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Comment améliorer la santé des agneaux ?

Au niveau national, on constate une augmentation de la mortalité moyenne des agneaux ces
dernières années. Selon la base de données du logiciel de contrôle de performance ovall, le taux
frôle les 14 % depuis 2008. La répartition des mortalités des agneaux entre 0 et 60j montrent que
plus de la moitié meurent avant 48 heures. Ces résultats ne sont pas une fatalité, il existe des marges
de manœuvre importantes pour réduire cette mortalité en améliorant ses pratiques d'élevage.

Cet article montre l'importance de la qualité de colostrum pour la mise en place de l'immunité de
l'agneau, puis explique comment préparer au mieux les brebis en fin de gestation pour pouvoir
produire ce colostrum et enfin comment gérer les agneaux de la naissance au sevrage.

Partie 1 : Le colostrum

1. Le colostrum, unique source de défense immunitaire pour le nouveau né

1.1. Qu'est ce que le colostrum ?

Le colostrum se distingue du lait par ses propriétés nutritionnelles, immunitaires et technologiques


spécifiques. La formation du colostrum débutent 3 semaines avant la mise bas. Il faut donc
gérer au mieux cette période.
La composition du colostrum se distingue par un niveau énergétique beaucoup plus élevé que le lait
de brebis. Cette énergie participe au maintien de la température corporelle du nouveau-né. Les
teneurs en minéraux, oligo-éléments et vitamines sont également 2 à 10 fois plus élevées que celles
du lait.

Le colostrum contient également :


· Des anticorps
· Des facteurs antimicrobiens dont la lactoferrine (qui fixe le fer et prive donc certaines bactéries,
dont E. coli, de ce nutriment essentiel), la lactoperoxydase, le lysosyme, le complément…
· Des hormones et facteurs de croissance
· Des cellules somatiques

Tout ces éléments garantissent une protection générale et locale contre les bactéries, les virus ou les
parasites

1.2. Comment l'agneau s'immunise-t-il ?

A la naissance, l'agneau ne possède pas de défense immunitaire. En effet, pendant la gestation, le


placenta laisse passer les nutriments qui permettent à l'agneau de se développer mais pas les
anticorps, trop gros, pour franchir cette barrière. L'agneau naît donc sans aucune défense contre les
agressions environnantes. Son immunité active ne prendra le relais qu'au bout de 3-4 semaines.
Il lui est donc nécessaire de disposer d'une immunité passive par le biais du colostrum qui est très
riche en anticorps mais aussi en énergie, vitamines et oligo-éléments.
De plus, à la naissance, l'intestin est très perméable aux anticorps qui passent rapidement dans la
circulation sanguine. Au bout de 12h, l'intestin devient progressivement imperméable à ces
molécules.

Il est donc primordial que l'agneau boive le plus rapidement possible du colostrum de qualité
(c'est à dire dont la concentration en immunoglobulines est supérieure à 100g/L) et en
quantité suffisante afin de constituer son capital immunitaire (10% de son poids vif dans les 6
premières heures de vie).
En effet, le taux d'immunoglobulines colostrales transféré diminue rapidement.

Pour les allaitants, la 1ère tétée doit avoir lieu dans les 4 à 6 premières heures de vie. La prise de
colostrum doit être vérifiée (température de l'agneau > 39,5°C s'il a tété). Dans le cas contraire, il
faut le faire téter ou le sonder. Cependant, avant de sonder un agneau, il est important qu'il salive. Il
faut donc lui mettre du sel sur la langue et quand même essayé de le faire téter.

1.3. Que faire quand la brebis n'a pas de colostrum ?

− Distribuer du colostrum d'une autre brebis du troupeau. Vérifier sa qualité avec un


réfractomètre, la lecture s'effectue sur l'échelle de gauche.
− Distribuer du colostrum de vache. Attention, celui-ci est plus pauvre en protéine et matière
grasse que celui de brebis. Il faudra donc y ajouter 2 cuillères à soupe de crème fraîche, un
jaune d'oeuf et 1 cuillère de miel.

