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Faculté de médecine d’Alger

Département de pharmacie

Module de Chimie Minérale Pharmaceutique

Eléments du groupe 15
Dr GHOZAL. M

Année 2018/2019

I. Etat naturel :
Azote : Le dioxyde N2 est le constituant principal de l’atmosphère terrestre (78.09% en volume). Deux
minéraux azotés sont importants : le salpêtre KNO3 et le salpêtre chili NaNO3

Phosphore : N’existe pas à l’état natif en raison de sa réactivité. Les principaux minerais sont les apatites, ce
sont des phosphates de composition générale Ca5(PO4)3X où X est F- , Cl- , OH- (fluorapatite, chlorapatite et
hydroxyapatite) les plus gros dépôts se trouvent en Afrique du nord, en Amérique du nord , en Asie et en
moyen orient.

Arsenic : Il se trouve rarement à l’état natif, accompagne le plus souvent le soufre dans ses minerais. Le
principal minerai est le mispickel ou arsénopyrite FeAsS.

L’antimoine : Est également rare à l’état natif, le principal minerai est stibine Sb 2S3.

Bismuth : Existe sous forme de corps simple et sous forme de minerais, les minerais principaux sont le
sulfure Bi2S3 (bismuthinite) et l’oxyde Bi2O3 (bismite).

Comme l’arsenic et l’antimoine, le bismuth présente aussi de nombreux composés binaires tels PbS, Bi 2S3  ;
Ag2S.. 

II. Préparation :
Le diazote :
 Par distillation de l’air liquide :

Elle permet de séparer le diazote, puis le dioxygène et ensuite les gaz nobles, tous ces gaz sont
obtenus très purs. Elle se fait en deux étapes :

1- Liquéfaction de l’air : On utilise un refroidissement par détente adiabatique ( sans échange de


chaleur entre le système et le milieu extérieur) de l’air comprimé, de 6 bars à la pression
atmosphérique.
2- Distillation fractionnée : Permet de séparer les gaz en fonction de leur température
d’ébullition, ainsi N2 plus volatil θeb= -195,8°C s’obtient en premier suivi de l’O2 θeb= -183°C. les
vapeurs sont ensuite condensées et récupérées séparément
 Par décomposition à chaud du nitrite d’ammonium :
NH4NO2(s) → N2(g) + 2H2O(g)
 Par décomposition à chaud de l’azoture de sodium.
2NaN3(s) → 2 Na(l) + 3N2(g)
Le phosphore :

Le phosphore présente un polymorphisme complexe, avec au moins cinq formes cristallines et de


nombreuses phases amorphes.

 Le phosphore blanc :
On l’obtient par réduction du minerai de phosphate de calcium par le carbone au four électrique à
1400°C en présence de silice. Il se forme P4O10 qui sera réduit en phosphore gazeux P4 qui est
condensé dans l’eau.
≈ 1700K
2 Ca3(PO4)2 +6SiO2 + 10C P4 + 6CaSiO3 + 10CO
 Le phosphore rouge :
On l’obtient par chauffage du phosphore blanc 48H sous gaz inerte, vers 270°C.
Arsenic, antimoine et bismuth :
Ce sont des sous-produits de la métallurgie. On les extrait par réduction de leurs oxydes par du
carbone :
AS2O3 + 3C → 2As + 3 CO

III- Propriétés générales :


Symbole Z A X Pauling Structure I1(kJ.m Degrés d’oxydation Point T° eb Rayo
(ev) électronique (état ol-1) courants de (°C) n
fondamental) fusion coval
(°C) ent
(pm)
*

N 7 14.006 3.04 [ He] 2s22p3 1402 -3,-2,-1, 1, 2, 3, 4, 5 -209.9 -195.8 75


P 15 30.973 2.19 [Ne] 3s23p3 1012 -3, 3, 5 44.1 277 110
As 33 74.92 2.18 [Ar] 3d104s24p3 947 3, 5 818 614 122
Sb 51 121.75 2.05 [Kr] 4d105s25p3 834 3, 5 630.6 1587 143
Bi 83 208.98 2.02 [Xe]4f145d106s26p3 703 3, 5 271.4 1564 152

*Pour la tricoordination.

