Vous êtes sur la page 1sur 13

Hallux valgus Saadaoui-M Dévloppement

Hallux valgus
I. Définition  : C’est une affection commune, essentiellement féminine bien répandue, qui se traduit par une
angulation excessive du 1er rayon associant, un valgus phalangien et un adductus métatarsien qui exagère le
métatarsus varus.
II. Intérêts de la question  :
1. Fréquence  : affection très fréquente.
2. Age  : pic à la ménopause.
3. Sexe  : 9 ♀/ 1 ♂ .
4. Diagnostic  : essentiellement radio- clinique.
5. Traitement  : exclusivement chirurgical.
6. Pronostic  : dépend de l’évolution et l’incidence sur la vie socio- professionnelle.
III. Rappel anatomique :
 La tête métatarsienne possède deux surfaces articulaires, l'une antero‐supérieure pour la cavité articulaire
phalangienne, et l'autre inférieure plantaire pour la face supérieure glénosésamoïdienne
 Les deux sésamoïdes (latéral et médial), disposés sous la tête métatarsienne de part et d'autre d'une crête
médiane sont constitués d'os spongieux dense à corticale très épaisse, de forme ovoïde à grand axe
longitudinal.
 La face supérieure est recouverte d'un cartilage articulaire, ils sont inclus dans un fibrocartilage qui prolonge
en arrière la surface articulaire proximale de la première phalange et forme avec elle une grande cavité
glénoïde recevant la tête métatarsienne.
 La stabilité du système metatarso‐sesamoido‐phalangien est assuré par :
o Des éléments fibreux: notamment les ligaments latéraux metatarso‐phalangiens et
métatarsosésamoïdien.
o Des éléments musculaires : au nombre de trois, s'insèrent à la face proximale des sésamoïdes avec :
 Le muscle le court adducteur en dedans, l'abducteur (oblique et transverse) en dehors.
 Les deux faisceaux du court fléchisseur, et entre eux se dispose plus superficiellement le tendon
du long fléchisseur de l'hallux, avant d'aller se fixer sur la base de la deuxième phalange.
 Cet ensemble fibro‐musculaire organisé autour des sésamoïdes assure l’équilibre de l’articulation qui doit sa
fragilité à sa grande mobilité et l’importance des contraintes mécaniques.
IV. Rappel physiologique: Lors du déroulement du pas, la fonction biomécanique de l'articulation metatarso‐
phalangienne se développe en quatre temps :
1. La suspension : correspond à la flexion plantaire du premier rayon, qui commence au contact du talon et
se termine quand le premier métatarsien prend contact avec le sol.
2. La fixation : après avoir pris contact avec, les sésamoïdes doivent se fixer au sol, cet ancrage est assuré
par la contraction isométrique des muscles abducteurs et adducteurs produisant une flexion plantaire
s'opposant à la réaction du sol.
3. La coordination : a la suite du soulèvement du talon, la charge du premier rayon augmente, la tête du
premier métatarsien glisse en arrière sur les sésamoïdes; il y a une rotation simultanée des sésamoïdes et
de la première metatarso‐phalangienne qui s'étend La mise en tension du long fléchisseur commence à
se produire.
4. La propulsion : l'appareil sésamoïdien et le long fléchisseur de l'hallux fonctionne comme une catapulte
projetant en avant la tête métatarsienne, Quand l'extension dépasse 30°au niveau de la metatarso‐
phalangienne les sésamoïdes se dégagent de la crête inter sésamoïdienne, et se trouve dans une
condition très vulnérable car la charge et les actions musculaires deviennent les seules facteurs assurant
la stabilité du système ou tout facteur pouvant provoquer une subluxation latérale peut entraîner la
formation d'un hallux valgus.
V. Etiopathogénie :
A. Conditions étiologiques :
1. Prédispositions héréditaires: Se voient dans 60% des cas environ, on peut en rapprocher un facteur
favorisant : la laxité articulaire constitutionnelle.

1
Hallux valgus Saadaoui-M Dévloppement
2. Rôle de la chaussure  : Il est déterminant, la contrainte prolongée que se forme imposée au premier
rayon contribue à la constitution progressive de la déformation
 Trop étroite, la chaussure dévie le gros orteil en dehors, aggravant le valgus phalangien.
 Trop courte, elle majore l'adductus métatarsien.
3. Facteurs morphologiques constitutionnels :
1) Excès de longueur de la 1ère phalange : En augmentant le bras de levier, elle augmente les
contraintes extérieures comme celle de la chaussure, d'où la fréquence particulière de l'hallux valgus
lorsque l'avant pied est égyptien.
