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Faculté des sciences et technique

Département Génie Mécanique

COURS MATERIAUX
Filière : LST-GM

Pr E. BOUDAIA

Edition 2016
FST de Béni-Mellal – LST-GM Pr. E. BOUDAIA

Table des matières

Chapitre 1 GÉNÉRALITÉS SUR LA STRUCTURE DES MATÉRIAUX


1. Mise en situation...............................................................................................................................................4
2. Comment définir un matériau? .........................................................................................................................4
3. Les états de la matière ......................................................................................................................................4
4. Liaisons interatomiques ....................................................................................................................................5
5. Notions de cristallographie ...............................................................................................................................6
6. Sites interstitiels..............................................................................................................................................11
7. Défauts cristallins ...........................................................................................................................................11
8. Structure des métaux ......................................................................................................................................12
9. Structure des polymères..................................................................................................................................13
10. Structure des céramiques ................................................................................................................................14
Chapitre 2 PROPRIÉTÉS DES MATÉRIAUX
1. Familles de matériaux.....................................................................................................................................15
2. Les propriétés mécaniques..............................................................................................................................15
3. Les propriétés électriques ...............................................................................................................................18
4. Les propriétés thermiques ...............................................................................................................................19
5. Les propriétés chimiques ................................................................................................................................20
Chapitre 3 ELABORATION ET CLASSIFICATION DES MATÉRIAUX
1. Alliages ferreux ..............................................................................................................................................22
2. Alliages non-ferreux .......................................................................................................................................30
3. Matériaux plastiques .......................................................................................................................................38
4. Matériaux composites .....................................................................................................................................45
5. Les céramiques ...............................................................................................................................................47
Chapitre 4 TRAITEMENTS THERMIQUES
1. Introduction ....................................................................................................................................................57
2. Classification ..................................................................................................................................................57
3. Traitement en masse .......................................................................................................................................57
4. Traitements thermochimiques ........................................................................................................................61
5. Traitements superficiels ..................................................................................................................................62
6. Conclusion ......................................................................................................................................................62
Bibliographie ............................................................................................................................................ 62

Cours des matériaux ~3~


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Chapitre 1
GÉNÉRALITÉS SUR LA STRUCTURE DES MATÉRIAUX

1. Mise en situation
La définition compète d’un organe de machine exige la détermination de sa forme, de ses dimensions
et de sa matière.
Le dessin de définition d’une pièce mécanique comprend la forme, les dimensions ainsi que la
spécification exacte de la matière la constituant et doit respecter le cahier des charges fonctionnelles.

Forme Dimensions
CDCF Dessin de définition

Matière

2. Comment définir un matériau?


Un matériau est une matière d'origine naturelle ou artificielle que l'homme façonne pour en faire des
objets. Un matériau, c'est donc une matière de base sélectionnée en raison de propriétés particulières
et mise en œuvre en vue d'un usage spécifique. La nature chimique des différentes matières premières
qui sont à la base des matériaux confère à ceux-ci des propriétés particulières.
3. Les états de la matière
Trois états sont généralement distingués, solide, liquide et gazeux :
3.1. L’état gazeux, la matière est diluée et désordonnée. Les atomes sont en mouvement permanent
dans toutes les directions au gré des chocs entre atomes. Le désordre du système est alors maximal.
La pression peut être interprétée comme une conséquence de l’agitation des atomes. La pression est
la force moyenne par unité de surface due aux particules venant frapper une paroi. Prenons l’exemple
du gaz argon, dont la dimension des atomes est de 0.2 nm, à l’état gazeux, les atomes se déplacent à
une vitesse moyenne de 100 ms-1 et se trouvent à une distance d’environ 4 nm les uns des autres.
3.2. L’état liquide est un état plus ordonné qu’un gaz. Le liquide est
plus dense, les particules (atomes ou molécules) interagissent
davantage les unes avec les autres, de ce fait il existe un ordre à petite
distance. Beaucoup de particules se contentent de vibrer sans changer
leur position relative par rapport aux particules voisines. Cependant
des échanges de position restent possibles, c’est ce qui permet la diffusion, phénomène facile à mettre
en évidence dans le cas de deux liquides miscibles. Dans le cas de l’argon à l’état liquide, par exemple,
les atomes se déplacent à une vitesse moyenne de 10 ms-1 et se trouvent à une distance d’environ 0.4
nm les uns des autres.
3.3. L’état solide est le plus ordonné et le plus dense. Les atomes
interagissent beaucoup avec leurs voisins et de ce fait l’ordre existe à
grande distance. On parle alors de structure cristalline. Dans les
métaux courants, les cristallites (ou grains) ont des dimensions de
l’ordre de quelques dizaines de micromètres. Dans les solides, les
atomes vibrent autour d’une position moyenne, la diffusion est beaucoup plus difficile.

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Le schéma ci-après donne la nomenclature des


divers changements d’état ou transitions de
phase entre les états solide, liquide et gazeux.
On peut ajouter à cette liste d’états
fondamentaux deux états « composites », c'est-
à-dire des milieux dans lesquelles coexistent
des états différents.

