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Avant propos

Dans le but de l’initiation à la vie professionnelle et pour sa


formation, l’élève ingénieur est appelé à effectuer deux stages
d’été : le premier est dit stage d’observation le second est un stage
d’étude.

Personnellement, j’ai été chanceux d’être accueilli au sein de


l’entreprise hydromécanique S.A Caprari (Z.I Ben Arous) pour
mon stage d’étude, durant le mois de juillet 2000; là où je me suis
interessé, en tant qu’hydraulicien, à la fabrication et au montage
des pompes ainsi qu’aux essais effectués au « bac d’essai ».

Dans ce rapport, j’ai essayé de présenter, dans une première


partie et d’une façon brève, ce que j’ai vu intéressant dans les
livres et les catalogues que j’ai consultés, et dans la seconde partie,
ce qui concerne l’étude hydraulique.

1
Présentation de l’entreprise
hydromécanique S.A Caprari

La société hydromécanique S.A Caprari est une société anonyme qui a été
créée en 1980. Elle est située dans la zone industrielle à Ben Arous et visée pour
la fabrication et le montage des pompes et des moulins.
Hydromécanique S.A comprend 60 personnels dont la répartition
hiérarchique est comme suit :

P.D.G

Direction des marchés :


Direction Direction Administration Direction directeur d’usine +
moteur d’usine principale commerciale Ingénieur + secrétariat
électrique

Chef de Secrétariat
Ouvriers
fabrication Personnel

2 Magasiniers
3 Chefs d’équipe
Ouvriers

A hydromécanique, je me suis rendu, le plus souvent, au bac d’essai, là où


on effectue le démontage et le remontage des pompes à réparer (service après-
vente) ainsi que des essais que ce soit pour ces pompes ou pour les nouvelles
pompes.

Bac
d’essai
Administratio Usine
n
Soudure

2
* Administration : Administration principale, service des marchés,
secrétariat.

* Usine : Bobinage, tour, fraiseuse, armoire de contrôle, montage.

* Bac d’essai : Principe général

M
Robinet-
vanne
a D
Sens de circulation de l’eau

a’

Pompe
Eau
d’essai

M : Manomètre
D : Débimètre
a : Hauteur fixe
a’ : Hauteur variable

(Un exemple d’essai sera traité ultérieurement, là où ces


paramètres seront illustrés

3
Partie I :
* Historique
* Généralités sur les pompes
fabriquées par Caprari

4
Historique

Pour puiser l’eau, l’homme a connu, suivant les civilisations, de différents


instruments qui ont évolué progressivement.
Il a commencé au début par le creux de sa main qui lui servait de récipient
et qui a fait penser à un instrument très ancien : « le ventilabrum »; espèce de
cuiller en bois utilisée pour puiser l’eau dans un bassin. Ensuite il a passé par
une série d’instruments qui commence par « le shadoof », daté du deuxième
millénaire av.J.-C, pour aboutir à la pompe centrifuge et dont les éléments
essentiels sont :

 « Le shadoof » : constitué d’une barre de bois basculant sur un point


d’appui décentré, avec, à une extrémité, une jarre, et à l’autre un
contre-poids.

5
* « La noria à godets » et « la roue hydraulique » : qui utilisent la force
d’un homme ou d’un animal pour faire tourner une roue dentée qui, par un
système d’engrenage, entraîne une roue plus grande portant sur sa circonférence
externe une série de récipients judicieusement espacés.
Ces récipients plongent vides dans la nappe d’eau où ils se remplissent,
remontent pleins du côté opposé et se vident au sommet dans le réservoir prévu
à cet effet.

6
* « La roue chinoise » et « les tympans » : ayant même principe que la
noria, il leur est attribué la paternité de l’invention des appareils hydrauliques
élévatoires.

* «  La vis d’Archimède » : IIIème siècle av.J.-C. Espèce de tuyau de cuire


enroulé autour d’un axe équipé d’une manivelle à son extrémité supérieure.
Par la suite Archimède améliora sa vis en plaçant à l’intérieur d’un long
cylindre une hélice, ce qui a donné aux Romains l’idée de la vis sans fin.