2) Metatarsus varus : Considéré comme cause s'il est primitif et précèdent le valgus du gros orteil :
facteur prédisposant.
3) Forme et orientation de la 1ère tête métatarsienne : La bascule de la phalange est plus aisée avec
une tête ronde que sur une tête plate; de même que l'inclinaison en dehors du grand axe de la
surface articulaire.
4) Forme et orientation de l’interligne metatarso‐cunéenne : L'adductus métatarsien est plus
important lorsque l'interligne est curviligne (contrairement à la forme transversale ou oblique).
5) Pied plat : Prédispose au valgus passif du gros orteil, c'est un facteur d'aggravation et de récidive.
4. Facteurs dynamiques: L'hyper laxité permet une élévation et un adductus trop important du premier
métatarsien induisant la déformation et perturbant la fonction d'appui du premier rayon.
5. Etiologies particulières:
 Hallux valgus après amputation du deuxième rayon.
 Hallux valgus de la polyarthrite rhumatoïde par destruction de l'articulation métatarsophalangienne.
 La griffe du deuxième rayon.
 Hallux valgus inter phalangien : semble être congénital.
B. Désordres anatomiques :
1. Désorganisation de l’articulation metatarso‐sesamoido‐phalangienne :
 Le valgus du gros orteil se constitue :
 Poussée constante et soutenue de la base de P1 sur la tête de M1.
 Distension progressive des formations capsulo‐médiales.
 Laxité articulaire infero‐médiale qui s’aggrave.
 subluxation voir luxation de la tête de M1/ au système sésamoïdien d’autant plus que la crête
sésamoïdienne de la face inférieure de la tête est émoussée, ce système sésamoïdien reste fixé dans
la plan horizontal.
 rétraction des formations capsuloligamentaires externes.
2. Rôle des muscles moteurs :
 Les muscles du gros orteil exercent leurs contractions dans la corde de l’arc formée par la déformation.
 L’action de l’abducteur de O1 se voit renforcer par les muscles longs :
 Fléchisseur propre de O1 solidaire aux sésamoïdes ne peut se reaxer qu’avec la réduction de ces
derniers.
 Extenseur O1 : se luxe et se réduit aisément.
 L'adducteur du gros orteil est insuffisant pour lutter seul, il est progressivement entraîné à glisser
sous la tête métatarsienne, son action s'annule, pour devenir lui aussi abducteur.
 En somme  :
La pathogénie et l’étiologie sont rarement uniques et le plus souvent l’appariation de la
déformation implique l’addition d’un facteur anatomique prédisposant et un facteur extérieur
déclenchant représenté par une chaussure étroite dans sa partie antérieure.
VI. Bases anatomopathologiques  :
1. Lésions osseuses ostéoarticulaires  :
1.1. L’exostose  :
 Développée à la face interne de la tête de M1, électivement en regard de l’insertion du LLI de
l’articulation métatarsophalangienne.
 Caractères  : l’exostose apparait comme une saillie +/- volumineuse constituée par un os souvent remanié
avec des géodes remplies de graisses et recouvertes de néo cartilage irrégulier.

2
Hallux valgus Saadaoui-M Dévloppement
 L’exostose est tjrs séparée de la surface cartilagineuses normale de la tête de M1, par un sillon
parfaitement dessiné (qui représente la limite chirurgicale de l’exostosectomie, au delà l’exérèse
devienne une céphalectomie partielle +++).
 Le volume apparent de l’exostose est la somme de plusieurs éléments  :
o L’exostose elle-même.
o Un certain degré de l’hypertrophie de la partie interne de la tête de M1.
o Enfin le décollement de la partie interne de la tête de M1 par la base de P1 ce dernier élément
étant réversible quand P1 peut être recentré sur M1 +++
1.2. Le désaxage osseux métatarso-phalangien  :
 ce désaxage est progressif, d’abord réversible, réductible puis devient irréductible.
 Il s’exprime par une triple déformation  :
1. Le valgus phalangien  :
o habituellement mesuré par rapport à l’axe métatarsien, il est très variable.
o physiologiquement entre 10 °+/– 5, le valgus est parfaitement supportable au-delà le désaxage
devient pathologique pouvant atteindre facilement 40 -45° et même dans les cas extrêmes 90°
2. La rotation phalangienne  :
o souvent, mais non tjrs associée au valgus phalangien.
o la face dorsale de P1 regarde en haut et en dedans.
o elle peut atteindre dans les cas extrêmes un angle de 45° par rapport au plan du sol (ceci surtout
quand l’Hallux valgus est associé à une griffe d’O2 de type infraadductus).
o report l’appui pulpaire sur le bord interne de P1.