3.4. L’état pâteux, pour lequel des particules solides baignent dans un milieu liquide. On peut citer par
exemple, le mortier avant la prise (grains de sable + pâte de ciment) ou encore la pâte dentifrice. Ces
milieux, dits milieux granulaires, ont des propriétés originales. Les particules solides sont susceptibles
de s’ordonner à courte distance, lorsque le milieu est en mouvement (quelques dizaines de particules)
ou à grande distance lorsque le milieu est au repos. Ainsi le comportement observé peut s’approcher
tantôt de l’état liquide, tantôt de l’état solide en fonction de la vitesse de déformation (c’est le
comportement des sables mouvants, par exemple).

3.5. L’état caoutchoutique, pour lequel des fibres solides sont enchevêtrées (exemple : panneaux de
fibres de verre). Autour de la position de repos le désordre des fibres est maximal, les fibres peuvent
bouger facilement les unes par rapport aux autres, le milieu est très compressible, et peut être plus ou
moins considéré comme un gaz. Si le milieu est soumis à de fortes déformations, les fibres peuvent
s’aligner, s’organiser localement et le comportement évolue vers celui d’un solide.
4. Liaisons interatomiques
1.1 Structure de l’atome
L’atome est constitué d’un noyau autour du quel gravitent
des électrons. Le noyau est formé de :
 protons : masse mp = 1.67 10-27 kg, charge positive

e = 1.6 10-19 C (Coulomb: C= s.A);


 neutrons : masse mn = mp, charge nulle.
Fig.1 Architecture de l’atome
Les électrons ont une masse me = mp/1840 = 0.91 10-30 kg,
et une charge égale à –e.

1.2 Liaison ionique : Elle est assurée par le transfert


d’un électron d’un atome à l’autre. Dont l’atome
électropositif donne un ou plusieurs électrons à
l’atome électronégatif, ce qui ce produit des ions
de charges opposées. Les forces de liaisons
résultent de l’attraction électrostatique entre les
ions (exemple : le sodium cède son e- au chlore : Fig.2 Cristal de chlorure de sodium NaCl
NaCl ↔Na+ + Cl- )

4.3 Liaison covalente : Elle est assurée par la mise


en commun de deux électrons pour compléter la
couche externe de chaque atome.

Fig.3 Molécule de dichlore Cl2

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4.4 Liaison métallique : Elle est caractérisée par le


fait que les électrons de liaison sont libres. On
peut considérer le métal comme un empilement
d’ions positifs entourés par un nuage
d’électrons. Ces électrons libres expliquent les
propriétés de conductivité thermique et
électrique.
Fig.4 Cristal de sodium Na

4.5 Liaisons faibles ou liaisons secondaires : Les liaisons


faibles sont engendrées par les interactions
électrostatiques entre les dipôles électriques. Dipôle
électrique; dans une molécule, le centre des charges +
n’est pas confondu avec celui des charges –.

4.6 Liaison de Van der Waals : Liaison entre 2 molécules


polarisées. ex: les polymères.

4.7 Liaison mixte : Dans ce type de liaisons, on trouve les


liaisons ioniques et les liaisons covalentes.
5. Notions de cristallographie
On classe les métaux solides d’après la régularité des
arrangements que prennent les atomes ou les ions.
Dans un matériau cristallin, les atomes forment des
ensembles qui se répètent sur de grandes distances
atomiques. Les atomes (ou ions) sont représentés
comme des sphères solides ayant un diamètre précis.
Dans un tel modèle, appelé modèle des sphères
atomiques rigides, les sphères représentant les
atomes premiers voisins se touchent. Fig. 5 réseaux cristallins

5.1 Mailles élémentaires :

Dans les solides cristallins, des petits groupes d’atomes


forment un motif qui se répète appelés mailles
élémentaires. Ils forment des parallélépipèdes ou des
prismes dotés de trois ensembles de faces parallèles.

5.2 Systèmes cristallins : Fig. 6 maille élémentaire

La géométrie d’une maille élémentaire est entièrement définie au moyen de six paramètres : la
longueur des trois cotés a, b et c ainsi que la mesure des trois angles inter- axiaux α, β et γ. Il
existe 7 combinaisons différentes de valeurs a, b, c, α, β et γ (paramètres du réseau ou paramètres
cristallographiques) dont chacun représente un système cristallin distinct.

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Tab. 1 Les sept systèmes cristallins

Angles Forme géométrique


Système cristallin Rapports axiaux
inter-axiaux de la maille

Cubique ou
a=b=c α = β = γ = 90°
isométrique

α = β = 90°,
Hexagonal a=b≠c
γ = 120°

Quadratique ou
a=b≠c α = β = γ = 90°
tétragonal

Monoclinique a≠b≠c α = γ = 90° ≠ β

Triclinique ou
a≠b≠c α ≠ β ≠ γ ≠ 90°
anortique

Rhomboédrique
a=b=c α = β = γ ≠ 90°
ou ternaire

Orthorhombique a≠b≠c α = β = γ = 90°

5.3 Structure des cristaux métalliques :

Ce groupe de matériaux se caractérise par des liaisons atomiques de type métallique et, par
conséquent, de nature non directionnelle. Aucune restriction ne frappe donc le nombre et la
position des atomes premiers voisins, ce qui explique que la structure de la plupart des cristaux
métalliques comporte un nombre relativement élevé de premiers voisins d’empilements
atomiques denses. La plupart des métaux possèdent l’une des trois structures cristallines
simples : cubique centrée, cubique à faces centrées ou hexagonale compacte.