1.4. Les facteurs influençant la qualité du colostrum

L’alimentation : La production d’AGNE (acides gras non-estérifiés) issus de la dégradation des


graisses lors d’amaigrissement semble par contre avoir un effet négatif sur la synthèse des anticorps
par les lymphocytes B. Il est donc fortement déconseillé de faire maigrir des brebis en état !

Le parasitisme : Le parasitisme a une influence directe sur la qualité du colostrum. Les parasites
sont des spoliateurs d’énergie, de protéines et d’oligo- éléments, mais sont également à l’origine
d’une baisse d’immunité des animaux (détournement de l’immunité au profit d’anticorps non
protecteurs). Il est important de réaliser des analyses de crottes deux mois avant la mise bas et de
traiter en conséquent. N'hésitez pas à contacter le GDS pour bénéficier des aides du « pack
parasitisme ».

Les oligo-éléments : La complémentation en oligo -éléments joue un rôle majeur dans la qualité du
colostrum, en particulier l’iode, le sélénium et le zinc. Une supplémentation en sélénium permet
d’accroître la teneur en anticorps du colostrum et d’assurer un meilleur transfert immunitaire.

La vaccination : Lorsque l’alimentation, le parasitisme et les oligo-éléments sont maitrisés, la


vaccination permet de stimuler la production d’anticorps. Elle doit être raisonnée en fonction des
pathologies d’élevage. Une vaccination sans complémentation est bien souvent inefficace et
décevante. Le colostrum doit rester dans la mamelle jusqu’à la mise bas.

Il existe des analyses réalisables en laboratoire permettant de vérifier la qualité des colostrums et le
transfert de l'immunité passive
Elles sont complémentaires de l'utilisation du réfractomètre

Prélever du colostrum de 5 brebis et le sang de leurs agneaux


Si cela est possible prélever des brebis et des agnelles

Pour cela, contacter votre vétérinaire ou le GDS. Des visites, basées sur une approche globale de
l'élevage, pourront être organisées avec le vétérinaire, le GDS et votre technicien d'élevage.

La brebis doit donc produire un colostrum de qualité et en quantité suffisante afin que l'agneau soit
correctement immunisé et puisse ainsi se défendre des différents virus, bactéries, parasites,…. Ceci
est dépendant de différents facteurs intervenant dans les 3 semaines avant la mise bas.
Partie 2 : Bien préparer les brebis en fin de gestation

Après avoir montré l'importance du colostrum pour la mise en place de l'immunité de l'agneau à la
naissance et les facteurs influençant sa qualité et sa quantité. Cette partie vous explique comment
préparer au mieux les brebis en fin de gestation pour avoir des agneaux en bonne santé et un
colostrum de qualité. Elle fait une synthèse ds principes de base à mettre en œuvre pour que tout se
passe au mieux au moment de la mise bas.

1. Ne pas oublier les fondamentaux : Eau - Sel - Fibre

• L'eau

Les besoins des animaux

Les normes à respecter

Les brebis sont très sensibles aux courants parasites. Vous pouvez les mesurer avec un voltmètre.
Chaque point d'eau doit être mis à la terre. Vous pouvez installer des compteurs d'eau pour vérifier
la quantité d'eau consommer par les animaux.

• Le sel
Il doit être disponible toute l'année à tous les animaux dès leur 1er jour de vie. Il est incorporé dans
la ration (1%) ou sous forme de pierres à lécher. Ne pas oublier d'en mettre aux brebis dans les
cases d'agnelage.

• La fibre

Les ovins sont des ruminants. Elle doit être facilement accessible à tous les animaux y compris
les plus jeunes dès 8 jours d'âge et toujours distribuée avant le concentré. Plus la fibre est
piquante et plus on développe le volume du rumen.