3. Varus du 1er métatarse  :
o Normalement, le varus de M1 par rapport au M2 est de 5 – 10 °.
o Mais dans l’Hallux valgus peut atteindre 10 – 15° parfois même 30 - 40°.
 Toutes ces lésions ont un caractère progressif, évoluant lentement en quelques années avec
parfois une aggravation brusque en quelque mois témoignant ainsi d’un   déséquilibre musculo-
ligamentaire
1.3. Réactions arthrosiques  :
 Des lésions d’usure et de dégénérescence cartilagineuses apparaissent à la face inférieure du condyle
interne de la tête de M1 ainsi qu’au niveau des surfaces articulaires correspondants des sésamoïdes.
 Rx  : image de condensation osseuses et pincement articulaire.
 Il s’agit d’une arthrose mécanique.
2. Lésions capsulo–ligamentaires et tendineuses  :
 Les désaxages osseux s’accompagnent d’une perturbation importante des parties molles dont la
connaissance exacte permettra au chirurgien d’affiner son geste thérapeutique.
 La capsule interne de la métatarsophalangienne s’adapte à l’angulation et à la rotation de P1.
o en dehors  : la capsule raccourcie et rétractée (lésion progressivement irréductible, s’opposera au
réalignement de P1 sur M1 obstacle à vaincre++).
o en dedans  : la capsule se distend, s’allonge s’épaissie en particulier au niveau de l’insertion du LLI sur
la tête de M1 (lors de la correction du valgus phalangien, elle devra être remise en tension ++).
 désaxages des muscles courts et long du gros orteil  :
o le tendon extenseur propre du GO se déplace en dehors.
o le déplacement en dehors du sésamoïde (subluxation) est l’expression radiologique du désaxage, en
dehors des muscles sésamoïdiens courts ( court abducteur et court adducteur du GO , ainsi que les 2
faisceaux du court fléchisseur du GO).
o Le tendon du fléchisseur propre du GO solidaire de la sangle sésamoïdienne se déplace lui aussi en
dehors.

3
Hallux valgus Saadaoui-M Dévloppement
 Ces désaxages aboutissent à un déséquilibre des muscles entre eux, à une prédominance de
ceux qui attirent P1 en valgus et ainsi, un véritable cercle vicieux aggrave progressivement le
déplacement osseux.
3. Réactions cutanées et sous cutanées  :
 Le frottement de la chaussure en regard de l’exostose fait apparaitre un épaississement épidermique
induré  puis dans les tissus sous dermiques une bursite, cette bursite peut évoluer pour son propre
compte  :
o Simple réaction congestive au début.
o Puis inflammatoire, parfois même une bursite suppurée pouvant ainsi contaminer dans les cas
extrêmes l’os sous jacent (voir arthrite).
 La réaction phalangienne reporte l’appui phalangien sur le bord interne de P2 où un durillon apparait.
 Toutes ces réactions cutanées et sous cutanées apparaissent, disparaissent progressivement
et spontanément dés que le rétablissement d’un axe normal de la phalange par rapport à M1
aura mis fin au conflit orteil /chaussure (lésion réversibles).
4. Lésions associées  : la griffe d’O2 est beaucoup la plus fréquente.
 Griffe supra adductus  :
o P1  : se verticalise
o P2 –P3  : s’horizontalisent (dans un plan situé au dessus des autres orteils).
o O1  : glisse sous la pulpe de P3O2.
o L’articulation P1-P2 du 2e orteil frotte sur sa face dorsale courte le cuire de la chaussure et puis
apparition d’un Cor +++.
o L’appui du 2e rayon, se fait à la face inf de la tête de M2  : syndrome d’hyperpression source d’un
durillon douloureux.
o Le surmenage de l’articulation métatarso-phalangienne du O2, peut aboutir à une subluxation
progressive de la base de P1 sur le dos de la tête de M2++
 Griffe infra adductus  :
o P1 se verticalise.
o Mais P2-P3 font une angulation aigue; la pulpe de P3 appuyant fortement sur le sol participe à la
charge supporté par O2 avec appariation d’un durillon souvent douloureux
o Au moment de l’angulation P1-P2 le frottement de la chaussure crée un Cor douloureux.
5. Hallux valgus et la morphotype du pied  :
5.1. Pied plat  :
 Souffre d’une surcharge de son bord interne pendant la période de l’appui.
 C’est un facteur d’aggravation de l’HV et de récidive post opératoire.
5.2. Pied creux  :
 S’accompagne très rarement d’HV très marqué.
 L’existence du pronatus du 1 er rayon constitue une lésion associée dont on doit tenir compte au moment de
l’indication opératoire.
