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Le réseau intelligent

Introduction
Sommaire
• Le réseau intelligent

– L’architecture du réseau intelligent

• Introduction

– Historique du réseau intelligent


– Objectifs et principes du réseau intelligent
– Le champ d’application du RI

• Le modèle conceptuel du réseau intelligent

– Les principes d’architecture


– La première phase du RI
– L’architecture fonctionnelle
– L’architecture physique

• Conclusion
Le réseau Intelligent
Le terme « réseau intelligent » fut introduit par BellCore dans les années 80 suite au déploiement
de l’application du numéro vert aux Etats-Unis.
Par la suite, des études sur le sujet furent entreprises à l’ITU-T (International Telecommunication
Union – Telecommunication Standardization Secto), qui établit en 1993 un premier
ensemble de recommandations relatif au réseau intelligent [ITU-Q12**].

Ce chapitre présente le concept de réseau intelligent et l’architecture définie par l’ITU-T.

- Nous traçons tout d’abord, l’historique du réseau depuis sa définition par BellCore jusqu’à la
parution des recommandations ITU-T. Nous abordons également l’organisation du travail au sein
de l’ITU-T.
- Nous présentons l’objectif du réseau intelligent et les principes de son architecture.
- Puis nous décrivons le modèle conceptuel du réseau intelligent
- Ensuite nous verrons une présentation détaillée de l’architecture ITU-T du réseau intelligent pour
la phase 1 (CS-1),ainsi qu’aux extensions constituant la phase2 (CS-2)
Le réseau Intelligent
• Introduction

Le réseau intelligent s’inscrit dans la continuité du réseau téléphonique commuté (RTC). Il désigne plus une
structuration nouvelle des éléments de réseau plutôt qu’un nouveau réseau. En effet, l’apparition de la
commutation numérique entraînant l’amélioration de la signalisation a permis dans les années 80 d’élargir
l’offre de services de télécommunications du RTC et ainsi de dépasser son offre initiale qui est l’appel
téléphonique de base. Ces services améliorant l’appel de base tels le renvoi d’appel ou le numéro vert sont
fournis par les commutateurs constituant le RTC. Cette mise en œuvre de services par les commutateurs
s’avère être une limite importante à l’introduction de nouveaux services pour plusieurs raisons. D’une part, le
déploiement d’un service signifie la mise à jour de tous les commutateurs. Un commutateur n’étant pas une
machine aisément programmable et les programmes le faisant fonctionner étant fort complexes, l’opérateur ne
peut déployer un nouveau service sans l’assistance du constructeur. Un réseau étant généralement constitué de
commutateurs provenant de constructeurs différents, cela augmente très nettement la complexité de la tâche.
Ces contraintes entraînent des délais d’introduction de service relativement longs et coûteux. D’autre part,
certains services nécessitent que le commutateur traite des informations qui ne sont pas locales, mais
communes à l’ensemble des commutateurs du réseau.

