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CENTRE AFRICAIN D’ETUDES SUPERIEURES EN GESTION

Licence Professionnelle en Techniques Comptables et Financières (LPTCF-2).

Plan du cours sur l’association

Chapitre 1 : Définition et distinction de l’association des autres groupements

Section 1 : Définition

§1- La notion d’association

§2- La typologie des associations

Section 2- La distinction de l’association des autres groupements

Chapitre 2 : La constitution, le fonctionnement et la dissolution de l’association

Section 1 : La constitution de l’association

§1- Les conditions de fond

A- Les membres de l’association


B- L’objet de l’association
C- La durée de l’association

§2- Les conditions de forme

A- Le contrat d’association (les statuts)


B- Le règlement intérieur
C- La déclaration et la publication

§3- Les effets de la création d’une association déclarée

Section 2 : Le fonctionnement de l’association

§ 1- Les dirigeants de l’association

A- Le statut
B- Les pouvoirs et la responsabilité des dirigeants

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§ 2- Les assemblées générales

A- Composition
B- Les pouvoirs de l’assemblée
C- La tenue des assemblées

Section 3 : la dissolution et liquidation de l’association

§1- Les causes de la dissolution

A- Dissolution volontaire
B- Dissolution-sanction

§2- Les effets de la dissolution

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CENTRE AFRICAIN D’ETUDES SUPERIEURES EN GESTION
Licence Professionnelle en Techniques Comptables et Financières (LPTCF-2).

Introduction

La liberté d’association dans sa conception moderne représente deux facettes


d’une même pièce maîtresse de la démocratie :

 la liberté de s’associer au sens strict, c’est-à-dire de constituer


physiquement un groupement, de se réunir, d’agir en commun, le droit
d’adhérer ou non à ce groupement ;
 la liberté d’exercer des droits fondamentaux. En ce sens, la liberté
d’association est consubstantielle de l’expression de nombreux droits et
libertés reconnus par la "Déclaration des droits de l’homme et du citoyen" de
1789, comme la liberté de conscience, la liberté de religion, les libertés
politiques.
La liberté d’association, vue sous ce double aspect, est donc juridiquement une
"liberté publique fondamentale" qui entre parfaitement en résonnance avec la
devise de la République Française : "Liberté, Égalité, Fraternité."
Sous l’Ancien Régime
Sous l’Ancien Régime, la liberté d’association n’existait pas en tant que liberté
publique : les libertés de religion, de conscience, les réunions politiques etc.
étaient restreintes voire interdites et réprimées.
En revanche, toute la société était structurée en "ordres", issus du système féodal
(Noblesse / Clergé / Tiers-État). Les "sujets du roi" (pas encore "citoyens")
étaient le plus souvent obligés d’appartenir à une "confrérie", une "corporation"
ou autre "corps de métiers". On était donc le plus souvent obligé d’appartenir à
une sorte "d'association" et ce, sans qu’on puisse choisir laquelle.
Le XVIIIe siècle a vu ce système vaciller : les "Lumières", Voltaire, Diderot,
Condorcet… ont brillé dans de nombreux "salons" littéraires, philosophiques ou

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scientifiques, souvent à peine tolérés voire clandestins mais préfigurant les
"associations" politiques modernes.
La Révolution française
La législation issue de la Révolution française a aboli, en droit, les privilèges et
la société divisée en ordre pour déclarer les "hommes libres et égaux en droit".
Dans cette logique, les corporations et autres formes d’associations
professionnelles, symboles de la féodalité, ont été dissoutes. C’est la fameuse loi
« Le Chapelier » du 14 juin 1791, complétée par le décret d’Allarde, qui a
proclamé le principe de la liberté du commerce et de l’industrie, aujourd’hui
plus volontiers désigné sous le terme de liberté d’entreprendre. Parallèlement,
dès 1790 la loi reconnaît aux citoyens "le droit de s’assembler paisiblement et de
former entre eux des sociétés libres" : ce fût notamment l’apparition des célèbres
"clubs" politiques (Les Jacobins, les Feuillants…). Cependant, durant la période
la plus troublée de la Révolution les "groupements" paraissaient suspects et ont
été particulièrement surveillés.
Le 1er Empire
Le 1er Empire a instauré un système d’autorisation préalable à la constitution
d’associations, assorti de sanctions pénales, qui perdura jusqu’à la loi de 1901.
Le code criminel de 1810 – c’est-à-dire l’ancêtre du code pénal – instaura, en
effet, le « délit d'association », et la règle selon laquelle une association de plus
de vingt membres ne pouvait se former sans l'autorisation des pouvoirs publics,
laquelle était accordée discrétionnairement. Durant le XIXe siècle, les
constitutions d’associations sont principalement liées aux grandes luttes
politiques et sociales et particulièrement aux premières révoltes ouvrières qui
donneront un nouveau sens aux organisations professionnelles et réconciliera
l’idée révolutionnaire avec le groupement d’intérêt social (apparition des
coopératives, des syndicats).
La IIIe République
La IIIe République marque un véritable tournant : la société se pacifie, la
démocratie paraît mature. De nombreuses lois de la fin du Second Empire ou du
début de la IIIe République avaient déjà consacré pour de nombreuses activités
sociales et économiques des formes particulières d’associations (par ex. la loi du
1er avril 1898 relative aux sociétés de secours mutuels, dite charte de la
mutualité).