 Structure cubique centrée (CC) :


Un atome est situé à chacun des huit
coins et un seul atome au centre du
cube. L’atome du centre touche de
manière tangente les huit atomes des
coins.
Fig. 7 maille CC

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Caractéristiques de cette structure :


 Paramètre de la maille (arête du cube = a ; rayon atomique = R)
 Relation entre a et R :
distance interatomique = diagonale de la face du cube : d = a√2 et diagonale du cube :
D 2  a 2  d 2  a 2  2a 2  3a 2 soit D  a 3 et aussi D  4R donc rayon
3
atomique R  a
4

 Indice de coordinence Ic= 8 (nombre d’atome premier voisin) car les atomes premiers voisins
de chaque atome central sont les 8 atomes de coin.
 Nombre d’atome par maille élémentaire = 1 + 1, car dans cette maille il y a un atome central
et un atome provenant des huit atomes de coin, dont chacun est partagé par huit mailles
élémentaires.
 Compacité : C = VVma  0.68 ( Va  4 r 3 / 3 : volume des atomes de la maille, Vm =a3: volume
de la maille) soit 32% de vide appelé sites interstitiels.

 Structure cubique à faces centrées (CFC) :


Les atomes de la maille élémentaire sont
situés à chacun des coins et des centres de
chacune des faces d’un cube.

Fig. 8 maille CFC


Caractéristiques de cette structure :

 Paramètre de la maille : a ; distance interatomique  ; Rayon atomique 


a 2 a 2
2 4

 Indice de coordinence Ic = 12 (nombre d’atome premier voisin) car les atomes premiers voisins
de chaque atome central sont les huit atomes de coin.
 Nombre d’atome par maille élémentaire  62 + 88 = 4
 Compacité : C = VVma  0.74 soit 26% de vide appelé sites interstitiels ; avec Va : Volume d’atomes
contenus dans la maille = 4* 4/3 r3 et Vm : Volume de la maille = a3.

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 Structure hexagonale compacte HC : La maille


est de forme hexagonale. Les faces supérieure et
inférieure de la maille élémentaire se composent
de six atomes formant un hexagone régulier et
entourant un seul atome central. Entre les plans
supérieur et inférieur se trouve un plan médian qui
renferme 3 autres atomes.
Fig. 9 maille HC
Caractéristiques de cette structure :
 Paramètre de la maille : a, c ; distance interatomique : a, d a = + a3 ; rayon atomique r 
c2 2 a
4 2

 Indice de coordinence I c  6  2  3  12 nombre d’atome


premier voisin) car les atomes premiers voisins de
chaque atome central sont les huit atomes de coin.
 Nombre d’atome par maille élémentaire =3 + 126 + 22  6 ,
car dans cette maille il’ y a un sixième de chacun des
12 atomes de coin des faces inférieure et supérieure,
la moitié de chacun des 2 atomes au centre de ces
mêmes faces et les 3 atomes du plan médian.
 Compacité : C = V a  0.74 .
V
m

Nombre d’atomes par maille hexagonale : Nombre d’atomes par prisme droit à
base losange :

1 atome à chaque sommet : 12x1/6 1 atome à chaque sommet : 8x1/8


3 atomes à c/2 : 3x1 1 atomes à c/2 : 1x1
1 atome au centre des 2 bases : 2x1/2
= 6 atomes / maille = 2 atomes / maille élémentaire

 Relation entre a et c
a = 2R ; c = f(a)?
Soit M milieu de l’arête BC
Triangle AMC rectangle en M
AM² + MC² = AC²  AM² + (a/2)² = a²
√3
AM² = a²-a²/4 = ¾ a²  𝐴𝑀 = 𝑎
2

H projection de D sur le plan ABC : HD = c/2


Propriété du projeté: AH = 2/3 AM= 𝑎/√3

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2 2
Triangle AHD rectangle en H : AH² + HD² = AD²  a²/3 + c²/4 = a²  𝑐 = 2𝑎√3 = 4𝑅√3

 Volume de la maille élémentaire vaut :