6. Morphotype des orteils  :
 Pied Grec (O2↑)  :
o S’adapte plus facilement à la chaussure européenne.
o HV mieux toléré.
o Récidives sont moins fréquentes.
 Pied Egyptien  :
o Supporte mal la chaussure qui refoule P1 en dehors
o Favorise la récidive post opératoire
 Pied Carré  :
o Retarde l’apparition et l’aggravation de HV
4
Hallux valgus Saadaoui-M Dévloppement
VII. Etude clinique  :
1. Symptomatologie fonctionnelle  : 03 éléments dominants
1.1.DOULEUR  :
 Siège en regard de l’exostose ++.
 Peut être mécanique (lors de port de chaussure) ou inflammatoire, permanentes, signant une bursite
congestive voire infectée.
 Peut siéger également au 2e rayon, si une griffe est associée au HV, comme en témoigne la présence
de Cor ou de durillons «  syndrome d’hyperpression  ».
1.2.LA DEFORMATION  :
 L’origine sur la face interne de la tête de M1.
 Soit simple sous forme d’une bosse, sans désaxage métatarso- phalangienne, soit au sommet d’un
désaxage +/- important.
 Chez les patientes jeunes, élément esthétique passe parfois avant la douleur.
1.3. DIFFICULTE DE CHAUSSAGE  :
 C’est la conséquence directe des éléments précédents.
 L’avant pied est devenue trop large, il a augmenté d’épaisseur au niveau de O2 en raison de la griffe,
la chaussure de commerce n’est pas prévue pour ses déformations et douleurs.
 Les patients seront obligés de chercher des chaussures plus larges.
2. Examen clinique  :
 Le bilan clinique objectif exige beaucoup plus de précision car il conditionne l’attitude thérapeutique  .
 Il faut noter méthodiquement les anomalies du 1er rayon de l’avant pied et au delà en commençant par
l’examen debout, à la marche et au Podoscope.
2.1. Examen du 1er rayon  :
 Valgus phalangien  : d’importance variable 15° – 90 °.
 Rotation phalangienne  : varie entre 0 – 45 °
 Métatarsus varus  :
o Mesure son importance  : 7 – 30 °.
o Caractère souple ou enraidi  : réductibilité.
 Exostose  : importance et présence de durillons.
 Toutes ces anomalies, l’appréciation de leurs importances et leurs réductibilités est
primordiales
2.2.Bilan du 2e Orteil  : Par la constations d’une griffe en supra ou infra adductus et leurs réductibilité.
2.3.Examen du reste du pied  :
 Morphotype du pied  : normale, plat, creux.
 Morphotype des orteils  : carré, grec, égyptien.
 Evaluer la trophicité de la peau.
2.4.Bilan des troubles de l’appui au sol  : apprécier par l’empreinte plantaire et Podoscope  :
 Durillon et hyper appui sur le bord interne de la pulpe de P2O1  : rotation phalangienne.
 Durillon et hyper appui en regard de la tête de M2 (face plantaire)  : griffe en supra adductus.
 Durillon sous la pulpe de P3 O2  : griffe en infra adductus.
VIII. Etude radiologique  : Cette étude fait le bilan des déformations osseuses mais également permet d’évaluer le
désaxage musculo-tendineux par l’appréciation des déplacements des sésamoïdes.
1. Rx dorso–plantaire et l’avant pied en charge  : mesurant le  :
 Valgus phalangien (Axe P1- Axe M1)  : normale 10° +/-5.
 Valgus inter phalangien  : Axe P2 – Axe P1 13 °.
 Métatarsus varus  : Axe M1 –Axe M2 5 -10 °.
 Importance de l’exostose.
5
Hallux valgus Saadaoui-M Dévloppement
 Orientation de la surface articulaire de la tête de M1 (jugée par la perpendiculaire de l’axe de M1)  :
normale 0 +/- 5°.
 Etat de l’interligne  : congruence – arthrose.
 Situation de la tête M1 par rapport aux sésamoïdes  :
 Normalement, les 02 sésamoïdes sont sous la tête de M1 (de part et d’autre de la ligne médiane).
 Lorsque la tête de M1 se déplace médialement ses rapport avec les sésamoïdes changent et peut être
appréciée par le bord latéral (externe) de la tête de M1 qui  :
o Croise le sésamoïde externe  : stade I.
o Depasse le sésamoïde externe  : stade II.
o Rejoint le sésamoïde interne  : stade III.
 L’orientation de la cuneo-métatarsienne  : dont l’interligne peut être oblique – transversal ou curviligne.
Le prolongement de cet interligne doit normalement rejoindre le 05 eme métatarsien en son milieu ou plus
en arrière.