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Mais c’est bien entendu seulement avec la loi du 1er juillet 1901 qu’est consacré
le principe général du droit d’association.
Le XXe siècle
Mise à part la parenthèse du régime de Vichy et de l’Occupation, durant tout le
XXe siècle le droit et la liberté d’association ne cesseront d’être confortés, alors
même que le poids des associations dans la société connaîtra un développement
exemplaire. Ainsi, une décision fondamentale du Conseil constitutionnel en date
du 16 juillet 1971 a érigé la liberté d’association en principe à valeur
constitutionnelle. Plus près de nous, pour favoriser l’insertion des jeunes dans la
vie économique et sociale, une loi du 28 juillet 2011 a autorisé les mineurs de
seize ans et plus à constituer une association. A l’échelle internationale, l’article
20 de la Déclaration universelle des droits de l’Homme du 10 décembre 1948
proclame universellement le droit de s’associer librement.
Aujourd’hui des champs entiers sociaux et économiques de première importance
sont portés par les associations : la culture, le sport, le système médico-social, le
développement économique, le tourisme, l’éducation et la recherche, la défense
des droits (des consommateurs, notamment), la protection de l’environnement,
voire même la protection de l’épargne (associations d’investisseurs,
d’actionnaires), etc.
Le nouveau défi des associations
Avec les lois du 31 juillet 2014 relative à l'économie sociale et solidaire et
ordonnance du 23 juillet 2015 portant sur la simplification du régime des
associations et des fondations, il s’agit surtout de créer des dispositifs – ou de
rénover des dispositifs existants (par ex. les titres associatifs) – visant à
encourager l’action des associations. Il faut dire que les associations sont
aujourd’hui confrontées à un lourd défi : dans un contexte budgétaire tendu, qui
se manifeste au premier chef par une diminution du volume des subventions
publiques distribuées aux associations, ces dernière se trouvent de plus en plus
contraintes de développer des ressources propres, ce qui les oblige, pour
certaines, à s’insérer davantage dans l’économie marchande, ce à quoi elles ne
sont généralement pas préparées.
Quant à la loi « Égalité et citoyenneté » du 27 janvier 2017, dernier texte qui
modifie de manière substantielle le droit des associations, elle vise à renforcer
l’engagement associatif, notamment des jeunes, ainsi qu’à encourager les

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actions en justice des associations (par exemple des associations étudiantes dans
les affaires de bizutage).
Par ailleurs, à mesure que l’on prend conscience de ce que, dans un monde de
plus en plus complexe et où les ressources publiques sont limitées, l’Etat « ne
peut pas tout », c’est incontestablement aux associations qu’il incombe de
prendre le relais et d’incarner, alternativement à la puissance publique, la
défense de l’intérêt général, dans des domaines tels que la lutte contre les
discriminations ou la prise en charge de la grande pauvreté.
Dans le cadre des groupements et face au mouvement de concentration des
entreprises, il était souhaitable que celles-ci puissent mettre en commun
certaines activités (recherche, distribution…) tout en conservant leur autonomie
et leur individualité. Plusieurs possibilités sont offertes : société en participation
ou associations. Les associations ont un poids économique non négligeable. On
les retrouve sous des appellations diverses : amicales, cercles, clubs, ligues,
groupements, comités, entente, etc…

On étudiera dans un chapitre1 la notion d’association et sa distinction avec les


autres groupements ; ensuite le chapitre2 sera consacré à la constitution, au
fonctionnement, à la dissolution et liquidation de l’association.

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Chapitre 1 : définition et distinction de l’association des autres groupements.

Pour mieux cerner la notion d’association, il convient de la définir (section 1), et


la distinguer avec les autres groupements (section2).

Section 1 : définition

§1- la notion d’association

Selon l’article 1 de la loi Française de 1901 et 811 du C.O.C.C du Sénégal


qui constituent la base légale, « l’association est une convention par laquelle
deux ou plusieurs personnes mettent en commun, d’une façon permanente,
leurs connaissances ou leur activité dans un but autre que de partager des
bénéfices. Elle est régie, quant à sa validité, par les principes généraux du droit
applicables aux contrats et obligations ».

Dans l’espace OHADA, ce sont les lois Nationales qui règlementent les
associations. Tel est le cas du C.O.C.C (code des obligations civiles et
commerciales du Sénégal.

Il ressort de cette définition, et de la législation de 1901 trois idées


fondamentales :

- l’association est d’abord un contrat soumis à la liberté contractuelle quant à


son contenu, la liberté d’adhésion, le choix de l’association, la liberté de se
retirer d’une association et la liberté de celle-ci de choisir ses membres ;

- l’association est libre de rester un simple contrat ou d’acquérir la personnalité


juridique en procédant à une déclaration à la préfecture ou au ministère de
l’intérieur et à une insertion au journal officiel (sauf dans les cas où elle est
tenue d’avoir la personnalité juridique) ;

- l’association est l’expression d’une liberté constitutionnelle : la liberté


d’association.

§2- La typologie des associations

Il existe plusieurs types d’associations dont les principaux sont les suivants :

 Association non déclarée : la caractéristique principale est d’être

Entièrement libre, sans contrôle, sans formalisme, sans capacité juridique.

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 Association déclarée : déclarée à la préfecture ou ministère de l’intérieur
et publiée au journal

Officiel, a une certaine capacité juridique.

 Association déclarée d’utilité publique (par décret): déclarée et soumise


à des Obligations administratives, a la pleine capacité juridique et peut
bénéficier de subventions publiques, et être autorisée à recevoir des dons
et legs de toute personne. Le legs est une disposition faite par testament
au bénéfice d’une personne. Le legs est à titre particulier s’il concerne un
ou plusieurs biens déterminés. Le legs est à titre universel lorsqu’il porte
sur un ensemble de biens, soit une quote- part de la succession, soit une
quotité fixe de tous les meubles ou de tous les immeubles.

Il existe aussi des associations agréées, des fondations, des fédérations dont la
règlementation est spécifique. L’association déclarée étant la plus répandue,
c’est elle qui fera l’objet du développement.

Il existe environ 700 OOO associations en France dans des secteurs variés :
éducation, formation, santé, action sociale, chasse, pêche, culture, tourisme,
loisirs, jeunesse, sports, etc. Certaines ont une activité économique :
restauration, cantines, foyers et emploient plus d’un million de salariés.

Section 2 : La distinction de l’association des autres groupements

L’association se distingue :

- du syndicat, qui ne peut être constitué que pour la défense d’intérêts


professionnels ;

- de la société, qui est constituée pour partager le bénéfice ou profiter de


l’économie pouvant résulter de l’entreprise commune. L’association ne peut
avoir pour but de partager des bénéfices ; JURISPRUDENCE : Affaire
MANIGOD (11 mars 1914).

- du GIE, puisque ce dernier a pour but de faciliter ou de développer l’activité


économique de ses membres. Le GIE présente, par rapport à l’association, le
grand inconvénient de rendre ses membres indéfiniment et solidairement

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responsables des dettes du groupement. L’objet du GIE doit être le
prolongement de l’activité de ses membres.

- de la fondation, car l’association est un groupement de personnes, alors que la


fondation résulte de l’affectation irrévocable de biens, droits ou ressources, à la
réalisation d’une œuvre d’intérêt général à but non lucratif.

