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Moyens de lutte 3 éme année LMDla responsable du module : Même S .

Zaidi

Chapitre IV : les Moyens de lutte


D’une façon générale, de bonnes conditions favorables au développement des plantes
cultivées, des techniques culturales adaptées, rendent les plantes plus vigoureuses, plus aptes à
résister aux ennemis qui les guettent et les attaquent. Malgré cette prévention, des méthodes de
lutte directe doivent être appliquées.
I. Méthodes agronomique :
Des pratiques culturales adaptées permettent de limiter les dégâts dus parasites.
 Assolement :
Les agronomes attachent à ce problème une importance primordiale car l’organisation
rationnelle de l’assolement permet :
 De faire succéder des plantes nettoyants (plantes sarclées, plantes étouffantes) à des
cultures salissantes (céréales), en vue de lutter contre l’envahissement des mauvaises herbes ;
 d’éviter par l’alternance des cultures, les attaques de parasites, en privent ceux-ci de
nourriture. Dans certains cas, on prévoit même l’interdiction de cultiver. certaines plantes dans
des terres infectées (ex : galle verruqueuse de la pomme de terre, nématode doré, etc.).
 Déchaumage et façons superficielles :
Ces opérations, essentielles, ont pour effet :
 de détruire les larves de certains insectes ;
 de provoquer la germination des graines d’adventices qui sont détruites ensuite ;
 de ramener à la surface du sol, ou ils se dessèchent et meurent, les organes souterrains
(racines, rhizomes, etc.).
 Labour :
Il permet d’enfouir les mauvaises herbes que le déchaumage a fait lever, par ailleurs, il s’avère
utile dans la destruction de certaines plantes. (ex : fougère grand aigle.)
 Amendements calcique :
Ils permettent :
 d’obtenir le ph optimum permettant à la plante cultivée des conditions favorable à son
propre développement et de lutter contre les plantes commensales ;
 de placer en conditions défavorables les mauvaises herbes calcifuges ;
 de détruire des parasites animaux (chaux vive).
 Drainage et irrigation :
L’un complétant parfois l’autre, ces opérations permettent :
 de favoriser le développement des bonnes plantes au détriment des mauvaises herbes ;

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 d’éviter l’envahissement des plantes des terrains humides (drainage): joncs, carex, etc.;
 de détruire les parasites vivant en terrain humide.
II. Méthodes génétique :
La sélection permet d’obtenir des variétés nouvelles plus productives, de qualité améliorée,
mais aussi plus résistantes :
 aux accidents (gel échaudage, verse) ;
 aux maladies (charbons, rouille, fusaroise, septorioses, caries, etc.).
C’est également par sélection que l’on peut combattre le virus de la pomme de terre, du
fraisier, etc.
III. Méthodes physique :
Chaleur. Elle peut être employée :
 Pour lutter contre les insectes, les champignons et les graines de mauvaises herbes,
notamment en culture maraichère, florale, en production forcée, etc.;
 pour désinfecter le sol en surface et en profondeur ;
 pour détruire les champignons à développement interne (trempage dans l’eau chaude pour
traiter contre les charbons nus du blé et de l’orge);
 pour traiter les plants de fraisier contre les maladies à virus, en vue d’obtenir des pieds –
mères sains destinés à la multiplication ;
 Pour protéger les vergers contre les gelées de printemps avec des chaufferettes au fuel oïl ;
 combustion par lance- flammes pour détruire les criquets, etc.
IV. Méthodes mécaniques :
Très souvent il s’agit de procédés manuels .citons:
 ramassage des insectes, hannetons, doryphores, babottes;
 échenillage des écorces des arbres fruitiers en hiver pour détruire les cochenilles ;
 ensachage des fruits ;
 Pose de bonde de glu autour des troncs pour arrêter les femelles des cheimatobie;
 arrachage des mauvaises herbes, échardonnage.
V.Méthodes psychiques :
Elles font intervenir soit des facteurs d’attirance qui permettent la capture et la destruction, soit
des facteurs d’éloignement par effarouchement :
 Capture des insectes avec des appâts lumineux ;
 mâles d’insectes attirés par des femelles dans une cage ;
 éloignement des oiseaux nuisibles par le bruit au moyen de détonateurs ;

