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Directives CFST

Directives CFST pour la sécurité au travail

Verfasser:

Suva

Arbeitssicherheit Luzern

Bereich Support & Grundlagen

Postfach

6002 Luzern
www.directives.cfst.ch

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 1


Sommaire

Table des matières


Partie 1 Notions

Partie 2 200 Renseignements concernant la LAA et l'OLAA

Partie 3 300 Renseignements concernant l'OPA: champ d'application, obligations des employeurs et des travailleurs

Partie 4 307A Renseignements concernant l'OPA: Appel à des médecins du travail et autres spécialistes de la sécurité au travail (appel à des
MSST)

Partie 5 309A Renseignements concernant l'OPA: Bâtiments et autres constructions

Partie 6 321A Renseignements concernant l'OPA: Équipements de travail

Partie 7 330A Renseignements concernant l'OPA: Milieu de travail

Partie 8 336A Renseignements concernant l'OPA: Organisation du travail

Partie 9 351 Renseignements concernant l'OPA: Organisation de la surveillance

Partie 10 381 Renseignements concernant l'OPA: exécution des prescriptions sur la sécurité au travail (procédure d'exécution)

Partie 11 400 Renseignements concernant l'OPA: prévention dans le domaine de la médecine du travail

Partie 12 431 Renseignements concernant l'OPA: financement des frais de surveillance

Partie 13 450A Procédure et aux voies de droit, dispositions finales de l'OPA

Partie 14 500A Renseignements concernants des autres bases légales

Partie 15 Complément
- 1100 Adresses
- 1200 Renseignements correspondant aux renvois figurant dans le volume principal
- 4000 Listes de contrôle de la Suva et de la CFST

Remarque importante pour les utilisateurs

Les chiffres entre parenthèses sont des références dans la directive.


Les passages soulignés sont des liens vers des sources de données externes.

Exemple

330.2 Objectif de sécurité "Aération"


Art. 33 OPA
Pour exclure avec une forte vraisemblance toute atteinte aiguë ou chronique à la santé, les concentrations de substances nocives au poste de travail doivent être maintenues
au-dessous de VME/VLE fixées par la Suva (356.4, 1330.2).

La teneur en oxygène de l'air inhalé doit se situer dans la normale entre 19 et 21 vol. % et en aucun cas être inférieure à 18%. Travaux effectués dans une atmosphère
appauvrie en oxygène (330.8)

Pour exclure des explosions, il faut veiller à ce que la concentration du combustible ne soit pas supérieure à 50% de la limite inférieure d'explosibilité.

Commentaire

Les chiffres entre parenthèses (200 à 1584) sont des références à une autre partie de la directive et peuvent être consultés dans l’édition
écrite. Ce sont par exemple:
1330.2 Chiffre dans les milliers: référence au volume complémentaire (partie 15)
356.4, 330.8 Références aux chapitres 356.4, 330.8
Les passages soulignés sont des liens vers diverses sources de données externes. C’est par exemple:
33 Lien sur le site de la Confédération comportant le texte de l’art. 33 OPA

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 2


Notions Partie 1

Notions

Employeur
Est réputé employeur en vertu de la loi fédérale sur l’assurance-accidents (LAA), toute personne physique ou morale qui occupe des travailleurs contre le
paiement d’un salaire ou dans un but de formation. Dans le cas des personnes morales, la direction exerce, en qualité d’employeur, les droits et assume
les obligations découlant de la LAA.

Salarié
Est réputé salarié celui qui exerce une activité rémunérée pour le compte d’un employeur ou reçoit une formation dans l’entreprise de celui-ci, et qui
n’assume pas le risque économique.
Des coups de main occasionnels ou une aide spontanée ne confèrent pas la qualité de travailleur.

Règles en matière de médecine du travail


Partie des prescriptions relatives à la prévention des accidents et maladies professionnels ou des dispositions régissant la sécurité au travail,
qui se rapporte aux mesures relevant de la médecine du travail et qui, de par sa nature juridique, se situe au-dessous des normes juridiques
proprement dites.

Sécurité au travail
La sécurité des collaborateurs occupés à leur poste de travail ou la réduction des dangers aux fins de sécurité et de protection de la santé.

Activité professionnelle
Par activité professionnelle au sens de la LAA, on entend toutes les activités (202.2) exécutées à la demande de l’employeur ou dans l’intérêt de celui-ci.

Entreprise
Toute exploitation qui occupe des travailleurs est une entreprise conformément à la LAA. Une exploitation peut comprendre des parties
d’entreprise multiples et variées. L’activité d’une entreprise n’est pas liée à un lieu déterminé, à des installations ou des locaux particuliers.

Maladies professionnelles
En principe, l’assurance obligatoire contre les accidents ne s’applique pas aux maladies professionnelles (art. 3 LPGA).
Toutefois, les maladies dues exclusivement ou de manière prépondérante à des substances nocives manipulées ou à certains travaux exécutés dans le
cadre de l’activité professionnelle, sont considérées comme des maladies professionnelles au sens de l’art. 9 al. 1 LAA.
Sont également réputées maladies professionnelles au sens de l’art. 9 al. 2 LAA celles dont il est prouvé qu’elles ont été causées exclusivement ou de
manière clairement prépondérante par l’exercice de l’activité professionnelle.

Accident professionnel
Accident (art. 4 LPGA) dont est victime l’assuré pendant les tâches qu’il exécute sur ordre de l’employeur ou dans l’intérêt de celui-ci. Est
également réputé accident professionnel tout sinistre survenant pendant les pauses ainsi qu’avant ou après le travail à condition que l’assuré
soit autorisé à se trouver sur son lieu de travail ou dans la zone de danger inhérente à l’exercice de son activité professionnelle.

Organe d’exécution de la sécurité au travail


Il est chargé de surveiller l’application des prescriptions relatives à la sécurité au travail.

Eléments (des „MSST“)


Les éléments correspondent aux exigences ressortant des prescriptions de la sécurité au travail et de la protection de la santé. Feuillet
d'information Suva, référence 88057

Expérience
L’expérience (LAA, art. 82 al.1) en matière de sécurité au travail et de protection de la santé ne se rapporte pas à ce qu’un individu perçoit de
manière subjective. La notion définit au contraire tout ce que les scientifiques, les chercheurs et les spécialistes de la sécurité au travail ainsi
que les entreprises ont découvert de manière empirique et qui a été adopté dans la pratique. Cette expérience peut être consignée dans des
lois, des ordonnances, des prescriptions, des règlements portant sur la sécurité et la médecine du travail, ainsi que dans des ouvrages
spécialisés.

Ergonomie
L’ergonomie est une branche des sciences du travail dont le but est de concevoir de façon optimale des méthodes de travail selon
les personnes, les machines et l’environnement de travail. Basée sur l’étude des caractéristiques et des capacités de l’organisme humain, elle
crée les conditions nécessaires pour une adaptation du travail à la personne et inversement. Cette adaptation consiste à aménager le poste de
travail en fonction des aptitudes physiques, à limiter les contraintes générées par le travail à un seuil admissible (humanisation du travail), à
influencer les conditions environnementales et à mettre à profit les capacités humaines dans un but économique.

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 3


Notions Partie 1

Mauvais usage (raisonnablement prévisible)


Utilisation d’une machine non conforme aux instructions du fabricant, mais aisément prévisible au vu d’un comportement humain.

On peut citer à titre d’exemples:

la perte de contrôle de la machine par l’opérateur (particulièrement pour les machines portatives ou mobiles);
le comportement réflexe d’une personne en cas de dysfonctionnement, d’incident ou de défaillance en cours d’utilisation de la machine;
un comportement résultant d’un défaut de concentration ou d’une négligence;
un comportement résultant de l’application de la «loi du moindre effort» au cours de l’accomplissement d’une tâche;
un comportement résultant d’une incitation à maintenir la machine en marche à tout prix;
le comportement de certaines personnes (p. ex. les enfants, les personnes handicapées).

Voir norme: SN EN ISO 12100, paragraphe 5.4, lettre c

Danger, mise en danger


Le danger est une situation, une circonstance ou un processus duquel peut résulter un dommage.
On parle de mise en danger lorsque le danger se rapporte à une personne ou un objet.

Atteintes à la santé
Une atteinte à la santé au sens de la LAA est une détérioration de l’état de santé provoquée par un événement indésirable déclenché par
certaines opérations ou situations techniques.
Une atteinte à la santé au sens de la LAA peut être causée par un accident professionnel, un accident non professionnel ou une maladie
professionnelle.

Protection de la santé (hygiène)


La protection de la santé s’occupe aussi bien de la santé physique que de la santé psychique des travailleurs et travailleuses et englobe par
conséquent toutes les atteintes à la santé dues au travail, indépendamment de la manière dont celles-ci sont classées en matière de technique
des assurances.

Domaine réglementé
Le domaine réglementé s'applique aux équipements de travail régis par le droit sectoriel, c.-à-d. pour lesquels des exigences essentielles de
sécurité et de santé sont définies (selon l'art.4 LSPro). Sont concernés en particulier les machines, EPI, appareils à gaz, ascenseurs,
équipements sous pression, récipients à pression simples, etc.

Procédures d'évaluation de la conformité


Pour s’assurer que les produits satisfont aux exigences définies dans les prescriptions techniques, en particulier aux fins de protection de la
santé ou de l’environnement, des procédures supplémentaires ont été prescrites pour que le respect des exigences légales puisse être vérifié.
Lesdites procédures d’évaluation de la conformité peuvent notamment revêtir la forme d’essais, d’inspections, de certifications et
d’homologations. Le législateur a défini la procédure applicable en fonction du potentiel de danger lié au produit. Celle-ci peut consister en un
simple autocontrôle (p. ex. machines), en une évaluation par des organismes d’évaluation de la conformité indépendants reconnus par les
autorités, (p. ex. appareils à pression), ou en une homologation étatique (p. ex. médicaments).

Entretien
L’entretien consiste dans la sécurisation des systèmes techniques, des éléments de construction, des appareils et des moyens d’exploitation, afin de les
maintenir en état de fonctionnement ou de les réparer en cas de panne.

Il comprend:

l’inspection (mesures, tests, enregistrements): constatation de l’état réel et comparaison avec l’état théorique,
la maintenance (nettoyage et entretien courant): prise de mesures destinées au maintien de l’état théorique,
la remise en état (remplacement/réparation de pièces): rétablissement de l’état théorique.

Machine
Est réputée «machine» au sens de l’article 2 alinéa 2 de la directive UE relative aux machines (cf. art. 1 al. 3 OMach):

un ensemble équipé ou destiné à être équipé dʼun système dʼentraînement autre que la force humaine ou animale appliquée
directement, composé de pièces ou dʼorganes liés entre eux dont au moins un est mobile et qui sont réunis de façon solidaire en vue
dʼune application définie,
Installations, machines complètes, ensemble dʼinstallations
un ensemble de machines dont les éléments individuels ou incomplets sont disposés de manière à fonctionner ensemble,
un équipement interchangeable
servant à modifier ou à étendre la fonction dʼune machine ou dʼun tracteur. A cet effet, lʼéquipement de lʼopérateur doit être installé sur
la machine ou le tracteur après leur mise en service à condition que cet équipement ne soit pas un outil.

Accidents non professionnels


Sont réputés accidents non professionnels tous les accidents qui ne sont pas des accidents professionnels (art. 8 LAA).

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 4


Notions Partie 1

Utilisation d’un équipement de travail en conditions de service normales


L’équipement de travail est utilisé de manière appropriée et conformément à la fonction prévue à cet effet.

Equipements de protection individuelle (EPI)


Est réputé comme étant un équipement de protection individuelle (EPI) tout dispositif ou moyen conçu pour être porté ou emporté par une
personne et pour la protéger contre un ou plusieurs risques pouvant la mettre en danger ou nuire à sa santé. Exemples d’EPI: casques de
protection, protège-cheveux, lunettes et écrans de protection, protecteurs d’ouïe, appareils de protection des voies
respiratoires, chaussures, gants et vêtements de protection, dispositifs de protection contre les chutes et la noyade, produits de protection de
la peau et, au besoin, sous-vêtements spéciaux (art. 5 OPA).

Risque
Combinaison de la probabilité d’un dommage et de la gravité de ce dommage (SN EN ISO 12100, ch. 3.12).

Mesures de protection
Mesures techniques, organisationnelles et comportementales pour la réduction planifiée des risques résiduels.

Dispositif de protection
Les dispositifs de protection (protecteurs et dispositifs de protection) servent à protéger les personnes contre les dangers qui ne peuvent être
évités ou suffisamment circonscrits grâce à des mesures constructives à un coût raisonnable (et acceptable).

Objectif de sécurité
Un objectif de sécurité détermine ce qui doit être réalisé pour assurer la sécurité. Il spécifie dans quelle mesure et à quel niveau les personnes
doivent être protégées de certains dangers. En général, un objectif de sécurité peut être atteint de différentes manières. Plus l’objectif de
sécurité est concret, plus les mesures requises peuvent être planifiées et fixées concrètement et efficacement.

Sécurité
La sécurité est assurée lorsqu’ont été prises toutes les mesures de prévention des accidents et des maladies
professionnels, qui sont nécessaires au vu de l’expérience générale de la vie, applicables selon l’état de la technique et adaptées aux
conditions données. Les risques intolérables ayant été écartés, la situation peut alors être considérée comme n’étant pas dangereuse.

Dispositif de sécurité
Expression employée parfois au lieu de " dispositif de protection ", en particulier lorsqu’il s’agit de dispositifs qui empêchent une machine ou
un état dangereux de la machine de franchir une limite donnée (par ex. limite de pression, limite du moment de la charge, limite spatiale).

Concept de sécurité, système de sécurité (au sens de la directive 6508 de la CFST relative aux «MSST»)
Le concept de sécurité définit les éléments visant à développer, introduire, exploiter et perfectionner des systèmes de sécurité au travail et de
protection de la santé spécifiques à l’entreprise.

Règles en matière de technique de sécurité


Partie des prescriptions sur la prévention des accidents et des maladies professionnels , ainsi que sur la sécurité au travail , qui touche aux
mesures techniques et qui, de par sa nature juridique, se situe au-dessous des normes juridiques proprement dites.

Utilisation d’un équipement de travail en conditions de service particulières


Dans le cadre de l’exploitation en conditions de service particulières, l’équipement de travail est p. ex. utilisé pour équiper/rééquiper,
ajuster/régler, former, rechercher des défauts et les éliminer ainsi que pour nettoyer. Le nettoyage ne consiste ici que dans des opérations
destinées à garantir l’exploitation en conditions de service normales (p. ex. nettoyage d’un moule pour obtenir un parfait élément moulé).

Autres prescriptions relatives à la sécurité au travail


Prescriptions relatives à la prévention des accidents et des maladies professionnels, ainsi qu’à la sécurité au travail, qui ne figurent pas dans
l’OPA.

Accidents
On entend par accident toute atteinte dommageable, soudaine et involotaire, portée au corps humain par une cause extérieur extraordinaire qui
compromet la santé physique ou mentale ou qui entraîne la mort (LPGA Art. 4).
Certaines lésions corporelles qui ne résultent pas d'une atteinte extraordinaire liée à un fait extérieur mais qui surviennent d'une façon soudaine et
involontaire sont assimilées à un accident (OLAA Art. 9 et 10).
On fait une distinction entre les accidents professionnels et les accidents non professionnels.

Danger grave et immédiat


Il existe un danger grave et immédiat lorsque le travailleur est menacé par une situation contraire aux règles de sécurité qui, selon
l’expérience générale de la vie, peut entraîner une grave atteinte à la santé à tout moment. Une atteinte est réputée grave lorsqu’elle exige le
suivi d’un long traitement et/ou laisse des séquelles durables. Un accident ne doit pas nécessairement avoir lieu. Il suffit que le risque que le
poste de travail contraire aux règles de sécurité puisse causer une grave atteinte à la santé, ait de fortes probabilités de se réaliser.

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 5


Notions Partie 1

Prévention des accidents (Prévention des accidents et des maladies professionnelles)


Le terme générique de prévention des accidents désigne les mesures visant à prévenir les accidents professionnels, les accidents non
professionnels et les maladies professionnelles.

Assuré
Sont assurés à titre obligatoire conformément à la LAA (art. 1a LAA) les travailleurs occupés en Suisse, y compris les travailleurs à domicile,
les apprentis, les stagiaires, les volontaires ainsi que les personnes travaillant dans des écoles de métiers ou des ateliers protégés.

Quasi-machine
Une «quasi-machine» est un ensemble qui constitue presque une machine, mais qui ne peut remplir à lui seul une fonction définie. La quasi-
machine est uniquement destinée à être intégrée à ou assemblée avec d’autres machines, quasi-machines ou équipements en vue de
constituer une machine à laquelle la directive UE relative aux machines s’applique. Un système d’entraînement constitue par ex. une quasi-
machine.

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 6


200 Renseignements concernant la LAA et l'OLAA Partie 2

200 Renseignements concernant la loi fédérale sur l’assurance-accidents (LAA) et l’ordonnance sur l’assurance-accidents
(OLAA)
202 Etendue de l’assurance
203 Objet de l’assurance
204 Prestations d’assurance
205 Réduction ou refus des prestations d’assurance
206 Recours
207 Déclaration d’accidents et de maladies professionnelles
208 Enquête d’accident

202 Etendue de l’assurance


202.1 Personnes assurées, fondement du rapport d’assurance, exceptions en matière d’obligation de contracter une assurance
202.2 Couverture d’assurance en cas d’accident professionnel (AP), accident non professionnel (ANP) et maladie professionnelle (MP)
202.3 Début et fin de l’assurance / assurance par convention
202.4 Assurance à l'étranger
202.5 Personnes exerçant une activité lucrative indépendante / Assurance facultative

202.1 Personnes assurées, fondement du rapport d’assurance, exceptions en matière d’obligation de contracter une
assurance
Art. 1a , 59 , 66 , 68 LAA
Art. 1a , 2 , 3 , 6 OLAA
Personnes assurées
Sont obligatoirement assurés tous les travailleurs employés en Suisse, y compris les travailleurs à domicile, les apprentis, les stagiaires, les volontaires, les
personnes travaillant dans des écoles de métiers ou des ateliers protégés, ainsi que celles qui exercent une activité chez un employeur aux fins de se
préparer au choix d'une profession. Art. 1a LAA, art. 1a OLAA.
Fondement du rapport d’assurance
Lorsque la Suva est l’assureur compétent (art. 66 LAA), la couverture d’assurance est effective, comme prévu par la législation, sans intervention de
l’employeur (art. 59 al. 1 LAA). Par contre, l’assurance facultative (202.5) se fonde sur une convention (art. 59 al. 1 LAA). Lorsque d’autres assureurs
(institutions d’assurance privées, caisses d’assurance-accidents publiques, caisses maladie) assument la compétence conformément à l’art. 68 LAA,
l’assurance se fonde sur un contrat entre l’employeur et l’assureur ou sur l’appartenance à une caisse en raison d’un rapport de travail (art. 59 al. 2
LAA).
Exceptions en matière d’obligation de contracter une assurance
Les exceptions sont réglées aux art. 2 , 3 et 6 OLAA.
Informations complémentaires: "Guide Suva de l’assurance contre les accidents" (1202).

202.2 Couverture d’assurance en cas d’accident professionnel (AP), accident non professionnel (ANP) et maladie
professionnelle (MP)
Art. 6 , 7 , 8 , 9 LAA
Art. 13 OLAA
Toutes les personnes citées sont assurées pendant leur activité professionnelle, contre les accidents professionnels et maladies professionnelles (art. 6
LAA).
Est réputé accident professionnel (203.4) un accident qui se produit lorsque l'assuré exécute des travaux sur l’ordre de l’employeur ou dans son intérêt.
Sont également réputés accidents professionnels les accidents se produisant durant les interruptions de travail, avant ou après le travail, lorsque l’assuré
se trouve, à juste titre, sur le lieu de travail, dans l’enceinte de l’entreprise ou dans la zone de danger liée à son activité (art. 7 al. 1 LAA).
Les salariés occupés chez un même employeur au moins huit heures par semaine sont assurés dès le jour où ils se rendent au travail tout aussi contre
les conséquences des accidents non professionnels (203.5). Est réputé accident non professionnel tout accident qui ne tombe pas dans la catégorie des
accidents professionnels (art. 8 al. 1 LAA).
Les personnes occupées chez un même employeur à temps partiel moins de huit heures par semaine ne sont pas assurées contre les accidents non
professionnels. Pour ces personnes, les accidents se produisant sur le chemin du travail sont considérés comme accidents professionnels (art. 7 al. 2 LAA
et art. 13 OLAA).
Informations complémentaires: «Guide Suva de l’assurance contre les accidents» (1202).

202.3 Début et fin de l’assurance / assurance par convention


Art. 3 LAA
Art. 8 OLAA

Début de l’assurance
L’assurance contre les accidents professionnels, les accidents non professionnels et les maladies professionnelles produit ses effets dès le jour
où débute le rapport de travail ou dès que naît le droit au salaire, mais en tout cas dès le moment où le travailleur prend le chemin pour se
rendre au travail (art. 3 al. 1 LAA).
Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 7
200 Renseignements concernant la LAA et l'OLAA Partie 2

Pour les personnes au chômage, elle produit ses effets dès le jour où ces personnes remplissent pour la première fois les conditions visées à
l'art. 8 LACI ou perçoivent pour la première fois des indemnités en vertu de l'art. 29 LACI.

Fin de l’assurance
L'assurance cesse de produire ses effets à la fin du 31e jour qui suit le jour où prend fin le droit au demi-salaire au moins; pour les personnes
au
chômage, elle cesse de produire ses effets à la fin du 31e jour qui suit le jour où elles remplissent pour la dernière fois les conditions visées à
l'art. 8 LACI ou perçoivent pour la dernière fois des indemnités en vertu de l'art. 29 LACI (art. 3 al. 2 LAA).

Assurance par convention


L'assurance par convention permet de prolonger de six mois au plus l’assurance contre les accidents non professionnels (art. 3 LAA / art. 8
OLAA).

Informations complémentaires: «Guide Suva de l’assurance contre les accidents» (1202).

202.4 Assurance à l'étranger


Art. 2 LAA
Art. 4 , 7 OLAA
L'assurance contre les accidents professionnels , les accidents non professionnels et les maladies professionnelles reste en vigueur pendant deux ans
lorsqu'un salarié travaille passagèrement à l'étranger pour son employeur suisse. Sur demande, elle peut être prolongée pour une période pouvant aller
jusqu'à six ans (art. 2 LAA, art. 4 OLAA). Des règles spéciales pour la durée de la couverture de l'assurance sont applicables dans les pays avec lesquels
la Suisse a conclu une convention de sécurité sociale.
Informations complémentaires: "Guide Suva de l’assurance contre les accidents" (1202).

202.5 Personnes exerçant une activité lucrative indépendante / Assurance facultative


Art. 4 , 5 LAA
Personnes exerçant une activité lucrative indépendante
Les personnes exerçant une activité lucrative indépendante et domiciliées en Suisse, ainsi que les membres de leur famille qui collaborent à l'entreprise,
peuvent s'assurer à titre facultatif (art. 4 LAA).
Assurance facultative
Les dispositions relatives à l’assurance obligatoire s’appliquent par analogie à l’assurance facultative (art. 5 LAA).
Informations complémentaires: "Guide Suva de l’assurance contre les accidents" (1202).

203 Objet de l’assurance


203.1 Généralités
203.2 Accidents
203.3 Lésions corporelles assimilées à un accident
203.4 Accidents professionnels
203.5 Accidents non professionnels
203.6 Maladies professionnelles

203.1 Généralités
Art. 6 LAA
L’assurance-accidents obligatoire alloue des prestations pour les accidents professionnels, les accidents non professionnels et les maladies professionnelles.
Comme les primes de l’assurance contre les accidents et maladies professionnels doivent être supportées par l’employeur alors que celles de l’assurance
contre les accidents non professionnels sont à la charge du travailleur, des comptes séparés sont tenus pour ces deux branches d’assurance (art. 89, 91
LAA).
Informations complémentaires: «Guide Suva de l’assurance contre les accidents» (1202)

203.2 Accidents
Art. 4 LPGA
Art. 6 LAA
Art. 9 OLAA
Le travailleur est assuré contre les conséquences économiques des accidents (art. 6 LAA).
Conformément à l’art. 4 LPGA, est réputée accident toute atteinte dommageable, soudaine et involontaire, portée au corps humain par une cause
extérieure extraordinaire, qui compromet la santé physique, mentale ou psychique ou qui entraîne la mort. Une distinction est faite entre les accidents
professionnels (203.4) et les accidents non professionnels (203.5).
Informations complémentaires: "Guide Suva de l’assurance contre les accidents" (1202)

203.3 Lésions corporelles assimilées à un accident

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 8


200 Renseignements concernant la LAA et l'OLAA Partie 2

Art. 6 al. 2 LAA


Art. 9 OLAA
Pour autant qu’elles ne soient pas manifestement imputables à une maladie ou à des phénomènes dégénératifs, les lésions corporelles suivantes, dont la
liste est exhaustive, sont assimilées à un accident: les fractures, les déboîtements d’articulations, les déchirures du ménisque, les déchirures de muscles,
les élongations de muscles, les déchirures de tendons, les lésions de ligaments, les lésions du tympan (art. 9 al. 2 OLAA).
Les lésions corporelles assimilées à un accident peuvent survenir dans le domaine des accidents professionnels (203.4) et des accidents non
professionnels (203.5).
Informations complémentaires: "Guide Suva de l’assurance contre les accidents" (1202)

203.4 Accidents professionnels


Art. 6 , 7 LAA
Art. 12 OLAA
Le travailleur est assuré contre les conséquences économiques des accidents professionnels , c’est-à-dire des accidents qui se produisent en relation avec
activité professionnelle.
Font également partie des activités professionnelles, outre les travaux proprement dits exécutés sur ordre de l' employeur ou dans son intérêt

le fait de se trouver, à bon droit, pendant les pauses, de même qu'avant ou après le travail, au poste de travail ou dans la zone de
danger liée à son activité professionnelle,
les voyages d'affaire ou de service, soit dès l'instant où l'assuré quitte son domicile et jusqu'au moment où il le réintègre,
les sorties d’entreprise organisées ou financées par l’employeur,
la fréquentation d'une école ou d'un cours prévue par la loi ou un contrat ou autorisée par l’employeur, sauf si l’ accident se produit
durant les loisirs,
le trajet effectué par des véhicules de l'entreprise pour se rendre au travail ou en revenir, lorsque le transport est organisé et financé par
l' employeur.

Informations complémentaires: "Guide Suva de l’assurance contre les accidents" (1202)

203.5 Accidents non professionnels


Art. 6 , 8 LAA
Art. 13 OLAA
Le travailleur effectuant au moins huit heures de travail hebdomadaire pour un employeur est assuré contre les conséquences économiques des
accidents non professionnels de la même manière qu’il l’est contre les conséquences économiques des accidents professionnels. Les dispositions de l’art.
37 al. 2 LAA (négligence grave), de l’art. 49 OLAA (dangers extraordinaires) et de l’art. 50 OLAA (entreprises téméraires) restent cependant réservées.
Informations complémentaires: "Guide Suva de l’assurance contre les accidents" (1202)

203.6 Maladies professionnelles


Art. 6 , 9 LAA
Art. 3 LPGA
Art. 14 OLAA
Le travailleur est assuré contre les conséquences économiques des maladies professionnelles (art. 6 LAA).
Sont réputées maladies professionnelles, selon l’art. 9 al. 1 LAA, les maladies dues exclusivement ou de manière prépondérante, dans l’exercice de l’
activité professionnelle , à des substances nocives ou à certains travaux (liste des substances nocives et des maladies liées à l’activité professionnelle ou
résultant de l’activité professionnelle, ann. 1 OLAA).
Sont aussi réputées maladies professionnelles, selon l’art. 9 al. 2 LAA, les autres maladies dont il est prouvé qu’elles ont été causées exclusivement ou de
manière nettement prépondérante par l’exercice de l’activité professionnelle.
Informations complémentaires: "Guide Suva de l’assurance contre les accidents" (1202)

204 Prestations d'assurance


204.1 Prestations pour soins et remboursement de frais
204.2 Traitement médical (soins médicaux)
204.3 Moyens auxiliaires
204.4 Dommages matériels
204.5 Frais de voyage, de transport et de sauvetage
204.6 Frais de transport du corps et frais d’inhumation
204.7 Prestations en espèces
204.8 Gain assuré
204.9 Indemnité journalière (paiement du salaire)
204.10 Rente d'invalidité
204.11 Indemnité pour atteinte à l'intégrité
204.12 Allocation pour impotent

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 9


200 Renseignements concernant la LAA et l'OLAA Partie 2

204.13 Rente de survivants


204.14 Allocations de renchérissement

204.1 Prestations pour soins et remboursement de frais


Art. 10 , 11 , 12 , 13 , 14 LAA
Ces prestations d’assurance sont fournies pour couvrir les frais générés par le traitement médical, l’hospitalisation, les médicaments, les moyens
auxiliaires, etc. (204.2 , 204.3 , 204.4 , 204.5 , 204.6).
Informations complémentaires: «Guide Suva de l’assurance contre les accidents» (1202)

204.2 Traitement médical


Art. 10 , 48 , 54 LAA
Art. 15 , 16 , 17 , 18 OLAA
L'assuré a droit au traitement médical approprié (art. 48 LAA) et économiquement raisonnable (art. 54 LAA) des suites d'un accident ou d'une maladie
professionnelle , et il n'y a pas de limite de temps et d'argent. Sont remboursés:

le traitement ambulatoire,
les médicaments et les analyses prescrits,
le traitement, la nourriture et le logement dans un hôpital (salle commune),
les cures complémentaires et les cures de bain prescrites par le médecin,
les moyens et appareils servant à la guérison.

Informations complémentaires: "Guide Suva de l’assurance contre les accidents" (1202)

204.3 Moyens auxiliaires


Art. 11 LAA
Art. 19 OLAA
Sont remboursés les frais des moyens auxiliaires destinés à compenser un dommage corporel ou la perte d'une fonction (prothèses et appareils
acoustiques, par exemple).
Informations complémentaires: "Guide Suva de l’assurance contre les accidents" (1202)

204.4 Dommages matériels


Art. 12 LAA
Sont remboursés les frais qu'entraîne la réparation ou le remplacement de moyens auxiliaires (prothèses, par exemple) qui, avant l'accident déjà,
remplaçaient une partie du corps morphologiquement ou fonctionnellement. Les lunettes, les prothèses auditives et les prothèses dentaires ne sont pris
en charge que si la lésion corporelle nécessite un traitement. Les dégâts affectant d'autres objets ne sont pas couverts par l'assurance, sauf s’ils
résultent d’un traitement médical (p. ex. couper un pantalon lorsqu’il faut traiter une jambe cassée, etc.).
Informations complémentaires: "Guide Suva de l’assurance contre les accidents" (1202)

204.5 Frais de voyage, de transport et de sauvetage


Art. 13 LAA
Art. 20 OLAA

Les frais de voyage, de transport et de sauvetage de l'accidenté sont remboursés dans la mesure où ils sont nécessaires.
Informations complémentaires: "Guide Suva de l’assurance contre les accidents" (1202)

204.6 Frais de transport du corps et frais d’inhumation


Art. 14 LAA
Sont remboursés les frais nécessités par le transport du corps d'une personne jusqu'à l'endroit où il doit être enseveli. Le sont aussi les frais
d'ensevelissement (pour autant qu'ils n'excèdent pas sept fois le montant maximum du gain journalier assuré).
Informations complémentaires: "Guide Suva de l’assurance contre les accidents" (1202)

204.7 Prestations en espèces


Art. 15 , 16 , 17 , 18 , 19 , 20 , 21 , 22 , 23 , 24 , 25 , 26 , 27 , 28 , 29 , 30 , 31 , 32 , 33 , 34 , 35 LAA
Ces prestations d'assurance sont allouées sous forme d'indemnités journalières, de rentes, etc. (204.8 , 204.9 , 204.10 , 204.11 , 204.12 , 204.13 ,
204.14).
Informations complémentaires: "Guide Suva de l’assurance contre les accidents" (1202)

204.8 Gain assuré


Art. 15 LAA
Art. 22 , 23 , 24 OLAA

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 10


200 Renseignements concernant la LAA et l'OLAA Partie 2

Le gain assuré constitue la base de calcul des prestations en espèces. Est réputé gain assuré pour le calcul des indemnités journalières le dernier salaire
que l'assuré a reçu avant l'accident ; est déterminant pour le calcul des rentes le salaire que l'assuré a gagné durant l'année qui a précédé l'accident.
Quant au montant maximum du gain assuré, c'est le Conseil fédéral qui le fixe (art. 22 OLAA).
Informations complémentaires: "Guide Suva de l’assurance contre les accidents" (1202)

204.9 Indemnité journalière (paiement du salaire)


Art. 16 , 17 LAA
Art. 6 LPGA
Art. 25 , 26 , 27 , Annexe 2 OLAA
L'indemnité journalière correspond, en cas d'incapacité totale de travail, à 80% du gain assuré. Elle est versée périodiquement pour tous les jours du
calendrier à partir du troisième jour qui suit celui de l'accident, et ce jusqu'à ce que l'assuré recouvre sa pleine capacité de travail ou qu'une rente
éventuelle d'invalidité lui soit attribuée ou jusqu’au décès de l’assuré.
Informations complémentaires: "Guide Suva de l’assurance contre les accidents" (1202)

204.10 Rente d'invalidité


Art. 18 , 19 , 20 , 21 , 22 , 23 LAA
Art. 8 LPGA
Art. 28 , 29 , 30 , 31 , 32 , 33 , 34 , 35 OLAA
Si l’assuré est invalide à 10% au moins par suite d’un accident, il a droit à une rente d’invalidité (art. 18 LAA). Est réputée invalidité l’incapacité de gain
totale ou partielle qui est présumée permanente ou de longue durée (art. 8 al. 1 LPGA).
En cas d’invalidité totale, la rente d’invalidité s’élève à 80% du gain assuré. Si l’invalidité n’est que partielle, la rente est réduite en conséquence (art. 20 al.
1 LAA).
Si l’assuré, en plus de la rente d’invalidité de l’assurance-accidents, a droit à une rente de l’assurance-invalidité (AI) ou de l’assurance-vieillesse et
survivants (AVS), la somme des deux rentes ne doit pas être supérieure à 90% du gain assuré (art. 20 al. 2 LAA).
Informations complémentaires: «Guide Suva de l’assurance contre les accidents» (1202)

204.11 Indemnité pour atteinte à l'intégrité


Art. 24 , 25 LAA
Art. 36 , Annexe 3 OLAA
Si, par suite d'un accident ou d'une maladie professionnelle , l'assuré souffre d'une atteinte importante et durable à son intégrité physique, mentale ou
psychique, il reçoit une indemnité pour atteinte à l'intégrité. Cette indemnité est une prestation en capital échelonnée selon la gravité de l'atteinte. Elle est
identique pour les assurés présentant la même atteinte à l’intégrité (voir ann. 3 OLAA «Evaluation des indemnités pour atteinte à l’intégrité»).
Informations complémentaires: "Guide Suva de l’assurance contre les accidents" (1202)

204.12 Allocation pour impotent


Art. 26 , 27 LAA
Art. 9 LPGA
Art. 37 , 38 OLAA
Si, en raison de son invalidité, un assuré a besoin de façon permanente de l'aide d'autrui ou d’une surveillance personnelle pour ses besoins quotidiens, il
reçoit, en plus de la rente d'invalidité, une allocation pour impotent calculée d'après le degré de l'impotence.
Informations complémentaires: "Guide Suva de l’assurance contre les accidents" (1202)

204.13 Rente de survivants


Art. 28 , 29 , 30 , 31 , 32 , 33 LAA
Art. 39 , 40 , 41 , 43 , 43 OLAA
Si l'assuré meurt des suites d'un accident, ses enfants et – dans certaines circonstances – son conjoint survivant ou divorcé ont droit à des rentes de
survivants. La veuve ou le veuf reçoit 40%, les orphelins de père et de mère 25%, les orphelins de père ou de mère 15%. Au total, les rentes de
survivants ne doivent toutefois pas représenter plus de 70% du gain assuré (max. 90% avec un conjoint divorcé ayant droit à une pension alimentaire).
Si les survivants, en plus de la rente de survivants, ont droit en même temps à une rente de l'assurance-vieillesse et survivants (AVS) ou de l’assurance-
invalidité (AI) , la somme des deux rentes ne doit pas être supérieure à 90% du gain assuré (art. 31 al. 4 LAA).
Informations complémentaires: "Guide Suva de l’assurance contre les accidents" (1202)

204.14 Allocations de renchérissement


Art. 34 LAA
Les bénéficiaires de rentes d'invalidité et de survivants ont droit à des allocations de renchérissement.
Informations complémentaires: "Guide Suva de l’assurance contre les accidents" (1202)

205 Réduction ou refus des prestations d’assurance


205.1 Objectif et finalité des réductions ou refus des prestations d’assurance

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 11


200 Renseignements concernant la LAA et l'OLAA Partie 2

205.2 Concours de diverses causes de dommage


205.3 Accident causé par une faute
205.4 Dangers extraordinaires et entreprises téméraires

205.1 Objectif et finalité des réductions ou refus des prestations d’assurance


Art. 21 LPGA
Art. 36 , 37 , 39 , 82 LAA
Les raisons qui entraînent une réduction ou un refus des prestations d'assurance (204) sont les suivantes

concours de diverses causes de dommage (205.2)


accident causé par une faute (205.3)
dangers extraordinaires et entreprises téméraires (205.4).

Les employeurs et les travailleurs doivent faire tout ce que l'on peut raisonnablement exiger d'eux pour éviter les accidents et les maladies
professionnelles (art. 82 LAA).
Celui qui ne prend pas les mesures de protection exigibles ou n'adopte pas le comportement qu'on est en droit d'attendre de sa part doit répondre en
tout ou en partie des conséquences.
Avec les sanctions stipulées dans les art. 21 al. 1 LPGA, 37 , 39 LAA, le législateur a voulu s’assurer que les payeurs de primes ne soient pas chargés
outre mesure lorsque des ayants droit provoquent des dommages par leur propre faute. Il a voulu ainsi empêcher également que la solidarité des
entreprises assurées soit trop fortement mise à contribution. Enfin, il a voulu tenir compte de la requête formulée, à savoir que l'ayant droit doit supporter
lui-même, en tout ou partie, les conséquences financières lorsqu'il provoque par une faute grave l'atteinte à la santé ou la mort. Ces sanctions devraient
aussi avoir un but éducatif et, au sens large, agir en prévenant les accidents. Elles n'ont pas un caractère répressif.
Informations complémentaires: "Guide Suva de l’assurance contre les accidents" (1202)

205.2 Concours de diverses causes de dommage


Art. 36 LAA
Art. 47 OLAA
Lorsqu'une atteinte à la santé ou le décès n'est que partiellement imputable à un accident, mais partiellement aussi à un facteur étranger à celui-ci, par
exemple à une maladie contractée avant, la rente d’invalidité (204.10), la rente de survivant (204.13) et l'indemnité pour atteinte à l'intégrité (204.11)
sont réduites, sauf s'il est prouvé que, antérieurement, la maladie en question n'entravait pas la capacité de gain de l'assuré.
Informations complémentaires: "Guide Suva de l’assurance contre les accidents" (1202)

205.3 Accident causé par une faute


Art. 37 LAA
Art. 21 LPGA
Art. 48 OLAA
Un assuré qui provoque intentionnellement une atteinte à sa santé ou sa propre mort n'a pas droit aux prestations d'assurance (204). Ni l'automutilation,
ni le suicide, ni une tentative faite en ce sens ne jouissent de la protection de l'assurance-accidents obligatoire (exception: incapacité de discernement)
(art. 37 al. 1 LAA, art. 48 OLAA ).
Commet une faute grave celui qui viole les règles de prudence élémentaire que tout homme raisonnable eût observées dans une situation semblable et
dans les mêmes circonstances. En matière de circulation routière, la violation d'une règle élémentaire ou de plusieurs prescriptions importantes constitue
généralement une faute grave. Si l'assuré a provoqué l' accident par une faute grave, les indemnités journalières versées durant les deux premières
années après l’accident sont réduites (art. 37 al. 2 LAA). Ceci ne s'applique qu'aux accidents non professionnels (203.5). Pour les accidents professionnels
(203.4), il n’y a pas de réduction des prestations pour faute grave.
Si un assuré est victime d'un accident alors qu'il est en train de commettre un crime ou un délit (par exemple alors qu'il conduit un véhicule en état
d'ébriété), les prestations en espèces (204.7) peuvent être réduites et, quand le cas est particulièrement grave, refusées (art. 37 al. 3 LAA).
Les prestations en espèces peuvent aussi être réduites ou refusées en cas de faute des survivants (art. 21 al. 2 LPGA).
Informations complémentaires: "Guide Suva de l’assurance contre les accidents" (1202)

205.4 Dangers extraordinaires et entreprises téméraires


Art. 21 LPGA
Art. 39 LAA
Art. 49 , 50 OLAA
Dans l'assurance contre les accidents non professionnels, les dangers extraordinaires motivent le refus de toutes les prestations d'assurance (204) –
abrégé ci-après par « ref. » - ou une réduction des prestations en espèces (204.7) d'au moins cinquante pour cent – abrégée ci-après par « réd. ».
Sont considérés comme des dangers extraordinaires (art. 39 LAA / art. 49 OLAA):

le service militaire à l'étranger « ref. »,


la participation à des actes de guerre, de terrorisme ou de banditisme « ref. »,
la participation à une rixe ou à une bagarre « réd. »,
les dangers auxquels s'expose l'assuré en provoquant gravement autrui « réd. »,
la participation à des manifestations violentes « réd. ».

Les entreprises téméraires (art. 39 LAA, art. 50 OLAA) sont celles par lesquelles l' assuré s'expose à un danger particulièrement grave sans prendre de
mesures destinées à ramener celui-ci à des proportions raisonnables ou sans pouvoir prendre de telles mesures. En cas d' accidents non professionnels ,

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 12


200 Renseignements concernant la LAA et l'OLAA Partie 2

les entreprises téméraires entraînent une réduction des prestations en espèces (204.7) de 50%, voire leur refus pur et simple selon l'importance du
risque couru. On citera comme exemples les courses de véhicules à moteur et les combats de boxe. Les accidents qui se produisent au cours d'une
activité sportive ordinaire (ski, cyclisme, football, etc.) sont, en revanche, indemnisés intégralement (à moins que l'accidenté ne se soit rendu coupable
d'une négligence grave).
Informations complémentaires: "Guide Suva de l’assurance contre les accidents" (1202)

206 Recours
Art. 72 , 73 , 74 , 75 LPGA
Art. 42 LAA
Art. 16 OPGA
Art. 52 OLAA
En cas d' accidents et de maladies professionnelles , c'est en premier lieu l'assurance-accidents sociale qui est tenue de verser des prestations. Si le
dommage est imputable à un tiers (responsabilité causale ou aquilienne), les assurés ou leurs survivants peuvent émettre des prétentions à l'égard de ce
tiers. L’art. 72 LPGA prévoit que, dès la survenance de l’événement dommageable, l’assureur est subrogé, jusqu’à concurrence des prestations légales,
aux droits de l’assurée et de ses survivants contre tout tiers responsable. Le recours en tant que mesure de récupération importante sert à baisser les
dépenses des assureurs et contribue par conséquent aussi à la réduction les primes.
Informations complémentaires: "Guide Suva de l’assurance contre les accidents" (1202)

207 Annonce d’accidents et de maladies professionnelles


Art. 45 , 46 LAA
Art. 53 OLAA
Déclaration
Les accidents et les maladies professionnelles qui nécessitent un traitement médical, provoquent une incapacité de travail ou entraînent la mort doivent
être annoncés immédiatement (art. 45 LAA). Les cas de décès seront signalés immédiatement par téléphone.
L’assuré ou ses survivants annoncent le cas à l’employeur ou, s’ils n’arrivent pas à le joindre, directement à l’assureur.
L’employeur annoncent les accidents à l’assureur. Il possède pour ce faire les formules nécessaires qui, outre la déclaration d’accident, comprennent le
certificat médical, la feuille de pharmacie et la feuille-accident. Le médecin inscrit régulièrement sur la feuille-accident la date des consultations et, le cas
échéant l’incapacité de travail. Pour les accidents-bagatelles, il existe un jeu de formules plus simple sans feuille-accident.
Les personnes exerçant une activité lucrative indépendante, qui sont assurées à titre facultatif, ou les membres de leur famille sont tenus d’annoncer les
accidents à l’assureur.
Déclaration tardive
L’assureur peut réduire les prestations à la suite d’un retard inexcusable de la déclaration d’accident dû à l’assuré ou à ses survivants. Il peut refuser
d’allouer les prestations lorsqu’une fausse déclaration a été faite intentionnellement (art. 46 al. 1 et 2 LAA).
Si l’employeur omet de manière inexcusable de déclarer l’accident, il peut être tenu pour responsable par l’assureur des conséquences pécuniaires qui en
résultent (art. 46 al. 3 LAA).
Informations complémentaires: «Guide Suva de l’assurance contre les accidents» (1202)

208 Enquête d’accident


208.1 Enquête d’accident menée par l’assureur
208.2 Enquête d’accident menée par les organes d’exécution
208.3 Obligations de l’assuré ou de ses survivants ainsi que de l’employeur dans le cadre de l’enquête d’accident

208.1 Constatation par l'assureur


Art. 28 , 30 , 32 , 43 LPGA
Art. 54 OLAA
Pour pouvoir fixer et octroyer les prestations d'assurance, l'assureur doit faire constater les circonstances de l'accident. Si des indications pour la
recherche desquelles une autorité fédérale, cantonale ou communale est compétente s'avèrent nécessaires, l'assureur peut avoir gratuitement recours à
leurs services (art. 28 LPGA, art. 54 OLAA). Cela est applicable de façon judicieuse aussi aux services des organes d'exécution. Ces derniers doivent
donc, le cas échéant, fournir les renseignements nécessaires concernant les enquêtes faites sur les accidents (1208.1).
Si l'assureur a besoin d'indications plus détaillées de la part de ces services, soit une expertise concernant certaines questions, il doit en rembourser les
frais ainsi engendrés (art. 54 OLAA)
Informations complémentaires: "Guide Suva de l’assurance contre les accidents" (1202)

208.2 Constatation par les organes d'exécution


Art. 61 OLAA
Les organes d’exécution chargés de la sécurité au travail doivent être en mesure de réaliser des enquêtes d’accidents afin d’en déterminer les tenants et
aboutissants ainsi que de proposer des mesures de protection après les avoir évaluées (enquêtes d’accidents réalisées par les organes d’exécution
(384.1). A cet effet, les assureurs doivent, dans le délai utile, annoncer aux organes d’exécution les accidents ayant eu lieu dans des conditions
particulières.

208.3 Obligations de l'assuré ou de ses survivants ainsi que de l'employeur lors de la détermination des circonstances de
l'accident

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 13


200 Renseignements concernant la LAA et l'OLAA Partie 2

Art. 28 , 29 , 31 LPGA
Art. 55 , 56 OLAA
L’assuré ou ses survivants doivent fournir gratuitement tous les renseignements nécessaires, tenir à disposition les pièces servant à éclaircir les
circonstances de l’accident et autoriser des tiers à fournir ces documents ou des renseignements.
L’employeur est également tenu de collaborer. Il doit permettre aux enquêteurs de l’assureur d’accéder librement aux locaux de l’entreprise.
Informations complémentaires: «Guide Suva de l’assurance contre les accidents» (1202)

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 14


300 Champ d'application, obligations des employeurs et des travailleurs Partie 3

300 Renseignements concernant l'OPA: champ d'application, obligations des employeurs et des travailleurs, appel à des
MSST
302 Champ d'application des prescriptions sur la prévention des accidents et maladies professionnels (sécurité au travail)
305 Obligations des employeurs et des travailleurs en matière de sécurité au travail
307A Appel à des médecins du travail et autres spécialistes de la sécurité au travail (appel à des MSST)

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 15


300 Champ d'application, obligations des employeurs et des travailleurs Partie 3

302 Champ d'application des prescriptions sur la prévention des accidents et maladies professionnels (sécurité au travail)
Art. 1 , 2 OPA
303 Champ d'application, principe

304 Champ d'application, exceptions

303 Champ d'application, principe


Art. 1 OPA
Les prescriptions sur la prévention des accidents professionnels et des maladies professionnelles (sécurité au travail) s’appliquent à toutes les
entreprises dont les travailleurs exécutent des travaux en Suisse.

Une disposition identique figure à l’art. 81 al. 1 LAA. L’ordonnance utilise en plus le terme «sécurité au travail».
Le terme «sécurité au travail» est par conséquent le terme générique pour ce qui concerne la prévention des accidents professionnels et des maladies
professionnelles.

304 Champ d'application, exceptions


304.1 Compétence pour fixer des exceptions
304.2 Observation générale relative aux réglementations d’exception
304.3 Exceptions

304.1 Compétence pour fixer des exceptions


Art. 81 al. 2 LAA attribue au Conseil fédéral la compétence de limiter ou d'exclure l'application des prescriptions sur la sécurité au travail pour certaines
catégories d'entreprises ou de travailleurs.

304.2 Observation générale relative aux réglementations d’exception


Lorsque, dans ce qui suit, on mentionne les prescriptions sur la sécurité au travail, on fait référence aux prescriptions sur la prévention des accidents
professionnels et des maladies professionnelles.
Lorsque les prescriptions sur la prévention des accidents professionnels ne s’appliquent pas à certaines entreprises , les prescriptions en matière de
prévention des maladies professionnelles restent bel et bien applicables.

304.3 Exceptions
Des dispositions d’exception existent pour les domaines suivants:

ménages privés
art. 2 al. 1 lit. a OPA
installations et équipements de l’armée
art. 2 al. 1 lit. b, art. 2 al. 3 lit. a OPA
entreprises de navigation aérienne et installations de sécurité aérienne
art. 2 al. 2 lit. b, art. 2 al. 3 lit. c et art. 2 al. 3 lit. d OPA
installations nucléaires
art. 2 al. 2 lit. c OPA
installations de transport par conduites
art. 2 al. 2 lit. d OPA

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 16


300 Champ d'application, obligations des employeurs et des travailleurs Partie 3

305 Obligations des employeurs et des travailleurs en matière de sécurité au travail


306 Obligations des employeurs en matière de sécurité au travail
307 Obligations des travailleurs en matière de sécurité au travail

306 Obligations des employeurs en matière de sécurité au travail


306.1 Obligations fondamentales de l'employeur relatives au maintien et à l'amélioration de la sécurité au travail
306.2 Dont l'expérience a démontré la nécessité
306.3 Que l'état de la technique permet d'appliquer
306.4 Qui sont adaptées aux conditions données
306.5 Collaboration du travailleur
306.6 Obligations concrètes de l'employeur
306.7 Dispositions et mesures de protection nécessaires
306.8 Préserver l'efficacité des mesures et des dispositifs de protection
306.9 Adaptation des mesures et des dispositifs de protection lors de modifications apportées aux bâtiments, à certaines parties de bâtiments ou aux
équipements de travail
306.10 Interruption temporaire du travail
306.11 EPI (Equipements de protection individuelle)
306.12 Information et instruction des travailleurs
306.12a Consultation des travailleurs
306.13 Tâches confiées aux travailleurs
306.14 Mesures à prendre lors de travaux comportant des dangers particuliers
306.15 Coopération de plusieurs entreprises, mandats confiés à des tiers
306.16 Travail temporaire

306.1 Obligations fondamentales de l'employeur relatives au maintien et à l'amélioration de la sécurité au travail


Art. 82 al. 1, 2 LAA
Les obligations de l'employeur en matière de prévention des accidents et maladies professionnels sont inscrites, pour ce qui est du principe, dans l'art. 82
al. 1 et 2 LAA (1306.1)
La loi sur le travail (LTr) n'impose à l' employeur aucune obligation directe en matière de maintien de la sécurité au travail. En revanche, l'art. 6 LTr définit
les obligations de l'employeur en matière de protection de la santé et d’intégrité personnelle des travailleurs (501). Les art. 7 et 8 LTr règlent l'approbation
des plans et l'autorisation d’exploitation, qui servent pour l’essentiel également au maintien de la sécurité au travail et à la protection de la santé, pas dans
l’entreprise actuelle, mais en prévention de la création ou la modification d'une future entreprise ou partie d'entreprise.
L'obligation de protéger le travailleur contre les accidents professionnels et les maladies professionnelles repose entièrement sur l'employeur, c'est-à-dire
sur la direction de l'entreprise. Celle-ci doit donc veiller à ce que soit mise en place une organisation adaptée à garantir la sécurité au travail prescrite par la
loi. et que les moyens personnels et financiers nécessaires soient mis à disposition. Elle doit mettre à disposition les moyens personnels et matériels requis
à cet effet.
L'obligation de l'employeur n'est cependant, d'après l'art. 82 al. 1 LAA, pas illimitée. On lui demande plutôt qu'il prenne, pour prévenir les accidents et
maladies professionnels, toutes les mesures dont

l'expérience a démontré la nécessité (306.2),


que l'état de la technique permet d'appliquer (306.3) et
qui sont adaptées aux conditions données (306.4).

L'employeur ne doit pas seulement veiller à la sécurité au travail. Il doit également, d'après l'art. 82 al. 2 LAA, faire collaborer les travailleurs aux mesures
de prévention des accidents et maladies professionnels (306.5).

306.2 Dont l'expérience a démontré la nécessité


Art. 82 al. 1 LAA
On ne se base pas sur l’expérience subjective individuelle, mais sur l’expérience générale telle qu’elle est apparue pour les mêmes risques (danger) ou
des risques semblables, par exemple grâce à la statistique des accidents. Il ne suffit toutefois pas qu’une mesure soit théoriquement souhaitable; il faut
qu’elle ait prouvé son efficacité dans la pratique. Celui qui ne dispose pas de connaissances appropriées doit se procurer les informations nécessaires
ou faire appel à un spécialiste de la sécurité au travail (MSST) (307A4.1).

306.3 Que l'état de la technique permet d'appliquer


Art. 82 al. 1 LAA
L’état de la technique doit être pris au sens le plus large. Les mesures de protection doivent, elles aussi, s’adapter à l’évolution de la technique. Celui qui
ne possède pas de connaissances sur l’état de la technique doit se les procurer les informations nécessaires ou faire appel à un spécialiste de la sécurité
au travail (MSST) (307A4.1).

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 17


300 Champ d'application, obligations des employeurs et des travailleurs Partie 3

306.4 Qui sont adaptées aux conditions données


Art. 82 al. 1 LAA
Il est question ici avant tout de la concrétisation du principe général, consacré par le droit administratif, de la proportionnalité, principe selon lequel une
mesure ne doit pas aller au-delà de ce qui est nécessaire pour atteindre un objectif donné. Dans la réponse à la question de savoir s’il y a adéquation ou
proportionnalité, la notion de l’appréciation joue inévitablement un rôle considérable. Ici aussi, on ne saurait se baser uniquement sur l’opinion subjective
d’un individu donné, la question doit plutôt être tranchée en fonction de critères objectifs. Il s’agit, en tout état de cause, d’apprécier l’importance du
risque par rapport au coût des mesures de protection à mettre an œuvre. Plus le risque est élevé, plus des mesures onéreuses sont justifiées. Parmi les
critères influençant leur étendue figurent par exemple:

les compétences (manquantes) des travailleurs concernés (connaissances techniques, pouvoirs de décision)
l’éventualité d’un comportement intempestif des travailleurs concernés (par ex. durant l’équipe de nuit ou en cas de travail monotone)
les risques de mauvaise utilisation raisonnablement prévisibles (par ex. par commodité).

L’adéquation aux conditions données peut également signifier que tel ou tel objectif de protection soit atteint, dans une entreprise déterminée et pour un
problème semblable, avec d’autres moyens que dans une autre entreprise.

306.5 Collaboration du travailleur


Art. 82 al. 2 LAA
L'employeur n'est pas en mesure d'assurer seul la sécurité au travail. Il a besoin pour cela du soutien des travailleurs et, souvent, de leurs connaissances
techniques. Afin que cette mission commune puisse être menée à bien, le législateur a obligé l'employeur à faire appel à la collaboration des travailleurs
dans le cadre de la prévention des accidents professionnels et des maladies professionnelles. Le but est également de susciter l'intérêt des travailleurs
pour les questions en rapport avec la sécurité au travail et la protection de la santé.
Ce devoir de faire appel à la collaboration des travailleurs fait pendant, d'une part, au droit de consultation et de participation des travailleurs ou de leur
représentation pour tout ce qui a trait à la sécurité au travail et à la protection de la santé (306.12a). D'autre part, les travailleurs sont tenus de seconder
l'employeur dans l'application des prescriptions relatives à la sécurité au travail (307.1).

306.6 Obligations concrètes de l'employeur


Art. 3 , 4 , 5 , 6 , 7 , 8 , 9 , 10 OPA
Les art. 3 à 10 OPA exposent de manière concrète les obligations de l’employeur relatives au maintien et à l'amélioration de la sécurité au travail qui
découlent des principes édictés à l’art. 82 LAA. Ces obligations sont les suivantes:

il y a lieu de prendre, pour assurer la sécurité au travail, toutes les dispositions et mesures de protection nécessaires (306.7)
il faut veiller à ce que l’efficacité des mesures et des dispositifs de protection ne soit pas entravée (306.8)
si des modifications sont apportées aux installations de l’entreprise ou à des procédés de travail, les mesures et les dispositifs de
protection doivent être adaptés en conséquence (306.9)
le travail doit être interrompu si la sécurité des travailleurs n’est plus assurée (306.10)
les équipements de protection individuelle (EPI) nécessaires doivent êtres mis à dispo
sition. Il faut veiller à leur utilisation correcte (306.11)
les travailleurs doivent être informés des dangers auxquels ils sont exposés et instruits sur les mesures à prendre pour les prévenir
(306.12)
les travailleurs doivent être consultés pour toutes les questions relatives à la sécurité au travail ( 306.12a)
la délégation à des travailleurs de tâches en matière de sécurité au travail doit être réglementée (306.13)
l’exécution de travaux comportant des danger particuliers doit être réglementée (306.14)
lorsque plusieurs entreprises travaillent en même temps et lorsque des mandats sont confiés à tiers, ceux-ci doivent être informés des
exigences de la sécurité au travail et il faut coordonner lesdites exigences (306.15)
les obligations en matière de sécurité au travail sont les mêmes à l’égard de ses propres travailleurs qu’à l’égard de la main-d’œuvre
dont il loue à titre temporaire les services auprès d’un autre employeur (306.16)

306.7 Dispositions et mesures de protection nécessaires


Art. 3 al. 1 OPA
Art. 3 al. 1bis OPA
Sont déterminantes avant tout les prescriptions concrètes de l’OPA, mais également d’autres prescriptions sur la sécurité au travail qui s’appliquent en
particulier à certaines entreprises ainsi que toutes les règles communément admises sur la technique de la sécurité et la médecine du travail. Ces
règles figurent en particulier dans les directives et les feuillets d’information de la CFST et de la Suva ainsi que dans les normes et réglementations
techniques des organisations spécialisées. L’employeur est tenu, au besoin, et dans chaque cas particulier, de se procurer le savoir indispensable ou de
faire appel à un spécialiste de la sécurité au travail (MSST) (307A4.1).
Si des signes montrent que l'atteinte à la santé du travailleur est due à son activité, une enquête doit être réalisée par la médecine du travail.

306.8 Préserver l'efficacité des mesures et des dispositifs de protection


Art. 3 al. 2 OPA
L'employeur doit veiller en particulier à ce que l'efficacité des mesures et des dispositifs de protection ne soit pas annihilée ou entravée. Il doit également
veiller à ce que les mesures et les dispositifs de protection soient toujours aussi efficaces qu'il est nécessaire pour bien exécuter le travail (1306.8).

306.9 Adaptation des mesures et des dispositifs de protection lors de modifications apportées aux bâtiments, à certaines
parties de bâtiments ou aux equipements de travail

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 18


300 Champ d'application, obligations des employeurs et des travailleurs Partie 3

Art. 3 al. 3 OPA


Les mesures et dispositifs de protection doivent être adaptés à la nouvelle situation lorsque des modifications sont apportées aux bâtiments, à certaines
parties de bâtiments, aux équipements de travail (machines, appareils, outils ou installations utilisés dans le cadre du travail), aux procédés de travail ou
lorsqu’on utilise de nouvelles matières. La procédure d’approbation des plans et de l’exploitation conformément aux art. 7 et 8 LTr reste réservée. Dans
ces articles sont mentionnés les entreprises qui sont soumises à l’obligation d’approbation des plans. L’approbation des plans est également requise lors de
modifications importantes (503.1).

306.10 Interruption temporaire du travail


Art. 4 OPA
La sécurité de certains équipements de travail ou bâtiments ainsi que de certaines constructions peut parfois ne plus être assurée lorsque des avaries ou
des défaillances sont apparues ou lorsque des travaux ont lieu à proximité, tels que des transformations, réparations, installations, etc. Si la sécurité des
travailleurs ne peut plus être assurée d’une autre manière, le travail doit être interrompu dans les bâtiments ou locaux concernés, aux emplacements de
travail ou aux installations touchés jusqu’à ce que le dommage ait été réparé ou le défaut supprimé, à moins que l’interruption du travail n’accroisse le
danger.

306.11 Equipements de protection individuelle (EPI)


Art. 5 OPA

L’art. 82 al. 1 LAA et l’art. 5 OPA ainsi que l’art. 27 al. 1 OLT 3 prévoient que l’ employeur doit mettre des EPI à la disposition des travailleurs là où il y a
un danger concret ne pouvant pas être éliminé par des mesures techniques ou organisationnelles. Mettre à disposition signifie: mise à disposition (337.4)
des EPI par l’employeur et à ses frais (433, 1306.11).
On peut raisonnablement exiger l’utilisation d' EPI (équipements de protection individuelle) qui, d’après l’ expérience générale, sont appropriés et utiles, et
nécessaires à l’accomplissement de telle ou telle activité. Le fait de savoir s’il est raisonnablement exigible de demander l’utilisation de tel ou tel
équipement n’est donc pas fonction de l’appréciation personnelle de l’individu. Celui qui, pour des raisons de santé par exemple, ne peut utiliser tel ou tel
EPI, n’est pas apte à accomplir l’activité en question. En revanche, l’employeur n’a pas le droit de contourner les mesures techniques ou
organisationnelles qu’il serait possible de mettre en œuvre pour éliminer un danger en prescrivant en remplacement l’utilisation d’équipement de protection
individuelle.

Lorsqu'il est nécessaire d'utiliser plusieurs équipements de protection individuelle, l'employeur doit veiller à ce que leur utilisation simultanée ne limite pas
leur efficacité.

306.12 Information et Instruction des travailleurs


Art. 6 OPA
L’employeur doit informer les travailleurs des dangers inhérents aux activités exercées et leur expliquer les mesures de protection nécessaires.
Les détails relatifs à l’instruction et à la formation figurent au point 5.5 de la directive CFST «Equipements de travail» (réf. 6512). Il faut vouer une
attention particulière à l’introduction et à l’instruction afin de diminuer le risque d’accidents des nouveaux employés (1306.12).
L’employeur veille à ce que les travailleurs observent les mesures relatives à la sécurité au travail (1306.12)
Art. 5 OLT 3
L’employeur veille également à l’information et à l’instruction des travailleurs en matière des mesures d’hygiène (1306.12a).

306.12a Consultation des travailleurs


Art. 82 al. 2 LAA
Art. 6a OPA
Art. 10 let. a Loi sur la participation
Les droits de participation particuliers des représentants des travailleurs en matière de sécurité au travail sont régis par l'art. 10 let. a de la loi sur la
participation.
Art. 6a OPA
Les travailleurs ou leurs représentants au sein de l'entreprise doivent être consultés sur toutes les questions relatives à la sécurité au travail. Ils ont le
droit de soumettre des propositions avant que l'employeur ne prenne une décision (1306.17a). L'employeur justifie sa décision lorsqu'il ne tient
pas compte ou ne tient compte qu'en partie des objections et propositions des travailleurs ou de leurs représentants.
Art. 6 al. 3 LTr
La consultation des travailleurs en matière de protection de la santé est explicitée dans le commentaire des ordonnances 3 et 4 relatives à la loi sur le
travail (1306.17b).

306.13 Tâches confiées aux travailleurs


Art. 7 OPA
La délégation de tâches définies au travailleur doit être réglée de manière univoque. Les tâches confiées par l'employeur doivent être mentionnées dans la
description du poste de travail en précisant leur étendue ainsi que les compétences et instructions nécessaires à leur exécution. Le fait de confier de telles
tâches à un travailleur ne libère pas l'employeur de ses obligations d'assurer la sécurité au travail (1306.13).
L'employeur doit sélectionner soigneusement le travailleur, le former de manière appropriée et veiller à son perfectionnement. Lorsque la formation
continue se déroule hors de l'entreprise et du temps de travail, il doit rémunérer le travailleur pour le temps passé en formation.

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 19


300 Champ d'application, obligations des employeurs et des travailleurs Partie 3

306.14 Travaux comportant des dangers particuliers


Art. 8 OPA
L’employeur ne peut confier des travaux comportant des dangers particuliers qu’à des travailleurs ayant été formés spécialement à cet effet. Les travaux
comportant des dangers particuliers sont répertoriés dans l'«Enquête des travaux comportant des dangers particuliers et nécessitant une formation
appropriée».
L’employeur fera surveiller tout travailleur qui exécute seul un travail dangereux.
Dans certains cas particuliers, les bases légales et les règles de sécurité et de protection de la santé exigent que le travailleur concerné soit surveillé par
une seconde personne (1306.14a).
La surveillance d’une personne travaillant seule, sans qu’il soit nécessaire de recourir à l’aide d’une autre personne et en fonction du caractère dangereux
de l'environnement ou de l'activité, peut se faire par des moyens techniques ou des mesures d'organisation (1306.14b), par exemple par:

des caméras vidéo, senseurs à infrarouge, appareil radio porté par l'intéressé qui déclenche une alarme en cas de changement subit de la position du porteur, en cas
d'immobilité ou en cas de concentration dangereuse de gaz,
des accusés de réception d'appels périodiques par câble, radio, téléphone
l’utilisation d'installations permettant au travailleur de donner lui-même l'alarme (par exemple par câble, radio, téléphone, interphone)
le contrôle périodique par des gardiens ou une personne se trouvant à proximité

La condition essentielle au bon fonctionnement de tous ces types de surveillance, c'est qu'il y ait toujours quelqu'un qui puisse réagir à tout signal donné
(autres travailleurs, portier, service de surveillance).
Lorsque des travaux comportant des dangers particuliers sont exécutés, l’effectif des travailleurs occupés à ces travaux ainsi que le nombre ou la
quantité des installations, équipement de travail et matières qui présentent des dangers doit être limités au strict minimum.

306.15 Coopération de plusieurs entreprises / Mandats à des tiers


Art. 9 al. 1 OPA
Une coordination sur place est nécessaire pour remplir les exigences selon l’art. 9 al. 1 OPA. Cette tâche incombe normalement à la personne assumant
la direction des travaux. En règle générale, cette personne est désignée comme «coordinateur». Les objectifs à atteindre et les tâches à remplir par le
coordinateur figurent dans l’information (1306.15).
Les équipements de travail, les bâtiments et les autres constructions doivent, en matière de sécurité, satisfaire aux règles techniques reconnues. Ils
doivent être construits de manière à ce qu’ils ne mettent pas en danger la vie et la santé des travailleurs lorsqu’ils sont utilisés conformément à leur
destination et avec le soin requis.
Les exigences en matière de sécurité au travail relatives à l’entreprise attribuant le mandat seront de préférence consignées dans l’attribution du mandat
(contrat d’entreprise, commande, confirmation d’ordre, contrat de service, etc.). Lorsque les travailleurs des entreprises extérieures commencent les
travaux, il faut les informer et instruire. Une brève information consignée qui est remise aux travailleurs et visée par ceux-ci, renforce les efforts de
l’employeur. Le donneur d’ordre contrôle l’observation des exigences par les travailleurs extérieurs et prend les mesures nécessaires en cas d’infraction
(1306.15).

306.16 Travail temporaire


Art. 10 OPA
Art. 9 OLT 3
Lors de la location de services (réglée dans la loi fédérale sur le service de l’emploi et la location de services, LSE, art. 12 - 23), l’employeur (= bailleur de
services) met ses employés à la disposition d’autres employeurs (= entreprises locataires de services) contre rémunération. Un contrat de travail lie le
bailleur de services à ses travailleurs, un contrat de location le lie au locataire de services. Les travailleurs exercent leur activité non dans l’entreprise de
leur employeur, mais dans l’entreprise locataire de services. Il s’ensuit un report partiel des tâches de l’employeur: les instructions techniques, celles
relatives aux buts à atteindre et au comportement à adopter dans l’entreprise sont déléguées au locataire de services. Les autres droits et devoirs
contractuels de travail, en particulier le paiement du salaire, demeurent de la compétence du bailleur de services.
En tant qu’employeur, le bailleur de services serait théoriquement responsable de la protection de la santé et de la sécurité au travail de ses collaboratrices
et collaborateurs (cf. art. 328 al. 2 CO). Mais, contrairement à l’entreprise locataire de services, il ne connaît souvent pas dans le détail les risques
auxquels le travailleur est exposé et les mesures de protection adéquates. De plus, il n’est pas en mesure d’instruire et de surveiller les travailleurs
concernés au poste de travail.
C’est pourquoi, en vertu de l’article 10 OPA, le locataire de services a envers la main-d’œuvre dont il loue les services à un autre employeur, les mêmes
obligations en matière de sécurité au travail qu’envers ses propres travailleurs. Il doit veiller à ce que toutes les personnes travaillant dans son entreprise
soient instruites sur les dangers existants et observent les mesures relatives à la sécurité au travail (1306.16, 306.12). Il doit notamment s’assurer que
ces personnes sont suffisamment formées et équipées afin qu’elles soient protégées dans l’exercice de leur activité (306.14, 306.11).
Comme l’expérience le prouve, les nouveaux collaborateurs sont particulièrement exposés durant leurs premières semaines d’emploi. Ce fait est
spécialement marqué chez les travailleurs loués. Ils ne connaissent ni l’entreprise ni, souvent, la branche d’activité. Par leur manque de connaissances et
d’expérience, ils encourent davantage le risque de se trouver dans une situation critique. De ce fait, une attention particulière doit être vouée à leur
instruction et à leur encadrement. Car dans ce cas aussi s’applique le principe à la base de l’article 6 OPA selon lequel tous les travailleurs occupés dans
une entreprise doivent être informés des risques auxquels ils sont exposés dans l’exercice de leur activité et instruits des mesures à prendre pour les
prévenir, afin qu’ils adoptent un comportement favorable à leur santé et conforme aux règles de la sécurité.
En ce qui concerne la remise d’équipements de protection individuelle (EPI), voir 337.4.

307 Obligations des travailleurs en matière de sécurité au travail


307.1 Obligations fondamentales du travailleur en matière de maintien de la sécurité au travail
307.2 Accomplissement du travail de manière sûre
307.3 Annonce ou élimination des défauts compromettant la sécurité au travail
307.4 Aptitude personnelle au travail

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 20


300 Champ d'application, obligations des employeurs et des travailleurs Partie 3

307.1 Obligations fondamentales du travailleur en matière de maintien de la sécurité au travail


Art. 82 al. 3 LAA
Art. 11 OPA
Les obligations du travailleur en matière de prévention des accidents professionnels et des maladies professionnels sont inscrites, pour ce qui est du
principe, à l'art. 82 al. 3 LAA (1307.1).
Le travailleur est par conséquent tenu de seconder l' employeur dans l'application des prescriptions sur la sécurité au travail. Il doit notamment utiliser les
équipements de protection individuelle (EPI) , utiliser les dispositifs de sécurité de manière adéquate et ne pas les retirer ou les modifier sans l’autorisation
de l’employeur. Il a en particulier trois obligations:

il doit accomplir son travail de manière sûre (307.2)


il doit aviser l'employeur des défauts qu'il a constatés et qui compromettent la sécurité au travail (307.3)
il doit se maintenir dans un état tel qu'il lui permette d'exécuter de manière sûre les tâches qui lui sont confiées (307.4)

307.2 Accomplissement du travail de manière sûre


Art. 11 al. 1 OPA
Pour pouvoir exécuter de manière sûre les travaux qui lui sont confiés, le travailleur doit

suivre les directives de l' employeur en matière de sécurité au travail


observer les règles de sécurité généralement reconnues et connues, et ce de sa propre initiative
utiliser les installations de protection ainsi que les équipements individuels de protection (équipements de protection individuelle EPI) et
les maintenir en bon état.

307.3 Annonce ou élimination des défauts compromettant la sécurité au travail


Art. 11 al. 2 OPA
Le travailleur doit aviser son employeur s'il constate

qu'un travail ne peut pas être exécuté en sécurité avec les moyens mis à disposition
que les installations de protection ou les équipements de protection individuels (EPI) présentent des défauts ou si, pour un travail
donné, ils ne peuvent pas être utilisés en l'état où ils se trouvent.

Il va de soi que le travailleur doit, dans les limites de ses compétences, veiller lui-même et immédiatement à ce que les défauts compromettant la
sécurité au travail soient éliminés.

307.4 Aptitude personnelle au travail


Art. 11 al. 3 OPA
Le travailleur ne doit pas s’exposer ou exposer d’autres travailleurs à un danger qu’il a créé lui-même du fait de son état perturbé. Cela vaut en particulier
pour la consommation de boissons alcoolisées ou d’autres produits enivrants ainsi que pour les troubles de la santé, dont il est conscient, qui peuvent
engendrer un danger (1307.4).

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 21


307A Appel à des médecins du travail et autres spécialistes de la sécurité au travail (appel à des MSST) Partie 4

307A Renseignements concernant l'OPA: Appel à des médecins du travail et autres spécialistes de la sécurité au travail
(appel à des MSST)
Art. 83 al.2 LAA
Art. 11a , 11b , 11c , 11d , 11e , 11f , 11g OLAA
MMST; De quoi s'agit-il?
307A1 Légitimation et concrétisation de l’appel à des MSST
307A2 Directive MSST: directive relative à l’obligation de faire appel à des MSST
307A3 Disposition relative à l’obligation de faire appel à des MSST
307A4 Qualifications des spécialistes de la sécurité au travail
307A5 Décisions relatives aux qualifications des spécialistes de la sécurité au travail
307A6 Tâches des spécialistes de la sécurité au travail
307A7 Position des spécialistes de la sécurité au travail au sein de l’entreprise
307A8 Position des spécialistes de la sécurité au travail par rapport aux organes d’exécution

307A1 Légitimation et concrétisation de l’appel à des MSST


Art. 83 al. 2 LAA
Art. 11a , 11b , 11c , 11d , 11e , 11f , 11g OLAA
307A1.1, Solutions par branches, par groupe d’entreprises et solutions types
307A1.2, Des systèmes de gestion (ISO 9001, ISO 14001, ISO 45001)
307A1.3, Responsabilité
L’art. 83 al. 2 LAA donne au Conseil fédéral la compétence d’édicter des prescriptions quant à la coopération des médecins du travail et autres spécialistes
de la sécurité au travail appel à MSST) dans les entreprises.
Les «directives MSST» ont pour objectif d’améliorer d’une manière générale la sécurité et la protection de la santé sur le lieu de travail. Elles doivent
notamment renforcer les aspects en rapport avec la médecine du travail dans le cadre des activités liées à la prévention. Les exigences posées aux
entreprises figurant aux art. 3 - 11 et 12 - 46 de l’OPA et de la LTr doivent être remplies par les entreprises de manière systématique et avec le savoir-
faire spécifique requis. Les dispositions MSST décrivent les critères ou les exigences élémentaires relatifs à l’appel à des médecins du travail et autres
spécialistes de la sécurité au travail. Dans ce cadre, la CFST est habilitée à édicter des directives en vue de la concrétisation de ces exigences
fondamentales.

307A1.1 Solutions par branches, par groupe d’entreprises et solutions types


Solutions par branches
Avec les solutions par branches, les organismes responsables mettent notamment à la disposition des petites et moyennes entreprises (PME) un concept
de sécurité spécifique aux branches qui organise l’appel à des MSST de manière rationnelle et efficace (1307A1.1).
Solutions par groupe d’entreprises
Les solutions par groupe d’entreprise sont structurées comme les solutions par branches et elles sont principalement mises en œuvre par des groupes
possédant des usines (agences) en des endroits divers, par des fédérations dont les membres œuvrent dans des branches diverses ou par des
entreprises sises dans des zones industrielles et exploitant en commun un service chargé de la sécurité au travail et de la protection de la santé
(1307A1.1).
Solutions types
Les solutions types sont principalement utilisées par les spécialistes externes de la sécurité au travail en vue du conseil d’entreprises spécifiques. Les
solutions types se fondent sur un concept de sécurité semblable aux solutions par branches (1307A1.1).

307A1.2 Des systèmes de gestion (ISO 9001, ISO 14001, ISO 45001)
ISO 9001 Système de gestion de la qualité, ISO 14001 Système de gestion de l’environnement
Il faut s’efforcer d’intégrer le concept de la directive MSST dans des systèmes de gestion existants tels que le système de gestion de la qualité (ISO
9001) (1307A1.2) ou le système de gestion de l’environnement (ISO 14001). Ce faisant, on a la possibilité de mettre au point un système de conduite
global se fondant sur des processus transparents et efficaces. Plus les collaborateurs et les spécialistes de la sécurité au travail sont impliqués lors de
l’élaboration des processus, plus grands seront les avantages et l’acceptation.
ISO 45001 Systèmes de management de la santé et de la sécurité au travail
La norme ISO fixe pour un système de gestion de la sécurité au travail et de la protection de la santé les exigences qui permettent à une entreprise de
développer et de mettre en œuvre une politique et des objectifs tenant compte des exigences légales (par ex. LAA, LTr) et des informations sur les
risques existants en matière de travail et de santé. Le système de gestion de la sécurité au travail et de la protection de la santé selon ISO 45001 est
certifiable (1307A1.2a).
Si une entreprise exploite un système de gestion de la sécurité au travail et de la protection de la santé sur la base de la norme ISO 45001, on peut
supposer que les exigences de la directive CFST 6508 sont respectées (cf. la matrice de corrélation dans 1307A1.2b).

307A1.3 Responsabilité en matière d’appel à des MSST


Art. 11a al. 3 OPA

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 22


307A Appel à des médecins du travail et autres spécialistes de la sécurité au travail (appel à des MSST) Partie 4

La responsabilité principale en matière de sécurité et de protection de la santé incombe à l'employeur et ne peut de ce fait pas être déléguée en tant que
telle (1307A1.3).
Responsabilité de la gestion:
La responsabilité relative à la mise en œuvre des prescriptions en matière de sécurité et de protection de la santé ainsi que leur contrôle et leur application
incombent à l'employeur (art. 3 al. 1 OPA) et aux supérieurs hiérachiques disposant d'un pouvoir de décision autonome.
Responsabilité technique:
Le coordinateur de la sécurité, la personne à contacter pour les questions de sécurité, le coordinateur de sécurité ou le MSST est responsable de
l’exactitude des mesures de sécurité adoptées, etc. La fonction de ces spécialistes de la sécurité doit être assumée par des personnes disposant d'une
formation adéquate et des qualifications requises. L'étendue de leur responsabilité technique diffère en fonction de leur formation, de leur position dans
l'entreprise (organigramme) et de la description du poste (1306.13).
Responsabilité de l’exécution:
Le travailleur est responsable de l’application des prescriptions en matière de sécurité et de protection de la santé sur le lieu de travail (art. 11 OPA).