La distinction entre association et les autres groupements étant faite, il convient


de voir à présent la constitution, le fonctionnement et la dissolution de
l’association.

Chapitre 2 : La constitution, le fonctionnement, et la dissolution de


l’association

Nous étudierons successivement, la constitution de l’association (section 1) ; le


fonctionnement (section 2) et enfin la dissolution de l’association (section 3).

Section 1 : La constitution de l’association

Pour créer une association, il faut respecter les conditions de fond (§1) et les
conditions de forme (§2).

§1- Les conditions de fond

Cette première condition concerne : les membres de l’association, l’objet,


l’activité, la durée de l’association.

A- Les membres de l’association

Une association peut être constituée soit uniquement par des personnes
physiques, soit uniquement par des personnes morales, soit par des personnes
physiques et des personnes morales au nombre de deux minimum (il n’y a pas
de nombre maximum). Ces personnes devront exprimer leur consentement, être
capables, puisque l’association est un contrat régit par les règles du code civil
(article 1108 et suivants) et 813 du code des obligations civiles et commerciales
du Sénégal (C.O.C .C) : capacité, consentement, cause et objet.

Un mineur non émancipé, un majeur sous tutelle, s’ils y sont autorisés, peuvent
adhérer à une association. Un mineur émancipé, un majeur sous sauvegarde de
justice, un majeur en curatelle, une personne déchue de ses droits civiques, un
étranger, une personne physique ou une personne morale peuvent librement
adhérer à une association.

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Les personnes morales de droit privé ne peuvent adhérer à une association que si
cette adhésion entre dans leur objet. Cependant, les principales sociétés
commerciales (SA, SARL) peuvent adhérer sans restriction, puisque leurs
dirigeants ont la capacité de les engager au-delà de l’objet social.

On distingue plusieurs types de membres dans une association :

 Les membres fondateurs : ce sont les personnes ayant participé à la


création de l’association.
 Les Membres actifs et adhérents : ce sont les personnes qui entrent dans
l’association moyennant une cotisation.
 Les Membres d’honneur : personnes dispensées de payer la cotisation
annuelle.
 Les Membres bienfaiteurs : les personnes payant volontairement une
cotisation plus élevée que la cotisation annuelle.

B- l’objet de l’association

Il consiste en une mise en commun de connaissances ou d’activité.

- La mise en commun

Les membres de l’association doivent mettre en commun leurs connaissances ou


leur activité de façon permanente. Toute adhésion suppose que l’intéressé fasse
apport à l’association de ses connaissances ou de son activité : participation
physique ou intellectuelle, quotidienne ou ponctuelle. Exemples : un amateur
d’archéologie met à la disposition des adhérents ses connaissances en vue de
faire des fouilles sur des chantiers. Un professeur de droit met ses connaissances
juridiques au profit d’une association qui aide les populations en difficultés. Un
étudiant en LPTCF crée une association pour aider les créateurs d’entreprises à
tenir leur comptabilité.

Elle doit répondre aux conditions suivantes :

 elle doit être permanente, pour la distinguer du service occasionnellement


rendu par un prestataire de services.
 elle doit être mise en commun avec les connaissances ou l’activité des
autres membres
 Elle ne doit pas donner lieu à un lien de subordination (il s’agit alors d’un
contrat de travail).

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 Elle ne doit pas être rétribuée car il s’agirait alors d’une sorte de
distribution de bénéfices interdite dans le contrat d’association.

- L’activité

L’objet d’une association est l’activité ou les activités auxquelles elle va se


livrer. Il est libre, à la condition de ne pas conduire à un partage de bénéfices
entre les membres et d’être licite.

Une association peut avoir une activité lucrative, mais le but recherché par ses
membres ne doit pas être le partage des bénéfices. Si elle en répartit, elle
s’expose à être requalifiée par les tribunaux de société créée de fait, avec toutes
les conséquences juridiques (notamment la responsabilité des membres
indéfinie, solidaire ou conjointe selon que l’objet est civil ou commercial).

L’activité d’une association doit être licite c’est-à-dire conforme aux usages et
bonnes mœurs. Exemple d’objet troublant l’ordre public: Exercice illégal de la
médecine, développement de l’immigration clandestine. A défaut, l’association
est nulle et doit être dissoute.

C- La durée de l’association

Une association peut être constituée pour une durée limitée ou illimitée. Cette
solution résulte implicitement de l’article 4 de la loi de 1901 qui dispose :
« tout membre d’une association qui n’est pas formée pour un temps déterminé
peut s’en retirer en tout temps… ». Ainsi, un adhérent peut toujours
démissionner d’une association conclue pour une durée indéterminée, alors qu’il
ne peut se retirer d’une association à durée déterminée que si cette faculté de
retrait est prévue dans les statuts.

D’autre part, quand l’association est à durée déterminée, l’arrivée du terme


provoque de plein droit sa dissolution (mais sa prorogation est possible).

L’association doit aussi remplir les conditions de forme.

§2- Les conditions de forme

Il s’agit des formalités suivantes : la rédaction du contrat d’association, du


règlement intérieur, de la déclaration et la publication de l’association.

A- Le contrat d’association (les statuts)

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En principe, le contrat d’association (ou statuts) est régi par la liberté
contractuelle. La rédaction d’un écrit n’est pas obligatoire, le contenu du contrat
est libre, sauf dérogation imposée par le législateur dans les cas suivants :

- Associations désirant obtenir la personnalité juridique,


- Associations sollicitant leur reconnaissance d’utilité publique.

Il comporte l’objet, les moyens d’action de l’association, les différentes


catégories de ses membres, les modalités de versement des cotisations, prévoit la
liberté d’adhésion et de retrait, l’élection des administrateurs par l’assemblée
générale des membres.

En dehors des statuts, le règlement intérieur.

B- Le règlement intérieur

Un règlement intérieur peut, éventuellement, compléter les statuts, préciser


certaines règles ou des dispositions sujettes à changement. Il permet d’éviter de
faire des statuts trop précis et d’avoir à procéder à des modifications statutaires
trop fréquentes. C’est ainsi qu’on peut trouver le règlement intérieur des
associations comme les fédérations sportives, associations de chasse appelées à
bénéficier de locations de lots de chasse sur le domaine public fluvial. Le
règlement intérieur n’a pas à être déclaré ni publié.

