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Agrégation interne d’espagnol

Epreuve professionnelle
Corrigé du devoir no 2
Héloïse Daubert
612-1-E019-CT-WB-02-16

CORRIGE DU DEVOIR N°2

Dossier Discriminación

I. Sens et intérêt des documents

1. Caractérisation dossier

Ce dossier se compose de trois documents de nature, d’origine et d’époques différentes.


Le premier est un extrait vidéo de l’émission de Gisela Valcárcel du 25 mai 2014, où l’élu péruvien
Carlos Bruce évoque son projet d’union civile entre personnes du même sexe. L’échange est
l’occasion de revenir sur le manque de protection juridique actuelle dont souffrent les couples
homosexuels et sur les propositions de loi faites à l’époque pour y remédier.
Le deuxième est un dessin illustrant un article intitulé “Encuesta nacional sobre discriminación en
México 2010”. Il se compose de six vignettes non légendées, représentant chacune deux personnages à
première vue différents (homme/femme, jeune/vieux, valide/non-valide etc.) unis par un signe « = » et
tend donc à promouvoir l’égalité entre les êtres humains en dépit de ce qui les distingue.
Le troisième est un article publié le 26 mai 2012 dans le quotidien espagnol El País, intitulé “Mariela,
la segunda revolución Castro”. Par ce titre évocateur, l’article inscrit Mariela Castro, fille de Raúl
Castro, dans la lignée familiale révolutionnaire. Cette « deuxième » révolution qui est la sienne est
celle d’une nouvelle génération de combattants, non pas au service de l’avènement du socialisme mais
pour la cause LGBT, encore loin d’être reconnue par les autorités.

2. Brève analyse des documents

a. L’extrait de l’émission

Cette vidéo de 2 minutes 50 est extraite d’une émission péruvienne « El Gran Show » diffusée le 25
mai 2014. La présentatrice Gisela Valcárcel y reçoit Carlos Bruce, économiste et homme politique
péruvien, ancien ministre, élu député en 2011. A l’initiative d’une proposition de loi visant à
l’instauration d’une Union Civile juridiquement reconnue, C. Bruce avait publiquement révélé son
homosexualité dans un entretien au quotidien El Comercio quelques jours avant la diffusion de
l’émission. Il devenait ainsi le premier homme politique ouvertement gay de l’histoire du pays.
La séquence vidéo est introduite par un plan large sur le plateau, laissant voir à gauche le nom de la
présentatrice et de son émission et à droite les deux intervenants, desquels la caméra, dynamique, se
rapproche dès lors que l’invité prend la parole.
C’est principalement en plans fixes et rapprochés que la caméra va suivre les interventions des deux
personnalités. L’espace de parole est très largement laissé à l’homme politique et le champ de la
caméra également, parfois même lorsque la présentatrice manifeste son approbation.
Mimant la progression de l’entretien, les plans élargis interviennent au moment où sont évoqués deux
aspects particuliers et particulièrement polémiques de la proposition de réforme de C. Bruce, la
question de l’adoption et celle de la création d’un nouveau statut, celui de « compañero civil ».
Le fond musical, grave, souligne par ailleurs d’un bout à l’autre de l’extrait la solennité de la
discussion.
La première intervention de C. Bruce rappelle l’absence de reconnaissance et de protection du conjoint

MINISTERE DE L’EDUCATION NATIONALE


MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR ET DE LA RECHERCHE
dans un couple de même sexe, dans des situations concrètes telles que l’hospitalisation ou la mort de
l’un des partenaires, pouvant laisser l’autre dans une situation d’exclusion totale. A ces exemples
dramatiques de détresse matérielle et de violence psychologique, l’élu oppose l’amour, au centre de la
relation controversée et martèle « de lo que estamos hablando es de la protección a dos personas que
se quieren, que se quieren, o sea no estamos hablando de personas que quieren matar que quieren
robar, no, son personas que pacíficamente quieren vivir en convivencia.». La répétition du verbe
querer, comme le contraste des champs lexicaux choisis, tend à convaincre le spectateur du bien-fondé
de sa démarche politique.
On peut citer plus largement d’une part : se enamoran, hacen proyecto, se quieren, pacíficamente »
face à « totalmente desprotegidos, dejar a la persona que queda sobreviviente a la calle, estado
terrible, la familia te prohibe ir a verlo, no puedes, te prohibe ir al entierro. Il détaille ensuite la série
de droits dont jouissent les couples mariés et qu’il souhaite voir élargie aux personnes qui
bénéficieraient du statut de « compañero civil »: “heredar, manejar sus bienes sociales, conyugales,
poder heredar la pensión, compartir un seguro social, poder visitar a tu pareja en el hospital si está
enfermo, decidir de procedimientos médicos, enterrarlo con toda dignidad como tu dispongas”. Une
exception cependant, l’adoption, étant donné les avis divergents qui persistent parmi les spécialistes.
Une grande question clôt l’entretien, celle de la notion de famille, que certains définissent comme
constituée nécessairement d’un père et d’une mère, mais qui, en dehors même de la question de
l’homosexualité, est reposée par l’accroissement du nombre de familles monoparentales.