307A2 Directive MSST relative à l’obligation de faire appel à des MSST


Art. 11b OPA
307A2.1 Etablissement de directives
307A2.2 Respect des directives
307A2.3 Justification fournie d’une autre manière

307A2.1 Etablissement de directives


Art. 11b al. 1 OPA
La CFST a rempli son mandat en établissant la directive CFST n° 6508 relative à l’appel à des médecins du travail et autres spécialistes de la sécurité au
travail (1307A2.1).

307A2.2 Respect des directives


Art. 11b al. 2. OPA
En vertu du nouveau libellé de la législation, les organes d’exécution doivent partir du principe que les exigences légales sont remplies lorsqu’une solution
par branches , par groupes d’entreprises ou une solution type approuvée par la CFST a été intégralement mise en œuvre par l’ entreprise. Les organes
d’exécution doivent attirer l'attention de l'entreprise sur les exigences légales qui n'ont pas été remplies.

307A2.3 Justification fournie d’une autre manière


Art. 11b al. 3 OPA
La manière dont l’employeur remplit son obligation de faire appel à des MSST relève de sa propre responsabilité. Au moyen d’un contrôle de système
(moyen accessoire: questionnaire de contrôle), les organes d’exécution évaluent le concept de sécurité de l’entreprise (1307A2.3b).
A cet effet, on contrôle les points prioritaires suivants:

Quels sont les problèmes de l’ entreprise sur le plan de la sécurité et de la santé?


L’entreprise a-t-elle systématiquement localisé les dangers potentiels (p. ex. au moyen de listes de contrôle ou d’une analyse des risques
et d’une appréciation des risques (1307A2.3a) à l’aide de spécialistes de la sécurité au travail)?
Comment ces problèmes ont-ils été résolus du point de vue de la conception (1307A2.3b)? L’organisation de l’entreprise est-elle
réalisée en conséquence?
Toutes les mesures requises ont-elles été mises en œuvre? Dispose-t-on d’un autre système de contrôle interne (audits) afin de
contrôler périodiquement l’organisation et les mesures?

307A3 Disposition relative à l’obligation de faire appel à des MSST


Art. 11c OPA
307A3.1 Compétence en matière de prise de dispositions
307A3.2 Discussion entre les organes d’exécution

307A3.1 Compétence en matière de prise de dispositions


Art. 11c al. 1 OPA
Cet article règle la compétence en matière de prise de dispositions par les organes d’exécution (cf. aussi chiffre 7 de la directive CSFT n° 6508).
Décision: art. 64 , OPA / 387

307A3.2 Discussion entre les organes d’exécution


Art. 11c al. 2 OPA
L’obligation de faire appel à des MSST est contrôlée au moyen de contrôles de système relatifs aux exigences de l’OPA et de la LTr. Lorsqu’il est
nécessaire de prendre des dispositions, les organes d’exécution représentant la LAA et la LTr doivent se mettre d’accord en vue de l’établissement de la
directive spécifique. Cela est notamment valable lors de la prévention des maladies professionnelles, lors de la surveillance des équipements de travail

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 23


307A Appel à des médecins du travail et autres spécialistes de la sécurité au travail (appel à des MSST) Partie 4

selon l’art. 49 al. 2 de l’OPA et pour les domaines relevant de la législation sur le travail. Au sein de son domaine de compétence spécifique, chaque
organe d’exécution prend individuellement les dispositions requises (p. ex. l’organe d’exécution de la LAA et celui de la LTr prennent leurs propres
dispositions).

307A4 Qualifications des spécialistes de la sécurité au travail


Art. 11d OPA
307A4.1 Exigences posées aux spécialistes
307A4.2 Certificats attestant la formation
307A4.3 Autres documents attestant la formation
307A4.4 Contrôle des aptitudes
307A4.5 Formation continue des spécialistes

307A4.1 Exigences posées aux spécialistes


Art. 11d al. 1 OPA
Sont désignés comme spécialistes de la sécurité au travail:

les médecins du travail,


es hygiénistes du travail,
les ingénieurs de sécurité,
les chargées de sécurité.
personnes avec un brevet fédéral (STPS)

Les exigences en matière de qualifications professionnelles figurent dans l’ordonnance du 25 novembre 1996 sur les qualifications des spécialistes de la
sécurité au travail (ordonnance sur les qualifications) respectivement dans le règlement du 7 août 2017 concernant l'examen professionnel de spécialiste
de la sécurité au travail et de la protection de la santé (STPS). (1307A4.1)

Il va de soi que la sécurité et la protection de la santé requièrent des connaissances approfondies en ergonomie , toxicologie, psychologie du travail,
gestion d’entreprise, etc. Les grandes connaissances de base requises figurent dans les exigences de formation des spécialistes désignés. Dans les cas
plus complexes, il est fait appel à ces spécialistes (en ergonomie, toxicologie, psychologie du travail, gestion d’entreprise, etc.) par les spécialistes de la
sécurité au travail. En vertu du principe interdisciplinaire en vue de l’appréciation des problèmes, notamment dans le domaine de la protection de la santé,
il convient cependant de tenir compte des connaissances spécifiques complémentaires des médecins du travail et des hygiénistes du travail.

307A4.2 Certificats attestant la formation


Art. 11d al. 2 OPA
Le certificat attestant la formation conformément à l’ordonnance sur les qualifications est reconnu comme formation suffisante. Avant d’établir les
certificats, les organisateurs des cours doivent déterminer si les critères requis en matière de formation de base sont remplis. Si celle-ci ne correspond pas
aux exigences prévues par l’ordonnance sur les qualifications, ils ne pourront pas établir le certificat. Si le certificat est malgré tout délivré, l’organe
d’exécution doit l’annuler.

La preuve d’une formation suffisante est également considérée comme apportée si la personne concernée produit un brevet fédéral de «Spécialiste de la
sécurité au travail et de la protection de la santé (STPS)».

307A4.3 Autres certificats attestant la formation


Art. 11d al. 3 OPA
Lorsque aucun certificat relatif à des cours de formation n’est disponible, on peut apporter la preuve d’une formation appropriée si une formation de base
ou complémentaire équivalente a été accomplie. Sur demande, les entreprises ou les personnes concernées doivent fournir à l’ organe d’exécution les
certificats attestant la formation ou le perfectionnement ainsi qu’une appréciation et une évaluation comparative relative aux dispositions prévues par
l’Ordonnance sur les qualifications.

307A4.4 Contrôle des aptitudes


Art. 11d al. 4 OPA
L’application en fonction des besoins, telle qu’elle est prévue par les dispositions MSST, implique que les qualifications des spécialistes de la sécurité au
travail (MSST) ne soient formellement contrôlées que lorsque des lacunes en matière d’appréciation des risques et/ou dans le concept de sécurité de
l’entreprise sont constatées. Sur demande, l’ organe d’exécution effectue également l’appréciation des qualifications des MSST.

307A4.5 Formation continue des spécialistes


Art. 11d al. 3bis OPA
Les spécialistes de la sécurité au travail au sens de l'ordonnance sur les qualifications des spécialistes de la sécurité au travail (cf. art. 1 al. 2) et les
personnes disposant du brevet fédéral de «Spécialiste de la sécurité au travail et de la protection de la santé (STPS)» sont tenus de suivre une formation
continue appropriée. Les exigences relatives à la formation continue sont décrites à l'art. 7 de l'ordonnance sur les qualifications.

307A5 Décisions relatives aux qualifications des spécialistes de la sécurité au travail

Art. 11dbis OPA

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 24


307A Appel à des médecins du travail et autres spécialistes de la sécurité au travail (appel à des MSST) Partie 4

307A5.1 Décisions relatives aux qualifications des spécialistes de la sécurité au travail


307A5.2 Destinataires visés par les décisions relatives aux qualifications

307A5.1 Décisions relatives aux qualifications des spécialistes de la sécurité au travail


Art. 11dbis al. 1 OPA
Le contrôle des qualifications doit se faire selon les dispositions d’exécution des prescriptions sur la sécurité au travail, conformément aux art. 60 à 69 de
l’OPA. Toute disposition doit préalablement être discutée avec l’office fédéral de la santé publique (OFSP) et le SECO.

307A5.2 Destinataires visés par les décisions relatives aux qualifications


Art. 11dbis al. 2 OPA
La décision s’adresse en priorité à l’employeur. Celui-ci est tenu de faire appel à des spécialistes remplissant les exigences selon l’Ordonnance sur les
qualifications. Etant donné que, lors d’une prise de décision relative aux qualifications, on touche aux droits de la personnalité de la personne concernée,
on doit également lui faire parvenir ladite décision. La personne concernée peut également faire recours contre cette décision.

307A6 Tâches des spécialistes de la sécurité au travail


Art. 11e OPA
307A6.1 Description de la fonction
307A6.2 Tâches complémentaires des médecins du travail
307A6.3 Coordination du travail des spécialistes

307A6.1 Description de la fonction


Art. 11e al.1 OPA
Une fonction essentielle du spécialiste de la sécurité au travail consiste à évaluer les dangers survenant dans l’ entreprise. Cela signifie que les dangers
sont évalués de manière systématique. Lors de cette évaluation, il faut impérativement apprécier les répercussions sur les personnes exposées aux
dangers , notamment en ce qui concerne la probabilité qu’un danger survienne et son étendue. Avec le choix des mesures, ces opérations constituent le
processus de réduction des risques. Outre des connaissances méthodiques, la marche à suivre requiert un savoir-faire spécifique et implique la
collaboration étroite avec l’employeur et les employés concernés. Une description de la procédure figure entre autres dans la norme SN EN ISO 12100
"Sécurité des machines - Principes généraux de conception - Appréciation du risque et réduction du risque" (1307A6.1). Contrairement aux médecins du travail,
hygiénistes du travail et ingénieurs de sécurité au bénéfice d’une formation auprès d’une école technique supérieure ou universitaire, les chargés de
sécurité ne disposent pas, en règle générale, de bases méthodologiques requises à cet effet. La formation continue à leur intention (cf. annexe 4 de
l’ordonnance sur les qualifications) ne tient pas compte de ce fait. Ils doivent par conséquent suivre une formation complémentaire leur permettant d’être
à même d’établir une appréciation des risques.
Les chargés de sécurité ont deux fonctions. La première consiste à assurer la coordination dans les petites et moyennes entreprises (PME). Avec leur
formation de base (certificat de capacité), complétée dans le cas idéal par une formation complémentaire de chef d’atelier ou de contremaître, ils
disposent de très bonnes connaissances des conditions ambiantes, notamment au sein d’une entreprise industrielle. Leur deuxième fonction consiste à
compléter le service de sécurité dans une grande entreprise, où ils sont à même de se charger d’une fonction essentielle sur le plan la coordination avec
la base de l’entreprise.

307A6.2 Tâches complémentaires des médecins du travail


Art. 11e al. 2 OPA
En collaboration avec d’autres spécialistes de la sécurité du travail, les médecins du travail sont en mesure d’effectuer l’appréciation des dangers afin
d’assurer la sécurité et la santé des employés au sein de l’entreprise, de conseiller l’employeur et les employés pour les questions touchant à la sécurité
du travail et à la santé sur le lieu de travail (diminution des risques et élimination des lacunes; acquisition de nouveaux équipements de travail; introduction
de nouveaux procédés de travail, moyens d’exploitation, matériaux et agents chimiques; choix de dispositifs de sécurité, choix d’équipements de sécurité
individuelle; formation et information des employés sur les dangers spécifiques de l’entreprise, utilisation de dispositifs de sécurité, d’équipements de
protection et respect des exigences de la LTr, organisation des premiers secours, de l’assistance médicale d’urgence, du sauvetage et de la lutte contre
l’incendie. L’une des compétences principales des médecins du travail est constituée par l’examen médical d’entrée ou de contrôle pour évaluer si les
aptitudes requises pour l’activité prévue ou actuelle sont remplies. A la demande de la Suva, le médecin du travail peut réaliser des examens médicaux
préventifs, conformément aux art. 71 à 77 de l’OPA. Une autre tâche est le traitement d’urgence et la réadaptation (traitement initial des urgences;
traitement des atteintes spécifiques à l’entreprise en collaboration avec les médecins traitants; conseils dans le cadre de la réadaptation médicale et
professionnelle et de la réinsertion des employés). Le conseil dispensé par les médecins du travail couvre aussi les domaines réglés par la Loi sur le travail
et les ordonnances afférentes, p. ex. problèmes liés au travail par équipe, protection en cas de maternité, influences climatiques, qualité générale de l’air
et conditions d’éclairage.

307A6.3 Coordination du travail des spécialistes


Art. 11e al.3 OPA
L’ employeur règle les procédures, les responsabilités et les compétences des spécialistes en consultant au préalable les employés. Les descriptions de
postes et les organigrammes aident les employeurs à mieux comprendre l’organisation en matière de sécurité (1307A6.3).

307A7 Position des spécialistes de la sécurité au travail au sein de l’entreprise


Art. 11f OPA
307A7.1 Conditions posées à l’entreprise

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 25


307A Appel à des médecins du travail et autres spécialistes de la sécurité au travail (appel à des MSST) Partie 4

307A7.2 Indépendance
307A7.3 Accès au sein de l’entreprise

307A7.1 Conditions posées à l’entreprise


Art. 11f al. 1 OPA
Pour permettre aux spécialistes de la sécurité au travail d’assumer leurs tâches de manière efficace, il faut mettre à leur disposition une infrastructure
adéquate pour la formation ainsi que des moyens accessoires tels que des appareils de mesures, des EPI (337), etc. Les spécialistes doivent informer les
employeurs sur leurs activités et leurs contacts avec les organes d’exécution et fournir la documentation appropriée.

307A7.2 Indépendance
Art. 11f al. 2 OPA
Aucun préjudice sous forme de licenciement, baisse de salaire, déplacements, etc. ne doit résulter pour les MSST du fait de leur fonction spécifique au
sein de l’entreprise.

307A7.3 Accès au sein de l’entreprise


Art. 11f al. 3 OPA
Les spécialistes de la sécurité au travail doivent bénéficier en tout temps d’un droit d’accès illimité à tous les secteurs d’exploitation afin d’être en mesure
de déterminer et d’apprécier les risques de manière systématique. L’inspection continuelle des postes de travail est essentielle pour le contrôle de
l’application des mesures requises. Pour pouvoir déterminer et apprécier les risques, les spécialistes doivent disposer de la documentation relative aux
équipements de travail, aux matières utilisées, les avis d'accidents, des statistiques et aux structures organisationnelles. Conformément au principe qui
veut que la sécurité et la protection de la santé commencent avec la planification, il faut consulter les spécialistes de la sécurité au travail dès la phase de
planification lors de modifications fondamentales touchant au fonctionnement de l’entreprise ou des moyens d’exploitation et lors de l’acquisition de
nouveaux moyens d’exploitation.

307A8 Position des spécialistes de la sécurité au travail par rapport aux organes d’exécution
Art. 11g OPA
307A8.1 Obligation de renseigner
307A8.2 Droit consultatif
307A8.3 Obligation d’annoncer

307A8.1 Obligation de renseigner


Art. 11g al. 1 OPA
Pour permettre un déroulement efficace du contrôle du système par l’organe d’exécution, il convient de convoquer, outre la direction de l’entreprise, le
MSST consulté ainsi que le chargé ou le coordinateur de sécurité/personne de contact pour la sécurité au travail (PERCO).

307A8.2 Droit consultatif


Art. 11g al. 2 OPA
Sur leur demande, l’organe d’exécution compétent a l’obligation de conseiller les spécialistes de la sécurité au travail consultés dans les tâches qu’ils
exécutent au sein des entreprises.

307A8.3 Obligation d'annoncer


Art. 11g al. 3 OPA
En présence d’un grave danger immédiat pour les employés , les spécialistes de la sécurité au travail ont, en cas de refus d’obtempérer du côté de l’
employeur, l’obligation d’informer immédiatement par oral et par écrit l’organe d’exécution compétent. Sur la base de ces renseignements, ce dernier
prendra les mesures nécessaires selon l’art. 63 de l’OPA.

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 26


309A Bâtiments et autres constructions Partie 5

309A Renseignements concernant l'OPA: Bâtiments et autres constructions


309 Capacité de charge des bâtiments et autres constructions
310 Aménagement des bâtiments et autres constructions en relation avec leur nettoyage
311 Sols des bâtiments et autres constructions
312 Vitrages et porte de verre dans les bâtiments et autres constructions
313 Escaliers dans les bâtiments et les autres constructions ainsi que dans leur enceinte
314 Toits de bâtiments et d'autres constructions
315 Echelles fixes dans les bâtiments et les autres constructions ainsi que dans leur enceinte
316 Passages (voies de circulation) dans les bâtiments et les autres constructions ainsi que dans leur enceinte
317 Voies d'évacuation et issues de secours dans les bâtiments et les autres constructions ainsi que dans leur enceinte
318 Garde-corps et balustrades dans les bâtiments et les autres constructions ainsi que dans leur enceinte
319 Quais de chargement et rampes d'accès dans les bâtiments et les autres constructions ainsi que dans leur enceinte
320 Voies ferrées

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 27


309A Bâtiments et autres constructions Partie 5

309 Sécurité à la fatigue des bâtiments et autres constructions


309.1 Notion de «résistance à la fatigue» pour les bâtiments et autres constructions
309.2 Objectif de sécurité «résistance à la fatigue des bâtiments et autres constructions»
309.3 Vérification de la résistance à la fatigue
309.4 Protections des ouvertures aménagées dans le sol
309.5 Indication de la capacité de charge
309.6 Contrôle de la résistance à la fatigue et des contraintes

309.1 Notion «capacité de charge» pour les bâtiments et autres constructions


Art. 12 OPA
Par capacité de charge des bâtiments et autres constructions, on entend leur capacité portante suffisante ainsi que leur capacité fonctionnelle avec la
charge de service.

309.2 Objectif de sécurité "capacité de charge des bâtiments et autres constructions"


Art. 12 OPA
Les bâtiments et autres constructions doivent supporter les charges et les contraintes auxquelles ils sont soumis. Les contraintes admissibles doivent être
connues. (1309.2).

309.3 Vérification de la résistance à la fatigue


Art. 12 OPA
La vérification doit être faite par un ingénieur selon les règles reconnues de la statique et de la résistance de matériaux, qui correspondent à l’état de la
technique.
Cette vérification comprend généralement la vérification de la sécurité structurale (y compris la vérification de la stabilité) et la vérification de l’aptitude au
service.
Les contraintes auxquelles sont soumis effectivement les bâtiments et autres constructions doivent servir de base au calcul. Si elles ne peuvent pas être
mesurées, les indications de la norme SIA 260 doivent servir de bases (1309.3a).
D’autres bases de calcul sont prescrites par les règles en vigueur dans les domaines de la construction et de la technique, qui figurent dans des normes
SIA et EN (1309.3b).

309.4 Couvercles des ouvertures aménagées dans le sol


Art. 12 OPA
Les couvercles des ouvertures aménagées dans le sol (par exemple des ouvertures de montage), qui se trouvent dans la zone d'accès ou de circulation,
doivent être construits pour la même charge que le sol environnant (1309.4).
Les ouvertures dans le sol sur des chantiers doivent être protégées selon art. 17 al. 2 de l’ordonnance sur les travaux de construction (OTConst).

309.5 Indication de la capacité portante


Art. 12 OPA
Pour les sols de locaux, galeries ou plates-formes qui servent à la fabrication, au stockage ou à la manutention de matériaux et de marchandises, la
capacité portante doit être indiquée de façon indélébile et bien visible. Il n'est possible de renoncer à cette indication que si la charge admissible ne peut
pas être dépassée.

309.6 Contrôle de la capacité de charge et de la charge


Art. 12 OPA
L' organe d'exécution contrôle si la capacité portante est signalée aux endroits indis-pensables et intervient si la charge admissible n'est pas observée. Ce
n'est toutefois pas l'affaire des organes d'exécution de vérifier en l'occurrence les bases de calcul de la capacité de charge. L'employeur et, le cas
échéant, l'ingénieur, l'architecte ou le constructeur, mandaté par lui, sont responsables du calcul d'une capacité de charge suffisante des bâtiments et
autres constructions. S'il existe des doutes sérieux quant au calcul et à son exécution, l'organe d'exécution peut exiger une expertise technique (384.4).

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 28


309A Bâtiments et autres constructions Partie 5

310 Aménagement des bâtiments et autres constructions en relation avec leur nettoyage
310.1 Notions "aménagement" et "nettoyage"
310.2 Objectif de sécurité "aménagement" et "nettoyage"
310.3 Aménagement des bâtiments et autres constructions afin d'éviter la formation de dé-pôts
310.4 Possibilité de nettoyer sans risque les bâtiments et autres constructions
310.5 Aspiration des poussières et vapeurs dans les bâtiments et autres constructions

310.1 Notions « aménagement » et « nettoyage »


Art. 13 OPA
On entend ici la possibilité de concevoir les bâtiments et autres constructions de façon que des substances dangereuses ne puissent pas s'y déposer ou
que de tels dépôts puissent être éliminés sans danger et facilement.

310.2 Objectif de sécurité "aménagement" et "nettoyage"


Art. 13 OPA
Il faut éviter que des substances dangereuses pouvant dégager des vapeurs ou nuages de poussières nocives, inflammables ou explosives s'accumulent
en quantités critiques.
De plus les bâtiments et autres constructions doivent pouvoir être nettoyés facilement et sans danger de façon à être utilisés conformément à leur
destination (p. ex. éclairage) (1310.2).

310.3 Aménagement des bâtiments et autres constructions afin d'éviter la formation de dé-pôts
Art. 13 OPA
Pour que des dépôts de substances dangereuses ne puissent pas, dans la mesure du possible, se former à la surface du sol, il faut

éviter les surfaces horizontales dans les zones difficilement accessibles ainsi que le coins, ni-ches, angles morts, etc.
faire des sols, parois et revêtements lisses et sans joints.

310.4 Possibilité de nettoyer sans risque les bâtiments et autres constructions


Art. 13 OPA
Pour permettre un nettoyage simple et sans danger, il faut veiller à ce que

toutes les parties à nettoyer puissent être atteintes (1310.4) (voies de circulation: (316), accessibilité: (324)
les supports d'énergie dans la zone de nettoyage, qui présentent des risques, puissent être déconnectés (déconnecteur : 327.5)
les endroits dangereux à proximité de la zone de nettoyage soient ou puissent être recouverts ou protégés
les surfaces à nettoyer soient faciles à nettoyer (surfaces lisses sans joints, arrondis en lieu et place d’angles, revêtement de peinture)
il y ait des écoulements et, au besoin, des collecteurs.

310.5 Aspiration des poussières et vapeurs dans les bâtiments et autres constructions
Art. 13 OPA
Dans les cas particulièrement critiques, les poussières et les vapeurs doivent être aspirées à l'endroit où elles sont engendrées.

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 29


309A Bâtiments et autres constructions Partie 5

311 Sols des bâtiments et autres constructions


311.1 Notion "sols"
311.2 Objectif de sécurité "sols"
311.3 Conception des sols
311.4 Sols antidérapants
311.5 Suppression des endroits où il y a risque de trébuchement
311.6 Possibilité de nettoyer facilement les sols
311.7 Résistance mécanique des sols
311.8 Résistance des sols aux substances dangereuses
311.9 Sols insonores
311.10 Sols isolants à la chaleur
311.11 Conductibilité électrique

311.1 Notion « sols »


Art. 14 OPA
On entend ici par sols en particulier les revêtements finis de la partie portante (revêtements de sols) du sol proprement dit des voies de circulation, locaux
de travail, locaux de stockage et l'escalier.

311.2 Objectif de sécurité "sols"


Art. 14 OPA
Il faut éliminer les risques de glissade ou de trébuchement (1311.2).

311.3 Conception des sols


Art. 14 OPA
Lors de la conception des sols, on doit veiller à ce qu'ils

soient antidérapants (311.4)


ne présentent pas d'obstacles (311.5)

Lors de la conception de sols fonctionnels, on veillera en outre à ce qu'ils

puissent être bien nettoyés (311.6),


résistent aux influences mécaniques (311.7),
résistent aux agents nocifs (311.8),
amortissent le bruit (311.9),
aient une bonne isolation thermique (311.10),
soient, au besoin, conducteurs de l'électricité (311.11)

Les tableaux 314-1 à 314-3 figurant dans la directive OLT 3 renseignent sur les caractéristiques des différents sols industriels.

311.4 Sols antidérapants


Art. 14 OPA
Une surface antidérapante est fonction de la structure superficielle du sol à l'état de neuf et après usure. Elle est toutefois aussi influencée par les
semelles des chaussures et par les salissures (substances liquides et solides telles que l'eau, l'huile, la graisse).
Pour prévenir efficacement un risque de glissade, il faut porter des chaussures aux semelles adaptées aux conditions spécifiques (1311.4).
Les salissures qui favorisent les glissades doivent être éliminées immédiatement. Dans les endroits où cela n'est pas possible en raison de la nature des
travaux à exécuter (locaux humides, entreprises de décolletage, production de matières grasses), il faut utiliser des sols à surface absorbante, des
surfaces profilées à espace de refoulement (1311.4).
Il faut acheminer les agents liquides sales vers des conduites d’évacuation au moyen de sols inclinés.

311.5 Suppression des endroits où il y a risque de trébuchement


Art. 14 OPA
Les sols doivent présenter une surface plane sans inégalité. Les parties surélevées qui sont inévitables doivent être bien apparentes et seront, au besoin,
signalées de façon bien visible. Les parties abaissées doivent, dans la mesure du possible, être couvertes par des grilles.
Les endroits défectueux des sols doivent être remis en état immédiatement (1316.5).

311.6 Possibilité de nettoyer facilement les sols


Art. 14 OPA

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 30


309A Bâtiments et autres constructions Partie 5

L'hygiène, la nécessité d'éliminer des substances nocives, inflammables ou explosives, ou encore la suppression des risques de glissade rendent parfois le
nettoyage indispensable.
Le nettoyage de revêtements de sols à surface absorbante est plus difficile que le nettoyage de sols lisses. Avec des machines à nettoyer appropriées –
brosses à rotation inversée – ou des ap-pareils de nettoyage à haute pression, il est possible de tenir ces sols dans un parfait état.
Les revêtements de sols sans joints se laissent plus facilement nettoyer. Ils doivent être posés là où l'on a affaire à des substances agressives (acides).
Pour éviter des risques de glissade, on n'utilisera en outre pas de produits de nettoyage contenant des substances qui les favorisent.

311.7 Résistance mécanique des sols


Art. 14 OPA
Elle est tout spécialement indiquée pour les sols sur lesquels circulent des véhicules lourds.

311.8 Résistance des sols aux substances dangereuses


Art. 14 OPA
Elle est nécessaire dans les locaux où des quantités importantes de produits toxiques, caustiques ou inflammables sont conservés, travaillés ou
transvasés (1311.8).

311.9 Sols insonores


Art. 14 OPA
Les sols insonores peuvent contribuer fortement à réduire le bruit (311 , 311.5)

311.10 Sols isolants à la chaleur


Art. 14 OPA
Aux postes de travail occupés en permanence, le sol doit isoler contre la chaleur et ne doit permettre son dégagement que dans une faible mesure. Des
moquettes peuvent pallier à ce dégagement de chaleur; elles ne doivent toutefois pas présenter de risque de trébuchement.

311.11 Conductibilité électrique


Art. 14 OPA
Elle est nécessaire si des charges électrostatiques peuvent représenter un danger (326.5).

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 31


309A Bâtiments et autres constructions Partie 5

312 Vitrages et portes de verre dans les bâtiments et autres constructions


312.1 Notion "vitrages et portes de verre"
312.2 Objectif de sécurité "vitrages et portes de verre"
312.3 Suppression des blessures en cas de rupture de matériau translucide
312.4 Visibilité des parois et portes en matériau translucide
312.5 Moyen d'éviter des chutes au travers de parois et de portes en matériau translucide
312.6 Portes et parois en matériau translucide dans les zones présentant des risques d'explosion et d'incendie

312.1 Notion «vitrages et portes de verre»


Art. 15 OPA
On entend par là des éléments préfabriqués en matériaux translucides de nature très différente.

312.2 Objectif de sécurité "vitrages et portes de verre"


Art. 15 OPA
Les parois et portes en matériaux translucides ne doivent pas présenter de danger pour les personnes (1312.2).

312.3 Suppression des blessures en cas de rupture de matériau translucide


Art. 15 OPA
Le matériau translucide doit être incassable ou, en cas de rupture, ne pas former de fragments ou d'éclats pointus ou à arêtes vives. Les verres de
sécurité (verres feuilletés ou verres de sécurité ordinaires), les matières synthétiques translucides (polyméthacrylate, polycarbonate) remplissent cette
condition (1312.3).
Lorsque la rupture de surfaces translucides est empêchée par des grilles, il n'est pas posé d'exigence particulière au matériel translucide.

312.4 Visibilité des parois et portes en matériau translucide


Art. 15 OPA
Les surfaces translucides importantes – contre lesquelles on pourrait butter ou à travers lesquelles on pourrait passer – doivent être bien visibles. Cela est
valable tout particulièrement pour les por-tes. Les surfaces claires peuvent être signalées (1312.4). Des matériaux colorés ou dépolis peu-vent être
utilisés.

312.5 Moyen d'éviter des chutes au travers de parois et de portes en matériau translucide
Art. 15 OPA
S’il y a risque que des personnes heurtent des surfaces translucides – lorsque ces surfaces se trouvent par exemple au-dessous d’escaliers – ou s’il y a
risque de chute en passant au travers de ces surfaces – lorsqu’un point de chute existe par exemple derrière la surface translucide -, une des conditions
suivantes doit être remplie:

La partie de la surface translucide peut tout au plus descendre jusqu’à 1m du sol, la partie inférieure devant être constituée comme un
parapet.

Pour les surfaces vitrées au-dessous de 1m (sans parapet), il faut utiliser du verre de sécurité stratifié(simple, double ou isolant). Le
verre doit avoir les mêmes caractéristiques que la balustrade. Lors du calcul de l’épaisseur de verre requise, il faut vérifier la sécurité
structurale en tenant compte des charges possibles (norme SIA 160) et du type de construction. Pour les fenêtres, il faut en outre
prévoir une protection contre les chutes lorsque celles-ci se trouvent en position ouverte (1312.3).

Des protections appropriées (318) – telles que garde-corps (1318) dans la zone du trafic de personnes et glissières dans la zone du
trafic de véhicules – doivent empêcher que des personnes heurtent la partie de la surface translucide ou passent au travers.

312.6 Portes et parois en matériau translucide dans les zones présentant des risques d'explosion et d'incendie
Art. 15 OPA
On utilisera du verre de sécurité pour les surfaces translucides se trouvant dans une zone présentant des risques d'incendie.
Les surfaces translucides séparant une zone présentant des risques d'incendie d'une zone sûre (317.11) doivent être suffisamment résistantes au feu
(1339.3a).

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 32


309A Bâtiments et autres constructions Partie 5

313 Escaliers dans les bâtiments et les autres constructions ainsi que dans leur enceinte
313.1 Notion "Escalier"
313.2 Objectif de sécurité "Escalier"
313.3 Conception des escaliers
313.4 Largeur de l'escalier
313.5 Echappée ou espace libre au-dessus des escaliers
313.6 Dimensions des marches d'un escalier normal
313.7 Volées et paliers intermédiaires.
313.8 Espace entre escalier et paroi
313.9 Murs de la cage d'escalier, balustrades, main courante
313.10 Revêtements d'escaliers
313.11 Escaliers extérieurs
313.12 Escaliers raides
313.13 Echelles-escaliers
313.14 Escaliers tournants
313.15 Escaliers avec installation complémentaire pour le transport de marchandises
313.16 Escaliers dans l'industrie du bâtiment
313.17 Moyens d’accès permanents aux machines (moyens de travail)

313.1 Notion "Escaliers"


Art. 16 OPA
Les escaliers sont, outre les rampes et les échelles fixes applicables dans des cas spéciaux, les parties de passages (voies de circulation) qui relient entre
eux les parties de bâtiments et d'installations de niveaux différents.

313.2 Objectif de sécurité des "escaliers"


Art. 16 OPA
Les escaliers doivent être praticables en toute sécurité (1313.2).

313.3 Conception des escaliers


Art. 16 OPA
Lors de la construction des escaliers, on veillera à ce que:

leur largeur (313.4) et l'échappée ou espace libre (313.5) correspondent aux besoins
les marches aient des dimensions fonctionnelles (313.6 , 313.12 , 313.13 , 313.14)
les escaliers soient placés entre des parois ou des balustrades et que les mains courantes appropriées soient mises en place (313.9)
les volées et les paliers intermédiaires soient appropriés (313.7)
les escaliers ne présentent pas d'obstacles (313.8) et ne soient pas glissants (313.10 , 313.11)
que les escaliers soient, en règle générale, droits et que les escaliers tournants (313.14) soient correctement mis en place et
dimensionnés, notamment au niveau des voies d’évacuation (317)
que les escaliers et les couloirs au niveau des voies d’évacuation soient séparés contre l’intérieur du bâtiment à résister au feu
les exigences en matière d’escaliers, d’échelles à marches et de garde-corps de machines soient respectées (313.17).

De manière à résister au feu:


Exigences posées en matière de protection contre le feu:
Afin que les couloirs et les escaliers servant comme voies d’évacuation à l’intérieur des bâtiments puissent être empruntés en toute sécurité en cas de
feu ou de développement de fumée, ils doivent satisfaire à une certaine catégorie de résistance contre le feu.
Veuillez vous référer aux prescriptions cantonales de la police du feu ou à la norme de protection contre le feu avec les directives de l’ AEAI (1339.3a)
pour le dimensionnement (exigences en matière de protection contre le feu) des couloirs et escaliers en relation avec l’affectation et la configuration des
locaux et des bâ-timents, notamment sur le plan des dangers particuliers.
Pour contrôler et apprécier chaque cas individuel, il convient de déterminer les exigences requises en collaboration avec la police du feu.

313.4 Largeur de l'escalier


Art. 16 OPA
Les exigences en matière d’escaliers, d’échelles à marches et de garde-corps de machines sont décrites sous 313.17.
La largeur de l'escalier doit être calculée en fonction du nombre de personnes qui l'empruntent en même temps; elle devrait si possible être au moins de
1,2m pour les escaliers principaux. Lorsque l'accès aux bâtiments et aux autres constructions est peu fréquenté (par exemple une fois par jour) et qu'il
n'y a pas de matériel encombrant à transporter, la largeur de l'escalier peut être moins grande, mais ne doit qu'exceptionnellement être inférieure à 0,8m
(1313.4).

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 33


309A Bâtiments et autres constructions Partie 5

313.5 Echappée ou espace libre au-dessus des escaliers


Art. 16 OPA
Les exigences en matière d’escaliers, d’échelles à marches et de garde-corps de machines sont décrites sous 313.17.
L'espace libre au-dessus des escaliers et paliers devrait se monter au moins à 2.15m, perpendiculairement à l'arête des marches (1313.5).

313.6 Dimensions des marches d'un escalier normal


Art. 16 OPA
Les exigences en matière d’escaliers, d’échelles à marches et de garde-corps de machines sont décrites sous 313.17.
Le rapport idéal entre la contremarche et la marche est respectivement de 29 et 17 cm. Là où ces mesures idéales ne peuvent pas être observées, la
hauteur de la marche ne devrait pas être inférieure à 15 cm ni dépasser 20 cm. Quant à la largeur de la marche, elle devrait être déterminée d'après la
formule de commodité, la formule de la mesure du pas et la formule de sécurité (1313.6).

313.7 Volées et paliers intermédiaires


Art. 16 OPA
Les exigences en matière d’escaliers, d’échelles à marches et de garde-corps de machines sont décrites sous 313.17.
Les escaliers devraient être autant que possible à volée droite (1313.7). Toutes les 15 à 18 marches au plus, les escaliers devraient comporter un palier
intermédiaire. Sa longueur doit correspondre au moins à la largeur des escaliers.

313.8 Espace entre escalier et paroi


Art. 16 OPA
Les exigences en matière d’escaliers, d’échelles à marches et de garde-corps de machines sont décrites sous 313.17.
Si les marches ne touchent pas la paroi, l'espace ne devrait pas être supérieur à 5cm.

313.9 Murs de la cage d'escalier, balustrades, main courante


Art. 16, 21 OPA
Les exigences en matière d’escaliers, d’échelles à marches et de garde-corps de machines sont décrites sous 313.17.
Les côtés des escaliers sans parois latérales ou non contigus d'un côté à une paroi doivent être protégés par des balustrades de façon à empêcher la
chute de personnes et d'objets. Les balustrades doivent avoir au moins une hauteur de 90 cm, mesurée perpendiculairement à l'arête des marches. Au
niveau des paliers et paliers intermédiaires, la balustrade doit avoir au moins 1m de hauteur (balustrades: 1313.9). Les escaliers placés entre des parois
doivent être pourvus d'une main courante; pour l'escalier dont la largeur est inférieure à 1,5m, une main courante est autorisée; si la largeur est
supérieure, des mains courantes seront installées des deux côtés (mains courantes: 1313.9). Exceptionnellement, il est possible de renoncer à une
balustrade et une main courante si les escaliers ont 4 marches au maximum; pour les escaliers en plein air, le montage d'une main courante est dans ce
cas aussi recommandé.

313.10 Revêtements d'escaliers


Art. 16 OPA
La surface des marches doit être antidérapante ou celles-ci doivent avoir un revêtement antidérapant. A défaut de mieux, l'arête à l’avant des marches
au moins doit empêcher la glissade (surface rugueuse, bande nopée ou profilée, revêtement à rainures; il ne doit en résulter aucun risque de
trébuchement. Les escaliers doivent être maintenus toujours propres et être praticables en toute sécurité. On veillera en particulier à ce que les arêtes
des marches ne soient pas creusées ou ébréchées (1313.10).

313.11 Escaliers extérieurs


Art. 16 OPA
Les escaliers extérieurs doivent être construits en matériaux résistant aux intempéries. Eu égard à leur utilisation comme voie d'évacuation, ils ne doivent
pas passer le long de fenêtres. Si on ne peut l'éviter, les fenêtres concernées doivent présenter une résistance suffisante au feu (carreau en verre, verre
armé, etc.) ou les escaliers doivent être suffisamment distants de la façade des bâtiments. Il importe tout particulièrement que les escaliers extérieurs
soient antidérapants; ce résultat peut être obtenu grâce à une exécution adéquate des surfaces des marches (p. ex. grâce à l'utilisation de caillebotis ou
de marches en métal déployé) (1313.10).

313.12 Escaliers raides


Art. 16 OPA
Les exigences en matière d’escaliers, d’échelles à marches et de garde-corps de machines sont décrites sous 313.17.
Lorsque les accès aux parties de bâtiments ou d'installations sont peu fréquentés (par exemple une fois par jour), ils peuvent, s'il n'est pas possible de
dimensionner les marches selon les règles des escaliers ordinaires, être réalisés comme escaliers raides avec une inclinaison variant entre 40° et 50°
(1313.12). Pour une hauteur de marche minimale de 20cm et maximale de 24cm, la largeur de la marche doit avoir au moins 20cm.

313.13 Echelles-escaliers
Art. 16 OPA

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 34


309A Bâtiments et autres constructions Partie 5

Les exigences en matière d’escaliers, d’échelles à marches et de garde-corps de machines sont décrites sous 313.17.
Lorsque les accès aux parties de bâtiment ou d'installations ne doivent être utilisés que rarement (par exemple une fois par mois), ils doivent, s'ils ne
peuvent être exécutés ni selon les règles des esca-liers ordinaires, ni selon celles des escaliers raides, être conçus comme des échelles-escaliers avec une
inclinaison de 50° à 75° (1313.13). Pour une hauteur de marche minimale de 22.5 cm et maximale de 31,5 cm, la largeur de la marche doit alors avoir
entre 8 et 20 cm. La largeur optimale des échelles-escaliers est de 0,6 m.

313.14 Escaliers tournants


Art. 16 OPA
Les escaliers tournants ne devront être mis en place qu’exceptionnellement, dans des cas dûment motivés. Cette constatation se fonde notamment sur
des aspects ergonomiques et de technique de sauvetage. Les escaliers tournants sont inappropriés pour les travailleurs handicapés et physiquement
faibles (317.12).
Les exigences que doivent remplir les escaliers tournants principaux et secondaires se fondent sur l’objectif de sécurité général qui prévoit que les
escaliers doivent être accessibles avec un brancard en cas d’urgence. Les escaliers tournants sont interdits dans les tours (317.4). Les escaliers tournants
ne devraient être utilisés qu’en complément à d’autres escaliers.
Nous distinguons trois types d’escaliers tournants :

1. escaliers principaux
2. escaliers secondaires
3. escaliers d’installations

1. Escaliers principaux:
Les escaliers en colimaçon principaux sont de grands escaliers représentatifs dont la largeur des marches et le diamètre du noyau sont importants. Les
dimensions minimales (diamètre du noyau 0,9 m ; largeur de l’escalier 1,50 m) sont conformes à l’article 47.7 de la directive concernant la pro-tection
incendie de l’Association des établissements cantonaux d’assurance-incendie (AEAI; 1339.3a). Exception faite à la règle des escaliers à volées droites, ces
escaliers principaux peuvent être utilisés comme voies d’évacuation (317) lorsque les principes de l’architecture ou de la représentation l’imposent.
2. Escaliers secondaires:
Le diamètre des escaliers en colimaçon secondaires est plus petit. Ces escaliers ont cependant la largeur minimale des voies de circulation principales
(diamètre du noyau 0,50 m; largeur de l’escalier 1,20 m).
3. Escaliers d’installations:
Les exigences en matière d’escaliers, d’échelles à marches et de garde-corps de machines sont décrites sous (313.17).
Les escaliers d’installations servent exclusivement à l’accès aux installations et équipements techniques.
La profondeur des marches des escaliers en colimaçon doit être de 10 cm au minimum à une distance de 15 cm par rapport à la partie d’appui la plus
étroite. La plus grande profondeur des marches, mesurée dans le sens de la circulation, ne doit pas dépasser 45 cm. Toutes les 15 à 18 marches au
plus, les escaliers d’installations devraient également comporter un palier intermédiaire.
Des informations supplémentaires sur le dimensionnement des escaliers en colimaçon figurent dans l'illustration 409-3 de la directive relative à l’OLT 4
(1313.14).

313.15 Escaliers avec installation complémentaire pour le transport de marchandises


Art. 16 OPA
L'utilisateur qui emprunte l'escalier ne doit pas être mis en danger par les installations de transport de marchandises (par exemple monte-charges incliné,
chemins de roulement) et l'utilisation de l'escalier ne doit pas être empêchée. Les escaliers et les parties de construction qui les entourent doivent
satisfaire aux sollicitations exercées par l'installation de transport. Ces escaliers doivent aussi être construits selon les règles précitées. En particulier, ils
doivent aussi être à volée droite. Si cela n'est pas possible, par exemple pour les monte-charges inclinés, l'escalier devrait être réalisé en colimaçon
seulement d'un côté et la largeur des marches ne devrait pas être inférieure à celle prescrite pour les escaliers tournants.
Ces installations complémentaires de transport de marchandises ne doivent être incorporées dans des escaliers qu'avec l'autorisation spéciale des organes
d'exécution compétents (1111).

313.16 Escaliers dans l’industrie du bâtiment


Art. 16 OPA
Art. 8 , 9 OTConst
En particulier dans l'industrie du bâtiment, les dispositions précitées ne peuvent pas être respectées sans réserve en raison des variations constantes des
données et du caractère provisoire des installations. Des échelles, escaliers ou moyens de travail équivalents doivent être utilisés lorsqu’il faut surmonter
des différences de niveau de plus d’1m pour atteindre les places de travail. Les escaliers de plus de cinq marches doivent comporter une main courante
(escaliers et accès dans l'industrie du bâtiment: 1313.16).

313.17 Moyens d’accès permanents aux machines (moyens de travail)


Art. 16 OPA
Les principales exigences en matière de moyens d’accès permanents aux machines sont présentées dans la partie suivante. Les exigences détaillées
figurent dans les normes SN EN ISO 14122-1 (Choix d’un moyen d’accès fixe entre deux niveaux), SN EN ISO 14122-2 (Plates-formes de travail et
passerelles), SN EN ISO 14122-3 (Escaliers, échelles à marches et garde-corps) et SN EN ISO 14122-4 (Echelles fixes) (1313.17).
Choix du moyen d’accès (SN EN ISO 14122-1):
Lorsque l’accès est fréquent, un escalier avec un angle d’inclinaison de 30 à 38° doit être choisi.
Il convient d’éviter les échelles et les échelles à marches en raison du risque de chute plus élevé et des efforts physiques plus intenses engendrés par
l’utilisation de ces moyens d’accès. La décision finale doit être prise sur la base de l’appréciation des risques, y compris l’ergonomie.
Exemples de choix d’une échelle ou d’une échelle à marches:

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 35


309A Bâtiments et autres constructions Partie 5

Les moyens d’accès sont utilisés de façon peu fréquente.


L’utilisateur n’a pas à porter d’outils de grande taille ni tout autre matériel.
Il est prévu qu’un seul utilisateur emprunte le moyen d’accès au même moment.
Le moyen d’accès n’est pas destiné à être utilisé pour l’évacuation des blessés.

Notions d’escalier et d’échelle à marches:

H Hauteur volée a Angle d'inclinaison

g Giron w Emmarchement

e Echappée p Ligne de pente

h Hauteur de marche t Profondeur de marche

l Longueur du palier d'escalier c Dégagement

r Surplomb
Prescriptions de sécurité applicables aux escaliers de machines (extrait de la norme SN EN ISO 14122-3):

Le giron «g» et la hauteur «h» doivent respecter la formule «600 mm ≤ g + 2h ≤ 660 mm».
Le surplomb «r» de la marche doit être ≥ 10 mm et doit également s’appliquer aux plates-formes, platelages et paliers.
La marche la plus haute doit être au même niveau que le palier.

L’échappée «e» doit être de 2300 mm au minimum.


Le dégagement «c» doit être au moins de 1900 mm.
La largeur libre des escaliers doit être au minimum de 600 mm, de préférence 800 mm.
Elle peut être réduite jusqu’à 500 mm lorsque l’appréciation du risque et des contraintes dimensionnelles dues à la machine le justifient.
La hauteur de volée «H» ne doit pas dépasser 3000 mm par volée, sinon, un palier doit être prévu avant la volée suivante. La longueur
«l» du palier doit être d’au moins 800 mm, et dans tous les cas, elle doit être supérieure ou égale à la largeur de l’escalier. Uniquement
dans le cas d’un escalier à une seule volée, cette hauteur de volée ne doit jamais excéder 4000 mm.
Un escalier doit comporter au moins une main courante. Si la largeur de l’escalier est supérieure ou égale à 1200 mm, il doit y avoir
deux mains courantes. Exigences applicables aux garde-corps et aux mains courantes cf. (1318.5).

Prescriptions de sécurité applicables aux échelles à marches de machines (extrait de la norme SN EN ISO 14122-3):

La profondeur de la marche «t» ne doit pas être inférieure à 80 mm.


La hauteur de marche «h» maximale doit être de 250 mm.
Le recouvrement «r» de la marche ou du palier doit être ≥ 10 mm.
L’espace séparant les potelets ou les garde-corps doit être de préférence de 600 mm.
L’échappée minimale «e» doit être de 2300 mm.
Le dégagement «c» doit être au minimum de 850 mm.
La hauteur de volée «H» d’une volée unique ne doit pas dépasser 3000 mm.
Les échelles à marches doivent toujours avoir deux mains courantes.

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 36


309A Bâtiments et autres constructions Partie 5

La distance (mesure X) de la ligne de pente par rapport à l'axe de la main courante d'une main courante d'une échelle à marches doit être exécutée comme dans
l'illustration. Le tableau indique les dimensions recommandées. La main courante devrait au moins commencer à 1000 mm au-dessus de la surface d'accès.

Position de la main courante et distance de la ligne de pente par rapport à l'axe de la main courante d'une échelle à marches

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 37


309A Bâtiments et autres constructions Partie 5

314 Toits de bâtiments et d'autres constructions


314.1 Notion "Toits"
314.2 Objectif de sécurité "Toits"

314.3 Accès aux toits


314.4 Accès et emplacement de travail sur le toit
314.5 Travaux de toiture proprement dits

314.1 Notion « Toits »


Art. 17 OPA
Au sens de la présente ordonnance, les toits sont des surfaces de recouvrement de bâtiments et d'autres équipements – des avant-toits également –
sur lesquels les travailleurs doivent fréquemment monter pour assurer l'exploitation et le maintien en bon état de fonctionnement des équipements de
travail ou des autres constructions ou des parties de ceux-ci.

314.2 Objectif de sécurité "Toits"


Art. 17 OPA
L'accès au toit comme sa praticabilité ne doivent présenter aucun risque. (1314.2).

314.3 Accès aux toits


Art. 17 OPA
Un accès aux toits est nécessaire lorsque, à partir du toit, des installations ou, généralement, des équipement de travail ou d’autres constructions doivent
être exploités ou entretenus (par ex. machineries dʼascenseurs, installations de ventilation, installations dʼarrosage, conduites dʼénergie, mâts de
drapeaux, installation dʼantennes, cheminées, mais aussi fenêtres Shed ou lumidômes). Lʼaccès doit être conçu comme une voie de circulation (316)
lorsquʼil doit être emprunté régulièrement (par ex. une fois par mois) ou lorsquʼon doit transporter avec soi du matériel encombrant ou lourd. Dans le cas
contraire, seules les échelles fixes (315) peuvent être utilisées à titre exceptionnel (accès à cheminée: 1314.3).

314.4 Accès et emplacement de travail sur le toit


Art. 17 OPA
Les accès et les emplacements de travail sur le toit doivent pouvoir être utilisés sans danger. Au besoin, on installera des passerelles comme voies de
circulation (316) et lʼon protégera par des garde-corps (318), les endroits où il y a un risque de chute (1314.14a). Les toits supportant le passage de
personnes supportent toutes les contraintes pouvant survenir durant l’exécution des travaux. Les surfaces de toiture dont la résistance est limitée
peuvent supporter le passage d’une personne à la fois sans risque de rupture. Les surfaces de toiture qui ne sont pas assez résistantes et dont la pente
est inférieure à 45° (rangée de fenêtres, lanterneaux) doivent disposer de protections permanentes empêchant la chute au travers (1314.4b).

314.5 Travaux de toiture proprement dits


Art. 17 OPA

Pour les travaux de toiture et les travaux exécutés sur les toits, on observera les dispositions correspondantes sur la prévention des accidents
(OTConst). On ne peut circuler sur les parties de toits qui ne supportent pas le passage de personnes que sʼil existe des installations de
protection permanentes ou temporaires. Lorsqu’il faut exécuter des travaux depuis des surfaces de toiture dont la résistance est limitée ou
lorsque ces toitures servent de voies de circulation, il faut aussi les équiper de dispositifs de protection. Les surfaces de toiture qui ne sont
pas prévues pour le passage de personnes ou seulement pour le passage d’une personne à la fois doivent être signalées comme telles avant
le début des travaux (1314.5).

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 38


309A Bâtiments et autres constructions Partie 5

315 Echelles fixes dans les bâtiments et les autres constructions ainsi que dans leur enceinte
315.1 Notion "Echelles fixes"
315.2 Objectif de sécurité "Echelles fixes"
315.3 Conception des échelles fixes
315.4 Dimensions des échelles fixes
315.5 Distance entre l'échelle fixe et la paroi (espace pour les pieds)
315.6 Sortie supérieure des échelles fixes
315.7 Protection contre les chutes aux échelles fixes
315.8 Paliers intermédiaires (plate-forme de repos) aux échelles fixes
315.9 Calcul de la stabilité et la résistance des échelles fixes
315.10 Choix des matériaux des échelles fixes
315.11 Dessus des marches et des échelons des échelles fixes
315.12 Zones de danger dans le périmètre des échelles fixes
315.13 Echelles fixes temporaires

315.1 Notion «Echelles fixes»


Art. 18 OPA

Les échelles fixes sont les parties de passages applicables dans des cas spéciaux, qui relient des parties de bâtiments et d'installations de niveaux
différents ou qui permettent l'accès sécurisé aux puits.

315.2 Objectif de sécurité "Echelles fixes"


Art. 18 OPA
Les échelles fixes doivent être praticables en toute sécurité.

315.3 Conception des échelles fixes


Art. 18 OPA
Les règles techniques ci-après en matière de conception d'échelles fixes figurent dans des normes diverses (1315.3).
Lors de la conception et de la disposition des échelles fixes, on veillera à ce que

la distance entre les échelons ou les marches et la largeur des échelles soient calculées judi-cieusement (315.4)
l'espace nécessaire pour les pieds soit à disposition (315.5)
la sortie supérieure (315.6) puisse se faire en toute sécurité
les dispositifs de sécurité nécessaires contre les chutes (315.7) et des paliers intermédiaires (315.8) existent
la stabilité et la résistance soient garanties (315.9) et que des matériaux appropriés soient utilisés (315.10)
les échelons et les marches soient conçus de façon à empêcher toute glissade (315.11)
l'on ne puisse pas atteindre des zones de danger non protégées à partir de l'échelle (315.12)

315.4 Dimensions des échelles fixes


Art. 18 OPA
La distance entre les échelons ou les marches doit être identique sur l'ensemble de la longueur de l'échelle.
Il faut observer les distances suivantes entre les échelons (1315.4):

250 à 300 mm pour les échelles fixes dans les bâtiments et les puits.
225 à 300 mm pour les échelles fixes dans les installations de machines.

La largeur entre les montants de l'échelle (longueur des échelons) doit se situer entre 40cm (min.) et 60cm (max.). Dans les puits, la largeur de l'échelle peut se réduire
jusqu'à 30cm (1315.4).

315.5 Distance entre l'échelle fixe et la paroi (espace pour les pieds)
Art. 18 OPA
La distance entre les échelons ou les marches et la paroi ou les autres éléments de construction fixes doit être de 20cm au minimum. En cas d'obstacles
irréguliers (par ex. caniveau de câbles) et dans les puits, cette distance peut être diminuée jusqu'à 15cm (1315.4).

315.6 Sortie supérieure des échelles fixes


Art. 18 OPA
Art. 11 OLT 4

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 39


309A Bâtiments et autres constructions Partie 5

Les exigences de sécurité ci-après doivent être remplies en vue de la conception de l'échelon supérieur (1315.4):
L'échelon supérieur doit se situer à la hauteur du palier de sortie. Pour les échelles dans les puits, l'échelon supérieur peut se situer à 30cm au
maximum au-dessous du palier de sortie.

La distance entre l'échelon supérieur et le palier de sortie doit être de 75mm au maximum.
Les montants de l'échelle doivent être aménagés comme mains courantes au-dessus du palier de sortie:

au moins 1,1m au-dessus du palier de sortie dans les installations de machines


au moins 1m au-dessus du palier de sortie dans les installations de bâtiments

Des dispositifs d'aide à la sortie extensibles ou enfichables d'une longueur minimale de 1m (d'une longueur minimale de 60cm pour les échelles installées
avant 2005) sont requis pour les échelles de puits. Les sorties doivent être disposés de manière à ne pas être empruntés inopinément. Les sorties
d'échelles sur les plateformes de travail ou les zones de circulation doivent être sécurisées au moyen d'un portillon à fermeture automatique (1315.6).

Pour les échelles équipées d'un dispositif antichute (1315.7b), il faut que la liaison entre l'antichute et le harnais de protection doit pouvoir être réalisée et
interrompue à partir d'un emplacement sécurisé.

315.7 Protection contre les chutes aux échelles fixes


Art. 18 OPA
Art. 11 OLT 4
Les échelles fixes d'une grande hauteur doivent être équipées d'un dispositif antichute (1315.4).
Une protection dorsale ou un dispositif antichute est obligatoire:

dans les constructions et les puits à partir d'une hauteur de 5m,


dans les installations de machines à partir d'une hauteur de 3m.

La partie inférieure de la protection dorsale doit se situer au minimum à 2,2m et au maximum à 3m au-dessus du palier d'accès (1315.7a). A l'extrémité
supérieure, la protection dorsale doit se prolonger jusqu'à hauteur de la main courante (315.6). Il faut concevoir en fin de compte la protection dorsale de
manière à éviter les chutes de personnes.

Il faut avantager la protection dorsale par rapport au dispositif antichute (1315.7b), étant donné qu'elle est disponible en permanence sous forme de
mesure de protection collective.
Les protections antichute sont prévues pour les échelles de puits et les hauteurs importantes, par ex. sur les pylônes. La protection antichute est solidaire
de l'échelle (rail antichute). Elles doivent être utilisées en combinaison avec un équipement de protection individuelle antichute (337.13) devant être
endossé par tout utilisateur avant d'utiliser l'échelle (cf. normes SN EN 353-1 et SN EN 363).

315.8 Paliers intermédiaires (plate-forme de repos) aux échelles fixes


Art. 18 OPA
Art. 11 OLT 4
La hauteur de chute pour les grandes échelles avec protection dorsale doit être limitée par des paliers intermédiaires (1315.8). Des plateformes de
passage ou de repos sont requis:

au moins tous les 6m dans les installations de machines avec une hauteur totale de plus de 10m,
au moins tous les 10m dans les constructions.

315.9 Calcul de la stabilité et la résistance des échelles fixes


Art. 18 OPA
Les échelles fixes ne doivent pas pouvoir se plier ou se tordre de manière excessive. Elles ne doivent pas non plus trop osciller lors de leur utilisation. Les
éléments de raccordement, les articulations, les ancrages, les sabots et les points de fixation doivent fournir une rigidité et une stabilité adéquate à la
structure de l'échelle. afin de garantir la sécurité des utilisateurs dans des conditions d'utilisation ordinaires. Les échelles fixes doivent satisfaire aux
exigences de contrôle déterminées dans les règles techniques (1315.3).

315.10 Choix des matériaux des échelles fixes


Art. 18 OPA
Art. 11 OLT 4
Les matériaux utilisés pour les échelles fixes et leurs éléments de fixation doivent être résistants au vieillissement et appropriés aux conditions ambiantes
(par ex. météo, atmosphère corrosive, vibrations). Au besoin, il faudra protéger de manière appropriée. Les matériaux et la protection contre la corrosion
doivent satisfaire aux exigences définies dans les règles techniques, par ex. protection contre la corrosion pour échelles de puits (1315.3).

315.11 Dessus des marches et des échelons des échelles fixes


Art. 18 OPA
Pour réduire au maximum le risque de glissade, les échelons et les marches doivent si possible présenter une surface profilée ou être munis d'un
revêtement antidérapant. Les échelons ne doivent pas présenter d'arêtes vives. Les extrémités des échelons des échelles fixes à montant central
doivent être munies d'une protection anti-glissement pour prévenir le glissement latéral. Celui-ci doit présener une hauteur minimale de 20mm (1315.4).

315.12 Zones de danger dans le périmètre des échelles fixes

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 40


309A Bâtiments et autres constructions Partie 5

Art. 18 OPA
Les échelles fixes ne doivent pas être disposées dans une zone de danger non sécurisée (par exemple dans le périmètre d'éléments de machines en
mouvement ou de conduites électriques, dans la zone de déplacement de grues).
Toutes les parties d'échelles fixes potentiellement accessibles doivent être exécutées de sorte que les utilisateurs ne soient pas blessés (arêtes vives,
soudures, etc.).

315.13 Echelles fixes temporaires


Art. 18 OPA
Dans l'industrie du bâtiment en particulier, les dispositions précitées ne peuvent pas être respectées sans réserve en raison des variations constantes des
données et du caractère provisoire des installations. Dans ces cas, il y a lieu de prendre des mesures adaptées à la situation qui garantissent une sécurité
équivalente et suffisante (escaliers et accès dans l'industrie du bâtiment: 1313.16).

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 41


309A Bâtiments et autres constructions Partie 5

316 Passages (voies de circulation) dans les bâtiments et les autres constructions ainsi que dans leur enceinte
316.1 Notion "Voie de circulation"
316.2 Objectif de sécurité "Voie de circulation"
316.3 Conception des voies de circulation.
316.4 Nombre et disposition des voies de circulation
316.5 Largeur des voies de circulation
316.6 Espace libre au-dessus des voies de circulation
316.7 Séparation du trafic piétons et du trafic véhicules
316.8 Elimination ou marquage des endroits dangereux sur les voies de circulation
316.9 Voies de circulation à surface antidérapante
316.10 Ouvertures dans les voies de circulation
316.11 Portes situées sur les voies de circulation
316.12 Franchissement de différences de niveaux
316.13 Interruption des voies de circulation par des installations de l'entreprise
316.14 Voies de circulation surélevées
316.15 Voies de circulation dans les canaux pour conduites
316.16 Marquage et signalisation des voies de circulation
316.17 Eclairage de voies de circulation
316.18 Dégagement des voies de circulation
316.19 Transports effectués au-dessus des voies de circulation
316.20 Entretien (contrôle périodique) et nettoyage (remise en état) des voies de circulation
316.21 Voies de circulation temporaires

316.1 Notion «Voie de circulation»


Art. 19 OPA
Par voies de circulation, on entend les zones destinées au trafic des piétons et des véhicules à l'intérieur de l'entreprise, par exemple les routes, rampes,
voies ferrées, couloirs, entrées et sorties, escaliers, passerelles. Les dispositions sur les voies de circulation sont valables en général et sur l'ensemble de
l'aire de l'entreprise. Elles sont applicables également dans les endroits où des personnes ne séjournent que momentanément, par exemple dans les
entrepôts. En cas de danger, les travailleurs doivent pouvoir utiliser les voies de circulation comme voies d'évacuation (317).

316.2 Objectif de sécurité "Voie de circulation"


Art. 19 OPA
Les voies de circulation doivent en tout temps être praticables en toute sécurité. (1316.2).

316.3 Conception des voies de circulation


Art. 19 OPA
Lors de la conception des voies de circulation, on veillera à ce que:

elles existent en nombre suffisant (316.4)


leur largeur (316.5) et leur hauteur (316.6) satisfassent aux besoins d’exploitation et aux exigences ergonomiques
le trafic des personnes et celui des véhicules soient si possible séparés (316.7)
les endroits dangereux soient évités ou signalés (316.8)
les voies aient une surface antidérapante (316.9) et les ouvertures dans le sol soient couvertes (316.10)
les portes gênent le moins possible le trafic (316.11)
les différences de niveaux soient éliminées par des escaliers ou des rampes, dans des cas spéciaux par des échelles (316.12)
elles ne soient pas coupées par des installations techniques (316.13)
les surélevées soient protégés (316.14)
elles soient marquées et signalées (316.16)
elles soient suffisamment éclairées (316.17)
elles puissent être libres de tout obstacle (316.18)
les transports au-dessous des voies ne présentent aucun danger (316.19)
les voies de circulation fassent l’objet d’un contrôle et d’un entretien périodique obligatoire (316.20)

316.4 Nombre et disposition des voies de circulation


Art. 19 OPA
Le nombre des voies de circulation, que ce soit dans les bâtiments et les locaux ou dans l'enceinte de l'entreprise, doit être adapté aux conditions
d'exploitation. Sont d'une importance déterminante avant tout le nombre de personnes et de véhicules (entreprise et tiers) qui utilisent en même temps

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 42


309A Bâtiments et autres constructions Partie 5

les voies de circulation, en outre l'extension et la nature de l'utilisation et de l'occupation des bâtiments, locaux et autres constructions.
Les voies d’évacuation et issues de secours (317) exigées par l’art. 20 al. 3 et 4 de l’OPA sont en principe considérées comme «voies de circulation
principales». Pour l’accès vertical aux bâtiments, le nombre de voies de circulation est généralement identique au nombre de voies d’évacuation prescrit
(317.4).
Dans les bâtiments et les locaux fréquentés par un grand nombre de personnes, c’est-à-dire plus de cent, il faut appliquer des exigences plus sévères en
matière de voies de circulation et d’évacuation. Il faut notamment dimensionner les voies et escaliers de sortie de locaux et de bâtiments en fonction du
nombre de personnes les utilisant en cas d’urgence.

316.5 Largeur des voies de circulation


Art. 19 OPA
La largeur des voies de circulation doit être calculée en fonction du nombre de personnes appelées à circuler simultanément, du genre de véhicules utilisés
et du volume des marchandises à transporter. A l'intérieur des bâtiments, les voies de circulation principales doivent avoir au moins 1.2m de largeur et les
voies secondaires ne doivent généralement pas avoir une largeur inférieure à 0.8m (1316.5).Une marge de sécurité de 0.6m au moins doit exister des
deux côtés des véhicules circulant sur rails et une marge de 0.5m des deux côtés des véhicules ne circulant pas sur rails (1316.5).

316.6 Espace libre au-dessus des voies de circulation


Art. 19 OPA
L'espace au-dessus des voies de circulation est déterminé par les véhicules utilisés et la hauteur de chargement des marchandises transportées. Il faut
veiller à ce que l'espace libre nécessaire soit assuré près des portes et par rapport aux chicanes (telles que voies de roulement de grue et plate-forme).
Pour les passages de personnes, notamment les portes dans les voies d’évacuation, il faut en règle générale, pour des raisons ergonomiques, prévoir
une hauteur libre d’au moins 2m (317.8).

316.7 Séparation du trafic piétons et du trafic véhicules


Art. 19 OPA
Les voies destinées au trafic piétons devraient, si possible, être séparées des voies destinées au trafic véhicules. Le trafic doit être séparé tout
particulièrement dans la région des portes (1316.7).
Des dispositions spéciales sont applicables aux voies ferrées (320).
Le trafic à l'intérieur de l'entreprise est régi par les règles de la loi fédérale sur la circulation routière pour les véhicules ne roulant pas sur rails et par les
prescriptions de manœuvre de l'entreprise pour les véhicules sur rails (320.6).
En particulier, le trafic véhicules n'a aucun droit de priorité sur toutes les surfaces accessibles au trafic personnes.

316.8 Elimination ou marquage des endroits dangereux sur les voies de circulation
Art. 19 OPA
Les voies de circulation ne doivent présenter aucun risque de trébuchement et obstacle. Il faut éviter des seuils de compensation sur les voies de
circulation. Les différences de niveaux inévitables seront compensées par des plans inclinés (inclinaison possible -> rampe d'accès: (319.15). Les seuils de
compensation ne peuvent en tout cas être placés qu'à des endroits bien visibles. Les obstacles que l'on ne peut pas éviter dans les voies de circulation
doivent être rendus inoffensifs par des mesures appropriées (1316.8).

316.9 Voies de circulation à surface antidérapante


Art. 19 OPA
Les voies de circulation doivent avoir une surface antidérapante ou être pourvues d'un revêtement antidérapant (surface rugueuse, plaque nopées ou
profilées, revêtements à rainures, etc.). Cela est valable en particulier pour les voies de circulation inclinées et celles en plein air. En milieu humide, les
voies de circulation présenteront une certaine déclivité de façon que les liquides puissent s'écouler rapidement (311.4) (1316.9).

316.10 Ouvertures dans les voies de circulation


Art. 19 OPA
Les ouvertures pratiquées dans les voies de circulation doivent être couvertes. Les matériaux de couverture et le sol environnant doivent être à même
de supporter la même charge (309.4). Lorsque la trappe peut être relevée pour le passage de personnes ou de charges, l'ouverture dans le sol doit être
entourée de façon que personne ne puisse y tomber. Lorsque la couverture comprend des ouvertures pour le déversement de matières en vrac, ces
ouvertures doivent être conçus de façon que le personnel ne puisse pas être blessé (1316.10).

316.11 Portes situées sur les voies de circulation


Art. 19 OPA
Les portes doivent être disposées et conçues de façon à gêner le moins possible le flux de la circulation et à pouvoir être utilisées sans danger.
Le flux de la circulation est le moins possible entravé par des portes

qui s'ouvrent automatiquement lorsqu'un usager s'en approche


qui peuvent s'ouvrir par simple poussée dans la direction du trafic.

Pour que les portes puissent être utilisées sans danger, il y a lieu d'observer les dispositions contenues dans les règles correspondantes (1316.11).
Il faut en particulier avoir la garantie que

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 43


309A Bâtiments et autres constructions Partie 5

es portes ne peuvent pas tomber,


la zone de mouvement des portes est bien visible,
les portes battantes et basculantes sont empruntées à sens unique ou sont transparentes; à ce propos, les parties transparentes doivent
être marquées visiblement (312.4),
les personnes et objet ne sont pas coincés par les portes s'ouvrant et se fermant automatiquement,
même lorsque les portes sont actionnées à la main, il n'existe pas de zones de coincement et de cisaillement dangereuse.

Des dispositions particulières sont applicables pour les portes donnant sur des voies d'évacuation (317.8).

316.12 Franchissement de différences de niveaux


Art. 19 OPA
Les parties de bâtiments ou d'installations qui se trouvent à des niveaux différents doivent être accessibles au moyen d'escaliers (313) ou de rampes. Si
l'accès à ces parties de bâtiments ou d'installations est peu fréquenté (par exemple une fois par mois) et s'il n'y a pas de matériel encombrant et lourd à
transporter, des échelles fixes sont autorisées à titre exceptionnel (315). La même exception est admise lorsque seules de faibles différences de niveaux
(2m au maximum) doivent être franchies.
Les installations servant au transport de marchandises à des niveaux différents (telles qu'ascenseurs, monte-charges spéciaux, grues et engins de
levage, chariots élévateurs) ne peuvent pas remplacer les escaliers, rampes et échelles fixes éventuels nommés ci-devant, mais les compléter.

316.13 Interruption des voies de circulation par des installations de l'entreprise


Art. 19 OPA
Lorsque des voies de circulation sont interrompues par des installations, par exemple par des engins de manutention continue, il faut installer des
passages praticables en toute sécurité (1316.13).

16.14 Voies de circulation surélevées


Art. 19 OPA
Les voies de circulation qui ne sont pas au niveau du sol doivent être munies de garde-corps (318) ou de balustrades afin de prévenir la chute de
personnes, de véhicules et d’objets.

316.15 Voies de circulation dans les canaux pour conduites


Art. 19 OPA
Dans les canaux pour conduites qui doivent être empruntés, une voie de circulation de 1.85m de hauteur et de 0.6m de largeur au minimum doit être
réservée. (Canaux pour conduites (328.9)).

316.16 Marquage et signalisation des voies de circulation


Art. 19 OPA
Les voies de circulation que la configuration ne permet pas de reconnaître clairement doivent être marquées (1316.16).
Les interdictions de circuler, de passer, les limitations de vitesse, les routes à sens unique, les passages pour piétons, etc. doivent être signalés (1316.16).

316.17 Éclairage de voies de circulation


Art. 19 OPA
Selon la situation locale, les voies de circulation doivent être éclairées naturellement ou artificiel-lement de façon qu'elles puissent être empruntées en tout
sécurité. Pour l'aménagement de l'éclairage (333) artificiel, les directives de l'Union suisse pour la lumière doivent être observées (1316.17).
Pour les voies de circulation possédant seulement l’éclairage artificiel, un éclairage de secours fonctionnant automatiquement est nécessaire (333.10) si,
en cas de panne de l'éclairage normal, une situation dangereuse peut apparaître (par exemple la voie de circulation sert aussi de voie d'évacuation).

316.18 Dégagement des voies de circulation


Art. 19 OPA
Sur les voies de circulation servant aussi de voies d'évacuation, il est interdit de déposer du matériel, même momentanément. Sur les autres voies, le
matériel nécessaire aux différents processus et procédés de travail peut être déposé si, de ce fait, le flux de la circulation n'est pas gêné de façon
inadmissible dans toute l'entreprise.

316.19 Transports effectués au-dessus des voies de circulation


Art. 19 OPA
Lorsque des transports sont effectués au-dessus des voies de circulation (par exemple avec une grue, une installation de manutention continue), il faut
empêcher par des moyens appropriés (par exemple pont-abri, guidage des matériaux), que des personnes soient mises en danger par la chute de
matériaux.

316.20 Entretien (contrôle périodique) et nettoyage (remise en état) des voies de circulation
Art. 19 OPA

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 44


309A Bâtiments et autres constructions Partie 5

Les voies de circulation doivent être entretenues (contrôlées, nettoyées, remises en état) de façon à pouvoir être empruntées en toute sécurité. Le sol
ou le revêtement ne doit pas être détérioré. Les voies de circulation en plein air doivent, si besoin est, être libérées de la neige et de la glace.
Il faut périodiquement contrôler si les voies de circulation (316) et d’évacuation (317) sont à même de remplir leur rôle. Il faut notamment effectuer ce
contrôle lorsqu’on prévoit une modification de l’usage de bâtiments, de locaux et d’installations (p. ex. agrandissement de la construction, changement
d’affectation d’une entreprise, nouveaux procédés de production augmentant les dangers) (1316.20).

316.21 Voies de circulation temporaires


Art. 19 OPA
Dans l'industrie de la construction surtout, les dispositions précitées ne peuvent pas être entièrement observées en raison du changement continuel de la
situation et du caractère provisoire des installations. Dans ces cas il faut prendre des mesures adaptées à la situation et à la technique actuelle, qui
garantissent une sécurité équivalente et suffisante (voies de circulation dans l'industrie de la construction: 1316.21).

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 45


309A Bâtiments et autres constructions Partie 5

317 Voies d'évacuation dans les bâtiments et les autres constructions ainsi que dans leur enceinte
317.1 Notion "Voie d'évacuation"
317.2 Objectif de sécurité "Voie d'évacuation"
317.3 Conception des voies d'évacuation
317.4 Nombre et disposition des voies d'évacuation, cages d’escaliers et sorties
317.5 Dégagement des voies de circulation qui servent de voies d’évacuation en cas de danger
317.6 Marquage des voies d'évacuation et des portes sur les voies d'évacuation
317.7 Eclairage des voies d'évacuation et des portes sur les voies d'évacuation
317.8 Portes donnant sur des voies d'évacuation
317.9 Voies d'évacuation à surface antidérapante
317.10 Elimination ou marquage des endroits dangereux sur les voies d'évacuation
317.11 Les sorties sur les voies d'évacuation aboutissant en plein air ou un autre endroit sûr
317.12 Issue de secours et escaliers tournants dans les voies d'évacuation

317.1 Notion "Voie d'évacuation"


Art. 20 OPA
Art. 8 OLT 4
Les portes des voies d’évacuation doivent être signalées en tant que telles en permanence; on doit pouvoir les ouvrir rapidement, dans le sens de la
sortie, en tout temps et sans recourir à des moyens auxiliaires.
Servent de voies d'évacuation aussi bien les passages pour piétons et les voies carrossables pour le trafic normal à l'intérieur de l'entreprise (voies de
circulation:

316) que les voies spéciales qui ne doivent être empruntées qu'en cas d’urgence.

Dans cette optique, servent des portes sur les voies d'évacuation tant les portes prévues pour le déroulement quotidien du travail que celles
ne devant être emprun-tées qu'en cas d’urgence.

317.2 Objectif de sécurité "Voie d'évacuation"


Art. 20 OPA
Art. 8 , 10 OLT4
Les postes de travail, locaux et bâtiments ainsi que l'enceinte de l'entreprise doivent pouvoir être évacués à tout moment, rapidement et en toute
sécurité.
Les portes des voies d’évacuation doivent être signalées en tant que telles en permanence; on doit pouvoir les ouvrir en permanence et rapidement ainsi
que dans le sens de l'évacuation et sans recourir à des moyens auxiliaires.
(1317.2).

317.3 Conception des voies d'évacuation


Art. 20 OPA
Art. 8 , 9 , 10 OLT4
Lors de la conception des voies d'évacuation, on veillera à ce que:

les voies d'évacuation existent en nombre suffisant et que les distances prévues pour les voies d’évacuation ne soient pas dépassées
(317.4),
les voies de circulation qui servent de voies d'évacuation doivent être toujours libres (317.5),
les voies d'évacuation et des portes sur les voies d'évacuation soient signalées bien visiblement (317.6), éclairées suffisamment (317.7)
et, le cas échéant, munies d'un éclairage de secours (317.7),
les portes donnant sur des voies d'évacuation puissent toujours être ouvertes sans peine (317.8),
le sol des voies d'évacuation ait une surface antidérapante (317.9) et les voies ne présentent aucun obstacle et risque de trébuchement
(317.10),
les sorties aboutissent immédiatement à l'air libre, dans des rampes d'escaliers ou dans des zones de sécurité (317.11),
les voies d'évacuation permettent aussi l'accès indispensable pour entreprendre des actions de sauvetage et que les escaliers servant de
voies d’évacuation puissent être empruntés en toute sécurité (317.12).

317.4 Nombre et disposition des voies d'évacuation, cages d’escaliers et sorties


Art. 20 al. 3 OPA
Art. 7, 8 , 10 OLT4
Remarque: les exigences ci-après sont identiques à celles figurant dans l’OLT4 et explicitées dans le commentaire correspondant (1317.4).
Les étages inférieurs et supérieurs sont traités de la même manière.
La définition des bâtiments et les exigences supplémentaires imposées aux escaliers (cages d’escaliers de sécurité) dans les bâtiments figurent dans la
norme de protection incendie et dans les directives y afférentes de l’Association des établissements cantonaux d’assurance incendie AEAI (Directives de
protection incendie, état: 1.1.2015).

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 46


309A Bâtiments et autres constructions Partie 5

Nombre et disposition des escaliers et des sorties


Les escaliers sont des voies de circulation principale et d’évacuation verticales qui comprennent des:

Cages d’escaliers (escaliers situés à l’intérieur du bâtiment)


Escaliers extérieurs (escaliers à l’air libre)

Les cages d’escaliers doivent indiquer les sorties menant directement à l’air libre (317.11).
Des voies d’évacuation doivent être aménagées pour les:

Surfaces d’étages mesurant tout au plus 900 m2 doivent avoir au moins un escalier ou une sortie menant directement à l’air libre
Surfaces d’étages mesurant plus de 900 m2 doivent être desservies par au moins deux escaliers
Le nombre de sorties ou de voies d’évacuation est déterminé sur la base des surfaces d’étage.

Les longueurs des voies d’évacuation doivent également être prises en compte. Le nombre de cages d’escaliers ou de sorties peut encore augmenter
selon la répartition des locaux et des couloirs. La surface d’étage déterminante pour le calcul du nombre de cages d’escaliers et de sorties est la
surface utile limitée par les dimensions intérieures de l’enveloppe du bâtiment. En revanche, la surface occupée par des cloisons intérieures ne doit pas être déduite,
puisque celles-ci influencent directement la conception des voies d’évacuation.

Le nombre et la disposition des cages d’escaliers et des sorties (voies d’évacuation) dans les bâtiments et les locaux sont définis dans les articles:

Cages d’escaliers et sorties (art. 7 OLT4)


Voies d’évacuation (art. 8 OLT4)

Les voies d’évacuation prescrites légalement sont en principe considérées comme des voies de circulation principale.

