Vous êtes sur la page 1sur 13

DE L’AUDACE POUR LES ÉVÊQUES DU TOGO : Devenir

un « témoin assisté » devant des juges indépendants


cvu-togo-diaspora.org/2020/07/03/de-laudace-pour-les-eveques-du-togo-devenir-un-temoin-assiste-
devant-des-juges-independants/17755

Réseau de coordination de la Diaspora Togolaise indépendante July 3, 2020

COMMUNIQUÉ CONJOINT DU 4 JUILLET 2020 ADRESSÉ AU PEUPLE


TOGOLAIS

RESEAU DE LA COORDINATION DE LA DIASPORA TOGOLAISE


INDEPENDANTE (RCDTI) ET

COLLECTIF POUR LA VÉRITÉ DES URNES – TOGO – DIASPORA (CVU-


TOGO-DIASPORA)

Contact : info@cvu-togo-diaspora.org qui transmettra

Une lutte pour faire partir un autocrate du pouvoir ne peut être gagnée sans que les
responsables religieux ne prennent position. Le cas du Togo demeure emblématique,
surtout à la lumière du rôle joué par les religieux dans des pays comme la République
Démocratique du Congo ou plus récemment le Mali.

1/13
1. VERITE ET JUSTICE : FONDEMENT D’UNE ISSUE A LA
CRISE TOGOLAISE QUI PERDURE
Le problème est que quand ces derniers prennent position pour le pouvoir, ou que le
flou de leurs déclarations et leur lisibilité en déconcerte plus d’un, alors volontairement
ou pas, ils permettent en fait au pouvoir de s’accommoder du non droit qui encourage
celui-ci aux abus de pouvoir. Par ailleurs, aujourd’hui, les responsables de l’opposition
togolaise doivent prendre conscience que leurs trajectoires et stratégies passées sans
propositions alternatives pour le Peuple togolais les ont conduits dans l’impasse. Aussi,
ils doivent d’abord le reconnaître publiquement.

Au Mali, c’est l’entrée en lice des religieux qui a conduit le pouvoir à se rendre compte
du niveau de mécontentement dans le pays. La mauvaise gouvernance que subit le
Peuple malien est alors mise sur la table des discussions sur des bases paritaires, sans
entourloupette comme au Togo de la Communauté économique et de développement
des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) dépêchée en catastrophe. Le Togo n’est pas
le Mali ! Aussi, il faut toujours apprécier le travail de lanceurs d’alerte, surtout s’il s’agit,
exceptionnellement et parfois tardivement, de la Conférence des évêques du Togo
(CET).

Il est donc important que le rôle des religions, des évêques catholiques en particulier,
dans l’impossible alternance et l’absence d’alternative au Togo, soit expliqué par
d’autres acteurs politiques ou de la société civile, qu’exclusivement par les évêques eux-
mêmes. Sinon, les réseaux sociaux qui utilisent les noms comme « collaborateurs »,
« traitres » pour les désigner, risquent de transformer les allégations en réalité.

Pourtant, la conférence des Evêques du Togo, ainsi que de nombreux religieux toutes
confessions confondues ont réfléchi aux éventuelles démarches à entreprendre en vue
d’aider à trouver une issue à cette crise togolaise qui perdure, et semble sans solutions
pacifiques.

Alors, il convient de prolonger le travail de lanceur d’alerte de la CET en suggérant la


voie de la vérité et de la justice, un passage obligé pour obtenir le soutien nécessaire à
l’exécution de la volonté de la majorité du Peuple togolais.

2. LES EVÊQUES DU TOGO : ETRE PLUS AUDIBLES ET


PLUS AUDACIEUX
Les évêques togolais se réunissent régulièrement pour exprimer leur point de vue sur
l’Etat du Togo. C’est ainsi qu’entre le 16 et 19 juin 2020 a eu lieu la 124e session
ordinaire de la Conférence des Evêques du Togo (CET 1) organisée par vidéo conférence
– du fait du COVID-19, en présence du Nonce Apostolique 2 en charge du Bénin et du
Togo, Monseigneur Brian Udaigwe. Ce dernier était en fin de mission diplomatique et
ecclésiale dans la région et a été nommé le 13 juin 2020 au Sri Lanka. Celui-ci aurait
oublié de fournir les preuves d’une instruction du Pape François sommant certains
évêques émérites de ne pas s’impliquer dans la vie de la nation togolaise, autrement dit,
2/13
de ne pas s’immiscer dans le débat politique pour certains, de faire de la politique pour
d’autres. Personne ne peut dire pour l’instant, si c’est cette décision ou une certaine
proximité bienveillante avec les pouvoirs en place qui aurait poussé le Pape à l’envoyer
sur un autre continent, au terme de ses 7 années de service dans la région.