C-La déclaration et la publication de l’association

Pour acquérir la personnalité juridique, une association doit être rendue publique
(articles 2 et 5 al.4 et 5 de la de 1901) article 819 du C.O.C.C du Sénégal.

- La déclaration

Elle doit être faite par ceux qui sont chargés de l’administration ou de la
direction de l’association.

La déclaration est établie par écrit, sur papier libre, signée par toutes les
personnes qui y sont mentionnées. La déclaration doit mentionner :

- Le titre exact de l’association


- L’objet de l’association
- L’adresse du siège social
- Les noms, prénoms, date et lieu de naissance, profession, domicile et

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Nationalité de ceux qui sont chargés de l’administration ou de la direction de
l’association. La déclaration doit être déposée à la préfecture du département (ou
à la sous- préfecture de l’arrondissement), du siège social, accompagnée de deux
exemplaires des statuts.

- La publication au journal officiel

Un imprimé de demande d’insertion au journal officiel est fourni par la


préfecture ou la sous-préfecture contenant la date de la déclaration, le titre et
l’objet de l’association, le siège social.

L’insertion doit intervenir dans le délai d’un mois à dater de la déclaration. A


dater de la publication au journal officiel, l’association acquiert la personnalité
juridique.

§3- Les effets de la création d’une association déclarée

L’association a la personnalité juridique. En conséquence, elle est


individualisée, elle jouit de droits patrimoniaux et extrapatrimoniaux, elle a une
activité propre et peut agir en justice. Les membres de l’association ont
également des droits et obligations.

a- Les droits de l’association


 L’individualisation de l’association

Elle a un nom et un sigle qu’elle choisit librement et qui doit être suffisamment
précis pour l’individualiser. Il est protégé contre l’utilisation par une autre
personne d’un nom identique ou suffisamment proche pour créer une confusion.

 Les droits patrimoniaux

Les ressources des associations sont multiples et peuvent provenir des


cotisations des membres, des dons et legs (pour les associations reconnues
d’utilité publique), du concours de la puissance publique (subvention de l’Etat)
ou de ses démembrements (les collectivités locales) des recettes des
manifestations organisées par l’association. Ces ressources sont classées en
ressources internes et des ressources externes.

 Les ressources internes (provenant des adhérents).

- Les apports faits par les fondateurs ou par les membres : ils ne sont jamais
obligatoires. L’apport n’aura pas pour contrepartie des parts de capital, mais

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l’apporteur pourra en tirer un avantage. Par exemple, l’apporteur d’un immeuble
demandera à habiter dans l’immeuble apporté.

- Les cotisations fixées par les statuts : elles devraient constituer les ressources
principales de l’association.

- le droit d’entrée ou d’adhésion : il peut être exigé des nouveaux adhérents et


leur permettra de bénéficier des services mis en place grâce aux premiers
adhérents.

 Les ressources externes (provenant des tiers)

- Les dons manuels : ils sont faits sans formalité, ni écrit obligatoires. Ils sont
sans contrepartie pour le donateur (sauf éventuellement une déduction fiscale).
Toutes les associations peuvent recevoir les dons manuels.

- les quêtes et les collectes : elles sont soumises à une autorisation


administrative préalable.

- les tombolas et lotos : en principe interdits, mais peuvent être autorisés pour le
financement d’activités sportives, d’activités de bienfaisance, scientifiques ou
éducatives. En principe, l’accord du préfet est obligatoire, sauf pour les lots de
petites valeurs.

- les donations et les legs pour les associations d’utilité publique : à l’inverse
du don manuel, les donations et les legs doivent être effectués devant notaire.
Les donations concernent des biens corporels ou incorporels, meubles ou
immeubles. Les legs sont des dispositions testamentaires qui seront exécutées en
cas de décès.

Seules les associations reconnues d’utilité publique, les congrégations


religieuses, et les œuvres de bienfaisance sont autorisées à recevoir des
donations et des legs. De plus, le préfet devra autoriser chaque donation ou legs
(voir article 820 du C.OC.C du Sénégal). Exemple : l’association des
compagnons d’Emmaüs, fondée par l’abbé Pierre, est reconnue d’utilité
publique ; à ce titre elle est autorisée à recevoir des dons en franchise de droits
de successions.

- les subventions : elles peuvent être attribuées à toute association. Toutefois,


les subventions sont accordées sur la base d’un certain de dispositions
notamment :

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 avoir un compte bancaire, postal ou mutualiste ;
 présenter ses différents registres ;
 présenter son bilan financier (année en cours et exercice précédent).

Des organismes nationaux ou internationaux, des organismes privés peuvent


apporter leur concours pour la réalisation de projets de développement. La
demande d’aide ou d’appui sont présentées sous forme de requête.

- le mécénat est le parrainage qui permettra à une entreprise ou à un particulier


d’apporter un soutien matériel ou pécuniaire à une association.

Une association peut avoir des activités lucratives lui permettant de réaliser des
bénéfices, à condition de ne pas les partager entre ses membres (bals, kermesses,
ventes de charité, voyages, enseignement, lotos traditionnels, débits de boissons
temporaires lors de manifestations exceptionnelles).

Dans le cadre de l’emploi des ressources, une association peut utiliser librement
ses ressources sous réserve que les actes entrent dans son objet ou favorisant sa
réalisation. Ainsi, elle peut acquérir, à titre onéreux, le local destiné à
l’administration de l’association et à la réunion de ses membres, et les
immeubles strictement nécessaires à l’accomplissement du but qu’elle se
propose (Exemple : un immeuble pour un orphelinat, un chalet-hôtel pour une
association développant le tourisme et les sports).

Une association peut acquérir un fonds de commerce si cette opération


correspond à l’objet du groupement, mais elle ne peut ni le mettre en location-
gérance ni bénéficier, en principe, d’un bail commercial.

Une association peut librement louer des immeubles, sous réserve que cette
opération favorise la réalisation de son objet.

 Les droits de la personnalité

Une association, comme toute personne juridique, peut défendre son honneur,
obtenir réparation d’un préjudice moral, exercer un droit de réponse à la radio, à
la télévision, dans un journal ou un écrit périodique en cas d’atteinte à son
honneur ou à sa réputation.