Par exemple, l’application numéro vert qui permet à un appelant de faire un appel gratuit, repose sur la
traduction d’un numéro logique à préfixe spécifique (0800 en France) en un numéro de destination réelle. La
table de traduction est une donnée globale à tous les commutateurs. Dupliquer une telle table dans tous les
commutateurs du réseau implique une gestion très difficile pour garantir une cohérence. Par contre, disposer
d’un nœud central stockant cette table et étant accessible par l’ensemble des commutateurs est une solution
simple à mettre en œuvre et peu coûteuse. C’est ainsi que le numéro vert fut introduit aux États-unis. Un nœud
appelé point de commande de service (service control point: SCP) est dédié au traitement de la traduction du
numéro. Ainsi le réseau est enrichi d’une fonctionnalité nouvelle et du fait de sa capacité à traiter des
informations et à offrir un service plus évolué que l’appel de base, il est qualifié « d’intelligent »
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• Bellecore a alors défini en 1984 deux concepts, IN/1 et IN/2, qui devaient augmenter progressivement
l’intelligence du réseau. IN/1 désignait un réseau dans lequel les traitements à mettre en œuvre pour réaliser les
services reposaient sur des mécanismes de traduction, comme pour le numéro vert. Cependant, le
concept IN/1 nécessitait une modification à la fois du SCP et du commutateur lors de l’introduction d’un
nouveau service car les interfaces étaient dépendantes du service. IN/2 fut alors défini pour remédier à cet
inconvénient. L’idée était que seul le SCP devait être mis à jour quand un nouveau service était installé. Le
réseau était alors totalement indépendant des services. Très vite cependant, il devint évident que le concept IN/2
était trop complexe pour être mis en œuvre directement à partir d’IN/1 et qu’une étape intermédiaire s’imposait.
Cette dernière , appelée IN/I+, fut quelque temps plus tard abandonnée au profit d’un nouveau concept appelé
Advanced Intelligent Network. L’idée phare d’AIN, comparée à ses prédécesseurs, est de disposer d’une
architecture évolutive, indépendante des services et des multi-constructeurs. La démarche adoptée pour
atteindre cet objectif est incrémentale Une spécification AIN Release 1 a été publiée début 1991 [AIN 1]. Elle est
considérée comme représentant l’architecture à long terme, donc l’objectif à atteindre. La première étape est
l’architecture AIN Release 0.1, spécifiée en 1992 [AIN 0.1], suivie de la spécification AIN Release 0.2 en 1993.
Ces deux spécifications concernent essentiellement les fonctions d’un commutateur relatives au traitement d’appel
qui sont progressivement enrichies et l’interface entre le commutateur et le SCP. Ces travaux étant réalisés
parallèlement à ceux entrepris à l’ITU-T, il en résulte un alignement progressif et conjoint. Ainsi, la version
révisée du document AIN Release 1 [AIN-RI] ne contient que peu de différences par rapport aux
recommandations de l’ITU-T publiées en 1993.


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• Le développement d’une famille de recommandations techniques pour le réseau intelligent a commencé à
l’ITU-T en 1989. Le principal Groupe d’Etudes (Study Group) est l’ITU-T study Group XI (Switching and signalling),
qui regroupe des représentants de la plupart des opérateurs de télécommunication et des vendeurs d’équipements
à travers le monde. Les participants européens sont représentés par un seul membre chargé de transmettre
leur contribution commune élaborée au préalable au sein de l’European Telecommunications Standards
Institute (ETSI). De même, les représentants nord-américains utilisent le forum American National Standards
Institute (ANSI). Le Study Group XVIII (ISDN) a également été impliqué dans l’élaboration de l’ensemble initial des
recommandations techniques pour le réseau intelligent. Les périodes d’études pour le développement de ces
recommandations furent 1989-1992 et 1993-1996. Elles coïncident avec l’organisation du travail de normalisation.
En effet, le développement des recommandations du réseau intelligent est structuré en phases, de façon à
prendre en compte les services et technologies existants et futurs. Chaque phase correspond à un ensemble
de capacités (Capability Set; CS). L’idée était de disposer rapidement d’un ensemble de recommandations
techniques, l’ensemble de capacités 1 (CS-1), qui permettrait d’implanter un groupe minimal de services de base
réseau intelligent, à partir desquels des services plus sophistiqués seront élaborés dans les ensembles suivants
(CS-2,CS-3). Ainsi en Mars 1993, un premier ensemble de recommandationsn relatif au CS-1 fut publié. Le
deuxième ensemble relatif au CS-2 est publié en mai 1997.
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• Objectifs et principes du réseau intelligent

Le réseau intelligent est défini dans la recommandation Q1290 comme un concept architectural pour la création et
la fourniture de services de télécommunication [ITU-Q1290]. L’implantation de son architecture doit faciliter
l’introduction rapide et à moindre coût de nouveaux services basés sur une plus grande flexibilité et sur
de nouvelles possibilités. Cette architecture peut être appliquée à des types variés de réseaux de
télécommunication, tels le réseau téléphonique commuté, les réseaux de données, les réseaux mobiles
ou encore le réseau numérique à intégration de service (bande étroite et large bande)

De cette définition, les objectifs du réseau intelligent peuvent alors être énoncés comme permettant:

- l’introduction de nouvelles possibilités dans les réseaux de télécommunication pour faciliter et accélérer de façon
efficace et économique, l’implantation et la provision de services dans un environnement multi-vendeurs;
- L’indépendance des opérateurs vis-à-vis des constructeurs
- Un meilleur contrôle de l’introduction de services et du coût de fonctionnement (Prob interfaçage)
- Une adéquation entre l’offre de services et la demande des utilisateurs (Besoin Marketing)
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Ainsi le but visé est d’obtenir la possibilité de programmer le réseau par la définition d’une architecture
indépendante d’un type de réseau et de l’implémentation de services. De ces objectifs découle le principe du
réseau intelligent, qui repose sur une séparation claire entre les fonctions liées au réseau (les ressources) et
celles qui sont intrinsèquement programmables. Les ressources regroupent toutes les fonctions qui
permettent d’obtenir le traitement d’appel de base (telles que le routage d’appel ou la commutation) ainsi que
certaines fonctions spécifiques qui sont liées à l’existence d’équipements spéciaux comme les serveurs
d’annonces vocales ou les ponts de conférence. Les services sont constitués de logiciels qui pilotent ces
ressources pour obtenir des applications allant au-delà de l’appel de base. Ces logiciels sont constitués
d’algorithmes (logique de service) et de données qui doivent pouvoir être modifiés facilement sans remettre en
cause l’agencement du réseau.
Ce principe de séparation est concrétisé par la définition de deux types d’interface:

- l’interface de programmation, ou interface A, est utilisée pour la description de la logique et des


données de nouveaux services. Elle permet que le réseau soit une plate-forme indépendante des services. Il
est alors possible d’introduire de nouveaux services rapidement, sans avoir à modifier la plate-forme. Ceci répond
effectivement à l’objectif de réduction des délais d’introduction ou de modification des services et à l’objectif de
réduction des coûts,

-l’interface de commande des ressources permet de contrôler les ressources physiques provenant de
différents constructeurs. L’existence d’une telle interface standardisée réduit le coût des développements
puisqu’il suffit d’un seul développement pour contrôler des équipements multi-constructeurs. L’objectif de
compatibilité avec le réseau existant est ainsi rempli
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• L’UIT-T décrit les moyens qui permettent de « faciliter l’introduction de nouveaux services »:

L’architecture doit être indépendante des services. Cela veut dire que la mise en œuvre de nouveaux services
ne doit pas impliquer une modification de l’architecture, ce qui serait alors coûteux; il faut développer des
interfaces génériques

L’architecture doit être indépendante du réseau. Cela veut dire qu’elle ne doit dépendre ni de la
configuration physique du réseau ni des systèmes spécifiques des fournisseurs. L’objectif est de permettre
à un opérateur de réseau de choisir le matériel adéquat et de pas être obligé de redévelopper un service en cas
de changement de configuration du réseau.
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• Le champ d’application du RI

L’UIT-T indique que le RI doit permettre une large variété de services utilisant les services de transport existants
et à venir ( par exemple ceux qui sont définis dans le contexte large bande, qui concerne les hauts débits). Il est
possible de distinguer deux types de services: les services liés au traitement d’appel (mise en attente
d’appels,services de traduction d’adresse pour l’acheminement des appels….) et les services de gestion
(personnalisation du service par un usager – qui peut changer son profil, par exemple en modifiant son
numéro de transfert d’appel, fourniture de statistiques, facturation ….). La première série de recommandations
de l’UIT-T concernant le premier « jeu de capacités » ou CS-1 (Capability Set1), expose en détail les
services liés au traitement d’appel. Les services de gestion doivent être pris en compte par CS-2 et CS-3.