III.1 propriété atomiques :

III.1.1 Configuration électronique :

La structure électronique est de type ns2np3

Trois nombres d’oxydation principaux sont observés : -3, 3 et 5

L’azote est remarquable avec ses composés qui illustrent tous les états d’oxydation de -3 à 5.

La stabilité croissante du NO 3 par n croissant est liée à l’inertie de la paire ns 2, croissante avec n « effet de
paire inerte » (plus on descend dans le groupe plus la taille augmente et plus les orbitales atomiques
deviennent plus diffuses, ce qui va de pair avec un caractère métallique croissant, de ce fait l’énergie de
liaison diminue. Dans ces conditions, l’énergie libérée par la formation de deux liaisons covalentes
supplémentaires engageant les électrons s ne compense pas l’énergie à fournir pour engager ces électrons
dans deux liaisons)
III.1.2 Electronégativité :

Elle décroit de N à Bi. L’azote est remarquable par son électronégativité très élevée. Le resserrement des
valeurs des électronégativités de P à Bi va de pair avec le tassement des rayons atomiques covalents.

III.1.3 Energie d’ionisation :

Les valeurs élevées des énergies d’ionisation de l’azote entrainent l’inexistence de tout ion isolé N x+.

Il en est de même pour les autres éléments du groupe à l’exception du bismuth (l’ion Bi 3+ existe en solution
aqueuse en milieu acide).

L’augmentation de l’énergie de première ionisation de l’azote (1402 kJ.mol -1) par rapport à celle du carbone
(1086 kJ.mol-1) est la conséquence de la stabilité de la sous couche p à demi pleine.

III.1.4 Possibilités de liaisons :

La chimie des éléments du groupe 15 est une chimie principalement covalente (si l’on met de côté le
bismuth).
En ce qui concerne les possibilités de liaison, il faut distinguer l’azote des autres éléments :

L’azote est trivalent, en formant 3 liaisons covalentes, exemple : NH3

Fig 1 : structure de Lewis de NH3

Cependant il réalise dans certains composés, une quatrième liaison en partageant les électrons de
la paire électronique libre, exemple : NH4+

Fig 2 : structure de Lewis de NH4+

Dans quelques rares composés, l’azote est présent sous forme d’ion nitrure N 3-, exemple Li3N. Il peut former
des liaisons multiples en utilisant ses orbital p, exemple N2..
En ce qui concerne les autres éléments du groupe, notamment le phosphore, les possibilités évoquées ci-
dessus existent, exception faite des liaisons multiples, ils n’utilisent pas leur sous couche p, en revanche ces
éléments possèdent des cases quantiques d utilisables pour la formation de liaisons multiples. Exemple
H3PO4 :

Fig 3 : structure de Lewis de H3PO4

L’existence de composés pentavalents s’explique par une modification de la structure électronique


fondamentale ns2np3→ nsnp3nd (état excité), les cinq électrons découplés ainsi permettent la formation de
cinq liaisons ce qui est impossible pour l’azote.

Exceptionnellement ces éléments sont présents sous forme d’ions trivalents :

- Le phosphore, plus électronégatif, donne des phosphures P3-, exemple : Na3P.


- Les éléments plus lourds, Sb et Bi, en perdant les électrons p donnent des ions positifs : Bi3+, Sb3+.

III.2 Propriétés physique :

III.2.1 Etat physique :

Azote : gaz incolore, inodore, sans saveur

Phosphore : présente plusieurs variétés allotropiques, de divers couleurs, rouge, noire selon la température
et la pression. Le phosphore rouge est un solide amorphe macromoléculaire. Ce sont toutes des formes
polymérisées dans lesquelles le phosphore se présente sous forme de tétraèdre [P 4].

L’arsenic, l’antimoine et le bismuth sont des solides cristallisés à caractère lamellaire, ils sont fragiles et
cassants.

