Vous êtes sur la page 1sur 97

Dédicace :

A ALLAH, Source de toutes les connaissances

Je m'incline devant TON HONNEUR et TA GRANDEUR mon SEIGNEUR ALLAH.


MERCI pour toute la Générosité dont Tu m'as comblé.

A mon très cher Père Feu Alfari Madougou

Je me rappelle le 26 juillet 2011, date de la proclamation des résultats du Bac,


tu étais là, débout, devant la maison aux environs de 20 heures à attendre mon
retour de l’école pour me murmurer ces mots tout en me tendant la main « toutes
mes félicitations, Fiston je suis fier de toi !!! ». J’aurai tellement voulu
aujourd’hui, que tu sois là et que tu m’attendes à l’aéroport de Niamey pour voir
le fruit de ta confiance et de tes sacrifices… Mais Hélas, tout de même je me
console à l’idée que de là où tu es, tu partages ma joie (Qu’ALLAH te fasse
miséricorde Ameen soum ameen !!!).

A ma très chère Mère Fati Amadou

Je te dois tout et j’espère ne jamais te décevoir. C’est ta force et ton caractère


qui m’ont conduit jusque-là, qui ont toujours été la source de ma motivation.
Merci pour ta générosité sans fin, ton amour inconditionnel, ta confiance illimitée
et pour ton soutien moral indéfectible que tu m’as offert depuis ma naissance
jusqu'à aujourd’hui.

A mon cher Grand-frère Abdoul-Zakou Alfari Madougou

Les mots me manquent pour t’exprimer ma gratitude, tu es et tu as toujours été


un modèle pour moi et tout ce que je fais c’est dans l’optique de te rendre fier
d’avoir été le Grand-frère qui m’a toujours soutenu sur tous les plans. Je prie le
Bon Dieu de te récompenser pour tout. Ameen soum ameen !!!

A mes autres chers frères et sœurs

Chacun de vous en sa manière a contribué à forger le jeune-homme que je suis


devenu aujourd’hui. Je ne saurai exprimer toute la chance que j’ai de vous avoir à
mes côtés.

A toute la grande famille Madougou ainsi que mes amis

Recevez à travers ce modeste travail toute ma gratitude !!!

1
Remerciements :

Louanges à ALLAH, Seigneur de l’univers. Paix et Salut sur le Saint Prophète


MOUHAMMAD (SWA).
Enfin le moment des remerciements est arrivé, probablement l’un des meilleurs moments d’un
projet de fin d’étude.
Dans un premier temps, je remercie du fond du cœur M. Amine Jennane, Ingénieur et dirigeant
du bureau d’étude LUXECO Travaux pour m’avoir donné l’opportunité de passer mon stage
de projet de fin d’études dans son entreprise ; un stage dont je ne saurai évaluer combien il a
été bénéfique pour moi. Je tiens aussi à lui adresser ma profonde gratitude pour n’avoir jamais
cessé de répondre à mes préoccupations, de m’adresser des précieux conseils sur le métier
d’ingénieur et enfin pour la motivation et le désir de devenir un ingénieur compétent, digne de
ce nom, qu’il a suscité en moi.
Je n’oublierai pas sans aucun doute de remercier également mon encadrant universitaire, M.
Anbar Elhoussine, dans un premier temps pour avoir accepté de m’encadrer avec plaisir durant
ce stage ensuite pour l’aide et les conseils multiformes qu’il m’a apporté durant les étapes de
réalisation de ce travail.
Mes remerciements sont adressés également à l’ensemble des corps administratif et professoral
de l’Ecole Nationale des Ingénieurs en Science et Technologie de Rabat (ex ENSET), qui, en
travaillant en symbiose, nous ont assuré une formation d’ingénieurs hautement qualifiés. Une
mention spéciale à Mme Soumia El-Hani, la coordinatrice de la filière Génie Electrique de
l’ENSET.
Avant de finir les remerciements je ne cesserai jamais de remercier assez, encore et encore ma
très chère famille, la Famille Alfari Madougou, qui a toujours eu confiance en moi et qui m’a
toujours soutenu sur tous les plans.
Et pour finir, je remercie, du fond du cœur, tous ceux qui ont contribué de près ou de
loin à la réussite de ce modeste travail !!!

2
Résumé
Ce présent rapport décrit le travail réalisé durant les quatre (4) mois de stage effectué au
sein du bureau d’étude LUXECO Travaux. Ce stage de projet de fin d’études s’inscrit dans le
cadre de ma formation pour l’obtention du diplôme d’Ingénieur d’Etat en Génie Electrique.
Le projet consiste à réaliser l’étude et le dimensionnement de toute l’installation électrique du
Lycée Aridouane de Fès. Le maitre d’ouvrage du « Lycée Aridouane », est un particulier. Le
premier maitre d’œuvre est l’architecte Abdelfettah LAZRAK du bureau d’architecture
D.E.N.A. Le deuxième maitre d’œuvre pour l’étude du lot électricité du projet, est le bureau
« LUXECO Travaux ».
Le premier chapitre de ce rapport est consacré à une présentation générale de mon entreprise
d’accueil. Il porte essentiellement sur son statut, sa mission et ses activités. Ensuite ce chapitre
décrit le site du Lycée Aridouane, les acteurs d’un projet, le cahier des charges du projet et
donne un aperçu sur les normes relatives au lot électricité de bâtiment.
Le second chapitre présente les grandes étapes rencontrées lors du dimensionnement d’un projet
d’électricité de bâtiment à savoir le dimensionnement de l’éclairage et celui de l’installation
électrique.
Le troisième chapitre est dédié à l’étude d’un cas pratique, objet même du présent rapport : il
s’agit de l’étude technique de l’installation électrique du Lycée Aridouane. Depuis le choix et
l’implantation des luminaires sur AutoCAD, en passant par le bilan de puissance, le choix des
dispositifs de protection jusqu’à la note de calcul sur Caneco.
Compte tenu du contexte du monde actuel qui est marqué par l’avènement des énergies
renouvelables ; le chapitre quatre s’inscrit dans ce cadre et porte sur le dimensionnement d’une
installation photovoltaïque.
Le sixième et dernier chapitre est relatif à une étude financière qui vise à estimer le coût
de l’ensemble du projet.

Mots clés : Etude, dimensionnement, installation électrique, électricité, luminaire, lampe,


tableau électrique, puissance, projet, éclairage, installation photovoltaïque.

3
Abstract

This report describes the work carried out during the four (4) month internship within
the “LUXECO Travaux” design office. This internship project of end of studies is part of my
training for the diploma of Engineer of State in Electrical Engineering.
The project consists in carrying out the study and dimensioning the entire electrical installation
of the high school named Aridouane in Fes. The owner of this project is a particular. The first
manager project is the architect Abdelfettah LAZRAK from the architectural firm D.E.N.A.
The second project manager for the study of the electricity project is "LUXECO Travaux"
design office.
The first chapter of this report is devoted to a general presentation of my host company. It
focuses on its status, mission and activities. Then this chapter describes the site of the “high
school Aridouane”, actors of a project, and specifications of the project and gives an overview
on the standards relating to the building electricity batch.
The second chapter presents the main stages encountered in the design of a building electricity
project, namely dimensioning of lighting and dimensioning of electrical installation.
The third chapter is devoted to the study of a practical case, the main subject of this report: it
concerns the technical study of electrical installation of “high school Aridouane”. From
choosing and installing luminaires to AutoCAD, including the power balance, the choice of
protective devices up to the calculation score on Caneco.
Given the context of today's world marked by the advent of renewable energies; Chapter 4 is
part of this framework and concerns the dimensioning of a photovoltaic installation.
The sixth and final chapter is relative to a financial study, which aims to estimate the
cost of the whole project.

Keywords: Study, dimensioning, electrical installation, electricity, luminaire, lamp, electrical


panel, power, project, lighting, photovoltaic installation.

4
Liste des abréviations :
*A : Ampère
*Al : aluminium
*BT : basse tension
*Cu : cuivre
*DEL : diode électroluminescente
*IRC : indice de rendu des couleurs
*K : kelvin
*ku : facteur d’utilisation
*ks : facteur de simultanéité
*kW : kilowatt
*kVA : kilo Voltampère
*L : longueur
*l: largeur
*LED: light emitting diode
*ONEE : officie national de l’eau et de l’électricité
*Pinst : puissance installée
*Pnom : puissance nominale
*Pabs : puissance absorbée
*Pc : puissance crête
*Pm : puissance crête d’un module
*Pu : puissance d’utilisation
*Pf : puissance de foisonnée
*PV : photovoltaïque
*STC : condition standard de test
*TVA : taux sur la valeur ajoutée
*TV : télévision
*TGBT : tableau général basse tension
*MT : moyenne tension
*VMC : ventilation mécanique contrôlée.
*W : watt

5
Liste des tableaux
Tableau 1 : Coefficient de réflexion des parois ..................................................................................... 26
Tableau 2 : Niveau d'éclairement par type de local et par activité ........................................................ 26
Tableau 3 : Qualité d'éclairement .......................................................................................................... 27
Tableau 4 : Indice de rendu des couleurs en fonction de la température de couleur ............................. 28
Tableau 5 : Classe des luminaires ......................................................................................................... 28
Tableau 6 : Tableau donnant l'utilance U .............................................................................................. 30
Tableau 7 : Tableau donnant l'interdistance e en fonction des classes des luminaires .......................... 31
Tableau 8 : Valeurs du facteur d'utilisation Ku ..................................................................................... 34
Tableau 9 : Valeurs du facteur de simultanéité Ks ................................................................................ 35
Tableau 10 : Valeurs de la chute de tension recommandée ................................................................... 54
Tableau 11 : Un extrait du bilan des puissances : ................................................................................. 65
Tableau 12 : Nombre de départs (éclairage et prise) par tableau électrique .......................................... 69
Tableau 13 : Irradiations et températures mensuelles du site du Lycée Aridouane de Fès ................... 72
Tableau 14 : Ratio des modules PV ...................................................................................................... 75
Tableau 15 : Tensions des batteries recommandées en fonction de la puissance crête ........................ 77
Tableau 16 : Caractéristiques du régulateur solaire............................................................................... 79
Tableau 17 : Tableau comparatif des onduleurs .................................................................................... 80
Tableau 18 : Devis de l'installation électriqu ........................................................................................ 83
Tableau 19 : Devis de l'installation PV ................................................................................................. 84

6
Liste des figures
Figure 1 : Plan du sous-sol .................................................................................................................... 17
Figure 2 : Lampes à incandescence classique ....................................................................................... 21
Figure 3 : Lampes à incandescence halogène........................................................................................ 21
Figure 4 : Lampes à décharge ................................................................................................................ 21
Figure 5 : Lampes fluo-compactes ........................................................................................................ 22
Figure 6 : LEDs ..................................................................................................................................... 22
Figure 7 : Ballast ................................................................................................................................... 22
Figure 8 : Plafonniers ............................................................................................................................ 23
Figure 9 : Applique murale ................................................................................................................... 23
Figure 10 : Spot et downlight ................................................................................................................ 24
Figure 11 : Réglette linéaire .................................................................................................................. 24
Figure 12 : Luminaires sur pied et d'appoint ......................................................................................... 24
Figure 13 : Luminaires décoratifs.......................................................................................................... 24
Figure 14 : Dimensions de la salle ........................................................................................................ 25
Figure 15 : Implantation des luminaires ................................................................................................ 31
Figure 16 : Implantations luminaires avec la règle L-L/2 ..................................................................... 32
Figure 17 : Monophasé .......................................................................................................................... 35
Figure 18 : Triphasé .............................................................................................................................. 36
Figure 19 : Plan architectural ................................................................................................................ 37
Figure 20 : Câble U1000RO2V ............................................................................................................. 39
Figure 21 : Câble U1000RVFV............................................................................................................. 39
Figure 22 : Conduit Iso gris ................................................................................................................... 40
Figure 23 : Conduit Tube orange ICD ................................................................................................... 40
Figure 24 : Disjoncteur de branchement ............................................................................................... 41
Figure 25 : Interrupteur différentiel ....................................................................................................... 41
Figure 26: Disjoncteur divisionnaire ..................................................................................................... 43
Figure 27 : Parafoudre ........................................................................................................................... 43
Figure 28 : Coupe-circuits ..................................................................................................................... 44
Figure 29 : Modèles de fusible ............................................................................................................. 44
Figure 30 : Fusible aM .......................................................................................................................... 45
Figure 31 : Prise de terre ....................................................................................................................... 45
Figure 32 : Piquet de Terre .................................................................................................................... 46
Figure 33 : Boucle de terre .................................................................................................................... 46
Figure 34 : Liaison équipotentielle principale ....................................................................................... 47
Figure 35 : Liaison équipotentielle supplémentaire .............................................................................. 48
Figure 36 : Tableau électrique ............................................................................................................... 49
Figure 37 : Description de l'alimentation d'un tableau électrique ......................................................... 50
Figure 38 : Forme d'un tableau .............................................................................................................. 51
Figure 39 : Système de fixation mécanique .......................................................................................... 51
Figure 40 : Tableau électrique 13 modules ........................................................................................... 52
Figure 41 : Régime TT .......................................................................................................................... 56
Figure 42 :Régime TN ........................................................................................................................... 56
Figure 43 : Régime IT ........................................................................................................................... 57
Figure 44 : Logiciel AutoCAD .............................................................................................................. 59
Figure 45 : Logiciel DIALux................................................................................................................. 60
Figure 46 : Logiciel Caneco .................................................................................................................. 60