 Le droit d’exercer une activité

L’activité est définie dans les statuts, elle correspond à l’objet de l’association.

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La capacité de l’association est limitée aux actes correspondant à cette activité.
Elle a une capacité dite « de spécialité ». Cette activité peut lui permettre de
réaliser des bénéfices et devenir une activité économique, voire commerciale. Si
les actes de commerce demeurent occasionnels et accessoires à l’activité
principale, ces actes restent civils. S’ils sont trop nombreux pour être réputés
accessoires au point de primer l’objet statutaire, l’association peut devenir
commerçante, ce qui lui impose les obligations de tout commerçant sans pour
autant jouir des droits reconnus aux commerçants.

Si une association peut avoir une activité économique ou commerciale, elle ne


doit pas partager les bénéfices entre ses membres.

 Le droit d’agir en justice

Toute association régulièrement déclarée et publiée peut agir en justice. Cette


action n’est recevable que dans la limite de son objet et à la condition que cet
objet soit licite.

En dehors des droits de l’association, il aussi les obligations.

b- Les obligations de l’association

Une association doit faire bénéficier ses membres des avantages et prestations
prévus dans les statuts. A défaut, elle engage sa responsabilité civile
contractuelle envers ses membres.

L’association est responsable des dommages qu’elle peut causer aux tiers : cette
responsabilité peut être contractuelle ou délictuelle.

L’association est responsable pénalement des infractions qu’elle peut commettre


pour leur compte, par ses représentants (exemple : atteinte involontaire à la vie,
extorsion, escroquerie, chantage, banqueroute, atteinte aux institutions de la
République, etc).

Une association qui a reçu une ou plusieurs subventions publiques doit établir
des comptes annuels et nommer un commissaire aux comptes qui dispose du
droit d’alerte (article L. 612-4 du code commerce français art 159 et 160
AURSC et GIE).

 Les droits et les obligations des membres

Ils ont droit :

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- Aux prestations fournies par l’association.
- De démissionner quand l’association a une durée illimitée.
- De reprendre leurs apports mobiliers ou immobiliers effectués à la
création après la liquidation de l’association.

Ils ont l’obligation :

- De payer leur cotisation ;


- De respecter les statuts et le règlement intérieur s’il existe.

En cas de non respect de leurs obligations, les membres engagent leur


responsabilité civile contractuelle envers l’association et les autres membres de
l’association. Cependant, les membres d’une association ne sont pas tenus des
engagements de l’association envers les tiers : on ne saurait leur demander de
payer les dettes de l’association.

Les membres d’une association ne sont pas pénalement responsables des


infractions commises par leur association sauf s’ils sont auteurs, coauteurs ou
complices avec l’association. Dans certains cas, notamment d’infractions
pénales commises par les dirigeants, ceux-ci peuvent être condamnés à payer les
dettes de l’association sur leurs biens propres.

Section 2 : Le fonctionnement de l’association

Toute association détermine librement dans ses statuts les modalités de son
fonctionnement sauf exceptions. C’est l’exemple des fédérations sportives,
associations émettant des obligations.

La seule obligation est de prévoir la représentation de l’association par une ou


plusieurs personnes physiques.

§1- Les dirigeants de l’association

Il s’agit du statut, les pouvoirs et la responsabilité des dirigeants, l’organisation


de la direction et la tenue des assemblées.

A- Le statut

Les statuts (acte fondateur de l’association) fixent librement les pouvoirs des
dirigeants. La seule obligation légale est de faire connaître les noms,
professions, domiciles, et nationalités de ceux qui, à un titre quelconque, sont

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chargés de l’administration ou de la direction de l’association (art 5 al2 de la loi
de 1901).

D’une façon générale, les dirigeants d’une association sont des mandataires.
Leur nombre est déterminé par les statuts sauf exception. Ils peuvent être des
personnes physiques, ou des personnes morales représentées par des personnes
physiques. Ils ne sont pas tenus d’être membres de l’association, sauf exception,
ou si les statuts l’exigent.

Les pouvoirs de direction dans une association sont dévolus à un organisme de


direction élu par une assemblée générale. Les membres du comité de direction
sont élus pour une durée de trois ans (03) ans renouvelable par tiers tous les ans.
L’organisme de direction élit chaque année un bureau composé au moins d’un
président, d’un secrétaire et d’un trésorier.

Le dirigeant d’une association peut être Sénégalais ou étranger, sauf clause


statutaire contraire.

Une personne déchue de ses droits civiques peut gérer et représenter une
association, les statuts peuvent en décider autrement.

Une personne dont la faillite personnelle a été prononcée ne peut pas diriger une
association ayant une activité économique. L’exercice de certaines activités est
incompatible avec la gestion ou la représentation d’une association
(commissaires aux comptes, parlementaires, militaires en activité dans les
associations ayant une activité politique ou Syndicale, certains fonctionnaires).

La loi n’impose pas d’âge minimal ou maximal pour être dirigeant. Une même
personne peut cumuler plusieurs fonctions de direction dans une même
association ou dans plusieurs. Le dirigeant peut cumuler son mandat avec un
contrat de travail dans l’association.

Les statuts fixent librement les modalités de désignation des dirigeants. Ils
peuvent être élus, cooptés (admis par l’assemblée des adhérents), membres de
droit, sociétaires ou non. La durée de leur mandat est en principe libre. Dans le
silence des statuts, ils sont nommés pour la durée de l’association. Le décès, la
démission (volontaire ou forcée, en cas de faillite personnelle, d’interdiction de
gérer ou d’incompatibilité) met fin à leur mandat ainsi que la révocation qui peut
être prononcée ad nutum (sans préavis) et n’a pas à être justifiée. Seule une
révocation abusive leur donne droit à dommages-intérêts. Les statuts doivent

18
fixer les règles de remplacement en cas de vacance d’un dirigeant. Le
changement des dirigeants doit être publié pour être opposable aux tiers.

Les conventions conclues entre l’association et ses dirigeants ne sont, en


principe, soumises à aucun contrôle. Mais la loi du 15 Mai 2001 en France
insère un nouvel article au code de commerce (L-612-5) soumettant certaines
associations ayant une activité économique au contrôle des conventions a
posteriori. Exemple : cliniques, centres de soins, tourisme, formation etc… et les
associations subventionnées.

