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ELECTROMAGNETISME L1 & L2

CHAPITRE III : INDUCTIONS ELECTROMAGNETIQUES


Ce phénomène d’induction découvert en 1831 par Michael FARADAY est l’un des phénomènes primordiaux
de l’électromagnétisme. C’est l’induction qui est à la base de la production des courants alternatifs
sinusoïdaux.
.
I- L’INDUCTION ELECTROMAGNETIQUE
A- Mise en évidence expérimentale
1. Par déplacement d’un aimant

Lorsqu’on déplace un aimant vers une bobine (b) reliée à un microampèremètre à zéro central, on
constate que l’aiguille du microampèremètre dévie dans un sens.
La même observation est constatée lorsqu’on maintient l’aimant immobile et qu’on déplace la bobine.
NB : le courant s’annule dès que le mouvement de l’aimant ou de la bobine cesse.

2. Par déplacement d’une autre bobine


Lorsqu’on remplace l’aimant du dispositif précédent par un circuit électrique comportant une bobine
(b’) et traversé par un courant I’, on constate également un passage d’un courant dans (b) si on déplace
l’une des bobines par rapport à l’autre.
Représenter un schéma comportant deux bobines dont l’une
est reliée à un générateur, un rhéostat et un interrupteur.
Le même courant induit peut être observé :
 en faisant varier le courant I’ qui traverse (b’) ;
 en ouvrant ou en fermant l’interrupteur K du circuit comportant (b’) ;
 en introduisant un noyau de fer dans l’une ou l’autre des bobines.
De ces différentes expériences, on constate la naissance d’un courant électrique dans un circuit qui ne
comporte pas de générateur. Ces types de courant portent le nom de courants induits ; le phénomène
qui les engendre s’appelle induction électromagnétique. Le circuit dans lequel il apparaît, constitue
l’induit et l’aimant ou le circuit qui l’engendre, est l’inducteur.
B- Courant induit et flux magnétique
Le déplacement de l’inducteur des expériences précédentes entraîne une variation du flux magnétique
à travers la bobine (b). Cette variation se produit en même temps qu’apparaît le courant induit.
Nous pouvons alors conclure qu’une variation du flux magnétique à travers un circuit fermé y fait
apparaître un courant induit.
Variation du flux magnétique => courant induit

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C- Force électromotrice induite


Des expériences précédentes, on constate la circulation d’un courant sans la présence d’un générateur
alors il faut admettre la naissance d’une f.é.m dont il en résulte un courant induit. Cette f.é.m porte le
nom de f.é.m d’induction ou f.é.m induit.
La f.é.m est mesurable à l’aide d’un voltmètre monté aux bornes de la bobine

II- La loi de LENZ : sens du courant induit

Soit le dispositif expérimental ci-dessus constitué d’un aimant et d’une bobine reliée à un
microampèremètre à zéro central permettant de déterminer le sens du courant.
A l’approche ou à éloignement du pôle nord de l’aimant, le courant induit produit respectivement une
face nord ou une face sud. Dans les deux cas, le courant induit produit une face qui tend à s’opposer au
déplacement de l’aimant.
La face engendrée tend à attirer l’aimant lorsqu’il est retiré de la bobine et
à le repousser lorsqu’il est enfoncé dans la bobine.

Le sens du courant induit est tel qu’il tend, par ses effets, à s’opposer à la cause qui lui donne
naissance ; cet énoncé constitue la loi de LENZ
Le sens du courant induit montre que le champ magnétique induit qu’il génère, a tendance à s’opposer
à la variation du champ magnétique imposé par le mouvement de l’aimant.
 