Le Président actuel de la CET serait Mgr Benoît Alowonou. D’après nos investigations,
l’homogénéité ne serait pas de mise au sein de la CET. Certains évêques seraient
« alignés » sur le pouvoir de Faure Gnassingbé par souci d’obéissance zélée. D’autres
seraient plus critiques mais sont sous les fourches caudines de l’omerta et de la pensée
unique du fait de l’organisation pyramidale et militaire de l’église catholique romaine.
Somme toute, d’autres encore seraient plus enclins à trouver systématiquement des
passerelles pour garder les liens entre toutes les oppositions, croyant ainsi jouer aux
équilibristes. Un jeu risqué qui les contraint à subir parfois les menaces et chantages
entretenus par le rapport de forces très prégnant qu’exerce le système du parti au
pouvoir (RPT/UNIR) sur tout ce qui ne s’inscrit pas dans sa logique. Ce que le régime
Gnassingbé, père et fils peut faire subir à chaque citoyen, il peut le faire subir aux
ecclésiastiques. D’ailleurs par le passé, le régime Eyadéma, par le bras armé de ses
militaires, n’a pas hésité à « fesser » un prêtre, le prêtre Benoit au Togo 3. D’autres
enfin, plus discrets, sont de véritables révolutionnaires au sens de Jésus-Christ, mais
leurs idées et suggestions sont empêchées par divers moyens de franchir le barrage des
conservateurs.

Il faut aussi savoir que certaines villes comme la capitale togolaise Lomé, auraient plus
d’importance que d’autres. Mgr Nicodème Barrigah-Benissan, archevêque de la grande
métropole de Lomé, a une influence non négligeable, que sa modération et sa discrétion
légendaires ne sauraient dissimuler. Il est connu comme un diplomate, un musicien et
un ex-Président de la « Commission Vérité, Justice et Réconciliation » (CVJR). Ladite
structure, non-indépendante de l’Etat togolais, était censée offrir au Peuple togolais,
une justice transitionnelle et des réparations, avec la promesse d’engager le Togo sur le
chemin de la réconciliation nationale. De justice, il n’y eût point jusqu’à ce jour.

Depuis la clôture des travaux de la CVJR, dont les auditions ont permis de mettre à jour
la pratique de crimes contre l’humanité au Togo à certaines périodes de son histoire, le
constat est que la justice officielle du Togo, non indépendante comme chacun sait, a
jusqu’à présent été empêchée de mener la moindre instruction, de tenir le moindre
procès et de prononcer la moindre condamnation. Ainsi rien ne vient déranger les plans
de l’Etat Gnassingbé, dont la pratique de l’impunité est la pierre angulaire de toutes ses
pratiques de gouvernement. Une sorte de sport national. Malheureusement, la mise en
œuvre des recommandations de la CVJR a été confiée à une autre structure
gouvernementale, le Haut-Commissariat à la Réconciliation et au Renforcement de
l’Unité Nationale (HCRRUN) qui n’a permis, ni à la vérité, ni à la justice, ni à la
réconciliation d’éclore au Togo. Les réparations individuelles relèvent du saupoudrage.
Quant aux réparations communautaires et collectives, leur caractère dérisoire
s’apparente à un abus de langage pour ne pas indemniser. Huit ans après la fin des
travaux de la CVJR la réalité est que l’impunité perdure au Togo. La colère qu’elle
3/13
engendre n’est pas sans faire penser à des réactions hors-contrôle parce que la vérité et
la justice sont bridées. On ne peut pas dire que les responsables religieux soient des
« acteurs dynamiques » pour faire briller la vérité et la justice, surtout quand leur mot
d’ordre, sous prétexte de paix et de modération extrême, consiste à « calmer » le Peuple
et sa soif d’insurrection et de changement.

Ce dont les citoyens togolais s’étonnent aujourd’hui c’est que durant cette longue
période, la « modération » et « la discrétion légendaire » de Mgr Nicodème Barrigah-
Benissan ne l’ont pas fait oublier d’interpeller officieusement Faure Gnassingbé à
plusieurs reprises, pour lui demander de tenir ses promesses en matière de réparations
et de justice. En tant que porte-parole principal auprès du Chef de l’Etat du Togo, il ne
peut pas avoir été marabouté par l’esprit de l’amnésie qui l’aurait fait oublier que la
vérité précède toujours la justice, qui elle-même facilite le retour de la confiance et donc
la réviviscence d’une « VRAIE » réconciliation. Aujourd’hui, les recommandations de la
CVJR contenus dans des quatre rapports impossibles à retrouver, témoignent de la
« fausse » vigueur qui accompagne une véritable volonté d’offrir au peuple du Togo,
mais aussi au Peuple de Dieu, la vérité et la justice sur les crimes commis par des
responsables démembrés de l’Etat togolais.

