u a t i o n d e l ’ e n t r e p r i s e n’ e s t p a s
irrémédiablement compromise, le chef d’entreprise doit
alors demander l’ouverture, au tribunal, d’une procédure de
traitement des difficultés de son exploitation, dans les
quinze jours de la constatation de la cessation de paiements.

31
§ 1: Le déclenchement de la procédure
A- Le domaine de la procédure

L’article 560 du code de commerce dispose que « les


procédures de traitement de difficultés de l’entreprise sont
applicables à tout commerçant, à tout artisan et à toute
société commerciale qui n’est pas en mesure de payer à
l’échéance ses dettes exigibles y compris celles qui sont
nées de ses engagements conclus dans le cadre de l’accord
amiable ».

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A la lecture de cet article, tout commerçant est justiciable
des procédures de traitement des difficultés de
l’entreprise. Dans la pratique, il convient que soit
rapportée la preuve de l’accomplissement d’actes de
commerce à titre d’exercice professionnel et habituel.#

En conséquence, il convient de signaler que celui qui


accomplit des actes de commerce ne peut invoquer son
défaut d’inscription pour échapper à la procédure
collective.

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Il en va même du commerçant qui exerce une activité
commerciale au mépris d’une interdiction ou d’une
incompatibilité. L’article 564 précise que « la procédure
peut être ouverte à l’encontre d’un commerçant ou d’un
artisan qui a mis fin à son activité ou qui est décédé, dans
l’année de sa retraite ou de son décès si la cessation des
paiements est antérieure à ces évènements ».

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Cela signifie qu’en pratique un commerçant qui a cessé
son activité et obtenu sa radiation au registre du
commerce peut faire l’objet d’une procédure de
redressement judiciaire à la condition que la cessation de
paiement soit antérieure à la radiation. Ces cas demeurent
néanmoins rares en pratique.#

S’agissant des artisans, notons qu’ils sont également


soumis au même titre que les commerçants, à la procédure
de redressement judiciaire.

35
L’article 560 soumet aux procédures de traitement des
difficultés de l’entreprise l’ensemble des personnes morales
d e d r o i t p r i v é . C e c i co n ce r n e to u te s l e s s o c i é t é s
commerciales, en l’occurrence les sociétés à responsabilité
limitée, les sociétés en nom collectif, les groupements
d’intérêt économique.#

Les personnes morales exclues de champ d’application de


l’article 560 sont les personnes morales de droit public et
les groupement non investies de la personnalité morale
(société en participation, article 88 de la loi n° 5-96).

36
B- L’initiative de la procédure
1- La saisine par le débiteur
Aux termes de l’article 561, le débiteur (en l’occurrence, le chef d’entreprise) a
l’obligation de solliciter l’ouverture d’une procédure de redressement
judiciaire dans les quinze jours de la constatation faite par lui de la cessation
des paiements de son entreprise.#

S’agissant d’un commerçant, personne physique, décédé en état de cessation


des paiements, ses héritiers qui entendent faire prononcer le règlement
judiciaire ou la liquidation des biens de sa succession doivent effectuer la
déclaration de cessation des paiements dans le délai d’un an à compter du
décès.#

La déclaration de cessation des paiements doit être effectuée au greffe du


tribunal de commerce et le greffier atteste la réception des documents
déposés (art. 562 du c. com.)

37
!

De même l’article 562 du c. com précise que la déclaration doit être


accompagnée des documents suivants:#

• Les états de synthèse du dernier exercice comptable;#

• L’énumération et l’évaluation de tous les biens mobiliers et immobiliers de


l’entreprise;#

• La liste des créanciers et des débiteurs avec l’indication de leur résidence, le


montant de leurs droits, créances et garanties à la date de cessation des
paiements;#

• Le tableau des charges.#

A noter que les documents présentés doivent être datés, signés et certifiés par
le chef d’entreprise.

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2- La saisine par un ou
plusieurs créanciers:
L’initiative de la procédure appartient également à tout
créancier du chef d’entreprise, quelque soit la nature de sa
créance (art 563 al. 1).#

L’acte de procédure doit mentionner la nature et le


montant de la créance ainsi que les procédures et voies
d’exécution éventuellement engagées pour le
recouvrement de la créance.

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3- La saisine d’office du
tribunal
Le tribunal peut se saisir d’office c’est ce qui résulte
indirectement des dispositions de l’article 548 qui stipule
que: « Le président du tribunal convoque le chef
d’entreprise dans le cas prévu à l’article 547 ou lorsqu’il
résulte de tout acte, document ou procédure, qu’une
société commerciale, ou une entreprise individuelle
commerciale ou artisanale connait des difficultés de nature
à compromettre la continuité de l’exploitation, pour que
soit envisa gées les mesures propres à redresser la
situation ».