2. Un indicateur simple de la qualité de la ration : le Note d'Etat Corporel

Evaluer l'état corporel des animaux permet d'ajuster la ration aux périodes clés. Pour cela, il faut palper
10 à 20% des animaux du lot. En fonction, du degré de couverture, une note de 0 à 5, de très maigre à
très grasse, est attribuée. Si cela n'est pas déjà le cas, apprenez à le faire avec votre technicien d'élevage
ou votre vétérinaire.

3. Les besoins des brebis

On remarque que les besoins


augmentent fortement en fin de
gestation. A cette période il est
important de bien concentrer la
ration.
Besoins de la brebis allaitante de 60 à 70 kg

Besoins des ovins allaitants en énergie et protéines (Source 5mVet)

Niveau de couverture en Niveau de couverture en


énergie protéine

Les besoins des brebis en milieu de gestation


En milieu de gestation, les besoins des animaux sont moins importants, on peut se contenter de
ration de moindre qualité à condition que les brebis n'aient pas de l'état à reprendre.

Les besoins des brebis en fin de gestation : la mise bas se prépare 6 semaines avant le terme

C'est en fin de gestation que se joue les principaux critères de performances des agneaux (poids,
viabilité, croissance, maladies). De la bonne gestion de cette période dépend la réussite du futur
agnelage et d'une bonne lactation par la suite.
Pour les brebis doubles, la préparation à la mise bas doit commencer à 6 semaines avant le terme,
pour les simples 4 semaines avant. Attention aux transitions alimentaires, il est interdit de rentrer
des brebis en bergerie sans avoir fait de transition.
C'est le niveau de protéine dans la ration la semaine avant la mise bas qui conditionne la mamelle à
faire du lait.
N'oubliez pas de toujours distribuer le grossier avant le concentré.

Les besoins en macro éléments : Calcium, magnésium, Phosphore, Potassium, Sodium et


Souffre

L'hypocalcémie est responsable de diverses maladies au cours de l'agnelage : mises bas assistées,
non délivrances, cétoses graves, mammites, métrites, prolapsus. Cette hypocalcémie peut être dû à
une carence en calcium ou à une ration trop riche en potasse et pauvre en magnésium.

Le sodium, présent dans le sel, est apporté soit dans la ration, soit sous forme de pierres à lécher. Si
l'on veut maîtriser la quantité consommée par les animaux, l'idéal est de le mettre directement dans
la ration. Les animaux doivent avoir du sel en permanence.

Notion de BACA :
Le BACA = Bilan anion – cation = (K+Na)-(Cl+S)
BACA >200 : Hors périodes de mise bas. Cela favorise l'ingestion, la production laitière et la
croissance
BACA < 200 : 2 semaines avant la mise bas
Il existe des minéraux à BACA + et à BACA -. C'est le S et le Cl qui font plonger le BACA .
En préparation à la mise bas : le BACA doit être négatif. Il faut utiliser des minéraux à base de
sulfates de Mg, Cu , Zn ou de chlorures.
Pour avoir un BACA positif, utiliser des oxydes ou des carbonates.
Le potassium (K) (BACA élevé) pénalise le fonctionnement utérin, cet élément est à limiter avant la
mise bas. Ainsi, quand on utilise des luzernes ou autres aliments riches en potasse en préparation à
la mise bas, il faut apporter aux animaux du Chlorure de Magnésium (1 semaine avant que la 1ère
brebis mette bas) à raison de 5 à 10g/jour/brebis. En effet, la potasse améliore la production et la
qualité de lait mais freine les contractions utérines.
Il ne faut pas donner de bicarbonates aux brebis qui se préparent à mettre bas.

Apports recommandés en minéraux


Brebis sevrés
Brebis fin gestation,
lactation

Les besoins en oligo-éléments et vitamines

Les carences en oligo-éléments sont des facteurs de risque d'apparition des maladies. Ci dessous
quelques exemples des conséquences de carences en oligo éléments.