Dans les bâtiments (sont considérés comme bâtiments les constructions dont la hauteur globale est supérieure à 30 m), des niveaux hors terre doivent
être construits avec des cages d’escaliers de sécurité. Comme les ascenseurs ne doivent pas être utilisés dans les grands bâtiments en cas d’urgence,
l’évacuation par les voies verticales nécessite plus de temps. Une évacuation des pompiers par les fenêtres et au moyen d’échelles n’est plus possible ou
difficilement envisageable. C’est pourquoi, les cages d’escaliers des grands bâtiments doivent être conformes à des exigences de sécurité plus élevées.
Celles-ci s’appliquent aussi bien à leurs sas qu’à leur résistance au feu.
Pour la planification et l’exécution des cages d’escaliers de sécurité, ce sont les directives suisses de protection incendie (AEAI: 1339.3a) qui s’appliquent.
Voies d’évacuation
Les voies d’évacuation sont des voies de circulation préparées dont le passage doit rester libre (316) et qui doivent pouvoir être utilisées sans danger en
cas d’urgence. Il est particulièrement important de planifier un nouveau concept d’évacuation tourné vers l’avenir qui intègre, si possible, des adaptations
au niveau des conditions d’exploitation. Des mesures particulières, nécessitant dans chaque cas une évaluation, doivent être notamment prises dans le
commerce et l’industrie, p. ex. pour des raisons de sécurité, de protection de la santé ou de techniques de production.

La longueur totale d’une voie d’évacuation se compose des sections «local» et «couloir». Elle est mesurée en ligne droite depuis les parois
fixes du local de sorte que le mobilier et les installations de stockage ne sont pas pris en compte. Le segment le plus court (couloir) est
considéré comme le trajet à parcourir (voir figures ci-dessous et légendes 408-1 et 408-2 dans le commentaire de l’ordonnance 4 relative à la
loi sur le travail).

La longueur totale du chemin de fuite se compose des deux La forme du local et les parois de séparation sans passages doivent
parties «local» et «couloir». être prises en considération.

Dans un local avec une sortie, la longueur du chemin de fuite ne doit


Construction d’un couloir (une sortie à l’air libre ou donnant sur une
pas dépasser 35 m. On ne tient compte ni du mobilier, ni des
cage d’escaliers)
installations de stockage.

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 47


309A Bâtiments et autres constructions Partie 5

Fig. 408-1 Voies d’évacuation

La longueur des chemins de fuite dans un local muni de 2 sorties à l’air


libre ou donnant sur 2 cages d’escaliers est de 35 m au maximum.

Fig. 408-2 Voies d’évacuation


La longueur d’une voie d’évacuation ne comprend pas le trajet à l’intérieur d’une cage d’escaliers, de ses couloirs de sortie ou des vestibules la reliant à la
sortie en façade (rez-de-chaussée).
Les longueurs maximales d’une voie d’évacuation sont:

35 m pour la distance à parcourir entre tout emplacement où l’on se trouve dans un bâtiment et la prochaine cage d’escaliers ou la
prochaine sortie

Ces longueurs maximales sont cependant soumises à d’autres conditions. Ainsi, la longueur de 50 m ne s’applique que si une partie du bâtiment est
aménagée avec un couloir. En principe, les longueurs d’une voie d’évacuation sont indépendantes du nombre des personnes qui occupent les locaux et les
bâtiments.
Exigences appliquées à la longueur maximale admissible d’une voie d’évacuation dans des locaux, en fonction du nombre de sorties et selon le moment à
partir duquel l’aménagement d’un couloir entre les sorties des locaux et les cages d’escaliers devient obligatoire:
Longueurs d’une voie d’évacuation pour des locaux non compartimentés (sans couloir):

Longueur maximale de 35 m lorsqu’il n’existe qủune seule sortie ou une seule cage d’escaliers (voir figure ci-dessous et légende 408-3
du commentaire de l’ordonnance 4 relative à la loi sur le travail)
Longueur maximale de 50 m lorsqu’il existe au moins deux sorties ou deux cages d’escaliers indépendantes l’une de l’autre (voir figure
ci-dessous et légende 408-4 du commentaire de l’ordonnance 4 relative à la loi sur le travail)

Cage d’escaliers sans couloir Deux cages d’escaliers sans couloir

Deux cages d’escaliers avec couloir


Cage d’escaliers avec couloir
a + b ≤ 50 m
a + b ≤ 35 m
a ≤ 35 m
Fig. 408-4 Exemple d’un étage avec deux ou plusieurs cages
Fig. 408-3 Exemple d’un étage avec une seule cage d’escaliers
d’escaliers

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 48


309A Bâtiments et autres constructions Partie 5

Trois cages d’escaliers avec couloir


Fig. 408-5 Exemple pour l’emplacement des cages
d’escaliers dans le cas d’une construction en L

Longueurs d’une voie d’évacuation pour des locaux compartimentés (local + couloir):

Longueur maximale de 35 m lorsqu’une sortie mène directement à l’air libre ou donne sur une cage d’escaliers (voir figure ci-dessus et
légende 408-3 du commentaire de l’ordonnance 4 relative à la loi sur le travail).

Si aucune des sorties de locaux ne mène directement dans un lieu sûr à l’extérieur ou ne donne sur une cage d’escaliers, l’aménagement d’un couloir
est nécessaire. La longueur d’une voie d’évacuation est alors la suivante:

Longueur maximale de 50 m (local + couloir) lorsqu’il existe deux ou plusieurs sorties ou cages d’escaliers (voir figures ci-dessus et
légendes 408-4 et 408-5 du commentaire de l’ordonnance 4 relative à la loi sur le travail).

Exigences imposées aux couloirs en matière de résistance au feu:


Afin que les couloirs des bâtiments qui servent de voies d’évacuation, principalement en cas d’incendie ou même en cas de dégagement de fumée,
puissent être traversés en toute sécurité, ils doivent être conformes à une certaine classe de résistance au feu dont les exigences sont définies dans les
directives de protection incendie de l’Association des établissements cantonaux d’assurance incendie AEAI. Pour examiner la conformité d’un cas individuel,
il est recommandé de définir des exigences avec la police du feu compétente.
Par cour intérieur, on entend un espace ouvert et libre à l’intérieur de constructions environnantes où peuvent, en principe, circuler également des
véhicules (voir figure ci-dessous et légende 408-7 du commentaire de l’ordonnance 4 relative à la loi sur le travail).

La cour intérieure peut être en partie couverte. Le fait de savoir si une cour intérieure peut être considérée comme un secteur sécurisé ou une voie
d’évacuation et une sortie à l’air libre dépend de chaque cas individuel. Des dimensions généreuses constituent dans tous les cas une condition importante
pour satisfaire à cette exigence. Il est essentiel qu’une cour intérieure puisse être évacuée à tout moment par une sortie protégée et indépendamment
de la configuration spécifique des lieux (en règle générale par un passage muré).

Les exigences minimales imposées à la longueur d’une voie d’évacuation et au nombre de sorties et de cages d’escaliers stipulées dans les articles 7 et 8
OLT4 sont conformes aux directives de protection incendie de l’Association des établissements cantonaux d’assurance incendie AEAI. Elles s’appliquent à
toutes les entreprises de la même manière, mais ne prennent pas en compte le potentiel de dangers.
Le potentiel de dangers est, aux termes de l’article 5 LTr, l’un des critères d’assujettissement pour les entreprises industrielles et supose la formulation de
prescriptions spéciales. L’article 8, alinéa 7 OLT4 exige des mesures particulières pour les voies d’évacuation dans les entreprises présentant des dangers
particuliers.
Le nombre plus important de voies d’évacuation ou la réduction de la longueur des voies d’évacuation entraînent l’une des mesures suivantes ou une
combinaison de celles-ci:

Une sortie de secours supplémentaire à l’étage inférieur.

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 49


309A Bâtiments et autres constructions Partie 5

Une cage d’escaliers supplémentaire pour les surfaces de base supérieures à 1800 m2.
Réduction de la longueur d’une voie d’évacuation à 20 m pour les locaux ou les surfaces de base avec une seule sortie.

Ces mesures supplémentaires doivent être examinées pour les entreprises et les locaux présentant des dangers particuliers conformément à l’art. 31
OLT4.

317.5 Dégagement des voies de circulation qui servent de voies d’évacuation en cas de danger
Art. 20 al. 1 OPA
Art. 8 OLT4
Les voies de circulation et les sorties attenantes, qui servent de voies d'évacuation en cas de danger, doivent constamment rester libres. Aucun matériau
de quelque nature que ce soit ne peut y être déposé. Les sorties doivent pouvoir être ouvertes rapidement et à tout moment ainsi que sans l'aide
d'autrui et dans le sens d'évacuation indiquée.

317.6 Marquage des voies d'évacuation et des portes sur les voies d'évacuation
Art. 20 al. 1 OPA
Art. 8 OLT4
Les voies d'évacuation et les portes des voies d'évacuation doivent être signalées (1317.6). Il suffit en règle générale que la sortie de la voie de circulation
servant de voie d'évacuation ou, pour les voies d'évacuation spéciales, l'issue de secours attenante soit signalée par l'inscription «Issue de secours» et
qu'elle soit visible même en cas de panne d'électricité. Des marquages au sol ou des panneaux indicateurs supplémentaires peuvent apporter une
amélioration si le marquage de l'issue de secours n'est pas visible depuis tous les postes de travail.

317.7 Eclairage des voies d'évacuation et des portes sur les voies d'évacuation
Art. 20 al. 1 OPA
Art. 8 OLT4
Les voies d'évacuation et les issues de secours doivent être éclairées conformément à la situation locale de façon qu'elles puissent être trouvées à tout
moment et praticables en toute sécurité. Dans les endroits ou l'éclairage artificiel est nécessaire, un éclairage de sécurité fonctionnant automatiquement
en cas de panne de l'éclairage normal est nécessaire (1317.6).

317.8 Portes donnant sur des voies d'évacuation


Art. 20 al. 3 OPA
Art. 10 OLT4
En plus des dispositions (316.11) applicables à toutes les portes, les portes donnant sur des voies d’évacuation doivent:

être reconnues en tant que telles,


être ouvertes rapidement dans le sens de la sortie et sans recourir à des moyens auxiliaires et
être utilisées en toute sécurité.

La largeur et la hauteur de la sortie doivent être dimensionnées de manière à assurer pleinement la fonction de voie d’évacuation. Pour éviter toute
collision frontale avec la porte, il faut, pour des raisons anthropométriques (masse corporelle), prévoir une hauteur libre d’au moins 2 m (316.6).
Les garnitures en verre des portes peuvent améliorer la sécurité en augmentant la vue sur les voies d’évacuation. Il faut cependant utiliser du verre de
sécurité.
Lorsqu’il faut impérativement verrouiller les portes dans les voies d’évacuation, p. ex. pour des raisons de sécurité, il faut opter pour les solutions ci-après:

serrures pouvant être ouvertes à l’aide d’une poignée depuis l’intérieur et seulement avec une clé à partir de l’extérieur et ne pouvant
pas être verrouillées de l’extérieur,
serrures mécaniques locaux pouvant être déverrouillées en tout temps sans l’aide d’une clé (p. ex. Exit-Control),
serrure antipanique.

Les commandes de portes peuvent être raccordées à un dispositif de surveillance (pour l’activation de l’alarme seulement).
Exceptionnellement, les portes à battants des locaux de petite surface (ne dépassant pas 50 m2), qui ne peuvent pas accueillir plus de 6 personnes et
où il n’existe aucun risque particulier (p. ex. petits bureaux, petits dépôts et entrepôts, petits vestiaires), peuvent s’ouvrir dans le sens opposé de la
sortie.
La largeur libre de l’ouverture des portes d’évacuation devrait si possible être:

de 90 cm pour les portes à un battant donnant sur des voies normales d’évacuation,
de 65 cm par battant pour les portes basculantes à deux battants.

Il se peut que des portes plus larges soient requises, p. ex. lorsqu’un local est occupé par plus de 100 personnes. Veuillez vous référer aux directives
suisses de protection incendie AEAI (AEAI: 1339.3a).
Informations complémentaires: voir la directive OLT4 Annexe

317.9 Voies d'évacuation à surface antidérapante


Art. 20 OPA
Art. 8 OLT4
Les voies d'évacuation doivent avoir une surface antidérapante ou être pourvues d'un revêtement antidérapant (surface rugueuse, plaques d'un
revêtement antidérapant (surface rugueuse, plaques nopées ou profilées, revêtements à rainures, etc.). Cela doit être pris en considération tout
spécialement pour les voies de circulation inclinées et à l'air libre. En milieu humide, les voies d'évacuation présenteront une certaine déclivité de façon que
Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 50
309A Bâtiments et autres constructions Partie 5

les liquides puissent s'écouler rapidement (glissage: 1311.4).

317.10 Elimination ou marquage des endroits dangereux sur les voies d'évacuation
Art. 20 OPA
Art. 8 OLT4
Les voies d'évacuation ne doivent présenter aucun danger pouvant entraîner un risque de trébuchement. Les seuils de compensation et les obstacles sur
les voies d'évacuation seront évités ou signalés de façon visible. Les portes situées sur les voies d'évacuation ne doivent pas donner directement sur des
escaliers.

317.11 Les sorties sur les voies d'évacuation aboutissant en plein air ou un autre endroit sûr
Art. 20 OPA
Art. 7, 8 , 10 OLT4
Les sorties dans les bâtiments, requises selon les dispositions (317.4), doivent en règle générale aboutir à l’air libre ou dans une cage d’escaliers résistant
au feu (voir directive de protection incendie 16-15f) (Les prescriptions suisses de protection incendie AEAI: 1339.3a). L’exigence est remplie lorsque:

une sortie directe par la façade est disponible (au niveau du sol),
un couloir construit de manière à résister au feu (voir directive de protection incendie 16-03f) relie la cage d’escaliers directement à l’air
libre,
la sortie de la cage d’escaliers est conçue de manière à remplir une fonction d’antichambre servant exclusivement à l’accès (construction
résistant au feu). Les surfaces de stockage sont par conséquent interdites. Les agencements ayant un rôle esthétique sont autorisés s’ils
ne présentent pas un risque d’incendie élevé (p. ex. infrastructure de réception),
la sortie donne dans une cour dotée d’une sortie ouverte (voir la figure suivante et l’explication 408-7 de la directive OLT4).

Lorsque des cages d’escaliers intérieures sont accessibles via un couloir de sortie, celui-ci peut exceptionnellement se trouver au sous-sol ou à l’étage (voir
la figure suivante et l’explication 407-1 de la directive OLT 4).

Dans des cas spéciaux (p. ex. pour des bâtiments de grande surface ou parties de bâtiments, conditions urbaines), l’issue de secours peut également
conduire à un «secteur sûr» où le danger provoquant la fuite n’existe plus (autres compartiments coupe-feu). Il convient de définir des exigences avec la
police du feu compétente pour chaque cas individuel.
Dans des cas exceptionnels, lorsque des mesures de sécurité particulières l’exigent (p. ex. action de tiers, propagation d’agents nocifs), on peut mettre
en place des sas de secours (p. ex. empêchement de l’accès aux personnes).
Le parcours restant vers la sortie doit impérativement être assuré et les exigences en matière de «zones sécurisées» doivent correspondre aux
conditions en plein air.

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 51


309A Bâtiments et autres constructions Partie 5

317.12 Issue de secours et escaliers tournants dans les voies d'évacuation


Art. 20 OPA
Art. 8 , 10 OLT4
Lors de la conception de voies d'évacuation, il faut tenir compte du fait que le sauvetage s'effectuera aussi par ces issues. Il convient donc de déterminer
également les moyens et installations qui y seront transportés à cet effet.
Les escaliers tournants (313.14) ne doivent être utilisés comme des issues de secours qu’à titre exceptionnel.
Exigences imposées aux personnes empruntant les escaliers tournants comme des issues de secours:

Escaliers principaux:
Exécution selon 313.14
Escaliers secondaires:
Ces escaliers ne doivent être empruntés qu'à titre exceptionnel conformément au chiffre 317.4, notamment lorsqu'ils sont situés près
de:
travaux de rénovation exécutés dans des bâtiments existants lorsque les conditions spatiales l'exigent;
sorties inutilisées en exploitation normale, à condition qu'aucun poste de travail permanent ne soit aménagé dans les étages ou
que les locaux soient occupés par très peu de personnel, p. ex. dans les locaux de stockage.
Escaliers d’installations:
Ce type d’escaliers n’est pas prévu et pas autorisé comme voie d’évacuation.

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 52


309A Bâtiments et autres constructions Partie 5

318 Garde-corps et balustrades dans les bâtiments et les autres constructions ainsi que dans leur enceinte
318.1 Notion "garde-corps" et "balustrades"
318.2 Objectif de sécurité "garde-corps" et "balustrades"
318.3 Conception des garde-corps et des balustrades
318.4 Limite de charge des garde-corps et des balustrades
318.5 Hauteur des garde-corps et des balustrades
318.6 Forme des garde-corps
318.7 Garde-corps et balustrades spéciaux avec des passages pour le transport de marchandises ou des procédés de production
318.8 Garde-corps ou dispositifs de sécurité contre les chutes
318.9 Dispositions spéciales concernant les garde-corps et les balustrades
318.10 Garde-corps permettant d’accéder à des machines

318.1 Notion «garde-corps» et «balustrades»


Art. 21 OPA
Dans ce contexte, les garde-corps et les balustrades ont pour but d'empêcher la chute de personnes, d'objets et de véhicules au travers des fenêtres et
d'ouvertures aménagées dans les parois et le sol, dans les escaliers sans parois latérales (313.9), les paliers, les galeries, sur les ponts, passerelles,
plates-formes, aux postes de travail placés au-dessus du sol ainsi que dans les canaux ouverts, les récipients et aux autres emplacements analogues.

318.2 Objectif de sécurité "garde-corps" et "balustrades"


Art. 21 OPA
Aux endroits de niveaux différents, les personnes, les objets et les véhicules ne doivent pas pouvoir tomber de façon à entraîner des risques.

318.3 Conception des garde-corps et des balustrades


Art. 21 OPA
Lors de la conception des garde-corps et des balustrades, on veillera à ce que

ceux-ci résistent à la charge à laquelle il faut s'attendre (318.4),


leur hauteur empêche une chute (318.5 , 318.6),
dans des cas particuliers, des dispositifs appropriés soient montés (318.7).

318.4 Limite de charge des garde-corps et des balustrades


Art. 21 OPA
Les garde-corps et les balustrades doivent résister aux forces que peuvent engendrer la chute de personnes ou d’objets ainsi que la collision de véhicules.
La balustrade d’une machine doit résister aux forces générées par une charge linéaire d’au moins 300 N/m s’appliquant horizontalement au niveau de la
main courante. Cela signifie que la balustrade ne doit subir aucune déformation permanente. La charge linéaire doit être augmentée selon l’emplacement
du garde-corps ou de la balustrade (1318.5).

Dans les habitations, les bureaux, les entrepôts et les espaces de vente, la charge linéaire minimale s’appliquant sur le plan horizontal doit, selon la norme
SIA 261, s’élèver à 800 N/m pour que les garde-corps puissent résister. Elle doit être rehaussée jusqu’à 3000 N/m pour les aires de rassemblement.
Le fabricant de la balustrade est responsable de la conformité aux normes des garde-corps ou balustrades. L’employeur ou le fabricant doit fournir la
preuve de la résistance statique. Un appel d’offres avec des dimensions inférieures aux valeurs limites prescrites ne justifie pas une réalisation sous-
dimensionnée.

318.5 Hauteur des garde-corps et des balustrades


Art. 21 OPA
Les garde-corps et les balustrades destinés aux moyens d’accès permanents aux machines doivent, selon la norme SN EN ISO 14122-3, avoir une
hauteur minimale de 1,1 m et être installés à partir d’une hauteur de chute de 0,5 m. Ils doivent être rehaussés lorsque des personnes, des objets ou, le
cas échéant, des véhicules risquent également de tomber depuis une hauteur de chute supérieure à 1,1 m (p. ex. en cas de postes de travail surélevés
par rapport à une plate-forme ou une passerelle), ou encore lorsque des marchandises sont entreposées à une hauteur de chute de plus de 1,1 m à
proximité du garde-corps ou de la balustrade.

Les balustrades des stations d’épuration sont soumises aux exigences spécifiques de la norme SN EN 12255-10 (1318.9). Pour les garde-corps de
chantiers, ce sont les prescriptions de l’ordonnance sur les travaux de construction (OTConst) et les exigences de la norme SN EN 13374 qui sont
applicables (1318.8).
Les garde-corps et les balustrades destinés aux moyens d’accès des bâtiments publics et des immeubles doivent avoir une hauteur minimale de 1 m
conformément à la norme SIA 358 (1318.5). Ils doivent être installés à partir d’une hauteur de chute de 1 m (1318.5).

Pour les balustrades utilisées dans la sphère privée, ce sont les recommandations de la brochure BpA «Garde-corps» qui s’appliquent. Elles
recommandent également une hauteur minimale de 1 m (1318.5).

C’est la norme VSS SN 640 568 qui est déterminante pour les garde-corps des routes, chemins, places et ponts routiers.

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 53


309A Bâtiments et autres constructions Partie 5

Les exigences applicables aux dispositifs routiers de retenue de véhicules, tels que les glissières de sécurité, parapets de sécurité et atténuateurs de
chocs, sont définies et décrites dans la norme EN 1317.

318.6 Forme des garde-corps et balustrades


Art. 21 OPA
Peuvent servir de garde-corps les murs, parois, parapets, éléments de construction massifs ou grillagés, mais aussi les éléments de machines et
installations, les casiers de stockage, les armoires à outils assurées en conséquence contre tout renversement et tout glissement, etc. Les garde-corps
doivent être construits de façon que les personnes et les objets ne puissent pas passer à travers.
Dans les domaines industriel et artisanal, un garde-corps avec une main courante et au moins une lisse intermédiaire (sous-lisse) protège en général
suffisamment. L’écart entre la sous-lisse et la main courante et entre celle-là et le bord supérieur de la plinthe ne doit pas être supérieur à 50 cm. La
protection de la plinthe doit être renforcée par une bordure d’au moins 10 cm de hauteur afin d’éviter tout roulement ou tout glissement (p. ex. pour les
garde-corps à l’extérieur, au-dessus d’autres postes de travail ou le long de chemins et de routes en contrebas).
La conception et la réalisation de protections contre les chutes pour les chantiers sont régies par l’ordonnance sur les travaux de construction (OTConst),
art. 15-19 (1318.8).
Dans les zones publiques, les garde-corps doivent être par exemple flanqués de poteaux espacés selon un écart maximal de 12 cm (1318.5). C’est la
norme SIA 358 qui est déterminante.

318.7 Garde-corps et balustrades spéciaux sur des zones de passage pour le transport de marchandises ou le processus de
production
Art. 21 OPA
Si le processus de production impose l’acheminement des marchandises par des zones de passage présentant un risque de chute, il faut installer
des balustrades et des garde-corps spéciaux (1318.7) et conçus de façon que les personnes ou objets ne puissent tomber. Ces zones doivent être
équipées en permanence de protections latérales, même en cas de déchargement immédiat.

318.8 Garde-corps ou dispositifs de sécurité contre les chutes


Art. 21 OPA
Dans l'industrie de la construction et lors des travaux d'entretien tout particulièrement, les dispositions qui précèdent ne peuvent pas être complètement
observées en raison du changement continuel de la situation et du caractère provisoire des installations. Dans ces cas, il faut prendre des mesures
adaptées à la situation et au niveau actuel de la technique, qui garantissent une sécurité équivalente et suffisante (dispositifs de sécurité contre les chutes
dans l'industrie de la construction: 1318.8).

318.9 Dispositions spéciales concernant les garde-corps et les balustrades


Art. 21 OPA
Des dispositions spéciales figurent dans différentes prescriptions et règles (1318.9)

318.10 Garde-corps permettant d’accéder à des machines


Art. 21 OPA
Extrait des prescriptions applicables aux garde-corps conformément à la norme SN EN ISO 14122-3 (1318.10)
Prescriptions applicables aux garde-corps horizontaux:

Un garde-corps doit être installé dès que la hauteur de chute possible est supérieure à 500mm.
Un garde-corps doit être fourni lorsque l’espace entre une plate-forme et la structure de la machine ou le mur est supérieure à 200mm.
Une plinthe est toutefois nécessaire dès que l’espace de séparation est supérieur à 30mm.
Quand des potelets verticaux remplacent une lisse intermédiaire, l’espace lisse horizontal entre les potelets doit être de 180 mm au
maximum.
Les plinthes doivent avoir une hauteur minimale de 100mm et être installées à 10 mm au maximum du niveau de déambulation.
Si la main courante est interrompue, l’espace libre entre deux segments ne doit pas être inférieur à 75mm ni dépasser 120mm.
Lorsque l’accès à travers le garde-corps est nécessaire, un portillon à fermeture automatique doit être utilisé. Il doit être muni d’une
main courante et d’une lisse intermédiaire positionnés au même niveau que celles du garde-corps qu’il prolonge.

Prescriptions applicables aux garde-corps d’escaliers et d’échelles à marches:

Dimensions en mm

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 54


309A Bâtiments et autres constructions Partie 5

Un escalier doit comporter au moins une main courante. Si la largeur de l’escalier est supérieure ou égale à 1200mm, il doit y avoir
deux mains courantes.
Les échelles à marches doivent toujours avoir deux mains courantes.
Un garde-corps doit être installé si la hauteur à gravir est supérieure à 500mm et s’il existe un espace libre supérieur à 200mm le long
du limon, de manière à assurer une protection sur le côté où existe cet espace.
La hauteur de la main courante doit être comprise entre 900 et 1000 mm depuis le nez de marche et doit être de 1100mm au-dessus
du niveau de circulation sur le palier. La main courante doit présenter un diamètre de 25 à 50mm ou avoir une section équivalente de
manière à garantir une prise en main sûre.
Le garde-corps doit intégrer au moins une lisse intermédiaire ou un dispositif équivalent. L’espace libre entre la main courante et la lisse
intermédiaire ainsi qu’entre la lisse intermédiaire et la plinthe ne doit pas dépasser 500mm.
La main courante doit être exempte de tout obstacle à une distance d’au moins 100mm sur toute sa longueur, sauf sur la face intérieure
pour le montage des fixations.

Main courante d’une échelle à marches

Distance entre la ligne de pente d’une échelle à marches et l’axe de la main courante

Degré ( °
X (mm)
)

60 250

65 200

70 150

75 100

Informations et documents supplémentaire: cf. (1318.10).

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 55


309A Bâtiments et autres constructions Partie 5

319 Quais de chargement et rampes d'accès dans les bâtiments et les autres constructions ainsi que dans leur enceinte
319.1 Notion "Quai de chargement" et "Rampe d'accès"
319.2 Objectif de sécurité "Quai de chargement" et "Rampe d'accès"
319.3 Conception des quais de chargement
319.4 Conception des rampes d'accès
319.5 Issue des quais de chargement
319.6 Largeur des quais de chargement
319.7 Espace de sécurité par rapport aux véhicules sur l'aire d'accostage
319.8 Abri sous les quais de chargement
319.9 Revêtement des quais de chargement
319.10 Protection des zones présentant des risques de chute
319.11 Rampes ajustables et plates formes de levage dans les quais de chargement
319.12 Jonction entre le véhicule et le quai de chargement
319.13 Accostage des quais de chargement par les véhicules en marche arrière
319.14 Largeur des rampes d'accès
319.15 Déclivité des rampes d'accès
319.16 Espace de sécurité par rapport aux véhicules
319.17 Revêtement des rampes d'accès
319.18 Chargement et déchargement des véhicules

319.1 Notion «Quai de chargement» et «Rampe d'accès»


Art. 22 OPA
Les quais de chargement servent au chargement et au déchargement des véhicules.
Les rampes d'accès font la jonction entre l'aire d'accostage et l'aire de chargement.

319.2 Objectif de sécurité "Quai de chargement" et "Rampe d'accès"


Art. 22 OPA
Les quais de chargement et les rampes d'accès doivent pouvoir être empruntés en toute sécurité et les quais de chargement doivent avoir des issues
sûres (1319.2).

319.3 Conception des quais de chargement


Art. 22 OPA
Lors de la conception des quais de chargement (1319), on veillera à ce que

il existe des issues présentant toute sécurité (319.5),


la largeur du quai corresponde aux exigences (319.6),
les espaces de sécurité par rapport aux véhicules soient garantis sur l'aire d'accostage (319.7),
pour les quais de chargement des chemins de fer, l'abri nécessaire existe au-dessous du quai (319.8),
le revêtement du quai de chargement soit antidérapant (319.9),
les endroits présentant des risque de chute soient protégés (319.10) et que les rampes ajustables et les plates-formes de levage en
particulier ne présentent pas de tels risques (319.11),
le passage entre le véhicule et le quai de chargement offre toute sécurité (319.12),
l'accostage en marche arrière se fasse en toute sécurité et que le véhicule accosté ne soit pas poussé au loin (319.13).

319.4 Conception des rampes d'accès


Art. 22 OPA
Lors de la conception des rampes d'accès, on veillera à ce que

la largeur de la rampe d'accès corresponde aux exigences (319.14),


la pente de la rampe d'accès soit réglée sur la nature des mouvements à exécuter (319.15),
les espaces de sécurité par rapport aux véhicules soient garantis sur l'aire d'accostage (319.16),
le revêtement de la rampe d'accès soit particulièrement antidérapant (319.17).

319.5 Issue des quais de chargement


Art. 22 OPA
Sont considérés comme issue présentant toute sécurité les escaliers (figures 1-3)

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 56


309A Bâtiments et autres constructions Partie 5

qui sont aménagés en dehors de la zone d'accostage,


qui débouchent dans une zone de sécurité en dehors du passage des véhicules,
qui ont une largeur minimum de 0.8m,
qui ont une balustrade ou une main courante s'il y a plus de 4 marches.

319.6 Largeur des quais de chargement


Art. 22 al. 2 OPA
Le quai de chargement doit avoir une largeur telle que les travailleurs puissent éviter les véhicules se déplaçant sur le quai et la marchandise transportée.
L'espace de sécurité doit être de 0.5m au moins; cet espace doit également être prévu aux endroits où la largeur du quai est réduite par des installations
auxiliaires telles que rampes ajustables ou plates-formes de levage. Dans la zone de déplacement sur l'aire de chargement, il n'est possible de déposer du
matériel que si l'espace de sécurité des deux côtés du véhicule ou de la charge est garanti.

319.7 Espace de sécurité par rapport aux véhicules sur l'aire d'accostage
Art. 22 al. 2 OPA
Les parties de construction situées au-dessus de l'aire de chargement ou les objets déposés sur le quai de chargement doivent être suffisamment
distants de l'arête de ce dernier pour laisser entre eux et les véhicules se trouvant sur l'aire d'accostage un espace d'au moins 0.5m (espace de sécurité
« s »).

319.8 Abri sous les quais de chargement


Art. 22 OPA
Là où il y a chargement et déchargement de wagons de chemin de fer à partir d’un quai, d'autres personnes que le personnel expérimenté de
manœuvre se trouvent, le cas échéant, à proximité des voies. Ces personnes doivent pouvoir se mettre en sécurité à l'approche de véhicules à moteur
et de wagons de chemin de fer. C'est pourquoi les quais de chargement de plus de 10m de longueur et de plus de 0.8m de hauteur à partir du niveau
supérieur du rail doivent comporter un abri.

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 57


309A Bâtiments et autres constructions Partie 5

319.9 Revêtement des quais de chargement


Art. 22 OPA
La chaussée des quais de chargement doit avoir une surface antidérapante. Les quais seront entretenus en conséquence; cela est particulièrement
important lorsqu'ils sont exposés aux intempéries telles que neige et glace. Il est judicieux de toujours prévoir un toit au-dessus des quais.

319.10 Protection des zones présentant des risques de chute


Art. 22 OPA
En dehors de la zone de transbordement des quais de chargement, les endroits présentant des risques de chute doivent être équipés de garde-corps ou
de balustrades (318). Lorsque, dans des cas spéciaux, les endroits présentant aussi des risques de chute dans la zone de transbordement doivent être
protégés, on choisira des solutions qui n'entravent pas le transbordement (1318.7). Dans ce cas également, l'espace de sécurité doit être toujours
garanti (319.7).

319.11 Rampes ajustables et plates-formes de levage dans les quais de chargement


Art. 22 OPA
Les endroits présentant des risques de chute et apparaissant lors de l'installation de rampes ajustables et de plates-formes de levage doivent être
protégés.
Pour les quais de voies ferrées, les rampes ajustables et les plates-formes de lavage ne doivent pas excéder l'espace autorisé pour les quais.
Les rampes ajustables et les plates-formes de levage doivent répondre aux dispositions y relatives (1319.11).

319.12 Jonction entre le véhicule et le quai de chargement


Art. 22 OPA
Pour couvrir l'espace séparant le véhicule et le quai de chargement et pour compenser les différences de niveau, on utilisera des ponts de chargement
(p. ex. des tôles pour rampes). Ils doivent présenter des butées mécaniques afin de ne pas glisser quel que soit le sens de déplacement du véhicule
1319.12).

319.13 Accostage des quais de chargement par les véhicules en marche arrière
Art. 22 OPA
Lorsque plusieurs points d'accostage sont disposés l'un à côté de l'autre, un espace de sécurité suffisant doit subsister entre les véhicules sur l'aire
d'accostage afin que les personnes puissent éviter ces derniers (1319).

Pour qu'il soit possible de s'approcher correctement du quai de chargement, la voie de circulation doit être marquée sur l'aire d'accostage.
Des mesures appropriées doivent être prises pour empêcher que les véhicules ne roulent ou ne basculent pendant le chargement (par exemple en
freinant les véhicules, en plaçant une cale derrière les roues). On tiendra compte à cette occasion des forces qui peuvent découler du freinage ou de
l'accélération du véhicule chargeur (engin de manutention).
Lorsqu'il s'agit de niches de chargement, un espace de sécurité de 0.5m au minimum doit subsister entre le véhicule – aussi les parties saillantes de celui-
ci – et les parties de bâtiments. Dans la zone située au-dessus du quai de chargement, cet espace de sécurité peut exceptionnellement être réduit à
0.4m (figures 1 et 2).

Figure 1:

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 58


309A Bâtiments et autres constructions Partie 5

Dans l'exemple selon figure 1 , la rampe est tirées vers l'avant de façon que, lorsque le butoir est pressé, il reste entre le véhicule et les parties de
bâtiments un espace de sécurité réduit « SR » de 0.4m au minimum.

Figure 2:

Dans l'exemple selon figure 2 , la rampe et les parois latérales sont tirées vers l'avant. La distance « s » entre le véhicule et la paroi latérale doit être au
moins de 0.5m.

319.14 Largeur des rampes d'accès


Art. 22 OPA
Les mêmes règles que pour les quais de chargement sont applicables pour déterminer la largeur des rampes d'accès (319.6).

319.15 Déclivité des rampes d'accès


Art. 22 OPA
La déclivité est déterminée par la nature des véhicules en mouvement et la marchandise à transporter. Pour l'exploitation manuelle, la déclivité ne devrait
pas être supérieure à 5%. Pour l'exploitation avec des véhicules à moteur, une déclivité de 10% ne devrait pas être dépassée (1319.15).

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 59


309A Bâtiments et autres constructions Partie 5

319.16 Espace de sécurité par rapport aux véhicules


Art. 22 OPA
Comme pour le quai de chargement (319.7), un espace de sécurité « s » d'au moins 0.5m doit subsister entre les parties construites ou les objets
déposés et les véhicules se trouvant sur l'aire d'accostage.

319.17 Revêtement des rampes d'accès


Art. 22 OPA
Les rampes d'accès doivent avoir une surface particulièrement antidérapante. Elles seront dégagées de la neige et de la glace.

319.18 Chargement et déchargement des véhicules


Art. 22 OPA
Quand bien même les mesures techniques nécessaires sont prises, il est encore nécessaire de prendre des mesures organisationnelles lors du
chargement et du déchargement des véhicules (1319.18). Il est indiqué de les consigner (p. ex. dans une instruction de travail) en les adaptant aux
conditions d'exploitation.

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 60


309A Bâtiments et autres constructions Partie 5

320 Voies ferrées


320.1 Notion "Voies ferrées"
320.2 Objectif de sécurité "Voies ferrées"
320.3 Conception des voies ferrées
320.4 Places de transbordement de marchandise
320.5 Points dangereux dans la zone des voies ferrées
320.6 Exploitation des voies ferrées
320.7 Voies ferrées temporaires

320.1 Notion "Voies ferrées"


Art. 23 OPA
Au sens où on l'entend ici, les voies ferrées sont des voies destinées aux véhicules sur rails circulant dans l'enceinte de l'entreprise. Il peut s'agir
d'installations proprement dites de chemins de fer industriels avec ou sans raccordement au réseau ferroviaire public, de chemins de fer d'usine spéciaux,
de voies ferrées de chantiers ou de rails de galeries souterraines.

320.2 Objectif de sécurité "Voies ferrées"


Art. 23 OPA
Les voies ferrées doivent assurer une exploitation exempte de risques. Lorsqu’elles se trouvent dans la zone de circulations générale – voies de circulation
(316) -, elles ne doivent pas gêner le trafic des piétons et des véhicules.

320.3 Conception des voies ferrées


Art. 23 OPA
Les voies ferrées doivent être construites selon les règles de sécurité. On tiendra compte de la portance du sol, des contraintes et de la vitesse de
roulement. Les changements de direction à plat ou à la montée doivent présenter des courbures d'un rayon suffisant qui assurent un trajet exempte de
risques (1320).
La voie ferrée doit être posée de façon qu'il subsiste toujours un espace de retraite de 0.6m de largeur au moins entre les éléments latéraux les plus
saillants du matériel roulant – enveloppe extérieure – et les installations fixes (par exemple bâtiment, parois, poteaux) (1320) (voir b1 dans la figure
suivante).
Dans la zone de circulation et de travail générale (c’est-à-dire partout où se trouvent et circulent des personnes et des véhicules – la distance de sécurité
latérale doit être d’au moins 1m (1320) (voir b3 dans la figure suivante).
Entre les éléments latéraux les plus saillants du matériel roulant – enveloppe extérieure – des deux voies voisines, il doit y avoir un espace de retraite d'au
moins 0.5m de largeur (voir b2 dans la figure suivante).
Les extrémités des voies doivent être équipées de butoirs en mesure d'arrêter les véhicules en mouvement (1320).
Les plaques tournantes et les transbordeurs doivent pouvoir être utilisés sans danger; ils doivent en particulier pouvoir être bloqués sur la voie de
raccordement (1320).
Lorsque des voies se rencontrent ou se croisent, il y a lieu de placer des signaux de sécurité (par exemple poteau de marquage, traverse, clou de
marquage) indiquant le point jusqu'où peuvent avancer les véhicules sans mettre en danger le trafic de l'autre voie.
Dans la zone de circulation et de travail générale, à l'intérieur de bâtiments, aux postes de travail, dans le secteur des voies de communication et – si l'on
manœuvre avec des véhicules routiers, sur toute leur longueur – les voies ferrées seront noyées au niveau du sol.

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 61


309A Bâtiments et autres constructions Partie 5

320.4 Places de transbordement de marchandises


Art. 23 OPA
Sur les places de transbordement et de stationnement de marchandises, les voies seront posées horizontalement (1320).
Lors du passage de places de transbordement et de stationnement de marchandises à des tron-çons de voie avec déclivité, il faut installer des dispositifs
empêchent la dérive inopinée des wa-gons de chemin de fer (1320).
Devant les tronçons de voie sur lesquels sont garés des wagons-citernes pour les gaz, acides et bases comprimés, liquéfiés ou dissous sous pression, il
faut installer des dispositifs verrouillables pour protéger ces wagons d'un tamponnement par d'autres wagons (1320).
Les fosses aménagées dans la zone des voies ferrées, destinées à recueillir les marchandises en vrac provenant des wagons-trémies ou des wagons
basculants doivent être couvertes de grilles qui soient praticables en toute sécurité (1320).
Aux endroits où sont déchargés les wagons à benne basculante, il convient d'installer, au besoin, des dispositifs qui empêchent que les wagons ne se
renversent (1320).
Si le transbordement de marchandises exige la présence d'ouvriers sur les wagons, un espace de sécurité de 0.5m au moins est nécessaire aux places
de transbordement en question entre les parties les plus élevées des wagons et les dispositifs fixes montés au-dessus de la voie (1320).
Aucun espace de sécurité n'est nécessaire entre les quais de chargement et le gabarit des wa-gons. Un abri d'au moins 0.8m de large et de 0.8m de
haut doit exister sous les rampes de plus de 10m de long (319.8 , 1320).

320.5 Points dangereux dans la zone des voies ferrées


Art. 23 OPA
Des barrières appropriées seront installées aux sorties de bâtiments et aux passages qui aboutissent immédiatement sur la voie, ainsi qu'aux autres
endroits sans visibilité (1320).
Lorsque des voies de chemin de fer et des voies d'autres installations se croisent, il faut installer au croisement des dispositifs de sécurité empêchant le
passage simultané des véhicules (1320).
Les lignes de contact doivent être montées de façon que la sécurité d'exploitation soit réalisée (1320).
Les lignes de contact doivent être soutenues et disposées de façon qu'en cas de rupture d'un support de ligne, le fil ou d'autres éléments sous tension ne
puissent pas se trouver à moins de 3m du sol ou d'autres endroits accessibles (1320).
Si le transbordement de marchandises exige la présence d'ouvriers sur les wagons, la ligne de contact doit pouvoir être mise hors circuit, assurée contre
tout réenclenchement et mise à la terre dans la zone de la place de transbordement correspondante (1320).

320.6 Exploitation des voies ferrées


Art. 23 OPA
Pour les travaux de triage, on ne peut occuper que du personnel spécialement formé à cet effet. Les dispositions appropriées pour les différentes
installations seront récapitulées dans un règlement de triage interne (1320.6).
La vitesse est à adapter selon la déclivité, la visibilité, la configuration des voies et la charge des wagons, de sorte qu'un train puisse être stoppé à temps.

320.7 Voies ferrées temporaires


Art. 23 OPA
En particulier dans l'industrie du bâtiment, les dispositions précitées ne peuvent pas être respectées sans réserve en raison du changement constant des
données et du caractère provisoire des installations. Dans ces cas, il y a lieu de prendre des mesures adaptées à la situation, qui garantissent une
sécurité du bâtiment.

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 62


321A Équipements de travail Partie 6

321A Renseignements concernant l'OPA: Équipements de travail


321 Principe des équipements de travail
322 Capacité de charge des équipements de travail
323 Aménagement des équipements de travail en relation avec leur nettoyage
324 Accessibilité aux équipements de travail
325 Dispositifs de protection des équipements de travail
326 Sources d'inflammation aux équipements detravail
327 Commandes et dispositifs de commande aux équipements de travail
328 Réservoirs et conduites
329 Installations de chauffage pour besoins techniques
329A Utilisation des équipements de travail
329B Entretien des équipements de travail
329C Installations à gaz liquéfié

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 63


321A Équipements de travail Partie 6

321 Principe des équipements de travail


321.1 Notion "équipements de travail"
321.2 Objectif de sécurité "emploi des équipements de travail"
321.3 Emploi des équipements de travail
321.4 Instructions (instructions d'exploitation, notices d'instructions, instructions d'entretien)
321.5 Utilisation avec tout le soin requis
321.6 Utilisation des machines
321.7 Equipements de travail construits par l'utilisateur
321.8 Conception (mise au point, construction) des équipements de travail
321.9 Distances de sécurité, distances minimales
321.10 Equipements de travail exploités par l'application directe de la force humaine
321.11 Equipements de travail (utilisés pour la première fois avant le 31.12.1996)

321.1 Notion "équipements de travail"


Art. 24 OPA
Directive CFST 6512 "Equipements de travail", point 3
Sont réputés équipements de travail les "machines , appareils et outils utilisés au travail" (art. 3 al. 3 OPA) (1321.1).
La directive sur les équipements de travail comprend également des équipements de travail qui ne sont pas directement utilisés pour travailler ainsi que
les équipements de protection individuelle (EPI).

321.2 Objectif de sécurité "emploi des équipements de travail"


Art. 24 OPA
Il convient de faire en sorte que seuls soient employés, acquis et utilisés des équipements de travail qui ne mettent pas en danger la sécurité et la santé des travailleurs.
(1321.2).

321.3 Emploi des équipements de travail


Art. 24 OPA
Directive CFST 6512 "Équipements de travail", point 4
L' objectif de sécurité fondamental (321.2) peut être rempli par l' employeur selon les points ci-dessous

Emploi (y compris choix et acquisition) de machines, installations remplissant les prescriptions figurant à l'art. 2 al. 1 let. b OMach (321.6)
Utilisation de machines, d'installations construits par l'utilisateur aux exigences essentielles de sécurité et de santé relatives (321.7)
Utilisation d'"anciens" équipements de travail (utilisés avant le 31 décembre 1996) remplissant au minimum les dispositions figurant aux
art. 25 à 32 et 34 al. 2 OPA (321.11)
Emploi et utilisation d'outils construits selon les règles de la technique reconnues (1321.3a)
Emploi et utilisation d' équipements de protection individuelle remplissant les prescriptions figurant à l'art. 4 LSPro et de l'art. 13
al. 2 OSPro (337)
Emploi et utilisation d'appareils à gaz remplissant les prescriptions de l'art. 4 LSPro et de l'art. 13 al. 1 OSPro (1321.3b)
Emploi et utilisation d'appareils et de systèmes de protection - utilisés dans les zones exposées au danger d'explosion - remplissant les
dispositions spécifiques de l'ordonnance appropriée (OSPEX) (1321.3c)
Emploi et utilisation d'ascenseurs remplissant les prescriptions de l'ordonnance sur la sécurité des ascenseurs (ordonnance ascenseurs)
(1321.3d).
Emploi et utilisation d'équipements sous pression remplissant les prescriptions de l'ordonnance sur la sécurité des équipements sous pression (ordonnance relative aux
équipements sous pression) (1321.3e)
Emploi et utilisation de récipients à pression remplissant les prescriptions de l'ordonnance sur la sécurité des récipients à pression simples (ordonnance sur les
récipients à pression simples) (1321.3f)

321.4 Instructions (instructions d'exploitation, notices d'instructions, instructions d'entretien)


Art. 24 OPA
Chaque équipement de travail doit être accompagné d’instructions (instructions d’exploitation, notices d’instructions et instructions d’entretien) (1321.4).
L’utilisateur de l’équipement de travail dispose ainsi d’informations sur:

l’utilisation de l’équipement de travail en toute sécurité


l’utilisation des équipements de travail conformément à leur destination
l’utilisation des équipements de travail non conforme à leur destination
mauvais usage raisonnablement prévisible
le soin requis dans l’utilisation de l’équipement de travail
les mesures de sécurité devant être prises par l’acquéreur de l’équipement de travail
la formation spécifique requise
l’entretien
le matériel de remplacement pour les composants touchant à la sécurité
les autorisations relatives aux modifications des équipements de travail

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 64


321A Équipements de travail Partie 6

Explications complémentaires voir 1321.4

321.5 Utilisation avec tout le soin requis


Art. 24 al. 1 et 11 OPA
L'utilisateur de l'équipement de travail doit se comporter de façon sûre. Il doit en particulier utiliser correctement les dispositifs de sécurité et les
équipements de protection individuelle (EPI) nécessaires et observer les instructions (321.4) de la personne mettant en circulation l'équipement de travail.
L'utilisateur ne doit utiliser l'équipement de travail que lorsqu'il est conforme aux prescriptions de sécurité. Les dommages ou lacunes (notamment ceux
qui comportent des risques) seront éliminés avant l'utilisation de l'équipement (1321.5).

321.6 Utilisation d'équipements de travail remplissant les prescriptions de la LSIT


Art. 24 al. 2 OPA
Directive CFST 6512 "Equipements de travail", pt 4
L'employeur remplit les prescriptions relatives aux machines figurant à l'art. 24 al. 2 OPA en particulier lorsqu'il utilise des machines conformes aux dispositions de l'OMach.
On entend par là des machines, installations que l'employeur a acquises après le 1.1.1997 et pour la conformité desquelles le fabricant/responsable de la mise en circulation
assume la responsabilité. En conséquence, l'employeur doit disposer d'une déclaration de conformité.
L'employeur est tenu d'utiliser l'équipement de travail sans y apporter de modifications. S'il exige que le responsable de la mise en circulation modifie le concept de sécurité
de la machine (par ex. livraison sans dispositifs de protection), les prescriptions de l'OMach et de l'OPA ne sont alors plus remplies ni par l'employeur, ni par le responsable
de la mise en circulation (1321.6).

Si l'employeur exige que le responsable de la mise en circulation apporte des modifications (par ex. en vue d'une utilisation non prévue par le fabricant), il faut alors adapter le
concept de sécurité et établir une nouvelle déclaration de conformité. Le responsable de la mise en circulation est par ailleurs tenu de compléter et d'adapter la notice
d'instructions livrée avec la machine conformément à la nouvelle configuration de cette dernière.

321.7 Equipements de travail construits par l'utilisateur


Art. 24 al. 2 OPA
Directive CFST 6512 "Equipements de travail", pt 4
L'entreprise construisant elle-même les équipements de travail est considérée comme fabricant (responsable de la mise en circulation) au sens de la LSPro.

Le terme "équipements de travail construits par l'utilisateur" comprend notamment:

que l'équipement de travail soit construit et confectionné par l'utilisateur


que l'utilisateur lui-même assemble des machines individuelles pour en faire une installation complète
que l'utilisateur mette en œuvre sa propre ingénierie
que l'utilisateur dirige ou acquiert l'équipement de travail sous sa propre responsabilité
Exigences relatives aux machines construites par l'utilisateur:
L'employeur doit veiller à ce que les conditions requises pour la mise en circulation selon l'art. 2 al. 2 let. b de l'OMach soient remplies avant la mise en service de la machine
construite par l'utilisateur. Il est tenu, en particulier, d'observer les exigences essentielles de sécurité et de santé selon l'annexe I de la directive européenne relative aux
machines; il doit également veiller à ce que le dossier technique selon l'annexe VII de la directive UE relative aux machines soit disponible pendant 10 ans et à ce qu'une
notice d'instructions (321.4) et une déclaration de conformitö sont fournies. (1321.7)

Exigences de sécurité et de santé pour d'autres équipements de travail soumis à une "réglementation" (liste non exhaustive):

pour les appareils à gaz: annexe I de la directive "appareils à gaz"


pour les équipements de protection personnelle (EPI): annexe II de la directive "EPI"
pour les installations d'ascenseurs: annexe 1 de l'ordonnance sue la sécurité des ascenseurs
pour les appareils et les systèmes de protection dans les zones exposées au danger d'explosions: annexe II de la directive "appareils
explosibles" (ATEX)
Exigences de sécurité et de santé relatives aux équipement de travail non soumis à une "réglementation" et construits par l'utilisateur:

L'employeur doit pouvoir prouver que l'équipement de travail construit par l'utilisateur est conforme à l'état des connaissances et de la technique (par ex. normes, directives,
feuillets techniques) et qui présentent un risque nul ou minime pour la santé ou la sécurité des travailleurs lorsqu’ils sont utilisés dans des conditions normales ou
raisonnablement prévisibles, et qu'il est pourvu de la notice d'instructions requise. Toutefois, contrairement aux équipements de travail soumis à une réglementation, une
déclaration écrite n'est pas nécessaire.

Informations relatives à la conception d'équipements sûrs, voir (321.8).

321.8 Conception (mise au point, construction) des équipements de travail


Art. 24 OPA
Principes d'intégration de la sécurité dans les équipements de travail
L'application de ces principes par des personnes responsables implique non seulement l'intégration de la sécurité et de la protection de la santé sur le lieu
de travail mais aussi la protection du consommateur et de l'environnement. Par ailleurs, il faut prendre toutes les mesures visant à éviter les dangers
durant le cycle de vie complet d'un équipement de travail, c'est-à-dire de la conception à son élimination.

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 65


321A Équipements de travail Partie 6

Lors du choix des mesures de sécurité, on veillera à ce que celles-ci ne soient pas subordonnées à des considérations purement matérielles. Ce choix
tiendra impérativement compte de l'ordre suivant:
1. sécurité
2. fonctionnement
3. coûts
Lors de la conception d'équipements de travail, il est indispensable de procéder à l'appréciation des risques. Dans le cadre du concept de sécurité, il faut
prendre la mesure de sécurité appropriée pour chaque facteur de risque pouvant mettre en danger des personnes. A cet effet, les trois points
susmentionnés seront observés comme décrit ci-après:
1re étape : mise en œuvre d'une technique de sécurité de proximité
Intégration du concept de sécurité (diminution des risques) dans le développement, l'élaboration et la construction de l'équipement de travail afin d'éviter
dans la mesure du possible les dangers.
La mise en œuvre des mesures individuelles ou combinées ci-après fait partie intégrante de la diminution des risques :

éviter les bords et les angles coupants, les parties saillantes, etc.
rendre les équipements de travail insoffensifs, p. ex. en observant les distances minimales (321.9) entre les parties en mouvement et
les parties du corps concernées et en limitant la force d'activation
observer toutes les règles techniques spécifiques en matière de conception des équipements de travail, p. ex. en choisissant le type de
contrainte mécanique approprié, les matériaux adéquats, la profondeur de coupe correcte (limitation de l'épaisseur des copeaux), etc.
appliquer des techniques, de procédures, des systèmes d'alimentation à sécurité intrinsèque (p. ex. des systèmes de commande et
d'entraînement entièrement pneumatiques ou hydrauliques dans des environnements exposés au danger d'explosion), des moyens
d'exploitation électriques "à sécurité intrinsèque"; utiliser des liquides non toxiques résistant au feu (systèmes hydrauliques) et des
matières ne mettant pas en danger la santé
observer les principes de l' ergonomie déjà lors de la conception des équipements de travail afin d'accroître leur sécurité en diminuant
les contraintes et les efforts physiques de l'utilisateur et en augmentant ainsi les performances et la fiabilité de la procédure: on réduit
ainsi la probabilité d'un comportement inapproprié de l'utilisateur à toutes les étapes d'utilisation de l'équipement de travail
(informations complémentaires: voir normes et publications (1321.8a),
mettre en œuvre les principes de sécurité lors de la construction de systèmes de commande (327)
éviter la mise en danger des personnes par des équipements pneumatiques et hydrauliques
éviter la mise en danger des personnes par le courant électrique (1321.8b)
limiter l'exposition aux dangers par des équipements fiables (la fiabilité accrue de l'ensemble des composants d'un équipement de
travail diminue le nombre d'incidents auxquels il faut remédier et réduit par conséquent l'exposition au danger (entretien: 329A)
limiter l'exposition au danger en optant pour des systèmes de chargement et de déchargement mécaniques ou automatiques; lors de la
conception de tels équipements de travail (robots, mécanismes de transfert, etc.), il convient notamment de ne pas créer de nouveaux
dangers lors du fonctionnement particulier et lors des travaux d' entretien
limiter l'exposition au danger en disposant les postes d'entreposage et d'entretien en dehors des zones de danger; il faut interdire ou
limiter la nécessité de l'accès aux zones de danger en disposant les zones destinées à l'entretien, au graissage et aux travaux de réglage
en dehors des zones dangereuses.

2e étape : mise en œuvre d'une technique active de sécurité


Il faut éviter ou limiter par des mesures techniques de protection appropriées les dangers qui, durant l'étape initiale, n'ont pas pu être évités ou
suffisamment limités par des mesures de construction.
Mesures techniques de protection :

dispositifs de protection (avec ou sans séparation) (325)


systèmes et dispositifs de commande (327)
conception ergonomique (1321.8a)

3e étape : application des conseils de sécurité


Au cours de cette dernière étape, l'utilisateur (exploitant) est instruit sur les risques résiduels.
Les conseils de sécurité consistent notamment à mettre en place des signaux, des symboles et des diagrammes de sécurité. La documentation
accompagnant chaque équipement de travail reste cependant le moyen d'information central (en particulier les instructions d'exploitation (321.4). La
documentation spécifique à l'équipement de travail fait partie intégrante des équipements de travail.

321.9 Distances de sécurité, distances minimales


Art. 24 OPA
En appliquant les principes de la technique passive de sécurité (321.8), l'une des mesures visant à assurer la sécurité intrinsèque des équipements de
travail consiste à observer les distances de sécurité et/ou les distances minimales entre les parties en mouvement et les parties du corps exposées.
L'observation des distances de sécurité n'offre cependant pas une protection suffisante contre les radiations, l'émission de substances nocives, etc.
Distances de sécurité pour éviter le contact physique avec les zones de danger en combinaison avec les dispositifs de protection à séparation :
La figure suivante permet de déterminer la hauteur nécessaire du dispositif de protection (clôture de protection) en fonction de la zone de danger
spécifique afin d'éviter le contact physique. Il faut par conséquent toujours observer les conditions suivantes :

les dispositifs de protection doivent toujours se trouver à une hauteur minimale de 1,4m
ouverture autorisée sous le dispositif de protection : 0,3m au maximum
le dispositif de protection doit être solidement fixé et résistant

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 66


321A Équipements de travail Partie 6

La figure suivante montre les courbes parcourues par les doigts, les mains et les bras lorsque l'utilisateur utilise librement ses mains ou ses bras à partir
d'un socle ou d'un bord lorsque l'ouverture maximale est limitée à 120mm (ouverture ronde, carrée ou sous forme de fente).

La figure suivante montre les distances de sécurité des ouvertures.

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 67


321A Équipements de travail Partie 6

Informations exhaustives sur les distances de sécurité et les distances minimales :


voir normes européennes (1321.9).
Distances minimales pour éviter les dangers d'écrasement de certaines parties du corps :
La figure suivante indique les valeurs en vigueur en matière de distances minimales pour éviter les dangers d'écrasement de certaines parties du corps.

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 68


321A Équipements de travail Partie 6

321.10 Equipements de travail exploités par l'application directe de la force humaine


Art. 24 OPA
Directive CFST 6512 "Equipements de travail", pt 4
Des exigences fondamentales en matière de sécurité et de protection de la santé ne sont la plupart du temps pas disponibles pour certains équipements
de travail tels que les outils à main, les appareils dont la seule et unique source d'énergie est l'utilisateur (diables, chariots de transport pour marchandises,
etc.). Si tel est le cas, l'employeur veillera à ce que ces équipements de travail soient conçus selon les principes de la sécurité et les règles techniques et
ergonomiques reconnues en la matière (normes). Il convient également d'exiger de la personne mettant en circulation les équipements de travail la
preuve consignée (certificat, garantie, etc.) que l'équipement a été construit selon des règles techniques spécifiques.
La personne mettant en circulation des équipements de travail (vendeur) a l'obligation de fournir une instruction spécifique (321.4) dans laquelle sont
expliqués l'emploi et l' entretien de l'équipement de travail.
Les équipements de travail servant à lever des charges, et dont la seule et unique source d'énergie est l'utilisateur, doivent être conçus de manière à ce
que les exigences essentielles de santé et sécurité relatives soient respectées selon l'annex I de la directive UE relative aux machines 2006/42/CE.
(321.6).

321.11 Equipements de travail (utilisés pour la première fois avant le 31.12.1996)


Art. 24 al. 3 OPA
Directive CFST 6512 "Equipements de travail", pt 4
Les équipements de travail utilisés pour la première fois avant le 1.1.1997 doivent remplir les exigences minimales ci-après :

niveau technique de la personne ayant initialement mis en circulation l'équipement de travail


exigences minimales selon art. 25 à 32 et 34 al. 2 OPA.

Procédure de vérification possible :

1. l'équipement de travail est-il encore conforme au niveau technique de la personne l'ayant initialement mis en circulation
---> comparaison des instructions (321.4), de la documentation technique avec l'équipement de travail
2. constatation des écarts entre les exigences figurant aux art. 25 à 32 et 34 al. 2 OPA et l'équipement de travail
---> les art. 25 à 32 et 34 al. 2 OPA sont présentés sous les points : 322, 323, 324, 325, 326, 327, 328, 329, 329A, 329B, 331.

Cette vérification peut être effectuée en faisant appel à des spécialistes de la sécurité au travail.
L'OPA ne prévoit pas de période transitoire pour l'adaptation des équipements de travail (prise de mesures de sécurité) au niveau actuel de la technique
en vigueur. Lors de la détermination et de la mise en œuvre des mesures de sécurité, il faut appliquer le principe de proportionnalité (306.4) selon l'art. 82
LAA et le principe d'appréciation des risques.

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 69


321A Équipements de travail Partie 6

322 Capacité de charge des équipements de travail


322.1 Notion "Capacité de charge des équipements de travail"

322.2 Objectif de sécurité fondamental "Capacité de charge des équipements de travail"


322.3 Justification de la capacité de charge
322.4 Eléments de construction dont la contrainte peut entraîner des problèmes particuliers
322.5 Indication de la charge admissible

322.1 Notion " Capacité de charge des équipements de travail "


Art. 25 OPA
Par capacité de charge des équipements de travail, il faut entendre leur capacité de charge suffisante ainsi que leur capacité fonctionnelle avec la charge
de service lors d'une utilisation conforme aux prescriptions.

322.2 Objectif de sécurité " Capacité de charge des équipements de travail "
Art. 25 OPA
Les équipements de travail doivent, lorsqu'ils sont utilisés de manière conforme aux prescriptions, supporter les charges et les contraintes auxquelles ils
sont soumis. Les contraintes admissibles doivent être reconnaissables facilement lorsque leur dépassement n'est pas empêché automatiquement par le
système (1322.2).

322.3 Justification de la capacité de charge


Art. 25 OPA
L'employeur doit pouvoir fournir la justification de la capacité de charge des équipements de travail.

La capacité de charge admissible des machines mises en service pour la première fois après le 31.12.1996 (date d'adoption de la
directive UE relative aux machines par la Suisse) doit être indiquée dans la notice d'instructions (par ex. au chapitre «utilisation
conforme aux prescriptions»). (Le fabricant ou le responsable de la mise en circulation répond de la conformité de la machine à
(321.6)
La capacité de charge admissible des autres équipements mis en service pour la première fois après le 31.12.1996 doit être indiquée
dans les instructions fournies avec lesdits équipements (par ex. notice d'instructions, instructions de montage).
L'employeur doit fournir lui-même la justification de la capacité de charge des équipements mis en service pour la première fois avant le
31.12.1996.

La capacité de charge doit être clairement lisible et inscrite de manière durable sur l'équipement correspondant (par ex. grue, rayonnage, moyen de
transport).

La justification de la capacité de charge doit être faite par un ingénieur selon les règles de la technique généralement reconnues (statique et résistance
des matériaux). Cette justification comprend en général la vérification de la limite de charge (y compris la vérification de la stabilité) et la vérification de
l'aptitude au service. Ceci doit figurer dans la documentation technique de l'équipement de travail.
Les charges auxquelles sont soumis effectivement les systèmes techniques doivent servir de base au calcul.
D'autres bases de calcul sont prescrites par les règles de la technique en la matière qui figurent dans des ordonnances, des règles et surtout dans des
normes SIA et EN.

Rapport d'expertise technique à (384.4)

322.4 Eléments de construction dont la contrainte peut entraîner des problèmes particuliers
Art. 25 OPA
Eléments rotatifs (tels que meules, lames, dispositifs de serrage)

Les nombres de tours maximums admissibles pour lesquels ces éléments sont admis, doivent être indiqués soit sur l'élément concerné
soit dans des instructions de service (1322.4a).

Eléments exposés au flambage (tels que colonnes des élévateurs pour automobiles, supports d'installations d'entreposage, tiges de piston, pièces de
compression des charpentes, etc.)

Les charges admises pour le calcul doivent correspondre à la réalité. L'introduction de forces excentriques et les interactions qui leur
sont associées seront prises en considération

Câbles, chaînes et leurs attaches (en général: dispositifs de suspension de la charge)

Lorsque des câbles et des chaînes sont utilisés comme organes porteurs, les caractéristiques de sécurité figurant dans les
prescriptions en vigueur doivent être prises en considération. Les câbles et les chaînes doivent également satisfaire aux autres exigences
de sécurité mentionnées dans les prescriptions. Pour les câbles de grues, fortement sollicités, on calculera, si nécessaire, l'ensemble des
charges et on dimensionnera les câbles d'après les normes s'y rapportant (1322.4b). Les assemblages de câble doivent être réalisés
selon les règles de l'art. On évitera si possible l'utilisation de brides.

Pour fixer la charge admissible des dispositifs de suspension, il faut distinguer les cas suivants:

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 70


321A Équipements de travail Partie 6

Des personnes sont transportées avec l'installation (1322.4c),


Des personnes ne sont pas transportées, mais peuvent stationner sous la charge (1322.4d),
Des personnes ne sont pas transportées, et dans les conditions de service normales, ne stationnent pas sous la charge (1322.4e).

Assemblages (tels que vis et soudures)

Pour les assemblages soudés, sollicités dynamiquement, les concentrations des contraintes se manifestant - effet d'entaille - doivent être
prises en considération. La preuve de la résistance doit être apportée d'après les normes y relatives (1322.4f). Les assemblages vissés
fortement sollicités doivent être calculés selon un système proche de la réalité. Des indications à ce sujet se trouvent dans les normes
s'y rapportant (1322.4g). Les hypothèses, servant de base au calcul, pour le serrage des vis doivent être prises en considération en
conséquence dans les instructions de montage.

Récipients sous pression, conduites forcées, systèmes sous pression

Pour les récipients sous pression, conduites forcées, systèmes sous pression, sont notamment applicables les dispositions particulières
de l'ordonnance relative à l’utilisation des équipements sous pression (1322.4h).

322.5 Indication de la charge admissible


Art. 25 OPA
Outre les cas déjà mentionnés, à savoir les éléments rotatifs et les systèmes sous pression, la charge admissible doit être indiquée de façon indélébile et
bien visible en particulier sur les grues, les engins de levage, les élingues, les accessoires de suspension, les ascenseurs, les plates-formes de levage, les
rayonnages, les élévateurs pour automobiles et les chariots de manutention automoteurs.

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 71


321A Équipements de travail Partie 6

323 Aménagement des équipements de travail en relation avec leur nettoyage


323.1 Notions "Aménagement" et "Nettoyage"

323.2 Objectif de sécurité "Aménagement" et "Nettoyage"

323.3 Aménagement des équipements de travail afin d'éviter la formation de dépôts

323.4 Possibilité de nettoyer sans risque les équipements de travail

323.1 Notions "Aménagement" et "Nettoyage"


Art 26 OPA
On entend ici la possibilité de concevoir des équipements de travail de façon que des substances dangereuses ne puissent pas s'y déposer ou que de tels
dépôts puissent être éliminés sans danger et facilement.

323.2 Objectif de sécurité "Aménagement et Nettoyage"


Art 26 OPA
Il faut éviter que des substances dangereuses pouvant dégager des vapeurs ou nuages de poussières nocives, inflammables ou explosives s'accumulent
en quantités critiques.
De plus, les équipements de travail doivent pouvoir être nettoyés facilement et sans danger de façon à être utilisés conformément à leur destination
(1323.2).

323.3 Aménagement des équipements de travail afin d'éviter la formation de dépôts


Art. 26 OPA
Pour que des dépôts de substances dangereuses ne puissent, dans la mesure (1323.3) possible, pas se former à la surface du sol, il faut

éviter les surfaces horizontales dans les zones difficilement accessibles ainsi que les coins, niches, angles morts, etc.
faire des sols, parois et revêtements lisses et sans joints
utiliser des matériaux avec un taux de poussière réduit, p. ex. pellets, granulés, flocons ou pilules en lieu et place de poudre
utiliser des systèmes autonomes fermés pour la manutention du matériel
réduire la formation de poussière en humidifiant les parties concernées
éviter les pertes par épandage et renversement ainsi que les fuites par manque d'étanchéité
prévoir l'aspiration locale au moyen d'un encoffrage total ou partiel
mettre en place un système d'aspiration à la source.

323.4 Possibilité de nettoyer sans risque les équipements de travail


Art. 26 OPA
Pour pouvoir nettoyer facilement et sans danger les équipements de travail, il faut veiller à ce que

les parties à nettoyer soient accessibles (accessibilité: 324)


des conditions de travail dangereuses ne puissent pas être engendrées (dispositifs de déclenchement de sécurité: 327.7)
les énergies qui présentent des risques puissent être déconnectées (dispositifs de séparation)
les endroits dangereux voisins des zones à nettoyer soient couverts ou protégés
les éléments à nettoyer soient conçus de façon à faciliter le nettoyage (surfaces lisses, sans joints, arrondis à la place d'angles, couche
de peinture)
les liquides, copeaux, déchets puissent être collectés en dehors de la zone dangereuse
des bacs de récupération ou des récipients de vidange soient disponibles en cas de besoin.

DM 2006/42/CE
Chiffre 1.6.5 Nettoyage des parties intérieures

La machine doit être conçue et construite de façon qu'il soit possible de nettoyer les parties intérieures de la machine ayant contenu des substances ou des préparations
dangereuses sans y pénétrer. Ces substances et préparations doivent, le cas échéant, pouvoir être vidangées à partir de l'extérieur. S'il est impossible d'éviter de pénétrer
dans la machine, celle-ci doit être conçue et construite de façon à ce que le nettoyage puisse être exécuté de manière simple.

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 72


321A Équipements de travail Partie 6

324 Accessibilité aux équipements de travail


324.1 Notion " Accessibilité "
324.2 Objectif de sécurité "Accessibilité"
324.3 Accès permanents ou temporaires
324.4 Nécessité de l'accessibilité
324.5 Aménagement des accès par lesquels l'équipement de travail ou ses éléments peuvent être atteints
324.6 Aménagement d'emplacements pour les équipements de travail
324.7 Moyens auxiliaires et mesures de sécurité pour accessibilité extraordinaire

324.1 Notion " Accessibilité "


Art. 27 OPA
L'accessibilité aux équipements de travail et à leurs différentes parties est nécessaire pour garantir l'exploitation - conditions de service normales et
conditions de service particulières - et l' entretien. La notion d’accessibilité comprend:

l'accès à l'équipement de travail en soi,


l'accès aux différents emplacements de l'équipement de travail,
les emplacements de travail de l'équipement de travail à partir desquels des activités doivent être exercées,
la possibilité d'intervenir manuellement aux endroits de l'équipement de travail où des activités doivent être exercées.

324.2 Objectif de sécurité "Accessibilité"


Art. 27 OPA
Pour assurer les conditions de service normales et les conditions de service particulières et l' entretien des équipements de travail , les travailleurs doivent
disposer d'un accès sécurisé à toutes les parties nécessaires à cet effet. Par ailleurs, il doit être possible de s'y trouver en toute sécurité (1324.2).

324.3 Accès permanents ou temporaires


Art. 27 OPA
Directive CFST "Équipements de travail", no 6512 (chiffre 7)
L’accessibilité sans danger peut être facilitée par des installations permanentes ou temporaires.
Les installations permanentes sont des installations fixes telles que escaliers (313) échelles fixes (315), passerelles, paliers ou vois de circulation en général
(316).

Les échelles fixes ne sont autorisées que si leur utilisation est peu fréquente (env. une fois par mois) ou s’il s’agit de couvrir un faible écart de hauteur
(2 m max.).

Les installations temporaires sont des installations auxiliaires telles que plates-formes de travail, échelles installations spéciales.
Il faut limiter l’utilisation des échelles mobiles (1324.3) comme moyens d’accès aux postes de travail en hauteur. Les échelles mobiles ne sont autorisées
que si l’utilisation d’autres équipements de travail sûrs n’est pas justifiée en raison:

du faible risque,
de la brève durée d’utilisation ou la configuration des lieux (réalités que l’employeur ne peut pas modifier).

Où cela est possible, des installations permanentes doivent toujours être à disposition.

324.4 Nécessité de l'accessibilité


Art. 27 OPA
Directive CFST "Equipements de travail", no 6512 (chiffre 7)
Pour les conditions de service normales , l’accessibilité doit être garantie, en tenant compte des principes ergonomiques (1321.8a), partout où l’utilisation
de l’équipement de travail conformément à sa destination exige des interventions, par exemple:

aux dispositifs de sectionnement et de déclenchement


aux dispositifs de commande,
aux dispositifs de réglage,
aux endroits où, sans interrompre les conditions de service normales, les matériaux, substances, outils, etc. peuvent être
respectivement posés ou enlevés,
aux endroits où il faut procéder à des contrôles ou des services pendant l’exploitation en condition de service normale.

Pour les autres conditions de service, l’accessibilité doit être garantie, en tenant compte des principes ergonomiques (1321.8a), partout où des
interventions sont nécessaires, par exemple:

pour préparer l’équipement de travail pour le service normal (réglage, essai, chargement ou déchargement de matériaux, de
substances, pose ou enlèvement de pièces et d’outils),
pour éliminer les dérangements qui se sont produits pendant l’exploitation en condition de service normale de l’équipement de travail,
pour pouvoir évacuer les déchets et enlever les impuretés,
pour pouvoir assurer l’entretien des équipements de travail.

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 73


321A Équipements de travail Partie 6

324.5 Aménagement des accès par lesquels l'équipement de travail ou ses éléments peuvent être atteints
Art. 27 OPA
Directive CFST "Equipements de travail", no 6512 (chiffre 7)
Les équipements de travail doivent être équipés de moyens d’accès sûrs. Il faut veiller en particulier à ce qu’à l’intérieur des équipements de travail:

la largeur des voies corresponde aux besoins (par exemple pour ce qui est des transports de matériel),
la hauteur de passage libre soit de 2,1m au minimum,
les voies limitées des deux côtés par des barrières aient une largeur minimale de 0.6m,
les escaliers (313) échelles fixes (315), et mains courantes (313.9 , 318.10) soient conçus correctement,
tous les points de chute soient protégés par des garde-corps et balustrades (hauteur des balustrades 1,1m) (318) ou - dans des cas
exceptionnels - par des filets,
aucun obstacle ne se trouve sur la voie (les obstacles inévitables doivent être rendus inoffensifs ou pour le moins rembourrés et
clairement signalés par des mesures appropriées telles qu’arrondir les angles, entourer d’une couverture ou d’une paroi lisse),
les points dangereux (par exemple pièces mobiles, conduites électriques, parties froides et chaudes, arêtes vives, coins tranchants) se
trouvant dans le rayon des voies de circulation soient couverts ou protégés,
aucune émission dangereuse (telle que matières solides, liquides, gaz, poussières, radiations, oscillations) n’atteigne des personnes non
protégées,
les voies soient bien éclairées.

Publications et normes (1324.5)

324.6 Aménagement d'emplacements pour les équipements de travail


Art. 27 OPA
Directive CFST "Equipements de travail", no 6512 (chiffre 7)
Les emplacements doivent être aménagés de façon que les activités nécessaires puissent être exécutées sans danger.
Il faut veiller en particulier à ce que:

les places à chaque emplacement soient aménagées selon les principes ergonomiques (1321.8a),
les travaux à des endroits surélevés puissent être exécutés à partir de plates-formes protégées,
les organes de commande qui doivent être souvent actionnés, les installations qui doivent être souvent (par exemple une fois par
jour) contrôlées ou entretenues peuvent être atteints et vérifiés aisément et sans effort,
les points dangereux (par exemple parties mobiles, conduites électriques, parties froides et chaudes, arrêtes vives, coins, tranchants) se
trouvant dans le rayon des emplacements soient couverts ou protégés,
aucune émission dangereuse (telle que matières solides, liquides, gaz, poussières, radiations, oscillations) n'atteigne des personnes non
protégées,
les emplacements soient bien éclairés.

324.7 Moyens auxiliaires et mesures de sécurité pour accessibilité extraordinaire


Art. 27 OPA
Directive CFST "Equipements de travail", no 6512 (chiffre 7)
Pour les travaux imprévisibles (tels que les réparations d’urgence) ainsi que les travaux pour l'exécution desquels l'état de la technique ou les conditions ne
permettent pas une accessibilité conventionnelle, des moyens auxiliaires peuvent être utilisés, tels que plates-formes de travail mobiles (1342.3), échelles
mobiles, échelles simples (1324.7a), échafaudages et échafaudages roulants (1324.7b).
Pour exécuter sans danger les travaux prévus, des mesures de sécurité peuvent aussi être prises comme par exemple la pose de filets parachute, des
parois de protection ou des échafaudages (1324.7c), l'encordage des personnes en danger.

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 74


321A Équipements de travail Partie 6

325 Dispositifs de protection des équipements de travail


325.1 Notion "Protecteur et dispositif de protection", "Mesure de protection"
325.2 Objectif de sécurité "Dispositifs de protection des équipements de travail"
325.3 Protecteurs fixes ou mobiles
325.4 Dispositifs de verrouillage associés à des protecteurs
325.5 Dispositif de protection à dispositif sensible
325.6 Dispositif de protection par maintien à distance
325.7 Dispositif de protection sans maintien à distance
325.8 Protecteurs, dispositifs de protection et mesures de protection sur les outils en mouvement
325.9 Protecteurs, dispositifs de protection et mesures de protection sur les parties chaudes ou froides, les objets non contrôlés en mouvement ou les
substances rejetées

325.1 Notion "Protecteur et dispositif de protection", "Mesure de protection"


Art. 28 OPA
Protecteurs et dispositifs de protection
Les protecteurs et dispositifs de protection sur les équipements de travail sont utilisés afin de protéger les personnes contre les dangers qui ne peuvent
pas être évités ou suffisamment limités par des moyens raisonnables (et supportables) sur le plan de la construction.
Mesures de protection
Les mesures de protection constituent une combinaison de mesures techniques, organisationnelles et comportementales qui, lorsqu'elles sont observées
par les personnes concernées, minimisent les risques résiduels.

325.2 Objectif de sécurité "Dispositifs de protection des équipements de travail"


Art. 28 OPA
Les équipements de travail ne peuvent être utilisés que si les protecteurs et dispositifs de protection sont en position de protection et lorsque les mesures
de protection requises ont été prises et sont connues par les travailleurs (1325.2).

325.3 Protecteurs fixes ou mobiles


Art. 28 OPA
Explication des protecteurs fixes et mobiles: voir directive CFST no 6512 "Equipements de travail", point 8.1. Conception et construction des protecteurs:
voir 1325.3.
Exemple d'un protecteur fixe

(figure: source AISS)


Exemple d'un protecteur mobile

(figure: source AISS).

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 75


321A Équipements de travail Partie 6

325.4 Dispositifs de verrouillage associés à des protecteurs


Art. 28 OPA
Explication des dispositifs de verrouillage: voir directive CFST no 6512 "Equipements de travail", point 8.1 (al.: "Protecteur associé à un dispositif de
verrouillage"). Conception et choix des dispositifs de verrouillage: voir 1325.4.
Exemple: dispositif de verrouillage

(figure: source AISS)


Exemple: dispositif de verrouillage avec interverrouillage

(figure: source AISS)


Exemple: dispositif de verrouillage avec élément d'activation

(figure: source AISS)

325.5 Dispositif de protection à dispositif sensible


Art. 28 OPA
Explication du dispositif de protection à dispositif sensible: voir directive CFST no 6512 "Equipements de travail", point 8.1 (al.: "Dispositif de protection").
Conception des dispositifs de protection à dispositif sensible: voir 1325.5.
Exemple: cellule photoélectrique

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 76


321A Équipements de travail Partie 6

(figure: source AISS)


Exemple: tapis de commutation

(figure: source AISS).

325.6 Dispositif de protection par maintien à distance


Art. 28 OPA
Choix des dispositifs de protection par maintien à distance: voir directive CFST no 6512 "Equipements de travail", point 8.1 (al.: "Dispositif de protection").
Conception des dispositifs de protection par maintien à distance: voir 1325.6.
Exemple: dispositif de commutation à deux mains

(figure: source AISS).