III.2.2 Conductibilité électrique/ caractère métallique :

Rappel : un corps simple est métallique si sa résistivité augmente avec la température, c’est un semi-
conducteur dans le cas contraire

Non métal /isolant Semi-conducteur Métal


N, P blanc P, As, Sb Bi
III.2.3 Rayon covalent : Le rayon de l’azote, comme attendu de fait de sa position dans la période 2 est très
inférieur aux autres rayons atomiques.

III.2.4 Solubilité dans l’eau :

A) Le diazote : Il est encore moins soluble dans l’eau que le dioxygène. Les deux molécules sont apolaires
mais N2 est une molécule très petite, très peu polarisable.

B) Tétraphosphore : Il est également apolaire, il est pratiquement insoluble dans l’eau, ceci peut s’expliquer
par la présence du doublet libre sur chaque atome P de l’espèce P4 ce qui va inhiber l’approche de la
molécule d’eau.

III.3 Propriétés chimique générales :

 la molécule N2 (triple liaison N≡N) est très stable et très peu réactive, car apolaire est non polarisable,
a besoin de chaleur et de pression pour réagir.

E(N≡N)> 3E (N-N)

Fig 4 : Structure de Lewis de N2

Les quelques exceptions à la faible réactivité de N2 dans les conditions usuelles sont :

 Formation du nitrure de lithium Li3N (manipulation du Li sous argon)


 La fixation du N2 sur quelques complexes métalliques.
 Sa transformation en NH3 par certaines bactéries.

La réactivité de N2 est plus notable à chaud, éventuellement en présence de catalyseurs. Ex :

CaC2 + N2 → CaNCN  + C

N2 + O2 ↔ 2NO

 les autres corps simples sont plus réactifs par leurs doublets libres, leur liaison M-M beaucoup moins
solide et aussi par la présence d’orbital nd.
 c’est à ce groupe qu’apparaissent simultanément les caractères réducteur et oxydant, en accord avec
la configuration électronique ns2 np3.
A-Caractère oxydant :

ns2 np3 (M) + 3 ē → ns2 np6 (M3-)

Le processus est limité à l’azote et au phosphore, ce qui peut être corrélé à l’électronégativité importante de
ces deux éléments.

Le Li est le seul corps simple à réagir à température ambiante avec le diazote de l’air pour former Li 3N.

Le diazote est réduit par le dihydrogène en ammoniac :

200 bars, 400°C


N2 (g) + 3 H2 (g) 2NH3 (g)

B- Caractère réducteur :

ns2 np3 (M) → ns2 np0 (MIII) + 3 ē

ns2 np3 (M) → ns0 np0 (MV) + 5 ē

Le nombre d’oxydation III est partagé par tous les éléments.

Le nombre d’oxydation V est commun à tous sauf le Bismuth

III.3.1 Hydrures : Tous les éléments forment avec l’hydrogène des hydrures volatils de formule MH 3. En
parcourant le groupe par n croissant, on observe avec les espèces MH3 :

 La stabilité diminue
 Le pouvoir réducteur augmente
 L’aptitude à former des liaisons de coordination par don de leur doublet libre diminue.

L’azote peut former plusieurs hydrures en fonction des états d’oxydation :

NH3 ammoniac N2H4 hydrazine

III.3.2 Composés oxygénés : Tous les oxydes M2O3 et M2O5 sont connus, à l’exception de Bi2O5 dont
l’existence n’est pas bien établie.

L’azote est remarquable car un oxyde correspond à chaque nombre d’oxydation de 1 jusqu’à 5. Tous les
oxydes d’azote sont des gazeux à température ambiante, à l’exception de N 2O5 solide.

III.3.3 Composés halogénés :


Le nombre d’oxydation 3 est caractéristique des composés halogénés du groupe 15 : tous les halogénures
MX3 sont connus.

L’azote est particulier, avec sa configuration électronique 2s 2p il ne peut former que des halogénures NX 3
dont le plus stable est le fluorure NF3.

Les parties hachurées du tableau indique les halogénures MX5 non caractérisés.