7
Figure 47 : Plan électrique du 1er étage ................................................................................................ 61
Figure 48 : Simulation éclairage salle 1 ................................................................................................ 62
Figure 49 : Répartiteur .......................................................................................................................... 67
Figure 50 : Emplacement du tableau électrique sur le plan AutoCAD ................................................. 68
Figure 51 : Chauffe-eau Batitherm ........................................................................................................ 74
Figure 52 : Module PV ES300 .............................................................................................................. 75
Figure 53 : Bloc de batterie solaire 48V ................................................................................................ 78
Figure 54 : Régulateur BlueSolar 150/35 .............................................................................................. 79
Figure 55 : Onduleur Flx pro 15k .......................................................................................................... 81
Figure 56: Inverseur de source manuelle 4P 100A................................................................................ 85

8
Liste des équations
Équation 1 : Indice du local K ............................................................................................................... 29
Équation 2: Indice de suspension J ........................................................................................................ 29
Équation 3 : Flux total F ........................................................................................................................ 30
Équation 4 : Nombre de luminaires N ................................................................................................... 31
Équation 5 : Puissance installée Pinst ................................................................................................... 33
Équation 6 : Puissance absorbée Pabs ................................................................................................... 33
Équation 7 : Puissance d'utilisation Pu .................................................................................................. 34
Équation 8 : Puissance de foisonnement Pf ........................................................................................... 34
Équation 9 : Coefficient de foisonnement f ........................................................................................... 35
Équation 10 : Chute de tension.............................................................................................................. 55
Équation 11 : Chute de tension relative ................................................................................................. 55
Équation 12 : Puissance crête Pc ........................................................................................................... 74
Équation 13 : Nombre de modules PV Ntot ......................................................................................... 76
Équation 14 : Capacité d'une batterie solaire ........................................................................................ 77

9
Tables des matières

Dédicace : ................................................................................................................................................ 1
Remerciements : ...................................................................................................................................... 2
Résumé .................................................................................................................................................... 3
Abstract ................................................................................................................................................... 4
Liste des abréviations : ............................................................................................................................ 5
Liste des tableaux .................................................................................................................................... 6
Liste des figures....................................................................................................................................... 7
Liste des équations .................................................................................................................................. 9
Tables des matières ............................................................................................................................... 10
Introduction ........................................................................................................................................... 13
Chapitre 1 : Présentation de la structure d’accueil : Bureau d’étude LUXECO Travaux ..................... 15
1. Présentation générale :............................................................................................................... 15
2. Gestion d’un projet électrique chez LUXECO Travaux : ......................................................... 16
2.1 Acteurs d’un projet : .......................................................................................................... 16
2.2 Cahier des charges du projet : ........................................................................................... 16
2.3 Description du site du projet : ........................................................................................... 17
2.4 Normes relatives au lot électricité : ................................................................................... 18
Chapitre 2 : Etude théorique d’un projet d’électricité de bâtiment ....................................................... 20
1. Les différentes technologies de lampes utilisées dans l’éclairage ............................................. 20
1.1 Incandescence :.................................................................................................................. 20
1.2 Décharge dans un gaz : ...................................................................................................... 20
1.3 Electroluminescence :........................................................................................................ 20
2. Appareils utilisés dans l’éclairage : ........................................................................................... 21
2.1 Lampes : ............................................................................................................................ 21
2.2 Ballasts : ............................................................................................................................ 22
2.3 Luminaires : ........................................................................................................................... 23
3. Dimensionnement d’un projet d’éclairage : .............................................................................. 25
3.2 L’utilisation de la salle : .................................................................................................... 26
3.3 La source lumineuse : ........................................................................................................ 28
3.4 Le luminaire : .................................................................................................................... 28
3.5 Méthode utilisée chez LUXECO : ..................................................................................... 32
4. Dimensionnement d’une installation électrique : ...................................................................... 33
4.1 Bilan des puissances : ........................................................................................................ 33
4.2 Choix de l’abonnement le mieux adapté : ......................................................................... 35

10
4.3 Plan de l’installation : Que dit la norme par pièce ? .......................................................... 37
5.3 Les câbles: ......................................................................................................................... 39
5.4 Dispositifs de protection :.................................................................................................. 41
5.5 Tableau électrique : ........................................................................................................... 49
5.6 Circuits d’éclairage :.......................................................................................................... 53
5.7 Les autres montages : ........................................................................................................ 53
5.8 Détermination de la chute de tension : .............................................................................. 54
5.9 Différents régimes du neutre : ........................................................................................... 56
5.10 Choix du poste de transformation MT/BT : ...................................................................... 57
Chapitre 3 : Etude de cas : Installation électrique du Lycée Aridouane de Fès : .................................. 59
1. Présentation des logiciels utilisés dans ce projet : ..................................................................... 59
2. Etude technique de l’éclairage : ................................................................................................ 61
2.1 Choix et implantation des luminaires : .............................................................................. 61
2.2 Simulation de l’éclairage de la salle 1 du 1er étage sur DIALux : ..................................... 62
2.3 Choix des lampes :............................................................................................................. 63
2.4 Choix des interrupteurs : ................................................................................................... 63
3. Etude technique de l’installation électrique : ............................................................................ 65
3.1 Bilan des puissances : ........................................................................................................ 65
3.2 Choix de l’abonnement : ................................................................................................... 66
3.3 Choix du régime du neutre : .............................................................................................. 66
3.4 Choix des composants du tableau électrique : ................................................................... 66
3.5 Type de distribution :......................................................................................................... 68
3.6 Canalisations et les câbles : ............................................................................................... 68
3.7 Note de calcul Caneco: ...................................................................................................... 68
Chapitre 4 : Dimensionnement d’une installation photovoltaïque PV .................................................. 72
4.1 Evaluation du gisement solaire du Lycée Aridouane de Fès : ............................................... 72
4.2 Définition du besoin énergétique : ........................................................................................ 74
4.3 Dimensionnement et choix des panneaux photovoltaïques : ................................................. 75
4.4 Dimensionnement et choix des batteries solaires : ................................................................ 76
4.5 Dimensionnement et choix du régulateur : ............................................................................ 78
4.6 Dimensionnement et choix de l’onduleur : ........................................................................... 80
Chapitre 5 : Etude financière du projet.................................................................................................. 83
5.1 Etude financière de l’installation électrique : ........................................................................ 83
5.2 Etude financière de l’installation photovoltaïque : ................................................................ 84
5.3 Rentabilité : ........................................................................................................................... 85
Conclusion ............................................................................................................................................. 86

11
Bibliographie et webographie................................................................................................................ 87
Annexes ................................................................................................................................................. 88

12
Introduction

Le secteur du bâtiment est l’un des poids lourds de l’économie d’un pays. Il pèse à lui
seul la moitié de l’industrie. Ce secteur regroupe toutes les activités de conception et de
construction des bâtiments publics et privés comme les logements et les établissements recevant
du public. A l’échelle planétaire, le secteur du bâtiment représente 30 à 40 % de la
consommation totale d’énergie et représente aussi une forte part des impacts environnementaux
d’origine anthropique. De ce fait, une amélioration à la fois sur les plans énergétique et
environnemental s’impose vu que le contexte mondial actuel est marqué par une question de
pérennité sur les ressources minérales et énergétiques ainsi que le cadre de vie. Pour répondre
à ces défis (énergétique et environnemental), plusieurs solutions peuvent être mises en œuvre
d’une manière complémentaire. Mais cela nécessite au préalable une étude de faisabilité et aussi
d’optimisation. C’est dans ce cadre que s’inscrit mon projet de fin d’études qui porte sur l’:
« Etude et dimensionnement de l’installation électrique du Lycée Aridouane de Fès ».
La grande difficulté d’une installation électrique réside dans le fait où il est nécessaire de
prendre en considération à la fois des impératifs techniques, normatifs, économiques,
contractuels et stratégiques. Dans l’optique de diminuer la dépendance énergétique du Lycée
Aridouane vis-à-vis de l’ONEE, nous avons dimensionné une installation photovoltaïque
autonome raccordé au réseau électrique du Lycée. Cette installation sera à mesure d’alimenter
une partie de l’installation électrique du Lycée à savoir les chauffe-eau pour la production de
l’eau chaude.
Ce rapport est composé de cinq (5) chapitres : le premier chapitre porte sur une
présentation de la structure d’accueil à savoir le Bureau d’étude « LUXECO Travaux », le
deuxième chapitre est relatif à l’étude théorique d’un projet d’électricité de bâtiment portant
essentiellement sur le dimensionnement d’un projet d’éclairage et d’une installation électrique,
le troisième chapitre est consacré à une étude de cas pratique (installation du Lycée Aridouane
de Fès), le quatrième chapitre expose le dimensionnement d’une installation photovoltaïque
autonome et enfin le cinquième chapitre inclue une étude financière donnant une
approximation du coût de l’ensemble de l’installation. Pour finir, ce rapport se terminera par
une conclusion générale synthétisant les parties essentielles du travail réalisé durant le projet.

13
Chapitre 1 : Présentation de la structure
d’accueil : Bureau d’étude LUXECO
Travaux

Ce chapitre présente dans un premier temps le bureau d’étude LUXECO travaux, lieu de mon
stage ainsi que son domaine d’activités. Ensuite, il donne un bref aperçu des différents acteurs
d’un projet sans oublier le cahier des charges du projet d’installation électrique du Lycée
Aridouane de Fès ainsi que les normes relatives au lot électricité de bâtiment.

14
Chapitre 1 : Présentation de la structure d’accueil : Bureau d’étude LUXECO Travaux
1. Présentation générale :
- Mission et Statut :
Le Bureau d’étude « LUXECO Travaux » est une Société A Responsabilité Limitée
S.A.R.L. créée en 2014 possédant un capital social de cent mille (100 000) dirhams. Il est
spécialisé dans l’étude et la réalisation des projets électriques. Son siège social se trouve à Rabat
(Maroc) à l’avenue Tarik Ibn Ziad, Temara. Son slogan est : « La qualité au meilleur prix ! ».
- Personnel :
Ce bureau dispose d’un personnel qualifié totalisant plus de 25 années d’expérience dans le
domaine des installations électriques. En effet, LUXECO Travaux dispose d’un (1) Gérant,
d’un (1) Chef de chantier et de trois (3) Ouvriers.

- Activités :
Ses principales activités sont regroupées autour de 2 axes à savoir :
 Etude et réalisation des projets électriques
 Rénovation complète
LUXECO Travaux offre à ses clients une étude gratuite de leurs projets portant sur les
installation électriques basse tension. En effet, le bureau met à la disposition des clients son
savoir-faire, il examine dans ce sens les projets afin de déterminer les exigences auxquelles doit
répondre une installation tout en conseillant des solutions innovantes et optimales.
Une fois l’étude gratuite finie, le bureau assure aussi la réalisation des travaux électriques
depuis la conception, l’installation, la maintenance, l’assistance, l’exploitation jusqu’au suivi
afin de garantir un service de qualité à sa clientèle. A titre illustratif, les travaux en courant
faible dont le bureau réalise sont d’ordre :
 Télédistribution / Téléphonie
 Vidéophonie / Interphonie
 Vidéosurveillance / Détection incendie
 Réseau informatique / Contrôle d’accès

LUXECO Travaux, dispose aussi d’une équipe de professionnels pour la réalisation des travaux
d’électricité en courant fort :
 Distribution
 Appareillage
 Eclairage

15
 Tableaux électriques
Pour les travaux de rénovation, LUXECO offre à ses clients une installation électrique de
qualité, sécurisée et adaptée au mode de vie et à l’habitation de ces derniers. Pour arriver à cette
fin, LUXECO propose des services de rénovation complète qui consiste à la vérification de la
conformité de l’installation électrique existante, et en cas d’anomalie, remettra l’installation
aux normes en vigueur.

2. Gestion d’un projet électrique chez LUXECO Travaux :


2.1 Acteurs d’un projet :
Tout projet en bâtiment débute avec un maitre d’ouvrage qui souhaite construire un bâtiment
sur une parcelle de terrain. Le maitre d’ouvrage possède le financement et sera le client final.
Le maitre d’ouvrage peut être un particulier, un promoteur ou une collectivité locale.
Avant de s’adresser aux entreprises de construction des bâtiments, le maitre d’ouvrage fait appel
à un concepteur, dit « maitre d’œuvre » : l’architecte est le premier représentant de la fonction
de maîtrise d’œuvre.
Après plusieurs discussions, le maitre d’ouvrage et l’architecte trouvent un accord et
décomposent les travaux en plusieurs lots : lot électricité, lot plomberie, lot structure etc…
Les bureaux d’études répondent à un appel d’offre pour décrocher un ou plusieurs lots. Ces
derniers assistent l’architecte sur les spécificités techniques relevant de leurs compétences.
Dans notre cas, le maitre d’ouvrage du « Lycée Aridouane de Fès », est un particulier. Le
premier maitre d’œuvre est l’architecte Abdelfettah LAZRAK du bureau d’architecture
D.E.N.A.
Le bureau d’étude pour le lot électricité du projet, est le bureau « LUXECO Travaux ».