7
* « La pompe » qui a remplacé ces techniques anciennes à la fin du moyen
âge, généralement actionnée par la force de l’homme lui-même, quelques fois
par la force des animaux et plus rarement par l’énergie hydraulique.
Ce nouvel instrument a énormément évolué au cours du temps. En effet; on
date :
- En 1438 invention d’un vérin à transmission par chaîne pour le seau du
puits par Mariano di Jacopo.
- En 1505 utilisation d’une pompe aspirante à piston dans les mines de
Joachimsthal, en Bohème.
- En 1570 installation de la première station de pompes à pistons Dantzig
(port de la Pologne).
- 1600 : invention d’une pompe transportable, mue par une roue de moulin
hydraulique.
- 1642 : invention de la 1ère pompe pneumatique par Otto von Guericke.
- 1698 : 1ère pompe aspirante à vapeur (la vapeur sous pression pousse l’eau
dans la colonne de revoulement).
- 1705 : construction d’une pompe centrifuge à aubage multiple par le
physicien français Denis Papin, améliorée en 1730 par De Lamour.
- 1785 : John Skeys brevète la 1ère pompe à hélice
- 1840 : La pompe « Duplex »   à deux couples de cylindres et de pistons
(débits limités mais haute pression) encore en usage aujourd’hui.
- 1846 : construction d’une pompe centrifuge à trois roues en série.
- 1849 : 1ère pompe centrifuge multicellulaire.
- 1850 : réalisation de roues a aubage courbe donnant un rendement r=68%.
- 1896 : la roue à double aspiration.
- 1905 : moteur électrique pouvant fonctionner en immersion d’où, en
1908,
pompe électrique immergée pour puits très profond.

Les dates sont prises de


« l’eau magie et
technique ». Capari

8
9
Généralités sur les pompes fabriquées
par Caprari

Caprari fournit, au marché des machines hydrauliques, une gamme de


pompes centrifuges très vaste qui sont nombreuses et différentes, et dont l’usage
dépend du champ d’utilisation : de l’agriculture aux installations de chauffage et
de climatisation, des systèmes d'épuration à l’industrie, ...
Cherchant à satisfaire le plus possible la demande de ses clients, Caprari
effectue le choix de la pompe à ces derniers après une étude minutieuse et
rationnelle, tout en faisant appel aux données fournies sur le liquide à pomper :
profondeur, diamètre (dans le cas d’un forage), nature de l’eau ... ainsi qu’aux
paramètres (débit, pression, vitesse) désirés.
Parmi cette gamme, on peut citer suivant le mode et le champ de
fonctionnement :

* Electropompes immergées :
Pour extraire l’eau des puits profonds et des forages ou
équiper les stations de surpression à usage civil, industriel et
agricole.

* Pompes à axe vertical :


Pour le pompage de l’eau dans les forages, les puits
profonds, les bassins, les bâches, les installations industrielles et
civiles, d'irrigation et de lutte contre l’incendie.

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* Electropompes submersibles :
Pour le pompage des eaux d’infiltration et des eaux usées dans les
installations de relevage domestique ou de chantier et d’épuration.
Electropompes monobloc verticales à roues de type vortex, mono canal, ou
broyeuse, actionnées directement par moteur électrique spécifique.

* Electropompes monobloc :
Pour le transport et la surpression des eaux de surface,
elles répondent aux besoins de l’adduction d’eau, de
l’industrie, de l’irrigation et des installations anti-incendie,
de climatisation et de chauffage. Pompes radiales mono ou
multicellulaires pour basse et moyenne pression directement
entraînées par un moteur électrique.

11
* Pompes à axe horizontal :
Pour le transport et le pompage des eaux de surface dans les secteurs
adduction d’eau, industriel, civil et groupes incendie. Les pompes
monocellulaires sont également adaptées aux installations de climatisation et de
chauffage. L’entraînement de ces pompes est réalisé par des moteurs électriques
ou thermiques positionnés sur un châssis commun et reliés par un accouplement
élastique.

12
Partie II :
Etude hydraulique

13
Introduction

Dans tout ce qui suit, nous allons prendre, au cours de nos calculs, les
paramètres, en abrégé, qui sont définis comme suit :

D
Conduite de
refoulement
(Lr , Dr)
Pompe Hr

B C
P Moteur
H

Ha

Conduite
d’aspiration
(La , Da) A
h
A0
Crépine

Ha : Hauteur géométrique d’aspiration.


Hr : Hauteur géométrique de refoulement.
H : Hauteur géométrique totale.
La : Longueur de la conduite d’aspiration .
Lr : Longueur de la conduite de refoulement.
Da : Diamètre de la conduite d’aspiration.
Dr : Diamètre de la conduite de refoulement.
Ja : Perte de charge totale dans la conduite d’aspiration
Jr : Perte de charge totale dans la conduite de refoulement.
B : Entrée de la pompe
C : Sortie de la pompe.
A0 : Point d’aspiration.
D : Point de refoulement.