PF5 ASF5 SbF5 BiF5


PCl5 ACl5 très instable SbCl5
PBr5
PI5

III.3.4 Les azotures (N3)- :

Ce sont les sels de l’acide azothydrique HN3 très toxique et très instable.

L’azoture d’hydrogène est un acide faible explosif à l’état pur, mais stable en solution aqueuse.

IV. Etude des composés de l’azote :

IV.1 Ammoniac NH3 :

IV.1.1 Préparation : procédé Haber Bosch (industrielle)

Par combinaison directe de l’azote et l’hydrogène en présence de catalyseur (fer α combiné à Na2O) dans
des conditions bien déterminées de température et de pression

≈400°C, 200bars
N2(g) + 3 H2(g) ↔ 2 NH3(g) ∆H° = -91,8 Kj.mol-1

Nous pouvons donc choisir trois facteurs d’action pour déplacer l’équilibre vers la formation d’ammoniac :

 En ce qui concerne la température son abaissement favorise thermodynamiquement la réaction de


synthèse exothermique.
 La synthèse de NH3 s’effectue avec une diminution du nombre de molécules gazeuses, elle est donc
favorisée par une élévation de pression (principe Le Chatelier)
 Le dernier facteur est le rapport de mélange des deux réactifs N 2 et H2 : pour toutes choses égales,
un taux de conversion est maximal pour un rapport PH2/PN2 =3, rapport des coefficients de la
réaction.

A. Etapes préliminaires : Les matières premières sont extraites pour N2 de l’air et pour H2
essentiellement (environ 90%) du gaz naturel.

i) Désulfuration du gaz naturel : Les composés sulfurés du gaz sont transformés par hydrogénation
catalytique en H2S fixé par ZnO à 350°C

ii) Reformage : Conversion puis combustion du méthane (800-1000°C, 30bars) sur nickel, elle se fait
en deux étapes :

CH4(g) + H2O(g) ↔ CO(g) + 3H2(g)


2CH4 + (O2+4 N2) ↔ 2 CO(g) + 2H2(g) (+4 N2)

iii) Conversion de CO→ CO2 et décarbonatation :

La conversion à lieu en présence de fer-α et de Cu/Zn

CO + H2O ↔ CO2 + H2
Le dioxyde total est éliminé par lavage des gaz avec une solution concentrée de K2CO3 sous pression
entre 60° et 100° :
CO2(g) + H2O + K2CO3(aq) ↔ 2 KHCO3(aq)

iv) Méthanation : Les traces de monoxyde restant sont converties sur Nickel en méthane à 325°C

CO(g) + 3 H2(g) ↔ CH4(g) + H2O(g)


RQ : CO et CO2 sont nocifs pour les catalyseurs de synthèse.

B. Synthèse :

Compression finale du mélange N2/H2 dans le rapport 1/3. Une conversion de 15% est obtenue en un seul
passage sur le catalyseur.

Les réacteurs de synthèse sont de géométries variées. Ce sont des tubes en acier d’environ 20 x 3 m
contenant plusieurs couches (2 à 4) de catalyseur.

L’ammoniac obtenu, pratiquement pur est liquéfié, N2 et H2 sont recyclés


Fig 5 : Procédé Haber et Bosch

L’ammoniac est préparé au laboratoire par chauffage d’une solution aqueuse de chlorure d’ammonium en
présence de soude :

[ (NH4)+ , Cl-](aq) + [Na+ + OH-](aq) ↔ [Na+ , Cl-] + NH3 (g) + H2O

On peut chauffer également la solution de chlorure d’ammonium avec l’hydroxyde de calcium Ca(OH) 2

C’est une illustration du déplacement d’une base faible NH3 de son sel « acide fort/base faible » par une
base forte

IV.1.2 Propriétés physique :

 Gaz incolore d’odeur vive, à saveur caustique.


 Très soluble dans l’eau.
 Son point de fusion est de -78°C
 Il est thermiquement peu stable.

IV.1.3 Propriétés chimique :

Il faut distinguer l’ammoniac liquide, l’ammoniac gaz, et l’ammoniaque, solution aqueuse d’ammoniac.