2 √3
𝑉 = 𝑎. 𝑐. 𝐴𝑀 = 𝑎. 2𝑎 √ . 𝑎 = √2. 𝑎3
3 2

5.4 Calcul de la masse volumique


Lorsque la structure d’un solide métallique a été identifiée, il devient possible d’en calculer la
masse volumique réelle ρ au moyen de l’équation suivante : ρ = VnM
mNA
;
Ou n : nombre d’atomes associés à chaque maille élémentaire, M : masse molaire, Vm : volume
de la maille élémentaire et NA : nombre d’Avogadro (6,02×1023 atomes/mol)
5.5 Directions et plans cristallographiques
 Directions cristallographiques :
Une direction cristallographique est représentée par une ligne tracée entre deux points, c’est-
à-dire par un vecteur. Voici les étapes à suivre pour déterminer les 3 indices de directions :
1. On trace un vecteur de longueur approprié en le faisant
passer par le point d’origine du système de
coordonnées.
2. On détermine la longueur de la projection vectorielle
sur chacun des trois axes, et on exprime la mesure sur
la base des dimensions a, b et c de la maille élémentaire.
3. On multiplie ou on divise ces trois nombres par un
facteur commun, afin de les ramener aux plus petites
valeurs entières possibles.
4. On inscrit ensuite les trois indices, sans les séparer par Fig. 10 Directions
des virgules, entre des crochets de la façon suivante : cristallographiques
[uvw]. Les entiers u, v et w correspondent aux
projections réduites le long des axes x, y et z respectivement.
Il est également possible d’obtenir des indices négatifs, auquel cas il faut placer un trait
horizontal au dessus de l’indice. Par exemple, [1 11] signifie qu’une des composantes de
l’indice est dans la direction –y.

 Plans cristallographiques :

Dans tous les systèmes cristallins, à l’exception du système hexagonal, les plans
cristallographiques sont indiqués par trois indices de Miller sous la forme (hkl). Deux plans
parallèles sont toujours équivalents et ont les mêmes indices. Pour déterminer ces indices on
utilise la démarche suivante :
1. Lorsque le plan passe par le point d’origine choisi, il faut soit procéder à une translation
appropriée afin de produire un nouveau plan parallèle dans la maille élémentaire, soit établir
un nouveau point d’origine sur le coin d’une autre maille élémentaire.
2. Il y a différentes possibilités pour qu’un plan (qui représente une face d’un cristal) coupe les
axes 3D. Ce plan peut couper 1, 2 ou 3 axes, on note 1 quand l'axe est coupé, on note 0 quand
le plan est parallèle a un axe par exemple (001)
3. On utilise l’inverse de ces nombres. Dans le cas d’un plan parallèle à un axe, son point
d’intersection se situe à  et par conséquent, l’indice = 0.

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4. Au besoin, on multiplie ou on divise


ces trois nombres par un facteur
commun pour les ramener à
l’ensemble des plus petits nombres
entiers possibles.
5. En dernier lieu, on place les indices
exprimés par des nombres entiers
entre parenthèses sans les séparer par
des virgules, comme ceci : (hkl).
6. Exemple : On considère un plan
passant par nœuds du réseau de
coordonnée (a,b,c) tels que le plus
grand commun diviseur pgcd (a,b,c)
=1, donc l’équation du plan est donnée
𝑥 𝑦 𝑧
par : 𝑎 + 𝑏 + 𝑐 = 1. En multiplions les
deux membres par le plus petit
multiple commun m=abc, l’équation Fig. 13 Plans cristallographiques
devient : (bc)𝑥 + (ac)𝑦 +( ab)𝑧 = 𝑚
on pose : ℎ = bc ; 𝑘 = ac et 𝑙 = ab ; l’équation du plan s’écrit alors : ℎ𝑥 + 𝑘𝑦 + 𝑙𝑧 = 𝑚
L’équation définit une famille de m plans parallèles équidistants, Le premier plan de la
famille est donné par : ℎ𝑥 + 𝑘𝑦 + 𝑙𝑧 =1, il coupe les axes ox, oy, oz respectivement en 𝑥 =
1 1 1
, 𝑦 = 𝑘 𝑒𝑡 𝑧 = 𝑙 qui ne sont pas des nœuds du réseau. Par contre, Le plan m est le premier

𝑚 𝑚
plan cristallographique, il coupe les axes ox, oy, oz respectivement en 𝑥 = ,𝑦 = 𝑒𝑡 𝑧 =
ℎ 𝑘
𝑚
qui sont les nœuds du réseau.
𝑙

7. Détermination pratique des indices de Miller : Par exemple si un plan coupe l’axe ox en 2a,
𝑎 𝑏 𝑐 1
oy à l'infini et oz en c donc on aura : 𝑥 = ℎ = 2𝑎, 𝑦 = 𝑘 = ∞ 𝑒𝑡 𝑧 = 𝑙 = 𝑐 → ℎ = 2 , 𝑘 =
0 𝑒𝑡 𝑙 = 1. D’où h, k et l sont multipliés par 2 pour devenir des entiers. Les indices de Miller
du plan sont : 1, 0, 2, le plan s'écrit (102).