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De même l’article 563 précise aussi dans ses dispositions que le
tribunal peut soit se saisir d’office ou sur requête du ministère
public, et ce notamment en cas d’inexécution des engagements
financiers conclus dans le cadre de l’accord amiable.#

A noter que le tribunal ne statue sur l’ouverture de la


procédure qu’après avoir entendu ou dument appelé le chef de
l’entreprise en chambre du conseil (art 567).#

En outre, le tribunal compétent en vertu de l’article 566 du c.


com est celui du lieu du principal établissement du
commerçant ou du siège social de la société. Le siège social
statutaire de l’entreprise est pris en compte, pour vu qu’il soit
réel et non fictif.

41
C- Quel est le tribunal compétent?
1- La compétence d’attribution
Les règles de détermination de la compétence d’attribution
des juridictions ayant à connaître de l’ouverture d’une
procédure se font en fonction de deux critères: selon la nature
de la juridiction saisie et selon l’importance de litige à traiter.#

Ainsi le nouveau code de commerce dispose que la


compétence d’attribution dépend de la qualité du débiteur. En
effet, le tribunal de commerce est compétent si le débiteur est
commerçant ou artisan, qu’il soit personne physique ou
morale.

42
Par ailleurs, ces règles de compétence s’appliquent quelle
que soit la nature civile ou commerciale des créances
impayées.#

Cependant le tribunal de commerce peut être déclaré


compétent à l’égard d’une personne morale à forme civile
ayant déployé une activité de nature commerciale.#

Il est en revanche, incompétent pour connaître des litiges


trouvant leur cause dans des actes ou faits juridiques
indépendants de la procédure d’ouverture.

43
Pour l’essentiel, « le juge commissaire est chargé de veiller
au déroulement rapide de la procédure et à la protection des
intérêts en présence » (art. 638).#

Le syndic est chargé de mener les opérations de


redressement et de liquidation judiciaire à partir du jugement
d’ouverture jusqu’à la clôture de la procédure. Il tient informé
le juge commissaire du déroulement de la procédure… (art.
641).#

Les contrôleurs, désignés par le juge commissaire, ils


peuvent être des personnes physiques ou morales, ils assistent
le syndic dans ses fonctions et le juge commissaire dans sa
mission de surveillance de l’administration de l’entreprise.

44
Dans les affaires commerciales le parquet n’a pas le même
pouvoir que celui qu’il détenait dans les affaires de droit
co m m u n e t ce e n r a i s o n d e l a n a t u r e d e s af f a i r e s
commerciales mettant surtout en jeu la valeur pécuniaire; #

De même que ce dernier n’ a pas le même pouvoir sur la


police judiciaire.#

Par ailleurs, l’ouverture d’une procédure à l’encontre d’une


personne morale doit obligatoirement être communiquée
au ministère public.

45
2- La compétence
territoriale
L’article 11 de la loi n° 53-95 instituant des juridictions de
c o m m e r c e d i s p o s e q u e :  «  Pa r d é r o g a t i o n a u x
dispositions de l’article 28 du code de procédure civile, les
actions sont portées:#

(…) En matière de difficultés de l’entreprise, devant le


tribunal de commerce du lieu du principal établissement
du commerçant ou de siège social de la société,(…) »

46
Ainsi dans le cas normal, il est tenu compte du domicile
professionnel du débiteur personne physique et du siège
social du débiteur personne morale entendu comme le
siège réel, le centre effectif de la direction des affaires
sociales, naturellement présumé coïncider avec le siège
statutaire: si telle n’est pas la réalité, c’est le tribunal du
siège réel qui est seul compétent.#

Ceci étant, dans le cas où le siège réel de l’entreprise n’est


pas situé au Maroc, le tribunal compétent est celui du
centre principal des intérêts du débiteur au Maroc

47
§ 2: Les effets du jugement d’ouverture
A- La nomination des organes de la
procédure

Les différents organes de la procédure sont nommés par le


jugement d’ouverture « Dans le jugement d’ouverture, le
tribunal désigne le juge commissaire et le syndic » (art.
637 al. 1).

48
B- L’arrêt du cours des
intérêts
Le jugement d’ouverture arrête le cours des intérêts légaux et
conventionnels, ainsi que de tous les intérêts de retard et
majorations.#

En effet, à partir de la date d’ouverture de la procédure,


aucune créance ne peut produire aucun intérêt, ni légal, ni
conventionnel, ainsi que tout intérêt de retard ou majoration.#

Cette règle ne concerne pas les amendes et les pénalités, le cas


échéant, celles dont le débiteur fait l’objet en application des
règles de droit fiscal.