b. Le dessin

Ce dessin se compose de six vignettes sans commentaire ni bulle. Chacune d’entre elle présente deux
personnages, dessinés à la manière enfantine, unis d’un signe « = » alors que les seuls attributs très
simples qui les distinguent conduiraient dans un premier temps à les opposer : blanc/noir,
homme/femme, jeune/vieux, valide/non-valide, maigre/obèse, natif/étranger. Le contraste des deux
seules couleurs utilisées dans le dessin contribue également à cette impression. Jouant sur le même
principe, le caractère systématique et très simple de la démonstration, qui n’explicite pas mais affirme,
ne laisse pas de marge à la nuance et incite davantage à justifier qu’à prouver.
La discrimination est ici envisagée dans tous les aspects par lesquels elle se manifeste au quotidien :
racisme, machisme, « jeunisme », discrimination du handicap, tyrannie des canons de beauté imposés
par les magazines, xénophobie.

c. L’article

Cet article publié en mai 2012 dans le quotidien espagnol El País, est consacré à Mariela Castro, fille
de l’actuel dirigeant cubain Raul Castro. Son titre, « Mariela, la segunda revolución Castro », place
d’emblée cette actuelle députée au Parlement dans le sillage de ses illustres aînés, leaders de la
révolution socialiste. Cependant, son combat, s’il est également politique, se distingue nettement de
celui de la génération précédente, car c’est pour la reconnaissance des droits des homosexuels et plus
largement des personnes LGBT qu’elle mène sa lutte.
On rappelle sa naissance en 1962 au moment où les rampes de lancements et les missiles soviétiques
fleurissaient sur l’île puis son enfance, marquée par les figures de son père et de son oncle, organisant
à travers tout le pays les Forces Armées, mais aussi de sa mère, engagée elle aussi dans le combat
depuis « la Federación de Mujeres Cubanas ». La mention de cette ascendance fortement engagée dans
la promotion d’une nouvelle ère introduit le destin de combattante de Mariela Castro à l’initiative de la
« segunda revolución ».
Or, il ne s’agit pas là d’une étape nouvelle du projet de société initié par Fidel Castro, mais plutôt
d’une rectification d’un état de discrimination très dure qui a marqué les premiers temps de la
révolution : « la peor época del machismo-leninismo cubano », « la homofobia fue política oficial »,
« los homosexuales, así como los religiosos y otros « inadaptados » fueron internados en campos de
trabajo bajo régimen militar », « los artistas, intelectuales y educadores « desviados » fueron
marginados y separados de su cargo ».
Selon le journaliste, son destin de militante, peut-être conditionné par les exemples autour d’elle, s’est
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affirmé très tôt : « Mariela destacó entre sus hermanos […] como alguien que defendía sus ideas y
sabía buscar su espacio propio, a veces con rebeldía ». Elle a, sans surprise, choisi une carrière de
psychologue dont le domaine d’étude s’est précisé sur la question de la sexualité et l’a conduite à
diriger depuis dix ans le Cenesex (Centro Nacional de Educación Sexual). Ses recherches et prises de
position l’ont amenée à s’opposer « a los sectores más ortodoxos del Partido Comunista » mais tout en
réussissant à faire reconnaître à son père et actuel dirigeant de l’île « el error, el disparate, la falta de
humanidad » qui caractérisaient la politique officielle de l’époque. C’est donc une personnalité
affirmée (« tiene carisma propio ») et anticonformiste « casada tres veces », “los travestis cubanos la
llaman “nuestra hada madrina”, « se manifiesta a favor de la apertura económica en su país y no tiene
reparos para criticar la falta de libertad de los cubanos para entrar y salir de la isla ».
Son combat a déjà connu plusieurs succès, notamment deux majeurs évoqués dans l’article : « en 2008
ya logró que el Ministerio de Salud aprobara la realización gratuita de operaciones quirúrgicas de
cambio de sexo », « también consiguió autorización para celebrar cada año jornadas oficiales contra la
homofobia ».
Lors de la parution de l’article en 2012, Mariela Castro promouvait une réforme légale alors étudiée
par le Parlement sur l’octroi au couple de même sexe du droit au mariage, à l’héritage et à l’adoption.
Trois ans plus tard, aucune disposition légale n’a été prise en ce sens, et sa lutte se poursuit.
Une remarque importante en fin d’article cependant. Malgré les errances du régime dans les premiers
temps de la révolution, Mariela Castro ne rejette pas ce modèle mais au contraire le soutient dans sa
version « verdaderamente participativo ». L’enrichissement culturel et idéologique que, selon elle, une
réforme comme celle qu’elle prône apporterait à Cuba, ne ferait que renforcer les principes de
cohésion sociale, au fondement de l’idéal socialiste.