6. Sites interstitiels
Dans un cristal, des motifs (atomes, ions ou molécules) sont situés aux nœuds d'un réseau. L'espace
entre ces réseaux est appelé sites interstitiels.
 Sites octaédriques : les nœuds (atomes)
entourant ce site forment un octaèdre (Fig. 14);

 Sites tétraédriques : les nœuds (atomes)


entourant ce site forment un tétraèdre (Fig. 15).
Fig. 14 site octaédrique Fig. 15 site tétraédrique
7. Défauts cristallins
Les cristaux ne sont jamais parfaits. Il y a toujours des erreurs dans les empilements qui peuvent être
décrites comme des défauts :

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 Défauts ponctuels : Ces défauts existent au


niveau des dimensions atomiques. Ils peuvent
résulter de la présence :
 D’un atome de la matrice en position
interstitielle (auto-interstitiel) ;
 D’un atome étranger en position
interstitielle ;
 D’un atome étranger en position
substitutionnelle ;
 D’un site atomique vacant (lacune). Les
lacunes, qui sont à la base du processus de
diffusion, sont toujours présentes dans le
réseau et leur concentration à l’équilibre varie Fig. 16 Les types de défauts ponctuels
avec la température.
 Défauts linéaires : Ces défauts, appelés dislocations, sont à
l’origine de tous processus liés à la déformation plastique. Toute
ligne de dislocation peut se ramener à deux types : la dislocation
coin et la dislocation vis.
 Dislocation coin : Cette dislocation correspond à l’introduction
d’un demi-plan supplémentaire dans le réseau cristallin, qui Fig. 17 Défauts linaires
donne l’image d’un coin (fig. 17).
 Dislocation vis : Cette dislocation ne présente pas de demi-plan
supplémentaire. Elle doit son nom au fait que le cristal est constitué
par une rampe hélicoïdale autour de la ligne de dislocation (fig. 18).

Fig. 18 défauts plans


8. Structure des métaux
Un métal est formé d’une multitude de petits volumes polyédriques appelés
colonies dont la taille varie en général de 2 à 2 à µm, et qui sont limités par
des surfaces appelées joints de grains. La figure 19 représente la surface d’un
métal rompu à basse température, observée au microscope à balayage : la
rupture s’est effectuée le long des joints de grains.
Chaque grain est en fait un monocristal, c’est-à-dire un empilement régulier Fig. 19
d’ions métallique.
L’orientation du réseau cristallin propre à chaque grain est différente et le
matériau est dit polycristallin. Dans le cas très particulier ou le matériau n’est
constitué que d’un seul grain, il est dit monocristallin.
Dans le cas général le matériau est polyphasé, chaque ensemble de cristaux de
même structure et de même composition formant une phase distincte (Figure 21). Fig. 20

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Et voici un exemple de changement de la structure cristalline suivant le diagramme d’équilibre de


phases du fer-carbone plus la courbe d’analyse thermique d’un refroidissement à partir de 1 600 °C
jusqu’à 20 °C.
Le fer existe sous plusieurs formes
cristallines différentes. Chaque forme
établit est stable dans un domaine de
température déter-minée (figure ci-
contre). Ces variétés conservent les
mêmes propriétés chimiques, par
contre leurs propriétés physiques
peuvent être différentes.
- Fer  : ce type de fer existe entre
1539°C et 1400°C. Il se cristallise
dans un système (CC).
- Fer  : ce type de fer existe entre
1400°C et 910°C. Il se cristallise
dans un système (CFC).
- Fer α : type de fer existe entre
910°C et la température ambiante.
Il se cristallise dans un système
(CC).
Dans les microstructures des alliages
Fer-carbone on distingue ce qui suit :
- Ferrite (Fe α) : solution solide (phase) ;
- Austénite (Fe ) : solution solide
(phase) ;
- Perlite (P) : structure hétérogène
(constituant) ;
- Lédéburite (Led) : structure hétérogène
(constituant);
- Cémentite (Fe3C) : combinaison
chimique (phase) ;
- Graphite (G) : carbone libre (phase).

9. Structure des polymères


La plupart des polymères étant d’origine organique. De nombreux
matériaux organiques sont des hydrocarbures, c’est-à-dire qu’ils sont
composés d’hydrogène et de carbone. Les liaisons intermoléculaires sont
covalentes.
Exemple : l’éthylène C2H4, qui à température et pression ambiantes, est Fig. 22 l’éthylène
un gaz (Fig. 22).

En présence d’un catalyseur et dans des conditions de


température et de pression appropriées, il se transforme
en Polyéthylène, un matériau polymère solide (Fig. 23).
Fig. 23 Le Polyéthylène
Les molécules de polymère sont constituées de longues
chaines flexibles dont le squelette est un ensemble
d’atomes de carbone (Fig. 24).
Fig. 24

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10. Structure des céramiques


Composées d’éléments métallique et non métallique, les céramiques sont généralement des oxydes,
des nitrures ou des carbures. Le groupe céramique englobe une vaste gamme de matériaux, dont les
ciments, les verres et les céramiques traditionnelles faites d’argile. Les liaisons interatomiques sont
essentiellement ioniques et partiellement covalentes. Les ions métalliques, ou cations, portent une
charge positive après avoir cédé leur électron de valence aux ions non métalliques, ou anions, qui
portent alors une charge négative.
 Structure cristallines de type AX :
Certains matériaux céramiques courants
comportent un nombre égal de cations et
d’anions. Ils prennent alors le non de
« composés AX » (A représente le
cation ; X représente l’anion). (Fig.27)
(a) Chlorure de sodium NaCl, (b) Chlorure de césium CsCl
Fig 27