Sont visées les conventions conclues :

- directement ou par personne interposée entre l’association et l’un de ses


administrateurs ou l’une des personnes assurant un rôle de mandataire social ; -
entre l’association et une société dont un associé indéfiniment responsable, un
gérant, un administrateur, le directeur général.

Il faut noter que le législateur n’a pas exclu de ce contrôle les conventions
portant sur les opérations courantes et conclues à des conditions normales.
Donc, toutes les conventions doivent suivre la procédure. On comprend la
volonté du législateur d’imposer plus de transparence dans les associations et
d’éviter les détournements de fonds publics au profit de leurs dirigeants.

Enfin les dirigeants exercent en général leurs fonctions gratuitement. C’est une
obligation dans certaines associations mais ils ont droit au remboursement des
frais qu’ils on engagés dans l’intérêt de l’association.

La dissolution d’une association met fin aux mandats des dirigeants mais le
liquidateur peut être un ancien dirigeant. La mise en redressement judiciaire de
l’association ne met pas fin aux fonctions dirigeantes, sauf stipulation statutaire
contraire.

B- Les pouvoirs et la responsabilité des dirigeants


1- Les pouvoirs

Les statuts les déterminent librement. Ils ont :

- Un pouvoir de décision : ils peuvent effectuer tous les actes de la vie

Civile mais certains engagements peuvent être réservés à l’assemblée générale


des membres de l’association. Exemple : la décision de céder des biens

19
immobiliers appartenant à l’association relève le plus souvent soit du bureau,
soit du conseil d’administration et même parfois de l’assemblée générale.

-Un pouvoir de représentation de l’association qui est attribué à un ou plusieurs


d’entre eux (président, vice-président etc..).

- un pouvoir de contrôle librement organisé par les statuts. En cas de difficulté,


les tribunaux ont un pouvoir souverain d’appréciation.

- le dirigeant a qualité pour représenter l’association.

2- La responsabilité des dirigeants

- responsabilité civile

Les dirigeants engagent leur responsabilité envers l’association pour les fautes
commises dans leur gestion ayant entraîné un préjudice pour l’association.
L’action doit être intentée par la personne habilitée par les statuts à agir en
justice.

Envers les tiers, c’est l’association (mandant) qui est responsable des fautes
commises par les dirigeants, qu’il s’agisse de manquement à des obligations
contractuelles ou des fautes délictuelles. Toutefois, ils demeurent responsables
des fautes détachables de leurs fonctions lorsque les dirigeants sont sortis du
cadre de l’objet social ou de leurs attributions ou ont commis une faute
particulièrement grave. Les dirigeants ne sont pas responsables des dettes du
groupement sauf en cas de redressement ou liquidation judiciaires de
l’association (sous certaines conditions) et s’ils ont cautionné ces dettes.

- leur responsabilité pénale : les dirigeants sont pénalement responsables des


infractions dont ils sont soit l’auteur, soit les coauteurs avec l’association, soit
les complices de celle-ci.

C- L’organisation de la direction

En cas de gestion collégiale, les statuts fixent librement le fonctionnement de


l’association. Le plus souvent, on trouve :

- un bureau, organe permanent de l’association qui se compose d’un président


représentant l’association envers les tiers : il la dirige, l’organise et la contrôle ;
d’un secrétaire qui assure la gestion administrative et d’un trésorier qui assure la
gestion financière ;

20
- Un conseil d’administration composé d’administrateurs dont le nombre, les
pouvoirs et le fonctionnement sont fixés par les statuts. Il appartient, selon les
statuts, au conseil d’administration de convoquer les assemblées générales.

§2- les assemblées générales

Aucune disposition législative ou règlementaire ne pose le principe de la


consultation périodique des membres de l’association, sauf exception. Les
statuts peuvent prévoir la tenue d’assemblées et déterminer leurs attributions.

A- Composition

Les statuts fixent librement leur composition. En l’absence de disposition


statutaire, les assemblées doivent être composées de tous les membres de
l’association, à peine d’annulation des décisions prises.

Les assemblées sont convoquées selon les statuts ou le règlement intérieur par le
président ou le conseil d’administration qui en fixera l’ordre du jour.

B- Les pouvoirs de l’assemblée

En l’absence de dispositions législatives, règlementaires ou statutaires, les


tribunaux considèrent que l’assemblée est l’organe souverain d’une association,
sa compétence est générale et s’étend notamment :

- aux actes dépassant l’administration courante (exemple : la vente d’un


immeuble de l’association, l’embauche d’un Directeur,).

- à la nomination et à la révocation des dirigeants,

- aux modifications statutaires ;

- à la dissolution de l’association

C- Tenue des assemblées

A défaut de précision statutaire, l’assemblée élit son président de séance. En


principe, il n’existe pas de quorum (sauf exceptions) et chaque membre de
l’association dispose d’une voix (sauf clause contraire). Le mode de scrutin est
décidé par l’assemblée (ou par les statuts).

Le vote par procuration est de droit en l’absence de clause statutaire. Les


décisions sont adoptées (à défaut de stipulations précises des statuts) :

21
- à l’unanimité pour modifier les clauses primordiales des statuts (ex : l’objet de
l’association ;

- à la majorité simple des membres présents ou représentés pour toute autre


proposition ou modification statutaire qui n’est pas primordiale.

Toute délibération prise dans les conditions est annulable. Seule la victime de
l’irrégularité a qualité pour agir. L’action peut être exercée dans les 5 ans qui
suivent l’assemblée générale et doit être intentée devant les juridictions
judiciaires.

A défaut de disposition législative, règlementaire, ou statutaire contraire,


l’annulation d’une délibération ne peut avoir d’effet rétroactif.

Section 3 : La dissolution et liquidation

L’association peut être dissoute. Quelles en sont les causes et les effets ?

§1- les causes de la dissolution

La dissolution peut être volontaire ou résulter d’une sanction. Elle sera


prononcée par un jugement.

A- Dissolution volontaire

Les causes volontaires sont les suivantes :

- Arrivée du terme

- Réalisation ou l’extinction de l’objet de l’association

- Décision de dissolution prise en assemblée générale

- Cause de dissolution de plein droit prévue par les statuts

B- Dissolution-sanction

Les causes de dissolution sanction sont les suivantes :

- l’objet illicite

- A titre de sanction pénale

- Si l’association est devenue unipersonnelle

22
- En cas de déclaration irrégulière (exemple, absence de déclaration de
changement de dirigeants).