B induit opposé à B aimant si Baimant augmente
 
B induit même sens que B aimant si Baimant diminue
III- EXPRESSION ALGEBRIQUE DE LA F.E.M INDUITE
Des expériences du paragraphe I, on a constaté que le courant induit est d’autant plus intense quand :
 l’aimant qu’on approche de la bobine est plus « puissant » ;
 l’aimant est approché plus rapidement.
De ces constats, on en déduit que la f.é.m induite moyenne est proportionnelle à la variation du flux
magnétique à travers la bobine et inversement proportionnelle à la durée pendant laquelle cette
variation a été effectuée.
A- La loi de FARADAY
La f.é.m induite e dans un circuit où le flux magnétique ϕ varie en fonction du temps t est donné par la
relation : La formule de FARADAY permet d’obtenir le signe de la f.é.m induite et le
e en volts ( V ) sens du courant induit :

e=- Φ en webers ( Wb )  pour e positif, le courant induit circule dans le sens positif arbitraire choisi
dt sur la spire ;
t en sec ondes ( s )
 pour e négatif, le courant induit a un sens opposé au sens positif choisi.

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B- Intensité du courant induit


e 1 dΦ
L’intensité du courant induit dans le circuit de résistance R est tel que e = R.i => i = = i = -
R R dt

IV- L’AUTO-INDUCTION
A- Mise en évidence expérimentale
1- Dispositif expérimental
Soit le circuit ci-dessous comportant de deux dérivations :
 la 1ère est constituée d’un conducteur ohmique R et d’une lampe L1 ;
 la 2ème, elle est constituée d’une bobine à noyau de fer et d’une lampe L2.

Les lampes L1 et L2 sont identiques, le conducteur ohmique et la bobine ont la même résistance R.
Les deux dérivations semblent apparemment équivalentes.

2- Observations et interprétation
Lorsqu’on ferme l’interrupteur K, la lampe L1 brille immédiatement alors que la lampe L2 s’allume
avec un retard de quelques secondes et par la suite, leur éclat devient identique. Les deux dérivations
de même résistance étant soumise à la même tension, on constate que le courant i1 s’installe
instantanément alors que le courant i2 ne s’installe que progressivement.
Alors on pourrait conclure que la bobine s’oppose à l’établissement du courant dans le circuit.
Lorsque le courant i2 s’installe progressivement jusqu’à avoir sa valeur maximale, un flux magnétique
variant est créé à travers la bobine. Cette variation donne naissance à une f.é.m d’induction appelée
f.é.m d’auto-induction car c’est la variation du courant dans le circuit lui-même qui lui donne
naissance.
Inducteur et induit sont confondus d’où le nom de d’auto- induction.

Une f.é.m d’auto-induction prend naissance dans un circuit parcouru par un courant d’intensité
variable.
Selon la loi de LENZ, le courant d’auto-induction tend à s’opposer à l’installation du courant i2 qui lui
donne naissance ; il est donc de sens opposé et s’annule progressivement.
B- L’inductance
1- Relation entre le flux propre et l’intensité du courant : l’inductance
Le flux propre noté ϕP, flux magnétique envoyé à travers un circuit par le courant qui y circule, est
proportionnel au champ magnétique. Le champ magnétique créé en un point M quelconque par le
circuit est, lui, proportionnel à l’intensité du courant ; par conséquent le flux propre est proportionnel à
l’intensité du courant qui l’engendre.

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La constante de proportionnalité notée L, est appelée inductance du circuit, alors :


Φ P en webers ( Wb )
ϕP = Li L en henrys ( H )
i en ampères ( A )
L ne dépend que des caractéristiques géométriques du circuit et est toujours positive. La représentation
symbolique d’une inductance est la suivante :

Le plus souvent, un dipôle inductif possède une résistance R et c’est le cas de toutes les bobines. Leur
représentation symbolique est alors la suivante :

2- Inductance d’une bobine


Soit une bobine comportant N spires de surface S, sur une longueur l très grande.


Soit B , le champ magnétique à l’intérieur de la bobine ; il est supposé uniforme à l’intérieur de celle-
ci.
 