 Structure cristallines de type AmXp :


Lorsque les charges du cation et de l’anion
ne sont pas identiques, un composé peut
présenter la formule chimique AmXp.
(Fig.28)

Fig. 28 Fluorine CaF2


 Structure cristallines de type AmBnXp :
Certains composés céramiques contiennent
deux types de cation, auquel cas leur
formule chimique s’écrit alors AmBnXp, ou
A et B représentent ces deux types.
Exemple le Titanate de baryum (BaTiO3),
contient des cations Ba2+ et Ti4+. (Fig.29)
Fig. 29 Titanate de baryum BaTiO3
Autres exemples de céramiques :

 Le diamant : il est le dur matériau connu, possède


conductibilité électrique très faible. En outre, il
présente une conductibilité thermique
exceptionnellement élevée pour un matériau non
métallique (Fig. 30).
Fig. 30 Diamant

 Silice : Le matériau de silicate le pus simple sur le


plan chimique est le dioxyde de silicium (SiO2),
dit « silice » (Figure 31 ci-contre).

Cours des matériaux ~ 14 ~


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Chapitre 2
PROPRIÉTÉS DES MATÉRIAUX

1. Familles de matériaux
Les matériaux se divisent en plusieurs familles.
Ferreux (acier, fontes, …)
Matériaux Métalliques Non ferreux (alliages d’aluminium, de cuivre, …)
Thermoplastiques
Matière Plastique Thermodurcissables
Élastomères

Matériaux Minéraux De grande diffusion : granulats, ciments, bétons


Spécifiques : verres, amorphes, cristaux, céramiques

A âme organique
Matériaux composites
A âme métallique

Le choix d’un matériau dépend de plusieurs critères :


Caractéristiques mécaniques : limite élastique, masse, dureté, résilience…
Caractéristiques physico-chimiques : comportement à la corrosion, vieillissement…
Caractéristiques de mise en œuvre : usinabilité, soudabilité, trempabilité…
Caractéristiques économiques : prix, disponibilité, expérience industrielle…

2. Les propriétés mécaniques


Ce sont des propriétés relatives aux aspects de résistance aux efforts, des déformations résultantes des
efforts, des contacts entre solides (chocs, glissement ...).
Pour étudier les caractéristiques mécaniques des matériaux, on réalise des essais.

 Essai de fatigue : consiste à appliquer à un matériau une sollicitation proche de celle qu’elle
subira en service et à comptabiliser le nombre de cycles jusqu’à la rupture de la pièce.
Principe de l'essai

Contraintes alternées symétriques, dissymétriques ou répétés

- Solliciter un échantillon avec des cycles d'efforts répétés


- Application à la traction, compression, torsion, flexion, fissuration
- Pas de forme générale d'éprouvette étant donné la variété d'essais

Cours des matériaux ~ 15 ~


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 Essai de dureté : consiste à déformer la surface d’une pièce par application d’un effort connu.

 Essai de choc : mesure la résistance au choc ou


résilience.
Principe de l'essai
- Rompre par un choc une éprouvette entaillée
- Mesure de l'énergie nécessaire à cette rupture /
section au droit de l'entaille

 Essais de ténacité :
- Essais sur éprouvettes entaillées pour déterminer
K1C
- 2 géométries : traction compacte (CT) ou flexion
- B : épaisseur, W : largeur, Y : fonction de la
longueur d'entaille
PY
K
BW 1/2

Cours des matériaux ~ 16 ~


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 Essai de traction : consiste à "tirer" sur une


éprouvette de longueur et de diamètre Zone OA : Domaine
normalisés, fabriquée dans le matériau à tester, C’est une zone linéaire : la charge est
jusqu’à sa rupture. Cet essai de traction est donc proportionnelle à l’allongement de
un essai destructif. Durant lequel, on enregistre l’éprouvette.
la courbe ci-dessous donnant, en fonction de
l’allongement de l’éprouvette, l’intensité avec Zone AD : Domaine Plastique
laquelle on "tire". Si on supprime la charge, les déformations
Courbe essai de Traction sont permanentes.

Zone AB : Zone De Grand Glissement

Zone CD : Striction
Forte diminution de la section jusqu’à la
rupture.

En A correspond une action mécanique


d’intensité Fe qui est la charge maximale
admise par l’éprouvette dans le domaine
élastique.
On note : Re=Fe/S0, Re est la limite
élastique admise par le matériau.

En C correspond une action mécanique


d’intensité Fr qui est la charge maximale
admise par l’éprouvette pendant l’essai.
On note :
Rm=Fr/S0, Re est la limite à la rupture
admise par le matériau.
A%=100*(Lult-L0)/L0 ou A% est
l’allongement exprimé en pourcentage.

Si A%>5%, le matériau est considéré


comme ductile.
Éprouvette normalisée Si A%<5%, le matériau est dit fragile (ou
cassant).