Malheureusement, ni ses prières, ni son approche peu transparente n’ont permis à ce


jour à la justice de retrouver ses droits au Togo. Entretemps, les actions des citoyens
devant une justice indépendante et non alignée sur le système de Faure Gnassingbé et
son réseaux ésotériques est systématiquement repoussée loin, très loin dans le temps,
au point de repousser même le jour de jugement dans un temps indéfini.

Ainsi, la réalité sur le terrain est tout autre de ce que déclare le Gouvernement auprès
des Chancelleries, qui par un silence coupable s’accommodent d’un Etat de fait
liberticide, au lieu de soutenir la population pour un Etat de droit.

La justice n’a pas été rendue au Togo, malgré un travail important synthétisé en un
rapport au Gouvernement en quatre volumes par la CVJR. Certains des volumes les
plus compromettants pour le Gouvernement togolais et ses agents responsables des
violences et des crimes semblent avoir disparu, alors qu’ils n’ont jamais été accessibles
aux citoyens togolais. Alors, faut-il attendre que toutes les preuves aient disparu ?
NON ! La conférence des évêques du Togo doit parler de manière plus audible, cela
suppose d’être plus courageux et plus audacieux.

Après avoir subi durant 54 ans le joug dictatorial puis autocratique, une partie
majoritaire des citoyennes et citoyens togolais ne doutent pas qu’à défaut de la justice
temporelle, la justice immanente fera un jour son œuvre. Mais pour l’heure, alors que
les bourreaux poltrons sévissent en catimini avec des crimes de sang et des crimes
économiques, la majorité du peuple togolais est devenu une victime expiatoire, sans
rédemption. Ce Peuple-victime est donc las des paroles mielleuses et réclament des
actes concrets de recherche de la vérité et de la justice ! Attention tout de même, que la
pression du pouvoir et la peur ne conduisent certains des religieux de tous bords et de
toutes obédiences à vouloir systématiquement d’abord pardonner à ceux qui ont été
4/13
identifiés par la Conférence des évêques du Togo comme de véritables responsables des
« violences et assassinats » … Alors, le prix du courage et d’audace sera la révélation de
la vérité par la justice.

Il ne faut donc pas se fier aux apparences, mais bien juger sur les résultats obtenus pour
le Peuple togolais. Aujourd’hui, les résultats atteints par le système RPT/UNIR et ses
réseaux se font aux dépens de ce Peuple victime. Aussi, au Togo, si l’habit ne fait pas le
moine, néanmoins on ne doit plus continuer à reconnaître le moine par son habit, mais
par sa capacité à servir de témoin à la vérité et à la justice.

3. CONFERENCE DES EVEQUES DU TOGO : DES


LANCEURS D’ALERTE PARTIELS
Pourtant, la Conférence des Evêques du Togo (CET) a pour but de créer un climat de
concertation régulière entre tous ceux qui partagent les objectifs de la CET,
d’harmoniser les formes d’apprentissage méthodologique de l’apostolat, ce selon une clé
de répartition thématique et géographique.

Les secteurs d’apostolat comportent les rubriques suivantes : « Clergé, Séminaires,


Religieux, Enseignement, Religions traditionnelles, Moyens de communication sociale,
Œcuménisme, Migrants et Tourisme Catéchèse, Liturgie, Pastorale des Sacrements,
Apostolat des Laïcs, Action Sociale 4 ».

A y regarder avec beaucoup de précision, RCDTI et CVU-TOGO-DIASPORA n’ont pas


trouvé les thèmes transversaux aussi importants que la politique, l’économie,
l’environnement, la santé, la justice, ni d’ailleurs « l’obéissance à la hiérarchie ».
Pourtant, tous ces thèmes et bien d’autres font régulièrement l’objet de discussions et,
de temps à autre, de positions officielles partagées avec le public. Autrement dit, la
Conférence des Evêques du Togo fonctionne comme un véritable « lanceur d’alerte »
mais partiel. Cela offre un message brouillé, loin de la lumière qui sied à des « agents »
de la vérité, de la justice et de l’impartialité qu’ils devraient être.