 La longueur respectée des métatarsiens permettant de les classer selon la formule de VILADOT  :
 Index plus  : M1 > M2
 Minus : M1 < M2
 Minus plus  : M1 = M2
 L’étalement de la palette métatarsienne  : définit par l’angle formé par l’axe de M1 et l’axe de M5  de
25°.
 L’orientation des orteils par rapport à l’axe métatarsien correspondant.
 Luxation ou sub luxation des articulations métatarsophalangienne et les rayons voisins
 Morphotype du pied et des orteils.
2. Rx profil interne en charge  : apprécier  :
 Type du pied.
 L’arche interne.
 Ligne de MEARY.
 Angle d’attaque de M1 (normale 20 °).
3. Rx en incidence de GUNTZ  :
 Montre l’alignement des têtes métatarsiennes et les
rapports des sésamoïdes, avec la tête de M1, trois stades
radiologique sont repères grâce aux déplacements des
sésamoïdes  :
 Stade I  : débord d’un sésamoïde dans l’espace M1-M2
 Stade II  : le sésamoïde externe apparait complètement
dans l’espace M1- M2.
 Stade III  : les deux sésamoïdes se déplacent dans l’espace M1-M2 et
souvent même glissent sur la face externe de la tête M1.

IX. Traitement  :
A. BUTS  :
 Rétablir les axes normaux phalangiens et métatarsiens du gros orteil.
 Recentrer et rééquilibrer l’appareil musculaire affecté du gros orteil.
 Supprimer l’exostose de M1.
B. METHODES  :
1. TRAITEMENT NON OPERATOIRE  :
 Les possibilités du traitement non opératoires restent très limitées.
 Les différents appareils (redresseurs d’HV)  ; sont vits abandonnées, car mal tolérés.
6
Hallux valgus Saadaoui-M Dévloppement
 Par contre, certaines précautions peuvent ralentir l’évolution de l’HV  :
 Port de chaussures larges.
 Quelque moment de rééducation peuvent être exigés au malade.
 Port de semelles orthopédique (pour stabiliser le pied plat associé).
 Port d’orthoplastie souple protégeant Cor et durillon, rend tolérable l’HV pendant un certain temps
et retarde son aggravation.
 Ne plus négliger, de même les soins de pédicurie
2. TRAITEMENT CHIRURGICAL  :
 Il s’adresse à des lésions déjà importantes et mal tolérés soit par  :
 La permanence de la douleur.
 Difficulté de la marche et de chaussage.
 Les procédés proposés sont multiples ++, et nous n’évoquerons que les procédés usuels en insistant sur la
ligne directrice de ses procédés avant tout  :
B.2.1. TRAITEMENT CONSERVATEUR  :
a) PROCEDES AGISSANT SUR LES PARTIES MOLLES  :
 technique de KELLER –BRANDES – LELIEVRE  :
 technique de PETERSON  .
 Technique de PETERSON modifiée par LELIEVRE.
 Technique de Mc BRIDE.
 Principe  : Rétablissement de l’équilibre musculo –tendineux en libérant la rétraction capsulo- tendineuse
et en remettant en tension les éléments distendus.
 Impératifs  :
o Réductibilité des désaxages osseux.
o Surfaces articulaires conservés.
1. Technique de KELLER –BRANDES – LELIEVRE  :
1.1.Principe  :
o recentrage de la sangle des sésamoïdes.
o ce procédé comporte la libération des éléments
capsulo-ligamentaires métatarso- phalangiennes
retractés à la face externe de la tête de M1 (facilité
par la résection de la base de P1).
o cette libration permet de réduire le déplacement
des sésamoïdes en dehors.
o exostosectomie par voie interne.
o cette libération doit s’accompagne du raccourcissement et de la mise en tension des ligaments
capsulaires interne de la métatarso- phalangienne.
2. Technique de PETERSON  :
o VA  : commissurale externe.
o Section la capsule verticalement et de l’abducteur au ras de P1O1.
o Résection du sésamoïde externe libérant le fléchisseur et supprimant ainsi son effet valgisant
o Rapprochement après réduction M1-M2 par un fil.
o Fermeture, une compresse entre O1O2 pour stabiliser la réduction.

7
Hallux valgus Saadaoui-M Dévloppement

3. Technique de PETERSON modifiée par LELIEVRE  :


o VA  : externe
o Section capsulaire horizontale au ras de l’abducteur qui est désinséré du sésamoïde externe, ce
dernier est laissé en place.
o L’abducteur est suturé en trans osseux à la face interne de M1.
o Un point de rapprochement entre capsule et tête de M1 et M2.
o Si pied égyptien  : raccourcir et déroter P1.
o Contre indications  : métatarsus varus important.