2.2 Cahier des charges du projet :


- Présentation générale du projet :
Dans le cadre de mon projet de fin d’études pour l’obtention du diplôme d’Ingénieur d’Etat en
Génie Electrique option « Systèmes Electriques S.E. », je dois effectuer un stage en entreprise.
J’ai eu l’honneur d’effectuer ce stage au sein du bureau d’étude « LUXECO Travaux », un
bureau spécialisé dans l’étude et la réalisation des projets électriques. Le thème qui m’a été
proposé porte sur : « Etude et Dimensionnement de l’installation électrique du lycée
Aridouane de Fès ». C’est un projet d’électricité de bâtiment dont le maitre d’œuvre est mon
entreprise d’accueil le bureau d’étude « LUXECO Travaux ». Il a pour mission de réaliser, en
plus des travaux techniques liés au lot électricité du marché, une étude d’optimisation.
- Organisation des tâches :

16
Ce projet est reparti en quatre (4) principales tâches à savoir:
*1ère tâche : Dimensionnement d’un projet d’éclairage : choix et implantation des luminaires
sur AutoCAD à partir du plan architectural, choix des interrupteurs, choix des prises de courant
tout en respectant les exigences imposées par la norme NF C 15-100, et une simulation de
l’éclairage sur le logiciel DIALux.
*2ème tâche : Dimensionnement de l’installation électrique : bilan des puissances, choix de
l’abonnement, choix des câbles, choix des dispositifs de protection, choix des composants du
tableau électrique, choix du régime du neutre et une note de calcul sur le logiciel CANECO.
*3ème tâche : Dimensionnement d’une installation photovoltaïque : choix des modules PV,
choix de l’onduleur, de la batterie, du régulateur, pour alimenter les chauffe-eau afin de produire
de l’eau chaude.
*4ème tâche : Etude financière pour estimer le coût d’investissement de l’ensemble du projet.
2.3 Description du site du projet :
L’établissement dont il est question de faire l’étude de l’installation électrique est un
établissement recevant du public et est destiné à l’enseignement. Le site du Lycée Aridouane
est situé dans la ville de Fès, sur la route dénommée « Route de SEFROU » dans le lotissement
RIAD lot n°637. En effet ce lycée possède :
*un (1) sous-sol
*un (1) rez de chaussée et
*quatre (4) étages.
Le plan du sous-sol est le suivant (pour les autres plans voir dans la partie annexe):

Figure 1 : Plan du sous-sol

17
2.4 Normes relatives au lot électricité :
*Norme NF C 15-100 Installations électriques à basse tension :
La nécessité de réglementer les installations s’est très tôt fait sentir. Dès 1911, la publication
137 déterminant les instructions concernant les installations électriques de première catégorie
dans les immeubles. En 1930 naquit la NF C 11 qui fut transformée en USE 11 en 1946. Elle
prenait en compte les règles d’exécution des installations électriques et l’introduction des
conducteurs en matière synthétique en remplacement des isolants en tissu. En 1956 apparut la
première NF C 15-100 qui sera refondue régulièrement tous les dix ans environ, jusqu’à la
dernière en date de 2002. Applicable depuis juin 2003, la norme NF C 15-100 évolue en vue
d’une harmonisation européenne et internationale. Des règles beaucoup plus strictes sur la
sécurité ont été définies. Toutes les installations électriques neuves ou rénovées doivent
obligatoirement satisfaire à cette nouvelle norme.

*Guide UTE C 90-483 Câblage résidentiel des réseaux de communication :


Avec l’accroissement des communications, des applications multimédias, bureautiques et
informatiques, les bâtiments à usage résidentiel demandent des câblages de plus en plus
spécifiques pour offrir une bande passante et un débit élevés que ne permettaient plus de fournir
les installations anciennes. Les différents services de communication convergent et se
retrouvent sur des réseaux autrefois distincts (téléphonie, téléphonie IP, internet, télévision). Le
guide UTE C 90-483 régit tous les services et applications.

*Norme NF EN 12464 Lumière et éclairage des lieux de travail


Cette norme définit le niveau d’éclairement pour un local donné en tenant compte de son
utilisation ou bien de l’activité pour laquelle le local est destiné.

18
Chapitre 2 : Etude théorique d’un projet
d’électricité de bâtiment

Tout projet d’électricité de bâtiment est constitué de deux parties : l’éclairage et l’installation
électrique. Ce chapitre présente les étapes à suivre lors du dimensionnement d’un projet
d’éclairage et d’une installation électrique tout en commençant par quelques généralités sur
les appareils utilisés dans l’éclairage.

19
Chapitre 2 : Etude théorique d’un projet d’électricité de bâtiment

1. Les différentes technologies de lampes utilisées dans l’éclairage


Les lampes sont le premier élément déterminant d’une installation d’éclairage. Son efficacité
dépend de la lampe et donc de la technologie utilisée. Ce paragraphe décrit les différentes
technologies de lampes rencontrées.
1.1 Incandescence :
Le principe d’émission de lumière par incandescence consiste en l’échauffement d’un filament
de tungstène par le passage d’un courant. Deux types d’incandescence sont à distinguer :
l’incandescence classique et l’incandescence halogène on obtient ainsi deux types de lampes
qui en découlent (lampes à incandescence classique et halogène).
1.2 Décharge dans un gaz :
La décharge dans un gaz est une autre technique permettant l’émission de lumière. Une lampe
à décharge est une lampe électrique constituée d'un tube ou d'une ampoule en verre remplie de
gaz ou de vapeur métallique, sous haute ou basse pression, au travers duquel on fait passer un
courant électrique, il s'ensuit une conversion en photons donc de lumière. La couleur de la
lumière émise par luminescence, par ces lampes dépend du gaz utilisé :
 Le néon donne une couleur rouge.
 Le mercure s'approche du bleu.
Les tubes fluorescents et les lampes fluo-compactes sont des lampes d’éclairage intérieur qui
utilisent le principe de la décharge pour produire de la lumière.
1.3 Electroluminescence :
L’électroluminescence est un procédé de production de lumière qui existe depuis de
nombreuses années sous la forme de diodes lumineuses vertes ou rouges de contrôle des
appareils électriques. C’est le développement de la LED (light emitting diode, diode
électroluminescente ou DEL) bleue – qui génère une lumière blanche - qui a permis la
généralisation des LED pour l’éclairage intérieur et même extérieur. La LED est un semi-
conducteur associant deux matériaux dont l’un présente un excès d’électrons et l’autre un
manque d’électrons. Lorsque cette jonction est soumise à une différence de tension, les
électrons en excès passent dans la zone en manque pour s’y recombiner. Cette recombinaison
génère un rayonnement dont la couleur dépend des éléments des matériaux de jonction.

20
2. Appareils utilisés dans l’éclairage :
Un appareil d’éclairage (intérieur et/ou extérieur) se compose de plusieurs éléments : d’une
part, la source lumineuse (la lampe) ainsi que ses éventuels auxiliaires et, d’autre part, le corps
du luminaire.
2.1 Lampes :
Il existe trois (3) types de lampes utilisées dans les applications domestiques pour l’éclairage
découlant directement des trois (3) technologies existantes :

Figure 2 : Lampes à incandescence classique

Figure 3 : Lampes à incandescence halogène.

Figure 4 : Lampes à décharge

21
Figure 5 : Lampes fluo-compactes

Figure 6 : LEDs
2.2 Ballasts :
Le terme de ballast désigne n'importe quel composant électrique utilisé pour réduire la chaleur
dans un circuit électrique. Il existe 4 types de ballasts :
 Electromagnétique conventionnel ;
 Electromagnétique faibles pertes ;
 Electronique avec préchauffage ;
 Electronique sans préchauffage.

Figure 7 : Ballast

22
2.3 Luminaires :
Le luminaire contient la source lumineuse ainsi que les éventuels auxiliaires. Son rôle est triple :
o Il dirige, au moyen de l’optique, la lumière fournie par la source
lumineuse vers l’espace à éclairer
o Il protège la lampe et les éventuels auxiliaires contre les influences
externes (coups, eau, poussières, etc.)
o Il joue un rôle esthétique particulièrement important dans les
applications résidentielles de par sa forme, ses couleurs et ses matériaux.

Figure 8 : Plafonniers

Figure 15 : Les lustres et luminaires suspendus

Figure 9 : Applique murale

23
Figure 10 : Spot et downlight

Figure 11 : Réglette linéaire

Figure 12 : Luminaires sur pied et d'appoint

Figure 13 : Luminaires décoratifs

24
3. Dimensionnement d’un projet d’éclairage :
Pour dimensionner un projet d’éclairage, il faudra tenir compte de plusieurs éléments à savoir:
- La salle, ou le lieu à éclairer :
- L’utilisation pour laquelle la salle est destinée
- La source lumineuse :
- Le luminaire :
3.1 La salle ou le lieu à éclairer :
On tiendra compte de ses dimensions, de sa forme, de la couleur de ses parois, de ses
spécificités....
- Les dimensions :
*longueur a
*Largeur b
*hauteur totale ht
*hauteur du plan utile h2
*hauteur de suspension de la source lumineuse h1
*hauteur du plan de travail et de la source lumineuse h

Figure 14 : Dimensions de la salle

25
- Les couleurs de ses parois :
Suivant la couleur des différentes parois, la réflexion de la lumière sera plus ou moins
importante, ce qui se traduit par un coefficient de réflexion donné par le tableau suivant.

Tableau 1 : Coefficient de réflexion des parois


Très clair Clair Moyen Sombre Nul
Plafond 8 7 5 3 0
Murs 7 5 3 1 0
Plan utile 3 3 1 1 0

Ces facteurs de réflexions pourront être utilisés soit sous forme de pourcentages, (7 = 70%...),
soit sous forme de chiffres composés : (731 = plafond clair; mur moyen; plan utile moyen ou
sombre).
3.2 L’utilisation de la salle :
La nature de l’activité dans la salle ou le lieu à éclairer impose une quantité ainsi qu’une qualité
d’éclairement.
- Quantité d’éclairement :
Un tableau renseigne sur le nombre de lux nécessaires aux différentes taches.

Tableau 2 : Niveau d'éclairement par type de local et par activité

26
- Qualité d’éclairement :
Suivant le type des travaux effectués il sera nécessaire d ’avoir un « rendu » des couleurs plus
ou moins acceptable. On trouvera là le point de départ pour le choix d ’un type de source
lumineuse. Ce critère lié à la température de couleur d ’une lampe se retrouve dans ce que l ’on
nomme l ’Indice de Rendu des Couleurs ou « IRC » ou « Ra ».
Tableau 3 : Qualité d'éclairement

- Le confort visuel :
La notion de confort visuel met en relation deux critères :
*Le niveau d ’éclairement (en Lux)
*La température des couleurs
La courbe ci-dessous met en relation ces deux paramètres et fait apparaître (ombrée) une zone
d ’éclairage confortable.

27
Interprétation:
- Pour des températures de couleur < 2000 K, il n’existe pas de niveau d’éclairement pour
avoir une ambiance confortable
- Pour des températures comprises entre 2000 K et 3000 K le niveau d’éclairement doit
être compris entre 50 et 500 lux
- Pour des températures > 3000 K le niveau d’éclairement doit supérieure à 100 lux
3.3 La source lumineuse :
Elle doit être choisie en fonction de la qualité d’éclairement souhaitée, des critères économiques
liées au coût d’installation, de fonctionnement et d’entretien, de la durée de vie. Il y a aussi
d’autres critères tels que la température de couleurs et l’indice de rendu des couleurs.
Tableau 4 : Indice de rendu des couleurs en fonction de la température de couleur

3.4 Le luminaire :
Il est conçu pour accueillir la source lumineuse, il répondra aux critères de directivité de
l’éclairage à installer, aux critères de classe électrique, d’indice de protection mais aussi de
coût. La directivité de l ’éclairage est un des tous premiers éléments de choix d’un luminaire.
Depuis direct intensif jusqu’à indirect on retrouve les luminaires classés avec des lettres allant
de A à T.

Tableau 5 : Classe des luminaires

28
*Direct intensif : Le flux lumineux intensif est dirigé vers le bas
*Direct extensif : Le flux lumineux extensif est dirigé vers le bas
*Semi-direct : Le flux lumineux est dirigé en partie vers le bas et en partie vers le haut
*Indirect : Le flux lumineux est uniquement dirigé vers le haut
Une fois les éléments de départs définis et connus, on effectue les calculs suivants :

- Indice du local :
A partir des dimensions du local, définies ci-haut et sachant que :
*h = hauteur entre le plan utile et la source lumineuse,
*a = longueur du local
*b= largeur du local
𝐚∗𝐛
𝐊=
(𝐚 + 𝐛) ∗ 𝐡

Équation 1 : Indice du local K

- Indice de suspension :
Sachant que : h1 = hauteur de suspension de la source lumineuse et h=hauteur entre le plan utile
et la source lumineuse on a :

𝐡𝟏
𝐉=
𝐡 + 𝐡𝟏

Équation 2: Indice de suspension J


Dans la pratique on retiendra que J=0 pour un luminaire encastré ou J=1/3 pour un luminaire
suspendu.