3. Axe fédérateur - Problématique d’étude

Ces trois documents abordent la question de la discrimination dont souffrent encore plusieurs
catégories d’êtres humains sur la planète. Elle intervient dans les rapports quotidiens mais perdure
aussi dans les institutions de nombreux Etats qui, s’ils reconnaissent l’égalité de fait entre tous, ne
l’appliquent pas toujours en pratique dans le domaine du droit.
Cette question aborde un problème social mais aussi moral qui ne cesse d’agiter le débat public et les
évolutions actuelles en la matière peuvent être l’occasion de réflexion fructueuse en classe.

II. Présentation d’une séquence d’enseignement

1. Projet de séquence et classe destinataire

Ce dossier pourrait être proposé en classe de Seconde, année consacrée à l’étude de « l’art de vivre
ensemble », et plus particulièrement dans le cadre de la notion « sentiment d’appartenance :
singularités et solidarités ». Il s’agit en effet d’aborder la question de ce qui fonde, au-delà des
différences, l’égalité entre les êtres humains. Les situations de discrimination ethnique, sexuelle,
physique, observables au quotidien et parfois même intégrées inconsciemment dans nos rapports aux
autres, incitent à dépasser les principes théoriques d’égalité, fraternité pour étudier leur application
concrète en droit.
Des questions telles que la reconnaissance des droits des couples de même sexe ici abordée, qui
suscitent des débats et prises de positions virulentes et parfois extrêmes dans notre société, peuvent
sembler délicates à traiter en classe. Elles sont cependant au cœur de l’évolution de la conception du
« Vivre ensemble » dans de nombreux pays hispanophones, pourtant toujours marqués par les
préceptes de l’Eglise catholique : l’Espagne ayant reconnu le droit au mariage et à l’adoption pour les
couples homosexuels dès 2005, de même que l’Uruguay, l’Argentine ou Mexico DF. Cette question du
droit des individus par-delà leur appartenance à un groupe quel qu’il soit, de l’exigence de respect de
l’intégrité physique et morale de chacun, se pose avec force dans nos démocraties laïques
contemporaines, et doit pouvoir être envisagée, dans le respect des sensibilités de chacun, avec
sérénité mais conviction dès la classe de seconde.
On pourra imaginer la contribution de cette séquence à l’enseignement civique et moral voulu par la
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réforme de juin 2015 et rappelant les points suivants (arrêté du 12-6-2015 - J.O. du 21-6-2015) : « Au
lycée, les élèves deviennent réellement capables de peser leurs responsabilités personnelles et
collectives. […] Les jeunes au lycée sont conduits à maîtriser les conditions de l'autonomie de
jugement et à acquérir une claire conscience de leur responsabilité morale individuelle et collective. Ils
s'inscrivent également dans deux registres de citoyenneté : l'un qui vise à cultiver le sentiment
d'appartenance à la communauté des citoyens, l'autre qui développe la volonté de participer à la vie
démocratique et peut déjà trouver à s'exercer en milieu scolaire. […]
Le programme propose une progression pédagogique offrant à chaque niveau une logique directrice : «
La personne et l'État de droit » et « Égalité et discrimination » en classe de seconde […] Ces thèmes
offrent toutes les opportunités nécessaires pour permettre aux élèves de réfléchir aux rapports qui
existent entre la morale, le droit, la loi, les habitudes sociales, donnant ainsi les moyens de comprendre
la spécificité et le rôle de chaque domaine ».