4. Technique de Mc BRIDE  :
4.1.Principe  : Associée à l’exostosectomie simple, une
transplantation sur le col de M1 de l’abducteur du gros orteil
de ce fait il perd son action valgisante sur le gros orteil et agit
dans le sens de correction du métatarsus varus.
4.2.Technique  :
o VA  : externe.
o Libération de l’abducteur oblique et transverse sur le
sésamoïde externe et sur la base de P1.
o Mise en place d’un fil sur l’abducteur qui est tressé.
o Pour Mc bride résection du sésamoïde externe.
o Pour d’autres  : ce geste n’est pas nécessaire.
o Capsulotomie externe M-P vertical (en faisant attention au long fléchisseur du gros orteil).
o Réduction de la déformation qui est aisée.
o Puis voie interne
o Voie d’abords internes  :
 Exostosectomie.
 Passage creusé dans le col de M1 légèrement oblique en bas et en avant.
 Le fil sur l’abducteur sera suturé à la capsule inférieure.
 Après réglage de la tension du transplant par réduction exacte de la déformation.
4.3.Suites opératoire  :
o Lever précoce.
o Marche sur le talon pendant 15 jours puis appui. 
4.4.Complications  : 4 complications
o Arthrolyse externe excessive.
o Mise en tension excessive du transplant qui port M1 en valgus et laisse P1 bascule en dedans.
o Exostosectomie trop importante qui emporte la tête de M1 et crée un vide sur lequel bascule P1
o Réduction excessive de la divergence des deux premiers rayons.
 Pour cela, TOMENO passe le transplant sous le col de M1 et le fixe à la face interne de la
capsule.
4.5.Récidive de HV  :
o Surtout si pied égyptien.
o Métatarsus varus > 15 °.
8
Hallux valgus Saadaoui-M Dévloppement
o Pied plat.
b) L’ EXOSTOSECTOMIE SIMPLE  :
o Son indication est souvent un temps des opérations déjà cités.
o Elle se limite aux formes assez rares présentant un HV minime et essentiellement une saillie
douloureuse et nettement visible à la Rx de la partie interne de la tête de M1.
c) OSTEOTOMIES DE REAXAGE PHALANGIEN ET METATARSIEN  : Elles ne sont pas en soi, un traitement
de l’HV mais un temps opératoire qui succède à une libération externe capsulo- ligamentaire de la M-
P et complète, permettent la correction de la déformation et d’éviter les récidives.
1. Ostéotomie basale de P1  GIANNESTRES  :
o Des calques pré opératoires seront pratiqués définissant l’angle de correction nécessaire  ; elle
porte soit  :
 Sur l’angulation pour réduire le valgus phalangien.
 Sur la longueur dans le pied égyptien «  hallomégalie  ».
 Sur la rotation restaurent l’appui pulpaire du GO.
o Angulation seule  :
 Ostéotomie cunéiforme interne sur la métaphyse proximale de P1 avec charnière externe
 Maintenue par un fil à résorption lente et sabot plâtré pendant 4 semaines
o Ostéotomie associée de correction du valgus, de raccourcissement et de dérotation  :
L'ostéotomie doit alors être totale, sans charnière, Pour cela, le siège des deux traits de scie
sera métaphysaire pour le trait proximal, diaphysaire pour le trait distal.
Ostéosynthèse  : par agrafes, vis ou broches
o Suites post - opératoire  : pansement avec marche avec chaussures de BAROUK ou appui
talonnier pendant 45 jrs
2. Ostéotomie basale de M1  :
o Associée  : une addition osseuse.
o Indiqué  : métatarsus varus > 15°.
o Technique  :
 Ostéotomie plane métaphysaire de la base de M1 respectant la corticale externe.
 Mise en place d’un greffon cortico- spongieux après avoir ouvert le trait (corticale interne).
 Pas de stabilisation si correction > 15 °, si non un hauban.
 On peut obtenir des corrections sur le plan horizontal associée.
o SPO  : marche avec chaussure de BAROUK ou sabot plâtré pendant 45 jrs.
3. Ostéotomie sous capitale de M1 de HOHMANN  :
o VA  : interne.
o Technique  :
 Dégagement sous périosté extra articulaire du col de M1.
 Désinsertion de l’adducteur qui se glisse en plantaire.
 Ostéotomie avec résection d’un coin à base inférieure et interne.
 Corrigeant en un seul site toutes les déformations de HV.
 Réalisation de la varisation + supination.
 Réaxation des sésamoïdes par translation externe de la tête de M1.