- Détermination de l’utilance :
L’utilance est le rapport entre le flux utile (flux reçu par le plan utile) et le flux total sortant
d’un luminaire ; son symbole est U.
Méthode de détermination de l’utilance :
*Choisir le tableau correspondant à la classe du luminaire de A à T.
*Retenir le tableau correspondant à J (soit J = 0, soit J = 1 / 3).
*Rechercher le facteur U à l'intersection de la ligne donnant la valeur K et de la colonne
correspondant aux trois facteurs de réflexion.
Pour déterminer l’utilance d’un local possédant les caractéristiques suivantes, on procède
ainsi :

29
*Pour un rapport de suspension J=0
*Indice du local K=0.60
*Coefficient de réflexion du plafond 70%
*Coefficient de réflexion des murs 10%
*Luminaire directif de classe E
On trouve que U=0,31
Tableau 6 : Tableau donnant l'utilance U

- Détermination du facteur de dépréciation :


Suivant les conditions d ’utilisation, et de niveau d ’empoussiérage on attribue un coefficient
« d » compris entre 1,2 pour un niveau de poussières faible ; moyen : d = 1.4; élevé: d =1.6.
- Calcul du flux total à produire :
Connaissant tous les paramètres de la pièce à savoir l ’éclairement nécessaire, le rendement des
luminaires choisis, l ’utilance et le facteur de dépréciation, on calcule le flux lumineux total que
devront fournir les sources lumineuses à l’aide de la formule suivante :

𝐝
𝐅= 𝐄∗𝐚∗𝐛∗
𝛈∗𝐔

Équation 3 : Flux total F


*E : éclairement demandé en lux.
*a : longueur du local en m.
*b : largeur du local en m.
*U : facteur d'utilance.
* : rendement du luminaire.
*d: facteur de dépréciation

30
- Calcul du nombre de luminaires :
Connaissant le flux lumineux total, et le flux lumineux produit par chaque luminaire, on en
déduit le nombre de luminaires à installer.
𝐅
𝐍=
𝐟

Équation 4 : Nombre de luminaires N


*N : nombre de luminaires à installer
*F : flux total du local
*f : flux produit par un luminaire
La répartition des luminaires est donnée par N: nombre d ’appareils minimum; et par
l ’interdistance maximale (e) entre deux luminaires d ’une classe donnée, en fonction de la
hauteur h. Le tableau ci-dessous donne l’interdistance e en fonction des classes de luminaires :
Tableau 7 : Tableau donnant l'interdistance e en fonction des classes des luminaires
A : e=0,90*h D : e=1,20*h G : e=1,45*h
B : e=1,00*h E : e=1,30*h H : e=1,50*h
C : e=1,10*h F : e=1,40*h I,J : e=1,50*h

- Implantation des luminaires dans un local :


La disposition des luminaires dans un local se fait en tenant compte du nombre de rangées
minimum qui est donné par les relations suivantes :
*Dans la longueur : a/e
*Dans la largeur : b/e

Figure 15 : Implantation des luminaires

31
La théorie de l’éclairage est très complexe ce qui rend le dimensionnement d’un projet
d’éclairage difficile vu le nombre de critères à prendre en considération. Les bureaux d’étude
utilisent une méthode plus simple pour dimensionner un projet d’éclairage. Ils utilisent un
logiciel DIALux qui rend la tâche plus facile tout en respectant les normes imposant un niveau
d’éclairement requis pour un local donné. Le paragraphe suivant présente la méthode utilisée
dans le bureau d’étude LUXECO Travaux.

3.5 Méthode utilisée chez LUXECO :


LUXECO Travaux utilise une méthode traditionnelle pour le choix des luminaires, du nombre
de luminaires à implanter dans un local :

 1ère étape : choix des luminaires :


Lors de l’étude d’un projet électrique, la première étape est consacrée au choix des luminaires.
Ce choix s’effectue essentiellement en se basant sur l’expérience acquise dans le domaine.

 2ème étape : connaitre la distance à mettre entre 2 luminaires de même type.


En fonction du local à éclairer, on détermine qualitativement la distance à mettre entre deux
luminaires de même type. Là aussi, l’approche est empirique. Généralement, on détermine la
distance L à partir du logiciel Dialux une fois les dimensions du local connues.

 3ème étape : appliquer la règle L-L/2 :


La distance à mettre entre un mur et un luminaire est de L/2 et la distance entre 2 luminaires du
même type est de L, comme l’illustre la figure suivante : la distance L est déterminée au moyen
du logiciel DIALux une fois les dimensions du local connues.

Figure 16 : Implantations luminaires avec la règle L-L/2

32
4. Dimensionnement d’une installation électrique :
Le dimensionnement d’une installation électrique est un art difficile dans la mesure où il
nécessite de prendre en considération des impératifs techniques, normatifs, économiques,
contractuels et stratégiques. Dans cette partie nous allons présenter une méthodologie de
dimensionnement globale d’une installation électrique en partant du bilan de puissance, du
choix de l’abonnement le mieux adapté, du type de distribution, des dispositifs de protection,
des différents régimes du neutre, des circuits d’éclairage jusqu’à l’installation du tableau
électrique.
4.1 Bilan des puissances :
Lors de la conception d’une installation électrique, il est nécessaire de connaitre la puissance
maximale que le concessionnaire ONEE devra fournir. Baser ce calcul sur la simple somme
arithmétique des puissances des récepteurs installés conduirait à une surévaluation des coûts
d’exploitation. Pour l’optimiser, nous allons définir des grandeurs prenant en compte :
*La diversité d’utilisation des récepteurs installés
*Le niveau d’utilisation réel des récepteurs installés
*Le niveau d’utilisation prévisionnel des récepteurs installés.

- Puissance installé :
La puissance installée Pinst est égale à la somme des puissances nominales Pnom des récepteurs
de l’installation.

𝐏𝐢𝐧𝐬𝐭 = ∑ 𝐏𝐧𝐨𝐦(𝐫𝐞𝐜𝐞𝐩𝐭𝐞𝐮𝐫)

Équation 5 : Puissance installée Pinst


La valeur de la puissance nominale d’un récepteur est donnée par sa documentation technique.
En pratique, la puissance nominale d’un récepteur n’est pas toujours égale à la puissance
consommée par ce dernier.
- Puissance absorbée :
La puissance absorbée Pabs d’un récepteur est donnée par la puissance nominale, le rendement
unitaire η et le facteur de puissance cosФ.

𝐏𝐧𝐨𝐦(𝐫𝐞𝐜𝐞𝐩𝐭𝐞𝐮𝐫)
𝐏𝐚𝐛𝐬 =
𝛈. 𝐜𝐨𝐬Ф

Équation 6 : Puissance absorbée Pabs

33
La puissance absorbée est souvent supposée être la sommation arithmétique des puissances
apparentes de chaque récepteur (cette sommation est exacte si toutes les charges ont le même
facteur de puissance). On utilise cette méthode pour des raisons de confort de calcul. Par
conséquent la valeur de la puissance apparente est supérieure à la valeur de la puissance
absorbée. La différence représente une marge d’erreur acceptable lors de la phase de
conception.

- Puissance d’utilisation et la puissance foisonnée :


La puissance d’utilisation Pu est égale à la somme des puissances absorbées et valorisées par le
facteur suivant :
𝐏𝐮 = 𝐊𝐮 ∗ 𝐏𝐚𝐛𝐬
Équation 7 : Puissance d'utilisation Pu

Où Ku, facteur d’utilisation maximum. Il traduit le fait que le régime de fonctionnement d’un
récepteur peut être inférieur à la puissance nominale. Il s’applique individuellement à chaque
récepteur (circuits terminaux).
Tableau 8 : Valeurs du facteur d'utilisation Ku
Utilisation Ku
Force motrice 0,75 à 1
Eclairage 1
Chauffage 1
Ventilation 1
PC 1
La puissance foisonnée Pf d’une distribution est égale à la somme des puissances absorbées et
valorisées par le facteur suivant :
𝐏𝐟 = 𝐊𝐬 ∗ 𝐏𝐮 = 𝐊𝐬 ∗ 𝐊𝐮 ∗ 𝐏𝐚𝐛𝐬
Équation 8 : Puissance de foisonnement Pf
Où Ks est le facteur de simultanéité :
- Il traduit le fait qu’un ensemble de récepteur ne soit pas utilisé en même temps
- Il s’applique à chaque groupement de récepteurs (distributions ou tableaux
divisionnaires).

34
Tableau 9 : Valeurs du facteur de simultanéité Ks

Nombre de circuits Ks Utilisation Ks


2à3 0,9 Eclairage 1
4à5 0,8 Chauffage 1
6à9 0,7 Prise de courant 0,1 à 0,2
>=10 0,6 Ascenseur 1

Le coefficient de foisonnement d’un départ possédant plusieurs prises est donné par la formule
ci-dessous où N est le nombre de prises par départ :
𝟎, 𝟗
𝐟 = [𝟎, 𝟏 + ( )]
𝐍
Équation 9 : Coefficient de foisonnement f

4.2 Choix de l’abonnement le mieux adapté :


L’abonnement à choisir auprès du distributeur d’électricité (au Maroc il s’agit de l’ONEE), se
fait en tenant compte de trois (3) éléments principaux :
- Les tensions de raccordement :
Il existe deux (2) types de tension de raccordement :
*Le monophasé : C’est le type de tension le plus répandu à l’heure actuelle (voir figure ci-
dessous). Le distributeur met à la disposition des clients une arrivée de courant en deux (2) fils
(phase et neutre) avec une différence de potentiel de 230 V. On l’appelle monophasé, car il n’y
a qu’une seule phase. Les puissances possibles sont comprises entre 3 et 18 kW.

Figure 17 : Monophasé

35
*Le triphasé : Le triphasé est un autre type de tension. Il est moins répandu que le monophasé
et n’est intéressant que si l’installation dispose d’appareils de grosse puissance fonctionnant en
triphasé. Le distributeur n’apporte plus deux (2) fils, comme dans le monophasé, mais quatre
(4) fils (un neutre et trois phases). Entre neutre et phase, on dispose toujours de 230 V, mais
entre deux phases, on dispose de 400 V.

Figure 18 : Triphasé

- La puissance de raccordement :
Une fois le bilan des puissances terminé, il faudra faire une estimation de la puissance de
raccordement nécessaire à l’installation. Il suffit d’ajouter les puissances en (kW) des appareils
gros consommateurs (gros électroménager, chauffe-eau, chauffage électrique.) en tenant
compte qu’ils ne seront pas utilisés en même temps. Ce calcul fait, il faudra choisir la puissance
existante immédiatement supérieure au calcul.
Pour déterminer une bonne puissance de raccordement optimal, il faudra tenir compte de ces
deux aspects :
*Une puissance de raccordement sur-estimée = facture élevée.
*Une puissance de raccordement sous-estimée = coupures intempestives.

36
4.3 Plan de l’installation : Que dit la norme par pièce ?
Arrivé à ce stade, il est nécessaire de se procurer du plan architectural délivré par l’architecte
afin d’implanter les divers appareillages électriques avec leurs liaisons d’interdépendance. La
figure ci-dessous montre un exemple de plan architectural :

Figure 19 : Plan architectural


Afin de réaliser une installation dans le respect de la norme et offrant un degré de confort
suffisant, cette partie présente les règles générales à respecter par pièce. L’équipement minimal
imposé par la norme n’est pas restrictif, on peut envisager d’autres solutions plus confortable.
- Couloir et circulation :
Equipement minimal exigé pour un couloir ou une circulation :
*1 point en plafond ou une applique ;
*1 prise de courant.
- Chambre :
Equipement minimal exigé :
*1 point en plafond ou 2 points en applique ;
*3 socles de prises de courant ;
*1 prise de téléphone RJ45.

37
- Salon :
Equipement minimal exigé :
*1 point en plafond ou 2 points en applique ;
*1 prise de courant pour 4 m2 avec un minimum de 5 ;
*1 prise de téléphone RJ45 ;
*1 prise TV
- Cuisine :
Equipement minimal exigé :
*1 point en plafond ou 2 points en appliques ;
*4 prises sur les plans de travail ;
*1 circuit spécialisé de 32 A ;
*1circuit spécialisé pour gros appareil ménager ;
*1 prise de téléphone RJ45.
- WC :
Equipement minimal exigé :
*1 point en plafond ou en applique ;
*1 prise de communication est conseillée.
- Sous-sol :
Pour la sécurité, les appareils doivent avoir un indice de protection contre l’eau IPx1. Installez
de préférence les prises de courant à la hauteur des interrupteurs, soit entre 1,10 m et 1,20 m.
Remarque : Le nombre de prises de courant et points d’éclairage dépendra de la fonction à
laquelle le sous-sol est destiné (parking, garage, …).
- Extérieur :
La norme prévoit un éclairage extérieur automatique par détection de présence ou commande
au-dessus de chaque issue principale ou secondaire. Pour la sécurité, toutes les lignes
extérieures doivent être protégées par un dispositif 30 mA.

38
5.3 Les câbles:
Les câbles les plus utilisés sont :
*Les câbles U1000 RO2V (non armés) (Cu) et U1000 ARO2V (Al)

Figure 20 : Câble U1000RO2V


*Les câbles U1000 RVFV (armés) (Cu) et U1000 ARVFV (Al)

Figure 21 : Câble U1000RVFV

- Section des conducteurs :


Ici il y a lieu de distinguer deux types de sections des conducteurs : conducteur de protection et
conducteur de neutre et de phase. Les valeurs des sections minimales imposées par la norme en
fonction des puissances installées, sont consignées dans la partie annexe.

39
- Conduits :
Il existe deux (2) types de conduits :
*Iso gris IRO (le plus utilisé) :

Figure 22 : Conduit Iso gris

*Tube orange ICD :


++ 3x1,5  ICD 13 / ICD 11 pour l’éclairage
++ 3x2,5  ICD 16 / ICD 13 pour les prises de courant

Figure 23 : Conduit Tube orange ICD

40
5.4 Dispositifs de protection :
- Le disjoncteur de branchement :
Le disjoncteur de branchement détecte tous les défauts possibles (surintensité, court-circuit,
fuite de courant) sur une installation, mais, peu sensible, il n'offre pas à lui seul une protection
suffisante, notamment pour les personnes. De plus, en cas de problème, il se déclenche et coupe
l'ensemble de l'installation, ce qui rend difficile la localisation du problème.