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 éloignement des corbeaux par diffusion, par haut-parleurs, d’une bande magnétique
reproduisant des cris d’effroi de ces oiseaux.
VI .Méthodes biologiques :
Elles sont basées sur le fait que tout parasite a ses propres ennemis. En créant des
conditions favorables au développement de ceux – ci, en assurant leur élevage et leur diffusion
dans les natures, on peut arriver par cette méthode à réduire la pullulation d’une espèce
déterminée.
La pullulation d’un parasite peut s’avérer d’autant plus dangereuse que l’équilibre
biologique aura été rompu, par exemple, par un emploi massif et non contrôlé de certains
insecticides pouvant entrainer la destruction d’animaux utiles, d’insectes prédateurs.
Lutte biologique contre les insectes :
On peut faire appel à divers parasites.
Insectes : Certains insectes «entomophages» se nourrissent d’autres insectes :
 L’Aphelinus mali pond dans le corps du puceron lanigère qui et meurt ;
 La coccinelle (Novius cardinalis) a permis de maitriser la cochenille australienne.
Elle dépose ses œufs dans les sacs contenant les pontes de la cochenille ; les larves qui en
éclosent s’alimentent de ces œufs et attaquent ensuit les cochenilles adultes ;
 Les larves de syrphes et de coccinelles tuent les pucerons.
Bactéries : Multipliées et répandues dans la nature, elles permettent de lutter contre certains
insectes :
 Bacillus thuringiensis, a été utilisé contre certaines chenilles, en particulier des chenilles
défoliatrices qui font parfois des dégâts considérables ;
 Smithiaviruspityocampoe est efficace contre la chenille processionnaire du pin .
Virus : Ils sont susceptible d’attaquer certains insectes (tipule, tenthrèdes, etc. .).
Champignons : Certains ont pu être utilisés tels que ceux qui provoquent chez le ver blanc
(hanneton) la muscardine blanche ou la muscardine verte.
Lutte biologique contre les mauves herbes :
Là aussi, il peut être fait usage d’insectes ou de champignons susceptibles de s’attaquer
spécifiquement à certaines mauvaises herbes en laissant indemnes les plantes cultivées. Ainsi :
 Une teigne (Castoblastecactorum) a permis de se défendre contre l’opuntia qui, importée en
Australie comme plante ornementale, s’est propagée dans les terres cultivée,
 Deux insectes (Chrysolinagemellata et Agrilus hyperricci) ont permis de lutter efficacement
aux Etas –Unis et en Australie contre le millepertuis, plante très envahissante.

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VII .Méthodes chimiques :
La lutte chimique est exécutée à l’aide des pesticide .On entend par pesticide tout produit
chimique, qu’il soit ou non mélangé avec d’autre substances, utilisé comme insecticide,
fongicide, herbicide, rodenticide, etc. :
 Pour la lutte contre les vecteurs des maladies humaines ou animales, à l’exclusion des
médicaments ;
 Pour la lutte contre les ennemis des plantes et des récoltes ;
 Pour la protection des matériaux et produit stockés ou mis en œuvre.

LES PESTICIDES :
Les principaux groupes de pesticides sont :
 Les insecticides et acaricides destinés à combattre les insectes et acariens :
 Les fongicides destinés à combattre les champignons parasites ;
 Les herbicides utilisés pour détruire les plantes nuisibles aux cultures ;
 Les rodenticideset corvicides avec lesquels il est possible de lutter contre les petits
vertébrés nuisibles (rats, campagnols, mulots et corbeaux) ;
 Les nématicides, substances susceptibles de détruire certains vers phytophages ;
 Les molluscicides avec lesquels on détruit les mollusques nuisibles aux cultures
(limaces, escargots) ;
 Les bactericides utilisés pour combattre les maladies bactériennes des végétaux.
Insecticides et Acaricides :
Les produits de ce groupe agissent sur les insectes et acariens de différentes façons :
1. Insecticides d’ingestion :
Epandus sur le feuillage, ils sont absorbés par les insectes brouteurs en même temps
que l’aliment végétal. Ils sont sans action sur les insectes piqueurs ou suceurs.
Il s’agit essentiellement des sels arsenicaux insolubles ou solubles, poison très dangereux
pour l’homme.
2. Insecticides de contact :
Ces produits ont la propriété de traverser les téguments des insectes et d’atteindre les
centres sensibles. Les produits ovicides agissent de la même façon.
La nicotine, la roténone, le pyrèthre, les huiles blanches d’hiver et d’été, les huiles
d’anthracène et les colorants nitrés (qui détruisent en même temps mousse et lichens).
3. Insecticides gazeux :