2. Projet pédagogique : Objectifs culturels et linguistiques

Dans le cadre d’une démarche actionnelle, on pourra placer en perspective de cette séquence la
réalisation d’un projet, prédéfini et annoncé aux élèves, qui guiderait l’étude des différents documents,
aussi bien en terme d’objectifs culturels que d’objectifs linguistiques à atteindre, sans pour autant faire
des documents abordés de simples prétextes.
Ce projet induirait, par définition, la réalisation d’une tâche et serait, par conséquent, fondé sur de
l’expression orale ou écrite. Ceci n’empêchera pas, bien entendu la mise en œuvre de toutes les
activités langagières afin d’accéder au sens des documents de la séquence et de préparer l’acquisition
progressive des outils nécessaires à la réalisation du projet.
Plusieurs types de projets peuvent être envisagés comme par exemple la présentation, en groupes, de
situations discriminatoires persistantes dans le monde hispanique et des personnalités engagées pour y
remédier.

Du point de vue culturel, ce projet mobiliserait les références apportées par les documents du dossier
sur deux cas particuliers que sont le Pérou et Cuba. Ces deux pays, à l’instar de toute la région latino-
américaine, sont animés par des débats sur l’évolution de la société et du vivre ensemble, ancrés dans
des convictions religieuses encore prégnantes et influentes dans la sphère du droit (cf. les difficultés
auxquelles se retrouve confrontée la présidente chilienne Michelle Bachelet dans sa volonté d’instituer
une de ses promesses de campagne : la légalisation de l’avortement). Sans focaliser le problème sur cet
aspect religieux en particulier, il existe cependant, et le passé catholique des anciennes colonies
conquises et colonisées par l’Espagne constitue une toile de fond culturelle importante (la religion
catholique est d’ailleurs religion officielle du Pérou, bien que la liberté de culte y soit assurée par la
Constitution).
L’histoire de la lutte cubaine menée par F. Castro et son frère Raul pour l’avènement du Socialisme,
conçu comme stade ultime de l’émancipation et de l’égalité entre les individus, constitue une autre
dimension culturelle intéressante du dossier. Elle permet de revenir sur la paradoxale coexistence
d’une rhétorique fraternelle et d’une condamnation violente de certaines mœurs (comme
l’homosexualité) et de poursuivre la réflexion d’un point de vue très contemporain avec la lutte
actuelle de Mariela Castro, qui, en héritière des combattants illustres de sa lignée, mène aujourd’hui à
Cuba, sa propre bataille pour la reconnaissance des droits des couples de même sexe. Ces deux
exemples seraient l’occasion d’élargir l’étude à d’autres cas de discrimination d’autres ordres :
discrimination à l’égard des femmes (encore très peu présentes dans les instances dirigeantes), des
minorités ethniques (Quechuas et Aymaras qui peuplent les régions andines du Pérou, les Mapuches au
Chili) par exemple.

Du point de vue de la langue, les documents du dossier permettraient de mobiliser plusieurs points
nécessaires à la réalisation du projet final comme par exemple l’exclamation, le questionnement
rhétorique, les temps du passé et du présent, l’expression de l’obligation, de l’interdiction et du souhait
induisant le subjonctif, les outils de la description et de l’argumentation, les champs lexicaux de la
lutte, du droit.

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3. Ordre d’étude des documents

Il est d’usage de considérer le document iconographique comme étant d’un apport plus simple pour les
élèves, davantage « déclencheur de parole » qu’un texte par exemple, car d’une appréhension plus
immédiate. Cette remarque se justifie dans une certaine mesure mais trouve ses limites si on estime
que la description d’un document iconographique implique la maîtrise d’un vocabulaire adaptée et que
son analyse fine requière la mise en place préalable d’une problématique d’étude. L’apparente extrême
simplicité du document iconographique de cette séquence pourrait s’avérer assez trompeuse et sa
présentation en début de séquence peu fructueuse. On pourrait davantage introduire la séquence par
l’article sur Mariela Castro. D’une part, son nom serait sans doute d’emblée associé par les élèves à
ses illustres aînés et à leur passé de combattants. Ensuite, la présentation revenant sur son enfance, son
caractère, ses convictions est une démarche assez traditionnelle (les élèves de seconde ayant déjà eu à
apprendre à procéder de même). Enfin, le contraste des luttes des deux générations amorcerait la
réflexion sur l’évolution de la société et les débats actuels qui l’animent.
On passerait ensuite à l’étude de l’extrait de l’interview télévisée de C. Bruce. Plus récente, elle
permet d’aborder très concrètement les problèmes auxquels sont confrontés au quotidien les couples
de même sexe en donnant des exemples très pragmatiques d’exclusion en termes de droit.
Enfin, on terminerait par l’étude du document iconographique, enrichi par le travail préalable des deux
documents précédents, et permettant d’ouvrir la réflexion à d’autres champs de discrimination.