Le but est de pouvoir appliquer les principes de l’architecture du RI à tout type de réseau. Cela comprend
en particulier les réseaux téléphoniques commutés, les réseaux mobiles, les réseaux de données, les
réseaux larges bandes. Ce champ est tout à fait ambitieux. L’application du RI à d’autres types de réseaux de
télécommunication est un point d’étude primordial, car une architecture unifiée est importante pour permettre
l’interconnexion des réseaux et offrir des services impliquant plusieurs réseaux (services multimédias par
exemple)
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• Le modèle conceptuel du réseau intelligent

Avant d’aborder l’architecture du RI, il est nécessaire de décrire l’approche méthodologique qui a consisté à
distinguer:

- le plan des services, qui décrit les types de services que le RI peut offrir et montre comment les services
peuvent se combiner entre eux ( par exemple en regroupant certains pour en créer un autre) et comment ils
peuvent coexister de manière cohérente (interaction de services);

- le plan fonctionnel global, qui décrit les fonctions du RI en considérant le réseau comme un système
unique, en cachant donc totalement les questions de répartition de fonctions. C’est dans ce plan que peut être
définie une interface logique de description de services. Cette interface logique est fondée sur des éléments
réutilisables qui masquent tous les aspects de configuration au programmeur;

- le plan fonctionnel réparti, qui décrit l’architecture fonctionnelle du RI;

- le plan physique, qui décrit l’architecture physique du RI.

Le plan des services et le plan fonctionnel global font l’objet d’un autre chapitre de ce même cours.
Nous traiterons ici principalement du plan fonctionnel réparti et du plan physique.
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• Les principes d’architecture

Le RI comporte deux types d’interfaces, parfois appelés interface A et interface B.

Le premier type (interface A) concerne des interfaces de programmation, qui permettent au réseau de
devenir une sorte de plateforme indépendante des services. Il est alors possible d’introduire des services plus
rapidement sans devoir modifier cette plate-forme.

Le deuxième type (interface B) concerne des interfaces de commande de ressources, qui permettent de
contrôler les ressources physiques de systèmes de divers fournisseurs. L’existence d’interfaces standard
de contrôle de ressources permet de réduire les coûts de développement puisqu’un seul développement commun
est nécessaire pour tous les fournisseurs.
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• La première phase du RI

Dans un premier temps, par souci d’efficacité, l’UIT-T a restreint son champ d’application à une liste de services.
Cela ne veut pas dire que seuls ces services pourront être fournis sur le RI, mais plutôt que tout service
nécessitant les mêmes capacités pourra être mis à disposition.
L’architecture en découlant procure donc un premier jeu de capacités (CS-1)

Quelques exemples typiques de service de CS-1:

le libre appel (numéro vert en France),


service d’acheminement d’appel avec taxation spécifique au demandeur,
l’appel par carte ( carte France Télécom en France), qui permet de facturer l’appel sur un compte spécial,
le réseau privé virtuel (Trainsgroupe en France), qui relie les lignes et PABX d’une entreprise avec un plan de
numérotation privé et une facturation spécifique
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• L’architecture fonctionnelle

L’architecture fonctionnelle du RI est définie très simplement par l’identification d’un certain nombre de
fonctions, qui peuvent physiquement être mises en œuvre sur le même système ou sur des systèmes
séparés:

- les fonctions de transport en temps réel classiques;

- les fonctions en temps réel nouvelles pour le RI (d’une part en adaptant le commutateur, qui est alors appelé
commutateur d’accès aux services [CAS ou SSP]; d’autre part, les nouvelles ressources, aussi appelées
périphérique intelligent [PI ou IP];

- les fonctions de commande du RI (logique du service, appelée point de commande de services [PCS ou
SCP], et bases de données);

- les fonctions de gestion du RI (gestion de la logique et des données, accès par les utilisateurs, création de
services).

L’interface de commande de ressources (B) se trouve donc entre les fonctions de commande et les
nouvelles fonctions en temps réel.
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• Les entités fonctionnelles (EF) sont des fonctions qui peuvent être implantées dans différents systèmes
physiques selon divers scénarios (recommandation Q.1215)

Le modèle fonctionnel du RI comporte les EF suivantes:

- CCAF (Call Control Agent Function): cette entité fournit à l’usager l’accès au réseau. C’est une fonction de
base du traitement d’appel indépendante du RI, définie dans les recommandations du livre bleu de l’UIT-T. Elle
peut être localisée dans un commutateur ou dans certains terminaux sophistiqués tels que les PABX.