 Pouvoir dissolvant : l’ammoniac liquide est un remarquable solvant des métaux alcalins et d’un
certain nombre de sels.
 L’ammoniac gazeux est un bon réducteur (N-3 → N0) : Il brule dans le dioxygène pur avec formation de
diazote 
 4 NH3(g) + 3 O2(g) → 2 N2(g) + 6 H2O(g)
 En solution aqueuse l’ammoniaque NH4OH est une base faible.
 Propriétés complexantes : NH3 est un bon ligand des ions métalliques : Co, Ni, Cu… il y a formation de
complexes aminés appelés ammoniacates.

IV.2 Monoxyde d’azote : NO

IV.2.1 Préparation : On le prépare industriellement par oxydation catalytique (en présence de platine) de
l’ammoniac

4 NH3(g) + 5 O2(g) → 4NO(g) + 6H2O(g)

IV.2.2 Propriétés physique :

Gaz incolore Tfus = -163.6°C Teb = 151.8°C

IV.2.3 Propriétés chimique :

- C’est un gaz peu réactif, sauf vis-à-vis de O2 et Cl2

- Le degré d’oxydation +2 de l’azote, laisse prévoir la possibilité de son oxydation et de sa réduction.

1-Oxydation :

NIIO + ½ O2 → NIVO2
NIIO + ½ Cl2 → NIVOCl chlorure de nitrosyle

2- Réduction : moins fréquente que l’oxydation

2NIIO + SO2 → N2IO + SO3

IV.3 Dioxyde d’azote :

NO2 est dans les conditions usuelles un gaz rouge paramagnétique (un électron célibataire sur l’azote). La
molécule est coudée (134°)

Fig 6 : Structure de Lewis de NO2

N2O4 est un gaz incolore diamagnétique avec une structure plane


Fig 7 : Structure de Lewis de N2O4

A l’état gazeux les deux structures sont en équilibre :

2 NO2 → N2O4 ∆H°298 = -57.2 KJ.mol-1

L’équilibre se déplacera donc vers la formation de N2O4 lorsque la température s’abaisse.

Propriétés chimique :

1) Oxydant puissant : S, P et C brulent en présence de NO2


N2O4 est utilisé comme comburant dans les navette spatiales.
2) Oxyde acide :
 NO2 est l’anhydride de l’acide nitrique :
3 NIVO2(g) + H2O(l) → 2 HNVO3(aq) + NIIO(g) ∆H°= -138.4 KJ.mol-1
Cette réaction fondamentale de synthèse de l’acide nitrique est une réaction de dismutation.
 NO2 réagit avec les bases comme la soude pour donner des nitrates et des nitrites :
2 NO2(g) + 2 (Na+, OH-) → [Na+, (NO2)-](aq) + [H+, (NO3)-](aq) + H2O

IV.4 - L’acide nitrique :

IV.4.1 Préparation :

A) Préparation industrielle : Procédé Ostwald :

1) Oxydation catalytique de NH3 sur platine rhodié à 850°C su 2 à 5 bars, le taux de conversion est voisin de
96%

4 NH3(g) + 5 O2(g) → 4NO(g) + 6H2O(g) ∆H°= -906 KJ.mol-1

2) Refroidissement du monoxyde formé pour l’oxydation de NO en NO2 vers 40°C

2 NO(g) + O2(g) → 2 NO2(g) ∆H°= -114 KJ.mol-1

3) Conversion de NO2 par hydrolyse :


3 NO2(g) + H2O(l) → 2 HNO3(aq) + NO(g) ∆H°= -138.4 KJ.mol-1

L’acide nitrique obtenu ne titre que 60% en masse de HNO3.

La concentration de l’acide peut être élevée par traitement de l’acide nitrique par l’acide sulfurique
concentré qui absorbe l’eau présente, suivie d’une distillation, on obtient l’acide nitrique dit « fumant » à
93%. Il fume à l’air par dégagement de molécules de NO 2 qui forment un brouillard par hydratation avec
l’humidité ambiante avec formation de HNO3.