- pour justes motifs (exemple : inexécution de leurs obligations par les membres,
mésentente entre membres paralysant le fonctionnement de l’association).

- Liquidation judiciaire en cas de cessation des paiements ou après l’échec du


redressement judiciaire.

Les procédures collectives, notamment le redressement judiciaire et la


liquidation judiciaire, s’appliquent aussi aux associations. Une association peut
donc être dissoute et liquidée dans le cadre d’une procédure collective
(liquidation judiciaire). C’est le tribunal de grande instance qui sera compétent.

Faute de disposition législative ou règlementaire, la dissolution n’a pas à être


rendue publique. L’association n’est pas obligée, en principe, de procéder à une
déclaration de dissolution à la préfecture.

§2- les effets de la dissolution

La personnalité morale de l’association subsiste uniquement pour les besoins de


sa liquidation. Sa capacité est limitée au besoin de sa liquidation. Sauf
disposition statutaire, l’assemblée désigne le ou les liquidateurs. A défaut, le
tribunal désignera un liquidateur. Les personnes chargées de la liquidation
terminent les opérations en cours, recouvrent les créances de l’association,
règlent ses dettes.

Les membres conservent cette qualité tant que subsiste la personnalité juridique.
La reprise par l’apporteur de son apport n’est pas de droit. A défaut de
stipulation statutaire, c’est à l’assemblée générale d’autoriser ou non la reprise
des apports.

Le boni de liquidation est dévolu, selon les statuts ou l’assemblée générale, à un


ou plusieurs bénéficiaires qui ne peuvent jamais être les membres de
l’association. Les bénéficiaires seront soit une autre association, soit une autre
personne morale de droit privé (fondation, syndicat, société, GIE. L’attributaire
doit avoir la capacité de recevoir les libéralités. La personnalité morale disparaît
à la clôture des opérations de liquidation.

N.B : Dossier à fournir pour la constitution d’une association

23
- Demande adressée au Ministre de l’intérieur (ou, selon le cas, Gouverneur de
la région territorialement compétent)

- Deux (2) exemplaires des statuts dont l’un est timbré à 1000 F la page (timbre
fiscal).

- Quatre (4) exemplaires de la liste des membres fondateurs avec l’indication


des noms, prénoms, date et lieu de naissance, adresse, profession et
nationalité ;

- Quatre (4) exemplaires du procès-verbal de l’assemblée générale constitutive.

Section 4 : Le Groupement d’Intérêt Economique.

Le Groupement d’Intérêt Economique (GIE) est défini par l’art. 869 de l’A.U
comme celui qui a pour but exclusif de mettre en œuvre pour une durée
déterminée, tous les moyens propres à faciliter ou à développer l’activité
économique de ses membres, à améliorer ou à accroître les résultats de cette
activité. L’activité du GIE ne peut être qu’auxiliaire à celle de ses membres.
Seule l’immatriculation du GIE au RCCM, qui du reste, est obligatoire, lui
confère la personnalité morale.

A l’inverse de la société qui peut exercer toute activité économique reconnue


comme licite, le GIE ne peut exercer une activité étrangère à celle de ses
membres. Il ne peut être que le prolongement de l’activité économique de ses
membres. Mais de nos jours, on rencontre des GIE dont l’objet n’est pas
conforme au contenu de l’art. 869 de l’A.U.

La détermination du capital social est libre, et le GIE peut même être constitué
sans capital.

L’organisation et le fonctionnement du GIE sont librement déterminés par le


contrat constitutif qui est généralement complété dans la pratique par un
règlement intérieur caractérisé par sa souplesse et l’ouverture qu’il offre à de
nouvelles adaptations.

24
Le GIE connaît actuellement un essor remarquable compte tenu de sa facilité de
fonctionnement. Beaucoup d’entreprises y ont recours lorsqu’elles ne veulent
pas procéder à la création d’une filiale commune, mais souhaitent réaliser en
commun, différentes opérations telles que services de recherche, études de
marché, publicité, bureaux d’achat ou de vente, bureaux d’importation ou
d’exportation, service de gestion administrative ou informatique, formation
professionnelle, etc.

Les membres du GIE sont indéfiniment et solidairement responsables des dettes


du GIE vis-à-vis des tiers, sauf dispositions contractuelles contraires
expressément énoncées. Le GIE est dissous par l’arrivée du terme, la réalisation
ou l’extinction de son objet, par décision de ses membres dans les conditions
prévues par l’A.U, par décision judiciaire pour justes motifs et par le décès
d’une personne physique ou dissolution d’une personne morale du GIE, sauf
clause contraire du contrat.

Modèle de statuts

(Par application de la loi du 1er juillet 1901 et du C.O.C.C du Sénégal).

Article 1er : il est fondé entre les adhérents aux présents statuts une association
régie par la loi du 1er juillet 1901 ou par le C.O.C.C (article 813 et suivants),
ayant pour
titre………………………………………………………………………………
…………………

Article 2 : Cette association a pour


but……………………………………………………………

25
Article 3 : siège social : Le siège social est fixé à ……………………… il
pourra être transféré par simple décision du conseil d’administration ; la
ratification par l’assemblée générale sera nécessaire.

Article 4 : L’association se compose de :

a- Membres d’honneur……………………………………………………
b- Membres bienfaiteurs………………………………………………….
c- Membres actifs ou adhérents…………………………………………..

Article 5 : Admission : pour être membre de l’association, il faut être agréé par
le bureau qui statue, lors de chacune de ses réunions, sur les demandes
d’admission présentées.

Article6 : Les membres : sont membres d’honneur, sont membres


bienfaiteurs…. Sont membres actifs ceux qui ont pris l’engagement de verser
annuellement de verser une somme de………..

Article 7 : radiations : la qualité de membre se perd par la démission ; décès,


radiation prononcée par le conseil d’administration pour non paiement ou motif
grave……..

Article 8 : les ressources de l’association comprennent les droits d’entrée, les
cotisations, subventions de l’Etat, des départements et communes.

Article 9 : conseil d’administration est composé de ….membres élus par


l’assemblée générale pour …années, les membres sont rééligibles. le CA choisit
parmi ses membres, au scrutin secret, un bureau composé de Un président…….