4. Articulation et progression des activités langagières proposées dans et hors la classe

a. L’article de El País ur Mariela Castro

On pourrait tout à fait envisager d’étudier ce texte assez long dès le début de la séquence, dès lors qu’il
ne s’agirait pas d’une explication de texte linéaire, mais de favoriser la compréhension d’éléments
lexicaux, linguistiques et d’information au service du projet pédagogique.
Pour introduire le document, on pourrait vidéo-projeter deux photographies de M. Castro : l’une au
côté de son père, l’autre au cœur d’une manifestation. On pourrait laisser les élèves s’exprimer
librement (la démarche descriptive ayant été assimilée en classe de seconde) en veillant à ce que
l’identité des deux personnages ainsi que leur inscription dans une vie de combat soit établies. On
laisserait ensuite se faire les hypothèses sur l’objet de la lutte de Mariela Castro avant de distribuer le
texte, comme un élément d’élucidation.
Ensuite, on pourrait donner différents objectifs de recherche à différents groupes d’élèves en
hiérarchisant la difficulté des informations à relever, permettant ainsi une pédagogie différenciée :
- Las discriminaciones sociales durante la infancia de M. Castro : “la peor época del machismo-
leninismo cubano, la homofobia fue política oficial, los homosexuales – así como los religiosos y otros
“inadaptados” fueron internados en campos de trabajo bajo régimen militar, la famosa UMAP; los
artistas, intelectuales y educadores “desviados” fueron marginados y separados de sus cargos ; la falta
de humanidad”. A noter que le terme “machismo-leninismo” pourrait faire l’objet d’une attention
particulière, comme parodie à partir de la paronomase « marxismo/marxismo ».
- El retrato de una mujer no conformista: defendía sus ideas, sabía buscar su espacio propio, rebeldía;
casada tres veces; los travestis la llaman nuestra hada madrina.
- Cita evoluciones que ya logró instituir: “en 2008 ya logró que el Ministerio de Salud aprobara la
realización gratuita de operaciones quirúrgicas de cambio de sexo; consiguió autorización para
celebrar cada año jornadas oficiales contra la homofobia”
- Para qué lucha hoy M. Castro: “ha promovido una reforma legal que permitiría el matrimonio entre
personas del mismo sexo y les garantizaría derechos como el de herencia, además de abrir las puertas
al debate sobre el derecho de adopción; se manifiesta a favor de la apertura económica en su país; no
tiene reparos para criticar la falta de libertad de los cubanos para entrar y salir de la isla”.

On pourrait ensuite demander à chaque groupe de faire part aux autres de leur relevé (chacun pourrait
souligner chaque thème d’une couleur différente dans le texte). A la maison, un travail d’expression
écrite serait donné pour permettre aux élèves de remobiliser les informations en les réorganisant pour
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présenter Mariela Castro :
Presenta a Mariela Castro (fecha de nacimiento, padres, rasgos de carácter, las discriminaciones
sociales cuando era niña, su lucha política) utilizando las expresiones siguientes : desde el principio,
desde temprano, defender, pese a, promover, garantizar, lograr, conseguir, manifestarse a favor, no
tener reparos para criticar, defender. Cuidado con respetar los tiempos adecuados.
Ces productions écrites pourraient être ramassées comme support d’une évaluation diagnostique sur
l’acquisition du lexique, du bon usage des temps et du mode subjonctif après les expressions du but et
de la volonté.

b. L’interview de Carlos Bruce

Le support vidéo permet d’accompagner la compréhension de l’oral d’images faisant elles-mêmes


sens. L’environnement visuel proposé ici, celui d’un plateau télévisé d’une émission type talk show,
permet d’observer la gestuelle qui accompagne et rythme le débat (assentiment, étonnement etc.) mais
aussi d’appréhender, au-delà du fond de ce qui est exposé, la situation elle-même : celle d’un homme
politique, ayant publiquement communiqué sur son homosexualité, qui vient soutenir son projet de
réforme en faveur des droits des couples de même sexe.
On pourrait proposer dans un premier temps un visionnage libre de l’extrait, sans prise de note mais en
demandant au préalable aux élèves de se concentrer sur :
- el tipo de vídeo
- la identidad de las personas filmadas
- el tema de discusión