Un « lanceur d’alerte » peut être un individu ou une organisation qui permet d’avancer
vers plus de transparence dans l’information, mais aussi pour aider à l’établissement de
la vérité pour le grand public. Il est possible d’y révéler des informations sensibles sur
des personnes, des entreprises, des institutions y compris les politiques et les forces
armées togolaises, ayant porté ou portant atteinte aux intérêts du citoyen, – une femme
ou un homme -, de la société, ou même de l’environnement au Togo. Le principe est de
permettre, aussi pacifiquement que possible, de diffuser de l’information pour que la
vérité corresponde avec la réalité du passé, du présent et du futur.

Le 25 mars 2011, la Conférence des Evêques du Togo rappelait ceci : « L’Evêque, telle
une sentinelle toujours en éveil, a reçu charge et mission d’enseigner et de rappeler à
tous, l’Evangile de la vie. « Maître de perfection », il est appelé à indiquer, partout et
en tout temps, le chemin de la vérité et de la vie 5».

5/13
Compte tenu de l’organisation de la CET en termes de maillage du territoire togolais, les
membres ou sympathisants de la CET sont aussi bien organisés que l’armée togolaise, la
violence, les assassinats, les abus de droit et de pouvoir en moins. Sauf que le
recrutement des prêtres est ouvert à tous et ne se fait pas comme dans l’armée togolaise,
sur la base du clan et d’une ethnie qui fait croire à ceux qui veulent le croire, que sans le
pouvoir, certains dirigeants de l’ethnie Kabyè ou ses affidés n’auront plus de pouvoir au
Togo. Un mensonge d’Etat qui oppose une partie de l’armée respectueuse du droit
togolais et la partie de l’armée togolaise qui est hors-la-loi, et bien au-dessus de la loi.
C’est ainsi que cette partie des forces armées hors-la-loi, joue impunément au
pyromane en « créant le désordre » aux fins de récupération de la situation et
apparaître comme celle qui rétablit l’ordre et la paix, non sans abus de droit et de
pouvoir.

Les Evêques et leurs adjoints au sens large, sont donc des têtes de pont pour lancer des
alertes au Togo. Les Evêques et leurs collaborateurs directs ou indirects sont de
véritables témoins de pratiques contraires aux principes de Dieu, aux principes
élémentaires d’humanité, à l’intérêt général, à la Constitution togolaise, aux droits
humains, aux droits des Peuple, à la vérité, à la justice, bref à la paix. Aussi, les Evêques
ont vocation à donner de l’importance à des faits méconnus qui concernent,
individuellement ou collectivement, le citoyen ou le Peuple togolais y compris la
Diaspora. Ces faits méconnus, sont à l’origine d’ailleurs du soutien inconditionnel de
certains citoyens, mal informés, à des responsables politiques coupables de crimes
politiques, économiques, sociaux, environnementaux et culturels, voire cultuels.

Il est d’ailleurs possible, en passant par un juge indépendant, de donner une large
audience, aux lanceurs d’alerte tout en préservant leurs sources et leur anonymat.

4. VIOLENCES ET ASSASSINATS AU TOGO : LA PRIÈRE


SEULE NE SUFFIT PAS !
Pourtant, dans le Préambule de la nouvelle Constitution togolaise datant du 15 mai
2019, le Peuple togolais, placé « sous la protection de Dieu » , ne peut « bâtir un État de
Droit dans lequel les droits fondamentaux de l’homme, les libertés publiques et la
dignité de la personne humaine doivent être garantis et protégés » si la CET continue
à seulement constater les violences et les assassinats.

Conformément à ce qui est inscrit dans le Préambule de la Loi fondamentale togolaise,


le CET doit prendre conscience qu’un Etat « fondé que sur le pluralisme politique, les
principes de la démocratie et de la protection des Droits de l’Homme tels que définis
par la Charte des Nations unies de 1945, la Déclaration universelle des Droits de
l’Homme de 1948 et les pactes internationaux de 1966, la Charte Africaine des Droits
de l’Homme et des Peuples adoptée en 1981 par l’Organisation de l’Unité Africaine » ne
peut agir pour la paix si les composantes du Peuple togolais, y compris la CET, ne
souhaitent pas ou n’ont pas la ferme volonté de « combattre tout régime politique
fondé sur l’arbitraire, la dictature, l’injustice ».
6/13
Selon l’article 50 de la même Constitution togolaise, « les droits et devoirs, énoncés
dans la Déclaration universelle des droits de l’homme et dans les instruments
internationaux relatifs aux droits de l’homme, ratifiés par le Togo, font partie
intégrante de la présente Constitution ». Alors, c’est quoi le problème de ceux qui ne
respectent pas la Constitution de leur pays ?

