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SYS867 SUJETS SPÉCIAUX I:

TRAITEMENT DES SIGNAUX BIOMÉDICAUX

Électromyographie

https://cours.ele.etsmtl.ca/academique/sys867/
Motion capture

http://www.youtube.com/watch?v=vhjW7q
VRQOI&search=rainbow%20six
Plan du cours
I. Neurophysiologie de l’appareil neuromusculaire
I. Unité motrice et ses composantes
II. Potentiel d’action

II. EMG
I. Définitions
II. Acquisition
III. Analyse

III. EMG clinique


I. Définitions
II. Applications
I. Neurophysiologie
de l’appareil neuromusculaire
Composantes de l’unité motrice

• Motoneurone alpha et son axone

• Les fibres musculaires innervées


par l’axone

plaque motrice
Unité motrice
Chaque fibre musculaire est innervée par un seul motoneurone mais
chaque motoneurone innerve plusieurs fibres musculaires.
Unité motrice
• Le nombre de fibres musculaires par unité motrice varie
d'un muscle à l'autre dépendant de la fonction.

• Mouvement de précision
– Un rapport d'innervation (nombre de fibres
musculaires par motoneurone) bas
• FPB (muscle du pouce): 3-6 fibres/MN
– Petites unités motrices

• Mouvement de force (grossier)


– Un rapport d'innervation élevé
• Gastrocnemius (muscle de la jambe): 2000
fibres/MN
– Grosses unités motrices
Trois types d’unités motrices
• Rapide fatigable: Contraction rapide. Se fatigue rapidement. Force
élevée
• Lente: Contraction lente. Résistante à la fatigue. Faible force
• Rapide résistante à la fatigue: Propriétés intermédiaires

Stimulation d’un Stimulation répétée Stimulation maximale


seul motoneurone haute fréquence répétée
Régulation de la force exercée

Fibres
Foncé: Type 1 (lent)
Pâle: Type 2 (rapide)
Principe de taille
• L’ordre de recrutement des unités motrices (mouvements volontaires
et réflexes) dépend du diamètre de l’axone.

• Les petits motoneurones sont recrutés en premier (par des


stimulations plus faibles): seuil plus bas.

• Les stimulations les plus importantes vont activer les motoneurones


les plus gros.

• Les unités motrices les plus sollicitées (lente) sont aussi celles qui
sont le mieux soutenues métaboliquement.

• Le principe de taille permet une augmentation graduelle de la tension


dans le muscle (les mouvements demandant beaucoup de force ne
requièrent pas une faible tension comme les mouvements fins).
Motoneurones
• 2 types
• Motoneurone α (MNα)
– Innerve les fibres
extrafusales
• Motoneurone γ (MN γ)
– Innerve les fibres
intrafusales

• Données morphologiques (MNα) Soma

• corps cellulaire 30-70 µm


• arbre dendritique 1000 µm
• corrélation positive entre la
taille de l ’arborisation
dendritique et celle du
corps cellulaire
Motoneurones
• Voie de sortie motrice Corne dorsale

• Les motoneurones sont situés


dans la corne ventrale de la
moelle épinière
– Musculature axiale
• Partie médiane de la Corne ventrale
corne ventrale
– Musculature appendiculaire
(aux membres)
• Partie latérale de la
corne ventrale
Pools de motoneurones

Organisés en regroupements
(ou noyaux ou pools)
Jonction neuromusculaire
Plaque motrice
• Synapse postsynaptique

• Région où la terminaison du
motoneurone et la fibre
musculaire se rencontrent
La jonction neuromusculaire
La fibre musculaire
Les muscles striés
• Muscles striés (ou squelettiques)
plus de 600 muscles dans le corps
– musculature des membres
– musculature du tronc
– musculature de la tête

• Alternance de bandes de
filaments épais (composés de
myosine) et fins (composés
d’actine). L’espace entre la
myosine et l’active sont des ponts
(permettent la contraction du
muscle).
Les muscles striés
• Trois propriétés fondamentales
– excitabilité
– contractilité
– élasticité

• Synergie musculaire
– plusieurs muscles s’associent pour produire un
mouvement
Les muscles striés
• Les muscles travaillent par couples opposés
– muscle agoniste :
• celui qui intervient activement dans un mouvement
– muscle antagoniste :
• frêne le mouvement et règle le mouvement contraire
Potentiel d’action musculaire
(potentiel de plaque)
Potentiel de pointe (fermeture NA+, ouverture K+)
Potentiel de membrane (mV)

+ 30 Dépolarisation (libération NA+)

Repolarisation
0
Seuil
- 30 Hyperpolarisation d’excitabilité
(-50mV)