IV.4.2 Propriété physiques :

Liquide à température ambiante, à l’état solide il se présente sous forme de cristaux blancs, T fus = -42°C,

T eb = 83°C.

IV.4.3 Propriétés chimiques : L’acide nitrique à trois propriétés essentielles :

1) Monoacide fort : il est entièrement dissocié dans l’eau pKA ≈ 1.4.

* Il attaque presque tous les métaux (sauf or et platine)

* Il forme des sels appelés nitrates

2) Propriétés oxydantes : C’est un oxydant énergique surtout en solution concentrée. Son pouvoir oxydant
résulte de sa facile décomposition.

Le produit de réduction le plus courant est le NO, mais on peut observer d’autre produits selon les
conditions expérimentales tels : N2O…

3) Propriétés nitrantes (estérifiant) : L’entité nitrante est le cation nitryle NO2+, ce cation électrophile est
formé par la réaction :

3HNO3 → NO2+ + 2NO3- + HO3+

NO2+ se fixe sur les alcools aliphatiques avec formation d’esters nitriques

R-OH→R-ONO2
V. Composes du Phosphore :

V.1 Oxydes du phosphore :

Les plus important des oxydes connus P4On (n= 6,7,8,9et 10) sont P4O10 et P4O6

P4O10 : On l’obtient par combustion du phosphore dans l’air ou dans l’oxygène. C’est un solide blanc qui se
sublime à 360°C.

Propriétés :

Il a une grande affinité pour l’eau. C’est un excellent agent de dessiccation.

L’hydratation de P4O10 donne un mélange d’acides phosphoriques de composition variable selon les
conditions expérimentales.

4
P4O10 + 2 H2O → ( HPO3)n acide métaphosphorique
n

P4O10 + 4 H2O → 2 H4P2O7 : acide diphosphorique

P4O10 + 6 H2O → 4 H3PO4 : acide orthophosphorique.

P4O6 : Obtenu par oxydation contrôlée du phosphore.

P4 (s, blanc) + 3 O2(g)  P4O6 (s)

C’est un solide blanc volatil ( T° fus = 23,8°C, T°eb = 175°C)

C’est l’anhydride de l’acide phosphonique de formule H3PO3

V.2 L’acide orthophosphorique H3PO4:

V.2.1 Préparation :

a) L’acide H3PO4 impur est obtenu par attaque à chaud (≈80°V) des fluorapatites phosphocalcique par
l’acide sulfurique concentré, selon la réaction :
Ca10(PO4)6 F + 10 H2SO4 + 20 H2O → 10 CaSO4, 2 H2O + 6 H3PO4  + 2 HF(aq)
L’acide impur est filtré sous vide et lave puis concentré par évaporation sous vide

 noter la formation de HF très nocif


b) L’acide pur est obtenu par hydrolyse directe de P4O10 :
P4(s) + 5 O2 → P4O10(s) ─6 H2O→ 4 H3PO4(s)

V.2.2 Propriétés physiques :

C’est un solide Tfus = 42.35°C, fondu, c’est un liquide visqueux, qui se déshydrate facilement.

V.2.3 Propriétés chimiques :

 C’est un triacide (pKa1= 2, pKa2= 7, pKa3= 12)


 Contrairement à l’acide nitrique il n’est pas oxydant : E° H3PO4/ H3PO3= -0.276 V 
 Agent estérifiant (phosphatant) : R-OH → R-OPO3, C’est la grande famille des esters phosphoriques.
Les plus importants sont ceux du nucléoside : les ribonucléosides et les désoxyribonucléosides sont
notamment les constituants fondamentaux des ARN et ADN.
 Complexant : L’ion (PO4)3- est très complexant alors que l’ion nitrate ne l’est pratiquement pas. Cette
propriété est utilisée en oxydoréduction pour le dosage du fer(II).

VI. Usages :

VI.1 Usages industriels :

1) Diazote :

-La fabrication de l’ammoniac et la cyanamide calcique (CaCN 2) sont deux débouchés importants.

-Métallurgie du fer et de l’acier (nitruration)

-Réfrigérant à l’état liquide.