Selon l’article 10 de la Constitution togolaise en vigueur, « Tout être humain porte en


lui des droits inaliénables et imprescriptibles. La sauvegarde de ces droits est la
finalité de toute communauté humaine. L’État a l’obligation de les respecter, de les
garantir et de les protéger ». La réalité et le paradoxe sont que l’Etat togolais, en réalité
l’Etat Eyadéma depuis plus de 53 ans, viole ces droits au vu et au su de tous. Alors, la
question posée à la Conférence des Evêques du Togo est la suivante : que vaut
l’obéissance à la hiérarchie si les autorités politiques ou la hiérarchie ecclésiale
s’éloignent des droits inaliénables et imprescriptibles. Faut-il accepter
« religieusement » l’obéissance aux ordres comme le font certains carriéristes dans
l’armée togolaise comme au demeurant dans l’Eglise catholique alors qu’ils sont
témoins de violences, d’arrestations arbitraires, de viols, de crimes et des assassinats
qui font l’objet d’impunités au Togo ?

Pourtant, l’article 49 de la Constitution togolaise est clair : « Les forces de sécurité et de


police, sous l’autorité du Gouvernement, ont pour mission de protéger le libre exercice
des droits et des libertés, et de garantir la sécurité des citoyens et de leurs biens ».
Pourquoi les forces armées togolaises méprisent la Constitution et n’obéissent qu’à des
instructions internes ? Y aurait-il un Etat militarisé dans l’Etat togolais ? Compte tenu
de l’incapacité à faire émerger la vérité sur des assassinats en son sein, les forces armées
togolaises ne peuvent pas être considérées comme des Forces de sécurité républicaines.

Il est extrêmement difficile d’obtenir des preuves, des images, des vidéos des conditions
où les violences ou les assassinats se sont exercés au Togo, car pour le pouvoir togolais,
la disparition des preuves est un autre sport national, un pendant de l’impunité. Alors
pourquoi en catimini, le Gouvernement togolais n’a pas voulu suivre dans sa totalité les
recommandations du CVJR et pourquoi les évêques du Togo ont, collectivement, choisi
une forme d’opacité qui s’apparente à l’« omerta », non conforme à la Loi togolaise et à
la Charte africaine des Droits de l’Homme et des Peuples ? L’initiative citoyenne de
RCDTI et de CVU-TOGO-DIASPORA repose sur le fait que le Togo dispose de
suffisamment d’outils juridiques à sa disposition pour faire cesser l’impunité et faire
triompher la vérité, la justice et la paix. Mais voilà, les collusions entre l’Etat togolais et
la justice togolaise d’une part et entre l’Etat togolais et les réseaux ésotériques,
militaires, mafieux et religieux, locaux ou internationaux d’autre part, ne sont pas de
nature à faire émerger la vérité et la justice.

Alors, sans offenser personne, la Prière seule ne suffit pas. L’injustice appelle la
correction. Pire, la prière pour sauver ceux qui sont responsables de violences et
d’assassinats au Togo relève peut-être d’une absolution coupable, et donc de l’impunité.
C’est alors que l’article 10 de Constitution togolaise prend toute son importance : « Tout

7/13
être humain porte en lui des droits inaliénables et imprescriptibles. La sauvegarde de
ces droits est la finalité de toute communauté humaine. L’État a l’obligation de les
respecter, de les garantir et de les protéger ». Sur ce plan, l’Etat togolais a failli pour la
très grande majorité des citoyens de ce pays, y compris les quelques deux millions de
Togolaises et Togolais de la Diaspora, toujours pas recensé, et privé de droit de vote.

5. CRISES CONJONCTURELLES AU TOGO : LE DEVOIR DE


VÉRITE PASSE PAR UNE JUSTICE INDÉPENDANTE
Sur un plan conjoncturel, le Togo a eu à faire face à au moins trois crises :

le contentieux post-électoral de l’élection présidentielle de février 2020 et lié à la


contre-vérité des urnes et l’inconstitutionnalité de la Cour constitutionnelle ;
L’épidémie du coronavirus COVID-19 qui a conduit à un confinement et
l’interruption, voire la disruption de nombreuses activités au point de faire courir
le risque de mourir du COVID-19 ou de mourir à la maison pour défaut d’activité
journalière de subsistance ; et
Les conséquences de l’endettement du Togo et la récession économique même
transitoire qui s’en suivra de manière décalée avec une augmentation du nombre
de citoyens sans emplois et sans revenus.