14
Il importe de remarquer que les points A0 et A se comportent,
hydrauliquement, de la même façon. En effet :
VA 2 PA
H A  ZA  
2 g g

PA
 0 0
g

VA 0 2 PA 0
H A0  Z A0  
2g g

P 
  h  0   A  h
 g 
P
 A
g

 HA = H A 0

15
La pompe centrifuge :
machine élévatoire de l’eau

La pompe est utilisée dans le but d’aspirer l’eau d’un niveau exigé et de la
refouler à un niveau désiré.
Pour ce réaliser; cette machine hydraulique doit conférer à l’eau aspirée
une énergie qu’on peut expliquer, en utilisant le théorème de Bernoulli, de cette
façon:
Rappel du théorème de Bernoulli :
Pour une particule fluide dont le poids est égal à l’unité le théorème de
Bernoulli s’énonce comme suit :
P V2
H  Z 
g 2 g

Avec : H : la charge ou l’énergie totale.

Z : l’énergie potentielle de position.

P
g : l’énergie potentielle de pression.
V2 : l’énergie cinétique.
2g

Représentation graphique du théorème de Bernoulli

Ligne de
V1 2 charge J
Ligne
2g d’énergie

Ligne des niveaux V2 2


piézométriques
2g
P1 H2=H1
H1 g

P2
A1 Ligne du filet g
liquide
A2
Z1
Z2
16
En introduisant la pompe P, ça devient :

Ligne de charge

Ligne
J
d’énergie

V2 2
V1 2 2g
2g Ligne des niveaux
piézométiques

P1
H1
P2 H2H1
g g

A1 P Ligne du filet
liquide
A2
Z1
Z2

Donc la pompe permet d’avoir une différence d’énergie : E  0 ou


H2H1
Elle reçoit une énergie mécanique extérieure qui, au rendement près, se
transmet à la veine liquide dont l’énergie est augmentée entre l’entrée et la
sortie.

Calculons l’énergie conférée par la pompe à une particule d’eau de poids


égal à l’unité.
Appelons Ee cette énergie; on a donc, en se référant au schéma considéré au
début de la partie II de ce rapport, l’équation suivante :

Ee = HC - HB + JP

où JP est la perte de charge à l’intérieur de la pompe.

Le théorème de Bernoulli entre A et B :

HA = HB + Ja  HB = HA - Ja

17
Le théorème de Bernoulli entre C et D :

HC = HD + Jr

et on aura ainsi :

Ee = HD + Jr - (HA - Ja) + JP

d’où Ee = HD + Jr - HA + Ja + JP

PA
Or HA = 0 + 0
g

PD Vr 2
HD = H + 
g 2g

PD Vr 2 PA
Donc Ee  H     Ja  Jr  JP
g 2g g

Pour les pompes servant à un équipement classique, tel que l’équipement


d’un puits ou forage, on ne demande pas au point (D), de refoulement, une
pression considérable, le seul souci est l’élévation de l’eau d’un niveau inférieur
à un niveau supérieur.
Vr 2
Donc le terme est négligeable devant H, Ja, Jr et JP. Cette supposition
2g
ne sera, donc, pas valable lorsqu’on exige au point de refoulement une pression
importante, comme, par exemple, pour le cas de l’irrigation par aspersion.

Ainsi Ee devient :
Ee = H + Ja + Jr + JP
= Ha + Ja + Hr + Jr + JP
= hma + hmr + JP
= hmt + JP
où hma : hauteur manométrique d’aspiration
hmr : hauteur manométrique de refoulement
hmt : hauteur manométrique totale

Si l’on considère maintenant, non plus une particule de poids égal à l’unité,
mais un certain volume V de poids gV. On aura pour ce volume V :

Ee = gV (H + J + JP)

18
Or V peut s’écrire en fonction du temps t et du débit Q :
V = Qt d’où Ee = gQt (H + J + JP)

Pour une unité de temps, l’énergie conférée sera :

We = gQ (H + J + JP)
= gQ (hmt + JP)
= gQ hmt + gVJP

Cette puissance We est composée de deux fractions, dont l’une, gQJP, est
nulle au point C : cette dernière est dissipée à l’intérieur de la pompe sous forme
de frottement.

Il ne reste, par conséquent, que le terme W e’= gQhmt qui est la puissance
disponible au point C. Elle est appelée « la puissance en eau montée ».

We ' gQhmt
Le rapport :   (R i ) P est appelé rendement
We gQ( hmt  J P )
interne de la pompe ou également « le rendement hydraulique » de la pompe et
noté (Ri)P
e W ' gQhmt
On a donc : We  (R )  ( R )
i p i P

Or une pompe est un ensemble d’organes mobiles et immobiles dans lequel


il y aura, donc, une dissipation d’énergie. Au point P, l’énergie donnée par le
moteur est supérieure à We’ et We, donc :

WP  We  We’

We
 ( R e ) P : c’est le rendement extérieur de la pompe et donc :
WP

We We ' gQhmt
WP   
(R e ) P (R e ) P (R i ) P RP

où RP = (Ri)P x (Re)P : rendement de la pompe.