- 90 Potentiel
de repos de la
membrane
0 1 2 3 4 musculaire
(-95 mV)
Période réfractaire (ms)
La contraction musculaire
II. Électromyographie

www.delsys.com/
Définitions
(Basmajian & De Luca, 1985)

• Électromyographie:
«Electromyography (EMG) is an experimental technique
concerned with the development, recording and analysis of
myoelectric signals »

• Signaux myoélectriques:
«Myoelectric signals are formed by physiological variations
in the state of muscle fiber membranes »

• Électromyogramme:
« the record obtained by electromyography »
Définitions

• Artefact:
« A voltage change generated by a biological or
nonbiological source other than the ones of interest »

• Wave (waveform):
« an undulating line consituting a graphic
representation of a change, e.g., a changing electrical
potential difference.

American Association of Electromyography and Electrodiagnosis, 1987


Définitions
• Compound muscle action potentiel:
« the summation of nearly syncroronous muscle fiber action
potentiels recorded from a muscle commonly produced by
stimulation of the nerve supplying the muscle either directly
or indirectly

• Conduction velocity:
« speed of propagation of an action potential along a nerve or
muscle fiber »

• Électrode:
« a conducting device used to record an electrical potential
(recording electrode) or to apply an electrical current
(stimulating electrode). Two electrodes are always required
Depending on the relative size and location of the
electrodes, however, the stimulating or recording condition
may be referred to as monopolar or unipolar.

American Association of Electromyography and Electrodiagnosis, 1987


Définitions

• Latence:
« interval between the onset of a stimulus and the onset of a
response. Thus the term onset latency is a tautology and
should not be used. The peak latency is the interval
between onset of a stimulus and a specific peak of the
evoked potential »

• Somatosensory evoked potentiel (SEP):


« electrical waveforms of biologic origin elicited by eletrical
stimulation or physiologic activation of peripheral sensory
fibers »

American Association of Electromyography and Electrodiagnosis, 1987


Applications
• Utilisé en recherche et en clinique

• Exemples d’application EMG:


– Détecter des difficultés de marche
– Traiter l’incontinence
– Thérapie utilisant le biofeedback
– Comprendre comment les muscles sont activés/coactivés pour
produire un mouvement
– Comprendre la relation entre la force musculaire et l’activité
électrique
– Étudier l’adaptation neuromusculaire suivant l’apprentissage ou
l’exercice
EMG
• L’EMG est surtout utilisé pour détecter l’ordre de contraction
des différents muscles.

• Ne peut habituellement pas être utilisé pour déterminer la


force déployée. La magnitude dépend de plusieurs facteurs.
La mesure est donc relative.

• L’EMG est souvent normalisé par rapport à une valeur


spécifique, tel que la contraction volontaire maximale.
Enregistrement EMG
• Lorsqu’un potentiel d’action atteint le muscle, une vague
(wave) rapide de dépolarisation prend place au niveau du
muscle, ce qui lui permet de se contracter.

• La vague de dépolarisation peut être détectée par une


électrode: c’est l’EMG.

• Suite à la dépolarisation, il y a une vague, plus lente, de


dépolarisation (trop faible pour être détecter par une
électrode).
Enregistrement EMG
Électrodes
• Une électrode détecte la vague de dépolarisation (pendant
qu’elle passe dessous).

• À mesure que la vague approche, le voltage augmente,


devient nul lorsque la vague passe sous l’électrode puis
devient négatif lorsque la vague s’éloigne.

• Ce signal biphasique est très petit et facilement masqué par


d’autres signaux électriques (interférence).

• Solution: utiliser un amplificateur différentiel.


Amplificateur différentiel
• La plupart des systèmes EMG utilisent deux électrodes pour un muscle
donné (la vague de dépolarisation passe sous chacune des électrodes
en séquence).

• Ce qui est mesuré est donc la différence de voltage entre les deux
électrodes. Le signal biphasique des deux électrodes est donc
transformé en un seul signal triphasique.

• Ce signal triphasique réfère à l’électromyogramme (EMG).


Électrodes implantées

• Risque de blessures au nerf.

• Permet d’enregistrer des muscles profonds.

• Dispendieux et difficile à insérer


correctement.
Électrodes de surface
• Peu invasif

• Peu être encombrant (télémétrie


permet d’atténuer ce problème)

• Nécessite de bien préparer la peau

• Pour les muscles de surface


seulement

• Mesure l’activité globale du muscle

• Peu dispendieuse et relativement


facile à appliquer
Emplacement des électrodes
Emplacement des électrodes

Signal le plus
fort
Fréquence d’échantillonnage
• Le signal brut EMG a une fréquence allant de 20 à 500 Hz.