Aussi, RCDTI et CVU-TOGO-DIASPORA partagent le constat connu de la situation


togolaise et exprimé par la Conférence des Evêques du Togo notamment :

l’absence d’une « sérieuse réforme du cadre électoral en vue d’élections libres,


transparentes, crédibles et paisibles » retarde l’épanouissement de la démocratie
au Togo ;
la domination de la vie sociopolitique sera dominée par l’armée ;

l’absence de séparation et d’indépendance entre les pouvoirs législatif et


judiciaire contrairement à l’article Article 113 de la Constitution qui stipule que
« le pouvoir judiciaire est indépendant du pouvoir législatif et du pouvoir
exécutif » ;

la multiplication et la croissance de la corruption et l’impunité au Togo ;


la désinformation de certains médias et les « mensonges » sur les réseaux sociaux
comme stratégie de déstabilisation des personnes et des institutions ;
la ruse comme moyen de conquête et de conservation de pouvoir ; et enfin,
la non-condamnation de la violence doublée de la non-sanction et l’impunité des
auteurs et des commanditaires.

Tout ceci constitue le fondement des « remous politiques inévitables » au Togo, créant
un « climat d’insécurité » avec « son cortège de morts, de veuves, d’orphelins et de
misère… ».

8/13
La question est de savoir pourquoi la Conférence des Evêques du Togo a attendu le
mois de juin 2020 pour « tirer la sonnette d’alarme sur la gravité de la situation » au
Togo ? Cela fait 53 ans que cela dure, avec un achat des consciences démultiplié au
cours du règne usurpé de Faure Gnassingbé à la tête de l’Etat togolais.

Les Evêques ont rappelé quelques cas récents de violences et de meurtres émouvants et
inavouables, de ceux qui se pratiquent en catimini et fondent l’insécurité au Togo : « le
père de famille froidement abattu dans la nuit du 22 au 23 avril 2020 à Atakpamé, à
deux pas de sa maison, jusqu’au Lieutenant-Colonel [Bitala Madjoulba] 6,
Commandant de la Brigade d’Intervention Rapide (BIR), lâchement assassiné dans
son bureau dans la nuit du 3 au 4 mai 2020, en passant par ce jeune laveur de
voitures tué en plein jour, le 21 mai 2020, dans une rue de notre capitale à Avédji par
des forces de sécurité et de défense, pour ne citer que ces derniers cas en date ».

Les Evêques ont mis en lumière au moins deux techniques principales qui sont utilisées
par l’Etat togolais de Faure Gnassingbé et ses forces armées :

l’impunité à visage découvert pour les auteurs de ces forfaits et crimes qui semble
condamner le citoyen togolais à l’inaction ;
les pressions psychologiques et morales parfois infligées aux parents et aux
proches des victimes ainsi que les tentatives de corruption pour leur faire accepter
l’inacceptable, notamment pour faire disparaître les preuves ou stopper toute
velléité pour porter plainte devant des juridictions aux ordres du pouvoir ;

RCDTI et CVU-TOGO-DIASPORA partagent l’indignation et condamnent la destruction


de l’humain et donc de la vie. Aussi, il est demandé aux victimes de toutes les formes de
violence et d’injustice de se rapprocher de RCDTI et CVU-TOGO-DIASPORA avec des
éléments de preuves afin de structurer, selon les règles du droit, un recours contentieux
judiciaire devant une juridiction indépendante contre l’Etat togolais, principal
responsable de toutes ces exactions.

La séparation des pouvoirs entre l’église et l’Etat est indispensable pour que la justice se
fasse. La prière à Dieu en général, celle des Evêques en particulier, doit venir soutenir
une action tangible de contestation de l’œuvre de la douleur gratuite et du mal engagés
par l’Etat togolais contre le Peuple togolais : un recours contentieux de citoyens togolais
contre l’Etat togolais.

L’avenir du Togo de demain passera par un devoir de vérité, une justice indépendante et
un retour à une refondation de l’innocence. En effet certains citoyens ou groupes de
citoyens ont choisi l’esclavage et la dépendance ésotériques pour assouvir des ambitions
personnelles non sans tenter de neutraliser leurs adversaires spirituellement. Le
paradoxe est qu’au vu des pitoyables résultats en termes d’avancée de la vérité des
urnes et des comptes publics au Togo, cette approche les a privés de l’essentiel pour se
régénérer, regénérer chaque citoyenne et citoyen, et de fait, regénérer le Togo. Il n’est
jamais trop tard pour changer.