49
C- La déclaration de
créances
Le législateur a obligé les créanciers dont les créances sont nées dont le
jugement d’ouverture de la procédure de traitement des entreprises en
difficultés de déclarer leurs créances au syndic, à l’exception des créances des
salariés, dans un délai de deux mois à compter de la date de la publication du
jugement d’ouverture de la procédure au Bulletin officiel.#

Il faut signaler, que le législateur a obligé les créanciers à déclarer leurs créances
au syndic dans le délai prévu, pour permettre à ce dernier d’avoir une
connaissance plus large de tous les éléments concernant les difficultés
financières de l’entreprise en difficulté afin de préparer la solution des difficultés.#

La déclaration des créances concerne celles qui sont nées avant le jugement
d’ouverture à l’exception des déclarations des salariés (art. 686), toutefois les
obligations de cotisation à la CNSS doivent être déclaré parmi les créances.

50
D- La poursuite de
l’exploitation
L’article 571 consacre que « l’activité de l’entreprise est poursuivie après le
prononcé du redressement judiciaire ».#

A cette étape de la procédure, l’entreprise entre dans une phase d’observation.


Il s’agit en l’occurrence d’une période de diagnostic et de préparation de
l’éventuel redressement de l’entreprise.#

Cet objectif suppose que soient définies les règles permettant à l’entreprise de
poursuivre son activité, et de trouver les financements nécessaires à la
poursuite de cette activité.#

La durée de cette période dite d’observation est de 4 mois suivant la date de


jugement d’ouverture de la procédure. Ce délai peut être renouvelé une fois
par décision motivée du tribunal à la requête du syndic (art. 579 al. 2).

51
Chapitre II: L’issue de
Redressement judiciaire

52
Section 1: Le plan de
redressement
L’article 590 stipule que sur le rapport du syndic et après avoir
entendu le chef de l’entreprise, les contrôleurs et les délégués du
personnel, le tribunal décide soit la continuation de l’entreprise
(sous la forme de plan de continuation), soit sa cession (sous la
forme d’un plan de cession soit sa liquidation judiciaire).#

Le tribunal statue sur le projet du plan de redressement de


l’entreprise, tel qu’il a été élaboré par le syndic.#

Il rend une décision qui revêt un caractère juridictionnel.#

Le plan, dont un caractère obligatoire, est opposable aux tiers.

53
§1: La continuation de l’entreprise
A: Les modalités techniques de la
continuation
Le principe fondamental gouvernant la décision du tribunal
décidant l’adoption d’un plan de continuation est qu’il existe des
possibilités sérieuses de redressement et de règlement du passif. #

Cela signifie concrètement que l’entreprise doit continuer son


exploitation, mais il n’est obligatoire qu’elle la continue à
l’identique.#

Le plan de la continuation peut être accompagné, s’il y a lieu de


« l’arrêt, de l’ adjonction, ou de la cession de certaines branches
d’activités » (art. 592 al. 4)

54
1- Des contrats en cours

On considère que non seulement les contrats continués


pendant la période dite d’observation subsisteront de plein
droit lorsque la procédure est clôturée par un plan de
continuation, mais que le cocontractant ne pourrait pas,
en cours d’exécution du plan de continuation, se prévaloir
d’une éventuelle clause résolutoire, pour inexécution
d’engagements antérieurs à la procédure d’ouverture.

55
2- Des contrats de travail
Les contrats de travail qui n’ont pas été rompus au cours
de la période d’obser vation subissent à la charge de
l’employeur. Au cas où le syndic prévoit des licenciements
(ce qui est courant dans un plan de continuation), il sera
tenu de consulter les délégués du personnel et d’informer
l’autorité administrative compétente en respectant les
règles prévues dans le code du travail en la matière.#

56
3- Des contrats bancaires

Si le banquier n’a pris aucun engagement avec le débiteur,


et l’ouverture de crédit est conclue pour une durée
déterminée, elle devra être maintenue jusqu’à son terme;#

Si la convention de crédit a été conclue pour une durée


indéterminée, la r upture devra être précédée, sauf
situation irrémédiablement compromise, d’un préavis
raisonnable.

