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Plan

INTRODUCTION

I. Reconnaissance d’une association d’utilité publique


II. Avantages d’une AUP
III. Les obligations
IV. Distinctions entre AUP et une Association d’intérêt générale
V. Dissolution d’une AUP/Condition de perte de statut
VI. Quelques exemples d’AUP au Sénégal

CONCLUSION

INTRODUCTION

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I. Reconnaissance d’une association d’utilité publique

 Définition
Le statut d’association d’utilité publique est accordé par l’Etat (par décret en Conseil d’Etat).
L’Etat reconnaît, valorise et légitime ainsi l’action de l’association. L’acquisition de ce statut
autorise ensuite l’association de recevoir dons, donations et legs.

 Reconnaissance
La reconnaissance d'utilité publique pour les associations est une procédure d’accréditation
prévue par l'article 10 de la loi 1901 à l'issue d'une période probatoire de 3 ans, pouvant être
réduite si les ressources prévisibles de l'association sont de nature à assurer son équilibre
financier.
Aucun texte ne définit plus avant les critères de l'utilité publique. Seule la pratique
administrative a permis de dégager un faisceau de critères. La reconnaissance d’utilité
publique est une procédure complexe par laquelle le Premier ministre délivre un " label ", par
décret en Conseil d’État et sur rapport du ministère de l’Intérieur. Elle permet à l’association
de disposer de la " grande capacité " juridique, c’est-à-dire, outre de recevoir des dons manuels
comme toute association loi 1901, de recevoir des libéralités (donations) et des legs.
Pour obtenir ce statut, l’association doit en faire la demande et répondre à des conditions très
strictes. Elle doit justifier :
• Une pratique d’au moins trois ans comme association déclarée ;
• La fourniture des comptes pendant cette période et un budget " proportionné à son but
d’intérêt public "
• L’adhésion d’au moins 200 membres ;
• L’intervention sur un plan national (tout du moins, agir au-delà du cadre local) ;
• Des statuts conformes au modèle approuvé par le Conseil d’État garantissant l'existence de
règles de fonctionnement démocratique et de transparence financière, opposables aux
membres.
Ce statut confère une légitimité particulière que ne procure pas la qualification fiscale d’intérêt
général. Il implique aussi un certain nombre d'obligations à l'égard de la puissance publique
qui dispose d'un pouvoir de tutelle et de contrôle

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II. Avantages d’une AUP

 Intérêt de la reconnaissance d’utilité publique


La reconnaissance d’utilité publique permet à l’association qui en bénéficie de :
•Disposer d’une capacité juridique plus étendue que celle des associations simplement
déclarées,
• Recevoir des donations et des legs, lesquels peuvent bénéficier de certaines exonérations de
droits de mutation à titre gratuit,
• Gérer, sous conditions, des biens mobiliers dépendant du domaine privé ou public de l’Etat,
• Recevoir, sous condition d’autorisation, des versements pour le compte d’œuvres ou
d’organismes d’intérêt général à caractère philanthropique, éducatif, scientifique, social,
humanitaire, sportif, familial, culturel ou concourant à la mise en valeur du patrimoine
artistique, à la défense de l’environnement naturel ou à la diffusion de la culture, de la langue
et des connaissances scientifiques.

 La "grande" capacité juridique

Les associations déclarées peuvent faire l’objet d’une reconnaissance d’utilité publique leur
permettant de jouir de la grande capacité juridique moyennant toutefois, en contrepartie, un
control de l’autorité publique. La loi du 31 juillet 2014 relative à l’économie sociale et
solidaire (ESS) a élargi la capacité juridique des associations reconnues d’utilité publique

 Les statuts de l’association reconnue d’utilité publique


Des statuts types sont imposés à des associations ayant été reconnues d’« utilité publique » (ou
bien titulaires d’un agrément ministériels).
En effet, pour que des acteurs publics nouent un partenariat avec une association (notamment
pour l’obtention de subventions), ceux-ci exigent des clauses dans les statuts portant sur un
fonctionnement administratif de l’association qui soit « transparent », et « démocratique »
(cela impliquant souvent de tenir une assemblée générale annuelle, par exemple).
De plus ces statuts doivent garantir un non-cumul de fonctions tel que le non-cumul entre
dirigeant bénévole et salarié, et cela afin de permettre une gestion financière désintéressée