325.7 Dispositif de protection sans maintien à distance


Art. 28 OPA
Choix des dispositifs de protection sans maintien à distance: voir directive CFST no 6512 "Equipements de travail", point 8.1 (al.: "Dispositif de
protection").
Exemple: touche de quittance

(figure: source AISS)

325.8 Protecteurs, dispositifs de protection et mesures de protection sur les outils en mouvement
Art. 28 OPA
Choix des protecteurs, dispositifs de protection et mesures de protection sur les outils en mouvement: voir directive CFST no 6512 "Equipements de
travail", point 8.2.
Feuillets d'information et explications: voir 1325.8.
Exemple: protecteur/dispositif de protection sur une machine à meuler

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 77


321A Équipements de travail Partie 6

(figure: source AISS).

325.9 Protecteurs, dispositifs de protection et mesures de protection sur les parties chaudes ou froides, les objets non
contrôlés en mouvement ou les substances rejetées
Art. 28 OPA
Choix des protecteurs, dispositifs de protection et mesures de protection sur les parties chaudes ou froides, les objets non contrôlés en mouvement ou
les substances rejetées: voir directive CFST no 6512 "Equipements de travail", point 8.3.
Feuillets d'information et explications: voir 1325.9.
Manipulation de substances nocives (344)
Utilisation d'équipement de protection individuelle EPI (337).

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 78


321A Équipements de travail Partie 6

326 Sources d'inflammation aux équipements de travail


326.1 Notion "Source d'inflammation"
326.2 Objectif de sécurité "Source d'inflammation"
326.3 Appréciation du danger d'incendie
326.4 Appréciation du danger d'explosion
326.5 Sources d'inflammation
326.6 Equipements de travail en zones - EX, dispositions spéciales concernant les sources d'inflammation

326.1 Notion " Source d'inflammation "


Art. 29 OPA
Des incendies ou des explosions ne peuvent se produire que si les conditions de base suivantes sont remplies, notamment s'il existe :

des substances inflammables ou explosives ou une atmosphère présentant un danger d'explosion (p. ex. un mélange de gaz, vapeurs,
nuages ou poussières inflammables et d'oxygène en quantité suffisante et réparti de manière optimale) avec
une source d'inflammation et une énergie d'amorçage suffisante (source d'inflammation efficace)

au même endroit et au même instant.

Ce chapitre examine en particulier la façon d'éviter les sources d'inflammation.

326.2 Objectif de sécurité "Source d'inflammation"


Art. 29 OPA
Les sources d'inflammation de quelque sorte que ce soit doivent être exclues des zones présentant un danger d'explosion (1362.2).

326.3 Appréciation du danger d'incendie


Art. 29 OPA
L'appréciation du danger d'incendie est du ressort des autorités de la police du feu (1153). Elles disposent à cet effet des directives relatives aux
prescriptions sur la police du feu de "l'Association des établissements cantonaux d'assurance contre l'incendie (AEAI)" (1339.3a).

326.4 Appréciation du danger d'explosion


Art. 29 OPA
L’appréciation des mesures de protection en cas de danger d’explosion est du ressort des organes d’exécution pour la sécurité au travail et des autorités
de la police du feu (1153). Ils disposent à cet effet d’un feuillet d’information sur la prévention des explosions qui présente une série d’exemples (1326.4)
de classification en zones-Ex 0, 1 et 2 ou 20, 21 et 22.

326.5 Sources d'inflammation


Art. 29 OPA
Les principales sources d’inflammation sont:

les flammes
la chaleur
les feux couvants
les étincelles électriques
les décharges électrostatiques
les étincelles produites mécaniquement
la foudre

Pour les diverses sources d’inflammation, on observera les points suivants:

Flammes

De telles sources d’inflammation sont interdites dans les zones-Ex 0 ou 20. Elles ne sont tolérées dans les zones-Ex 1 ou 21 et 2 ou
22 que si des mesures préventives spéciales, techniques ou organisationnelles (p. ex. aération, autorisation de soudage) sont prises.

Surfaces chaudes

Dans aucune zone-Ex, la température de surfaces ne doit dépasser la température d’inflammation du matériau présent. Afin de
simplifier spécialement les essais du matériel électrique, les températures d’auto-combustion sont attribuées à différentes classes
(1326.4).
Feux couvants:
Certaines poussières inflammables peuvent former des feux couvants sous l’effet de sources d’inflammation efficaces. La couche de
poussières doit pour cela avoir une épaisseur minimale et représenter un certain volume. La caractéristique spécifique aux poussières
est la température d’auto-inflammation.

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 79


321A Équipements de travail Partie 6

Etincelles des installations électriques

Les équipements d’exploitation électriques et les installations entrant dans la réalisation d’une zone menacée par le danger d’explosion
doivent correspondre aux prescriptions d’Electrosuisse pour la zone-Ex concernée (1325.5a).

Décharges d’électricité statique

Lors de processus de séparation, des charges électrostatiques se forment et peuvent entraîner des décharges dangereuses (1326.5b).
Les principaux exemples de ces processus de séparation sont les suivants:

Transvasement, transport en continu, brassage et pulvérisation de liquides apolaires (tels que les hydrocarbures, l’éther)
présentant une résistance spécifique supérieure à 108 ohms x m.
Marcher avec des semelles isolantes ou sur un sol antistatique.
Transvasement, cyclonage, écoulement de poudres ou de matières poussiéreuses.
Dévidage de rubans (rouleaux) de papier ou de matières synthétiques

Dans les zones exposées à un danger d’explosion, des mesures de sécurité empêchant que des charges électrostatiques dangereuses se
forment doivent être prises dans toutes les zones (1326.5b). Les principales de ces mesures préventives sont:

Utilisation de matériaux conducteurs.


Equilibrage du potentiel et mise à terre.
Augmentation de la conductivité électrique des matériaux de travail grâce à des additifs afin d’abaisser la résistance spécifique au-
dessous de 108 ohms x m.
Maintien d’une vitesse de flux basse.
Utilisation de revêtements de sol et de semelles conductrices (dont la résistance est inférieure à 108 ohms).
Décharge à la terre (par des ionisateurs) des charges engendrées par les tapis roulants (papier ou feuilles).

Etincelles produites mécaniquement

On entend par là des étincelles susceptibles d’être produites par le frottement, un choc ou le meulage. Dans les zones exposées à un
danger d’explosion, il faut prendre partout des mesures de sécurité empêchant la formation d’étincelles produites mécaniquement. Les
plus importantes de ces mesures sont:

Empêcher la formation des étincelles dues au frottement ou aux chocs par des combinaisons adéquates de matériaux (par
exemple des alliages non ferreux ou des métaux légers).
Empêcher la formation d’étincelles de meulage par un refroidissement à l’eau de la zone de meulage.
Foudre

La foudre est une décharge électrostatique fortement ionisante qui résulte de l’équilibrage des potentiels entre deux nuages ou entre un
nuage et la terre. Cette décharge, qui se manifeste sous la forme d’éclairs, génère un courant qui peut atteindre une tension de
300 millions de volts et une résistance de 100 000 ampères. Lorsque la foudre s’abat dans une atmosphère explosible, celle-ci
s’enflamme toujours. La forte montée en température des chemins de décharge de la foudre entretient en outre l’explosibilité de cette
atmosphère.
Les éclairs véhiculent de puissants courants susceptibles de créer des étincelles aux abords de leur point d’impact. Les orages peuvent,
même en l’absence de foudre, entraîner la formation de tensions induites au niveau des installations et des matériels dont les ondes
électromagnétiques représentent une source d’inflammation efficace.

326.6 Équipements de travail en zones explosibles, dispositions spéciales concernant les sources d'inflammation
Art. 29 OPA
Pour les équipements de travail utilisés dans les zones Ex, il faut se référer à l'Ordonnance sur " les appareils et les systèmes de protection destinés à
être utilisés en atmosphères explosibles (OSPEX) "
Des dispositions spéciales figurent dans plusieurs prescriptions et règles (1326.6).

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 80


321A Équipements de travail Partie 6

327 Commandes et dispositifs de commande aux équipements de travail


327.1 Notions "Commandes" et "Dispositifs de commande"
327.2 Objectif de sécurité "Commandes" et "Dispositifs de commande"
327.3 Exigences générales posées aux commandes de sécurité
327.4 Niveau de performance des commandes
327.5 Séparation, déconnexion et libération de l'énergie résiduelle
327.6 Dispositifs de commande fonctionnels
327.7 Empêchement de la mise en marche intempestive
327.8 Exigences posées aux dispositifs de commande pour la marche extraordinaire et la maintenance (entretien et inspection)
327.9 Arrêt d'urgence (dispositifs d'arrêt d'urgence)
327.10 Dispositifs de verrouillage (dispositifs de commande pour la surveillance)

327.1 Notions "Commandes" et "Dispositifs de commande"


Art. 30 OPA
La commande est la partie d'un équipement de travail qui fait en sorte que les mouvements et les processus s'effectuent de façon que l'équipement de
travail puisse remplir la tâche à laquelle il est destiné.
Ce qui nous intéresse dans le domaine de la sécurité au travail, c'est la commande de sécurité: la partie de la commande qui est responsable du
fonctionnement sûr de l'équipement de travail.
Le dispositif de commande est la partie de la commande pour laquelle des ordres d'enclenchement, de déclenchement ou de fonctionnement sont
donnés à l'équipement de travail.
La commande ainsi que les dispositifs de commande peuvent être constitués par des systèmes électriques, pneumatiques, hydrauliques, mécaniques ou
autres.

327.2 Objectif de sécurité "Commandes" et "Dispositifs de commande"


Art. 30 OPA
Par une conception et un choix appropriés de la commande et des dispositifs de commande s'y rapportant, le fonctionnement sûr de l' équipement
technique doit être garanti.

327.3 Exigences générales posées aux commandes de sécurité


Art. 30 OPA
Il faut concevoir et réaliser des commandes de façon à ce que leur fonctionnement soit sûr et fiable, afin qu'aucune situation dangereuse ne puisse être
engendrée. Il faut notamment:

qu'elles résistent aux contraintes d'exploitation et aux influences extérieures prévues,


que, dans la mesure du possible, les erreurs d'utilisation n'entraînent pas de situation dangereuse,
que les exigences en matière de mise en marche et de mise à l'arrêt soient observées conformément aux chiffres 9.3 et 9.4 de la
directive CFST 6512 (1327.3).
Les exigences techniques relatives à la sécurité des machines proviennent de la directive Machines et des normes euripéennes ayant été élaborées en relation avec la
directive Machines et listées dans le Journal officiel de l'UE.

327.4 Niveau de performance des commandes


Art. 30 OPA
Une fonction de sécurité est exécutée au moyen d'un enchaînement d'ordres qui commence à l'endroit où les signaux de sécurité sont
introduits et qui se termine à la sortie, c'est-à-dire là où sont situés les éléments interrompant l'apport d'énergie. Le niveau de performance
d'un tel enchaînement d'ordres doit par conséquent être choisi en fonction de l'apport que la fonction de sécurité fournit en vue de la
diminution des risques (1327.4).

327.5 Séparation, déconnexion et libération de l'énergie résiduelle


Art. 30 Abs. 1 OPA
Explications: cf. Directive CFST 6512 Equipements de travail, ch. 9.1.

327.6 Dispositifs de commande fonctionnels


Art. 30 OPA
Les dispositifs de commande fonctionnels commandent, la plupart du temps au moyen d'une commande intégrée, les fonctions prévues de l' équipement
de travail lors du fonctionnement ordinaire et particulier ainsi que lors des travaux de maintenance (inspection et entretien). Les ordres de mise en
marche et de mise à l'arrêt relatifs aux conditions d'exploitation dangereuses doivent aller dans le sens des exigences générales en vigueur (327.3).
Comme dispositifs de commande fonctionnels, on peut notamment prévoir: des palpeurs, des commutateurs, des commutateurs photoélectriques, des
détecteurs de pression, des capteurs de température, des capteurs de niveau, des indicateurs de vitesse, des relais de temporisation ainsi que des
palpeurs de charge quittancés par l'équipement de travail.

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 81


321A Équipements de travail Partie 6

Les impulseurs doivent être disposés, conçus ou protégés de manière à ce qu'il soit impossible de donner un ordre de mise en marche à l'improviste
lorsqu'il en résulte un danger.
Il faut en outre que les impulseurs devant être actionnés par l'opérateur soient facilement identifiables et accessibles du poste de commande (1327.6).

327.7 Empêchement de la mise en marche intempestive


Art. 30 al. 4 OPA
Le dispositif d'arrêt de sécurité est utilisé pour la mise à l'arrêt des équipements de travail dans des conditions d'exploitation particulières et lors de travaux
de maintenance, de façon qu'aucun ordre ne soit exécuté, c'est-à-dire ni celui donné par inadvertance par l'opérateur ou toute autre personne, ni celui
procédant d'un dysfonctionnement du couplage lui-même. Avec le dispositif d'arrêt de sécurité, on doit par conséquent pouvoir couper ou limiter les effets
de l'énergie là où elle pourrait engendrer des conditions d'exploitation dangereuses.

Les dispositifs d'arrêt de sécurité notamment prévus sont les suivants: interrupteurs, interrupteurs secondaires agissant sur des contacteurs, dispositifs
connecteurs, vannes, vannes à tiroir, dispositifs de déclenchement pour générateurs de pression, embrayages, engrenages, ajuste-courroies.
Le dispositif d'arrêt de sécurité doit permettre de constater manifestement que la mise à l'arrêt est faite à coup sûr.
Des dispositifs d'arrêt de sécurité doivent être installés à proximité immédiate de l'équipement de travail, c'est-à-dire à l'emplacement même où des
interventions sont nécessaires lors de l'exploitation particulière. Ils doivent être aisément accessibles.
Les équipements de travail disposés sur une grande surface (p. ex. les installations couplées entre elles) requièrent, le cas échéant, plusieurs dispositifs
d'arrêt de sécurité. Ces dispositions s'appliquent notamment aux équipements de travail qui s'étendent sur plusieurs étages ou locaux.

Les équipements de travail équipés de plusieurs unités fonctionnelles requièrent impérativement un dispositif d'arrêt d'urgence autonome par module de
fonction.
Le dispositif d'arrêt d'urgence doit être signalé comme tel et être bien visible. Il doit être verrouillable (p. ex. à l'aide de cadenas) en position d'arrêt
lorsque, dans le cas d'équipements de travail étendus ou ne permettant pas une bonne vue d'ensemble, leur mise en marche abusive ou involontaire ne
peut pas être exclue.
Commentaires (1327.7).

327.8 Exigences posées aux dispositifs de commande pour la marche extraordinaire et la maintenance (entretien et
inspection)
Art. 30 OPA
Lorsque les dispositifs de verrouillage sur les dispositifs de protection doivent empêcher la mise en marche intempestive ou lorsqu'il faut démonter des
dispositifs de protection fixes afin de permettre l'exécution de travaux dans le cadre de la marche extraordinaire ou la maintenance (travaux d'entretien
et d'inspection), il faut impérativement utiliser des commandes manuelles, c'est-à-dire des dispositifs de commande à action maintenue avec un dispositif
de validation. Pour que l'utilisation de tels dispositifs de protection sans séparation et non liés à un lieu spécifique puisse se faire en toute sécurité, il faut
que les exigences ci-après soient remplies:

sélecteur de mode de marche: mode "manuel" sélectionné


le mode de commande automatique est désactivé en toute sécurité
activer les mesures de sécurité complémentaires (p. ex. réduction de la vitesse, réduction de l'énergie, procéder par étapes successives à
l'aide du dispositif de commande à action maintenue ou du dispositif de contrôle d'arrêt
un dispositif d'arrêt d'urgence peut être actionné facilement en tout temps
la sécurité des tiers est assurée
lorsqu'il y a plusieurs dispositifs de commande (p. ex. sur un équipement de travail complexe), il n'est possible d'activer un dispositif de
commande que lorsque les dispositifs de protection sont verrouillées ou déverrouillées (c'est-à-dire actifs) sur les autres dispositifs de
commande ou lorsqu'un verrouillage réciproque (p. ex. sélecteur de mode de marche) assure qu'il n'y a qu'un seul des dispositifs de
commande qui est activé et que les autres sont désactivés.

Commentaires (1327.6)

327.9 Arrêt d'urgence (dispositifs d'arrêt d'urgence)


Art. 30 al. 3 OPA
Les équipements de travail doivent être équipés d'un dispositif d'arrêt d'urgence, à l'exception des équipements de travail sur lesquels un tel dispositif ne
serait pas à même de réduire le risque et des équipements de travail que l'on tient dans les mains ou qui sont opérés manuellement.
Exigences posées aux dispositifs d'arrêt d'urgence:

le dispositif d'arrêt d'urgence doit en tout temps être disponible et en état de fonctionner sans tenir compte du mode de marche
l'appareil et son élément de commande doivent fonctionner selon le principe de l'activation obligatoire et de l'ouverture obligatoire
le dispositif d'arrêt d'urgence ne doit en aucun cas être utilisé pour remplacer des mesures de protection suffisantes ni en lieu et place
des dispositifs de sécurité automatiques; il peut cependant servir en tant que mesure de sécurité complémentaire
la fonction d'arrêt d'urgence doit être réalisée selon la catégorie d'arrêt 0 ou 1 (voir ci-dessous)
le dispositif d'arrêt d'urgence doit être équipé d'organes de commande clairement signalés, bien visibles et rapidement accessibles
l'ordre d'arrêt d'urgence doit être prioritaire sur tous les autres ordres
l'arrêt d'urgence de l'équipement de travail ne doit en aucun cas engendrer des dangers supplémentaires
la fonction d'arrêt d'urgence ne doit pas altérer l'efficacité des dispositifs de protection ou des installations remplissant des fonctions
liées à la sécurité (p. ex. pas de désactivation des freins magnétiques ou des mâchoires de serrage)
toute action exercée sur l'organe de commande engendrant un ordre d'arrêt d'urgence doit entraîner le blocage de l'appareil de
commande de manière à ce que, lorsque l'action sur l'organe de commande est terminée, l'ordre d'arrêt d'urgence reste en vigueur sur
l'organe de commande jusqu'au déblocage de l'appareil de commande. L'appareil de commande ne doit pas pouvoir se bloquer sans
engendrer un ordre d'arrêt d'urgence

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 82


321A Équipements de travail Partie 6

la remise à l'état initial de l'appareil de commande ne doit être possible qu'à la suite d'une action manuelle sur l'appareil de commande.
La remise à l'état initial de l'appareil de commande seul ne doit pas déclencher un ordre de remise en marche
la remise en marche de l'équipement de travail ne doit pouvoir être lancée qu'après remise à l'état initial de l'ensemble des appareils de
commande bloqués.

Catégories d'arrêt (selon EN 60204-1):

Catégorie d'arrêt 0:

Arrêt par:

coupure directe de l'alimentation en énergie vers le(s) dispositif(s) d'entraînement de l'équipement de travail
ou interruption mécanique (débrayage) des éléments dangereux avec leurs éléments d'entraînement
et au besoin, par une action de freinage (arrêt non commandé)

Catégorie d'arrêt 1:

Un arrêt commandé avec alimentation en énergie vers le(s) élément(s) d'entraînement afin d'entraîner un arrêt puis interruption de
l'alimentation en énergie après l'arrêt complet.

Structure, couleur et disposition des organes de commande d'arrêt d'urgence:


Les organes de commande d'arrêt d'urgence doivent être construits de manière à ce que l'opérateur et toute autre personne concernée puisse les
actionner facilement et sans danger.

On peut utiliser les types d'organes de commande suivants:

palpeurs en forme de champignon


fils métalliques, câbles en fils métalliques, cordes, perches
poignées
dans des cas spéciaux des commutateurs à pied sans couvercle de protection....

Couleur des organes de commande d'arrêt d'urgence:


Les dispositifs d'arrêt d'urgence doivent être de couleur rouge. Si l'organe de commande est situé devant un arrière-plan, celui-ci doit être,
pour autant que cela est réalisable, de couleur jaune.

Lorsque les équipements de travail sont subdivisés en plusieurs zones d'arrêt d'urgence, le système complet doit être conçu de manière à ce
qu'il soit aisé d'identifier la fonction respective (zone d'intervention) de chaque organe de commande d'arrêt d'urgence.

Exigences posées aux fils métalliques, aux câbles en fils métalliques et aux cordes remplissant la fonction d'organes de commande
Il faut notamment faire attention aux points ci-après:

la marge de déviation requise pour engendrer un signal d'arrêt d'urgence


la déviation maximale possible
la force devant être exercée sur le fil métallique, sur le câble en fils métalliques et sur les cordes pour activer le signal d'arrêt d'urgence
la mise en évidence pour l'opérateur du fil métallique, du câble en fils métalliques ou de la corde
en cas de rupture ou de déraillement, l'ordre d'arrêt d'urgence doit être automatiquement généré.

Informations complémentaires: voir (1327.9).

327.10 Dispositifs de verrouillage (dispositifs de commande pour la surveillance)


Art. 30 OPA
Les dispositifs de verrouillage sont des installations mécaniques, électriques ou autres ayant pour fonction d'empêcher l'exploitation d'une partie de la
machine dans certaines conditions de marche (généralement aussi longtemps que le dispositif de séparation n'est pas fermé).

Comme dispositifs de verrouillage entrent notamment en ligne de compte:

un dispositif de verrouillage équipé d'un releveur de coordonnées à came individuelle et activé par le dispositif de protection de
séparation
un dispositif de verrouillage combiné à un commutateur à déclencher séparé et activé par le dispositif de protection de séparation
un verrouillage direct (mécanique) entre le dispositif de protection et l'organe de commande pour le verrouillage de la mise en marche /
mise à l'arrêt
un dispositif de verrouillage équipé d'une clé fixe
un dispositif de verrouillage équipé d'un système de transfert à clé
un dispositif de verrouillage équipé d'un dispositif connecteur
une dispositif de verrouillage équipé de deux releveurs de coordonnées à cames et activé par le dispositif de protection de séparation
des dispositifs de verrouillage pneumatiques / hydrauliques
des dispositifs de verrouillage activés par ressorts, alimentés en énergie par le déverrouillage du dispositif de retenue
un dispositif de verrouillage équipé d'un dispositif de retenue à dispositif de temporisation.

Afin de choisir le dispositif de verrouillage approprié pour un équipement de travail spécifique fonctionnant dans des conditions d'utilisation données, le
constructeur doit effectuer une appréciation des risques (comme décrite dans la norme internationale SN EN ISO 12100), en tenant compte des divers
types de dispositifs de verrouillage, jusqu'à ce qu'un niveau de sécurité approprié soit atteint. Le risque prévu est le risque qui apparaîtrait en cas de
défaillance du dispositif de verrouillage.

Explications détaillées sur la conception et le choix des dispositifs de verrouillage: voir norme européenne EN 1088 (1327.10).

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 83


321A Équipements de travail Partie 6

328 Réservoirs et conduites dans les systèmes techniques


328.1 Notion " Réservoirs et conduites "
328.2 Objectifs de sécurité " Réservoirs et conduites "
328.3 Dispositifs de fermeture
328.4 Dispositifs de sécurité
328.5 Mesures de sécurité à prendre lors de travaux de remplissage
328.6 Mesures de sécurité à prendre lors de travaux de vidange
328.7 Mesures de sécurité à prendre lors des travaux d'entretien (maintenance)
328.8 Signalisation de réservoirs et des conduites
328.9 Canaux pour conduites
328.10 Dispositions spéciales relatives aux réservoirs et aux conduites

328.1 Notion " Réservoirs " et " Conduites "


Art. 31 OPA
Par " réservoir " au sens où on l'entend ici, on désigne tout ce qui peut renfermer des substances gazeuses, liquides ou solides aux fins de leur stockage,
leur transport ou leur traitement. La notion doit être comprise au sens large. Ces réservoirs comprennent des récipients de toutes sortes (par ex.
citernes, également celles des camions-citernes, fûts, récipients sous pression, silos, canalisation).
Par " conduites " au sens où on l'entend ici, on désigne tout ce qui permet de transporter des substances gazeuses, liquides ou solides ainsi que de
l'énergie électrique.

328.2 Objectifs de sécurité " Réservoirs " et " Conduites "


Art. 31 OPA
Les travaux de remplissage, de vidange et d'entretien (maintenance) doivent pouvoir être exécutés sans danger.
Les confusions entraînant des risques doivent être évitées par une signalisation et une disposition claires.
La circulation des travailleurs dans les canaux prévus à cet effet doit pouvoir se faire sans risque.

328.3 Dispositifs de fermeture


Art. 31 al. 1 OPA
Les dispositifs de fermeture tels que robinets, soupapes, vannes, sectionneurs doivent fonctionner de façon irréprochable, être techniquement bien
conçus et pouvoir être actionnés sans danger.
Lorsque des gaz et des liquides ne doivent s'écouler que dans une direction, on empêchera un contre-courant éventuel à l'aide de soupapes et de clapets
de retenue.

328.4 Dispositifs de sécurité


Art. 31 al. 1 OPA

1. Dispositifs de sécurité destinés à prévenir les dommages consécutifs à l'action d'énergies

Les parties d'appareils et les conduites de fluides ou gaz de chauffage brûlantes doivent être isolées, encoffrées ou délimitées par une
barrière afin de ne pas occasionner de brûlures.

Il en sera de même par analogie pour les parties dont la température est extrêmement basse (1328.4).

Des manomètres seront installés dans les systèmes fermés afin de constater un excès de pression. La pression maximale admissible doit
être indiquée. Lorsque des pressions anormalement élevées du contenu gazeux ou liquide sont possibles, on veillera grâce à des
soupapes de sûreté à ce que le produit puisse s'écouler jusqu'à ce que la trop forte surpression soit éliminée. Si une telle augmentation
de pression ne se manifeste que peu à peu, cela peut se faire avec des organes de fermeture ou des soupapes à ressort ou à
contrepoids (réglage de sécurité réversible). Des plaques ou joints de rupture conviennent en cas d'augmentation subite de la pression.
Ils se rompent (pression de rupture) et libèrent le tuyau de compensation de pression sur tout son diamètre. Ils doivent être disposés
de façon que les personnes et l'environnement ne soient pas mis en danger par le fluide ou gaz qui s'échappe.

2. Dispositifs de sécurité de réservoirs

Dans les réservoirs contenant des substances solides et liquides, le contenu (niveau, volume, etc.) sera contrôlé avec des appareils de
mesure de niveau. Si le contenu des réservoirs est constitué par des liquides ou des gaz dangereux, c'est-à-dire facilement inflammables
ou toxiques, des trop-pleins, soit des dispositifs devant empêcher automatiquement le surremplissage ou l'excès de remplissage de ces
réservoirs, sont nécessaires. Des conduites de retour sont aussi possibles. Des dispositifs de contrôle de fonctionnement à vide ont pour
but d'empêcher que le niveau minimal admissible ne soit atteint. Les réservoirs doivent en outre être munis de dispositifs d'égalisation
de pression. Ceux-ci seront disposés de façon que les personnes et l'environnement ne soient pas mis en danger par le fluide ou le gaz
qui s'échappe. Lorsqu'il s'avère nécessaire d'empêcher l'écoulement de liquides dangereux, c'est-à-dire facilement inflammables ou
toxiques, des moyens de retenue (par ex. cuves de rétention, rigoles) ainsi qu'une aération technique (en particulier pour les
installations de réservoirs dans des caves ou des locaux exigus) sont nécessaires.

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 84


321A Équipements de travail Partie 6

Pour les liquides, gaz ou vapeurs facilement inflammables, des installations électriques antidéflagrantes, de réservoirs et conduites mis à
la terre ainsi que des dispositifs anti-retour de flammes dans les conduites d'égalisation de pression sont indispensables.

Afin d'empêcher des implosions ou la contraction de réservoirs ne résistant pas au vide, il faut incorporer des éléments de sécurité (par
ex. reniflards).

3. Dispositifs de sécurité des conduites

Pour détecter les changements de longueur d'une conduite en cas de variations de température, il faut utiliser par ex. des
compensateurs de dilatation thermique sous la forme de coudes de tuyau ou de soufflets.

Pour les conduites qui transportent des substances corrosives, les armatures (brides, robinets, etc.) doivent être disposées de façon
qu'en cas de fuite éventuelle, personne ne puisse être atteint par des jets de substance.

Les matières solides, les liquides ou les gaz pollués par des matières solides, qui se transportés dans des conduites peuvent engendrer
des charges statiques. Les conduites métalliques seront donc équipées d'une mise à la terre et les conduites en matière synthétique ou
en verre d'un système supplémentaire de dérivation.

Lors du transport des vapeurs condensables, il y a risque que celles-ci se condensent en cas de forte compression. Dans ces cas, il faut
y parer grâce à des collecteurs ou des purgeurs, des dispositifs d'absorption, etc.

328.5 Mesures de sécurité à prendre lors de travaux de remplissage


Art. 31 al. 1 OPA
Les réservoirs à liquides ne doivent jamais être remplis entièrement, mais doivent toujours contenir un coussin de gaz. Pour éviter des avaries par suite
de fuites, ou de trop-pleins, des dispositifs de commande ou de réglage de sécurité sont nécessaires.

328.6 Mesures de sécurité à prendre lors de travaux de vidange


Art. 31 al. 1 OPA
On veillera, par une exécution adéquate et, au besoin, par des moyens auxiliaires supplémentaires à ce que rien n'entrave l'écoulement de la matière.
Cette règle est valable en particulier pour les silos et les soutes dans lesquels sont entreposées des matières chargées de poussières. Pour ceux-ci, il y a
lieu de prévoir des moyens de déchargement dans le cône (tels que coussins ou canons à air, canalisations circulaires par lesquelles l'air comprimé peut
être insufflé dans la marchandise, etc.).

328.7 Mesures de sécurité à prendre lors des travaux d'entretien (maintenance)


Art. 31 al. 1 OPA

1. Etat de décompression

Les appareils sous pression ne peuvent être ouverts qu'en état de décompression. A cet effet, il faut soulever quelque peu le couvercle
du trou d'homme avant que tous les boulons de fixation ne soient enlevés. Aucune manipulation ne doit être entreprise sur les
conduites transportant de la vapeur avant que celles-ci ne soient décomprimées et refroidies.

Des mesures seront prises, par le fabricant, pour les appareils sous pression à fermeture rapide afin que la fermeture puisse être
ouverte sans danger (1328.7a). La prudence est également de mise pour les systèmes à dépression.

2. Préparatifs en vue d'accéder aux réservoirs

Afin d'éviter que des substances nocives affluent en quantités et concentrations dangereuses ou encore à des pressions ou températures
dangereuses, toutes les installations de remplissage, de vidange, etc. doivent être arrêtées et mises hors circuit avant de pénétrer dans
les réservoirs. Le blocage de conduites au moyen de simples soupapes, robinets ou vannes ne suffit pas. Les conduites seront
débridées, leurs ouvertures obturées ou des raccords enlevés. Les parties mobiles ou autres éléments (par ex. installations frigorifiques
ou de chauffage, engins de manutention continue, mélangeurs) qui peuvent présenter un danger pour les personnes pénétrant dans les
réservoirs doivent être arrêtés avant le début du travail et assurés contre toute mise en marche inopinée, erronée ou non autorisée.
Suivant le mode d'entraînement, cela peut se faire par séparation mécanique (par ex. enlèvement de la courroie) ou par interruption de
l'alimentation en énergie (par ex. coupure omnipolaire du courant et verrouillage de l'interrupteur). Si, malgré tout des éléments
mécaniques sont encore en mouvement, des mesures supplémentaires de sécurité seront prises. En outre, on attirera l'attention par des
panneaux de mise en garde sur le fait que les dispositifs de blocage ne peuvent pas être enlevés avant la fin des travaux dans le
réservoir.

3. Circulation et travaux dans les réservoirs

Les dispositions y relatives 1328.7b seront observées lorsqu'on pénètre dans des réservoirs.

328.8 Signalisation des réservoirs et des conduites


Art. 31 al. 2 OPA
Les réservoirs et les conduites doivent être signalés

lorsque leur contenu est différent,


lorsque leur contenu requiert une prudence particulière

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 85


321A Équipements de travail Partie 6

Le contenu des réservoirs et des conduites doit être indiqué de façon claire et indélébile. Outre les termes chimiques - mentionnés dans des manuels et
des publications officielles que l'on peut obtenir facilement -, le libellé doit aussi comprendre des indications usitées dans l'entreprise et compréhensibles
pour les travailleurs. Pour les tuyauteries, on appliquera les couleurs et les chiffres conventionnels (1328.8). Au besoin, le sens du courant sera indiqué. La
signalisation peut être complétée par des indications sur la pression, la température et les autres valeurs caractéristiques.

328.9 Canaux pour conduites


Art. 31 al. 3 OPA
Lors de la construction des canaux pour conduites, on observera les points suivants:

1. Aération
Les galeries ou canaux dans lesquels se trouvent des conduites de gaz, des câbles sous pression de gaz et autres éléments doivent être
pourvus d'une ventilation artificielle. Celle-ci sera dimensionnée de façon qu'il n'y ait pas de risque d'intoxication ou d'explosion pour les
personnes qui y circulent. Les autres canaux pour conduites ne seront équipés d'une ventilation artificielle que si l'aération naturelle est
insuffisante.

2. Circulation
Dans les canaux pour conduites dans lesquels les travailleurs doivent circuler, un passage d'au moins 1.85m de hauteur et 0.6m de
largeur doit rester libre. Les issues de secours seront signalées (1317.6). Les voies d'évacuation ne doivent pas présenter d'obstacles tels
qu'étranglements, marches et paliers.

3. Eclairage
Les canaux pour conduites dans lesquels on peut circuler doivent être suffisamment éclairés. Dans les canaux d'une certaine longueur,
l'éclairage doit pouvoir être enclenché à des distances convenables. En cas de panne d'électricité, un éclairage de secours (333.10) doit
automatiquement entrer en action.

4. Danger de crue et d'infiltrations d'eau


Des détecteurs d'eau seront installés aux endroits où règne un tel danger.

328.10 Dispositions spéciales relatives aux réservoirs et aux conduites


Art. 31 OPA
Des dispositions spéciales figurent dans différentes prescriptions et règles (1328.10).

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 86


321A Équipements de travail Partie 6

329 Installations de chauffage pour besoins techniques


329.1 Notion " Installations de chauffage pour besoins techniques "
329.2 Objectif de sécurité " Installations de chauffage pour besoins techniques "
329.3 Détente de la pression en cas de déflagration ou d'explosion
329.4 Dérivation des gaz de combustion
329.5 Chargement de l'installation de chauffage avec des combustibles
329.6 Autres mesures de sécurité
329.7 Exploitation des installations de chauffage

329.1 Notion "Installations de chauffage pour besoins techniques"


Art. 32 OPA
Par "Installations de chauffage pour besoins techniques" au sens où on l'entend ici, on désigne toute installation dans laquelle une matière combustible
quelconque est brûlée dans un but quelconque.

329.2 Objectif de sécurité "Installations de chauffage pour besoins techniques"


Art. 32 OPA
L'installation de chauffage ne doit pas présenter de danger en provoquant des incendies, des explosions, des retours de flammes et des intoxications. Elle
doit être aménagée de façon que son fonctionnement n'entraîne pas d'autres risques pour les personnes.

329.3 Détente de la pression en cas de déflagration ou d'explosion


Art. 32 OPA
Là où cela est nécessaire, il faut équiper les installations de chauffage de dispositifs de décompression, p. ex. de clapets d'explosion. Les dispositifs de
décompression doivent être conçus et disposés de façon à ce que leur action ne mette personne en danger. Il faut en outre observer les dispositions
figurant dans les prescriptions de protection contre le feu de l' "Association des établissements cantonaux d'assurance-incendie" AEAI (1339.3a) ainsi que
les recommandations figurant dans le normes techniques de la SSIGE (1116.3).

329.4 Dérivation des gaz de combustion


Art. 32 OPA
Les gaz de combustion des installations de chauffage doivent être évacués à l'air libre. La dérivation sera conçue de façon que les gaz de combustion ne
puissent revenir dans le bâtiment. Grâce au tirage naturel de la cheminée ou à l'aspiration artificielle, on veillera aussi à ce que les gaz ne puissent sortir
de la chambre de combustion et pénétrer dans la chaufferie.

329.5 Chargement de l'installation de chauffage avec des combustibles


Art. 32 OPA
Les combustibles doivent être amenés sans danger à l'installation de chauffage.
Selon la nature des combustibles et leur chargement, des mesures différentes seront prises.
Chargement automatique
Les combustibles gazeux et liquides peuvent être chargés directement par l'intermédiaire de tuyauteries. Les combustibles solides, tout particulièrement
les produits ensilés (tels que les grands et petits copeaux) peuvent être enfournés par des installations telles que des transporteurs à vis.
Les retours de flammes dans la conduite d'amenée du combustible ainsi que dans les citernes à combustible doivent être évités (par ex. par le montage
de clapets de retour des gaz et des protections contre les retours de flammes).
Chargement manuel
Les combustibles solides peuvent être chargés à la main. Le chargement de gros morceaux de bois et de charbon ne présente relativement peu de
difficultés sérieuses. Des problèmes de sécurité se posent en particulier lors du chargement de combustibles contenant des poussières (p. ex. copeaux
de bois mélangés à de la poussière de ponçage). Il subsiste un danger de déflagration. C'est pourquoi il ne faut jamais charger manuellement les
combustibles contenant des poussières.

329.6 Autres mesures de sécurité


Art. 32 OPA
Les installations de chauffage et les cheminées doivent pouvoir être nettoyées et entretenues sans danger. A cet effet, il faut:

que l'accès aux cheminées puisse se faire sans danger,


qu le local dans lequel se trouve l'installation de chauffage puisse être ventilé,
que les cheminées et les carneaux auxquels il est possible d'accéder puissent être libérés des gaz nocifs par ventilation.

329.7 Exploitation des installations de chauffage


Art. 32 OPA

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 87


321A Équipements de travail Partie 6

Le mode d'emploi doit être affiché en un endroit bien visible du local de chauffage. Les personnes impliquées dans l' entretien et le fonctionement des
installations de chauffage doivent être instruites (chiffre 5.5 de la directive de CFST 6512 "Équipements de travail").

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 88


321A Équipements de travail Partie 6

329A Utilisation des équipements de travail


329A.1 Notion «utilisation des équipements de travail»
329A.2 Objectif de sécurité «utilisation des équipements de travail»
329A.3 Equipements de travail utilisés conformément à leur destination
329A.4 Installation et intégration des équipements de travail
329A.5 Principes ergonomiques pour l'utilisation des équipements de travail
329A.6 Contrôle des équipements de travail démontables utilisés sur différents sites
329A.7 Utilisation d'équipements de travail ayant subi d'importantes modifications

329A.1 Notion «utilisation des équipements de travail»


Art. 32a OPA
On entend ici par «utilisation des équipements de travail» l'usage, l'installation, l'intégration et la modification des équipements de travail (321.1).

329A.2 Objectif de sécurité «utilisation des équipements de travail»


Les équipements de travail (321.1) doivent pouvoir être utilisés sans danger.

329A.3 Equipements de travail utilisés conformément à leur destination


Art. 32a al.1 OPA
Directive CFST 6512 "Equipements de travail", pt 5.1
Pour être en mesure d'utiliser les équipements de travail (321.1) conformément à leur destination, il faut connaître l'usage pour lequel ceux-ci ont été
conçus et les conditions dans lesquelles ils doivent être utilisés. Les indications nécessaires figurent dans les instructions d’exploitation (321.4) des
équipements de travail. Ces instructions d’exploitation doivent être rédigées par le fabricant et remises à l'utilisateur avant l'emploi de l'équipement de
travail (321.3).
Pour être en mesure d'utiliser les équipements de travail conformément à leur destination, les travailleurs doivent

connaître les instructions d’exploitation


être informés des risques résiduels
connaître le concept de sécurité défini pour l'équipement de travail, notamment pour les conditions de service particulières et la
maintenance (343)
être informés des risques de mauvaise utilisation raisonnablement prévisibles
être instruits et formés périodiquement (306.12)
vérifier périodiquement si l'équipement de travail est encore sûr (par exemple si tous les dispositifs de protection sont en place et en
état de fonctionner).

Pour que la sécurité d'utilisation soit assurée (307.2), les exigences ci-après doivent être satisfaites (énumération non exhaustive):

les prescriptions des instructions d’exploitation doivent être respectées


la conduite des pièces usinées et des matériaux doit être sûre
les pièces usinées et les outils doivent être fixés
les équipements de travail doivent être déclenchés avant de quitter le poste de travail
les copeaux, les éclats et les déchets ne doivent pas être enlevés avec les mains
les équipements de travail à moteur tenus à la main peuvent être déposés uniquement si l'outil est à l'arrêt
des mesures de remplacement doivent être appliquées lorsque, pour des raisons techniques liées à la fabrication, des dispositifs de
protection doivent être entièrement ou partiellement démontés ou mis hors service passagèrement. Le cas échéant, il faut:
définir d'autres mesures de protection (325.1)
surveiller ces mesures de protection
confier ces activités uniquement à des travailleurs qualifiés dûment mandatés
remettre les dispositifs de protection en place une fois les opérations terminées
lorsqu'il est nécessaire de travailler sous des équipements de travail (ou des éléments d'équipements de travail) mouvants ou en
suspension, lesdits équipements (ou éléments) doivent être fixés afin d’empêcher tout mouvement inopiné
en cas de défectuosités pouvant affecter la sécurité, l'équipement de travail doit être mis hors service (307.3). Il ne peut être réutilisé
qu'après avoir été remis en état (et après un essai éventuel)
le poste de travail doit être suffisamment éclairé (333.5)

Pour de plus amples informations, voir 1329A.3

329A.4 Installation et intégration des équipements de travail


Art. 32a al.1 OPA
Directive CFST 6512 "Equipements de travail", pt 5.2
Les équipements de travail (321.1) doivent être installés de façon que les travailleurs puissent accéder en toute sécurité à tous les emplacements
nécessaires lors de leur utilisation. Il doit être possible de stationner sans danger à ces emplacements. Dans cet ordre d’idées, il est important que les
travailleurs ne soient pas mis en danger par des éléments mobiles de l'équipement de travail lui-même ou par des parties mobiles d'autres équipements
de travail situés à proximité.
Lorsque les instructions d’exploitation ne prévoient aucun écartement minimal entre les éléments mobiles d'équipements de travail et les éléments fixes ou
mobiles situés à proximité, les distances de sécurité fixées dans les normes (321.9), (1321.9) doivent être respectées. Outre les distances de sécurité

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 89


321A Équipements de travail Partie 6

minimales, il faut observer les principes ergonomiques pour l'installation et l'utilisation d'équipements de travail (329A.5) einzuhalten.
Dispositions particulières concernant l’installation et l'intégration:

exigences relatives aux fondations et aux moyens de fixation (309)


mesures destinées à atténuer la propagation des vibrations (332.5)
mesures destinées à atténuer le bruit ou sa propagation (331.5)
mesures relatives à l'aspiration des émissions nocives (gaz, vapeurs, fumées, poussières, etc.) (330)
raccordement des circuits d'alimentation
exigences spécifiques concernant les outils à utiliser
utilisation des équipements de protection individuelle (306.11)
formation spécifique des utilisateurs (306.12)
exigences spécifiques concernant les utilisateurs (306.14)

Certaines exigences peuvent apparaître lors de l'intégration des équipements de travail dans l'environnement de travail. Elles concernent par exemple

les accès, les passages (316), les voies d'évacuation (317)


les postes de travail et les emplacements où s'effectuent des travaux (en conditions de service normales ou particulières et lors des
travaux d'entretien) (324)
la conduite des matériaux (matières à traiter telles que pièces brutes, produits finis, etc.) vers l'équipement de travail ou la conduite de
l'équipement de travail vers les matériaux (321), (324)
le retrait des matériaux (matières à traiter telles que pièces brutes, produits finis, etc.) de l'équipement de travail ou le retrait de
l'équipement de travail des matériaux (321), (324)
les interfaces avec d'autres équipements de travail (p. ex. machines de production, engins de levage, installations de transport, robots
industriels, etc.) (321), (324)
l'éclairage du poste de travail (333)
la climatisation du poste de travail (air, température, etc.) (330)
le stockage et l'utilisation de substances dangereuses dans la zone de travail (341.3)

Une fois l’installation d’équipements de travail fixes achevée, les dispositifs de protection tels que barrages immatériels, rideaux lumineux, bords sensibles,
tapis sensibles, commandes bimanuelles, enceintes, couvertures et grillages, ainsi que les dispositifs d'arrêt d'urgence (325) , doivent être soumis à un
contrôle afin de vérifier si les équipements techniques de sécurité fonctionnent parfaitement. Des contrôles de fonctionnement doivent être également
effectués lorsque des réparations susceptibles d'avoir des répercussions sur les dispositifs de protection ont été effectuées.
Pour de plus amples informations à ce sujet, voir 1329A.3

329A.5 Principes ergonomiques pour l'utilisation des équipements de travail


Art. 32a al. 2 OPA
Art. 3 , 23 OLT 3
Directive "Equipements de travail", pt 5.2
Lors de la mise en œuvre des exigences minimales en matière de sécurité et de protection de la santé , l'employeur doit tenir compte en tout point du
poste de travail, de la posture que les travailleurs doivent adopter lors de l'utilisation des équipements de travail (321.1) et des principes ergonomiques
(1321.8).
Lors de la mise en œuvre des exigences minimales en matière de sécurité et de protection de la santé, l'employeur doit tenir compte en tout point du
poste de travail, de la posture que les travailleurs doivent adopter lors de l'utilisation des équipements de travail et des principes ergonomiques.

en ayant le dos courbé ou les épaules relevées


en tournant la tête ou le buste
avec la colonne vertébrale de travers
en ayant les jambes repliées, tendues ou pliées sur le côté
sans surface d'appui pour les mouvements précis de la main ou du bras (motricité fine)
dans une posture crispée
en position accroupie, courbée, à genoux
les bras levés
toujours dans la même position pénible ou fatigante ou
en ressentant des douleurs à l'appareil locomoteur.

Tant que le mode opératoire ou le processus de production n’imposent pas de dimensions particulières, l'aménagement des équipements et des postes
de travail est régi par les lois de l’anthropométrie et de la physiologie. Lors de l'aménagement de postes et d'équipements de travail, il faut si possible tenir
compte des dimensions du corps de 95 % de l'ensemble des hommes et des femmes. Les valeurs limites en pour cent sont nommées «centiles».
Globalement, il s’agit de couvrir une proportion de tailles se situant entre le 5e centile des femmes (seules 5 % des femmes sont plus petites) et le 95e
centile des hommes (seuls 5 % des hommes sont plus grands). Pour les travailleurs n’entrant pas dans cet intervalle, il faut trouver des solutions
spéciales.
Là où c’est possible, il faut employer des équipements de travail réglables et adaptés aux mensurations ainsi qu'à l'activité de la personne (pièce usinée,
outil, force requise). Dès que plusieurs personnes se partagent un poste de travail, seuls des équipements de travail réglables permettent de satisfaire
l'exigence d'une posture de travail confortable et naturelle. Il est fréquent que les machines et les surfaces de travail ne soient pas réglables en hauteur.
Dans ce cas, une solution peut être trouvée en modifiant la hauteur de la surface d'appui (estrade).
Pour les postes de travail assis, les dimensions retenues pour les jambes doivent être celles d'une personne de grande taille du 95e centile. S'agissant de
la portée des bras, la valeur déterminante est celle du 5e centile. Les équipements de travail étant aménagés en vue de leur utilisation par des femmes
et des hommes, il faut se baser sur les centiles de chacun des deux sexes.
Pour de plus amples informations à ce sujet, voir 1329A.5 + 1324.4.

329A.6 Contrôle des équipements de travail démontables utilisés sur différents sites
Art. 32a al. 3 OPA

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 90


321A Équipements de travail Partie 6

Directive "Equipements de travail", pt 5.3


L'employeur doit veiller à ce que les équipements de travail (321.1) dont la sécurité dépend des conditions de montage soient contrôlés après le montage
initial et avant la première mise en service ainsi qu'après chaque montage sur un nouveau chantier ou un nouveau site. Le contrôle a pour but de
s'assurer du montage dans les règles et du fonctionnement sûr de ces équipements de travail. Il peut être réalisé uniquement par des personnes
(329B.3) habilitées à le faire. Le contrôle doit être effectué conformément aux instructions fournies par le fabricant de l'équipement de travail.
La consignation doit garantir la traçabilité du contrôle, ce qui signifie qu’il faut noter qui a procédé quand à la vérification du montage dans les règles et du
fonctionnement sûr de l'équipement de travail. Il est également possible d'utiliser des listes de contrôle (1329A.6a) pour la vérification et la consignation.
Exemples d'équipements de travail démontables utilisés sur différents sites:

échafaudages roulants
échafaudages fixes
ascenseurs de chantier pour le transport de personnes et de matériel
monte-charges de couvreur
échelles mécaniques

Le contrôle des grues à tour pivotante et des camions-grue est soumis aux dispositions particulières de l’ordonnance sur les grues (1329A.6b).
Le contrôle des echafaudages est soumis aux dispositions particulières de l’ordonnance sur les travaux de construction (1329A.6b).

329A.7 Utilisation d'équipements de travail ayant subi d'importantes modifications


Art. 32a al. 4 OPA
Directive "Equipements de travail", pt 5.4
Il est fréquent que des machines d'occasion ou des équipements de travail (321.1) existant dans l'entreprise soient modifiés et adaptés en vue de
nouveaux processus de production. Les équipements de travail qui ont été modifiés et adaptés doivent être soumis à une appréciation du risque. Le but
est de constater si le niveau de sécurité est encore suffisant ou si l'on est en présence d'une modification importante.
On parle par exemple de modification importante en cas d'augmentation de la puissance, de modification du mode de fonctionnement ou si l’équipement
de travail n’est plus utilisé conformément à sa destination.
La procédure décrite ci-après et représentée dans le schéma indique si la modification est importante ou pas.

L'examen effectué indique si la modification a engendré de nouveaux dangers ou s’il en découle une augmentation d’un risque existant. Dans un premier
temps, on peut partir de trois cas de figure:
1. Il n'y a pas de nouveau danger ni d'augmentation du risque, de sorte que la machine peut toujours être considérée comme sûre.
2. Il existe un nouveau danger ou une augmentation du risque, mais les mesures techniques de sécurité existantes sont suffisantes pour y faire face, de
sorte que la machine peut toujours être considérée comme sûre.
3. Il existe un nouveau danger ou une augmentation du risque, et les mesures techniques de sécurité existantes ne suffisent pas pour y faire face.
Aucune mesure technique de sécurité supplémentaire n'est nécessaire pour les machines modifiées relevant des points 1 et 2. Par contre, les machines
modifiées relevant du point 3 doivent être soumises à un examen plus approfondi afin de déterminer si elles ont subi une importante modification au sens
de l'art. 32a al. 4 OPA.
La première étape de l'appréciation du risque consistera à analyser l'étendue du dommage potentiel pouvant être provoqué par le danger considéré. Il
peut s'agir aussi bien d'un dommage corporel que d'un dommage matériel. Deux cas de figure sont là aussi possibles:
1. Le dommage corporel potentiel est réversible et il ne faut pas s’attendre à un dommage matériel important le cas échéant.
2. Le dommage corporel potentiel est irréversible et il faut s’attendre à un dommage matériel important le cas échéant.
Dans le premier cas, la modification n'est pas réputée importante au sens de l'art. 32a al. 4 OPA. Des mesures (techniques et/ou organisationnelles)
doivent être mises en œuvre afin de rétablir l'état de sécurité de la machine. Dans le second cas, on est en présence d'une modification importante au
sens de l'art. 32a al. 4 OPA. Comme pour une machine neuve, les mesures nécessaires pour que les exigences en matière de sécurité et de santé
soient respectées doivent être appliquées. Bien entendu, il est possible de se référer aux normes existantes éventuelles pour la définition des mesures.
Il est recommandé de charger un spécialiste de la sécurité au travail (ingénieur de sécurité suivant l'ordonnance sur les qualifications) ou un laboratoire
d'essais agréé de vérifier si les exigences sont satisfaites. La notice d'instructions doit dans tous les cas être adaptée ou rédigée si elle fait défaut.

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 91


321A Équipements de travail Partie 6

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 92


321A Équipements de travail Partie 6

329B Entretien des équipements de travail


329B.1 Notion "entretien des équipements de travail"
329B.2 Objectif de sécurité de l'entretien des équipements de travail
329B.3 Entretien des équipements de travail dans les règles de l'art
329B.4 Contrôle des équipements de travail exposés à des influences nuisibles

329B.1 Notion «entretien des équipements de travail»


Art. 32b OPA
Directive CFST 6512 "Equipements de travail", chiffre 6.1
On entend par entretien l'inspection (mesures, contrôles, saisie des données), la maintenance (nettoyage et service courant) et la remise en état
(remplacement de pièces, améliorations) d'équipements de travail.

Inspection
Mesures permettant de déterminer et d'apprécier l'état effectif ainsi que l'origine de l'écart et de déduire les mesures nécessaires en vue d'une utilisation
future..
Maintenance
Prise de mesures en vue de conserver l'état souhaité.
Remise en état
Mesures de réalisation de la fonction exigée sans amélioration technique.
Amélioration
Combinaison de toutes les mesures en vue de modifier les exigences en matière de performance, qualité, environnement, sécurité au travail et protection
de la santé, sans modification du fonctionnement.

329B.2 Objectif de sécurité de l'entretien des équipements de travail


Art. 32b OPA
L'entretien vise à maintenir constamment (329B.1) un équipement de travail (321.1) dans un état garantissant son fonctionnement sûr et correct
pendant toute sa durée d’utilisation. Il faut veiller, en soumettant les équipements de travail à des contrôles réguliers, à éviter tout dommage susceptible
d'engendrer des situations dangereuses.

329B.3 Entretien des équipements de travail dans les règles de l'art


Art. 32b al. 1 OPA
Directive CFST 6512 "Equipements de travail", chiffre 6.1
Afin que l'entretien puisse être effectué dans les règles de l'art, le fabricant d'un équipement de travail (321.1) est tenu de consigner les indications
nécessaires à cet effet dans les instructions d’exploitation de l'équipement en question. Lorsque ces consignes font défaut, par exemple dans le cas de
machines anciennes, des instructions d'entretien doivent être rédigées de préférence en collaboration avec le fabricant ou, si ce dernier n'existe plus, avec
des spécialistes expérimentés (1329B.3a).
L’entretien doit être effectué par des personnes instruites ou formées à cet effet.
Catégories de personnel pouvant effectuer des travaux de maintenance:

spécialistes externes: p. ex. venant de fabricants, fournisseurs ou d’entreprises spécialisées


personnel disposant des connaissances et de l’expérience nécessaires à la maintenance d’équipements ou d’installations déterminés.
personnel formé: en général, il s’agit des personnes travaillant avec les équipements ou les installations concernés. Lors de leur
formation, il convient de fixer clairement les limites de leur travail en matière de maintenance (p. ex. dans des consignes de travail).

Les travaux de maintenance effectués doivent être consignés. A cet effet, il suffit de noter qui a procédé à quelle date à l'entretien de quel équipement
de travail. Vous trouverez un document qui vous aidera à planifier, à surveiller et à consigner l'entretien sous 1329B.3.

329B.4 Contrôle des équipements de travail exposés à des influences nuisibles


Art. 32b al. 1 OPA
Directive CFST 6512 "Equipements de travail", chiffre 6.2
Les équipements de travail (321.1) exposés à des influences nuisibles (par exemple déformations causées par la chaleur, froid, humidité, substances et
gaz corrosifs, rayons ultraviolets, fatigue des matériaux en cas de sollicitation permanente) qui peuvent engendrer des situations dangereuses doivent
être régulièrement contrôlés. Il en va de même lors d'événements exceptionnels tels qu'accidents, dommages, fortes tempêtes ou arrêts prolongés.
Il n'est pas possible de nous prononcer sur l'étendue des contrôles à effectuer. L'employeur doit déterminer lui-même, sous sa propre responsabilité,
l'étendue et la périodicité des contrôles ainsi que les exigences posées au personnel chargé d'effectuer ces derniers (personnel d'entretien).
Les contrôles réguliers seront définis dans un plan préétabli, et les contrôles effectués doivent être consignés (qui, quoi, pourquoi et quand) (1329B.3).
Le contrôle des grues et des récipients sous pression est soumis à des dispositions particulières (1329B.4)

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 93


330A Milieu de travail Partie 7

330A Renseignements concernant l'OPA: Milieu de travail


330 Aération dans la zone de travail
331 Le bruit dans le milieu de travail
332 Les vibrations dans le milieu de travail
333 Eclairage du milieu de travail
334 Danger d'explosion ou d'incendie dans le milieu de travail
335 Entretien et évacuation des déchets

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 94


330A Milieu de travail Partie 7

330 Aération dans la zone de travail


330.1 Notion "Aération"
330.2 Objectif de sécurité "Aération"
330.3 Ventilation naturelle
330.4 Ventilation artificielle
330.5 Amenée d'air frais pour compenser une décompression
330.6 Récupération de l'air
330.7 Ventilation tempête
330.8 Autres mesures de sécurité, travaux effectués dans une atmosphère appauvrie en oxygène, ventilation artificielle lors des travaux souterrains

330.1 Notion "Aération"


Art. 33 OPA
L'aération, au sens où on l'entend ici, a pour but de créer dans la zone de travail un climat ne présentant pas de danger pour la santé et aucun risque
d'asphyxie ou d'explosion.

330.2 Objectif de sécurité "Aération"


Art. 33 OPA
Pour prévenir avec une forte vraisemblance toute atteinte aiguë ou chronique à la santé, les concentrations de substances nocives au poste de travail
doivent être maintenues au-dessous de VME/VLE fixées par la Suva (356.4 , 1330.2).
La teneur en oxygène de l’air inhalé doit se situer dans la normale entre 19 et 21 vol. % et en aucun cas être inférieure à 18%. Lors de travaux
effectués dans une atmosphère appauvrie en oxygène (330.8), il faut prendre des mesures de protection complémentaires.
Pour exclure des explosions, il faut veiller à ce que la concentration du combustible ne soit pas supérieure à 50% de la limite inférieure d’explosibilité.

330.3 Ventilation naturelle


Art. 33 OPA
Les chiffres enregistrés en matière de renouvellement de l’air dans les cas de la ventilation naturelle ne sont pas fiables et accusent de fortes variations.
C’est pourquoi ce type de ventilation n’entre en ligne de compte que dans quelques cas, par exemple:

pour l’entreposage de solvants facilement inflammables dans des locaux surélevés qui ont des ouvertures face à face, non verrouillables
et donnant immédiatement à l’air libre (surface de base: 20 cm2/m2),
dans les grandes halles de fabrication pouvant être assimilées au plein air, ce qui est généralement le cas pour les halles dont le volume
est supérieur à 4000m3.

La disposition des prises d’air doit tenir compte des données physiques (par ex. densité du mélange substance nocive-air, ascendance thermique).

330.4 Ventilation artificielle


Art. 33 OPA
La ventilation artificielle est nécessaire là où la ventilation naturelle est insuffisante et ne permet pas d'obtenir une amenée d'air appropriée et un débit
suffisant. La réalisation de la ventilation doit se faire d'après le concept suivant et dans l'ordre de priorité cité:

1. Systèmes fermés
Les systèmes fermés avec ventilation directe doivent être appliqués partout où cela est possible techniquement.

2. Aspiration à la source
Les substances nocives qui peuvent se dégager doivent être captées à la source de façon à ne pas pouvoir parvenir dans l'air inhalé par
les travailleurs. Il est possible de capter ces substances, par exemple

en utilisant pour les travaux de peinture par pulvérisation au pistolet des chapelles et des postes de peinture au pistolet,
en installant dans les ateliers de galvanoplastie des aspirations en bordure des bacs et autres installations similaires
en installant des dispositifs d'aspiration pour les bains pour traitements de surfaces,
en utilisant pour les travaux de meulage et de polissage des capots intégrés ou rapprochés avec aspiration,
en utilisant pour les travaux de soudage des chapelles, des dispositifs d'aspiration de table, des écrans de protection faciaux avec
aspiration directe ou des tuyaux d'aspiration orientables,
en installant pour la mouture, le mélange et la manutention de substances solides des aspirations à proximité des ouvertures de
remplissage et de déversement.

Lors de la conception de ces installations, il faut considérer, outre le mode de travail, la nature des substances à aspirer ainsi que
leur poids spécifique, leur direction et leur vitesse (si elles sont projetées au loin comme par ex. sur les machines à meuler ou à
travailler le bois). On doit tenir compte du fait que les effets des installations d'aspiration diminuent très rapidement à mesure que
l'on s'éloigne des ouvertures d'aspiration (à une distance correspondant au diamètre de l'ouverture d'aération, la vitesse de l'air
tombe à 10% approximativement).

3. Ventilation des locaux


Si les substances nocives qui se dégagent dans le local ne peuvent pas ou ne sont pas complètement captées à la source, elles seront
éliminées par une ventilation, par exemple

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 95


330A Milieu de travail Partie 7

dans les locaux de peinture par pulvérisation au pistolet


dans les halles de parcage de véhicules à moteur se trouvant au sous-sol.

330.5 Amenée d'air frais pour compenser une dépression


Art. 33 OPA
Si la ventilation provoque une dépression notable ou des courants d'air gênants, l'air aspiré doit être remplacé par de l'air frais. Celui-ci sera au besoin
réchauffé.

330.6 Récupération de l'air


Art. 33 OPA
Si, pour de raison d’économie d’énergie, l’air pollué par des substances nocives doit être réintroduit dans le local de travail, il faut observer les conditions
suivantes:

La concentration de la substance nocive dans l’air qui est récupéré doit être aussi faible que possible. Elle ne doit pas dépasser le 1/3 de
la valeur VME (1xxx). Cela peut généralement être atteint:
par l’utilisation de filtres qui purifient l’air (par ex. en retenant les particules de substances nocives),
par la dilution de l’air pollué (par ex. pollution par les gaz ou les vapeurs) avec de l’air frais; la part de l’air évacué qui est
récupérée doit être si petite qu’il en résulte une concentration d’équilibre aussi faible que possible.
La récupération de l’air vicié par des substances cancérigènes (catégories 1 et 2) est en principe interdite (principe de minimalisation).
Dans les installations de ventilation fixes avec récupération de l’air, le système doit être équipé d’un dispositif permettant de passer
rapidement à l’alimentation intégrale en air frais.

330.7 Ventilation tempête


Art. 33 OPA
Une ventilation tempête suffisamment dimensionnée doit être installée lorsqu'en cas de dérangement, des substances nocives peuvent se dégager en si
grandes quantités dans les locaux de l'entreprise qu'elles ne peuvent pas être évacuées assez rapidement et qu'il faut s'attendre à une mise en danger
des travailleurs.
Les ventilations tempête doivent pouvoir être enclenchées à partir d'un endroit sûr situé en dehors du local concerné. Elles peuvent aussi être couplées
avec d'autres installations de sécurité (telles que système de surveillance de la concentration). Par ailleurs, il faut tenir compte du fait que, même pour les
ventilations tempête, il peut être nécessaire, au cas où les substances sont particulièrement dangereuses, de purifier l'air évacué avant son expulsion à
l'air libre.

330.8 Autres mesures de sécurité, travaux effectués dans une atmosphère appauvrie en oxygène, ventilation artificielle
lors des travaux souterrains
Art. 33 OPA
Si, pour des raisons spéciales, il est impossible d’éliminer ou de supprimer complètement les risques d’accidents et d’affections par des mesures
d’aération, d’autres mesures seront encore prises, à savoir:

l’emploi de système de surveillance et d’alarme,


la préparation et le port de masque de protection,
la réduction de la durée de l’exposition.

Lorsque des travaux effectués dans une atmosphère appauvrie en oxygène: page Internet Suva «Travaux effectués dans une atmosphère appauvrie
en oxygène» (1330.8a).

Les règles correspondantes relatives à la ventilation artificielle doivent être observées lors des travaux souterrains (1330.8).

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 96


330A Milieu de travail Partie 7

331 Le bruit dans le milieu de travail


331.1 Notion de "bruit"
331.2 Objectifs de sécurité "bruit"
331.3 Eviter les atteintes à la santé causées par le bruit
331.4 Valeurs limites du bruit présentant un risque pour l'ouïe
331.5 Mesures techniques destinées à réduire le bruit
331.6 Port de protecteurs d'ouïe
331.7 Incidences du bruit sur la sécurité
331.8 Mesure et appréciation du bruit

331.1 Notion de "bruit"


Art. 34 OPA
Le bruit au sens où on l'entend ici est toute espèce de son indésirable, gênant ou nuisible à la santé. "Indésirable" et "gênant" sont des appréciations
subjectives, cependant que le caractère nuisible à la santé du bruit peut être prouvé objectivement en cas de perte de l'acuité auditive.

331.2 Objectif de sécurité "bruit"


Art. 34 OPA

La santé et la sécurité ne doivent pas être affectées par le bruit (1331.2).

331.3 Eviter les atteintes à la santé causées par le bruit


Art. 34 OPA
Le risque de perte de l'acuité auditive dû au bruit est faible lorsque les valeurs limites du bruit présentant un risque pour l'ouïe (1331.3) sont respectées
(331.4). Lorsque le bruit dépasse les valeurs limites, il doit être ramené à un niveau inférieur au seuil de danger pour l'ouïe par des mesures techniques
(331.5).
Lorsque le bruit au poste de travail ne peut être ramené à un niveau inférieur à la valeur limite, le port de protecteurs d'ouïe s'impose (331.6).

331.4 Valeurs limites du bruit présentant un risque pour l'ouïe


Art. 34 OPA

L'art. 34 OPA exige la protection des travailleurs contre le bruit et les vibrations. Il faut impérativement observer cette exigence lors de la conception des bâtiments, des
moyens de travail, des déroulements de travail et des procédures de production.

Les valeurs limites en matière de bruit au poste de travail sont décrites dans la publication "Valeusr limites d'exposition au poste de travail". On distingue le son audible, avec
des fréquences entre 20 Hz et 20 kHz, les ultrasons (fréquences entre 20 kHz et 100 kHz) et les infrasons. Le son audible est réparti en bruit (nocif pour l'oreille) et en bruit
impulsif.

Instructions relatives à la réalisation de mesures du niveau sonore (331.6)

331.5 Mesures techniques destinées à réduire le bruit


Art. 34 al. 1 OPA
Mesures destinées à réduire le bruit aux bâtiments et parties de bâtiments (1331.5).
La question de la prise de telles mesures doit être examinée dans tous les locaux où les valeurs limites sont dépassées.
La correction acoustique des locaux (par ex. un revêtement du plafond absorbant le bruit) a pour but de réduire le bruit dans le local où se trouvent les
sources de bruit. Cette mesure provoque une diminution de la charge due au bruit occasionnée par des sources de bruit sises à une certaine distance du
poste de travail individuel, ce qui augmente par conséquent la qualité acoustique de celui-ci.
Les mesures relevant de l'acoustique du bâtiment ont pour but d'améliorer la séparation entre les locaux bruyants et les locaux silencieux, et ce

par la réduction de la transmission des sons aériens par les parois de séparation, les portes, les plafonds et les fenêtres,
par la mise en place de revêtements de plafond absorbant le bruit (par exemple à l'aide de planchers flottants).

Mesures destinées à réduire le bruit aux équipements de travail


Ces mesures doivent être réalisées là où des sources de bruit isolées ou additionnées à d'autres créent au poste de travail un niveau sonore supérieur à
la valeur limite. Parmi ces mesures, on compte les points principaux ci-après:

Prendre en considération les moyens de réduire le bruit dès la conception, c'est-à-dire au stade de l'établissement des projets et à la
construction (constructions ne produisant que peu de bruits). Principe: équilibrage des procédures force - plans horaires et diminution
des pointes de bruit.
Installer des éléments faisant beaucoup de bruit de façon que la transmission de sons aériens soit faible (par exemple par un
encabinage efficace) et que la transmission de sons solidiens soit réduite au minimum (isolation contre les vibrations entre la source de
bruit et les surfaces qui le diffusent). Au besoin, encabiner toute la machine.
Eviter, par l'entretien systématique, que le niveau sonore n'augmente à la longue; éléments usés (tels que ceux qui ont trop de jeu, les
silencieux devenus inefficaces, les boîtiers qui ne sont plus étanches au bruit) doivent être remplacés.

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 97


330A Milieu de travail Partie 7

Fixer les conditions d'exploitation de façon qu'il n'y ait pas de bruit excessif (par exemple choisir la pression de l'air comprimé lors du
nettoyage ou le régime des moteurs en conséquence). Normalement, une machine ou un équipement développe le plus faible bruit
lorsqu'il est exploité à son point de calcul optimal.

Mesures destinées à réduire le bruit dans les procédés de travail et de production (1331.5)
Ce sont là essentiellement des mesures organisationnelles telles que

la séparation des secteurs de travail calmes de ceux qui sont bruyants (par exemple local de travail à l'établi séparé de la salle des
machines dans une menuiserie),
la séparation chronologique des travaux silencieux de ceux qui sont bruyants (par exemple procéder à la transformation de la fondation
d'une machine au marteau pneumatique ou à des tests bruyants en dehors des heures de travail habituelles),
le choix de procédés de production peu bruyants (par exemple vis au lieu de rivets, manutention silencieuse, soudure à l'arc sous
protection gazeuse pour éviter des travaux de reprise bruyants),
la répartition des bruits incontournables sur plusieurs personnes (réduction de l'exposition personnelle au bruit).

331.6 Port de protecteurs d'ouïe


Art. 34 al. 3 OPA
Lorsque le niveau sonore dans le milieu de travail ne peut être ramené à une valeur sans risque pour l'ouïe par les mesures dont l'expérience a démontré
la nécessité, que l'état de la technique permet d'appliquer et qui sont adaptées aux conditions données, il y a lieu de porter des protecteurs d'ouïe (337.8)
(1331.6).

331.7 Incidences du bruit sur la sécurité


Art. 34 OPA
Le bruit qui règne dans le milieu de travail ne doit pas porter atteinte à la sécurité.
Un bruit ne présentant en soi aucun risque pour l'ouïe peut néanmoins être dangereux. C'est le cas, par exemple, lorsque l'exécution sûre d'un travail
requiert une concentration particulière ou que la sécurité dépend de la perception de signaux acoustiques ou de la communication par la parole. Dans ces
cas-là, le niveau sonore doit être réduit par des mesures techniques.

Des situations de danger peuvent également survenir lorsque les personnes n'entendent pas le bruit ou les signaux du fait qu'ils portent des protecteurs d'ouïe ou qu'ils
écoutent de la musique..

331.8 Mesure et appréciation du bruit


Art. 334 OPA
La mesure du bruit comprend l'enregistrement de la pression acoustique, compte tenu du spectre des fréquences et du déroulement chronologique du
signal sonore à proximité de l'oreille de la personne concernée.
Afin d'obtenir des mesures pertinentes en matière de bruit au poste de travail, il convient d'utiliser des sonomètres à même de mesurer le niveau de
pression acoustique continu Leq (= valeur moyenne durant le temps de mesure). Les dosimètres (sonomètres intégrateurs au format de poche) portés
par les personnes concernées permettent de mesurer en direct (durant une journée de travail de 8 heures) le niveau d'exposition sonore LEX.
Vous trouverez des informations complémentaires relatives à la mesure du bruit et à la marche à suivre lors de la mesure de l'exposition au bruit au
poste de travail dans la brochure "Bruit dangereux pour l'ouïe au poste de travail" (WasWo, chapitres 5 et 6).
La Liste des tableaux des niveaux sonores de la Suva vous renseigne également sur les valeurs d'exposition au bruit typiques dans de nombreuses
professions.
On parle de bruits impulsionnels lorsque le niveau sonore Lpeak de 135 dB(C) est dépassé. La mesure des bruits impulsionnels nécessite une
technique particulière, car les niveaux de crête dépassent les possibilités des appareils de mesure et des microphones ordinaires. Pour apprécier les
risques pour la santé des bruits impulsionnels, on recourt au niveau sonore énergétique SEL.
La mesure des ultrasons requiert elle aussi une technique particulière, les sonomètres ordinaires étant limités au spectre audible. Les propriétés des
appareils doivent surtout être connues dans la zone de transition située aux alentours de 20kHz.
La mesure des infrasons implique l'utilisation d'appareils dont le domaine de transmission descend jusqu'à 2 Hz.

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 98


330A Milieu de travail Partie 7

332 Les vibrations dans le milieu de travail


332.1 Notion "vibration"
332.2 Objectif de sécurité fondamental "vibration"
332.3 Eviter les atteintes à la santé causées par les vibrations
332.4 Valeurs limites pour les vibrations nocives
332.5 Mesures techniques destinées à lutter contre les vibrations
332.6 Mesurage de l'exposition aux vibrations

332.1 Notion "vibration"


Art. 34 OPA
On désigne par vibration les oscillations mécaniques d'un objet.
Les vibrations sont décrites dans trois directions par l'amplitude, la fréquence et les variations dans le temps de l'accélération de l'oscillation.
Elles sont transmises

par la surface d'appui ou le siège à tout le corps (vibrations globales du corps),


par les poignées, les pédales, les repose-tête, etc., à certaines parties du corps; le plus significatif est ici l'action des outils à main
vibrants sur le système main-bras.

332.2 Objectif de sécurité "vibration"


Art. 34 OPA
Les vibrations ne doivent pas porter atteinte à la santé ni à la sécurité (1332.2).

332.3 Eviter les atteintes à la santé dues aux vibrations


Art. 34 OPA
Pour les vibrations globales du corps, les atteintes à la colonne vertébrale - qui sont cependant aussi très répandues sans exposition aux vibrations -
prédominent.

Les vibrations transmises par la main peuvent, d'une part, entraîner des altérations des os et des articulations des membres supérieurs et, d'autre part,
causer des troubles circulatoires dans les doigts caractérisés par le "doigt mort" (troubles vasomoteurs, phénomène de Raynaud, syndrome du canal
carpien, etc.). Ces troubles ne sont cependant pas nécessairement dus aux vibrations, car le froid, l'abus du tabac ou une certaine prédisposition,
notamment, peuvent avoir des effets analogues ou intensifier les effets des vibrations.
Le risque de telles atteintes est faible lorsque les valeurs limites pour les vibrations nocives au poste de travail sont respectées (332.4).
Lorsque les valeurs d'action sont dépassées, des mesures techniques s'imposent (332.5).
Les tableaux des vibrations de la Suva donnent un aperçu des expositions typiques aux vibrations dans les diverses branches (1332.3) et permettent un
appréciation immédiate quant aux mesures à prendre en relation avec les activités, les appareils et les machines spécifiques.

L'annexe 1 de l'OLAA mentionne les "Maladies dues aux vibrations" dans la liste des affections liées au travail, au sens de l'art. 9 alinéa 1 de la LAA.

332.4 Valeurs limites pour les vibrations nocives


Art. 34 OPA
Publication: "Valeurs limites d'exposition au poste de travail", réf. 1903.f
Commande en ligne Suva

Informations: www.suva.ch/vibrations

Normes (1332.4)

332.5 Mesures techniques destinées à lutter contre les vibrations


Art. 34 al. 1 OPA

1. Mesures destinées à lutter contre les vibrations aux bâtiments et parties de bâtiments (1332.3)
De telles mesures sont à envisager lorsque les vibrations dépassent les courbes de valeurs limites de la norme ISO (1332.4a). Un
résultat peut être obtenu en découplant l'excitation de la vibration du bâtiment ou en augmentant la masse.

2. Mesures de lutte contre les vibrations sur les équipements de travail (1332.3)
Pour les vibrations globales du corps, ces mesures concernent surtout les véhicules dont la surface de contact ou le siège produisent des
vibrations supérieures aux valeurs de la norme ISO (1332.4). Une forte réduction de ces vibrations peut être obtenue par des sièges
spéciaux.

Pour les vibrations transmises par la main, des mesures doivent être prises aux appareils et outils dont on sait, soit par expérience, soit
sur la base de la norme ISO (1332.4), qu'ils peuvent causer des lésions dues aux vibrations (par exemple marteaux brise-béton,
marteaux piqueurs, marteaux à river, perceuses à percussion, dames à main pneumatiques, burins à main, tronçonneuses à chaîne,
meuleuses, rectifieuses, couteauy oscillants).

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 99


330A Milieu de travail Partie 7

Pour les outils à main vibrants, la construction joue un rôle décisif; les mesures prises après coup sont souvent sans succès. La
conception doit être axée sur la réduction des masses en mouvement, le bon équilibrage et le faible jeu. Les outils utilisables en plein
air doivent être manipulables avec des gants (protection contre le froid).

Il faut soit intégrer les sources de vibrations isolées, soit découpler les poignées et autres points d'appui de la source de vibrations
(poignées antivibrations aux tronçonneuses à chaîne modernes).

La sortie d'air des outils à air comprimé ne doit pas se trouver à proximité des mains (éviter le refroidissement).

Les appareils doivent être entretenus de façon à empêcher l'augmentation des vibrations et de leur transmission aux points de contact
(par exemple élasticité des éléments en caoutchouc).

3. Les mesures organisationnelles sont notamment les pauses pour réchauffer les mains et la répartition des travaux exposant aux
vibrations entre plusieurs personnes, ce qui permet de diminuer les contraintes pour chacune d'elles.

On choisira d'une manière générale des procédés de production à faible exposition aux vibrations.

332.6 Mesurage des vibrations


Art. 34 OPA
La méthode de mesurage destinée à enregistrer l'exposition aux vibrations s'inspire des normes en vigueur (1332.4). L'accélération est mesurée suivant
les trois axes au passage de la machine à l'homme (point de contact) à l'aide d'accéléromètres. L'analyse comprend, outre la détermination des
accélérations, une analyse en fréquence. Le mesurage et l'appréciation exigent une grande expérience.

In den Vibrationstabellen der Suva sind Erfahrungswerte für die Vibrationsbelastungen bei verschiedenen Tätigkeiten und durch verschiedene Geräte und
belastende Situationen zusammengestellt (1332.3).

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 100


330A Milieu de travail Partie 7

333 Éclairage du milieu de travail


333.1 Notion d'"éclairage"
333.2 Objectif de sécurité fondamenta "éclairage"
333.3 Conception de l'éclairage
333.4 Éclairage naturel et éclairage artificiel
333.5 Éclairement
333.6 Éblouissement
333.7 Projection d'ombres et vision des contrastes
333.8 Différences de luminosité et adaptation
333.9 Couleur de la lumière
333.10 Éclairage de secours

333.1 Notion d'«éclairage»


Art. 35 OPA
On entend par éclairage le rayonnement direct ou indirect d’une lumière naturelle ou artificielle sur le corps, les locaux, les chemins ou sur un
environnement particulier.

333.2 Objectif de sécurité fondamental "éclairage"


Art. 35 OPA

Les espaces, postes de travail et voies de circulation situés à lʼintérieur et à lʼextérieur des bâtiments doivent être éclairés de façon que la
sécurité et la santé des travailleurs ne soient pas mises en danger. Leur éclairage naturel ou artificiel doit être suffisamment adapté à
leur utilisation (cf. art. 15 al. 1 OLT 3) (1333).
Lʼéclairage doit être suffisamment puissant pour assurer en tout temps la sécurité des travailleurs, même lorsquʼil nʼest utilisé
quʼoccasionnellement ou en cas dʼurgence.
Lʼéclairage doit être adapté à la tâche visuelle pour laquelle il est prévu. Il ne doit en aucun cas constituer la cause dʼétats de fatigue
prématurés durant le travail afin que la capacité de concentration et la productivité restent intactes et que la sécurité soit assurée.
Il faut assurer la liaison avec la lumière du jour (cf. art. 15 al. 2 et 3 OLT 3) (1333).