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Ce sont des asphyxiants utilisés généralement en atmosphère fermée (sulfure de


carbone, tétrachlorure de carbone, acide cyanhydrique, bromure de méthyle,
paradichlorobenzène).ou par injection dans le sol contre les insectes du sol et surtout les
nématodes (dichloropropène, dibrométhane).
4. Insecticides combinés :
Il s’agit de la plupart des insecticides de synthèse organochlorés ou organophosphorés qui
agissent en général à la fois par ingestion, contact et asphyxie.
5. Insecticides systémiques ou endothérapiques :
Ces produits sont absorbés par la plante au niveau de la graine, des racines, de la tige ou
des feuilles et transportés par la sève en divers endroits de la plante ou ils empoisonnent les
parasites suceurs tels que les pucerons et les acariens.
Ces insecticides sont surtout des organophosphoriques toxiques pour l’homme.
Des limites d’emploi sont exigées pour que le poison ait le temps de disparaitre avant la
consommation humaine du produit végétal.
Fongicides :
La plupart des fongicides ont une action préventive et leur emploi a essentiellement pour but
d’épandre à la surface du végétal un film du produit anticryptogamique qui détruit les spores de
champignons qui se déponent et les empêche donc de germer et de pénétrer dans les tissus
végétaux.
C’est le cas des produits cupriques et soufrés et de beaucoup de produits organiques.
Toutefois, on peut citer certains fongicides curatifs (permanganate de potasse et dinocap pour
l’oïdium, oxyquinoléate de cuivre contre la tavelure du poirier).
Les produits cupriques agissent en particulier contre les mildious et les tavelures.
Si leur emploi sur vigne et pomme de terre est toujours aussi courant, par contre certains arbres
fruitiers sont sensibles au cuivre (pommier).
D’ailleurs, certains sels de cuivre doivent faire l’objet d’une neutralisation préalable à
l’emploi. Exemple :
Bouillie bordelaise : Bouillie bourguignonne :
Sulfate de cuivre 2 kg Sulfate de cuivre 2 kg
Chaux blutée 1,5kg carbonate de soude 1kg
Eau 100l. Eau 100l.
Les produits soufrés ont une activité spécifique contre les nombreux oïdiums. Le soufre est
utilisé soit en poudrage, soit en bouillie (soufre mouillable, micronisé).

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Les produits organiques en solution remplacent dans certains cas le soufre et le cuivre ou
sont aussi utilisés en association.
Parmi les fongicides, les organomercuriques utilisés pour le traitement des semences,
doivent être signalés en raison de leur grande toxicité pour l’homme.
Mode d’emploi :
Avant tout , lire attentivement les indications portées sur les étiquettes des produits
parasitaires et s’y conformer .Ces étiquettes indiquent obligatoirement, outre la nature des
éléments utiles, proportions, origine, composition, la ou les doses d’emploi, le mode d’emploi
homologué et les précautions à prendre par les utilisateurs.
Les pesticides doivent être mis en contact avec les parasites à détruire. En général, sauf dans
la méthode des appâts, pour leur donner toute leur efficacité, il faut donc les épandre d’une façon
aussi régulière que possible, de façon à répartir une quantité déterminée de produit actif.
Les principales méthodes utilisées sont :
1. La pulvérisation :
Le produit en solution ou en suspension dans un volume d’eau déterminé est projeté en
gouttelettes aussi fines que possible formant brouillard.
Suivant le produit ou l’appareil utilisé, la quantité d’eau peut être très différente et varier, par
exemple de 200 litres à 800 litres par hectare selon qu’on utilise un appareil pneumatique ou un
pulvérisateur classique. Suivant la dilution et le matériel employé, le débit du pulvérisateur doit
être réglé pour épandre à l’hectare la dose prescrite.
Enfin, précision que la plupart des herbicides sont utilisés en pulvérisation car les poudrages, pour
ces traitements, sont interdits.
2. Le poudrage :
Le produit actif mélangé avec un support pulvérulent est projeté par un ventilateur sur les
plantes. Le soufrage de la vigne est très souvent fait sous forme d’un poudrage.
3. La fumigation :
Le produit actif son support sont rendus gazeux par vaporisation ou chauffage et se répandent
sur la surface ou denrée à traiter, ou dans l’enceinte fermée (serre).
4. L’enfouissement :
C’est le cas pour certains produits destinés à détruire des parasites vivant dans le sol, qui
peuvent même être mélanges aux engrais (Aldrin, heptachlore…).
5. L’enrobage est pratiqué, en particulier pour les semences, soit avec des liquides, soit avec
des poudres.