Si Wm est la puissance absorbée par le moteur, on aura :

Wm  WP  We  We’

WP WP gQgmt
et aussi : Rm = W  Wm  
m Rm Rm RP

19
R = Rm Rp : rendement du groupe moto-pompe

. 3 .10 3 .10 3
9 ,810
Donc on a : Wm ( kw )  Qhmt
R

. 3 Qhmt
9 ,810
Wm ( kw ) 
soit R

Q. hmt
=
102. R

Qhmt
Wm ( CV) 
ou encore : 75,102 R

avec 1 CV = 0.736 kw

Schéma récapitulatif :

Steg
E P We C
Wm M
Wp We’
B

20
Comment mesurer la hauteur manométrique
totale pour une pompe

En appliquant le théorème de Bernoulli entre A et B on a :

HA = HB + J

PA PB VB 2
0 0 = +  Ha  Ja
g g 2g

PB PA V 2
d ' où = - Ha -Ja - B
g g 2g

Entre C et D :
PC Vr 2 PD V2
+ Ha +   H  r  Jr
g 2g g 2g

PC PD
d ' où = + H - Ha + J r
g g

PC PB PD P V 2
 = + H - Ha + Jr - A + Ha + Ja + B
g g g g 2g

PD PA
Or =
g g (pression atmosphérique)

et après simplification on obtient :


PC PB V 2
 = H + Ja + Jr + B
g g 2g

VB 2
En négligeant le terme par rapport aux autres, ça devient :
2g
PC PB
 =H+J
g g

 hmt

Donc, la hauteur manométrique totale est représentée par la différence de


pressions aux bornes de la pompe. Ce résultat est très important; en effet : d’une
part, pour le constructeur de pompes, il lui suffira de brancher aux bornes des

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pompes prototypes deux manomètres pour connaître la hmt. D’autre part, pour
l’utilisateur qui, en branchant deux manomètres entre l’entrée et la sortie de la
pompe, connaîtra à chaque instant la hmt qui est variable en fonction du débit.

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Caractéristique d’une pompe

On va admettre le résultat suivant :

We = gQ (hmt + JP)

= Q (r2 2 - ( Q cotg )/2b)

où :
We : Puissance conférée par la pompe à la veine liquide
r : Rayon de la roue de la pompe
 : Vitesse de rotation des particules fluides
 : Angle formé par les vecteurs vitesse relative et vitesse
d’entraînement
b : Largeur intérieure de la roue de la pompe
Q : Débit

La démonstration de ce résultat n’est pas difficile et elle est basée sur le


théorème des moments cinétiques; seulement, elle prend beaucoup d’espace.

We
Soit  hmt  J p
gQ

 He ; He : hauteur engendrée

Comme We= Q (r2 2 - ( Q cotg )/2b) alors on a :

*We (Q)
We

'

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Cette courbe est établie pour une vitesse de rotation  donnée, elle est
parabolique.

* He (Q) :
We 1
He = gQ
= g
(r2 2 - ( Q cotg )/2b)

Cette courbe est donc une droite

He

He(Q)

'  
He(Q)


Q

* h (Q) :
Cette courbe peut être établie en mesurant la hmt aux bornes de la pompe,
tout en faisant varier la débit par la manœuvre d’un robinet-vanne à la sortie de
cette dernière. Pour chaque valeur du débit, on prend mesure par lecture
différentielle des pressions à l’entrée et à la sortie de la pompe.
Cette opération est effectuée lors des essais au bac d’essai et on trace la
courbe par un logiciel pour une vitesse de rotation  donnée (voir graphique
p...)

h(Q) ,

h(Q) ,'

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* JP (Q) :
Courbe des pertes manométriques.

Jp = He - hmt, donc cette courbe est déduite par soustraction de hmt (Q) de
He(Q) et dont l’allure générale est :
Charg
e

He(Q)

JP(Q)

h(Q)
Q

* Wp(Q) :
WP = We + WP’ où W'P est la fraction de puissance dissipée par la pompe
de celle absorbée du moteur, et qui est supposée constante pour une même
pompe.

WP

W’P WP

We

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* RP(Q) :

We ' gQhmt
Rp = 
Wp WP

RP

La courbe h(Q) est appelée caractéristique de la pompe, mais cette courbe


est généralement accompagnée de WP(Q) et de RP(Q), afin de permettre à
l’utilisateur un choix rationnel.

A titre d'application; les deux pages suivantes résument un essai effectué,


au bac d'essai, le 03/07/2000 : dans la page ... , le tableau des paramètres relevés
sur le champ et celui des paramètres qui en sont déduits. Dans la page ..., la
caractéristique ou le graphique récapitulatif.