Figure 24 : Disjoncteur de branchement

- L’interrupteur différentiel :
Les interrupteurs différentiels doivent être installés dans le tableau de répartition entre le
disjoncteur de branchement et les dispositifs de protection des circuits (disjoncteur
divisionnaire ou fusible). L'interrupteur différentiel a pour rôle de protéger les personnes : il
détecte les fuites de courant. Le principe de fonctionnement est le suivant : Il reçoit deux fils,
la phase (fil rouge ou noir) et le neutre (fil bleu) : Il mesure la différence de courant entre ces
deux fils. Si cette différence est supérieure à un niveau (appelé seuil de déclenchement) alors
l'interrupteur différentiel coupe l’arrivée de courant.

Figure 25 : Interrupteur différentiel

41
Les informations importantes sur l’interrupteur différentiel sont:
30mA : C'est la valeur du courant de fuite qui est mesurée. Quand on dépasse le seuil,
l'interrupteur déclenche. Sur la photo, cette valeur vaut 30mA. On parle « d'interrupteur
différentiel 30 milliampères »
L'intensité nominale : L'intensité de l'interrupteur différentiel est le courant maximum
admissible à ses bornes : les appareils qui sont protégés par l'interrupteur différentiel,
consomment du courant. Si les appareils fonctionnent tous en même temps, l'intensité
demandée sera plus importante, et donc peuvent endommager l'interrupteur différentiel si cette
valeur est dépassée (avec une tolérance). Les valeurs d'intensité des interrupteurs différentiels
pour les particuliers sont de 25A, 40A ou 63A.
Type : Les appareils électriques se comportent différemment selon leur type. Notamment les
congélateurs, plaque de cuisson, machine à laver et l'informatique. Ce qu'il faut comprendre,
c'est que ces appareils produisent des courants supplémentaires, et qu'il faut donc un
interrupteur différentiel capable de prendre cette différence en compte. C'est là qu'intervient le
TYPE de l'interrupteur différentiel.
Il existe plusieurs types d'interrupteurs différentiels :
Le type AC : c'est le plus courant, celui qui est utilisé pour les prises électriques classiques et
les éclairages. Il est obligatoire dans toute installation.
Le type A : Il est utilisé pour les dispositifs spéciaux, la plaque de cuisson, et la machine à
laver. Il est obligatoire dans toute installation.
Le type HI ou HPI ou SI : Cet interrupteur différentiel permet d'éviter les déclenchements
intempestifs. Il est utilisé pour les circuits spécialisés type congélateur, informatique ou alarme.
Il n'est pas obligatoire.

42
- Le disjoncteur divisionnaire :
Le disjoncteur divisionnaire a pour rôle de protéger les biens matériels : Il protège contre les
surcharges et les courts circuits. Il existe dans différents calibres selon les circuits à protéger ;
il est relié à l'interrupteur différentiel.

Figure 26: Disjoncteur divisionnaire

L’information la plus importante sur le disjoncteur divisionnaire est :


Le Calibre : C'est l'intensité nominale qui traverse le composant, ou le seuil de protection du
disjoncteur. Au-delà de cette valeur, le disjoncteur se déclenche.

- Le parafoudre :
Le parafoudre sert à protéger l'installation électrique contre les surintensités dues à la foudre. Il
n'est pas obligatoire dans toutes les régions, sauf les régions où la foudre est fréquente.

Figure 27 : Parafoudre

43
- Les coupe-circuits domestiques :
Ils assurent la protection contre les surcharges et les courts-circuits. On peut les utiliser en tête
de chaque circuit, sous l'interrupteur différentiel. Ils ont la même fonction que les disjoncteurs
divisionnaires, mais ils sont aussi moins chers. Attention, ils ne sont pas autorisés pour assurer
la protection de certains circuits (VMC, prises de courant en 1,5 mm2…).

Figure 28 : Coupe-circuits

Le problème que pose ce genre de protection peu onéreux est donc l'obligation d'avoir en
permanence des cartouches fusibles de remplacement. C'est aussi la difficulté de détecter un
fusible fondu. Il est utile dans ce cas de disposer d'un contrôleur électrique. Heureusement, il
existe des coupe-circuits à voyant. Le repérage du fusible détérioré est instantané, car on voit
immédiatement lequel est allumé ou éteint (selon les modèles).

Figure 29 : Modèles de fusible

44
Précautions : Il faut utiliser que des cartouches domestiques d'un calibre approprié. Les
cartouches marquées aM, par exemple, sont destinées à la protection d'un moteur et non d'un
circuit électrique.

Figure 30 : Fusible aM

- La prise de terre :
Le but de la prise de terre est d’écouler les courants de défaut vers la terre. En l’absence d’une
prise de terre efficace, tout ou une partie du courant de défaut s’écoulera à travers la personne
en contact avec l’appareil défectueux, ce qui peut être mortel. Lors de l’examen avant mise en
service, l’organisme agréé mesure la résistance de dispersion de la prise ou de la boucle de terre.
Cette résistance ne peut être supérieure à 30 Ω ou, moyennant des mesures complémentaires,
supérieure à 100 Ω.

Figure 31 : Prise de terre

A : Prise de terre ou boucle de terre


B : Sectionneur de terre
C : Eléments conducteurs étrangers (gaz, eau, chauffage central, ...)
D : Charpente métallique bâtiment
E : Borne principale de terre

45
F : Masse
1 : Conducteur de terre
2 : Conducteur principal de protection
3 : Conducteur de protection
4 : Liaison équipotentielle principale
5 : Liaison équipotentielle supplémentaire
- Piquet de terre :
Pour les bâtiments existants un ou plusieurs éléments conducteurs enfouis dans le sol et reliés
entre eux, et établissent une liaison électrique avec la terre.

Figure 32 : Piquet de Terre


- Boucle de terre :
Pour toutes les nouvelles constructions dont une partie ou la totalité des fondations ont plus de
60 cm de profondeur, il y a lieu de prévoir à fond de fouille une boucle de terre constituée soit
d’un conducteur plein en cuivre nu ou cuivre plombé, soit sept âmes câblées en cuivre semi-
rigide, de 35 mm² de section ronde, sans soudure. Les extrémités de la boucle de terre doivent
rester accessibles en permanence. Si cette boucle se compose de plusieurs conducteurs placés
en série, les raccordements de chaque conducteur doivent être accessibles.

Figure 33 : Boucle de terre

46
- Conducteur de terre :
Le conducteur reliant la borne de terre principale à la prise de terre, le sectionneur de terre
éventuel étant considéré comme faisant partie dudit conducteur de terre.

- Conducteur de protection :
Le conducteur de protection doit être distribué dans l’ensemble de l’installation et aboutir à
tous les appareils d’utilisation tels que prises, luminaires, appareils à poste fixe et autres, à
l’exception des appareils électriques à très basse tension de sécurité (TBTS).

- La liaison équipotentielle principale:


Pour prévenir le risque d’électrocution, il ne suffit pas d’effectuer une mise à la terre, de prévoir
des différentiels ou d’installer un conducteur de protection. Les éléments conducteurs étrangers,
susceptibles de propager un potentiel dangereux doivent être reliés au réseau de mise à la terre.
En l’absence d’une telle connexion, un défaut dans une canalisation ou dans un appareil peut
faire apparaître une tension dangereuse entre les conduites d’eau et de gaz par exemple. Chaque
immeuble doit être doté d’une liaison équipotentielle principale qui relie la borne principale de
terre avec les éléments conducteurs étrangers tels que conduites d’eau, de gaz, de chauffage
central, etc.

La liaison équipotentielle principale se compose d’un conducteur en cuivre d’une section de 6


mm².

Figure 34 : Liaison équipotentielle principale


Dans les salles de bains et salles de douches, tous les éléments conducteurs étrangers et toutes
les masses tels que les canalisations de gaz, d’eau chaude et froide, de chauffage central, la
baignoire, les prises, etc. doivent être reliés entre eux, ainsi qu’avec le conducteur de protection.
Sa section est de 2,5 mm2 s’il est protégé contre les chocs ou de 4 mm2 s’il est posé directement
aux parois sans protection mécanique.

47
Figure 35 : Liaison équipotentielle supplémentaire

- Choix des dispositifs de protection du tableau électrique :


Ce paragraphe présente les règles prévues par les normes en vigueur en ce qui concerne le choix
et le nombre des protections différentielles.
*Choix du nombre d’interrupteur différentiel :
La norme NF C 15-100 impose deux règles qui permettent de déterminer le nombre
d’interrupteur différentiel. Il faut au moins deux (2) interrupteurs différentiels par logement :
--Les circuits de cuisson et de lave-linge doivent être protégés par un interrupteur différentiel
de type A.
--Les autres doivent être protégés par un interrupteur différentiel de type AC.

*Choix du calibre de l’interrupteur différentiel :


Il y a deux (2) solutions pour choisir l’intensité nominale des interrupteurs différentiels
--L’intensité nominale de l’interrupteur différentiel est supérieur ou égale à l’intensité nominale
du disjoncteur de branchement principal (la coupure principale installée par le producteur
d’électricité l’ONEE).
--La somme des intensités nominales des disjoncteurs alimentant les chauffages + la production
d’eau chaude +0,5*(somme des intensités des autres circuits).
Exemple :
--Si le disjoncteur de branchement principal est réglé à 30A, il faudra choisir des interrupteurs
différentiels 30mA 40A.
-- Si le disjoncteur de branchement principal est réglé à 45A, il faudra choisir des interrupteurs
différentiels 30mA 63A.

48
*Règles complémentaires relatives à l’organisation du tableau :
Deux règles complémentaires ont un impact direct sur le nombre d’interrupteurs différentiels :
-Le nombre de disjoncteurs derrière un interrupteur différentiel est limité à 8
-Les circuits d’éclairage comme les circuits de prises de courant doivent être répartis sous au
moins deux interrupteurs différentiels.
5.5 Tableau électrique :
Le tableau de répartition électrique, est le cerveau d’une installation : il reçoit les informations
(l'électricité) et donne les ordres (distribue le courant). C'est donc l’élément
essentiel de l'installation électrique. C’est un ensemble comportant des dispositifs de manœuvre
ou de protection associés à un ou plusieurs circuits électriques de départ alimentés par un ou
plusieurs circuits électriques d'arrivée, ainsi que des bornes pour les conducteurs de neutre et
de protection. Il peut aussi comporter des dispositifs de signalisation et d'autres dispositifs de
commande.

Figure 36 : Tableau électrique


Une fois le nombre, le type et le calibre de chaque protection connue, il faut pouvoir les
positionner sur le tableau électrique. Pour cela il faudra suivre les étapes suivantes :
*La distribution de l’alimentation électrique dans le tableau :
Pour comprendre dans quel ordre sont branchés les éléments choisis pour le tableau électrique
il faut comprendre la façon dont l'alimentation est distribuée dans une habitation. Le fournisseur
d'électricité (ONEE) donne les conducteurs qui transportent le courant : la phase et le neutre (Si
c’est en monophasé ou les quatre fils en triphasé). Ces deux fils entrent dans un compteur
électrique, sortent du compteur électrique pour aller dans un disjoncteur de branchement. A la
sortie du disjoncteur de branchement, il y a toujours les deux fils, phase et neutre. Ces deux fils
sont récupérés dans le tableau de répartition, puis envoyés sur les interrupteurs différentiels.

49
Ensuite, depuis la sortie des interrupteurs différentiels, la phase et le neutre sont envoyées sur
les entrées de chaque disjoncteur divisionnaire pour enfin être distribués dans toute
l’installation.
Le schéma suivant récapitule le système de distribution de courant dans l’habitation (en
monophasé, c’est le même principe en triphasé) :

Figure 37 : Description de l'alimentation d'un tableau électrique

50
*La forme du tableau :
Le tableau électrique est composé de rangées, sur lesquelles vont venir se connecter les
interrupteurs différentiels, les disjoncteurs divisionnaires et les autres dispositifs (télérupteur
minuterie…).

Figure 38 : Forme d'un tableau

Le coffret est composé d’une partie fixe, le fond qui supporte le rail et qui vient se fixer au mur.
Une façade se dévisse pour pouvoir connecter les éléments sur le rail et fermer le tableau par la
suite. Les éléments se «clipsent» sur le rail:

Figure 39 : Système de fixation mécanique


Les interrupteurs différentiels viennent donc se mettre en premier sur le rail, suivi des
disjoncteurs divisionnaires.
*Combien peut-on mettre d’éléments par rangée du tableau électrique ?
Les coffrets électriques sont composés de rangées de X modules, avec X un nombre.
il y a des tableaux électriques en rangée de 1 à 26 modules.
*Qu’est-ce qu’un module ?
Un module c'est un emplacement normé de 18mm. Chaque appareil qui est connecté dans un
tableau électrique est donc mesuré en module.

51
--Un interrupteur différentiel fait 2 modules de largeur
--Un disjoncteur divisionnaire fait la taille d’un module
Sur une rangée de 13 modules, l'interrupteur différentiel utilise déjà donc 2 modules, il reste 11
modules libres.

Figure 40 : Tableau électrique 13 modules

Les tableaux électriques communs font 13 modules de largeur (avec un nombre de rangées à
choisir). Les tableaux de largeurs différentes sont à utiliser pour les tableaux annexes.
*Composition des rangées du tableau :
Les règles communes pour composer les rangées du tableau électrique sont les suivantes :
--Une rangée par interrupteur différentiel (sauf s’il s’agit d’un tableau d'une seule
rangée de 26 modules).
--Un interrupteur différentiel ne peut pas être suivi de plus de 8 disjoncteurs
--A la fin de la réalisation du tableau, il faudra avoir au moins 20% d'espace libre.
Ainsi, c’est le nombre de disjoncteurs installés qui détermine la taille du tableau électrique,
puisqu’il à un impact direct sur le nombre d’interrupteurs différentiels.
La méthode la plus simple pour calculer la taille minimale d’un tableau consiste à :
--Diviser le nombre de disjoncteurs divisionnaires par 8 et prendre la valeur entière
immédiatement supérieure : Cette valeur donnera le nombre d’interrupteur différentiel à
installer (avec un minimum de 2 dans tous les cas)
--Le nombre d’interrupteur différentiel déterminera le nombre de rangée du tableau électrique
--Enfin, il faudra vérifier que la place restante au final dans le tableau électrique sera bien
de 20% par rapport à l’espace occupé.