57
B- Les modalités d’
apurement du passif
La loi a donné la détermination des modalités selon lesquelles
l’apurement du passif devra être effectué. En particulier, il
donne acte des délais de remise accordés par les créanciers au
cours de la consultation.#

Outre les délais que les créanciers ont consentis, le tribunal


qui arrête le plan peut imposer des délais de paiement dont la
durée peut être supérieure à la durée du plan.#

L’autre moyen permettant le maintien de l’entreprise consiste


en un allégement du passif grâce à des remises de dettes.

58
§ 2: La cession de l’entreprise
A- La réalisation de la cession
1- La cession d’entreprise a trois finalités pratiques:

• Le but poursuivi par le plan de cession doit être le maintien


d’activités susceptibles d’exploitation autonome et rentable;#

• La cession vise alors plus le maintien de l’activité que la


survie de l’entreprise dans sa forme actuelle;#

• Ensuite, il y a la volonté du législateur de préserver les


emplois attachés à la branche d’activité cédée et d’assurer
l’apurement du passif.

59
2-La procédure de la cession

• La cession peut être totale ou partielle. Dans la pratique, le plan de cession prévoit
souvent la cession de l’ensemble des actifs affectés à l’exploitation.#

• Le plan de cession ne peut porter que sur des actifs, et jamais sur des droits sociaux.#

• Elle est partielle lorsqu’elle porte sur un ensemble d’éléments d’exploitation formant une
ou plusieurs branches complètes et autonomes d’activité.#

• Outre les éléments d’actif constituant une branche autonome d’activité, le plan de cession
peut prévoir en pratique la cession forcée de certains contrats. #

• S’agissant des contrats de travail, leur continuation est assurée sur la base de l’article 754
du DOC; la cession de l’entreprise opérant un changement dans la personne de
l’employeur.#

• Le tribunal prononce la clôture de la procédure après paiement du prix de cession et sa


répartition entre les créanciers.#

• En cas de la cession totale des biens de l’entreprise, celle-ci est alors dissoute.

60
B: Les effets de la cession
1- Situation des créanciers munis des
sûretés personnelles et/ou réelles
Qui sont ils?#

Les créanciers de l’article 575: Les créanciers titulaires d’un


privilège général: Ils regroupent tout ce qui a trait aux salaires,
charges sociales, Etat: les organismes fiscaux, les caisses de
retraites, et les mutuelles, les payes restant à régler.#

Les créanciers hypothécaires: sur biens immobiliers de


l’affaire, avec montant restant dû en capital.#

Les créanciers nantis: les nantissements sur matériel ou


véhicules, les nantissements sur fonds de commerce.

61
2- Situation des créanciers non munis
de sûreté personnelles et/ou réelles
Cette catégorie regroupe la totalité des créanciers ne
bénéficiant pas de privilège particulier: (Fournisseurs,
avances clients, banques -éventuellement lorsque les
crédits ont été contractés sans garanties-, emprunts
comptes associés).#

Les créanciers seront payés sur le prix de cession, selon


leurs rangs. La répartition du prix de cession est effectuée
par le syndic.

62
Section 2: La liquidation
judiciaire
Lorsque le redressement de l’entreprise a échoué ou il
n’est pas envisageable, la seule issue est la liquidation
judiciaire.#

Cette liquidation peut être prononcée immédiatement ou


à issue d’une période d’observation. La situation de
l’entreprise est irrémédiablement compromise (art. 619, al.
1) l’objectif de la procédure de liquidation est de tirer le
meilleur profit de la vente des actifs pour payer le passif.
Sa fonction est essentiellement financière.

63
§1: La réalisation d’actif:
Dès l’ouverture de la procédure le chef d’entreprise se dessaisi de
l’administration et de la disposition de ses biens (art. 619 du C.
Com), il est remplacé par le syndic sous le contrôle du juge commissaire
pendant toute la durée de la liquidation judiciaire.#

Pour la réalisation d’actif, la vente d’immeubles, aura lieu suivant les


formes prescrites en matière de saisie immobilière (art. 622 du C. Com),
avec cette dérogation qu’a le juge commissaire de fixer la mise à prix, et les
conditions essentielles de la vente et de déterminer les modalités de la
publicité. #

Pour les biens meubles, le juge commissaire ordonne leur vente aux
enchères publiques ou de gré à gré.

64
§ 2: l’apurement du passif:

En cas de distribution de sommes, avant la répartition du


prix des immeubles, les créanciers privilégiés et
hypothécaires admis concourent à cette répartition dans la
proportion de leurs créances totales.#

Les sommes ainsi déduites profitent aux créanciers


chirographaires.