Le flux propre à travers chaque spire est positif car B et la normale à la surface de la spire n ont la
même direction et le même sens. Par conséquent le flux propre à travers la bobine est positif et vaut :
N N N 2S
ϕP = NBS avec B = μ0 i => ϕP = N. μ0 i .S = μ0 i .
l l l
N 2S
En identifiant les deux expressions de ϕP, on obtient L = μ0
l
C- F.é.m d’auto-induction ; Loi d’Ohm aux bornes d’une bobine
1- Expression de la f.é.m d’auto-induction
Lorsque le flux propre ϕP à travers un circuit varie, il apparaît dans ce circuit une f.é.m d’auto-
induction e tel que :

e en volts (V )
dΦ P dLi di
e=- => e = - = -L L en henrys ( H )
dt dt dt di
en ampères par sec onde ( A.s 1 )
dt
La résistance totale du circuit étant R, l’intensité i du courant d’auto-induction vaut :
e L di
i= =-
R R dt

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2- Loi d’ohm aux bornes d’une bobine


Soit la bobine ci-dessous parcourue par un courant induit i :

Un sens positif est choisi sur la portion de circuit et on définit les conventions suivantes :
 l’intensité du courant induit i est positif si il circule dans le sens choisi ;
 la tension aux bornes du circuit est la tension suivant le sens positif : u = uAB ;
 une f.é.m d’auto-induction positive e tend à faire circuler un courant induit dans le sens positif et
une f.é.m d’auto-induction négative tend à faire circuler le courant induit dans le sens inverse au
sens positif.
La loi d’ohm aux bornes de la bobine s’écrit :
di di
uAB = Ri – e or e = -L => uAB = Ri + L
dt dt
Cas particulier :
di
- si la résistance la bobine est négligeable (R=0) : uAB = L ; on a une inductance pure.
dt
di
- si on est en régime continu (i = cte) : = 0 => uAB = Ri ; La bobine se comporte comme une
dt
résistance.

L’auto-induction ne se manifeste qu’en régime variable

V- ENERGIE MAGNETIQUE EMMAGASINEE


Une bobine d’inductance L, parcourue par un courant d’intensité i possède une énergie mise en
réserve. Elle porte le nom d’énergie magnétique emmagasinée et est donnée par la relation:
Em en joules ( J )
1 2 Démontrer l’expression de Em en partant de la puissance reçue par la
Em  Li L en henrys ( H )
2 bobine Pr = uAB.i
i en ampères ( A)

VI- INDUCTION MUTUELLE


Considérons C1 et C2, deux circuits fermés, orientés et parcourus respectivement par des courants
continus I1 et I2.

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Chacun des deux circuits est traversé par son flux propre et par le flux appliqué provenant de l’autre
circuit :
 C1 envoie à travers C2 un flux appliqué ϕ12 ;
On parle de couplage magnétique
 C2 envoie à travers C1 un flux appliqué ϕ21.
D’après la loi de Biot et Savart, le champ magnétique créé par C1 est proportionnel à I1. Il en résulte
que ϕ12 sera proportionnel à I1 ; de même ϕ21 est proportionnel à I2. Alors cela se traduit par les
expressions suivantes :
ϕ12 = M12.I1 et ϕ21 = M21.I2.
M12 et M21 sont des coefficients de proportionnalité et sont appelés inductance mutuelle. Ils sont
fonction de la position relative des deux circuits et peuvent être positifs ou négatifs.
Par la détermination du travail des forces magnétiques, on montre que M12 = M21 = M ; M s’exprimant
en Henrys (H).

EXERCICE D’APPLICATION
On considère une bobine assimilable à un solénoïde théorique ayant les caractéristiques suivantes :
 Rayon moyen de la spire : R = 10 cm ;
 Nombre total de spires : N = 500 ;
 Longueur de la bobine : l = 1 m.
1- Calculer l’inductance de la bobine sachant que µ0 = 4π.10-7 S.I.
2- L’intensité du courant qui circule dans la bobine est caractérisée par les valeurs suivantes exprimées en
ampères :
 I1 = 2 ;
 i2 = 5t+2 ;

 i3 = 2 2 sin(100πt).
Calculer la force électromotrice d’auto-induction produite dans la bobine dans chacun des trois cas.
3- Un courant d’intensité i(t) traverse la bobine :

Tracer la représentation graphique de la tension uAB aux bornes de la bobine sachant que le sens positif sur
le conducteur va de A vers B et que la résistance de la bobine est négligeable.

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