Article 10: réunions du CA ; il se réunit une fois au moins tous les six mois sur
convocation du président, ou sur la demande du quart de ses membres…..

Article 11 : Assemblée générale ordinaire : elle comprend tous les membres…

Article 12 : Assemblée générale extraordinaire : si besoin est ou sur demande

Article 13 : Règlement intérieur : un règlement intérieur peut être établi par le
CA qui le fait approuver par l’assemblée générale…….

Article 14 : Dissolution : en cas de dissolution prononcée par les 2/3 au moins
des membres présents à l’assemblée générale, un ou plusieurs liquidateurs sont
nommés par celle-ci et l’actif, s’il y a lieu, est dévolu conformément à l’article 9
de la loi du 1er juillet 1901……….

26
27
TYPOLOGIE, OBJET ET PROCEDURE DE RECONNAISSANCE

Type d’association Objet Dossier de reconnaissance Autorités Compétentes


Organisation non Association volontaire à but Une lettre adressée au Lette d’agrément délivrée
gouvernementale (ONG). non lucratif de personnes Ministère de la famille par par le Ministre de l’intérieur
Exemples : Action contre la librement consentantes ayant laquelle le responsable de ou autre Ministre selon le
faim (ACF) ; ONG 3 D ; un objectif commun et l’organisation présente celle- cas.
WWF ; SOS Sahel etc. acceptant de mettre en ci et les actions qu’elle
commun leur capital projette de mettre en œuvre.
d’expériences et de Cette lettre précise les
ressources (internes et activités passées de l’ONG,
externes) pour appuyer les le pays d’intervention au
communautés de base et les moment de la demande
personnes les plus pauvres (ONG étrangère) l’adresse
ou marginalisées notamment exacte du bureau ; les
dans leurs besoins secteurs d’activité ; le
d’épanouissement, et de programme d’action à court,
réalisation. moyen, long terme ;
Deux exemplaires
dactylographiés des statuts
avec siège du bureau, et
membres du bureau (+
adresse, domicile,

28
profession, nationalité).
Association d’utilité Association légalement  Une demande de Président de la République
publique. Exemples : reconnue poursuivant un but reconnaissance (par décret).
la Croix Rouge d’intérêt général au service d’utilité publique ;
Internationale, Action contre de la collectivité dans les  Deux exemplaires des
la faim, le secours domaines de l’éducation statuts ;
Catholique, Care populaire, de la  Une liste nominative
International, médecin sans philanthropie. Elles doivent des membres avec
frontière, Oxfam, dépasser le cadre local et pour chacun d’eux
Transparency International fonctionner au moins depuis l’âge, la nationalité et
deux (2) ans. le domicile ;
 Un exposé des buts ;
 Le compte financier ;
 Un état de l’actif et du
passif ;
 Un extrait du J.O
portant publication de
la reconnaissance de
l’association
Groupement d’intérêt Défense des intérêts  Un exemplaire
Economique (GIE). GIE particuliers et généraux de des statuts du
AFTU développement de ses GIE (modèle
membres. Mise en œuvre de standard) ;
tous les moyens propres à  Un procès-

29
faciliter ou à l’activité verbal de
économique des membres, l’assemblée
accroissement des résultats, générale
maintien de la solidarité constitutive
entre les membres. faisant ressortir
la constitution
du bureau ;
 La liste
nominative des
membres
fondateurs avec
pour chacun les
prénoms et
noms, date et
lieu de
naissance,
n°CNI, adresse
et émargement ;
deux timbres
fiscaux de 1000
F ;
 Une somme de
30.000 F pour
frais

30
d’enregistremen
t.
Association étrangère Association présentant les  Une lettre du président Ministère de l’intérieur
Exemples : FTS (Fonds caractères d’une association adressée gouverneur
Togolais de Solidarité). qui a son siège à l’étranger ou au Ministre de
ou ayant son siège au l’intérieur déclarant
Sénégal, ou un Conseil l’intention ;
d’Administration composé  Deux exemplaires des
en majorité d’étrangers ou statuts dont l’original
dont le ¼ des membres est est timbré à 1000 f par
de nationalité étrangère (art page ;
823 COCC du Sénégal.  Quatre exemplaires du
procès-verbal de
l’assemblée générale
faisant ressortir la
composition du
comité directeur ;
 Quatre exemplaires du
procès-verbal de la 1ère
réunion du comité
directeur faisant
ressortir la
composition du
bureau ;

31
 Quatre exemplaires de
la liste nominative des
membres fondateurs
avec pour chacun
d’eux l’adresse, la
profession, la
nationalité et l’âge.
 Une demande
d’autorisation
adressée à l’autorité
compétente
(Ambassadeur ou
Consul).
Association sportive, Association ou groupement  Une lettre du président Gouverneur de région ou
culturelle, à but d’éducation consacrant l’essentiel de ses adressée gouverneur Ministère de l’Intérieur.
populaire activités à l’épanouissement ou au Ministre de Dans le cas des unions ou
de la personne humaine par associations, les services du
l’intérieur déclarant
le sport, la culture ou les Ministère de la jeunesse.
activités socio-éducatives. l’intention ;
 Deux exemplaires des
statuts dont l’original
est timbré à 1000 f par
page ;
 Quatre exemplaires du
procès-verbal de

32
l’assemblée générale
faisant ressortir la
composition du
comité directeur ;
 Quatre exemplaires du
procès-verbal de la 1ère
réunion du comité
directeur faisant
ressortir la
composition du
bureau ;
 Quatre exemplaires de
la liste nominative des
membres fondateurs
avec pour chacun
d’eux l’adresse, la
profession, la
nationalité et l’âge.

Association de participation Association dont l’activité a  Une lettre par laquelle Gouverneurs de région ou
à l’effort de santé pour but la promotion de la le président du comité Ministère de l’intérieur par
santé des individus, des de santé déclare la le canal des services du
familles et des constitution du Ministère de la santé.
communautés, la comité ;
mobilisation des collectivités  Quatre exemplaires

33
locales pour le dactylographiés des
développement sanitaire, statuts ;
l’amélioration des  Quatre exemplaires du
prestations des services de P.V de l’assemblée
santé pour mieux répondre générale faisant
aux besoins des populations obligatoirement
ressortir la
composition du
bureau ;
 L’avis du chef de la
formation sanitaire.

34