65
Section 3: Les sanctions à l’encontre des dirigeants
§ 1: Les sanctions patrimoniales
A- L’action en comblement de l’insuffisance d’actif

Le tribunal peut décider que les dettes du groupement seront


supportées, en tout ou partie, certains d’entre eux (art. 704). La
recherche de la responsabilité du gérant suppose qu’il se soit rendu
coupable de « faute de gestion », ce qui doit s’endenter d’un
manquement coupable dans l’exercice de sa fonction, officiel ou
occulte de direction.#

La faute imputée doit donc être prouvée. En revanche, l’insuffisance


d’actif punissable demeure d’une appréciation plus libre. En théorie,
l’insuffisance désigne la différence négative entre le passif admis et la
valeur estimée ou de réalisation de l’actif de l’entreprise.

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B- L’action en extension du
redressement judiciaire
La procédure d’extension a lieu d’abord, lorsque le constat d’une véritable
confusion patrimoniale, entre deux ou plusieurs personnes, conduit le tribunal
à étendre aux autres la procédure ouverte envers l’une d’entre elles.#

Une telle mesure est néanmoins subordonnée à l’accomplissement, par le


dirigeant poursuivi, de faits et actes justiciables des comportements énumérés
à l’article 706.#

Pour l’essentiel, les attitudes fustigées traduisent un détournement des


intérêts de la personne morale à des fins personnelles; mais il s’y ajoute des
comportements objectifs tels que le défaut de comptabilité, son activité ou
son irrégularité, ou la dissimulation d’actif ou l’augmentation frauduleuse du
passif: en quoi cette extension de procédure parait bien constituer un
dispositif de sanction renforcée des manquements à l’orthodoxie de gestion.

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§ 2: Les sanctions personnelles
A- La déchéance commerciale
Elle fait l’objet d’un régime modernisé. Quant à ses cas
d’application, d’abord, qui se divisent en trois groupes.#

Le premier concerne les commerçants personnes physiques et les


artisans; il couvre: la poursuite abusive d’une exploitation déficitaire,
l’absence de comptabilité régulière et la dissimulation d’actif ou
l’augmentation frauduleuse du passif (ces deux derniers cas étant
communs à la banqueroute).#

Le second, les dirigeants de sociétés commerciales qui ont commis


l’un des agissements justiciables d’une extension du redressement
judiciaire.

68
!

Enfin, le troisième groupe est celui des hypothèses communes aux commerçants,
artisans et dirigeants; il recouvre des cas disparates dont: le recours à « des
moyens ruineux pour se procurer des fonds » en vue de retarder la cessation de
paiement, le paiement d’un créancier en connaissance de celle-ci, et la non
déclaration de la cessation des paiements au tribunal dans le délai de 15 jours.#

De quels cas qu’elle procède, la déchéance commerciale emporte les mêmes effets
visés à l’art. 711 du C. Com. Le principal consiste dans l’interdiction de diriger,
gérer, administrer ou contrôler, directement ou indirectement, toute entreprise
commerciale ou artisanale et toute société commerciale ayant une activité
économique.#

Un autre, dit secondaire, tient à l’incapacité d’exercice d’une fonction publique


élective. Ainsi modelée, la déchéance commerciale est obligatoire, dans les cas
visés, mais non perpétuelle: elle est judiciairement prononcée pour une durée au
moins égale à cinq ans. Toutefois en cas de liquidation judiciaire, envers une
personne physique, elle a lieu de plein droit, pour cinq ans.

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B- Les sanctions pénales:
Pénalement, le renouveau législatif s’applique surtout la
banqueroute qui ne donne lieu qu’à un délit unifié.#

Quand aux éléments constitutifs du délit - qui exige toujours


une intention frauduleuse - ils sont réduits en nombres et
concentrés sur les manquements à la déontologie des affaires
jugées les plus graves; ce qui va en quatre griefs, de l’emploi de
moyens ruineux pour se procurer des fonds afin de retarder le
redressement judiciaire, à l’absence, l’irrégularité ou la fictivité
de la comptabilité, en passant par le détournement d’actif et
l’augmentation frauduleuse du passif.

70
!

En revanche, les peines encourues par l’auteur du délit sont


aggravées, quoique rendues alternatives; elles consistent en un
emprisonnement de un à cinq ans et une amende de 10.000 Dh à
100.000 Dh dont l’une seulement peut, le cas échéant, être
prononcée; le délinquant s’expose aussi à titre de peine accessoire, à
la déchéance commerciale. #

Les mêmes peines sont encourues par les complices de banqueroute,


même s’ils n’ont pas la qualité de dirigeant d’entreprise.#

En revanche, les peines sont portées au double lorsque le


banqueroutier est dirigeant, de droit ou de fait, d’une société dont
les actions sont cotées à la bourses des valeurs.

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