Ces éléments d’information seront mis en commun avant de diffuser une seconde fois l’extrait en
demandant cette fois de relever plus précisément :
- Lo que se les prohíbe a las parejas homosexuales
- Para qué lucha C. Bruce
En fonction du niveau de compétence atteint par la classe ou de l’hétérogénéité au sein de la classe on
pourra proposer une liste d’options, parmis lesquelles les élèves auraient à cocher les éléments de
réponse aux deux questions posées (soit les deux en deux couleurs différentes par exemple, soit l’une
des deux seulement).

On demanderait ensuite un travail de reformulation des réponses cochées en suivant le modèle de


construction induisant le subjonctif:
- Se les prohíbe a las parejas homosexuales que hereden los bienes del difunto…
- C. Bruce lucha para que las parejas homosexuales tengan derechos equivalentes a las personas
casadas…
Ce travail pourrait également être ramassé et faire l’objet d’une évaluation diagnostique sur
l’acquisition du lexique du droit et des structures induisant le subjonctif telles que l’interdiction ou le
souhait.

c. Le document iconographique

Après ces premières phases d’imitation et d’utilisation viendrait ensuite le temps de la mémorisation et
de l’adaptation grâce au document iconographique permettant d’ouvrir la réflexion à d’autres
domaines dans lesquels des situations de discrimination sont observables.
On pourrait envisager de vidéo-projeter le document au tableau et de laisser les élèves l’appréhender
librement dans un premier temps. La problématique et l’étude du lexique ayant déjà été amorcée par
les deux documents précédents, les élèves devraient être en mesure de proposer une analyse globale du
document. Il s’agira de montrer le message d’égalité et de s’interroger sur le but du dessinateur en
réactivant les outils linguistiques vus précédemment. On pourra focaliser ensuite l’attention sur l’une
des vignettes pour chercher à expliciter plus précisément les manifestations concrètes de
discrimination et ce que promeut le document.
A la maison, les élèves reprendraient à l’écrit l’analyse d’une des vignettes en ce sens, en réemployant
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le lexique et les constructions induisant l’emploi du subjonctif. Ce pourrait être à nouveau l’objet
d’une évaluation diagnostique.

5. Evaluation adoptée pour cette séquence

A l’issue de l’étude des documents de la séquence et des diagnostiques sur l’acquisition des
compétences qu’auront permis les évaluations intermédiaires, l’évaluation formative interviendra en
cohérence avec la mise en œuvre pédagogique retenue.
Chacun des exercices et tâches intermédiaires proposés dans cette séquence ont eu pour objectif
d’accéder au sens des documents étudiés et de mobiliser les éléments linguistiques et culturels
nécessaires à la réalisation du projet final qui pourrait être ici la présentation, en groupes, de situations
discriminatoires persistantes dans le monde hispanique et des personnalités engagées pour y remédier.
On pourra proposer plusieurs listes associant photos et textes explicatifs courts de populations
victimes de discrimination et de figures illustres de la lutte pour l’égalité des droits : Clara
Campoamor, Rigoberta Menchú, el padre Bartolomé de las Casas etc.
On demanderait aux élèves de réappliquer la démarche de recherche d’informations vue en classe sur
l’article d’El País et de les organiser selon le schéma vu dans le deuxième document : lo que se les
prohibe – para qué luchan. Chaque groupe viendrait ensuite présenter son exposé aux autres. Des
fiches non rédigées de points clés seraient autorisées et des supports visuels vidéo-projetés demandés.
Les autres élèves pourront prendre des notes sur les trois domaines mentionnés : description d’une
situation et d’une personnalité, les interdictions, les revendications.
Projet final et évaluation de fin de séquence n’étant pas forcément strictement synonymes, on pourrait,
dans cette séquence, imaginer à l’issue de la présentation par groupe un travail individuel d’expression
écrite sur : ¿qué personaje histórico te llamó más la atención y por qué? No olvides presentarlo lo más
precisamente posible, explicando en detalle la situación a la que se enfrentó y qué pretendía obtener
con su lucha.