2.1 Module d'élasticité longitudinale E (N/mm²) : Il caractérise la pente de la droite de


proportionnalité précédente et l'élasticité du matériau testé. Plus E est grand, plus le matériau est
rigide et inversement. La loi de Hooke : σ = E.

Matériau E (daN/mm²) Matériau E (daN/mm²)


Carbures métalliques 55 000 Zinc 8 000
Tungstène 42 000 Alliage d’aluminium 7 000 à 7 500
Aciers 17 000 à 28 000 Verre 7 000 à 7 500
Aciers de construction 20 000 à 22 000 Magnésium 4 500
Cuivre 12 600 Étain 4 000
Titane 10 500 Béton 2 000
Bronze 10 000 à 12 000 Bois 1 000 à 3 000
Fonte 10 000 Caoutchouc 0,75
Laiton 9 200 Élastomère 0,3

Cours des matériaux ~ 17 ~


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2.2 Module de cisaillement ou de Coulomb : défini par τ = G.γ ou γ représente la déformation en


cisaillement. Pour un matériau isotrope, les modules E, G et le coefficient de poisson υ ne sont pas
indépendants : E = 2G. (1+ υ).
2.3 Limite élastique : c'est la charge maximale que peut supporter un matériau pour se déformer d'une
façon élastique.
2.4 Résistance maximale : c'est la charge maximale que peut supporter un matériau. La charge peut
être effort en traction ou couple en torsion ...
2.5 Élasticité : c'est l'aptitude d'un matériau à se déformer sous une charge (un effort) et de retourner
à son état initial après décharge.
2.6 Plasticité : c'est la déformation d'un matériau sous une charge sans revenir à son état initial après
décharge. On définit ainsi 2 domaines de déformations : Domaine élastique et domaine plastique.
2.7 La rigidité : c'est l'aptitude d'un matériau à se déformer de façon élastique (et donc réversible). La
rigidité est définie par le Module d'élasticité E. Plus le matériau est rigide, plus la force qu'on peut
lui appliquer est importante.
2.8 Ductilité : c'est l'aptitude d'un matériau à se déformer plastiquement avant rupture. Un matériau
qui se déforme plus avant rupture est plus ductile qu'un matériau qui se déforme moins.
2.9 Fragilité : c'est la facilité avec la quelle on peut fracturer un matériau. Un matériau fragile se
fracture sans se déformer plastiquement.
Rque : La ductilité et la fragilité sont deux notions opposées. Elles peuvent être exprimées par
 l'allongement à la rupture A% ,
 le pourcentage de striction ,
 la résilience déterminée par essai Charpy. Elle est exprimée en J/cm².
2.10 Ténacité : c'est l'aptitude d'un matériau à absorber l'énergie lors d'une déformation plastique. C'est
une combinaison entre la bonne résistance à la rupture et la bonne ductilité.
Une des façons de définir la ténacité est l'aire de la surface engendrée par la courbe de traction.

3. Les propriétés électriques


3.1. Résistivité : c'est une propreté spécifique au matériau qui décrit son opposition à conduire le
courant électrique. Elle ne dépend que de la nature du matériau et ne dépend pas de ses dimensions.
On note la note ρ en ohm-mètre (Ω cm);
Exemple : Cuivre ρ=1.67 μΩcm ; fer : ρ=9.71 μΩcm , acier inox ρ=49 μΩcm

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3.2. Conductibilité : c'est une propriété spécifique au matériau qui décrit son aptitude à conduire
l'électricité elle est notée G. C'est l'inverse de la résistivité G = 1/ ρ .
Selon ces propriétés les matériaux peuvent être classés selon trois familles :
 Conducteur électrique : matériaux qui peuvent conduire parfaitement le courant électrique (les
électrons) d’un potentiel supérieur à un potentiel inférieur : on cite les matériaux métalliques.
 Isolant électrique (ou diélectrique): c'est un matériau qui ne conduit pas le courant électrique
(la plupart des polymères et céramiques).
 Les semi-conducteurs : sont des matériaux présentant une conductivité électrique intermédiaire
entre les conducteurs et les isolants. Ces matériaux sont très utilisés dans les circuits électriques
vues leurs possibilités de maîtriser le courant qui y circule. Exemple : diodes, transistors,
résistances ... il est caractérisé par sa résistance au courant électrique R.
3.3. L'intensité du courant électrique : Noté I, qui circule à travers un
semi-conducteur de résistance R entre une différence de potentiel U
est U = R I elle est proportionnelle à sa différence de potentiel U.
On définit ainsi la résistance R qui dépend à la fois des dimensions
du matériau (Longueur L et section S), ainsi que du matériau :
R= ρ L S
3.4. Exemples de matériaux

Matériau Famille électrique Conductibilité (Ωcm) Famille


Cuivre Conducteur 1.67 Métal pure
Constantan 45 Conducteur 49 Métal (alliage CuNi44Mn)
Fer Conducteur 9.71 Métal pure
Acier inox Conducteur 49 Métal (alliage
Polystyrène Isolant > 1016 Polymères
Verre de silice Isolant > 1016 Céramiques
Les alliages ont une résistivité supérieure à celle des métaux purs. Les matériaux plastiques et les
céramiques inorganiques ont une résistivité infiniment élevée : ils sont des isolants électriques.