De plus par définition, lorsqu’une association est reconnue d’utilité publique, sa crédibilité
s’en trouve largement renforcée. Elle reçoit en effet un soutien de poids, celui de l’Etat. Ce
dernier, en accordant le bénéfice de ce statut à une association, entend envoyer un signe fort et
renforcer la légitimité de l’action qu’elle mène. Il s’agit, en quelque sorte, de délivrer un «
label » de qualité, susceptible d’encourager les dons.
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Au-delà de la portée symbolique, la reconnaissance d’utilité publique permet à l’association de
recevoir des legs et des donations, là où les autres associations déclarées ne peuvent recevoir
que des dons manuels. Pour rappel, les dons manuels sont ceux faits soit par des particuliers
(par exemple, des membres de l’association ou des sympathisants), ou par des entreprises (on
se trouve alors dans le cas du mécénat), sans que ne soit signé un acte notarié. Les legs et les
donations sont, quant à eux, des dons constatés par acte notarié. Seules les associations
d’utilité publiques peuvent recevoir, à titre gratuit, des immeubles (qui, s’ils ne sont pas
nécessaires au fonctionnement de l’association, doivent être vendus) et des biens meubles
corporels (par exemple, une machine ou un meuble).
Sur le plan fiscal, la reconnaissance d’utilité publique présente un avantage important pour le
donateur : grâce à l'article 200 du CGI (pour un particulier) et à l'article 238 du CGI (pour une
entreprise), le donateur pourra bénéficier d'une réduction d'impôts

III. Les obligations d’une AUP

L’obtention de la reconnaissance d’utilité publique impose diverses obligations à


l’association :
 L'adaptation des statuts

 Clauses obligatoires
Les statuts d'une association reconnue d'utilité publique doivent contenir des dispositions
spécifiques :
• La dénomination, l'objet, la durée et le siège de l'association,
• Les conditions d'admission et de radiation de ses membres,
• Les règles d'organisation et de fonctionnement de l'association et de ses établissements ainsi
que la détermination des pouvoirs conférés aux dirigeants de l'association,
• L'engagement de faire connaître, dans les trois mois, à la préfecture, tous les changements de
dirigeants de l'association et d'accepter un droit de visite du préfet ou d'un délégué pour
examen des registres et pièces comptables de l'association,
• Les conditions de modification des statuts,
• Les règles applicables à la dissolution de l'association,
• Le montant maximum des rétributions qui seront perçues dans les établissements de
l'association où la gratuité n'est pas complète

 Statuts types
Pour guider les associations, le ministère de l'Intérieur a rédigé des statuts types. Ils n'ont pas
de caractère obligatoire mais sont proposés à titre indicatif et une association dont les statuts
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seraient différents sur certains points pourrait néanmoins se voir reconnaître d'utilité publique,
si elle justifiait ces différences de façon convaincante. Il reste que les associations sont
fortement incitées à se confirmer à ces statuts-types.
Ainsi le Conseil d'Etat estime que les statuts de l'association :
• Doivent se conformer aux clauses des statuts types garantissant la représentativité des
assemblées délibératives ou la gestion désintéressée des dirigeants (interdiction aux salariés
d'accéder aux postes de président, de vice-président, de secrétaire général ou de trésorier),
• Ne peuvent déroger que de manière limitée et pour un motif légitime aux clauses
garantissant le fonctionnement démocratique de l'association et sa transparence financière ou
qui sont nécessaires à son bon fonctionnement (chaque adhérent doit disposer du droit de vote,
le conseil d'administration doit comprendre au maximum 24 administrateurs, les membres du
bureau doivent être limités au tiers des effectifs du conseil d'administration).
Les statuts peuvent également comprendre des dispositions ne figurant pas dans les statuts
types, sans leur être contradictoires.
Lorsqu'une association est reconnue d'utilité publique, ses statuts sont annexés au décret de
reconnaissance. Ils ne pourront d'ailleurs être modifiés que par décret en Conseil d'État ou par
arrêté du ministre de l'Intérieur sur avis conforme du Conseil d'État.

 La déclaration ou l'autorisation préalable de certaines modifications

 Changements
Les associations reconnues d'utilité publique sont tenus de déclarer à la préfecture du lieu de
leur siège social, dans les trois mois, les changements survenus dans leur administration :
• Les changements dans la composition du conseil d'administration ou du bureau ;
• Les changements d'adresse du siège social ne nécessitant pas de modification statutaire ;
• Les nouveaux établissements fondés ;
• Les acquisitions de locaux.
Les modifications des statuts ou du règlement intérieur des associations reconnues d'utilité
publique relèvent de la compétence du ministère de l'intérieur.