 Flexion du col de M1 compensant le défaut d’appui du 1 er rayon, diminuant les
métatarsalgies de transfert.
 Stabilisation par 02 broches parallèles, hauban ou fil résorbable.
o SPO  : 45 jrs d’immobilisation.
o Indication  : HV léger ou majeur.

9
Hallux valgus Saadaoui-M Dévloppement
4. Ostéotomie métatarsienne bipolaire «  SCHNEPP ET
CARRET  »  :
o Associe  : après libération externe classique.
o VA  : interne.
o Technique  :
 Ostéotomie juxta céphalique avec soustraction d’un
coin cortico- spongieux à base interne qui permet de
replacer l’axe de la tête de M1 dans le prolongement
de la diaphyse  ; et ostéotomie d'ouverture
basimétatarsienne avec addition d'un coin à base
interne.
 Ainsi pour corriger un metatarsus varus de 40° il suffit
d'un coin de soustraction juxtacéphalique de 20° qui, reporté ensuite au niveau de
l'ostéotomie basimétatarsienne, permet la correction à 20 + 20 = 40°.
o SPO  :
 sabot plâtré laissant libre les orteils.
 appui 3 -4e jours.
o Indication  : HV moyen avec MV > 20 -25 ° jusqu'à 40 -45°.
5. Double ostéotomie «  basimétatarsienne et basiphalangienne  ».
o Associée  : libération externe.
o Technique  :
 Ostéotomie basimétatarsienne avec addition interne métaphysaire  : MV.
 Ostéotomie basiphalangienne  : avec soustraction interne métaphyso- diaphysaire  : valgus
phalangien.
 Stabilisation par broche du 1er rayon.
 Suture de la capsule plantaire en trans osseux à la face latérale de M1.
 Suture en paletot de la capsule dorsale.
o SPO  : appui talonnier immédiat.
6. Ostéotomie diaphysaire de SCARF 1976.
o Libération externe  : la voie d'abord est externe
 Libération du sésamoïde externe en respectant la petite artère située derrière lui, et surtout,
le ligament latéral externe en passant entre sésamoïde et ligament latéral externe et en
laissant le tendon de l'abducteur du gros orteil attaché au sésamoïde.
 La section du tendon de l'abducteur du gros orteil sera pratiquée au niveau de son insertion
phalangienne+/- .
 En cas de grande déformation, on est conduit à désinsérer les fibres externes du court
fléchisseur du gros orteil.
o Exostosectomie  : par une voie d'abord interne classique, selon un plan tangent à la face
interne de la diaphyse.
o Ostéotomie SCARF  :
 Coupe horizontale  : débute par la corticale interne de M1 à 2 mm en arrière du cartilage de
la tête et juste sous la corticale dorsale du col de M1 sa précision est importante +++
 Sur la corticale externe, la scie est dirigée en direction de M5.
 Coupe verticale  :
 Le trait post  : intéresse le fragment inf oblique de 45 ° en avant par rapport à l’axe de M1
 Trait ant  : est à 90 ° para rapport à l’axe de M1 intéresse le fragment sup.
 Par déplacement du fragment inf déplace la tête de M1 on pourra corriger toutes les
déformations de l’HV  :
10
Hallux valgus Saadaoui-M Dévloppement
- Translation latérale du fragment inf  : corrige le MV et repose la sangle des sésamoïdes
- Translation latérale du fragment inf plus importante en arrière qu'en avant  : réalise la
rotation de la tête.
- Obliquité du trait horizontal à 25 °  : abaisse la tête de M1.
- La résection de l’extrémité de chaque fragment  : raccourcissement.
- Glissement des fragments  : allongements.
- Fixation par 02 vis de SCARF.
- Résection antéro- interne de la partie du fragment inf qui déborde de la tête à la demande.
- Réfection et rétention capsulaire interne  : parfois, il est nécessaire de faire un temps
d’ostéotomie de P1 «  raccourcissement , de varisation , de dérotation  ».

o SPO  :
 Pansement. sabot plâtré pendant 45 jrs.
 Chaussures de BAROUK jusqu’à 45 jrs.
o Complications  :
 Incidents dus au matériel d’ostéosynthèses.
 Défaut de correction  ; imprécision de coupe.
 Instabilité du montage.
 Complication vasculaire  : nécrose osseuse par le déperiostage de la face inf de M1.
o Récidive  : rare.
B.2.2. TRAITEMENTS RADICALES  :
a) ARTHROPLASTIE DE L’ARTICULATION METATARSO – PHALANGIENNE.
o Pour O1.
o S’adresse aux surfaces articulaires altérés  : avec douleur et raideur.
o S’associant aux libérations de la métatarsophalangienne.
o Arthroplastie type  :
 KELLER – BRANDE  : résection base P1.