333.3 Conception de l'éclairage


Art. 35 OPA
Lʼéclairage doit être adapté ou pouvoir être adapté en fonction de lʼutilisation prévue du local et du type de travail.

Un bon éclairage est fonction de plusieurs facteurs dʼinfluence (paramètres):

Lʼéclairement (333.5) décrit lʼintensité lumineuse dans un local. Il est mesuré en Lux (lx). Il faut adapter cette intensité en fonction de
lʼactivité spécifique.
Lʼéblouissement (333.6) peut se manifester soit par un éblouissement direct (par exemple par un projecteur), soit par un
éblouissement réflexif dû à lʼéblouissement par des contrastes différenciés résultant de densités lumineuses différentes (luminosité)
dʼobjets se trouvant dans le champ de vision (par exemple une pièce à usiner se trouvant sur une table de travail dʼun blanc lumineux).
Tout type dʼéblouissement dérange, fatigue et peut altérer la sécurité. Il faut par conséquent absolument éviter lʼéblouissement
(1333.3).
Les parts de lumière directe et indirecte dʼun luminaire déterminent la diffusion de la lumière (éclairage uniforme) et la projection
dʼombres. Elles permettent dʼavoir une vue contrastée dʼobjets ou de structures tridimensionnels (p. ex. tâches de contrôle,
reconnaissance de visages). Cependant, la projection dʼombres peut également assombrir certains emplacements de sorte quʼils
deviennent imperceptibles et donc dangereux (1333.3).
La couleur de la lumière (333.9) agit sur les sentiments dʼune personne. Suivant la couleur de la source lumineuse, la lumière est
perçue comme «chaude» ou «froide». Le type de lampe influe sur le rendu des couleurs des objets (1333.3).
Le clignotement ou le scintillement de sources lumineuses sont très dérangeants et sources de fatigue. De plus, ils réduisent la
capacité de concentration. Ils peuvent entraîner des perceptions erronées (par exemple: une fraiseuse en marche semble être au repos
= effet stroboscopique). Il faut par conséquent absolument éviter de tels effets. Le scintillement dʼanciens tubes fluorescents peut être
corrigé au moyen dʼun appareil électronique intercalé (1333.3).
De fortes variations des conditions de luminosité (p. ex. pénétration de la lumière du jour dans une halle sombre) peuvent
entraîner une sollicitation excessive de la capacité dʼadaptation visuelle et des problèmes de vue temporaires. Elles peuvent donc être
dangereuses. A lʼinverse, les assombrissements doivent être atténués en règlant la lumière artificiel en conséquence (1333.3).

333.4 Eclairage naturel et éclairage artificiel


Art. 35 OPA

La lumière du jour est très importante pour le bien-être tant corporel que mental de chaque personne. Elle influe notamment de façon directe
sur le rythme éveil - sommeil. Cʼest pourquoi, il faut assurer la vue à lʼextérieur à partir des postes de travail permanents. Des mesures
compensatoires ne pourront être prises quʼà titre exceptionnel (commentaire relatif à lʼart. 15 OLT 3; 1333.4a).
La disposition appropriée des postes de travail par rapport aux fenêtres permet dʼutiliser de manière optimale lʼéclairage naturel dans les locaux: la position

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 101


330A Milieu de travail Partie 7

de travail idéale est parallèle aux fenêtres, cʼest-à-dire perpendiculairement à lʼangle dʼincidence de la lumière. Dans la mesure du possible, il faut
également tenir compte des préférences individuelles (gauchers, droitiers). Lors de la construction dʼun nouveau bâtiment, il importe dʼobserver le rapport
minimal de 1:16 entre la surface vitrée et la surface des sols (1333.4b).
Outre la lumière du jour, un éclairage artificiel doit assurer une visibilité adaptée au type dʼexigences requises par le travail (art. 15 al. 2 OLT 3). Des
recommandations relatives à lʼintensité nominale de lʼéclairage figurent sous 333.5.

333.5 Eclairement
Art. 35 OPA
Lʼéclairement est indiqué en lux et il est mesuré par rapport au lieu de travail visuel. Sʼil nʼexiste pas de lieux de travail clairement identifiés, alors la mesure
sʼeffectue dans un champ de vision prédéterminé et selon une hauteur définie par rapport au niveau du sol (120 cm pour les activités assises et 160 cm
pour les activités debout). Le luxmètre est tenu à lʼhorizontale pour la mesure.

Pour la planification, il faut cibler un éclairement dʼau moins 130% par rapport aux valeurs minimales pour compenser par anticipation
la perte de luminosité due aux poussières et aux saletés.
En dehors de la zone de travail directe, lʼéclairement doit au moins atteindre 2/3 de celui de la zone de travail.
Il faut assurer le nettoyage et lʼentretien régulier de lʼéclairage.

La capacité dʼadaptaton visuelle augmente lorsque lʼéclairement croît. Il doit donc être suffisamment important pour prévenir toute fatigue de la vue. A
partir de 45 ans, les personnes ont souvent besoin dʼun éclairement plus élevé. Les éclairages des postes de travail individuels peuvent être adaptés
autant que possible selon le type de travail ou pour fournir une assistance individuelle en cas de défaut visuel ou de presbytie.

Les valeurs de consigne (lux) ci-dessous sont des seuils minimaux.

ACTIVITÉ, TYPE DE LOCAL LUX

Généralités

Routes à lʼintérieur dʼentreprises (vitesses autorisées jusquʼà 50 km/h), cours 20

Surfaces de circulation pour personnes, installations de sonorisation, locaux dʼentreposage 50

Surfaces de circulation, halls, escaliers, ascenseurs, rampes de chargement 100

Toilettes, salles de lavage, vestiaires 100

Locaux de stockage (sans lecture), locaux pour provisions, escaliers roulants 150

Locaux de stockage (avec lecture), cantines 200

Montage de machines et dʼappareils

Gros travaux, montage de machines lourdes, travaux de soudure 300

Travaux moyennement fins, montage de moteurs 500

Travaux fins, montage dʼappareils téléphoniques 750

Travaux très fins, montage dʼappareils radio et TV 1000

Travaux de précision, montage dʼinstruments de mesures 1500

Surveillance et contrôle

Tableaux verticaux dans stations de contrôle, pupitres 300

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 102


330A Milieu de travail Partie 7

Stations de contrôle, locaux de commande, inspection 500

Ajustage, vérification, étalonnage, contrôle de qualité 1000

Mesure et contrôle de petites pièces compliquées, contrôle chromatique 1500

Produits chimiques

Processus automatiques 150

Broyage et brûlage pour la fabrication de béton 200

Locaux de contrôle, laboratoires, production pharmaceutique 500

Laboratoire de recherche, inspection 750

Conditionnement du cuir et des textiles

Zones générales de travail, ouverture de pelotes, battage, déformation 300

Tissage, repassage, peignage, rembourrage, découpage, coupage 500

Tissage fin, tressage, teinture du cuir, repassage, piquage 750

Stoppage invisible, broderie fine, reprisage 2000

Traitement du bois

Sciage 200

Etabli, collage, assemblage 300

Marquage, polissage, décapage, sculpture sur bois 750

Sculpture fine sur bois, travaux de marqueterie 2000

Conditionnement des aliments

Inspection, broyage, ensachage, abattage, locaux pour le traitement du lait 300

garnissage, contrôle des verres, fabrication de spécialités gastronomiques 500

Contrôle chromatique, laboratoire 1000

Papier et impression

Découpage, fabrication de papier et de carton 300

Reliure, dorure, travaux sur machines à imprimer 500

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 103


330A Milieu de travail Partie 7

composition, correction des épreuves, estampage, ébarbage 750

Correction précise des épreuves, retouche, gravure, tirage dʼépreuves 1000

Reproductions en couleur et impressions en couleur 1500

Estampage de lʼacier, estampage du cuivre, gravure de matrice 2000

Industrie bijoutière, optique et horlogère 2000

Services

Salle de lecture, central téléphonique, caisses, guichets, salles dʼattente 300

Cuisines, vente, réunions, soins capillaires, buanderies 500

Bureau, postes de lecture, salles de classe, auditoriums, travaux manuels 500

Dessin, bureau en espace ouvert, grands magasins, cosmétiques 750

Locaux pour traitements médicaux, dessin précis 1000

Source: Ch. Schierz, IHA, EPFZ; 2001

Règles techniques complémentaires (1333.5)

333.6 Eblouissement
Art. 35 OPA
Lʼéblouissement est une sensation qui est provoquée par lʼapparition de sources lumineuses intenses dans le champ de vision, telles que les surfaces
éclairées, les parties lumineuses des luminaires ainsi que les rampes dʼéclairage de fenêtres ou de plafonds. Il faut limiter lʼéblouissement pour les erreurs,
la fatigue et les accidents. Dans tous les cas, un ébouissement est irritant et sʼil est permanent, il entraîne plus rapidement une fatigue de lʼœil et une
baisse de la concentration. Il peut entraîner des manipulations hasardeuses.

Lʼéblouissement direct est évalué selon la méthode UGR (Unified Glare Rating). Il est calculé par rapport à la luminance de fond, exprimée en cd/m2
(candela par mètre carré), qui représente lʼéclairement indirect au niveau de lʼœil de lʼobservateur. Les différences relatives entre la zone la plus éclairée et
la zone la plus sombre ne doivent pas excéder:

Facteurs 1 à 3 dans la zone de travail visuelle


Facteurs 1 à 10 dans le champ de vision, y compris lʼenvironnement immédiat

Lʼœil a une grande capacité dʼadaptation aux conditions de luminosité. Cependant, il ne peut pas lisser les importantes différences dʼéclairage au niveau du
champ de vision si bien quʼil en résulte un éblouissement direct (source lumineuse intense) ou indirect (réflexion dʼune surface). La sensation
dʼéblouissement dépend essentiellement de la taille et de la position de la source dʼéblouissement dans le champ de vision. Une ampoule au bord du
champ de vision (p. ex. au plafond) est beaucoup moins dérangeante que si elle est placée au centre du champ de vision. A partir de 45 ans, la
sensibilité à lʼéblouissement augmente fortement. Les personnes portant des lunettes ou des lentilles peuvent également ressentir cette sensation de
manière accrue.

Figure 1: les luminances sont mesurées idéalement avec un luminancemètre.

333.7 Kapitel gestrichen


Kapitel gestrichen

333.8 Différences de luminosité et adaptation


Art. 35 OPA

Eclairements (E) du lieu de travail visuel et de son environnement immédiat ainsi que leur uniformité (rapport entre la valeur minimale Emin
Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 104
330A Milieu de travail Partie 7

et la valeur moyenne Em de lʼéclairement):


Eclairement (E) du lieu de travail visuel [lx] Eclairement (E) de lʼenvironnement immédiat [lx]
≥ 750 500
500 300
300 200
≤ 200 E Lieu de travail visuel
Uniformité: ≥ 0.7 Uniformité: ≥ 0.5

Une lumière orientée vers un emplacement précis entraîne la formation dʼombres marquées ou portées avec des différences de luminance
respectives. La perception des objets est considérablement réduite lorsquʼils sont dans des ombres marquées, ce qui représente également un
risque pour la sécurité. Elles doivent donc être évitées. Pour les travaux de contrôle, p. ex. les structures de fibres, il est à lʼinverse nécessaire
dʼavoir des contrastes importants quʼil faut créer avec une lumière latérale.
Un éclairage diffus (p. ex. éclairage indirect dʼune rampe de plafond) réduit les contrastes formés par les objets et lʼéclairage du lieu de travail visuel.
Cependant, cet éclairage peut être un avantage pour lʼexécution de travaux avec des matériaux à fort coefficient de réflexion spéculaire.
Un éclairage mixte avec 2/3 de lumière directe et 1/3 de lumière indirecte est recommandé pour la plupart des postes de travail.

La différence de luminosité entre la lumière du jour (jusquʼà 100ʼ000 lx) et une halle de stockage sans fenêtre et faiblement éclairée (moins de 200 lx) est
énorme. Lʼœil peut sʼy habituer. Ce processus est appelé «Adaptation». Le temps dʼadaptation peut durer jusquʼà 4 sec. Pendant ce laps de temps, la
personne est pratiquement aveugle. Lʼœil sʼadapte plus rapidement lors du passage de la zone sombre vers la zone éclairée que lʼinverse (p. ex. un
conducteur de chariot élévateur passe à une vitesse de 16 km/h dʼun quai de chargement ensoleillé à une halle de stockage sans éclairage. Pendant le
temps dʼadaptation, il parcourt environ entre 13 et 15 m. Il nʼest alors pas en mesure de voir un obstacle inattendu ou une personne stationnant sur sa
voie de circulation.).
Pour éviter les importantes différences de luminosité sur les voies de circulation (p. ex. accès, cages dʼescaliers, couloirs, espaces contigus, etc.), les
passages doivent être équipés dʼun éclairage atténué supplémentaire. Il ressort de lʼexemple ci-dessus quʼil faut éclairer env. 20 m de la voie dʼaccès. Un
éclairement dʼau moins 300 lx est nécessaire pour la zone dʼaccès. Ensuite, lʼéclairement doit être adapté en continu selon le niveau de lʼéclairage intérieur.
Le scénario idéal est un éclairement adaptable à la lumière extérieure, en particulier lorsque la zone dʼaccès est à proximité (p. ex. tunnels routiers).
Lorsquʼil nʼest pas possible dʼinstaller un éclairage supplémentaire, il faut sʼassurer que le passage entre les niveaux dʼéclairage sʼeffectue lentement, p.
ex. au moyen de ralentisseurs (ne pas utiliser avec des chariots élévateurs!) ou de toute autre mesure dʼaménagement, telle que des barrières.

333.9 Couleur de la lumière


Art. 35 OPA

La couleur de la lumière dʼune lampe est liée à la coloration des rayons lumineux projetés. Elle est quantifiée à travers sa température de
couleur proximale (TCP). La couleur de la lumière du jour change au cours de la journée.

Catégories de lumière artificielle (1333.9)


Température de couleur proximale ( TCP)
Couleur de la lumière

Blanc chaud < 3300 K

Blanc neutre 3300 K - 5300 K

Blanc lumineux > 5300 K

Le choix de la couleur de la lumière est une question qui relève de la psychologie, de lʼesthétique et de ce que lʼon considère comme étant
naturel. Le choix dépendra du niveau dʼéclairement, des couleurs de la pièce et des meubles ainsi que du climat ambiant et du cas
dʼutilisation.

La reproduction des couleurs est exprimée à lʼaide dʼun indice de reproduction des couleurs (Ra): 100 constitue la valeur théorique maximale.
Selon le travail spécifique, les exigences en matière de reproduction des couleurs peuvent être plus ou moins élevées (exemple dʼexigences
élevées: conditionnement des textiles, fonctions de contrôle). Les ampoules électriques et certains tubes fluorescents ont un indice de
reproduction des couleurs (Ra) de 90. Les tubes fluorescents utilisés habituellement affichent des valeurs Ra entre 70 et 80.
Les couleurs et les marquages de sécurité doivent être reconnaissables en tant que tels également lorsquʼon utilise des éclairages avec des
valeurs Ra plus faibles. Les lampes au sodium à basse pression ne peuvent pas satisfaire à ces exigences (Ra < 40).

333.10 Eclairage de secours


Art. 35 al. 2 OPA
Lʼéclairage de secours est prévu pour remédier à une défaillance éventuelle de lʼéclairage artificiel. Il est par conséquent alimenté indépendamment de
lʼalimentation générale prévue pour lʼéclairage artificiel.
Les critères en matière dʼéclairage artificiel sont décrits de manière détaillée dans la norme européenne SN EN 1838 (1333.10).

En cas de défaillance de lʼalimentation de lʼéclairage artificiel, lʼéclairage de secours doit sʼenclencher automatiquement.
En cas de panne de lʼalimentation générale en courant, lʼéclairage de secours doit permettre de quitter un lieu en toute sécurité.
La durée dʼexploitation de lʼéclairage de secours doit être suffisamment longue pour éliminer un danger ou terminer un sauvetage.
Lʼéclairement doit être conforme aux exigences de la norme européenne EN 1838 (1333.10) afin quʼil soit possible:
de voir les objets et les signalisations de sauvetage,
dʼarrêter ou de terminer les processus de travail sans danger,
de quitter la zone de danger.
Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 105
330A Milieu de travail Partie 7

Il faut absolument éviter que lʼéclairage de secours provoque des éblouissements. Cʼest pourquoi on impose un éclairement maximal en
fonction de la hauteur dʼun point lumineux au-dessus du sol. Pour une lampe, lʼindice de reproduction des couleurs doit être de 40 Ra
au moins, afin que les couleurs de sécurité puissent être reconnaissables en tant que telles.
Lʼéclairage antipanique ou lʼéclairage des voies dʼévacuation doit atteindre au moins une valeur de 50 % de lʼéclairement en cinq
secondes et la valeur maximale de lʼéclairement de secours doit être atteinte après soixante 60 secondes.
Lorsque le poste de travail présente des dangers particuliers, lʼéclairement requis doit être disponible en permanence ou en 0,5
secondes.

Les signaux de sécurité (p. ex. voies de secours et premiers secours) doivent remplir des exigences spécifiques en matière dʼéclairement et de
distance de perception: le guidage optique doit en tout temps être assuré. Lʼéclairage de secours doit faire lʼobjet dʼun entretien régulier au
cours duquel il faut également contrôler son fonctionnement correct!

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 106


330A Milieu de travail Partie 7

334 Danger d'explosion ou d'incendie dans le milieu de travail


334.1 Notion "danger d'explosion ou d'incendie"
334.2 Objectif de sécurité fondamental "danger d'explosion ou d'incendie"
334.3 Danger d'explosion dû aux atmosphères explosibles (gaz, liquides et poussières inflammables)
334.4 Mesures primaires de prévention des explosions
334.5 Mesures secondaires de prévention des explosions
334.6 Mesures constructives de prévention des explosions
334.7 Danger d'explosion dû à des matières explosives
334.8 Emplacement et constructions des bâtiments et locaux dans lesquels on exécute des travaux avec des matières présentant un danger d'explosion
ou entrepose de telles matières
334.9 Installations dans les bâtiments dans lesquels on exécute des travaux avec des matières présentant un danger d'explosion ou entrepose de telles
matières
334.10 Equipements de protection individuelle lors de la manipulation de matières présentant un danger d'explosion
Sujets complémentaires:
326 Sources d'inflammation aux équipements de travail
339 Lutte contre le feu
346 Liquides inflammables

334.1 Notion de "danger d'explosion ou d'incendie"


Art. 36 OPA
Les incendies et les explosions ne peuvent se produire que si toutes les conditions sont remplies, c'est-à-dire lorsque sont réunis

des substances inflammables,


de l'oxygène en quantité suffisante et répartie de façon optimale,
une source d'inflammation ayant une énergie suffisante
ou lorsqu'on procède à la mise à feu ou à l'allumage de matériaux présentant un danger d'explosion.

Ce chapitre est divisé en deux parties principales:

Danger d'explosion (danger d'incendie) dû aux atmosphères explosibles (gaz, liquides et poussières inflammables) (334.3) (334.4)
(334.5) (334.6).
Danger d'explosion (danger d'incendie) dû aux matériaux présentant un danger d'explosion (substances explosives) (334.7) (334.8)
(334.9) (334.10).

334.2 Objectif de sécurité fondamental "danger d'explosion ou d'incendie"


Art. 36 OPA
Directive CFST 6512, point 8.4
Dans les zones exposées à un danger d'explosion, il y a lieu de prendre les mesures de protection contre les explosions qui sont nécessaires.

334.3 Danger d'explosion dû aux atmosphères explosibles (gaz, liquides et poussières inflammables)
Art. 36 OPA
Directive CFST 6512, point 8.4

Il y a danger d'explosion dans les entreprises ou parties d'entreprise qui fabriquent, emploient ou entreposent des gaz et des liquides inflammables ayant
un point éclair inférieur à 30° C ou des poudres et poussières inflammables susceptibles de former, avec l'oxygène de l'air atmosphérique, des mélanges
inflammables. Il peut aussi y avoir danger d'explosion partout où des liquides inflammables sont portés à une température dépassant leur point éclair ou
apparaissent sous forme de nuage.
Le danger d'explosion est apprécié individuellement selon des règles fixes (1326.4).
On distingue en principe:

Les mesures primaires de prévention des explosions (334.4),


Les mesures secondaires de prévention des explosions (334.5),
Les mesures constructives de prévention des explosions (334.6).

334.4 Mesures primaires de prévention des explosions


Art. 36 OPA
Ces mesures permettent d'éviter la formation de mélanges explosibles. On accordera dans tous les cas la préférence à la prévention des explosions au
niveau primaire. Les principales mesures sont, en l'occurrence

le remplacement des substances facilement inflammables par des produits incapables de produire une atmosphère explosible,
l'inertisation du volume des appareils de façon que la concentration en oxygène soit inférieure à la valeur critique,
la constitution de systèmes fermés, qui empêchent dans une large mesure la formation de mélanges explosibles,

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 107


330A Milieu de travail Partie 7

l'aération et la ventilation, qui limitent la possibilité de formation de mélanges explosibles,


la surveillance de la concentration à proximité des appareils et des installations au moyen de détecteurs de gaz, qui le cas échéant,
mettent automatiquement en œuvre d'autres mesures de protection d'urgence (330.7).

334.5 Mesures secondaires de prévention des explosions


Art. 36 OPA
Dans les cas où les mesures primaires de prévention ne peuvent pas ou pas complètement être appliquées, des mesures doivent être prises afin d'éviter
l'ignition des mélanges explosibles (ce sont des mesures préventives secondaires).
Les mesures préventives secondaires comprennent:

La classification en zones-ex
La base de la classification en zones-ex est l'estimation des risques de formation de mélanges explosibles. Selon la fréquence et la durée
d'existence de tels mélanges, on distingue les zones (1326.4):
0 et 20
1 et 21
2 et 22

La mesure consistant à empêcher les sources d'inflammation


La manière de s'y prendre pour empêcher les sources d'inflammation dans les zones exposées aux explosions est décrite au chapitre
"Sources d'inflammation" (326).

334.6 Mesures constructives de prévention des explosions


Art. 36 OPA
Lors de la manipulation de gaz, liquides et poussières inflammables, il arrive fréquemment que les mesures de prévention des explosions ne soient pas
techniquement applicables ou insuffisament efficaces, voire très chronophages. Pour cela, il existe des mesures constructives qui n’empêchent pas les
explosions, mais en limitent les conséquences à un niveau inoffensif. Elles sont appliquées en fonction des caractéristiques de chaque produit qui
sont définies dans le cadre d’essais.
Les caractéristiques les plus importantes sont (1334.6):
• la pression maximale d’explosion,
• la vitesse maximale de montée en pression comme valeur déterminante de la violence de l’explosion,
• l’interstice maximal de sécurité.
Pour les poussières, il faut prendre en compte les caractéristiques suivantes:
• température minimale d’inflammation
• énergie minimale d’inflammation
Les méthodes et moyens destinés à l’évaluation de la sécurité et au contrôle des substances inflammables ainsi que des mesures de protection sont
indiqués dans diverses normes et publications (1334.6).
Les mesures constructives applicables sont:
• la construction résistant à l’explosion,
• la décharge de la pression d’explosion,
• la suppression de l’explosion,
• l’isolement et l’interruption de l’explosion (découplage).
En règle générale, ces mesures permettent de limiter les conséquences dangereuses des explosions qui se déclenchent à l’intérieur des installations.
Construction résistant à l’explosion:
Il existe deux types de constructions résistant à l’explosion:
• réservoirs ou appareils résistant à l’explosion qui supportent la pression d’explosion prévisible sans déformation persistante.
• réservoirs ou appareils résistant à l’onde de choc de l’explosion qui supportent l’onde de choc, générée à l’intérieur et correspondant à la pression
d’explosion prévisible, avec une déformation persistante admissible.
Décharge de la pression d’explosion:
L’ouverture de surfaces déterminées et pourvues de disques de rupture ou de clapets antidéflagrants permet de protéger des conséquences des explosions
(éclatement, déformation) les réservoirs dans lesquels une explosion est possible. La décharge de la pression d’explosion doit en outre s’effectuer sans
danger.
Suppression de l’explosion:
La suppression des explosions par des appareils d’extinction automatique est un mode de prévention par lequel l’explosion est détectée par des capteurs
adéquats avant qu’elle n’atteigne une puissance destructrice.
Isolement et interruption de l’explosion (découplage):
Des dispositifs de sécurité passifs et actifs peuvent être utilisés pour empêcher la propagation des explosions, p. ex. par l’intermédiaire des conduites compensatrices de
pression ou des conduites de remplissage.

Pour les gaz, vapeurs et brouillards, il s’agit de dispositifs arrête-flammes (arrête-déflagrations, arrête-détonations, arrête-flammes résistant à la
combustion de longue durée ou dispositif évitant le retour de flammes) et de barrières d’agent extincteur.
Pour les poussières, outre les barrières d’agent extincteur, les dispositifs suivants sont autorisés: clapets ou vannes à fermeture rapide, écluses à roue cellulaire, cheminées
de détente d’explosion, vannes doubles et systèmes d’étouffement.

334.7 Danger d'explosion dû à des matières explosives


Art. 36 OPA
Les entreprises qui fabriquent, travaillent, emploient ou entreposent des matières présentant un danger d'explosion doivent être divisées en deux parties,
l'une dangereuse et l'autre non dangereuse. Les travaux à l'aide de matières présentant un danger d'explosion et l'entreposage de telles matières ne
sont autorisés que dans la partie d'entreprise dangereuse, à laquelle s'appliquent les considérations qui suivent. Cette partie d'entreprise soit être entourée

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 108


330A Milieu de travail Partie 7

d'une clôture et l'accès doit être interdit aux personnes non autorisées.
La direction de telles entreprises ne peut être confiée qu'à des personnes jouissant en tous points de connaissances suffisantes tant sur le plan
professionnel qu'en matière de sécurité et garantissant une direction de l'entreprise dans toutes les règles de l'art.
La direction de l'entreprise doit dresser des consignes pour les procédés de travail à l'aide de matières présentant un danger d'explosion requérant des
connaissances particulières, et les remettre au personnel de l'entreprise. L'observation de ces consignes doit être surveillée. Le cas échéant, on donnera
également au personnel des instructions sur la manière de se comporter en cas d'incident technique.
Dans tous les bâtiments ou locaux abritant des postes de travail permanents, le nombre de personnes pouvant y être occupées et la quantité de
matières présentant un danger d'explosion doivent être limités au strict minimum. Il faut afficher ces deux consignes en des endroits bien visibles. Dans la
mesure du possible, on limitera le nombre de personnes occupées en recourant à la mécanisation ou à l'automatisation des procédés de travail
dangereux. Les manipulations particulièrement dangereuses doivent s'opérer en l'absence de personnes et être gardées sous contrôle par télécommande
ou télésurveillance (travail en sécurité).
Lors de la fabrication de matières présentant un danger d'explosion, on accordera si possible la préférence à des procédés de fabrication continus au
cours desquels on ne manipule que des quantités relativement faibles de substances présentant un danger d'explosion.
Seules les personnes qui ont à y exécuter des travaux en vertu des instructions de la direction de l'entreprise peuvent séjourner dans les locaux de
travail. Il faut en outre définir le nombre de personnes ne travaillant pas de manière permanente (p. ex. personnel de surveillance ou de maintenance).

334.8 Emplacement et constructions des bâtiments et locaux dans lesquels on exécute des travaux avec des matières
présentant un danger d'explosion ou entrepose de telles matières
Art. 36 OPA
Des distances appropriées doivent séparer les bâtiments et locaux de la partie d'entreprise dangereuse des bâtiments où séjournent des personnes ainsi
que des voies de communication publiques. Les distances en question doivent être fixées individuellement par les organes d'exécution compétents, en
fonction de la nature et de la quantité des matières explosives et compte tenu de la situation topographique ainsi que des ouvrages de protection
éventuellement nécessaires.
Les bâtiments doivent être construits avec des matériaux ininflammables ou difficilement inflammables. On choisira une construction qui a fait ses preuves
dans le domaine des matières explosives telle que

construction massive,
construction légère,
construction soufflable.
On optera dans tous les cas pour la construction garantissant la plus grande sécurité.

Dans la mesure du possible, les bâtiments seront construits à un seul étage. Dans les bâtiments de plusieurs étages, les répercussions ne doivent pas
mettre en danger les autres étages.
Tous les locaux de travail doivent avoir des sorties et des issues de secours praticables en toute sécurité. Leur nombre doit dans chaque cas être adapté
à celui des personnes occupées dans ces locaux. Les issues de secours doivent si possible directement conduire à l'extérieur. Elles doivent être signalées
comme telles.
Les murs et les plafonds doivent présenter une surface lisse et pouvoir être nettoyés aisément.
Les bâtiments doivent être munis d'installations de protection contre la foudre conformément aux recommandations pour ces installations (1334.8).

334.9 Installations dans les bâtiments dans lesquels on exécute des travaux avec des matières présentant un danger
d'explosion ou entrepose de telles matières
Art. 36 OPA
Il faut prendre des mesures de protection afin d'éviter l'accumulation de charges électrostatiques dangereuses (p. ex. liaison équipotentielle et mise à la
terre, revêtements de sol et chaussures antistatiques (c'est-à-dire avec décharge à la terre).
Seuls les équipements de travail garantissant la non-inflammation des matières présentant un danger d'explosion par chaleur, par frottement ou par choc
peuvent être utilisés.
Les installations électriques doivent être conformes aux dispositions qui s'y rapportent (1334.9).
On n'utilisera pour le chauffage des locaux que de l'eau chaude, de la vapeur ou de l'électricité.

334.10 Equipements de protection individuelle lors de la manipulation de matières présentant un danger d'explosion
Art. 36 OPA
On mettra à la disposition du personnel tous les équipements de protection individuelle et veillera à ce qu'ils soient utilisés. Aux postes de travail où il y a
exposition aux effets des flammes ou de la chaleur, le personnel portera en particulier des vêtements en matières ininflammables ou difficilement
inflammables (337.5 , 337.6 , 337.7 , 337.9 , 337.10).
Il est interdit d'introduire des allumettes et des briquets dans les locaux de travail et d'entreposage.
Les accès aux parties dangereuses seront munis de panneaux d'interdiction de fumer.
L'équipement nécessaire pour lutter contre les incendies sera mis à disposition.

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 109


330A Milieu de travail Partie 7

335 Entretien et évacuation des déchets


335.1 Notion "d'entretien et d'évacuation des déchets"
335.2 Objectifs de sécurité fondamentaux "d'entretien et d'évacuation des déchets"
335.3 Entretien et nettoyage des postes de travail, des voies de circulation, des locaux de travail et des locaux secondaires
335.4 Evacuation, entreposage et élimination des déchets généraux et spéciaux
335.5 Intervention dans les canalisations et installations semblables

335.1 Notion d' "entretien" et d' "évacuation des déchets"


Art. 37 OPA
La notion d'entretien se rapporte ici au nettoyage et au maintien en état de sécurité des postes de travail (p. ex. dispositifs de protection et EPI en état
de fonctionner), des voies de circulation (p. ex. revêtements de sols, escaliers non endommagés) et des locaux (systèmes d'aération et installations
électriques en état de fonctionner).
L'entretien des équipements de travail est traité au chapitre consacré à l'"Entretien des équipements de travail" (329B) et aux "Travaux effectués sur les
équipements de travail" (343).
L'évacuation des déchets se rapporte à l'évacuation, à l'entreposage et à l'élimination des déchets produits où que ce soit au sein de l'entreprise.

335.2 Objectifs de sécurité fondamentaux "entretien" et d' "évacuation des déchets"


Art. 37 OPA
Les postes de travail, les voies de circulation, et les locaux doivent être maintenus dans un état de propreté de façon à pouvoir être utilisés sans danger.
Ni les travailleurs concernés ni les tierces personnes ne doivent être mis en danger lors de travaux d'entretien et de nettoyage. Les dispositifs nécessaires
à ces activités doivent être à disposition.
Les travailleurs concernés et les tierces personnes ne doivent pas courir de danger lors de l'évacuation des déchets.

335.3 Entretien et nettoyage des postes de travail, des voies de circulation, des locaux de travail et des locaux
secondaires
Art. 37 al. 1 OPA
Voir aussi (1335.3)

Les déchets de toute nature susceptibles de mettre les travailleurs en danger doivent être évacués des postes de travail et des voies de circulation ainsi
que des locaux de travail et locaux annexes.
L'eau, les huiles, les graisses et autres substances diminuant la propriété antidérapante des sols doivent immédiatement être éliminées. Lorsque,
exceptionnellement, de telles substances sont produites en grandes quantités lors de certains travaux, les sols et, éventuellement, les établis et autres
équipements analogues seront recouverts de matériaux faciles à enlever. Si de telles substances sont produites régulièrement aux postes de travail, elles
doivent être dirigées vers des bacs de rétention ou des écoulements, ou bien des claies seront posées au poste de travail.
Il faut effectuer les nettoyages à l'aide de moyens appropriés pour éviter que les poussières déposées soient remuées. S'il est p. ex. indiqué d'enlever les
copeaux à l'aide d'un balai, il ne faut en revanche enlever les poussières dangereuses qu'à l'aide d'un aspirateur prévu à cet effet ou un chiffon humide.
L'accessibilité (324) permanente et sans danger de tous les endroits des postes de travail, des voies de circulation et des locaux doit être garantie pour
l'entretien. Les installations nécessaires (telles que plates-formes de travail, échafaudages) seront tenues à disposition.
Art. 37 al. 2 OPA
Les travaux d'entretien doivent pouvoir être exécutés sans danger. Lorsqu'il y a lieu de prendre des mesures de protection particulières, il faut en
informer les travailleurs; les dispositifs de sécurité ou les moyens de protection nécessaires seront tenus à disposition.
Le"fournisseur" (constructeur, architecte) doit fixer les travaux et les intervalles pour l'entretien (instructions d'entretien).
L' employeur doit savoir quels sont les travaux d'entretien à effectuer. Il doit veiller à ce que les intervalles soient respectés et les travaux exécutés
conformément aux instructions d'entretien.
L'employeur doit être en mesure de prouver que les travaux d'entretien ont été exécuté (p. ex. contrat de services, plans d'affectation du personnel,
dans les cas particuliers un carnet de contrôle)
L' entretien des équipements de travail au chapitre consacré à l' "Entretien des équipements de travail" (329b) et aux " Travaux effectués sur les
équipements de travail" (343).

335.4 Evacuation, entreposage et élimination des déchets généraux et spéciaux


Art. 37 OPA
Il faut observer les dispositions en vigueur lors de l’entreposage et de l’élimination des déchets (1335.4a). L’ordonnance sur les mouvements de déchets
(OMoD) règle la circulation des déchets. Les noms des déchets spéciaux figurent dans l'ordonnance concernant les listes pour les mouvements de
déchets spéciaux (OLMD). Les déchets spéciaux destinés à la remise ne doivent être ni dilués ni mélangés.
Les déchets spéciaux doivent être collectés, entreposés et éliminés en toute sécurité et en fonction de leur dangerosité. A cet effet, ils doivent
notamment être:

protégés des influences extérieures dangereuses,


inaccessibles aux personnes non autorisées,

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 110


330A Milieu de travail Partie 7

conservés ou entreposés de manière qu’il soit impossible de les confondre, notamment avec des denrées alimentaires, et afin d’éviter
leur utilisation erronée.

Les utilisateurs non commerciaux peuvent remettre les substances nocives ou les restes auprès du point de vente. Celui-ci a l’obligation de les remettre
aux points collecteurs en vue de leur élimination appropriée. Les déchets des utilisateurs commerciaux sont repris par les points collecteurs officiels ou par
les entreprises spécialisées autorisées à reprendre les déchets spéciaux.
Les déchets doivent toujours être traités en fonction du degré de dangerosité qu’ils représentent pour le travailleur.
Les matières pouvant occasionner des réactions dangereuses lorsqu’elles entrent en contact entre elles doivent être conservées séparément (par ex.
acides et bases; liquides inflammables et agents oxydants (1335.4b).
Les poussières et les copeaux de bois doivent normalement être enlevés à l’aide de dispositifs d’aspiration stationnaires puis entreposés dans des silos
(341.1). Lors de la vidange des silos, il faut impérativement observer les dispositions en vigueur (1335.4c).
Les chiffons souillés, l’étoupe, etc. doivent être conservés dans des récipients à déchets en matériaux non inflammables munis d’un couvercle.
Les poussières métalliques et les copeaux présentant un danger d’incendie ou d’explosion doivent être stockés dans des récipients non inflammables et
verrouillables.

335.5 Intervention dans les canalisations et installations semblables


Art. 37 al. 4 OPA
Lorsqu'il faut pénétrer dans des puits, des fouilles ou des canalisations, il y a risque d'intoxication, d'explosion ou d'asphyxie. Il faut par conséquent
prendre les mesures ci-après, en fonction du danger spécifique :

Personnel : On désignera un chef d'équipe responsable. Le personnel qui pénètre dans une canalisation sera surveillé de l'extérieur
pendant toute la durée des travaux et la communication réciproque doit être assurée en permanence.
Le matériel et les équipements (installation d'aération, appareils de mesures, moyens accessoires pour l'accès, le travail et le sauvetage,
matériel de balisage et de signalisation, équipements de protection individuelle) à utiliser sont fonction du danger spécifique et du type
d'installation et des mesures requises.
Avant d'accéder à une canalisation ou une installation semblable, il faut s'assurer, au moyen d'une aération suffisante, que la zone de
travail ne présente aucune atmosphère dangereuse.
Lorsqu'on ne peut pas éviter une atmosphère dangereuse, il faudra mettre des appareils d'isolation à la disposition des personnes qui
pénètrent dans une canalisation ou une installation semblable.
On déterminera et fixera les conditions de sauvetage avant que le personnel pénètre dans les canalisations et installations semblables.

Travaux exécutés à l'intérieur de réservoirs et dans des locaux exigus (1335.5)

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 111


336A Organisation du travail Partie 8

336A Renseignements concernant l'OPA: Organisation du travail


337 Vêtements de travail, EPI (équipements de protection individuelle)
338 Accès interdit
339 Lutte contre le feu
340 Transport de marchandises
341 Entreposage
342 Transport de personnes
343 Travaux effectués sur des installations et appareils techniques (systèmes techniques)
344 Substances nocives
345 Protection contre les radiations nocives
346 Liquides inflammables

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 112


336A Organisation du travail Partie 8

337 Vêtements de travail, EPI (équipements de protection individuelle)


337.1 Notion de vêtements de travail, EPI (équipement de protection individuelle)
337.2 Objectif de sécurité fondamental
337.3 Catégories d’EPI et caractérisation des EPI
337.4 Mise à disposition, paiement, nettoyage, entretien et réparation des vêtements de travail et des EPI
337.5 Vêtements de protection
337.6 Protection de la tête
337.7 Protection des yeux et du visage
337.8 Protection de l’ouïe
337.9 Protection des voies respiratoires
337.10 Protection des mains, protection des bras, protection de la peau
337.11 Protection des pieds
337.12 Équipements de protection pour secourir et maintenir
337.13 Protection contre les chutes

337.1 Notion de vêtements de travail, EPI (équipement de protection individuelle)


Art. 5 et 38 OPA
Art. 27 et 28 OLT 3

Les vêtements de travail, au sens traditionnel du terme, sont des vêtements sans effet de protection spécifique. Ils sont généralement
portés pour protéger les habits civils contre les salissures et/ou pour assurer une image uniforme au sein de l’entreprise (p. ex. avec le
logo d’entreprise). Ces vêtements ne sont pas considérés comme équipements de protection individuelle (EPI) dans le sens de l’art. 5 de
l’OPA.Font partie des EPI les casques de protection, les filets de protection pour les cheveux, les lunettes de protection, les boucliers de
protection, les protecteurs d’ouïe, les appareils de protection des voies respiratoires, les chaussures de sécurité, les gants de protection,
les vêtements de protection, les dispositifs de protection contre les chutes et les risques de noyade, les produits de protection de la peau
et, au besoin, les sous-vêtements spécifiques (art. 5 OPA).
Les terme de vêtements de protection désigne les EPI dans le sens de l’art. 5 de l’OPA. Ces vêtements sont spécialement conçus pour
affronter un ou plusieurs dangers spécifiques. Ils recouvrent ou remplacent les vêtements personnels (1337.1). Sont par exemple
considérés comme vêtements de protection les vêtements de protection contre la pluie, les vêtements de protection contre la chaleur et
les pantalons forestiers.

337.2 Objectif de sécurité fondamental


Art. 5 et 38 OPA
Les travailleurs doivent porter des vêtements de travail appropriés à l’activité qu’ils exercent.

Par le port et l’utilisation des EPI, il faut éviter que les personnes puissent être blessées ou que leur santé soit mise en danger par des risques qui ne
peuvent pas être évités au moyen de dispositifs de protection ou des mesures, méthodes ou procédures organisationnelles sur le plan du travail
(1337.2).

337.3 Catégories d’EPI et caractérisation des EPI


Art. 3 al. 1 OPA
Art. 13 al. 2 OSPro
Les EPI sont classés dans les trois catégories suivantes (1337.3):
Catégorie I

Font partie de cette catégorie les EPI dont on peut présupposer que l’utilisateur peut juger lui-même de l’efficacité contre les risques mineurs, dont les
effets, s’ils se manifestent graduellement, peuvent être reconnus en temps utile et sans danger (p. ex. EPI pour les travaux ménagers, contre les
intempéries, contre les rayons du soleil). De tels EPI sont largement insignifiants sur le plan de la sécurité et la protection de la santé sur le lieu de travail.
La personne qui met en service de tels EPI (fabricant) atteste leur conformité avec les normes en vigueur. Une procédure d’examen de type n’est pas
requise.
Classement: CE
Catégorie II

Cette catégorie comprend les EPI qui ne peuvent pas être classés dans les catégories I ou III (p. ex. protecteurs de l’ouïe, chaussures de sécurité,
casques de protection pour l’industrie).
Des procédures d’examen de type par des laboratoires d’essai accrédités et certifiés sont prescrites pour assurer la conformité avec les normes en
vigueur.
Classement: CE XY (XY = les deux derniers chiffres de l’année où a eu lieu la procédure d’examen de type).
Catégorie III

Dans cette catégorie, nous trouvons les EPI dont le rôle est de protéger contre les dangers mortels ou les dangers graves et irréversibles pour la santé
et pour lesquels on peut supposer que l’utilisateur ne connaît pas les effets immédiats du danger (p. ex. appareils de protection des voies respiratoires,
vêtements de protection contre les incendies, dispositifs d’antichute).

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 113


336A Organisation du travail Partie 8

La catégorie II requiert des procédures d’examen de type comme cela est le cas pour la catégorie I..
Outre ces dispositions, la surveillance des produits fabriqués en série est prescrite. La personne mettant en circulation de tels produits (fabricant) doit par
ailleurs annexer une brochure d’information contenant toutes les informations importantes pour l’utilisateur.
Classement: ZZ CE XY (ZZ = numéro d’identification de l’organe de contrôle et de certification, XY = les deux derniers chiffres de l’année où a eu lieu la
procédure d’examen de type)
Les EPI doivent toujours comporter les indications spécifiques suivantes:

nom ou logo du fabricant


désignation du type
dimensions
date de fabrication
pays de fabrication
numéro de la norme européenne applicable
désignation: CE

337.4 Mise à disposition, paiement, nettoyage, entretien et réparation des vêtements de travail et des EPI
Art. 5 et 38 OPA
Art. 27 et 28 OLT 3
Note:
Dans l’art. 38 al. 2 de l’OPA, on décrit des «vêtements de travail et des EPI auxquels adhèrent des substances nocives». Ils remplissent par conséquent
une fonction sur le plan de la protection de la santé. Ce type de vêtements de travail correspond à des vêtements de protection et il doit de ce fait être
assimilé aux EPI pour tout ce qui concerne la mise à disposition, le paiement, le nettoyage, l’entretien et le réparation.
Vêtements de protection

L’ employeur et le travailleur se mettront d’accord sur l’acquisition et le financement des vêtements de travail sans effet de protection
spécifique.
En ce qui concerne l’entretien des vêtements de travail sans fonction protectrice spécifique, l’art. 28 de l’OLT 3 (1337.4) prescrit que
lorsque ceux-ci sont fortement souillés par des matières utilisées dans l’entreprise, l’employeur se chargera de leur nettoyage à
intervalles appropriés. Par ailleurs, l’employeur et le travailleur s’entendront sur l’entretien des vêtements de travail.

EPI

Remise et financement, voir 306.11


L’art. 5 de l’OPA oblige l’employeur d’assurer en tout temps l’utilisation des EPI aux fins prévues. On entend par là l’organisation et le
financement de l’entretien des EPI, le remplacement des EPI inutilisables par du matériel neuf, le nettoyage et le soin des EPI souillés et
la réparation des EPI endommagés.
Les EPI souillés par des agents mettant en danger la santé doivent être stockés en les séparant des autres vêtements et EPI.

EPI pour auxiliaires et collaborateurs en période d’essai

Les auxiliaires et les collaborateurs en période d’essai doivent aussi être protégés contre les accidents et les maladies professionnelles.
L’art. 82 LAA et l’art. 5 de l’OPA ne prévoient aucune exception pour les auxiliaires et les collaborateurs en période d’essai. L’employeur
est par conséquent tenu de mettre des EPI à la disposition des auxiliaires et des collaborateurs en période d’essai, c’est-à-dire qu’il a
l’obligation de se procurer et de financer ce matériel. En d’autres termes: les auxiliaires et les collaborateurs en période d’essai ne
peuvent pas être obligés à se procurer et/ou à financer eux-mêmes les EPI requis dans le cadre du travail qu’ils doivent accomplir.
En revanche, il va de soi que l’employeur exige la restitution des EPI mis à disposition à la fin de l’activité de l’auxiliaire ou du
collaborateur qui quitte le travail pendant la période d’essai.

EPI pour le personnel d’entreprises de travail temporaire

En vertu de l'art. 10 OPA, est considérée en premier lieu comme employeur responsable du personnel d'entreprises de travail
temporaire l'entreprise locataire de services devant fournir les EPI ou garantir que ceux-ci soient mis à la disposition des travailleurs.
L'entreprise locataire de services peut cependant passer un accord avec l'entreprise de travail temporaire afin qu'elle mette les EPI
nécessaires à la disposition des travailleurs. La surveillance du port obligatoire des EPI demeure cependant de la compétence de
l'entreprise locataire de services.

Lunettes de protection avec verres de correction

Lorsque le port permanent de lunettes de protection est exigé, l’ employeur doit assumer les frais des verres de correction pour les
lunettes de protection.

Entretien des EPI

Seuls des EPI stockés, entretenus et soignés de manière appropriée conservent leur effet protecteur.
Avant chaque utilisation, les travailleurs ont l’obligation d’effectuer un contrôle visuel de leur équipement de protection conformément à
l’instruction reçue dans l’entreprise. Ils signaleront immédiatement tout défaut à leur supérieur.

337.5 Vêtements de protection


Art. 5 et 38 OPA

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 114


336A Organisation du travail Partie 8

A. Dans quelles circonstances faut-il utiliser des vêtements de protection?


Il faut mettre à disposition et utiliser des vêtements de protection appropriés lorsqu’il faut s’attendre à une mise en danger du corps humain par:

des influences mécaniques,


des objets pointus et contondants, des parties en mouvement telles que des cardans, des produits de sablage
des influences par des agents chimiques tels que
les acides, les bases, les solvants, les poussières, les huiles
les influences biologiques tels que
les microorganismesles, bactéries, les virus, les champignons
les influences thermiques telles que
le rayonnement de la chaleur, la chaleur créée par le contact, les parties incandescentes, les dispositifs de projection de métal liquide, les
flammes, les arcs lumineux, le froid
les influences physiques telles que
le rayonnement, l’humidité, les poussières
les influences électriques telles que
la tension de contact, la production d’étincelles (p. ex. par des décharges électriques)
l’impossibilité de voir une personne (vêtements de signalisation),
p. ex. lors de travaux sur routes et dans le domaine de la circulation
l’influence de l’humidité et du temps,
p. ex. lors de travaux en plein air.

B. Points à observer particulièrement lors de l’utilisation de vêtements de protection:

Des vêtements de protection universels ne sont pas disponibles et ne peuvent pas être développés en raison des exigences particulières
liées à chaque poste de travail. Le matériel et la confection des vêtements de protection doivent être déterminés dans chaque cas
individuel en fonction des dangers spécifiques liés au poste de travail. A cet effet, il faut également tenir compte des facteurs
psychologiques liés aux vêtements, étant donné que le matériel et la coupe du vêtement influent directement sur les échanges de
chaleur et d’humidité du corps. Le bien-être, les performances et l’acceptation sont par conséquent également influencés.
Les besoins en vêtements fonctionnels doivent être examinés au cas par cas. La matière et la coupe ont une influence directe sur les
échanges de chaleur et d’humidité corporelles, et jouent un rôle capital en termes de bien-être, de performances et d’acceptation.
Les vêtements de protection sans compensation de chaleur sont conçus de manière à ce qu’ils puissent être portés par des personnes
entraînées durant 30 minutes au maximum. Si l’on dépasse ce temps, la santé peut être mise en danger.
Le nettoyage, l’entretien et la réparation appropriés des vêtements de protection selon les instructions de service, d’utilisation et
d’entretien de la personne qui les a mis en circulation (fabricant) sont de la plus haute importance.
Il faut veiller à ce qu’aucun agent nocif puisse pénétrer dans les bottes par le haut (p. ex. par le port de pantalons de protection par-
dessus les bottes ou d’un tablier suffisamment long).
Les vêtements de protection doivent être régulièrement contrôlés en fonction des critères d’utilisation et selon les instructions
d’exploitation, d’utilisation et d’entretien de la personne qui les a mis en circulation (fabricant) afin de déterminer s’ils sont toujours
aptes à remplir leur tâche.
La personne qui met en circulation des vêtements de protection (fabricant) doit fournir des instructions spécifiques, p. ex. l’explication
de tous les pictogrammes, les niveaux de performance, les contrôles devant être effectués par l’utilisateur avant l’utilisation, la manière
d’endosser et d’enlever les vêtements, les restrictions, les instructions de stockage et d’entretien.
Vêtements de protection adaptés à la saison (shorts et pulls à manches courtes): la sécurité au travail est toujours prioritaire, même si
les températures sont estivales ou lorsque la température au poste de travail est très élevée. C’est pourquoi l’ employeur doit exiger de
ses employés le port de vêtements de protection assurant la protection contre les dangers pour la santé au poste de travail, même
lorsque les températures sont élevées et en dépit des remarques des employés. Il doit exiger que ses employés utilisent les vêtements
de protection dont il a ordonné le port sur la base des résultats obtenus lors de la détermination des dangers et l’analyse des risques.

D. Quels sont les points à observer particulièrement lors du choix, de l’acquisition et de l’utilisation:

Types de produits

Vêtements de protection contre les produits chimiques (EN 943-1, EN 943-2, EN 14605, EN ISO 13982-1, EN 13034)
Vêtements de protection contre le feu et la chaleur (EN ISO 11612)
Vêtements de protection contre le froid (EN 342)
Vêtements de protection pour soudeurs (EN ISO 11611)
Vêtements de protection contre les rayonnements (EN 943
Vêtements de protection contre les intempéries (EN 343)
Vêtements de signalisation (EN 20471)
Vêtements de protection anti-coupures (EN 381-1 bis 5, EN ISO 13998)
Sous-vêtements fonctionnels

Marquage

Les vêtements de protection doivent porter la marque CE ainsi que le marquage correspondant à la norme européenne pertinente. Le marquage
contiendra au minimum les indications suivantes:

nom, marque commerciale ou autre élément d’identification du fabricant et (ou) de son représentant autorisé
type, marque commerciale ou codes
taille
numéro de la norme européenne applicable
pictogrammes avec niveaux de performance
dénomination des textiles
étiquetage d’entretien

Le fournisseur de vêtements de protection doit être informé de manière détaillée par l’entreprise sur les dangers spécifiques contre lesquels ses
vêtements de protection doivent protéger.

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 115


336A Organisation du travail Partie 8

Ouvrages de référence et informations complémentaires sur les vêtements de protection: voir 1337.5

337.6 Protection de la tête


Art. 5 et 38 OPA
Art. 5 OTConst

A. Quand faut-il utiliser une protection pour la tête?

Une protection de la tête appropriée doit être mise à la disposition et utilisée lorsqu’il y a un danger de blessure à la tête.
Des blessures à la tête peuvent survenir:

Dangers mécaniques (objets qui tombent, sont mal fixés, se renversent, s’envolent, ou choc contre des objets)
Dangers thermiques (chaleur, froid, éléments incandescents, projection de métal en fusion, flammes)
Dangers électriques (tension de contact, formation d’étincelles en général et formation d’étincelles sous l’effet de décharges électriques)
Dangers chimiques (acides, bases, solvants)
Absence de visibilité des personnes (travaux sur la voie publique)
Eléments de machine en mouvement, (cheveux happés) etc.

B. Quels sont les types de protection de la tête disponibles et quelles fonctions remplissent-elles?

1. casques de protection pour l’industrie


2. casque d'alpiniste selon la norme EN 12492 (casque pour les travaux en hauteur)
3. casques anti-chocs
4. filets et bonnets de protection pour les cheveux

1. Casques de protection pour l’industrie selon EN 397 (1337.6)


Ces casques sont disponibles en divers modèles et pour des tâches différentes.
Les casques de protection pour l’industrie comportement une coque et une garniture intérieure. Cette dernière est fixée à l’intérieur de la coque. La coque
n’est pas en contact direct avec la tête.
Fonctions spécifiques de la coque:

empêcher que des objets entrent en contact avec la tête en réduisant le choc au moyen de la zone d’amortissement; l’espace entre la
coque et la garniture intérieure est désigné comme zone d’amortissement.
dévier, au moyen d’une forme appropriée, les objets qui heurtent la coque afin qu’une partie seulement de la force ne doive être
absorbée par le casque de protection.
amortir les forces exercées par une déformation élastique et plastique.

La garniture intérieure a pour tâche, en combinaison avec la coque, d’amortir les chocs. Lors d’un choc, les forces engendrées sont réparties sur la tête
entière au moyen des rubans de serrage et par la déformation élastique et plastique des rubans de ces derniers.
Un effet de protection suffisant du casque de protection pour l’industrie n’est assuré que si l’on tient compte des points suivants:

la coque et la garniture intérieure doivent être compatibles


le casque doit être bien fixé sur la tête.

Pour une sécurité optimale, il faut choisir un casque dont les dimensions sont adaptées à la personne qui le porte et en ajustant le serre-nuque à la
circonférence de la tête.

Les coques pour casques existent en divers modèles. Le modèle le plus répandu est la coque dotée d’une visière et d’une gouttière.
Pour la plupart des casques, la garniture intérieure standard comprend

les rubans de serrage,


un serre-tête avec serre-nuque réglable,
un ruban de transpiration remplaçable

Dans des conditions d’utilisation particulières, le casque de protection pour l’industrie peut être doté d’une visière de sécurité, de lunettes de sécurité, de
coquilles de protection auriculaires, d’une jugulaire ou d’un protège-nuque. Les casques équipés de protecteurs d’ouïe doivent être soigneusement adaptés
afin d’être conformes aux dispositions en matière d’isolation phonique.
Des casques de protection pour l’industrie répondant aux exigences complémentaires SN EN 397 (1337.6) sont disponibles pour les tâches spéciales. Ils
offrent:

une protection contre les basses températures


une protection contre les températures élevées
une protection contre le courant électrique
Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 116
336A Organisation du travail Partie 8

une protection contre les contraintes latérales


une protection contre les éclaboussures du métal fondu.

2. Casque d'alpiniste selon la norme EN 12492 (casque pour les travaux en hauteur) (1337.6)

Leur conception est semblable ou identique à celle des casques de protection industriels et ils absorbent les mêmes forces que ces derniers.

Il convient d'observer en particulier les points suivants:

En cas d'utilisation d'EPI contre les chutes, il faut impérativement porter un casque équipé d'une jugulaire.
La norme EN 397 stipule que la jugulaire présente une charge de rupture maximale de 25 kg (éviter l'étranglement). La norme EN
12492 exige que la jugulaire résiste à une force d'au moins 50 kg (pour que le casque reste en place en cas d'impact).
Du fait de leurs orifices d'aération, certains casques répondant à la norme EN 12492 ne satisfont pas aux exigences de la norme EN 397
en termes d'isolation électrique et de protection contre les éclaboussures de métal en fusion (p. ex. dans les fonderies).

La fonction de protection contre la chute d'objets est assurée par les deux types de casques, les résultats des essais étant pratiquement identiques pour
l'un et pour l'autre. Dans la plupart des cas cependant, les casques répondant à la norme EN 12492 présenteraient des caractéristiques équivalentes
voire supérieures, notamment en ce qui concerne l'acceptation du port de ces modèles.

3. Casques anti-chocs

Les casques anti-chocs selon SN EN 812 (1337.6) se composent généralement d’une coque thermoplastique légère avec une garniture intérieure pouvant
être adaptée à la circonférence de la tête.
Les casques anti-chocs ont pour fonction de protéger la tête des salissures et, dans une certaine mesure, contre les blessures résultant de chocs
lorsqu’on bute contre un obstacle.
Les casques anti-chocs ne constituent aucunement des casques de protection pour l’industrie selon SN EN 397 (1337.6). C’est pourquoi il ne faut pas les
porter pour des travaux exigeant le port de casques de protection pour l’industrie.
4. Filets et bonnets de protection pour les cheveux

Les filets et les bonnets de protection pour les cheveux sont conçus dans des matériaux appropriés afin de protéger le travailleur contre les blessures
occasionnées par les cheveux mal attachés et les tresses.
Lorsque les cheveux ne sont pas correctement attachés ou cachés, les parties de machines en mouvement (p. ex. des cardans) peuvent occasionner
des blessures au cuir chevelu voire scalper la personne qui n’a pas pris les précautions nécessaires. Lorsqu’on réalise des travaux de soudure et de
découpage, les étincelles engendrées peuvent atteindre les cheveux et produire des brûlures.
Les bonnets et les filets de protection permettent de rassembler les cheveux. Le tissu protège contre les étincelles et les parties dangereuses en
mouvement en empêchant leur fixation dans la chevelure. Pour assurer une bonne protection, il est indispensable que la chevelure complète soit cachée
sous le bonnet ou le filet.
C. Quels points faut-il particulièrement observer lorsqu’on utilise un caque de protection?

Restrictions d’utilisation pour casques de protection:


Il est interdit d’utiliser un casque de protection - indépendamment du matériau - lorsque:

il a subi un choc grave par un objet ou lorsqu’il a fait une chute d’une hauteur importante sur le sol dur, même lorsqu’il n’y a aucun
signe extérieur d’endommagement.
il présente des dommages visibles tels que des fissures de surface, des défibrages, des cassures, des éclatements, des friabilités (il faut
rendre le casque inutilisable).

Nous ne pouvons pas donner d’indications de validité générale quant à la durée d’utilisation des casques de protection thermoplastiques, étant donné qu’ils
subissent un vieillissement (qui est fonction des matériaux utilisés) et, le cas échéant, une diminution des qualités protectrices. Le vieillissement d’un
casque dépend entre autres de son exposition aux rayons ultraviolets en combinaison avec les conditions climatiques, de son lieu et de sa durée
d’utilisation et du stockage.
Les casques fabriqués à partir de matières thermoplastiques ne doivent pas être utilisés pour les travaux impliquant une forte exposition à la chaleur, au
froid ou aux rayons UV.

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 117


336A Organisation du travail Partie 8

Lors de travaux sur des installations électriques, on ne doit utiliser que des casques de protection en duroplast (p. ex. phénol fibre de verre ou phénol
textile) assurant une isolation électrique suffisante. Instructions détaillées: (1116.2).
Avant d’acheter ou d’utiliser un casque de protection, il faut considérer les aspects essentiels suivants:

toujours choisir un casque de protection adapté au domaine d’application prévu.


stocker et nettoyer le casque de protection selon les dispositions figurant dans le mode d’emploi de la personne l’ayant mis en
circulation (fabricant).
n’utiliser que les accessoires prévus dans le mode d’emploi par la personne ayant mis en circulation le casque (fabricant).
ne jamais opérer de modifications sur le casque (p. ex. monter une garniture intérieure inappropriée ou percer des trous dans le
casque), étant donné que l’effet protecteur peut être altéré.
n’utiliser des vernis, des diluants, des adhésifs ou des étiquettes autocollantes que si la personne ayant mis en circulation le casque
(fabricant) le mentionne explicitement et que s’il n’y a pas de danger d’altérer l’effet protecteur.
choisir un casque de protection adapté à la circonférence de la tête et assurer un ajustage correct au moyen du serre-nuque réglable.
effectuer des contrôles visuels réguliers pour déterminer si le casque présente des fissures de surface, des défibrages, des cassures, des
éclatements, des friabilités.

La coque d’un casque peut devenir friable sans qu’il y ait des dégâts visibles. Lorsqu’on déplace la visière de l’avant vers l’arrière ou lorsqu’on appuie sur le
bord de la coque (2 à 3 cm vers l’intérieur) en veillant à ne pas lui faire subir des contraintes trop importantes, un casque devenu friable fera des bruits
crépitants ou secs.

La durée d'utilisation déterminante est celle indiquée dans la notice d’instructions du fabricant. Les casques de protection doivent être
immédiatement remplacés en cas de dommage ou d’altération de la couleur.

Ouvrages de référence et informations complémentaires sur les équipements de protection pour la tête: voir (1337.6).

337.7 Protection des yeux et du visage


Art. 5 et 38 OPA

A. Dans quelles circonstances faut-il utiliser une protection des yeux et/ou du visage?

Il faut mettre à disposition et utiliser une protection des yeux et du visage lorsque les yeux et le visage risquent d’être exposés à des influences néfastes
extérieures.
Les yeux et le visage sont mis en danger par des influences:

mécaniques
optiques (notamment sur les yeux)
chimiques
thermiques
dangers particuliers (rayons X, arcs électriques, dangers biologiques, etc.)

La plupart du temps, plusieurs influences néfastes agissent simultanément sur les yeux et le visage. P. ex. lorsqu’il y a une fuite d’un agent basique sous
pression, les yeux et le visage peuvent être endommagés mécaniquement, chimiquement et thermiquement.
Mechanische Schädigung
Les lésions mécaniques sont occasionnées par des corps étrangers entrant en contact avec les yeux et le visage ou pénétrant directement dans l’œil.
Parmi ces corps étrangers, on compte la poussière, les copeaux, les éclats, les liquides sous pression.
En cas de poussière, la vitesse avec laquelle celle-ci entre en contact avec l’œil est généralement très faible. La plupart du temps, la poussière se fixe
entre la paupière et l’œil et provoque des irritations et des inflammations. Le type et l’importance des blessures provoquées par les autres corps
étrangers sont fonction du volume, de la forme et de la vitesse avec laquelle le corps étranger entre en contact avec l’œil.
Lésions optiques
Les lésions de l’œil (voir tableau ci-après) sont provoquées par le rayonnement de sources lumineuses naturelles ou artificielles. Les rayons nocifs, en
fonction de leur fréquence, pénètrent plus ou moins profondément dans l’œil et transforment l’énergie qu’ils transportent en chaleur.

Rayonnement Lésion de l'oeil Exemples

Rayons ultraviolets Kurzfristige Einwirkung:


100 - 400 nm Inflammations, notamment de la cornée et de la conjonctive
Intensive Sonnenstrahlung,
(«effet flash»)
Danger prononcé Travaux de soudure, Lacktrocknung, Kunststoffhärtung
Langfristige Einwirkung:
200 - 310 nm
Augenkatarakt (Star)

Lumière visible Eblouissement suivi par une altération de l’acuité visuelle, Fort exposition à la lumière du soleil, sources
400 - 780 nm bleibende Schädigung der Netzhaut lumineuses artificielles très puissantes

Travaux de soudure
Rayons infrarouges
Rayons IR à basses fréquences Brûlures de la cornée en cas de forte concentration
780 - 1400 nm La transformation irréversible du liquide de la lentille contenant
des protides peut entraîner progressivement la cécité
Rayons IR à longues fréquences (cataracte)
1400 nm - 1 mm Masses en fusion dans la sidérurgie et l’industrie du
verre

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 118


336A Organisation du travail Partie 8

Rayons laser Lésion de la cornée, notamment dans la plage de 400 - 1400


Utilisation variée
100 nm - 1 mm nm

Chemische Schädigung
Les lésions chimiques sont provoquées par des matières solides, liquides et gazeuses. Les yeux sont particulièrement mis en danger par les acides et les
bases sous forme solide ou liquide. Une seule goutte d’acide peut entraîner une ulcération de la cornée suivie d’une cicatrisation. Souvent, les bases
occasionnent des lésions encore plus graves. Quelques gouttes peuvent ternir la cornée pour toujours et la détruire. Les gaz, les vapeurs et les fumées
endommagent principalement les muqueuses.

Thermische Schädigung
Les lésions thermiques peuvent être engendrées par le froid ou la chaleur. Le froid (p. ex. à l’intérieur des locaux frigorifiques) peut entraîner la mort par
congélation. Un signal d’avertissement est souvent le fait que les yeux commencent à pleurer. La chaleur provoquée par le rayonnement (p. ex. par des
fourneaux ou le contact avec des objets chauds) peut occasionner des brûlures.

Biologische Arbeitsstoffe
Sie können über das Auge in den Körper gelangen und Infektionen, gegebenenfalls auch toxische oder sensibilisierende Wirkungen verursachen.
Elektrische Einwirkungen
Damit ist zu rechnen bei Schaltarbeiten oder Kurzschlüssen in elektrischen Energieverteilungsanlagen. Durch die von Störlichtbögen verursachten hohen
Temperaturen und wegspritzenden Teilchen besteht die Gefahr, dass Auge und Gesicht erhebliche geschädigt werden.

B. Quels sont les moyens de protection actuellement disponibles pour les yeux et le visage et comment agissent-ils?

Pour protéger les yeux et le visage, on dispose du matériel suivant:

1. lunettes de protection, avec ou sans protection latérale


2. lunettes fermées (lunettes panoramiques)
3. boucliers de protection
4. écrans de protection, Visiere
5. visières de protection
6. autres appareils de protection pour les yeux et le visage (Atemschutzhelme und -hauben)

Les appareils de protection des yeux et du visage doivent être conçus de manière à entraver le moins possible le champ visuel. Ils doivent par
ailleurs être confortables et ne pas fatiguer les yeux. A cet effet, ils doivent assurer une aération optimale des yeux et des parties du visage
qu’ils recouvrent.
Pour assurer l’effet de protection de ces appareils, leurs divers composants doivent être liés entre eux de sorte qu’ils ne puissent être séparés
qu’en cas de destruction matérielle. De cette façon, les parties contribuant essentiellement à la sécurité ne peuvent pas être perdues ou
démontées (p. ex. la protection latérale dans les lunettes de protection). Une exception à cette règle est constituée par les verres de sécurité:
en tant que pièces soumises à l’usure, elles doivent pouvoir se remplacer facilement et si possible sans outils.
Les montures ne doivent pas présenter des arêtes vives, des angles, des recoins ou des aspérités.
1. Lunettes de protection

Les lunettes de protection protégeant les yeux contre les corps étrangers et les rayons agissent frontalement. Pour assurer une protection latérale, les
lunettes de protection sont dotées de plaques ou de renforts latéraux. Certains modèles disposent même d’une protection des sourcils. Les lunettes de
protection équipées d’une protection latérale et d’une protection des sourcils n’isolent cependant pas complètement la partie autour des yeux contre
l’environnement. Elles n’offrent par conséquent pas une protection suffisante contre l’influence des matières et des rayons agissant latéralement et
pouvant ainsi s’immiscer derrière les lunettes. Elles n’offrent p. ex. pas une protection suffisante contre les poussières, les liquides projetés, irritants et
corrosifs, les gaz, les vapeurs, les fumées.
2. Lunettes de protection fermées

Les lunettes de protection fermées encerclent complètement les yeux et la partie autour des yeux grâce une monture souple et élastique. Elles offrent
une bonne protection contre les matériaux, les particules en mouvement, les éclaboussures et les rayons agissant frontalement ou latéralement sur les
yeux. Pour se protéger contre les gaz, les vapeurs, les brouillards et les fumées, il faut utiliser des lunettes de protection fermées très épaisses
(«lunettes de protection contre les gaz»).
3. Boucliers de protection

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 119


336A Organisation du travail Partie 8

Les boucliers de protection consistent en un corps non transparent dans lequel est encastré une visière interchangeable. Les boucliers de protection se
tiennent avec une main. Ils protègent les yeux, le visage et certaines parties du cou contre les pièces en mouvement, les éclaboussures et les rayons.
4. Visières de protection

Les visières de protection peuvent être complètement transparentes ou consister en un support non transparent et une visière. Elles sont fixées sur le
casque de protection ou directement à la tête. La fixation peut être conçue de manière à ce qu’il soit possible de relever la visière ou de la remplacer
facilement.
Comme les boucliers de protection, les visières protègent les yeux, le visage et, suivant le modèle, certaines parties du cou contre les pièces en
mouvement, les éclaboussures et les rayons. Etant donné qu’elles suivent chaque mouvement du porteur, ce qui n’est p. ex. pas le cas pour les
boucliers de protection, leur effet protecteur est plus élevé. Un avantage supplémentaire est le fait qu’elles laissent les deux mains libres pour le travail.
5. Capes de protection

En règle générale, les capes de protection sont conçues en des matériaux non transparents. Elles sont équipées d’une ouverture pour la visière. Les
capes de protection entourent complètement la tête. Certains modèles peuvent aussi couvrir les parties supérieures des épaules. Les capes de protection
sont utilisées en combinaison avec un casque de protection ou d’autres protections.
Les capes de protection protègent la tête, le cou, voire les épaules contre les pièces en mouvement, les éclaboussures et les rayons.

6. Autres appareils de protection des yeux et du visage


On dispose d’un matériel assurant une protection particulière des yeux et du visage en fonction de l’activité spécifique.
Les lunettes de protection contre les rayons laser selon EN 207 et EN 208 (1337.7) ainsi que les écrans de protection du visage pour électriciens font
partie de ce matériel.
C. Quels sont les points à observer particulièrement lors de l’utilisation de protections des yeux?

Il faut veiller à remplacer les verres lorsqu’ils sont ternes, rayés, recouverts de particules immuables ou lorsque la membrane de
protection (seulement sur certains modèles) montre des fissures.
Il faut éliminer les protections des yeux et du visage lorsque les éléments de réglage ne permettent plus un réglage approprié.
Les parties mobiles doivent toujours pouvoir être bougées facilement.
Les appareils de protection des yeux doivent avant tout être adaptés de sorte qu’ils ne puissent exercer une pression ou se déplacer.

Lorsqu’on utilise des verres de protection, on doit toujours prévoir des produits de nettoyage empêchant la formation de buée (p. ex. serviettes en
papier imprégnées, produits de nettoyage en flacons vaporisateurs, sprays anti-buée).
Des lunettes de protection à verres correcteurs de sécurité trempés ou en matière synthétique sont disponibles pour les porteurs de lunettes. Dans
certaines situations spécifiques, on peut également utiliser des lunettes spéciales pouvant être portées par-dessus les verres de correction. Si l’on recourt
à cette solution, il faut veiller à ce qu’il n’y ait ni d’altération de l’effet correcteur des lunettes correctives ni de diminution de l’effet protecteur des lunettes
de protection. Les deux paires de lunettes doivent être confortables pour le porteur.
Les lunettes optiques ordinaires ne garantissent pas une protection suffisante des yeux. Les lunettes de correction dotées d’un dispositif permettant

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 120


336A Organisation du travail Partie 8

d’ajouter des verres de sécurité ou filtrants n’offrent pas la même protection que les lunettes de protection spécialement conçues à cet effet.
Les écrans de protection ne devraient être utilisés qu’en combinaison avec des lunettes de protection dotées de protections latérales ou des lunettes de
protection fermées (notamment lors de l’exécution de travaux au-dessus de la tête).
Le fournisseur d’appareils de protection des yeux et du visage doit être informé de manière détaillée par l’entreprise des dangers spécifiques contre
lesquels son matériel de protection doit assurer la protection.
Ouvrages de référence et informations complémentaires sur la protection des yeux et du visage: voir (1337.7)

337.8 Protection de l’ouïe


Art. 5 et 38 OPA

A. Dans quelles circonstances faut-il porter des protecteurs d’ouïe?

Lorsque les valeurs limites en matière de bruit présentant un danger pour l’ouïe (331.4) ne peuvent plus être respectées.
Lorsque la charge sonore est trop importante (dans ce cas, il faut porter des protecteurs pendant toute la durée de l’exposition au
bruit).

B. Quels sont les protecteurs d’ouïe disponibles sur le marché?

1. Tampons auriculaires modulables avec propriétés élastiques


2. Tampons auriculaires en matière synthétique
3. Coquilles de protection
4. Tampons auriculaires à étrier
5. Tampons d’ouate
6. Tampons auriculaires moulés individuellement

1. Tampons auriculaires modulables avec propriétés élastiques

Ils sont prévus pour être réutilisés, mais leur durée de vie n’est pas illimitée. Pour des raisons d’hygiène, il est judicieux de remettre ce type de tampons
dans un emballage en matière synthétique. Les tampons auriculaires modulables avec des propriétés élastiques s’adaptent sans problème à chaque
conduit auditif.
2. Tampons auriculaires en matière synthétique

Ils sont utilisables durant un certain temps. Ce type de tampon auriculaire convient lorsqu’on ne peut pas utiliser d’autres moyens de protection de l’ouïe
pour des raisons d’hygiène (environnement de travail très exposé aux salissures ou température élevée). Les tampons auriculaires en matière
synthétique sont lavables à l’eau du robinet.
3. Coquilles de protection

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 121


336A Organisation du travail Partie 8

Ils ont l’avantage de pouvoir être endossés rapidement. C’est la raison pour laquelle ils conviennent particulièrement pour l’exécution de travaux brefs.
Les coquilles sont pliables afin de protéger le rembourrage intérieur des salissures. Lorsqu’il faut protéger l’ouïe durant une journée entière ou lorsque la
température de travail ambiante est élevée, il faut toutefois leur préférer des tampons d’ouate.
4. Tampons auriculaires à étrier

On peut les endosser facilement. Lorsqu’on ne les utilise pas, on peut mettre l’étrier autour du cou. Les tampons auriculaires ne sont pas prévus pour
une utilisation lorsque les niveaux sonores sont élevés (de l’ordre de L m > 90 dB(A)).
5. Tampons d’ouate

Ils sont prévus pour une utilisation unique et s’adaptent facilement à chaque conduit auditif. Ces tampons sont enveloppés d’une mince feuille de plastique
afin d’empêcher les fibres de se déposer dans le conduit auditif. Le coton, tel qu’on le trouve dans le commerce, ne constitue aucunement une protection
de l’ouïe, étant donné qu’il n’atténue pas les bruits de manière suffisante.
6. Tampons auriculaires moulés individuellement

Les tampons auriculaires moulés individuellement sont des protecteurs d’ouïe personnels, étant donné qu’ils sont individuellement adaptés à chaque
conduit auditif. Il est très important que les tampons épousent le conduit auditif. Il faut aussi procéder à leur contrôle bisannuel pour déterminer si
l’étanchéité est toujours assurée.
C. Quels points faut-il observer lors de l’utilisation de protecteurs de l’ouïe?

Ils doivent exercer une pression correcte sur l’oreille (l’étrier ne doit p. ex. pas être distendu).
La mousse intérieure doit être intacte et offrir une certaine élasticité (pas d’effritement ou de durcissement).
Les tampons modelables doivent être élastiques et souples.
Durant la phase d’extension, il faut suffisamment rouler les tampons auriculaires modulables (30 secondes) «en maintenant le doigt
dessus».
Pour une protection efficace et assurer une bonne étanchéité, il faut bien enfoncer dans les conduits auditifs les tampons fixés à un
étrier.
Il faut veiller à ce que le bruit soit perçu de manière nettement atténuée (moins de la moitié).

Valeurs indicatives en matière de durée de vie des protecteurs de l’ouïe utilisés dans le cadre professionnel

Tampons modulables: 1 à 7 jours


Tampons en matière synthétique: 2 mois à 1 an
Tampons à étrier: 2 mois à 1 an
Tampons moulés individuellement: jusqu’à 5 ans (avec contrôles consécutifs)
Coquilles de protection: utilisées de façon régulière, il faut les remplacer tous les 3 à 4 ans; contrôle annuel du rembourrage intérieur et
le remplacer le cas échéant.

Hygiène et entretien

Nettoyage hebdomadaire des coquilles (ou au moins du rembourrage intérieur) à l’aide d’un chiffon humide.
Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 122
336A Organisation du travail Partie 8

Les tampons en matière synthétique sont prévus pour un lavage répété (à la main).

Le fournisseur de protecteurs de l’ouïe doit être informé de manière détaillée par l’entreprise sur les dangers spécifiques contre lesquels ses protecteurs de
l’ouïe doivent protéger et dans quelles conditions leur port est obligatoire.
Ouvrages de référence et informations complémentaires sur les protecteurs de l’ouïe: voir 1337.8

337.9 Protection des voies respiratoires


Art. 5 et 38 OPA

A. Dans quelles circonstances faut-il utiliser une protection des voies respiratoires?
Une protection appropriée des voies respiratoires doit être mise à la disposition du travailleur et utilisée par celui-ci lorsque sa santé risque d’être mise en
danger par l’inhalation d’agents nocifs ou par un manque d’oxygène.

Parmi les agents nocifs, on compte

les substances dangereuses sous l’ Ordonnance sur les produits chimiques (p. ex. les matières irritantes, corrosives, toxiques,
cancérigènes)
les matières radioactives
les microorganismes (p. ex. les virus, les bactéries, les champignons et leurs spores)
les enzymes

lorsqu’ils se présentent sous forme respirable. Les agents nocifs peuvent également occasionner des dommages graves ou chroniques.
Il y a manque d’oxygène lorsque le volume de l’air respirable n’atteint pas 17 % d’oxygène. Le manque d’oxygène peut entraîner la destruction de
cellules dans le cerveau ainsi que la perte de connaissance, voire la mort.
B. Quels sont les appareils de protection des voies respiratoires disponibles sur le marché et comment agissent-ils?
Les appareils de protection des voies respiratoires sont classés selon la norme EN 133 (1337.9)

1. les appareils réagissant en fonction de l’atmosphère ambiante: appareils filtrants


2. les appareils réagissant indépendamment de l’atmosphère ambiante: appareils isolants

1. Appareils filtrants
L’appareil de protection des voies respiratoires a pour objectif de sécurité principal l’alimentation de son porteur en air respirable. Les appareils filtrants (cf.
tableau ci-après) assurent cette fonction en neutralisant les agents nocifs.
Les différents filtres ne parviennent cependant à neutraliser que certains agents nocifs et ce que dans une certaine limite. Il faut par conséquent

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 123


336A Organisation du travail Partie 8

connaître le type d’agent nocif et sa concentration dans l’air. Les appareils filtrants ne sont pas conçus pour combler un manque d’oxygène.
Les filtres à gaz sont répartis dans les catégories suivantes

domaine d’application principal (type de filtre à gaz): caractérisé par la lettre d’identification et la couleur d’identification (p. ex. A, brun)
performances (catégorie de filtre à gaz): caractérisé par les chiffres d’identification 1, 2, 3.