- CCF (Call Control Function): cette entité fournit les capacités de base pour la connexion du niveau des services
de transport (parole par exemple),à ne pas confondre avec le niveau transport des sept couches OSI pour les
protocoles. C’est une fonction de base à laquelle a été rajoutée l’option de déclenchement qui permet de
traiter les critères pour savoir si l’appel est du ressort RI. Cette fonction est toujours localisée dans un
commutateur local (c’est-à-dire comportant des connexions avec les usagers, ou de transit).

- SSF(Service Switching Function): cette entité est toujours associée à un CCF. Elle permet de converser avec
la logique de service qui commande les ressources de commutation. Cette fonction est fondamentale dans le RI,
car elle fournit une interface indépendante des services. Par nature, elle est toujours localisée avec le CCF dans
un commutateur appelé CAS (commutateur d’accès aux services) ou SSP en anglais (Service Switching Point)
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• SCF (Service Control Function): cette entité permet d’appeler les fonctions de commande du commutateur.
C’est cette fonction qui contient les logiques de services. En général, elle est localisée indépendamment du
CCF, sur une machine séparée appelée PCS-R (point de commande de services réseau) ou SCP (Service
Control Point). Mais, si les contraintes de performance l’imposent, elle peut être localisée dans le commutateur
pour éviter les délais de transmission ( la transmission se faisant pour le RI du RTC sur le réseau sémaphore avec
des protocoles numéro 7). Le SCF peut interagir avec d’autres entités pour accéder à d’autres logiques ou pour
obtenir des informations supplémentaires.

SDF (Service Data Function): cette entité contient les données associées à l’usager, ainsi que des
données internes au réseau. Lors de l’exécution d’un service, le SCF peut accéder à ces données en temps
réel. Le SDF peut être physiquement placé avec le SCF ou placé dans une base de données distante, le SDP
(Service Data Point)

SRF (Specialized Resource Function): cette entité recouvre tout type de ressources spécialisées autres que les
ressources de connexion qui sont dans un commutateur (par exemple: clavier, émetteur d’annonces, pont de
conférence …). Le SRF est habituellement localisé sur une machine distincte, appelée « périphérique
intelligent PI ou Intelligent Peripferal IP » diférente des commutateurs. En effet, il est en général inutile de
mettre ces ressources au niveau de chaque commutateur; Dans certain cas cependant (par exemple les
générateurs de tonalité, utilisés systématiquement pour tous les appels), le SRF pourra être localisé dans le
commutateur.
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• SCEF( Service Création Environnement function) : Cette entité est une des plus importantes de l’architecture
du RI. Elle permet de spécifier, de développer, de tester et de déployer des services sur le RI. Elle s’appuie
donc sur l’existence d’interfaces de programmation. L’utilisation de cette entité permet de développer la logique de
service, les structures des données du service et les informations associées aux critères de déclenchement dans
le commutateur.

SMF (Service Management Function): cette fonction permet d’étendre et d’exploiter un service sur le RI. En
particulier, elle a la responsabilité de déployer les diverses instances de SCF et de SDF dans le réseau, et
de maintenir la cohérence globale. A ce titre, le SMF contient en fait la base de données de référence du
service; Des informations statistiques ou de taxation peuvent être reçues des SCF, informations qui pourront être
mises à la disposition des gestionnaires de services, après un traitement éventuel, à travers le SMAF.
Inversement, les modifications de données par le SMAF (Service Management Access Function) seront
répercutées par le SMF vers les SDF. De plus, le SMF est aussi responsable de la gestion de tous les
éléments du réseau (commutateurs, périphériques intelligents) pour les aspects spécifiques du RI. A ce
titre, le SMF est en fait relié à toutes les entités fonctionnelles (sauf CCAF). La description précise de cette
fonction n’est pas encore définitive. Physiquement, le SMF est en général localisé dans le SMP (Service
Management point).
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• Dans cette architecture fonctionnelle, l’interface A (interface de programmation) peut se trouver dans
plusieurs entités (le SCF, le SDF, le SMF ou le SMAF). Elle n’est en fait pas « visible » du programmeur, qui ne
distingue que l’interface logique du plan global fonctionnel ( de la même façon qu’un programmeur en langage
C++ ne connaît pas l’assembleur). Pour ce qui est de l’interface B (interface de commande des ressources),cela
concerne les interfaces entre « intelligence » du réseau (la logique et les données) et les ressources
(commutateurs et nouveau type de ressources), donc les interfaces SCF vers SSF ou SRF.
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• L’architecture physique