 Comptes
Les associations reconnues d'utilité publique doivent, conformément à leurs statuts, établir des
comptes annuels et un rapport annuel qu'ils doivent transmettre, dans les six mois qui suivent
la clôture de l'exercice.

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 Acquisitions de biens immobiliers
Les acquisitions de biens immobiliers font en général l'objet d'une simple déclaration.
Toutefois, l'autorisation préalable du préfet d'acquérir des biens immobiliers est nécessaire si
les statuts de l'association reconnue d'utilité publique le prévoient.
La demande doit comporter les pièces suivantes :
• Lettre de l'association ;
• Promesse de vente ;
• Estimation des services fiscaux ;
• Délibérations du conseil d'administration et de l'assemblée générale.

 Aliénation de biens dépendant de la dotation


Si les statuts de l'association reconnue d'utilité publique soumettent à autorisation
administrative les opérations portant sur les droits réels immobiliers, les emprunts, l'aliénation
ou le remploi des biens mobiliers dépendant de la dotation ou du fonds de réserve, cette
autorisation est donnée par arrêté du préfet du département lieu du siège social.
La demande doit comporter les pièces suivantes :
• Lettre du président (ou de son délégué) de l'association, ou du notaire, demandant
l'autorisation ;
• Promesse de vente en cours de validité ou proposition d'achat signée par l'acquéreur (pour les
biens immobiliers), ou acte d'apport ou de transfert en faveur d'un autre organisme ;
• Estimation des services fiscaux, le cas échéant ;
• Extraits des délibérations du conseil d'administration et de l'assemblée générale décidant
l'aliénation,
• En cas d'apport ou de transfert d'actif, délibération du conseil d'administration de
l'association bénéficiaire.

 Baux de longue durée


Les associations reconnues d'utilité publique ayant dans leurs statuts une disposition
soumettant à autorisation administrative les opérations portant sur les droits réels immobiliers
dépendant de la dotation ou du fonds de réserve doivent obtenir une autorisation
administrative préalable avant de consentir des baux de longue durée (baux locatifs de plus de
9 ans, baux emphytéotiques, baux à construction...).
La demande doit comporter les pièces suivantes :
• Lettre de l'association, ou du notaire, demandant l'autorisation ;
• Copie du bail comportant une clause suspensive de l'autorisation administrative, ou de la
promesse de bail ;

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• Extraits des délibérations du conseil d'administration et de l'assemblée générale décidant la
conclusion du bail.

 Emprunts
Si les statuts de l'association reconnue d'utilité publique soumettent à autorisation
administrative les opérations portant sur les droits réels immobiliers, les emprunts, l'aliénation
ou le remploi des biens mobiliers dépendant de la dotation ou du fonds de réserve, cette
autorisation est donnée par arrêté du préfet du département du lieu du siège social.
La demande doit comporter les pièces suivantes :
• Lettre du président (ou de son délégué) de l'association demandant l'autorisation ;
• Proposition de l'organisme prêteur en cours de validité à la date de l'arrêté (doivent y figurer
obligatoirement : le montant de l'emprunt, la durée, le taux, les garanties éventuelles telles les
hypothèques) ;
• Extraits des délibérations du conseil d'administration et de l'assemblée générale, décidant
l'emprunt, et éventuellement l'hypothèque y attachée
• Si prise en charge des annuités d'emprunt au titre de la dotation globale de fonctionnement
ou du prix de journée ;
• Si garantie accordée par une collectivité locale, copie de la délibération de celle-ci ;
• Si hypothèque, copie de la matrice cadastrale du bien hypothéqué ou références cadastrales ;
• Si l'emprunt finance une acquisition, copie de la promesse de vente
 Donations et legs
La déclaration doit être faite par le notaire chargé de la succession, ou par l'association
gratifiée en cas de donation, par lettre recommandée avec accusé de réception.
En cas de donation, l'association doit adresser à la préfecture :
• Une copie de l'acte de disposition (acte notarié de donation),
• La délibération du conseil d'administration se prononçant, le cas échéant, sur l'exécution des
charges et des conditions, compte tenu de l'objet statutaire de l'association.