9/13
6. RECOMANDATIONS DE RCDTI ET CVU-TOGO-
DIASPORA À LA CET
Aussi, RCDTI et CVU-TOGO-DIASPORA souhaiteraient que la Conférence des Evêques
du Togo ou les Evêques et leurs collaborateurs, pris individuellement ou collectivement
:

prennent conscience que les preuves et témoignages pour prouver les violences, et
les assassinats qu’ils ont relaté dans leur communiqué du 16 et 19 juin 2020
portant sur les conclusions de leur 124e session ordinaire, sont en train de
disparaître, notamment sur les sites officiels proches ou liés au Gouvernement
togolais.
s’engagent devant le Peuple togolais à mettre à disposition devant un juge
indépendant, ce en temps opportun, les éléments de preuves permettant à la
vérité et aux responsabilités d’être révélés pour une refondation du Togo. Certains
des volumes des rapports de la CVJR, notamment les plus compromettants pour
le Gouvernement togolais et ses agents responsables des violences et des crimes,
semblent avoir disparu.
mettent en pratique leur fonction de « sentinelle toujours en éveil » et celle du
« chemin de la vérité et de la vie » des femmes, des hommes et du Peuple togolais
en acceptant de participer, en tant que partie civile, à un recours contentieux
devant des juridictions indépendantes 7pour que la vérité et la justice servent de
fondement pour refonder une grande majorité du Peuple togolais « innocent » des
violences et des assassinats commis dans le pays ;
ne se contentent plus de dénoncer des violences et des assassinats avec un temps
de retard insoutenable du fait de la gravité des faits incriminés, mais aussi de
prendre leur responsabilité individuelle et/ou collective, pour soutenir
l’émergence de la vérité sur les arrestations arbitraires, des disparitions, des
violences, des crimes, des assassinats, etc. au Togo devant une juridiction
africaine et indépendante, ce dans le cadre d’un procès en préparation contre les
abus de droit, de pouvoir, des violences de toutes sortes, des crimes et des
assassinats abjects, sans compter les conséquences du non-droit ;
fassent appel à Dieu pour les éclairer sur leur rôle de « sentinelle toujours en
éveil » qui doit les mener vers le « chemin de la vérité et de la vie » des femmes,
des hommes et du Peuple togolais, et enfin
invitent chacun de leurs fidèles, citoyennes et citoyens togolais, comme au
demeurant eux-mêmes individuellement ou collectivement, à se porter partie
civile dans le futur procès devant des juridictions indépendantes. A défaut,
d’inviter chacun à ne pas être complice de ces violences et de ces assassinats, en
acceptant, en temps opportun, d’accepter d’être considéré comme un témoin, un
témoin assisté si nécessaire ;

10/13
se remémorisent l’article 150 alinéa 2 de la Constitution togolaise qui stipule que
la désobéissance civile est aussi une œuvre d’obéissance à une Loi supérieure à
celle de ceux qui commettent les violences et les assassinats au Togo. Aussi « en
cas de coup d’État, ou de coup de force quelconque », […] et « dans ces
circonstances, pour tout Togolais, désobéir et s’organiser pour faire échec à
l’autorité illégitime constituent le plus sacré des droits et le plus impératif des
devoirs » ; et enfin
reconsidèrent leur définition de l’obéissance dans le contexte togolais car selon
l’article 21 alinéa 5 de la Constitution togolaise : « Tout individu, tout agent de
l’État est délié du devoir d’obéissance lorsque l’ordre reçu constitue une atteinte
grave et manifeste au respect des droits de l’homme et des libertés publiques ».

7. CONCLUSION : SUR L’AVENIR DU TOGO


Une fois cette étape de justice enclenchée, il faudra s’atteler à préparer et offrir un
projet de société commun au Peuple togolais, afin de se mettre d’accord sur le socle
commun de ce qui fait notre unité pour l’avenir du Togo. Si plusieurs projets sont
concurrents, ils devront alors faire l’objet d’une présentation dans le cadre de
conférences inclusives avec des votes démocratiques pour faire émerger le cadre
commun. C’est donc ce devoir de vérité envers l’Etat togolais qui pourra déclencher une
dynamique nouvelle si elle est arrimée sur un projet de société commun.

A force d’avoir refusé de faire ce travail indispensable, de nombreux responsables


politiques de l’opposition institutionnelle ont conduit le Peuple dans l’impasse, non sans
avoir opté pour des facilités alimentaires.

Aussi, l’avenir du Togo ne peut se faire avec ceux qui ont conduit ce Peuple dans
l’impasse. Il faudra une alternative basée sur un projet et non sur des « hommes ou
femmes ». Le projet alternatif offrira alors une chance pour inverser le rapport de force
et servira de creuset pour une unité nationale patriotique retrouvée.

Le 4 juillet 2020.

La Direction du :

Réseau de Coordination de la Diaspora Togolaise Indépendante (RCDTI) et


du

Collectif pour la Vérité des Urnes-Diaspora Togo (CVU-TOGO-DIASPORA)


en partenariat avec toutes personnalités ou structures de la société civile
indépendantes.