• Il faut donc échantillonner à 1000 Hz (le double de la


fréquence maximale).
Facteurs influençant le signal EMG

1. Le diamètre du muscle-fibre
2. Nombre de fibres musculaire
3. Interface électrode-peau (impédence)
4. Traitement du signal
5. Nombre d’unités motrices actives
6. Tissus
7. Distance entre la peau et la fibre
musculaire
8. Vitesse de conduction de la fibre
9. Débit sanguin
10. Espacement entre les électrodes
11. Relation entre le type de fibres et leur
emplacement
12. Taux de décharge des unités
motrices
Signal EMG brut
• Prend beaucoup d’espace (échantillonnage à plus de 1000 Hz)

• Le niveau de la contraction est difficile à évaluer

• Permet de déterminer le temps de réaction moteur et prémoteur


Interférence de l’ECG

G.E. Robertson
Interférence et bruit (60Hz)

Comment éviter l’interférence:


•S’éloigner de l’éclairage fluorescent
•S’éloigner de l’équipement et du câblage électrique
•Utiliser des électrodes pré-amplifiées (le signal est plus fort)

G.E. Robertson
Artefacts

G.E. Robertson
Filtrage
• Mouvements des électrodes peuvent causer des artéfacts de
basse fréquence (10-20 HZ). Il importe donc d’utiliser un filtre
passe-haut (fréquence de coupure: 10 à 20 Hz).

• Les électrodes de surface ont une fréquence maximale de 500


Hz. Un filtre passe-bas est recommandé (fréquence de
coupure: 500 à 1000 Hz)

• Donc, filtre passe-bande: 20 to 500 Hz

• Ne permet pas de filtrer les signaux ECG (100 Hz) ou


électriques (60 Hz)
Rectification

Surtout une étape intermédiaire


Permet d’évaluer l’activité phasique de différents muscles (par exemple,
patron triphasique)
G.E. Robertson
Moyenne mobile

G.E. Robertson
Enveloppe linéaire
• Rectification suivie d’un filtre passe-bas (fréquence de coupure: 4-10hz)

• Peut être effectué pendant la collecte de données

• Début de l’activité facile à détecter

G.E. Robertson
Intégration

Utile pour déterminer la relation entre l’EMG et la force déployée.

G.E. Robertson
Traitement du signal EMG

Signal brut

Signal rectifié

Signal filtré
(10-Hz low-pass filter )

Signal normalisé
(vs. contraction max.)
EMG. Prudence!
« However, EMG is a tool not without its hidden weaknesses,
and these problems have the potential to mask any benefit
obtained from the recorded information. Adrian R. M. Upton
conducted an anecdotal demonstration of the difficulty of
documenting brain death by placing EEG electrodes in an
upside-down bowl of lime Jell-O (reported inThe New York
Times, March 6, 1976, p. 50). The resultant "noisy" signals could
easily be interpreted as a normal electroencephalogram. As with
EEG traces, the interpretation of the recorded electromyogram
should be conducted with care. Misinterpretations about which
muscles are active may occur. Frequency analysis techniques
may distort the inherent spectral features and lead to further
misinterpretation. However, with proper use, the surface
electromyogram is a powerful and effective tool for both clinical
evaluation and research. »

Kamen & Caldwell (1996), Journal of Clinical Neurophysiology, 13(5):366-384


III. EMG clinique
Définitions

• EMG clinique:
« used to refer to all electrodiagnostic studies of human
peripheral nerves and muscle » (Aminoff, 1998)
Glossaire

• Potentiel d’action:
« the brief, regenerative all-or-nothing electrical potential that
propagates along a single axon or muscle fiber membrane »

• Antidromique:
« propagation of an impulse in the direction opposite to
physiologic conduction, e.g. conduction along motor nerve fibers
away from the muscle and conduction along sensory fibers away
from the spinal cord ». À l’opposé de orthodromique

• Amplitude:
« with reference to an action potential, the maximum voltage
difference between two points, usually baseline to peak or peak
to peak »

American Association of Electromyography and Electrodiagnosis, 1987


Test de conduction nerveuse
• Pratiqué par un technicien.

• Utilisation d’électrodes de surface sur la peau près du muscle


ou du nerf à évaluer.

• Stimulation électrique sur la peau à un ou plusieurs endroits


le long du nerf.

• L’appareil d’EMG indique la réponse électrique du nerf ou du


muscle sur un moniteur d’ordinateur, ce qui révèle
immédiatement la santé de ce nerf.
Caractéristiques du potentiel
d’action d’une unité motrice
• Amplitude, pic-à-pic (µV ou mV)
• Durée totale (msec)
• Vitesse (m/s)
• Nombre de phases
• Changement de direction (turns)
Vitesses et amplitudes normales
Référence
Winter, D.A. (1990). Biomechanics and motor control of human
movement. 2ième éd. Wiley: New-York