52
*Une notion importante : La sélectivité
La sélectivité entre dispositifs de protection contre les surintensités est la coordination entre les
caractéristiques de fonctionnement de plusieurs dispositifs de protection à maximum de courant
de NF C 15-100 de telle façon qu'à l'apparition des surintensités comprises dans des limites
données, le dispositif prévu pour fonctionner entre ces limites, fonctionne tandis que (le ou les)
autres ne fonctionne (nt) pas.
Il existe deux (2) types de sélectivités :
--Sélectivité ampèremétrique : Elle repose sur un décalage en intensité des courbes de
protection temps/courant ;
--Sélectivité chronométrique : Elle repose sur un décalage temporel des courbes de protection
temps/courant ;

5.6 Circuits d’éclairage :


Les circuits d'éclairage doivent être alimentés avec des conducteurs de 1,5 mm2 de section. La
protection est assurée par :
*un dispositif différentiel de sensibilité 30 mA ;
*un coupe-circuit à fusible de 10 A ou un disjoncteur divisionnaire de 16 A.

5.7 Les autres montages :


Pour compléter l'installation électrique, divers montages sont possibles. Ils permettent
d'augmenter le confort pour les habitants, de valoriser la valeur de l'habitat ou de renforcer la
sécurité.
- La ventilation :
La ventilation est indispensable pour le confort et la salubrité d'une habitation. Elle crée peu de
déperditions thermiques et permet une chaleur beaucoup plus homogène de l'habitation. La
VMC (Ventilation Mécanique Contrôlée) est le système le plus utilisé en maison individuelle.
Son installation peut être réalisée en appartement sous certaines conditions (possibilité
d'évacuer l'air vicié, ne pas provoquer de gêne sonore). Le raccordement électrique d'une
ventilation mécanique contrôlée VMC nécessite :
*une protection différentielle 30 mA de type AC ;
*un disjoncteur divisionnaire de 2 A.

53
- Systèmes pour l’accueil des visiteurs :
Plusieurs solutions existent pour signaler l'arrivée des visiteurs. La sonnette (son cristallin) ou
le ronfleur peuvent être installés dans le tableau de répartition ou à un emplacement lui
permettant d'être audible de tout point de l'habitation. Le carillon est toujours installé en
ambiance, à l'extérieur du tableau de répartition. Il en existe de nombreux modèles aux formes,
esthétiques et mélodies différentes. Les systèmes les plus évolués sont l'interphone et le
vidéophone.

5.8 Détermination de la chute de tension :


L’impédance d’un câble est faible mais non nulle ; lorsque ce dernier est traversé par le courant
de service, il y a une chute de tension entre son origine et son extrémité. Or le bon
fonctionnement d’un récepteur (surtout un moteur) est conditionné par la valeur de la chute de
tension à ses bornes. Il est donc nécessaire de limiter les chutes de tension en ligne par un
dimensionnement correct des câbles d’alimentation afin de vérifier :
- La conformité aux normes et règles en vigueur
- La tension d’alimentation vue par le récepteur
- L’adaptation aux impératifs d’exploitation
La chute de tension entre l’origine d’une installation et tout point d’utilisation ne doit pas être
supérieure aux valeurs du tableau ci-dessous exprimées par rapport à la valeur de la tension
nominale :

Tableau 10 : Valeurs de la chute de tension recommandée

Eclairage Autres usages


Type A : Installations alimentées directement par un
branchement à basse tension, à partir d’un réseau de 3% 5%
distribution publique à basse tension
Type B : Installations alimentées par un poste de livraison
ou par un poste de transformation à partir d’une installation
à haute tension et installations du type A dont le point de 6% 8%
livraison se situe dans le tableau général BT d’un poste de
distribution publique

54
Les chutes de tension sont déterminées à l’aide de la formule suivante :

𝐋
∆𝐔 = 𝐛 ∗ (𝛒 ∗ ∗ 𝐜𝐨𝐬Ф + 𝛌 ∗ 𝐋 ∗ 𝐬𝐢𝐧Ф) ∗ 𝐈𝐛
𝐬

Équation 10 : Chute de tension

*∆U : chute de tension en volt


*b : coefficient qui est égal à 1 pour les circuits triphasés et 2 pour les circuits monophasés
*ρ : résistivité du conducteur en service normal soit 1,25 fois celle à 20°C ρ=0,0225Ωmm2/m
pour le cuivre ; ρ=0,036Ωmm2/m pour l’aluminium.
*L : longueur de la canalisation en mètre
*S : section des conducteurs en mm2
*cosФ : facteur de puissance en l’absence d’indication on peut prendre cosФ=0,8 et sinФ=0.6
*Ib : courant maximal d’emploi en ampère
*λ : réactance linéique des conducteurs en Ω/m.
La formule de la chute de tension relative est la suivante :
∆𝐔
∆𝐔(%) = 𝟏𝟎𝟎 ∗
𝐔

Équation 11 : Chute de tension relative

Si la chute de tension relative dépasse le pourcentage toléré on choisit immédiatement la section


du câble juste supérieure à celle calculée.

55
5.9 Différents régimes du neutre :
En électricité, un régime du neutre définit la façon dont est raccordée la terre du côté de la
source de tension (transformateur) et du côté des masses de l’utilisateur (lave-linge, lave-
vaisselle). C'est-à-dire la façon dont les carcasses métalliques des appareils (machine à laver,
four …) sont raccordées à la terre. Il existe plusieurs régimes du neutre et les plus utilisés sont :
 Régime du Neutre TT :
Le premier "T" indique que le neutre de l'installation est relié à la terre côté générateur et le
deuxième "T" indique que les masses (carcasses métalliques) sont reliées à la terre.

Figure 41 : Régime TT

 Régime du neutre TN :
La première lettre "T" indique que le neutre de l'installation est relié à la terre côté
générateur et le "N" indique que les masses (carcasses métalliques) sont reliées au neutre.

Figure 42 :Régime TN

56
 Régime du neutre IT :
La première lettre "I" indique que le neutre de l'installation est isolé de la terre (donc pas de
connexion) côté générateur et le "T" indique que les masses (carcasses métalliques) sont
reliées à la terre.

Figure 43 : Régime IT

5.10 Choix du poste de transformation MT/BT :


Il existe plusieurs postes [5] de transformation moyenne tension / basse tension :
- Poste préfabriqué
- Poste maçonné
- Poste sur poteau
Le choix et le nombre de postes nécessaires à terme est défini lors de l’étude. Il est calculé de
la façon suivante :
- Évolution de la puissance totale nécessaire au projet.
- Positionnement des postes en fonction du tracé du réseau HTA, des distances inter
poste et des puissances unitaires des transformateurs nécessaires : 1000, 800, 630, 400
et éventuellement 250 kVA.

Après avoir présenté les grandes étapes à suivre lors de l’étude théorique d’un projet, le
chapitre suivant est consacré à l’étude d’un cas pratique : installation électrique du Lycée
Aridouane de Fès.

57
Chapitre 3 : Etude de cas : Installation
électrique du Lycée Aridouane de Fès :

Le chapitre 3 est consacré à l’étude technique de l’installation électrique du Lycée Aridouane


de Fès. Il donne une brève description des logiciels utilisé lors du projet, ensuite présente une
étude technique de l’éclairage et de l’installation électrique ainsi qu’une simulation sur
DIALux et une note de calcul sur Caneco BT.

58
Chapitre 3 : Etude de cas : Installation électrique du Lycée Aridouane de Fès :
Dans ce chapitre, il est question de réaliser l’étude et le dimensionnement de l’installation
électrique du Lycée Aridouane de Fès. Dans un premier temps, nous commencerons par une
brève présentation des logiciels utilisés lors du projet, ensuite une étude technique de l’éclairage
et enfin une étude technique de l’installation électrique.
1. Présentation des logiciels utilisés dans ce projet :
Dans ce projet, nous serons amenés à utiliser trois (3) logiciels à savoir :
*AutoCAD,
*DIALux,
*Caneco BT
- Présentation de AutoCAD :
AutoCAD est un logiciel de Dessin Assisté par Ordinateur (DAO) crée en décembre 1982 par
Autodesk. En 1992, AutoCAD est développé pour Mac OS et pour Windows en 1994. Bien
qu’il ait été développé à l’origine pour les ingénieurs en mécanique, aujourd’hui il est utilisé
par de nombreux corps de métiers. Il est actuellement, selon Forbes, le logiciel de DAO le plus
répandu dans le monde. C’est un logiciel de dessin technique pluridisciplinaire :
*Industrie
*Système d’information géographique, cartographie, topographie
*Electronique
*Electrotechnique (schémas de câblage)
*Architecture et urbanisme
*Mécanique
Dans le cadre de notre projet, nous utiliserons AutoCAD pour implanter les luminaires, les
prises de courant, les câbles ainsi que les tableaux électriques.

Figure 44 : Logiciel AutoCAD

59
- Présentation de DIALux :
DIALux est utilisé en tant que logiciel de calcul d'éclairage. Il permet de générer des calculs
d'éclairage efficaces et professionnels. Le logiciel nous guide pas à pas à travers les différentes
étapes de création. Depuis l'importation du plan AutoCAD jusqu'au calcul et à la préparation
du dossier d'impression final. DIALux, permet d’avoir une solution complète à partir d'une
source unique. DIALux est constamment en développement et est adapté aux besoins et aux
exigences du concepteur de projet d'éclairage.

Figure 45 : Logiciel DIALux

- Présentation de Caneco BT :
Caneco BT est un logiciel de conception automatisée d'installations électriques basse tension.
Il intègre en une seule et même solution les différents métiers de l'électricien : calculs et
dimensionnement des circuits, schématique électrique de puissance et commande, conception
des armoires et nomenclature chiffrée. On utilisera ce logiciel pour le dessin des schémas des
tableaux généraux basse tension TGBT.

Figure 46 : Logiciel Caneco

60
2. Etude technique de l’éclairage :
2.1 Choix et implantation des luminaires :
Une fois le plan architectural du projet disponible, on utilise le logiciel AutoCAD pour implanter les
luminaires par local en respectant le nombre, le type et le lieu exigé par la norme NF C 15-100. Chez
LUXECO Travaux, on réalise aussi une étude d’optimisation qui vise à obtenir un éclairement optimal,
un confort visuel avec des luminaires économiques. Pour ce projet notre choix des luminaires porte sur
des luminaires carrés encastrés et des spots encastrés ronds.

Présentation du plan du 1er étage après implantation des luminaires, des prises ainsi que
les câblages :

Figure 47 : Plan électrique du 1er étage

61
Légende :

2.2 Simulation de l’éclairage de la salle 1 du 1er étage sur DIALux :


Les résultats de la simulation de l’éclairage de la salle 1 du 1er étage sur DIALux sont les
suivants : la salle 1 comporte six (6) luminaires, une longueur de 8,35 m et une largeur de 6,6
m.

Figure 48 : Simulation éclairage salle 1

62
Le résumé de l’analyse :

L’éclairement moyen est de 360 lux sur le plan utile, 319 lux sur le sol, 64 lux sur le plafond
et de 137 lux sur les 4 murs. Le type de luminaire choisi est celui de PHILIPS TCS398 C
2xTL-D36W HFP qui a une puissance de 72W.

2.3 Choix des lampes :


Dans le cadre de notre projet, nous utiliserons des lampes LEDs pour leur faible consommation
électrique, leur faible coût et surtout leur durée de vie très élevée.

2.4 Choix des interrupteurs :


Il convient également de choisir le mode de commande souhaité pour les éclairages. Un seul
point de commande (l'interrupteur), deux points de commande (le va-et-vient), trois points ou
plus (le télérupteur). L'emplacement de ces commandes est important. La norme exige un
emplacement généralement d’un interrupteur à droite en entrant ou à l'extérieur de la pièce, à
portée de main, c'est-à-dire à une hauteur finie comprise entre 0,8 et 1,3 m (1,10 m est une
solution courante et adaptée à la plupart des cas). Pour la salle de bains et les toilettes, on choisit
un emplacement plutôt à l'intérieur. Dans une chambre, on peut prévoir une commande en tête

63
de lit. Dans une entrée, il faut prévoir la commande de l'éclairage le plus près possible de la
porte d'accès.
Un grand couloir ou un escalier nécessiteront plusieurs points de commande, afin de pouvoir
allumer ou éteindre depuis l'accès de chaque pièce. La norme précise que les couloirs et
circulations doivent pouvoir être allumés à l'aide d'une commande sans voyant lumineux placée
à moins d'un mètre de chaque accès. Les commandes à voyants lumineux peuvent être placées
jusqu'à 2 m de chaque accès. Les commandes peuvent être remplacées par des systèmes
automatiques de détection de présence.
En ce qui concerne l'accès au sous-sol ou au garage, il est nécessaire d’utiliser au minimum un
va-et-vient, soit deux points de commande.
Pour notre projet, en fonction de la nature du local, on recommandera un type d’interrupteur
donné :
- Chambre : un interrupteur va et vient
- Salle avec deux portes : interrupteur va et vient (si la salle est grande double allumage)
- Salle avec une porte : interrupteur double allumage
- Couloirs : boutons poussoirs avec télérupteur + minuterie
- Bureau : interrupteur simple allumage
- Cuisines : interrupteur double allumage
- Toilettes : interrupteur simple allumage
Pour le nombre de prises de courant, on tiendra compte du nombre imposé par la norme NF C
15-100 par pièce.

