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LES CONSTITUANTS INDISPENSABLES D’UNE EGLISE LOCALE

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Qui est Dieu ? L’unité et l’interdépendance de Dieu
Prier ou ne pas prier avec les catholiques ? 5 questions simples avant de s’y
engager
 

À partir de quand un groupe de chrétiens qui se réunissent forment-ils une église


locale ? Quelles en sont les composantes essentielles ? La réponse peut varier selon
les cultures, mais on peut reconnaître certains points communs distinguant une
église d’une simple rencontre entre chrétiens, d’une rencontre de prière, d’une étude
biblique, ou encore d’une activité d’évangélisation.

Mission et raison d ‘être de l’église locale

L’église locale se distingue d’une simple rencontre entre chrétiens tout d’abord en
fonction de sa mission et de sa raison d’être. L’église locale a pour mission ultime la
gloire de Dieu, qui se décline sous trois aspects distincts : l’adoration collective
envers Dieu, l’édification commune, et l’annonce de l’Évangile au monde extérieur.
La mission d’une étude biblique ou d’une rencontre de prière est par nature plus
restreinte que celle d’une église locale, portant son attention sur l’un ou l’autre aspect
de la mission de l’église, tandis que l’église vise l’ensemble de ceux-ci. La mission de
l’église possède une triple visée : une première visée externe, envers Dieu lui-même,
objet de notre adoration ; une visée interne, l’édification et la formation spirituelle des
enfants de Dieu ; et enfin une nouvelle visée externe, l’annonce de l’Évangile à ceux
et celles à l’extérieur des rangs de l’église.

L’adoration collective

Ce premier aspect ne se résume pas simplement au chant en assemblée, mais


comprend également la prière en commun (une prière présentée à Dieu, souvent par
les conducteurs de l’Église, plutôt qu’un simple moment de prière où tous et chacun
prient simultanément). La lecture commune et la prédication de la Parole de Dieu, de
même que l’écoute attentive de tous les membres, constituent aussi une part
importante de l’adoration, car toute prédication ou tout enseignement de la Parole de
Dieu doit mener à sa mise en pratique. À l’adoration ponctuelle et collective se
joindra donc une adoration quotidienne individuelle. On consultera à ce sujet avec
grand profit l’ouvrage de David Peterson, En Esprit et en vérité.

L’édification commune,

C’est le deuxième aspect de la mission de l’église, figure en tête de palmarès des


conditions de l’exercice des dons spirituels en assemblée. L’apôtre Paul déclare :
« Lorsque vous vous assemblez, . . . que tout se fasse pour l’édification »
(1 Cor 14.26). Cette édification commune s’accomplit notamment par la prédication
et l’enseignement de la Parole de Dieu (cf. 1 Tim 4.13-16), sans toutefois que les
membres de l’église ne développent une dépendance malsaine à l’égard de leurs
conducteurs. Encourageant les chrétiens à ne pas négliger leur assemblée, l’auteur
de l’épître aux Hébreux note : « Veillons les uns sur les autres pour nous inciter à
l’amour et aux œuvres bonnes » (Héb 10.24). L’édification ne relèvera donc pas du
domaine exclusif des conducteurs de l’église, même si leur contribution est
importante; tous les membres de l’église sont responsables de s’édifier les uns les
autres.

La mission

L’église a également comme mission l’annonce de l’évangile. Cette annonce s’inscrit


dans la foulée de la grande mission de Jésus ressuscité à ses disciples
(cf. Matt 28.18-20), amplement décrite dans les Actes des Apôtres. Les disciples de
Jésus ont établi des Églises locales dans les diverses provinces romaines, selon le
grand mandat reçu de leur Maître et Sauveur.

La fondation d’églises locales dans les Actes des apôtres nous met en présence
d’une deuxième composante essentielle d’une église locale.

Une organisation et une structure reconnue

Les Églises locales fondées par les apôtres de Jésus-Christ affichent une deuxième
caractéristique : elles possèdent des conducteurs reconnus et respectés par les
membres des églises. Déjà lors du premier voyage missionnaire, Paul et Barnabas
établissent des anciens dans chaque Église : « Ils firent nommer pour eux des
anciens dans chaque Église, et, après avoir jeûné et prié, ils les recommandèrent au
Seigneur en qui ils avaient cru » (Actes 14.23). Le jeune âge de ces Églises n’a pas
empêché les apôtres de nommer des conducteurs spirituels issus de ces
assemblées.

Le ministère d’anciens dans les Églises apparaît très souvent dans les Actes et les
épîtres. Bien que leurs titres puissent varier (anciens, pasteurs, conducteurs), leur
présence est bien attestée. Aux chrétiens de la jeune Église des Thessaloniciens,
Paul écrit « d’avoir de la considération pour ceux qui travaillent parmi vous, qui vous
dirigent dans le Seigneur et qui vous avertissent » (1 Thess 5.12). Dans sa lettre aux
fragiles Églises de la Galatie, Paul fait mention de ceux qui enseignent (cf. Gal 6.6).

La présence et le ministère reconnu de conducteurs et de serviteurs spirituels, qu’il


s’agisse d’anciens ou évêques et des diacres (cf. Phil 1.1), établis selon des critères
spécifiques (1 Tim 3.1-13, 5.17-25, 2 Tim 2.24-26, Tite 1.5-9) apparaissent comme
une constante au sein des églises.
L’Église locale se distingue ainsi d’une simple rencontre entre chrétiens en étant
structurée et en ayant en son sein des conducteurs qualifiés et reconnus par
l’assemblée.

L’administration des symboles ou des ordonnances du Seigneur

L’Église locale se distingue enfin d’un simple groupe de chrétiens, par la pratique des
deux symboles que le Seigneur Jésus a commandés à ses disciples.

La grande mission que Jésus a laissée aux apôtres, et à tous les chrétiens par la
suite, inclut le commandement de baptiser les disciples du Maître (Matt 28.19). Une
lecture, même cursive, des Actes des apôtres nous met en présence de la pratique
du baptême de ceux et celles ayant placé leur foi en Jésus-Christ : ceux et celles
ayant accepté le message de Pierre le jour de la Pentecôte (Actes 2.41), hommes et
femmes ayant cru à la bonne nouvelle du royaume de Dieu et du nom de Jésus-
Christ en Samarie (8.12), Saul de Tarse (9.18), Corneille et sa maisonnée (10.47-
48), le geôlier de Philippes et les siens se réjouissant d’avoir cru en Dieu (16.31-34),
les disciples à Éphèse (19.4-5), et ainsi de suite.

Enfin, la pratique régulière de la Cène en mémoire de la mort de Jésus lors des


rencontres en commun, caractérisait la vie de l’Église, selon les Actes et les épîtres
de Paul (cf. 1 Cor 11.17-34).