IV. Différence entre AUP et association d’intérêt générale

Une association d’intérêt général peut être considérée comme une alternative à l’association
d’utilité publique. Elle a la même finalité : œuvrer pour le bien commun.
Une association d’intérêt général est une association bénéficiant d’un régime fiscal
avantageux. Pour être considérée d'intérêt général, l'association doit remplir 3 conditions :
• Ne pas être à but lucratif ;
• Avoir un objet social et une gestion désintéressée ;
• Ne pas fonctionner au profit d’un cercle restreint de personnes.
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Ces conditions sont en partie similaires mais bien moins contraignantes que celles propres à
l’association reconnue d’utilité publique. Les associations d'intérêt général bénéficient de deux
avantages :
• Tout d'abord, sous certaines conditions, les associations d'intérêt général peuvent bénéficier
d'un régime fiscal avantageux.
• Ensuite, si l’administration fiscale reconnaît à une association le statut d’association d’intérêt
général, celle-ci pourra, tout comme l’association reconnue d’utilité publique, permettre au
donateur de bénéficier de réductions d’impôt (voir ci-dessus). L’association peut ainsi envoyer
une demande écrite aux services fiscaux, pour que ceux-ci se positionnent sur son statut
d’intérêt général (on parle de « rescrit fiscal »). Cette démarche est un moyen pour
l’association de s’assurer le bénéfice de ce statut.
Association reconnue d’utilité publique et association d’intérêt général sont donc deux statuts
très proches : toutes deux permettent aux donateurs de défiscaliser les sommes apportées à
l’association. Toutefois, seule l’association reconnue d’utilité publique peut recevoir des dons
et des legs, et bénéficie d’une aura particulière, matérialisé par le « label » de confiance que
lui accorde l’Etat.

V. Dissolution d’une AUP et condition de perte de statut d’utilité publique

 Perte du statut

À tout moment, la reconnaissance d’utilité publique peut être retirée, à l’initiative de


l’administration, par décret du Conseil d’Etat, si des dysfonctionnements graves sont relevés.
Il peut s’agir, par exemple, d'un changement des statuts de l’association, d’une violation de
ces derniers, ou de tout autre manquement à ses engagements et obligations

 La dissolution à l’amiable
La dissolution à l’amiable d'une association reconnue d'utilité publique nécessite
l'approbation de l'autorité de tutelle. Elle comprend 2 étapes qui sont la demande
d’approbation et la dévolution des biens.

 Demande d'approbation
La demande d'approbation de la dissolution amiable doit être adressée au ministère de
l'Intérieur, bureau des groupements et des associations. Elle comprend :
• Les statuts de l'association et, le cas échéant, le règlement intérieur de l'association,

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• Un extrait de la délibération de l'assemblée générale décidant la dissolution, avec indication
du nombre de membres présents et désignant le ou les groupements auxquels seront attribués
les biens de l'association dissoute,
• Une copie du décret de reconnaissance,
• Les listes des membres du bureau, du conseil d'administration de l'association, avec
indication de leurs nationalité, profession et domicile,
• Les comptes financiers des trois derniers exercices et le budget de l'exercice courant,
• Un état de l'actif et du passif net de l'association dissoute dressé par les commissaires
liquidateurs,
• La délibération de l'organe compétent des organismes attributaires décidant d'accepter ce
transfert de biens, les statuts et la composition du conseil d'administration de ces organismes.
La décision devra être approuvée soit par décret du Conseil d'Etat, soit par arrêté du ministre
de l'Intérieur s'il est pris conformément à l'avis du Conseil d'Etat

 Dévolution des biens


Les statuts doivent prévoir d'attribuer l'actif net de l'association dissoute :
• A un ou plusieurs groupements analogues publics ou reconnus d'utilité publique
• A une ou plusieurs associations déclarées ayant pour objet exclusif l'assistance, la
bienfaisance, la recherche scientifique ou médicale

VI. Quelques exemples d’association d’utilités publiques au Sénégal


Croix rouge Sénégal
AVSF : Agronomie et Vétérinaires Sans Frontières
ASSAD : Association Sénégalaise d’Assistance aux Diabétiques

CONCLUSION

Bibliographie
Mentions légales : République du Sénégal ministère de la justice
Mentions légales : édité par Roxane Hidoux auto entrepreneur, dans Les guides juridiques de
l’association

Webographie
Légalstar.fr édité par Yolaw S.A.S immatriculé au registre du commerce et des sociétés de Paris