− Sélénium :
brebis : non délivrance, avortements, mauvais état général, troubles de la reproduction,
renversement matrice, qualité du lait
agneaux : refus de téter, agneau mou, diarrhées malgré vaccination, anémie, mort subite, troubles
respiratoires, troubles de la croissance
Attention, nous sommes sur des sols naturellement carencés en sélénium. Il faut donc
obligatoirement en apporter aux brebis au maximum 8 semaines avant la mise bas, de préférence
par voir orale.

− Iode :
brebis : avortements, sensibilité accrue à la toxoplasmose, troubles immunités, troubles de la
reproduction
agneaux : goitre, diarrhées, coccidiose, animal frileux, morts nés, teigne rebelle.
L'iode joue un rôle de protection foetale.

L'iode peut être apportée en même temps que le sélénium par voir orale. Mettre également en
permanence avec des pierres à lécher de sel iodé (attention le sel de mer n'est pas toujours iodé, il faut
que ce soit précisé sur l'étiquette).

− Cuivre : celui-ci doit être dosé correctement pour éviter les risques d'intoxication,
cependant, les ovins ont besoin de cet élément.

− Zinc : il joue un rôle dans la cicatrisation des plaies (ectyma, plaies de trayon). Les animaux
carencés sont plus sujets à des infections du cordon ou des arthrites. La carence en Zinc peut
être du à un blocage provoqué par un excès de Calcium (ration riches en luzerne). Il faut
donc savoir si c'est une carence d'apport ou de compétition. Avec des rations à base de
trèfles ou de luzerne, il faut apporter un minéral avec autant de calcium que de phosphore.

− les autres oligo-éléments : Fer, cobalt, manganèse et molybdène

− Les vitamines

Les vitamines joue un rôle important sur le métabolisme, la reproduction et l'immunité. Il est
important de faire des cures en vitamines AD3E avant la mise bas. Les vitamines B, elles, sont
synthétisées par le métabolisme, les carences sont liées à un problème ruminal.
Il existe des outils vous permettant de faire un bilan du troupeau avant la mise bas
15 jours avant le terme

Evaluer les glycémies et les corps cétoniques pour voir si la ration est bien équilibrée
Evaluer les pH urinaire pour le BACA de la ration
Réaliser un profil métabolique pour faire le point sur les carences en minéraux, oligo-éléments et
vitamines
Réaliser un bilan acido basique sur les urines des brebis pour vérifier le BACA de la ration

Pour cela, contacter votre vétérinaire ou le GDS. Des visites, basées sur une approche globale de
l'élevage, pourront être organisées avec le vétérinaire, le GDS et votre technicien d'élevage.

4. Bien gérer le parasitisme pour améliorer la santé des animaux et la qualité du colostrum

N'oubliez pas de déparasiter vos animaux en fin de gestation, des brebis parasitées ne pourront pas
produire un colostrum de bonne qualité. Pour cela, réaliser des analyses de crottes (5 analyses
individuelles pour les agnelles et des mélanges de crottes de 3 brebis par lot de pâture) pour adapter
le traitement aux parasites présents. Dans le cadre du pack parasitisme, le GDS prend en charge
50 % des frais d'analyses. Il ne faut pas traiter à l'aveugle.

La conduite des brebis (alimentation et parasitisme) en fin de gestation est un point clé de la réussite
des mise bas et de la santé des agneaux. En effet, de la bonne conduite des mères dépendra un bon
développement foetal de l'agneau, une production de colostrum de qualité et en quantité, un agneau
vigoureux à la naissance et une production de lait permettant de l'allaiter correctement. D'autres
facteurs, comme le logement, les soins et la surveillance, interviennent également.

Partie 3 : Gestion des agneaux de la naissance au sevrage


Après avoir vu comment préparer les brebis en fin de gestation pour que les mises bas se passent au
mieux et que les agneaux soient en bonne santé. Cette dernière partie traite de la gestion de l'agneau
de la naissance au sevrage, sachant que si les brebis ont été correctement préparées, tout devrait
bien se dérouler.