4. Les propriétés thermiques


4.1. Chaleur spécifique : ou capacité calorifique (C)
C'est la quantité de chaleur nécessaire pour augmenter la température de l'unité de masse (1kg) d'un
corps (homogène) de 1 K la capacité calorifique par unité de masse (J kg-1K-1)
Capacité calorifique à pression constante : Cp
Capacité calorifique à volume constant : Cv.
Généralement pour les solides Cp = Cv
La chaleur spécifique d'un corps est donnée par la relation : Q = m.C p. ΔT (Joules)
4.2. Conductivité thermiques : c'est l'aptitude que possède un matériau pour transférer la chaleur dans
une direction donnée.
Exemple : lorsque les deux faces d'une plaque d'épaisseur « e »
subissent une variation de température ΔT , un flux de chaleur
« Q » va de la fa face la plus chaude vers la plus froide.
λSΔT
Q= t (J).
e
λ : coefficient de conductivité thermique. (W m-1 K-1)

4.3. Dilatation : Lorsque la température d'un matériau augmente de ΔT , son volume augmente aussi.
On dit qu'il se dilate. Et inversement, il se contracte lorsque la température diminue.

Cours des matériaux ~ 19 ~


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L'augmentation du volume est aussi accompagnée par l'augmentation des autres dimensions
(longueurs et surfaces) d'une façon proportionnelle.
La relation entre le la température et la déformation est déterminée par un coefficient de dilatation.
 Coefficient de dilatation linéique :
On défini le coefficient de dilatation linéique α tel que pour toute augmentation de température ΔT
Δl Δl
on aura un taux d'allongement de longueur e = tels que : = α ΔT
l0 l0
 Coefficient de dilatation volumique :
On défini le coefficient de dilatation volumique k tel que pour toute augmentation de température
ΔV ΔV
ΔT on aura un taux d'augmentation de volume tels que : = k ΔT .
V0 V0
4.4. Fusibilité: La fusibilité est la propriété que possèdent certains corps de passer de l'état solide à
l'état liquide sous l'influence de la chaleur. La température à laquelle se produit ce phénomène se
nomme point de fusion.

Métaux Pts de fusion Métaux Pts de fusion


Fer 1550° Aluminium 660°
Nickel 1450° Antimoine 630°
Aciers 1300° à 1400° Zinc 420°
Fontes 1100° à 1200° Plomb 330°
Cuivre 1080° Etain 235°

4.5. Coulabilité : C’est la propriété possédée par plusieurs métaux d'épouser étroitement la forme des
moules dans lesquels ils sont introduits après fusion. C'est en quelque sorte la fluidité des métaux
fondus.

4.6. Homogénéité : est caractérisée dans la masse d'un corps par une répartition très régulière des
éléments la constituant : c'est la qualité première d'un alliage. La propriété opposée est
l'hétérogénéité.

5. Les propriétés chimiques


Les propriétés chimiques des matériaux se décrivent par leurs réactivité (aptitude à réagir) avec des
environnements chimiques où ils sont situés (air, l'eau, huiles, eau salée...). Ces environnements sont
caractérisés par leur caractère acide ou basiques, par la présence d'un élément réactif (oxygène,
solvant...). Ces propretés sont généralement fournies par les fabricants des produits sous formes de
fiches.
5.1. La combustibilité : La capacité d’un élément ou d’un composé à brûler l’air est une propriété
chimique.
5.2. La stabilité : La propriété d’une substance à demeurer inchangée.
5.3. La toxicité : La propriété d’une substance qui a des effets nocifs sur les végétaux et les animaux.
En grandes concentrations, presque tous les produits chimiques sont toxiques.
5.4. La résistance aux acides et aux bases : les métaux ne sont pas résistants aux acides. Une grande
partie des plastiques est résistante aux acides.
5.5. L’oxydation : c'est une réaction chimique entre le matériau et l'oxygène pour former un oxyde
(à la surface du matériau). La réaction d'oxydation est exothermique. Elle est favorisée à haute
température. Dans certains cas l'oxydation est une réaction souhaitée. Dans la majorité des cas
elle n'est pas souhaitée. Un matériau qui ne réagit pas avec l'oxygène (de l'air le plus souvent ou
de l'eau) est dit résistant à l'oxydation. Et inversement non résistant à l'oxydation.
Exemple : Acier INOX est très résistant à l'oxydation à température ambiante.

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L'or est très résistant à l'oxydation à température ambiante aussi. Ce qui justifie son caractère
toujours brillant (pas de formation de couche d'oxyde, le métal reflète la lumière).
Remarque : il faut distinguer entre « oxydation » et « corrosion » :
- La corrosion est la détérioration lente et progressive d'un matériau par un agent extérieur.
- L’oxydation est la réaction avec l'oxygène pour former un oxyde. La corrosion peut se faire
par oxydation.

Cours des matériaux ~ 21 ~

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