26
Notion de NPSH (requis et disponible)
Phénomène de cavitation

I- Définition :

On définit le NPSH : Net Positive Suction Head, par la charge nette à


l’aspiration, comme son nom l’indique.

Soient : A : au niveau du plan d’aspiration


B : à l’entrée de la pompe
C : au niveau de la roue à aubes

L’application du théorème de Bernoulli entre A et B :

PA P V 2
00 = Ha  B + B  Ja
g g 2g

PB PA V 2 
d’où   H a   B  J a 
g g  2g 

Q
comme VB = Sr
où Sr : section du conduit de refoulement.

VB 2 Q2 1
alors  2
 K1 . Q 2 , K1 
2 g 2. S r . g 2. S r 2 . g

 V2
et Ja  La
D a 2g

L a
 2
Q2
D a .2S r . g

L a
= K2 Q2 , K2 
D a .2S r 2 . g

PB PA
Soient hB  et P on aura donc :
g g

hB = (P-Ha) - KQ2 où K = K 1 + K2

27
ainsi la courbe hB(Q) est parabolique

hB

P-Ha

hv

Q
Qv

hv : Pression de vapeur d’eau saturante qui constitue un minimum pour


la pression de l’eau dans le circuit.

II- Phénomène de cavitation :


Supposons que le minimum de pression soit atteint en un certain point C
dans le corps de la pompe; désignons par :
PC : la pression absolue en C.
JC
B : perte de charge entre B et C.

Bernoulli entre B et C permet d’écrire :

PB VB 2 P V2
Ha  +  H a  C + r  J CB
g 2g g 2g

PB PC
=  ( VC 2  VB 2 ) / 2g  J CB
g g

PB PC
Posons :  hB et  hC
g g

( VC 2  VB 2 ) / 2g  K' 1 Q 2

K’1 : par analogie à K1, précédemment défini.

28
On a évidemment V C  VB (due à l’action de rotation de la roue à
aubes).

De même : J CB  K' 2 Q 2

K’2 : par analogie à K2, précédemment défini.

Donc hB = hC + (K’1 + K’2) Q2


soit hB = hC + K’ Q2 où K’ = K’1 + K’2

Supposons qu’en C la pression atteigne la pression de vapeur d’eau


saturante. C’est à dire :
hC = hv

alors hB = hv + K’Q2

Traçons maintenant les deux courbes sur le même graphique.


hB
(C’)

P-Ha E
 I
(NPSH)d
+

(NPSH)r
F

G
hv

(I) (II (III) (IV)


)
Q
QI Qv

* (I) : Pour Q  QI , on a hB  h’B : la pression en B est supérieure à


la pression en ce même point s’il y avait cavitation au point C : pas
de cavitation.
* (II) : Pour Q = QI ; hB = h’B : cavitation en C.
* (III) : pour QI Q  Qv ; hB  h’B : cavitation qui se propage de C vers B
* (IV) : pour Q  Qv; hB = hv : cavitation généralisée, le liquide se met à bouillir
en C et il y a formation de poches de vapeur, avec chocs très violents et
vibrations importantes dans la pompe.

III- (NPSH) disponible :

29
On appelle (NPSH) disponible la quantité hB-hv; c’est la côte de ligne
piézométrique à l’entrée de la conduite d’aspiration de la pompe, rapportée à
l’axe de celle-ci, exprimée en mètre et diminuée de la hauteur représentative de
la tension de vapeur saturante du liquide.
Cette grandeur est, donc, indépendante de la pompe utilisée et ne dépend
que de l’installation (longueur et diamètre de la conduite d’aspiration, hauteur
géométrique d’aspiration).
Sur la figure précédente, le (NPSH) disponible = h B - hv est représenté par
la distance verticale EG de la parabole (C) à l’horizontale d’ordonnée hv.

IV- (NPSH) requis :


Le (NPSH) requis est représenté par la distance verticale FG : de la
parabole (C’) à l’horizontale d’ordonnée hv.
Il importe de signaler que le (NPSH) requis est indépendant de
l’installation de la pompe, il ne dépend que de ce qui se passe entre B et C; c’est
à dire de la pompe elle-même. C’est, donc, une donnée fournie exclusivement
par le constructeur de la partie hydraulique de la pompe, à savoir Caprari
(Modena-Italie) pour les pompes fabriquées par hydromécanique S.A.