1. Alimentation des agneaux de la naissance au sevrage

L'agneau est monogastrique exclusif jusqu'à 2-3 semaines de vie. Le lactose est le seul sucre qu'il
peut digérer. Les protéines végétales et l'amidon ne seront digérées qu'à partir de 3 semaines.

1.1. Gestion des agneaux faibles à la mise bas

Source : 5mVet

Il est indispensable d'avoir un thermomètre afin de vérifier la température des agneaux faibles et
ainsi réagir au mieux.
Si une heure après la naissance, les agneaux n'ont pas une température de 39,5-40°C, cela veut dire
qu'ils n'ont pas tété assez de colostrum ou que celui-ci n'était pas de qualité. Il est urgent d'agir !

Comment procéder ?
- Faire une injection de glucose : injecter 20 à 30 ml de glucose 5 % en intrapéritonéal.
- Donner du miel et de la crème
- Donner du gras : huile de foie morue (4 -5 ml / jour pendant 3-4 jours) qui apporte également des
oligo éléments, des vitamines et des oméga 3.
- Le réchauffer : boite de réchauffement ou lampe chauffante
- Donner du colostrum, si l'agneau ne veut pas téter il faut le sonder. Il doit prendre 10 % de son
poids. Avant de sonder l'agneau, essayer de le faire téter car il doit saliver.

Ce protocole est aussi à mettre en place pour les agneaux mous ou chétifs à la naissance.

1.2. Sonder un agneau sans risque (Source : fiche reconquête ovine)

Pour plus d'informations : http://www.reconquete-ovine.fr

1. Pour réaliser correctement cette opération, l’agneau doit


être bien contenu sur son genou, ou bien avec son bras.

2. La sonde descend lentement dans l'oesophage en


laissant l'agneau l'avaler à son rythme

3. Attention à ne pas lui engager dans les poumons. L’issue


serait fatale. Pour vérifier, écouter attentivement une fois la
sonde engagée. Si un bruit d’estomac vide se dégage,
pas de problème! Sinon, enlever la sonde et recommencer
(au moment ou l’on passe la sonde l’agneau dégluti)

4. Lui donner 10 % (300ml) de son poids. Bien laver la sonde entre


deux interventions à l'eau très chaude et bien la désinfecter tous les
jours (bien rincer après désinfection)

1.3. Les agneaux à l'allaitement artificiel


Pour les agneaux à l'allaitement artificiel, il faut utiliser une poudre de lait qui contient au moins
50 % de poudre de lait sinon l'agneau ne pourra pas correctement digérer.

Attention également à la préparation de la poudre. Par exemple la 1ère semaine, il faut mettre 170g
de poudre dans 830g d'eau soit 200g de poudre dans 1L d'eau.
Préparer le mélange avec l'eau à 50-60° afin qu'elle soit à bonne température pour la têtée, ajouter le
lait et bien malaxer.

1.4. Alimentation des agneaux en bergerie


Dès sa naissance, l'agneau doit avoir à sa disposition de la paille, du sel iodé, de l'eau et de l'argile.
Les deux premiers mois de sa vie, le lait constitue l'essentiel de sa ration et il ne commence à
consommer en très faible quantité les concentrés et le fourrages qu'à partir de 15 jours. Ceux-ci
peuvent être distribué plus tôt pour que les agneaux commencent à grignoter ce qui leur permet de
développer les papilles ruminales par le concentré et le volume ruminal par la fibre. Il faut
commencer l'élevage des agneaux avec un aliment sécurisé sans amidon. Choisir un aliment avec
15 % de CB et 20 % de MAT. Il peut être substitué progressivement à partir d'un mois par un
mélange fermier.

Les grands principes d'une ration pour les agneaux de bergerie (source : CIIRPO, reconquête ovine
et Institut de l'Elevage)

L'aplatissage de la céréales n'apporte rien, au contraire, il favorise les acidoses.