64
3. Etude technique de l’installation électrique :
Dans cette partie, il est question d’effectuer une étude technique de l’installation électrique du
lycée Aridouane.

3.1 Bilan des puissances :


Le bilan de puissance se fait généralement sur Excel en énumérant l’ensemble des récepteurs
du local. La puissance totale de tous les récepteurs à installer s’élève à 19,131 kVA. La valeur
de la puissance de raccordement à souscrire est la valeur juste supérieure disponible chez le
distributeur d’électricité ONEE. Pour notre projet, il est conseillé de souscrire une puissance
juste supérieure à 19,131kVA.

Tableau 11 : Un extrait du bilan des puissances :

65
3.2 Choix de l’abonnement :
Pour le choix de l’abonnement, notre choix porte sur une alimentation triphasée, donc un
compteur électrique triphasé.

3.3 Choix du régime du neutre :


Dans une installation électrique, le régime du neutre joue un rôle très important. Lors d’un
défaut d’isolement, ou de la mise accidentelle d’une phase à la terre, les valeurs prises par les
courants de défauts, les tensions de contact et les surtensions sont étroitement liées au mode de
raccordement du neutre à la terre. Le régime du neutre recommandé étant donné que
l’installation électrique du lycée Aridouane est une installation simple qui exige une protection
contre les défauts d’isolement par disjoncteur ou interrupteur différentiel ; le régime choisi
est le régime TT, c’est-à-dire le neutre relié à la terre et les masses métalliques (carcasses)
reliées aussi à la terre.

Il faudrait aussi prévoir une prise de terre ainsi qu’une liaison équipotentielle afin de garantir
une meilleure sécurité des biens et des personnes.

3.4 Choix des composants du tableau électrique :


- Dispositifs de protection :
Le disjoncteur d’abonné :
Placé en tête d’installation, il coupe le courant dans le cas d’une consommation supérieure à
celle souscrite dans l’abonnement. Il protège également les personnes contre les contacts
indirects et prévient des risques d’incendie en surveillant les défauts d’isolement. C’est aussi
un interrupteur général qui permet une coupure manuelle d’urgence en cas de problème.

L’interrupteur différentiel
*Pour les prises on utilise des interrupteurs différentiels 30mA.
*Pour l’éclairage on utilise des interrupteurs différentiels 300mA.
La protection des circuits : Le disjoncteur divisionnaire ou coupe circuit ?

66
Pour la protection des circuits on utilisera des disjoncteurs divisionnaires car ils sont très
pratiques par rapport aux coupes circuits qui nécessitent des fusibles.

*Le répartiteur :
C’est un dispositif permettant de répartir les fils de cuivre composant les lignes d'abonnés entre
les câbles reliés au commutateur d'abonnés et dont la fonction est de regrouper plusieurs lignes
sur un même câble. Chaque tableau électrique doit être muni d’un répartiteur.

Figure 49 : Répartiteur

*Tableau électrique :
L’ensemble répartiteur, interrupteurs différentiels et des disjoncteurs divisionnaires sont
centralisés sur un même tableau électrique. La réalisation du tableau de répartition s’effectue
généralement à l’aide d’élément préfabriqué normalisés. Il doit être installé dans un endroit
facilement accessible et situé au centre de gravité des besoins énergétiques. Il est formellement
interdit d’installer le tableau électrique dans les toilettes et les chambres. Etant donné que le
lycée Aridouane de Fès, est constitué d’un sous-sol, d’un rez de chaussé et de quatre étages, on
préconise un tableau électrique pour chaque niveau respectivement T.SS, T.RDC, T.1, T.2, T.3
et T.4. L’emplacement choisi pour un tableau électrique par étage, est le centre de l’étage et de
préférence proche des conduits d’aération pour avoir un accès facile aux canalisations. De ce
fait on a opté pour un emplacement à côté de l’ascenseur comme le montre la figure suivante sur
le plan AutoCAD: T.RDC : Tableau électrique du rez de chaussée.

67
Figure 50 : Emplacement du tableau électrique sur le plan AutoCAD

3.5 Type de distribution :


Dans toute installation électrique, il est nécessaire de prévoir la manière avec laquelle on fera
passer les câbles électriques. Dans le cadre de notre projet, nous utiliserons une distribution
encastrée dans les parois.
3.6 Canalisations et les câbles :
Les sections des câbles qui seront utilisées :
- Câble U 1000 R2V pour les câbles de distributions
- Câble 1,5 mm² pour les circuits d'éclairages.
- Câble 2,5 mm² pour les prises de courant 2P +T 16A
- Câble 4 mm² pour les prises de courant 3P +T 16A (prises spécialisées)
- Câble de section appropriée pour les équipements ayant chacun une alimentation
spécifique.
Pour la distribution de l'éclairage et des prises de courant, l'équilibrage des phases sera réalisé
par permutation de celles-ci au niveau des divers tableaux.

3.7 Note de calcul Caneco:


Pour établir le schéma électrique du tableau général basse tension du Lycée Aridouane, on a
utilisé le logiciel Caneco BT. La source étant un transformateur de 50kVA qui alimente les
six (6) tableaux comme le montre le schéma unifilaire suivant :

68
Pour plus de détail :

Le tableau ci-dessous résume le nombre de départs par tableau électrique :

Tableau 12 : Nombre de départs (éclairage et prise) par tableau électrique

Tableaux électriques Nombre Départs éclairages Nombre Départs prises


T.SS 3 0
T.RC 10 9
T.1 12 11
T.2 12 11
T.3 11 12
T.4 7 8
Le résumé de la note du calcul du tableau T.RDC avec ses dix (10) départs éclairages et neuf
(9) départs prises : les prises protégées par un différentiel 30mA et les éclairages 300mA. (Voir
annexe).

69
L’installation électrique est art difficile car il faut tenir compte de plusieurs aspects à savoir le
choix technique des composants tout en respectant les normes en vigueur. Compte tenu de la
tendance du monde actuel vers les énergies renouvelables, et dans un souci de diminuer la
dépendance vis-à-vis de l’ONEE ; on a jugé utile de dimensionner une installation
photovoltaïque pour l’alimentation des chauffe-eau. Le chapitre suivant traitera du
dimensionnement d’une installation photovoltaïque PV.

70
Chapitre 4 : Dimensionnement d’une
installation photovoltaïque PV

Ce chapitre est destiné au dimensionnement d’une installation photovoltaïque autonome. Il


définira dans un premier temps le gisement d’énergie solaire du Lycée à l’aide d’un logiciel
en ligne PVGIS, ensuite définira le besoin énergétique, le choix des modules PV, le choix des
batteries solaires, le choix de l’onduleur, le choix du régulateur.

71
Chapitre 4 : Dimensionnement d’une installation photovoltaïque PV
Dans tout ce chapitre PV désigne photovoltaïque et STC condition standard de test.
4.1 Evaluation du gisement solaire du Lycée Aridouane de Fès :
Le gisement solaire d’un lieu dépend de sa localisation, de l’inclinaison et de l’orientation du
champ PV. A l’aide du logiciel en ligne PVGIS, il est possible de déterminer les données
géographiques et météorologiques du lycée Aridouane de Fès. Les informations obtenues sont
les suivantes :
- Localisation du site :
*Latitude : 34°01’59’’ Nord
*Longitude :5°00’01’’ Ouest
*L’altitude par rapport au niveau de la mer : 579m
*Angle d’inclinaison optimal des panneaux PV : 34°
*Irradiations et températures mensuelles sont consignées dans le tableau suivant :
Tableau 13 : Irradiations et températures mensuelles du site du Lycée Aridouane de Fès

Mois Température moyenne en °C Irradiation moyenne en kWh/m2/j


Janvier 10 2,99
Février 10,5 3,75
Mars 16,5 4,50
Avril 16 5,4
Mai 21,5 6,35
Juin 25,5 7,7
Juillet 30 7,95
Août 28,5 7,35
Septembre 23,5 5
Octobre 21 4
Novembre 16 3,25
Décembre 12,5 2,89

72
- Graphique du rayonnement global : (données tirées à partir du site Sunny design)

- Graphique de la température ambiante : (données tirées à partir du site Sunny


design)

- Orientation des panneaux PV :


Au Maroc, on privilégie une orientation du champ PV vers le sud.
- Inclinaison optimale des panneaux solaires :
En général l’inclinaison des panneaux est prise égale à la latitude du lieu, dans notre cas elle est
égale à 34°.

73
4.2 Définition du besoin énergétique :
Etant donné que le gisement solaire du site est faible, on a jugé utile d’alimenter uniquement
les chauffe-eau pour la production d’eau chaude dans les toilettes à base du solaire. Pour notre
projet nous opterons pour des chauffe-eau de la marque « Batitherm » parce qu’ils ont un bon
rapport qualité/prix, une durée de vie de plus de 20 ans et aussi une disponibilité dans tout le
royaume. Ces derniers seront alimentés directement par les panneaux pendant la journée soit
environ dix (10) heures et une partie de l’énergie sera stocké dans des batteries solaires pour la
l’utilisation de la nuit. On a prévu un ballon de 200 litre d’eau par étage soit donc cinq (5) pour
tout le projet. L’énergie électrique maximale Eelecmax qui sera consommée pour l’ensemble
des chauffe-eau pendant 10 heures sachant que la puissance d’un chauffe-eau est de 2200W :
Eelecmax = 5*2200*10 = 110000 Wh.

Figure 51 : Chauffe-eau Batitherm

- Détermination de la puissance crête :


La puissance crête Pc d’un champ PV est déterminée par la formule suivante :

𝐄𝐞𝐥𝐞𝐜𝐦𝐚𝐱 ∗ 𝐏𝐢
𝐏𝐜 =
𝐄𝐢𝐦𝐢𝐧 ∗ 𝐏𝐫
Équation 12 : Puissance crête Pc

*Pi : est la puissance radiative dans les conditions standards de test (conditions STC) exprimée
en kW/m2.
*Eimin : c’est l’énergie solaire journalière la plus faible de l’année.
*Eelecmax : c’est l’énergie électrique maximale
*Pr : le ratio de performance des modules PV

74
Tableau 14 : Ratio des modules PV

Modules très Modules peu Modules Modules bien


peu ventilés ventilés ventilés ventilés
Ratio de
performance Pr 0,55 0,60 0,65 0,70

Application numérique :
*Eelecmax = 110000Wh ;
*Eimin = 2,89kWh (tiré du tableau des irradiations du site)
*Pi = 1kW/m2 (selon les conditions STC)
*Pr = 0,7 (pour des modules bien ventilés)
Après calcul on trouve que la puissance crête vaut : Pc=54374,69 Wc
4.3 Dimensionnement et choix des panneaux photovoltaïques :
Le choix adéquat d’un panneau PV repose sur plusieurs critères à savoir :
 La durée de vie
 La rentabilité
 La puissance
 Le coût
Choix du fournisseur :
Pour notre projet, nous avons opté pour les panneaux solaires photovoltaïques
ELECTROSOLAR disponibles sur le site « Distribu-Tech » Maroc. Ils disposent des panneaux
d’une gamme de puissance allant de 85 à 300 Wc. Notre choix porte sur un module d’une
puissance crête (d’un module) Pm= 300 Wc car son rendement est intéressant par rapport aux
modules de puissance inférieure. Le modèle étant ES300 ELECTRO SOLAR. La durée de vie
des modules est de 25 ans et son rendement est de 90%.

Figure 52 : Module PV ES300

75
Nombre de modules à installer :

Ce nombre est déterminé par la relation suivante :


𝐏𝐜
𝐍𝐭𝐨𝐭 =
𝐏𝐦
Équation 13 : Nombre de modules PV Ntot

Avec
Pc : Puissance crête à installer ;
Pm : Puissance crête d’un seul panneau solaire (donnée qui se trouve sur le datasheet fourni
par le constructeur).
Application numérique :
*Pc = 54374,69 Wc
*Pm = 300 Wc
Alors le nombre de modules à prévoir vaut : Ntot = 181,26 soit 182 modules.
 La surface nécessaire pour ces modules :
La surface d’un module est :
𝐒𝐦 = 𝐋 ∗ 𝐥=1,956*0,99=1,94m2
Donc la surface totale à installer :
𝐒𝐦𝐭𝐨𝐭 = 𝐍𝐭𝐨𝐭 ∗ 𝐒𝐦=182*1,94= 353,08 m2.
On prévoit d’installer l’ensemble des modules sur le toit du quatrième étage du Lycée.
4.4 Dimensionnement et choix des batteries solaires :
Les batteries solaires stockent l'énergie produite par les panneaux photovoltaïques afin
d’assurer l'alimentation électrique en toutes circonstances (jour ou nuit, ciel dégagé ou couvert).
Ces batteries sont spécifiquement conçues pour des applications solaires et qui sont à décharge
lente. Le choix des batteries est basé sur plusieurs critères à savoir :
 Nombre de cycles
 Durée de vie
 Décharge profonde
 Rendement
 Coût

76
Le tableau suivant récapitule les différents choix de tension selon l’énergie utilisée :

Tableau 15 : Tensions des batteries recommandées en fonction de la puissance crête

Puissance de l’installation PV Tension recommandée


De 0 à 800 Wc 12V
De 800 à 1600 Wc 24V
Au-dessus de 1600 Wc 48V

Comme la puissance de l’installation PV est de 54374,69 Wc donc supérieur à 1600Wc on


utilisera des batteries ayant une tension de 48 V.
Capacité de la batterie :
La capacité d’une batterie est obtenue à l’aide de la formule suivante :

𝐃∗𝐍
𝐂=
𝐋∗𝐔

Équation 14 : Capacité d'une batterie solaire

Avec
N : nombre de jours avec un ensoleillement insuffisant
D : la demande énergétique exprimée en Wh/jour
U : la tension en volts sous laquelle est installé le parc de batteries (12V, 24V, 48V…)
L : la profondeur de décharge maximale des batteries (Une batterie ne doit pas être déchargée
en dessous d’un certain seuil sinon on risque de l’endommager).
Application numérique :
*D= 110000 Wh
*N= 2 jours de stockage (c’est le nombre préconisé en Afrique et Madagascar)
*L=0,7 (en général)
*U=48V
On trouve donc que la capacité C=6547Ah.
Notre choix porte sur la batterie 2V-2500 Ah OPZS car elle présente une durée de vie
supérieure à 8 ans, un rendement compris entre 85-90%, une vitesse de charge rapide, et à un
prix économique.