 SWANSON  : prothèse en plastique avec résection de la tête de M1, accessoirement base de
P1
b) ARTHRODESE DE LA 1ER METATARSO –PHALANGIENNE  :
o Principe  : Ne consiste pas un traitement de HV, mais une solution de nécessite, lorsque les
lésions cartilagineuses sont devenues irréversibles.
o Technique  :
 VA  : interne classique.
 Arthrolyse MP avec libération des la sangle des sésamoïdes sur sa surface externe.
 Avivement des surfaces articulaires MP, S'il n'y a pas d'hallomégalie (pied égyptien), si non la
résection est faite à la scie oscillante  .
 S’il existe une perte de substance osseuse  : greffe cortico- spongieuse.
 Vérification de l'orientation de l'arthrodèse:
 Valgus phalangien 15 -20 ° ♂ , 20 -25 ° ♀ évitant le conflit avec la chaussure.
 Flexion dorsale de P1 sur M1  : 20 ° ♂ / 20-25° ♀.
 Rotation neutre du O1.
 Vérifie qu’O1 et O2 ont la même longueur « pied carré idéal  ».
 Ostéosynthèses par  :
 2 vis en croix.
 Vis postéro- antérieure.
 02 broches en croix.

11
Hallux valgus Saadaoui-M Dévloppement
 Agrafes.
o Suites opératoires  : Chaussures de BAROUK pendant 45 jrs
o Indications  : lésion cartilagineuses irréversibles.
o contre indication  : Raideur TM – MP – IPP
o Complications  :
 PSD vraie.
 Vices de positionnement.
 Douleur élective de l’IPP.
 Trouble statiques  : étalement de la palette métatarsienne, pied plat, pied varus.
C. INDICATIONS  : La gravité de l’HV est certes jugée par  :
1. le calcul lui-même.
2. aussi par un bilan chirurgical de l’HV  :
2.1. mesure exacte du désaxage osseux.
2.2. degrés de décentrage de la sangle sésamoïdienne (réductibilité).
2.3. bilan des éléments prédisposant à l’HV  :
 pied égyptien où pied plat / pied creux.
 valgus phalangien
1. HALLUX VALGUS MINEUR  :
o VP  : 15 -25 / MV  : 9 -15 ° / rotation GO  < 10 °.
o La douleur et l’esthétique sont au 1er plan.
o La déformation est réductible
o Technique  : chirurgie simple  :
 Rééquilibration de l’axe MP par libération de la MP.
 Recentrage de la sangle des sésamoïdes, certes il y a des discussions entre PETERSON. Mc BRIDE …. ,
mais il est important de traiter les causes de récidives  :
o Hallomégalie  : raccourcir P1.
o Valgus osseux de P2 ou P1  : ostéotomie phalangienne.
o Pied creux ou plat  : au moins stabilisation par semelles.
2. HALLUX VALGUS MOYEN  :
o VP  : 25 -35° / MV  : 15 -20° / rotation GO  : 10 -15 °.
o Défaut d’appui pulpaire avec griffe d’O2 et durillon sous la tête de M2.
o Gene fonctionnelle et douleurs.
o Réductibilité partielle.
o Techniques  :
 Exostosectomie.
 Libération des parties molles externes et recentrage des sésamoïdes.
 On se contente de remettre en tension le LLI avec appui trans osseux ou Mc BRIDE.
 Si la tête ne se déplace pas spontanément on libère le sésamoïde avec ostéotomie
basimétatarsienne +/- ostéotomie de P1.
 Si griffe d’O2  :
- réductible  : abstention.
- si irréductible  : geste sur la MP dorsale.
3. HALLUX VALGUS MAJEUR  :
o VP  : 40 -90° / MV  : 20 -45 ° / rotation GO  : 15-45 °
o Techniques  :
 Patient très âgé  : Exostosectomie + libération MP.
 Patient < 65 ans  :
12
Hallux valgus Saadaoui-M Dévloppement
 Exostosectomie + libération MP
 Geste osseux soit  :
- Ostéotomie basimétatarsienne +/- ostéotomie P1 si valgus phalangien = 40 °.
- Ostéotomie métatarsienne bipolaire: si valgus phalangien > 50 ° et MV > 30 °.
- l'ostéotomie de Scarf.
 Il faut aussi savoir proposer une arthrodèse en première intention dans les cas de déformations
extrêmes.
 La présence de remaniement arthrosique évoluée metatarso‐phalangienne oblige à opter un
choix thérapeutique radical.

13