Il faut chercher le meilleur compromis entre les UF et les PDI pour obtenir l'équilibre suivant : 0,85
à 1,1 UFV et environ 100g de PDI par kg brut ou 17 % de MAT.
Toutes les céréales peuvent constituer la ration de base, la plupart d'entre elles (triticale, orge,
seigle) peuvent être utilisées seules, complémentées d'une source azotée, minérale et vitaminique.
Le blé est plus acidogène et son incorporation à hauteur de 40 % maximum de la ration totale limite
les risques.

Il est nécessaire d'ajouter une source d'azote à la céréale pour équilibrer la ration des agneaux :
- tourteaux d'oléagineux : le tourteau de soja peut constituer la seule source protéique de la ration
avec des niveaux de performances et indices de consommation équivalents aux autres sources
azotées. Le tourteau de tournesol, particulièrement pauvre en énergie, entraîne un allongement de la
durée de finition des agneaux lorsqu'il est utilisé comme seul correcteur azoté.
- Protéagineux et légumineuses en graines : pois, lupin, féverole ou vesce peuvent constituer seul la
part azotée de la ration. Toutefois, le remplacement du complémentaire azotée par des graines de
protéagineux ou de vesce se traduit par une baisse de croissance des agneaux de l'ordre de 19 %,
conséquence en partie du plus faible appétit des animaux.
- Foin de légumineuses (luzerne ou trèfle) : sous réserve de disposer d'un fourrage riche en feuille,
le foin de légumineuse pure peut apporter la part d'azote nécessaire aux agneaux en finition. La
durée de finition est toutefois allongée de deux semaines en moyenne.

Ne pas oublier le minéral.


2. Le Logement des agneaux

En bergerie, le chaud, les courants d'air et l'humidité sont bien plus à craindre que le froid.
Zone de confort agneaux : entre – 5°C et 30°C

Les normes à respecter :

Surface : 0,5m²/ agneaux sevrés


Place à l'auge (alimentation à volonté) :
- fourrage pour agneaux sevrés : 8-10 agneaux au mètre linéaire
- concentré pour agneaux sevrés : 12 agneaux au mètre linéaire pour un nourrisseur rectangulaire et
20 agneaux au mètre linéaire pour un nourrisseur circulaire.
Abreuvement : 1 abreuvoir pour 40-50 agneaux. Attention à la propreté, au débit et aux courants
parasites ( bien les mettre à la terre).

3. Les principales pathologies des agneaux

L'acidose

L'acidose est la conséquence d'un déséquilibre entre la flore cellulolytique et la flore amylolytique
et l'accumulation d'AGV dans le rumen. Pour la prévenir, l'agneau doit avoir à sa disposition en
permanence de la paille, de l'eau, du sel iodé et de l'argile. Le concentré doit être à disposition ou
distribué en deux fois. Les transitions alimentaires se font sur deux, trois semaines. On peut
apporter du bicarbonate (5 à 15g matin et soir).
Elle est responsable de l'apparition de plusieurs maladies.

La nécrose du cortex cérébral

Elle est due à une carence en vitamine B1. L'animal est capable de fabriquer de la vitamine B, sa
carence traduit un mauvais fonctionnement ruminal ( acidose, sub acidose). Les facteurs de risque
sont l'acidose, la distribution de fourrages contaminés par des moisissures.

L'entérotoxémie

C'est une maladie aiguë due à la résorption dans la circulation sanguine de toxines bactériennes
produites dans l’intestin. Ces toxines sont produites par des bactéries se multipliant très rapidement
suite à une modification du pH et de la composition du rumen. Les bactéries responsables des
entérotoxémies appartiennent en majorité au groupe des Clostridium. Ce sont des bactéries
anaérobies strictes, Gram+, hôtes normaux du tube digestif, en faible quantité. Leur capacité de
sporulation leur permet une longue survie dans l’environnement.