Plusieurs architectures physiques sont possibles, selon les emplacements des entités fonctionnelles. Il y a bien
sûr l’architecture centralisée, avec le SCP (PCS-R) séparé des commutateurs. Le RI est souvent associé, à
tort, à cette seule configuration physique,mais on peut également avoir une architecture RI totalement
décentralisée sans aucun SCP,, quand la fonction SCF est intégrée dans les commutateurs,

Les principaux constituants physiques du RI:

- Le commutateur appelé SSP (Service Switching Point), qui contient au minimum la fonction SSF pour
pouvoir appeler le SCP (PCS-R). Le commutateur peut aussi posséder une fonction SRF intégrée (par exemple
quand il est capable de recevoir des fréquences vocales). Enfin, le commutateur peut détenir une fonction SCP
intégrée, ce qui permet d’éviter les délais de transmission vers un SCP séparé. Dans ce dernier cas, le
commutateur est appelé SSCP (Service Switching and Control Point);

- Le périphérique intelligent PI (ou IP, Intelligent Peripheral) avec la fonction SRF;

- Le SN (Service Node), qui est en fait un système autosuffisant qui contient les fonctions principales RI.
Ce système constitue une sorte de mini RI. Les appels sont acheminés vers le SN qui éventuellement les réinjecte
dans le réseau. Le SN peut donc se comporter comme un centre de transit;
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• Le PCS-R ( ou SCP Service Control point), qui est chargé de commander les ressources (commutateurs et PI)

L’AD (Adjunct) est un PCS-R relié au CAS par une liaison directe à haut débit, ce qui permet des temps de réponse
plus courts;

La base de données fonctionnant en temps réel (ou SDP, Service Data Point)

Le fonctionnement d’un appel RI est le suivant: l’appel est acheminé vers le CAS le plus proche (éventuellement le
commutateur de rattachement); le commutateur reconnaît l’appel RI à l’aide d’une table de déclenchement qui contient
les critères d’appel vers un service RI; le commutateur appelle alors le PCS-R indiqué dans la table (le PCS peut être
intégré dans le commutateur). A partir de ce moment, le PCS-R est responsable du traitement d’appel.
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• Conclusion

Le RI constitue un domaine de plus en plus important pour les télécommunications et encore en pleine extension
(Surtout dans les pays émergents). Des évolutions importantes sont d’ores et déjà appliquées afin de mieux
prendre en compte les besoins de gestion et les services de mobilité et de généraliser la flexibilité logicielle.

Le RI est une technique de mise en œuvre de service actuellement introduite par la plupart des opérateurs de
réseaux du monde. Cette technique répond au besoin stratégique d’offrir plus rapidement des services.

Il faut étudier l’évolution vers les solutions normalisées. En effet, les recommandations UIT-T ont été approuvées
en mars 1993 pour CS-1. En Europe, un sous-ensemble des recommandations de l’UIT-T a été approfondi par
l’ETSI et les résultats (ETSI Core INAP) ont été approuvés fin 94. Les constructeurs, qui doivent servir différents
marchés nationaux, sont maintenant fortement motivés par la mise en œuvre de solutions normalisées. Pour les
opérateurs, la nécessité de cette évolution se fera sentir principalement pour les interconnexions avec les autres
pays dans l’offre de services internationaux.
Pour FT, l’évolution vers une solution normalisée se fait progressivement, avec des additions fonctionnelles dans
le réseau: par exemple, des sous-ensembles de la fonction CAS dans commutateurs de rattachement pour les
serveurs de données externes, ou les interfaces SCF-SDF pour les services internationaux.