Les types de filtres ci-après ne protègent pas contre certains gaz tels que le. N2, le CO2, le CO (à l’exception des filtres CO).

Type Couleur d’identification Domaine d’application principal Classe di filtre

1
A marron Gaz et vapeurs organiques, point d’ébullition > 65 °C 2
3

Gaz et vapeur anorganiques, p. ex. chlore, sulfure d’hydrogène, acide cyanhydrique, pas de 1
B gris protection contre le monoxyde de carbone 2
3
1
E jaune Dioxyde de soufre, chlorure d’hydrogène et autres gaz acides 2
3
1
K vert Ammoniaque et dérivés organiques de l’ammoniaque 2
3
Liaisons organiques à bas point d’ébullition (point d’ébullition 65 °C), groupes à bas
AX marron –
point d’ébullition 1 et 2
SX violet Comme défini par la personne ayant mis en circulation l’appareil (fabricant) –
NO-P3 bleu-blanc Gaz nitreux, p. ex. NO, NO2, NOX –
Hg-Pg rouge-blanc Mercure –
CO noir Monoxyde de carbone –
orange
Réacteur,
principal: orange- Iode radioactif, y c. iodure de méthane radioactif –
Réacteur P3 blanc

Les filtres à particules (cf. tableau ci-après) sont en règle générale des structures de surface (toisons) composées de fibres naturelles ou artificielles.
Suivant leur capacité de rétention, ils neutralisent les particules contenues dans l’air inspiré.
Les filtres à particules pour les masques complets, les garnitures de respiration (bouche-nez), les demi-masques et les quarts de masques sont classés,
en fonction de leur capacité de neutralisation des particules, dans les catégories de filtres à particules suivantes:
P1 (capacité d’assimilation faible),
P2 (capacité d’assimilation moyenne)
P3 (capacité d’assimilation élevée)
Ils sont caractérisés par la lettre d’identification P, la classe de filtre à particules et la couleur d’identification (blanc). Les filtres de classe plus élevée
assurent la protection de la classe inférieure lorsque l’embout de respiration est du même type.
Les filtres combinés consistent en un filtre à particules et un filtre à gaz. Le filtre à particules est toujours disposé en amont du filtre à gaz afin de
neutraliser également les gaz toxiques émis par les particules liquides et solides.
Les appareils filtrants à air frais pulsé consistent en un embout pour la respiration, en un soufflet alimenté par batterie qui amène l’air filtré vers l’embout
de respiration ainsi que vers un ou plusieurs filtres pour la neutralisation des particules, des gaz ou des vapeurs. Le soufflet est raccordé directement ou
via un tube de respiration flexible à l’embout de respiration. L’air expiré et excédentaire est évacué par des valves d’expiration ou d’autres dispositifs.
Les appareils filtrants à soufflet n’opposent qu’une résistance faible lors de l’inspiration. Lorsque la température ambiante est normale ou élevée, ils
produisent un microclimat favorable à l’intérieur de l’embout de respiration. Toutefois, lorsque la température ambiante tombe en dessous de dix degrés, il
faut s’attendre à une altération des qualités respiratoires due aux courants d’air (irritation des yeux et des muqueuses).

Utilisation des filtres à particules

Multiple de la valeur limite Observations,


Type d’appareil
(VL) restrictions

Peu judicieux comme protection des voies respiratoires, du fait que l’important débit

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 124


336A Organisation du travail Partie 8

du filtre annule les faibles fuites du masque.


Masque complet ou embout
buccal avec filtre P1 4 Inefficace contre les aérosols à gouttes, les particules des matières cancérigènes et
radioactives, les microorganismes (virus, bactéries, champignons et spores de
champignons) et les enzymes.

Masque complet ou embout Inefficace contre les particules des matières radioactives, les virus et les
15
buccal avec filtre P2 enzymes.

Masque complet ou embout


buccal avec filtre P3 400

Demi-masque, quart de
Inefficace contre les aérosols à gouttes, les particules des matières
masque avec filtre P1, demi-
4 cancérigènes et radioactives, les microorganismes (virus, bactéries,
masque pour filtration des
champignons et spores de champignons).
particules FFP1

Demi-masque, quart de
masque avec filtre P2, demi- Inefficace contre les particules des matières radioactives, les virus et les
10
masque pour filtration des enzymes.
particules FFP2

Demi-masque, quart de
masque avec filtre P3, demi-
30
masque pour filtration des
particules FFP3
2. Appareils isolants
Les appareils isolants n’ont pas besoin de prélever l’air dans l’atmosphère ambiante pour alimenter leur porteur en air respirable. Ils offrent par
conséquent une bonne protection contre le manque d’oxygène et les concentrations d’agents nocifs.
Classification des appareils isolants

Appareils respiratoires isolants non autonomes


A partir d’une zone où l’air est respirable, l’air requis est amené vers l’embout respiratoire via un tube flexible. Du fait de la longueur limitée du tube
flexible, l’utilisateur d’un tel appareil est tenu à une certaine zone de travail. La durée d’utilisation n’est par contre limitée que si l’alimentation en air
respirable se fait au moyen de bouteilles à air comprimé.
Lorsque l’utilisateur utilise un appareil à tube flexible aspirant de l’air frais (cf. illustration ci-après), il doit recourir à la force de ses poumons pour s’alimenter
en air. La longueur et le diamètre intérieur du tube flexible sont fonction de la plus grande résistance d’aspiration admise pour l’appareil utilisé. Lorsqu’on
utilise un tube flexible d’un diamètre intérieur d’env. 25 mm, on peut prévoir une longueur d’env. 10 à 20 m. La partie libre du tube flexible (côté aspirant)
est dotée d’un filtre à poussières grossières et assurée au moyen d’un dispositif de fixation. Une valve d’aspiration, montée dans le raccord de
respiration, veille à ce que l’air expiré ne retourne pas à l’intérieur du tube flexible mais à ce que celui-ci soit dévié vers l’extérieur, c’est-à-dire dans
l’atmosphère ambiante.
Etant donné que le fait d’aspirer créé une dépression, il faut notamment veiller à ce que toutes les pièces de l’appareil soient parfaitement isolées.

Appareils à tube flexibles à air frais


Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 125
336A Organisation du travail Partie 8

Avec les appareils à tube flexible à air frais, l’alimentation en air est effectuée au moyen d’une légère surpression. Le débit minimal est de 120 l/min. Le
tube flexible d’amenée d’air (diamètre intérieur et longueur) et le système d’alimentation en air sont conçus de manière à ce que la résistance d’aspiration
maximale admise de l’appareil complet (y compris le raccord de respiration) ne soit pas dépassée. En utilisant un tube flexible d’un diamètre intérieur
d’env. 25 mm, on peut prévoir une longueur de tube d’environ 50 m. L’air expiré et l’air excédant sont évacués via la valve d’expiration du raccord de
respiration.
La faible surpression régnant à l’intérieur du tube flexible et du système assure une meilleure protection contre les agents nocifs que les appareils
respiratoires isolants non autonomes.

Appareils à tube flexibles à air pulsé


Dans les appareils à tube flexible à air frais pulsé, l’air est amené au moyen du tube sous pression avec une pression pouvant aller jusqu’à 10 bar. Le
réglage de l’alimentation en air est effectué soit manuellement, à l’aide d’une valve de réglage disposée à la ceinture de l’utilisateur (ne pouvant pas être
fermée complètement; passage minimal d’air: 120 l/min), soit automatiquement, via un dispositif de dosage commandé par la respiration de l’utilisateur
(dispositif pulmonaire). L’utilisation de dispositifs pulmonaires n’est autorisée qu’en combinaison avec des masques complets étanches.
Le tube flexible d’amenée d’air (diamètre intérieur et longueur) ainsi que le dispositif d’alimentation sont dimensionnés de manière à ce que l’utilisateur soit
alimenté avec suffisamment d’air respirable, même lors de tâches éprouvantes, et afin que la résistance d’aspiration maximale admise de l’appareil
complet (y compris raccord respiratoire) ne soit pas dépassée. Lorsqu’on utilise des tubes flexibles d’un diamètre d’au moins 8 mm, on peut atteindre des
longueurs de tubes d’environ 50 m.
L’alimentation en air comprimé peut s’effectuer à l’aide de bonbonnes à air comprimé, d’un raccordement à un réseau d’air comprimé ou de
compresseurs d’air. Lorsqu’on utilise des bonbonnes à air comprimé, il faut également prévoir des réducteurs de pression dotés d’un dispositif d’alarme
acoustique réagissant au plus tard lorsque la pression résiduelle tombe à 30 bar.
Lorsqu’on réalise des travaux n’exigeant pas de contraintes mécaniques importantes (p. ex. aux postes de travail stationnaires), on peut utiliser des
appareils légers à tube flexible à air pulsé en combinaison avec un masque.
Appareils respiratoires isolants autonomes

Appareil de respiration à air comprimé


L’air requis pour la respiration (appareil à circuit ouvert) ou la réserve d’oxygène (appareil respiratoire à circuit fermé) sont transportés par l’utilisateur.
Contrairement aux appareils à tube flexible, le rayon d’action n’est pas limité. Toutefois, la durée d’utilisation est fonction du contenu de la bonbonne.
Dans les appareils à circuit ouvert (appareil de respiration à air comprimé) (cf. illustration ci-après), l’alimentation en air est assurée au moyen d’une ou de
deux bonbonnes à air comprimé (pression de remplissage 200 ou 300 bar).
En règle générale, un réducteur de pression ou un dispositif pulmonaire réduisent la pression à < 10 bar. Le dispositif pulmonaire règle le débit d’air vers le
raccord respiratoire en fonction des besoins (masque complet ou garniture de respiration). L’utilisateur peut contrôler la réserve d’air grâce à un
manomètre. Un dispositif d’alarme affiche clairement l’air restant en réserve.
Dans les appareils respiratoires à surpression, il règne une légère surpression dans le masque, même lors de l’inspiration. Les agents nocifs n’ont ainsi pas
la possibilité de se mélanger à l’air respiré. Dans les appareils respiratoires à pression normale, il règne une faible dépression à chaque fois que l’utilisateur
fait une inspiration. Une faible fuite, dirigée vers l’intérieur, ne peut par conséquent pas être exclue dans ces appareils.
Une réserve d’air de 1600 l permet généralement une autonomie respiratoire de 20 à 50 minutes (en fonction des contraintes).
Dans les appareils à régénération d’air, l’air expiré n’est pas dévié dans l’atmosphère ambiante, contrairement aux appareils à air comprimé, mais
régénéré à l’intérieur de l’appareil. A cet effet, le dioxyde de carbone et une partie de la vapeur d’eau sont fixés dans une cartouche de régénération.
L’oxygène utilisé est remplacé par la réserve emportée par l’utilisateur. L’oxygène peut être transporté soit sous forme gazeuse (appareil de protection à
oxygène) soit sous forme liquide (appareils à oxygène liquide) ou chimiquement lié (appareil à oxygène chimique).

Appareils à régénération d'air


L’air respirable dans les appareils à régénération d’air contient toujours au moins 21 % d’oxygène. La concentration en dioxyde de carbone se situe la
plupart du temps en dessous de 0,5 %. Toutefois, en cas de contraintes corporelles importantes, elle peut brièvement atteindre 1,5 %. La température
de l’air inspiré peut atteindre jusqu’à 45 °C.
Malgré son faible poids, la durée d’utilisation se situe en règle générale nettement au-dessus de celle des appareils respiratoires à air comprimé (en
fonction de la réserve d’oxygène et de la capacité de fixation du CO2, c’est-à-dire entre 15 minutes et plusieurs heures).
Comme raccords respiratoires, on peut utiliser des masques complets et des garnitures de respiration sans valves de respiration.
3. Appareils de protection des voies respiratoires destinés au sauvetage, appareils d’évacuation
Les appareils d’évacuation permettent à leurs utilisateurs de quitter en toute sécurité les zones dont l’atmosphère est chargée d’agents nocifs. Certains
types d’appareils protègent également contre le manque d’oxygène.

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 126


336A Organisation du travail Partie 8

Comme cela est le cas pour les autres appareils respiratoires, on distingue les appareils dépendants et indépendants de l’atmosphère ambiante (appareils
filtrants, appareils à circuit ouvert, appareils à régénération d’air).

Appareil filtrant Appareil à circuit ouvert

Ces appareils sont conçus et agissent comme les appareils de protection des voies respiratoires (pour le travail et le sauvetage) décrits plus haut. Ils ne
remplissent cependant pas toujours les exigences qu’on peut poser à ce genre d’appareils.
C. Quels sont les raccords respiratoires disponibles sur le marché et comment fonctionnent-ils?
Un élément essentiel de chaque appareil de protection des voies respiratoires est constitué par le raccord respiratoire. Le raccord respiratoire empêche le
contact des organes de respiration, voire de certaines parties du corps, avec l’atmosphère ambiante nocive. Il sert par ailleurs au raccordement du filtre
et des dispositifs isolants.
On distingue les appareils suivants:

1. Masques complets
2. Demi-masques, quarts de masques
3. Demi-masques filtrants
4. Garnitures de respiration
5. Cagoules de protection des voies respiratoires
6. Casques de protection des voies respiratoires
7. Combinaisons de protection des voies respiratoires

1. Masques complets

Les masques complets couvrent le visage entier et protègent par conséquent aussi les yeux. Le joint d’étanchéité passe par le front, les joues et le bas
du menton. Les masques complets possèdent généralement un masque intérieur garantissant d’une part un espace mort réduit et empêchant d’autre
part la formation de buée sur les verres, due à la circulation de l’air.
Les masques complets sont classés en trois catégories garantissant une même protection des voies respiratoires (p. ex. la perte d’étanchéité complète
admissible) mais avec des qualités très différentes sur le plan de la rigidité mécanique (durée de vie), la résistance contre les flammes, le rayonnement
de chaleur et le comportement en cas d’inflammation lorsqu’ils sont exposés à des gaz et des vapeurs inflammables:

Classe Domaine d'application

1 Domaine d’application avec peu de contraintes

2 Domaine d’application ordinaire

3 Domaine d’application spécifique

Les masques complets d’une catégorie donnée ne peuvent être combinés qu’avec certains appareils de protection des voies respiratoires, voir tableau ci-
après:

EN 136 Masque complets


No EN Appareils de protection des voies respiratoires
catégorie
1 2 3
137 Appareils à circuit ouvert à air comprimé x

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 127


336A Organisation du travail Partie 8

138 Appareils à tube flexible à air frais x x


139 Appareils à tube flexible à air comprimé x x
141 Appareils filtrants à gaz et appareils combinés x x x
143 Appareils à filtre à particules x x x
145 Appareils de protection à oxygène x
147 Appareils filtrants à air propulsé x x x
371 Appareils filtrants (gaz AX) et appareils combinés x x x
372 Appareils filtrants (gaz SX) et appareils combinés x x x
400 Appareils d’évacuation à oxygène comprimé x x
401 Appareils d’évacuation à oxygène chimique x x
402 Appareils d’évacuation à air comprimé x x
1061 Appareils d’évacuation au chlorate de sodium x x
12083 Filtre avec tube flexible de respiration x x x
12419 Appareils à tube flexible léger x x x
Les masques complets sont prévus pour une utilisation avec les appareils filtrants et isolants. L’utilisation des masques complets est préconisée lorsqu’une
étanchéité optimale est requise dans un environnement chargé d’agents nocifs ou lors de concentrations importantes d’agents peu nocifs.
2./3. Demi-masques, quarts de masques, demi-masques filtrants

Le demi-masque couvre la bouche, le nez et le menton, le quart de masque seulement la bouche et le nez.
Le demi-masque et le quart de masque n’offrent qu’une protection appropriée contre les agents peu nocifs. Lorsqu’on manipule des matières irritant les
yeux, les masques complets offrent une meilleure protection que les demi-masques portés en combinaison avec les lunettes pleines.
Le demi-masque filtrant est un appareil de protection des voies respiratoires complet. Il consiste - intégralement ou en grande partie - en une partie
filtrante ou en un filtre solidaire du demi-masque. L’effet de protection est identique à celui des demi-masques et des quarts de masques.
4. Garnitures de respiration

Dans les garnitures de respiration, l’étanchéité de la partie buccale est assurée par les lèvres et l’étanchéité du nez au moyen d’un pince-nez.
La pénétration d’un agent nocif ne peut pas être repérée à l’aide du nez.
Le porteur d’une garniture de respiration n’est pas autorisé à parler du fait que cela entrave fortement l’effet protecteur. Les garnitures de respiration ne
sont pas prévues pour les personnes portant une prothèse dentaire complète. L’effet protecteur d’une garniture de respiration équivaut au moins à celui
des masques complets.
5./6./7. Cagoules de protection des voies respiratoires, casques de protection des voies respiratoires, combinaisons de protection des voies respiratoires

Les casques de protection des voies respiratoires entourent au moins le visage, mais la plupart du temps au moins la tête et le cou. Les combinaisons de
protection des voies respiratoires enferment le corps entier. Ils comportent soit des masques intégrés, soit une alimentation en air. Lors de l’alimentation
en air, la surpression à l’intérieur de la combinaison permet d’assurer la plus grande protection possible du corps contre les agents nocifs. La liberté de
mouvement est cependant restreinte.

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 128


336A Organisation du travail Partie 8

Sur les combinaisons de protection des voies respiratoires, ce sont surtout les gants et les bottes qui subissent une très forte sollicitation. Il faut par
conséquent autant que possible que les gants permettent de travailler en toute liberté. Quant aux bottes, elles devraient être conformes aux normes en
matière de protection des pieds (337.11).
D. Quels sont les points qu’il faut particulièrement observer lors de l’utilisation d’une protection des voies respiratoires?

Les utilisateurs d’appareils de protection des voies respiratoires doivent être au bénéfice d’une formation théorique complétée par des
exercices pratiques. Des cours de répétition périodiques sont en outre requis.
Les porteurs de barbe ou de favoris ne peuvent pas porter de masques complets ou de demi-masques ainsi que des raccords
respiratoires filtrants, étant donné que l’étanchéité de ces appareils n’est pas garantie dans ce cas. Il en va de même pour les employés
qui, en raison de la forme du crâne ou de cicatrices profondes n’arrivent pas à obtenir une étanchéité suffisante.
Il faut monter des verres de correction spéciaux pour les porteurs de verres de correction utilisant des masques complets, étant donné
que les lunettes traditionnelles compromettent l’étanchéité du masque.
Il faut toujours assurer le fonctionnement impeccable et des conditions hygiéniques parfaites par des mesures appropriées.
Avant leur emploi, tous les appareils de protection des voies respiratoires doivent être contrôlés par leur utilisateur afin de détecter les
défauts éventuels. Tout défaut sera signalé à l’employeur. Aucun appareil défectueux ne doit être utilisé.
Les appareils de protection des voies respiratoires doivent être contrôlés par des personnes responsables. Celles-ci assureront
également leur stockage approprié et leur maintenance.
Après l’emploi, les appareils de protection des voies respiratoires doivent être nettoyés soigneusement et conformément aux
instructions d’entretien de la personne qui les a mis en circulation (fabricant).
Les appareils de protection des voies respiratoires utilisés par plusieurs personnes doivent être nettoyés, désinfectés et contrôlés avant
chaque changement d’utilisateur.

Le fournisseur d’appareils de protection des voies respiratoires doit être informé de manière détaillée par l’entreprise sur les dangers spécifiques contre
lesquels ses appareils de protection des voies respiratoires doivent protéger.
Ouvrages de référence et informations complémentaires: voir 1337.9

337.10 Protection des mains, protection des bras, protection de la peau


Art. 5 et 38 OPA

A. Dans quelles conditions une protection des mains est-elle requise?


Des produits de protection pour les mains doivent être mis à disposition et utilisés lorsqu’il y a danger de blessure des mains par:

des agents mécaniques


des agents chimiques
des agents biologiques
des agents thermique
des influences électriques
des rayons

et lorsqu’il faut s’attendre à des maladies de la peau des mains.


Tableau des risques et des blessures possibles

Risque Exemple Blessures possibles

Matériaux, pièces usinées, outils acérés pointus et coupants

Coupures, piqûres, éraflures, contusions, cassures


Transports
Mécanique
Machines et équipements à entraînement mécanique

Endommagement des os et des articulations, troubles de


Vibrations
la circulation

Brûlures causées par des acides, dégraissage et autres


Chimique Manutention d’acides, de bases, de graisses, d’huiles, de décapants, de résines lésions de la peau, maladies de la peau, absorption
d’agents nocifs par la peau

Biologique Contact avec des microorganismes Infections

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336A Organisation du travail Partie 8

Matériaux chauds et froids, pièces usinées et outils (p. ex. parties d’installations
Thermique Brûlures, échaudures, engelures
non isolées)

Contact avec des parties d’installations électriques en mouvement (p. ex. outils
Electrique Brûlures, décharge électrique
électriques)

Manutention d’agents radioactifs et d’appareils à rayons X


Rayonnement En fonction de l'exposition
Exposition aux rayons laser
Voici quelques causes de maladies de la peau des mains:

contact avec des agents irritants et toxiques qui souvent augmentent la sensibilité
contact avec des microorganismes (p. ex. champignons, virus, bactéries)
usure et épuisement de la résistance de la peau par un nettoyage inapproprié, une protection inexistante ou inappropriée ou l’absence
de soins après une contrainte
ramollissement et vieillissement de la peau.

B. Quels sont les produits de protection de la peau disponibles sur le marché et comment agissent-ils?

Pour assurer la protection de la peau, on dispose de gants de protection pour chaque tâche spécifique. Outre le port de gants, il est indispensable de
prendre des mesures de précaution en fonction de l’activité afin d’assurer une protection contre les maladies de la peau.

Gants de protection:
Les gants de protection se présentent sous les formes suivantes:

moufles
gants à trois doigts
gants à cinq doigts

Ils sont disponibles avec ou sans manchettes pour la protection des avant-bras.

Les moufles sont prévues pour les travaux durs (n’exigeant pas de sensibilité particulière). Au besoin, c’est-à-dire en cas de danger, elles doivent pouvoir
s’enlever facilement. La plupart du temps, les moufles sont fabriquées en cuir épais. Elles offrent une protection idéale contre les lésions mécaniques (p.
ex. lors de travaux de transport, de soulèvement, de rangement, de réparation et lors de la manutention de pièces aux surfaces rugueuses ou
acérées).

Les gants à trois doigts sont prévus pour les travaux exigeant l’emploi de certains doigts (étau), p. ex. les travaux de soudure, de ponçage ou de
réparation.

Les gants à cinq doigts sont prévus pour les travaux exigeant l’emploi des cinq doigts et une sensibilité accrue (toucher). En raison des exigences
particulières liées à ces travaux, on ne peut utiliser que des matériaux fins pour la confection de tels gants. Les gants à cinq doigts sont difficiles à enlever
rapidement en cas de danger.
C. Mesures de protection de la peau
Font partie des mesures de protection de la peau

la protection de la peau
le nettoyage de la peau
les soins de la peau.

Des produits de soins appropriés devraient toujours être appliqués sur la peau (sans oublier les parties entre les doigts et les ongles) soigneusement
nettoyée avant la reprise du travail et après les pauses. Les crèmes de protection de la peau ne doivent être utilisées que sur une peau saine!

Après le travail, un nettoyage approprié de la peau est aussi important que les soins de la peau. Pour le nettoyage de la peau, il ne faut jamais utiliser
des nettoyants agressifs ou irritants, voire des diluants. Bien que ces derniers nettoient rapidement, ils endommagent la peau.

Les produits de soins pour la peau appliqués après le nettoyage renouvèlent la couche d’humidité et de graisse dont la peau a besoin et renforcent les
protections naturelles de l’épiderme.

Les produits de protection, de soins et de nettoyage de la peau seront choisis en fonction de l’activité spécifique.
D. Quels critères faut-il observer lors de l’utilisation d’une protection des mains et des bras?

Lors de certains travaux (p. ex. sur des pièces de machines en mouvement), l’utilisation de gants de protection peut augmenter le danger de blessure,
étant donné que les gants peuvent être happés par les pièces en mouvement et attirés en même temps que les mains vers la machine. Dans de telles
conditions, l’utilisation de gants de protection est proscrite.

Exception: lors de la manutention de mélanges de caoutchouc chaud (températures dépassant 55 °C) sur des laminoirs, on peut utiliser des gants de
protection. A cet effet, il faut choisir soit des gants très fins et serrés (comme une deuxième peau) ne pouvant pas être happés par les cylindres, soit
des moufles larges permettant de retirer rapidement la main lorsqu’il y a un risque d’être happé. Lorsqu’on doit s’attendre à une formation de boucles, il
ne faut que porter des moufles très larges.

Lorsqu’il n’y a un risque que pour les doigts, on peut utiliser des gants de protection sans doigts. Ainsi, au moins le dos et la paume seront protégés.

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 130


336A Organisation du travail Partie 8

Avant chaque utilisation, il faut contrôler si les gants de protection sont intacts (pas de fissures, trous ou éléments de fermeture défectueux).

Un test simple (souffler à l’intérieur du gant pour le gonfler) peut p. ex. révéler une fuite. Lorsque l’effet de protection est compromis ou lorsque les gants
de protection ne sont plus réparables, il faut les remplacer.

Il faut contrôler régulièrement si les gants de protection sont encore à même de remplir leur tâche en fonction des conditions d’utilisation et des conditions
d’exploitation spécifiques.

Lorsque les gants de protection ont été souillés par des matières dangereuses, il faut les nettoyer avant leur réutilisation.

Les gants de protection en matière absorbante (p. ex. textiles et cuir) ne sont pas prévus pour la manutention d’agents dangereux liquides, du fait qu’ils
peuvent absorber ces matières et par conséquent augmenter le danger de contact avec la peau et entraîner des maladies de la peau.

Les gants de protection en matières textiles ou en cuir ne sont pas prévus pour la manutention de granulés fins toxiques, étant donné que ces derniers
peuvent facilement s’accrocher à la surface des gants et qu’il est difficile de les enlever.

Les gants de protection peuvent contenir des matières allergéniques. Ce danger peut être cependant réduit par l’utilisation d’une paire de sous-gants
textiles.

Parmi les matières allergéniques connues, on peut citer le thiurame, le carbamate, le benzothiazol, la thiourée, le latex et la poudre pour gants.

L’utilisation de sous gants ou de produits de protection de la peau contentant des matières tannantes est notamment requise en cas de forte
transpiration des mains pour éviter qu’elles soient endommagées.

Les gants à usage unique sont étanches et n’altèrent pas le sens du toucher. Ils sont généralement fabriqués en polyéthylène, en polychlorure de vinyle
ou en latex. Ils ne protègent pas contre les effets de la chaleur. Leur épaisseur minimale devrait atteindre 0,2 mm. Ils devraient en outre parfaitement
épouser le poignet et être munis d’une protection des avant-bras d’une longueur d’au moins 65 mm.

Le fabricant de gants de protection est tenu de fournir toutes les informations utiles sur son produit, p. ex. des explications sur l’ensemble des
pictogrammes et des niveaux de performances. Il doit par ailleurs indiquer les substances allergéniques contenues dans son produit ainsi que les
instructions d’entretien.
Le fournisseur de produits de protection pour les mains, les bras et la peau doit être informé de manière détaillée par l’entreprise sur les dangers
spécifiques contre lesquels ses produits de protection doivent protéger.
Ouvrages de référence et informations complémentaires sur la protection de mains, des bras et de la peau: voir 1337.10

337.11 Protection des pieds


Art. 5 et 38 OPA

A. Dans quelles circonstances une protection des pieds est-elle nécessaire?

Il faut recourir à une protection des pieds lorsqu’il faut s’attendre à des lésions de ceux-ci.
Les pieds peuvent être blessés par des influences

mécaniques
thermiques
chimiques
électriques
autres dangers

Mise en danger des pieds

Type d’influence Lésions des pieds, occasionnées par

le renversement ou la chute d’objets


un coincement (lorsqu’on dépose une charge)
des objets pointus (clous, copeaux de métal)
Mécanique
un choc contre un objet ou un obstacle
un véhicule (camion, chariot élévateur, etc.), des tuyaux
le glissement (sur des granulés, de l’huile)

la chaleur de contact dans l’entreprise (sols, objets chauds)


la vapeur, des liquides chauds
Thermique
la projection d’étincelles
le froid

Chimique des matériaux dangereux divers (acides, bases, solvants)

Electrique le contact avec des équipements de travail sous tension

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 131


336A Organisation du travail Partie 8

Autres dangers glissades, chutes et faux pas, etc.

B. Quels sont les types de protection des pieds disponibles sur le marché?

Protection des pieds Classement

Chaussures de protection destinées à un usage professionnel


S
Selon EN 20345, avec embout pour contraintes particulières (essai de l’effet de protection avec 200 joules)

Chaussures de protection destinées à un usage professionnel


P
Selon EN 20346, avec embout pour contraintes particulières (essai de l’effet de protection avec 100 joules)

Chaussures professionnelles
O
Selon EN 20347, embout non nécessaire

Coupe d'une chaussure de sécurité avec les éléments de protection déderminats.

Schuhaufbau

1 Coquille métallique en différentes tailles et hauteurs 8 Languette captionnée pour le milieu du pied

Semelle en acier inoxydable résistant à la pénétration de clous pour le


2 9 Captionnage pour l'avant du pied
bâtiment et les mines

3 Semelle intérieure antitranspiration en cuir véritable 10 Feuille de doublure

4 Thermo Soft 11 Point antistatique

5 Talon à absorption d´énérgie 12 Lit plantair habillé de cuir

6 Profil d'une profondeur de 2.5 mm, 3.5 mm, 6.5 mm 13 Protection de la cheville et renfort en daim, doublure en daim

7 Coquille pour talon 14 Dessus cuir

Quels sont les matérieaux utilisés?


Matériaux Classement

Chaussures fabriquées en cuir ou en une matière différente, fabriquées selon des méthodes traditionnelles (p. ex. chaussures de
cuir) I

Chaussures entièrement formées ou vulcanisées (bottes en caoutchouc, en matériaux polymères (p. ex. PUR, pour protéger contre
l’humidité) II

Les chaussures confectionnées en caoutchouc ou en matière synthétique ont le désavantage de ne pas évacuer la chaleur et la transpiration des pieds.
Les semelles des chaussures de protection peuvent consister en des matériaux divers.

En général, les semelles en caoutchouc (Perbunan) sont destinées à un emploi universel. Caractéristiques: faible abrasion due à l’usure,
résistance, poids spécifique relativement élevé, amortissement faible.
Les semelles en matière synthétique (p. ex. polyuréthane PU) sont très flexibles. Elles possèdent de bonnes caractéristiques
d’amortissement et un poids spécifique faible. Désavantages: usure accrue, inutilisables dans les entreprises produisant des copeaux,
sensibles lorsqu’on les utilise en permanence dans un environnement humide ou mouillé.

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 132


336A Organisation du travail Partie 8

Des semelles combinant les caractéristiques positives de ces deux matériaux sont également disponibles (semelles DUO). Il existe aussi
des semelles à deux couches en PU avec des duretés différentes.

C. A quoi faut-il particulièrement faire attention avant l’achat de chaussures de protection?

Les chaussures doivent être confortables et comporter:

un rembourrage intégré au niveau des chevilles


une languette rembourrée
une protection (traitement préalable) contre les microbes.

Lorsqu’elles sont utilisées en permanence, ces chaussures peuvent favoriser la transpiration des pieds comme dans d’autres chaussures. Du fait qu’elles
sont généralement confectionnées à partir de cuirs de qualité, la transpiration est plus restreinte que dans des chaussures de qualité inférieure (p. ex.
chaussures de gymnastique). Même si l’on utilise des chaussures de qualité, il ne faut pas négliger les soins quotidiens des pieds et de changer de
chaussettes tous les jours. Il est par ailleurs judicieux d’asperger les chaussures avec une solution contre les microbes après chaque usage quotidien.

Les chaussures en cuir s’adaptent à la forme des pieds de l’utilisateur. C’est pourquoi, outre les raisons hygiéniques, il ne faut jamais les prêter ou les
passer à un autre utilisateur. Lorsqu’il s’agit de bottes en caoutchouc ou en matière synthétique, on peut, dans certains cas et après nettoyage et
désinfection, les passer à une autre personne.
Il ne faut plus porter les chaussures usées et endommagées (profil mort, embout fissuré, coutures fatiguées, etc.), étant donné que leur fonction de
protection n’est plus assurée.

La personne qui met en circulation (fabricant) des chaussures conductibles ou antistatiques doit, pour chaque paire, fournir un aide-mémoire contenant
les instructions à l’intention de l’utilisateur.
D. ESD-Schuhe, Elektrostatisch ableitet fähiges Schuhwerk
Protection contre les chocs électriques
Les chaussures électriquement isolantes utilisées avec d’autres équipements de protection individuelle électriquement isolants, tels que des gants,
préviennent le risque d’électrisation par les pieds.
Pour travaux sur installations à basse tension ne dépassant pas 1000 V, testées conformément à la norme EN 50321.

Prévention des explosions


Associées à un sol conducteur, les chaussures conductrices préviennent le risque de chargement d’une personne en électricité statique.
Elles empêchent ainsi les décharges d’étincelles susceptibles d’agir comme des sources d’ignition en présence de mélanges explosifs.
Le facteur déterminant pour la prévention des explosions est la résistance (R) des chaussures, qui doit être inférieure à 100 mégaohms (108 Ω).
Les chaussures suivantes satisfont à cette exigence:

chaussures conductrices (EN ISO 20345 C)


chaussures ESD (EN 61340-5-1)

Les chaussures antistatiques (EN ISO 20345 A) sans indications sur la résistance ne satisfont pas à cette exigence (voir graphique).

Protection des produits (ESD)


Les chaussure ESD (selon EN 61340-5-1) protègent les dispositifs électroniques contre les décharges électrostatiques.
Les chaussures ESD satisfont par conséquent aussi aux exigences relatives à la conductibilité pour la prévention des explosions.
Attenzion!

Les semelles de propreté provenant de tiers et non testées par le fabricant sont susceptibles d’affecter la résistance électrique et, par
conséquent,
de nuire à la protection des produits ou à la prévention des explosions.
Ces chaussures ne doivent pas être utilisées en cas de risque de choc électrique.
Das Verwenden von Schuheinlagen ist mit dem Hersteller abzustimmen.

E. Chaussures pour semelles orthopédiques et chaussures orthopédiques

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 133


336A Organisation du travail Partie 8

Les chaussures pour semelles amovibles sont destinées aux travailleurs qui sont obligés de porter des semelles orthopédiques mais n'ont pas encore droit
à des chaussures orthopédiques. L'épaisseur des semelles de ces chaussures est compensée par une semelle première non pré-moulée et un contrefort
relevé.

Les modifications de chaussures ou l'utilisation de semelles orthopédiques peuvent nuire à la protection recherchée et doivent toujours être convenues
avec le fabricant de chaussures. Les semelles intérieures provenant de tiers et non testées par le fabricant sont susceptibles d’affecter la résistance
électrique et, par conséquent, de nuire à la protection des produits et à la prévention des explosions.

De plus amples informations (également sur la prise en charge des coûts) sont disponibles sur www.suva.ch/epi.

Le fournisseur de chaussures de protection doit être informé de manière détaillée par l’entreprise sur les dangers spécifiques contre lesquels ses
chaussures doivent protéger.
Ouvrages de référence et informations complémentaires: voir 1337.11

337.12 Équipements de protection pour secourir et maintenir


Art. 5 et 38 OPA

A. Quand faut-il utiliser des équipements de protection individuelle et de sauvetage?

L’employeur est tenu de mettre à la disposition de ses collaborateurs des d’équipements de protection individuelle et de sauvetage. Ces
équipements doivent être impérativement utilisés lorsqu’il y a un risque de chute ou de glissement ou lorsque le sauvetage des employés
peut s’avérer nécessaire.

Le sauvetage d’un travailleur accidenté et maintenu par un système d’arrêt de chute est très délicat. Les travailleurs qui travaillent avec des
EPI contre les chutes doivent être formés en conséquence et connaître les techniques de sauvetage nécessaires à leur situation de travail (art.
5 & 8 OPA).
Un équipement de sauvetage correspondant doit être tenu à disposition avant tout travail en hauteur avec harnais.

B. Quels sont les d’équipements de protection individuelle et de sauvetage disponibles sur le marché et quel est leur rôle?

Les équipements de protection individuelle contre les chutes préviennent les risques de chute et de glissement (système de maintien au poste
de travail).

Comme les systèmes d’arrêt de chute ne sont pratiquement jamais utilisés dans les zones sans risque de chute, il n’est pas nécessaire
d’utiliser des harnais antichutes spécifiques.

Les harnais équipés d’anneaux d’arrêt offrent une protection complète de sorte qu’il est possible de les utiliser à la fois pour le maintien au
poste de travail et pour l’arrêt de chute.

Harnais antichutes avec longe intégrée

1. Anneau d’arrêt dorsal


2. Anneau d’arrêt sternal
3. Manille de suspension du point central
4. Anneaux de la ceinture de maintien

Important:
Aucun système d’arrêt de chute ne doit être raccordé à la manille de suspension du point central et aux
anneaux d’arrêt (p. ex. antichute à rappel automatique, absorbeur d’énergie). Toute chute risque
d’entraîner des lésions de l’appareil locomoteur!!

Les équipements de protection pour le sauvetage permettent, grâce à la corde de rappel, de remonter et de secourir ainsi que de faire
redescendre des travailleurs en détresse.
Equipements de protection: éléments principaux

Harnais de sauvetage
Le harnais de sauvetage se compose de plusieurs sangles réglables qui enserrent les épaules, la poitrine et les cuisses. Il permet de

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 134


336A Organisation du travail Partie 8

remonter ou de faire descendre les travailleurs en détresse à la verticale.


Boucle de secours
La boucle de secours est composée de diverses sangles et d’un anneau d’arrêt qui est fixé à la longe. Elle permet de faire remonter ou
de faire redescendre le travailleur en détresse lorsqu’elle est placée autour de ses chevilles.
Appareil de levage utilisé pour le sauvetage
L’appareil de levage permet de remonter le travailleur en détresse à partir d’un point plus bas. Il existe également des appareils
permettant de faire descendre les travailleurs.
Dispositif de rappel pour le sauvetage
Le dispositif de rappel est conçu de manière à ce que le travailleur puisse lui-même effectuer une descente en rappel. Il peut également
être actionné par une autre travailleur. Il existe également des équipements permettant de remonter les travailleurs.

Chute de hauteur d’un travailleur Appareil de levage utilisé pour le sauvetage

Appareil de levage utilisé pour le sauvetage Sangle de sauvetage intégrée aux vêtements de travail
C. Que faut-il particulièrement prendre en compte lors de l’utilisation d’équipements de protection individuelle et de sauvetage?

La durée d’utilisation est fonction des conditions d’utilisation. Il faut dans tous les cas se conformer aux instructions d’utilisation.

Même s’ils ne sont pas utilisés, les harnais et les longes en fibre synthétique subissent une certaine usure qui est due à l’intensité des rayons ultraviolets
auxquels ils sont exposés, ainsi qu’aux influences climatiques et environnementales. C’est pourquoi, il est impossible de donner des indications précises
quant à leur durée d’utilisation. Utilisées dans des conditions ordinaires, et compte tenu des expériences faites jusqu’ici, la durée d’utilisation est de six à
huit ans pour les harnais. Quant aux longes (cordes), on peut les utiliser pendant une période allant de quatre à six ans.

Harnais et longes: précautions à prendre lors de leur entreposage

En position suspendue, dans des locaux secs, pas trop chauffés


Pas de stockage à proximité d’un chauffage
Pas de contact avec des agents corrosifs (acides, bases, huiles)
Si possible, pas d’exposition directe à la lumière et aux rayons UV

Outre les recommandations ci-dessus, un spécialiste doit, en fonction des conditions d’utilisation et du domaine d’application, contrôler régulièrement
(329B.3) les EPI servant à protéger et à secourir les travailleurs en danger.

Les EPI servant à protéger et à secourir les travailleurs en danger doivent être entretenus par un spécialiste (329B.3). Le remplacement des parties
défectueuses ne doit être effectué qu’à l’aide de pièces d’origine agréées par le fabricant.
Les baudriers ne sont pas prévus pour arrêter les chutes. Il ne faut donc les utiliser que lorsque les travailleurs sont maintenus au poste de travail par des
harnais antichutes.

Les harnais antichutes ne doivent être utilisés que lorsque le travailleur à protéger ne peut pas atteindre l’arête de chute ou lorsque l’inclinaison de la
surface de travail ne dépasse pas 45° ou lorsqu’il y a un risque de glissement (p. ex. lors de travaux dans une pente ou sur un toit).

Lorsque la surface de travail comporte des obstacles, il faut utiliser des ceintures de maintien équipées de sangles dorsales. Il ne faut pas les utiliser plus
de 30 minutes lorsqu’elles sont soumises à des contraintes.
Le fournisseur d’antichutes et d’instruments de sauvetage doit être informé de manière détaillée par l’entreprise sur les conditions d’application spécifiques
de son matériel.
Ouvrages de référence et informations complémentaires: voir 1337.12

337.13 Protection contre les chutes


Art. 5 et 38 OPA

A. Quand faut-il utiliser des équipements de protection individuelle contre les chutes?

Il faut mettre à disposition et utiliser des EPI contre les chutes lorsque les travailleurs courent un risque de chute. Ces équipements servent à
assurer les travailleurs contre le risque de chute.

Priorisation des systèmes:

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 135


336A Organisation du travail Partie 8

1. Système de retenue » Empêche l’accès à l’arête de chute


2. Système de maintien au poste de travail » Empêche les chutes libres
3. Système d’arrêt de chute » Empêche l’écrasement au sol
B. Quels sont les équipements de protection individuelle contre les chutes disponibles sur le marché et quel est leur rôle?
Les EPI contre les chutes reposent sur la combinaison des différents maillons de la «chaîne d’assurage», à savoir:

1. Point d’assurage
2. Absorbeur d’énergie
3. Longes, cordes d’assurage
4. Mousqueton
5. Harnais antichutes
6. Casque avec jugulaire

Charpentier sur une ossature métallique

1. Harnais antichutes
2. Mousqueton
3. Corde
4. Système de réglage de la longueur ou
antichute à coulisseau

Monteur de lignes aériennes


Les points d’ancrage absorbent l’énergie générée par la chute.
En tant qu’élément des EPI contre les chutes, l’absorbeur d’énergie sert à réduire la force de choc qui s’applique à l’ensemble de la chaîne d’assurage à
l’arrêt de la chute. En règle générale, on utilise des absorbeurs dont les sangles ont une telle capacité de charge qu’elles peuvent amortir la chute. La
force de choc est réduite jusqu’à un niveau médicalement tolérable (env. 6 kN max.). Ainsi, la chaîne d’assurage complète, dont fait partie le corps du
travailleur assuré, est moins sollicitée.
En cas de chute, les antichutes à rappel automatique retiennent les travailleurs équipés d’un harnais antichutes. La hauteur de chute est ainsi limitée et la
force de choc réduite. Les équipements permettent au travailleur qui les porte de se déplacer librement dans le rayon autorisé par la longueur de la corde
ou de la sangle. Avantage: le travailleur assuré bénéficient d’une grande liberté de mouvement et n’a pas besoin de régler l’appareil en permanence.
Les cordes utilisées sont soit des cordes tressées en spirale, soit des cordes tressées et gainées à faible coefficient d’élongation. Ces dernières sont
composées d’une gaine de protection et d’un noyau porteur. Par rapport aux cordes tressées en spirale, elles présentent l’avantage d’être protégées
contre les influences nuisibles (encrassement, rayons UV) par une gaine.
Les antichutes mobiles (antichutes à coulisseau) permettent de maintenir les longes (cordes) tendues quelle que soit la position du travailleur assuré. Ces
tendeurs sont mobiles et font partie de la longe.
Les ceintures de maintien sont des sangles qui enserrent le corps. Lorsqu’elles sont utilisées conformément aux prescriptions, elles retiennent les
travailleurs qui tombent en distribuant la force de choc à la région sous-pelvienne du corps de sorte que le corps reste suspendu en position verticale. Une
ceinture de maintien doit être impérativement composée d’une sous-fessière et d’une ceinture de sécurité.

1. Anneau d’arrêt dorsal


2. Anneau d’arrêt sternal
3. Manille de suspension du point central
4. Anneaux de la ceinture de maintien
5. Bretelle
6. Ceinture de maintien
7. Sangle de jambe avec coque semi-rigide

Important:
Aucun système d’arrêt de chute ne doit être raccordé à la manille de suspension du point central et aux
anneaux d’arrêt (p. ex. antichute à rappel automatique, absorbeur d’énergie). Toute chute risque
d’entraîner des lésions de l’appareil locomoteur!!
Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 136
336A Organisation du travail Partie 8

Les antichutes font partie intégrante des EPI contre les chutes. Ils sont généralement montés sur des échelles ou des étriers d’accès, et ils
sont composés d’antichutes qui coulissent le long de câbles ou de rails de guidage. Ce dispositif d’arrêt de chute assure les travailleurs contre
les chutes lorsqu’il est raccordé au harnais antichutes via une corde d’assurage.

1. Corde d’assurage
2. Absorbeur d’énergie − harnais antichutes
3. Antichute à coulisseau

Echelle équipée d’un câble de guidage fixe Rail de guidage du dispositif d’arrêt de chute

C. Que faut-il particulièrement prendre en compte lors de l’utilisation d’équipements de protection individuelle contre les chutes?

Une chaîne est aussi forte que son maillon le plus faible! C’est pourquoi, il est indispensable de traiter chaque élément individuel avec la
même attention.
Les points d’ancrage doivent être à même d’absorber l’énergie générée par la chute d’un travailleur. C’est la raison pour laquelle, il est interdit
d’utiliser comme points d’assurage, les tuyaux d’installations, le mobilier, les cadres de fenêtres, les chauffages et les conduites. Règle
empirique: utiliser uniquement les points d’ancrage auxquels vous arrimeriez également votre voiture!
Il faut fixer les longes de sorte qu’elles ne puissent pas se détacher involontairement des dispositifs d’assurage. Les longes équipées d’un
absorbeur d’énergie doivent être fixées de façon à ne pas entraver le fonctionnement de l’absorbeur d’énergie.

Il faut éliminer les absorbeurs d’énergie qui ont des sangles déchirées!

Lorsque le point d’ancrage d’un antichute à rappel automatique ne se situe pas au dessus du travailleur à assurer, celui-ci doit être conçu par
le fabricant pour une utilisation horizontale!
La corde peut également entrer en contact avec l’arête d’un bâtiment. Le fabricant doit préciser que la corde peut résister à cette contrainte
(protection contre les arêtes vives).

Il est interdit d’utiliser un antichute à rappel automatique lorsqu’on travaille sur des matériaux en vrac ou des supports semblables pouvant se
dérober sous le travailleur ou l’ensevelir. Le fonctionnement de l’antichute à rappel automatique est semblable à la ceinture de sécurité dans
les voitures automobiles qui ne se bloquent qu’en cas de mouvement brusque. Lorsqu’on bouge régulièrement et lentement, les cordes
suivent le mouvement. Lorsque le matériel en vrac commence à se dérober, le mouvement n’est pas brusque. L’antichute à rappel
automatique ne peut donc pas se bloquer et le travailleur risque d’être enseveli.

La durée de vie des cordes et leur rigidité sont diminuées par les matières ou les influences ci-après:

les acides (même peu agressifs), les bases, les huiles, les solvants
les étincelles
les températures élevées (> + 60 °C)
les basses températures (< – 10 °C)
les arêtes plus ou moins vives (dans ce cas, il faut utiliser des longes avec des boucles d’ancrage appropriées.)

La durée d’utilisation de la corde dépend des conditions d’utilisation. Il faut dans tous les cas observer les recommandations du fabricant. Une corde ne
devrait pas être utilisée plus de 4 à 6 ans. Lors de contraintes importantes (altérations dues à des salissures ou des agents chimiques), il faut les
remplacer plus rapidement.
Lorsqu’on utilise des antichutes à coulisseau, on peut réduire la hauteur de chute, assurer un travailleur à un point quelconque de la longe et le suivre tout
au long de sa progression, p. ex. lors de l’ascension de poteaux ou d’échelles. Les antichutes à coulisseau sont en particulier conçus par rapport aux
diamètres des cordes. C’est pourquoi, il faut toujours vérifier qu’ils sont adaptés aux dimensions de la corde à utiliser!
Les divers éléments de la chaîne d’assurage ne doivent être raccordés qu’au moyen de mousquetons. Les nœuds ne doivent être faits que par des
spécialistes formés en conséquence. Il faut toujours assurer les mousquetons contre leur ouverture intempestive (mécanismes à ressorts, visserie ou
dispositifs de sécurité appropriés). La rigidité suffisante des mousquetons n’est assurée que lorsqu’ils sont sollicités dans le sens de la longueur et

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 137


336A Organisation du travail Partie 8

complètement fermés. Les mousquetons ayant déjà subi une force de choc élevée (hauteur de chute de 2 à 3 m), doivent être éliminés du fait du
danger de fissures microscopiques et par conséquent d’une perte de rigidité.

Comme harnais antichutes ne sont tolérés que les modèles combinant des sangles présternales et des sangles enserrant les cuisses. D’autres types de
sangles, telles que les ceintures de maintien, les sangles ventrales ou présternales, sont interdites.
Les harnais antichutes seront choisis en fonction des mensurations corporelles. Il faut notamment veiller à ce que les sangles de jambes soient bien
serrées. A cet effet, il convient de faire des essais et de les tester (suspension d’un travailleur). Lors de cet essai, il faut veiller à ce que le travailleur
concerné ne soit jamais seul afin de pouvoir l’interrompre en tout temps.
Suivant les conditions d’utilisation, la durée d’utilisation d’un harnais antichutes est d’environ 6 à 8 ans. En cas de soumission à des contraintes plus fortes,
il faut contrôler le matériel plus souvent et le remplacer le cas échéant. Facteurs nocifs: voir sous «cordes».
Lorsqu’un travailleur reste durant quelque temps suspendu à un harnais antichutes, son appareil respiratoire et ses organes internes peuvent être
endommagés. Si un travailleur blessé demeure suspendu et immobile pendant plus de vingt minutes, il faut dans tous les cas contacter le service des
opérations de sauvetage, qui doit être sensibilisé aux dangers du trauma de suspension / choc orthostatique.

Lorsqu’on utilise des antichutes, les longes entre le rail et le harnais ne doivent pas dépasser 30 cm.
Lors d’une chute (chaîne d’assurage), la distance théorique de chute est toujours plus longue. Celle-ci se compose de:

coefficient d’élongation de la corde (il peut être de 20 % dans certains cas exceptionnels)
longueur de déchirement de l’absorbeur d’énergie (jusqu’à 1,75 m)

Lors de travaux à faible hauteur, il faut impérativement observer cet allongement! Il est en outre particulièrement important de veiller à ce que le point
d’ancrage se trouve au-dessus du travailleur.
Une force de choc est générée dès une hauteur de chute inférieure à 1 m. C’est pourquoi, il faut impérativement utiliser les harnais antichutes avec un
absorbeur d’énergie à partir d’une hauteur de chute supérieure à 0,5 m! Pour les hauteurs de chute plus élevées, il faut utiliser des antichutes à rappel
automatique ou des réducteurs de corde.
Conformément aux conditions d’utilisation et d’exploitation, les EPI contre les chutes doivent faire l’objet d’un contrôle régulier ou sinon, au moins une fois
par an. Cet examen sera réalisé par un spécialiste. Les parties des EPI qui sont soumises à de fortes contraintes (p. ex. sur les chantiers) seront
contrôlées plus fréquemment.
L’utilisateur doit toujours contrôler si les EPI ne présentent pas de défauts visibles avant de les utiliser.

Les réparations sur les maillons individuels de la chaîne d’assurage ne seront effectuées que par le fabricant ou par du personnel spécialisé (329B.3).
Le fournisseur d’antichutes doit être informé de manière détaillée sur les conditions d’utilisation des équipements.
Ouvrages de référence et informations complémentaires: voir 1337.12

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 138


336A Organisation du travail Partie 8

338 Accès interdit


338.1 Notion d'«accès interdit»
338.2 Objectif de sécurité «accès interdit»
338.3 Mise en danger des personnes exécutant les travaux par l'accès de tiers
338.4 Mise en danger de tiers en cas d'accès ou d'intervention non autorisés
338.5 Mesures à prendre lorsque l'accès doit être interdit en permanence
338.6 Mesures à prendre lorsque l'accès doit être interdit temporairement
338.7 Dispositions particulières relatives à l'accès interdit

338.1 Notion d'«accès interdit»


Art. 39 OPA
Les interdictions d'accès et - d'une manière plus complète - les réglementations d'accès sont nécessaires au sens où on l'entend ici lorsque, pour des
raisons de sécurité au travail, des locaux, des zones ou des postes de travail ne doivent pas être accessibles à tout le monde. Les prescriptions ne se
limitent pas à l'accès proprement dit, mais s'entendent également à toute intervention dans les zones de danger (1338.1).

338.2 Objectif de sécurité "accès interdit"


Art. 39 OPA
L'accès de tiers ne doit pas présenter de danger pour les personnes au travail.
L'accès aux zones constituant un danger pour les personnes non autorisées doit être interdit ou réglementé.

338.3 Mise en danger des personnes exécutant les travaux par l'accès de tiers
Art. 39 OPA
Une telle mise en danger peut exister lorsque des travaux doivent être exécutés dans des circonstances particulières. C'est le cas, par exemple,

lorsque des travaux d'entretien doivent être exécutés à des bâtiments et autres constructions existants ainsi qu'à des équipement de
travail depuis les voies de circulation,
lorsque l'on doit exécuter des travaux requérant une attention toute particulière.

338.4 Mise en danger de tiers en cas d'accès ou d'intervention non autorisés


Art. 39 OPA
Une telle mise en danger peut exister

là où des précautions et des mesures de sécurité particulières sont nécessaires (par exemple dans les laboratoires et les locaux où des
essais sont faits; dans les locaux ou les zones où règne un climat nuisible à la santé; dans les locaux ou les zones dans lesquels on
travaille des substances nocives; dans les locaux ou les zones où se dégagent des poussières, des vapeurs ou des microorganismes
nocifs; dans la zone d'installations automatiques).

là où des travaux d'entretien sont exécutés (par exemple lorsque des couvercles d'ouvertures pratiquées dans le sol sont enlevés;
lorsque ces travaux doivent être exécutés au-dessus de voies de circulation; lorsque les tests d'équipements de travail ne peuvent être
effectués avec les dispositifs de protection nécessaires lors de la fonction en condition de service normale).

là où l'accès ou l'intervention ne sont autorisés que pour les personnes familiarisées avec les dangers en question (par exemple dans les
locaux où se trouvent les installations électriques, dans les armoires de distribution électriques, le local des machines de l'ascenseur, les
champs d'essai électriques).

là où l'on exécute des travaux de construction (par exemple sur les chantiers du bâtiment et du génie civil).

338.5 Mesures à prendre lorsque l'accès doit être interdit en permanence


Art. 39 OPA
Les locaux, les zones et les emplacements de travail dont l'accès doit être interdit en permanence feront l'objet d'une signalisation claire.
Les zones et les emplacements de travail situés dans des domaines qui ne sont soumis à aucune limitation d'accès doivent être clairement délimités.
Dans la plupart des cas, il faut non seulement clairement marquer ces zones et ces postes de travail, mais aussi les délimiter par une barrière.
Des signaux de sécurité adéquats seront apposés, bien en évidence, à toutes les entrées des zones dont l'accès est interdit.
Là où les conditions d'accès sont réglementées, ces dernières doivent être affichées et complétées, en règle générale par un signal auxiliaire apposé sous
le signal d'interdiction. Un signal d'avertissement peut éventuellement indiquer la nature du danger (1338.5).

338.6 Mesures à prendre lorsque l'accès doit être interdit temporairement


Art. 39 OPA
Là où des travailleurs sont mis en danger par l'accès de tiers (338.3), des mesures de sécurité doivent être prises afin d'exclure l'accès involontaire à
cette zone. Des signaux de sécurité adéquats et, le cas échéant, les signaux auxiliaires nécessaires seront apposés de manière bien visible à toutes les

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 139


336A Organisation du travail Partie 8

entrées de telles zones (1338.5).


Là où des tiers sont mis en danger par l'accès ou l'intervention non autorisés (338.4) , la zone de danger doit être annoncée par un signal d'accès interdit
et, au besoin, être entourée de barrières. On apposera en pareil cas les signaux de sécurité et signaux auxiliaires nécessaires (1338.5).

338.7 Dispositions particulières relatives à l'accès interdit


Art. 39 OPA
Des disposition particulières sont contenues dans diverses prescriptions et règles (1338.7).

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 140


336A Organisation du travail Partie 8

339 Lutte contre le feu


339.1 Notion de "lutte contre le feu"
339.2 Objectifs de sécurité fondamentaux "lutte contre le feu"
339.3 Installations d'alarme et de dispositifs extincteurs
339.4 Instruction des travailleurs sur la conduite à observer en cas d'incendie

339.1 Notion de "lutte contre le feu"


Art. 40 OPA

La tâche primaire consiste à éviter que des incendies ne se déclarent. Des considérations portant sur ce sujet sont exposées (326), Danger
d'explosion ou d'incendie dans le milieu de travail (334), Liquides inflammables (346) (1339.1). Si, malgré toutes les précautions qui ont été
prises, des incendies se sont déclarés, ils doivent immédiatement être signalés et pouvoir être combattus avec efficacité.

339.2 Objectifs de sécurité fondamentaux "lutte contre le feu"


Art. 40 OPA
Les dispositifs d’alarme et le matériel de lutte contre le feu doivent être facilement accessibles, signalés de manière bien visible et prêts à fonctionner.
Les travailleurs doivent être régulièrement instruits sur la conduite à observer en cas d’incendie.

339.3 Installations d'alarme et de dispositifs extincteurs


Art. 40 OPA
Il doit y avoir des installations d'alarme et des dispositifs extincteurs là où des personnes - ou des biens réels - sont particulièrement menacés par le feu.
La nature et l'importance de ces installations sont fonction du danger potentiel d'incendie qui règne dans un bâtiment, un cloisonnement pare-feu ou un
local. L'appréciation du danger potentiel d'incendie est de ressort de la police du feu (1153). Celle-ci dispose en outre de la norme de protection contre le
feu et des directives de protection contre le feu de l'"Association des établissements cantonaux d'assurance contre l'incendie", AEAI. (L'AEAI élabore, en
collaboration avec les cantons, des prescriptions uniformes en matière de protection contre les incendies sur le plan suisse. Ces prescriptions de
composent de la norme de protection contre le feu, des directives de protection contre le feu et des dispositions en matière de contrôle. Celles-ci sont
adaptées par l'AEAI en fonction des besoins en matière de sécurité, au développement technique et aux normes européennes) (1339.3a). Les
dispositions légales cantonales sont déterminantes.
Les installations d'alarme devant être déclenchées à la main et les dispositifs extincteurs à actionner à la man doivent être accessibles en tout temps et
d'un emploi simple. Pour la signalisation des installations d'alarme et des dispositifs extincteurs, on utilisera des couleurs et des signaux de sécurité
(1339.3b) ainsi que les panneaux de signalisation.
L'employeur doit contrôler périodiquement les installations d'alarme et les dispositifs extincteurs conformément aux instructions du fabricant et de la police
du feu. Ces contrôles seront notés sur l'appareil ou dans un journal de contrôle (1339.3b).
Les organes d'exécution doivent intervenir lorsque les installations d'alarme et les dispositifs extincteurs ne sont pas facilement accessibles, lorsqu'ils ne
sont pas signalés de manière bien visible ou lorsqu'ils ne sont pas entretenus.
Les organes d'exécution doivent en outre intervenir lorsque des bâtiments, des cloisonnements pare-feu ou des locaux dans
lesquels le danger d'incendie est particulièrement grand ou dans lesquels la fumée, les flammes nues et l'éclairage non protégé sont interdits, ne sont pas
signalés en conséquence. On utilisera généralement pour la signalisation les couleurs et les signaux de sécurité normalisés; les exceptions ne sont admise
qu'avec l'autorisation de l'autorité compétente. En cas de doute quant au degré de danger d'incendie, on fera appel à la police du feu (1153) en vue de
son appréciation.

339.4 Instruction des travailleurs sur la conduite à observer en cas d'incendie


Art. 40 al. 2 OPA
L'employeur doit instruire les travailleurs à intervalles convenables sur la conduite à observer, notamment
- sur l'obligation de signaler un incendie lors de sa découverte,
- sur l'évacuation des personnes en danger,
- sur les mesures de sauvetage et d'extinction.
Les mesures organisationnelles nécessaires doivent être assurées en collaboration avec l'organe compétent de la police du feu (1153) sur la base des
directives pour les prescriptions sur la police du feu de l'"Association des établissements cantonaux d'assurance contre l'incendie", AEAI (1339.3a).
L'employeurs doit informer les travailleurs à intervalles convenables des précautions à prendre. Les directives pour les prescriptions sur la police du feu de
l'"Association des établissements cantonaux d'assurance contre l'incendie", AEAI (1339.3a) sont déterminantes en la matière.
En règle générale, l'instruction et l'information des travailleurs auront lieu pendant les heures de travail. Elles peuvent avoir lieu en dehors des heures de
travail normales lorsque des conditions d'exploitations particulières l'exigent.
Les organes d'exécution doivent intervenir lorsque les mesures organisationnelles nécessaires ne sont pas assurées, lorsque les travailleurs ne sont pas
instruits ni informés ou lorsque les précautions ne sont pas prises. Cette intervention comprend également, d'une part, le contrôle des voies d'évacuation
et, d'autre part, celui des voies d'accès pour les opérations de sauvetage et d'extinction.

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 141


336A Organisation du travail Partie 8

340 Transport de marchandises


340.1 Notion de «transport»
340.2 Objectif de sécurité «transport»
340.3 Préparation de la marchandise à transporter
340.4 (Kapitel in 340.5 integriert)
340.5 Manutention de charges
340.6 Transport à l’aide d’équipements de travail
340.7 Instruction et formation sur le transport de marchandises
340.8 Dispositions spéciales concernant le transport

340.1 Notion de "transport"


Art. 41 OPA
On entend par transport tout déplacement de marchandises, de matériaux et d'énergies entre deux endroits.

340.2 Objectif de sécurité «Transport»


Art. 41 OPA
Empêcher que des personnes ne puissent être blessées par le renversement, la chute ou le glissement de marchandises transportées ou entreposées.
Empêcher que des personnes ne puissent être victimes d'une lésion corporelle due à la manipulation de charges lourdes.

340.3 Préparation de la marchandise à transporter


Art. 41 OPA
Parmi les travaux de préparation requis pour tous les types de marchandises, il faut notamment tenir compte des points ci-après:

signaliser les matières dangereuses au moyen de mesures de protection appropriées,


déterminer les points d’amarrage et les signaliser de manière bien visible,
indiquer le poids,
repérer la position décalée du centre de gravité avec un marquage claire; les charges ayant un centre de gravité instable (p. ex. liquides)
doivent être repérées de façon particulière,
déterminer les équipements de travail servant au transport (les transports à bras doivent être limités à un minimum) (340.5),
instruire et informer les personnes participant au transport, transport à bras compris (340.5),
n’utiliser que des accessoires fiables pour le transport (340.6),
utiliser les engins de manutention conformément aux prescriptions,
placer les matériaux en vrac dans des récipients appropriés.

Dispositions particulières pour le transport de matières liquides:

mettre en place une protection antiballottement,


mettre en place un dispositif antifuite.

Dispositions particulières pour le transport de matières gazeuses:

indiquer la pression,
mettre en place un dispositif antifuite.

Dispositions particulières pour le transport de récipients (tonneaux, palettes de levage, BIG-BAG):

Les récipients doivent toujours pouvoir être levés, empilés et transportés sans danger. A cet effet, il faut prévoir des dispositifs et des
poignées de levage ou des possibilités d’accrochage ou de levage.

340.4 Chapitre supprimé


integré dans le chapitre 340.5

340.5 Manutention de charges (soulever et porter)


Art. 6, 41 OPA
Art. 25 OLT 3

Principe
C’est le principe de précaution maximale qui s’applique en matière de manutention de charges. C’est pourquoi, il faut limiter au minimum le
transport à bras. Les charges doivent être préparées en prenant des mesures organisationnelles adéquates et, si possible, transportées avec
des moyens auxiliaires. L’utilisation d’équipements de travail à moteur (chariots élévateurs, grues, ascenseurs, etc.) doit être préférée à
l’utilisation d’équipements de travail actionnés manuellement (diables, transpalettes, chariots à plateforme élévatrice, etc.). Les aides au
transport, telles que les sangles de transport, les poignées de transport, les structures dorsales, etc., ne doivent être utilisées qu’en dernier
ressort.

Règles fondamentales: Portez futé!

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 142


336A Organisation du travail Partie 8

Les charges doivent être préparées en prenant des mesures organisationnelles adéquates et, si possible, transportées avec des moyens auxiliaires:

Concevoir des processus de transport corrects:


Pour les transports à bras réguliers, les différentes phases du processus doivent être analysées et les mesures nécessaires prises.
Pour les transports à bras occasionnels, un bref contrôle (préparation du transport – exécution du transport – fin du transport)
doit toujours être effectué.
Limiter le poids de la charge:
Déterminer le poids maximal.
Répartir si possible la charge.
Porter la charge à deux.
Voies de transport:
Laisser les voies de transport libres (absence de risques de trébuchement et de glissement ainsi que d’obstacles).
Eclairage optimal.
Ne choisir aucun raccourci, éviter les escaliers.
Personnel:
Faire appel aux personnes idoines (corpulence, qualification).
Impliquer les collaborateurs lors de l’analyse des processus de travail et de la planification des mesures.
Former le personnel en conséquence.
Imposer une posture correcte au quotidien, même en cas de travail urgent.
Planifier des pauses et un roulement des tâches.
Les moyens auxiliaires mis à disposition doivent être utilisés.
Equipement de protection individuelle (EPI):
En cas de risques de blessures aux mains et aux pieds, il faut porter des gants et des chaussures de sécurité.

Poids acceptable de charges:


Le poids de la charge n’est qu’un des facteurs d’influence qui détermine la contrainte physique imposée par le processus de transport.
Des informations ultérieurs se trouvent sous: https://www.suva.ch/fr-ch/prevention/themes-specialises/contraintes-physiques.

Les valeurs limites pour le poids acceptable de charges est de 25 kg pour les hommes et de 15 kg pour les femmes selon la liste de contrôle "Valeurs
limites d’exposition aux postes de travail", chapitre 4 (1340.5, Référence 1903.f). Ces valeurs s’appliquent également pour les poids de charges à tirer ou
à pousser (les efforts de traction et de poussée peuvent être mesurés de manière approximative avec une balance à ressort.).
En cas de manutention régulière, il faut effectuer une détermination des dangers si les charges dépassent 12 kg pour les hommes et 7 kg pour les
femmes.
Méthodes de détermination des dangers
Une première évaluation des dangers représentés par une situation peut être faite à l’aide de la liste de contrôle 67199.f: «Alléger la charge» (1340.5,
67199.f).
Appropriés pour l'évaluation approfondie sont les aides d’évaluation suivants:

Evaluation des contraintes corporelles : Levage et transport (1340.5, 88190.f)


Evaluation des contraintes corporelles Action de pousser et tirer des moyens auxiliaires de transport (1340.5, 88293.f)

340.6 Transport à l'aide d'équipements de travail


Art. 41 OPA
Conditions requises pour assurer le transport de marchandises en toute sécurité (1340.6a):

Planifier et préparer le transport, notamment les opérations de chargement et de déchargement.


Utiliser les équipements de travail et les accessoires conformément aux prescriptions (notice d’instructions).
Il faut par exemple respecter la capacité de charge admissible lors de l’utilisation d’europalettes. L’europalette est conçue pour
l’entreposage sur un rayonnage ou le transport sur la fourche d’un chariot de manutention selon les charges suivantes:
o 1000 kg (charge nominale) lorsque la charge est répartie au choix sur la surface de la palette.
o 1500 kg lorsque la charge est répartie uniformément sur la surface de la palette.
o 2000 kg lorsque la charge repose, sous une forme compacte, sur toute la surface de la palette de façon régulière.
Observer la nature des voies de circulation (pente/déclivité max. de 10 %, inclinaison max. de 5 % pour les véhicules actionnés
manuellement, capacité de charge, irrégularités du sol) et leur influence sur le poids de charge admissible.
Déterminer les dangers (relatifs aux personnes, aux choses, à l’environnement, etc.) en fonction des mouvements de la marchandise à
transporter, de l’équipement de travail.

Conditions supplémentaires pour assurer le transport de marchandises en toute sécurité à l’aide d’équipements de travail à moteur

Chariots de manutention mobiles, véhicules routiers, voies ferrées internes à l’entreprise, machines de chantier, etc. (1340.6c).
Grues stationnaires, engins de levage, ascenseurs, téléphériques et funiculaires, plateformes élévatrices, installations de manutention
continue, etc. (1340.6c).
Charger et arrimer de façon que la marchandise ne puisse représenter un danger en se renversant, en tombant ou en glissant.
L’installation de transport doit être sécurisée par des protections ou par l’utilisation d’élingues et d’accessoires de levage.
Il faut éviter de perdre les marchandises en vrac durant le transport (p. ex. filets, bâches).
Pour les véhicules routiers et ferroviaires, il faut toujours respecter les prescriptions de chargement spécifiques (1340.6c).
Les utilisateurs doivent connaître les conditions d’exploitation de l’entreprise ainsi que les dangers y afférents (340.7).

Conditions supplémentaires pour le transport sûr de marchandises à l’aide d’engins de manutention (diables, transpalettes, chariots à plateforme
élévatrice, etc.) (1340.6b):

Les poignées doivent être disposées de façon à ne pas blesser ou à pouvoir être aisément atteignables (normalement entre 75 -
110 cm).

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 143


336A Organisation du travail Partie 8

340.7 Instruction et formation sur le transport de marchandises


Art. 6, 8 et 41 OPA
Afin que le transport de marchandises soit assuré en toute sécurité par les travailleurs, ceux-ci doivent être informés des risques inhérents à cette activité
et instruits des mesures à prendre pour les prévenir. La connaissance des règles de sécurité en vigueur, des prescriptions de circulation et de la
signalisation est donc déterminante. En outre, ils doivent être en mesure d’apprécier et d’exécuter correctement les mouvements requis à cet effet. Si
une activité de transport présente des dangers particuliers, une formation doit être dispensée en conséquence. Les paragraphes ci-dessous listent les
principales formations correspondantes.

Pour le transport de marchandises par route, avec des véhicules de la catégorie C ou de la sous-catégorie C1, ce sont les dispositions de
l’ordonnance réglant l’admission des conducteurs au transport de personnes et de marchandises par route (Ordonnance réglant
l’admission des chauffeurs, OACP) qui s’appliquent. Les travailleurs qui exercent cette activité doivent, en plus du permis de
conduire, être titulaires d’un certificat de capacité pour le transport de marchandises. Les chauffeurs doivent ensuite suivre une
formation de 5 jours dans les 5 ans qui suivent l’obtention du certificat afin d’en prolonger la validité (1340.7b).
Le transport de marchandises dangereuses par route est régi par les dispositions de l’ordonnance relative au transport des marchandises
dangereuses par route (SDR). Pour exercer cette activité, il faut avoir suivi une formation de base SDR/ADR. Les connaissances acquises
doivent être rafraîchies au plus tard dans les cinq ans dans le cadre d’un cours de répétition (1340.8).
Seuls les caristes diplômés et suffisamment formés sont autorisés à conduire des chariots élévateurs. Le niveau de cette formation est
défini dans la directive de l’Association suisse de logistique ASL.
Formation de cariste reconnue à l’échelon national. Formation dispensée par une école reconnue par la Suva.
Formation de cariste reconnue dans l’entreprise. Formation de cariste dispensée par un cariste de l’entreprise ayant reçu une
formation d’instructeur.
Remarque: les caristes ne sont habilités à conduire que les chariots élévateurs pour lesquels ils ont un certificat de formation.
Le suivi d’une instruction est nécessaire pour utiliser des chariots de manutention ne présentant pas de dangers particuliers (p.
ex. chariots électriques à timon). L’instruction doit être dispensée sur la base des données techniques et de la notice d’instructions
du fabricant. Elle doit en outre être complétée par des consignes de sécurité (équipement de protection individuelle,
zones dangereuses, règles de circulation dans l’entreprise, etc.). Elle comprend une partie théorique et une partie pratique
(1340.7b). Elle doit être consignée par écrit.
Les conducteurs de camions-grue (cat. A) et de grues à tour pivotante (cat. B) doivent suivre une formation de base et être titulaires
d’un permis de grutier valide dans la catégorie correspondante. La délivrance de ce permis est encadré par l’ordonnance sur les
conditions de sécurité régissant l’utilisation des grues (Ordonnance sur les grues) (1340.7c). Font partie de la catégorie A les camions-
grue, tels que les grues mobiles, les grues sur chenilles, les grues sur remorque, les élévateurs télescopiques, les grues sur rails équipés
d’un treuil et les grues de chargement des camions dont le moment de charge dépasse 400 000 Nm ou dont la longueur de flèche est
supérieure à 22 m. Font partie de la catégorie B les grues à tour pivotante, telles que les grues à tour fixe, les grues à base tournante et
les grues à volée variable.
Les utilisateurs de grues n’entrant pas dans ces deux catégories et conduisant d’autres grues industrielles, telles que les grues à
portique, les ponts roulants, les grues à flèche, les grues sur rails non équipés de treuils et les grues de chargement des camions dont
le moment de charge est de 400 000 Nm au plus et dont la longueur de la flèche est inférieure ou égale à 22 m, doivent recevoir une
formation de base. La formation est composée d’une partie théorique et d’une partie pratique. En général, la formation peut être
assurée en interne par une personne disposant des connaissances spécialisées nécessaires (1340.7a).
La conduite de machines de chantier est soumise au suivi d’une formation. Le cours de conducteur de machines de chantier
(selon l’ordonnance d’examen pour machinistes de la Société Suisse des Entrepreneurs SSE) est obligatoire dans les cantons VS, VD, GE
et NE. Dans les autres cantons, elle est seulement recommandée (1340.6c).

Les travailleurs doivent être également formés à l’arrimage ou à l’élingage de charges (détermination du poids de la charge, réglage correct du limiteur de
charge, utilisation d’accessoires de levage et de signalisation appropriés et en parfait état de fonctionnement, 1340.7a), aux techniques de travail
(manutention de charges lourdes et peu maniables, 1340.5) et aux transport et entreposage de marchandises et pièces en vrac (choix du lieu de
stockage, propriétés du sol, hauteur d’empilage, voies de circulation, 1340.8).
Une attention particulière doit être également portée aux opérations de manœuvre. Les travailleurs doivent être instruits de l’accostage sûr aux rampes
de chargement, aux rampes ajustables et aux niches de chargement, de l’attelage et du dételage corrects des véhicules ainsi que de la sécurisation des
véhicules et des remorques contre le roulement. Dans les entreprises, il faut veiller à ce que les véhicules n’empruntent que les voies de circulation qui
leur sont exclusivement destinées conformément aux règles de circulation de l’entreprise.

340.8 Dispositions spéciales concernant le transport


Art. 41 OPA
Des dispositions spéciales figurent dans diverses prescriptions et règles (1340.8).
Lors du transport de marchandises dangereuses, on observera les prescriptions et les règles y afférentes:

Manipulation des substances nocives (344)


Protection contre les radiations nocives (345)
Liquides inflammables (346)

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 144


336A Organisation du travail Partie 8

341 Entreposage
341.1 Notion d'«entreposage»
341.2 Objectif de sécurité fondamental
341.3 Entreposage de colis et de marchandises en vrac
341.4 Silos et réservoirs
341.5 Installations pour magasins et appareils pour la desserte de magasins
341.6 Entreposage de substances nocives, inflammables et explosibles

341.1 Notion d' «entreposage»


Art. 41 OPA
L'entreposage au sens où on l'entend ici est le dépôt de marchandises de tout genre en vue de leur transport ultérieur ou de leur utilisation dans un
processus de production.

341.2 Objectif de sécurité fondamental


Art. 41 OPA
Les marchandises stockées ne doivent constituer aucun danger et leur mise en entrepôt ainsi que leur transfert doivent pouvoir s'effectuer sans danger.

341.3 Entreposage de colis et de marchandises en vrac


Art. 41 OPA
La charge admissible des planchers, des étagères, etc. ne doit pas être dépassée (309.5).

Les voies de circulation ne doivent jamais être utilisées comme surfaces de stockage. Il faut signaler les surfaces de stockage de façon claire et
permanente au sol.

Outre les dispositions fondamentales (1341.3a), des dispositions particulières (1341.3b) relatives à l'entreposage des marchandises figurent dans diverses
prescriptions et règles.

341.4 Silos et réservoirs


Art. 41 OPA
Les silos et les réservoirs sont des récipients ouverts ou fermés destinés à l'entreposage de produits en vrac, de liquides ou de gaz (1341.4a).
Pour les dispositifs de fermeture, les dispositifs de sécurité et les mesures de sécurité à prendre lors du remplissage, de la vidange et de l'entretien, les
considérations exposées au chapitre "Réservoirs et conduites (328) sont applicables par analogie.
Des problèmes particuliers peuvent se présenter lors de l'entreposage de produits en vrac. On veillera par une construction adéquate et à l'aide de
moyens auxiliaires complémentaires, à ce que la matière puisse s'écouler librement, afin d'éviter qu des personnes ne soient obligées de pénétrer dans
les silos et les réservoirs pour la vidange. Lorsqu'il est indispensable d'y pénétrer, on prendra, suivant le danger, les mesures de sécurité qui s'imposent
(échelles fixes intégrées, utilisation de treuils, pose d'obturateurs pour le remplissage et la vidange ou de dispositifs empêchant le remplissage et la
vidange lorsque des personnes se trouvent à l'intérieur). Suivant le degré de danger, les réservoirs et silos seront ventilés artificiellement et les travailleurs
qui y pénètrent équipés de masques respiratoires. On veillera à ce que la sécurité des travailleurs qui pénètrent dans les silos et réservoirs soit assurée au
moyen de dispositifs de sécurité et de sauvetage ou que les travailleurs y soient introduits par des dispositifs spécialement conçus pour pénétrer dans les
silos et réservoirs et qu'ils soient surveillés par une autre personne (1341.4b).
Lorsque les silos et réservoirs contiennent des substances nocives, inflammables, explosives ou qui ont d'autres effets nuisibles (tels que la corrosion), ils
doivent, compte tenu de la nature et de la quantité des substances en question, être implantés sur le terrain de l'entreprise à une distance suffisante des
postes de travail, des bâtiments d'exploitation et des alentours pour garantir la protection des travailleurs et des alentours contre le gaz, les vapeurs, les
poussières, les matières qui s'échappent, les incendies et les explosions. Pour parer au débordement de liquides et de substances gazeuses, il y a lieu de
prévoir: des indicateurs de niveau appropriés assurant l'interruption automatique de l'opération de remplissage, des canalisations de retour, des bassins de
rétention destinés à retenir les liquides qui s'écoulent, des soupapes de sûreté ou des plaques de rupture en cas de surpression.
Lorsque les silos ou les réservoirs sont conçus comme des vases clos contenant des gaz comprimés, liquéfiés ou dissous sous pression, les prescriptions
concernant ce genre de récipients sont en outre applicables (1341.4c).