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6. Les appâts :
Le pesticide est supporté par un produit qui sert d’appât en attirant le parasite à détruire
(destruction des limaces, des corbeaux, des rongeurs).
Classement :
La réglementation prévoit que toutes les substances vénéneuses sont classés en trois
tableaux : A, produits toxiques ; B, produits stupéfiants ; C, produits dangereux.
Seuls les tableaux A et C intéressent les pesticides.
Les poisons appartenant au tableau A doivent être livrés dans des emballages avec étiquette rouge
orangé et une bande circulaire de même couleur sur laquelle le mot « poison » est imprimé en
noir.
Les produits dangereux appartenant au tableau C doivent être livrés dans des emballages avec
étiquette verte et une bande circulaire de même couleur sur laquelle le mot « DANGEREUX » est
imprimé en noir.
Toxicité. Réglementation d’emploi :
Les pesticides sont souvent toxiques pour les vertébrés et pour l’homme en particulier. Ils
peuvent être introduits dans l’organisme par voie cutanée, digestive ou pulmonaire. De grandes
précautions sont donc à prendre à l’occasion de leur emploi.
Des interdictions et des dates limites d’emploi avant la récolte sont fixes pour les produits
dangereux .Ces dates sont rappelées sur les emballages. Quelques-unes sont rappelées ci-dessous.
Dates limites d’emploi des :
- Arsenicaux insolubles :
Vigne : début de véraison ; poiriers, pommiers : 2mois avant récolte ; pêchers, pruniers,
amandiers : 5semaines après floraison.
- Composés organochlorés :
- Aldrine : 30 jours avant récolte ; loxaphène : 21 jours ; DDT : 15 jours ; HCH : 15 jours et
interdits en cultures vivrière..
- Composés organophosphorés :
La plupart, 15 jours avant récolte et interdits en cultures maraîchères ; endothion, 1mois, etc.
Précautions d’emploi :
Prendre impérativement les précautions suivantes :
 Conserver les produits dans leur emballage d’origine pour les reconnaitre facilement et éviter des
erreurs ;
 Les déposer dans un local fermé à clef, ventilé et frais ;

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 Au cours de la préparation des bouillies, éviter les contacts avec la peau et l’inhalation des
vapeurs ou des poussières ;
 Employer des récipients affectés spécialement à cette préparation et visiblement marqués ; 
 Porter des vêtements ad hoc et, complètement, un chapeau, des lunettes de protection, des gants,
des bottes en caoutchouc et un masque (il est obligatoire pour les traitements avec les esters
phosphoriques) ;
 Astreindre le personnel à ne pas fumer, à s’abstenir de consommer depuis la préparation des
traitements jusqu’à la fin d’une sérieuse toilette : la faciliter en plaçant le matériel nécessaire à la
disposition des ouvriers qui doivent changer de chaussures, de vêtements et sous – vêtement.
 Eviter de traiter aux heures chaudes, de souffler dans les jets bouchés, de travailler sous le vent ;
 Après les traitements, procéder au nettoyage très sérieux u matériel (avec les phytohormones
éviter les cuves en bois) : les eaux et les résidus sont alors enfouis loin de sources ou de puits ;
 En cas d’intoxication, alerter immédiatement un médecin en lui indiquant le nom de la spécialité
commerciale et de la matière active responsable.

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