Le traitement sur l'agneau atteint est illusoire. Il faut donc traiter la cause initiale : l'alimentation
(distribution du concentré, contrôler l'accès à la fibre, l'accès à l'eau,...), attention aux transitions
alimentaires (changement de silo, nouveau foin, mise à l'herbe) et à la gestion du parasitisme.

La vaccination permet un contrôle de la maladie si les conditions ne sont pas trop défavorables.
Chez les ovins, le pic sérique est obtenu en 14 à 28 jours. Le protocole met en jeu une
primovaccination en deux injections espacées de 4 à 6 semaines, suivie d’un rappel annuel. On peut
vacciner soit les mères, soit les agneaux.

L’entérotoxémie est due à une erreur d’alimentation ( composition et/ou distribution) accentuée et
favorisée par des facteurs tels que les parasites, l’ambiance (température), le stress .

Le parasitisme de bergerie

La Cryptosporidiose

Elle se traduit par une diarrhée entre 4 jours et 12 jours. La contamination des agneaux se fait à la
naissance par leur mère, et est aussi liée à une mauvaise immunisation colostrale. L'excrétion fécale
maternelle est accentuée lors d’acidose digestive, il faut bien veiller à la fibrosité de la ration, au
rythme de distribution des concentrés et à l'utilisation de céréales à paille en grande quantité.
Prévention : revoir le management des brebis en fin de gestation et les apports en zinc iode
sélénium vitamines A et E. Les cryptosporidies sont très résistantes dans le milieu, utiliser un
désinfectant spécifique et réaliser un vide sanitaire.

La Coccidiose

Elle se traduit par des diarrhées vers 21 jours. La contamination se fait de la même manière que
pour la cryptosporidiose. Les mêmes mesures de prévention sont à mettre en place. Il est possible de
faire un traitement chimique préventif.

Les maladies pulmonaires de bergerie

Se sont essentiellement des bronchites dues à des mauvaises conditions d’ambiance qui peuvent
favoriser les formes graves : pasteurelloses

Pasteurelloses

Les pasteurelles sont à l'origine d'une infection contagieuse de l'appareil respiratoire pouvant
évoluer sous forme septicémique et rapidement mortelle chez les jeunes agneaux, ou sous une
forme aiguë à subaiguë sur des agneaux.
La contamination des agneaux se fait à la naissance par contact étroit avec leur mère puis à partir de
5 jours d’âge par contact entre agneaux. De manière générale, les pasteurelles résistent peu dans le
milieu extérieur, la transmission doit être directe par jetage.

Facteurs de risque : mauvaise immunisation colostrale, revoir le management des brebis en fin de
gestation (apports en énergie, protéines, zinc, iode, sélénium, vitamines A et E), ventilation du
bâtiment, paillage à la machine, absence de sel,

Il est possible de vacciner les animaux avec OVILIS ® Pastovax.

D'après Antoine Béchamps, « le microbe n'est rien, le terrain est tout ». Les causes de maladies sont
généralement multifactorielles, aussi en améliorant ses pratiques d'élevage (conduite du troupeau,
alimentation, hygiène) à des périodes clés, il est tout à fait possible de diminuer l'apparition des
maladies, en ayant des animaux en bonne santé capable de se défendre, et donc d'améliorer ses
résultats techniques et économiques.
L'objectif de ce document était d'une part, de faire une synthèse des principaux points à mettre en
place pour réduire les problèmes de santé des animaux en élevage. Et d'autre part, de vous proposer
une méthodologie d'intervention, réunissant tous les acteurs de l'élevage (vétérinaire, technicien
troupeau et GDS) pour avoir une approche globale de l'élevage et apporter des solutions durables
aux éleveurs confrontés à des problématiques sanitaires à travers une démarche de prévention.

Rédaction : Emilie LAFFONT (GDS46)


Relecture : Yannick BARASCUD – Matthieu CARRON- Jean Jacques EVARD- Elodie GALAN
Sources : 5mVet – Idele – Reconquête ovine
Source photos : Ovilot