341.5 Installations pour magasins et appareils pour la desserte de magasins


Art. 41 OPA
Ils servent principalement au magasinage et au transbordement de colis sur un espace restreint, avec la possibilité d'y accéder rapidement. L'exécution
de telles installations conformément aux prescriptions de sécurité est définie dans diverses dispositions (1341.5).
Les installations complexes requièrent l'appréciation des spécialistes de la sécurité au travail (p. ex. ingénieurs de la sécurité).

341.6 Entreposage de substances nocives, inflammables et explosibles


Art. 36 , 44 , 45 , 46 OPA
Des dispositions spéciales concernant ces substances sont contenues dans diverses prescriptions et règles (334 , 344 , 345 , 346).

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 145


336A Organisation du travail Partie 8

342 Transport de personnes


342.1 Notion de "transport de personnes"
342.2 Objectif de sécurité fondamental lors du transport de personnes
342.3 Equipements de travail destinés au transport de marchandises et qu'il est interdit d'utiliser pour le transport de personnes

342.1 Notion de "transport de personnes"


Art. 42 OPA
Le transport de personnes au sens où on l'entend ici est tout déplacement (horizontal, vertical) de personnes à l'aide d'équipements de travail (321.1).

342.2 Objectif de sécurité fondamental lors du transport de personnes


Art. 42 OPA
Empêcher que des personnes puissent basculer, tomber dans le vide, glisser ou être coincées lors du transport.

342.3 Equipements de travail destinés au transport de marchandises et qu'il est interdit d'utiliser pour le transport de
personnes
Art. 42 OPA
Les instructions (321.4) accompagnant l'équipement de travail doivent mentionner pour quelle utilisation celui-ci est prévu et s'il peut être utilisé pour le
transport de personnes (équipements de travail utilisés conformément à leur destination (329A.3).
Si les instructions accompagnant l'équipement de travail ne l'autorisent pas expressément, le transport de personnes est interdit.
Font partie des équipements de travail adaptés au levage de personnes p. ex. les plates-formes élévatrices de travail ainsi que les plates-formes de
travail ou les échafaudages roulants utilisés pour effectuer des travaux temporaires en hauteur. S'il n'est pas possible d'utiliser ces équipements de travail,
la Suva peut octroyer au cas par cas, et en dérogation à l'interdiction, une autorisation de déroger aux prescriptions selon l'art. 69 OPA (394). Exemples
de transports de personnes nécessitant une autorisation de déroger: chariot élévateur avec nacelle de travail, grue avec nacelle de travail.
Informations additionelles:

Equipements de travail - Utilisation avec tout le soin requis (321.5)


Equipements de travail - Utilisation d'équipements de travail (321.6)
Equipements de travail - Equipements de travail construits par l'utilisateur (321.7)
Equipements de travail - Equipements de travail (utilisés pour la première fois avant le 31.12.1996) (321.11)
Equipements de travail - Utilisation d'équipements de travail ayant subi d'importantes modifications (329A.7)

Informations complémentaires concernant le transport de personnes (1342.3)

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 146


336A Organisation du travail Partie 8

343 Travaux sur les équipements de travail


343.1 Notion de "travaux" effectués sur des équipements de travail

343.2 Objectif de sécurité fondamental

343.3 Travaux régulièrement effectués dans les conditions de service particulières

343.4 Travaux de maintenance

343.1 Notion de "travaux" effectués sur des équipements de travail


Art. 43 OPA
Les "travaux" effectués sur les équipements de travail au sens où on l'entend ici sont les travaux effectués dans les conditions de service particulières.

343.2 Objectif de sécurité fondamental


Art. 43 OPA
Les travaux dans les conditions de service particulières doivent pourvoir s'effectuer sans danger (1343.2).

343.3 Travaux régulièrement effectués dans les conditions de service particulières


Art. 43 OPA
Lorsque des travaux sont exécutés dans des conditions de service particulières, il faut prendre les mesures organisationnelles prévues par le constructeur
de l'installation.

Pour les travaux dans des conditions de service particulières, ne pouvant être exécutés que lorsque l'installation est arrêtée, il faut mettre le dispositif de
déclenchement de sécurité sur "Arrêt" et la protéger contre la mise en marche intempestive. Les sources d'énergie pouvant entraîner un danger sont
ainsi désactivées.
Il est interdit de court-circuiter la surveillance des installations de protection existantes pour pouvoir ainsi effectuer des travaux dans des conditions de
service particulières.

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 147


336A Organisation du travail Partie 8

344 Substances nocives


344.1 Notion de "substances nocives"
344.2 Objectif de sécurité "substances nocives"

344.3 Remplacement des substances nocives


344.4 Mesures de protection à prendre lors de l'emploi de substances nocives
344.5 Moyens individuels de protection lors de l'emploi de substances nocives
344.6 Substances nocives produites au cours du processus de travail
344.7 Entreposage des substances nocives
344.8 Hygiène personnelle lors de l'emploi de substances nocives
344.9 Mesures à prendre pour éviter le contact de substances nocives avec des produits de consommation
344.10 Dispositions spéciales concernant l'emploi de substances nocives

344.1 Notion de "substances nocives"


Art. 44 OPA
Sont nocifs au sens où on l'entend ici les agents chimiques et physiques dont on sait par expérience qu'ils peuvent causer des atteintes à la santé au
poste de travail (403.1).

344.2 Objectif de sécurité substances nocives


Art. 44 OPA
Les substances nocives ne doivent causer d'atteintes à la santé ni lors de la production, ni lors de la transformation, de l'utilisation, de la conservation, de
la manipulation ou de l'entreposage. Elles ne doivent pas non plus entrer en contact au poste de travail avec des aliments, des boissons, des tabacs et
d'autres produits analogues (1344.2).

344.3 Remplacement des substances nocives


Art. 44 OPA
En principe, les substances nocives doivent être remplacées au poste de travail par des substances inoffensives ou, au minimum, par des substances
moins nocives. Ce principe s'applique avec une rigueur encore renforcée aux substances dont on sait, par expérience, qu'elles sont cancérigènes. Le
remplacement de substances nocives est impératif lorsque les investissements économiques et techniques qu'il nécessite se situent dans des limites
acceptables (cf. dispositions du DFI en matière de mesures techniques en vue de la prévention des maladies professionnelles engendrées par des agents
chimiques (1344.3)).

344.4 Mesures de protection à prendre lors de l'emploi de substances nocives


Art. 44 OPA
Lorsque les substances nocives ne peuvent être remplacées - ou qu'elles ne peuvent pas encore l'être au moment précis -, il convient de prendre, pour
protéger les travailleurs, toutes les mesures dont l' expérience a démontré la nécessité et que l'état de la technique permet d'appliquer. Ces mesures de
protection collective doivent être fixées et exécutées de façon que, dans le cas concret, les valeurs VME (1344.4) correspondantes ne soient pas
atteintes.
On compte parmi les mesures de protection collective appropriées lors de la production, de la transformation, de la conservation, de l'utilisation et de
l'entreposage de substances nocives, par exemple:

Utilisation de systèmes fermés.


La mise en place d'installations d'aspiration et de ventilation adaptées aux postes de travail.
L'application, au niveau de la construction et de la mise en œuvre de procédés techniques, de solutions répondant au degré de danger
(postes de travail, appareils, récipients, systèmes de surveillance garantissant la sécurité).

(Cf. dispositions du DFI en matière de mesures techniques en vue de la prévention des maladies profressionnelles engendrées par des agents chimiques
(1344.3)).

344.5 Moyens individuels de protection lors de l'emploi de substances nocives


Art. 44 OPA
Les mesures techniques offrent dans la plupart des cas - mais pas toujours - aux travailleurs une protection suffisante contre les effets des substances
nocives. Dans les cas de risque élevé pour la santé, il convient, en plus des mesures des protection collective, de se servir d'équipements individuels de
protection (EPI) (337) tels que vêtements de protection spéciaux, masques respiratoires, lunettes de protection. La protection individuelle ne fait
cependant jamais qu'accompagner la protection collective et ne saurait en aucun cas la remplacer (cf. dispositions du DFI en matière de mesures
techniques en vue de la prévention des maladies professionnelles engendrées par des agents chimiques (1344.3)).

344.6 Substances nocives produites au cours du processus de travail


Art. 44 OPA
Lorsque des substances nocives sont produites au cours de processus de travail - par exemple comme produits intermédiaires -, les cycles de travail et le
cours de réactions doivent, dans la mesure du possible, être modifiés de façon que ces substances soient éliminées ou remplacées par d'autres, moins
nocives. Si cette manière de procéder s'avère impossible pour des motifs techniques ou économiques ou qu'elle n'est pas réalisable par la mise en œuvre
de moyens acceptables, il y a lieu, ici également, de prendre toutes les mesures de protection collective et individuelle nécessaires.

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 148


336A Organisation du travail Partie 8

344.7 Entreposage de substances nocives


Art. 44 OPA
Les substances et les préparations nocives doivent être conservées et entreposées de sorte qu’elles ne représentant aucun danger pour l’homme et
l’environnement (571). A cet effet, elles doivent notamment être:
a. emballées et signalées en fonction de leur dangerosité (1344.7);
b. protégées des influences extérieures dangereuses;
c. inaccessibles aux personnes non autorisées;
d. conservées ou entreposées de manière qu’il soit impossible de les confondre, notamment avec des denrées alimentaires, et afin d’éviter leur utilisation
erronée.

344.8 Hygiène personnelle lors de l'emploi de substances nocives


Art. 44 al. 2 OPA
Toutes les installations sanitaires et tout les ustensiles de nettoyage nécessaires à l'hygiène personnelle seront mis à la disposition du personnel qui
travaille avec des substances nocives. De même, les installations nécessaires aux premiers secours seront mises à disposition.
Le temps nécessaire à l'hygiène personnelle compte comme temps de travail.

344.9 Mesures à prendre pour éviter le contact de substances nocives avec des produits de consommation
Art. 44 al. 3 OPA
Il est interdit de manger, de boire ou de fumer ainsi que de conserver des aliments, des boissons et du tabac à tous les postes de travail où se
trouvent des substances nocives produites, transformées, utilisées, conservées, manipulées ou entreposées pouvant représenter un danger. Cette
interdiction sera signalée au moyen de panneaux adéquats (1344.9).

344.10 Dispositions spéciales concernant l'emploi de substances nocives


Art. 44 OPA
Des dispositions spéciales figurent dans diverses prescriptions et règles (1344.10a).

Dispositions spéciales concernant l'utilisation de l'amiante (1344.10b).

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 149


336A Organisation du travail Partie 8

345 Protection contre les radiations nocives


345.1 Notion "radiations ionisantes, radiations non ionisantes"
345.2 Objectif de sécurité fondamental "radiations ionisantes, radiations non ionisantes"

345.3 Protection contre les radiations ionisantes et non ionisantes

345.1 Notion "radiations ionisantes, radiations non ionisantes"


Art. 45 OPA
Rayonnements ionisants

Les rayonnements corpusculaires et électromagnétiques de toutes sortes dont l'énergie suffit pour déclencher la ionisation, en particulier les rayons X et
les rayonnements des substances radioactives.
Rayonnements non ionisants

Ils comprennent tout le spectre du rayonnement électromagnétique de faible énergie, en particulier les ultraviolets, la lumière, les infrarouges, les micro-
ondes, les hautes fréquences, les basses fréquences et, d'une manière toute générale, les champs électriques et magnétiques qui sont produits dans les
éclateurs, les lampes, les lasers et radars, les émetteurs, les bobines et les aimants.

345.2 Objectif de sécurité fondamental "radiations ionisantes, radiations non ionisantes"


Art. 45 OPA
Lors de l'utilisation de matériaux radioactifs ou d'équipements de travail émettant des radiations ionisantes et en cas d'apparition de radiations non
ionisantes, il y a lieu de prendre des mesures de protection pour éviter de mettre en danger la santé des personnes (1345.2)

345.3 Protection contre les radiations ionisantes et non ionisantes


Art. 45 OPA
Explications sur la protection contre les dangers des radiations ionisantes et non ionisantes: voir directive CFST 6512 "Equipements de
travail", ch.8.7 Compléments à la directive CFST 6512 "Equipements de travail"
Autorités de surveillance "radiations ionisantes" (art. 136 OraP)

centrales nucléaires et combustibles nucléaires: Division principale de la sécurité des installations nucléaires
médecine, écoles: Office fédéral de la santé publique
industrie, commerce, entreprises de gestion : Caisse nationale suisse d'assurance en cas d'accidents (Suva)

Autres dispositions et prescriptions (1345.3a)


"Radiations non ionisantes", valeurs limites, normes, directives
La Suva publie les valeurs limites (1345.3b) d'exposition au poste de travail. Les valeurs limites font l'objet de contrôles réguliers par la
commission concernée. Au besoin, elles sont adaptées en fonction de l'état des connaissances actuelles. Veuillez consulter les normes ou
directives internationales (guidelines) pour ce qui concerne les radiations spécifiques (laser (1345.3c), champs électronmagnétiques
(1345.3d), chaleur (1345.3e)).
"Radiations non ionisantes", protection de l'environnement et du public
L'Office fédéral de l'environnement, des forêts et du paysage (OFEV) et l' Office fédéral de la santé publique ont pour tâche de protéger
l'environnement et le public. L'Ordonnance sur la protection contre les radiations non ionisantes (ORNI) règle les limitations en matière
d'émissions de champs électriques et magnétiques engendrées lors de l'exploitation d'installations fixes. L'exécution est assurée en priorité par
les cantons.

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 150


336A Organisation du travail Partie 8

346 Liquides inflammables


346.1 Notion de "liquides inflammables"
346.2 Objectif de sécurité fondamental "liquides inflammables"
346.3 Mesures à prendre pour éviter le danger d'incendie

346.1 Notion de "liquides inflammables"


Art. 46 OPA
Sont inflammables au sens où on l'entend ici les liquides qui ont un point éclair inférieur à 30 C (liquides facilement inflammables). Sont également
inflammables les liquides qui ont un point éclair supérieur, lorsqu'ils sont chauffés au-delà de celui ci ou qu'ils se présentent sous une forme très
fine(brouillard, aérosol).

346.2 Objectif de sécurité fondamental "liquides inflammables"


Art. 46 OPA
Les liquides ou les vapeurs ne doivent s'accumuler ou se répandre de manière à créer un danger d'incendie ni lors de la production, ni lors de la
transformation, de la manipulation ou de l'entreposage.

346.3 Mesures à prendre pour éviter le danger d'incendie


Art. 46 OPA
Les liquides inflammables doivent, en principe, être produits, transformés et manipulés dans des systèmes fermés équipés d'évents ou de dispositifs de
compensation de pression conduisant directement à l'extérieur. Là où cela est impossible ou lorsqu'il faut s'attendre à des fuites malgré le système fermé,
on fera en sorte

que les liquides qui s'échappent soient retenus par la prise de mesures appropriées dans les bâtiments ou sur les installations (par
exemple sol en forme de bassin de rétention, mise en place de réservoirs collecteurs);

que les vapeurs qui s'échappent soient autant que possible captées à la source et évacuées sans danger par la prise de mesures
appropriées au niveau de la ventilation (300 , 330.4).

Pour l'entreposage des liquides inflammables, il y a lieu d'observer les prescriptions spécifiques (1346.3).

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 151


336A Organisation du travail Partie 8

347 Protection contre les risques liés aux microorganismes


347.1 Objectif principal: «Assurer la protection des travailleurs contre les risques liés aux microorganismes»
347.2 Définition des termes «Microorganismes», «Utilisation» et «Exposition»
347.3 Protection contre les microorganismes
347.4 Valeurs indicatives pour les microorganismes
347.5 Dispositions complémentaires relatives à l’utilisation des microorganismes

347.1 Objectif principal: «Assurer la protection des travailleurs contre les risques liés aux microorganismes»
La santé et la sécurité des travailleurs doivent être protégées contre les risques liés aux microorganismes.

347.2 Définition des termes «Microorganismes», «Utilisation» et «Exposition»


Le terme «Microorganismes» est défini de manière exhaustive à l’art. 2 de l’OPTM (et art. 3 OUC; 1347.1) qui y spécifie également les termes
importants «Utilisation» et «Exposition» par rapport au domaine des microorganismes.
Utilisation des microorganismes: toute activité volontaire impliquant des microorganismes, en particulier l’utilisation, le traitement, la multiplication, la
modification, la mise en évidence, le transport, le stockage ou l’élimination.
Exposition aux microorganismes: toute situation dans laquelle un contact avec des microorganismes pouvant mettre en danger la sécurité et la santé des
travailleurs est possible.

347.3 Protection contre les microorganismes


Les mesures de sécurité générales et particulières relatives à la protection contre les microorganismes sont décrites dans l’ordonnance sur la
protection des travailleurs contre les risques liés aux microorganismes» (OPTM) (1347.1).

347.4 Va Valeurs indicatives pour les microorganismes


Il n’est actuellement pas possible de fixer des valeurs limites pour les agents biologiques présents dans l’air. Des valeurs indicatives
concernant les mesures des taux d’endotoxines et le comptage des germes ont été publiées dans une liste (1347.2) afin d’apprécier le risque
d’exposition. Ces valeurs ont pour but de contrer les effets des microorganismes et de leurs composants, auxquels leur caractère pathogène
n’est pas imputable.

347.5 Dispositions complémentaires relatives à l'utilisation des microorganismes


Pour l’utilisation des organismes, à savoir toute opération volontaire impliquant des organismes, les dispositions de l’ordonnance sur l’utilisation des
organismes en milieu confiné (Ordonnance sur l’utilisation confinée, OUC) sont également applicables (1347.1).
Toute utilisation de microorganismes aux niveaux de sécurité 2 à 4 doit être notifiée au Bureau de Biotechnologie de la Confédération (art. 15
OPTM ou art. 8 à 11 OUC).
L’OPTM (art. 15) et l’OUC (art. 28) stipulent entre autres qu’une personne chargée de la sécurité et de la santé sur le lieu de travail doit être désignée
pour ces activités (Responsable de la sécurité biologique, BSO; www.curriculum-biosafety.ch).

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 152


351 Organisation de la surveillance Partie 9

351 Renseignements concernant l'OPA: Organisation de la surveillance


352 Organes d'exécution chargés de la surveillance de la sécurité au travail
358 Commission de coordination pour la sécurité au travail (CFST)
366 Prévention des accidents non professionnels

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 153


351 Organisation de la surveillance Partie 9

352 Organes d'exécution chargés de la surveillance de la sécurité au travail


La LAA et l’OPA désignent comme organes d’exécution chargés de la surveillance de la sécurité au travail:

les organes cantonaux d’exécution de la loi sur le travail (353),


les organes fédéraux d’exécution de la loi sur le travail (354),
la Caisse nationale suisse d’assurance en cas d’accidents (355, 356) et
les organisations spécialisées qui doivent être désignées en particulier (357).

Tous ces organes d’exécution sont chargés de surveiller l’application des prescriptions sur la sécurité au travail. Par ailleurs, ils ont toutefois des missions
en partie différentes.

En principe, selon la réglementation légale, chaque entreprise est contrôlée par un seul organe d’exécution: Toute entreprise a le droit de s’adresser à
l’organe d’exécution compétent pour tout ce qui concerne la sécurité au travail. Par ailleurs, les organes d’exécution de la sécurité au travail doivent aussi
remplir des missions prescrites par d’autres bases légales (p. ex. les inspections fédérales et cantonales du travail exercent des activités régies par la loi
sur le travail). Ils remplissent en outre des tâches de nature différente dans le domaine de la sécurité au travail (p. ex. la Suva est compétente dans
toutes les entreprises pour certains équipements de travail). Il est donc impossible d’éviter qu’il y ait aussi d’autres organes d’exécution en plus de celui
qui est compétent pour la surveillance de l’entreprise en matière de sécurité au travail. Pour que la situation soit claire vis-à-vis de l’entreprise et pour que
les organes d’exécution puissent exercer leur activité de façon efficace et économique, la réglementation suivante est applicable:

Chaque organe d’exécution auquel est attribuée une entreprise se limite en principe aux tâches qui lui sont dévolues en matière de
sécurité au travail.
L’organe d’exécution qui surveille l’entreprise fait part à l’organe compétent des constatations faites sur les installations qui ne relèvent
pas de son domaine de compétences.
Les constatations occasionnelles faites en dehors du domaine de compétences proprement dit peuvent être réglées directement avec
l’entreprise par tous les organes d’exécution si les mesures de sécurité nécessaires sont évidentes et s’il est possible de s’entendre avec
l’entreprise sur leur application. Si la mesure nécessaire est prise immédiatement, l’organe d’exécution compétent n’a pas besoin d’être
informé. Dans tous les autres cas, il le sera au moyen d’une copie de la correspondance.

353 Les organes cantonaux d'exécution de la loi sur le travail comme organes d'exécution de la sécurité au travail.
353.1 Activité des organes cantonaux d'exécution dans le cadre de la loi sur le travail (LTr)
353.2 Activité des organes cantonaux d'exécution de la loi sur le travail dans le cadre de la prévention des accidents professionnels
353.3 Collaboration entre les organes cantonaux d'exécution de la loi sur le travail
Adresses : 1112

353.1 Activité des organes cantonaux d'exécution dans le cadre de la loi sur le travail (LTr)
L’exécution de la loi sur le travail (LTr) est en principe du ressort des cantons. Leurs organes d’exécution compétents en la matière doivent notamment
surveiller et, au besoin, imposer les prescriptions suivantes de la loi sur le travail:

Protection de la santé des travailleurs (protection générale de la santé, et non prévention des maladies professionnelles).
Réglementation de la durée du travail et du repos.
Protection spéciale des jeunes gens et des femmes (505.1, 505.2).

L’exécution se fait par des visites de contrôle en entreprise, par l’octroi de l’autorisation de la durée du travail ainsi que par l’approbation de plans (503).

353.2 Activité des organes cantonaux d'exécution de la loi sur le travail dans le cadre de la prévention des accidents
professionnels
Art. 47 OPA
Dans le cadre de la surveillance de la sécurité au travail, réglée dans la LAA, les organes cantonaux d'exécution de la loi sur le travail surveillent
l'application des prescriptions sur la prévention des accidents professionnels dans toutes les entreprises et sur tous les équipements de travail pour
lesquels un autre organe d'exécution n'est pas compétent. La compétence d'autres organes d'exécution est réglée aux art. 48 , 49 , 50 , 51 OPA (354 ,
355 , 356 , 357).
La surveillance se fait notamment par les moyens suivants:

Conseils prodigués aux employeurs et aux travailleurs


Visites d'entreprises , combinées avec des inspections selon la loi sur le travail
Prescription (avertissement) et exécution de mesures dans le cadre des prescriptions sur la prévention des accidents professionnels,
fondées sur des annonces de tiers, de constatations propres ou d'avis d'accidents.

353.3 Collaboration entre les organes cantonaux d'exécution de la loi sur le travail
L’Association intercantonale pour la protection des travailleurs AIPT regroupe les organes d’exécution cantonaux depuis 1945. Ses objectifs consistent à
assister ses membres lors de l’exécution de toutes les tâches ayant trait à la protection des travailleurs, notamment:

par la promotion de la protection des travailleurs auprès de employeurs, des travailleurs, des associations concernées et des partenaires
sociaux,
par la promotion de l’idée de protection des travailleurs auprès de la population,
par la formation, le perfectionnement et l’information de toutes les parties impliquées dans la protection des travailleurs,
par la coordination de l’application de la loi,
par l’élaboration de propositions, de demandes, de rapports ayant trait à des questions relatives à la protection des travailleurs à

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 154


351 Organisation de la surveillance Partie 9

l’attention de la Confédération, des cantons et des associations,


en défendant les intérêts des organes d’exécution cantonaux,
par la promotion de la collaboration avec les offices fédéraux, les organisations oeuvrant sur le plan fédéral, les associations
professionnelles et les organes internationaux concernés,
par un travail de relations publiques.

354 Les organes fédéraux d'exécution de la loi sur le travail comme organes d'exécution de la sécurité au travail
354.1 Activité des organes fédéraux d'exécution dans le cadre de la loi sur le travail1
354.2 Activité des organes d'exécution fédéraux en matière de prévention des accidents professionnels
Adresses 1113

354.1 Activité des organes fédéraux d'exécution dans le cadre de la loi sur le travail
La loi sur le travail (LTr) attribue aux organes fédéraux d’exécution, outre certaines tâches d’exécution directes, avant tout la surveillance des activités
des cantons en matière d’application. Ces tâches sont accomplies par le Secrétariat d’Etat à l’économie (SECO).
Organigramme du SECO

354.2 Activité des organes d'exécution fédéraux en matière de prévention des accidents professionnels
Art. 48 OPA
Dans le cadre de l'OPA, les organes d'exécution fédéraux chargés de l'application de la Loi sur le travail, assument les tâches suivantes dans le cadre de
la prévention des accidents professionnels:
Participation dans le domaine de compétence de la Suva.
Art. 48 al. 1 OPA
Cette participation s'étend aux entreprises faisant l'objet de visites par les organes d'exécution fédéraux de la Loi sur le travail dans le cadre de la haute
surveillance en matière d'application de la Loi sur le travail. Les organes d'exécution fédéraux ont pour tâche de participer dans le domaine de
compétence de la Suva (art. 49 OPA) sur le plan de la prévention des accidents lorsqu'ils se trouvent dans une entreprise dans le cadre de leurs tâches
relatives à l'application de la Loi sur le travail. La commission de coordination (CFST) (1131) décide, d'un commun accord entre la Suva et le SECO, quant
aux détails de cette participation, notamment en matière de compétences sur le plan de la publication de décisions.
Haute surveillance au sein du domaine de compétences des cantons
Art. 48 al. 2 OPA
Les organes d'exécution fédéraux ont pour tâche de veiller à ce que les organes d'exécution cantonaux exercent leur tâche de surveillance de manière
uniforme et qu'ils coordonnent celle-ci simultanément avec l'hygiène et l'approbation des plans dans le cadre de la Loi sur le travail. Lorsqu'un organe
cantonal ne respecte pas les prescriptions en vigueur, il est rappelé à l'ordre par l'Inspection fédérale du travail concernée. Au besoin, le SECO peut
donner des instructions à l'organe cantonal. En cas de non-respect permanent ou réitéré des prescriptions, il faut en avertir la commission de
coordination.
Surveillance unique dans les administrations et entreprises de la Confédération, pour autant que la Suva n'est pas chargée de cette tâche
Art. 48 al 3 OPA
Conformément à l'art. 48 al. 3 OPA, les organes fédéraux chargés de l'exécution de la loi sur le travail assurent la supervision des prescriptions dans les
administrations, les entreprises et les institutions de la Confédération, dans la mesure où ces tâches n'incombent pas à la Suva (359.2 , 1359.2)

355 La Caisse nationale suisse d'assurance en cas d'accidents (Suva) comme organe d'exécution de la sécurité au travail
(accidents professionnels)
355.1 Compétence de la Suva en matière de prévention des accidents professionnels dans certains branches
355.2 Compétence de la Suva en matière de prévention des accidents professionnels lors de l'utilisation de certains équipements de travail
355.3 Compétence de la Suva pour les risques particuliers d'accidents professionnels inhérents à la personne du travailleur
355.4 formation des organes d'exécution de la loi sur le travail
Adresses de la division sécurité au travail 1114

355.1 Compétence de la Suva en matière de prévention des accidents professionnels dans certains branches
Art. 49 al. 1 OPA
La Suva (Caisse nationale suisse d'assurance en cas d'accidents) est compétente dans les branches pour lesquelles la prévention des accidents
professionnels requiert des connaissances spéciales. Les entreprises en question tombent dans leur totalité dans le domaine de compétence de la Suva.
L'art.. 49 al. 1 OPA cite les entreprises et branches que la Suva doit visiter. La CFST peut procéder à une délimitation plus détaillée (359.2 , 1359.2a).

355.2 Compétence de la Suva en matière de prévention des accidents professionnels lors de l'utilisation de certains
équipements de travail
Art. 49 al. 2 OPA
La Suva (Caisse nationale suisse d'assurance en cas d'accidents) est compétente dans toutes les entreprises pour les équipements de travail qui
requièrent des connaissances spéciales. Les autres équipements de travail et constructions sont surveillés par l' organe d'exécution compétent pour
l'entreprise concernée.

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 155


351 Organisation de la surveillance Partie 9

L'art. 49 al. 2 OPA cite les équipements de travail pour le contrôle desquels la Suva est compétente. La CFST peut procéder à une délimitation plus
détaillée (359.2 , 1359.2b).

355.3 Compétence de la Suva pour les risques particuliers d'accidents professionnels inhérents à la personne du travailleur
Art. 49 al. 3 OPA
En raison d'une maladie ou d'une infirmité, certains travailleurs peuvent être exposés à un risque d'accident accru lors d'activités par ailleurs usuelles
(403.2 , 414.2 , 414.4). Celui qui - organe d'exécution compétent ou employeur - présume un tel risque individuel est tenu d'en faire part à la Suva
(Caisse nationale suisse d'assurance en cas d'accidents) qui est compétente pour des précautions à prendre.

355.4 Information des organes d'exécution de la loi sur le travail


Art. 49 al. 4 OPA
Lorsque, dans le cadre de son activité selon 355.2, la Suva fait des constatations sur un équipement de travail ou une autre construction dans une
entreprise dont elle n'a pas la surveillance, elle informe l' organe d'exécution compétent pour ladite entreprise à l'aide d'une copie de la correspondance
relative.

356 La Caisse nationale suisse d'assurance en cas d'accidents (Suva) comme organe d'exécution de la sécurité au travail
(maladies professionnelles).
356.1 Compétence de la Suva pour la prévention des maladies professionnelles
356.2 Tâches de la Suva lors de la surveillance de l'application des prescriptions sur la prévention des maladies professionnelles
356.3 Obligation d'annoncer les travaux particulièrement dangereux pour la santé
356.4 Directives sur les concentrations maximales admissibles des substances toxiques aux postes de travail et sur les valeurs limites des agents
physiques
Adresses 1115

356.1 Compétence de la Suva pour la prévention des maladies professionnelles


Art. 50 al. 1 OPA
La Suva surveille l'application des prescriptions sur la prévention des maladies professionnelles dans toutes les entreprises, dont aussi dans les entreprises
où d'autres organes d'exécution surveillent l'application des prescriptions sur la prévention des accidents professionnels.

356.2 Tâches de la Suva lors de la surveillance de l'application des prescriptions sur la prévention des maladies
professionnelles
Art. 50 al. 1 OPA
La surveillance de la Suva concerne les maladies professionnelles selon l’art. 9 al. 1 LAA et annexe 1 de l’OLAA (liste des substances nocives et des
maladies dues à certains travaux) ainsi que les maladies causées exclusivement ou de manière nettement prépondérante par l’exercice de l’activité
professionnelle (art. 9 al. 2 LAA).

356.3 Obligation d'annoncer les travaux particulièrement dangereux pour la santé


Art. 50 al. 2 OPA
Le Département fédéral de l'intérieur peut, après consultation de la Suva et des organisations intéressées, introduire une obligation pour les travaux
particulièrement dangereux pour la santé (1356.3).

356.4 Directives sur les concentrations maximales admissibles des substances toxiques aux postes de travail et sur les
valeurs limites des agents physiques
Art. 50 al. 3 OPA
Conformément à l’article en vigueur, la Suva peut établir des directives appropriées. La Suva en accord avec la Commission des valeurs limites de la
Société suisse de médicine, d’hygiène et de sécurité du travail, publie périodiquement des directives pour les valeurs limites tolérables aux postes de travail
(1356.4). Par valeur VME (concentration maximale admissible), on entend la limite moyenne de concentration dans l’air d’une substance donnée (gaz,
vapeur ou poussière) qui, selon les connaissances actuelles, ne provoque en règle générale pas d’atteinte à la santé chez la très grande majorité des
personnes saines exposées, même lorsque l’exposition s’étend sur de relativement longues périodes de travail à raison de 8 à 9 heures par jour et
jusqu’à 42 heures par semaine. La substance peut être sous forme de gaz, de vapeur ou de poussière.
Les concentrations maximales admissibles au poste de travail ne représentent pas une limite sûre entre la zone d’innocuité et la zone dangereuse. Des
concentrations inférieures à la valeur VME ne garantissent pas que toutes les personnes qui sont exposées resteront en bonne santé. Certains individus
particulièrement sensibles ou dont la santé laisse à désirer peuvent être mis en danger par l’exposition à de telles concentrations. La liste des valeurs
d’exposition contient en outre des valeurs limites relatives à des brefs dépassements de la durée d’exposition pour les concentrations supérieures à la
valeur VME (concentration, durée et fréquence d’exposition par journée de travail/travail par équipe). Les substances qui pénètrent facilement dans la
peau et peuvent, de ce fait, entraîner une intoxication par résorption, les substances qui provoquent fréquemment des réactions d’hypersensibilité
(allergies) ainsi que celles qui peuvent provoquer un cancer chez l’homme sont signalées tout spécialement dans la liste des valeurs VME. L’appréciation
de l’exposition/sollication interne par des substances chimiques est effectuée à l’aide du monitoring biologique.
La valeur BEI (valeurs limtes dans les milieux biologiques) constitue la concentration maximale admissible d’une limite ou de ses métabolites dans le
matériel biologique ou l’écart d’un paramètre biologique par rapport à sa norme spécifique provoqué par l’effet d’une substance qui, selon les
connaissances actuelles, ne met pas en danger la santé des travailleurs durant le temps de travail normal (par analogie à la valeur VME actuelle). La liste
des valeurs BEI est également publiée dans la liste de valeurs limites. Les valeurs limites servent de base à l’organe d’exécution, compte tenu des

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 156


351 Organisation de la surveillance Partie 9

résultats des dosages, pour la prescription de mesures techniques. La prévention technique de la maladie professionnelle doit faire en sorte que les
valeurs limites des substances dangereuses et les valeurs limites des agents physiques soient inférieures aux valeurs fixées.

357 Les organisations spécialisées comme organes d'exécution de la sécurité au travail


357.1 Vocation et qualification des organisations spécialisées à faire fonction d'organes d'exécution de la sécurité au travail
357.2 Les inspectorats techniques comme organes d'exécution de la sécurité au travail
357.3 Les services consultatifs comme organes d'exécution de la sécurité au travail
357.4 contrat avec des organisations spécialisées concernant leurs activités en tant qu'organes d'exécution de la sécurité au travail
Adresses des organisations spécialisées: 1116

357.1 Vocation et qualification des organisations spécialisées à faire fonction d'organes d'exécution de la sécurité au
travail
Art. 51 OPA
Si elle y a été autorisée par la CFST, la Suva peut signer des contrats avec des organisations, contrats portant sur certaines tâches d'exécution en
matière de prévention des accidents professionnels et des maladies professionnelles. La question de savoir si une organisation spécialisée est qualifiée
dépend de sa capacité, et de l'étendue de cette capacité, à remplir des tâches d'exécution dans son domaine spécialisé. Font partie de ces tâches
d'exécution la collecte et l'analyse de données, le fait de conseiller les employeurs, les travailleurs et les autres organes d'exécution ainsi que la
prescription et l'exécution de mesures visant à promouvoir la sécurité au travail.

357.2 Les inspectorats techniques comme organes d'exécution de la sécurité au travail


Art. 51 OPA
Sont désignées sous le terme d'inspectorats techniques entièrement qualifiés les organisations spécialisées qui, dans le domaine de la sécurité au travail
qui est le leur, disposent de connaissances spéciales ainsi que des ressources en personnel et des moyens matériels nécessaires. Il faut de plus qu'elles
soient indépendantes sur le plan économique et autorisées, sur la base d'accords spéciaux, à rendre des décisions dans le domaine de la sécurité au
travail (1357).

357.3 Les services consultatifs comme organes d'exécution de la sécurité au travail


Art. 51 OPA
Par services consultatifs, on entend les organisations spécialisées qui ont des connaissances spéciales et disposent des ressources en personnel et des
moyens matériels nécessaires, mais qui ne satisfont pas ou ne satisfont qu'en partie aux deux autres critères (1357).

357.4 Contrat avec des organisations spécialisées concernant leurs activités en tant qu'organes d'exécution de la sécurité
au travail
Art. 51 OPA
Le domaine de compétence d'une organisation spécialisée et sa compétence de rendre des décisions dans le domaine de l'assurance-accidents obligatoire
sont définis dans un contrat passé entre la Suva et l'organisation spécialisée.

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 157


351 Organisation de la surveillance Partie 9

358 Commission de coordination pour la sécurité au travail (CFST)


359 Coordination des domaines d'exécution par la CFST
360 Application uniforme des prescriptions de sécurité
361 Règlement d'indemnisation de la CFST
362 Organisation de la CFST
363 Fourniture de données par la CFST
364 Consultation des organisations intéressées par la CFST
365 Rapports d'activité établis par la CFST

359 Coordination des domaines d'exécution par la CFST


359.1 Mandat général à la Commission de coordination
359.2 Définir plus en détail les tâches des organes d'exécution
359.3 Organiser la collaboration des organes cantonaux d'exécution dans le domaine de compétence de la Suva
359.4 Confier aux organes fédéraux d'exécution ou à la Suva les tâches qu'un organe cantonal n'est pas en mesure de remplir

359.1 Mandat général à la Commission de coordination


Art. 52 OPA
Les domaines de compétence des divers organes d'exécution doivent en permanence être harmonisés les uns avec les autres. La LAA et l'OPA ont
confié cette tâche à la CFST. Elle peut détailler davantage la délimitation esquissée par le conseil fédéral dans les art. 47 à 51 OPA et tient compte à cet
effet des moyens matériels et des ressources en personnel dont disposent les organes d'exécution.

359.2 Définir plus en détail les tâches des organes d'exécution


Art. 52 lettre a, OPA
Dans la mesure où le Conseil fédéral n'a pas déjà coordonné les domaines d'exécution des différents organes d'exécution dans l'OPA, la CFST peut définir
plus en détail les tâches de ces organes d'exécution.
La CFST attribue chaque entreprise particulière et chaque équipement de travail particulier à un organe d'exécution, en tenant compte pour ce faire des
art. 47 , 48 , 49 , 50 , 51 OPA (1359.2).

359.3 Organiser la collaboration des organes cantonaux d'exécution dans le domaine de compétence de la Suva
Art. 52 lettre b, OPA
D'entente avec la Suva la CFST peut organiser la collaboration des organes cantonaux d'exécution dans certaines entreprises, branches ou équipements
de travail faisant partie du domaine de compétence de la Suva.

359.4 Confier aux organes fédéraux d'exécution ou à la Suva les tâches qu'un organe cantonal n'est pas en mesure de
remplir
Art. 52 lettre c OPA
Une telle délégation ne peut être que temporaire. Le canton concerné doit dans les meilleurs délais se procurer le personnel ou les moyens matériels et
techniques dont il a besoin pour remplir les tâches qui lui incombent de par la LAA et l'OPA (1359.4).

360 Application uniforme des prescriptions de sécurité


360.1 Compétences de la Commission de coordination
360.2 Directives de la Commission de coordination (CFST)

360.1 Compétences de la Commission de coordination


Art. 53 OPA
Les tâches les plus importantes que doit remplir la CFST aux fins d'assurer une application uniforme des prescriptions sur la prévention des accidents et
maladies professionnels dans les entreprises sont énumérées à l'art. 53 OPA. Cette énumération n'est pas exhaustive; la CFST peut de son propre chef
ou sur mandat du Conseil fédéral s'occuper d'autres tâches de coordination.
La CFST a mis au point des directives pour l'établissement et la publication de règles sur l'état de la technique (1360.a). De telles directives existent
également au sujet de la procédure d'exécution que doivent suivre les organes d'exécution pour les contrôles, les instructions et l'exécution (1360.b),
pour la préparation et l'exécution de programmes de sécurité (1360.c), pour l'annonce de certaines installations et appareils techniques et des travaux
dangereux pour la santé (1360.d). La CFST a également créé un concept de formation pour les employeurs, les travailleurs et les collaborateurs des
organes d'exécution (1360.e).
Pour que la CFST puisse coordonner l'application de l'OPA avec celle d'autres lois, les organes d'exécution sont tenus d'aviser la CFST des éventuels
problèmes qui se poseraient.

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 158


351 Organisation de la surveillance Partie 9

360.2 Directives de la Commission de coordination (CFST)


Art. 52a al. 1 OPA

Elaboration des directives


Les directives de la CFST concrétisent et expliquent, en tant que règles reconnues, les dispositions figurant dans les lois et les ordonnances en matière de
sécurité et de protection de la santé sur le lieu de travail. Elles tiennent compte de la législation internationale, notamment du droit européen, et elles
expliquent en règle générale les processus de travail et le fonctionnement en toute sécurité des équipements de travail. Pour les machines (lien avec le
terme machine), veuillez vous référer aux normes européennes qui sont constamment étendues. L'"instruction pour l'établissement de directives et la
préparation d'ordonnances dans le domaine de la sécurité et de la protection de la santé sur le lieu de travail" contient les exigences sur la marche à
suivre en matière de publication des directives CFST (1360.2)
Art. 52a al. 2 OPA

Observation des prescriptions


Les directives de la CFST concrétisent les exigences fondamentales en matière de sécurité et de protection de la santé selon les art. 3 - 46 de l'OPA. En
observant et en appliquant ces directives, l'employeur remplit ses obligations en matière de sécurité et de santé de ses collaborateurs.
Art. 52a al. 3 OPA

Observation des prescriptions d'une manière différente


L'application des directives CFST n'a pas un caractère obligatoire. Lorsque l'employeur opte pour d'autres mesures (solutions) que celles figurant dans les
directives de la CFST, il doit justifier que les exigences fondamentales sont remplies selon les art. 3 - 46 OPA.

361 Règlement d'indemnisation de la CFST


Art. 54 OPA
La CFST a établi un règlement d'indemnisation. Celui-ci a été approuvé par le Département de l'intérieur (1361).
Le règlement d'indemnisation des organes d'exécution ne contient pas seulement des dispositions sur l'indemnisation pour leurs dépenses de prévention.
Il règle également la budgétisation, le virement des suppléments de primes et la révision des comptes des organes d'exécution et des assureurs, et cela
de manière plus détaillée que l'OPA (cfr. 434).
Les organes d'exécution de la loi sur le travail envoient trimestriellement au secrétariat de la CFST le décompte de leurs frais.

362 Organisation de la CFST


Art. 55 OPA
La CFST s'est donnée un règlement intérieur qui a été approuvé par le Département de l'intérieur (1362).
Le règlement prévoit que la CFST se réunisse selon les besoins, mais au moins deux fois par année pour l'adoption du rapport annuel et pour
l'approbation du budget. Pour le reste, le règlement contient des dispositions d'exécution relatives à l'art. 55 OPA et concernant la mise en place de sous-
commissions et de commissions spécialisées, le recours à des experts et la dotation du secrétariat en personnel et en matériel.

363 Fourniture de données par la CFST


Art. 56 OPA
Selon art. 79 al. 1 LAA, le Conseil fédéral doit veiller à ce que soient établies des statistique uniformes, statistiques qui ont entre autres objectifs celui
d'aider la CFST dans ses efforts visant à prévenir les accidents et les maladies professionnelles. C'est à l'art. 105 OLAA que figurent les principales
dispositions d'exécution concernant l'établissement de statistiques uniformes. Le Département de l'intérieur a, de plus, édicté une ordonnance à ce sujet
(1363).

364 Consultation des organisations intéressées par la CFST


Art. 57 OPA
La CFST a édicté des directives spéciales relatives à la consultation des organisations intéressées (1364). Ces directives prévoient que les organisations
intéressées ne soient pas consultées juste avant la prise des décisions, pour ce qui est de certaines affaires et décisions de la CFST, mais déjà au
moment de la préparation des dossiers, et ce en particulier lorsqu'il s'agit d'édicter des directives sur les règles de la technique.

365 Rapports d'activité établis par la CFST


Art. 58 OPA
Les organes d'exécution doivent présenter chaque année à la CFST un rapport sur leur activité en matière de sécurité au travail.
De son côté, la CFST doit présenter chaque année au Conseil fédéral un rapport sur sa propre activité et sur l'activité des organes d'exécution (1365).
Dans ses communications paraissant irrégulièrement, la CFST rapporte sur ses activités en cours et sur celles des organes d'exécution (1365). Ces
communications s'adressent en premier lieu aux autorités et aux associations.

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 159


351 Organisation de la surveillance Partie 9

366 Prévention des accidents non professionnels


Art. 88 LAA
Art. 59 OPA
367 Caisse nationale suisse d'assurance en cas d'accidents (Suva)
368 Bureau suisse de prévention des accidents (bpa)

367 Caisse nationale suisse d'assurance en cas d'accidents (Suva)


Art. 88 LAA
Dans le cadre de son mandat, la Suva est chargée, au sein de son domaine relatif à la sécurité au travail, de la prévention des accidents non
professionnels. A cet effet, elle s'adresse d'une part aux entreprises et collaborateurs assurés auprès d'elle. et d'autre part au public, par des actions et
des campagnes nationales. Les objectifs de la Suva consistent à augmenter la sécurité durant les loisirs, en partie en collaboration avec d'autres
partenaires et souvent indépendamment des employeurs (1366.1).

368 Bureau suisse de prévention des accidents (bpa)


Art. 59 OPA
La prévention des accidents non professionnels (circulation, sport, foyer) est clairement séparée de la prévention des accidents professionnels. C'est la
tâche du Bureau suisse de prévention des accidents (bpa) décrite plus en détail aux art. 88 LAA et 59 OPA. (1121)
Contrairement aux organes d'exécution chargés de la sécurité au travail, le bpa ne possède pas le droit de décider de mesures de protection; il serait en
effet inconcevable que des mesures de prévention avec moyens de contrainte soient imposées dans le sport et le foyer. Le bpa doit remplir sa tâche en
informant et en adoptant des mesures de sécurité générales (contrairement aux mesures spécifiques de la sécurité au travail); il doit en outre
coordonner les efforts similaires d'autres organisations s'occupant de la prévention des accidents non professionnels. Cela se fait en conseillant ces
organisations et en collaborant avec la collectivité publique et les organisations ayant les mêmes buts.
Chaque année, le bpa doit soumettre au Conseil fédéral un rapport sur l'activité qu'il a déployée à charge du supplément de prime. Ce rapport annuel
(1366.2) mentionne aussi régulièrement les publications que l'on peut obtenir au bpa.

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 160


381 Exécution des prescriptions sur la sécurité au travail Partie 10

381 Renseignements concernant l'OPA: exécution des prescriptions sur la sécurité au travail (procédure d'exécution)
Art. 60 , 61 , 62 , 63 , 64 , 65 , 66 , 67 , 68 , 69a OPA
La LAA assujettit toutes les entreprises aux mêmes prescriptions sur la prévention des accidents et des maladies professionnels. Mais cela ne garantit pas
que partout l'on accorde à la sécurité au travail la même attention, à savoir l'attention qu'elle mérite. C'est pourquoi les organes d'exécution se sont vu
confier une tâche importante: celle de surveiller l'exécution des prescriptions et, si nécessaire, d'obliger les entreprises à exécuter ces prescriptions.
Etant donné le grand nombre d'organes d'exécution, il faut recourir à des règles qui garantissent que les personnes concernées (employeurs et
travailleurs) soient, dans la mesure du possible, traitées selon le principe de l'égalité. Les paragraphes suivants (382 à 396) commentent les principes de
droit énoncés par l'OPA.
Une publication séparée (1381) contient des détails sur la façon formelle de procéder des organes d'exécution.
382A Activité des organes d'exécution
387 Instructions données dans le cadre de la procédure d'exécution de la sécurité au travail
390 Exécution des mesures dans le cadre de la procédure d'exécution de la sécurité au travail
394 Autorisation de déroger aux prescriptions dans le cadre de la sécurité au travail
395 Banque de données en matière de sécurité au travail de la CSFT

382A Activité des organes d'exécution


Art. 60 , 61 , 62 , 63 OPA
382 Activité de contrôle déployée dans le cadre de la procédure d'exécution de la sécurité au travail
383 Conseils donnés à l'employeur et aux travailleurs dans le cadre de la procédure d'exécution de la sécurité au travail
384 Visites d'entreprises et enquêtes dans le cadre de la procédure d'exécution de la sécurité au travail
385 Avertissement à l'employeur dans le cadre de la procédure d'exécution de la sécurité au travail
386 Dénonciation concernant la sécurité au travail

382 Activité de contrôle déployée dans le cadre de la procédure d'exécution de la sécurité au travail
382.1 Etendue de l'activité de contrôle
382.2 Principes de l'activité de contrôle

382.1 Etendue de l'activité de contrôle


L'activité de contrôle comprend les conseils (383), les visites d'entreprises et les enquêtes (384), de même que les avertissements à l'employeur (385).
De plus, les organes de contrôle ont le devoir d'intervenir sur plainte (386).

382.2 Principes de l'activité de contrôle


Jusqu’ici, l’activité de conseil et de contrôle des organes d’exécution se limitait principalement à des aspects spécifiques du poste de travail individuel. A
l’avenir, il en sera également ainsi, car cela est pertinent et utile.
Les exigences en matière d’appel à des médecins du travail et autres spécialistes de la sécurité au travail (art. 11a - 11e OPA et directive CFST 6508 /
307A) prévoient que les organes d’exécution, dans le cadre d’un contrôle de système, doivent contrôler si l’organisation de l’entreprise (le «système»)
garantit de manière suffisante la sécurité et la protection de la santé au poste de travail. Des contrôles aléatoires au poste de travail permettent de
contrôler la mise en œuvre du «système».
Le contrôle des postes et processus de travail est souvent réalisé à la suite d’un accident, d’une initiative des travailleurs ou de l’organe de contrôle. Lors
de ce contrôle, outre les aspects techniques en matière de sécurité, on tient aussi compte de leur influence sur le système de sécurité de l’entreprise. A
cet effet, l’appréciation des risques (art. 11a al. 2, lit. a OPA) du poste ou processus de travail contrôlé constitue un moyen important pour garantir un
contrôle rapide et efficace.
Une méthode d’appréciation des risques à des postes de travail et lors de processus de travail figure dans le feuillet d’information Suva 66099 (1382.2).

383 Conseils donnés à l'employeur et aux travailleurs dans le cadre de la procédure d'exécution de la sécurité au travail
383.1 Tâche de l'organe d'exécution
383.2 Information générale
383.3 Conseils individuels
383.4 Responsabilité en matière de consultation

383.1 Tâche de l'organe d'exécution


Art. 60 OPA

Art. 27 al. 1 LPGA


L'activité des organes d'exécution commence par les conseils (383) qu'ils donnent aux personnes directement touchées. L'objectif numéro un doit être
d'amener patrons et employés à prendre conscience des impératifs de la sécurité. Il faut faire en sorte que ces patrons et ces employés sachent de

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 161


381 Exécution des prescriptions sur la sécurité au travail Partie 10

quelle façon agir pour avoir un comportement conforme aux règles de la sécurité , créer des postes de travail sûrs et mettre au point des procédés de
travail tout aussi sûrs.
Pour les organes d'exécution, donner des conseils est un devoir. De son côté, l'employeur a le droit de les exiger. L'organe d'exécution est alors tenu de le
renseigner au mieux de ses possibilités. Lorsque les connaissances pour ce faire lui manquent, il dira à l'employeur qui le consulte à qui s'adresser pour
obtenir les renseignements désirés.
Les conseils peuvent se situer dans le cadre de l'information générale (383.2) ou revêtir la forme d'une consultation individuelle (383.3).

383.2 Information générale


Art. 60 OPA
Les organes d'exécution doivent mettre employeurs et employés au courant des expériences générales faites sur les dangers , les objectifs de sécurité
138 qui en découlent et les mesures de protection applicables généralement.
Les meilleurs supports de l'information sont les méthodes suivantes:

Publication des dispositions en vigueur (prescriptions, règles).


Publications des récentes constatations.
Organisation de programmes d'information et d'instruction sur le plan suisse (art. 53 lit. b OPA).
Information des principales sources de danger.

383.3 Conseils individuels


Art. 60 OPA
Les organes d'exécution doivent attirer l'attention de chaque entreprise sur les dispositions (prescriptions, règles, instructions) valables dans son secteur.
Ils doivent aussi lui prodiguer des conseils lorsque surgissent des problèmes spéciaux de sécurité au travail inhérents à son mode d'exploitation et à ses
processus de travail.
Ces conseils sont prodigués de manière appropriée par

l'envoi à l'entreprise, dès sa création, des dispositions qui la concernent,


la publication des constatations récentes qui présentent de l'intérêt pour l'entreprise,
un entretien consacré aux problèmes concrets de la sécurité au travail au sujet desquels l'entreprise désire une consultation,
une information sur la violation des prescriptions de la sécurité au travail quand des cas concrets l'exigent.

383.4 Responsabilité en matière de consultation


Art. 60 OPA
Même si, en fin de compte, c'est l' employeur qui est responsable devant la loi et à l'égard du travailleur de l'application des prescriptions de la sécurité au
travail, l'organe d'exécution doit avoir présent à l'esprit que ce qu'il fait, ou ne fait pas, peut également être lourd de conséquences sur le plan juridique. Il
lui faut donc, lors de la consultation proprement dite, agir au mieux de ses possibilités et montrer clairement les limites du travail de conseiller. Malgré ce
partage de la responsabilité, il essaiera de trouver un juste milieu, c'est-à-dire de n'être ni trop coulant, ni trop tatillon (principe de la proportionalité).

384 Visites d'entreprises et enquêtes dans le cadre de la procédure d'exécution de la sécurité au travail
384.1 Mandat de l'organe d'exécution
384.2 Droit de l'organe d'exécution
384.3 Obligation de l'employeur et des travailleurs
384.4 Rapport d'expertise technique

384.1 Mandat de l'organe d'exécution


Art. 61 OPA
L’organe d’exécution doit constater si l’employeur et les travailleurs ou leur représentation dans l’entreprise respectent bien les prescriptions relatives à la
sécurité au travail, notamment les prescriptions en matière d’appel à des médecins du travail et autres spécialistes de la sécurité au travail / MSST (art.
11a - g OPA).
À cet effet, l’organe d’exécution doit:

constater, au moyen d’un contrôle de système MSST (y compris par des contrôles aléatoires au poste de travail), si les directives de la
MSST sont respectées,
réaliser des enquêtes pour déterminer si les exigences en matière de sécurité et de santé sont remplies selon les art. 12 - 46 OPA / OLT
3,
déterminer s’il y a un besoin en matière de conseil,
déterminer les causes d’un accident.

Tout cela se fait dans le cadre de visites d’entreprises et d’enquêtes.


L’organe de contrôle doit consigner chaque visite d’entreprise et chaque enquête qu’il fait. Il y consignera la visite qu’il a faite, l’entretien qu’il a eu et les
questions qui ont été posées. Les réponses reçues et les vérifications, surtout les constatations de défauts présentant un risque pour la sécurité au
travail, seront notées en détail. Si des solutions sont envisagées et que des mesures concrètes sont exigées, il lui faudra l’indiquer aussi. Si, au cours
d’une visite, il doit procéder à une audition, il consignera les réponses des personnes interrogées.
Les rapports d’enquête sur les accidents ne doivent contenir que des indications servant à déterminer les causes de l’accident. En principe, l’organe

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 162


381 Exécution des prescriptions sur la sécurité au travail Partie 10

d’exécution n’a pas l’autorisation de se prononcer envers des tiers sur l’existence d’une faute (obligation de garder le secret selon l’art. 33 LPGA,
communication des données selon les limites des art. 96 à 98 LAA).

384.2 Droit de l'organe d'exécution


Art. 61 OPA
L'organe d'exécution a le droit, pendant les heures de travail, de visiter une entreprise sans restriction aucune ou d'interroger des personnes. Il n'a pas
l'obligation d'annoncer son passage à l'avance. Dans les cas d'urgence, par exemple quand il y a lieu de craindre que le personnel ne soit gravement mis
en danger , l'employeur doit même lui en permettre l'accès en dehors des heures de travail.
L'organe d'exécution a le droit de faire toutes les vérifications et toutes les enquêtes nécessaires, voire de prélever des échantillons. Les vérifications
peuvent être complétées par des auditions. Les travailleurs peuvent également être entendus sans l'accord exprès de l'employeur et hors de sa
présence.
Si l'accès à l'entreprise ou un renseignement sont refusés à tort à l'organe d'exécution, celui-ci attire l'attention de son interlocuteur sur les dispositions
pénales (art. 113 LAA).
Il ne peut pénétrer de force dans l'entreprise par ses propres moyens: pour ce faire, il lui faut l'appui de la police locale.

384.3 Obligation de l'employeur et du travailleur


Art. 61 OPA

Art. 28 al. 1 LPGA


Pendant les heures de travail, l’employeur a l’obligation d’autoriser à n’importe quel moment aux organes d’exécution compétents l’accès à toutes les
installations et à tous les postes de travail de son entreprise. S’il y a des parties d’entreprise, des installations ou des postes de travail qui, pour des
raisons impératives, ne sont pas accessibles tout le temps (p. ex. parce que le travail s’en trouverait perturbé ou que l’hygiène risquerait d’en pâtir),
l’employeur doit convenir d’un rendez-vous avec l’organe d’exécution. Il incombe à l’employeur de veiller à ce que vérifications, enquêtes et prélèvement
d’échantillons puissent se faire facilement.
L’employeur et les travailleurs sont tenus de fournir scrupuleusement tous les renseignements nécessaires à la sécurité au travail.
Employeurs et travailleurs se rendent punissables s’ils donnent de fausses informations ou refusent de fournir des renseignements (art. 113 LAA), Idem
lorsque l’employeur interdit sans motif valable l’accès de son entreprise à l’organe de contrôle et, par là, empêche ce dernier de recueillir des
renseignements. Les cas échéant, l’organe d’exécution a l’obligation de forcer indirectement l’information ou le passage en menaçant de poursuites
pénales.
Les travailleurs ou leurs représentants dans l'entreprise doivent être consultés ou entendus, de manière appropriée, dans le cadre des visites d’entreprise
et des enquêtes réalisées par les organes d’exécution. A cet effet, les travailleurs peuvent faire valoir leur droit de participation lors de questions touchant
à la sécurité au travail et à la protection de la santé (art. 6a OPA, art. 6 OLT 3, art. 10 LAA). Il ne s’agit pas d’un droit d’être entendu en relation avec
l’octroi du droit d’être entendu au sens de l’art. 64 OPA, mais à une consultation (intervention) à des fins de formation d’opinion.

384.4 Rapport d'expertise technique


Art. 61 al. 3 OPA
Lorsque ni les recherches faites par les organes d’exécution, ni les renseignements donnés par les personnes entendues ne permettent de savoir si l’on
se trouve ou non en présence d’une situation contraire aux règles de la sécurité, on exige de l’employeur qu’il fasse établir par un tiers un rapport
d’expertise technique. Toutefois, comme ces rapports d’expertise coûtent en général assez cher, on tiendra compte du principe de la proportionnalité. En
d’autres termes, le rapport d’expertise ne sera réclamé que s’il y a de graves problèmes à résoudre. Si l’employeur n’est pas disposé à produire un tel
rapport d’expertise, on pourra l’y contraindre au moyen d’une décision attaquable par voie d’opposition.

385 Avertissement à l'employeur dans le cadre de la procédure d'exécution de la sécurité au travail


385.1 Mandat de l'organe d'exécution
385.2 Partenaire compétent de l'entreprise
385.3 Avertissement à l'employeur
385.4 Marche à suivre dans les cas d'urgence

385.1 Mandat de l'organe d'exécution


Art. 62 OPA
L’organe d’exécution explique au partenaire compétent de l’entreprise les résultats du contrôle de système MSST et/ou les dangers qu’il a constatés au
poste de travail, parle avec lui des lacunes sur le plan de la sécurité ou du poste de travail. Lorsqu’il constate des lacunes au poste de travail, l’organe
d’exécution renvoie le partenaire aux objectifs de sécurité à atteindre et propose des mesures de protection déjà connues et possibles. C’est ensuite
l’entreprise qui a l’obligation de choisir ou de développer, d’après les propositions qu’on lui a soumises, celles qui conviennent à ses conditions d’exploitation.

385.2 Partenaire compétent de l'entreprise


Art. 62 OPA
Le partenaire compétent peut être

l'employeur en personne
un suppléant par lui désigné
le cadre responsable d'un service donné

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 163


381 Exécution des prescriptions sur la sécurité au travail Partie 10

les spécialistes de la sécurité au travail ou l'interlocuteur chargé des tâches relatives à la sécurité au travail (PERCO) ou le chargé de
sécurité (COSEC)
les représentants des travailleurs le cas échéant (droit de participation)

385.3 Avertissement à l'employeur


Art. 62 OPA
Si un danger ne peut pas être éliminé immédiatement, un délai approprié est convenu ou fixé par l' organe d'exécution pour le faire. En outre, l'attention
de l'employeur sera attirée sur les objectifs de sécurité non remplis et les mesures de protection proposées. L'avertissement (385) constitue le premier
pas vers la procédure prévue par l'OPA, mais n'a pas encore d'effet juridiquement contraignant. S'il n'est pas observé, l'employeur reçoit une décision
(388) lui enjoignant de façon contraignante de faire le nécessaire.
Les questions de détail touchant à la forme de l'avertissement sont consignées dans une publication spéciale (1381).

385.4 Marche à suivre dans les cas d'urgence


Art. 62 al. 2 OPA
En cas d'urgence, lorsqu'un danger menace, il y a lieu de renoncer à l'avertissement. L'organe d'exécution rend alors une décision (388) exécutable
immédiatement.
Si le danger est imminent et grave, l'organe d'exécution a l'obligation de demander à l'autorité cantonale compétente (393) de prendre les mesures
provisoires nécessaires (392) (Art. 86 LAA).
Les questions de détail touchant à la forme de la marche à suivre sont consignées dans une publication spéciale (1381).

386 Dénonciation concernant la sécurité au travail


386.1 Légitimation de la dénonciation
386.2 Mandat de l'organe d'exécution
386.3 Droits du dénonciateur
386.4 Obligation de garder le secret pour l'organe de surveillance

386.1 Légitimation de la dénonciation


Art. 63 OPA
Toute personne qui a l'impression qu'une entreprise viole les prescriptions sur la sécurité au travail peut s'adresser à un organe d'exécution quelconque.
Peu importe que le dénonciateur soit touché, directement (par ex. comme travailleur) ou indirectement (par ex. comme concurrent ou comme
représentant des intéressés), ou qu'il n'ait aucun intérêt personnel à l'observation des prescriptions. Si la dénonciation est adressée à un organe
d'exécution qui n'est pas compétent pour l'entreprise concernée, celui-ci la fait suivre à qui de droit (453).

386.2 Mandat de l'organe d'exécution


Art. 63 OPA
L'organe d'exécution est tenu d'examiner la plainte avec toute l'attention qu'elle mérite dans un délai utile et de tirer au clair ce qui doit l'être. S'il apparaît
que la dénonciation n'est pas justifiée, l'affaire est considérée comme classée. Dans le cas contraire, il faut, en engagent la procédure d'exécution (385 ,
388 , 390 , 391 , 392) contraindre l'employeur à prendre les mesures de sécurité nécessaires.

386.3 Droits du dénonciateur


Art. 63 OPA
La dénonciation ne confère pas au plaignant le droit d’exiger la liquidation de l’affaire. En d’autres termes, le dénonciateur n’est pas partie à la procédure.
Il ne peut dès lors pas faire de propositions à l’organe d’exécution, ni lui donner de consignes quant à la manière de traiter ou de liquider l’affaire.
Si l’organe d’exécution ne réagit pas après avoir reçu la dénonciation, son auteur peut demander à l’autorité de surveillance d’intervenir.

386.4 Obligation de garder le secret pour l'organe de surveillance


Art. 63 OPA
Même lorsqu'il a affaire à une dénonciation, l'organe d'exécution doit observer l'obligation de garder le secret (452). Par conséquent, il n'a ni le droit
d'informer le dénonciateur des constatations faites en liquidant l'affaire ni celui d'indiquer à l'entreprise l'identité du dénonciateur.

387 Instructions données dans le cadre de la procédure d'exécution de la sécurité au travail


Art. 64 , 65 OPA
Une fois les instructions données, la procédure d'exécution prend un caractère obligatoire et l'on prépare, si besoin est, l'exécution proprement dite (390).
388 Décision dans le cadre de la procédure d'exécution de la sécurité au travail
389 Obligation de rendre compte dans le cadre de la procédure d'exécution de la sécurité au travail

388 Décision dans le cadre de la procédure d'exécution de la sécurité au travail


Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 164
381 Exécution des prescriptions sur la sécurité au travail Partie 10

388.1 Tâches de l'organe d'exécution


388.2 Tâches qui incombent à l'organe d'exécution lorsqu'il faut intervenir immédiatement
388.3 Audition de l'employeur et des travailleurs directement intéressés
388.4 Information des travailleurs à propos de la décision rendue par l'organe d'exécution

388.1 Tâches de l'organe d'exécution


Art. 64 OPA

Art. 49 LPGA
Si l'employeur ne donne pas suite à un avertissement (385) ou si une intervention immédiate (385.4) s'impose, l'organe d'exécution prononce une
décision (388) en conséquence. Il s'agit là d'un ordre impératif avec effet de droit de prendre des mesures d'ordre technique ou comportemental.
Cette décision doit être communiquée par écrit, être désignée comme telle, et attirer l'attention de l'employeur sur les voies de recours qui s'offrent à lui
(Art. 49 LPGA).
Elle doit en outre lui laisser un délai raisonnable pour l'élimination des défauts incriminés et le sommer d'aviser, au plus tard à l'expiration de ce délai,
l'organe de contrôle de l'exécution des mesures ordonnées.
Une publication spéciale (1381) donne plus de détails sur la manière de rendre une décision.

388.2 Tâches qui incombent à l'organe d'exécution lorsqu'il faut intervenir immédiatement
Art. 62 al. 2 OPA
Dans les cas d'urgence où il y a danger imminent (385.4), l'exécution des mesures ne saurait souffrir le moindre retard. L'organe d'exécution doit par
conséquent, sans avertissement préalable, prononcer une décision dans laquelle il indique expressément que l'effet suspensif dont s'accompagnent
habituellement les voies de recours est retiré.
Si la nature particulière du danger rend nécessaires des mesures provisoires (392.2), celles-ci peuvent être ordonnées immédiatement par le biais de
l'autorité cantonale.
Une publication spéciale (1381) donne plus de détails sur la marche à suivre quand une intervention immédiate s'impose.

388.3 Audition de l'employeur et des travailleurs directement intéressés


Art. 64 al. 1 OPA

Art. 84 al. 1 LAA


La décision doit être précédée obligatoirement d'une audition de l'employeur et des travailleurs directement intéressés (455). Cette audition n'est pas
impérative lorsque les circonstances requièrent une intervention immédiate (388.2).
L'audition en question se rapporte aux mesures exigées concrètement. Les chefs d'entreprises et le personnel directement concerné doivent pouvoir
présenter leurs objections éventuelles avant qu'on ne leur impose une décision au caractère obligatoire.
Une publication spéciale (1381) donne plus de détails sur l'audition de l'employeur et des travailleurs directement intéressés.

388.4 Information des travailleurs à propos des décisions


Art. 6a al. 3 OPA
L'employeur est tenu d'informer ses employés ou leurs représentants au sein de l'entreprise sur les dispositions prises par les organes d'exécution. Dans
sa décision, l'organe d'exécution a l'obligation d'ordonner à l'employeur d'informer les travailleurs directement intéressés.

389 Obligation de rendre compte dans le cadre de la procédure d'exécution de la sécurité au travail
389.1 Devoirs de l'employeur
389.2 Tâches de l'organe d'exécution
389.3 Prorogation du délai imparti

389.1 Devoirs de l'employeur


Art. 65 al. 1 OPA
Au plus tard au moment où s'achève le délai qui lui a été imparti, l'employeur doit aviser l'organe d'exécution que les mesures exigées ont été prises.
Cette annonce peut se faire soit de vive voix, soit par écrit.

389.2 Tâches de l'organe d'exécution


Une fois le délai expiré, l'organe d'exécution procède à un contrôle. S'il apparaît que toutes les mesures nécessaires n'ont pas été prises, l'organe
d'exécution doit rétablir l'ordre légal par les moyens de la contrainte administrative (390).

389.3 Prorogation du délai imparti


Art. 65 al. 2 OPA

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 165


381 Exécution des prescriptions sur la sécurité au travail Partie 10

Si l'employeur ne peut pas respecter un délai d'exécution, il doit, avant l'expiration de celui-ci, présenter une demande de prolongation (456). Cette
demande, dûment motivée, sera adressée par écrit à l'organe d'exécution. Les demandes de prolongation ne seront accordées qu'avec une certaine
réserve.
Une publication spéciale (1381) donne plus de détails sur la prolongation des délais.

390 Exécution des mesures dans le cadre de la procédure d'exécution de la sécurité au travail
Art. 66 , 67 , 68, 69 OPA

Art. 54 LPGA
Les décisions sont exécutoires sur la base de l’art. 54 LPGA.
Avec l’exécution proprement dite, la procédure d’exécution (381) de la sécurité au travail entre dans sa phase finale. L’employeur qui, jusqu’à présent,
s’était refusé à rétablir l’ordre légal, doit maintenant y être contraint par des moyens adéquats et appropriés.
391 Augmentation de primes - primes d’assurance - dans le cadre de la procédure d’exécution de la sécurité au travail
392 Autres mesures de contrainte dans le cadre de la procédure d’exécution de la sécurité au travail
393 Contrainte administrative dans la procédure d’exécution en matière de sécurité au travail

391 Augmentation de primes - primes d'assurance - dans le cadre de la procédure d'exécution de la sécurité au travail
391.1 Nature et objectif de l'augmentation de primes
391.2 Application de l'augmentation de primes
391.3 Marche à suivre pour l'augmentation de primes
391.4 Augmentation de primes accompagnée d'autres mesures de contrainte

391.1 Nature et objectif de l'augmentation de primes


Art. 66 OPA
L'augmentation de primes est une mesure de droit administratif. Elle a pour but de contraindre indirectement, en l'occurrence par une charge financière
plus lourde, l'employeur à se conformer aux prescriptions de la sécurité au travail.
L'augmentation est donc une mesure coercitive.

391.2 Application de l'augmentation de primes


Art. 66 OPA
L'augmentation de primes peut être appliquée par l'organe d'exécution

lorsqu'un employeur n'a pas réagi à une décision (388) exécutoire,


lorsqu'un employeur a violé des prescriptions qu'il connaissait bien et créé par là une situation contraire aux règles de la sécurité, qui
dure seulement un court laps de temps, de sorte qu'une décision avec délai d'exécution n'aboutit pas.

391.3 Marche à suivre pour l'augmentation de primes


Art. 66 al. 2 OPA
L'augmentation de primes est ordonnée par l'organe d'exécution qui en indique le début, la durée et l'importance. C'est l'assureur qui la communique au
chef d'entreprise au moyen d'une décision dont il envoie une copie à l'organe d'exécution. L'assureur n'a pas la possibilité de modifier l'ordre donné par
l'organe d'exécution.
Une publication spéciale (1381) donne plus de détails sur la marche à suivre pour l'augmentation des primes.

391.4 Augmentation de primes accompagnée d'autres mesures de contrainte


Art. 66 al. 1, 67 OPA
L'augmentation de primes peut, dans les cas d'urgence notamment, être accompagnée d'autres mesures de contrainte (392) prévues par l'art.. 67 OPA.

392 Autres mesures de contrainte dans le cadre de la procédure d'exécution de la sécurité au travail
392.1 Nature et objectif des autres mesures de contrainte
392.2 Application des mesures de contrainte

392.1 Nature et objectif des autres mesures de contrainte


Art. 67 OPA
On dispose des mesures de contrainte indirecte et des mesures de contrainte directe. Les mesures de contrainte indirecte peuvent être imposées par
l'organe d'exécution lui-même. Pour les mesures de contrainte directe au contraire, le concours de l'autorité cantonale compétente (393) est nécessaire.

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 166


381 Exécution des prescriptions sur la sécurité au travail Partie 10

392.2 Application des mesures de contrainte


Art. 67 OPA

Art. 41 , 42 PA
Les mesures de contrainte doivent être appliquées selon les principes de la proportionnalité. Si un employeur ne réagit pas à une décision exécutoire,
l’organe d’exécution compétent peut, en faisant appel, s’il le faut, à l’autorité cantonale compétente (393) pour la contrainte administrative, prendre, en
plus ou à la place d’une augmentation de prime, l’une des mesures de contrainte suivantes (391):

Exécution aux frais de l’obligé: autrement dit, la mesure exigée est prise par l’organe d’exécution, ou par un tiers qui agit en son nom,
mais c’est l’employeur qui paie.
Exécution directe sur la chose: on demande par exemple à l’autorité cantonale compétente d’en empêcher l’utilisation (393).
Poursuite pénale, en particulier selon les art. 112 LAA.

Si la vie ou la santé des travailleurs est directement et sérieusement menacée, l’organe d’exécution compétent demande à l’autorité cantonale
compétente pour la contrainte administrative de prendre les mesures de contrainte provisoires ci-après:

Empêcher l’utilisation de locaux ou d’installations.


Confiscation de substances et d’objets.
Fermeture de l’entreprise ou de parties de celle-ci.

Une publication spéciale (1381) donne plus de détails sur la marche à suivre lors de l’application de mesures de contrainte.

393 Contrainte administrative dans la procédure d'exécution en matière de sécurité au travail


Art. 68 OPA
Si l'on s'aperçoit que la contrainte administrative, c.-à-d. le recours à la force publique, s'impose, la compétence des organes d'exécution ne suffit plus.
Pour les cas de ce genre, les cantons ont désigné une autorité adéquate qui a elle-même pouvoir de police ou peut en disposer. Les organes d'exécution
ont le droit de faire appel à elle pour lui demander de prendre des mesures désignées concrètement de contrainte directe.
La liste des autorités annoncées par les cantons à la CFST figure dans (1112).
Une publication spéciale (1381) donne plus de détails sur la marche à suivre lors de l'application de mesures de contrainte.

394 Autorisation de déroger aux prescriptions dans le cadre de la sécurité au travail


394.1 Prescriptions et mesures concrètes et abstraites
394.2 Tâche de l'employeur
394.3 Tâche de l'organe d'exécution
394.4 Exemples typiques d'autorisations de déroger

394.1 Prescriptions et mesures concrètes et abstraites


Art. 69 OPA
L’employeur est tenu de prendre, pour assurer la sécurité au travail, toutes les dispositions et mesures de protection qui répondent aux prescriptions de
l’OPA, aux autres dispositions sur la sécurité au travail applicables à son entreprise et aux règles reconnues en matière de technique de sécurité et de
médecine du travail (art. 3 OPA).
Pour bon nombre des équipements de travail utilisés aujourd’hui dans les entreprises, il n’existe, comme pour d’autres constructions, pas de prescriptions
concrètes pouvant être appliquées telles quelles. Dans ces cas, les mesures nécessairement applicables et appropriées pour la protection des travailleurs
doivent être prises selon les principes en vigueur de la technique de sécurité. De ce fait, toute mesure permettant d’atteindre l’objectif de sécurité donné
est autorisée. Une dérogation ne doit donc pas être demandée.
Pour certaines installations techniques et pour atteindre certains objectifs de sécurité, des mesures souvent concrètes sont par ailleurs prescrites. Si un
employeur désire déroger à une telle mesure, il doit demander une autorisation.

394.2 Tâche de l'employeur


Art. 69 al. 1 OPA
L'employeur doit présenter par écrit à l'organe d'exécution compétent la demande d'autorisation de déroger.
Dans sa demande, l'employeur doit soit expliquer quelle est l'autre mesure aussi efficace lui permettant d'atteindre l'objectif de sécurité, soit démontrer
que l'application de la prescription conduirait à une rigueur excessive et que la dérogation ne compromet pas la protection des travailleurs.
Art. 69 al. 2 OPA
Avant de présenter sa demande, l'employeur doit accorder à ses employés concernés ou à leurs représentants au sein de l'entreprise le droit d'être
consultés au sens de l'art. 6a OPA. Il doit en outre consigner le résultat de cette consultation dans sa demande.

394.3 Tâche de l'organe d'exécution


Art. 69 al. 3 OPA
L'organe d' exécution notifie par écrit à l'employeur sa prise de position concernant sa demande sous forme de décision.

L'employeur doit porter à la connaissance des travailleurs intéressés, de manière appropriée, l'autorisation qui lui a été accordée. Il doit en outre rendre
Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 167
381 Exécution des prescriptions sur la sécurité au travail Partie 10

ses employés attentifs aux éventuelles prescriptions de comportement liées à l'autorisation et veiller à ce que celles-ci soient respectées.
Art. 69 al. 4 OPA
Avant d'accorder l'autorisation, les organes cantonaux d'exécution requièrent le rapport de l'organe fédéral d'exécution et, par son intermédiaire, celui de
la Suva (Caisse nationale suisse d'assurance en cas d'accidents).
Dans ses décisions, l'organe d'exécution considérera que des prescriptions concrètes permettent aussi dans de nombreux cas certaines dérogations et
qu'avec l'évolution de la technique d'autres mesures, même meilleures, peuvent être trouvées pour atteindre l'objectif de protection.

394.4 Exemples typiques d'autorisations de déroger


Il peut être indiqué pour certains travaux légers exceptionnels d'autoriser le transport de personnes avec des installations qui, normalement, ne sont pas
admises pour cela. C'est le cas tout particulièrement lorsque l'utilisation d'autres moyens n'est pas possible ou constituerait même un risque plus
important. Dans ce cas, les prescriptions particulières à observer seront consignées dans l'autorisation.
Il peut arriver que dans une entreprise déterminée une mesure technique ne soit pas prise, l'objectif de sécurité pouvant toutefois être atteint avec des
prescriptions comportementales. Les prescriptions en question seront consignées dans l'autorisation. L'employeur sera tenu de veiller à ce qu'elles soient
observées.

395 Banque de données en matière de sécurité au travail de la CSFT


Art. 69a VUV
La banque de données relatives é l'exécution des prescriptions sur la sécurité au travail de la commission fédérale de coordination sert à l'information
mutuelle des organes d'exécution.