Comité de Rédaction : RCDTI, CVU-TOGO-DIASPORA ET PARTENAIRES :

1. Yves Ekoué AMAÏZO, Dr.


2. Jean-Pierre Akoété BALIKPO
3. Ernesto D’ALMEIDA, Dr.
11/13
4. Mathieu D’ALMEIDA
5. Koffi DEKU, Ing.
6. François FABREGAT
7. Apélété Félix KODJO
8. Antoine Koffi OKOUTA
9. Antoine RANDOLPH, Dr.

————-

Contact et Coordination : info@cvu-togo-diaspora.org et rcdti@cvu-togo-


diaspora.org

Note : Toutes les personnalités ou associations qui souhaitent être signataires des textes
de RCDTI et CVU-TOGO-DIASPORA peuvent le faire en écrivant par courrier
électronique à l’adresse ci-dessous. Ils ou elles auront l’occasion de participer à l’une ou
l’autre des téléconférences fondant notre démocratie participative et proposer des
solutions dans le cadre du projet de société commun pour l’avenir du Togo en vue d’une
transition.

© RCDTI & CVU-TOGO-


DIASPORA

Réseau de Coordination de la
Diaspora Togolaise Indépendante
(RCDTI)

Collectif pour la Vérité des Urnes-


Diaspora Togo (CVU-TOGO-DIASPORA)

Notes:

1. Conférence des Evêques du Togo (2020). « CXXIVÈME SESSION ORDINAIRE


DE LA CONFÉRENCE DES ÉVÊQUES DU TOGO ». In ce-togo.org. 19 juin 2020.
Accédé le 28 juin 2020. Voir https://www.ce-togo.org/actualites/ ; la Conférence
des Evêques du Togo (CET) tient en principe trois sessions ordinaires par an et
peut, dans les cas particuliers, tenir des sessions extraordinaires l’initiative du
Président ou à la demande des deux tiers des membres. ↩
2. Il s’agit de la représentation politique du Pape Catholique auprès des
gouvernements étrangers, ce de manière permanente, une sorte d’ambassadeur. ↩

12/13
3. Amaïzo, Y. E et Fabregat, F. (2010). « Crise sociale au Togo : Neutralité coupable
ou engagement ? » In cvu-togo-diaspora.org. 21 août 2020. Accédé le 29 juin
2020. Voir https://cvu-togo-diaspora.org/2010/08/21/crise-sociale-au-togo-
neutralite-coupable-ou-engagement/2336 ; Le CVU avait demandé au Pape
Benoît XVI d’intervenir comme il est intervenu pour sauver le Père Benoît (du
Togo) alors que les mêmes forces anti-démocratiques l’avaient privé de liberté et
lui avaient fait subir des mauvais traitements. ↩
4. Conférence des Evêques du Togo (2020). Voir la Présentation de la CET. Accédé
le 29 juin 2020. Voir https://www.ce-togo.org/presentaion-cet/ ↩
5. Conférence des Evêques du Togo (2011). « Message de la conférence des évêques
du Togo sur la franc-maçonnerie et les autres sectes, factions séditieuses,
assemblées, réunions, agrégations, conventicules paramaçonniques ». 19 avril
2011. Accédé le 29 juin 2020. Voir https://cvu-togo-
diaspora.org/2011/04/19/message-de-la-conference-des-eveques-du-togo/4050

6. Amaïzo, Y. E. (2020). « Commission d’enquête sur l’assassinat du Lieutenant-
Colonel Bitala Madjoulba : Depuis quand une enquête a abouti au Togo ? ». In
cvu-togo-diaspora.org. 18 mai 2020. Radio Kanal K et Radio Avulete. Interview
par le journaliste Sylvain Amos. Voir https://cvu-togo-
diaspora.org/2020/05/18/commission-denquete-sur-lassassinat-du-lieutenant-
colonel-bitala-madjoulba-depuis-quand-une-enquete-a-abouti-au-togo/17659 ↩
7. RCDTI et CVU-TOGO-DIASPORA (2020). « Mobilisation du Peuple togolais pour
des recours juridiques : Violation de la Charte Africaine des Droits de l’Homme et
des Peuples ? ». In cvu-togo-diaspora.org. 13 février 2020. Accédé le 29 juin
2020. Voir https://cvu-togo-diaspora.org/2020/02/13/mobilisation-du-peuple-
togolais-pour-des-recours-juridiques-violation-de-la-charte-africaine-des-droits-
de-lhomme-et-des-peuples/17408 ↩

13/13

Vous aimerez peut-être aussi