V- Application :
Soit une pompe donnée, fonctionnant avec une vitesse de rotation donnée,
on se propose de chercher, d’après ce qu’on a vu précédemment, la condition de
sa cavitation.
Pour qu’il n’y ait pas de cavitation, il faut que :

(NPSH)d  (NPSH)r

hB - hv  h’B - hv

d’où hB  h’B

ou encore (P - Ha) - K Q2  hv + K’Q2

- Ha - K Q2  hv + K’Q2 - P

Ha + K Q2  P - hv - K’Q2
or Ha + KQ2 = ha

et on a : * P = Patm = 10,33m
* hv = 0,33m

30
* K’Q2 : représente la perte de charge dans la pompe qui ne
dépasse pas 3m d’après le constructeur.

donc ha  10,33 - 0,33 - 3 = 7m

On peut conclure, donc, que pour toute pompe-puisqu’on n’a rien exigé à
propos de cette dernière comme donnée pour notre application - la hauteur
d’aspiration ne doit pas dépasser 7m.

ha  7m

VI- Aspect physique du phénomène de cavitation :

Lorsqu’il y a cavitation, il y a changement de l’état physique de l’eau :


l’eau passe de l’état liquide à l’état vapeur. Il se produit donc des cavités ou
poches de vapeur. En dehors de cette poche, la particule d’eau se condense de
nouveau pour devenir liquide. Il y a donc variation de volume, de pression et de
vitesse et création d’ondes qui se manifestent sous forme de chocs dont le bruit
est caractéristique d’une bétonnière. Ces chocs finissent par éroder la roue à
aubes, provoquant une usure rapide de cette dernière et donc sa mise hors de
fonctionnement.
Ceci se traduit, sur les courbes, par une chute brutale de chacune de h(Q),
We(Q) et RP (Q), dès l’apparition de la cavitation.

31
Choix d’une pompe

Le service des marchés a pour rôle de recevoir les données sur le liquide à
pomper et d’affecter, par suite, la pompe convenable. Cette opération s’effectue
par étapes. En effet; on cherche le point de fonctionnement de toute la gamme
de pompes pour le circuit même, ensuite, en tenant compte du débit désiré, de la
hmt de la puissance absorbée et du rendement, on choisit la pompe convenable.

I- Caractéristique de la conduite :
La caractéristique de la conduite est la courbe J(Q), où J désigne la perte de
charge le long de la conduite dont on connaît le diamètre, augmentée de la
hauteur géométrique totale.
Pour une conduite de longueur L et de diamètre D :

L U 2
J
D 2g
où  est le coefficient de perte de charge
k 
et   f , R e  , avec k : rugosité
D 
D : Diamètre
UD
Re  : nombre de Reynolds

 peut être déterminé par plusieurs méthodes, dont on peut citer la plus
fameuse, à savoir la formule de Colebrook :

1  k 2 ,51 
 2 Log  
  3,7 D R e  

et la plus pratique, celle de Blench :


k
  0,790
D
L U 2
Donc J  j. L 
D 2g

8L
 2 5
Q2
 gD

= KQ2 d’où la forme parabolique de cette caractéristique.

32
Pour le traçage de la courbe, j peut être donnée par des abaques, sachant le
diamètre de la conduite et le débit ou la vitesse. (Voir annexe p.......)

J1 J2 Jn
Hg

Q
Q1 Q2 Qn

II- Caractéristique d’une association de conduites :


* Si l’association est en série, on somme les courbes sur les charges, pour
chaque débit, soit par exemple :

C réseau

C2

C1

33
* Si l’association est en parallèle, les courbes seront sommées sur les
débits pour chaque charge; soit :

C2 C1
C réseau

* Si l’association comprend les deux cas, on commence par remplacer


chaque couple de conduites par une conduite équivalente. Ensuite, par itération,
on obtient la caractéristique de tout le réseau.


A
 JC
A

B
JC
B

JD
C
D

34
Caractéristique équivalente :
A
Q

J
Il importe de remarquer qu’il faut tenir compte des pertes de charge
singulières qu’on peut rencontrer et dont les valeurs sont données suivant la
singularité. (Voir annexe p .......)
III- Point de fonctionnement d’une pompe :
Le point de fonctionnement d’une pompe peut être déterminé
graphiquement: il est donné par l’intersection de la caractéristique de la pompe
et celle de la conduite :
H Caractéristiqu
e

F : point de
fonctionnement
F
H
F

Hg

Caractéristiqu
e

Q
QF
35
IV- Choix de la pompe :
Après avoir établi la caractéristique du réseau de conduites, on trace sur le
même graphique : les caractéristiques des pompes offertes et celle du réseau.
Ensuite, on choisit la pompe qui donne le débit de fonctionnement le plus proche
du débit désiré, bien sûr, avec un bon rendement.
V- Application :
Soit le forage suivant : 

H2

NS H1

R
ND

NS : niveau statique.
ND : niveau dynamique
R : rabattement
P : profondeur de la nappe d’eau
où :
H1 = 50m
H2 = 40m
débit désiré : Q = 10 l/s

En se référant aux abaques des pertes de charge (voir annexe p....), on


trouve une perte de charge J  50m d’où Hmt  140m.
Un logiciel permet d’effectuer le choix de la meilleure pompe convenable à
ce forage, à savoir la pompe du type :
E6S64 / 16A + MCH640
Ce qui donne idée, à la fois, sur le moteur et la pompe (partie hydraulique)
ainsi que des données illustrées ultérieurement.