77
Il faudra alors choisir 3 pack parallèles de 24 batteries en série pour avoir 7500 Ah qui est
juste supérieur à la capacité demandée qui est de 6547 Ah.

Figure 53 : Bloc de batterie solaire 48V

4.5 Dimensionnement et choix du régulateur :


Afin d’éviter les surcharges et les décharges trop profondes des batteries, le régulateur solaire
gère le niveau d'énergie stockée dans les batteries. Il joue un double rôle :
 Il limite la charge quand la batterie est complètement chargée ;
 Il ralentit la décharge afin d’éviter les décharges profondes.
Il y a deux (2) éléments principaux à prendre en compte :
 La tension entre les panneaux et les batteries
 L’intensité maximale du régulateur : l’intensité du régulateur en Ampères
(A) doit être supérieure à l’intensité du courant de court-circuit des
panneaux.
Les régulateurs solaires *MPPT permettent de tirer de meilleures performances des panneaux
solaires, ils permettent d'augmenter la production d'énergie d'une installation et de prolonger la
durée de vie des batteries.
Choix du régulateur :
 Le courant de court-circuit des modules PV : 8,70 A (voir datasheet du
module)
 Le choix approprié du régulateur est : Régulateur solaire 35 A 48V
BlueSolar MPPT 150/35 Victron.
*150 correspond à la tension PV maximale du circuit ouvert et 35 correspond au courant de
charge maximale.
*MPPT : Maximum Point Power Tracking permet de trouver le point de puissance maximale
de l’installation.
78
Figure 54 : Régulateur BlueSolar 150/35

Tableau 16 : Caractéristiques du régulateur solaire

79
4.6 Dimensionnement et choix de l’onduleur :
L’onduleur à choisir doit pouvoir supporter la puissance crête appelée par le système à alimenter
dans notre cas de figure la puissance appelée par les chauffe-eau, son rendement doit être élevé.

Tableau 17 : Tableau comparatif des onduleurs

Marques SMA Sunny Boy Schneider Fronius Master Volt

Modèles Sunny FLX Pro Contest FRONIUS Sun Master


Tripower 15K TL15000 SYMO CS12TL
15000 10.0-3 208/240 RP
TL
Tension DC max 1000V 1000V 1000V 600 V 1000V
Courant DC max 2 * 33 A 3 * 13 A 2 * 23 25 A / 16.5 A 2 * 17 A
Tension nominale 230 / 230 / 400 230 / 400 240 / 480 230 / 400
alternative 400
Rendement 98.4% 98% 98% 98% 97%
maximal
Puissance assignée 15000 15000 15000 15000 15000
à 230V, 50Hz
Nombre d’entrée 2 3 2 2 2
*MPPT
Nombre de string A:3 A:3 A:3 A:1 A:3
par entrée B:3 B:3 B:3 B:1 B:3
C:3
Tension MPPT [240, [220, 800] [350, 800] [300, 500] [380, 800]
800]
Type de protection *IP 65 IP 65 IP 65 IP 54 IP 65

*IP : Indice de protection : c’est un standard de protection de la commission internationale


d’électrotechnique CEI. Le premier chiffre est relatif à la résistance du composant et le second
à l’étanchéité.
Notre choix porte sur l’onduleur FLX pro 15k de la société SMA Sunny Boy, il est caractérisé
par une puissance de 15kWc, trois (3) entrées MPPT ainsi qu’une large gamme de tension
d’entrée qui varie de 220 V à 800V pour chaque entrée MPPT.

80
Nous disposons de 182 modules et chaque module a une puissance de 300Wc soit une
puissance totale de : 54600Wc. Il nous faut donc 54600/15000 =3,64 soit 4 onduleurs de type
FLX pro 15k pour l’ensemble de l’installation PV.

Figure 55 : Onduleur Flx pro 15k

81
Chapitre 5 : Etude financière du projet

Ce présent chapitre est destiné à l’étude financière du projet d’installation électrique du Lycée
Aridouane de Fès.

82
Chapitre 5 : Etude financière du projet
L’étude financière du projet consiste à déterminer le cout de l’installation électrique et de
l’installation photovoltaïque.
5.1 Etude financière de l’installation électrique :
Cette partie concerne l’éclairage et l’installation électrique proprement dite. Pour cela
établissions le devis suivant :
Tableau 18 : Devis de l'installation électriqu
N° Désignation Qté P.U PT
Eclairage
1 LUMINAIRE CARRE ENCASTRE TYPE 1 138 1 300,00 179 400,00
2 SPOT ENCASTRE ROND LED 159 300,00 47 700,00
3 APPLIQUE MURALE 19 600,00 11 400,00
Interrupteurs
4 FOYER SIMPLE ALLUMAGE 40 290 11600
5 FOYER DOUBLE ALLUMAGE 15 330 4950
6 FOYER SIMPLE ALLUMAGE VA ET VIENT 24 400 9600
FOYER DOUBLE ALLUMAGE VA ET
7 VIENT 2 340 680
8 FOYER BOUTON POUSSOIRE LUMINEUX 30 390 11700
Prises
9 PRISES DE COURANT 2x16A+T 221 310 68510
10 PRISES INFORMATIQUE RJ45 9 260 2340
11 PRISES TELEPHONIQUE 6 240 1440
Autres
Fourniture et pose d'un ascenseur pour 6
12 personnes 1 200000 200000
13 BLOC AUTONOME DE SECOURS 16 470 7520
14 MISE A LA TERRE 1 13000 13000
15 CIRCUIT EQUIPOTENTIEL 1 250 250
BRANCHEMENT AU RESEAU
16 ELECTRIQUE 1 1500 1500
17 ARMOIRE TGBT 6 15000 90000
18 MINUTERIE /TELERRUPTEUR 4 225 900
19 COFFRET DE COMPTEUR 1 400 400
Câbles d'alimentation
20 U 1000 RO2V 4x120 mm² + T(1x70mm²) 30 560 16800

83
21 U 1000 RO2V 4x50 mm² + T(1x35mm²) 150 200 30000
22 U 1000 RO2V 4x35 mm² + T(1x25mm²) 30 180 5400
23 U 1000 RO2V 4x25 mm² + T(1x16mm²) 30 122 3660
24 U 1000 RO2V 4x16 mm² + T(1x10mm²) 100 80 8000
25 U 1000 RO2V 5x10 mm² 400 55 22000
26 U 1000 RO2V 5x6 mm2 300 40 12000
27 U 1000 RO2V 5x4 mm2 200 27 5400
Total Hors Taxe 766 150,00
TVA de 20% 153 230,00
Total TTC 919 380,00
Ce présent devis s’élève à la somme de neuf cent dix-neuf mille trois cent quatre-vingt
dirhams (919 380 dhs).

5.2 Etude financière de l’installation photovoltaïque :


Cette partie concerne uniquement l’installation photovoltaïque ainsi que les chauffe-eau à alimenter.
Pour cela établissions le devis suivant :

Tableau 19 : Devis de l'installation PV

N° Désignation Qté P.U PT


1 Module ES300 182 1800 327600
2 Régulateur 4 842,67 3370,68
3 Batterie 72 9350 673200
4 Onduleur 4 34143,89 136575,6
5 chauffe-eau 5 13500 67500
Total Hors Taxe 1208246
TVA 20% 241649
Total TTC 1449895

Ce présent devis s’élève à la somme d’un million quatre cent quarante-neuf mille huit
cent quatre-vingt-quinze dirhams (1 449 895 dhs).

84
5.3 Rentabilité :
Une installation PV autonome nécessite un grand parc de stockage, ce dernier coute très cher,
plus que 50% du cout de toute l’installation. La rentabilité de cet investissement durera
longtemps. Pour que cet investissement soit plus bénéfique et rentable pour le Lycée Aridouane,
il est préférable d’injecter l’énergie générée par l’installation PV au réseau de l’ONEE pendant
les temps ou on n’utilise pas beaucoup d’eau chaude par exemple pendant l’été. Pour cela il
faudra aussi dimensionner (choisir) un inverseur automatique de source afin de pouvoir faire la
commutation des deux sources (ONEE et l’installation PV).

Figure 56: Inverseur de source manuelle 4P 100A

85
Conclusion
Au terme de cette étude, il est important de spécifier les raisons qui m’ont poussé à
effectuer mon stage de projet de fin d’études dans un bureau d’étude comme LUXECO
Travaux. Durant mon parcours en cycle d’ingénieur, j’ai effectué mes deux stages (initiation et
application) à la NIGELEC où j’ai appris une partie de la chaine de production de l’électricité,
à savoir depuis la centrale électrique, le transport, la distribution moyenne tension et basse
tension jusqu’aux consommateurs. Ce qui me faisait défaut jusque-là était l’électricité du
bâtiment afin de comprendre l’ensemble de ladite chaine : ce manque a été comblé durant ces
quatre mois passés aux côtés des professionnels du métier. Ce fut un stage très riche en
expérience.
L’installation électrique dans les bâtiments est un domaine complexe et très varié car il exige
une maitrise d’un certain nombre de textes, de normes et d’arrêtés. Elle est constituée
principalement de deux parties : la partie éclairage (intérieur et extérieur) relative aux circuits
d’éclairage à savoir les luminaires, les lampes, les interrupteurs et la partie d’installation
électrique proprement dite relative au compteur électrique, les tableaux électriques, les
dispositifs de protection les départs électriques pour alimenter les prises et l’éclairage.
En dehors de ces deux parties, il y a une autre partie qui est consacrée aux installations courant
faible c’est-à-dire la télédistribution, la domotique la téléphonie, les réseaux informatiques.
Mais hélas faute de temps, je me suis basé uniquement sur les deux premières parties à savoir
l’éclairage et l’installation électrique qui relèvent du domaine du courant fort.

Vu le contexte énergétique mondial actuel, j’ai dimensionné une installation photovoltaïque


pour alimenter les chauffe-eau du Lycée Aridouane de Fès. Cette tâche a un second objectif qui
consiste à diminuer la dépendance énergétique vis-à-vis de L’ONEE. Le domaine du solaire est
vaste, riche en information et c’était l’occasion pour moi de compléter ma formation
d’ingénieur sur les énergies renouvelables.
L’étude de faisabilité de tout projet nécessite une étude financière afin d’estimer le coût de ce
dernier. L’étude financière englobe l’éclairage, l’installation électrique et l’installation
photovoltaïque du Lycée Aridouane de Fès. Le coût du projet s’élève à 2 369 275 dirhams.
Enfin j’ai été très honoré d’avoir passé mon stage dans le bureau d’étude LUXECO
Travaux, un bureau d’étude spécialisé dans l’étude des projets électriques. Ce fut un stage au
terme duquel je peux affirmer avec véhémence que ce dernier m’a donné l’occasion d’effectuer
un véritable travail d’ingénieur, de voir les difficultés du métier et aussi de trouver des solutions
à des problèmes réels.

86
Bibliographie et webographie
 Bibliographie :
*« Le grand livre de l’électricité » de Thierry Gallauziaux et David Fedullo
*« Guide pratique et technique de l’éclairage résidentiel » du Centre Scientifique et
Technique de la Construction
*« Manuel technique de l’éclairage » de l’Agence Nationale pour le Développement des
Energies Renouvelables et de l’Efficacité Energétique
* Guide NF C 15-100
*« Découvrez les bases en électricité du bâtiment » d’Amine Jennane Ingénieur et Dirigeant
de Luxeco Travaux
 Webographie :
*http://www.photovoltaique-energie.fr/pvgis-logiciel-en-ligne-de-simulation.html
*http://www.schema-electrique.net/comment-installer-interrupteur-electrique-simple-
allumage-maison.html
*http://www.schema-electrique.net/schema-electrique-de-prise-de-courant-norme-et-cablage-
du-circuit.html
*http://re.jrc.ec.europa.eu/pvgis/apps4/pvest.php?map=africa&lang=fr

*http://www.regime-de-neutre.fr/

87
Annexes
Plans des autres étages du Lycée:

88
89
Datasheet des modules PV ES300

90
Datasheet du régulateur BlueSolar 150/35

91
92
Section des conducteurs :

Conducteur de protection

Conducteur des autres circuits

93
Câblage des circuits d’éclairage : pour toutes les figures : bleu = neutre ; rouge = phase ;
retour de la phase = violet ; terre = jaune + vert

Interrupteur simple allumage

Interrupteur double allumage :

Interrupteur va et vient :

94
Bouton poussoir et télérupteur :

Prise :

Sonnette :

95
Symboles des circuits d’éclairages sur AutoCAD

96
Note de Calcul Caneco du Tableau T.RDC

97