2) L’ammoniac :

- Industrie des engrais azotés : NH3 liquide, NH4NO3, urée, (NH4)2SO4.

-Fabrication de l’acide nitrique par le procédé Ostwald.

- Préparation de l’hydrazine N2H4 (carburant dans les fusées spatiale et inhibiteur de la corrosion)

- Préparation de l’hydroxylamine NH2OH

- Préparation du carbonate de sodium par le procédé Solvay.


- L’ammoniaque liquide est un frigorigène utilisé dans les installations frigorifique de grande capacité.

3) Acide nitrique :

- Industrie des engrais

- Industrie des explosifs.

- Synthèse de composés organiques, comme le nitrobenzène C6H5─NO2 et l’aniline C6H5─NH2 produits de base
de synthèse des colorants.

4) Phosphore :

Phosphore blanc :

- Principalement la préparation d’acide phosphorique très pur.

- Utilisation militaire : bombes incendiaires, balles traçantes.

Phosphore rouge :

- Initiateur de combustion des grattoirs des boites d’allumettes.

5) Acide phosphorique :

- Industrie des engrais.

- Dans l’industrie alimentaire sous forme de phosphates comme agent antibactériens.

- Les esters : plastifiant, insecticide, et additifs pétrolier.

-CaHPO4 : Pâte dentifrice.

6) Arsenic :

- Fabrication de semi-conducteur tels GaAs (électronique) ou InAs (détecteur infrarouge).

- C’est un élément d’alliage : augmente la dureté et la fluidité du métal de base de l’alliage.

7) Antimoine :

- L’oxyde Sb2O3 est un ignifugeant, il entre dans la composition des matières plastiques et élastomères.
- Sb intervient comme élément d’alliage pour améliorer les propriétés mécaniques du Pb.

8) Bismuth :

- Il forme un certain nombre d’alliages à bas point de fusion.

VI.2 Usages médicaux :

1- Azote liquide :
 Traitement des verrues et de certaines tumeurs.
 La conservation de tissus, d’ovules, d’embryons, de sperme ou de moelle osseuse.
2- Protoxyde d’azote : en anesthésie générale.
3- Ammoniac :
 Ammoniémie : L’ammoniaque joue un rôle important dans le maintien du pH sanguin, synthétisé
principalement au niveau des intestins mais aussi les reins et les muscles (produit du catabolisme
des protéines), il est transformé par le foie en urée (car toxique) puis il est éliminé sous cette forme
dans les urines.
L’hyperammoniémie est un trouble métabolique qui peut conduire à une encéphalopathie et la mort.
 Usage dentaire L’ammoniac est utilisé, en usage dentaire, dans la prise en charge de lipothymies
(malaise).

4- Acide nitrique :
Principe de la passivation : Les aciers inoxydables se passivent eux-mêmes naturellement lorsqu’une
surface propre est exposée à un environnent qui peut fournir assez d’oxygène pour former la couche
d’oxyde riche en chrome. Cependant il peut être quelquefois nécessaire de soutenir le procédé avec
des traitements oxydant à l’acide. L’acide nitrique est extrêmement utile à cet effet et largement
utilisé dans les traitements passivant de l’acier en industrie pharmaceutique.
5- Phosphate : Entre dans la composition des ciments dentaires
6- Trioxyde d’arsenic : Traitement de certaines leucémies (chimiothérapie). Ses effets indésirables
inclus troubles hydroélectrolytiques, arythmie cardiaque, voire l’arrêt cardiaque pouvant entraîner la mort. 
7- Antimoine : Médicaments dérivés de l’antimoine pour le traitement de la leishmaniose
(antiparasitaire)
8- Bismuth : Divers traitements de symptômes des états infectieux (oligothérapie)
VII. Toxicité :

Tous les composés de l’arsenic sont très toxiques. Ce métalloïde est un poison qui peut conduire à la mort
par inhibition des enzymes indispensables au métabolisme, induisant une défaillance multiple des organes.

La toxicité est inférieure avec les sels d’antimoine et de bismuth.

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