36
Accessoires hydrauliques dans une
station de pompage

I- Dispositif pneumatique de contrôle du niveau de puits :

Le dispositif pneumatique permet


de mesurer le niveau d’eau dans un
puits : la pompe à l’arrêt (niveau statique
HS); la pompe en marche (niveau
dynamique Hd).
En positionnant à une profondeur
« L » l’extrémité inférieure du tube en
plastique et en pompant de l’air dans le
réservoir, l’aiguille du manomètre se
stabilise à une pression « Pb »
correspondant à la charge sur l’orifice
libre placé à la côte « L », c’est à dire :

HS  L-(Pbs x 10,2) [m]

Hd  L-(Pbd x 10,2) [m]

La côte « L » doit être mesurée


pendant la phase d’installation du groupe
et le tube en plastique doit être attaché
avec des liens à la colonne montante.

37
II- Dispositif pour défaut d’eau et contrôle niveau :

Le dispositif électronique à
conductivité sert à relever ou à contrôler les
niveaux du liquide conducteur dans les
puits, les bâches ou les réservoirs.
En cas de contrôle du niveau minimum
ou maximum (protection contre la marche à
sec et remise en marche automatique de
l’électropompe), le relais se maintient en
situation de repos, tant que le liquide n’a pas
atteint le niveau supérieur.
A ce point, le relais excite la bobine du
télérupteur (qui provoque le démarrage de
l’éléctropompe) et la maintient jusqu’à ce
que le liquide descende sous le niveau
minimum.
Quand on va vérifier le niveau
minimum (protection contre la marche à
sec), le relais reste toujours excité en
présence du liquide pompé. Il n’est pas
excité en absence du liquide ou quand la
tension manque. Dans cette occasion le
relais doit être réarmé manuellement.

III- Anti-bélier :
III-1-Coup de bélier :
Dans le cas de l’arrêt brusque de l’écoulement par une vanne, par exemple,
ou par colmatage brutal, il se crée une surpression qui sera à l’origine d’une
onde de pression se propageant le long de la conduite et arrivant jusqu’au niveau
de la pompe. Cette onde à une célérité proche de 1000m/s qui est largement
supérieure à la vitesse d’écoulement de l’eau (de l’ordre de 1,5m/s dans le cas de
l’alimentation en eau potable).

Soit a la célérité de l’onde dans l’eau; a est donné comme suit :

9900
a
Formule d’Allievi : 43,8  K
D
e

D : diamètre (mm)
e : épaisseur de la conduite (mm)

38
K = f (nature du tuyau); à titre d’exemple :

fonte K=1
acier K = 0.5
amiante ciment K = 4.4
plomb, béton K=5

* Valeur maximale du coup de bélier :

L
Soit T4 la période de cette onde.
a

Pression
T
L L L L
a a a a

Temps

La valeur maximale du coup de bélier est définie en deux catégories :


* Première catégorie : une fermeture brutale ou brusque, et ce si :
2L T
Tf   (Tf : temps de fermeture )
a 2

aU 0
B B : intensité maximale du coup de bélier
g
a : célérité (m/s)
U0 : vitesse moyenne de l’écoulement avant fermeture (m/s)

* Deuxième catégorie : fermeture lente et ce quand :


39
2L
Tf 
a
2 LU 0
Dans ce cas on a : B
g. Tf
En ce qui concerne la pression, elle subit une variation égale à B.
- Surpression : H = H0 + B : pression maximal qu’on peut prévoir dans la
conduite.

- Dépression : H = H0 - B : pression minimal qu’on peut prévoir dans la


conduite.

Soit une conduite d’eau en acier : D = 0,8m, e = 1cm, U 0 = 1,8m, H0 =


60m, L=1Km et K = 0,5 pour l’acier. On se propose de déterminer la pression
maximale dans le cas d’une fermeture brusque d’une vanne, et celle pour un
temps de fermeture égale à 15s.