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 168


400 Prévention dans le domaine de la médecine du travail Partie 11

400 Renseignements concernant l'OPA: prévention dans le domaine de la médecine du travail


Art. 70 , 71 , 72 , 73 , 74 , 75 , 76 , 77 , 78 , 79 , 80 , 81 , 82 , 83 , 84 , 85 , 86 , 87 , 88 , 89 OPA
403 Assujettissement aux prescriptions de la prévention dans le domaine de la médecine du travail

404 Examens préventifs dans le domaine de la médecine du travail

412 Exclusion de travailleurs menacés, dans le cadre de la prévention dans le domaine de la médecine du travail

417 Droits du travailleur dans le cadre de la prévention dans le domaine de la médecine du travail

403 Assujettissement aux prescriptions de la prévention dans le domaine de la médecine du travail


403.1 Prévention des maladies professionnelles
403.2 Prévention des risques d'accidents inhérents à la personne du travailleur

403.1 Prévention des maladies professionnelles


Art. 70 OPA
Lorsqu'une entreprise, une partie d'entreprise ou un travailleur est soumis aux prescriptions de la prévention dans le domaine de la médecine du travail,
cela signifie que des examens médicaux préventifs (405) destinés à prévenir les maladies professionnelles doivent être réalisés. Ces examens
comprennent d'une part des examens cliniques d'embauche (406), de contrôle (407) et ultérieurs (408), et d'autre part la surveillance au poste de travail
des effets qu'ont les substances nocives: on opère là par des méthodes de surveillance biologique, qui consistent à déceler ces substances nocives ou
leurs métabolites dans l'air respiratoire, dans le sang ou dans l'urine, ou alors à déceler des substances indicatrices, spécifiques ou non, dans le sang ou
dans l'urine. Les examens cliniques et la surveillance biologique peuvent se faire séparément ou simultanément.
L'expérience montre que même lorsque les mesures d'ordre technique visant à prévenir les maladies professionnelles sont prises et que les équipements
de protection individuelle (EPI) sont portés, des atteintes à la santé au poste de travail peuvent survenir, provoquées par l'action d'agents chimiques ou
physiques. Si les valeurs VME (1344.4) sont respectées, la grande majorité des travailleurs en bonne santé seront à l'abri d'une atteinte à la santé
d'origine professionnelle. Toutefois, les examens médicaux préventifs sont quand même nécessaires pour les raisons suivantes:

Même si les valeurs VME sont respectées, il peut y avoir des substances nocives qui, dans certaines circonstances, engendrent des
maladies professionnelles. (L'absorption par les poumons est variable: certaines substances pénètrent également dans l'organisme par la
peau ou le tube digestif. Le stockage hépatique de ces substances nocives et leur élimination par les reins varient aussi d'un individu à
l'autre.)
Il est des substances nocives qui peuvent donner lieu à des sensibilisations (allergies) même à de faibles concentrations.
Pour les substances cancérogènes ou allergènes, il est souvent difficile d'indiquer un seuil de sécurité.
Les travailleurs qui présentent un état antérieur maladif d'origine non professionnelle risquent des ennuis de santé même lorsqu'ils
s'exposent à des concentrations qui demeureraient sans conséquences pour la plupart des gens.

La question de l'assujettissement aux prescriptions de la prévention dans le domaine de la médecine du travail se pose dans les circonstances suivantes:

Lorsque, en enquêtant sur une maladie professionnelle, on s'aperçoit que les travailleurs d'une entreprise ou d'une partie d'entreprise
présentent déjà des maladies d'origine professionnelle.
Lorsque l'on a affaire à certaines catégories de risques pour lesquelles on procède systématiquement à une enquête.
Lorsqu'une entreprise ou un travailleur exige une enquête sur les substances nocives aux postes de travail.
Lorsque, pour d’autres raisons et malgré la mise en place de mesures techniques, on peut supposer qu’il y a des risques spécifiques
pour les travailleurs.

C'est la division médecine du travail de la Suva qui décide s'il y a lieu ou non d'assujettir quelqu'un aux prescriptions de la prévention dans le domaine de la
médecine du travail. Elle prend sa décision en se basant sur l'expérience générale dans le domaine de la médecine du travail, sur les troubles de santé
déjà connus par ce qui est arrivé à d'autres personnes occupées à des postes de travail analogues, sur ce que l'on sait grâce aux méthodes biologiques
de surveillance et sur les concentrations de substances nocives mesurées dans l'air.
L’assujetissement aux prescriptions sur la prévention dans le domaine de la médecine du travail fait l’objet d'une décision écrite. Lorsqu’une
disposition s’applique uniquement à une partie ou à un service de l’entreprise, cela est consigné dans la décision. Pour les travailleurs, cette décision ne
peut avoir qu’une portée individuelle.
L'assujettissement provisoire aux prescriptions est décidé lorsqu'on n'en sait pas encore suffisamment sur les conditions de travail dans l'entreprise. Dans
ce cas-là, on observe pendant un certain temps (quatre ans au maximum) l’état de santé des travailleurs tout en analysant les résultats de la
surveillance biologique et les concentrations de substances nocives relevées lors des mesures de l'air. Ces observations permettent, au bout de quatre
ans ou dans un laps de temps plus court, de savoir si l'assujettissement provisoire doit être rendu définitif ou, au contraire, annulé.
Pour certaines catégories d'entreprises ou certains genres de travaux, le Département fédéral de l'intérieur peut édicter des prescriptions sur la prévention
des maladies professionnelles, par exemple au moyen de la directive:Appel à des médecins du travail et autres spécialistes de la sécurité au travail. Cette
directive obligatoire pour certaines entreprises se fonde sur les art. 11a à 11g (307A) de l’Ordonnance sur la prévention des accidents et des maladies
professionnelles, OPA (1403.1).

403.2 Prévention des risques d'accidents inhérents à la personne du travailleur


Art. 70 OPA
Les travailleurs qui, par suite d'une maladie ou d’un accident, courent un risque accru en effectuant tels ou tels travaux, peuvent être exclus de ces
travaux (exemples: sous no (414.4). Pour mieux les mettre à l'abri de ces activités dangereuses, on peut les assujettir aux prescriptions de la prévention
dans le domaine de la médecine du travail. Pour ce qui est de signaler les travailleurs qui, du fait de leur maladie ou par suite d’accident, courent un risque
accru, on voudra bien se reporter à l'obligation d'annoncer dont parle l'art. 79 OPA (414.1). Dès qu'un travailleur en danger a été signalé à qui de droit,
une décision d'assujettissement est prise lorsque la personne concernée doit être déclarée inapte ou conditionnellement apte.

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 169


400 Prévention dans le domaine de la médecine du travail Partie 11

404 Examens préventifs dans le domaine de la médecine du travail


Art. 71 , 72 , 73 , 74 , 75 , 76 , 77 OPA
405 Prévention des maladies professionnelles par des examens préventifs
406 Examens d'embauche dans le cadre de la prévention dans le domaine de la médecine du travail
407 Examens de contrôle dans le cadre de la prévention dans le domaine de la médecine du travail
408 Examens ultérieurs dans le cadre de la prévention dans le domaine de la médecine du travail
409 Indemnisation du travailleur pour les examens préventifs
410 Carnet de contrôle / certificat d’aptitude pour la prévention dans le domaine de la médecine du travail / des travailleurs exposés aux radiations
411 Inobservation des règles concernant les examens médicaux préventifs

405 Prévention des maladies professionnelles par des examens préventifs


Art. 71 OPA
Les travailleurs soumis par décision aux prescriptions de la prévention dans le domaine de la médecine du travail doivent passer des examens médicaux
préventifs.
Pour ces examens, l’employeur a une grande part de responsabilité. Il doit veiller à ce que tous les travailleurs concernés soient examinés. En outre, il
doit communiquer à la division médecine du travail de la Suva les noms des travailleurs exerçant leur activité dans les secteurs assujettis. Ensuite, il doit
annoncer à la Suva l’arrivée ou le départ de collaborateurs suffisamment tôt afin que des examens puissent être planifiés à temps. Il doit en particulier se
mettre en rapport avec un médecin qualifié qui pratique à proximité de l’entreprise ou avec un hôpital pour régler avec lui les formalités administratives.
Conformément à la décision d’assujettissement, la division médecine du travail de la Suva envoie à l’entreprise les formules d’examen personnelles qui
sont nécessaires au médecin pour l’examen. Elles lui permettent ainsi d’exercer un certain contrôle et de délimiter le cadre de l’examen. Une fois que le
médecin compétent les a remplis, il faut les renvoyer à la division médecine du travail de la Suva.

Si un employeur a l’impression que son personnel est sérieusement menacé, il lui incombe d’informer la Suva et de lui proposer des examens médicaux
préventifs. De même, le médecin-examinateur a le devoir d’avertir la Suva sans délai lorsqu’il constate qu’une personne est tout particulièrement
menacée et est obligée, pour cette raison, d’abandonner son activité.
La Suva peut également procéder elle-même aux examens préventifs. Elle le fait là où le nombre de personnes à examiner dépasse les possibilités des
médecins entrant en linge de compte. C’est le cas par exemple des quelque 350 000 personnes exposées au bruit, qui subissent un contrôle de l’ouïe
dans les audiomobiles de la Suva.

406 Examens d'embauche dans le cadre de la prévention dans le domaine de la médecine du travail
406.1 Examens d'embauche en général
406.2 Examens d'embauche au cours d'examens en série
406.3 Examens d'embauche pour les travailleurs appelés à accomplir leur tâche dans l'air comprimé.

406.1 Examens d'embauche en général


Art. 72 OPA
On procède à un examen d’embauche:

lorsque quelqu’un entre au service d’une entreprise soumise aux prescriptions relatives à la prévention dans le domaine de la médecine
du travail,
lorsque, dans une seule et même entreprise, un travailleur passe d’une partie non assujettie à une partie assujettie à la prévention dans
le domaine de la médecine du travail,
chez les travailleurs occupés dans un secteur nouvellement assujetti à la prévention dans le domaine de la médecine du travail.

Ces travailleurs-là, l’employeur doit les signaler à la Suva au plus tard dans les trente jours qui suivent le début de leur occupation dans les conditions
incriminées. A la Suva, le secteur prévention médecine du travail (AMV) voit, grâce à ses dossiers, si le travailleur a déjà une décision d’aptitude pour
l’occupation en question. S’il n’en est rien, elle invite l’employeur à faire un examen d’embauche dans les trente jours. Une fois celui-ci réalisé, la Suva
informe l’employeur et, par lui, les travailleurs de la décision prise en matière d’aptitude et leur communique la date du prochain examen de contrôle
(407).

406.2 Examens d'embauche au cours d'examens en série


Art. 72 OPA
Avec ses audiomobiles, la Suva (CNA) ne procède normalement qu'à des examens en série. Les nouveaux travailleurs, qui seront occupés dans un
secteur bruyant et présentant un risque, ne doivent être annoncés à la Suva que si la décision d'assujettissement le demande expressément.

406.3 Examens d'embauche pour les travailleurs appelés à accomplir leur tâche dans l'air comprimé
Art. 72 al. 3 OPA
Les personnes qui ont à travailler dans l'air comprimé (travaux en caisson et en plongée, p. ex.) doivent être immédiatement signalées à la Suva (CNA).
On n'a d'ailleurs pas le droit de recourir à leurs services pour ce genre de tâches tant que la Suva n'a pas donné le feu vert pour l'aptitude, ce qui se fait
sous forme d'un certificat d'aptitude que reçoivent patron et travailleur.

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 170


400 Prévention dans le domaine de la médecine du travail Partie 11

407 Examens de contrôle dans le cadre de la prévention dans le domaine de la médecine du travail
407.1 Examens de contrôle en général
407.2 Examens de contrôle sous la forme d'examens en série
407.3 Dispense de l'obligation de se soumettre à l'examen de contrôle

407.1 Examens de contrôle en général


Art. 73 OPA
Après les examens d’embauche doivent avoir lieu des examens de contrôle dont les intervalles sont fixés par les médecins du travail de la Suva (CNA).
En règle générale, ces intervalles sont standardisés. Si, pour des raisons médicales, il faut fixer un autre délai, on tient compte des résultats de l’examen
ainsi que des conditions et des circonstances dans lesquelles le travailleur doit accomplir sa tâche.
Un examen de contrôle peut aussi consister en un examen de surveillance biologique ou en un examen clinique à moins de combiner ces deux
méthodes.
Une fois l’examen de contrôle réalisé, la Suva informe l’employeur et, par lui, le travailleur de la décision prise en matière d’aptitude et leur communique la
date du prochain examen de contrôle.

Lors du prochain examen de contrôle, la Suva envoie à l’entreprise les formules d’examen personnelles qui sont nécessaires au médecin pour l’examen. Il
incombe à l’employeur de veiller à ce que l’examen de contrôle se fasse bien à la date prévue.
Ils donnent au médecin-examinateur les renseignements nécessaires sur l’étendue et le déroulement de l’examen.

407.2 Examens de contrôle sous la forme d'examens en série


Art. 73 OPA
Dans le cadre des examens en série qui se font à bord des audiomobiles de la Suva (CNA), les examens de contrôle requis sont effectués suivant le
planning de la Suva. Les employeurs sont avertis à temps de l'arrivée de l'audiomobile et priés de fournir à la Suva en temps opportun les informations
requises sur les travailleurs devant être examinés.
Sur la base des résultats de l'examen en série, on peut convoquer les travailleurs pour de nouveaux examens. L’employeur reçoit un rapport final sur les
examens de série.

407.3 Dispense de l'obligation de se soumettre à l'examen de contrôle


Art. 73 al. 2 OPA
Si, à la date de l’examen de contrôle, un travailleur exécute des tâches hors de son secteur assujetti à la prévention dans le domaine de la médecine du
travail, il n’est pas nécessaire de procéder audit examen, mais la Suva (CNA) doit en être informée. S’il retravaille dans ce secteur, il doit passer
l’examen dans un délai de 30 jours. S’il quitte définitivement ce secteur et n’exerce aucune activité assujettie, son départ doit lui être annoncé.

408 Examens ultérieurs dans le cadre de la prévention dans le domaine de la médecine du travail
Art. 74 OPA
Les examens ultérieurs sont prévus pour les personnes qui, dans le passé, ont travaillé au contact de substances désignées par la Suva. Il s’agit
principalement de substances cancérigènes.
Lorsque le travailleur est encore dans l’entreprise où il a été exposé dans le passé, celle-ci doit organiser l’examen ultérieur dans le cadre d’un mandat de
la Suva. Après la réalisation de l’examen ultérieur, la Suva informe l’employeur et le travailleur des dispositions à prendre sur le plan médical et leur
communique la date du prochain examen ultérieur.
Lorsque le travailleur a quitté l’entreprise où, dans le temps, a eu lieu l’exposition, l’examen ultérieur se fait en général par entente directe entre lui et la
Suva.
Pour qu’une surveillance des travailleurs ayant été autrefois exposés soit garantie, les employeurs sont tenus d’annoncer à la Suva les départs et les
mises à la retraite. En principe, le travailleur est indemnisé comme pour les examens d’embauche et de contrôle (409). Cependant, une allocation pour
perte de gain n’est versée qu’en cas de perte de gain effective. Les frais occasionnés par l’examen proprement dit, p. ex. les honoraires du médecin et
les frais de laboratoire, sont directement payés au médecin par la Suva.

409 Indemnisation du travailleur pour les examens préventifs


Art. 75 OPA
La Suva prend en charge les frais suivants occasionnés par les examens préventifs:

frais de voyage
frais d’entretien (en partie)
frais de logement
perte de salaire dans le cadre du gain maximal assuré en vertu de l’art. 15 LAA (204.8)

Si, pendant la durée de l’examen préventif, le travailleur perçoit la totalité de son salaire et ne subit donc pas de perte de gain, l’allocation pour perte de
gain est alors versée à l’employeur.
Lesdits frais doivent être facturés à l’aide de la formule remise par la Suva. Pour les examens en série, une facture globale peut être envoyée au secteur
prévention médecine du travail de la Suva (selon indication spéciale).

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 171


400 Prévention dans le domaine de la médecine du travail Partie 11

En outre, la Suva paie directement les frais occasionnés par l’examen proprement dit (p. ex. honoraires du médecin, frais de laboratoire) de sorte que
l’employeur et le travailleur n’ont pas à s’en occuper.

410 Carnet de contrôle / certificat d’aptitude pour la prévention dans le domaine de la médecine du travail / des
travailleurs exposés aux radiations
Art. 76 OPA
Du temps où l'ordonnance du 23 décembre 1960 relative à la prévention des maladies professionnelles était en vigueur, des carnets de contrôle ne
pouvaient être remis qu'aux assurés occupés dans l'industrie du bâtiment et du génie civil, les mines, les carrières, les entreprises de taille de pierres, ainsi
que dans les installations de concassage et triage de matériaux pierreux. La nouvelle ordonnance sur la prévention des accidents et des maladies
professionnelles (OPA) permet, à l'art. 76 , de remettre des carnets de contrôle/certificats d’aptitude à tous les travailleurs exposés à des risques
particuliers.
Travailleurs exposés à des radiations:

Le document dosimétrique édité par l’Office fédéral de la santé publique est remis gratuitement par le service de dosimétrie individuelle chargé de surveiller
le personnel qui, dans l’exercice de sa profession, est exposé à des radiations. L’employeur est tenu d’enregistrer les doses accumulées. Il doit remettre
le document dosimétrique personnel avec les données consignées à la personne qui, dans l’exercice de sa profession, est exposée à des radiations lors
de la cessation des rapports de travail ou lorsque cette dernière accepte une mission temporaire dans une autre entreprise

411 Inobservation des règles concernant les examens médicaux préventifs


411.1 Omission de l'examen
411.2 Refus du travailleur de se soumettre à un examen

411.1 Omission de l'examen


Art. 77 OPA
Du fait de l’assujettissement selon l’art. 70 OPA, les employeurs sont tenus d’annoncer les travailleurs concernés à la division médecine du travail de la
Suva. A réception de la réponse, ils doivent organiser en temps utile l’examen d’embauche (406) et, ultérieurement, à la date fixée, l’examen de contrôle
(407).
Si l’examen d’embauche ou l’examen de contrôle n’a pas eu lieu dans le délai fixé, le travailleur n’a pas le droit d’être employé dans un secteur assujetti à
la prévention dans le domaine de la médecine du travail tant que l’examen n’a pas été effectué et que la Suva ne s’est pas prononcée sur l’aptitude
(413).
Les personnes prévues pour une activité dans l’air comprimé (406.3) ne peuvent en aucun cas accomplir de tels travaux tant que la Suva n’a pas pris
une décision définitive concernant l’aptitude.
Pour les travaux souterrains à la chaleur (1411.1), la Suva exige également un examen avant l’entrée en activité.

411.2 Refus du travailleur de se soumettre à un examen


Art. 77 al. 2 OPA

Art. 21 al. 1 LPGA


Si le travailleur n'est pas disposé à se soumettre aux examens médicaux nécessaires, l'employeur n'a pas le droit de l'occuper dans les domaines et
activités soumis à la prévention médicale.
Conformément à l’art. 21 al. 1 LPGA et art. 77 al. 2 OPA, les prestations d'assurance (204.7) seront réduites ou refusées de façon permanente ou
temporaire aux travailleurs qui se seraient soustraits aux examens médicaux nécessaires

s'ils contractent une maladie professionnelle qui pourrait être en relation avec le refus d'examen,
si une maladie professionnelle s'aggrave du fait du refus de l'examen,
s'ils sont victimes d'un accident professionnel dû à un risque inhérent à leur personne (403.2).

412 Exclusion de travailleurs menacés, dans le cadre de la prévention dans le domaine de la médecine du travail
413 Décision sur l'aptitude de l'employé dans le cadre de la prévention dans le domaine de la médecine du travail
414 Obligation d'annoncer dans le cadre de la prévention dans le domaine de la médecine du travail.
415 Effet des décisions prises dans le cadre de la prévention dans le domaine de la médecine du travail
416 Inobservation d'une décision rendue dans le cadre de la prévention dans le domaine de la médecine du travail

413 Décision sur l'aptitude de l'employé dans le cadre de la prévention dans le domaine de la médecine du travail
413.1 Aptitude au sens de la prévention dans le domaine de la médicine du travail
413.2 Inaptitude au sens de la prévention dans le domaine de la médecine du travail
413.3 Aptitude conditionnelle au sens de la prévention dans le domaine de la médecine du travail
413.4 Inaptitude pour mise en danger par exposition aux radiations dans l'exercice de la profession
413.5 Forme et contenu de la décision pour inaptitude ou aptitude conditionnelle

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 172


400 Prévention dans le domaine de la médecine du travail Partie 11

413.1 Aptitude au sens de la prévention dans le domaine de la médicine du travail


Art. 78 , 79 , 80 , 81 OPA
Si les examens médicaux font ressortir qu'un travailleur est en mesure de s'acquitter de sa tâche, son employeur, et lui-même de ce fait, en est informé
par écrit. Cet écrit dit par la même occasion à quelle date le prochain examen de contrôle devra se faire. L'aptitude reconnue est valable jusqu'au
moment du prochain contrôle. Si, toutefois, il y a lieu de la remettre en cause avant l'heure, la Suva doit en être immédiatement avertie par le patron.

413.2 Inaptitude au sens de la prévention dans le domaine de la médecine du travail


Art. 78 OPA
La Suva peut exclure temporairement ou de façon durable un travailleur d'un travail dangereux pour lui, c'est-à-dire rendre une décision d'inaptitude ,
lorsque le résultat des examens médicaux démontre que ce travailleur serait sérieusement menacé dans sa santé en continuant l'activité exercée
jusqu'alors. Une telle prise de position est annoncée sous forme de décision au travailleur, avec copie à l'employeur.

413.3 Aptitude conditionnelle au sens de la prévention dans le domaine de la médecine du travail


Art. 78 OPA
La Suva rend une décision d'aptitude (413.1) conditionnelle lorsque les examens médicaux démontrent que, à son poste de travail habituel comme à un
nouveau poste, la personne en question ne peut travailler que sous certaines conditions.
Les conditions, qu'il doit respecter sont communiquées au travailleur en même temps que la décision, avec copie à l'employeur lequel se doit de les
respecter. Il peut s'agir là notamment de mesures de protection individuelles supplémentaires ou d'une autorisation limitée pour accomplir des travaux
bien précis.

413.4 Inaptitude pour mise en danger par exposition aux radiations dans l'exercice de la profession
Sont applicables ici les dispositions spéciales de l'ordonnance concernant la protection contre les radiations (chapitre 4) (1413.4).

413.5 Forme et contenu de la décision pour inaptitude ou aptitude conditionnelle


Art. 78 OPA
La décision est envoyée au travailleur. L’employeur en reçoit une copie parce que, en vertu de l’art. 80 OPA, il est solidairement responsable de son
exécution.
Les décisions attirent l’attention sur la possibilité, pour la personne concernée, de recevoir des conseils personnels (418).
La décision mentionne la possibilité d’obtenir une indemnité journalière temporaire (419 , 420 , 421) ou, dans certaines conditions, une indemnité pour
changement d’occupation (422 , 423 , 424) en cas de déclaration d’inaptitude définitive ou d’inaptitude partielle.
La décision doit être accompagnée d’une indication des voies d’opposition attirant l’attention sur le fait qu’elle peut être attaquée dans les 30 jours par une
opposition écrite, motivée et adressée à l’autorité qui l’a rendue.

414 Obligation d'annoncer dans le cadre de la prévention dans le domaine de la médecine du travail.
414.1 Principes de l'obligation d'annoncer dans le cadre de la prévention dans le domaine de la médecine du travail
414.2 Symptômes permettant de supposer l'inaptitude à l'accomplissement de certaines tâches
414.3 Risque de maladie professionnelle inhérents à une personne
414.4 Risques d'accidents professionnels inhérents à une personne

414.1 Principes de l'obligation d'annoncer dans le cadre de la prévention dans le domaine de la médecine du travail
Art. 79 OPA
Lorsqu'une entreprise ou une partie d'entreprise est soumise aux prescriptions de la prévention dans le domaine de la médecine du travail (403), la Suva
est informée du résultat des examens auprès des travailleurs.
Les travailleurs d'une entreprise ou d'une partie d'entreprise non assujettie à la prévention dans le domaine de la santé au travail doivent être annoncés à
la Suva lorsqu'il y a lieu de douter de leur aptitude à mener à bien les tâches qu'on leur a confiées. Cette obligation vaut pour:

les organes d'exécution de la sécurité au travail,


les assureurs,
l'employeur.

Après en avoir été avisé, la Suva étudie le cas pour savoir si le travailleur concerné est apte , inapte ou apte dans certaines conditions. Elle prend ensuite
la décision correspondante.

414.2 Symptômes permettant de supposer l'inaptitude à l'accomplissement de certaines tâches


Art. 79 OPA
L'inaptitude peut être supposée:

lorsque le sujet présente une allergie à certaines substances et/ou exerce une activité susceptible de porter considérablement atteinte à
la santé (414.3),
lorsque certaines altérations des fonctions corporelles risquent d’entraîner des accidents professionnels (414.4).

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 173


400 Prévention dans le domaine de la médecine du travail Partie 11

414.3 Risque de maladie professionnelle inhérents à une personne


Art. 79 OPA
Ceci concerne avant tout les réactions d'hypersensibilité (allergies). Dans ces cas-là, même de très faibles quantités de substances nocives peuvent
déclencher une maladie. En règle générale, une personne allergique à telle ou telle substance le reste toute sa vie, tant et si bien qu'une rechute est à
craindre dès que le travailleur a de nouveau affaire à la substance en cause.

414.4 Risques d'accidents professionnels inhérents à une personne


Art. 79 OPA
Il y a des activités qui mettent à rude épreuve la capacité fonctionnelle de l’organisme. Les troubles fonctionnels suivants peuvent présenter des risques
d’accident pendant certains activités et justifient donc une décision d’inaptitude:
Troubles visuels
Sérieux troubles de l’acuité visuelle, du sens des couleurs, de la vision stéréoscopique ou du champ visuel (pour les travaux où il faut pouvoir distinguer un
danger qui approche, pour les travaux où un danger quelconque est signalé à l’aide d’une couleur bien précise, pour les travaux où il faut pouvoir dire à
quelle distance se trouve une source de danger ou pour les travaux où il y a un danger qui menace sur le côté).
Troubles de l’ouïe
Sérieux troubles de l’acuité auditive (pour les travaux où il faut pouvoir entendre un danger qui approche).
Troubles de l’équilibre
Les troubles de l’équilibre et les accès de vertige (pour les travaux où l’on risque de chuter ou de tomber dans des machines en marche, dans des
liquides ou des installations électriques).

Troubles du système nerveux


Troubles de la connaissance survenant par accès, y compris les crises d’épilepsie (pour les travaux où l’on risque de chuter ou de tomber dans des
machines en marche, dans des liquides ou des installations électriques).
Troubles de l’appareil locomoteur
Paralysies, faiblesses musculaires ou autres troubles, notamment au niveau des jambes (lorsqu’il faut pouvoir fuir vite en cas de danger).
Troubles de l’appareil respiratoire
Essoufflement rapide lors d’efforts physiques (alors qu’il faut pouvoir fuir vite en cas de danger).
Troubles circulatoires
Essoufflement rapide lors d’efforts ou angine de poitrine (alors qu’il faut pouvoir fuir vite en cas de danger).
Troubles de la connaissance dus à des troubles circulatoires (pour les travaux où l’on risque de chuter ou de tomber dans des machines en marche, dans
des liquides ou des installations électriques).
Troubles métaboliques
Manques sporadiques de sucre dans le sang ou paralysies subites (pour les travaux où l’on risque de chuter ou de tomber dans des machines en
marche, dans des liquides ou des installations électriques).

415 Effet des décisions prises dans le cadre de la prévention dans le domaine de la médecine du travail
415.1 Principes concernant les décisions prises dans le cadre de la prévention dans le domaine de la médecine du travail
415.2 Décision d'aptitude au sens de la prévention dans le domaine de la médecine du travail
415.3 Décision d'inaptitude au sens de la prévention dans le domaine de la médecine du travail
415.4 Décision d'aptitude conditionnelle au sens de la prévention dans le domaine de la médecine du travail
415.5 Obligation du travailleur dans le cadre des décisions relevant de la prévention dans le domaine de la médecine du travai l

415.1 Principes concernant les décisions prises dans le cadre de la prévention dans le domaine de la médecine du travail
Art. 80 OPA
Après chaque examen médical relevant de la prévention dans le domaine de la médecine du travail, la division médecine du travail de la Suva donne son
appréciation. Le cas échéant, elle ordonne une mesure d’instruction complémentaire au niveau médical ou administratif.
La décision, prise au final par la division médecine du travail de la Suva, est communiquée au travailleur intéressé et à son employeur par la Suva. Il peut
s’agir d’une décision:

d’aptitude (415.2),
d’inaptitude temporaire ou permanente (415.3),
d’aptitude conditionnelle (415.4) au sens de la prévention dans le domaine de la médecine du travail.

415.2 Décision d'aptitude au sens de la prévention dans le domaine de la médecine du travail


Art. 80 al. 1 OPA
La décision d’aptitude conserve sa validité jusqu’à la date fixée pour le prochain examen de contrôle si elle n’est pas remise en question avant ladite date
(413.1) ou si rien ne s’y oppose dans la déclaration d’aptitude émise par la Suva.

415.3 Décision d'inaptitude au sens de la prévention dans le domaine de la médecine du travail


Art. 80 al. 3 OPA

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 174


400 Prévention dans le domaine de la médecine du travail Partie 11

L'inaptitude est communiquée au travailleur par une décision en bonne et due forme dont l'employeur reçoit une copie (413.2).
Si l'inaptitude est permanente, il y a, pour le travailleur concerné, interdiction de continuer à exercer l'activité dangereuse. Cette interdiction prend effet
soit immédiatement, soit à la date indiquée par la décision.
Si l'inaptitude est temporaire, il y a pour le travailleur concerné, interdiction de continuer à exercer l'activité dangereuse. Cette interdiction prend effet soit
immédiatement, soit à la date indiquée par la décision, et persiste jusqu'à ce qu'une nouvelle décision ait été rendue à la suite d'un nouvel examen
relevant de la prévention dans le domaine de la médecine du travail. La date du nouvel examen est communiquée au travailleur concerné.

415.4 Décision d'aptitude conditionnelle au sens de la prévention dans le domaine de la médecine du travail
Art. 80 al. 2 OPA
L'aptitude conditionnelle est communiquée au travailleur par une décision en bonne et due forme dont l' employeur reçoit une copie (413.3).
Dans les cas d'aptitude conditionnelle, l'intéressé doit s'en tenir scrupuleusement aux conditions fixées dans la décision.

415.5 Obligation du travailleur dans le cadre des décisions relevant de la prévention dans le domaine de la médecine du
travail
Art. 80 OPA
Le travailleur a le devoir de respecter les exigences de la décision (416).

415.6 Obligation de l'employeur dans le cadre des décisions relevant de la prévention dans le domaine de la médecine du
travail
Art. 80 OPA
L'employeur est solidairement responsable de l'exécution de la décision. Il sait quels sont les postes de travail assujettis à la prévention dans le domaine
de la médecine du travail. Il connaît l'ampleur du danger lorsque, dans les cas d'aptitude conditionnelle, on oblige le travailleur à s'en tenir à ce que la
décision exige de lui.
L'employeur a l'obligation d'aviser immédiatement la Suva si, après une décision rendue, des altérations se produisent chez le travailleur, par exemple à la
suite d'une maladie ou d'un accident.

416 Inobservation d'une décision rendue dans le cadre de la prévention dans le domaine de la médecine du travail
Art. 81 OPA
Art. 21 al. 1 LPGA
La sanction prévue à l'art. 81 OPA est fondée sur le principe que chaque travailleur doit faire tout ce que l'on est en droit d'exiger de lui pour éviter les
accidents et les maladies professionnels. Il s'agit notamment de l'observation des dispositions en matière de prévention de médecine du travail. En cas de
non-observation de celles-ci, les prestations en espèces (204.7) peuvent être diminuées temporairement ou en permanence. Dans les cas graves, on
peut même refuser ces prestations (art. 81 OPA en relation avec l'art. 21 al 1 LPGA).

417 Droits du travailleur dans le cadre de la prévention dans le domaine de la médecine du travail
Art. 82 , 83 , 84 , 85 , 86 , 87 , 89 OPA
418 Conseils personnels au travailleur dans le cadre de la prévention dans le domaine de la sécurité au travail
419 Droit à l'indemnité journalière temporaire dans le cadre de la prévention dans le domaine de la médecine du travail
420 Montant et durée de l'indemnité journalière temporaire octroyée dans le cadre de la prévention dans le domaine de la médecine du travail
421 Versement de l'indemnité journalière temporaire octroyée dans le cadre de la prévention dans le domaine de la médicine du travail
422 Droit à l'indemnité pour changement d'occupation dans le cadre de la prévention dans le domaine de la médecine du travail
423 Montant et durée de l'indemnité pour changement d'occupation octroyée dans le cadre de la prévention dans le domaine de la médecine du travail
424 Versement de l'indemnité pour changement d'occupation octroyée dans le cadre de la prévention dans le domaine de la médecine du travail

418 Conseils personnels au travailleur dans le cadre de la prévention dans le domaine de la sécurité au travail
Art. 82 OPA
Les travailleurs exclus définitivement ou temporairement d’un travail ont le droit d’être conseillé.
La Suva ou l’assureur LAA compétent fait alors office de service de conseil.
En principe, la Suva ne facture pas au travailleur les conseils qu’elle lui donne (cf. art. 82a OPA en relation avec l’art. 72a OPA). Celui-ci peut demander
d’être informé par écrit, par téléphone ou de vive voix.
Les conseils comprennent:
- des informations sur les répercussions d’une décision d’inaptitude temporaire ou permanente sur un nouveau poste de travail et le cas échéant, sur
l’état de santé du travailleur,
- des informations sur les agences de placement proposant des postes de travail adéquats (le placement n’est en soi pas une compétence de la Suva
(Caisse nationale suisse d’assurance en cas d’accidents),
- des informations sur la manière de prétendre à une indemnité journalière temporaire (419 - 421) ou à une indemnité pour changement d’occupation
(422 - 424).

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 175


400 Prévention dans le domaine de la médecine du travail Partie 11

419 Droit à l'indemnité journalière temporaire dans le cadre de la prévention dans le domaine de la médecine du travail
Art. 83 OPA
Le travailleur qui est définitivement ou temporairement exclu d'un travail a droit à une indemnité journalière temporaire si cette exclusion lui cause à court
terme de graves difficultés économiques. La reçoit en premier lieu celui qui, par suite d'une menace pour sa santé, se voit contraint de quitter sans délai
son poste de travail et, du coup, ne touche plus de salaire de la part de son employeur. Le droit à cette indemnité existe aussi quand l'employeur pourrait
procurer à l'intéressé une autre activité, mais n'est disposé à le faire que moyennant une importante réduction de salaire. Ici, l'indemnité journalière
temporaire peut, le cas échéant, aider le travailleur à conserver jusqu'à nouvel ordre un emploi dans sa précédente entreprise, car elle est versée à
l'employeur dans la mesure où lui-même paie un salaire (en l'occurrence un salaire social) au travailleur bien que celui-ci ait droit à cette prestation (art. 19
al. 2 LPGA).
Alors que l'indemnité journalière normale (art. 16 et suivants LAA) rembourse à 80% une perte de gain à mettre sur le compte d'un accident ou d'une
maladie professionnelle , l'indemnité journalière temporaire ne dépend, elle, ni d'un accident ni d'une maladie professionnelle. Elle sert, rapidement, à
éliminer ou à rendre plus supportables les difficultés économiques qu'entraîne une décision d'inaptitude (413.2).

420 Montant et durée de l'indemnité journalière temporaire octroyée dans le cadre de la prévention dans le domaine de la
médecine du travail
Art. 84 OPA
L'indemnité journalière temporaire est égale à l'indemnité journalière octroyée aux victimes d'accidents. Elle représente 80 % du salaire dont l'assuré se
trouve privé à la suite de l'exclusion. Il n'y a pas de jours de carence à observer, mais, à part cela, les dispositions générales de l'indemnité journalière
sont applicables pour le calcul (204.9).
L'indemnité journalière temporaire est versée au maximum pendant quatre mois (art. 84 al. 2 OPA). On veut par là donner au travailleur suffisamment
de temps pour trouver une nouvelle place. Dans bien des cas, quatre mois suffisent, mais si, passé ce délai, les difficultés économiques sont toujours là,
on examine la question de savoir s'il y a lieu d'accorder une indemnité pour changement d'occupation (422).
L'interdiction de surindemnisation (art. 69 LPGA) vaut également pour l'indemnité journalière temporaire. Si cette dernière concourt avec d'autres
prestations d'assurances sociales et dépasse ainsi le gain dont on peut présumer que l'assuré se trouve privé, elle est réduite en conséquence.

421 Versement de l'indemnité journalière temporaire octroyée dans le cadre de la prévention dans le domaine de la
médicine du travail
Art. 85 OPA
Tous les assureurs versent, chaque mois et après coup, l'indemnité journalière temporaire. En principe, elle est destinée à l'assuré. Mais elle doit être
envoyée à l'employeur si celui-ci paie un salaire (419).

422 Droit à l'indemnité pour changement d'occupation dans le cadre de la prévention dans le domaine de la médecine du
travail
Art. 86 OPA
L’indemnité pour changement d’occupation est une prestation d’assurance qui sort de l’ordinaire. Alors que la plupart des prestations (soins médicaux,
indemnité journalière, rente etc.) servent à éliminer ou à atténuer les suites d’accidents ou de maladies professionnelles, l’indemnité pour changement
d’occupation sert, elle, à dédommager dans une certaine mesure le travailleur pour les difficultés économiques consécutives à des mesures de la
prévention des accidents et maladies professionnelles (art. 84 al. 2 LAA). La réglementation, très détaillée, peut être résumée comme suit:

Ont droit en principe à l’indemnité pour changement d’occupation les travailleurs qui ont été exclus d’un travail soit définitivement, soit
temporairement, de même que ceux qui ont été déclarés aptes à l’accomplir dans certaines conditions seulement (art. 86 al. 1 OPA
préambule).

En règle générale, il faut que le travailleur ait exercé l’activité dangereuse pour lui pendant au moins 300 jours au cours des deux
années qui ont précédé la notification de la décision d’inaptitude ou d’aptitude conditionnelle (art. 86 al. 1 lettre b OPA). Par cette
restriction, on acquiert la certitude que la menace principale à sa santé s’est produite à un moment où il était assuré. Il faut aussi que
les possibilités de gain de l’assuré demeurent considérablement réduites.

Après l’entrée en force de la décision ou l’extinction du droit à une indemnité journalière temporaire, le travailleur doit, dans un délai de
deux ans, présenter une demande d’indemnité pour changement d’occupation. Celle-ci doit être adressée à l’assureur de l’employeur
qui l’occupait au moment où la décision a été prise (art. 86 al. 1 lettre c OPA).

On exige de l’assuré qu’il fasse tout ce qu’il y a raisonnablement lieu d’attendre de lui pour que la décision d’inaptitude ou la décision d’aptitude
conditionnelle ne soit pas trop lourde de conséquences. Celui qui contrevient à cette obligation n’a pas droit au montant total de l’indemnité pour
changement d’occupation. En vertu de l’art. 89 al. 2 OPA et en relation avec l’art. 21 al. 1 et 4 LPGA, cette dernière peut d’ailleurs être réduite de
manière temporaire ou permanente ou refusée quand l’intéressé a aggravé sa position sur le marché du travail:

en n’ayant pas observé les prescriptions relatives aux examens préventifs dans le domaine de la médecine du travail,
en n’ayant pas abandonné l’activité proscrite,
en n’ayant pas respecté une décision d’aptitude conditionnelle,
en n’ayant pas rempli son obligation de réduire le dommage (p. ex. recherche d’un poste de travail).

423 Montant et durée de l'indemnité pour changement d'occupation octroyée dans le cadre de la prévention dans le
domaine de la médecine du travail
Art. 87 OPA
L’indemnité pour changement d’occupation correspond à 80 % du salaire dont le travailleur subit la perte en raison de l’application de la décision
d’inaptitude ou d’aptitude conditionnelle sur le marché du travail (art. 87 al. 1 OPA). Est considéré comme salaire le gain dont on peut présumer que le
travailleur a été privé. Comme pour l’indemnité journalière temporaire (419) il y a, là aussi, interdiction de surindemnisation (art. 69 LPGA). Si le

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 176


400 Prévention dans le domaine de la médecine du travail Partie 11

bénéficiaire d’une indemnité pour changement d’occupation reçoit des indemnités journalières ou une rente pour les suites d’un accident ou d’une maladie
professionnelle en rapport avec l’activité qui a fait l’objet de la décision, l’indemnité pour changement d’occupation peut être imputée totalement ou
partiellement sur ces prestations (art. 87 al. 2 OPA). De plus, elle est réduite si elle concourt avec les prestations d’autres assurances sociales et dépasse
ainsi le gain dont on peut présumer que l’assuré se trouve privé (art. 89 al. 1 OPA).
La durée du droit à l’indemnité pour changement d’occupation est tout d’abord limitée par la raison même pour laquelle cette indemnité est octroyée: le
versement doit en être interrompu dès que les possibilités de gain de l’assuré ne sont plus considérablement diminuées sur le marché du travail (422).
L’art. 87 al. 3 OPA prescrit en outre une durée maximale de 4 ans. Passé ce laps de temps, elle ne doit en effet plus être versée, même si les possibilités
de gain ne sont pas améliorées entre-temps. Après écoulement de ces quatre années, le droit à cette prestation d’assurance cesse automatiquement. Il
est possible que les conditions d’octroi d’une rente soient réunies, mais il doit y avoir pour cela des suites suffisantes d’accidents ou de maladies
professionnelles (art. 18 et suivants LAA).

424 Versement de l'indemnité pour changement d'occupation octroyée dans le cadre de la prévention dans le domaine de
la médecine du travail
Art. 88 OPA
L'indemnité pour changement d'occupation est versée chaque mois en avance. Chaque assureur la verse à ses assurés non sans veiller chaque année à
ce qu'elle soit toujours justifiée (422).
C'est l'assuré qui est bénéficiaire de l'indemnité pour changement d'occupation. Contrairement à ce qui se passe avec l'indemnité journalière temporaire
(419) , employeur n'a aucun droit à faire valoir.

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 177


431 Financement des frais de surveillance Partie 12

431 Renseignements concernant l'OPA: financement des frais de surveillance


Art. 90 , 91 , 92 , 93 , 94 , 95 , 96 , 97 , 98 , 99 , 100 OPA
432 Frais de la prévention des accidents et des maladies professionnels (de la sécurité au travail)
435 Coût de la prévention des accidents non professionnels

432 Frais de la prévention des accidents et des maladies professionnels (de la sécurité du travail)
Art. 90 , 91 , , 92 , 93 , 94 , 95 , 96 , 97 OPA
433 Frais des mesures à prendre pour assurer la sécurité au travail
434 Supplément de prime en faveur des organes de surveillance

433 Frais des mesures à prendre pour assurer la sécurité au travail


Art. 90 OPA
L'employeur est tenu, de par la loi, de prendre toutes les mesures nécessaires à la prévention des accidents et des maladies professionnels. Par
conséquent, les frais qui en résultent (par ex. équipements de protection , dispositifs de protection sur les équipements de travail et autres constructions
ainsi que l'instruction des collaborateurs) vont à sa charge. Il en est de même pour les frais occasionnés par le personnel (préposés à la sécurité,
médecins d'entreprises, etc.) chargé spécialement des problèmes de la sécurité au travail.
L'employeur ne peut pas économiser ces frais en s'abstenant d'exécuter les mesures nécessaires et en attendant que l'organe d'exécution procède à
l'exécution aux frais de l'obligé ou à l'exécution directe, mesures de contrainte dont le coût tombe également dans son intégralité à la charge de
l'employeur.

434 Supplément de prime en faveur des organes de surveillance


434.1 Principe
434.2 Exceptions
434.3 Indemnisation des organes d'exécution

434.1 Principe
Art. 91 , 92 , 93 , 94 , 95 OPA
Il incombe à l'employeur de supporter les frais de la surveillance de l'application des prescriptions sur la prévention des accidents et maladies
professionnels (sécurité au travail). Ces frais sont mis indirectement à sa charge sous forme d'un supplément - le supplément de prime - qu'il paie sur la
prime concernant l'assurance obligatoire contre les accidents et maladies professionnels (art. 87 al. 1 LAA).
Le supplément de prime est prélevé par les assureurs en même temps que la prime pour l'assurance obligatoire contre les accidents et maladies
professionnels et est ensuite viré à la Suva qui en assure la gestion. Elle tient à cet effet un compte séparé (art. 87 al. 2 LAA).
L'argent provenant du supplément de prime est utilisé de manière ciblée. Ils doivent être utilisés pour le travail des organes d'exécution en vue de la
prévention des accidents et des maladies professionnels (art. 87 al. 3 LAA). C'est l'art. 91 OPA qui donne la liste des frais devant être couverts par le
supplément de prime.
Le supplément de prime est fixé par le Conseil fédéral sur proposition de la CFST. Pour déterminer le supplément de prime, la CFST se base sur les
propositions budgétaires des organes d'exécution.

434.2 Exceptions
Art. 87 al. 1 LAA
Certaines catégories d'entreprises n'ont pas à verser de supplément ou n'ont à payer qu'un supplément réduit. La raison en est que les orages
d'exécution ne s'occupent de ces entreprises que du point de vue de la prévention des maladies professionnelles (par ex. les entreprises de navigation
aérienne à concession fédérale) ou alors pas du tout (par ex. les aérodromes privés ou les installations et équipements de l'armée). Dans les cas où les
organes d'exécution n'exercent qu'une surveillance limitée, il existe des prescriptions de sécurité et de surveillance particulières, qui servent d'ailleurs
généralement aussi à la protection du public.

434.3 Indemnisation des organes d'exécution


Art. 96 OPA
L'indemnisation des organes d'exécution est réglée par le règlement d'indemnisation (361).

435 Coût de la prévention des accidents non professionnels


436 Supplément de prime pour la prévention des accidents non professionnels

436 Supplément de prime pour la prévention des accidents non professionnels


Art. 98 al. 1 OPA
Le supplément de prime pour la prévention des accidents non professionnels doit être calculé de manière à permettre aux assureurs qui participent à la

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 178


431 Financement des frais de surveillance Partie 12

gestion de l'assurance-accidents de payer au moins leur quote-part annuelle au bureau suisse de prévention des accidents (bpa).
Art. 100 al. 1 OPA
Les assureurs ne peuvent utiliser le supplément de prime que pour:

payer leur quote-part au bpa (art. 98 OPA),


financer des mesures de prévention des accidents non professionnels prises par eux-mêmes ou par des tiers,
réunir des données statistiques spéciales destinées au bpa, aux fins de prévenir des accidents non professionnels
obtenir des données statistiques extraordinaires concernant la prévention des accidents non professionnels à l'intention du bpa.

Art. 100 al. 2 OPA


Les assureurs doivent tenir un compte séparé au sujet de l'affectation du supplément de prime.
Art. 99 OPA
En règle générale, le supplément de prime est adapté tous les 5 ans. Il est fixé par le Conseil fédéral sur proposition des assureurs et après consultation
des organisations intéressées.
Le supplément de prime est perçu en même temps que la prime pour l'assurance obligatoire contre les accidents non professionnels. Dès lors, il est en
général payé par le travailleur (art. 91 al. 2 LAA).

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 179


450A Procédure et aux voies de droit, dispositions finales de l'OPA Partie 13

450A Procédure et aux voies de droit, dispositions finales de l'OPA


450 Indications relatives à la procédure et aux voies de droit
470 Dispositions finales de l'OPA

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 180


450A Procédure et aux voies de droit, dispositions finales de l'OPA Partie 13

450 Indications relatives à la procédure et aux voies de droit


451 Dispositions applicables à la procédure et aux voies de droit
452 Dispositions générales en matière de procédures
460 Voies de droit

451 Dispositions applicables à la procédure et aux voies de droit


451.1 Applicabilité de la LPGA, la LAA et de la PA
451.2 Applicabilité de l'OLAA, l'OPA et de l'OPGA

451.1 Applicabilité de la LPGA, la LAA et de la PA


Art. 2 , 55 LPGA
Art. 1 Abs. 1 LAA
La Loi fédérale sur la partie générale du droit des assurances sociales (LPGA) est entrée en vigueur au 1.1.2003. Elle vise la coordination des diverses
branches de l'assurance sociale. La LPGA est une loi type, contenant des définitions et des dispositions en matière de procédure et de coordination.
Il ressort clairement de l'art. 2 LPGA et de l'art. 1 al. 1 LAA que les dispositions de la LPGA s'appliquent également à l'assurance-accidents lorsque la LAA
ne prévoit pas explicitement une dérogation à la LPGA. La LPGA et la LAA s'appliquent ainsi conjointement.
Certains domaines de la procédure ne sont réglées, de façon définitive, ni par la LAA, ni par la LPGA. Dans ce cas, l'art. 55 al. 1 LPGA prévoit l'application
de la Loi fédérale sur la procédure administrative (PA).

451.2 Applicabilité de l'OLAA, l'OPA et de l'OPGA


Les dispositions d'exécution en matière de procédure relevant des assurances sociales figurent en premier lieu dans l'Ordonnance sur la partie générale du
droit des assurances sociales (OPGA). Par ailleurs, l'Ordonnance sur l'assurance-accidents (OLAA) et l'Ordonnance sur la prévention des accidents et des
maladies professionnelles (OPA) contiennent également certaines règles de procédure relatives à l'assurance-accidents et à la prévention des accidents et
maladies professionnelles.

452 Dispositions générales en matière de procédures


453 Examen de la compétence et devoir de transmission
454 Obligation de garder le secret et protection des données
455 Droit d'être entendu
456 Délais

453 Examen de la compétence et devoir de transmission


Art. 30 , 35 LPGA
Avant qu'un organe de l'assurance sociale ou d'exécution agisse, soit de sa propre initiative, soit sur demande, il examine s'il est compétent (art. 35
LPGA). S'il se tient pour incompétent, il a l'obligation de transmettre la demande ou la requête à l'organe compétent (art. 30 LPGA).

454 Obligation de garder le secret et protection des données


454.1 Obligation de garder le secret: principes
454.2 Exceptions à l'obligation de garder le secret
454.3 Sanctions consécutives à la violation de l'obligation de garder le secret

454.1 Obligation de garder le secret: principes


Art. 33 LPGA
Art. 97 al. 10 LAA
L’obligation de garder le secret selon l’art. 33 LPGA concerne également les collaborateurs chargés de la procédure d’application pour la prévention des
accidents professionnels et des maladies professionnelles, notamment en ce qui concerne les faits concernant le contrôle et la surveillance ainsi que les
informations privées et confidentielles dont les intéressés ont connaissance au cours de l’activité professionnelle.
L’art. 97 al. 10 LAA stipule que l’identité d’un travailleur ayant révélé confidentiellement des faits à un organe d’exécution ou à un spécialiste de la sécurité
au travail, doit être tenue secrète à l’égard de l’employeur.

454.2 Exceptions à l'obligation de garder le secret


Art. 97 LAA
Toute dérogation au principe de garder le secret requiert une base légale. Dans le domaine de l'assurance-accidents, ces exceptions figurent à l'art. 97
LAA. Dans certains cas, une demande écrite et motivée est nécessaire, notamment lorsque des demandes sont formulées par des tribunaux pénaux et
des organes d'instruction pénale, lorsque les données leurs sont nécessaires pour établir les faits en cas de crime ou de délit (cf. art 97 al. 1, lit. i, ch. 3
LAA).

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 181


450A Procédure et aux voies de droit, dispositions finales de l'OPA Partie 13

Les conditions en matière de divulgation de données personnelles à des tiers sont régies par l'art. 97 al. 3 LAA.

454.3 Sanctions consécutives à la violation de l'obligation de garder le secret


Art. 112 al. 1 let. c LAA
Celui qui, en qualité d'organe d'exécution aura violé l'obligation de garder le secret (454) sera puni d'une peine pécuniaire de 180 jours-amende au plus ou
d'une amende. Pour les fonctionnaires ou les membres d'une autorité, l'art. 320 al. 1 du Code pénal suisse est déterminant (emprisonnement pour trois
ans au plus) pour un tel état de fait.

455 Droit d'être entendu


Art. 64 al. 1 OPA
Art. 42 LPGA
Art. 84 al. 1 LAA
Le droit d'être consulté dans le cadre de la procédure d'exécution (388.3) se fonde sur le droit d'être entendu. Ce droit constitutionnel est explicitement
prévu à l'art. 42 LPGA. D'une part, le droit d'être entendu sert à élucider les faits, d'autre part, il constitue un droit personnel à être consulté lors d'une
prise de décision. Il comprend notamment le droit de la personne concernée de pouvoir se prononcer sur les faits avant qu'une décision légale le
concernant ne soit prise, de fournir des preuves tangibles, de consulter le dossier et de collaborer lors de la collecte des preuves essentielles ou de
s'exprimer sur celles-ci lorsque cela est susceptible d'influences sur la décision (ATF 124 V 180).
Bien qu'il soit prévu à l'art. 42 LPGA qu'il n'est pas nécessaire d'entendre les parties avant une décision sujette à opposition (460.1), la procédure
d'exécution en matière de sécurité au travail prévoit impérativement la consultation préalable des parties (388.3) (art. 84 al. 1 LAA, art. 64 al. 1 OPA).

456 Délais
Art. 38, 39, 40, 41 LPGA
Les dispositions de la LPGA sont applicables pour le calcul et la suspension des délais ainsi que pour l'observation des délais (art. 38 et 39 LPGA).
Une délai fixé par l'organe d'exécution peut être prolongé pour des motifs suffisants lorsque la partie concernée en fait la demande avant son expiration
(art. 40 al. 3 LPGA). En fixant un délai, il faut indiquer en même temps les conséquences d'un retard. Celui-ci ne peut avoir d'autres conséquences que
celles mentionnées dans l'avertissement (art. 40 al. 2 LPGA).
Les délais légaux, notamment le délai d'opposition (460.1), ne peuvent pas être prolongés (art. 40 al. 1 LPGA).
Les conditions de restitution d'un délai (légal ou pouvant être prolongé) figurent à l'art. 41 LPGA.

460 Voies de droit


460.1 Opposition
460.2 Recours auprès du Tribunal administratif fédéral
460.3 Recours auprès du Tribunal fédéral

460.1 Opposition
Art. 52 LPGA
Art. 10 OPGA
Art. 105a LAA
Conformément à l'art. 52 LPGA, les décisions des organes d'exécution peuvent être attaquées par voie d'opposition. Il faut adresser l'opposition à
l'institution qui rend la décision. Elle a ainsi la possibilité de vérifier sa décision en prenant connaissance des éventuelles objections.
Est considérée comme opposition toute requête, formulée par la personne concernée, dans laquelle elle laisse entendre qu'elle n'est pas d'accord avec la
décision. Conformément à l'art. 10 al. 1 OPGA, toute opposition doit contenir des conclusions et être motivée. L'art. 10 al. 2 'OPGA prescrit la forme écrite
pour toutes les oppositions contre les décisions des organes d'exécution.
S'il y a péril en la demeure, l'institution qui rend la décision peut ordonner des mesures destinées à prévenir les accidents ou les maladies professionnels
sans qu'elles soient attaquables par voie d'opposition (art. 105a LAA). Le recours ( 460.2 ) est réservé.
La procédure d'opposition est gratuite et doit être liquidée dans un délai raisonnable. Les détails formels relatifs à la procédure adoptée par les organes
d'exécution en cas de recours figurent dans le manuel CFST de la procédure d'exécution pour la sécurité au travail (1381).

460.2 Recours auprès du Tribunal administratif fédéral


Art. 56 LPGA
Art. 109 LAA
Art. 37 LTAF
Art. 50 , 51 , 52 , 63 PA
Les décisions sur opposition et celles contre lesquelles la voie de l'opposition n'est pas ouverte sont sujettes à recours (art. 56 LPGA). Conformément à
l'art. 109 lit. c LAA, le Tribunal administratif fédéral (1143) constitue l'instance de recours compétente. La procédure est réglée en premier par la loi
fédérale sur la procédure administrative (PA) (art. 37 LTAF).
Le délai de recours de 30 jours ainsi que d'autres exigences en matière de recours figurent aux art. 50 - 52 PA.
Dans le cadre de la procédure de recours, les frais de procédure et les indemnités versées à la partie adverse peuvent être mis à la charge de la partie
qui succombe (art. 63 et 64 PA).

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 182


450A Procédure et aux voies de droit, dispositions finales de l'OPA Partie 13

460.3 Recours auprès du Tribunal fédéral


Art. 86 LTF
Conformément à l'art. 86 al. 1 lit. a LTF, le recours devant le Tribunal fédéral peut également être formé contre les décisions prises par le Tribunal
administratif fédéral (1143). Le délai de recours est de 30 jours (art. 100 al. 1 LTF). Les dispositions déterminantes en matière de procédure figurent au
chapitre 4 de la loi sur le Tribunal fédéral (art. 90 ss.).

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 183


450A Procédure et aux voies de droit, dispositions finales de l'OPA Partie 13

470 Dispositions finales de l'OPA


Art. 104 , 105 , 106 , 107 , 108 OPA
Des prescriptions en matière de sécurité au travail figurent dans de nombreuses lois et ordonnances de la Confédération, des cantons et des communes.
Les dispositions finales définissent le domaine d'application des autres lois correspondantes en relation avec les prescriptions de l'OPA.
471 Réserves relatives au droit en matière de police dans le cadre de l'OPA
472 Abrogation des dispositions en vigueur par l'OPA
473 Modification des dispositions en vigueur par l'OPA
475 Dispositions transitoires de l'OPA

471 Réserves relatives au droit en matière de police dans le cadre de l'OPA


Art. 104 OPA
Sont expressément réservées les prescriptions fédérales, cantonales et communales de police, notamment celles de la police des constructions, du feu,
de la santé et des eaux, qui sont plus exigeantes ou plus détaillées sur le plan de la sécurité au travail que l'OPA. Cette réserve signifie que les
prescriptions de police qui fixent des critères plus sévères que l'OPA restent en vigueur et qu'elles doivent être observées par les organes d'exécution. En
revanche, les prescriptions de police, qui sont moins sévères que l'OPA, sont insuffisantes.

472 Abrogation des dispositions en vigueur par l'OPA


Art. 105 OPA
Les ordonnances et les dispositions figurant à l'art. 105 OPA sont remplacées par le nouveau droit et elles sont en conséquence sans objet. Elles ont été
définitivement annulées avec leur abrogation formelle au 1er janvier 1984.

473 Modification des dispositions en vigueur par l'OPA


Art. 106 OPA
Les deux modifications des dispositions existantes mentionnées à l'art. 106 OPA servent principalement à la doctrine de la loi et leur signification est plus
rédactionnelle que matérielle.

Kapitel wurde gestrichen


Kapitel wurde gestrichen

475 Dispositions transitoires de l'OPA


Art. 108 OPA
L'OPA est entrée en vigueur au 1er janvier 1984.
L'art. 108 OPA définit les dispositions transitoires entre l'ancien et le nouveau droit sur les trois plans suivants:

Les directives d'ordre technique et administratif, se fondant sur la loi en vigueur, édictées avant le 1er janvier 1984, les décisions
passées en force concernant la soumission d'entreprises aux prescriptions sur les mesures d'ordre médical ainsi que les décisions
d'aptitude ou d'inaptitude conservent leur validité. Une nouvelle procédure ou de nouvelles décisions ne sont pas requises dans de tels
cas.

Les exigences en matière de sécurité, conformément à l'art. 12 ss. OPA, s'appliquent également aux équipements de travail , bâtiments
et autres constructions existants. Lorsqu'ils ne sont pas conformes aux exigences de l'OPA, ils ne peuvent être utilisés que si la sécurité
des travailleurs est assurée par d'autres mesures équivalentes. Les équipements de travail, bâtiments et autres constructions existants
doivent cependant être adaptés aux nouvelles dispositions jusqu'au 31 décembre 1987.

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 184


500A Renseignements concernants des autres bases légales Partie 14

500A Renseignements concernants des autres bases légales


500 Renseignements concernant la loi sur le travail (LTr)
550 Renseignements concernant la LSPro
560 Renseignements concernant la loi sur les explosifs (LExpl)
570 Renseignement concernant la loi et l'ordonnance sur les produits chimiques (LChim/OChim)
580 Renseignements concernant la loi sur les installations électriques (LIE)

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 185


500A Renseignements concernants des autres bases légales Partie 14

500 Renseignements concernant la loi sur le travail (LTr)


LTr = Loi fédérale sur le travail dans l'industrie, l'artisanat et le commerce du 13 mars 1964 (Loi sur le travail) (RS 822.11)
501A Obligations de l'employeur et du travailleur selon la LTr
503 Approbation des plans et autorisation d'exploiter selon la LTr
504 Responsabilité pénale selon la LTr
505 Protection spéciale des travailleurs selon la LTr

501A Obligations de l'employeur et du travailleur selon la LTr


501 Obligations de l'employeur selon la LTr
502 Obligations du travailleur dans la protection de la santé selon la LTr

501 Obligations de l'employeur selon la LTr


Art. 6 LTr
Art. 2 - 9 OLT 3
De façon analogue à l’art. 82 alinéas 1 et 2 LAA, qui régit les obligations de l’employeur dans le domaine de la prévention des accidents et des maladies
professionnels, l’art. 6 de la LTr règle, avec une teneur pratiquement identique, ses obligations sur le plan de la protection de la santé : pour protéger la
santé des travailleurs, la loi sur le travail oblige l’employeur à prendre toutes les mesures dont l’expérience a démontré la nécessité, que l’état de la
technique permet d’appliquer et qui sont adaptées aux conditions d’exploitation de l’entreprise 6 al. 1, phrase 1 LTr). L’employeur doit notamment
aménager ses installations et régler la marche du travail de manière à préserver autant que possible les travailleurs des dangers menaçant leur santé et
du surmenage (art. 6 al. 2 LTr). L’employeur fait collaborer les travailleurs aux mesures de protection de la santé (art. 6 al. 3, phrase 1 LTr).
Sur le plan de la protection de la santé, la LTr va plus loin que la LAA. Elle exige que non seulement les maladies professionnelles, comme définies dans la
LAA, mais aussi toute atteinte à la santé soient évités. Il faut notamment veiller:

à ce que les conditions de travail respectent les principes en matière d’ergonomie et d’hygiène,
à ce que la santé des travailleurs ne soit pas affectée par des influences nocives et gênantes d’ordre physique, chimique ou biologique,
à éviter des contraintes trop élevées ou sollicitant toujours le même groupe de muscles,
à ce que le travail soit organisé de manière appropriée.

Certaines formes de travail de nuit ou certaines personnes travaillant de nuit, particulièrement exposées au danger, requièrent un examen et
conseil médical obligatoire ou ont droit à un examen médical.
Il faut en outre que l’intégrité personnelle des travailleurs soit assurée. L’ordonnance 3 relative à la loi sur le travail (OLT 3) décrit de manière détaillée les
principes généraux de la LTr en matière de protection de la santé, à l’aide de mesures spécifiques à prendre dans l’entreprise. L’OLT 3 contient
notamment des prescriptions sur la lumière, le climat dans les locaux, la ventilation, la protection des non-fumeurs, le bruit et les vibrations, l’organisation
du travail et l’ergonomie, les charges, la surveillance des travailleurs, les équipements de protection individuelle, les habits de travail, les vestiaires, les
installations sanitaires et les toilettes ainsi que les premiers secours. Les dispositions de l’OLT 3 sont explicitées dans le commentaire des ordonnances 3 et
4 relatives à la loi sur le travail (1501), qui est édité par le Secrétariat d’Etat à l’économie (SECO).

502 Obligations du travailleur dans la Protection de la santé selon la LTr

Art. 6 LTr
De façon analogue à l'art. 82 al. 3 LAA, qui régit les obligations du travailleur dans le domaine de la prévention des accidents et des maladies
professionnels, l'art. 6 al. 3 2ème phrase LTr règle ses obligations dans le domaine de l'hygiène.
Le travailleur est tenu de seconder l'employeur dans l'application des prescriptions sur l'hygiène.

503 Approbation des plans et autorisation d'exploiter selon la LTr


Art. 7 ArG
OLT 4
503.1 Procédure d'approbation des plans
503.2 Procédure d'autorisation d'exploiter
503.3 Champ d'application des dispositions relatives à l'approbation des plans et à l'autorisation d'exploiter
503.4 Objet de l'ordonnance 4 relative à la LTr (OLT 4)
503.5 Portée de l'OLT 4 pour les entreprises qui ne sont pas astreintes à la procédure d'approbation des plans

503.1 Procédure d'approbation des plans


Art. 7 LTr
Art. 37 , 38 , 39 , 40 , 41 , 45 OLT 4
Aux termes de l'art. 7 LTr, celui qui se propose de construire ou de transformer une entreprise industrielle, conformément à l'art. 5 al. 2 LTr, doit
soumettre ses plans à l'approbation de l'autorité cantonale. Cette obligation s'applique non seulement aux projets de construire proprement dits, mais
aussi à toute transformation de l'aménagement intérieur de l'entreprise qui modifie fortement un processus de travail ou qui accroît le danger pour les
travailleurs.
L'autorité cantonale demande le rapport de la Suva concernant les plans soumis. Elle donne son approbation lorsque les plans sont conformes aux

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 186


500A Renseignements concernants des autres bases légales Partie 14

prescriptions; au besoin, elle la subordonne à la condition que l’employeur prenne des mesures de protection spéciales.

503.2 Procédure d'autorisation d'exploiter


Art. 7 al. 3 ArG
Art. 42 , 43 , 44 , 45 , 46 ArGV4

L'employeur doit demander l'autorisation d'exploiter à l'autorité cantonale avant de commencer l'exploitation. Celle-ci donne ladite
autorisation si l'on constate, sur la base de la réception officielle des plans par l'autorité compétente, que la construction et l'aménagement de
l'entreprise sont conformes aux plans approuvés.

503.3 Champ d'application des dispositions relatives à l'approbation des plans et à l'autorisation d'exploiter
Art. 7 al. 1 LTr
Selon l'art. 7 al. 1 LTr, les dispositions relatives à l'approbation des plans et à l'autorisation d'exploiter s'appliquent aux entreprises industrielles.
Art. 8 LTr
Aux termes de l'art. 8 LTr, le Conseil fédéral peut aussi déclarer ces dispositions applicables aux entreprises non industrielles qui sont exposées à des
risques importants. Les entreprises non industrielles en question sont consignées à l'art. 1 al. 2 de l'Ordonnance 4 concernant l'exécution de la loi fédérale
sur le travail. Pour la participation de l'Inspection fédérale du travail et de la Suva les règles mentionnées aux chiffres 503.1 et 503.2 s'appliquent ici par
analogie.

503.4 Objet de l'ordonnance 4 relative à la LTr


L'ordonnance 4 relative à la loi fédérale sur le travail (OLT 4) réglemente le domaine d'application, la procédure et les exigences matérielles particulières en
matière de construction et d'aménagement des entreprises soumises à l'approbation des plans. Ces exigences concernent les locaux de travail (hauteur,
etc.), les voies de circulation (voies de secours, cages d'escaliers, portes et portiques, etc.), la lumière et l'aération des locaux ainsi que les prescriptions à
l'intention des entreprises présentant un danger d'incendie particulier et des entreprises exposées au danger d'explosion. Les diverses dispositions de l'OLT
4 sont expliquées dans le guide sur les ordonnances 3 et 4 de la loi sur le travail, qui est édité par le Secrétariat d'Etat à l'économie (SECO) (1501).

503.5 Portée de l'OLT 4 pour les entreprises qui ne sont pas astreintes à la procédure d'approbation des plans
D'un point de vue légal, l'OLT 4 ne s'applique pas aux entreprises qui ne sont pas astreintes à la procédure d'approbation des plans. A celles-ci
s'appliquent les prescriptions de l'OPA et - sur le plan de la protection de la santé - les dispositions de l' OLT 3. Il est cependant fort possible que les
dispositions de l'OLT 4 aient une incidence indirecte sur les entreprises qui ne sont pas astreintes à la procédure d'approbation des plans, étant donné
qu'elles peuvent s'avérer nécessaires sur le plan des mesures dont l'expérience a démontré la nécessité et que l'état de la technique permet d'appliquer
(cf. art. 6 al. 1 LTr et art. 82 Dans cet ordre d'idées, ces dispositions peuvent également être prises en considération pour remplir les exigences de l'OPA,
formulées la plupart du temps comme des objectifs de sécurité.
Il faut cependant considérer le fait que les autorités d'exécution ne peuvent pas exercer leur influence sur le plan de l'aménagement des constructions
dans les entreprises qui ne sont pas astreintes à la procédure d'approbation des plans. Dans le cadre de l'approbation des plans, prévue dans de
nombreux cantons, il convient cependant de se conformer aux dispositions de l'OLT 4 en matière de conseils et de recommandations. Etant donné que
les dispositions en matière de prévention des accidents et de protection de la santé doivent impérativement être respectées dans le cadre de l'entreprise,
l'approbation des plans constitue un bon moyen pour éviter que les nouvelles constructions ou installations doivent être adaptées après que les travaux
de constructions sont terminés.
Dans le cas d'une entreprise existante, on peut prescrire qu'elle se conforme aux dispositions de l'OLT 4 dans la mesure où sa configuration le permet.
Lorsqu'une mesure de protection est impérativement requise et qu'il n'est pas possible de réaliser une solution satisfaisante par d'autres moyens, on peut
exiger de l'employeur qu'il procède à des modifications sur le plan de la construction.
En principe, il faut s'efforcer de trouver des solutions spécifiques, aussi conformes que possibles ou identiques aux dispositions de l'OLT 4 , pour les
entreprises qui ne sont pas astreintes à la procédure d'approbation des plans. Dans les explications relatives à certaines dispositions OPA (cf. art. 20 OPA)
concernant les voies d'évacuation), le guide spécifique reprend par conséquent certaines recommandations de l'OLT 4.

504 Responsabilité pénale selon la LTr


504.1 Responsabilité pénale de l'employeur selon la LTr
504.2 Responsabilité pénale du travailleur selon la LTr

504.1 Responsabilité pénale de l'employeur selon la LTr


Art. 59 , 60 , 61 LTr
L'employeur est passible de l'emprisonnement pour six mois au pus ou d'une amande lorsqu'il enfreint, intentionnellement ou par négligence, les
prescriptions sur l'hygiène et l'approbation des plans ainsi que la protection spéciale des femmes et des jeunes gens employés, ou encore les dispositions
sur la durée du travail ou du repos. De par cette menace de sanction pénale, les infractions de l'employeur ne sont pas considérées comme de simples
contraventions, mais comme des délits au sens du Code pénal. Le délai de prescription est donc de cinq ans et l'employeur est puni d'une peine
pécuniaire de 180 jours-amende au plus ainsi que d'une amende.

504.2 Responsabilité pénale du travailleur selon la LTr


Art. 59 , 60 , 61 LTr
Les travailleurs sont pénalement responsables lorsqu’ils enfreignent intentionnellement les prescriptions sur la protection de la santé. Leur responsabilité
pénale est également engagée pour toute négligence mettant gravement en danger d’autres personnes en vertu du principe de coresponsabilité édicté à
l’art. 6 al. 3 LTr. Les prescriptions sur l’approbation des plans, sur la durée du travail ou du repos et sur la protection spéciale des jeunes gens ou des
femmes ne sont opposables qu’à l’employeur qui est ici le seul responsable sur le plan pénal.

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 187


500A Renseignements concernants des autres bases légales Partie 14

505 Protection spéciale des travailleurs selon la LTr

505.1 Protection spéciale des jeunes travailleurs


505.2 Protection spéciale des femmes enceintes et des mères qui allaitent
505.3 Protection spéciale des travailleurs ayant des charges familiales
505.4 Protection spéciale des autres catégories de travailleurs

505.1 Protection spéciale des jeunes travailleurs


Art. 29 , 30 , 31 , 32 LTr
OLT 5
En plus des dispositions générales, la loi sur le travail fixe des prescriptions de protection pour les jeunes employés de moins de 18 ans (art. 29 - 32 LTr).
Les prescriptions particulières pour les jeunes employés sont concrétisées dans l'ordonnance relative à la loi sur le travail (Ordonnance sur la protection
des jeunes travailleurs, OLT 5).

505.2 Protection spéciale des femmes enceintes et des mères qui allaitent
Art. 35 , 35a , 35b LTr
Art. 60 , 61 , 62 , 63 , 64 , 65 , 66 OLT 1
Ordonnance sur la protection de la maternité
En principe, des prescriptions identiques s'appliquent à tous les hommes et à toutes les femmes adultes. Des prescriptions particulières s'appliquent aux
femmes lorsque ces prescriptions se fondent sur la nécessité biologique, c'est-à-dire lorsqu'elles sont en relation avec la maternité (cf. 505.4 Exploitations
minère).
Dans l'intérêt de la femme et de l'enfant, l'emploi de femmes enceintes est soumis à des restrictions diverses s'appliquant pendant la durée entière de la
grossesse et jusqu'à un an après la naissance. Des explications plus détaillées relatives à ces dispositions de protection figurent dans le commentaire de la
loi sur le travail et des ordonnances 1 et 2 (1505.2).
L'aide-mémoire de la Direction du travail au SECO sur la protection des travailleuses lors de maternité contient les explications relatives au paiement du
salaire durant la grossesse et à la protection contre le licenciement, comme définies dans le Code des obligations, ainsi qu'un résumé des dispositions de
protection relevant de la Loi sur le travail (1505.2).

Des informations plus exhaustives relatives aux travaux pénibles durant la grossesse et la maternité figurent dans l'ordonnance spécifique du DFE
(ordonnance sur la protection de la maternité) (1505.2).

505.3 Protection spéciale des travailleurs ayant des charges familiales


Art. 36 LTr
Sont réputées responsabilités familiales l'éducation des enfants jusqu'à l'âge de quinze ans ainsi que la prise en charge de membres de la parenté ou de
proches exigeant des soins. Lorsqu'il fixe les heures de travail et de repos, l'employeur doit tenir compte notamment des travailleurs qui ont de telles
obligations. A l'alinéa 3 de cet article figurent les dispositions en matière de garde des enfants malades. Les travailleurs ayant des responsabilités familiales
ont droit d'avoir congé durant le temps nécessaire. Ce droit est cependant limité à trois jours de travail au maximum par cas de maladie. Le travailleur
doit fournir un certificat médical pour la maladie de son enfant. La rémunération de ces jours d'absence ne fait pas l'objet de la loi sur le travail, elle est
réglée par le contrat de travail.

505.4 Protection spéciale des autres catégories de travailleurs


Art. 36a LTr
Art. 66 OLT1
L’article 36a stipule que, par ordonnance, il est possible d’interdire l’occupation d’autres catégories de travailleurs à des travaux pénibles ou dangereux
pour des raisons de santé, ou la faire dépendre de conditions particulières. Conformément à l’art. 66 OLT1, il est interdit d’occuper des femmes
aux travaux souterrains (remarque: ayant ratifié la convention n° 45 de l’OIT, la Suisse doit respecter cette interdiction relative aux travaux souterrains
dans les mines).

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 188


500A Renseignements concernants des autres bases légales Partie 14

550 Renseignements concernant la LSPro


Loi sur la sécurité des produits (LSPro)

Elle règle d'une part la sécurité des produits et la mise sur le marché à des fins commerciales ou professionnelles et concourt d'autre part à la
suppression des barrières techniques au commerce par un alignement des normes juridiques sur les règles du principal partenaire
commercial de la Suisse qu'est l'Union européenne (UE). Avec la LSPro, la Suisse a transposé la Directive 2001/95/CE relative à la sécurité
générale des produits dans le droit suisse.

La LSPro n'est applicable que dans la mesure ou d'autres actes législatifs spécifiques (droit sectoriel) ne contiennent pas d'autres dispositions
visant le même but. La compétence pour la mise en oeuvre d'ordonnances spéciales est partagée entre les offices fédéraux spécialisés.

Ordonnances concernant la LSPro

Ordonnance du 19 mai 2010 sur la sécurité des produits (OSPro), RS 930.111


Ordonnance du DFE du 18 juin 2010 sur l‘exécution de la surveillance du marché conformément à la section 5 de l’ordonnance sur la
sécurité des produits, RS 930.111.5
Ordonnance du 25 novembre 2015 sur la sécurité des équipements sous pression (Ordonnance sur les équipements sous pression,
OSEP),
RS 930.114
Ordonnance du 25 novembre 2015 sur la sécurité des récipients à pression simples (Ordonnance sur les récipients à pression simples,
OSRP),
RS 930.113
Ordonnance du 25 novembre 2015 sur la sécurité des ascenseurs (Ordonnance sur les ascenseurs, OAsc), RS 930.112
Ordonnance du 2 avril 2008 sur la sécurité des machines (Ordonnance sur les machines, OMach), RS 819.14

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 189


500A Renseignements concernants des autres bases légales Partie 14

560 Renseignements concernant la loi sur les explosifs


561 Application de la loi sur les explosifs dans le cadre de la sécurité au travail

561 Application de la loi sur les explosifs dans le cadre de la sécurité au travail
Art. 34 Loi sur les explosifs (LExpl)
Conformément à l'art. 34 de la loi sur les explosifs, l'exécution des mesures nécessaires en vue de la protection des travailleurs relève des organes
d'exécution de la LAA. Sont applicables notamment les dispositions de l'art. 14 (permis d'emploi), de l'art. 23 (protection des travailleurs) et l'art. 30
(obligation de déclarer un accident conformément à la l'art. 45 LAA.
L'art. 18 de la loi sur les explosifs règle la responsabilité dans les fabriques, l'art. 19 donne des indications relatives à l'emballage des explosifs, les art. 20 ,
21 , 22 règlent l'entreposage et la conservation des explosifs et des engins pyrotechniques et les art. 23 , 24 , 25 , 26 donnent des indications sur le
transport, les travaux de minage, la destruction et la restitution des explosifs. Les détails sont réglés par l'ordonnance sur les explosifs (OExpl).
Conformément à l'art. 108 de l'ordonnance sur les explosifs, la destruction de grandes quantités d'explosifs est considérée comme travail de minage
devant être effectué selon les instructions de la Suva (1561).

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 190


500A Renseignements concernants des autres bases légales Partie 14

570 Renseignement concernant la loi et l'ordonnance sur les produits chimiques (LChim/OChim)
571 Application de la loi sur les produits chimiques dans le cadre du sécurité au travail

571 Application de la loi sur les toxiques dans le cadre du travail


Art. 25 LChim

Art. 35 -56 OChim

Art. 70 -84 OChim


La loi sur les produits chimiques (LChim) règle l’utilisation des substances et préparations nocives en vue de protéger la vie et la santé des personnes. Aux
termes de l’art. 25 LChim l’application des dispositions de protection des travailleurs fait partie du domaine de compétences des organes d’exécution de la
LTr et de la LAA. A cet effet sont notamment applicables les dispositions figurant aux art. 35 à 56 et 70 à 84 de l’ordonnance sur les produits chimiques
(OChim).
L’ordonnance sur les produits chimiques comporte les exigences fondamentales relatives à la mise en circulation des substances nocives. Les art. 35 à 36
comportent les descriptions des exigences relatives à l’emballage, à la signalisation et à la fiche technique de sécurité. Les dispositions relatives à
l’utilisation des matières dangereuses figurent aux articles 70 à 83. Quant aux articles 72 et 77 , ils concernent l’entreposage des matières dangereuses.

Directives de la CFST pour la sécurité au travail 13.02.2020 191


500A Renseignements concernants des autres bases légales Partie 14

580 Remarques relatives à la loi sur les installations électriques (LIE)


581 Installations électriques à courant faible
582 Installations électriques à courant fort
583 Soumission des plans dans la LIE

584 Contrôle des installations et matériels électriques à courant fort

581 Installations électriques à courant faible


Art. 2 al. 1 LIE
Art. 1 al. 3 OIBT
Normalement, les