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AGRICULTURE DE RENTES

L’introduction de l’agriculture de rentes remonte au XIXe siècle avec création par l’administration
coloniale des vastes plantations de bananiers, caféiers, hévéa, palmiers à huile sur les riches terres
volcaniques autour du Mont Cameroun. Dès 1920, la diffusion du café arabica est amorcée sur les
hauteurs de l’Ouest Cameroun en même temps que le café robusta est introduit dans le Sud Ouest du
pays Bamiléké, le Mungo et l’Est Cameroun. Le Sud forestier connaît alors l’essor du cacao suivant le
système d’agroforesterie. Après la sec- onde guerre mondiale, le coton est introduit dans le Nord
Cameroun. Les aléas climatiques de la seconde moitié du siècle engendreront cependant un glissement
de l’aire d’extension de cette culture vers le Sud de la zone sahélienne. Le tabac quant à lui prospère
dans l’Est Cameroun. Les basses terres côtières fortement arrosées (3000 à 7 000 mm de pluies par an)
se prêtent à la culture du palmier à huile, et de l’hévéa et du cocotier. Les fruitiers (ananas, papaye) et
la banane plantain affectionnent particulièrement les riches terres volcaniques du Mungo. La culture
du riz quant à elle est pratiquée sur les terres marécageuses de la plaine du Logone, de Santchou et de
Ndop.

Pour ce qui est des types d’exploitations, il en existe trois grands groupes :

- les complexes industriels, dont les exploitations s’étendent sur plusieurs centaines d’hectares. Les
plus importantes sont CDC (bananiers, caféiers, hévéa, palmiers à huile), SOCAPALM, PAMOL et
SPFS (Palmier à huile) ; SAFACAM, HEVEA (hévéa), le groupe SPFS/PHP/SBM (banane douce),
SOSUCAM (canne à sucre), la SEMRY et l’ex SODERIM (riz).

- Les exploitations modernes isolées (une centaine d’hectare en moyenne), appartenant essentiellement
à des citadins qui trouvent dans l’agriculture un moyen d’assurer la retraite dans leur terroir d’origine ;

- Les petites exploitations individuelles de quelques hectares utilisant essentiellement la main d’œuvre
familiale.

Le cacao et le café restent, malgré le vieillissement du verger et les fluctuations des cours les
principales cultures d’exportation et représentent à eux seuls 28% de la valeur des exportations non
pétrolières. Les exportations de fèves de cacao sont passées de 129 210 t en 2002 à 168159 t en 2006
pour une valeur de 137 049 585 FCFA.

Dans le même temps, celles du café arabica et robusta régressaient de 6 614 t à 4 348t et de 41 350t à
40 514t respectivement, malgré une légère embellie observée sur les cours mondiaux de ces produits.
La production et les exportations de banane sont légèrement en hausse du fait des investissements
consentis par les complexes industriels œuvrant dans ce secteur. En 2006, 256 625 t de banane ont été
exportées pour une valeur de 167 576 125 FCFA. Les fluctuations des cours mondiaux de coton (de
676 fcfa /kg en 2002 ; 730 fcfa/kg en 2004) ont été à l’origine d’une chute des exportations de coton
(de 100 423 t en 2002 à 83 292 t en 2006)

En vue de contribuer à la croissance économique, notamment à la croissance des échanges extérieurs


et d’accroître les revenus des producteurs ruraux, l’État fait de la relance de l’agriculture de rente une
nécessité. De nombreuses initiatives existent dans ce sens : Le crédit rural décentralisé, l’amélioration
du verger et la distribution des semences (la SODECAO pour le cacao, Programme Palmier à Huile) et
la mécanisation agricole (CENEMA). La SODECOTON expérimente depuis une dizaine d’année (à
travers les programmes DPGT ESA) des techniques de gestion intégrée et conservatoire des terres
dans toutes la zone de production cotonnière du Nord Cameroun.
L’agriculture de rentes fait face à de nombreux problèmes : Vieillissement des plantations et des
planteurs ; fluctuations des cours sur le marché mondial ; dégradation des sols ; pollution
environnementale liée le plus souvent à l’utilisation des insecticides dans les plantations ; absence
d’un système viable de financement, etc.