- La célérité de l’onde est :

9900
a
43,8  0,5.
0,8 soit a = 1081,46 m/s
0,01

Pour le cas où on a une fermeture brusque, on a :

aU 0 1081,46  1,8
B =  198m
g 9 ,8

 Hmax = 60 + 198 = 258m Hmax = 25,8 bar

Pour le cas d’un temps de fermeture = 15s on a :


2 L 2  1000

a 1081,46

 1,85s  15s

2 LU 0
donc : B
g. Tf

2  1000  1,8

9,8  15

 24,48m

 Hmax = 60 + 24,48 = 84,48m Hmax  8,5 bar

40
III-2- Protection des conduites contre les coups de bélier :

a- Volant d’inertie :
‫ا‬a consiste à faire monter un volant ayant un moment cinétique important
sur la roue de la pompe pour prolonger le temps d’arrêt ou de fermeture.

b- Soupapes de décharge :
Sorte de fermeture, équipée d’un ressort, qui s’ouvre à partir d’une certaine
pression dans le but de laisser s’échapper l’eau sous pression. Mais cette
technique à plusieurs inconvénients dont on peut citer :
- Le calage du ressort est trés précis.
- Elle ne réagit pas en cas de dépression.
- En cas de surpression élevée, il y a d’énormes quantités d’eau qui
seront rejetées.

c-Cheminée d’équilibre :
Elle consiste à faire planter une cheminée près du réservoir d’accueil qui,
en cas de dépression, alimente la conduite et, en cas de surpression, en absorbe
l’eau.

Cheminée
Réservoir
d’équilibre
d’acceuil

P
Station de
pompage

d- Réservoir d’air :
Connecté juste en aval de la pompe:

Pompe

Le réservoir d'air joue un rôle pareil à celui de la cheminée d'équilibre :


41
Etat normal

Cas de surpression

Cas de dépression

42
Conclusion

Au sein de l'entreprise Caprari, j'ai pu voir de


proche et examiner les différents types de pompes
qu'elle produit. De même, les essais auxquels j'ai
assisté m'ont permis de découvrir comment établir
dans la pratique les différentes courbes
caractérisant une pompe.

Aussi, puis-je dire qu'un tel stage d'étude est


très intéressant, du fait qu'il clarifie le cours de
quelques modules rencontrés, lors de notre
formation, tels que : Alimentation en eau potable,
Ecoulement en charge, Machines hydrauliques et
Station de pompage ... et leur forme une sorte de
travaux pratiques.

43
Sommaire
Avant propos
Présentation de l'entreprise hydromécanique S.A Caprari

Partie I
* Historique
* Généralités sur les pompes fabriquées
par Caprari :
1-Electropompes immergées
2- Pompes à axe vertical
3- Electropompes submersibles
4- Electropompes monobloc
5- Pompes à axe horizontal

Partie II
Etude hydraulique

* Introduction
* La pompe centrifuge : machine élévatoire de l'eau
* Comment mesurer la hmt pour une pompe
* Caractéristique d'une pompe
* Notion de NPSH, phénomène de cavitation
I- Définition du NPSH
II- Phénomène de cavitation
III- (NPSH) disponible
IV- (NPSH) requis
V- Application
IV- Aspect physique du phénomène de cavitation

* Choix d'une pompe :


I- Caractéristique d'une conduite
II- Caractéristique d'une association de conduites
III- Point de fonctionnement d'une pompe
IV- Choix de la pompe
V- Application

44
* Accessoires hydrauliques dans une station de pompage
I- Dispositif pneumatique de contrôle du niveau de puits
II- Dispositif pour défaut d'eau et contrôle niveau
III- Anti-bélier :
III-1- Coup de bélier
III-2- Protection des conduites contre les coups de bélier :
a- Volant d'inertie
b- Soupapes de décharge
c- Cheminée d'équilibre
d- Réservoir d'air

Conclusion
ANNEXE

45
A l’âme de mon cher grand-père
Ettayeb Boutarfa

A mes parents
A mes deux frères
A mes deux soeurs

Chaker
Ouertatani

46
47
Remerciements
Je tiens à accorder mes remerciements
les plus vifs à Mr. Moncef Zarraâ (P.D.G)
pour m’avoir accueilli, chaleureusement,
au sein de son entreprise. Je remercie
également Mrs. :
* Naoufel Belhaj : Enseignant à
l’E.S.I.E.R qui m’a aidé, à travers ses
explications - au bout de deux ans de
formation - auxquelles j’ai eu recours, à
comprendre aisément les documents et à
rédiger ce rapport.
* Mohamed Hédi Ferjani : Le
directeur d’usine qui m’a encadré.
* Foued Bleghgi : Ingénieur
hydraulicien qui n’a pas hésité de me
faciliter la tâche.
* Slaheddine Boussâada : Chef
d’équipe,
ainsi que tous les agents-Caprari qui
m’ont aidé à effectuer ce stage dans les
meilleures conditions.

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